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Catégorie : Amériques et Caraïbes

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    Canada : sublime Alberta, cow-boys et montagnes des Rocheuses

    Connaissez-vous l’Alberta, cette province montagnarde et sauvage tout à l’Ouest du Canada ? En septembre dernier, entre fin d’été et début de l’automne dans les Rocheuses, j’ai vécu un sublime road trip à la découverte d’une des plus belles régions canadiennes. L’Alberta, c’est le pays de Calgary, de Banff, de Jasper ou encore de Drumheller. S’il fallait vraiment résumer cette province immense et sublime en trois mots seulement, je vous dirais : montagnes, cow-boys et dinosaures.
    Montagnes, car nous sommes au cœur des Rocheuses, la gigantesque cousine nord-américaine de notre chaîne alpine, toutes deux unies dans une sororité de glaces et de sommets, de grands espaces vertigineux et de reliefs tracés au cordeau… mais avec les grizzlis et les pumas en plus. C’est en Alberta que court, entre montagnes et glaciers, l’une des routes les plus iconiques du monde, la Icefields Parkway, qui relie Banff à Jasper dans un décor alpestre d’une perfection surréaliste. Jasper a été mon coup de foudre absolu au Canada, ma cabane au fond des bois de l’Alberta.
    Cow-boys, car nous sommes en plein dans ce qu’on appelle le « cow-boy country », où l’élevage extensif de bétail (le célèbre bœuf de l’Alberta !) exige des hommes et des femmes le travail à cheval sur de vastes espaces, où le costume trois-pièces est fait de blue jean et où il serait inconvenant de ne pas posséder une paire de bottes Alberta Boots, et où le rodéo est une religion. Chaque année en juillet, le Stampede de Calgary réunit un million de personnes autour d’une compétition western devenue le plus grand festival en plein air du monde. La culture western fait partie intégrante de l’âme albertaine. Il sera dans cet article abondamment question de tourisme équestre en Alberta, car dans les Rocheuses, vous pouvez monter à cheval partout ou presque.
    Dinosaures, car Drumheller en Alberta est la capitale mondiale des dinosaures : nulle part ailleurs sur Terre n’ont été retrouvés une telle quantité, une telle variété de dinosaures, et dans un tel état de conservation. Les badlands de Drumheller sont un Jurassic Park à ciel ouvert, et la géologie albertaine fascine, entre fossiles et ammolites, une des pierres précieuses les plus rares du monde, spécifique à cette région.
    De l’extrême sud de l’Alberta, où les lacs de Waterton forment la frontière avec le Montana étatsunien, aux lacs glaciaires de Jasper, en passant par la vibrante et cosmopolite Calgary, laissez-moi vous entraîner dans un road-trip albertain où on décline toutes les teintes de turquoise : dans les lacs justement, car ceux de l’Alberta comptent parmi les plus beaux du monde, et sur les chapeaux et ceintures des cow-boys. Yahoooo, comme on dit ici !

    Alberta
    Au pays des cow-boys en Alberta, entre montagnes des Rocheuses, aventures à cheval et culture western, ici à Pincher Creek.
    Au pays des cow-boys en Alberta, entre montagnes des Rocheuses, aventures à cheval et dinosaures XXL. Un road trip au grand galop !
    A Jasper au coeur des Rocheuses
    Au pays des cow-boys en Alberta, entre montagnes des Rocheuses, aventures à cheval et dinosaures XXL. Un road trip au grand galop !
    A Canmore dans une famille de cowboys.

    Au cœur des Rocheuses en Alberta

    Les Rockies : pour tout Européen, prononcer ce mot magique fait jaillir un univers rocailleux et sauvage, peuplé d’ours et de trappeurs, de cabanes en rondins et de poudreuse opulente, de glaciers bleutés et de lacs turquoise. Spoiler : tout est vrai. Les Rocheuses correspondent exactement à ce dont j’avais rêvé, à cette carte postale montagnarde iconique empreinte d’immensité et d’authenticité.

    Au pays des cow-boys en Alberta, entre montagnes des Rocheuses, aventures à cheval et dinosaures XXL. Un road trip au grand galop !
    Fairmont Jasper Park Lodge, idylle lacustre à Jasper

    L’Icefields Parkway, une des plus belles routes du monde

    227 kilomètres de légende, telle est l’Icefields Parkway, qui court entre Banff et Jasper au cœur des Rocheuses albertaines. Pour moi qui suis folle des Alpes, la passion pour cette route est instinctive, spontanée : ce sont les Alpes, en XXL, version gigantesque, unies dans une même chaîne de beauté par la même orogénèse qui rend toutes les hautes montagnes du monde sœurs, par la tectonique, la glace et le vertige. Je retrouve ici tout ce que j’aime à la folie, les glaciers, les sommets et les cascades, les rivières turquoise chargées de farine minérale, les falaises abruptes et la neige étincelante, avec ce gigantisme du continent nord-américain.
    Mille arrêts et randonnées sont possibles sur cette route mythique, je n’aurais qu’un conseil essentiel à vous donner : prenez votre temps. Estimez le temps que vous pensez vouloir y consacrer, et doublez ou triplez-le. Vous aurez envie de vous arrêter partout et vous serez frustrés. Si vous êtes en van ou si pouvez vous le permettre financièrement (les hôtels sur cette route sont rares et chers), n’hésitez pas à dormir en chemin, à Lake Louise ou à Columbia Icefields, pour pouvoir faire plus d’arrêts, d’activités et de randonnées. J’ai regretté de ne pas avoir le temps de marcher sur le glacier ou sur la plateforme panoramique à Columbia, de randonner plus longtemps à Peyto, de profiter des rives de Bow Lake, de prendre une barque à Lake Louise ou de voir les chutes d’eau de Sunwapta. Mais voici les arrêts que j’ai adorés sur l’Icefields Parkway, dans le sens de Jasper à Banff.

    icefields parkway
    Conduire sur la Icefields Parkway, LA route mythique au coeur des Rocheuses canadiennes

    Athabasca Falls. Sur la toute l’Icefields Parkway, les rivières turquoise en tresses coulant des glaciers m’ont fascinée. Athabasca, Bow, Saskatchewan forment l’hydrographie hypnotique de cette route traçant droit parmi des méandres ondulants. À Athabasca, le serpent bleu devient dragon blanc, la rivière se projette en rugissant au cœur d’un canyon noir – grandiose !

    Conduire sur la Icefields Parkway, LA route mythique au coeur des Rocheuses canadiennes
    Athabasca Falls

    Goats and Glaciers Lookout. Je n’ai pas vu les chèvres, mais j’ai bien vu les glaciers. Ce point de vue peu connu m’a saisie par surprise et a incarné mon image idyllique de la route des glaciers, entre sapins pointus, eaux translucides et montagnes de livre d’images.

    Conduire sur la Icefields Parkway, LA route mythique au coeur des Rocheuses canadiennes
    Goats and Glaciers

    Columbia Icefields. C’est la plus grande calotte glaciaire de l’Icefields Parkway, et le spectacle est saisissant. Fin septembre en Alberta, les myrtilliers rougis par l’automne qui arrive dessinent un paysage de lande fantastique, où les plantes flamboyantes répondent aux glaces immaculées. C’est beau, c’est vertigineux. J’aurais adoré y passer plus de temps : de nombreuses activités sportives (alpinisme, randonnée glaciaire) et contemplatives (plateforme) y sont organisées.

    Conduire sur la Icefields Parkway, LA route mythique au coeur des Rocheuses canadiennes
    Columbia Icefields


    Si vous avez les moyens, sachez que l’hôtel Glacier View Lodge propose des chambres avec des vues absolument somptueuses. Les prix commencent à partir de 500 dollars canadiens/nuit. J’aurais adoré passer une nuit au milieu de la route des glaciers !

    Peyto Lake. C’est sans doute le point de vue qui m’a le plus émerveillée ! Pour accéder au Peyto Lake Lookout, comptez environ 15 minutes de marche (avec un peu de dénivelé, cela grimpe) : le lac se découpe au milieu des sapins en formant une étrange tête de loup, un croc turquoise au cœur de la forêt. Fascinant !

    Conduire sur la Icefields Parkway, LA route mythique au coeur des Rocheuses canadiennes
    Vous voyez les oreilles et le museau du loup ?

    Bow Lake et Glacier. Somptueux ! Le Bow Glacier se déverse directement dans le lac du même nom, sorte de Game of Thrones canadien où la muraille de glace finit en parc bucolique où on vient prendre son pique-nique au bord de l’eau. J’aurais adoré y passer quelques heures, d’autant que quand le soleil sort, l’eau est d’un turquoise radieux.

    Lake Louise. Encore un arrêt trop rapide pour moi sur cette route légendaire ! Si vous le pouvez, prenez le temps de profiter de Lake Louise, prenez une barque et pagayez sur l’un des plus beaux lacs du Canada, faites un tour à cheval sur ses rives iconiques, imprégnez-vous de la démesure grandiose de ce cirque glaciaire vertigineux ouvrant sur un véritable lagon alpin. J’ai été émerveillée par Lake Louise, et j’aurais adoré faire les randonnées emblématiques, notamment celle de Lake Agnes Tea House : monter boire un thé dans un salon de thé devenu une vraie légende de l’Ouest, avec vue sur Lake Louise. Si vous avez un très gros budget, offrez-vous une nuit au légendaire Fairmont Lake Louise (hôtel 5 étoiles, à partir de 900 dollars canadiens la nuit environ) au bord du lac – sinon, un thé suffira pour s’imprégner de son ambiance intemporelle !

    Conduire sur la Icefields Parkway, LA route mythique au coeur des Rocheuses canadiennes
    Lake Louise – imaginez avec du soleil ! Cet endroit est exceptionnel

    Jasper, l’idylle montagnarde

    Jasper a été pour moi un coup de foudre absolu. Capitale canadienne des « cozy cabins », avec plus de 500 chalets nichés entre montagnes et lacs, Jasper incarne tout ce dont je rêvais en venant dans les Rocheuses, la cabane en rondins au bord du lac où se reflètent les sommets, le vertige de la démesure et le confort d’un chalet douillet, les élans et les ours tout près et le bleu à la folie, dans le ciel, les glaciers, les rivières et les étangs. La ville de Jasper a un charme inouï, avec son atmosphère de Frontier colorée, où les chalets et les boutiques du cœur de ville se découpent sur les montagnes si proches.
    La rivière Athabasca traverse Jasper et dessine là où le relief la capture une ribambelle de petits lacs entourés de sapins. Malgré le terrible incendie qui a ravagé Jasper en 2024, le paysage fait preuve de résilience, et de nombreuses poches intactes sont une promesse de résurrection forestière. Jasper est belle et correspond absolument à mon imaginaire, d’autant que nous dormons au paradis.


    J’ai eu le bonheur immense de loger au Fairmont Jasper Park Lodge, à l’invitation de Destination Canada et Travel Alberta qui y organisaient cette année le sommet « Go Media », où sont reçus des journalistes du monde entier. Les chalets se lovent au bord du lac, et des chemins de promenade serpentent de banc en banc, dans la marelle des reflets. Ces trois nuits à Jasper resteront parmi les plus beaux souvenirs de mon année 2025, une image de la perfection faite Alberta.

    Maligne Lake, perfection canadienne et culture autochtone

    Qui portera le titre de plus beau lac de l’Alberta ? De nombreux prétendants viennent à l’esprit : Lake Louise, Lake Moraine, Bow Lake, Peyto Lake… et je les ai tous adorés. Mais celui que j’ai vu dans une lumière dorée et la grâce d’un moment parfait, celui qui a suscité chez moi un élan d’amour et de fascination innée, c’est Maligne Lake, la perle de Jasper National Park, le plus grand lac des Rocheuses canadiennes.


    Visiter Jasper en Alberta dans les rocheuses
    Traverser le lac en bateau

    Maligne Lake, c’était l’océan intérieur des Premières Nations, leur vivier de pêche, leur maison et leur église : l’iconique île de Spirit Island, qu’on voit sur toutes les cartes postales des Rocheuses tant sa beauté émeut, est une terre sacrée qu’on vous demandera de ne pas fouler, par respect pour les Premières Nations qui y conduisent aujourd’hui encore des cérémonies.

    Tout au long de notre séjour en Alberta, j’ai été marquée par la présence forte et continue des Premières Nations, et par l’attention et le respect portés à leur primauté ancestrale. Nombre de visites commencent par ce qu’on appelle un « Land acknowledgment », dont la formulation ressemble à ceci : « nous reconnaissons que le territoire que nous foulons était la maison de… ». Voici par exemple le Land acknowledgment de la bibliothèque municipale de Jasper :

    The Jasper Municipal Library recognizes with respect, gratitude, and accountability that we are on Treaty 6 and 8 Territories as well as the Jasper House Métis District.

    The land on which we stand, here in the Athabasca Valley, is a part of the shared Traditional Territory for the Dane-zaa, Aseniwuche Winewak As’in’î’wa’chî Ni’yaw, Nêhiyawak, Anishinaabe, Secwépemc, Stoney Nakoda, Mountain Métis and Métis.  

    We honour the Indigenous Peoples whose histories, languages, and cultures have marked these mountain lands and headwaters for centuries.

    C’est à Jasper que j’ai ressentis le plus fortement cette empreinte autochtone qui a façonné le territoire canadien, à travers les cérémonies et danses auxquelles nous avons eu le privilège d’assister, en traversant en bateau l’immensité lumineuse de Maligne Lake dans le halo doré du soir, et en contemplant la silhouette altière des sapins de Spirit Island répondant aux cimes enneigées des Rocheuses. Ici la terre toute entière est sacrée, l’eau des lacs et le chant des forêts, et nous sommes invités à entrer en communion avec sa majesté radieuse. Jasper m’a emplie d’un profond respect et d’une grande plénitude.

     

    Visiter Jasper en Alberta dans les rocheuses

    Faire du cheval à Jasper avec les Jasper Alpine Stables

    Un autre très beau souvenir de Jasper restera la balade à cheval avec les Alpine Stables, une balade certes courte et peu sportive (une heure de pas tranquille), mais dans un décor époustouflant : nous sommes sur les hauteurs de Jasper, au-dessus des méandres de l’Athabasca River, et accédons à des points de vue d’une beauté inouïe sur ces sentiers surplombant. C’est aussi lors de cette promenade que j’ai eu l’occasion de faire la rencontre d’un wapiti, un des plus grands cervidés du monde (après l’élan). Interdiction totale de s’approcher, ils étaient en période de rut et donc potentiellement dangereux, mais le souvenir du brame du wapiti (que j’aurais pris pour un chant de loup à l’aveugle) et de cette rencontre m’a émerveillée – émotion canadienne XXL !

    Visiter Jasper en Alberta dans les rocheuses
    A cheval à Jasper au coeur des Rocheuses

    Banff, iconique et alpine

    Banff, quelle légende ! Pour moi qui vis dans les Alpes, Banff est une sœur de Chamonix : mythique et alpine, enchâssée dans un décor de montagnes grandioses qui obsède et aimante tout le monde, sportifs et socialites, alpinistes et skieurs, amoureux de la poudreuse et étoiles branchées. Banff est à la fois extrêmement chic et profondément montagnarde, avec cette touche cow-boy typique de l’Alberta où on porte des bottes de cow-boy et des ceinturons turquoise, et la présence exotique et vaguement menaçante des ours dont il faut se méfier en septembre, car ils sont en pleine ventrée de baies avant d’entrer dans le long hiver. Partout les télécabines mènent aux cimes et je rêve de revoir Banff en hiver, quand des mètres de poudreuse recouvrent les sommets, qu’on dévale les pentes dans une blancheur fine et cristalline, qu’on fait du ski joering sur les lacs gelés et se réchauffe au fireplace entre deux descentes.
    Je dors à l’hôtel Canoe & Suites, et je retiendrai leur incroyable spa en plein air imitant un décor de canyon et cascades : spectaculaire !

    Visiter Banff en Alberta dans les rocheuses
    Banff à l’heure dorée

    Tout autour de Banff, d’autres lacs sublimes complètent ceux de l’Icefields Parkway, et je vous conseille de prendre le temps de les explorer – j’ai particulièrement aimé le plus grand des lacs de Banff, Lake Minnewanka, vrai lac de plaisance avec ses pêcheurs, ses bases de loisir et ses campings, dont la beauté n’a rien à envier à ses voisins plus célèbres.

    Visiter Banff en Alberta dans les rocheuses
    Lake Minnewanka

    Balade à cheval avec Banff Trail Riders

    Véritable institution du tourisme équestre en Alberta, Banff Trail Riders est un incontournable de l’aventure dans les Rocheuses : de la balade d’une heure le long de la Bow River aux excursions itinérantes de plusieurs jours au cœur des montagnes, en passant par les promenades en chariot bâché comme aux temps des grandes migrations vers l’Ouest, ils offrent aux amoureux des chevaux de tous niveaux une immersion équestre typiquement western avec un vrai sens de l’hospitalité. Dans la section consacrée à la « cow-boy culture » de l’Alberta, je vous raconterai plus longuement leur barbecue cow-boy, mais laissez-moi déjà évoquer ma toute première balade avec eux, une initiation d’une heure le long de la rivière turquoise à l’heure dorée, où j’ai vu les crêtes de Banff se parer d’un feu que réhaussent les couleurs de l’automne. Grandiose et mémorable !

    Lake Louise et Lake Moraine

    Quand on descend de Jasper vers le sud de l’Alberta, on peut faire une halte à Lake Louise avant de rejoindre Banff. En ce qui me concerne, j’y suis allée en excursion à la journée depuis Banff, comme beaucoup de touristes. Cette petite ville alpine compte les deux lacs les plus célèbres au monde : Lake Louise et Lake Moraine. Le parking à Lake Louise est très restreint, et Lake Moraine est inaccessible aux voitures, il faut impérativement réserver une navette pour s’y rendre. Depuis Banff, des services de navettes proposent une journée d’excursion associant Lake Moraine et Lake Louise.
    Je vous recommande de prendre du temps à Lake Louise, surtout si vous souhaitez randonner, faire un tour en barque, prendre un thé, monter à cheval… mon seul regret de ce voyage sublime est d’avoir eu trop peu de temps à Lake Louise, qui m’a absolument fascinée et qui offre une grande diversité d’activités.
    Quant à Lake Moraine, j’ai réalisé un rêve de photographe en prenant la sunrise shuttle qui vous y conduit pour le lever de soleil. Mon avis sincère : oui, c’est beau, c’est indubitablement magnifique, mais l’Alberta regorge de dizaines de lacs tout aussi merveilleux (Lake Louise, Bow Lake, Peyto Lake, Lake Maligne, Waterton Lake, pour ne citer qu’eux) et plus faciles d’accès, qui ne nécessitent pas une logistique lourde et d’attendre le lever de soleil une heure dans le noir pour avoir un spot avec vue au milieu de centaines d’autres photographes. De plus, il faut absolument garder en tête que toutes les randonnées à Lake Moraine sont soumises à des règles de sécurité liées aux ours : vous ne pouvez les arpenter qu’en groupe. Bref, si c’était à refaire, je pense que je consacrerais plus de temps à profiter tranquillement de Lake Louise, et je dirais à l’instagrameuse stakhanoviste en moi de se calmer : on peut réussir son voyage dans les Rocheuses sans voir le soleil se lever à Moraine, promis.

    Visiter Banff en Alberta dans les rocheuses
    Lake Moraine sunrise

    Canmore, pépite méconnue et culture western

    Éclipsée par Banff ou Jasper en termes de notoriété internationale, Canmore a été pour moi la vraie surprise de ce road trip dans les Rockies, et j’aurais adoré pouvoir y passer une nuit de plus. Plus loin des pistes de ski et des resorts de renommée mondiale, donc moins jet-set que Banff, Canmore respire une douceur et une authenticité palpable, et on y ressent une atmosphère de village cow-boy très plaisante. Je l’ai vue ensoleillée, fleurie, dans la douceur de ce redoux automnal qu’on appelle chez nous « été indien » – peut-être la plus belle saison ici !

    C’est à Canmore Kananaskis que j’ai vécu ma plus belle expérience équestre en Alberta : une journée au Rafter Six Ranch. Je vous le raconte dans la section western !

    Waterton, les Rocheuses canadiennes côté sud

    Faisons maintenant un saut de géant, contournons Calgary (on y reviendra plus tard !), et allons à l’extrême sud de l’Alberta : dans le parc national de Waterton. Nous sommes ici à la frontière avec les États-Unis : lorsqu’on marche le long des rives riantes du lac de Waterton, et qu’on regarde les sommets au fond de la carte postale, c’est le Montana qu’on dévisage.

    Visiter Waterton en Alberta dans les rocheuses
    Waterton, coup de coeur imprévu. Au fond, ce sont les cimes du Montana (USA).


    Je dois l’avouer, je n’avais jamais entendu parler de Waterton : les parcs nationaux de Banff et de Jasper sont (à raison) des superstars absolues en Alberta, et les Français sont naturellement aimantés par ce côté très spectaculaire des Rocheuses. Mais c’est Waterton qui m’a laissé la plus grande impression de douceur et d’idylle, avec un véritable art de vivre et une esthétique très Belle Epoque qui a un charme fou. Ici les montagnes sont moins abruptes et vertigineuses, mais la douceur est incomparable, les animaux innombrables, les cerfs envahissent les rues et les chaises rétro créent un décor de carte postale vintage. S’il faut rester dans la comparaison alpine – pardon, je ramène tout à la chaîne de montagnes que je connais le mieux –, Banff c’est Chamonix, Jasper c’est Pralognan-la-Vanoise, et Waterton, c’est Gérardmer la perle des Vosges, idylle lacustre paisible et irrésistible. Au-dessus du lac trône l’hôtel Prince of Wales, construit en 1926, beau comme un livre de contes et dont les grandes baies vitrées offrent la plus belle vue sur les eaux claires. En contrebas, les gens louent des barques ou des kayaks, bronzent, mais se baignent peu : l’eau est vivifiante !

    Visiter Waterton en Alberta dans les rocheuses
    Hôtel Prince of Wales, Waterton


    Waterton ne vit qu’en été : les gens ont des cottages sur les rives où ils viennent profiter du soleil et des fleurs, et l’hiver le hameau est déserté, livré à des mètres et des mètres de neige. Comme Nara au Japon, Waterton est l’empire des cervidés en liberté : on croise en se promenant dans les rues des cerfs mulets (mule deer) emblématiques de ce parc national, inoffensifs et pacifiques, qui parachèvent le charme inouï du lieu. Un moment de perfection albertaine !

    Ma rencontre avec un coyote à cheval à Waterton

    Nous partons pour une petite balade à cheval avec les Waterton Alpine Stables, magnifiquement situées entre lac et montagne dans un décor vraiment spectaculaire, entre plaine et sommets. Ce n’est qu’un tour au pas d’une heure, mais cela suffit à vivre un émerveillement absolu, tant la faune sauvage est omniprésente en Alberta : en soixante minutes, nous allons rencontrer un coyote qui nous suivra (de façon curieuse mais non menaçante) pendant près d’un kilomètre avant de poursuivre sa route, entendre le brame du wapiti, et trouver des bois de cervidé colossaux tombés lors d’une mue. A cela s’ajoute la vision du lac scintillant, des montagnes découpées, la beauté des grands espaces, et je comprends pourquoi tant de gens tombent follement amoureux du Canada, et restent ici pour toujours. Ce pays est addictif.
    Continuons à l’explorer à cheval…

    Aventures à cheval en Alberta, pays des cowboys

    Pour tout cavalier amoureux de grands espaces, de culture western et de vent dans les plaines, l’Alberta est un paradis absolu. Aucune autre province canadienne ne porte plus haut les couleurs du chapeau Stetson, des Alberta boots projetées vers le ciel par le coup de reins puissant d’un bronco en plein rodéo. Ce qui m’a marquée ici, c’est à quel point la cow-boy culture est mainstream, vivante, intégrée à l’identité albertaine de façon évidente et naturelle. Je ne connais qu’un seul autre endroit au monde comparable : la Camargue. Imaginez une Camargue XXL, avec des sommets de 4000 mètres et des plaines grandes comme la moitié de la France, des grizzlis et des wapitis, voilà l’Alberta, et c’est jouissif.
    Le tourisme western est une expérience à part entière en Alberta, tout comme l’atteste l’existence de la Cow-boy trail, une route touristique suivant la Highway 22 de Cardston à Mayerthorpe et passant par de nombreux ranchs, musées, écuries et autres lieux emblématiques de la culture cow-boy albertaine. Pour les cavaliers, les amoureux des chevaux, de la country, de la culture western, on peut parfaitement planifier ses vacances en Alberta sous la forme d’un road trip le long de la Highway 22, en prévoyant bien sûr des haltes équestres à chaque étape, des nuits dans les ranchs et peut-être des itinérances à cheval !

    Calgary, capitale mondiale du rodéo

    “The greatest show on Earth” : impossible de décrire autrement le Calgary Stampede, le plus grand festival outdoor au monde, né au début du XXe siècle pour rassembler les cow-boys autour d’une grande compétition western, et devenu aujourd’hui une immense fête en plein air rassemblant plus d’un million de spectateurs chaque mois de juillet, autour de rodéos, courses, concerts, spectacles et autres animations. C’est Coachella en santiags, c’est Woodstock avec des poneys, ce sont les Jeux Olympiques du western, et c’est une fête incomparable. Tous les habitants de Calgary possèdent au moins une paire de bottes, car la tenue western devient un véritable uniforme lors du Stampede, où la ville toute entière résonne des « yahoo ! » lancés par les cow-boys et cow-girls à pleine vitesse. Le Stampede est en juillet, mais Calgary reste à l’année truffée d’images, d’affiches, de souvenirs et d’allusions qui font référence à cette immense fête devenue ciment de l’identité de cette ville dynamique et joyeuse. Présentes au Stampede depuis 1912, les Premières Nations font partie intégrante de la fête, avec des épreuves dédiées, notamment d’impressionnantes courses en relais.

    culture western et cow boy country : aventures à cheval en alberta
    Chaque été, Calgary accueille le Stampede et devient la capitale mondiale de la culture western. Ce stade a la forme d’une selle de rodéo


    Pour avoir un aperçu de l’ambiance du Stampede, il faut se rendre au Sam Centre, musée immersif du Stampede, où les films à 360°, les affiches, les objets, les souvenirs permettent de vivre de façon ludique et attrayante l’énergie incroyable qui traverse Calgary chaque été. Je me suis particulièrement intéressée à l’histoire des femmes pionnières du Stampede, bataillant avec énergie, pugnacité et talent pour ouvrir la voie dans des domaines autrefois exclusivement masculins, et écrivant une histoire féministe du Stampede à la force de leur lasso. Cela a été un fabuleux préambule à ma rencontre avec Kateri Cowley à Kananaskis, véritable déesse vivante du western !

    culture western et cow boy country : aventures à cheval en alberta
    Boutique western à Calgary, Wild Rabbit Vintage

    Faire du cheval en Alberta et s’immerger dans la culture western

    Il y a en Alberta deux façons de vivre la culture équestre : via le tourisme équestre classique, comme les très belles balades à cheval que j’ai vécues à Banff, à Jasper et à Waterton, et en allant faire une immersion dans un ranch pour comprendre réellement le travail des chevaux, la gestion du bétail et la culture western.
    J’ai eu la chance de vivre deux expériences uniques, et très différentes. A Thanksgiving Ranch à Pincher Creek, près de Waterton dans le sud de l’Alberta, j’ai passé une nuit dans un ranch axé sur le travail avec le bétail. A Rafter Six Ranch, à Kananaskis aux portes des Rocheuses, j’ai vécu une initiation western avec une famille qui vit à 100% du travail des chevaux et des compétitions western. Deux lieux magiques pour comprendre la cow-boy culture albertaine, et vivre des expériences inoubliables.

    culture western et cow boy country : aventures à cheval en alberta
    Cow-boy culture avec Kateri Cowley au Rafter 6 Ranch

    Thanksgiving Ranch, au cœur du cowboy country

    La première raison d’être de la culture western, ce sont les vaches. Les cow-boys sont littéralement les gardiens des troupeaux, conduisant et gérant le bétail dans les immensités des plaines. Les disciplines western sont ancrées dans l’équitation de travail : ces chevaux rapides, réactifs, fiables et robustes sont formés au tri et à la gestion des troupeaux. Pincher Creek, où se situe Thanksgiving Ranch, est au cœur du cow-boy country. C’est tout près d’ici qu’a été tournée la mythique série Heartland, qui a peuplé nos imaginaires de gamines des immensités vertigineuses de l’Ouest nord-américain. En conduisant vers le Thanksgiving Ranch, on entre véritablement dans le décor iconique que connaissent tous les fans de western : des prairies à l’infini qui ourlent leurs herbes longues jusqu’au pied des montagnes des Rocheuses au loin, où la ligne bleue des cimes réunit Alberta, British Columbia et Montana, des ranchs isolés et d’énormes silos de grains pour nourrir les vaches en hiver, quand elles quittent les collines pour rejoindre les écuries.
    Thanksgiving Ranch a beau être incroyablement photogénique et luxueux, c’est un vrai ranch, dédié à la production de la viande signature de l’Alberta, l’Alberta beef, le bœuf nourri à l’herbe grasse et fleurie de la prairie. C’est véritablement une des meilleures viandes que j’ai mangées de ma vie : le steak cuit par Brad lors de de notre soirée à Thanksgiving Ranch restera un sommet gastronomique, et cette table d’hôtes à la fois très simple et très raffinée a la réputation de servir le meilleur steak de l’Alberta. Certains visiteurs reviennent à Thanksgiving Ranch uniquement pour le dîner – mais dire cela, ce n’est pas rendre justice à la beauté parfaite du lieu, à la vue sur les montagnes au lever de soleil quand le ciel rose répond aux chaises rouges disposées sur le porche, à cette atmosphère cinématographique, au charme immense de ce lodge luxueux lové au cœur des grandes plaines, et à l’accueil chaleureux et authentique de cette vraie famille de cow-boys.

    culture western et cow boy country : aventures à cheval en alberta
    Thanksgiving ranch, un lieu inoubliable
    culture western et cow boy country : aventures à cheval en alberta
    Thanksgiving Ranch : un lieu iconique et une famille passionnée


    Brad, son épouse Christie et leurs enfants sont tous investis dans la vie du ranch, tous impliqués dans le travail du bétail et le soin des chevaux. 1400 vaches passent chaque été ici, de race Angus et croisés Angus, à brouter l’herbe nourrissante de Pincher Creek, conduites avec talent et passion par Brad. Il me montre des vidéos de l’été, où il appelle les vaches le matin, et où le troupeau entier répond à son appel, galopant vers lui dans un nuage de poussière dorée. La vraie vie de cow-boy, où il faut se méfier des ours qui rôdent et prélèvent parfois une vache isolée, où on ne sépare pas le troupeau sous peine de l’exposer aux prédateurs, mais on le change de parc sans cesse, pour que l’herbe soit toujours abondante. Les chevaux, des quarter horses, sont des chevaux de travail, rompus à l’exercice. Mais ce sont aussi d’excellents chevaux de balade pour les hôtes qui le souhaitent : j’ai adoré mes deux heures de visite du ranch à cheval, arpentant une (petite !) partie de cette propriété immense, qui réunit rivières et lacs, crêtes rocheuses et grandes plaines, forêts de bouleaux et vue sur les cimes. Le rêve canadien…


    Le lodge de Brad et Christie est une œuvre d’art, toute de bois et d’objets précieux, piano et trophées, où on dort dans d’immenses lits sous des couettes épaisses comme un cumulonimbus, et où Brad réserve, au dîner comme au petit-déjeuner, une expérience gustative d’exception. Outre le bœuf de l’Alberta, je goûte à d’autres spécialités iconiques d’ici, comme les baies de Saskatoon ou la camerise, en VO haskap, aussi appelée chèvrefeuille bleu, dont la saveur incroyablement subtile évoque à la fois la myrtille et le cassis. Brad cuisine divinement et l’hospitalité de cette famille me touche – Thanksgiving Ranch est un lieu à part, qui continue à vivre dans le cœur bien longtemps après avoir franchi les palissades blanches de la grande propriété.

