Êtes-vous déjà venus l’hiver skier à Tignes, au cœur du parc national de la Vanoise en Savoie ? Tignes est le pays des superlatifs. Montant à près de 3500m, c’est un des plus hauts domaines skiables d’Europe, avec en ligne de mire le point culminant de la Savoie, la Grande Casse, 3855m. Entre le glacier, sur qui on skie même en été, le lac que l’hiver change en banquise gelée, et la minéralité brute de ces versants qu’aucun arbre n’adoucit, Tignes est fascinante par sa radicalité alpine. Tignes, c’est la montagne à l’état brut, un nectar de cimes et de vertige. Nous sommes ici au pays des pentes raides, de la haute montagne vertigineuse et des défis qui font battre le cœur plus fort. Tignes la sportive aime miser sur l’adrénaline : j’ai rarement vécu autant d’expériences insolites et de sensations fortes qu’ici, entre ski freeride, expériences dans la glace, motoneige et autres ULM pendulaires. En un week-end de ski et de neige à Tignes, j’ai eu une sensation de dépaysement radical, comme un voyage dans le grand nord ou sur la lune, et j’ai été littéralement hypnotisée par la beauté et la puissance de cet univers exceptionnel. Je vous propose de me suivre pour un séjour en hiver à Tignes, entre ski et insolites, mondes de glace et aventures de l’extrême à portée de tous. Prêts pour un grand voyage dans le blanc ?
Tignes Val Claret et le lac Ski de randonnée à l’Aiguille percéeAu coeur des glaces
Tignes, monde minéral et lac gelé
Tignes est un monde extraterrestre. Nous dormons à Tignes Val Claret (2100m), au pied de la Grande Motte (3653m) et à deux pas d’un immense lac que l’hiver a gelé, et qu’on traverse à pied ou en motoneige électrique, dans une atmosphère de grand nord. Dans les Alpes, j’ai plus l’habitude de la moyenne montagne, des altitudes douces, alpages, forêts, villages humanisés. Tignes m’a conquise, et j’y ai souvent repensé depuis, car elle est étonnante : cette station aux airs de base lunaire a été un de mes plus beaux coups de cœur alpins, alors même qu’elle ne ressemble pas à ce que j’aime d’ordinaire.
Tignes Val Claret et le lac presque entièrement geléTignes, plus haut, plus blanc
Nous entrons déjà dans la haute montagne. C’est un univers minéral, éblouissant de blancheur, où les sommets sont tout proches et où la pierre et la glace règnent en maîtresses. Ici le domaine skiable monte à 3450m sur le glacier, et la saison de ski est très longue, d’octobre à mai. Tignes la sportive fascine les amateurs de freeride avec ses immenses descentes et ses dénivelés poudrés. Avant, son slogan était : plus haut, plus blanc. Aujourd’hui, c’est : Tignes, stade naturel. Les deux lui vont bien. Stade naturel, car terrain de jeu extraordinaire – et stade naturel, car on ressent ici une forme d’âpreté sublime qui nous oxygène et nous coupe du quotidien. Seuls au soleil des cimes, dans le blanc infini.
Tignes, hors du temps
J’ai profondément aimé Tignes, cette haute altitude déconcertante et sublime à la fois, où l’homme se fait tout petit… Et c’est l’endroit idéal pour s’essayer au ski de randonnée.
Ski de randonnée à Tignes, vers l’Aiguille Percée
J’ai découvert Tignes pendant cet étrange hiver où le virus avait fermé les remontées. A l’ordinaire, Tignes-Val d’Isère, c’est un immense domaine skiable avec 300km de pistes de tous niveaux, réputées pour être longues, sportives et un vrai bonheur pour les amateurs de grand ski. Mais début 2021, la descente se mérite : il nous faudra chausser nos peaux de phoque et nous essayer au ski de randonnée.
Avec le chaleureux et très pédadogue Bertrand Clair, moniteur de ski spécialiste du hors-piste et du ski de randonnée, nous partons pour le sublime site de l’Aiguille percée, surplombant la station à 2700m. 600 mètres de dénivelé nous attendent, une longue montée au soleil dans la poudreuse au cœur d’un paysage sublime de haute montagne, âpre, minéral, immense ! Au loin la Grande Casse, le plus haut sommet de Savoie, est balayé par les vents des hautes altitudes.
A la fin de la montée, je sens mon souffle se raccourcir, mais le désir de beauté nous porte jusqu’à cette sublime roche que l’érosion a sculptée comme le chas d’une aiguille. La vue sur les lacs en contrebas, la solitude vivifiante de ce site superbe, tout m’émerveille.
Une petite descente, une délicieuse pause aux morilles et à la crème sur la terrasse d’un resto d’altitude…
Puis c’est la descente, 900 mètres de dénivelé négatif, de pur plaisir jusqu’à Tignes 1800. A la descente, on enlève les peaux et cela redevient du ski alpin classique, avec le plaisir de la glisse et des virages. La montagne procure des bonheurs tellement purs et Tignes est un décor grandiose pour les amoureux des cimes !
Une expérience givrée : ice floating avec Alban Michon dans le lac de Tignes
C’est à Tignes que j’ai découvert une activité insolite complètement dépaysante : l’ice floating ! Le grand explorateur et aventurier Alban Michon propose cette activité hivernale inspirée de ses expéditions groenlandaises. Dans des combinaisons de survie utilisées en mer nordique lors des submersions et hélitreuillages, nous flottons dans notre bain de glaçons, complètement portés par la combinaison, dans un silence absolu. Je n’ai pas froid. Je flotte au milieu de la glace, complètement détendue, apaisée, savourant l’étrangeté de cette sensation puissante et incongrue. J’en oublie que j’ai le look torride d’un Teletubbie XXL. Pour les plus courageux, Alban propose aussi d’apprendre à survivre à une chute dans la glace… sans la combinaison ! et d’autres expériences de survie basées sur ses incroyables aventures nordiques.
Laissez-moi vous dire quelques mots au sujet d’Alban Michon et de sa vie extraordinaire. Spécialiste de l’Arctique et de la plongée sous glace, il a notamment traversé le passage du Nord Ouest en solitaire (62 jours seul au monde…), monté nombre d’expéditions d’aventure et de collecte de données scientifiques, au Groenland et ailleurs. Discuter avec lui est passionnant : Alban croit en la puissance du mental, plus importante encore que la préparation physique. Il a fondé l’Ecole des explorateurs, et propose à la fois des expéditions polaires, accessibles à tous les gens curieux et motivés, et des stages à Tignes axés sur la survie et/ou la préparation mentale. C’est un héros étonnamment abordable, sympa et chaleureux qui a créé l’ice floating pour permettre au plus grand nombre d’approcher ces sensations de déconnexion totale qu’il a pu vivre en mer du nord.
L’ice floating, ou flotter dans la glace en combinaison de survie, est une expérience de lâcher prise totale. Une sensation étrange m’envahit : je sens le froid, mais je n’ai pas froid. La combinaison appuie sur moi et me masse. Je flotte en silence, totalement détendue. En mer nordique, je pourrais survivre 4 ou 5h maximum ainsi. J’ai vraiment adoré l’expérience. Et la prochaine fois, j’ai très envie de tenter la plongée sous glace – c’est possible aussi à Tignes !
Briser la glace
Un tour en moonbike, la motoneige électrique
Envie de tester la motoneige, mais peur du bruit, de la puissance ou des odeurs d’essence ? À Tignes, vous pouvez tester une alternative plus douce, silencieuse et légère : un scooter des neiges électrique, le moonbike, fabriqué en France par une entreprise annécienne pour une virée vraiment fun autour du lac gelé. L’activité est ludique et joyeuse, on s’amuse beaucoup à foncer dans les virages et dévaler la pente poudreuse avec nos moonbikes. Une belle découverte ! Tignes m’a marquée par la belle diversité des activités proposées, et le moonbike était une jolie surprise. Pour moi qui ai aussi testé la motoneige en Laponie finlandaise, la sensation de puissance n’est pas la même, et je n’ai pas retrouvé cette ivresse de la vitesse que j’avais adorée à Rovaniemi. Mais le côté silencieux, écolo, ludique, est vraiment agréable, et j’aime l’idée de ne pas apporter de nuisances sonores ou de pollution olfactive aux massifs traversés. Et j’ai adoré foncer sur ma jolie moonbike sur le lac gelé dans la lumière du soir approchant ! Une jolie expérience à tester.
Le lac du Chevril et l’église de Tignes, une histoire mélancolique
L’histoire de Tignes est entachée d’une lutte douloureuse et d’un drame intime. Après la Seconde guerre mondiale, les besoins énergétiques de la France sont énormes. Il faut approvisionner les villes en électricité et la construction de grands barrages hydro-électriques est décidée à plusieurs endroits dans les Alpes. La région de Tignes convient parfaitement à l’édification de ce qui restera, aujourd’hui encore, le plus grand barrage de France : celui de Chevril, dressé sur l’Isère, 181 mètres de haut, 235 millions de mètres cubes. Mais à l’époque, l’ancien village de Tignes se dressait au fond de cette vallée aujourd’hui inondée, et l’opposition des habitants était forte. S’ensuivent plusieurs années de lutte en vain, les paysans de Tarentaise contre l’Etat français froid et distant, la mémoire ancestrale contre l’intérêt national, la déchirure intime contre la frénésie des Trente glorieuses. Protestations, manifestations, sabotages après le début des travaux, les gens de Tignes ont tout tenté. Lors de la mise en eau, il faudra les évacuer de force et dynamiter les maisons des expulsés pour les contraindre à quitter la terre ancestrale… et voir dans les larmes les flots noyer leur histoire. Tignes s’est reconstruite plus haut, au-dessus des eaux. Le lac du Chevril est aujourd’hui un site magnifique, et ce turquoise riant ne laisse rien supposer du drame qui s’est joué ici.
Le lac du ChevrilUn petit lac sans commune mesure avec l’énorme lac du barrage
Mais l’histoire a laissé des traces dans la mémoire collective, et il faut visiter l’église Saint Jacques de Tignes, site emblématique de cette blessure émotionnelle. L’ancienne église romane a été détruite et noyée sous les eaux du barrage, mais les habitants l’ont rebâtie quasiment à l’identique dans le nouveau village, et ont pu sauver certaines pièces remarquables, notamment les retables baroques polychromes. Le Christ en croix dressé devant l’église se tenait autrefois devant l’ancien bâtiment, il a été déplacé ici – mais ses bras sont baissés et non tendus, en signe de désolation face au spectacle de Tignes noyée. Poignant.
L’église St Jacques de Tarentaise à Tignes, témoignage de l’histoire douloureuse de Tignes
Le Christ accablé
Au royaume des glaces : le tunnel gelé
C’est un insolite tellement photogénique qui se cache sur le domaine skiable de Tignes et que j’ai découvert grâce à la princesse de Val d’Isère, Léa, blogueuse et monitrice de ski : un tunnel colonisé par la glace, à en jurer qu’Elsa, la reine des neiges, est venue faire des siennes ici.
Vu sur Instagram : le tunnel de glace de Tignes
Le site est inattendu et poétique, un petit morceau de glacier islandais dans un tunnel savoyard, et j’étais ravie d’évoluer dans ce palais de glace sculpté par l’hiver. Un petit air de grand nord en Tarentaise !
Pardonnez-moi cette parenthèse rébarbative, mais il me faut glisser deux petites consignes de prudence. Si vous y faites un tour, faites attention, car
1) ça glisse. Certes, cela se voit, mais vous serez surpris, ça glisse VRAIMENT. Allez-y avec des chaussures à crampons, ou mieux encore, avec de petits crampons par-dessus (ça se trouve chez Décathlon et c’est très pratique pour marcher sur la glace). 2) faites vraiment très attention aux stalactites, de vrais poignards de glace de trois mètres de long qui se détachent sans prévenir. Ne passez pas dessous si vous pouvez l’éviter et surtout, ne restez pas stationnés dessous. Et profitez bien de cette atmosphère féerique !
Ça glisse !
Encore un peu d’adrénaline à Tignes : vol en ULM, plongée sous glace, zorbing…
Trois autres idées d’expériences à vivre pour faire le plein de sensations fortes et d’insolites à Tignes…
– Nous aurions dû tester l’ULM pendulaire et j’aurais ADORE, mais de mauvaises conditions de vent nous en ont empêché. Voler au-dessus des plus hauts sommets de Savoie, avec une vue incroyable sur le Mont Blanc à quelques encablures de là, doit être une expérience incroyable.
– Parce que l’activité a un grand succès, réservez la longtemps à l’avance : nous n’avons pas trouvé de créneau pour plonger sous la glace, mais l’expérience a l’air magnifique. Dans le lac gelé, à proximité de l’ice floating, faites votre baptême du monde du silence et du froid, passez sous la couche de glace avec combinaison, masque et bouteilles, et voyez les bulles d’air emprisonnées sous la surface, dans un univers mystique de silence et de bleu profond… j’en rêve !
– Une activité que j’aurais pu tester, mais qui à vrai dire me faisait peur : le zorbing ! Le concept ? Sanglé et harnaché dans une grosse boule transparente, vous dévalez la pente en faisant mille tonneaux comme dans une machine à laver. Il faut avoir l’estomac bien accroché ! J’ai fait ma poule mouillée, mais peut-être serez-vous plus courageux que moi, venez me raconter ?
Une bonne adresse abordable à Tignes : Le Curling
Envie de venir faire la fête à 2100m ? A Tignes Val Claret, le Curling est un joli hôtel 3* confortable et abordable, qui propose des tarifs spéciaux aux groupes, et qui cultive son atmosphère de fête avec un bar avec vue sur les sommets et une ambiance montagnarde fun très chaleureuse. Une excellente adresse pour les familles, les amis, qui veulent venir skier et s’amuser sans se ruiner, et être vraiment sur les pistes de ski et au cœur de la vie de la station. Nous y avons très bien dormi dans notre chambre douillette avec vue sur les sommets.
Dans le même immeuble se trouve un resto italien, La Pignatta, où nous avons très très bien mangé (en click’n’collect à l’époque, puisque c’était le grand hiver des restos fermés) : mention spéciale pour les arancini, la burrata et la délicieuse pizza « stella » en forme d’étoile !
Prêts à dévaler les pistes cet hiver ? Tignes est une destination riche en sensations qui m’a émerveillée. Si vous voulez suivre mes aventures, à la montagne et ailleurs, n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter.
Merci à l’office du tourisme de Tignes et à Duodecim pour ce séjour riche en émotions que j’ai profondément aimé.
Trois jours autour du lac d’Annecy, peut-être le plus beau des Alpes, à explorer ses pentes abruptes de fjord alpin et ses eaux turquoise de lagon montagnard, à savourer les bonnes adresses au bord du lac et prendre le temps de vivre… Trois jours à Talloires, à Annecy, et alentours, à explorer les merveilles de cette Haute-Savoie lacustre et idyllique. Un tel séjour, j’en rêvais depuis longtemps et c’est un merveilleux cadeau d’anniversaire que j’ai reçu en 2020 de la part de ma mère. Ensemble, nous avons exploré la partie la plus cristalline du lac à Talloires, découvert des adresses de rêve, avons vécu un tour en bateau, un vol en parapente, avant de partir explorer Annecy, les Gorges du Fier et les Jardins Secrets de Vaulx. Si vous cherchez que voir, que faire, autour du lac d’Annecy, à Talloires et ailleurs, si vous êtes à la recherche d’une bonne adresse romantique pour dormir ou manger au bord du lac d’Annecy, ce récit va vous enchanter.
Annecy, la perle de Haute SavoieVol en parapente au dessus du lac d’AnnecyAdresses secrètes au bord du lac d’Annecy
Joyaux du lac d’Annecy : luxe et raffinement avec de très belles adresses
C’était un séjour d’une beauté parfaite, et j’ai souhaité en garder le souvenir : en collaboration avec Photoweb, j’ai choisi de faire imprimer des tirages photos et un livre photo complet de cet anniversaire qui fut peut-être mon plus merveilleux.
Je vous montrerai ces souvenirs idylliques. Aujourd’hui, je suis heureuse de partager avec vous ces joyaux de Talloires, des rives du lac d’Annecy et d’alentours, et les images que j’ai pu en garder.
Le paradis du bout du lac : bonnes adresses à Talloires
Que voir, que faire autour du lac d’Annecy ? Ne surtout pas manquer Talloires… C’est à mes yeux la plus belle partie du lac d’Annecy, la plus préservée et secrète, à deux pas de la réserve naturelle du bout du lac. Ici l’eau revêt d’étonnantes teintes d’île tropicale, des chemins discrets se faufilent le long des berges arborées, et les bonnes adresses prennent des airs de boudoir luxueux, d’alcôve secrète nichée dans un méandre de la rive. Raffinement ultime, sentiment d’exclusivité et beauté brute : Talloires réserve une infinie magie.
L’abbaye de Talloires, hôtel-restaurant mythique
Imaginez un ancien prieuré bénédictin fondé il y a plus de mille ans, avec tout le charme que lui confère son historicité, ses ogives gothiques, ses façades couvertes de vigne vierge, son cloître bruissant de murmures. Aujourd’hui, l’abbaye n’accueille plus de bénédictins, mais d’heureux voyageurs, venus savourer cet hôtel-restaurant 4* au cachet exceptionnel. Nous n’y avons pas dormi – nous étions chez le prestigieux voisin, dont je vous parle plus bas – mais nous y avons passé un déjeuner absolument enchanteur, au bord des flots, sur une terrasse lumineuse surplombant le lac à la Brasserie de l’Abbaye, les pieds dans l’eau ou presque… Ce fut mon plus beau repas du séjour, une perfection de fraîcheur et de créativité avec une vue exceptionnelle.
Le Petit Paradis, jardin secret
C’est un repère un peu secret, niché en retrait de la plage d’Angon dans un jardin de bois clair et de bleu azur, donnant sur un ponton romantique qu’on jurerait sorti tout droit des Seychelles : le Petit Paradis est un resto cultivant son ambiance lounge et intimiste, avec peu de couverts, une cuisine branchée (beaucoup de tartares de poisson frais type sushi) et des tables à fleur de lac, au cœur de la végétation…
L’Auberge du Père Bise, hôtel-spa sublime au bord du lac d’Annecy
C’est un fabuleux 5 étoiles lové au bout du lac d’Annecy, à Talloires, havre de luxe et de tranquillité. L’Auberge du Père Bise est une institution, avec sa plage privée, son jardin ouvert sur l’immensité du lac et des montagnes, son architecture associant audace design et bon goût feutré des grands noms. La nouveauté au moment de notre séjour, c’était le fabuleux spa, verrière inondée de lumière semblant plonger dans les eaux du lac, qui nous a infiniment séduites par son atmosphère de cocon chaleureux et lumineux, sa douche sensorielle, son jacuzzi posé au-dessus du lac, sa grande piscine chaude et éclatante où j’ai pris un plaisir infini à nager. Ces deux heures au spa restent un summum de bien-être et de raffinement.
L’Auberge du Père Bise, c’est aussi un restaurant gastronomique étoilé, hélas fermé le soir de notre séjour – mais nous nous sommes régalées pour un tarif plus abordable à la version bistronomique, avec une superbe vue sur le lac d’Annecy au coucher de soleil.
Un tour privé du lac d’Annecy en bateau taxi
Un moment de magie pure… j’en avais tellement rêvé ! Explorer les moindres recoins de ce lac glaciaire somptueux, dans le calme d’un bateau qui n’appartiendrait qu’à nous… Ce tour du lac d’Annecy en duo, nous l’avons vécu en bateau taxi en faisant appel à l’adorable Bernard de la compagnie Taxi Boat Lac d’Annecy. Nous avons largué les amarres au petit matin… la brume dorée sur la réserve du bout du lac, le château de Duingt trônant au milieu des eaux et les chapelles du village dressées au pied des montagnes comme pour faire convoler clochers et sommets, la mâchoire tranchante des dents de Lanfon au dessus des eaux turquoise, les maisons somptueuses de Menthon-Saint-Bernard où vivent les plus privilégiés de Haute-Savoie, l’entrée de la rivière Thiou à Annecy… tout était un pur enchantement, tout était magie.
La beauté visuelle de cette longue balade entre azur du ciel et turquoise du lac m’a émerveillée.
Cartes postales et albums d’Annecy, de beaux souvenirs avec Photoweb
Comment ne pas souhaiter garder un souvenir perpétuel de moments aussi précieux et d’images aussi belles ? J’ai eu le plaisir de faire imprimer des tirages photographiques et un livre photo de mon séjour annecien grâce à Photoweb.fr, une entreprise française, basée à Grenoble, qui propose un service de tirage de grande qualité, fiable et rapide. Ce n’était pas la première fois que je faisais appel à eux, et j’ai encore une fois été convaincue par l’excellent rapport qualité-prix, la rapidité d’expédition de la commande, la fidélité des tirages à mes images, et la facilité de l’outil de création d’album.
Sur la plate-forme de création, j’avais choisi de laisser le logiciel me suggérer une mise en page de l’album avec son algorithme intuitif. Le résultat était déjà très bien, mais j’ai pu le perfectionner et le personnaliser de façon rapide et facile en modifiant les pages souhaitées afin d’obtenir un produit final totalement conforme à mes souhaits. Ma mère et moi avons donc pu garder de cet anniversaire parfait des tirages lumineux (j’ai choisi le papier brillant, pour une qualité optimale) et un album photo d’excellente facture, élégant et pratique, dont la couleur bleue vert s’harmonise parfaitement avec les eaux du lac d’Annecy, et dont l’ouverture à plat permet de préserver les images dans leur intégralité. Je suis extrêmement satisfaite de ma commande, encore une fois !
Annecy, la « Venise des Alpes »
Oserai-je le cliché ? Venise des Alpes, quel terme éculé… et pourtant. Pourtant, impossible de ne pas songer à la Sérénissime en voyant les ponts colorés s’entrecroiser au-dessus du Thiou, et les cadenas sur celui des Amoureux, en suivant les géraniums dans les ruelles que les canaux caressent, en s’émerveillant des couleurs acidulées des façades couleur limoncello, orange amère ou pistache d’Italie… Annecy est si belle, une carte postale vivante, touristique bien sûr, mais pourquoi bouder un tel plaisir ?
N’oubliez pas de faire un tour au marché dans les ruelles, d’acheter les myrtilles cueillies main, le reblochon, la charcuterie et les autres délices savoyards, pour croquer Annecy la sublime à pleines dents.
Un vol en parapente au col de la Forclaz, au-dessus du lac d’Annecy
Ce fut une de mes plus belles expériences, inoubliable et bouleversante. Vous connaissez mon amour du parapente, la joie immense que les vols me procurent. Pour mon anniversaire, j’ai réalisé un rêve de longue date : voler au-dessus du lac d’Annecy, en décollant du Col de la Forclaz. Ce fut un des plus beaux vols de ma vie. Dans la lumière de fin d’après-midi, des conditions favorables nous ont fait monter à plus de 2200m, presque à la hauteur du sommet de la Tournette couronné de nuages, et offert le panorama le plus grandiose qui soit sur le lac d’Annecy traversé d’éclats de lumières, de reflets turquoise et de passages nébuleux, sur le massif des Aravis, sur les Bauges et au loin, la Chartreuse, le lac Léman, Genève, autant de joyaux des Alpes qui scintillaient sous mes yeux dans cette lumière irréelle. Aucune sensation n’est plus proche du vol de l’oiseau que le parapente, et ce sont à mes yeux les plus belles visions qui soient, une intimité incroyable avec les montagnes quand on vient frôler leurs sommets, tutoyer les dents de Lanfon et chercher les ascendants le long des crêtes. On se sent aigle, porté doucement par la voile dans la majesté alpine.
