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Catégorie : Divers

  • Mon nouveau livre : Petite déclaration d’amour aux chats

    Y a-t-il un chat dans votre vie, aimez-vous les chats, avez-vous déjà plongé dans leur regard et rêvé de sonder tous les mystères de leur pupille fauve ? Alors mon nouveau livre vous plaira, je l’espère. J’ai le plaisir de vous présenter ma « Petite déclaration d’amour aux chats », parue en septembre 2020 aux éditions Suzac. Entre récit personnel, nourri de ma longue histoire féline, et plongée dans les mystères de l’espèce féline, j’espère parler avec ce petit livre à tous les passionnés des chats, à tous ceux qui savent la place qu’ils occupent dans nos maisons, dans notre imaginaire, dans nos vies.
    Si vous cherchez un livre à offrir à un amoureux des chats, j’espère que celui-ci saura vous toucher !

    Petite déclaration d'amour aux chats, un essai passionné sur les chats par Ariane Fornia. Un livre à offrir aux amoureux des chats

    Petite déclaration d’amour aux chats, Nos félins de velours

    Ariane Fornia
    Editions Suzac
    109 pages, 12 euros
    Disponible partout en France : libraires indépendants , Amazon, Fnac

    Présentation de l’éditeur :

    La collection « Petite déclaration d’amour » donne carte blanche à la passion, à l’imagination, à la sensibilité, au minuscule comme à l’essentiel. Dans cet ouvrage, Ariane Fornia ouvre son coeur et dévoile avec affection comment inviter les chats dans notre vie. Énigmatiques et fascinants, les chats, ces petits empereurs capables de transformer notre existence, tissent des liens d’attachement qui défient la raison, car ils ne s’abandonnent qu’à leur maître et ne révèlent leur splendeur qu’à lui seul. Les chats font du bien tout simplement, ils donnent de l’amour, de la joie, et soignent avec sagesse nos douleurs affectives. Ils sont nos complices pour la vie.

    Ma déclaration d’amour aux chats :

    un essai passionné sur les chats

    Si vous êtes un lecteur de longue date, et que vous connaissez l’article « Le voyage dont j’ai failli ne jamais revenir », vous le savez déjà : j’ai une passion dévorante, immodérée, pour les chats. J’ai grandi avec eux depuis toute petite, et je leur ai consacré une place immense dans ma vie.

    Pendant plusieurs années, j’ai élevé des chats des forêts norvégiennes. Ce sont de grands chats aux allures de lynx domestique, nimbés de légendes nordiques et d’une infinie tendresse.

    Geirrod de l'Eperon
    Geirrod de l’Eperon, mâle norvégien né à la maison

    Avec eux, j’ai parcouru l’Europe entière, en quête de coupes, de médailles et de saillies, j’ai veillé des nuits entières sur une chatte qui met bas, j’ai accompagné des dizaines de chatons de la naissance à l’envol vers une autre famille. Cette intimité avec les chats a fait grandir mon amour immense pour ces animaux, et m’a inspiré de nombreuses anecdotes, petites histoires drôles, joies et chagrins. J’ai eu envie de partager avec vous ce récit d’une vie avec les chats.

    Ces années d’élevage m’ont aussi appris énormément de choses sur les félins, leurs mœurs, leur génétique, leur comportement, et m’ont rendue très curieuse de la planète chat. Eleveurs, artistes, vétérinaires, biologistes, écrivains, nous sommes nombreux à sonder les mystères de ce regard pénétrant. J’ai aussi eu envie, sans avoir la prétention de rédiger une thèse scientifique, de nourrir cet essai des choses que j’avais apprises, de les partager avec vous de façon légère et un peu décalée. J’espère qu’en me lisant, vous apprendrez quelques nouveautés et curiosités sur les chats, même si vous les connaissez déjà bien.

    Ces chats font toujours partie de ma vie, squattant avec constance et malice mon bureau, mon lit, mon canapé et mon cœur. Quand on me demande pourquoi je reste sédentaire, attachée à ma Drôme et à ma maison, et pourquoi je ne deviens pas une nomade sans attaches, une partie de la réponse se love dans la fourrure chaude de mes chats. Comme disent les Anglais, “home is where your cat lives”. Les pattes de velours de mes chats sont un puissant ancrage à mon foyer, à cette bulle de douceur et de familiarité que crée leur présence magnétique. Mes chats me gardent chez moi. Je sais que ceux qui aiment les chats me comprennent : difficile de vivre sans eux quand on s’est habitué à ce supplément d’âme qu’ils confèrent à la maison.

    Quiroga Jakobusland femelle norvégienne écaille
    Jettatura de l'Eperon femelle norvégienne écaille silver

    Si vous partagez ma passion féline, j’espère que ce livre saura vous toucher, vous séduire, vous faire sourire, ou que peut-être, vous aurez envie de l’offrir en cadeau à un autre « félinomaniaque ». Je suis très heureuse d’avoir pu mener ce joli projet avec les éditions Suzac, et de présenter aujourd’hui ce petit essai qui se veut à la fois personnel et universel sur les chats, leurs secrets et tout le bonheur qu’ils nous procurent.

    Vous pouvez le trouver dans tous les points de vente usuels en France : libraires indépendants , Amazon, Fnac

    J’espère de tout coeur qu’il vous plaira !

    Sarek's Jasper, mâle norvégien crème

    « Quand mes yeux, vers ce chat que j’aime
    Tirés comme par un aimant,
    Se retournent docilement
    Et que je regarde en moi-même,
    Je vois avec étonnement
    Le feu de ses prunelles pâles,
    Clairs fanaux, vivantes opales,
    Qui me contemplent fixement. »
     
    Charles Baudelaire

    Kilauea de l'Eperon, femelle norvégienne écaille blotched et blanc
    Hekla de l'Eperon, femelle norvégienne black tortie et blanc
    Häxan de l'Eperon, femelle norvégienne noire et blanche
  • Ce que je fais pour aller bien

    Comment garder calme et sérénité lorsque les évènements nous submergent ? Comment ne pas projeter nos angoisses et nos agacements sur les personnes qui nous sont proches, ne pas abîmer nos relations sociales faute de maîtrise de soi-même ? Comment lutter contre les moments de panique, les longues insomnies anxieuses, les instants de grande solitude où on se sent abandonné et livré à son triste sort ?
    En cette période de pandémie et de confinement, où nous craignons pour la santé de ceux que nous aimons et où les indispensables restrictions sanitaires nous conduisent soit à une solitude forcée, soit à un continuel huis-clos avec nos proches, notre équilibre psychique est mis à rude épreuve. Il nous faut développer de nouvelles ressources pour assurer notre bien-être physique et mental et ne pas craquer.

    ce que je fais pour aller bien : yoga fitness développement personnel prière

    Paradoxalement, j’ai en ce moment une certaine chance. Ceux qui me connaissent savent que depuis deux ans, j’ai subi de plein fouet une série d’épreuves très violentes qui ont bouleversé ma vie et qui m’ont obligée à apprendre à fonctionner malgré un haut niveau d’angoisse et de stress. J’ai été forcée d’apprendre à me rassurer, me calmer, m’apaiser, à revoir ma façon de communiquer avec autrui pour ne pas décharger sur eux la foudre de mes tensions accumulées. C’est pourquoi j’avais envie de partager aujourd’hui avec vous ce que je fais pour aller bien, ou le mieux possible, jour après jour. Voici les ressources auxquelles j’ai recours pour faire face – j’espère qu’elles pourront vous être utiles à vous aussi.

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    Bouger : prendre soin de son corps

    Revenons aux fondamentaux. Pourquoi fait-on du sport ? Les avant/après sur Instagram, les photos de corps parfaitement sculptés peuvent parfois nous faire oublier l’essentiel. On ne fait pas du sport pour avoir un beau cul, pour être bonne en bikini, pour se la jouer sur la plage de Palavas. Cela peut être la cerise sur le gâteau, mais ce n’est pas le plus important. Il faut faire du sport parce que notre corps en a radicalement besoin. Nous sommes faits pour bouger. Notre cœur a besoin de battre fort, nos muscles ont besoin de travailler, nous avons besoin de marcher, de courir, de désencrasser cette magnifique machine qu’est le corps humain, et quand on ne le fait pas, quand on reste trop sédentaire, les problèmes de santé arrivent en cascade. De nombreuses études ont montré que la sédentarité est bien plus toxique que le surpoids, et que plutôt que de nous fixer des objectifs esthétiques (« je veux rentrer dans un 38 »), nous devrions nous fixer des objectifs d’activité. Bouger tous les jours est un but en soi.

    De plus, les effets sur le mental sont spectaculaires. N’avez-vous jamais ressenti cela ? Vous êtes stressé, tendu, à cran, puis vous allez marcher, nager ou danser une heure, et vous en ressortez comme lavé à neuf. Vous relativisez, vous vous calmez, vos problèmes semblent tout à coup moins insurmontables. Faire du sport pousse votre corps à secréter des endorphines, l’hormone du bien-être. Et parce qu’après avoir fait du sport, on se sent plus fort et plus fier, cela renforce la confiance en soi, la maîtrise de soi, et notre croyance en notre capacité à résoudre les problèmes.

    Marcher, courir, prendre l’air

    Malgré le confinement, vous avez le droit de sortir prendre l’air, à condition de le faire seul, pas trop loin de chez soi, d’éviter tout rassemblement et de bien remplir votre autorisation de sortie dérogatoire. Allez courir ou marcher, vous oxygéner, promener votre chien si vous en avez un, cela fait un bien fou. Si vous voulez dynamiser un peu votre marche, regardez ces échauffements de marche nordique, ce sont de bonnes idées de mouvements à effectuer partout, sans matériel, pour dynamiser l’ensemble du corps.

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    Se (re)mettre au fitness

    En temps normal, lorsque je suis chez moi dans la Drôme, je fréquente depuis plusieurs années un club de sport auquel je suis très attachée, Body’s Studio. Le club est bien sûr fermé en ce moment, mais pour ne pas abandonner leurs adhérents, les coachs proposent chaque jour sur la page Facebook de Body’s Studio un entraînement différent. Et surtout, ils ont mis en accès libre et gratuit, pour toute la durée du confinement, un accès à la plate-forme LesMills qui propose des cours de fitness de tous types et de tous niveaux de grande qualité.
    Peut-être connaissez-vous déjà le système LesMills, car de nombreux clubs dans le monde suivent leurs programmes, et vous pourrez facilement retrouver ces cours dans un club près de chez vous après le confinement. Pour ceux qui sont fans de tai-chi et de yoga, je conseille le Body Balance, qui vous fera travailler la musculature profonde, les postures et la respiration. Pour ceux qui ont besoin de se dépenser très fort, je recommande le Body Attack, le Grit ou le Body Combat, des cours de cardio d’une grande intensité qui incitent à se dépasser. Le Body Pump est un super cours de musculation, mais il nécessite d’avoir un petit peu de matériel (barre + poids et/ou poids libres). Pour ceux qui ont envie de danser, le Sh’bam est une sorte de zumba, un cours rythmé et chorégraphié.

    Pour de petites vidéos fitness courtes, efficaces et qui donnent la pêche, je vous recommande aussi de jeter un coup d’œil à la chaîne YouTube de Blogilates, que je suis depuis des années. Cassey est une coach survitaminée, ultra dynamique et punchy, et elle propose gratuitement des tonnes de vidéos de longueur et de difficulté diverses, pour renforcer le ventre, les bras, les cuisses, etc. Ses cours sont accessibles aux débutants. Et pour plus d’intensité, je recommande de jeter un coup d’œil à la chaîne YouTube de Fitness Blender, qui proposent notamment de nombreux entraînements HIIT (intervalles de haute intensité) qui vous laisseront lessivé et fier de votre performance.

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    Faire du yoga

    Le yoga est non seulement un sport, mais aussi un art de vivre, une manière d’être. Toute une dimension méditative et spirituelle est associée au yoga : il s’agit de se reconnecter avec sa respiration, de renouer avec son corps, de créer un rapport plus harmonieux à soi et au monde. Un bon cours de yoga, ce n’est pas que du sport : cela intègre une dimension de méditation, de réflexion, et votre coach vous conduira à approfondir votre rapport à vous-même et à votre corps. C’est pour cela que je ne recommande pas les nombreuses vidéos de yoga sur YouTube qui sont uniquement axées sur le fitness : elles sont très bien sur l’aspect sportif, mais je trouve qu’elles manquent une dimension essentielle du yoga. Cela dit, si vous cherchez à faire du yoga pour faire du sport, et que cet aspect fitness et dynamique vous attire, je vous conseille la chaîne YouTube de Lucile Woodward, qui devrait bien correspondre à vos envies et qui est de qualité.

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     Je pratiquais occasionnellement le yoga depuis longtemps, mais celle qui m’a amenée à renforcer ma pratique et à considérer que le yoga était réellement un rituel à intégrer à mon quotidien pour être bien dans mon corps et dans ma tête, c’est la super prof canadienne Miss Yogi.  Ses cours étaient réellement une bulle d’oxygène pour moi et me faisaient un bien fou au corps et au cœur. Depuis que je l’ai rencontrée à Punta Cana en décembre dernier, je fais du yoga tous les jours, et j’en ressens les immenses bienfaits. Jetez un coup d’œil à la page Facebook Miss Yogi  : elle propose de nombreuses vidéos gratuites en français et en anglais. J’espère participer prochainement à l’une de ses retraites.

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    Toujours dans les ressources gratuites, si vous parlez anglais, je vous recommande très, très chaleureusement la chaîne YouTube Yoga with Adriene. Douce, bienveillante, intuitive, Adriene associe à sa pratique une véritable dimension spirituelle qui n’est pas superficielle, et qu’on sent ancrée dans une authenticité et un travail sur soi réels. En janvier dernier, Adriene a proposé un parcours de 30 jours de yoga intitulé Home, que j’ai suivi et que je recommence en cette période de confinement. Si vous parlez anglais, foncez, cela vous fera un bien fou.

    ce que je fais pour aller bien : yoga fitness développement personnel prière

    Je finis enfin par un compte Instagram de yogi que je suis depuis longtemps et que j’adore, celui de Pauline alias Mermaid yogini. Ses textes magnifiques, sa dimension introspective, son amour pour la mer et les créatures mythologiques, me le rendent très attachant. Pauline propose des cours (payants) sur Skype et un cours en live samedi prochain – j’ai hâte d’y participer. Et Pauline vient d’ajouter un superbe flow de quarantaine sur sa chaîne YouTube – à tester pour s’entraîner gratuitement chez soi !

    Se recentrer : prendre soin de son esprit

    Le yoga est à mon sens une excellente transition entre ces deux pôles indissociables, corps et esprit. Pour lutter contre le stress, l’angoisse, la tension qui se mue en colère injuste contre ses proches, il faut aussi prendre soin de sa santé psychique. Je parlais de méditation dans le cadre du yoga, je sais que beaucoup de mes amis utilisent aussi l’application de méditation guidée Petit Bambou, que je trouve très bien. Mais à titre personnel, j’ai besoin d’une dimension spirituelle plus importante pour me sentir vraiment en harmonie avec mes valeurs et mon idéal de vie. Je suis croyante, et à vrai dire, je préfère souvent prier plutôt que de méditer. Dans mes lectures de développement personnel, je recherche aussi cette dimension spirituelle forte, et je vous conseillerai quelques titres qui m’ont touchée. Et enfin, pour continuer dans cette optique de développement personnel, je vous parlerai d’une démarche de coaching que j’ai choisi de suivre pour guérir pleinement mes blessures émotionnelles.

    Prier et approfondir sa foi

    Parce que je suis catholique, je puise dans ma foi une lumière et une force immenses, et me sentir enveloppée de l’amour de Dieu a changé ma vie de façon radicale et irréversible.

    pèlerinage saintes maries
    Pèlerinage aux Saintes Maries de la Mer

    Si vous aussi, vous êtes croyant, vous pouvez comme moi ressentir douloureusement le fait de ne pas pouvoir aller à la messe en cette période de Carême, d’être coupé de la communauté des croyants. De nombreux diocèses ont répondu aux besoins des fidèles en mettant en place des évènements en direct sur Facebook : messes, prières du chapelet, veillées de prière, adorations du Saint Sacrement… n’hésitez pas à chercher sur la page Facebook de votre diocèse, vous trouverez sans doute des choses qui vous permettront de ne pas être totalement coupé de vos rites ordinaires. Vous pouvez rejoindre le groupe Facebook Messes en direct qui répertorie les paroisses ayant mis en place ce type d’actions.
    Je partagerai donc ici deux ressources seulement pour ce qui est des messes en direct : vous trouverez ici des messes en forme extraordinaire (messe tridentine en latin) et ici en forme ordinaire (messe moderne en français).

    saint antoine l'abbaye
    Saint Antoine l’Abbaye

    Si vous voulez mettre à profit le confinement pour approfondir votre foi, je vous conseille deux ressources vidéo et audio de grande qualité. D’abord le fabuleux cours de catéchisme pour adultes de l’Abbé Laguérie, qui est drôle, pédagogue et incisif. Puis, pour ceux qui veulent aller encore plus loin, les fabuleux topos théologiques de l’abbé de Massia, qui anime le groupe KT Sens avec qui je suis partie en pèlerinage en Terre Sainte. En temps normal, les topos ont lieu le lundi soir à Paris à Notre Dame du Lys, mais en ce moment, vous les retrouverez sur la page facebook de KTsens et sur le site de KT Sens dans l’onglet Formation.

    ce que je fais pour aller bien : yoga fitness développement personnel prière

    Besoin de lectures spirituelles ? Je suis abonnée depuis quelques mois à la newsletter du site Aleteia, et je reçois chaque jour un mail de très grande qualité proposant des articles sur des sujets d’actualité et de société dans un prisme catholique, des prières, des méditations… c’est une incitation quotidienne à prendre un peu de temps pour se mettre en présence de Dieu.

    ce que je fais pour aller bien : yoga fitness développement personnel prière
    St Etienne du Mont

    Enfin, vous avez envie de spiritualité catholique, mais ne vous sentez pas l’énergie et la concentration pour un vrai cours de catéchisme comme je le proposais ci-dessus ? Alors je vous conseille un petit bouquin facile et très agréable à lire, que j’ai dévoré hier soir : 15 paraboles tournées vers l’essentiel, du père René Luc. Peut-être connaissez-vous déjà René Luc : ce prêtre est devenu célèbre il y a quelques années avec son magnifique livre Dieu en plein cœur , dans lequel il raconte son enfance de gamin né de père inconnu, élevé par un truand, mouillé dans des braquages, qui choisit de consacrer sa vie à Dieu. J’ai entendu René Luc prêcher un jour dans l’église des Saintes Maries de la Mer, et j’ai été frappée par son aura, par la puissance de foi et d’humanité qui se dégageait de lui. J’ai dévoré ses deux livres. 15 paraboles tournées vers l’essentiel est à la fois simple et accessible, et réellement profond, enrichi par des expériences de vie puissantes, et mu par une grande authenticité. Je vous le recommande chaleureusement.

    ce que je fais pour aller bien : yoga fitness développement personnel prière

    Petit détail pour ceux et celles que cela intéresse : je lis sur une liseuse Kindle Paperwhite. Je l’ai depuis plusieurs années et je ne jure que par elle. Elle a décuplé le nombre de livres que je peux lire, notamment en déplacement (facilité, poids, autonomie de batterie, accessibilité permanente de ma bibliothèque, prix des livres à l’achat…).

    Lire : du développement personnel en profondeur

    Je vous le disais plus haut : en matière de développement personnel, les manuels et modes d’emploi ne me suffisent pas, et j’aime les livres qui souhaitent insuffler dans nos vies un changement mu par une spiritualité réelle. Je recherche la profondeur et l’ancrage dans une dimension plus élevée – pour changer notre quotidien par le haut.
    A ce que j’ai pu constater, les livres de développement personnel authentiquement spirituels sont baignés des enseignements des deux grandes figures incontournables pour qui cherche à cheminer dans la lumière, Jésus et Bouddha.

    Faisant la synthèse de leurs leçons d’être, ils recherchent in fine à répondre à deux grandes problématiques majeures :

    1) Combattre la peur et la souffrance. Nous avons peur, tous, peur de la mort, de la maladie, de l’abandon, de ne pas être aimés, de ne pas nous accomplir, de ne pas être reconnus pour ce que nous sommes vraiment, de passer à côté de notre vie ou de la perdre. Qui va vers le développement personnel est souvent mu par cette angoisse fondamentale qui se traduit par une anxiété au quotidien, et par une grande souffrance.

    2) Guérir nos relations aux autres. Nous cherchons l’amour ou nous déplorons sa perte, nous n’arrivons pas à exprimer nos sentiments à nos proches, nous nous sentons enfermés dans la solitude, la colère, le ressentiment, la jalousie, le sentiment d’être incompris, nous avons l’impression que toutes nos relations échouent, que nous reproduisons des schémas néfastes et que nous sabotons tout ce qui nous tient à cœur… Qui va vers le développement personnel est souvent en quête de paix, d’harmonie et de relations authentiques et apaisées.

    Que voir et que faire sur l'Aubrac ? Activités et choses à voir à Laguiole et Brameloup, brame du cerf, burons, fromages. Blog Aubrac, nord Aveyron

    Les grands livres de développement personnel sont, à mon sens, des variations sur ces deux thèmes fondamentaux.
    Je commence par un classique absolu, qui tente de répondre au premier problème : combattre la peur et la souffrance. Le pouvoir de l’instant présent – Guide d’éveil spirituel, d’Eckhart Tolle, est un livre phare du développement personnel et spirituel, et de nombreux autres auteurs se réfèrent à lui. L’auteur propose de transformer radicalement notre vision du monde pour se débarrasser à jamais de l’angoisse et de tout ce que la projection dans le passé – regret, remords, ruminations – et l’avenir – attentes, anxiété, frustration – peut causer comme souffrance. Je ne suis pas toujours d’accord avec tout et le vocabulaire utilisé m’agace parfois un petit peu (« le corps subtil »), mais c’est un livre fondamental et puissant, incontournable, et une excellente manière de commencer son chemin dans le développement personnel.

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    Dans une même optique, je suis encore plus attachée à l’œuvre de David Hawkins, qui présente l’originalité d’être à la fois psychiatre et mystique, médecin et imprégné de spiritualités orientales et chrétiennes. Son œuvre touche à la fois aux deux grandes problématiques évoquées : il propose une « voie de l’illumination » visant à se détacher de la peur et de la souffrance, et à transformer nos relations aux autres. Le livre que j’ai le plus aimé de lui n’est malheureusement pas traduit en français, il s’agit de Letting go, the pathway to surrender. Mais vous trouverez de nombreux autres livres en français, notamment L’illumination.

    ce que je fais pour aller bien : yoga fitness développement personnel prière

    Mon livre de développement personnel préféré, celui qui m’a le plus marquée et que j’ai le plus relu, est un ouvrage de Marianne Williamson intitulé Un retour à l’amour. Manuel de psychothérapie spirituelle : lâcher prise, pardonner, aimer. Marianne Williamson part, comme Eckhart Tolle, d’un manuel de développement personnel très à la mode dans les années 1960, Un cours en miracles, qui propose une relecture des enseignements spirituels de Jésus à l’aune de la psychologie moderne (je ne vous le conseille pas : il est abscons et difficile à lire. Les livres de Marianne Williamson en sont une vulgarisation beaucoup plus accessible et agréable). Mais à partir de là, Marianne Williamson parvient à un essai d’une beauté, d’une sincérité et d’une profondeur rares sur les relations interpersonnelles, sur notre façon d’interagir avec les autres, de saboter nos plus belles histoires d’amitié, d’amour ou de fraternité en projetant sur autrui angoisses, colères, jalousies et mauvaises interprétations. Elle propose une méthode d’amour radical et désintéressé pour guérir vraiment, soigner nos cœurs et nos relations. C’est exigeant, c’est difficile, mais tout sonne juste et vrai. Ce livre part de la première problématique évoquée plus haut pour développer pleinement la deuxième, et il a transformé ma façon d’interagir avec ceux que j’aime. Si vous aimez Marianne Williamson, je vous conseille de continuer avec Des larmes au succès : voyage spirituel de la souffrance à la lumière, qui est lui aussi très beau et inspirant.

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    Je finis par un livre qui est moins spirituel, et beaucoup plus pratique, mais que je conseille pour achever de soigner nos relations aux autres, et ne pas s’entretuer en période de confinement : Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs), Initiation à la communication non violente, de Marshall Rosenberg. Vous en tirerez des conseils précis, réellement utiles et efficaces, pour avoir des interactions constructives et harmonieuses avec ceux que vous aimez sans leur balancer le mobilier domestique à la figure.

    Guérir : par le dialogue et le travail sur soi, avec un coach

    Je parlais de peur, je parlais d’impasses, de schémas toxiques qui se répètent. Parfois, quand on se retrouve confronté à des blocages, à des situations complexes, et qu’on sent qu’il y a des choses en nous qui nous empêchent d’avancer, on peut avoir besoin de se tourner vers quelqu’un qui soit bienveillant et compétent et qui nous aide à dénouer l’écheveau. Je me suis toujours intéressée à la psychologie, au développement personnel, mais à un moment dans ma vie, j’ai senti que mes livres ne suffisaient pas et j’avais envie d’avoir en face de moi une personne qui puisse porter un regard neuf sur ma situation. Il n’y a aucune honte à faire appel à un coach ou un psy quand on ressent le besoin, pour résoudre un blocage, faire un choix, avancer dans sa vie, affronter une peur ou progresser dans un projet.  Après avoir tâtonné et pris le temps de trouver quelqu’un qui me corresponde, j’ai décidé d’avancer avec le coach de vie Benoît Richer. Pourquoi lui ?

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    Quinta de la Regaleira, Sintra. Plonger profond en soi-même

    Parce que j’aime son approche, bienveillante et apaisante, avec beaucoup d’écoute, qui vous aiguille pour aller au bout de vos raisonnements et vos émotions. Parce que je le sens à la fois compétent et pas du tout « gourou » dans sa façon d’être – pas de concepts fumeux, de notions ésotériques, de promesses spectaculaires. Parce que je me sens écoutée et comprise, et qu’il me donne des outils pour remettre en question certaines choses, avancer sur d’autres, sans me brusquer ou chercher à prendre un ascendant sur moi. Il est comme l’ami intelligent, posé et bienveillant qui vous aide à cheminer et prend le temps de dissiper le brouillard pour y voir plus clair. Au bout de quelques séances, je ressens les effets positifs de ce dialogue, ses effets concrets sur ma façon de réagir à certaines situations, et je suis ravie de pouvoir continuer ce chemin.

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    Et enfin, un point non négligeable en sa faveur : il accepte de travailler avec moi via Skype, lors de sessions d’1h30. Cela était déjà essentiel avec ma vie chaotique d’avant l’épidémie, et cela le devient encore plus en ces temps de confinement. Sachez que si vous avez besoin d’un « SOS coach », d’une soupape de sécurité, de parler à quelqu’un de neutre, constructif et bienveillant, il consulte par Skype et peut vous recevoir virtuellement, en direct de votre quarantaine. Et en plus, il a une offre spéciale de découverte du coaching à vous proposer pendant le temps du confinement – les détails sont ici sur son compte Instagram.

    Le soin par le son : étonnante sonothérapie avec Voyage sonore

    Connaissez-vous la sonothérapie ? A Lapalud dans le Vaucluse, en Provence, j’ai fait la rencontre de belles personnes et d’énergies puissantes et particulières chez Voyage Sonore. Avec mon amie Marion (Foehn Photographie), nous avons vécu une immersion relaxante et spirituelle dans un univers bienveillant et profond, où les tambours des chamanes, les gongs et les bols chantants vous traversent de leurs ondes profondes et vous caressent tout le corps et l’âme sans vous toucher. Cette expérience singulière et inédite qui m’a marquée.

    Sandrine Pujalte, la fondatrice de Voyage Sonore – Le chant de l’âme à Lapalud, s’est spécialisée dans la sonothérapie après une longue quête spirituelle et énergétique. Sandrine a une aura de bienveillance et de puissance douce ; depuis toujours, elle s’est intéressée au reiki, a eu des dons de magnétiseuse et de guérisseuse. Mais c’est un voyage au Canada qui a changé sa vie: elle y rencontre des chamanes et se passionne pour les grands tambours amérindiens, dont les vibrations profondes et intenses vous traversent et vous soignent sans vous toucher. Ses massages sonores allient tambours, gongs, bols chantants et différents univers sonores pour une expérience étonnamment profonde et intense, qui agit contre l’anxiété, l’insomnie, touche l’âme pour l’apaiser… Sandrine propose également des cours de sophrologie, des accompagnements, des cercles de femmes sur le modèle des tentes rouges.

    La maison de Sandrine et Patrick à Lapalud dans le Vaucluse est un véritable havre de bien être et d’énergie, où chaque détail parle à l’âme. J’ai été très touchée par sa sensibilité, sa générosité et l’intensité avec laquelle elle s’immerge dans le soin pour toucher et aider véritablement la personne. Le massage sonore m’a fait un effet très fort – je ne pensais pas être aussi touchée par ces ondes profondes qui traversent le crois tout entier et apaisent l’âme. Ce fut pour Marion et moi une belle rencontre humaine, pleine de lumière et de réflexions.

