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Auteur/autrice : Itinera Magica

  • Coup de foudre pour Gérardmer et les Vosges en été

    Connaissez-vous les Vosges ? Connaissez-vous les eaux limpides du lac de Gérardmer, les sapins de la forêt vosgienne, les chamois du Hohneck et les perles secrètes de la Vologne ? Cet été, nous avons découvert avec bonheur ce massif que nous connaissions si mal, et qui nous a émerveillées par ses atmosphères de forêt profonde et de contes de fées à la Grimm.
    Nous avons passé quatre jours dans la région de Gérardmer, dans les Hautes Vosges, au cœur du massif. Moi qui suis folle des sommets acérés des Alpes, je ne pensais pas avoir un tel coup de cœur pour ce pays de moyenne montagne aux reliefs tendres et aux étangs paisibles. Mais notre séjour dans les Vosges a été un véritable enchantement et j’ai été subjuguée non seulement par la beauté poétique de ce massif, mais aussi par la qualité des adresses et des activités proposées. Les Vosges sont lyriques, secrètes, un dédale de perles méconnues et de repaires romantiques, où les « brimbelles » violettes des collines vertes se mêlent au bleu horizon des lacs, où on cultive le luxe et la romance, où on se ressource dans les bois profonds et pratique mille activités outdoor réjouissantes.
    Venez, partons explorer ensemble le magnifique massif des Vosges ! Que vivre, que voir, que faire dans les Vosges, voici mon programme pour un séjour idyllique à Gérardmer et alentours.

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    Le merveilleux lac de Gérardmer
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    Rencontre inoubliable avec les chamois du Hohneck
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    Les Vosges, terre d’aventures outdoor : VTT entre lacs, collines et myrtilles
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    Ambiance forestière et des tonnes d’activités estivales à Gérardmer
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    Les Vosges regorgent de belles adresses romantiques. Ici le Manoir au Lac, avec vue sur le lac de Gérardmer
    Que faire autour de Gérardmer dans les Vosges en été
    Le pont des fées

    J’ai réalisé ce reportage en duo avec mon amie photographe Marion Carcel alias Foehn Photographie. Ensemble, nous formons un binôme de blogueuses, photographes et créatrices de contenu passionnées de montagne sous le nom d’Itinera Favonia. Les photos de cet article sont son œuvre.

    Marion et moi en ombres chinoises au jardin alpin de Berchigranges

    La magie du lac de Gérardmer

    Ce qui est merveilleux dans les Hautes-Vosges, c’est l’omniprésence des lacs, sombres et accueillants à la fois, d’un bleu profond, ouverts comme l’œil d’un géant au cœur des bois. Au lever du jour dans l’heure bleue, les Vosges sont énigmatiques et mystérieuses comme une histoire tirée d’un vieux grimoire. En plein soleil, elles sont éclatantes de joie et de dolce vita.
    Notre découverte commence par le magnifique lac de Gérardmer, cœur radieux d’un tourisme plein de douceur au charme rétro : on se balade en bateau électrique sur les eaux propres et fraîches en jouant à la croisière s’amuse, et sur les rives, on retrouve de beaux hôtels et des restaurants fleuris, avec un charme qui évoque subtilement la belle époque.


    Tout au long de notre reportage, nous avons tourné autour de ce lac, coeur battant du pays de Gérardmer, et nous avons adoré son atmosphère, ses pentes boisées, ses reflets, ses lumières et ses ombres profondes. Marion s’est régalée à le photographier à toutes heures du jour (et de l’aube… un matin, le réveil a sonné à 4h pour vivre un lever de soleil sur le lac !), et les qualités esthétiques de ce lac sont exceptionnelles : avec les pentes douces et boisées qui semblent précipiter les sapins dans son miroir sombre, il a des airs de petit Canada, de bout du monde, et je rêve de le revoir dans les couleurs flamboyantes de l’automne.

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    Intensité poétique du lac de Gérardmer

    Un tour en bateau électrique sur le lac de Gérardmer

    Lac de formation glaciaire, abreuvé par de nombreuses sources descendant des montagnes, le beau lac de Gérardmer bénéficie d’eaux d’une grande pureté, classées eau de baignade de première qualité. Afin de préserver leur propreté, on ne trouvera pas d’engins à moteur sur le lac, mais des voiles, des pédalos et des bateaux électriques. Chez le loueur l’Etoile, Marion et moi récupérons un chouette petit bateau ultra maniable et pratique, flanqué d’un drapeau de pirate, pour partir à l’abordage vers les pentes boisées. Un moment de pure détente au soleil, une vraie échappée belle pour marins d’eau douce et assoiffés d’oxygène verte.

    Deux belles adresses sur le lac de Gérardmer

    Le lac de Gérardmer est un aimant. Difficile d’imaginer vivre les Vosges sans passer une nuit sur ses rives, sans savourer la beauté paisible de ce lac dans lequel tant de sapins se reflètent, la profondeur transparente et limpide de ses eaux d’un bleu sombre… et l’élégance des belles adresses sur ses rives. En voici deux qui m’ont marquée.

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    Le Manoir au Lac, un beau 4* à Gérardmer

    Une nuit au Manoir au Lac. Pour y parvenir, il faudra prendre les chemins de traverses, une rue escarpée qui tourne en épingle en deçà de la route principale et vous mène sur les hauteurs, en surplomb dans un jardin calme au dessus du lac. Au coucher de soleil, la vue sur le lac de Gérardmer depuis la terrasse est digne d’un vieux film, où on imagine des aristos en redingote tomber amoureux de jeunes filles en crinoline. Ce que j’ai préféré ? Sa piscine extraordinaire, véritable balcon bleu et bois sur les eaux claires, un havre de paix avec une vue d’exception. Dans notre belle suite lumineuse, ce 4 étoiles au charme intemporel cultivait un style très XVIIIe, avec tableaux à la Fragonard et bibelots choisis avec goût. Clarté, lumière, une kitchenette, un salon élégant et une literie confortable : nous étions merveilleusement bien au Manoir.

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    Le Lido de Gérardmer, la dolce vita vosgienne

    Au bout du lac, sur une plage paisible, le Lido de Gérardmer a des airs de crique exotique : nous sommes tout au fond, loin de tout, dans une délicieuse ambiance belle époque et surtout, avec un menu absolument exquis. Tout était somptueux, le gaspacho maison, la burrata ensoleillée, le risotto aux morilles, le dessert tout chocolat piqué de fraises fraîches – un repas fabuleux dont on se souviendra, une ambiance vénitienne délicieuse au cœur des Vosges.

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    Dans le cœur de ville de Gérardmer, à deux pas du lac, sans vue sur lui mais dans un cadre cosy et charmant, deux autres adresses ont retenu toute notre attention.

    La Petite Sophie, bistrot chic au cœur de Gérardmer

    Ce restaurant bistronomique est le « petit frère » des Jardins de Sophie, sublime hôtel 4* à Xonrupt-Longemer dont je ne manquerai pas de vous parler dans cet article. Au cœur de Gérardmer, le resto à l’effigie d’un petit faon cultive une ambiance boudoir, brocante chic d’un charme fou, et la cuisine est absolument délicieuse. Rillette d’omble chevalier, risotto d’épeautre, déclinaison abricot ou chocolat, on se régale dans ce bistrot chic et raffiné. C’était le grand coup de cœur de Marion.

    Le bistrot de la Perle, une tonnelle à Gérardmer

    C’est un petit jardin intérieur charmant au cœur de Gérardmer, où vous déjeunerez sous les tonnelles dans une jolie cour. Produits locaux, moules frites, excellents woks, grandes salades, ici on mange une cuisine simple, abordable (menus à 20 euros), fraîche et servie avec le sourire. Une bonne adresse simple et efficace.

    Que faire autour de Gérardmer ?

    Activités outdoor, jardins et perles secrètes. Quittons maintenant les rives du lac et montons vers les hauteurs…

    Le jardin alpin de Berchigranges

    Bienvenue dans un jardin enchanté… Le jardin de Berchigranges, niché à 650m d’altitude dans les Hautes Vosges, est un merveilleux jardin secret où les fleurs sauvages se mêlent aux fleurs d’horticulture, où les fontaines et les sources bruissent parmi les massifs un peu bohèmes et où les belles des montagnes sont à l’honneur : les fleurs des sommets du globe ont fait la renommée de ce beau jardin poétique. Il fait partie des jardins alpins et nordiques d’Europe, qui se sont spécialisés dans les fleurs du froid. Cela fait 35 ans que Monique et Thierry cultivent avec passion leur petit paradis féerique, où la déambulation labyrinthique prend des airs oniriques à la Alice au pays des Merveilles, entre art, nature et rêve bleu


    Quelques lieux marquants dans ce site délicieux :

    Le bleu est la couleur fétiche des propriétaires, et la fleur phare du jardin de Berchigranges, c’est le beau pavot de l’Himalaya, sorte de coquelicot bleu du Népal et du Tibet, pour qui les botanistes ont risqué leur vie au début du 20e siècle afin de récupérer quelques graines. Comme l’edelweiss, elle fait partie des plantes mythiques de montagne.

    Le jardin de mousse : vous découvrez ici un site unique en Europe. Pour trouver un équivalent, il vous faudra aller au Japon. Dix ans de travail ont été nécessaires pour créer ce tapis de mousse elfique, qui met à l’honneur la diversité botanique des Vosges où cohabitent 200 espèces de mousses.

    Que faire autour de Gérardmer, dans les Vosges ? Jardin alpin de berchigranges


    Les labyrinthes, cascades, étangs et jets donnent un charme fou au jardin… Sachez que le jardin de Berchigranges vous invite aussi à la visite par temps de pluie : le « jardin de pluie » est planté d’espèces qui révèlent tout leur charme sous l’averse quand l’eau rebondit au creux de leurs feuilles…

    Que faire autour de Gérardmer, dans les Vosges ? Jardin alpin de berchigranges


    La cabane de lecture, véritable maison (bleue) de hobbit où vous avez le droit de rester des heures à lire romans, poésie et traités de botanique. Une parenthèse de douceur, un vrai coup de cœur pour Marion et moi.

    Sachez que Monique et Thierry ouvrent bientôt un gîte au cœur du jardin – à suivre…

    Le domaine du Haut Jardin, luxe incroyable et romantisme pur dans les Vosges

    Attention, hébergement incroyable… Le domaine du Haut Jardin est un des plus fous que Marion et moi ayons eu la chance de découvrir, une merveille d’ultra luxe qui garantit aux amoureux un séjour absolument inoubliable. Au cœur des Vosges, au dessus du lac de Gérardmer, le Domaine du Haut Jardin est un hôtel-spa romantique dédié aux couples souhaitant passer un moment exceptionnel. Les équipements sont privatifs, et non collectifs : chaque chalet bénéficie de ses propres installations, et ces équipements exclusifs déploient un luxe infini.

    Notre chalet, le Secret, était absolument renversant, avec un jacuzzi gigantesque à l’extérieur, une baignoire en forme de cœur qui prenait 20 minutes à être intégralement remplie, un hammam tout carrelé de mosaïques, une cheminée-poêle pour les soirées cosy d’hiver… le tout complètement privé et secret, strictement réservé à notre seul usage et caché par de hautes palissades qui garantissent une totale intimité ! Autant dire que c’est l’adresse idéale pour une demande en mariage ou une lune de miel… Marion et moi avons vécu une « lune de miel entre copines », à barboter dans notre immense jacuzzi multicolore, et savourer le luxe inouï de ces aménagements.

    N’oublions pas le dîner ! La table gastronomique du Haut Jardin est un délice absolu. Le chef Luc Masson et son épouse rivalisent de créativité et de finesse, mais dans une grande fidélité aux produits du territoire vosgien : asperges, silure, sureau, perche, ortie, cerfeuil, rhubarbe, fraises, fleurs comestibles enchantent nos papilles. Un festival de raffinement et de saveurs fines et fraîches !

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    Ici on cultive secret d’une vraie belle cuisine, à qui on souhaite une étoile au Michelin…
    Si vous avez une occasion très spéciale à fêter en amoureux, retenez cette adresse exceptionnelle. Le caractère privatif des équipements a un coût, et la nuit est assez onéreuse, mais vous aurez la sensation d’être parti au bout du monde, au cœur des Vosges…

    Aventures outdoor à Gérardmer

    Saviez-vous que la station de ski de Gérardmer avait également un versant estival, qui déploie une foule d’activités outdoor originales et insolites ? Les activités d’été à la station de Gérardmer, c’est une explosion de sensations sportives…

    Activités outdoor sportives dans les Vosges : que faire à Gérardmer
    VTT et fat bike dans les sublimes paysages des Vosges : énormes coups de coeur pour moi

    Immersion dans la forêt vosgienne en trottinette tout terrain

    C’est une belle aventure à vivre à Gérardmer : partir en trottinette tout terrain avec Pierre, notre guide accompagnateur, à la rencontre de ces forêts mythiques qui couvrent 55 à 60% du territoire vosgien – nous sommes dans un massif résolument boisé, c’est là le cœur de son identité.

    Vous vivrez une chouette virée à trottinette à assistance électrique, qui est stable, maniable, accessible, et vraiment fun.

    Mais c’est aussi une vraie immersion intime dans la vie des arbres.
    Guide amoureux de ses arbres et versé dans leurs secrets, Pierre nous apprend à faire la différence entre une forêt à renouvellement naturel, pleine de feuillus comme les hêtres et les ormes, fouillis et embroussaillées, et un simple champ d’arbres, plus uniforme et moins riche, où on plante des épicéas bien rangés pour la sylviculture.

    Pierre nous parle des traditions des Vosges, où les fermiers ne se regroupent pas en hameaux comme dans les Alpes, mais restent isolés, dans un habitat dispersé où chacun vit des quelques hectares de prairie qui entourent sa ferme. Ici on nomme les flocons de neige « fleurs de patience », car elles signifient le début de la longue vie hivernale. Ici pendant les mois froids, les femmes filaient le lin et le chanvre depuis des générations, et l’industrie textile naît de cet artisanat domestique.

    Saviez vous qu’une marche en forêt fait baisser significativement le taux de cortisol, l’hormone du stress ? Alors imaginez en trottinette… le cortisol doit être écrabouillé sous les grosses roues ! On a beaucoup aimé cette sortie à la fois ludique et instructive, et j’ai trouvé la forêt vosgienne profondément belle. Je me suis vraiment laissée séduire par ce massif profond et paisible comme un livre d’images, où chaque sapin trace une histoire tout en murmures et de bruissements…

    Activités outdoor sportives dans les Vosges : que faire à Gérardmer

    Le fat bike à assistance électrique

    C’est mon activité outdoor préférée de tout ce séjour à Gérardmer (avec le VTT – passion cycles !) : je me suis vraiment, vraiment éclatée en fat bike avec notre super moniteur Laurent ! Le fat bike à assistance électrique, c’est comme un VTT avec d’énormes pneus qui font office de suspension et qui offrent énormément de stabilité à la descente. On a l’impression d’être sur une Harley, mais où on peut pédaler. Facile de se prendre pour un biker avec ce monstre – fabuleusement fun, un vrai coup de cœur ! J’ai tellement aimé que j’ai voulu m’en acheter un, mais il se trouve que la merveille vaut 5000 euros neuf.

    Activités outdoor sportives dans les Vosges : que faire à Gérardmer
    Activités outdoor sportives dans les Vosges : que faire à Gérardmer

    Je vous conseille donc d’aller faire un petit week-end vosgien et de vous éclater sur le domaine, d’autant que l’activité se pratique aussi en hiver et que je rêve de tester cela sur la neige !

    Le tir à l’arc à Gérardmer

    Vous rêviez d’être Legolas, Robin des Bois ou Guillaume Tell ? Venez tester votre adresse et votre précision au tir à l’arc ! C’est le coup de cœur de Marion. Laurent initie depuis l’an 2000 les apprentis Diane chasseresses à Gérardmer, et on s’amuse très très vite. Activité de précision et de concentration, le tir à l’arc « vide la tête », comme une séance de yoga. Et c’est super fun de comparer ses cibles… qui mettra en plein dans le mille ?

    Le disc golf


    Une activité familiale à découvrir ensemble : le disc golf, sorte de parcours de golf mais avec un Frisbee, sur un parcours où le but est de mettre des paniers en aussi peu de coups que possible ! Calculer les trajectoires est très drôle, et le cadre superbe : la station surplombe le lac de Gérardmer. C’est la société Disc’over Vosges qui propose cette activité facile et accessible à tous.


    Le swincar ou araignée, buggy tout terrain

    On continue avec la série des trucs délirants qui roulent ? Voici la palme de l’activité la plus insolite de Gérardmer ! Je vous présente le swincar, dit aussi l’araignée : un buggy électrique tout terrain dont les axes des roues sont totalement autonomes, ce qui lui permet d’aller partout, de se déplacer sur tout type de relief, et de foncer dans la montagne comme un rider déchaîné !
    Pour la petite histoire, le swincar a été conçu et fabriqué 100% en France à deux pas de chez moi, à Allan dans la Drôme, mais il a fallu que j’aille dans les Vosges à Gérardmer pour tester.

    Activités outdoor sportives dans les Vosges : que faire à Gérardmer


    Marion et moi avons adoré cette virée infernale et tellement fun avec Lionel jusqu’au sommet de la station de Gérardmer, avec une vue sublime à 360 degrés sur le lac et les montagnes avoisinantes et des sensations vraiment pleines de fun et d’adrénaline. C’est facile, accessible et ultra ludique ! On s’est régalées, et le tout sans bruit de moteur ni odeur d’essence. Une belle expérience outdoor qui change de l’ordinaire !

    Activités outdoor sportives dans les Vosges : que faire à Gérardmer

    Si vous cherchez d’autres idées originales d’expériences à vivre en altitude, regardez l’article sur mes insolites de montagne préférés à vivre hiver comme été sur les sommets – le plein de séjours décalés !

    Les perles de la Vologne

    Pour se reposer après tant d’adrénaline, je vous propose un site d’une infinie poésie au cœur des Vosges, à deux pas de Gérardmer. Les perles de la Vologne, ce sont les curiosités géologiques et humaines qui se dessinent sur cette jolie rivière de montagne. Au saut des cuves, la Vologne se jette en cascade dans un cadre féerique. A deux pas, le pont des fées vous donnera envie de vous prendre pour une sylve ou un elfe des bois…

    Pierres anciennes, jeux de lumière et ronronnement de l’eau, un cadre exceptionnel. Que la montagne est belle, et que les Vosges sont douces !

    Vosges, terre textile : l’usine Garnier Thiebaut, fleuron vosgien

    Autrefois dans les fermes isolées des Vosges, les femmes passaient l’hiver à tisser le lin et le chanvre, créant une solide tradition artisanale. Les Vosges ont toujours été une terre textile historique. Mais c’est au XIXe siècle que commence l’industrialisation qui les propulsera sur le devant de la scène, et fera d’elles un des bastions de la production textile française.
    C’est en 1833 qu’est fondée l’usine Garnier-Thiebaut, une des plus anciennes de France à être toujours en activité, forte d’une riche tradition de famille et de passion.
    Aujourd’hui, Garnier-Thiebaut, c’est une entreprise florissante et innovante, spécialisée dans le linge de maison de haute qualité, 100% vosgienne, qui emploie une centaine de personnes à proximité de Gérardmer.

    L’ancrage vosgien de Garnier-Thiebaut est indubitable, et plusieurs labels exigeants en attestent – celui d’entreprise du patrimoine vivant, et celui de « Vosges Terre Textile », qui certifie l’implantation locale de cette entreprise où 75% des étapes de la confection et transformation sont réalisées en France, ici même. De la conception des patrons par ordinateur au tissage lui-même, où le bruit infernal des machines contraste avec la précision de la disposition des fils et la finesse des motifs tissés, tout se passe ici. Nous sommes profondément séduites par la beauté des teintes, par la délicatesse des dessins, par la créativité des collections, et Marion et moi ferons des cadeaux à nos proches dans la jolie boutique adjacente à l’usine.

    Une belle découverte au cœur du patrimoine industriel, humain et artisanal vosgien !

    Un bain de bonheur et de forêt : l’hôtel spa Les Jardins de Sophie

    J’ai été stupéfaite par l’exceptionnelle qualité des spas que nous avons découvert dans les Vosges – une profusion qui m’a rappelé les spas d’Allemagne, d’Alsace et d’Autriche, grandes terres de spas devant l’éternel. La proximité géographique de ces pays de bulles et d’eau chaude contribue sans doute à la richesse de l’offre vosgienne ! J’ai eu un vrai coup de cœur pour Les Jardins de Sophie, qui correspondent à tout ce que j’adorais à l’époque où je vivais à Munich et recherchais la douceur des forêts et des montagnes pour des week-ends d’évasion spa en pleine nature. J’ai eu l’impression de revenir à l’époque bénie de mes années germaniques !

    Au cœur de la forêt vosgienne, dans un écrin de sapins et de silence, le somptueux spa des Jardins de Sophie à Xonrupt-Longemer (oui, ce nom de village est extraordinaire) est un havre de paix boisé et douillet.
    J’ai eu un immense coup de foudre pour cette immense piscine chaude et lumineuse, cette omniprésence du bois, ces espaces de repos ouverts sur la forêt et ces troncs noueux qui encadrent le jacuzzi – une bulle de bonheur sylvestre au cœur du massif des Vosges. Sortie du sauna brûlant, j’enfilais mon peignoir blanc et allais marcher pieds nus dans l’herbe verte, les yeux dans les sapins, la lumière du soir peignant leurs cimes. Vous savez combien j’aime les spas, et celui-ci est un chef d’œuvre à la conception parfaite, qui donne l’illusion d’une grande naturalité.

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    Les jardins de Sophie, c’est un hôtel ultra cosy et douillet à l’ambiance alsacienne (ah, l’excellent kouglof au petit dej !), mais aussi un restaurant gastronomique. Il était fermé le soir de notre visite, ce qui nous a permis une joie découverte dans le cœur de ville de Gérardmer : la « petite sœur  » des jardins de Sophie, le bistronomique la Petite Sophie, où nous avons merveilleusement bien mangé – je vous en parlais plus haut. Détail attachant : l’emblème des Jardins de Sophie est un cerf, celui de la Petite Sophie… un faon.

    Au cœur des Ballons des Vosges, une sublime sortie VTT

    Cela restera une des plus belles visions de mon été : pédaler au milieu des myrtilles sur les crêtes des Vosges, au-dessus des lacs de Longemer et de Retournemer, avec une sensation d’évasion et de liberté totale.
    Gérardmer est une des portes d’accès à l’un des plus grands parcs de France, le parc naturel régional des Ballons des Vosges, qui se tient à cheval sur la Lorraine, l’Alsace et la Franche-Comté et offre des paysages d’une beauté exceptionnelle.

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    Accompagnées de Bruno, directeur de l’office du tourisme des Hautes-Vosges, Marion et moi quittons les Jardins de Sophie et partons dans les bois pour une sublime sortie à VTT au cœur du massif, entre lacs, forêts et crêtes. Le VTT, c’est le bonheur absolu, la liberté, la magie de la montagne en été, et ces sentiers étaient d’une beauté inouïe.

    Nous sommes au cœur du massif des Vosges, d’abord dans la douceur d’une forêt touffue, puis libérées au grand air des crêtes sur des sentiers couverts de « brimbelles » (le nom vosgien des myrtilles). A 1100m, sur cette estive qu’on nomme le Haut-Gazon, nous pédalons avec un panorama majestueux au-dessus des lacs de Longemer et de Retournemer.

    Nous irons ensuite franchir le mythique col de la Schlucht, qui fut la frontière franco-allemande de 1870 à 1914. Dans un océan de crêtes bleutées à perte de vue, la mythique « ligne bleue des Vosges » dont Ferry parlait avec tant de mélancolie, nous irons saluer le sommet du Hohneck, les vues somptueuses sur la plaine d’Alsace et la forêt noire allemande… Cette sortie était magique. Je suis tombée amoureuse de ces paysages vosgiens cousus de lacs au milieu des sapins, de ces lignes de crêtes bleues comme les myrtilles, de cette nature douce et hospitalière.

    Une vraie belle aventure, à refaire en automne avec les couleurs flamboyantes de ces forêts peuplées d’ormes, de hêtres et de charmes nichés au milieu des sapins…

    Les chamois du Hohneck

    Il est 4h30 du matin quand le réveil sonne. Marion et moi avons enchaîné les grosses journées, nous sommes cassées et le réveil est dur. Mais même au radar, nous n’hésitons pas : valise fermée, blouson enfilé, en voiture et direction le sommet du Hohneck.

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    Nous avons eu souvent la chance de rencontrer des bouquetins dans nos Alpes. Mais nos rencontres avec les chamois sont beaucoup plus furtives. Un jour dans le Vercors, je suis tombée sur un troupeau de douze, mais ils ont détalé avant même que je puisse les photographier. On nous a dit qu’au Hohneck, un des points culminants des Ballons des Vosges, les chamois se donnaient rendez-vous au lever de soleil et qu’ils n’avaient pas peur de nous. Cet animal, hélas chassé, est d’ordinaire très craintif. Mais au Hohneck, ils sont en paix.

    chamois hohneck


    Dans la lumière du matin, nous découvrons notre ami du jour, un magnifique mâle chamois dont les cornes griffent l’incendie du ciel et qui broute les prairies des estives. Il n’a pas peur de nous et s’approche tranquillement pour grignoter les fleurs, tandis que nous le regardons émerveillées. Un moment de grâce inoubliable.

    Merci, les Vosges, pour ce cadeau longtemps espéré…

    Merci à l’office de tourisme de Gérardmer, et tout particulièrement à Valérie, aux Hautes Vosges, et à tous les prestataires partenaires, pour ce séjour inoubliable qui a su convaincre deux inconditionnelles des Alpes de la pure splendeur vosgienne.

  • La Routo, un GR au cœur du pastoralisme en Provence

    La Routo ? C’est un nouvel itinéraire de grande randonnée, le GR69, qui suit les chemins ancestraux de la transhumance depuis les plaines de la Crau jusqu’aux Alpes italiennes. Sur 520 kilomètres, d’Arles à Cuneo, le marcheur met ses pas dans les pas des bergers qui « faisaient la route » avec leurs moutons blancs par milliers. Les montagnes vivent des hommes qui les arpentent, et les paysages de la Haute Provence ont été dessinés par le sillon patient des bergers et de leurs bêtes franchissant les cols en quête de pâturages plus amènes.

