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Étiquette : Réflexions voyage

  • Ce que je fais pour aller bien

    Comment garder calme et sérénité lorsque les évènements nous submergent ? Comment ne pas projeter nos angoisses et nos agacements sur les personnes qui nous sont proches, ne pas abîmer nos relations sociales faute de maîtrise de soi-même ? Comment lutter contre les moments de panique, les longues insomnies anxieuses, les instants de grande solitude où on se sent abandonné et livré à son triste sort ?
    En cette période de pandémie et de confinement, où nous craignons pour la santé de ceux que nous aimons et où les indispensables restrictions sanitaires nous conduisent soit à une solitude forcée, soit à un continuel huis-clos avec nos proches, notre équilibre psychique est mis à rude épreuve. Il nous faut développer de nouvelles ressources pour assurer notre bien-être physique et mental et ne pas craquer.

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    Paradoxalement, j’ai en ce moment une certaine chance. Ceux qui me connaissent savent que depuis deux ans, j’ai subi de plein fouet une série d’épreuves très violentes qui ont bouleversé ma vie et qui m’ont obligée à apprendre à fonctionner malgré un haut niveau d’angoisse et de stress. J’ai été forcée d’apprendre à me rassurer, me calmer, m’apaiser, à revoir ma façon de communiquer avec autrui pour ne pas décharger sur eux la foudre de mes tensions accumulées. C’est pourquoi j’avais envie de partager aujourd’hui avec vous ce que je fais pour aller bien, ou le mieux possible, jour après jour. Voici les ressources auxquelles j’ai recours pour faire face – j’espère qu’elles pourront vous être utiles à vous aussi.

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    Bouger : prendre soin de son corps

    Revenons aux fondamentaux. Pourquoi fait-on du sport ? Les avant/après sur Instagram, les photos de corps parfaitement sculptés peuvent parfois nous faire oublier l’essentiel. On ne fait pas du sport pour avoir un beau cul, pour être bonne en bikini, pour se la jouer sur la plage de Palavas. Cela peut être la cerise sur le gâteau, mais ce n’est pas le plus important. Il faut faire du sport parce que notre corps en a radicalement besoin. Nous sommes faits pour bouger. Notre cœur a besoin de battre fort, nos muscles ont besoin de travailler, nous avons besoin de marcher, de courir, de désencrasser cette magnifique machine qu’est le corps humain, et quand on ne le fait pas, quand on reste trop sédentaire, les problèmes de santé arrivent en cascade. De nombreuses études ont montré que la sédentarité est bien plus toxique que le surpoids, et que plutôt que de nous fixer des objectifs esthétiques (« je veux rentrer dans un 38 »), nous devrions nous fixer des objectifs d’activité. Bouger tous les jours est un but en soi.

    De plus, les effets sur le mental sont spectaculaires. N’avez-vous jamais ressenti cela ? Vous êtes stressé, tendu, à cran, puis vous allez marcher, nager ou danser une heure, et vous en ressortez comme lavé à neuf. Vous relativisez, vous vous calmez, vos problèmes semblent tout à coup moins insurmontables. Faire du sport pousse votre corps à secréter des endorphines, l’hormone du bien-être. Et parce qu’après avoir fait du sport, on se sent plus fort et plus fier, cela renforce la confiance en soi, la maîtrise de soi, et notre croyance en notre capacité à résoudre les problèmes.

    Marcher, courir, prendre l’air

    Malgré le confinement, vous avez le droit de sortir prendre l’air, à condition de le faire seul, pas trop loin de chez soi, d’éviter tout rassemblement et de bien remplir votre autorisation de sortie dérogatoire. Allez courir ou marcher, vous oxygéner, promener votre chien si vous en avez un, cela fait un bien fou. Si vous voulez dynamiser un peu votre marche, regardez ces échauffements de marche nordique, ce sont de bonnes idées de mouvements à effectuer partout, sans matériel, pour dynamiser l’ensemble du corps.

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    Se (re)mettre au fitness

    En temps normal, lorsque je suis chez moi dans la Drôme, je fréquente depuis plusieurs années un club de sport auquel je suis très attachée, Body’s Studio. Le club est bien sûr fermé en ce moment, mais pour ne pas abandonner leurs adhérents, les coachs proposent chaque jour sur la page Facebook de Body’s Studio un entraînement différent. Et surtout, ils ont mis en accès libre et gratuit, pour toute la durée du confinement, un accès à la plate-forme LesMills qui propose des cours de fitness de tous types et de tous niveaux de grande qualité.
    Peut-être connaissez-vous déjà le système LesMills, car de nombreux clubs dans le monde suivent leurs programmes, et vous pourrez facilement retrouver ces cours dans un club près de chez vous après le confinement. Pour ceux qui sont fans de tai-chi et de yoga, je conseille le Body Balance, qui vous fera travailler la musculature profonde, les postures et la respiration. Pour ceux qui ont besoin de se dépenser très fort, je recommande le Body Attack, le Grit ou le Body Combat, des cours de cardio d’une grande intensité qui incitent à se dépasser. Le Body Pump est un super cours de musculation, mais il nécessite d’avoir un petit peu de matériel (barre + poids et/ou poids libres). Pour ceux qui ont envie de danser, le Sh’bam est une sorte de zumba, un cours rythmé et chorégraphié.

    Pour de petites vidéos fitness courtes, efficaces et qui donnent la pêche, je vous recommande aussi de jeter un coup d’œil à la chaîne YouTube de Blogilates, que je suis depuis des années. Cassey est une coach survitaminée, ultra dynamique et punchy, et elle propose gratuitement des tonnes de vidéos de longueur et de difficulté diverses, pour renforcer le ventre, les bras, les cuisses, etc. Ses cours sont accessibles aux débutants. Et pour plus d’intensité, je recommande de jeter un coup d’œil à la chaîne YouTube de Fitness Blender, qui proposent notamment de nombreux entraînements HIIT (intervalles de haute intensité) qui vous laisseront lessivé et fier de votre performance.

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    Faire du yoga

    Le yoga est non seulement un sport, mais aussi un art de vivre, une manière d’être. Toute une dimension méditative et spirituelle est associée au yoga : il s’agit de se reconnecter avec sa respiration, de renouer avec son corps, de créer un rapport plus harmonieux à soi et au monde. Un bon cours de yoga, ce n’est pas que du sport : cela intègre une dimension de méditation, de réflexion, et votre coach vous conduira à approfondir votre rapport à vous-même et à votre corps. C’est pour cela que je ne recommande pas les nombreuses vidéos de yoga sur YouTube qui sont uniquement axées sur le fitness : elles sont très bien sur l’aspect sportif, mais je trouve qu’elles manquent une dimension essentielle du yoga. Cela dit, si vous cherchez à faire du yoga pour faire du sport, et que cet aspect fitness et dynamique vous attire, je vous conseille la chaîne YouTube de Lucile Woodward, qui devrait bien correspondre à vos envies et qui est de qualité.

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     Je pratiquais occasionnellement le yoga depuis longtemps, mais celle qui m’a amenée à renforcer ma pratique et à considérer que le yoga était réellement un rituel à intégrer à mon quotidien pour être bien dans mon corps et dans ma tête, c’est la super prof canadienne Miss Yogi.  Ses cours étaient réellement une bulle d’oxygène pour moi et me faisaient un bien fou au corps et au cœur. Depuis que je l’ai rencontrée à Punta Cana en décembre dernier, je fais du yoga tous les jours, et j’en ressens les immenses bienfaits. Jetez un coup d’œil à la page Facebook Miss Yogi  : elle propose de nombreuses vidéos gratuites en français et en anglais. J’espère participer prochainement à l’une de ses retraites.

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    Toujours dans les ressources gratuites, si vous parlez anglais, je vous recommande très, très chaleureusement la chaîne YouTube Yoga with Adriene. Douce, bienveillante, intuitive, Adriene associe à sa pratique une véritable dimension spirituelle qui n’est pas superficielle, et qu’on sent ancrée dans une authenticité et un travail sur soi réels. En janvier dernier, Adriene a proposé un parcours de 30 jours de yoga intitulé Home, que j’ai suivi et que je recommence en cette période de confinement. Si vous parlez anglais, foncez, cela vous fera un bien fou.

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    Je finis enfin par un compte Instagram de yogi que je suis depuis longtemps et que j’adore, celui de Pauline alias Mermaid yogini. Ses textes magnifiques, sa dimension introspective, son amour pour la mer et les créatures mythologiques, me le rendent très attachant. Pauline propose des cours (payants) sur Skype et un cours en live samedi prochain – j’ai hâte d’y participer. Et Pauline vient d’ajouter un superbe flow de quarantaine sur sa chaîne YouTube – à tester pour s’entraîner gratuitement chez soi !

    Se recentrer : prendre soin de son esprit

    Le yoga est à mon sens une excellente transition entre ces deux pôles indissociables, corps et esprit. Pour lutter contre le stress, l’angoisse, la tension qui se mue en colère injuste contre ses proches, il faut aussi prendre soin de sa santé psychique. Je parlais de méditation dans le cadre du yoga, je sais que beaucoup de mes amis utilisent aussi l’application de méditation guidée Petit Bambou, que je trouve très bien. Mais à titre personnel, j’ai besoin d’une dimension spirituelle plus importante pour me sentir vraiment en harmonie avec mes valeurs et mon idéal de vie. Je suis croyante, et à vrai dire, je préfère souvent prier plutôt que de méditer. Dans mes lectures de développement personnel, je recherche aussi cette dimension spirituelle forte, et je vous conseillerai quelques titres qui m’ont touchée. Et enfin, pour continuer dans cette optique de développement personnel, je vous parlerai d’une démarche de coaching que j’ai choisi de suivre pour guérir pleinement mes blessures émotionnelles.

    Prier et approfondir sa foi

    Parce que je suis catholique, je puise dans ma foi une lumière et une force immenses, et me sentir enveloppée de l’amour de Dieu a changé ma vie de façon radicale et irréversible.

    pèlerinage saintes maries
    Pèlerinage aux Saintes Maries de la Mer

    Si vous aussi, vous êtes croyant, vous pouvez comme moi ressentir douloureusement le fait de ne pas pouvoir aller à la messe en cette période de Carême, d’être coupé de la communauté des croyants. De nombreux diocèses ont répondu aux besoins des fidèles en mettant en place des évènements en direct sur Facebook : messes, prières du chapelet, veillées de prière, adorations du Saint Sacrement… n’hésitez pas à chercher sur la page Facebook de votre diocèse, vous trouverez sans doute des choses qui vous permettront de ne pas être totalement coupé de vos rites ordinaires. Vous pouvez rejoindre le groupe Facebook Messes en direct qui répertorie les paroisses ayant mis en place ce type d’actions.
    Je partagerai donc ici deux ressources seulement pour ce qui est des messes en direct : vous trouverez ici des messes en forme extraordinaire (messe tridentine en latin) et ici en forme ordinaire (messe moderne en français).

    saint antoine l'abbaye
    Saint Antoine l’Abbaye

    Si vous voulez mettre à profit le confinement pour approfondir votre foi, je vous conseille deux ressources vidéo et audio de grande qualité. D’abord le fabuleux cours de catéchisme pour adultes de l’Abbé Laguérie, qui est drôle, pédagogue et incisif. Puis, pour ceux qui veulent aller encore plus loin, les fabuleux topos théologiques de l’abbé de Massia, qui anime le groupe KT Sens avec qui je suis partie en pèlerinage en Terre Sainte. En temps normal, les topos ont lieu le lundi soir à Paris à Notre Dame du Lys, mais en ce moment, vous les retrouverez sur la page facebook de KTsens et sur le site de KT Sens dans l’onglet Formation.

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    Besoin de lectures spirituelles ? Je suis abonnée depuis quelques mois à la newsletter du site Aleteia, et je reçois chaque jour un mail de très grande qualité proposant des articles sur des sujets d’actualité et de société dans un prisme catholique, des prières, des méditations… c’est une incitation quotidienne à prendre un peu de temps pour se mettre en présence de Dieu.

    ce que je fais pour aller bien : yoga fitness développement personnel prière
    St Etienne du Mont

    Enfin, vous avez envie de spiritualité catholique, mais ne vous sentez pas l’énergie et la concentration pour un vrai cours de catéchisme comme je le proposais ci-dessus ? Alors je vous conseille un petit bouquin facile et très agréable à lire, que j’ai dévoré hier soir : 15 paraboles tournées vers l’essentiel, du père René Luc. Peut-être connaissez-vous déjà René Luc : ce prêtre est devenu célèbre il y a quelques années avec son magnifique livre Dieu en plein cœur , dans lequel il raconte son enfance de gamin né de père inconnu, élevé par un truand, mouillé dans des braquages, qui choisit de consacrer sa vie à Dieu. J’ai entendu René Luc prêcher un jour dans l’église des Saintes Maries de la Mer, et j’ai été frappée par son aura, par la puissance de foi et d’humanité qui se dégageait de lui. J’ai dévoré ses deux livres. 15 paraboles tournées vers l’essentiel est à la fois simple et accessible, et réellement profond, enrichi par des expériences de vie puissantes, et mu par une grande authenticité. Je vous le recommande chaleureusement.

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    Petit détail pour ceux et celles que cela intéresse : je lis sur une liseuse Kindle Paperwhite. Je l’ai depuis plusieurs années et je ne jure que par elle. Elle a décuplé le nombre de livres que je peux lire, notamment en déplacement (facilité, poids, autonomie de batterie, accessibilité permanente de ma bibliothèque, prix des livres à l’achat…).

    Lire : du développement personnel en profondeur

    Je vous le disais plus haut : en matière de développement personnel, les manuels et modes d’emploi ne me suffisent pas, et j’aime les livres qui souhaitent insuffler dans nos vies un changement mu par une spiritualité réelle. Je recherche la profondeur et l’ancrage dans une dimension plus élevée – pour changer notre quotidien par le haut.
    A ce que j’ai pu constater, les livres de développement personnel authentiquement spirituels sont baignés des enseignements des deux grandes figures incontournables pour qui cherche à cheminer dans la lumière, Jésus et Bouddha.

    Faisant la synthèse de leurs leçons d’être, ils recherchent in fine à répondre à deux grandes problématiques majeures :

    1) Combattre la peur et la souffrance. Nous avons peur, tous, peur de la mort, de la maladie, de l’abandon, de ne pas être aimés, de ne pas nous accomplir, de ne pas être reconnus pour ce que nous sommes vraiment, de passer à côté de notre vie ou de la perdre. Qui va vers le développement personnel est souvent mu par cette angoisse fondamentale qui se traduit par une anxiété au quotidien, et par une grande souffrance.

    2) Guérir nos relations aux autres. Nous cherchons l’amour ou nous déplorons sa perte, nous n’arrivons pas à exprimer nos sentiments à nos proches, nous nous sentons enfermés dans la solitude, la colère, le ressentiment, la jalousie, le sentiment d’être incompris, nous avons l’impression que toutes nos relations échouent, que nous reproduisons des schémas néfastes et que nous sabotons tout ce qui nous tient à cœur… Qui va vers le développement personnel est souvent en quête de paix, d’harmonie et de relations authentiques et apaisées.

    Que voir et que faire sur l'Aubrac ? Activités et choses à voir à Laguiole et Brameloup, brame du cerf, burons, fromages. Blog Aubrac, nord Aveyron

    Les grands livres de développement personnel sont, à mon sens, des variations sur ces deux thèmes fondamentaux.
    Je commence par un classique absolu, qui tente de répondre au premier problème : combattre la peur et la souffrance. Le pouvoir de l’instant présent – Guide d’éveil spirituel, d’Eckhart Tolle, est un livre phare du développement personnel et spirituel, et de nombreux autres auteurs se réfèrent à lui. L’auteur propose de transformer radicalement notre vision du monde pour se débarrasser à jamais de l’angoisse et de tout ce que la projection dans le passé – regret, remords, ruminations – et l’avenir – attentes, anxiété, frustration – peut causer comme souffrance. Je ne suis pas toujours d’accord avec tout et le vocabulaire utilisé m’agace parfois un petit peu (« le corps subtil »), mais c’est un livre fondamental et puissant, incontournable, et une excellente manière de commencer son chemin dans le développement personnel.

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    Dans une même optique, je suis encore plus attachée à l’œuvre de David Hawkins, qui présente l’originalité d’être à la fois psychiatre et mystique, médecin et imprégné de spiritualités orientales et chrétiennes. Son œuvre touche à la fois aux deux grandes problématiques évoquées : il propose une « voie de l’illumination » visant à se détacher de la peur et de la souffrance, et à transformer nos relations aux autres. Le livre que j’ai le plus aimé de lui n’est malheureusement pas traduit en français, il s’agit de Letting go, the pathway to surrender. Mais vous trouverez de nombreux autres livres en français, notamment L’illumination.

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    Mon livre de développement personnel préféré, celui qui m’a le plus marquée et que j’ai le plus relu, est un ouvrage de Marianne Williamson intitulé Un retour à l’amour. Manuel de psychothérapie spirituelle : lâcher prise, pardonner, aimer. Marianne Williamson part, comme Eckhart Tolle, d’un manuel de développement personnel très à la mode dans les années 1960, Un cours en miracles, qui propose une relecture des enseignements spirituels de Jésus à l’aune de la psychologie moderne (je ne vous le conseille pas : il est abscons et difficile à lire. Les livres de Marianne Williamson en sont une vulgarisation beaucoup plus accessible et agréable). Mais à partir de là, Marianne Williamson parvient à un essai d’une beauté, d’une sincérité et d’une profondeur rares sur les relations interpersonnelles, sur notre façon d’interagir avec les autres, de saboter nos plus belles histoires d’amitié, d’amour ou de fraternité en projetant sur autrui angoisses, colères, jalousies et mauvaises interprétations. Elle propose une méthode d’amour radical et désintéressé pour guérir vraiment, soigner nos cœurs et nos relations. C’est exigeant, c’est difficile, mais tout sonne juste et vrai. Ce livre part de la première problématique évoquée plus haut pour développer pleinement la deuxième, et il a transformé ma façon d’interagir avec ceux que j’aime. Si vous aimez Marianne Williamson, je vous conseille de continuer avec Des larmes au succès : voyage spirituel de la souffrance à la lumière, qui est lui aussi très beau et inspirant.

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    Je finis par un livre qui est moins spirituel, et beaucoup plus pratique, mais que je conseille pour achever de soigner nos relations aux autres, et ne pas s’entretuer en période de confinement : Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs), Initiation à la communication non violente, de Marshall Rosenberg. Vous en tirerez des conseils précis, réellement utiles et efficaces, pour avoir des interactions constructives et harmonieuses avec ceux que vous aimez sans leur balancer le mobilier domestique à la figure.

    Guérir : par le dialogue et le travail sur soi, avec un coach

    Je parlais de peur, je parlais d’impasses, de schémas toxiques qui se répètent. Parfois, quand on se retrouve confronté à des blocages, à des situations complexes, et qu’on sent qu’il y a des choses en nous qui nous empêchent d’avancer, on peut avoir besoin de se tourner vers quelqu’un qui soit bienveillant et compétent et qui nous aide à dénouer l’écheveau. Je me suis toujours intéressée à la psychologie, au développement personnel, mais à un moment dans ma vie, j’ai senti que mes livres ne suffisaient pas et j’avais envie d’avoir en face de moi une personne qui puisse porter un regard neuf sur ma situation. Il n’y a aucune honte à faire appel à un coach ou un psy quand on ressent le besoin, pour résoudre un blocage, faire un choix, avancer dans sa vie, affronter une peur ou progresser dans un projet.  Après avoir tâtonné et pris le temps de trouver quelqu’un qui me corresponde, j’ai décidé d’avancer avec le coach de vie Benoît Richer. Pourquoi lui ?

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    Quinta de la Regaleira, Sintra. Plonger profond en soi-même

    Parce que j’aime son approche, bienveillante et apaisante, avec beaucoup d’écoute, qui vous aiguille pour aller au bout de vos raisonnements et vos émotions. Parce que je le sens à la fois compétent et pas du tout « gourou » dans sa façon d’être – pas de concepts fumeux, de notions ésotériques, de promesses spectaculaires. Parce que je me sens écoutée et comprise, et qu’il me donne des outils pour remettre en question certaines choses, avancer sur d’autres, sans me brusquer ou chercher à prendre un ascendant sur moi. Il est comme l’ami intelligent, posé et bienveillant qui vous aide à cheminer et prend le temps de dissiper le brouillard pour y voir plus clair. Au bout de quelques séances, je ressens les effets positifs de ce dialogue, ses effets concrets sur ma façon de réagir à certaines situations, et je suis ravie de pouvoir continuer ce chemin.

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    Et enfin, un point non négligeable en sa faveur : il accepte de travailler avec moi via Skype, lors de sessions d’1h30. Cela était déjà essentiel avec ma vie chaotique d’avant l’épidémie, et cela le devient encore plus en ces temps de confinement. Sachez que si vous avez besoin d’un « SOS coach », d’une soupape de sécurité, de parler à quelqu’un de neutre, constructif et bienveillant, il consulte par Skype et peut vous recevoir virtuellement, en direct de votre quarantaine. Et en plus, il a une offre spéciale de découverte du coaching à vous proposer pendant le temps du confinement – les détails sont ici sur son compte Instagram.

    Le soin par le son : étonnante sonothérapie avec Voyage sonore

    Connaissez-vous la sonothérapie ? A Lapalud dans le Vaucluse, en Provence, j’ai fait la rencontre de belles personnes et d’énergies puissantes et particulières chez Voyage Sonore. Avec mon amie Marion (Foehn Photographie), nous avons vécu une immersion relaxante et spirituelle dans un univers bienveillant et profond, où les tambours des chamanes, les gongs et les bols chantants vous traversent de leurs ondes profondes et vous caressent tout le corps et l’âme sans vous toucher. Cette expérience singulière et inédite qui m’a marquée.

    Sandrine Pujalte, la fondatrice de Voyage Sonore – Le chant de l’âme à Lapalud, s’est spécialisée dans la sonothérapie après une longue quête spirituelle et énergétique. Sandrine a une aura de bienveillance et de puissance douce ; depuis toujours, elle s’est intéressée au reiki, a eu des dons de magnétiseuse et de guérisseuse. Mais c’est un voyage au Canada qui a changé sa vie: elle y rencontre des chamanes et se passionne pour les grands tambours amérindiens, dont les vibrations profondes et intenses vous traversent et vous soignent sans vous toucher. Ses massages sonores allient tambours, gongs, bols chantants et différents univers sonores pour une expérience étonnamment profonde et intense, qui agit contre l’anxiété, l’insomnie, touche l’âme pour l’apaiser… Sandrine propose également des cours de sophrologie, des accompagnements, des cercles de femmes sur le modèle des tentes rouges.

    La maison de Sandrine et Patrick à Lapalud dans le Vaucluse est un véritable havre de bien être et d’énergie, où chaque détail parle à l’âme. J’ai été très touchée par sa sensibilité, sa générosité et l’intensité avec laquelle elle s’immerge dans le soin pour toucher et aider véritablement la personne. Le massage sonore m’a fait un effet très fort – je ne pensais pas être aussi touchée par ces ondes profondes qui traversent le crois tout entier et apaisent l’âme. Ce fut pour Marion et moi une belle rencontre humaine, pleine de lumière et de réflexions.

    Prendre soin de soi, aujourd’hui et demain

    Ceux qui me suivent depuis longtemps le savent : les questions de bien-être, de santé physique et mentale, sont toujours plus importants pour moi. Cette recherche d’équilibre, de lumière, cette réévaluation des priorités, je la vivais déjà avant le coronavirus, je vous en parlais déjà début janvier : deux années de cauchemar vous poussent à vous demander ce qui est réellement essentiel. La crise inédite que nous vivons actuellement continue de me pousser dans cette direction. J’ai la sensation que rien ne sera plus comme avant, et que nous ne pourrons pas, nous ne devrons pas, recommencer à vivre comme si de rien n’était une fois l’épidémie passée. Je crois que nous vivons une forme de recentrage, de retour à l’essentiel. Prendre soin de moi, prendre soin des autres – c’est la direction que j’esquisse. Comment, sous quelle forme ? Cela reste encore à inventer… mais j’ai déjà changé de vie par le passé, et peut-être que l’heure est venue pour moi d’une nouvelle métamorphose. Le temps le dira…

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    Je veux finir cet article par un message de soutien profond et sincère envers les personnels soignants qui se battent nuit et jour pour sauver des vies dans cette terrible crise que nous traversons tous. Ma reconnaissance envers vous est infinie, vous êtes mes héros, et je prie pour votre santé, votre force et votre courage tous les jours.

    ce que je fais pour aller bien : yoga fitness développement personnel prière

    Et vous ? Qu’est-ce que vous faites pour aller bien, en ce moment et toujours ? Pensez-vous que la crise actuelle modifiera durablement vos habitudes de vie, vos valeurs et vos objectifs ?

  • Oui à l’hélico et aux canons pour sauver la montagne

    Ce matin dans mon fil d’actualité Facebook et Twitter, un sujet est en tête de gondole : la station de ski de St Jean Montclar, située au-dessus du lac de Serre-Ponçon dans les Alpes du sud, a fait venir par hélicoptère la neige manquant en bas des pistes. La station s’étendant de 1350 à 2500m d’altitude, il lui a suffit de louer un hélicoptère pour une journée de rotations, et de prendre la neige au sommet du domaine pour combler le déficit d’enneigement au village. Plus haut, l’enneigement naturel prend le relai, et cette jolie station familiale très appréciée des Aixois et des Marseillais a pu ouvrir normalement et accueillir les visiteurs. Mais sur les réseaux sociaux, il est de bon ton de s’en offusquer : scandale écologique ! absurdité ! Face à l’indignation facile et au prêt-à-penser, peut-être qu’un autre point de vue s’impose.

    Raquettes à Montclar
    St Jean Montclar

    St Jean Montclar, la seule station autogérée d’Europe

    Montclar est un cas hors normes, un petit miracle d’esprit collectif unique sur notre continent. Parce que la société d’exploitation qui la gérait ne la jugeait plus assez rentable, la station aurait dû fermer en 2017. Mais pour les habitants de Montclar, cette décision signifiait tout simplement la mort du village. Installés ici depuis des générations, pratiquant comme tous les montagnards des Alpes provençales une pluriactivité souvent agricole (berger l’été, moniteur de ski l’hiver, par exemple), les habitants de Montclar savaient qu’ils ne pouvaient survivre économiquement sans le ski. Si la station fermait, tous les habitants non retraités auraient dû quitter la montagne et redescendre en plaine pour gagner leur vie, en sachant que leurs maisons auraient perdu toute valeur et qu’ils n’auraient jamais pu vendre leurs biens à un prix leur permettant de racheter autre chose ailleurs. Les gens de Montclar se sont donc lancés dans une aventure humaine extraordinaire : ils ont rassemblé toutes leurs économies, hypothéqué leurs maisons, et ont racheté la station. Depuis 2017, la station est autogérée. C’est un collectif d’habitants qui fait vivre Montclar, prépare le domaine, fait fonctionner la station, offre des activités ludiques pour toute la famille, gère les hôtels de charme, les trois restaurants labellisés Maître restaurateur, la patinoire, etc.

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des canons enneigeurs, des hélicoptères, de toutes les initiatives sauvant les stations de moyenne montagne françaises.
    Plusieurs personnes au coeur du projet de sauvetage de Montclar, passionnées et amoureuses de leur pays.

    Plusieurs familles sont au cœur de l’aventure, et surfant sur le dynamisme de cette station solidaire qui prend son destin en main, plusieurs artisans sont venus s’installer à Montclar et entrer à leur tour dans l’aventure. J’y ai skié en 2018 – retrouvez ici mon article sur Montclar – et j’ai été profondément touchée par l’esprit de solidarité, d’amitié, de chaleur humaine qui anime la station. Skier à Montclar, c’est allier convivialité et solidarité à un très beau domaine surplombant le lac de Serre-Ponçon et offrant de vraies belles pistes de tout niveau.
    Pour les gens de la vallée de la Blanche, l’équation est très simple : s’il n’y a pas de neige, si la station n’ouvre pas, tout le monde perd tout, emplois, maisons, hypothèques, emprunts. Une journée de rotations par hélicoptère, c’est un investissement de 8000 euros qui sauve une saison toute entière, et l’existence de tout un village peuplé de familles et d’amis ultra soudés. Essayons de nous mettre une seconde à leur place – n’importe qui aurait fait la même chose qu’eux.