J’avais choisi de voler avec Airmax Parapente, notamment parce qu’ils étaient situés directement sur le col de la Forclaz et proposaient un rendez-vous là-haut, et j’ai pris un vol en ascendances, permettant d’aller chercher les courants dans les hauteurs et de voler plus longtemps. J’ai été très heureuse de mon choix et j’ai adoré mon moniteur, Vincent, adorable, pro et passionné. A la fin du vol, les autres moniteurs d’Airmax se sont prêtés au jeu pour mon appareil photo et j’ai eu droit à quelques visions géniales de parapentes qui se croisent… avant de finir mon vol de façon acrobatique avec une « sat », une vrille à 360° à toute vitesse (ça secoue bien fort !). Un moment de pure magie qui refermait la magnifique parenthèse sur le lac d’Annecy…
Nous nous sommes ensuite éloignées des rives du lac pour continuer notre périple de conte de fées haut-savoyard…
Une nuit hors du temps au château des Avenières
Le château des Avenières ? C’est un hôtel Relais & Châteaux digne d’un conte de Grimm, où chaque chambre est un univers poétique et où le cadre vous suspend entre lac et montagnes dans une bulle onirique d’une beauté rare.
Devant moi, les Aravis, le lac d’Annecy, un panorama que je verrai enflammé par le coucher de soleil et perdu dans une mer de brume dorée au matin.
Derrière moi, un château de conte de fées, qui a su conserver son ambiance enchantée, où je dors dans une folie orientale, la chambre Retour des Indes. Son baldaquin, son alcôve, ses tentures safran, tout m’a émerveillée et invitée à un voyage imaginaire au pays des temples et des tigres.
J’ai adoré ce site qui parlait tellement à l’imaginaire. Et notre dîner dans le restaurant face au soir tombant sur les Aravis fut magique…
Les jardins secrets de Vaulx
Voulez-vous continuer le rêve bleu, entre mille et une nuits orientales et folies de l’imagination ? Je vous présente les jardins secrets de Vaulx, un petit chef d’œuvre d’art naïf dans le style du Palais idéal du facteur Cheval, tenu par une famille passionnée d’architecture orientale et de fleurs à foison. La déambulation dans ce petit univers fantasmagorique me rappelle un peu Oman, Abu Dhabi ou le Maroc, mais aussi la Sagrada Familia de Gaudi… le tout dans un jardin multicolore et embaumant. Une jolie escapade hors du temps.
Les Gorges du Fier
Dans ce site géologique exceptionnel, l’eau se fait artiste. On remonte une gorge spectaculaire vers un vaste canyon creusé de marmites de géants et autres fantaisies minérales, où visages et dragons se dessinent dans la pierre. La mise en scène invite à se laisser aller au rêve, et à peupler le monde magique des gorges de bêtes légendaires, de chimères et de tarasques. Une belle évasion…
Ce séjour fut merveilleux d’un bout à l’autre. J’ai une fascination très forte pour l’ancien duché de Savoie, son identité culturelle puissante et la solennité de ses paysages de montagnes et de lacs grandioses… Je me dis souvent que j’aimerais y vivre. De Nice à Annecy, j’ai décidément une passion pour l’ancien pays de Savoie, entre soleil et sommets. Et lors de ce genre d’escapades lyriques, on aime s’imaginer d’autres vies… Et grâce à Photoweb, je suis heureuse d’avoir pu conserver ces souvenirs visuels d’une escapade enchantée.
Connaissez-vous les Vosges ? Connaissez-vous les eaux limpides du lac de Gérardmer, les sapins de la forêt vosgienne, les chamois du Hohneck et les perles secrètes de la Vologne ? Cet été, nous avons découvert avec bonheur ce massif que nous connaissions si mal, et qui nous a émerveillées par ses atmosphères de forêt profonde et de contes de fées à la Grimm. Nous avons passé quatre jours dans la région de Gérardmer, dans les Hautes Vosges, au cœur du massif. Moi qui suis folle des sommets acérés des Alpes, je ne pensais pas avoir un tel coup de cœur pour ce pays de moyenne montagne aux reliefs tendres et aux étangs paisibles. Mais notre séjour dans les Vosges a été un véritable enchantement et j’ai été subjuguée non seulement par la beauté poétique de ce massif, mais aussi par la qualité des adresses et des activités proposées. Les Vosges sont lyriques, secrètes, un dédale de perles méconnues et de repaires romantiques, où les « brimbelles » violettes des collines vertes se mêlent au bleu horizon des lacs, où on cultive le luxe et la romance, où on se ressource dans les bois profonds et pratique mille activités outdoor réjouissantes. Venez, partons explorer ensemble le magnifique massif des Vosges ! Que vivre, que voir, que faire dans les Vosges, voici mon programme pour un séjour idyllique à Gérardmer et alentours.
Le merveilleux lac de GérardmerRencontre inoubliable avec les chamois du HohneckLes Vosges, terre d’aventures outdoor : VTT entre lacs, collines et myrtillesAmbiance forestière et des tonnes d’activités estivales à GérardmerLes Vosges regorgent de belles adresses romantiques. Ici le Manoir au Lac, avec vue sur le lac de Gérardmer Le pont des fées
J’ai réalisé ce reportage en duo avec mon amie photographe Marion Carcel alias Foehn Photographie. Ensemble, nous formons un binôme de blogueuses, photographes et créatrices de contenu passionnées de montagne sous le nom d’Itinera Favonia. Les photos de cet article sont son œuvre.
Marion et moi en ombres chinoises au jardin alpin de Berchigranges
La magie du lac de Gérardmer
Ce qui est merveilleux dans les Hautes-Vosges, c’est l’omniprésence des lacs, sombres et accueillants à la fois, d’un bleu profond, ouverts comme l’œil d’un géant au cœur des bois. Au lever du jour dans l’heure bleue, les Vosges sont énigmatiques et mystérieuses comme une histoire tirée d’un vieux grimoire. En plein soleil, elles sont éclatantes de joie et de dolce vita. Notre découverte commence par le magnifique lac de Gérardmer, cœur radieux d’un tourisme plein de douceur au charme rétro : on se balade en bateau électrique sur les eaux propres et fraîches en jouant à la croisière s’amuse, et sur les rives, on retrouve de beaux hôtels et des restaurants fleuris, avec un charme qui évoque subtilement la belle époque.
Tout au long de notre reportage, nous avons tourné autour de ce lac, coeur battant du pays de Gérardmer, et nous avons adoré son atmosphère, ses pentes boisées, ses reflets, ses lumières et ses ombres profondes. Marion s’est régalée à le photographier à toutes heures du jour (et de l’aube… un matin, le réveil a sonné à 4h pour vivre un lever de soleil sur le lac !), et les qualités esthétiques de ce lac sont exceptionnelles : avec les pentes douces et boisées qui semblent précipiter les sapins dans son miroir sombre, il a des airs de petit Canada, de bout du monde, et je rêve de le revoir dans les couleurs flamboyantes de l’automne.
Intensité poétique du lac de Gérardmer
Un tour en bateau électrique sur le lac de Gérardmer
Lac de formation glaciaire, abreuvé par de nombreuses sources descendant des montagnes, le beau lac de Gérardmer bénéficie d’eaux d’une grande pureté, classées eau de baignade de première qualité. Afin de préserver leur propreté, on ne trouvera pas d’engins à moteur sur le lac, mais des voiles, des pédalos et des bateaux électriques. Chez le loueur l’Etoile, Marion et moi récupérons un chouette petit bateau ultra maniable et pratique, flanqué d’un drapeau de pirate, pour partir à l’abordage vers les pentes boisées. Un moment de pure détente au soleil, une vraie échappée belle pour marins d’eau douce et assoiffés d’oxygène verte.
Deux belles adresses sur le lac de Gérardmer
Le lac de Gérardmer est un aimant. Difficile d’imaginer vivre les Vosges sans passer une nuit sur ses rives, sans savourer la beauté paisible de ce lac dans lequel tant de sapins se reflètent, la profondeur transparente et limpide de ses eaux d’un bleu sombre… et l’élégance des belles adresses sur ses rives. En voici deux qui m’ont marquée.
Le Manoir au Lac, un beau 4* à Gérardmer
Une nuit au Manoir au Lac. Pour y parvenir, il faudra prendre les chemins de traverses, une rue escarpée qui tourne en épingle en deçà de la route principale et vous mène sur les hauteurs, en surplomb dans un jardin calme au dessus du lac. Au coucher de soleil, la vue sur le lac de Gérardmer depuis la terrasse est digne d’un vieux film, où on imagine des aristos en redingote tomber amoureux de jeunes filles en crinoline. Ce que j’ai préféré ? Sa piscine extraordinaire, véritable balcon bleu et bois sur les eaux claires, un havre de paix avec une vue d’exception. Dans notre belle suite lumineuse, ce 4 étoiles au charme intemporel cultivait un style très XVIIIe, avec tableaux à la Fragonard et bibelots choisis avec goût. Clarté, lumière, une kitchenette, un salon élégant et une literie confortable : nous étions merveilleusement bien au Manoir.
Le Lido de Gérardmer, la dolce vita vosgienne
Au bout du lac, sur une plage paisible, le Lido de Gérardmer a des airs de crique exotique : nous sommes tout au fond, loin de tout, dans une délicieuse ambiance belle époque et surtout, avec un menu absolument exquis. Tout était somptueux, le gaspacho maison, la burrata ensoleillée, le risotto aux morilles, le dessert tout chocolat piqué de fraises fraîches – un repas fabuleux dont on se souviendra, une ambiance vénitienne délicieuse au cœur des Vosges.
Dans le cœur de ville de Gérardmer, à deux pas du lac, sans vue sur lui mais dans un cadre cosy et charmant, deux autres adresses ont retenu toute notre attention.
La Petite Sophie, bistrot chic au cœur de Gérardmer
Ce restaurant bistronomique est le « petit frère » des Jardins de Sophie, sublime hôtel 4* à Xonrupt-Longemer dont je ne manquerai pas de vous parler dans cet article. Au cœur de Gérardmer, le resto à l’effigie d’un petit faon cultive une ambiance boudoir, brocante chic d’un charme fou, et la cuisine est absolument délicieuse. Rillette d’omble chevalier, risotto d’épeautre, déclinaison abricot ou chocolat, on se régale dans ce bistrot chic et raffiné. C’était le grand coup de cœur de Marion.
Le bistrot de la Perle, une tonnelle à Gérardmer
C’est un petit jardin intérieur charmant au cœur de Gérardmer, où vous déjeunerez sous les tonnelles dans une jolie cour. Produits locaux, moules frites, excellents woks, grandes salades, ici on mange une cuisine simple, abordable (menus à 20 euros), fraîche et servie avec le sourire. Une bonne adresse simple et efficace.
Que faire autour de Gérardmer ?
Activités outdoor, jardins et perles secrètes. Quittons maintenant les rives du lac et montons vers les hauteurs…
Le jardin alpin de Berchigranges
Bienvenue dans un jardin enchanté… Le jardin de Berchigranges, niché à 650m d’altitude dans les Hautes Vosges, est un merveilleux jardin secret où les fleurs sauvages se mêlent aux fleurs d’horticulture, où les fontaines et les sources bruissent parmi les massifs un peu bohèmes et où les belles des montagnes sont à l’honneur : les fleurs des sommets du globe ont fait la renommée de ce beau jardin poétique. Il fait partie des jardins alpins et nordiques d’Europe, qui se sont spécialisés dans les fleurs du froid. Cela fait 35 ans que Monique et Thierry cultivent avec passion leur petit paradis féerique, où la déambulation labyrinthique prend des airs oniriques à la Alice au pays des Merveilles, entre art, nature et rêve bleu…
Le jardin alpin de Berchigranges, un lieu merveilleux tenu par Thierry et Monique
Quelques lieux marquants dans ce site délicieux :
Le bleu est la couleur fétiche des propriétaires, et la fleur phare du jardin de Berchigranges, c’est le beau pavot de l’Himalaya, sorte de coquelicot bleu du Népal et du Tibet, pour qui les botanistes ont risqué leur vie au début du 20e siècle afin de récupérer quelques graines. Comme l’edelweiss, elle fait partie des plantes mythiques de montagne.
Pavot bleu de l’Himalaya
Le jardin de mousse : vous découvrez ici un site unique en Europe. Pour trouver un équivalent, il vous faudra aller au Japon. Dix ans de travail ont été nécessaires pour créer ce tapis de mousse elfique, qui met à l’honneur la diversité botanique des Vosges où cohabitent 200 espèces de mousses.
Les labyrinthes, cascades, étangs et jets donnent un charme fou au jardin… Sachez que le jardin de Berchigranges vous invite aussi à la visite par temps de pluie : le « jardin de pluie » est planté d’espèces qui révèlent tout leur charme sous l’averse quand l’eau rebondit au creux de leurs feuilles…
La cabane de lecture, véritable maison (bleue) de hobbit où vous avez le droit de rester des heures à lire romans, poésie et traités de botanique. Une parenthèse de douceur, un vrai coup de cœur pour Marion et moi.
Sachez que Monique et Thierry ouvrent bientôt un gîte au cœur du jardin – à suivre…
Le domaine du Haut Jardin, luxe incroyable et romantisme pur dans les Vosges
Attention, hébergement incroyable… Le domaine du Haut Jardin est un des plus fous que Marion et moi ayons eu la chance de découvrir, une merveille d’ultra luxe qui garantit aux amoureux un séjour absolument inoubliable. Au cœur des Vosges, au dessus du lac de Gérardmer, le Domaine du Haut Jardin est un hôtel-spa romantique dédié aux couples souhaitant passer un moment exceptionnel. Les équipements sont privatifs, et non collectifs : chaque chalet bénéficie de ses propres installations, et ces équipements exclusifs déploient un luxe infini.
Notre chalet, le Secret, était absolument renversant, avec un jacuzzi gigantesque à l’extérieur, une baignoire en forme de cœur qui prenait 20 minutes à être intégralement remplie, un hammam tout carrelé de mosaïques, une cheminée-poêle pour les soirées cosy d’hiver… le tout complètement privé et secret, strictement réservé à notre seul usage et caché par de hautes palissades qui garantissent une totale intimité ! Autant dire que c’est l’adresse idéale pour une demande en mariage ou une lune de miel… Marion et moi avons vécu une « lune de miel entre copines », à barboter dans notre immense jacuzzi multicolore, et savourer le luxe inouï de ces aménagements.
N’oublions pas le dîner ! La table gastronomique du Haut Jardin est un délice absolu. Le chef Luc Masson et son épouse rivalisent de créativité et de finesse, mais dans une grande fidélité aux produits du territoire vosgien : asperges, silure, sureau, perche, ortie, cerfeuil, rhubarbe, fraises, fleurs comestibles enchantent nos papilles. Un festival de raffinement et de saveurs fines et fraîches !
Ici on cultive secret d’une vraie belle cuisine, à qui on souhaite une étoile au Michelin… Si vous avez une occasion très spéciale à fêter en amoureux, retenez cette adresse exceptionnelle. Le caractère privatif des équipements a un coût, et la nuit est assez onéreuse, mais vous aurez la sensation d’être parti au bout du monde, au cœur des Vosges…
Aventures outdoor à Gérardmer
Saviez-vous que la station de ski de Gérardmer avait également un versant estival, qui déploie une foule d’activités outdoor originales et insolites ? Les activités d’été à la station de Gérardmer, c’est une explosion de sensations sportives…
VTT et fat bike dans les sublimes paysages des Vosges : énormes coups de coeur pour moi
Immersion dans la forêt vosgienne en trottinette tout terrain
C’est une belle aventure à vivre à Gérardmer : partir en trottinette tout terrain avec Pierre, notre guide accompagnateur, à la rencontre de ces forêts mythiques qui couvrent 55 à 60% du territoire vosgien – nous sommes dans un massif résolument boisé, c’est là le cœur de son identité.
Vous vivrez une chouette virée à trottinette à assistance électrique, qui est stable, maniable, accessible, et vraiment fun.
Mais c’est aussi une vraie immersion intime dans la vie des arbres. Guide amoureux de ses arbres et versé dans leurs secrets, Pierre nous apprend à faire la différence entre une forêt à renouvellement naturel, pleine de feuillus comme les hêtres et les ormes, fouillis et embroussaillées, et un simple champ d’arbres, plus uniforme et moins riche, où on plante des épicéas bien rangés pour la sylviculture.
Pierre nous parle des traditions des Vosges, où les fermiers ne se regroupent pas en hameaux comme dans les Alpes, mais restent isolés, dans un habitat dispersé où chacun vit des quelques hectares de prairie qui entourent sa ferme. Ici on nomme les flocons de neige « fleurs de patience », car elles signifient le début de la longue vie hivernale. Ici pendant les mois froids, les femmes filaient le lin et le chanvre depuis des générations, et l’industrie textile naît de cet artisanat domestique.
Saviez vous qu’une marche en forêt fait baisser significativement le taux de cortisol, l’hormone du stress ? Alors imaginez en trottinette… le cortisol doit être écrabouillé sous les grosses roues ! On a beaucoup aimé cette sortie à la fois ludique et instructive, et j’ai trouvé la forêt vosgienne profondément belle. Je me suis vraiment laissée séduire par ce massif profond et paisible comme un livre d’images, où chaque sapin trace une histoire tout en murmures et de bruissements…
Le fat bike à assistance électrique
C’est mon activité outdoor préférée de tout ce séjour à Gérardmer (avec le VTT – passion cycles !) : je me suis vraiment, vraiment éclatée en fat bike avec notre super moniteur Laurent ! Le fat bike à assistance électrique, c’est comme un VTT avec d’énormes pneus qui font office de suspension et qui offrent énormément de stabilité à la descente. On a l’impression d’être sur une Harley, mais où on peut pédaler. Facile de se prendre pour un biker avec ce monstre – fabuleusement fun, un vrai coup de cœur ! J’ai tellement aimé que j’ai voulu m’en acheter un, mais il se trouve que la merveille vaut 5000 euros neuf.
Je vous conseille donc d’aller faire un petit week-end vosgien et de vous éclater sur le domaine, d’autant que l’activité se pratique aussi en hiver et que je rêve de tester cela sur la neige !
Le tir à l’arc à Gérardmer
Vous rêviez d’être Legolas, Robin des Bois ou Guillaume Tell ? Venez tester votre adresse et votre précision au tir à l’arc ! C’est le coup de cœur de Marion. Laurent initie depuis l’an 2000 les apprentis Diane chasseresses à Gérardmer, et on s’amuse très très vite. Activité de précision et de concentration, le tir à l’arc « vide la tête », comme une séance de yoga. Et c’est super fun de comparer ses cibles… qui mettra en plein dans le mille ?
Le disc golf
Une activité familiale à découvrir ensemble : le disc golf, sorte de parcours de golf mais avec un Frisbee, sur un parcours où le but est de mettre des paniers en aussi peu de coups que possible ! Calculer les trajectoires est très drôle, et le cadre superbe : la station surplombe le lac de Gérardmer. C’est la société Disc’over Vosges qui propose cette activité facile et accessible à tous.
Le swincar ou araignée, buggy tout terrain
On continue avec la série des trucs délirants qui roulent ? Voici la palme de l’activité la plus insolite de Gérardmer ! Je vous présente le swincar, dit aussi l’araignée : un buggy électrique tout terrain dont les axes des roues sont totalement autonomes, ce qui lui permet d’aller partout, de se déplacer sur tout type de relief, et de foncer dans la montagne comme un rider déchaîné ! Pour la petite histoire, le swincar a été conçu et fabriqué 100% en France à deux pas de chez moi, à Allan dans la Drôme, mais il a fallu que j’aille dans les Vosges à Gérardmer pour tester.
Marion et moi avons adoré cette virée infernale et tellement fun avec Lionel jusqu’au sommet de la station de Gérardmer, avec une vue sublime à 360 degrés sur le lac et les montagnes avoisinantes et des sensations vraiment pleines de fun et d’adrénaline. C’est facile, accessible et ultra ludique ! On s’est régalées, et le tout sans bruit de moteur ni odeur d’essence. Une belle expérience outdoor qui change de l’ordinaire !
Pour se reposer après tant d’adrénaline, je vous propose un site d’une infinie poésie au cœur des Vosges, à deux pas de Gérardmer. Les perles de la Vologne, ce sont les curiosités géologiques et humaines qui se dessinent sur cette jolie rivière de montagne. Au saut des cuves, la Vologne se jette en cascade dans un cadre féerique. A deux pas, le pont des fées vous donnera envie de vous prendre pour une sylve ou un elfe des bois…
Pierres anciennes, jeux de lumière et ronronnement de l’eau, un cadre exceptionnel. Que la montagne est belle, et que les Vosges sont douces !
Autrefois dans les fermes isolées des Vosges, les femmes passaient l’hiver à tisser le lin et le chanvre, créant une solide tradition artisanale. Les Vosges ont toujours été une terre textile historique. Mais c’est au XIXe siècle que commence l’industrialisation qui les propulsera sur le devant de la scène, et fera d’elles un des bastions de la production textile française. C’est en 1833 qu’est fondée l’usine Garnier-Thiebaut, une des plus anciennes de France à être toujours en activité, forte d’une riche tradition de famille et de passion. Aujourd’hui, Garnier-Thiebaut, c’est une entreprise florissante et innovante, spécialisée dans le linge de maison de haute qualité, 100% vosgienne, qui emploie une centaine de personnes à proximité de Gérardmer.
L’ancrage vosgien de Garnier-Thiebaut est indubitable, et plusieurs labels exigeants en attestent – celui d’entreprise du patrimoine vivant, et celui de « Vosges Terre Textile », qui certifie l’implantation locale de cette entreprise où 75% des étapes de la confection et transformation sont réalisées en France, ici même. De la conception des patrons par ordinateur au tissage lui-même, où le bruit infernal des machines contraste avec la précision de la disposition des fils et la finesse des motifs tissés, tout se passe ici. Nous sommes profondément séduites par la beauté des teintes, par la délicatesse des dessins, par la créativité des collections, et Marion et moi ferons des cadeaux à nos proches dans la jolie boutique adjacente à l’usine.
Une belle découverte au cœur du patrimoine industriel, humain et artisanal vosgien !
Un bain de bonheur et de forêt : l’hôtel spa Les Jardins de Sophie
J’ai été stupéfaite par l’exceptionnelle qualité des spas que nous avons découvert dans les Vosges – une profusion qui m’a rappelé les spas d’Allemagne, d’Alsace et d’Autriche, grandes terres de spas devant l’éternel. La proximité géographique de ces pays de bulles et d’eau chaude contribue sans doute à la richesse de l’offre vosgienne ! J’ai eu un vrai coup de cœur pour Les Jardins de Sophie, qui correspondent à tout ce que j’adorais à l’époque où je vivais à Munich et recherchais la douceur des forêts et des montagnes pour des week-ends d’évasion spa en pleine nature. J’ai eu l’impression de revenir à l’époque bénie de mes années germaniques !
Au cœur de la forêt vosgienne, dans un écrin de sapins et de silence, le somptueux spa des Jardins de Sophie à Xonrupt-Longemer (oui, ce nom de village est extraordinaire) est un havre de paix boisé et douillet. J’ai eu un immense coup de foudre pour cette immense piscine chaude et lumineuse, cette omniprésence du bois, ces espaces de repos ouverts sur la forêt et ces troncs noueux qui encadrent le jacuzzi – une bulle de bonheur sylvestre au cœur du massif des Vosges. Sortie du sauna brûlant, j’enfilais mon peignoir blanc et allais marcher pieds nus dans l’herbe verte, les yeux dans les sapins, la lumière du soir peignant leurs cimes. Vous savez combien j’aime les spas, et celui-ci est un chef d’œuvre à la conception parfaite, qui donne l’illusion d’une grande naturalité.
Les jardins de Sophie, c’est un hôtel ultra cosy et douillet à l’ambiance alsacienne (ah, l’excellent kouglof au petit dej !), mais aussi un restaurant gastronomique. Il était fermé le soir de notre visite, ce qui nous a permis une joie découverte dans le cœur de ville de Gérardmer : la « petite sœur » des jardins de Sophie, le bistronomique la Petite Sophie, où nous avons merveilleusement bien mangé – je vous en parlais plus haut. Détail attachant : l’emblème des Jardins de Sophie est un cerf, celui de la Petite Sophie… un faon.