    Ce nouvel itinéraire de grande randonnée plonge donc au cœur d’une des plus anciennes traditions alpines : la transhumance. Pays de pastoralisme, les Alpes du Sud voient depuis des siècles les troupeaux monter l’été sur les verts pâturages d’altitude. Dans les cabanes d’alpage, les bergers et leurs chiens veillent sur les troupeaux qui broutent l’herbe grasse des estives. Le GR69, la Routo, propose de suivre les traces des brebis, franchissant les crêtes à la recherche des prairies.
    Cet été, nous avons emprunté sur deux jours une très belle portion de la Routo dans les Alpes de Haute Provence, ce qui fut l’occasion d’un voyage historique, culturel et patrimonial à la rencontre de cette civilisation pastorale qui a sculpté la Haute Provence. Une randonnée sur la Routo avec un bivouac au Pic de Bernardez, des rencontres avec des bergers autour de Colmars-les-Alpes et de Seyne-les-Alpes, tel fut notre beau programme d’immersion dans l’univers de la Routo.

    Jean Marc Isoard, berger à la cabane des Mulets
    Moutons en transhumance au-dessus de Colmars-les-Alpes
    Coucher de soleil en bivouac sur le GR69, au pic de Bernardez

    J’ai réalisé ce reportage en duo avec mon amie photographe Marion Carcel alias Foehn Photographie. La majorité des photos de cet article sont les siennes.

    Marion et moi en bivouac au pied du pic de Bernardez
    Marion photographiant le coucher de soleil sur le GR69

    La Provence, terre de pastoralisme

    Jean Giono écrivait :

    « Quand les mystères sont très malins, ils se cachent dans la lumière. La Provence dissimule ses mystères derrière leur évidence. »

    Il y a en Provence cette évidence de la lumière, de la minéralité, de la beauté – terre de roches blanches et de soleil qui abonde, promesse éternelle du midi. Mais la Provence, en vérité, est une construction patiente, le travail long et acharné de ces paysans, ces bergers, ces hommes et ces femmes qui ont construit ce pays en usant leurs sabots et ceux de leurs troupeaux.

    La cabane des Mulets au-dessus de Seyne-les-Alpes
    Cairn sur la Routo

    Dans ce pays d’eau rare et de terres arides, le paysan guette les meilleurs pâturages pour y mener son troupeau, et il a besoin de ces deux mondes qui se complètent : la plaine douce et amène, où les bêtes passeront l’hiver, mais que l’été grille, et la montagne, hostile l’hiver, mais terre de vertes et grasses prairies quand l’été brûle les basses altitudes. Pendant des siècles, les paysans de Provence ont cheminé avec leurs bêtes, les menant sur les hauteurs pour la saison estivale, les ramenant en plaine quand l’automne souffle son haleine froide sur les cimes. C’est ce qu’on nomme la transhumance, ce mouvement des troupeaux, deux fois par an, qui a scandé les saisons durant des siècles en Provence.

    Transhumance

    Je laisse la parole à la spécialiste du pastoralisme Sandrine Krikorian, que j’avais interviewée pour mon livre « Provence, Les sillons du soleil » et que j’avais rencontrée dans la plaine de la Crau, là où commence la Routo.

    « Nous sommes ici dans la Crau. C’est une plaine immense d’herbe sèche, une steppe européenne présentant une végétation qui n’existe nulle part ailleurs. Les auteurs anciens la décrivaient comme un désert, avec son paysage monotone à perte de vue, mais ce fut pendant des siècles une des régions agricoles les plus emblématiques de la Provence. On a retrouvé les traces de bergeries datant de l’époque romaine. L’élevage ovin fut pratiquement la seule source de subsistance des populations pendant des générations, et le ciment de l’identité culturelle. Le symbole de Saint Martin de Crau est un mouton, et sa devise, « In pascuis fortuna », la fortune est dans les pâturages. La vie était rythmée par les grandes transhumances, durant lesquelles on conduisait les troupeaux sur les estives au printemps, et les en ramenait à l’automne. A Noël, on célébrait le pastrage : les bergers conduisaient leurs troupeaux à l’église et venaient adorer l’enfant Jésus.
     […] Notre appréhension du pastoralisme s’est toujours construite dans sa représentation : c’est le XIXe siècle qui invente véritablement l’image du berger, avec les récits de Daudet et de Mistral, et les images des peintres provençaux comme Théodore Jourdan, qui peint inlassablement les troupeaux de moutons et leurs bergers. Songez aux grandes transhumances qui ont été organisées à travers toute la Provence en 2013, lorsque Marseille a été capitale européenne de la culture. Il fallait rendre à nouveau visible ce qui sous-tend cette identité provençale. »

    Sandrine Krikorian, in Ariane Fornia, « Provence, Les sillons du soleil », Nevicata, 2019
    Le moulin d’Alphonse Daudet dans les Alpilles
    Les sommets de la Haute Provence à Seyne-les-Alpes sur le GR69

    La Routo ou le GR 69, un nouveau sentier de grande randonnée

    Au cœur de l’identité du pays, il y a ce trait d’union vivant entre les plaines touffues des rivages méditerranéens et les sommets escarpés des Alpes, ce long cheminement des moutons cousant de leur fil blanc laineux l’âme de la Provence.

    Cela fait des années maintenant que les gens de Provence cherchent à sauvegarder, préserver, célébrer ces traditions pastorales qui furent réellement l’âme du pays. L’inauguration de la Routo, ce nouveau sentier (GR69) qui relie et complète des chemins de randonnée existants pour former le trait d’union entre la Crau et les Alpes italiennes, s’inscrit dans ce mouvement. Le GR69 peut être entièrement parcouru à pied, mais certaines portions se réalisent également à cheval, à vélo, à VTT, et le tracé me semble superbe et varié, des plaines fleuries aux sommets abrupts.

    Sur le chemin, de nombreuses stations célèbrent cet héritage paysan pluriséculaire. Car le patrimoine pastoral de Haute Provence est bien vivant – nous nous en sommes aperçu dès notre premier jour de reportage.

    Une rencontre avec les bergers des Alpilles à Colmars-les-Alpes

    Nous sommes fin juin en Haute-Provence, à Colmars-les-Alpes, sublime village fortifié au cœur des plus hauts sommets de la région, dont je ne manquerai pas de vous reparler. Nous sommes venues découvrir un site naturel superbe, les vasques de la Lance, une série de cascades féeriques. Mais sur la route qui nous mène au départ de la randonnée, nous les rencontrons : les moutons, les centaines de moutons.

    Aujourd’hui, les temps ont heureusement changé, et les bergers que nous rencontrons n’ont pas fait à pied toute la route traversant la Provence, un camion les y a aidés. Mais comme autrefois, les éleveurs que nous rencontrons viennent des Alpilles, cette sublime région de calcaire blanc et de tournesols chantée par Van Gogh et Daudet.

    Eygalières, dans les Alpilles
    Les Baux de Provence, dans les Alpilles

    Comme autrefois, ils viennent sur les sommets du Haut-Verdon offrir à leurs bêtes la fraîcheur de la montagne et des estives verdoyantes. Les derniers kilomètres se font à pied.
    Les bergers qui resteront tout l’été aux côtés des troupeaux sont flanqués de deux types de chiens, les chiens de troupeau, de style border collie, qui guident et rassemblent les bêtes, et les chiens de protection, les patous, ayant pour mission de protéger les moutons du loup revenu dans les alpages. Durant tout l’été, les bergers veilleront sur les brebis nuit et jour, avec leurs chiens, leurs clôtures nocturnes, leurs patrouilles constantes, pour que les ovins broutent en paix.
    Nous vivons un beau moment de rencontre avec ces éleveurs et bergers venus d’Eygalières, mon village préféré des Alpilles, venus se réfugier da la fournaise de l’été dans les hauteurs fraîches du Haut-Verdon.


    Après avoir admiré cette belle agitation rythmée par bêlements et tintements, il est temps de nous mettre en route à notre tour.

    Un bivouac au pic de Bernardez sur la Routo

    Nous n’avons ni brebis ni chien, mais des images plein la tête. C’est notre tour de nous mettre en route sur la Routo.

    Nous sommes à Seyne-les-Alpes, dans la vallée de la Blanche. Notre itinéraire va nous conduire au sommet du Pic de Bernardez (2430m), une des difficultés abruptes et ardues que les bergers devaient vaincre pour gagner les verts pâturages : après les pierriers, les sentes raides et les falaises vertigineuses, le chemin rejoindra de doux alpages où les sources abondent. Nous suivons les marques rouges et blanches le long de cet itinéraire alliant passion outdoor et histoire patrimoniale et humaine très forte Ici, la montagne a le visage des bergers, et ces sentes escarpées puis fleuries qui ont la beauté de l’intemporalité.

    Faire à notre tour la Routo…

    En montant vers le pic de Bernardez, les chemins sont tout d’abord minéraux, abrupts et vertigineux. Il faut franchir ces murailles pour gagner la douceur des estives…

    Marcher sur un morceau de ce nouveau GR alpin, provençal et patrimonial, c’est s’inscrire dans une longue histoire humaine… et les sources sont ici répit ancestral.

    Nous montons jusqu’à la croix, au sommet du Pic de Bernardez, et nous contemplons les montagnes de Haute-Provence baignées de lumière…

    Puis en contrebas du pic, c’est la descente vers les estives plus amènes, vers un paysage d’herbe tendre et de lacs au loin, et on imagine la joie des troupeaux et de leurs bergers franchissant le col et descendant des hauteurs rocheuses vers cette douceur bucolique.

    Au pied du pic, dans une prairie tendre, nous montons la tente pour la nuit. C’estl’heure du bivouac.

    GR69 la routo

    Il y a tout pile trois ans, j’avais vécu avec Marion mon tout premier bivouac, face au Mont Aiguille dans le Vercors. Une expérience magique qui m’a donné à vie la passion des levers et des couchers de soleil au sommet des montagnes, seules face à la beauté immense du monde. Nous avons souvent bivouaqué depuis, dans nos Alpes ou ailleurs parfois. Cette fois, nous avons posé notre tente au pied du pic de Bernardez, dans une prairie où jouaient des dizaines de marmottes curieuses de nous découvrir. Le coucher de soleil sur les Alpes de Haute Provence était grandiose. Encore une fois, l’enchantement a eu lieu, la magie de la montagne a opéré, et on a ressenti toutes les deux ce sentiment d’évidence : on était exactement là où on avait envie d’être. Puissance éternelle des Alpes…

    GR69 la routo
    GR69 la routo
    GR69 la routo
    GR69 la routo
    Le soir sur les Alpes de Haute Provence.

    Au matin, un coucher de lune salue notre réveil à l’aube.

    GR69 la routo

    Puis le lever de soleil se fait radieux et la lumière baigne la montagne.

    la routo GR69
    la routo GR69

    Dans le jour éclatant, nous redescendons vers les lacs et les cabanes estivales des bergers, jusqu’à retrouver la forêt…

    la routo GR69
    la routo GR69
    la routo GR69

    Rencontre avec le berger Jean-Marc Isoard

    Marion et moi reprenons la voiture et montons par une piste complètement défoncée (merci le 4×4 !) jusqu’à la Cabane des Mulets. Dès notre arrivée, la beauté idyllique du lieu nous frappe : au pied de la cabane perdue au beau milieu de la montagne, une rivière claire et fraîche coule des sommets, ruisselle sur les rochers et abreuve des rivages fleuris.

    C’est ici que le berger Jean-Marc Isoard passe chaque été depuis 35 ans, dans la cabane aux volets bleus au bord du torrent, à veiller sur les bêtes.

    Jean-Marc nous frappe par le caractère intact de sa passion de la montagne. Il aime ce métier, cela se sent. Il aime cette vie solitaire et solaire au plus près des sommets, dans le contact permanent des bêtes. Cela fait 35 ans qu’il passe l’été ici, l’automne en Crau, 35 ans qu’il garde les troupeaux et arpente chaque recoin de cette région, et l’émerveillement est toujours aussi fort dans son regard. Il est installé dans cette cabane assez chiche, où l’aménagement semble dater d’un autre temps, qui pourrait presque être celui de Daudet, mais le seul objet ultra high tech qui l’agrémente, c’est une lunette ultra puissante avec laquelle il scrute les pentes herbeuses. « Dès que j’ai une minute de libre, je cherche les bouquetins. » A la lunette, il nous montre les compagnons cornus de ses troupeaux, les gros bouquetins à l’assaut des pentes raides, les oiseaux, les renards, et toute la faune des cimes.

    Le loup ? Lui qui garde des troupeaux de bovins n’en souffre pas tant. Ce sont les éleveurs ovins qui sont en première ligne, d’autant que les loups sont particulièrement abondants dans les Alpes du Sud, tout près de l’Italie d’où ils sont revenus dans nos contrées.
    Mais Jean-Marc nous raconte les tensions que provoquent les patous, les chiens de protection des troupeaux. « Les gens ne connaissent pas toujours les chiens, et ils ont de mauvaises réactions. Le chien fait son travail, il protège le troupeau, il aboie et vous dissuade d’approcher. Mais au lieu de s’éloigner et de contourner le troupeau, certaines personnes vont frapper le chien avec un bâton, ou utiliser une bombe au poivre… Le chien devient fou. On se retrouve avec des morsures et des procès ». Je sais qu’il a raison : les affaires de touristes mordus par des patous font régulièrement les gros titres, et sont un problème épineux à l’heure du retour du loup, où il est si difficile de concilier protection des troupeaux et usage touristique de la montagne par les randonneurs ! L’occasion de rappeler des règles de bonne conduite fondamentales en présence de troupeaux : pour éviter tout ennui, il nous faut tenir nos chiens en laisse, contourner les troupeaux de loin et respecter les manœuvres d’intimidation d’un patou qui aboie en n’allant pas plus loin…

    Pour concilier troupeaux et touristes, randonneurs et bergers, des règles élémentaires à adopter face aux chiens de protection : contourner le troupeau, descendre de son vélo, réagir avec calme et mesure, ne pas provoquer le chien, tenir le sien en laisse…

    S’il est intemporel, le métier de berger est plus que jamais d’actualité : alors que les grands prédateurs (loups dans les Alpes et ours dans les Pyrénées) reviennent dans nos montagnes, il nous faut des bergers attentifs et présents, à même de protéger les troupeaux jours et nuit des dangers… et des éleveurs qui puissent les rémunérer correctement. Jean-Marc nous raconte travailler depuis des décennies avec les mêmes éleveurs, et être satisfait de ses conditions de rémunération et de vie, malgré l’aménagement un peu rock’n’roll de cette cabane surannée. On sent chez lui une âme éprise de grands espaces et de liberté, que peu de confort satisfait. La beauté inouïe du cadre compense le caractère frugal de la cabane. Il nous montre les lits qu’il a aménagés pour les jours où ses enfants et petits-enfants lui rendent visite dans sa montagne magique, les bricolages ingénieux et les souvenirs amassés. C’est la magie des Alpes : leur splendeur et leur intemporalité vous dédommagent des désagréments du froid, de la frugalité et du combat permanent avec les éléments. Au cœur de l’été dans les Alpes de Haute Provence, quand le soleil du midi frappe les pentes colorées, on en oublierait presque la dureté du métier de berger et on se surprend à rêver de rester à ses côtés pour voir le soleil se lever sur les sommets…

    Nous revenons de notre incursion sur la Routo comme d’un long voyage à travers le temps, fatiguées et émerveillées, heureuses de cette expérience empreinte d’une profonde authenticité. Et vous ? Prendrez vous le chemin des transhumances sur le GR69 ?

    Merci aux Alpes de Haute Provence et à tous les organismes partenaires du projet pour ce beau reportage fort en émotions.

  • Môle et Brasses : Haute-Savoie secrète et expériences d’exception

    Si je vous dis « Môle et Brasses », saurez-vous situer ce massif haut-savoyard sur une carte ? Dans une région très touristique, pleine de sites célèbres à juste titre, cette destination encore confidentielle a le charme de l’inexploré, d’une moyenne montagne authentique et vibrante de traditions puissantes.
    Vous connaissez la Haute-Savoie, vous connaissez sans doute Chamonix, le lac d’Annecy ou Morzine. Je vous invite aujourd’hui à explorer le territoire de Môle et Brasses, une destination haute-savoyarde méconnue et si attachante, qui regorge d’activités originales et d’un beau patrimoine préservé.
    Nous sommes dans les Alpes du Léman, à 30 minutes de Genève et à 45 d’Annecy. Nous sommes dans un pays de moyenne montagne, autour de 1000 à 1500 mètres d’altitude, dans un territoire d’alpages où on fabrique le merveilleux reblochon – d’où la beauté bucolique de ces Alpes vertes où les fleurs se comptent par milliers, la douceur de ces paysages alpins moins minéraux et plus amènes.
    Le Môle est un sommet pyramidal emblématique qui a vue sur le massif du Mont Blanc ; les Brasses sont une station de ski familiale et accessible, ainsi qu’un plateau constellé de fleurs où on trace entre les pétales itinéraires de randonnée exquis. Entre les deux se lovent un lac, une vallée verte, 12 villages et des hameaux au charme profondément savoyard, avec cette authenticité des pays demeurés plus confidentiels. Mais il y a tant à découvrir et tant de choses à faire au pays de Môle et Brasses, et des gens profondément amoureux de leur pays nous ont fait vivre des expériences puissantes.
    Marion et moi aimons les Alpes à la folie, et nous passons beaucoup de temps à les explorer. Mais ici, dans ce petit pays, nous avons eu la surprise de vivre des moments inédits et insolites ici, qui nous ont fait savourer la montagne autrement. Cette destination fut un des immenses coups de cœur de notre été, un de nos plus beaux souvenirs. Laissez-moi vous montrer que voir, que faire, que vivre au pays de Môle et Brasses, dans la beauté douce d’une région préservée et avec une montagne d’activités insolites. La Haute-Savoie autrement, c’est ici.

    Que faire au pays de Môle et Brasses ? Un coin secret de Haute Savoie : activités insolites et bonnes adresses pour vivre la montagne autrement
    Le pays de Môle et Brasses, balcon sur le Mont-Blanc
    Que faire au pays de Môle et Brasses ? Un coin secret de Haute Savoie : activités insolites et bonnes adresses pour vivre la montagne autrement
    Une nuit en hamac face au Mont-Blanc, une des expériences insolites à vivre au pays de Môle et Brasses
    Que faire au pays de Môle et Brasses ? Un coin secret de Haute Savoie : activités insolites et bonnes adresses pour vivre la montagne autrement
    Le plateau de Plaine-Joux : une destination de moyenne montagne bucolique
    Que faire au pays de Môle et Brasses ? Un coin secret de Haute Savoie : activités insolites et bonnes adresses pour vivre la montagne autrement
    Les Chalets de Ludran, une des belles adresses de ce beau territoire préservé

    J’ai réalisé ce reportage en duo avec mon amie Marion Carcel alias Foehn Photographie, avec qui nous formons un binôme de blogueuses et photographes amoureuses des montagnes. Toutes les photos de cet article sont les siennes.

    Marion et moi heureuses dans les meulières du Mont Vouan

    Le plateau de Plaine-Joux, idylle fleurie de Môle et Brasses

    Nous sommes arrivées mi-juin sur le plateau de Plaine-Joux, à deux pas de la station des Brasses, à l’heure où le printemps explose en mille floraisons. Accessible, familial, ce vaste alpage paisible est un fabuleux terrain de jeu pour les randonneurs fuyant les dénivelés trop agressifs : il offre de vastes sentiers accessibles à tous, dans un cadre ravissant à la Heidi, entre vaches des producteurs de reblochon, chalets traditionnels et immenses prairies colorées. En cette saison, le plateau des Brasses était un véritable paradis fleuri, avec notamment ces sublimes trolles, fleurs jaunes emblématiques des Alpes.

    Mais sur le plateau de Plaine-Joux, on trouve aussi… des fleurs comestibles.

    Une expérience de montagne insolite : un atelier fleurs comestibles…

    A Plaine-Joux, nous rencontrons un attachant amoureux de ses montagnes, Colas Durdilly. Accompagnateur en moyenne montagne, aspirant guide de haute montagne, moniteur d’escalade, ce natif des cimes est aussi un passionné de botanique, un ancien maraîcher pour qui les plantes n’ont aucun secret. Il propose avec son Ecole de la Montagne une expérience insolite qui nous a profondément plu : un atelier de dégustation et cuisine des plantes comestibles. Colas nous guide sur le plateau fleuri de Plaine Joux et nous apprend à repérer les raiponces, les orties, les épinards sauvages et les rhubarbes des moines.

    Immense passionné, Colas est incollable (j’ai osé le jeu de mots !) quant aux fleurs des montagnes, à leurs propriétés médicinales et gustatives, et nous charge de ramasser avec lui les délices pour le repas du soir. Dans des sacs en toile, nous faisons notre cueillette, avec la sensation exquise d’être devenues de vraies femmes des bois. Mais le meilleur reste à venir.

    … et nuit en hamac face au Mont Blanc !

    Ce fut un des plus beaux moments de ce notre bel été français… un lever de soleil face au Mont Blanc émergeant des nappes de brume, après une nuit de bivouac en hamac. C’est Môle et Brasses qui m’a permis de vivre cette expérience puissante que je n’ai pas revécue depuis.
    Nous sommes parties, Marion, notre guide Colas et moi, du plateau de Plaine-Joux couvert de milliers de fleurs. Après un cheminement à travers la forêt et les troupeaux de vaches rousses et blanches qui remplissaient la montagne de leurs carillons si typiques, Colas nous a conduit à un site incroyable, un véritable balcon sur les plus belles montagnes de Haute-Savoie. Face à nous se dressent le Môle, les Aravis et le massif du Mont Blanc, avec le roi de l’Europe étincelant de neige et les surplombant toutes.


    Sous le couvert des arbres, nous avons tendu nos hamacs, et des tarps, sortes de bâches nous protégeant notamment d’une brève averse de grêle !

    Puis le beau temps est revenu et dans le soir tombant sur les montagnes, nous nous sommes mis à préparer le repas. Nous avons ramassé du bois mort pour le feu, que Colas a allumé avec un fire steel, nous initiant un petit peu aux techniques de « survie » en montagne. Puis nous avons cuisiné notre cueillette. Risotto aux raiponces et aux orties, omelette aux épinards sauvages, infusion d’épicéa, confiture de rhubarbe des moines avec les fraises du jardin de Colas… je crois que j’ai rarement aussi bien mangé, avec le plaisir intense d’avoir cueilli soi-même sa pitance, de vivre un repas sauvage, au cœur de la montagne, avec la plus belle vue du monde.

    Nous nous sommes couchés heureux dans nos hamacs, et nous avons parfaitement bien dormi, sans froid ni humidité, au cœur de nos montagnes.

    Au petit matin, le jour s’est levé, et le Mont Blanc est sorti des nappes de brume, rosé, étincelant, majestueux, et nous avons savouré ce merveilleux tête-à-tête avec le seigneur de nos Alpes. Nous étions aux premières loges pour ce spectacle grandiose…

    Se réveiller là, après une nuit en hamac au cœur des bois.
    Se réveiller là face au Mont Blanc qui se révèle en majesté entre deux nappes de brume, sur un incroyable balcon embrassant le Môle, les Aravis et les plus hauts sommets des Alpes. C’est tout simplement magique. Môle et Brasses nous a émues.

    Et enfin, nous sommes redescendus dans les bois baignés de brume et de lumière, avec la sensation extraordinaire d’arpenter un royaume elfique dérobé au monde ordinaire. La forêt se fait cathédrale, chaque rayon dessine un vitrail sous le couvert des grands bois…

    Si vous rêvez de vous initier au bivouac, en tente ou en hamac, Colas est un accompagnateur adorable et bienveillant, et ce sont des randonnées à la fois belles et faciles, accessibles en famille. Colas nous racontait avoir souvent des familles avec enfants lors de ces belles nuits en hamac face au Mont Blanc. Peut-être une jolie idée pour redécouvrir les Alpes autrement ? Ce fut un de mes plus jolis insolites en montagne. Face à un tel panorama, l’émerveillement nous fait tous redevenir enfants, éblouis par la beauté du monde…

    Une session d’escalade sur le plateau de Plaine-Joux

    Amoureux du rocher, préparez-vous à vous régaler : le pays de Môle et Brasses regorge de sites d’escalade plus confidentiels, et surtout, lovés dans un écrin bucolique et vert où la grimpe est une véritable activité de pleine nature. Rien de mieux que de vivre ça avec un moniteur compétent, gentil et pédagogue : notre super Colas (Ecole de la Montagne) répond à tous ces critères, et nous avons vécu une très belle session avec lui. Pour moi qui m’initie avec assiduité à l’escalade depuis quelques temps, ce fut l’occasion de grimper en tête pour la première fois, de façon rassurante et sécurisée. Même si vous avez l’habitude de pratiquer l’escalade entre amis, la présence d’un moniteur peut vous aider à franchir un cap, technique ou tout simplement psychologique, et c’est exactement ce qui s’est passé pour moi. J’ai adoré cette belle expérience !

    Que faire au pays de Môle et Brasses ? Un coin secret de Haute Savoie : activités insolites et bonnes adresses pour vivre la montagne autrement

    Envie d’une activité outdoor encore plus originale ? Je vous propose un inédit…. l’acro-yoga !

    Fabuleux acro-yoga au bord du lac du Môle

    Le yoga, Marion et moi connaissions, nous le pratiquons depuis longtemps avec passion. Je vous avais parlé dans cet article sur le fait de prendre soin de soi. Dans nos reportages, les sessions de yoga du soir sont des pauses oxygénantes bienvenues après une grosse journée. Mais l’acro-yoga? Au bord du lac du Môle, au milieu des petits canards et des reflets poétiques des montagnes dans l’eau argentée, l’adorable et doux Janick nous initie à cette discipline dont je n’avais encore jamais entendu parler.

