Connaissez-vous les lacs de Lignin et les gorges de Saint-Pierre, dans les Alpes de Haute Provence ? Cette sublime randonnée autour du refuge de Congerman, dans le Haut-Verdon, vous permettra d’accéder à ces sites d’exception. Je vous propose cette itinéraire en deux jours de marche permettant de découvrir ces joyaux du sud de la France. Des Alpes de Haute Provence, vous connaissez sans doute le lac de Sainte Croix, les sculpturales gorges du Verdon, le plateau de Valensole aux lavandes infinies. Mais connaissez-vous le Haut Verdon ? Les Alpes de Haute Provence regorgent de secrets et je suis toujours émerveillée par la richesse infinie du Haut Verdon, où la rivière turquoise prend sa source dans un décor majestueux alliant le vertige de la haute montagne aux grâces ensoleillées du midi. A deux pas de Colmars-les-Alpes, sublime village de caractère fortifié aux confins de la Provence, je vous propose une des plus belles randonnées de ma vie, un itinéraire traversant les gorges de Saint Pierre, le plateau des lacs de Lignin et les vasques de la Lance. Autour des remparts de Colmars-les-Alpes, un des plus beaux villages de la Provence montagnarde, les sites naturels d’exception abondent, et cet itinéraire de randonnée vous permettra de découvrir trois pépites absolues. Les gorges de Saint Pierre, un immense canyon d’une profondeur vertigineuse qui s’enfonce au cœur du pays des chamois, le plateau des lacs de Lignin, paysage du bout du monde, grandiose et sauvage, qui m’évoque la Nouvelle Zélande ou encore la Mongolie, les vasques de la Lance, un réseau de cascades et de piscines naturelles féeriques au dessus de Colmars, sont autant de sites irrésistibles des Alpes de Haute Provence que cette randonnée permet d’explorer. Nous passerons aussi par la cabane de Chabanal, la barre de Pisse-en-l’air et la Baisse des détroits – tout un programme ! Et à mi parcours, nous irons dormir au refuge de Congerman, oasis de douceur et de convivialité au coeur du haut Verdon. Des sources aux gorges du Verdon, toute la région est extraordinaire – enfilez vos chaussures de randonnée et laissez vous séduire par sa magie !
J’ai réalisé ce reportage dans les Alpes de Haute Provence en duo avec mon amie et binôme Marion alias Foehn Photographie. De nombreuses photos de cet article de blog sur la randonnée des lacs de Lignin et des gorges de Saint Pierre, dans le Haut Verdon, sont les siennes.
Pépites secrètes des Alpes de Haute Provence : le plateau des Lacs de LigninDes paysages méconnus et majestueuxRandonnée dans le Haut Verdon : les gorges de Saint PierreAutour du refuge de Congerman, des itinéraires inouïs
Secrètes Alpes de Haute Provence : les gorges de Saint Pierre
Notre randonnée au coeur du Haut Verdon commence à l’entrée des gorges de Saint Pierre, où nous avons rendez-vous avec Alain, adorable accompagnateur en montagne, au cœur riant et amoureux de ses montagnes. Lui et son épouse Bénédicte, elle aussi guide de moyenne montagne, tiennent le refuge de Congerman, situé au-dessus des gorges. Il nous accompagnera sur cet itinéraire de toute beauté durant deux jours.
Les gorges de Saint-Pierre sont pour moi un éblouissement absolu. Grâce à un précédent reportage dans la région de Digne-les-Bains, j’avais découvert l’extraordinaire géologie des Alpes de Haute Provence : la clue de Barles, le vélodrome d’Esclangon, la dalle aux ammonites m’avaient convaincue de la richesse irrésistible du géoparc de Haute Provence. Par leurs dimensions colossales, la variété de leurs roches et la rivière qui les traverse, les gorges de Saint Pierre revêtent l’allure d’un canyon tumultueux et cinégénique – un vrai décor à la Jurassic Park qui nous éblouit.
Les gorges de Saint Pierre.
Notre itinéraire se poursuit vers le refuge de Congerman…
Le refuge de Congerman
Au-dessus des gorges de Saint Pierre dans le Haut Verdon, le refuge de Congerman est un bel objectif de randonnée en soi. Ici, Bénédicte et Alain accueillent les voyageurs avec le sourire, un lit confortable et un repas généreux. C’est un refuge confortable, où il est même possible de se doucher, et où la cuisine est savoureuse. Bénédicte et Alain, couple adorable et fou de montagne, ont le sens de l’accueil et de la convivialité. Le midi, c’est une restauration légère, omelettes, salades, savoureux gâteaux. Le soir, pour les randonneurs qui restent la nuit, c’est partie de molki, apéro montagnard, dîner copieux et savoureux, et chants à la bougie dans une ambiance chaleureuse si typique de ces soirées alpines suspendues hors du temps, où on oublie le monde et se perd dans les étoiles retrouvées. Nous passerons un très beau moment à Congerman, je vous le recommande vraiment.
Pour les randonneurs qui souhaiteraient s’initier à la randonnée sur plusieurs jours et à la nuit en refuge, Congerman est une belle adresse : ce refuge cosy et facile d’accès permet d’apprivoiser la montagne en douceur. Depuis le parking des Gorges de Saint Pierre, environ 2 à 3h de marche sont nécessaires pour le rejoindre.
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Alain, Bénédicte… et la VRAIE maîtresse des lieux 😉 Yoga avec MarionRepas savoureux et atmosphère doucePartie de molki2
La cabane de Chabanal
Puisque nous avons du temps dans l’après midi, Marion et moi allons marcher à travers les forêts de cytises en fleurs jusqu’à la cabane de Chabanal, située à environ une heure du refuge de Congerman. Nous continuons notre randonnée par de belles rencontres avec la faune des Alpes de Haute Provence, en croisant des familles de chamois en chemin. Ils jouent dans les cascades surplombant les gorges et ils nous fascinent par leurs acrobaties.
.Rencontre avec les chamoisArrivées à la cabane de Chabanal, le paysage s’ouvre
La Baisse des Detroits et la Barre de Pisse en l’air
Après une bonne nuit, réveil aux aurores pour monter jusqu’à la Baisse des Détroits via la Barre de Pisse en l’air (tout un programme).
La barre de Pisse en l’air vue depuis Chabanal
En chemin, la grande amoureuse des mélèzes que je suis salue le roi de la forêt, le plus vieux mélèze du Haut Verdon – sublime arbre pionnier à la conquête du froid et de la pente ! Le mélèze, emblème flamboyant des Alpes du Sud – il se change en torche rousse à l’automne avant de perdre ses aiguilles – est un arbre fascinant par ses capacités d’adaptation, parvenant à monter à l’étage alpin, bien plus haut que le reste de la forêt montagnarde. En voir un aussi ancien et majestueux a quelque chose de très émouvant et Alain, Marion et moi passons un moment à l’admirer.
Le roi de la forêt
Nous arrivons au sommet de la côte, avec vue sur la Barre et les gorges de Saint Pierre, et le panorama est éblouissant.
Au dessus des gorges de Saint Pierre
Cette boucle nous a émerveillées, Marion et moi. Les irrésistibles Alpes de Haute Provence ne cessent de nous offrir de nouvelles surprises… nous nous dirigeons désormais vers la Baisse des détroits, point culminant de notre randonnée.
Nous franchissons la baisse des Détroits et là… c’est le choc. Le plateau des lacs de Lignin fait partie des plus belles choses que j’ai vues dans les Alpes (de Haute Provence, mais j’aurais pu écrire : dans les Alpes tout court).
Le plateau des lacs de Lignin : une randonnée magique dans le Haut Verdon
Aux confins des irrésistibles Alpes de Haute Provence se niche un bout du monde : les lacs de Lignin.
Ce plateau sublime, situé au dessus du beau village médiéval de Colmars-les-Alpes, a des airs de continent imaginaire. La Nouvelle-Zélande du Seigneur des Anneaux ou les steppes de Mongolie ? Une cohorte de rêves ventés et de légendes lointaines vient défiler dans ce décor presque mythologique. De multiples rivières en tresse sculptent un canevas inouï et alimentent les nombreux lacs à perte de vue. C’est d’une beauté rare…
.Au bout du monde connu…666..
Randonnée dans le Haut Verdon : comment accéder aux lacs de Lignin ?
Pour y accéder, deux possibilités aussi sublimes l’une que l’autre :
Partir des vertigineuses gorges de Saint Pierre, monter jusqu’à la Baisse des Détroits, et déboucher sur le plateau des lacs.
Partir de Colmars-les-Alpes par les vasques de la Lance et monter jusqu’au plateau.
Les deux options sont équivalentes en termes de distance et de dénivelé.
Dans les deux cas, vous avez la possibilité de faire une très belle halte conviviale et chaleureuse (à la montée ou à la descente) en dormant au refuge de Congerman, où l’accueil de Bénédicte et Alain est juste merveilleux. Marion et moi avons fait la randonnée sur deux jours en y dormant ! Après la nuit en refuge, vous pourrez soit revenir sur vos pas, soit continuer la boucle (soit en laissant une 2e voiture, soit en faisant du stop, soit en faisant appel à Alain, super accompagnateur en montagne, qui saura gérer la logistique !).
En redescendant des lacs de Lignin, une dernière pépite des irrésistibles Alpes de Haute Provence vous attend…
Les vasques de la Lance
Vous avez sans doute déjà entendu parler des « fairy pools » de l’île de Skye en Ecosse, piscines féeriques sculptées par l’érosion. Bonne nouvelle : les vasques de la Lance leur ressemblent, l’eau est turquoise et vous pourrez même vous baigner en plein été (attention, c’est la montagne, c’est vivifiant !). Ce réseau de cascades et de petites piscines minérales est d’une beauté inouïe. Ce sont mes cascades préférées des Alpes du Sud… une merveille.
La beauté majestueuse des vasques de la Lance
Vous redescendrez ensuite vers Colmars-les-Alpes, magnifique village à l’histoire tumultueuse et aux richesses inouïes. Je vous propose de le découvrir dans cet article consacré à Colmars-les-Alpes et Seyne-les-Alpes, deux des villages les plus saisissants des Alpes de Haute Provence.
Savourer les Alpes de Haute Provence : les Maisons de Pays
Amoureux du terroir, ne manquez pas les Maisons de Pays. Ce concept fabuleux a été inventé il y a déjà plusieurs décennies par les irrésistibles Alpes de Haute Provence, qui ont réellement été des pionnières de la démarche locavore & circuits courts. Ici, les producteurs locaux proposent en vente directe, à des tarifs très intéressants, leurs produits alimentaires et artisanaux ancrés dans le terroir. C’est un concentré des Alpes de Haute Provence, de saveurs et de talent : merveille !
Lors de ma dernière visite, nous avions fait nos emplettes à la maison de pays du Haut Verdon à Beauvezer. Cette fois-ci, nous sommes allées à la maison de pays des Gorges du Verdon àCastellane, récemment ouverte et tout aussi fabuleuse, qui propose aussi des produits des Alpes maritimes, étant donné l’extrême proximité. J’ai absolument adoré tout ce que nous y avons pris. Vivent les produits de pays !