    Une station de ski familiale et solidaire dans les Alpes du sud : Saint Jean Montclar, autogérée par ses habitants
    Skier au dessus du lac de Serre-Ponçon à Montclar

    Ecologie et empathie

    Que disent les contempteurs sur les réseaux sociaux ?  Que les stations de moyenne montagne n’ont qu’à fermer. Ils donnent des leçons de lâcher prise : « apprenons à vivre avec la nature, les saisons, les aléas », « rendons la montagne à la montagne », « acceptons de fermer les stations ». Je suis toujours frappée par le détachement dont les gens sont capables de faire preuve quand ils ne sont aucunement concernés – je serais curieuse de voir leur grande sagesse philosophique à l’épreuve du feu si leurs emplois et leurs lieux de vie étaient touchés à leur tour, si leur entreprise licenciait ou si leur maison était déclarée inhabitable. Ecologie peut et doit rimer avec empathie. Une vraie écologie sociale, un développement durable réel prennent en compte les besoins des populations, la dynamique des territoires, pour construire une relation harmonieuse avec le milieu et non pour être dans une logique d’opposition stérile où on préfère la nature aux hommes, en ignorant leur interconnexion. On ne peut prétendre vouloir sauver « la planète », entité abstraite, et se moquer des aspirations légitimes d’humains bien réels, qui plus est quand ils aspirent justement à rester vivre dans un milieu naturel qu’ils connaissent par cœur depuis des générations, et qu’ils revendiquent justement l’attachement à cette montagne, cette culture, ce mode de vie en phase avec leur terre. L’été bergers, éleveurs, charpentiers, cultivateurs, artisans, l’hiver guides de montagne, pisteurs, perchistes – s’agit-il vraiment de gens qu’on peut accuser de méconnaître ou de mépriser leur environnement ? Eux qui vivent au rythme des saisons, qui manifestent cet attachement profond à leur terre et le désir de rester y vivre malgré les difficultés ?

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des canons enneigeurs, des hélicoptères, de toutes les initiatives sauvant les stations de moyenne montagne françaises.
    Fin de journée dans un resto d’altitude à Montclar, appartenant à la même famille depuis plusieurs générations.

    Petites stations et écologie

    Il faut aussi bien se dire que même dans une logique purement écologiste, même si on se moquait complètement de la vie des gens de Montclar, même si on n’en avait strictement rien à faire des intérêts économiques du village, sauver les petites stations est une bonne chose pour l’environnement.

    La France a longtemps compté de nombreuses petites stations. Mais depuis une vingtaine d’années, les stations de basse altitude, situées entre 1000 et 2000 mètres, ont été les premières victimes du changement climatique et de la course à la rentabilité. Selon un article de Léa Dauplé et Pierre Bafoil paru le 29.12.2019 dans le Journal du Dimanche, « Sur la piste des stations fantômes », il y aurait 168 stations fermées sur les 584 construites en France depuis les années 30, soit 28% du total. Chaque fermeture de station s’accompagne d’un drame humain : le tourisme d’été et de neige hors ski n’est pas suffisant pour assurer la viabilité des installations économiques, et cela signifie la fermeture d’hôtels, de restaurants, la perte de nombreux emplois. De nombreuses stations fantômes deviennent aussi des villages fantômes, les habitants quittant ces lieux isolés et escarpés où ils ne peuvent plus gagner leur vie.

    Enneigeur à Orcières-Merlettes. Ces canons à neige, aujourd'hui beaucoup plus performants, sont essentiels aux stations de moyenne montagne. Afin de préserver la ressource en eau potable, les communes se sont mises à construire des retenues pour stocker l'eau pendant les grandes pluies d'automne et de printemps.
    Enneigeur à Orcières-Merlettes. Ces canons à neige, aujourd’hui beaucoup plus performants, sont essentiels aux stations de moyenne montagne. Afin de préserver la ressource en eau potable, les communes se sont mises à construire des retenues pour stocker l’eau pendant les grandes pluies d’automne et de printemps.

    La fermeture des petites stations signifie plusieurs choses. Tout d’abord, la concentration du tourisme sur les grandes stations. Avez-vous déjà vu les embouteillages énormes menant aux grandes stations de ski les week-ends d’hiver, en direction de Val d’Isère, Val-Thorens ou l’Alpe d’Huez, ou encore dans la vallée de Chamonix ? Ne pensez-vous pas que pour le milieu montagnard, ces énormes embouteillages emprisonnant les vallées sont bien plus dommageables qu’une unique journée de rotations d’hélicoptère ?

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
    Se sentir seul au monde dans les petites stations. Vercors


    Dans une logique de tourisme durable, on encourage justement les gens à diversifier leurs lieux de villégiature, à sortir un peu des sentiers battus, à visiter des lieux moins connus, afin d’alléger la pression touristique sur les sites les plus célèbres, et pour garantir la qualité de l’expérience touristique. Les petites stations, c’est un endroit où l’affluence moins importante et des prix du m2 plus bas permettent aux petits commerçants d’exister, c’est un endroit où on pourra trouver des restaurants valorisant le fait-maison et la production sur place, de petits hôtels et chambre d’hôtes familiaux, des accueils à la ferme, bref, un tourisme justement plus écolo et ancré dans le terroir. C’est pour cela que j’y suis tellement attachée, et que j’ai publié récemment un article sur les petites stations familiales qui permettent cette expérience personnelle et authentique. Les amoureux d’un tourisme plus vert devraient encourager les petites stations de ski et veiller à leur pérennité.

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
    En Chartreuse.

    Dans une logique de tourisme durable toujours, on veille à ce que le ski reste accessible financièrement. Que se passe-t-il sinon ? Il y a une douzaine d’années, on a vu la fréquentation des stations de ski s’effondrer face à la concurrence des vols low-cost vers les destinations ensoleillées de Méditerranée. Les familles au budget un peu juste n’avaient plus les moyens de s’offrir une semaine de ski et préféraient filer au soleil. Depuis, les stations de ski ont cherché à rectifier le tir, et y sont bien parvenues. Elles ont beaucoup baissé leurs prix. Elles ont énormément diversifié leurs activités pour que les non-skieurs puissent accompagner leur famille ou leur conjoint skieur sans s’ennuyer : dans les petites stations familiales françaises, j’ai ainsi pu tester l’hiver dernier le yooner, le fatbike, la luge sur rails, le chien de traîneau, le parapente, les bains du trappeur, les différents spas, les raquettes, le tai-chi, la marche nordique, la calèche, et plein d’autres choses encore.

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.


    Mais, toutes les études le montrent, ces activités ne suffisent pas à faire venir les touristes, même si elles renforcent l’attractivité d’une station et sont déterminantes dans le choix d’une destination quand il y a des non-skieurs dans la famille. Le ski reste le moteur du tourisme en montagne. Et quand les gens qui ont prévu de partir en vacances ne partent pas au ski, ils remplacent par un soleil lointain. Si vous êtes dans une logique de réduction de l’aérien, le ski est votre allié, et tout particulièrement les petites stations, qui sont souvent très intéressantes financièrement. J’ai été bluffée par les petits prix dans le massif de la Chartreuse, par exemple. Permettre aux gens qui veulent s’offrir des vacances, mais qui ne sont pas richissimes, de partir en France, n’est-ce pas une bonne chose à la fois pour l’environnement et pour l’économie ?

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.

    Dire « fermons les petites stations », c’est réduire l’offre pour les plus modestes, forcer les gens à partir plus loin au prix de trajets plus longs, à ce que cela leur coûte plus cher, accentuer la massification du tourisme sur les grosses stations – ce n’est pas un bon calcul environnemental.

    A ceux qui veulent voir disparaître le ski

    Certains sont plus radicaux encore. Certains disent : arrêtons totalement de skier. Abandonnons les stations et « laissons la montagne à la montagne ». Outre le fait que la fin de l’offre de ski en France réorienterait les touristes vers des destinations plus lointaines, comme je le disais à l’instant, une telle vision me paraît complètement antithétique avec un souhait de développement durable du territoire français.

    L'hiver dans le massif de la Chartreuse : où dormir ? que faire ? que voir ? Idées d'activités en hiver en Chartreuse, à côté de Grenoble. Marche nordique en Chartreuse

    Pourquoi a-t-on créé les stations de ski ? Pas seulement pour permettre aux urbains d’aller s’éclater en dévalant des pentes, mais pour permettre aux gens des montagnes de rester vivre dans les montagnes. Après la Seconde guerre mondiale, nous avons connu une logique de rationalisation de l’économie française qui a permis un vrai progrès pour tous : nourriture plus abondante et plus sûre, création de richesse, miracle économique qui a permis à nombre de Français modestes de vivre mieux et plus longtemps, allongement de l’espérance de vie. Mais cette rationalisation a nécessairement favorisé les plaines, les grands axes, les grands nœuds de commerce, au détriment des territoires isolés. Qu’est-ce que la montagne ? Un territoire peu productif. Le gel, la neige, la pente, l’inaccessibilité, l’isolement, sont autant de facteurs qui font que les sommets ne seront jamais aussi rentables aux activités humaines que la vallée du Rhône ou la côte méditerranéenne.

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
    Territoire sublime, mais complexe à mettre en valeur.


    Mais qu’est-ce que la montagne, aussi ? Un territoire merveilleux qui a su cultiver une identité, une singularité, une beauté qui sont un joyau de la culture française et qu’il faut préserver à tout prix. Avez-vous vu les maisons traditionnelles savoyardes, tout de bois sculpté, ou les chalets du Jura entièrement recouverts de tavaillons ? goûté le comté, le beaufort ou le reblochon ? rencontré les bergers des Alpes du sud et des Pyrénées qui mènent leurs troupeaux de brebis sur les estives, selon la tradition pastorale séculaire du sud ? vu les bûcherons récupérer les sangles d’épicéa et sculpter les porches des chalets ? visité les chapelles solitaires des montagnes, peuplées de saints protecteurs contre les avalanches et les gelées, senti la ferveur du peuple des longs hivers, entendu les cantiques occitans des Pyrénées ? entendu les troupeaux dans les pentes abruptes et les chants de leurs bergers ? Voilà ce que sont les montagnes françaises, voilà ce trésor à protéger. On a inventé les stations de ski pour que les gens puissent perpétuer leurs traditions, rester ici, vendre leurs produits, vivre de la terre et de leurs mains, avoir une source de revenus importante en hiver qui puisse faire tenir le reste de l’année.

    La montagne sans les hommes

    Que va-t-il se passer si les stations ferment ? Les montagnes se changeront en déserts. Ne croyez pas qu’on pourra encore en profiter l’été comme avant, que le ski n’est qu’anecdotique. Le ski permet aux gens qui entretiennent la montagne toute l’année de rester y vivre. Si les gens partent, les chemins ne seront plus entretenus, les troupeaux ne dégageront plus les plateaux, la broussaille poussera dans les friches et fermera le paysage, il n’y aura plus de refuges, d’hôtels, de restos, de produits régionaux, de culture montagnarde. La montagne redeviendra ce qu’elle a longtemps été, un territoire inaccessible, inhospitalier, perdu pour nous. Si nous aimons les montagnes, nous devons être les alliés de ceux qui les font vivre. Selon l’article du JDD que je citais, 80 petites stations sont en danger en France. Je ne me résous pas à les voir disparaître.

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
    Les sublimes hauts plateaux du Vercors, entretenus par le pastoralisme

    Alors comment s’offusquer de quelques rotations d’hélico à Montclar quand on sait tout ce qu’il y a en jeu, sincèrement ? Si vous aimez les montagnes, allez à Montclar, allez dans les Alpes du Sud, allez dans le Vercors, en Chartreuse, dans le Jura, dans la Vanoise et ailleurs. Allez dans les petites stations. Allez skier là-bas. Et si vous voulez diminuer la dépendance du modèle économique montagnard au ski, n’hésitez pas à tester les autres activités, à faire appel aux moniteurs de raquettes ou de yooner, à tester d’autres sports, d’autres découvertes, à sortir au resto, au spa, au bar, à diversifier, vous aussi, votre expérience de la montagne.

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.

    Je vous suggère ici onze jolies stations pour commencer, et j’espère bien continuer à vous en présenter. Et vous ? Irez-vous skier cet hiver ? Où cela ?

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.

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  • Les 10 villages les plus instagrammables de France ?

    Quels sont les dix villages les plus « instagrammables » de France, soit les dix qui sont le plus souvent mis en valeur sur le plus célèbre réseau social de partage d’images au monde, Instagram ? Et qu’est-ce que cette liste révèle sur nos goûts, nous autres voyageurs français ?

    Villages les plus instagrammables de France
    Ce village est dans le classement…


    J’ai reçu récemment un communiqué de presse de Holidu, un moteur de recherche proposant des locations de vacances, établissant le classement des dix villages et petites villes de France les plus souvent mentionnés sur Instagram. Leur méthodologie est simple : ont été prises en compte 1300 villes françaises comptant entre 500 et 12 000 habitants, et dont le nom est univoque. On a donc exclu tous ceux dont le nom signifie autre chose (comme Etalon dans la Somme, Faucon dans le Vaucluse ou Hérisson dans l’Allier, ou encore Chirac en Charente), et ceux dont le nom représente aussi un produit ou une marque (comme par exemple Roquefort, Maroilles ou Camembert. Ce qui, dans notre beau pays accro aux produits laitiers, signifie qu’on renonce à toutes les villes à fromage. Snif).

    Un week-end en Normandie : découvrez l'Orne. Que voir dans l'Orne ? Blog sur l'Orne.
    Vaches de Camembert (Orne, Normandie) très choquées par cette nouvelle.


    Les résultats m’ont intéressée et m’ont inspiré ce petit billet de réflexion sur nos goûts de voyageurs, et sur ce qu’Instagram signifie aujourd’hui dans le monde du tourisme. Je préviens d’office : bien que critiquer Instagram soit très à la mode, ce n’est pas au programme du jour. J’aime beaucoup Instagram. Si vous attendiez un règlement de comptes sauvage, de l’hémoglobine et des dents qui sautent, vous serez déçus.

    Villages les plus instagrammables de France
    Saurez-vous deviner qui est le village le plus instagrammable de France ?

    Les dix villages les plus instagrammés de France

    Voici donc la liste des dix villages et villes de France les plus mentionnés sur Instagram :

    1. Cassis
    2. Val-d’Isère
    3. Morzine
    4. Megève
    5. Eze
    6. Honfleur
    7. Dinan
    8. Collioure
    9. Chamonix
    10. Dinard

    Première observation : toutes ces villes, sans exception, sont situées à la mer (Cassis, Eze, Honfleur, Dinan, Collioure, Dinard) ou à la montagne (Val d’Isère, Morzine, Megève, Chamonix). Dans notre pays qui a la chance inouïe de compter trois façades maritimes et plusieurs massifs montagneux spectaculaires, la sacro-sainte dichotomie mer/montagne reste donc très forte. Lorsque nous allons en vacances, nous allons nous dorer sur les littoraux, ou grimper à l’assaut des sommets. Si la Méditerranée au Sud et la Manche au Nord sont aussi représentées côté mer, les Alpes l’emportent pour ce qui est de la montagne – et malgré mon amour pour toutes les montagnes françaises, je peux le comprendre, les Alpes restant à mes yeux insurpassables, tant pour le ski que pour la rando. Pardonnez mon chauvinisme de fille née en Rhône-Alpes.

    Calanques de Cassis
    Morzine, savoyarde authentique

    J’aurais bien aimé avoir la liste des 20 ou 30 premiers villages, pour voir comment les campagnes se défendent. Les chiffres de l’évolution du tourisme en France montrent une revalorisation très forte du tourisme rural, des belles campagnes françaises, une tendance que j’applaudis des deux mains : moi qui ai adoré l’Aveyron, la Lozère, l’Orne, la Loire, la Saône-et-Loire, la Côte d’Or, l’Alsace, la plaine de Versailles, le Lot, le nord de la Bourgogne (articles à suivre), je ne peux qu’encourager les voyageurs à se mettre au vert et à découvrir la richesse du patrimoine architectural et naturel de ces territoires.
    La célèbre émission de Stéphane Bern, Le village préféré des français, a d’ailleurs montré cet attachement aux beaux villages ruraux : Saint Cirq Lapopie a gagné en 2012, Eguisheim en 2013, Cordes-sur-Ciel en 2014, Kaysersberg en 2017, Cassel en 2018 – autant de petites villes qui ne comptent ni mer ni montagne et qui ont su marquer les esprits.

    Que voir en Alsace à l'automne ?
    Vue sur le vignoble alsacien depuis le château du Haut-Koenisgbourg.

    Deuxième observation : à l’exception peut-être de Val-d’Isère, qui est avant tout une station de ski et qui doit sa renommée à l’amour de la poudreuse, tous les autres villages cités ont une identité forte, des monuments emblématiques, une longue histoire et une allure immédiatement reconnaissable. Même lorsque nous venons nous détendre au soleil ou croquer les cimes, nous valorisons la beauté des sites, l’histoire des villages et leur caractère typique.

    Les plus beaux sites de la Côte fleurie
    Le port de Honfleur, mythique et mille fois immortalisé

    Ce qui me conduit au point suivant : je trouve qu’Instagram a plutôt bon goût.

    Le grand méchant Instagram ?

    Il est de bon ton de critiquer Instagram, de lui imputer le tourisme de masse (comme si les gens avaient attendu Instagram pour visiter les calanques de Cassis) et la destruction des sites naturels (quelques épiphénomènes regrettables, comme la triste histoire de l’arbre-brocolis). En réalité, ce que montre cette liste, c’est qu’Instagram surfe sur les tendances déjà existantes : les dix premiers villages étaient des destinations touristiques bien avant leur célébrité sur le réseau social, qui n’a fait que renforcer un phénomène préexistant. Ce qu’on voit le plus souvent apparaître sur Instagram, ce sont des lieux qui jouissaient déjà d’une vraie célébrité avant même le lancement du réseau.

     
     
     
     
     
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    La gestion du surtourisme est une problématique à laquelle les destinations sont confrontées depuis longtemps et qui est, je le crois, plutôt efficace en France, où nous avons une forte tradition de protection du patrimoine. Cassis, par exemple, est aujourd’hui MIEUX protégée qu’avant, avec le statut de parc national attribué aux calanques, la fermeture des massifs en cas de risque d’incendie, l’activisme luttant contre la pollution par les boues rouges et eaux usées… Quant à la vallée de Chamonix, les maires des communes concernées ont pris des mesures fortes pour mieux les protéger ces dernières années, notamment la limitation de l’accès au Mont-Blanc. Il m’est arrivé de visiter des pays qui n’ont pas cette culture de protection, et d’être très heureuse de vivre en France, qui reste, je le rappelle, la première destination touristique mondiale depuis les années 1980 sans que nous ayons assisté à la destruction de notre patrimoine.

    On compte 112 millions de publications hashtaguées #Paris sur Instagram. Paris est encore là.

    Je ne crois pas au surtourisme dans l’absolu, sauf pour des sites naturels particulièrement fragiles. Je crois en revanche que certaines destinations n’ont pas cette culture de protection et que même un petit nombre de touristes y est problématique, car ils n’ont pas les infrastructures et les réglementations nécessaires pour accueillir, canaliser, réguler le flux. Pour un village sur une île perdue dans un pays pauvre, qui n’a pas de système d’assainissement des eaux usées, de traitement des déchets, ou de lois protégeant un patrimoine fragile (interdisant, par exemple, de ramasser les étoiles de mer ou d’escalader les ruines d’un temple), tout visiteur est une menace. Pour une destination équipée, formée, prête à recevoir les touristes, ils sont une chance.

    Instagram, une chance pour les destinations

    J’en reviens à la liste des villages les plus instagrammables de France. Ce que cette liste ne montre pas, en revanche, c’est le nombre de villages qui ont su tirer leur épingle du jeu grâce à ce réseau, qui ont pu être découverts par davantage de touristes grâce aux belles photos partagées sur Instagram. Moi-même, j’ai souvent ajouté des destinations à mon itinéraire grâce à l’inspiration fournie par un post qui m’a touchée. Lorsque je construis un itinéraire de voyage, c’est souvent vers Instagram que je me tourne avant tout pour décider si je m’arrête dans tel ou tel village. Tous les villages et sites de France ne bénéficient pas de la promotion d’un office du tourisme, mais tous ont déjà été immortalisés sur Instagram, et c’est pour moi une source perpétuelle d’information et d’inspiration visuelle. Les professionnels du tourisme l’ont bien compris et encouragent de plus en plus les visiteurs à utiliser tel ou tel hashtag pour mettre en valeur leur région, car ils savent l’ampleur de la visibilité offerte par ce réseau. Je le constate à mon échelle : je reçois tout le temps des messages sur Instagram de personnes me disant « j’ai eu envie d’aller à XYZ grâce à tes stories, et j’ai une question / je te remercie ».

     
     
     
     
     
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    On reproche souvent à Instagram la standardisation du goût esthétique – un compte très bien fait, Instarepeat, montre de façon amusante notre tendance à répéter les mêmes mises en scène. Cela est indéniable, et a été bien analysé notamment dans le domaine de l’outdoor dans cet article publié par les Others. Les créateurs de contenu sont de plus en plus conscients de ce fait et cherchent en permanence le bon équilibre entre ce qui est « instagrammable », et l’expression personnelle de leur créativité.

    Découvrez les Dolomites à l'automne.
    Un lieu vu mille fois sur Instagram : le lac de Sorapis dans les Dolomites

    Mais je pense que cette tendance a aussi des effets vertueux, et pour les destinations, et pour les instagrameurs.

    Pour les destinations tout d’abord : Instagram les encourage à se faire plus belles et plus riches en expériences. Les critères qui rendent un village instagrammable sont souvent les mêmes que les critères permettant d’accéder au label « Plus beau village de France », ou encore « Village fleuri » : propreté, patrimoine restauré et préservé, accessibilité aux monuments, présence de fleurs… Pour avoir plus de succès sur Instagram, vous devez tout simplement rendre votre village plus beau, plus accueillant, plus attrayant. Cela passe bien sûr aussi par les expériences proposées. Le canoë est à la mode sur Instagram ? C’est une aubaine pour les prestataires d’activités qui proposent d’explorer les rivières françaises à la pagaie. Instagram aime les petits cafés mignons remplis d’insolites et de jolies choses ? C’est une aubaine pour les restaurateurs qui se lancent et cherchent à dynamiser des petites villes françaises. Un monde instagrammable, c’est un monde rempli de beaux points de vue, de monuments préservés, de bistrots où on sert des produits locaux avec des fleurs et des bougies sur la table. Franchement, il y a pire.

    village instagramable
    Martel, dans le Lot
     
     
     
     
     
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    Comment avoir du succès sur Instagram ?

    Et pour nous, les instagrameurs, cette exigence est aussi une chance. Instagram nous pousse tous à devenir de meilleurs photographes. Oublions une seconde les « gimmicks » à la mode sur le réseau : quelles sont les publications qui ont du succès ? Les belles photos bien composées. Les règles à respecter pour qu’une photo soit « instagramable » sont, très souvent, les règles générales à respecter pour faire une bonne photo : avoir une composition claire où le sujet est placé sur les lignes de force de l’image. Veiller à avoir une belle lumière. Faire en sorte que le sujet de la photo soit évident, que quelque chose dans l’image attire le regard. Avoir un premier plan. Les blogueurs de voyage qui ont le plus de succès sont aussi d’excellents photographes – je pense par exemple à un duo dont j’adore le compte Instagram et qui est un exemple pour moi, les Bestjobers.
    Instagram nous pousse tous à nous améliorer, nous dépasser. Admirer les belles photos des autres ne me pousse jamais au plagiat ou au découragement, mais est pour moi toujours une source d’inspiration et de saine émulation. Comment avoir du succès sur Instagram ? En devenant toujours meilleurs.

    Que voir à Bellagio sur le lac de Côme ? Bellagio et les jardins de la villa Melzi à l’automne, la plus belle villa sur le lac de Côme. Bellagio blog
    Une photo qui a eu beaucoup de succès sur mon Instagram : un matin au lac de Côme

    Les villages les plus instagrammables de France ?

    Impossible de conclure cet article sans quelques images tirées de la liste… et quelques autres.

    Je partage la passion collective pour Cassis. Les calanques, cette citadelle de dentelle blanche où des pins funambules viennent se pencher au-dessus des eaux que la transparence des fonds peint en turquoise, font partie des plus beaux paysages de France à mes yeux.

    Morzine a la beauté du bourg savoyard traditionnel, et a su préserver à merveille son patrimoine baroque vieux de plusieurs siècles. Le site naturel est superbe, avec vue sur le Mont Blanc et les Dents du Midi, et le village a un charme fou.

    J’ai visité Eze et son jardin exotique au sommet d’un éperon rocheux par une belle St Valentin. Je garde un souvenir inoubliable de ce site, une des plus belles vues de la Côte d’Azur.

    Honfleur allie la beauté riante de la côte fleurie normande et la solennité d’un vieux port qui me rappelle les plus belles villes du nord de l’Europe, je comprends pourquoi Victor Hugo l’aimait tant.

    Les plus beaux sites de la Côte fleurie
    Honfleur, morceaux d’antan

    Plus qu’une ville, Chamonix est un mythe, le symbole de la haute montagne et de ses défis, de l’alpinisme et du vertige.

     
     
     
     
     
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    Et ce sont sans doute les plus belles randonnées des Alpes françaises : je me souviendrai toujours de ma découverte du Lac Blanc, du Lac des Chéserys et de la Mer de glace…

    Et d’autres villages instagrammables encore…

    J’ai envie de compléter cette liste avec dix autres, totalement personnels : dix villages que j’adore et que j’ai envie de poster sur Instagram encore et encore.

    Le Mont Saint Michel reste à mes yeux un mythe absolu, un lieu de légende et de foi à la puissance évocatrice inégalée. Et esthétiquement sublime, surtout quand la lumière du matin drape le rocher perdu au milieu des marées…

    C’est à mes yeux le plus beau village de Provence : niché entre deux pitons rocheux, à deux pas du lac de Ste Croix et des incroyables gorges du Verdon, Moustiers Sainte Marie allie splendeur naturelle et richesse culturelle exceptionnelle. Je vous en parlerai plus longuement dans un article très bientôt.

    Je continue avec les sites où la beauté naturelle est réhaussée par la puissance de la foi : Conques, lieu de pèlerinage incontournable sur le chemin de St Jacques en Aveyron, m’a fascinée visuellement et spirituellement. Ce village est rare et précieux.

    Que voir dans le Nord Aveyron ? Les plus beaux villages d'Aveyron, Conques, le canyon de Bozouls, Salles la Source, Espalion... Voyage en Aveyron.
    Conques

    Je ne peux m’empêcher d’ajouter un deuxième village aveyronnais avec Belcastel, splendeur médiévale entre château fort et pont pittoresque. Un charme fou.

    Le voisin de l’Aveyron se défend aussi merveilleusement en matière de beaux villages : dans le Lot, j’ai été éblouie par St Cirq Lapopie, une véritable perfection visuelle. Je comprends qu’il ait été élu village préféré des français.

    Et toujours côté Occitanie, j’ai eu un immense coup de cœur pour Saint Chély du Tarn, petite perle logée au cœur des gorges du Tarn en Lozère. Un des paysages que j’aime le plus en France.

    L’Alsace est un véritable gisement de villages de poupées aux couleurs incroyables. J’ai un coup de cœur pour Riquewihr, ses teintes si vives et son perpétuel esprit de Noël.

    Il me faut évidemment citer un village drômois, et je jette mon dévolu sur Grignan, avec son château Renaissance extraordinaire et ses champs de lavande. Il est tout récemment entré au classement des plus beaux villages de France.

    La Savoie est pour moi un pays féerique, et j’ai trouvé mon idéal à Pralognan la Vanoise, petit village tellement authentique et préservé, dans un cadre d’exception. Un hiver de conte de fées.

    Parmi les villages du Luberon, j’en citerai un moins célèbre que Gordes, mais dont j’adore l’atmosphère : Saignon, un petit bijou provençal.

    Je finis avec le joyau du Vercors : Pont-en-Royans, avec ses maisons multicolores suspendues au dessus de la rivière et sa gorge pittoresque.

    Et vous ? Quels villages de France vous donnent furieusement envie de poster sur Instagram ?

    Pour plein d’aventures en France (Moustiers Sainte Marie, le Lot, l’Aveyron, la Bourgogne…) et ailleurs (Minorque, les Pouilles, les îles Féroé…), n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter. Ou à me suivre sur Instagram 😉

  • Confessions sincères d’une blogueuse

    Un début d’année est toujours un bon prétexte aux bilans, aux réflexions et aux mises au point. En ce mois de janvier 2019, j’avais envie de me livrer à l’exercice de la confession et de revenir sur l’année écoulée, vous parler de ma vie personnelle et de mon travail. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le faire par le passé, lors de précédentes réflexions sur le métier de blogueur et son évolution, je voudrais aussi prendre position sur un certain nombre de débats actuels, et répondre à des questions que vous m’avez posées, en public ou en privé. Je vous fais une promesse : celle de la sincérité absolue. Moi, blogueuse et journaliste-photographe en ce début 2019, comment je vais, qu’est-ce que je fabrique, de quoi je vis, qu’est-ce qui me préoccupe ? Je vous dis tout.

