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  • Chamonix, randonnées sublimes et vertige des cimes

    Chamonix est, sans hésitation aucune, un des lieux de l’univers qui font battre mon cœur le plus fort. Difficile d’exprimer la sensation de joie pure que je ressens quand j’arrive dans cette vallée étroite où les langues glaciaires descendent jusqu’aux terres des hommes, où l’Aiguille du Midi griffonne l’azur du ciel avant que surgisse, monstrueux et magnifique, le dôme enneigé du Mont Blanc. Après un merveilleux premier séjour à Chamonix à l’été 2017, Marion et moi sommes revenues passer quatre jours au pays des glaces et des cimes en juillet 2020, et notre amour pour cette destination n’en fut que décuplé.
    Au programme de cet article : un vol en parapente au-dessus de Chamonix, face aux sommets mythiques de la chaîne du Mont Blanc, deux randonnées sublimes, la traversée des Balcons Nord et La Jonction (peut-être la plus belle randonnée de ma vie !), trois nuits dans des hébergements tous attachants et originaux, un petit tour à la librairie mythique des montagnards, une montée magique à l’Aiguille du midi, un lac méconnu, un mur d’escalade, une chapelle romantique, de très bonnes adresses pour se régaler à Chamonix, et un petit concours avec un cadeau à gagner en fin d’article.

    Que faire à Chamonix ? Les plus belles randonnées à Chamonix, la randonnée de la Jonction, une nuit au Montenvers, un vol en parapente à Chamonix...


    Ce voyage était très particulier pour Marion et moi : c’est à Chamonix que nous avons travaillé ensemble pour la première fois, en juillet 2017. Depuis, nous avons réalisé de nombreux reportages en duo. Revenir célébrer nos « noces de froment » (professionnelles !) à Chamonix, trois ans plus tard, nous a comblées de joie. Revenir ensemble à Chamonix… L’émotion nous a toutes les deux saisies quand nous avons su que nous allions retrouver le pays du Mont-Blanc. Pour qui aime les montagnes (et nous les aimons à la folie), Chamonix sera toujours une légende, la mère de toutes les montagnes.

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    Marion alias Foehn Photographie et moi à la Jonction, heureuses comme tout.


    Toutes les photos de cet article dans lesquelles j’apparais ont été prises par Marion alias Foehn Photographie. Nous formons ensemble un duo de blogueuses, photographes et voyageuses passionnées.

    Chamonix, mythe parmi les mythes

    Aucun amoureux des montagnes ne peut rester indifférent quand il entend le nom de Chamonix. Chamonix est véritablement la porte du ciel : c’est ici, au XVIIIe siècle, que les hommes ont ouvert la voie vers les sommets.
    C’est ici qu’a été inventé, dans les années 1740, le tourisme alpin, lorsque des Anglais en vacances à Genève ont vu au loin la silhouette effrayante du Mont Blanc, « taupinière blanche », « montagne maudite », qu’on tenait loin des royaumes des hommes. Ils s’appelaient Windham et Pocock, et ils ont voulu aller voir le monstre de plus près. Ils ont alors découvert la Mer de Glace, à qui ils ont donné son nom (« it looks like a sea of ice ! ») et se sont pris de passion pour ces langues glaciaires terrifiantes qui descendent vers la vallée de Chamonix. Avant, les hommes fuyaient les montagnes, périlleuses et traîtresses, soudain ils étaient fascinés et désireux d’atteindre les sommets.

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    La mer de glace, objet de fascination depuis les années 1740.


    C’est ici qu’a été inventé l’alpinisme, lorsque le 8 août 1786, Jacques Balmat accompagné du Dr Paccard fut le premier à vaincre la « montagne maudite » qu’on disait inaccessible, et toucher les 4800 mètres du Mont-Blanc. Il ouvrit ainsi la voie des cimes dans laquelle s’engouffreraient aventuriers kamikazes et rêveurs foudroyés par l’impitoyable ivresse des sommets.


    C’est ici qu’on a créé les secours en montagne, après un terrible hiver de 1956 où deux jeunes hommes perdirent tragiquement la vie sous les yeux des journalistes du monde entier – Vincendon et Henry, abandonnés de tous. Aujourd’hui encore, impossible de devenir guide de haute-montagne sans passer par l’école d’alpinisme de Chamonix. Cette vallée est mythique, chacun de ses sommets une épopée.

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    Chamonix, ou le face à face permanent avec la démesure.


    J’aurais tant d’histoires à vous raconter, mais je commence par la mienne : lorsque nous sommes venues pour la première fois à Chamonix à l’été 2017, Marion et moi, nous nous sommes senties « à la maison ». C’est étrange, car aucune de nous n’est venue ici petite, et Chamonix était pour nous une vallée étrangère. Mais quand on grandit avec l’amour des montagnes au cœur – Marion s’est tatoué dans la peau les « siennes », celles du Vercors –, Chamonix est une évidence. Nous avons su aussitôt que nous reviendrions. Et quelle joie, quelle joie !  

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    Marion, montagnes dans la peau, yeux perdus dans les Drus

    Voler en parapente face à la chaîne du Mont Blanc

    Notre merveilleux séjour 2020, toujours plus près des sommets, a commencé par une expérience de bonheur fulgurant : un vol en parapente face à l’Aiguille du Midi et au Mont Blanc, avec la compagnie les Ailes du Mont Blanc.

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    Moment de magie pure.


    Décoller en parapente, se sentir arraché au sol, flotter avec douceur et légèreté au milieu des oiseaux, est une des sensations qui me procure le plus de joie. J’ai eu la chance de voler plusieurs fois en parapente, dont un grandiose premier vol au-dessus des crêtes du Vercors, et vivre cette expérience à Chamonix me faisait rêver depuis : s’envoler face au Mont Blanc, quoi de plus follement romanesque ? Le rêve s’est réalisé cet été…
    Nous avons rejoint en télécabine avec nos moniteurs le site de décollage de Planpraz, un balcon surplombant Chamonix à 2000m d’altitude. Tous les deux sont super, chaleureux et rassurants. Cyrilde, la monitrice de Marion, est la première femme monitrice de parapente que nous rencontrons lors de nos reportages. Elles auront l’occasion de discuter durant leur vol, et Cyrilde confirmera à Marion que si les femmes restent encore rares dans ce milieu, Chamonix est la destination qui en compte le plus grand nombre. Chamonix nous donnera de nombreuses occasions d’explorer la montagne au féminin – ce grand saut avec Cyrilde est une belle première approche ! Mon moniteur, Jérémy, est bien sûr tout aussi adorable et passionnant. J’ai adoré le professionnalisme et l’attitude chaleureuse des deux moniteurs des Ailes du Mont Blanc, une des compagnies historiques et réputées de parapente à Chamonix.

    parapente chamonix
    Marion immortalise sa monitrice Cyrilde.

    Ce vol est magique. L’Aiguille du Midi, le Mont Blanc, les Drus… tous s’offrent à nos regards émerveillés. Nous tournoyons doucement au gré des ascendants, et chaque vue est une nouvelle extase visuelle. Par cet envol, nous tutoyons les cimes, nous sommes enfin à leur hauteur, aériennes et folles de bonheur.

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    Après trois quarts d’heure de bonheur et d’ivresse de l’apesanteur, nous redescendons vers Chamonix, survolant sa belle église baroque, avant d’atterrir dans un grand champ… mais en pensée, nous mettrons la journée entière à redescendre !

    Voyages romantiques à Chamonix : autour du lac des Gaillands

    Explorons l’imaginaire romantique associé à Chamonix depuis le XVIIIe siècle autour du petit lac des Gaillands et sa chapelle en ruine.

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    Qui l’eut cru ? Ces belles ruines ne sont pas de « vraies » ruines. Elles ont été construites au XIXe siècle pour conférer une allure mélancolique et pittoresque au lac des Gaillands. A l’époque romantique, les grands poètes, de Lord Byron à Victor Hugo, se passionnent pour cette vallée aux merveilles et viennent écrire à l’ombre des glaciers. La montagne, honnie et évitée durant des siècles, aimante les foules en quête de sublime.

    On voit dans certains hôtels de Chamonix de vieilles photos rétro, avec des dames en robe longue comme celle-ci marcher sur la glace et partir à l’ascension des sommets.

    Le tourisme alpin est alors follement à la mode, Chamonix incarne le sublime, la grandeur de la nature à l’état brut. Mais ces dames en robe ne se contentent pas d’être décoratives, et les belles tenues n’empêchent pas de conquérir les sommets. Ces pionnières deviennent des alpinistes et se montrent incroyablement courageuses. Connaissez-vous Henriette d’Angeville ? Née en 1794, la « Fiancée du Mont-Blanc » fut la première femme à gravir le Mont-Blanc de son plein gré (la toute première était Marie Paradis, une pauvre servante qu’on a contrainte et forcée, traînée au sommet malgré ses supplications terrifiées). Littéralement amoureuse de cette montagne, elle avait demandé qu’on y enterre son corps, devait-elle y périr… Elle fut la première grande alpiniste, et passa sa vie à explorer les sommets.

    Magnifique petit livre inspirant et touchant que j’ai acheté à la librairie Paulsen/Espace Guérin à Chamonix

    Nous aussi, nous avons voulu apprivoiser la montagne. A côté de ce lac se dresse le rocher des Gaillands, falaise d’escalade-école ouverte par l’aventurier Frison-Roche. Ces voies de gneiss facile à grimper sont un excellent endroit pour s’initier à l’escalade. Grimpeuse confirmée, Marion m’apprend les nœuds, les manipulations, me fait découvrir ce sport. Chamonix me donne à la fois des envies de poèmes romantiques et d’escalades vertigineuses. Être une princesse ou être une montagnarde, pourquoi choisir ? Moi aussi, je veux être la reine des neiges…

    L’hôtel Pointe Isabelle à Chamonix, sur les traces d’une grande alpiniste

    La première nuit, Marion et moi dormons à l’hôtel Pointe Isabelle, nommé ainsi en hommage à l’aristocrate anglaise Isabella Straton, qui a réussi la première ascension hivernale du Mont Blanc en 1876 – une vraie prouesse, une entreprise dangereuse et éprouvante, qui suscite aujourd’hui encore le respect. Cette lady rebelle ivre des cimes finira par épouser au mépris des conventions sociales son guide chamoniard, Jean Charlet, et c’est lui qui prendra le nom de Straton.

    Marion et moi avons adoré ce bel hôtel bien situé, dont la décoration élégante et design rend hommage aux femmes alpinistes, entre bottines et crampons. Joli bar un peu rétro, portraits de femmes alpinistes et de suffragettes, bonne table et excellent petit-déjeuner, le Pointe Isabelle a su nous séduire, et nous y avons merveilleusement bien dormi, en rêvant d’aventures givrées…

    Au cœur de Chamonix, la librairie des amoureux des montagnes

    Grandir à Chamonix, sous le regard des Drus, du Mont Blanc et des Aiguilles, c’est être appelé à la grandeur, c’est s’inoculer au berceau le rêve des cimes et la folie des sommets… Nous sommes allées faire un petit tour du cœur de ville charmant et fleuri de Chamonix, où le pittoresque se mêle au grandiose des montagnes toutes proches. La fresque des guides, la statue de Balmat et Paccard, tout appelle à la verticalité, et chaque façade est imprégnée de l’histoire hors normes de ce village qui a changé le visage de la montagne.

    Nous avons pris le temps de découvrir la très belle église St Michel de Chamonix, dont j’aime follement le style baroque savoyard.

    Et cette fois, Marion et moi avons découvert la librairie des fous des montagnes, et y avons fait une véritable razzia. Les éditions Paulsen/Espace Guérin sont LES spécialistes incontestés du livre de montagne. Leur collection de petits livres rouges comme les chaussettes des alpinistes rassemblent les mémoires des grands conquérants des sommets, des récits d’aventure, des histoires d’ascensions vertigineuses, de sauvetages héroïques, d’accidents tragiques et de passion perpétuelle. Les collections de cette maison d’édition sont un incontournable absolu pour les amoureux des montagnes…

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    En fin d’article, je vous proposerai de gagner un de leurs ouvrages.

    Un bon resto à Chamonix : la Fine Bouche

    Nous nous sommes régalées à La Fine Bouche, restaurant gastronomique délicat et abordable un petit peu en marge du cœur de Chamonix. Les produits locaux sont harmonisés avec finesse et précision, tout est exquis – on mange très savoyard, mais de façon plus fraîche et originale qu’ailleurs. Salade de crudités et brick de reblochon, poulet aux morilles, café gourmand avec délice de fruits rouges… tout est un régal.

    Une nuit au Grand Hôtel du Montenvers, seules face à la Mer de Glace

    Ce soir, vous dormez au Grand Hôtel du Montenvers. Ce sera un tête-à-tête romanesque avec la Mer de Glace, un film dont vous êtes le héros.
    Vous montez à la Mer de Glace avec le mythique train à crémaillère rouge vif du Montenvers, comme tant de voyageurs avant vous depuis un siècle. Chamonix se déroule sous vos yeux, le roulement du train est la clef des merveilles.

    chamonix montenvers mer de glace grand hotel (6)
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    train montenvers


    Vous arrivez au sommet, et la Mer de Glace est à vous. La plate-forme surplombe le glacier et vous restez un long moment fasciné, rêveur, à attendre que le jour descende. Il est 18h. Tout le monde est redescendu vers Chamonix, et il ne reste plus que vous, vous, la Mer de Glace, et les Drus qui accrochent les rais de soleil à leurs aiguilles.

    Mer de glace Chamonix


    Vous marchez vers l’hôtel du Montenvers. Monolithe de granite, il a des airs d’intemporalité radicale, comme les parois des montagnes qui l’encerclent. Il se tient là, hiératique, depuis 1880, mais on le jurerait bien plus ancien, comme s’il avait toujours été là.

    Sa haute façade percée de fenêtres minuscules, ses intérieurs lambrissés comme un wagon de l’Orient Express, ses boiseries et ses escaliers qui s’enroulent autour de leurs lampes d’alpiniste, tout cela lui donne un petit air d’hôtel Overlook, en infiniment plus accueillant. Les chambres portent les grands noms qui vous ont précédés : Byron, Shelley, Châteaubriand…
    Ce n’est plus un refuge rustique comme autrefois, c’est un hôtel à l’élégance sans âge des lieux qui seront toujours à la mode. On y mange sous une grande verrière face aux montagnes magiques.


    Ce soir votre chambre donne sur la Mer de Glace, et vous ne pourrez plus vous détacher de cette vision. La fenêtre vous aspire, votre rêve vous transporte au-dessus des sommets, c’est un voyage imaginaire extatique. Quelle vue, quelle vue. Quelle chance inouïe de dormir ici.

    Vous verrez dans le soir les dernières lumières incendier les Drus d’un rouge étincelant, puis les étoiles se suspendre aux montagnes, et à l’aube, l’or pur du matin couler sur les Grandes Jorasses.

    Montenvers hôtel mer de glace
    Vue de notre chambre la nuit, par Marion (pendant que je dormais profondément, car au-delà de 23h, il ne faut plus rien exiger de moi).
    Montenvers hôtel mer de glace
    Mais j’ai immortalisé le lever de soleil sur les grandes Jorasses, pendant que Marion, elle, essayait de dormir.
    Montenvers hôtel mer de glace
    Vers 9h, le soleil passe au dessus des Drus… il est temps de se mettre en route.


    Tant d’alpinistes, tant de poètes, tant de cordées et d’envolées… il y a tant de fantômes ici, tant de spectres amoureux de Chamonix passent dans la lumière changeante. Vous êtes entré dans la bobine, vous faites désormais partie de l’histoire. Vous aussi, vous avez accroché un petit bout de votre cœur au sommet des Drus. De toute votre vie, vous n’oublierez jamais cette nuit au Montenvers.

    Une belle randonnée à Chamonix : la traversée des Balcons Nord, du Montenvers au Plan de l’Aiguille

    Après notre nuit magique à l’hôtel du Montenvers, nous entreprenons la belle traversée par les balcons Nord jusqu’au Plan de l’Aiguille, au pied de l’Aiguille du Midi. Cette randonnée assez facile d’environ 3h offre un concentré de paysages mythiques de Chamonix : partant du Montenvers, on s’élève jusqu’au Signal de Forbes, qui surplombe la Mer de Glace, avant de longer la vallée de Chamonix en direction de la silhouette triomphante de l’Aiguille. Les roses des Alpes encadrent le glacier tout au long de l’ascension vers le Signal, et le ciel éclatant souligne la beauté pure de ces paysages gorgés de lumière… nous sommes heureuses, enchantées.

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    Nous réalisons la jonction entre deux refuges mythiques de l’histoire de Chamonix : le Montenvers, côté mer de glace, et le refuge du Plan de l’Aiguille. Deux nuits dans les montagnes, entre paysages grandioses et fantômes d’une histoire épique, deux nuits de rêve sans toucher terre, sans redescendre vers la vallée – nous portions nos affaires pour les deux nuits dans nos sacs à dos.

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    Le refuge du plan de l’Aiguille, point final de notre traversée des Balcons Nord.

    Les buvettes d’altitude de Chamonix : une expérience incontournable

    On trouve à Chamonix un type de restaurants qui nous a énormément séduites, Marion et moi : les buvettes d’altitude. Ce sont de petits cafés/restos situés très haut et accessibles seulement aux marcheurs (au terme de promenades plus ou moins longues : certaines buvettes sont à 1h de marche de la télécabine la plus proche, d’autres 10 min seulement). Elles ouvrent en été et sont ravitaillées par hélicoptère, lors de rotations très impressionnantes : l’hélico arrive, dépose la cargaison de nourriture et repart avec les déchets ! Ce sont de véritables oasis idylliques au cœur des montagnes, où la sensation de dépaysement est radicale. Si vous venez à Chamonix, je vous recommande vraiment de leur rendre visite.

    Lors de ce séjour, nous avons dormi au refuge du Plan de l’Aiguille, qui fait buvette et gîte, qui offre une vue sublime sur l’aiguille du Midi et le glacier des Bossons et par ailleurs, la meilleure tarte à la framboise de ma vie.

    Contrairement à l’hôtel du Montenvers, qui est aujourd’hui un bel hôtel de luxe, le gîte du Plan de l’Aiguille est resté un refuge traditionnel de montagne. Cela est rustique et simple (douches communes, lits superposés), mais propre et confortable, et une certaine intimité est possible : Marion et moi avions une chambre à deux. J’ai beaucoup aimé cette nuit au refuge du Plan de l’Aiguille, avec un dîner fait maison face au coucher de soleil à 2000m d’altitude dans la flamboyance du soir, et la rencontre avec les alpinistes qui dorment ici pour attaquer leurs courses vers les aiguilles chamoniardes à 3 ou 4h du matin. Cette authentique ambiance de montagne m’a beaucoup séduite.

    Lors de notre séjour, nous avons aussi dîné à la Buvette du Cerro, qui cultive une ambiance de fête un peu hippie, propose un menu 100% locavore, de nombreux concerts et évènements. On y trouve les morceaux de l’avion qui a tragiquement fini sa course contre le Mont Blanc, le Malabar Princess, des habitués un peu déjantés et chaleureux, une déco colorée et originale, et d’excellents desserts. J’ai beaucoup aimé l’ambiance de cette buvette, et l’accueil du gérant.

    On accède à la Buvette du Cerro par une petite marche d’environ 20 min, en passant au-dessus d’un torrent déchaîné et d’une belle cascade – j’ai adoré cette vision tellement typique des Alpes !

    En montant à la Jonction, nous avons aussi découvert la buvette du Chalet des Bossons, située à l’arrivée du télésiège. 1h de marche plus haut, on accède à la Buvette des Pyramides. Toutes deux sont situées directement sur le glacier des Bossons avec une vue spectaculaire. Je vous en parle davantage plus bas, en vous racontant la randonnée à la Jonction.

    En 2017, nous avions aussi dormi et dîné à la buvette des Mottets, dans une bulle pile en face des Drus. Retrouvez cette belle expérience dans mon article sur notre précédent séjour à Chamonix en 2017.

    Blog Chamonix : restaurants à Chamonix, hébergements insolites, bel hôtel romantique à Chamonix
    Dormir dans les bulles des Mottets face aux Drus

    Nous rêvons cette fois de retourner à Chamonix pour tester la buvette du Chapeau, qui offre une vue sublime sur la Mer de Glace. Pour une expérience montagnarde profondément dépaysante, entre vues magiques, produits locaux et sensation de déconnexion, on ne fait pas mieux…

    L’Aiguille du midi et le lac bleu

    Comment ne pas être fasciné par cette cage de métal et de verre dressée au sommet de la plus haute des aiguilles de Chamonix, qui culmine à 3842 mètres ?

    Elle symbolise toute l’obsession des Chamoniards pour leurs sommets mythiques, le courage et l’opiniâtreté de ceux qui ont construit, au début du XXe siècle, le plus haut téléphérique alors jamais bâti par l’homme, jetant les câbles d’acier à l’assaut du vertige. Au fil des années, on n’a cessé de rajouter des salles à l’Aiguille, qui est aujourd’hui un véritable labyrinthe, un entrelacs fabuleux de terrasses et d’escaliers à pics sur la magie des 4000m des Alpes. Le Mont Blanc, les Fiz, le Mont Rose, le Cervin… tous s’offrent à notre regard ébloui depuis les innombrables points de vue.

    Que faire à Chamonix ? Montée à l'aiguille du midi
    Que faire à Chamonix ? Montée à l'aiguille du midi


    Marion et moi sommes restées des heures à nous perdre dans cet océan de blanc, glaciers et sommets drapés de neiges éternelles, vues jusqu’à perdre l’horizon au loin dans les plaines, par-delà le royaume des Alpes. Du côté de l’arrête des cosmiques, on voit les alpinistes descendre encordés vers la Vallée Blanche, ou monter vers le Mont Blanc du Tacul, silhouettes minuscules et intrépides dans un océan de glace.

    Au Pas dans le Vide, on joue à se faire peur en surplombant l’à-pic sur un plancher de verre.

    Que faire à Chamonix ? Montée à l'aiguille du midi
    Panorama du Mont Blanc et des monts environnants, par Marion

    Cet endroit est magique, il faut monter à l’Aiguille au moins une fois dans sa vie quand on aime les montagnes. En ce qui me concerne, c’était ma 3e montée à l’Aiguille – mais la seule fois où j’ai vu, savouré, profité tout mon saoul, car l’Aiguille est un véritable accumulateur à tempêtes, un aimant à brumes et orages, et les deux fois précédentes, je n’ai rien vu, tant elle était emmaillottée de brouillard. Mais cette fois-ci, le ciel était vide, l’azur éclatant, et cette vue me restera en mémoire comme une des plus belles de ma vie… Je connais peu de points de vue de ce type, aussi radicalement fascinants. 

    Que faire à Chamonix ? Montée à l'aiguille du midi

    Au pied de l’Aiguille du midi, une petite pépite tend un miroir aux sommets enneigés : le lac bleu, aux eaux nourries par les glaciers, au cœur d’un fascinant chaos rocheux qui invite à l’escalade. Nous sommes entourées de sommets mythiques, d’alpinistes qui partent à la conquête des aurores vertigineuses, de silence brisé par les seuls choucas. Ce lieu me fascine. Je me sens projetée au cœur d’un royaume secret et mystique, du temple suprême de ma fascination pour les montagnes… aimantée par ces sommets, appelée à revenir encore et encore…

    Que faire à Chamonix ? Montée à l'aiguille du midi
    Que faire à Chamonix ? Randonnées à Chamonix : randonnée de la Jonction, du lac bleu, de la traversée des balcons nord...
    Que faire à Chamonix ? Montée à l'aiguille du midi
    Que faire à Chamonix ? Montée à l'aiguille du midi
    Que faire à Chamonix ? Montée à l'aiguille du midi

    La plus belle rando de Chamonix ? La randonnée de La Jonction

    C’était une randonnée dont je rêvais depuis des années, je me répétais son nom comme celui de quelque créature légendaire : La Jonction. La plus belle randonnée de Chamonix, sans aucun doute une des plus belles randonnées des Alpes – et de ma vie ! A 2589m d’altitude, après près de 1600m de dénivelé, le randonneur épuisé mais fasciné arrive dans un autre monde, au cœur de l’empire des glaces : à la jonction du glacier des Bossons et du glacier de Taconnaz, avec à sa gauche les 3842m de l’aiguille du midi, à sa droite, derrière le dôme du Goûter, les 4810m du Mont Blanc.

    Nous sommes dans un monde où les mots s’effacent dans la sidération, où la sidération est telle qu’on ne sait plus quoi écrire, quoi photographier, il faut juste s’asseoir là et regarder, regarder les vagues de glace qui s’écrasent contre les falaises comme les lames d’une mer tempêtueuse, regarder les langues de glace qui descendent vers la vallée et sentir les murailles blanches qui crachent leur haleine gelée. La Jonction est une autre galaxie, un pays de vertige. Je ressens une émotion puissante à chaque fois que je repense à cette journée, à la longue, longue ascension vers les sommets, d’abord en sous-bois sur des sentes douces, puis sur des pentes toujours plus raides et empierrées, vers l’empire des glaces, vers la reine des montagnes, vers le rêve à l’état brut. J’ai rarement tant aimé les Alpes que ce jour-là. C’est, sans exagération aucune, un des lieux qui m’aura le plus marquée de ma vie. Chamonix, Chamonix, tu es un miracle toujours renouvelé.

    La randonnée de La Jonction : tracé et difficulté

    Parce que vous m’avez posé beaucoup de questions sur cette randonnée sur Instagram, j’ouvre un petit paragraphe pratique. Petite précision d’emblée quant aux photos en grande robe rose : évidemment, je n’ai pas randonné dans cette tenue, La Jonction est une rando difficile et éprouvante, j’avais une tenue adaptée et je me suis changée en haut le temps de quelques photos ambiance reine des neiges 😉

    Comment accéder à la randonnée de La Jonction ?

    Garez vous au télésiège du Glacier des Bossons. Je vous conseille de prendre le télésiège jusqu’au chalet des Bossons : la Jonction est une randonnée longue et difficile, la première partie de la montée (d’en bas au chalet) ne présente pas grand intérêt, autant vous épargner 400m de dénivelé et épargner vos forces pour la suite, vous en aurez besoin. Montez en télésiège jusqu’au chalet des Bossons. A partir de là, vous aurez environ 4h de marche jusqu’au sommet, soit jusqu’à la Jonction des glaciers.

    La Jonction est-elle une randonnée difficile ? Est-elle accessible aux familles ?

    Si vous la faites en entier, La Jonction est une randonnée difficile et éprouvante, impossible à réaliser avec de jeunes enfants. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’elle se subdivise en plusieurs tronçons et que les premiers sont beaucoup plus accessibles. Si vous n’êtes pas un randonneur expérimenté, ou si vous voyagez en famille, je vous déconseille de faire la randonnée complète, mais vous pouvez tout à fait accéder au premier, voire au deuxième tronçon.

    Premier tronçon de la Jonction : du chalet des Bossons à la Buvette des Pyramides. De l’arrivée du télésiège, où on trouve le chalet des Bossons, jusqu’à la Buvette des Pyramides, comptez environ 1h/1h30 de marche. C’est de la montée (la randonnée de la Jonction, ce n’est QUE de la montée), mais douce, avec un chemin qui serpente dans les bois. Au bout d’environ 30 min de marche, vous verrez apparaître les deux glaciers, celui du Taconnaz à votre droite, celui des Bossons à votre gauche, et la vue est déjà magnifique. Une fois à la Buvette des Pyramides, vous serez récompensé par une vue grandiose sur le glacier des Bossons et sur toute la vallée de Chamonix. C’est déjà une très belle balade, et un point de vue exceptionnel.

    Deuxième tronçon de la Jonction : de la Buvette des Pyramides au Bec du Corbeau. Après les Pyramides, les choses se corsent un petit peu : le sentier devient plus raide, la montée plus fatigante, mais les vues sont superbes. On passe sans cesse d’un glacier à l’autre, des Bossons au Taconnaz, par des chemins magnifiques aux fleurs innombrables. Environ au niveau du sommet dit du Bec du Corbeau, on accède à une vue magnifique, avec une vue sur les deux glaciers simultanément. Il est possible de s’arrêter ici : c’est déjà grandiose, et vous vous épargnez la dernière partie très difficile.

