• Yoga
  • Divers
  • À propos

Étiquette : Grands espaces

  • Une perle verte en Haute Savoie : Praz de Lys Sommand

    Connaissez-vous Praz de Lys Sommand, dans les montagnes du Giffre ? Nous sommes dans la vallée parallèle à celle de Chamonix, un sillon vert à côté des glaciers blancs, un balcon bucolique sur les plus hauts sommets des Alpes. Dans ce décor de montagnes douces et riantes, la radicalité minérale des 4000 mètres est une toile de fond grandiose, et on aime admirer la silhouette majestueuse des géants glacés au loin – le Mont Blanc, l’Aiguille Verte – tandis qu’on se trouve dans un paysage d’alpages fleuris et de prairies ensoleillées. Au milieu des champs, de beaux villages savoyards traditionnels déploient leurs bulbes baroques, leurs fromageries, leurs saveurs authentiques : Taninges, Mieussy, les deux beaux villages de Praz de Lys Sommand en Haute-Savoie.
    A deux pas de Genève et d’Annecy, Praz de Lys Sommand, c’est la douceur des Alpes accueillantes, avec une vue sublime sur la verticalité radicale et gelée des plus hauts sommets.
    Ce sont des chapelles poétiques, des lacs, une chartreuse millénaire, du sport outdoor et du beau patrimoine, une destination pleine de richesses, des plus sportives aux plus épicuriennes. Marion et moi avons eu un vrai coup de foudre pour Praz de Lys Sommand, pour cette Haute-Savoie bucolique et verdoyante qui a mis mille fleurs et aventures dans notre été.  Pour une destination de montagne à la fois belle et accessible, suivez le guide : que voir, que faire à Praz de Lys Sommand en Haute Savoie, les activités outdoor et les bonnes adresses, je vous raconte tout.

    J’ai réalisé ce reportage avec mon amie et binôme photographe Marion Carcel alias Foehn Photographie. Ensemble, nous formons un duo de créatrice de contenus tourisme passionnées de montagne, de sport et de bonnes adresses, sous le nom d’Itinera Favonia. De très nombreuses photos de cet article sont les siennes, notamment toutes celles dans lesquelles j’apparais.

    Marion à cheval dans le Giffre, avec le pic de Marcelly en fond
    que voir et que faire à praz de lys sommand en haute savoie ?
    Marion grimpant avec vue sur le Mont Blanc

    Praz de Lys Sommand, côté outdoor : rando, vélo, escalade…

    Une destination de montagne extrêmement riche en activités de pleine nature accessibles à tous, dans un cadre verdoyant et majestueux, voilà ce que propose Praz de Lys Sommand.

    Randonnée sur les crêtes du Pic de Marcelly : panoramas incroyables

    Les villages de Taninges et de Mieussy sont surplombés par une impressionnante ligne de crêtes où le pic de Marcelly (presque 2000m, 1999 pour être précis) darde le ciel savoyard de sa silhouette effilée et de la croix majestueuse qui le surplombe. Véritable emblème du territoire de Praz de Lys Sommand, il invite à venir jouer aux funambules sur sa ligne de crête.  

    Je commence donc cette série avec une randonnée que nous avons adoré, Marion et moi : les crêtes de Praz de Lys Sommand, du pic de Marcelly au site de décollage des parapentes, une ligne de pureté alpine ouvrant sur les 4807m majestueux du Mont Blanc et toute la profondeur de la vallée du Giffre. Un décor enchanteur qu’ornent les fleurs sauvages en un beau début d’été, à commencer par les merveilleuses trolles, qui figurent parmi mes préférées…

    randonnée sur les crêtes du pic de marcelly à praz de lys sommand

    Les hauteurs de Praz de Lys Sommand offrent un exceptionnel balcon sur le massif du Mont Blanc. Face à nous, nous voyons se dessiner la plus haute montagne des Alpes et ses colossaux voisins, le Dôme du Goûter et son dos de neige, la pyramide parfaite de l’Aiguille Verte, les grands miroirs blancs du Mont Maudit.

    que voir et que faire à praz de lys sommand en haute savoie ?
    Des panoramas fascinants

    Un seul regret : que la météo nous ait empêchées de voler en parapente sur les crêtes, avec vue sur le Mont Blanc. Je pense que cette expérience doit être magique. Je vous renvoie donc à deux de mes plus beaux vols en parapente, tous deux en Haute-Savoie : à Chamonix face au Mont Blanc, et au col de la Forclaz, au dessus du lac d’Annecy. Rien de tel que le vol pour mesurer pleinement toute la majesté, la puissance de cette région magique !

    Grimper avec vue sur le Mont Blanc au lac d’Anthon


    Depuis que Marion m’a initiée à l’escalade, je partage sa passion du caillou et des belles falaises qui permettent de s’amuser dans un cadre à la fois nature et sécurisé. Nous retrouvons notre moniteur, Stéphane de Rock and Walk, pour une belle session grimpe sur la roche du lac d’Anthon. L’herbe est verte, les rives du lac paisibles, la falaise est belle et accessible, mais le clou de l’expérience ? Le Mont Blanc en arrière-plan, comme un hologramme majestueux conférant une dimension supplémentaire à nos virées en couenne ! On se prend à rêver de grandes voies, d’alpinisme, de continuer à explorer la richesse minérale de cette magnifique Haute Savoie. Grimper avec vue sur le Mont Blanc : une expérience montagne merveilleuse à Praz de Lys Sommand…  On se régale à tester « la plus belle 5C de Haute Savoie ». Les voies sont lisibles et sécurisées, de niveau variées et longues, ce qui permet de bien s’amuser.
    Il ne faut pas croire que les activités escalade et alpinisme sont réservées aux personnes expérimentées, avec un bon guide pédagogue on se régale et on vit de nouvelles choses même en étant complètement débutant ! Alors, qui vient goûter le rocher avec le roi des Alpes comme témoin ?

    escalade au lac d'anthon praz de lys sommand

    Découvrir le vélo nature à Praz de Lys Sommand


    Le vélo nature ? Un super chouette concept inventé par André, accompagnateur en montagne et moniteur VTT, qui veut réconcilier la rando à la découverte des montagnes et les sensations du vélo. Avec nos VTT, nous sommes sur des sentiers faciles, un profil légèrement descendant (mais ce n’est pas du VTT de descente, c’est bien plus facile et accessible), dans les paysages superbes des alpages de Praz de Lys Sommand. Et ce qui nous a vraiment convaincues, Marion et moi, c’est la richesse de tout ce que André nous a montré et raconté. Un passionné adorable, un puits de savoir ! André nous fait découvrir l’alpage de la Ramaz, qui a accueilli dans les années 80 un … pipeline du lait faisant descendre la traite directement jusqu’en bas de la vallée ! Après avoir pédalé au pied du Roc d’Enfer, arpenté les alpages, les chalets des hameaux, admiré les plantes des milieux ouverts qui s’épanouissent entre les sabots des troupeaux – comme les grosses fleurs jaunes qu’on nomme les trolles, une de mes préférées en montagne – , André nous fait découvrir un autre univers.

    Des alpages à la tourbière…


    Direction la tourbière, milieu unique et fragile, mi-terrestre, mi-aquatique. Ici, une farine glaciaire a imperméabilisé le sol il y a des milliers d’années, lors des grands âges de glace européens, et empêche l’eau de s’écouler. Ici la sphaigne, sorte d’éponge minuscule pouvant absorber jusqu’à sept fois son poids en eau, tapisse le sol et se pétrifie quand elle meurt, formant le terreau de la tourbière : ses landes à myrtilles, ses linaigrettes et ses pins à crochets. Et pour rendre notre exploration encore plus ludique, il nous fait faire des chapeaux de pétasite et goûter la sapinette maison, un délicieux alcool qu’il a fabriqué lui-même.

    Entre sport et culture, patrimoine une nature, une expérience géniale qu’on a adorée et qu’on vous recommande à 100% !

    A cheval à Mieussy et à travers les montagnes du Giffre

    C’est une expérience dont je vous reparlerai dans un article dédié : Marion et moi sommes parties de Praz de Lys Sommand pour trois jours de randonnée équestre itinérante à travers la vallée du Giffre, de Mieussy au cirque du Fer à Cheval à Sixt-Fer-à-Cheval. Une épopée hippique jusqu’au « bout du monde », que nous avons adorée. En attendant le récit complet, sachez qu’à Praz de Lys Sommand se trouve un merveilleux centre équestre, Les Paddocks du Mont Blanc, situé sur les hauteurs de Mieussy dans un décor idyllique avec vue sur le roi des Alpes, et que la monitrice Virginie propose de nombreuses randonnées à la demi-journée, à la journée ou de plusieurs jours. Un cadre inouï pour monter à cheval au cœur de la Haute-Savoie !

    Praz de Lys Sommand, côté villages : la beauté de Taninges et Mieussy

    Praz de Lys Sommand, ce sont deux villages savoyards superbes : Taninges et Mieussy. Et si nous avons adoré arpenter les hauteurs, nous avons aussi aimé nos promenades dans les cœurs authentiques des bourgs.

    Le vieux bourg de Taninges

    Quand le ciel est capricieux et que la montagne se voile de brume, on part explorer la beauté des villages. Taninges fut un véritable carrefour commercial et artisanal dans la vallée du Giffre, avec ses échoppes sur les bords du Foron, ses savoir-faire et son statut de bourg central au cœur de la vallée, où on venait pour le commerce, la messe et l’école. Dans les ruelles du bourg, on cherche les fontaines en calcaire du Giffre, une pierre de haute qualité pour laquelle les montagnes du Giffre étaient réputées, on admire le travail du fer forgé et les chapelles baroques. Je me prends de passion pour le clocher à bulbe couvert d’ardoises grises de la très belle chapelle Sainte Anne, édifiée en 1583. Un concentré de Haute Savoie que cette vision de la fontaine, l’église et la rue marchande… A Taninges, l’art religieux prend aussi parfois des détours insolites : on s’étonne de la cabine téléphonique suspendue dans les airs à côté de l’église principale – ici, les voies du Seigneur sont réellement impénétrables ! Enfin, on monte dans le dédale des ruelles piétonnes au-dessus de la chapelle Sainte Anne, aux petits airs d’Italie avec leurs couleurs pastel et leurs cordes à linge… un charme fou.

    que faire à praz de lys sommand : visiter le village de taninges
    que faire à praz de lys sommand : visiter le village de taninges
    La chapelle Sainte Anne, les fontaines en calcaire du Giffre et en fer forgé

    La maison du patrimoine à Taninges

    Sur les rives du Foron, sur le quai du Bras de Fer, l’activité artisanale fourmillait il y a un siècle à Taninges : les forgerons, les tanneurs, les tailleurs de pierre, faisaient du bourg de Taninges une puissante cité commerçante. À la Maison du patrimoine dans le cœur de Taninges, on retrace l’histoire et la vie de ces gens des années 1900, et les métiers du textile, du bois, du métal. Notre visite fut trop rapide – agenda serré ! – mais passionnante : j’aime cette plongée dans la Savoie d’autrefois.

    La chartreuse de Mélan

    À la Chartreuse de Mélan, on remonte le temps dans un superbe cloître roman devenu centre d’art et d’archéologie. Ceux qui ont déjà exploré le massif de la Chartreuse connaissent l’ordre monastique fondé par Saint Bruno, qui recherchait les lieux déserts pour y établir ses divines citadelles de silence et de prière. Mais ce que j’ignorais, c’est que l’ordre des Chartreux comptait aussi des moniales, et celles-ci vivaient dans une réclusion moins totale que leurs pairs masculins : plus proches des villes, plus  ancrées dans une dimension productive, les moniales géraient la production agricole, et se comportaient véritablement comme Seigneurs sur leurs terres. La chartreuse de Mélan au sublime cloître fut autrefois une immense cité monastique, que la Révolution a vidé.

    que faire à praz de lys sommand : visiter la chartreuse de mélan

    Elle devint orphelinat, jusqu’à un drame terrible en mars 1967, un incendie dans lequel 18 enfants perdirent la vie, et auquel semble faire écho les vitraux contemporains de l’église romane, qui semblent évoquer des flammes et rendre hommage.
    Mais aujourd’hui, la chartreuse de Mélan a une dimension bien plus joyeuse et ludique : centre d’archéologie et d’art contemporain, elle accueille non seulement des créations contemporaines dans les jardins, mais aussi et surtout de grandes expositions au sein de l’ancienne église romane, faisant état des fouilles, expliquant les métiers de l’archéologie, décryptant les strates du passé. De nombreuses animations pédagogiques à destination des écoles et des familles en font un lieu idéal pour faire entrer ses enfants dans l’histoire médiévale.

    que faire à praz de lys sommand : visiter la chartreuse de mélan

    Notre coup de cœur ? L’histoire du « chat diable » de la chapelle sud : on a longtemps cru que cette gargouille représentait le petit félin domestique, jusqu’à ce qu’on lui découvre des cornes… Félix ou Lucifer ? A vous de juger !

    La chapelle Saint-Grat de Mieussy

    C’est un édifice religieux que nous avons découvert à cheval, lors d’une sublime randonnée équestre de Mieussy à Sixt-Fer-à-Cheval, dont je ne manquerai pas de vous parler. L’arrivée à la chapelle Saint-Grat de Mieussy est une véritable carte postale de la Savoie éternelle : une église solitaire au milieu des lacets du sentier, un clocher à bulbe d’oignon baroque, et le Mont Blanc pour horizon.

    Les belles adresses à Praz de Lys Sommand

    Où manger, où dormir, où faire ses provisions lors d’un séjour à Praz de Lys Sommand ? Voici quelques idées savoureuses.

    L’hôtel l’Accueil savoyard à Mieussy

    Nous avons passé trois nuits merveilleuses dans cet hôtel douillet et confortable avec vue sur les montagnes, l’Accueil savoyard à Mieussy. Notre chambre était tout de bois et d’oursons polaires, avec vue sur la vallée du Giffre ouverte jusqu’à l’Aiguille Verte, la petite sœur pyramidale du Mont Blanc. C’est beau, c’est apaisant. C’est l’été à la montagne… Une bonne adresse à retenir à Praz de Lys Sommand !

    où dormir à praz de lys sommand
    où dormir à praz de lys sommand
    où dormir à praz de lys sommand
    où dormir à praz de lys sommand

    Trois bons restaurants à Praz de Lys Sommand

    Pour bien manger pendant vos vacances, les restos à retenir…

    La Crémaillère, au bord du lac de Taninges


    C’est important, non, une première impression ? Arriver quelque part et se sentir tout de suite bien… Le premier jour, Marion et moi arrivons en début de soirée à Praz de Lys Sommand. C’est la Haute Savoie verdoyante, lumineuse, dans le halo doré du couchant. Au bord du lac de Taninges, au pied du pic de Marcelly et à deux pas de la superbe chapelle de Flérier, qui trône sur ces rives depuis le XIIIe siècle, nous allons manger à La crémaillère. On nous sert un délicieux cocktail à la violette et au curaçao, des pâtes aux coquillages, des desserts sublimes, dans la douceur qui monte des roseaux. Une soirée magique, hors du temps.

    L’Aromate à Mieussy

    Une belle adresse gastronomique que l’Aromate, au cœur du village de Mieussy : grâce à un menu unique, le restaurant réussit le tour de force de proposer un menu d’excellente facture, réellement gastronomique, au tarif de 18 euros (entrée, plat, dessert). Excellent, créatif et abordable, une jolie adresse pour se laisser surprendre et régaler !

    Le Marronnier à Taninges

    Au cœur du vieux bourg de Taninges, sous les arbres, un resto chaleureux et convivial, une ambiance montagnarde typique, une cuisine simple et réconfortante. Nous y avons passé un très bon moment.



    Les autres bonnes adresses : où aller à Praz de Lys Sommand

    Envie d’une bière, d’un fromage ou d’un massage ? Voici encore de très belles adresses à retenir pour un beau séjour en Haute-Savoie.

    Le spa de Lys sur les hauteurs de Praz de Lys Sommand


    Ce n’était pas ce qui était prévu initialement. Marion et moi devions aller randonner dans les alpages, entre vachettes et fleurettes avec vue sur le mont Blanc. Mais le ciel avait la tête d’une serpillière et l’hygrométrie était à l’avenant : pluie à seaux. Alors on s’est dit, quitte à être mouillées, autant avoir la tenue appropriée et passer le maillot de bain. Vous connaissez ma passion pour les spas – pour aller flotter dans l’eau chaude, je suis toujours d’accord. Et cela tombe bien, car Le spa de lys a récemment ouvert à Praz de Lys Sommand et l’ambiance était parfaite. Déco ravissante et cosy, entre bois de bouleau, hamacs et murs vert d’eau, atmosphère feutrée, le spa propose des créneaux privatisés pour une expérience de bien être intimiste en couple, en famille ou entre amies. Dans votre espace spa boisé, vous trouverez un sauna, un jacuzzi, et une douche à sensations à customiser avec la capsule d’huiles essentielles de votre choix. Nous n’avons pas testé les soins, mais le spa de Lys propose à la fois des massages, des soins bien être avec les produits Pure Altitude que j’adore ( je les ai découverts à Megève, où ils sont fabriqués avec des plantes de nos Alpes faites pour résister au froid et au gel, ce sont de super produits) et des soins esthétiques classiques type manucure. Les cabines sont jolies et accueillantes. Au milieu de la tempête, une bulle de douceur, où nous avons été reçues avec beaucoup de gentillesse. Les changements de programme, ça peut être chouette, merci l’averse !
    Alors, quand on ne peut pas gambader au bord d’un lac de montagne, un beau spa chaleureux, ça se défend, non ?

    spa praz de lys sommand bonnes adresses

    La brasserie K&G Green Valley

    A Mieussy, à deux pas de notre hôtel, Kévin tient sa taverne du sorcier : la brasserie K&G Green Valley, où il fabrique des potions magiques et tient un bar hyper sympa et chaleureux, à la déco décalée et délirante. Bières artisanales excellentes (moi qui ne suis pas très bière, j’ai adoré celles de Kévin, qui sait proposer des créations originales pour tous les goûts), whiskys, gin, liqueurs, tout est artisanal, concocté par un grand passionné au sourire communicatif et à la vraie générosité (attention traquenard, quand vous commencez à goûter, il vaudra mieux repartir à pied pour votre sécurité !) Mon plus grand coup de cœur, à déguster (avec modération) chez K&G ? Le génécello, un limoncello de génépi, absolument exceptionnel. Vraiment, je vous le dis, ce produit mérite de faire fureur : meilleur que le génépi et meilleur que le limoncello, c’est garanti ! Et j’ai adoré la terrasse extérieure du bar, où on a dégusté des fromages locaux et admiré les géraniums sur les façades. Et on est rentrées à pied.

    La Fruitière des Hauts-Fleury : fromagerie 5*

    Savez vous qui a obtenu la médaille d’or du meilleur reblochon au salon de l’agriculture de Paris en 2022 ? La Fruitière des Hauts Fleury, une des dernières fruitières (coopérative artisanale de paysans de montagne) traditionnelles de Haute-Savoie. La boutique est merveilleuse, avec une collection de fromages à en faire tourner la tête et des tonnes d’autres produits locaux, mais la fruitière possède aussi une autre dimension : l’atelier Croq’Alp, une sorte de Disneyland pédagogique du fromage à destination des enfants (et pas que). Dans ces ateliers joliment aménagés, riches en contenu et passionnants, on apprend à différencier les fromages au toucher, on découvre tout sur l’alimentation des vaches, avec plein de stations où on a le droit de mettre les mains, de sentir, de faire fonctionner tous les sens. Des ateliers de fabrication de son propre fromage sont régulièrement organisés. J’ai particulièrement apprécié le cinéma, qui projette différents documentaires, dont un intégrant des images anciennes, un autre des portraits d’agriculteurs – passionnant. Marion et moi, folles de fromage devant l’éternel, avons adoré cette visite !

    bonnes adresses praz de lys sommand : fromagerie reblochon
    bonnes adresses praz de lys sommand : fromagerie reblochon

    Praz de Lys Sommand nous a régalées, fait bouger, explorer, déguster, et nous avons eu un vrai coup de cœur pour cette magnifique station aux mille facettes, qui se veut résolument accessible à tous. Nous avons apprécié cette dimension de montagne accueillante, chaleureuse, qui fait de la place aux familles, aux débutants, aux gens qui ont envie de s’initier sans se faire peur. Une vraie belle destination de vacances qui offre des tonnes de possibilités, pour tout le monde !

    Continuer d’explorer la Haute-Savoie

    J’aime infiniment cette région et je trouve que les séjours d’été en Haute Savoie ont un charme inimitable… Que diriez-vous de poursuivre la visite du côté du lac d’Annecy, entre bateau, parapente et belles adresses luxueuses, de Chamonix Mont Blanc, avec de sublimes randonnées, du parapente, et des lieux mythiques de l’histoire de l’alpinisme, ou encore du massif de Môle et Brasses, pour un séjour de montagne estival rempli d’insolites et de saveurs ?
    Et pour la suite de nos aventures dans les montagnes du Giffre, avec la traversée équestre de la vallée sur trois jours de Mieussy à Sixt-Fer-à-Cheval : n’hésitez pas à vous abonner à la newsletter !

    Un grand merci à Praz de Lys Sommand, à Anne-Claude et à Julie, et à toutes les personnes qui nous ont accueillies, pour ce très beau séjour réjouissant.

    bonnes adresses taninges praz de lys sommand mieussy

  • Ski de rando en Savoie, une aventure avec Chilowé

    Chausser ses peaux de phoque et partir à l’assaut des sommets de Saint Sorlin d’Arves, en Savoie, avec une vue sublime sur les Aiguilles d’Arves, dormir dans un refuge avec une fabuleuse ambiance de cordée et voir le soleil se lever sur le glacier, cela vous tente ? C’est ce que j’ai vécu fin mars, lors d’un très beau week-end en haute montagne avec Chilowé. Chilowé, ce sont des « micro aventures » outdoor en France, en petit groupe convivial, qui proposent déconnexion et oxygénation de façon éco-responsable et chaleureuse. Pas besoin de quitter la France pour avoir la sensation de partir sur la lune … un dépaysement profond à deux pas du quotidien, c’est exactement ce que doit procurer la micro aventure. Qu’elle se vive en rando, en raquettes, en kayak ou comme ici en ski de rando, elle doit permettre de se couper du monde, le temps d’un week-end, et donner la sensation d’avoir vécu un grand voyage sans avoir pourtant pris l’avion ou changé de pays. Par amour de la neige et des Alpes, j’ai choisi cette aventure savoyarde, et j’ai vécu un très beau week-end au cœur de la haute montagne française, univers magique de glace et d’immensité.
    Je vous raconte.

    Ski de rando à Saint Sorlin d'Arves en Savoie avec Chilowé
    Ski de rando avec vue sur les Aiguilles d’Arves
    Ski de rando à Saint Sorlin d'Arves en Savoie avec Chilowé
    La joyeuse bande et le refuge de l’Étendard où nous avons dormi
    Ski de rando à Saint Sorlin d'Arves en Savoie avec Chilowé
    Lever de soleil sur le glacier

    Jour 1 : l’ascension de l’Aiguille de Laisse en ski de rando

    Vous connaissez mon amour des montagnes… J’étais donc enchantée de retrouver au point de rendez-vous le samedi matin, à Saint Sorlin d’Arves, la petite équipe constituée de Michel, guide de haute montagne, et une joyeuse bande sympa de filles et de garçons venus tâter les plaisirs de la poudreuse. Tous ont à peu près mon âge, et viennent d’un peu partout en France, de la Normandie à la Côte d’Azur. Après un passage chez le loueur pour récupérer l’équipement spécifique au ski de rando (skis légers, peaux de phoque, couteaux, et pack de sécurité : détecteur de victimes en avalanche, pelle et sonde), nous sommes partis. Le but ? Conquérir des sommets à la force de nos cuisses et explorer de beaux itinéraires hors piste à Saint Sorlin, très beau village savoyard rendu célèbre par les sublimes Aiguilles d’Arves qui le couronnent. Bonheur de randonner avec un tel panorama, ces pics majestueux et reconnaissables entre mille !

    Aiguilles d'Arves
    Les légendaires aiguilles d’Arves
    Ski de rando à Saint Sorlin d'Arves en Savoie avec Chilowé
    Michel, notre guide
    Aiguilles d'Arves
    Ici nous quittons le domaine skiable et partons vers les hors piste…


    Le premier jour, nous partons à l’assaut de l’Aiguille de Laisse (2879m). Nos chaussures de ski sont en mode marche, nous avons collé les peaux sous les spatules, notre talon est libre, et nous cheminons sous un grand soleil vers le sommet. L’effort est soutenu, d’autant qu’il fait chaud, mais tout au long de la montée, la vue sur les Aiguilles d’Arves est grandiose, et la beauté du paysage nous distrait de la fatigue.

    Ski de rando avec Chilowé à Saint Sorlin d'Arves en Savoie

    Arrivés au sommet de l’Aiguille de Laisse, c’est le Mont Blanc qui pointe son nez, et mon grand amour la Meije au loin… je me souviens avec nostalgie de mon ascension en septembre dernier de la Meije orientale, et suis émue de retrouver cette silhouette familière.

    Vue au sommet de l’Aiguille de Laisse sur les Grandes Rousses, avec le regard tourné vers l’Alpe d’Huez


    Le temps de la descente est venu. Nous enlevons nos peaux, tournons notre fixation et fermons nos chaussures pour se mettre en mode ski. Notre ski de randonnée redevient un ski alpin classique. Et c’est parti ! Sur cette neige polie par un soleil ardent, nous recherchons les zones de neige entre les plaques de glace, et nous rions de nos jolies gamelles. Après une belle longue descente et la traversée d’un lac gelé, il est temps de rejoindre notre gîte pour la nuit, le refuge de l’Etendard, où nous attend une vraie belle ambiance montagnarde…

    Ski de rando à Saint Sorlin d'Arves en Savoie avec Chilowé
    Traversée du lac gelé
    Ski de rando à Saint Sorlin d'Arves en Savoie avec Chilowé
    Ski de rando à Saint Sorlin d'Arves en Savoie avec Chilowé
    Arrivée au refuge

    La nuit au refuge de l’Etendard, à Saint Sorlin d’Arves

    J’ai un amour profond pour les refuges de haute montagne. Lorsque Chilowé m’a envoyé le vaste catalogue des aventures proposées – il y en avait pour tous les goûts : une initiation au bivouac, une construction d’igloo, un stage de survie, du yoga, un trek guidé, une nuit en refuge, du vélo, de la voile, du canoë, de l’alpinisme, du surf… –, le fait de dormir dans un refuge de haute montagne avait été pour moi un critère de choix décisif.