    Confession sincère d'une blogueuse : les blogueurs sont ils sincères ? les blogueurs détruisent ils la planète ? Blog et écologie, influenceurs et sincérité
    Regardons ensemble dans le rétro…

     

    Confession sincère d'une blogueuse : les blogueurs sont ils sincères ? les blogueurs détruisent ils la planète ? Blog et écologie, influenceurs et sincérité
    … et ouvrons grand la fenêtre sur 2019 !

    2018, grand chaos et renouveau lumineux

    De toute ma vie, je n’ai jamais vécu une année comme 2018, aussi bouleversante, éprouvante et stimulante à la fois – une année de montagnes russes, pleine de fracas et de lumière. Mon début d’année fut tout bonnement cataclysmique. En janvier, j’ai eu droit coup sur coup à une rupture d’une extrême violence, un lourd problème de santé, un combat important que je continue de mener, et je me suis sentie submergée. J’ai mesuré à ce moment-là que l’amitié entre blogueurs n’est pas un vain mot, et les marques de soutien et d’affection de la blogosphère dans ces épreuves m’ont profondément touchée.

    Confession sincère d'une blogueuse : les blogueurs sont ils sincères ? les blogueurs détruisent ils la planète ? Blog et écologie, influenceurs et sincérité
    Ma chère amie Lykorne Illettrée, ici dans son ciré jaune avec moi aux îles Féroé, fait partie de celles qui ont été extrêmement présentes pour moi – mais elle n’est pas la seule, loin s’en faut 🙂

    Et puis j’ai repris fermement la barre, parce que la vie est belle et que l’envie de mordre le monde à pleines dents ne me quittera pas de sitôt. En mars, j’ai réalisé un très vieux rêve de grand nord en explorant la Laponie, l’Islande et enfin le Groenland. Les immensités blanches de l’Arctique ont joué leur rôle d’ardoise magique sur mon âme. J’ai jeté une bague qui me brûlait le doigt au milieu des icebergs d’Ilulissat, j’ai formulé des vœux, des prières et des promesses, et je suis revenue apaisée, prête à reprendre la route.

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Au milieu des icebergs à Ilulissat.

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Huskies à Ilulissat.

    Au salon des blogueurs de voyage en Aveyron en avril, j’ai reçu un prix qui m’a profondément touchée, et de nombreux témoignages d’affection qui me sont allés droit au cœur.

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Une récompense qui me touche : 2e prix au trophée Blog Expert, après avoir pu présenter mon travail devant tous les blogueurs et exposants présents au salon.

    J’ai quitté Aix-en-Provence, j’ai aussi dit adieu à la Bavière qui était ma seconde patrie et désormais l’unique objet de mes regrets, mais j’ai retrouvé ma Drôme adorée, et j’ai passé une bonne partie de l’année à explorer ses rivières, ses montagnes – notamment le merveilleux Vercors – et ses lavandes.

    Découvrez les meilleures activités outdoor en Vercors : parapente, spéléologie, équitation, vélo, luge, canirando, etc. Activités de plein air dans les Alpes en été. #vercors
    Un des plus beaux souvenirs de 2018 : le parapente dans le Vercors.

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    … et cet incroyable bivouac face au Mont Aiguille avec mon amie Marion alias La faute au graph.

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    Beauté de la Drôme en été.

    Where to see the most beautiful lavender fields in Provence? Secret tips by a local
    .

    De nouveaux horizons se sont ouverts. Mon sud chéri me réservait une très belle rencontre avec quelqu’un de spécial dans un département voisin du mien, et 2019 fut l’année où j’ai découvert les charmes de l’Occitanie, notamment du Gard.

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    Aux arènes de Nîmes.

     

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    Aux cascades du Sautadet, dans le Gard toujours.

    Voyages proches et lointains

    D’autres grands voyages ont scandé l’année : en 2018, j’ai découvert l’Ouzbékistan, la Louisiane, les îles Féroé et la République dominicaine. D’autres escapades m’ont emmenée hors de nos frontières : à cheval en Ardenne belge, au milieu des palmiers à Elche en Espagne, à Dakhla dans le Sahara marocain, en Slovénie et dans le Tessin en Suisse.

    Partons pour un grand voyage en Ouzbékistan. De Samarcande à Boukhara en passant par la steppe, voici un itinéraire de rêve pour découvrir les incontournables d'Ouzbékistan.
    Ouzbékistan.

     

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    Dakhla.

     

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    Iles Féroé.

    Mais j’ai aussi passé beaucoup de temps en France, à Montclar la station de ski solidaire, dans les gorges du Tarn, en Bourgogne, en Alsace, à Rouen, dans la Manche, dans la Loire, à Lyon et à Nice. (Comme vous le voyez, il me reste un certain nombre d’articles à écrire !)

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    Strasbourg

    J’aime passionnément notre pays et il m’apparaît de plus en plus clair que mon amour du voyage n’est pas une envie de déracinement, que je ne souhaite plus m’expatrier et que ma vie sera sans doute française. A chacun de mes voyages « hexagonaux », je mesure davantage encore l’infinie diversité de notre pays, sa richesse et sa beauté, et la profondeur de mon attachement à la France. Je crois que c’est à Nice que j’aimerais vivre – je vous en parlerai dans un prochain article.

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    Nice.

    Vivre de mots et d’images : être blogueuse pro et journaliste-photographe

    Comme vous le savez, j’ai deux casquettes, celle de blogueuse professionnelle pour Itinera Magica, et celle de journaliste-photographe indépendante, spécialisée dans le tourisme.

    Itinera Magica va bien, et j’en suis infiniment heureuse. A l’heure où j’écris cet article, début janvier 2019, vous êtes plus de 35 000 visiteurs individuels à visiter le blog chaque mois, et plus de 35 000 à me suivre sur les réseaux sociaux, dont presque 21 000 sur Instagram. Au-delà des chiffres, ce sont des personnes, des amitiés qui se nouent, de la bienveillance et des échanges auxquels je ne renoncerais pour rien au monde. Je vous dis merci, merci pour votre présence, votre gentillesse.

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    Les 9 photos que vous avez le plus appréciées sur Instagram en 2018 : Dolomites, Vercors, Féroé, Gorges du Tarn, Vercors, Dolomites, Rouen, Martinique, Féroé.

    Mon autre grande satisfaction professionnelle en 2018, ce sont les reportages que j’ai réalisés pour Version Femina. C’est chaque fois un vrai bonheur de voir mes mots et mes photos dans ce beau magazine qui touche trois millions de lecteurs chaque dimanche. Vous allez continuer de m’y retrouver souvent en 2019, avec de nombreux reportages prévus, et je m’en réjouis.

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    Reportages réalisés en 2018 pour Version Femina.

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    Mes deux métiers vont main dans la main : j’ai souvent eu envie de partager sur Itinera Magica de merveilleux voyages réalisés en tant que journaliste, et de nombreuses destinations découvertes en tant que blogueuse se sont ensuite retrouvées dans mes dossiers tourisme pour Femina, comme la Loire, les gorges du Tarn, le Vercors, l’Aveyron, les Shetland, Hyères, Cabourg, l’Estérel, Montclar, etc. Cet équilibre me rend très heureuse.

    Week end dans la Loire, au sud de Lyon : chambre d'hôtes abordables et romantiques. Week end romantique au vert au sud de Lyon
    La Loire : une belle découverte de blogueuse que j’ai pu partager dans Femina.

     

    De Dijon à Beaune, prenons la route des vins de Bourgogne, entre grands crus et hôtels de luxe. Un séjour romantique au coeur de la Bourgogne
    La Bourgogne, du blog à la presse, le coup de coeur se partage.

    Je reçois souvent des messages privés sur Instagram me demandant de quoi je vis : de la création de contenu textuel et visuel, à 100%. Je réalise des reportages avec cession de photos, à la fois pour la presse et directement pour les destinations. J’aime passionnément mon métier et je mesure pleinement ma chance, même s’il y a évidemment beaucoup de travail et de fatigue à la clef. Je suis en déplacement deux ou trois semaines par mois, très peu chez moi, mes journées sont très, très longues (j’adore vraiment les réseaux sociaux, l’échange et le partage qu’ils permettent, mais qu’est-ce que c’est chronophage !), je gère beaucoup de choses simultanément jour après jour, certains retards de paiements me posent vraiment problème, je dors peu et je ne suis pas sûre de pouvoir faire cela toute ma vie, surtout si j’ai un jour des enfants. Mais je vis des choses extraordinaires, je le sais bien, et j’en profite au maximum, avec la gratitude et l’exaltation d’avoir réalisé mon rêve et la conscience de sa fragilité. Je sais que les années que je vis en ce moment sont extraordinaires, et que quoi qu’il arrive ensuite, cela restera un moment très spécial et mémorable de ma vie.

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    Kangerlussuaq, Groenland. Même si je pouvais vivre mille ans, je n’oublierais pas…

    La question de l’affiliation : pourquoi j’en fais très peu ou le problème Booking

    Mon modèle économique est donc basé exclusivement sur la création de contenu (ce qui explique pourquoi je voyage autant et pourquoi mes journées sont si longues). A lire les bilans de mes collègues blogueurs, par exemple celui de Novomonde que j’apprécie, je sais que nombre d’entre eux tirent aussi d’importants revenus de l’affiliation. Je leur envie un peu cette source de revenu stable, plus facile et pratique, mais ce n’est pas quelque chose que j’ai personnellement réussi à mettre en place. Je la pratique occasionnellement, par exemple dans la page présentant mon matériel photographique ou dans mon article livres & objets de Noël, et si vous souhaitez me soutenir en utilisant ces liens, j’en serais très heureuse. Mais cela reste marginal sur Itinera Magica. Pourquoi ?

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    Si vous achetez un livre ou un objet que j’ai recommandé en utilisant mes liens affiliés, je touche une petite commission, mais le prix ne change pas pour vous.

    Cela tient principalement à une chose. L’affiliation qui rapporte le plus d’argent aux blogueurs mettant en valeur des hébergements, c’est Booking. Or je travaille beaucoup avec des hôteliers, ayant beaucoup de plaisir à vous présenter de beaux hôtels, chambres d’hôtes et gîtes indépendants. Et l’immense majorité d’entre eux me racontent que Booking les prend à la gorge. Avec sa situation de quasi-monopole et sa pratique de référencement ultra agressif (avant de trouver le site web direct d’un hôtel dans Google, vous tombez toujours sur une multitude de liens Booking), le site s’est imposé comme un incontournable, et exige des commissions exorbitantes. Pour chaque réservation effectuée via Booking, le site prend 17 à 25% du montant de la nuit – sur le prix TTC et non sur le prix HT, ce qui signifie que l’hôtelier paie des commissions même sur l’argent qu’il renversera à l’Etat. Inutile de dire que nombre d’hôteliers indépendants se sentent complètement vampirisés, et ne supportent plus Booking.
    Ils développent donc des stratégies de contournement et offrent des tarifs et options plus avantageux aux personnes qui réservent en direct, par exemple : les plus belles chambres, le petit-déjeuner offert, le parking, etc. Les hôteliers me disent souvent « précisez bien à vos lecteurs de réserver en direct chez nous, et pas sur Booking ». Vous imaginez bien que dans ces conditions, il m’est totalement impossible d’aller insérer un lien affilié Booking dans l’article…

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    Comme de nombreux hôteliers, Le Cèdre à Beaune pratique des tarifs bien plus avantageux en direct que sur Booking.

    De même, je ne suis pas vraiment satisfaite de l’affiliation que je pratique actuellement sur les livres et objets, via Amazon. J’ai lu comme tout le monde les craintes des libraires indépendants face à Amazon, et les reportages alarmants sur les conditions de travail de leurs employés. J’aimerais beaucoup pouvoir développer un mode d’affiliation plus éthique, honnête (on me propose tout le temps de l’affiliation sur des produits ou services que je n’ai pas testés, ce n’est évidemment pas possible pour moi, je refuse catégoriquement de mentir à mon lectorat), mais qui reste malgré tout rémunérateur. Je pense que je cherche la quadrature du cercle, mais si vous avez des idées…

    La question de la sincérité des blogueurs

    Puisqu’on parle d’éthique et d’honnêteté, j’en profite pour répondre à une question qu’on me pose souvent. Les blogueurs sont-ils sincères ? Si j’ai été invitée quelque part et que quelque chose me déplaît, est-ce que je le dis ? A quel point suis-je transparente ? On m’a parfois reproché d’être trop enthousiaste. Si l’immense majorité des commentaires que je reçois sont positifs (merci !), j’ai parfois droit à une petite pique du type « vous surjouez l’enthousiasme » « vous abusez des superlatifs », etc. A cela, j’aimerais répondre en deux temps.

    Premièrement : on ne fait pas mon métier sans être doté d’une nature fondamentalement enthousiaste. On ne fait pas mon métier sans aimer profondément le voyage, la découverte, les lieux, les gens, les histoires, les paysages. Les gens qui n’ont pas le cœur qui battent face à un petit chalet typique juché au sommet d’une montagne, par exemple, ne font pas mon boulot. Quand on devient blogueur de voyage, c’est qu’on est sincèrement curieux du monde et de ceux qui l’habitent, sinon le job est trop usant et épuisant. J’aime mon job, j’aime les lieux, j’aime les gens, j’aime l’immensité des découvertes à portée de main. Je n’ai pas à me forcer pour voir la beauté du monde et le charme des expériences. Même crevée et stressée, la splendeur d’un paysage ou le charme d’un resto typique me séduit toujours autant. Je sais que j’ai de la chance, que beaucoup envient la vie que je mène, même si elle n’est pas aussi parfaite qu’ils le croient parfois. Je ne veux pas me comporter en gamine gâtée qui méprise son bonheur.

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    Mes voyages s’accompagnent de fabuleuses rencontres. Il faut encore que je vous raconte ma visite de Grimentz en Suisse, où j’ai goûté le « fromage des morts », le « vin des glaciers », découvert les « combats de reines », le tout au milieu de maisons datant du XIIIe siècle. Emotion puissante.

     

    Le plus beau spa d'Alsace, un spa de luxe et d'exception ? La Source des Sens vous attend pour un week-end romantique et bien-être.
    Un des plus beaux séjours de 2018 : La Source des Sens à Morsbronn, en Alsace. Je vous mets au défi de ne pas être enthousiaste 😉

    Deuxièmement : oui, mes voyages sont parfaits ou presque. Ils sont conçus comme tels, et c’est fait exprès. Je vous explique.

    Si vous me lisez régulièrement, vous le savez : la création de contenu est mon métier et je ne dissimule donc jamais un partenariat. Tous les articles que je réalise pour une destination, une marque, un hébergeur, etc, précisent clairement le cadre dans lequel le voyage a été réalisé : je cite et je remercie mes partenaires. Vous aurez remarqué que j’utilise toujours des formules du type « j’ai été invitée par XYZ, merci à eux pour l’organisation de ce voyage », et non des formules du type « ce voyage a été sponsorisé, mais cela n’influence en rien mon jugement ». Pourquoi ? Soyons honnêtes : évidemment que cela m’influence d’être accueillie dans un bel hôtel, de tester des activités hors-normes, de manger des plats délicieux, de bénéficier d’un accompagnement personnalisé, etc. Mais je n’ai aucunement besoin de mentir. Tout sera authentiquement parfait, tout sera conçu pour être parfait, et je n’aurai pas à me forcer pour être enthousiaste. Pourquoi ? Parce que le but d’un tel reportage est de montrer comment tirer le meilleur d’une destination, vous montrer comment vous pourrez, à votre tour, réaliser un voyage parfait. Lorsqu’un office de tourisme invite un blogueur, son but est de montrer tout ce qu’on peut voir, vivre, faire, manger, admirer sur place, pour que le blogueur puisse, à son tour, conseiller sa communauté sur la meilleure façon de tirer parti de son séjour.

    Il m’est parfois arrivé, par le passé, de rater complètement des voyages. J’avais réservé des hôtels pourris, je ne savais pas qu’on pouvait faire telle activité, j’étais venue au mauvais moment, bref, je suis passée à côté de l’expérience. Le but d’un accueil blogueur est de montrer COMMENT ne pas passer à côté de l’expérience. Il ne s’agit absolument pas de mentir, de prétendre qu’un hôtel est luxueux si c’est un boui-boui, de faire miroiter des activités qui n’existent pas, etc. Ce n’est absolument pas dans l’intérêt d’une destination de mentir sur la marchandise. Il s’agit de sélectionner, organiser, choisir, pour savoir où aller, que faire, que voir. Il s’agit de vous présenter un voyage certes parfait, mais reproductible. De vous donner les clefs pour que ce que vous viviez soit aussi bien que ce que j’ai vécu moi.

    Visiter Dijon, la capitale de la Bourgogne. Mes incontournables à Dijon pour un week-end parfait à Dijon.
    Les plus belles vues, les meilleures adresses… un blogueur sélectionne ce qui vaut vraiment le coup.

    Quand un office du tourisme invite un blogueur, il va discuter avec lui de ses attentes. Il va lui demander : qui est votre communauté ? Qu’est-ce qu’elle aime ? Qu’est-ce que vous avez envie de voir ? Vous êtes plutôt luxe, plutôt aventure, plutôt famille, plutôt cuisine, plutôt fête… ? A partir de ces premières réponses, il va tenter d’élaborer un programme idéal. Le blogueur va ensuite faire des recherches, bien se renseigner, faire ses propres propositions, dire « je préférerais faire telle chose, j’ai l’impression que cela me correspond mieux… ». Au fil des échanges, on arrivera au voyage parfait, adapté à la personnalité du blogueur, et reproductible par d’autres. Je n’ai pas à me forcer à être enthousiaste, parce que ce que je vis mérite presque toujours que je le sois.

    Confession sincère d'une blogueuse : les blogueurs sont ils sincères ? les blogueurs détruisent ils la planète ? Blog et écologie, influenceurs et sincérité
    Embarquer pour une superbe aventure en République dominicaine.

    Quand un blogueur n’a pas aimé un séjour

    Mais que se passe-t-il s’il y a un raté ? Si malgré tout ce travail préalable, quelque chose me déplaît, se passe mal, comment on gère ? Il y a plusieurs cas de figures, et j’ai déjà fait l’expérience de chacun. Voici ma gestion personnelle du Truc Qui Foire Malgré Tout. J’ai un principe : ne jamais mentir à mon lecteur. Je n’écris JAMAIS « j’ai adoré » si ce n’est pas vrai. Mais je ne veux pas non plus blesser inutilement, et j’ai développé des stratégies de contournement.

    * Cas 1 : les circonstances sont contre moi. Facile à gérer, il faut être sincère, cela ne blessera personne. « On m’a dit que la vue était extraordinaire, mais je suis malheureusement venue un jour d’épais brouillard. Ne venez pas si la météo n’est pas au beau fixe, vous ne verrez rien. » « Ce resto de plage est fermé par temps de pluie. »

    Que voir dans la Loire ? Châteaux des gorges de la Loire, randonnées en Forez, artisanat et spécialités de la Loire, villages de caractère.
    Les 3 dents dans la Loire, sublime panorama sur… ah non, pas aujourd’hui, finalement.

    * Cas 2 : je ne suis pas la cible de cette activité. Un peu plus délicat, mais gérable malgré tout, toujours avec sincérité. « Une visite à réserver aux amateurs. Si vous appréciez le street art, cette visite est faite pour vous. » (En ce début 2019 j’assume tout et je crie haut et fort : le street-art, ça va bien cinq minutes en ce qui me concerne.) « Je pense que cette activité est idéale pour les enfants et les familles. » (Mais moi je n’ai pas encore jugé utile de me reproduire.) « La trottinette de descente n’est clairement pas pour moi (plus jamais vous me faites faire un truc comme ça pitié), mais si vous êtes un peu casse-cou (et que vous rêvez de mourir rapidos), vous allez vous régaler. »

    Découvrez les meilleures activités outdoor en Vercors : parapente, spéléologie, équitation, vélo, luge, canirando, etc. Activités de plein air dans les Alpes en été. #vercors
    Trottinette de descente : j’ai failli crever, mais Marion a kiffé.

    * Cas 3 : certains aspects sont super, d’autres moins. J’ai adoré la piscine, mais les chambres sont moches. La vue est sublime, mais la nourriture laisse à désirer. C’est là qu’il faut être subtil. Je refuse de me montrer brutale, mais je ne mens pas non plus. Je fais preuve de diplomatie, j’accentue le positif en suggérant que le reste vaut moins le détour.

    Aller dormir dans un igloo ? Je vous promets un retour d’expérience sincère.

    * Cas 4 : il faut éviter un piège, je le dis clairement. « Attention, ne réservez pas le ferry de 6h du matin, qui dure 3h, prenez plutôt le ferry de 7h qui fait un trajet direct en une heure et demi ».

    * Cas 5, rarissime : c’est vraiment nul. Très simple, je n’en parle pas du tout, aucune mention, rien. Je suis là pour cultiver la beauté, le positif, l’inspiration. Je n’ai pas envie de consacrer mon espace virtuel à descendre en flammes des activités ou des lieux, que je sois invitée ou pas – vous ne me verrez jamais parler de ce que je déteste, même quand je voyage de façon totalement autonome sans partenariat. Je ne tiens pas un blog pour ça. Oui, il m’arrive parfois de voir des endroits moches, des hôtels pourris, des activités sans aucun intérêt. Je zappe et j’oublie. Je n’utilise pas mon temps de vie à traiter des photos laides et écrire des textes sur des trucs qui ne méritent que l’oubli. Sur Itinera Magica, je ne veux parler que de ce qui fait battre mon cœur plus fort, m’enthousiasme et me réjouit. Avec ou sans partenariat. Il m’est (très rarement) arrivé d’expliquer à un partenaire que je ne souhaitais pas parler de telle ou telle chose, car je n’avais rien de positif à dire à ce sujet. On en parle calmement et poliment, et tout se passe bien.

    Bref, je n’ai pas l’impression que ma conscience souffre de mon métier, j’ai l’impression de trouver le bon équilibre entre sincérité indispensable et diplomatie nécessaire. Mais une autre question taraude actuellement la blogosphère.

    La question de l’écologie : les blogueurs détruisent-ils la planète ?

    Je m’aventure maintenant sur un terrain miné, je le sais.

    Pour beaucoup, 2018 a été l’année de la prise de conscience réelle quant au changement climatique. J’ai lu beaucoup de résolutions, venant de blogueurs et de non-blogueurs, de gens disant : désormais je sais que je dois faire quelque chose à mon échelle, et je vais changer mon comportement (manger moins de viande, passer au zéro déchet, ne plus prendre l’avion, aller au travail en vélo, etc). Comme toute personne saine d’esprit, j’approuve et j’applaudis évidemment cette démarche de responsabilisation écologique. Redécouvrir les beautés de sa région sans courir systématiquement au bout du monde, produire moins de déchets et recycler ceux qu’on cause, végétaliser son alimentation, privilégier des activités respectueuses de l’environnement, comment être contre ? Je suis heureuse de cette sensibilisation collective, de cet engagement plus largement partagé.
    Je suis avec bonheur des blogs comme celui de Belette rousse, à l’engagement environnemental et animaliste  inspirant, et j’apprécie les contributions de blogs comme Wait & sea au débat sur la responsabilité éthique et écologique des blogueurs.

    ariane fornia photographe
    Sauvons les tortues, réduisons les plastiques !

    Mais j’ai aussi vu monter, notamment sur Twitter, une dérive qui m’a gênée, je dois le dire : celle de la police écologique, de la culpabilisation, de la prise à parti et de la dénonciation de comportements perçus comme déviants. Un certain puritanisme écologique se développe et se montre prompt à juger.
    C’est une influenceuse qui explique comment fabriquer un shampoing écolo, et qui se fait clouer au pilori illico : comment ose-t-elle parler d’écologie alors qu’elle prend l’avion quinze fois par an ? L’influenceuse décide donc de ne plus jamais parler d’écologie, c’est plus prudent, quand bien même sa démarche était sincère.
    C’est un touriste qui explique tout content qu’il va réaliser son rêve de tour du monde, et qui se fait aussitôt engueuler : autant d’avions, autant de pays, c’est irresponsable, il ne pourrait pas plutôt aller en Mongolie en roulotte plutôt que de tuer la planète dans son Airbus pour Oulan-Bator ?
    Pire encore, c’est une blogueuse qui annonce sa grossesse et se prend en pleine figure le messianisme masochiste d’un décroissant trop zélé : avoir des gosses, c’est détruire la Terre, comment ose-t-elle se reproduire face à la catastrophe écologique ? Il vaudrait mieux que l’espèce humaine s’éteigne.

    Visiter Elche en Espagne : la plus grande palmeraie d'Europe, la gastronomie du sud de l'Espagne, le mystère d'Elche, les plages d'Elche...
    Palmeraie (entièrement artificielle) à Elche. Les hommes façonnent aussi la beauté de la Terre…

    Je le dis sans détour, je suis mal à l’aise face à cette atmosphère de chasse aux sorcières et de doigts pointés.
    Je crois profondément à la lutte contre la pollution et à la dégradation de l’environnement, mais je suis mal à l’aise face à l’hystérie apocalyptique, à la certitude que « nous sommes tous foutus » et aux appels à revenir à l’âge de pierre. Je reste résolument progressiste et optimiste quant à la faculté d’adaptation et d’évolution des sociétés humaines, et vigilante quant au respect des libertés individuelles et au droit de chacun de mener sa vie comme il l’entend. Développer des voitures et des avions plus propres, généraliser les modes de consommation plus durables au meilleur prix au lieu de culpabiliser systématiquement le seul consommateur, adapter l’urbanisme aux changements climatiques annoncés, me plaît davantage que de restreindre les libertés individuelles en attendant la fin du monde.

    Plongez au coeur des bayous de Louisiane et des plantations, entre alligators et swamp tours. Immersion mythique en #Louisiane.
    Coucher de soleil sur le Lake Martin, où alligators et humains parviennent à co-exister en bonne intelligence.

    Je suis la première à dire qu’il faut redécouvrir la beauté de la France, qu’un week-end à Rouen, Strasbourg, Nice ou Biarritz est aussi merveilleux qu’un week-end à Amsterdam ou Berlin, mais l’injonction à ne plus du tout prendre l’avion et renoncer à la formidable ouverture sur le monde et ses cultures qu’a pu signifier la démocratisation des long-courriers m’attriste. Je suis vigilante quant aux dérives du tourisme de masse qu’ont pu subir Venise, Barcelone ou Lisbonne, et je suggère de renoncer autant que possible aux croisières et aux Air BnB, grands artisans d’un tourisme prédateur. Pour vous en convaincre, je vous invite à lire le billet de mon amie Lucie alias l’Occhio di Lucie au sujet des croisières à Venise, et celui de Miss Texas au sujet du fléau Air BnB à Lisbonne : expatriées dans ces deux villes, elles savent malheureusement de quoi elles parlent. Mais je reste convaincue des bienfaits économiques, sociaux, culturels du tourisme en général. Il reste la plus belle forme de « mondialisation pacifique », comme l’a écrit le géographe Rémi Knafou.

    Découvrez les Dolomites à l'automne.
    Le tourisme change, la cause environnementale progresse, et c’est tant mieux. Depuis mon séjour dans les Dolomites, les drones sont désormais interdits sur ce lac, en raison de nuisances trop importantes. Je le comprends et le respecte.

    Un plaidoyer pour le tourisme

    Je reste résolument favorable au tourisme et convaincue de son rôle de levier indispensable au développement et à la prospérité des territoires. J’ai déjà eu l’occasion de le dire ailleurs. Mon amie Olivia alias La fille de l’encre a récemment convié plusieurs blogueurs, dont moi, à évoquer leur vision du tourisme solidaire – un billet que je vous conseille, et dans lequel j’exposais mon attachement au tourisme « traditionnel ».