    Troisième tronçon de la Jonction : du bec du Corbeau à La Jonction. Je vous le dis tout de suite, c’est ici que ça fait mal. Le sentier est très raide, en plein soleil, au milieu de pierriers un peu traîtres et de parois qu’il faut escalader en mettant les mains. Il n’y a plus de fleurs, seulement de la roche, c’est un univers minéral hostile. Je l’avoue, j’ai souffert sur le 3e tronçon, bien que je sois très sportive et que je randonne beaucoup –  je le déconseille donc aux personnes qui n’ont pas une bonne expérience de la rando, et une bonne condition physique. Mais une fois arrivée au sommet, l’épuisement s’efface, tant le spectacle est inouï : un véritable océan de glace, un monde magique, indescriptible. J’ai rêvé de cette vision pendant des années, et cela valait bien toutes les souffrances de la montée !

    Combien de temps pour faire la randonnée de la Jonction ?

    Il vous faut une journée entière, impossible d’y couper, à moins d’être un super as du trail surentraîné ! Pour arriver jusqu’à la Jonction, les panneaux indiquent 5h depuis tout en bas (1600m de dénivelé), 4h depuis le chalet des Bossons à l’arrivée du télésiège (1350m de dénivelé). Marion et moi sommes parties de là. Nous avons effectué la montée en 3h30.
    De la Jonction au télésiège, il faut ensuite compter environ 3h de descente (nous l’avons fait en 2h30, mais en nous précipitant un peu à la fin, par peur de louper le dernier télésiège de 18h).

    De la Jonction… au Mont Blanc. Rêves d’alpinisme à Chamonix

    Depuis que Marion et moi avons fait cette randonnée de la Jonction à Chamonix, montant à la réunion des glaciers des Bossons et du Taconnaz, j’y repense sans cesse – je l’ai même revu en rêve, cette tempête de glace qui nimbe la silhouette aquiline  de l’Aiguille du Midi.
    A quelques centaines de mètres du sommet, nous avons vu une caverne naturelle dans la paroi, une grotte qu’on nomme le « gîte à Balmat » : c’est ici que Balmat et Paccard ont dormi, en août 1786, lors de leur ascension du Mont Blanc. L’alpinisme était né avec cet exploit, la course aux sommets, le vertige des verticalités, des faces nord, des arrêtes saillantes.
    Depuis notre séjour à Chamonix, je rêve sans cesse d’alpinisme. Je rêve d’avoir pour la première fois en main piolet, crampons et cordes, de découvrir cet univers vertical et vertigineux de la Haute Montagne – le monde où les hommes sont tout juste tolérés. Je rêve de me lancer dans l’ascension d’un premier sommet, sans doute l’Aiguille du Tour, pour dormir au mythique refuge Albert Ier, au milieu des glaces. Et un jour peut-être, j’irai à mon tour au sommet du Mont Blanc…

    Que faire à Chamonix ? Les plus belles randonnées à Chamonix, la randonnée de la Jonction, une nuit au Montenvers, un vol en parapente à Chamonix...
    Marcher sur les montagnes… le rêve continue !

    Si vous aussi vous rêvez du Mont Blanc, sans forcément viser son ascension, et que vous souhaitez vous immerger durant plusieurs jours au cœur de ce massif légendaire, avec des vues toujours renouvelées sur le roi des Alpes, l’aventure du Tour du Mont Blanc (TMB) est une expérience inoubliable. C’est une autre manière de se mesurer au mythe, et des agences spécialisées comme Grand Angle proposent des randonnées organisées en groupe ou en liberté pour vivre ce rêve en toute sérénité.

    Concours : gagnez un petit livre rouge de la collection Guérin

    Parce que j’ai eu un immense coup de cœur pour cette collection 100% montagne qui donne l’envie d’échappées verticales, je vous propose de gagner le titre de votre choix dans la petite collection Guérin – le catalogue complet est ici. Pour jouer, il suffit tout simplement de laisser un petit commentaire sous cet article, je contacterai le gagnant par mail dans une semaine.

    Pour ma part, j’ai lu « Hugo et le Mont Blanc« , qui rassemble les superbes récits et poèmes écrits par Victor Hugo lors de son voyage à Chamonix, cette vallée qu’il voit comme un « temple », et la terrible aventure subie sur la Mer de Glace, lorsqu’un guide inexpérimenté s’est trompé de chemin et a failli le tuer – imaginez, si une crevasse avait avalé le jeune Hugo, plus de Misérables, plus de Quasimodo ni d’Esmeralda ! J’ai lu « Frankenstein sur la Mer de Glace« , qui raconte le voyage de Mary Shelley, auteur de Frankenstein, à Chamonix en 1814, et l’impression puissante laissée par la mer de glace sur son esprit – c’est à cause de ces visions fantastiques qu’elle enverra son héros se perdre dans les glaces éternelles… Marion a acheté « Pourquoi grimper sur les montagnes« , que je compte bien lui emprunter, qui explore avec humour et érudition la passion des hommes pour les montagnes et l’étrange pulsion qui les pousse à grimper sur les sommets vertigineux. J’ai enfin acheté le magnifique « Femmes des pôles, dix aventurières en quête d’absolu », que j’emporte avec moi en vacances, pour rêver des Alpes sur la plage…

    Avec mes sacs rouges remplis de petits bouquins Guérin !

    Pour lire encore d’autres histoires chamoniardes, retrouvez mes précédents articles : Chamonix en hiver par mauvais temps, et nos randonnées à Chamonix à l’été 2017, avec le lac blanc, le lac des Chéserys, les Mottets…

    Que faire à chamonix ? La randonnée de la Jonction

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    Un grand merci à l’office du tourisme de Chamonix, et tout particulièrement à Cécile, pour ce séjour fabuleux qui nous a émerveillées. Merci à tous les prestataires qui nous ont accueillies, et tout particulièrement à Mont Blanc Natural Resort, qui a fourni les accès aux remontées mécaniques, et à l’hôtel du Montenvers, où nous avons passé une nuit mémorable face à la mer de glace.

  • Cap sur les îles du Nord : Féroé, Shetland, Orcades

    Les Orcades, les Shetland, les Féroé : voici la chaîne magique des archipels isolés, perdus dans cet autre « triangle des Bermudes » qu’est l’Atlantique nord. Quelque part entre Ecosse, Norvège et Islande, ces confettis de basalte oubliés du monde se recroquevillent dans la mer froide, peuplés de plus de moutons que d’être humains, jaloux des secrets de leurs illustres fantômes. Battues par les vents, envahies par les brumes, elles sont nimbées d’une aura gothique et désolée qui les rend irrésistibles aux âmes férues de solitudes torturées. Ce sont des terres vikings, où les rafales répètent l’écho des armes et où la grève se souvient des bateaux aux proues aiguisées. Ce sont des terres de pêcheurs intrépides, où la mer est riche de morts et la terre de tombes vides. Pour qui rêve des brumes du Nord et des sagas scandinaves, elles ont des airs d’Atlantide retrouvée.

    féroé iles du nord
    Au bout du monde… île de Kalsoy, Féroé
    féroé iles du nord
    Mettre cap au Nord
    shetland îles du nord
    Shetland

    J’ai longtemps rêvé de ces contrées âpres et monochromes – pierre noire, mer grise, lichens et mousses vert profond, couleurs tirées d’un songe ancien. Moi qui aimais l’Islande à la folie, je ne cessais de penser aux autres îles du Nord, aux autres terres des vikings. En 2017 et 2018, j’ai réalisé ce rêve : tout d’abord, Shetland et Orcades en hiver avec mon amie Marie-Pierre, éleveuse de chats norvégiens et grande amoureuse des légendes scandinaves, puis les Féroé en été avec mon amie La Lykorne Illettrée, infatigable aventurière droguée à la glace et aux confins polaires. Ce furent des voyages inoubliables, avec une sensation de solitude parfaite, d’inouï et d’exclusif. Encore épargnées par le tourisme de masse, les Orcades, les Shetland et les Féroé nous ont offert mille moments de magie solitaire et l’illusion de découvrir un nouveau monde.
    Voici quelques images éparses des îles du Nord, galets roulés sur la grève par les tempêtes d’hiver, bouts de bois flotté évoquant la silhouette de quelque vaisseau fantôme, fragments de ciel, de roche et d’herbe drue – comme les morceaux d’un rêve qu’on rassemble à la hâte au réveil…

    féroé îles du nord
    Iles Féroé

    Volcans éteints, côtes tranchantes

    Sur la planète Terre, le feu magmatique est un inlassable voyageur. Les « points chauds » où le manteau terrestre se craquèle et la lave jaillit ne sont pas fixes, ils dérivent sans cesse, au gré de la tectonique des plaques. Le feu bondit d’une île à l’autre, abandonne les îles refroidies et conquiert de nouveaux espaces sur l’océan en crachant la lave des profondeurs. Aujourd’hui dans l’Atlantique, le point chaud est la faille transatlantique d’où jaillissent les volcans de l’Islande et des Açores, les sœurs de feu, l’une subarctique, l’autre subtropicale. Mais il y a des millions et des millions d’années, il y a si longtemps que la mémoire humaine s’égare et se brise sur la nuit des temps, le feu a sculpté d’abord les Shetland et les Orcades, puis les Féroé, avant de continuer son chemin vers l’Ouest. Les îles du Nord sont les sœurs ancestrales de l’Islande, leur ardeur tempérée par des millénaires et des millénaires d’extinction. Plus aucun volcan ne réveille leur sol, mais tout est encore là, tout rappelle la mémoire du feu d’antan : les colonnes de basalte, les plages de sable noir, les rochers découpés solitaires dans l’océan, en qui les légendes populaires voient des trolls ou des sorcières saisis par le lever du jour.

    falaises vestmanna
    Falaises de Vestmanna aux Féroé
    féroé
    Sinuosités et angles aigus des Féroé
    shetland îles du nord
    Falaises d’Eshaness aux Shetland

    La présence en hiver des aurores boréales renforce cette atmosphère de mythe et de magie – bien que les îles soient situées au sud du cercle polaire arctique, et que leur fréquence ne soit donc pas comparable à celles des destinations autrement septentrionales, comme par exemple Tromso en Norvège. Comme toujours avec les « lumières du Nord », la latitude compte grandement : les aurores seront plus fréquentes aux Shetland qu’aux Orcades, et plus fréquentes aux Féroé qu’aux Shetland. Mais les habitants des îles guettent avec émotion ces mirages magnétiques qui viennent draper d’une robe de bal leurs fantaisies minérales – à Shetland et aux Orcades, on les nomme « mirrie dancer », le danseur joyeux.

    aurores boréales
    Aurore boréale en Islande – je n’en ai pas vu dans les autres îles à ce jour.

    Aux Féroé, le peuple de l’ombre a laissé des centaines et des centaines de formes fantasmagoriques, comme Risin et Kellingin, deux géants qu’on aperçoit depuis la plage de Tjørnuvík, la femme troll Trøllkonufingur sur l’île de Vagar, ou encore Tindhólmur, l’îlot acéré en forme de dent de monstre, comme la pointe d’une mâchoire jaillissant des flots. L’impressionnant Tindhólmur est le plus massif des centaines de rochers qui entourent les Shetland, et tout au long du voyage, sa silhouette m’a fascinée – énorme, biscornue et effroyable, on jurerait voir quelque antique léviathan ressurgir des flots pour proclamer son éternelle fureur.

    féroé iles du nord
    Rocher Tindholmur aux Féroé

    Aux Orcades, c’est la figure solitaire de l’Old Man of Storr qui se tient seul dans les flots, et aux Shetland, le rocher solitaire Dore Holm, bossu comme un éléphant penché sur sa trompe formant une arche, à quelques encablures des falaises d’Eshaness, toutes de lave noire et de fureur océanique.

    shetland iles du nord
    Dore Holm au loin dans la mer, derrière les poneys shetland
    shetland iles du nord
    Vision des Shetland

    La radicalité des falaises

    Parlons-en, des falaises. Sur les îles du Nord, le paysage semble cultiver la désolation comme une forme suprême d’art, abrasant la roche avec la force des vents et la puissance des vagues, ne laissant subsister que l’herbe longue et les mousses opiniâtres sur les falaises malmenées par les siècles. De toute ma vie, je n’ai jamais vécu un vent aussi violent, aussi extrême qu’aux falaises d’Eshaness, à Shetland, un jour de janvier. Pour retourner à la voiture, j’ai dû m’accroupir et ramper par moments, le vent étant si fort que mon corps debout lui offrait trop de prise. J’ai vu la marée remplir en moins de vingt minutes une plage de plusieurs mètres de vagues déchaînées – méfiez-vous de cette mer du Nord, si perfide et si brutale, aux marées galopantes et aux courants irrésistibles.

    falaises eshaness
    falaises eshaness

    La géologie des îles du Nord – et tout particulièrement des Féroé, plus récentes, plus cisaillées – est un perpétuel défi à l’entendement humain. Les reliefs sont si abrupts, les formes si radicales, que les perspectives semblent faussées, les lois élémentaires de la géométrie, méprisées. Tout penche, tout est tordu, les déclivités sont extrêmes, les routes semblent se jeter tout droit dans l’océan et les villages se tenir sur la pointe des pieds au-dessus du vide. Souvent, j’ai cligné des yeux au Féroé, incrédule, ne comprenant pas ce que je voyais.

    féroé
    Etrangeté des perspectives aux Féroé


    L’exemple le plus spectaculaire est le lac de Sørvágsvatn, qui semble perché sur une falaise au-dessus de l’océan et donne l’impression que la Terre s’est fracturée, démultipliée. L’effet d’optique est puissant.

    sorvagsvatn
    Sørvágsvatn
    sorvagsvatn
    sorvagsvatn

    Qui dit falaise dit cascade. Elles sont omniprésentes aux Féroé, bondissant des roches noires, se jetant des hauteurs intrépides. A Gásadalur, sur l’île de Vagar aux Féroé, la cascade de Múlafossur se jette dans l’océan au cœur même du village. Le coucher de soleil décuple la magie de ces visions elfiques.

    Gasadalur
    Gásadalur

    Au bout du fameux lac de Sørvágsvatn se jette la cascade Bosdalafossur dans l’océan, comme une chevelure de troll dénouée.

    Sørvágsvatn

    Aux Féroé toujours, il me faut parler des falaises de Vestmanna, accessibles par bateau seulement. C’est la plus belle excursion des Féroé, l’incontournable absolu. On s’enfonce au cœur d’un canyon profond de 700 mètres, où les rochers dardent hors de l’eau comme des poings levés en révolte contre la férocité des flots. Des colonies de macareux peuplent ces vertigineuses verticalités jurassiques.

    vestmanna féroé
    vestmanna féroé
    vestmanna féroé
    vestmanna féroé
    vestmanna féroé
    Le bonnet de la Lykorne

    Histoires de vikings et de temps plus anciens encore

    Vous connaissez peut-être déjà l’histoire de la colonisation de l’Islande par les vikings. Au IXe siècle de notre ère, de fortes tensions politiques agitent les côtes de la Norvège. Plusieurs jarls, des chefs vikings, se sont fait un ennemi fatal en la personne du roi de Norvège. Ils savent bien qu’ils n’ont plus que deux issues : la mort, ou l’exil. Les Vikings sont un des plus grands peuples navigateurs de l’histoire de l’humanité, ils s’élancent donc sur la mer grise. Ces jarls solitaires colonisent donc l’Islande, mais aussi les Féroé, les Shetland et les Orcades. Les îles esseulées et hostiles de l’Atlantique Nord deviennent la patrie des fils d’Odin. Elles le resteront pendant plusieurs centaines d’années.

    Shetland, rallumer le flambeau viking

    Les Shetland et les Orcades ne furent cédées à l’Ecosse qu’en 1471, et l’héritage scandinave reste vivace dans la culture et le cœur des hommes. Le plus beau témoignage est le festival du feu, Up Helly Aa, à Shetland en janvier. Tous les hommes de Lerwick défilent aux flambeaux, en tenue viking, et brûlent un drakkar qu’ils avaient conçu, peint et assemblé en secret toute l’année. L’un d’eux, le Jarl, mène la marche. Il a attendu 27 ans de se voir confié ce rôle, et il sait que son tour ne vient qu’une fois dans une vie. Ils entonnent des chants puissants, racontant la fierté ancestrale, les vagues qui dévorent les hommes et la gloire de cet héritage dont ils portent le flambeau. Je l’avais longuement raconté ici, dans mon récit du festival Up Helly Aa à Shetland. Une des visions les plus émouvantes de ma vie est celle du Jarl en larmes devant le navire qui flambe. Son tour ne vient qu’une fois dans une vie, et son rôle est fini. Il s’est inscrit dans la mémoire de Shetland, sa mission est accomplie. Ce n’est pas que du folklore – les torches d’Up Helly Aa embrasent le cœur des hommes d’ici.

    shetland up helly aa

    Orcades, la cathédrale des vikings

    Elle est l’émouvant témoignage de l’époque où les Shetland et les Orcades étaient administrées par la Norvège, et où c’était l’église norvégienne qui choisissait l’évêque de l’archipel. Le siège épiscopal, c’était Kirkwall, la capitale des Orcades, et la cathédrale Saint Magnus témoigne de ces longs siècles où la messe descendait du Nord. L’histoire de Magnus est rocambolesque, aussi sanglante et pleine de péripéties que les meilleures sagas islandaises : il s’agissait d’un jarl un peu trop doux, pieux et gentil qui s’est fait décapiter par ses cousins jaloux au terme d’une longue série de querelles et d’intrigues de pouvoir, parce qu’il demeura fidèle à la parole donnée. Après son enterrement dans la cathédrale, un lointain parent vint prier sur sa tombe – aveugle, il recouvrit la vue. Magnus est canonisé et devient le saint patron de Kirkwall. La cathédrale a été reconstruite à l’époque gothique en brique sombre, qui lui confère une majesté solennelle. Les innombrables pierres tombales le long de la nef disent l’histoire des rois vikings du Nord, et de leurs aventures en terres écossaises.

    Aux îles Féroé, les derniers vikings d’Europe

    Quant aux Féroé, elles sont toujours une terre radicalement viking. Dans le jeu des empires scandinaves, les Féroé ont été formellement associées au Danemark, mais en vérité, rien n’a changé à la vie de ces bergers et pêcheurs du bout du monde. Les Féringiens se décrivent souvent comme les « derniers indigènes d’Europe », des descendants directs des Vikings restés isolés sur une terre trop abrupte et ingrate pour attirer les candidats à la migration. La force de leurs traditions, le caractère intact de leur héritage stupéfie.
    La quasi-totalité des maisons féringiennes sont couvertes d’herbe, un toit de pelouse qui procure une excellente isolation thermique, et semble particulièrement adapté à cet archipel où la pluie tombe 320 jours par an.

    féroé
    Sur Kalsoy

    Parmi ces maisons typiques des Féroé, chaumières de carte postale qu’on jurerait peuplées de trolls ou de fées, les plus emblématiques sont celles de Saksun, des fermes qui se tiennent là esseulées face à la lagune de sable noir depuis le 17e siècle. C’est une vision d’une rare poésie.


    Au hameau de Mula, nous voyons les Féringiens ramasser les foins selon la méthode ancestrale, en les rassemblant à la fourche et les suspendant dans des filets de pêche. Le temps semble suspendu.

    mula féroé
    mula féroé

    Torshavn, une idylle scandinave éternelle

    Torshavn, la capitale des Féroé, est la ville viking dont j’avais toujours rêvé. La péninsulte de Tinganes, le quartier historique de Torshavn, rassemble des maisons datant du XIIIe au XVIIe siècle, entièrement traditionnelles avec leurs murs de bois peint et leurs toits couverts d’herbe. Le plus étonnant, c’est qu’elles abritent aujourd’hui les ministères des îles Féroé. L’effet est enchanteur : vous tombez nez à nez avec une ravissante chaumière de hobbit, et vous découvrez qu’il ne s’agit pas du tout du bungalow d’un troll, mais bien du ministère des Finances. J’avais l’impression d’avoir obtenu ma lettre pour Poudlard.

    Au bord de Tinganes, le très beau port coloré me rappelle le quartier de Nyhavn à Copenhague, et de nombreux cafés et restaurants invitent à s’installer au bord de l’eau.

    torshavn féroé

    Torshavn a un charme incroyable. Juste au-dessus du centre-ville s’élève une colline, sur laquelle des moutons et des poules se promènent en liberté, en pleine capitale.

    Les nombreux cafés, boutiques, galeries d’art me rappellent l’effet que m’avait fait Reykjavik il y a bientôt 20 ans, lors de mon premier voyage en Islande à l’âge de onze ans. Torshavn, c’est la prochaine destination scandinave à la mode, reproduisant le savant mélange d’authenticité et de design qu’on aime tant dans ces pays du Nord.

    torshavn féroé

    Pour s’en convaincre, il suffit de faire un tour à The Nordic House, sur les hauteurs au-dessus de la ville : ce magnifique centre d’exposition consacré à la culture de tous les pays scandinaves a été conçu dans les années 1980 par un architecte visionnaire qui voulait la fondre entièrement à la colline, comme « la tanière d’un elfe ». On vient pour des concerts, des expositions, et un café avec un très bon brunch le week-end.

    Souvenirs de la nuit des temps : des sites d’exception

    Parce que le tourbillon des aventures humaines les a un peu délaissées, que la mousse et le sable ont tout recouvert et préservé, les îles du Nord comptent des vestiges archéologiques uniques au monde.
    J’avais raconté dans mon article sur Shetland mon émotion immense à la découverte du site du Jarlshof, au sud de l’île principale des Shetlands. A un ancien site néolithique se superpose le village viking le mieux préservé au monde, datant du Xe siècle. On entre au cœur de maisons rondes, à demi enterrées sous la mousse, ainsi préservées des ravages du temps, et nous sommes chez eux, il y a mille ans. Tout est là, la trace du foyer, les outils, les couchages autour du feu – l’émotion est vertigineuse, j’en ai eu les larmes aux yeux.

    shetland jarlshof


    Les sites des Orcades sont encore plus anciens, et sont souvent cités parmi les plus exceptionnels au monde. A Skara Brae, vous remontez 5000 ans dans le temps, plus loin encore que les pyramides d’Egypte. Considéré comme le village néolithique le mieux préservé au monde, Skara Brae est inscrit à l’UNESCO à ce titre, et souvent surnommé « le Pompéi écossais ». Le site est réellement magique, et visuellement très proche de celui du Jarlshof : en bord de mer, des habitations semi souterraines appelées middens déploient leurs formes rondes et leurs portes de pierres plates superposées, nous faisant entrer dans un étrange labyrinthe circulaire qui relie tout droit à la nuit des temps. Le site est de toute beauté.


    Mais je crois que j’ai encore plus aimé la splendeur sauvage et solitaire du Broch of Gurness, sur les Orcades toujours. Cette spectaculaire fortification datant du IIe siècle avant notre ère se dresse comme un château abandonné, colossale et massive, au milieu de ces solitudes insulaires. Ces trois sites, Jarlshof, Skara Brae, Broch of Gurness m’ont fascinée par leur cadre : rien n’a changé, rien n’a été déplacé, et on découvre les monuments dans leur antique beauté, en bord de mer, au milieu des herbes longues et des dunes de sable. On vient sur les lieux véritables, et cela donne toute sa force à l’expérience.


    Aux Féroé, on a retrouvé deux villages vikings datant du Xe siècle, avec les maisons typiques dites « longhouses », à Kvikik et à Tjørnuvík, mais les sites sont moins spectaculaires, car la majeure partie des trouvailles ont été déplacées au musée historique de Torshavn. Pour les amoureux du Nord et de l’histoire ancienne, ce sont les Orcades et les Shetland que je recommande chaleureusement.

    Des confettis de terre au cœur de la fureur des flots

    L’Atlantique Nord est souvent cité parmi les mers les plus dangereuses, les plus brutales du globe. Longtemps, des bateaux ont disparu corps et bien dans ce triangle maudit entre Norvège, Ecosse et Islande, sans aucune trace de leur naufrage. Les rares marins survivants ont raconté des vagues géantes, grosses comme plusieurs fois le mât, des mâchoires d’eau rugissante dévorant les navires comme la baleine biblique revenue avaler Jonas. Personne ne les croyait. On disait que ces vagues scélérates n’étaient que des contes d’ivrognes. Jusqu’à une nuit d’hiver, à la fin des années 1990, où une expédition scientifique munie de tous les instruments de mesure les plus précis au monde s’est retrouvée piégée dans une violente tempête au large de l’Ecosse. Leurs mesures étaient implacables : des vagues de plus de 28 mètres s’étaient abattues sur eux. Cette mer fourbe, traîtresse, assassine, c’était la « mer patrie » des Vikings. Quand ils s’élançaient entre la côte norvégienne pour aller conquérir le nouveau monde, jusqu’au Groenland et plus loin encore, ils naviguaient parmi les monstres, les vagues les plus cruelles du monde. J’admire infiniment ces explorateurs intrépides.

    Les plus grosses vagues du monde à Nazaré. Vagues géantes Portugal. Comment voir les vagues de 30 mètres à Nazaré. Blog Nazaré surf de grosses vagues.

    Les Orcades, et a fortiori les Shetland et les Féroé, sont en plein cœur de cette zone de tous les périls. J’ai moi-même essuyé une tempête lors de ma traversée en ferry de Shetland à Orcade, et je n’ai jamais été secouée comme ça de ma vie. Des siècles durant, les flots ont englouti les marins et laissé sur le rivage veuves éplorées et enfants orphelins. Les îles du Nord sont remplies de tombes vides, de mausolées qu’aucun corps n’habite, prisonnier des profondeurs insondables. A Shetland, la pêche en haute mer reste une source de revenus essentielles pour l’économie de l’archipel. Les eaux poissonneuses sont remplies de morues et d’autres grands poissons atlantiques prisés du fish and chips. Partout à Shetland, dans les restaurants, les églises, les lieux publics, j’ai vu des urnes et des troncs appelant aux dons pour les familles des marins disparus en mer.

    iles du nord
    Mémorial et tronc pour aider les familles des disparus

    Les tempêtes continuent de prendre des vies sur le pont des chalutiers, la mort continue de prélever son lourd tribut aux terriens.
    Aux Féroé, j’ai souvent vu des bateaux suspendus dans la nef des églises, un pont tendu entre le navire céleste et les frêles esquifs abandonnés aux vagues.

    Pays de poissons

    Cette culture maritime reste très puissante dans les îles du Nord. Aux Shetland et aux Orcades, on vous servira partout le « clam chowder », délicieuse et roborative soupe de poissons, coquillages et crème fraîche, et bien entendu le « fish’n’chips » sacro-saint au Royaume-Uni.

    shetland
    Fish and chips à Shetland
    féroé iles du nord torshavn

    Partout dans les villages aux Féroé, on découvre de petites maisons de bois appelées kallur, où on met à sécher la morue. Ce mets fermenté au goût puissant appelé « raest » est le plat traditionnel des îles Féroé. Mais l’archipel se targue aussi de servir « le poisson le plus frais du monde », et les restaurants du quartier de Tinganes à Torshavn sont nombreux à se spécialiser dans la gastronomie maritime. Nous avons mangé dans un restaurant délicieux appelé Katrina Christiansen, situé dans une maison du XIXe siècle où est né l’écrivain le plus célèbre des îles Féroé, et où on vous sert les poissons à peine rapportés du port tout proche – un régal.

    féroé iles du nord torshavn


    Même si on vous en parlera moins, car cet aspect est moins folklorique, plus industriel, les Féroé sont aussi leaders de la pisciculture en pleine mer, notamment de l’élevage de saumon. Le saumon des Féroé est massivement exporté vers les Etats-Unis, qui apprécient sa taille importante. Partout le long des côtes, de vastes cercles au milieu de la mer trahissent la présence des élevages.

    féroé saumon
    Pisciculture en pleine mer.

    Les phares dans la tempête

    Sur ces îles où les côtes sont acérées comme les dents d’un loup, où les rochers affleurent partout au ras de l’eau, et où la brume et les embruns enveloppent souvent la mer d’une chape opaque, les phares sont une question de vie ou de mort.

