Châteaux de conte de fée, forêts brumeuses, villages ravissants, sommets enneigés, art de vivre exquis, ambiance hors du temps, sens de la fête et de la convivialité, la Bavière a tout, tout, tout pour plaire. Et surtout, elle se pare de dizaines de lacs qui reflètent l’immensité du ciel et décuplent la beauté de la terre, qui colorent les plaines et s’ouvrent sur les flancs des Alpes, que l’été couvre de fleurs et de cygnes, et l’hiver de magie blanche. Les lacs de Bavière comptent parmi les plus beaux d’Europe, et aucun itinéraire bavarois ne saurait être complet sans découvrir quelques joyaux du diadème. Voici les plus beaux lacs de Bavière à mes yeux.

Les lacs de Bavière, ou la dolce vita
Vous le savez, je suis folle de la Bavière. Mon cher et tendre y est né, j’y ai vécu et étudié plusieurs années, et j’ai développé des liens très forts avec cette région qui, d’une certaine manière, ressemble étrangement à ma Provence : ce sont les régions les plus méridionales du pays, les plus riantes, celles où règne la dolce vita, et ce sont des terres fières de leur histoire, de leur identité et de leurs traditions, où on célèbre sans cesse la joie d’être né dans un pareil endroit. Un voyageur qui rêve de découvrir l’Allemagne passera par la Bavière ; un voyageur ne saurait quitter la France sans voir la Provence. Dans mon cœur, ces contrées sont devenues sœurs. Et je m’auto-considère très sérieusement comme experte intergalactique de cette partie du monde. Quand on me demande quels sont les plus beaux sites de Bavière, ou les incontournables d’un voyage bavarois, je n’hésite pas une seconde : calquez votre itinéraire sur celui de l’eau qui coule et qui s’assemble, découvrez les merveilleux lacs de Bavière.

Vous serez surpris par l’intensité vibrante de leurs couleurs, par les verts émeraude et les bleus profonds, du glacier au lagon tropical en passant par le ciel ébloui, vous serez touché par la douceur idyllique qui s’en dégage. L’été, vous y nagerez, louerez des barques, des kayaks, des paddles, pour vous aventurer sur l’eau claire et parfaitement propre. Les gens viennent bronzer, pique-niquer, boire des bières et se reposer au bord des lacs, l’ambiance est toujours festive et chaleureuse. A l’automne, vous serez enchanté par l’embrasement roux, car la Bavière n’a rien à envier au Canada en termes de forêts enflammées par octobre. L’hiver, la neige scintillante les transporte hors du monde, et les pare d’un éclat plus troublant encore.
Il est difficile de décrire l’ambiance qui règne au bord de ces lacs à qui ne les connaît pas. Dès qu’un rayon de soleil pointe, tout le monde s’y précipite, et s’installe dans un des nombreux bars et restaurants qui bordent les berges. Il y a des fleurs, des nappes à carreaux, des poissons pêchés dans le lac, de grandes salades fraîches. C’est la convivialité à l’allemande par excellence – ce que les Allemands nomment Gemütlichkeit. Ici, la vie est plus facile, plus douce.
Les lacs de Bavière sont innombrables, et il en manque encore quelques-uns à ma collection. Mais voici ceux que je pense être les plus beaux, les plus renversants.

Sa majesté le Königsee : le plus beau lac d’Allemagne ?
Demandez à n’importe quel Bavarois quel lac est le plus beau de Bavière, d’Allemagne, du monde, et il vous répondra sans hésiter : le Königsee. Situé au cœur du parc national de Berchtesgaden, un parc alpin totalement protégé où la nature s’épanouit, le lac possède une majesté rare. A l’image des fjords norvégiens, auxquels il ressemble, il a été taillé par les glaciers, d’où ses pentes escarpées où ricochent les cascades, d’où ses arrêtes tranchantes, ses sommets étincelants. Ce sont des paysages nordiques, percutants. Le Königsee fascine. Un des plus célèbres sommets d’Allemagne, le Watzmann, surplombe le lac. La légende raconte qu’il s’agit d’une famille de géants changée en pierre, et qu’ils se vengent de ceux qui troublent leur sommeil : l’ascension du Watzmann est une des plus dangereuses et meurtrières qui soient.

La tradition, quand on visite le Königsee, est de prendre le bateau qui conduit jusqu’à l’île de Sankt Bartholomä. Le trajet est un des plus beaux que je connaisse : cascades dévalant les pentes, rideaux d’Alpes élancées, forêts de sapins, lumière piégée par les montagnes. Traditionnellement, le bateau s’arrête pour faire écouter le célèbre « écho du Königsee » : le pilote sort une trompette, joue quelques notes, et la montagne lui répond comme une amie fidèle. La Bavière est un pays où la nature est complice. Puis on vous conduit à l’église de Sankt Bartholomä, toute en bulbes baroques si typiques de la Bavière – en allemand, on appelle cette forme « Zwiebeltürme », littéralement « tour oignon ». Vous pouvez manger une truite au soleil, au pied du Watzmann, et savourer toute la beauté du monde.