    Immersion western au Rafter Six Ranch, chez une championne du Stampede

    Cela restera une des plus belles journées à cheval de ma vie, et une expérience inoubliable : être reçue par une championne du Stampede, véritable déesse vivante du western, et sa famille dans leur ranch hors du temps.
    J’arrive le matin à Rafter Six Ranch, et je suis saisie par la beauté de la vision : un feu brûle dans un cercle de pierres au milieu de la prairie, une femme altière en tenue western extrêmement élégante y fait bouillir du thé, et en arrière-plan, dans un corral, attendent plusieurs chevaux dans la lumière du matin.
    Nous sommes à Kananaskis, à deux pas du parc national de Banff et des réserves des Premières nations, dans une région plus confidentielle des Rocheuses, baignée par la rivière Kananaskis au pied des montagnes.
    Je suis accueillie par trois générations de femmes : Kateri Cowley, immense championne western, sa mère Gloria, pionnière de l’élevage du cheval national canadien, et sa fille Gloriana, adorable mini-cow-girl en santiags roses. Entre héritage western, transmission de mère en fille et culture autochtone, Rafter Six Ranch est un puissant témoignage de l’identité albertaine, et cette rencontre m’émeut puissamment.

    La famille Cowley : cow-boys, cheval national canadien et Premières Nations

    Kateri Cowley est connue notamment pour sa pratique et son engagement dans l’Extreme Cowboy Racing, une discipline qui consiste à mettre les chevaux dans des situations très variées, à travers un parcours d’obstacles. Les compétitions sont chronométrées et jugées sur la rapidité et la fluidité, sans possibilité de s’entraîner sur le parcours à l’avance. Les obstacles peuvent inclure des éléments inattendus comme de l’eau, des bouteilles, des machines à bulles ou d’autres dispositifs destinés à tester la confiance, le calme et l’adaptabilité du cheval. L’objectif est d’aller vite tout en restant précis et fluide. En 2014, lors du Calgary Stampede, Kateri Cowley est devenue la première femme à remporter le Cowboy Up Challenge. Détaillant tous les éléments de sa tenue à la fois belle et fonctionnelle, elle m’explique en quoi le chapeau, le foulard, les éperons, les bottes ou encore la ceinture sont réellement utiles dans le travail des chevaux, et non juste des effets stylistiques. Elle m’initie ensuite au lasso – une expérience drôle et intéressante.
    Issue d’une famille d’hommes et de femmes de cheval passionnés, elle a littéralement grandi au milieu des chevaux, et comme tous les grands dresseurs et cavaliers, elle passe de nombreuses heures chaque jour au milieu du troupeau.
    La famille Cowley attache une grande importance à la relation entre le corps, le cheval et la terre. Kateri évoque notamment le fait de marcher pieds nus comme une forme d’ancrage, en lien avec les traditions autochtones, où les mocassins à semelles de cuir permettent de rester en contact direct avec le sol. Cette attention au lien avec la terre et au mouvement traverse sa pratique, à pied comme à cheval.

    Le ranch travaille principalement avec le cheval canadien, parfois en race pure, parfois croisé avec des quarter horses, un mélange qu’ils apprécient particulièrement. Ces chevaux sont adaptés à la montagne : ils ont de bons pieds, des jambes fortes, un tempérament calme et patient, et une grande robustesse. La famille élève des chevaux canadiens et des croisements depuis environ trente ans. Le cheval canadien est considéré comme la race nationale du Canada, mais il est aujourd’hui menacé et très rare, avec très peu de naissances chaque année. Il est parfois surnommé le “little iron pony”, en raison de sa solidité. Ce sont des chevaux réputés pour être gentils, forts, endurants, faciles à entretenir, généralement noirs avec beaucoup de crins, même si d’autres robes existent plus rarement. Historiquement, ils étaient utilisés pour le débardage, les travaux agricoles, la traction de calèches, y compris pour se rendre à l’église le dimanche.
    Gloria Cowley, la mère de Kateri, découvre le cheval canadien par l’intermédiaire de son neveu, forgeron, qui travaillait avec ces chevaux à Heritage Park. Elle remarque immédiatement la qualité exceptionnelle de leurs pieds, un point important car la famille rencontrait des difficultés avec les pieds plus fragiles des quarter horses dans les terrains rocheux. Un ami de Gloria se rend ensuite au Québec et achète un étalon et deux juments, contribuant à l’introduction de la race dans leur élevage.
    Le lien avec les ancêtres français de Gloria la touche, tout comme celui établi avec les Premières Nations, dont elle est également descendante : l’une des juments mustang du ranch provient de la réserve Stoney Nakoda, réserve établie par le Traité 7 entre la Couronne britannique et plusieurs nations des Prairies. Le cheval avec lequel Kateri a remporté le Stampede est issu d’un mariage entre un étalon de race nationale canadienne et de cette jument mustang – magnifique symbiose des différents héritages qui vivent au sein de Rafter Six Ranch.

    Cowboy college et galops endiablés à Kananaskis

    Kateri Cowley transmet aujourd’hui cette culture et cet héritage à sa fille Gloriana. Elle vit de son activité équestre, sans élevage de vaches, en proposant des leçons, des expériences western et des immersions, dont celle que je vis ici, le “cowboy college” : initiation western et balade à cheval de niveau soutenu. La jument que je monte aujourd’hui, Taqa, merveilleuse jument énergique et douce à la fois, est également issue d’un beau croisement avec le cheval national canadien – je suis conquise.

    culture western et cow boy country : aventures à cheval en alberta

    Je pars à cheval avec Leroy, le mari adorable de Kateri, pour une des plus belles virées équestres de ma vie : 4 heures de cheval dans des paysages grandioses… dont 3 heures au grand galop. Les paysages sont d’une variété époustouflante. Nous quittons les grandes plaines du ranch pour des chemins rocailleux en altitude, et surplombons le ruban bleu de la rivière Kananaskis au milieu des sapins et des bouleaux roussis par l’automne. Nous galopons à perdre haleine sur les sentes sablonneuses qui bordent les rives, avec une sensation de liberté, de confiance et de plaisir que j’ai rarement ressentise – ma jument Taqa est exceptionnelle, les paysages sont grandioses et je me sens tellement bien avec cette famille d’une immense gentillesse. C’est au bord du lac Barrier Lake que nous pique-niquons dans la carte postale. Réservée aux cavaliers confirmés à l’aise aux trois allures, cette expérience est pour moi un incontournable absolu en Alberta et elle restera mon souvenir le plus puissant.

    culture western et cow boy country : aventures à cheval en alberta
    A cheval à Barrier Lake, Kananaskis

    Difficile d’imaginer une journée plus parfaite… d’autant qu’à peine descendue de cheval, j’ai enchaîné avec une autre balade : un sunset équestre à Banff.

    Cowboy cookout avec Banff trail riders

    Après avoir quitté Kananaskis, je fonce à Banff pour retrouver Banff Trail Riders pour une autre expérience à cheval : le sunset cow-boy cookout. Sur le plan équestre, rien à voir avec ce que j’ai vécu chez Rafter Six : il s’agit d’une balade tous niveaux, au pas, très encadrée, il n’y aura pas de grand galop ici. Mais sur le plan de l’expérience sensorielle et visuelle, c’était absolument magique.

    culture western et cow boy country : aventures à cheval en alberta

    Nous partons en forêt à l’heure dorée, le soleil fond comme un caramel chaud sur les bords de la Bow River et l’azur rencontre l’or – c’est grandiose. On entend le brame du wapiti dans les bois et on voit passer au loin un canidé ; loup, chacal, coyote, je ne sais pas, mais je me sens complètement imprégnée de l’ambiance sauvage des Rocheuses.
    Je suis à cheval avec les cavaliers, mais ceux qui ne souhaitaient pas se mettre en selle forment un autre groupe, dans un wagon bâché comme au temps de la conquête de l’Ouest. Nous allons tous au même endroit : un « restaurant de la forêt » appartenant à Banff Trail Riders, au milieu des bois, où nous attend une équipe de cuisiniers. Viande grillée à la flamme, grandes salades, pommes de terre au four, brownie, le repas est roboratif et savoureux, et les cow-boys proposent une petite initiation western pendant que la viande cuit : jets de lasso et autres jeux. L’ambiance est vraiment conviviale, une petite épopée Far West accessible à tous avec des chevaux de promenade gentils et de bonne composition.

    Mais mon moment préféré sera après le dîner, lorsque nous revenons aux écuries par un autre chemin sur les hauteurs, un sentier en balcon où les sommets iconiques de Banff se détachent dans le ciel flamboyant. La nuit nous enveloppe peu à peu et je ressens une chance immense à être ici au cœur des Rocheuses, à cheval entre chien et loup, ou plutôt devrais-je dire, entre ours et coyote. Inoubliable…

    culture western et cow boy country : aventures à cheval en alberta
    Cowboy cookout à Banff

    Pour d’autres expériences équestres faciles, accessibles à tous mais belles et visuelles en Alberta, je vous laisse remonter plus haut et retrouver le récit des balades d’une heure aux Jasper Alpine Stables et aux Waterton Alpine Stables.

    Des cowboys aux dinosaures en Alberta

    Quand on vous dit badlands, géologie et vestiges fascinants, vous pensez plutôt à l’Arizona , à l’Utah ou au Nevada ? Je ne m’attendais pas à cela… mais les paysages géologiques de l’Alberta m’ont absolument captivée. Mettez à fond Bruce Springsteen, on part pour les Badlands.

    badlands de drumheller et dinosaures en alberta canada
    Badlands, you gotta live it everyday…

    Drumheller, le dernier dinosaure

    Si vous êtes comme moi un enfant des années 90, vous avez l’air en tête : « Denver, le dernier dinosaure, c’est mon ami et bien plus encore ». Mais en vérité, Denver aurait dû se nommer Drumheller : la capitale mondiale des dinosaures, c’est ici en Alberta.
    Drumheller est un endroit incroyable, le rêve absolu de tous les petits garçons fous de dinos. Chaque rue porte le nom d’un dinosaure (n’est-ce pas génial de vivre dans Stegosaurus Alley ?), chaque marchand de glace, coffee shop ou autre fast food a son dinosaure et ses fossiles, et il y a même la plus grande statue de dinosaure au monde (World’s Largest Dinosaure), un tyrannosaure de 25 mètres de haut – vous pouvez même monter dans sa gueule sur une plateforme.
    La raison de toute cette tripotée de reptiles jurassiques ? Drumheller est l’endroit au monde où on a trouvé le plus grand nombre de dinosaures, la plus grande variété et le meilleur état de conservation. Un tiercé gagnant absolument fascinant qui rend la visite au musée des dinosaures, le Royal Tyrrell Museum. Même si vous pensez ne pas être particulièrement intéressé par les dinos, vous en ressortirez expert et afficionado.

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    World’s largest dinosaure

    Au cœur des badlands à Drumheller 

    Pourquoi cette exception géologique ? Les badlands de Drumheller, ces paysages fascinants de moraines érodées et multicolores, comme on en voit dans le Sud-Ouest américain, cachent une catastrophe antique : d’immenses tsunamis de boue, des mascarets gigantesques et tueurs, ont régulièrement balayé la région, tuant d’un seul coup des centaines de dinosaures et les fossilisant immédiatement dans une gangue de boue protectrice. On a retrouvé des dinosaures ayant encore leurs plumes (oui, beaucoup de dinos avaient des plumes), ou leur repas tout juste ingéré entier dans leur estomac. La connaissance scientifique des mondes anciens a fait un bond de géant à Drumheller, et c’est absolument vertigineux.

    Petit tip : pour vous immerger de l’ambiance des Badlands, arrêtez-vous au point de vue Horseshoe Canyon sur la Highway 9, quelques kilomètres avant d’arriver à Drumheller. C’est magnifique, et très représentatif des paysages hollywoodiens de cette région de l’Alberta. Vous trouverez aussi de très beaux paysages de Badlands autour du Royal Tyrrell Museum.

    badlands drumheller alberta canada

    Le Royal Tyrrell Museum, musée des dinosaures

    Difficile de vous décrire la fascination et le vertige que j’ai ressentis en arpentant ce musée unique en son genre, où vous vous retrouvez nez à nez avec des dinosaures dans un état de conservation profondément émouvant. Je ne pensais pas ressentir tant de compassion pour ces dinosaures foudroyés en pleine action par les flashfloods de boue, les voir si vivants, touchants, proches. Mais au-delà de la rencontre avec les rois déchus de la Terre, ce musée raconte les âges géologiques et l’apparition – et la disparition – des formes de vie sur Terre d’une façon incroyablement intelligible et passionnante.
    Cinq grandes extinctions ont rythmé l’histoire géologique de la Terre, et chacune a permis à un nouveau règne d’advenir, des premières formes de vie à nous les mammifères, en passant par l’âge des dinosaures. Vertige métaphysique et fascination scientifique, ce musée m’a bouleversée !

    Le Last Chance Saloon, resto fantôme au cœur des badlands

    Vous aimez Big Thunder Mountain (le train de la mine) à Disneyland Paris, les vieux westerns, les lieux insolites et la bonne bouffe généreuse et faite maison ? Vous allez ADORER le Last Chance Saloon à Drumheller, le resto le plus insolite de l’Ouest. Nous sommes dans une ville fantôme : Wayne, Alberta, autrefois une ville minière prospère et abondamment peuplée, aujourd’hui réduite à portion congrue, mais remplie d’histoires de fantômes, de légendes et d’anecdotes. Laissez la maîtresse des lieux vous raconter l’histoire du poney qui buvait de la bière au bar, de la balle fichée dans le mur, ou de tous les objets improbables qui forment le décor inimitable et hétéroclite de ce resto figé dans le temps. La nourriture est roborative, mais DELICIEUSE : briskets, mac’n’cheese, barbecue platter, sweet potato fries, tout est cuit minute, tout est généreux et savoureux. J’ai adoré cette adresse.

    Last Chance Saloon
    Last Chance Saloon

    Ammolite, la pépite de l’Alberta

    La géologie exceptionnelle de l’Alberta n’a pas produit que des dinosaures : les conditions tectoniques et minérales uniques au monde réunies dans ce sol singulier ont aussi produit une des pierres précieuses les plus rares au monde, les ammolites, des ammonites (nautiles de la préhistoire) changées en gemme par les énormes pressions subies dans les profondeurs. On croirait du verre ou de la peinture, tant les couleurs sont rares et chatoyantes, mais non, c’est bien un bijou fossile, d’une rareté et d’une valeur inouïes. Il faut se rendre chez Korite à Calgary pour admirer et comprendre l’histoire de ces gemmes uniques entre tous, devenus la roche symbole de l’Alberta. Finalement, les ammolites sont à l’image de Calgary : one of a kind.

    ammolite
    Ammolites – oui, ce sont de vraies pierres, et non du verre. Leur valeur est immense. Elles sont plus chères que le diamant !

    Calgary, ma plus jolie surprise : capitale cowboy et insolites

    Je ne venais pas en Alberta pour les villes, c’étaient les grands espaces que je recherchais. Mais Calgary m’a surprise et séduite.
    C’est la ville canadienne qui connaît aujourd’hui la plus forte croissance : jeune, dynamique, vibrante, elle offre un cadre de vie doux et joyeux, proche de la nature, entre la Bow River et les Rocheuses.
    Parlons-en, de la Bow River : étonnamment propre et claire, sans pollution, elle est le terrain de jeu rêvé des pêcheurs à la mouche. Je n’imaginais pas me retrouver en grandes bottes de pluie à pêcher la truite sur les bords de la Bow River face à la skyline de Calgary, avec un passionnant guide issu des Premières Nations qui nous apprend à rendre hommage à la rivière, au poisson et à la terre par des offrandes traditionnelles avant de jeter notre ligne. Quinn, le guide de Drift Out West Fly Fishing, est originaire de la tribu Cree et ne se contente pas de nous apprendre la pêche à la mouche : il nous parle de l’histoire du pays et de son peuple, du rôle symbolique de la pêche, et nous fait faire du sport avec des lancers acrobatiques. Une superbe expérience à la fois culturelle, sportive et insolite.


    Je n’imaginais pas me retrouver à fabriquer une citrouille d’Halloween en verre soufflé chez Fascapple Glass, des artisans souffleurs de verre passionnés et accueillants qui m’ont presque fait croire que j’étais une grande artiste (avec un petit peu d’aide).
    J’ai adoré la visite insolite de Calgary en side-car, qui amène à un superbe point de vue sur les hauteurs, d’où on voit tout le terrain de jeu du Stampede, le plus grand festival outdoor du monde, ainsi que le saisissant Saddledome Stadium, immense stade en forme de selle de rodéo. Et j’ai adoré prolonger cette immersion western au Sam Centre, le musée du Stampede, et dans les boutiques vintage, comme Wild Rabbit Vintage où on trouve une superbe sélection d’articles western, ayant souvent appartenu à des champions de rodéo, des œuvres d’art et des bijoux.
    J’ai aimé le Studio Bell, centre national de la musique où on rencontre des instruments rares, précieux et uniques en leur genre, comme des clavecins baroques ou l’étrange synthé géant Tonto qui a marqué les 70’s, ou encore la Bibliothèque de Calgary, avec son architecture audacieuse et ses expos cosmopolites.

    alberta canada
    Ambiance western à Calgary

    Bonnes adresses à Calgary

    Et j’ai été bluffée par la qualité de la scène gastronomique de Calgary, qui s’impose comme une nouvelle destination incontournable pour les foodies au Canada. Au fil de nos virées gastronomiques, nous avons mis un point d’honneur à goûter les 7 ingrédients signature de l’Alberta : du bœuf, du bison, du canola, du miel, du blé rouge de Fife, des légumes racines et des baies de saskatoon. (La camerise ou haskap n’est pas dans la liste, mais elle est tout aussi iconique et un vrai coup de cœur). J’ai longuement parlé des bonnes adresses à Calgary sur mon compte Instagram food &wine itinerassiette, mais voici une sélection de restaurants qui m’ont marquée à Calgary, la ville la plus branchée et gourmande de l’Ouest :

    • River Café : coup de foudre pour ce lieu emblématique de la vie locale situé sur une île au creux d’un méandre de la Bow River, où les couchers de soleil sont spectaculaires et les 7 aliments iconiques de l’Alberta représentés au sein d’un menu gastronomique extrêmement raffiné et ancré dans le terroir
    • Rouge : élan sentimental pour ce magnifique jardin enchanté et cette maison historique toute peinte en rouge, tenus par un chef originaire de Provence qui marie les saveurs de ma terre natale avec celles de sa terre d’adoption, entre fleurs, herbes et fruits. Un lieu magique.
    • The Orchard : un cadre superbe de jardin suspendu en pleine ville, une cuisine fusion entre spécialités asiatiques et méditerranéennes, des desserts de haut vol, une adresse branchée qui mérite la hype qu’elle suscite.
    • Bridgette Bar : un diner hyper tendance, murs de brique, déco cool et décalée et tapas à partager hyper originaux, entre gnocchis, panisses, burrrata, crumble de concombre et crabe, crudo de thon au pistou ou tarte citron meringuée. Très sympa.
    • Fortuna Row : spécialités mexicaines et sud-américaines, pâtisseries canadiennes (dont la fameuse confiture de haskap) et décor de plage, une adresse hyper colorée et savoureuse pour le brunch.
    • The Dorian : j’ai aimé le restaurant gastronomique au 27e étage, appelé The Wilde, mais j’ai surtout ADORE cet hôtel cozy et luxueux placé sous le signe de Dorian Gray, à l’élégance fin de siècle décadente et au confort enveloppant comme un nuage d’opium, où vous trouvez une plume de paon sur votre oreiller et le Portrait de Dorian Gray sur votre table de chevet, et où le fameux portrait vieillit et flétrit au gré des confessions laissées anonymement par les visiteurs chaque nuit…

    The Dorian à Calgary, le Thanksgiving Ranch à Pincher Creek et le Fairmont Jasper Park Lodge à Jasper seront mes deux adresses hôtelières coup de cœur absolues lors de ce beau voyage en Alberta. Ce qu’il y a de merveilleux ici, c’est que les rêves peuvent se déployer sans limite : aussi beaux soient-ils, le réveil n’est jamais une déception… Bref, l’Alberta m’a éblouie, bouleversée, surprise, émerveillée, et restera à jamais dans mon cœur. Je vous souhaite la découverte de ce Wild West canadien, où chaque émotion est grandeur nature.

    Un immense merci à Destination Canada, Travel Alberta, Tourism Calgary, Tourism Jasper, Banff Lake Louise Tourism, Tourism Canmore Kananaskis de m’avoir accueillie lors de ce voyage d’une vie. Un merci tout particulier aux personnes qui ont organisé mon voyage et m’ont reçue, Florence, Amélie, Kierra, Aviva, Marie-Hélène, Brad, Myriam, Kateri, Gloria et Leroy, et toutes les autres personnes adorables rencontrées en Alberta – la gentillesse canadienne n’est pas un mythe. Merci pour tout.

  • Voyage au Canada : rêves d’immensité

    On a tous grandi avec ces images de carte postale : la cabane au fond des bois au Canada, les lacs grands comme un océan, le sirop d’érable ruisselant des arbres, l’automne flamboyant comme un incendie, les ours et les élans, et cet accent chantant comme un torrent de montagne au milieu des Rockies. Si vous aussi, vous rêvez d’un grand voyage au Canada, voici quelques idées d’évasion au pays des castors.

    L’Est du Canada : les chutes du Niagara, Montréal, Toronto et la Gaspésie

    C’est ainsi que j’ai découvert le Canada, en 2003. J’avais quatorze ans et je suis partie avec mes parents en road trip en famille dans l’Est canadien. Lycéenne fascinée par les grands espaces, la contre-culture et l’Amérique, j’ai croqué à pleines dents ce grand pays tout neuf qui incarnait tous mes fantasmes de liberté et d’immensité.
    Je me souviens du choc qu’a représenté la découverte de Toronto, ses quartiers alternatifs remplis de gothiques et de punks au look résolument insolite, à qui je rêvais de ressembler. Nous sommes montés au sommet des 553 mètres de la CN Tower et je me souviens du plaisir que j’ai eu à me faire peur en marchant sur le plancher de verre au-dessus du vide – délicieux vertige !

    voyage au canada toronto
    Juillet 2003 : ado avec ma famille en voyage au Canada, ici avec la CN Tower de Toronto


    Puis nous avons mis le cap sur les chutes du Niagara. Je dois à ce face-à-face avec les cascades les plus saisissantes d’Amérique du Nord ma fascination pour l’eau vive. N’écoutez pas ceux qui vous disent que cela est trop touristique, surfait, que cela ne vaut pas le détour : la sensation de puissance et de démesure est indescriptible. Nous avons pris le bateau approchant la chute, le Maid of the Mist, du nom d’une ancienne légende indienne sur le fantôme d’une jeune fille habitant les nuées, et approché du vacarme rugissant sur les plateformes aménagées. Cela reste mon souvenir le plus fort de mon voyage au Canada.

    voyage au canada niagara
    Mon carnet de voyage d’ado fascinée par les chutes du Niagara – émerveillée !
    voyage au canada niagara


    Après un passage à Ottawa, dont je garde un souvenir flou et peu marquant, nous avons mis le cap vers Québec. Pour le voyageur français, Québec est un idéal canadien, la quintessence idyllique de la belle Province admirée. L’ado que j’étais a autant aimé la beauté élégante du château Frontenac que le parc d’attraction La Ronde aux grands 8 renversants, l’atmosphère de la vieille ville et les restos de poisson à l’ambiance chantante.
    Après un arrêt aux chutes de Montmorency (ma passion cascade n’était pas prête de se tarir), nous avons mis le cap vers l’Est, et fait le tour de la Gaspésie.

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    Les chutes de Montmorency, une des pépites de la région de Québec

    Entendre les baleines chanter dans l’embouchure du Saint Laurent, si grand qu’on peine à croire qu’il s’agit d’un fleuve et non d’une mer, les voir bondir hors des vagues à Tadoussac, admirer l’iconique rocher de Percé, respirer à pleins poumons cette atmosphère d’embruns, de bruissements d’ailes et de fleurs salées avait quelque chose d’hors du temps.

    canada tadoussac
    Les baleines de Tadoussac

    Contraste avec l’activité intense de Montréal, grande ville à l’américaine remplie de gratte-ciels et de lumières vives, où nous avions fini le périple !

    L’île de Vancouver, voyage entre orques et forêts moussues

    Lors d’un autre voyage, dont j’ai hélas perdu les images, j’ai pu découvrir l’île de Vancouver, dont je garde un souvenir puissant. Nous avions séjourné plusieurs jours à Tofino, l’île des surfeurs et des orques, dans une atmosphère brumeuse et humide de bout du monde mystique. Des forêts féeriques recouvraient l’île, si gorgées d’humidité que des hampes de mousse et de lichens tombaient des troncs comme des voiles de mousseline dans un bal spectral. Au loin les orques chantaient entre les vagues, une étrange mélopée qui est restée dans mon cœur et qui nimbe de magie tous mes souvenirs de Tofino. Je me souviens de surfeurs en combinaison épaisse débarquant les yeux rougis et les yeux emmêlés dans les cafés pour boire un thé brûlant, d’artistes sculptant le bois flotté, d’écologistes amoureux des cétacés, d’une ambiance cinématographique, presque irréelle. C’est mon plus beau souvenir du Canada à ce jour.

    voyage au canada
    Le soir à Tofino. Une image issue de Wikimedia Commons très fidèle à mon souvenir éthéré de l’île de Vancouver, entre surfers et brumes dorées.

    Les Rocheuses, de Banff à Jasper : mon rêve automnal canadien

    Je suis littéralement obsédée par l’automne.
    Chaque année, je poursuis les couleurs partout où elles me promettent le plus beau bouquet. En 2023, j’avais imaginé mon voyage de rêve à travers l’automne canadien. Les circonstances m’ont hélas empêché de le réaliser, mais voici l’itinéraire que j’aurais réalisé, entre Calgary, Banff, Canmore et Jasper.
    J’aurais atterri à Calgary, avant de prendre la route pour Canmore, aux portes du parc national de Banff. Louant un chalet à Canmore, je voulais explorer le sud du Banff National Park. Au programme ? Vivre mon rêve de cow-boy dans les Rocheuses en partant pour une virée à cheval chez Banff Trail Riders, poursuivre les couleurs d’automne au Lake Minnewanka et à Cascade Falls, avant de rejoindre Banff, ses Vermillion Lakes et ses eaux thermales.
    Sur la route de Lake Louise, je voulais m’arrêter à Sunshine Meadows, avant de m’installer pour deux nuits à Lake Louise afin de découvrir le lac le plus iconique des Rockies : l’incontournable Lake Moraine. Randonner dans la Larch Valley (vallée des mélèzes) à l’heure où ils sont le plus flamboyants aurait été pour moi le summum de ce voyage d’automne enchanté.

    voyage au canada
    L’iconique Lake Moraine, que je rêve de voir à l’automne. Photo Tobias Alt, Wikimedia Commons.


    Puis nous aurions pris la plus belle route du monde, la Icefields Parkway entre Banff et Jasper, route des glaciers aux puissants paysages cinégéniques. Sur le chemin, nous aurions fait une halte panoramique à Peyto Lake, avant de rejoindre à Jasper le Lake Maligne et le Maligne Canyon, dont les reliefs abrupts et les eaux rapides sont sublimés par les couleurs de la saison rousse.
    Enfin, avant de rejoindre l’Europe, nous aurions vécu du côté de Calgary une aventure cow-boy rocambolesque en passant les deux derniers jours dans un ranch au cœur des montagnes. Impossible pour moi de ne pas monter à cheval en voyage au Canada !

    D’autres idées de voyage au Canada

    Continuer à poursuivre l’automne dans le camaïeu de feuillus du Mont Tremblant et au parc Jacques Cartier.
    Prendre le temps de flâner en forêt dans les Laurentides.Atterrir à Whitehorse, au beau nom si évocateur et poétique, et explorer les immensités boréales du Yukon, au pays des lynx, des ours et des lacs émeraude.
    Partir à la rencontre des Premières nations, de leur culture puissante et de leur lien à cette terre.
    Explorer le parc national de Yoho, la pépite montante des Rocheuses.
    Assister à un match de hockey sur glace en mangeant une poutine ou une queue de castor.
    Skier à Whistler dans la poudreuse la plus parfaite, la plus fine et volatile qu’on puisse jamais rencontrer.
    Dormir au bord de l’eau dans une cabane sur les Mille-îles du lac Ontario.
    Rencontrer le caribou et l’orignal, le grizzly et le renard polaire.
    J’ai encore tant de rêves canadiens à explorer… j’espère très fort retourner un jour à l’ombre des érables dorés.
    Et vous ? Où trouverez-vous votre cabane au fond des bois, au Canada ?

  • Voyage aux Etats-Unis : collection de villes rêvées

    Envie de grands espaces, de westerns et de road trips ? Chaque année en début d’été, je repense à mes voyages aux Etats-Unis, et à la sensation de liberté infinie que j’ai ressentie sur les routes de Californie, au milieu des gratte-ciels de New York ou sur les plages de Miami. Sur ce blog, j’ai souvent raconté les paysages, les vertiges de l’Arizona entre cactus, canyons et apaches, les alligators dans les bayous de Louisiane, ou les îlets de Key West. Mais je ne vous ai pas assez raconté les villes américaines, l’exaltation de Vegas, New York ou San Diego. Voici quelques cartes postales éparses d’un voyage aux Etats-Unis sur plusieurs décennies, avec des arrêts dans les plus excitantes des villes américaines. Prenez votre passeport et votre ESTA, cap sur les USA !

    Voyage aux Etats-Unis : mes villes américaines préférées
    Le pier de Santa Monica
    Voyage aux Etats-Unis
    Monument Valley

    Voyage aux Etats-Unis : New York, la vie en plus grand

    New York est une ville qui vous accueille debout, toute corsetée de verticalité vertigineuse, et qui coupe le souffle. Entre le souffle épique de la statue de la Liberté, la démesure des gratte-ciels de Manhattan et le souvenir poignant du World Trade Center, elle incarne notre imaginaire américain. Et pour un premier contauact avec les Etats-Unis, New York est un voyage rêvé : sa situation sur la côte Est et le nombre de vols la reliant à Paris créent une relative proximité, qui font d’elle la porte d’entrée idéale vers le continent américain.

    Voyage à New York : idées de choses à faire

    • Monter à Top of the Rock, la plus belle vue sur New York
    • Se rapprocher de la statue de la liberté en bateau rapide, ou prendre le ferry pour monter dans sa couronne
    • Aller en pleine nuit à Times Square pour prendre le pouls de la ville qui ne dort jamais
    • Marcher sur la High Line, ligne verte au cœur de Manhattan offrant de jolis points de vue
    • Flâner dans SoHo, Nolita, ou mon coup de cœur, l’East Village. Faire revivre son esprit punk rock à Trash & Vaudeville.
    • Traverser le plus beau pont new-yorkais pour découvrir Brooklyn
    • Aller voir une comédie musicale sur Broadway. Mon coup de cœur absolu, The Phantom of the Opera, ne se joue hélas plus, mais je suggère Le Roi Lion !
    • Jouer avec les écureuils de Central Park (attention aux doigts !)

    Plus d’infos ici pour organiser son séjour à New-York.

    Une chanson dans les oreilles à New York : Empire State of Mind de Jay-Z. « Concrete jungle where dreams are made of, There’s nothin’ you can’t do, Now you’re in New York, These streets will make you feel brand new, Big lights will inspire you…»

    Voyage aux Etats-Unis : Las Vegas, à voir une fois dans sa vie

    Las Vegas ? Les Européens la boudent souvent lors d’un voyage aux Etats-Unis. Too much, trop de casinos, trop de lumières, trop d’artificialité pour cette ville climatisée au milieu d’un désert où le mercure tape régulièrement les 50 degrés celsius… Et pourtant, elle a été une de mes destinations américaines préférées. “Sin City” n’est pas que l’incarnation de la démesure et des excès américains, c’est aussi une ville touchante, poétique, familiale, un parc d’attraction à ciel ouvert où j’ai plaisir à revenir saluer Elvis, Britney et toutes les idoles ici éternellement conservées.