Au cœur des Ballons des Vosges, une sublime sortie VTT
Cela restera une des plus belles visions de mon été : pédaler au milieu des myrtilles sur les crêtes des Vosges, au-dessus des lacs de Longemer et de Retournemer, avec une sensation d’évasion et de liberté totale. Gérardmer est une des portes d’accès à l’un des plus grands parcs de France, le parc naturel régional des Ballons des Vosges, qui se tient à cheval sur la Lorraine, l’Alsace et la Franche-Comté et offre des paysages d’une beauté exceptionnelle.
Accompagnées de Bruno, directeur de l’office du tourisme des Hautes-Vosges, Marion et moi quittons les Jardins de Sophie et partons dans les bois pour une sublime sortie à VTT au cœur du massif, entre lacs, forêts et crêtes. Le VTT, c’est le bonheur absolu, la liberté, la magie de la montagne en été, et ces sentiers étaient d’une beauté inouïe.
Nous sommes au cœur du massif des Vosges, d’abord dans la douceur d’une forêt touffue, puis libérées au grand air des crêtes sur des sentiers couverts de « brimbelles » (le nom vosgien des myrtilles). A 1100m, sur cette estive qu’on nomme le Haut-Gazon, nous pédalons avec un panorama majestueux au-dessus des lacs de Longemer et de Retournemer.
Nous irons ensuite franchir le mythique col de la Schlucht, qui fut la frontière franco-allemande de 1870 à 1914. Dans un océan de crêtes bleutées à perte de vue, la mythique « ligne bleue des Vosges » dont Ferry parlait avec tant de mélancolie, nous irons saluer le sommet du Hohneck, les vues somptueuses sur la plaine d’Alsace et la forêt noire allemande… Cette sortie était magique. Je suis tombée amoureuse de ces paysages vosgiens cousus de lacs au milieu des sapins, de ces lignes de crêtes bleues comme les myrtilles, de cette nature douce et hospitalière.
Une vraie belle aventure, à refaire en automne avec les couleurs flamboyantes de ces forêts peuplées d’ormes, de hêtres et de charmes nichés au milieu des sapins…
Les chamois du Hohneck
Il est 4h30 du matin quand le réveil sonne. Marion et moi avons enchaîné les grosses journées, nous sommes cassées et le réveil est dur. Mais même au radar, nous n’hésitons pas : valise fermée, blouson enfilé, en voiture et direction le sommet du Hohneck.
Nous avons eu souvent la chance de rencontrer des bouquetins dans nos Alpes. Mais nos rencontres avec les chamois sont beaucoup plus furtives. Un jour dans le Vercors, je suis tombée sur un troupeau de douze, mais ils ont détalé avant même que je puisse les photographier. On nous a dit qu’au Hohneck, un des points culminants des Ballons des Vosges, les chamois se donnaient rendez-vous au lever de soleil et qu’ils n’avaient pas peur de nous. Cet animal, hélas chassé, est d’ordinaire très craintif. Mais au Hohneck, ils sont en paix.
Dans la lumière du matin, nous découvrons notre ami du jour, un magnifique mâle chamois dont les cornes griffent l’incendie du ciel et qui broute les prairies des estives. Il n’a pas peur de nous et s’approche tranquillement pour grignoter les fleurs, tandis que nous le regardons émerveillées. Un moment de grâce inoubliable.
Merci, les Vosges, pour ce cadeau longtemps espéré…
Merci à l’office de tourisme de Gérardmer, et tout particulièrement à Valérie, aux Hautes Vosges, et à tous les prestataires partenaires, pour ce séjour inoubliable qui a su convaincre deux inconditionnelles des Alpes de la pure splendeur vosgienne.
Si je vous dis « Môle et Brasses », saurez-vous situer ce massif haut-savoyard sur une carte ? Dans une région très touristique, pleine de sites célèbres à juste titre, cette destination encore confidentielle a le charme de l’inexploré, d’une moyenne montagne authentique et vibrante de traditions puissantes. Vous connaissez la Haute-Savoie, vous connaissez sans doute Chamonix, le lac d’Annecy ou Morzine. Je vous invite aujourd’hui à explorer le territoire de Môle et Brasses, une destination haute-savoyarde méconnue et si attachante, qui regorge d’activités originales et d’un beau patrimoine préservé. Nous sommes dans les Alpes du Léman, à 30 minutes de Genève et à 45 d’Annecy. Nous sommes dans un pays de moyenne montagne, autour de 1000 à 1500 mètres d’altitude, dans un territoire d’alpages où on fabrique le merveilleux reblochon – d’où la beauté bucolique de ces Alpes vertes où les fleurs se comptent par milliers, la douceur de ces paysages alpins moins minéraux et plus amènes. Le Môle est un sommet pyramidal emblématique qui a vue sur le massif du Mont Blanc ; les Brasses sont une station de ski familiale et accessible, ainsi qu’un plateau constellé de fleurs où on trace entre les pétales itinéraires de randonnée exquis. Entre les deux se lovent un lac, une vallée verte, 12 villages et des hameaux au charme profondément savoyard, avec cette authenticité des pays demeurés plus confidentiels. Mais il y a tant à découvrir et tant de choses à faire au pays de Môle et Brasses, et des gens profondément amoureux de leur pays nous ont fait vivre des expériences puissantes. Marion et moi aimons les Alpes à la folie, et nous passons beaucoup de temps à les explorer. Mais ici, dans ce petit pays, nous avons eu la surprise de vivre des moments inédits et insolites ici, qui nous ont fait savourer la montagne autrement. Cette destination fut un des immenses coups de cœur de notre été, un de nos plus beaux souvenirs. Laissez-moi vous montrer que voir, que faire, que vivre au pays de Môle et Brasses, dans la beauté douce d’une région préservée et avec une montagne d’activités insolites. La Haute-Savoie autrement, c’est ici.
Le pays de Môle et Brasses, balcon sur le Mont-BlancUne nuit en hamac face au Mont-Blanc, une des expériences insolites à vivre au pays de Môle et BrassesLe plateau de Plaine-Joux : une destination de moyenne montagne bucolique Les Chalets de Ludran, une des belles adresses de ce beau territoire préservé
J’ai réalisé ce reportage en duo avec mon amie Marion Carcel alias Foehn Photographie, avec qui nous formons un binôme de blogueuses et photographes amoureuses des montagnes. Toutes les photos de cet article sont les siennes.
Marion et moi heureuses dans les meulières du Mont Vouan
Le plateau de Plaine-Joux, idylle fleurie de Môle et Brasses
Nous sommes arrivées mi-juin sur le plateau de Plaine-Joux, à deux pas de la station des Brasses, à l’heure où le printemps explose en mille floraisons. Accessible, familial, ce vaste alpage paisible est un fabuleux terrain de jeu pour les randonneurs fuyant les dénivelés trop agressifs : il offre de vastes sentiers accessibles à tous, dans un cadre ravissant à la Heidi, entre vaches des producteurs de reblochon, chalets traditionnels et immenses prairies colorées. En cette saison, le plateau des Brasses était un véritable paradis fleuri, avec notamment ces sublimes trolles, fleurs jaunes emblématiques des Alpes.
Mais sur le plateau de Plaine-Joux, on trouve aussi… des fleurs comestibles.
Une expérience de montagne insolite : un atelier fleurs comestibles…
A Plaine-Joux, nous rencontrons un attachant amoureux de ses montagnes, Colas Durdilly. Accompagnateur en moyenne montagne, aspirant guide de haute montagne, moniteur d’escalade, ce natif des cimes est aussi un passionné de botanique, un ancien maraîcher pour qui les plantes n’ont aucun secret. Il propose avec son Ecole de la Montagne une expérience insolite qui nous a profondément plu : un atelier de dégustation et cuisine des plantes comestibles. Colas nous guide sur le plateau fleuri de Plaine Joux et nous apprend à repérer les raiponces, les orties, les épinards sauvages et les rhubarbes des moines.
Immense passionné, Colas est incollable (j’ai osé le jeu de mots !) quant aux fleurs des montagnes, à leurs propriétés médicinales et gustatives, et nous charge de ramasser avec lui les délices pour le repas du soir. Dans des sacs en toile, nous faisons notre cueillette, avec la sensation exquise d’être devenues de vraies femmes des bois. Mais le meilleur reste à venir.
… et nuit en hamac face au Mont Blanc !
Ce fut un des plus beaux moments de ce notre bel été français… un lever de soleil face au Mont Blanc émergeant des nappes de brume, après une nuit de bivouac en hamac. C’est Môle et Brasses qui m’a permis de vivre cette expérience puissante que je n’ai pas revécue depuis. Nous sommes parties, Marion, notre guide Colas et moi, du plateau de Plaine-Joux couvert de milliers de fleurs. Après un cheminement à travers la forêt et les troupeaux de vaches rousses et blanches qui remplissaient la montagne de leurs carillons si typiques, Colas nous a conduit à un site incroyable, un véritable balcon sur les plus belles montagnes de Haute-Savoie. Face à nous se dressent le Môle, les Aravis et le massif du Mont Blanc, avec le roi de l’Europe étincelant de neige et les surplombant toutes.
Sous le couvert des arbres, nous avons tendu nos hamacs, et des tarps, sortes de bâches nous protégeant notamment d’une brève averse de grêle !
Puis le beau temps est revenu et dans le soir tombant sur les montagnes, nous nous sommes mis à préparer le repas. Nous avons ramassé du bois mort pour le feu, que Colas a allumé avec un fire steel, nous initiant un petit peu aux techniques de « survie » en montagne. Puis nous avons cuisiné notre cueillette. Risotto aux raiponces et aux orties, omelette aux épinards sauvages, infusion d’épicéa, confiture de rhubarbe des moines avec les fraises du jardin de Colas… je crois que j’ai rarement aussi bien mangé, avec le plaisir intense d’avoir cueilli soi-même sa pitance, de vivre un repas sauvage, au cœur de la montagne, avec la plus belle vue du monde.
Nous nous sommes couchés heureux dans nos hamacs, et nous avons parfaitement bien dormi, sans froid ni humidité, au cœur de nos montagnes.
Au petit matin, le jour s’est levé, et le Mont Blanc est sorti des nappes de brume, rosé, étincelant, majestueux, et nous avons savouré ce merveilleux tête-à-tête avec le seigneur de nos Alpes. Nous étions aux premières loges pour ce spectacle grandiose…
Se réveiller là, après une nuit en hamac au cœur des bois. Se réveiller là face au Mont Blanc qui se révèle en majesté entre deux nappes de brume, sur un incroyable balcon embrassant le Môle, les Aravis et les plus hauts sommets des Alpes. C’est tout simplement magique. Môle et Brasses nous a émues.
Et enfin, nous sommes redescendus dans les bois baignés de brume et de lumière, avec la sensation extraordinaire d’arpenter un royaume elfique dérobé au monde ordinaire. La forêt se fait cathédrale, chaque rayon dessine un vitrail sous le couvert des grands bois…
Si vous rêvez de vous initier au bivouac, en tente ou en hamac, Colas est un accompagnateur adorable et bienveillant, et ce sont des randonnées à la fois belles et faciles, accessibles en famille. Colas nous racontait avoir souvent des familles avec enfants lors de ces belles nuits en hamac face au Mont Blanc. Peut-être une jolie idée pour redécouvrir les Alpes autrement ? Ce fut un de mes plus jolis insolites en montagne. Face à un tel panorama, l’émerveillement nous fait tous redevenir enfants, éblouis par la beauté du monde…
Une session d’escalade sur le plateau de Plaine-Joux
Amoureux du rocher, préparez-vous à vous régaler : le pays de Môle et Brasses regorge de sites d’escalade plus confidentiels, et surtout, lovés dans un écrin bucolique et vert où la grimpe est une véritable activité de pleine nature. Rien de mieux que de vivre ça avec un moniteur compétent, gentil et pédagogue : notre super Colas (Ecole de la Montagne) répond à tous ces critères, et nous avons vécu une très belle session avec lui. Pour moi qui m’initie avec assiduité à l’escalade depuis quelques temps, ce fut l’occasion de grimper en tête pour la première fois, de façon rassurante et sécurisée. Même si vous avez l’habitude de pratiquer l’escalade entre amis, la présence d’un moniteur peut vous aider à franchir un cap, technique ou tout simplement psychologique, et c’est exactement ce qui s’est passé pour moi. J’ai adoré cette belle expérience !
Envie d’une activité outdoor encore plus originale ? Je vous propose un inédit…. l’acro-yoga !
Fabuleux acro-yoga au bord du lac du Môle
Le yoga, Marion et moi connaissions, nous le pratiquons depuis longtemps avec passion. Je vous avais parlé dans cet article sur le fait de prendre soin de soi. Dans nos reportages, les sessions de yoga du soir sont des pauses oxygénantes bienvenues après une grosse journée. Mais l’acro-yoga? Au bord du lac du Môle, au milieu des petits canards et des reflets poétiques des montagnes dans l’eau argentée, l’adorable et doux Janick nous initie à cette discipline dont je n’avais encore jamais entendu parler.
Le lac du Môle
L’acro-yoga, c’est une série de belles métaphores. Il faut surmonter ses pensées limitantes(je ne vais jamais y arriver, je vais me crasher) pour pouvoir voler. Il faut arrêter de se croire trop lourde ou incapable : les autres peuvent porter beaucoup plus que ce que vous croyez dans ces postures. Il faut toujours respecter le consentement de l’autre, ne rien lui imposer et former un vrai duo. Physiquement, psychologiquement, c’est très fort et passionnant. Nous avons vécu un grand moment de partage à six : cinq femmes curieuses d’explorer de nouvelles dimensions de la gravité, et Janick qui est un professeur exceptionnel, et dont l’humanité et la sensibilité nous touchent beaucoup.
L’acro-yoga est aussi une belle métaphore de la destination Môle et Brasses : à partir de quelque chose qu’on connaît (le yoga, la montagne), on vit ici une expérience décalée, inattendue, très forte. Nous sommes dans un cadre apaisant et doux, avec vue sur le sommet du Môle, et nous vivons quelque chose de très humain et fort. Cette belle destination savoyarde nous a marquées par la qualité et l’originalité des activités qu’elle développe, et par la dimension humaine très forte. Ici la montagne, ça se partage… Alors, qui est prêt à voler ?
Explorer à vélo un patrimoine savoyard d’exception, avec Paysalp à Môle et Brasses
Explorer à vélo le patrimoine haut savoyard, ce fut une très belle expérience à vivre au pays de Môle et Brasses ! Initiative originale et profondément humaine, l’écomusée en plein air Paysalp met en valeur 8 sites emblématiques du patrimoine historique, humain et paysager du territoire : un musée paysan, une belle chapelle romane et baroque, ou encore… les meulières ! Avez- vous déjà entendu ce mot ? Marion et moi non plus, jusqu’à cette belle découverte complètement insolite. Peut-être connaissez-vous les énormes pierres rondes qu’on utilisait dans les moulins pour broyer les grains – les pierres de meule, justement. Ces pierres gigantesques sont extraites telles quelles, naturellement rondes, des carrières du Mont Vouan, un des sites d’extraction les plus prolifiques et célèbres d’Europe. La région de Môle et Brasses était réputée à travers les Alpes pour ces pierres exceptionnelles, et elles furent essentielles à la richesse du pays. Je vous invite vraiment à découvrir ces carrières monumentales, où les ronds creusés dans la roche par le travail d’extraction donnent l’impression de pénétrer dans la ruche d’une espèce extraterrestre… Christophe, le directeur de Paysalp, nous conduit à vélo au cœur de ces endroits encore méconnus et visuellement incroyables, et nous raconte le travail minutieux des carriers qui sortent les pierres de meule avec de longs pics.
Les étonnantes meulières du Mont Vouan
L’aspect vélo nous régale aussi : faire du VTT entre forêts et cols, c’est toujours une jolie expérience, et j’aime de plus en plus explorer les territoires à coups de pédale. Nous traversons de très beaux villages et hameaux où l’authenticité savoyarde affleure, entre granges anciennes, chalets préservés et outils agricoles traditionnels.
Savourer le pays de Môles et Brasses : des adresses délicieuses et des hébergements fabuleux
Nous sommes dans un pays de saveurs, le reblochon étant la plus célèbre : l’iconique fromage AOP de Savoie est produit dans ces alpages riches et riants. A notre arrivée, un panier cadeau contenant des bières artisanales de Viuz en Sallaz, des chocolats de la maison des douceurs, des thés des Marmottes (vous les connaissez sans doute – ils viennent d’ici !) nous met tout de suite l’eau à la bouche. A Môle et Brasses, nous allons très bien manger.
Le Jorat, refuge design et arty
Un hébergement avec un supplément d’âme… Lors de notre première nuit, nous avons dormi dans un lieu étonnant et attachant : Le Jorat, gîte et restaurant à Bogève. Résolument design, cette maison conçue par un architecte ayant notamment travaillé à Avoriaz (on reconnaît le style, bois brut et silhouettes futuristes) est aménagée avec originalité et convivialité par Bruno et Sophie. Collectionneur d’art, Bruno a rempli les belles salles claires d’œuvres contemporaines colorées et frappantes. Des insolites, comme une ancienne télécabine de station de ski, complètent l’ambiance savoyarde, et créent un joyeux mélimélo à la fois arty et chaleureux. Dans ma chambre, je savoure la symétrie parfaite d’une fenêtre design ouvrant sur les bois et sur un magnifique coucher de soleil : nous entrons plein Ouest dans cette Haute-Savoie pour fins connaisseurs.
Les câlins du chien Chips aux beaux yeux bleus et le cocktail maison face au soleil couchant parachèvent notre bien-être. Au resto du Jorat, on se régale des spécialités locales : féra (poisson d’eau douce raffiné) du lac Léman, beignets de pomme de terre traditionnels, infusions de plantes et bien sûr cocktail maison… Atypique, chaleureux, délicieusement savoyard avec un twist d’originalité inattendue, je trouve que ce beau gîte est bien à l’image du territoire et a été une délicieuse entrée en matière !
Goûter le TomLy à la Table d’Emilie : la spécialité de Môle et Brasses !
Le TomLy, ou la plus délicieuse des fêtes aux calories ! On est en Haute-Savoie, et on ne repartira pas avant d’avoir mangé du reblochon. Mais pas n’importe lequel. Et ici à La Table d’Émilie, ils ont inventé un truc encore mieux que la Tartiflette, encore mieux que la Croziflette, encore mieux que la Nectaziflette : le Tom’Ly. Un reblochon en croûte avec des pommes de terre, du lard, des petits oignons grillés. Et dire que « le gras, c’est la vie » n’a jamais été aussi approprié. Impossible de repartir sans avoir goûté, surtout que le cadre est à tomber : un petit resto cosy et joliment décoré au cœur du beau village de Viuz-en-Sallaz, avec une terrasse ouverte sur un jardin intérieur, et partout une déco originale et atypique, entre horloges rétro et assiettes colorées à la gloire du fameux TomLy.
Fun fact : ce jour-là, nous avons eu un Tom’Ly au déjeuner et une reblochonnade au dîner. Nous avons achevé les deux. La Haute-Savoie, tu la croques ou tu la quittes.
Les Chalets de Ludran, le plus merveilleux des chalets savoyards
Attention, énorme coup de cœur. Entre Genève et Annecy, au cœur des Alpes du Léman, Marion et moi avons découvert un hébergement incroyable, authentiquement savoyard et tellement luxueux et chaleureux : Les Chalets de Ludran.
Esthètes en quête de luxe mais allergiques à l’impersonnel, amoureux des spas, amoureux tout court recherchant une adresse ultra romantique, surtout retenez celle-ci. Marie-Noëlle et son mari ont conçu ce petit paradis, ce cocon de bien-être absolu avec vue sur les Alpes.
Piscine chauffée, jacuzzi, sauna, tout concourt à une détente absolue. Les différents hébergements (chambres d’hôte, gîte autonome ou suite duplex) sont tous décorés et aménagés avec un goût incroyable, mêlant héritage savoyard de la famille des propriétaires, originaires de la région depuis des générations, aux inspirations rapportées de leurs voyages. Aux boiseries alpines se mêlent plumes et objets qui vous transportent sur les rives de Tanzanie, et le mariage raffiné se fait avec goût et harmonie.
A la table d’hôte de Marie-Noëlle, une cuisine authentique et savoureuse, des produits locaux et faits maison, et une profonde gentillesse. Imaginez notre joie quand nous sommes rentrées de notre bivouac et qu’on nous a dit qu’on passerait l’après-midi ici… pour une fois, Marion et moi avons eu ici le temps de nous poser, de nager, de nous détendre, et nous avons adoré cette bulle de douceur.
Cet hébergement follement romantique qui nous a rappelé la qualité des hôtels alpins autrichiens, par cette alliance parfaite de luxe, d’authenticité, de bien-être et de vraie convivialité. On recommande chaleureusement !
Chez Marie-Jo, comme à la maison à Môle et Brasses
Encore une adresse fabuleuse à retenir : le resto chez Marie-Jo, un lieu atypique et attachant. Nous sommes ici dans une maison de famille, véritablement chez les gens, avec leur intérieur, leurs objets, leurs curiosités. Et surtout, nous sommes sur une terrasse fabuleuse, ouverte tout grand sur la prairie et les montagnes, avec une vue superbe et une sensation de déconnexion totale, un cadre champêtre idyllique qui nous donne envie de ne plus jamais repartir d’ici. Le menu est très restreint, mais 100% fait maison et délicieux. Chez Marie-Jo, on est dans la proximité, non seulement géographique (les produits locaux de Haute-Savoie sont à l’honneur), mais aussi amicale : aux délices savoyards se mêlent des saveurs sélectionnées chez des proches des propriétaires, par exemple, un producteur d’abricots provençal. Le menu du jour est comme une invitation à entrer dans le cercle de copains, et c’est vraiment bon et sympathique.
Vous l’aurez compris, nous avons adoré ce séjour atypique et chaleureux, dans un pays qui gagne à être mieux connu. Même en Haute-Savoie, destination iconique s’il en est, il reste des coins secrets à explorer – le pays de Môle et Brasses mérite de rejoindre votre liste ! Si vous avez envie de continuer à explorer les sommets autrement, jetez un coup d’œil à mes insolites en montagne. Et pour plus d’aventures dans les Alpes et ailleurs, inscrivez-vous à ma newsletter !
Un grand merci à Môle et Brasses Tourisme, à Lauren, à toute la joyeuse équipe de l’acro-yoga et à tous les prestataires avec qui nous avons partagé un moment chaleureux pour ce séjour hors normes qui restera dans nos cœurs.
Connaissez-vous Besançon, la capitale de la Franche-Comté ? En juin dernier, j’ai eu le bonheur de découvrir cette cité dont j’ignorais tout, et elle fut pour moi une magnifique surprise. Imaginez une ville baignée de verdure, aux portes des montagnes du Jura, entourée de collines verdoyantes, traversée par un fleuve qui la rafraîchit et irrigue ses innombrables jardins et forêts. Imaginez une ancienne cité romaine, aux vestiges somptueux trônant en plein cœur de ville, un patrimoine baroque d’une grande beauté, et surtout une majestueuse citadelle Vauban classée par l’UNESCO, surplombant la ville et devenue un véritable poumon culturel, avec de multiples expositions, musées, attractions et parcs zoologiques. En un long week-end à Besançon, j’ai eu le plaisir de découvrir différentes facettes de la cité bisontine, et la merveilleuse qualité de vie qu’elle offre à ses habitants : pistes cyclables et sentiers de trail en pleine ville, omniprésence de la nature, richesse de la vie culturelle, une multitude de bonnes adresses, Besançon est étonnante et il y fait bon vivre. Je n’imaginais pas la beauté de cette ville, la richesse de son patrimoine et des expériences qu’elle propose.