Retrouvez les autres maisons de pays des Alpes de Haute Provence dans mes articles précédents : celle du Haut Verdon à Beauvezer près de Colmars-les-Alpes et celle de Jausiers en Ubaye.
Saveurs des Alpes de Haute Provence : irrésistible !
Chacun de mes séjours dans les Alpes de Haute Provence est une merveille, et cette fabuleuse randonnée dans le Haut Verdon n’a pas fait exception. N’hésitez pas à explorer le blog de voyage Itinera Magica pour retrouver tous mes autres articles consacrés à cette sublime destination qui conjugue tout ce que j’aime : grandeur des Alpes et soleil de Provence !
D’autres randonnées dans les Alpes de Haute Provence
A bientôt sur Itinera Magica, blog amoureux des Alpes et de la Provence… n’hésitez pas à vous abonner à la newsletter pour d’autres idées de vacances dans le sud de la France.
Un très grand merci à l’ADT des Alpes de Haute Provence et à l’OT Des sources aux gorges du Verdon pour cet accueil merveilleux, et notamment à Isabelle et Gilles. Irrésistibles !
Connaissez-vous le Vercors drômois, côté Ouest, côté Royans ? Du col de Rousset aux alpages et falaises de Font d’Urle, de l’abbaye de Léoncel au cirque de Combe Laval, de l’aqueduc de Saint-Nazaire-en-Royans aux crêtes de Saint-Martin-en-Vercors, du plateau d’Ambel aux noyers de Saint-Jean-en-Royans, je vous propose une immersion au cœur de cette forteresse de pierre et de magie, en passant par les grands espaces immenses, les fermes et les ateliers artisanaux, les plus belles adresses et les expériences incontournables à vivre dans le Vercors drômois. En empruntant les virages spectaculaires des routes panoramiques du Vercors, je vous propose cette immersion puissante au cœur du pays magique. Je suis drômoise, folle amoureuse de ma terre natale, et le Vercors sera toujours le plus beau massif du monde à mes yeux.
Terre d’histoire et de légendes, citadelle de rêve et de pierre, le Vercors a été sculpté non seulement par l’eau et le vent usant la roche, mais aussi par les mains des hommes et des femmes qui travaillent son terroir singulier. Agriculteurs, artisans, guides, autant de passionnés qui font vivre ce massif où souffle un puissant vent de liberté. Cascades et canirando, fromages et grimpeurs, silex et fleurs, tous font l’âme de ce massif si singulier. Le Vercors, on l’explore encore et encore, et on y vit plus fort. Que voir et que faire dans le Vercors drômois, côté Ouest, du Col de Rousset aux rivières du Royans ?
Venez avec nous là-haut, des gorges aux grands espaces des hauts plateaux… la Drôme a tant de beautés à explorer.
La cascade blanche, dans le Royans, l’ouest du Vercors drômoisLes routes spectaculaires du Vercors : ici, la route de Combe LavalJ’ai réalisé ce reportage en trio avec deux amies et collègues de talent : Pauline Filippelli à la vidéo, Marion Carcel à la photo. La grande majorité des photos de cet article sont l’oeuvre de Marion.
Visiter le Vercors, côté Est ou Ouest ?
Je commence par répondre à une question qui m’est souvent posée : vaut-il mieux choisir le côté Ouest du Vercors (Font d’Urle, Col du Rousset, le Royans…) ou le côté Est (Die, Châtillon-en-Diois, Glandage…) ? Les routes qui ont été creusées dans ce massif forteresse au XIXe et XXe siècle vont du nord au sud, de Grenoble à Die et à Saint Jean-en-Royans, mais pas d’Est en Ouest : la barrière des crêtes du Vercors reste infranchissable. Pour passer d’Est en Ouest, on ne peut traverser, mais contourner le massif du Vercors, soit par le sud, côté Die, soit par le nord, côté Grenoble, ce qui rallonge considérablement les temps de trajet. N’hésitez pas à vérifier sur un GPS type Google Maps les itinéraires prévus : certains points d’intérêt qui paraissent être à côté sur la carte, et ne sont à vol d’oiseau qu’à quelques centaines de mètres, peuvent parfois être distantes de 2h30 de route si les crêtes sont au milieu. Pour profiter pleinement de votre séjour, je vous conseille de faire un choix si vous n’avez qu’un week-end dans le Vercors : trois jours à l’Ouest côté Royans, ou bien trois jours à l’Est côté Diois, les deux Vercors drômois sont sublimes et valent le détour. Si vous avez prévu un séjour d’une semaine dans le Vercors, vous aurez le temps de découvrir sereinement les deux côtés. Pour faciliter votre séjour dans le Vercors drômois, je recherche la cohérence géographique et cet article est consacré à la façade Ouest du Vercors, côté Valence. Si vous recherchez plutôt le Vercors drômois côté Est (Châtillon-en-Diois, Die, le Mont Aiguille, le saut de la Drôme, le vallon de la Jarjatte, etc), je vous invite à lire mon article consacré aux plus belles randonnées et expériences dans le pays Diois. Enfin, si vous visez plutôt la forêt de Saoû, autour du massif des 3 Becs (qui ressemble beaucoup au Vercors, mais qui en est géologiquement distinct), je vous invite à découvrir mon article consacré aux randonnées et sports de pleine nature en vallée de la Drôme.
Font d’Urle, un des plus beaux sites du Vercors drômois
Randonnées et explorations : les plus beaux sites du Vercors drômois
Envie de pleine nature, de rando et d’aventure ? Voici des idées de sites incontournables, de randonnées puissantes et d’activités insolites pour explorer le Vercors drômois.
Le col du Rousset, porte du Vercors Drômois
Entrons ensemble au cœur du Vercors. Prenons les lacets spectaculaires menant au col du Rousset et montons sur les hauts plateaux de ce massif forteresse. Pour nombre de Drômois, le col du Rousset est véritablement le verrou de la forteresse, la clef des hauts plateaux. C’est aussi une barrière climatique saisissante : il n’est pas rare de voir les caravanes de nuages moutonneux venir s’accrocher aux dents tranchantes des reliefs surplombant le col du Rousset, et s’amasser sans oser s’aventurer plus loin. Au nord, la montagne brumeuse, les hauts plateaux mystiques du Vercors, au sud, les plaines de la Drôme provençale ensoleillée, les vins et les lavandes du Diois.
La route en lacets qui monte au col du Rousset est une des plus belles du monde à mes yeux, un véritable voyage sinueux à l’assaut de la verticalité. Au-dessus du Col trônent les silhouettes effilées des Aiguilles de Chironne, un des reliefs les plus emblématiques du Vercors, et qui symbolise clairement l’entrée dans le royaume du vertige. Petites Dolomites françaises, les montagnes du Vercors avec leurs calcaires tranchants, leurs crêtes découpées, leurs falaises abruptes, incarnent par leur verticalité grandiose le paradoxe d’une atmosphère de haute montagne à basse altitude. Le Vercors, c’est l’infini montagnard à deux pas de la plaine de Valence, c’est un miracle renouvelé chaque fois qu’on emprunte une des routes suspendues à ses adrets.
Aiguilles de Chironne
Au col du Rousset, n’hésitez pas à partir en randonnée explorer la montagne de Beure, sublime sentier aux vues grandioses et qui vous fait cheminer sur les traces de l’ours brun, qui peuplait autrefois les hauts plateaux. Pour découvrir l’histoire des ours du Vercors, je vous recommande la plus belle (et peut-être la plus triste) BD que j’ai jamais lue, La dernière reine de Rochette.
Le col du Rousset est aussi une station de montagne quatre saisons. Lors d’un précédent reportage, j’avais eu le bonheur de découvrir ses activités d’été, entre trottinette, VTT, jeux et randonnée. N’hésitez pas à consulter mon article sur les sports outdoor dans le Vercors pour en savoir plus.
Le col de la Bataille et le plateau d’Ambel : randonnée et canirando
Rares sont les routes permettant de monter dans le Vercors. L’autre porte du Vercors drômois côté Ouest, côté Valence, c’est le col de la Bataille. Pourquoi ce nom de Bataille ? Etaient-ce des moines catholiques en bisbille pour la gestion des terres, des huguenots opposés à l’Eglise, ou tout simplement les vents de Bouvante au nord et d’Omblèze au sud venus guerroyer sur ces grands espaces ouverts et battus aux quatre bourrasques ? Toujours est-il que la route du col de la Bataille, culminant à 1336m, est grandiose et épique, souvent en proie aux nappes de brume et aux vents violents. Attendez une belle journée pour explorer le bijou du col de la Bataille, le sublime plateau d’Ambel.
Randonnée sur le plateau d’Ambel
Pour en faire le tour complet, la randonnée du plateau d’Ambel vous fera parcourir une vingtaine de kilomètres, en passant par la Tête de la Dame, sommet emblématique en bord de plateau offrant une vue sublime sur ses immensités, jusqu’à la jonction avec l’autre alpage mythique du Vercors sud, Font d’Urle (à découvrir plus bas dans cet article). C’est une superbe marche sans trop de dénivelé qui vous emmène au cœur des alpages, entre troupeaux, lys martagon et vol des grands rapaces. Vous êtes dans un parc naturel régional et une zone de pastoralisme, respectez bien la règlementation. Les chiens, tolérés en hiver, ne sont plus autorisés sur le plateau d’Ambel durant toute la période de pâturage des troupeaux. De début juin et jusqu’à fin octobre, vous ne pouvez pas emmener votre chien, en raison des troupeaux et patous sur l’alpage.
Lys martagon sur le plateau d’Ambel
Mais en mai au moment de notre venue, ils l’étaient encore, et cela nous a permis de vivre une expérience magique sur le plateau d’Ambel : une canirando.
Cani-randonnée sur le plateau d’Ambel dans le Vercors drômois
Connaissez-vous la cani rando ? C’est une activité de pleine nature que je trouve vraiment ludique et exaltante : vous randonnez harnaché avec un chien de traîneau, qui suit son instinct et va de l’avant, et vous encourage à marcher avec dynamisme et entrain ! Nous étions avec Max Cimes dans le Vercors drômois, prestataire passionné et amoureux de ses chiens, et j’ai adoré cette expérience. Un chien câlin et enthousiaste, un paysage grandiose, celui du plateau d’Ambel, une belle oxygénation en pleine nature dans un des sites les plus emblématiques du Vercors drômois.
En été, quand le plateau d’Ambel est interdit aux chiens, Max Cimes propose d’autres parcours dans le Vercors drômois, du côté de Bouvante, n’hésitez pas à le contacter pour une belle canirandonnée avec un prestataire attentif et passionné.