    Voyage à Las Vegas : idées de choses à faire

    • Arpenter les hôtels du Strip et s’arrêter à chacun, admirer les fleurs du Wynn, les chevaliers d’Excalibur ou la Tour Eiffel au Paris
    • Aller voir un spectacle de pirates au Treasure Island
    • Prendre une gondole au Venetian
    • Saluer la statue de la liberté de près sur le grand 8 du New York New York
    • Jouir d’une vue sublime depuis le resto du Mandalay
    • Aller chercher l’adrénaline en haut de la Stratosphere Tower
    • Faire un tour de grande roue pour une superbe vue
    • S’offrir une excursion coucher de soleil dans la Valley of Fire aux teintes irréelles
    • Voir la vie en plus grand avec un vol en hélicoptère jusqu’au Grand Canyon, survolant le Lake Meade
    • Aller s’émerveiller devant le Cirque du Soleil ou, mon coup de cœur absolu, Le rêve au Wynn Hotel
    • Epouser l’élu ou l’élue de son cœur, avec ou sans sosie d’Elvis !
    Voyage aux Etats-Unis : mes villes américaines préférées. Las Vegas
    Vol en hélico au dessus du Grand Canyon

    Une chanson dans les oreilles à Las Vegas : Waking up in Vegas de Katy Perry. « That’s what you get for waking up in Vegas, Get up and shake the glitter off your clothes, now…»

    Voyage aux Etats-Unis : San Diego, la Californie côté douceur

    Lors d’un voyage en Californie, on pense toujours à Los Angeles, au superbe Pier de Santa Monica, aux étoiles d’Hollywood Boulevard et aux studios Universal. Mais avez-vous déjà pensé à pousser au sud ? Non seulement la Route 1 entre Los Angeles et San Diego est une des plus belles du monde à mes yeux, mais San Diego est la pépite méconnue du Golden State, avec son architecture lumineuse et moderniste, ses immenses plages, sa vie culturelle vibrante. Mon coup de cœur !

    Voyage à San Diego : idées de choses à faire

    • Prendre la sublime Highway One et ne négliger aucun arrêt : Oceanside et ses plages XXL, La Jolla et ses otaries envahissantes, et ma préférence absolue, Laguna Beach, la plus belle des villes côtières californiennes, avec ses galeries d’artistes, ses criques sculptées par l’érosion et ses escaliers secrets
    • Se la jouer pilote d’élite dans le bar où Top Gun a été tourné, le Kansas City Barbeque
    • Flâner à Balboa Park, le cœur culturel de San Diego, avec ses musées, son architecture extraordinaire, ses jardins
    • Rencontrer toute la faune californienne à l’extraordinaire zoo de San Diego
    • Faire une balade en kayak à La Jolla autour des immenses falaises et au milieu des otaries
    • Se balader dans la réserve naturelle des pins de Torrey pour découvrir la côte californienne à l’état sauvage
    • Prendre un brunch à l’hôtel Coronado, qui semble tout droit sorti d’un film rétro : c’est ici que Marilyn a tourné Certains l’aiment chaud.
    • Aller à la plage : San Diego est la reine balnéaire !

    Une chanson dans les oreilles à San Diego : Take my breath away de Berlin, la BO de Top Gun. « Turning and returning to some secret place to hide, Watching in slow motion as you turn to me and say, My love, take my breath away…”

    Cap sur la Floride : Miami, l’éclat du soleil

    La porte d’entrée de la Floride, « Sunshine State » mythique, est à son image : balnéaire, colorée, délicieusement fun. Avant d’aller saluer les crocodiles des Everglades et égrener le chapelet d’îles des Keys, faites un stop à Miami, entre ambiance art déco, plages sculpturales et vie nocturne endiablée.

    Voyage à Miami : idées de choses à faire

    • Flâner sur Miami Beach et découvrir l’art déco floridien (Tropical Art Deco) à travers des bâtiments iconiques comme les hôtels Casablanca ou Carlyle. Une capsule temporelle !
    • Admirer les immenses fresques colorées de Wynwood
    • Mon coup de cœur : découvrir la Venise en carton pâte et les sublimes jardins de la Villa Vizcaya, une folie lagunaire de toue beauté
    • Acheter une noix de coco coupée en deux et aller à la plage
    • Faire un tour au zoo de Miami et rencontrer les flamants les plus roses du monde
    • Sortir le soir à Miami Beach au milieu des décapotables hors de prix
    • Se sentir à Cuba en visitant Little Havana
    • Partir en excursion vers les Bahamas : Bimini est à deux pas de Miami, il est même possible d’y aller à la journée !
    • Mettre cap vers le sud et prendre la sublime route des Keys, avec ses ponts suspendus au-dessus des eaux turquoise

    Une chanson dans les oreilles à Miami : Miami de Will Smith. « Party in the city where the heat is on, All night, on the beach till the break of dawn, Welcome to Miami”

    Voyage aux Etats-Unis : mes villes américaines préférées.
    Coucher de soleil sur Horseshoe Bend

    Pour continuer à voyager aux Etats-Unis sur le blog Itinera Magica, je vous propose de prendre la route de l’Arizona avec un road trip grandiose… Et vous, quel sera votre rêve américain ?

  • Que voir en Guadeloupe : mes incontournables

    Je ne me lasserai jamais de visiter la Guadeloupe, merveilleuse « île papillon » aux multiples visages, où les plages de carte postale sont aussi nombreuses que les cascades secrètes, où la douceur de vivre se décline en une myriade d’îles enchanteresses et de forêts pluvieuses où abondent les fleurs. Que voir en Guadeloupe ? La côte sauvage de Grande Terre, les sources de Basse-Terre, les plages blondes et brunes, les escapades vers les îlots plus secrets… les merveilles de l’archipel sont quasi inépuisables. Début 2021, j’ai eu le bonheur de séjourner quinze jours en Guadeloupe, et d’arpenter l’île pour un road trip tropical en quête de ses plus beaux joyaux. Voici donc une sélection (forcément subjective) de mes incontournables à voir en Guadeloupe, pour vous permettre de préparer votre séjour.

    Au programme de cet article…

    Que voir en Guadeloupe ? Mes incontournables sur Basse Terre :

    Que voir en Guadeloupe ? Road trip en Guadeloupe : mes incontournables


    cascades, sources, jardins botaniques, plages de sable noir…

    Mes incontournables sur Grande Terre :

    Que voir en Guadeloupe ? Road trip en Guadeloupe : mes incontournables

    pointe des châteaux, villages typiques, plages de sable blond…

    Mes excursions incontournables :

    Que voir en Guadeloupe ? Road trip en Guadeloupe : mes incontournables

    Petite Terre & Les Saintes

    Road trip en Guadeloupe : la voiture, passeport pour la liberté

    Lors de ce road trip en Guadeloupe, j’ai eu le bonheur de bénéficier pendant une semaine d’un beau Duster bleu marine de chez Jumbo Car Guadeloupe, loueur « historique » des Antilles françaises, qui propose une flotte complète et variée de véhicules adaptés à tous les besoins des budgets avec une excellente qualité de service.


    Pour qui souhaite explorer la Guadeloupe, à moins bien sûr de rester tranquillement bronzer à son hôtel, la Guadeloupe n’est pas vraiment une destination facile sans voiture : peu de transports en commun, des horaires aléatoires et des itinéraires assez rigides. Pour explorer librement, une voiture était à mon avis indispensable, d’autant que le road trip est ma façon préférée de voyager. Et j’ai adoré arpenter les routes guadeloupéennes, entre sentes sinueuses au cœur de la jungle à Basse-Terre, et routes littorales baignées de lumière sur Grande-Terre ! La route littorale du Nord de Grande Terre, la route de Deshaies au nord de Basse Terre, l’incontournable allée Dumanoir et surtout la sublime route de la Traversée sont les endroits où j’ai pris le plus de plaisir à conduire, d’autant que notre voiture était particulièrement agréable et fiable.

    Que voir en Guadeloupe ? Road trip en Guadeloupe : mes incontournables
    Allée Dumanoir

    Que voir en Guadeloupe : mes incontournables sur Basse-Terre

    Aile inférieure du papillon guadeloupéen, Basse-Terre est la plus grande île de l’archipel, et sans doute la plus dense en recoins secrets. Île du volcan, île des pluies et des cascades, où la végétation est luxuriante, elle est immense et regorge de randonnées solitaires et de cascades mystérieuses.
    Basse-Terre, avec son volcan qui retient et concentre les nuages de pluie autour de ses pitons moussus, est un véritable château d’eau, où les sources et cascades sont innombrables. Les indiens Caraïbes l’appelaient Karukéra, l’île aux belles eaux… Lors de sa découverte de l’île, Christophe Colomb a été fasciné par la richesse de cette terre, ses innombrables sources d’eau douce, et sa végétation luxuriante. Ce qui m’a le plus marquée sur Basse-Terre, c’est l’abondance et le gigantisme de la végétation tropicale. Je me souviendrai toujours de ces plants de tarot, ou « oreille d’éléphant », si grands que je pouvais me draper intégralement dans une feuille unique !

    Lors de ma découverte de Basse-Terre, j’ai suivi les conseils de Monique, spécialiste des plus belles excursions en Guadeloupe. Parce qu’elle est installée en Guadeloupe depuis plus de vingt ans, et que la recherche des plus beaux recoins de l’île est sa passion, Monique nous guide bien sûr vers les incontournables, comme la célèbre allée Dumanoir avec ses palmiers royaux ou les mythiques chutes du Carbet, mais aussi et surtout vers les coins secrets qui sont un véritable émerveillement.

    Un des lieux magiques découverts en excursion avec Monique – l’eau est chaude !

    Combien de temps passer à Basse-Terre ?
    Nous avons consacré trois jours pleins à la découverte de Basse-Terre ( sans compter la journée aux Saintes) : une excursion fabuleuse avec Monique, qui nous a permis d’accéder à des lieux magiques que je n’aurais jamais pu découvrir par moi-même, et deux jours de visite en autonomie avec notre propre véhicule, mais toujours en suivant les bons conseils de Monique. Elle a considérablement enrichi notre découverte de l’île, et je vous recommande chaleureusement ses services !

    La route de la Traversée

    Basse-Terre est structurée autour de la célèbre route de la traversée, qui coupe l’île en deux, s’enfonce au cœur de la forêt pluvieuse et permet d’accéder aux plages de sable noir du sud-ouest. Arpenter cette route mythique est un spectacle en soi, entre la luxuriance de la végétation et les vues magnifiques sur le volcan et les plages qui se dévoilent à chaque virage…
    Sur la route de la traversée, plusieurs sites méritent un arrêt, en fonction de vos goûts : la cascade aux Ecrevisses, le parc des mamelles, qui déploie ses ponts de singes au cœur de la canopée, et vous permet de rencontrer la faune locale, ou encore la maison de la forêt, véritable mine d’informations sur l’histoire géologique, botanique et culturelle de la Guadeloupe.

    Que voir en Guadeloupe : l’allée Dumanoir

    Au sud de Basse-Terre, à Capesterre-Belle-Eau, se déploie cette longue allée bordée de plus de 400 palmiers royaux qui fait partie des visions les plus iconiques de Guadeloupe. Aller photographier la symétrie parfaite de cette allée hollywoodienne, plantée au XIXe siècle par une riche famille d’exploitants sucriers, fait partie des incontournables du séjour. La route principale a même été détournée, afin de réduire le trafic sur cette voie parallèle et permettre aux touristes de l’admirer avec plus de tranquillité (faites quand même attention en allant poser en plein milieu, quelques voitures passent toujours ;-)).

    Les cascades de Basse-Terre : les iconiques

    Sur Basse-Terre, île des pluies, véritable château d’eau, les cascades sont véritablement innombrables. Inutile de chercher à voir toutes les cascades de Basse-Terre, à moins d’y consacrer l’intégralité de son séjour : la tâche est infinie ! En suivant les conseils de Monique et mes propres envies d’après les photos que je trouvais sur le web, j’en ai sélectionné deux parmi les « cascades iconiques » de Basse-Terre.

    La cascade aux Ecrevisses présente l’avantage d’être facile d’accès : 10 min de marche depuis la route de la Traversée. Mais le spectacle qu’elle réserve est superbe, avec son jaillissement au cœur d’un amphithéâtre de verdure, au cœur d’une ambiance à la Jurassic Park…

    Que voir en Guadeloupe ? Road trip avec mes incontournables de Guadeloupe

    Les chutes du Carbet sont incontestablement les plus spectaculaires de Guadeloupe. Sous l’hibiscus rouge se déploient les plus hautes cascades de Guadeloupe (110 et 115m), cataractant directement des pentes du volcan la Soufrière, une vision d’une rare poésie.

    J’avais également repéré, parmi les cascades incontournables de Guadeloupe, le Saut de la Lézarde et le Saut d’Acomat, avec son eau turquoise au cœur de la jungle. J’ai renoncé à y aller en raison des pluies importantes au moment de mon séjour, qui avaient dégradé les chemins et compliqué les randonnées. Mais elles semblent également superbes !

    Pour découvrir d’autres cascades de Basse-Terre, et d’autres idées de choses à faire en Guadeloupe (plongée, excursions, belle plage), n’hésitez pas à jeter un coup d’oeil au guide de voyage très complet de mes amis Arthur & Claire, que faire en Guadeloupe.

    Une excursion pour explorer les cascades plus secrètes de Basse-Terre

    Découvrir l’île aux trésors, s’enfoncer dans la forêt pour trouver la fontaine de jouvence… j’avais l’impression d’être l’héroïne d’un Pirates des Caraïbes en explorant les mystères de Basse-Terre en excursion avec Monique. Avec elle, j’ai découvert une série de cascades incroyables où l’eau était chaude comme un bain, jaillissant tièdes et accueillantes au cœur de la forêt, sous des banyans immenses que dévorent les fourmis manioc.

    Puis au déjeuner, elle nous a entraînées vers une source d’une clarté translucide, avant de nous guider au cœur d’une forêt de roses de porcelaine et balisiers poussant à l’état sauvage en pleine jungle, pour rejoindre une autre cascade grandiose et mystérieuse…

    Je serais bien incapable de vous dire où étaient situées ces cascades, mais cela fait tout le charme de l’excursion avec Monique : s’aventurer là où (presque) personne ne va ! Nous avons fini notre journée avec des points de vue magiques au cœur des bananeraies, à la découverte de cette culture essentielle à l’économie guadeloupéenne.

    J’ai énormément appris de cette évasion buissonnière et passionnée.

    Le jardin botanique de Deshaies

    A l’extrême ouest de Basse-Terre se niche le joli village de Deshaies, où on vient souvent pour découvrir le beau jardin botanique qui appartenait autrefois à Coluche. C’est un plaisir de se promener à quelques encablures de la mer sur les hauteurs boisées, entre arbres monumentaux, fleurs rares et terrasses à la japonaise, et de découvrir quelques oiseaux magiques des tropiques, tels que les aras bleus, les inséparables ou encore les « plus roses des flamants roses ».

    Que voir en Guadeloupe : les plages de Basse-Terre

    Plages de sable blond au nord, de sable noir au sud sur les flancs du volcan, les plages de Basse-Terre ont pour elle leur envergure et leur caractère un peu sauvage…

    La Grande Anse et la Plage de la Perle à Deshaies

    Ce qui m’a le plus touchée à Deshaies, ce sont les plages, parfaites, poétiques, immenses. Faites preuve de prudence, elles sont également dangereuses, très exposées à la houle et au courant – si les conditions ne sont pas optimales, contentez-vous de les admirer depuis le sable blond ! La Grande Anse donne une impression d’infini qui m’a rappelé la scène finale du film Gravity, et je l’imagine parfaitement exposée pour un coucher de soleil cinématographique. Quant à la Plage de la Perle, elle restera un de mes plus jolis souvenirs guadeloupéens, grâce à l’excellent conseil donné par Monique : aller déjeuner au Red Pepper, fabuleux resto de plage ultra pittoresque !

    La Réserve Cousteau à Malendure

    Nous sommes au sud de Basse-Terre, sur les plages de sable noir volcanique. Et si vous rêvez de rencontrer des tortues marines, sachez que la plage de Malendure, qui abrite la célèbre réserve Cousteau, est sans doute le meilleur « spot » de Guadeloupe. Avec un peu de patience et de persévérance, la rencontre est quasiment assurée, car ces créatures fascinantes viennent se nourrir dans les vastes herbiers sous-marins. Il ne vous restera plus qu’à les observer avec respect, sans chercher à les toucher ou à leur couper la route. Moment magique en perspective…

    La plage de Trois Rivières

    Je suis venue à Trois Rivières pour deux raisons : découvrir le bel hôtel de charme Le Jardin Malaga, et partir en excursion aux Saintes, deux belles expériences dont je vous parlerai plus loin. Mais j’ai également adoré marcher sur la plage de Trois Rivières, qui a longtemps hanté mes cauchemars, car j’ai failli m’y noyer à l’âge de huit ans. Du bord de l’eau, sans entrer dans les traîtres mâchoires des rouleaux, j’ai contemplé paisiblement la beauté de cette immense plage de sable noir qui fait face à l’archipel des Saintes.

    Le volcan la Soufrière 

    La randonnée menant au sommet du volcan La Soufrière, point culminant de l’archipel à 1450m, fait partie des incontournables d’un séjour en Guadeloupe pour les sportifs. J’ai néanmoins choisi de ne pas la faire, tout d’abord parce que je craignais qu’elle soit pénible pour ma mère (500m de dénivelé avec des passages difficiles, dans la boue, les branches, les terrains glissants, le tout avec d’importants écarts de température et rapides changements de temps), d’autre part parce que le sommet est très souvent voilé par les nuages, et que je craignais d’arriver sur une vue entièrement bouchée à la fin du parcours, au lieu du superbe panorama promis. Mais si la météo est de votre côté et que vous êtes en bonne condition physique, n’hésitez pas à vous lancer !

    Que voir en Guadeloupe : mes incontournables sur Grande-Terre

    L’aile supérieure du papillon, Grande-Terre, est issue de la sédimentation corallienne, et plus sèche et aride que Basse-Terre. Les paysages sont très différents, moins luxuriants, plus plats, mais avec les plus belles plages de toutes : sable fin, transparence des fonds, eaux d’un bleu vif…

    La pointe des châteaux

    A l’extrême Est de Grande-Terre, la pointe des Châteaux fait partie des incontournables absolus de Grande-Terre.  Battue par les vents, frappée par les vagues, cette péninsule aux faux airs de Bretagne a connu terribles naufrages et histoires de spectres tourmentés. Depuis la croix qui se dresse au dessus de la pointe, la vue sur la Désirade et les îlots déchirés par les flots est superbe.

    Que voir en Guadeloupe ? Road trip avec mes incontournables de Guadeloupe
    Que voir en Guadeloupe ? Road trip avec mes incontournables de Guadeloupe
    Que voir en Guadeloupe ? Road trip avec mes incontournables de Guadeloupe

    A la pointe même, personne n’entrera dans l’eau, dans les lames sont brutales, mais à quelques centaines de mètres, en retrait, un plan d’eau protégé par la barrière de corail est un fabuleux terrain de jeu pour les kite surfers, le vent soufflant toujours ici.

    Que voir en Guadeloupe ? Road trip avec mes incontournables de Guadeloupe

    La côte Nord de Grande Terre

    De la pointe des Châteaux à la pointe de la grande Vigie s’étend une côte sublime et solennelle, battue par la houle atlantique qui déchiquette la roche et sculpte des paysages aux faux airs celtiques. La bouche d’enfer est l’un de ces sites majestueux qui mérite un arrêt lors d’un road trip échevelé dans ces solitudes salées.

    Consigne de prudence : sur toute cette côte, la mer est violente et puissante. Soyez très prudents. Vous verrez sur Instagram de nombreux spots photogéniques (grottes, criques, cavernes…) sculptés par les flots dans cette côte coralienne poreuse, mais la descente vers eux est parfois dangereuse, voire interdite. Je pense notamment à la grotte de l’anse Castalia, où de nombreux accidents ont eu lieu… respectez bien les panneaux d’interdiction, pour votre sécurité.

    Les villages typiques de Grande Terre

    Lors de nos pérégrinations au hasard des carrefours de Grande Terre, j’ai eu grand plaisir à flâner dans les villages guadeloupéens au charme un peu rétro.

    Le Moule a des airs d’années 1890 au soleil, avec son hôtel de ville tout en couleurs pastel qui m’évoque des cartes postales de la IIIe République, sa grande place aux airs d’échiquier et son port pittoresque.

    Que voir en Guadeloupe ? Road trip avec mes incontournables de Guadeloupe

    A Morne-à-l’eau, on viendra découvrir (avec tout le respect dû à ce lieu de recueillement) l’incroyable cimetière où les mausolées revêtent des damiers noirs et blancs à l’assaut de la colline.

    Que voir en Guadeloupe ? Road trip avec mes incontournables de Guadeloupe

    A Saint François, on s’arrêtera au marché de la Rotonde pour y acheter des vêtements et accessoires en madras (le tissu quadrillé et coloré typique des Antilles), des fruits tropicaux, des rhums arrangés, des accras de morue frais ou encore une portion de poulet colombo. Et moi qui suis catholique, j’ai pris un immense plaisir à assister à une très belle messe dans l’église St François, à la fois joyeuse et solennelle, avec un orchestre complet et beaucoup de ferveur dans les chants.

    Les sublimes plages de Grande-Terre

    Pour qui aime la carte postale idyllique du sable blanc et de l’eau turquoise, les plus belles plages de Guadeloupe sont sur Grande-Terre. C’est Sainte Anne qui triomphe sur ce podium de l’idylle, avec deux perles incroyables, la plage de la Caravelle (sur laquelle est installé le Club Med) et celle de Bois Jolan. Douces, sûres, incroyablement enveloppantes et lumineuses, ces plages fascinent par leur perfection tendre.

    Photos au drone prises sur la plage de la Caravelle par Lorenzo @nomadefeliz

    Que voir en Guadeloupe ? Road trip avec mes incontournables de Guadeloupe
    Que voir en Guadeloupe ? Road trip avec mes incontournables de Guadeloupe
    Que voir en Guadeloupe ? Road trip avec mes incontournables de Guadeloupe

    Côté ouest, on ira au coucher de soleil à la plage du Souffleur, prisée des surfeurs et des marchands ambulants – l’occasion de goûter le célèbre sorbet coco brassé dans une glacière traditionnelle en bois.

    Que voir en Guadeloupe ? Les excursions incontournables

    Les deux excursions à la journée que j’ai réalisées sur les petites îles de l’archipel figurent parmi mes plus beaux souvenirs de Guadeloupe, et je vous les recommande de tout cœur.

    Une journée aux Saintes

    On dit souvent des Saintes que sa baie figure parmi les plus belles du monde, et sa réputation n’est pas usurpée… Depuis le fort Napoléon qui surplombe Terre-de-Haut, la vue est époustouflante, et j’ai cru m’être transportée au cœur du pays imaginaire de Peter Pan – une vision d’une perfection rare ! La plage de Pompierre restera une des plus belles à mes yeux de tout mon séjour guadeloupéen, et la visite du magnifique village de Terre-de-Haut aux mille couleurs et détails d’artiste m’a fascinée. On achève cette journée hors du monde en dégustant un tourment d’amour à la goyave sur le port de Terre-de-Haut, avant de reprendre le bateau…

    Que voir en Guadeloupe ? Road trip avec mes incontournables de Guadeloupe
    Une des plus belles baies du monde

    Organiser sa journée aux Saintes, côté pratique
    J’ai choisi de ne pas prendre une excursion organisée, mais de gérer la journée moi-même, afin d’être totalement libre et de prendre le temps de flâner. J’ai réservé en avance mes billets de ferry depuis Trois-Rivières pour une vingtaine d’euros (trois compagnies proposent la traversée, à différents horaires), garé la voiture sur le parking (5€) et pris le bateau le matin.
    Ceux qui veulent explorer la totalité de Terre-de-haut louent parfois une voiturette électrique pour se déplacer, mais cela ne me tentait pas – j’avais envie d’explorer à pied, en prenant mon temps, sans devoir gérer un véhicule et sans me contraindre à la vitesse. J’ai donc choisi de commencer par la visite (passionnante) du sublime Fort Napoléon. Je suis ensuite allée déjeuner des poissons frais à La Paillotte sur la jolie baie de Marigot, avant d’aller me baigner longuement à la sublime plage de Pompierre, demi-lune parfaite aux airs de bout du monde. J’ai ensuite pris le temps d’explorer le bourg de Terre-de-haut, ses ruelles, sa chapelle, ses boutiques, avant de reprendre le ferry en fin d’après-midi. Une journée magnifique, parfaite…

    Que voir en Guadeloupe ? Road trip avec mes incontournables de Guadeloupe
    Plage de Pompierre

    Une journée à Petite Terre

    C’est une journée d’excursion inoubliable : une sortie en catamaran vers la réserve naturelle nationale de Petite Terre, en Guadeloupe.

    Ce milieu exceptionnel et très préservé abrite une biodiversité hors normes, avec 12000 iguanes des Antilles, des tortues marines, des requins citrons, d’immenses raies pastenagues…

    Il s’agit d’un véritable aquarium à ciel ouvert, dans un milieu resté sauvage. Sur cette île d’une beauté irréelle, j’ai vécu des rencontres puissantes, notamment un long face à face avec une raie gigantesque…

    Organiser sa journée aux Saintes, côté pratique
    En raison des contraintes de préservation, le nombre de bateaux est strictement limité et c’est une excursion qui se réserve plusieurs semaines à l’avance. J’ai réservé auprès de Monique, spécialiste des excursions en Guadeloupe, et j’ai adoré cette journée. Nous sommes partis de Saint François, avons navigué au large de la pointe des châteaux, exploré l’île à pied avec un guide passionnant, déjeuné sous les palmiers, avant de profiter d’une longue et fabuleuse session snorkeling…

    Nos hébergements en Guadeloupe

    Nous avons eu le plaisir de tester de magnifiques hôtels du groupe Des hôtels et des îles : de part et d’autre de l’île papillon, Des hôtels et des îles possède des hébergements de charme de toute beauté.

    A Gosier, nous avons découvert un bel hôtel-club familial et design, La Créole Beach Hotel and Spa, et j’ai eu un coup de cœur pour la décoration superbe des suites Mahogany.

    A Sainte Anne, nous avons profité de la perle absolue du groupe Des Hôtels et des îles, le sublime 5* La Toubana Hôtel and Spa – un véritable bijou entre ciel et terre, dont j’ai hâte de vous parler davantage.

    Au sud de Basse-Terre, nous avons séjourné dans le plus atypique et historique des hôtels du groupe, le Jardin Malanga, ancienne demeure coloniale au cœur d’un vaste jardin botanique.

    Nous avons également passé une nuit dans un joli Air BnB à Gosier, et à l’hôtel de charme Habitation Grande Anse à Deshaies.

    Enfin, pour finir notre voyage sur une touche de farniente, nous avons passé quelques jours au Club Med La Caravelle, sur ce qui est sans doute la plus belle plage de Guadeloupe.

    Récapitulatif : organisation de notre road trip en Guadeloupe

    Nous avons passé deux semaines en Guadeloupe. Ces quatorze jours se sont organisés ainsi.

    3 jours à Basse Terre dont :
    1 excursion avec Monique
    1 journée consacrée à la route de la Traversée, la réserve Cousteau, Trois Rivières
    1 journée à Deshaies et sur les plages du Nord

    1 journée aux Saintes, au départ de Trois Rivières (sud de Basse-Terre)

    3 jours sur Grande Terre
    1 journée de road trip de la pointe des Châteaux à la pointe de la Grande Vigie
    2 jours de plages et villages : Sainte Anne, Saint François, le Moule…

    1 excursion à Petite Terre, au départ de St François (Est de Grande-Terre)

    Ce qui nous donne 8 jours pleins d’exploration. A cela s’ajoutent 6 jours de farniente, à rester profiter de nos hôtels, de leurs plages, piscines et infrastructures. J’ai aimé cet équilibre entre aventure et détente, découverte et repos.

    Depuis le jardin de la Toubana, vue sur la plage de la Caravelle

    Je reste profondément amoureuse des Antilles françaises, de la richesse de leurs multiples visages, de la douceur de vivre et de l’exceptionnelle variété des expériences qu’elles offrent au voyageur avide de soleil et de dépaysement. J’espère que vous aurez à votre tour le même bonheur à explorer l’île papillon !

    N’hésitez pas à continuer le voyage en explorant mes incontournables en Martinique. Et pour la seconde partie du récit guadeloupéen avec une présentation plus détaillée des hébergements, n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter.

    Merci à nos partenaires sur ce beau séjour pour la qualité de leur accueil et la beauté des expériences vécues : Jumbo Car, Des hôtels et des îles et Excursions Guadeloupe Monique.

  • Une semaine en Martinique : mes incontournables

    Une semaine en Martinique, entre les plages blondes du sud et les brumes volcaniques du nord, voilà qui redonne des couleurs à l’hiver. Je suis tombée sous le charme de cette île aux mille visages, qui concentre tout ce qu’on espère des Caraïbes : plages idylliques, jungles luxuriantes, pitons mystérieux, routes panoramiques en majesté et sourire contagieux. Voici mes incontournables en une semaine sur l’île fleurie.

    Mes incontournables en Martinique : un itinéraire d'une semaine en Martinique avec petit budget. Mes coups de coeur en Martinique.
    Toute la beauté colorée de la Martinique.

    La Martinique, un retour en enfance

    Si j’attendais avec impatience ce voyage en Martinique, c’est que je l’avais déjà vue, petite, avec mes parents, et que j’en gardais un souvenir émerveillé.
    Je me souvenais du sable blanc et des palmiers de la Grande Anse des Salines, souvent considérée comme la plus belle plage de l’île, et de la silhouette du rocher du Diamant dans la lumière du soir, tout droit sorti d’un film de pirates.
    Je me souvenais d’un soir où notre voiture était tombée en panne dans une jungle épaisse, sur les flancs de la montagne Pelée, et que des dizaines de chauve-souris avaient commencé à nous envelopper dans le noir.
    Je me souvenais encore de mon émotion de gamine à Saint-Pierre, la ville décimée par une éruption volcanique le 8 mai 1902, quand on m’avait montré le cachot du seul survivant.

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    Le Diamant, ou une forme qui sait tracer son sillon dans ta mémoire…

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    Retrouver la luxuriance tropicale, cette sensation que la vie ne néglige pas le moindre centimètre, monte à l’assaut de tout, colonise tout. Lianes, mousses, épiphytes, racines, tout vit, tout prolifère, c’est un éternel printemps du coeur.

    Petite, j’ai eu la chance d’être emmenée plusieurs fois aux Antilles, et je crois que ces voyages ont profondément marqué mon imaginaire : pour moi, le paradis a pris les traits d’une île caribéenne où mon enfance se serait réfugiée. Je ressens toujours un grand bonheur et une profonde sérénité quand je descends de l’avion et respire l’air chaud et doux des Antilles, comme si je rentrais au pays imaginaire où les enfants ne vieillissent jamais. Après avoir revu la Guadeloupe, il y a deux ans, je me faisais une joie de retrouver la Martinique.

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    Mon pays imaginaire.

    Le pays de Peter Pan
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    En une semaine de road trip, nous avons parcouru mille kilomètres sur les routes martiniquaises, en étoile autour de notre camp de base dans le sud, à Rivière-Pilote, et décliné les beautés de l’île dans toute sa diversité.

    Au sud, ce sont les plages de carte postale, les turquoises et les ors.
    A l’est, ce sont les îlots et les fonds blancs, les décors à la Pirate des Caraïbes qu’on explore en bateau ou en kayak.
    A l’ouest, ce sont les spots de snorkeling et de plongée, et l’immense bonheur de découvrir des tortues marines.
    Au nord enfin, c’est le volcan, la jungle, le sable noir et les routes sinueuses qui débouchent sur des falaises de bout du monde.