    En allant à Shetland, j’ai découvert que la majeure partie des phares de ces îles écossaises avaient été édifiés par la famille Stevenson, dont le plus illustre représentant est Robert Louis Stevenson, l’auteur de l’Île au trésor. Depuis toute gamine, Stevenson est un de mes auteurs préférés au monde, car j’aime à la folie son monde de vaisseaux égarés, de rencontres extraordinaires et de lointains exotiques. Rêveur de pirates, explorateur du Pacifique, mort et enterré aux îles Samoa – j’ai eu l’impression de mieux comprendre Robert Louis en découvrant que sa famille avait consacré sa vie aux côtes des îles du Nord, et que son enfance avait été baignée de récits de naufrages et de sauvetages prodigieux. L’un des plus beaux phares de Shetland, c’est celui de Sumburgh Head : une immense colonie d’oiseaux vit sur ces falaises, notamment des guillemots et des sternes, une des plus importantes du Royaume-Uni. On vous raconte aussi le rôle extraordinaire que le phare a joué pendant la Seconde Guerre mondiale, sauvant le Royaume-Uni d’une attaque dévastatrice – le site est poétique et évocateur.

    shetland
    Vue depuis Sumburgh Head

    Aux Féroé, le plus beau phare de tous, l’incontournable, c’est celui de Kallur. Il est situé sur l’île de Kalsoy, qui – contrairement aux 3 îles principales de l’archipel, Vagar, Streymoy et Esturoy – n’est pas accessible par la route et doit se rejoindre en ferry. La randonnée vers le phare de Kallur, au milieu de pentes vertigineuses ourlées d’herbe et de mousse, pour atteindre cette crête solitaire aux allures de tableau romantique, fut l’une des plus belles de ma vie.

    phare de kallur
    féroé îles du nord
    phare de kallur
    phare de kallur

    Phoques, kopakunan et selkie

    Contrées maritimes, les îles du Nord partagent le même mythe : celui de la selkie (Shetland et Orcades) ou kopakunan (Féroé). Les noms diffèrent, mais la légende est identique, et propre à ces îles où les phoques viennent souvent fondre leurs couleurs à celles des roches, dans un parfait camaïeu camouflage d’ocre et de gris.

    phoques
    Phoques aux orcades

    Selon la tradition, la selkie ou kopakunan est un phoque qui, les nuits de pleine lune, retire sa fourrure et devient une femme qui danse sur la grève. Mais une nuit, un pêcheur l’aperçoit et tombe amoureux de sa beauté dénudée. Il cache sa peau de phoque dans un coffre et attend le jour. Tandis que les autres femmes-phoques plongent dans les eaux, la selkie reste, paniquée, sur le rivage. Mais contre toute attente, il parvient à l’apprivoiser et s’en faire aimer. La selkie épouse le pêcheur, et lui fait trois enfants. Mais elle reste mélancolique, regardant souvent par la fenêtre jouer ses sœurs les phoques dans les vagues. Un jour où le pêcheur est parti au large, elle retrouve cachée sous une planche de leur chaumière sa peau de phoque. La tentation est irrésistible – elle retourne dans les eaux et rejoint sa famille. Pourtant la mélancolie ne la quitte pas, et la selkie est cette créature élégiaque, perpétuellement tiraillée entre deux mondes, qui rôde près du rivage pour revoir ses enfants terrestres, et dont le chant répète « malheur à moi qui ai trois enfants sur la Terre, et trois enfants dans la mer »… Elle est devenue le symbole de ces îles suspendues au milieu des flots.

    kopakunan
    La Kopakunan

    C’est sur l’île de Kalsoy que j’ai vu cette magnifique statue de la « kopakunan » férigienne, hiératique reine du fjord.

    Les îles du Nord ou les villages du bout du monde

    Rouler dans les îles du Nord, c’est partir à la chasse au trésor : les villages isolés.

    shetland
    Shetland
    orcades îles du nord
    Banc solitaire aux Orcades
    féroé
    Féroé

    Lorsqu’on découvrit du pétrole en mer du Nord dans les années 1970 et que les Shetland, jusqu’alors peuplées de bergers et de pêcheurs sans le sou, devinrent soudain prospère, les habitants décidèrent de réaliser un rêve : construire des maisons comme en Scandinavie, des maisons à pans de bois multicolores, rouge Falun, bleu éclatant. Les maisons arrivent en kit, directement de Norvège, et les habitants les assemblent eux-mêmes, fiers de perpétuer la tradition viking en faisant ressembler les côtes de Shetland aux fjords scandinaves. Les plus jolis villages de Shetland, ce sont sans doute Voe et Brae – on jurerait être arrivé quelque part au cœur des îles Lofoten.

    shetland
    Airs de Norvège à Shetland

    Les villages des Féroé m’ont fascinée – ils comptent sans hésitation parmi les plus beaux, les plus magiques de ma vie. Ils incarnent à mes yeux une perfection viking idyllique, hors du temps et loin du monde. J’ai déjà cité celui de Saksun, où des maisons du XVIIe siècle au toit d’herbe s’endorment doucement face à la lagune, ou de Tjørnuvík, le village le plus au Nord des Féroé, où les surfeurs viennent enrouler leurs combinaisons polaires dans les rouleaux de ce spot subarctique et pourtant très prisé.

    tjornuvik
    Tjørnuvík

    Mais il me faut aussi parler de Gjógv, sublime illusion d’optique où le village perché sur la crête des falaises semble s’effondrer au cœur d’un fjord.

    Ou encore de Vidareidi, avec son cimetière ancien solitaire si beau et poétique qu’il donnerait (presque) envie d’être mort. Aux Féroé, chaque hameau, chaque maison isolée revêt une poésie intemporelle et émouvante.

    Des Shetland aux Féroé, des chevaux et des moutons

    Les Shetland et les Féroé ont un point commun : elles comptent (beaucoup, beaucoup) plus de moutons que d’habitants. Jugez donc : 150 000 moutons pour 23 000 habitants aux Shetland, 70 000 moutons pour 49 000 habitants aux Féroé. Quand Google Maps a voulu cartographier ces îles, ils ont dû accrocher des caméras au cou des ovins, renommant avantageusement le « Street View » en « Sheep View ». Seuls les moutons peuvent tirer partie de ces terres rases, escarpées, pauvres en nutriments – on les voit aller pâturer dans des endroits incroyables, manger les lichens à même la falaise, à se demander s’il s’agit bien de moutons ou plutôt de chamois.
    Aux Shetlands comme aux Féroé, le must est de rapporter en souvenir un pull en laine tissé main, même si cela vous coûtera la peau des fesses – ils sont de toute beauté.

    Les chevaux se sont astreints à la même exigence de rusticité. Tout le monde connaît le poney shetland, célèbre dans le monde entier par sa petite taille, son fort caractère et sa résistance à toute épreuve. En janvier à Shetland, je les ai vus en plein vent manger dans les rochers les pieds dans l’eau – ces poneys des îles du Nord sont eux aussi de vrais vikings. Ce que j’ignorais, c’est que les Féroé ont aussi leur propre race, le poney des îles Féroé, petit cheval noir ou bai brun dont la morphologie ressemble à celle du cheval islandais. J’étais heureuse d’en croiser sur les hauteurs de Torshavn, poilus et chevelus comme il se doit dans ces ébouriffantes contrées.

    Poneys shetlands

    Et bien sûr, des Orcades aux Féroé, partout sur ces pays de falaises et de lichens, les oiseaux sont innombrables…

    Souvenirs et livres des îles du Nord

    Quelques idées en vrac de choses à rapporter des îles du Nord, ou de livres à lire pour un voyage imaginaire :

    * un pull en laine de mouton

    * un bonnet en laine de mouton tendance faux casque viking

    * un petit collier runique – le mien arbore le R de Rida, la rune du voyageur

    * une peluche, un porte-clefs ou un coussin arborant un macareux – emblème des Féroé, cet oiseau mythique est aussi très présent à Shetland

    * le récit Isles of the North de Ian Mitchell, magnifique voyage en bateau à travers les Orcades, Shetland et Féroé, à la rencontre des pêcheurs et des traditions

    * aller écouter sur YouTube les chansons d’Up Helly Aa, The Up Helly Aa song et The Galley Song, pour se mettre dans l’ambiance du festival du feu

    * le petit guide insolite Secrets of the Faroe Islands, de Guðrið Syderbø, qui plonge avec beaucoup d’humour dans la vie quotidienne des îles Féroé – j’y ai par exemple appris que les Férigiens comptaient le plus grand nombre de trampolines par habitant d’Europe

    * lire les livres d’Ann Cleeves, dont tous les romans policiers se déroulent aux Shetland. Elle a aussi rédigé un récit poétique, Shetland, où elle révèle les coulisses de son île adorée

    * lire les livres de George Mackay Brown, considéré comme l’un des plus grands écrivains écossais, conteur et styliste extraordinaire. Originaire des Orcades, il a été profondément inspiré par ses îles adorées. Mon livre préféré à ce jour est Beside the Ocean of Time, magnifique ode au passé viking et highlander des Orcades, où un jeune garçon rêveur remonte le temps et revisite les aventures qui ont sculpté son archipel natal. Les livres de George Mackay Brown me mettent toujours en joie par leur poésie parfaite et leur extraordinaire sens épique.

    Voyager en ferry : aller aux îles Féroé, aux Orcades et aux Shetland

    J’ai une bonne nouvelle pour les amoureux des voyages au long cours et ceux qui cherchent à réduire leur utilisation de l’avion : les Orcades, les Shetland et les Féroé sont facilement accessibles en ferry, et il est possible de poursuivre jusqu’en Norvège à l’est, en Islande à l’ouest.

    Lors de mon voyage en janvier 2017, j’avais pris le ferry à Aberdeen jusqu’à Lerwick (Shetland) : départ à 19h, nuit en cabine couchette, stop aux Orcades à 23h, arrivée aux Shetland à 7h du matin. Au retour, j’ai de nouveau pris un ferry Shetland-Orcades. Depuis les Orcades, je souhaitais cette fois rejoindre la ville de John’o’Groats, située au nord de l’Ecosse et visible depuis les Orcades : il s’agissait d’un ferry très court, et qui circule souvent.
    Je suis allée aux Féroé en avion, mais j’aurais pu y aller en ferry depuis Shetland, le Danemark, la Norvège ou l’Islande. Lors de mon voyage en juillet 2018, il fallait faire Paris-Copenhague, puis Copenhague-Vagar, avec Atlantic Airways, la compagnie des Féroé. En 2019, il existait, toujours avec Atlantic Airways, une ligne directe Paris-Vagar.

    Souvenir du trajet en ferry Aberdeen-Lerwick dans notre cabine duo

    Je vous recommande vivement de louer une voiture sur place. Les transports en commun sont sporadiques sur ces îles isolées et peu peuplées, particulièrement en dehors de l’été, et la météo (320 jours avec pluie par an aux Féroé, et je pense que le chiffre est analogue aux Shetlands) me dissuaderait de me déplacer en vélo. Aux Shetland, beaucoup de routes n’ont seulement qu’une seule voie, avec de nombreux « passing places » tous les 100 mètres environ permettant de se croiser. Aux Féroé, les routes sont plus normales, à deux voies.
    En faisant ces voyages, j’ai été prise d’un rêve de grand voyage en van : traverser l’Angleterre et l’Ecosse, rejoindre les Shetland, puis les Féroé, puis l’Islande ou la Norvège, me prendre pour un viking roulant des temps modernes, et retrouver la mesure du voyage, avec lenteur et en savourant chaque détour…

    Et vous, rêvez-vous des îles du Nord ?

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  • Road trip en Autriche : Alpes de rêve

    Cette année, si vous aimez la montagne, la nature et les traditions, vous devez partir en road trip en Autriche.

    road trip en Autriche
    Marion et moi au pays des Alpes intemporelles.

    L’Autriche ? Beauté d’un pays recouvert à 60% par les Alpes, puissance et authenticité des traditions d’une nation fière de son héritage, amour de la nature préservée, qualité exceptionnelle de l’accueil et, cerise sur le gâteau, rapport qualité-prix imbattable : c’est à mes yeux une destination parfaite. Cela fait des années que je suis folle amoureuse de l’Autriche, de sa culture, de ses paysages, de sa convivialité. Et lorsque je repense à l’année qui vient de s’écouler, un voyage sort du lot par son caractère exceptionnel et le nombre de moments magiques accumulés : le fabuleux road trip dans les Alpes autrichiennes, que j’ai vécu avec mon amie photographe Marion. A l’heure des bonnes résolutions de janvier, prenez-en une qui vous rendra heureux et prévoyez un voyage en Autriche cette année. Vous me remercierez plus tard.

    Lever de soleil au Kanisfluh. Photo par Marion Carcel.

    Toutes les photos de cet article dans lesquelles je figure sont l’œuvre de ma chère amie Marion Carcel, alias Foehn Photographie , avec qui j’ai souvent le plaisir de travailler. Photographe talentueuse et minutieuse au grand sens de la mise en scène, elle est à votre disposition pour des shootings en Rhône-Alpes et au-delà. C’est simple : je suis la blonde, elle est la rousse, et chaque fois que l’une d’entre nous apparaît, l’autre est la photographe.

    road trip en Autriche
    Marion et moi sur la route de la Silvretta

    Pourquoi un road trip en Autriche ?

    Pour la beauté des paysages

    Nous sommes au cœur de la chaîne des Alpes, dans un pays de vallées boisées et de sommets escarpés, de cascades bondissantes et de lacs lovés au creux des massifs. L’Autriche est couverte à 60% de sa surface par la chaîne alpine, un pourcentage partagé seulement par la Suisse. Innsbruck est d’ailleurs souvent appelée « la capitale des Alpes », entièrement cernée de massifs immenses, avec un téléphérique menant à des sommets vertigineux, et une piste de saut à ski en plein cœur de la ville.
    Qui dit Alpes dit aussi routes tortueuses et cols mythiques. Conduire dans les Alpes autrichiennes est un bonheur (visuel !), notamment sur des grandes routes légendaires comme la Grossglockner Hochalpenstrasse dans le parc national des Hohe Tauern, ou encore la route de la Silvretta qui relie le Tyrol et le Montafon.

    road trip en Autriche
    Silvretta


    L’Autriche est un pays verdoyant et sportif où les gens ont la passion de la randonnée, du ski et de toutes les activités outdoor. L’hiver, la qualité des pistes et la beauté des panoramas skis aux pieds est extraordinaire, l’été, c’est un enchantement bucolique. Les alpages se couvrent de fleurs, les troupeaux rejoignent les plus hauts pâturages, et les possibilités de randonnées sont quasiment infinies.

    Innsbruck, la capitale autrichienne des Alpes, témoigne de cet attachement fort au sport avec son tremplin de ski olympique en plein coeur de ville – un site vraiment impressionnant.

    De plus, les villages alpins ont conservé un sens esthétique très aigu, avec leurs maisons de bois sculpté, leurs balcons couverts de géraniums, leurs clochers pointus ou « en bulbe d’oignon » qui semblent répondre à la forme des montagnes. Pour qui aime les Alpes (et Marion et moi en sommes folles), l’Autriche incarne une forme de perfection idyllique, de beauté douce et traditionnelle qui réjouit le cœur et nous fait nous arrêter à tous les virages pour dire « qu’est-ce que c’est beau ici ».

    Pour sa nature préservée

    Les Autrichiens sont écolos et amoureux de leur pays. Culture du recyclage, propreté générale, sens aigu de la préservation des terres, des eaux et des forêts nous ont marquées. Le plus saisissant était sans doute le village d’Au dans le Bregenzer Wald, considéré comme « le village le plus écolo d’Europe », avec son chauffage 100% biomasse et panneaux solaires, ses maisons d’architecte ultra novatrices, si bien conçues qu’elles n’ont même plus besoin de chauffage en hiver (en Autriche !), ses immeubles en bois, son élevage extensif réparti sur tout le massif et ses rivières totalement potables. Mais partout, la bonne gestion des forêts, l’utilisation du bois, les poubelles de tri sélectif, l’absence totale de déchets dans l’environnement, forcent le respect.

    Pour la force des traditions

    Les Autrichiens aiment leur patrimoine folklorique, tout particulièrement dans les régions alpines. On verra quasiment toutes les serveuses et réceptionnistes des hôtels et restaurants porter la robe traditionnelle, qu’on appelle Tracht ou Dirndl, et les hommes arborer la culotte en peau et les autres emblèmes des régions alpines, notamment le chapeau mou vert sombre, la ceinture de cuir ouvragé ou la broche edelweiss. Dans le Bregenzer Wald, Marion et moi avons découvert l’atelier exceptionnel d’un artisan, Wilfried Weiss, spécialisé dans les ceintures cloutées en plume de paon dans la tradition du 17e siècle, un travail d’une minutie et d’une technicité exceptionnelle.


    De nombreuses festivités rythment l’année. Nous avons assisté à une transhumance : conduits par les bergers, les vaches sont conduites à pied aux alpages pour la saison estivale, occasion de grande fête dans les villages. A l’époque où je vivais tout près (j’ai habité deux ans à Munich), j’avais aussi découvert les défilés de Krampus pendant la période de l’Avent, des monstres mi-chèvre, mi-homme qui viennent des montagnes et terrifient les enfants pas sages.


    Et de façon générale, l’identité locale est très puissante, particulièrement dans le Tyrol, reconnaissable à son architecture si caractéristique (maisons de bois ornée d’une « Glockenturm », tour à pignons portant la cloche, toiture des églises en forme de bulbe d’oignon doré) et à ses chants alpins – le célèbre jodl ou yodl. La culture tyrolienne s’étend sur une zone qui va du sud de la Bavière (l’Allgäu, la région de Füssen) au nord de l’Italie (la région germanophone du Südtirol, où se trouvent les Dolomites). C’est un moule culturel puissant et très identifiable qui a forgé mon attachement si fort à ces régions.

    Quand j’arrive dans ce coin d’Europe magnifique, que je vois les sommets enneigés et les edelweiss sur les vêtements des gens, que j’entends les cloches baroques carillonner dans les villages de bois et les bergers yodler sur les sommets, et qu’on me sert des Käsespätzle recouvertes d’oignons grillés, je me sens immédiatement chez moi. Les germanophones ont un très beau mot pour dire ce sentiment de chaleur et de bien-être, quand on se sent accueilli, protégé, dans un cadre familier et accueillant : la Geborgenheit. L’Autriche est un excellent antidote au tourisme anonyme et uniforme : ici, vous êtes ancré dans un terroir, une tradition.

    Pour sa légendaire convivialité

    Je continue avec le cours de vocabulaire allemand : quand vous êtes assis à une grande tablée, qu’on vous sert des rasades de bière, que tout le monde chante, que la nourriture déborde, qu’on se régale, que tout le monde est souriant et tout le monde est votre ami, comment cela s’appelle ? La Gemütlichkeit. L’Autriche est fabuleusement gemütlich.

    C’est avec la famille Obwegeser à Steeg que nous avons vécu un summum de convivialité autrichienne.

    Je vous avais déjà raconté dans mon article sur Hintertux la culture autrichienne de « l’après-ski » : vers 17h, à la fermeture des pistes, on se retrouve dans les bars de station dans une conviviale odeur de chaussettes mouillées, on écoute de l’eurodance ultra kitsch, on danse en combi de ski nouée autour de la taille, on boit des bières et on rit comme des bossus. C’est une institution qui n’existe nulle part ailleurs qu’en Autriche, à une exception notable : j’ai retrouvé cela à Morzine en Savoie… qui est vendue sur le marché touristique international comme « une station autrichienne en France » ! Les Autrichiens font la fête comme personne, c’est dans leur ADN, cela se ressent puissamment.


    Marion et moi avons retrouvé ce sens exceptionnel de l’accueil et du partage autour de l’alcool et du fromage lors de notre voyage estival. Dans le Montafon, nous avons dégusté des fromages traditionnels dans des chalets d’alpage.

    A Steeg dans la Lechtal, nous avons vécu une véritable scène d’anthologie dans un refuge ultra tradi. Pour qualifier cette ambiance, les germanophones disent « urig », un mot que j’adore et qui signifie brut de décoffrage, typique, authentique, un peu roots…. Il pleuvait des cordes, et on enchaînait les bières et les verres de schnaps à l’abricot (beaucoup, beaucoup de verres de schnaps à l’abricot) entassés à 40 dans une minuscule bicoque en bois sous les trophées de chasse et les reliques des avalanches précédentes, sous les chants et les acclamations. Inoubliable.

    Je n’ai pas de photo de ce moment-là, mais j’ai une photo des deux principaux coupables deux heures avant, dans leur chalet d’alpage 😉

    Pour la beauté baroque

    Les Alpes autrichiennes réjouiront les fous d’architecture par leur exceptionnel patrimoine baroque, leg puissant de la contre-réforme catholique dans ces régions, qui donne à l’Autriche un petit air d’Italie enneigée. Les exemples sont innombrables, mais pour en citer quelques uns, je parlerai de la magnifique église de Bartholomäberg dans le Montafon, image accomplie de l’église autrichienne idyllique (voir images plus haut), ou de celle d’Au, décorée par un des plus prestigieux sculpteurs de son époque et où j’ai été fascinée par la beauté des marqueteries.


    Innsbruck et Salzbourg sont deux villes baroques de toute beauté. A Salzbourg, j’avais été fascinée par les nombreux dômes qui font danser la skyline de la cité natale de Mozart, et notamment par la cathédrale. A Innsbruck, nous avons admiré les superbes maisons du cœur de ville, notamment la maison au toit doré, emblème de la ville.


    Mais s’il ne faut retenir qu’un seul édifice baroque en Autriche, c’est peut-être l’abbaye de Stams, à une vingtaine de kilomètres d’Innsbruck. Marion et moi avons été subjuguées par l’exubérance, la magnificence, la richesse de cette abbaye débordant de roses d’or et de boiseries dansant comme un incendie de bois chaud. Elle est véritablement inouïe.

    Pour le rapport qualité prix

    A l’époque où je vivais à Munich, j’allais très souvent en week-end en Autriche, car outre toutes les qualités visuelles et culturelles déjà citées, le pays nous séduisait par son excellent rapport qualité-prix. En matière de destinations alpines, l’Autriche est moins chère que l’Allemagne, qui est elle-même moins chère que la France et le nord de l’Italie, qui sont elles-mêmes moins chères que la Suisse. L’Autriche est donc le pays le moins coûteux de l’arc alpin à l’exception de la Slovénie, qui est frontalière – vous pouvez d’ailleurs tout à fait combiner la visite de ces deux pays qui se ressemblent, ont une histoire commune et que j’ai absolument adorés tous les deux, c’est une belle idée de grand road trip montagnard en Europe, le tout sans vous ruiner. Vous remarquerez aussitôt les prix abordables de l’Autriche aux stations-service (l’essence est beaucoup moins chère que chez nous) et aux restaurants (pour une nourriture généreuse, délicieuse, à des prix bas, RDV en Autriche). Mais là où le rapport qualité-prix autrichien s’illustre de façon la plus remarquable, c’est en ce qui concerne les hôtels.

    Pour les hôtel-spas tout compris à l’offre exceptionnelle

    Quand je vivais à Munich et que j’avais envie d’un week-end de détente et de bien-être, je fonçais en Autriche. Pour un Autrichien, le fait de bénéficier au minimum d’un sauna, de préférence d’une piscine, d’un jacuzzi, d’un espace bien-être, est quasiment obligatoire. De nombreux hôtels des Alpes autrichiennes ont développé une offre spa absolument exceptionnelle, vous donnant accès à d’immenses piscines, à plusieurs saunas et hammams, à de véritables espaces aqualudiques et de détente, à des prix défiants toute concurrence. Beaucoup de ces hôtels proposent des offres all inclusive, avec la demi-pension comprenant un excellent dîner et un petit-déjeuner buffet pantagruélique. Vous ne savez pas ce que signifie « buffet de petit déjeuner » tant que vous n’êtes pas allé en Autriche. Sincèrement. C’est une autre dimension de la gastronomie matinale. On pourrait passer sa vie entière à ne se nourrir que de buffets de petits-déjeuners autrichiens. Ci-dessous, un petit déjeuner de folie au Fernblick Montafon.

    Heureusement que Marion et moi enchaînions les randos, l’équitation, le vélo, le segway, l’escalade, etc, sinon on aurait pris douze kilos en douze jours. Parce que c’est un autre aspect des hôtels autrichiens : ils comprennent non seulement l’accès au spa, aux piscines, aux saunas, etc, mais AUSSI des activités outdoor. Tous les hôtels que nous avons visité lors de notre fabuleux séjour proposaient à leurs clients de nombreuses activités outdoor, notamment des vélos ou des vélos électriques en accès libre, des randonnées organisées, des ateliers de découverte (visite d’une fromagerie, promenade vers une église baroque, rando botanique à la découverte des fleurs), le tout inclus dans le prix du séjour. Quand vous faites le total de tout ce qui est compris dans le prix, de tout ce à quoi vous aurez accès pendant votre séjour, c’est assez bluffant.

    Avec Klara, notre super accompagnatrice à Hintertux, travaillant pour l’hôtel Alpenhof (qui est en bas dans le coeur ;-)).

    A Steeg, nous avons fait du cheval, du vélo, du Segway, à Au, du vélo et une visite guidée de la ville, au Montafon, des randos guidées, dans l’Alpbachtal, du vélo aquatique, à Hintertux, de la via ferrata et une rando guidée… et ainsi de suite.


    Les hôtels que nous avons découverts étaient tous des hôtels indépendants et familiaux. C’est une dimension que nous avons adorée : à chaque fois, nous étions accueillies par des familles, souvent propriétaires de l’hôtel depuis plusieurs générations. Cela change vraiment l’expérience.

    Nos hôtels : familiaux, francophiles, fabuleux

    Tous les hôtels de notre séjour étaient membres du réseau Autriche Pro France, qui était partenaire de cet accueil. Les membres de ce réseau sont uniquement de beaux hôtels confortables avec une dimension bien-être poussée et surtout, ils mettent en valeur les offres à destination du public français. Tous les hôtels avaient au moins un membre de leur personnel parlant français, et tous proposaient des documents en français (menus, descriptions des activités).
    Je vous parlerai plus longuement de chaque hôtel dans les articles à suivre, qui reviendront sur les différentes étapes de notre road trip autrichien. Mais en voici déjà la liste. Je les ai tous aimés, en toute sincérité. Tous sont beaux, chaleureux, typiques, accueillants, confortables, tous méritent qu’on parle d’eux. Mais je me suis permis de mettre un petit cœur à côté de mes coups de cœur absolus, les trois où je rêve de retourner en vacances le plus tôt possible et que je vous conseille avec un enthousiasme de berger tyrolien en plein concours de yodl après douze verres de schnaps.

    Région du Montafon

    <3 Le Fernblick Montafon jouit d’une vue exceptionnelle sur le massif du Montafon et de ce qui est probablement la plus belle piscine de ma vie. Cette piscine aérienne suspendue au-dessus des montagnes restera un souvenir de pure magie. La beauté et le confort molletonné des chambres superbes, jouissant TOUTES d’une vue inouïe, la qualité des activités proposées (randonnées, visites des fromageries, sport, virée sur la sublime route de montagne de la Silvretta), font que nous gardons un attachement très fort à cet hôtel qui a tout pour lui et où le personnel est adorable. Un cocon auquel nous repensons souvent…

    Le joli hôtel familial Bradabella est situé à Gargellen, un village perdu tout au fond d’une vallée du Montafon, à la fin de la route. Le village a des airs d’idylle à la Heidi et le restaurant de l’hôtel nous a séduites par sa cuisine généreuse et chaleureuse. Nous n’y avons pas dormi, seulement dîné, mais nous avons passé un moment très convivial avec la patronne, qui est aux petits soins pour ses clients.

    Région du Bregenzer Wald

    Avec sa piscine naturelle végétale, l’hôtel Krone in Au est situé dans le village le plus écolo d’Autriche et tenu par une famille très engagée dans la vie de la commune, tant sur le plan des initiatives environnementales que de la vie culturelle. La mise à disposition des vélos électriques nous a permis de sublimes promenades, et les visites passionnantes (et francophones !) nous ont beaucoup intéressées. La rencontre avec cette famille était très stimulante.

    Région du Tyrol

    <3 L’hôtel Post Steeg est situé dans la très belle vallée de la Lechtal et avait tout pour conquérir notre cœur : des chevaux ! avec qui nous sommes parties en promenade le long des rivières, un immense spa extraordinaire de beauté et de douceur, des vélos, des segways, un chalet d’alpage magnifique où on mange des spécialités, un restaurant gastronomique plusieurs fois primé et d’un raffinement exceptionnel, des chambres de toute beauté… vraiment, il ne manquait rien, ce séjour était merveilleux et nous avons failli verser une petite larme en partant. Surtout que nous avons adoré la merveilleuse famille Obwegeser qui tient l’hôtel avec une rare convivialité.

    <3 L’hôtel Böglerhof dans l’Alpbachtal nous a marquées par sa beauté architecturale : cette vaste maison de bois est entièrement sculptée et ouvragée dans la pure tradition autrichienne. Le bar, le restaurant, les chambres, sont remplies de boiseries magnifiques. Nous avons beaucoup aimé la piscine intérieur/extérieur avec vue sur les montagnes et les délicieux buffets du soir, très généreux et variés.