Les gorges d’Omblèze, porte du Vercors drômois
Entre Omblèze et Bouvante, le plateau d’Ambel surplombe les mythiques gorges d’Omblèze. Ce canyon saisissant est un petit peu le point de bascule entre le Vercors Est, côté Diois, et le Vercors Ouest, côté Royans. Je vous parlais plus longuement des gorges d’Omblèze dans mon article consacré au Diois : par la présence de la chute de la Druise, la plus belle cascade du Vercors à mes yeux, de plus de 600 voies d’escalade, et de la mythique auberge historique du Moulin de la Pipe, elles sont un site iconique du Vercors drômois.
Chute de la Druise
L’abbaye de Léoncel
Vercors magique, Vercors contemplatif. Ses grands espaces à perte de vue bruissent de légendes et de liberté ; ses havres de paix invitent à puiser au cœur du rocher sa propre lumière intérieure… telle cette douceur qui inonde l’abbaye romane de Léoncel.
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Avant de monter dans le Vercors par la route du Col de la Bataille, faites halte à Léoncel. A la croisée des chemins et là où les sources jaillissent, cette abbaye cistercienne fut un refuge pour les voyageurs harassés par la traversée des immensités hostiles du Vercors. Au pied des hauts plateaux, dans une combe plus douce et irriguée, cette très belle église romane fut un lieu de vie, d’agriculture et de prière durant des siècles de vie monastique. Elle reste un lieu de lumière et de sérénité.
Je l’aime aussi beaucoup en hiver, quand la neige l’auréole de blancheur…
L’abbaye de Léoncel en hiver
Randonnée à Font d’Urle, alpage et falaises du Vercors drômois
Font d’Urle ? C’est un des sites les plus emblématiques du Vercors drômois. A deux pas de la station de ski nordique et activités quatre saisons du même nom, cet immense plateau offre des vues grandioses sur les immensités du Vercors, avec sa barrière de crêtes au loin. Marcher sur Font d’Urle et voir au loin se découper Grand Veymont (point culminant du massif à 2300m) et Grande Moucherolle par-delà les immensités herbeuses a quelque chose d’hypnotique. L’alpage vient s’arrêter sur d’immenses falaises abruptes, qui lui donnent cet air lunaire et solennel de dernier repaire des hommes avant l’échappée vers les contrées inconnues.
Royaume des marmottes, Font d’Urle est aussi le pays des curiosités géologiques. Avec Nicolas, écogarde drômois, nous suivons le sentier du karst, un magnifique chemin de randonnée familial et accessible aménagé au cœur du plateau. En le suivant, vous découvrirez toutes les étrangetés de Font d’Urle, les arches, les grottes, les lapiaz, ces caprices minéraux qui racontent l’histoire tourmentée d’un massif qui fut autrefois le fond de l’océan primitif Téthys, et qui se dresse aujourd’hui avec toutes ses strates de coquillages et de sédiments chthoniens.
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Amis voyageurs qui recherchez où observer les jonquilles dans la Drôme, Font d’Urle est une très belle destination fleurie. Début mai, le plateau se couvre de beautés jaunes épanouies.
Merveilles fleuries de Font d’Urle
Comme toujours, n’oubliez pas que vous êtes dans un site exceptionnel, à la fois par sa beauté naturelle et sa richesse pastorale. Ne cueillez pas les fleurs, ne faites aucun feu, ne laissez aucun déchet, ne dérangez pas les marmottes (et ne les nourrissez surtout pas), et n’oubliez pas : comme sur le plateau d’Ambel, les chiens sont interdits du 1er juin au 31 octobre, en raison de la présence des troupeaux.
Combe Laval et les routes du vertige du Vercors
Quand la route est en elle-même une destination… avez-vous déjà roulé sur les routes panoramiques du Vercors ? Ce massif légendaire, véritable forteresse de pierre et citadelle de rêve, est traversé par des routes spectaculaires, taillées à flanc de falaise. La route de Combe Laval, qui débute à St Jean en Royans et monte jusqu’au col de la Machine, en est un sublime exemple. Creusée à même la roche par le travail acharné des hommes, cette route de virages, de tunnels, d’arches et d’à pics ne peut que parler à l’imaginaire. Elle est à l’image du Vercors : l’alliance d’une nature inouïe, du travail patient des humains, et du songe qui les lie. Au Col de la Machine, la vue sur le cirque de Combe Laval, véritable amphithéâtre naturel, convoque une légion d’histoires et de mythes. Le Vercors vous envoûte, virage après virage.
Si vous souhaitez savoir ce que recèle le cirque de Combe Laval vu d’en bas, je vous donne rendez-vous dans cet article consacré aux cascades secrètes du Vercors : vous verrez les vasques et cascades de Combe Laval, et le monastère orthodoxe Saint Laurent, disciple du Mont Athos, qui cultive le silence et l’isolement dans les solitudes sublimes du Vercors drômois.
Le col de la Machine et l’hostel Quartier Libre
Pourquoi le col de la Machine ? Car le sommet du cirque de Combe Laval a abrité pendant des décennies une « machine », sorte de monte-charge avec poulie et tyrolienne, pour descendre le bois jusque dans le Royans. C’était avant la construction de la route de Combe Laval, à l’époque où les villages du Vercors étaient autant d’îlots esseulés dans un océan de pierre. Vous en verrez les vestiges au beau point de vue sur le cirque.
La beauté de Combe Laval
Nous avons dormi au col de la Machine à l’Hostel Quartier Libre, une adresse très sympa et chaleureuse au cœur de la montagne, avec une vue imprenable sur Combe Laval. Autrefois hôtel historique détenu par la même famille depuis des générations, Quartier Libre a été repris par un projet original et novateur. Mêlant dortoirs et chambres privées, de grands espaces de jeux et un resto offrant une cuisine locale ancrée dans le terroir – une « coopérative buissonnière » en circuit court –, Quartier Libre incarne pleinement l’esprit Vercors : liberté, ruralité, créativité. Nous avons beaucoup aimé cette adresse abordable qui séduira autant les familles que les couples et les bandes de copains.
De la Bourne à l’Isère : Saint-Nazaire-en-Royans et son aqueduc
Dans le Vercors, l’eau ne reste pas en surface, elle traverse les hauts plateaux, s’achemine vers les profondeurs, et s’amasse après un long parcours souterrain dans les gorges, les rivières et les grottes. En se frayant un chemin, l’eau a sculpté ces paysages de canyons inouïs, les gorges de la Bourne, du Nan, du Furon ou encore d’Omblèze, qui sont emblématiques des beautés du Vercors. Le Royans offre plusieurs visions majestueuses de cette lutte perpétuelle entre eau et rocher. Côté Isère à Pont-en-Royans, ce sont les maisons suspendues au-dessus des gorges de la Bourne. Et à Saint-Nazaire-en-Royans côté drômois, ce sont l’aqueduc et les croisières fluviales qui incarnent cette poésie de l’eau en mouvement. Edifié en 1876, l’aqueduc de Saint-Nazaire-en-Royans enjambe la Bourne et le village à 35 mètres au-dessus du sol, et il se visite.
Je vous recommande vraiment de visiter l’espace muséographique Royans-Vercors, passionnante exposition dans l’histoire et les curiosités du massif, et de prendre l’ascenseur pour monter sur l’aqueduc. La vue sur les crêtes du Vercors, les gorges de la Bourne, le village et la rivière est majestueuse.
Croisière fluviale sur la Bourne depuis Saint-Nazaire-en-Royans
Envie d’être transporté sur les rives du Mississipi dans les années 1880, sur un steamboat à l’embouchure de la Louisiane ? La croisière fluviale de Saint-Nazaire-en-Royans cultive cette atmosphère délicieusement rétro, avec un bateau à aube rouge et blanc dans un style qui nous évoque le sud américain.
Le bateau à aube de St Nazaire en Royans
Riches en oiseaux et en poissons, couvertes de roseaux et de criques mystérieuses, les rives sauvages de la Bourne n’évoquent-elles pas un peu les bayous ? Plongez dans cette atmosphère évocatrice en remontant la Bourne jusqu’à l’Isère. Côté Bourne, c’est le paradis de l’observation naturaliste : on guette les hérons, les ragondins, les oiseaux qui nichent dans cette rivière réserve de biodiversité.
Puis la Bourne se jette dans l’Isère, et c’est le patrimoine qui retient toute votre attention : les tuiles vernissées des beaux villages du Royans, et le passage par le Jardin des Fontaines pétrifiantes, magnifique curiosité sur la rive iséroise.
Le bateau marquait autrefois l’arrêt au Jardin des fontaines pétrifiantes, ce n’est plus le cas aujourd’hui : il vous ramène à Saint-Nazaire. Mais vous pouvez tout à fait compléter votre visite du Royans sur la rive iséroise par deux heures dans ce jardin remarquable, qui est un des plus beaux de la région à mes yeux. Ici, l’eau chargée de calcaire pétrifie peu à peu la mousse, sculptant d’impressionnantes concrétions qu’on nomme tuffières : le tuf, c’est cette roche très légère, alliage de calcaire et de végétaux minéralisés, qui crée de fabuleux décors. Moi qui suis amoureuse des tuffières depuis ma visite de la grande cascade de Digne-les-Bains, j’ai été émerveillée par l’atmosphère féerique du jardin des fontaines pétrifiantes, entre cascades de tuf grandioses, curiosités biologiques, fleurs rares et installations artistiques. Une virée à la fois belle, ludique et apaisante, du côté isérois du Vercors dans la région de Saint Marcellin.
Le jardin des fontaines pétrifiantes
Et si vous vous êtes pris de passion pour les fontaines de tuf, sachez que vous pourrez en admirer de belles à Pont-en-Royans au coeur du village, à côté de la grotte de Choranche, et à la Cascade verte à Sainte Eulalie en Royans. Il est temps de vous parler des cascades du Vercors !
Cascades du Vercors drômois
Chute de la Druise, cascade verte, cascade blanche… le Vercors drômois regorge de cascades fabuleuses. J’en évoquais plusieurs dans mon article consacré aux plus belles randonnées en Vercors. A Sainte-Eulalie-en-Royans, la cascade blanche offre une promenade facile et accessible vers un site de toute beauté, un rideau blanc comme un voile de mariée qui vient se jeter en pleine forêt dans un cadre de toute beauté. Une jolie balade !
La cascade blanche
Escalade & via corda à Saint Martin en Vercors
Dans le Vercors drômois, l’aventure est à portée de doigts : les falaises et les crêtes de ce massif légendaire invitent à se dépasser pour vivre plus intensément, par exemple sur la via corda vertigineuse de St Martin en Vercors. Après avoir découvert l’escalade sur les somptueuses falaises de Presles, et apprécié plusieurs via ferrata drômoises, par exemple celle de Buis-les-Baronnies, j’ai trouvé le parfait mélange des deux. La via corda de Saint Martin en Vercors, cocktail parfait entre la via ferrata et l’escalade en grande voie. Elle se parcourt encordé, avec du matériel d’escalade et un assurage mutuel – une très belle façon d’apprivoiser le vide de façon sécurisée. Attention, il faut forcément être deux au moins, et accompagné de quelqu’un qui maîtrise les techniques d’escalade en grande voie et de rappel. Marion et moi étions guidées par Nico, adorable moniteur de l’équipe Rêve de cimes, qui adore les insolites – la dernière fois que je l’ai vu, c’était pour descendre en rappel la tour de Crest, le plus haut donjon de France ! Passionné, chaleureux, amoureux de son massif, il est un fabuleux guide pour explorer le Vercors à la verticale. J’ai adoré cette via corda où on apprivoise le vertige et profite des vues sublimes sur les crêtes du Vercors.