    Ski de rando à Saint Sorlin d'Arves en Savoie avec Chilowé
    Refuge de l’Etendard

    Je les avais découverts pour la première fois de façon livresque, dans le célèbre roman Premier de cordée de Frison-Roche, rêvant d’ascensions épiques au fond de mon lit. Frison-Roche raconte ainsi l’arrivée de ses héros alpinistes au refuge :

    « Dans la salle commune éclairée par un falot fumeux, trois cordées d’alpinistes mangeaient et buvaient ferme ; on pouvait deviner, à voir leurs cordes toutes mouillées qui gisaient dans un coin de la pièce, à moitié raidies par le gel, qu’ils arrivaient juste d’une longue randonnée glaciaire. La cuisine était une grande pièce carrée, basse de plafond, entièrement boisée. L’aiguille Noire et les Dames-Anglaises s’y encadraient, comme par la fantaisie d’un peintre, et, à cette heure tardive, alors qu’il faisait nuit depuis longtemps dans les vallées, les cimes étaient encore faiblement éclairées à contre-jour par une lueur nacrée flottant sur les crêtes et irisant le feston de leurs corniches. Bien que la pièce fût soigneusement close, un vent coulis filtrait dans la cuisine, refroidissant sournoisement l’intérieur du refuge. Du givre, déjà, étoilait les vitres. Brocherel, le gardien, s’affairait autour du fourneau. A la table commune, quelques guides et porteurs mangeaient en ressassant leurs éternelles histoires de courses. »

    Premier de cordée, Frison-Roche

    Ma première expérience en refuge, je l’ai vécue au refuge des Cosmiques, à Chamonix, lors de mon initiation à l’alpinisme en vallée Blanche. L’été suivant, lors de ma semaine de randonnée dans le Val d’Hérens en Suisse, j’avais pu en découvrir un autre, la Cabane de la Tza (en Suisse, les refuges se nomment cabanes, mais l’ambiance et le concept sont exactement les mêmes). Enfin, en septembre 2021, j’ai vécu ma plus belle expérience alpine à ce jour avec l’ascension de la Meije orientale, qui m’a permis de dormir au fabuleux refuge de l’Aigle sur le flanc Est de la montagne magique. Une expérience que je dois encore vous raconter ici sur le blog !

    refuge de l'aigle meije orientale
    Refuge de l’Aigle, sur le flanc oriental de la Meije
    ascension meije orientale vue sur le doigt de dieu
    Lever du jour au sommet de la Meije orientale, avec vue sur le doigt de Dieu

    Au refuge de l’Etendard à Saint Sorlin, j’ai tout de suite retrouvé l’ambiance que j’avais adorée : les gens revenant fatigués et heureux d’itinéraires sauvages au cœur des sommets, le repos autour d’un bol de thé fumant, l’esprit de cordée, la beauté inouïe de nos Alpes sauvages par la fenêtre que le couchant illumine, la bibliothèque de petits livres rouges Guérin racontant les épopées alpines qu’on lit avant de se coucher, la bouteille de génépi au dessert…


    Le refuge de l’Etendard était gardé, cet hiver, par une famille adorable, gérant ensemble la lourde logistique d’un tel établissement et préparant des repas délicieux. J’ai été sensible à l’effort appuyé de mise en valeur des produits locaux – un tableau de craie nous précisait l’origine de tous les produits servis ce soir-là, et les commerçants et producteurs de la région de Saint Sorlin étaient quasi exclusivement représentés. Le repas était délicieux et très copieux, un délice après une journée d’efforts.
    Nous nous sommes couchés tôt, dans notre dortoir à 8, comme en colonie de vacances : chacun son lit superposé.

    Nous nous sommes enveloppés dans nos draps de sac (la seule chose que nous devions apporter nous-mêmes) et blottis sous les couettes du refuge, et tout de suite endormis…

    Jour 2 : le glacier du Grand Sauvage en ski de rando

    Ces moments en haute montagne…
    Dormir en refuge, dans un dortoir où le réveil sonne très très tôt, s’équiper dans la nuit et sortir dans le froid à la lumière de la lune. Les gestes sont un peu engourdis, les paupières un peu lourdes, mais on sait qu’il est temps de partir : en haute montagne, on se met en chemin avant le jour, quand la neige est encore dure et sûre, et on tente de rentrer tôt, avant la fonte et la transformation de la neige…
    Cheminer dans les immensités blanches de la haute montagne, entre glaciers et sommets, et voir peu à peu le rose colorer la neige, l’aurore embraser les cimes, et le soleil toucher enfin la blancheur pour la changer en or pur. Ce sont les moments que je préfère, ceux où on oublie la fatigue, le froid, les ampoules, car la beauté inouïe du monde glacé vous récompense de toutes les peines. Un lever de soleil en haute montagne et tout vaut le coup. Ce moment était magique.

    ski de rando à saint sorlin d'arves savoie avec chilowé
    ski de rando à saint sorlin d'arves savoie avec chilowé

    Nous avons cheminé sur le glacier qui s’étend, majestueux, entre les Cimes du Grand Sauvage et le Pic de l’Etendard. Nous sommes montés au col du Grand Sauvage pour admirer la vue sublime sur les Aiguilles d’Arves, et sommes redescendus sur le glacier – la plus jolie descente du week-end, un vrai moment de bonheur dans ce vallon ample et large où la neige du matin était tendre et où nous nous sommes vraiment amusés.

    ski de rando à saint sorlin d'arves savoie avec chilowé
    Sous la Cime du Grand Sauvage
    Vue au col du Sauvage

    Le retour fut plus ardu : la mauvaise qualité de la neige à ce moment-là (les chutes de neige abondantes de fin de saison sont arrivées une semaine plus tard) nous a forcés à une longue et éprouvante traversée de retour vers Saint Sorlin. Mais c’est aussi ça, la haute montagne : savoir que les Alpes sont reines, qu’il faudra se plier à leurs caprices du moment, et suivre les décisions de notre guide, Michel, qui connaissait mieux que nous les conditions et ce qu’il était possible ou non d’entreprendre. Quand on redescend des montagnes, on est crevé, courbaturé, mais heureux, bourré d’oxygène, de globules rouges et de rêves de grands espaces, songeant déjà aux prochaines ascensions et exultant à l’idée des prochains sommets à conquérir…

    Chilowé, spécialiste des micro-aventures outdoor en France

    Vous connaissez mon attachement au made in France, aux Alpes, et mon amour des grands espaces. J’ai aimé partir avec Chilowé, car leur concept correspond à ce que je cherche à vivre dans tous mes voyages français : une belle expérience en pleine nature, un dépaysement total sans quitter pourtant l’hexagone. Chilowé, ce sont des voyages en France, en petit groupe et encadrés par des guides sympas et compétents, qui permettent de sortir un petit peu de sa zone de confort et de s’essayer à de nouvelles choses sans danger et sans stress. Lors de nos échanges sur Instagram, vous êtes nombreux à m’avoir dit rêver de tester une nuit en bivouac (mais ne pas forcément avoir le matériel pour, ou oser sauter le pas de dormir seul dans la nature), de faire une séance de yoga dans la neige, de tester les raquettes ou le ski de rando, de dormir en refuge ou en cabane, ou encore de vous essayer à l’alpinisme. Chilowé propose ce genre de choses, avec des valeurs de proximité, de convivialité et de respect de la nature qui me touchent.

    Bivouac dans les Alpes…
    … surf à Seignosse …
    … trek dans le Vercors…
    …cheval à Seignosse…
    bivouac dans le Beaufortain, autant d’exemples d’expériences qu’on peut vivre avec Chilowé.

    Il n’est pas besoin de partir loin pour se dépayser radicalement, et je suis bien d’accord : la France est une mine d’aventures ! Ski de rando, kayak, yoga, raquettes, trek et bivouac, surf, voile, les possibilités sont infinies… Alors, vous venez dormir dehors ?

    Merci à Chilowé et à toute l’équipe du week-end à Saint Sorlin d’Arves, et notamment notre guide Michel, pour cette belle aventure savoyarde.

  • Trois jours de randonnée au coeur du Jura

    Trois jours de trek itinérant au cœur du Jura entre crêtes et combes, trois jours de randonnée bivouac autonome entre amies, c’est ce que nous avons vécu fin septembre dans la région de Lélex.
    Fin septembre, mon amie et binôme Marion et moi avons été lauréates de la bourse expé du site Helloways, qui propose des itinéraires de randonnées en France accessibles en transport en commun, avec tracé GPX et idées d’étapes. Nous sommes donc parties trois jours en trek et bivouac dans le Jura, pour tester un des treks que propose le site. Nous avons vécu cette très belle aventure entre copines à trois avec notre amie Sissou, et savouré cette totale autonomie avec nos tentes, nos duvets et notre équipement de rando. 
    Marion et moi étions équipées par Lafuma, l’autre partenaire de la bourse expé, et pleinement profité de l’équipement de qualité que nous avons reçu. Atmosphère du trek, paysages des crêtes, matériel utilisé, je vous raconte un peu cette jolie aventure, ces trois jours de rando-trek dans le Jura entre amies…

    Trois jours de randonnée trek dans le Jura, en autonomie avec bivouac. Itinéraire de randonnée sur les crêtes du Jura autour de Lélex
    Sur les crêtes du Jura…
    Trois jours de randonnée trek dans le Jura, en autonomie avec bivouac. Itinéraire de randonnée sur les crêtes du Jura autour de Lélex
    Trois jours de randonnée trek dans le Jura, en autonomie avec bivouac. Itinéraire de randonnée sur les crêtes du Jura autour de Lélex
    … face au Mont Blanc !

    Je ne détaille pas ici l’itinéraire précis de notre randonnée jurassienne, car le descriptif complet et le tracé GPX sont disponibles sur Helloways : crêtes et combes jurassiennes. Marion s’est chargée de vérifier le tracé et rédiger le descriptif. Les prises de vue ont été réalisées par Marion, mais leur traitement sur le site d’Helloways n’est pas le sien. En revanche, vous trouverez ici-même les photos prises et traitées par Marion, qui est l’auteur de la quasi-totalité des images de cet article.

    Randonner face au Mont Blanc depuis les crêtes du Jura

    Vous me connaissez : je suis une obsessionnelle des Alpes. Mais parfois, l’aventure vous appelle à un autre massif, et des chemins inattendus vous ramènent à votre grand amour.
    Je connaissais assez peu le Jura. Et quand nous sommes arrivées sur les crêtes, du côté du Colomby de Gex, j’ai été saisie : face à nous, le lac Léman, Genève, et majestueux, triomphant, son altesse sérénissime le Mont Blanc. Depuis nos merveilleuses randonnées à Chamonix, je suis hypnotisée par le monstre mythique, roi des Alpes et toit de l’Europe. Le retrouver ici à l’improviste, alors que nous commencions à arpenter un nouveau massif, m’a émerveillée. Ce fut une magnifique première journée de trek dans le Jura, et sans aucun doute ma préférée du séjour : une avalanche de beauté montagnarde bucolique !

    Trois jours de randonnée trek dans le Jura, en autonomie avec bivouac. Itinéraire de randonnée sur les crêtes du Jura autour de Lélex
    Vaches et Mont Blanc !
    Trois jours de randonnée trek dans le Jura, en autonomie avec bivouac. Itinéraire de randonnée sur les crêtes du Jura autour de Lélex
    Le lac Léman, Genève, les Alpes

    Le bonheur de dormir dehors

    Moi, la grande amoureuse des hôtels de luxe, je ne pensais pas développer un jour une telle passion pour le bivouac.

    On prend vite goût à ces réveils au cœur des bois, à ces brumes sur les lacs, à ces rayons de lumière sur les sapins…
    On prend vite goût au premier café du matin au réchaud qui a une saveur à part au cœur de la nature, à ces réveils seules au monde entre copines, à ces aventures toujours renouvelées.

    Trois jours de randonnée trek dans le Jura, en autonomie avec bivouac. Itinéraire de randonnée sur les crêtes du Jura autour de Lélex
    Trois jours de randonnée trek dans le Jura, en autonomie avec bivouac. Itinéraire de randonnée sur les crêtes du Jura autour de Lélex
    Trois jours de randonnée trek dans le Jura, en autonomie avec bivouac. Itinéraire de randonnée sur les crêtes du Jura autour de Lélex

    J’ai particulièrement apprécié cette aventure entre femmes, ce petit goût de girl power qui teintait notre trek, en totale autonomie, à porter avec nos petites pattes notre sac, notre tente, et notre nourriture pour trois jours. Vivre ça avec Marion et Sissou m’a valu trois jours de fous rires en gros sacs entre crêtes et forêts. Trois filles passionnées d’outdoor, de l’aligot en sachet, du chocolat et des montagnes : le bonheur !
    Un bivouac en forêt, un au bord d’un lac embrumé, deux belles nuits en pleine nature.

    Une dernière fois, randonner face aux crêtes du Jura

    Deuxième jour de randonnée. Chemins fleuris, vaches amicales, forêts embrumées, lacs et sentes sinueuses. C’est le plaisir du temps long du trek, des discussions rythmées par la marche et les pauses boisson et abricots secs, la joie de cette randonnée entre filles au coeur des combes jurassiennes.

    Trois jours de randonnée trek dans le Jura, en autonomie avec bivouac. Itinéraire de randonnée sur les crêtes du Jura autour de Lélex

    Troisième et dernier jour dans le Jura. Nous achevons nos 60 km de trek en redescendant vers Lélex, où nous attend la voiture. Mais avant de quitter les sommets, nous avons un dernier regard pour le Colomby de Gex. C’est sur ces crêtes qu’a débuté notre aventure, trois jours plus tôt, et je repense déjà avec nostalgie à la sublime vue sur Genève, le lac Léman et le mont Blanc que nous avions là- haut. Les longues randonnées itinérantes font vivre le paysage autrement… Je rêve déjà à de nouveaux itinéraires.

    Trois jours de randonnée trek dans le Jura, en autonomie avec bivouac. Itinéraire de randonnée sur les crêtes du Jura autour de Lélex
    Trois jours de randonnée trek dans le Jura, en autonomie avec bivouac. Itinéraire de randonnée sur les crêtes du Jura autour de Lélex
    Trois jours de randonnée trek dans le Jura, en autonomie avec bivouac. Itinéraire de randonnée sur les crêtes du Jura autour de Lélex

    Matériel de rando trek et bivouac : notre équipement avec Lafuma

    Nous avons eu la chance, Marion et moi, d’être équipées pour cette aventure par Lafuma, marque française outdoor de qualité et qui se distingue par son engagement éco-responsable.

    Trois jours de randonnée trek dans le Jura, en autonomie avec bivouac. Itinéraire de randonnée sur les crêtes du Jura autour de Lélex
    Chaussures, veste, duvet Lafuma.

    Je commence par mes deux plus gros coups de cœur : ma veste et mes chaussures.

    – Vous avez remarqué ma magnifique veste multicolore, qui n’est pas seulement super stylée avec ses magnifiques couleurs chatoyantes que j’adore, mais aussi 100% étanche même sous le déluge et ultra légère. Il s’agit d’une veste Shift Goretex JKT W, et elle est devenue l’indispensable absolu de mes randonnées en toute saison. Tellement facile à plier, ultra légère, parfaitement étanche et si jolie – juste parfaite !

    – J’ai des pieds très sensibles et de longue date un problème avec les chaussures de randonnée, qui me font toujours beaucoup d’ampoules. J’ai longtemps randonné en baskets, faute de trouver un modèle qui me convienne. Avec mes chaussures Lafuma Apennins Clim Mid, ce fut le coup de foudre. ENFIN des chaussures de rando qui ne me font pas mal, même après de longues heures et plusieurs jours d’affilée (je les ai également portées durant tout mon séjour rando en Suisse, avec de longues randonnées et de gros dénivelés). Elles sont incroyablement confortables, solides, stables et étanches, même lors de la traversée accidentelle d’une rivière, et restent pourtant très respirantes… je ne peux plus m’en passer !

    J’ai également aimé les produits suivants :

    – Le pantalon pour femme Lafuma Shift Pants W est confortable, déperlant, et bien taillé. Je l’ai trouvé très agréable à porter et bien adapté à la saison : en plein été, il aurait été trop chaud, mais fin septembre, c’était parfait.

    Trois jours de randonnée trek dans le Jura, en autonomie avec bivouac. Itinéraire de randonnée sur les crêtes du Jura autour de Lélex

    – Le tee-shirt manches courtes Track Tee W rose est un tee-shirt technique qui sèche très vite et ne retient pas l’humidité : parfait pour une longue rando !

    – Le sac de couchage confort 4° Downleaf -2° est un excellent sac de couchage d’été et demi-saison : léger, facile à plier, peu encombrant et bien chaud. Il pèse moins d’un kilo, il est écolo avec son duvet de canard 100% recyclé et son revêtement déperlant éco-responsable, et il se range très bien dans le sac car il se compacte très bien et facilement. Parce que je suis une grande frileuse, je l’ai associé à un drap de sac technique chaud pour encore plus de confort.

    équipement pour une randonnée trek de trois jours

    Un seul produit ne m’a pas convenu : le sac de randonnée mixte Access 40. Je n’ai rien à lui reprocher en soi – c’est un sac bien conçu, avec de nombreuses poches, très pratique avec sa fermeture éclair centrale réversible qui permet d’accéder à tout très facilement (un élément que j’apprécie beaucoup !), solide. Mais on ne le saurait assez le répéter, chaque dos est différent et un sac de trek s’essaie normalement avant achat. Malgré des tentatives d’ajustement, celui-ci ne me convenait pas. C’est le seul produit que je n’ai pas continué d’utiliser après notre trek, mais c’est pourtant un bon sac – testez-le pour savoir s’il vous va !

    Trois jours de randonnée trek dans le Jura, en autonomie avec bivouac. Itinéraire de randonnée sur les crêtes du Jura autour de Lélex

    Globalement, je me suis sentie très bien équipée, avec un matériel parfaitement ajusté à ce temps de demi-saison, avec quelques averses et moments frisquets.

    Trois jours de randonnée trek dans le Jura, en autonomie avec bivouac. Itinéraire de randonnée sur les crêtes du Jura autour de Lélex
    Marion : pantalon, tee-shirt, veste, sac, duvet et chaussures Lafuma elle aussi.

    Je suis heureuse d’avoir vécu cette belle aventure avec Marion et Sissou entre crêtes et combes au cœur du Jura. Merci à Helloways pour l’expérience et la bourse, merci à Lafuma pour le super matériel qui nous a permis de randonner confortablement.

  • De Arolla à Hérémence, sublimes randonnées en val d’Hérens

    En août dernier, j’ai eu le bonheur de redécouvrir sous son versant estival le merveilleux val d’Hérens, une des vallées les mieux préservées du Valais. Au cœur de la Suisse, au plus haut de la chaîne alpine, nous avons vécu une semaine de randonnées extraordinaires en Valais, autour d’Arolla et d’Evolène tout d’abord, puis dans la région de Thyon et de Hérémence. Ces randonnées en val d’Hérens figurent parmi les plus beaux itinéraires que j’ai parcourus dans la chaîne des Alpes.

    J’avais déjà été séduite lors d’un précédent séjour au cœur du val d’Hérens en hiver. J’ai eu le bonheur de revenir en été, accompagnée de mon cher ami Adrien, et j’ai été émerveillée par la profusion de fleurs au milieu des sommets culminant à trois ou quatre mille mètres dans un vertige de pure blancheur, par l’abondance des glaciers, par la beauté des villages où certains greniers de bois sont vieux de plusieurs siècles. Voyageurs en quête d’expériences alpines authentiques, de traditions puissantes, de paysages grandioses, vous serez émerveillés par le val d’Hérens, pays des reines, des glaciers, des légendes et des artistes. Voici le récit de nos plus belles randonnées en val d’Hérens, et d’un séjour hors du temps à Arolla

    Mes plus belles randonnées dans le Val d'Hérens, autour de Arolla, Hérémence, Evolène : blog sur un sublime séjour rando dans le Valais, en Suisse.
    La Dent Blanche et le Cervin se reflétant dans une gouille (un étang) en Val d’Hérens
    Mes plus belles randonnées dans le Val d'Hérens, autour de Arolla, Hérémence, Evolène : blog sur un sublime séjour rando dans le Valais, en Suisse.
    La Dent Blanche, emblème du Val d’Hérens, au-dessus du hameau de La Sage (Evolène)

    Arolla, village de légende

    Nous sommes tout au bout du val d’Hérens, là où les routes viennent mourir sur la barrière des 3000 et sur les langues glaciaires scintillantes. Au fond de la vallée, au bout du monde, se niche le sublime village d’Arolla, qui fut notre camp de base pendant trois journées merveilleuses. Légendaire parmi les alpinistes, Arolla se trouve précisément à mi-chemin entre Chamonix et Zermatt, sur la mythique haute route alpine. Les alpinistes qui parcourent cet itinéraire mythique disent souvent d’Arolla qu’elle est la plus belle étape, et je me surprends à rêver aux refuges iconiques qui la jalonnent, comme la cabane Bertol, suspendue au-dessus des glaces à 3311m. Simples piétons sans cordes ni crampons cette fois-ci, nous restons au pied des immensités glaciaires, au cœur de ces forêts d’arolles qui ont donné au village son beau nom mélodieux. Nous savourons la certitude d’être au cœur du cœur des Alpes, sur l’épine dorsale de la chaîne magique. Le matin ici a un goût d’éternité…

    Un hôtel mythique au-dessus du glacier : le Grand Hôtel Kurhaus Arolla 


    Imaginez un hôtel tout de bois lambrissé, trônant depuis 1896 au-dessus du glacier d’Arolla, seul au monde entre forêt d’arolles, sommets vertigineux et vues radieuses.


    J’ai passé trois nuits enchanteresses dans cet hôtel hors du temps, riche d’histoire et de légendes, hanté par des alpinistes et des femmes puissantes.

    Honorine Gaspoz, la fondatrice, a bâti et géré cet hôtel avec une volonté de fer après le décès de son mari, tout en élevant ses nombreux enfants. Les dates gravées dans les lourdes poutres du salon au piano, mais aussi les lambris tapissant aujourd’hui les chambres et issues de la charpente originelle, rappellent ce solide héritage d’une femme forte et engagée. L’atmosphère du Kurhaus, avec ses bibliothèques, ses lambris, son ambiance tirée tout droit d’un roman de Stefan Zweig ou de Thomas Mann, semble avoir capturé le spectre bienveillant de la légendaire fondatrice. Mais ici, dans la grande salle d’exposition où flottent les rubans d’Arolla, habite un autre fantôme féminin : celui de Marie Métrailler. Elle fut celle qui popularisa le tissage traditionnel du val d’Hérens en ouvrant son atelier, permettant à des dizaines de femmes issues d’un milieu paysan de vivre du fruit de leur travail. Aujourd’hui, des tisserandes passionnées font vivre son héritage, et le Grand Hôtel Kurhaus est aussi un centre culturel ancré dans les traditions du Valais, avec expositions et événements fédérateurs. Nous avons vu les héritières de Marie, les tisserandes d’aujourd’hui, filer les motifs traditionnels du val d’Hérens sur ces grands métiers exigeant une réelle dextérité.

    Blog que voir à Arolla : le grand hôtel Kurhaus au dessus du glacier d'Arolla, val d'Hérens

    Au matin, le jour monte opalin au-dessus du glacier d’Arolla, et la lumière s’accroche aux sommets. Aux murs du Kurhaus, livres et photos en noir et blanc nous rappellent que nous sommes sur la haute route entre Chamonix et Zermatt, et qu’Arolla a abrité les piolets des plus grands. La vue au petit jour m’émerveille, et l’atmosphère de ce nid d’aigle intemporel me rappelle la beauté du grand hôtel du Montenvers à la mer de glace, au-dessus de Chamonix. Ce n’est pas pour rien que le Kurhaus appartient au réseau des hôtels historiques suisses (Swiss historic hotels), cultivant leur différence et leur puissante identité.

    De tels hôtels sont des capsules de l’histoire des Alpes, des escapades loin du monde, et j’ai vécu avec un grand bonheur ces trois réveils au cœur des Alpes… et ces journées de sublimes randonnées en Val d’Hérens.

    Blog que voir à Arolla : le grand hôtel Kurhaus au dessus du glacier d'Arolla, val d'Hérens
    Le Kurhaus propose également des cours de yoga le dimanche. Pratiquer dans un tel cadre… exceptionnel !

    Merveilleuses randonnées à Arolla et Evolène, dans le Val d’Hérens

    En partant à pied du Kurhaus, sans toucher à notre voiture, nous avons parcouru plusieurs sentiers de randonnée merveilleux autour de Arolla et Evolène.

    Le glacier d’Arolla

    Ce fut notre toute première randonnée, au crépuscule le soir de notre arrivée, comme pour saluer le glacier et le remercier de nous offrir cette semaine suspendue entre neige et rêve. Traversant le village, nous sommes descendus à la rencontre de la glace, croisant un cerf peu farouche sur les pentes herbeuses. Nous nous sommes arrêtés aux séracs, n’osant continuer… mais mieux équipés, nous aurons pu poursuivre ici jusqu’à la sublime cabane Bertol, dont je me surprends à rêver.

    Randonnées en Val d'Hérens, randonnées à Arolla

    Randonnée en boucle autour du glacier des Aiguilles rouges à Arolla

    C’est à Arolla, au fin fond de la vallée, au pays des sommets immenses et des solitudes gelées, que j’ai vécu la plus belle randonnée de mon été.
    Nous sommes partis à pied de notre bel hôtel Kurhaus en direction de la remointse de Pra Gra, hameau d’alpage à la solitude délicieuse face au glacier. Dans ces maisons délaissées se trame un éternel film de bergers et de poètes énamourés des sommets.

    Randonnées en Val d'Hérens, randonnées à Arolla : remointse de pra gra
    La remointse de Pra Gra
    remointse de pra gra et aiguille de la tsa
    Randonnées en Val d'Hérens, randonnées à Arolla : remointse de pra gra

    Puis nous traversons un somptueux chaos minéral, dans le lit de l’ancien glacier, en direction de la cabane des Aiguilles rouges, frôlant ici les 3000m d’altitude. Un dernier pierrier, et la cabane se découvre, altière sur ses hauteurs en limite de la neige. 2900m, c’est le point le plus haut que nous atteindrons lors de ce séjour : ici au coeur des Alpes, les sentiers de 2000 à 3000m appartiennent aux randonneurs, ceux de 3000 à 4000m aux alpinistes, sur les fabuleux sentiers de Chamonix à Zermatt. Et aux cabanes d’altitude, les deux se côtoient parfois, grimpeurs et marcheurs, amoureux des cimes. C’est à la cabane des Aiguilles rouges que nous prenons notre pique-nique, avec une vue magique sur le Mont Collon, le Pigne d’Arolla, l’Aiguille de la Tsa…

    Après le repas nous attend une belle redescente entre pierriers et pentes fleuries, où toutes les couleurs de l’été semblent s’être jetées sur la prairie. Idyllique Suisse en été…

    Enfin nous tombons nez à nez avec la perle d’Arolla : son iconique lac bleu ! Cet oeil bleu cerclé d’arolles est d’une intensité irréelle, d’une beauté enivrante, et nous savourons ce moment de pure beauté au bord du joyau alpin…

    C’est par un somptueux sentier en balcon au milieu de la forêt d’arolles que nous revenons au Kurhaus, heureux et émerveillés…

    Randonner depuis Arolla : la cabane de la Tza

    Depuis notre chambre au Kurhaus, elle ne cessait d’accrocher mon regard : l’aiguille de la Tsa (3668m), ongle interrogateur griffant la texture du ciel bleu comme la patte curieuse d’un gros chat.

    Aiguille de la Tsa vue depuis le Grand Hôtel Kurhaus Arolla
    Aiguille de la Tsa vue depuis le Grand Hôtel Kurhaus Arolla

    Depuis ma nuit au refuge des Cosmiques en initiation alpinisme à Chamonix, je suis fascinée par les refuges de haute montagne – qu’on nomme ici en Suisse cabanes -, haltes bénies des randonneurs et des alpinistes. Il nous a donc fallu randonner vers la cabane de la Tza (2607m), accrochée quelques mille mètres sous le sommet pointu à flanc de rocher. Pour cela, nous descendons jusqu’au lit de la rivière en fond de vallée, traversant une passerelle himalayenne, avant d’entamer notre ascension vers la cabane.

    Entre pierriers et vues inouïes sur les glaciers, cette randonnée me rappelle un petit peu la célèbre Jonction à Chamonix.

    randonnées arolla randonnées val d'hérens cabane de la tsa
    randonnées arolla randonnées val d'hérens cabane de la tsa
    randonnées arolla randonnées val d'hérens cabane de la tsa

    Les derniers mètres nous usent les mollets, mais la récompense est somptueuse : cette cabane isolée, perdue au milieu de ces énormes monolithes que la montagne a recrachés, et qui se tient ici comme un défi aux avalanches et aux chutes de pierres.

    randonnées arolla randonnées val d'hérens cabane de la tsa
    randonnées arolla randonnées val d'hérens cabane de la tsa
    randonnées arolla randonnées val d'hérens cabane de la tsa

    La gardienne nous sert des röstis délicieux et du thé brûlant, et je savoure cette atmosphère de haute montagne que j’aime tant, les dortoirs, les crochets où suspendre piolets et baudriers, la salle commune remplie de tableaux et livres.

    randonnées arolla randonnées val d'hérens cabane de la tsa
    randonnées arolla randonnées val d'hérens cabane de la tsa

    Un beau moment au-dessus du monde…

    Les hameaux d’Evolène: Ferpècle, La Sage

    Il nous faut déjà quitter le merveilleux Kurhaus, mais d’autres trésors nous attendent en Val d’Hérens. A deux pas d’Arolla, ce sont aussi de nombreux hameaux accrochés à la montagne, des randonnées et expériences magiques autour d’Evolène…

    Randonnée au Mont Miné à Ferpècle

    Quand une marche facile de moins d’une heure t’amène aux portes du paradis… c’est que tu es au glacier du mont Miné à Ferpècle, dans le val d’Hérens. Face à nous, le glacier de Ferpècle abreuve un lac bleu pâle qui cascade en torrent vers la vallée. La pyramide parfaite du Mont Miné (2913m) tutoie les 3000 dans le ciel d’azur. A ma gauche, la Dent Blanche (4358m) joue à se parer de nuages. C’est ce qui m’a frappée dans la région d’Evolène et Arolla: à quel point la magie grandiose des Alpes, sommets vertigineux, glaciers, panoramas somptueux, s’offre facilement. La randonnée du Mont Miné est accessible, familiale, et pourtant si grandiose. Un incontournable !