    Le lac du Môle


    L’acro-yoga, c’est une série de belles métaphores. Il faut surmonter ses pensées limitantes (je ne vais jamais y arriver, je vais me crasher) pour pouvoir voler. Il faut arrêter de se croire trop lourde ou incapable : les autres peuvent porter beaucoup plus que ce que vous croyez dans ces postures. Il faut toujours respecter le consentement de l’autre, ne rien lui imposer et former un vrai duo. Physiquement, psychologiquement, c’est très fort et passionnant. Nous avons vécu un grand moment de partage à six : cinq femmes curieuses d’explorer de nouvelles dimensions de la gravité, et Janick qui est un professeur exceptionnel, et dont l’humanité et la sensibilité nous touchent beaucoup.


    L’acro-yoga est aussi une belle métaphore de la destination Môle et Brasses : à partir de quelque chose qu’on connaît (le yoga, la montagne), on vit ici une expérience décalée, inattendue, très forte. Nous sommes dans un cadre apaisant et doux, avec vue sur le sommet du Môle, et nous vivons quelque chose de très humain et fort. Cette belle destination savoyarde nous a marquées par la qualité et l’originalité des activités qu’elle développe, et par la dimension humaine très forte. Ici la montagne, ça se partage… Alors, qui est prêt à voler ?

    Explorer à vélo un patrimoine savoyard d’exception, avec Paysalp à Môle et Brasses

    Explorer à vélo le patrimoine haut savoyard, ce fut une très belle expérience à vivre au pays de Môle et Brasses ! Initiative originale et profondément humaine, l’écomusée en plein air Paysalp met en valeur 8 sites emblématiques du patrimoine historique, humain et paysager du territoire : un musée paysan, une belle chapelle romane et baroque, ou encore… les meulières ! Avez- vous déjà entendu ce mot ? Marion et moi non plus, jusqu’à cette belle découverte complètement insolite.
    Peut-être connaissez-vous les énormes pierres rondes qu’on utilisait dans les moulins pour broyer les grains – les pierres de meule, justement. Ces pierres gigantesques sont extraites telles quelles, naturellement rondes, des carrières du Mont Vouan, un des sites d’extraction les plus prolifiques et célèbres d’Europe. La région de Môle et Brasses était réputée à travers les Alpes pour ces pierres exceptionnelles, et elles furent essentielles à la richesse du pays. Je vous invite vraiment à découvrir ces carrières monumentales, où les ronds creusés dans la roche par le travail d’extraction donnent l’impression de pénétrer dans la ruche d’une espèce extraterrestre… Christophe, le directeur de Paysalp, nous conduit à vélo au cœur de ces endroits encore méconnus et visuellement incroyables, et nous raconte le travail minutieux des carriers qui sortent les pierres de meule avec de longs pics.

    Que faire à Môle et Brasses ? Activités insolites et bonnes adresses en Haute Savoie
    Les étonnantes meulières du Mont Vouan

    L’aspect vélo nous régale aussi : faire du VTT entre forêts et cols, c’est toujours une jolie expérience, et j’aime de plus en plus explorer les territoires à coups de pédale. Nous traversons de très beaux villages et hameaux où l’authenticité savoyarde affleure, entre granges anciennes, chalets préservés et outils agricoles traditionnels.

    Savourer le pays de Môles et Brasses : des adresses délicieuses et des hébergements fabuleux

    Nous sommes dans un pays de saveurs, le reblochon étant la plus célèbre : l’iconique fromage AOP de Savoie est produit dans ces alpages riches et riants. A notre arrivée, un panier cadeau contenant des bières artisanales de Viuz en Sallaz, des chocolats de la maison des douceurs, des thés des Marmottes (vous les connaissez sans doute – ils viennent d’ici !) nous met tout de suite l’eau à la bouche. A Môle et Brasses, nous allons très bien manger.

    Le Jorat, refuge design et arty

    Un hébergement avec un supplément d’âme… Lors de notre première nuit, nous avons dormi dans un lieu étonnant et attachant : Le Jorat, gîte et restaurant à Bogève. Résolument design, cette maison conçue par un architecte ayant notamment travaillé à Avoriaz (on reconnaît le style, bois brut et silhouettes futuristes) est aménagée avec originalité et convivialité par Bruno et Sophie. Collectionneur d’art, Bruno a rempli les belles salles claires d’œuvres contemporaines colorées et frappantes. Des insolites, comme une ancienne télécabine de station de ski, complètent l’ambiance savoyarde, et créent un joyeux mélimélo à la fois arty et chaleureux. Dans ma chambre, je savoure la symétrie parfaite d’une fenêtre design ouvrant sur les bois et sur un magnifique coucher de soleil : nous entrons plein Ouest dans cette Haute-Savoie pour fins connaisseurs.

    Les câlins du chien Chips aux beaux yeux bleus et le cocktail maison face au soleil couchant parachèvent notre bien-être. Au resto du Jorat, on se régale des spécialités locales : féra (poisson d’eau douce raffiné) du lac Léman, beignets de pomme de terre traditionnels, infusions de plantes et bien sûr cocktail maison… Atypique, chaleureux, délicieusement savoyard avec un twist d’originalité inattendue, je trouve que ce beau gîte est bien à l’image du territoire et a été une délicieuse entrée en matière !

    Goûter le TomLy à la Table d’Emilie : la spécialité de Môle et Brasses !

    Le TomLy, ou la plus délicieuse des fêtes aux calories ! On est en Haute-Savoie, et on ne repartira pas avant d’avoir mangé du reblochon. Mais pas n’importe lequel. Et ici à La Table d’Émilie, ils ont inventé un truc encore mieux que la Tartiflette, encore mieux que la Croziflette, encore mieux que la Nectaziflette : le Tom’Ly. Un reblochon en croûte avec des pommes de terre, du lard, des petits oignons grillés. Et dire que « le gras, c’est la vie » n’a jamais été aussi approprié. Impossible de repartir sans avoir goûté, surtout que le cadre est à tomber : un petit resto cosy et joliment décoré au cœur du beau village de Viuz-en-Sallaz, avec une terrasse ouverte sur un jardin intérieur, et partout une déco originale et atypique, entre horloges rétro et assiettes colorées à la gloire du fameux TomLy.


    Fun fact : ce jour-là, nous avons eu un Tom’Ly au déjeuner et une reblochonnade au dîner. Nous avons achevé les deux. La Haute-Savoie, tu la croques ou tu la quittes.

    Les Chalets de Ludran, le plus merveilleux des chalets savoyards

    Attention, énorme coup de cœur.
    Entre Genève et Annecy, au cœur des Alpes du Léman, Marion et moi avons découvert un hébergement incroyable, authentiquement savoyard et tellement luxueux et chaleureux : Les Chalets de Ludran.

    Esthètes en quête de luxe mais allergiques à l’impersonnel, amoureux des spas, amoureux tout court recherchant une adresse ultra romantique, surtout retenez celle-ci. Marie-Noëlle et son mari ont conçu ce petit paradis, ce cocon de bien-être absolu avec vue sur les Alpes.

    Piscine chauffée, jacuzzi, sauna, tout concourt à une détente absolue. Les différents hébergements (chambres d’hôte, gîte autonome ou suite duplex) sont tous décorés et aménagés avec un goût incroyable, mêlant héritage savoyard de la famille des propriétaires, originaires de la région depuis des générations, aux inspirations rapportées de leurs voyages. Aux boiseries alpines se mêlent plumes et objets qui vous transportent sur les rives de Tanzanie, et le mariage raffiné se fait avec goût et harmonie.

    A la table d’hôte de Marie-Noëlle, une cuisine authentique et savoureuse, des produits locaux et faits maison, et une profonde gentillesse. Imaginez notre joie quand nous sommes rentrées de notre bivouac et qu’on nous a dit qu’on passerait l’après-midi ici… pour une fois, Marion et moi avons eu ici le temps de nous poser, de nager, de nous détendre, et nous avons adoré cette bulle de douceur.

    Cet hébergement follement romantique qui nous a rappelé la qualité des hôtels alpins autrichiens, par cette alliance parfaite de luxe, d’authenticité, de bien-être et de vraie convivialité. On recommande chaleureusement !

    Chez Marie-Jo, comme à la maison à Môle et Brasses

    Encore une adresse fabuleuse à retenir : le resto chez Marie-Jo, un lieu atypique et attachant. Nous sommes ici dans une maison de famille, véritablement chez les gens, avec leur intérieur, leurs objets, leurs curiosités. Et surtout, nous sommes sur une terrasse fabuleuse, ouverte tout grand sur la prairie et les montagnes, avec une vue superbe et une sensation de déconnexion totale, un cadre champêtre idyllique qui nous donne envie de ne plus jamais repartir d’ici.
    Le menu est très restreint, mais 100% fait maison et délicieux. Chez Marie-Jo, on est dans la proximité, non seulement géographique (les produits locaux de Haute-Savoie sont à l’honneur), mais aussi amicale : aux délices savoyards se mêlent des saveurs sélectionnées chez des proches des propriétaires, par exemple, un producteur d’abricots provençal. Le menu du jour est comme une invitation à entrer dans le cercle de copains, et c’est vraiment bon et sympathique.

    Vous l’aurez compris, nous avons adoré ce séjour atypique et chaleureux, dans un pays qui gagne à être mieux connu. Même en Haute-Savoie, destination iconique s’il en est, il reste des coins secrets à explorer – le pays de Môle et Brasses mérite de rejoindre votre liste ! Si vous avez envie de continuer à explorer les sommets autrement, jetez un coup d’œil à mes insolites en montagne. Et pour plus d’aventures dans les Alpes et ailleurs, inscrivez-vous à ma newsletter !

    Un grand merci à Môle et Brasses Tourisme, à Lauren, à toute la joyeuse équipe de l’acro-yoga et à tous les prestataires avec qui nous avons partagé un moment chaleureux pour ce séjour hors normes qui restera dans nos cœurs.

  • Les merveilles du nord du Gard : l’autre Provence

    Amoureux de la Provence, avez-vous déjà traversé le fleuve pour découvrir sa petite sœur occitane ? Au nord du Gard, là où les rivières Cèze et Ardèche baignent les terres dorées de leur douceur rafraîchissante, il existe sur la rive ouest du Rhône une autre Provence méconnue. La destination Provence occitane, qu’on appelait le Gard rhodanien à mon époque, compte pas moins de 4 villages labellisés parmi les plus beaux de France : La Roque sur Cèze, Aiguèze, Montclus et Lussan. Leur beauté n’a pas à rougir de la comparaison avec d’autres villages provençaux emblématiques, ceux du Luberon et des Alpilles, et un délicieux parfum de dolce vita flotte dans leurs calades ombragées de cyprès.

    Que faire dans le Gard rhodanien, que faire en Provence occitane ? Aiguèze
    Aiguèze
    Que faire dans le Gard rhodanien, que faire en Provence occitane ? Découvrir La Roque sur Cèze, les cascades du Sautadet
    La Roque sur Cèze


    La vallée de la Cèze, c’est aussi une destination outdoor complète, avec de sublimes randonnées, des descentes en kayak familiales et bucoliques, et des sorties en VTT sur de superbes sentiers forestiers avec vue sur le Mont Ventoux.


    Et enfin, le Gard rhodanien se déguste, se savoure en nectars gorgés de soleil : délicieux vins de ce terroir des Côtes du Rhône méridionaux, huiles d’olive douces et riches d’arômes.


    Nous sommes ici chez moi ou presque : j’ai grandi à quelques kilomètres au nord d’ici. Je vous emmène explorer une région que je connais bien, et que j’aime depuis longtemps. Nous sommes à deux pas de là où j’ai grandi, dans cette Provence du nord moins célèbre mais tout aussi belle et riche en pépites. Cette région, je l’aime d’amour, et je suis très heureuse de vous la montrer. Que faire en Provence occitane ? Partons explorer ensemble le nord du Gard, la région d’Aiguèze, la vallée de la Cèze, ses villages et ses escapades nature, entre rivières et cascades.

    Perles du Gard : les quatre plus beaux villages de France en Provence occitane

    Quatre villages, quatre joyaux. Entre les rivières Ardèche et Cèze se déroule un chapelet de beautés lumineuses. Labellisés plus beaux villages de France, La Roque sur Cèze, Aiguèze, Montclus et Lussan méritent bien leur titre et réservent au voyageur curieux de délicieuses flâneries.

    La Roque sur Cèze et les cascades du Sautadet

    Les cascades du Sautadet ? C’est un site magique, exceptionnel, au pied de La Roque sur Cèze. J’étais déjà tombée sous le charme de cette curiosité géologique inattendue et incroyablement puissante il y a des années, mais on ne se lasse pas d’une telle vision.

    Les villages que j’ai découverts au nord du Gard, dans cette belle région ensoleillée et authentique, sont nombreux à être traversés par la Cèze. A Montclus ou à Goudargues, la Cèze est douce, apaisante, paisible, elle inspire chaleur et douceur. Mais à la Roque-sur-Cèze, le village des cascades, elle est puissante et vengeresse. Un peu de sauvagerie dans cette infinie douceur méridionale – pourtant, au XIXe siècle, les moulins sur la Cèze ont fait la fortune du village. Mais l’eau en Provence est toujours traître, entre aridité et crue cévenole, entre sécheresse et furie.

    Que faire dans le Gard rhodanien, que faire en Provence occitane ? Découvrir La Roque sur Cèze, les cascades du Sautadet

    Les cascades du Sautadet sont un site incroyablement dangereux. Hélas, de nombreuses vies humaines ont été emportées par les tourbillons terribles de cette gorge en furie. L’érosion a sculpté des marmites de géant qui happent les baigneurs imprudents et les gardent dans les profondeurs. On ne saurait trop le répéter : allez voir ce site, allez l’admirer, vous enivrer de sa puissance et sa beauté, mais surtout n’entrez pas dans l’eau, restez à l’abri…

    Plus haut, loin du fracas des cascades, La Roque sur Cèze émerveille. Village provençal typique et idyllique, avec ses cyprès méditerranéens, ses calades montant vers le château du XIIIe siècle, son éperon rocheux perché au-dessus des vignes des côtes du Rhône, sa mosaïque de toits dorés et ocres, qui évoquent les grandes carrières du XIXe siècle, sa douceur teintée de bleu lavande, elle a inspiré les artistes. La maison bleue qu’on déniche au détour d’une ruelle a accueilli les poètes Aragon et Neruda.

    Des idées pour savourer Aiguèze, balcon sur l’Ardèche, sublime donjon

    Je ne devrais pas vous le dire, mais je suis partiale : le sublime village d’Aiguèze, véritable balcon médiéval au-dessus des gorges de l’Ardèche, est mon préféré de cette collection de joyaux gardois. J’y ai d’ailleurs fêté l’anniversaire de mes 25 ans, au restaurant Le Bouchon, que j’aime beaucoup. Aiguèze est magique, mon coup de cœur absolu dans le Gard depuis toujours, l’alliance parfaite de la géologie, du patrimoine et de l’art. Le village tout entier a des airs de château perché au-dessus des gorges, il est peuplé d’artistes, de fées et de dragons…

    Voici quelques idées pour découvrir Aiguèze.


    Profitez des panoramas majestueux qu’offre le village. Empruntez le chemin de ronde, montez en surplomb du cœur de ville, cherchez les points de vue sur la rivière Ardèche. Aiguèze est un éperon, un balcon, avec une vue extraordinaire sur les gorges qu’il surplombe et sur le mont Ventoux au loin.


    Arrêtez-vous absolument sur la sublime place du Jeu de Paume. Admirez l’exceptionnelle beauté néo-gothique de l’église Saint Roch, avec ses fresques de style byzantin d’une rare pureté, la douceur des traits et la vivacité des couleurs, dégustez la beauté de chaque détail et régalez vous de ces harmonies parfaites entre créneaux dorés et oliviers.

    Dégustez une délicieuse planche de produits 100% locaux au chaleureux Café Chabot. Conviviale, l’équipe prêche le localisme, avec des produits succulents tous issus d’un rayon de 20 km autour d’Aiguèze, entre Gard et Ardèche. Fromages de brebis et de chèvre, charcuteries, mini burgers, tout est un délice.

    Entrez dans une des nombreuses boutiques et galeries de ce village d’artistes, repartez avec une œuvre, une curiosité… Faites comme ma mère et craquez pour une tête de dragon au baroque Cabinet de curiosités, délicieux bric-à-brac artistique et ésotérique. Je ne vous dis pas notre dégaine dans les rues du village, entre ma copine Elisa qui avait son bébé chien, ma mère son énorme crâne de dragon et moi ma grande robe de blogueuse… mais à Aiguèze, les originaux sont bienvenus ! Continuez par un tour à la Grange aux artisans, où plusieurs artistes talentueux proposent des créations inédites et artisanales.

    Montclus, la douceur de la vallée de la Cèze

    C’est un village hors du temps préservé par l’écrin d’un méandre de la Cèze. Montclus, dont le nom évoque sa situation entourée de collines, à l’abri du monde, est structuré autour du donjon médiéval de son château du XIIe siècle. A l’intérieur des remparts qui le ceignent, c’est un étrange dédale, un labyrinthe tissé de voûtes et de calades où aucun élément moderne ne transparaît. Sur la Placette où on déguste une glace à la lavande, le temps semble suspendu. Au pied du village, la Cèze coule, ici douce et amène, et en juillet, un tapis de lavandin emporte Montclus dans une vague de violet. Il y fait bon se promener à l’ombre des ruelles, dans ce joyau intemporel…

    Montclus

    Je n’ai pas vu lors de ce séjour Lussan, le 4e village, mais c’est un endroit que je connais bien : j’y étais venue une première fois il y a dix ans, pour un salon du livre, et tout récemment en avril dernier, pour la célèbre randonnée des concluses, que je vous recommande chaleureusement, elle est somptueuse.

    Déguster le nord du Gard : que faire en Provence occitane ? Activités outdoor et dégustations

    Quelques idées pour profiter d’un séjour savoureux dans le Gard rhodanien…

    Au détour de la rivière : kayak sur la Cèze à Goudargues

    Je trouve que le kayak est d’une des activités les plus relaxantes et apaisantes qui soient, surtout sur une rivière calme et douce comme la Cèze : on se laisse porter au fil de l’eau, au cœur de la verdure, on guette en transparence les poissons et les fleurs aquatiques… La Cèze est riche de biodiversité, ses eaux claires abritent des dizaines de poissons. Elle est facile, accessible aux familles, et permet des parcours sans danger. Nous sommes bien loin de la furie tourbillonnante des cascades du Sautadet, le seul endroit où j’ai vu la Cèze en colère ! J’aime beaucoup cette rivière qui abreuve plusieurs des plus beaux villages du Gard, et qui ajoute de la douceur et de la fraîcheur à la carte postale…


    Je recommande de prendre un kayak solo plutôt qu’en tandem : plus léger et maniable, il se dirige mieux et évite aussi les disputes de couple. Notre parcours commence chez Cèze Canoës à Goudargues, un autre magnifique village du Gard, dont je vous recommande aussi chaleureusement la visite : la « petite Venise gardoise » est célèbre pour ses canaux.

    Un tour en VTT en Provence occitane

    Explorer les beautés du Gard à VTT ! En Provence occitane , on regorge de pépites méconnues et magnifiques, comme cette chapelle romane du XIIIe siècle, Sainte Agnès, au village de Saint Paulet de Caisson, qui a des airs de petite Toscane. Entre pépites du patrimoine et sentiers forestiers préservés débouchant sur des vues sublimes sur le mont Ventoux, on part explorer la région avec Provence Bike Tour. Frédéric est un passionné qui a changé de vie pour se consacrer à 100% au vélo et guider les voyageurs à travers sa sublime région natale. Le VTT avec assistance électrique, c’est fabuleux pour les gens comme moi qui avaient quelques appréhensions : cela aide vraiment à franchir le cap de pouvoir être un peu aidé dans les montées au cœur des bois, d’autant que nous avons effectué la quasi totalité de notre sortie sur de magnifiques chemins en pleine forêt, avec la sensation d’être seuls au monde.

    Que faire dans le Gard rhodanien, que faire en Provence occitane ?VTT dans le Gard
    Que faire dans le Gard rhodanien, que faire en Provence occitane ?VTT dans le Gard
    gard

    La sortie s’achève au-dessus de la somptueuse chartreuse de Valbonne, autre chef d’œuvre du Gard rhodanien, avec ses bâtiments majestueux, ses tuiles vernissées qui me rappellent la Bourgogne, et sa vénérable histoire de silence, de prière et de beauté. On a adoré cette matinée d’immersion entre perles du patrimoine et oxygénation en pleine nature.

    Déguster le Gard : belles adresses entre vins et huile d’olive

    Sur le terroir des Côtes du Rhône du sud, le versant le plus ensoleillé, la Provence occitane est une très belle région de vins. Cette région un peu secrète compte beaucoup de petits vignerons indépendants et passionnés. Quelques idées…

    La jolie et douce chambre d’hôtes La Parenthèse est tenue par Ariane, œnologue passionnée qui a longtemps travaillé pour des maisons de champagne prestigieuses, présidé les jurys de grands prix, et partage aujourd’hui ses immenses connaissances avec un atelier dégustation de grande qualité. Le cours est très riche, et empreint de la passion authentique qui anime Ariane. Elle nous raconte le caractère sensuel d’une dégustation, comme une histoire d’amour qui se vit peu à peu et où chaque sens est en éveil. D’abord la vue, pour savourer la robe, puis le nez, pour humer les arômes, puis le goût et le toucher, pour déguster la texture et les mille nuances d’un vin de qualité. Ariane nous apprend à faire tourner le vin, à le faire revenir en bouche, à guetter dans la couleur et les traces de « gras » laissés sur le verre les indices quant au taux d’alcool. Elle nous montre le tableau des innombrables arômes du vin, des plus classiques (fruits rouges, cerise…) aux plus étonnants (fourrure, bonbon anglais, banane, tabac). Elle nous fait goûter les bouteilles de vignerons indépendants et de grande qualité, comme le domaine Ridao, dont le blanc me fait craquer.

    La dégustation nous a ouvert l’appétit et nous dînons en table d’hôtes avec Ariane et Arnaud, avant de dormir dans une très jolie chambre bleue et apaisante, au calme. Au petit déjeuner, les produits maisons sont à l’honneur, comme cette délicieuse confiture d’arbouses…


    Au Domaine Grand Vigne, Mélanie incarne la troisième génération de vignerons passionnés et cultive avec rigueur des cuvées aux beaux noms évocateurs, toute une poésie du vin de terroir : Éclosion, Horizon, ou encore Floraison, un délicieux rosé qui fut mon plus grand coup de cœur. Ses vins ont été plusieurs fois primés et continuent de prouver la qualité de ce terroir où on prend le temps de faire mûrir ses rêves vinicoles.

     
    L’huile d’olive de qualité se déguste aussi comme un bon vin ! Au Moulin des Sables, Sandra et Sébastien pressent une huile d’olive vierge de qualité, ancrée dans ce terroir ensoleillé. Plusieurs variétés d’olives composent ces nectars dorés – la plus douce et fruitée est ma préférée ! J’ai beaucoup apprécié la rencontre avec cette famille chaleureuse et souriante, où la petite a eu la gentillesse de m’offrir un sachet de lavande en souvenir… joli morceau de Provence occitane.

    Je ne suis jamais très loin du Gard rhodanien, j’y reviens souvent pour une soirée ou une sortie entre amis. J’aime profondément la douceur de cette région belle et discrète, qui n’a pas encore reçu toute la lumière qu’elle mérite. Il faudrait aussi que je vous parle de la beauté d’autres villages moins célèbres, de Vénéjan et de Saint Alexandre, du somptueux moulin, de Pont Saint Esprit penché sur le Rhône, des grottes fastueuses comme celle de la Salamandre, de la bambouseraie d’Anduze, des itinéraires équestres le long de la Cèze, des vestiges romains du camp de César ou encore du château de Gicon au milieu des vignes à Chusclan, d’Uzès la merveilleuse… mais ce sera pour une autre fois.

    N’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter pour suivre mes aventures en Provence et ailleurs !

    Merci à la destination Provence occitane pour ce bel accueil, et à tous les prestataires rencontrés pour leur grande gentillesse.

  • Besançon la belle, entre nature et citadelle

    Connaissez-vous Besançon, la capitale de la Franche-Comté ? En juin dernier, j’ai eu le bonheur de découvrir cette cité dont j’ignorais tout, et elle fut pour moi une magnifique surprise. Imaginez une ville baignée de verdure, aux portes des montagnes du Jura, entourée de collines verdoyantes, traversée par un fleuve qui la rafraîchit et irrigue ses innombrables jardins et forêts. Imaginez une ancienne cité romaine, aux vestiges somptueux trônant en plein cœur de ville, un patrimoine baroque d’une grande beauté, et surtout une majestueuse citadelle Vauban classée par l’UNESCO, surplombant la ville et devenue un véritable poumon culturel, avec de multiples expositions, musées, attractions et parcs zoologiques. En un long week-end à Besançon, j’ai eu le plaisir de découvrir différentes facettes de la cité bisontine, et la merveilleuse qualité de vie qu’elle offre à ses habitants : pistes cyclables et sentiers de trail en pleine ville, omniprésence de la nature, richesse de la vie culturelle, une multitude de bonnes adresses, Besançon est étonnante et il y fait bon vivre. Je n’imaginais pas la beauté de cette ville, la richesse de son patrimoine et des expériences qu’elle propose.


    Alors, que voir et que faire à Besançon ? Beaucoup de choses ! Laissez-moi vous proposer idées d’activités, de visites et de bonnes adresses pour un séjour à Besançon, au fil de l’eau, entre nature et culture.

    Que faire à Besançon ? Côté culture et patrimoine

    Citadelle classée, églises baroques, grandeur bourguignonne de la Renaissance, musées exceptionnels, Besançon offre un joli cocktail au voyageur assoiffé de culture et de beauté. Petit florilège.

    La citadelle de Besançon, joyau de Vauban

    Elle est omniprésente, majestueuse, incontournable : la citadelle immense surplombe la ville et le méandre du Doubs.
    En 1674, la puissante ville libre impériale de Besançon tombe aux mains de Louis XIV et devient française. Pour protéger cette nouvelle frontière du royaume de France, le roi fait édifier cette forteresse gigantesque par Vauban. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, la monumentale et labyrinthique citadelle est une visite incontournable à Besançon. Les vues sur la ville, les collines et l’énorme méandre du Doubs serpentant entre les berges verdoyantes sont somptueuses. Mais outre le panorama sublime sur toute la ville et le fleuve, la citadelle propose une multitude d’activités : plusieurs musées, un parc zoologique, des aquariums, des expositions multiples justifieraient qu’on y passe une journée entière.