Voici un petit aperçu de cette aventure saisissante en vidéo, filmée par le drone de Pauline !
Le Vercors est magique en toute saison. De grandes aventures dignes de la haute montagne nous attendent dans ce massif à l’altitude modeste mais aux reliefs spectaculaires et à l’atmosphère unique. En hiver, j’ai adoré revenir sur le plateau d’Ambel et monter en raquettes à la tête de la Dame dans une atmosphère de burle et de glace somptueuse.
Au Grand Echaillon, j’ai joué à faire de la luge sur le parcours aménagé, et je me suis régalée à chercher les plus beaux points de vue lors d’une randonnée en raquettes majestueuse.
A Vassieux-en-Vercors, paradis des mushers qui y ont établi de nombreux camps de chiens de traîneau, j’ai adoré partir explorer la forêt hivernale avec les jappements joyeux des chiens nordiques – plus d’infos dans mon article sur le Vercors en hiver.
En tant que drômoise, je suis très fière de savoir qu’une montagne aussi merveilleuse fait partie de ma maison. Le Vercors drômois est une sublime aventure.
Le musée de la préhistoire du Vercors
A Vassieux-en-Vercors au milieu des forêts, dans une nef de bois clair qui laisse la part belle à la lumière verte et à la vue sur les crêtes, le musée de la préhistoire propose une fascinante promenade à travers le temps. J’ai été fascinée par la découverte des plateaux du Vercors au fil du temps, les transformations du paysage, les vagues de population animale et humaine venant successivement traverser et occuper ce territoire unique. Après une plongée dans les temps lointains de la préhistoire, à l’heure où la Téthys primitive recouvrait le Vercors d’ammonites et autres créatures aquatiques, le musée retrace 50 000 ans d’occupation humaine, des premières incursions de Néandertal et Cro Magnon au Paléolithique jusqu’aux primo-agriculteurs du Néolithique, en accordant une grande importance aux chasseurs du Mésolithique. Car il faut savoir que ce Musée magnifique est installé sur le site d’un atelier de taille de silex, abandonné il y a 4500 ans par des artisans-tailleurs, et préservé tel quel : une des salles du musée est un site archéologique saisissant qu’on surplombe dans une superbe scénographie. Vassieux-en-Vercors a été un site majeur de taille du silex, et les découvertes archéologiques faites ici sont exceptionnelles. Nous avons eu la chance d’assister à un atelier de taille de silex, le plus authentique et proche de la réalité historique possible, réalisé par un grand passionné. L’impression déroutante de remonter le temps…
Les producteurs du Vercors drômois
Ma Drôme est résolument une terre d’agriculture. Des vergers fleurissant dans les plaines sur les rives du Rhône aux territoires escarpés où on cultive le pastoralisme, la Drôme toute entière est rurale, nourricière, et ancrée dans une tradition très forte d’agriculture familiale et artisanale. Dans le Vercors, agriculteurs et artisans font vivre un terroir de montagne authentique et de qualité, et le réseau des Fermes du Vercors permet d’aller à leur rencontre.
Drôme, terre de saveursP’tit dej du Vercors drômois aux cabanes de Carpat
La ferme de Roche Rousse à Saint-Martin-en-Vercors
Quel bonheur d’arriver en fin d’après-midi à Saint-Martin-en-Vercors et de voir le chapelet de vaches rentrant des alpages vers l’étable où elles passeront la nuit, dans un merveilleux tintinnabulement de cloches ! La ferme doit son nom aux falaises qui la surplombent, de spectaculaires parois (celles où nous avons pratiqué escalade et via corda) tintées d’ocre par différents oxydes minéraux : Roche Rousse. Nous sommes en zone montagneuse, à 800m d’altitude, et les vaches pâturent tout l’été une herbe de prairie alpine riche en fleurs, qui donne au lait son bon goût fruité. A Roche Rousse, on fabrique les deux fromages emblématiques du Vercors : l’IGP Saint Marcellin, et l’AOP Bleu du Vercors-Sassenage, deux spécialités au lait de vache qui font la fierté du massif. On fabrique aussi le Roche Rousse, un pâte dure à la croûte roussie savoureux et fruité, des faisselles, des yaourts et des confitures. J’ai beaucoup aimé la rencontre avec les vaches amicales et avec les producteurs passionnés, la visite de l’atelier de fabrication des fromages et des caves où ils vieillissent dans la pénombre, faisant mûrir leurs arômes délicats. Une halte délicieuse !
La ferme de Roche Rousse
La Savonnerie l’Atelier de la Source : le vrai savon
Les fleurs de Saint-Martin-en-Vercors ne font pas que nourrir les vaches, elles alimentent les cueillettes de Virginie, savonnière artisanale et passionnée à l’Atelier de la Source. Virginie et son époux Eman se sont installés au cœur du Vercors pour bâtir une nouvelle vie plus authentique, en contact permanent avec la nature exceptionnelle de ce pays de montagne et de liberté. S’intéressant à la cosmétique naturelle, Virginie se forme avec rigueur et engagement à la vraie saponification à froid, dont les vertus sont incomparables. Pédagogue, scientifique et passionnée, Virginie prend le temps de nous expliquer les différentes méthodes de saponification, le processus de fabrication du savon marseillais classique, qui est cuit, des gels douche, et du vrai savon à froid traditionnel, dont le processus est beaucoup plus lent, plus coûteux car il exige patience et une grande rigueur, mais dont les qualités pour la peau sont sans commune mesure avec les autres. J’ai été séduite par la grande douceur de Virginie, mais aussi par le sérieux de sa démarche : il ne suffit pas de vouloir faire de la cosmétique naturelle, il faut s’en donner les moyens, et on sent que le couple a mis toute son expérience et son intelligence au service du procédé. En résulte une gamme d’une qualité exceptionnelle : des savons naturels à la cendre et à la soude enrichis par les plantes issues des cueillettes de Virginie, dont les propriétés ne sont pas détruites par la cuisson. Outre les savons, Virginie propose des baumes, et autres cosmétiques élaborés dans une démarche de respect et de rigueur qui impressionne. J’ai déjà eu le plaisir de rencontrer des artisans en cosmétique naturelle, mais personne ne m’a donné autant envie de m’y mettre que Virginie. Je vous recommande vraiment de participer à son atelier de découverte : vous apprendrez énormément de choses, vous passerez un beau moment de partage et de convivialité, et vous repartiez avec des produits de grande qualité.
Les noix et les cabanes perchées du Jardin de Carpat
Comme une coquille de noix, le Vercors drômois regorge de recoins secrets, comme ces cabanes de Carpat féeriques où on retombe en enfance à Saint Jean en Royans. L’autre grande spécialité du Vercors Ouest, c’est la noix de Grenoble AOP, dont le bassin de culture s’étend entre Drôme, Isère – la région de Saint Marcellin est le cœur de la zone de production – et la Savoie, tout au long de la vallée du Grésivaudan. Le réseau des Fermes du Vercors nous conduit à des boutiques de produits artisanaux du terroir, et c’est un plaisir de découvrir les Jardins de Carpat, où Laure et Renaud produisent en bio noix de Grenoble, safran et plantes aromatiques. Leur jolie boutique fait la part belle aux produits d’autres artisans du terroir, et propose de parcourir le Vercors en saveurs : cartes et images accompagnent la présentation des produits, et les ancrent dans leur terroir.
Mais Laure et Renaud proposent aussi aux voyageurs les cabanes de Carpat, deux cabanes arboricoles aménagées au cœur de la forêt à deux pas de la ferme, dans un cadre naturel magnifique à Saint-Jean-en-Royans, à deux pas de la route de Combe Laval, de l’aqueduc de Saint-Nazaire et de la cascade blanche à Sainte-Eulalie. C’est un beau camp de base pour sillonner le Vercors drômois, et ces cabanes ravissantes offrent une expérience insolite au pays des contes de fées. J’ai adoré ces décors à la Hansel et Gretel, qui m’ont évoqué Boucle d’Or et les trois ours, ou encore les aventures de la Fée Clochette…
Mon plus gros coup de cœur aux Jardins de Carpat, c’est le petit-déjeuner ! Laure nous avait préparé un petit dej absolument exceptionnel, 100% local et artisanal, avec pogne de Romans, confiture maison, petits fromages du Vercors, noix de la ferme, fruits de la région, des yaourts artisanaux… un régal absolu ! Dormir et manger chez des producteurs, cela fait toute la différence… croquez le Vercors !
Bonnes adresses dans le Vercors drômois : où dormir, où manger ?
Je vous ai parlé dans cet article de deux belles adresses où dormir dans le Vercors drômois : l’Hostel Quartier Libre au Col de la Machine au-dessus de Combe Laval, excellent camp de base abordable et sympathique pour explorer la région, et les Cabanes de Carpat pour une nuit insolite, une petite parenthèse romantique en amoureux ou en famille.
Côté restaurants, j’ai eu un coup de cœur pour le resto Rome à Saint-Nazaire-en-Royans. Suspendu à mi-hauteur de l’aqueduc, offrant de très belles vues sur la Bourne avec ses larges baies vitrées et ses balcons de charme, il propose une cuisine locale soignée et savoureuse, qui fait la part belle à la grande spécialité du Vercors ouest, la raviole du Royans, aux truites, aux noix… bref, un savoureux repas 100% Vercors dans un cadre lumineux, avec un service attentionné !
Délices du Vercors au beau resto Rome à Saint-Nazaire-en-Royans
Le mois de mai, où nous avons réalisé notre reportage, était frais, et entre deux randonnées, nous avons eu besoin de nous réchauffer. Nous avons eu l’immense bonheur de tomber sur le café – librairie – cave à vins Les Espelines à Vassieux-en-Vercors, qui a été un vrai coup de cœur ! Accueil chaleureux et convivial, atmosphère unique, vous vous sentez immédiatement bien dans cette librairie à coup de foudre où la sélection est si qualitative et intelligente que vous aurez envie de tout dévorer, entre livres spécialisés Vercors, romans originaux, romans graphiques et pépites insolites… Et vous pourrez déguster un bon café ou un vin (nous n’avons pas testé cette option, mais la cave semble sympathique !) pour accompagner votre lecture !
Le Vercors drômois, en photo et en vidéo
Cet article est le fruit non seulement des nombreuses explorations personnelles d’une drômoise amoureuse du Vercors, mais aussi et surtout d’un reportage réalisé pour la Drôme Tourisme en mai 2023, en trio, avec Marion Carcel alias Foehn Photographie à la photo, et Pauline Filippelli à la vidéo. La grande majorité des photos de cet article sont l’œuvre de Marion. Les vidéos de Pauline sont toutes à retrouver ici : le Vercors drômois en vidéo.