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    Village martiniquais typique, avec son ponton, son église et ses maisons aussi colorées que les eaux : les Anses d’Arlet.

    La Martinique est magnifiquement diverse. J’aime ses reliefs, ces pitons (les « mornes ») couverts de lianes et de fleurs depuis lesquels se déploient des panoramas de pays imaginaire. Souvent j’ai pensé à Neverland, le pays de Peter Pan en voyant les bateaux s’avancer entre des îlots touffus, vers des baies rondes et douces qu’on imagine peuplées de sirènes. Le Diamant, qui ressemble au rocher du Crâne, pourrait abriter le Capitaine Crochet. J’aime les contrastes martiniquais, ce cœur montagneux, humide et brumeux, et ce sud plus sec, où la jungle tropicale cède la place à des armées de cactus candélabres.

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    Crépuscule flamboyant au Morne Gommier

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    Le rocher des pirates, le Diamant.

    Nous n’avons pas tout vu, et surtout, je ne vous parlerai pas de tout. D’autres blogs seront infiniment plus complets que le mien sur la Martinique – je vous recommande notamment Carnet de Ti Piment, une mine d’or martiniquaise dans laquelle j’ai beaucoup pioché pour préparer ce voyage. Quant à moi, je m’offrirai le luxe de l’instantané. Je vous parlerai de mes incontournables à moi, sans aucune prétention à l’exhaustivité. Voici ma collection de coups de cœur amassés en une semaine d’errances idylliques.

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    Petit souvenir du paradis.

    Itinéraire dans le Sud de la Martinique : mes incontournables en une semaine

    La Baie du Diamant

    Martinique regorge de plages confidentielles et solitaires, et il suffit de suivre les liserés blancs sur la carte pour dénicher des bouts de littoral secrets où vous serez seuls au monde. Nous en avons vu beaucoup. Mais je dois vous faire un aveu : contre toute attente, la plage que j’ai le plus aimée figure parmi les plus célèbres. C’est la Baie du Diamant. Longue de sept kilomètres, cette plage est belle comme une carte postale, avec ses palmiers qui se penchent au-dessus de l’eau turquoise. J’ai aimé sa longueur, propice à la marche ou au jogging, et qui permet de se sentir seul même sur une plage populaire et aimée de tous. J’ai aimé la forêt de raisiniers qui séparent la plage de la ville, sous lesquels on a installé des tables de pique-nique pour que les familles puissent manger avec le bruit des vagues en toile de fond. Et surtout, j’adore la silhouette majestueuse du Diamant tapi à l’horizon.

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    Le Morne Gommier

    C’est un des plus beaux points de vue de l’île, et je l’ai découvert totalement par hasard, parce que nous logions à proximité, sur les hauteurs de Rivière-Pilote. Des deux côtés, la vue est fabuleuse : d’un côté, la baie de Sainte-Anne avec ses dizaines de bateaux blancs, de l’autre, le Diamant et les pitons qui lui répondent.
    Un point de vue « touristique » a été aménagé. L’entrée coûte 4 euros, et il y a une jolie boutique-café à l’intérieur. Mais pour être tout à fait honnête, je trouve que les vues aux alentours, entre le Morne Acca et le Morne Gommier, sont encore plus belles – prenez le temps d’explorer cette ligne de crête entre deux mornes, vous serez récompensé. La plupart des photos du montage ci dessous ont été prises en dehors du point de vue aménagé.

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    Autour du Morne Gommier.

    Sainte-Anne et la Grande Anse des Salines

    Sainte-Anne, c’est le village pittoresque et coloré où vous trouverez les magasins de cartes postales, les babioles et les bars de plage. C’est sans doute la partie de l’île la plus fréquentée, mais ne la boudez pas : j’ai adoré me promener dans les rues du village et sentir cette ambiance joyeuse de fête et de vacances.
    A sept kilomètres au sud se trouve la plage la plus célèbre de l’île, la Grande Anse des Salines, qui est un concentré de perfection caribéenne – même si, à ma grande surprise, j’ai encore plus aimé la Baie du Diamant.

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    La grande anse des Salines.

    L’îlet Chevalier

    C’est un petit bijou méconnu du sud de la Martinique : un îlet au large de l’Anse Michel, où une petite plage magnifique déploie ses fonds blancs, et un sentier de randonnée vous emmène au milieu d’une savane de cactus. C’est pour moi une jolie alternative à la Savane des Pétrifications, une randonnée que tout le monde se sent obligé de faire, mais que j’ai personnellement trouvée quelque peu monotone. Sur l’îlet Chevalier, vous retrouverez les mêmes cactus, mais en version circuit court et spectaculaire : imaginez les cactus d’Arizona greffés sur une côte bretonne. C’est magnifique, cela dure une heure à peine, et à la fin de la promenade, vous retrouverez une plage parfaite en bonus. L’îlet Chevalier restera un de mes plus jolis souvenirs.

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    Plage de l’îlet Chevalier.

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    Au pays des cactus.

    Aller à l’îlet Chevalier : Des pêcheurs attendent près du débarcadère de l’Anse Michel, et vous feront traverser (tarif moyen : 4 euros).

    Les Anses d’Arlet, pays des tortues

    Si j’ai découvert incidemment combien le ponton et l’église des Anses d’Arlet étaient photogéniques, on y vient à vrai dire pour une autre raison : les tortues marines. Deux des anses (= plages, baies), l’Anse Dufour et l’Anse Noire, sont réputées pour les visites régulières de tortues vertes, caret et luth : c’est probablement le meilleur endroit de Martinique pour en voir.
    Cela ne signifie pas que cela sera automatique. Les tortues ne pointent pas à l’usine, et il faudra vous armer de patience. Les premiers jours, la mer était agitée, troublant les fonds – s’il y avait des tortues, elles n’étaient pas visibles. Je suis venue plusieurs fois et j’ai passé des heures dans l’eau, à me faire pousser des branchies, en espérant apercevoir cet animal fascinant que tous les peuples de la mer ont placé au cœur de leurs mythologies.
    L’avant dernier jour, j’en ai vu non pas une, mais deux. Deux tortues vertes, qui mangent les herbiers d’algues des fonds, et remontent respirer à la surface dans un ballet gracieux.
    Ne les touchez pas. Ne vous approchez pas plus près que quelques mètres. Admirez avec respect ce spectacle magique qui m’a profondément mise en joie.
    Et même si vous ne voyez pas de tortues, la pointe entre les deux anses Dufour et Noire est un fabuleux spot de snorkeling, et vous ne viendrez jamais pour rien.

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    Anse noire

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    Les fonds blancs, les îlets du François et la baignoire de Joséphine en kayak

    A l’est de la Martinique, sur la commune du François, un chapelet d’îlets ont été jetés comme des confettis dans l’océan. C’est l’un des lieux d’excursion maritime les plus appréciés de l’île, notamment le site qu’on appelle « la baignoire de Joséphine », un haut-fond blanc au milieu de l’océan. La plupart des voyageurs s’y rendent en bateau, et les compagnies proposant des sorties là-bas sont innombrables. Nous avons décidé, histoire de pimenter un peu le tout, d’y aller en kayak.

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    Au loin, par delà les cannes à sucre, les îlets du François.

    La compagnie qui propose ça se nomme « Kayak des îlets du François », et est située dans une petite baie à mi-chemin entre Le Vauclin et Le François. Heureusement qu’ils sont inscrits dans Google Maps – n’essayez pas de les trouver sans, vous courrez à votre perte. J’ai été totalement conquise par la demi-journée d’excursion libre avec eux. Soyons sincères : par jour de vent et fort courant (et nous avions tiré le gros lot ce jour-là), c’est dur, plus dur que ce que j’imaginais. Ne vous lancez surtout pas là-dedans si vous n’avez jamais fait de kayak. Mais je ne regrette rien : c’était magnifique.

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    Champ d’étoiles de mer. J’en profite pour repréciser : ON NE SORT PAS LES ETOILES DE MER DE L’EAU. Pas même une seconde, sous peine de les tuer. Merci.

    Vous partez en kayak de façon autonome, et commencez par explorer un premier îlet, l’îlet Thierry. C’est là que j’ai vu les nuances de bleu les plus folles : la plage de l’îlet Thierry rivalisait avec les couleurs incroyables que nous avons vues aux Bahamas.

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    Îlet Thierry

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    Puis vous continuez vers la baignoire de Joséphine, et à ce moment-là Hervé et Magalie, les propriétaires des kayaks, vous rejoignent sur leur petit bateau prénommé l’Apéro, et proposent rhum, jus de fruits et accras de morue. Manger des accras au beau milieu de l’océan translucide, sur un haut-fond blanc, ou comment transformer ta vie en spot publicitaire. Ça vaut le coup. En revanche, je déconseille le rhum et recommande plutôt le nectar de goyave : il va falloir assurer le retour.

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    Au milieu de la célèbre baignoire flottent les accras de l’Apéro.

    La dernière halte, sur l’îlet Oscar, permet de se reposer sur une jolie plage avant de rejoindre le camp. Le tarif pour ces 4h de sortie + apéro est vraiment raisonnable, 15 euros par personne. Si vous aimez le kayak, je vous le conseille sans hésiter.

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    Ricochets sur l’îlet Oscar

    Le Rocher du Diamant

    Partout à l’ouest de l’île, il s’impose au regard. Le Diamant est beau comme un coffre au trésor, couvert d’oiseaux et de mousses, et semble destiné à sertir tous les panoramas d’un joyau accrocheur. Je ne me suis pas lassée de le photographier.

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    Le Diamant et la belle Maison du bagnard, minuscule et multicolore.

    A quelques pas du rocher, le mémorial de l’Anse Caffard rappelle le terrible naufrage qui a coûté la vie à une soixantaine d’hommes et de femmes arrachés à l’Afrique, noyés dans la cale d’un négrier. Les statues monumentales pointent vers le golfe de Guinée, d’où venaient ceux qu’on avait destiné à l’esclavage. Nombre d’’autres lieux en Martinique évoquent la mémoire douloureuse de l’île, comme le musée la Savane des Esclaves, ou encore le poignant Tombeau des Caraïbes, œuvre d’art en mémoire des Indiens Taïnos et Caraïbes exterminés par les colons. Une plaque commémore l’horreur : « 1492-1992, 500 ans de colonisation européenne aux Caraïbes. 80 millions d’Indiens. 100 millions de Noirs. » Une autre appelle à la réconciliation.

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    Poignant mémorial de l’anse Caffard

    A vrai dire, j’ai moins ressenti ce poids du « passé qui ne passe pas » en Martinique qu’en Guadeloupe, où les mémoires sont toujours en conflit. C’est peut-être l’influence d’Aimé Césaire, grand homme d’Etat, infatigable artisan de l’avenir martiniquais et de la réconciliation entre les descendants des maîtres et les descendants des esclaves. Les murs de Martinique sont couverts de son visage souriant et de ses enseignements pacifistes. Nous avons rencontré partout beaucoup de gentillesse envers les Métropolitains blancs que nous sommes. Mais de tels lieux rappellent quelle violence et quelle cruauté a entaché la passion de l’Europe pour la douceur caribéenne… et je trouve cela très important.

    Itinéraire dans le Nord de la Martinique : mes incontournables

    Saint-Pierre, la Pompéi des Caraïbes

    C’est une visite qui m’avait beaucoup marquée petite, et qui m’a encore une fois sonnée. Le 8 mai 1902, la Montagne Pelée a tué en moins d’une minute les trente mille habitants de la ville de Saint-Pierre, ancienne « capitale » de la Martinique. Avant de devenir la Pompéi des Caraïbes, Saint-Pierre fut la « perle des Antilles », une ville riche et cultivée, où la bonne société se pressait au théâtre, parée de bijoux et de soieries. Les volcans semblent se plaire à dévorer les perles.
    Ce fut l’éruption volcanique la plus meurtrière du XXe siècle, mais la catastrophe naturelle avait bénéficié de complicités humaines. Cela faisait des mois que le volcan manifestait sa colère. Coulées de boue destructrices, pluies de cendre, apparition soudaine d’un dôme volcanique dans la caldeira, mares bouillonnantes, tout annonçait le drame. Les autorités refusèrent d’ordonner l’évacuation, car le second tour des élections législatives approchait, et qu’il fallait que les votes puissent avoir lieu. Elles allèrent jusqu’à interdire aux bateaux amarrés dans la baie de lever l’ancre. Seul un capitaine italien désobéit – il venait de Naples, à deux pas de Pompéi, et ce n’était sans doute pas un hasard. Qui a vu les corps couverts des cendres du Vésuve dans le jardin désolé de Pompéi sait de quoi un volcan est capable. Quand on le menaça de sanctions économiques, il rétorqua que plus personne ne serait là pour les lui faire payer : « Demain, vous serez tous morts ».
    Le 8 mai 1902, en pleine messe, la Montagne Pelée cracha ce qu’on appelle une nuée ardente : une vague de gaz brûlants détruisant et tuant tout sur son passage. En quelques instants, le souffle de l’explosion avait rasé la ville, et fait trente mille victimes. On ne compte que trois survivants, dont un prisonnier protégé par les murs épais de son cachot, Cyparis. On peut encore visiter les ruines des maisons, du théâtre, de la prison, et le cachot intact de Cyparis. Au musée volcanologique Frank Perret, petit musée déglingué qui date des années 40, mais dont la force d’évocation vous touche malgré la mise en scène hors d’âge, on voit les photos de l’avant/après, les clous fondus par le brasier à 500 degrés, les témoignages de l’époque. Saint-Pierre ne s’en est jamais remise.

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    Saint Pierre, la Pompéi des Caraïbes

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    Au coeur des ruines

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    Le théâtre de Saint Pierre

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    Le cachot de Cyparis.

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    La Montagne Pelée somnole à l’horizon. Nous avons tenté d’y monter, et nous sommes enfoncés dans un épais nuage de brouillard où seuls se détachaient les doigts velus des épiphytes. Nids du mauvais temps, les volcans tropicaux ne se montrent presque jamais en pleine lumière.

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    Dans le brouillard.

    La route de Grand Rivière

    Depuis la Montagne Pelée, deux routes mènent vers le Nord. A l’ouest, celle du Prêcheur, à l’est, celle de Grand Rivière. Les deux routes ne se rejoignent pas. Celle de l’ouest s’arrête à l’Anse Couleuvre. Celle de l’est à Grand Rivière, le village du bout du monde. On y accède par une route vertigineuse, entre virages en épingles et ponts de métal, qui m’a beaucoup rappelé la route d’Hana à Maui. C’est un décor à la Jurassic Park, tout en figuiers étrangleurs et lianes voraces. Quant à Grand Rivière, elle m’a rappelée Kauai, avec ses immenses falaises noires sur lesquelles se brisent les lames de l’Atlantique. Ici on ne se baigne pas, on admire – la douceur caribéenne a cédé le pas à la violence océanique. Si vous aimez ce type de paysages solennels et sauvages, vous adorerez Grand Rivière.

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    Sur la route de Grand Rivière

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    Les ponts fabuleux.

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    Le village du bout du monde.

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    Seulement vingt kilomètres séparent Grand Rivière de l’Anse Couleuvre, vingt kilomètres de falaises abruptes et de baies sublimes, face à la passe la plus dangereuse de l’île. Un chemin de randonnée paraît-il superbe, mais très éprouvant, permet de marcher de l’une à l’autre. Il faudra pour cela réserver à l’avance un bateau de pêcheur pour vous ramener à votre point de départ, et cela peut être compliqué. Ceux qui acceptent de faire la traversée sont peu nombreux, car l’océan est puissant et périlleux à cet endroit, et au moment de notre voyage, la houle était très forte. Craignant les mers dangereuses et les noyades soudaines, nous n’avons pas tenté le sort. Nous avons fait le grand tour de la montagne Pelée pour voir l’autre côté.

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    Les falaises du nord, entre Grand Rivière et Anse Couleuvre.

    L’Anse Couleuvre

    C’est une des plus belles plages du Nord, dont la valeur esthétique surpasse largement les qualités de baignade : ici les courants sont dangereux. On y accède en cheminant à travers une jungle semée de ruines évocatrices, un décor à la Indiana Jones, avant de déboucher sur cette baie de sable noir bordée de hautes falaises. C’est le point de départ de la randonnée vers Grand Rivière… et de nombreuses rêveries d’aventure au goût d’ombre et de secret.

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    Anse Couleuvre

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    Anse Couleuvre vue de haut.

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    Le jardin de Balata

    Au nord de Fort de France, le jardin de Balata rendra vous les amoureux de la luxuriance tropicale. Des colibris butinent des roses de porcelaine, des palmiers royaux se reflètent dans des bassins couverts de nénuphars, des épiphytes multicolores viennent chatouiller les ponts aériens, des bambous énormes côtoient des alpinias flamboyants, et une main d’artiste a dessiné des symétries à la japonaise dans des panoramas d’aquarelle. C’est un chef d’œuvre esthétique, une immersion poétique dans une nature faussement sauvage, où tout concourt à l’émerveillement.

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    Balata.

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    Quelques dernières impressions

    La beauté des champs de bananiers et de cannes à sucre, des plages et des littoraux vus du ciel…

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    Les visions au hasard de la route…

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    La Caravelle.

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    Sainte Anne

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    Vers Le Marin

    Aller une semaine Martinique  : quelques questions pratiques

    * Aller en Martinique, petit budget possible martinique voyage pas cher martinique budget martinique séjour pas cher

    Vous avez chaque jour des vols au départ de Paris avec Air Caraïbes, Air France et XL Airways. Quant à nous, nous sommes partis de Marseille, et avons bénéficié d’un vol direct avec XL Airways. (Edit 2021 : malheureusement, cette liaison n’existe plus et XL a fait faillite, mais vous trouverez toujours des vols très intéressants avec Air Caraïbes, Corsair et Air France). Les tarifs les plus bas commencent autour de 350 euros l’aller-retour.

    Globalement, c’est une destination totalement compatible avec un petit budget. Après avoir découvert en juin les Bahamas, sublimes mais très chers, nous avons été agréablement surpris de trouver des Caraïbes abordables. Nous avons pris une belle location à 600 euros la semaine sur les hauteurs de Rivière-Pilote, à la Villa Alize Spirit, mais nous aurions pu avoir moins cher en renonçant à la piscine et à la vue. La location de voiture nous a coûté 300 euros pour la semaine. La nourriture est un peu chère, car beaucoup de produits sont importés, mais il ne faut pas hésiter à acheter chez les vendeurs au bord des routes, qui vendent des produits locaux frais comme des ananas, des mangues, des oranges, mais aussi des plats créoles. (La meilleure affaire de la semaine : 5 ananas de Martinique pour 10 euros, ça a été la base de mon alimentation. Ananas forever.)

    Vous trouverez plus d’infos pratiques pour organiser au mieux votre séjour en Martinique sur le blog OkVoyage.

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    J’en fais un peu trop avec les ananas. Au passage, c’était notre location.

    * Sud ou Nord de la Martinique, où loger ?

     Je dirais : dans le sud. C’est là que sont les plus belles plages, et la plupart des attractions touristiques. Le nord est sublime, mais plus sauvage et isolé, peu propice à la baignade en raison des forts courants. Nous avons choisi de faire deux expéditions d’une journée (Grand Rivière un jour, Saint Pierre et Anse Couleuvre un autre), mais à la réflexion, il aurait sans doute été plus simple d’y passer une nuit, d’autant que le passage du nord au sud et vice-versa est un peu pénible, en raison des embouteillages autour de Fort-de-France. Mais globalement, nous avons passé 5 jours dans le sud, et 2 dans le nord, et cela nous allait bien.

    * Conduire en Martinique

    Oui, les routes sont étroites, souvent raides, et il y a beaucoup de virages. Elles sont globalement en bon état, sauf peut-être tout au nord, mais rien d’infaisable. On ne roule pas vite, on prend son temps. Ne vous laissez pas intimider par les agences de location qui vous décrivent des conditions apocalyptiques pour vous faire louer un gros 4×4 : tout le monde a des petites voitures citadines, y compris sur les routes tortueuses du nord.

    * Un maillot de bain assorti au voyage, avec Vilebrequin

    J’ai eu le plaisir de bénéficier sur ce voyage d’un partenariat avec Vilebrequin, la célèbre marque de maillots de bain made in Saint-Tropez, dont l’emblème est la tortue marine. J’ai adoré partir à la recherche des tortues avec un aussi beau maillot, parfaitement dans le ton. Bien entendu, tous les maillots que vous voyez dans cet article sont made in Vilebrequin. Il y a des petites tortues dessinées sur deux d’entre eux. Si je ne vous partage pas ici mes bonnes adresses (restos, bars, spas, etc), c’est que je l’ai fait pour le magazine de Vilebrequin, avec leur soutien. Retrouvez l’article ici : mes belles adresses en Martinique. Merci à Vilebrequin pour cette belle collaboration qui me correspondait vraiment. Une belle marque française, née sur ma Côte d’Azur chérie, qui célèbre le bonheur de vivre en bikini avec classe et dont la tortue est l’emblème, quoi de mieux ?

    Mes incontournables en Martinique : un itinéraire d'une semaine en Martinique avec petit budget. Mes coups de coeur en Martinique.
    Ma collection Vilebrequin

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    A suivre sur le blog : des articles que je repousse depuis trop longtemps et qui arrivent enfin ! Oman, Dolomites, igloo en Suisse, ça va venir. Abonnez-vous à la newsletter ?

    Mes coups de coeur et incontournables en Martinique : voyage d'une semaine au paradis. #Martinique
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    Photo :
    * Sur la terre : Canon 5D Mark IV + Canon 24-70 2.8 L II USM et Canon 70-200 2.8 L USM
    * Dans les airs : Drone Phantom 3 Standard
    * Sous l’eau : Olympus TG4

     

  • Un fabuleux road trip en République dominicaine

    Quand on vous dit « Rep Dom », vous pensez club tout inclus, transat et cocotiers ? C’était ma vision à moi aussi. Pour moi, la République dominicaine se réduisait à Punta Cana, la plage et les mojitos. Et puis j’ai été invitée à une semaine de road trip en République dominicaine, et j’ai compris combien je m’étais trompée. Quel est le pays où vous trouverez le plus haut volcan des Caraïbes culminant à 3000 mètres de haut, la plus ancienne capitale du Nouveau Monde, d’immenses forêts, des cénotes turquoise et des cascades vertigineuses, des rizières et un parc naturel qui ressemble à la baie d’Along, des danses à perdre haleine et une richesse culture incroyable ? En une semaine de vadrouilles, de merveilles naturelles et de découvertes culturelles, mes préjugés ont été pulvérisés. Ce pays est bien plus qu’une belle plage. Le slogan de la République dominicaine affirme qu’« elle a tout », et la réalité dépassait mes espérances. Aventuriers, randonneurs, voyageurs avides d’authenticité et de saveurs, ne boudez pas la République dominicaine, vous serez tellement surpris. Ce pays mérite qu’on sorte des clubs et qu’on parte l’explorer vraiment, qu’on en tombe amoureux et qu’on y revienne. Un road trip en République dominicaine, cela vaut mille fois le détour.

    Un road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    En route ! Ici à Saint Domingue en voiture de collection

     

    Un road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Surprenante République dominicaine, naturelle et variée. Ici au Scape Park à Punta Cana.

     

    Un road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Sur une plage de pêcheurs à Juan Dolio.

     

    Un road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Délices des marchés de Saint Domingue

     

    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Couleurs et bonheurs dominicains

    Voici déjà quelques arguments rapides pour vous en convaincre, quelques étapes incontournables de ce voyage.

    Un road trip en République dominicaine : les incontournables

    Fondée en 1493, Saint Domingue est la plus ancienne capitale des Amériques, et son cœur colonial m’a fascinée. Les boulets de canon tirés par les pirates sont encore fichés dans les murs de la cathédrale, le palais de Christophe Colomb arbore sa splendeur baroque surannée, les façades multicolores me rappellent La Havane, et les airs de bachata résonnent sur les places. C’est ici qu’on ressent le mieux l’âme dominicaine.

    Un road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Ambiance colorée et baroque de Saint Domingue le soir

    C’est la perle naturelle de la République dominicaine : le parc national Los Haitises s’explore en bateau, entre monolithes moussus occupés par des milliers d’oiseaux, grottes arborant les vestiges d’une civilisation disparue et mystérieuses mangroves.

    Un road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Au parc Los Haitises.

    Ce parc est situé sur la péninsule de Samana, la partie la plus sauvage et boisée du pays. L’hiver, les baleines viennent donner naissance à leurs bébés dans les eaux tièdes et poissonneuses. C’est le paradis de la randonnée, par exemple pour découvrir la cascade El Limon.

    Un road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Magnifique cascade El Limon

    Vous connaissez les cénotes, ces étranges trous bleu turquoise qu’on retrouve en pays maya au Mexique. La République dominicaine, qui a décidé de vraiment tout mettre à votre disposition, a aussi ses cénotes, et elles sont merveilleuses. Ne manquez pas Hoyo Azul, à Punta Cana.

    Un road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Hoyo Azul, cénote fabuleux

    Ce fut une la plus belle excursion du séjour à mes yeux, et une des plus belles plages de ma vie : l’île de Saona n’est que plages cristallines, villages de pêcheurs et forêts de cocotiers aux allures d’île déserte. Plusieurs scènes de Pirates des Caraïbes ont été tournées ici.

    Un road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Saona, paradis sur Terre

    On l’ignore, mais la République dominicaine possède une très riche tradition agricole. Le pays est un important producteur de cigares (premier exportateur mondial, devant Cuba), de rhum, de café, de cacao, de fruits exotiques… Les visites agricoles sont une étape culturelle importante du séjour. Se promener dans une fabrique de cigares ou une distillerie de rhum, aller goûter le cacao brut dans les villages des producteurs, boire la mamajuana, la sangria locale à base de bois bandé, ou encore goûter les mangues, les bananes et les ananas, cela fait partie des plaisirs dominicains.

    Un road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Dégustation de rhum chez Ron Barcelo à San Pedro de Marcoris

     

    Un road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Dégustation chez les producteurs de cacao à Samana avec Flora Tours

    Mais la religion nationale, c’est la danse. Ici on danse le merengue et la bachata, et il est impossible de quitter le pays sans être allé une fois découvrir ces rythmes entraînants qui scandent les nuits dominicaines.

    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Joie de vivre dominicaine

    L’itinéraire de notre road trip en République dominicaine

    Pour mieux comprendre ce pays, il faut prendre conscience des distances. Vous n’êtes pas ici sur un îlot dont on fait le tour en quelques heures, bien loin de là. La République dominicaine occupe la majeure partie de l’île d’Hispaniola, qui est la plus grande île des Caraïbes – à l’ouest de l’île se trouve l’Etat d’Haïti. Une immense cordillère jaillit au cœur de l’île, dont le point culminant est le Pico Duarte, à plus de 3000 mètres. Pour traverser le pays d’Est en Ouest, jusqu’à la frontière haïtienne, il faudrait une journée entière de route. La majeure partie de l’île est recouverte de forêts et de prairies, c’est un pays vert et touffu, à la végétation extrêmement riche et variée, et plus on va vers l’Ouest, plus l’élévation du relief rend les routes sinueuses. Autant dire qu’il y a beaucoup, beaucoup à voir et à faire.

    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Plages sauvages de la côte Atlantique, à Samana

    Notre road trip a duré une semaine, avec un programme assez chargé. Nous aurions largement pu rester davantage encore – j’ai vu que certaines agences comme Tropicalement Vôtre proposaient des autotours en autonomie de plus de 15 jours. La diversité de l’île est bluffante. Mais si vous avez, comme nous, une semaine seulement à consacrer au voyage, je vous recommande un itinéraire proche du nôtre, que j’ai trouvé très réussi et équilibré.

    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Alors, on embarque ? Tour de Saint Domingue en voiture de collection avec Colonial Tours. Parfaite conclusion d’un road trip épique

    Nous avons commencé par l’Est de l’île. Après avoir atterri à Punta Cana, nous avons rejoint notre hôtel à Bayahibe (je vous parlerai de tous les hôtels en fin d’article). Nous avons exploré les cénotes et sommes partis en excursion vers l’île de Saona.

    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    L’île idyllique de Saoana vue par le drone de Travel Insight. L’Est de la République domicaine, ce sont les plages parfaites de la côte Caraïbe.

    Puis nous avons traversé l’île en nous arrêtant dans les plantations de tabac et de canne à sucre, qui sont situées dans la région de San Pedro de Marcoris, et en faisant un arrêt sur une plage de pêcheurs à Juan Dolio.

    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Distillerie de rhum.

    Nous sommes ensuite arrivés sur la péninsule de Samana, où nous avons découvert le parc national Los Haitises, la ville de Las Terrenas, la cascade El Limon et de nouveau des plantations, cette fois de café, de cacao et de fruits.

    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Los Haitises : un décor incroyable

    Nous avons achevé notre voyage en rejoignant sa capitale, Saint Domingue, pour une découverte de son cœur historique superbe. Je vous conseille vraiment de ne pas faire l’impasse sur Saint Domingue – la beauté de cette ville dont presque personne ne parle m’a stupéfaite, et c’est ici que bat le cœur culturel du pays.

    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Cathédrale de Saint Domingue

    Voici une carte illustrant les différents points d’intérêt de notre séjour. Comme vous pouvez le voir, une large partie du pays est restée inexplorée, ce qui me donne follement envie de revenir. A titre indicatif, vous avez environ 2h30 de route entre Punta Cana et Saint Domingue, et un peu moins de 4h entre Punta Cana et Las Terrenas, sur la péninsule de Samana. Les routes sont sûres et en bon état.

    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Comme vous le voyez, nous n’avons qu’une partie de ce pays beaucoup plus vaste qu’on l’imagine !

    Parce qu’il s’agissait d’un blog trip, nous avions un (très bon) accompagnateur, de la compagnie Colonial Travel, mais je n’aurais pas eu peur de conduire moi-même : un road trip en République dominicaine en autonomie, ce n’est pas une aventure de l’extrême, cela se fait très bien en famille, en couple ou entre amis. Les infrastructures sont de qualité, le pays ouvert au tourisme.

    Ce voyage m’a donné une très bonne image du pays, qui sait allier un tourisme de grande qualité, avec une vraie infrastructure touristique à même de satisfaire les voyageurs exigeants, avec une démarche de préservation de l’authenticité culturelle, de la nature, du contact spontané avec les locaux. Dans ce pays en pleine métamorphose, l’agriculture et le tourisme sont les deux principaux secteurs d’activité. La croissance est très forte (10% l’an dernier), un vrai décollage économique a lieu, toutefois le niveau de vie augmente lentement : tout le monde mange à sa faim, il n’y a pas de misère, mais la vie reste frugale, et les loisirs simples. Au village de Mano Juan, par exemple, nous voyons plusieurs familles attablées à jouer aux dames et aux échecs.

    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Jeux de société à Mano Juan

    Le pays fait un vrai effort de développement des infrastructures, que j’ai constaté moi-même avec la qualité du réseau routier, et notre guide nous expliquera aussi que plus de 900 écoles ont été construites dans tout le pays, avec pour projet la généralisation de l’alphabétisation. Nous croisons ainsi de nombreux écoliers en uniforme : même dans des villages isolés, il y a une école, un enseignant, l’instruction. Les gens se montrent accueillants et chaleureux.

    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Habitant de Mano Juan
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    Linge qui sèche à Mano Juan. Ce que nous avons vu de tous les villages traversés, c’est la même chose : simplicité, une certaine frugalité typique du milieu tropical insulaire, mais pas de grande pauvreté, des infrastructures présentes, un cadre de vie agréable.

     

    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Une majeure partie de la population vit du tourisme, mais il n’y a pas de harcèlement du touriste : les Dominicains ont une vraie culture de l’accueil chaleureux, ils savent se montrer prévenants sans que vous vous sentiez étouffé.

     

    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Reconstitution d’un village traditionnel au Scape Park

     

    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    La culture de la fête est très répandue, mais l’ambiance reste bon enfant : on danse, on s’amuse.