    Prendre soin de soi, aujourd’hui et demain

    Ceux qui me suivent depuis longtemps le savent : les questions de bien-être, de santé physique et mentale, sont toujours plus importants pour moi. Cette recherche d’équilibre, de lumière, cette réévaluation des priorités, je la vivais déjà avant le coronavirus, je vous en parlais déjà début janvier : deux années de cauchemar vous poussent à vous demander ce qui est réellement essentiel. La crise inédite que nous vivons actuellement continue de me pousser dans cette direction. J’ai la sensation que rien ne sera plus comme avant, et que nous ne pourrons pas, nous ne devrons pas, recommencer à vivre comme si de rien n’était une fois l’épidémie passée. Je crois que nous vivons une forme de recentrage, de retour à l’essentiel. Prendre soin de moi, prendre soin des autres – c’est la direction que j’esquisse. Comment, sous quelle forme ? Cela reste encore à inventer… mais j’ai déjà changé de vie par le passé, et peut-être que l’heure est venue pour moi d’une nouvelle métamorphose. Le temps le dira…

    ce que je fais pour aller bien : yoga fitness développement personnel prière

    Je veux finir cet article par un message de soutien profond et sincère envers les personnels soignants qui se battent nuit et jour pour sauver des vies dans cette terrible crise que nous traversons tous. Ma reconnaissance envers vous est infinie, vous êtes mes héros, et je prie pour votre santé, votre force et votre courage tous les jours.

    ce que je fais pour aller bien : yoga fitness développement personnel prière

    Et vous ? Qu’est-ce que vous faites pour aller bien, en ce moment et toujours ? Pensez-vous que la crise actuelle modifiera durablement vos habitudes de vie, vos valeurs et vos objectifs ?

  • Une pluie d’or et de paillettes : maquillages irisés

    Décembre est la saison de toutes les illuminations. Nos centres-villes arborent des constellations clignotantes, nous suspendons des étoiles à nos arbres et à nos cous, et nos salons le soir se mettent à ressembler à des essaims de lucioles ou à des galaxies lointaines. En cette saison de toutes les paillettes, j’avais envie de vous parler maquillage, et de mettre l’or et l’iridescence à l’honneur.


    Je vais tout d’abord me livrer à une petite introspection et vous parler du rapport que j’entretiens avec le maquillage. Puis je vous présenterai les produits que j’ai utilisés cette année, de façon totalement sincère : cet article est 0% sponsorisé et je serai parfaitement honnête quant aux produits dont je raffole… et ceux qui m’ont vraiment déçue. De quoi vous donner des idées maquillage pour Noël 2019. Et enfin, je vous proposerai un concours – non sponsorisé – afin de remporter mon coup de coeur de l’hiver.

    ariane fornia
    La palette Naked Honey d’Urban Decay, mon coup de coeur de l’hiver, à remporter

    Féministe et accro aux cosmétiques : le maquillage et moi

    Le maquillage fut longtemps un amour secret. J’ai commencé à me maquiller très tôt, bien avant d’avoir reçu la permission parentale – je mettais à profit les trajets en bus vers mon collège drômois pour décorer mes paupières et mes lèvres. Je me suis maquillée depuis l’âge de onze ou douze ans, tous les jours ou presque, avec une passion non démentie.

    ariane fornia maquillage
    Saisie en plein maquillage (avec un rouge à lèvres Givenchy dont je vous parle plus bas). Photo par mon amie Marion Carcel, Foehn Photographie, en Autriche


    Profondément féministe, je me suis longtemps sentie mal à l’aise avec cette passion cosmétique. Je l’assouvissais mais je n’en parlais pas, comme si elle était quelque chose d’un peu honteux. J’avais peur d’être réduite à ça, peur que mes rouges à lèvres éclipsent mes diplômes et mes livres. Je m’insurgeais contre les injonctions normatives imposées aux femmes – sois belle, sois mince, sois parfaite, en toutes circonstances – tout en ayant la carte Gold chez Sephora. Je ne parvenais pas à résoudre ce que je ressentais comme une contradiction : être sincèrement féministe, c’est-à-dire, me battre pour le progrès des droits et de la dignité des femmes partout dans le monde, et adhérer pourtant à un standard de beauté que de nombreuses femmes ressentent comme oppressif. Je sais que dans certaines professions – hôtesse de l’air, agent d’accueil, par exemple –, le maquillage est un code imposé, une obligation contractuelle, et les femmes sont perçues comme négligées si elles ne sont pas maquillées. Dans ces mondes, le visage à nu (comme celui des hommes), est une marque de désinvolture, un tabou. Quand parfois elles s’expriment pour revendiquer le droit à être elles-mêmes, je suis la première à comprendre et approuver leurs revendications.

    ariane fornia
    Miroir miroir, me permettras-tu de me voir sans artifices ? Photo prise par mon amie Magali dans le Lot


    Je crois que j’ai toujours aimé le maquillage car il ne m’a jamais été imposé. Dans le monde universitaire d’où je viens (avant de devenir blogueuse, j’ai été l’autrice d’une thèse en littérature allemande), beaucoup de femmes font le choix du naturel, ne teignent pas leurs cheveux blancs, ne se maquillent pas, et n’en sont pas moins respectées et considérées, car l’intellect prime sur l’apparence.

    Voyage et mise en scène

    Dans le monde du voyage, nombreuses sont les backpackeuses, les bivouaqueuses, les baroudeuses, qui ne voudraient jamais s’alourdir et s’embarrasser de maquillage dans leurs épopées autour du globe. Je me souviens du sourire gentiment moqueur de ma chère amie Marion lorsque nous sommes parties ensemble bivouaquer sur le Grand Veymont, après une incroyable randonnée dans le Vercors, et que j’ai trimballé ma petite trousse à maquillage sur 1000 mètres de dénivelé dans les pierriers, en plus de tout le fatras requis pour ce genre d’opération. (Mais Marion avouera que le lendemain matin, elle m’a quand même piqué mon crayon khôl 😉).

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    Dans le sac de rando, il y a (aussi !) du maquillage 😉 Photo Marion Carcel, au sommet du Grand Veymont

    Nombreuses sont celles qui revendiquent de s’affranchir des codes sociaux quand elles voyagent, de vivre pleinement l’instant sans se soucier de leur brushing ou de leur mascara. Je les comprends et respecte profondément leur choix.
    Mais aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été fascinée par une certaine vision stéréotypée, idéalisée, de la féminité : la femme aux cheveux longs, aux formes de sablier, aux yeux ourlés de noir, aux lèvres rouges comme l’automne, aux ongles peints, la femme mise en scène, la femme de Mucha, de Rossetti, de Moreau, a toujours habité mon imaginaire. Je suis amoureuse des archétypes de la beauté féminine intemporelle, de Vénus ou de Marie-Madeleine.

    Je l’avoue : je m’aime en robe, je m’aime avec les cheveux longs, je m’aime maquillée. Depuis toujours. Sur mon compte Instagram, je préfèrerai toujours une photo mise en scène à une photo « naturelle », non pas parce que je me déteste au naturel (je n’ai pas de problème à être le dimanche en jean, tee-shirt et queue de cheval), mais parce que je conçois cet univers comme une expression de mon sens esthétique et de ma créativité, et que j’aime le théâtre, j’aime la mise en scène. Factice ? Evidemment. Instagram n’est pas la vraie vie et tout le monde le sait. C’est un monde beau, esthétique, harmonieux. J’ai un côté très 19e : en photo, je préfère l’art à la vie.

    Château Sainte Sabine, hôtel de luxe en Bourgogne
    Château de princesse en Bourgogne, robe rouge, talons, maquillée : le genre de mises en scène que j’aime sur Instagram. Photo Marion Carcel
    ariane fornia alexandra besson
    Halloween à Tivoli, Copenhague. Le maquillage, une forme de sorcellerie joyeuse à laquelle j’adhère

    Assumer d’être ce que je suis et mon amour du maquillage

    Grandir et vieillir a été pour moi une façon d’assumer qui je suis, de me libérer de certains diktats de branchitude –  le plaidoyer affecté pour le naturel est lui aussi un diktat, et la critique des femmes maquillées comme idiotes et superficielles est aussi insupportable que la critique des femmes non maquillées.
    J’ai trente ans désormais et je sais bien mieux qui je suis et quels sont mes goûts. Quand je faisais mes études, il était de bon ton de préférer Berlin, la punk, la bordélique, l’approximative, à Munich, l’alpine, la bourgeoise, la tradi. J’ai vécu trois mois à Berlin en écumant les happenings dans des stations de métro désaffectées pour prouver à la Terre entière que j’étais super cool et alternative, alors que je ne rêvais que d’un spa bouillonnant dans les montagnes. J’ai mis longtemps à oser avouer que je préférais mille fois Munich, ses lacs, ses géraniums, ses Biergärten, son bon ordre bavarois. J’ai mis longtemps à oser dire que non, je ne suis pas une backpackeuse, mais une aventurière bourgeoise, que j’aime le confort et l’organisation, que « l’ambiance conviviale » des hostels où des gens bourrés te réveillent à 3h du mat me sort par les narines et que je préfère mettre 100 balles dans un bel hôtel que 10 dans un lit en dortoir (et que si je n’ai pas assez de budget pour voyager confortablement, je préfère rester tranquillement chez moi que de subir l’approximatif).

    ariane fornia
    Voyager, oui, mais pas n’importe comment 😉 Photo prise en Champagne par mon amie Cécilia

    J’assume mon côté rétro et, disons-le, un peu conservatrice sur les bords. J’assume de préférer la Renaissance italienne au street art, j’assume de ne pas être très touchée par le design minimaliste et de kiffer les façades baroques d’Innsbruck, j’assume d’être catho et d’être dingue de vieilles églises, et j’assume mon côté girly, d’aimer le rose, les paillettes, les robes, les rouges à lèvres et le vernis à paillettes. J’ai passé l’agrégation et mon doctorat, j’ai écrit des livres, j’ai rempli mon quota de prestations intello pour prouver au monde l’état de mon cerveau. J’estime maintenant que si quelqu’un me prend pour une idiote parce que je mets des jupes et que j’aime les petites fleurs, le problème vient de lui, de ses stéréotypes et de ses représentations périmées, pas de moi.

    Après cette longue introduction, on va enfin parler maquillage & cheveux. Cet article est garanti 0% sponsorisé, je vous livre en toute candeur ce que j’ai adoré… et ce qui m’a déçue.

    Maquillage, session Noël 2019 : de l’or sur les joues et les paupières

    Palettes d’été : sirène pailletée

    J’ai un immense amour pour les dorés, les cuivrés, les fards chauds, couleur joaillerie et géologie. Or pâle, or vif, brun chaud, ocre, brun mordoré, j’en raffole. En été, je mélange à cet or des tons de bleu et de vert, en hiver, je reste le plus souvent sur l’or pur.
    L’été dernier, j’ai beaucoup utilisé la palette High Tides & Good vibes de Tarte Cosmetics. Plusieurs tons de bleu, des tons plus chauds pour contraster, et surtout, plusieurs fards ultra pailletés pour se la jouer sirène sur son rocher, c’était la palette d’été parfaite. Petite série ci-dessous en août au Lavandou pour le prouver.

    high tides good vibes

    Puis, à mon anniversaire début septembre, on m’a offert la palette Mar de Colourpop, et cet énorme coup de cœur a été ma palette unique jusqu’à la fin de l’été (= environ mi-octobre en Provence). Cette marque californienne a une gamme de teintes et une pigmentation incroyables, et elle est en plus très abordable.

    Palettes d’hiver : écorces et joyaux

    Puis aussitôt la pluie revenue, je suis revenue à mes teintes d’hiver : des tons très chauds, entre brun et or, avec une pointe de cuivré. L’hiver dernier, j’avais beaucoup utilisé la célèbre palette d’Huda Beauty The New Nude Palette (mon cadeau de Noël 2018 !), dont le fard « Grave » est officiellement mon fard doré préféré de tous les temps. C’est une palette d’une qualité fantastique, mais elle compte un peu trop de teintes rouges/rosées à mon goût, qui ne me vont pas.

    huda beauty
    Palette The New Nude de Huda Beauty, image prise sur le site de la marque.

    Du coup, quand Urban Decay a sorti sa nouvelle palette Naked Honey, je me suis précipitée dessus illico. 12 teintes très chaudes, dans des tons de crème, brun, or et cuivre, des pailletés ultra pigmentés et des mats un peu crémeux, tout ce que j’aime pour un maquillage d’hiver. La pigmentation est excellente et tient très bien tout au long de la journée (j’utilise depuis toujours la célèbre base Primer Potion d’Urban Decay, qui intensifie et prolonge la tenue des fards à paupières, et qui contient en plus un actif anti-âge). C’est mon énorme coup de cœur de l’hiver et c’est elle que je vous propose de gagner aujourd’hui en participant au jeu concours sur mon compte Instagram.

    ariane fornia
    Palette Naked Honey d’Urban Decay. Une série de photos prises à Paris par mon amie Camille

    Illumine donc ta face : Paint with Light de Laura Mercier

    Pourquoi limiter le déluge d’or aux yeux ? Mon autre grand coup de cœur de l’hiver, c’est la palette Paint with Light en tons Golden de Laura Mercier, qui vient de sortir. Il s’agit de trois illuminateurs/blush dans des tons très chauds et intenses, qui brillent de mille feux. J’en suis folle. Les trois teintes sont sublimes, parfaitement complémentaires, et très pigmentées. Le maquillage de fêtes idéal (ce qui ne m’empêche pas de le porter au quotidien, en junkie de l’or que je suis). J’ai l’impression d’être une déesse métallique des temps anciens, quelque part entre sarcophage égyptien et marteau de Thor.

    Maquillée avec la Paint with Light de Laura Mercier & la Naked Honey sur les yeux
    Maquillée avec la Paint with Light de Laura Mercier & la Naked Honey sur les yeux. Et un rouge à lèvres YSL, Volupté Shine en teinte 16, que j’adore – voir les détails plus bas !

     Il remplace avantageusement l’autre palette d’illuminateurs/blush que j’utilisais jusque-là, Sweet Peach Glow de Too Faced, que je continuais d’utiliser jusque là faute de mieux mais qui m’a beaucoup déçue par son manque de pigmentation et d’intensité – les teintes ne se voyaient pas, l’effet était bien trop léger, quasi invisible. Aucun danger avec le Paint with Light de Laura Mercier, qui est très intense (ayez la main légère !).

    laura mercier paint with light
    Paint with light, golden tones, Laura Mercier
    ariane fornia

    Et les lèvres ? Rouge pomme empoisonnée

    Je suis allée essayer des rouges à lèvre couleur or avec une amie, pour un total look doré, mais j’ai été déçue par le résultat sur moi. Je reste donc au rouge, plus classique mais qui me va beaucoup mieux (avis unanime de mon amie, ma mère et moi-même, ce 3-0 me paraît incontestable). Je partage donc avec vous ma déception de l’année : la collection de rouge à lèvres Studded Kiss de Kat von D. J’avais une opinion favorable de la marque, étant donné que je suis une grande utilisatrice de son feutre eye-liner Tattoo Liner, qui est lui absolument génial (cela fait 4x que je le commande). A la recherche d’un rouge sanglant et intense, j’ai jeté mon dévolu sur la ligne Studded Kiss, très chic avec son packaging dark un peu post-punk, et j’ai choisi la teinte Adora. Quelle déception ! Le rouge à lèvres s’applique mal, est sec, dessèche mes lèvres, et surtout, part de façon non uniforme, en me laissant avec des espèces de tâches de rouge éparses qui donnent l’impression que j’ai une maladie de peau au bout de quelques heures. L’antithèse du glamour et un achat que je regrette vraiment.

    Préférant mettre l’accent sur le positif, je choisis cette photo (prise par ma mère à Copenhague) où je porte l’eye liner Tattoo Liner de Kat von D, qui est lui super et mon eye liner favori au quotidien. Rouge à lèvres YSL Rouge volupté shine #16.

    Je reste donc sur mes deux indispensables, mes fidèles depuis longtemps, deux rouges à lèvres crémeux, faciles à appliquer, de très bonne tenue, qui hydratent mes lèvres et s’estompent de façon uniforme :
    * côté rouge sombre, le Rouge Givenchy, en teinte Grenat volontaire #334

    ariane fornia alexandra besson
    Maquillée avec ce rouge à lèvres Givenchy. Photo Marion Carcel, prise en Bourgogne

    * côté rouge clair, tirant sur le corail, le Rouge volupté Shine d’Yves Saint Laurent, en teinte #16 Orange impertinent

    maquillage noël 2019
    Avec le rouge à lèvres YSL (et un vernis OPI, teinte Big Apple Red)

    Ce sont deux excellents rouges à lèvres et je ne leur ferai plus d’infidélités.

    Et les ongles ? OPI toujours

    Je suis une inconditionnelle d’OPI et j’ai un nombre de teintes assez conséquent, je l’avoue (d’autant que pour un œil extérieur, il s’agit d’une infinie variation de rouge, roses et bordeaux assez similaires, et moi seule vois les nuances de framboise, de porto, de cerise, etc. J’ai des yeux bioniques.) Mais j’ai été particulièrement impressionnée par la gamme Infinite Shine qui crée un effet gel assez bluffant (je refuse d’utiliser du vernis gel, qui a trop abîmé mes ongles, je reste au vernis classique !). La brillance est très impressionnante.

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    Vernis OPI Infinite Shine Malaga Wine. Je possède aussi le Malaga Wine en version classique, et je préfère largement le Infinite Shine. Photo prise par Cécilia en Champagne

    De l’or dans les cheveux

    J’ai toujours aimé accentuer la blondeur dans mes cheveux par des balayages dorés. J’ai dû arrêter à une époque, parce que mes cheveux étaient trop abîmés, mais tout a changé avec la découverte d’Olaplex.

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    Balayage blond doré. Photo Marion Carcel, en Bourgogne

    Olaplex, le miracle

    Laissez-moi vous le jurer, foi d’obsédée de la beauté qui a tout testé : ce n’est pas un gadget, ce n’est pas un coup marketing, ce n’est pas une arnaque. Ce produit est HALLUCINANT. C’est simple, je ne vois presque plus de dégâts à la décoloration sur mes cheveux, alors que j’ai les cheveux longs, bouclés, secs, bref, le super combo de la fragilité, et que jusqu’ici toute décoloration m’avait systématiquement flingué les cheveux (même avec des formules soi-disant douces et novatrices et blablabla – selon mon expérience, tout est du vent, sauf Olaplex). Olaplex est utilisé en salon exclusivement. La coiffeuse mélange Olaplex numéro 1 au produit décolorant (ce qui rallonge un peu la pose) et je laisserai les plus chimistes d’entre vous chercher l’explication scientifique précise, mais en résumé, il empêche la destruction des liaisons hydrogène dans le cheveu lors de la décoloration. Après rinçage, on applique Olaplex numéro 2 et on laisse poser 20 minutes. Olaplex numéro 3 s’utilisera ensuite à la maison (environ une fois par semaine en ce qui me concerne, à laisser poser une heure avant le shampooing). Ce n’est pas un soin – il ne rend pas le cheveu plus lisse, plus souple, ou que sais-je, ce n’est pas un démêlant ou un nourrissant. Utiliser Olaplex ne rend pas le cheveu plus facile à coiffer ou plus brillant, il ne remplace absolument pas un après-shampoing ou un masque, son utilité n’est pas là. C’est « juste » une petite merveille chimique qui empêche l’oxydation d’anéantir vos cheveux, et qui fait son boulot avec une efficacité redoutable – des 3 étapes, la numéro 1 étant la plus importante de toutes, car elle intervient en protection PENDANT la décoloration. Bref, depuis 4 ans que je connais ce produit, je refuse désormais toute décoloration sans lui.

    Nourrir en profondeur : après-shampoings et masques

    Parce que j’ai des cheveux compliqués – comme je le disais, fragiles, décolorés, longs, bouclés –, j’ai besoin de les nourrir ENORMEMENT. Mais sans les alourdir. Parce que sinon, ils ne bouclent plus. (Je sais, c’est compliqué ma vie.) J’ai testé un million de produits à ces fins. J’utilise bien sûr à la fois un après-shampoing, et un soin sans rinçage (comme toutes les bouclées). Il y a des choses très bien pour le quotidien dans les produits peu chers, par exemple, l’Après-shampoing Nutri réparateur d’Yves Rocher et le soin sans rinçage Huile extraordinaire – Huile en crème d’Elsève – deux produits à moins de dix euros qui font très bien le job et dont le prix bas me permet de les utiliser généreusement.

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    Moi & mes cheveux dans les gorges du Verdon, photo Marion Carcel

    Mais parfois, on a envie de mettre le paquet et de nourrir vraiment à fond les ballons. Je suis prête à mettre le prix pour ça. En revanche, rien ne m’énerve plus que de payer beaucoup pour un masque qui ne tient pas ses promesses. Mon grand regret capillaire de l’année, c’est d’avoir été victime du marketing : à force de voir passer sur Facebook le masque Coco & Eve (vous savez, typographie vert sombre sur pot rose) qui me promettait monts et merveilles, j’ai fini par griller 45 euros pour l’acheter, et j’ai regretté. Ce n’est pas qu’il est nul, non. Mais c’est juste un masque de base au silicone, qui démêle et fait briller sans nourrir en profondeur, et le masque de supermarché Total Repair de Jean-Louis David fait exactement la même chose pour 6 euros chez Carrefour, donc bon, je reste sur JL.

    Moi et mes cheveux à la roche de Solutré au sud de la Bourgogne, photo Marion Carcel

    A ce jour, j’ai testé beaucoup de choses et je n’ai trouvé qu’une seule marque qui mérite que je paie très cher un masque, parce que le résultat est véritablement spectaculaire : Shu Uemura. Leurs produits sont d’une qualité phénoménale, et absolument sans silicone – le résultat est réel, et non dû au plastique. Le masque Silk Bloom est une véritable cure miraculeuse pour les cheveux abîmés. La crème Essence absolue est la meilleure crème sans rinçage que je connaisse sur le marché. Alors oui, cela coûte près de 50 euros par produit. Mais si vous voulez un soin sauvetage qui récupère vos cheveux bousillés sans avoir à les couper, votre salut passera par là.

    maquillage noël 2019
    Silk Bloom et Essence absolue de Shu Uemura, deux produits fabuleux

    Je m’arrête ici, en sachant que j’ai encore beaucoup en réserve, car nous n’avons parlé ni fond de teint, ni crème hydratante, ni crème de nuit, ni shampoing, ni mascara, ni… bref, à suivre !

    N’hésitez pas à me raconter, je suis curieuse : et vous, quel est votre rapport au maquillage ? Ami occasionnel, ami fidèle, ennemi, contrainte ? Avez-vous eu cette année des produits coup de cœur et de grosses déceptions ?

    Aucun partenaire à remercier, cet article n’est pas sponsorisé 😉

  • Ma déclaration d’amour à la Provence

    Provence, ma maison, ma terre promise, je n’aurai pas assez d’une vie pour t’aimer, t’explorer et raconter tes mille visages ! A l’occasion de la sortie de mon essai Provence, Les sillons du soleil  dans la collection L’Âme des peuples, je suis heureuse d’évoquer toute la passion que m’inspire mon pays natal. Frédéric Mistral disait que « quand le bon Dieu vient à douter du monde, il se rappelle qu’il a créé la Provence », et vous me permettrez de le rejoindre dans son chauvinisme régionaliste : c’est à mes yeux le plus beau pays du monde. Et je suis aujourd’hui ravie de vous présenter mes plus beaux coins de Provence.

    Heureuse de vous présenter mon essai, Provence, Les sillons du soleil


    J’ai eu moi aussi le grand bonheur de naître en Provence, et de grandir sur un plateau calcaire où poussent les chênes et le thym, où mon enfance fut gorgée de soleil et d’été. Après quelques années d’éloignement, je suis revenue m’y établir. Si mon métier m’emmène jusqu’au bout du monde, et que j’ai follement aimé les volcans d’Hawaï, les glaces du Groenland ou les cités bleues d’Ouzbékistan, mon cœur reste profondément enraciné dans les cailloux blancs et les cépages noueux de ma Provence. J’y suis née, j’y bâtis ma vie, et puisqu’un jour il faudra mourir, j’espère mourir ici, de préférence centenaire et riche d’une longue vie au soleil du midi. « Pour tous ceux qui l’habitent, la Provence relève de l’évidence », c’est sur ces mots que s’ouvre mon essai.
    Je vous raconte ce livre qui me tient à cœur, et j’aurai aussi plaisir à évoquer mes plus beaux coins de Provence.

    Mes plus beaux coins de Provence : à l'occasion de la parution de mon livre sur la Provence, je vous parle des plus beaux endroits de Provence.
    Abeilles butinant la sauge sur le plateau de Valensole.

    Mon livre sur la Provence : Provence, Les sillons du soleil

    Peut-être connaissez-vous déjà la collection L’Âme des peuples, aux éditions Nevicata ? Ce sont de petits livres d’une centaine de pages, au prix fixe de 9 euros, qui proposent de donner au voyageur les clefs d’un pays ou d’une région, et d’entrer au cœur de son identité. Il ne s’agit pas d’un guide de voyage (vous ne trouverez pas de photos, pas de bonnes adresses ou de suggestions d’itinéraires), plutôt d’une invitation à plonger dans l’âme d’un territoire. Dirigée par Richard Werly, cette collection née en 2013 est régulièrement saluée pour la qualité de ses titres – comme ici par Telerama – et ce fut pour moi un grand honneur et une vraie joie de la rejoindre.

    Voici donc le bébé, sorti en mai 2019, Provence, Les sillons du soleil :

    Mes plus beaux coins de Provence : à l'occasion de la parution de mon livre sur la Provence, je vous parle des plus beaux endroits de Provence.

    « La Provence se joue des frontières. Elle bute sur le Rhône, rebondit sur les Alpes, se déverse dans la mer. Cette radieuse méridionale, où le soleil abrège l’hiver, a toujours semblé être le versant heureux d’une France inquiète.

    La Provence est pourtant bien autre chose. Elle est culture, traditions, pierres rugueuses et hivers brumeux. L’âme de la Provence est un voyage en soi. Il impose de fixer la montagne Sainte-Victoire et de contempler, haut perchés, les villages forteresses qui disent combien cette terre fut convoitée et parvint à résister.

    Ce petit livre n’est pas un guide. C’est un décodeur. Il dit ce qu’est la Provence ordinaire comme celle des poètes. Il dit la fécondité de ses sentiers. Parce qu’en Provence, le grain que vous semez, voyageur ou pèlerin, fleurit toujours ensuite dans votre cœur. 

    Un grand récit suivi d’entretiens avec Jean Guyon (La Provence a été façonnée par l’Antiquité tardive), André Gabriel (Ce que Frédéric Mistral a fait pour la Provence est inouï et unique) et Sandrine Krikorian (L’identité provençale est en pleine métamorphose).»

    Comme toujours dans l’Âme des peuples, le grand récit d’ouverture est suivi de trois entretiens avec des spécialistes capables d’apporter un autre éclairage sur la Provence. Historien et archéologue, Jean Guyon nous raconte les origines de la Provence, entre Grecs, Romains et premiers chrétiens. Musicien et félibre (*défenseur de la langue d’oc), André Gabriel évoque l’âge d’or médiéval de la Provence, et la renaissance de la langue provençale grâce à Frédéric Mistral. Historienne et spécialiste de la gastronomie provençale, Sandrine Krikorian nous parle de l’agriculture, des plats emblématiques de la Provence et des métamorphoses de son identité.

    Amoureux ou curieux de la Provence, j’espère de tout cœur que ce petit livre couleur lavande saura vous séduire.

    Si vous souhaitez acheter Provence, Les sillons du soleil…

    Le livre coûte 9 euros, sur toutes les plate-formes : L’Âme des peuples a vocation à rester une collection accessible et abordable. Si vous souhaitez acheter ce petit livre, ce qui me fera évidemment très plaisir, plusieurs solutions s’offrent à vous :

    • acheter Provence, Les sillons du soleil sur Amazon
    • acheter Provence, Les sillons du soleil sur la Fnac
    • acheter Provence, Les sillons du soleil directement chez un libraire indépendant près de chez vous
    • si vous souhaitez avoir le livre dédicacé : contactez-moi et commandez-le directement auprès de moi (paiement par chèque ou virement), je vous l’enverrai avec un petit mot personnalisé avec grand plaisir. Sachez simplement que le délai sera un tout petit peu plus long, car je suis souvent en voyage, je vous l’enverrai à mon retour 🙂

    Et permettez-moi de continuer maintenant cette déclaration d’amour en évoquant les plus beaux coins de Provence à mes yeux.

    Mes plus beaux coins de Provence : à l'occasion de la parution de mon livre sur la Provence, je vous parle des plus beaux endroits de Provence.
    La Sainte Victoire, à Aix-en-Provence

    Provence, je t’aime : mes plus beaux coins de Provence

    Les îles de Provence : Frioul, Îles d’Or, Embiez, Lérins…

    « Abordons la Provence par la mer, comme le firent autrefois les marins grecs venus fonder des colonies sur ses rivages amènes. Baignée par les eaux généreuses de la Méditerranée, la Provence fut la terre promise de nombreux navigateurs, un pays conquis à la rame et à la voile. En nous rapprochant des côtes, ce sont les îles que nous voyons en premier. Plusieurs archipels sentinelles gardent le littoral provençal ; ce sont autant de petits mondes qui semblent concentrer tous les rêves et les mythes associés à la région. » Provence, Les sillons du soleil

    Mes plus beaux coins de Provence : à l'occasion de la parution de mon livre sur la Provence, je vous parle des plus beaux endroits de Provence.
    Ilots de l’Estérel

    Je suis folle amoureuse des îles de Provence, des petits morceaux de Méditerranée éternelle, préservés de l’urbanisation et de la modernité. L’eau y est plus vive qu’ailleurs, la roche plus éclatante, les cigales chantent plus fort dans les oliveraies et les vignes que les Grecs ont autrefois plantés, comme pour ajouter la Provence à leurs archipels homériques.

    Les plus belles excursions en bateau depuis Hyères : découvrez Port-Cros ou Porquerolles, partez observer les dauphins, dénichez des plages secrètes, savourez tous les charmes de la Côte d'Azur. Un guide complet sur Itinera Magica
    Route des Crêtes à Port-Cros

    Face à Marseille, ce sont les îles du Frioul et de Riou, confettis de calcaire blanc étincelant, comme arrachés aux calanques qui les dévisagent.