    Que faire à Besançon ? Activités, culture, patrimoine, sport, nature et bonnes adresses
    Citadelle vue depuis le fort de Chaudanne

    Elle est un lieu de mémoire poignant, ayant été témoin de l’exécution de cent résistants fusillés entre ses murs de 1941 à 1944.  En leur hommage, la citadelle abrite le Musée de la résistance et de la déportation, actuellement en travaux, qui rouvrira en 2023 avec une toute nouvelle muséographie et des espaces repensés.


    Elle est un lieu de promenade familial, avec son parc zoologique et ses aquariums où les nénufars s’épanouissent entre les murs et offrent visions bucoliques et fraîcheur bienvenue. J’ai particulièrement apprécié les expositions consacrées aux espèces autochtones du Jura : une exposition pédagogique sur la vie sauvage, des aquariums consacrés à la faune des rivières jurassiennes…

    Enfin, les amateurs d’escape game se réjouiront d’apprendre que les murs de la citadelle abritent un jeu historique très bien conçu et assez difficile (les énigmes vous forceront à vous creuser les méninges), l’Affaire des poisons, qui vous fera revenir au temps de Louis XIV pour résoudre une série de crimes célèbres…


    Vestiges romains, street art et églises baroques

    Besançon est vraiment belle, et je ne la savais pas si riche et préservée. Étonnante cité bisontine ! Saviez-vous que la capitale du Doubs avait été une très puissante et opulente cité gallo-romaine jusqu’au 4e siècle de notre ère, où elle a été saccagée lors des invasions barbares ? De nombreux vestiges de cette splendeur gallo-romaine subsistent, notamment la Porte Noire, majestueuse arche ouvrant sur la cathédrale de Besançon, et que jouxtent stèles et arcades témoins de la somptueuse époque antique.

    Puisque nous sommes à deux pas, évoquons la magnifique cathédrale Saint Jean de Besançon, une merveille baroque ! L’église primitive existant depuis les premiers temps du christianisme dans les Gaules a été reconstruite et remaniée à maintes reprises, et présente aujourd’hui une sublime synthèse de l’architecture comtoise, des influences antiques persistantes et du baroque triomphant. Le clocher à dôme à impériale (clocher comtois, couvert de tuiles vernissées) l’ancre au cœur du patrimoine de la région, tandis que le plan dit roman-rhénan, qui présente deux chœurs opposés de part et d’autre de la nef, est une rare singularité qui tend un pont avec l’âge antique. De nombreux chefs d’œuvre baroques ornent les chapelles et les absides, et dans cette région célèbre pour son horlogerie, la cathédrale compte bien évidemment une horloge astronomique – hélas en travaux lors de ma visite.

    Mais la cathédrale n’est pas le seul chef d’œuvre religieux à Besançon. Parce que la ville était tout proche de la Suisse réformée, les rois de France ont voulu en faire un bastion du catholicisme triomphant, et la ville regorge donc de sublimes églises baroques aux façades monumentales – je ne citerai que Sainte Madeleine et Saint Pierre, qui m’ont marquée. L’imprégnation très forte du baroque lui donne des airs de ville du sud de l’Italie – je pense parfois à Lecce – et se conjugue harmonieusement avec l’architecture bourguignonne.

    En marchant dans Besançon, vous remarquerez forcément l’iconique pierre de Chailluz, roche d’un beige un peu ocre constellée de grandes taches de couleur bleu-gris, qui confère une unité architecturale à la ville en l’unissant dans cette livrée changeante d’une grande élégance, et sublime les façades des églises…

    Autre monument intimement lié à l’histoire de la région Bourgogne-Franche-Comté et qui mérite le détour, le palais Granvelle, merveille Renaissance édifiée au XVIe siècle par une puissante famille.

    Que faire à Besançon ? Activités, culture, patrimoine, sport, nature et bonnes adresses

    Enfin, en matière de patrimoine religieux toujours, faites un détour sur les bords du Doubs par la sublime synagogue, construite au 19e siècle dans un style hispano-mauresque somptueux, avec minarets et arabesques, qui rend hommage aux traditions de la communauté séfarade.

    Que faire à Besançon ? Activités, culture, patrimoine, sport, nature et bonnes adresses

    Tout près de la cathédrale, vous tomberez sur des stèles commémorant la naissance des frères Lumière dans une des maisons du cœur historique, et surtout, sur la maison natale de Victor Hugo, que j’adorerais visiter. Besançon, ville d’inventeurs et d’artistes, ouverte sur la création…

    Cet élan culturel se ressent à travers le Festival Bien Urbain, qui invite tous les ans des artistes contemporains à investir les rues de la ville. De nombreuses œuvres, de street art et autres, restent ensuite en place, et invitent le visiteur à un jeu de piste ludique avec les créations parfois monumentales, et parfois plus discrètes, cachées dans les interstices de la chaussée, les panneaux de signalisation ou les recoins des fenêtres…

    J’ai pris plaisir à flâner dans les rues de Besançon et dénicher ses multiples pépites.

    Le merveilleux Musée des beaux-arts et d’archéologie de Besançon

    Vos goûts artistiques sont plus classiques ? C’est mon cas aussi. Rendez-vous alors au fabuleux Musée des beaux-arts et d’archéologie de Besançon, qui fut un immense coup de cœur pour moi : peu de monde sait qu’il abrite des œuvres majeures, exceptionnelles, et qu’il est un des plus importants musées de peinture et de sculpture de France. Rendez-vous compte : les amoureux de la Renaissance découvriront ici cinq œuvres majeures de Cranach, dont la Courtisane et le vieillard, plusieurs Titien, Tintoret, et surtout, la somptueuse Déploration sur le Christ mort de Bronzino.


    Côté baroque, j’ai été enchantée de retrouver les clairs obscurs de l’atelier de Georges de La Tour, et plusieurs œuvres majestueuses de Simon Vouet que j’adore, notamment son Ravissement de la Madeleine. Le XIXe siècle français est très bien représenté, avec notamment des Courbet monumentaux.

    Côté archéologie, vous arpenterez l’ancienne ville romaine de Vesontio, avec des vestiges abondants et superbes de l’époque antique, de nombreuses sculptures et mosaïques, et une véritable reconstitution de la vie de l’opulente cité jusqu’au Ive siècle.

    Au Moyen-Âge, j’ai été marquée par les sculptures céphalophores (= saints portant leur propre tête) de Ferréol et Ferjeux, les saints patrons de Besançon.

    L’architecture du musée, en béton brut, est étonnante et crée des effets de perspective inattendus qui place certaines œuvres en miroir. Les installations de plusieurs salles m’ont marquée, notamment la collection XVIIIe avec sa surabondance fidèle au goût de l’époque. Il faut savoir que le musée de Besançon fut le premier de France à être accessible au grand public : ses collections étaient visibles dès 1694 aux visiteurs !

    J’aimerais revenir visiter le Musée du temps, consacré à la mesure du temps et à l’horlogerie – après ma belle visite du musée de la Lunette à Morez dans le Jura, je l’imagine tout aussi passionnant !

    Que faire à Besançon : des idées sport et nature !

    Besançon est une ville incroyablement verte. Les itinéraires de VTT et de trail conduisent en moins de deux du coeur de ville aux collines boisées et aux berges du Doubs. Les montagnes du Jura sont toutes proches, la nature omniprésente. La qualité de vie à Besançon frappe illico le visiteur. Et toujours dans nos explorations, la citadelle qui couronne la ville aimante le regard.

    Que faire à Besançon ? Activités, culture, patrimoine, sport, nature et bonnes adresses
    Que faire à Besançon ? Activités, culture, patrimoine, sport, nature et bonnes adresses

    Un tour en bateau sur le Doubs bateau électrique

    Lors de la visite de la citadelle, j’avais rêvé de passer en bateau sur cet énorme méandre du Doubs qui coule à ses pieds. C’est chose faite avec les promenades en bateau électrique à conduire soi-même, qui vous permettront de traverser le cœur de ville, les berges sous la citadelle, et même plusieurs écluses anciennes qu’il faudra actionner soi-même (ce n’est pas si facile) ! Une magnifique promenade au fil de l’eau, qui permet de prendre toute la mesure de la beauté verte de Besançon.

    Que faire à Besançon ? Activités, culture, patrimoine, sport, nature et bonnes adresses
    Notre chouette team de blogueuses : de gauche à droite, Virginie, Olivia, moi, Louise

    A vélo sur les berges

    Un vrai coup de cœur pour ces itinéraires cyclables qui partent du cœur de ville de Besançon, et vous amènent illico en pleine nature, en forêt, le long du Doubs. Une véritable oxygénation en quelques coups de pédale, une immersion verte délicieuse – je me suis régalée !

    Trail urbain sur les collines de Besançon

    Envie de courir ? Cela tombe très bien : de nombreux itinéraires de trail et de vélo sont parfaitement balisés dans cette ville résolument orientée vers la culture outdoor. Par des sentiers forestiers et des escaliers bien raides au cœur des bois, j’ai apprécié la montée au fort de Chaudanne, qui offre des points de vue de toute beauté sur la citadelle et le cœur de ville – c’est aussi un super spot à retenir pour le coucher de soleil à Besançon !

    Vue sur la citadelle depuis le fort de Chaudanne

    Bonnes adresses pour savourer Besançon

    Un bel hôtel et des restos savoureux : florilège bisontin !

    Pour un week-end de charme à Besançon, retenez cette adresse : l’hôtel Le Sauvage. Cet ancien couvent, transformé en hôtel luxueux par les talents d’un antiquaire minutieux et passionné, m’a enchantée. Rien de tel pour cultiver l’atmosphère de dolce vita à l’italienne que j’ai ressentie à Besançon : vous dormirez sous des angelots vénitiens et des chapiteaux antiques, vous déambulerez sous des lustres monumentaux de palais baroque, et vous dînerez sur une délicieuse terrasse exposée coucher de soleil, au-dessus d’un jardin secret qu’imbibe le doux bruit de l’eau qui coule. Vous y dînerez un délicieux repas aux influences méditerranéennes auprès d’un olivier, et si vous dégustez un Spritz, vous vous croirez réellement transporté à Otranto ou à Trieste… De plus, l’hôtel dispose d’un très beau spa de style antiquisant, fermé lors de notre séjour en raison du covid.

    Les meilleurs desserts de Besançon ? Ils sont chez Marotte et Charlie en cœur de ville, café cosy et bohème où l’intérieur prend des airs de Maison d’Hansel et Gretel avec une déco cupcake à croquer, et où l’extérieur invite à s’asseoir à l’ombre des arbres pour savourer cookies, brookies (brownie/cookie) et autres tartes succulentes. On y mange aussi des quiches, des salades, et on boit des thés glacés maison savoureux.

    Que faire à Besançon ? Activités, culture, patrimoine, sport, nature et bonnes adresses

    Envie de goûter aux meilleurs vins de la région ? Prenez rdv pour une dégustation chez Terres de Vin, bar à vin et cave de qualité tenue par un œnologue passionné, Charles. Charles nous fait découvrir le cépage phare du Jura, le savagnin, avec lequel on produit le fameux vin jaune du Jura, au goût puissant et si particulier. Le meilleur accord mets-vin ? Il se fait avec l’autre grande spécialité de la région : le comté, bien sûr !

    Un dîner gastronomique dans un cadre exceptionnel ? RDV au restaurant Le Parc, situé dans un lieu assez exceptionnel, un bâtiment historique classé réhaussé de verrières arty au cœur du parc Micaud, au bord de l’eau, où des jeux de lumière à la nuit tombée font se refléter à l’infini dans les vitres les œuvres de style Arcimboldo qui ornent les murs des alcôves sombres. Dans ce décor raffiné, la cuisine ne l’est pas moins. Coup de cœur pour l’entrée, des asperges blanches en vinaigrette d’orange, avec coques et nori.

    La douceur de vivre à Besançon, c’est à la Guinguette à la Gare d’Eau que je l’ai le mieux ressentie : au bord de l’eau, avec une vue magique sur la citadelle, au cœur d’une grande pelouse où jouent les enfants et flânent les amoureux, on vient prendre le brunch dans un cadre ultra chaleureux, et la gentillesse du personnel est immense. Vous aurez le choix entre le brunch omnivore ou végé, et dans cette belle assiette sucrée-salée, ne boudez pas les gâteaux, ils sont à tomber !

    Besançon m’a séduite et charmée – une vraie belle surprise pour moi !

    Merci à la citadelle et la ville de Besançon pour cet accueil, et à mes camarades d’un week-end, Chloé (We Like Travel), Louise (Louise Grenadine), Olivia (La fille de l’encre) et Virginie (A taste of my life), qui ont formé une chouette bande chaleureuse.

  • La Creuse, escapade élégante en pleine nature

    Connaissez-vous la Creuse ? Elle fut une des plus belles surprises de mon été. On ignore souvent à quel point ce beau département de forêts et de lacs, au cœur de l’ancienne région culturelle du Limousin, à l’ouest du massif central, est riche et varié. Vous ne le savez peut-être pas, mais dans la Creuse, il y a mille choses à faire, à voir, à vivre. Le patrimoine de la Creuse est magnifique, entre villages de toute beauté, villes d’art, bocages et prairies formant une campagne riante. Une histoire culturelle puissante sublime ce paysage et le transforme en héritage : les tapisseries d’Aubusson, le château de Boussac, la vallée des peintres creusois, sont autant de témoignages de la superbe contribution de la Creuse à l’histoire de France et à ses savoir-faire.
    Entre bois lumineux, douceur des lacs, panoramas idylliques et points de vue inattendus, la nature est superbe, et la Creuse est étonnamment riche en activités outdoor. Nous avons eu le plaisir de nous essayer au catamaran, au poney, à l’escalade et à la randonnée. Et dans des sites magiques, nous nous sentions seules au monde, avec le plaisir d’avoir ce pays rien que pour nous.
    Enfin, nous avons découvert en la Creuse une destination fabuleuse pour une escapade élégante en pleine nature, avec des hébergements de grande qualité, entre maisons design, chambres d’hôte de charme et cabanes insolites. La Creuse, tellement chic ! Dans ce pays préservé loin des grands axes, on cultive le raffinement avec goût, on restaure des châteaux, on se promène dans les villes d’art et de savoir-faire, et on découvre des hébergements infiniment romantiques et délicats. Ce voyage fort en émotions et en sensations fut un tourbillon d’expériences et de moments intenses. Est-ce que ça vaut le coup d’aller passer des vacances dans la Creuse ? Je vous le dis sans hésiter et en toute sincérité : oui, vraiment, il y a là un trésor méconnu.


    Partons ensemble découvrir tout ce qu’on peut faire, voir et vivre dans la Creuse. Au programme : Aubusson et ses tapisseries, le château de Boussac, Moutier d’Ahun, la vallée des peintres et le rocher de la fileuse, le lac de Vassivière, les pierres Jaumâtre, de l’escalade à Bourganeuf, du cheval à Domeyrot… et de superbes hébergements de charme.

    La Jarrige, une belle adresse dans la Creuse

    J’ai réalisé ce reportage avec mon amie Marion Carcel alias Foehn Photographie. Ensemble, nous formons Itinera Favonia, un duo de blogueuses et photographes passionnées. Les photos de cet article sont son œuvre.

    Marion et moi au rocher de la fileuse

    Aubusson, la belle aux tapisseries

    Notre séjour commence par la ville creusoise dont le nom a rayonné dans le monde entier, Aubusson, célèbre pour ses sublimes tapisseries. Connaissez-vous la dame à la licorne ? Ce somptueux chef d’œuvre de la Renaissance française, aujourd’hui conservé au musée de Cluny, est né à Aubusson. Impossible de visiter Aubusson sans faire le voyage à travers six siècles de savoir-faire artisanal remarquable, d’explorer la cité de la tapisserie et le musée des cartons de tapisserie. Mais Aubusson, c’est aussi une ville de charme, une vraie belle surprise esthétique : j’ignorais qu’elle était si belle et vivante ! Les maisons colorées et les passerelles se penchent au-dessus de la rivière Creuse qui la traverse, les artistes investissent les ruelles, les ateliers continuent de tisser, les cafés déploient leurs terrasses sous les vieilles pierres… Cette ville belle comme un livre d’images anciennes m’a touchée par sa richesse et sa beauté.

    Quelques idées pour explorer Aubusson

    Longez la rivière Creuse, admirez les maisons colorées suspendues au-dessus de l’eau, avec les passerelles multicolores et les nombreux ateliers d’artistes. Repérez les fresques, les messages, l’étalage de créativité effusive qui fait d’Aubusson une ville étonnamment arty et vivante, repère d’artistes et de rêveurs au cœur du Limousin.

    Arrêtez-vous au café A Côté chez Les Maisons du Pont, sous le plus joli pont ancien de cette cité bercée par les eaux, goûtez la tarte aux fraises et le petit creusois, gâteau signature de la région, un délice aux noisettes.

    Remontez le temps dans le cœur de ville, recherchez les maisons insolites, comme celle à la façade en rocaille, les donjons égarés. Prenez de la hauteur et découvrez des visions à la Cendrillon : depuis la tour de l’horloge ou plus haut encore si vous poussez jusqu’aux ruines du château, un panorama féerique suspend la course du temps. Après ces ascensions historiques, buvez un verre au Café du commerce sur une place multicolore où il fait bon prendre le soleil.

    Où dormir à Aubusson ?

    Optez pour l’élégance design et fonctionnelle des belles Maisons du pont, des apparts hôtels lumineux, pratiques et bien conçus, qui allient prestations hôtelières et plaisir de bénéficier de ses propres aménités, comme une cuisine aménagée. Entre façade historique et cœur design, les Maisons du pont incarnent bien l’esprit d’Aubusson, et vous y trouverez confort et élégance au cœur de la cité.

    que faire dans la creuse

    Et bien sûr, partez maintenant explorer l’héritage de la tapisserie.

    La tapisserie d’Aubusson, patrimoine mondial de l’UNESCO

    Pourquoi les tapisseries d’Aubusson sont elles classées au patrimoine de l’humanité ? Parce qu’elles font la renommée de la ville depuis six siècles, des grandes tentures et millefleurs de la Renaissance aux tapisseries décalées et arty d’aujourd’hui. Parce qu’elles maintiennent vivant au sein des ateliers – toujours en activité – d’Aubusson un savoir-faire précis et raffiné qui implique plusieurs corps de métiers et de nombreux talents : teinturiers, artistes, cartonniers, lissiers, restaurateurs. L’art et l’artisanat sont indissociables dans la naissance d’une de ces œuvres minutieuses et saisissantes.

    A la cité de la Tapisserie d’Aubusson, vous découvrirez une somptueuse galerie explorant six siècles de chefs d’œuvre, des licornes Renaissance aux créations contemporaines de la cité, qui met Tolkien et Miyazaki à l’honneur, dans des tapisseries monumentales et puissantes. La visite guidée vous permettra de comprendre le travail fantastique du lissier (celui qui tisse la tapisserie), qui joue avec la trame et les fils de chaîne sur un grand métier à tisser où il travaille sur l’envers sur l’ensemble du processus de création, et ne verra son chef d’œuvre révélé qu’à l’ultime fin, lors du dévoilement – vous imaginez le degré de précision, et aussi d’appréhension ! Cette cité musée à l’architecture innovante, qui évoque les fils du métier à tisser, est un centre culturel dynamique et puissant, véritable cœur battant d’Aubusson, où vous découvrirez à quel point la tapisserie reste au cœur de la vie artistique de cette belle ville creusoise.

    que faire dans la creuse

    Découvrez ensuite un joyau de petit musée, l’Atelier Musée des Cartons de Tapisserie, où l’antiquaire passionnée Chantal Chirac vous fascinera avec l’histoire des cartons de tapisserie dans un lieu extraordinaire, véritable atelier du magicien, qui a été notre plus grand coup de cœur à Aubusson. Qu’est-ce qu’un carton de tapisserie ? Entre l’œuvre inspiratrice, dessinée par un artiste, et l’œuvre finale, la tapisserie, il y a une étape intermédiaire essentielle : le carton, véritable modèle et mode d’emploi, qui permet au lissier de suivre chaque étape. Œuvre d’art à part entière ou simple outil ? Art ou artisanat ? Vous aurez tout le loisir d’y réfléchir dans ce lieu fabuleux, qui m’a fascinée par son atmosphère – cabinet Renaissance empli de licornes et de grandes découvertes, salon XVIIIe chic et aristocratique, chaque salle reconstitue une époque, une ambiance, et vous transporte dans un fabuleux voyage érudit. Même si vous n’avez pas bien compris de quoi il s’agit (ce qui était aussi notre cas avant la visite), n’hésitez pas, foncez découvrir cet atelier musée, c’est une merveille !

    Le lac de Vassivière, la mer intérieure creusoise

    Ma première fois en catamaran ? Ce fut inattendu : dans la Creuse ! Ici au cœur du Limousin, il n’y a pas la mer, mais il y a le magnifique lac de Vassivière, ses 45km de rivage, ses îles sauvages au cœur des flots, ses grandes plages, ses sapins qui lui donnent un air boisé de petit Canada. Le lac de Vassivière est un vrai petit paradis préservé, qui surprend par son étendue et la diversité de ses panoramas. Les sinuosités des berges, la taille du lac, le nombre de plages logées dans les méandres, l’écrin forestier qui étouffe les bruits, tout conspire à créer des îlots de solitude où on peut se sentir loin de tout.


    Sur les rives, le Nautic Club Limousin s’est installé et propose catamaran, kayak, pédalo, paddle et autres activités nautiques sympathiques. L’équipe, chaleureuse et professionnelle, nous a fait vivre notre baptême de catamaran – une grande traversée exotique au cœur de la Creuse, un beau moment de liberté et d’évasion.

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    Dormir en pleine nature : les cabanes perchées de l’Ecosource arboricole

    Dormir dans une cabane à la canopée. C’est une des belles expériences sylvestres que nous avons vécues dans la Creuse, ce pays de forêts, de lacs, de bocages et de petits coins secrets où on vient se ressourcer en pleine nature. A Saint-Agnant-près-Crocq, Charles-Jules a bâti à l’Ecosource arboricole un petit havre de paix hippie à la cime des arbres, face au soleil couchant exactement. Trois cabanes insolites se nichent entre les feuillages et la lumière du soir baigne la nôtre, l’asiatique. Une déconnexion totale au cœur des bois, une utopie faite cabane. Attention, c’est l’aventure, vous ferez pipi dans la sciure et vous vous doucherez froid à l’eau de la rivière ! Mais vous vous couperez du monde le temps d’une nuit inoubliable. Êtes-vous fan d’hébergements insolites, ou avez-vous un besoin de confort et de commodités pratiques qui vous font privilégier des hébergements plus classiques ? Du plus « perché » au plus luxueux, la Creuse offre tous les modes de déconnexion…

    Moutier-d’Ahun, illumination romane

    Que la Creuse est belle ! Le village de Moutier-d’Ahun a été un éblouissement. Il n’est pas le seul, loin de là, car la Creuse compte autant de jolis villages typiques et charmants que de vaches, c’est à dire beaucoup – nous sommes au cœur d’une France éternelle et apaisante, où tout respire la douceur. Le magnifique film Tous les matins du monde a été tourné ici, et je comprends pourquoi tant ce lieu respire la sérénité et la douceur. Ce monastère millénaire, avec son tympan gothique grandiose, ce pont roman enjambant la rivière, ces ruelles sinueuses et fleuries, tout est beau et apaisant. Il nous faudra revenir ici pour admirer les boiseries conservées dans l’abbaye, qui sont son chef d’œuvre, et que nous n’avons pu admirer !

    Les Pierres Jaumâtres, entre celtes et Seychelles creusoises

    La Creuse, les Seychelles, c’est presque pareil, mais la Creuse est moins loin ! En découvrant le site extraordinaire des Pierres Jaumâtres, j’ai immédiatement pensé aux monolithes de granite qui habitent les plages des Seychelles. Je ne vous garantis pas que ce site soit un portail de téléportation vers les cocotiers de l’océan indien, mais en revanche, il vous plongera dans une atmosphère mystique, un peu celtique. On dit des pierres qu’elles étaient un ancien lieu de culte druidique, une aura de mystère et de magie nimbe ce site somptueux et impressionnant par sa taille, les monolithes étant infiniment nombreux, et très bucolique, avec des sentiers bordés de mousse, et des hampes de jeunes fougères poussant au pied des blocs. Une petite évasion arthurienne au cœur de la Creuse !

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    Chevauchées et nuit de rêve à la Maison de Fleurat

    Ce fut notre immense coup de cœur dans la Creuse : La Maison de Fleurat, petit paradis idyllique, entre chevaux et bien-être, entre ferme typique et bulle de luxe de douceur. Vous avez toujours rêvé de vivre une aventure bucolique à la ferme, entre vaches et petites chèvres, de vous prendre pour une cow girl dans le bocage sur de magnifiques chevaux dressés avec douceur ? Mais vous avez besoin de confort, de douceur, d’un lit douillet, d’une jolie déco et peut-être même d’un bain nordique pour voir la lune se lever depuis l’eau chaude ? Venez chez Julien et Judith au cœur de la Creuse. Originaire de Haute-Savoie, ce couple adorable est venu réaliser son rêve ici (et le mien au passage) : une ferme équestre remplie d’animaux et proposant de très belles sorties à cheval, mais avec un degré de confort et de soin qui vous fait vivre une expérience luxueuse de bien-être et de déconnexion totale. Une escapade élégante en pleine nature, une chevauchée raffinée, une arche de Noé version 4 étoiles, c’est ce que vous vivrez à la maison de Fleurat, et c’est fabuleux. Marion et moi avons absolument adoré cette expérience, entre repas délicieux en table d’hôtes, bain nordique après le dîner et belle promenade dans le bocage creusois et la forêt le lendemain. Un petit bout de paradis et une merveilleuse qualité d’accueil !