    Le touriste est le bienvenu ici, et son argent semble bien utilisé. J’ai eu l’impression d’un développement touristique intelligent et équilibré, qu’il ne faut pas résumer aux mega resorts de Punta Cana : l’éco-tourisme, le voyage d’aventure, le luxe exclusif, le voyage d’immersion un peu roots, tout est possible en République dominicaine, pays qui s’évertue à déployer largement l’éventail des options pour convaincre tous les styles de voyageurs. Que vous rêviez de rando sauvage, de cuisine chez l’habitant, de sport, de voyage de noce exclusif, de découverte culturelle, tout est possible ici. Et cela m’a vraiment convaincue de revenir, d’autant que les nombreux vols rendent le voyage facile.

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    Immersion dans les villages de producteurs à Samana

    Aller en République dominicaine : des vols pas chers pour Punta Cana

    Punta Cana est un hub très important, et vous trouverez des vols vraiment abordables depuis la France – c’est d’ailleurs pour cela que la destination est si prisée des vacanciers qui cherchent une semaine de vacances au soleil à bon prix en tout inclus. C’est un excellent point de départ pour votre road trip en République dominicaine.

    Notre partenaire sur ce voyage était la compagnie XL Airways, une compagnie semi-low cost (comprendre : c’est abordable, c’est moins luxueux qu’une compagnie classique, mais le sens du service et la ponctualité restent au rendez-vous) spécialisée dans les vols à bas prix vers les destinations tropicales. Malheureusement, cette compagnie a depuis fait faillite (mise à jour de l’article début 2020), ce qui est navrant pour nous voyageurs amoureux des Tropiques, car ils desservaient de nombreuses destinations caribéennes à des prix défiant toute concurrence.

    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Nous avons eu la chance de visiter le tarmac à Roissy CDG. Au pied de l’Airbus d’XL Airxays
    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Se la jouer reine de l’Airbus d’XL Airways

     

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    Sachez que depuis, vous pouvez trouver des vols Paris-Punta Cana avec Air Caraïbes autour de 500 euros AR. Si vous préférez plus de standing, sachez qu’Air France assure également la rotation Paris-Punta Cana, à partir de 550 euros AR. Air France propose également un vol Paris-Saint Domingue, un peu plus cher, à partir de 550 euros AR.

     Que voir en République dominicaine ?
    Road trip en République dominicaine

    Voici maintenant des coups de projecteurs sur des lieux, des activités que j’ai adorées. La République dominicaine a été pour moi une vraie révélation par la diversité des expériences, la beauté de la nature préservée et la richesse du patrimoine historique et culturel dont j’ignorais tout. Vraiment, c’est une destination incroyablement sous-estimée qui mérite vraiment qu’on s’y attache !

    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Couleurs dominicaines à Mano Juan sur l’île de Saona

    Cénotes, grottes et histoire au Scape Park à Punta Cana

    Dès le premier jour, la République dominicaine a su me surprendre et me captiver. Avec la compagnie Colonial Tours, spécialiste des excursions en République dominicaine, nous partons découvrir le Scape Park à Punta Cana.
    Le Scape Park, c’est un grand parc naturel aménagé qui donne droit à de nombreuses attractions, pour un prix d’entrée de 40 dollars. Vous trouverez notamment des tyroliennes et de l’accrobranche dans les arbres, un zoo avec des singes adorables, mais le clou, ce sont les cénotes et grottes, des curiosités géologiques aux qualités hypnotiques. Vous cheminez une vingtaine de minutes dans une jungle luxuriante, au milieu des orchidées épiphytes aux racines aériennes et des mousses touffues, avant d’arriver à Hoyo Azul, un cénote d’un turquoise presque surnaturel. La baignade a des airs de porte vers un autre monde. Plus loin, on descend dans les profondeurs vers une grotte souterraine illuminée de vert, à l’effet absolument stupéfiant. Ce sont des expériences de toute beauté.

    Road trip en République dominicaine : que voir en République dominicaine ?
    Au coeur du bleu à Hoyo Azul
    Road trip en République dominicaine : que voir en République dominicaine ?
    Transparence…

     

    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    La belle Christelle alias le Canard Ivre dans le cénote

     

    Road trip en République dominicaine : que voir en République dominicaine ?
    L’autre grotte, la souterraine. L’eau est beaucoup plus froide, mais l’ambiance fabuleuse

    J’ai aussi beaucoup aimé toute la partie historique et culturelle du Scape Park. On y reconstitue la vie des Indiens Taïnos, habitants de l’île jusqu’à la colonisation qui les a décimés en moins d’un siècle par la guerre et la maladie, l’arrivée de Christophe Colomb, la musique et l’artisanat traditionnel. C’est une bonne initiation à la culture dominicaine pour qui débarque dans le pays.

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    L’île de Saona, un éden tropical

    Au large de Bayahibe, Saona déploie 100km de plages quasiment désertes, une eau translucide et un sable d’un blanc aveuglant. Cela restera mon plus beau souvenir de ce voyage : une découverte d’une perfection esthétique rare, avec la sensation d’entrer dans la carte postale ou de devenir figurante de Pirate des Caraïbes. L’excursion était organisée par notre hôtel, le Viva Wyndham Dominicus Palace, et cela restera un très, très, grand moment. Après une trentaine de minutes de navigation sur une eau turquoise, nous arrivons sur une plage isolée éblouissante de beauté, une des plus belles de ma vie.

    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Je suis au paradis
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    Saona !

     

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    Toujours sur l’île de Saona, nous rejoindrons ensuite le joli village de Mano Juan. Ancien hameau de pêcheurs, il est aujourd’hui très tourné vers le tourisme, avec de nombreux étals de souvenirs déployés parmi les maisons colorées. J’ai apprécié l’ambiance de ce village, très photogénique, des noix de cocos aux cabanes pastel.

    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Mano Juan
    Saona
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    Road trip en République dominicaine : que voir en République dominicaine ?
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    Nous déjeunons ensuite sur une plage privée gérée par notre hôtel sur l’île de Saona, avec délicieux repas de poisson grillé. Les infrastructures touristiques sont de qualité en République dominicaine, tout est organisé pour faire plaisir au voyageur, et ce déjeuner sur Saona est idyllique.

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    Heureuse !

    Une distillerie historique de rhum : Ron Barcelo

    La région de San Pedro de Marcoris est une zone de plantation de canne à sucre et de tabac. Les fabriques de cigares et les distilleries de rhum sont légion ici. Si la fabrique de cigares était trop enfumée pour mes poumons fragiles, j’ai apprécié la visite de la distillerie Ron Barcelo, avec toute sa dimension patrimoniale et historique. Les murailles de fûts de rhum, les étapes de la fabrication du rhum (dont la mise à feu d’un tonneau pour diminuer le taux d’alcool – très impressionnant), le musée retraçant l’histoire de l’entreprise depuis les années 1930, tout est pittoresque et joli.

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    Chez Ron Barcelo
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    Dégustation. Confession : je n’ai pu boire que le punch au jus de fruit et rhum, le rhum pur est bien trop extrême pour moi 😉
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    La plage des pêcheurs à Juan Dolio

    C’est un moment que j’ai adoré : voir les pêcheurs en barque traditionnelle apporter leurs poissons ultra frais au restaurant Playa del Pescador, qui les grillera pour vous directement sur la plage. Vous mangerez sous les palmiers, les pieds dans l’eau. Paradisiaque.

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    Expédition rando et quad à la découverte de la péninsule de Samana

    La péninsule de Samana est un réservoir de biodiversité au cœur du pays. Nous sommes ici sur la côte Atlantique : les plages n’ont pas la transparence caribéenne de la région de Punta Cana, Bayahibe et Saona, mais elles ont pour elles l’immensité, la luxuriance et la sauvagerie. D’immenses forêts naturelles de cocotiers couvrent la péninsule montagneuse. Nous partons à sa découverte avec la compagnie Flora Tours, basée à Las Terrenas, qui s’est spécialisée dans les excursions nature originales en petit groupe. La qualité de leurs prestations m’a d’autant plus convaincue que j’ai pu comparer avec d’autres compagnies, beaucoup plus industrielles, avec des groupes pléthoriques et des circuits ultra balisés… Flora Tours propose de l’immersion véritable, et cela m’a beaucoup plu. Je vous recommande sans hésitation la journée que nous avons passée.
    Notre journée découverte commence par une randonnée jusqu’à la cascade El Limon, incroyablement haute et belle dans son écrin de mousse. Mais le petit truc Flora Tours, c’est de continuer la randonnée vers d’autres chutes plus secrètes, moins accessibles, mais où la baignade est possible – un pur bonheur.

    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?     .
    La petite cascade où se baigner !
    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?     .
    Il est possible d’aller à la cascade El Limon à cheval ou à dos de mule plutôt qu’à pied. Je ne vous le recommande pas. D’une part, parce que le chemin est très glissant et escarpé et que le prendre à cheval me semble plus périlleux qu’à pied. D’autre part, parce que si certains équidés sont en très bon état, ce n’est clairement pas le cas de tous.

     

    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?     .
    S’enfoncer dans la nature dominicaine…

    Nous continuons ensuite à cheminer au cœur des plantations de café et de mangues, dans un décor à la Jurassic Park qui me fascine. Le déjeuner, un buffet dominicain dans un restaurant traditionnel, est un des meilleurs du séjour.

    Café
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    Un road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Au milieu des plantations à Samana

    L’après-midi augmente la dose d’adrénaline : nous partons en quad rejoindre un village de cultivateurs, où les producteurs nous font goûter le cacao brut, le miel de fleur de café, la vanille fraîche, ou encore la mamajuana, l’alcool local dominicain. Le mélange cacao brut – miel de fleur de café est à se damner. Je repars avec des bijoux et des spécialités locales.

    Cacao

    Nous rejoignons ensuite d’immenses plages désertes, et nous baignerons dans les vagues de l’Atlantique dans les dernières lumières du jour… Idyllique.

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    Aventure en quad
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    Quad sur la plage avec la super équipe du blog trip #godomrep

    Le parc national Los Haitises à Samana

    C’est toujours avec Flora Tours que nous partons en petit bateau explorer le parc national Los Haitises, un incontournable absolu. Ce parc a le don de combiner plusieurs chefs d’œuvres.
    C’est tout d’abord une merveille géologique. Comme dans la baie d’Along au Vietnam, des îlots couverts de mousse sont disséminés comme un jet de ricochet au milieu des flots, et des grottes sculpturales s’ouvrent dans la roche tendre. Toutes ces curiosités servent de refuge à des milliers d’oiseaux, notamment les frégates au cœur rouge vif. Pour les amoureux de la vie aviaire, ce parc est l’île de la tentation. Il faut enfin s’enfoncer au cœur des mangroves et partir explorer les grottes, où se lisent les vestiges émouvants d’une civilisation disparue : les derniers Taïnos sont venus se réfugier ici, tentant de fuir l’extermination coloniale, et ont tracé sur les parois des grottes les derniers témoignages de leur présence. Ces dessins du XVIe siècle m’ont profondément touchée. On comprend que Los Haitises soit, à plusieurs titres, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

     

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    Secret des grottes
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    Mangroves mystiques
    Los Haitises
    Oiseaux par milliers
    los haitises
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    HLM à oiseaux !
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    Se promener à Saint Domingue, la belle inconnue

    Vous qui rêvez des façades colorées et baroques de La Havane, saviez-vous combien Saint Domingue lui ressemble ? A l’époque de la colonisation espagnole, quatre villes sœurs ont été bâties sur le même principe : Saint Domingue, la première des villes du Nouveau Monde, fondée dès 1493, Porto Rico, La Havane et Cali en Colombie. J’ai adoré me promener dans le quartier colonial de Saint Domingue, avec ses places animées où on danse la bachata et le merengue à la nuit tombée, sa cathédrale criblée de boulets de canon par les pirates, ses musées, et les statues de ses grands hommes… et femmes.

    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?     .
    Palais de l’ancien dictateur Trujillo
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    Grandes figures de l’indépendance dominicaine : le colonel Duarte
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    Quartier colonial
    Ambiance du soir
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    Remparts de la ville
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    Couleurs de St Domingue

    Trois visages m’ont touchée : ceux des sœurs Mirabal. Belles, musiciennes, cultivées, joyeuses, ces trois filles de bonne famille étaient surnommées les « Mariposas », les papillons. Mais il ne fait pas bon être une femme jeune et belle sous la dictature. Trujillo, le tyran qui régnait sur la République dominicaine depuis les années 30, tombe amoureux de l’une d’elles, Minerva. Elle se refuse à lui. Par mesure de rétorsion, Trujillo fera kidnapper, torturer et assassiner les trois sœurs en 1961. Mais ce meurtre atroce sera le crime de trop. Moins d’un an plus tard, l’armée se soulève, sous l’impulsion notamment du père des sœurs Mirabal. Trujillo sera assassiné en 1962, précipitant l’avènement de la république. Le beau visage des sœurs martyre trône dans le port de Saint Domingue sur une obélisque colorée, sur les murs de la ville et sur le billet de 100 pesos. Le 25 novembre, journée internationale de lutte contre la violence faites aux femmes, est l’anniversaire de leur mort brutale et injuste.

    Les soeurs Mirabal

    Aujourd’hui, il est possible de faire avec Colonial Tours un tour de la vieille ville en Buick rouge sang – la même voiture de collection que celle dans laquelle le dictateur fut assassiné. Les gens saluent notre passage aux cris de « Trujillo », preuve qu’elle est bien identifiée… La visite est charmante. Avec notre hôtel, l’hôtel Billini, nous avons également réalisé un tour de tuk-tuk au coucher du soleil. Ce sont dans les deux cas de belles façons de faire le tour de ce quartier extrêmement pittoresque.

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    Le musée du chocolat Kah Kow : délicieux

    Deux autres lieux m’ont séduite à Saint Domingue : le marché, coloré et chaotique, et le Musée du chocolat Kah Kow. En chocolique confirmée, j’ai visité beaucoup de musées du chocolat, mais celui-ci est le plus réussi que je connaisse. Le parcours immersif est extrêmement réussi – vous aurez l’impression de vous perdre dans une plantation de cacao, et vous pourrez même goûter la pulpe fraîche de cacao ! La dégustation est un grand moment, le décor est superbe et le chocolat excellent. Vraiment, je vous le recommande.

    kah kow st domingue
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    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?     .
    Oui !

    Trois beaux hôtels en République dominicaine
    road trip en république dominicaine

    Nous avons tout d’abord eu la chance de découvrir deux hôtels du groupe Viva Wyndham, spécialisé dans les beaux resorts all inclusive aux Caraïbes.

    Viva Wyndham Dominicus Palace & Beach à Bayahibe : du all inclusive savoureux

    Le Dominicus, c’est l’archétype du très beau resort all inclusive luxueux, avec pléthore d’activités sportives et festives, de restaurants, de plages et de piscines. On pourrait passer une journée entière à tester toutes les piscines, tous les sports, et une semaine à découvrir tous les restaurants. Les deux hôtels sont côte à côte et se partagent la belle et grande plage, mais le Dominicus Beach, vendu en France par Lookéa, est plus abordable, plus familial, tandis que le Dominicus Palace est plus haut de gamme, et cultive une atmosphère plus calme et raffinée. C’est bien sûr celui que j’ai préféré, avec ses magnifiques piscines au décor exotique, ses jardins colorés, le calme de sa piscine VIP en bord de mer. Le lever du soleil au-dessus des bougainvilliers, reflété par mille bassins, était un moment enchanteur.
    Bien sûr, il faut être claire : si vous recherchez un petit hôtel authentique et local, vous ne serez pas parfaitement à l’aise dans ce très grand resort, malgré tous ses charmes. Mais si vous cherchez à vous reposer, faire du sport, bien manger, vous détendre, profiter d’une belle plage, de nombreux restos, de soirées et de superbes infrastructures, vous serez comblé ici. Les tarifs sont très intéressants, à partir de 1600 euros/semaine en all inclusive total, vol compris, par personne, au Dominicus Palace. Pour le Dominicus Beach, vous pouvez quasiment diviser le prix par deux, une aubaine pour les familles en quête de soleil et de divertissement pour leurs gamins.

    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?     .
    La vie est belle au Viva Wyndham Dominicus Palace
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    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?     .
    Lumière du matin
    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?     .
    La plage du resort
    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?     .
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    Zumba !
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    Passion transat
    Le resto de plage ultra chic et romantique
    Piscine forever

    Vous n’êtes pas condamné à passer la semaine à l’hôtel : de nombreuses excursions sont organisées, notamment au Scape Park et à Saona, et la région de Bayahibe est très riche. Vous pouvez tout à fait louer une voiture et organiser des escapades à la journée dans la région.

    Viva Wyndham V Samana à Las Terrenas : le luxe absolu

    Attention, paradis sur terre. Le V Samana, c’est le genre d’endroits qu’on quitte en versant une larme, et où on se jure de revenir.

     

    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?
    Le V Samana, un des plus beaux hôtels de ma vie

     

    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?     Et l'offre hôtelière est de très grande qualité. Ici le V Samana, un des plus beaux hôtels de ma vie
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    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?     Et l'offre hôtelière est de très grande qualité. Ici le V Samana, un des plus beaux hôtels de ma vie
    Coconut Whispers, un spa extraordinaire
    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?     Et l'offre hôtelière est de très grande qualité. Ici le V Samana, un des plus beaux hôtels de ma vie
    Sur une côte sauvage et préservée…

     

    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?     Et l'offre hôtelière est de très grande qualité. Ici le V Samana, un des plus beaux hôtels de ma vie
    Un océan de palmiers
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    Un lieu extraordinaire

    Changement total d’ambiance : nous ne sommes plus ici dans le mega resort familial, mais dans le bel hôtel ultra luxueux, un 5 étoiles de taille modeste cultivant l’exclusivité, le calme et la douceur. Cela restera un des plus beaux hôtels de ma vie, sans exagération aucune. Loin de tout, seul sur une plage immense et magnifique aux mille cocotiers, le V Samana est un havre de beauté et de douceur, avec son immense piscine hérissée de palmiers majestueux, ses alcôves à baldaquin qui vous donnent l’impression d’être une princesse, ses hamacs tendus sur la belle plage solitaire. Tous les restaurants sont de très grande qualité, offrant choix, fraîcheur et variété. Le comble du luxe ? Nos chambres avaient leur petite piscine privée…
    Le plus beau moment de détente du voyage, ce fut cette soirée au spa, qui cultive avec un sens du style impeccable chic, relaxation et charme. Nous sommes entre bambou, coquillages et petite piscine privée, dans le silence d’un jardin à l’écart de l’hôtel. La masseuse qui s’est occupée de moi pendant 30 minutes est une des meilleures que j’ai connues, une professionnelle diplômée qui a immédiatement identifié sans que je lui dise quoi que ce soit mes zones de tension (une blessure liée au sport, une crampe liée au port de mon gros appareil photo…) et s’est concentrée sur elles avec intensité, mais sans me causer aucune douleur. J’étais époustouflée.

    Cet hôtel restera un summum de félicité, un joyau où je rêve de revenir un jour en amoureux. Je vous le recommande très, très chaleureusement : cet endroit idyllique ne s’oublie pas. Ici, tout fut parfait, et même en me concentrant très fort, je serais incapable de trouver le moindre bémol, si ce n’est les moustiques à la tombée de la nuit, comme dans nombre d’endroits aux Caraïbes. Acheter un répulsif, c’est un maigre inconvénient auquel consentir pour ouvrir les portes du paradis. Je ne les ai pas tous testés, bien sûr, mais je ne crois pas me tromper en affirmant qu’il s’agit d’un des plus beaux hôtels de République dominicaine. Si vous planifiez un voyage de noces, d’anniversaire de mariage ou de Saint Valentin… pensez-y, cet hôtel a tout pour une escapade amoureuse parfaite.

    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?     .
    Plage magnifique
    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?     .
    Heureuse au V Samana
    La plus belle piscine du monde
    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?     .
    Le spa Coconut Whispers
    Paradis de détente
    Road trip en République dominicaine : que voir et que faire en République dominicaine ?     .
    Magie du soir
    Un séjour de rêve en République dominicaine
    Piscine de rêve
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    Un hôtel historique de luxe : l’hôtel Billini à Saint Domingue

    Le premier atout incontestable de ce bel hôtel de charme situé dans une demeure vieille de quatre siècles et labellisé Historic Luxury Hotels, c’est sa localisation. Nous sommes en plein cœur du quartier colonial de Saint Domingue. La plupart des hôtels de chaîne sont situés en dehors du quartier historique, sur le port industriel, ce qui n’a pas grand intérêt : pour profiter de Saint Domingue, il faut vraiment être au centre du quartier colonial, en ressentir toute l’ambiance, les danses et la beauté. Je pense que le Billini est l’hôtel le mieux placé de la ville, situé tout contre une belle église du XVIe siècle, à deux pas des plus belles places. Le soir, nous avons tout pu faire à pied, et j’ai adoré cette déambulation entre deux mondes : la splendeur du passé et la musique endiablée d’aujourd’hui.

    L’autre grand atout du Billini, c’est sa piscine rooftop, avec vue sur l’église, et enfin son buffet de petit-déjeuner absolument exquis. J’ai beaucoup aimé cet hôtel qui correspond pleinement à mes goûts, alliant charme, raffinement et histoire. Un inconvénient à noter : bien que très confortables, les chambres sont sombres. Nous sommes dans une maison historique aux murs très épais et aux fenêtres minuscules. Mais malgré cela, le charme des lieux agit, et je vous recommande cet hôtel idéal pour visiter Saint Domingue dans le raffinement, en se plongeant immédiatement à l’époque de Christophe Colomb.

    Piscine avec vue sur une église du 16e à l’hôtel Billini

     

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    Petit déj !
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    La République dominicaine, j’y reviendrai…
    Road trip en république dominicaine

    J’espère vous avoir convaincu que la République dominicaine méritait d’être découverte autrement. Entendons-nous bien : il n’y a aucun mal à aller se reposer une semaine en all inclusive, par exemple au Dominicus Palace à Bayahibe, à profiter du soleil, de la plage et des loisirs. Le pays est idéal pour ça. Mais si vous rêvez d’un road trip, d’aventure, de rando, de découvertes, pensez-y aussi. La République dominicaine saura vous surprendre, et moi je me promets d’y revenir : je n’ai pas encore tout vu de la plus grande île des Caraïbes, bien loin de là.

    Road trip en République dominicaine
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    Un très grand merci aux partenaires qui ont soutenu ce blog trip, XL Airways, Viva Wyndham, l’OT de la République dominicaine, le Billini Hotel, et à Célia et Stanislas de l’agence Travel Insight pour une organisation fantastique. J’ai été conquise. Un bisou aussi à mes super camarades blogueuses, Marie, Carolane, Morgane, Christelle, pour la belle ambiance tout au long du séjour.

    Un road trip en République dominicaine, entre nature, culture et plage, pour découvrir ce pays autrement.
    Epinglez-moi !
  • Au cœur des bayous de Louisiane

    N’avez-vous jamais rêvé d’explorer les bayous de Louisiane au soleil couchant ? C’était cette image-là qui m’a poussée à organiser un voyage autour de la Nouvelle-Orléans : la vision d’un bateau naviguant entre les cyprès chauves, au milieu des tortues et des alligators, sur un des bras monstrueux du delta du Mississipi. Je rêvais de ces marécages brumeux, où la mousse espagnole flotte comme un linceul, je rêvais des yeux des reptiles entraperçus dans la mousse verte. Je rêvais aussi des immenses chênes de Virginie couverts de mousse espagnole, de toute cette végétation fantomatique, fascinante, du sud des Etats-Unis. Laissez-moi vous emmener au cœur du bayou, pour un fabuleux « swamp tour » (visite des bayous de Louisiane) au crépuscule.

    Plongez au coeur des bayous de Louisiane et des plantations, entre alligators et swamp tours. Immersion mythique en #Louisiane.
    Coucher de soleil sur le Lake Martin.

    La plantation la plus mythique de Louisiane : Oak Alley.

    Les bayous de Louisiane, le pays ténébreux

    Les bayous de Louisiane constituent l’une des plus grandes zones marécageuses du globe, avec douze mille kilomètres carrés de forêt inondée. Seuls deux arbres poussent au cœur de ces bras d’eau saumâtre, seuls deux arbres survivent à cette perpétuelle inondation : le cyprès chauve, emblème spectral de cette région restée sauvage, et le tupelo, de son nom scientifique Nyssa aquatica, une sorte de gommier. Leurs silhouettes haves, drapées de mousse espagnole, hantent le paysage mythique du bayou.

    Plongez au coeur des bayous de Louisiane et des plantations, entre alligators et swamp tours. Immersion mythique en #Louisiane.
    Cyprès chauves couverts de mousse espagnole.

     

    Plongez au coeur des bayous de Louisiane et des plantations, entre alligators et swamp tours. Immersion mythique en #Louisiane. Trouver le meilleur swamp tour.
    Racines des cyprès dans le bayou.

    La faune reptilienne du bayou est tout aussi inquiétante et unique. Deux millions d’alligators peuplent l’Etat de Louisiane, la plus grande concentration au monde. Autrefois, on les a chassés jusqu’au bord de l’extinction, pour leur viande, leur cuir, leur huile. Aujourd’hui, la population est bien gérée : chaque automne, les œufs d’alligator sont ramassés par des ramasseurs agréés et mis en couveuse afin de les faire éclore en sécurité. Une partie des jeunes est relâchée dans le bayou, l’autre partie utilisée pour la viande et le cuir en ferme d’élevage. Si les boulettes d’alligator sont souvent au menu des restaurants de Louisiane, ceux qui vivent dans le bayou sont traités avec beaucoup de respect et de confiance. La population de ce pays côtoie chaque jour les reptiles, et on trouve partout des panneaux « n’embêtez pas les alligators », y compris dans les lotissements. Parmi les habitants du bayou, on retrouve aussi toutes sortes de tortues, tortues de Floride, tortues alligators, tortues dites « pop-corn », car les alligators font éclater leurs coquilles tendres quand ils les dévorent… Entrer au cœur du bayou, c’est une expérience mystique.

    Plongez au coeur des bayous de Louisiane et des plantations, entre alligators et swamp tours. Immersion mythique en #Louisiane.
    Alligator dans le bayou.

    Plongez au coeur des bayous de Louisiane et des plantations, entre alligators et swamp tours. Immersion mythique en #Louisiane.
    Au Lake Martin.

    La Louisiane est le seul endroit au monde où on trouve des alligators albinos – ici au zoo de la Nouvelle Orléans, photo prise par ma mère.

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    La vie dans ce pays de marécages a longtemps été rude, notamment pour les esclaves des plantations. Faune sauvage agressive, maladies tropicales et autres infections étaient le fléau de cette région trop chaude, trop humide, trop sauvage. Au XIXe siècle, le taux de mortalité en Louisiane était supérieur à celui de tout autre Etat américain, et les esclaves venus d’Afrique tentaient tant bien que mal de se protéger du mauvais sort par des amulettes et des rites vaudous. Il n’est pas étonnant que la Louisiane soit, dans l’imaginaire collectif, le pays des vampires. Entretien avec un vampire, Fever Dream, Âmes perdues, c’est ici, c’est en Louisiane, dans les bras maudits du Mississipi. Je n’ai jamais ressenti tant de fantômes et d’authenticité ailleurs aux Etats-Unis.
    Dans un autre article, il faudra que je vous parle de la culture si particulière de cette région véritablement différente du reste des Etats-Unis, marquée par l’héritage multiple des Africains, des Acadiens francophones chassés du Canada, des Espagnols et des Français. Mais cette fois, je voudrais juste vous montrer en images la nature de la Louisiane, les bayous immenses, les chênes de Virginie, les jardins fantastiques. Ce pays de bayous suscite une fascination immédiate et hypnotique.

    Plongez au coeur des bayous de Louisiane et des plantations, entre alligators et swamp tours. Immersion mythique en #Louisiane.
    Le soir dans le bayou.

    Explorer les bayous de Louisiane : un swamp tour fabuleux
    meilleur swamp tour de Louisiane – visiter les bayous de Louisiane

    Le meilleur swamp tour de Louisiane ? C’est un bon plan que je voulais absolument partager avec vous autres chanceux qui allez découvrir les bayous. Le « swamp tour », ou promenade en bateau au cœur du bayou, est un incontournable absolu de tout voyage en Louisiane. Je savais que c’était une étape importante de ce beau voyage et j’ai passé des heures sur les sites et les forums pour tenter de dénicher le meilleur swamp tour de Louisiane, et je crois l’avoir trouvé. Après une comparaison obsessionnelle, j’ai finalement jeté mon dévolu sur le swamp tour proposé par Cajun Country Swamp Tours, à Breaux Bridge (près de Lafayette). Ce tour a lieu au coucher du soleil sur le Lake Martin, réputé comme l’un des endroits les plus photogéniques de Louisiane, car présentant une végétation absolument parfaite et farci d’alligators. Le tour a lieu sur un petit bateau (pas plus d’une quinzaine de personnes), au plus près de l’eau, avec un capitaine passionné, volubile et généreux : notre tour a duré vingt minutes de plus que prévu, parce que la lumière était extraordinaire et que le capitaine ne voulait pas abréger notre plaisir. Et ça ne coûtait que 20 dollars par personne. Je manque de mots pour vous dire à quel point nous avons aimé ce moment sur l’eau, dans la lumière descendante filtrée par les arbres fantomatiques, au milieu des reptiles et des hérons. L’émotion était puissante.

    Plongez au coeur des bayous de Louisiane et des plantations, entre alligators et swamp tours. Immersion mythique en #Louisiane.
    Tortues du Lake Martin.

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    Plongez au coeur des bayous de Louisiane et des plantations, entre alligators et swamp tours. Immersion mythique en #Louisiane.
    Alligator.

    Plongez au coeur des bayous de Louisiane et des plantations, entre alligators et swamp tours. Immersion mythique en #Louisiane.
    Héron.

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    Une autre rencontre avec les alligators : Avery Island

    Encore envie de bayous, de luxuriance et de nature grandiose ? Avery Island, grande île formée par la résurgence d’une colonne de sel au milieu du marécage, est célèbre pour la production du Tabasco : la sauce pimentée rouge est fabriquée ici exclusivement. Moi qui n’aime pas le Tabasco, j’ai adoré cette visite ludique et instructive sur la sauce qui a su conquérir le monde. Mais ce que j’ai le plus aimé, ce sont les Jungle Gardens de l’île d’Avery : un immense jardin de collectionneur qui a voulu se façonner un monde idyllique, avec pagodes japonaises, étangs infestés d’alligators, nuées d’oiseaux attirés par d’immenses nichoirs bâtis à leur intention dans les années 30, fleurs superbes. C’est un plaisir visuel inouï.

    Plongez au coeur des bayous de Louisiane et des plantations, entre alligators et swamp tours. Immersion mythique en #Louisiane.
    Au pays du Tabasco.

    Plongez au coeur des bayous de Louisiane et des plantations, entre alligators et swamp tours. Immersion mythique en #Louisiane.
    Jungle Gardens sur Avery Island.

    Avery Island, Louisiana.
    Avery Island.

    Plongez au coeur des bayous de Louisiane et des plantations, entre alligators et swamp tours. Immersion mythique en #Louisiane.
    Tortues d’Avery Island.

    Plongez au coeur des bayous de Louisiane et des plantations, entre alligators et swamp tours. Immersion mythique en #Louisiane.
    Alligator.

    Les plus beaux chênes de Virginie

    A Avery Island, j’ai aussi pu admirer de gigantesques chênes de Virginie, l’autre arbre emblématique de Louisiane : cet immense chêne dont les bras s’étendent comme un réseau d’algues magiques et dessine des paysages de films.

    Avery Island, Louisiana. Les fabuleux chênes de Virginie d'Avery Island.
    Les chênes de Virginie sur Avery Island.

    Mais le lieu le plus iconique, le plus emblématique de Louisiane pour contempler les chênes de Virginie, c’est la plantation d’Oak Alley. On a tourné ici, dans cette allée grandiose, Autant en emporte le vent, Forrest Gump, Entretien avec un vampire, et beaucoup d’autres films encore. Pour avoir l’allée pour soi tout seul au petit matin, il faut dormir dans le bed & breakfast d’Oak Alley Plantation.