    Mes plus beaux coins de Provence : à l'occasion de la parution de mon livre sur la Provence, je vous parle des plus beaux endroits de Provence.
    Iles du Frioul

    Face à Hyères, ce sont les îles d’or, que la légende décrit princesses changées en îles par un sortilège : Porquerolles la blonde, où on trouve les plus belles plages de France, Port-Cros l’épineuse et sauvage, intégralement préservée et furieusement littéraire, et Le Levant la naturiste, où on peut jouer à se prendre pour Adam et Eve.

    Port-Cros
    Mes plus beaux coins de Provence : à l'occasion de la parution de mon livre sur la Provence, je vous parle des plus beaux endroits de Provence.
    Le Levant
    Mes plus beaux coins de Provence : à l'occasion de la parution de mon livre sur la Provence, je vous parle des plus beaux endroits de Provence.
    Porquerolles

    Il me reste désormais à retourner, pour les photographier sous leur plus belle lumière, aux îles des Embiez, face à Six-Fours-les-Plages, où le soleil fait fleurir la vigne et le sel, et aux îles de Lérins, face à Cannes, où l’ermite mystique Saint Honorat a créé au Ve siècle le berceau mythique de la chrétienté provençale dans le plus beau cadre qui soit. Je rêve d’un bateau rien qu’à moi et d’une semaine à explorer les îles de Provence, sans plus jamais toucher la côte…

    Les calanques de Cassis, de la Côte bleue, de l’Estérel

    Alors que la Méditerranée incarne la douceur et la beauté riante, la côte provençale semble être l’enfant terrible de quelque conflit millénaire avec une mer déchaînée. Falaises abruptes, criques découpées, roches suspendues, il a fallu inventer un mot pour les nommer : la calanque. Le mot vient du provençal calanca et désigne ces baies si particulières du sud de la France, creusées dans la roche, arrachées au calcaire, où la mer s’est frayé de haute lutte un chemin dans la muraille minérale. Les plus célèbres calanques, ce sont bien sûr celles de Marseille et de Cassis. Je les aime à la folie. En Vau, Sormiou, Sugiton, Morgiou… autant de citadelles de la magie, forteresses de dentelle blanche où les pins funambules viennent se pencher au-dessus de la mer turquoise. Impossible de vivre une vie humaine toute entière sans les avoir vues au moins une fois – c’est la quintessence de la beauté sur Terre.

    Mes plus beaux coins de Provence : à l'occasion de la parution de mon livre sur la Provence, je vous parle des plus beaux endroits de Provence.
    Calanque d’En Vau


    Mais n’oublions pas les calanques de la Côte bleue, à l’ouest de Marseille, en direction de Martigues, où la ligne de chemin de fer vient survoler les criques et les ports de pêcheurs.

    Et n’oublions pas, surtout, les calanques rougeoyantes de l’Estérel, autour d’Anthéor, où le contraste entre les azurs et émeraude de la mer et du vermillon des porphyres dessine un décor en Technicolor. C’est notre Far West à la française.

    Mes plus beaux coins de Provence : à l'occasion de la parution de mon livre sur la Provence, je vous parle des plus beaux endroits de Provence.
    Anthéor

    Les villages perchés de Provence

    Le Moyen-Âge en Provence est celui de la féodalité bouillonnante. Après des siècles de paix et de négoce antique, où les villes romaines s’étaient établies le long du Rhône et des rivages de la Méditerranée, le Moyen-Âge découvre la guerre perpétuelle : incursions ennemies, luttes entre seigneurs rivaux. Alors les villages remontent sur les collines.

    « Cette dureté est le résultat d’une histoire âpre et tourmentée. La beauté de cette Provence de villages perchés et fortifiés, on la doit à la terreur inspirée par les invasions barbares, les pirates maures et les seigneurs fâchés avec leurs cousins rivaux. […] D’innombrables lieux disent l’histoire de ces siècles périlleux : les éperons rocheux du Var auxquels s’accrochaient des châteaux – Callian, Castellane, Mons, Seillans, Grimaud – ainsi que des dizaines d’autres villages du Verdon, du pays de Fayence et de l’Argens ; les hameaux du Barroux et de la Roque-Alric au pied des dentelles de Montmirail, ou encore bien sûr les célèbres villages perchés du Luberon, Gordes, Oppède-le-Vieux, Bonnieux, Saignon ou Lacoste… » Provence, Les sillons du soleil

    Découvrir le Vaucluse à vélo : au coeur de la Provence, entre Ventoux et Dentelles.
    Le Barroux
    Découvrir le Vaucluse à vélo : au coeur de la Provence, entre Ventoux et Dentelles.
    La Roque Alric.
    Découvrir le Vaucluse à vélo : au coeur de la Provence, entre Ventoux et Dentelles.
    Cloches de l’église de Suzette
    Saignon
    Lourmarin
    Mes plus beaux coins de Provence : à l'occasion de la parution de mon livre sur la Provence, je vous parle des plus beaux endroits de Provence.
    Grignan

    Les montagnes mythiques de Provence 

    Ne l’oubliez pas : la Provence est montagneuse, rocailleuse, hérissée d’Alpes et d’autres montagnes emblématiques.
    « En dehors de la vallée rhodanienne, des rivages de la Méditerranée et des plaines marécageuses de la Camargue et de la Crau, presque toute la Provence est une terre montagneuse. Elle a ses sommets emblématiques, notamment le Mont Ventoux, géant chauve et pâle où les vents pulvérisent tous les records de vitesse et dont Pétrarque fut le premier à tenter l’ascension. Ou encore la Sainte-Victoire, montagne magique immortalisée mille fois par Cézanne, où la croix de Provence qui la surplombe semble toujours accrocher un rayon de soleil, même au cœur de l’orage. Cette Provence intérieure, celle des Alpes, des Baronnies, du Verdon, des Monts du Vaucluse, du Luberon, des Alpilles et de la montagne de Lure, est glaciale en hiver, battue par les vents, en lutte perpétuelle avec la pente, le gel et les inondations soudaines des rivières capricieuses coulant au milieu des pierriers. » Provence, Les sillons du soleil

    Mes plus beaux coins de Provence : à l'occasion de la parution de mon livre sur la Provence, je vous parle des plus beaux endroits de Provence.
    Montagne Sainte Victoire au soleil couchant, Aix-en-Provence
    Découvrir le Vaucluse à vélo : au coeur de la Provence, entre Ventoux et Dentelles.
    Le Ventoux émerge des coquelicots…
    Mes plus beaux coins de Provence : à l'occasion de la parution de mon livre sur la Provence, je vous parle des plus beaux endroits de Provence.
    Ventoux et lavandes
    Mes plus beaux coins de Provence : à l'occasion de la parution de mon livre sur la Provence, je vous parle des plus beaux endroits de Provence.
    Ventoux vu depuis les Baronnies

    La haute Provence, ses sources et ses arrêtes

    Connaissez-vous la citadelle de Sisteron, éperon imprenable qui se darde au-dessus des eaux mélangées de la Durance et du Buech ?
    Connaissez-vous Nyons, son pont romain, ses oliveraies et son clocher de dentelle romantique ?
    Connaissez-vous Entrevaux, autrefois frontière du royaume de France, forteresse des Alpes ?
    Connaissez-vous Forcalquier, où les Provençaux refusant l’allégeance au roi de France ont livré une terrible ultime bataille ?
    Je voudrais vous parler de toutes les gorges secrètes de la haute-Provence, celles de l’Eygues, de la Nesque, du Toulourenc, de l’Estéron ou de la Méouge. Je voudrais vous parler des oliveraies immenses de Lurs, des pénitents des Mées, des créatures étranges que l’érosion dessine dans les Alpilles. Je voudrais vous parler de la géologie incroyable de la haute-Provence, de la dalle aux ammonites de Digne et des roches de Sisteron.
    Je voudrais vous parler des lacs de la Haute-Provence, Esparron, St Julien, Serre-Ponçon, façonnés par la main de l’homme pour apprivoiser l’eau impétueuse dans ces terres oscillant toujours entre aridité et inondation.
    Il y a toute une haute Provence secrète et méconnue, où les routes sont longues et sinueuses, où les moutons héritiers d’un pastoralisme millénaire sont les seuls à affronter les sommets, à la merci des loups qui reviennent, où l’accent des paysans résonne encore dans les gorges de calcaire.

    Baronnies
    Colorado provençal
    Where to see the most beautiful lavender fields in Provence? Secret tips by a local
    Sénanque
    Blog Sisteron : rando de la crête de Géruen
    Quelque part dans les Alpes provençales
    Lac de Serre-Ponçon
    Road trip en Haute Provence : lavandes de la Drôme et des Baronnies, Sisteron, Serre-Ponçon. Blog de Provence
    Sisteron
    Week-end romantique à Forcalquier, Lurs, Mane, en Haute-Provence. Que voir dans le pays de Forcalquier. Oliviers de Lurs
    Oliveraies de Lurs
    platanes en provence. Week-end romantique à Forcalquier, Lurs, Mane, en Haute-Provence. Que voir dans le pays de Forcalquier ?
    Mane.
    Week-end romantique à Forcalquier, Lurs, Mane, en Haute-Provence. Que voir dans le pays de Forcalquier ?
    Lever de soleil sur les oliveraies Lurs
    Sillans la cascade
    Sillans-la-Cascade
    mes coins préférés de Provence
    L’Eygues à Nyons
    Au pied du mont Ventoux, au coeur des Baronnies, la vallée du Toulourenc et ses gorges sont un des plus beaux sites de la haute Provence. Promenade.
    La vallée du Toulourenc

     « La Provence que j’aime tant est celle combes et des cailloux, cousue des mille recoins de sa géographie accidentée où les millénaires ont creusé leur sillon patient. » Provence, Les sillons du soleil

    Les gorges du Verdon

    Impossible de parler des gorges de la Haute-Provence sans évoquer sa merveille, son joyau, son grand canyon : les gorges du Verdon. Il m’est difficile de citer les incontournables absolus de la Provence, autant demander à une mère de choisir parmi ses enfants, mais si on m’y force, je vous dirais : les calanques de Marseille et Cassis, et les gorges du Verdon.

    Véritable forteresse minérale, le Verdon est le cœur secret de la Haute-Provence. C’est un monde de splendeur et de vertige, où les villages et les vautours se nichent au creux des falaises et où les rivières revêtent un bleu surnaturel qu’on croyait ne voir qu’en rêve. Je ne connais rien de plus beau que le Verdon, dont la couleur est si vive qu’on y croit jamais jusqu’à l’avoir vue de ses propres yeux, serpentant au fond du plus profond canyon d’Europe – 700 mètres de vide abrupt à son point culminant – avant de se jeter dans le lac de Sainte Croix, qui ressemble très exactement à l’idée que je me fais de la liquéfaction des pierres précieuses : une piscine d’émeraude et de turquoise.

    Au-dessus du Lac de Sainte Croix – photo Marion Carcel, La faute au graph
    Mes plus beaux coins de Provence : à l'occasion de la parution de mon livre sur la Provence, je vous parle des plus beaux endroits de Provence.
    Au dessus du grand canyon du Verdon – photo Marion Carcel, La faute au graph

    Les champs de lavande, emblème de la Provence

    Pour Jean Giono, elle était l’âme du pays, et il disait qu’ « il suffit d’un bouquet de lavande pour qu’il vous soit parlé – et en un langage d’une étrange densité – de ces libertés essentielles qui sont le charme de ces terres de Haute-Provence ». Image de la Provence éternelle, la lavande n’a en réalité été cultivée sous cette forme que depuis les années 1900 – auparavant, elle poussait à l’état sauvage, et les paysannes de Grasse la cueillaient en surveillant les troupeaux. La vision des lavandes épousant les courbes des collines dans un océan de violet frémissant, sur le plateau de Valensole, dans les Baronnies, à Sault, à Sénanque, est en vérité une image récente, mais qui incarne désormais à nos yeux le miracle de la Provence, cette alchimie accomplie entre douceur et âpreté, Alpes et Méditerranée, ombre et fournaise…

    Je n’oublie pas les autres fleurs magiques de Provence : les tournesols si chers à Van Gogh, comme autant de soleils jetés sur la terre du midi, la rose qui fit la fierté et la richesse de Grasse, et la sauge, qu’on voit désormais de plus en plus souvent colorer d’un rose délicat le plateau de Valensole.

    Mes plus beaux coins de Provence : à l'occasion de la parution de mon livre sur la Provence, je vous parle des plus beaux endroits de Provence.
    Tournesols de la Drôme
    Mes plus beaux coins de Provence : à l'occasion de la parution de mon livre sur la Provence, je vous parle des plus beaux endroits de Provence.
    Cerisiers du Ventoux
    Sauge sur le plateau de Valensole

    N’oublions pas non plus l’olivier, arbre éternel de la Méditerranée, le tilleul des Baronnies, et les genêts qui couvrent d’or les collines…

    Découvrir le Vaucluse à vélo : au coeur de la Provence, entre Ventoux et Dentelles.
    Coteaux du Ventoux.

    La Camargue, notre Atlantide provençale

    Le marquis de Baroncelli disait de la Camargue qu’elle était une Atlantide retrouvée : une terre perdue au milieu des eaux, perpétuellement embrassée par le delta du Rhône et les contours mouvants des marécages, où perdurent des traditions ancestrales. C’est le pays des chevaux blancs, des taureaux conduits par les gardians et des flamants roses s’envolant dans le couchant que décuple le miroir des marais. La Camargue est rude, sauvage et incroyablement vraie : on vit ici chaque jour avec les chevaux, les taureaux et les saintes de Provence, c’est un engagement quotidien qui va bien au-delà du folklore. La Camargue fait bien partie de la Provence, mais si j’en parle peu dans mon livre, c’est que ma mère, la géographe et romancière Sylvie Brunel, lui a consacré un autre titre de la collection : Camargue, Crin-Blanc et ses légendes. Si vous voulez faire un joli doublet avec la Provence, sachez qu’il coûte lui aussi 9 euros (comme tous les titres de la collection) et qu’il est passionnant ! Vous y découvrirez l’histoire, la culture et l’identité si singulière de cette Camargue sculptée par les eaux et la passion des hommes qui l’aiment.

    Camargue, Crin-Blanc et ses légendes
    camargue

    J’espère avoir su vous donner envie de prendre la route sur les chemins fleuris et ensoleillés de ma belle Provence, et peut-être de prendre avec vous dans vos valises mon Provence, Les sillons du soleil, à lire sous un olivier dans la chaleur d’août…

    Le Colorado provençal

    Je n’ai pas fini de vous parler de ma Provence adorée, de mes plus beaux coins de Provence et de mes passions méridionales, n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter.

  • Confessions sincères d’une blogueuse

    Un début d’année est toujours un bon prétexte aux bilans, aux réflexions et aux mises au point. En ce mois de janvier 2019, j’avais envie de me livrer à l’exercice de la confession et de revenir sur l’année écoulée, vous parler de ma vie personnelle et de mon travail. Comme j’ai déjà eu l’occasion de le faire par le passé, lors de précédentes réflexions sur le métier de blogueur et son évolution, je voudrais aussi prendre position sur un certain nombre de débats actuels, et répondre à des questions que vous m’avez posées, en public ou en privé. Je vous fais une promesse : celle de la sincérité absolue. Moi, blogueuse et journaliste-photographe en ce début 2019, comment je vais, qu’est-ce que je fabrique, de quoi je vis, qu’est-ce qui me préoccupe ? Je vous dis tout.

    Confession sincère d'une blogueuse : les blogueurs sont ils sincères ? les blogueurs détruisent ils la planète ? Blog et écologie, influenceurs et sincérité
    Regardons ensemble dans le rétro…

     

    Confession sincère d'une blogueuse : les blogueurs sont ils sincères ? les blogueurs détruisent ils la planète ? Blog et écologie, influenceurs et sincérité
    … et ouvrons grand la fenêtre sur 2019 !

    2018, grand chaos et renouveau lumineux

    De toute ma vie, je n’ai jamais vécu une année comme 2018, aussi bouleversante, éprouvante et stimulante à la fois – une année de montagnes russes, pleine de fracas et de lumière. Mon début d’année fut tout bonnement cataclysmique. En janvier, j’ai eu droit coup sur coup à une rupture d’une extrême violence, un lourd problème de santé, un combat important que je continue de mener, et je me suis sentie submergée. J’ai mesuré à ce moment-là que l’amitié entre blogueurs n’est pas un vain mot, et les marques de soutien et d’affection de la blogosphère dans ces épreuves m’ont profondément touchée.

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    Ma chère amie Lykorne Illettrée, ici dans son ciré jaune avec moi aux îles Féroé, fait partie de celles qui ont été extrêmement présentes pour moi – mais elle n’est pas la seule, loin s’en faut 🙂

    Et puis j’ai repris fermement la barre, parce que la vie est belle et que l’envie de mordre le monde à pleines dents ne me quittera pas de sitôt. En mars, j’ai réalisé un très vieux rêve de grand nord en explorant la Laponie, l’Islande et enfin le Groenland. Les immensités blanches de l’Arctique ont joué leur rôle d’ardoise magique sur mon âme. J’ai jeté une bague qui me brûlait le doigt au milieu des icebergs d’Ilulissat, j’ai formulé des vœux, des prières et des promesses, et je suis revenue apaisée, prête à reprendre la route.

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Au milieu des icebergs à Ilulissat.

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Huskies à Ilulissat.

    Au salon des blogueurs de voyage en Aveyron en avril, j’ai reçu un prix qui m’a profondément touchée, et de nombreux témoignages d’affection qui me sont allés droit au cœur.

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Une récompense qui me touche : 2e prix au trophée Blog Expert, après avoir pu présenter mon travail devant tous les blogueurs et exposants présents au salon.

    J’ai quitté Aix-en-Provence, j’ai aussi dit adieu à la Bavière qui était ma seconde patrie et désormais l’unique objet de mes regrets, mais j’ai retrouvé ma Drôme adorée, et j’ai passé une bonne partie de l’année à explorer ses rivières, ses montagnes – notamment le merveilleux Vercors – et ses lavandes.

    Découvrez les meilleures activités outdoor en Vercors : parapente, spéléologie, équitation, vélo, luge, canirando, etc. Activités de plein air dans les Alpes en été. #vercors
    Un des plus beaux souvenirs de 2018 : le parapente dans le Vercors.

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    … et cet incroyable bivouac face au Mont Aiguille avec mon amie Marion alias La faute au graph.

    Confession sincère d'une blogueuse : les blogueurs sont ils sincères ? les blogueurs détruisent ils la planète ? Blog et écologie, influenceurs et sincérité
    Beauté de la Drôme en été.

    Where to see the most beautiful lavender fields in Provence? Secret tips by a local
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    De nouveaux horizons se sont ouverts. Mon sud chéri me réservait une très belle rencontre avec quelqu’un de spécial dans un département voisin du mien, et 2019 fut l’année où j’ai découvert les charmes de l’Occitanie, notamment du Gard.

    Confession sincère d'une blogueuse : les blogueurs sont ils sincères ? les blogueurs détruisent ils la planète ? Blog et écologie, influenceurs et sincérité
    Aux arènes de Nîmes.

     

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    Aux cascades du Sautadet, dans le Gard toujours.

    Voyages proches et lointains

    D’autres grands voyages ont scandé l’année : en 2018, j’ai découvert l’Ouzbékistan, la Louisiane, les îles Féroé et la République dominicaine. D’autres escapades m’ont emmenée hors de nos frontières : à cheval en Ardenne belge, au milieu des palmiers à Elche en Espagne, à Dakhla dans le Sahara marocain, en Slovénie et dans le Tessin en Suisse.

    Partons pour un grand voyage en Ouzbékistan. De Samarcande à Boukhara en passant par la steppe, voici un itinéraire de rêve pour découvrir les incontournables d'Ouzbékistan.
    Ouzbékistan.

     

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    Dakhla.

     

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    Iles Féroé.

    Mais j’ai aussi passé beaucoup de temps en France, à Montclar la station de ski solidaire, dans les gorges du Tarn, en Bourgogne, en Alsace, à Rouen, dans la Manche, dans la Loire, à Lyon et à Nice. (Comme vous le voyez, il me reste un certain nombre d’articles à écrire !)

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    Strasbourg

    J’aime passionnément notre pays et il m’apparaît de plus en plus clair que mon amour du voyage n’est pas une envie de déracinement, que je ne souhaite plus m’expatrier et que ma vie sera sans doute française. A chacun de mes voyages « hexagonaux », je mesure davantage encore l’infinie diversité de notre pays, sa richesse et sa beauté, et la profondeur de mon attachement à la France. Je crois que c’est à Nice que j’aimerais vivre – je vous en parlerai dans un prochain article.

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    Nice.

    Vivre de mots et d’images : être blogueuse pro et journaliste-photographe

    Comme vous le savez, j’ai deux casquettes, celle de blogueuse professionnelle pour Itinera Magica, et celle de journaliste-photographe indépendante, spécialisée dans le tourisme.

    Itinera Magica va bien, et j’en suis infiniment heureuse. A l’heure où j’écris cet article, début janvier 2019, vous êtes plus de 35 000 visiteurs individuels à visiter le blog chaque mois, et plus de 35 000 à me suivre sur les réseaux sociaux, dont presque 21 000 sur Instagram. Au-delà des chiffres, ce sont des personnes, des amitiés qui se nouent, de la bienveillance et des échanges auxquels je ne renoncerais pour rien au monde. Je vous dis merci, merci pour votre présence, votre gentillesse.

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    Les 9 photos que vous avez le plus appréciées sur Instagram en 2018 : Dolomites, Vercors, Féroé, Gorges du Tarn, Vercors, Dolomites, Rouen, Martinique, Féroé.

    Mon autre grande satisfaction professionnelle en 2018, ce sont les reportages que j’ai réalisés pour Version Femina. C’est chaque fois un vrai bonheur de voir mes mots et mes photos dans ce beau magazine qui touche trois millions de lecteurs chaque dimanche. Vous allez continuer de m’y retrouver souvent en 2019, avec de nombreux reportages prévus, et je m’en réjouis.

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    Reportages réalisés en 2018 pour Version Femina.

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    Mes deux métiers vont main dans la main : j’ai souvent eu envie de partager sur Itinera Magica de merveilleux voyages réalisés en tant que journaliste, et de nombreuses destinations découvertes en tant que blogueuse se sont ensuite retrouvées dans mes dossiers tourisme pour Femina, comme la Loire, les gorges du Tarn, le Vercors, l’Aveyron, les Shetland, Hyères, Cabourg, l’Estérel, Montclar, etc. Cet équilibre me rend très heureuse.

    Week end dans la Loire, au sud de Lyon : chambre d'hôtes abordables et romantiques. Week end romantique au vert au sud de Lyon
    La Loire : une belle découverte de blogueuse que j’ai pu partager dans Femina.

     

    De Dijon à Beaune, prenons la route des vins de Bourgogne, entre grands crus et hôtels de luxe. Un séjour romantique au coeur de la Bourgogne
    La Bourgogne, du blog à la presse, le coup de coeur se partage.

    Je reçois souvent des messages privés sur Instagram me demandant de quoi je vis : de la création de contenu textuel et visuel, à 100%. Je réalise des reportages avec cession de photos, à la fois pour la presse et directement pour les destinations. J’aime passionnément mon métier et je mesure pleinement ma chance, même s’il y a évidemment beaucoup de travail et de fatigue à la clef. Je suis en déplacement deux ou trois semaines par mois, très peu chez moi, mes journées sont très, très longues (j’adore vraiment les réseaux sociaux, l’échange et le partage qu’ils permettent, mais qu’est-ce que c’est chronophage !), je gère beaucoup de choses simultanément jour après jour, certains retards de paiements me posent vraiment problème, je dors peu et je ne suis pas sûre de pouvoir faire cela toute ma vie, surtout si j’ai un jour des enfants. Mais je vis des choses extraordinaires, je le sais bien, et j’en profite au maximum, avec la gratitude et l’exaltation d’avoir réalisé mon rêve et la conscience de sa fragilité. Je sais que les années que je vis en ce moment sont extraordinaires, et que quoi qu’il arrive ensuite, cela restera un moment très spécial et mémorable de ma vie.

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    Kangerlussuaq, Groenland. Même si je pouvais vivre mille ans, je n’oublierais pas…

    La question de l’affiliation : pourquoi j’en fais très peu ou le problème Booking

    Mon modèle économique est donc basé exclusivement sur la création de contenu (ce qui explique pourquoi je voyage autant et pourquoi mes journées sont si longues). A lire les bilans de mes collègues blogueurs, par exemple celui de Novomonde que j’apprécie, je sais que nombre d’entre eux tirent aussi d’importants revenus de l’affiliation. Je leur envie un peu cette source de revenu stable, plus facile et pratique, mais ce n’est pas quelque chose que j’ai personnellement réussi à mettre en place. Je la pratique occasionnellement, par exemple dans la page présentant mon matériel photographique ou dans mon article livres & objets de Noël, et si vous souhaitez me soutenir en utilisant ces liens, j’en serais très heureuse. Mais cela reste marginal sur Itinera Magica. Pourquoi ?

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    Si vous achetez un livre ou un objet que j’ai recommandé en utilisant mes liens affiliés, je touche une petite commission, mais le prix ne change pas pour vous.

    Cela tient principalement à une chose. L’affiliation qui rapporte le plus d’argent aux blogueurs mettant en valeur des hébergements, c’est Booking. Or je travaille beaucoup avec des hôteliers, ayant beaucoup de plaisir à vous présenter de beaux hôtels, chambres d’hôtes et gîtes indépendants. Et l’immense majorité d’entre eux me racontent que Booking les prend à la gorge. Avec sa situation de quasi-monopole et sa pratique de référencement ultra agressif (avant de trouver le site web direct d’un hôtel dans Google, vous tombez toujours sur une multitude de liens Booking), le site s’est imposé comme un incontournable, et exige des commissions exorbitantes. Pour chaque réservation effectuée via Booking, le site prend 17 à 25% du montant de la nuit – sur le prix TTC et non sur le prix HT, ce qui signifie que l’hôtelier paie des commissions même sur l’argent qu’il renversera à l’Etat. Inutile de dire que nombre d’hôteliers indépendants se sentent complètement vampirisés, et ne supportent plus Booking.
    Ils développent donc des stratégies de contournement et offrent des tarifs et options plus avantageux aux personnes qui réservent en direct, par exemple : les plus belles chambres, le petit-déjeuner offert, le parking, etc. Les hôteliers me disent souvent « précisez bien à vos lecteurs de réserver en direct chez nous, et pas sur Booking ». Vous imaginez bien que dans ces conditions, il m’est totalement impossible d’aller insérer un lien affilié Booking dans l’article…

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    Comme de nombreux hôteliers, Le Cèdre à Beaune pratique des tarifs bien plus avantageux en direct que sur Booking.

    De même, je ne suis pas vraiment satisfaite de l’affiliation que je pratique actuellement sur les livres et objets, via Amazon. J’ai lu comme tout le monde les craintes des libraires indépendants face à Amazon, et les reportages alarmants sur les conditions de travail de leurs employés. J’aimerais beaucoup pouvoir développer un mode d’affiliation plus éthique, honnête (on me propose tout le temps de l’affiliation sur des produits ou services que je n’ai pas testés, ce n’est évidemment pas possible pour moi, je refuse catégoriquement de mentir à mon lectorat), mais qui reste malgré tout rémunérateur. Je pense que je cherche la quadrature du cercle, mais si vous avez des idées…

    La question de la sincérité des blogueurs

    Puisqu’on parle d’éthique et d’honnêteté, j’en profite pour répondre à une question qu’on me pose souvent. Les blogueurs sont-ils sincères ? Si j’ai été invitée quelque part et que quelque chose me déplaît, est-ce que je le dis ? A quel point suis-je transparente ? On m’a parfois reproché d’être trop enthousiaste. Si l’immense majorité des commentaires que je reçois sont positifs (merci !), j’ai parfois droit à une petite pique du type « vous surjouez l’enthousiasme » « vous abusez des superlatifs », etc. A cela, j’aimerais répondre en deux temps.

    Premièrement : on ne fait pas mon métier sans être doté d’une nature fondamentalement enthousiaste. On ne fait pas mon métier sans aimer profondément le voyage, la découverte, les lieux, les gens, les histoires, les paysages. Les gens qui n’ont pas le cœur qui battent face à un petit chalet typique juché au sommet d’une montagne, par exemple, ne font pas mon boulot. Quand on devient blogueur de voyage, c’est qu’on est sincèrement curieux du monde et de ceux qui l’habitent, sinon le job est trop usant et épuisant. J’aime mon job, j’aime les lieux, j’aime les gens, j’aime l’immensité des découvertes à portée de main. Je n’ai pas à me forcer pour voir la beauté du monde et le charme des expériences. Même crevée et stressée, la splendeur d’un paysage ou le charme d’un resto typique me séduit toujours autant. Je sais que j’ai de la chance, que beaucoup envient la vie que je mène, même si elle n’est pas aussi parfaite qu’ils le croient parfois. Je ne veux pas me comporter en gamine gâtée qui méprise son bonheur.

    Confession sincère d'une blogueuse : les blogueurs sont ils sincères ? les blogueurs détruisent ils la planète ? Blog et écologie, influenceurs et sincérité
    Mes voyages s’accompagnent de fabuleuses rencontres. Il faut encore que je vous raconte ma visite de Grimentz en Suisse, où j’ai goûté le « fromage des morts », le « vin des glaciers », découvert les « combats de reines », le tout au milieu de maisons datant du XIIIe siècle. Emotion puissante.

     

    Le plus beau spa d'Alsace, un spa de luxe et d'exception ? La Source des Sens vous attend pour un week-end romantique et bien-être.
    Un des plus beaux séjours de 2018 : La Source des Sens à Morsbronn, en Alsace. Je vous mets au défi de ne pas être enthousiaste 😉

    Deuxièmement : oui, mes voyages sont parfaits ou presque. Ils sont conçus comme tels, et c’est fait exprès. Je vous explique.