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    Escalade aux gorges du Verger à Bourganeuf

    Si je vous dis « escalade », vous pensez à la Creuse ? Pas forcément ! Et pourtant, cette terre de granit où le rocher affleure partout possède d’excellents sites d’escalade. Aux gorges du Verger à Bourganeuf, vous grimpez dans un site idyllique en bord de rivière, au cœur de la verdure, sur des falaises granitiques de roche très dure et solide qui sont un vrai régal !
    Dédé du club alpin creusois (oui, oui, ça existe bien, il y a des amoureux de montagnes au beau milieu du Limousin !) nous fait découvrir ce joli spot. Sur une voie facile, il m’initie à une technique que j’avais très envie d’apprendre, celle du rappel en auto descente. J’ai découvert l’escalade grâce à Marion, et je suis en train de me prendre de passion pour ce sport outdoor qui fait autant travailler le corps que le cerveau, pousse à se dépasser et à vivre pleinement la montagne… ou la campagne. Grimper dans la Creuse, c’est merveilleux aussi, surtout sur un site aussi poétique et magique que celui-là ! Ce fut une très belle session…

    De Jeanne d’Arc à George Sand, le château de Boussac

    C’est un lieu hors normes, un véritable voyage dans le temps. Forteresse médiévale imposante, le château de Boussac fut fondé par un compagnon de Jeanne d’Arc. Durant deux siècles, il fut le refuge de la célèbre tapisserie de la Dame à la licorne. Au XIXe, il accueillit pendant près de trente ans les séjours estivaux de George Sand, qui dit de lui : « Boussac ne peut laisser indifférent par la diversité de ses époques, chaque propriétaire a laissé quelque chose de son temps ». Aujourd’hui, la collectionneuse passionnée Bernadette Blondeau et son époux ont œuvré avec maestria pour donner vie à la vision romantique de Sand, et ont restauré chaque salle dans le style d’une époque, entre fidélité historique et imagination débordante, le tout avec infiniment de goût et de créativité. Une salle de bain XVIIIe, une salle ottomane portant le nom du prince Zizim autrefois otage à Bourganeuf, des chandeliers ayant inspiré Cocteau pour sa Belle et la bête, une reconstitution fidèle de la chambre de George Sand… la visite regorge de surprises, d’insolites et de pépites inattendues. Un véritable voyage à travers les siècles !

    Au cœur de la vallée des peintres dans la Creuse

    C’est une dimension de l’histoire de l’art française qu’on oublie trop souvent : le rôle considérable qu’a joué la Creuse dans l’imaginaire des peintres de notre pays au XIXe siècle, et tout particulièrement les impressionnistes. Entre 1830 et 1930, la vallée de la Creuse, qui n’est située qu’à 7h de train de Paris (une bagatelle pour l’époque) voient défiler une impressionnante ribambelle de grands artistes, le plus célèbre étant Claude Monet, venus immortaliser ces paysages sauvages et romantiques : la forteresse de Crozant, les gorges de la Creuse, le moulin de la Folie… Ces motifs sont si récurrents et leur influence est si puissante qu’on pourra parler d’une véritable école de Crozant, du nom du beau village qui fut l’épicentre de cet afflux artistique inouï.

    A l’auberge des pêcheurs à la Celle-Dunoise, délicieux restaurant d’inspiration britannique en bord de l’eau, nous rencontrons le grand spécialiste de l’école de Crozant, Christophe Rameix. Son inlassable et minutieux travail a aujourd’hui permis la reconnaissance internationale de ce courant artistique puissant, et à redonner ses lettres de noblesse à la vallée de la Creuse. La discussion est passionnante.

    On connaît le rôle qu’ont joué la Bretagne, la Normandie, les Alpilles dans les obsessions impressionnistes. Mais n’oublions pas Crozant : la naissance de l’impressionnisme se joue aussi ici, dans ces paysages autrefois dénudés par le pastoralisme et transformés en landes sauvages aux allures d’Ecosse, aujourd’hui plus boisés et plus amènes.
    A Crozant, le centre d’interprétation du patrimoine installé dans l’hôtel Lépinat vous fait remonter dans le temps à la rencontre de ces artistes amoureux de la région, de leurs rivalités, de leurs obsessions, de leurs querelles. Le passage au centre d’interprétation vous aidera à voir le paysage d’un autre œil, et à reconnaître immédiatement dans les oeuvres les sites naturels que vous arpenterez ensuite : le sentier des peintres vous permet de randonner sur leurs traces, d’entrer dans le tableau pour ainsi dire.

    Le rocher de la fileuse et la forteresse de Crozant.

    Parmi les incontournables, vous passerez au Moulin de la folie, dont les roues à aubes sont posées sur une rivière touffue.

    Et surtout, vous ne raterez pas un des plus beaux points de vue de la Creuse : le rocher de la fileuse. Au-dessus d’un méandre de la rivière à la rondeur parfaite et envoûtante, là où se fondent la Creuse et la Sédelle, les rochers se dressent face à la somptueuse forteresse de Crozant, ruine romantique digne d’inspirer des poèmes à la Ossian.

    Changez de rive, et allez explorer cette somptueuse forteresse bâtie au XIIe siècle, entièrement remaniée au XVe, qui fut autrefois anglaise et qui vous subjuguera par l’ingéniosité de sa construction, le nombre de ses tours et l’ampleur de ses logis. C’est une véritable ville médiévale, d’une taille étonnante, qui se dresse au-dessus du confluent. Le lieu est infiniment poétique, une ambiance à la Seigneur des Anneaux qui nous a profondément séduites, Marion et moi.

    Le domaine de la Jarrige, une chambre d’hôtes luxueuse et poétique

    Nous avons vraiment eu de beaux hébergements originaux et attachants dans la Creuse, des hôtels et chambres d’hôte de charme au cœur d’une campagne riante et préservée. Marion et moi avons eu un vrai coup de cœur pour le domaine de la Jarrige à Saint-Vaury, où nous dormions dans des chambres décorées avec goût et raffinement, toutes différentes et infiniment douillettes au cœur d’un jardin immense et serein, où le soleil se couchait sur la piscine et où le petit déjeuner fabuleux donnait envie de ne jamais repartir. Chaque chambre a sa décoration originale, douillette et subtilement décalée, la table d’hôtes est exquise (mention spéciale pour le petit déjeuner extraordinaire !), la piscine chauffée invite au délassement, et le coucher de soleil sublime l’immense jardin fleuri… un vrai petit coin de paradis au cœur de la campagne verdoyante. Une escapade romantique, une parenthèse ressourçante… une belle adresse à retenir.



    que faire dans la creuse

    Elégante et lumineuse, la Creuse offre un idéal de vacances en France, entre beauté, diversité et calme des régions loin des grands axes, mais riches en activités… Venez goûter au clafoutis aux cerises et au creusois à la noisette, spécialités de la région, explorer un patrimoine millénaire et vous immerger au cœur d’une nature verdoyante. La Creuse fut une merveilleuse surprise, et un véritable enchantement.

    Un grand merci à Creuse Tourisme et tout particulièrement à Béatrice pour ce magnifique séjour.

  • Premiers pas en alpinisme, avec la compagnie des guides de Chamonix

    La compagnie des guides de Chamonix ? C’est la plus ancienne, la plus prestigieuse, la plus mythique des compagnies de guides de haute montagne au monde. Les plus grands alpinistes français, les Frison-Roche, Terray ou Rebuffat furent tous membres de ce véritable corps d’élite de la haute montagne, dont le niveau d’exigence ne permet que la véritable excellence. En 2021, Chamonix fête les 200 ans de la création de la compagnie avec une série d’évènements prestigieux, notamment une grande traversée de la Vallée blanche par deux-cent alpinistes simultanément. A cette occasion, je suis partie en septembre dernier à la rencontre d’un des guides de la Compagnie, le brillant et talentueux Tristan Knoertzer, qui m’a raconté l’histoire de cette compagnie hors normes.

    Tristan Knoertzer, membre de la compagnie des guides de Chamonix
    Tristan Knoertzer, membre de la compagnie des guides de Chamonix

    Grâce à lui, j’ai pu découvrir la haute montagne dans la Vallée Blanche, entre 3400 et 3800 mètres d’altitude dans cette sublime vallée glaciaire qui relie l’Aiguille du Midi (Chamonix) à la Pointe Helbronner (Courmayeur). Ces deux jours resteront gravés dans ma mémoire à tout jamais. Voici le récit d’une tentative d’approche d’un autre monde, éternellement blanc et abrupt, à la fois profondément inhospitalier et radicalement magique : la haute montagne, le pays enneigé où on ne s’aventure qu’avec cordes, crampons, et piolets…

    Première expérience d'alpinisme, avec la compagnie des guides de Chamonix
    Au coeur de la vallée Blanche, sur le glacier.

    Récit d'une première fois en alpinisme dans la vallée blanche à Chamonix, pour les deux cent ans de la compagnie des guides de Chamonix
    Mon guide Tristan Knoertzer, membre de la compagnie des guides de Chamonix qui fête ses 200 ans en 2021
    Récit d'une première fois en alpinisme dans la vallée blanche à Chamonix, pour les deux cent ans de la compagnie des guides de Chamonix
    La traversée de la vallée blanche, qui s’étend à près de 4000m entre Chamonix et Courmayeur
    Récit d'une première fois en alpinisme dans la vallée blanche à Chamonix, pour les deux cent ans de la compagnie des guides de Chamonix
    L’ascension des pointes Lachenal au lever du jour, une magnifique initiation à l’alpinisme

    Pourquoi l’alpinisme ?

    Pourquoi aller en haute montagne ? Pourquoi aller dans ce pays perpétuellement couvert de neige, où les crevasses se dissimulent sous la couche blanche, où le mercure ne remonte jamais très haut, où souffle l’haleine des gouffres et des cimes gelées, où les hommes restent perpétuellement intrus, tout juste tolérés, à la merci d’une chute de sérac, d’une avalanche ou du sol qui se dérobe sous leurs pieds ?

    Première expérience d'alpinisme avec la compagnie des guides de Chamonix
    Haute montagne, pays des glaciers, des avalanches, des vertiges et de la magie


    Comme nombre d’amoureux des montagnes, j’ai été bercée par la lecture des alpinistes français iconiques, ceux de l’âge d’or des grandes explorations, des faces Nord et des premiers 8000. Et tous sont confrontés à la même interrogation existentielle : « Pourquoi allez-vous donc là-haut ? », demande-t-on à Lionel Terray dans Les conquérants de l’inutile, peut-être le plus beau livre d’alpiniste à mes yeux. « Vous ne comprendriez pas », répond Gaston Rebuffat dans Etoiles et tempêtes, sublime récit de ses ascensions des six grandes faces nord des Alpes. Le professeur de philosophie Patrick Dupouey a récemment sorti chez Guérin (la maison d’édition chamoniarde aux petits livres rouges) un bouquin là-dessus, qui demande tout simplement : Pourquoi grimper sur les montagnes ? Royaume du vertige et du danger, la haute montagne traîne toujours avec elle sa longue nimbe de périls mortels. Peut-être faut-il répondre comme le faisait George Mallory, mort sur l’Everest en 1924, quand on lui demandait pourquoi il tenait tant à gravir le plus haut sommet de la planète : because it’s there, parce qu’il est là.

    Première expérience d'alpinisme avec la compagnie des guides de Chamonix
    Collection de livres Guérin, maison d’édition chamoniarde mythique parmi les alpinistes et les amoureux des montagnes, au refuge des Cosmiques.


    Si on devait résumer l’alpinisme en trois mots, il faudrait peut-être tout simplement dire : « aller là-haut ». Mon guide Tristan Knoertzer, membre de la compagnie des guides de Chamonix, l’exprime avec éloquence : l’alpinisme n’est pas un sport à proprement parler. Il n’est pas question de performance, de record, d’épreuve codifiée. L’alpinisme est une pratique. Une continuation de la randonnée par tous les moyens possibles, avec un seul but, aller là-haut. Comme l’écrit Rébuffat : « Les montagnes ne vivent que de l’amour des hommes. La technique doit servir un enthousiasme, sinon elle réduit le monde de l’altitude aux proportions d’un gymnase. Or, la marche est longue qui conduit aux sommets ! »

    Et pour cela, on va s’encorder, on va se munir de crampons, de piolets, de matériel d’escalade, mettre en œuvre toutes sortes de techniques pour marcher sur les glaciers, escalader les cascades de glace ou les faces rocheuses, marcher en arête, tout cela avec un seul but, atteindre le sommet, ou bien, atteindre le sommet par un chemin nouveau, une voie plus originale. C’est tracer des chemins à la verticale dans la montagne.

    Première expérience d'alpinisme avec la compagnie des guides de Chamonix
    Tristan au coeur des glaciers de la Vallée Blanche

    Chamonix, la mère des alpinistes

    Impossible de parler d’alpinisme sans dire le beau nom de Chamonix. C’est ici que tout commence, en 1786, quand un cristallier débrouillard et acharné trouve enfin le saint Graal, le chemin qui mène au sommet du Mont Blanc. Pour la première fois, un être humain se tient sur le toit de l’Europe, à 4810m d’altitude, et en redescend vivant : Balmat et Paccard réussissent la toute première ascension le 8 août 1786. J’avais déjà évoqué dans un autre article l’aura incroyable, mythique de Chamonix.
    La Maison de la Montagne, qui abrite celle des guides, le cimetière du Biollay, où reposent tant d’alpinistes qui me fascinent, la statue de Balmat et Paccard en cœur de ville, le doigt pointé vers le Mont Blanc, la librairie Guérin, les musées, tout à Chamonix respire la verticalité, l’aspiration aux sommets. Pour qui aime les Alpes, Chamonix est la Mecque, l’incontournable absolu. Aujourd’hui encore, tout Français qui souhaite devenir guide de haute montagne, moniteur de ski ou secouriste en montagne doit nécessairement passer par l’ENSA, Ecole Nationale de Ski et d’Alpinisme, implantée à Chamonix depuis 1946. La compagnie des guides ne pouvait naître qu’ici, c’était une évidence.


    J’aime toutes les Alpes, vous le savez. Mais la vallée de Chamonix, celle dont Victor Hugo disait qu’elle était un « temple », avec les langues glaciaires qui l’environnent de toutes parts comme autant de colonnes marmoréennes, ses immenses pentes abruptes caracolant jusqu’au merveilleux Mont Blanc, l’atmosphère de cette ville qui est comme un immense cœur battant à l’unisson de la montagne, qui frémit quand chutent les séracs et quand se craquèlent les glaciers, est incomparable entre toutes. Je souhaite à tout amoureux de la montagne de venir une fois à Chamonix.

    Pourquoi la compagnie des guides ?

    Revenons en 1786. Balmat gravit le Mont Blanc, et la ruée vers l’or blanc s’empare des élites européennes. Artistes, aristocrates, rêveurs fortunés, belles dames en crinoline, tous veulent fouler la mer de glace, arpenter « les glaciaires de Chamounix ». A l’hôtel du Montenvers, vous avez des images incroyables de cette époque délirante, où on voit des ladies anglaises avec leur ombrelle et leurs belles robes marcher entre les crevasses des glaciers. Les jeunes gens de la vallée de Chamonix s’improvisent guides et proposent d’emmener les touristes marcher au cœur de la haute montagne. Je vous avais parlé de cette époque incroyable dans cet autre article, sur l’histoire, les mythes et l’aura de Chamonix.

    Que faire à Chamonix ? Les plus belles randonnées à Chamonix, la randonnée de la Jonction, une nuit au Montenvers, un vol en parapente à Chamonix...
    Dames sur le glacier avec leurs guides chamoniards, photo ancienne vue au grand hôtel du Montenvers

    Cela manque souvent mal tourner – notre trésor national, Victor Hugo, a failli finir dans la bouche béante de la mer de glace avec un jeune homme inexpérimenté qui s’était autoproclamé guide. Et parfois, cela tourne très, très mal. A l’été 1820 se met en branle la caravane Hamel, qui souhaite atteindre le sommet du Mont Blanc avec un incroyable bardas de matériel scientifique et incongruités diverses. Ils sont une douzaine, clients et guides. Malgré les avertissements des jeunes guides chamoniards, qui sentent bien que la couche de neige est instable et qu’il ne faut pas y aller, Hamel presse à poursuivre. L’avalanche se déclenche et emporte toute la caravane. Trois guides ne se relèveront jamais du piège blanc : Pierre Carrier, Pierre Balmat et Auguste Tairraz, qui reposent au cimetière du Biollay. Ce sont les premiers morts du Mont Blanc.


    L’accident de la caravane Hamel est décisif. Il est désormais temps de mieux encadrer les ascensions en montagne. C’est en 1821 qu’est créée la Compagnie des Guides de Chamonix, officiellement reconnue par le roi de Sardaigne, sous l’autorité duquel se tenait alors la Savoie. L’une des premières fonctions de la Compagnie est d’asseoir l’autorité du guide en lui conférant un vrai statut. Une règle d’or s’impose alors, qui prévaut encore aujourd’hui et qui stipule qu’en cas de difficulté, de risque, de danger, la décision du guide l’emporte sur celle de son client. Si le guide annonce qu’il faut renoncer, la cordée fait demi-tour. Avec la fondation de la compagnie sont créés le Tour de rôle, qui permet de donner à chaque guide du travail en répartissant les courses de façon équitable, et la Caisse de secours, qui indemnise les familles des guides morts en montagne. Deux-cent ans plus tard, ces deux institutions existent toujours.

    Compagnie des guides de Chamonix

    Le guide, un homme ou une femme d’exception

    Je le dis en toute objectivité, sans lyrisme romantique : les qualités physiques, techniques et surtout mentales exigées par la compagnie des guides de Chamonix sont portées à un tel niveau que le guide n’a d’autre choix que d’être un homme (ou une femme) d’exception.

    Petite parenthèse au sujet de la parité homme/femme. Si le 19e siècle connaît déjà des femmes alpinistes exceptionnelles, comme Henriette d’Angeville ou Isabella Straton dont je vous racontais l’histoire ici, il a fallu attendre ma naissance ou presque pour voir des femmes guides. Pendant très longtemps, les guides ont été exclusivement masculins, par traditionalisme mais pas seulement : le matériel d’autrefois exigeait énormément de force physique afin de pouvoir assurer la sécurité de la cordée. Un exemple parmi d’autres, celui des cordes. Lorsqu’un des membres de la cordée dévissait (= chutait), il fallait être en mesure de le retenir, et pendant plus de cent ans, on a utilisé des cordes en chanvre, qui n’avaient aucun rebond, et faisaient peser sur le guide tout le poids du client qui chute. Depuis les années 30 et a fortiori depuis les années 50, les progrès du matériel d’alpinisme ont été constants et incroyablement significatifs. Aujourd’hui, les guides possèdent des cordes qui, par un système de nœuds, de techniques d’assurage, d’outils précis et bien conçus, permettent de réduire considérablement le poids de la personne qui chute et de remonter en sécurité même des personnes plus lourdes que le guide. L’amélioration du matériel a permis de compenser l’infériorité physique des femmes en termes de force pure, et leur a ouvert le métier. La première guide rejoint la compagnie en 1985, et s’appelle Sylviane Tavernier. Je n’ai pas le plaisir de la connaître, mais j’ai lu beaucoup de choses sur elle, et je la trouve extraordinaire – elle a d’ailleurs été décorée de la légion d’honneur. Aujourd’hui, je suis avec bonheur les travaux de l’association Pas que des collants, qui promeut les femmes alpinistes et œuvre pour la féminisation des métiers de montagne.

    Devenir guide ou les 12 travaux d’Hercule

    Le « carnet de courses » que doit remplir l’aspirant guide avant de pouvoir ne serait-ce que rejoindre l’école des guides est impressionnant, et montre bien à quel point la compagnie recherche des personnalités d’exception, au mental d’acier, à l’endurance hors normes et à la technique parfaite. Avant de pouvoir se présenter à l’examen, le guide doit avoir réalisé un certain nombre de courses (ascensions de sommets, escalades en rocher, traversées d’arêtes, descentes à ski, etc) exigeantes et difficiles, répondant à des critères très précis, et accompagné d’un partenaire qui ne soit pas un guide. Il pourra ensuite se présenter à l’examen. Chaque année, environ deux-cent personnes postulent, et participeront à des épreuves hivernales et estivales, de ski, d’escalade en chaussons, d’escalade en chaussures d’alpinisme, de cascade de glace, de course d’orientation. A l’issue de la sélection, environ quarante personnes seront gardées, et intègreront l’ENSA. Environ trente personnes seront diplômées chaque année, au terme d’une formation longue et ardue qui compte parmi les plus exigeantes au monde.

    Session d’escalade entre aspirants guides à l’ENSA


    Le guide est quelqu’un qui connaît la montagne par cœur, qui sait la « lire », voir les dangers, les zones plus crevassées sur les glaciers, les pentes où l’avalanche risque de déclencher, les séracs qui menacent de se détacher. Le guide sait évoluer sur tout terrain, sur glace, sur rocher, en arête, dans les pentes raides. Comme l’écrit Rébuffat, « L’alpiniste doit avoir des muscles forts, des doigts d’acier, une technique parfaite, toutefois ce ne sont là que des outils. D’abord, il aime la vie, et l’air à 4000 a une saveur particulière, mais il faut le gagner. »
    Il anticipe, garde son sang-froid, sait réagir à toutes les situations de danger, les dangers objectifs de la montagne, les dangers liés à une météo qui tourne mal, mais aussi, et ce ne sont pas les moindres, les dangers causés par le facteur humain.

    Mon guide, Tristan Knoertzer

    Le guide et son client

    Quand on s’embarque avec un client en montagne, un partenaire de cordée dont on ne connaît pas forcément bien le niveau et les capacités, cela comporte toujours un certain risque. Terray comme Rébuffat racontent tous les deux avoir paradoxalement vécu des situations de péril bien plus graves sur des courses de difficulté moyenne, avec un client qui soudain perd la tête, panique, fait quelque chose de profondément irrationnel et dangereux et manque précipiter son guide avec lui, que sur des courses autrement plus engagées (des faces Nord alpines, des ascensions dans l’Himalaya ou en Patagonie), mais avec des partenaires de cordée fiables. Un bon guide n’est pas qu’un bon montagnard, c’est aussi un fin psychologue, capable de sentir jusqu’où son client peut aller, le rassurer, l’encourager, mais aussi parfois, le faire renoncer. Tristan le souligne : le guide a une obligation de moyen, pas de résultat. Il s’engage à faire de son mieux pour amener son client au sommet, mais pas à le faire à n’importe quel prix. Lors de la course, le guide est souverain. Si la météo tourne, si les conditions se dégradent, si le client n’est pas au niveau, le guide a non seulement le droit, mais aussi le devoir de dire stop. Cette justesse dans le jugement et l’analyse des situations fait aussi partie des qualités exigées de lui.
    Mais le duo formé par le guide et son client, ce sont aussi de très belles histoires. Lors du premier contact avec la compagnie des guides, le client ne choisira pas son guide en direct : il lui sera attribué par le tour de rôle de la compagnie, qui permet à chacun d’avoir du travail. Un pourcentage du prix de la course, qui est fixé au préalable par un barème établi par la compagnie, revient à la compagnie. Mais si le client « accroche » avec son guide, et souhaite repartir avec lui, le guide a ensuite le droit de garder son client sans repasser par le tour de rôle. Les guides ont de belles histoires de clients fidèles à raconter, parfois des alpinistes de bon niveau et enthousiastes, avec qui ils pourront faire de très belles courses, ou parfois aussi des gens avec qui des amitiés profondes se nouent. Voir au terme d’une ascension harassante le soleil se lever à 4000m, ce sont des souvenirs qui lient les hommes… Une cordée est solidaire : en cas de catastrophe sur la glace, le guide peut retenir le client, mais le client peut aussi retenir le guide. Il faut au guide cette confiance fondamentale en cet inconnu qui a choisi de partir en montagne avec lui. L’alpinisme, c’est l’aventure humaine essentielle, la solidarité nécessaire, vitale, face à des périls plus grands que nous.

    Moi, heureuse et reconnaissante après ma toute première ascension

    Premiers pas en haute montagne

    L’alpinisme. Cela fait des années que j’en rêve. J’ai lu et relu avec fascination Lionel Terray, qui écrit dans les premières pages de ses Conquérants de l’inutile :

    « Ce que je désirais de toute mon âme, c’était pénétrer dans le cœur de ces merveilleuses montagnes et en escalader les sommets. »

     « J’entrevis toutes les possibilités qu’offrait de monde de roc et de glace où il n’y a rien d’autre à cueillir que des fatigues et des dangers ; je sentais tout le prix qu’auraient pour moi ces fruits inutiles, qui ne se cueillent pas dans la boue mais dans un écrin de beauté et de lumière. »

    Première fois en alpinisme avec la compagnie des guides de Chamonix
    Lever de soleil dans la vallée blanche

    Parce que j’aime à la folie les Alpes, que j’ai lu avec passion Frison-Roche, Terray, Rébuffat et les autres, regardé en boucle des films sur les ascensions de l’Everest, parce que je n’aime rien tant que randonner en montagne, je rêve humblement de franchir la limite. La limite ? La frontière entre la montagne… et la haute montagne.

    La montagne est le pays des alpages, des lacs, des sentiers fleuris, le pays des hommes. Elle est amène, riante, douce, on va y randonner l’été, on bivouaque dans les prairies et on pique-nique au bord des lacs bordés de rhododendrons. La haute montagne est le pays des glaces, des rochers, des verticalités terrifiantes et des sommets étincelant de lumière, une contrée où les hommes sont tout juste tolérés, où ils ne seront jamais vraiment chez eux.

    Où se situe cette limite ? Ce n’est pas vraiment une question d’altitude. Au sommet de la Grande Sassière (3747m), vous êtes encore en chaussures de randonnées, sans encordement, mais au sommet des Rouies (3589m), vous avez déjà traversé un glacier et une falaise, et vous avez depuis longtemps chaussé vos crampons, empoigné vos piolets et mis votre baudrier. La haute montagne, c’est ce pays où les hommes ne peuvent plus cheminer sans équipement particulier, où marcher ne suffit plus, où il faudra s’encorder, s’équiper, grimper, s’assurer, etc.