    Oak Alley, Louisiane
    Oak Alley Plantation.

    Il faudra que je vous parle davantage de la route des plantations entre La Nouvelle Orléans et Baton-Rouge, de l’héritage à la fois visuellement sublime et émotionnellement insupportable de longs siècles d’esclavage. Laura Plantation m’a passionnée par son exposition brute, sincère et authentique de la cruauté du monde esclavagiste, au-delà des images d’Epinal à la Scarlett. Esthétiquement parlant, ma plantation préférée (outre l’iconique et incontournable Oak Alley) a été Houma House, avec ses jardins fantasmagoriques ultra colorés. Nous avons vu la Louisiane dans les films et dans les livres d’image, nous avons vu ces visions-là d’un sud mythique et solennel, et nous plongeons dans la pellicule…

    Laura Plantation Louisiane
    Laura Plantation, peut-être la visite la plus intéressante et la plus honnête sur la réalité sordide de l’esclavage en Louisiane.

     

    Houma House Louisiane
    Houma House et ses jardins sublimes.

    Houma House Plantation
    Houma House

    A deux pas de La Nouvelle Orléans : Fontainebleau State Park
    bayou Nouvelle Orléans – visiter bayou à la Nouvelle Orléans

    Pour qui veut découvrir le monde du bayou à deux pas de la vibrante Nouvelle-Orléans, il faudra s’embarquer pour une petite aventure : traverser le pont du Lac Pontchartrain, la plus longue jetée du monde, la ville s’éloignant tel un mirage à votre droite, pour atteindre le parc de Fontainebleau. Il a été nommé ainsi par les Français à qui sa forêt idyllique évoquait les environs de Paris – la comparaison ne m’apparaît que moyennement justifiée, notre Fontainebleau à nous s’étant passé d’alligators et autres sangsues. Mais le Fontainebleau State Park est de toute beauté et ce fut pour moi une dernière évasion au cœur du bayou avant de quitter la Louisiane, mes rêves hantés par de longs sillages de mousse et la course furtive des alligators dans mon cœur…

    jetée lac pontchartrain
    La Nouvelle Orléans dans le soir, capturée à toute vitesse depuis le freeway de la jetée sur le lac Pontchartrain.

    Fontainebleau State Park
    Fontainebleau State Park

    Fontainebleau State Park
    Partie de pêche en famille au Fontainebleau State Park

    mousse espagnole louisiane
    Lumière dans la mousse espagnole

     Fontainebleau State Park

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    Je vous reparlerai de la Louisiane sur Itinera Magica. A suivre prochainement : la Loire, l’Ardenne belge, mon sud de France chéri, les Dolomites… Inscrivez-vous à la newsletter ?

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  • De Kangerlussuaq à Copenhague: Groenland, fin du voyage

    Kangerlussuaq est l’étape obligatoire de tout voyage au Groenland : les vols internationaux passent forcément par son aéroport. Mais Kangerlussuaq est bien plus qu’un hub, c’est aussi l’endroit où il est le plus facile d’approcher la fascinante calotte glaciaire qui recouvre la quasi-totalité du Groenland. Je vous propose une petite incursion auprès des glaciers éternels, avant de retrouver les couleurs scandinaves à Copenhague.

    Mon voyage au Groenland s’arrête ici. Après Nuuk et Ilulissat, je suis biberonnée à la démesure, gorgée de spectaculaire, j’en redemande encore, mais il est déjà temps de repartir. Le Groenland a une dernière surprise pour moi : Kangerlussuaq. Peu de voyageurs y font halte. La ville est avant tout un aéroport international, le seul du pays à pouvoir accueillir les gros porteurs arrivant du Danemark après 4h20 de vol. Je n’ai que quatre heures d’escale à Kangerlussuaq, avant de continuer mon périple vers mon vieux continent.

    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
    Kangerlussuaq : l’étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.

     

    Aller au Groenland
    Copenhague, porte d’entrée vers le Groenland

    Au pied de la calotte glaciaire à Kangerlussuaq

    Quatre heures à Kangerlussuaq, c’est bien trop court, mais elles seront mises à profit. Je vais approcher cette particularité géographique inouïe qui rend le Groenland si unique, si spectaculaire et extraterrestre : l’inlandsis, calotte glaciaire qui recouvre 80% du pays. C’est à cause de cet océan de glace de presque deux millions de kilomètres carrés que les villes se serrent sur les côtes, comme autant d’îlots isolés. C’est à cause d’elle qu’il n’y a pas de routes au Groenland, pas de chemins de fer, et aucune ville à l’intérieur des terres, pays des marcheurs blancs, des monstres mythologiques et de la glace éternelle. C’est grâce à elle que le Groenland ne ressemble à aucun autre pays au monde, qu’il défie l’entendement et éperonne l’imagination, qu’il donne le vertige et hypnotise les cœurs. Au cœur du Groenland, où personne ne va jamais, si ce n’est les scientifiques en hélicoptère, la calotte est épaisse de 3km par endroits.

    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
    Au bord du vertige.

    Kangerlussuaq a ceci de fabuleux qu’on peut ici approcher au pied de la calotte, sur la plus longue route du pays. (Cette route est la seule à relier, en été et en 4×4 seulement, deux villes groenlandaises : Kangerlussuaq et Sisimiut. Partout ailleurs, les trajets de ville en ville se font en avion, ou en bateau l’été.)

    A l’aéroport, je retrouve mon guide Adam Lyberth. J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir bénéficier de ses services pendant mon bref arrêt à Kangerlussuaq : Adam est très demandé. La veille, il a emmené des photographes norvégiens faire du light painting et des mises en scène lumineuses dans les glaces de l’inlandsis. L’après-midi, il accueille un groupe de journalistes danois pour une randonnée glaciaire. Adam est fou de sa région et en est un merveilleux ambassadeur.

    Nous prenons la piste en direction de la calotte, à travers des paysages nouveaux pour moi. Revenant d’Ilulissat, royaume de la glace, j’observe qu’ici le décor a changé. Pour la première fois depuis le début du voyage, je vois de la végétation. Nous sommes ici au sud du Groenland, dans son grenier fertile (si cette expression peut s’appliquer à un pays pareil). Ici, pas de pergélisol, la terre est fertile en été. L’agriculture groenlandaise, longtemps rendue impossible par les âges glaciaires, redevient possible, comme au temps des vikings. On peut désormais déguster les carottes de Kangerlussuaq et du sud groenlandais. On trouve ici des arbres minuscules, qui ont été plantés il y a quarante ans et ont mis tout ce temps à pousser, de l’herbe couverte de givre, et des animaux. C’est ici la région des troupeaux de rennes et de bœufs musqués, qui sont en vérité des chèvres. Ce sont des animaux énormes, presque préhistoriques, que j’avais vus empaillés dans la boutique de Nuuk vendant leur laine, Qiviut. Il paraît que la laine de bœuf musqué est la plus chaude qui existe sur Terre.

    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
    Vision rare au Groenland : des arbres ! Minuscules, et qui ont pourtant mis des dizaines d’années à grandir…

    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
    L’herbe du sud du Groenland, ourlée de givre

     

    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
    Chèvre musquée empaillée dans une boutique de Nuuk

    Je verrai deux rennes, dont une femelle courant sur la glace avec une grâce inouïe, mais hélas pas de bœufs musqués. En quatre heures, le temps de les guetter nous a manqué. Adam me raconte qu’en été, on peut partir randonner plusieurs jours autour de Kanguerlussuaq, camper sur la calotte glaciaire, approcher les bœufs musqués, pêcher dans le fjord. Il m’explique aussi que Kangerlussuaq est une base astronomique réputée pratiquant l’analyse des aurores boréales, car ici les nuits sont claires 300 jours par an. Les scientifiques envoient régulièrement des ballons et des sondes au cœur des tempêtes multicolores, afin de récolter des particules d’aurore. L’idée me fascine. Je m’imagine chasseuse de papillons dans le ciel immense, collectant les trésors miroitants de l’aurora borealis.

    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
    Une femelle renne surgit…

    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
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    Vie sauvage à Kangerlussuaq
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    Puis soudain, les glaciers surgissent. Approcher l’inlandsis restera une des expériences les plus fortes du voyage. Ici commence l’océan de glace. Si un fou ou un mage voulait marcher de Kangerlussuaq à Ittoqqortoormiit, sur la côte opposée, il lui faudrait traverser 1200 kilomètres d’enfer bleu, au milieu de crevasses profondes comme des gouffres.  Je me sens face au mur de glace de Game of Thrones, minuscule à côté d’un magma de glace tranchante comme un raz de marée figé par le regard de la Méduse.

    En été, une rivière impétueuse et violente coule au pied du glacier, portant les glaces fondues vers la mer. A cette époque de l’année, tout début avril, elle est encore gelée. Adam la sonde précautionneusement, puis me fait traverser la rivière en m’ordonnant de suivre exactement ses pas. Je vais toucher les murailles de glace, entrer quelques instants dans les cavernes qui se creusent à leurs pieds. Je n’arrête pas de répéter que c’est incroyable. Le Groenland m’aura offert des expériences d’une intensité émotionnelle rare.

    Surgissement du glacier…

    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
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    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
    Avec les monstres.

    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
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    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
    La rivière gelée

    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
    Entrer dans la glace

    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
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    Il faut déjà repartir. Je dis adieu aux glaciers, le cœur coloré de bleu pâle.

    De Kangerlussuaq à Copenhague avec Air Greenland
    Aller au groenland – vol groenland – aller au groenland depuis la france – paris groenland

    Air Greenland, la compagnie aux avions rouges, m’a réservé une belle surprise pour ce dernier vol vers Copenhague : une place en business class. Elle est lumineuse, aérée, ultra confortable, et je suis contente comme une gamine de pouvoir me prélasser pendant 4h20 dans mon fauteuil presque entièrement inclinable. Je commence par regarder avec mélancolie le Groenland s’éloigner par le hublot, puis une fois que nous sommes en mer, je fais comme les gosses : je touche tous les boutons (ah tiens, je peux surélever les pieds ! et si j’appuie là ça fait quoi ?), je teste tous les snacks, bref, je n’ai pas vu le vol passer.

    Air Greenland est en pleine démocratisation du Groenland avec la baisse des tarifs depuis Copenhague, la création de packages vol + hôtel attractifs et la multiplication des destinations groenlandaises. Regardez la liste des destinations – si vous êtes comme moi obsédé du grand nord, vous allez devenir fou. Je consulte les magazines de bord et je me mets à rêver d’Ittoqqortoormiit, Kulusuk, Uummannaq et Upernavik. Je suis encore dans les airs et je rêve déjà de faire demi-tour et de retourner sur l’île gelée.

    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
    En business class avec Air Greenland.

    Aller au Groenland
    Le rouge, emblème de la compagnie nationale groenlandaise.

    Aller au Groenland avec Air Greenland
    Rêver déjà de revenir…

    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
    Le menu à bord…

    Pour la plupart des voyageurs partant de France, il vous faudra sans doute passer une nuit à Copenhague à l’aller ou au retour. C’est aussi mon cas, et je me réjouis des douze heures que je vais pouvoir passer dans la capitale danoise.

    Copenhague version groenlandaise
    aller au groenland – copenhague groenland – paris groenland – vols groenland

    Il fut un temps où le Danemark régnait en maître sur les mers du nord. L’Islande, les îles Féroé et le Groenland étaient ses colonies. Peu à peu, toutes se sont émancipés. La République d’Islande est fondée en 1944, dissolvant l’union avec le Danemark. Le Groenland obtient le « home rule » (statue d’autonomie renforcée) dans les années 1970, les îles Féroé dès 1948, et planifient actuellement un référendum sur l’indépendance.

    Mais il existe un quartier de Copenhague où le lien avec le nord n’est pas brisé. En face de Nyhavn, le merveilleux quartier kitsch et coloré qu’on voit sur les cartes postales, un pont piétonnier et cycliste conduit à l’ancien quartier des docks. A l’époque où le Danemark était une puissance coloniale, les produits de tout le royaume arrivaient ici, dans d’immenses hangars où on stockait notamment le poisson. Aujourd’hui, ces anciens hangars abritent un grand centre culturel de l’Atlantique nord. L’ambassade d’Islande, la représentation groenlandaise et la représentation des Féroé font flotter leurs drapeaux au-dessus d’un décor de lave et de mousse volcanique : on a rapporté des roches islandaises pour créer un petit morceau d’ailleurs dans la capitale danoise. Je découvre les environs avec un guide adorable qui me raconte le temps des bateaux chargés de poissons et de graisse de baleine, exploitant les richesses mythiques du nord. Ce quartier me donne follement envie d’aller au Groenland alors même que j’en reviens à peine. Et je me jure de découvrir un de ces jours les îles Féroé, dont les reliefs découpés et les solitudes ventées me fascinent.

    Une journée à Copenhague
    A Copenhague, le quartier des anciennes colonies nordiques : Islande, Groenland, Iles Féroé

    Une journée à Copenhague
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    A l’intérieur du centre culturel, ce sont des expositions consacrées à l’art des trois îles. L’ambiance est maritime, rétro, elle évoque le long passé marchand de ces hangars. Un léger souvenir de l’odeur de poisson se devine parfois quand on approche les murs, mais les volumes sont magnifiques, tout de bois clair et l’atmosphère m’enchante. A côté, ce sont les archives historiques, et le centre d’eskimologie. On étudie ici la culture groenlandaise, sa langue et son histoire. Il paraît que le musée national danois, que je n’aurai pas le temps de visiter, abrite aussi une fabuleuse section consacrée au Groenland.

    Un ours polaire gardien d’ascenseur

    Variation autour du costume national groenlandais : fleurs et tissage

    Une journée à Copenhague
    La bibliothèque polaire

    carte du monde par le pôle nord
    Le monde vu depuis le pôle nord

    Je déjeune avec Idrissia Thestrup, de Visit Greenland, dans un restaurant fabuleusement décoré de sirènes sur Nyhavn. Je lui dis combien j’ai aimé ce voyage qu’elle a organisé, et quelle impression fabuleuse le Groenland a laissé sur moi. Cette destination va monter en puissance et fasciner infiniment tous ceux qui s’y rendront. On sent les frémissements. Séducteur en devenir, le Groenland va briser des cœurs…

    Avant de m’envoler pour la France, j’ai encore le temps de photographier les façades de Nyhavn et d’aller faire un coucou à la célèbre petite sirène de Copenhague. Je reviendrai à Copenhague, peut-être même encore plus vite que ce que j’imaginais.

    Une journée à Copenhague
    Nyhavn, le quartier pittoresque et coloré

     

    Une journée à Copenhague
    La petite sirène de Copenhague

     

    Une journée à Copenhague
    Au hasard des promenades.

     

    Restaurant délicieusement maritime à Nyhavn

     

    Une journée à Copenhague
    Nyhavn.

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    Aller au Groenland : le voyage d'une vie, de Copenhague à Kangerlussuaq. Une aventure dans le grand nord.
    Epinglez-moi !

    Merci infiniment à Visit Greenland – notamment à Idrissia – et à Air Greenland pour ce voyage fabuleux dont je me souviendrai toute ma vie. Le Groenland est une expérience intellectuelle, visuelle, sensorielle hors normes, et quand j’y repense, j’ai la sensation d’avoir visité une autre planète, et de garder des petits morceaux de glace au cœur. Je reviendrai…

  • Fabuleuse Nuuk, capitale colorée du Groenland

    Nuuk, la capitale du Groenland, est une ville colorée qui compte 17 000 habitants au bord du deuxième plus grand fjord du monde. Elle est belle, dynamique, passionnante. Et je serais prête à parier que vous n’en aviez jamais entendu parler. Confession : moi non plus, avant de m’y rendre fin mars 2018, lors de mon premier voyage au Groenland. Je suis tombée amoureuse de cette capitale arctique multicolore en plein boom, véritable étendard de la culture des Inuits et symbole d’un Groenland en pleine métamorphose. Je veux vous parler d’elle, vous raconter ce qu’on trouve à voir et à faire à Nuuk, et vous convaincre qu’elle mérite d’être mieux connue. Nuuk a été mon plus grand coup de cœur lors de cet itinéraire groenlandais, voici pourquoi.

    Cet article est long, car j’ai découvert un pays et une culture qui ne ressemblent à rien que je connaisse auparavant et je voulais vous raconter en détail cette découverte qui m’a profondément touchée. Mais si vous cherchez à planifier votre voyage à Nuuk et cherchez la version brève, allez directement en fin d’article pour un résumé de ce qu’il faut voir et faire à Nuuk.

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    Nuuk, merveilleuse capitale colorée, sur fond de montagne iconique : Sermitsiaq.

     

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    De Reykjavik à Nuuk, premier contact avec le Groenland nuuk groenland

    Après quatre jours merveilleux à l’Ouest de l’Islande, je pars pour l’inconnu : le Groenland. Malgré sa rudesse, l’Islande m’est familière . Pays des vikings et des sagas, condensé de culture scandinave et de paysages nordiques, elle incarne l’aventure balisée, le dépaysement facile. Je me sens presque chez moi en Islande, au milieu des chevaux et des yaourts aux myrtilles. Mais le Groenland, c’est l’ultime frontière. Là-bas, on parle une langue inuite, qui ne ressemble à rien que je connaisse. Là-bas, sur la plus grande île du monde, presque entièrement couverte de neige et de glace, les villages sont comme des îlots isolés les uns des autres sur une mer de blanc. Il n’y a pas de routes, pas de trains entre les villes, juste des avions, des motoneiges et des chiens de traîneau. Là-bas, je vais perdre 15 degrés au moins, et découvrir un autre monde. J’en ai rêvé depuis si longtemps.
    L’aéroport régional de Reykjavik est un vestige d’un autre temps. Un seul tapis à bagages, une même salle pour les départs et les arrivées, un café et des destinations qui semblent rendre hommage à l’ancien royaume viking : ici, on prend des vols pour ailleurs en Islande, pour les Féroé, le nord de l’Ecosse, et pour le Groenland.
    La tempête fait rage dehors, un vent incroyable fait trembler les murs de la minuscule salle d’embarquement, et j’ai peur que le vol soit annulé. Décollage annoncé à 19h45, et nous n’avons toujours pas embarqué à 19h30. Je m’inquiète un peu. A 19h35, la porte s’ouvre, et nous prenons place dans un minuscule coucou à hélices de douze places. A 19h45, nous décollons, en tanguant dans tous les sens au milieu des bourrasques. L’avion fait quelques bonds après le décollage, puis nous passons au-dessus de la tempête, et le calme se fait. Tout va bien.
    Après environ une heure au-dessus de l’océan, la côte Est du Groenland apparaît. C’est terrifiant de blancheur. Blanc, blanc, blanc, et rien d’autre, pendant des centaines de kilomètres. Enfin nous bifurquons vers l’ouest et survolons l’île. Je n’ai jamais vu autant de vide et de solitude. Il n’y a rien, rien, que de la neige et des reliefs noyés sous la blancheur, pas de villes, de routes, juste un manteau de blanc sous lequel on devine des collines submergées. Ce n’est qu’à l’arrivée sur Nuuk que le relief prend de l’envergure, que des chaînes de montagnes qui m’évoquent le nord de la Norvège émergent au-dessus des fjords gelés, qu’un peu de noir entache toute cette blancheur. Mais toujours pas de villes, de routes, d’humains. Nuuk n’apparaît qu’à la dernière seconde, et jusqu’au bout je me demande s’il y aura vraiment quelque chose au milieu de ce néant sublime. Population 17 000 habitants, bienvenue dans la capitale du Groenland.

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    Nuuk est située au coeur d’un fjord immense, aux rebords escarpés.

     

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    Au coeur du fjord.

    Nuuk la multicolore : une ville de toute beauté, entre monuments, musées et restos

    Après tant de démesure, Nuuk me semble au premier abord presque trop normale. On pourrait être n’importe où en Scandinavie : c’est une petite ville à la fois jolie et banale, avec des maisons rouges et bleues au bord d’un fjord. Cela ressemble à la Norvège, au Danemark. Au matin le jour rose se lève sur les montagnes enneigées, et c’est une vision classique, apaisante. Nuuk est un isolat de normalité au milieu du royaume de glace. Il y a des bureaux, des magasins, des restos. Les voitures roulent dans la ville – pas en dehors. Aucune route ne sort, on ne va nulle part ailleurs qu’à Nuuk. C’est un village de Polly Pocket en bordure de la monstrueuse immensité glacée.

    Nuuk est fascinante. Je sais que certains voyageurs mal informés sont déçus, car on ne voit pas d’icebergs ici, ou plutôt, on en voit à la fin de l’été, quand la fonte estivale détache quelques morceaux d’inlandsis qui dérivent dans le fjord. Les icebergs toute l’année, c’est à Ilulissat. Mais il faut voir Nuuk, pour la beauté de cette ville de style scandinave au bord du deuxième plus grand fjord du monde, et surtout, pour la richesse, la vitalité de la culture groenlandaise, exprimée ici à travers les musées, les institutions culturelles, et la frénésie de construction qui s’empare de la capitale du Groenland. Nuuk a été mon plus grand coup de cœur dans ce pays.

    Le slogan de la ville, c’est « Colourful Nuuk ». La ville se caractérise par les couleurs arc-en-ciel de ses maisons. Elles sont rouges, jaunes ou bleues dans le quartier historique, où un dress code est en vigueur, et violettes, roses, pistaches ou n’importe quoi d’autre dans les nouveaux quartiers, où les habitants s’en donnent à cœur joie. Se promener dans Nuuk sous le soleil est complètement psychédélique. Je suis surprise de constater qu’en Arctique, on sèche son linge dehors en hiver, ce que je n’ose même pas faire en Provence – il paraît que l’air est plus sec, sans humidité. Je vois aussi une peau d’ours polaire (avec la tête et les pattes) sécher sur une rambarde. Bienvenue au Groenland.

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    Au coeur du quartier historique.

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    Sur les hauteurs de la ville, des quartiers chic avec vue sur le fjord.

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    Plaisirs colorés.

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    Cordes à linge dans l’Arctique.

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    Faire sécher sa peau d’ours.

    Nuuk est belle, vraiment belle. Nous sommes situés 24km à l’intérieur d’un fjord immense (le 2e plus grand du monde), les maisons sont multicolores, et je n’imaginais pas le Groenland si pittoresque, si mignon. Une montagne majestueuse, iconique, surplombe la ville : Sermitsiaq. On la voit de presque partout dans les rues, comme le Matterhorn à Zermatt, et je me demande si un jour, sa forme parfaite et spectaculaire sera aussi célèbre que le pic du Toblerone.

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    Sermitsiaq.

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    C’est drôle, les images qu’on a en tête avant un voyage. Avant de partir pour la Laponie finlandaise, j’imaginais Rovaniemi toute bucolique et romantique, et j’ai découvert une espèce de banlieue soviétique. Inversement, j’imaginais Nuuk comme un avant-poste militaire dans l’Arctique, avec mercenaires, vodka et graisse de phoque, et je tombe sur une copie idyllique des îles Lofoten. C’est un bonheur de se promener ici, par une journée de soleil et sans vent, où le froid est tout à fait supportable.

    Je rejoins le quartier historique, dit Colonial Harbor, où la ville a été fondée en 1728 par le missionnaire dano-norvégien Hans Egede. Sa statue trône sur une colline, à côté de la minuscule cathédrale de Nuuk portant son nom, où des bateaux sont suspendus dans la nef de bois peint. Les maisons au bord de l’eau sont de toute beauté. Une longue promenade pittoresque juxtapose le Musée National Groenlandais, la maison du tissage traditionnel et le musée local de Nuuk. Une mère et sa fille font de la luge sur la colline en riant.

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    Hans Egede sur sa colline.

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    La minuscule cathédrale Hans Egede.

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    Le missionnaire a fondé Nuuk en 1728. Il était parti à la recherche des Vikings disparus sur la côte Ouest du Groenland depuis plusieurs siècles. Il n’a jamais retrouvé les Vikings, mais il est resté chez les Inuits.

     

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    Une autre église qui m’a touchée : celle de la mission de Herrnhut, arrivée une dizaine d’années après Hans Egede. Ces missionnaires allemands ont aussi beaucoup contribué à la culture de Nuuk.

     

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    L’hiver, les corbeaux sont omniprésents à Nuuk.

    La pêche est fondamentale à la culture groenlandaise, notamment aujourd’hui, où les eaux poisonneuses de l’océan glacial arctique permettent au pays d’être un grand exportateur de produits maritimes. Dans le port colonial de Nuuk, on trouve une très belle statue représentant une déesse commune à tous les peuples inuits : « the Mother of the Sea ». Cette femme vit au fond de l’océan, et la statue l’entoure de poissons, de phoques, et d’autres créatures marines. Elle est celle qui envoie des poissons aux hommes afin d’assurer leur subsistance. Mais si les hommes la contrarient, les poissons restent au fond des eaux, et s’emmêlent dans sa chevelure, qui devient sale, entortillée. Il faut que le chamane descende au fond de l’eau afin d’amadouer la déesse et de peigner longuement sa chevelure immense, afin de libérer les poissons et de remplir les filets des pêcheurs.

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    The Mother of the Sea.

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    La même version street art.

    Quelques rues plus loin, c’est le Centre culturel groenlandais, une grande vague de bois clair qui abrite une salle de concert, un restaurant, et différentes expositions. Il abrite un restaurant traditionnel rapide et délicieux, où on vous propose des « tapas groenlandais » pour découvrir en quelques plats la cuisine du Groenland.

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    Centre culturel groenlandais.

     Encore quelques rues plus haut, c’est le musée de peinture de Nuuk, présentant l’art du Groenland des temps de la colonisation danoise à aujourd’hui. Et partout, on trouve des boutiques d’artisanat inuit, des bars et des petits restaurants reflétant la diversité cosmopolite de la petite ville dynamique. Dans cette ville pleine d’immigrants, tous les restos proposent de la « fusion » : fusion sino-groenlandaise, fusion philippino-groenlandaise, fusion australo-groenlandaise… je me demande un peu à quoi ça ressemble. Niveau supermarchés, Nuuk est une ville normale : en dehors du poisson et de certaines viandes, tout est importé, et je retrouve des raisins d’Amérique du sud, des clémentines d’Espagne, du camembert Président français, et tout un tas de produits absolument classiques. C’est ailleurs au Groenland, à Ilulissat, que je découvrirai la pénurie en produits frais, la rareté de l’approvisionnement (je vous raconterai, évidemment). Mais pas à Nuuk, parce que le port ne gèle pas en hiver : l’approvisionnement est toujours maintenu. Les rayons sont bien achalandés, l’impression de normalité est totale.

    Au centre commercial, Nuuk Center, les boutiques typiquement groenlandaises se mêlent aux enseignes classiques. Seuls les vendeurs ambulants, qui proposent des gants en peau de phoque dans la rue, et le marché aux poissons, où les pêcheurs viennent directement proposer leurs produits du jour, rappelle que nous sommes bien dans l’Arctique.

    Le Musée national groenlandais, incontournable et fascinant 

    Je commence par le Musée national groenlandais, qui est une pure merveille. Si vous voulez comprendre le Groenland, ne ratez pas cette visite. L’histoire de la colonisation (au sens large, depuis la nuit des temps) du Groenland me passionne. Pendant des millénaires, le Groenland a été une terre de passage, traversée par plusieurs vagues de migrations venant toujours du Nord-Ouest : les peuples arctiques arrivaient de la terre d’Ellesmere (Canada), en passant par l’étroit détroit de Narnes. Certains s’établissaient, d’autres repartaient, mais pendant plusieurs siècles, durant les intervalles entre deux vagues migratoires, le Groenland a été vierge de toute population humaine. Et ce qui me fascine, c’est d’imaginer que tous ces flux migratoires arrivaient du nord, pour s’établir dans la région qu’on nomme aujourd’hui Thulé (nom antique des confins septentrionaux du monde), au climat et à l’isolement extrêmes. Ils n’arrivaient pas du sud. Ces gens se déplaçaient sur la glace et la neige et suivaient les phoques dans une des régions les plus inhospitalières du globe. Les premiers arrivèrent vers 2500 avant notre ère, et appartenaient à ce qu’on appelle la culture « ASTT », Arctic Small Tool Tradition, ou paléo-eskimos. Puis ce furent les Dorset et les Saqqaq, toujours des cultures ASTT basées sur la chasse au phoque et l’utilisation d’outils en os. Les Saqqaq utilisaient des harpons pour chasser la baleine, et avaient un grand talent de confection, notamment de vêtements. Les Dorset avaient découvert l’usage de l’huile de phoque ou de baleine pour s’éclairer, dans des lampes en stéatite, pierre noire typique du Groenland. Les collections du musée présentent un nombre incroyable d’objets retrouvés lors des excavations archéologiques, et c’est si émouvant de voir se déployer la grande fresque de la culture arctique.

    Le moment décisif de l’histoire inuit, c’est l’apparition, autour de l’an 1000, de la culture dite de Thulé, qui surgit en Alaska et dans l’extrême orient russe. Le peuple de Thulé est technologiquement beaucoup plus avancé que les peuples de l’ASTT : il utilise le métal, et surtout, il a une grande maîtrise de la navigation avec deux types de bateau, l’umilaq (un grand bateau d’environ 9 mètres, utilisé pour chasser la baleine) et le kayak. Ces deux bateaux ont une armature faite soit de bois, probablement du bois flotté venu de Sibérie, soit d’os de baleine, et la coque est constituée de fourrures de phoques imperméables tendues et cousues ensemble de façon à être parfaitement étanches. Avec ces embarcations, les Inuits partent à la conquête des ressources marines.

    A gauche : kayaks et umilaqs. A droite : le costume national groenlandais, en perles et peau de phoque.

    Animiste, le peuple de Thulé confère une âme non seulement aux choses de la nature, mais aussi aux outils, aux objets. Il pense que la « sila », force, souffle ou esprit, habite toute chose. Il utilise de nombreuses amulettes, des poupées symbolisant la puissance de leur créateur, et des « tupilaks », objets magiques en os, instruments terribles de mort et de malédiction. Il enterre ses morts avec des outils, des amulettes et surtout des chaussures, les pieds bien au chaud symbolisant un bon voyage, dans de grandes tombes qui ressemblent à des maisons. Dans une salle noire effrayante, le musée expose des momies inuites du 14e siècle, aux visages desséchés par le climat sec de l’Arctique, entièrement vêtus de fourrures de phoque et entourés d’objets rituels.

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    Les momies du musée national groenlandais.

    Les gens de la culture de Thulé sont arrivés vers l’an 1200 au nord du Groenland, et sont peu à peu descendus le long des côtes sur l’ensemble de l’île. D’autres vagues sont arrivées du Canada à des moments ultérieurs, jusqu’au 19e siècle. Ce sont les ancêtres des Inuits groenlandais d’aujourd’hui – c’est cette culture-là, parfaitement adaptée aux conditions extrêmes, qui a su s’imposer en Arctique, du Groenland à la Sibérie en passant par le grand nord canadien. Ce qui permet aux Inuits de survivre à la rigueur de l’hiver, c’est notamment leur maîtrise de la fourrure. Etre capable de créer des embarcations maritimes en fourrure étanche, dans ces régions sans bois, a été décisif ; avoir un tel savoir-faire en matière de confection de vêtements leur permet de résister aux caprices du climat et aux petits âges glaciaires qui s’abattent sur le Groenland autour du XIIIe-XVe siècle, puis à la fin du XVIIIe. Les Vikings sont restés quelques siècles au sud du Groenland (toute une partie de l’exposition leur est consacrée), puis ils sont repartis, vaincus par le refroidissement et la rudesse du Groenland. Les Inuits sont restés. Ils étaient faits pour ces terres de glace.

    A partir du XVIIIe siècle, le Danemark a colonisé le Groenland. Comme partout où les peuples premiers ont subi la domination d’une puissance européenne, c’est une longue histoire ambiguë, un mélange de coopération et de ressentiment. Mais je suis frappée par la résistance de la culture inuite. Le Groenland, peuplé à 80% par des Inuits, est vraiment leur pays. C’est quelque chose de très fort et de très dépaysant à Nuuk : c’est la première fois que je découvre un pays où la culture première a su se maintenir, s’imposer, s’intégrer harmonieusement à la modernité. Même si Nuuk arbore au premier abord une allure scandinave, c’est bien la capitale des Groenlandais, et elle défend ses traditions.