    Randonnées en val d'Hérens, randonnées autour d'Evolène : le glacier de Ferpècle

    Balade à La Sage, hameau d’Evolène

    La Sage ? C’est peut-être mon hameau préféré. Je l’avais adoré lors de mon séjour au val d’Hérens en hiver, avec un verre au café des collines et une touchante bibliothèque d’altitude, la bibliothèque des cimes, tenue par des femmes (encore et toujours).

    randonnées val d'hérens evolène hameau de la sage
    randonnées val d'hérens evolène hameau de la sage

    La beauté des chalets historiques de La Sage me fascine, et le sentier contemplatif permet de les explorer au rythme des poèmes écrits à fleur d’écorce ou de pierre… J’aime voir au-dessus des toits la silhouette iconique de la Dent Blanche, 4358m, pyramide de gneiss parfaite, forme géométrique sublime et emblème du Val d’Hérens. Par jour de marché artisanal, nous faisons une balade très agréable, agrémentée de confiture et liqueur d’abricots du Valais…

    La vraie raclette valaisanne à Evolène

    Evolène ? Classé parmi les plus beaux villages de Suisse, c’est un véritable joyau historique, un dédale de greniers et maisons somptueuses, d’ateliers de tisserands et de vestiges du temps pas si lointain où les hommes et les bêtes vivaient ensemble pour se tenir chaud en hiver.

    J’adore Evolène, et j’aime plus que tout y retourner pour LA spécialité du Valais, la vraie, l’unique : la raclette valaisanne ! Le saviez-vous ? La vraie raclette est un plat d’été, qu’on mangeait sur les alpages en savourant le fromage frais et fleuri. Elle se fait au feu de bois, et le racleur approche les meules de la flamme pour faire couler le fromage dans les assiettes. Un pur délice, un émerveillement ! C’est au délicieux restaurant La Grange/La Paix que nous vivons cette fabuleuse soirée de pur délice suisse. Je crois que la raclette AOP du Valais est officiellement mon plat préféré. Adrien et moi passons une merveilleuse soirée avec nos chères amies Patricia et Christine – un des grands moments du séjour, un pur instant de convivialité et de régal.

    evolène val d'hérens valais suisse
    LA raclette, la vraie, la meilleure du monde !
    evolène val d'hérens valais suisse
    Première meule, le festin commence…
    evolène val d'hérens valais suisse
    Charcuterie fleur d’Hérens

    Randonnées en val d’Hérens : autour de Thyon et Hérémence

    Si nous quittons la région d’Arolla et Evolène, le val d’Hérens nous réserve d’autres perles… d’autres randonnées sublimes au cœur du Valais. Nous avons la chance inouïe de dormir dans le mayen idyllique de nos amies adorables, qui nous ouvrent leur paradis secret, et de continuer nos explorations depuis ce cocon douillet au creux de la montagne… Je n’ai pas photographié le mayen, car c’est la maison de Patricia et Christine, mais voici deux photos prises juste à côté : les forêts de framboisiers et la vue sur la profondeur du val d’Hérens, à deux pas d’Hérémence…

    val d'hérens randonnée hérémence
    val d'hérens randonnée hérémence

    Randonnée au barrage de la Grande Dixence

    C’est le plus haut barrage poids au monde : 285m de hauteur de mur, 400 millions de mètres cubes d’eau, une contribution considérable à l’approvisionnement en énergie du Valais – il produit autant d’électricité que plusieurs centrales nucléaires. Mais c’est aussi une randonnée sublime qui nous conduit au-dessus du lac, face au Pigne d’Arolla et aux autres géants blancs, dans un univers floral où l’eau du lac des Dix reluit bleue comme une corolle ouverte. Le sentier revient par les tunnels spectaculaires le long du lac, pour une parfaite virée entre beauté des montagnes et puissance des œuvres humaines. Le nombre de fleurs des Alpes que j’ai pu contempler lors de cette randonnée était tout bonnement stupéfiant, et j’en garde un souvenir absolument émerveillé de paradis floral suisse…

    Au dessus du lac des Dix
    Randonnées en val d'Hérens, randonnée Hérémence : le barrage de la grande Dixence
    Randonnées en val d'Hérens, randonnée Hérémence : le barrage de la grande Dixence
    Randonnées en val d'Hérens, randonnée Hérémence : le barrage de la grande Dixence

    Rando à l’alpage de la Mandelon

    Redescendant de la Grande Dixence, nous partons manger un sorbet et boire un jus au bar de l’alpage de la Mandelon, dans un décor idyllique à la Heidi – au pied de nos tables, dans une vaste prairie ouverte sur les montagnes, courent les marmottes grassouillettes

    Randonnées en val d'Hérens, randonnée Hérémence : alpage mandelon
    Champ de marmottes !

    Notre chemin se poursuit sur un magnifique sentier en balcon d’où la vue est imprenable : le regard porte sur toute la vallée du Rhône et bute sur les Alpes bernoises au loin.

    Et au bout de ce chemin, nous tombons sur une petite gouille (lac) dans laquelle se reflètent deux des montagnes les plus iconiques d’Europe, deux emblèmes du Valais : la Dent Blanche (4358m), pyramide blanche, et le Cervin (4478m), iconique montagne à croquer qui orne les paquets de Toblerone…

    Randonnées en val d'Hérens, randonnée Hérémence : alpage mandelon
    Derrière moi : la Dent Blanche et le Cervin. Vision inoubliable…

    Randonnée aux gouilles d’Essertze

    C’est à Thyon que nous faisons notre dernière randonnée en val d’Hérens, en direction des gouilles d’Essertze, une série de petits lacs formant la plus haute tourbière d’Europe.

    Randonnées en val d'Hérens, randonnée Thyon : gouilles d'Essertze
    Les gouilles d’Essertze, à Thyon en val d’Hérens

    Dans cette zone humide préservée vivent de nombreux tritons alpestres, superbe amphibien peu farouche, facile à observer, qui ajoute encore au charme des randonnées en Valais…

    Détour par le Cervin : une randonnée à Zermatt

    Lors de notre randonnée à l’alpage de la Mandelon, voir au loin le Cervin nous a donné envie de nous y frotter de plus près. Je gardais un souvenir merveilleux de mon séjour à Zermatt en hiver et des visions du Cervin. Le Cervin ou en allemand Matterhorn – montagne légendaire s’il en est. C’est un emblème de la Suisse à travers le monde, c’est sa silhouette sublime qui orne les paquets de chocolat Toblerone, c’est aussi, hélas, la plus mortelle des montagnes des Alpes pour les alpinistes.
    Lors de notre séjour en Valais, nous avons fait une infidélité au val d’Hérens pour aller faire la mythique randonnée des 5 lacs à Zermatt, afin de voir le mythe s’y refléter au milieu des linaigrettes.

    Zermatt : randonnées en Valais autour du Cervin
    Le Cervin, sur la rando des cinq lacs à Zermatt


    Je vais vous dire la vérité : même si c’était superbe, je n’ai pas totalement profité de cette journée. Début août à Zermatt, le monde était tel que j’avais l’impression de randonner sur une autoroute. Je me suis dit que j’avais un peu été victime d’un effet de mode, et que c’était bien de parler aussi de l’envers du décor, de vous dire : ne venez pas à Zermatt en août, cela sera bondé et épuisant, préférez l’automne ou le cœur de l’hiver, que j’avais adoré – c’était calme, somptueux et poétique. Mais je ne reviendrai plus en plein été… Mes photos sont belles, mais ne reflètent pas totalement la réalité : entre ces points de vue magiques, j’ai vécu beaucoup de cohue et de sensation d’écrasement par la foule, loin du calme apaisant que je recherche en montagne.

    Zermatt : randonnées en Valais autour du Cervin


    En revanche, j’ai beaucoup aimé notre balade dans les ruelles du vieux villages, et la visite au poignant cimetière des alpinistes.

    Le cimetière d’alpinistes de Zermatt

    Les cimetières d’alpinistes sont cette étrange marque de fidélité des grimpeurs à la montagne qui les a tués, et au pied de laquelle ils désirent reposer. Moi qui suis fascinée par l’alpinisme et son histoire, je me dois de les explorer.
    A ma connaissance, il en existe au moins quatre cimetières d’alpinistes en Europe : Saint Christophe en Oisans dans les Écrins, Chamonix au pied du Mont Blanc, Johnsbach en Autriche, et celui où j’ai pris ces photos, Zermatt dans le Valais suisse.
    Adjacent à l’église, le cimetière de Zermatt rassemble les dépouilles – ou de simples cénotaphes en cas de disparition du corps – des alpinistes tués sur l’ascension du Cervin (en allemand Matterhorn), la montagne la plus homicide d’Europe, et des sommets voisins comme le Breithorn. C’est un lieu paisible et émouvant.


    Plusieurs choses m’ont frappée, notamment l’association de symboles chrétiens et alpins. La croix se mêle au piolet, Jésus lui-même s’encorde et se cramponne sur les tombes des montagnards.

    Ici on célèbre l’acceptation pleine et entière du risque et d’une mort perçue comme heureuse, dans une exaltation héroïque par les survivants. Sur la tombe d’un alpiniste décédé en 1993 au Cervin, ses amis ont écrit « tu as gravi la face nord rêvée et tu es resté pour toujours à son pied. Nous t’envions ».

    Je suis aussi saisie par l’intimité de la tombe avec la montagne tueuse, comme un prolongement d’une sépulture de montagne : de nombreuses tombes ont la silhouette du Cervin ou du sommet d’où est tombé le défunt. Je repense à Isabella Straton (première hivernale du Mont Blanc, 1876) qui disait : « si je meurs, laissez mon corps sur la montagne ».

    Ici repose dans l’herbe drue un touchant mausolée des rêves de vertige et de lumière. Après avoir rêvé aux sommets d’Arolla, cette visite prolongeait l’immersion dans l’histoire sublime de l’alpinisme au cœur du cœur de ces Alpes que j’aime tant…

    Un immense, immense merci à Patricia et Christine pour leur hospitalité et leur générosité. Nous avons vécu des choses magiques grâce à vous. Et merci de tout cœur au Kurhaus Arolla pour la beauté de l’accueil au-dessus du glacier et pour les instants suspendus…

    Un séjour inoubliable

    Pour continuer l’exploration des Alpes suisses et germaniques sur Itinera Magica :

    Si vous aimez les Alpes, n’hésitez pas à vous abonner à la newsletter ! Bonne journée à vous tous et toutes.

  • Les Alpes de Haute Provence à cheval

    Les Alpes de Haute Provence ? Elles sont à l’intersection de tout ce qui fait battre mon cœur, le soleil du midi et la majesté des montagnes. Lumineuses et escarpées, authentiques et préservées, ces Alpes du sud ensoleillées cachent en leur sein des milliers chemins de randonnée, dans un pays sculpté par la main patiente des agriculteurs et des troupeaux. Et elles sont un véritable paradis du tourisme équestre, avec la multiplicité et la richesse des sentiers, la douceur du climat, la beauté radieuse de ce paysage de montagne souriante. Cet automne, nous avons vécu trois jours d’aventure équestre magnifique dans la région de Digne-les-bains, au cœur des Alpes de Haute Provence : trois jours de randonnée à cheval sur des chemins boisés et montagnards, entre route Napoléon, hameaux de montagne et lumière du midi.

    Les Alpes de Haute Provence à cheval : trois jours de randonnée équestre dans les Alpes du sud, dans la région de Digne les Bains
    Les Alpes de Haute Provence à cheval : trois jours de randonnée équestre dans les Alpes du sud, dans la région de Digne les Bains
    Les Alpes de Haute Provence à cheval : trois jours de randonnée équestre dans les Alpes du sud, dans la région de Digne les Bains

    Si les itinéraires équestres sont nombreux d’un bout à l’autre des Alpes de Haute Provence, notre parcours s’est lui concentré autour de la « capitale » régionale, Digne-les-Bains. Nous avons passé trois jours en itinérance avec les chevaux du centre équestre de Digne-les-Bains, trois jours de bonheur et de chevauchées échevelées. Je montais une belle jument apaloosa du nom de Mascotte, et Marion sa sœur Volga, et nous étions accompagnées par Kévin, moniteur spécialisé dans l’équitation de plein air : diplôme original en France, son monitorat équestre est vraiment axé sur la culture outdoor, la randonnée équestre, le trek, l’orientation… le paradis pour nous !

    gites le riou clumanc alpes du sud
    Le très beau centre équestre de Digne : belles installations, belle cavalerie, super encadrement
    Les Alpes de Haute Provence à cheval : trois jours de randonnée équestre dans les Alpes du sud, dans la région de Digne les Bains
    Kévin, le moniteur du centre équestre de Digne-les-Bains

    J’ai réalisé ce reportage en duo avec mon amie et binôme photographe Marion Carcel alias Foehn Photographie. De nombreuses photos de cet article sont les siennes, notamment toutes celles dans lesquelles j’apparais. Ensemble, nous formons un duo de blogueuses-photographes amoureuses de la montagne et des chevaux, Itinera Favonia.

    Les Alpes de Haute Provence à cheval : 3 jours de randonnée équestre dans la région de Digne-les-Bains, au coeur des Alpes du Sud
    Marion et moi heureuses à cheval

    A cheval au cœur des Alpes de Haute Provence…

    Pourquoi choisir de voyager à cheval ?

    Ce que j’aime avec la randonnée équestre, c’est cette intimité qu’on développe avec le paysage, à le parcourir ainsi juste à la bonne vitesse et à la bonne hauteur. A cheval, nous sommes plus haut qu’un homme, pour mieux embrasser l’horizon et les reliefs, et un peu plus rapide qu’un piéton, pour savourer le paysage tout en étant portées plus loin qu’avec nos seules forces.
    En ces trois jours avec nos chevaux, nous avons vu plusieurs visages de ce pays de pierre et de soleil.
    Nous avons vu les anciennes distilleries et les champs de lavande coupée, cette fleur dont Giono disait qu’elle était l’âme de la haute Provence.
    Nous avons arpenté les terres noires, ces marnes qui ravinent les sols de la région, et admiré le coucher de soleil sur le Cheval Blanc, le sommet iconique des environs.
    Nous avons parcouru les vieux hameaux que l’exode rural et la guerre ont vidés au début du XXe siècle.
    Nous avons galopé dans les vallées ouvertes et trotté au milieu des conifères sur les sentes forestières. Nature du sol sous la foulée du cheval, odeur des bois et des prés, sens du détail, la randonnée équestre décuple le sens de l’observation et le ressenti complice de ce pays entre montagne et midi en parfaite harmonie… Vous connaissez la phrase de Proust : « le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux »… ou de nouveaux sabots. Vraiment, à cheval on voyage autrement, et on redécouvre sa région.

    Les Alpes de Haute Provence à cheval : 3 jours de randonnée équestre dans la région de Digne-les-Bains, au coeur des Alpes du Sud
    Hameaux agricoles des Alpes du sud
    Les Alpes de Haute Provence à cheval : 3 jours de randonnée équestre dans la région de Digne-les-Bains, au coeur des Alpes du Sud
    Vue sur la plaine de Chambaresc et la montagne du Cheval blanc
    Les Alpes de Haute Provence à cheval : 3 jours de randonnée équestre dans la région de Digne-les-Bains, au coeur des Alpes du Sud
    Vallées riantes et montagnes escarpées, terres noires et prairies verdoyantes
    Les Alpes de Haute Provence à cheval : 3 jours de randonnée équestre dans la région de Digne-les-Bains, au coeur des Alpes du Sud

    Ma région ? C’est ce sublime quart sud Est de la France, entre les montagnes et le midi. Je suis drômoise, je me sens chez moi dans les Alpes de Haute Provence, dans ces paysages ouverts de montagnes riantes et de ciel bleu qui me rappellent ceux où j’ai appris à monter à cheval. Marion, qui est iséroise, ressent la même familiarité, la même solidarité des pays alpins et des sommets qui se tiennent la main. Et puis, il y a cette intimité de l’équitation, ce contact toujours merveilleux avec le cheval, cette joie du galop qui fend les airs et fait exulter la terre meuble.

    chateau de clumanc
    Joie de galoper dans les Alpes du Sud

    Tentés par une chevauchée dans les Alpes du sud ? Nous avons adoré notre aventure avec le centre équestre de Digne. Voici un carnet de bord…

    Une nuit dans les Terres Noires de Digne

    Premier soir : nous arrivons dans les Alpes de Haute Provence sous une fine pluie qui fait danser les arcs-en-ciel dans le ciel du midi.

    arc en ciel alpes de haute provence

    Après la rencontre avec nos montures, nous allons découvrir un hébergement qui met à l’honneur le sport outdoor, le Gîte des Terres Noires. Les terres noires ? C’est un somptueux ensemble géologique de terres de marnes, ravinées par l’érosion, sculptant des décors fantastiques au milieu des conifères de Provence.

    Et cette région est le paradis des VTTistes : ces reliefs accidentés, ces sentiers sinueux et ces paysages en Technicolor offrent près de 800km de sentiers VTT aux alentours du gîte des Terres noires. Les passionnés de vélo viennent de partout pour se ressourcer et se dépenser dans ce havre de paix perdu au cœur des Alpes du sud, dans un décor extraordinaire de bout du monde. Nous dormons très confortablement et sommes accueillies avec beaucoup de gentillesse par ce couple adorable qui a l’habitude de conseiller, orienter les VTTistes, et a établi une véritable bible du vélo dans les terres noires avec d’innombrables tracés GPX. Aujourd’hui, ils accueillaient des cavalières ! Mais cela m’a donné très envie de revenir ici à vélo.

    Randonnée équestre autour de Barrême

    Pour la première journée de notre aventure équestre dans les Alpes de Haute Provence, RDV dans la région de Barrême, un joli village traditionnel. Nous suivons aujourd’hui le tracé de la route Napoléon, entre terres noires et montagne du Cheval Blanc, et chevauchons durant la matinée au cœur de sentiers forestiers souples et agréables jusqu’à la pause déjeuner au bord de l’eau à Barrême. On se baigne avec les chevaux dans une rivière claire et turquoise, savourant cette sublime fin d’été que le midi prolonge.

    Le repas au bord de l’eau à Barrême, à base de quiches et tartes maison, fromage, saucisson et rosé, est un régal. Tout au long du séjour, le centre équestre de Digne a géré les pique-niques du midi (ou plutôt : les festins en plein air !) et nous a vraiment gâtées en termes de repas. La maman de la propriétaire du centre équestre nous concoctait chaque jour des plats fait maisons, gigots, tourtes, quiches, légumes grillés, et tout était exquis. Bien manger, cela contribue grandement à la réussite d’une randonnée équestre, et nous étions comblées !

     Hélas, la distillerie de lavande de Barrême est exceptionnellement fermée le jour de notre visite – nous aurions adoré découvrir cette usine musée qui appartient au réseau Secrets de Fabriques et nous aurait permis d’entrer dans les coulisses de la fabrication de l’huile essentielle de lavande, précieux nectar de la région. Mais aujourd’hui, nous nous plongeons au cœur du mythe de l’Aigle impérial sur la route Napoléon…

    Les Alpes de Haute Provence à cheval : 3 jours de randonnée équestre dans la région de Digne-les-Bains, au coeur des Alpes du Sud

    La route Napoléon à cheval

    La route Napoléon ? C’est cet itinéraire transalpin que l’empereur déchu emprunta au printemps 1815 pour reconquérir son trône, de Cannes au bord de la Méditerranée jusqu’à Vizille aux portes de Grenoble. Revenu de son exil sur l’île d’Elbe, faisant face aux armées hostiles de Louis XVIII, Napoléon forme le projet d’une reconquête montagnarde : « Je gagnerai Grenoble et Lyon en passant par la route des Alpes. » Du 1er au 7 mars 1815, il traverse les Alpes en passant par Castellane, Barrême, Digne, Sisteron, Gap, Corps, La Mure et enfin Laffrey, où il rencontre les troupes royalistes qui refusent de tirer sur l’empereur et le reconnaissent comme souverain. Il entre alors dans Grenoble aux cris de « vive l’empereur », disant de cette épopée montagnarde : « Avant Grenoble j’étais aventurier, après Grenoble j’étais prince ».


    On peut penser ce qu’on veut de Napoléon, héros ou tyran, fossoyeur de la Révolution ou emblème national. Je n’ai pas le culte de Napoléon. Mais cette traversée héroïque des Alpes au printemps 1815, où les citadelles des montagnes se rendent une à une et ouvrent leurs portes à celui qu’elles reconnaissent comme leur empereur, a indéniablement quelque chose de fascinant. Et le sentier qui retrace cet itinéraire, la route Napoléon, est d’une beauté incontestable, une ligne dorsale à travers la crête alpine depuis les eaux de la Côte d’Azur jusqu’à la « capitale des Alpes ». Pour qui aime la montagne et l’histoire de France, c’est un incontournable.

    Les Alpes de Haute Provence à cheval : 3 jours de randonnée équestre dans la région de Digne-les-Bains, au coeur des Alpes du Sud

    La route Napoléon se parcourt en voiture, à pied, à vélo, ou à cheval. C’est l’option que nous avons choisie, avec une très belle journée sur la route Napoléon aux alentours de Barrême, où l’empereur passa la nuit du 3 au 4 mars 1815.

    Selon Kévin, notre moniteur au centre équestre de Digne, l’intégralité de la route Napoléon est difficile à parcourir à cheval : les sentiers de certains tronçons notés comme équestres sont en vérité trop dangereux pour être franchissables par les chevaux. Mais certaines portions sont superbes, et j’ai adoré cette journée, qui nous a permis d’entrer tel l’empereur dans Barrême sur le dos de nos montures, avant de rejoindre l’immensité des plaines au pied du Cheval Blanc…

    Les Alpes de Haute Provence à cheval : 3 jours de randonnée équestre dans la région de Digne-les-Bains, au coeur des Alpes du Sud
    Les Alpes de Haute Provence à cheval : 3 jours de randonnée équestre dans la région de Digne-les-Bains, au coeur des Alpes du Sud
    Les Alpes de Haute Provence à cheval : 3 jours de randonnée équestre dans la région de Digne-les-Bains, au coeur des Alpes du Sud

    Entre terres noires et Cheval Blanc, la plaine de Chambaresc

    Si ses flancs sont ravinés par les terres noires qui sculptent ces paysages mouvants que j’aime tant admirer, la vallée de Chambaresc s’achève à son pied sur une grande plaine ouverte, où nous prendrons plaisir à de grands galops. C’est ici que nos chevaux passeront la nuit, dans « l’écurie d’été » du centre équestre de Digne, son très beau camp de base au pied de la superbe montagne du Cheval Blanc, dont la silhouette semble répondre au dos de nos chevaux broutant l’herbe à la fin d’une longue journée. Nous passerons notre deuxième et troisième journée de randonnée autour de la plaine de Chambaresc, entre sentes forestières sur les montagnes abruptes, chevauchées dans la plaine et découverte du patrimoine régional.

    Les Alpes de Haute Provence à cheval : 3 jours de randonnée équestre dans la région de Digne-les-Bains, au coeur des Alpes du Sud
    La montagne du Cheval blanc
    Les Alpes de Haute Provence à cheval : 3 jours de randonnée équestre dans la région de Digne-les-Bains, au coeur des Alpes du Sud
    Les Alpes de Haute Provence à cheval : 3 jours de randonnée équestre dans la région de Digne-les-Bains, au coeur des Alpes du Sud

    Autour de cette plaine, nous avons admiré à dos de cheval plusieurs strates de l’histoire des Alpes du Sud.

    Les Alpes de Haute Provence à cheval : 3 jours de randonnée équestre dans la région de Digne-les-Bains, au coeur des Alpes du Sud


    Au château de Clumanc et à la chapelle attenante, édifiés en 1616 par les seigneurs locaux, nous avons admiré la puissance de l’aristocratie provençale à la Renaissance, ces forteresses lumineuses du Sud.

    A la ferme de Chambaresc, brûlée par les nazis en 1944, nous avons frôlé du doigt cette puissante tradition résistante des Alpes de Haute Provence, pays d’affranchis, d’hommes et de femmes courageux qui puisent dans la beauté âpre de leur terre le goût de la liberté…


    Les troupeaux de blancs moutons paissent dans la plaine, rappelant sans cesse le pastoralisme qui sculpte les paysages des Alpes du sud, Alpes ouvertes, riantes, domestiquées par le sabot et la mâchoire des bêtes cheminant entre cols et vallées. Cela nous a rappelé nos aventures sur la Routo, un nouveau GR qui suit les routes de la transhumance.

    pastoralisme

    Les Alpes de Haute Provence, c’est aussi la lavande – qui n’a jamais rêvé des ondulations mauves déferlant vers les montagnes du Verdon sur l’immense plateau de Valensole, véritable carte postale du Sud ? Nous sommes à l’automne, les champs sont coupés, mais leur empreinte dans le paysage rappelle combien l’or violet est le trésor de la Haute Provence, et les distilleries, les engins agricoles, les fermes où on vend l’huile essentielle, son rôle économique majeur dans ce pays rude et sec qui ne sied pas aux grandes cultures céréalières, mais où la lavande, fleur de montagne et de soleil, se plaît à merveille.

    Les Alpes de Haute Provence à cheval : 3 jours de randonnée équestre dans la région de Digne-les-Bains, au coeur des Alpes du Sud
    Champs coupés
    Les Alpes de Haute Provence à cheval : 3 jours de randonnée équestre dans la région de Digne-les-Bains, au coeur des Alpes du Sud
    Ancienne distillerie à Douroulles
    Les Alpes de Haute Provence à cheval : 3 jours de randonnée équestre dans la région de Digne-les-Bains, au coeur des Alpes du Sud
    Paysages des Alpes du sud

    Un lever de soleil magique à cheval

    C’est le deuxième matin de notre randonnée équestre dans les Alpes de Haute Provence. Initialement, il était prévu que nous passions la nuit en bivouac, Marion, notre moniteur Kévin et moi. C’est ce que le centre équestre de Digne propose pour les randonnées itinérantes en plein été. Mais les nuits de fin septembre sont déjà froides à 2000m d’altitude, et si nous sommes bien équipées, les chevaux eux passeraient la nuit dehors, au froid après avoir transpiré. Nous décidons donc, par respect pour les chevaux, d’aller dormir à l’écurie en plaine à Chambaresc, sans renoncer pour autant au lever de soleil sur la montagne.
    A 5h30, nous partons dans la nuit et chevauchons à la frontale vers les hauteurs. Direction le hameau abandonné de Douroulles, d’où on jouit d’une vue sublime sur la vallée de l’Asse.
    Du bleu au rose tendre, du mauve à l’or, un camaïeu de merveilles se déploie dans le ciel au dessus de la mer de nuages. Ma belle jument Mascotte se tient altière face à la beauté du jour naissant. Marion et moi sommes aux anges.

    Les Alpes de Haute Provence à cheval : 3 jours de randonnée équestre dans la région de Digne-les-Bains, au coeur des Alpes du Sud
    Les Alpes de Haute Provence à cheval : trois jours de randonnée équestre dans les Alpes du sud, dans la région de Digne les Bains

    Nous faisons des photos dans la lumière du soleil levant, des photos de câlins équestres, de roses enchanteurs, de brume chaude s’échappant des naseaux dans le froid du matin.

    Ce moment de tendresse équestre symbolise tout ce que nous aimons dans cette aventure à cheval : le contact.