Alors, que voir et que faire à Besançon ? Beaucoup de choses ! Laissez-moi vous proposer idées d’activités, de visites et de bonnes adresses pour un séjour à Besançon, au fil de l’eau, entre nature et culture.
Que faire à Besançon ? Côté culture et patrimoine
Citadelle classée, églises baroques, grandeur bourguignonne de la Renaissance, musées exceptionnels, Besançon offre un joli cocktail au voyageur assoiffé de culture et de beauté. Petit florilège.
La citadelle de Besançon, joyau de Vauban
Elle est omniprésente, majestueuse, incontournable : la citadelle immense surplombe la ville et le méandre du Doubs. En 1674, la puissante ville libre impériale de Besançon tombe aux mains de Louis XIV et devient française. Pour protéger cette nouvelle frontière du royaume de France, le roi fait édifier cette forteresse gigantesque par Vauban. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, la monumentale et labyrinthique citadelle est une visite incontournable à Besançon. Les vues sur la ville, les collines et l’énorme méandre du Doubs serpentant entre les berges verdoyantes sont somptueuses. Mais outre le panorama sublime sur toute la ville et le fleuve, la citadelle propose une multitude d’activités : plusieurs musées, un parc zoologique, des aquariums, des expositions multiples justifieraient qu’on y passe une journée entière.
Citadelle vue depuis le fort de Chaudanne
Elle est un lieu de mémoire poignant, ayant été témoin de l’exécution de cent résistants fusillés entre ses murs de 1941 à 1944. En leur hommage, la citadelle abrite le Musée de la résistance et de la déportation, actuellement en travaux, qui rouvrira en 2023 avec une toute nouvelle muséographie et des espaces repensés.
Elle est un lieu de promenade familial, avec son parc zoologique et ses aquariums où les nénufars s’épanouissent entre les murs et offrent visions bucoliques et fraîcheur bienvenue. J’ai particulièrement apprécié les expositions consacrées aux espèces autochtones du Jura : une exposition pédagogique sur la vie sauvage, des aquariums consacrés à la faune des rivières jurassiennes…
Enfin, les amateurs d’escape game se réjouiront d’apprendre que les murs de la citadelle abritent un jeu historique très bien conçu et assez difficile (les énigmes vous forceront à vous creuser les méninges), l’Affaire des poisons, qui vous fera revenir au temps de Louis XIV pour résoudre une série de crimes célèbres…
Vestiges romains, street art et églises baroques
Besançon est vraiment belle, et je ne la savais pas si riche et préservée. Étonnante cité bisontine ! Saviez-vous que la capitale du Doubs avait été une très puissante et opulente cité gallo-romaine jusqu’au 4e siècle de notre ère, où elle a été saccagée lors des invasions barbares ? De nombreux vestiges de cette splendeur gallo-romaine subsistent, notamment la Porte Noire, majestueuse arche ouvrant sur la cathédrale de Besançon, et que jouxtent stèles et arcades témoins de la somptueuse époque antique.
Puisque nous sommes à deux pas, évoquons la magnifique cathédrale Saint Jean de Besançon, une merveille baroque ! L’église primitive existant depuis les premiers temps du christianisme dans les Gaules a été reconstruite et remaniée à maintes reprises, et présente aujourd’hui une sublime synthèse de l’architecture comtoise, des influences antiques persistantes et du baroque triomphant. Le clocher à dôme à impériale (clocher comtois, couvert de tuiles vernissées) l’ancre au cœur du patrimoine de la région, tandis que le plan dit roman-rhénan, qui présente deux chœurs opposés de part et d’autre de la nef, est une rare singularité qui tend un pont avec l’âge antique. De nombreux chefs d’œuvre baroques ornent les chapelles et les absides, et dans cette région célèbre pour son horlogerie, la cathédrale compte bien évidemment une horloge astronomique – hélas en travaux lors de ma visite.
Mais la cathédrale n’est pas le seul chef d’œuvre religieux à Besançon. Parce que la ville était tout proche de la Suisse réformée, les rois de France ont voulu en faire un bastion du catholicisme triomphant, et la ville regorge donc de sublimes églises baroques aux façades monumentales – je ne citerai que Sainte Madeleine et Saint Pierre, qui m’ont marquée. L’imprégnation très forte du baroque lui donne des airs de ville du sud de l’Italie – je pense parfois à Lecce – et se conjugue harmonieusement avec l’architecture bourguignonne.
En marchant dans Besançon, vous remarquerez forcément l’iconique pierre de Chailluz, roche d’un beige un peu ocre constellée de grandes taches de couleur bleu-gris, qui confère une unité architecturale à la ville en l’unissant dans cette livrée changeante d’une grande élégance, et sublime les façades des églises…
Autre monument intimement lié à l’histoire de la région Bourgogne-Franche-Comté et qui mérite le détour, le palais Granvelle, merveille Renaissance édifiée au XVIe siècle par une puissante famille.
Enfin, en matière de patrimoine religieux toujours, faites un détour sur les bords du Doubs par la sublime synagogue, construite au 19e siècle dans un style hispano-mauresque somptueux, avec minarets et arabesques, qui rend hommage aux traditions de la communauté séfarade.
Tout près de la cathédrale, vous tomberez sur des stèles commémorant la naissance des frères Lumière dans une des maisons du cœur historique, et surtout, sur la maison natale de Victor Hugo, que j’adorerais visiter. Besançon, ville d’inventeurs et d’artistes, ouverte sur la création…
Cet élan culturel se ressent à travers le Festival Bien Urbain, qui invite tous les ans des artistes contemporains à investir les rues de la ville. De nombreuses œuvres, de street art et autres, restent ensuite en place, et invitent le visiteur à un jeu de piste ludique avec les créations parfois monumentales, et parfois plus discrètes, cachées dans les interstices de la chaussée, les panneaux de signalisation ou les recoins des fenêtres…
J’ai pris plaisir à flâner dans les rues de Besançon et dénicher ses multiples pépites.
Le merveilleux Musée des beaux-arts et d’archéologie de Besançon
Vos goûts artistiques sont plus classiques ? C’est mon cas aussi. Rendez-vous alors au fabuleux Musée des beaux-arts et d’archéologie de Besançon, qui fut un immense coup de cœur pour moi : peu de monde sait qu’il abrite des œuvres majeures, exceptionnelles, et qu’il est un des plus importants musées de peinture et de sculpture de France. Rendez-vous compte : les amoureux de la Renaissance découvriront ici cinq œuvres majeures de Cranach, dont la Courtisane et le vieillard, plusieurs Titien, Tintoret, et surtout, la somptueuse Déploration sur le Christ mort de Bronzino.
Côté baroque, j’ai été enchantée de retrouver les clairs obscurs de l’atelier de Georges de La Tour, et plusieurs œuvres majestueuses de Simon Vouet que j’adore, notamment son Ravissement de la Madeleine. Le XIXe siècle français est très bien représenté, avec notamment des Courbet monumentaux.
Côté archéologie, vous arpenterez l’ancienne ville romaine de Vesontio, avec des vestiges abondants et superbes de l’époque antique, de nombreuses sculptures et mosaïques, et une véritable reconstitution de la vie de l’opulente cité jusqu’au Ive siècle.
Au Moyen-Âge, j’ai été marquée par les sculptures céphalophores (= saints portant leur propre tête) de Ferréol et Ferjeux, les saints patrons de Besançon.
L’architecture du musée, en béton brut, est étonnante et crée des effets de perspective inattendus qui place certaines œuvres en miroir. Les installations de plusieurs salles m’ont marquée, notamment la collection XVIIIe avec sa surabondance fidèle au goût de l’époque. Il faut savoir que le musée de Besançon fut le premier de France à être accessible au grand public : ses collections étaient visibles dès 1694 aux visiteurs !
J’aimerais revenir visiter le Musée du temps, consacré à la mesure du temps et à l’horlogerie – après ma belle visite du musée de la Lunette à Morez dans le Jura, je l’imagine tout aussi passionnant !
Que faire à Besançon : des idées sport et nature !
Besançon est une ville incroyablement verte. Les itinéraires de VTT et de trail conduisent en moins de deux du coeur de ville aux collines boisées et aux berges du Doubs. Les montagnes du Jura sont toutes proches, la nature omniprésente. La qualité de vie à Besançon frappe illico le visiteur. Et toujours dans nos explorations, la citadelle qui couronne la ville aimante le regard.
Un tour en bateau sur le Doubs bateau électrique
Lors de la visite de la citadelle, j’avais rêvé de passer en bateau sur cet énorme méandre du Doubs qui coule à ses pieds. C’est chose faite avec les promenades en bateau électrique à conduire soi-même, qui vous permettront de traverser le cœur de ville, les berges sous la citadelle, et même plusieurs écluses anciennes qu’il faudra actionner soi-même (ce n’est pas si facile) ! Une magnifique promenade au fil de l’eau, qui permet de prendre toute la mesure de la beauté verte de Besançon.
Notre chouette team de blogueuses : de gauche à droite, Virginie, Olivia, moi, Louise
A vélo sur les berges
Un vrai coup de cœur pour ces itinéraires cyclables qui partent du cœur de ville de Besançon, et vous amènent illico en pleine nature, en forêt, le long du Doubs. Une véritable oxygénation en quelques coups de pédale, une immersion verte délicieuse – je me suis régalée !
Trail urbain sur les collines de Besançon
Envie de courir ? Cela tombe très bien : de nombreux itinéraires de trail et de vélo sont parfaitement balisés dans cette ville résolument orientée vers la culture outdoor. Par des sentiers forestiers et des escaliers bien raides au cœur des bois, j’ai apprécié la montée au fort de Chaudanne, qui offre des points de vue de toute beauté sur la citadelle et le cœur de ville – c’est aussi un super spot à retenir pour le coucher de soleil à Besançon !
Vue sur la citadelle depuis le fort de Chaudanne
Bonnes adresses pour savourer Besançon
Un bel hôtel et des restos savoureux : florilège bisontin !
Pour un week-end de charme à Besançon, retenez cette adresse : l’hôtel Le Sauvage. Cet ancien couvent, transformé en hôtel luxueux par les talents d’un antiquaire minutieux et passionné, m’a enchantée. Rien de tel pour cultiver l’atmosphère de dolce vita à l’italienne que j’ai ressentie à Besançon : vous dormirez sous des angelots vénitiens et des chapiteaux antiques, vous déambulerez sous des lustres monumentaux de palais baroque, et vous dînerez sur une délicieuse terrasse exposée coucher de soleil, au-dessus d’un jardin secret qu’imbibe le doux bruit de l’eau qui coule. Vous y dînerez un délicieux repas aux influences méditerranéennes auprès d’un olivier, et si vous dégustez un Spritz, vous vous croirez réellement transporté à Otranto ou à Trieste… De plus, l’hôtel dispose d’un très beau spa de style antiquisant, fermé lors de notre séjour en raison du covid.
Les meilleurs desserts de Besançon ? Ils sont chez Marotte et Charlie en cœur de ville, café cosy et bohème où l’intérieur prend des airs de Maison d’Hansel et Gretel avec une déco cupcake à croquer, et où l’extérieur invite à s’asseoir à l’ombre des arbres pour savourer cookies, brookies (brownie/cookie) et autres tartes succulentes. On y mange aussi des quiches, des salades, et on boit des thés glacés maison savoureux.
Envie de goûter aux meilleurs vins de la région ? Prenez rdv pour une dégustation chez Terres de Vin, bar à vin et cave de qualité tenue par un œnologue passionné, Charles. Charles nous fait découvrir le cépage phare du Jura, le savagnin, avec lequel on produit le fameux vin jaune du Jura, au goût puissant et si particulier. Le meilleur accord mets-vin ? Il se fait avec l’autre grande spécialité de la région : le comté, bien sûr !
Un dîner gastronomique dans un cadre exceptionnel ? RDV au restaurant Le Parc, situé dans un lieu assez exceptionnel, un bâtiment historique classé réhaussé de verrières arty au cœur du parc Micaud, au bord de l’eau, où des jeux de lumière à la nuit tombée font se refléter à l’infini dans les vitres les œuvres de style Arcimboldo qui ornent les murs des alcôves sombres. Dans ce décor raffiné, la cuisine ne l’est pas moins. Coup de cœur pour l’entrée, des asperges blanches en vinaigrette d’orange, avec coques et nori.
La douceur de vivre à Besançon, c’est à la Guinguette à la Gare d’Eau que je l’ai le mieux ressentie : au bord de l’eau, avec une vue magique sur la citadelle, au cœur d’une grande pelouse où jouent les enfants et flânent les amoureux, on vient prendre le brunch dans un cadre ultra chaleureux, et la gentillesse du personnel est immense. Vous aurez le choix entre le brunch omnivore ou végé, et dans cette belle assiette sucrée-salée, ne boudez pas les gâteaux, ils sont à tomber !
Besançon m’a séduite et charmée – une vraie belle surprise pour moi !
Merci à la citadelle et la ville de Besançon pour cet accueil, et à mes camarades d’un week-end, Chloé (We Like Travel), Louise (Louise Grenadine), Olivia (La fille de l’encre) et Virginie (A taste of my life), qui ont formé une chouette bande chaleureuse.
Connaissez-vous la Creuse ? Elle fut une des plus belles surprises de mon été. On ignore souvent à quel point ce beau département de forêts et de lacs, au cœur de l’ancienne région culturelle du Limousin, à l’ouest du massif central, est riche et varié. Vous ne le savez peut-être pas, mais dans la Creuse, il y a mille choses à faire, à voir, à vivre. Le patrimoine de la Creuse est magnifique, entre villages de toute beauté, villes d’art, bocages et prairies formant une campagne riante. Une histoire culturelle puissante sublime ce paysage et le transforme en héritage : les tapisseries d’Aubusson, le château de Boussac, la vallée des peintres creusois, sont autant de témoignages de la superbe contribution de la Creuse à l’histoire de France et à ses savoir-faire. Entre bois lumineux, douceur des lacs, panoramas idylliques et points de vue inattendus, la nature est superbe, et la Creuse est étonnamment riche en activités outdoor. Nous avons eu le plaisir de nous essayer au catamaran, au poney, à l’escalade et à la randonnée. Et dans des sites magiques, nous nous sentions seules au monde, avec le plaisir d’avoir ce pays rien que pour nous. Enfin, nous avons découvert en la Creuse une destination fabuleuse pour une escapade élégante en pleine nature, avec des hébergements de grande qualité, entre maisons design, chambres d’hôte de charme et cabanes insolites. La Creuse, tellement chic ! Dans ce pays préservé loin des grands axes, on cultive le raffinement avec goût, on restaure des châteaux, on se promène dans les villes d’art et de savoir-faire, et on découvre des hébergements infiniment romantiques et délicats. Ce voyage fort en émotions et en sensations fut un tourbillon d’expériences et de moments intenses. Est-ce que ça vaut le coup d’aller passer des vacances dans la Creuse ? Je vous le dis sans hésiter et en toute sincérité : oui, vraiment, il y a là un trésor méconnu.
Partons ensemble découvrir tout ce qu’on peut faire, voir et vivre dans la Creuse. Au programme : Aubusson et ses tapisseries, le château de Boussac, Moutier d’Ahun, la vallée des peintres et le rocher de la fileuse, le lac de Vassivière, les pierres Jaumâtre, de l’escalade à Bourganeuf, du cheval à Domeyrot… et de superbes hébergements de charme.
La Jarrige, une belle adresse dans la Creuse
J’ai réalisé ce reportage avec mon amie Marion Carcel alias Foehn Photographie. Ensemble, nous formons Itinera Favonia, un duo de blogueuses et photographes passionnées. Les photos de cet article sont son œuvre.
Marion et moi au rocher de la fileuse
Aubusson, la belle aux tapisseries
Notre séjour commence par la ville creusoise dont le nom a rayonné dans le monde entier, Aubusson, célèbre pour ses sublimes tapisseries. Connaissez-vous la dame à la licorne ? Ce somptueux chef d’œuvre de la Renaissance française, aujourd’hui conservé au musée de Cluny, est né à Aubusson. Impossible de visiter Aubusson sans faire le voyage à travers six siècles de savoir-faire artisanal remarquable, d’explorer la cité de la tapisserie et le musée des cartons de tapisserie. Mais Aubusson, c’est aussi une ville de charme, une vraie belle surprise esthétique : j’ignorais qu’elle était si belle et vivante ! Les maisons colorées et les passerelles se penchent au-dessus de la rivière Creuse qui la traverse, les artistes investissent les ruelles, les ateliers continuent de tisser, les cafés déploient leurs terrasses sous les vieilles pierres… Cette ville belle comme un livre d’images anciennes m’a touchée par sa richesse et sa beauté.
Quelques idées pour explorer Aubusson
Longez la rivière Creuse, admirez les maisons colorées suspendues au-dessus de l’eau, avec les passerelles multicolores et les nombreux ateliers d’artistes. Repérez les fresques, les messages, l’étalage de créativité effusive qui fait d’Aubusson une ville étonnamment arty et vivante, repère d’artistes et de rêveurs au cœur du Limousin.
Arrêtez-vous au café A Côté chez Les Maisons du Pont, sous le plus joli pont ancien de cette cité bercée par les eaux, goûtez la tarte aux fraises et le petit creusois, gâteau signature de la région, un délice aux noisettes.
Remontez le temps dans le cœur de ville, recherchez les maisons insolites, comme celle à la façade en rocaille, les donjons égarés. Prenez de la hauteur et découvrez des visions à la Cendrillon : depuis la tour de l’horloge ou plus haut encore si vous poussez jusqu’aux ruines du château, un panorama féerique suspend la course du temps. Après ces ascensions historiques, buvez un verre au Café du commerce sur une place multicolore où il fait bon prendre le soleil.
Où dormir à Aubusson ?
Optez pour l’élégance design et fonctionnelle des belles Maisons du pont, des apparts hôtels lumineux, pratiques et bien conçus, qui allient prestations hôtelières et plaisir de bénéficier de ses propres aménités, comme une cuisine aménagée. Entre façade historique et cœur design, les Maisons du pont incarnent bien l’esprit d’Aubusson, et vous y trouverez confort et élégance au cœur de la cité.
Et bien sûr, partez maintenant explorer l’héritage de la tapisserie.
La tapisserie d’Aubusson, patrimoine mondial de l’UNESCO
Pourquoi les tapisseries d’Aubusson sont elles classées au patrimoine de l’humanité ? Parce qu’elles font la renommée de la ville depuis six siècles, des grandes tentures et millefleurs de la Renaissance aux tapisseries décalées et arty d’aujourd’hui. Parce qu’elles maintiennent vivant au sein des ateliers – toujours en activité – d’Aubusson un savoir-faire précis et raffiné qui implique plusieurs corps de métiers et de nombreux talents : teinturiers, artistes, cartonniers, lissiers, restaurateurs. L’art et l’artisanat sont indissociables dans la naissance d’une de ces œuvres minutieuses et saisissantes.
A la cité de la tapisserie
A la cité de la Tapisserie d’Aubusson, vous découvrirez une somptueuse galerie explorant six siècles de chefs d’œuvre, des licornes Renaissance aux créations contemporaines de la cité, qui met Tolkien et Miyazaki à l’honneur, dans des tapisseries monumentales et puissantes. La visite guidée vous permettra de comprendre le travail fantastique du lissier (celui qui tisse la tapisserie), qui joue avec la trame et les fils de chaîne sur un grand métier à tisser où il travaille sur l’envers sur l’ensemble du processus de création, et ne verra son chef d’œuvre révélé qu’à l’ultime fin, lors du dévoilement – vous imaginez le degré de précision, et aussi d’appréhension ! Cette cité musée à l’architecture innovante, qui évoque les fils du métier à tisser, est un centre culturel dynamique et puissant, véritable cœur battant d’Aubusson, où vous découvrirez à quel point la tapisserie reste au cœur de la vie artistique de cette belle ville creusoise.
Découvrez ensuite un joyau de petit musée, l’Atelier Musée des Cartons de Tapisserie, où l’antiquaire passionnée Chantal Chirac vous fascinera avec l’histoire des cartons de tapisserie dans un lieu extraordinaire, véritable atelier du magicien, qui a été notre plus grand coup de cœur à Aubusson. Qu’est-ce qu’un carton de tapisserie ? Entre l’œuvre inspiratrice, dessinée par un artiste, et l’œuvre finale, la tapisserie, il y a une étape intermédiaire essentielle : le carton, véritable modèle et mode d’emploi, qui permet au lissier de suivre chaque étape. Œuvre d’art à part entière ou simple outil ? Art ou artisanat ? Vous aurez tout le loisir d’y réfléchir dans ce lieu fabuleux, qui m’a fascinée par son atmosphère – cabinet Renaissance empli de licornes et de grandes découvertes, salon XVIIIe chic et aristocratique, chaque salle reconstitue une époque, une ambiance, et vous transporte dans un fabuleux voyage érudit. Même si vous n’avez pas bien compris de quoi il s’agit (ce qui était aussi notre cas avant la visite), n’hésitez pas, foncezdécouvrir cet atelier musée, c’est une merveille !
Le lac de Vassivière, la mer intérieure creusoise
Ma première fois en catamaran ? Ce fut inattendu : dans la Creuse ! Ici au cœur du Limousin, il n’y a pas la mer, mais il y a le magnifique lac de Vassivière, ses 45km de rivage, ses îles sauvages au cœur des flots, ses grandes plages, ses sapins qui lui donnent un air boisé de petit Canada. Le lac de Vassivière est un vrai petit paradis préservé, qui surprend par son étendue et la diversité de ses panoramas. Les sinuosités des berges, la taille du lac, le nombre de plages logées dans les méandres, l’écrin forestier qui étouffe les bruits, tout conspire à créer des îlots de solitude où on peut se sentir loin de tout.
Sur les rives, le Nautic Club Limousin s’est installé et propose catamaran, kayak, pédalo, paddle et autres activités nautiques sympathiques. L’équipe, chaleureuse et professionnelle, nous a fait vivre notre baptême de catamaran – une grande traversée exotique au cœur de la Creuse, un beau moment de liberté et d’évasion.
Dormir en pleine nature : les cabanes perchées de l’Ecosource arboricole
Dormir dans une cabane à la canopée. C’est une des belles expériences sylvestres que nous avons vécues dans la Creuse, ce pays de forêts, de lacs, de bocages et de petits coins secrets où on vient se ressourcer en pleine nature. A Saint-Agnant-près-Crocq, Charles-Jules a bâti à l’Ecosource arboricole un petit havre de paix hippie à la cime des arbres, face au soleil couchant exactement. Trois cabanes insolites se nichent entre les feuillages et la lumière du soir baigne la nôtre, l’asiatique. Une déconnexion totale au cœur des bois, une utopie faite cabane. Attention, c’est l’aventure, vous ferez pipi dans la sciure et vous vous doucherez froid à l’eau de la rivière ! Mais vous vous couperez du monde le temps d’une nuit inoubliable. Êtes-vous fan d’hébergements insolites, ou avez-vous un besoin de confort et de commodités pratiques qui vous font privilégier des hébergements plus classiques ? Du plus « perché » au plus luxueux, la Creuse offre tous les modes de déconnexion…
Moutier-d’Ahun, illumination romane
Que la Creuse est belle ! Le village de Moutier-d’Ahun a été un éblouissement. Il n’est pas le seul, loin de là, car la Creuse compte autant de jolis villages typiques et charmants que de vaches, c’est à dire beaucoup – nous sommes au cœur d’une France éternelle et apaisante, où tout respire la douceur. Le magnifique film Tous les matins du monde a été tourné ici, et je comprends pourquoi tant ce lieu respire la sérénité et la douceur. Ce monastère millénaire, avec son tympan gothique grandiose, ce pont roman enjambant la rivière, ces ruelles sinueuses et fleuries, tout est beau et apaisant. Il nous faudra revenir ici pour admirer les boiseries conservées dans l’abbaye, qui sont son chef d’œuvre, et que nous n’avons pu admirer !