Marion, Pauline et moi : trio de créatrices passionnées au col du Rousset
Continuer à explorer le Vercors et la Drôme
Vous avez envie d’en savoir plus sur le Vercors, côté Drôme et côté Isère, et sur la Drôme en général ? Cela tombe bien, je suis littéralement obsédée par cette région sublime, et le blog Itinera Magica regorge d’articles, des Alpes à la Provence…
Pour continuer à explorer le Royans et le Vercors ouest toujours, mais cette fois côté Isère : direction Saint Marcellin Vercors Isère. Au programme, la grotte de Choranche, le grand séchoir de Vinay, les falaises de Presles, St Marcellin, Cognin-les-gorges, Pont-en-Royans…
Un des articles les plus lus de mon blog reste celui consacré à mes plus belles randonnées dans le Vercors, côté Drôme et Isère. Je vous propose aussi de partir à la découverte desactivités outdoor en Vercors(parapente, spéléologie, canirando, trottinette de descente, VTT…) dans cet autre article. Enfin, mon article consacré aux cascades du Vercors vous fera notamment descendre dans Combe Laval.
Continuez dans le Vercors côté Est, et découvrez mon article consacré au sublime pays diois. La région de Die et sa clairette, les lavandes de Chamaloc, les balcons du Mont Aiguille, la majesté de Châtillon-en-Diois, classé parmi les plus beaux villages de France, le stupéfiant chaos rocheux du Claps, le Jocou ou encore le vallon de Combeau vous y attendent. C’est une région grandiose.
Si vous descendez côté vallée de la Drôme, de merveilleuses aventures vous attendent aussi : l’iconique randonnée des Trois becs, la descente de la Drôme en kayak à Saillans, ou encore le merveilleux village de Saou, célèbre pour son festival de musique classique « Saou chante Mozart », ses voies d’escalade prodigieuses, et ses champs de lavande au milieu des montagnes. Outre mon propre récit, vous pouvez aussi retrouver le très bel article de mes amis Lydie et Maxime sur les incontournables de la vallée de la Drôme. Je continuerai à raconter ma Drôme, n’hésitez pas à vous abonner à la newsletter.
Connaissez-vous le Vercors drômois ? Je vous propose d’explorer l’Ouest du Vercors, le pays du Royans, de Font d’Urle et de Combe Laval, en trois minutes de vidéo immersive et sensible.
Terre d’histoire et de légendes, citadelle de rêve et de pierre, le Vercors a été sculpté non seulement par l’eau et le vent usant la roche, mais aussi par les mains des hommes et des femmes qui travaillent son terroir singulier. Agriculteurs, artisans, guides, autant de passionnés qui font vivre ce massif où souffle un puissant vent de liberté.
Sur les alpages et falaises de Font d’Urle dans le Vercors drômois, photo Marion Carcel Foehn Photographie.
Le Vercors drômois : 3 min de vidéo entre terroir et hauts plateaux
Du col de Rousset aux alpages et falaises de Font d’Urle, de l’abbaye de Léoncel au cirque de Combe Laval, de l’aqueduc de Saint-Nazaire-en-Royans aux crêtes de Saint-Martin-en-Vercors, nous vous proposons une immersion au cœur de cette forteresse de pierre et de magie, en passant par les fermes, les savonneries, les cabanes et les noyers et en prenant les plus beaux virages des routes panoramiques. Cascades et canirando, fromages et grimpeurs, silex et fleurs, tous font l’âme de ce massif si singulier. Le Vercors, on l’explore encore et encore, et on y vit plus fort. Venez avec nous là-haut, sur les grands espaces des hauts plateaux…
Je vous propose de découvrir cette belle vidéo réalisée par Pauline Filippelli pour La Drôme Tourisme, présentée par mes soins, et avec la participation de Marion Carcel. Photographe originaire du Vercors, Marion est également l’autrice de toutes les photos de ce beau reportage.
N’hésitez pas à sélectionner (avec la petite roue des paramètres) la qualité 1080p pour voir la vidéo en pleine qualité HD.
Nous avons eu le plaisir de travailler en trio pour ma Drôme chérie, avec Marion Carcel alias Foehn Photographie à la photo, Pauline Filippelli à la vidéo, et moi tenant la plume et les réseaux. C’était un bonheur d’œuvrer avec ces amies et collègues passionnées à la promotion de ma région adorée. Merci à La Drôme Attractivité de nous avoir fait confiance !
Aux manettes de ce reportage : Pauline à la vidéo, moi au blog et aux réseaux, Marion à la photo.
Le Vercors en vidéo : petits instantanés de voyage dans la Drôme
Pauline a également réalisé deux « capsules » (vidéos de format vertical, plus courtes, destinées à être postées notamment sur Instagram) célébrant la beauté du Vercors drômois. Je vous propose de les découvrir ici.
Dans cette première vidéo : Font d’Urle, les fromages de Roche Rousse, l’aqueduc de Saint-Nazaire en Royans, la cascade blanche, Combe Laval et sa route spectaculaire.
Dans cette seconde vidéo: le Col du Rousset, les Cabanes de Carpat, la canirando sur le plateau d’Ambel, la savonnerie l’Atelier de la source, la via corda de Saint Martin en Vercors.
A suivre très bientôt sur Itinera Magica : l’article de blog détaillant toutes nos expériences dans le Vercors drômois. N’hésitez pas à vous abonner à la newsletterpour ne pas le manquer !
Continuer à explorer le Vercors et la Drôme avec une blogueuse drômoise
En attendant de lire mon article consacré au Vercors drômois côté Ouest – la région de Font d’Urle, de Combe Laval, du Royans et des gorges d’Omblèze -, je vous propose d’autres échappées montagnardes dans ce massif magique. En tant que blogueuse drômoise vivant aujourd’hui entre Montélimar et Grenoble, folle amoureuse des Alpes et de la Provence, le Vercors est au coeur de ma vie. Il est mon horizon à chaque voyage en train, à chaque rando, dans chaque rêve. Très attachée à ma région, j’ai eu le plaisir de rédiger de nombreux articles invitant à explorer ce pays de beauté, de liberté et d’authenticité. J’espère que ces idées vous aideront à organiser votre voyage dans le Vercors, pour que vous puissiez, à votre tour, être émerveillé…
N’hésitez pas à me suivre sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram, où je partage chaque jour de nouvelles idées d’aventures. A très bientôt pour de nouvelles explorations dans ma sublime région !
Pauline, Marion et moi, heureuses dans le Vercors drômois
Connaissez-vous le pays d’Evian-les-Bains, de Thollon-les-Mémises, de la vallée d’Abondance ? Entre le lac Léman et les montagnes du Chablais, ce pays d’eaux et de fleurs surplombé par la majestueuse Dent d’Oche m’a émerveillée, entre douceur balnéaire sur les rives du lac et randonnées sur les sommets. Je vous propose l’itinéraire rêvé d’un long week-end au bord du lac Léman, entre Evian, Amphion, Thollon et Bernex, avec de belles adresses au bord du lac Léman à Evian-les-Bains, une superbe randonnée jusqu’au sommet de la Dent d’Oche, des parcours de promenade et découverte culturelle pour visiter Evian-les-Bains et les rives du lac, et des aventures nautiques sur le lac Léman avec la découverte du e-foil. Entre patrimoine et sports de pleine nature, incontournables et inédits, voici le programme d’un week-end parfait en Haute-Savoie, à la découverte du pays d’Evian et de la vallée d’Abondance.
A Thollon-les-Mémises, au-dessus du Lac LémanAu fil de l’eau du lac Léman à Evian-les-BainsAu panorama de Champeillant, face à la reine du Chablais : la Dent d’Oche.Lever de soleil au sommet de la Dent d’Oche
Le panorama de Champeillant, entre Evian-les-Bains et la Dent d’Oche
Bienvenue en Haute-Savoie, dans le massif du Chablais, à deux pas de la Suisse et au bord de l’océan intérieur des Alpes. Entre montagnes verdoyantes et immensité envoûtante du lac Léman, le plus grand lac d’Europe, immense réserve d’eau douce nourrie par les glaciers suisses, notre voyage est résolument placé sous le signe de l’eau. L’eau, au pays d’Evian-les-Bains, rythme la vie, l’eau du lac où voguent les voiliers rappelant les temps du commerce transfrontalier, et l’eau qui jaillit de la montagne, la célèbre eau d’Evian. Ici, au panorama de Champeillant, nous sommes sur un immense plateau qui fait partie de l’impluvium d’Evian. L’eau de pluie tombée des cieux savoyards s’infiltre dans ce sol rocheux, et sera filtrée et chargée en minéraux pendant près de quinze ans avant de rejaillir aux sources d’Evian. Le panorama de Champeillant est le paysage qui sculpte l’eau la plus célèbre du monde, et il est magnifique. Derrière moi, la Dent d’Oche, majestueuse pyramide élancée qui couronne le pays d’Evian et d’Abondance, 2221m de beauté vertigineuse. Son ascension sera le point d’orgue de notre beau séjour. Comme toujours, je retrouve avec un immense bonheur cette Haute-Savoie verdoyante, entre grands lacs faisant voguer les océans intérieurs du rêve et alpages fleuris du pays dont l’été n’assèche pas les couleurs. Une vague de beauté lacustre et une silhouette de vague rocheuse dressée derrière moi… ce beau voyage en pays d’Evian et de la vallée d’Abondance ne pourrait mieux commencer.
Au panorama de Champeillant, vue sublime sur la Dent d’Oche
Visiter Evian-les-Bains au fil de l’eau : du lac Léman à la Source Cachat
Evian-les-Bains est une ville d’eaux.
Avant même la découverte de l’eau d’Evian, une autre source attirait les curistes, celle de Publier-Amphion, d’où jaillit toujours une eau ferrugineuse à la buvette Maxima. Mais ce sont les eaux d’Evian, dont les vertus ont été découvertes par le marquis de Laizer en 1789, qui ont fait la renommée mondiale de la belle du lac Léman. Le marquis découvre que boire à la source Cachat (du nom de son hôte) l’a libéré de ses calculs rénaux. Et cette eau est douce en bouche, bien plus agréable que sa voisine ferrugineuse et sulfurée. Le succès guette Evian-les-Bains. Dès les années 1800, la ville thermale a attiré nombre de curistes en quête de bien-être. La source Cachat, qui coule en cœur de ville, continue d’évoquer cette genèse de l’eau la plus célèbre et la plus vendue dans le monde. Entre l’usine d’embouteillage et le tourisme (thermes, hôtels), Evian est le premier employeur du bassin aujourd’hui.
La source Cachat
L’eau du Léman, bien sûr, le plus grand lac d’Europe, véritable mer intérieure où la lumière change sans cesse. Marcher le long des rives du Léman à Evian-les-Bains, à Amphion, à Publier, est un émerveillement de tous les instants. Les miroitements de cette eau que ceignent fleurs et fontaines, les caprices de cet océan alpin qui passe du bleu turquoise au gris ardoise, ont inspiré nombre de poètes.