    Les Alpes de Haute Provence à cheval : 3 jours de randonnée équestre dans la région de Digne-les-Bains, au coeur des Alpes du Sud
    Les Alpes de Haute Provence à cheval : 3 jours de randonnée équestre dans la région de Digne-les-Bains, au coeur des Alpes du Sud


    Le contact avec le soleil des Alpes du sud sur notre peau. Ce pays entre montagne et midi nous fait vivre les Alpes sous leur versant le plus avenant.

    Le contact avec les gens qui font vivre leur territoire, qui partagent leurs passions, leur terroir. Nous sommes ici, à deux pas de Digne-les-bains, dans une terre de pastoralisme, d’agriculture, d’authenticité rurale que j’aime tant.
    Et… le contact avec les chevaux. Toute la beauté du tourisme équestre, c’est cette rencontre avec le cheval qui nous ouvre le paysage au rythme de son pas, qui nous enveloppe de sa chaleur, de la douceur de ses naseaux et de la mélodie de son galop.
    Ce matin-là, le lever de soleil au hameau de Douroulles, au milieu de trois jours de randonnée équestre au cœur des alpes de Haute Provence, était une véritable embrassade avec la beauté du paysage et du moment… un souvenir magnifique. Ce fut l’apothéose de notre randonnée, de ces trois jours à cheval au cœur des Alpes du Sud.

    Les Alpes de Haute Provence à cheval : 3 jours de randonnée équestre dans la région de Digne-les-Bains, au coeur des Alpes du Sud

    Et pour que le moment soit vraiment parfait, nous nous réchauffons avec un café et un marbré au chocolat, pour un petit déjeuner idyllique préparé par Kévin. La vraie magie se dévore 😉

    Les gîtes Le Riou à Clumanc

    A Clumanc, au-dessus de la grande plaine de Chambaresc, nous avons découvert un petit havre de paix et de créativité secret : les gîtes Le Riou, véritable merveille fantasque, entre beauté d’un mas provençal de vieille pierre aux voûtes épaisses et originalité puissante de la propriétaire artiste qui a décoré en laissant libre cours à son imagination et créé une forêt enchantée, un salon arty, une salle de bain pleine de surprises… C’est confortable, cosy, avec toutes les prestations qu’on attend d’un beau gîte de luxe, mais avec cette touche de fantaisie et de folie en plus qui rend le séjour inoubliable, le tout au calme dans un décor de montagne provençale apaisant.

    gites le riou clumanc alpes du sud

    Nous avons passé deux nuits magnifiques ici, et un dîner inoubliable, entre bons vins, bières des Alpes et délices du sud, avec ces gens des Alpes de Haute Provence grâce à qui nous avons vécu tant de belles choses cette année… un moment merveilleux. Merci Eric !

    Continuer l’exploration des Alpes de Haute Provence

    Parce que cette région est une de celles que j’aime le plus au monde, la quintessence de mon Sud-Est bien aimé, vous trouverez sur Itinera Magica de nombreux articles consacrés aux Alpes de Haute Provence. Voulez-vous partir en grande randonnée sur les sentiers pastoraux de la Routo ? Préférez-vous explorer les pépites secrètes que sont Seyne-les-Alpes et Colmars-les-Alpes, entre cascades, mulets, cols, lacs et montagnes sublimes ? Ou peut-être préférez-vous la douceur des thermes de Gréoux et des lavandes de Valensole ? Ne ratez pas les sublimes itinéraires de randonnée au cœur des gorges du Verdon et la beauté de Moustiers-Sainte-Marie, le joyau de la Haute Provence…

    Un grand merci à l’AD des Alpes de Haute Provence, au centre équestre de Digne, et à toutes les personnes avec qui nous avons partagé des moments merveilleux durant ce très beau reportage.

  • Tignes, une montagne de sensations fortes

    Êtes-vous déjà venus l’hiver skier à Tignes, au cœur du parc national de la Vanoise en Savoie ? Tignes est le pays des superlatifs. Montant à près de 3500m, c’est un des plus hauts domaines skiables d’Europe, avec en ligne de mire le point culminant de la Savoie, la Grande Casse, 3855m. Entre le glacier, sur qui on skie même en été, le lac que l’hiver change en banquise gelée, et la minéralité brute de ces versants qu’aucun arbre n’adoucit, Tignes est fascinante par sa radicalité alpine. Tignes, c’est la montagne à l’état brut, un nectar de cimes et de vertige. Nous sommes ici au pays des pentes raides, de la haute montagne vertigineuse et des défis qui font battre le cœur plus fort. Tignes la sportive aime miser sur l’adrénaline : j’ai rarement vécu autant d’expériences insolites et de sensations fortes qu’ici, entre ski freeride, expériences dans la glace, motoneige et autres ULM pendulaires. En un week-end de ski et de neige à Tignes, j’ai eu une sensation de dépaysement radical, comme un voyage dans le grand nord ou sur la lune, et j’ai été littéralement hypnotisée par la beauté et la puissance de cet univers exceptionnel.
    Je vous propose de me suivre pour un séjour en hiver à Tignes, entre ski et insolites, mondes de glace et aventures de l’extrême à portée de tous. Prêts pour un grand voyage dans le blanc ?

    Tignes Val Claret et le lac
    Un séjour à Tignes en hiver : ski, motoneige, ski de rando, ice floating, plongée sous glace, ULM...
    Ski de randonnée à l’Aiguille percée
    Un séjour à Tignes en hiver : ski, motoneige, ski de rando, ice floating, plongée sous glace, ULM...
    Au coeur des glaces

    Tignes, monde minéral et lac gelé

    Tignes est un monde extraterrestre. Nous dormons à Tignes Val Claret (2100m), au pied de la Grande Motte (3653m) et à deux pas d’un immense lac que l’hiver a gelé, et qu’on traverse à pied ou en motoneige électrique, dans une atmosphère de grand nord. Dans les Alpes, j’ai plus l’habitude de la moyenne montagne, des altitudes douces, alpages, forêts, villages humanisés. Tignes m’a conquise, et j’y ai souvent repensé depuis, car elle est étonnante : cette station aux airs de base lunaire a été un de mes plus beaux coups de cœur alpins, alors même qu’elle ne ressemble pas à ce que j’aime d’ordinaire.

    Un séjour à Tignes en hiver : ski, motoneige, ski de rando, ice floating, plongée sous glace, ULM...
    Tignes Val Claret et le lac presque entièrement gelé
    Tignes, plus haut, plus blanc

     
    Nous entrons déjà dans la haute montagne. C’est un univers minéral, éblouissant de blancheur, où les sommets sont tout proches et où la pierre et la glace règnent en maîtresses. Ici le domaine skiable monte à 3450m sur le glacier, et la saison de ski est très longue, d’octobre à mai. Tignes la sportive fascine les amateurs de freeride avec ses immenses descentes et ses dénivelés poudrés. Avant, son slogan était : plus haut, plus blanc. Aujourd’hui, c’est : Tignes, stade naturel. Les deux lui vont bien. Stade naturel, car terrain de jeu extraordinaire – et stade naturel, car on ressent ici une forme d’âpreté sublime qui nous oxygène et nous coupe du quotidien. Seuls au soleil des cimes, dans le blanc infini.

    J’ai profondément aimé Tignes, cette haute altitude déconcertante et sublime à la fois, où l’homme se fait tout petit… Et c’est l’endroit idéal pour s’essayer au ski de randonnée.

    Ski de randonnée à Tignes, vers l’Aiguille Percée

    J’ai découvert Tignes pendant cet étrange hiver où le virus avait fermé les remontées. A l’ordinaire, Tignes-Val d’Isère, c’est un immense domaine skiable avec 300km de pistes de tous niveaux, réputées pour être longues, sportives et un vrai bonheur pour les amateurs de grand ski. Mais début 2021, la descente se mérite : il nous faudra chausser nos peaux de phoque et nous essayer au ski de randonnée.

    Un séjour à Tignes en hiver : ski, motoneige, ski de rando, ice floating, plongée sous glace, ULM...

    Avec le chaleureux et très pédadogue Bertrand Clair, moniteur de ski spécialiste du hors-piste et du ski de randonnée, nous partons pour le sublime site de l’Aiguille percée, surplombant la station à 2700m. 600 mètres de dénivelé nous attendent, une longue montée au soleil dans la poudreuse au cœur d’un paysage sublime de haute montagne, âpre, minéral, immense ! Au loin la Grande Casse, le plus haut sommet de Savoie, est balayé par les vents des hautes altitudes.

    Un séjour à Tignes en hiver : ski, motoneige, ski de rando, ice floating, plongée sous glace, ULM...
    ski de randonnée à tignes
    Un séjour à Tignes en hiver : ski, motoneige, ski de rando, ice floating, plongée sous glace, ULM...
    Un séjour à Tignes en hiver : ski, motoneige, ski de rando, ice floating, plongée sous glace, ULM...

    A la fin de la montée, je sens mon souffle se raccourcir, mais le désir de beauté nous porte jusqu’à cette sublime roche que l’érosion a sculptée comme le chas d’une aiguille. La vue sur les lacs en contrebas, la solitude vivifiante de ce site superbe, tout m’émerveille.


    Une petite descente, une délicieuse pause aux morilles et à la crème sur la terrasse d’un resto d’altitude…

    Séjour en hiver à Tignes

    Puis c’est la descente, 900 mètres de dénivelé négatif, de pur plaisir jusqu’à Tignes 1800. A la descente, on enlève les peaux et cela redevient du ski alpin classique, avec le plaisir de la glisse et des virages. La montagne procure des bonheurs tellement purs et Tignes est un décor grandiose pour les amoureux des cimes !

    Une expérience givrée : ice floating avec Alban Michon dans le lac de Tignes

    C’est à Tignes que j’ai découvert une activité insolite complètement dépaysante : l’ice floating ! Le grand explorateur et aventurier Alban Michon propose cette activité hivernale inspirée de ses expéditions groenlandaises. Dans des combinaisons de survie utilisées en mer nordique lors des submersions et hélitreuillages, nous flottons dans notre bain de glaçons, complètement portés par la combinaison, dans un silence absolu. Je n’ai pas froid. Je flotte au milieu de la glace, complètement détendue, apaisée, savourant l’étrangeté de cette sensation puissante et incongrue. J’en oublie que j’ai le look torride d’un Teletubbie XXL.
    Pour les plus courageux, Alban propose aussi d’apprendre à survivre à une chute dans la glace… sans la combinaison ! et d’autres expériences de survie basées sur ses incroyables aventures nordiques.

    ice floating tignes
    ice floating tignes
    ice floating tignes
    ice floating tignes


    Laissez-moi vous dire quelques mots au sujet d’Alban Michon et de sa vie extraordinaire. Spécialiste de l’Arctique et de la plongée sous glace, il a notamment traversé le passage du Nord Ouest en solitaire (62 jours seul au monde…), monté nombre d’expéditions d’aventure et de collecte de données scientifiques, au Groenland et ailleurs. Discuter avec lui est passionnant : Alban croit en la puissance du mental, plus importante encore que la préparation physique. Il a fondé l’Ecole des explorateurs, et propose à la fois des expéditions polaires, accessibles à tous les gens curieux et motivés, et des stages à Tignes axés sur la survie et/ou la préparation mentale. C’est un héros étonnamment abordable, sympa et chaleureux qui a créé l’ice floating pour permettre au plus grand nombre d’approcher ces sensations de déconnexion totale qu’il a pu vivre en mer du nord.

    alban michon
    alban michon


    L’ice floating, ou flotter dans la glace en combinaison de survie, est une expérience de lâcher prise totale. Une sensation étrange m’envahit : je sens le froid, mais je n’ai pas froid. La combinaison appuie sur moi et me masse. Je flotte en silence, totalement détendue. En mer nordique, je pourrais survivre 4 ou 5h maximum ainsi. J’ai vraiment adoré l’expérience. Et la prochaine fois, j’ai très envie de tenter la plongée sous glace – c’est possible aussi à Tignes !

    ice floating tignes

    Un tour en moonbike, la motoneige électrique

    Envie de tester la motoneige, mais peur du bruit, de la puissance ou des odeurs d’essence ? À Tignes, vous pouvez tester une alternative plus douce, silencieuse et légère : un scooter des neiges électrique, le moonbike, fabriqué en France par une entreprise annécienne pour une virée vraiment fun autour du lac gelé. L’activité est ludique et joyeuse, on s’amuse beaucoup à foncer dans les virages et dévaler la pente poudreuse avec nos moonbikes. Une belle découverte ! Tignes m’a marquée par la belle diversité des activités proposées, et le moonbike était une jolie surprise. Pour moi qui ai aussi testé la motoneige en Laponie finlandaise, la sensation de puissance n’est pas la même, et je n’ai pas retrouvé cette ivresse de la vitesse que j’avais adorée à Rovaniemi. Mais le côté silencieux, écolo, ludique, est vraiment agréable, et j’aime l’idée de ne pas apporter de nuisances sonores ou de pollution olfactive aux massifs traversés. Et j’ai adoré foncer sur ma jolie moonbike sur le lac gelé dans la lumière du soir approchant ! Une jolie expérience à tester.

    motoneige moonbike tignes
    motoneige moonbike tignes

    Le lac du Chevril et l’église de Tignes, une histoire mélancolique

    L’histoire de Tignes est entachée d’une lutte douloureuse et d’un drame intime. Après la Seconde guerre mondiale, les besoins énergétiques de la France sont énormes. Il faut approvisionner les villes en électricité et la construction de grands barrages hydro-électriques est décidée à plusieurs endroits dans les Alpes. La région de Tignes convient parfaitement à l’édification de ce qui restera, aujourd’hui encore, le plus grand barrage de France : celui de Chevril, dressé sur l’Isère, 181 mètres de haut, 235 millions de mètres cubes. Mais à l’époque, l’ancien village de Tignes se dressait au fond de cette vallée aujourd’hui inondée, et l’opposition des habitants était forte. S’ensuivent plusieurs années de lutte en vain, les paysans de Tarentaise contre l’Etat français froid et distant, la mémoire ancestrale contre l’intérêt national, la déchirure intime contre la frénésie des Trente glorieuses. Protestations, manifestations, sabotages après le début des travaux, les gens de Tignes ont tout tenté. Lors de la mise en eau, il faudra les évacuer de force et dynamiter les maisons des expulsés pour les contraindre à quitter la terre ancestrale… et voir dans les larmes les flots noyer leur histoire.
    Tignes s’est reconstruite plus haut, au-dessus des eaux. Le lac du Chevril est aujourd’hui un site magnifique, et ce turquoise riant ne laisse rien supposer du drame qui s’est joué ici.

    Le lac du Chevril
    Un petit lac sans commune mesure avec l’énorme lac du barrage

    Mais l’histoire a laissé des traces dans la mémoire collective, et il faut visiter l’église Saint Jacques de Tignes, site emblématique de cette blessure émotionnelle. L’ancienne église romane a été détruite et noyée sous les eaux du barrage, mais les habitants l’ont rebâtie quasiment à l’identique dans le nouveau village, et ont pu sauver certaines pièces remarquables, notamment les retables baroques polychromes. Le Christ en croix dressé devant l’église se tenait autrefois devant l’ancien bâtiment, il a été déplacé ici – mais ses bras sont baissés et non tendus, en signe de désolation face au spectacle de Tignes noyée. Poignant.

    tignes église st jacques
    L’église St Jacques de Tarentaise à Tignes, témoignage de l’histoire douloureuse de Tignes

    Au royaume des glaces : le tunnel gelé

    C’est un insolite tellement photogénique qui se cache sur le domaine skiable de Tignes et que j’ai découvert grâce à la princesse de Val d’Isère, Léa, blogueuse et monitrice de ski : un tunnel colonisé par la glace, à en jurer qu’Elsa, la reine des neiges, est venue faire des siennes ici.

    tunnel gelé glace tignes instagram
    Vu sur Instagram : le tunnel de glace de Tignes

    Le site est inattendu et poétique, un petit morceau de glacier islandais dans un tunnel savoyard, et j’étais ravie d’évoluer dans ce palais de glace sculpté par l’hiver. Un petit air de grand nord en Tarentaise !

    tunnel gelé tignes instagram
    tunnel gelé tignes instagram


    Pardonnez-moi cette parenthèse rébarbative, mais il me faut glisser deux petites consignes de prudence. Si vous y faites un tour, faites attention, car

    1) ça glisse. Certes, cela se voit, mais vous serez surpris, ça glisse VRAIMENT. Allez-y avec des chaussures à crampons, ou mieux encore, avec de petits crampons par-dessus (ça se trouve chez Décathlon et c’est très pratique pour marcher sur la glace).
    2) faites vraiment très attention aux stalactites, de vrais poignards de glace de trois mètres de long qui se détachent sans prévenir. Ne passez pas dessous si vous pouvez l’éviter et surtout, ne restez pas stationnés dessous.
    Et profitez bien de cette atmosphère féerique !

    Encore un peu d’adrénaline à Tignes : vol en ULM, plongée sous glace, zorbing…

    Trois autres idées d’expériences à vivre pour faire le plein de sensations fortes et d’insolites à Tignes…

    – Nous aurions dû tester l’ULM pendulaire et j’aurais ADORE, mais de mauvaises conditions de vent nous en ont empêché. Voler au-dessus des plus hauts sommets de Savoie, avec une vue incroyable sur le Mont Blanc à quelques encablures de là, doit être une expérience incroyable.

    – Parce que l’activité a un grand succès, réservez la longtemps à l’avance : nous n’avons pas trouvé de créneau pour plonger sous la glace, mais l’expérience a l’air magnifique. Dans le lac gelé, à proximité de l’ice floating, faites votre baptême du monde du silence et du froid, passez sous la couche de glace avec combinaison, masque et bouteilles, et voyez les bulles d’air emprisonnées sous la surface, dans un univers mystique de silence et de bleu profond… j’en rêve !

    – Une activité que j’aurais pu tester, mais qui à vrai dire me faisait peur : le zorbing ! Le concept ? Sanglé et harnaché dans une grosse boule transparente, vous dévalez la pente en faisant mille tonneaux comme dans une machine à laver. Il faut avoir l’estomac bien accroché ! J’ai fait ma poule mouillée, mais peut-être serez-vous plus courageux que moi, venez me raconter ?

    Une bonne adresse abordable à Tignes : Le Curling

    Envie de venir faire la fête à 2100m ? A Tignes Val Claret, le Curling est un joli hôtel 3* confortable et abordable, qui propose des tarifs spéciaux aux groupes, et qui cultive son atmosphère de fête avec un bar avec vue sur les sommets et une ambiance montagnarde fun très chaleureuse. Une excellente adresse pour les familles, les amis, qui veulent venir skier et s’amuser sans se ruiner, et être vraiment sur les pistes de ski et au cœur de la vie de la station. Nous y avons très bien dormi dans notre chambre douillette avec vue sur les sommets.

    Dans le même immeuble se trouve un resto italien, La Pignatta, où nous avons très très bien mangé (en click’n’collect à l’époque, puisque c’était le grand hiver des restos fermés) : mention spéciale pour les arancini, la burrata et la délicieuse pizza « stella » en forme d’étoile !

    Prêts à dévaler les pistes cet hiver ? Tignes est une destination riche en sensations qui m’a émerveillée. Si vous voulez suivre mes aventures, à la montagne et ailleurs, n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter.

    Merci à l’office du tourisme de Tignes et à Duodecim pour ce séjour riche en émotions que j’ai profondément aimé.

  • Joyaux de la Haute Provence secrète : Seyne et Colmars-les-Alpes

    Connaissez-vous le versant le plus reculé et préservé des Alpes de Haute Provence, les villages nichés entre soleil du midi et neige des cimes, connaissez-vous les « villages de caractère » de Colmars-les-Alpes, de Seyne-les-Alpes et leurs hameaux voisins ? Connaissez-vous les vasques de la Lance, le lac d’Allos, le hameau de Sainte-Rose, les mulets de Seyne, les sommets et les gorges confidentielles de cette autre Provence minérale et reculée ?
    Nous sommes ici au cœur des montagnes de la Haute Provence, là où la culture alpine prend les couleurs du Sud et là où le Verdon prend sa source dans un décor rocailleux de hauts sommets abrupts. L’été aux portes du Mercantour, les troupeaux couvrent les alpages et y rencontrent les marmottes, sous l’œil vigilant des bergers et des patous. Je suis partie cet été aux confins du Sud authentique explorer cette région à l’intersection de tout ce que j’aime, entre culture alpine et culture méridionale, patrimoine culturel et nature grandiose. Mon cœur bat la chamade pour cette Provence-là, plus escarpée et plus secrète, que les voyageurs connaissent moins.

    Que voir et que faire à Colmars-les-Alpes et Seyne-les-Alpes ? Explorer les montagnes des Alpes de Haute Provence
    Colmars-les-Alpes
    Que voir et que faire à Colmars-les-Alpes et Seyne-les-Alpes ? Explorer les montagnes des Alpes de Haute Provence
    Les vasques de la Lance
    Que voir et que faire à Colmars-les-Alpes et Seyne-les-Alpes ? Explorer les montagnes des Alpes de Haute Provence
    Le lac d’Allos
    Que voir et que faire à Colmars-les-Alpes et Seyne-les-Alpes ? Explorer les montagnes des Alpes de Haute Provence
    Seyne-les-Alpes
    Que voir et que faire à Colmars-les-Alpes et Seyne-les-Alpes ? Explorer les montagnes des Alpes de Haute Provence
    Au-dessus du lac de Serre-Ponçon
    Que voir et que faire à Colmars-les-Alpes et Seyne-les-Alpes ? Explorer les montagnes des Alpes de Haute Provence
    La maison du mulet à Seyne-les-Alpes
    Que voir et que faire à Colmars-les-Alpes et Seyne-les-Alpes ? Explorer les montagnes des Alpes de Haute Provence
    Randonnée littéraire en Haute Provence à Seyne
    Que voir et que faire à Colmars-les-Alpes et Seyne-les-Alpes ? Explorer les montagnes des Alpes de Haute Provence
    Le col des Champs

    Je vous propose aujourd’hui un voyage entre culture et saveur, histoire et hédonisme, au cœur de ce pays que j’aime profondément. Découvrir que voir, que faire, que vivre à Colmars-les-Alpes, Seyne-les-Alpes et alentours, explorer les lacs, sommets et curiosités qui les environnent, voici le programme de notre beau séjour sudalpin.

    J’ai effectué ce reportage avec mon amie photographe Marion Carcel alias Foehn Photographie. Ensemble, nous formons sous le nom d’Itinera Favonia un binôme de photographes, blogueuses et créatrices passionnées. La quasi totalité des photos qui figurent dans cet article sont son œuvre.

    Lac d'Allos
    Marion et moi au Lac d’Allos
    Marion et le chat de la Petite Bonnette, à Seyne

    Une géographie littéraire de la Haute Provence

    En 2019, j’avais écrit dans mon livre Provence, Les sillons du soleil :

    La Provence que j’aime tant est celle des combes et des cailloux, cousue des mille recoins de sa géographie accidentée où les millénaires ont creusé leur sillon patient. Terre calcaire et friable, elle est ravinée par les eaux qui sculptent des gorges innombrables et le canyon le plus profond de France, celui du Verdon, où les vautours tournoient au-dessus de sept cent mètres de vide abrupt. Les multiples coeurs de la Provence battent dans ces massifs escarpés, ces labyrinthes d’arêtes froissées et de vallées profondes, où l’ombre descend vite sur les villages encaissés, où les soirées sont semées d’étoiles et les hivers rudes, et où se perpétue le rythme plus lent d’une vie pastorale, paysanne et montagnarde. C’est la Provence de Jean Giono ou de Pierre Magnan, des « itinéraires de petite vitesse ».

    Ariane Fornia, Provence, Les sillons du soleil, Nevicata, 2019
    Que voir et que faire à Colmars-les-Alpes et Seyne-les-Alpes ? Explorer les montagnes des Alpes de Haute Provence

    Mais c’est aussi la Provence de Jean Proal, grand écrivain provençal originaire précisément de cette région. Je vais longuement vous parler de lui au cours de cet article, mais je voudrais déjà lui laisser la parole pour évoquer sa terre natale, ce triangle sublimement perdu au cœur des Alpes du Sud, loin des grands axes et des itinéraires rebattus.

    « Le triangle dessiné par la frontière italienne, la Durance et le Verdon délimite une région extrêmement nette – hautes vallées du Queyras, amorce du versant méridional des Alpes, naissance de la Haute Provence – qui a ses caractères propres. C’est le pays, selon Alexandre Arnoux, « où l’olivier s’essouffle et où la lumière le relaie. » C’est une montagne dénuée de cimes prestigieuses et de glaciers photogéniques, mais éclairée déjà par un ciel méditerranéen, une région que ne hantent pas les grimpeurs célèbres, mais où l’homme a pu et a su se tailler une place. »

    Jean Proal, De la truite au chamois, in : Suite montagnarde

    Lecture des oeuvres de Jean Proal sur les terres de son enfance, à Seyne-les-Alpes

    Le texte continue en un sublime hommage rendu aux paysans des Alpes du sud, « ceux qui ne regardent jamais vers la montagne que pour la surveiller ou parer sa prochaine attaque », ceux qui ont toute l’année, au rythme des crues, des avalanches, des attaques de loups, « tant de dégâts et de désastres à réparer », car « plus que partout, dans la montagne, l’homme est soumis à la terre pauvre, au climat rude, toujours sous la menace d’une catastrophe, oppressé par la grandeur inhumaine de la montagne, sans cesse en sursis. Dans ce pays où chaque faute se paie comptant, le sens des responsabilités s’aiguise, et le goût de la liberté en découle. » L’histoire des Alpes du Sud, c’est avant tout celle de leurs paysans, de leurs bergers, de leurs troupeaux – je vous invite à lire le premier article que j’ai consacré à la Routo, sentier de randonnée suivant les chemins du pastoralisme ancestral à travers la Haute Provence. Aujourd’hui encore, les Alpes du Sud se savourent en goûtant les produits locaux et artisanaux, en achetant aux Maisons de pays qui proposent la vente en circuit court, en rendant hommage au travail de ces agriculteurs valorisant des terroirs difficiles mais si expressifs.

    Que voir et que faire à Colmars-les-Alpes et Seyne-les-Alpes ? Explorer les montagnes des Alpes de Haute Provence
    Maison des produits de pays à Colmars-les-Alpes


    Ce que Proal n’évoque pas ici, mais que nous avons ressenti tout au long de notre séjour en visitant Colmars et Seyne, c’est l’autre menace, celle des canons, des fusils et des épées : la guerre perpétuelle entre la France et la Savoie, la lutte terrible qui se joue dans ces forts reculés à l’extrême limite de la Provence, en face-à-face perpétuel avec l’ennemi. Et lors des guerres plus récentes qui ont ensanglanté le XXe siècle, elle fut aussi un pays de maquisards, de résistants, de déserteurs, d’hommes et de femmes épris de liberté.

    Que voir et que faire à Colmars-les-Alpes et Seyne-les-Alpes ? Explorer les montagnes des Alpes de Haute Provence
    Fort à Seyne-les-Alpes

    Ce pays est riche de cette dureté, de cette beauté tranchante qui vous frappe à l’assaut des cols et des pierriers. Les Alpes du Sud sont âpres, épurées par le soleil qui révèle toute leur éclatante minéralité, elles sont sublimes comme l’est le sentiment d’une radicale liberté. Loin de tout, au plus près de l’essentiel.

    Colmars-les-Alpes, le joyau forteresse au cœur du Haut Verdon

    Pour explorer cette fascinante Haute Provence, Colmars-les-Alpes est un point de départ idéal. Ce village de caractère que surplombent deux forts, au nord et au sud du village, tout cousu de remparts et de hauts murs, a été un coup de foudre esthétique pour moi – c’est un des plus beaux villages des Alpes françaises à mes yeux. Il nous a fasciné par la richesse de son histoire tumultueuse. A deux pas de la frontière entre la Savoie indépendante et la Provence française, il s’est défendu âprement lors de longues guerres, a subi plusieurs sièges et a été en première ligne des longues luttes qui ont ensanglanté la région pendant des siècles. Il s’agit donc bien d’un village montagnard français, d’architecture française, provençale, qui fait contraste avec les villages savoyards que nous connaissons bien et qui est une excellente introduction à ce face-à-face ancestral entre les deux royaumes montagnards. Colmars, c’est aussi un cadre exceptionnel, un décor alpin somptueux. Sous un certain angle, le toit du fort de Savoie s’aligne parfaitement avec la silhouette de Roche Cline, 2415m, et c’est magnifique.