Les Pierres Jaumâtres, entre celtes et Seychelles creusoises
La Creuse, les Seychelles, c’est presque pareil, mais la Creuse est moins loin ! En découvrant le site extraordinaire des Pierres Jaumâtres, j’ai immédiatement pensé aux monolithes de granite qui habitent les plages des Seychelles. Je ne vous garantis pas que ce site soit un portail de téléportation vers les cocotiers de l’océan indien, mais en revanche, il vous plongera dans une atmosphère mystique, un peu celtique. On dit des pierres qu’elles étaient un ancien lieu de culte druidique, une aura de mystère et de magie nimbe ce site somptueux et impressionnant par sa taille, les monolithes étant infiniment nombreux, et très bucolique, avec des sentiers bordés de mousse, et des hampes de jeunes fougères poussant au pied des blocs. Une petite évasion arthurienne au cœur de la Creuse !
Chevauchées et nuit de rêve à la Maison de Fleurat
Ce fut notre immense coup de cœur dans la Creuse : La Maison de Fleurat, petit paradis idyllique, entre chevaux et bien-être, entre ferme typique et bulle de luxe de douceur. Vous avez toujours rêvé de vivre une aventure bucolique à la ferme, entre vaches et petites chèvres, de vous prendre pour une cow girl dans le bocage sur de magnifiques chevaux dressés avec douceur ? Mais vous avez besoin de confort, de douceur, d’un lit douillet, d’une jolie déco et peut-être même d’un bain nordique pour voir la lune se lever depuis l’eau chaude ? Venez chez Julien et Judith au cœur de la Creuse. Originaire de Haute-Savoie, ce couple adorable est venu réaliser son rêve ici (et le mien au passage) : une ferme équestre remplie d’animaux et proposant de très belles sorties à cheval, mais avec un degré de confort et de soin qui vous fait vivre une expérience luxueuse de bien-être et de déconnexion totale. Une escapade élégante en pleine nature, une chevauchée raffinée, une arche de Noé version 4 étoiles, c’est ce que vous vivrez à la maison de Fleurat, et c’est fabuleux. Marion et moi avons absolument adoré cette expérience, entre repas délicieux en table d’hôtes, bain nordique après le dîner et belle promenade dans le bocage creusois et la forêt le lendemain. Un petit bout de paradis et une merveilleuse qualité d’accueil !
Escalade aux gorges du Verger à Bourganeuf
Si je vous dis « escalade », vous pensez à la Creuse ? Pas forcément ! Et pourtant, cette terre de granit où le rocher affleure partout possède d’excellents sites d’escalade. Aux gorges du Verger à Bourganeuf, vous grimpez dans un site idyllique en bord de rivière, au cœur de la verdure, sur des falaises granitiques de roche très dure et solide qui sont un vrai régal ! Dédé du club alpin creusois (oui, oui, ça existe bien, il y a des amoureux de montagnes au beau milieu du Limousin !) nous fait découvrir ce joli spot. Sur une voie facile, il m’initie à une technique que j’avais très envie d’apprendre, celle du rappel en auto descente. J’ai découvert l’escalade grâce à Marion, et je suis en train de me prendre de passion pour ce sport outdoor qui fait autant travailler le corps que le cerveau, pousse à se dépasser et à vivre pleinement la montagne… ou la campagne. Grimper dans la Creuse, c’est merveilleux aussi, surtout sur un site aussi poétique et magique que celui-là ! Ce fut une très belle session…
De Jeanne d’Arc à George Sand, le château de Boussac
C’est un lieu hors normes, un véritable voyage dans le temps. Forteresse médiévale imposante, le château de Boussac fut fondé par un compagnon de Jeanne d’Arc. Durant deux siècles, il fut le refuge de la célèbre tapisserie de la Dame à la licorne. Au XIXe, il accueillit pendant près de trente ans les séjours estivaux de George Sand, qui dit de lui : « Boussac ne peut laisser indifférent par la diversité de ses époques, chaque propriétaire a laissé quelque chose de son temps ». Aujourd’hui, la collectionneuse passionnée Bernadette Blondeau et son époux ont œuvré avec maestria pour donner vie à la vision romantique de Sand, et ont restauré chaque salle dans le style d’une époque, entre fidélité historique et imagination débordante, le tout avec infiniment de goût et de créativité. Une salle de bain XVIIIe, une salle ottomane portant le nom du prince Zizim autrefois otage à Bourganeuf, des chandeliers ayant inspiré Cocteau pour sa Belle et la bête, une reconstitution fidèle de la chambre de George Sand… la visite regorge de surprises, d’insolites et de pépites inattendues. Un véritable voyage à travers les siècles !
Au cœur de la vallée des peintres dans la Creuse
C’est une dimension de l’histoire de l’art française qu’on oublie trop souvent : le rôle considérable qu’a joué la Creuse dans l’imaginaire des peintres de notre pays au XIXe siècle, et tout particulièrement les impressionnistes. Entre 1830 et 1930, la vallée de la Creuse, qui n’est située qu’à 7h de train de Paris (une bagatelle pour l’époque) voient défiler une impressionnante ribambelle de grands artistes, le plus célèbre étant Claude Monet, venus immortaliser ces paysages sauvages et romantiques : la forteresse de Crozant, les gorges de la Creuse, le moulin de la Folie… Ces motifs sont si récurrents et leur influence est si puissante qu’on pourra parler d’une véritable école de Crozant, du nom du beau village qui fut l’épicentre de cet afflux artistique inouï.
Le point de vue le plus iconique de la vallée des peintres
A l’auberge des pêcheurs à la Celle-Dunoise, délicieux restaurant d’inspiration britannique en bord de l’eau, nous rencontrons le grand spécialiste de l’école de Crozant, Christophe Rameix. Son inlassable et minutieux travail a aujourd’hui permis la reconnaissance internationale de ce courant artistique puissant, et à redonner ses lettres de noblesse à la vallée de la Creuse. La discussion est passionnante.
On connaît le rôle qu’ont joué la Bretagne, la Normandie, les Alpilles dans les obsessions impressionnistes. Mais n’oublions pas Crozant : la naissance de l’impressionnisme se joue aussi ici, dans ces paysages autrefois dénudés par le pastoralisme et transformés en landes sauvages aux allures d’Ecosse, aujourd’hui plus boisés et plus amènes. A Crozant, le centre d’interprétation du patrimoine installé dans l’hôtel Lépinat vous fait remonter dans le temps à la rencontre de ces artistes amoureux de la région, de leurs rivalités, de leurs obsessions, de leurs querelles. Le passage au centre d’interprétation vous aidera à voir le paysage d’un autre œil, et à reconnaître immédiatement dans les oeuvres les sites naturels que vous arpenterez ensuite : le sentier des peintres vous permet de randonner sur leurs traces, d’entrer dans le tableau pour ainsi dire.
Le rocher de la fileuse et la forteresse de Crozant.
Parmi les incontournables, vous passerez au Moulin de la folie, dont les roues à aubes sont posées sur une rivière touffue.
Et surtout, vous ne raterez pas un des plus beaux points de vue de la Creuse : le rocher de la fileuse. Au-dessus d’un méandre de la rivière à la rondeur parfaite et envoûtante, là où se fondent la Creuse et la Sédelle, les rochers se dressent face à la somptueuse forteresse de Crozant, ruine romantique digne d’inspirer des poèmes à la Ossian.
Changez de rive, et allez explorer cette somptueuse forteresse bâtie au XIIe siècle, entièrement remaniée au XVe, qui fut autrefois anglaise et qui vous subjuguera par l’ingéniosité de sa construction, le nombre de ses tours et l’ampleur de ses logis. C’est une véritable ville médiévale, d’une taille étonnante, qui se dresse au-dessus du confluent. Le lieu est infiniment poétique, une ambiance à la Seigneur des Anneaux qui nous a profondément séduites, Marion et moi.
Le domaine de la Jarrige, une chambre d’hôtes luxueuse et poétique
Nous avons vraiment eu de beaux hébergements originaux et attachants dans la Creuse, des hôtels et chambres d’hôte de charme au cœur d’une campagne riante et préservée. Marion et moi avons eu un vrai coup de cœur pour le domaine de la Jarrige à Saint-Vaury, où nous dormions dans des chambres décorées avec goût et raffinement, toutes différentes et infiniment douillettes au cœur d’un jardin immense et serein, où le soleil se couchait sur la piscine et où le petit déjeuner fabuleux donnait envie de ne jamais repartir. Chaque chambre a sa décoration originale, douillette et subtilement décalée, la table d’hôtes est exquise (mention spéciale pour le petit déjeuner extraordinaire !), la piscine chauffée invite au délassement, et le coucher de soleil sublime l’immense jardin fleuri… un vrai petit coin de paradis au cœur de la campagne verdoyante. Une escapade romantique, une parenthèse ressourçante… une belle adresse à retenir.
Elégante et lumineuse, la Creuse offre un idéal de vacances en France, entre beauté, diversité et calme des régions loin des grands axes, mais riches en activités… Venez goûter au clafoutis aux cerises et au creusois à la noisette, spécialités de la région, explorer un patrimoine millénaire et vous immerger au cœur d’une nature verdoyante. La Creuse fut une merveilleuse surprise, et un véritable enchantement.
Un grand merci à Creuse Tourisme et tout particulièrement à Béatrice pour ce magnifique séjour.
La compagnie des guides de Chamonix ? C’est la plus ancienne, la plus prestigieuse, la plus mythique des compagnies de guides de haute montagne au monde. Les plus grands alpinistes français, les Frison-Roche, Terray ou Rebuffat furent tous membres de ce véritable corps d’élite de la haute montagne, dont le niveau d’exigence ne permet que la véritable excellence. En 2021, Chamonix fête les 200 ans de la création de la compagnie avec une série d’évènements prestigieux, notamment une grande traversée de la Vallée blanche par deux-cent alpinistes simultanément. A cette occasion, je suis partie en septembre dernier à la rencontre d’un des guides de la Compagnie, le brillant et talentueux Tristan Knoertzer, qui m’a raconté l’histoire de cette compagnie hors normes.
Tristan Knoertzer, membre de la compagnie des guides de Chamonix
Grâce à lui, j’ai pu découvrir la haute montagne dans la Vallée Blanche, entre 3400 et 3800 mètres d’altitude dans cette sublime vallée glaciaire qui relie l’Aiguille du Midi (Chamonix) à la Pointe Helbronner (Courmayeur). Ces deux jours resteront gravés dans ma mémoire à tout jamais. Voici le récit d’une tentative d’approche d’un autre monde, éternellement blanc et abrupt, à la fois profondément inhospitalier et radicalement magique : la haute montagne, le pays enneigé où on ne s’aventure qu’avec cordes, crampons, et piolets…
Au coeur de la vallée Blanche, sur le glacier.Mon guide Tristan Knoertzer, membre de la compagnie des guides de Chamonix qui fête ses 200 ans en 2021La traversée de la vallée blanche, qui s’étend à près de 4000m entre Chamonix et Courmayeur L’ascension des pointes Lachenal au lever du jour, une magnifique initiation à l’alpinisme
Pourquoi l’alpinisme ?
Pourquoi aller en haute montagne ? Pourquoi aller dans ce pays perpétuellement couvert de neige, où les crevasses se dissimulent sous la couche blanche, où le mercure ne remonte jamais très haut, où souffle l’haleine des gouffres et des cimes gelées, où les hommes restent perpétuellement intrus, tout juste tolérés, à la merci d’une chute de sérac, d’une avalanche ou du sol qui se dérobe sous leurs pieds ?
Haute montagne, pays des glaciers, des avalanches, des vertiges et de la magie
Comme nombre d’amoureux des montagnes, j’ai été bercée par la lecture des alpinistes français iconiques, ceux de l’âge d’or des grandes explorations, des faces Nord et des premiers 8000. Et tous sont confrontés à la même interrogation existentielle : « Pourquoi allez-vous donc là-haut ? », demande-t-on à Lionel Terray dans Les conquérants de l’inutile, peut-être le plus beau livre d’alpiniste à mes yeux. « Vous ne comprendriez pas », répond Gaston Rebuffat dans Etoiles et tempêtes, sublime récit de ses ascensions des six grandes faces nord des Alpes. Le professeur de philosophie Patrick Dupouey a récemment sorti chez Guérin (la maison d’édition chamoniarde aux petits livres rouges) un bouquin là-dessus, qui demande tout simplement : Pourquoi grimper sur les montagnes ? Royaume du vertige et du danger, la haute montagne traîne toujours avec elle sa longue nimbe de périls mortels. Peut-être faut-il répondre comme le faisait George Mallory, mort sur l’Everest en 1924, quand on lui demandait pourquoi il tenait tant à gravir le plus haut sommet de la planète : because it’s there, parce qu’il est là.
Collection de livres Guérin, maison d’édition chamoniarde mythique parmi les alpinistes et les amoureux des montagnes, au refuge des Cosmiques.
Si on devait résumer l’alpinisme en trois mots, il faudrait peut-être tout simplement dire : « aller là-haut ». Mon guide Tristan Knoertzer, membre de la compagnie des guides de Chamonix, l’exprime avec éloquence : l’alpinisme n’est pas un sport à proprement parler. Il n’est pas question de performance, de record, d’épreuve codifiée. L’alpinisme est une pratique. Une continuation de la randonnée par tous les moyens possibles, avec un seul but, aller là-haut. Comme l’écrit Rébuffat : « Les montagnes ne vivent que de l’amour des hommes. La technique doit servir un enthousiasme, sinon elle réduit le monde de l’altitude aux proportions d’un gymnase. Or, la marche est longue qui conduit aux sommets ! »
Et pour cela, on va s’encorder, on va se munir de crampons, de piolets, de matériel d’escalade, mettre en œuvre toutes sortes de techniques pour marcher sur les glaciers, escalader les cascades de glace ou les faces rocheuses, marcher en arête, tout cela avec un seul but, atteindre le sommet, ou bien, atteindre le sommet par un chemin nouveau, une voie plus originale. C’est tracer des chemins à la verticale dans la montagne.
Tristan au coeur des glaciers de la Vallée Blanche
Chamonix, la mère des alpinistes
Impossible de parler d’alpinisme sans dire le beau nom de Chamonix. C’est ici que tout commence, en 1786, quand un cristallier débrouillard et acharné trouve enfin le saint Graal, le chemin qui mène au sommet du Mont Blanc. Pour la première fois, un être humain se tient sur le toit de l’Europe, à 4810m d’altitude, et en redescend vivant : Balmat et Paccard réussissent la toute première ascension le 8 août 1786. J’avais déjà évoqué dans un autre article l’aura incroyable, mythique de Chamonix. La Maison de la Montagne, qui abrite celle des guides, le cimetière du Biollay, où reposent tant d’alpinistes qui me fascinent, la statue de Balmat et Paccard en cœur de ville, le doigt pointé vers le Mont Blanc, la librairie Guérin, les musées, tout à Chamonix respire la verticalité, l’aspiration aux sommets. Pour qui aime les Alpes, Chamonix est la Mecque, l’incontournable absolu. Aujourd’hui encore, tout Français qui souhaite devenir guide de haute montagne, moniteur de ski ou secouriste en montagne doit nécessairement passer par l’ENSA, Ecole Nationale de Ski et d’Alpinisme, implantée à Chamonix depuis 1946. La compagnie des guides ne pouvait naître qu’ici, c’était une évidence.
Skieurs aux vitraux de l’église
Maison des guides
J’aime toutes les Alpes, vous le savez. Mais la vallée de Chamonix, celle dont Victor Hugo disait qu’elle était un « temple », avec les langues glaciaires qui l’environnent de toutes parts comme autant de colonnes marmoréennes, ses immenses pentes abruptes caracolant jusqu’au merveilleux Mont Blanc, l’atmosphère de cette ville qui est comme un immense cœur battant à l’unisson de la montagne, qui frémit quand chutent les séracs et quand se craquèlent les glaciers, est incomparable entre toutes. Je souhaite à tout amoureux de la montagne de venir une fois à Chamonix.
Pourquoi la compagnie des guides ?
Revenons en 1786. Balmat gravit le Mont Blanc, et la ruée vers l’or blanc s’empare des élites européennes. Artistes, aristocrates, rêveurs fortunés, belles dames en crinoline, tous veulent fouler la mer de glace, arpenter « les glaciaires de Chamounix ». A l’hôtel du Montenvers, vous avez des images incroyables de cette époque délirante, où on voit des ladies anglaises avec leur ombrelle et leurs belles robes marcher entre les crevasses des glaciers. Les jeunes gens de la vallée de Chamonix s’improvisent guides et proposent d’emmener les touristes marcher au cœur de la haute montagne. Je vous avais parlé de cette époque incroyable dans cet autre article, sur l’histoire, les mythes et l’aura de Chamonix.
Dames sur le glacier avec leurs guides chamoniards, photo ancienne vue au grand hôtel du Montenvers
Cela manque souvent mal tourner – notre trésor national, Victor Hugo, a failli finir dans la bouche béante de la mer de glace avec un jeune homme inexpérimenté qui s’était autoproclamé guide. Et parfois, cela tourne très, très mal. A l’été 1820 se met en branle la caravane Hamel, qui souhaite atteindre le sommet du Mont Blanc avec un incroyable bardas de matériel scientifique et incongruités diverses. Ils sont une douzaine, clients et guides. Malgré les avertissements des jeunes guides chamoniards, qui sentent bien que la couche de neige est instable et qu’il ne faut pas y aller, Hamel presse à poursuivre. L’avalanche se déclenche et emporte toute la caravane. Trois guides ne se relèveront jamais du piège blanc : Pierre Carrier, Pierre Balmat et Auguste Tairraz, qui reposent au cimetière du Biollay. Ce sont les premiers morts du Mont Blanc.
L’accident de la caravane Hamel est décisif. Il est désormais temps de mieux encadrer les ascensions en montagne. C’est en 1821 qu’est créée la Compagnie des Guides de Chamonix, officiellement reconnue par le roi de Sardaigne, sous l’autorité duquel se tenait alors la Savoie. L’une des premières fonctions de la Compagnie est d’asseoir l’autorité du guide en lui conférant un vrai statut. Une règle d’or s’impose alors, qui prévaut encore aujourd’hui et qui stipule qu’en cas de difficulté, de risque, de danger, la décision du guide l’emporte sur celle de son client. Si le guide annonce qu’il faut renoncer, la cordée fait demi-tour. Avec la fondation de la compagnie sont créés le Tour de rôle, qui permet de donner à chaque guide du travail en répartissant les courses de façon équitable, et la Caisse de secours, qui indemnise les familles des guides morts en montagne. Deux-cent ans plus tard, ces deux institutions existent toujours.
Le guide, un homme ou une femme d’exception
Je le dis en toute objectivité, sans lyrisme romantique : les qualités physiques, techniques et surtout mentales exigées par la compagnie des guides de Chamonix sont portées à un tel niveau que le guide n’a d’autre choix que d’être un homme (ou une femme) d’exception.
Gaston Rébuffat, Lionel Terray, Louis Lachenal : trois guides mythiques s’il en est dans l’histoire de la compagnie des guides de Chamonix, immenses alpinistes, écrivains et passeurs de la fièvre des sommets
Petite parenthèse au sujet de la parité homme/femme. Si le 19e siècle connaît déjà des femmes alpinistes exceptionnelles, comme Henriette d’Angeville ou Isabella Straton dont je vous racontais l’histoire ici, il a fallu attendre ma naissance ou presque pour voir des femmes guides. Pendant très longtemps, les guides ont été exclusivement masculins, par traditionalisme mais pas seulement : le matériel d’autrefois exigeait énormément de force physique afin de pouvoir assurer la sécurité de la cordée. Un exemple parmi d’autres, celui des cordes. Lorsqu’un des membres de la cordée dévissait (= chutait), il fallait être en mesure de le retenir, et pendant plus de cent ans, on a utilisé des cordes en chanvre, qui n’avaient aucun rebond, et faisaient peser sur le guide tout le poids du client qui chute. Depuis les années 30 et a fortiori depuis les années 50, les progrès du matériel d’alpinisme ont été constants et incroyablement significatifs. Aujourd’hui, les guides possèdent des cordes qui, par un système de nœuds, de techniques d’assurage, d’outils précis et bien conçus, permettent de réduire considérablement le poids de la personne qui chute et de remonter en sécurité même des personnes plus lourdes que le guide. L’amélioration du matériel a permis de compenser l’infériorité physique des femmes en termes de force pure, et leur a ouvert le métier. La première guide rejoint la compagnie en 1985, et s’appelle Sylviane Tavernier. Je n’ai pas le plaisir de la connaître, mais j’ai lu beaucoup de choses sur elle, et je la trouve extraordinaire – elle a d’ailleurs été décorée de la légion d’honneur. Aujourd’hui, je suis avec bonheur les travaux de l’association Pas que des collants, qui promeut les femmes alpinistes et œuvre pour la féminisation des métiers de montagne.
Devenir guide ou les 12 travaux d’Hercule
Le « carnet de courses » que doit remplir l’aspirant guide avant de pouvoir ne serait-ce que rejoindre l’école des guides est impressionnant, et montre bien à quel point la compagnie recherche des personnalités d’exception, au mental d’acier, à l’endurance hors normes et à la technique parfaite. Avant de pouvoir se présenter à l’examen, le guide doit avoir réalisé un certain nombre de courses (ascensions de sommets, escalades en rocher, traversées d’arêtes, descentes à ski, etc) exigeantes et difficiles, répondant à des critères très précis, et accompagné d’un partenaire qui ne soit pas un guide. Il pourra ensuite se présenter à l’examen. Chaque année, environ deux-cent personnes postulent, et participeront à des épreuves hivernales et estivales, de ski, d’escalade en chaussons, d’escalade en chaussures d’alpinisme, de cascade de glace, de course d’orientation. A l’issue de la sélection, environ quarante personnes seront gardées, et intègreront l’ENSA. Environ trente personnes seront diplômées chaque année, au terme d’une formation longue et ardue qui compte parmi les plus exigeantes au monde.
Session d’escalade entre aspirants guides à l’ENSA
Le guide est quelqu’un qui connaît la montagne par cœur, qui sait la « lire», voir les dangers, les zones plus crevassées sur les glaciers, les pentes où l’avalanche risque de déclencher, les séracs qui menacent de se détacher. Le guide sait évoluer sur tout terrain, sur glace, sur rocher, en arête, dans les pentes raides. Comme l’écrit Rébuffat, « L’alpiniste doit avoir des muscles forts, des doigts d’acier, une technique parfaite, toutefois ce ne sont là que des outils. D’abord, il aime la vie, et l’air à 4000 a une saveur particulière, mais il faut le gagner. » Il anticipe, garde son sang-froid, sait réagir à toutes les situations de danger, les dangers objectifs de la montagne, les dangers liés à une météo qui tourne mal, mais aussi, et ce ne sont pas les moindres, les dangers causés par le facteur humain.