Visiter Evian-les-Bains : les jardins de Pré-Curieux
Mais visiter Evian-les-Bains, c’est aussi découvrir l’eau nourricière, l’eau des jardins de Pré Curieux. auxquels on accède en bateau seulement, et qui font découvrir au public les zones humides. Protégées par la convention de Ramsar depuis 1971, ces zones d’une exceptionnelle richesse écologique sont des réserves de biodiversité et d’oxygène. Aux jardins de Pré Curieux, on déambule parmi les nénuphars, les fleurs de prairie attirant les pollinisateurs et les canaux sculptant aux eaux joyeuses un parcours toujours primesautier et coloré. Au fil de la promenade, on découvre un incroyable hêtre pleureur, décuplé par les eaux du Léman et devenu gigantesque. C’est mon coup de foudre : cet arbre remarquable, hybride merveilleux dont la ramée offre une ombre incomparable, vient parachever de sa couronne verte l’atmosphère délicieusement romantique du jardin de Pré Curieux.
Au pays des nénuphars
En pratique : Comment visiter le jardin de Pré Curieux ? Aucun accès terrestre n’est possible, le jardin est situé sur une sorte d’île au sein du lac Léman. On y accède en bateau seulement. Vous achèterez vos billets (bateau + visite du jardin) au kiosque situé sur la rive du Lac Léman à Evian-les-Bains, près du casino.
Le charme d’Evian-les-Bains se conjugue au fil de l’eau, entre bateaux et jardins, sources et fleurs des flots… J’ai beaucoup aimé l’atmosphère de la coquette reine des eaux, au charme délicieusement rétro. Le joli slogan d’Evian-les-Bains, la beauté naturelle, lui sied à merveille !
Evian, depuis le bateau pour rejoindre Pré-Curieux
Visiter Evian-les-Bains : sur les traces d’Anna de Noailles le long du lac Léman
Connaissez-vous la poétesse la plus illustre du lac Léman, Anna de Noailles ? Non ? C’est bien dommage, car elle le mérite mille fois, mais ne vous en faites pas le reproche : l’histoire littéraire est parfois injuste avec les femmes, et Anna n’a pas la renommée qu’elle mérite. Anna de Noailles (1876-1933), c’était une comète incandescente. L’intensité de vivre, la puissance du sentiment d’être soi, l’amour insatiable du monde et de la beauté, la force de la passion brûlent dans ces œuvres en un sublime incendie qui me touche beaucoup. Son recueil « Le coeur innombrable » est superbe. Anna de Noailles « n’était pas née pour être morte », elle aurait voulu vivre toujours sur les bords du lac Léman, pays de son enfance et de ses heures les plus heureuses. Un de ses poèmes se nomme « Paradis à Amphion », c’est tout dire… mais aujourd’hui, nous la lisons hélas peu. C’est grâce à un article de mon amie blogueuse Audrey, originaire de la région d’Evian-les-Bains, que j’ai découvert combien le pays d’Evian, Amphion et de Publier était marqué par l’héritage d’Anna de Noailles. Alors, quand nous sommes partis en visite avec la passionnante Evelyne, guide du patrimoine qui propose parfois des visites costumées en Anna, je lui ai demandé de nous mener sur ses traces. Evelyne nous a d’abord conduit au parc du Miroir à Amphion, où un monument hommage à Anna porte ses mots : « Étranger qui viendra quand je serai morte contempler mon lac genevois / Laisse que ma ferveur t’exhorte dès à présent à bien aimer ce que je vois ». Puis, merveille des merveilles, au jardin votif Anna de Noailles à Publier, où cette somptueuse rotonde romantique porte les armoiries de la famille et commémore la mémoire d’Anna face au lac qu’elle aimait tant. J’ai été enchantée par ce lieu furieusement romantique, par cette rotonde aux allures de temple antique qui m’a rappelé ma visite de Weimar, où on fantasme une Italie romantique en terre germanique. Ce jardin est la petite Athènes savoyarde d’une rêveuse idéaliste qui a voulu faire de sa vie une œuvre d’art. La rumeur dit que le cœur d’Anna de Noailles reposerait ici, dans l’urne placée sous la voûte – c’est faux, le cénotaphe est vide, mais cela n’enlève rien au charme du lieu.
Sur les traces d’Anna de Noailles, à Amphion et Publier sur les rives du Lac Léman
Une visite touchante, émouvante, qui nous a aussi conduit aux sources sulfureuses et ferrugineuses d’Amphion-Publier (détrônées après 1789 par les eaux d’Evian, plus douces et agréables au goût) et aux carrières de Meillerie dont la pierre calcaire grise a bâti les murs de Genève. Aujourd’hui abandonnées, ces carrières ont produit durant des siècles un matériau de construction très reconnaissable et de grande qualité, qu’on retrouve partout sur les bords du lac Léman, comme par exemple au prieuré de Meillerie. Notre visite s’est achevée sur les rives de Meillerie, village savoyard ancien et petit port délicieusement rétro. J’ai adoré ce moment, partagé avec mon amie écrivaine Alice Dumas qui a adoré cette visite sur les traces d’un fantôme romantique. Evelyne nous a tous les trois passionnés et inspirés… et donné envie de (re)lire la flamboyante Anna de Noailles !
La beauté grise du Léman un soir d’orageVieux village de pêcheursLe petit port de MeillerieLa pierre des carrières a notamment édifié le prieuré de Meillerie.
Dormir au bord du lac Léman à Evian-les-Bains : une belle adresse
Notre premier soir à Evian-les-Bains. Nous sommes sur les rives du lac Léman, où filent les voiles de bateaux anciens comme des oiseaux blancs. Nous sommes à l’hôtel Les Cygnes, une institution d’Evian, hôtel de charme et de douceur depuis les années 1920. L’esthétique rétro de cet hôtel avec ses balcons boisés, son ponton, sa décoration de maison de poupée, ses vues sur le soleil tombant dans les eaux du lac, est irrésistible. Je me sens plongée dans une carte postale de la Belle Epoque. De l’autre côté de la rue, le spa de l’hôtel invite à une bulle de douceur, entre jacuzzi, sauna, hammam et soins attentionnés – je bénéficie d’un fabuleux massage shiro abhyanga opéré avec une grande délicatesse. Le bien-être coule de source à Evian-les-Bains, oasis de douceur au cœur d’une Haute-Savoie intemporelle.
L’hôtel Les Cygnes, tellement Belle Epoque
Le soir, les lumières s’allument sur le lac et le restaurant s’anime. Une cuisine locale, fraîche, pleine de saveurs, d’excellents poissons et un menu végétarien exquis. J’ai un immense coup de cœur pour cette tonnelle de glycines et de vignes sous laquelle nous mangeons au ras des flots, suspendus dans un cocon de verdure qui me rappelle l’Italie, les autres grands lacs transalpins. Lac Léman, lac de Côme ? Je ne sais plus bien, mon imagination saute de ponton en ponton à cloche-pied dans les grands lacs alpins devenus flaques colorées par les géraniums. Cette soirée à l’hôtel Les cygnes restera un de mes plus beaux souvenirs d’Evian-les-Bains.
Pontons et rêves….Le soir aux Cygnes
Cet hôtel idyllique est très à l’image d’Evian, son charme élégant de ville Belle époque qui a su perpétuer sa beauté. Nous voguons dans la douceur… dolce vita au fil de l’eau.
Randonner à Evian-les-Bains et Thollon-les-Mémises, au-dessus du Lac Léman
Envie de prendre de la hauteur et de s’offrir de fabuleux balcons sur le lac ? Je vous propose deux randonnées grandioses. Une facile et accessible à tous : les balcons du lac, à Thollon-les-Mémises. Et une plus ardue et exigeante : l’ascension de la Dent d’Oche, à Bernex.
La sublime randonnée de la Dent d’Oche
La dent d’Oche ? Une randonnée alpine, assez vertigineuse, qui me faisait rêver depuis des années : le panorama d’exception qu’elle promet peuplait mon imaginaire depuis longtemps. Et elle ne m’a pas déçue… Je garderai un souvenir très très fort de la Dent d’Oche, reine du pays d’Evian et d’Abondance, pyramide de 2222m trônant au-dessus du Léman.
La randonnée de la Dent d’Oche, mise en garde : Attention, l’ascension de la Dent d’Oche est une randonnée aérienne, qui demande de ne pas avoir peur du vide. Ce n’est pas de l’alpinisme, nous sommes toujours dans le territoire de la randonnée (pas d’encordement nécessaire), mais c’est ce qu’on appelle une randonnée alpine, assez aérienne, avec des passages équipés de câbles et échelles à escalader sur la dernière partie, très raide (les 1000 mètres de dénivelé se font sur un peu plus de 3km). L’office du tourisme du pays d’Evian et de la vallée d’Abondance recommande de la faire avec un guide. Geoffrey et moi avons déjà une bonne expérience de la montagne, par notre pratique régulière de la randonnée, de l’escalade et alpinisme, nous l’avons donc faite en autonomie, mais n’hésitez pas à faire appel à un guide si vous avez le moindre doute sur votre aisance dans ce type de terrain. J’avais mon casque avec moi (j’explique pourquoi plus bas), et je l’ai mis sur la dernière partie, craignant les chutes de pierre dans la cheminée. Nous avons rencontré au refuge des personnes sportives et en forme, mais qui n’avaient pas l’habitude du vide, et qui se sont fait une belle frayeur sur les cheminées de la dernière portion. Ce serait dommage de se faire peur ou mal ! Et la récompense au sommet vaut le détour. Attention, il est impossible de réaliser cette randonnée avec un chien (échelles vertigineuses).
La randonnée de la Dent d’Oche
Dénivelé : 987D+
Distance : 6,5km
Départ : La Fetiuère, Bernex
Le tracé GPX complet est à retrouver sur Visorando - nous avons suivi la « variante » pour la descente, afin de réaliser une boucle et non un aller-retour.
Vue sur le Mont Blanc en montant vers le refuge de la Dent d’Oche
La montée par les chalets d’Oche nous fait gagner en beauté au fil de notre ascension : le Lac Léman apparaît, scintillant dans la lumière de l’après-midi, et le Mont Blanc se révèle au loin. Le jour décroît et les bouquetins commencent à nous accompagner dans la lumière dorée. La dernière partie, bien raide et escarpée, équipée de chaînes et échelles, nous permet d’accéder au refuge de la Dent d’Oche…
Les bouquetins de la Dent d’OcheRencontre avec les bouquetins en montant vers la Dent d’Oche
Dormir au refuge de la Dent d’Oche
Au moment de notre séjour au pays d’Evian et d’Abondance, mon anniversaire était tout proche. Et un de mes plus beaux cadeaux, ce fut ce coucher de soleil merveilleux au refuge de la Dent d’Oche, quelques dizaines de mètres sous le sommet de la somptueuse reine du Chablais. J’ai partagé mon balcon panoramique avec deux bouquetins venus prendre ma place pour contempler l’immensité du lac Léman embrasée par le crépuscule. Un sunset hollywoodien, un moment de pure magie vécu en amoureux avec mon compagnon Geoffrey et avec des personnes adorables rencontrées au refuge. Le dîner est copieux et savoureux, et nous nous couchons tôt : le lever de soleil nous attend…
Panorama majestueux sur le lac Léman depuis le refuge de la Dent d’OcheLe plus beau coucher de soleil de mon été à la Dent d’Oche
Après un coucher de soleil hollywoodien et une nuit réparatrice au refuge, nous mettons le réveil 45 min avant le lever du jour. Le refuge est situé à une quinzaine de minutes du sommet, une ascension finale brève, bien raide et magnifique. Là-haut, l’aube est rose, puis l’aurore dorée. Le soleil émerge et c’est un déferlement de lumière. La vue sur le lac Léman au sommet de la Dent d’Oche est la plus belle que j’aie vue. Un moment d’immense beauté et de pure magie… presque mystique !