    Nous sommes un matin de septembre 2020. J’ai dormi à Chamonix, au très joli hôtel le Plan B. Dans les jours qui précèdent, j’étais allée randonner au coeur de la réserve des Aiguilles rouges, au Lac Cornu, à 2276m, puis au col d’Anterne, à 2257m, afin de commencer mon acclimatation à l’altitude en passant la barre des 2000m, pour forcer mon corps à fabriquer plus de globules rouges. J’ai passé l’été à randonner, à Chamonix, dans le Vercors, sur le chemin de Saint Jacques, ailleurs. Je me sens prête.

    lac cornu
    Acclimatation, partie 1 : Lac Cornu
    lac d'anterne
    Acclimatation, partie 2 : lac d’Anterne

    Je passe devant la belle église de Chamonix, où les vitraux fabriqués en 1925 arborent des skieurs descendant les pentes, rappelant qu’ici la montagne est presque une divinité à part entière. Je rejoins la Maison de la Montagne, qui abrite la maison des guides, foyer de la compagnie des guides de Chamonix. De grands portraits commémorent les guides illustres qui ont marqué l’histoire de la compagnie. Je suis émue.

    Compagnie des guides de Chamonix
    Sur la façade du bureau des guides, un portrait de Balmat et Paccard, les deux découvreurs du Mont Blanc

    Je retrouve Tristan Knoertzer, mon guide. Il vérifie mon sac, mes chaussures d’alpinisme toutes neuves achetées pour l’occasion à Décathlon Chamonix, et me confie mon matériel : un baudrier, deux vaches, deux broches à glace, des crampons à mettre sur mes chaussures (des sortes de griffes acérées), un piolet, une corde, un bâton. Je porterai cela tout au long de notre course. Mon sac s’alourdit, et je regrette un peu le superflu que j’ai pris avec moi – le poids est l’ennemi de l’alpiniste, me dira Tristan. Mais ce qui compte le plus à cet instant, c’est la joie, la joie qui explose dans mon cœur quand nous franchissons le tunnel et passons côté italien. Ma toute première course commence.

    De la pointe Helbronner au refuge des Cosmiques : la vallée Blanche

    Tristan et moi franchissons le tunnel du Mont Blanc, et passons côté italien. J’ai le cœur qui bat la chamade. Notre objectif du jour : traverser la Vallée Blanche, cette immense vallée glaciaire qui court de la pointe Helbronner (Italie) à l’Aiguille du Midi (France), recouverte de plusieurs centaines de mètres de glace. Pour cela, nous allons emprunter le Skyway Monte Bianco, à Courmayeur, qui s’élance à 3466m jusqu’au sommet de la pointe Helbronner. Dans nos cabines de verre panoramiques, la vue est grandiose. Je vois l’herbe laisser place à la neige et à la glace, le royaume de l’hiver éternel nous happer peu à peu, nous emporter vers ces hauteurs qui me font frémir de fascination et de respect. Je sais que cette fois, nous ne nous contenterons pas de rester sur la plate-forme, comme je l’avais vécu l’été précédent à l’Aiguille du midi lors de notre très beau séjour à Chamonix. Nous allons fouler le sol gelé des cimes. Haute montagne, pour la première fois, je te découvre.

    Nous descendons de la plate-forme et arrivons dans la Vallée Blanche. A 3400m, c’est une gigantesque vallée glaciaire, que remplissent plusieurs glaciers immenses, Glacier du Géant, Glacier du Tacul, Mer de Glace, et que bordent des sommets prestigieux comme le Mont Blanc du Tacul.

    Carte de la vallée Blanche
    Carte de la Vallée Blanche, entre Courmayeur et Chamonix

    Sa traversée, en randonnée glaciaire ou en ski, est un des itinéraires les plus mythiques qui soient, et il reste pourtant profondément dangereux : nous sommes sur un glacier, un géant millénaire et sournois, au dos lézardé de profondes crevasses. Certains trous sont profonds de plusieurs dizaines de mètres, et tous ne sont pas visibles ; des ponts de neige instables peuvent les dérober à nos yeux. Nous sommes en haute montagne, au royaume du danger. Et nous allons nous équiper pour y faire face.

    vallée blanche
    vallée blanche

    Tristan m’explique le matériel à notre disposition. Je chausse les crampons, qui me permettent d’accrocher la glace, comme les griffes d’un tigre sur la surface glissante. J’ai le piolet, qui m’aidera lors des ascensions, et qui, en cas de chute en crevasse, me permettra de planter un ancrage. J’ai les broches et les vaches, qui me permettront de m’assurer en cas de chute en crevasse.

    Et, le plus important, j’ai cette corde, cette corde souple et solide à la fois qui relie mon baudrier à celui de mon guide, et qui est ma ligne de vie pour la traversée des glaces. Tristan me dit quelque chose à quoi je ne m’attendais pas : « moi aussi, je peux tomber en crevasse. Et dans ce cas, ce sera à toi de me sortir. » Je l’avais pourtant lu dans les livres, mais c’est autre chose de se l’entendre dire là-haut, de comprendre soudain que la ligne de vie va dans les deux sens. Le guide assure le client, mais le client assure aussi le guide. Tristan m’explique les nœuds qu’il fait sur la corde pour ralentir la chute éventuelle, comment poser une broche dans la glace pour l’assurer au cas où, je l’écoute gravement, attentivement. Nous sommes désormais une cordée.

    alpinisme

    Nous nous mettons en chemin, direction l’Aiguille du midi. Dans ce sens-là, Courmayeur => Chamonix, la Vallée Blanche est en légère montée, avec un lent dénivelé progressif. L’effort est modéré. Malgré la haute altitude, je me sens bien, en forme, je sens que mon corps est prêt et cela me rassure. Le soleil brille, la visibilité est parfaite, je vois autour de moi s’élever une armée de sommets dont j’ai toujours lu les noms sur les cartes jaillissant des glaces, aujourd’hui face à moi, tout près. Je suis là, sur l’un des plus grands glaciers des Alpes, sur des centaines de mètres de glace, au milieu de l’empire du froid. L’émotion est intense. Tout est blanc, tout est lumineux, tout est vertigineux. C’est beau, c’est tellement beau. Je ne veux plus jamais redescendre.

    Vallée blanche

    Sur une paroi rocheuse, nous croisons des grimpeurs à l’entraînement, qui ont l’air de se régaler sur les magnifiques granits bien durs du massif du Mont Blanc. Tristan me dit que c’est son père sur le rocher, qu’il est formateur à l’ENSA et qu’il entraîne aujourd’hui de jeunes recrues. Je garde mon souffle et ma concentration pour la randonnée glaciaire, mais j’ai hâte d’être au refuge et de poser plein de questions à Tristan sur sa vie, sa famille, son enfance parmi les neiges.

    Première frayeur : les crevasses

    Nous faisons une petite pause, et Tristan m’explique avec une profonde tristesse dans la voix qu’il y a peu de temps, un ami et collègue à lui, un autre guide de la Compagnie, est mort ici, dans la Vallée Blanche, un mois auparavant. Le 7 août 2020, Jean-Louis Le Garrec, un guide de 62 ans, expérimenté, compétent, fiable, traversait le glacier du Géant avec son client lorsqu’un pont de neige d’une ampleur exceptionnelle s’est effondré et l’a emporté avec lui. Le client n’a commis aucune erreur, il a retenu la chute et appelé aussitôt les secours. Mais Jean-Louis était enseveli sous plusieurs mètres de neige, et n’a pas survécu. Même les meilleurs guides restent à la merci de la haute montagne, et malgré toutes les précautions, l’expérience, le bon matériel, le risque reste inhérent à la traversée de ces altitudes inhumaines. Tous les alpinistes le savent, et parfois, hélas, l’accident arrive et l’homme est impuissant face à la montagne. Je repense à ces beaux mots de Lionel Terray :

    « Quelles que soient son adresse et sa force naturelle, le grimpeur qui ne craint pas d’aller chercher des joies plus profondes et plus austères sur les plus grandes murailles des Alpes et les hautes cimes de la Terre, s’expose toujours à des dangers sérieux. Le monde minéral où il pénètre n’est pas fait pour la vie de l’homme, et les forces de la nature semblent se coaliser pour l’en rejeter. Celui qui, en quête d’une beauté et d’une grandeur sublimes, ose s’aventurer en ces lieux doit absolument accepter de courir certains risques. »


    Pour limiter le danger, Tristan ne veut pas passer par l’itinéraire habituel, celui qu’a emprunté Jean-Louis, sur la partie haute du glacier du Géant. Il m’explique : « L’itinéraire semble plus facile, mais en vérité, il est plus insidieux. On ne voit pas les crevasses, elles sont recouvertes de ponts de neige. Je préfère passer plus bas. C’est plus impressionnant, car les crevasses sont visibles, mais moins risqué, car on voit exactement par où on passe. »
    Nous descendons vers les crevasses, et mon cœur se met à battre à mille à l’heure. Voici les entrailles de la bête. Jusqu’alors, nous étions dans la Vallée Blanche. Désormais, nous sommes dans la Vallée Bleue : je vois la glace, je vois les gouffres béants, les fissures, les trous profonds. Jusqu’alors, la neige dérobait à mes yeux l’horreur des glaciers, ce monstre plurimillénaire qui inspire à l’homme une terreur fondamentale que racontait Mary Shelley dans son Frankenstein. J’ai déjà vu les glaciers de Chamonix les yeux dans les yeux, quelques semaines plus tôt à la Jonction. Je sais les mâchoires acérées des glaces, ce chaos terrifiant aux airs de raz de marée figé en plein vol. Nous y sommes. Il va falloir passer.

    Tristan pose des broches, s’assure, saute par-dessus la crevasse, repose la broche de façon à m’assurer. C’est mon tour. Il faut que je saute. Je suis paralysée.
    « Tristan, je ne peux pas, j’ai tellement peur. »
    « Tu peux et tu dois, tu es sur un pont de glace, et s’il se dérobe sous tes pieds, je te garantis que ça te fera plus peur que si tu sautes toi-même. Je t’assure, ne t’inquiète pas. Saute en tenant ton piolet devant toi et plante immédiatement ton piolet dans la glace pour ne pas repartir en arrière. Vas-y. »
    Je suis face à une fissure profonde de plusieurs mètres, et assez large pour ne pouvoir être franchie qu’avec élan – il faut que je recule, que je fasse une ou deux foulées de course et que je saute franchement, en plantant mon piolet pour ne pas être renvoyée dans la crevasse, car un autre mur de glace se dresse à l’arrivée. Je suis terrorisée. J’obéis, parce que je me le suis juré, que je me suis promis avant cette aventure que je ferai une confiance totale à mon guide et que je surmonterai cette peur naturelle, instinctive, que nous inspire le gouffre. Je n’ai pas le choix, nous y sommes, et il faut y aller. Je repense aux séances d’accrobranche en forêt, aux « sauts de Tarzan ». J’essaie de me convaincre que c’est juste un autre saut de Tarzan, version glaces éternelles, que c’est un jeu.
    Je saute avec mon cœur qui hurle dans mes tempes, je plante le piolet de toutes mes forces, Tristan me récupère aussitôt.
    Encore une deuxième épreuve comme ça, une deuxième crevasse à franchir, et nous revenons sur un terrain plus facile.


    Je demanderai plus tard à Tristan :
    « Est-ce que je risquais quelque chose ? Est-ce que j’ai paniqué pour rien ? »
    Il me dira : « Non, tu ne risquais rien, car je t’assurais, que j’avais choisi un bon passage, et que ce n’était pas difficile, tu pouvais le franchir en sautant. Mais non, tu n’as pas paniqué pour rien, c’était impressionnant, et ta peur était normale. »
    Cette confrontation avec les crevasses restera le souvenir le plus intense, le plus vif de mes deux premiers jours en haute montagne. La seule fois où j’ai eu vraiment, profondément peur.

    Revenus là où la neige dissimule la glace

    La nuit au refuge des Cosmiques

    La fin de la randonnée glaciaire se déroule sans autre évènement effrayant. Nous approchons du refuge des Cosmiques. J’adore ce nom ésotérique, qui me donne l’impression d’approcher du portail vers une autre galaxie, et son architecture biscornue et étincelante confirme cette délicieuse étrangeté. En contrebas de l’Aiguille du Midi, le refuge culmine à 3613m (deuxième plus haut refuge français après celui du Goûter, à 3835m) sur son éperon rocheux. Dans les années 1930, il a été bâti pour servir aux travaux d’un physicien étudiant les rayons cosmiques, d’où son nom extraterrestre. Gardé de mai à septembre, il peut accueillir 130 personnes. Le reste de l’année, il est inoccupé et donc fermé, mais Tristan me montre à la montée une petite cabane spartiate et un peu défoncée située en contrebas du refuge, l’abri Simond, baraque de fortune ouverte toute l’année pour les alpinistes qui s’aventureraient ici en hiver.

    Abri Simond
    L’abri Simond, une cabane frugale en contrebas du refuge

    Le refuge des Cosmiques est connu pour se situer au départ de deux itinéraires célèbres : la descente de la Vallée Blanche, bien sûr (l’itinéraire inverse de la randonnée glaciaire que nous avons pratiquée), et la belle et ardue voie des Trois Monts, qui mène au sommet du Mont Blanc via le Mont Blanc du Tacul et le Mont Maudit. Nous parcourons les dernières centaines de mètres avec enthousiasme : j’ai hâte d’y être.

    refuge des cosmiques
    Tristan face au refuge des cosmiques. A droite, l’aiguille du Midi.
    refuge des cosmiques
    Refuge des Cosmiques

    Je connais les refuges « classiques » de la montagne à randonnées, ceux du Vercors, de la Vanoise ou des Fiz, mais c’est ma première fois dans un refuge de haute montagne. Mon imaginaire a créé toute une mythologie romantique autour de ces repaires d’alpinistes nichés au cœur des glaces. Je repense à la description qu’en fait Frison-Roche dans Premier de cordée :

    « Dans la salle commune éclairée par un falot fumeux, trois cordées d’alpinistes mangeaient et buvaient ferme ; on pouvait deviner, à voir leurs cordes toutes mouillées qui gisaient dans un coin de la pièce, à moitié raidies par le gel, qu’ils arrivaient juste d’une longue randonnée glaciaire. La cuisine était une grande pièce carrée, basse de plafond, entièrement boisée. L’aiguille Noire et les Dames-Anglaises s’y encadraient, comme par la fantaisie d’un peintre, et, à cette heure tardive, alors qu’il faisait nuit depuis longtemps dans les vallées, les cimes étaient encore faiblement éclairées à contre-jour par une lueur nacrée flottant sur les crêtes et irisant le feston de leurs corniches. Bien que la pièce fût soigneusement close, un vent coulis filtrait dans la cuisine, refroidissant sournoisement l’intérieur du refuge. Du givre, déjà, étoilait les vitres. Brocherel, le gardien, s’affairait autour du fourneau. A la table commune, quelques guides et porteurs mangeaient en ressassant leurs éternelles histoires de courses. »

    J’ai peur d’être déçue. Je me dis que Premier de cordée a près de quatre-vingt ans, que les choses auront forcément changé, que les refuges sont aujourd’hui moins pittoresques, plus aseptisés, plus banaux. Mais dès que je franchis la porte des Cosmiques, mon cœur bondit de joie. La montagne est décidément cette capsule magique où le temps est suspendu. Je constate avec enchantement que rien n’a changé. J’ai l’impression d’avoir plongé dans le roman. C’est un refuge de haute montagne tel que je l’ai rêvé.

    refuge des cosmiques chamonix

    Sur le porche flottent des drapeaux de prière, déchiquetés par le vent des cimes, comme dans ces camps de base himalayens. A l’entrée sèche tout le matériel d’alpinisme : on se déchausse et enfile des chaussons, on suspend nos crampons, nos piolets, nos blousons. Et à l’intérieur, c’est douillet, cossu, délicieusement alpin, tout de bois sculpté et de chaleur des fourneaux. Les gardiens passent la saison ici, et cuisinent dîner et petit-déjeuner pour les alpinistes. Nous mangerons ensemble, des plats chauds, roboratifs, montagnards, en voyant le jour tomber sur le Mont Blanc du Tacul par les grandes fenêtres. Il y a des guides et des clients, français, autrichiens, allemands, anglais, venus pour le Mont Blanc ou pour d’autres sommets. Les guides échangent entre eux, évoquent leurs itinéraires, débattent de l’évolution du métier, du changement climatique, de la ruée touristique vers le Mont Blanc (je vous en parle plus loin). Le refuge est géré par la Compagnie des guides : j’apprends qu’ils possèdent nombre de refuges dans le massif du Mont Blanc et ailleurs. Nous sommes réellement chez eux, et cela me plaît énormément.

    Au refuge, on trouve lavabos et WC, mais pas de douche, on fait des toilettes de chat au lavabo. Après le repas, nous irons nous coucher, tôt, dans des dortoirs où nous sommes installés sur des couchettes superposées. Des couettes sont fournies, je n’ai pas eu à porter de sac de couchage, seulement un drap de sac qui m’enveloppe pour des raisons hygiéniques, mais aussi de température : mon super drap de sac Sea to summit très chaud apporte quelques degrés supplémentaires bienvenus, car la nuit en refuge, l’haleine des 4000 transpire par les vitres et les boiseries et il fait froid. Pendant la nuit, j’entends les réveils des alpinistes qui sonnent toutes les heures au rythme des départs, 2 ou 3h pour ceux qui partent pour les Trois-Monts, 4h… Je me rendors à chaque fois facilement. Je suis étonnée de si bien dormir. On m’avait dit que pour ma première nuit en haute montagne, à dormir à plus de 3500m d’altitude, j’aurais sans doute des maux de tête. Mais je vais bien, étonnamment bien. En mon for intérieur, je remercie mon corps qui me laisse vivre cette expérience sans broncher, sans protester de ce manque d’oxygène inattendu, et je savoure cette nuit suspendue dans le nid d’aigle des cosmiques. A 4h30, c’est le tour de notre réveil de sonner. C’est parti.

    Le guide Tristan Knoertzer, un portrait

    Je profite du repas au refuge pour demander à mon guide, Tristan, de me parler de lui. Natif de Chamonix, guide membre de la plus prestigieuse des compagnies, alpiniste évoluant en haute montagne avec une aisance et une grâce qui laissent croire que les glaces sont réellement son domaine, Tristan incarne à mes yeux le mythe ultime du guide. Blond, beau et solaire, il raconte la montagne avec une justesse et une humilité qui me frappent, et lit les récits d’autres grands alpinistes dans le dortoir du refuge avant de s’endormir. Tristan a mon âge, mais il me donne l’impression d’avoir déjà vécu tant d’aventures, d’expéditions extraordinaires et d’exploits dont je n’oserais pas même rêver, que cette information me semble totalement décalée.

    tristan knoertzer


    Le père de Tristan, Jean-Sébastien Knoertzer, est guide lui aussi, membre d’une autre compagnie, accompagnateur de voyages d’aventure et aujourd’hui enseignant à la prestigieuse Ecole Nationale du Ski et de l’Alpinisme. Non chamoniard d’origine, il s’établit dans cette vallée qui aimante les amoureux des cimes, et y rencontre son épouse, l’assistante d’un photographe de montagne. Tristan naît dans un milieu baigné par la passion des sommets et son père commence très tôt à l’emmener avec lui en montagne. Dès l’adolescence, il part en expédition avec des amis, improvise à 17 ans avec des copains une aventure un peu à l’arrache et sans le sou en autonomie dans l’Himalaya. Parce qu’il a le goût de l’exploration et que c’est un skieur exceptionnel, des connaissances lui demandent de les accompagner au Japon, pour une virée en ski freeride sur les pentes des volcans. C’est sa première expérience en tant que guide. Autour de l’âge de dix-huit ans, il fait son choix. « Ado, j’en voulais tellement que je pensais ne pas avoir la patience de partir avec des alpinistes débutants. Puis j’ai réalisé que je prenais autant de plaisir à accompagner des amis novices en haute montagne et leur faire découvrir ce milieu. C’est là que j’ai décidé de devenir guide. » Je ressens en permanence, tout au long des deux jours que nous passons ensemble, son attachement profond au métier de guide, son respect pour cette profession hors normes. Depuis 2016, il est titulaire – membre à vie – de la compagnie des guides de Chamonix, mais pas seulement. Parce que la montagne et son monde sont en pleine mutation, parce qu’il avait besoin et envie de ne pas faire reposer sa carrière entière sur les pentes fragiles des glaciers, Tristan est aussi diplômé de l’école de management de Grenoble, et chef de projets. C’est notamment lui qui chapeaute pour la Compagnie l’ensemble des festivités du bicentenaire, de la grande cordée à la réalisation d’un film. Mais malgré ce côté très ancré, très raisonnable de l’homme aux multiples talents et casquettes, je vois son œil qui pétille lorsqu’on évoque certains itinéraires encore peu explorés, certains sommets mythiques, dans les Alpes, l’Himalaya ou ailleurs. Il y a chez Tristan cette soif d’inouï qui me rend très curieuse de ses explorations futures.

    tristan knoertzer

    Première ascension, premier lever de soleil

    Mais commençons par celle-ci, infiniment plus modeste que les grandes épopées auxquelles Tristan est appelé : ma toute première ascension, mon tout premier lever de soleil en haute montagne.
    Notre réveil sonne à 4h30. Le petit déjeuner est sur la table du refuge, je me force un peu à manger, puis il est temps de s’équiper et de plonger dans la nuit. L’aube est esquissée au loin et la nuit est si claire. Par cette nuit sans nuages, la neige décuple toutes les lueurs des étoiles, et je crois que nous y verrions clair même sans nos frontales qui tracent un arc de cercle lumineux devant nous. Je suis marquée par la profondeur du silence, par la puissance de l’immobilité – j’ai l’impression de toucher à une nuit éternelle, immémoriale, dont l’envergure est celle de l’univers tout entier.

    Cheminer dans l’aube vers les pointes Lachenal

    Nous cheminons sur la glace vers les pointes Lachenal, petits sommets rocheux en contrebas du Mont Blanc du Tacul nommées ainsi en hommage à Louis Lachenal, guide de la Compagnie, ami très proche de Lionel Terray, compagnon de cordée de Maurice Herzog sur l’Annapurna où il perdit plusieurs doigts, sa virtuosité d’alpiniste et sa joie de vivre. Lachenal est mort tragiquement, à skis au pied de ces pointes granitiques, englouti lui aussi par une crevasse de la Vallée Blanche.
    Nous arrivons au pied des pointes Lachenal, et j’ai la sensation que commence ici ma toute première ascension d’alpiniste : nous allons nous frayer un chemin vertical sur le rocher, escalader ce granit à moitié couvert de neige et de glace pour atteindre le sommet au lever du jour. Nous sommes en terrain d’aventure, c’est-à-dire, sur un rocher non équipé, à l’exception d’un relais à mi-hauteur : pas de voie d’escalade ici. Tristan me montre les coinceurs qu’il va poser dans les fissures du rocher pour sécuriser notre ascension et nous assurer, et que je récupèrerai au fur et à mesure en passant derrière lui.

    Je me suis mise à l’escalade avec l’aide de mon amie Marion, mais je n’ai jamais grimpé avec un sac de douze kilos dans le dos, et encore une fois, je me dis que j’ai trop pris, trop de choses, trop de poids, et que cela me servira de leçon pour une prochaine course. L’escalade n’est pas très difficile, et mes chaussures d’alpinisme me surprennent agréablement par leur qualité d’accroche, mais je suis alourdie par le sac et je peine un peu dans certains passages, me sentant un peu maladroite et engoncée. Mais avec les bons conseils de Tristan, je franchis, je continue, le sommet se rapproche.

    Le jour monte – soudain le soleil inonde la vallée blanche, enflamme l’Aiguille du Midi, allume au loin la vague blanche du Cervin prêt à déferler sur mon imaginaire, et je reste là suspendue à la paroi, hypnotisée, émerveillée. C’est le plus beau lever de soleil de ma vie, multiplié à l’infini par cette galerie des glaces cosmique à près de 4000m d’altitude, décuplé par tant de blancheur, et j’ai l’impression que rien n’a jamais été aussi rose, aussi rouge, puis enfin aussi or, que le ciel de ce matin-là.

    Nous arrivons au sommet des pointes Lachenal et il n’y a que de la joie dans mon cœur, et une infinie fascination. Jamais ensorcellement n’a été plus heureux.

    Deux dernières épreuves

    Tristan m’a réservé deux dernières épreuves pour conclure cette belle initiation. L’une est psychologique, l’autre est physique. Puisque les conditions ne sont pas propices à une traversée de l’arête des Cosmiques, qui nous aurait fait remonter directement à l’Aiguille du midi, Tristan me propose de remonter d’abord au refuge des Cosmiques par une petite arête en contrebas, l’arête à Laurence (du nom d’une ancienne gardienne du refuge), puis à l’Aiguille du midi par une dernière traversée glaciaire sur la vallée Blanche.
    L’arête à Laurence est une traversée d’arête techniquement facile, mais avec certains passages un petit peu impressionnants : il y a « du gaz », une sensation de hauteur et de vertige. Je suis heureuse de me confronter à cette petite difficulté psychique, de vérifier que le vertige ne vient pas me hanter et me paralyser. Je retiens un petit peu mon souffle lors de certains passages, mais sans peur excessive, sans panique, et cela me rassure profondément : certaines courses dont je rêve, techniquement peu difficiles mais quelque peu impressionnantes, deviennent accessibles, et je me surprends à rêver.