Mon guide, Tristan Knoertzer
Le guide et son client
Quand on s’embarque avec un client en montagne, un partenaire de cordée dont on ne connaît pas forcément bien le niveau et les capacités, cela comporte toujours un certain risque. Terray comme Rébuffat racontent tous les deux avoir paradoxalement vécu des situations de péril bien plus graves sur des courses de difficulté moyenne, avec un client qui soudain perd la tête, panique, fait quelque chose de profondément irrationnel et dangereux et manque précipiter son guide avec lui, que sur des courses autrement plus engagées (des faces Nord alpines, des ascensions dans l’Himalaya ou en Patagonie), mais avec des partenaires de cordée fiables. Un bon guide n’est pas qu’un bon montagnard, c’est aussi un fin psychologue, capable de sentir jusqu’où son client peut aller, le rassurer, l’encourager, mais aussi parfois, le faire renoncer. Tristan le souligne : le guide a une obligation de moyen, pas de résultat. Il s’engage à faire de son mieux pour amener son client au sommet, mais pas à le faire à n’importe quel prix. Lors de la course, le guide est souverain. Si la météo tourne, si les conditions se dégradent, si le client n’est pas au niveau, le guide a non seulement le droit, mais aussi le devoir de dire stop. Cette justesse dans le jugement et l’analyse des situations fait aussi partie des qualités exigées de lui. Mais le duo formé par le guide et son client, ce sont aussi de très belles histoires. Lors du premier contact avec la compagnie des guides, le client ne choisira pas son guide en direct : il lui sera attribué par le tour de rôle de la compagnie, qui permet à chacun d’avoir du travail. Un pourcentage du prix de la course, qui est fixé au préalable par un barème établi par la compagnie, revient à la compagnie. Mais si le client « accroche » avec son guide, et souhaite repartir avec lui, le guide a ensuite le droit de garder son client sans repasser par le tour de rôle. Les guides ont de belles histoires de clients fidèles à raconter, parfois des alpinistes de bon niveau et enthousiastes, avec qui ils pourront faire de très belles courses, ou parfois aussi des gens avec qui des amitiés profondes se nouent. Voir au terme d’une ascension harassante le soleil se lever à 4000m, ce sont des souvenirs qui lient les hommes… Une cordée est solidaire : en cas de catastrophe sur la glace, le guide peut retenir le client, mais le client peut aussi retenir le guide. Il faut au guide cette confiance fondamentale en cet inconnu qui a choisi de partir en montagne avec lui. L’alpinisme, c’est l’aventure humaine essentielle, la solidarité nécessaire, vitale, face à des périls plus grands que nous.
Moi, heureuse et reconnaissante après ma toute première ascension
Premiers pas en haute montagne
L’alpinisme. Cela fait des années que j’en rêve. J’ai lu et relu avec fascination Lionel Terray, qui écrit dans les premières pages de ses Conquérants de l’inutile :
« Ce que je désirais de toute mon âme, c’était pénétrer dans le cœur de ces merveilleuses montagnes et en escalader les sommets. »
« J’entrevis toutes les possibilités qu’offrait de monde de roc et de glace où il n’y a rien d’autre à cueillir que des fatigues et des dangers ; je sentais tout le prix qu’auraient pour moi ces fruits inutiles, qui ne se cueillent pas dans la boue mais dans un écrin de beauté et de lumière. »
Lever de soleil dans la vallée blanche
Parce que j’aime à la folie les Alpes, que j’ai lu avec passion Frison-Roche, Terray, Rébuffat et les autres, regardé en boucle des films sur les ascensions de l’Everest, parce que je n’aime rien tant que randonner en montagne, je rêve humblement de franchir la limite. La limite ? La frontière entre la montagne… et la haute montagne.
La montagne est le pays des alpages, des lacs, des sentiers fleuris, le pays des hommes. Elle est amène, riante, douce, on va y randonner l’été, on bivouaque dans les prairies et on pique-nique au bord des lacs bordés de rhododendrons. La haute montagne est le pays des glaces, des rochers, des verticalités terrifiantes et des sommets étincelant de lumière, une contrée où les hommes sont tout juste tolérés, où ils ne seront jamais vraiment chez eux.
Randonner à la lisière de la haute montagne, en bordure des glaciers : la mythique randonnée de la Jonction, à Chamonix, avec mon amie Marion
Où se situe cette limite ? Ce n’est pas vraiment une question d’altitude. Au sommet de la Grande Sassière (3747m), vous êtes encore en chaussures de randonnées, sans encordement, mais au sommet des Rouies (3589m), vous avez déjà traversé un glacier et une falaise, et vous avez depuis longtemps chaussé vos crampons, empoigné vos piolets et mis votre baudrier. La haute montagne, c’est ce pays où les hommes ne peuvent plus cheminer sans équipement particulier, où marcher ne suffit plus, où il faudra s’encorder, s’équiper, grimper, s’assurer, etc.
Nous sommes un matin de septembre 2020. J’ai dormi à Chamonix, au très joli hôtel le Plan B. Dans les jours qui précèdent, j’étais allée randonner au coeur de la réserve des Aiguilles rouges, au Lac Cornu, à 2276m, puis au col d’Anterne, à 2257m, afin de commencer mon acclimatation à l’altitude en passant la barre des 2000m, pour forcer mon corps à fabriquer plus de globules rouges. J’ai passé l’été à randonner, à Chamonix, dans le Vercors, sur le chemin de Saint Jacques, ailleurs. Je me sens prête.
Acclimatation, partie 1 : Lac CornuAcclimatation, partie 2 : lac d’Anterne
Je passe devant la belle église de Chamonix, où les vitraux fabriqués en 1925 arborent des skieurs descendant les pentes, rappelant qu’ici la montagne est presque une divinité à part entière. Je rejoins la Maison de la Montagne, qui abrite la maison des guides, foyer de la compagnie des guides de Chamonix. De grands portraits commémorent les guides illustres qui ont marqué l’histoire de la compagnie. Je suis émue.
Sur la façade du bureau des guides, un portrait de Balmat et Paccard, les deux découvreurs du Mont Blanc
Je retrouve Tristan Knoertzer, mon guide. Il vérifie mon sac, mes chaussures d’alpinisme toutes neuves achetées pour l’occasion à Décathlon Chamonix, et me confie mon matériel : un baudrier, deux vaches, deux broches à glace, des crampons à mettre sur mes chaussures (des sortes de griffes acérées), un piolet, une corde, un bâton. Je porterai cela tout au long de notre course. Mon sac s’alourdit, et je regrette un peu le superflu que j’ai pris avec moi – le poids est l’ennemi de l’alpiniste, me dira Tristan. Mais ce qui compte le plus à cet instant, c’est la joie, la joie qui explose dans mon cœur quand nous franchissons le tunnel et passons côté italien. Ma toute première course commence.
De la pointe Helbronner au refuge des Cosmiques : la vallée Blanche
Tristan et moi franchissons le tunnel du Mont Blanc, et passons côté italien. J’ai le cœur qui bat la chamade. Notre objectif du jour : traverser la Vallée Blanche, cette immense vallée glaciaire qui court de la pointe Helbronner (Italie) à l’Aiguille du Midi (France), recouverte de plusieurs centaines de mètres de glace. Pour cela, nous allons emprunter le Skyway Monte Bianco, à Courmayeur, qui s’élance à 3466m jusqu’au sommet de la pointe Helbronner. Dans nos cabines de verre panoramiques, la vue est grandiose. Je vois l’herbe laisser place à la neige et à la glace, le royaume de l’hiver éternel nous happer peu à peu, nous emporter vers ces hauteurs qui me font frémir de fascination et de respect. Je sais que cette fois, nous ne nous contenterons pas de rester sur la plate-forme, comme je l’avais vécu l’été précédent à l’Aiguille du midi lors de notre très beau séjour à Chamonix. Nous allons fouler le sol gelé des cimes. Haute montagne, pour lapremière fois, je te découvre.
Skyway Monte Bianco, Courmayeur
Nous descendons de la plate-forme et arrivons dans la Vallée Blanche. A 3400m, c’est une gigantesque vallée glaciaire, que remplissent plusieurs glaciers immenses, Glacier du Géant, Glacier du Tacul, Mer de Glace, et que bordent des sommets prestigieux comme le Mont Blanc du Tacul.
Carte de la Vallée Blanche, entre Courmayeur et Chamonix
Sa traversée, en randonnée glaciaire ou en ski, est un des itinéraires les plus mythiques qui soient, et il reste pourtant profondément dangereux : nous sommes sur un glacier, un géant millénaire et sournois, au dos lézardé de profondes crevasses. Certains trous sont profonds de plusieurs dizaines de mètres, et tous ne sont pas visibles ; des ponts de neige instables peuvent les dérober à nos yeux. Nous sommes en haute montagne, au royaume du danger. Et nous allons nous équiper pour y faire face.
Tristan m’explique le matériel à notre disposition. Je chausse les crampons, qui me permettent d’accrocher la glace, comme les griffes d’un tigre sur la surface glissante. J’ai le piolet, qui m’aidera lors des ascensions, et qui, en cas de chute en crevasse, me permettra de planter un ancrage. J’ai les broches et les vaches, qui me permettront de m’assurer en cas de chute en crevasse.
Equipement de l’alpiniste
Et, le plus important, j’ai cette corde, cette corde souple et solide à la fois qui relie mon baudrier à celui de mon guide, et qui est ma ligne de vie pour la traversée des glaces. Tristan me dit quelque chose à quoi je ne m’attendais pas : « moi aussi, je peux tomber en crevasse. Et dans ce cas, ce sera à toi de me sortir. » Je l’avais pourtant lu dans les livres, mais c’est autre chose de se l’entendre dire là-haut, de comprendre soudain que la ligne de vie va dans les deux sens. Le guide assure le client, mais le client assure aussi le guide. Tristan m’explique les nœuds qu’il fait sur la corde pour ralentir la chute éventuelle, comment poser une broche dans la glace pour l’assurer au cas où, je l’écoute gravement, attentivement. Nous sommes désormais une cordée.
Nous nous mettons en chemin, direction l’Aiguille du midi. Dans ce sens-là, Courmayeur => Chamonix, la Vallée Blanche est en légère montée, avec un lent dénivelé progressif. L’effort est modéré. Malgré la haute altitude, je me sens bien, en forme, je sens que mon corps est prêt et cela me rassure. Le soleil brille, la visibilité est parfaite, je vois autour de moi s’élever une armée de sommets dont j’ai toujours lu les noms sur les cartes jaillissant des glaces, aujourd’hui face à moi, tout près. Je suis là, sur l’un des plus grands glaciers des Alpes, sur des centaines de mètres de glace, au milieu de l’empire du froid. L’émotion est intense. Tout est blanc, tout est lumineux, tout est vertigineux. C’est beau, c’est tellement beau. Je ne veux plus jamais redescendre.
Sur une paroi rocheuse, nous croisons des grimpeurs à l’entraînement, qui ont l’air de se régaler sur les magnifiques granits bien durs du massif du Mont Blanc. Tristan me dit que c’est son père sur le rocher, qu’il est formateur à l’ENSA et qu’il entraîne aujourd’hui de jeunes recrues. Je garde mon souffle et ma concentration pour la randonnée glaciaire, mais j’ai hâte d’être au refuge et de poser plein de questions à Tristan sur sa vie, sa famille, son enfance parmi les neiges.
Première frayeur : les crevasses
Nous faisons une petite pause, et Tristan m’explique avec une profonde tristesse dans la voix qu’il y a peu de temps, un ami et collègue à lui, un autre guide de la Compagnie, est mort ici, dans la Vallée Blanche, un mois auparavant. Le 7 août 2020, Jean-Louis Le Garrec, un guide de 62 ans, expérimenté, compétent, fiable, traversait le glacier du Géant avec son client lorsqu’un pont de neige d’une ampleur exceptionnelle s’est effondré et l’a emporté avec lui. Le client n’a commis aucune erreur, il a retenu la chute et appelé aussitôt les secours. Mais Jean-Louis était enseveli sous plusieurs mètres de neige, et n’a pas survécu. Même les meilleurs guides restent à la merci de la haute montagne, et malgré toutes les précautions, l’expérience, le bon matériel, le risque reste inhérent à la traversée de ces altitudes inhumaines. Tous les alpinistes le savent, et parfois, hélas, l’accident arrive et l’homme est impuissant face à la montagne. Je repense à ces beaux mots de Lionel Terray :
« Quelles que soient son adresse et sa force naturelle, le grimpeur qui ne craint pas d’aller chercher des joies plus profondes et plus austères sur les plus grandes murailles des Alpes et les hautes cimes de la Terre, s’expose toujours à des dangers sérieux. Le monde minéral où il pénètre n’est pas fait pour la vie de l’homme, et les forces de la nature semblent se coaliser pour l’en rejeter. Celui qui, en quête d’une beauté et d’une grandeur sublimes, ose s’aventurer en ces lieux doit absolument accepter de courir certains risques. »
Pour limiter le danger, Tristan ne veut pas passer par l’itinéraire habituel, celui qu’a emprunté Jean-Louis, sur la partie haute du glacier du Géant. Il m’explique : « L’itinéraire semble plus facile, mais en vérité, il est plus insidieux. On ne voit pas les crevasses, elles sont recouvertes de ponts de neige. Je préfère passer plus bas. C’est plus impressionnant, car les crevasses sont visibles, mais moins risqué, car on voit exactement par où on passe. » Nous descendons vers les crevasses, et mon cœur se met à battre à mille à l’heure. Voici les entrailles de la bête. Jusqu’alors, nous étions dans la Vallée Blanche. Désormais, nous sommes dans la Vallée Bleue : je vois la glace, je vois les gouffres béants, les fissures, les trous profonds. Jusqu’alors, la neige dérobait à mes yeux l’horreur des glaciers, ce monstre plurimillénaire qui inspire à l’homme une terreur fondamentale que racontait Mary Shelley dans son Frankenstein. J’ai déjà vu les glaciers de Chamonix les yeux dans les yeux, quelques semaines plus tôt à la Jonction. Je sais les mâchoires acérées des glaces, ce chaos terrifiant aux airs de raz de marée figé en plein vol. Nous y sommes. Il va falloir passer.
Tristan pose des broches, s’assure, saute par-dessus la crevasse, repose la broche de façon à m’assurer. C’est mon tour. Il faut que je saute. Je suis paralysée. « Tristan, je ne peux pas, j’ai tellement peur. » « Tu peux et tu dois, tu es sur un pont de glace, et s’il se dérobe sous tes pieds, je te garantis que ça te fera plus peur que si tu sautes toi-même. Je t’assure, ne t’inquiète pas. Saute en tenant ton piolet devant toi et plante immédiatement ton piolet dans la glace pour ne pas repartir en arrière. Vas-y. » Je suis face à une fissure profonde de plusieurs mètres, et assez large pour ne pouvoir être franchie qu’avec élan – il faut que je recule, que je fasse une ou deux foulées de course et que je saute franchement, en plantant mon piolet pour ne pas être renvoyée dans la crevasse, car un autre mur de glace se dresse à l’arrivée. Je suis terrorisée. J’obéis, parce que je me le suis juré, que je me suis promis avant cette aventure que je ferai une confiance totale à mon guide et que je surmonterai cette peur naturelle, instinctive, que nous inspire le gouffre. Je n’ai pas le choix, nous y sommes, et il faut y aller. Je repense aux séances d’accrobranche en forêt, aux « sauts de Tarzan ». J’essaie de me convaincre que c’est juste un autre saut de Tarzan, version glaces éternelles, que c’est un jeu. Je saute avec mon cœur qui hurle dans mes tempes, je plante le piolet de toutes mes forces, Tristan me récupère aussitôt. Encore une deuxième épreuve comme ça, une deuxième crevasse à franchir, et nous revenons sur un terrain plus facile.
Je demanderai plus tard à Tristan : « Est-ce que je risquais quelque chose ? Est-ce que j’ai paniqué pour rien ? » Il me dira : « Non, tu ne risquais rien, car je t’assurais, que j’avais choisi un bon passage, et que ce n’était pas difficile, tu pouvais le franchir en sautant. Mais non, tu n’as pas paniqué pour rien, c’était impressionnant, et ta peur était normale. » Cette confrontation avec les crevasses restera le souvenir le plus intense, le plus vif de mes deux premiers jours en haute montagne. La seule fois où j’ai eu vraiment, profondément peur.
Revenus là où la neige dissimule la glace
La nuit au refuge des Cosmiques
La fin de la randonnée glaciaire se déroule sans autre évènement effrayant. Nous approchons du refuge des Cosmiques. J’adore ce nom ésotérique, qui me donne l’impression d’approcher du portail vers une autre galaxie, et son architecture biscornue et étincelante confirme cette délicieuse étrangeté. En contrebas de l’Aiguille du Midi, le refuge culmine à 3613m (deuxième plus haut refuge français après celui du Goûter, à 3835m) sur son éperon rocheux. Dans les années 1930, il a été bâti pour servir aux travaux d’un physicien étudiant les rayons cosmiques, d’où son nom extraterrestre. Gardé de mai à septembre, il peut accueillir 130 personnes. Le reste de l’année, il est inoccupé et donc fermé, mais Tristan me montre à la montée une petite cabane spartiate et un peu défoncée située en contrebas du refuge, l’abri Simond, baraque de fortune ouverte toute l’année pour les alpinistes qui s’aventureraient ici en hiver.
L’abri Simond, une cabane frugale en contrebas du refuge
Le refuge des Cosmiques est connu pour se situer au départ de deux itinéraires célèbres : la descente de la Vallée Blanche, bien sûr (l’itinéraire inverse de la randonnée glaciaire que nous avons pratiquée), et la belle et ardue voie des Trois Monts, qui mène au sommet du Mont Blanc via le Mont Blanc du Tacul et le Mont Maudit. Nous parcourons les dernières centaines de mètres avec enthousiasme : j’ai hâte d’y être.
Tristan face au refuge des cosmiques. A droite, l’aiguille du Midi.
Refuge des Cosmiques
Je connais les refuges « classiques » de la montagne à randonnées, ceux du Vercors, de la Vanoise ou des Fiz, mais c’est ma première fois dans un refuge de haute montagne. Mon imaginaire a créé toute une mythologie romantique autour de ces repaires d’alpinistes nichés au cœur des glaces. Je repense à la description qu’en fait Frison-Roche dans Premier de cordée :
« Dans la salle commune éclairée par un falot fumeux, trois cordées d’alpinistes mangeaient et buvaient ferme ; on pouvait deviner, à voir leurs cordes toutes mouillées qui gisaient dans un coin de la pièce, à moitié raidies par le gel, qu’ils arrivaient juste d’une longue randonnée glaciaire. La cuisine était une grande pièce carrée, basse de plafond, entièrement boisée. L’aiguille Noire et les Dames-Anglaises s’y encadraient, comme par la fantaisie d’un peintre, et, à cette heure tardive, alors qu’il faisait nuit depuis longtemps dans les vallées, les cimes étaient encore faiblement éclairées à contre-jour par une lueur nacrée flottant sur les crêtes et irisant le feston de leurs corniches. Bien que la pièce fût soigneusement close, un vent coulis filtrait dans la cuisine, refroidissant sournoisement l’intérieur du refuge. Du givre, déjà, étoilait les vitres. Brocherel, le gardien, s’affairait autour du fourneau. A la table commune, quelques guides et porteurs mangeaient en ressassant leurs éternelles histoires de courses. »
J’ai peur d’être déçue. Je me dis que Premier de cordée a près de quatre-vingt ans, que les choses auront forcément changé, que les refuges sont aujourd’hui moins pittoresques, plus aseptisés, plus banaux. Mais dès que je franchis la porte des Cosmiques, mon cœur bondit de joie. La montagne est décidément cette capsule magique où le temps est suspendu. Je constate avec enchantement que rien n’a changé. J’ai l’impression d’avoir plongé dans le roman. C’est un refuge de haute montagne tel que je l’ai rêvé.
Sur le porche flottent des drapeaux de prière, déchiquetés par le vent des cimes, comme dans ces camps de base himalayens. A l’entrée sèche tout le matériel d’alpinisme : on se déchausse et enfile des chaussons, on suspend nos crampons, nos piolets, nos blousons. Et à l’intérieur, c’est douillet, cossu, délicieusement alpin, tout de bois sculpté et de chaleur des fourneaux. Les gardiens passent la saison ici, et cuisinent dîner et petit-déjeuner pour les alpinistes. Nous mangerons ensemble, des plats chauds, roboratifs, montagnards, en voyant le jour tomber sur le Mont Blanc du Tacul par les grandes fenêtres. Il y a des guides et des clients, français, autrichiens, allemands, anglais, venus pour le Mont Blanc ou pour d’autres sommets. Les guides échangent entre eux, évoquent leurs itinéraires, débattent de l’évolution du métier, du changement climatique, de la ruée touristique vers le Mont Blanc (je vous en parle plus loin). Le refuge est géré par la Compagnie des guides : j’apprends qu’ils possèdent nombre de refuges dans le massif du Mont Blanc et ailleurs. Nous sommes réellement chez eux, et cela me plaît énormément.
Au refuge, on trouve lavabos et WC, mais pas de douche, on fait des toilettes de chat au lavabo. Après le repas, nous irons nous coucher, tôt, dans des dortoirs où nous sommes installés sur des couchettes superposées. Des couettes sont fournies, je n’ai pas eu à porter de sac de couchage, seulement un drap de sac qui m’enveloppe pour des raisons hygiéniques, mais aussi de température : mon super drap de sac Sea to summit très chaud apporte quelques degrés supplémentaires bienvenus, car la nuit en refuge, l’haleine des 4000 transpire par les vitres et les boiseries et il fait froid. Pendant la nuit, j’entends les réveils des alpinistes qui sonnent toutes les heures au rythme des départs, 2 ou 3h pour ceux qui partent pour les Trois-Monts, 4h… Je me rendors à chaque fois facilement. Je suis étonnée de si bien dormir. On m’avait dit que pour ma première nuit en haute montagne, à dormir à plus de 3500m d’altitude, j’aurais sans doute des maux de tête. Mais je vais bien, étonnamment bien. En mon for intérieur, je remercie mon corps qui me laisse vivre cette expérience sans broncher, sans protester de ce manque d’oxygène inattendu, et je savoure cette nuit suspendue dans le nid d’aigle des cosmiques. A 4h30, c’est le tour de notre réveil de sonner. C’est parti.
Le guide Tristan Knoertzer, un portrait
Je profite du repas au refuge pour demander à mon guide, Tristan, de me parler de lui. Natif de Chamonix, guide membre de la plus prestigieuse des compagnies, alpiniste évoluant en haute montagne avec une aisance et une grâce qui laissent croire que les glaces sont réellement son domaine, Tristan incarne à mes yeux le mythe ultime du guide. Blond, beau et solaire, il raconte la montagne avec une justesse et une humilité qui me frappent, et lit les récits d’autres grands alpinistes dans le dortoir du refuge avant de s’endormir. Tristan a mon âge, mais il me donne l’impression d’avoir déjà vécu tant d’aventures, d’expéditions extraordinaires et d’exploits dont je n’oserais pas même rêver, que cette information me semble totalement décalée.
Le père de Tristan, Jean-Sébastien Knoertzer, est guide lui aussi, membre d’une autre compagnie, accompagnateur de voyages d’aventure et aujourd’hui enseignant à la prestigieuse Ecole Nationale du Ski et de l’Alpinisme. Non chamoniard d’origine, il s’établit dans cette vallée qui aimante les amoureux des cimes, et y rencontre son épouse, l’assistante d’un photographe de montagne. Tristan naît dans un milieu baigné par la passion des sommets et son père commence très tôt à l’emmener avec lui en montagne. Dès l’adolescence, il part en expédition avec des amis, improvise à 17 ans avec des copains une aventure un peu à l’arrache et sans le sou en autonomie dans l’Himalaya. Parce qu’il a le goût de l’exploration et que c’est un skieur exceptionnel, des connaissances lui demandent de les accompagner au Japon, pour une virée en ski freeride sur les pentes des volcans. C’est sa première expérience en tant que guide. Autour de l’âge de dix-huit ans, il fait son choix. « Ado, j’en voulais tellement que je pensais ne pas avoir la patience de partir avec des alpinistes débutants. Puis j’ai réalisé que je prenais autant de plaisir à accompagner des amis novices en haute montagne et leur faire découvrir ce milieu. C’est là que j’ai décidé de devenir guide. » Je ressens en permanence, tout au long des deux jours que nous passons ensemble, son attachement profond au métier de guide, son respect pour cette profession hors normes. Depuis 2016, il est titulaire – membre à vie – de la compagnie des guides de Chamonix, mais pas seulement. Parce que la montagne et son monde sont en pleine mutation, parce qu’il avait besoin et envie de ne pas faire reposer sa carrière entière sur les pentes fragiles des glaciers, Tristan est aussi diplômé de l’école de management de Grenoble, et chef de projets. C’est notamment lui qui chapeaute pour la Compagnie l’ensemble des festivités du bicentenaire, de la grande cordée à la réalisation d’un film. Mais malgré ce côté très ancré, très raisonnable de l’homme aux multiples talents et casquettes, je vois son œil qui pétille lorsqu’on évoque certains itinéraires encore peu explorés, certains sommets mythiques, dans les Alpes, l’Himalaya ou ailleurs. Il y a chez Tristan cette soif d’inouï qui me rend très curieuse de ses explorations futures.