    Pourquoi croyez-vous que les offices de tourisme cherchent à faire venir des journalistes, des influenceurs, des blogueurs, pourquoi croyez-vous que les territoires ruraux cherchent absolument à développer le tourisme ? Le tourisme permet le développement et la valorisation de territoires enclavés, il incite les territoires à faire de leur originalité, leurs particularismes et leurs traditions une source d’attractivité au lieu de les écraser sous le rouleau compresseur de l’uniformité. Il crée de l’emploi hors des gros centres urbains et permet à de nombreux habitants des zones rurales de rester vivre chez eux, de perpétuer des modes de vie et des savoir-faire et de tirer un revenu de cette préservation culturelle. Il crée de la richesse, des services, de l’accessibilité. La géographe Sylvie Brunel a montré dans son essai La planète disneylandisée comment le tourisme encourage les gens à rester ce qu’ils sont, à être fiers de ce qui les différencie, et œuvre à la conservation de manifestations culturelles qui auraient disparu sans le regard émerveillé que le touriste porte sur elles. Moi qui suis Provençale, je sais que le tourisme permet de garder les marchés de Noël aux treize desserts, le pastrage, les transhumances, les pèlerinages, les défilés équestres en Camargue, les chants, les costumes d’Arlésienne, et combien la représentation des traditions encourage leur perpétuation.

    Que faire en Camargue ? Balades à cheval, bonnes adresses, incontournables, retrouvez tout sur le Camargue.
    Les abrivades du 11 novembre sur la plage des Saintes Maries.

     

    Découvrez les 10 plus beaux lacs de Bavière sur Itinera Magica, blog de voyage amoureux de l’Allemagne.
    Préservation de la culture équestre hivernale développée en Bavière par le roi Louis II, grâce au tourisme.

    Pensez à Montclar, la station de ski solidaire et autogérée des Alpes du sud, où les habitants ont mis toutes leurs économies dans le rachat de la station et une énergie considérable à son fonctionnement. Si la station de ski avait fermé, un village entier serait mort, des gens qui vivaient ici depuis des générations auraient dû abandonner leur montagne, sans même pouvoir revendre leur maison qui n’aurait plus eu aucune valeur. Partout dans les Alpes, le développement du tourisme a permis aux gens de rester en montagne en ayant des revenus l’hiver, alors que la seule pratique agricole l’été n’aurait plus permis leur subsistance dans le monde moderne. Sans le tourisme, toute la culture montagnarde européenne aurait disparu avec l’inexorable désertification des villages d’altitude.

    Une station de ski familiale et solidaire dans les Alpes du sud : Saint Jean Montclar, autogérée par ses habitants
    Montclar, authenticité et dévouement

    Pensez au Castel d’Alzac, un château du Moyen-Âge sauvé de la ruine par l’initiative extraordinaire d’un maire et de ses administrés motivés, qui ont travaillé bénévolement à sa métamorphose en gîte 5 étoiles et dont les bénéfices reviennent à l’ensemble de la commune. C’est une fabuleuse source de dynamisme dans un petit village aveyronnais.

    Un gîte de luxe en Aveyron et un projet collectif solidaire porté par tout un village ? Ne cherchez plus ! Bienvenue au Castel d'Alzac !
    Au Castel d’Alzac en Aveyron.

    Mais je veux aussi saluer les nombreuses initiatives privées, les hôteliers indépendants, les restaurateurs amoureux du bon goût, les prestataires passionnés. J’en vois sans cesse au cours de mes voyages. Je pense par exemple à La Source des Sens, où un couple passionné d’hôteliers indépendants ont su créer l’hôtel-spa le plus extraordinaire que je connaisse, un havre de luxe et de beauté inouï, qui emploie 30 personnes dans un petit village du nord de l’Alsace. Je pense au Mas Cacharel, hôtel d’une authenticité exceptionnelle au cœur des étangs et des roselières, qui se bat pour perpétuer l’héritage de Crin-Blanc et de la vraie Camargue. Je pense à la laiterie du Gontey et aux autres belles chambres d’hôtes dans la Loire, aux Fleurines en Aveyron et au Gîte Emeraude encore, à tant d’autres hôteliers indépendants et exigeants. Je pense aux restaurants labellisés Maître Restaurateur – label de confiance car décerné par les services de l’Etat sur inspection régulière – qui cultivent le fait-maison, les circuits courts, le travail avec des producteurs locaux de qualité.

    Merveilleux Gîte Emeraude, un de mes plus beaux souvenirs de 2018.

    Refuser le manichéisme

    Je veux aussi dire un mot pour le grand luxe, souvent décrié injustement par ignorance. Dans nombre de pays, seuls les hôtels de luxe ont les moyens financiers de préserver l’environnement exceptionnel dans lequel ils ont choisi de s’établir, de développer indépendamment des services d’un Etat défaillant leurs propres systèmes d’assainissement, de traitement de l’eau, des déchets, leurs panneaux solaires, etc. Ils savent qu’ils ne doivent pas scier la branche sur laquelle ils sont assis. Les hôtels les plus luxueux que j’ai visités étaient profondément engagés dans une démarche éco-responsable, par exemple à l’Alila à Oman. Je vous parlerai aussi prochainement de Dakhla, dans le Sahara marocain, d’où je reviens, où on développe un très grand luxe dans un profond respect de l’environnement.

    alila jabal akhdar plus bel hôtel d'oman
    Alila Jabal Akhdar à Oman : ultra luxe, vraiment écolo.

    J’ai même parfois défendu des complexes qui servent souvent de cibles faciles, comme l’hôtel Atlantis aux Bahamas : ce méga-resort et parc d’attraction maritime, souvent critiqué pour ses aquariums, est aussi le seul endroit au monde où on parvient à faire se reproduire le poisson-scie, espèce menacée d’extinction, et un des meilleurs centres de réhabilitation des tortues blessées au monde. Je refuse le manichéisme, « gentils petits hôtels écolos » versus « méchants complexes de luxe » – le monde réel est complexe et nuancé, et le but du voyage, c’est aussi de réviser ses idées reçues.

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Atlantis.

    La responsabilité et le sens de la vie du blogueur de voyage

    Cela ne signifie pas que je cautionne tout, bien évidemment. J’ai déjà expliqué pourquoi je ne désire pas, à l’heure actuelle, me rendre aux Maldives, ni en Birmanie, en raison du génocide pratiqué contre les Rohingyas. Aucun pays n’est parfait, mais certaines violations des droits de l’homme heurtent trop ma conscience pour que je puisse continuer à soutenir le régime concerné. Mais si vous choisissez de passer vos vacances là-bas, promis, je n’irai pas vous allumer sur Twitter, je vous laisserai vivre en paix.
    J’ai des principes éthiques auxquels je ne souhaite pas déroger, je tiens à les expliquer et à les défendre, et je crois toujours à la responsabilité du blogueur de voyage : ne pas promouvoir des choses illégales, immorales, destructrices, œuvrer en faveur d’un tourisme intelligent, sensibiliser les gens. Je vais continuer à vous répéter comme une scie qu’il ne faut pas sortir les étoiles de mer de l’eau, pas même dix secondes, par exemple, parce que cela les tue.
    Mais toutefois, il est hors de question pour moi d’aller attaquer d’autres voyageurs quant à leurs choix.

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Coulisses de cette photo : j’ai arraché cette pauvre étoile aux mains d’un ignorant qui l’avait sortie de l’eau et je l’ai redéposée au fond. Photo prise sous l’eau, évidemment.

    Je vous l’ai dit, je n’aime pas les croisières, pour des raisons écologiques et sociales. Je n’aime pas ces énormes bateaux qui crachent un fioul très lourd et toxique, bien plus polluant que les pots d’échappement des automobiles, ces énormes bateaux qui arrivent le matin dans une ville, lâchent des milliers de touristes dans les rues sans qu’ils consomment quoi que ce soit, puisqu’ils mangent et dorment sur le bateau sans profiter à l’économie locale. Ce n’est pas un modèle soutenable. Mais qui suis-je pour juger celui qui prend une semaine de vacances dans l’année et rêvait par-dessus tout d’une croisière en Méditerranée, dont c’est le seul loisir et plaisir ? Moi qui voyage trente-six fois dans l’année, je n’ai pas à lui jeter la pierre, ce serait injuste et assez indécent. Ayons des causes à défendre, des combats qui nous tiennent à cœur, mais ne nous faisons pas la guerre les uns aux autres.

    Que voir et que faire en Aveyron ?
    Sauvez la planète, allez en vacances en Aveyron. Je vous jure que ça vaut le détour.

    Il y a quelques temps, mon amie Audrey alias Arpenter le chemin avait publié un beau billet s’interrogeant sur le sens de la vie de voyageur : nous profitons de la beauté du monde, nous savourons, nous sommes heureux, mais que construisons-nous, que faisons-nous pour les autres ? Notre vie de voyages a-t-elle un sens ? Parce que je crois profondément aux bienfaits du tourisme, pour ceux qui l’accueillent et pour ceux qui le pratiquent, je peux dire que oui, ma vie a un sens, et que je me sens utile. Quand Montclar ou le Castel d’Alzac m’écrivent en me disant « merci Ariane, grâce à vos articles nous avons eu plusieurs réservations », je me dis que j’ai contribué à des initiatives auxquelles je crois, modestement œuvré à faire vivre ces beaux projets. Quand je reçois un message privé sur Instagram me disant « merci Ariane, grâce à toi je suis allée à Caen et j’ai adoré cette ville », je suis profondément heureuse et touchée d’avoir pu inspirer une journée de découverte et de joie à quelqu’un. J’adore mon métier, vraiment, et je crois qu’il a un sens au-delà du plaisir personnel que j’en tire.

    Une station de ski familiale et solidaire dans les Alpes du sud : Saint Jean Montclar, autogérée par ses habitants
    Skier solidaire à Montclar.

    Prendre ou pas l’avion en 2019

    Mais alors, la planète, je m’en fous ? Non, absolument pas. Mon principal problème en ce moment, c’est celui des déchets plastiques, dont l’accumulation m’effraie. Je passe beaucoup de temps en transit, et je suis sans cesse obligée d’acheter à manger dans des gares, des aéroports… où on me sert toujours dans des barquettes plastique. J’essaie vraiment de m’engager dans une démarche de réduction des déchets, chez moi et en voyage, d’éviter les contenants en plastiquer, de produire moins de plastique et de le recycler autant que possible. Je suis en recherche constante d’idées à ce sujet, et très intéressée par le développement des bioplastiques.

    Même s’il s’agit pour moi davantage d’éthique que d’écologie, je suis très engagée dans la protection animale et je ne mange pas de viande (si ce n’est au Groenland et en Ouzbékistan, où il a été impossible de faire autrement) – si vous avez déjà vu une vidéo de L214 dans un abattoir, vous me comprenez sans doute. J’aime profondément les animaux, trop pour les manger. Toutefois je sais la contribution de l’élevage extensif aux paysages français, à l’entretien des montagnes et des prairies, et j’ai adoré voir les belles vaches sur le plateau de l’Aubrac et les moutons sur les pentes des Alpes du Sud. J’ai du respect pour les éleveurs et je sais combien ce sujet est complexe.

    Que voir et que faire sur l'Aubrac ? Activités et choses à voir à Laguiole et Brameloup, brame du cerf, burons, fromages. Blog Aubrac, nord Aveyron
    Vaches sur l’Aubrac.

    Reste la question de l’avion. J’ai vu passer sur Twitter de nombreux appels à ne pas prendre l’avion en 2019. Je comprends ce choix : je sais la contribution importante des avions à l’émission de gaz à effet de serre. On peut être écolo toute l’année et exploser son « empreinte carbone » en un long-courrier, j’en suis consciente.

    A titre personnel, la promotion touristique est mon métier, et il implique de prendre régulièrement l’avion, tout comme des dizaines d’autres professions – voyageurs d’affaire, commerciaux, artistes, sportifs, etc. Cela ne changera pas en 2019. Quand on m’envoie en reportage trois jours au Maroc, je n’ai pas la possibilité de m’y rendre en kayak.

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    .

    En revanche, cela fait déjà longtemps que j’ai choisi de prendre beaucoup moins l’avion à titre privé, pour mes vacances et loisirs, ne serait-ce que pour des raisons de commodité : les aéroports, le franchissement de la sécurité, de la douane, les vols serrés comme des sardines, je le subis déjà à titre professionnel, je n’aime pas vraiment me le réinfliger à titre personnel. J’adore redécouvrir les bonheurs du voyage en France, en train ou en voiture. Cela va s’accentuer en 2019, où je vais continuer à beaucoup voyager dans notre pays. Si vous me suivez, j’aurai le plaisir de continuer à partager avec vous les merveilles de la France, et j’en suis ravie.

    Road trip en Haute Provence : lavandes de la Drôme et des Baronnies, Sisteron, Serre-Ponçon. Blog de Provence
    Sisteron, son rocher et sa citadelle – que la France est belle !

     

    Influenceurs et écologie
    Alsace.

     

    influenceurs et écologie
    Annecy

    Cap sur 2019

    Ce long article va s’achever ici, en vous invitant chaleureusement à réagir en commentaire, pour parler de l’évolution du blogging, de l’éthique, de l’écologie, du sens de la vie et des perspectives pour 2019. Je sais que certains sujets abordés sont polémiques, et je suis tout à fait ouverte à vos réactions – avec franchise et courtoisie toujours.

    Un dernier sujet restera en suspens dans ce long billet : la question du couple et de son exposition virtuelle ou non quand on est blogueuse. Je crois que cet article est déjà suffisamment long, et je garde un nouvel article confession-débat sur ce thème pour le mois de février – la Saint Valentin sera une occasion parfaite pour en discuter !
    Pour ne pas le rater, et pour ne pas rater l’Alsace, Lyon, Nice, les îles Féroé, la République dominicaine, les Bahamas, Dakhla, etc, je vous invite à vous inscrire à ma newsletter.

    Je n’ai pas de grande résolution ou de changement de cap à vous annoncer pour 2019. Après le chaos que fut 2018, je savoure le calme, la continuité, le fait de persévérer dans mes projets et de cultiver mes envies, sans ressentir le besoin de mettre un grand coup de gouvernail. Plus que jamais, j’aspire à la joie.

    Je remercie du fond du cœur toutes celles et tous ceux qui me suivent et me permettent, par leur présence et leur soutien, de continuer à voyager, à créer, à raconter la beauté du monde et la magie des expériences proches et lointaines. Merci à vous.

    Je vous souhaite à tous une belle et heureuse année 2019.

    influenceurs et sincérité
    Débutant l’année dans ma ville rêvée : Nice.

  • Pourquoi j’aime le Salon des blogueurs de voyage #WAT

    Le Salon des blogueurs de voyage ? Tous les ans, c’est un rendez-vous majeur pour la communauté des blogueurs. Fin avril, vous avez sans doute vu passer le hashtag #WAT18 sur vos réseaux sociaux, accompagné de photos de blogueurs sautant à l’élastique ou faisant la chenille dans le sud de l’Aveyron. C’est parce que cette année, le Salon des blogueurs de voyage avait lieu à Millau et c’était une très, très belle expérience. J’avais envie de vous raconter pourquoi je vais au Salon des blogueurs de voyage, pourquoi j’y suis attachée, et ce qu’il révèle sur l’évolution du métier de blogueur.

    Commençons par une petite définition des termes : le Salon des blogueurs de voyage, qu’est-ce que c’est ? C’est un évènement qui rassemble chaque printemps la communauté des blogueurs et facilite la rencontre avec les professionnels du tourisme souhaitant travailler avec eux. Chaque année, le salon a lieu dans une ville différente, et les blogueurs sont invités à vivre différentes expériences touristiques mettent en valeur la région qui les accueille. L’évènement dure quatre jours en tout : deux jours de « blog trip » (voyages entre blogueurs) dans la région qui accueille l’évènement, deux jours de salon avec rendez-vous professionnels. Des offices de tourisme, des hébergeurs et d’autres marques viennent présenter leur destination et leurs produits, les blogueurs prennent rendez-vous avec eux pour leur soumettre des projets. De nombreuses conférences, fêtes et remises de prix sont organisées, l’évènement est extrêmement dense, riche et festif. Pourquoi ce hashtag, WAT18 ? Parce que l’organisateur est la société We Are Travel, fondée par Xavier Berthier. Ce salon des blogueurs de voyage est l’unique évènement de ce genre dans le monde francophone (il existe des équivalents notamment dans les pays anglophones et germanophones) et en cinq ans d’existence, il a vite su s’imposer comme un rendez-vous majeur.

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    500 personnes au soleil couchant face au viaduc de Millau : c’était le salon des blogueurs de voyage WAT2018. Photo Adeline Lebel pour le salon We Are Travel – un super souvenir.

    Pourquoi y aller, pourquoi y suis-je attachée ?

    Le Salon des blogueurs de voyage :
    pour une professionnalisation intelligente du métier de blogueur

    Disons-le tout de suite : le WAT est un salon professionnel, c’est d’ailleurs pour cela qu’il a lieu en semaine. Cela ne fait qu’acter la mutation profonde du blogging. Il y a une dizaine d’années, les blogs étaient plus artisanaux, plus privés. On les ouvrait avant tout pour raconter ses vacances ou son tour du monde à ses proches, sans autre ambition que le partage personnel. Ce type de blog existe bien sûr toujours, et a toute sa place, mais la tendance à la professionnalisation est indéniable. Pour beaucoup d’entre nous aujourd’hui, être blogueur de voyage signifie un investissement en temps, en matériel, en énergie et en compétences considérable, qui suppose qu’on s’y consacre à plein temps. Les destinations et les marques l’ont bien compris et font de plus en plus appel aux blogueurs pour leur communication et leur création de contenu. C’est quelque chose dont j’ai déjà souvent parlé sur ce blog, notamment ici (« Peut-on vivre de son blog de voyage ? ») et ici (« Les influenceurs, une bulle qui va éclater ? »). Bien sûr, cette transformation ne se fait pas sans interrogations. Les blogueurs ont eu du succès justement parce qu’ils n’étaient pas institutionnels, pas formatés, qu’on trouvait chez eux une fraîcheur et une spontanéité qui permettaient de mieux s’identifier à eux – comment assumer la professionnalisation sans perdre la confiance de son public ?
    Dans mes précédents articles à ce sujet, j’évoquais quatre dangers principaux.

    * Le danger du mensonge. Quand on cache à ses abonnés qu’un article ou un post est sponsorisé, on perd leur confiance plus sûrement qu’en assumant un partenariat intelligent.

    * Le danger du mirage. Dans certains cercles, notamment ceux de la mode, de la beauté ou du lifestyle, la fascination pour les influenceurs est allée trop loin et a engendré une surenchère dangereuse, nourrie par des faux abonnés et des contrats mirifiques. Des marques ont payé des dizaines de milliers d’euros des influenceurs comptant un million d’abonnés sur Instagram, tout ça pour un retour sur investissement quasi nul. On a découvert après coup que beaucoup de ces influenceurs avaient acheté des abonnés, triché, et exigé des ponts d’or pour des résultats bien incertains. Après l’hystérie a suivi la méfiance.

    * Le danger de l’exploitation. A l’inverse des influenceurs superstars qui ont obtenu des sommes mirobolantes, trop de micro-influenceurs ont été exploités par des partenaires qui refusaient de les rémunérer, et demandaient un travail énorme (création de contenu, promotion, rédaction…) sans contrepartie, arguant que le blogging se devait de rester une passion. Passion ne signifie pas travail gratuit, surtout quand on connaît le prix du matériel utilisé par les photographes et vidéastes, et le temps que demande la création de contenu.

    * Le danger de l’éparpillement. Quand un blogueur commence à avoir du succès, les propositions affluent. Il faut être capable de connaître son identité et son public, de savoir pourquoi vos lecteurs vous suivent et quel type d’opérations vous correspondent ou pas. Souvent, les partenariats ratés sont dus à une déconnexion entre l’identité du blogueur impliqué et le style de produit ou de prestation mise en valeur. Cela sonne faux. Il faut savoir qui on est, et être capable de dire non à des opérations qui peuvent être tout à fait bien en elles-mêmes, mais qui ne sont pas faites pour vous.

    A mon avis (et je sais que beaucoup de collègues blogueurs voient les choses comme moi), la solution pour conjuguer passion et professionnalisation sans perdre notre public passe par plusieurs choses :

    * Sincérité. Sincérité vis-à-vis du lecteur : on mentionne TOUJOURS qu’un post est sponsorisé, qu’on a un partenariat avec une marque, une destination, qu’on a été invité à passer la nuit dans tel hôtel, etc. Sincérité vis-à-vis du partenaire : pas d’achats de followers, pas de chiffres truqués ou gonflés, on donne ses chiffres véritables et on l’encourage à vérifier. On se souviendra du fait qu’une opération avec une influenceuse star à un million de followers avait donné lieu à… zéro vente, et que ce qui compte, c’est moins le nombre de followers que l’authenticité de la communauté et la qualité de l’engagement.

    * Utilisation intelligente des compétences du blogueur. Pour assurer leur promotion, les destinations ont en permanence besoin de contenu. Il leur faut des récits, des photos, des vidéos… Beaucoup ont compris qu’impliquer les blogueurs dans leur création de contenu était une stratégie gagnante, qui permet de faire d’une pierre deux coups : le blogueur fait la promotion de la destination auprès de sa communauté, et cède à son partenaire du contenu qui pourra être réutilisé, impliqué dans d’autres projets. On voit de plus en plus souvent des blogueurs écrire pour le site d’une destination, céder des photos, créer une vidéo, etc. Je trouve cette évolution extrêmement positive. Elle valorise le talent du blogueur, et permet de se détacher un peu de la pression du chiffre. Imaginez un blogueur qui n’aurait pas une grosse audience, mais un talent de vidéaste immense ; peu importe ses chiffres, si la destination peut acheter sa vidéo et la diffuser elle-même. Cela suppose aussi une rémunération juste : ni pont d’or, ni exploitation, mais la juste valeur du travail fourni.

    * Discernement. On ne peut pas dire oui à tout, aller partout, tout accepter. Il faut choisir les projets qui nous ressemblent.

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Dès qu’il y a des chevaux, ça me ressemble. (Ici, en Camargue.)

    J’en reviens donc au Salon des blogueurs de voyage. Ce qui m’a infiniment satisfaite au salon, à travers les conférences données et les rencontres avec les destinations et marques présentes, c’est qu’il encourage à une professionnalisation intelligente du métier et pousse à une évolution dans le bon sens. Je voudrais rassurer ceux qui craignent que le salon les encourage à se vendre au plus offrant, à se conformer au marketing, à raboter leur identité pour obtenir plus. Se professionnaliser ne signifie pas perdre son âme. Ce n’est pas un salon du blogging business. Ce n’est pas une foire d’empoigne à qui aura les plus gros chiffres, à quel blogueur a le plus de likes sur Instagram, à quelle destination paie le plus. Ce n’est pas une cour des miracles et des mirages, où on se promet monts et merveilles. Ce salon éduque à la fois les blogueurs et les exposants aux bonnes pratiques. L’immense majorité des rencontres que j’ai faites étaient respectueuses et constructives et des collaborations ont pu être envisagées sur une base saine. J’en suis ressortie très optimiste sur l’avenir des blogs de voyage.

    Pour la qualité des rencontres avec les exposants au WAT

    Bien sûr, on peut monter des projets sans aller au WAT – encore heureux. Vous n’avez pas raté votre vie de blogueur si vous n’étiez pas au salon. Mais je dois dire que la qualité des rencontres m’a marquée cette année encore (et peut-être encore davantage que les années précédentes). Le climat du WAT incite à la créativité, à l’initiative, à monter des projets. Les gens sont plus accessibles, plus détendus, plus ouverts. Et surtout, le WAT est un gain de temps considérable. Vous avez devant vous des destinations qui veulent travailler avec les blogueurs, qui ont envoyé sur place la bonne personne, qui vous expliquent leurs besoins. Vous n’avez pas à chercher le bon contact, vous savez que les gens qui sont face à vous sont potentiellement intéressés et réceptifs. C’est un accélérateur de projets. Je suis en train de monter quelque chose de très spécial pour le printemps 2019 (suspense ;)) et ce salon tombait à merveille pour moi, car j’avais face à moi plusieurs personnes susceptibles d’être impliquées, en chair et en os, réunies dans un même lieu. C’est une situation rare et privilégiée.

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Plonger à toute allure dans de nouveaux projets… ici en kayak sur la Dourbie.

    Pour les retrouvailles et les fêtes

    Plusieurs amies blogueuses m’ont dit « j’ai peur de ne connaître personne au salon ». Je voudrais les rassurer tout de suite : il est impossible de rester dans son coin au WAT, à moins de vraiment le vouloir. C’est un fabuleux rassemblement de gens qui partagent la même passion, dans une ambiance de fête, de détente, de colonie de vacances géante. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas autant amusée. Le WAT, c’est le Club Med, c’est une macarena king size, c’est la grande récréation, c’est le bonheur. On éprouve un plaisir immense à retrouver des amis normalement éparpillés aux quatre coins du monde. Nous qui sommes des nomades, des vagabonds toujours entre deux avions, nous avons souvent du mal à nous retrouver dans la vraie vie. Chaque fois qu’on essaie de monter un apéro entre potes voyageurs, il y en a un qui est au Chili et l’autre à Budapest. Mais tout le monde (ou presque) vient au WAT. Ça resserre les liens, renforce les amitiés, crée des souvenirs inoubliables. La communauté des blogueurs est une vraie famille et je l’ai ressenti dans la joie et dans la tristesse. Dans la joie, à travers les danses endiablées, les blagues potaches, les chants débiles dans le bus, les embrassades, les selfies à 18, les défis et les délires. Dans la tristesse, lorsque l’Adonet a annoncé décerner un Clic d’or d’honneur à la talentueuse Julie Sarperi, qui avait fondé le blog Carnets de traverse et nous a quittés brutalement en décembre 2017. L’émotion était palpable…
    Au Salon des blogueurs de voyage, les solitaires que nous sommes se souviennent qu’ils ne sont pas seuls.

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Avec mon amie adorée Amandine alias la Lykorne illettrée.

     

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Une jolie brochette à la Maison de la photo de Jean-Marie Périer (au centre) : de gauche à droite, moi, Moran de rencontre le monde, Marion de Sauvazine, Jean-Marie Périer, Chris du Blog du voyage, Gaïa et Gilda les Aventureuses, Magali la super organisatrice du blogtrip pour la région Najac-Rouergue.

     

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Moran en plein test du quick jump à la base de loisirs de Najac.

     

    Pour l’Aveyron : un #WAT18 monumental

    Le Salon des blogueurs de voyage, c’est toujours une très belle expérience. Mais cette année 2018 en Aveyron, c’était absolument monumental. Je ressentais une joie immense à l’idée de revenir pour la 3e fois cette année au pays de l’aligot, après avoir découvert les merveilles du sud Aveyron, les sublimes villages du nord et l’Aubrac. L’Aveyron est à mes yeux un des plus beaux départements de notre pays, un concentré de France éternelle et authentique, mais qui sait aller au-delà de la carte postale pour proposer une richesse d’activités et d’expériences absolument extraordinaire. Si vous cherchez une destination à la fois sublime et exaltante, pour vous ressourcer ou pour tester mille sports et activités, foncez en Aveyron, vous ne le regretterez pas une seconde. J’ai eu un coup de cœur immense pour ce vert pays de toute beauté, suspendu entre le midi et la montagne.
    Je vous en parlerai davantage dans un prochain article : chaque blogueur a bénéficié de deux jours (dimanche et lundi) pour découvrir un coin d’Aveyron, et je suis partie avec un petit groupe sympa dans l’Ouest du département, autour du château de Najac et des bastides du Rouergue. Le Salon des blogueurs de voyage permet de mettre un gros coup de projecteur sur la région qui l’accueille, et j’espère que la publicité bien méritée que nous faisons tous au merveilleux Aveyron saura vous convaincre d’y faire un tour.
    Pendant le salon lui-même, la qualité de l’accueil a été extraordinaire aussi, et je veux remercier chaleureusement l’équipe de We Are Travel et tous les représentants du tourisme en Aveyron pour cette expérience folle. L’Aveyron a l’hospitalité dans le sang, et c’était quelque chose de rare et beau de voir TOUS les spécialistes du tourisme en Aveyron, les représentants de toutes les régions avec leur écharpe verte, faire la fête avec nous jusqu’au bout de la nuit, y compris le président du conseil départemental, le maire de Bozouls… On ressentait une chaleur humaine et une convivialité exceptionnelles. Je suis repartie plus amoureuse de l’Aveyron que jamais et je vais y retourner encore (c’est déjà dans les tuyaux !).

     Une jolie brochette à la Maison de la photo de Jean-Marie Périer (au centre) : de gauche à droite, moi, Moran de rencontre le monde, Marion de Sauvazine, Jean-Marie Périer, Chris du Blog du voyage, Gaïa et Gilda les Aventureuses, Magali la super organisatrice du blogtrip pour la région Najac-Rouergue.
    Le sublime village de Najac.