    Si vous me lisez régulièrement, vous le savez : la création de contenu est mon métier et je ne dissimule donc jamais un partenariat. Tous les articles que je réalise pour une destination, une marque, un hébergeur, etc, précisent clairement le cadre dans lequel le voyage a été réalisé : je cite et je remercie mes partenaires. Vous aurez remarqué que j’utilise toujours des formules du type « j’ai été invitée par XYZ, merci à eux pour l’organisation de ce voyage », et non des formules du type « ce voyage a été sponsorisé, mais cela n’influence en rien mon jugement ». Pourquoi ? Soyons honnêtes : évidemment que cela m’influence d’être accueillie dans un bel hôtel, de tester des activités hors-normes, de manger des plats délicieux, de bénéficier d’un accompagnement personnalisé, etc. Mais je n’ai aucunement besoin de mentir. Tout sera authentiquement parfait, tout sera conçu pour être parfait, et je n’aurai pas à me forcer pour être enthousiaste. Pourquoi ? Parce que le but d’un tel reportage est de montrer comment tirer le meilleur d’une destination, vous montrer comment vous pourrez, à votre tour, réaliser un voyage parfait. Lorsqu’un office de tourisme invite un blogueur, son but est de montrer tout ce qu’on peut voir, vivre, faire, manger, admirer sur place, pour que le blogueur puisse, à son tour, conseiller sa communauté sur la meilleure façon de tirer parti de son séjour.

    Il m’est parfois arrivé, par le passé, de rater complètement des voyages. J’avais réservé des hôtels pourris, je ne savais pas qu’on pouvait faire telle activité, j’étais venue au mauvais moment, bref, je suis passée à côté de l’expérience. Le but d’un accueil blogueur est de montrer COMMENT ne pas passer à côté de l’expérience. Il ne s’agit absolument pas de mentir, de prétendre qu’un hôtel est luxueux si c’est un boui-boui, de faire miroiter des activités qui n’existent pas, etc. Ce n’est absolument pas dans l’intérêt d’une destination de mentir sur la marchandise. Il s’agit de sélectionner, organiser, choisir, pour savoir où aller, que faire, que voir. Il s’agit de vous présenter un voyage certes parfait, mais reproductible. De vous donner les clefs pour que ce que vous viviez soit aussi bien que ce que j’ai vécu moi.

    Visiter Dijon, la capitale de la Bourgogne. Mes incontournables à Dijon pour un week-end parfait à Dijon.
    Les plus belles vues, les meilleures adresses… un blogueur sélectionne ce qui vaut vraiment le coup.

    Quand un office du tourisme invite un blogueur, il va discuter avec lui de ses attentes. Il va lui demander : qui est votre communauté ? Qu’est-ce qu’elle aime ? Qu’est-ce que vous avez envie de voir ? Vous êtes plutôt luxe, plutôt aventure, plutôt famille, plutôt cuisine, plutôt fête… ? A partir de ces premières réponses, il va tenter d’élaborer un programme idéal. Le blogueur va ensuite faire des recherches, bien se renseigner, faire ses propres propositions, dire « je préférerais faire telle chose, j’ai l’impression que cela me correspond mieux… ». Au fil des échanges, on arrivera au voyage parfait, adapté à la personnalité du blogueur, et reproductible par d’autres. Je n’ai pas à me forcer à être enthousiaste, parce que ce que je vis mérite presque toujours que je le sois.

    Confession sincère d'une blogueuse : les blogueurs sont ils sincères ? les blogueurs détruisent ils la planète ? Blog et écologie, influenceurs et sincérité
    Embarquer pour une superbe aventure en République dominicaine.

    Quand un blogueur n’a pas aimé un séjour

    Mais que se passe-t-il s’il y a un raté ? Si malgré tout ce travail préalable, quelque chose me déplaît, se passe mal, comment on gère ? Il y a plusieurs cas de figures, et j’ai déjà fait l’expérience de chacun. Voici ma gestion personnelle du Truc Qui Foire Malgré Tout. J’ai un principe : ne jamais mentir à mon lecteur. Je n’écris JAMAIS « j’ai adoré » si ce n’est pas vrai. Mais je ne veux pas non plus blesser inutilement, et j’ai développé des stratégies de contournement.

    * Cas 1 : les circonstances sont contre moi. Facile à gérer, il faut être sincère, cela ne blessera personne. « On m’a dit que la vue était extraordinaire, mais je suis malheureusement venue un jour d’épais brouillard. Ne venez pas si la météo n’est pas au beau fixe, vous ne verrez rien. » « Ce resto de plage est fermé par temps de pluie. »

    Que voir dans la Loire ? Châteaux des gorges de la Loire, randonnées en Forez, artisanat et spécialités de la Loire, villages de caractère.
    Les 3 dents dans la Loire, sublime panorama sur… ah non, pas aujourd’hui, finalement.

    * Cas 2 : je ne suis pas la cible de cette activité. Un peu plus délicat, mais gérable malgré tout, toujours avec sincérité. « Une visite à réserver aux amateurs. Si vous appréciez le street art, cette visite est faite pour vous. » (En ce début 2019 j’assume tout et je crie haut et fort : le street-art, ça va bien cinq minutes en ce qui me concerne.) « Je pense que cette activité est idéale pour les enfants et les familles. » (Mais moi je n’ai pas encore jugé utile de me reproduire.) « La trottinette de descente n’est clairement pas pour moi (plus jamais vous me faites faire un truc comme ça pitié), mais si vous êtes un peu casse-cou (et que vous rêvez de mourir rapidos), vous allez vous régaler. »

    Découvrez les meilleures activités outdoor en Vercors : parapente, spéléologie, équitation, vélo, luge, canirando, etc. Activités de plein air dans les Alpes en été. #vercors
    Trottinette de descente : j’ai failli crever, mais Marion a kiffé.

    * Cas 3 : certains aspects sont super, d’autres moins. J’ai adoré la piscine, mais les chambres sont moches. La vue est sublime, mais la nourriture laisse à désirer. C’est là qu’il faut être subtil. Je refuse de me montrer brutale, mais je ne mens pas non plus. Je fais preuve de diplomatie, j’accentue le positif en suggérant que le reste vaut moins le détour.

    Aller dormir dans un igloo ? Je vous promets un retour d’expérience sincère.

    * Cas 4 : il faut éviter un piège, je le dis clairement. « Attention, ne réservez pas le ferry de 6h du matin, qui dure 3h, prenez plutôt le ferry de 7h qui fait un trajet direct en une heure et demi ».

    * Cas 5, rarissime : c’est vraiment nul. Très simple, je n’en parle pas du tout, aucune mention, rien. Je suis là pour cultiver la beauté, le positif, l’inspiration. Je n’ai pas envie de consacrer mon espace virtuel à descendre en flammes des activités ou des lieux, que je sois invitée ou pas – vous ne me verrez jamais parler de ce que je déteste, même quand je voyage de façon totalement autonome sans partenariat. Je ne tiens pas un blog pour ça. Oui, il m’arrive parfois de voir des endroits moches, des hôtels pourris, des activités sans aucun intérêt. Je zappe et j’oublie. Je n’utilise pas mon temps de vie à traiter des photos laides et écrire des textes sur des trucs qui ne méritent que l’oubli. Sur Itinera Magica, je ne veux parler que de ce qui fait battre mon cœur plus fort, m’enthousiasme et me réjouit. Avec ou sans partenariat. Il m’est (très rarement) arrivé d’expliquer à un partenaire que je ne souhaitais pas parler de telle ou telle chose, car je n’avais rien de positif à dire à ce sujet. On en parle calmement et poliment, et tout se passe bien.

    Bref, je n’ai pas l’impression que ma conscience souffre de mon métier, j’ai l’impression de trouver le bon équilibre entre sincérité indispensable et diplomatie nécessaire. Mais une autre question taraude actuellement la blogosphère.

    La question de l’écologie : les blogueurs détruisent-ils la planète ?

    Je m’aventure maintenant sur un terrain miné, je le sais.

    Pour beaucoup, 2018 a été l’année de la prise de conscience réelle quant au changement climatique. J’ai lu beaucoup de résolutions, venant de blogueurs et de non-blogueurs, de gens disant : désormais je sais que je dois faire quelque chose à mon échelle, et je vais changer mon comportement (manger moins de viande, passer au zéro déchet, ne plus prendre l’avion, aller au travail en vélo, etc). Comme toute personne saine d’esprit, j’approuve et j’applaudis évidemment cette démarche de responsabilisation écologique. Redécouvrir les beautés de sa région sans courir systématiquement au bout du monde, produire moins de déchets et recycler ceux qu’on cause, végétaliser son alimentation, privilégier des activités respectueuses de l’environnement, comment être contre ? Je suis heureuse de cette sensibilisation collective, de cet engagement plus largement partagé.
    Je suis avec bonheur des blogs comme celui de Belette rousse, à l’engagement environnemental et animaliste  inspirant, et j’apprécie les contributions de blogs comme Wait & sea au débat sur la responsabilité éthique et écologique des blogueurs.

    ariane fornia photographe
    Sauvons les tortues, réduisons les plastiques !

    Mais j’ai aussi vu monter, notamment sur Twitter, une dérive qui m’a gênée, je dois le dire : celle de la police écologique, de la culpabilisation, de la prise à parti et de la dénonciation de comportements perçus comme déviants. Un certain puritanisme écologique se développe et se montre prompt à juger.
    C’est une influenceuse qui explique comment fabriquer un shampoing écolo, et qui se fait clouer au pilori illico : comment ose-t-elle parler d’écologie alors qu’elle prend l’avion quinze fois par an ? L’influenceuse décide donc de ne plus jamais parler d’écologie, c’est plus prudent, quand bien même sa démarche était sincère.
    C’est un touriste qui explique tout content qu’il va réaliser son rêve de tour du monde, et qui se fait aussitôt engueuler : autant d’avions, autant de pays, c’est irresponsable, il ne pourrait pas plutôt aller en Mongolie en roulotte plutôt que de tuer la planète dans son Airbus pour Oulan-Bator ?
    Pire encore, c’est une blogueuse qui annonce sa grossesse et se prend en pleine figure le messianisme masochiste d’un décroissant trop zélé : avoir des gosses, c’est détruire la Terre, comment ose-t-elle se reproduire face à la catastrophe écologique ? Il vaudrait mieux que l’espèce humaine s’éteigne.

    Visiter Elche en Espagne : la plus grande palmeraie d'Europe, la gastronomie du sud de l'Espagne, le mystère d'Elche, les plages d'Elche...
    Palmeraie (entièrement artificielle) à Elche. Les hommes façonnent aussi la beauté de la Terre…

    Je le dis sans détour, je suis mal à l’aise face à cette atmosphère de chasse aux sorcières et de doigts pointés.
    Je crois profondément à la lutte contre la pollution et à la dégradation de l’environnement, mais je suis mal à l’aise face à l’hystérie apocalyptique, à la certitude que « nous sommes tous foutus » et aux appels à revenir à l’âge de pierre. Je reste résolument progressiste et optimiste quant à la faculté d’adaptation et d’évolution des sociétés humaines, et vigilante quant au respect des libertés individuelles et au droit de chacun de mener sa vie comme il l’entend. Développer des voitures et des avions plus propres, généraliser les modes de consommation plus durables au meilleur prix au lieu de culpabiliser systématiquement le seul consommateur, adapter l’urbanisme aux changements climatiques annoncés, me plaît davantage que de restreindre les libertés individuelles en attendant la fin du monde.

    Plongez au coeur des bayous de Louisiane et des plantations, entre alligators et swamp tours. Immersion mythique en #Louisiane.
    Coucher de soleil sur le Lake Martin, où alligators et humains parviennent à co-exister en bonne intelligence.

    Je suis la première à dire qu’il faut redécouvrir la beauté de la France, qu’un week-end à Rouen, Strasbourg, Nice ou Biarritz est aussi merveilleux qu’un week-end à Amsterdam ou Berlin, mais l’injonction à ne plus du tout prendre l’avion et renoncer à la formidable ouverture sur le monde et ses cultures qu’a pu signifier la démocratisation des long-courriers m’attriste. Je suis vigilante quant aux dérives du tourisme de masse qu’ont pu subir Venise, Barcelone ou Lisbonne, et je suggère de renoncer autant que possible aux croisières et aux Air BnB, grands artisans d’un tourisme prédateur. Pour vous en convaincre, je vous invite à lire le billet de mon amie Lucie alias l’Occhio di Lucie au sujet des croisières à Venise, et celui de Miss Texas au sujet du fléau Air BnB à Lisbonne : expatriées dans ces deux villes, elles savent malheureusement de quoi elles parlent. Mais je reste convaincue des bienfaits économiques, sociaux, culturels du tourisme en général. Il reste la plus belle forme de « mondialisation pacifique », comme l’a écrit le géographe Rémi Knafou.

    Découvrez les Dolomites à l'automne.
    Le tourisme change, la cause environnementale progresse, et c’est tant mieux. Depuis mon séjour dans les Dolomites, les drones sont désormais interdits sur ce lac, en raison de nuisances trop importantes. Je le comprends et le respecte.

    Un plaidoyer pour le tourisme

    Je reste résolument favorable au tourisme et convaincue de son rôle de levier indispensable au développement et à la prospérité des territoires. J’ai déjà eu l’occasion de le dire ailleurs. Mon amie Olivia alias La fille de l’encre a récemment convié plusieurs blogueurs, dont moi, à évoquer leur vision du tourisme solidaire – un billet que je vous conseille, et dans lequel j’exposais mon attachement au tourisme « traditionnel ».

    Pourquoi croyez-vous que les offices de tourisme cherchent à faire venir des journalistes, des influenceurs, des blogueurs, pourquoi croyez-vous que les territoires ruraux cherchent absolument à développer le tourisme ? Le tourisme permet le développement et la valorisation de territoires enclavés, il incite les territoires à faire de leur originalité, leurs particularismes et leurs traditions une source d’attractivité au lieu de les écraser sous le rouleau compresseur de l’uniformité. Il crée de l’emploi hors des gros centres urbains et permet à de nombreux habitants des zones rurales de rester vivre chez eux, de perpétuer des modes de vie et des savoir-faire et de tirer un revenu de cette préservation culturelle. Il crée de la richesse, des services, de l’accessibilité. La géographe Sylvie Brunel a montré dans son essai La planète disneylandisée comment le tourisme encourage les gens à rester ce qu’ils sont, à être fiers de ce qui les différencie, et œuvre à la conservation de manifestations culturelles qui auraient disparu sans le regard émerveillé que le touriste porte sur elles. Moi qui suis Provençale, je sais que le tourisme permet de garder les marchés de Noël aux treize desserts, le pastrage, les transhumances, les pèlerinages, les défilés équestres en Camargue, les chants, les costumes d’Arlésienne, et combien la représentation des traditions encourage leur perpétuation.

    Que faire en Camargue ? Balades à cheval, bonnes adresses, incontournables, retrouvez tout sur le Camargue.
    Les abrivades du 11 novembre sur la plage des Saintes Maries.

     

    Découvrez les 10 plus beaux lacs de Bavière sur Itinera Magica, blog de voyage amoureux de l’Allemagne.
    Préservation de la culture équestre hivernale développée en Bavière par le roi Louis II, grâce au tourisme.

    Pensez à Montclar, la station de ski solidaire et autogérée des Alpes du sud, où les habitants ont mis toutes leurs économies dans le rachat de la station et une énergie considérable à son fonctionnement. Si la station de ski avait fermé, un village entier serait mort, des gens qui vivaient ici depuis des générations auraient dû abandonner leur montagne, sans même pouvoir revendre leur maison qui n’aurait plus eu aucune valeur. Partout dans les Alpes, le développement du tourisme a permis aux gens de rester en montagne en ayant des revenus l’hiver, alors que la seule pratique agricole l’été n’aurait plus permis leur subsistance dans le monde moderne. Sans le tourisme, toute la culture montagnarde européenne aurait disparu avec l’inexorable désertification des villages d’altitude.

    Une station de ski familiale et solidaire dans les Alpes du sud : Saint Jean Montclar, autogérée par ses habitants
    Montclar, authenticité et dévouement

    Pensez au Castel d’Alzac, un château du Moyen-Âge sauvé de la ruine par l’initiative extraordinaire d’un maire et de ses administrés motivés, qui ont travaillé bénévolement à sa métamorphose en gîte 5 étoiles et dont les bénéfices reviennent à l’ensemble de la commune. C’est une fabuleuse source de dynamisme dans un petit village aveyronnais.

    Un gîte de luxe en Aveyron et un projet collectif solidaire porté par tout un village ? Ne cherchez plus ! Bienvenue au Castel d'Alzac !
    Au Castel d’Alzac en Aveyron.

    Mais je veux aussi saluer les nombreuses initiatives privées, les hôteliers indépendants, les restaurateurs amoureux du bon goût, les prestataires passionnés. J’en vois sans cesse au cours de mes voyages. Je pense par exemple à La Source des Sens, où un couple passionné d’hôteliers indépendants ont su créer l’hôtel-spa le plus extraordinaire que je connaisse, un havre de luxe et de beauté inouï, qui emploie 30 personnes dans un petit village du nord de l’Alsace. Je pense au Mas Cacharel, hôtel d’une authenticité exceptionnelle au cœur des étangs et des roselières, qui se bat pour perpétuer l’héritage de Crin-Blanc et de la vraie Camargue. Je pense à la laiterie du Gontey et aux autres belles chambres d’hôtes dans la Loire, aux Fleurines en Aveyron et au Gîte Emeraude encore, à tant d’autres hôteliers indépendants et exigeants. Je pense aux restaurants labellisés Maître Restaurateur – label de confiance car décerné par les services de l’Etat sur inspection régulière – qui cultivent le fait-maison, les circuits courts, le travail avec des producteurs locaux de qualité.

    Merveilleux Gîte Emeraude, un de mes plus beaux souvenirs de 2018.

    Refuser le manichéisme

    Je veux aussi dire un mot pour le grand luxe, souvent décrié injustement par ignorance. Dans nombre de pays, seuls les hôtels de luxe ont les moyens financiers de préserver l’environnement exceptionnel dans lequel ils ont choisi de s’établir, de développer indépendamment des services d’un Etat défaillant leurs propres systèmes d’assainissement, de traitement de l’eau, des déchets, leurs panneaux solaires, etc. Ils savent qu’ils ne doivent pas scier la branche sur laquelle ils sont assis. Les hôtels les plus luxueux que j’ai visités étaient profondément engagés dans une démarche éco-responsable, par exemple à l’Alila à Oman. Je vous parlerai aussi prochainement de Dakhla, dans le Sahara marocain, d’où je reviens, où on développe un très grand luxe dans un profond respect de l’environnement.

    alila jabal akhdar plus bel hôtel d'oman
    Alila Jabal Akhdar à Oman : ultra luxe, vraiment écolo.

    J’ai même parfois défendu des complexes qui servent souvent de cibles faciles, comme l’hôtel Atlantis aux Bahamas : ce méga-resort et parc d’attraction maritime, souvent critiqué pour ses aquariums, est aussi le seul endroit au monde où on parvient à faire se reproduire le poisson-scie, espèce menacée d’extinction, et un des meilleurs centres de réhabilitation des tortues blessées au monde. Je refuse le manichéisme, « gentils petits hôtels écolos » versus « méchants complexes de luxe » – le monde réel est complexe et nuancé, et le but du voyage, c’est aussi de réviser ses idées reçues.

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Atlantis.

    La responsabilité et le sens de la vie du blogueur de voyage

    Cela ne signifie pas que je cautionne tout, bien évidemment. J’ai déjà expliqué pourquoi je ne désire pas, à l’heure actuelle, me rendre aux Maldives, ni en Birmanie, en raison du génocide pratiqué contre les Rohingyas. Aucun pays n’est parfait, mais certaines violations des droits de l’homme heurtent trop ma conscience pour que je puisse continuer à soutenir le régime concerné. Mais si vous choisissez de passer vos vacances là-bas, promis, je n’irai pas vous allumer sur Twitter, je vous laisserai vivre en paix.
    J’ai des principes éthiques auxquels je ne souhaite pas déroger, je tiens à les expliquer et à les défendre, et je crois toujours à la responsabilité du blogueur de voyage : ne pas promouvoir des choses illégales, immorales, destructrices, œuvrer en faveur d’un tourisme intelligent, sensibiliser les gens. Je vais continuer à vous répéter comme une scie qu’il ne faut pas sortir les étoiles de mer de l’eau, pas même dix secondes, par exemple, parce que cela les tue.
    Mais toutefois, il est hors de question pour moi d’aller attaquer d’autres voyageurs quant à leurs choix.

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Coulisses de cette photo : j’ai arraché cette pauvre étoile aux mains d’un ignorant qui l’avait sortie de l’eau et je l’ai redéposée au fond. Photo prise sous l’eau, évidemment.

    Je vous l’ai dit, je n’aime pas les croisières, pour des raisons écologiques et sociales. Je n’aime pas ces énormes bateaux qui crachent un fioul très lourd et toxique, bien plus polluant que les pots d’échappement des automobiles, ces énormes bateaux qui arrivent le matin dans une ville, lâchent des milliers de touristes dans les rues sans qu’ils consomment quoi que ce soit, puisqu’ils mangent et dorment sur le bateau sans profiter à l’économie locale. Ce n’est pas un modèle soutenable. Mais qui suis-je pour juger celui qui prend une semaine de vacances dans l’année et rêvait par-dessus tout d’une croisière en Méditerranée, dont c’est le seul loisir et plaisir ? Moi qui voyage trente-six fois dans l’année, je n’ai pas à lui jeter la pierre, ce serait injuste et assez indécent. Ayons des causes à défendre, des combats qui nous tiennent à cœur, mais ne nous faisons pas la guerre les uns aux autres.

    Que voir et que faire en Aveyron ?
    Sauvez la planète, allez en vacances en Aveyron. Je vous jure que ça vaut le détour.

    Il y a quelques temps, mon amie Audrey alias Arpenter le chemin avait publié un beau billet s’interrogeant sur le sens de la vie de voyageur : nous profitons de la beauté du monde, nous savourons, nous sommes heureux, mais que construisons-nous, que faisons-nous pour les autres ? Notre vie de voyages a-t-elle un sens ? Parce que je crois profondément aux bienfaits du tourisme, pour ceux qui l’accueillent et pour ceux qui le pratiquent, je peux dire que oui, ma vie a un sens, et que je me sens utile. Quand Montclar ou le Castel d’Alzac m’écrivent en me disant « merci Ariane, grâce à vos articles nous avons eu plusieurs réservations », je me dis que j’ai contribué à des initiatives auxquelles je crois, modestement œuvré à faire vivre ces beaux projets. Quand je reçois un message privé sur Instagram me disant « merci Ariane, grâce à toi je suis allée à Caen et j’ai adoré cette ville », je suis profondément heureuse et touchée d’avoir pu inspirer une journée de découverte et de joie à quelqu’un. J’adore mon métier, vraiment, et je crois qu’il a un sens au-delà du plaisir personnel que j’en tire.

    Une station de ski familiale et solidaire dans les Alpes du sud : Saint Jean Montclar, autogérée par ses habitants
    Skier solidaire à Montclar.

    Prendre ou pas l’avion en 2019

    Mais alors, la planète, je m’en fous ? Non, absolument pas. Mon principal problème en ce moment, c’est celui des déchets plastiques, dont l’accumulation m’effraie. Je passe beaucoup de temps en transit, et je suis sans cesse obligée d’acheter à manger dans des gares, des aéroports… où on me sert toujours dans des barquettes plastique. J’essaie vraiment de m’engager dans une démarche de réduction des déchets, chez moi et en voyage, d’éviter les contenants en plastiquer, de produire moins de plastique et de le recycler autant que possible. Je suis en recherche constante d’idées à ce sujet, et très intéressée par le développement des bioplastiques.

    Même s’il s’agit pour moi davantage d’éthique que d’écologie, je suis très engagée dans la protection animale et je ne mange pas de viande (si ce n’est au Groenland et en Ouzbékistan, où il a été impossible de faire autrement) – si vous avez déjà vu une vidéo de L214 dans un abattoir, vous me comprenez sans doute. J’aime profondément les animaux, trop pour les manger. Toutefois je sais la contribution de l’élevage extensif aux paysages français, à l’entretien des montagnes et des prairies, et j’ai adoré voir les belles vaches sur le plateau de l’Aubrac et les moutons sur les pentes des Alpes du Sud. J’ai du respect pour les éleveurs et je sais combien ce sujet est complexe.

    Que voir et que faire sur l'Aubrac ? Activités et choses à voir à Laguiole et Brameloup, brame du cerf, burons, fromages. Blog Aubrac, nord Aveyron
    Vaches sur l’Aubrac.

    Reste la question de l’avion. J’ai vu passer sur Twitter de nombreux appels à ne pas prendre l’avion en 2019. Je comprends ce choix : je sais la contribution importante des avions à l’émission de gaz à effet de serre. On peut être écolo toute l’année et exploser son « empreinte carbone » en un long-courrier, j’en suis consciente.

    A titre personnel, la promotion touristique est mon métier, et il implique de prendre régulièrement l’avion, tout comme des dizaines d’autres professions – voyageurs d’affaire, commerciaux, artistes, sportifs, etc. Cela ne changera pas en 2019. Quand on m’envoie en reportage trois jours au Maroc, je n’ai pas la possibilité de m’y rendre en kayak.

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
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    En revanche, cela fait déjà longtemps que j’ai choisi de prendre beaucoup moins l’avion à titre privé, pour mes vacances et loisirs, ne serait-ce que pour des raisons de commodité : les aéroports, le franchissement de la sécurité, de la douane, les vols serrés comme des sardines, je le subis déjà à titre professionnel, je n’aime pas vraiment me le réinfliger à titre personnel. J’adore redécouvrir les bonheurs du voyage en France, en train ou en voiture. Cela va s’accentuer en 2019, où je vais continuer à beaucoup voyager dans notre pays. Si vous me suivez, j’aurai le plaisir de continuer à partager avec vous les merveilles de la France, et j’en suis ravie.

    Road trip en Haute Provence : lavandes de la Drôme et des Baronnies, Sisteron, Serre-Ponçon. Blog de Provence
    Sisteron, son rocher et sa citadelle – que la France est belle !

     

    Influenceurs et écologie
    Alsace.

     

    influenceurs et écologie
    Annecy

    Cap sur 2019

    Ce long article va s’achever ici, en vous invitant chaleureusement à réagir en commentaire, pour parler de l’évolution du blogging, de l’éthique, de l’écologie, du sens de la vie et des perspectives pour 2019. Je sais que certains sujets abordés sont polémiques, et je suis tout à fait ouverte à vos réactions – avec franchise et courtoisie toujours.

    Un dernier sujet restera en suspens dans ce long billet : la question du couple et de son exposition virtuelle ou non quand on est blogueuse. Je crois que cet article est déjà suffisamment long, et je garde un nouvel article confession-débat sur ce thème pour le mois de février – la Saint Valentin sera une occasion parfaite pour en discuter !
    Pour ne pas le rater, et pour ne pas rater l’Alsace, Lyon, Nice, les îles Féroé, la République dominicaine, les Bahamas, Dakhla, etc, je vous invite à vous inscrire à ma newsletter.

    Je n’ai pas de grande résolution ou de changement de cap à vous annoncer pour 2019. Après le chaos que fut 2018, je savoure le calme, la continuité, le fait de persévérer dans mes projets et de cultiver mes envies, sans ressentir le besoin de mettre un grand coup de gouvernail. Plus que jamais, j’aspire à la joie.

    Je remercie du fond du cœur toutes celles et tous ceux qui me suivent et me permettent, par leur présence et leur soutien, de continuer à voyager, à créer, à raconter la beauté du monde et la magie des expériences proches et lointaines. Merci à vous.

    Je vous souhaite à tous une belle et heureuse année 2019.

    influenceurs et sincérité
    Débutant l’année dans ma ville rêvée : Nice.

  • Un Noël scandinave : des livres et idées déco givrés

    Vous rêvez d’un Noël scandinave, avec des sapins enneigés comme dans les immenses forêts de Laponie, des bougies de la Sainte Lucie, des rennes et du blanc en avalanche ? Pour s’évader dans le grand nord depuis son canapé, je vous propose un article de l’Avent résolument orienté vers les aurores boréales. Voici donc ma liste de livres enneigés, à lire lové dans un plaid matelassé, mes idées de déco de Noël scandinave, et une petite collection d’objets qui éveilleront le viking ou la petite sirène en vous. Et la star de cet article de Noël nordique, c’est le très beau livre Givrés, Aventures dans le grand froid, récemment paru dans la collection Guides bleus des éditions Hachette, que je propose de gagner à trois d’entre vous en commentant cet article. God jul – joyeux Noël –, comme ils disent en Norvège !

    Noël scandinave
    Un Noël nordique…

     

    Un Noël scandinave, avec des livres sur le grand nord, des objets et des idées déco de Noël scandinave, et du maquillage coloré.
    Ambiance de Noël scandinave…

     

    Un Noël scandinave, avec des livres sur le grand nord, des objets et des idées déco de Noël scandinave, et du maquillage coloré.
    Trois exemplaires de ce magnifique livre à gagner dans cet article !

    Noël scandinave.
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     Cap sur le grand nord : des livres gorgés de blizzard et de magie
    Noël scandinave – déco de Noël scandinave – Noël norvégien

    Si vous êtes un fidèle d’Itinera Magica, vous commencez à connaître mon amour des immensités septentrionales, des bois feutrés et des fjords du grand nord, mon affection pour les destinations scandinaves et mon obsession irrationnelle à aller arpenter le cercle polaire arctique au cœur de l’hiver. J’adore prolonger le voyage en me plongeant dans des livres emplis de neige, de trolls et de dieux endormis. Voici quelques idées de lecture polaire.