Première ascension, premier lever de soleil
Mais commençons par celle-ci, infiniment plus modeste que les grandes épopées auxquelles Tristan est appelé : ma toute première ascension, mon tout premier lever de soleil en haute montagne. Notre réveil sonne à 4h30. Le petit déjeuner est sur la table du refuge, je me force un peu à manger, puis il est temps de s’équiper et de plonger dans la nuit. L’aube est esquissée au loin et la nuit est si claire. Par cette nuit sans nuages, la neige décuple toutes les lueurs des étoiles, et je crois que nous y verrions clair même sans nos frontales qui tracent un arc de cercle lumineux devant nous. Je suis marquée par la profondeur du silence, par la puissance de l’immobilité – j’ai l’impression de toucher à une nuit éternelle, immémoriale, dont l’envergure est celle de l’univers tout entier.
Cheminer dans l’aube vers les pointes Lachenal
Nous cheminons sur la glace vers les pointes Lachenal, petits sommets rocheux en contrebas du Mont Blanc du Tacul nommées ainsi en hommage à Louis Lachenal, guide de la Compagnie, ami très proche de Lionel Terray, compagnon de cordée de Maurice Herzog sur l’Annapurna où il perdit plusieurs doigts, sa virtuosité d’alpiniste et sa joie de vivre. Lachenal est mort tragiquement, à skis au pied de ces pointes granitiques, englouti lui aussi par une crevasse de la Vallée Blanche. Nous arrivons au pied des pointes Lachenal, et j’ai la sensation que commence ici ma toute première ascension d’alpiniste : nous allons nous frayer un chemin vertical sur le rocher, escalader ce granit à moitié couvert de neige et de glace pour atteindre le sommet au lever du jour. Nous sommes en terrain d’aventure, c’est-à-dire, sur un rocher non équipé, à l’exception d’un relais à mi-hauteur : pas de voie d’escalade ici. Tristan me montre les coinceurs qu’il va poser dans les fissures du rocher pour sécuriser notre ascension et nous assurer, et que je récupèrerai au fur et à mesure en passant derrière lui.
Je me suis mise à l’escalade avec l’aide de mon amie Marion, mais je n’ai jamais grimpé avec un sac de douze kilos dans le dos, et encore une fois, je me dis que j’ai trop pris, trop de choses, trop de poids, et que cela me servira de leçon pour une prochaine course. L’escalade n’est pas très difficile, et mes chaussures d’alpinisme me surprennent agréablement par leur qualité d’accroche, mais je suis alourdie par le sac et je peine un peu dans certains passages, me sentant un peu maladroite et engoncée. Mais avec les bons conseils de Tristan, je franchis, je continue, le sommet se rapproche.
Le jour monte – soudain le soleil inonde la vallée blanche, enflamme l’Aiguille du Midi, allume au loin la vague blanche du Cervin prêt à déferler sur mon imaginaire, et je reste là suspendue à la paroi, hypnotisée, émerveillée. C’est le plus beau lever de soleil de ma vie, multiplié à l’infini par cette galerie des glaces cosmique à près de 4000m d’altitude, décuplé par tant de blancheur, et j’ai l’impression que rien n’a jamais été aussi rose, aussi rouge, puis enfin aussi or, que le ciel de ce matin-là.
Nous arrivons au sommet des pointes Lachenal et il n’y a que de la joie dans mon cœur, et une infinie fascination. Jamais ensorcellement n’a été plus heureux.
Avez-vous vu la virgule du Cervin au loin ?
Deux dernières épreuves
Tristan m’a réservé deux dernières épreuves pour conclure cette belle initiation. L’une est psychologique, l’autre est physique. Puisque les conditions ne sont pas propices à une traversée de l’arête des Cosmiques, qui nous aurait fait remonter directement à l’Aiguille du midi, Tristan me propose de remonter d’abord au refuge des Cosmiques par une petite arête en contrebas, l’arête à Laurence (du nom d’une ancienne gardienne du refuge), puis à l’Aiguille du midi par une dernière traversée glaciaire sur la vallée Blanche. L’arête à Laurence est une traversée d’arête techniquement facile, mais avec certains passages un petit peu impressionnants : il y a « du gaz », une sensation de hauteur et de vertige. Je suis heureuse de me confronter à cette petite difficulté psychique, de vérifier que le vertige ne vient pas me hanter et me paralyser. Je retiens un petit peu mon souffle lors de certains passages, mais sans peur excessive, sans panique, et cela me rassure profondément : certaines courses dont je rêve, techniquement peu difficiles mais quelque peu impressionnantes, deviennent accessibles, et je me surprends à rêver.
Je regrette un petit peu de ne pas continuer par l’arête des Cosmiques, qui me fascinait, mais si j’ai bien appris une chose de mes lectures et discussions avec Tristan, c’est à m’en remettre à la décision de mon guide, et puisque Tristan dit que les conditions ne sont pas propices, nous passerons par un autre itinéraire. Au lieu de continuer notre course vers l’aiguille du Midi sur les rochers, nous redescendons dans la vallée Blanche, et allons prendre la côte glacée qui mène vers la plate-forme. Et c’est alors que commence la plus grande épreuve physique de ces deux jours. Jusqu’ici, mon corps a vaillamment tenu le coup, il ne m’a pas punie de l’emmener aussi haut pour la première fois, de dormir à 3600m, de lui faire respirer un oxygène raréfié. Voici le moment du retour de bâton. Il paraît qu’à cette altitude, nos capacités physiques sont réduites de 30%. Je ne l’ai pas ressenti jusqu’alors. Mais à ce moment-là, je me prends le mur de plein fouet. La montée vers l’aiguille du midi depuis le refuge, c’est un dénivelé en soi modeste (environ 250 ou 300m), mais brutal car concentré en une seule grande pente glacée. Tout le monde parle de la descente de l’aiguille du Midi, un peu effrayante car vertigineuse – je vous laisse imaginer la remontée, avec cette côte tellement raide d’un seul coup. Est-ce la fatigue accumulée (nous sommes au midi du deuxième jour, nous sommes en altitude depuis la veille au matin), le poids du sac, le lever à 4h30, la soudaineté de l’effort ? Je me sens soudain épuisée et asphyxiée et cela me paraît tellement difficile. Tristan prend les choses en main en m’imposant un rythme, avec des pauses de dix secondes à intervalles réguliers, puis l’obligation de redémarrer en suivant son pas. Me caler sur lui et obéir à ses instructions est reposant et me permet de surmonter le gros coup de pompe.
Sur l’arête menant à l’Aiguille
Je suis presque surprise quand nous arrivons sur la terrasse de l’Aiguille : c’est fini, c’est fait. Ma première course s’achève ici. Au soulagement physique succède très vite, déjà, une pointe de nostalgie. Cette parenthèse merveilleuse est terminée. Il faut redescendre vers Chamonix, quitter cette bulle de splendeur intemporelle et revenir à la marche du monde ordinaire. Dans la benne qui nous redescend dans la vallée, j’assimile à grand peine toutes ces émotions. Nous buvons un dernier café à côté de la maison de la montagne, je salue et remercie chaleureusement Tristan. C’est fini, et je n’oublierai jamais.
Le guide aujourd’hui et demain
Au refuge des Cosmiques, les guides discutent entre eux.
Ils parlent du changement climatique. Les étés toujours plus chauds fragilisent la montagne en faisant fondre le permafrost, cette glace éternelle qui scellait la roche dans une gangue gelée. Mis à nus, les rochers sont fragilisés. Outre le spectaculaire effondrement d’un pilier des Drus, au-dessus de la mer de glace, de nombreux éboulements ont lieu dans le massif du Mont Blanc. Les chutes de pierre sont toujours plus fréquentes. Certains guides sont très pessimistes.
En 2005, une part importante du Petit Dru s’est effondré, emportant la voie ouverte par Walter Bonatti. D’autres effondrements de moindre ampleur ont eu lieu en 2011 et 2020.
Bien que totalement conscient du changement climatique dont la haute montagne est le premier témoin, Tristan croit à notre faculté d’adaptation. Outre les vrais efforts environnementaux entrepris par la vallée de Chamonix, la prise de conscience écologique étant forte dans le milieu de la montagne, il me raconte que les aléas climatiques, les chutes de roches, de glace, ont toujours été le lot de l’alpiniste et que c’est justement le rôle du guide de savoir lire la montagne, de conduire les clients dans des itinéraires sûrs et adaptés aux conditions. Si quelques voies ont été dégradées par les effondrements, des centaines, des milliers d’autres restent ouvertes, et de nouvelles continuent de s’ouvrir.
Il me montre les outils du guide du XXIe siècle, ultra connecté – outre les GPS, cartes IGN en ligne, etc, le groupe Whatsapp de la compagnie des guides, dans lequel chacun détaille factuellement et avec neutralité les conditions rencontrées lors de ses courses. Lui qui connaît le massif du Mont Blanc par cœur s’adapte sans cesse. Pour preuve, la course initialement envisagée avec moi n’était pas celle-ci – nous devions partir sur le glacier du Tour, mais Tristan a changé d’itinéraire en raison des mauvaises conditions sur celui-ci. Le fabuleux terrain de jeu qu’est la haute montagne ne ferme pas ses portes, mais la prudence est de mise, de plus en plus. Et pour le guide, qui est bien plus souvent là-haut que son client, le danger grandit nécessairement. Les guides parlent bien sûr aussi tous de l’avenir de leur métier. D’ailleurs, Tristan, qui a fait une école de management et jongle entre son activité de guide et ses activités de chef de projets, incarne bien une évolution du métier : plutôt que de partir coûte que coûte en montagne, quitte à prendre des risques quand les conditions sont mauvaises, on s’adapte, se forme, varie ses activités. On vit la montagne de diverses matières, on multiplie ses compétences et expériences de vie. La pluriactivité est traditionnelle dans les Alpes – guide du 21e siècle, Tristan la décline à sa manière.
Guide connecté
Comme toujours en alpinisme, le danger ne vient pas seulement des montagnes, mais aussi des comportements humains – le grand sujet du moment est bien sûr le Mont Blanc. Sommet mythique s’il en est, le toit de l’Europe attire aussi toute une foule d’aspirants alpinistes mal préparés. Tous les guides le répètent : monter à 4800 mètres, sur le plus haut sommet de notre continent, n’est pas anodin, ni physiquement ni techniquement, et ne s’improvise pas. La multiplication des accidents et des secours, la constatation de comportements aberrants au Mont Blanc, ont conduit à un durcissement de la règlementation : depuis 2019, l’accès aux trois voies classiques n’est possible qu’avec une réservation en refuge. Depuis 2020, un nouvel arrêté de protection a durci les conditions d’accès, avec notamment une limitation de la cordée à 3 personnes, une vérification de l’équipement par des gendarmes de haute montagne avant de permettre l’accès aux voies, l’interdiction d’apporter des objets incongrus (comme le Britannique qui avait transporté et abandonné son rameur là-haut…). A ce sujet, les débats restent vifs : les alpinistes sont par nature viscéralement férus de liberté, et n’aiment pas voir la haute montagne se judiciariser, mais force est de constater que l’attrait du Mont Blanc a ouvert la porte à toutes les dérives. Certains plaident pour une limitation des ascensions, avec un permis, comparable à ce qui se fait en Himalaya. D’autres militent pour un déséquipement de la voie la plus « facile », celle du Goûter, qui est tant aménagée qu’elle prend parfois l’allure d’une via ferrata de haute montagne, afin de sélectionner les alpinistes par la compétence. Tristan, lui, souhaite que la haute montagne reste un espace de liberté, mais plaide inlassablement pour l’éducation, la sensibilisation, avec un message essentiel : l’ascension du Mont Blanc ne doit pas être banalisée et ne s’improvise pas. Je lui demande comment m’y préparer. Il me répond de continuer les sorties en haute montagne, de faire d’autres courses plus faciles, d’attaquer mon premier 4000m, de me former en douceur, afin d’être naturellement prête, au bout de plusieurs courses augmentant peu à peu la difficulté technique et physique, à affronter ce défi avec sérénité. Aux stages du type « le Mont Blanc en 5 jours, formation, acclimatation et ascension », il conseille de préférer une approche progressive au long cours, pour devenir un vrai alpiniste et pas juste quelqu’un qui a « fait le Mont Blanc » en s’y faisant traîner à bout de forces par son guide. Et il me glisse qu’il y a tant d’autres sommets dans les Alpes, sublimes et moins fréquentés, plus secrets et solitaires, qui ont tant de magie à nous offrir…
Rêver à de nouvelles ascensions…
La compagnie des guides et l’alpinisme : pour continuer
Je vous invite vivement à consulter le magnifique compte Instagram des 200 ans de la compagnie, mine d’or quant à son histoire et ses héros. Je le lis comme un roman – il est beau et infiniment instructif.
Deux livres anniversaires sont parus cette année pour le bicentenaire de la compagnie, dans les deux grandes maisons d’édition montagnardes : chez Glénat, Compagnie des Guides de Chamonix, 200 ans d’histoire(s), de David Ravanel et Joëlle Dartigue-Paccalet, et chez Guérin, Le roman des guides, de Gilles Chappaz. Je n’ai pas encore eu le plaisir de les avoir entre les mains, mais je compte bien vous en parler prochainement, dans un article consacré aux livres de montagne, d’escalade et d’alpinisme – n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter en fin d’article pour suivre tout cela. Bien entendu, je continuerai à vous parler dans cet article des grands guides dont la lecture m’a bercée, Lionel Terray, Louis Lachenal, Gaston Rébuffat, Roger Frison-Roche… Après mon premier livre sur les Alpes, un texte et photos en belles cartes postales et anecdotes, je prépare actuellement une encyclopédie subjective des Alpes, dans laquelle il sera abondamment mention des grands alpinistes européens – encore une fois, la newsletter vous tiendra informés !
Et je vous souhaite de tout coeur, si vous rêvez vous aussi de haute montagne, de faire un jour l’expérience de ce monde magique, en laissant un guide de la compagnie vous en ouvrir la porte. A bientôt sur les sommets…
Souvenir d’hiver de l’Aiguille du Midi
Un immense merci à l’office du tourisme de Chamonix, à la compagnie des guides de Chamonix et aux remontées mécaniques de Chamonix et Courmayeur de m’avoir permis de vivre cette expérience extraordinaire. Un merci très spécial à Cécile et à Tristan.
L’Ardenne ? La Belgique écrit au singulier le beau nom de ce massif boisé qui recouvre de ses collines amènes et de ses cimes résineuses les frontières de plusieurs pays. C’est de l’Ardenne belge dont je veux vous parler aujourd’hui, de la grande forêt de Saint Hubert et de la basilique éponyme, de Redu, le village du livre, des cabanes perchées dans les bois et des immenses sentiers de randonnée pédestre, équestre et cycliste. Que faire en Ardenne ? Dans la région de Saint Hubert, on vient se ressourcer dans les forêts à perte de vue, s’oxygéner au calme dans un cadre apaisant et préservé.
En 2018, j’avais pour la première fois découvert à cheval la forêt d’Ardenne. Je vous avais raconté dans cet article l’histoire culturelle si particulière et l’atmosphère puissante de cette région forestière. L’Ardenne belge est idéale pour des aventures verdoyantes à pied, à vélo, à cheval. Ce pays de feuillages, de fougères, d’animaux sauvages, est propice à un long cheminement dans les bois feutrés. Imaginez : cette immense forêt est réputée pour l’ampleur de son réseau de sentiers (1500 kilomètres de chemins pédestres, équestres et cyclistes) et pour la qualité d’observation de la faune sauvage. Les cerfs notamment, mais aussi les sangliers, les renards, les écureuils, les chevreuils, les couleuvres et tous les autres animaux des bois, abondent dans cette région secrète et préservée. La forêt, la vraie, la grande, c’est une planète à part. Les bruits du dehors sont étouffés, assourdis ; un silence intranquille semble couler des cimes ou monter du sol noir. Ici on se perd au cœur des bois, on écoute le chant des rivières, on admire les hampes des fougères, on croise des biches et on guette les nutons, ces petits lutins de la forêt belge…
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L’Ardenne, ou les joies de la forêt
Que faire en Ardenne belge ? Voici six expériences à vivre dans la grande forêt de Saint Hubert.
J’ai vécu ce second reportage en mai 2021 avec mon amie et binôme Marion Carcel alias Foehn Photographie. Ensemble, nous formons un duo de blogueuses et photographes passionnées de nature, Itinera Favonia. La quasi totalité des photos figurant dans cet article sont les siennes.
Marion et moi à Saint Hubert
Marion au travail dans la grande forêt de Saint Hubert.
1) A vélo : la forêt ardennaise en VTT à assistance électrique
Bonheur des immenses itinéraires à vélo au cœur de la grande forêt de Saint Hubert ! Avec ses centaines de kilomètres de chemins piétons, cavaliers et cyclistes, c’est le lieu idéal pour une longue escapade oxygénante. Nous avions des VTT à assistance électrique loués chez E-scape bike à Saint Hubert, et j’ai vraiment apprécié l’expérience. Vous le savez peut-être si vous me suivez depuis longtemps, mais le VTT a longtemps été une vraie phobie pour moi, et je suis très heureuse (et fière, je l’avoue!) de réussir enfin à la surmonter. J’ai vraiment pris du plaisir à vélo ce week-end dans la magnifique forêt ardennaise, entre grandes futaies et fleurs sauvages. J’angoisse encore dans les grandes descentes, mais en prenant mon temps et respirant profondément, on tient le choc… Et la sensation d’évasion, de déconnexion, est totale : au cœur des bois, pas une voiture, des sentiers bucoliques et apaisants en pleine nature ! Une belle expérience à vivre en Ardenne belge, dans un cadre qui se prête pleinement à la pratique du vélo en pleine nature.
2) A cheval : l’Ardenne, un paradis équestre
C’est une expérience que je vous avais longuement racontée dans mon précédent article sur les sentiers d’itinérance équestre en Ardenne belge: ce pays est un véritable eldorado pour les cavaliers, avec une boucle de 120km d’itinéraires adaptés aux chevaux en pleine forêt, sans traversée de grandes routes, et un maillage de gîtes équestres de qualité. J’avais adoré cette immersion dans la grande forêt au rythme des chevaux, le cheminement discret et l’odeur de l’animal permettant un plus grand contact avec la faune sauvage. A cheval, j’avais pu observer biches et chevreuils, oiseaux et écureuils – un beau moment de plongée au cœur des grands bois.
3) A pied : randonner ou participer à la Nov’ardenne express
Région de collines douces, de grands bois et de prairies bucoliques, véritable havre de paix et bouffée d’oxygène, l’Ardenne belge est la destination parfaite pour une échappée ressourçante. Si vous vivez en Belgique, dans le nord de la France ou à proximité, et que vous avez besoin de grand air, de verdure et de solitude bucolique, sachez que cette région est un véritable poumon vert. A 3h de route ou bien 4h de train de Paris, vous gagnez les grands bois, vous vous plongez dans des hectares et des hectares de forêt préservée. Les possibilités de randonnée sont quasiment infinies et les sentiers bien entretenus.
Marion et moi avons participé, en mai 2021, à la première édition de la grande course d’orientation Nov’Ardenne Express : deux jours de trail, de défis sportifs et d’épreuves insolites dans la forêt ardennaise. Nous nous sommes un peu (beaucoup) perdues, mais nous avons pu nous en rendre compte : cette région préservée, résolument naturelle, offre des hectares et des hectares de forêt entrecoupée de collines fleuries et de prairies idylliques, où on ne croise personne en dehors de quelques randonneurs, trailers et cyclistes… ainsi que biches, écureuils, marcassins et autres hôtes des grands bois. Besoin de respirer ? Partez donc vous perdre en forêt…
Et au printemps, profitez des vastes étendues de fleurs qui colorent les prairies…
4) Observer la faune de la forêt depuis les cabanes perchées
Autour de Saint Hubert, « capitale européenne de la chasse et de la nature », les bois bruissent de sabots et d’envolées. Cerfs et sangliers, chevreuils et écureuils, oiseaux chanteurs ou tambourineurs, tous se donnent rendez-vous dans ce pays boisé et préservé. De nombreuses cabanes d’observation ont été aménagées au cœur de la forêt. Si vous vous postez là-haut et attendez en silence, vous verrez sans doute toute la vie des bois qui vaque à ses occupations et se promène dans les clairières… Une belle expérience à vivre en famille.
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4) Visiter la basilique et la ville de Saint Hubert
Saint Hubert, la ville qui a donné son nom à la grande forêt, est un incontournable de votre séjour en Ardenne. Une légende puissante auréole cette cité, celle de Saint Hubert, autrefois seigneur jouisseur et impie. Alors qu’il chasse dans les bois un vendredi saint (sacrilège suprême !), il rencontre un immense cerf blanc, symbole du Christ, qui lui porte le message de l’Evangile et l’invite à la conversion. Hubert change de vie, entre dans les ordres, devient évêque et fait rayonner le nom de l’Ardenne belge alentours. La sublime basilique du village porte son nom et lui est dédiée.
Saint Hubert, qui a cessé de chasser après sa rencontre sylvestre, est paradoxalement devenu saint patron des chasseurs. J’ai découvert que dans les milieux de chasseurs, on signe souvent ses missives par « salutations en saint Hubert », se plaçant sous le patronage de l’évêque belge. La belle cité de saint Hubert est « capitale européenne de la chasse et de la nature », et le cerf est omniprésent dans les rues de la ville. On trouvera même un cerf empaillé au fronton de l’hôtel de ville !
Soyons sincères, je ne suis pas forcément la personne la mieux placée pour vous parler de chasse, je ne suis pas réceptive. Mais j’ai aimé cette basilique grandiose, cette belle cité colorée au cœur d’une forêt immense, cette histoire culturelle puissante et ces bois remplis de cerfs. Si vous faites un tour en Ardenne belge, je trouve que Saint Hubert vaut le détour, et tout particulièrement sa basilique.
5) Découvrir la beauté des villages ardennais
Parce que nous étions toutes happées par l’atmosphère de notre grande course d’orientation, nous n’étions pas tant tournées vers le patrimoine cette fois-ci, mais nous avons tout de même fait quelques haltes dans les beaux villages ardennais. De nombreuses maisons traditionnelles, avec toit de chaume, murs de pierre schisteuse ou pans de bois, subsistent dans cette belle région rurale qui a su préserver son architecture. L’ambiance des villages est belle et douce, et les vaches paissent dans les prés.
Le fourneau Saint Michel
Pour comprendre cet héritage et remonter l’histoire et les traditions de l’Ardenne, on se rendra au fourneau Saint Michel, très bel écomusée en plein air où de nombreuses maisons ardennaises typiques ont été remontées et rassemblées, proposant un très beau cheminement à travers les siècles.
Au fourneau St Michel, l’Ardenne d’autrefois.
Le château de Mirwart
Le château de Mirwart est actuellement en pleine restauration, et j’ai vraiment hâte de découvrir le projet à sa réouverture : le site est sublime, et le château datant du Ixe siècle est restauré avec goût afin de devenir un hôtel, restaurant gastronomique et lieu d’évènements culturels et festifs. Le résultat sera grandiose, on le sent !
Le château de Mirwart avant les travaux, en 2018.
Redu, village du livre
Mon plus grand coup de cœur est pour Redu, le village du livre en Ardenne. Librairies et étals de bouquinistes, papeteries et usines de fabrication du papier, cafés littéraires et expositions insolites, Redu est un véritable paradis pour les amoureux du papier, des lettres et des histoires. Je suis fascinée par l’atmosphère fourmillante de ce petit village qui a un charme fou.