     

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Le gâteau à la broche : vive l’Aveyron !

    Pour les surprises et les délires : des blogueurs de voyage en folie

    Voici un petit résumé de ce que nous avons vécu, afin de vous donner un aperçu de ce qu’est un WAT grandiose. A Millau, nous étions tous logés (les 250 blogueurs) au domaine de Saint Estève, un très bel ensemble de chalets locatifs avec piscine et vue sur le viaduc. Le dimanche soir, des navettes nous ont conduit vers un lieu secret pour la soirée inaugurale. Nous nous sommes retrouvés sur le fabuleux vélorail du Larzac, chemin de fer désaffecté serpentant au-dessus des viaducs du plateau transformé en site touristique d’exception, et avons pédalé comme des fous à travers les tunnels. Puis le bus nous a conduits au village médiéval de Sainte Eulalie de Cernon, où des chevaliers en armure nous ont escortés jusqu’à la place du village, qui avait été changée en fête du XIIIe siècle, avec ateliers d’arc, d’arbalète, de lutte, fontaine d’hypocras et artisanat du Moyen-Âge. La fête s’est poursuivie à l’intérieur d’une magnifique cour médiévale, avec cracheurs de feu, jongleurs et musique.

    Au domaine Saint Estève (avec mon Iphone, à la bourre le matin après une nuit trop courte  ;))

     

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Au vélorail du Larzac. Je ne dénoncerai pas l’équipe de devant, mais qu’est ce que ça braillait 😉

     

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Bienvenue à Sainte Eulalie de Cernon.

     

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
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    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
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    Le salon lui-même était installé au cœur de Millau, avec une partie en plein air et un joli décor champêtre, avec ballots de paille et parasols colorés. Conférences le matin, rencontre avec les exposants l’après-midi, le programme était intense, mais les soirées l’étaient encore plus. Le deuxième soir, nous sommes tous allés admirer le coucher du soleil sur le sublime viaduc de Millau, avant d’entrer dans la célèbre aire du viaduc qui est grande et belle comme une cathédrale. Après un parcours gustatif délicieux (vive l’aligot !), un groupe de rock aveyronnais, La Deryves, a mis une ambiance incroyable, c’était Johnny meets la chenille qui redémarre, Mick Jagger faisant un paquito, et on a dû nous mettre dehors de force à 1h du matin tellement on en redemandait. On avait tous des petits yeux pour le dernier jour du salon, mais l’after nous forçait à rester : la compagnie Roc et Canyon (super spécialistes des sports outdoor, je les adore depuis que j’ai fait la descente de la Dourbie avec eux) avait installé un coussin de cascadeur géant, sur lequel on pouvait se jeter depuis une plate-forme mouvante située à 6 ou 12 mètres. Ou comment finir de façon monumentale. Autant dire qu’il faudrait vraiment être le dernier des grincheux pour ne pas s’amuser au WAT et que tout le monde était conquis – je crois que les Aveyronnais se sont autant éclatés que nous. We Are Travel a un vrai sens de la surprise et du spectacle, et j’ai tellement hâte de savoir ce qu’ils nous réservent l’année prochaine…

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Ambiance bucolique au salon.

     

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Le guitariste de La Deryves en plein solo. Merci à Elodie et Mathieu du blog A ticket to ride pour cette super photo !

    La sélection et les prix au WAT :
    une petite histoire personnelle d’échec et de victoire  

    A ce stade, vous vous demanderez sans doute : pourquoi n’irait-on PAS au Salon des blogueurs de voyage ? Parce qu’il faut être sélectionné. We Are Travel assume de sélectionner les blogueurs qui participent à ce salon professionnel et de vouloir présenter aux exposants (qui paient leur stand) uniquement des blogueurs ayant une certaine ancienneté, une certaine audience, un contenu de qualité, etc. La sélection s’est un peu durcie cette année : jusqu’ici le WAT accueillait deux groupes de blogueurs, les blogueurs invités (qui participaient aux blog trips et avaient l’hébergement) et les autres, et cette année We Are Travel a décidé de changer la formule et de n’avoir que des blogueurs invités, participant aux blog trips et hébergés au domaine Saint Estève. Cela correspond aussi à l’évolution du WAT, qui a lancé sa propre plateforme de mise en relation entre blogueurs et professionnels du tourisme, intitulée My Bloggers, qui ne présente que des influenceurs sélectionnés. Je suis d’accord sur le principe de la sélection et j’ai beaucoup aimé cette formule, car c’était fabuleux d’être tous ensemble, mais elle s’accompagne forcément de quelques déceptions et crève-cœurs. J’ai eu des copines refusées que j’appréciais beaucoup, qui avaient un grand talent, mais peut-être un blog encore un peu jeune, ou une audience encore un peu trop réduite… Assumer la sélection peut être douloureux et j’imagine que cela n’a pas été évident pour l’équipe du WAT non plus. Je sais que certains blogueurs refusés l’ont eu en travers de la gorge, et c’est quelque chose que je peux comprendre, car voici une petite confession : sur une précédente édition du WAT il y a quelques temps, j’avais été très blessée de ne pas faire partie des blogueurs invités. Je l’avais ressenti comme une injustice et cela m’avait touchée.
    J’aurais pu me draper dans ma fierté et me dire « tant pis pour le WAT, ils ne veulent pas de moi, ils ne m’auront pas ». Mais en toute sincérité, je me serais punie moi-même, car le salon est une belle fête et une belle opportunité. Après cet échec, j’ai continué à travailler mon blog, qui était alors encore jeune, j’ai amélioré mon référencement, investi plus de temps sur mes réseaux sociaux, persévéré… j’ai fait grandir Itinera Magica et je suis revenue au WAT. Le temps a passé et cette année, j’ai reçu au WAT18 une récompense qui m’a profondément touchée. Mon blog a fait partie des 5 finalistes pour le trophée Blog Expert, avec quatre autres blogueurs talentueux, Novomonde, One day One travel, Sentiers du Phoenix et Smartrippers. Nous avons eu l’honneur d’ouvrir le salon avec des présentations de trois minutes de nos blogs sur la grande scène, avec tous les yeux braqués sur nous… un petit moment de stress, mais un beau coup de projecteur, dont j’ai été très heureuse et touchée. Le chemin continue, et ceci est un joli coup de pouce – merci ! Ne restez jamais sur un échec, les choses changent et le travail paie, j’en suis persuadée.

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    En pleine présentation de mon blog – un grand merci à mon amie Olivia du blog La fille de l’encre pour la photo !

    Je félicite chaleureusement Fabienne et Benoît de Novomonde, qui ont remporté la victoire avec leur beau blog consacré aux tours du monde et aux aventures en sac à dos, et qui viennent de sortir un livre pour aider les futurs tour-du-mondistes. Arriver à la deuxième place m’a beaucoup touchée, et j’étais ravie de partager ce podium final avec Julien de Sentiers du Phoenix, dont je suis et j’admire depuis longtemps le travail magnifique, entre aventure sauvage et ambiances mystiques. Cette récompense m’a émue.

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Avec Julien (Sentiers du Phoenix), célébrant nos prix ! Merci à Adeline & We are Travel pour cette photo que j’adore, un super souvenir.

     

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Une récompense qui me touche !

    Une profession de foi : blogueuse voyage, pour l’amour des lieux et des gens

    Je voulais repartager ici le texte de ma présentation lors de l’ouverture du salon, où j’ai pu évoquer ma façon de vivre mes voyages et ce blog, Itinera Magica.

    « Je suis née en Drôme provençale et j’ai grandi sur un plateau calcaire au-dessus du Rhône, traversé par des sources silencieuses et les racines des romarins. Les Romains, les Burgondes et la Marquise de Sévigné y ont vécu et y ont laissé leur trace. J’aime profondément ce pays.
    Vous tous ici, vous venez de différentes régions de France et du monde. Peut-être que vous venez d’Aveyron et que vous avez grandi avec les cardabelles sur le Larzac, peut être que vous venez de Bretagne et que les grandes marées ont rythmé votre enfance, peut être que vous venez d’ailleurs, de très loin, et que vous portez ces lointains au cœur.
    Mais quand vous pensez au pays qui vous a vu naître, des images et des sensations très fortes vous envahissent. Vous pensez à des paysages, à des villes, à des fêtes, à des aliments, à des personnes et à des traditions qui vous font dire : c’est ça, l’âme de mon pays. C’est ce qui le rend unique. C’est pour ça que je l’aime.
    Mon blog s’appelle Itinera Magica. Cela signifie « les chemins magiques » en latin. Mon premier souci quand je parle d’un lieu, d’un pays, d’une région, d’une ville, c’est justement de comprendre et de retranscrire cette émotion qui lui est propre. Je veux comprendre pourquoi les gens qui vivent dans ce lieu y sont si attachés, ce qui le rend unique et ce qui fait qu’on l’aime. De la Provence au bout du monde, je veux célébrer la beauté, la magie et la personnalité des territoires.

    Connaissez-vous le défilé de Donzère, en Drôme provençale? Voici le pont du Robinet, les falaises du Rhône, et ma maison hantée. Histoires de fantômes.
    Chez moi, sur le Rhône.

    Cela signifie plusieurs choses.
    Je suis très attachée aux paysages, aux points de vue, parce que l’amour commence toujours par un coup de foudre, un éblouissement. Je veux des images qui restent dans le cœur.
    Mais je veux aussi aller au-delà de la carte postale et parler de la culture des régions que je visite, des histoires, des livres et des traditions qui l’ont façonnée. Je veux essayer de raconter cette culture de façon vivante et accessible, afin de rendre tangible l’âme des lieux.
    J’aime rencontrer des gens qui incarnent leur territoire et le font vivre. Je suis intimement convaincue du fait que le tourisme est une bonne chose, qu’il dynamise des territoires et leur permet d’affirmer leur identité. Il permet à des gens de rester vivre chez eux, dans leur pays, en l’ouvrant au monde. C’est pourquoi j’aime soutenir les initiatives qui ont du sens. Quand des gens se démènent pour ouvrir un hôtel indépendant, se battent pour conserver un musée, lancer une activité originale ou revivifier une vieille tradition, j’estime qu’ils méritent qu’on parle d’eux.
    Et enfin, j’aime ce privilège qu’on a en tant que blogueur de pouvoir partager ces images, ces sensations et ces histoires avec d’autres personnes curieuses du monde. J’ai deux casquettes, je suis journaliste et blogueuse, et j’aime mes deux métiers. Mais quand j’écris un article de presse, je ne sais pas forcément comment il a été reçu. Quand j’écris un article de blog ou que je poste une photo sur Instagram, j’ai le bonheur de recevoir des réactions, des émotions, d’échanger avec d’autres passionnés qui partagent leurs souvenirs et leurs rêves. Ce réseau de personnes qui nous suivent et qui font vivre nos blogs, c’est une chance immense et cela me fait dire que dans le blogging, au fond, tout est affaire d’émotion et d’amour.
    J’aime de nombreuses destinations, des plus évidentes, comme Hawaï, les Seychelles ou l’Islande, aux plus inattendues, comme par exemple la fête des géants à Douai dans les Hauts de France. A ce jour, l’article qui a eu le plus de succès sur mon blog était un article consacré à la ville de Caen. Un vrai voyageur sait aussi rechercher la beauté sur le pas de sa porte.  Début avril, j’étais au Groenland, fin avril, je suis avec vous en Aveyron, et en toute sincérité, les deux m’ont autant réjoui le cœur et l’esprit. L’important, c’est l’intensité et la sincérité avec laquelle on vit les choses, et le plaisir qu’on éprouve à les partager. Je vous remercie chaleureusement de m’avoir permis d’être sur cette scène devant vous et d’être vous aussi embarqués dans cette belle aventure qu’est le tourisme. Je vous souhaite un excellent salon WAT 18. Merci beaucoup. »

    Que faire et que voir dans le Sud de l'Aveyron ? Un guide ultra complet : randos, activités, points de vue
    Aveyron émotion. Souvenir du moulin de Corp sur la Dourbie.

    Ce long article doit s’achever sur plusieurs « merci » : à l’Aveyron et à l’équipe de We Are Travel pour un salon monumental et vraiment chaleureux, aux amis blogueurs pour leur présence et leur gentillesse, et bien sûr, à toutes les personnes qui me suivent et me permettent de vivre cette belle aventure.
    Rendez-vous donc à #WAT19, j’ai déjà hâte !

    Bientôt sur Itinera Magica : le Groenland, la Suisse, et bien sûr l’Aveyron. N’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter !

  • Envies d’Arctique : quel pays nordique choisir ?

    Depuis quelques années, les voyages dans les régions arctiques ont le vent en poupe. L’Islande, la Norvège, la Suède, la Finlande attirent de plus en plus de touristes ; on voit émerger des destinations jusqu’alors plus confidentielles, comme les îles Féroé ; les pays de l’ultime frontière, comme le Groenland, le Svalbard ou le Yukon, font leur apparition dans les rêves des voyageurs. Pour qui rêve de dépasser les 66 degrés nord, de franchir le cercle polaire arctique et d’explorer les contrées du grand froid, quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays scandinave, le plus spectaculaire des pays arctiques, le plus familial ou le plus accessible ? Petit tour d’horizon et quelques réflexions sur les destinations du grand nord. Plus beau pays scandinave – quel pays nordique choisir – quelle destination choisir – Suède ou Finlande, Norvège ou Islande, Groenland ou Canada ? – voyage pays nordique – voyage grand nord

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays scandinave ? Suède ou Finlande, Islande ou Groenland... Si vous rêvez d'un voyage dans le grand nord et ne savez pas quelle destination arctique choisir, voici une comparaison des pays nordiques pour préparer votre séjour au delà du cercle polaire.
    Kapisillit, au Groenland : petites maisons colorées face au fjord, le rêve du grand nord.

    La passion du froid

    C’est une tendance indéniable du tourisme actuel : le grand nord a la côte. En Norvège, c’est la région de Tromso, tout au nord du pays, qui a connu la plus forte augmentation en 2016, avec 32% de visiteurs en plus. L’Islande accueille désormais 1,7 millions de touristes chaque année, et le Groenland a connu une augmentation de 10% du nombre de visiteurs en 2016. Et, chose nouvelle, de plus en plus de voyageurs choisissent de partir dans le Nord en hiver, malgré les longues nuits et les températures basses, en quête de paysages enneigés, de lacs gelés et d’aurores boréales. 

    Pourquoi cet engouement nordique ? On pourrait avancer plusieurs explications. Nous vivons une période géopolitique troublée, marquée par les attentats et la dégradation de la situation politique dans un certain nombre de pays, et de nombreuses destinations se sont fermées au tourisme ou sont devenues dangereuses. Dans ce contexte difficile, le Nord fait figure de havre de paix, sûr et paisible, et attire les voyageurs inquiets ou ayant besoin de se ressourcer. Nous sommes de plus en plus nombreux à rechercher la nature, le calme et la solitude en voyage, et l’idylle de la cabane en bois au bord du lac nordique attire le citadin en quête de grands espaces.

    Expériences magiques en Laponie finlandaise : rennes, igloos, motoneige... tout ce qu'on peut faire à Rovaniemi. Blog Laponie finlandaise
    Au coeur de la forêt finlandaise.

    De plus, un certain nombre de séries télévisées, comme Game of Thrones ou Vikings, ont cultivé la fascination du grand nord, des fjords découpés et des étendues glacées. Notre imaginaire s’est rempli de drakkars et d’icebergs. Sébastien Brosseau, un des responsables de Lapland Safaris, que j’ai eu le plaisir de rencontrer à Rovaniemi, raconte que les aurores boréales ont vraiment commencé à fasciner les voyageurs il y a cinq ou six ans. « Ce phénomène naturel a toujours été là, mais peu de gens s’y intéressaient vraiment jusqu’alors. Tout le monde s’est soudain mis à rêver d’aurores boréales. On a su créer l’exploitation touristique d’un phénomène qui était jusque là considéré comme normal par les gens du Nord, et ignoré par les gens du Sud. »

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Voyageurs en train d’admirer des aurores boréales à Borgarnes, Islande.

    Voyage au-delà du cercle polaire, quel pays nordique choisir ?

    Mais où aller si vous rêvez vous aussi de franchir le cercle polaire ? Je viens de passer un mois merveilleux dans le grand nord, à voir la Laponie finlandaise, l’Islande et le Groenland à la fin de l’hiver, et je voulais partager avec vous cette petite réflexion et ces quelques pistes pour vous aider à choisir le pays qui correspondra le mieux à vos envies boréales. Plusieurs personnes m’ont demandé laquelle de ces destinations j’avais préféré. « Est-ce qu’il vaut mieux aller en Finlande ou en Islande ? » « Est-ce que c’est toujours pareil dans le grand Nord, ou est-ce que ce sont vraiment des destinations différentes ? » En vérité, j’ai trouvé ces trois pays profondément dissemblables, tant au niveau des paysages que des cultures et des activités proposées. Il est difficile de dire lequel j’ai préféré ou lequel serait le « mieux » : ils répondent à des attentes différentes, et je pense qu’il est bien d’être conscient de ces diversités et de savoir de quel type de voyage vous rêvez.

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Quel pays nordique fera battre votre coeur ?

    Voyage en Laponie finlandaise, pour les activités hivernales

    La Laponie finlandaise est véritablement devenue la première destination mondiale pour qui rêve d’expérimenter l’hiver dans le grand nord. C’est celle qui propose le plus grand nombre d’activités hivernales, et probablement celle où on s’amuse le plus. L’hôtellerie cultive le le goût du spectaculaire : vous y trouverez des hôtels de glace et des igloos transparents pour contempler les aurores boréales depuis votre lit. Les familles seront ravies de découvrir le village du père Noël à Rovaniemi, et plusieurs parcs d’attraction vous proposent de faire du toboggan dans une bouée sur la glace, ou ce genre d’activités qui vous réchauffent. Les immenses forêts de sapins sont le terrain de jeu idéal pour faire de la motoneige, et la loi finlandaise, plus permissive qu’en Suède ou en Norvège, permet d’ouvrir de larges circuits pour explorer la région. Vous pourrez aussi vous essayer à la pêche sur glace et à la promenade en traîneau tiré par des rennes ou par des huskies. Des destinations nordiques que j’ai vues – et de toutes les destinations nordiques, à ce qu’en disent les professionnels du tourisme –, la Laponie finlandaise est celle qui concentre le plus grand nombre de divertissements, et il est impossible de s’y ennuyer. Vous pouvez opter pour le maximum d’animation, en restant dans la région de Rovaniemi, ou pour plus de solitude, en remontant plus au nord, vers Inari.
    Au niveau du paysage, la Laponie est une immense contrée plate, presque sans relief, constituée de forêts de sapins et de grands lacs. L’hiver, vous verrez une infinie forêt enneigée, dans laquelle on trouve des petites cabanes de bois au bord des lacs gelés. Vous aurez moins de diversité paysagère qu’en Islande ou en Norvège, par exemple (pas de fjords, falaises et montagnes ici), mais plus d’arbres et de plantes (le bonheur de dormir au milieu d’une forêt blanche…), une biodiversité fascinante, et plus d’activités.

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Motoneige parmi les sapins à Rovaniemi.

     

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Un hôtel de glace à Rovaniemi : Arctic Snow Hotel

     

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Un hôtel très à la mode en ce moment : Arctic Tree House à Rovaniemi.

    Aller en Laponie finlandaise est facile : j’ai pris un vol direct Paris-Rovaniemi (la capitale de la Laponie finlandaise, située sur le cercle polaire arctique). Il s’agissait d’un vol Transavia affrété par Scanditours, qui propose nombre de circuits dans cette région, et ces vols sont réguliers tout au long de l’hiver. Il est bien sûr également possible de passer par Helsinki, notamment si vous souhaitez découvrir la Laponie en été, pour les lacs, la pêche, les baies, la vie dans la nature. Les options d’hébergement et les excursions sont nombreuses.

    Retrouvez mon article complet sur la Laponie finlandaise.

    L’Islande, pour un road trip aux mille paysages

    L’Islande est à mes yeux un des plus beaux, peut-être le plus beau pays du monde. Ce qui me fascine sur l’île du feu et de la glace, c’est l’incroyable diversité des paysages qu’elle offre : volcans, geysers, cascades, fjords, falaises, plages de sable noir, glaciers, montagnes, sources bouillonnantes, etc. L’Islande est vraiment un pays qui se prête à merveille au road trip : la meilleure façon de la découvrir, en toute saison, c’est de louer une voiture et d’explorer. Une route circulaire, la route 1, fait le tour de l’île et concentre les attractions touristiques, mais on prend aussi beaucoup de plaisir à s’en éloigner un peu pour découvrir des coins plus sauvages, comme pour moi la péninsule de Snaefellsnes. La plupart des voyageurs viennent en Islande pour un voyage plus contemplatif : admirer les paysages est leur premier désir. Néanmoins, même si les activités sont moins nombreuses qu’en Laponie (pas de motoneige ou de traîneau ici, par exemple), l’Islande a su développer une offre spécifique surfant sur ses particularités géographiques. En hiver, on cherchera à explorer une grotte de glace, soit au Vatnajökull dans le sud de l’île, soit au Langjökull dans l’ouest ; en été, on fera une randonnée glaciaire sur l’un des géants, ou on prendra le bateau amphibie dans la lagune glaciaire de Jökulsarlon pour admirer les icebergs. L’autre expérience incontournable, c’est de se baigner dans une source d’eau chaude naturelle, par exemple au célèbre Blue Lagoon à Keflavik, ou ailleurs. Et enfin, les milliers de chevaux islandais invitent à une promenade à cheval.

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Grotte de basalte noir à Arnarstapi, Islande.

     

    islande de l'ouest en hiver : de snaefellsnes à borgarnes, road trip dans l'ouest de l'islande en hiver
    Cascade islandaise.

     

    L’Islande est le pays des vikings. Partez sur les traces du peuple légendaire du nord, entre histoire et légende. Découvrez les lieux mythiques, l’exotique Viking Café, la forteresse Borgavirki, la péninsule de Snaefellsnes, et bien d’autres endroits magiques qui évoqueront l’héritage des vikings en Islande.
    Geyser Strokkur.

    Aller en Islande est facile : j’ai volé avec Wow Air, qui propose des vols directs pour Reykjavik à bas prix depuis Paris et Lyon. Si vous partez hors saison, vous trouverez des tarifs imbattables (j’ai déjà vu des aller-retours Paris-Reykjavik à moins de 120 euros). Une fois sur place, je vous conseille vraiment de louer une voiture et de partir explorer. Si la capacité hôtelière de l’Islande s’améliore sans cesse, les infrastructures restent sous-dimensionnées par rapport au nombre croissant de touristes, et c’est pour cela que je vous conseille d’éviter l’été et de partir plutôt hors saison, afin d’avoir plus d’options d’hébergement et de meilleurs prix.

    Retrouvez mon article complet sur l’Ouest de l’Islande en hiver.

    Aller au Groenland, pour explorer une autre planète

    Partir au Groenland, c’est quitter la Terre, et arriver au royaume de la glace et de la démesure. 90% du pays est couvert par une calotte glaciaire épaisse, le fjord de Nuuk est le deuxième plus grand du monde, les icebergs d’Ilulissat sont grands comme des immeubles… Le Groenland dépayse comme jamais, et je pense que c’est la plus spectaculaire des destinations nordiques : nulle part ailleurs au monde n’est-on ainsi plongé au cœur de la glace. C’est un éblouissement visuel inouï, et la découverte d’une culture totalement différente de nos modes de vie européens, celle des Inuits.
    Le Groenland n’est pas un voyage « normal ». Parce que le pays est recouvert de glace, il n’y a pas de routes reliant les villes entre elles au Groenland (à une seule exception près : une route d’été pour 4×4 entre Kangerlussuaq et Sisimiut). Le Groenland est comme un archipel polaire : il faut prendre l’avion pour aller de ville en ville, survoler l’énorme calotte glaciaire pour rejoindre un autre îlot habité. Lors de mon voyage, j’ai visité trois destinations.

    Kangerlussuaq comporte le seul aéroport international du pays : c’est ici qu’atterrissent les avions au départ de Copenhague, avec Air Greenland. Mais ce n’est pas qu’un hub, c’est aussi le seul endroit où on peut approcher la calotte glaciaire, car une route y mène, et une région riche en biodiversité (rennes, bœufs musqués, renards, ours polaires, etc). En été, les gens y viennent pour la randonnée et des expéditions du type camping sur la calotte glaciaire.

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Au bord de la calotte glaciaire avec mon guide Adam à Kangerlussuaq.

    Nuuk est la capitale du Groenland, et mon plus grand coup de cœur : cette ville colorée et dynamique est réellement de toute beauté, et palpite de vie, avec ses musées, centres culturels, salles de concert, etc. Elle permet de comprendre réellement ce qu’est le Groenland aujourd’hui et de se plonger la culture inuite. Niveau beauté naturelle, elle n’est pas en reste : il faut faire une excursion dans le gigantesque et sublime fjord pour découvrir le hameau perdu de Kapisillit, aller à la rencontre des icebergs dans l’icefjord (en été seulement), partir randonner au pied de la montagne Sermitsiaq… C’est une destination encore méconnue et j’ai vraiment hâte de vous en parler, avec des paysages de fjord qui font réellement partie des plus beaux du monde.

    Quel pays nordique choisir ?
    Nuuk, fabuleusement colorée.

    Ilulissat est la destination touristique groenlandaise la plus célèbre, et un incontournable : c’est la ville des icebergs géants. Les paysages sont démentiels – imaginez ces monstres hauts comme des montagnes dérivant dans la baie de Disko. On se sent véritablement dans un autre monde. C’est aussi là que l’offre touristique est la plus développée. Le must absolu, c’est la croisière au milieu des icebergs, dans un bateau brise-glace, mais Ilulissat est aussi la ville des chiens de traîneau et propose de nombreux chemins de randonnée en toute saison pour côtoyer les icebergs. Le célèbre Hotel Arctic a construit des igloos d’aluminium et de verre en bordure de la baie de Disko et de nombreuses compagnies proposent des randonnées accompagnées, des vols en hélicoptère, des expéditions vers le nord du Groenland, etc.

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Au milieu des icebergs à Ilulissat.

    Je rêve de découvrir d’autres destinations groenlandaises, non seulement Sisimiut sur la côte ouest, 2e plus grande ville du pays, mais aussi Tasiilaq et Kulusuk sur la côte est, encore plus sauvage et reculée. Le Groenland s’explore petit bout par petit bout…

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Au coeur de l’immense fjord de Nuuk.

    Aller au Groenland reste une petite aventure, mais le tourisme se démocratise à toute vitesse, car le pays mise là-dessus pour renforcer son économie. Le moyen le plus simple de rejoindre le Groenland, c’est à partir de Copenhague avec Air Greenland. Vous trouvez des vols Paris-Copenhague à très bas prix avec des compagnies low cost type Vueling. Vous serez surpris par la baisse des prix pour cette destination : les packages proposés par Air Greenland  (vol + hôtel) commencent à 800 euros par personne pour 5 jours sur place. Les vols intérieurs entre les villes groenlandaises peuvent être très rapides (mon vol Nuuk-Ilulissat), ou plus fastidieux quand il faut repasser par Kangerlussuaq. Il vous faudra sans doute bâtir votre itinéraire en fonction des rotations aériennes possibles, en sachant qu’elles sont plus nombreuses en haute saison, soit l’été. Si vous explorez l’Islande, sachez qu’il est également possible de trouver des vols pour le Groenland depuis l’aéroport régional de Reykjavik avec Air Iceland Connect : j’ai pris un vol Reykjavik-Nuuk. Néanmoins, les prix d’Air Greenland à partir du Danemark me semblent plus compétitifs.

    Je vais vous inonder d’articles sur le Groenland très bientôt – n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter pour suivre tout ça !

    Découvrir les cultures de l’Arctique

    J’ai adoré, au cours de mon long voyage dans le grand nord, découvrir trois grandes cultures de l’Arctique. La culture dominante de chaque destination change fondamentalement l’atmosphère et l’expérience touristique – c’est aussi pour cela que j’ai du mal à vous dire quel pays j’ai « préféré ». J’ai eu l’impression de découvrir trois mondes totalement différents, trois peuples du grand Nord, et leurs animaux fétiches.

     La Laponie est le pays du peuple Sami, peuple d’éleveurs de rennes, autrefois nomades, marqué par l’héritage du chamanisme. Aller rendre visite à un éleveur de rennes et faire un tour en traîneau, découvrir l’artisanat Sami en bois de renne, admirer les tambours des chamanes, comprendre l’histoire de la région au musée Arcticum à Rovaniemi, sont des expériences culturelles incontournables en Laponie. Vous l’aurez compris, l’animal fétiche de la Laponie, c’est le renne, et vous découvrirez à quel point il est indissociable de l’histoire et du mode de vie de ce peuple. Compagnon, ami, nourriture, vêtement, outil, le renne est omniprésent.