    Un Noël scandinave, avec des livres sur le grand nord, des objets et des idées déco de Noël scandinave, et du maquillage coloré.
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    Un Noël scandinave, avec des livres sur le grand nord, des objets et des idées déco de Noël scandinave, et du maquillage coloré.
    A lire au coin du feu…

    Entrons au cœur des légendes du Nord avec les Contes des sages scandinaves, d’Anna Lazowski, paru aux éditions du Seuil. Ce livre magnifique, dédié à la déesse Skadi née de l’écume, chante ces « terres parsemées de lacs, marécages, de forêts généreuses, océans d’épicéas, pins, bouleaux, aulnes aux sèves rouges près des ruisseaux, illuminées par les aurores boréales » en recueillant les plus beaux contes populaires et les plus belles légendes mythologiques. Sublimement illustré dans un style qui rappelle les enluminures médiévales, ce recueil poétique et évocateur vous entraînera sur les traces de Freya, déesse de l’amour, dans les brumes du Nilfheim, franchir l’arc-en-ciel jusqu’au Bifrost, rêver avec les princesses danoises et les paysans islandais… Les sources mêlent les Edda (sagas mythologiques), les contes populaires et quelques histoires qu’on raconte aux voyageurs parcourant les vastes contrées du nord. Un petit bijou tout en douceur.

    Un Noël scandinave, avec des livres sur le grand nord, des objets et des idées déco de Noël scandinave, et du maquillage coloré.
    Un livre ravissant et poétique

    Un Noël scandinave, avec des livres sur le grand nord, des objets et des idées déco de Noël scandinave, et du maquillage coloré.
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    Pour une approche plus scientifique de la mythologie nordique, je vous recommande les Mythes nordiques de l’ancien professeur d’histoire anglo-saxonne et spécialiste des runes R.I.Page, parus chez Points. En moins de 180 pages, ce prof passionnant réussit à nous présenter tout le panthéon scandinave, ses figures principales, ses mythes fondateurs et les sources les plus importantes dont nous disposons. Un must pour qui veut un tour d’horizon à la fois rapide et solide des légendes du nord.

    Que sont les devenus les descendants de Thor, d’Odin et de Freya ? Pour comprendre la société norvégienne aujourd’hui, allez faire un tour chez Les Norvégiens pacifistes de la journaliste Vibeke Knoop Rachline, un essai bref (130 pages) mais riche et synthétique qui tente de sonder l’âme du peuple norvégien, entre tradition sociale, manne pétrolière incitant à l’hédonisme, culte de la nature, attraction des pôles et grand traumatisme national de l’attentat d’Utoya. A travers de brèves remarques et des rencontres, mélangeant récit et entretien, l’auteur nous livre le portrait contrasté d’une société pleine de contradictions.

    Un Noël scandinave, avec des livres sur le grand nord, des objets et des idées déco de Noël scandinave, et du maquillage coloré.
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    Restons en Norvège toujours, mais remontons le temps. Dans les années 30, peu avant qu’éclate la plus grande guerre du XXe siècle, un intellectuel praguois s’embarque pour une croisière à travers la Norvège et raconte le hasard de ses rencontres et péripéties, tout en griffonnant de jolis croquis. Le Voyage vers le nord  de Karel Capek, paru aux éditions du Sonneur, est un immense coup de cœur. C’est pour moi le récit de voyage parfait, mêlant observations journalistiques précises et passionnantes, lyrisme délicat magnifiant la beauté du grand nord, et un humour merveilleux, à la fois naïf, burlesque et très fin, qui m’a souvent fait éclater de rire. A cela s’ajoutent ces petits croquis parfaitement exécutés qui capturent en quelques traits les paysages grandioses du nord. J’ai adoré, adoré ce livre, un petit bijou de poésie du réel que je recommande chaudement à tout voyageur amoureux de la Scandinavie. Karel Capek deviendra votre compagnon de voyage idéal et vous ne le quitterez qu’à regret à la fin de la croisière, une fois revenu à Rügen.

    Livres de Noël scandinave
    Voyage vers le nord.

    Voyage de Noël scandinave
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       Partons enfin sur la Neva étincelante de neige : à Saint Pétersbourg, phare occidental de la grande Russie. Ado, j’étais partie quelques jours en hiver dans la ville de Pierre le Grand, son « rêve de pierre », que la plupart des voyageurs considèrent comme la plus belle ville de Russie et une des plus belles villes du monde tout court. J’avais été éblouie par la majesté de cette cité impériale, par les façades grandioses de la perspective Nevski, les palais et les musées magnifiés par la lumière drue de l’hiver. Je rêve absolument de retourner un jour en Russie et plus particulièrement à Saint Pétersbourg, dont je garde le souvenir d’un éblouissement. Les éditions Robert Laffont ont lancé en Pavillons poches une collection que j’adore, des « Escapades littéraires » : une collection de textes d’écrivains consacrés à une ville dont ils sont tombés amoureux. Elles ont eu la gentillesse de m’envoyer, à ma demande, le volume consacré à Saint Pétersbourg. C’est une collection de textes magnifiques, de Russes et de voyageurs, éblouis par Pétersbourg et à l’enthousiasme contagieux… qui m’a fait rêver de revoir un jour l’hiver en Russie.

    noël nordique
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    Le grand livre de l’aventure polaire : gagnez votre exemplaire de Givrés !

    Parmi les beaux livres de voyage, c’est une des sorties les plus remarquables de cette fin 2018 : Givrés ! Aventures dans le grand froid, qui vient de paraître aux éditions Hachette dans la collection Guides bleus, réjouira tous les amoureux du grand nord, de l’extrême et de l’insolite. Le principe est simple : suivre, en histoires et en photos, les dingues du froid, les aventuriers qui escaladent des cascades gelées, traversent la banquise arctique en pulka ou l’océan glacial en kayak, plongent sous la glace, font du chien de traîneau ou de la course de moto sur glace… Ajoutez à cela de splendides photos en double page des icebergs du Groenland, de la glace sur le lac Baïkal, des forêts de Laponie enneigées, des plus hauts sommets des Alpes en hiver, etc, et vous aurez le cadeau de Noël idéal pour le voyageur amoureux du nord.

    Des livres nordiques pour un Noël scandinave. Idées de déco de Noël scandinave
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    Des livres nordiques pour un Noël scandinave. Idées de déco de Noël scandinave
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    Des livres nordiques pour un Noël scandinave. Idées de déco de Noël scandinave
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    Des livres nordiques pour un Noël scandinave. Idées de déco de Noël scandinave
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    Pour fêter la sortie de ce très beau livre, je vous propose, en partenariat avec les éditions Hachette, de gagner un des trois exemplaires mis en jeu. Pour participer à ce concours de Noël, deux options : vous pouvez laisser un commentaire sous cet article, ou jouer sur Instagram. Et pour doubler vos chances de gagner, vous pouvez très bien faire les deux 😉 Le tirage au sort aura lieu le 17 décembre. Merci aux éditions Hachette de permettre à trois de mes lecteurs de recevoir ce magnifique ouvrage !

    Des livres nordiques pour un Noël scandinave. Idées de déco de Noël scandinave
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    Une déco de Noël scandinave : bougies, plaids en fausse fourrure et chats norvégiens

    Il y a quelques années, Meik Wiking avait connu le succès avec son ouvrage Le livre du hygge – Mieux vivre grâce à la méthode danoise et nous avions alors découvert le concept du « hygge » qui consiste, en gros, à rester tranquillement chez soi quand il fait froid dehors, s’envelopper dans un plaid bien chaud, allumer des bougies et lire un bon bouquin au coin du feu. J’approuve cette hygiène de vie. Les bougies sont un élément essentiel de la culture scandinave, notamment en Suède, où on fête début décembre la Sainte Lucie avec des processions d’enfants couronnés de bougies. Au cœur de la nuit polaire, ces lueurs sont un symbole d’espoir et de résilience, pour lancer le temps de l’Avent. Savez-vous comment on appelle la bougie en suédois ? Levande ljus, la lumière vivante. Je trouve cela magnifique.

    Un Noël scandinave, avec des livres sur le grand nord, des objets et des idées déco de Noël scandinave, et du maquillage coloré.
    Chandelier suédois.

    Le petit sapin est un chandelier importé de Suède, qui rappelle les couronnes lumineuses de la Sainte Lucie. Je l’ai trouvé à Paris chez Björka Design, boutique de design nordique éco-responsable. Quant à la bougie en bois, sculptée en forme de cœur dans un tronc d’arbre, elle vient de la boutique Maison des Senteurs à Aix-en-Provence, qui propose ce type de bougies naturelles en cire d’abeille, parfum de Grasse et huiles essentielles, sans formaldéhyde. Outre le cœur, vous trouverez plusieurs formes : étoile, sapin… Les autres bougies présentes sur la photo viennent de Maisons du Monde ou Ikea, tout comme les décorations du sapin de Noël, made in Ikea aussi (on reste suédois).

    Idées déco de Noël scandinave
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    Idées déco de Noël scandinave
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    Idées déco de Noël scandinave
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    Les assiettes à l’effigie d’un renard, d’une chouette, d’une maison scandinave… viennent de la boutique La Chaise longue, dont j’adore la déco décalée et originale. Il s’agit d’un set de 6 assiettes « hiver boréal ». Enfin, le coussin avec des macareux dessus vient des îles Féroé, où je suis partie l’été dernier. Emblème de l’Atlantique Nord, cet oiseau magnifique et rare s’observe aux îles Vestmann au large de l’Islande, dans certaines îles du nord de l’Ecosse, et aux Féroé, où j’ai eu le bonheur d’en voir pour la première fois. Je n’ai pas retrouvé exactement le même coussin que le mien sur le net, mais j’en ai trouvé un approchant : coussin macareux.

    Déco de Noël scandinave
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    chat norvégien écaille de tortue
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    Passons aux plaids, élément essentiel du hygge réussi ! Je suis résolument opposée à l’utilisation de la vraie fourrure en mode, trouvant ce commerce cruel et barbare – pour une argumentation plus poussée à ce sujet, je vous invite à découvrir le site de Mode sans Fourrure. Mais j’encourage la fausse fourrure synthétique de qualité, qui recrée l’atmosphère à la Game of Thrones sans écorcher des renards et autres chiens viverrins. J’ai eu l’an dernier un coup de cœur pour ce superbe plaid en fausse fourrure imitation loup de Sibérie, très lourd, très chaud et très classe, qui est vraiment d’excellente facture. Je l’avais acheté en boutique à Munich, mais je vous l’ai retrouvé sur Amazon : plaid loup. C’est de loin mon plus beau plaid.

    Noël scandinave.
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    Les autres plaids (plaid avec des rennes et des runes, plaid à flocons) viennent tout simplement de chez Carrefour, tout comme le sapin blanc. Tous les ans à Noël, Carrefour sort une série de plaids hivernaux et je craque à chaque fois.

    Un Noël scandinave, avec des livres sur le grand nord, des objets et des idées déco de Noël scandinave, et du maquillage coloré.
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    Et que mettre sur le plaid pour un hygge total ? Un chat, évidemment. Alors je vous rassure, je n’ai pas acheté de chat spécialement pour cette série – cela fait une dizaine d’années que plusieurs chats des forêts norvégiennes, en V.O. norsk skogkatter, partagent ma vie. Moi qui suis complètement obsédée par la Scandinavie, j’ai un petit morceau de légendes nordiques et de magie boréale mon canapé au quotidien. Si vous voulez en savoir plus sur cette race merveilleuse que je trouve incomparablement belle, sociable et attachante, je vous invite à lire l’article sur mon terrifiant voyage au Danemark, « le voyage dont j’ai failli ne jamais revenir ». Cela vous fera une histoire gothique avec des chats dedans. Dans cette série de photos, j’ai fait intervenir deux de mes stars norvégiennes, la flamboyante Quiroga Jakobusland et la bleue Lilotus av Verden. Un chat n’est évidemment pas un cadeau qu’on offre à Noël par surprise, c’est une trop grande responsabilité et une décision qui se mûrit longuement, mais si vous rêvez d’un chat norvégien et que vous y avez bien réfléchi, je vous conseille d’acheter un chaton chez mon amie Marie-Pierre François, qui est considérée comme une des meilleures éleveuses de France. La chatterie Lailoken, à Nancy, est un élevage familial et passionné qui fait naître des chats exceptionnels depuis plus de vingt ans.

    chat norvégien bleu et blanc
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    chat norvégien bleu et blanc
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    chat norvégien écaille et blanx
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    chat norvégien écaille et blanc
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    La bande son de l’hiver : Edvard Grieg mon amour

    Avis aux parisiens : l’ensemble vocal Largentière propose trois concerts de Noël intitulés « Lumières du Nord », où on entendra les plus grands compositeurs nordiques, comme Sibelius, Grieg ou Lauridsen. Edvard Grieg est un de mes compositeurs préférés, un Norvégien romantique et doucement mélancolique qui a le don de me transporter chaque fois que je l’entends. Pour le découvrir, je vous propose d’écouter son morceau le plus célèbre, le Matin – vous ne ressentez pas une grande paix et une douce harmonie vous envahir peu à peu ?

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    Les couleurs vives de l’hiver : ambiance petite sirène en beauté

    Au cœur de l’hiver, la Scandinavie aime cultiver la couleur : on pense aux maisons couleur rouge de Falun en Suède, aux rorbuer (cabanes de pêcheur) colorées des îles Lofoten, ou encore à Nuuk, la capitale multicolore du Groenland. Voici donc quelques inspirations chatoyantes.

    Découvrez Nuuk, capitale du Groenland. Que voir et que faire à Nuuk ? Musées, excursions dans le fjord, découverte de la montagne... Nuuk groenland blog.
    Nuuk, capitale du Groenland

    Quelle gamine n’a pas rêvé un jour de se changer en sirène ? La petite sirène vient du Nord : elle est née sous la plume du danois Hans Christian Andersen, à qui on doit ce conte déchirant d’amour impossible et de mondes que tout sépare. C’est pour cela que la sirène trône dans le port de Copenhague, que j’ai eu le bonheur de visiter au printemps dernier.

    Des idées de déco de Noël scandinave
    La petite sirène de Copenhague

    Je suis amoureuse des sirènes et de toute la mythologie océanique qu’elles charrient sur leur joli dos d’écaille nacrée. Vous imaginez donc ma joie en découvrant chez La Chaise longue un plaid sirène bleu turquoise qui accompagne ma lente métamorphose en créature aquatique piscinicole.

    Déco de Noël scandinave
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    Et pour compléter la panoplie petite sirène, j’ai dans la main (et sur les paupières) la palette Be a Mermaid de Tarte, une marque de cosmétiques américaine dont je suis folle car leurs palettes sont extraordinairement pigmentées et intenses. La palette Be a Mermaid, que j’utilise quasi exclusivement depuis le printemps, est malheureusement en rupture de stock, mais ils ont de nombreuses autres palettes à découvrir ici – c’est une de mes marques fétiches, notamment pour le maquillage des yeux.

    Palette tarte mermaid
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    Palette tarte mermaid
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    Je finis cette série maquillage par le tout nouveau rouge à lèvres de Givenchy, Le Rouge Perfecto, qui m’a été offert la semaine dernière par ma rédactrice en chef dans la nuance Le Rose Perfecto – un fuchsia dont j’aime beaucoup la nuance et la texture très douce. Le packaging est magnifique, ce rouge à lèvres a un côté bijou que j’aime beaucoup.

    Rouge à lèvre Givenchy Rouge Perfecto
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    Rouge à lèvre Givenchy Rouge Perfecto
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    Rouge à lèvre Givenchy Rouge Perfecto
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    Encore un peu d’inspiration nordique…

    Si vous rêvez de plus d’inspiration nordique, je vous propose de retrouver mes différents articles sur le grand Nord. Voici une petite sélection :

    * les plus beaux glaciers et icebergs du monde
    * les icebergs d’Ilulissat au Groenland, ou encore Nuuk, sa capitale
    * les forêts et les rennes de Laponie finlandaise
    * l’Islande de l’Ouest en hiver
    * Kangerlussuaq au Groenland et Copenhague au Danemark
    * mes conseils pour choisir la destination arctique qui vous correspond le mieux.

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
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    Je vous souhaite une jolie période de l’Avent. A suivre sur Itinera Magica : la Bourgogne, l’Alsace, la Suisse, la République dominicaine, les Iles Féroé… Inscrivez-vous à la newsletter ?

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  • Pourquoi j’aime le Salon des blogueurs de voyage #WAT

    Le Salon des blogueurs de voyage ? Tous les ans, c’est un rendez-vous majeur pour la communauté des blogueurs. Fin avril, vous avez sans doute vu passer le hashtag #WAT18 sur vos réseaux sociaux, accompagné de photos de blogueurs sautant à l’élastique ou faisant la chenille dans le sud de l’Aveyron. C’est parce que cette année, le Salon des blogueurs de voyage avait lieu à Millau et c’était une très, très belle expérience. J’avais envie de vous raconter pourquoi je vais au Salon des blogueurs de voyage, pourquoi j’y suis attachée, et ce qu’il révèle sur l’évolution du métier de blogueur.

    Commençons par une petite définition des termes : le Salon des blogueurs de voyage, qu’est-ce que c’est ? C’est un évènement qui rassemble chaque printemps la communauté des blogueurs et facilite la rencontre avec les professionnels du tourisme souhaitant travailler avec eux. Chaque année, le salon a lieu dans une ville différente, et les blogueurs sont invités à vivre différentes expériences touristiques mettent en valeur la région qui les accueille. L’évènement dure quatre jours en tout : deux jours de « blog trip » (voyages entre blogueurs) dans la région qui accueille l’évènement, deux jours de salon avec rendez-vous professionnels. Des offices de tourisme, des hébergeurs et d’autres marques viennent présenter leur destination et leurs produits, les blogueurs prennent rendez-vous avec eux pour leur soumettre des projets. De nombreuses conférences, fêtes et remises de prix sont organisées, l’évènement est extrêmement dense, riche et festif. Pourquoi ce hashtag, WAT18 ? Parce que l’organisateur est la société We Are Travel, fondée par Xavier Berthier. Ce salon des blogueurs de voyage est l’unique évènement de ce genre dans le monde francophone (il existe des équivalents notamment dans les pays anglophones et germanophones) et en cinq ans d’existence, il a vite su s’imposer comme un rendez-vous majeur.

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    500 personnes au soleil couchant face au viaduc de Millau : c’était le salon des blogueurs de voyage WAT2018. Photo Adeline Lebel pour le salon We Are Travel – un super souvenir.

    Pourquoi y aller, pourquoi y suis-je attachée ?

    Le Salon des blogueurs de voyage :
    pour une professionnalisation intelligente du métier de blogueur

    Disons-le tout de suite : le WAT est un salon professionnel, c’est d’ailleurs pour cela qu’il a lieu en semaine. Cela ne fait qu’acter la mutation profonde du blogging. Il y a une dizaine d’années, les blogs étaient plus artisanaux, plus privés. On les ouvrait avant tout pour raconter ses vacances ou son tour du monde à ses proches, sans autre ambition que le partage personnel. Ce type de blog existe bien sûr toujours, et a toute sa place, mais la tendance à la professionnalisation est indéniable. Pour beaucoup d’entre nous aujourd’hui, être blogueur de voyage signifie un investissement en temps, en matériel, en énergie et en compétences considérable, qui suppose qu’on s’y consacre à plein temps. Les destinations et les marques l’ont bien compris et font de plus en plus appel aux blogueurs pour leur communication et leur création de contenu. C’est quelque chose dont j’ai déjà souvent parlé sur ce blog, notamment ici (« Peut-on vivre de son blog de voyage ? ») et ici (« Les influenceurs, une bulle qui va éclater ? »). Bien sûr, cette transformation ne se fait pas sans interrogations. Les blogueurs ont eu du succès justement parce qu’ils n’étaient pas institutionnels, pas formatés, qu’on trouvait chez eux une fraîcheur et une spontanéité qui permettaient de mieux s’identifier à eux – comment assumer la professionnalisation sans perdre la confiance de son public ?
    Dans mes précédents articles à ce sujet, j’évoquais quatre dangers principaux.

    * Le danger du mensonge. Quand on cache à ses abonnés qu’un article ou un post est sponsorisé, on perd leur confiance plus sûrement qu’en assumant un partenariat intelligent.

    * Le danger du mirage. Dans certains cercles, notamment ceux de la mode, de la beauté ou du lifestyle, la fascination pour les influenceurs est allée trop loin et a engendré une surenchère dangereuse, nourrie par des faux abonnés et des contrats mirifiques. Des marques ont payé des dizaines de milliers d’euros des influenceurs comptant un million d’abonnés sur Instagram, tout ça pour un retour sur investissement quasi nul. On a découvert après coup que beaucoup de ces influenceurs avaient acheté des abonnés, triché, et exigé des ponts d’or pour des résultats bien incertains. Après l’hystérie a suivi la méfiance.

    * Le danger de l’exploitation. A l’inverse des influenceurs superstars qui ont obtenu des sommes mirobolantes, trop de micro-influenceurs ont été exploités par des partenaires qui refusaient de les rémunérer, et demandaient un travail énorme (création de contenu, promotion, rédaction…) sans contrepartie, arguant que le blogging se devait de rester une passion. Passion ne signifie pas travail gratuit, surtout quand on connaît le prix du matériel utilisé par les photographes et vidéastes, et le temps que demande la création de contenu.

    * Le danger de l’éparpillement. Quand un blogueur commence à avoir du succès, les propositions affluent. Il faut être capable de connaître son identité et son public, de savoir pourquoi vos lecteurs vous suivent et quel type d’opérations vous correspondent ou pas. Souvent, les partenariats ratés sont dus à une déconnexion entre l’identité du blogueur impliqué et le style de produit ou de prestation mise en valeur. Cela sonne faux. Il faut savoir qui on est, et être capable de dire non à des opérations qui peuvent être tout à fait bien en elles-mêmes, mais qui ne sont pas faites pour vous.

    A mon avis (et je sais que beaucoup de collègues blogueurs voient les choses comme moi), la solution pour conjuguer passion et professionnalisation sans perdre notre public passe par plusieurs choses :

    * Sincérité. Sincérité vis-à-vis du lecteur : on mentionne TOUJOURS qu’un post est sponsorisé, qu’on a un partenariat avec une marque, une destination, qu’on a été invité à passer la nuit dans tel hôtel, etc. Sincérité vis-à-vis du partenaire : pas d’achats de followers, pas de chiffres truqués ou gonflés, on donne ses chiffres véritables et on l’encourage à vérifier. On se souviendra du fait qu’une opération avec une influenceuse star à un million de followers avait donné lieu à… zéro vente, et que ce qui compte, c’est moins le nombre de followers que l’authenticité de la communauté et la qualité de l’engagement.

    * Utilisation intelligente des compétences du blogueur. Pour assurer leur promotion, les destinations ont en permanence besoin de contenu. Il leur faut des récits, des photos, des vidéos… Beaucoup ont compris qu’impliquer les blogueurs dans leur création de contenu était une stratégie gagnante, qui permet de faire d’une pierre deux coups : le blogueur fait la promotion de la destination auprès de sa communauté, et cède à son partenaire du contenu qui pourra être réutilisé, impliqué dans d’autres projets. On voit de plus en plus souvent des blogueurs écrire pour le site d’une destination, céder des photos, créer une vidéo, etc. Je trouve cette évolution extrêmement positive. Elle valorise le talent du blogueur, et permet de se détacher un peu de la pression du chiffre. Imaginez un blogueur qui n’aurait pas une grosse audience, mais un talent de vidéaste immense ; peu importe ses chiffres, si la destination peut acheter sa vidéo et la diffuser elle-même. Cela suppose aussi une rémunération juste : ni pont d’or, ni exploitation, mais la juste valeur du travail fourni.

    * Discernement. On ne peut pas dire oui à tout, aller partout, tout accepter. Il faut choisir les projets qui nous ressemblent.

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Dès qu’il y a des chevaux, ça me ressemble. (Ici, en Camargue.)

    J’en reviens donc au Salon des blogueurs de voyage. Ce qui m’a infiniment satisfaite au salon, à travers les conférences données et les rencontres avec les destinations et marques présentes, c’est qu’il encourage à une professionnalisation intelligente du métier et pousse à une évolution dans le bon sens. Je voudrais rassurer ceux qui craignent que le salon les encourage à se vendre au plus offrant, à se conformer au marketing, à raboter leur identité pour obtenir plus. Se professionnaliser ne signifie pas perdre son âme. Ce n’est pas un salon du blogging business. Ce n’est pas une foire d’empoigne à qui aura les plus gros chiffres, à quel blogueur a le plus de likes sur Instagram, à quelle destination paie le plus. Ce n’est pas une cour des miracles et des mirages, où on se promet monts et merveilles. Ce salon éduque à la fois les blogueurs et les exposants aux bonnes pratiques. L’immense majorité des rencontres que j’ai faites étaient respectueuses et constructives et des collaborations ont pu être envisagées sur une base saine. J’en suis ressortie très optimiste sur l’avenir des blogs de voyage.

    Pour la qualité des rencontres avec les exposants au WAT

    Bien sûr, on peut monter des projets sans aller au WAT – encore heureux. Vous n’avez pas raté votre vie de blogueur si vous n’étiez pas au salon. Mais je dois dire que la qualité des rencontres m’a marquée cette année encore (et peut-être encore davantage que les années précédentes). Le climat du WAT incite à la créativité, à l’initiative, à monter des projets. Les gens sont plus accessibles, plus détendus, plus ouverts. Et surtout, le WAT est un gain de temps considérable. Vous avez devant vous des destinations qui veulent travailler avec les blogueurs, qui ont envoyé sur place la bonne personne, qui vous expliquent leurs besoins. Vous n’avez pas à chercher le bon contact, vous savez que les gens qui sont face à vous sont potentiellement intéressés et réceptifs. C’est un accélérateur de projets. Je suis en train de monter quelque chose de très spécial pour le printemps 2019 (suspense ;)) et ce salon tombait à merveille pour moi, car j’avais face à moi plusieurs personnes susceptibles d’être impliquées, en chair et en os, réunies dans un même lieu. C’est une situation rare et privilégiée.

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Plonger à toute allure dans de nouveaux projets… ici en kayak sur la Dourbie.

    Pour les retrouvailles et les fêtes

    Plusieurs amies blogueuses m’ont dit « j’ai peur de ne connaître personne au salon ». Je voudrais les rassurer tout de suite : il est impossible de rester dans son coin au WAT, à moins de vraiment le vouloir. C’est un fabuleux rassemblement de gens qui partagent la même passion, dans une ambiance de fête, de détente, de colonie de vacances géante. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas autant amusée. Le WAT, c’est le Club Med, c’est une macarena king size, c’est la grande récréation, c’est le bonheur. On éprouve un plaisir immense à retrouver des amis normalement éparpillés aux quatre coins du monde. Nous qui sommes des nomades, des vagabonds toujours entre deux avions, nous avons souvent du mal à nous retrouver dans la vraie vie. Chaque fois qu’on essaie de monter un apéro entre potes voyageurs, il y en a un qui est au Chili et l’autre à Budapest. Mais tout le monde (ou presque) vient au WAT. Ça resserre les liens, renforce les amitiés, crée des souvenirs inoubliables. La communauté des blogueurs est une vraie famille et je l’ai ressenti dans la joie et dans la tristesse. Dans la joie, à travers les danses endiablées, les blagues potaches, les chants débiles dans le bus, les embrassades, les selfies à 18, les défis et les délires. Dans la tristesse, lorsque l’Adonet a annoncé décerner un Clic d’or d’honneur à la talentueuse Julie Sarperi, qui avait fondé le blog Carnets de traverse et nous a quittés brutalement en décembre 2017. L’émotion était palpable…
    Au Salon des blogueurs de voyage, les solitaires que nous sommes se souviennent qu’ils ne sont pas seuls.

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Avec mon amie adorée Amandine alias la Lykorne illettrée.

     

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Une jolie brochette à la Maison de la photo de Jean-Marie Périer (au centre) : de gauche à droite, moi, Moran de rencontre le monde, Marion de Sauvazine, Jean-Marie Périer, Chris du Blog du voyage, Gaïa et Gilda les Aventureuses, Magali la super organisatrice du blogtrip pour la région Najac-Rouergue.

     

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Moran en plein test du quick jump à la base de loisirs de Najac.

     

    Pour l’Aveyron : un #WAT18 monumental

    Le Salon des blogueurs de voyage, c’est toujours une très belle expérience. Mais cette année 2018 en Aveyron, c’était absolument monumental. Je ressentais une joie immense à l’idée de revenir pour la 3e fois cette année au pays de l’aligot, après avoir découvert les merveilles du sud Aveyron, les sublimes villages du nord et l’Aubrac. L’Aveyron est à mes yeux un des plus beaux départements de notre pays, un concentré de France éternelle et authentique, mais qui sait aller au-delà de la carte postale pour proposer une richesse d’activités et d’expériences absolument extraordinaire. Si vous cherchez une destination à la fois sublime et exaltante, pour vous ressourcer ou pour tester mille sports et activités, foncez en Aveyron, vous ne le regretterez pas une seconde. J’ai eu un coup de cœur immense pour ce vert pays de toute beauté, suspendu entre le midi et la montagne.
    Je vous en parlerai davantage dans un prochain article : chaque blogueur a bénéficié de deux jours (dimanche et lundi) pour découvrir un coin d’Aveyron, et je suis partie avec un petit groupe sympa dans l’Ouest du département, autour du château de Najac et des bastides du Rouergue. Le Salon des blogueurs de voyage permet de mettre un gros coup de projecteur sur la région qui l’accueille, et j’espère que la publicité bien méritée que nous faisons tous au merveilleux Aveyron saura vous convaincre d’y faire un tour.
    Pendant le salon lui-même, la qualité de l’accueil a été extraordinaire aussi, et je veux remercier chaleureusement l’équipe de We Are Travel et tous les représentants du tourisme en Aveyron pour cette expérience folle. L’Aveyron a l’hospitalité dans le sang, et c’était quelque chose de rare et beau de voir TOUS les spécialistes du tourisme en Aveyron, les représentants de toutes les régions avec leur écharpe verte, faire la fête avec nous jusqu’au bout de la nuit, y compris le président du conseil départemental, le maire de Bozouls… On ressentait une chaleur humaine et une convivialité exceptionnelles. Je suis repartie plus amoureuse de l’Aveyron que jamais et je vais y retourner encore (c’est déjà dans les tuyaux !).