Bonnes adresses en Ardenne belge
Lors de mon précédent reportage, j’avais découvert de nombreux restaurants et chambres d’hôtes de charme, je vous renvoie donc à mon article de 2018 sur un séjour en Ardenne belge.
Nous avons cette fois dormi dans un joli hôtel à Libramont, l’hôtel l’Avenue, où les chambres sont spacieuses, lumineuses et confortables, en cœur de ville avec vue sur un petit parc avec un étang.
Vue depuis la chambre
Je retiens surtout cet hôtel pour son merveilleux restaurant italien, Inverso Ristorante, où nous avons dîné deux fois avec le même enthousiasme : cuisine délicieuse, fraîche, généreuse, succulente, service chaleureux, joli cadre, que du bonheur ! Un vrai italien à la fois traditionnel et inventif, qui vous sert avec convivialité et amour des produits.
Je garderai un beau souvenir de cette immersion rocambolesque (et souvent trempée !) dans la forêt ardennaise, entre sport, aventure et fous rires. J’étais sur ce reportage associée non seulement à Marion, ma binôme et amie de toujours, mais aussi à deux autres blogueuses sympathiques, Clara Fotomania et Isabelle Fabre – amitiés à elles !
Clara, Isabelle et moi
Merci à Visit Ardenne et au GAL Novardenne pour cette aventure insolite dans la belle et grande forêt de Saint Hubert.
L’hôtel Post Steeg ? C’est tout ce dont j’avais rêvé.
Imaginez un hôtel au cœur des montagnes du Tyrol, entouré de cascades et de sommets fleuris. Imaginez un immense spa avec vue sur les cimes, où on rivalise de confort et d’ingéniosité pour une détente absolue. Imaginez des chambres boisées douillettes et chaleureuses, et un restaurant gastronomique où 3 générations de chefs exigeants conjuguent avec fraîcheur et inventivité les saveurs du terroir autrichien. Imaginez enfin des chevaux, des segways, des vélos à votre disposition pour de merveilleuses balades dans la vallée de la Lech, le tout avec une famille incroyablement conviviale qui vous guide au cœur de l’authenticité autrichienne avec un sens du partage véritable.
Ce petit joyau, c’est l’hôtel Post Steeg, un 4 étoiles de toute beauté et exceptionnellement chaleureux qui propose toutes sortes de séjours au cœur de la nature autrichienne, dans la superbe vallée de la Lech au Tyrol. Séjours équestres, séjours multi-activités, séjours bien-être avec soins au spa, en demi-pension, en couple ou en famille, avec encadrement des enfants, pour une journée ou pour une semaine entière… tout est possible ou presque dans ce petit paradis alpin.
J’ai découvert cet endroit merveilleux à l’été 2019 avec mon amie et binôme Marion Carcel alias Foehn Photographie, et nous avons eu le même coup de foudre pour cette famille si chaleureuse, les Obwegeser, pour la beauté du cadre et des installations, pour la cuisine délicieuse et la qualité des activités outdoor proposées.
Marion et moi, aux anges à l’hôtel Post Steeg
Et de surcroît, parce que l’hôtel Post Steeg appartient au réseau Autriche Pro France qui fédère de très beaux hôtels francophiles en Autriche, ici on vous parle aussi en français, ce qui facilite davantage encore le partage avec ces hôtes fabuleux.
Concours exceptionnel : gagnez deux nuits au Post Steeg
En mai 2021, pour fêter le déconfinement et la possibilité de recommencer à rêver de grands voyages, nous organisons en partenariat avec Autriche Pro France et l’hôtel Post Steeg un concours exceptionnel : gagnez deux nuits pour deux personnes à l’hôtel Post Steeg. Il s’agit de deux nuits en chambre double « Postmeister » en demi-pension; le lot est valable de mai à octobre 2021 et de mai à octobre 2022.
Le concours aura lieu sur mon compte Instagram, mais pour celles et ceux qui ne possèdent pas de compte Instagram, vous avez également la possibilité de laisser un commentaire sur cet article pour participer. Résultats le6 juin 2021 !
A votre tour de gagner un séjour merveilleux au Tyrol, avec l’hôtel Post Steeg et Autriche Pro France.
L’hôtel Post Steeg, un cocon de douceur
Dans ce 4 étoiles à l’ambiance cosy, nous sommes dans une grande maison tyrolienne traditionnelle, avec ses boiseries claires, sa décoration sylvestre typique, ses balcons fleuris de géraniums. L’hôtel cultive une atmosphère forestière de cabane au milieu des bois… avec un infini confort en plus. Les chambres sont lumineuses et douillettes, avec une literie incroyable et de belles vues sur les montagnes environnantes. Nous avons merveilleusement dormi dans ce havre de paix.
Dans notre jolie chambre.
Le restaurant Post Amt, une merveille gastronomique
Notre dîner au restaurant Post Amt est notre plus beau souvenir gastronomique autrichien. Ce n’est pas un hasard si le chef, M. Obwegeser, a été récompensé par trois toques dans le Gault & Millau, et plusieurs autres distinctions de guides germanophones et anglophones. J’aime infiniment ces restaurants de culture alpine, qui allient à un profond respect du terroir et des produits un sens de la créativité, de la légèreté, qui permet de s’affranchir avec liberté des classiques traditionnels sans perdre le goût exceptionnel des alpages. Nous avons savouré les poissons des rivières (la Lech est un paradis des pêcheurs, avec ses truites et ses ombles sauvages), les baies des alpages, ou encore la sauce si légère et délicate aux fleurs de sureau ramassées à la main par la famille Obwegeser. D’un bout à l’autre, tout était raffiné, savoureux et réjouissant.
Le restaurant propose également une formule de demi-pension pour les hôtes souhaitant prendre un forfait week-end ou semaine. Et surtout, ne ratez pas le buffet de petit-déjeuner… qui n’a pas fréquenté un buffet de petit-déjeuner autrichien deluxe ne sait pas ce qu’est la félicité 😉
Le spa du Post Steeg, un joyau alpin
Si vous m’avez déjà lue au sujet des Alpes autrichiennes, vous le savez : les hôtels-spas autrichiens, particulièrement à partir du 4 étoiles, sont absolument exceptionnels en matière de confort, de beauté et d’inventivité de leurs spas. Je n’exagère pas du tout quand je dis que les hôtels-spas autrichiens proposent les meilleurs spas de toute la chaîne alpine, avec un niveau de prestations et un rapport qualité-prix remarquables. (Et vous pouvez compter sur ma double expertise en matière d’Alpes et de spas !) Nous gardons un souvenir merveilleux du spa de l’hôtel Post Steeg, qui s’étend sur deux niveaux. En bas, ce sont des piscines intérieures et extérieures (chauffées) permettant de nager au cœur des montagnes, avec un espace détente boisé de toute beauté.
En haut, c’est un spa panoramique somptueux, avec de nombreux saunas, des salles aux ambiances tamisées, des fauteuils suspendus et des salles de soin où il est possible de bénéficier de massages, bains de foins, applications de soins alpins et autres parenthèses de bien-être absolu. Nous avons eu un coup de cœur tout particulier pour les jacuzzis avec vue sur les sommets… un moment de joie parfaite.
Des séjours équestres au cœur du Tyrol
C’est une des raisons qui ont scellé notre amour pour l’hôtel Post Steeg : son orientation équestre ! Une véritable écurie et de belles installations hippiques jouxtent l’hôtel. Cours d’équitation en carrière, randonnées en extérieur, tout est possible ici, et l’hôtel propose de vrais séjours équestres à la semaine pour enfants et adultes. Marion et moi avons opté pour une belle promenade le long de la Lech, avec galops dans les champs, chasse aux cascades et flâneries bucoliques au pas des chevaux…
Explorer la vallée de la Lech à vélo, en rando, en segway, en pêchant
Mais l’hôtel propose également des séjours multi-activités à la carte, avec différentes façons de découvrir cette belle vallée de la Lech, où rivières et cascades ruissellent des pentes abruptes. Avec l’équipe de l’hôtel Post Steeg, nous avons fait un très beau circuit en VTT à assistance électrique au cœur des montagnes.
Puis nous nous sommes bien amusées à tester les Segway le long de la rivière (on prend vite le coup), nous sommes allées défier le vertige sur les ponts suspendus surplombant la Lech.
Le fait de pouvoir ainsi participer à des activités guidées, avec matériel mis à disposition, est un vrai atout du séjour à l’hôtel. Nous ne nous sommes pas essayées à la pêche, mais c’est une option que propose également le Post Steeg, qui fournit carte de pêche, matériel et la possibilité de cuisiner la truite ou l’omble que vous aurez capturé pour votre dîner au restaurant.
Moment de convivialité au chalet d’alpage
C’est la petite pépite secrète de la famille Obwegeser : leur chalet d’alpage ultra typique, perdu au cœur des montagnes ! Nous l’avons rejoint en VTT électrique, mais une navette est également à disposition pour les clients de l’hôtel. Là-bas, le fils aîné, Florian, propose certains soirs de déguster ses Käsespätzle (fabuleuses pâtes au fromage typiques du Tyrol), son steak au feu de bois, ou encore une fois par semaine, un luxueux brunch montagnard. C’est aussi l’occasion de faire plus amplement connaissance avec la famille Obwegeser, qui a un profond sens de la convivialité et du partage. Nous avons adoré trinquer au schnaps à l’abricot avec eux ! Ce genre de moments empreints d’authenticité nous ont permis de vivre notre immersion autrichienne de façon encore plus intense, et d’aimer davantage encore ce pays à l’âme chaleureuse.
Des séjours tout compris pour tous les goûts
Vous l’aurez compris, l’hôtel Post Steeg propose une multitude de séjours pour tous les goûts, avec une multitude d’options disponibles dans les formules tout compris : soins au spa, multi-activités, équitation, demi-pension… Pour une nuit, un week-end ou une semaine, de multiples formules sont possibles, et je vous laisse consulter le site de l’hôtel Post Steeg (qui existe en version française !) pour découvrir les nombreuses offres.
A propos du réseau Autriche Pro France
Marion et moi avons découvert l’hôtel Post Steeg dans le cadre d’un séjour co-organisé par l’office national du tourisme autrichien et le réseau Autriche Pro France. Autriche Pro France fédère des hôteliers indépendants et francophiles qui s’engagent à offrir la plus belle expérience possible aux clients français. Lors de notre séjour, nous avons découvert près d’une dizaine d’hôtels du réseau, et plusieurs aspects nous ont particulièrement séduites :
* le fait qu’il s’agisse d’hôtels indépendants, familiaux, pour une expérience autrichienne authentique * le fait qu’il s’agisse exclusivement de beaux hôtels de charme, situés dans des cadres naturels préservés, avec de belles options bien-être (piscine, spa, etc) et une qualité de service qui permet de vivre réellement l’hospitalité autrichienne. Tous les hôtels du réseau s’engagent à un certain standing, à un véritable sens de l’accueil, et vous n’aurez pas de mauvaise surprise. * le fait que les hôteliers membres du réseau soient francophiles, proposent de la documentation en français, aient au moins un employé qui puisse converser en français, ce qui facilite le partage pour les non-germanophones
Pour de belles vacances au pays de Sissi, des Käsespätzle, des culottes de peau et du Kaiserschmarrn, n’hésitez pas à réserver un séjour via Autriche Pro France – je compte bien le refaire moi-même ! Les conseillères francophones sauront vous orienter en fonction de vos envies et vous aider à bâtir votre séjour. Le site vous propose également des circuits, des idées de road trip, etc, il est une belle source d’inspiration.
Besoin d’inspiration autrichienne ?
Pour vous convaincre de découvrir l’Autriche, et trouver de l’inspiration pour de futurs séjours dans ce pays qui est réellement mon 2e pays de coeur, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil à ces articles :
Et pour participer à notre concours, jouez sur Instagram et/ou commentez cet article jusqu’au 6 juin. Bonne chance à vous !
De nombreuses photos de cet article sont l’œuvre de mon amie Marion Carcel. Nous formons ensemble un duo de blogueuses et photographes passionnées des montagnes, Itinera Favonia.
Les Gets ? C’est une petite station familiale en Haute-Savoie, à mi-chemin entre le lac Léman et le Mont Blanc, entre Thonon-les-Bains et Chamonix, à deux pas de la Suisse. Parce que ce joli village chaleureux appartient à l’immense domaine skiable des Portes du Soleil, j’avais eu l’occasion de l’effleurer lors de mon beau séjour à Morzine. J’avais beaucoup aimé cette station village à taille humaine, où les sapins enneigés, les hameaux isolés et les chalets authentiques ont vue sur les plus hauts sommets des Alpes. J’ai eu le bonheur de revenir cet hiver entre amis explorer cette station conviviale et résolument orientée nature.
Vue sur le Mont Blanc depuis le Mont Caly, les Gets.
Les Gets, c’est le versant sauvage et bucolique des Portes du Soleil : les chalets traditionnels se regroupent dans de petits hameaux charmants sur les pentes douces, de grands espaces préservés invitent à la randonnée en pleine nature, la faune s’épanouit dans des zones vierges de remontées mécaniques, où on vient sur la pointe des pieds en raquettes ou en ski de randonnée pour guetter chamois et mouflons. C’est la destination idéale pour une escapade douce et régénérante, où on s’oxygène sous le regard bienveillant du Mont Blanc à l’horizon. Notre séjour, rempli d’animaux heureux et du silence apaisant des grands bois, a été une bulle d’évasion parfaite.
Rando raquettes aux Gets avec ma petite soeur et Marion
Pour vous ressourcer dans un environnement préservé, profiter de l’ambiance familiale d’un joli petit village où la pleine nature est à deux pas, pour vivre la montagne sur son versant le plus doux, Les Gets sont une destination parfaite. Et plusieurs activités belles, originales et immersives vous permettront de profiter pleinement de cette parenthèse. Voici cinq expériences à vivre aux Gets.
J’ai vécu ce beau week-end avec ma binôme Marion Carcel alias Foehn Photographie, photographe professionnelle avec qui nous formons un duo passionné de créatrices de contenu, Itinera Favonia. De nombreuses photos figurant dans cet article sont les siennes, notamment parmi celles où j’apparais.
Marion et moi à la patinoire des Gets.
Mon amie et binôme Marion à la canirandoHeureuse à la canirando aux Gets, photographiée par Marion
Lors de ce séjour entre amis, nous étions aussi avec Johan, Kévin, et ma petite sœur Marianne, qui ont eu la gentillesse de poser pour nous !
De droite à gauche, Marion, Johan, Kévin et moi, heureux à la canirando en pleine tempête de sable saharienne
S’essayer à la canirando aux Gets avec La Patte Nordic
Envie d’une ambiance grand nord, façon trappeur, sapins enneigés et épopée boréale ? Je vous propose la canirando. Le principe ? Randonner en pleine nature, tracté par un chien qui réduit l’effort et guidé par un musher qui gère la situation. Munis d’un harnais qui nous attache au chien de traîneau, nous sommes tirés par ces chiens nordiques joyeux et dynamiques qui allègent l’effort dans les montées, et nous invitent à une promenade dynamique et affectueuse.
Cela a été une des plus belles expériences de notre hiver 2021. Nous sommes en pleine nature, dans des paysages absolument somptueux. Les chiens recherchent le contact, ils sont joueurs, affectueux, et on est encore plus dans la complicité et proximité avec eux qu’en chien de traîneau, car les câlins sont sans cesse possibles. On marche de façon active, tracté par ces chiens pleins de gentillesse et d’énergie. Entre promenade vivifiante, air pur et gros câlins avec l’animal qui est vraiment dans l’interaction avec nous, je dois vous dire un secret : je crois que j’aime encore mieux ça que le chien de traîneau, car le contact avec le chien est fabuleux. Les chiens de La Patte Nordic sont de magnifiques huskies et malamutes, câlins et joueurs, et j’ai eu droit au roi de la meute, le magnifique Oural… un malamute majestueux. La cani rando, c’est vivre un conte de fées revisité : il était une fois le petit chaperon rouge qui peut se promener avec le loup dans les bois sans même se faire dévorer, une histoire qui finit bien !
Marion et moi avons adoré cette activité apaisante et conviviale, guidées par de super mushers, Didier et Justine. L’amour qu’ils éprouvent pour leurs animaux est palpable, ainsi que leur sens du partage et de la convivialité. Je recommande vraiment cette activité oxygénante et chaleureuse qui fait du bien au corps et au cœur.
Justine et Didier Lagorce, mushers passionnés de père en fille Kévin et moi aux anges
La Patte Nordic est aussi un hébergement : Didier et Justine proposent 3 gîtes en pleine nature, qui semblent absolument extraordinaires, avec une décoration fabuleuse et un bain nordique en plein air. Je rêve d’y retourner pour les découvrir, car si l’expérience est aussi belle, originale et authentique que la canirando, cela doit être extraordinaire !
Gîte La Patte Nordic Canirando : 1h30 de balade, 20€/pers, 40€/pers si deux personnes seulement Hébergement : 3 gîtes (2, 4 et 8 personnes) cosy en pleine nature, à la décoration originale, tarifs à consulter sur le site
Randonner aux Gets entre Mont Caly et Mont Chéry
C’est un incontournable de tout séjour aux Gets : la randonnée qui court du Mont Caly, avec son ravissant hameau de chalets d’alpage, au Mont Chéry, sommet de la station des Gets, avec sa vue grandiose sur le Mont Blanc, les Aravis et les Dents Blanches. Elle est réputée pour ses grands espaces immaculés et ses panoramas sublimes. J’ai vécu cette randonnée deux fois, dans deux ambiances totalement différentes.
En 2019, j’étais partie avec une guide extraordinairement attachante et passionnée, Véronique Fillion, qui vivait véritablement en communion avec la montagne, ses plantes, ses animaux, et nous avait transmis son savoir avec beaucoup de générosité. J’avais raconté cette expérience dans mon article sur Morzine. Ce jour-là, la météo était parfaite, la vue totalement dégagée, et j’avais vu le Mont-Blanc coiffé de nuages dorés, et les Dents croquer le ciel bleu.
Raquettes aux Gets
Puis en 2021, j’ai vécu les Gets sous la neige ! Ce jour-là, la neige tombait à gros flocons, avalait le paysage dans sa blancheur ouatée et le faisait tendre à l’abstraction – hors du temps, loin du monde, dans un apaisant minimalisme montagnard. Y aller malgré tout, ou pas ? Nous savions que nous ne verrions rien des sommets environnants.
Mais il y a aussi une beauté particulière dans ces assauts de blancheur, dans l’apprentissage de l’amour de la montagne même quand elle se dérobe et se fait capricieuse. On l’aime aussi pour cette radicalité imprévisible.
Partir avec un guide naturaliste à la recherche des chamois et mouflons
Une fabuleuse rando raquettes à la recherche des animaux sauvages, cela vous dit ? Je garde un souvenir très fort et ému de ce moment de pure beauté, où j’ai été face à face, à la distance de la lunette, avec des mouflons, des chamois et un aigle royal… Ce fut une expérience puissante, une rencontre magique avec la faune alpine. Nous faisons la connaissance d’un guide naturaliste, Dominique, qui nous impressionne par sa connaissance profonde de la montagne et des habitudes de la faune. Avec beaucoup de simplicité et de gentillesse, il nous entraîne au cœur des bois.
Entre Les Gets et Praz de Lys Sommand (une autre station résolument nature que je rêve d’explorer), Dominique nous conduit dans une combe de toute beauté, entre sapins enneigés, rivière sinueuse et soleil enfin revenu. Avec son savoir-faire et sa puissante lunette télescopique, il sait repérer les animaux cachés sur les pentes herbeuses. Deux mouflons, un chamois, un aigle royal… la magie se renouvelle, des rencontres inoubliables vécues grâce à sa connaissance parfaite de la faune !
Je suis avec Marion et ma petite sœur Marianne, et nous sommes heureuses comme des gamines plongées dans Bambi, toutes émues par ce moment suspendu. Les Gets nous ont touchées par la beauté du cadre naturel et la proximité des grands espaces préservés à deux pas du village – ici la vie sauvage est tout près. C’est une destination magique pour la randonnée enneigée en pleine nature…
Dominique Maire, guide accompagnateur en montagne aux Gets Sortie chamois et mouflons d’une demi-journée Plus d’infos sur les sorties en raquettes aux Gets
S’élancer sur la glace à la patinoire des Gets
Parce que nous logeons dans un appartement tout confort au cœur du village et que nous avons vue sur la patinoire… l’idée de se la jouer Holiday on ice s’est imposée à nous de façon spontanée ! C’était ma toute première fois sur la glace, et je pense que je n’aurais jamais osé si Marion ne m’avait pas un peu poussée à surmonter ma peur de me briser tous les os. Mais en une heure, on fait déjà de vrais progrès, et on s’amuse ! J’ai adoré ce moment fun et chaleureux entre copains, dans une ambiance très particulière (une tempête de sable venue du Sahara colorait le ciel d’ocre). Je suis sortie de la glace avec un kit os & ligaments complets, ce qui était une grande victoire sur la gravité, et je me suis beaucoup amusée.
Ambre Le Ferrec, talentueuse patineuse des Gets
Patinoire au centre du village des Gets 5 €, location des patins comprise
Skier sur les pistes des Portes du Soleil
Ce n’est pas une expérience que nous avons vécue début 2021, situation particulière oblige, mais j’espère bien rechausser les skis et voir s’activer les remonte-pentes dès la fin de l’année ! La station des Gets en elle-même comprend deux versants, l’un plus technique, réservés aux bons skieurs et aux amateurs du free ride, côté Mont Chéry, et l’autre totalement familial, avec des pistes faciles et accessibles. Mais surtout, les Gets appartiennent à l’immense domaine skiable des Portes du Soleil, et il est possible de rejoindre le gigantesque domaine Morzine-Avoriaz skis aux pieds par les remonte-pentes. J’avais adoré skier à Morzine et Avoriaz, et même passer côté Suisse à Châtel – les possibilités sont quasi infinies avec 620km de pistes, un des plus grands domaines du monde !
Forfait hiver adulte Morzine-Les Gets : 40€/j, 216€/6j. Forfait hiver adulte Portes du Soleil (620km, dont des stations suisses) : 55€/j, 278€/6j
Une location de vacances aux Gets
J’aime tellement les week-ends entre copains à la montagne. Randonner, sortir, explorer, puis retourner au chaud pour cuisiner, jouer, être ensemble à regarder les flocons couvrir la nuit… ce sont mes souvenirs préférés et je suis très heureuse d’avoir pu, au cours de l’année écoulée, vivre ce genre de moments précieux malgré la situation sanitaire ! Nous avions un appartement confortable, fonctionnel et douillet au cœur du village, qui donnait juste sur la patinoire. Nous avions beaucoup d’espace, la literie était d’excellente qualité et la cuisine entièrement équipée nous a permis de faire des prouesses en cuisine. Il s’agissait d’une location hôtelière haut de gamme, avec les lits faits, le ménage compris, des serviettes dans les salles de bain, et un petit cadeau très apprécié : des savons artisanaux savoyards naturels et d’excellente qualité, Saly Savons. Le groupe Thibon, qui assurait ce service hôtelier, propose de nombreuses prestations de conciergerie haut de gamme afin de faciliter le séjour aux Gets, à Samoëns ou à Morillon, pour un séjour clef en mains à la montagne.
Vue sur les Gets depuis notre appartement
Groupe Thibon Immobilier : Locations saisonnières haut de gamme aux Gets, à Samoëns et Morillon Appartements, chalets… Prestations hôtelières et de conciergerie
Je crois que l’hiver a une saveur très particulière pour moi dans ce genre de moments, pour le plaisir de se retrouver au chaud ensemble quand la neige tombe. J’ai adoré ce week-end entre amis dans cette station résolument nature, entre animaux et expériences puissantes. Toujours un bonheur de revenir ici, inspirer à pleins poumons la magie de ces Alpes que j’aime tant…
Un grand merci aux Gets et au Groupe Thibon pour ce bel accueil chaleureux. Nous garderons un souvenir magnifique de ce séjour.