    Que voir et que faire à Colmars-les-Alpes et Seyne-les-Alpes ? Explorer les montagnes des Alpes de Haute Provence

    Conçu par Vauban, le fort de Savoie retrace ces siècles de lutte et offre une vue superbe sur les sommets alentours. Il abrite également concerts, spectacles et autres activités culturelles, dans un cadre solennel où la pierre bâtie répond à la pierre des sommets.

    Que faire à Colmars les Alpes et Seyne les Alpes dans les Alpes de Haute Provence

    Le second fort, celui au sud du village, ne se visite pas, mais sa silhouette est elle aussi majestueuse.

    Que faire à Colmars les Alpes et Seyne les Alpes dans les Alpes de Haute Provence

    On descend ensuite au cœur du beau village, où les placettes colorées, les fontaines et les cadrans solaires respirent le Sud.

    On explore la Maison musée du Haut Verdon, qui abrite la mémoire du pays et un fascinant chemin de ronde au cœur des remparts de Colmars. Les collections sont variées – reconstitutions historiques touchantes, assemblages hétéroclites, hommages à l’armée, joli jardin d’inspiration médiévale -, mais ce qui m’a le plus séduite, c’est le cadre lui-même, cette exceptionnelle maison bourgeoise ouvrant sur plusieurs centaines de mètres de chemin de ronde, révélant la nature profondément militaire de Colmars, village si longtemps sur le qui-vive.

    Colmars est esthétiquement magnifique, avec ses forteresses nichées au cœur des cirques rocheux et ses ruelles méridionales. Nous sommes vraiment en Provence, entre soleil et fontaines bruissantes, et vraiment dans les Alpes, entourés de sommets culminant autour de 2500m, aux portes du parc national du Mercantour.

    Nous déjeunons au bord de l’eau qui clapote et qui chante, à la Table ronde, où nous demandons les spécialités locales et nous régalons de fromages, fruits et charcuteries du coin. Au cœur du village, le cadre est superbe et invite à une douce pause…

    Pépites secrètes du Haut Verdon : cols, cascades et lacs


    Autour du village de Colmars-les-Alpes, magnifique forteresse alpine au cœur des montagnes, coulent les rivières et les routes sinueuses.

    Cascades et vasques de la Lance

    Ici le Verdon prend sa source, et ici cascade la Lance, cours d’eau aux doigts de fée qui sculpte des paysages magiques. Marion et moi avons suivi le cours de la Lance en remontant vers l’amont, d’abord jusqu’à une cascade facilement accessible par un petit sentier de balade depuis le village.

    Puis nous sommes remontées vers l’amont, plus haut dans la montagne sur le site des vasques de la Lance, ces piscines naturelles enchanteresses où j’ai bravé l’eau fraîche des cimes.

    En chemin, nous avons croisé les troupeaux en transhumance, guidés par les bergers et les chiens… nous sommes sur les terres de la Routo.

    Le Col des champs au coucher de soleil

    Elles m’émeuvent, elles me bouleversent. Les Alpes. Au Col des Champs, au-dessus du magnifique village de Colmars-les-Alpes, Marion et moi nous baignons de la lumière magique des Alpes du Sud, de cette minéralité dorée et aride des hauts sommets qui rencontre la douceur fleurie des alpages. Nous sommes ici tout au sud, la mer n’est pas loin, l’Italie non plus, au cœur de cette Haute Provence secrète et radieuse, ce pays de montagnes abruptes qu’adoucissent les soleils du sud. Nous entendons les cris des marmottes. Le soir descend. C’est beau, c’est beau, c’est beau. On est heureuses. Dans l’or du couchant et les trolles dorées, la montagne nous baigne comme une vague…

    que faire à colmars les alpes
    que faire à colmars les alpes

    Le Lac d’Allos, un site exceptionnel à protéger


    C’est le plus grand lac alpin d’altitude d’Europe. A 2230m, au cœur du parc national du Mercantour, ce lac glaciaire turquoise entouré de sommets abrupts est un site d’une richesse et d’une beauté extraordinaires.

    lac d allos alpes de haute provence

    C’est aussi un site menacé par la sur-fréquentation et les mauvais comportements de certains usagers.
    C’est pour cette raison que depuis l’été 2021, les règles d’accès ont changé, et l’accès au lac sera plus encadré, avec notamment un parking sur réservation et des parkings plus loin du site. Je vous invite à vous renseigner avant votre visite, afin de ne pas être pris au dépourvu. Marion et moi ne pouvions pas imaginer aller dans le val d’Allos sans monter voir ce lac miraculeux, aux airs de Canada provençal, écrin turquoise parmi les cimes abruptes. On en rêvait et il est normal que nous soyons nombreux à en avoir envie. J’espère que les démarches de sensibilisation et les règles de protection permettront à tous de vivre (et pour longtemps) ce que nous avons vécu : un pur éblouissement, un moment de grâce et de magie. Et si vous pouvez, faites comme nous, venez le matin, hors saison… nous étions seules au monde.

    Dormir dans une cabane cosy au Martagon, près de Colmars

    A deux pas de Colmars-les-Alpes, dans le petit village de Villars-Colmars, nous avons passé une très belle nuit insolite et cosy dans les cabanes champêtres du Martagon. Outre les chambres d’hôtel classiques, ce joli établissement tenu par un vrai passionné de ses montagnes propose plusieurs cabanes au pied de la montagne, des cabanes petites mais jolies, confortables et parfaitement aménagées : salle de bain, WC, mini kitchenette, lits confortables, rien ne manque dans cette tiny house boisée et tellement charmante !

    Nous avons aussi beaucoup apprécié la cuisine du Martagon, le dîner savoureux et original, le petit déj où tout ou presque était fait maison, et la déco lumineuse et montagnarde du resto. L’accueil est chaleureux et authentique – une belle adresse à retenir !

    Seyne-les-Alpes, citadelle de la montagne

    Nous sommes dans la partie la plus escarpée des Alpes de Haute Provence, environnées de hauts sommets abrupts, et le village de Seyne est une véritable forteresse des montagnes. A 360 degrés, les sommets l’encerclent, et sur son éperon rocheux, la citadelle Vauban offre une vue imprenable. La visite avec notre guide André de ce beau village de caractère nous permet de plonger dans l’histoire tumultueuse de Seyne, bastion protestant au cœur du chaudron des guerres de religion, place-forte assiégée par les piémontais de la Savoie voisine, forteresse renforcée par Vauban. La vue depuis la citadelle est somptueuse : à 360 degrés, des sommets emblématiques, des pics découpés, d’immenses pentes rocailleuses encerclant le village. Bientôt, un escape game ouvrira dans les murs de la citadelle et renforcera cette impression d’éperon rocheux commandant les hauteurs.

    Les couleurs de la Provence et la verticalité des Alpes se mêlent dans les jolies ruelles remplies de curiosités, comme le clocher parfaitement triangulaire de l’église qui semble avoir été coupé en deux.

    La maison du mulet, un coup de cœur à Seyne-les-Alpes

    Mais au fond de la vallée, la plaine est riche en herbe grasse et verdoyante, ce qui rend Seyne assez unique dans les Alpes du Sud : nous sommes ici en présence d’une vaste vallée fertile, ouverte et fleurie, comme on en trouve en Savoie ou en Isère. C’est cette particularité géographique qui a destiné Seyne à l’élevage de mulets, qui ont fait la fortune du village jusqu’au  milieu du XXe siècle.

    seyne les alpes
    seyne les alpes

    Cet animal hybride, issu du croisement entre un âne et une jument, est stérile, mais sa force de travail et sa rusticité sont incroyables.  A taille égale, le mulet porte et tire plus lourd qu’un cheval, résiste mieux au froid, et mange un tiers moins – autant dire que cet animal était infiniment précieux aux paysans, aux ouvriers, à tous ceux qui vivaient de la montagne. Dans les Alpes françaises, la mule a permis de franchir les cols, construire les routes, cultiver la terre, c’était le trésor et la meilleure alliée du travailleur alpin. L’histoire des Alpes françaises, c’est réellement l’histoire des paysans et de leurs bêtes, de vies rudes et en friction permanente avec la dureté des éléments, des sabots qui foulent les sentiers caillouteux, des chargements tirés par-dessus les sommets abrupts. A la maison du mulet, une expo passionnante retrace cet héritage, et on fait la connaissance des mules, aussi diverses qu’attachantes. Les mules existent de toutes les tailles, de toutes les robes, en fonction des chevaux et ânes qui ont œuvré à leur conception, elles sont redoutablement intelligentes et infiniment attachantes. Ce fut un vrai coup de cœur pour Marion et moi et on vous recommande très chaudement la visite de la Maison du Mulet. L’été, des animations sont proposées au public, comme de belles balades en calèche.

    La Maison abrite d’autres expositions, dont une qui nous a beaucoup séduites, « Les animaux la nuit », promenade scientifique et poétique dans le quotidien des animaux nocturnes.


    Marion et moi avons adoré cette rencontre avec les mules dans le cadre grandiose de Seyne-les-Alpes. L’intelligence et la curiosité de ces bêtes aux grandes oreilles nous ont séduites !

    Une randonnée littéraire à Seyne, sur les traces de Jean Proal

    « Cinq maisons, amarrées de guingois dans une anse de la vallée, comme des barques qui aurait évité sur leur ancre, allongées dans le lit de courants invisibles. Cinq maisons coiffées de chaume ou de bois rouillé, cinq maisons chaudes de vie… »

    Ainsi commence la nouvelle Chantemerle, de Jean Proal. Chantemerle, c’est ici, c’est en vérité le hameau de Sainte-Rose, à Seyne-les-Alpes. Grand écrivain des Alpes de Haute Provence, Jean Proal est né ici en 1904, fils de l’institutrice, et y a vécu jusqu’à son adolescence. Son œuvre est imprégnée de ces paysages et ambiances. Suite montagnarde, De sel et de cendre, Où souffle la lombarde, sont autant d’oeuvres majeures sondant au plus près l’âme et les coeurs du pays de Provence.

    Jean Proal raconte une vie rude, épuisante, où la montagne guette, où les loups dévorent les hommes et où la quête de l’eau brise les couples. Un sentier de randonnée littéraire Jean Proal a été tracé depuis le hameau de Sainte Rose jusqu’aux hauteurs des crêtes, où nous découvrons les fôrests, ces maisons d’alpage où les gens ne vivaient que l’été. Au fil de notre balade, notre adorable guide André nous lit de superbes textes de Jean Proal en harmonie avec le paysage et les ambiances que nous découvrons. Les visions, les mots, la voix grave d’André, les fleurs des champs dans la montagne estivale, le fantôme bienveillant de Proal, tout est magnifique. Un moment d’émotion sur les traces d’un grand écrivain provençal à découvrir.

    Une randonnée littéraire, c’est un magnifique concept, et la personnalité d’André a beaucoup joué dans cette rencontre poétique et touchante.

    « Fontvive c’est, sur le versant des Essarts, la plus haute ferme du terroir de Chantemerle. » 

    Jean Proal, Suite montagnarde
    rando litteraire jean proal seyne les alpes

    « Continuer à se crever de remonter les seaux pesants, vingt fois le même jour buter aux mêmes pierres, se heurter aux mêmes remblais… »

    rando litteraire jean proal seyne les alpes

    « Là haut, d’où ils descendaient, c’était la montagne… »

    rando litteraire jean proal seyne les alpes

    Seyne les Alpes nous touche par la puissance du patrimoine culturel vivant, tangible ici. L’histoire des Alpes, c’est véritablement celle des hommes qui ont eu le courage de les apprivoiser, hiver après hiver, pierre après pierre… Je trouve que ce coin des Alpes du sud a merveilleusement su préserver ce patrimoine humain et cela nous a beaucoup touchées, Marion et moi.

    rando litteraire jean proal seyne les alpes

    La Petite Bonnette, charme et chevaux en Haute Provence


    C’est une chambre d’hôtes de charme, perchée sur sa montagne face au coucher de soleil sur les Alpes. Nous sommes à 1370m d’altitude, au-dessus de Seyne, dans un décor montagnard lumineux dont le crépuscule décuple la beauté hors du monde.
    C’est un chalet de bois cosy et chaleureux, conçu, assemblé et décoré avec soin par un couple adorable, Laurence et Patrick.


    C’est un élevage de lipizzans, de superbes chevaux de dressage, et des balades à cheval à certaines périodes, pour explorer la beauté des hauteurs de Seyne en selle.

    seyne les alpes la petite bonnette
    seyne les alpes la petite bonnette


    C’est une ambiance Far West qui donne envie de road trip, de moto et de chevaux.


    Ce sont des vues superbes et des repas délicieux – la tourte de Laurence a même été à l’honneur dans une émission culinaire !


    Bref, c’est un très beau souvenir pour Marion et moi, et une jolie adresse à retenir dans vos explorations alpines.

    Un point de vue sublime sur le lac de Serre-Ponçon

    Vous le connaissez sans doute : le mythique, magnifique lac de Serre-Ponçon, qui fait la frontière entre Alpes de Haute Provence et Hautes Alpes ! Jusqu’à la construction du barrage en 1959, les crues de l’impétueuse Durance emportaient régulièrement tout sur leur passage, cultures, maisons et mêmes vies. Pierre Magnan, autre grand écrivain de la région, pestait contre le fleuve maudit « va-t’en, belle Durance / Ravager la Provence… ». Construire le barrage cadenassant ses ardeurs ne se fit pas sans sacrifices : un village fut (presque) entièrement englouti, seule la chapelle surnage sur son promontoire devenu île. Aujourd’hui, le lac turquoise est un fabuleux lieu de plaisance et de rêverie, et les points de vue sur cet océan alpin sont de toute beauté. Le décollage de parapente de Saint-Vincent-les-Forts est sans doute un des plus beaux points de vue sur le lac, un véritable balcon sur le turquoise. En attendant de revenir y voler en parapente, j’ai utilisé ma robe pour mettre les voiles…

    lac de serre poncon
    lac de serre poncon
    lac de serre poncon

    Un nid douillet entre lacs et montagne, le Domaine de l’Adoux

    Vous vous en souvenez peut-être : il y a trois ans, j’avais eu un immense coup de cœur pour la station de Saint Jean Montclar dans les Alpes du Sud, la seule station de ski autogérée d’Europe, et pour ses habitants battants et solidaires qui avaient pu sauver leur territoire, leurs emplois et l’avenir de leurs enfants à force de volonté et de courage. Au-dessus du lac de Serre-Ponçon, Montclar déploie ses pentes ensoleillées et ses panoramas somptueux au milieu de mélèzes. Ski, soleil et solidarité, Montclar m’avait infiniment séduite.

    Une station de ski familiale et solidaire dans les Alpes du sud : Saint Jean Montclar, autogérée par ses habitants
    Saint Jean Montclar, station de ski ensoleillée au dessus du lac de Serre-Ponçon, janvier 2018

    Au cœur du projet de reprise de la station se démenaient Odile et Alain, les propriétaires du magnifique domaine de l’Adoux. Le domaine de l’Adoux ? Ce fut notre refuge, notre bulle de rêve et de douceur à Montclar. Cet hôtel-spa délicieusement montagnard et cosy pourrait être défini comme « le seul hôtel savoyard à deux heures de Marseille », avec une superbe piscine et une décoration délicieusement kitsch et chaleureuse, toute de bois clair et petits cœurs enneigés.

    Aujourd’hui, la station de Montclar va bien. On vient y skier avec bonheur, dans un cadre sublime, et j’y reviendrai l’hiver prochain. Et Odile et Alain, après 16 ans à la tête de l’Adoux, ont eu besoin de souffler : un couple belge vient tout juste de reprendre ce bel hôtel à la fois luxueux et familial, où on se sent chez soi. Petit élan de nostalgie en embrassant Odile qui passe la main, mais joie de voir que pour Montclar comme pour l’Adoux, l’histoire continue. Et pour les habitants de Provence, cela reste une des plus belles adresses pour vivre les joies de la montagne, avec la piscine en bonus…

    Je garde un immense attachement à ce pays des Alpes de Haute Provence, à l’intersection de tout ce que j’aime, la majesté des Alpes et la lumière du Sud. Colmars, Seyne, la beauté des lacs, sommets et cours d’eau avoisinant, l’histoire de ces terres respirant l’authenticité, la grandeur littéraire et l’humanité quotidienne, tout me touche. J’espère vous avoir donné, à vous aussi, le désir d’explorer ce haut pays radieux…

    Merci aux Alpes de Haute Provence et à tous les partenaires qui nous ont accueillies pour ces journées lumineuses.

  • La Routo, un GR au cœur du pastoralisme en Provence

    La Routo ? C’est un nouvel itinéraire de grande randonnée, le GR69, qui suit les chemins ancestraux de la transhumance depuis les plaines de la Crau jusqu’aux Alpes italiennes. Sur 520 kilomètres, d’Arles à Cuneo, le marcheur met ses pas dans les pas des bergers qui « faisaient la route » avec leurs moutons blancs par milliers. Les montagnes vivent des hommes qui les arpentent, et les paysages de la Haute Provence ont été dessinés par le sillon patient des bergers et de leurs bêtes franchissant les cols en quête de pâturages plus amènes.

    Ce nouvel itinéraire de grande randonnée plonge donc au cœur d’une des plus anciennes traditions alpines : la transhumance. Pays de pastoralisme, les Alpes du Sud voient depuis des siècles les troupeaux monter l’été sur les verts pâturages d’altitude. Dans les cabanes d’alpage, les bergers et leurs chiens veillent sur les troupeaux qui broutent l’herbe grasse des estives. Le GR69, la Routo, propose de suivre les traces des brebis, franchissant les crêtes à la recherche des prairies.
    Cet été, nous avons emprunté sur deux jours une très belle portion de la Routo dans les Alpes de Haute Provence, ce qui fut l’occasion d’un voyage historique, culturel et patrimonial à la rencontre de cette civilisation pastorale qui a sculpté la Haute Provence. Une randonnée sur la Routo avec un bivouac au Pic de Bernardez, des rencontres avec des bergers autour de Colmars-les-Alpes et de Seyne-les-Alpes, tel fut notre beau programme d’immersion dans l’univers de la Routo.

    Jean Marc Isoard, berger à la cabane des Mulets
    Moutons en transhumance au-dessus de Colmars-les-Alpes
    Coucher de soleil en bivouac sur le GR69, au pic de Bernardez

    J’ai réalisé ce reportage en duo avec mon amie photographe Marion Carcel alias Foehn Photographie. La majorité des photos de cet article sont les siennes.

    Marion et moi en bivouac au pied du pic de Bernardez
    Marion photographiant le coucher de soleil sur le GR69

    La Provence, terre de pastoralisme

    Jean Giono écrivait :

    « Quand les mystères sont très malins, ils se cachent dans la lumière. La Provence dissimule ses mystères derrière leur évidence. »

    Il y a en Provence cette évidence de la lumière, de la minéralité, de la beauté – terre de roches blanches et de soleil qui abonde, promesse éternelle du midi. Mais la Provence, en vérité, est une construction patiente, le travail long et acharné de ces paysans, ces bergers, ces hommes et ces femmes qui ont construit ce pays en usant leurs sabots et ceux de leurs troupeaux.

    La cabane des Mulets au-dessus de Seyne-les-Alpes
    Cairn sur la Routo

    Dans ce pays d’eau rare et de terres arides, le paysan guette les meilleurs pâturages pour y mener son troupeau, et il a besoin de ces deux mondes qui se complètent : la plaine douce et amène, où les bêtes passeront l’hiver, mais que l’été grille, et la montagne, hostile l’hiver, mais terre de vertes et grasses prairies quand l’été brûle les basses altitudes. Pendant des siècles, les paysans de Provence ont cheminé avec leurs bêtes, les menant sur les hauteurs pour la saison estivale, les ramenant en plaine quand l’automne souffle son haleine froide sur les cimes. C’est ce qu’on nomme la transhumance, ce mouvement des troupeaux, deux fois par an, qui a scandé les saisons durant des siècles en Provence.

    Transhumance

    Je laisse la parole à la spécialiste du pastoralisme Sandrine Krikorian, que j’avais interviewée pour mon livre « Provence, Les sillons du soleil » et que j’avais rencontrée dans la plaine de la Crau, là où commence la Routo.

    « Nous sommes ici dans la Crau. C’est une plaine immense d’herbe sèche, une steppe européenne présentant une végétation qui n’existe nulle part ailleurs. Les auteurs anciens la décrivaient comme un désert, avec son paysage monotone à perte de vue, mais ce fut pendant des siècles une des régions agricoles les plus emblématiques de la Provence. On a retrouvé les traces de bergeries datant de l’époque romaine. L’élevage ovin fut pratiquement la seule source de subsistance des populations pendant des générations, et le ciment de l’identité culturelle. Le symbole de Saint Martin de Crau est un mouton, et sa devise, « In pascuis fortuna », la fortune est dans les pâturages. La vie était rythmée par les grandes transhumances, durant lesquelles on conduisait les troupeaux sur les estives au printemps, et les en ramenait à l’automne. A Noël, on célébrait le pastrage : les bergers conduisaient leurs troupeaux à l’église et venaient adorer l’enfant Jésus.
     […] Notre appréhension du pastoralisme s’est toujours construite dans sa représentation : c’est le XIXe siècle qui invente véritablement l’image du berger, avec les récits de Daudet et de Mistral, et les images des peintres provençaux comme Théodore Jourdan, qui peint inlassablement les troupeaux de moutons et leurs bergers. Songez aux grandes transhumances qui ont été organisées à travers toute la Provence en 2013, lorsque Marseille a été capitale européenne de la culture. Il fallait rendre à nouveau visible ce qui sous-tend cette identité provençale. »

    Sandrine Krikorian, in Ariane Fornia, « Provence, Les sillons du soleil », Nevicata, 2019
    Le moulin d’Alphonse Daudet dans les Alpilles
    Les sommets de la Haute Provence à Seyne-les-Alpes sur le GR69

    La Routo ou le GR 69, un nouveau sentier de grande randonnée

    Au cœur de l’identité du pays, il y a ce trait d’union vivant entre les plaines touffues des rivages méditerranéens et les sommets escarpés des Alpes, ce long cheminement des moutons cousant de leur fil blanc laineux l’âme de la Provence.

    Cela fait des années maintenant que les gens de Provence cherchent à sauvegarder, préserver, célébrer ces traditions pastorales qui furent réellement l’âme du pays. L’inauguration de la Routo, ce nouveau sentier (GR69) qui relie et complète des chemins de randonnée existants pour former le trait d’union entre la Crau et les Alpes italiennes, s’inscrit dans ce mouvement. Le GR69 peut être entièrement parcouru à pied, mais certaines portions se réalisent également à cheval, à vélo, à VTT, et le tracé me semble superbe et varié, des plaines fleuries aux sommets abrupts.

    Sur le chemin, de nombreuses stations célèbrent cet héritage paysan pluriséculaire. Car le patrimoine pastoral de Haute Provence est bien vivant – nous nous en sommes aperçu dès notre premier jour de reportage.

    Une rencontre avec les bergers des Alpilles à Colmars-les-Alpes

    Nous sommes fin juin en Haute-Provence, à Colmars-les-Alpes, sublime village fortifié au cœur des plus hauts sommets de la région, dont je ne manquerai pas de vous reparler. Nous sommes venues découvrir un site naturel superbe, les vasques de la Lance, une série de cascades féeriques. Mais sur la route qui nous mène au départ de la randonnée, nous les rencontrons : les moutons, les centaines de moutons.

    Aujourd’hui, les temps ont heureusement changé, et les bergers que nous rencontrons n’ont pas fait à pied toute la route traversant la Provence, un camion les y a aidés. Mais comme autrefois, les éleveurs que nous rencontrons viennent des Alpilles, cette sublime région de calcaire blanc et de tournesols chantée par Van Gogh et Daudet.

    Eygalières, dans les Alpilles
    Les Baux de Provence, dans les Alpilles

    Comme autrefois, ils viennent sur les sommets du Haut-Verdon offrir à leurs bêtes la fraîcheur de la montagne et des estives verdoyantes. Les derniers kilomètres se font à pied.
    Les bergers qui resteront tout l’été aux côtés des troupeaux sont flanqués de deux types de chiens, les chiens de troupeau, de style border collie, qui guident et rassemblent les bêtes, et les chiens de protection, les patous, ayant pour mission de protéger les moutons du loup revenu dans les alpages. Durant tout l’été, les bergers veilleront sur les brebis nuit et jour, avec leurs chiens, leurs clôtures nocturnes, leurs patrouilles constantes, pour que les ovins broutent en paix.
    Nous vivons un beau moment de rencontre avec ces éleveurs et bergers venus d’Eygalières, mon village préféré des Alpilles, venus se réfugier da la fournaise de l’été dans les hauteurs fraîches du Haut-Verdon.


    Après avoir admiré cette belle agitation rythmée par bêlements et tintements, il est temps de nous mettre en route à notre tour.

    Un bivouac au pic de Bernardez sur la Routo

    Nous n’avons ni brebis ni chien, mais des images plein la tête. C’est notre tour de nous mettre en route sur la Routo.

    Nous sommes à Seyne-les-Alpes, dans la vallée de la Blanche. Notre itinéraire va nous conduire au sommet du Pic de Bernardez (2430m), une des difficultés abruptes et ardues que les bergers devaient vaincre pour gagner les verts pâturages : après les pierriers, les sentes raides et les falaises vertigineuses, le chemin rejoindra de doux alpages où les sources abondent. Nous suivons les marques rouges et blanches le long de cet itinéraire alliant passion outdoor et histoire patrimoniale et humaine très forte Ici, la montagne a le visage des bergers, et ces sentes escarpées puis fleuries qui ont la beauté de l’intemporalité.

    Faire à notre tour la Routo…

    En montant vers le pic de Bernardez, les chemins sont tout d’abord minéraux, abrupts et vertigineux. Il faut franchir ces murailles pour gagner la douceur des estives…

    Marcher sur un morceau de ce nouveau GR alpin, provençal et patrimonial, c’est s’inscrire dans une longue histoire humaine… et les sources sont ici répit ancestral.

    Nous montons jusqu’à la croix, au sommet du Pic de Bernardez, et nous contemplons les montagnes de Haute-Provence baignées de lumière…

    Puis en contrebas du pic, c’est la descente vers les estives plus amènes, vers un paysage d’herbe tendre et de lacs au loin, et on imagine la joie des troupeaux et de leurs bergers franchissant le col et descendant des hauteurs rocheuses vers cette douceur bucolique.

    Au pied du pic, dans une prairie tendre, nous montons la tente pour la nuit. C’estl’heure du bivouac.

    GR69 la routo

    Il y a tout pile trois ans, j’avais vécu avec Marion mon tout premier bivouac, face au Mont Aiguille dans le Vercors. Une expérience magique qui m’a donné à vie la passion des levers et des couchers de soleil au sommet des montagnes, seules face à la beauté immense du monde. Nous avons souvent bivouaqué depuis, dans nos Alpes ou ailleurs parfois. Cette fois, nous avons posé notre tente au pied du pic de Bernardez, dans une prairie où jouaient des dizaines de marmottes curieuses de nous découvrir. Le coucher de soleil sur les Alpes de Haute Provence était grandiose. Encore une fois, l’enchantement a eu lieu, la magie de la montagne a opéré, et on a ressenti toutes les deux ce sentiment d’évidence : on était exactement là où on avait envie d’être. Puissance éternelle des Alpes…

    GR69 la routo
    GR69 la routo
    GR69 la routo
    GR69 la routo
    Le soir sur les Alpes de Haute Provence.

    Au matin, un coucher de lune salue notre réveil à l’aube.

    GR69 la routo

    Puis le lever de soleil se fait radieux et la lumière baigne la montagne.

    la routo GR69
    la routo GR69

    Dans le jour éclatant, nous redescendons vers les lacs et les cabanes estivales des bergers, jusqu’à retrouver la forêt…

    la routo GR69
    la routo GR69
    la routo GR69

    Rencontre avec le berger Jean-Marc Isoard

    Marion et moi reprenons la voiture et montons par une piste complètement défoncée (merci le 4×4 !) jusqu’à la Cabane des Mulets. Dès notre arrivée, la beauté idyllique du lieu nous frappe : au pied de la cabane perdue au beau milieu de la montagne, une rivière claire et fraîche coule des sommets, ruisselle sur les rochers et abreuve des rivages fleuris.