     Une jolie brochette à la Maison de la photo de Jean-Marie Périer (au centre) : de gauche à droite, moi, Moran de rencontre le monde, Marion de Sauvazine, Jean-Marie Périer, Chris du Blog du voyage, Gaïa et Gilda les Aventureuses, Magali la super organisatrice du blogtrip pour la région Najac-Rouergue.
    Le sublime village de Najac.

     

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Le gâteau à la broche : vive l’Aveyron !

    Pour les surprises et les délires : des blogueurs de voyage en folie

    Voici un petit résumé de ce que nous avons vécu, afin de vous donner un aperçu de ce qu’est un WAT grandiose. A Millau, nous étions tous logés (les 250 blogueurs) au domaine de Saint Estève, un très bel ensemble de chalets locatifs avec piscine et vue sur le viaduc. Le dimanche soir, des navettes nous ont conduit vers un lieu secret pour la soirée inaugurale. Nous nous sommes retrouvés sur le fabuleux vélorail du Larzac, chemin de fer désaffecté serpentant au-dessus des viaducs du plateau transformé en site touristique d’exception, et avons pédalé comme des fous à travers les tunnels. Puis le bus nous a conduits au village médiéval de Sainte Eulalie de Cernon, où des chevaliers en armure nous ont escortés jusqu’à la place du village, qui avait été changée en fête du XIIIe siècle, avec ateliers d’arc, d’arbalète, de lutte, fontaine d’hypocras et artisanat du Moyen-Âge. La fête s’est poursuivie à l’intérieur d’une magnifique cour médiévale, avec cracheurs de feu, jongleurs et musique.

    Au domaine Saint Estève (avec mon Iphone, à la bourre le matin après une nuit trop courte  ;))

     

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Au vélorail du Larzac. Je ne dénoncerai pas l’équipe de devant, mais qu’est ce que ça braillait 😉

     

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Bienvenue à Sainte Eulalie de Cernon.

     

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
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    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
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    Le salon lui-même était installé au cœur de Millau, avec une partie en plein air et un joli décor champêtre, avec ballots de paille et parasols colorés. Conférences le matin, rencontre avec les exposants l’après-midi, le programme était intense, mais les soirées l’étaient encore plus. Le deuxième soir, nous sommes tous allés admirer le coucher du soleil sur le sublime viaduc de Millau, avant d’entrer dans la célèbre aire du viaduc qui est grande et belle comme une cathédrale. Après un parcours gustatif délicieux (vive l’aligot !), un groupe de rock aveyronnais, La Deryves, a mis une ambiance incroyable, c’était Johnny meets la chenille qui redémarre, Mick Jagger faisant un paquito, et on a dû nous mettre dehors de force à 1h du matin tellement on en redemandait. On avait tous des petits yeux pour le dernier jour du salon, mais l’after nous forçait à rester : la compagnie Roc et Canyon (super spécialistes des sports outdoor, je les adore depuis que j’ai fait la descente de la Dourbie avec eux) avait installé un coussin de cascadeur géant, sur lequel on pouvait se jeter depuis une plate-forme mouvante située à 6 ou 12 mètres. Ou comment finir de façon monumentale. Autant dire qu’il faudrait vraiment être le dernier des grincheux pour ne pas s’amuser au WAT et que tout le monde était conquis – je crois que les Aveyronnais se sont autant éclatés que nous. We Are Travel a un vrai sens de la surprise et du spectacle, et j’ai tellement hâte de savoir ce qu’ils nous réservent l’année prochaine…

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Ambiance bucolique au salon.

     

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Le guitariste de La Deryves en plein solo. Merci à Elodie et Mathieu du blog A ticket to ride pour cette super photo !

    La sélection et les prix au WAT :
    une petite histoire personnelle d’échec et de victoire  

    A ce stade, vous vous demanderez sans doute : pourquoi n’irait-on PAS au Salon des blogueurs de voyage ? Parce qu’il faut être sélectionné. We Are Travel assume de sélectionner les blogueurs qui participent à ce salon professionnel et de vouloir présenter aux exposants (qui paient leur stand) uniquement des blogueurs ayant une certaine ancienneté, une certaine audience, un contenu de qualité, etc. La sélection s’est un peu durcie cette année : jusqu’ici le WAT accueillait deux groupes de blogueurs, les blogueurs invités (qui participaient aux blog trips et avaient l’hébergement) et les autres, et cette année We Are Travel a décidé de changer la formule et de n’avoir que des blogueurs invités, participant aux blog trips et hébergés au domaine Saint Estève. Cela correspond aussi à l’évolution du WAT, qui a lancé sa propre plateforme de mise en relation entre blogueurs et professionnels du tourisme, intitulée My Bloggers, qui ne présente que des influenceurs sélectionnés. Je suis d’accord sur le principe de la sélection et j’ai beaucoup aimé cette formule, car c’était fabuleux d’être tous ensemble, mais elle s’accompagne forcément de quelques déceptions et crève-cœurs. J’ai eu des copines refusées que j’appréciais beaucoup, qui avaient un grand talent, mais peut-être un blog encore un peu jeune, ou une audience encore un peu trop réduite… Assumer la sélection peut être douloureux et j’imagine que cela n’a pas été évident pour l’équipe du WAT non plus. Je sais que certains blogueurs refusés l’ont eu en travers de la gorge, et c’est quelque chose que je peux comprendre, car voici une petite confession : sur une précédente édition du WAT il y a quelques temps, j’avais été très blessée de ne pas faire partie des blogueurs invités. Je l’avais ressenti comme une injustice et cela m’avait touchée.
    J’aurais pu me draper dans ma fierté et me dire « tant pis pour le WAT, ils ne veulent pas de moi, ils ne m’auront pas ». Mais en toute sincérité, je me serais punie moi-même, car le salon est une belle fête et une belle opportunité. Après cet échec, j’ai continué à travailler mon blog, qui était alors encore jeune, j’ai amélioré mon référencement, investi plus de temps sur mes réseaux sociaux, persévéré… j’ai fait grandir Itinera Magica et je suis revenue au WAT. Le temps a passé et cette année, j’ai reçu au WAT18 une récompense qui m’a profondément touchée. Mon blog a fait partie des 5 finalistes pour le trophée Blog Expert, avec quatre autres blogueurs talentueux, Novomonde, One day One travel, Sentiers du Phoenix et Smartrippers. Nous avons eu l’honneur d’ouvrir le salon avec des présentations de trois minutes de nos blogs sur la grande scène, avec tous les yeux braqués sur nous… un petit moment de stress, mais un beau coup de projecteur, dont j’ai été très heureuse et touchée. Le chemin continue, et ceci est un joli coup de pouce – merci ! Ne restez jamais sur un échec, les choses changent et le travail paie, j’en suis persuadée.

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    En pleine présentation de mon blog – un grand merci à mon amie Olivia du blog La fille de l’encre pour la photo !

    Je félicite chaleureusement Fabienne et Benoît de Novomonde, qui ont remporté la victoire avec leur beau blog consacré aux tours du monde et aux aventures en sac à dos, et qui viennent de sortir un livre pour aider les futurs tour-du-mondistes. Arriver à la deuxième place m’a beaucoup touchée, et j’étais ravie de partager ce podium final avec Julien de Sentiers du Phoenix, dont je suis et j’admire depuis longtemps le travail magnifique, entre aventure sauvage et ambiances mystiques. Cette récompense m’a émue.

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Avec Julien (Sentiers du Phoenix), célébrant nos prix ! Merci à Adeline & We are Travel pour cette photo que j’adore, un super souvenir.

     

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Une récompense qui me touche !

    Une profession de foi : blogueuse voyage, pour l’amour des lieux et des gens

    Je voulais repartager ici le texte de ma présentation lors de l’ouverture du salon, où j’ai pu évoquer ma façon de vivre mes voyages et ce blog, Itinera Magica.

    « Je suis née en Drôme provençale et j’ai grandi sur un plateau calcaire au-dessus du Rhône, traversé par des sources silencieuses et les racines des romarins. Les Romains, les Burgondes et la Marquise de Sévigné y ont vécu et y ont laissé leur trace. J’aime profondément ce pays.
    Vous tous ici, vous venez de différentes régions de France et du monde. Peut-être que vous venez d’Aveyron et que vous avez grandi avec les cardabelles sur le Larzac, peut être que vous venez de Bretagne et que les grandes marées ont rythmé votre enfance, peut être que vous venez d’ailleurs, de très loin, et que vous portez ces lointains au cœur.
    Mais quand vous pensez au pays qui vous a vu naître, des images et des sensations très fortes vous envahissent. Vous pensez à des paysages, à des villes, à des fêtes, à des aliments, à des personnes et à des traditions qui vous font dire : c’est ça, l’âme de mon pays. C’est ce qui le rend unique. C’est pour ça que je l’aime.
    Mon blog s’appelle Itinera Magica. Cela signifie « les chemins magiques » en latin. Mon premier souci quand je parle d’un lieu, d’un pays, d’une région, d’une ville, c’est justement de comprendre et de retranscrire cette émotion qui lui est propre. Je veux comprendre pourquoi les gens qui vivent dans ce lieu y sont si attachés, ce qui le rend unique et ce qui fait qu’on l’aime. De la Provence au bout du monde, je veux célébrer la beauté, la magie et la personnalité des territoires.

    Connaissez-vous le défilé de Donzère, en Drôme provençale? Voici le pont du Robinet, les falaises du Rhône, et ma maison hantée. Histoires de fantômes.
    Chez moi, sur le Rhône.

    Cela signifie plusieurs choses.
    Je suis très attachée aux paysages, aux points de vue, parce que l’amour commence toujours par un coup de foudre, un éblouissement. Je veux des images qui restent dans le cœur.
    Mais je veux aussi aller au-delà de la carte postale et parler de la culture des régions que je visite, des histoires, des livres et des traditions qui l’ont façonnée. Je veux essayer de raconter cette culture de façon vivante et accessible, afin de rendre tangible l’âme des lieux.
    J’aime rencontrer des gens qui incarnent leur territoire et le font vivre. Je suis intimement convaincue du fait que le tourisme est une bonne chose, qu’il dynamise des territoires et leur permet d’affirmer leur identité. Il permet à des gens de rester vivre chez eux, dans leur pays, en l’ouvrant au monde. C’est pourquoi j’aime soutenir les initiatives qui ont du sens. Quand des gens se démènent pour ouvrir un hôtel indépendant, se battent pour conserver un musée, lancer une activité originale ou revivifier une vieille tradition, j’estime qu’ils méritent qu’on parle d’eux.
    Et enfin, j’aime ce privilège qu’on a en tant que blogueur de pouvoir partager ces images, ces sensations et ces histoires avec d’autres personnes curieuses du monde. J’ai deux casquettes, je suis journaliste et blogueuse, et j’aime mes deux métiers. Mais quand j’écris un article de presse, je ne sais pas forcément comment il a été reçu. Quand j’écris un article de blog ou que je poste une photo sur Instagram, j’ai le bonheur de recevoir des réactions, des émotions, d’échanger avec d’autres passionnés qui partagent leurs souvenirs et leurs rêves. Ce réseau de personnes qui nous suivent et qui font vivre nos blogs, c’est une chance immense et cela me fait dire que dans le blogging, au fond, tout est affaire d’émotion et d’amour.
    J’aime de nombreuses destinations, des plus évidentes, comme Hawaï, les Seychelles ou l’Islande, aux plus inattendues, comme par exemple la fête des géants à Douai dans les Hauts de France. A ce jour, l’article qui a eu le plus de succès sur mon blog était un article consacré à la ville de Caen. Un vrai voyageur sait aussi rechercher la beauté sur le pas de sa porte.  Début avril, j’étais au Groenland, fin avril, je suis avec vous en Aveyron, et en toute sincérité, les deux m’ont autant réjoui le cœur et l’esprit. L’important, c’est l’intensité et la sincérité avec laquelle on vit les choses, et le plaisir qu’on éprouve à les partager. Je vous remercie chaleureusement de m’avoir permis d’être sur cette scène devant vous et d’être vous aussi embarqués dans cette belle aventure qu’est le tourisme. Je vous souhaite un excellent salon WAT 18. Merci beaucoup. »

    Que faire et que voir dans le Sud de l'Aveyron ? Un guide ultra complet : randos, activités, points de vue
    Aveyron émotion. Souvenir du moulin de Corp sur la Dourbie.

    Ce long article doit s’achever sur plusieurs « merci » : à l’Aveyron et à l’équipe de We Are Travel pour un salon monumental et vraiment chaleureux, aux amis blogueurs pour leur présence et leur gentillesse, et bien sûr, à toutes les personnes qui me suivent et me permettent de vivre cette belle aventure.
    Rendez-vous donc à #WAT19, j’ai déjà hâte !

    Bientôt sur Itinera Magica : le Groenland, la Suisse, et bien sûr l’Aveyron. N’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter !

  • Envies d’Arctique : quel pays nordique choisir ?

    Depuis quelques années, les voyages dans les régions arctiques ont le vent en poupe. L’Islande, la Norvège, la Suède, la Finlande attirent de plus en plus de touristes ; on voit émerger des destinations jusqu’alors plus confidentielles, comme les îles Féroé ; les pays de l’ultime frontière, comme le Groenland, le Svalbard ou le Yukon, font leur apparition dans les rêves des voyageurs. Pour qui rêve de dépasser les 66 degrés nord, de franchir le cercle polaire arctique et d’explorer les contrées du grand froid, quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays scandinave, le plus spectaculaire des pays arctiques, le plus familial ou le plus accessible ? Petit tour d’horizon et quelques réflexions sur les destinations du grand nord. Plus beau pays scandinave – quel pays nordique choisir – quelle destination choisir – Suède ou Finlande, Norvège ou Islande, Groenland ou Canada ? – voyage pays nordique – voyage grand nord

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays scandinave ? Suède ou Finlande, Islande ou Groenland... Si vous rêvez d'un voyage dans le grand nord et ne savez pas quelle destination arctique choisir, voici une comparaison des pays nordiques pour préparer votre séjour au delà du cercle polaire.
    Kapisillit, au Groenland : petites maisons colorées face au fjord, le rêve du grand nord.

    La passion du froid

    C’est une tendance indéniable du tourisme actuel : le grand nord a la côte. En Norvège, c’est la région de Tromso, tout au nord du pays, qui a connu la plus forte augmentation en 2016, avec 32% de visiteurs en plus. L’Islande accueille désormais 1,7 millions de touristes chaque année, et le Groenland a connu une augmentation de 10% du nombre de visiteurs en 2016. Et, chose nouvelle, de plus en plus de voyageurs choisissent de partir dans le Nord en hiver, malgré les longues nuits et les températures basses, en quête de paysages enneigés, de lacs gelés et d’aurores boréales. 

    Pourquoi cet engouement nordique ? On pourrait avancer plusieurs explications. Nous vivons une période géopolitique troublée, marquée par les attentats et la dégradation de la situation politique dans un certain nombre de pays, et de nombreuses destinations se sont fermées au tourisme ou sont devenues dangereuses. Dans ce contexte difficile, le Nord fait figure de havre de paix, sûr et paisible, et attire les voyageurs inquiets ou ayant besoin de se ressourcer. Nous sommes de plus en plus nombreux à rechercher la nature, le calme et la solitude en voyage, et l’idylle de la cabane en bois au bord du lac nordique attire le citadin en quête de grands espaces.

    Expériences magiques en Laponie finlandaise : rennes, igloos, motoneige... tout ce qu'on peut faire à Rovaniemi. Blog Laponie finlandaise
    Au coeur de la forêt finlandaise.

    De plus, un certain nombre de séries télévisées, comme Game of Thrones ou Vikings, ont cultivé la fascination du grand nord, des fjords découpés et des étendues glacées. Notre imaginaire s’est rempli de drakkars et d’icebergs. Sébastien Brosseau, un des responsables de Lapland Safaris, que j’ai eu le plaisir de rencontrer à Rovaniemi, raconte que les aurores boréales ont vraiment commencé à fasciner les voyageurs il y a cinq ou six ans. « Ce phénomène naturel a toujours été là, mais peu de gens s’y intéressaient vraiment jusqu’alors. Tout le monde s’est soudain mis à rêver d’aurores boréales. On a su créer l’exploitation touristique d’un phénomène qui était jusque là considéré comme normal par les gens du Nord, et ignoré par les gens du Sud. »

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Voyageurs en train d’admirer des aurores boréales à Borgarnes, Islande.

    Voyage au-delà du cercle polaire, quel pays nordique choisir ?

    Mais où aller si vous rêvez vous aussi de franchir le cercle polaire ? Je viens de passer un mois merveilleux dans le grand nord, à voir la Laponie finlandaise, l’Islande et le Groenland à la fin de l’hiver, et je voulais partager avec vous cette petite réflexion et ces quelques pistes pour vous aider à choisir le pays qui correspondra le mieux à vos envies boréales. Plusieurs personnes m’ont demandé laquelle de ces destinations j’avais préféré. « Est-ce qu’il vaut mieux aller en Finlande ou en Islande ? » « Est-ce que c’est toujours pareil dans le grand Nord, ou est-ce que ce sont vraiment des destinations différentes ? » En vérité, j’ai trouvé ces trois pays profondément dissemblables, tant au niveau des paysages que des cultures et des activités proposées. Il est difficile de dire lequel j’ai préféré ou lequel serait le « mieux » : ils répondent à des attentes différentes, et je pense qu’il est bien d’être conscient de ces diversités et de savoir de quel type de voyage vous rêvez.

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Quel pays nordique fera battre votre coeur ?

    Voyage en Laponie finlandaise, pour les activités hivernales

    La Laponie finlandaise est véritablement devenue la première destination mondiale pour qui rêve d’expérimenter l’hiver dans le grand nord. C’est celle qui propose le plus grand nombre d’activités hivernales, et probablement celle où on s’amuse le plus. L’hôtellerie cultive le le goût du spectaculaire : vous y trouverez des hôtels de glace et des igloos transparents pour contempler les aurores boréales depuis votre lit. Les familles seront ravies de découvrir le village du père Noël à Rovaniemi, et plusieurs parcs d’attraction vous proposent de faire du toboggan dans une bouée sur la glace, ou ce genre d’activités qui vous réchauffent. Les immenses forêts de sapins sont le terrain de jeu idéal pour faire de la motoneige, et la loi finlandaise, plus permissive qu’en Suède ou en Norvège, permet d’ouvrir de larges circuits pour explorer la région. Vous pourrez aussi vous essayer à la pêche sur glace et à la promenade en traîneau tiré par des rennes ou par des huskies. Des destinations nordiques que j’ai vues – et de toutes les destinations nordiques, à ce qu’en disent les professionnels du tourisme –, la Laponie finlandaise est celle qui concentre le plus grand nombre de divertissements, et il est impossible de s’y ennuyer. Vous pouvez opter pour le maximum d’animation, en restant dans la région de Rovaniemi, ou pour plus de solitude, en remontant plus au nord, vers Inari.
    Au niveau du paysage, la Laponie est une immense contrée plate, presque sans relief, constituée de forêts de sapins et de grands lacs. L’hiver, vous verrez une infinie forêt enneigée, dans laquelle on trouve des petites cabanes de bois au bord des lacs gelés. Vous aurez moins de diversité paysagère qu’en Islande ou en Norvège, par exemple (pas de fjords, falaises et montagnes ici), mais plus d’arbres et de plantes (le bonheur de dormir au milieu d’une forêt blanche…), une biodiversité fascinante, et plus d’activités.

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Motoneige parmi les sapins à Rovaniemi.

     

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Un hôtel de glace à Rovaniemi : Arctic Snow Hotel

     

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Un hôtel très à la mode en ce moment : Arctic Tree House à Rovaniemi.

    Aller en Laponie finlandaise est facile : j’ai pris un vol direct Paris-Rovaniemi (la capitale de la Laponie finlandaise, située sur le cercle polaire arctique). Il s’agissait d’un vol Transavia affrété par Scanditours, qui propose nombre de circuits dans cette région, et ces vols sont réguliers tout au long de l’hiver. Il est bien sûr également possible de passer par Helsinki, notamment si vous souhaitez découvrir la Laponie en été, pour les lacs, la pêche, les baies, la vie dans la nature. Les options d’hébergement et les excursions sont nombreuses.

    Retrouvez mon article complet sur la Laponie finlandaise.

    L’Islande, pour un road trip aux mille paysages

    L’Islande est à mes yeux un des plus beaux, peut-être le plus beau pays du monde. Ce qui me fascine sur l’île du feu et de la glace, c’est l’incroyable diversité des paysages qu’elle offre : volcans, geysers, cascades, fjords, falaises, plages de sable noir, glaciers, montagnes, sources bouillonnantes, etc. L’Islande est vraiment un pays qui se prête à merveille au road trip : la meilleure façon de la découvrir, en toute saison, c’est de louer une voiture et d’explorer. Une route circulaire, la route 1, fait le tour de l’île et concentre les attractions touristiques, mais on prend aussi beaucoup de plaisir à s’en éloigner un peu pour découvrir des coins plus sauvages, comme pour moi la péninsule de Snaefellsnes. La plupart des voyageurs viennent en Islande pour un voyage plus contemplatif : admirer les paysages est leur premier désir. Néanmoins, même si les activités sont moins nombreuses qu’en Laponie (pas de motoneige ou de traîneau ici, par exemple), l’Islande a su développer une offre spécifique surfant sur ses particularités géographiques. En hiver, on cherchera à explorer une grotte de glace, soit au Vatnajökull dans le sud de l’île, soit au Langjökull dans l’ouest ; en été, on fera une randonnée glaciaire sur l’un des géants, ou on prendra le bateau amphibie dans la lagune glaciaire de Jökulsarlon pour admirer les icebergs. L’autre expérience incontournable, c’est de se baigner dans une source d’eau chaude naturelle, par exemple au célèbre Blue Lagoon à Keflavik, ou ailleurs. Et enfin, les milliers de chevaux islandais invitent à une promenade à cheval.

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Grotte de basalte noir à Arnarstapi, Islande.

     

    islande de l'ouest en hiver : de snaefellsnes à borgarnes, road trip dans l'ouest de l'islande en hiver
    Cascade islandaise.

     

    L’Islande est le pays des vikings. Partez sur les traces du peuple légendaire du nord, entre histoire et légende. Découvrez les lieux mythiques, l’exotique Viking Café, la forteresse Borgavirki, la péninsule de Snaefellsnes, et bien d’autres endroits magiques qui évoqueront l’héritage des vikings en Islande.
    Geyser Strokkur.

    Aller en Islande est facile : j’ai volé avec Wow Air, qui propose des vols directs pour Reykjavik à bas prix depuis Paris et Lyon. Si vous partez hors saison, vous trouverez des tarifs imbattables (j’ai déjà vu des aller-retours Paris-Reykjavik à moins de 120 euros). Une fois sur place, je vous conseille vraiment de louer une voiture et de partir explorer. Si la capacité hôtelière de l’Islande s’améliore sans cesse, les infrastructures restent sous-dimensionnées par rapport au nombre croissant de touristes, et c’est pour cela que je vous conseille d’éviter l’été et de partir plutôt hors saison, afin d’avoir plus d’options d’hébergement et de meilleurs prix.

    Retrouvez mon article complet sur l’Ouest de l’Islande en hiver.

    Aller au Groenland, pour explorer une autre planète

    Partir au Groenland, c’est quitter la Terre, et arriver au royaume de la glace et de la démesure. 90% du pays est couvert par une calotte glaciaire épaisse, le fjord de Nuuk est le deuxième plus grand du monde, les icebergs d’Ilulissat sont grands comme des immeubles… Le Groenland dépayse comme jamais, et je pense que c’est la plus spectaculaire des destinations nordiques : nulle part ailleurs au monde n’est-on ainsi plongé au cœur de la glace. C’est un éblouissement visuel inouï, et la découverte d’une culture totalement différente de nos modes de vie européens, celle des Inuits.
    Le Groenland n’est pas un voyage « normal ». Parce que le pays est recouvert de glace, il n’y a pas de routes reliant les villes entre elles au Groenland (à une seule exception près : une route d’été pour 4×4 entre Kangerlussuaq et Sisimiut). Le Groenland est comme un archipel polaire : il faut prendre l’avion pour aller de ville en ville, survoler l’énorme calotte glaciaire pour rejoindre un autre îlot habité. Lors de mon voyage, j’ai visité trois destinations.

    Kangerlussuaq comporte le seul aéroport international du pays : c’est ici qu’atterrissent les avions au départ de Copenhague, avec Air Greenland. Mais ce n’est pas qu’un hub, c’est aussi le seul endroit où on peut approcher la calotte glaciaire, car une route y mène, et une région riche en biodiversité (rennes, bœufs musqués, renards, ours polaires, etc). En été, les gens y viennent pour la randonnée et des expéditions du type camping sur la calotte glaciaire.

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Au bord de la calotte glaciaire avec mon guide Adam à Kangerlussuaq.

    Nuuk est la capitale du Groenland, et mon plus grand coup de cœur : cette ville colorée et dynamique est réellement de toute beauté, et palpite de vie, avec ses musées, centres culturels, salles de concert, etc. Elle permet de comprendre réellement ce qu’est le Groenland aujourd’hui et de se plonger la culture inuite. Niveau beauté naturelle, elle n’est pas en reste : il faut faire une excursion dans le gigantesque et sublime fjord pour découvrir le hameau perdu de Kapisillit, aller à la rencontre des icebergs dans l’icefjord (en été seulement), partir randonner au pied de la montagne Sermitsiaq… C’est une destination encore méconnue et j’ai vraiment hâte de vous en parler, avec des paysages de fjord qui font réellement partie des plus beaux du monde.

    Quel pays nordique choisir ?
    Nuuk, fabuleusement colorée.

    Ilulissat est la destination touristique groenlandaise la plus célèbre, et un incontournable : c’est la ville des icebergs géants. Les paysages sont démentiels – imaginez ces monstres hauts comme des montagnes dérivant dans la baie de Disko. On se sent véritablement dans un autre monde. C’est aussi là que l’offre touristique est la plus développée. Le must absolu, c’est la croisière au milieu des icebergs, dans un bateau brise-glace, mais Ilulissat est aussi la ville des chiens de traîneau et propose de nombreux chemins de randonnée en toute saison pour côtoyer les icebergs. Le célèbre Hotel Arctic a construit des igloos d’aluminium et de verre en bordure de la baie de Disko et de nombreuses compagnies proposent des randonnées accompagnées, des vols en hélicoptère, des expéditions vers le nord du Groenland, etc.

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Au milieu des icebergs à Ilulissat.

    Je rêve de découvrir d’autres destinations groenlandaises, non seulement Sisimiut sur la côte ouest, 2e plus grande ville du pays, mais aussi Tasiilaq et Kulusuk sur la côte est, encore plus sauvage et reculée. Le Groenland s’explore petit bout par petit bout…

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Au coeur de l’immense fjord de Nuuk.

    Aller au Groenland reste une petite aventure, mais le tourisme se démocratise à toute vitesse, car le pays mise là-dessus pour renforcer son économie. Le moyen le plus simple de rejoindre le Groenland, c’est à partir de Copenhague avec Air Greenland. Vous trouvez des vols Paris-Copenhague à très bas prix avec des compagnies low cost type Vueling. Vous serez surpris par la baisse des prix pour cette destination : les packages proposés par Air Greenland  (vol + hôtel) commencent à 800 euros par personne pour 5 jours sur place. Les vols intérieurs entre les villes groenlandaises peuvent être très rapides (mon vol Nuuk-Ilulissat), ou plus fastidieux quand il faut repasser par Kangerlussuaq. Il vous faudra sans doute bâtir votre itinéraire en fonction des rotations aériennes possibles, en sachant qu’elles sont plus nombreuses en haute saison, soit l’été. Si vous explorez l’Islande, sachez qu’il est également possible de trouver des vols pour le Groenland depuis l’aéroport régional de Reykjavik avec Air Iceland Connect : j’ai pris un vol Reykjavik-Nuuk. Néanmoins, les prix d’Air Greenland à partir du Danemark me semblent plus compétitifs.

    Je vais vous inonder d’articles sur le Groenland très bientôt – n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter pour suivre tout ça !

    Découvrir les cultures de l’Arctique

    J’ai adoré, au cours de mon long voyage dans le grand nord, découvrir trois grandes cultures de l’Arctique. La culture dominante de chaque destination change fondamentalement l’atmosphère et l’expérience touristique – c’est aussi pour cela que j’ai du mal à vous dire quel pays j’ai « préféré ». J’ai eu l’impression de découvrir trois mondes totalement différents, trois peuples du grand Nord, et leurs animaux fétiches.

     La Laponie est le pays du peuple Sami, peuple d’éleveurs de rennes, autrefois nomades, marqué par l’héritage du chamanisme. Aller rendre visite à un éleveur de rennes et faire un tour en traîneau, découvrir l’artisanat Sami en bois de renne, admirer les tambours des chamanes, comprendre l’histoire de la région au musée Arcticum à Rovaniemi, sont des expériences culturelles incontournables en Laponie. Vous l’aurez compris, l’animal fétiche de la Laponie, c’est le renne, et vous découvrirez à quel point il est indissociable de l’histoire et du mode de vie de ce peuple. Compagnon, ami, nourriture, vêtement, outil, le renne est omniprésent.

    Expériences magiques en Laponie finlandaise : rennes, igloos, motoneige... tout ce qu'on peut faire à Rovaniemi. Blog Laponie finlandaise
    Les rennes, consubstantiels de la culture des Sami.

     

    Expériences magiques en Laponie finlandaise : rennes, igloos, motoneige... tout ce qu'on peut faire à Rovaniemi. Blog Laponie finlandaise
    Renne sur un tambour en cuir de renne, issu de l’artisanat Sami.