Lever du jour flamboyant
A la descente, après avoir de nouveau salué nos copains bouquetins, nous ferons halte à la ferme des Chalets d’Oche. Lait frais issu de la traite du matin, tomme de Bernex, fromage Abondance, tout est un régal. Le délice authentique du terroir savoyard ! Et la rencontre avec les vaches, tellement affectueuses et amicales, m’a enchantée : préparez vous à de grandes léchouilles râpeuses sur les sentiers de randonnée !
Joli petit dej aux Chalets d’Oche
Escalade à la Dent d’Oche ?
Grimpeurs, attention ! De nombreux sites web et topos anciens mentionnent la présence de voies équipées à la Dent d’Oche, sur la descente côté château d’Oche, après le refuge. Pour cette raison, nous sommes montés au refuge avec nos cordes, baudriers et casque… Les topos sont périmés : les voies ont été déséquipées. Vous imaginez la déception de mon pauvre Geoffrey, qui était monté avec 14 kilos de matos de grimpe sur le dos pour rien ! L’escalade à la dent d’Oche n’est possible qu’en trad (sur coinceurs), il n’y a plus de voies équipées.
Tant de matériel trimballé en vain… compatissons avec Geoffrey.
Nous sommes allés nous consoler dans un super resto traditionnel à Bernex : L’Ormeau. Cuisine savoyarde généreuse et ambiance chaleureuse !
L’Ormeau à Bernex
Randonnées et bonnes adresses à Thollon-les-Mémises, un balcon sur le lac Léman
Un fabuleux balcon sur le lac Léman, c’est ce qu’est la station de Thollon-les-Mémises. Par la télécabine, on accède sans effort à un panorama somptueux. Une vue princière sur le lac, le pays d’Evian, et la Suisse sur l’autre rive, dans un décor de sapins, de nappes de brume et d’eau étincelante nous y attend. Les plus courageux continueront la randonnée vers d’autres sommets : plusieurs itinéraires vous permettent d’accéder aux plus hauts points de la station. Mais pour profiter d’une petite randonnée sans aucune difficulté, vous pouvez choisir de marcher en balcon au-dessus du lac, à plat, avec des points de vue grandioses. Après notre aventure à la Dent d’Oche, nous avions envie de nous reposer et de profiter de la proximité du lac Léman. Ce jour-là nous avons choisi une promenade belle et facile sans dénivelé sur le chemin des crêtes, à contempler et à rêver.
Au terme de la balade, voici une bonne adresse à retenir absolument, un coup de foudre total : le restaurant Les balcons du lac, situé à l’arrivée de la télécabine. Ce restaurant panoramique nouvellement ouvert est EXCEPTIONNEL. Les grandes baies vitrées offrent une vue inouïe sur le Léman. J’avais l’impression de flotter dans une capsule spatiale, projetée en orbite dans un univers de splendeur alpine. Mais le restaurant ne se contente pas d’être beau, il est surtout succulent. Chaque plat que j’ai mangé était un festival de saveurs. Inouï, frais, original, créatif. Dès que je repasse par le pays d’Evian et d’Abondance, j’y retournerai, c’est certain !
Un moment suspendu aux Balcons du Lac
Une belle chambre d’hôtes savoyarde à Thollon-les-Mémises
Envie de prolonger le séjour à Thollon ? Je vous propose une chambre d’hôte au charme fou à 10 min de la station : Les Champs de Piolan, à St Paul en Chablais. Emilie et Olivier vous accueillent dans leur sublime maison à la montagne, tout de bois et de déco cosy du meilleur goût, en pleine nature. Leur gentillesse est immense et leur gîte somptueux. Au petit dej, tout est fait maison (excellents gâteaux, pâtisseries et yaourts d’Emilie, Olivier fait même son saucisson!), ultra local et savoureux. Nous avons eu plaisir à retrouver les fromages délicieux goûtés la veille aux chalets d’Oche, et les confitures aux fruits du Chablais. Une immersion savoyarde pleine de charme et d’authenticité, vraiment une adresse magique, entre luxe du cadre et convivialité de l’accueil ! Un énorme coup de cœur – nous nous sommes sentis chez nous dans cette famille adorable, et nous aurions adoré l’être pour de vrai : le chalet est vraiment de toute beauté.
Un cocon de douceur et de convivialité aux Champs de Piolan
Une bonne adresse resto à Thollon-les-Mémises : Emilie et Olivier des Champs de Piolan ne font pas table d’hôte, mais il y a de super restos à Thollon. Nous avons adoré le bar-restaurant Le XV, dans le village de Thollon-les-Mémises : bar chaleureux sur le thème du rugby et resto à la cuisine soignée et créative, avec un chef attentionné et un propriétaire adorable et accueillant. Un moment savoureux et très sympa.
Le XV
Aventure nautique sur le Lac Léman : tester l’e-foil à Saint Gingolph
Let’s surf! Pour notre dernier après midi au bord du lac Léman, nous avons vécu une aventure géniale : du e-foil (surf volant électrique)avec Glisscamp à Saint Gingolph.
On arrive sur cette plage lacustre magnifique, l’eau est claire et la vue superbe. Au ponton, Noël nous explique comment fonctionne le e-foil : une télécommande dans notre main permet de contrôler la vitesse, et il va falloir apprendre à gérer la position, l’équilibre et le « décollage » : à une certaine vitesse, le foil va se soulever au-dessus de l’eau et on va voler.
On apprend à apprivoiser la machine d’abord couché, puis à genoux, puis debout. C’est ludique tout de suite : on s’amuse dès la première minute. Je trouve que se lever est relativement facile (même si je pense que le stage de surf au Maroc chez mon père début août m’a aidée). Le plus compliqué, c’est de gérer le décollage : quand la planche se met à voler, c’est impressionnant et assez spectaculaire, et il n’est pas toujours facile de garder l’équilibre et une vitesse constante.
Les sensations sont fabuleuses. C’est plein d’adrénaline, c’est beau, c’est fun immédiatement. Même quand on ne parvient pas à se lever, c’est super même à genoux ! Et l’équipe de Glisscamp est adorable, super pédagogue et accueillante. Nous avons passé un merveilleux moment avec eux. Je vous encourage vraiment à essayer. Une belle expérience insolite à tenter sur les rives du Léman, la mer intérieure de Haute Savoie !
Ce séjour en amoureux au pays d’Evian et d’Abondance, entre le lac Léman et la dent d’Oche, Evian-les-Bains et Thollon-les-Mémises, m’a enchantée. Entre douceur et aventure, dolce vita lacustre et épopée alpine, un parfait cocktail…
Si vous souhaitez continuer à explorer la Haute-Savoie en été sur le blog passionné des Alpes Itinera Magica, pourquoi ne pas faire un tour du côté du lac d’Annecy, de Chamonix, en vallée du Giffre ou encore à Môle et Brasses ? Il y a tant à vivre dans cette région fabuleuse. N’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter, pour de nouvelles aventures alpines.
Merci à Lauren, aux offices de tourisme du pays d’Evian et de la vallée d’Abondance et d’Evian-les-Bains pour ce très beau séjour qui m’a permis de réaliser plusieurs rêves.
La Meije. Si j’avais un tatouage, ce serait elle. Elle me fascine infiniment. Reine du Dauphiné, dernier sommet majeur à avoir été conquis par des alpinistes – en 1877, près de 100 ans après le Mont Blanc ! -, elle a longtemps résisté aux assauts des ambitieux. Plusieurs Suisses et Anglais parmi les meilleurs alpinistes de leur époque l’ont déclarée imprenable, avant qu’elle décide enfin de s’ouvrir à trois Français. Ce fut une immense fierté nationale pour l’Oisans. Parfois la conquête d’une montagne change la vie de toute une vallée, et c’est ce qui s’est passé ici : cette victoire a transformé le destin de la vallée du Vénéon et de ses habitants. La Meije est la « montagne du destin » de l’Oisans, mais aussi et surtout la reine du Dauphiné : sa « Meijesté » la Meije. A titre personnel, mon ascension de la Meije orientale reste mon plus beau souvenird’alpinisme à ce jour, un moment de grâce pure et de défi personnel accompli qui m’a transcendée. J’aimerais prétendre un jour au Grand Pic et à la traversée intégrale des arêtes, lorsque mon expérience d’alpiniste me permettra d’oser ce défi. Alors je rêve, je rêve à la Meije et lui envoie des mots de passion et de révérence depuis tous les lacs dans lesquels elle se reflète… Cet article en forme de déclaration d’amour à la montagne vous raconte mon ascension de la Meije orientale, ainsi que de deux belles randonnées d’où vous pourrez admirer la silhouette majestueuse du Grand Pic. Il évoque la beauté des hameaux de La Grave, du jardin alpin du col du Lautaret, ou encore le touchant cimetière d’alpinistes de Saint Christophe en Oisans. Une plongée au cœur des Grandes Alpes, et d’un des massifs les plus emblématiques de la chaîne, avec la Meije pour ange tutélaire…
La reine Meije et ses glaciers, photographiée en chemin vers le refuge de l’Aigle lors de mon ascension de la Meije orientale en août 2021La Meije photographiée par mon amie Marion Carcel lors d’un bivouac hivernal au plateau d’EmparisLa Meije en automneLever de soleil au sommet de la Meije orientale : mon plus beau souvenir en montagne à ce jourSur les flancs de la Meije, dormir au refuge de l’Aigle
La conquête de la Meije : impossible n’est pas français
Sa Meijesté la Meije, reine du Dauphiné, dernier sommet majeur des Alpes à être vaincu, garde son aura particulière. Vous connaissez l’obsession des alpinistes pour la barre des 4000 mètres. Qui connaît la Meije sait combien cette marotte est vaine. La Meije n’atteint pas cette limite arbitraire – son Grand Pic culmine à 3983m. Pourtant, la monstresse aux dents tranchantes, corsetée d’immenses langues glaciaires fondant comme des corbeaux blancs sur les royaumes des hommes, est la plus terrible, la plus convoitée des montagnes du Dauphiné, sa reine. Vaincre la Meije fut un des plus grands exploits des alpinistes. On estime d’ailleurs que la traversée des arêtes de la Meije est une course bien plus difficile que l’accession au Dôme des Ecrins, le plus haut sommet du massif à 4102m. 4000 mètres ? Quelle importance. La puissance de la Meije ne se laisse pas réduire à une banale décimale de la circonférence terrestre. Son royaume n’est pas de ce monde : elle trône dans les cieux.