    <3 L’hôtel Alpenhof à Hintertux possède un spa d’une beauté rare, avec plusieurs piscines et vue directe sur les montagnes. Un moment de détente absolue… le crépuscule sur les sommets du Tyrol vu depuis la piscine chaude restera un moment d’anthologie pour nous ! Cet hôtel est aussi propriétaire de plusieurs sites de haute montagne, notamment l’exceptionnelle grotte glaciaire d’Hintertux. Entre la qualité des activités outdoor proposées (rando, via ferrata, visite de la grotte…), la magie du spa et les délices du petit-déjeuner particulièrement spectaculaire (ce qui, sur l’échelle de l’Autriche, n’est pas peu dire), ce fut encore une fois un séjour de rêve.

    Le Sport Vital Hotel Central à Tux promet un séjour sportif et diététique, avec des menus équilibrés où on vous indique les options les plus saines, et de nombreuses activités sportives. La mauvaise météo nous a malheureusement empêchées d’en profiter à fond, mais le programme semblait très sympa.

    Je vais détailler davantage nos aventures dans d’autres articles à venir, mais voici déjà l’itinéraire de notre séjour :

    Nous sommes parties du Montafon, avons ensuite découvert le Bregenzer Wald, puis la vallée de la Lech, Innsbruck, l’Alpbachtal et Hintertux. Lors d’un précédent article sur l’Autriche, je vous avais raconté un autre itinéraire plus à l’Est : Kaprun, les Hohe Tauern, la cascade de Krimml, le château d’Hohenwerfen, Salzburg. Voilà à quoi aurait ressemblé l’itinéraire en les intégrant à ce voyage-là :

    Vous pouvez retrouver le précédent voyage en Autriche dans cet article sur l’Autriche romantique en hiver.

    Ce merveilleux voyage a été organisé en collaboration avec Vacances en Autriche, et ils ont la gentillesse de mettre en jeu un lot. Un des lecteurs gagnera un colis autrichien avec une super jolie gourde en inox, qui tient les liquides au chaud ou au froid, arborant les couleurs de l’Autriche et mettant en avant son souci de la nature et de la protection des eaux, et aussi différentes petites choses et des documents pour préparer vos vacances en Autriche. Pour jouer, il suffit de laisser un commentaire sous cet article – tirage au sort dans 10 jours ! Edit : concours terminé, la gagnante est Mathilde – merci beaucoup pour vos participations !

  • Sauvage, sublime Lozère : échappées en liberté

    La Lozère ? C’est le département le moins peuplé de France, et c’est sans doute l’un des plus beaux. Dans ces vastes espaces loin des grands axes, où la nuit noire révèle des millions d’étoiles, se révèle un pays sauvage et secret.
    Les montagnes sont âpres et belles, peuplées de bergers solitaires et de maisons de pierres noires : les mythiques Cévennes à la météo théâtrale, la Margeride et ses forêts aux allures de petit Canada, l’Aubrac et ses burons. Ici la faune s’épanouit loin des hommes : les vautours tournoient au-dessus des gorges, les renardeaux bondissent sur les grands causses, et dans le Gévaudan, on se souvient de l’ombre de la bête mythique. On lit dans les sentiers estompés des Grands Causses des millénaires d’histoire si lente, et qui regarde de plus près décèlera les mystères des siècles oubliés ; grottes sculptées par l’érosion patiente, menhirs, dolmens et dolines tracent la carte d’un pays magique. En bordure des plateaux, ce sont les gorges mythiques, celles du Tarn et de la Jonte, qui peuplent l’imaginaire de fantasmagories et de visions infiniment poétiques. La Lozère est sublime et intacte, un terrain de jeu rêvé pour les idéalistes et les aventuriers qui ont besoin d’espace pour prendre leur envol…
    J’ai eu plusieurs fois le plaisir d’arpenter ce pays de calcaire et de légendes, souvent en prolongeant le plaisir des solitudes superbes en arrivant par l’Ardèche et en repartant par l’Aveyron. En septembre dernier, je vous emmenais dans les gorges du Tarn, un des paysages de France que j’aime le plus. Je suis cette fois revenue pour monter à cheval sur les grands causses, survoler les collines en ULM, découvrir le village classé de La Garde Guérin, acheter un jean made in France à Florac, dormir dans un château magique au creux des gorges du Tarn et continuer ma collection de paysages sublimes… Que faire en Lozère ? Voici une collection d’expériences inoubliables.

    Que faire en Lozère ? Lozère tourisme
    Gorges du Tarn
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    La Garde Guérin
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    Cévennes
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    Les gorges du Tarn
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    La Garde Guérin, superbe village au coeur des Cévennes
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    A cheval sur les grands causses avec les Ecuries du Méjean
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    Paysages superbes des gorges du Tarn
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    Chevaux sauvages sur le Causse Méjean
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    Survoler la Lozère en ULM
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    Les gorges du Chassezac à la Garde Guérin

    Féeries géologiques de Lozère : gorges, dolmens, dolines et avens

    Nous sommes dans le cœur sauvage de la France, ce pays de grands causses battus par les vents, de troupeaux et d’animaux sauvages, de beauté âpre et radicale. Et c’est aussi le pays des curiosités géologiques. Cette terre calcaire est un véritable chevalet d’artiste, creusée, sculptée, livrée aux caprices de l’érosion. Que c’est beau, partout, tout le temps !

    Survoler les gorges en autogyre et découvrir les menhirs de la Cham des Bondons

    Cela restera un de mes plus beaux souvenirs de cette année. J’ai survolé les grands causses en autogyre avec ULM Lozère à Mende, une expérience que je n’oublierai jamais. Les Gorges du Tarn lézardent les causses comme un immense serpent scintillant, une vision d’une poésie incroyable. Je me souvenais de la beauté de Sainte Enimie, avec son pont digne d’un livre de contes, lovée au fond d’un méandre du Tarn sous ses toits d’ardoise. Elle est aussi belle et mystique vue du ciel, une citadelle de la rivière aux airs d’heroic fantasy.
    Les gorges du Tarn sont pure merveille. Si vous me demandiez de citer cinq sites naturels à voir absolument en France, je vous parlerais d’elles aussitôt, elles me fascinent depuis toujours. Inutile de vous dire que ce survol en autogyre restera inoubliable… J’aime tellement la France pour sa capacité inouïe à créer du dépaysement et de la magie à deux pas de chez soi. Et la Lozère a vraiment ce surcroît de sublime qui fait battre les cœurs. C’est un endroit où le cœur a la place de battre et les yeux de s’ouvrir tout grand.

    Du ciel, on voit aussi un impressionnant réseau de ruines gallo-romaines. Dans ces immensités solitaires se dessinent les ombres de villes et de vias. La Lozère fut autrefois beaucoup plus peuplée qu’aujourd’hui : à l’époque gallo-romaine, puis au Moyen Âge, elle était un pont entre Massif central et Méditerranée, une grande route de commerce et une importante surface agricole. Les ruines de villas romaines sont nombreuses. Sur la Cham des Bondons, dans un paysage de légende druidique, se trouve la 2ème plus grande concentration de menhirs de France. Il y a Carnac, et il y a la Lozère. J’en avais des frissons. Je suis revenue les admirer de plus près après ce vol enchanteur. Dans une lumière de fin du monde, suspendue entre averse de printemps et rayons drus, se détachent ces dolmens solitaires.

    Enfin, le vol m’a permis de découvrir les dolines. Il s’agit d’une curiosité géologique : de légères cavités creusées dans le sol calcaire des causses, où les sédiments se sont accumulés, rendant le sol plus fertile. Depuis l’ère romaine, les agriculteurs choisissent les dolines pour cultiver les céréales, et aujourd’hui encore, on voit ces étranges tâches vertes dans le paysage, témoignant de la présence d’une poche de culture au milieu du plateau aride. On dirait l’œuvre d’un extraterrestre inspiré, mais non, la géologie est ici la seule artiste !

    Plongée sous la terre à l’Aven Armand

    Après les cimes, les profondeurs… Parce que j’ai grandi à deux pas de l’Ardèche, terre de grottes et d’avens s’il en est (grottes de la Madeleine et de St Marcel, avens d’Orgnac et Marzal…), j’ai l’habitude de ces curiosités souterraines, des stalactites, stalagmites et autres dentelles. J’ai mes coups de cœur, la sublime Choranche dans le Vercors avec ses fistules d’une délicatesse rare, la grotte des Demoiselles dans l’Hérault avec ses dimensions impressionnantes, ou encore le mythique gouffre de Padirac dans le Lot et sa rivière souterraine. J’en ai vu beaucoup, mais je reste malgré tout curieuse de ces profondeurs sculptées par les millénaires patients dans le calcaire tendre des hauts plateaux. Le Causse Méjean compte des dizaines de grottes secrètes, lovées au creux de ses méandres immémoriaux, mais la plus belle de toutes, c’est l’Aven Armand. Et même si j’ai vu beaucoup, beaucoup de grottes dans ma vie… je n’ai pas regretté de prendre le temps de découvrir celle-ci. Ce qui rend l’Aven Armand spéciale et spectaculaire, c’est tout d’abord le nombre et la dimension des stalagmites : pas moins de 400, la plus grande forêt de stalagmites de France ! Ensuite, c’est le type particulier de concrétions qui se sont développées ici : la chute des gouttes d’eau depuis les hautes voûtes a créé des « piles d’assiettes », comme autant de champignons fantasmagoriques que l’éclairage met en valeur. La visite, qui rend hommage à Jules Verne, est divertissante et colorée. Un joli moment sous la terre.

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    A la rencontre de la vie sauvage en Lozère : chevaux, renards et vautours…

    Je n’ai jamais vu tant d’animaux sauvages en France que lors de ce séjour en Lozère.
    Les renards traversent les routes devant moi et lorsque je photographie ils s’arrêtent quelques instants, curieux, pour me dévisager en silence.
    Dans les gorges de la Jonte, ce sont quatre espèces de vautours qui nichent dans les parois spectaculaires, y compris le gypaète barbu, espèce protégée récemment réintroduite. Avec ses grands espaces, son immensité solitaire, la Lozère est un véritable jardin d’Eden pour la faune qui prend ses aises, est libre de s’installer, se reproduire, gagner du terrain. On peut venir à la rencontre des géants des canyons à la Maison des Vautours, à St Pierre des Tripiers.
    Au-dessus des gorges s’ouvre le plus haut des plateaux caussenards, le Causse Méjean. C’est un petit bout du monde où le réseau téléphonique disparaît et où le ciel immense roule sur les moutons laineux. Nous entrons dans le royaume des chevaux.

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    Les chevaux sauvages de Lozère 

    Ce sont les derniers chevaux sauvages du monde : les chevaux de Przewalski. Avec leur raie de mulet, leur crinière noire et drue, leur robe isabelle (fauve clair), ils ressemblent étrangement à ceux qui peuplent les fresques pariétales, sur les parois des grottes ornées par les hommes préhistoriques – Lascaux, Chauvet, Pech Merle. Ce sont des fossiles vivants, de véritables miracles.

    Ils sont un phénomène à part dans l’espèce chevaline. Les brumbies en Australie, les mustangs aux USA, les chevaux de Namibie, sont des chevaux féraux : des chevaux domestiques qui se sont enfuis et sont revenus à la vie en liberté. Mais les Przewalski sont un cas à part, rétifs à toute bride. Jamais domestiqués, ils peuplaient les plaines immenses d’Asie centrale. Les Mongols, Gengis Khan et ses fils, étaient fascinés par eux, mais ne pouvaient dompter ce cheval rescapé de la nuit des temps. Laurent Tatin, le responsable scientifique de l’association Takh, me raconte que les Mongols attachaient leur jument la nuit dans la plaine, là où venaient les chevaux sauvages, pour qu’elles soient fécondées par un cheval de Przewalski. Mais le produit de cette union restait sauvage – il fallait trois générations pour pouvoir dresser l’animal.
    Parce qu’ils ne pouvaient être chevauchés, les Przewalski ont été chassés pour leur viande. Dans les années 1970, l’espèce est déclarée éteinte à l’état sauvage : les derniers spécimens vivent en captivité, dans des zoos.

    C’est alors que naissent en Europe plusieurs projets de réintroduction. L’association Takh – cheval sauvage en mongol – porte une ambition originale : élever en Lozère un troupeau de Przewalski dans les conditions de la vie sauvage, afin de pouvoir ensuite les réintroduire en Asie centrale.

    Le Causse Méjean, cet immense plateau montagnard traversé par les chaleurs torrides de l’été et les vents froids de l’hiver, était le candidat idéal. Ce territoire âpre et isolé ressemble étonnamment aux grandes steppes de Mongolie : les hivers sont rigoureux (jusqu’à -20 ici, contre -35 là-bas), le paysage ouvert, la végétation rase. Dans ce milieu steppique, on retrouve les mêmes graminées qu’en Asie centrale, comme la stipa. Ce pays du bout du monde est devenu la terre d’accueil des chevaux sauvages.

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    Avec un élevage en sélection naturelle, sans intervention humaine, Takh veut constituer des troupeaux fonctionnels, qui soient aptes à être ensuite réintroduits en Asie centrale. En 2004 a eu lieu la première réintroduction de chevaux de Przewalski à l’ouest de la Mongolie. Elle fut un succès : à partir des 22 chevaux lozèrois s’est formé un groupe qui compte aujourd’hui 89 individus.

    On compte en ce moment 29 chevaux de Przewalski sur le Causse Méjean. On ne peut les approcher de trop près, mais on peut venir les contempler, d’autant que l’organisation Takh propose des stages d’observation scientifique, pour les étudiants et les curieux passionnés de vie sauvage. C’est une émotion forte que de voir surgir au détour d’une colline ces petits chevaux isabelle qui portent des zébrures noires aux membres, qui broutent paisiblement les herbes et les chardons du causse, et de les savoir rescapés de la nuit des temps. On vient sur le Causse Méjean pour goûter à l’immensité et à la liberté.

    Chevauchée sauvage avec les Ecuries du Méjean

    Sur le Causse Méjean, il y a des chevaux sauvages, mais il y a aussi les chevaux d’endurance de Béatrice, aux Écuries du Méjean.

    Béatrice élève des purs sang arabes pour les grandes courses d’endurance, comme la 160km de Florac. Elle vit au milieu des immensités entourée de ces chevaux arabes vifs et délicats, aux naseaux frémissants et au cœur généreux. Elle propose aussi des balades sur le Causse, mais aux cavaliers confirmés seulement, car ses chevaux sont des chevaux de sport, avec de la personnalité.

    La promenade est sublime. Nous longeons les gorges de la Jonte, et je vois tournoyer au-dessus de nos têtes les vautours. Ils jettent leur ombre sur la gorge, et dessinent des cercles entre les convois de nuages qu’un léger vent fait rouler sur les grands causses. On repense à des westerns, à des histoires de grandes traversées épiques. Sous les sabots de nos chevaux s’étendent des chardons bleus et de cardabelles, la fleur emblématique des grands causses : une sorte d’artichaut sauvage au cœur doré, ouvert comme un soleil jeté sur le sol.
    Ici en Lozère, les chercheurs d’or trouvent des cardabelles, des orchidées sauvages, et des constellations. Quand on passe une nuit aux chambres d’hôtes des écuries du Méjean, on admire un ciel piqueté de milliers d’étoiles, et on goûte à cette vraie nuit des terres loin de tout, qu’épargnent les lumières des villes. La liberté…

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    A cheval ou en kayak, sublimes gorges du Tarn

    Pour qui rêve de montures plus douces et dociles que les fougueux princes arabes, rendez-vous aux écuries Chevaux au vent, à Rieisse, sur l’autre bout du Causse Méjean. Si Cécile Dolez est elle aussi amoureuse d’endurance, et tient un petit élevage de chevaux arabes, elle a choisi d’utiliser pour le tourisme équestre des chevaux et poneys de balade. On vient ici pour une promenade en famille, où le rythme paisible permet de savourer le paysage contrasté du plateau, plus boisé et vert de ce côté-ci. Nous sommes au-dessus des gorges du Tarn, et la promenade offre un point de vue sublime sur La Malène, un des villages les plus célèbres de la gorge. Dans ce hameau de conte de fées en bord de rivière, on vient admirer les formations géologiques spectaculaires : l’érosion a sculpté au-dessus du Tarn des doigts de géants, des visages mystérieux et des créatures fantasmagoriques. Le mari de Cécile est batelier à La Malène, une très ancienne corporation qui propose de descendre la rivière en douceur, dans une barque traditionnelle. Les sportifs préféreront le kayak, car le départ depuis La Malène est souvent considéré comme le plus beau des gorges du Tarn. On traverse à la rame un paysage digne d’un film fantastique : les Détroits, où le Tarn se resserre et semble nous écraser entre des falaises majestueuses, et le Cirque des Baumes, où d’énormes monolithes se dressent comme autant de géants assoupis. J’avais raconté cette superbe descente en kayak dans mon article sur les Gorges du Tarn.

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    La Malène

    Le lac de Charpal, petit Canada en Margeride

    C’est un lac que le printemps borde de jonquilles, et l’été de myrtilles, c’est un éden de sapins et de chemins perdus le long de l’eau qui m’évoque les cartes postales du Canada. Il fait bon flâner au bord du lac de Charpal, et voir les écureuils roux bondir dans les branches…


    Vacances en Lozère : patrimoine et bonnes adresses

    Après avoir exploré la Lozère côté nature, je vous propose d’explorer ses villages, ses châteaux et ses bonnes tables…

    Un des plus beaux villages de France en Lozère : La Garde-Guérin, perle des Cévennes

    Les villages sont plus rares qu’ailleurs, mais ils semblent vouloir nous récompenser d’avoir longtemps roulé pour les dénicher : véritables concentrés de splendeur rugueuse et authentique, ils rehaussent la beauté du cadre naturel par leur architecture remarquable. Je vous ai parlé, côté gorges du Tarn, de Ste Enimie, St Chély du Tarn, Castelbouc, La Malène, autant de funambules sublimes sur la rivière. Partons cette fois au cœur des montagnes. La Garde Guérin, forteresse des Cévennes, rassemble toute sa splendeur médiévale intacte sur un éperon rocheux au-dessus des gorges du Chassezac. La Garde Guérin est la véritable perle des Cévennes, une beauté médiévale parfaite.

    Que faire en Lozère ? Lozère tourisme
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    C’est un sublime village fortifié datant du XIIe siècle, au cœur des montagnes, avec une vue imprenable sur le Mont Lozère et sur la saisissante gorge du Chassezac, un canyon de granit profond de 400m. Dans ce paysage âpre et sublime, battu par les vents, des chevaliers pariers gardaient la grande route de la Regordane, qui reliait le Massif Central à la Méditerranée. Il faut imaginer l’endroit traversé par les marchands, les guerriers, les chevaliers, les mystiques, tout un peuple médiéval de saints et de vauriens, d’honnêtes gens et de rusés, qui arpentait la France, du Massif Central à la Méditerranée. La confrérie des chevaliers pariers protégeait le village, et mon guide a su me montrer les mille traces parfaitement préservées dans le sol et les murs de leur empreinte. L’état de préservation de La Garde Guérin est remarquable, notamment dans l’église, puissante, mystique, riche d’un symbolisme complexe qui n’a été entièrement élucidé que très récemment.

    L’endroit est si beau et bien préservé qu’il est classé aux plus beaux villages de France, et j’ai été saisie par l’atmosphère extraordinaire de ce lieu solitaire et mystique. Cela restera un de mes plus beaux souvenirs de Lozère : le cœur sublime des Cévennes. Il faut absolument faire un tour au point de vue sur les gorges du Chassezac, en contrebas du village. Contrairement aux gorges du Tarn, de l’Ardèche ou de la Jonte, qui sont sculptées dans le calcaire, le Chassezac creuse à cet endroit-là son sillon dans le granit, et le panorama est spectaculaire : un mille-feuille de granit qui présente une vraie originalité géologique.

    De plus, le village est attachant, dynamisé par des projets forts, comme le Comptoir, où on vend et sert des produits 100% locaux de grande qualité toute l’année. J’ai été très touchée par cette boutique originale et ancrée dans son terroir. Chaque jour, on y sert un plat de viande, un plat de poisson et un plat végétarien, toute l’année – même au cœur de l’hiver, La Garde Guérin accueille ses visiteurs. Les produits sont extrêmement variés, des livres d’information sur les Cévennes aux spécialités gastronomiques, en passant par l’artisanat d’art. Faites-y un tour, c’est le visage d’une France pleine d’idées et de créativité, cela fait chaud au cœur !

    J’ai déjeuné à l’auberge de la Regordane, un restaurant installé dans une belle maison du XVIe siècle, sous les voûtes anciennes. C’est aussi l’adresse à retenir pour dormir ici, au cœur des Cévennes !

    Trois châteaux magiques en Lozère

    Après la Garde Guérin, j’ai voulu continuer mon tour des châteaux lozériens…
    Au détour d’une route sinueuse surgit le Château du Champ, à Altier dans les Cévennes. Cette superbe forteresse qui appartenait à une des plus vieilles familles du Gévaudan ne se visite pas, mais la vision saisissante inspire les photographes…

    Deux autres châteaux permettront, eux, de s’attarder pour un déjeuner ou une nuit… et s’accordent pleinement à ce décor de conte de fées.

    Le charme raffiné du château d’Ayres, à Meyrueis

    J’ai déjeuné à l’ombre des grands marronniers dans ce magnifique château historique, ancien monastère bénédictin devenu hôtel 4*. Les façades couvertes de vigne vierge, l’élégant bassin, la gentillesse du personnel et l’érudition du propriétaire venu raconter aux convives d’un jour l’histoire de ces pierres solennelles, tout m’a séduite. Le château est situé au pied du Causse Méjean, dans un joli vallon. Il possède sa piscine intérieure et l’intérieur a un style XVIIIe ravissant. C’est une escapade romantique qui a le charme des vieilles demeures aristocratiques : vous évoluerez au milieu des objets anciens, des œuvres d’art choisies avec soin et des histoires de famille. Le lieu m’a séduite… Les prix vont de 99 à 182 euros par nuit.

    Un rêve qui se réalise : le Château de la Caze, dans les gorges du Tarn

    Une longue histoire de rêveries d’enfant me lie au château de la Caze. Lorsque je suis venue pour la première fois dans les gorges du Tarn avec mes parents, je leur avais demandé de m’acheter une carte postale des gorges sur laquelle on voit un château romantique trôner au-dessus des eaux, une vision si belle qu’elle en paraît presque onirique. J’ai accroché la carte postale au-dessus de mon lit sans connaître le nom du lieu.
    En septembre dernier, lorsque je suis revenue passer un week-end dans les gorges du Tarn, j’ai eu un choc : je l’avais retrouvé, le château de ma carte postale ! Cet endroit qui avait peuplé mes songes de gamine, c’était lui, le Château de la Caze…

    Cela a été un grand bonheur de pouvoir cette fois y passer la nuit (dans une ambiance digne d’un film de cape et d’épée : un orage dantesque a éclaté au milieu de la nuit, des trombes d’eau se sont déversés sur le toit vénérable du château, je m’attendais à voir sortir le fantôme d’un chevalier ayant péri sur la route des croisades !).
    Ce château du XVe siècle, classé Monument historique, a su cultiver l’atmosphère médiévale à souhait : les murs épais, les statues, la décoration, tout vous plonge à l’aube des temps modernes, à l’heure des derniers chevaliers errants. (Pour les plus modernes d’entre nous, il comporte toutefois une très belle piscine, qui ne me semble pas être d’époque ;-)). Sa situation est sublime : à quelques encablures de Ste Enimie et de St Chély du Tarn, au cœur des gorges, niché sous le rocher, soulignant encore la beauté du lieu par la majesté de sa silhouette. C’est un des hôtels les plus romanesques que je connaisse, un véritable cadeau pour l’imaginaire… Certes, une nuit magique au Château de la Caze a un certain prix – il s’agit d’un 4*, membre du réseau Logis et classé Logis d’Exception – et il vous en coûtera environ 200 euros, mais c’est une expérience unique, follement romantique.

    Mende, entre ciel et table à l’hôtel de France

    Avec ULM Lozère toujours, j’ai eu le bonheur de survoler le petit mais joli chef-lieu de la Lozère, son plan de ville médiévale et sa gothique. J’aurais aimé visiter Mende, qui semble ravissante, mais au terme d’une longue, longue journée de road trip en Lozère, la fatigue m’a vaincue… et je me contenterai de vous conseiller une bonne adresse d’hôtel-restaurant : l’Hôtel de France. J’ai eu un vrai coup de cœur pour son restaurant, abrité par une magnifique verrière, et qui restera un de mes meilleurs souvenirs culinaires de Lozère. Tout était fin et succulent.

    De bonnes tables en Lozère

    Outre les lieux déjà cités (le château d’Ayres à Meyrueis, le château de la Caze à côté de Ste Enimie, l’hôtel de France à Mende, les restos de la Garde Guérin…), voici d’autres adresses à retenir pour déguster des produits typiques des Causses et des Cévennes, préparés avec soin :

    • Sur le Causse Méjean, l’auberge du Chanet, une ferme caussenarde de pierre noire et de voûtes épaisses. On y savoure les spécialités de la Lozère, comme le pélardon, ce fromage de chèvre AOP des Cévennes. Dans cette maison traditionnelle au cœur d’un village minuscule, seule dans la nuit caussenarde, l’impression de dépaysement est totale…
    Que faire en Lozère ? Lozère tourisme
    • A Ste Enimie, La Tendelle. Le menu du soir était très axé viande – avec notamment l’agneau de Lozère – mais le chef m’a dit avoir toujours des options en réserve pour les végétariens, et je n’ai pas été déçue. J’ai eu droit à une fabuleuse assiette végétarienne avec omelette, légumes grillés délicieux… copieuse et excellente.
    • A Florac, l’Adonis. Un de mes meilleurs repas en Lozère : frais, original, coloré, et 100% terroir, avec notamment un fabuleux plateau de fromages d’Occitanie. Je me suis régalée.

    Des jeans et des artistes : la Lozère originale

    Je finis cet article en vous parlant de deux initiatives originales qui ont attiré mon attention en Lozère.

    Des jeans 100% made in France : Atelier Tuffery à Florac

    Je vais vous parler de l’histoire de l’atelier Tuffery, rassurez-vous. Mais je vais commencer par vous raconter une anecdote qui dit tout.

    J’ai acheté un jean chez Tuffery lors de ma visite, un jean en coton bio, teint à l’indigo naturel, 100% made in France, bref, un jean éthique, responsable, local, irréprochable. Je l’ai acheté principalement pour des raisons morales, à vrai dire : je voulais soutenir le made in France. Mais laissez-moi vous dire quelque chose : depuis que j’ai acheté ce jean, il a détrôné TOUS les autres. C’est simple, adieu les Levis, les Temps des cerises, toute ma garde-robe denim, je n’ai plus quitté ce jean. Vous en aurez la preuve en regardant mes articles de blog et mon Instagram des derniers mois : vous verrez le jean Tuffery faire le tour d’Europe, en Autriche, en Savoie, en Aveyron, à Versailles… il est allé partout, je ne le quitte plus, je suis quand même malheureusement obligée de l’enlever de temps en temps pour le laver parce qu’il faut bien, mais c’est tout. Il est beau, il est solide, tout tient bien, tissu, couture, braguette, bouton, il est classe, il me va merveilleusement bien, bref, dès que je retourne en Lozère, j’en achète un autre car je ne me remettrai jamais de sa perte éventuelle. Ce produit n’est pas qu’éthique, il est aussi et surtout beau, bien foutu, pratique, solide, durable, confortable. Je n’arrête pas d’en dire du bien au quotidien (et tout le monde me dit « qu’est ce que ce jean te va bien »).