    C’est ici que le berger Jean-Marc Isoard passe chaque été depuis 35 ans, dans la cabane aux volets bleus au bord du torrent, à veiller sur les bêtes.

    Jean-Marc nous frappe par le caractère intact de sa passion de la montagne. Il aime ce métier, cela se sent. Il aime cette vie solitaire et solaire au plus près des sommets, dans le contact permanent des bêtes. Cela fait 35 ans qu’il passe l’été ici, l’automne en Crau, 35 ans qu’il garde les troupeaux et arpente chaque recoin de cette région, et l’émerveillement est toujours aussi fort dans son regard. Il est installé dans cette cabane assez chiche, où l’aménagement semble dater d’un autre temps, qui pourrait presque être celui de Daudet, mais le seul objet ultra high tech qui l’agrémente, c’est une lunette ultra puissante avec laquelle il scrute les pentes herbeuses. « Dès que j’ai une minute de libre, je cherche les bouquetins. » A la lunette, il nous montre les compagnons cornus de ses troupeaux, les gros bouquetins à l’assaut des pentes raides, les oiseaux, les renards, et toute la faune des cimes.

    Le loup ? Lui qui garde des troupeaux de bovins n’en souffre pas tant. Ce sont les éleveurs ovins qui sont en première ligne, d’autant que les loups sont particulièrement abondants dans les Alpes du Sud, tout près de l’Italie d’où ils sont revenus dans nos contrées.
    Mais Jean-Marc nous raconte les tensions que provoquent les patous, les chiens de protection des troupeaux. « Les gens ne connaissent pas toujours les chiens, et ils ont de mauvaises réactions. Le chien fait son travail, il protège le troupeau, il aboie et vous dissuade d’approcher. Mais au lieu de s’éloigner et de contourner le troupeau, certaines personnes vont frapper le chien avec un bâton, ou utiliser une bombe au poivre… Le chien devient fou. On se retrouve avec des morsures et des procès ». Je sais qu’il a raison : les affaires de touristes mordus par des patous font régulièrement les gros titres, et sont un problème épineux à l’heure du retour du loup, où il est si difficile de concilier protection des troupeaux et usage touristique de la montagne par les randonneurs ! L’occasion de rappeler des règles de bonne conduite fondamentales en présence de troupeaux : pour éviter tout ennui, il nous faut tenir nos chiens en laisse, contourner les troupeaux de loin et respecter les manœuvres d’intimidation d’un patou qui aboie en n’allant pas plus loin…

    Pour concilier troupeaux et touristes, randonneurs et bergers, des règles élémentaires à adopter face aux chiens de protection : contourner le troupeau, descendre de son vélo, réagir avec calme et mesure, ne pas provoquer le chien, tenir le sien en laisse…

    S’il est intemporel, le métier de berger est plus que jamais d’actualité : alors que les grands prédateurs (loups dans les Alpes et ours dans les Pyrénées) reviennent dans nos montagnes, il nous faut des bergers attentifs et présents, à même de protéger les troupeaux jours et nuit des dangers… et des éleveurs qui puissent les rémunérer correctement. Jean-Marc nous raconte travailler depuis des décennies avec les mêmes éleveurs, et être satisfait de ses conditions de rémunération et de vie, malgré l’aménagement un peu rock’n’roll de cette cabane surannée. On sent chez lui une âme éprise de grands espaces et de liberté, que peu de confort satisfait. La beauté inouïe du cadre compense le caractère frugal de la cabane. Il nous montre les lits qu’il a aménagés pour les jours où ses enfants et petits-enfants lui rendent visite dans sa montagne magique, les bricolages ingénieux et les souvenirs amassés. C’est la magie des Alpes : leur splendeur et leur intemporalité vous dédommagent des désagréments du froid, de la frugalité et du combat permanent avec les éléments. Au cœur de l’été dans les Alpes de Haute Provence, quand le soleil du midi frappe les pentes colorées, on en oublierait presque la dureté du métier de berger et on se surprend à rêver de rester à ses côtés pour voir le soleil se lever sur les sommets…

    Nous revenons de notre incursion sur la Routo comme d’un long voyage à travers le temps, fatiguées et émerveillées, heureuses de cette expérience empreinte d’une profonde authenticité. Et vous ? Prendrez vous le chemin des transhumances sur le GR69 ?

    Merci aux Alpes de Haute Provence et à tous les organismes partenaires du projet pour ce beau reportage fort en émotions.

  • Premiers pas en alpinisme, avec la compagnie des guides de Chamonix

    La compagnie des guides de Chamonix ? C’est la plus ancienne, la plus prestigieuse, la plus mythique des compagnies de guides de haute montagne au monde. Les plus grands alpinistes français, les Frison-Roche, Terray ou Rebuffat furent tous membres de ce véritable corps d’élite de la haute montagne, dont le niveau d’exigence ne permet que la véritable excellence. En 2021, Chamonix fête les 200 ans de la création de la compagnie avec une série d’évènements prestigieux, notamment une grande traversée de la Vallée blanche par deux-cent alpinistes simultanément. A cette occasion, je suis partie en septembre dernier à la rencontre d’un des guides de la Compagnie, le brillant et talentueux Tristan Knoertzer, qui m’a raconté l’histoire de cette compagnie hors normes.

    Tristan Knoertzer, membre de la compagnie des guides de Chamonix
    Tristan Knoertzer, membre de la compagnie des guides de Chamonix

    Grâce à lui, j’ai pu découvrir la haute montagne dans la Vallée Blanche, entre 3400 et 3800 mètres d’altitude dans cette sublime vallée glaciaire qui relie l’Aiguille du Midi (Chamonix) à la Pointe Helbronner (Courmayeur). Ces deux jours resteront gravés dans ma mémoire à tout jamais. Voici le récit d’une tentative d’approche d’un autre monde, éternellement blanc et abrupt, à la fois profondément inhospitalier et radicalement magique : la haute montagne, le pays enneigé où on ne s’aventure qu’avec cordes, crampons, et piolets…

    Première expérience d'alpinisme, avec la compagnie des guides de Chamonix
    Au coeur de la vallée Blanche, sur le glacier.

    Récit d'une première fois en alpinisme dans la vallée blanche à Chamonix, pour les deux cent ans de la compagnie des guides de Chamonix
    Mon guide Tristan Knoertzer, membre de la compagnie des guides de Chamonix qui fête ses 200 ans en 2021
    Récit d'une première fois en alpinisme dans la vallée blanche à Chamonix, pour les deux cent ans de la compagnie des guides de Chamonix
    La traversée de la vallée blanche, qui s’étend à près de 4000m entre Chamonix et Courmayeur
    Récit d'une première fois en alpinisme dans la vallée blanche à Chamonix, pour les deux cent ans de la compagnie des guides de Chamonix
    L’ascension des pointes Lachenal au lever du jour, une magnifique initiation à l’alpinisme

    Pourquoi l’alpinisme ?

    Pourquoi aller en haute montagne ? Pourquoi aller dans ce pays perpétuellement couvert de neige, où les crevasses se dissimulent sous la couche blanche, où le mercure ne remonte jamais très haut, où souffle l’haleine des gouffres et des cimes gelées, où les hommes restent perpétuellement intrus, tout juste tolérés, à la merci d’une chute de sérac, d’une avalanche ou du sol qui se dérobe sous leurs pieds ?

    Première expérience d'alpinisme avec la compagnie des guides de Chamonix
    Haute montagne, pays des glaciers, des avalanches, des vertiges et de la magie


    Comme nombre d’amoureux des montagnes, j’ai été bercée par la lecture des alpinistes français iconiques, ceux de l’âge d’or des grandes explorations, des faces Nord et des premiers 8000. Et tous sont confrontés à la même interrogation existentielle : « Pourquoi allez-vous donc là-haut ? », demande-t-on à Lionel Terray dans Les conquérants de l’inutile, peut-être le plus beau livre d’alpiniste à mes yeux. « Vous ne comprendriez pas », répond Gaston Rebuffat dans Etoiles et tempêtes, sublime récit de ses ascensions des six grandes faces nord des Alpes. Le professeur de philosophie Patrick Dupouey a récemment sorti chez Guérin (la maison d’édition chamoniarde aux petits livres rouges) un bouquin là-dessus, qui demande tout simplement : Pourquoi grimper sur les montagnes ? Royaume du vertige et du danger, la haute montagne traîne toujours avec elle sa longue nimbe de périls mortels. Peut-être faut-il répondre comme le faisait George Mallory, mort sur l’Everest en 1924, quand on lui demandait pourquoi il tenait tant à gravir le plus haut sommet de la planète : because it’s there, parce qu’il est là.

    Première expérience d'alpinisme avec la compagnie des guides de Chamonix
    Collection de livres Guérin, maison d’édition chamoniarde mythique parmi les alpinistes et les amoureux des montagnes, au refuge des Cosmiques.


    Si on devait résumer l’alpinisme en trois mots, il faudrait peut-être tout simplement dire : « aller là-haut ». Mon guide Tristan Knoertzer, membre de la compagnie des guides de Chamonix, l’exprime avec éloquence : l’alpinisme n’est pas un sport à proprement parler. Il n’est pas question de performance, de record, d’épreuve codifiée. L’alpinisme est une pratique. Une continuation de la randonnée par tous les moyens possibles, avec un seul but, aller là-haut. Comme l’écrit Rébuffat : « Les montagnes ne vivent que de l’amour des hommes. La technique doit servir un enthousiasme, sinon elle réduit le monde de l’altitude aux proportions d’un gymnase. Or, la marche est longue qui conduit aux sommets ! »

    Et pour cela, on va s’encorder, on va se munir de crampons, de piolets, de matériel d’escalade, mettre en œuvre toutes sortes de techniques pour marcher sur les glaciers, escalader les cascades de glace ou les faces rocheuses, marcher en arête, tout cela avec un seul but, atteindre le sommet, ou bien, atteindre le sommet par un chemin nouveau, une voie plus originale. C’est tracer des chemins à la verticale dans la montagne.

    Première expérience d'alpinisme avec la compagnie des guides de Chamonix
    Tristan au coeur des glaciers de la Vallée Blanche

    Chamonix, la mère des alpinistes

    Impossible de parler d’alpinisme sans dire le beau nom de Chamonix. C’est ici que tout commence, en 1786, quand un cristallier débrouillard et acharné trouve enfin le saint Graal, le chemin qui mène au sommet du Mont Blanc. Pour la première fois, un être humain se tient sur le toit de l’Europe, à 4810m d’altitude, et en redescend vivant : Balmat et Paccard réussissent la toute première ascension le 8 août 1786. J’avais déjà évoqué dans un autre article l’aura incroyable, mythique de Chamonix.
    La Maison de la Montagne, qui abrite celle des guides, le cimetière du Biollay, où reposent tant d’alpinistes qui me fascinent, la statue de Balmat et Paccard en cœur de ville, le doigt pointé vers le Mont Blanc, la librairie Guérin, les musées, tout à Chamonix respire la verticalité, l’aspiration aux sommets. Pour qui aime les Alpes, Chamonix est la Mecque, l’incontournable absolu. Aujourd’hui encore, tout Français qui souhaite devenir guide de haute montagne, moniteur de ski ou secouriste en montagne doit nécessairement passer par l’ENSA, Ecole Nationale de Ski et d’Alpinisme, implantée à Chamonix depuis 1946. La compagnie des guides ne pouvait naître qu’ici, c’était une évidence.


    J’aime toutes les Alpes, vous le savez. Mais la vallée de Chamonix, celle dont Victor Hugo disait qu’elle était un « temple », avec les langues glaciaires qui l’environnent de toutes parts comme autant de colonnes marmoréennes, ses immenses pentes abruptes caracolant jusqu’au merveilleux Mont Blanc, l’atmosphère de cette ville qui est comme un immense cœur battant à l’unisson de la montagne, qui frémit quand chutent les séracs et quand se craquèlent les glaciers, est incomparable entre toutes. Je souhaite à tout amoureux de la montagne de venir une fois à Chamonix.

    Pourquoi la compagnie des guides ?

    Revenons en 1786. Balmat gravit le Mont Blanc, et la ruée vers l’or blanc s’empare des élites européennes. Artistes, aristocrates, rêveurs fortunés, belles dames en crinoline, tous veulent fouler la mer de glace, arpenter « les glaciaires de Chamounix ». A l’hôtel du Montenvers, vous avez des images incroyables de cette époque délirante, où on voit des ladies anglaises avec leur ombrelle et leurs belles robes marcher entre les crevasses des glaciers. Les jeunes gens de la vallée de Chamonix s’improvisent guides et proposent d’emmener les touristes marcher au cœur de la haute montagne. Je vous avais parlé de cette époque incroyable dans cet autre article, sur l’histoire, les mythes et l’aura de Chamonix.

    Que faire à Chamonix ? Les plus belles randonnées à Chamonix, la randonnée de la Jonction, une nuit au Montenvers, un vol en parapente à Chamonix...
    Dames sur le glacier avec leurs guides chamoniards, photo ancienne vue au grand hôtel du Montenvers

    Cela manque souvent mal tourner – notre trésor national, Victor Hugo, a failli finir dans la bouche béante de la mer de glace avec un jeune homme inexpérimenté qui s’était autoproclamé guide. Et parfois, cela tourne très, très mal. A l’été 1820 se met en branle la caravane Hamel, qui souhaite atteindre le sommet du Mont Blanc avec un incroyable bardas de matériel scientifique et incongruités diverses. Ils sont une douzaine, clients et guides. Malgré les avertissements des jeunes guides chamoniards, qui sentent bien que la couche de neige est instable et qu’il ne faut pas y aller, Hamel presse à poursuivre. L’avalanche se déclenche et emporte toute la caravane. Trois guides ne se relèveront jamais du piège blanc : Pierre Carrier, Pierre Balmat et Auguste Tairraz, qui reposent au cimetière du Biollay. Ce sont les premiers morts du Mont Blanc.


    L’accident de la caravane Hamel est décisif. Il est désormais temps de mieux encadrer les ascensions en montagne. C’est en 1821 qu’est créée la Compagnie des Guides de Chamonix, officiellement reconnue par le roi de Sardaigne, sous l’autorité duquel se tenait alors la Savoie. L’une des premières fonctions de la Compagnie est d’asseoir l’autorité du guide en lui conférant un vrai statut. Une règle d’or s’impose alors, qui prévaut encore aujourd’hui et qui stipule qu’en cas de difficulté, de risque, de danger, la décision du guide l’emporte sur celle de son client. Si le guide annonce qu’il faut renoncer, la cordée fait demi-tour. Avec la fondation de la compagnie sont créés le Tour de rôle, qui permet de donner à chaque guide du travail en répartissant les courses de façon équitable, et la Caisse de secours, qui indemnise les familles des guides morts en montagne. Deux-cent ans plus tard, ces deux institutions existent toujours.

    Compagnie des guides de Chamonix

    Le guide, un homme ou une femme d’exception

    Je le dis en toute objectivité, sans lyrisme romantique : les qualités physiques, techniques et surtout mentales exigées par la compagnie des guides de Chamonix sont portées à un tel niveau que le guide n’a d’autre choix que d’être un homme (ou une femme) d’exception.

    Petite parenthèse au sujet de la parité homme/femme. Si le 19e siècle connaît déjà des femmes alpinistes exceptionnelles, comme Henriette d’Angeville ou Isabella Straton dont je vous racontais l’histoire ici, il a fallu attendre ma naissance ou presque pour voir des femmes guides. Pendant très longtemps, les guides ont été exclusivement masculins, par traditionalisme mais pas seulement : le matériel d’autrefois exigeait énormément de force physique afin de pouvoir assurer la sécurité de la cordée. Un exemple parmi d’autres, celui des cordes. Lorsqu’un des membres de la cordée dévissait (= chutait), il fallait être en mesure de le retenir, et pendant plus de cent ans, on a utilisé des cordes en chanvre, qui n’avaient aucun rebond, et faisaient peser sur le guide tout le poids du client qui chute. Depuis les années 30 et a fortiori depuis les années 50, les progrès du matériel d’alpinisme ont été constants et incroyablement significatifs. Aujourd’hui, les guides possèdent des cordes qui, par un système de nœuds, de techniques d’assurage, d’outils précis et bien conçus, permettent de réduire considérablement le poids de la personne qui chute et de remonter en sécurité même des personnes plus lourdes que le guide. L’amélioration du matériel a permis de compenser l’infériorité physique des femmes en termes de force pure, et leur a ouvert le métier. La première guide rejoint la compagnie en 1985, et s’appelle Sylviane Tavernier. Je n’ai pas le plaisir de la connaître, mais j’ai lu beaucoup de choses sur elle, et je la trouve extraordinaire – elle a d’ailleurs été décorée de la légion d’honneur. Aujourd’hui, je suis avec bonheur les travaux de l’association Pas que des collants, qui promeut les femmes alpinistes et œuvre pour la féminisation des métiers de montagne.

    Devenir guide ou les 12 travaux d’Hercule

    Le « carnet de courses » que doit remplir l’aspirant guide avant de pouvoir ne serait-ce que rejoindre l’école des guides est impressionnant, et montre bien à quel point la compagnie recherche des personnalités d’exception, au mental d’acier, à l’endurance hors normes et à la technique parfaite. Avant de pouvoir se présenter à l’examen, le guide doit avoir réalisé un certain nombre de courses (ascensions de sommets, escalades en rocher, traversées d’arêtes, descentes à ski, etc) exigeantes et difficiles, répondant à des critères très précis, et accompagné d’un partenaire qui ne soit pas un guide. Il pourra ensuite se présenter à l’examen. Chaque année, environ deux-cent personnes postulent, et participeront à des épreuves hivernales et estivales, de ski, d’escalade en chaussons, d’escalade en chaussures d’alpinisme, de cascade de glace, de course d’orientation. A l’issue de la sélection, environ quarante personnes seront gardées, et intègreront l’ENSA. Environ trente personnes seront diplômées chaque année, au terme d’une formation longue et ardue qui compte parmi les plus exigeantes au monde.

    Session d’escalade entre aspirants guides à l’ENSA


    Le guide est quelqu’un qui connaît la montagne par cœur, qui sait la « lire », voir les dangers, les zones plus crevassées sur les glaciers, les pentes où l’avalanche risque de déclencher, les séracs qui menacent de se détacher. Le guide sait évoluer sur tout terrain, sur glace, sur rocher, en arête, dans les pentes raides. Comme l’écrit Rébuffat, « L’alpiniste doit avoir des muscles forts, des doigts d’acier, une technique parfaite, toutefois ce ne sont là que des outils. D’abord, il aime la vie, et l’air à 4000 a une saveur particulière, mais il faut le gagner. »
    Il anticipe, garde son sang-froid, sait réagir à toutes les situations de danger, les dangers objectifs de la montagne, les dangers liés à une météo qui tourne mal, mais aussi, et ce ne sont pas les moindres, les dangers causés par le facteur humain.

    Mon guide, Tristan Knoertzer

    Le guide et son client

    Quand on s’embarque avec un client en montagne, un partenaire de cordée dont on ne connaît pas forcément bien le niveau et les capacités, cela comporte toujours un certain risque. Terray comme Rébuffat racontent tous les deux avoir paradoxalement vécu des situations de péril bien plus graves sur des courses de difficulté moyenne, avec un client qui soudain perd la tête, panique, fait quelque chose de profondément irrationnel et dangereux et manque précipiter son guide avec lui, que sur des courses autrement plus engagées (des faces Nord alpines, des ascensions dans l’Himalaya ou en Patagonie), mais avec des partenaires de cordée fiables. Un bon guide n’est pas qu’un bon montagnard, c’est aussi un fin psychologue, capable de sentir jusqu’où son client peut aller, le rassurer, l’encourager, mais aussi parfois, le faire renoncer. Tristan le souligne : le guide a une obligation de moyen, pas de résultat. Il s’engage à faire de son mieux pour amener son client au sommet, mais pas à le faire à n’importe quel prix. Lors de la course, le guide est souverain. Si la météo tourne, si les conditions se dégradent, si le client n’est pas au niveau, le guide a non seulement le droit, mais aussi le devoir de dire stop. Cette justesse dans le jugement et l’analyse des situations fait aussi partie des qualités exigées de lui.
    Mais le duo formé par le guide et son client, ce sont aussi de très belles histoires. Lors du premier contact avec la compagnie des guides, le client ne choisira pas son guide en direct : il lui sera attribué par le tour de rôle de la compagnie, qui permet à chacun d’avoir du travail. Un pourcentage du prix de la course, qui est fixé au préalable par un barème établi par la compagnie, revient à la compagnie. Mais si le client « accroche » avec son guide, et souhaite repartir avec lui, le guide a ensuite le droit de garder son client sans repasser par le tour de rôle. Les guides ont de belles histoires de clients fidèles à raconter, parfois des alpinistes de bon niveau et enthousiastes, avec qui ils pourront faire de très belles courses, ou parfois aussi des gens avec qui des amitiés profondes se nouent. Voir au terme d’une ascension harassante le soleil se lever à 4000m, ce sont des souvenirs qui lient les hommes… Une cordée est solidaire : en cas de catastrophe sur la glace, le guide peut retenir le client, mais le client peut aussi retenir le guide. Il faut au guide cette confiance fondamentale en cet inconnu qui a choisi de partir en montagne avec lui. L’alpinisme, c’est l’aventure humaine essentielle, la solidarité nécessaire, vitale, face à des périls plus grands que nous.

    Moi, heureuse et reconnaissante après ma toute première ascension

    Premiers pas en haute montagne

    L’alpinisme. Cela fait des années que j’en rêve. J’ai lu et relu avec fascination Lionel Terray, qui écrit dans les premières pages de ses Conquérants de l’inutile :

    « Ce que je désirais de toute mon âme, c’était pénétrer dans le cœur de ces merveilleuses montagnes et en escalader les sommets. »

     « J’entrevis toutes les possibilités qu’offrait de monde de roc et de glace où il n’y a rien d’autre à cueillir que des fatigues et des dangers ; je sentais tout le prix qu’auraient pour moi ces fruits inutiles, qui ne se cueillent pas dans la boue mais dans un écrin de beauté et de lumière. »

    Première fois en alpinisme avec la compagnie des guides de Chamonix
    Lever de soleil dans la vallée blanche

    Parce que j’aime à la folie les Alpes, que j’ai lu avec passion Frison-Roche, Terray, Rébuffat et les autres, regardé en boucle des films sur les ascensions de l’Everest, parce que je n’aime rien tant que randonner en montagne, je rêve humblement de franchir la limite. La limite ? La frontière entre la montagne… et la haute montagne.

    La montagne est le pays des alpages, des lacs, des sentiers fleuris, le pays des hommes. Elle est amène, riante, douce, on va y randonner l’été, on bivouaque dans les prairies et on pique-nique au bord des lacs bordés de rhododendrons. La haute montagne est le pays des glaces, des rochers, des verticalités terrifiantes et des sommets étincelant de lumière, une contrée où les hommes sont tout juste tolérés, où ils ne seront jamais vraiment chez eux.

    Où se situe cette limite ? Ce n’est pas vraiment une question d’altitude. Au sommet de la Grande Sassière (3747m), vous êtes encore en chaussures de randonnées, sans encordement, mais au sommet des Rouies (3589m), vous avez déjà traversé un glacier et une falaise, et vous avez depuis longtemps chaussé vos crampons, empoigné vos piolets et mis votre baudrier. La haute montagne, c’est ce pays où les hommes ne peuvent plus cheminer sans équipement particulier, où marcher ne suffit plus, où il faudra s’encorder, s’équiper, grimper, s’assurer, etc.

    Nous sommes un matin de septembre 2020. J’ai dormi à Chamonix, au très joli hôtel le Plan B. Dans les jours qui précèdent, j’étais allée randonner au coeur de la réserve des Aiguilles rouges, au Lac Cornu, à 2276m, puis au col d’Anterne, à 2257m, afin de commencer mon acclimatation à l’altitude en passant la barre des 2000m, pour forcer mon corps à fabriquer plus de globules rouges. J’ai passé l’été à randonner, à Chamonix, dans le Vercors, sur le chemin de Saint Jacques, ailleurs. Je me sens prête.

    lac cornu
    Acclimatation, partie 1 : Lac Cornu
    lac d'anterne
    Acclimatation, partie 2 : lac d’Anterne

    Je passe devant la belle église de Chamonix, où les vitraux fabriqués en 1925 arborent des skieurs descendant les pentes, rappelant qu’ici la montagne est presque une divinité à part entière. Je rejoins la Maison de la Montagne, qui abrite la maison des guides, foyer de la compagnie des guides de Chamonix. De grands portraits commémorent les guides illustres qui ont marqué l’histoire de la compagnie. Je suis émue.

    Compagnie des guides de Chamonix
    Sur la façade du bureau des guides, un portrait de Balmat et Paccard, les deux découvreurs du Mont Blanc

    Je retrouve Tristan Knoertzer, mon guide. Il vérifie mon sac, mes chaussures d’alpinisme toutes neuves achetées pour l’occasion à Décathlon Chamonix, et me confie mon matériel : un baudrier, deux vaches, deux broches à glace, des crampons à mettre sur mes chaussures (des sortes de griffes acérées), un piolet, une corde, un bâton. Je porterai cela tout au long de notre course. Mon sac s’alourdit, et je regrette un peu le superflu que j’ai pris avec moi – le poids est l’ennemi de l’alpiniste, me dira Tristan. Mais ce qui compte le plus à cet instant, c’est la joie, la joie qui explose dans mon cœur quand nous franchissons le tunnel et passons côté italien. Ma toute première course commence.

    De la pointe Helbronner au refuge des Cosmiques : la vallée Blanche

    Tristan et moi franchissons le tunnel du Mont Blanc, et passons côté italien. J’ai le cœur qui bat la chamade. Notre objectif du jour : traverser la Vallée Blanche, cette immense vallée glaciaire qui court de la pointe Helbronner (Italie) à l’Aiguille du Midi (France), recouverte de plusieurs centaines de mètres de glace. Pour cela, nous allons emprunter le Skyway Monte Bianco, à Courmayeur, qui s’élance à 3466m jusqu’au sommet de la pointe Helbronner. Dans nos cabines de verre panoramiques, la vue est grandiose. Je vois l’herbe laisser place à la neige et à la glace, le royaume de l’hiver éternel nous happer peu à peu, nous emporter vers ces hauteurs qui me font frémir de fascination et de respect. Je sais que cette fois, nous ne nous contenterons pas de rester sur la plate-forme, comme je l’avais vécu l’été précédent à l’Aiguille du midi lors de notre très beau séjour à Chamonix. Nous allons fouler le sol gelé des cimes. Haute montagne, pour la première fois, je te découvre.

    Nous descendons de la plate-forme et arrivons dans la Vallée Blanche. A 3400m, c’est une gigantesque vallée glaciaire, que remplissent plusieurs glaciers immenses, Glacier du Géant, Glacier du Tacul, Mer de Glace, et que bordent des sommets prestigieux comme le Mont Blanc du Tacul.

    Carte de la vallée Blanche
    Carte de la Vallée Blanche, entre Courmayeur et Chamonix

    Sa traversée, en randonnée glaciaire ou en ski, est un des itinéraires les plus mythiques qui soient, et il reste pourtant profondément dangereux : nous sommes sur un glacier, un géant millénaire et sournois, au dos lézardé de profondes crevasses. Certains trous sont profonds de plusieurs dizaines de mètres, et tous ne sont pas visibles ; des ponts de neige instables peuvent les dérober à nos yeux. Nous sommes en haute montagne, au royaume du danger. Et nous allons nous équiper pour y faire face.

    vallée blanche
    vallée blanche

    Tristan m’explique le matériel à notre disposition. Je chausse les crampons, qui me permettent d’accrocher la glace, comme les griffes d’un tigre sur la surface glissante. J’ai le piolet, qui m’aidera lors des ascensions, et qui, en cas de chute en crevasse, me permettra de planter un ancrage. J’ai les broches et les vaches, qui me permettront de m’assurer en cas de chute en crevasse.