    Je regrette un petit peu de ne pas continuer par l’arête des Cosmiques, qui me fascinait, mais si j’ai bien appris une chose de mes lectures et discussions avec Tristan, c’est à m’en remettre à la décision de mon guide, et puisque Tristan dit que les conditions ne sont pas propices, nous passerons par un autre itinéraire. Au lieu de continuer notre course vers l’aiguille du Midi sur les rochers, nous redescendons dans la vallée Blanche, et allons prendre la côte glacée qui mène vers la plate-forme.
    Et c’est alors que commence la plus grande épreuve physique de ces deux jours. Jusqu’ici, mon corps a vaillamment tenu le coup, il ne m’a pas punie de l’emmener aussi haut pour la première fois, de dormir à 3600m, de lui faire respirer un oxygène raréfié. Voici le moment du retour de bâton. Il paraît qu’à cette altitude, nos capacités physiques sont réduites de 30%. Je ne l’ai pas ressenti jusqu’alors. Mais à ce moment-là, je me prends le mur de plein fouet. La montée vers l’aiguille du midi depuis le refuge, c’est un dénivelé en soi modeste (environ 250 ou 300m), mais brutal car concentré en une seule grande pente glacée. Tout le monde parle de la descente de l’aiguille du Midi, un peu effrayante car vertigineuse – je vous laisse imaginer la remontée, avec cette côte tellement raide d’un seul coup. Est-ce la fatigue accumulée (nous sommes au midi du deuxième jour, nous sommes en altitude depuis la veille au matin), le poids du sac, le lever à 4h30, la soudaineté de l’effort ? Je me sens soudain épuisée et asphyxiée et cela me paraît tellement difficile. Tristan prend les choses en main en m’imposant un rythme, avec des pauses de dix secondes à intervalles réguliers, puis l’obligation de redémarrer en suivant son pas. Me caler sur lui et obéir à ses instructions est reposant et me permet de surmonter le gros coup de pompe.

    Sur l’arête menant à l’Aiguille

    Je suis presque surprise quand nous arrivons sur la terrasse de l’Aiguille : c’est fini, c’est fait. Ma première course s’achève ici. Au soulagement physique succède très vite, déjà, une pointe de nostalgie. Cette parenthèse merveilleuse est terminée. Il faut redescendre vers Chamonix, quitter cette bulle de splendeur intemporelle et revenir à la marche du monde ordinaire. Dans la benne qui nous redescend dans la vallée, j’assimile à grand peine toutes ces émotions. Nous buvons un dernier café à côté de la maison de la montagne, je salue et remercie chaleureusement Tristan. C’est fini, et je n’oublierai jamais.

    Le guide aujourd’hui et demain

    Au refuge des Cosmiques, les guides discutent entre eux.

    Ils parlent du changement climatique. Les étés toujours plus chauds fragilisent la montagne en faisant fondre le permafrost, cette glace éternelle qui scellait la roche dans une gangue gelée. Mis à nus, les rochers sont fragilisés. Outre le spectaculaire effondrement d’un pilier des Drus, au-dessus de la mer de glace, de nombreux éboulements ont lieu dans le massif du Mont Blanc. Les chutes de pierre sont toujours plus fréquentes. Certains guides sont très pessimistes.

    Montenvers hôtel mer de glace
    En 2005, une part importante du Petit Dru s’est effondré, emportant la voie ouverte par Walter Bonatti. D’autres effondrements de moindre ampleur ont eu lieu en 2011 et 2020.

    Bien que totalement conscient du changement climatique dont la haute montagne est le premier témoin, Tristan croit à notre faculté d’adaptation. Outre les vrais efforts environnementaux entrepris par la vallée de Chamonix, la prise de conscience écologique étant forte dans le milieu de la montagne, il me raconte que les aléas climatiques, les chutes de roches, de glace, ont toujours été le lot de l’alpiniste et que c’est justement le rôle du guide de savoir lire la montagne, de conduire les clients dans des itinéraires sûrs et adaptés aux conditions. Si quelques voies ont été dégradées par les effondrements, des centaines, des milliers d’autres restent ouvertes, et de nouvelles continuent de s’ouvrir.

    Il me montre les outils du guide du XXIe siècle, ultra connecté – outre les GPS, cartes IGN en ligne, etc, le groupe Whatsapp de la compagnie des guides, dans lequel chacun détaille factuellement et avec neutralité les conditions rencontrées lors de ses courses. Lui qui connaît le massif du Mont Blanc par cœur s’adapte sans cesse. Pour preuve, la course initialement envisagée avec moi n’était pas celle-ci – nous devions partir sur le glacier du Tour, mais Tristan a changé d’itinéraire en raison des mauvaises conditions sur celui-ci. Le fabuleux terrain de jeu qu’est la haute montagne ne ferme pas ses portes, mais la prudence est de mise, de plus en plus. Et pour le guide, qui est bien plus souvent là-haut que son client, le danger grandit nécessairement. Les guides parlent bien sûr aussi tous de l’avenir de leur métier. D’ailleurs, Tristan, qui a fait une école de management et jongle entre son activité de guide et ses activités de chef de projets, incarne bien une évolution du métier : plutôt que de partir coûte que coûte en montagne, quitte à prendre des risques quand les conditions sont mauvaises, on s’adapte, se forme, varie ses activités. On vit la montagne de diverses matières, on multiplie ses compétences et expériences de vie. La pluriactivité est traditionnelle dans les Alpes – guide du 21e siècle, Tristan la décline à sa manière.

    Comme toujours en alpinisme, le danger ne vient pas seulement des montagnes, mais aussi des comportements humains – le grand sujet du moment est bien sûr le Mont Blanc. Sommet mythique s’il en est, le toit de l’Europe attire aussi toute une foule d’aspirants alpinistes mal préparés. Tous les guides le répètent : monter à 4800 mètres, sur le plus haut sommet de notre continent, n’est pas anodin, ni physiquement ni techniquement, et ne s’improvise pas. La multiplication des accidents et des secours, la constatation de comportements aberrants au Mont Blanc, ont conduit à un durcissement de la règlementation : depuis 2019, l’accès aux trois voies classiques n’est possible qu’avec une réservation en refuge. Depuis 2020, un nouvel arrêté de protection a durci les conditions d’accès, avec notamment une limitation de la cordée à 3 personnes, une vérification de l’équipement par des gendarmes de haute montagne avant de permettre l’accès aux voies, l’interdiction d’apporter des objets incongrus (comme le Britannique qui avait transporté et abandonné son rameur là-haut…). A ce sujet, les débats restent vifs : les alpinistes sont par nature viscéralement férus de liberté, et n’aiment pas voir la haute montagne se judiciariser, mais force est de constater que l’attrait du Mont Blanc a ouvert la porte à toutes les dérives. Certains plaident pour une limitation des ascensions, avec un permis, comparable à ce qui se fait en Himalaya. D’autres militent pour un déséquipement de la voie la plus « facile », celle du Goûter, qui est tant aménagée qu’elle prend parfois l’allure d’une via ferrata de haute montagne, afin de sélectionner les alpinistes par la compétence. Tristan, lui, souhaite que la haute montagne reste un espace de liberté, mais plaide inlassablement pour l’éducation, la sensibilisation, avec un message essentiel : l’ascension du Mont Blanc ne doit pas être banalisée et ne s’improvise pas. Je lui demande comment m’y préparer. Il me répond de continuer les sorties en haute montagne, de faire d’autres courses plus faciles, d’attaquer mon premier 4000m, de me former en douceur, afin d’être naturellement prête, au bout de plusieurs courses augmentant peu à peu la difficulté technique et physique, à affronter ce défi avec sérénité. Aux stages du type « le Mont Blanc en 5 jours, formation, acclimatation et ascension », il conseille de préférer une approche progressive au long cours, pour devenir un vrai alpiniste et pas juste quelqu’un qui a « fait le Mont Blanc » en s’y faisant traîner à bout de forces par son guide. Et il me glisse qu’il y a tant d’autres sommets dans les Alpes, sublimes et moins fréquentés, plus secrets et solitaires, qui ont tant de magie à nous offrir…

    Rêver à de nouvelles ascensions…

    La compagnie des guides et l’alpinisme : pour continuer

    Je vous invite vivement à consulter le magnifique compte Instagram des 200 ans de la compagnie, mine d’or quant à son histoire et ses héros. Je le lis comme un roman – il est beau et infiniment instructif.

    Deux livres anniversaires sont parus cette année pour le bicentenaire de la compagnie, dans les deux grandes maisons d’édition montagnardes : chez Glénat, Compagnie des Guides de Chamonix, 200 ans d’histoire(s), de David Ravanel et Joëlle Dartigue-Paccalet, et chez Guérin, Le roman des guides, de Gilles Chappaz. Je n’ai pas encore eu le plaisir de les avoir entre les mains, mais je compte bien vous en parler prochainement, dans un article consacré aux livres de montagne, d’escalade et d’alpinisme – n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter en fin d’article pour suivre tout cela. Bien entendu, je continuerai à vous parler dans cet article des grands guides dont la lecture m’a bercée, Lionel Terray, Louis Lachenal, Gaston Rébuffat, Roger Frison-Roche… Après mon premier livre sur les Alpes, un texte et photos en belles cartes postales et anecdotes, je prépare actuellement une encyclopédie subjective des Alpes, dans laquelle il sera abondamment mention des grands alpinistes européens – encore une fois, la newsletter vous tiendra informés !

    Et je vous souhaite de tout coeur, si vous rêvez vous aussi de haute montagne, de faire un jour l’expérience de ce monde magique, en laissant un guide de la compagnie vous en ouvrir la porte. A bientôt sur les sommets…

    Souvenir d’hiver de l’Aiguille du Midi

    Un immense merci à l’office du tourisme de Chamonix, à la compagnie des guides de Chamonix et aux remontées mécaniques de Chamonix et Courmayeur de m’avoir permis de vivre cette expérience extraordinaire. Un merci très spécial à Cécile et à Tristan.

  • Activités insolites en montagne : des tonnes d’idées originales

    La randonnée et le ski ? C’est merveilleux, évidemment, mais cela n’épuise pas les infinies possibilités des montagnes. Voici une série d’idées d’activités insolites à découvrir pour vivre la montagne autrement, des expériences originales à vivre sur les sommets en hiver comme en été. Lors de vos vacances à la montagne, essayez vous à des techniques de ski alternatives, à la motoneige ou au fatbike, au rafting ou au parapente, à la cani-rando ou au chien de traîneau, à une nuit en hamac ou en bulle, et à plein d’autres choses encore… faites le plein d’activités montagne insolites qui sortent des sentiers battus !

    Mille bonheurs à vivre à la montagne, été comme hiver. Ici un bivouac – dormir en montagne, cela vous dit ?

    Certaines photos de cet article sont l’oeuvre de mon amie Marion Carcel alias Foehn Photographie.

    Skier autrement : ski-hok, ski de randonnée, ski de randonnée nordique…

    Entendons-nous bien, je suis folle de ski alpin. Un certain hiver 2021 nous a rappelé que poser ses fesses dans un télésiège et dévaler des pistes bien damées, c’est quand même une activité très chouette. Mais il nous a aussi permis de découvrir des façons alternatives de skier.

    Connaissez-vous le ski de randonnée ? C’est le ski des grands espaces et des hors-pistes poudreux. Vos skis sont extrêmement légers, afin de peser le moins possible à la montée, des « peaux de phoque » facilitent l’accroche et la fixation permet de libérer le talon afin qu’il soit mobile lors de la phase d’ascension. Hors sentier, vous montez la pente et prenez du dénivelé. Vous souffrez un peu, mais quel bonheur à la descente : vous retirez les peaux, retournez vos fixations et vos skis deviennent de « vrais » skis alpins. Vous profitez d’un hors-piste fabuleux, en pleine nature, pour vous et pour vous seul.
    Attention : parce que le risque d’avalanche est réel, initiez vous avec un moniteur qui vous sensibilisera à la sécurité hors-piste, renseignez vous toujours sur l’état du manteau neigeux, sortez à deux et partez munis d’un dispositif de sécurité (ARVA) et d’une pelle.

    J’ai testé le ski de randonnée en Chartreuse, en Belledonne et à Tignes.

    Moins axé sur la descente et plus sur les grandes traversées, le ski de randonnée nordique est fabuleux pour parcourir de longues distances en pleine nature. Le talon reste libre, même à la descente, la marche est très aisée et la sensation est celle d’une ultra légèreté… et surtout, d’une grande liberté.

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
    Ski de randonnée nordique dans le Vercors

    J’ai testé le ski de randonnée nordique sur les plateaux du Vercors.

    A mi-chemin entre le ski de randonnée nordique et les raquettes, découvrez le ski-hok ou ski-raquettes. Ici les peaux de phoque ne sont pas amovibles, mais fixes, et resteront donc toujours en place. La technique de marche est plus proche de celle du ski de fond, et l’activité est très accessible. Une belle façon de découvrir la pleine nature.

    ski hok
    Ski-hok aux Saisies.

    J’ai testé le ski hok aux Saisies.

    En douceur : marche nordique, yoga, raquettes…

    Vous rêvez de marcher, mais surtout pas de glisser ? Les raquettes sont une belle façon de continuer à randonner au cœur de l’hiver. J’aime infiniment partir en randonnée raquettes dans le Vercors quand la neige recouvre tout.

    Sortie en raquettes dans le Vercors

    J’ai testé les raquettes : dans le Vercors, encore et encore.

    Il existe également des variations de la rando raquettes, pour observer les animaux sauvages ou encore, de nuit, les étoiles. J’ai testé la balade en raquettes avec observation de la faune à Pralognan et aux Gets, et la balade nocturne avec fondue en cabane dans le Jura.

    Envie de prendre le temps de se retrouver ? Marche de pleine conscience, yoga et yoga des neiges (snowga), marche nordique, sont autant d’approches propices à une reconnexion et une oxygénation au coeur des montagnes.

    Que voir et que faire en Haute Maurienne ? Découvrir la région du Mont Cenis, de Bonneval sur Arc et de Val Cenis. Une des plus belles vallées de Savoie
    Yoga du rire en Haute Maurienne Vanoise

    J’ai testé le yoga des neiges aux Saisies, en Haute Maurienne, à Saint Martin de Belleville, et la marche nordique en Chartreuse.

    Rouler sur les sommets, version vélo : VTT, fat bike…

    Quel bonheur de pédaler en montagne ! Différents types de vélos vous permettent d’explorer les hauteurs à la force des mollets.

    En hiver, quand la neige recouvre tout, votre vélo de choix sera le fat bike (de préférence avec assistance électrique). Avec ses énormes pneus, il permet de dévaler dans la poudreuse avec énormément de stabilité, de fun et de sensations. Il reste très agréable en été, pour se prendre pour un biker : tellement stable, énorme et ludique, c’est comme une moto où on pédale !

    Fatbike
    Fatbike à Gérardmer, Vosges.

    J’ai testé le fat bike dans le Vercors et dans les Vosges.

    L’été toujours, le roi de la montagne est bien évidemment le VTT (avec ou sans assistance électrique), sous ses différentes versions : cross-country ou mountain bike pour randonner sur tout terrain et profiter du paysage, enduro pour dévaler les pistes en VTT de descente. Partez sur les chemins et les balcons, explorez la beauté des alpages fleuris, amusez vous sur les sentiers forestiers… le VTT, c’est la liberté !

    vtt vosges gérardmer
    VTT dans les Vosges.

    J’ai testé le VTT (avec ou sans assistance électrique) un peu partout, dans le Tyrol, dans les Vosges, le Vercors, le Grand Massif, le massif des Brasses

    Et pour un peu d’originalité, sachez que la même chose existe version trottinette : option cross country pour des balades tranquilles, option descente pour plus de sensations fortes !

    trotinette de descente
    Trotinette de descente à Saint Lary Soulan.

    J’ai testé la trottinette tout terrain à Saint Lary et à Gérardmer dans les Vosges.

    Et pour transporter facilement vos skis, vos vélos, vous pouvez acheter des barres de toit chez Rameder si vous investissez pour de bon dans le matériel de montagne.

    Rouler sur les sommets, version motoneige, moonbike, swincar

    Le vélo, ça ne vous suffit pas, vous vous êtes un vrai motard ? Si vous voulez vous la jouer James Bond et dégainer les grosses cylindrées, testez la motoneige : pure puissance, sensations d’adrénaline et de vitesse incroyables.

    stations de ski familiales dans les montagnes françaises
    Motoneige aux Saisies.

    J’ai testé la motoneige aux Saisies.

    Vous préférez une version plus écolo, sans odeurs d’essence et sans décibels ? Testez la moonbike, ou scooter des neiges électriques. Bien moins rapide et puissant qu’une motoneige, l’engin est très maniable, très fun et plus accessible. Une jolie expérience de maniabilité, très ludique.

    moon bike Tignes
    Sortie en moon bike sur le lac gelé de Tignes

    J’ai testé la moonbike à Tignes.

    Toujours en tout électrique, mais encore plus insolite, découvrez la swincar ou araignée, sorte de buggy électrique tout terrain aux axes entièrement autonomes, complètement passe-partout et hyper ludique.

    swincar à Gérardmer
    Swincar au dessus du lac de Gérardmer

    J’ai testé la swincar à Gérardmer dans les Vosges.

    Si vous voulez rouler absurde, je vous présente le vélo aquatique. Honnêtement, ça n’a aucun avantage particulier par rapport au pédalo, si ce n’est que c’est très rigolo à voir.

    J’ai testé le vélo aquatique à Alpbach en Autriche.

    Toujours envie de rouler original ? Deux dernières idées pour vous. Découvrez le yooner, une sorte de luge améliorée, plus maniable, rapide et précis, qui ressemble à une sorte de vespa des neiges. Sensations garanties !

    yooner
    Yooner à Gresse en Vercors

    J’ai testé le yooner dans le Vercors.

    Enfin, si vous voulez vraiment vous la péter, vous pouvez prendre un cours de dameuse et apprendre à conduire le monstre sur un immense terrain de jeu aux Saisies.

    cours de dameuse
    Terrain de jeu pour dameuse aux Saisies

    Plonger dans l’eau glacée : plongée, ice floating, igloos, rafting

    Envie d’une expérience complètement insolite ? Enfilez une combinaison de survie, qui vous isole de l’eau gelée, et allez flotter au milieu des glaçons sur un lac gelé qu’on vient de briser… c’est l’ice-floating, activité développée par l’explorateur Alban Michon qui s’est inspiré de ses expéditions arctiques. La sensation est étrangement relaxante, comme un massage, et la déconnexion totale !

    ice floating tignes
    Ice floating dans le lac de Tignes

    J’ai testé l’ice floating à Tignes. Dans le même lac, on peut découvrir la plongée sous glace.

    Votre truc, c’est plutôt de faire du paddle au cœur d’un glacier et de pagayer sur une rivière souterraine qui ne gèle jamais ? J’ai ce qu’il vous faut.

    paddle hintertux
    Paddle dans le glacier à Hintertux, Autriche

    J’ai testé le paddle dans un glacier à Hintertux.

    Vous aimez l’eau froide et vive, mais pas la glace ? Testez le rafting ! Plus il y a d’eau et plus c’est fun – une activité familiale sportive et très ludique.

    rafting samoens
    Rafting sur le Giffre à Samoëns.

    J’ai testé le rafting à Samoëns. J’aurais également aimé tester le canyoning, mais les eaux trop hautes m’en ont empêché – à suivre ! En revanche, pour suivre la trace des eaux souterraines au coeur des entrailles de la Terre, découvrez la spéléologie.

    Après avoir retrouvé le sol : joie pure, bonheur intense. Le plus beau moment sportif de mon année, peut-être de ma vie. Photo Marion Carcel - un grand merci, Marion, d'avoir su capturer ce moment de joie intense !
    Spéléologie dans les gorges de la Bourne

    J’ai testé la spéléologie dans le Vercors.

    L’eau, c’est surfait, seule la glace pure vous plaît ? Découvrez le monde fabuleux des igloos. Si vous ne craignez pas d’y laisser un poumon, vous pouvez y dormir : plusieurs villages igloos proposent cette expérience rafraîchissante. Personnellement, j’en suis ressortie malade, et je vous recommande plutôt d’y manger une fondue et de retourner dormir au chaud.

    Suisse en hiver
    Une fondue dans un igloo à Adelboden, Suisse

    J’ai testé les igloos hôtels ou restaurants à Avoriaz et à Adelboden en Suisse.

    Envie de vous prendre pour un aventurier des pôles ? Vous pouvez aussi apprendre à bâtir votre propre igloo en formant des briques de glace et montant la voûte. Prenez de bons gants !

    pralognan
    Construction d’igloo à Pralognan

    J’ai testé la construction d’igloo à Pralognan.

    Plonger dans l’eau chaude : bains nordiques et spas de montagne

    Flotter dans l’eau chaude alors que la neige tombe et que mille étoiles brillent dans le ciel, quel bonheur ! La montagne aime cultiver le contraste entre le froid des cimes et l’eau brûlante, pour le plus grand plaisir du voyageur en quête de détente.

    Les bains nordiques sont très à la mode : des baignoires de bois, chauffées au feu de bois, pour un esprit trappeur.

    Un séjour parfait dans le Mézenc : un gîte insolite entre Auvergne et Ardèche, des produits locaux, des randonnées autour du Mont Mézenc.
    Bain nordique sur le plateau du Mézenc

    En hiver, le contraste entre la chaleur extrême du bain et la neige est délicieux, une vraie expérience boréale !

    bain du trappeur orcieres
    Bain du trappeur à Orcières Merlette

    J’ai testé les bains nordiques à Orcières-Merlette, dans le Mézenc et en Chartreuse.

    Les spas de montagne cultivent souvent aussi l’ultra luxe et l’originalité. Quelques spas montagnards qui m’ont marquée : La Bouitte à Saint Martin de Belleville, l’auberge du Père Bise à Talloires, l’hôtel Post Steeg dans le Tyrol, le Fernblick dans le Montafon…  

    Dans les Pyrénées, il est même possible de se baigner dans des sources d’eau chaudes naturelles, au cœur des canyons ! Je n’ai pas encore eu l’occasion de tester, mais j’ai beaucoup aimé le Sensoria Rio, qui reproduit cette expérience canyon avec de l’eau thermale naturelle.

    Que faire à Saint Lary Soulan ? Randonnées, sports outdoor, bonnes adresses, hébergements, restos au coeur des Pyrénées.
    Expérience canyon à Saint Lary Soulan

    J’ai testé à Saint Lary Soulan.

    Montagne et chiens : traîneaux et cani-rando

    Envie de mettre trente millions d’amis dans vos vacances au ski ? Le plus évident, bien sûr, ce sont les chiens de traîneau. Guidé par un musher, rejouez la grande odyssée nordique en filant parmi les immensités au son des jappements.

    Chiens de traîneau dans le Vercors

    J’ai testé les balades en chien de traîneau dans le Vercors et à Orcières-Merlette.

    Mais il y a une activité que j’aime davantage encore : la cani-rando. Cette fois, vous êtes à pied, harnaché à un chien de traîneau qui va vous tirer dans les montées et vous faire vivre une rando plus facile, plus fun, avec un vrai contact câlin avec votre chien. Une activité coup de cœur pour moi.

    les gets canirando
    Canirando aux Gets

    J’ai testé la cani-rando aux Gets.

    Ou skier avec des chevaux : ski-joering et traîneaux

    Autre énorme coup de cœur pour moi : le ski-joering ! Tracté par un cheval et chaussé de skis alpins, vous guidez votre cheval et fusez au galop en pleine nature. Un parfait mélange d’attelage et de ski, un pur bonheur pour les amoureux de la glisse et du cheval.

    Ski joering à Avoriaz

    J’ai testé le ski-joering à Morzine-Avoriaz, aux Saisies et à Pralognan.

    Et bien sûr, n’hésitez pas à vivre une expérience follement romantique avec une balade en calèche ou en traîneau sur la neige. Morzine-Avoriaz est le paradis pour cela.

    morzine avoriaz traîneau
    Traîneau à Avoriaz

    J’ai testé la balade en calèche ou en traîneau à Morzine, à Avoriaz, dans le Jura et aux Saisies.

    Dormir en pleine montagne : bivouac, bulles et hamacs

    Envie d’un hôtel cent-mille étoiles ? Allez bivouaquer au cœur des immensités, planter votre tente sur un sommet, seul au monde. Ne laissez aucune trace de votre passage, et partez tôt le matin, après vous être réveillés entre marmottes et bouquetins…

    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    En bivouac avec mon amie Marion dans le Vercors.

    J’ai bivouaqué dans plusieurs magnifiques coins du Vercors et de Chartreuse et dans les Alpes de Haute Provence.

    Envie de varier l’expérience bivouac ? Pourquoi ne pas tester le hamac. Sous un tarp (bâche) qui vous protège de la rosée, dormez suspendu dans les arbres, tel un Tarzan alpin. Et réveillez vous seul face au Mont Blanc, comme je l’ai vécu dans le massif des Brasses en Haute-Savoie…

    hamac mole et brasses
    Dormir en hamac face au Mont Blanc au pays de Môle et Brasses.

    Un peu plus de confort ? La bulle est faite pour vous. Elle existe en différentes tailles, version tente améliorée, transparente pour voir le ciel étoilée, ou version chambre d’hôtel sous toile. Une belle expérience d’immersion montagnarde !

    Blog Chamonix : restaurants à Chamonix, hébergements insolites, bel hôtel romantique à Chamonix
    Dormir en bulle au dessus de la mer de glace, Chamonix

    J’ai testé les bulles à Chamonix et j’ai également vu de très belles bulles à Morzine.

    Enfin, pour une expérience trappeur dans la forêt en version tout confort, la cabane suspendue dans les arbres est un must… Elles sont de plus en plus nombreuses aujourd’hui et c’est une belle expérience de se réveiller à la canopée. Cabanes, yourtes, bulles… ont le vent en poupe !

    A Saint Pierre de Chartreuse.

    J’ai testé les cabanes insolites en Chartreuse.

    Grimper sur les parois : escalade, alpinisme et portaledge

    C’est moins un insolite qu’un incontournable, mais pour nous habitués au plancher des vaches, c’est toujours une expérience forte : chausser un baudrier et se lancer dans l’ascension de la falaise encordé ! L’escalade fait partie des sports incontournables de montagne.

    Escalade dans le massif des Brasses en Haute-Savoie

    J’ai pratiqué l’escalade à Chamonix, dans le Vercors, dans le massif des Brasses

    Et si vous rêvez de monter plus haut encore, d’allier randonnée, escalade et techniques de marche sur glace, l’alpinisme est fait pour vous. Envie de découvrir un 4000m au lever du jour ou de traverser les crevasses d’un glacier ? Une expérience inoubliable…

    Première expérience d'alpinisme, avec la compagnie des guides de Chamonix
    Alpinisme dans la Vallée Blanche, Chamonix

    J’ai testé l’alpinisme à Chamonix.