    Voici maintenant la belle histoire de l’atelier Tuffery. Parce que le jean est né à Nîmes – saviez vous que le mot « denim » vient de la « toile de Nîmes » ? -, les Cévennes ont été un des premiers lieux de production de ce vêtement de travail pratique, solide et peu salissant qui a conquis le monde entier. Quand Célestin Tuffery ouvre son atelier en 1892, il fait partie des pionniers du jean. Le commerce est florissant jusqu’aux années 1970, jusqu’à la grande crise du textile. On se met à faire venir tous nos vêtements de Chine, puis d’Asie du Sud Est. L’atelier en déclin devient confidentiel, mais tient bon, la petite production cévenole perdure. Et puis, dans les années 2010, le #madeinFrance revient à la mode. On se souvient du savoir-faire de nos artisans, et on commence aussi à se dire que de produire nos vêtements dans des ateliers sombres et polluants à l’autre bout du monde, ce n’est ni très éthique, ni très écolo. Julien Tuffery, 4e génération de tailleurs-confectionneurs, comprend le potentiel de l’entreprise familiale et la remet au goût du jour. Il raconte l’histoire de cette famille installée à Florac, entre Cévennes et gorges du Tarn, qui produit du jean 100% français depuis plus d’un siècle. Et ça marche. Aujourd’hui, Tuffery emploie une trentaine de personnes à Florac. Les ateliers se visitent, ils sont beaux, aérés, lumineux. Et les jeans sont magnifiques. La démarche écolo se veut de plus en plus poussée : utilisation du bleu de Gênes (indigo naturel), comme autrefois, pour éviter les colorants chimiques, coton bio, développement de jeans en chanvre, pour contourner le coton et faire du 100% français. Ils vendent (sur le site web de l’atelier Tuffery https://www.ateliertuffery.com/ et en direct à Florac) des jeans, des salopettes, des vestes, des chemises, des manteaux, en jean et aussi parfois en laine. Les produits sont magnifiques et d’une telle qualité… Les jeans coûtent entre 100 et 200 euros en moyenne (170 pour le mien, qui est teint à l’indigo naturel). Bien sûr, c’est un prix qui n’est pas accessible à toutes les bourses, j’en suis tout à fait consciente. Parfois, on achète du H&M parce qu’on a besoin de s’habiller et qu’on a pas le loisir de dépenser 150 euros pour un pantalon. Mais ce n’est pas plus cher que Levis, alors n’hésitez pas, si jamais vous avez le budget pour un Levis, allez plutôt voir ce que fait Tuffery – vraiment, je suis une cliente conquise.

    Le vallon du Villaret

    Depuis une trentaine d’années, cet insolite s’est imposé comme un incontournable du tourisme en Lozère. Le vallon du Villaret ? C’est un lieu atypique, qui mêle expositions d’art contemporain loufoques et audacieuses, parcours d’accrobranche en pleine nature, jeux pour les plus petits… Une sorte de musée et parcours sportif en plein air à la fois, au cœur d’une forêt et au bord d’une rivière, capable de séduire toute la famille : les petits pour les jeux, les ados pour le sport, les adultes pour l’art, la nature et l’atmosphère. Le site a beaucoup de succès, car il se renouvelle sans cesse, en accueillant en permanence de nouvelles œuvres qui sont souvent immersives : on peut entrer dans l’œuvre, la toucher, marcher dessus, en faire véritablement l’expérience. J’ai vu le vallon sous une pluie battante, ce qui m’a empêchée d’en profiter pleinement. Mais à en juger par l’enthousiasme non démenti qu’il suscite depuis une génération… il vaut le détour.

    Que faire en Lozère ? Lozère tourisme

    Ici s’achève mon beau périple en Lozère. Un immense merci à Lozère Tourisme et particulièrement à Elsa pour ce magnifique séjour. Je reste une amoureuse de la Lozère…

    A suivre sur Itinera Magica : îles Féroé, Lille, Lens, Verdon, Seignosse, Lot, Autriche… abonnez-vous à la newsletter ?

  • Ski et autres aventures aux Saisies, en Savoie

    A la recherche de grands espaces et d’activités outdoor insolites dans les Alpes ? Cet hiver, je suis partie skier aux Saisies, en Savoie, et j’ai été conquise par le cadre naturel exceptionnel et la diversité des activités proposées par cette station village du Beaufortain. Le meilleur atout des Saisies, c’est d’associer les avantages des grandes stations – domaine skiable immense, multitude de choses à faire – tout en restant une petite station aux paysages préservés. Skier face au Mont Blanc, s’essayer à la motoneige, au biathlon, au ski-joering, à la conduite de dameuse ou au grand 8 des neiges, tout est possible aux Saisies, et le massif est d’une beauté magique qui confirme mon amour pour les Alpes savoyardes. Chaussez vos moufles, on part à la neige ensemble.

    Les Saisies ou le ski en pleine nature. Que faire aux Saisies ? Activités outdoor et bonnes adresses
    Les Saisies ou le ski en pleine nature. Que faire aux Saisies ? Activités outdoor et bonnes adresses
    Les Saisies ou le ski en pleine nature. Que faire aux Saisies ? Activités outdoor et bonnes adresses
    Les Saisies ou le ski en pleine nature. Que faire aux Saisies ? Activités outdoor et bonnes adresses

    Les Saisies, une belle station de ski en Savoie

    A la découverte du Beaufortain

    Nous sommes en Savoie, dans le massif du Beaufortain, à 40 minutes d’Albertville. C’est ma première fois dans ce massif célèbre pour son beaufort, un fromage de montagne étonnamment doux et fruité, et l’emblème de la région se rappelle très vite à mon bon souvenir. En montant vers les Saisies, je passe à côté de la coopérative du Beaufortain, et salive en passant devant les meules géantes de panneau en panneau… La route est incroyablement belle en ce début février. La neige a drapé les villages de sucre épais, le soleil se dispute au brouillard au fond des vallées, et j’ai ces images idylliques de Savoie authentique et préservée que j’adore. Je sais qu’encore une fois, je rejoins une station-village, sans barres, et j’en suis enchantée.


    A mon arrivée aux villages des Saisies, ma première vision est celle de chevaux dans la neige blanche, et le conte de fées vécu à Pralognan se poursuit. Décidément, j’adore la Savoie. J’y retrouve un imaginaire de l’hiver fantastique et pittoresque qui me séduit infiniment. Le village des Saisies est à taille humaine, tout de bois et de soleil, sur un flanc de montagne faisant face aux Aravis et dos au Mont Blanc. Depuis les pistes, on voit le Mont Blanc gigantesque surplomber Les Saisies comme un hologramme géant. Le village est entouré de sapins que les neiges récentes ont saupoudré de blanc, et au coucher du soleil, la carte postale est parfaite… le cadre est superbe.

    Les Saisies : un domaine skiable et un cadre d’exception

    Si je devais souligner UN atout fantastique des Saisies, je dirais : son domaine skiable. Visuellement, il est sublime, avec son caractère très préservé, très boisé, et surtout, ses incroyables panoramas. Les vues portent sur trois massifs différents, offrant une diversité de points de vues incroyable. En vous orientant comme les maisons du village, vous avez le Massif du Beaufortain à votre gauche, avec au loin la mythique Pierra Menta, une « table » célébrée par tous les fous d’outdoor. A votre droite, ce sont les sommets des Aravis, une vision qui me plaît tout particulièrement en raison de la forme parfaite du Mont Charvin, cône iconique qui me rappelle… le décor des pots de yaourt Savoie que je mangeais petite ! Et bien sûr, derrière vous, c’est le Mont Blanc qui se dresse, gargantuesque, colossal, démesuré, et au fil de votre journée de ski, vous aurez l’impression de vous rapprocher de plus en plus de lui, d’aller skier à ses pieds… c’est une illusion visuelle bluffante. Le domaine skiable est immense, car il s’inscrit dans l’Espace Diamant : 192km en tout. Vous pouvez rejoindre quatre autres stations (Praz sur Arly, Crest Voland Cohennoz, Notre Dame de Bellecombe, Flumet St Nicolas la Chapelle) sans avoir à utiliser de navettes : il s’agit réellement de 192km ski aux pieds, ce qui est assez exceptionnel. Et le premier télésiège démarre vraiment au cœur du village, ce qui rend l’accès très facile.
    Je recommande cette station aux fous du ski qui rêvent d’avaler des kilomètres : les itinéraires sont si nombreux et variés que vous pouvez skier une semaine entière sans vous lasser, d’autant que la combinaison de plusieurs massifs décuple les paysages. Au moment de ma venue en février, l’enneigement était spectaculaire et la qualité de la neige, excellente.
    Mais ceux qui veulent faire autre chose que du ski ne seront pas en reste.

    Le Mont Blanc, partout !
    Les Saisies ou le ski en pleine nature. Que faire aux Saisies ? Activités outdoor et bonnes adresses

    Que faire aux Saisies ? Une multitude d’activités outdoor

    J’ai été impressionnée par la diversité des activités proposées, entre celles gérées par la ville elle-même (le Signal, le grand 8 Mountain Twister), celles de l’ESF (biathlon), et celles des deux grands magasins de sport, Intersport Les Saisies et Les Volatiles Sport 2000, dont je vais vous parler : motoneige, dameuse, ski joering, traîneau…
    Un mot sur les activités que je n’ai pas testées aux Saisies, mais qui existent également : vous avez aussi la possibilité de vous essayer au parapente, activité que j’ai testé à Orcières Merlette et que je trouve absolument extraordinaire. Les paysages enneigés et boisés des Saisies invitent à la balade en raquettes, et si j’avais eu plus de temps, je l’aurais fait sans hésiter. Enfin, j’ai été fascinée par le spectacle des montgolfières survolant le domaine des Saisies, une expérience qui me fait rêver et que j’adorerais tester un jour. Après renseignements, je peux vous dire que la station de décollage est à Praz sur Arly, à 30 minutes des Saisies – à garder en tête !

    Tester la motoneige aux Saisies

    Au coucher du soleil, après la fermeture des pistes, on se prend pour James Bond en s’élançant sur le domaine fermé sur une énorme motoneige terriblement puissante. J’avais déjà eu le plaisir de tester en Laponie finlandaise et j’ai adoré retrouver cette sensation unique. L’ambiance est incroyable, avec le crépuscule mauve enveloppant les sapins et le scintillement des lumières du village sur la neige… Si vous aimez l’adrénaline et les grosses machines, vous allez vous régaler.
    La promenade dure un peu moins d’une heure, et coûte 140 euros – vous pouvez être seul ou à deux sur la moto. L’activité est proposée par le magasin Sport 2000 Les Volatiles Les Saisies.

    Les Saisies ou le ski en pleine nature. Que faire aux Saisies ? Activités outdoor et bonnes adresses

    Conduire une dameuse, Les Saisies version James Bond

    Vous voulez encore plus gros ? Essayez-vous à la dameuse. Les Saisies proposent quelque chose d’assez inédit : apprendre à piloter vous-même la dameuse, sur un immense terrain de jeu de 12 hectares. J’avais eu le plaisir d’essayer à Orcières et j’avais été très intriguée par la sensation, ces énormes machines sont assez fascinantes ! Vous aurez le choix entre un baptême simple (49 euros, 20 minutes) ou un vrai cours de 45 minutes (129 euros). L’activité est proposée par le magasin Intersport Les Saisies.

    Ski-joering et traîneau : une idylle équestre en Savoie

    Cela reste un de mes plus beaux souvenirs des Saisies : une balade en traîneau, tiré par deux magnifiques juments comtoises palomino, dans un décor féerique. Au fond le village se détache sur la colline immaculée, les juments galopent entre les sapins enneigés, et je repense à mes plus belles expériences d’hiver en Bavière, qui était pour moi le pays des contes de fées. J’ai pris un million de photos des superbes juments aux membres puissants, de leur harnachement d’un autre temps, du traîneau fendant la poudreuse sous le soleil… une vision magique que je recommande vivement aux amoureux des chevaux, de la nature, ou aux amoureux tout court. (Avis général : si quelqu’un souhaite me faire une demande en mariage sur un traîneau tiré par des chevaux dans la neige, je risque de dire oui.)

    Les Saisies ou le ski en pleine nature. Que faire aux Saisies ? Activités outdoor et bonnes adresses
    Les Saisies ou le ski en pleine nature. Que faire aux Saisies ? Activités outdoor et bonnes adresses

    Vous pouvez également vous essayer au ski joering, que je n’ai pas refait cette fois car j’avais eu le plaisir de tester à Pralognan, mais qui est une activité qui ravira les amateurs de chevaux, d’autant que le cadre est particulièrement beau, en contrebas du village des Saisies.

    Les deux activités sont également proposées par le magasin Intersport Les Saisies.

    Le grand 8 des montagnes : le Mountain Twister

    C’est une activité familiale particulièrement sympa que proposent Les Saisies : un « mountain coaster », ou grand huit des montagnes, placé sur des rails descendant à flanc de montagne. Vous pouvez choisir de freiner ou non, je vous recommande chaudement de ne PAS freiner du tout et de faire le parcours à fond : aucun danger, c’est prévu pour, et les sensations sont excellentes ! J’ai vu les gamins s’éclater, et moi qui ai 29 ans sur ma carte d’identité mais environ 8 et demi dans ma tête, me suis régalée aussi. Le parcours est particulièrement rapide et bien fait, c’est une vraie réussite. J’en ai fait plusieurs tours… et j’ai eu beaucoup de mal à prendre des photos avec les secousses, j’espère que vous admirez l’effort !

    S’essayer au biathlon aux Saisies

    Après avoir admiré les exploits de l’illustre Martin Fourcade aux JO, j’étais très impatiente de marcher sur ses traces en m’essayant pour la première fois au biathlon, ce sport qui combine ski de fond et tir sur cibles. Première constatation : le ski de fond, ce n’est pas évident tout de suite, même quand on a bien l’habitude du ski alpin. Les skis sont très fins et longs, et j’ai eu un peu de mal à trouver mon équilibre – je suis encore bien loin de maîtriser la technique du « skating ». J’étais très heureuse d’arriver au pas de tir, pour la partie la plus exotique et fun de la matinée : tirer sur des cibles avec une vraie carabine ! Je croyais initialement que j’allais tirer « à blanc », mais pas du tout. Il s’agit de balles de calibre 22, mortelles jusqu’à 1,5km… Inutile de dire que les conditions de sécurité sont draconiennes et parfaitement respectées ! Moi qui n’avais jamais tenu une arme jusqu’à ce jour, je suis très impressionnée. Et j’ai le plaisir de vous annoncer que j’ai des talents de sniper caché, car j’ai fait un 5/5 au tir couché et 4/5 au tir debout (plus difficile), une aptitude surprise que je conserve précieusement en cas d’apocalypse zombie inopinée… Mon moniteur était très pro et adorable, et j’ai passé un excellent moment. Si vous êtes curieux, tentez ! Renseignez-vous auprès de l’ESF Les Saisies qui propose l’activité.

    Savourer Les Saisies : manger, dormir, se détendre

    Baignade, sport et bien-être au Signal

    Le complexe sportif et aqualudique des Saisies m’a beaucoup plu par la richesse de ses équipements : il est muni d’un spa (sur réservation) proposant des soins, d’une salle de fitness, d’un mur d’escalade… A la fin d’une journée de ski, je me suis abstenue de refaire du sport, et suis tout simplement allée me détendre dans la belle piscine intérieure, sous la verrière, avec remous et courant. Il est rare que des équipements publics soient d’un aussi bon standing, je vous recommande le Signal avec plaisir pour un moment de détente ou de sport en famille.

    Où dormir aux Saisies ? Une location de standing, MMV Chalets des Cimes

    J’ai eu le plaisir de tester la résidence locative flambant neuve MMV Chalets des Cimes, au sommet du village des Saisies. Si vous êtes en recherche d’une location de vacances de très bon niveau, parfaitement équipée et avec d’excellentes installations aquatiques, ne cherchez plus loin. Moderne, design, bien agencée, elle a beaucoup d’atouts pour elle et mérite son classement 4*.

    J’étais installée dans un appartement très lumineux, orienté plein Ouest avec une vue incroyable sur le soleil couchant descendant derrière les montagnes du Beaufortain. L’appartement comptait 3 chambres et deux salles de bain, avec WC séparés, autant d’éléments appréciables quand on voyage en famille ou entre amis. Le salon était très grand et lumineux, avec un vaste balcon, et des installations conviviales : grande table, canapés confortables… Je me suis bien imaginée avec un groupe d’amis en week-end ici. On m’a précisé qu’il était possible d’emprunter gracieusement un appareil à raclette !
    Les draps et le linge de salle de bain étaient fournis, ainsi qu’un sèche-cheveux et un kit de produits d’entretien écologiquement responsables – pas de shampooing ou gel douche en revanche, prévoyez bien cela. La literie était confortable et les chambres bien chauffées. Il n’y a pas de petit déjeuner, mais vous pouvez commander pain, pains au chocolat et croissants à récupérer à la réception.

    Ce que j’ai préféré au MMV Les Saisies, c’est l’espace piscine et spa, qui vaut vraiment le détour. La piscine est de toute beauté, avec ses colonnes futuristes et sa vue superbe sur les montagnes. Elle est accessible à tous. En revanche, le spa est réservé aux adultes et disponible sur supplément, ce qui permet de préserver la quiétude. Il comprend un bassin d’eau chaude (merveilleux), un sauna et hammam et des espaces de détente tout de bois et de silence. J’ai adoré y finir la journée, nager tranquillement dans l’eau chaude et me reposer dans le calme.

    J’ai été totalement convaincue par la résidence, juste un petit bémol à noter : elle n’est pas au pied des pistes, mais au sommet de la station, ce qui vous forcera soit à marcher une quinzaine de minutes, soit à reprendre votre véhicule – ce qui peut ne pas être parfaitement pratique si vous avez de jeunes enfants.

    A titre personnel, je préfère toujours les hôtels aux résidences, parce que j’aime être chouchoutée, avoir le buffet de petit déjeuner, les peignoirs et les petits flacons de shampooing, mais si vous recherchez une belle location, n’hésitez pas – d’autant que Les Saisies n’ont pas d’hôtel de luxe (pas d’hôtel 4* ou de 5* sur la station), et que les superbes équipements aquatiques du MMV sont les meilleurs du village.

    Un resto maître-restaurateur : Les Arcades

    C’est un restaurant charmant, à la décoration touchante : deux collections s’y croisent, les carafes ouvragées et les petites vaches (en porcelaine, en céramique…), toutes deux héritages de grand-mères tendrement aimées. La cuisine est soignée, locale et faite maison, comme le promet le label Maître Restaurateur, en qui j’ai totalement confiance car il promeut la cuisine artisanale, contre le surgelé et l’uniformisation du goût. Le service est soigné et le repas d’excellente facture, je me suis régalée.

    C’est ici que s’achève mon séjour savoyard, dans une station dont le cadre naturel exceptionnel m’a impressionnée. A suivre sur Itinera Magica : Morzine, la Chartreuse, le Jura, un concours pour gagner deux nuits dans un beau spa en Provence, les îles Féroé… Inscrivez-vous à la newsletter ?

    Les Saisies en Savoie : ski et activités outdoor dans un cadre exceptionnel.
    Epinglez moi !

    Merci à l’office de tourisme des Saisies pour cet accueil et de m’avoir permis de découvrir tous les charmes de la station !

  • Le Vercors en hiver : la grande aventure


    Chiens de traîneau en Vercors, randonnée hors-piste dans des paysages éblouissants, expériences insolites au pied des montagnes mythiques… les montagnes du Vercors en hiver, c’est l’aventure authentique. Ce massif préservé, véritable forteresse de falaises et de sapins, a un air de Laponie à deux pas de Grenoble et de Valence. Et le ski n’est pas en reste. Après avoir longuement randonné dans le Vercors en été, je suis revenue en janvier pour expérimenter l’épopée hivernale.a Sauvage, secret, brut, le Vercors séduira les aventuriers. On évolue au cœur d’un parc naturel régional qui tient à son identité si singulière. Pour goûter les Alpes autrement, je vous propose une série d’expériences à vivre et de choses à voir dans le Vercors en hiver.

    Chien de traîneau à Vassieux en Vercors
    Ski de randonnée à Autrans
    Ski alpin à Villard-Corrençon
    Yooner à Gresse-en-Vercors

    Des chiens de traîneau en Vercors : le grand nord dans nos Alpes

    C’est une expérience qui m’a marquée. J’ai quitté ma Drôme provençale par les petites routes par un matin brumeux de janvier. Cap sur les montagnes du nord, sur ce Vercors drômois qui incarnait à mes yeux le summum de l’aventure et du danger quand j’étais petite. Peu à peu l’altitude augmente, les premiers contreforts du Vercors apparaissent. Ce massif, c’est une forteresse, un château de falaises abruptes. Je me sens un peu comme Frodo marchant vers le Mordor.


    Dans le brouillard, j’arrive à Vassieux-en-Vercors, chez Jiri alias Esprit du Nord. Et là, j’ai un choc. Je ne suis plus dans la Drôme. Je suis revenue en Laponie. Face à moi se trouve un village de kotas, ces cabanes si typiques de la Laponie finlandaise que je reconnais immédiatement, pour y être allée l’hiver dernier. Il y a aussi des tipis, l’ambiance est bluffante. Et partout, des huskys. Je suis dans le grand nord.


    Le musher, c’est Jiri, prononcez Yoraï. Il est d’origine tchécoslovaque (il insiste là-dessus : il a quitté le pays avant la partition, il n’est donc ni tchèque, ni slovaque, il est tchécoslovaque et c’est comme ça), et cela fait plus de vingt ans qu’il s’est installé ici pour vivre sa passion du chien de traîneau dans le Vercors drômois.
    Nous partons dans les bois. Les chiens sont surexcités, comme toujours au moment du départ : impatients de bondir. Le traîneau s’élance et voilà que commence ma grande aventure nordique, ma plus belle expérience de chien de traîneau à ce jour.

    Où faire du chien de traîneau dans les Alpes ?

    C’est une question qui revient souvent dans les messages que je reçois : quel est le meilleur endroit pour faire du chien de traîneau dans les Alpes ? Plusieurs stations ont développé l’activité et je la trouve très sympa. Mais à ce jour, je répondrais sans aucune hésitation : chez Esprit du Nord, à Vassieux-en-Vercors. Pourquoi ?
    Parce que Jiri dispose d’un espace immense, peut-être le plus grand des Alpes pour pratiquer le chien de traîneau. Il n’est pas coincé entre deux pistes, comme c’est le cas dans beaucoup de stations, il peut vous emmener sur des chemins immenses, en forêt, sur les hauts plateaux, au cœur de vallées secrètes. Vous pouvez faire du chien de traîneau pour une journée complète sans repasser par les mêmes chemins, ce qui est vraiment exceptionnel dans les Alpes. Ce n’est pas pour rien que de nombreux mushers se sont installés dans le Vercors drômois (il y a quelques années, c’est là que l’explorateur Nicolas Vanier avait établi son camp) : ce massif très préservé, très peu urbanisé, protégé par la dénomination de parc naturel, est un terrain de jeu exceptionnel pour les aventuriers. L’immensité de l’espace, la variété des paysages… tout enchante. Je vais vous dire en toute sincérité, ma journée de chien de traîneau en Vercors m’a encore plus plu que celle que j’avais vécue en Laponie finlandaise ! La variété des paysages, entre forêts et reliefs, plateaux et vallées, sapins et grands espaces, m’a enchantée. Tout était d’une beauté rare.


    Deuxième raison : parce que Jiri dispose d’infrastructures exceptionnelles. Il a créé un véritable village de kotas finlandaises chez lui à Vassieux, dont je vais vous parler davantage.
    Lors des sorties en forêt, il vous fait déjeuner dans des cabanes forestières en pleine nature, exactement comme dans le grand Nord. Nous nous arrêtons à midi en forêt, Jiri sort les ravioles de Royans (spécialité de la région), le fromage, la charcuterie, le vin d’Alsace. Il cuit les ravioles dans l’eau frémissante et nous déjeunons au cœur des bois, comme en Laponie. L’expérience est fabuleuse.

    Troisième raison, la meilleure de toutes : parce que Jiri adore ses chiens et les traite vraiment bien. Pas de petites cages ou de chiens en laisse attachés à leur niche, comme je l’avais vu à Ilulissat au Groenland . Ici les enclos des chiens sont vastes et bien aménagés, les chiens restent ici jusqu’à leur mort, et Jiri les connaît par cœur. Vous sentez chez lui une vraie passion et un vrai amour de ses animaux. Esprit du Nord développe d’ailleurs nombre d’activités d’été pour occuper les chiens même en l’absence de neige : cani rando, cani trottinette, husky kart… En toute saison, cela vaut le coup d’y faire un tour.
    Dernière raison : parce qu’il vous associe au mushing. Toutes les autres fois où j’ai fait du chien de traîneau, j’étais assise dans le « berceau », au milieu du traîneau, totalement passive. Avec Jiri, vous êtes avec lui, à l’arrière du traîneau, à pousser dans les montées, déplacer le poids dans les virages, prendre de la vitesse dans les descentes… c’est beaucoup plus sportif et fun.

    Dormir dans un kota finlandais au cœur du Vercors

    Après l’aventure en chien de traîneau, il est aussi possible de passer la nuit chez Esprit Nordique, en kota ou en tipi. La sensation d’être dans le Grand nord se renforce… je me sens très loin du monde, et il ne me manque que les aurores boréales pour me croire chez les Sami.

    Quand le soir tombe, il est temps de prendre possession de ma kota. Il n’y a pas de salle de bain ou WC dans la kota, mais un espace commun au sein de la maison de Jiri. (Pensez à prendre une serviette de bain, et un sac de couchage.) Après m’être douchée, je rejoins ma cabane nordique, qui est spacieuse et confortable. Jiri me montre comment allumer le feu et m’apporte mon repas. Je dîne à la lumière du feu et des petites lampes d’appoint, sans électricité mais baignée d’une douce quiétude. L’atmosphère est extraordinaire. Je m’inquiète de la température, mais heureusement, un chauffage d’appoint maintient une douce tiédeur -je n’aurai pas à me relever pour alimenter le feu. Je dors paisiblement, avec le souvenir des contrées lointaines.

    Le ski de randonnée nordique en Vercors, la révélation nature

    Voici venue l’autre grande aventure nordique de ce séjour, mon autre épopée après les chiens de traîneau. Le Vercors est un massif qui permet ce genre d’évasion radicale. C’est un massif hors normes, qui respire la liberté. On peut le traverser d’un bout à l’autre par les hauts plateaux, dans une solitude vertigineuse : cela s’appelle la Grande Traversée du Vercors et c’est une des plus belles randonnées de France. L’été vivent des troupeaux de chevaux en totale autonomie et sans barrières sur les alpages. Bien après les temps douloureux de la résistance, le Vercors continue de signifier liberté – mais dans un sens autrement plus léger et joyeux. C’est ici le paradis des sports outdoor, et rien ne me l’a davantage montré que cette extraordinaire journée de ski de randonnée nordique au-dessus d’Autrans-Méaudre.

    Je suis désormais rejointe par ma grande amie et éternelle complice des aventures montagnardes, Marion alias La Faute au Graph. Elle restera avec moi pour deux jours, à Autrans puis à Corrençon. Comme toujours, nous nous photographions l’une l’autre, nous échangeons nos photos, et toutes les photos de moi prises pendant ces deux jours sont des photos prises par Marion. Merci pour ces souvenirs magiques !

    Le ski de randonnée nordique, qu’est ce que c’est ? Contrairement aux apparences, ce n’est pas la même chose que le ski de randonnée tout court (qui ressemble, lui, davantage au ski de fond). C’est à mi chemin entre le ski de randonnée et les raquettes. Votre talon est libre, vous avez des bâtons, vous êtes chaussés de chaussures qui ressemblent plus à des chaussures de rando qu’à des chaussures de ski. Vous pouvez marcher sur le plat, gravir des pentes ou gérer des petites descentes. Bref, vous êtes extrêmement libre et polyvalent. Vous pouvez passer partout, ou presque. Vous partez hors piste et créez votre propre trace, inventez des sentiers au milieu des sapins. C’est un ski d’immersion complète dans la nature, et qui sied parfaitement au Vercors : liberté, aventure, nature, il incarne toutes ses valeurs.

    Nous sommes à Autrans-Méaudre, jolie station au cœur du massif du Vercors. Et notre accompagnateur pour cette journée magique, c’est Régis, le grand spécialiste du ski de randonnée nordique et fondateur d’Aventure Nordique, boutique spécialisée dans le matériel d’itinérance : skis de randonnée nordique, matériel de bivouac hivernal, pulkas, il a tout pour les aventuriers d’ici et de très loin. Il est impliqué dans des tas de projets d’itinérance en Vercors, de grands raids et treks qui donnent au Vercors des allures de petite Laponie des Alpes. C’est un vrai passionné, et Marion et moi sommes dans d’excellentes mains.

    Nous partirons pour six heures de ski de randonnée nordique, loin des pistes, au cœur de la nature sauvage. Comment vous raconter la pureté, la magie de ces six heures hors du temps ? Je crois qu’il faut laisser parler les photos. Marion et moi nous souviendrons toute notre vie de cette journée. Nous commençons aussitôt notre immersion au milieu des sapins gainés de neige, dans un décor de pure féerie. Nous cheminons en direction d’un point de vue inoubliable : en bord de falaise, nous surplombons Grenoble. La capitale des Alpes s’offre à nous, rayonnante dans ce matin clair de janvier, et je n’ai jamais trouvé Grenoble plus belle. C’est un panorama impérial, Régis a fait de nous les reines du Vercors pour quelques instants.