    Expériences magiques en Laponie finlandaise : rennes, igloos, motoneige... tout ce qu'on peut faire à Rovaniemi. Blog Laponie finlandaise
    Les rennes, consubstantiels de la culture des Sami.

     

    Expériences magiques en Laponie finlandaise : rennes, igloos, motoneige... tout ce qu'on peut faire à Rovaniemi. Blog Laponie finlandaise
    Renne sur un tambour en cuir de renne, issu de l’artisanat Sami.

    L’Islande est le pays des Vikings, et les Islandais d’aujourd’hui sont leurs descendants. Vous découvrirez en Islande l’histoire de la colonisation par les marins arrivés de Norvège, les grandes sagas, le panthéon nordique, et toute une tradition culturelle imprégnée de cet héritage païen, avec l’omniprésence des trolls. Le musée national islandais à Reykjavik et le musée de la colonisation à Borgarnes permettent de comprendre cet héritage. Niveau faune, si l’Islande avait deux animaux fétiches, il s’agirait du mouton et du cheval. Les deux sont omniprésents dans le paysage islandais, et il faut acheter un pull en laine islandaise et faire une promenade à cheval !

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Cheval islandais.

    Le Groenland est le pays des Inuits, le peuple roi du grand nord et des climats extrêmes : les Inuits ont su étendre leur culture de l’Alaska au grand Nord canadien avant de coloniser le Groenland depuis le Nunavut en passant par le détroit de Narnes. Aller au Groenland, c’est découvrir la culture encore profondément traditionnelle de ce peuple de chasseurs, qui chasse notamment le phoque et se vêtit de sa fourrure, et qui utilise les huskies pour tirer des traîneaux depuis plus de 850 ans. Le musée national groenlandais de Nuuk est incontournable pour comprendre l’histoire et les traditions de ce peuple qui pratique une chasse de subsistance et a su tirer profit des étendues glacées du grand nord. Bien évidemment, je vous parlerai longuement de la culture Inuit dans mes prochains articles sur le Groenland !

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Bottes en peau de phoque.

     

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Huskies à Ilulissat.

    D’autres destinations nordiques…

    … avec les jolies idées de blogueurs que j’apprécie ! Il s’agit de voyages que je n’ai pas encore eu la chance de faire, mais dont je rêve déjà et que j’ai eu plaisir à suivre sur d’autres blogs. Je rêve d’un grand tour du cercle polaire arctique

    * La Laponie suédoise propose le même type de paysages que la Laponie finlandaise : forêts enneigées, kota au milieu des bois, lacs gelés. Mais elle a la réputation d’être plus calme, plus isolée. C’est une destination parfaite si vous rêvez de tranquillité totale, de vous retrouver seul avec vous-même dans des étendues immaculées.
    Retrouvez le voyage en Laponie suédoise d’Hello la roux.

    * Le Nord de la Norvège est une très belle option et sera sans doute ma prochaine destination arctique. Les fjords découpés des îles Lofoten et de l’île de Senja se prêtent bien à un road trip le long des côtes. L’élégante Tromsø se veut « capitale des aurores boréales », et si vous rejoignez l’intérieur du pays, par exemple la région d’Alta, vous retrouverez la Laponie et sa culture Sami, avec les rennes par milliers. En Norvège arctique, vous serez en pays viking sur la côte, avec notamment le musée viking de Lofotr, et en pays Sami à l’intérieur des terres. Sachez toutefois que la Laponie norvégienne propose moins d’activités « fun » que sa sœur finlandaise (pas de motoneige, de village de père Noël, etc). Prendre l’express côtier Hurtigruten de Tromsø jusqu’à Alta me fait rêver. Du littoral spectaculaire aux grandes plaines laponnes, le contraste entre les deux types de paysage et d’expériences me tente beaucoup.
    Retrouvez deux voyages en Norvège du Nord en hiver qui m’ont fait rêver :
    avec Wait and sea, aux Lofoten, à Narvik, Senja et les Alpes de Lyngen .
    avec Escapades etc, à Tromso, Kirkenes, et sur l’express côtier Hurtigruten

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Rêver d’explorer les fjords norvégiens en bateau… Ici le fjord de Nuuk, Groenland.

    * Le Svalbard est, comme le Groenland, une destination de l’extrême : au plus près du pôle Nord, vous êtes au pays des ours polaires, dans des régions spectaculaires et inhospitalières. C’est un voyage qui attire souvent les aventuriers rêvant de kayak arctique ou d’expéditions au milieu des glaciers. Ce n’est pas un voyage qui s’improvise : si vous quittez Longyearbyen et partez en pleine nature, où rôdent les ours blancs, il vous faudra absolument un guide.
    Retrouvez un voyage épique en kayak au Svalbard avec La faute au graph.

    * La Sibérie fascine par son climat extrême et l’étendue immense de sa taïga gelée. Le lac Baïkal, plus grande étendue d’eau douce du monde, se recouvre d’une épaisse couche de glace et dessine des paysages spectaculaires au cœur de l’hiver. Et qui ne rêve pas de prendre le Transsibérien jusqu’à Vladivostok ?
    Retrouvez le voyage en Sibérie de La lykorne illettrée, sur l’île d’Orkhon et au lac Baïkal

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Rêver de lacs gelés… (ici au Groenland)

    * L’Alaska est le paradis des amoureux de la faune : la plus grande colonie de loutres de mer du monde, les plus hautes chances d’observer des ours bruns et des baleines, c’est en Alaska. Et bien sûr, c’est aussi l’immensité des parcs nationaux comme Denali, et des glaciers au milieu des sapins. C’est une destination qui me fait complètement rêver.
    Retrouvez le road trip en Alaska de Few miles away, à Kenai, Fairbanks et Denali.

    * Le grand nord canadien, pays des Inuits, déconcerte par son immensité radicale. Le Yukon ou le Nunavut déroulent des milliers de kilomètres de solitude nordique. Je le connais trop mal pour vous en parler bien, et je vous conseille d’explorer le blog From Yukon, qui vous permettra d’apprivoiser ces contrées. Notez aussi la chose suivante : puisque le climat hivernal du Canada est très rude, les activités nordiques sont aussi disponibles dans des régions qui ne font techniquement pas partie de l’Arctique, comme le nord du Québec. Il sera difficile de voir les aurores boréales (vous êtes beaucoup plus au sud), mais tout le reste est là – forêts enneigées, chiens de traîneau, motoneige, etc. Pour preuve, je vous renvoie à ce magnifique article de Our American Dream sur un week-end nordique en Chaudière-Appalache.

    * Les îles Féroé ne sont pas une destination arctique, car elles sont situées au sud du cercle polaire, mais leurs paysages solennels et grandioses raviront les amoureux de l’Islande et des Lofoten, et j’avais envie de les inclure à cette liste afin de partager un bel article sur l’aventure aux Féroé de Sentiers du Phoenix.

    Que voir à Shetland ?
    J’ai pris cette photo aux îles Shetland – les Féroé ont aussi ce type de paysage découpé et laineux !

    Quel mois de l’année choisir pour visiter le grand nord ?

    Le climat arctique est, comme vous le savez, extrême. Au moment du solstice d’hiver (21 décembre), le soleil ne se lève plus, la nuit dure tout le jour et les températures hivernales sont très basses. Au moment du solstice d’été (21 juin), le soleil ne se couche plus et le soleil de minuit illumine la nuit. Selon les destinations, ces périodes peuvent être très touristiques : en Laponie finlandaise par exemple, pays du père Noël, l’énorme pic touristique est en décembre. En Islande, la saison estivale (de juin à août) concentre le plus gros afflux touristique. Mais il faut être conscient du fait que visiter la Laponie au cœur de l’hiver polaire ne vous laissera que très peu d’heures de jour, et que le soleil de minuit estival peut être difficile à gérer pour l’organisme qui ne trouve plus le sommeil. J’ai donc, à titre personnel, une réponse très claire : à mes yeux, il faut aller dans le grand nord au moment des équinoxes, soit septembre et mars. C’est le moment de l’équilibre parfait entre jour et nuit : 12h de jour, 12h de nuit. Les journées sont longues, mais les aurores boréales sont visibles dans le ciel nocturne. Mars est à mes yeux la saison idéale pour les activités hivernales. Les températures restent suffisamment basses pour permettre de s’y livrer, mais elles sont bien plus supportables qu’au cœur de l’hiver : j’ai eu par exemple -10 au Groenland, contre -30 un mois plus tôt. J’ai pu faire de la motoneige, du chien de traîneau, etc, en souffrant moins du froid. Mars est aussi un mois très peu touristique, où la fréquentation et les prix baissent. Je me suis sentie presque seule en Islande.
    Quant à début septembre, tout le monde le décrit comme une période bénie pour le grand nord. En Laponie, c’est l’explosion des fruits des bois, myrtilles et mûres arctiques par centaines ; au Groenland, c’est le moment du pic de la fonte des glaces, où des icebergs énormes dérivent non seulement à Ilulissat, mais aussi dans les fjords de Nuuk ou les fjords de l’est. C’est aussi le meilleur moment pour observer les aurores boréales, car l’activité solaire est plus intense au moment des équinoxes, et le ciel plus dégagé qu’au cœur de l’hiver. Mais à ce sujet, vous avez peut-être une question…

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    En mars au Groenland : les journées sont longues et belles. Cette photo a été prise au coucher du soleil, vers 21h.

    Quel est le meilleur endroit pour voir les aurores boréales ?

    Confession : j’ai passé trois semaines dans le grand nord en mars, et je n’ai eu qu’une nuit d’aurores boréales. Le hasard et la chance jouent un grand rôle, et je vous conseille vivement de choisir une destination nordique qui vous attire au-delà de la promesse d’aurores boréales, afin de ne pas être déçu si elles ne surgissent pas. Les aurores, c’est la cerise sur le gâteau, mais à mes yeux, il ne faut pas bâtir un voyage là-dessus. J’ai joué de malchance : en Finlande, j’ai eu de l’activité solaire, mais une couverture nuageuse à 100% ; au Groenland, j’ai eu un ciel ultra dégagé, mais un soleil en grève. C’est en Islande que j’ai eu de la chance, mais cela ne signifie pas que l’Islande est un meilleur choix – c’est une combinaison de facteurs, une loterie qui se rejoue chaque nuit. Toutefois, après avoir consulté frénétiquement chaque nuit la carte des aurores boréales sur l’application Aurora (la meilleure appli de prédiction des aurores boréales, recommandée par tous les guides spécialisés), et lu beaucoup de choses sur les forums de chasseurs d’aurores, j’ai quelques observations à faire. La plus simple : plus vous êtes au nord, plus vous augmentez vos chances. L’intensité des aurores est déterminée par ce qu’on appelle l’indice kp, qui indique la force des éruptions solaires. Quand vous vous rapprochez du pôle nord, vous verrez les aurores même si l’indice kp est faible. A Tromsø par exemple, située à 69 degrés nord, ou à Inari, située à 68 degrés nord, un indice kp de 2 est suffisant pour voir l’aurore à l’œil nu. A Rovaniemi, située sur le cercle polaire arctique à 66 degrés nord, il faudra que l’indice kp atteigne 3. Pour en voir aux îles Shetland, tout au nord de l’Ecosse, il faut que l’indice kp atteigne 5. Vous saisissez le principe : plus vous êtes au sud, plus l’aurore devra être intense pour vous atteindre. Si votre but est donc d’en voir, partez pour le grand nord, pour Tromsø, Alta, Abisko, Inari. Souvent, les villes situées loin des côtes ont plus de chances de bénéficier d’un ciel dégagé que les destinations littorales, c’est pourquoi les chasseurs d’aurores boréales citent souvent Abisko, Kautokeino ou Inari parmi leurs localisations préférées. Toutefois, il faut noter qu’à Tromsø, « capitale des aurores boréales », les multiples compagnies proposant des excursions nocturnes vous emmènent justement loin des côtes, vers l’intérieur du pays, afin d’augmenter vos chances d’avoir un ciel dégagé. Etre au nord ne suffit pas, il faut bénéficier des bonnes infrastructures : soit d’une voiture afin de chasser les aurores vous-même, soit des services d’un guide. Dans tous les cas, il vous faudra vous éloigner des villes, afin de supprimer la pollution lumineuse, et rejoindre la campagne. C’est pourquoi les petites cabanes isolées dans les bois, en Laponie (norvégienne, suédoise ou finlandaise), sont sans doute la plus belle option…

    aurores boréales
    Aurore boréale en Islande.

    Le bon équipement pour le grand nord

    En mars, la température est supportable : je ne suis jamais descendue plus bas que -17, et il s’agit d’un froid sec, le plus souvent sans vent. Bien équipée, je n’ai pas souffert du froid. J’ai respecté la technique des couches. Première couche, un sous-vêtement technique grand froid à manches longues, à la fois chaud et respirant – en haut et en pantalon. Deuxième couche les jours où il faisait -17, un pull en laine. Troisième couche (ou deuxième quand il ne faisait que -10), une polaire, et un pantalon de ski imperméable. Quatrième couche, un blouson de ski en matériau type Goretex imperméable et déperlant. Pas besoin de dépenser des fortunes : j’ai tout acheté chez Décathlon. J’ai utilisé le blouson de ski que j’avais déjà, sans acheter une parka hors de prix, j’ai demandé conseil au vendeur pour choisir le sous-vêtement technique le plus chaud, et tout s’est bien passé. Il faut bien penser aux extrémités : en Laponie, on ne met pas de chaussettes de ski, par exemple, on met des chaussettes en pure laine (ça s’achète aussi chez Décathlon, ne vous en faites pas). On ne met pas de gants, mais des moufles : cela garde mieux la chaleur, car les doigts ne sont pas séparés. On a forcément un bonnet, et une cagoule sous le bonnet en cas de vent/grand froid.
    Le seul équipement de marque autre que Décathlon que j’ai acheté, et que je vous recommande mille fois, c’est une paire de sous-gants tactiles The Northface. Ces gants sont une merveille incroyable, je vous jure que c’est le nirvana. Si vous êtes photographe, ils vous sauveront la vie. Ils sont chauds. Ils sont tactiles pour de vrai, ça marche vraiment – vous pouvez utiliser votre portable et surtout, votre appareil photo sans enlever vos gants (amen). Ils ne sont pas imperméables au sens strict, mais un peu quand même – si vous vous cassez la figure dans la neige et vous appuyez avec votre main, le gant ne sera pas mouillé après (testé et approuvé). En cas de très grand froid, ils se portent sous les grosses moufles, mais à -10/-13 degrés, je n’ai mis QUE ces gants dans 90% des cas, et je n’ai pas eu froid, et j’ai pu faire douze millions de photos sans perdre de phalange. Achetez les sur Amazon :  The North Face T0a7lpjk3 – Gants – FemmeCeci est un lien affilié : si vous achetez ces gants merveilleux en passant par ce lien, je gagnerai un euro, ce qui représente environ 0,03% de mon prochain voyage arctique. Merci pour votre bon cœur.

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Au moment où cette photo a été prise, je surplombe Nuuk à 1200 mètres d’altitude, il fait -17, et je n’ai pas froid. J’ai juste enlevé mon bonnet pour la photo. Vous remarquerez que je n’ai que les gants tactiles The Northface, et pas de moufles. Je vous dis, ils sont dingues.

    Alors, qu’en pensez-vous ? Etes-vous tenté par l’Arctique ? Si oui, par quelle destination et pourquoi ? Parlez-moi de vos projets nordiques, faites-moi rêver !

    Pour préparer à votre tour votre exploration nordique, je vous propose en partenariat avec les éditions Gallimard de remporter un guide Islande de la collection Bibliothèque du voyageur. Ce sont de très beaux guides, richement illustrés avec de très nombreuses et belles images, généreux à la fois en documentation historique et culturelle et en conseils pratiques (itinéraires, cartes, conseils de visite). J’ai emporté un exemplaire de ce guide avec moi en Islande et j’en ai été très satisfaite, c’est un beau livre à la fois utile et intelligent. Pour participer, il suffit de laisser un commentaire sous cet article – tirage au sort dans une semaine !
    Edit : le tirage au sort a eu lieu, la gagnante est Marie – félicitations !

    Guide Gallimard de l’Islande à remporter.

    Si vous voulez recevoir mes prochains articles sur le Groenland, n’hésitez pas à vous abonner à la newsletter.

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Coucher de soleil à Ilulissat. Plus de photos bientôt !

     

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le meilleur endroit pour voir les aurores boréales ? Quel est le plus beau pays scandinave ? Comparaison des destinations nordiques. #scandinavie #groenland #voyage #laponie #grandnord #nordique
    Epinglez moi !

  • Aventurière ou bourgeoise ? Comment je choisis mes voyages

    Tout projet de voyage est toujours un arbitrage entre l’évidence et l’audace. Partir à l’aventure dans des contrées périlleuses et inexplorées, ou revoir encore une fois Venise, Prague et Dubrovnik ? Etre le premier à dénicher l’endroit dont personne n’a jamais encore entendu parler, ou conforter la longue histoire d’amour que le public entretient avec des destinations aussi belles que rebattues ? Tout voyageur, et a fortiori, tout voyageur « professionnel » (blogueur ou journaliste) se pose forcément ces questions au moment de ficher une nouvelle épingle sur le planisphère. En quête de destinations inédites et de grands frissons, j’avoue pourtant être une exploratrice des beaux jours et des liaisons faciles, et je sais que mes envies d’aventure sont tempérées par mon besoin de confort. Voici comment je choisis mes voyages.

    Aventuriers, backpackers, tout-inclus… et moi, et moi ?

    Personne n’aime être mis dans une case. Notre grande prétention à l’individualité est paradoxalement le dénominateur commun auquel un grand nombre d’entre nous peuvent être réduits. Nous revendiquons le droit de tester différents styles de voyage, de passer du trek en solo au club balnéaire aux Caraïbes. Marie-Julie alias Technomade a écrit à ce sujet un billet, « Touriste et fière de l’être« , auquel je souscris totalement : elle assume d’apprécier autant des vacances à Disneyworld qu’un voyage d’exploration au Sénégal.

    Tendances tourisme : le tourisme d'aventure haut de gamme.
    D’ailleurs, j’adore moi aussi Disneyland Paris.

    Mais malgré cet éclectisme revendiqué, on peut observer au sein de la population des voyageurs en général plusieurs familles et tendances. La liste est très loin d’être exhaustive, mais voici quelques groupes bien distincts (et dont je respecte totalement les diverses aspirations).

    Il y a les backpackers, qui vont chercher à vivre un maximum d’aventures, multiplier les rencontres, et explorer un grand nombre de pays, à un coût le plus bas possible. Ils n’ont pas peur de subir douze heures de bus de nuit, partager un dortoir improbable, et manger de la street food un peu douteuse, s’ils peuvent économiser les quelques euros qui leur permettront de prolonger leur voyage. L’Asie du Sud Est est leur terrain de jeu préféré.

    Il y a les familles en tout-inclus, qui cherchent des vacances simples, confortables, à budget maîtrisé, où tout sera pris en charge et où ils pourront bénéficier d’une logistique bien calée pour se reposer. Ils vont apprécier les destinations balnéaires pas trop onéreuses avec de belles infrastructures touristiques, comme les Canaries, ou certains pays des Caraïbes tels que la République dominicaine.

    Tendances tourisme : le tourisme d'aventure haut de gamme.
    Rêver de douceur. (Ici en Guadeloupe.)

    Il y a les trekkeurs et les passionnés de l’outdoor, qui vont rechercher l’immersion dans la nature et le dépassement physique. Ils ne partent pas forcément très loin, mais ils cherchent l’extraordinaire de proximité : ils vont partir pour une randonnée glaciaire dans les Alpes, camper dans les Pyrénées, faire de la survie en forêt, s’attaquer au GR20 en Corse. Julien, alias Sentiers du Phoenix, incarne bien cette tendance et la théorise aussi.

    Il y a les aventuriers des destinations oubliées, ceux qui prennent des trains de trois jours pour des villes imprononçables, parlent un peu le russe, le chinois et l’arabe. Ils sont peu nombreux, mais éminemment respectés – bien qu’ils s’en foutent totalement, car ils revendiquent de ne pas être blogueurs professionnels, de voyager selon leur instinct et de refuser toute marchandisation. Je pense notamment à One Chaï et Histoires de tongs, mais aussi à mon amie La Lykorne Illettrée, dont le périple Pékin-Oulan Bator-Orkhon-Baikal au plein cœur de l’hiver dans des bus défoncés traversant la Sibérie à toute blinde m’a fascinée. Leurs aventures inspirent le rêve et forcent l’admiration – mais je doute que beaucoup de gens les suivent dans leurs chemins de traverse. On les lit avec bonheur, mais on hésite à emprunter leur sillage.

    Et il y a les gens comme moi, qui sont de plus en plus nombreux, et constituent un marché porteur. Il faut bien que je l’assume : je suis ce qu’on pourrait qualifier d’exploratrice bourgeoise. Une aventurière des beaux jours. Une voyageuse qui cherche en permanence à concilier ses rêves d’inouï, et son besoin de confort et de sécurité.

    Inédit, mais pas trop : l’aventure domestiquée

    Même s’ils s’en défendent parfois, les gens comme moi sont aussi une « famille » de voyageurs, et une niche marketing bien précise.

    Les gens comme moi lisent les récits d’aventure de Jack London ou de Sylvain Tesson, rêvent devant les vieux voiliers et les cartes du monde incomplètes de la Renaissance, ont des envies de neiges éternelles, de glaces immenses, de prairies peuplées d’animaux sauvages, de plages isolées et de déserts à perte de vue. Encore récemment, mon cher époux s’est moqué de ma passion pour les grands récits d’explorations des siècles passés. Les destins des Soresby cartographiant le Groenland, Humboldt explorant l’Amérique du Sud, Cook découvrant le Pacifique, ou Stevenson trépassant aux Samoas me fascinent. Les gens comme moi ont soif de magie et d’inouï. Ils veulent voyager de façon individuelle, surtout pas en bus de tour organisé.
    Mais ils n’ont pas envie de débarquer à un aéroport inconnu sans savoir où ils dormiront. Ils n’ont pas envie de bus déglingués, de coucous douteux, de dortoirs collectifs, de se sentir en danger ou d’être arnaqués, menés en bateau. Ils n’ont pas envie d’être à la merci de qui que ce soit. Ils veulent que les choses soient bien organisées, claires, sûres, avoir une chambre individuelle et un repas chaud.
    Ils veulent l’inédit, oui, mais quadrillé et confortable, bien balisé.

    L'Islande est le pays des cascades. Découvrez les plus belles cascades d'Islande sur le blog de voyage Itinera Magica.
    L’aventure facile : l’Islande.

    Les gens comme moi constituent typiquement le cœur de cible d’agences telles que Voyageurs du monde (version plus haut de gamme), Terre d’aventure ou 66° Nord (version aventure). Ces agences s’adressent justement aux gens qui préfèrent d’ordinaire organiser leurs voyages eux-mêmes, mais recherchent un soutien logistique sécuritaire et rassurant quand ils s’aventurent en territoire inconnu, qu’ils rêvent du Svalbard ou de la Tanzanie.

    Au sein des voyagistes, ce segment est en croissance constante. Voyageurs du monde notamment a réalisé en 2016 la plus grosse progression de tous les voyagistes français, avec des résultats record. Il s’agit d’une clientèle exigeante, mais pas bling-bling, qui aspire à la fois au confort et à l’authenticité, veut voyager en autonomie, mais que tout soit planifié. Voyageurs du monde lui propose des circuits entièrement personnalisables, dans des hébergements de caractère, à réaliser en solo, mais avec un service de « conciergerie » et assistance disponible 24h sur 24. Quant à 66° Nord et Terre d’aventure, ils conçoivent des randonnées et autres voyages sportifs dans des lieux d’exception, avec un encadrement rassurant, et mettant l’inédit à la portée des gens normaux. Cheval d’aventure fait pareil pour les cavaliers. L’aventure balisée et exclusive est une tendance forte du moment.

    Et quand cette clientèle se sent suffisamment en confiance pour se passer d’une agence, et préfère tout gérer elle-même, elle lit des blogs comme le mien. Des blogs de gens comme moi, qui ne sont ni des backpackers, ni des jet-setteurs, mais de doux rêveurs un peu bourgeois, qui aspirent à un dépaysement tempéré.

    Tendances tourisme : le tourisme d'aventure haut de gamme.
    Automne dans les Dolomites, désormais un classique.

    Comment je choisis mes voyages

    Autant tordre le coup d’emblée à un mythe tenace : la majorité des blogueurs de voyage ne font pas que des voyages sponsorisés, et ne calculent pas leurs prochaines destinations au prorata de likes potentiels sur Instagram. (Et en tout cas, ça n’est certainement pas mon cas.) Je sais que je suis loin d’être la seule blogueuse à voyager avant tout par envie et par passion, à suivre des coups de cœur et des rêves de gamine. Je ne suis pas là à attendre, bouche grande ouverte, que des voyages gratos me tombent tout cuits dans le bec, je suis inlassablement à la poursuite de mes mythes personnels. Je sais bien que voyager est un luxe, qui présuppose qu’on ait assez de santé, d’argent et de liberté pour s’y livrer, et je mesure ma chance. Hors de question de l’abîmer par cynisme, par lassitude ou par calcul. Je tiens à préserver la magie.

    En tant que blogueuse et journaliste voyage, je mentirais si je prétendais ne pas penser à mon travail quand je planifie un itinéraire. Je suis passionnée de photographie et de récits, et j’aime les belles images, les belles lumières, les belles histoires. Mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas du tout quelque chose qui me limite, me fait rejeter des destinations ou en favoriser d’autres. Je ne m’interdis rien, parce que je connais mes lecteurs et que je sais que leurs intérêts ressemblent naturellement aux miens.
    Les gens comme moi aiment les beaux paysages inspirants, et les cultures riches d’histoire. Ils veulent concilier la ville et la nature, les activités outdoor et la détente, rencontrer des gens, goûter les spécialités locales, admirer un coucher de soleil depuis un sommet ou une belle plage, être dépaysés, être enchantés, vivre des expériences qui sortent de l’ordinaire, mais aussi se reposer au bord d’une jolie piscine, créer des souvenirs de joie et de beauté. Je n’ai rien dit de très original, et je le sais.

    Tendances tourisme : le tourisme d'aventure haut de gamme.
    Kandersteg, Suisse.

    Tout près et très loin, les mêmes envies

    Comme beaucoup de voyageurs d’aujourd’hui, je fais deux types de voyages, proches et lointains.

    Proches, dans ma Provence chérie, dans ma Bavière adorée, ailleurs en France, en Italie, en Allemagne, au Portugal, dans les Alpes, à la recherche de belles destinations accessibles, qui prouvent qu’on n’a pas besoin de partir au bout du monde pour être heureux.  J’ai beaucoup de plaisir à mettre en valeur ce type de destinations françaises et européennes, et promouvoir le voyage à côté de chez soi. J’ai encore beaucoup d’envies de ce type, en France et en Europe proche.

    Tendances tourisme : le tourisme d'aventure haut de gamme.
    Aix-en-Provence.

    Et quand je fais un voyage lointain, j’ai des listes de critères inconscients qui se cochent sans même que je m’en rende compte dans ma tête. Je veux que ce soit beau, fort, magique, que cela me dépayse, que ça vaille le coup de faire huit heures d’avion ou davantage encore. Je veux être projetée dans un autre monde, une autre culture, loin de mon quotidien. Mais je veux être en sécurité, et avoir suffisamment de confort pour ne pas me demander « qu’est-ce que je fous là, au lieu d’être restée tranquillement chez moi en Provence ». Je veux pouvoir me promener seule, avec mon corps de femme et mon matos photo cher, sans craindre d’être violée ou dévalisée. Je veux savoir où je vais, quel avion, quel ferry, quel hôtel, et ne pas découvrir sur place que je ne peux pas louer une voiture ou aller à tel endroit. J’ai peur des bus pourris. Je veux limiter le stress et l’imprévu. Je veux pouvoir me déplacer librement, sans être cantonnée à une zone touristique dont je n’ai pas le droit de sortir. Je veux que le régime politique ne soit pas hostile aux touristes, et me sentir la bienvenue au sein de la population.