Bon à savoir : en été seulement (du 1er mai au 31 octobre), le bateau pourra ensuite vous conduire à un second lac qui se trouve au fond du Königsee, l’Obersee, qui est paraît-il sublime, et où une promenade vous mène jusqu’à une cascade. J’ai par deux fois visité le Königsee un premier novembre, soit le lendemain de l’arrêt de la circulation du bateau jusqu’à l’Obersee… Même les blogueuses voyage sont parfois complètement à la ramasse. Mais un jour, j’y remédierai !
Un point de vue fabuleux sur le Königsee : le Jenner
C’est un des plus beaux points de vue que je connaisse en Allemagne : la cabine du Jennerbahn vous conduira au milieu des sommets enneigés, au-dessus du Königsee. Désordre de cimes blanches, lac qui se déploie et se replie comme un reptile immense lové au creux des vallées, et le Watzmann étincelant qui vous fait face : je vous recommande mille fois de monter au sommet du Jenner, vous ne le regretterez pas.

Bon à savoir : la télécabine vous conduit presque au sommet du Jenner, à un restaurant avec terrasse panoramique qui propose une vue fabuleuse sur les Alpes. Mais le vrai sommet ne s’atteint qu’à pied. Comptez environ 15/20 minutes de marche. Ce n’est pas excessivement difficile, mais ça grimpe un peu quand même, et il faut que vous ayez des baskets ou des chaussures de randonnée – n’essayez pas d’y aller en tongs. En hiver, c’est un domaine skiable.

Un joyau vert au cœur du parc national de Berchtesgaden :
le Ramsauer Hintersee
A quelques encablures du Königsee, le parc national de Berchtesgaden réserve un autre trésor aux amoureux des beautés lacustres : l’Hintersee à Ramsau. Sa couleur est d’un vert profond, mystérieux, qui rendait fou les peintres.

C’est un lac infiniment romantique, sur lesquels les montagnes viennent se pencher et se refléter, et que l’été couvre de barques gracieuses. Les grands peintres romantiques, tels que Caspar David Friedrich, se sont plu à l’immortaliser – la marche autour du lac vous présente leurs œuvres. Ce lac est moins connu que d’autres – et j’ai eu un vrai coup de foudre pour lui en le découvrant. Le village montagnard de Ramsau mérite aussi qu’on s’y attarde.


Au pied de la Zugspitze : l’Eibsee
A Garmisch-Partenkirchen se dresse le plus haut sommet d’Allemagne : la Zugspitze, qui culmine à 2962m. Le sommet est à la frontière entre Allemagne et Autriche, et le restaurant d’altitude permet de passer d’un pays à l’autre entre l’entrée et le dessert. Mais ce qui se cache au pied de la montagne est au moins aussi beau : le merveilleux lac Eibsee. Au cœur du lac, l’eau est d’un bleu étincelant, et de petites îles couvertes d’arbre complètent le tableau – à l’automne, tout est bleu et or, et la marche autour du lac, un véritable enchantement.

Les lacs préférés des Munichois : idées d’excursions depuis Munich
Au sud de Munich, à deux pas de la ville, c’est déjà l’évasion en pleine nature. La région regorge de lacs somptueux où les Munichois adorent venir passer le dimanche. C’est une des choses qui font que Munich est si agréable : la qualité de vie est exceptionnelle. Le S-Bahn (l’équivalent du RER) va même jusqu’au lac de Starnberg, facilitant les excursions !

Starnberg et le pays des cinq lacs
Starnberger See, Ammersee, Pilsensee, Wörthsee, Wesslinger See : ils forment le “pays des cinq lacs” (Fünfseenland), le seuil entre les Alpes et la ville. Le plus célèbre est le lac de Starnberg, où l’impératrice Sissi a passé son enfance. Le château de Possenhofen, qui abritait ses jeux, ne se visite pas, mais on peut longer ses tourelles blanches jusqu’au lac, et songer à la princesse incomprise, mariée contre son gré à un homme qu’elle n’aimait pas, et qui étouffait à la cour viennoise. Ses lettres en parlent souvent : Sissi rêvait de revoir la Bavière de son enfance, où elle vivait libre et un peu sauvage. Petite, elle nageait dans le lac de Starnberg – et qu’importe si cela ne se faisait pas pour une dame de son rang. Marcher sur ces rives, c’est entrer un peu dans son imaginaire… Le musée Sissi de Starnberg retrace cette enfance de petite sirène.
Au bord du lac se trouvent de nombreux restaurants à l’ambiance chaleureuse. J’ai eu un gros coup de cœur pour le Buchsscharner Seewirt à Sankt Heinrich, qui a son propre ponton sur le lac, et où la nourriture est authentique et soignée.