    Puis d’autres points de vue s’enchaînent. Je perds la notion de l’espace sur les hauts plateaux enneigés, mais nous sommes guidées avec sûreté jusqu’au refuge des Feneys. Je suis tombée amoureuse de cette maison colorée au milieu de nulle part. Pendant la guerre, ce fut un abri de résistants, une maison pour les courageux soldats de la liberté. Aujourd’hui, c’est un refuge ouvert toute l’année, chaleureux et accueillant, où on mange merveilleusement bien. Soupe de tomate et de pomme (oui, oui), ravioles de Royans, tarte à la framboise, tout est fait maison et délicieux, surtout après de tels efforts.

    Régis nous réserve encore un éblouissement : le plateau de la Molière, fabuleux point de vue sur les hauts plateaux d’où les Alpes toutes entières s’offrent à nos yeux, du Mont Blanc aux Écrins. On se répète, Marion et moi, combien nous aimons nos montagnes françaises. Le jour descend, et nous cheminons vers Autrans au milieu des épicéas, dans une lumière toujours plus dorée. Cette journée fut plus belle encore que mon imagination. Merci, Régis.

    Le ski en Vercors : le domaine de Villard-Corrençon

    Le plus grand domaine skiable du Vercors ? C’est celui de Villard-Corrençon : 130 km de pistes d’excellente qualité, pour tous les niveaux, des familles aux riders de l’extrême. J’y ai beaucoup skié adolescente, et j’apprécie énormément ce domaine, car il combine un côté familial et préservé avec la qualité du ski. Le domaine est extrêmement boisé, on skie au milieu des sapins, rien ne fait « usine », mais les pistes sont excellentes. J’ai personnellement toujours préféré le côté Corrençon, car c’est un vrai village de charme (tandis que Villard est aménagé façon années 70, avec des barres), et cela tombe bien : nous commençons de ce côté là. On peut passer d’un village à l’autre à ski, se promener toute la journée sur ce vaste domaine très varié. La vue sur les sommets est superbe et les sapins, complètement englués dans la neige, ce qui crée des décors fantastiques. C’est un bonheur de skier dans de telles conditions.

    Le Vercors, terre de champions 

    Une rencontre avec Guillaume Ruel

    Je vous l’ai dit, le Vercors a quelque chose de spécial et le cultive. Je m’en convaincs davantage encore en discutant avec Guillaume Ruel. Guillaume Ruel, c’est un grand champion de freeride – vous savez, ce ski hors-piste spectaculaire où on voit les athlètes dévaler des barres rocheuses en faisant fi de la gravité. Il vient du Vercors, s’y entraîne, et ses nombreux titres rejaillissent sur le prestige du massif, comme ceux de nombreux autres athlètes. Il nous explique que le Vercors soutient beaucoup plus ses athlètes que la majorité des massifs français : les champions ont droit à un VRAI soutien logistique et financier, à un sponsoring efficace qui leur permet de faire leur saison dans de bonnes conditions, de participer aux grandes compétitions internationales. A cela s’ajoutent d’excellentes infrastructures, notamment des sport-études réputés, des centres d’entraînement de grande qualité, la proximité des grands aéroports et lignes TGV… C’est pour cela que la famille Fourcade, par exemple (Marcel, Martin et Simon, les biathlètes de renom), a quitté les Pyrénées pour s’installer dans le Vercors. Guillaume Ruel nous parle de cet activisme pro-sportif du Vercors, du soutien réel des collectivités à leurs athlètes, mais aussi de l’amélioration de la politique de gestion des avalanches, cruciale à son sport. On parle sécurité, équipements, prévention. Malheureusement, Marion et moi n’avons pas le niveau pour partir suivre Guillaume en freeride, nous nous contenterons de skier avec lui sur le beau domaine de Villard-Corrençon.

    Guillaume Ruel, champion de freeride, aen action. Photo Guillaume Ruel


    Mais le soir, on reste entre les mains des champions…

    Ze Camp : l’hôtel des champions (et des autres)

    Ze Camp, c’est un projet hôtelier absolument inédit qui a vu le jour à Corrençon-en-Vercors, et qui va continuer à renforcer le prestige sportif du Vercors. Nous avons été très heureuses et honorées de faire partie des toutes premières à tester cet hébergement hors-normes. ZeCamp, c’est un hôtel pour les sportifs, créé par deux champions olympiques, Marie Dorin et Robin Duvillard. Parce que le Vercors attire de plus en plus d’athlètes venus s’entraîner, non seulement dans le domaine de la montagne mais aussi de la course, du football, des sports collectifs, etc, l’idée a germé : il fallait créer un hôtel adapté aux besoins des sportifs.
    ZeCamp est situé dans une zone forestière sur les hauteurs de Corrençon-en-Vercors, et se fond au paysage avec sa structure tout de bois. Le cadre est superbe, et invite à se concentrer sur soi. On y trouve tout ce dont l’athlète a besoin pour se maintenir en forme : une VRAIE grande salle de fitness, avec du matériel professionnel, tapis de courses spéciaux, tous les types de poids, haltères et kettlebells, des machines spécifiques, un espace d’entraînement extérieur pour se muscler en plein air, mais aussi un espace de récupération : un bain froid pour une séance de cryothérapie, un box de massage…
    Les chambres sont à la fois simples et confortables, cultivant cet esprit rustique boisé, entièrement ouvertes sur l’extérieur avec une magnifique coursive pour savourer le lever du soleil sur son balcon. Nous avons adoré l’espace de détente au coin du feu, avec fauteuils suspendus et canapés, pour se reposer après une journée sportive. Le restaurant propose une cuisine saine, équilibrée et fraîche, avec un chef dévoué au 100% fait maison.
    L’hôtel est ouvert à tous, que vous soyez sportif ou non. Vous pouvez tout à fait venir en famille bénéficier du cadre naturel et chaleureux, ou avec votre club de sport pour un entraînement montagnard. Le rapport qualité-prix est très avantageux et les prestations excellentes. Cette initiative m’a vraiment enthousiasmée, moi qui adore les projets hôteliers innovants mettant en valeur le made in France !

    Gresse-en-Vercors : beauté et insolites au pied des montagnes mythiques du Vercors

    Mon séjour dans le Vercors s’achève par une étape que j’étais très impatiente de découvrir : Gresse-en-Vercors, un des plus beaux villages du Vercors. Je suis passée de « l’autre côté » du massif : moi qui suis Drômoise, je n’avais pas souvent eu l’occasion de venir à Gresse, car le village n’est pas accessible facilement depuis le versant drômois, il faut passer par Grenoble et aborder le massif par son côté Est. En revanche, la station est très facilement accessible pour les Grenoblois.
    Gresse-en-Vercors et Chichiliane sont les deux villages qui ont la chance d’abriter les montagnes mythiques du Vercors : le Grand Veymont, point culminant du massif à 2300 mètres, et surtout, le beau, le merveilleux, le sculptural Mont Aiguille, ma montagne préférée au monde. Marion et moi étions parties de Gresse l’été dernier pour réaliser notre sublime randonnée-bivouac sur les hauts plateaux du Vercors, où nous avions dormi face au Mont Aiguille trônant dans sa mer de nuages. Cette région du Vercors qu’on appelle le Trièves est une des plus photogéniques.
    Dès que j’arrive à Gresse-en-Vercors, je suis saisie par la beauté du village : l’église majestueuse, le cœur de ville ancien et charmant, se détache sur un décor d’aiguilles magnifiques. L’église date du XIIIe siècle, et elle a ce style si caractéristique du Dauphiné que j’adore, avec sa tour carrée, son clocher sombre où vivent des chauve-souris protégées, sa robustesse montagnarde alliée de délicatesse gothique. Derrière elle, ce sont les plus belles montagnes du Vercors. Je n’ai pas eu de chance avec la météo : j’ai exploré le domaine skiable de Gresse dans un brouillard épais. Mais sachez que par beau temps, on skie à Gresse avec une vue imprenable sur le Grand Veymont et, au sommet du domaine, le Mont Aiguille, et que c’est d’une beauté rare. Je regrette de ne pas avoir pu saluer ma montagne chérie du haut des pistes, mais je reviendrai à Gresse un de ces jours ! Je me suis donc concentrée sur d’autres activités que le ski. Et cela tombe bien, Gresse a beaucoup à offrir.

    Insolite : le sauna des neiges

    Imaginez la scène. Mon programme spécifie que je vais participer à une séance de « sauna itinérant », et je ne sais absolument pas à quoi m’attendre. J’appelle le prestataire, qui me donne rendez-vous à 18h : « je me suis installé au pied des montagnes ce soir, continuez au-delà des remontées mécaniques jusqu’au bout du chemin, vous allez me voir ». Je chemine dans la nuit sous les étoiles brillantes. Et soudain, au bout du bout, je tombe sur un chemin de torches avec, au fond, une roulotte, une yourte, des chaises longues, un feu allumé. J’ai l’impression d’être tombée au milieu d’une cérémonie ésotérique. Tout ceci est tellement étrange et dépaysant.
    Sauna Sphère, c’est un concept insolite très original, inspiré du grand nord. Un dôme géodésique, à l’armature de bois, peut être bâti n’importe où. Il est ensuite entièrement isolé avec des tapis et peaux, comme en Laponie. Ce dôme géodésique retient parfaitement la chaleur et devient un sauna. On y entre dans une obscurité totale, et reste environ 30 minutes dans l’obscurité et la chaleur, à transpirer dans le silence. Quand le dôme est recouvert de neige, on a l’impression étrange que le sauna est un igloo.
    Puis on sort dans la neige. On vous verse un seau d’eau froide dessus (j’ai hurlé, j’avoue que je ne referais pas cette partie-là), et vous vous enveloppez dans un peignoir. Vous restez sur les transats au coin du feu, dans cette atmosphère incroyable. On vous sert un verre de chartreuse. C’est comme une cérémonie d’initiation sous les soleils.
    Tout est fourni : peignoirs, serviettes, chartreuse. Vous vous changez au chaud dans la caravane. Une expérience de sauna en plein air inédite ! Peut-être pas la plus reposante, mais sans aucun doute la plus nature et originale, dans le cadre exceptionnel des montagnes du Trièves…

    Insolites des neiges : le fatbike et le yooner

    J’ai rdv chez Grillet Sports, un super magasin qui propose tout un tas d’activités originales pour goûter à la neige autrement. Deux activités au programme pour moi : fatbike et yooner.

    On commence par le fatbike. C’est un énorme vélo aux roues épaisses, capable d’aller sur tout terrain, y compris dans la neige. On part en randonnée autour du joli village de Gresse, dans de beaux paysages enneigés, entre rivières, fermes, et montagnes au loin. C’est très beau et j’aime beaucoup ce principe de randonnée à vélo en hiver. Mais je dois formuler une mise en garde importante : un fatbike SANS assistance électrique, comme celui que j’avais, c’est très dur. C’est lourd, chaque petite montée est un gros effort cardio, et pourtant je ne suis pas du tout en mauvaise condition physique. Mais pédaler en montée dans la neige molle, c’est vraiment éprouvant. Je pense que j’aurais ADORE cette activité si j’avais bénéficié d’une assistance électrique, comme ce que j’avais testé avec Marion l’été dernier, et que cela aurait changé l’activité. Bref, je vous encourage vraiment à tester cette activité, mais à ne pas faire les fiers et à choisir l’option assistance électrique. Vous profiterez de la forêt, de la neige et des rivières, sans vous épuiser totalement.

    On passe à une activité que j’ai adorée, mon coup de cœur imprévu. Je n’ai jamais trop aimé la luge, que je trouve casse-gueule et difficile à contrôler. Je ne pensais donc pas aimer le yooner, une sorte de luge rapide qui ressemble un peu à une vespa des neiges sans moteur. Verdict ? J’ai ADORE. Vraiment. Je suis devenue ultra fan du yooner et je compte en refaire sans tarder. Le yooner est beaucoup, beaucoup plus maniable et précis qu’une luge classique. C’est comme avoir un petit scooter des neiges. On comprend assez vite le truc, après quelques gamelles non douloureuses au début. Et une fois que vous maîtrisez, vous pouvez partir sur les vraies pistes. Avec la joyeuse équipe de Grillet Sport et Gresse Tourisme, nous sommes partis comme une bande de potes à l’assaut du domaine. Nous avons descendu sans souci plusieurs pistes bleues et je me suis vraiment éclatée. Nous avons descendu sans souci plusieurs pistes bleues et je me suis vraiment éclatée. J’ai eu l’occasion de refaire de la luge de descente cet hiver et je vous confirme mon ressenti : je trouve le yooner beaucoup plus maniable, beaucoup plus fun, beaucoup plus agréable. Si vous avez l’occasion de tester, foncez !

    Deux bonnes adresses à Gresse-en-Vercors

    Grenoblois et lyonnais en quête d’un week-end romantique à la neige, allez à Gresse. C’est beau, il y a plein de choses à faire, et j’ai deux super adresses à vous recommander.

    Je commence par un hôtel qui correspond parfaitement à tout ce que j’aime : l’hôtel Le Chalet. C’est un hôtel 3* supérieur de charme, avec de belles chambres spacieuses et décorées avec goût, de grandes salles de bains confortables et tout ce qu’il faut pour un séjour romantique à la montagne. J’ai adoré l’ambiance de cet hôtel élégant, et l’accueil vraiment chaleureux de la famille Prayer, qui le gère. Et le grand atout de l’hôtel, c’est son restaurant, labellisé Maître Restaurateur. Si vous me lisez souvent, vous savez que je milite pour ce label : il est attribué par les services de l’Etat après inspection préfectorale, ce qui signifie son sérieux, et il va de pair avec circuits courts, fait-maison, refus du décongelé, produits locaux, recettes traditionnelles. Bref, c’est un label de gastronomie française soignée et authentique. Je n’ai à ce jour jamais été déçue par un restaurant Maître Restaurateur, et le Chalet a continué sur cette belle lancée. Tout était parfait, du cadre – très belle déco à la fois montagnarde et aérée – au dessert, la spécialité de la maison : le chef est un pâtissier hors pair. Tout était absolument délicieux. Je me suis régalée et je recommande vivement l’établissement !

    J’ai encore une autre belle adresse à vous recommander : un restaurant super chaleureux et bien décoré, La Chicholière. Moi qui suis kitsch dans l’âme et qui adooore la déco montagnarde traditionnelle, avec raquettes, cloches et chamois en bois sculpté, j’étais servie. L’ambiance était géniale. On sert une cuisine régionale typique, bien exécutée. C’est bon et ça réchauffe après une journée de neige.
    La Chicholière fait aussi chambre d’hôtes, mais je n’ai visité que le restaurant.

    D’autres choses à faire dans le Vercors

    Mes lecteurs fidèles le savent, le Vercors est mon massif à moi, mon coup de cœur depuis l’enfance. J’y viens souvent et je l’ai beaucoup parcouru. Si vous cherchez des idées version été, je vous recommande ces trois autres articles :

    Cascades et sources secrètes : le Vercors au fil de l’eau

    La plus belle randonnée de ma vie : explorer le Vercors à pied et à cheval, sur les hauts plateauxhttps://www.maxime-baude.fr/randonnees-vercors-ete/

    Le Vercors version aventure : tous les sports outdoor autre que la rando, du parapente à la spéléologie en passant par l’escalade, le vélo électrique, la pêche…

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors

    Il me reste des coins à explorer, notamment Chichiliane ou le cirque d’Archiane. Il me faudra revenir encore. Eté comme hiver, le Vercors est un bol d’oxygène et de liberté rare, un petit joyau de nature entre Drôme et Isère. Venez dans le Vercors, faire du chien de traîneau, du ski de randonnée nordique, du yooner, du ski, de la randonnée, du cheval, du parapente, de la spéléologie… vous ne le regretterez pas.

    Merci à la Communauté de Commune du Vercors, à Gresse-en-Vercors, au Parc Naturel Régional du Vercors, et tout particulièrement à Inspiration Vercors et à Cécile, pour leur soutien et leur confiance renouvelée. Merci à tous les partenaires cités pour leur accueil. Merci Marion pour ces deux jours avec toi, tu es mon aventurière préférée. Vercors, décidément, je t’adore…

  • Les Dolomites à l’automne : road trip flamboyant

    On dit souvent des Dolomites qu’elles comptent parmi les massifs les plus spectaculaires et saisissants des Alpes. Mais c’est à l’automne que je les aime le plus, embrasées par un incendie de mélèzes dorés, rougies par la saison de toutes les flamboyances. Je vous propose une promenade photographique dans les Dolomites à l’automne, un road trip au hasard des lacs et des pics, pour célébrer le beau mois d’octobre, et vous dire tout mon amour pour le pays éternel des Alpes.

    Découvrez les Dolomites à l'automne.
    Au coeur des Dolomites à l’automne.

    Découvrez les Dolomites à l'automne.
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    Découvrez les Dolomites à l'automne.
    Les célèbres Drei Zinnen ou Tre Cime di Lavaredo.

     

    Découvrez les Dolomites à l'automne.
    Lago di Braies

    Alpenland, le pays des Alpes
    Les Dolomites à l’automne – Les Dolomites en octobre – L’automne dans les Dolomites

    Je me demande parfois pourquoi personne n’a eu l’idée d’élever les Alpes au rang de religion. Chaque sommet serait un Dieu et chaque alpage, chaque vallée, chaque virage, chaque col son autel, et les randonneurs et alpinistes autant de pèlerins en dévotion venus vénérer le sublime et le mystère. Il y a des millénaires, à ces époques révolues que la marée des siècles a dévorées, nos ancêtres celtes le savaient déjà : le mot « alp » évoquait un monde de lumière, un monde supérieur, où vivraient les Dieux dans ces hauteurs menaçantes interdites au commun des mortels. Les Alpes ont toujours été des lieux hors du monde, royaumes du sublime, du vertige ou de la mort, qu’on évitait à moins de chercher Dieu ou sa destinée.

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    Mystère terrifiant des cimes. Ici les Cinque Torri.

    Si vous avez lu mes articles sur Chamonix, le Vercors ou encore les plus beaux lacs de Bavière, vous savez que les Alpes sont à mes yeux un des lieux les plus magiques, les plus précieux qui existent sur Terre.
    Au-delà de leur beauté, c’est aussi leur statut de cœur de l’Europe qui me fascine, à la fois barrière et trait d’union. Les Alpes courent sur six pays, huit si vous comptez Monaco et le Liechtenstein : France, Suisse, Italie, Allemagne, Autriche, Slovénie. Nombre de sommets sont transfrontaliers : au Mont Blanc, on est d’un côté en France, de l’autre en Italie, au Zugspitze, d’un côté en Allemagne, de l’autre en Autriche… Les arrêtes tranchantes rompent et emmêlent les frontières, les barrières culturelles se brouillent dans les blizzards des cimes. Au cœur des aiguilles effilées, quelle loi s’applique, quelle langue parle-t-on, quelle police ira faire régner l’ordre ? Quelle armée ira assoir sa souveraineté sur les glaciers à plus de 4000 mètres d’altitude ? La montagne est un monde à part, gouverné par ses lois propres et souverainement indifférente à celles des hommes des plaines.
    Au cours de l’histoire, les régions alpines changent sans cesse de maître, sans que les ermites, les chamois et les edelweiss puissent en être informés. Une région passe sous le contrôle du pays voisin, mais les Alpes restent des enclaves où le temps s’écoule autrement. C’est pour cela que nombre de bizarreries linguistiques persistent dans les Alpes. Dans le val d’Aoste, on est en Italie, mais on parle français ; dans le Tessin, on est en Suisse, mais on parle italien ; dans les Dolomites, on est en Italie, mais on parle allemand… L’histoire hoquète sur les cahots des routes alpines. Les Alpes ne connaissent pas les frontières. Elles ont leur propre culture, leur propre langue de glace, de soleil et de bois nu. J’ai vu tous les pays de l’arc alpin et j’ai retrouvé partout les mêmes traditions, le même type de coutumes, de maisons, de sculptures, de saints, de chants, de nourriture. C’est une petite Europe au sein de l’Europe, une Europe qui n’a attendu personne pour se savoir unie.

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    La croix et l’arrête – spiritualité alpine

    Les Allemands ont un mot magnifique pour désigner l’ensemble des régions qu’embrasse l’arc alpin : Alpenland, le pays des Alpes. Comme souvent, la langue allemande a raison. Oui, c’est bien un pays à part entière, préservé par le relief et la solitude du cours ordinaire des choses. Un pays dont je me sens profondément citoyenne chaque fois que je franchis le premier col et entre au cœur des Alpes. Qu’importe que je parle français, allemand ou italien, puisque le silence se fait quand le jour rouge vient mourir sur le miroir des cimes, comme quand on entre dans une église en messe. La langue des Alpes est neige et lumière, beauté et dévotion. Silence, la splendeur du monde se révèle…

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    Les Allemands nomment ce rose du couchant sur les sommets l’ »Alpenglühen » : littéralement, l’embrasement des Alpes.

    La plus belle église des Dolomites, à l’automne : Sankt Johann

    Vous l’avez sans doute vue mille fois sur Instagram, et pourtant sa beauté ne s’érode jamais : l’église Sankt Johann (en allemand) ou San Giovanni (en Italie) in Ranui, à Val di Funes. Dédiée à Jean, le plus fiévreux et prophétique des évangélistes, apôtre chéri de tous les mystiques, elle est isolée dans un écrin de sapins et de montagnes qui sied à son saint patron. Au-delà de son cadre grandiose, je l’aime pour ce qu’elle symbolise de la culture tyrolienne. La région des Dolomites, le Tyrol du sud, était autrichienne jusqu’à la première guerre mondiale, et le temps semble s’y être arrêté. L’église Sankt Johann, avec son bulbe ultra baroque, ses fresques colorées et trompe-l’œil sur le plâtre blanc, son intérieur de bois ouvragé, incarne à elle toute seule une aire culturelle bien précise.

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    Sankt Johann in Ranui, l’église baroque tyrolienne par excellence.

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    Seule et sublime au milieu de la plaine…

    Historiquement, le Tyrol était une vaste région culturelle s’étendant sur les pays qu’on nomme aujourd’hui Bavière, Autriche et Dolomites. Si vous connaissez les châteaux de Bavière, vous constaterez la ressemblance frappante entre Sankt Johann et la célèbre petite église au pied de Neuschwanstein, à Schwangau en Bavière. Le dialecte sud-tyrolien est d’ailleurs très proche du bavarois : c’est la même culture, mains jointes par-delà les sommets. La persistance de cette proximité me touche, car la culture tyrolienne est une des plus authentiques et emblématiques du pays des Alpes. C’est à elle qu’on doit le « jodl » (le chant des montagnes), les culottes de peau, et un art consommé de la sculpture sur bois. Aujourd’hui encore, dans l’art traditionnel alpin, les sculpteurs les plus doués et précis viennent soit d’Oberammergau (en Bavière), soit des Dolomites. Prenez le temps d’explorer le village autour de l’église – vous y retrouverez ces artisans talentueux, ces maisons sculptées, ce charme immense des Alpes tyroliennes. Juste à côté de l’église, l’hôtel Ranuihof vous accueille dans une maison traditionnelle tyrolienne, avec produits régionaux, fromages réputés et artisanat de qualité. C’est une adresse que je recommande pour une expérience tyrolienne à la fois authentique et confortable.

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    Au Ranuihof

     

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    Sublime solitaire…

    Road trip et randonnées dans les Dolomites à l’automne

    Ce que j’ai aimé par-dessus tout dans les Dolomites à l’automne, c’est juste le plaisir de rouler, sans but et sans précision, au gré des virages. La beauté de la saison est si évidente, si lumineuse, que chaque vision mérite l’émerveillement. Je me suis laissée porter au bonheur des Dolomites. Mais pour vous, je tente de citer quelques lieux précis.
    J’ai particulièrement aimé la route du Passo Falzarego, avec ses courbes adorées des motards et le paysage magnifique au sommet du col, avec son église solitaire et son hôtel de voyageurs.

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    Au sommet du col.

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    Virages étroits.

    J’ai adoré rouler sur l’Alpe di Siusi, l’alpage de plus haute altitude d’Europe, et trouver ces villages où on parle encore le ladin, une des langues oubliées des Alpes.

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    Une des routes les plus célèbres, c’est celle qui mène aux pics emblématiques des Dolomites, les Tre Cime di Lavaredo ou Drei Zinnen. Attention, elle est située au cœur d’un parc national et payante (une trentaine d’euros), mais je trouve qu’elle mérite cette dépense – je dois avouer que j’ai autant aimé la route menant aux trois sommets, avec sa myriade de lacs sublimes, notamment le lac de Misurina, que la randonnée en elle-même.

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    Sur la route des Drei Zinnen.

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    En marche vers eux.

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    Les 3 Zinnen ou Tre Cime.

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    Parmi les autres aiguilles célèbres, on citera encore le groupe dit de Rosengarten, et les Cinque Torri. Comme les Tre Cime, ces sommets sont emblématiques des Dolomites car géologiquement archétypiques : il s’agit de pierre claire, presque blanche et très friable, ce qui favorise la création de ces formes effilées, de ces arrêtes affinées par les effondrements successifs. La roche des Dolomites est toute sa richesse, elle a sculpté ces paysages de carte postale. La randonnée des Cinque Torri est facile et belle, j’ai adoré faire le tour de ces cinq pics majestueux.

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    Autour des Cinque Torri

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    Mais j’avoue avoir encore davantage aimé un monde moins minéral, plus boisé, plus humide. Ce que j’ai préféré dans les Dolomites à l’automne, ce sont les lacs.

    Les lacs des Dolomites à l’automne : splendeur et mise en garde

    Ils font partie des incontournables absolus de tout voyage aux Dolomites : ses lacs, ses lacs miroir où se reflètent les sommets lunaires et les forêts chatoyantes, ses lacs qui décuplent le ciel et les montagnes.

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    Lago di Braies.

    Les couleurs de l’automne rendent la peinture plus belle et colorée encore. Mais je me dois aussi de vous mettre en garde : l’automne vide les lacs des Dolomites et vous risquez d’en trouver certains presque à sec. Il s’agit de lacs issus de la fonte des neiges et des glaciers, dont le niveau d’eau maximal est atteint au début de l’été. Fin octobre, date de mon voyage, nombre de lacs étaient presque vides. C’était au Lago di Sorapis, connu pour sa couleur bleu laiteuse extraordinaire, que l’effet s’est le plus fait ressentir : ce n’était plus un lac, c’était une flaque, presque entièrement à sec. Après 3h de randonnée, inutile de dire que c’est un petit peu décevant, même si la randonnée elle-même était de toute beauté, avec ses balcons surplombant la forêt multicolore.

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    Le Lago di Sorapis, presque vide.

    Si vous voulez vérifier le niveau d’eau des lacs des Dolomites au moment de votre voyage, je vous conseille d’utiliser Instagram : cherchez parmi les localisations le lac qui vous intéresse, et regardez les photos les plus récemment postées. C’est la meilleure façon d’avoir une image en temps réel. C’est comme cela qu’après la déception du Lago di Sorapis, j’ai renoncé à faire le détour pour aller voir le Karersee ou Lago di Carezza, sublime en été mais pratiquement vide au moment de mon séjour.
    En revanche, l’iconique Lago di Braies ou Prager Wildsee n’était pas affecté. Avec ses barques, ses cabanes et son reflet parfait, ce lac est souvent cité parmi les plus beaux lacs des Alpes. Mon budget était serré au moment de ce voyage, mais si vous pouvez vous le permettre, je vous conseille absolument de dormir à l’hôtel Lago di Braies, hôtel historique et luxueux au-dessus du lac. Cela rendra votre séjour encore plus romantique et idyllique, surtout si vous venez hors saison : en été, ce lac est pris d’assaut, mais fin octobre, il n’y avait presque personne. Les Dolomites à l’automne, c’est une bonne façon de se réapproprier une destination très touristique.

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    Vision iconique.

    Découvrez les Dolomites à l'automne.
    A ce que j’ai lu, les drones sont désormais interdits au Lago di Braies, et ce type de photos ne sont plus possibles.

    J’ai aussi adoré le Dürrensee ou Lago di Landro, le lac de Misurina, et d’autres lacs anonymes vus sur la route des Tre Cime. Je n’ai pas eu le temps d’aller voir un autre lac populaire et apparemment superbe des Dolomites, le Lago del Ghirlo, dans la province de Belluno.