    Là où je vais, il faut que vous puissiez me suivre

    Dans l’absolu, je suis curieuse de la Terre entière, et j’aimerais aller partout. Je rêve de Salto Angel au Venezuela ou des montagnes de l’Hindou Kouch en Afghanistan.
    Mais je suis journaliste et blogueuse voyage, pas reporter de guerre ou d’investigation. Je suis une touriste assumée. Je respecte les consignes de sécurité du ministère des affaires étrangères. Il ne s’agit pas seulement de mon propre confort et de ma sécurité. Il s’agit de respecter un critère fondamental.
    Là où je vais, il faut que vous puissiez me suivre.

    Quand j’ai commencé à travailler dans le journalisme voyage, j’avais un complexe d’illégitimité : je croyais naïvement que je n’étais pas assez aventurière, parce que je n’avais ni escaladé l’Everest, ni traversé l’Amazone en pirogue, ni rencontré les derniers cannibales, et que mon profil éclectique mais « bourgeois » n’intéresserait personne. J’ai très vite découvert que j’avais tort, et que seuls certaines publications très spécialisées recherchaient l’extrême, l’inouï, l’inaccessible – mais ce n’étaient pas les magazines pour qui je travaillerais. J’ai découvert que mes rédacteurs et rédactrices en chef me demanderaient toujours : « est-il possible pour nos lecteurs de refaire ce voyage ? ». Ils ne me laisseraient pas partir en voyage de presse dans un endroit inhospitalier, dangereux ou très difficile d’accès. Quand je veux convaincre ma rédaction de publier un papier sur un itinéraire, je dois lui prouver qu’il est reproductible sans trop grande complexité. Le journalisme voyage « classique » se veut pourvoyeur d’inspirations, pas de fantasmes inaccessibles. C’est justement ce que certains lui reprochent – une certaine frilosité. Mais en ce qui me concerne, c’est un parti pris dont je m’accommode bien. Je n’ai jamais prétendu être une héroïne.

    Tendances tourisme : le tourisme d'aventure haut de gamme.
    En famille à Oman, sans doute la plus belle et la plus sûre des destinations moyen-orientales.

    Dans un récent billet bilan, Stéphane Pageau se moque des gens qui vont en Ouzbékistan en prétendant partir à l’aventure, sortir des des sentiers battus, se la péter explorateur, alors que c’est un pays touristique et accessible. Mon approche est tout autre : je vais aller en Ouzbékistan justement parce que c’est touristique, accessible et sûr, que d’autres y sont allés et que d’autres pourront y aller, et que je le sais. Je ne recherche pas l’aventure, je recherche le dépaysement apprivoisé, les destinations belles et exotiques, mais accessibles aux voyageurs qui ne sont pas des Indiana Jones. Et quand je vais quelque part, je ne cherche pas à vous en mettre plein la vue, à vous faire croire que je vais là où personne ne va. Je ne suis pas du genre à m’inventer des périls faramineux et des secrets inviolables. Je vous dis « j’ai vécu cette chose merveilleuse, et voici comment la vivre à votre tour ».

    Tendances tourisme : le tourisme d'aventure haut de gamme.
    Ceci n’est pas l’Ouzbékistan, mais Disneyland Paris. Promis, en juin j’aurai un stock d’images plus convaincant.

    J’ai eu la chance inouïe de vivre des expériences inoubliables. Mais rien d’impossible à reproduire (à condition, évidemment, d’avoir mis assez d’argent de côté : je sais bien que voyager est un privilège et un luxe, j’en suis totalement consciente, et je ne prétendrai jamais qu’il « suffit de le vouloir »).
    Je suis allée voir les vikings à Shetland et les vagues géantes au Portugal, et c’était finalement bien plus facile que ce que j’imaginais. Je suis allée à Oman parce que c’est à mes yeux le plus beau, le plus sûr, le plus accueillant des pays de la péninsule arabique, et que vous pouvez vous y rendre sans aucune crainte. Je vais aller en Ouzbékistan car c’est sans doute le plus magique, le plus sûr, le plus « facile » des pays d’Asie centrale, et que vous n’y risquez rien. Je rêve d’aller au Svalbard et au Groenland car ce sont les nouvelles destinations nordiques qui montent, et que ces régions deviennent de plus en plus accessibles aux touristes. Je n’essaie pas de vous vendre ça comme des aventures héroïques. Il ne faut pas de « courage » pour y aller, juste l’envie (et l’argent, évidemment).  Non, ce ne sont pas des destinations pour se dépasser, se la jouer, faire croire à vos proches que vous êtes un trompe-la-mort : ce sont de magnifiques destinations pour faire un beau voyage. C’est tout et c’est déjà beaucoup.

    Et quand vraiment je veux me la péter sur Instagram à peu de frais, je vais dans un igloo en Suisse. Manger de la fondue avec des gants de ski, ça c’est héroïque.

    Les zones interdites

    Je le sais bien, ce type de tourisme mainstream exclut certaines parties du monde. Mais pas éternellement.

    Je rêve du jour où le tourisme sera (de nouveau) possible dans des pays aujourd’hui sinistrés par des catastrophes naturelles ou des drames géopolitiques, comme par exemple le Venezuela, en grave crise économique et politique, le Mali, rongé par le terrorisme islamiste, ou les Iles vierges britanniques, paradis dévasté par l’ouragan Irma. Non seulement pour mon plaisir égoïste de voir le monde, mais aussi et surtout parce que je crois profondément qu’un pays qui accueille des touristes est un pays qui va bien, où les populations sont suffisamment prospères et sereines pour recevoir des invités. Je crois en un tourisme respectueux qui participe au développement des pays, soutient l’économie, porte la paix et l’ouverture au monde. Je boycotte certains pays, de la Birmanie à la Corée du Nord, quand je pense qu’il est impossible d’aller à la rencontre de la population sans soutenir un régime criminel. Je suis prête à dépenser de l’argent en voyage. Je n’aime pas le tourisme prédateur, ou ces voyageurs-vautours qui espèrent ouvertement que certains pays restent pauvres et enclavés pour pouvoir continuer à y aller pour pas un rond. Je n’aime pas le tourisme destructeur, ou ces destinations ravagées par un tourisme qu’elles ne sont pas capables de gérer dans le respect des ressources et des populations. Je ne considère pas le monde comme le terrain de jeu des riches occidentaux, et je veux aller là où on a l’envie et la capacité de me recevoir. Je suis une voyageuse bourgeoise, oui, mais lucide et curieuse.
    Je suis touriste et fière de l’être, et je veux l’être avec curiosité, respect et ouverture à l’autre. La carte du monde change vite. Découvrir les prochaines destinations où nous pourrons voyager en sécurité et avec bonheur, c’est ce qui me passionne.

    Capri est la perle du golfe de Naples. Tout voyage en Italie du Sud doit passer par cette île de rêve, entre Méditerranée et jardins. Capri, la dolce vita !
    Qui seront les Capri de demain ?

    Et vous ? Comment choisissez-vous vos destinations ?

  • Influenceurs : une bulle qui va éclater ?

    Ils sont devenus incontournables. Les blogueurs et les influenceurs au sens large (instagrameurs, youtubeurs, etc) se sont professionnalisés et font désormais partie de tout plan de communication, qu’il s’agisse de vendre du thé, des jeans ou des voyages. Des études récentes assoient leur nouvelle suprématie : 75% des sondés ont déjà acheté un produit sur les conseils d’un influenceur, 87% s’informent essentiellement sur internet quand ils préparent un voyage. Mais de récents scandales ont ébranlé le milieu et beaucoup se demandent aujourd’hui : ce phénomène de mode n’est-il qu’une nouvelle « bulle » sur le point d’éclater ?

    L’influenceur, un phénomène victime de son succès ?

    Gloire et décadence d’Instagram

    Instagram est le réseau social qui a fait la gloire des influenceurs il y a cinq ans, et reste le premier chiffre que beaucoup d’agences de communication regardent quand ils sélectionnent quelqu’un : combien de followers sur Instagram ? Dans le milieu de la mode et du lifestyle, 250 000 followers n’est aujourd’hui plus un chiffre si impressionnant, et les influenceuses les plus puissantes tutoient le million. Elles travaillent avec les plus grandes marques et ont été au cœur de campagnes de communication dont le budget et la portée équivaut à ceux des grands magazines. Mais aujourd’hui, le doute s’immisce.

    La question de la portée réelle des posts Instagram

    Instagram est un réseau étrange : au-delà d’un certain stade, votre nombre d’abonnés augmente de façon exponentielle, mais votre engagement décroît. A cette constatation mathématique s’ajoute le fait que les influenceurs ont moins le temps d’interagir avec une communauté grandissante, d’où un relatif désintérêt des followers moins engagés. On se retrouve ainsi avec des comptes à 500 000 abonnés… avec 50 commentaires par photo. Carsten Pfefferkorn, rédacteur en chef du magazine allemand Funke et pionnier du travail avec les influenceurs, estime que sur un très gros compte à un million de followers, le taux d’engagement est de 0,4% et le taux de conversion (clics effectifs sur le produit mis en valeur) de… 0,04%. Le taux de conversion étant le nerf de la guerre, on peut estimer que le ROI (= Return on investment) est catastrophique. Les agences de communication heureuses de travailler avec de très gros instagrameurs voient le nombre réel de personnes qui interagissent avec la publication, et perdent confiance.

    Pub incessante et partenariats mal choisis : la défiance du public vis-à-vis des influenceurs

    Certains comptes Instagram ne sont plus composés que de pub plus ou moins discrète. Partenariats à gogo, promotion de montres, d’ustensiles de cuisine, de chaussures, de sacs… chaque post contient un placement produit. Les instagrameurs, qui avaient fait leur fortune sur la proximité et l’authenticité, deviennent des panneaux publicitaires ambulants. Certains créent de plus la polémique à cause de partenariats malvenus : récemment, une importante influenceuse française a causé le scandale en collaborant avec Cetelem, et a été accusée de promouvoir le surendettement de façon irresponsable.
    Même sans créer la polémique, certains partenariats semblent être en décalage avec l’audience de l’influenceur. On voit de plus en plus d’agences envoyer en voyage des blogueuses mode & beauté, ce qui me laisse songeuse : cette pose en petite robe et talons hauts à côté du Taj Mahal va-t-elle vraiment inciter la communauté de l’influenceuse à visiter l’Inde ? Ne prive-t-on pas les influenceurs de leur impact en les éloignant de leur cœur de cible ?

    Devenir pro et rester authentique, le défi acrobatique

    De façon plus générale, la question de l’authenticité des influenceurs se fait lancinante quand sa célébrité augmente et qu’on lui propose davantage de partenariats. Le blogueur voyage reconnu a de plus en plus de belles opportunités, mais ses followers commencent à lui reprocher de « ne plus faire que des voyages sponsorisés » et de se déconnecter de leurs attentes. Telle est la difficulté d’un métier qui aspire à se professionnaliser, mais qui a fondé son capital de sympathie sur le fait de ne pas être un pro – et de pouvoir donc proposer une approche plus authentique et spontanée, qui n’est pas celle des agences de communication et des offices du tourisme. Quand un blog se met à ressembler à un catalogue publicitaire, à multiplier les articles sans âme, faire du copier-coller des éléments de langage qu’on lui a suggérés, et présenter uniquement les produits qu’on lui a proposés sans aucune recherche sur les alternatives, le désintérêt de son public est rapide.

    L’influenceur enfermé dans son rôle

    C’est un phénomène plus pernicieux qui guette l’influenceur à succès : la standardisation de son travail, de plus en plus uniforme et sans surprises. Les partenaires (agences, marques et destinations) ont une vraie responsabilité là-dedans.
    Ce sont ces marques qui demandent des posts Instagram calibrés au millimètre et toujours construits de la même manière, « anecdote sur la vie quotidienne – présentation du produit – coupon de réduction ». Le public s’est immunisé contre ce type de déroulés marketing et n’y réagit plus.
    Ce sont ces destinations qui n’acceptent plus de travailler qu’avec des blogueurs vidéastes, et nous resservent inlassablement le même type de vidéos calibrées pour les réseaux sociaux, avec des transitions acrobatiques et spectaculaires qui font dire « wah ! » au début et lassent complètement au bout de la troisième, avec des monuments qui se retournent, des accélérations et ralentis, des plans aériens rapides. Toutes les destinations se mettent à ressembler à un clip MTV, une succession de belles images sur fond de musique pop sans aucune profondeur, et on en retient strictement rien.
    Ce sont ces agences qui demandent à leurs blogueurs de mettre en valeur une destination avec les mots clefs et arguments fournis, et imposent un matraquage uniforme sur les mêmes thèmes.
    Ce sont ces blogueurs qui ont fait de l’humour la clef de leur succès, et se retrouvent condamnés à être drôles, à répéter toujours les mêmes sketchs, réduits par l’attente collective au rôle de sympathiques histrions.

    J’en suis persuadée : si les blogueurs et influenceurs acceptent de se conformer à ce moule, ils décrocheront peut-être les grosses campagnes de communication de 2018, mais ils seront has been en 2019. La standardisation forcée de notre travail nous rapproche de notre date de péremption, et nous réduit au rang de gadgets dont il faudra tôt ou tard se débarrasser.

    L’avenir de l’influenceur : la création de contenu

    Je ne parle pas ici des blogueurs qui ont choisi de ne pas en faire leur métier (voir mon article Peut-on vivre de son blog de voyage ?, où j’abordais déjà ces questions) : le problème ne se pose pas pour eux, puisqu’ils ne vivent pas de leur activité sur le blog et les réseaux sociaux. Je parle de l’avenir du blogueur/influenceur professionnel. A mon sens, la pérennité de son métier passera par la création de contenu de grande qualité pour des tiers. Sans cela, la question du modèle économique me paraît irrésoluble.

    Garder son authenticité sans perdre ses revenus

    En septembre dernier, la blogueuse lifestyle française Elles en parlent avait publié un article très personnel, « Quand l’inspiration s’envole », dans lequel elle parlait de la terrible pression ressentie par la blogueuse professionnelle d’aujourd’hui. En réponse, certaines de ses followeuses lui répondaient qu’elle s’était éloignée d’elles, qu’elle était moins authentique, qu’elles se sentaient abandonnées. Ce qui ressortait de ce moment de sincérité, c’était l’équation impossible que l’influenceuse pro doit résoudre chaque jour : satisfaire ses partenaires (et gagner de l’argent) et satisfaire son public (sans qui tout s’écroule). Les influenceurs sont dans une situation très particulière et délicate, que connaissent peu de gens qui ont un métier classique : leurs revenus ne dépendent pas seulement de ceux qui leur versent (les commanditaires), mais de la satisfaction de la cible (le public).
    Et pour garder son public, j’en suis convaincue, il faut savoir dire non. Refuser des partenariats, refuser des opportunités, refuser les choses qui s’éloignent trop de votre identité ou qui trahissent les meilleurs intérêts de votre public. On a parlé de Cetelem, mais je pourrais aussi dire combien je suis choquée par tous ces blogueurs voyage qui font la pub des sites tiers qui proposent l’ESTA (visa simplifié pour entrer aux USA) à 80 dollars, au lieu de 14 sur le site officiel du gouvernement américain. Je sais combien ils touchent en moyenne pour ça, puisqu’on me l’a proposé à moi aussi : 500 euros. Et je sais que ce n’est pas facile de dire « non, je renonce à ces 500 euros », pour ne pas trahir un lectorat qui lui, ne me les versera pas. Etre un blogueur éthique, c’est faire passer chaque jour les intérêts de ceux qui ne vous paient pas devant les intérêts de ceux qui vous paient, et c’est pour cela que c’est parfois si difficile.
    Bien sûr, on ne propose pas aux blogueurs que des choses crapuleuses – encore heureux. Il y a aussi les opérations de qualité, où vous êtes libres de vos choix éditoriaux, de votre programme, de ce que vous décidez de mettre en valeur ou non, et où vous êtes véritablement payé pour faire ce qui vous passionne. Ce genre de partenariats qui conjuguent passion et authenticité rendent les blogueurs infiniment heureux. Pour ne citer que le tout dernier exemple, j’adore ma collaboration avec le CDT de l’Aveyron, qui m’a permis de découvrir cette région sublime en toute liberté, et de revenir trois mois après pour continuer mon exploration. J’ai eu beaucoup d’autres belles opportunités dans ce style, avec des interlocuteurs respectueux attachés à la promotion de lieux et de marques qui méritent qu’on s’y intéresse, et je n’ai aucun mal à en parler avec passion à ma communauté, sans cacher qu’il s’agit d’un partenariat, parce que mon enthousiasme est authentique et cela se sent. Mais vous ne pouvez souvent pas assurer l’ensemble de vos revenus avec ce type d’opérations, car vous ne pouvez pas faire reposer sur les partenaires éthiques la responsabilité de votre subsistance et le luxe de refuser les opérations douteuses.

    Faire payer ses lecteurs ?

    Certains pensent que la solution serait, justement, de demander une contribution à nos lecteurs. Certains blogueurs ont un tipee sur leur site (où vous pouvez leur verser quelques euros de « pourboire »), d’autres font du crowdfunding pour s’acheter un nouvel appareil photo, d’autres réfléchissent à un abonnement annuel, sur le principe du magazine, ce qui permettrait de garantir la pleine indépendance du blogueur : les commanditaires seraient les lecteurs, et non plus les partenaires commerciaux. Personnellement, je trouve l’idée de l’abonnement intéressante, mais je doute grandement de sa faisabilité (le principe d’un blog est justement d’être accessible à tous via une recherche Google), et je l’avoue, je suis très gênée quand je vois un blogueur demander de l’aide pour payer un voyage ou du matériel. Nous avons choisi cette carrière excitante mais hasardeuse de notre plein gré, et nous n’avons pas à demander à autrui de financer notre épanouissement. Même si nous travaillons dur, voyager reste un immense privilège. Je sais que j’ai parmi mes lecteurs des gens qui voyagent beaucoup moins que moi, qui ont du mal à boucler les fins de mois, et l’idée de leur demander l’aumône me mettrait infiniment mal à l’aise.
    Mais alors, comment gagner de l’argent sans perdre son âme ?

    Etre un vrai créateur de contenu

    Le blogueur professionnel a dû développer des talents multiples : écriture, photo, vidéo, graphisme, design web… C’est un couteau suisse, qui sait tout faire, a son propre matériel, est indépendant, autonome et efficace. Ce sont des qualités précieuses. Aujourd’hui, nombre de blogueurs très talentueux mettent leurs compétences au service de tiers.
    Les vidéastes réalisent des vidéos qui seront utilisées directement par la destination qui les achète – on a vu par exemple Alex Vizeo réaliser ce type de travaux.
    Les photographes cèdent leurs photos aux offices du tourisme, à la presse, aux agences : de nombreux blogueurs sont aussi des photographes de talent.
    Les auteurs écrivent pour les supports de communication de leurs partenaires, et pour la presse.
    Les blogueurs se rapprochent des médias traditionnels. Ils assurent ainsi leurs revenus sans passer nécessairement par leur blog, en utilisant ce dernier comme un tremplin pour montrer leurs compétences. Ces autres engagements leur permettront peut-être de retrouver plus de liberté, plus de fraîcheur sur leur blog, dont ils dépendent moins pour vivre.
    Il faut considérer les blogs comme un viviers de talents qui ne demandent qu’à être découverts. Je suis frappée par la qualité de la blogosphère voyage francophone, par le nombre de blogs dont l’exigence en matière de texte et d’image est impeccable, et qui font porter une voix originale dans cette grande chambre d’échos qu’est le web. Les médias traditionnels ont tout intérêt à les reprendre à leur compte.

    Un blog vitrine et tremplin pour exposer son travail : mon cas personnel

    A titre personnel, je viens des médias traditionnels, et je ne les ai jamais quittés longtemps. Journaliste et blogueuse, je tiens à cette double casquette. Ma carrière a commencé en 2004 avec la publication de mon livre d’ado énervée Dieu est une femme. Je me suis alors mise à écrire pour la presse, notamment en tant que chroniqueuse pour Métro. J’ai lancé mon premier blog « public » (les Skyblogs d’ado ne comptent pas…) en 2007 pour disposer d’une plate-forme d’expression libre qui me soit propre. Mes blogs ont évolué avec le milieu, passant du simple passe-temps au blog professionnel. Après quelques années d’éclipse pour me consacrer à mes études, j’ai lancé Itinera Magica à la fin de ma thèse en littérature allemande. Je rêvais de devenir journaliste voyage, mais puisque je n’avais aucune expérience dans ce domaine, on ne me donnait pas la chance de faire mes preuves. Pour moi comme pour beaucoup d’autres, le blog a été ce fabuleux tremplin permettant d’exposer mon travail sans intermédiaire, sans devoir convaincre qui que ce soit de me laisser essayer. La Revue a été le premier magazine à me donner ma chance en tant que journaliste voyage, en me confiant notamment des reportages texte et photos sur le Maroc et les Seychelles, et je collabore désormais régulièrement à la rubrique voyages de Version Femina – le premier féminin français, avec 3 millions d’exemplaires tous les dimanches. (Et j’ai vraiment hâte de vous montrer mes prochains reportages pour Version Femina, qui m’a donné la chance de faire ce que j’adore.) D’autres collaborations occasionnelles me font également très plaisir, par exemple la publication d’une nouvelle sur le Luberon dans le numéro spécial Vacances du Un à l’été 2017, ou de trois de mes photos de Camargue dans le Figaro. Cela n’aurait jamais été possible sans Itinera Magica. Je sais que je ne suis pas la seule blogueuse à aimer passionnément la presse, et à rechercher ce type de collaborations. L’époque y est propice.

    Influenceurs : quel avenir ?
    Cette photo a été en pleine page dans le Figaro du 23.11, ce qui m’a réjouie.

    Collaborer avec les médias traditionnels, une tendance qui monte…

    La presse a pris conscience de la valeur des blogueurs, et de l’intérêt qu’ils présentent pour elle. Depuis 2015, le magazine As you like (renommé en 2017 Ohmymag) fait la part belle aux contenus des blogs, et propose des conseils cuisine, mode, beauté, lifestyle émanant de la blogosphère. Le magazine Geo créé sa propre plateforme, Geo Blogs, qui est un agrégateur de contenus bloguesques, et met régulièrement un blogueur en valeur dans le magazine. Le groupe allemand Burda, éditeur de nombre de magazines de cuisine, utilise très régulièrement les recettes et les photos des blogueuses food ; la rédactrice en chef de Burda Home, Gabriele Mühlen, explique que la collaboration avec les influenceurs est devenue un pilier de la création de contenu du groupe.

    Les défis à relever pour qu’influenceurs et médias collaborent efficacement

    Toutefois, on observe que les médias traditionnels ont parfois du mal à exploiter tout le potentiel des blogs, et qu’il faut encore apprendre à éviter certains dangers.

    • Beaucoup de médias ont du mal à utiliser les blogueurs autrement qu’en « one shot », c’est-à-dire, sur une occasion unique et non réitérée. Collaborer efficacement avec un blogueur de talent, ce n’est pas faire une fois un encadré sur lui, lui accorder une interview ou une opération unique du type « Visiter Lyon avec la blogueuse lyonnaise XXX », c’est lui proposer de créer régulièrement du contenu, lui acheter ses photos ou lui faire régulièrement tenir la plume. Il faut intégrer les blogueurs au monde des médias, et normaliser la relation avec eux: ne pas les considérer comme des curiosités qu’on expose une fois avant de les ranger dans leur boîte, mais utiliser leurs compétences réelles en les faisant travailler sur le long terme.

     

    • Certains médias ont du mal à rémunérer les blogueurs. Ils prétendent ne pas avoir de budget. Ils savent que les blogueurs sont avides de collaborations avec la presse, car elle leur confère l’aura de la légitimité, et ils comptent sur le fait que le blogueur sera tellement heureux et honoré de cette mise en valeur qu’il renoncera à une rémunération, acceptant d’être payé en « visibilité » et en baume pour l’ego. C’est profondément injuste, car le blogueur est un indépendant qui a investi seul et sans le soutien d’une entreprise dans un matériel photo et vidéo de grande qualité, qui a payé son voyage, et consacré beaucoup de temps et d’énergie dans la création de ce contenu qui a su séduire le média intéressé. De plus, cela met en danger les photographes et vidéastes traditionnels, et instaure un climat de prédation sur les contenus et de dévalorisation du travail. Si les médias veulent continuer à disposer de contenus de qualité, ils ne doivent pas participer à la destruction de ceux qui les créent. La règle d’or devrait être : s’il y a cession de contenu, il y a rémunération.
    • Certains médias ont du mal à exploiter tout le potentiel créatif des blogueurs, bien qu’ils affirment faire appel à eux justement pour insuffler du sang neuf et proposer un renouveau. Si vous faites appel à un blogueur, mais que vous lui demandez de respecter scrupuleusement le ton, le format, l’organisation traditionnelle de la rubrique, et qu’il fait in fine exactement le même travail que les journalistes maison, vous ne l’avez peut-être pas utilisé au maximum de son potentiel. Pour faire entrer la « bouffée d’air », il faut accepter d’ouvrir un petit peu la fenêtre.

    Au-delà du phénomène de mode, l’évolution profonde du milieu

    Si on l’enferme dans son bocal et le maintient en milieu fermé, le phénomène des blogueurs et influenceurs va s’essouffler : les mutations profondes des réseaux sociaux (mutations de l’algorithme de Facebook et Instagram, changements de monétisation sur YouTube), la plus grande vigilance du public lassé des subterfuges publicitaires, la surmultiplication des prétendants, va rendre le métier d’influenceur professionnel toujours plus difficile. Cette bulle va éclater, et a déjà commencé. Peut-être pourrons-nous enfin arrêter avec cette course aux chiffres, aux faux followers, aux statistiques gonflées. Peut-être que les blogueurs qui résisteront seront ceux qui s’illustrent par la qualité de leur travail, l’authenticité et la pérennité de leur communauté, et qu’on comprendra enfin qu’il vaut mieux travailler avec un blogueur doté d’une petite communauté ultra engagée et bien ciblée qu’avec une grosse machine à brasser du vide, dont l’investissement est minimal et l’influence massacrée par une mécanique publicitaire répétitive et sans âme. Les influenceurs continueront à faire partie du paysage, mais je prédis que l’époque des ponts d’or offerts aux illusionnistes touche à sa fin.  Peut-être doit-on considérer ce phénomène comme une mutation profonde du milieu du marketing, de la promotion touristique, et de la presse. En ce sens, je prédis un bel avenir aux créateurs de contenu prêts à saisir ces opportunités et à utiliser leurs compétences pour accompagner et précipiter ces bouleversements. N’enterrez pas tout de suite les influenceurs : ils sont déjà parmi vous.

    Et vous ? Qu’en pensez-vous ?

    Ce texte est issu de mon intervention à la VZB (Verband der Zeitschriftenverlage in Bayern) à Munich le 23.11.2017, qui m’a invitée à parler des relations entre presse et influenceurs. Il a été enrichi par les discussions avec les autres intervenants.

  • Comment j’ai découvert que j’étais Espagnole (ou presque)

    Un test ADN pour découvrir ses origines

    Faire un test ADN pour révéler votre héritage génétique et découvrir de quelle région du monde venaient vos ancêtres, cela vous tente ? J’ai eu le plaisir de tenter l’expérience, et de décrypter mon ADN pour mieux comprendre mon identité. Je me suis imaginée descendante d’îles lointaines, de peuples conquérants et d’exotismes multiples. J’ai remonté l’écheveau obscur  du temps à la recherche d’indices. Voici finalement les résultats – olé.

    puits quinta dela regaleira sintra
    Plongeons ensemble dans les profondeurs du temps – comme dans le puits initiatique de la sublime Quinta de la Regaleira à Sintra, Portugal. En plus, ça ressemble (un peu) à une hélice d’ADN.

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    Un test génétique, pourquoi faire ?

    J’ai toujours été attristée par le peu d’informations dont nous disposons sur les femmes et les hommes qui ont forgé la chaîne conduisant à notre existence. Au-delà de mes arrière-grands-parents, voire arrière-arrière-grands-parents pour quelques-uns, je n’ai plus ni image ni nom, et le secret de mes racines se noie dans l’oubli.  J’ai toujours envié aux familles aristocratiques non pas leurs titres et leurs armes, mais bien leurs arbres généalogiques ancrant la vie de chacun dans une histoire séculaire, leurs portraits d’ancêtres et leurs reliques précieusement conservées. J’aurais adoré mettre des noms, des lieux de naissance et de décès sur des morceaux d’ADN, chercher un bout de moi dans les traits d’une trisaïeule, et imaginer leurs vies. L’éternel néant dans lequel sont retombés ceux dont je descends me plonge parfois dans un vertige métaphysique.
    Et puis, j’ai appris qu’un test génétique proposait de lever une part du voile, et d’identifier dans notre ADN les segments qui nous associent à telle ou telle région du monde.

    broch of gurness, orcades, écosse
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    broch of gurness, orcades, écosse
    J’ai toujours été fascinée par les témoignages des temps oubliés. Ici le Broch of Gurness (2e siècle avant notre ère), Orcades, Ecosse.