Une autre bonne adresse au pays des cinq lacs est le monastère Andechs (Kloster Andechs), qui surplombe l’Ammersee. J’ai malheureusement perdu les photos que j’avais faites de cette randonnée estivale, il y a quelques années, quand j’étais étudiante à Munich. Le monastère est un lieu de pèlerinage célèbre, et aussi une brasserie réputée : les moines continuent d’y fabriquer la bière. Un ami munichois m’avait dit qu’on y mange « le meilleur Obatzda de Bavière » (spécialité fromagère bavaroise délicieuse), et j’ai effectivement été très convaincue. L’été, on grille des poissons en plein air, avec vue sur les eaux bleues du lac.

Le Schliersee et le Tegernsee
A peine plus au sud, deux autres lacs attendent les voyageurs en quête d’air et d’eau purs.
Le Schliersee est un peu le secret des Munichois : moins connu du reste du monde que le lac de Starnberg, mais peut-être plus beau encore. Comme dans tous les lacs bavarois, on y trouve des cygnes gracieux, des canards et des foulques joyeuses, et des Biergarten avec vue sur le lac. J’ai adoré manger sur la magnifique terrasse du Seehotel Schlierseer Hof. De manière générale en Bavière, les restaurants typiques sont de grande qualité : nourriture fraîche et typique, quantités généreuses, atmosphère bucolique, et celui-là ne fait pas exception. C’est aussi une bonne adresse pour qui cherche à dormir près de l’eau !

Le Tegernsee est un paradis de la voile : ce grand lac situé à 50km au sud de Munich offre des conditions idéales aux amoureux du vent. Je n’ai encore jamais essayé d’y mettre les voiles, mais j’ai adoré faire la randonnée qui mène au sommet de la montagne qui le surplombe, le Riederstein. On accède à ce lieu de pèlerinage par un chemin (bien raide, il faut souffrir pour trouver Dieu, paraît-il !) bordé de calvaires peints, et la vue au sommet est superbe.

Les joyaux jumeaux : le Walchensee et le Kochelsee
Ces deux lacs jumeaux comptent à mes yeux parmi les plus beaux de la région du sud de Munich. Le Walchensee est le plus grand lac de montagne de Bavière, son étendue et les vents qui y soufflent réjouissent surfeurs et véliplanchistes. Le Kochelsee, plus petit et abrité, est souvent plat comme un miroir, et les reflets sur l’eau tranquille sont éblouissants.

A deux pas des lacs se trouve le ravissant village de Murnau, repère des artistes depuis des décennies, à l’ambiance résolument italienne. On le dit toujours : Munich est la ville la plus au nord d’Italie… et nombre de villages alentours cultivent la dolce vita.

Pour goûter la vue sur les deux lacs, je vous conseille de prendre la télécabine menant au sommet du Herzogstand. Louis II de Bavière, le roi esthète, le bâtisseur des châteaux, avait bon goût : il adorait ces deux lacs, et ce point de vue exceptionnel. Au sommet, une chapelle et un monument rendent hommage « au roi éternel et inoubliable des Bavarois ». Les photos que je vous présente ont été prises en hiver – mais je vous conseille mille fois de faire cette ascension l’été, comme je l’avais fait il y a quelques années (vous savez, à l’époque où j’étais infoutue de sauvegarder correctement mes photos). Les montagnes sont couvertes de fleurs roses, les lacs sont d’un bleu qui évoque plus les Tropiques que l’Allemagne, l’herbe est épaisse comme un lit… c’est l’idylle à l’état pur.

Puisqu’on parle de Louis II… vous n’allez pas quitter la Bavière sans voir ses châteaux, j’imagine ?
Les lacs des châteaux de Louis II
Vous le savez sans doute : les châteaux de Bavière figurent parmi les attractions touristiques les plus appréciées d’Europe. On les doit à un roi fantasque, fasciné par le Moyen-Âge, les chevaliers, le Grand siècle de Louis XIV, et les légendes des mille et une nuits, un roi que les Allemands surnomment « Märchenkönig », roi de conte de fées, qui a voulu donner corps à son imagination débridée. Les châteaux sont au nombre de quatre en tout : celui de son enfance, et les trois qu’il a fait construire.