    L’Islande est le pays des Vikings, et les Islandais d’aujourd’hui sont leurs descendants. Vous découvrirez en Islande l’histoire de la colonisation par les marins arrivés de Norvège, les grandes sagas, le panthéon nordique, et toute une tradition culturelle imprégnée de cet héritage païen, avec l’omniprésence des trolls. Le musée national islandais à Reykjavik et le musée de la colonisation à Borgarnes permettent de comprendre cet héritage. Niveau faune, si l’Islande avait deux animaux fétiches, il s’agirait du mouton et du cheval. Les deux sont omniprésents dans le paysage islandais, et il faut acheter un pull en laine islandaise et faire une promenade à cheval !

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Cheval islandais.

    Le Groenland est le pays des Inuits, le peuple roi du grand nord et des climats extrêmes : les Inuits ont su étendre leur culture de l’Alaska au grand Nord canadien avant de coloniser le Groenland depuis le Nunavut en passant par le détroit de Narnes. Aller au Groenland, c’est découvrir la culture encore profondément traditionnelle de ce peuple de chasseurs, qui chasse notamment le phoque et se vêtit de sa fourrure, et qui utilise les huskies pour tirer des traîneaux depuis plus de 850 ans. Le musée national groenlandais de Nuuk est incontournable pour comprendre l’histoire et les traditions de ce peuple qui pratique une chasse de subsistance et a su tirer profit des étendues glacées du grand nord. Bien évidemment, je vous parlerai longuement de la culture Inuit dans mes prochains articles sur le Groenland !

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Bottes en peau de phoque.

     

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Huskies à Ilulissat.

    D’autres destinations nordiques…

    … avec les jolies idées de blogueurs que j’apprécie ! Il s’agit de voyages que je n’ai pas encore eu la chance de faire, mais dont je rêve déjà et que j’ai eu plaisir à suivre sur d’autres blogs. Je rêve d’un grand tour du cercle polaire arctique

    * La Laponie suédoise propose le même type de paysages que la Laponie finlandaise : forêts enneigées, kota au milieu des bois, lacs gelés. Mais elle a la réputation d’être plus calme, plus isolée. C’est une destination parfaite si vous rêvez de tranquillité totale, de vous retrouver seul avec vous-même dans des étendues immaculées.
    Retrouvez le voyage en Laponie suédoise d’Hello la roux.

    * Le Nord de la Norvège est une très belle option et sera sans doute ma prochaine destination arctique. Les fjords découpés des îles Lofoten et de l’île de Senja se prêtent bien à un road trip le long des côtes. L’élégante Tromsø se veut « capitale des aurores boréales », et si vous rejoignez l’intérieur du pays, par exemple la région d’Alta, vous retrouverez la Laponie et sa culture Sami, avec les rennes par milliers. En Norvège arctique, vous serez en pays viking sur la côte, avec notamment le musée viking de Lofotr, et en pays Sami à l’intérieur des terres. Sachez toutefois que la Laponie norvégienne propose moins d’activités « fun » que sa sœur finlandaise (pas de motoneige, de village de père Noël, etc). Prendre l’express côtier Hurtigruten de Tromsø jusqu’à Alta me fait rêver. Du littoral spectaculaire aux grandes plaines laponnes, le contraste entre les deux types de paysage et d’expériences me tente beaucoup.
    Retrouvez deux voyages en Norvège du Nord en hiver qui m’ont fait rêver :
    avec Wait and sea, aux Lofoten, à Narvik, Senja et les Alpes de Lyngen .
    avec Escapades etc, à Tromso, Kirkenes, et sur l’express côtier Hurtigruten

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Rêver d’explorer les fjords norvégiens en bateau… Ici le fjord de Nuuk, Groenland.

    * Le Svalbard est, comme le Groenland, une destination de l’extrême : au plus près du pôle Nord, vous êtes au pays des ours polaires, dans des régions spectaculaires et inhospitalières. C’est un voyage qui attire souvent les aventuriers rêvant de kayak arctique ou d’expéditions au milieu des glaciers. Ce n’est pas un voyage qui s’improvise : si vous quittez Longyearbyen et partez en pleine nature, où rôdent les ours blancs, il vous faudra absolument un guide.
    Retrouvez un voyage épique en kayak au Svalbard avec La faute au graph.

    * La Sibérie fascine par son climat extrême et l’étendue immense de sa taïga gelée. Le lac Baïkal, plus grande étendue d’eau douce du monde, se recouvre d’une épaisse couche de glace et dessine des paysages spectaculaires au cœur de l’hiver. Et qui ne rêve pas de prendre le Transsibérien jusqu’à Vladivostok ?
    Retrouvez le voyage en Sibérie de La lykorne illettrée, sur l’île d’Orkhon et au lac Baïkal

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Rêver de lacs gelés… (ici au Groenland)

    * L’Alaska est le paradis des amoureux de la faune : la plus grande colonie de loutres de mer du monde, les plus hautes chances d’observer des ours bruns et des baleines, c’est en Alaska. Et bien sûr, c’est aussi l’immensité des parcs nationaux comme Denali, et des glaciers au milieu des sapins. C’est une destination qui me fait complètement rêver.
    Retrouvez le road trip en Alaska de Few miles away, à Kenai, Fairbanks et Denali.

    * Le grand nord canadien, pays des Inuits, déconcerte par son immensité radicale. Le Yukon ou le Nunavut déroulent des milliers de kilomètres de solitude nordique. Je le connais trop mal pour vous en parler bien, et je vous conseille d’explorer le blog From Yukon, qui vous permettra d’apprivoiser ces contrées. Notez aussi la chose suivante : puisque le climat hivernal du Canada est très rude, les activités nordiques sont aussi disponibles dans des régions qui ne font techniquement pas partie de l’Arctique, comme le nord du Québec. Il sera difficile de voir les aurores boréales (vous êtes beaucoup plus au sud), mais tout le reste est là – forêts enneigées, chiens de traîneau, motoneige, etc. Pour preuve, je vous renvoie à ce magnifique article de Our American Dream sur un week-end nordique en Chaudière-Appalache.

    * Les îles Féroé ne sont pas une destination arctique, car elles sont situées au sud du cercle polaire, mais leurs paysages solennels et grandioses raviront les amoureux de l’Islande et des Lofoten, et j’avais envie de les inclure à cette liste afin de partager un bel article sur l’aventure aux Féroé de Sentiers du Phoenix.

    Que voir à Shetland ?
    J’ai pris cette photo aux îles Shetland – les Féroé ont aussi ce type de paysage découpé et laineux !

    Quel mois de l’année choisir pour visiter le grand nord ?

    Le climat arctique est, comme vous le savez, extrême. Au moment du solstice d’hiver (21 décembre), le soleil ne se lève plus, la nuit dure tout le jour et les températures hivernales sont très basses. Au moment du solstice d’été (21 juin), le soleil ne se couche plus et le soleil de minuit illumine la nuit. Selon les destinations, ces périodes peuvent être très touristiques : en Laponie finlandaise par exemple, pays du père Noël, l’énorme pic touristique est en décembre. En Islande, la saison estivale (de juin à août) concentre le plus gros afflux touristique. Mais il faut être conscient du fait que visiter la Laponie au cœur de l’hiver polaire ne vous laissera que très peu d’heures de jour, et que le soleil de minuit estival peut être difficile à gérer pour l’organisme qui ne trouve plus le sommeil. J’ai donc, à titre personnel, une réponse très claire : à mes yeux, il faut aller dans le grand nord au moment des équinoxes, soit septembre et mars. C’est le moment de l’équilibre parfait entre jour et nuit : 12h de jour, 12h de nuit. Les journées sont longues, mais les aurores boréales sont visibles dans le ciel nocturne. Mars est à mes yeux la saison idéale pour les activités hivernales. Les températures restent suffisamment basses pour permettre de s’y livrer, mais elles sont bien plus supportables qu’au cœur de l’hiver : j’ai eu par exemple -10 au Groenland, contre -30 un mois plus tôt. J’ai pu faire de la motoneige, du chien de traîneau, etc, en souffrant moins du froid. Mars est aussi un mois très peu touristique, où la fréquentation et les prix baissent. Je me suis sentie presque seule en Islande.
    Quant à début septembre, tout le monde le décrit comme une période bénie pour le grand nord. En Laponie, c’est l’explosion des fruits des bois, myrtilles et mûres arctiques par centaines ; au Groenland, c’est le moment du pic de la fonte des glaces, où des icebergs énormes dérivent non seulement à Ilulissat, mais aussi dans les fjords de Nuuk ou les fjords de l’est. C’est aussi le meilleur moment pour observer les aurores boréales, car l’activité solaire est plus intense au moment des équinoxes, et le ciel plus dégagé qu’au cœur de l’hiver. Mais à ce sujet, vous avez peut-être une question…

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    En mars au Groenland : les journées sont longues et belles. Cette photo a été prise au coucher du soleil, vers 21h.

    Quel est le meilleur endroit pour voir les aurores boréales ?

    Confession : j’ai passé trois semaines dans le grand nord en mars, et je n’ai eu qu’une nuit d’aurores boréales. Le hasard et la chance jouent un grand rôle, et je vous conseille vivement de choisir une destination nordique qui vous attire au-delà de la promesse d’aurores boréales, afin de ne pas être déçu si elles ne surgissent pas. Les aurores, c’est la cerise sur le gâteau, mais à mes yeux, il ne faut pas bâtir un voyage là-dessus. J’ai joué de malchance : en Finlande, j’ai eu de l’activité solaire, mais une couverture nuageuse à 100% ; au Groenland, j’ai eu un ciel ultra dégagé, mais un soleil en grève. C’est en Islande que j’ai eu de la chance, mais cela ne signifie pas que l’Islande est un meilleur choix – c’est une combinaison de facteurs, une loterie qui se rejoue chaque nuit. Toutefois, après avoir consulté frénétiquement chaque nuit la carte des aurores boréales sur l’application Aurora (la meilleure appli de prédiction des aurores boréales, recommandée par tous les guides spécialisés), et lu beaucoup de choses sur les forums de chasseurs d’aurores, j’ai quelques observations à faire. La plus simple : plus vous êtes au nord, plus vous augmentez vos chances. L’intensité des aurores est déterminée par ce qu’on appelle l’indice kp, qui indique la force des éruptions solaires. Quand vous vous rapprochez du pôle nord, vous verrez les aurores même si l’indice kp est faible. A Tromsø par exemple, située à 69 degrés nord, ou à Inari, située à 68 degrés nord, un indice kp de 2 est suffisant pour voir l’aurore à l’œil nu. A Rovaniemi, située sur le cercle polaire arctique à 66 degrés nord, il faudra que l’indice kp atteigne 3. Pour en voir aux îles Shetland, tout au nord de l’Ecosse, il faut que l’indice kp atteigne 5. Vous saisissez le principe : plus vous êtes au sud, plus l’aurore devra être intense pour vous atteindre. Si votre but est donc d’en voir, partez pour le grand nord, pour Tromsø, Alta, Abisko, Inari. Souvent, les villes situées loin des côtes ont plus de chances de bénéficier d’un ciel dégagé que les destinations littorales, c’est pourquoi les chasseurs d’aurores boréales citent souvent Abisko, Kautokeino ou Inari parmi leurs localisations préférées. Toutefois, il faut noter qu’à Tromsø, « capitale des aurores boréales », les multiples compagnies proposant des excursions nocturnes vous emmènent justement loin des côtes, vers l’intérieur du pays, afin d’augmenter vos chances d’avoir un ciel dégagé. Etre au nord ne suffit pas, il faut bénéficier des bonnes infrastructures : soit d’une voiture afin de chasser les aurores vous-même, soit des services d’un guide. Dans tous les cas, il vous faudra vous éloigner des villes, afin de supprimer la pollution lumineuse, et rejoindre la campagne. C’est pourquoi les petites cabanes isolées dans les bois, en Laponie (norvégienne, suédoise ou finlandaise), sont sans doute la plus belle option…

    aurores boréales
    Aurore boréale en Islande.

    Le bon équipement pour le grand nord

    En mars, la température est supportable : je ne suis jamais descendue plus bas que -17, et il s’agit d’un froid sec, le plus souvent sans vent. Bien équipée, je n’ai pas souffert du froid. J’ai respecté la technique des couches. Première couche, un sous-vêtement technique grand froid à manches longues, à la fois chaud et respirant – en haut et en pantalon. Deuxième couche les jours où il faisait -17, un pull en laine. Troisième couche (ou deuxième quand il ne faisait que -10), une polaire, et un pantalon de ski imperméable. Quatrième couche, un blouson de ski en matériau type Goretex imperméable et déperlant. Pas besoin de dépenser des fortunes : j’ai tout acheté chez Décathlon. J’ai utilisé le blouson de ski que j’avais déjà, sans acheter une parka hors de prix, j’ai demandé conseil au vendeur pour choisir le sous-vêtement technique le plus chaud, et tout s’est bien passé. Il faut bien penser aux extrémités : en Laponie, on ne met pas de chaussettes de ski, par exemple, on met des chaussettes en pure laine (ça s’achète aussi chez Décathlon, ne vous en faites pas). On ne met pas de gants, mais des moufles : cela garde mieux la chaleur, car les doigts ne sont pas séparés. On a forcément un bonnet, et une cagoule sous le bonnet en cas de vent/grand froid.
    Le seul équipement de marque autre que Décathlon que j’ai acheté, et que je vous recommande mille fois, c’est une paire de sous-gants tactiles The Northface. Ces gants sont une merveille incroyable, je vous jure que c’est le nirvana. Si vous êtes photographe, ils vous sauveront la vie. Ils sont chauds. Ils sont tactiles pour de vrai, ça marche vraiment – vous pouvez utiliser votre portable et surtout, votre appareil photo sans enlever vos gants (amen). Ils ne sont pas imperméables au sens strict, mais un peu quand même – si vous vous cassez la figure dans la neige et vous appuyez avec votre main, le gant ne sera pas mouillé après (testé et approuvé). En cas de très grand froid, ils se portent sous les grosses moufles, mais à -10/-13 degrés, je n’ai mis QUE ces gants dans 90% des cas, et je n’ai pas eu froid, et j’ai pu faire douze millions de photos sans perdre de phalange. Achetez les sur Amazon :  The North Face T0a7lpjk3 – Gants – FemmeCeci est un lien affilié : si vous achetez ces gants merveilleux en passant par ce lien, je gagnerai un euro, ce qui représente environ 0,03% de mon prochain voyage arctique. Merci pour votre bon cœur.

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Au moment où cette photo a été prise, je surplombe Nuuk à 1200 mètres d’altitude, il fait -17, et je n’ai pas froid. J’ai juste enlevé mon bonnet pour la photo. Vous remarquerez que je n’ai que les gants tactiles The Northface, et pas de moufles. Je vous dis, ils sont dingues.

    Alors, qu’en pensez-vous ? Etes-vous tenté par l’Arctique ? Si oui, par quelle destination et pourquoi ? Parlez-moi de vos projets nordiques, faites-moi rêver !

    Pour préparer à votre tour votre exploration nordique, je vous propose en partenariat avec les éditions Gallimard de remporter un guide Islande de la collection Bibliothèque du voyageur. Ce sont de très beaux guides, richement illustrés avec de très nombreuses et belles images, généreux à la fois en documentation historique et culturelle et en conseils pratiques (itinéraires, cartes, conseils de visite). J’ai emporté un exemplaire de ce guide avec moi en Islande et j’en ai été très satisfaite, c’est un beau livre à la fois utile et intelligent. Pour participer, il suffit de laisser un commentaire sous cet article – tirage au sort dans une semaine !
    Edit : le tirage au sort a eu lieu, la gagnante est Marie – félicitations !

    Guide Gallimard de l’Islande à remporter.

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    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Coucher de soleil à Ilulissat. Plus de photos bientôt !

     

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le meilleur endroit pour voir les aurores boréales ? Quel est le plus beau pays scandinave ? Comparaison des destinations nordiques. #scandinavie #groenland #voyage #laponie #grandnord #nordique
    Epinglez moi !

  • Des livres qui vous font voyager

    Que faites-vous quand l’hiver change les forêts en camaïeu de gris, quand Paris ressemble à la Sibérie et qu’à Marseille le mistral hurle sur le parvis ? Vous vous évadez très loin de la boue et du froid : vous prenez soit un avion, soit un livre. Après avoir choisi la première option sous le soleil de Martinique, je découvre désormais les délices de la vie casanière : je laisse mes chats me recouvrir d’une immense fourrure vivante, et je bouquine au milieu des ronrons.

    Voici donc une petite sélection des livres qui m’ont fait voyager ces derniers temps, de la Provence au bout du monde, agrémentés de quelques chats. Et parce qu’aucun manuscrit ne sortirait jamais de son tiroir sans le talent et la persévérance des éditeurs, cet article se veut aussi une collection de maisons d’édition de voyage stimulantes et exigeantes, qui méritent qu’on s’y intéresse.

    Livres de voyage : ma sélection 2018 pour s'évader.
    Séance évasion & ronrons.

    L’âme des peuples : des livres de voyage qui rendent intelligent

    Collection L’âme des peuples, aux éditions Nevicata. De très nombreux titres disponibles : villes, pays, régions…

    C’est sans aucun doute une des collections de voyage les plus originales et intéressantes du moment. Ce sont de petits livres, ils se glissent dans une sacoche, ils coûtent moins de dix euros, et se lisent vite – et pourtant, quelle richesse ! Pour chaque destination représentée dans la série, L’âme des peuples ne propose ni un guide de voyage, ni un récit d’exploration classique. Il s’agit plutôt de saisir ce qui fait la singularité de chaque territoire, et de comprendre les gens qui l’habitent. Le livre s’ouvre toujours sur un petit essai très personnel, par quelqu’un qui connaît bien le pays, et qui mêle réflexions personnelles, histoire, culture et politique pour en dresser un portrait nuancé et riche. Puis suivent trois entretiens qui enrichissent et précisent certains aspects – spécialistes, artistes ou grandes figures locales évoquent et analysent ce territoire.

    Livres de voyage : ma sélection 2018 pour s'évader.
    Une petite partie de la collection L’âme des peuples. Source : site de Nevicata.

    J’ai déjà lu une dizaine de livres de la collection, et je les ai tous aimés, mais s’il fallait n’en citer qu’un seul, sachez que j’ai dévoré Japon : L’empire de l’harmonie, de Corinne Atlan. Ce n’était a priori pas la destination qui m’attirait le plus, mais la puissance évocatrice de l’auteure, entre visions poétiques et observations très fines et justes sur l’ethos japonais, m’a donné follement envie de me perdre dans un Japon secret et millénaire, au cœur des montagnes bleues.

    Livres de voyage : ma sélection 2018 pour s'évader.
    Japon, l’empire de l’harmonie : un texte superbe.

    La collection est déjà vaste, et ne cesse de s’agrandir – vous trouverez forcément votre bonheur. Je vous reparlerai bientôt de L’âme des peuples, affaire à suivre !

    Voyage dans le Japon d’autrefois

    Japon : Carnets d’un explorateur au pays du soleil levant, texte d’Eugène Gallois (1905) et illustrations par Gwenaëlle Trolez, éditions Magellan & Cie.

    Restons encore un peu au Japon, dans la chaleur des onsen et à l’ombre du Mont Fuji, pour vous parler de ce livre qui est une merveille visuelle. C’est un des plus beaux livres qui me soient tombés entre les mains, et je pèse mes mots : cet ouvrage est une pure splendeur. Pour ce qui est du texte, il s’agit du carnet de voyage d’un explorateur à l’aube du XXe siècle, Eugène Gallois, qui découvre en 1905 un Japon en pleine métamorphose. Le récit est intéressant, mais en toute sincérité, c’est le genre de livre où on peut avouer sans honte qu’on a préféré regarder les images. L’artiste Gwenaëlle Trolez s’est emparée de ce carnet et l’a illustré par un mélange d’estampes, de collages, d’aquarelles, et de photographies du Japon datant des années 1880 qu’elle transforme légèrement pour les rendre plus oniriques encore. Entre ce livre et celui de Corinne Atlan, je crois que je suis condamnée à faire un tour par le Japon un de ces jours. J’ai vu sur leur site que Magellan & Cie avaient publié d’autres carnets de voyage illustrés dans ce genre, et que leur catalogue était passionnant, je vais continuer mon exploration…

    Livres de voyage : ma sélection 2018 pour s'évader.
    Japon, l’empire de l’harmonie.

    Livres de voyage : ma sélection 2018 pour s'évader.
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    L’histoire du cœur du monde

    Les routes de la soie : L’histoire du coeur du monde, par Peter Frankopan, traduit par Guillaume Villeneuve, éditions Nevicata.

    En juin, je réalise un vieux fantasme de caravansérails et de cités turquoise : j’irai pour la première fois en Asie centrale suivre la route de la soie, en Ouzbékistan. Toute émoustillée par l’attente de ce voyage, je suis tombée sur un livre qui a un succès fou en ce moment, et qui tombait merveilleusement bien : Les routes de la soie : L’histoire du coeur du monde. Cet essai m’a fascinée – beaucoup le décrivent comme le livre d’histoire le plus important de ces dix dernières années. Raconter l’histoire du monde en la centrant non pas sur l’Europe occidentale, selon le déroulé que nous connaissons tous, mais en se focalisant sur cette région qui court de la Méditerranée orientale à l’Himalaya, qui englobe la Perse, la Russie, l’Arabie et la Chine, et que l’auteur nomme « le cœur du monde », voilà l’ambitieux projet de Peter Frankopan. Des conquêtes d’Alexandre le Grand aux guerres contemporaines qui ensanglantent l’Irak et l’Afghanistan, ce professeur d’histoire byzantine à l’université d’Oxford décale le planisphère, replace l’Asie centrale au centre du monde, et propose un nouveau récit qui impressionne par sa cohérence, sa précision et les clefs qu’il livre pour comprendre le monde d’aujourd’hui. Il ne s’agit pas seulement d’une histoire de cette région en particulier, mais bien d’une histoire globale, avec de nouveaux acteurs placés sur le devant de la scène. Si vous êtes féru d’histoire et d’idées, jetez-vous dessus. Après L’âme des peuples, voici encore une perle de Nevicata, une fabuleuse maison d’édition belge qui s’illustre par sa cohérence et sa qualité.

    Livres de voyage : ma sélection 2018 pour s'évader.
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    Un avant-goût d’Ouzbékistan

    Ouzbekistan, Au Coeur des Routes de la Soie, par Didier Labouche et Sergio Cozzi, collection Un regard sur le monde, éditions Géorama.

    Je reste encore dans mes rêveries ouzbèkes, et vous propose ce magnifique carnet de voyage illustré. Deux baroudeurs amoureux de ce joyau d’Asie centrale vous emmènent vous perdre parmi les minarets turquoises de Samarcande, Khiva et Boukhara, humer les champs de roses et de coton de la vallée de Ferghana, ou suivre le sillage des nomades dans les montagnes arides. La collection Un regard sur le monde propose des documentaires intelligents et richement illustrés – moi qui suis toujours frustrée par le manque de photos dans les guides de voyage classiques, je me suis régalée avec cette richesse iconographique. Ce sont de vrais documentaires sous forme livresque, centrés sur l’image, et donnent follement envie de prendre un billet d’avion sur le champ. Cela m’a permis de découvrir les éditions Géorama, petite maison indépendante en Bretagne, mue par l’amour des lointains et du grand large.

    Livres de voyage : ma sélection 2018 pour s'évader.
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    Des pirates, des villes mal-aimées et le livre le plus drôle de l’année

    Après avoir visité le Musée des trésors enfouis à Key West et le Musée des pirates aux Bahamas, j’ai commencé à me prendre de passion pour les histoires de trésors cachés, de cartes à mystères, et de forbans hissant le drapeau noir. (Bon, et j’avais fait 5 fois d’affilée Pirates des Caraïbes à Disneyland, aussi.) C’est alors que j’ai découvert les merveilleuses Editions du trésor , maison singulière et soignée que je recommande chaudement à tous les passionnés d’aventure et de beaux livres. Leur première spécialité, ce sont, vous l’aurez compris, les trésors. Navires perdus, galions naufragés, joyaux enterrés, légendes maudites, secrets millénaires, c’est leur rayon, et leurs livres sont de très beaux objets, attirants comme des cartes au trésor. J’ai eu le plaisir de rencontrer le fondateur des Editions du Trésor, Julien Alvarez, qui s’est lancé dans cette aventure éditoriale avec passion et exigence, et défend avec talent des livres qui savent se démarquer. Pour mon plus grand bonheur, il m’a offert trois livres, dont je vous parle avec joie.

    Femmes pirates, les écumeuses des mers, de Marie-Eve Sténuit, était celui dont je rêvais : à Nassau, j’avais découvert l’histoire hallucinante de Mary Read et Anne Bonny, deux femmes pirates qui parviennent à échapper à la potence en révélant pour ultime viatique leur grossesse. Marie-Eve Sténuit raconte dans ce récit historique qui se lit comme un roman les destinées étranges de ces deux femmes, Anne la tigresse sanguinaire, Mary la pirate romantique qui se sacrifiera pour ne pas livrer son amant, mais aussi celles de nombreuses autres pirates dont j’ignorais tout : Jeanne de Belleville, la plus flamboyante de toutes les pirates, dont la vie a fasciné les poètes, Ching Yih Saou, amirale et maîtresse femme, ou encore Laï Cho San, qui a écumé Macao. Ce sont les histoires merveilleusement romanesques de femmes qui ont défié leur condition en se jetant à corps perdu dans le crime, sachant qu’elles n’avaient rien à perdre, excepté la vie.

    Livres de voyage : ma sélection 2018 pour s'évader.
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    Mon plus grand coup de coeur, ce fut un livre original et inattendu : le Tour de France des villes incomprises, de Vincent Noyon. Ce livre m’a fait hurler de rire et je vous le recommande chaudement : partez explorer Mulhouse, Vesoul, Cholet, Vierzon, Cergy, Maubeuge, et bien d’autres villes où vous n’aviez jamais rêvé de mettre les pieds, mais qui se révèlent attachantes sous cette plume qui sait doser avec justesse l’ironie mordante et la bienveillance sincère. Vous y trouverez des phrases du genre « S’il est une ville dont tout le monde se fiche, c’est bien Guéret », « On soigne ici son asthme, sa bronchite, sa sinusite, son otite, son eczéma, son psoriasis et, depuis peu, les séquelles post-cancer. Si vous avez tout cela à la fois, inutile de dire que La Bourboule est faite pour vous. » ou encore « Berry, fais moi peur ». Vous vous marrerez comme un bossu, mais vous en ressortirez plus intelligent et riche d’une réflexion passionnante sur le tourisme qui refuse tout pittoresque et tout spectaculaire. Et si vous déprimez un peu en plein mois de février, ce livre aura une double vertu thérapeutique : vous faire rire, et vous révéler le charme caché du morne et du moche (comme votre vie en hiver, quoi). Lisez-le, vous me remercierez.

    Livres de voyage : ma sélection 2018 pour s'évader.
    Rire & évasion.

    Encore une dose de rire ? Voici le troisième : Comment voyager seule quand on est petite, blonde et aventureuse, de Katia Astafieff. L’auteure a immédiatement gagné ma sympathie, car elle m’a fait penser à mes copines blogueuses qui voyagent en solo avec brio, auto-dérision et panache, comme Lucie de Voyages et vagabondages, Nastasya de Valiz Storiz, Stéphanie de Voyage Road Trip ou encore Laura Gondin du blog éponyme. Comme elles, Katia Astafieff n’a peur de rien et enchaîne les aventures rocambolesques, mange des frites dans le Transsibérien, fait des boums en Mongolie et de la mobylette à Ouagadougou, ou rencontre des polygames à San Francisco. Ce sont des chapitres très courts, drôles et enlevés, truffés d’anecdotes et de détails cocasses. J’avoue être parfois restée sur ma faim : j »avais envie de dire à Katia comme à une copine « sympa tes anecdotes, mais maintenant dis-m’en plus ! ». Mais c’est un livre plein d’humour et facile à lire que je vais offrir souvent à mes copines voyageuses, pour égayer les longs trajets en cargo, bus ou tuk-tuk.

    Une Provence ésotérique et gothique

    Guide de la Provence mystérieuse, par Jean-Paul Clébert, collection Les guides noirs, éditions Tchou.

    C’est un livre étrange, rempli de vieilles malédictions, de légendes et d’une érudition si évocatrice qu’elle en devient presque hallucinatoire. Le Guide de la Provence mystérieuse est l’œuvre du « clochard céleste » Jean-Paul Clébert, un mystique fiévreux qui s’était établi dans le Lubéron après avoir dormi plusieurs années dans les rues de Paris. Clébert s’est pris de passion pour la Provence secrète, et s’est mis à explorer ses mythes, ses dieux oubliés, ses recoins d’ombre et de sang. Rempli d’illustrations ésotériques, de signes cabalistiques et de photos de lieux oubliés, ce guide noir prouve ce que j’ai toujours su : que la Provence n’est pas qu’une carte postale un peu kitsch, mais bien une terre hantée à l’âme profonde. On se plonge dans ce livre comme dans un vieux grimoire, avec jubilation. Cela m’a donné envie de continuer à découvrir les envoûtants Guides noirs de Tchou, véritables bréviaires d’initiation à la sorcellerie vagabonde.

    Livres de voyage : ma sélection 2018 pour s'évader.
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    Livres de voyage : ma sélection 2018 pour s'évader.
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    Une exploration du Pacifique début XIXe, sublimement illustrée

    Voyage dans le Pacifique, par Louis Choris, éditions Chandeigne. 