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    Dürrensee ou Lago di Landro.

    Voir les couleurs d’automne dans les Dolomites : quand partir ?
    Octobre dans les Dolomites – Dolomites en octobre – Dolomites à l’automne

    Je suis venue dans les Dolomites la dernière semaine d’octobre, ce qui était un petit peu tard : les couleurs avaient dépassé le pic de leur flamboyance, nombre de feuilles étaient déjà tombées. Les dates varient d’année en année, en fonction de la sécheresse de l’été et de la précocité de l’hiver, mais de façon générale, je dirais que mi-octobre est la période idéale pour voir les couleurs d’automne dans les Dolomites. De plus, les prix auront déjà baissé, la saison touristique estivale étant terminée. Mais n’attendez pas novembre : les pluies de la Toussaint font souvent chuter les feuilles…

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    Fin octobre dans les Dolomites, sur le balcon menant au Lago di Sorapis

    Un hôtel pas cher dans les Dolomites à Cortina d’Ampezzo

    Je vous l’ai dit, je cherchais à ne pas trop dépenser lors de ce voyage, et j’ai été ravie de tomber sur un hôtel beau et confortable à 50 euros la nuit (tarif de fin octobre, hors saison) : le Sporthotel Pocol à Cortina d’Ampezzo. Cortina, ancienne station olympique, est idéalement située au cœur des Dolomites et permet de rayonner facilement dans le massif, avec le parc naturel des Tre Cime et le Lago di Braies à l’est, et le Puez Odle, le Val Gardena et le Val di Funes à l’ouest. Le Sporthotel Pocol est plus cher en été et en hiver (saison de ski), mais à l’automne, entre deux saisons, les tarifs tombent à 50 euros/nuit pour une chambre douillette et typique avec une vue sublime sur les montagnes. Un bon plan que je vous recommande.

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    Sporthotel Pocol, un hôtel bon marché dans les Dolomites.

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    Vue depuis la chambre.

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    Au resto de l’hôtel – ça parle allemand, mais on est un peu en Italie quand même 😉

    J’espère vous avoir donné envie d’explorer les Alpes à la plus belle saison. Vous connaissez mon amour des lacs de montagne – après avoir rêvé du Lago di Braies, je vous propose de continuer le voyage avec moi en découvrant le Königsee en Bavière et le lac de Côme  en Italie. Il manque à ma liste des plus beaux lacs des Alpes le lac d’Annecy en France et le lac de Bled en Slovénie, mais cela tombe bien, je compte vous parler des deux très bientôt. Inscrivez-vous à ma newsletter pour ne rien manquer ?

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    Mélèzes en feu

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    Lago di Braies

     

    Les Dolomites à l'automne : un road trip flamboyant parmi les lacs et les sommets des Alpes. #dolomites
    Epinglez-moi !

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  • Le Vercors en été : randos sublimes et pépites secrètes

    Derrière le beau nom de Vercors se cache une véritable forteresse minérale aux merveilles encore méconnues : savez-vous la hauteur des falaises, la majesté des hauts plateaux balayés par les vents, le relief dentelé des crêtes, la beauté des rivages, le secret des sources et des cascades ? Cet été dans le Vercors, j’ai fait les plus belles randonnées de ma vie, j’ai admiré des paysages d’une splendeur qui justifierait qu’on aille au bout du monde pour les découvrir, j’ai croisé bouquetins et marmottes, j’ai nagé dans des grottes secrètes et exploré des mondes souterrains. Quand on évoque la beauté des Alpes, les gens oublient trop souvent le Vercors, partent plus loin et négligent ce joyau qui n’attend que votre regard pour briller de mille feux. Le Vercors, j’en suis folle amoureuse. Je voudrais dans cet article vous raconter plusieurs randonnées dans le Vercors en été, et évoquer quelques escapades secrètes.

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Randonnées sublimes et paysages préservés dans le Vercors.
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Dans les airs ou sous la Terre, passion Vercors : ici les sublimes grottes de Choranche

    Randonnées dans le Vercors en été

    La plus belle randonnée-bivouac de ma vie : le Grand Veymont
    Randonnées dans le Vercors en été – plus belle randonnée vercors 

    Un des plus beaux souvenirs de mon année 2018 ? L’ascension du Grand Veymont et le bivouac sur les hauts plateaux du Vercors. Ce fut un moment de grâce inouï. Et cette magie, je la dois à mon amie Marion, alias La Faute au Graph.
    L’été dernier, j’étais partie randonner avec Marion à Chamonix, et j’y avais fait ma première expérience de bivouac, dans une « bulle » transparente face aux sommets des Drus. J’en gardais un souvenir émerveillé. Cette année, Marion m’a proposé de recommencer. C’est une fille de l’Isère – elle a grandi à Dionay, dans un paradis bucolique peuplé d’animaux heureux, et depuis sa maison d’enfance, on voit au loin les hauts plateaux du Vercors, et la silhouette majestueuse du Grand Veymont, le plus haut sommet du massif, trônant à 2341 mètres au-dessus des hauts plateaux. J’accepte avec enthousiasme. Je n’aurais jamais tenté cette aventure sans Marion, aller camper dans la solitude des alpages, et la présence de mon amie passionnée d’expériences outdoor m’ouvre les portes d’un nouveau monde.
    Au programme ? Faire l’ascension du Grand Veymont, dormir sur les hauts plateaux, redescendre le lendemain. Dans le parc naturel régional du Vercors, le bivouac est autorisé de 17h à 9h, à condition de respecter la nature et de ne laisser aucune trace de son passage. Le tracé de la randonnée que nous suivons est disponible sur Visorando.

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    En montant sur la crête du Grand Veymont.

    C’est difficile, je le savais : nous portons sur notre dos tente, matelas, sac de couchage, eau, nourriture et surtout un lourd matériel photographique (ah, le téléobjectif pour photographier les marmottes ! ah, le trépied pour photographier les étoiles ! ils m’arrachent des cris de putois et autres vitupérations contre mon obsession photographique coûteuse en kilos).

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Moi pendant la montée : « Marion, je te préviens, t’as intérêt à l’utiliser ce trépied ! » Moi sur place :  » Tout ça pour une photo ? » Moi en voyant la photo : « Ok Marion, t’avais raison, ça valait le coup de prendre ce p**** de trépied, je reconnais. » Photo Marion Carcel, La faute au graph.

    J’ai tenu, contre l’avis de Marion, à prendre une (petite) trousse à maquillage. J’ai failli la balancer rageusement à mi-montée dans les pierriers, mais un reste de conscience écolo (ou de vanité) a sauvé mon mascara d’une chute vertigineuse.

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Et au final, on ne voit même pas ma tête sur la photo que je préfère. Photo Marion Carcel – que je remercie TRES chaleureusement pour toutes les belles photos de moi !

    Oui c’est dur, 1000 mètres de dénivelé dans les cailloux, mais la beauté va crescendo. Au fil de l’ascension sur le Grand Veymont, les vues sur les vallées se font toujours plus grandioses, et nous entrons dans un univers minéral de bout du monde, seules dans l’immensité. Le vent hurle sur la crête, au sommet. Impossible de bivouaquer ici, dans ce monde de pente, de pierre et de bourrasque.

    La montée vers le sommet.

    Nous entamons la descente en lacets, et la végétation revient tandis que le jour descend. Des bouquetins apparaissent.

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Le moment magique : bouquetin et Mont Aiguille. Photo Marion Carcel.

    Nous redescendons jusqu’au Pas des Chatons, à 1880 mètres, un alpage herbeux et douillet. Nous faisons face au plus beau sommet du Vercors : le magnifique Mont Aiguille, éperon solennel que nimbent toujours des couronnes nébuleuses. Ce moment, je n’aurais osé en rêver. Nous allons dormir face au Mont Aiguille, seules au monde, folles de joie et ivres de beauté. Marion, déesse du bivouac parfaitement équipée, monte avec dextérité notre tente et déploie le matériel en quelques minutes. Toutes les douleurs du dénivelé s’effacent, ce moment est magique.

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    On a dormi là. Sur la crête, au niveau des arbres. Face au Mont Aiguille.
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    Dormir dans un tel décor…
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    Lit moelleux de fleurs sauvages (et comme Marion est super équipée, on a AUSSI des matelas.)
     

    Nous nous endormons en mangeant du Côte d’Or aux noisettes, et nous réveillons avec un lever de soleil prodigieux sur le Mont Aiguille émergeant d’une mer de nuages. Un bouquetin est venu dormir tout près de notre tente (profitant de la présence humaine pour échapper aux loups revenus sur les hauts-plateaux ?) et une famille entière de marmottes adorables jouent comme des chatons et nous laisse approcher tout près. Je suis extatique, mon cœur explose de bonheur. Et j’ai même pu remettre du mascara.

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Un réveil comme dans les films. Featuring mes cheveux emmêlés. Photo Marion Carcel
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Prodigieux réveil. (Marion faisait un test de sacs de couchage pour Baroudeur Attitude, c’est pour ça qu’on est allées poser au bord du vide emmitouflées comme des lombrics.)
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
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    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Marmottes !
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Le bouquetin à l’aube.

    Un coucher de soleil dans la réserve naturelle des Ecouges

    Les Ecouges, c’est un « site naturel sensible » au cœur du Vercors, réputé pour sa rivière, de belles randonnées entre rivière et canyon, et pour la pratique du canyoning (justement). Je le confesse : je n’ai pas fait cette randonnée. Mais Marion et Vincent m’ont emmenée admirer la sublime cascade des Ecouges au coucher du soleil, sur une route en lacets à flanc de falaise comme on les aime dans le Vercors, et cette vision superbe m’a tentée. Je sais que de nombreux sentiers arpentent la réserve naturelle des Ecouges, et que ce coin mérite d’être découvert. Mais la nuit tombe, et nous partons pour notre second bivouac, plus « civilisé » : à Rencurel, dans le cœur secret du Vercors, sur un terrain qui appartient à la famille de Marion. Des roseaux et des framboises sauvages encadrent la silhouette des crêtes au loin.
    Il y a des moments comme ça… Le soir tombe sur le Vercors. Nous avons fait un feu. Nous y avons d’abord fait fondre du Saint Félicien, puis Marion et moi, enveloppées dans la couverture, avons décidé de tester toutes les combinaisons fruit + chocolat fondu possibles. Vincent joue de la guitare. Peu à peu des milliers de constellations lointaines se dessinent dans le ciel, des pluies d’étoiles filantes tombent sur les sapins. Je fais en silence des vœux romanesques, plein de voyages, d’éblouissements et de douceur. La montagne est grandiose. C’est l’été et qu’est ce que la vie est belle. Je sens qu’il faudrait remercier quelqu’un, j’hésite entre Dieu, Marion et Vincent grâce à qui je vis tout ça, le Vercors lui-même… ou un peu des trois.

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Cascade des écouges
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Magie du Vercors.
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Bivouac à Rencurel.

    Randonnée au milieu des chevaux sur les alpages de Font d’Urle
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    Dix jours après l’aventure du Grand Veymont et du fromage fondu, je reviens dans le Vercors avec Marion, cette fois grâce à l’invitation d’Inspiration Vercors, qui continue à nous faire explorer le merveilleux massif. Font d’Urle, c’est une jolie station de ski familiale en hiver (où j’ai skié gamine, avec mon école, comme beaucoup d’enfants de la Drôme), et l’été, c’est un immense alpage où les éleveurs de chevaux font paître les juments et leurs poulains. A les voir ainsi évoluer en totale liberté sur les immensités herbeuses du plateau, on imagine souvent qu’il s’agit de chevaux sauvages, et les rêves des petites filles drômoises sont hantés par les galops des troupeaux du Vercors. En réalité, ces chevaux ont bien un maître, et retrouverons la chaleur de l’écurie à la fin de l’été, mais l’illusion est totale : ce sont à perte de vue des familles entières de chevaux multicolores, toutes races et robes confondues, un décor de cinéma dont nous sommes les heureuses héroïnes.
    De plus, le cadre est grandiose : Font d’Urle est célèbre pour ses falaises vertigineuses, si typiques du Vercors, où les plateaux s’arrêtent sur des à-pics, faisant pleinement mériter au massif son surnom de « forteresse ».

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    A la conquête des alpages de Font d’Urle. Marion et moi avons eu droit à de beaux pantalons ABK, marque outdoor grenobloise, moi en rose et elle en bleu.
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Les chevaux en liberté estivale.
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Coucou, je suis blogueuse, je m’exprime majoritairement à l’aide de sauts stupides et dangereux au dessus de 8 mètres de vide. Photo Marion Carcel.
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Marion murmure à l’oreille des poulains.
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
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    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Sur les falaises.

    Une randonnée facile et familiale dans le Vercors : Vous pouvez évoluer en famille sur l’alpage de Font d’Urle : le dénivelé est quasi inexistant, les chemins nombreux et confortables. Vous pouvez suivre les panneaux du « sentier du karst », parcours géologique pédagogique d’environ 2h.

    Et si voir tant de chevaux vous fait tourner la tête et rêver de chevauchées… lisez ce qui suit.

    Randonnée équestre sur les hauts plateaux avec le cheval natif du Vercors : le barraquand 

    Ce séjour dans le Vercors fut pour Marion et moi une succession d’expériences inouïes, prodigieuses, et celle-ci figure en bonne place dans notre panthéon du bonheur dans la nature : une magnifique randonnée équestre, avec LE cheval de la région.
    Petite parenthèse équine ici : la France compte 9 races de chevaux dites « races des territoires », reconnues comme telles. Il s’agit de chevaux ancrés dans un terroir, un mode de vie, une culture. Le cheval camargue est bien entendu le plus connu d’entre eux, et j’étais surexcitée à l’idée de découvrir un cheval dont j’ai beaucoup entendu parler depuis plusieurs années : le cheval du Vercors, aussi appelé barraquand. Cela tombait très bien, car nous étions entre les mains d’un des fers de lance de la race : Sylvain, le propriétaire des Ecuries de Corrençon, et sa compagne Marion se sont battus pour faire reconnaître officiellement le barraquand, et prouvent au quotidien que c’est une fabuleuse monture. Les Ecuries de Corrençon utilisent exclusivement des chevaux du Vercors et combinent à la fois le travail d’élevage et le travail équestre. En été, ils proposent des randonnées équestres de durée et de difficulté différentes, au cœur du Vercors.
    Marion et moi avons pour la première fois pu monter des barraquands, et nous avons été totalement séduites : c’est un cheval de toute beauté, polyvalent et sûr. Animal sculpté par la rudesse du climat des hauts plateaux, où il passe l’hiver dehors, à gratter la neige pour se nourrir, il est à la fois puissant et racé : son ossature est épaisse, ses membres sont forts, son poitrail est large, mais il n’est pas lourd, et la finesse de sa tête et la vivacité de son regard contrastent avec l’impression de force pure qu’il dégage. Habitué aux pierriers et aux dénivelés, il a le pied incroyablement sûr – c’est un cheval de randonnée idéal, mais on peut également le travailler en dressage, en complet, en trek… Nous sommes partis au cœur de paysages de livres d’image, entre vues imprenables et prairies fleuries jonchées des ruines d’anciennes fermes, sur le dos de chevaux merveilleux. Le bonheur.
    A contacter : Sylvain et Marion, Ecuries de Corrençon, à Corrençon en Vercors.

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Moments magiques à cheval dans le Vercors.
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    L’oeil intelligent du barraquand.
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Marion Forestier ramène les chevaux du pré.
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Marion Forestier sur son cheval au dessus de Corrençon en Vercors.
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Aventurière du Vercors
    Vue sublime.
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Marion sur une magnifique jument considérée comme une des meilleures représentantes de la race barraquand.
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Prairies fleuries du Vercors en été.

    Randonnée bivouac sur le Glandasse : le sud de la Forteresse du Vercors

    Début août 2020, je suis partie randonner et bivouaquer dans le Vercors, sur la montagne de Glandasse à l’extrême sud du massif.
    Le Glandasse est une véritable muraille qui forme l’extrémité du plateau – c’est pour ainsi dire la porte de la forteresse, le gardien du secret. La montée est difficile, longue et raide, et la chaleur écrasante d’août ne facilite pas l’épreuve.

    Mais une fois en haut, le paysage parle au coeur… cet immense haut plateau avec une vue grandiose sur le Grand Veymont, le Mont Aiguille, et le majestueux cirque d’Archiane m’a émue.

    Randonnée bivouac dans le Vercors sur le Glandasse
    L’arrivée époustouflante sur le plateau, dans la réserve.
    Randonnée bivouac dans le Vercors sur le Glandasse
    Devant nous, le cirque d’Archiane. Au loin, le Grand Veymont et le Mont Aiguille.
    Randonnée bivouac dans le Vercors sur le Glandasse
    Randonnée bivouac dans le Vercors sur le Glandasse

    Nous plantons la tente dans ce décor de bout du monde. Je repense à Yosemite, à Bryce Canyon… les hauts plateaux du Vercors incarnent pour moi cet ailleurs à portée de main, cette radicalité de l’immensité et de l’infini qui ouvrent tout grand l’imaginaire.

    Au matin, l’aurore enflamme le ciel, incendie le Dévoluy au loin. Jamais je n’éprouve autant de foi et de gratitude pour la beauté du monde et le miracle de la vie que quand le soleil se lève sur les montagnes au petit matin… La pure magie du bivouac, c’est cela : avoir le soleil en tête à tête, face à face, à hauteur de ciel.

    Randonnée bivouac à Villard-de-Lans, au coeur du Vercors

    Quand on grandit dans la Drôme, le regard porte tout naturellement sur la forteresse alpine à nos portes, le sinueux et secret Vercors aux crêtes abruptes et aux plateaux infinis. J’aime infiniment randonner dans ces montagnes familières. En juillet 2020, nous sommes parties entre copines avec Marion et Julie au dessus de Villard-de-Lans, au pays des quatre montagnes.

    La météo était capricieuse, mais nous avons eu droit à des lumières de coucher de soleil merveilleuses parmi les fleurs du Vercors.

    Nous avons posé la tente au Col Vert, au dessus des lumières de Grenoble, avec Belledonne au loin, et avons joué avec les nuages. S’endormir au dessus du monde, seules enveloppées de brume et de l’haleine mystérieuse des montagnes, a une saveur toute particulière…

    Puis nous sommes redescendues au milieu des fleurs, savourant l’éternelle magie de ce massif.


    Les passerelles himalayennes du Lac de Monteynard

    Nous avons quitté le massif du Vercors, et sommes désormais à ses pieds, entre deux vallées. Au loin, le Mont Aiguille trône, rappel de notre aventure en bivouac, et à nos pieds s’étale une eau si turquoise qu’elle en est presque phosphorescente : le lac de Monteynard-Avignonet. Le plan d’eau est célèbre pour ses deux vertigineuses passerelles himalayennes, les plus hautes de France, jetées au-dessus du miroir bleu. Une randonnée vous conduit de l’une à l’autre, dans un paysage fabuleux, entre Alpes et couleurs Caraïbes. En dessous, je vois les gens s’amuser en bateau, en kayak, en pédalo, et je me dis que l’été à la montagne, ça a décidemment un charme fou.

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    A mes pieds, le lac de Monteynard, au loin le massif du Vercors. Photo Marion Carcel
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Fabuleuses passerelles himalayennes! Photo Marion Carcel
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
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    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Alpes ou Bahamas ?

    Petites promenades et escapades dans le Vercors en été 

    J’abandonne désormais les grands sentiers de randonnée pour vous parler de grottes, de cascades et de villages ravissants.

    Les dentelles minérales de la Grotte de Choranche
    Vercors en été – visites vercors – plus beaux paysages vercors

    La grotte de Choranche est une des cavités les plus intéressantes et ravissantes que je connaisse, pour trois raisons qui scellent son caractère exceptionnel :
    – Sa rivière souterraine, fabuleusement mise en valeur par l’éclairage, qui dessine un paysage féerique sous la terre.
    – Ses concrétions géologiques extrêmement particulières, des stalactites très fins qu’on nomme « fistules » et qui dessinent un paysage de dentelle minérale d’une beauté rare.

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Féerie souterraine à Choranche
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    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
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    – La présence (dans des aquariums) de créatures amphibies extrêmement rares, les protées. Ces bestioles cavernicoles, cousines de l’axolotl, vivent une vie incroyablement longue et lente dans l’obscurité quasi-totale, presque aveugles et ne vieillissant jamais. A l’état naturel, on ne les trouve plus qu’en Slovénie, mais la grotte de Choranche présentant exactement le même environnement (température, nutriments), elle s’est engagée dans un processus de conservation de l’espèce. Cette rencontre m’a passionnée. Si vous aimez les Pokémon, vous allez rêver d’attraper ce Pokémon bizarre et rarissime.

    Protées !
    Très belle cascade à proximité de Choranche

    A noter que le Vercors compte deux autres grottes dignes d’intérêt, la Grotte de la Luire et la Grotte de la Draye Blanche, que je visiterai volontiers à une autre occasion.

    Derrière la cascade blanche à Sainte Eulalie en Royans

    Folle de cascades depuis toujours, j’ai toujours adoré la cascade blanche à Sainte Eulalie et son rideau nuptial, mais c’est grâce à Marion que j’ai enfin eu le courage de braver le froid pour passer de l’autre côté. Derrière la cascade se révèle un monde de mousse et de magie, où nous nous sentons comme des nymphes antiques à l’abri de quelque source bénéfique…

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Marion en belle ondine à la cascade blanche
    Le chemin conduisant à la cascade
    Tournesols du Vercors
    Derrière le rideau…
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Jouer à la sirène…
    Un monde de mousse

    Le plus beau village du Vercors ? Pont-en-Royans

    Ce village, j’en suis folle depuis l’instant où j’ai aperçu pour la première fois, il y a bien des années, ses maisons multicolores suspendues au-dessus de la rivière comme un échafaudage de jouets en bois, une construction biscornue et infiniment pittoresque qui semble défier la gravité. Pont-en-Royans, c’est aussi la beauté des gorges de la Bourne où les gens aiment escalader et se baigner, le bruissement des fontaines et les terrasses claires du Musée de l’eau (le restaurant est excellent), des clochers et des ponts, un étrange mélange de couleurs méridionales et de vertige montagnard qui en fait à mes yeux un des plus beaux villages des Alpes. Ne manquez pas de vous y promener, ce village est si beau, si charmant.

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Le superbe village de Pont en Royans
    Maisons suspendues.
    Les gorges.
    pont en royans
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    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Les amoureux de Pont…

    Les parents de Marion y tiennent une boutique de souvenirs, A la Clairefontaine, qui ne pourrait mieux correspondre à l’ambiance du village : elle est troglodyte, taillée à même la falaise, ce qui lui confère un charme fou. On y trouve toutes les spécialités du Vercors, du Royans et des Alpes, de beaux bâtons de marcheur sculptés, les noix du Vercors, les fromages locaux, les huiles, liqueurs et confitures de la région, des produits de qualité, directement achetés aux producteurs des environs. C’est un joli petit commerce chaleureux et authentique, ancré dans un terroir riche et dynamique, et c’est une famille que j’adore. N’hésitez pas à leur faire coucou et leur dire que vous venez de ma part !

    A la Clairefontaine, souvenirs locaux et authentiques dans un cadre ravissant
    Produits locaux de qualité. Les parents de Marion m’ont offert un plateau de fromages locaux fabuleux – à manger avec les noix du Vercors, et à arroser de génépi de Pont en Royans 😉
    Une belle ambiance de montagne dans cette boutique chaleureuse.

    Saint-Antoine-l’Abbaye, joyau mystique

    Je sors du Vercors à proprement parler pour remonter vers Saint Marcellin (pays du fabuleux fromage fondant, et pays de Marion, aussi : c’est dans ce coin préservé et idyllique qu’elle a grandi). Saint Antoine l’Abbaye est classé parmi les plus beaux villages de France, et je suis chaque fois fascinée par la perfection de ce village médiéval tout de tuiles vernissées et de façades ouvragées. Marion, qui a travaillé comme guide touristique à St Antoine pendant son adolescence et n’a rien oublié, me raconte l’histoire fascinante de ce lieu hors normes. L’abbaye abritant les reliques de l’ermite prophétique Saint Antoine, le village acquiert la réputation d’être un lieu où on guérirait du « mal des ardents » ou « feu de Saint Antoine », maladie causée par un champignon du seigle et qui cause hallucinations et empoisonnements. (Et en effet, les gens guérissent à Saint Antoine, mais moins grâce à Saint Antoine que grâce à la viande de porc servie par les moines : manger moins de pain et plus de viande diminue l’exposition au poison du seigle… ) Imaginez des pèlerinages entiers de malades hantés par des visions à la Jérome Bosch arpentant les montagnes du Dauphiné pour venir se recueillir sur les reliques du Saint, dans ce village bijou…
    L’abbaye est d’une beauté grandiose, et recèle un trésor précieux. Le village est aujourd’hui encore occupé par de nombreux artisans : ébénistes, sculpteurs, et une fabrique d’hydromel, le délicieux vin sucré et épicé du Moyen-Âge. Vraiment, ce village vaut le détour, c’est sans conteste un des plus beaux de toute la région.

    Fabuleux village de St Antoine l’Abbaye
    Dans les rues du village. Photo Marion Carcel
    Les tuiles vernissées qui me rappellent la Bourgogne.
    Passion façades grandioses.
    Au sein de la belle abbaye.
    Photo Marion Carcel.
    Photo Marion Carcel.

    Le Vercors, encore, encore

    Si vous souhaitez continuer à préparer vos vacances dans le Vercors, sachez que j’ai deux autres articles à vous proposer.

    Si vous êtes en quête d’activités outdoor fabuleuses dans le Vercors comme le parapente (le plus beau moment de mon été !), spéléologie, escalade, pêche, vélo électrique, trottinette de descente,  canirando (vous êtes curieux, hein ?), mais aussi d’hébergements de charme et de bons restos, retrouvez mon article sur les activités outdoor dans le Vercors.

    Et si vous cherchez encore d’autres idées de randonnées dans le Vercors (je vous l’ai dit, je suis obsédée par ce massif), sachez qu’un grand article sur les cascades secrètes et routes vertigineuses du Vercors vous attend déjà. Vous y retrouverez notamment combe Laval et la chute de la Druise. A très vite !

    Randonnées sublimes et pépites secrètes : je vous montre le meilleur du Vercors ! #vercors #alpes #france
    Epinglez moi !
    Randonnées sublimes à pied et à cheval dans le #Vercors. #alpes #france
    Epinglez moi !

    Cet article est issu de deux séjours dans le Vercors en juillet 2018. Le premier, grâce à l’invitation de Marion alias La Faute Au Graph, amie très chère que j’adore, photographe virtuose, déesse du bivouac et petite fée des montagnes – merci de m’avoir ouvert les portes de ton monde secret. Le second, grâce à l’invitation d’Inspiration Vercors, l’office de tourisme du massif, qui nous a permis de découvrir ensemble des activités fabuleuses dont je vous parlerai davantage dans le prochain article. Un grand merci à Inspiration Vercors et notamment à Cécile pour ces belles expériences !
    L’article a été remis à jour en 2020 avec deux nouvelles randonnées bivouac dans le Vercors.

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Sur le dos de l’âne de Marion, à Dionay, petit paradis bucolique où les animaux sont rois. Merci, Marion, de m’avoir ouvert ton monde !

  • Au cœur des bayous de Louisiane

    N’avez-vous jamais rêvé d’explorer les bayous de Louisiane au soleil couchant ? C’était cette image-là qui m’a poussée à organiser un voyage autour de la Nouvelle-Orléans : la vision d’un bateau naviguant entre les cyprès chauves, au milieu des tortues et des alligators, sur un des bras monstrueux du delta du Mississipi. Je rêvais de ces marécages brumeux, où la mousse espagnole flotte comme un linceul, je rêvais des yeux des reptiles entraperçus dans la mousse verte. Je rêvais aussi des immenses chênes de Virginie couverts de mousse espagnole, de toute cette végétation fantomatique, fascinante, du sud des Etats-Unis. Laissez-moi vous emmener au cœur du bayou, pour un fabuleux « swamp tour » (visite des bayous de Louisiane) au crépuscule.

    Plongez au coeur des bayous de Louisiane et des plantations, entre alligators et swamp tours. Immersion mythique en #Louisiane.
    Coucher de soleil sur le Lake Martin.

    La plantation la plus mythique de Louisiane : Oak Alley.