Louis II a grandi au château d’Hohenschwangau, petit château jaune, décoré de fresques illustrant les légendes de la table ronde. Les histoires de chevaliers ne l’ont plus quitté : par la suite, il a fait construire sur la colline d’en face Neuschwanstein, probablement le plus célèbre des châteaux du monde (c’est celui qui a inspiré le château de Disneyland). Le plus secret, le plus ravissant des trois est Linderhof, avec sa grotte souterraine, son palais mauresque et ses cabanes mythologiques. Le dernier, le plus mégalomane, est Herrenchiemsee, l’imitation de Versailles. Trois châteaux sur quatre jouxtent un lac – c’est l’occasion de vous en parler.
Neuschwanstein et Hohenschwangau, au pays des chevaliers
Ce qui contribue au charme des deux premiers châteaux, c’est leur localisation idéale : au cœur des montagnes, sur des éperons rocheux surplombant deux lacs, l’Alpsee et le Schwansee – le lac du cygne, qui a donné son nom à la région, et initié la passion de Louis II pour les cygnes, ces animaux symbole de noblesse, de pureté et de fidélité. Aujourd’hui encore, les familles de cygnes introduites par Louis II dans les lacs de Bavière continuent de prospérer, comme un héritage romantique du souverain unique entre tous… et les balades au bord de ces deux lacs sont un bonheur.
Depuis Neuschwanstein, la vue sur l’autre château et les lacs est magnifique. Pour un point de vue plus spectaculaire encore, prenez la télécabine du Tegelbergbahn, et vous découvrirez à l’horizon deux autres lacs, le Bannwaldsee et le Forggensee. Et à votre tour, vous vous croirez roi du monde, et rêverez de construire en pierre de songe…

Suggestion d’itinéraire : je vous conseille vraiment de ne pas filer directement à Neuschwanstein, et de visiter d’abord Linderhof, qui a à mes yeux encore plus de charme, et vous permettra de mieux comprendre qui était le souverain. Voici pour moi l’itinéraire parfait (faisable en un jour, mais je vous conseille vraiment de prendre le temps pour deux) : depuis Munich, prenez la route pour Linderhof, et commencez par visiter ce château-là, dont le parc immense réserve mille surprises. Continuez jusqu’à Oberammergau, le plus typique des villages de Bavière, un ravissement tout de bois sculpté. Puis ne suivez pas le GPS, et passez par l’Autriche pour rejoindre Neuschwanstein : empruntez la route 2060, qui passe par la sublime forêt d’Ettal. C’est une des plus belles routes que je connaisse. Elle longe un lac autrichien prodigieusement beau, le Plansee. Rejoignez ensuite la jolie ville de Füssen, puis Schwangau, où se trouvent Neuschwanstein et Hohenschwangau.
Herrenchiemsee, ou Versailles au milieu du lac
Depuis Munich, si vous partez vers l’Est pour rejoindre le parc national de Berchtesgaden, vous trouverez sur votre route le lac Chiemsee. Faites halte ici, et découvrez ce grand lac aimé des mouettes et des autres oiseaux, où des bateaux vous conduiront vers le dernier château de Louis II, une reproduction de Versailles – dans sa mégalomanie, il aura voulu une galerie des glaces plus longue de quelques mètres que l’originale ! La mort suspecte (meurtre ? suicide ? accident ?) du roi que ses ministres avaient fait interner interrompra les travaux. Herrenchiemsee est inachevé, suspendu dans le temps. Le parc du château, une île couverte de fontaines et de fleurs, est de toute beauté en été.

N’oubliez pas de visiter une autre île sur le lac, la Fraueninsel – l’île des femmes –, où on peut visiter un ravissant couvent.
La Bavière : un voyage parfait
Par la diversité et la splendeur des paysages, la richesse authentique des traditions, et la qualité de l’accueil, la Bavière est une destination de rêve. C’est aussi un des meilleurs rapports qualité-prix dans l’hôtellerie et la restauration que je connaisse en Europe : pour cinquante euros, vous pouvez dormir dans une chambre avec lit à baldaquin garnie comme un 4 étoiles, et avoir un petit déjeuner buffet de folie.
Voir une sélection d’hôtels en Bavière
Les plats sont larges, souvent accompagnés d’une salade variée et vraiment bonne, remplis de produits frais et de spécialités délicieuses, comme les Käsespätzle ou la truite grillée. N’hésitez vraiment pas à l’ajouter à votre liste : je vous promets que vous ne serez pas déçu.

Il manque deux lacs à ma liste parfaite : l’Obersee, donc, et le Seealpsee, petit lac de montagne qu’on aperçoit au sommet du pittoresque Nebelhorn. A suivre !
Cet article était consacré au sud de la Bavière, la région dite Oberbayern (de Munich à la frontière autrichienne). Bientôt sur Itinera Magica, je vous parlerai du nord de la Bavière, la Franconie, que j’aime tout autant. N’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter pour suivre l’aventure allemande !















































































































































































































