    Chasse de subsistance et fourrure de phoque

    Pour moi qui suis végétarienne et très branchée « 30 millions d’amis », le Groenland est déconcertant. C’est un pays de chasseurs depuis toujours.

    La vie traditionnelle des Inuits, c’est la chasse, et notamment la chasse au phoque. Les hommes chassaient, en kayak, en umilaq, en traîneau, souvent seuls, les femmes préparaient la viande mais surtout les fourrures, les cousant, les traitant, confectionnant les vêtements. Un vêtement traditionnel inuit utilisait quatre à six phoques annelés pour la veste, vingt à vingt-cinq eiders pour l’intérieur de la veste (doublée en plume afin de permettre l’absorption de la sueur : la sueur qui gèle sur le corps par -30, c’est la mort assurée), un phoque annelé pour le pantalon, et enfin pour les chaussures (kamik) un jeune phoque, un caribou (ou un chien) pour la doublure intérieure, et un phoque barbu pour les semelles. On comprend mieux pourquoi la fourrure de phoque reste omniprésente dans la culture inuite.

    Encore aujourd’hui, si les habitants de Nuuk mènent une vie normale et font leurs courses au supermarché, les gens qui vivent dans les villages reculés (notamment sur la côte Est, complètement sauvage et isolée) pratiquent une chasse de subsistance, et se nourrissent essentiellement de protéines animales. Chassés pour leur viande, les phoques sont utilisés pour fabriquer bottes, sacs, manteaux, et je vois un grand nombre de femmes porter des bottes ou des manteaux en peau de phoque teinte.

    Les gens insistent sur la différence entre la chasse au phoque inuit, qui est toujours une chasse de subsistance où chaque animal sera mangé, et la chasse au phoque qui scandalise chaque année le monde entier au Canada (les bébés phoques fracassés avec un gourdin sur la banquise). Les Inuits disent chasser uniquement les adultes, pour leur viande et non pour leur fourrure. L’Union Européenne interdit d’ailleurs les imports de fourrure de phoque commerciale canadienne issue du massacre de bébés phoques, mais non la fourrure de phoque labellisée issue de la chasse inuite, qui jouit d’un statut d’exception.

    Louise, designeuse de Nuuk Couture, travaille la fourrure de phoque. Même si je ne me sentirais pas capable de les porter, surtout en dehors du Groenland, je dois bien admettre que ses créations sont très belles. Louise est infiniment fière, car elle a été choisie parmi les 8 designers stars à la première Indigenous Fashion Fair (festival de la mode indigène), qui se tiendra ce printemps au Canada. Elle m’explique que la mode indigène, mettant en valeur le savoir-faire des peuples originels, a le vent en poupe. On le constate en se promenant dans Nuuk, où les magasins et les tenues des gens, notamment des femmes, montrent un véritable souci de l’esthétisme identitaire. Je fais un petit tour des marques de Nuuk.

    Qiviut est une marque groenlandaise basée sur la laine et la peau de bœuf musqué, qui est en réalité une énorme chèvre poilue et brune, et non un bœuf. La boutique propose à la fois des pelotes de laine de bœuf musqué multicolores, des bonnets, des gants en laine, et des vêtements en peau de l’animal. Là encore, il s’agit d’une chasse de subsistance : les bœufs musqués, qui ne sont pas élevés mais qui vivent à l’état sauvage, sont chassés pour leur viande. Qiviut est associé à une chasseuse, Johanne Bech, qui fournit en viande son village de l’Est du Groenland. Qu’il s’agisse de phoque, de chèvre ou de baleine, dont les os sont utilisés pour créer des tupilaks (artisanat inuit), on nous précise toujours : « il ne sera jamais tué plus d’animaux que ce que nous pouvons manger ». Il y a quelques années, un chasseur avait défrayé la chronique en tuant un narval pour vendre sa corne à un riche collectionneur chinois. Le gouvernement groenlandais avait aussitôt réagi en interdisant la vente de corne de narval à toute personne n’étant pas résidente du Groenland – une loi toujours en vigueur. On sent combien le Groenland insiste sur le caractère traditionnel de la chasse, mais avec la mode actuelle de la fourrure, je me demande combien de temps ils sauront résister.

    Je craque pour les créations d’Isaksen, qui propose des tee-shirts inspirés du costume national groenlandais. Pas de fourrure ici, je repars donc avec un très beau tee-shirt reprenant les motifs inuits traditionnels. Je découvre aussi le travail de la designeuse Bibi Chemnitz, qui décline de différentes manières le drapeau groenlandais. J’avoue être moins convaincue par la marque Inuit, qui propose des survêtements avec des petits bonhommes inuits dessus. Mais à en juger par les tenues des jeunes, mes réserves ne sont pas partagées. De nombreux ados portent les vêtements d’Inuit, d’Inaksen, de Bibi Chemnitz – je suis marquée par ce double souci de modernité et de tradition.

    Design groenlandais : Qiviut, Isaksen, Great Greenland (avec des designs de Nuuk Couture).

    Bottes en peau de phoque.

    Artisanat du Groenland, en stéatite. Détail amusant : les pulls, eux, viennent d’Islande, et ne sont là que pour faire plaisir aux touristes.

    Au sommet de la piste de ski, voir la ville grandir

    Tous les peuples inuits du cercle arctique semblent suivre ce mouvement de réaffirmation de leur identité, et le Groenland, seule nation où les Inuits sont véritablement au pouvoir, en est le fer de lance. L’an dernier, Nuuk a accueilli les Arctic Winter Games, sorte de jeux olympiques de l’Arctique se tenant tous les deux ans dans un territoire membre. Nuuk est la seule ville groenlandaise à pouvoir accueillir les jeux, car elle est aussi la seule à compter un domaine skiable – ailleurs au Groenland, les montagnes ne sont accessibles qu’aux plus fortunés pratiquant l’héliski. A Nuuk, la piste surplombe la ville.

    La vue depuis le sommet de la station est sublime. Sermitsiaq, la montagne mythique, est sur ma droite, à gauche la ville, comme un jet de confettis multicolores dans le blanc. Et partout s’étale le fjord, immense, constellé d’îlots enneigés, démesuré.

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    Au dessus de Nuuk.

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    Nuuk grandit à toute vitesse, on le voit depuis le sommet, et on le voit partout dans les rues, où poussent grues et chantiers. La ville attire. Plus de quarante nationalités sont déjà représentées, des Indiens, des Australiens, des Norvégiens, en quête d’opportunités et de nouveauté radicale. La représentante de l’office du tourisme, Stine, est danoise. Elle me dit que le Danemark est victime du succès de son système scolaire, et que là-bas, tout le monde fait de longues études prestigieuses et se retrouve surqualifié dans un pays où la banalité des diplômes les a démonétisés et où le marché du travail est saturé. Tout le monde est bardé de titres inutiles et personne ne trouve du travail. Elle rêvait depuis longtemps du Groenland, pays neuf où tout était possible, mais c’est quand la banque dans laquelle travaille son fiancé lui a proposé une mutation à Nuuk que le couple a vu la possibilité de migrer. Stine a envoyé des CV à Nuuk, et décroché son job de rêve en moins d’une semaine. Elle pense passer sa vie ici, dans ce pays neuf et excitant. Nuuk ensorcelle. Je rencontre des tas de gens qui pensaient venir ici pour six mois, et qui y sont depuis dix ans.

    La ville a construit un nouveau quartier pour les nouveaux arrivants, à 5km du centre-ville : une jolie banlieue résidentielle, avec des immeubles multicolores. On a dégommé à la dynamite un morceau de fjord pour créer une route y conduisant, et aplatir le terrain. Mais déjà ce quartier est saturé, et les nouveaux habitants continuent d’affluer. Un autre quartier de ce genre est en projet, en allant plus loin dans le fjord, et en ressortant la dynamite. Ma guide m’emmène là où la route s’arrête. Des containers dressés en barrière marquent le bout du monde, la fin du chemin. Mais dans quelques années, la route continuera. On passera de l’autre côté du fjord, dans la baie suivante, et d’autres maisons multicolores feront face à la vieille ville.

    Au bout de la route. Nuuk s’arrête ici.

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    Nouveaux quartiers.

    Le port aussi s’est agrandi. Cet immense port commercial est le premier hub groenlandais. Les containers estampillés Royal Arctic acheminent ici les produits du monde entier. C’est aussi un port de pêche, dédié à l’exploitation des ressources immenses de la mer du Groenland. Enfin, le nouveau port permet de mieux accueillir les bateaux de croisière, qui se précipitent à Nuuk en été.

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    Le port de Nuuk.

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    Mon hôtel, Hans Egede, un 4 étoiles international confortable, projette d’ouvrir un second hôtel, plus axé sur les petits budgets. Le journal local célèbre des créations d’entreprise, de nouvelles succursales et filières : Nuuk se développe à toute vitesse, et attire les gens des vieux pays saturés qui rêvent de nouvelles aventures.

    Une journée sublime dans le fjord de Nuuk

    Cela restera un de mes plus beaux souvenirs non seulement du Groenland, mais de voyage tout court. Si vous venez à Nuuk, ne manquez pas d’explorer son fjord – c’est d’une beauté indescriptible.

    Je m’embarque avec la compagnie Tupilak Travel pour Kapisillit, village perdu au fond du fjord de Nuuk. Ce système de fjords gigantesque est profond de 160km – c’est le deuxième plus grand du monde, après le Scoresby Sund sur la côte Est du pays. Nuuk est située 24km à l’intérieur du fjord, et Kapisillit 80 km plus loin. Nous partons tôt le matin du port de Nuuk, et je suis vite surprise d’apprendre l’identité de notre capitaine : il s’agit de Jens B. Eriksen, ancien leader du parti Demokratiit, ancien ministre groenlandais du Logement, des Infrastructures et du Transport. C’est le mode de fonctionnement scandinave, où on est ministre quelques années, puis on redevient capitaine de bateau et emmène les touristes dans les fjords.

    Il me raconte que le Groenland a tout à gagner au réchauffement climatique. Nous nous plaisons à nous figurer le réchauffement sous la forme d’ours polaires esseulés sur la banquise, comme si le pôle nord en était la première victime. Mais cette culpabilisation est un subterfuge qui éloigne le danger de notre quotidien… et nous fait oublier que NOUS, habitants des villes littorales, sommes les premières victimes. « Le réchauffement climatique, c’est une manne pour le Groenland, une fabuleuse nouvelle. Mais pour New York, Los Angeles, les Pays-Bas, c’est autre chose. » Jens est convaincu de la nécessité de limiter le réchauffement, pour les générations futures. Mais comme il l’a expliqué au G20, ce n’est pas le Groenland qui va morfler. Au Groenland, la fonte dégage de nouvelles routes, permet de mieux ravitailler des villages isolés, de retrouver l’agriculture au sud du Groenland (ce qui n’avait pas été possible depuis le temps des vikings). Elle ouvre aussi le champ à l’exploitation minière. Actuellement, le Groenland n’a qu’une mine d’importance, des rubis, qui va arriver à épuisement. Mais d’autres gisements énormes attendent. Ils ne sont pas encore exploités car la glace empêche de travailler dix mois par an. La fenêtre d’exploitation est trop courte. Mais si elle venait à se rallonger… Tout le monde guette le réchauffement et les opportunités nouvelles.

    Nous nous enfonçons dans le deuxième plus grand fjord du monde. Je suis tellement fascinée que je reste dehors, à affronter le froid, scotchée par ce paysage de bout du monde qui condense tous mes fantasmes de Norvège, de Patagonie et de Svalbard. Les fjords. Ces baies cisaillées par des géants de glace dont nous ne pouvons imaginer l’envergure, et qui ont laissé, en reculant, les roches fracturées, dentelées comme des mâchoires, dressées comme des fourches vers le ciel gris. Certains reliefs sont tranchants comme des ciseaux, d’autres plus érodés, infiniment anciens – nous passons devant des roches datant de 3,8 millions d’années, parmi les plus vieilles du monde. Des murailles bleues et des cascades de glace se glissent parfois entre deux pics. On nous montre une roche particulièrement spectaculaire, qui aurait été le théâtre d’un combat sanglant entre un Inuit et un Viking, remporté par le premier (historiquement, absolument rien n’atteste la véracité de ce duel, mais la légende a du chien).

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    Quitter Nuuk et s’enfoncer dans le fjord

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    Pics acérés

    Un bleu fabuleux…

    Carte du gigantesque fjord de Nuuk.

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    Textures fabuleuses de l’eau et des montagnes.

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    Cascades de glace.

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    La plus belle excursion maritime de ma vie ? Une des plus belles en tout cas !

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    L’arrivée à Kapisillit, dont le nom signifie saumon, me fait franchir un nouveau degré dans la fascination. Nous sommes presque au fond du fjord de Nuuk, dans un hameau de cinquante habitants tout au plus. Le paysage est sublime : c’est une colonie sur glace, un hameau martien au cœur de l’immensité glacée. Des chalets d’été demeurent vides, car les Danois ne viennent qu’à la bonne saison, tandis les Inuits vivent là à l’année. Le bateau approvisionne Kapisillit une fois par semaine. (La guide Inuit, qui vient de l’Est du Groenland, ricane : « c’est rien du tout ça, chez nous le bateau ne vient pas pendant dix mois à cause la glace »). Les habitants vivent de chasse et de pêche. Je vois des pêcheurs dans le fjord bleuté, des poissons séchant devant les maisons, un corbeau mort suspendu pour effrayer ses congénères et de magnifiques lapins arctiques à la fourrure hivernale immaculée suspendus devant une maison, le regard vide. L’omniprésence de la chasse est consubstantielle à l’identité groenlandaise, mais toujours un peu dérangeante pour moi, Occidentale sensible que je suis.

    Dans l’église, que le prêtre de Nuuk vient occuper lors des grandes occasions, on trouve la Bible en danois et en groenlandais, et un superbe livre de messe destiné aux enfants, en groenlandais, qui transpose tout le mythe de la genèse et l’histoire de Jésus dans un décor arctique. On voit Marie au milieu des phoques, des baleines et des huskies. J’ai trop d’éducation pour voler quelque chose, surtout dans une église, mais j’aurais adoré pouvoir emporter ce livre.

    Au retour, le capitaine et quelques touristes s’arrêtent pour pêcher la morue. Les eaux sont incroyablement poissonneuses. Je repense à Jésus au milieu des morues et des saumons, entre hiver éternel et abondance rare. Quel étrange Eden glacé que le Groenland, quel cadeau bizarre que Dieu a fait aux hommes.

    A l’entrée du fjord.

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    Textures des glaces dans le fjord gelé.

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    Pêcheur dans le fjord.

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    Solitude sublime

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    Le hameau perdu.

    L’église.

    Info pratique : Jens, le capitaine, m’a dit que sa compagnie Tupilak Travel proposait deux types d’excursions en bateau à la journée. La virée vers le hameau de Kapisillit est disponible toute l’année, été comme hiver. L’été seulement, il propose également une excursion appelée « Icefjord », qui permet d’aller au fond du fjord à la rencontre du glacier et de naviguer au milieu des icebergs. Il paraît que c’est là aussi une excursion sublime, plébiscitée par les touristes en été.

    Au musée d’art de Nuuk

    Je visite le musée d’art de Nuuk avec sa directrice, Nivi Christensen. Nivi est une personnalité intéressante : elle vient de Tasiilaq, sur la mythique côte Est du Groenland, celle qui est isolée, perdue dans les glaces, peu peuplée. Ses deux parents sont eux aussi Groenlandais, elle est un pur produit des traditions de ce pays, mais elle est allée au lycée à Nuuk, puis à l’université à Copenhague, et est revenue au Groenland avec son mari danois pour reprendre en main ce musée après la mort de son fondateur. Elle me parle de l’indifférence sidérante du Danemark à l’égard du Groenland. Les enfants danois n’entendent jamais parler du Groenland à l’école, si ce n’est pour évoquer sa faune (phoques et baleines), la presse ne parle jamais du Groenland, si ce n’est une fois tous les quatre ans, lors des élections, lorsque la question de l’indépendance revient sur le tapis. Comme la plupart des Groenlandais cultivés, elle n’est pas favorable à l’indépendance, qu’elle pense dommageable au Groenland, mais comprend les racines viscérales, émotionnelles, de ce désir. La colonisation, les regroupements forcés, l’indifférence danoise, ont humilié les Groenlandais.

    Le musée, donc. Il propose deux sections principales, le Groenland vu par les voyageurs et le Groenland vu par les Groenlandais. Ce qui m’intéresse le plus, c’est le rapport étroit qu’entretient l’art groenlandais avec l’imprimerie. Avant la peinture, l’art groenlandais était centré sur la sculpture : on sculptait des Tupilaks en os de baleine, de la stéatite (« soap stone »), des jouets, des amulettes. Le passage à un art pictural a cherché à conserver cette affinité avec la sculpture, notamment en utilisant les objets sculptés comme tampons pour coucher une forme sur papier, et l’imprimerie a décuplé ce type de possibilités. Une exposition temporaire magnifique présente les travaux de l’école qui est considérée comme la source de l’art inuit moderne : l’atelier de Cape Dorset, sur l’île de Baffin, au Nunavut. Depuis les années 70, Cape Dorset associe des artistes traditionnels inuits à un processus de fabrication industrielle, en leur permettant de reproduire leurs œuvres picturales (issues de la tradition du tampon, de la surimpression, de l’application d’objets gravés) pour des tirages d’une qualité et d’une vivacité exceptionnelles. Ces œuvres, représentant de façon stylisée et habitée des baleines, des phoques, des hommes et des femmes, des symboles traditionnels, des hiboux, des chiens, sont absolument magnifiques. Je suis conquise par cette école. Nivi me dit que le fait d’exposer Cape Dorset ici permet aussi de renforcer la sensation d’une communauté inuite par-delà les frontières étatiques. Elle me dit que les Groenlandais ne savent en réalité presque rien des Inuits du Canada ou d’Alaska, alors que leurs cultures sont extrêmement proches – avec la fin des migrations via le détroit de Narnes à la fin du XIXe, le lien a été rompu. Aujourd’hui, des manifestations comme les Arctic Winter Games, qui rencontrent un succès populaire immense, et des expositions plus pointues, comme celles que propose le musée de Nuuk, tentent de resouder cette culture éparpillée. Nivi me raconte que les enfants groenlandais sont sidérés en voyant les œuvres de Cape Dorset, disent « c’est canadien ? mais c’est comme chez nous ».

    L’art groenlandais était avant tout celui de la sculpture. Les rues de Nuuk reprennent cette tradition avec de très nombreuses statues noires en stéatite.

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    Un musée lumineux et passionnant.

    Le travail de Cape Dorset au musée d’art de Nuuk.

    Le soir, je mange avec Nivi, Simon et Stine au restaurant gastronomique de mon hôtel Hans Egede, Sarfalik, considéré comme le meilleur de Nuuk (effectivement, ce repas sera inoubliable).

    Sarfalik

    Restaurant Sarfalik.

    Nous parlons de la culture inuite dans son ensemble, au Groenland, au Canada, en Alaska. Encore aujourd’hui, les populations inuites d’Amérique du Nord restent très affectées par l’exclusion, le chômage, l’alcoolisme, comme beaucoup de peuples premiers ayant subi de plein fouet la colonisation et une modernité subie. Les Groenlandais s’en sortent beaucoup, beaucoup mieux. Nivi ne cache pas que les années 60-70 ont été très difficiles. Le Danemark a choisi de déplacer les habitants des hameaux isolés vers les grandes villes, afin de leur garantir l’accès à l’électricité, à l’eau courante, etc. Une décision logique, approuvée par les Groenlandais eux-mêmes au parlement… mais sans consultation des « petites gens » qui les ont subies. Après les déplacements de population, les habitants des hameaux perdus, déboussolés en ville, arrachés à leur terre, découvrirent l’alcool. On vit alors des gens ivres morts évanouis dans la rue par -30 dans les rues de Nuuk. Le gouvernement groenlandais a réagi avec une politique extrêmement restrictive sur la vente d’alcool, encore plus sévère qu’au Danemark. Je l’ai vu moi-même pendant le week-end de Pâques : la vente d’alcool était totalement interdite, du vendredi matin au lundi soir, excepté de 10h à 12h le dimanche. Et les prix de l’alcool étaient absolument prohibitifs. Je n’ai pas vu une seule personne ivre pendant tout mon séjour au Groenland, ceci expliquant sans doute cela. J’ai vu le Groenland qui réussit – avec Nuuk surtout, la ville en croissance permanente, au taux de chômage de 0%, avec Ilulissat aussi, la première ville touristique groenlandaise. Nivi admet que la côte Est est plus compliquée – plus isolée, plus solitaire, elle subit davantage de chômage, et donc d’alcoolisme. Mais elle précise aussi : « Je viens de Tasiilaq, la ville qu’on cite toujours comme la pire du Groenland. Quand on parle de chômage et d’alcoolisme au Groenland, Tasiilaq est toujours mise en avant. Et je peux t’assurer que ce n’était pas si dramatique que ça. Tasiilaq est une ville magnifique et j’y suis très attachée. Il y a encore des problèmes, des progrès à faire. Mais je ne comprends pas que le monde ne parle pas plus du Groenland. Nous sommes l’exemple d’une société indigène qui réussit, qui va bien, qui a presque son propre pays, qui a su défendre sa langue et sa culture, qui conserve ses traditions, tout en s’étant ouvert à la modernité, au confort, à la consommation, à l’investissement. Le Groenland devrait être un modèle pour tous les peuples indigènes en quête de souveraineté politique et d’indépendance économique. » Elle formule très précisément ce que j’ai ressenti à Nuuk. Et rien que pour ça, cette ville mérite le détour.

    En bref : petit guide pour visiter Nuuk
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    Aller à Nuuk

    Vous pouvez partir de Copenhague avec Air Greenland toute l’année, ou de Reykjavik avec Air Greenland en été, avec Air Iceland Connect l’hiver. Les meilleurs tarifs sont proposés par Air Greenland au départ de Copenhague, avec des « packages » intéressants incluant vol + hôtel. A ce que j’ai observé, le prix est plus intéressant dans le package que si vous les prenez séparément.

    Dormir à Nuuk

    J’ai adoré mon hôtel, Hans Egede, un 4 étoiles aux standards internationaux et à la décoration nordique élégante. La situation est idéale, à deux pas de toutes les principales attractions de Nuuk, et le petit-déjeuner est extra. Ils ont une salle de sport, un très beau bar rooftop, le fabuleux restaurant gastronomique Sarfalik et un second restaurant plus abordable.
    A partir de 170 euros/nuit avec petit déjeuner.

    Hôtel Hans Egede.

    Si vous cherchez une option plus économique, l’hébergement le moins cher de Nuuk est Inuk Hostels, situé à 20 minutes à pied du cœur de ville, avec une vue superbe sur le fjord. Il s’agit de petits chalets avec salle de bain partagée, qui me semblent jolis. A partir de 87 euros en chambre double. Bien sûr, vous pouvez aussi jeter un coup d’oeil à  Air BnB.

    Que voir et que faire à Nuuk ?

    • Marcher dans le cœur historique, autour du Colonial Harbour et de l’église Hans Egede, savourer la beauté de la ville.
    • Faire absolument une excursion en bateau dans le fjord géant : soit Kapisillit, soit Icefjord, avec Tupilak Travel (le bureau est en face du centre culturel, le grand bâtiment avec la vague). En été, vous verrez des icebergs.
    • Visiter le Musée national groenlandais, passionnant, magnifique. L’entrée est gratuite.
    • Si vous avez plus de temps, continuer avec les autres musées : le musée local de Nuuk (à deux pas du musée national), le musée du tissage (en face du musée national), le musée d’art de Nuuk (quelques rues plus haut).
    • Aller écouter un concert et manger des tapas groenlandais au Cultural Center of Greenland.
    • Faire du shopping à Nuuk Center et dans les boutiques alentours, découvrir les designers groenlandais tels que Nuuk Couture, Inaksen (mon coup de cœur), Qiviut, Bibi Chemnitz ou Inuiit. Visiter les boutiques d’artisanat groenlandais avec tupilaks en os et sculptures en stéatite.
    • Monter au sommet de la station de ski, pour la vue sur la montagne Sermitsiaq et sur la ville. L’hiver, skier.
    • L’été, partir en randonnée pédestre dans le fjord ou vers le sommet de Sermitsiaq.
    • Partir à la pêche dans le fjord de Nuuk.
    • Pour les plus fortunés : une excursion en hélicoptère avec Tupilak Travel au coucher du soleil. La vue sur le fjord est paraît-il grandiose.

    Une application utile pour visiter Nuuk

    Téléchargez sur votre smartphone l’application Colourful Nuuk, proposée par l’office de tourisme de la ville. Elle vous tient au courant des évènements du moment, propose une carte de la ville disponible hors connexion (très important car vous n’avez pas le roaming avec un forfait européen au Groenland !) et un bon aperçu des activités disponibles.

    Ces quatre jours à Nuuk m’ont absolument émerveillée et j’ai très envie de revoir la ville en été, d’y emmener mes proches, bref, de retourner explorer la merveilleuse capitale groenlandaise. Je veux remercier chaleureusement mes partenaires de m’avoir permis de vivre ce voyage extraordinaire : Visit Greenland, Air Greenland et Colourful Nuuk. Merci à Stine, de l’office du tourisme, et à Nivi, du musée d’art de Nuuk, pour le temps qu’elles m’ont consacré. Ce furent de très belles rencontres.

    Je vais bien sûr continuer à vous raconter ce voyage au Groenland, avec Ilulissat et Kangerlussuaq. Inscrivez-vous à la newsletter pour suivre tout ça ?

    Découvrez la fabuleuse capitale du Groenland : Nuuk ! Colorée, culturelle, fabuleuse, Nuuk est l'incontournable d'un voyage au #Groenland.
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  • Les plus beaux glaciers et icebergs du monde

    Si vous aussi, vous rêvez d’admirer la dérive des icebergs, l’immensité de la banquise ou la pâleur mortelle des grands glaciers, cet article va vous rendre fou. Mettons cap sur les latitudes les plus extrêmes et les territoires les plus inhospitaliers, entrons dans le royaume de la glace éternelle, loin des terres des hommes. Au cœur du froid le plus mordant s’élève une beauté inhumaine. Le cœur humain bat plus fort face à l’immensité – nous partons explorer ce qui défie notre entendement. Douze blogueurs de voyage ont accepté d’évoquer leurs éblouissements glaciaires. La fascination de l’inouï les conduira du Svalbard à l’Islande, de l’Alaska à l’Antarctique en passant par la Patagonie, du Groenland aux Alpes européennes, en quête des plus beaux glaciers et icebergs du monde. Chaussez vos moon-boots, enfilez vos moufles, il va faire très froid. Où voir des icebergs ?

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Entrons dans le royaume des glaces.

    Les plus beaux glaciers de Scandinavie : Islande, Groenland, Svalbard
    plus beaux glaciers du monde – où voir des icebergs ? – voir des icebergs – aller au groenland

    Je ne peux pas m’empêcher d’attaquer cette série par l’objet de ma plus haute fascination, le grand nord scandinave. Il ne faut pas laisser les gamins lire compulsivement Thorgal, on se retrouve avec des filles qui rêvent d’épouser des vikings et de brandir le marteau magique dans la lueur des aurores boréales. Commençons en beauté avec la destination qui m’obsède en ce moment, le Groenland, ultime frontière des amoureux du nord, avant de partir en kayak au Svalbard, et de marcher sur un glacier islandais…

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Jökulsarlon.

    La capitale des icebergs, Ilulissat
    où voir des icebergs? – comment aller à ilulissat – glaciers ilulissat – avion pour ilulissat – baie de disko blog

    Betty raconte : « Il y a peu, j’ai eu l’occasion de me rendre sur la côte ouest du Groenland et j’ai été profondément marquée par l’un des endroits les plus beaux qu’il m’ait été donné de voir. Ilulissat, un village situé dans la baie de Disko qui signifie littéralement « capitale des icebergs » en langue locale, est connu pour son fameux fjord glacé, classé au patrimoine mondial de l’Unesco tant il est exceptionnel. Des icebergs monumentaux se détachent du glacier Sermeq Kujalleq, et mettent parfois plus d’un an pour sortir du fjord, qui est long de 60 kilomètres, avant d’errer dans la baie de Disko, jusqu’à disparaître. C’est lors de randonnées sur des chemins rêvés, et durant quelques trajets en bateau que j’ai eu l’occasion d’admirer au plus près ces géants de glace. Véritable paradis polaire glacé aux couleurs pastels, Ilulissat mérite merveilleusement bien sa renommée !

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Les icebergs d’Ilulissat, photos par Betty de Trip in Wild.

    Comment aller à Ilulissat : Bien que la côte ouest du Groenland soit la partie la plus accessible du pays, les villes et villages sont généralement isolés et il faut savoir qu’il n’existe aucune route qui les relie entre eux. Pour venir à Ilulissat, il faudra donc prendre l’avion depuis Nuuk la capitale, ou Kangerlussuaq. Bien qu’on voit déjà de très jolis icebergs depuis le village, je conseille grandement d’aller voir l’Icefjord, qui se situe à quelques minutes d’Ilulissat. Afin de pouvoir observer le fjord glacé, trois sentiers de randonnée ont été balisés et sont libres d’accès. « 

    Partez pour un trekking à Ilulissat sur le blog Trip in Wild.

    Et en hiver alors, c’est comment ?

    Escapade hivernale dans la baie de Disko, fjord d’Ilulissat
    Groenland en hiver – aller au groenland en hiver – sud ouest groenland – groenland via islande

    Amandine raconte : « Si le Groenland était un film, je l’appellerais « Cold Finger ».
    Si c’était  un dessert,  je l’appellerais « boule de glace meringuée et son île gelée flottante ».
    Si c’était une chanson, j’entonnerais sur le champs à tue-tête « Je m’en iraiiiii dormiiiiiir daaaans le paaaaraadiiiis blaaaaaannnnnccc » (oui je chante faux, et alors ?)
    Bref…. Ilulissat se situe dans la baie de Disko (non ce n’est pas l’endroit où John Travolta danse la fièvre du samedi soir…), au sud-ouest du Groenland : très photogénique pour ses innombrables icebergs, le fjord d’Ilulissat est classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2004.
    Les fragments de glace proviennent du vêlage du glacier Sermeq Kujalleq (faisant partie de l’Inlandsis) : il produit à lui seul modestement 10% des icebergs groenlandais… En effet, 20 millions de tonnes d’icebergs tombent quotidiennement dans la baie, soit l’équivalent des besoins en eau de la ville de New-York sur une année entière ! Ce glacier dérive aujourd’hui de 20 mètres par jour, conséquence directe du réchauffement climatique.

    La vue sur le fjord et ses magnifiques icebergs est tout simplement spectaculaire. Par -25 degrés pourtant, je n’ai pas pu m’empêcher de passer la majeure partie de mon temps dehors pour pouvoir admirer ces sculptures de glace (mes moufles s’en souviennent encoooore !!! Ah mince je rechante) et d’en saisir la beauté à chaque instant, avec chaque lumière… Les parties émergentes de l’iceberg ressemblent tantôt à des têtes de dragons, des tortues géantes, des chamallows flottants (comme pour les nuages, c’est l’imagination qui parle…), et la partie immergée apparaît dans un halo d’un bleu vif détonnant… Ce qui rend les paysages uniques, c’est qu’ils sont fragiles et éphémères, ceux que j’ai vus il y a presque deux ans maintenant n’existent plus qu’en photos, et ceux que vous découvrirez si vous y allez seront tout aussi beaux mais différents encore quelques mois ou années plus tard ! Le plaisir égoïste et l’illusion d’avoir des icebergs façonnés par le glacier rien que pour nous, c’est ce qui donne peut-être encore plus de saveur à ces moments…

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Ilulissat en hiver, photos par Amandine de La Lykorne Illettrée.