    J’ai ressenti une espèce de surexcitation quand ma mère (qui a très bon goût) m’a rapporté ce livre magnifique. Le début du XIXe siècle est l’ère des grands voyages de découverte dans le Pacifique, et on voit partir de grandes explorations rassemblant naturalistes, artistes, scientifiques et mécènes extravagants qui s’aventurent dans des contrées alors méconnues et encore non broyées par le colonialisme européen. Ce Voyage dans le Pacifique est issu d’une très célèbre expédition, celle du Rurick, qui passa notamment par le Kamtchatka, l’Alaska, Hawaï et le Chili. Je savais le botaniste et romantique allemand Adalbert von Chamisso à bord, j’ignorais qu’il était accompagné du peintre Louis Choris. Les illustrations de Choris m’ont profondément émue : elles ressuscitent un monde oublié, non seulement les paysages et les villes de ces bouts du monde, mais aussi les visages des Inuits, des Hawaïens… Ce livre est rare : je connais peu d’autres exemples de telles expéditions illustrées sur le vif avec une telle finesse et une telle richesse du détail.
    Le chapitre sur Hawaï (qu’on appelait alors les Îles Sandwich) m’a particulièrement intéressée, car Choris raconte et dessine ses rencontres avec deux personnages majeurs de l’histoire hawaïenne, le roi Kamehameha et le prince Liholiho. Vous le savez peut-être : je nourris une véritable obsession pour la Polynésie en général et Hawaï en particulier, et suis très sensible au combat des derniers Hawaïens pour sauver leur culture et leur héritage. Le Rurick a abordé les côtes hawaïennes à l’heure d’un basculement de l’histoire hawaïenne, et Choris a su, sans le savoir, le saisir avec beaucoup de sensibilité.

    Livres de voyage : ma sélection 2018 pour s'évader.
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    Livres de voyage : ma sélection 2018 pour s'évader.
    Le roi Kamehameha.

    Hawaï, Marquises, Samoa… avec Jack London

     Jack London dans les mers du Sud – L’odyssée du Snark 1907-1908, par Michel Viotte et Marianne Pourtal Sourrieu, éditions La Martinière.

    Peut-être avez-vous entendu parler de l’exposition qui vient de s’achever à La Vieille Charité à Marseille : Jack London dans les mers du Sud, l’odysée du Snark. De 1907 à 1908, l’immense auteur de la wilderness fait constrire et équiper son propre navire afin d’explorer le Pacifique. C’est un équipage d’amateurs et d’incompétents, qui se perd, prend l’eau, et ne doit sa survie qu’à la miraculeuse clémence d’un Océan Pacifique d’humeur magnanime. Mais malgré les catastrophes et les avaries, London et son épouse font un beau voyage. Partant de Californie, ils découvriront Hawaï, les Marquises, les Samoa, les Fiji… avant de devoir interrompre leur voyage aux îles Salomon, que London décrit comme l’enfer sur Terre, et où il est tombé gravement malade. Je dois l’avouer : l’expo à La vieille charité m’avait laissée sur ma faim, malgré la belle ambiance maritime des salles d’exposition et la qualité des objets exposés. Mais je ne comprenais pas qu’il soit possible de réaliser une exposition sur un écrivain en accordant si peu de place au texte, et notamment à ses textes. Le livre associé à l’exposition répare cette lacune, et lui donne davantage la parole. On comprend que London arrive dans une Polynésie à l’agonie, brutalisée par le colonialisme, l’exploitation et la maladie. A Hawaï, un coup d’état inique a destitué la dernière reine, Liliʻuokalani, pour mettre le pouvoir dans les mains des planteurs d’ananas et permettre l’annexion de l’ancien royaume par les Etats-Unis. Un siècle s’est écoulé depuis l’expédition du Rurick, et lire ces deux livres en parallèle révèle avec une lancinante clarté l’effondrement d’un monde en l’espace de quelques décennies.
    Un passage m’a notamment marquée. Si London débarque à Nuku Hiva, aux îles Marquises, c’est parce qu’il suit une filiation littéraire : il a lu les récits d’Herman Melville et de Robert-Louis Stevenson, qui ont vécu plusieurs semaines parmi un peuple de guerriers valeureux (et occasionnellement cannibales), dans une immense vallée remplie de clameurs et de lances brandies. L’île des ex-cannibales est aussi un pilier de la culture polynésienne ancestrale, et London a été fasciné par les récits de ses prédecesseurs. Mais quand il arrive à Nuku Hiva, il ne reconnaît plus rien : tous les guerriers sont morts, décimés par la lèpre et les autres maladies européennes, et il ne reste plus qu’une dizaine de silhouettes faméliques dans la vallée fantôme.

    Après son voyage, London écrira sur Hawaï, sur la Polynésie française et les Samoa des contes fascinants, riches en histoires extraordinaires, lourds de tensions politiques et habités par la mélancolie des mondes qui se meurent. Si vous ne les connaissez pas encore, je vous recommande mille fois ses deux recueils de nouvelles insulaires aux éditions Phébus. Vous avez aimé l’Appel de la forêt ? Vous adorerez les Contes des mers du Sud et les Histoires des îles.  Ces deux recueils sont à mes yeux un des plus hauts sommets de la littérature de voyage, et un plaisir de lecture inouï – je crois que je les connais à peu près par coeur. Si vous devez offrir un livre à un voyageur, pensez-y.

    Livres de voyage : ma sélection 2018 pour s'évader.
    Deux chefs d’oeuvre.

    La vie secrète des vikings

    Petites sagas islandaises, d’Alain Marez, éditions Les belles lettres. 

    Depuis que j’ai fait la connaissance des vikings en Islande, je suis fascinée par cette société bien plus sophistiquée et subtile que les représentations de drakkars trempés de sang le laissent à penser. Les vikings ont eu un parlement, une démocratie et les droits des femmes avant tout le monde, et surtout, ils ont produit une littérature d’une exhaustivité rare, les fameuses sagas, qui nous permettent de tout savoir sur leurs vies, de la conquête de l’Islande à la vie de cour, en passant par les disputes entre paysans et les rencontres avec des trolls. Le volume de ces chroniques est absolument considérable – on pourrait passer sa vie à lire les sagas sans les connaître toutes. Spécialiste de littérature scandinave, auteur d’un dictionnaire runique, Alain Marez débroussaille pour nous la jungle de la littérature islandaise médiévale, et nous propose cette collection de petites sagas au spectre large : histoires du quotidien, récits de voyages et de navigations, aventures surnaturelles et mystiques, tensions entre derniers païens et chrétiens, vengeances et rapports compliqués entre le chef et ses vassaux. Bien sûr, la littérature islandaise du XIIIe et XIVe siècle ne se lit pas comme le dernier Marc Lévy, et il vous faudra un peu de passion scandinave pour savourer cet ouvrage précieux, mais érudit –  Alain Marez fait tout pour nous faciliter la tâche.

    Livres de voyage : ma sélection 2018 pour s'évader.
    Source de l’image : Les belles lettres.

    Deux thrillers pour se faire peur en Ecosse

    Quand je suis coincée dans un avion pendant plusieurs heures, mon plus grand plaisir est de dévorer un thriller flirtant avec le fantastique, rempli de morts mal vengés, de fantômes et de secrets de famille. Et le bonheur ultime, c’est quand l’action se déroule en Ecosse. Je crois qu’on a inventé ce pays pour y installer des histoires de revenants. Brumes perfides, îles isolées, cimetières béants, légendes sinistres, l’Ecosse a tout. Je vous recommande deux excellents thrillers situés sur des îles du Nord, Skye pour l’un, Lewis pour l’autre.

    Le Doute, de S.K. Tremayne, portait en VO un titre beaucoup plus beau et évocateur, The Ice Twins – les jumelles de glace. Deux jumelles absolument identiques. L’une d’elle meurt dans un accident tragique. Un an plus tard, la survivante prétend soudain que ses parents n’ont pas compris : elle est celle qu’ils croyaient morte, et c’est l’autre qui a péri. Des phénomènes étranges surgissent, et dans ce contexte franchement rassurant, la famille brisée va s’instaler sur un îlot perdu au large de Skye, où on prétend que les morts se tiennent au plus près des vivants… La fin m’a déçue, mais l’ambiance m’a envoûtée, et S.K. Tremayne écrit fabuleusement bien. Quand elle n’est pas romancière, elle est journaliste de voyage, et je l’ai deviné à sa façon puissamment évocatrice de dire les lieux et les atmosphères.

    Je sais, cela fait six ans que tout le monde parle de L’île des chasseurs d’oiseaux, de Peter May, mais que voulez-vous, moi je l’ai lu la semaine dernière. Et c’est vraiment un excellent thriller, une histoire de meurtre étrange et de secret enfoui, avec pour toile de fond une coutume ancestrale et violente des Hébrides, la chasse au guga. Une fois par an, des hommes partent quinze jours risquer leur vie sur un rocher perdu au beau milieu de la mer du Nord, escalader les falaises et vivre en autarcie totale, pour prendre dans leurs nids vertigineux les oisillons des morus, un oiseau marin qui ressemble à la sterne. Je ne veux pas trop vous en dire, mais l’histoire vous captivera jusqu’au dénouement. J’ai juste un regret : la systématisation et banalisation de l’accident atroce. Dans ce bouquin, tout le monde finit mort / estropié / violé / a subi un truc terrible, et si les premières morts tragiques vous secouent, la quarante-septième vous arrache un cri de protestation « oh les Ecossais, on se calme maintenant, ça va bien ! ».

    Un magazine entre luxe et aventure

    Je suis boulimique de magazines de voyage, et quand j’en trouve un qui me ressemble, c’est le summum du bonheur. Je vous ai récemment parlé de mon style de voyage, que je qualifie d’aventurière bourgeoise, entre recherche de l’inouï et du sublime, et plaisir de se réfugier dans de beaux hôtels qui créent une bulle enchantée. Le magazine Ici & Ailleurs me correspond à merveille, avec ses grands reportages faisant la part belle à la culture et aux paysages, et ses adresses chic et exigeantes, ses collections d’hôtels à la fois originaux et luxueux. C’est un magazine qui invite à un dépaysement élégant, et qui a su trouver le bon équilibre. Je continuerai à le lire avec joie.

    Livres de voyage : ma sélection 2018 pour s'évader.
    Ce fruit que j’ai jugé bon d’inclure dans le décor est une coco-fesses, emblème des Seychelles. (Ce numéro d’Ici et d’ailleurs inclut un très bel hôtel aux Seychelles, d’où l’inspiration subtile et discrète.)

    Des ruines mythiques et un guide de la Sérénissime

    Je finis ce long article par deux jolies découvertes que je dois à des amies blogueuses.  Mitchka, du blog Fish and Child, a récemment organisé un concours que j’ai eu la bonne idée de gagner, ce qui m’a permis de recevoir une perle, 60 histoires de sites où le temps s’est arrêté : Lieux désertés autour du monde, de Richard Happer. Palais abandonnés, friches industrielles et nucléaires, parcs d’attractions délaissés, ruines incongrues… c’est un voyage insolite et poétique qui m’a donné beaucoup d’idées et d’envies. Une très belle réussite des éditions Ouest France.

    Livres de voyage : ma sélection 2018 pour s'évader.
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    Enfin, j’ai eu le plaisir de recevoir (les concours me réussissent !) un guide week-end Hachette, Un Grand Week-End à Venise 2018.dont l’auteur n’est autre que la talentueuse L’occhio di Lucie, qui a mis au service de ce guide la passion avec laquelle elle raconte Venise sur son blog d’expatriée amoureuse de l’Italie. Lucie vit dans la cité des Doges, et sait en parler avec beaucoup d’authencitié – par ailleurs, j’ai adoré l’iconographie très riche de ce guide, moi qui suis fâchée avec les guides sans images, et la présentation pratique et intuitive. Cela m’a permis de découvrir la collection, parfaitement pratique et adaptée à une escapade sur quelques jours ou plus si affinités.

    Livres de voyage : ma sélection 2018 pour s'évader.
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    Et vous ? Que lisez-vous en ce moment ? Quel genre de livre de voyage vous séduit le plus ?

    Livres de voyage : ma sélection 2018 pour s'évader.
    Un dernier chat pour la route.

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  • Aventurière ou bourgeoise ? Comment je choisis mes voyages

    Tout projet de voyage est toujours un arbitrage entre l’évidence et l’audace. Partir à l’aventure dans des contrées périlleuses et inexplorées, ou revoir encore une fois Venise, Prague et Dubrovnik ? Etre le premier à dénicher l’endroit dont personne n’a jamais encore entendu parler, ou conforter la longue histoire d’amour que le public entretient avec des destinations aussi belles que rebattues ? Tout voyageur, et a fortiori, tout voyageur « professionnel » (blogueur ou journaliste) se pose forcément ces questions au moment de ficher une nouvelle épingle sur le planisphère. En quête de destinations inédites et de grands frissons, j’avoue pourtant être une exploratrice des beaux jours et des liaisons faciles, et je sais que mes envies d’aventure sont tempérées par mon besoin de confort. Voici comment je choisis mes voyages.

    Aventuriers, backpackers, tout-inclus… et moi, et moi ?

    Personne n’aime être mis dans une case. Notre grande prétention à l’individualité est paradoxalement le dénominateur commun auquel un grand nombre d’entre nous peuvent être réduits. Nous revendiquons le droit de tester différents styles de voyage, de passer du trek en solo au club balnéaire aux Caraïbes. Marie-Julie alias Technomade a écrit à ce sujet un billet, « Touriste et fière de l’être« , auquel je souscris totalement : elle assume d’apprécier autant des vacances à Disneyworld qu’un voyage d’exploration au Sénégal.

    Tendances tourisme : le tourisme d'aventure haut de gamme.
    D’ailleurs, j’adore moi aussi Disneyland Paris.

    Mais malgré cet éclectisme revendiqué, on peut observer au sein de la population des voyageurs en général plusieurs familles et tendances. La liste est très loin d’être exhaustive, mais voici quelques groupes bien distincts (et dont je respecte totalement les diverses aspirations).

    Il y a les backpackers, qui vont chercher à vivre un maximum d’aventures, multiplier les rencontres, et explorer un grand nombre de pays, à un coût le plus bas possible. Ils n’ont pas peur de subir douze heures de bus de nuit, partager un dortoir improbable, et manger de la street food un peu douteuse, s’ils peuvent économiser les quelques euros qui leur permettront de prolonger leur voyage. L’Asie du Sud Est est leur terrain de jeu préféré.

    Il y a les familles en tout-inclus, qui cherchent des vacances simples, confortables, à budget maîtrisé, où tout sera pris en charge et où ils pourront bénéficier d’une logistique bien calée pour se reposer. Ils vont apprécier les destinations balnéaires pas trop onéreuses avec de belles infrastructures touristiques, comme les Canaries, ou certains pays des Caraïbes tels que la République dominicaine.

    Tendances tourisme : le tourisme d'aventure haut de gamme.
    Rêver de douceur. (Ici en Guadeloupe.)

    Il y a les trekkeurs et les passionnés de l’outdoor, qui vont rechercher l’immersion dans la nature et le dépassement physique. Ils ne partent pas forcément très loin, mais ils cherchent l’extraordinaire de proximité : ils vont partir pour une randonnée glaciaire dans les Alpes, camper dans les Pyrénées, faire de la survie en forêt, s’attaquer au GR20 en Corse. Julien, alias Sentiers du Phoenix, incarne bien cette tendance et la théorise aussi.

    Il y a les aventuriers des destinations oubliées, ceux qui prennent des trains de trois jours pour des villes imprononçables, parlent un peu le russe, le chinois et l’arabe. Ils sont peu nombreux, mais éminemment respectés – bien qu’ils s’en foutent totalement, car ils revendiquent de ne pas être blogueurs professionnels, de voyager selon leur instinct et de refuser toute marchandisation. Je pense notamment à One Chaï et Histoires de tongs, mais aussi à mon amie La Lykorne Illettrée, dont le périple Pékin-Oulan Bator-Orkhon-Baikal au plein cœur de l’hiver dans des bus défoncés traversant la Sibérie à toute blinde m’a fascinée. Leurs aventures inspirent le rêve et forcent l’admiration – mais je doute que beaucoup de gens les suivent dans leurs chemins de traverse. On les lit avec bonheur, mais on hésite à emprunter leur sillage.

    Et il y a les gens comme moi, qui sont de plus en plus nombreux, et constituent un marché porteur. Il faut bien que je l’assume : je suis ce qu’on pourrait qualifier d’exploratrice bourgeoise. Une aventurière des beaux jours. Une voyageuse qui cherche en permanence à concilier ses rêves d’inouï, et son besoin de confort et de sécurité.

    Inédit, mais pas trop : l’aventure domestiquée

    Même s’ils s’en défendent parfois, les gens comme moi sont aussi une « famille » de voyageurs, et une niche marketing bien précise.

    Les gens comme moi lisent les récits d’aventure de Jack London ou de Sylvain Tesson, rêvent devant les vieux voiliers et les cartes du monde incomplètes de la Renaissance, ont des envies de neiges éternelles, de glaces immenses, de prairies peuplées d’animaux sauvages, de plages isolées et de déserts à perte de vue. Encore récemment, mon cher époux s’est moqué de ma passion pour les grands récits d’explorations des siècles passés. Les destins des Soresby cartographiant le Groenland, Humboldt explorant l’Amérique du Sud, Cook découvrant le Pacifique, ou Stevenson trépassant aux Samoas me fascinent. Les gens comme moi ont soif de magie et d’inouï. Ils veulent voyager de façon individuelle, surtout pas en bus de tour organisé.
    Mais ils n’ont pas envie de débarquer à un aéroport inconnu sans savoir où ils dormiront. Ils n’ont pas envie de bus déglingués, de coucous douteux, de dortoirs collectifs, de se sentir en danger ou d’être arnaqués, menés en bateau. Ils n’ont pas envie d’être à la merci de qui que ce soit. Ils veulent que les choses soient bien organisées, claires, sûres, avoir une chambre individuelle et un repas chaud.
    Ils veulent l’inédit, oui, mais quadrillé et confortable, bien balisé.

    L'Islande est le pays des cascades. Découvrez les plus belles cascades d'Islande sur le blog de voyage Itinera Magica.
    L’aventure facile : l’Islande.

    Les gens comme moi constituent typiquement le cœur de cible d’agences telles que Voyageurs du monde (version plus haut de gamme), Terre d’aventure ou 66° Nord (version aventure). Ces agences s’adressent justement aux gens qui préfèrent d’ordinaire organiser leurs voyages eux-mêmes, mais recherchent un soutien logistique sécuritaire et rassurant quand ils s’aventurent en territoire inconnu, qu’ils rêvent du Svalbard ou de la Tanzanie.

    Au sein des voyagistes, ce segment est en croissance constante. Voyageurs du monde notamment a réalisé en 2016 la plus grosse progression de tous les voyagistes français, avec des résultats record. Il s’agit d’une clientèle exigeante, mais pas bling-bling, qui aspire à la fois au confort et à l’authenticité, veut voyager en autonomie, mais que tout soit planifié. Voyageurs du monde lui propose des circuits entièrement personnalisables, dans des hébergements de caractère, à réaliser en solo, mais avec un service de « conciergerie » et assistance disponible 24h sur 24. Quant à 66° Nord et Terre d’aventure, ils conçoivent des randonnées et autres voyages sportifs dans des lieux d’exception, avec un encadrement rassurant, et mettant l’inédit à la portée des gens normaux. Cheval d’aventure fait pareil pour les cavaliers. L’aventure balisée et exclusive est une tendance forte du moment.

    Et quand cette clientèle se sent suffisamment en confiance pour se passer d’une agence, et préfère tout gérer elle-même, elle lit des blogs comme le mien. Des blogs de gens comme moi, qui ne sont ni des backpackers, ni des jet-setteurs, mais de doux rêveurs un peu bourgeois, qui aspirent à un dépaysement tempéré.

    Tendances tourisme : le tourisme d'aventure haut de gamme.
    Automne dans les Dolomites, désormais un classique.

    Comment je choisis mes voyages

    Autant tordre le coup d’emblée à un mythe tenace : la majorité des blogueurs de voyage ne font pas que des voyages sponsorisés, et ne calculent pas leurs prochaines destinations au prorata de likes potentiels sur Instagram. (Et en tout cas, ça n’est certainement pas mon cas.) Je sais que je suis loin d’être la seule blogueuse à voyager avant tout par envie et par passion, à suivre des coups de cœur et des rêves de gamine. Je ne suis pas là à attendre, bouche grande ouverte, que des voyages gratos me tombent tout cuits dans le bec, je suis inlassablement à la poursuite de mes mythes personnels. Je sais bien que voyager est un luxe, qui présuppose qu’on ait assez de santé, d’argent et de liberté pour s’y livrer, et je mesure ma chance. Hors de question de l’abîmer par cynisme, par lassitude ou par calcul. Je tiens à préserver la magie.

    En tant que blogueuse et journaliste voyage, je mentirais si je prétendais ne pas penser à mon travail quand je planifie un itinéraire. Je suis passionnée de photographie et de récits, et j’aime les belles images, les belles lumières, les belles histoires. Mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas du tout quelque chose qui me limite, me fait rejeter des destinations ou en favoriser d’autres. Je ne m’interdis rien, parce que je connais mes lecteurs et que je sais que leurs intérêts ressemblent naturellement aux miens.
    Les gens comme moi aiment les beaux paysages inspirants, et les cultures riches d’histoire. Ils veulent concilier la ville et la nature, les activités outdoor et la détente, rencontrer des gens, goûter les spécialités locales, admirer un coucher de soleil depuis un sommet ou une belle plage, être dépaysés, être enchantés, vivre des expériences qui sortent de l’ordinaire, mais aussi se reposer au bord d’une jolie piscine, créer des souvenirs de joie et de beauté. Je n’ai rien dit de très original, et je le sais.

    Tendances tourisme : le tourisme d'aventure haut de gamme.
    Kandersteg, Suisse.

    Tout près et très loin, les mêmes envies

    Comme beaucoup de voyageurs d’aujourd’hui, je fais deux types de voyages, proches et lointains.

    Proches, dans ma Provence chérie, dans ma Bavière adorée, ailleurs en France, en Italie, en Allemagne, au Portugal, dans les Alpes, à la recherche de belles destinations accessibles, qui prouvent qu’on n’a pas besoin de partir au bout du monde pour être heureux.  J’ai beaucoup de plaisir à mettre en valeur ce type de destinations françaises et européennes, et promouvoir le voyage à côté de chez soi. J’ai encore beaucoup d’envies de ce type, en France et en Europe proche.

    Tendances tourisme : le tourisme d'aventure haut de gamme.
    Aix-en-Provence.

    Et quand je fais un voyage lointain, j’ai des listes de critères inconscients qui se cochent sans même que je m’en rende compte dans ma tête. Je veux que ce soit beau, fort, magique, que cela me dépayse, que ça vaille le coup de faire huit heures d’avion ou davantage encore. Je veux être projetée dans un autre monde, une autre culture, loin de mon quotidien. Mais je veux être en sécurité, et avoir suffisamment de confort pour ne pas me demander « qu’est-ce que je fous là, au lieu d’être restée tranquillement chez moi en Provence ». Je veux pouvoir me promener seule, avec mon corps de femme et mon matos photo cher, sans craindre d’être violée ou dévalisée. Je veux savoir où je vais, quel avion, quel ferry, quel hôtel, et ne pas découvrir sur place que je ne peux pas louer une voiture ou aller à tel endroit. J’ai peur des bus pourris. Je veux limiter le stress et l’imprévu. Je veux pouvoir me déplacer librement, sans être cantonnée à une zone touristique dont je n’ai pas le droit de sortir. Je veux que le régime politique ne soit pas hostile aux touristes, et me sentir la bienvenue au sein de la population.

    Là où je vais, il faut que vous puissiez me suivre

    Dans l’absolu, je suis curieuse de la Terre entière, et j’aimerais aller partout. Je rêve de Salto Angel au Venezuela ou des montagnes de l’Hindou Kouch en Afghanistan.
    Mais je suis journaliste et blogueuse voyage, pas reporter de guerre ou d’investigation. Je suis une touriste assumée. Je respecte les consignes de sécurité du ministère des affaires étrangères. Il ne s’agit pas seulement de mon propre confort et de ma sécurité. Il s’agit de respecter un critère fondamental.
    Là où je vais, il faut que vous puissiez me suivre.

    Quand j’ai commencé à travailler dans le journalisme voyage, j’avais un complexe d’illégitimité : je croyais naïvement que je n’étais pas assez aventurière, parce que je n’avais ni escaladé l’Everest, ni traversé l’Amazone en pirogue, ni rencontré les derniers cannibales, et que mon profil éclectique mais « bourgeois » n’intéresserait personne. J’ai très vite découvert que j’avais tort, et que seuls certaines publications très spécialisées recherchaient l’extrême, l’inouï, l’inaccessible – mais ce n’étaient pas les magazines pour qui je travaillerais. J’ai découvert que mes rédacteurs et rédactrices en chef me demanderaient toujours : « est-il possible pour nos lecteurs de refaire ce voyage ? ». Ils ne me laisseraient pas partir en voyage de presse dans un endroit inhospitalier, dangereux ou très difficile d’accès. Quand je veux convaincre ma rédaction de publier un papier sur un itinéraire, je dois lui prouver qu’il est reproductible sans trop grande complexité. Le journalisme voyage « classique » se veut pourvoyeur d’inspirations, pas de fantasmes inaccessibles. C’est justement ce que certains lui reprochent – une certaine frilosité. Mais en ce qui me concerne, c’est un parti pris dont je m’accommode bien. Je n’ai jamais prétendu être une héroïne.

    Tendances tourisme : le tourisme d'aventure haut de gamme.
    En famille à Oman, sans doute la plus belle et la plus sûre des destinations moyen-orientales.

    Dans un récent billet bilan, Stéphane Pageau se moque des gens qui vont en Ouzbékistan en prétendant partir à l’aventure, sortir des des sentiers battus, se la péter explorateur, alors que c’est un pays touristique et accessible. Mon approche est tout autre : je vais aller en Ouzbékistan justement parce que c’est touristique, accessible et sûr, que d’autres y sont allés et que d’autres pourront y aller, et que je le sais. Je ne recherche pas l’aventure, je recherche le dépaysement apprivoisé, les destinations belles et exotiques, mais accessibles aux voyageurs qui ne sont pas des Indiana Jones. Et quand je vais quelque part, je ne cherche pas à vous en mettre plein la vue, à vous faire croire que je vais là où personne ne va. Je ne suis pas du genre à m’inventer des périls faramineux et des secrets inviolables. Je vous dis « j’ai vécu cette chose merveilleuse, et voici comment la vivre à votre tour ».

    Tendances tourisme : le tourisme d'aventure haut de gamme.
    Ceci n’est pas l’Ouzbékistan, mais Disneyland Paris. Promis, en juin j’aurai un stock d’images plus convaincant.

    J’ai eu la chance inouïe de vivre des expériences inoubliables. Mais rien d’impossible à reproduire (à condition, évidemment, d’avoir mis assez d’argent de côté : je sais bien que voyager est un privilège et un luxe, j’en suis totalement consciente, et je ne prétendrai jamais qu’il « suffit de le vouloir »).
    Je suis allée voir les vikings à Shetland et les vagues géantes au Portugal, et c’était finalement bien plus facile que ce que j’imaginais. Je suis allée à Oman parce que c’est à mes yeux le plus beau, le plus sûr, le plus accueillant des pays de la péninsule arabique, et que vous pouvez vous y rendre sans aucune crainte. Je vais aller en Ouzbékistan car c’est sans doute le plus magique, le plus sûr, le plus « facile » des pays d’Asie centrale, et que vous n’y risquez rien. Je rêve d’aller au Svalbard et au Groenland car ce sont les nouvelles destinations nordiques qui montent, et que ces régions deviennent de plus en plus accessibles aux touristes. Je n’essaie pas de vous vendre ça comme des aventures héroïques. Il ne faut pas de « courage » pour y aller, juste l’envie (et l’argent, évidemment).  Non, ce ne sont pas des destinations pour se dépasser, se la jouer, faire croire à vos proches que vous êtes un trompe-la-mort : ce sont de magnifiques destinations pour faire un beau voyage. C’est tout et c’est déjà beaucoup.

    Et quand vraiment je veux me la péter sur Instagram à peu de frais, je vais dans un igloo en Suisse. Manger de la fondue avec des gants de ski, ça c’est héroïque.

    Les zones interdites

    Je le sais bien, ce type de tourisme mainstream exclut certaines parties du monde. Mais pas éternellement.

    Je rêve du jour où le tourisme sera (de nouveau) possible dans des pays aujourd’hui sinistrés par des catastrophes naturelles ou des drames géopolitiques, comme par exemple le Venezuela, en grave crise économique et politique, le Mali, rongé par le terrorisme islamiste, ou les Iles vierges britanniques, paradis dévasté par l’ouragan Irma. Non seulement pour mon plaisir égoïste de voir le monde, mais aussi et surtout parce que je crois profondément qu’un pays qui accueille des touristes est un pays qui va bien, où les populations sont suffisamment prospères et sereines pour recevoir des invités. Je crois en un tourisme respectueux qui participe au développement des pays, soutient l’économie, porte la paix et l’ouverture au monde. Je boycotte certains pays, de la Birmanie à la Corée du Nord, quand je pense qu’il est impossible d’aller à la rencontre de la population sans soutenir un régime criminel. Je suis prête à dépenser de l’argent en voyage. Je n’aime pas le tourisme prédateur, ou ces voyageurs-vautours qui espèrent ouvertement que certains pays restent pauvres et enclavés pour pouvoir continuer à y aller pour pas un rond. Je n’aime pas le tourisme destructeur, ou ces destinations ravagées par un tourisme qu’elles ne sont pas capables de gérer dans le respect des ressources et des populations. Je ne considère pas le monde comme le terrain de jeu des riches occidentaux, et je veux aller là où on a l’envie et la capacité de me recevoir. Je suis une voyageuse bourgeoise, oui, mais lucide et curieuse.
    Je suis touriste et fière de l’être, et je veux l’être avec curiosité, respect et ouverture à l’autre. La carte du monde change vite. Découvrir les prochaines destinations où nous pourrons voyager en sécurité et avec bonheur, c’est ce qui me passionne.

    Capri est la perle du golfe de Naples. Tout voyage en Italie du Sud doit passer par cette île de rêve, entre Méditerranée et jardins. Capri, la dolce vita !
    Qui seront les Capri de demain ?

    Et vous ? Comment choisissez-vous vos destinations ?