    Une expérience insolite en paroi me fait de l’œil : dormir dans un portaledge, une sorte de minuscule hamac fixé sur la paroi de la falaise où vous sommeillez encordé dans votre baudrier, comme le font parfois grimpeurs et alpinistes lors de grandes expéditions.

    Prendre son envol : parapente, tyrolienne, saut à l’élastique, survol en hélico…

    Vous rêvez de survoler les sommets tel l’oiseau ?

    La plus belle expérience d’envol à vivre en montagne à mes yeux, c’est le parapente. Je suis accro à cette sensation très douce d’apesanteur, et à la beauté des images qu’on découvre depuis les cieux. Accessible à tous, le baptême en parapente est une vraie belle expérience facile et magique !

    parapente forclaz annecy
    En parapente au dessus du lac d’Annecy

    J’ai testé le parapente dans le Vercors, à Orcières-Merlette, au dessus du lac d’Annecy et à Chamonix.

    De nombreuses stations proposent des parcours aventure comprenant des tyroliennes, qui sont un joli moyen de voler d’une montagne à l’autre en toute sécurité.

    Tyrolienne géante à Orcières.

    J’ai testé la tyrolienne géante à Orcières-Merlette

    Il me reste d’autres expériences à vivre : un saut à l’élastique depuis un pont, expérience d’adrénaline pure que je ne connais pas encore, et, version plus poétique, un survol des sommets en avion ou en hélico ! Imaginez approcher le Mont Blanc depuis les airs…

    Que faire à Chamonix ? Les plus belles randonnées à Chamonix, la randonnée de la Jonction, une nuit au Montenvers, un vol en parapente à Chamonix...
    En attendant l’avion… le parapente, c’est fabuleux !

    Alors, quelle expérience d’activité insolite en montagne vous fait le plus rêver ? N’hésitez pas à vous abonner à la newsletter en fin d’article pour suivre mes aventures dans les Alpes et ailleurs.


  • De belles expériences dans la grande forêt ardennaise

    L’Ardenne ? La Belgique écrit au singulier le beau nom de ce massif boisé qui recouvre de ses collines amènes et de ses cimes résineuses les frontières de plusieurs pays. C’est de l’Ardenne belge dont je veux vous parler aujourd’hui, de la grande forêt de Saint Hubert et de la basilique éponyme, de Redu, le village du livre, des cabanes perchées dans les bois et des immenses sentiers de randonnée pédestre, équestre et cycliste. Que faire en Ardenne ? Dans la région de Saint Hubert, on vient se ressourcer dans les forêts à perte de vue, s’oxygéner au calme dans un cadre apaisant et préservé.

    En 2018, j’avais pour la première fois découvert à cheval la forêt d’Ardenne. Je vous avais raconté dans cet article l’histoire culturelle si particulière et l’atmosphère puissante de cette région forestière. L’Ardenne belge est idéale pour des aventures verdoyantes à pied, à vélo, à cheval. Ce pays de feuillages, de fougères, d’animaux sauvages, est propice à un long cheminement dans les bois feutrés. Imaginez : cette immense forêt est réputée pour l’ampleur de son réseau de sentiers (1500 kilomètres de chemins pédestres, équestres et cyclistes) et pour la qualité d’observation de la faune sauvage. Les cerfs notamment, mais aussi les sangliers, les renards, les écureuils, les chevreuils, les couleuvres et tous les autres animaux des bois, abondent dans cette région secrète et préservée. La forêt, la vraie, la grande, c’est une planète à part. Les bruits du dehors sont étouffés, assourdis ; un silence intranquille semble couler des cimes ou monter du sol noir. Ici on se perd au cœur des bois, on écoute le chant des rivières, on admire les hampes des fougères, on croise des biches et on guette les nutons, ces petits lutins de la forêt belge… 

    Que faire en Ardenne belge ? Randonnées à pied, à cheval et en VTT dans la grande forêt de Saint Hubert, visites et idées pour s'oxygéner.
    L’Ardenne, ou les joies de la forêt


    Que faire en Ardenne belge ? Voici six expériences à vivre dans la grande forêt de Saint Hubert.

    J’ai vécu ce second reportage en mai 2021 avec mon amie et binôme Marion Carcel alias Foehn Photographie. Ensemble, nous formons un duo de blogueuses et photographes passionnées de nature, Itinera Favonia. La quasi totalité des photos figurant dans cet article sont les siennes.

    1) A vélo : la forêt ardennaise en VTT à assistance électrique

    Bonheur des immenses itinéraires à vélo au cœur de la grande forêt de Saint Hubert ! Avec ses centaines de kilomètres de chemins piétons, cavaliers et cyclistes, c’est le lieu idéal pour une longue escapade oxygénante. Nous avions des VTT à assistance électrique loués chez E-scape bike à Saint Hubert, et j’ai vraiment apprécié l’expérience. Vous le savez peut-être si vous me suivez depuis longtemps, mais le VTT a longtemps été une vraie phobie pour moi, et je suis très heureuse (et fière, je l’avoue!) de réussir enfin à la surmonter. J’ai vraiment pris du plaisir à vélo ce week-end dans la magnifique forêt ardennaise, entre grandes futaies et fleurs sauvages. J’angoisse encore dans les grandes descentes, mais en prenant mon temps et respirant profondément, on tient le choc… Et la sensation d’évasion, de déconnexion, est totale : au cœur des bois, pas une voiture, des sentiers bucoliques et apaisants en pleine nature ! Une belle expérience à vivre en Ardenne belge, dans un cadre qui se prête pleinement à la pratique du vélo en pleine nature.

    Que faire en Ardenne belge ? Randonnées à pied, à cheval et en VTT dans la grande forêt de Saint Hubert, visites et idées pour s'oxygéner.


    2) A cheval : l’Ardenne, un paradis équestre

    C’est une expérience que je vous avais longuement racontée dans mon précédent article sur les sentiers d’itinérance équestre en Ardenne belge : ce pays est un véritable eldorado pour les cavaliers, avec une boucle de 120km d’itinéraires adaptés aux chevaux en pleine forêt, sans traversée de grandes routes, et un maillage de gîtes équestres de qualité. J’avais adoré cette immersion dans la grande forêt au rythme des chevaux, le cheminement discret et l’odeur de l’animal permettant un plus grand contact avec la faune sauvage. A cheval, j’avais pu observer biches et chevreuils, oiseaux et écureuils – un beau moment de plongée au cœur des grands bois.

    3) A pied : randonner ou participer à la Nov’ardenne express

    Région de collines douces, de grands bois et de prairies bucoliques, véritable havre de paix et bouffée d’oxygène, l’Ardenne belge est la destination parfaite pour une échappée ressourçante. Si vous vivez en Belgique, dans le nord de la France ou à proximité, et que vous avez besoin de grand air, de verdure et de solitude bucolique, sachez que cette région est un véritable poumon vert. A 3h de route ou bien 4h de train de Paris, vous gagnez les grands bois, vous vous plongez dans des hectares et des hectares de forêt préservée. Les possibilités de randonnée sont quasiment infinies et les sentiers bien entretenus.

    Marion et moi avons participé, en mai 2021, à la première édition de la grande course d’orientation Nov’Ardenne Express : deux jours de trail, de défis sportifs et d’épreuves insolites dans la forêt ardennaise. Nous nous sommes un peu (beaucoup) perdues, mais nous avons pu nous en rendre compte : cette région préservée, résolument naturelle, offre des hectares et des hectares de forêt entrecoupée de collines fleuries et de prairies idylliques, où on ne croise personne en dehors de quelques randonneurs, trailers et cyclistes… ainsi que biches, écureuils, marcassins et autres hôtes des grands bois. Besoin de respirer ? Partez donc vous perdre en forêt…

    ardenne belge

    Et au printemps, profitez des vastes étendues de fleurs qui colorent les prairies…

    4) Observer la faune de la forêt depuis les cabanes perchées

    Autour de Saint Hubert, « capitale européenne de la chasse et de la nature », les bois bruissent de sabots et d’envolées. Cerfs et sangliers, chevreuils et écureuils, oiseaux chanteurs ou tambourineurs, tous se donnent rendez-vous dans ce pays boisé et préservé. De nombreuses cabanes d’observation ont été aménagées au cœur de la forêt. Si vous vous postez là-haut et attendez en silence, vous verrez sans doute toute la vie des bois qui vaque à ses occupations et se promène dans les clairières… Une belle expérience à vivre en famille.

    Que faire en Ardenne belge ? Randonnées à pied, à cheval et en VTT dans la grande forêt de Saint Hubert, visites et idées pour s'oxygéner.
    Que faire en Ardenne belge ? Randonnées à pied, à cheval et en VTT dans la grande forêt de Saint Hubert, visites et idées pour s'oxygéner.

    4) Visiter la basilique et la ville de Saint Hubert

    Saint Hubert, la ville qui a donné son nom à la grande forêt, est un incontournable de votre séjour en Ardenne. Une légende puissante auréole cette cité, celle de Saint Hubert, autrefois seigneur jouisseur et impie. Alors qu’il chasse dans les bois un vendredi saint (sacrilège suprême !), il rencontre un immense cerf blanc, symbole du Christ, qui lui porte le message de l’Evangile et l’invite à la conversion. Hubert change de vie, entre dans les ordres, devient évêque et fait rayonner le nom de l’Ardenne belge alentours. La sublime basilique du village porte son nom et lui est dédiée.

    Que faire en Ardenne belge ? Randonnées à pied, à cheval et en VTT dans la grande forêt de Saint Hubert, visites et idées pour s'oxygéner.
    Que faire en Ardenne belge ? Randonnées à pied, à cheval et en VTT dans la grande forêt de Saint Hubert, visites et idées pour s'oxygéner.

    Saint Hubert, qui a cessé de chasser après sa rencontre sylvestre, est paradoxalement devenu saint patron des chasseurs. J’ai découvert que dans les milieux de chasseurs, on signe souvent ses missives par « salutations en saint Hubert », se plaçant sous le patronage de l’évêque belge. La belle cité de saint Hubert est « capitale européenne de la chasse et de la nature », et le cerf est omniprésent dans les rues de la ville. On trouvera même un cerf empaillé au fronton de l’hôtel de ville !

    Soyons sincères, je ne suis pas forcément la personne la mieux placée pour vous parler de chasse, je ne suis pas réceptive. Mais j’ai aimé cette basilique grandiose, cette belle cité colorée au cœur d’une forêt immense, cette histoire culturelle puissante et ces bois remplis de cerfs. Si vous faites un tour en Ardenne belge, je trouve que Saint Hubert vaut le détour, et tout particulièrement sa basilique.

    5) Découvrir la beauté des villages ardennais 

    Parce que nous étions toutes happées par l’atmosphère de notre grande course d’orientation, nous n’étions pas tant tournées vers le patrimoine cette fois-ci, mais nous avons tout de même fait quelques haltes dans les beaux villages ardennais. De nombreuses maisons traditionnelles, avec toit de chaume, murs de pierre schisteuse ou pans de bois, subsistent dans cette belle région rurale qui a su préserver son architecture. L’ambiance des villages est belle et douce, et les vaches paissent dans les prés.

    que faire en ardenne belge ? rando vélo activités dans la grande forêt de saint hubert
    que faire en ardenne belge ? rando vélo activités dans la grande forêt de saint hubert

    Le fourneau Saint Michel

    Pour comprendre cet héritage et remonter l’histoire et les traditions de l’Ardenne, on se rendra au fourneau Saint Michel, très bel écomusée en plein air où de nombreuses maisons ardennaises typiques ont été remontées et rassemblées, proposant un très beau cheminement à travers les siècles.

    Le château de Mirwart

    Le château de Mirwart est actuellement en pleine restauration, et j’ai vraiment hâte de découvrir le projet à sa réouverture : le site est sublime, et le château datant du Ixe siècle est restauré avec goût afin de devenir un hôtel, restaurant gastronomique et lieu d’évènements culturels et festifs. Le résultat sera grandiose, on le sent !

    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    Le château de Mirwart avant les travaux, en 2018.

    Redu, village du livre

    Mon plus grand coup de cœur est pour Redu, le village du livre en Ardenne. Librairies et étals de bouquinistes, papeteries et usines de fabrication du papier, cafés littéraires et expositions insolites, Redu est un véritable paradis pour les amoureux du papier, des lettres et des histoires. Je suis fascinée par l’atmosphère fourmillante de ce petit village qui a un charme fou.

    Bonnes adresses en Ardenne belge

    Lors de mon précédent reportage, j’avais découvert de nombreux restaurants et chambres d’hôtes de charme, je vous renvoie donc à mon article de 2018 sur un séjour en Ardenne belge.

    Nous avons cette fois dormi dans un joli hôtel à Libramont, l’hôtel l’Avenue, où les chambres sont spacieuses, lumineuses et confortables, en cœur de ville avec vue sur un petit parc avec un étang.

    que faire en ardenne belge ?
    Vue depuis la chambre

    Je retiens surtout cet hôtel pour son merveilleux restaurant italien, Inverso Ristorante, où nous avons dîné deux fois avec le même enthousiasme : cuisine délicieuse, fraîche, généreuse, succulente, service chaleureux, joli cadre, que du bonheur ! Un vrai italien à la fois traditionnel et inventif, qui vous sert avec convivialité et amour des produits.

    Je garderai un beau souvenir de cette immersion rocambolesque (et souvent trempée !) dans la forêt ardennaise, entre sport, aventure et fous rires. J’étais sur ce reportage associée non seulement à Marion, ma binôme et amie de toujours, mais aussi à deux autres blogueuses sympathiques, Clara Fotomania et Isabelle Fabre – amitiés à elles !

    novardenne express
    Clara, Isabelle et moi

    Merci à Visit Ardenne et au GAL Novardenne pour cette aventure insolite dans la belle et grande forêt de Saint Hubert.

  • Mon nouveau livre sur les Alpes

    C’est avec beaucoup de joie et d’émotion que je vous présente aujourd’hui mon dernier livre, paru en mai 2021 : « Les Alpes, on les aime pour… », un beau livre en miniature à la gloire des Alpes, de leurs paysages et leur culture. Je dis « mon livre », mais en vérité, mon amie et binôme Marion Carcel alias Foehn Photographie est étroitement associée à ce projet qui me tient énormément à cœur. « Les Alpes, on les aime pour », notre tout nouveau livre sur les Alpes – petite présentation !

    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    Un beau livre sur les Alpes à offrir aux amoureux des montagnes : Les Alpes, on les aime pour…
    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    Très heureuse et honorée de vous présenter ce projet qui me tient à coeur
    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    La magnifique quatrième de couverture : le Mont Aiguille et un bouquetin, photo de mon amie Marion Carcel

    « Les Alpes, on les aime pour » : un beau livre sur les Alpes… en miniature

    Lancée par les éditions Suzac il y a quelques années, la collection « On l’aime pour » décline un concept que j’adore : proposer, à un prix très bas (10 euros), un véritable beau livre en format réduit, avec 80 pages de photos en pleine page. Elles sont accompagnées de textes courts et enjoués, qui mêlent culture, histoire, anecdotes et citations.

    C’est un livre de cartes postales vivantes, tantôt lyriques, tantôt humoristiques, tantôt érudites. C’est un livre qui se picore et se savoure, qu’on peut ouvrir à n’importe quelle page, feuilleter distraitement ou lire de bout en bout avec délices. C’est un livre qui se veut le cadeau parfait pour les amoureux d’une région, et j’espère de tout cœur que vous aurez envie de l’offrir à vos amis, vos parents, vos proches passionnés par la beauté et la culture de nos Alpes.

    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia

    J’ai déjà eu le bonheur d’entrer dans la collection On l’aime pour avec mon précédent livre paru en 2020 : La Provence, on l’aime pour. C’est un immense bonheur pour moi de continuer la célébration de ma région adorée avec cet ouvrage à la gloire des Alpes.

    Ce livre de petits textes et de belles photos consacré à nos montagnes adorées était un rêve absolu pour moi. Et si je vous en montre quelques pages dans cet article, je tenais à vous dire que les autres photos d’illustration présentes sur cette page sont des photos inédites, qui ne figurent pas dans le livre. Il s’agit d’images que Marion et moi adorions, mais qui ne figurent pas dans le projet final – parce qu’il fallait faire des choix ! Cela me permet aussi de ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte : lorsque vous aurez « Les Alpes, on les aime pour… » entre les mains, vous découvrirez d’autres visions, d’autres regards sur nos sommets chéris.

    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    Coucher de soleil au lac Fourchu, massif du Taillefer, par Marion Carcel

    Voici la présentation que fait mon éditeur de « Les Alpes, on les aime pour »…

    Un guide amoureux, subjectif et en images, tel un mini beau livre, composé d’une trentaine de thèmes (les Alpes, on les aime pour leurs hauts sommets, leurs chalets de bois, leurs lacs d’altitude…). À lire comme une belle carte postale illustrée des Alpes, mais une carte postale dont le panorama est largement teinté de dérision et d’humour (on les aime pour leur tartiflette, leurs querelles de clocher, leurs moniteurs de ski, etc.). En résumé, un parfait souvenir de vacances à offrir ou s’offrir, et LE petit livre pas cher que chaque amoureux des Alpes doit exposer sur sa table de salon.

    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia

    Pourquoi un livre sur les Alpes ?

    Je suis née dans ce merveilleux quart sud-Est de la France qui abrite nos Alpes françaises. Si j’ai grandi dans la Drôme, à deux pas du Vercors et des Baronnies, j’ai découvert les Alpes assez tard, déjà adulte. Mais j’ai eu aussitôt le cœur foudroyé par leur splendeur.

    La chaîne alpine dans son ensemble est à mes yeux la plus belle région du monde, la merveille des merveilles. Comment ne pas avoir les larmes aux yeux face à un lever de soleil sur le Mont Blanc ? Comment ne pas vibrer face aux histoires des conquérants, des alpinistes, des soldats, des héros ?

    Le Mont Aiguille, où tout commence : l’histoire de l’alpinisme en 1492, et ma propre histoire avec les Alpes.

    Chapelet de joyaux, véritable cœur de l’Europe, les Alpes sont mon plus grand amour. D’un bout à l’autre de la chaîne alpine, de la Savoie à la Slovénie, du Vercors au Tyrol, du Mercantour aux Dolomites, chaque vallée cultive jalousement sa culture, ses traditions et son identité, mais toutes sont liées par cette sublime sororité des cimes. Alpages où les troupeaux montent à la belle saison, maisons conçues pour résister au froid et à la neige, cuisine de la rareté et de l’effort physique, chants qui portent par-delà les crêtes, sommets grandioses et quête du vertige, les régions alpines sont sœurs et les Alpes sont véritablement le cœur et le trait d’union de l’Europe.

    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    La chapelle San Giovanni i Ranui, dans les Dolomites.
    lac bled
    Le lac de Bled, en Slovénie, au soleil levant. Photo Marion Carcel
    annecy
    Annecy, une des villes emblématiques des Alpes

    Les Alpes courent sur six pays, huit si vous comptez Monaco et le Liechtenstein : France, Suisse, Italie, Allemagne, Autriche, Slovénie. Parmi les sommets transfrontaliers, nombreux sont ceux qui dépassent les 4000m, comme le Mont Blanc et les Grandes Jorasses, que se partagent France et Italie, le Mont Rose, le Castor et le Cervin entre Suisse et Italie. D’autres frôlent les 3000, comme la Zugspitze, dont le sommet est la ligne de partage entre Allemagne et Autriche.

    Parmi les grands sommets mythiques des Alpes : le Cervin, emblème de la Suisse
    Lever de soleil sur les Drus, Chamonix, par Marion Carcel

    Au cours de l’histoire, les régions alpines changent sans cesse de maître, sans que les ermites, les chamois et les edelweiss puissent en être informés. Une région passe sous le contrôle du pays voisin, mais les Alpes restent des enclaves où le temps s’écoule autrement. La montagne est un monde à part, gouverné par ses lois propres, où les traditions se conservent de siècle en siècle comme la glace conserve les fleurs piégées dans l’hiver sans fin. Les Alpes sont un morceau d’éternité. Ici bat le vieux cœur de notre continent.

    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    L’abbaye de Stams en Autriche, joyau baroque incomparable. Une photo de Marion Carcel qui figure dans le livre
    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    Alpages slovènes.

    Je voulais rendre hommage à ce pays que j’aime tant, à nos Alpes à nous, au Vercors, à la Savoie, aux Alpes du Sud, mais aussi aux montagnes sœurs, au Cervin, au Triglav, au Grossglockner ou à la Zugspitze. Je voulais dire mon amour infini pour ces sommets sur lesquelles mes rêves viennent se poser.

    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    Lever de soleil sur le Kanisfluh, Autriche, par Marion Carcel

    Et je voulais aussi raconter leurs chansons kitsch, leurs chaussettes rouges, leurs fromages, leurs vins chauds, toutes les petites choses qui les rendent attachantes et inoubliables. Entre lyrisme et humour, c’est ainsi que je concevais « Les Alpes, on les aime pour… »

    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    La culture alpine, c’est aussi la générosité en cuisine ! Reblochonnade dans un chalet d’alpage à Morzine

    Un livre sur les Alpes, en duo avec mon amie Marion Carcel

    Si vous suivez régulièrement mon blog, vous savez que je travaille le plus souvent en binôme avec mon amie Marion Carcel alias Foehn Photographie, fille du Vercors, amie des bouquetins, grimpeuse passionnée et surtout, photographe immensément talentueuse, amoureuse de ses montagnes.

    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    Marion face au Mont Blanc à Chamonix.

    Ensemble, nous avons formé un duo de blogueuses, photographes et créatrices de contenu passionnées, Itinera Favonia – les chemins du foehn, ce vent chaud qui souffle sur nos Alpes.

    Marion a la ligne de crêtes du Vercors tatouée au creux du bras et elle m’a ouvert ses montagnes avec une infinie générosité, me livrant la clef de cette magie alpine à laquelle j’aspirais tant. Elle est la première à m’avoir emmenée en rando-bivouac dans le Vercors, face au Mont Aiguille au-dessus d’une mer de nuages dorés. Elle m’a initiée à l’escalade, m’a appris à faire les nœuds de 8 et à monter sur la falaise en quête d’une vue plus belle. Je sais que face au Mont Blanc, aux hameaux de Bonneval-sur-Arc ou au musée des Belleville, nos cœurs battent à l’unisson et ressentent la même émotion. Je n’imaginais pas faire ce livre sans elle.

    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    Premier bivouac en duo face au Mont Aiguille, souvenir impérissable.
    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    Le Mont Aiguille, encore et toujours – en 4e de couverture et en arrière plan 😉

    La quasi-totalité des photos présentes dans ce livre sur les Alpes, « Les Alpes, on les aime pour… » sont les nôtres – c’était quelque chose qui nous tenait réellement à cœur. Il s’agit de mes photos et des photos de Marion. A la fin du livre, l’index des images récapitule précisément qui a photographié quoi, bien sûr. Mais à mes yeux, cela avait peu d’importance. Quand nous voyageons ensemble dans les Alpes, Marion et moi, nous vivons le même rêve, nous vibrons de la même passion. Ses images, mes images, servent la même divinité, la montagne magique qui aimante nos songes et abreuve notre imagination. Je suis infiniment heureuse et honorée d’avoir pu faire ce projet en duo avec elle, après tant d’aventures alpines partagées.

    En ski de randonnée nordique au coeur du Vercors
    Face au coucher de soleil sur le lac du Mont Cenis, photo de Marion

    Où trouver « Les Alpes, on les aime pour… » ?

    Si vous souhaitez vous procurer ce livre sur les Alpes, pour vous ou pour l’offrir en cadeau à un amoureux des montagnes, vous le trouverez absolument partout où on vend des livres. Librairies indépendantes, Fnac, Cultura, Amazon, etc, il est disponible partout en France. Merci pour votre soutien à ce projet – j’espère de tout coeur que le livre saura vous toucher !

    • Acheter Les Alpes, on les aime pour sur Amazon
    • Acheter Les Alpes, on les aime pour à la Fnac

    Et nos futurs projets alpins ?

    Les Alpes, on les aime pour… est un « petit » livre : 80 pages, une trentaine de thèmes. Il a fallu faire des choix et il m’était impossible de parler de chaque massif, chaque sommet, chaque vallée. Mais si vous êtes frustré de ne pas trouver VOTRE montagne dans ce livre, sachez que je prépare un autre livre sur les Alpes chez Suzac, qui sera beaucoup plus long et riche : une véritable petite encyclopédie subjective des Alpes, dans la collection Tutti frutti. Si vous pensez que votre village, votre vallée, votre sommet fétiche mérite d’y figurer, que vous avez une belle histoire, une anecdote drôle ou une figure emblématique à me présenter, n’hésitez pas à m’écrire, je vous écoute !

    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    Lac d’Anterne, massif des Fiz

    Si vous êtes tombé amoureux des belles photos de Marion, sachez que vous pouvez les envoyer à travers le monde entier : Marion sort une première collection de cartes postales des Alpes, que je trouve absolument superbe. Elles seront disponibles sur le site de Foehn Photographie mais aussi à la ravissante boutique A la claire fontaine à Pont-en-Royans (le plus joli village du Vercors !), une boutique de souvenirs et cadeaux installée à l’intérieur de la falaise monumentale. C’est le magasin des parents de Marion.

    carte postale des alpes
    La quatrième de couverture du livre est une photo que j’aime infiniment, le Mont Aiguille avec un jeune bouquetin. C’est aussi une des cartes postales que Marion propose.
    carte postale des alpes
    Une autre des belles cartes postales de Marion

    Marion et moi allons continuer à explorer nos Alpes, à les raconter, les photographier, les vivre, à suivre la ligne des crêtes et le fil de nos rêves montagnards. Merci à vous qui suivez nos aventures, dans les Alpes et ailleurs : votre soutien nous porte vers les prochains sommets…

    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    En randonnée à la Jonction, Chamonix

    Merci à toutes celles et ceux qui nous ont permis de vivre notre passion alpine en nous accueillant, nous confiant des reportages, nous donnant des idées de randonnées, etc. Merci aux OT, aux agences, aux partenaires qui nous font confiance. Et un merci spécial à mon ami Bertrand, randonneur virtuose et montagnard passionné, qui a pris les photos de promo du livre au sommet du Jocou, entre Vercors et Dévoluy !

    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    Le shooting au Jocou !