    Aller au Groenland via l’Islande : Ilulissat est accessible seulement en bateau ou en avion (ou en Lykorne magique) : si vous voulez découvrir de vos propres yeux les icebergs dans la baie de Disko, vous pouvez vous envoler de l’aéroport domestique de Reykjavik via Air Iceland. Une fois sur place, je vous conseille les randonnées qui longent le fjord d’Ilulissat (parcours jaune, rouge et bleu, le jaune étant le plus facile), elles vous permettront de profiter de la vue sur les immenses masses de glace (qui ressemblent au mur de Game of Thrones vu d’en haut)… Des excursions en bateaux sont organisées chaque jour et vous permettront de jouir des paysages au milieu des icebergs… Magique également…. »

    Retrouvez un fabuleux voyage à Ilulissat en hiver sur le blog La Lykorne Illettrée.

    Les fjords de Nuuk, au Groenland : Space Oddity 

    Alizée raconte : « Glacé. Stupéfiant. Irréel. De notre première rencontre avec eux, voilà les mots qui en ressortent. Mais comment décrire les émotions ressenties ce jour-là ? Ces émotions liées aux colosses des mers glacées.
    Ils sont là, paisibles, imposants, puissants. Le silence se mélange à ce bleu infini. Le nuancier s’étire du blanc étincelant du ciel au profondeurs noires de l’Océan. Tout semble s’accorder. L’harmonie parfaite. Rien ne vient entacher ce paysage. Que dire face à ces merveilles ?

    Tout semble inanimé autour de nous. Immobile. La mer est lisse. Elle laisse apparaître leurs reflets. Aucune ondulation ne vient perturber cette aquarelle. Un paysage lunaire se dessine autour de nous à mesure de notre avancée. Nuuk est maintenant loin. Nous nous enfonçons dans les fjords. Le calme nous berce, le vent glacial qui brûle nos visages nous emporte avec lui, près d’eux. On laisse nos regards divaguer, nos pensées s’envolent.
    Ne reste que l’instant présent. Un instant entre eux, et nous.

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Nuuk au Groenland, photo par Alizée du blog Nineteen Pa.

    Explorer les fjords de Nuuk : Pour plus d’infos sur les expéditions dans les fjords de Nuuk, consultez Tupilak Travel. Vous y retrouvez des infos sur les expéditions dans les fjords mais aussi toutes les autres activités possibles autour de Nuuk. Le tour qui a été réalisé a duré quatre heures, pour une centaine d’euros. Sur le bateau, comptez maximum 12 personnes (il y a en tout quatre bateaux). Réservation directement disponible à l’office du tourisme de Nuuk, qui se situe au centre-ville. »

    Partez explorer Nuuk au Groenland sur le blog Nineteen Pa.

    La lagune de Jökulsárlón en Islande : la bouche du rêve

    C’est là que pour moi tout a commencé. Quand j’avais dix ans, mes parents m’ont emmenée en Islande pour la première fois (je vous avais montré mon carnet de voyage islandais d’enfant). Ce jour-là, j’ai su que le virus scandinave me poursuivrait toute ma vie. Même si je suis une vraie sudiste. Même si je hurle à l’âge de glace quand le thermomètre descend sous 7 degrés, même si j’hésite à sacrifier mon mariage pour pouvoir dormir en chaussettes de ski. Mon imagination ne s’embarrasse pas de tels détails textiles et bondit gaiement dans les étendues glacées, fait du trampoline sur les icebergs et gambade avec les Walkyries.
    Puisque je n’ai pas encore vu le Groenland et le Svalbard, qui pourraient peut-être la détrôner, la lagune de Jökulsárlón est à ce jour le plus bel endroit du grand nord à mes yeux, l’incarnation du mythe. Je l’ai revue en 2016 et l’émotion était intacte. Imaginez un immense glacier recouvrant la moitié de l’Islande, le Vatnajökull, qui vient buter en muraille de glace sur l’océan glacial arctique, et recrache ses icebergs à la dérive dans les vagues noires. C’est d’une beauté à pleurer – ou à monter sur un drakkar.

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    La plus célèbre lagune glaciaire du monde, Jökulsarlon.

    Aller à Jökulsárlón : C’est l’endroit où les icebergs sont les plus accessibles pour nous Européens. Aujourd’hui, le voyage en Islande s’est démocratisé et l’île est devenu très (trop ?) touristique. Avec IcelandAir, vous trouverez des vols directs depuis Paris, avec WowAir depuis Lyon. Il vous faudra ensuite louer une voiture et rouler en direction du sud pour atteindre la lagune. C’est une route sublime et facile (un 4×4 n’est pas nécessaire), jonchée de cascades spectaculaires et passant par la belle plage de sable noir de Vik – en ligne directe depuis Reykjavik, cela durerait quatre heures, mais la beauté est telle que je vous conseille de faire ce trajet en plusieurs jours, et d’en profiter le plus possible. Le Sud de l’Islande est fabuleux.
    Une fois à Jökulsárlón, vous pouvez découvrir le glacier soit tout simplement à pied, soit par bateau-camion amphibie, soit casser votre tirelire pour emprunter un bateau rapide qui mène jusqu’au fond de la lagune. C’est ce que nous avons fait, et nous ne l’avons pas regretté. J’ai eu la sensation d’être plongée dans l’univers de Game of Thrones.

    Mais l’Islande réserve encore bien d’autres glaciers…

    De glace et de feu : le glacier Sólheimajökull, en Islande

    Eloïse raconte : « Des glaciers en Islande, il y en a des tonnes ! Ils sont tous plus impressionnants les uns que les autres. Mais je dois avouer que j’ai eu un petit faible pour Sólheimajökull.

    La cendre volcanique qui le recouvre le rend très graphique. Le noir de la cendre et la transparence de la glace forment un contraste des plus photogéniques. Ce n’est pas le premier que nous ayons vu, cela faisait un petit moment que nous étions dans le sud et même si l’on y voit beaucoup de glaciers, chaque rencontre est unique et mémorable. Ils sont tous différents alors il ne faut pas hésiter à aller les observer (en aucun cas il ne faut s’aventurer seul sur un glacier sans équipement, c’est très dangereux). En tout cas je ne regrette pas cette découverte, le Sólheimajökull est juste magnifique, et unique ! Le glacier le plus noir que nous ayons vu !

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Solheimajokull, par Eloïse du blog L’oeil d’Eos.

    Aller au Sólheimajökull : Il fait en plus partie des glaciers les plus accessibles du sud de l’Islande. Il suffit de prendre l’embranchement de la route 221 depuis la route circulaire lorsque l’on se rend vers Vik. Une fois sur le parking du Arcanium Café Glacier vous n’aurez que 800 mètres à faire pour arriver au glacier et admirer ses formes singulières. »

    Partez à la rencontre des glaciers islandais sur le blog L’œil d’Eos.

    Encore plus d’aventure scandinave, encore plus extrême ? J’ai ce qu’il vous faut, du kayak en autonomie au pays des ours polaires, au milieu des glaciers…

    Kayak au royaume des ours : l’aventure Svalbard

    Marion raconte : « En 2014, j’ai effectué mon premier voyage vers les Terres Froides : j’ai découvert l’Islande, et j’ai été émerveillée par ces paysages de feu et de glace. Un an plus tard, je réitérais l’expérience, plus haut, plus au nord encore. Le Svalbard, surnommé à juste titre Royaume des Ours par Philip Pullman, est un archipel perdu au milieu de l’Océan Arctique, au-dessus de la Norvège, au-delà du cercle polaire. Une terre faite de pierres et de glaces, un Arctique désertique, où aucun arbre ne pousse. À perte de vue, des collines de roches grises, brunes et ocres, surplombant l’infinité de l’océan. Et parmi ces falaises sans vie, le bleu hypnotisant des glaciers meurtriers.

    Le premier que nous rencontrons est le Nordenskiöldbreen, long de vingt-cinq kilomètres pour onze kilomètres de large. Les phoques et les fulmars nous tiennent compagnie et rendent encore plus exceptionnel le spectacle qui se déroule sous nos yeux. Nous avons peine à croire que des gens se sont un jour installés ici, sous la menace d’un géant instable et colérique.

    Un peu plus au sud de l’Isfjorden, tout au bout du Tempelfjorden, règne le glacier Tunabreen. À peine moins long que son voisin, sa beauté ensorcelle. Il fut notre voisin pendant deux jours : une immensité de bleu, et des murmures dans le vent… Comme si, de ces grondements déchirants, le glacier nous appelait à lui. Nous avons essayé de le rejoindre, guidés par une colonie de bélougas : en kayak d’abord, puis par la voie terrestre, en vain. C’est ainsi que dans une ultime tentative, nous nous sommes jetés à l’eau. Nous avons nagé dans l’océan arctique, parmi les méduses et les icebergs, au pied d’un glacier spectaculaire de vingt-trois kilomètres de long. Je crois que c’est aujourd’hui ma plus belle expérience avec le Froid.

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Kayak au Svalbard, photos par Marion du blog La faute au graph.

    Aller faire du kayak au Svalbard : Pour des soucis de praticité, nous avons choisi de passer par une agence pour nous rendre au Svalbard : un séjour de douze jours, dont dix jours d’itinérance en kayak autour de l’Isfjord, proposé par 66° Nord. Nous avons apprécié l’autonomie et le système de voyage participatif : tout le monde aide, tout le monde travaille. Contrairement à ce que l’expression « voyage organisé » laisse penser, cela n’a pas été un voyage de tout repos. Mais les souvenirs d’une expérience hors du commun valent bien toutes les courbatures du monde ! »

    Retrouvez les glaciers du Svalbard sur le blog La Faute au Graph.

    Après nous êtres approchés au plus près du Pôle Nord, pourquoi ne pas mettre cap à l’extrême sud, là où ondulent les aurores australes ?

    Glaciers et icebergs du grand sud : Patagonie, Terre de feu et Antarctique
    plus beaux glaciers de l’hémisphère sud – aurores australes – blog icebergs

    C’est le parfait symétrique de mes rêveries scandinaves : le pays des pingouins et du bout du monde, d’Ushuaia à l’Antarctique…

    Le Perito moreno, plein les yeux en Patagonie
    aller au perito moreno – glaciers patagonie – plus beaux glaciers du monde

    Laura et Sébastien racontent :  « Quel voyageur sur les routes d’Amérique latine n’a jamais eu envie de découvrir ce colosse de glace, cette légende givrée ? Le Perito moreno est sans nul doute un des incontournables lors d’un voyage dans cette région du monde. Nous n’avons pas dérogé à la règle d’aller lui faire un petit coucou pour voir si sa réputation était méritée. En arrivant en bus déjà, le paysage est grandiose et met en appétit. Avant de le rencontrer, nous devons emprunter une passerelle en bois. Fébriles, nous prenons notre temps pour savourer encore plus l’instant. Soudain, il se dévoile et la magie opère illico. Nous sommes transis de froid autant que d’amour, le coup de foudre est immédiat. Nous scrutons les moindres nuances de bleu, les interstices, les reliefs de cette merveille. Cette beauté froide est aussi vivante, le perito moreno se déplace lentement. Les craquements et les fracas de la glace nous le confirment. Malgré le froid, nous avons continué à l’observer, à guetter les signes de rupture de la glace, à regarder son horizon se fondre avec le ciel, à nous en brûler la rétine.

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Le Perito Moreno, photos par Laura et Seb du blog Les Globe Blogueurs.

    Aller admirer le Perito moreno : « Si vous aussi, vous voulez vivre cette expérience, rien de plus simple. Rendez-vous à El Calafate en Argentine. De là, il y a des navettes qui partent tous les jours. Les horaires sont disponibles à la gare routière. Différentes excursions sont aussi proposées en ville et incluent d’autres activités pour appréhender le glacier telles que des balades en bateaux ou des randonnées sur le glacier. De quoi le voir sous toutes les coutures.

    Partez pour le Perito Moreno en Patagonie avec les Globe Blogueurs.

    Rendez vous en Terre de feu
    Croisière terre de feu – glaciers terre de feu – tierra del fuego blog – allée des glaciers

    Marion raconte : « La terre de feu ou « Tierra del Fuego « , un nom donné par les premiers navigateurs venus explorer cette zone en raison des petits feux de bois aperçus au loin et dispersés ici et là. Aujourd’hui la terre de feu est un archipel quasiment vierge, encore loin d’avoir été totalement exploité, divisé entre l’Argentine et le Chili, et seulement habité par de gigantesques glaciers, une flore endémique préservée et une faune protégée (albatros, lions de mer, pingouins, condors). Je vous laisse imaginer l’excitation et les émotions qui vous envahissent lorsque vous savez que l’heure est proche, que vous allez vous sentir seule au monde, face à cette nature vierge et immense. On a le sentiment de perdre nos repères, on s’interroge, on se questionne, on sourit et on hurle de joie. Ce n’est qu’une fois dans notre cabine avec cette immense vue sur l’océan que nous réalisons la chance que nous avons d’être ici et de vivre un rêve !

    Faire une croisière en Terre de feu : C’est donc à bord de l’Australis, un bateau de croisière à taille humaine que nous avons découvert pendant quatre jours la Patagonie Chilienne. Le lieu étant reculé et difficile d’accès, vous n’avez pas d’autres choix. L’itinéraire est précis, sous forme d’une boucle et commence soit par Punta Arenas soit par Ushuaia, la ville du bout du monde… L’organisation à bord est parfaite : les excursions se font en petit groupe dans de gros zodiaques, les repas sont copieux et raffinés, l’exigence est au rendez-vous. Ici, on prend le temps de se ressourcer et d’admirer depuis les coursives et du pont arrière, la variété des paysages qui s’offrent à nous : des glaciers bleutés, des mers aux couleurs émeraudes, des plaines aux reflets orangées, Il n’y a aucun stress, juste du temps pour soi et son chéri.

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Croisière en Terre de feu, par Marion du blog Mademoiselle voyage.

    Lors d’une croisière, il peut s’en passer des choses car vous êtes totalement dépendant de Mère Nature. Vous ne pouvez rien prévoir et vous croisez souvent les doigts. Nous avons eu quelques rayons de soleil qui ont transpercé ces glaciers et qui ont laissé apparaitre ce bleu dans les crevasses mais nous avons également eu, un ciel gris qui nous a donné l’impression de faire des photos en noir et blanc, une tempête de neige lorsque nous marchions près d’un glacier, des vagues agitées et déchainées qui ne nous auront pas permis de débarquer sur l’île du Cap Horn, ce nom mythique et mystérieux à la fois. La Terre de Feu est unique et se mérite alors chers aventuriers, soyez prêts pour cette aventure hors du commun. »

    Retrouvez une fabuleuse croisière en Terre de feu sur le blog Mademoiselle Voyage.

    Au plus loin du monde : croisière en Antarctique

    Lucie raconte : « 25 décembre 2013. Sans doute le jour de Noël le plus fou et le plus marquant de ma vie. Je viens déjà de passer plusieurs jours en Antarctique, à la découverte de ses icebergs, de ses paysages surréels et de sa faune abondante. Le soleil brille plus haut que jamais, perçant sans difficulté à travers le trou de la couche d’ozone. Un vent froid balaye la poudreuse lorsque nous mettons pied à terre à Neko Harbour. Au-dessus de moi, j’aperçois les petits points jaunes, formés par les manteaux des passagers de notre expédition, sur une corniche, très haut, très loin au-dessus de moi. Je me décourage presque à la vue de la difficulté de cette randonnée, mais vaille que vaille, je prends mon courage à deux mains et me lance sur la piste formée par les passagers précédents. La montée est rude, je tombe maintes fois dans la poudreuse, mais cette marche est plus facile que ce que j’imaginais au premier abord. J’arrive enfin en haut, sur la corniche et contemple l’un des plus beaux paysages que j’ai pu voir de ma vie. L’Antarctique est faite de glace, de neige, d’icebergs et de terres noires, presque à s’ennuyer de la monotonie de paysages blancs et noirs. Mais à Neko Harbour, cette falaise de glace est remarquable et unique. Sous le soleil chaud de décembre, les reflets bleus de la glace tombent à pic dans une eau bleu turquoise. Plus haut, la fonte des glaces a formé un coeur, comme un hommage à la beauté de la Terre et du continent blanc. Depuis les hauteurs du glacier, on aperçoit l’horizon et l’immensité du continent, le tout petit navire sur lequel nous sommes arrivés et le parhélie autour du soleil, un phénomène si rare. Je m’assois au bord du précipice, pour contempler le paysage à mes pieds. J’en pleurerais presque devant la beauté immaculée, fragile et spectaculaire de ce paysage. Un bloc de glace tombe dans la mer sous nos yeux éberlués ! Nous bronzons un peu sous le soleil de l’Antarctique, avant de redescendre vers notre navire et vers la réalité. Joyeux Noël !

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Croisière en Antarctique, photos par Lucie du blog Voyages et vagabondages.

    Une croisière en Antarctique : J’ai eu la chance de voir Neko Harbour et ses glaciers à perte de vue lors d’une croisière en Antarctique de dix jours, partant et revenant depuis Ushuaia en Patagonie Argentine. Le continent blanc est changeant et il n’y a aucune garantie de voir exactement le même paysage que j’ai vu, mais tous ces glaciers et icebergs sont fascinants et il y a toujours de magnifiques paysages à découvrir, année après année. »

    Pour en savoir plus sur l’Antarctique, ses glaciers et comment préparer votre voyage en Antarctique, c’est sur le blog Voyages et Vagabondages.

    Remontons maintenant tout le long de la côte pacifique, dans le grand nord américain…

    Into the Wild : les glaciers d’Alaska

    Zoë raconte : « Notre road trip en Alaska fut rempli de découvertes toutes plus extraordinaires les unes que les autres, et pour la première fois dans un de nos voyages nous avions enfin la chance de nous approcher des glaciers, que ce soit en bateau, en hélicoptère ou par la route tout simplement.

    C’est le cas du glacier Matanuska, qui est soudainement apparu devant nos yeux ébahis alors que nous roulions à la recherche d’un endroit où dormir avec notre camping car. Ce monstre de glace est le plus grand glacier des Etats-Unis à être accessible depuis la route, avec ses 39 kilomètres de longueur et 6,4 kilomètres de largeur le glacier est encore actif est avance de trente centimètres chaque jour.

    Arriver à la première heure de la journée (et un jour férié !) n’a pas forcément été du goût du propriétaire de l’accès privé qui mène au glacier. C’était sans compter mon charme ravageur et mes plus beaux yeux doux, et après négociation nous avons finalement eu la chance de pouvoir accéder au glacier pour notre plus grand bonheur. Le silence le plus total, la brume qui se faufile sur les forêts entourant le glacier, le bruit de la neige sous nos pas, nous étions seuls avec le Matanuska.

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Glaciers d’Alaska, photos par Zoë du blog Few miles away.

    Aller admirer le Matanuska en Alaska : Le glacier Matanuska a la particularité d’être un des glaciers les plus faciles à explorer en Amérique du Nord. Pour cela il suffit de prendre la route et de suivre Glenn Highway direction nord-est au départ d’Anchorage. Après deux heures de voiture, vous le verrez sur des kilomètres avant d’atteindre le parc d’État de Matanuska Glacier (au kilomètre 102). C’est un parc privé qui offre le seul point d’accès au glacier (entre mars et octobre) pour la modique somme de $30,  il faudra payer un peu plus si vous voulez une visite guidée ou escalader le glacier. Une fois que vous avez payé votre droit d’entrée, vous pouvez conduire sur un petit chemin jusqu’au glacier.

    Retrouvez un merveilleux road trip en Alaska sur le blog Few Miles Away.

    L’Antarctique, l’Alaska, tout cela est si loin… et chez nous, alors ? Heureusement pour les amoureux des glaciers, nous avons les Alpes…

    Les glaciers des Alpes, en France, en Suisse et en Autriche

    Vous connaissez mon amour pour les Alpes, et l’état mystique dans lequel elles savent me plonger. C’est notre infini polaire à portée de mains, là où la glace tutoie les cimes…

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    L’Aiguille du midi et son glacier, à Chamonix.

    Chamonix, le paradis des glaciers

    Mon paradis glaciaire en France, c’est Chamonix-Mont Blanc, véritable nid aux monstres glacés. Pas moins de six langues glaciaires sont visibles depuis la vallée de Chamonix, sans même parler des glaciers suspendus aux cimes de l’Aiguille du midi. La superstar, c’est bien évidemment notre Mer de glace, le plus grand glacier français, qui a su fasciner toute l’intelligentsia européenne depuis les années 1800, et ouvrir la voie à la fascination du froid en Europe. Chamonix, c’est plus qu’une station, c’est un mythe, une plongée enivrante dans l’imaginaire des poètes et des artistes. Les fidèles lecteurs de ce blog savent que j’en ai déjà souvent parlé, aussi me contenterais-je de vous renvoyer à mes articles sur Chamonix en hiver  et sur les randos estivales autour des glaciers de Chamonix .

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Chamonix Mont Blanc, la plus grande concentration glaciaire en France.

    Mais il est temps de découvrir un autre glacier français…

    Le glacier blanc, dans le parc national des Ecrins

    Lauriane raconte : « Lors de ma première escapade au Glacier Blanc dans le Massif des écrins, j’ai tout de suite aimé le coin paisible. Dès l’arrivée, le Pré de Madame Carle et la forêt de mélèzes m’apaisent. Si vous avez de la chance, vous pourrez même entendre le sifflement des marmottes en arrivant tôt. A ma première venue, je n’ai pas pu effectuer la randonnée jusqu’au bout, mais la seconde fois fut la bonne ! La randonnée qui mène au Glacier Blanc commence au Pré de Madame Carle, puis très vite, ça ne fait que monter, encore et encore jusqu’à une descente qui mène au pied du Glacier Blanc, majestueux. Sur le chemin, nous croisons quelques marmottes et je suis aux anges, mais surtout des magnifiques paysages, une vue sur le Glacier Noir (glacier recouvert de sable) et sur les montagnes environnantes à couper le souffle.

    Et parlons-en de souffle coupé ! A la deuxième partie de la randonnée jusqu’au refuge du Glacier Blanc, on commence à prendre de l’altitude, l’ascension se corse un peu, mais le passage au Lac Tuckett est magnifique. Les marmottes sont encore nombreuses, et on aperçoit de plus en plus les chocards, sorte de merles, et enfin nous arrivons au refuge du glacier blanc, où tous les randonneurs qui prévoient de marcher sur le glacier passent en général la nuit, pour partir aux aurores. En discutant avec les gens sur place, je me sens transportée par l’ambiance qui règne. Quand j’habitais en Auvergne, j’ai souvent rencontré des randonneurs (j’ai même été amoureuse de l’un d’entre eux…), et j’ai toujours admirer la façon dont chacun se dépassait, cet amour de la montagne, ces expériences vécues… Là-haut, je me suis promis de revenir au Glacier Blanc y dormir et faire moi aussi partie de ces gens qui marchent sur le Glacier Blanc… La suite en 2018 !

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Le glacier blanc, photos par Lauriane du blog Un pied dans les nuages.

    Comment accéder au Glacier Blanc ? Mieux vaut venir en voiture au Glacier Blanc, en vous garant au pré de Madame Carle en rejoignant Vallouise, Pelvoux puis Ailefroide. En été, il est possible de prendre un bus depuis l’Argentière la Bessée jusqu’au Pré de Madame Carle. »

    Pour préparer votre randonnée au Glacier Blanc, c’est sur le blog Un pied dans les nuages.

    Saviez-vous que la Mer de glace avait une grande sœur suisse, le glacier d’Aletsch ?

    Aletsch, le plus grand glacier d’Europe

    Audrey raconte : « Le glacier d’Aletsch nous donne le privilège immense de côtoyer une force de la nature telle qu’on en voit peu en Europe. C’est un géant, le plus grand glacier des Alpes, du haut de ses 128 km². C’est pourtant un colosse apprivoisé, facile d’accès aux randonneurs du dimanche qui rêvent de toucher du doigt l’héroïsme de Balmat et Paccard, l’ivresse des cimes. Niché entrée la vallée du Rhône et le massif de la Jungfrau en plein cœur du Valais suisse, il s’offre aux randonneurs de tout niveau par deux petites montées en télécabines depuis Mörel. Rien ne laisse deviner sa présence jusqu’au débarquement de la télécabine de Moosfluh, à 2300 mètres d’altitude, au sommet du monde.

    Et puis c’est l’émotion sublime et terrible, le chavirement face à ce glacier émouvant à fond de vallée, diminué par le changement climatique, qu’on aurait envie de caresser comme un bon gros géant qui sommeille paisiblement. Mais à s’y frotter de plus près après une petite heure de descente sur un sentier facile, il nous pétrifie de son souffle glacé et rappelle par quelques grincements bien sentis que les crevasses sont vivantes et que ce n’est pas là un endroit pour les profanes. On ne peut garder un silence religieux en le contemplant, minuscules devant cette langue gelée. Mieux vaut ne pas le sous-estimer, ce glacier assoupi qui a creusé les montagnes, et se contenter finalement de l’observer de loin, pour prendre la pleine mesure de la beauté des Alpes. »

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Aletsch, Suisse, photos par Audrey du blog Arpenter le chemin.

    Pour une randonnée sur le glacier d’Aletsch, c’est sur le blog Arpenter le chemin.

    Partons maintenant pour une république alpine que j’adore explorer, l’Autriche.

    La grotte glaciaire d’Hintertux, et sa rivière souterraine

    Hintertux est un domaine skiable prisé des Autrichiens : à 3250 mètres, au sommet du glacier, l’enneigement est constant, et les paysages grandioses. Je l’ai d’abord découvert pour la qualité de sa neige et ses fêtes « après-ski » bien arrosées dont les Autrichiens ont le secret, avec musique kitsch boum boum, odeur horrible de chaussettes et convivialité authentique. Mais Hintertux avait un secret presque surnaturel : une grotte glaciaire traversée par une rivière souterraine, épargnée par la glaciation en raison de la force de son flux, et qui coule au milieu de murailles de glace à dix mètres sous terre… Je me serais crue dans la gueule d’un monstre. C’est une de mes plus belles expériences alpines à ce jour.

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Glacier d’Hintertux et sa rivière souterraine.

    Visiter la grotte glaciaire d’Hintertux : Il vous faudra monter en télécabine tout au sommet du glacier, à 3250m, puis acheter votre ticket pour la grotte de glace. Les visites guidées ont lieu tout l’après-midi en saison. Attention, il ne faut pas être claustrophobe : il s’agit d’entrer sous terre, au cœur d’un univers de glace, dans des boyaux sombres et étroits où la lumière du jour ne pénètre pas… Plus d’infos sur le glacier d’Hintertux.

    Les glaciers de Sölden en Autriche

    Amélie raconte : « Au cœur du Tyrol autrichien nous avons découvert un peu par hasard les glaciers de Sölden. On a emprunté la Panoramic glacier road pour accéder aux glaciers de Rettenbach et de Tiefenbach, puis deux télécabines. Le silence en haut de ces géants de glace est maître. Au même niveau que le vertige et le vent glacial qui se faufile dans les moindres failles de tissu. Mais il y a de ces moments magiques où finalement les douleurs du corps ne nous touchent plus. Seul l’esprit persiste pour essayer tant bien que mal de communier avec cette nature époustouflante. On observe timidement les failles qui nous impressionnent autant qu’elles nous terrorisent. Nous sommes à l’affût du moindre petit bruit qui viendrait perturber ce silence roi. Comme ces craquements et ces quelques pierres qui tombent. Les éclaircies qui changent toutes les secondes et mettent un lumière un nouveau décor, à chaque fois. Une peinture impressionniste. Je ne m’en lasse pas. Je ne m’en lasserai jamais. La nature n’a pas besoin d’artifice, de se cacher, de s’adapter aux modes. On la prend, on l’accepte comme elle se présente. L’Autriche est une belle destination nature à deux pas de chez nous, et les glaciers du Tyrol, mon plus beau souvenir ».

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Glaciers de Sölden, Autriche, par Amélie du blog Hello la roux.

    Retrouvez une randonnée glaciaire à Sölden sur le blog Hello la Roux.

    L’avenir des glaciers au temps de la fonte des glaces

    Les glaciers sont-ils condamnés à disparaître sous l’influence du réchauffement climatique ? Ceux des Alpes, probablement, hélas : il se peut qu’ils aient tous fondu d’ici 2050. L’Arctique fond aussi, ouvrant de nouvelles voies maritimes dans le grand nord, et des conflits géopolitiques pour le contrôle des routes et des ressources entre Norvège, Russie, Danemark et USA… Le monde change, le réchauffement est une réalité que nous ne pourrons sans doute pas endiguer, quand bien même nous cesserions toute émission de CO2 aujourd’hui. Mon cœur d’amoureuse des immensités glaciaires saigne à l’idée de la disparition des continents blancs, mais peut-être faut-il aller au-delà de la lamentation.
    J’ai été marquée par ce que j’ai lu au Glaciorium de Chamonix, et au musée des glaciers du Grossglockner en Autriche. Ils racontent tous deux que – bien que l’influence humaine sur le climat soit indéniable, et la lutte contre la pollution, une absolue nécessité – la Terre a connu des ères glaciaires et des ères chaudes depuis des dizaines de milliers d’années. Il y a trente mille ans, les glaciers alpins allaient jusqu’aux portes de Lyon, et la France était un territoire nordique gelé. Une période chaude a suivi, permettant le développement de la culture humaine : Lascaux a été peinte il y a dix-huit mille ans durant une ère plus douce. Puis il y a treize mille ans, une nouvelle glaciation a décimé la mégafaune européenne, des mammouths aux tigres à dents de sabre. Le Moyen-Âge fut une période exceptionnellement chaude : si les Vikings ont pu s’installer en Islande et au Groenland, dont le nom signifie « terre verte », c’est parce que les glaces avaient considérablement reculé. C’est cette ère chaude qui a permis la navigation arctique. Le XVIIIe siècle a connu un nouveau petit âge glaciaire, durant lequel les glaciers alpins ont considérablement grandi – à cette époque, Chamonix était véritablement tenue dans les mâchoires de la Mer de glace. Nous sommes aujourd’hui en phase de réchauffement accéléré, c’est indéniable. Mais de nombreux scientifiques estiment que de nouveaux âges glaciaires viendront… dans trente mille ans peut-être, la France sera de nouveau glaciaire. Nous ne serons pas là pour le voir, mais les dégâts que nous causons à la Terre ne peuvent malgré tout pas suspendre ses cycles naturels.
    Le réchauffement climatique, qui sera un drame pour les habitants des îles pacifiques sans relief, sera peut-être une chance pour d’autres territoires aujourd’hui pris dans les glaces, comme la Sibérie. Notre planète va changer de visage, et peut-être pas seulement pour le pire. J’espère juste qu’il restera encore quelques glaciers pour les ours, les phoques et les rêveurs…

    Fonte des glaces.
    Chamonix.

    Les plus beaux glaciers du monde : la liste continue…

    J’ai bien conscience du caractère non exhaustif de ma liste. Il manque notamment le glacier Franz Josef et le glacier Tasman en Nouvelle Zélande, ceux du Mont Elbrouz en Russie, les glaciers de l’Himalaya, la route des Glaciers et le glacier Columbia au Canada… qui sait, peut-être y aura-t-il une partie deux ?
    Merci de tout cœur à tous les blogueurs qui ont participé à cet article qui me tenait à cœur – merci pour vos récits et vos images superbes.

    Glaciers de Chamonix.
    Textures des glaciers. Ce qu’on voit sur la première photo, ce sont les bandes de Forbes, causées par les déformations de la glace sous le poids du glacier qui avance, et qui s’ajoutent d’année en année, indiquant l’âge du glacier, à la manière des cernes des arbres.

    Je vous réserve dans un prochain article à paraître bientôt un autre glacier autrichien mythique, que j’ai choisi de ne pas dévoiler déjà ici…
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    Les plus beaux glaciers et icebergs du monde : Islande, Groenland, Patagonie, Svalbard, Antarctique, Alpes... #icebergs #glaciers #islande #antarctique #groenland #patagonie #alpes #voyage
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