    Les bayous de Louisiane, le pays ténébreux

    Les bayous de Louisiane constituent l’une des plus grandes zones marécageuses du globe, avec douze mille kilomètres carrés de forêt inondée. Seuls deux arbres poussent au cœur de ces bras d’eau saumâtre, seuls deux arbres survivent à cette perpétuelle inondation : le cyprès chauve, emblème spectral de cette région restée sauvage, et le tupelo, de son nom scientifique Nyssa aquatica, une sorte de gommier. Leurs silhouettes haves, drapées de mousse espagnole, hantent le paysage mythique du bayou.

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    Cyprès chauves couverts de mousse espagnole.

     

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    Racines des cyprès dans le bayou.

    La faune reptilienne du bayou est tout aussi inquiétante et unique. Deux millions d’alligators peuplent l’Etat de Louisiane, la plus grande concentration au monde. Autrefois, on les a chassés jusqu’au bord de l’extinction, pour leur viande, leur cuir, leur huile. Aujourd’hui, la population est bien gérée : chaque automne, les œufs d’alligator sont ramassés par des ramasseurs agréés et mis en couveuse afin de les faire éclore en sécurité. Une partie des jeunes est relâchée dans le bayou, l’autre partie utilisée pour la viande et le cuir en ferme d’élevage. Si les boulettes d’alligator sont souvent au menu des restaurants de Louisiane, ceux qui vivent dans le bayou sont traités avec beaucoup de respect et de confiance. La population de ce pays côtoie chaque jour les reptiles, et on trouve partout des panneaux « n’embêtez pas les alligators », y compris dans les lotissements. Parmi les habitants du bayou, on retrouve aussi toutes sortes de tortues, tortues de Floride, tortues alligators, tortues dites « pop-corn », car les alligators font éclater leurs coquilles tendres quand ils les dévorent… Entrer au cœur du bayou, c’est une expérience mystique.

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    Alligator dans le bayou.

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    Au Lake Martin.

    La Louisiane est le seul endroit au monde où on trouve des alligators albinos – ici au zoo de la Nouvelle Orléans, photo prise par ma mère.

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    La vie dans ce pays de marécages a longtemps été rude, notamment pour les esclaves des plantations. Faune sauvage agressive, maladies tropicales et autres infections étaient le fléau de cette région trop chaude, trop humide, trop sauvage. Au XIXe siècle, le taux de mortalité en Louisiane était supérieur à celui de tout autre Etat américain, et les esclaves venus d’Afrique tentaient tant bien que mal de se protéger du mauvais sort par des amulettes et des rites vaudous. Il n’est pas étonnant que la Louisiane soit, dans l’imaginaire collectif, le pays des vampires. Entretien avec un vampire, Fever Dream, Âmes perdues, c’est ici, c’est en Louisiane, dans les bras maudits du Mississipi. Je n’ai jamais ressenti tant de fantômes et d’authenticité ailleurs aux Etats-Unis.
    Dans un autre article, il faudra que je vous parle de la culture si particulière de cette région véritablement différente du reste des Etats-Unis, marquée par l’héritage multiple des Africains, des Acadiens francophones chassés du Canada, des Espagnols et des Français. Mais cette fois, je voudrais juste vous montrer en images la nature de la Louisiane, les bayous immenses, les chênes de Virginie, les jardins fantastiques. Ce pays de bayous suscite une fascination immédiate et hypnotique.

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    Le soir dans le bayou.

    Explorer les bayous de Louisiane : un swamp tour fabuleux
    meilleur swamp tour de Louisiane – visiter les bayous de Louisiane

    Le meilleur swamp tour de Louisiane ? C’est un bon plan que je voulais absolument partager avec vous autres chanceux qui allez découvrir les bayous. Le « swamp tour », ou promenade en bateau au cœur du bayou, est un incontournable absolu de tout voyage en Louisiane. Je savais que c’était une étape importante de ce beau voyage et j’ai passé des heures sur les sites et les forums pour tenter de dénicher le meilleur swamp tour de Louisiane, et je crois l’avoir trouvé. Après une comparaison obsessionnelle, j’ai finalement jeté mon dévolu sur le swamp tour proposé par Cajun Country Swamp Tours, à Breaux Bridge (près de Lafayette). Ce tour a lieu au coucher du soleil sur le Lake Martin, réputé comme l’un des endroits les plus photogéniques de Louisiane, car présentant une végétation absolument parfaite et farci d’alligators. Le tour a lieu sur un petit bateau (pas plus d’une quinzaine de personnes), au plus près de l’eau, avec un capitaine passionné, volubile et généreux : notre tour a duré vingt minutes de plus que prévu, parce que la lumière était extraordinaire et que le capitaine ne voulait pas abréger notre plaisir. Et ça ne coûtait que 20 dollars par personne. Je manque de mots pour vous dire à quel point nous avons aimé ce moment sur l’eau, dans la lumière descendante filtrée par les arbres fantomatiques, au milieu des reptiles et des hérons. L’émotion était puissante.

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    Tortues du Lake Martin.

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    Alligator.

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    Héron.

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    Une autre rencontre avec les alligators : Avery Island

    Encore envie de bayous, de luxuriance et de nature grandiose ? Avery Island, grande île formée par la résurgence d’une colonne de sel au milieu du marécage, est célèbre pour la production du Tabasco : la sauce pimentée rouge est fabriquée ici exclusivement. Moi qui n’aime pas le Tabasco, j’ai adoré cette visite ludique et instructive sur la sauce qui a su conquérir le monde. Mais ce que j’ai le plus aimé, ce sont les Jungle Gardens de l’île d’Avery : un immense jardin de collectionneur qui a voulu se façonner un monde idyllique, avec pagodes japonaises, étangs infestés d’alligators, nuées d’oiseaux attirés par d’immenses nichoirs bâtis à leur intention dans les années 30, fleurs superbes. C’est un plaisir visuel inouï.

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    Au pays du Tabasco.

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    Jungle Gardens sur Avery Island.

    Avery Island, Louisiana.
    Avery Island.

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    Tortues d’Avery Island.

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    Alligator.

    Les plus beaux chênes de Virginie

    A Avery Island, j’ai aussi pu admirer de gigantesques chênes de Virginie, l’autre arbre emblématique de Louisiane : cet immense chêne dont les bras s’étendent comme un réseau d’algues magiques et dessine des paysages de films.

    Avery Island, Louisiana. Les fabuleux chênes de Virginie d'Avery Island.
    Les chênes de Virginie sur Avery Island.

    Mais le lieu le plus iconique, le plus emblématique de Louisiane pour contempler les chênes de Virginie, c’est la plantation d’Oak Alley. On a tourné ici, dans cette allée grandiose, Autant en emporte le vent, Forrest Gump, Entretien avec un vampire, et beaucoup d’autres films encore. Pour avoir l’allée pour soi tout seul au petit matin, il faut dormir dans le bed & breakfast d’Oak Alley Plantation.

    Oak Alley, Louisiane
    Oak Alley Plantation.

    Il faudra que je vous parle davantage de la route des plantations entre La Nouvelle Orléans et Baton-Rouge, de l’héritage à la fois visuellement sublime et émotionnellement insupportable de longs siècles d’esclavage. Laura Plantation m’a passionnée par son exposition brute, sincère et authentique de la cruauté du monde esclavagiste, au-delà des images d’Epinal à la Scarlett. Esthétiquement parlant, ma plantation préférée (outre l’iconique et incontournable Oak Alley) a été Houma House, avec ses jardins fantasmagoriques ultra colorés. Nous avons vu la Louisiane dans les films et dans les livres d’image, nous avons vu ces visions-là d’un sud mythique et solennel, et nous plongeons dans la pellicule…

    Laura Plantation Louisiane
    Laura Plantation, peut-être la visite la plus intéressante et la plus honnête sur la réalité sordide de l’esclavage en Louisiane.

     

    Houma House Louisiane
    Houma House et ses jardins sublimes.

    Houma House Plantation
    Houma House

    A deux pas de La Nouvelle Orléans : Fontainebleau State Park
    bayou Nouvelle Orléans – visiter bayou à la Nouvelle Orléans

    Pour qui veut découvrir le monde du bayou à deux pas de la vibrante Nouvelle-Orléans, il faudra s’embarquer pour une petite aventure : traverser le pont du Lac Pontchartrain, la plus longue jetée du monde, la ville s’éloignant tel un mirage à votre droite, pour atteindre le parc de Fontainebleau. Il a été nommé ainsi par les Français à qui sa forêt idyllique évoquait les environs de Paris – la comparaison ne m’apparaît que moyennement justifiée, notre Fontainebleau à nous s’étant passé d’alligators et autres sangsues. Mais le Fontainebleau State Park est de toute beauté et ce fut pour moi une dernière évasion au cœur du bayou avant de quitter la Louisiane, mes rêves hantés par de longs sillages de mousse et la course furtive des alligators dans mon cœur…

    jetée lac pontchartrain
    La Nouvelle Orléans dans le soir, capturée à toute vitesse depuis le freeway de la jetée sur le lac Pontchartrain.

    Fontainebleau State Park
    Fontainebleau State Park

    Fontainebleau State Park
    Partie de pêche en famille au Fontainebleau State Park

    mousse espagnole louisiane
    Lumière dans la mousse espagnole

     Fontainebleau State Park

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    Je vous reparlerai de la Louisiane sur Itinera Magica. A suivre prochainement : la Loire, l’Ardenne belge, mon sud de France chéri, les Dolomites… Inscrivez-vous à la newsletter ?

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  • Les icebergs d’Ilulissat : spectaculaire Groenland

    Ilulissat n’est pas une ville, c’est une autre planète. Dans cet univers extraterrestre, la glace règne en maître et la démesure est l’étalon du quotidien. Au milieu des icebergs géants d’Ilulissat, véritables montagnes de glace mouvante, le temps est suspendu, le cœur cesse de battre un instant. Vous vous souviendrez de ces paysages comme des plus spectaculaires, des plus radicalement dépaysants de votre vie. Petite virée intergalactique dans l’empire des glaces, à toute allure en traîneau à huskies ou en brise-glace au milieu du fjord gelé.

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    Ilulissat, ses icebergs gigantesques, ses chiens de traîneau, ses lumières…

     

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    Bienvenue au coeur des icebergs à Ilulissat.

    Ilulissat, capitale des icebergs
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    Après quatre jours merveilleux à Nuuk, capitale colorée du Groenland, je m’envole pour la ville la plus célèbre du Groenland. Ilulissat est la seule ville véritablement touristique du Groenland : son nom, qui signifie iceberg dans la langue inuite, fait figure de programme. Son glacier, Kangia, est le plus productif de l’hémisphère nord – seul l’Antarctique peut rivaliser avec son effroyable volubilité. Il crache continuellement des monstres de glace hauts comme des montagnes qui dérivent tranquillement dans la baie de Disko, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, et qui longent paresseusement Ilulissat avant de rejoindre le large.

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    Solitude des icebergs immenses.

     

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Au milieu des icebergs à Ilulissat.

    L’iceberg qui a éventré la coque du Titanic est né ici, sur la côte ouest du Groenland. A l’époque, Kangia produisait des icebergs à une fréquence plus lente, mais ils étaient encore plus massifs. Le tueur du Titanic était un monstre gros comme plusieurs fois le paquebot mythique, lentement poussé par les courants vers les eaux canadiennes. Les icebergs d’aujourd’hui, qui sont paraît-il plus petits, donnent une vague idée de son gigantisme. Contempler la baie de Disko depuis Ilulissat donne le vertige : les icebergs érodés par le soleil ressemblent véritablement à des chaînes de montagnes posées sur l’eau, et la baie à un panorama alpin. En plissant les yeux, on pourrait se croire en Suisse, au milieu des sommets blancs. Les levers et les couchers de soleil sont fantasmagoriques. Tout un nuancier de bleu, de pourpre, de rose et d’or vient colorer les reliefs de glace, c’est tout un paysage fugace, une chaîne alpine en mouvement.

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    Coucher de soleil inoubliable.

     

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    Des hôtels avec vue sur les icebergs à Ilulissat
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    La plupart des hôtels ont vue sur la baie et les icebergs. Je dors à l’hôtel Arctic, qui est devenu célèbre sur les réseaux sociaux à cause de ses igloos d’aluminium et de verre posés au bord de la baie. Des chiens de traîneau attendent enchaînés à leurs niches au bord du fjord, complétant la carte postale arctique. Je rêve de faire la photo mythique des igloos sur fond d’aurore boréale. Je suis à 69 degrés nord, soit très au-dessus du cercle polaire arctique, et la météo annonce quatre nuits de ciel immaculé, sans aucun nuage. Je jubile, imaginant le spectacle qui m’attend. Malheureusement, je jouerai de malchance : aucune aurore boréale ne survolera le Groenland pendant mes quatre jours à Ilulissat. Les dieux font en grève, pour me rappeler que leurs explosions colorées sont un privilège et non un dû. Mais j’ai les icebergs. On pourrait passer la journée à les regarder changer de forme et de texture, polis ou illuminés par le soleil qui les fait fondre. L’hôtel Arctic est situé à environ vingt minutes à pied du centre-ville (pour pouvoir voir les aurores dans le noir), et j’adore longer le port envahi de glace pour rejoindre le cœur d’Ilulissat.

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    Igloos de l’hôtel Arctic.

     

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    Sa terrasse.

    Où dormir à Ilulissat, les infos pratiques : Les tarifs à l’hôtel Arctic commencent autour de 195 euros/nuit. L’hôtel 4 étoiles est agréable, avec une salle de sport, deux restaurants (un gastronomique et un restaurant de burgers) et un bar avec vue sublime. Il est situé à environ 20 minutes à pied du centre-ville, et propose des navettes à intervalles réguliers toute la journée. L’avantage ? La possibilité de voir les aurores boréales en raison de l’obscurité plus importante qu’en cœur de ville. Cet isolement sublime donne à l’hôtel Arctic un air de citadelle des glaces, seul face à la baie. C’est un lieu très romantique, surtout si vous avez le budget pour un igloo. Il comporte deux restaurants, dont un très abordable avec des plats autour de 20/25 euros (c’est très bien pour le Groenland). J’ai aussi apprécié les goûters gracieusement mis à la diposition des clients vers 16h, avec gâteau au chocolat et myrtilles surgelées. L’inconvénient ? La distance entre hôtel et centre-ville peut être un peu fatigante quand on enchaîne les activités. Si cet aspect vous dérange, j’ai vu deux autres hébergements avec vue sur iceberg en centre-ville. L’hôtel Icefjord est un beau 3* confortable, à partir de 173 euros/nuit. Quant à Ilulissat Guesthouse, c’est une option intéressante pour les voyageurs souhaitant économiser un peu, rencontrer des gens ou voyager en groupe. Il s’agit de trois jolis chalets avec salle de bain et cuisine partagées, une atmosphère conviviale et une vue incroyable sur la baie. Chaque maison compte trois chambres, à partir de 106 euros environ par nuit. Il est également possible de louer la maison entière (6 personnes) pour environ 450 euros/nuit.

    La croisière au milieu des icebergs et d’autres excursions
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    Ilulissat est plus touristique que Nuuk et cela se sent tout de suite : à l’aéroport sont postées plusieurs compagnies d’excursion proposant des activités diverses. Randonnée, raquettes, tour en hélicoptère, excursions vers le grand nord groenlandais, motoneige, chien de traîneau, observation des baleines… tout est possible aussi. L’incontournable ici, c’est la croisière au milieu des icebergs. On embarque au port de Nuuk en direction des monstres, et les sensations sont terrifiantes. Le bateau doit sans cesse briser la glace épaisse qui ne cesse d’être charriée par plaques et qui menace de l’emprisonner. Souvent il doit s’y reprendre à plusieurs fois, et c’est incroyablement impressionnant : il se jette sur la banquise de tout son poids dans un grondement terrible, recule, deux fois, trois fois, jusqu’à briser enfin la couche de glace. Les petits bateaux de pêche se précipitent alors dans son sillage pour profiter du passage dégagé – admirable collaboration entre touristes et locaux. Du bateau, on mesure encore mieux l’immensité terrifiante des icebergs. Et surtout, on aperçoit enfin la partie immergée, d’un bleu hypnotique. Le spectacle est grandiose.

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    La croisière au milieu des icebergs : l’incontournable d’Ilulissat.

     

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    Ilulissat
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    Le bleu fabuleux des icebergs immergés.

     

    Les icebergs d'Ilulissat. Découvrez un fabuleux voyage à Ilulissat, Groenland.
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    Info pratique : la croisière au milieu des icebergs est proposée par World of Greenland pour environ 87 euros par personne. Je vous recommande vraiment de mettre de côté l’argent pour le faire, car c’est une expérience inoubliable.

    Je pars ensuite en randonnée le long des icebergs avec Lars, guide pour la compagnie Arctic Friend, qui a eu la gentillesse de proposer d’être partenaire de mon voyage. Ces trois chemins de randonnée, fléchés en trois couleurs (rouge, bleu et jaune) sont en accès libre et peuvent être parcourus sans guide, mais j’apprécie d’avoir Lars avec moi pour me raconter la naissance des icebergs, me parler de la culture groenlandaise, des huskies et du réchauffement climatique. Il me montre les vestiges de Sermermiut, où différentes cultures arctiques nomades se sont établies les unes après les autres depuis 4000 ans, et je repense aux expositions que j’ai découvertes au Musée national groenlandais sur les voyages extraordinaires des paléo-eskimos.

    Lars me montre des points de vue sublimes au sommet des collines, et nous buvons du thé brûlant face au soleil couchant, dans un paysage dont le genre de beauté tranche avec tout ce que je connais. Cela restera un souvenir d’une perfection rare, un moment de pur bonheur suspendu au-dessus des glaces immenses.

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    Avec Lars d’Arctic Friend au coucher du soleil.

     

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    Info pratique : Arctic Friend propose différentes excursions, été comme hiver, autour d’Ilulissat. Raquettes, bateau, avion, chien de traîneau… leur gamme de prestations est vaste. Voici le lien vers les excursions hivernales. J’ai eu un excellent contact avec le guide, Lars, que j’ai trouvé passionnant et sympathique. Sachez qu’Arctic Friend propose également des voyages complets, de 5 à 15 jours, au Groenland surtout, mais aussi en Islande et au Danemark. Ce sont des voyages riches en aventures et en expériences, et je suis tentée de partir avec eux un de ces jours. Vous trouverez tout sur le site.

    Les chiens de traîneau d’Ilulissat
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    A Ilulissat, on propose aussi des promenades en chien de traîneau. La ville est considérée comme la capitale des huskies groenlandais, avec la plus grande concentration canine au Groenland. Je pars en excursion canine jusqu’au hameau d’Ilmanaq, situé plus loin dans la baie de Disko, un village inuit loin de tout. Les chiens bondissent avec une puissance et une vivacité incroyables. Assise sur des peaux de renne dans le froid mordant, je me cramponne aux bords du traîneau, fascinée par leur agilité.

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    Ilulissat, ville des chiens de traîneau.

     

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    Petit village inuit au bord de la baie de Disko, atteint au terme de la promenade en chien de traîneau.

    Cela fait 850 ans que les Inuits élèvent les huskies et qu’ils leur ont appris à tirer des traîneaux. Cette utilisation des chiens est vraiment une invention des Inuits, répandue en Alaska, en Russie, dans le grand nord canadien et au Groenland. Il faut d’ailleurs savoir que la pratique du chien de traîneau en Laponie est faite pour les touristes et ne correspond pas à la tradition : en Laponie, on utilisait les rennes et non les chiens.

    Aujourd’hui, les huskies groenlandais constituent une race à part entière, fermée et reconnue. Elle est protégée par des moyens extrêmes : au Groenland, au nord du cercle polaire arctique, il est interdit de posséder tout autre type de chien, sous peine de le voir confisqué et abattu. A Nuuk, située plus au sud, les chihuahuas et les caniches auraient droit de cité, mais à Ilulissat et ailleurs au nord, un triste sort les attendrait.

    Je suis une Française au cœur sensible, qui a grandi avec des chiens et possède une jeune chienne golden retriever (elle s’appelle Nevada). J’ai été élevée dans la culture du chien ami. Mais il faut bien comprendre qu’au Groenland, le husky est un chien outil. Depuis 850 ans, ils accompagnent les Inuits sur la banquise, et sont sélectionnés pour leur force, leur résistance, leur docilité. Jusqu’à l’âge de six mois, les chiens vivent sans laisse et côtoient les humains. Les enfants les emmènent dans les collines pour les habituer aux commandes des chiens de traîneau et à la direction au fouet – qui est utilisé pour orienter les chiens, et non pour les frapper. A partir de six mois, leur vie de chien de travail commence. Quand ils ne tirent pas les traîneaux, ils sont enchaînés à leur niche, et résistent à des températures de -30 en se lovant dans la neige.

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    Chiot husky.

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    Les enfants entraînent les jeunes chiens dans les collines.

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    Le fouet sert à diriger les chiens, jamais à les frapper.

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    Chien adulte. Extrêmement résistant au froid, le husky creuse un trou dans la neige, dans lequel il se roule en boule.

    Autrefois, les chiens étaient au cœur de la ville, mais aujourd’hui, pour des raisons sanitaires, on les enchaîne en dehors, dans d’immenses terrains consacrés aux meutes canines. La décision a été motivée par une grave épidémie il y a quelques années, qui a tué près de la moitié des chiens de la ville. Seuls quelques vieux chiens ont eu la permission de rester en ville. Je trouve la vie des chiens exilés en dehors triste, elle fendille mon petit cœur sentimental.

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    Une petite partie de l’immense campement canin, aux portes d’Ilulissat.

     

    Seuls quelques vieux chiens restent en ville.

     

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    Mais de toute façon, les chiens de traîneau deviennent une curiosité folklorique et disparaissent peu à peu, remplacés par la motoneige. Le réchauffement climatique raccourcit la période durant laquelle il est possible de se déplacer en chien de traîneau sur les fjords gelés : autrefois, on pouvait le faire de fin septembre à début juin, aujourd’hui plutôt de novembre à fin avril. Le reste du temps, les chiens n’ont rien à faire. Contrairement à la Laponie, qui a développé pour le tourisme canin des véhicules d’été, les Groenlandais refusent catégoriquement d’envisager d’autres moyens d’exploiter les chiens durant la saison estivale, au nom de la tradition. Il faut donc réduire leur nombre – il y a vingt ans, les gens avaient une quarantaine de chiens, contre une dizaine aujourd’hui. A sept ou huit ans, quand ils sont trop fatigués, on les abat, et on utilise parfois leur fourrure pour des capuches ou d’autres vêtements. Ceux qui sont horrifiés devront se souvenir que chez nous, on fait la même chose avec les vaches.

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    Il n’y a pas d’animaux de compagnie dans les communautés traditionnelles groenlandaises, pas de relations affectives comme chez nous avec chiens et chats. Les chiens sont des animaux de travail. Les autres animaux vivent libres, mais chassés. Il y a souvent conflit entre la sensibilité occidentale et le mode de vie groenlandais. On me raconte les histoires de touristes venus admirer des narvals… qui se font abattre sous leurs yeux par des chasseurs insensibles à leurs cris horrifiés. Cela peut choquer, mais les difficultés d’approvisionnement justifient l’obsession de la chasse.

    La nourriture à Ilulissat : un autre monde
    où manger à ilulissat – restaurants ilulissat – restos ilulissat

    A Ilulissat, les fruits et les légumes sont une denrée rare. Les bateaux ne viennent pas l’hiver, à cause de la glace, et le ravitaillement par avion coûte trop cher. Les rayons fruits et légumes des supermarchés sont vides au sens propre, totalement nus. Je visite trois supermarchés, et dans chacun des trois, le rayon usuellement dévolu aux salades et aux oranges est un néant béant. Les fruits frais ne se trouvent qu’en photo au-dessus des rayonnages vides, promesse mensongère d’une vie vitaminée. Mon guide, Lars, manque défaillir quand je sors une clémentine espagnole rapportée de Nuuk, car il n’en a pas vu depuis trois mois.  (Je suis une fille bien, je lui ai offert, je vous rassure ;)). Il paraît que sur la côte Est, très isolée, les conditions de ravitaillement sont pires encore. Au Groenland, la chasse de subsistance n’est pas un vain mot.

    Lars me raconte que le manque de nourriture a longtemps été un problème crucial pour les Inuits. Jusqu’à la seconde guerre mondiale, on avait coutume de se débarrasser des vieux : dans des sociétés de pénurie, où la nourriture était rudement acquise et rare, il était impensable de nourrir des bouches inutiles. Quand elles sentaient qu’elles étaient devenues un fardeau pour la communauté, les personnes âgées réglaient le problème. Les femmes allaient se jeter dans un canyon à quelques encablures d’Ilulissat, les hommes partaient chasser et ne revenaient jamais. Il y avait dans ce monde une dureté de colonie martienne, exilée sur une planète hostile et isolée. Ici, on a appris pendant des siècles à chasser et pêcher pour survivre, avec une dextérité hors pair.

    Je vais manger au célèbre restaurant groenlandais Mammartuq, qui cultive la gastronomie groenlandaise authentique dans une atmosphère rétro et confortable. Le lieu a un charme fou, et une carte ultra protéinée. Je demande innocemment s’ils ont une salade, on me propose un carpaccio de baleine : choc des cultures. Il n’y a pas d’option végétarienne, et bien que cela contraste avec mon mode de vie habituel, je le comprends et je ne m’en plains pas : je sais que je suis au Groenland ici, pas à San Francisco ou à Berlin. La baleine, c’est trop pour ma sensibilité, j’opte donc pour le crabe arctique, une des nombreuses spécialités de la région. Il a un goût fabuleux, témoignage de l’extraordinaire qualité des produits de la mer groenlandais. Le plat a un goût rare d’inédit, d’authentique.

    Restaurant Ilulissat.
    Crabe arctique chez Mammartuq, le meilleur resto d’Ilulissat.

    Je reste longtemps à admirer mon dernier coucher de soleil à Ilulissat. Fin mars au Groenland, les jours sont déjà longs, et les couchers de soleil tout autant. J’avais déjà observé que sous les Tropiques, les crépuscules sont extrêmement brefs – le soleil plonge sous l’horizon comme si une mâchoire l’avait avalé et c’est la nuit. A 69 degrés nord, c’est l’inverse. Le crépuscule s’éternise, dure bien plus d’une heure, dans une succession d’ors, de rouges et de pourpres. Le rose à l’horizon flotte encore au-dessus des icebergs bien après la disparition du soleil et moi non plus je ne veux pas m’en aller. Je me dis que même si je devais vivre mille ans, je ne pourrais jamais oublier Ilulissat.

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    Un dernier coucher de soleil à Ilulissat.

     

    Coucher de soleil à Ilulissat, Groenland. Découvrez Ilulissat, capitale des icebergs.
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    Aller à Ilullisat 
    De Paris à Ilulissat

    Depuis Paris, le moyen le plus simple d’aller à Ilulissat est de passer par Copenhague. Vous trouvez des vols Paris-Copenhague à très bon prix avec les low costs comme Vueling (j’ai pris un Copenhague-Paris à 40 euros). Vous partirez ensuite pour Ilulissat avec Air Greenland via Kangerlussuaq (il n’existe pas de vol direct Europe-Ilulisat, car l’aéroport ne peut pas accueillir de gros porteurs, seulement de petits avions). Etant donné qu’Ilulissat est la destination touristique la plus courue au Groenland, les vols sont nombreux et les connections pratiques, Air Greenland propose d’ailleurs des packages intéressants vol + hôtel au départ de Copenhague. Depuis la France, peut-être vous faudra-t-il passer une nuit à Copenhague à l’aller ou au retour, mais sachez que c’est vraiment une bonne chose, car Copenhague est merveilleuse et se prête bien à une découverte rapide de 24h. C’est ce que j’ai fait à mon retour du Groenland, je vous le raconterai dans le prochain article.
    Sachez que si vous projetez également de visiter l’Islande, vous pouvez trouver des vols directs Reykjavik-Ilulissat (car il s’agit là encore de petits avions, étant donné que c’est un vol relativement court) avec Air Greenland ou avec Air Iceland Connect.

    L’ultime épisode de mon voyage au Groenland va suivre : Kangerlussuaq et Copenhague. Inscrivez-vous à la newsletter ?

    Découvrez Ilulissat au Groenland, capitale des icebergs géants. Une vision spectaculaire. #ilulissat #groenland
    Epinglez moi !

    Merci à Visit Greenland de m’avoir permis de vivre ce voyage extraordinaire au Groenland. Merci à mes partenaires Air Greenland, Hotel Arctic et Arctic Friend pour leur accueil et les belles expériences vécues. Un merci tout spécial à Lars d’Arctic Friend, qui m’a consacré beaucoup de temps !