    Et, le plus important, j’ai cette corde, cette corde souple et solide à la fois qui relie mon baudrier à celui de mon guide, et qui est ma ligne de vie pour la traversée des glaces. Tristan me dit quelque chose à quoi je ne m’attendais pas : « moi aussi, je peux tomber en crevasse. Et dans ce cas, ce sera à toi de me sortir. » Je l’avais pourtant lu dans les livres, mais c’est autre chose de se l’entendre dire là-haut, de comprendre soudain que la ligne de vie va dans les deux sens. Le guide assure le client, mais le client assure aussi le guide. Tristan m’explique les nœuds qu’il fait sur la corde pour ralentir la chute éventuelle, comment poser une broche dans la glace pour l’assurer au cas où, je l’écoute gravement, attentivement. Nous sommes désormais une cordée.

    alpinisme

    Nous nous mettons en chemin, direction l’Aiguille du midi. Dans ce sens-là, Courmayeur => Chamonix, la Vallée Blanche est en légère montée, avec un lent dénivelé progressif. L’effort est modéré. Malgré la haute altitude, je me sens bien, en forme, je sens que mon corps est prêt et cela me rassure. Le soleil brille, la visibilité est parfaite, je vois autour de moi s’élever une armée de sommets dont j’ai toujours lu les noms sur les cartes jaillissant des glaces, aujourd’hui face à moi, tout près. Je suis là, sur l’un des plus grands glaciers des Alpes, sur des centaines de mètres de glace, au milieu de l’empire du froid. L’émotion est intense. Tout est blanc, tout est lumineux, tout est vertigineux. C’est beau, c’est tellement beau. Je ne veux plus jamais redescendre.

    Vallée blanche

    Sur une paroi rocheuse, nous croisons des grimpeurs à l’entraînement, qui ont l’air de se régaler sur les magnifiques granits bien durs du massif du Mont Blanc. Tristan me dit que c’est son père sur le rocher, qu’il est formateur à l’ENSA et qu’il entraîne aujourd’hui de jeunes recrues. Je garde mon souffle et ma concentration pour la randonnée glaciaire, mais j’ai hâte d’être au refuge et de poser plein de questions à Tristan sur sa vie, sa famille, son enfance parmi les neiges.

    Première frayeur : les crevasses

    Nous faisons une petite pause, et Tristan m’explique avec une profonde tristesse dans la voix qu’il y a peu de temps, un ami et collègue à lui, un autre guide de la Compagnie, est mort ici, dans la Vallée Blanche, un mois auparavant. Le 7 août 2020, Jean-Louis Le Garrec, un guide de 62 ans, expérimenté, compétent, fiable, traversait le glacier du Géant avec son client lorsqu’un pont de neige d’une ampleur exceptionnelle s’est effondré et l’a emporté avec lui. Le client n’a commis aucune erreur, il a retenu la chute et appelé aussitôt les secours. Mais Jean-Louis était enseveli sous plusieurs mètres de neige, et n’a pas survécu. Même les meilleurs guides restent à la merci de la haute montagne, et malgré toutes les précautions, l’expérience, le bon matériel, le risque reste inhérent à la traversée de ces altitudes inhumaines. Tous les alpinistes le savent, et parfois, hélas, l’accident arrive et l’homme est impuissant face à la montagne. Je repense à ces beaux mots de Lionel Terray :

    « Quelles que soient son adresse et sa force naturelle, le grimpeur qui ne craint pas d’aller chercher des joies plus profondes et plus austères sur les plus grandes murailles des Alpes et les hautes cimes de la Terre, s’expose toujours à des dangers sérieux. Le monde minéral où il pénètre n’est pas fait pour la vie de l’homme, et les forces de la nature semblent se coaliser pour l’en rejeter. Celui qui, en quête d’une beauté et d’une grandeur sublimes, ose s’aventurer en ces lieux doit absolument accepter de courir certains risques. »


    Pour limiter le danger, Tristan ne veut pas passer par l’itinéraire habituel, celui qu’a emprunté Jean-Louis, sur la partie haute du glacier du Géant. Il m’explique : « L’itinéraire semble plus facile, mais en vérité, il est plus insidieux. On ne voit pas les crevasses, elles sont recouvertes de ponts de neige. Je préfère passer plus bas. C’est plus impressionnant, car les crevasses sont visibles, mais moins risqué, car on voit exactement par où on passe. »
    Nous descendons vers les crevasses, et mon cœur se met à battre à mille à l’heure. Voici les entrailles de la bête. Jusqu’alors, nous étions dans la Vallée Blanche. Désormais, nous sommes dans la Vallée Bleue : je vois la glace, je vois les gouffres béants, les fissures, les trous profonds. Jusqu’alors, la neige dérobait à mes yeux l’horreur des glaciers, ce monstre plurimillénaire qui inspire à l’homme une terreur fondamentale que racontait Mary Shelley dans son Frankenstein. J’ai déjà vu les glaciers de Chamonix les yeux dans les yeux, quelques semaines plus tôt à la Jonction. Je sais les mâchoires acérées des glaces, ce chaos terrifiant aux airs de raz de marée figé en plein vol. Nous y sommes. Il va falloir passer.

    Tristan pose des broches, s’assure, saute par-dessus la crevasse, repose la broche de façon à m’assurer. C’est mon tour. Il faut que je saute. Je suis paralysée.
    « Tristan, je ne peux pas, j’ai tellement peur. »
    « Tu peux et tu dois, tu es sur un pont de glace, et s’il se dérobe sous tes pieds, je te garantis que ça te fera plus peur que si tu sautes toi-même. Je t’assure, ne t’inquiète pas. Saute en tenant ton piolet devant toi et plante immédiatement ton piolet dans la glace pour ne pas repartir en arrière. Vas-y. »
    Je suis face à une fissure profonde de plusieurs mètres, et assez large pour ne pouvoir être franchie qu’avec élan – il faut que je recule, que je fasse une ou deux foulées de course et que je saute franchement, en plantant mon piolet pour ne pas être renvoyée dans la crevasse, car un autre mur de glace se dresse à l’arrivée. Je suis terrorisée. J’obéis, parce que je me le suis juré, que je me suis promis avant cette aventure que je ferai une confiance totale à mon guide et que je surmonterai cette peur naturelle, instinctive, que nous inspire le gouffre. Je n’ai pas le choix, nous y sommes, et il faut y aller. Je repense aux séances d’accrobranche en forêt, aux « sauts de Tarzan ». J’essaie de me convaincre que c’est juste un autre saut de Tarzan, version glaces éternelles, que c’est un jeu.
    Je saute avec mon cœur qui hurle dans mes tempes, je plante le piolet de toutes mes forces, Tristan me récupère aussitôt.
    Encore une deuxième épreuve comme ça, une deuxième crevasse à franchir, et nous revenons sur un terrain plus facile.


    Je demanderai plus tard à Tristan :
    « Est-ce que je risquais quelque chose ? Est-ce que j’ai paniqué pour rien ? »
    Il me dira : « Non, tu ne risquais rien, car je t’assurais, que j’avais choisi un bon passage, et que ce n’était pas difficile, tu pouvais le franchir en sautant. Mais non, tu n’as pas paniqué pour rien, c’était impressionnant, et ta peur était normale. »
    Cette confrontation avec les crevasses restera le souvenir le plus intense, le plus vif de mes deux premiers jours en haute montagne. La seule fois où j’ai eu vraiment, profondément peur.

    Revenus là où la neige dissimule la glace

    La nuit au refuge des Cosmiques

    La fin de la randonnée glaciaire se déroule sans autre évènement effrayant. Nous approchons du refuge des Cosmiques. J’adore ce nom ésotérique, qui me donne l’impression d’approcher du portail vers une autre galaxie, et son architecture biscornue et étincelante confirme cette délicieuse étrangeté. En contrebas de l’Aiguille du Midi, le refuge culmine à 3613m (deuxième plus haut refuge français après celui du Goûter, à 3835m) sur son éperon rocheux. Dans les années 1930, il a été bâti pour servir aux travaux d’un physicien étudiant les rayons cosmiques, d’où son nom extraterrestre. Gardé de mai à septembre, il peut accueillir 130 personnes. Le reste de l’année, il est inoccupé et donc fermé, mais Tristan me montre à la montée une petite cabane spartiate et un peu défoncée située en contrebas du refuge, l’abri Simond, baraque de fortune ouverte toute l’année pour les alpinistes qui s’aventureraient ici en hiver.

    Abri Simond
    L’abri Simond, une cabane frugale en contrebas du refuge

    Le refuge des Cosmiques est connu pour se situer au départ de deux itinéraires célèbres : la descente de la Vallée Blanche, bien sûr (l’itinéraire inverse de la randonnée glaciaire que nous avons pratiquée), et la belle et ardue voie des Trois Monts, qui mène au sommet du Mont Blanc via le Mont Blanc du Tacul et le Mont Maudit. Nous parcourons les dernières centaines de mètres avec enthousiasme : j’ai hâte d’y être.

    refuge des cosmiques
    Tristan face au refuge des cosmiques. A droite, l’aiguille du Midi.
    refuge des cosmiques
    Refuge des Cosmiques

    Je connais les refuges « classiques » de la montagne à randonnées, ceux du Vercors, de la Vanoise ou des Fiz, mais c’est ma première fois dans un refuge de haute montagne. Mon imaginaire a créé toute une mythologie romantique autour de ces repaires d’alpinistes nichés au cœur des glaces. Je repense à la description qu’en fait Frison-Roche dans Premier de cordée :

    « Dans la salle commune éclairée par un falot fumeux, trois cordées d’alpinistes mangeaient et buvaient ferme ; on pouvait deviner, à voir leurs cordes toutes mouillées qui gisaient dans un coin de la pièce, à moitié raidies par le gel, qu’ils arrivaient juste d’une longue randonnée glaciaire. La cuisine était une grande pièce carrée, basse de plafond, entièrement boisée. L’aiguille Noire et les Dames-Anglaises s’y encadraient, comme par la fantaisie d’un peintre, et, à cette heure tardive, alors qu’il faisait nuit depuis longtemps dans les vallées, les cimes étaient encore faiblement éclairées à contre-jour par une lueur nacrée flottant sur les crêtes et irisant le feston de leurs corniches. Bien que la pièce fût soigneusement close, un vent coulis filtrait dans la cuisine, refroidissant sournoisement l’intérieur du refuge. Du givre, déjà, étoilait les vitres. Brocherel, le gardien, s’affairait autour du fourneau. A la table commune, quelques guides et porteurs mangeaient en ressassant leurs éternelles histoires de courses. »

    J’ai peur d’être déçue. Je me dis que Premier de cordée a près de quatre-vingt ans, que les choses auront forcément changé, que les refuges sont aujourd’hui moins pittoresques, plus aseptisés, plus banaux. Mais dès que je franchis la porte des Cosmiques, mon cœur bondit de joie. La montagne est décidément cette capsule magique où le temps est suspendu. Je constate avec enchantement que rien n’a changé. J’ai l’impression d’avoir plongé dans le roman. C’est un refuge de haute montagne tel que je l’ai rêvé.

    refuge des cosmiques chamonix

    Sur le porche flottent des drapeaux de prière, déchiquetés par le vent des cimes, comme dans ces camps de base himalayens. A l’entrée sèche tout le matériel d’alpinisme : on se déchausse et enfile des chaussons, on suspend nos crampons, nos piolets, nos blousons. Et à l’intérieur, c’est douillet, cossu, délicieusement alpin, tout de bois sculpté et de chaleur des fourneaux. Les gardiens passent la saison ici, et cuisinent dîner et petit-déjeuner pour les alpinistes. Nous mangerons ensemble, des plats chauds, roboratifs, montagnards, en voyant le jour tomber sur le Mont Blanc du Tacul par les grandes fenêtres. Il y a des guides et des clients, français, autrichiens, allemands, anglais, venus pour le Mont Blanc ou pour d’autres sommets. Les guides échangent entre eux, évoquent leurs itinéraires, débattent de l’évolution du métier, du changement climatique, de la ruée touristique vers le Mont Blanc (je vous en parle plus loin). Le refuge est géré par la Compagnie des guides : j’apprends qu’ils possèdent nombre de refuges dans le massif du Mont Blanc et ailleurs. Nous sommes réellement chez eux, et cela me plaît énormément.

    Au refuge, on trouve lavabos et WC, mais pas de douche, on fait des toilettes de chat au lavabo. Après le repas, nous irons nous coucher, tôt, dans des dortoirs où nous sommes installés sur des couchettes superposées. Des couettes sont fournies, je n’ai pas eu à porter de sac de couchage, seulement un drap de sac qui m’enveloppe pour des raisons hygiéniques, mais aussi de température : mon super drap de sac Sea to summit très chaud apporte quelques degrés supplémentaires bienvenus, car la nuit en refuge, l’haleine des 4000 transpire par les vitres et les boiseries et il fait froid. Pendant la nuit, j’entends les réveils des alpinistes qui sonnent toutes les heures au rythme des départs, 2 ou 3h pour ceux qui partent pour les Trois-Monts, 4h… Je me rendors à chaque fois facilement. Je suis étonnée de si bien dormir. On m’avait dit que pour ma première nuit en haute montagne, à dormir à plus de 3500m d’altitude, j’aurais sans doute des maux de tête. Mais je vais bien, étonnamment bien. En mon for intérieur, je remercie mon corps qui me laisse vivre cette expérience sans broncher, sans protester de ce manque d’oxygène inattendu, et je savoure cette nuit suspendue dans le nid d’aigle des cosmiques. A 4h30, c’est le tour de notre réveil de sonner. C’est parti.

    Le guide Tristan Knoertzer, un portrait

    Je profite du repas au refuge pour demander à mon guide, Tristan, de me parler de lui. Natif de Chamonix, guide membre de la plus prestigieuse des compagnies, alpiniste évoluant en haute montagne avec une aisance et une grâce qui laissent croire que les glaces sont réellement son domaine, Tristan incarne à mes yeux le mythe ultime du guide. Blond, beau et solaire, il raconte la montagne avec une justesse et une humilité qui me frappent, et lit les récits d’autres grands alpinistes dans le dortoir du refuge avant de s’endormir. Tristan a mon âge, mais il me donne l’impression d’avoir déjà vécu tant d’aventures, d’expéditions extraordinaires et d’exploits dont je n’oserais pas même rêver, que cette information me semble totalement décalée.

    tristan knoertzer


    Le père de Tristan, Jean-Sébastien Knoertzer, est guide lui aussi, membre d’une autre compagnie, accompagnateur de voyages d’aventure et aujourd’hui enseignant à la prestigieuse Ecole Nationale du Ski et de l’Alpinisme. Non chamoniard d’origine, il s’établit dans cette vallée qui aimante les amoureux des cimes, et y rencontre son épouse, l’assistante d’un photographe de montagne. Tristan naît dans un milieu baigné par la passion des sommets et son père commence très tôt à l’emmener avec lui en montagne. Dès l’adolescence, il part en expédition avec des amis, improvise à 17 ans avec des copains une aventure un peu à l’arrache et sans le sou en autonomie dans l’Himalaya. Parce qu’il a le goût de l’exploration et que c’est un skieur exceptionnel, des connaissances lui demandent de les accompagner au Japon, pour une virée en ski freeride sur les pentes des volcans. C’est sa première expérience en tant que guide. Autour de l’âge de dix-huit ans, il fait son choix. « Ado, j’en voulais tellement que je pensais ne pas avoir la patience de partir avec des alpinistes débutants. Puis j’ai réalisé que je prenais autant de plaisir à accompagner des amis novices en haute montagne et leur faire découvrir ce milieu. C’est là que j’ai décidé de devenir guide. » Je ressens en permanence, tout au long des deux jours que nous passons ensemble, son attachement profond au métier de guide, son respect pour cette profession hors normes. Depuis 2016, il est titulaire – membre à vie – de la compagnie des guides de Chamonix, mais pas seulement. Parce que la montagne et son monde sont en pleine mutation, parce qu’il avait besoin et envie de ne pas faire reposer sa carrière entière sur les pentes fragiles des glaciers, Tristan est aussi diplômé de l’école de management de Grenoble, et chef de projets. C’est notamment lui qui chapeaute pour la Compagnie l’ensemble des festivités du bicentenaire, de la grande cordée à la réalisation d’un film. Mais malgré ce côté très ancré, très raisonnable de l’homme aux multiples talents et casquettes, je vois son œil qui pétille lorsqu’on évoque certains itinéraires encore peu explorés, certains sommets mythiques, dans les Alpes, l’Himalaya ou ailleurs. Il y a chez Tristan cette soif d’inouï qui me rend très curieuse de ses explorations futures.

    tristan knoertzer

    Première ascension, premier lever de soleil

    Mais commençons par celle-ci, infiniment plus modeste que les grandes épopées auxquelles Tristan est appelé : ma toute première ascension, mon tout premier lever de soleil en haute montagne.
    Notre réveil sonne à 4h30. Le petit déjeuner est sur la table du refuge, je me force un peu à manger, puis il est temps de s’équiper et de plonger dans la nuit. L’aube est esquissée au loin et la nuit est si claire. Par cette nuit sans nuages, la neige décuple toutes les lueurs des étoiles, et je crois que nous y verrions clair même sans nos frontales qui tracent un arc de cercle lumineux devant nous. Je suis marquée par la profondeur du silence, par la puissance de l’immobilité – j’ai l’impression de toucher à une nuit éternelle, immémoriale, dont l’envergure est celle de l’univers tout entier.

    Cheminer dans l’aube vers les pointes Lachenal

    Nous cheminons sur la glace vers les pointes Lachenal, petits sommets rocheux en contrebas du Mont Blanc du Tacul nommées ainsi en hommage à Louis Lachenal, guide de la Compagnie, ami très proche de Lionel Terray, compagnon de cordée de Maurice Herzog sur l’Annapurna où il perdit plusieurs doigts, sa virtuosité d’alpiniste et sa joie de vivre. Lachenal est mort tragiquement, à skis au pied de ces pointes granitiques, englouti lui aussi par une crevasse de la Vallée Blanche.
    Nous arrivons au pied des pointes Lachenal, et j’ai la sensation que commence ici ma toute première ascension d’alpiniste : nous allons nous frayer un chemin vertical sur le rocher, escalader ce granit à moitié couvert de neige et de glace pour atteindre le sommet au lever du jour. Nous sommes en terrain d’aventure, c’est-à-dire, sur un rocher non équipé, à l’exception d’un relais à mi-hauteur : pas de voie d’escalade ici. Tristan me montre les coinceurs qu’il va poser dans les fissures du rocher pour sécuriser notre ascension et nous assurer, et que je récupèrerai au fur et à mesure en passant derrière lui.

    Je me suis mise à l’escalade avec l’aide de mon amie Marion, mais je n’ai jamais grimpé avec un sac de douze kilos dans le dos, et encore une fois, je me dis que j’ai trop pris, trop de choses, trop de poids, et que cela me servira de leçon pour une prochaine course. L’escalade n’est pas très difficile, et mes chaussures d’alpinisme me surprennent agréablement par leur qualité d’accroche, mais je suis alourdie par le sac et je peine un peu dans certains passages, me sentant un peu maladroite et engoncée. Mais avec les bons conseils de Tristan, je franchis, je continue, le sommet se rapproche.

    Le jour monte – soudain le soleil inonde la vallée blanche, enflamme l’Aiguille du Midi, allume au loin la vague blanche du Cervin prêt à déferler sur mon imaginaire, et je reste là suspendue à la paroi, hypnotisée, émerveillée. C’est le plus beau lever de soleil de ma vie, multiplié à l’infini par cette galerie des glaces cosmique à près de 4000m d’altitude, décuplé par tant de blancheur, et j’ai l’impression que rien n’a jamais été aussi rose, aussi rouge, puis enfin aussi or, que le ciel de ce matin-là.

    Nous arrivons au sommet des pointes Lachenal et il n’y a que de la joie dans mon cœur, et une infinie fascination. Jamais ensorcellement n’a été plus heureux.

    Deux dernières épreuves

    Tristan m’a réservé deux dernières épreuves pour conclure cette belle initiation. L’une est psychologique, l’autre est physique. Puisque les conditions ne sont pas propices à une traversée de l’arête des Cosmiques, qui nous aurait fait remonter directement à l’Aiguille du midi, Tristan me propose de remonter d’abord au refuge des Cosmiques par une petite arête en contrebas, l’arête à Laurence (du nom d’une ancienne gardienne du refuge), puis à l’Aiguille du midi par une dernière traversée glaciaire sur la vallée Blanche.
    L’arête à Laurence est une traversée d’arête techniquement facile, mais avec certains passages un petit peu impressionnants : il y a « du gaz », une sensation de hauteur et de vertige. Je suis heureuse de me confronter à cette petite difficulté psychique, de vérifier que le vertige ne vient pas me hanter et me paralyser. Je retiens un petit peu mon souffle lors de certains passages, mais sans peur excessive, sans panique, et cela me rassure profondément : certaines courses dont je rêve, techniquement peu difficiles mais quelque peu impressionnantes, deviennent accessibles, et je me surprends à rêver.


    Je regrette un petit peu de ne pas continuer par l’arête des Cosmiques, qui me fascinait, mais si j’ai bien appris une chose de mes lectures et discussions avec Tristan, c’est à m’en remettre à la décision de mon guide, et puisque Tristan dit que les conditions ne sont pas propices, nous passerons par un autre itinéraire. Au lieu de continuer notre course vers l’aiguille du Midi sur les rochers, nous redescendons dans la vallée Blanche, et allons prendre la côte glacée qui mène vers la plate-forme.
    Et c’est alors que commence la plus grande épreuve physique de ces deux jours. Jusqu’ici, mon corps a vaillamment tenu le coup, il ne m’a pas punie de l’emmener aussi haut pour la première fois, de dormir à 3600m, de lui faire respirer un oxygène raréfié. Voici le moment du retour de bâton. Il paraît qu’à cette altitude, nos capacités physiques sont réduites de 30%. Je ne l’ai pas ressenti jusqu’alors. Mais à ce moment-là, je me prends le mur de plein fouet. La montée vers l’aiguille du midi depuis le refuge, c’est un dénivelé en soi modeste (environ 250 ou 300m), mais brutal car concentré en une seule grande pente glacée. Tout le monde parle de la descente de l’aiguille du Midi, un peu effrayante car vertigineuse – je vous laisse imaginer la remontée, avec cette côte tellement raide d’un seul coup. Est-ce la fatigue accumulée (nous sommes au midi du deuxième jour, nous sommes en altitude depuis la veille au matin), le poids du sac, le lever à 4h30, la soudaineté de l’effort ? Je me sens soudain épuisée et asphyxiée et cela me paraît tellement difficile. Tristan prend les choses en main en m’imposant un rythme, avec des pauses de dix secondes à intervalles réguliers, puis l’obligation de redémarrer en suivant son pas. Me caler sur lui et obéir à ses instructions est reposant et me permet de surmonter le gros coup de pompe.

    Sur l’arête menant à l’Aiguille

    Je suis presque surprise quand nous arrivons sur la terrasse de l’Aiguille : c’est fini, c’est fait. Ma première course s’achève ici. Au soulagement physique succède très vite, déjà, une pointe de nostalgie. Cette parenthèse merveilleuse est terminée. Il faut redescendre vers Chamonix, quitter cette bulle de splendeur intemporelle et revenir à la marche du monde ordinaire. Dans la benne qui nous redescend dans la vallée, j’assimile à grand peine toutes ces émotions. Nous buvons un dernier café à côté de la maison de la montagne, je salue et remercie chaleureusement Tristan. C’est fini, et je n’oublierai jamais.

    Le guide aujourd’hui et demain

    Au refuge des Cosmiques, les guides discutent entre eux.

    Ils parlent du changement climatique. Les étés toujours plus chauds fragilisent la montagne en faisant fondre le permafrost, cette glace éternelle qui scellait la roche dans une gangue gelée. Mis à nus, les rochers sont fragilisés. Outre le spectaculaire effondrement d’un pilier des Drus, au-dessus de la mer de glace, de nombreux éboulements ont lieu dans le massif du Mont Blanc. Les chutes de pierre sont toujours plus fréquentes. Certains guides sont très pessimistes.

    Montenvers hôtel mer de glace
    En 2005, une part importante du Petit Dru s’est effondré, emportant la voie ouverte par Walter Bonatti. D’autres effondrements de moindre ampleur ont eu lieu en 2011 et 2020.

    Bien que totalement conscient du changement climatique dont la haute montagne est le premier témoin, Tristan croit à notre faculté d’adaptation. Outre les vrais efforts environnementaux entrepris par la vallée de Chamonix, la prise de conscience écologique étant forte dans le milieu de la montagne, il me raconte que les aléas climatiques, les chutes de roches, de glace, ont toujours été le lot de l’alpiniste et que c’est justement le rôle du guide de savoir lire la montagne, de conduire les clients dans des itinéraires sûrs et adaptés aux conditions. Si quelques voies ont été dégradées par les effondrements, des centaines, des milliers d’autres restent ouvertes, et de nouvelles continuent de s’ouvrir.

    Il me montre les outils du guide du XXIe siècle, ultra connecté – outre les GPS, cartes IGN en ligne, etc, le groupe Whatsapp de la compagnie des guides, dans lequel chacun détaille factuellement et avec neutralité les conditions rencontrées lors de ses courses. Lui qui connaît le massif du Mont Blanc par cœur s’adapte sans cesse. Pour preuve, la course initialement envisagée avec moi n’était pas celle-ci – nous devions partir sur le glacier du Tour, mais Tristan a changé d’itinéraire en raison des mauvaises conditions sur celui-ci. Le fabuleux terrain de jeu qu’est la haute montagne ne ferme pas ses portes, mais la prudence est de mise, de plus en plus. Et pour le guide, qui est bien plus souvent là-haut que son client, le danger grandit nécessairement. Les guides parlent bien sûr aussi tous de l’avenir de leur métier. D’ailleurs, Tristan, qui a fait une école de management et jongle entre son activité de guide et ses activités de chef de projets, incarne bien une évolution du métier : plutôt que de partir coûte que coûte en montagne, quitte à prendre des risques quand les conditions sont mauvaises, on s’adapte, se forme, varie ses activités. On vit la montagne de diverses matières, on multiplie ses compétences et expériences de vie. La pluriactivité est traditionnelle dans les Alpes – guide du 21e siècle, Tristan la décline à sa manière.

    Comme toujours en alpinisme, le danger ne vient pas seulement des montagnes, mais aussi des comportements humains – le grand sujet du moment est bien sûr le Mont Blanc. Sommet mythique s’il en est, le toit de l’Europe attire aussi toute une foule d’aspirants alpinistes mal préparés. Tous les guides le répètent : monter à 4800 mètres, sur le plus haut sommet de notre continent, n’est pas anodin, ni physiquement ni techniquement, et ne s’improvise pas. La multiplication des accidents et des secours, la constatation de comportements aberrants au Mont Blanc, ont conduit à un durcissement de la règlementation : depuis 2019, l’accès aux trois voies classiques n’est possible qu’avec une réservation en refuge. Depuis 2020, un nouvel arrêté de protection a durci les conditions d’accès, avec notamment une limitation de la cordée à 3 personnes, une vérification de l’équipement par des gendarmes de haute montagne avant de permettre l’accès aux voies, l’interdiction d’apporter des objets incongrus (comme le Britannique qui avait transporté et abandonné son rameur là-haut…). A ce sujet, les débats restent vifs : les alpinistes sont par nature viscéralement férus de liberté, et n’aiment pas voir la haute montagne se judiciariser, mais force est de constater que l’attrait du Mont Blanc a ouvert la porte à toutes les dérives. Certains plaident pour une limitation des ascensions, avec un permis, comparable à ce qui se fait en Himalaya. D’autres militent pour un déséquipement de la voie la plus « facile », celle du Goûter, qui est tant aménagée qu’elle prend parfois l’allure d’une via ferrata de haute montagne, afin de sélectionner les alpinistes par la compétence. Tristan, lui, souhaite que la haute montagne reste un espace de liberté, mais plaide inlassablement pour l’éducation, la sensibilisation, avec un message essentiel : l’ascension du Mont Blanc ne doit pas être banalisée et ne s’improvise pas. Je lui demande comment m’y préparer. Il me répond de continuer les sorties en haute montagne, de faire d’autres courses plus faciles, d’attaquer mon premier 4000m, de me former en douceur, afin d’être naturellement prête, au bout de plusieurs courses augmentant peu à peu la difficulté technique et physique, à affronter ce défi avec sérénité. Aux stages du type « le Mont Blanc en 5 jours, formation, acclimatation et ascension », il conseille de préférer une approche progressive au long cours, pour devenir un vrai alpiniste et pas juste quelqu’un qui a « fait le Mont Blanc » en s’y faisant traîner à bout de forces par son guide. Et il me glisse qu’il y a tant d’autres sommets dans les Alpes, sublimes et moins fréquentés, plus secrets et solitaires, qui ont tant de magie à nous offrir…

    Rêver à de nouvelles ascensions…

    La compagnie des guides et l’alpinisme : pour continuer

    Je vous invite vivement à consulter le magnifique compte Instagram des 200 ans de la compagnie, mine d’or quant à son histoire et ses héros. Je le lis comme un roman – il est beau et infiniment instructif.