    Pour un voyageur, c’est une grande source de fantasme, et j’avoue que je me suis imaginé des ascendances vikingo-polynésiennes, dans un grand combo de tout ce qui me fait rêver : navigations au long cours, constellations bienveillantes et mythologie océanique.

    J’avais lu des histoires hallucinantes suite à des tests ADN de ce type.
    Une Canadienne qui se croyait descendante de migrants européens à 100% s’est découvert une part de sang amérindien. En faisant des recherches généalogiques poussées, elle a appris que son arrière-grand-mère, prénommée « Jeanne » et qu’elle croyait française, était en réalité une Amérindienne convertie et rebaptisée de force par les colons.
    Une Américaine d’origine asiatique, qui pensait son ascendance limitée à cette partie du monde, s’était découvert un héritage africain lié à la douloureuse histoire de l’esclavage dans le Sud des Etats-Unis.

    Je m’imaginais bien me découvrir une origine exotique et bouleversante, aller voir ma famille en leur expliquant que nous étions en réalité les descendants de Gengis Khan, d’Erik le Rouge ou de Daenerys Targaryen.

    dunnottar castle écosse
    S’imaginer une lignée de guerriers et de princes. Dunnottar Castle, Ecosse.

     

    Un test génétique pour s’ouvrir au monde

    Vous avez peut-être déjà vu passer sur Facebook les vidéos touchantes où des jeunes gens se découvrent des origines qui remettent en cause leur vision du monde, par exemple celle d’un jeune Anglais un peu raciste qui n’aime pas les Allemands et voit son ascendance germanique révélée. Ces vidéos ont été réalisées dans le cadre du concours The DNA Journey  de la société Momondo. C’est aussi eux qui m’ont offert ce test.

    Puisque les voyages ouvrent sur le monde, l’idée est d’aller plus loin encore, et de comprendre quel part d’altérité culturelle et géographique nous portons en nous. Le concours se veut porteur de valeurs humanistes, de tolérance et d’acceptation de l’autre. Je me dis souvent que j’aimerais l’offrir à tous les identitaires qui clament haut et fort être « Français de souche », pour leur montrer l’inanité de ces fantasmes. Trop de gens ignorent de quel brassage l’immense majorité d’une population européenne est issue, et les vidéos du DNA Journey mettent souvent en scène ce type d’épiphanie antiraciste.

    Personnellement, je n’ai pas eu de grande révélation existentielle, car je n’avais aucun délire de pureté raciale, je ne me suis jamais imaginée « de souche » quoi que ce soit. Née en France de deux parents français, élevée en France et y ayant fait la majeure partie de mes études, j’ai toujours ressenti naturellement mon identité française. Mon appartenance cette culture, mon identification à mon pays, est spontanée, intuitive et logique. Mais j’ai toujours su être un produit hybride sur le plan génétique, et je me doutais bien que le test ADN ne dirait pas forcément « France ». J’ai grandi en Drôme provençale et je me suis toujours pleinement identifiée à la Provence. Il s’agit d’une conviction culturelle profonde, mais je savais qu’elle ne serait que très peu validée par l’ADN.
    Cela ne me perturbe pas : depuis Renan, on sait que la nation est « un plébiscite de tous les jours », et qu’être français n’est pas un label ethnique, mais un assentiment du cœur et de l’esprit à la communauté nationale.

    Champ de coquelicots, Provence
    Au coeur de ma belle Provence

     

    monts d'ardèche défilé de donzère
    Là où j’ai grandi : le défilé de Donzère, entre Drôme provençale et Ardèche méridionale


    Un test ADN pour identifier son ascendance ethnique – comment ça marche ?

    Momondo travaille avec Ancestry DNA, une importante compagnie américaine (les tests génétiques étant illégaux en France), leader sur le marché du test ADN. Ancestry DNA propose un test dit autosomal, qui tient compte à la fois des marqueurs paternels et maternels. Comme l’explique cet article de la Revue française de généalogie, il est également possible de tester l’ADN mitochondrial (maternel) et, pour les hommes seulement, l’ADN porté par le chromosome Y (paternel). Ancestry DNA possède une très large banque d’échantillons ADN de toutes origines, en permanence enrichie par les nouveaux tests de ses clients, et permet ainsi de retracer l’origine ethnique avec une précision toujours accrue. Dans mon cas particulier, un élément précis m’a convaincue de la fiabilité du test – je vous en dis plus à la fin de l’article.

    Minute glamour : comment on fait, concrètement, pour tester son ADN ? Je vous préviens, c’est peu ragoûtant : il faut cracher dans un petit tube jusqu’à ce que la salive atteigne une quantité suffisante, matérialisée par un trait transparent. Ensuite, on mélange à la salive un produit bleu qui la conserve, et on envoie cette charmante mixture traverser les océans par transporteur. Voilà, c’était le moment sexy.

    Lever de soleil à Lurs
    Je vous sors un lever de soleil à Lurs pour oublier ce que vous venez de lire. Ceci est une preview d’un prochain article, consacré au pays de Forcalquier.

    Ce que je savais de mon ascendance génétique, avant le test ADN

    Ma mère a grandi dans le Nord, à Douai, mon père à Marrakech.

    Douai.

     

    Marrakech.

    Ma grand-mère paternelle vient du Liban, et j’ai toujours su que ce sang moyen-oriental était très présent dans mon cocktail génétique. Groupe sanguin, forme du visage, association des yeux bleu-vert, des cheveux clairs et des sourcils sombres, beaucoup de détails m’associent à un type physique libanais – plus que mon frère et ma sœur. En Turquie, où j’ai voyagé avec eux, tout le monde pensait que j’étais la guide turque d’un petit groupe français. A Paris, un serveur libanais m’avait longuement dévisagée avant de me demander si j’avais des parents au Liban. 
    En lisant les consignes du test ADN sur le site d’Ancestry, j’ai lu qu’il n’était pas rare que les résultats d’ethnicité varient légèrement au sein d’une même fratrie, que certains pourcentages soient plus élevés pour un des enfants, car tout dépend de la sélection d’allèles hérités de vos ancêtres. Voilà pourquoi mon frère et ma sœur ont la peau très claire et les yeux très bleus, et je suis plus mate, plus méditerranéenne. J’ai probablement sélectionné le menu falafel et houmous au MacChromosome.

    Méditerranéenne, mais version tâches de rousseur : une allégorie. (Photo Pixabay, j’avais pas ça dans le frigo.)

    Ma mère est blonde aux yeux bleus, d’apparence très « nordique », mais a priori son ascendance n’est pas scandinave. Son père vient du midi – c’est la seule partie de ma famille qui me rattache « génétiquement » à ma Provence adorée, à laquelle je m’identifie pleinement. Au petit cimetière de Murviel-lès-Montpellier, nombre de caveaux portent le nom de famille de ma mère : c’est le berceau de cette branche enracinée comme les ceps de vigne parmi les vieilles pierres du Languedoc.
    Quant à sa mère, ma grand-mère maternelle, emportée trop tôt par un terrible accident, elle était du Massif central par sa mère, et des Flandres par son père, lui douaisien. Mon arrière-grand-mère avait grandi en Polynésie, aux Marquises et aux Gambiers, d’où ma fascination extrême pour les îles du Pacifique. Mais je savais que cet ancrage de l’enfance n’était pas une ascendance – même si j’espérais secrètement que mon arrière-arrière-grand-mère ait fauté avec un beau surfeur de Nuku Hiva et que le test me révèle du sang de Vaiana.

    C’était aux Bahamas, mais ça existe aussi en Polynésie. J’illustre comme je peux, ok ?

     

    Résultats du test ADN : Yo Soy Español

     

    Le test ADN est revenu environ un mois après mes méticuleux crachats dans la fiole.

    On m’a expliqué qu’il se décomposait en deux parties : l’ethnicité, basée sur l’origine de mes ancêtres il y a des milliers d’années, et la communauté génétique, révélant où mes ancêtres vivaient il y a des centaines d’années.

    La première surprise a été une petite déception : mon ethnicité était bornée par le Caucase à l’Est, par la Méditerranée au sud, presque superposable aux frontières physiques de l’Europe, avec juste une touche d’Asie mineure et d’Afrique du nord (via l’Espagne). Quitte à ne pas être française de souche, autant être Maori, Mongole ou Seychelloise – j’avais secrètement rêvé à une ascendance plus exotique. J’en ai pris mon parti. Profondément Européenne de cœur, du genre à chanter l’Hymne à la joie (en allemand s’il vous plaît) sous la douche, je me suis dit que ça n’était pas si mal d’être une décalcomanie de sa carte.

    La deuxième surprise, c’était la prépondérance de la péninsule ibérique dans mon ethnicité. Voici son détail :

    36% péninsule ibérique
    22% Grande Bretagne
    17% Italie-Grèce
    9% Caucase
    7% Europe de l’Ouest (= France)
    Ces pourcentages-là sont qualifiés de fiables à 98% par Ancestry.

    A cela s’ajoutent des petits % plus incertains, qu’Ancestry appelle « low confidence regions » : un peu de sang juif européen, irlandais, scandinave et moyen-oriental.

    blog test adn
    Résultats du test ADN Ancetry.

    Il m’est difficile d’associer ces fragments d’ADN millénaire à ma brève histoire familiale, dont la mémoire s’arrête à la fin du XIXe. Même si je connais mieux le Portugal et l’adore, je me dis que mon sang ibérique a plus de chances d’être espagnol que portugais. Il peut venir à la fois de mon grand-père maternel, ancré dans le midi (les rois d’Aragon ont longtemps régné sur le Languedoc), et de mon arrière-grand-père maternel (mais de l’autre branche), originaire des Flandres longtemps espagnoles.

    Séville
    Séville

    D’où vient la Grande-Bretagne ? Des cheveux et des yeux clairs de ma mère ? Je n’en sais rien. Mais d’une certaine façon, je reconnais dans mon ADN le mélange qui constitue mon phénotype : un très fort influx méditerranéen (Espagne, Italie, Grèce), tempéré de blondeur nordique (Grande-Bretagne).

    Capri, Italie

     

    Météores, Grèce

     

    highway 501 ecosse
    Nord de l’Ecosse, vers John O’Groats

     

    Château de Dunrobin, nord de l'Ecosse
    Château de Dunrobin, nord de l’Ecosse

    Mais j’avoue que le test m’a forcément frustrée, puisqu’on ne le livre pas avec des livres généalogiques, des histoires, des récits qui construisent un roman familial à travers les siècles – les pourcentages ne peuvent aboutir que sur le rêve et la spéculation.
    Sans doute pourrais-je affiner en faisant tester ma mère, mon père, et mes deux grands-parents biologiques encore vivants. Je suis tentée de le faire – à voir ce qu’ils en pensent.
    Mais j’ai l’impression que la généalogie est un trou d’Alice, un gouffre dans lequel le temps et l’espace sont aspirés et où on pourrait chuter sans fin à travers les siècles et les échos. J’ai peur de trop m’approcher du bord.

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    sintra puits quinta blog test adn
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    Quinta de la Regaleira à Sintra, puissante métaphore du mystère métaphysique et du voyage intérieur.

    Communauté génétique libano-syriaque, la confirmation

    Aux pourcentages d’ethnicité s’ajoute une autre information plus directement lisible pour moi : ce qu’Ancestry appelle la communauté génétique. Il ne s’agit plus cette fois d’ethnicité, mais de localisation géographique : où vivaient mes ancêtres au cours des derniers siècles.

    C’est l’élément qui m’a confirmé la véracité du test, qui a rattaché l’ADN à l’histoire connue. Ancestry DNA ne savait rien de moi, je n’avais rien renseigné quant à mes parents ou grands-parents, et pourtant, le test a visé juste en me plaçant avec une certitude de 99,9%, soit quasi absolue, dans la communauté génétique libano-syriaque. Ce sont les origines de ma grand-mère paternelle, celle à qui je dois mon groupe sanguin. Cela signifie qu’au XIXe siècle et avant, mes ancêtres vivaient dans cette région du monde, et que des connexions génétiques avec d’autres membres de cette communauté sont avérées.

    test adn blog
    Communauté génétique.

    La base de données d’Ancestry me sort soudain des visages, des visages de gens vivant aujourd’hui au Liban, en Europe, aux Etats-Unis, et des pourcentages de certitude.
    « Il est certain à 98,5% que vous avez un arrière-grand parent commun avec XXX. » Je vois apparaître le visage d’un homme de 35 ans, souriant, vivant au Liban.
    « Il est certain à 92% que vous avez un arrière-arrière-grand-parent commun avec XYZ. » Visage d’une femme, 26 ans, vivant à New York.

    Cela a du sens pour moi. Ma grand-mère originaire du Liban, cette sélection des chromosomes qui me donne l’allure moyen-orientale, cette prépondérance de l’Est de la Méditerranée dans mon physique – le test le confirme et noue des liens presque tangibles.

    Aux résultats du test s’ajoute une histoire de la région libano-syriaque depuis le début du XIXe. Je lis avec le cœur serré l’histoire de ces communautés rurales, Druzes, chrétiens, musulmans, promenant leurs troupeaux nomades sur les terres fertiles, vivant en bonne harmonie dans le vieux berceau biblique.
    Je pense aux conflits atroces qui ravagent la région, aux morts et aux plaies béantes. Depuis le début de la guerre en Syrie, je ressens une immense colère et une immense solidarité vis à vis de ce peuple supplicé. Ma peine augmente en comprenant soudain que peut-être, parmi les milliers de morts, j’avais un lointain cousin. Mes ancêtres ont vécu là en paix pendant des centaines d’années, là où il n’y a plus que cendres et sang. La mélancolie m’assaille, tout me semble soudain si proche. Le soupçon prend corps, et ce corps est douloureux. Et je me dis que finalement, contre toute attente, le test m’aura marquée. Non pas parce qu’il aurait ébranlé une identité fantasmée (je n’imaginais rien), non pas parce qu’il aurait contenu une révélation, mais parce qu’il renforce encore ma conscience de citoyenne du monde, ma conviction profonde de l’inanité de tout conflit basé sur l’ethnie ou la religion.

    Et maintenant ?

    Je me dis que je devrais retourner en Espagne, que je connais si mal – je n’ai vu que Séville et Barcelone.

    Je me dis qu’il faudrait refaire un tour en Angleterre, moi qui ne connais vraiment que l’Ecosse.

    Je veux continuer d’explorer la Méditerranée et ses îles, imaginer les sillages de ces bateaux chargés d’amphores qui traçaient les contours du monde antique. J’ai envie de retourner au MUCEM.

    .

    Temple de Delphes

    Je me dis surtout qu’un jour, j’irai au Liban, m’asseoir sous l’ombre d’un cèdre à Beyrouth, renouer le fil.
    Un jour, un jour, je ne sais pas quand, j’espère ne pas être trop vieille, j’irai en Syrie pleurer les fantômes, et retrouver un peu mes très anciens.

    Et vous ? Est-ce qu’un tel test vous tente ?

     

    Merci à Momondo de m’avoir permis de vivre cette expérience. Le test ADN m’a été offert.
    Pour faire à votre tour cette expérience : le test coûte 79 dollars sur Ancestry DNA. Vous commandez un kit, et recevrez chez vous le matériel nécessaire au test, que vous renvoyez ensuite avec une enveloppe pré-payée comprise dans le kit.

     

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  • #Moiaussi : pour que la honte change de camp

    #Moiaussi, ou #metoo : c’est le hashtag qui fédère en ce moment les femmes dont la parole se libère enfin. Des femmes de tous âges, de toutes origines et de tous milieux sociaux témoignent avoir été victimes d’agressions sexuelles ou de harcèlement, de la part d’hommes de leur entourage ou d’inconnus. Chaque témoignage est glaçant, mais ce qui est pire que tout, c’est leur nombre, leur déferlement ininterrompu. Toutes les femmes, ou presque, ont connu cela. Le bâillon est tombé, et les récits pleuvent.

    Et j’ai l’espoir que ce soit le grand soir de la cause féministe, le séisme qui ébranlera enfin le vieux monde misogyne.

    Ceci n’est pas une confession

    Cela fait plusieurs jours que j’hésite. Mais moi aussi, #moiaussi, j’ai besoin de vous raconter.
    Pas sur Twitter, pas en 140 caractères. Je vous raconterai ici, dans cet espace qui m’appartient, où j’ai le temps de vous livrer à mon rythme ce récit et cette réflexion.
    J’ai failli écrire « cette confession ». Mais non : la confession, c’est l’aveu du coupable. Et moi, je ne suis coupable de rien.

    La première agression, ou le « malentendu »

    J’ai treize ans. En vacances, je suis sortie avec un garçon bien sous tous rapports, gentil et intelligent. Sexuellement, nous ne sommes pas allés plus loin que ce qu’on appelait à mon époque une « pelle ». Ce stade-là me convient très bien.
    Une fois rentrée chez moi à la fin du séjour, j’insiste pour aller lui rendre visite. Ce n’est pas le grand amour, mais je l’aime bien, et la ville dans laquelle il habite me tente beaucoup. Il m’a promis qu’on ferait du tourisme, qu’on irait à un concert. Ma mère hésite, puis appelle sa mère à lui, une femme très bien. « Aucun problème, je serai à la maison, elle peut venir. »
    La journée se passe à merveille. Et puis le soir, nous nous retrouvons dans sa chambre. Sa mère est sortie. Nous sommes seuls. Que dire, si ce n’est que je ne contrôle plus rien ? Que les choses vont plus loin que ce que je voulais ? Je dis non, je lui dis « je préfèrerais garder mes vêtements », il réinsiste. Je me tortille, je me détourne, je me lève, je dis « ça te dirait qu’on aille regarder un film dans le salon ? », je passe du lit au canapé. Il m’y suit. Il n’y a aucune violence, juste ma passivité, ma froideur pétrifiée qu’il ne comprend pas. Je n’ai pas hurlé « lâche-moi », j’ai juste attendu. Je crois qu’il ne sait même pas que je n’étais pas d’accord. Je l’ai revu par hasard des années plus tard. J’étais glacée, lui très chaleureux. Charmant.

    La deuxième agression, ou l’enfer du métro

    J’ai dix-neuf ans, je suis à la fac à Paris. C’est le mois de septembre et l’été dure, il fait chaud, je suis en jean et chemisier blanc, un joli chemisier avec un col en dentelle, façon héroïne romantique. Je n’ai pas de veste. Je rentre de cours dans le métro bondé, quelqu’un me bouscule involontairement. Un mouvement brusque pour me rattraper, et mon chemisier craque. Deux boutons, pile sur la poitrine. Je porte un soutien-gorge, mais j’ai toujours eu beaucoup de poitrine, et ma mésaventure vestimentaire ne peut échapper à personne, tout le monde voit que je suis à moitié dépoitraillée. Je suis cramoisie. Je n’ai rien pour me couvrir.
    Et ça commence. Un homme de cinquante ans, en tenue de cadre, passe sa langue sur ses lèvres en me regardant lubriquement. J’essaie de croiser mes bras, de me tourner vers le bord du wagon. Un homme d’une trentaine d’années vient se coller contre moi. Au début, je crois qu’il veut me cacher aux regards. Puis je sens quelque chose de tout dur contre ma cuisse. Son sexe en érection. Je suis paralysée, je ne bouge pas. J’attends que les stations passent, j’ai les larmes aux yeux. Je ne réagis pas, je ne repousse pas ce salaud, sans doute parce qu’au fond de moi je me dis que c’est ma faute. Parce que quand ton chemisier craque, c’est bien fait pour toi, tu mérites qu’on te colle une bite contre la cuisse. Evidemment.

    La troisième agression, ou comment j’ai été agressée par un ancien ministre

    Ce n’est pas la « pire », mais celle qui m’a intellectuellement le plus ébranlée. Parce que les deux premières fois, je me disais que c’était peut-être ma faute. Je n’avais pas su dire non. Je n’avais qu’à prendre une veste.

    Mais cette fois-là, j’ai compris que ça pouvait arriver à n’importe quelle femme, dans n’importe quelle circonstance, que personne n’était à l’abri.

    Il faut que je vous détaille le contexte, pour que vous compreniez à quel point c’était inouï, à quel point cela révèle le sentiment d’impunité des prédateurs, et tout particulièrement, des prédateurs puissants.

    J’avais vingt-ans. A cette époque, mon père était ministre. Il était très exposé médiatiquement, et je souffrais beaucoup de cette attention extrême, de ce climat polémique qui rôdait tout le temps autour de lui, de ma famille, et j’aurais mille fois préféré l’anonymat. Mais le seul privilège de ministre qui me consolait, le seul dont lequel j’étais heureuse de bénéficier, c’était l’opéra. Le merveilleux opéra de Paris invitait régulièrement les ministres à assister aux représentations, et mon père, qui connaît mon amour pour l’art lyrique, me faisait souvent bénéficier de la deuxième invitation. L’y accompagner était une joie immense. Ce soir-là, nous allions voir un Wagner à l’opéra Bastille (était-ce Parsifal ? était-ce le Ring ?), et j’étais aux anges. Mais mon père a eu une urgence à gérer, et n’a pu me rejoindre qu’à l’entracte. Du coup, les sièges étaient rebattus, et quelqu’un s’est assis à ma droite, là où mon père aurait dû être.

    Je ne sais pas si vous connaissez l’opéra Bastille. Dans cette immense et magnifique salle, une rangée est considérée comme la « rangée VIP ». C’est la catégorie Optima, la première rangée du premier balcon, en plein milieu de la salle (et non pas devant la scène), avec personne devant vous sur plusieurs mètres. C’est la rangée la plus exposée, où on voit aussi bien qu’on est vu. Les ministres, les hautes personnalités, les stars, sont toujours placés là, et c’était un immense bonheur pour moi de pouvoir en bénéficier. J’insiste là-dessus pour expliquer que ce ne sont pas des places discrètes, où on serait caché dans l’ombre. Ce sont des places où tout le monde sait qui vous êtes et voit ce que vous faites.

    Un vieux monsieur à l’air éminemment respectable s’assoit donc à ma droite. Son épouse est à sa droite à lui. J’insiste. Son épouse est là. La représentation commence. Et au bout de dix minutes, le vieux monsieur a sa main sur ma cuisse. Je me dis qu’il doit être très âgé, perturbé. Je le repousse gentiment. Il recommence. Rebelote. Une troisième fois. Il commence à remonter ma jupe. Il glisse sa main à l’intérieur de ma cuisse, remonte vers mon entrejambe. J’enlève sa main plus fermement et je pousse un cri d’indignation étouffé, bouche fermée. Tout le monde me regarde. Il arrête. Dix minutes plus tard, il recommence. Je lui plante mes ongles dans la main. C’est un combat silencieux, grotesque, en plein opéra Bastille. Wagner sur scène, le vieux pervers contre la gamine en pantomime dans la salle.

    A l’entracte, mon père arrive. Je le vois soucieux, je ne veux pas le stresser davantage. J’ai peur qu’il aille casser la gueule du type en plein opéra et qu’on ne puisse pas finir la représentation. C’est bête, mais je me tais aussi par respect pour sa femme assise à côté de lui – je ne veux pas l’exposer à cette humiliation. Je ne dis rien à mon père. Mais je change de place, et je demande à son officier de sécurité : « Pouvez-vous me dire qui est cet homme ? » Cinq minutes plus tard, il me donne la réponse, je cherche sur Google, je vérifie. C’est bien lui. Et je suis estomaquée.

     C’est un ancien ministre de Mitterrand, membre de plusieurs gouvernements, qui a occupé des fonctions régaliennes, qui est une grande figure de gauche, décoré de l’Ordre national du mérite et de plusieurs autres Ordres européens. Une statue vivante. La représentation recommence, je suis tranquille, mais je n’arrive pas à me concentrer sur la mort des Dieux et les vocalises de la cantatrice.
    Je repasse en boucle ce qui vient de se passer. Je suis fille d’un ministre en exercice, dans la rangée VIP d’un des lieux les plus huppés de la capitale, en pleine lumière. L’homme assis à côté de moi a occupé les plus hautes fonctions de l’Etat, est unanimement respecté, et accompagné de son épouse. Et il m’a agressée pendant tout un premier acte, malgré ma résistance vigoureuse.

    Je mesure soudain ce que cela signifie, et j’ai le vertige. Si cela m’arrive ici, maintenant, à moi, par lui, c’est que cela peut arriver à n’importe quelle femme, partout. Que personne n’est à l’abri.

    Dans la voiture en rentrant, je raconte à mon père et à son officier de sécurité. Passé le moment de fureur, nous décidons de ne rien faire. Je ne supporte plus sa surexposition médiatique, qui m’affecte aussi par ricochet. Je sais que si je « balance mon porc », pour reprendre l’autre hashtag en vigueur actuellement, tous les regards seront braqués sur moi. Je ne dis rien.
    Mais cela fait huit ans que j’ai envie de lui mettre une droite, et que parfois la nuit, je rêve que je l’ai fait, en pleine représentation, devant sa femme, devant tout le monde. En être réduite à rêver de tabasser un vieux, si ça ne l’est pas de l’impuissance.
    Vous allez peut-être me dire « donne son nom ». Un reste de peur me retient, mais je crois avoir donné beaucoup d’indices. Et s’il se reconnaît et qu’il lui prend l’envie saugrenue de m’attaquer en diffamation, qu’il sache que mon père et son officier de sécurité d’alors pourront témoigner contre lui. Qu’il sache que je le méprise profondément, et que je plains sa femme.

    La quatrième, la cinquième et la centième fois : une femme qui voyage

    Je suis une voyageuse, une journaliste, une blogueuse voyage professionnelle. Je voyage souvent seule, loin de chez moi. C’est ma passion et mon métier. La plupart du temps, les gens sont bienveillants et chaleureux. Je fais de belles rencontres, sans arrière-pensée, avec des femmes et des hommes amicaux.

    Mais parfois, cela dérape. Je racontais dans mon dernier article sur la Californie comment tout le monde m’avait proposé du sexe, tout le temps. Je l’ai raconté avec humour. C’est devenu mon mode de défense. La politesse et l’humour. Je souris, je dis « non merci » comme si on m’avait proposé une tasse de thé, je fais une blague, parce que je suis petite, une femme, qui n’a jamais fait d’art martial et qui préfère la stratégie d’évitement au conflit frontal. J’ai peur de me faire casser la gueule, violer, tuer. Donc je plaisante. Je suis mignonne, inoffensive. A un homme qui me demande de but en blanc, dans les rues de Nancy, si je veux un « bukkake » (terme japonais qui signifie l’éjaculation simultanée de plusieurs hommes sur une femme placée au centre de leur cercle), je réponds « non merci, je viens déjà de manger des sushis ». Il rigole, il me laisse tranquille. Et moi, je normalise ça. Je ne fais plus attention, je m’habitue.

    Aujourd’hui, en voyant déferler les #moiaussi, je me dis que je ne veux plus accepter. Je ne veux plus normaliser. A chaque agression, j’ai été passive, je n’ai pas voulu déranger, j’ai pris la honte sur moi au lieu de la renvoyer sur celui qui méritait de la ressentir. Mais je ne suis pas coupable. Nous ne sommes pas coupables, et rien ne justifie le harcèlement.

    Peu à peu, le monde commence à comprendre que, si tous les hommes ne sont évidemment pas des agresseurs, toutes les femmes ou presque ont un jour été agressées par un homme. Que c’est grave, et qu’il faut réagir.
    Je ne me suis pas mise à haïr les hommes, j’en connais des tas de bien. Je ne crains pas les inconnus, j’ai fait des dizaines de rencontres paisibles et chaleureuses. J’aime les gens. Je n’ai pas une nature méfiante. Mais j’aspire à un monde amical et sain, où la confiance et l’amitié sont permises par le respect mutuel. Où personne ne vous touche, ne commente votre corps, ne vous scrute, sans votre consentement. Et je crois que cette semaine, nous avons fait un pas dans la bonne direction. Continuons le combat.

    Mise à jour en novembre 2022 : Suite à la parution de cet article, Pierre Joxe m’a attaquée en diffamation en janvier 2018. Cinq ans de procès ont suivi. J’ai perdu en première instance. J’ai fait appel. J’ai gagné en appel. Pierre Joxe en a appelé à la Cour de Cassation, qui a confirmé la décision de la cour d’appel en ma faveur. Pierre Joxe ayant renoncé à contester devant la CEDH la décision de la Cour de Cassation, il a définitivement perdu le procès en diffamation qu’il m’avait intenté.