    Deux livres anniversaires sont parus cette année pour le bicentenaire de la compagnie, dans les deux grandes maisons d’édition montagnardes : chez Glénat, Compagnie des Guides de Chamonix, 200 ans d’histoire(s), de David Ravanel et Joëlle Dartigue-Paccalet, et chez Guérin, Le roman des guides, de Gilles Chappaz. Je n’ai pas encore eu le plaisir de les avoir entre les mains, mais je compte bien vous en parler prochainement, dans un article consacré aux livres de montagne, d’escalade et d’alpinisme – n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter en fin d’article pour suivre tout cela. Bien entendu, je continuerai à vous parler dans cet article des grands guides dont la lecture m’a bercée, Lionel Terray, Louis Lachenal, Gaston Rébuffat, Roger Frison-Roche… Après mon premier livre sur les Alpes, un texte et photos en belles cartes postales et anecdotes, je prépare actuellement une encyclopédie subjective des Alpes, dans laquelle il sera abondamment mention des grands alpinistes européens – encore une fois, la newsletter vous tiendra informés !

    Et je vous souhaite de tout coeur, si vous rêvez vous aussi de haute montagne, de faire un jour l’expérience de ce monde magique, en laissant un guide de la compagnie vous en ouvrir la porte. A bientôt sur les sommets…

    Souvenir d’hiver de l’Aiguille du Midi

    Un immense merci à l’office du tourisme de Chamonix, à la compagnie des guides de Chamonix et aux remontées mécaniques de Chamonix et Courmayeur de m’avoir permis de vivre cette expérience extraordinaire. Un merci très spécial à Cécile et à Tristan.

  • Séjour de rêve aux Saisies, Savoie : la montagne même sans ski

    Les Saisies ? Au-dessus du beau village de Hauteluce, dans le Beaufortain en Savoie, se déploie cette station lumineuse ouverte en balcon sur les massifs avoisinants. Ici les sommets des Aravis, la gracieuse Pierra Menta et le Mont Blanc, s’offrent aux regards dans un majestueux panorama à 360°. Pour le caractère exceptionnel de ce cadre naturel, ses grands espaces préservés et la diversité de ses activités outdoor, j’avais eu un véritable coup de foudre en 2019, lors de mon précédent voyage aux Saisies. Je suis revenue entre amis à Noël 2020, alors que les remontées mécaniques étaient fermées, mais la station bien ouverte, pour continuer à explorer la richesse des activités offertes par les Saisies même sans ski alpin, et pour découvrir un nouvel hébergement tout juste ouvert, la somptueuse résidence Amaya.
    Même sans ski, la montagne est source de plaisirs infinis, à découvrir en famille ou entre amis, et les Saisies sont la station idéale pour s’en convaincre. Voici un petit aperçu des activités outdoor à découvrir ici en Savoie, pour des vacances à la neige sans chausser ses skis (ou presque).

    Lever du jour sur la station, depuis la résidence Amaya
    Découvrir le ski joering
    Randonnée chard du beurre les Saisies
    Randonner face au Mont Blanc
    chard du beurre les saisies
    Une plate-forme panoramique à 360° sur les plus beaux sommets
    ski raquettes ski hok les saisies
    Ski-hok (ski-raquettes) dans les grands espaces du Beaufortain
    Profiter de l’incroyable piscine de la résidence Amaya Les Saisies

    Les Saisies ou la beauté des panoramas 

    Le jeu de mot est facile, je vous l’accorde, mais quasi inévitable quand vous vous retrouvez nez à nez avec le Mont Blanc rougeoyant dans le crépuscule : les Saisies sont saisissantes. La majesté inouïe des panoramas offerts par cette station posée sur la pointe des pieds au milieu des plus beaux sommets de nos Alpes mérite qu’on en tombe éperdument amoureux. Beaucoup d’amis m’ont dit que les Saisies comptaient parmi leurs plus beaux séjours à la montagne, et je le comprends : la beauté visuelle de ce cadre est exceptionnelle.

    L’histoire de la station souligne cette particularité esthétique. La station des Saisies naît en 1935 à l’initiative d’un moniteur de ski autrichien, Erwin Eckl, fasciné par la qualité des paysages qu’il avait découverts en explorant les hauts plateaux surplombant Hauteluce. Il choisit de bâtir son chalet, puis un tout premier hôtel, dans ce décor somptueux. Trois massifs conjuguent leurs merveilles. Côté Beaufortain, la silhouette iconique de la Pierra Menta se détache comme une dent de roc venue croquer le ciel. Côté Aravis, la Pierre Percée semble s’éloigner de dos comme une sorcière bossue et encapuchonnée, et le Mont Charvin expose sa pyramide parfaite. Mais la star incontestable des Saisies, c’est le roi de nos Alpes, le merveilleux Mont Blanc, que le soir colore de rouge et de mauve, et dont l’imposante majesté semble si proche qu’on jurerait parfois avoir affaire à un hologramme planté devant nos yeux éblouis.

    La Pierra Menta, vue depuis le village des Saisies
    Le Mont Blanc, vu depuis le col de la Lézette
    La Pierre Percée, vue depuis le Chard du Beurre
    Le Mont Charvin, depuis le Chard du Beurre
    pierra menta les saisies
    La Pierra Menta, photographiée quelque part entre la Lézette et le Chard du Beurre

    Une promenade jusqu’à la plateforme du Chard du Beurre

    Pour mettre en valeur ces merveilles, les Saisies ont récemment aménagé une plateforme panoramique au sommet du Chard du Beurre, surplombant la station. Un sentier piétonnier praticable sans raquettes y mène, par une promenade facile et agréable au dénivelé très progressif, passant par le col de la Lézette. Tout au long de l’ascension, la beauté des points de vue enchante. Nous avons adoré cette petite randonnée entre amis dans un décor somptueux. Ce qui nous a le plus marqué, c’est cette proximité intimidante avec le Mont Blanc, énorme, spectaculaire, semblant à portée de main…

    Et une fois là-haut, la plateforme de bois clair penchée au-dessus de l’immensité, les hamacs géants et les différents aménagements ludiques donnent envie de s’attarder, de boire un thé chaud face au Mont Blanc et de jouer à collectionner les sommets. Une expérience magnifique !

    Nous sommes redescendus dans le coucher du soleil, émerveillés par la beauté du décor…

    Au coucher de soleil, le sommet du Mont Blanc émerge des nuages… rêver d’ascensions

    Plateforme panoramique du Chard du Beurre
    Accès gratuit et piéton (sans raquettes)
    45 min de montée pour de bons marcheurs, 1h30 avec des enfants.

    Se promener en raquettes aux Saisies

    De nombreux sentiers de raquettes arpentent la forêt majestueuse des Saisies, ou conduisent plus bas vers Hauteluce et les autres villages du Beaufortain. Dans ce cadre très préservé, sans barres d’immeubles, avec peu de constructions et beaucoup de verdure, on est vite tenté de fouler la poudreuse et de se promener sur les sentiers.

    S’essayer au ski de fond… ou au biathlon

    Les Saisies sont réputées pour leur bel espace nordique, particulièrement bien situé avec vue sur les Aravis et slalomant au cœur de la forêt. C’est le lieu idéal pour s’essayer au ski de fond, ou encore pour se rêver en Martin Fourcade et tester le biathlon, que j’avais découvert aux Saisies en 2019 sur un très beau parcours homologué pour les compétitions internationales.
    Retrouvez le biathlon aux Saisies dans mon précédent article

    Forfait ski de fond 11€/jour
    Cours de biathlon : 2h avec l’ESF à partir de 103€

    Découvrir le ski-joering aux Saisies : skier tracté par un cheval !

    C’est l’activité de conte de fées par excellence, celle qui vous donnera l’impression d’avoir été happé dans une fantaisie hivernale avec reines des neiges, rennes amicaux et lutins sylvestres. Le ski-joering consiste à skier tracté par un cheval, en tenant une barre attachée à une sorte de sulky. L’activité demande une maîtrise basique du ski alpin (savoir tourner et maîtriser le chasse-neige), et promet une magnifique immersion en pleine nature, entre beauté des montagnes et des forêts et plaisir du contact avec le cheval. C’est le magasin Intersport Les Saisies qui propose cette activité magnifique, sur un parcours idéalement situé juste au pied de la station, avec des vues merveilleuses sur le village et les sommets du Beaufortain. Si vous n’avez pas déjà votre propre matériel (le ski joering se pratique avec des chaussures et skis classiques de ski alpin), vous pourrez le louer au magasin avant de descendre sur le site équestre. Le circuit, long de plusieurs kilomètres, vous entraîne au cœur d’une forêt de résineux, accompagné d’un magnifique cheval franc-comtois éclatant de santé et au cœur de doux géant.

    Nous avons découvert le ski joering entre amies, Andréa, Christelle et moi, et j’ai été émue de voir la joie pure illuminer leurs visages quand le cheval est parti au galop et qu’elles skiaient parmi les flocons étincelants comme des héroïnes d’Andersen. Le ski joering n’est pas seulement une activité ludique et plaisante (ah, le bonheur de filer sur la neige dans le sillage du cheval !), elle vous reconnecte également à une forme de bonheur enfantin qu’assure la douceur de l’animal et le caractère magique de l’expérience. La grande gentillesse de l’accompagnatrice, Sandra (qui est aussi monitrice de ski aux Saisies), a beaucoup aidé à mettre en confiance celles qui hésitaient.


    Sur le même parcours, et avec les mêmes majestueux chevaux de trait, vous croiserez également des promenades en calèche, qui permettent à toute la famille de profiter de la beauté du site et de la présence apaisante des animaux.

    Enfin, vos enfants pourront découvrir le poney-luge, où de jolis poneys shetlands les tireront dans la neige, comme dans la chanson Jingle Bells – une vraie féerie hivernale.

    Ski joering, calèche et poney-luge
    Ski-joering 28€, calèche 19€
    Réservation auprès du magasin Intersport Les Saisies

    L’apaisement zen : découvrir le snowga ou yoga des neiges aux Saisies

    Dans le top 10 de mes passions, la montagne et le yoga figurent très haut au classement. J’ai donc été absolument ravie de découvrir que les Saisies proposaient une activité de snowga ou de yoga des neiges, dont le concept est très simple et réjouissant : on se promène en raquettes sur le beau domaine nordique, s’essayant déjà pendant la marche à des activités de respiration et de pleine conscience, avant d’arriver sur un joli plateau où on s’installe pour une séance de yoga doux et profond en pleine nature. L’accompagnatrice en montagne et prof de yoga qui propose l’activité, Hélène, dégage beaucoup de douceur et de gentillesse, et nous met en confiance très vite avec quelques exercices de relaxation. Une fois arrivées sur le site de la séance, nous déployons des tapis de yoga spéciaux, doublés d’aluminium afin de nous isoler du sol, et nous vivons une belle session de hatha-yoga alliant exercices de respiration et postures à la fois simples et profondes. La beauté du cadre accentue le caractère méditatif de l’expérience et nous revenons détendues, relaxées, complètement rassénérées par ce beau moment en pleine nature.

    Hélène s’est associée à une autre monitrice dont je vous parlerai tout de suite, Anne-Marie. Ces deux accompagnatrices en montagne proposent une belle gamme d’activités de pleine nature, raquettes, ski de fond, ski-hok et donc yoga des neiges. Leur tandem se nomme L’Arbre à Neige et je le recommande à toute personne désireuse de découvrir les Saisies autrement.

    Snowga ou yoga des neiges avec Hélène
    Session de 2h environ
    Renseignements auprès de L’Arbre à Neige

    Une expérience outdoor prometteuse : découvrir le ski-hok ou ski-raquettes

    Le ski-hok ? C’est un hybride entre ski de randonnée et raquettes, qui permet d’arpenter la montagne avec beaucoup de légèreté, et dont je recommande chaleureusement la découverte.

    que faire aux saisies ski hok ski raquettes

    Depuis plusieurs années, des montagnards curieux et passionnés explorent des alternatives de pleine nature au ski alpin, qui permettent de quitter les sentiers balisés, sortir des pistes et vivre de belles expériences outdoor, à la croisée entre glisse et randonnée et en totale immersion dans un environnement préservé.

    La plus célèbre de ces alternatives est bien sûr le ski de randonnée, où on grimpe skis et peaux de phoque aux pieds avant de fixer le talon pour la descente dans la poudreuse, en style alpin. J’avais découvert cette belle activité en Chartreuse.
    Plus confidentiel, mais très excitant à mes yeux, est le ski de randonnée nordique, que j’avais découvert sur les hauts plateaux du Vercors en hiver, où les skis sont plus courts, le talon reste libre, et où on gagne en légèreté.
    Le dernier né de la famille, c’est le ski-hok ou ski-raquette, sorte d’entre-deux à la fois polyvalent et accessible entre les raquettes et le ski de randonnée, qui me semble très prometteur : sa légèreté et sa facilité d’accès le rendent intéressant pour le plus grand nombre, et permettront peut-être à nouveau public de découvrir les joies de la montagne de pleine nature en hiver.

    Je m’initie au ski-hok avec Anne-Marie, monitrice de ski de fond et accompagnatrice en montagne adorable et passionnée. Elle est la seconde moitié du beau duo L’Arbre à Neige formé avec Hélène. Je loue des chaussures de raquette spéciales, des TSL ultra légères et confortables pour qui j’ai un vrai coup de cœur, au magasin StarSki Sport Les Saisies. C’est ensuite Anne-Marie qui me fournit une paire de ski-hoks pour notre sortie. Examinons la bête : les ski-hoks sont des skis courts, où la peau de phoque est fixe. Le pied est fixé au ski de façon à lui garantir sa totale liberté de mouvement, avec un système très léger et facile que permettent les chaussures spéciales munies d’un petit poinçon à l’avant. On s’équipe rapidement et sans difficulté.

    Sur le plat, on peut soit marcher comme avec des raquettes, soit pratiquer une sorte de course glissée où le ski reste au sol et le pied se détache entièrement, comme si on courait – la technique est simple à acquérir, et permet de gagner beaucoup de vitesse sur le plat, afin de parcourir de plus grandes distances. En montée, la grande légèreté du matériel et les peaux de phoque fixes permettent de faciliter les ascensions. En descente, on peut se laisser glisser tout droit, genoux fléchis : les peaux de phoque fixes ne permettent pas de prendre autant de vitesse qu’en ski de randonnée. On peut aussi adopter une technique style telemark (un sport que j’avais découvert à Pralognan-la-Vanoise), avec un genou plié, pour tourner. J’ai encore un petit peu de mal à trouver mon équilibre en descente : l’absence de carres, qui empêche de tourner en style alpin, et la technique telemark, ne sont pas encore évidentes pour mon cerveau trop formaté au ski de pistes. Mais j’ai très envie de retenter, car l’activité me semble extrêmement prometteuse pour les amoureux de randonnée hivernale : on parcourt aisément de grandes distances, sans effort trop soutenu, en pleine immersion dans la nature.

    que faire aux saisies ski hok ski raquettes

    Anne-Marie m’emmène hors de la station des Saisies, côté Beaufortain en direction de Hauteluce, dans un paysage superbe où la Pierra Menta trône en reine. J’ai des sensations de grands espaces, d’escapade nordique de toute beauté. J’apprécie énormément cette sortie hors des sentiers battus, avec une passionnée qui m’entraîne vers les anciens hameaux d’alpage et me raconte l’histoire du massif (voir ci-dessous). J’ai eu très envie de retenter rapidement le ski-hok, d’autant que j’ai découvert que le monde du ski alternatif est petit : Anne-Marie a acheté son matériel à Régis d’Aventure Nordique, avec qui j’avais découvert le ski de rando nordique dans le Vercors, et qui a lancé un nouveau site dédié au ski-hok ou ski-raquette. Je sens que je vais rechausser des ski-hoks dans le Vercors prochainement !

    Sortie en ski-hok ou ski-raquettes aux Saisies
    Accompagnatrice : Anne-Marie, L’Arbre à Neige
    Anne-Marie fournit les skis-hoks
    Location des chaussures de raquette spéciales auprès de StarSki Sports Les Saisies

    Découvrir la culture savoyarde traditionnelle

    Un moment que j’ai particulièrement apprécié lors de notre sortie en ski-hok est celui où Anne-Marie m’a entraînée dans des hameaux anciens et isolés à quelques encablures des Saisies, au cœur des alpages. Je découvre avec elle la culture savoyarde traditionnelle, intimement liée à l’élevage et à la vie des troupeaux.
    Sur les alpages, certains prés étaient occupés par les animaux pendant l’été qui paissaient l’herbe fraîche, mais d’autres étaient des prés de fauche, utilisés pour la récolte du foin qui nourrirait les bêtes pendant l’hiver. On construisait donc des granges pour stocker ce foin, des granges à l’épaisse charpente de bois. Alors qu’ailleurs en Savoie, notamment en Haute Maurienne, dont je reviens, le bois se faisait rare et les constructions étaient de pierre, ici dans le Beaufortain les forêts denses permettaient l’utilisation du bois. Les granges sont faites d’épais madriers qui sont équarris (coupés au carré) avant d’être assemblés. Une poutre plus épaisse que les autres, le raidisseur, soutient le toit contre le poids de la neige hivernale. La partie inférieure de la grange sert parfois d’abri aux génisses, et la partie supérieure, assise dans la pente, sert à stocker le foin.

    que faire aux saisies ski hok ski raquette
    patrimoine les saisies
    les saisies architecture traditionnelle


    En hiver, les « fenatsus » venaient descendre le foin selon une technique impressionnante qu’on nomme la ramasse : deux à trois cent kilos de foin sont placés sur des cordes, serrés en une énorme botte ronde et placés sur un traîneau ou carret. Les courageux fentasus, dont l’aisance technique n’a d’égal que le courage physique, vont descendre le foin vers la vallée en guidant et freinant ce traîneau, une véritable épreuve de force et d’agilité. Un très beau film a été tourné à ce sujet dans une autre vallée savoyarde, la Vanoise – il s’appelle le Couloir du foin et montre toute la beauté et la difficulté de cette pratique qui a perduré jusqu’aux années 1980.

    Mon ami Pierre Brugnon, historien spécialiste de la Savoie, m’a envoyé cette belle gravure du 18e siècle montrant comment la ramasse des foins a signifié le début du tourisme de montagne : après les ballots, on s’est mis à descendre ainsi les voyageurs !

    Anne-Marie m’explique l’architecture traditionnelle, les fermes bâties sur des niveaux décalés en utilisant la pente, afin de pouvoir ranger plus facilement le foin, les vastes volumes afin de pouvoir abriter bêtes au rez-de-chaussée et provisions à l’étage. Elle me montre le « cacaret », petit cabinet de toilette décalé de la maison. Elle me montre les églantiers et les sorbiers des oiseleurs, me raconte les soupes d’orties et d’épinards sauvages, autant de sources de vitamines dans ces pays de neige où on a soif de verdure.

    Je découvre que le mot savoyard par lequel on désigne la rivière, le Doron, provient d’une source gauloise très ancienne qui a abreuvé nos langues et nos topographies : du mot celtique « dubro », désignant l’eau, découlent les beaux noms de Drôme, de Durance, de Drac et de Doire Baltée… le savoyard en a gardé la mémoire. Cette promenade au cœur des hameaux est un véritable voyage culturel qui me ravit, et me rend toujours plus amoureuse de la Savoie traditionnelle.

    Chapelles et fromages du Beaufortain

    Si j’avais eu plus de temps, j’aurais voulu explorer le beau village de Hauteluce et sa chapelle du XVIIe siècle – ma récente visite en Haute Maurienne m’a montré combien j’aimais le baroque savoyard.

    les saisies patrimoine
    Un des sublimes villages que l’on croise en montant vers les Saisies – photo prise en février 2019, lors de mon précédent séjour

    Mais j’ai eu le temps de faire une halte dans la très belle chapelle contemporaine des Saisies, Notre Dame de Haute Lumière (n’est-ce pas un nom magnifique ?), dont les volumes audacieux semblent refléter les arrêtes tranchées des sommets, et qui s’ouvrent comme un puits de blancheur sur du bois clair.

    les saisies notre dame de haute lumière
    les saisies notre dame de haute lumière
    les saisies notre dame de haute lumière

    Nous sommes au cœur du Beaufortain, terre natale du délicieux fromage de Beaufort AOP. Ayant visité la magnifique coopérative laitière du Beaufort à Lanslebourg en Haute-Maurienne très récemment, je ne suis pas retournée visiter celles d’ici, mais c’est une visite que je recommande vivement aux amoureux de fromage : le processus est passionnant, et le Beaufort, doux et fruité, a le goût merveilleux d’un alpage fleuri en été

    fromage beaufort beaufortain
    Beaufort AOP et Bleu de Bonneval

    Un fabuleux hébergement haut de gamme aux Saisies : la Résidence Amaya

    Je suis toujours en quête de l’hébergement idéal à la montagne, et je dois dire que la somptueuse résidence 5* Amaya, tout récemment ouverte aux Saisies, n’est pas loin de la perfection absolue… Cette résidence tout confort, aux prestations superbes, présente un grand nombre d’atouts.

    * Résidence Amaya : localisation parfaite ski aux pieds

    Quoi de plus agréable que de pouvoir se retrouver directement sur les pistes, sans avoir à reprendre sa voiture et trimballer ses skis sur une longue distance ? La résidence est située directement sur le domaine, et vous rejoignez les télésièges en descendant une piste facile. Quand l’Espace Diamant, avec ses 192km de pistes de ski alpin, réouvrira, ce sera un atout considérable ! En plus, chaque appartement bénéficie de son ski-room privé et chauffé, qui s’ouvre avec la même clef que celle de l’appartement, et permet de stocker son matériel dans des conditions idéales.

    * Une vue somptueuse sur la station depuis la résidence Amaya Les Saisies

    La moitié des appartements jouit d’une vue extraordinaire sur le village des Saisies, les Aravis et le Beaufortain. Notre appartement donnait sur presque toute sa longueur sur un majestueux balcon, et les levers de soleil étaient une magie pure : un déferlement de rose et d’or sur les sapins et les sommets.

    * Des appartements de grand luxe aux Saisies

    Quel bonheur que de dormir ici ! Nous jouissions d’un grand salon avec canapé et vue sur la montagne, d’une belle et grande table de bois idéale pour se réunir autour d’un dîner montagnard, et d’une cuisine entièrement équipée avec tout ce dont on peut rêver – four, micro-ondes, plaques, des tonnes de plats et d’ustensiles, et même un mixer et une Nespresso. Côté chambres, nous pouvions loger à 4 ou 6 dans cet appartement : deux chambres magnifiques, avec un lit double et deux lits simples, deux salles de bain cozy et agréables, et un canapé-lit dans le salon. Certains appartements accueillent jusqu’à 10 personnes. Nous étions fabuleusement bien dans cet univers de bois clair, de beaux meubles et de déco scandinave, au chaud à regarder la neige tomber…

    * Un espace bien-être extraordinaire : le plus beau spa des Saisies

    Cri de joie collectif en découvrant l’extraordinaire espace bien-être de la résidence Amaya ! Une piscine immense, chaude et lumineuse, où la géométrie accentue encore la sensation d’espace, et qu’une lumière bleue et mauve illumine délicatement, un grand jacuzzi bouillonnant, un sauna, un hammam, et même un bain nordique à 11 degrés (où je n’ai pas mis les pieds, on est pas ici pour souffrir, mais que d’autres plus masochistes ont apprécié). Lors d’un après-midi où j’avais prévu de faire du ski de fond, les chutes de neige m’ont découragée, et j’ai passé avec un bonheur inouï près de 3h à barboter dans le jacuzzi, nager dans la piscine et faire du yoga dans la grande et belle salle de fitness toute équipée. La qualité et la beauté visuelle de l’espace bien-être sont un immense atout de la résidence.

    hebergement luxe les saisies residence amaya spa les saisies
    hebergement luxe les saisies residence amaya
    spa les saisies amaya

    * Soins dans un superbe spa Montagnes du Monde

    J’ai eu le bonheur de bénéficier d’un merveilleux massage dans le spa Montagnes du Monde de la résidence, qui utilise les produits Pure Altitude aux herbes des Alpes, et qui parvient à créer un merveilleux cocon de bien-être ouaté. Une vaste gamme de soins, des produits de qualité et un service bienveillant et attentif placent les vacances sous le signe du bien-être et du soin de soi…

    * Un service traiteur haut de gamme

    Parmi les nombreux services proposés par cette résidence hôtelière luxueuse figure le traiteur : nous pouvions commander un kit raclette ou fondue tout prêt, avec prêt de l’appareil, fromage et charcuteries, à déguster directement dans notre appartement. Soucieux de diététique, nous avons testé les deux, évidemment. J’ai adoré ces moments conviviaux tout confort dans notre bel appartement.

    J’ai recommandé la résidence Amaya à plusieurs personnes aimant à la fois la convivialité et l’autonomie de l’appartement à louer, et la qualité des prestations d’un bel hôtel. Bien sûr, un séjour dans cette résidence a un prix, mais louer un appartement entre 4 et 6 amis est quelque chose que je ferais sans hésiter, tant les prestations sont belles et l’expérience exceptionnelle. Séjourner ici a transformé un beau voyage à la montagne en véritable parenthèse ressourçante, et cela restera un souvenir magique pour nous tous. J’ai déjà décidé d’y revenir !

    Heureuse…

    Résidence MGM Amaya Les Saisies, 5*
    Appartement tout équipés, espace bien-être avec piscine, sauna, jacuzzi, hammam, salle de sport, spa Montagnes du Monde
    Accès ski aux pieds au domaine et ski room privé
    Séjour à partir de 966 €/semaine
    Séjour « Au bonheur des dames » spa, massages, bien-être comprenant les soins à partir de 743€/personne

    Encore plus d’activités aux Saisies

    Ce séjour magnifique a renforcé mon amour des Saisies, station véritablement parfaite à mes yeux, qui réussit à demeurer à taille humaine tout en offrant une immense diversité d’expériences. Pour découvrir encore plus d’activités à vivre aux Saisies, je vous invite à consulter l’article rédigé lors de mon précédent séjour en 2019 : mille activités aux Saisies. Je vous y parle notamment de la conduite de dameuse, de la motoneige, du biathlon, du ski alpin sur l’exceptionnel Espace Diamant, ou encore du Mountain Twister, la ludique et très fun luge sur rails, qui permet de dévaler les pentes à toute blinde dans une sorte de grand 8 alpin – pendant que j’étais au snow yoga, les garçons de la bande ont enchaîné 5 tours de Mountain Twister !

    stations de ski familiales dans les montagnes françaises
    Dévaler la pente à toute blinde en luge sur rail au Mountain Twister : un bonheur pour les mordus d’adrénaline de tous âges

    Et malgré mon amour immense du ski alpin, ce séjour m’a confortée dans la certitude qu’aller à la montagne vaut TOUJOURS le coup, même sans ski : les activités proposées sont de plus en plus belles et variées ! Je vous souhaite un très bel hiver dans nos montagnes françaises.

    stations de ski familiales dans les montagnes françaises
    Les Saisies en février.

    Un très grand merci à la station des Saisies et à la résidence Amaya pour leur accueil magnifique, à tous les prestataires pour leur vraie chaleur humaine, et à Lise de Duodecim pour l’organisation de ce séjour qui restera un merveilleux cadeau de Noël 2020, un bol d’air extraordinaire après une année compliquée !