Au sommet de la Meije orientale, le royaume céleste
Pour comprendre ce que la conquête de la Meije a signifié pour la France, pour l’Oisans, et dans l’histoire de l’alpinisme, il faut lire le sublime roman d’Isabelle Scheibli,« Le roman de Gaspard de la Meije ». C’est un des plus beaux livres de montagne que j’aie lus, et je vous le recommande mille fois. Isabelle Scheibli nous ramène dans les années 1870, du côté de Saint Christophe en Oisans. Difficile d’imaginer la misère qui règne alors dans la sublime vallée du Vénéon, la lutte quotidienne des paysans montagnards contre un milieu hostile et violent, contre la faim, le froid, les avalanches et l’extrême pauvreté. Presque toute la montagne française est alors un milieu d’une grande âpreté, où personne ne vient vivre de son plein gré, et où on ne peut subsister qu’à condition d’y être né et d’avoir hérité de ses ancêtres le talent et la robustesse nécessaires à sa survie. Certaines vallées sont pourtant mieux loties que d’autres. Chamonixfascine l’aristocratie anglaise depuis la conquête du Mont Blanc par Balmat et Paccard en 1782, et un flot continu d’alpinistes, d’écrivains, d’artistes et de touristes assure une manne financière aux savoyards. En Oisans, massif plus pauvre et qui garde encore secrètes ses beautés touristiques, la vallée de la Romanche et le village de La Grave s’en sortent bien mieux que leurs voisins du Vénéon : la seule route reliant Grenoble à Briançon par le stratégique col du Lautaret passe par La Grave et assure quelques débouchés commerciaux aux paysans et artisans situés sur son tracé. Mais côté Saint Christophe en Oisans, la vallée est un cul de sac, à l’écart des routes commerciales et des flux d’argent.
La vallée du Vénéon
Pour affronter l’existence, il faut être courageux. Du courage, Pierre Gaspard, qu’on nommera plus tard Gaspard de la Meije, n’en manque pas. Paysan, chasseur de chamois, il conduit ses troupeaux toujours plus haut sur les flancs de la montagne monstrueuse qui jette son ombre sur les hameaux. Côté La Grave, on l’appelle la Meije – un mot occitan qui signifie « midi » et qui précise l’heure à laquelle le soleil à son zénith frappe son faîte. Côté Saint Christophe en Oisans, on l’appelle Le Bec des Peignes, à cause des étranges dentelures qui cisaillent sa silhouette reconnaissable entre mille. A force de conduire ses bêtes dans la montagne, Gaspard a acquis une connaissance intime de la montagne terrible, bardée de glaciers, qui crache ses avalanches et ses séracs sur les vallées. Il est monté plus haut que le commun des mortels sur les flancs de la monstrueuse reine, et connaît des chemins que tous ignorent. Au point de pouvoir devenir le guide d’un jeune alpiniste ambitieux…
La Meije telle qu’on la voit côté La Grave
En effet, la Meije s’est mise à intéresser les alpinistes en mal de conquête. Près de cent ans après que Balmat et Paccard furent parvenus au sommet du Mont Blanc, les aventuriers ont écumé les Alpes. Le Cervin, considéré comme l’un des sommets les plus ardus de tous, a été conquis en 1865 par une cordée comprenant Edward Whymper et Michel Croz, non sans verser de sang. Ce fut un des premiers grands drames de l’alpinisme, quatre hommes sur une cordée de sept trouvant la mort dans une effroyable chute à la descente de l’arête du Hörnli. Que reste-t-il encore comme trophées à arracher à la montagne ? La Meije, la reine invaincue du Dauphiné. A cette époque, les alpinistes commencent à oser s’éloigner de Chamonix, et découvrent peu à peu les montagnes des Ecrins. Mais la Meije résiste. Des Anglais, des Suisses, s’y cassent les dents. Coolidge atteint d’abord le Râteau, voisin de la Meije, puis le Pic Central, mais non le Grand Pic, le sommet véritable. Plusieurs grands alpinistes mènent des missions de reconnaissance, et déposent un « homme de pierre » à quelques centaines de mètres du sommet. Ils déclarent que personne ne saura aller plus loin. La Meije, disent-ils, est inaccessible.
Corsetée de glaciers, la Meije trône solitaire Coucher de soleil sur la Meije
Mais tous partent de La Grave, d’où on voit si bien le sommet. Pierre Gaspard, lui, est d’avis que c’est du côté de Saint Christophe en Oisans et du hameau de La Bérarde qu’il faut partir, que c’est de ce côté-là qu’il faut chercher la faille dans la montagne, la brèche qui forcera le siège de la forteresse Meije. Gaspard a besoin d’argent, mais il y a aussi autre chose dans son cœur – un sourd désir de reconnaissance, un patriotisme indicible. La Meije, il veut que ce soient les Français qui en viennent à bout. Et pourquoi pas, un homme de l’Oisans, mieux encore, un homme de la vallée du Vénéon, la vallée oubliée….
Pierre Gaspard, père et fils
La première ascension de la Meije, victoire pour l’Oisans
Ce seront trois hommes qui y parviendront, après plusieurs missions de reconnaissance et avec un incroyable courage et sens de la montagne. Gaspard de la Meije, le paysan-guide, chasseur de chamois et prince en haillons de la montagne, son jeune fils, nommé Gaspard, tous deux embauchés par leur jeune client, un aristocrate montpelliérain âgé de vingt-un ans seulement, Emmanuel Boileau de Castelnau, doté d’un véritable pied montagnard et du désir de triomphe propre aux jeunes hommes avides d’exploits. La cordée fait ses armes en réalisant la première ascension du Dôme des Ecrins, le plus haut sommet du massif, le 21 juillet 1877. Mais ce n’est qu’une mise en jambes pour la Meije. Le 16 août 1877, ils partent à l’assaut. Le 17, ils parviennent au sommet du Grand Pic, après un bivouac acrobatique et une ascension dont la difficulté vertigineuse a demandé une audace qui continue de forcer le respect – et tout particulièrement avec les moyens de l’époque, notamment les sabots percés de clous pour mieux accrocher les pentes quasiment verticales… Trois héros français inconnus, là où d’illustres guides et alpinistes suisses et anglais s’étaient cassé les dents. Quelle grande fierté nationale ! Et quel bouleversement pour la vallée du Vénéon, qui gagne soudain ses lettres de noblesse et devient une destination courue des alpinistes, offrant une source de revenus bienvenue aux guides, aux hôteliers, aux commerçants… L’émouvant cimetière des alpinistes de Saint Christophe en Oisans montre combien de familles entières de la région se sont jetées corps et âme dans l’alpinisme, devenant guides de génération en génération, de père en fils.
Monument en hommage à Pierre Gaspard de la Meije et aux guides du Vénéon, et tombe de Gaspard au cimetière d’alpinistes de St Christophe en OisansAu royaume des nuées, au faîte du Dauphiné
La conquête de la Meije et de ses voisins a continué. Les frères Zsigmondy réussissent la première traversée intégrale des arêtes en 1885. A Saint Christophe en Oisans, le merveilleux musée de l’alpinisme célèbre la mémoire de cette terre devenue une nouvelle Mecque du vertige. A La Cordée, hôtel d’alpinistes historique, résonnent les échos des exploits que le village a inspirés depuis 150 ans. On pourrait passer sa vie à explorer les montagnes de l’Oisans et les Ecrins. Et c’est bien ce que certains font. Les plus assidus, les plus amoureux, auront peut-être le privilège de reposer à Saint Christophe en Oisans, dans un des quatre grands cimetières d’alpinistes d’Europe… Cette rareté met le village sur un pied d’égalité avec Chamonix, Zermatt, Johnsbach en Autriche – sans oublier le cimetière de la Mère Eglise dans Le Dévoluy. Ils sont rares, les lieux où les tombes épousent la forme des montagnes, et disent un amour infini des cimes et de la proximité des cieux.
Emouvant cimetière des alpinistes à St Christophe en OisansLa Cordée, mythique hôtel d’alpinistes à St Christophe en Oisans
Mon ascension de la Meije orientale, un récit d’alpiniste novice
La Meije me fascine, mais je mesure parfaitement le chemin qui me reste à parcourir avant de prétendre à son Grand Pic et à la traversée intégrale des Arêtes. Bébé alpiniste depuis mon initiation en Vallée Blanche par la compagnie des Guides de Chamonix, j’ai depuis continué à explorer le vertige dans le Vercors, avec l’ascension du Mont Aiguille et la traversée des arêtes du Gerbier. Après avoir dormi au sommet du Mont Aiguille – le roi du Dauphiné à mes yeux, le tout premier sommet vaincu par les alpinistes en 1492, à l’aura mystique –, je rêve de m’approcher de la reine.
Une nuit sur le Mont Aiguille, roi du Dauphiné, au milieu des bouquetins. Après le roi, place à la reine…
A ma descente du Mont Aiguille, début août 2021, je ne rentre pas chez moi. L’adrénaline de l’ascension est encore dans mes veines, je ne ressens pas la fatigue et je veux rester en montagne. Je prends la route de l’Oisans, et encore toute ébouriffée par ma nuit dehors, je vais au bureau des guides de La Grave pour leur demander comment je peux m’approcher de La Meije. On me propose alors une course magnifique : la Meije orientale, avec une nuit au fabuleux refuge de l’Aigle. Le rendez-vous est fixé trois semaines plus tard, tout début septembre 2021. Je rentre chez moi avec des flocons plein les yeux et je m’astreins à un gros programme sportif. Je sais qu’une épreuve physique m’attend. Mais je n’ai que de l’excitation dans le cœur.
La fin août arrive. Après un sublime séjour d’été aux Saisies, où je me suis acclimatée en franchissant plusieurs fois la barre des 2000 mètres, je prends la plus belle route du monde, la route des Grandes Alpes. Dans la lumière de la fin d’été, la traversée des Cerces est d’une beauté indescriptible.
Août 2021, sur la route du Galibier. Après avoir quitté les Saisies, je prends la route de Villar d’Arène
Et en arrivant au col du Galibier, le plus beau col des Alpes à mes yeux, je la vois enfin : la Meije. Son grand pic darde dans le ciel crépusculaire. J’ai l’impression de venir en procession aux pieds de l’impératrice.
La Meije et les montagnes de l’Oisans, vues depuis le col du Galibier
Je dors dans un joli hôtel à Villar d’Arène, le Faranchin, d’où je contemple les pentes de la Meije au coucher de soleil. Le lendemain, je me réveille avec le cœur qui bat très fort. C’est le grand jour. Je retrouve mon guide, Philippe André. L’aventure commence.
Nous partons de Villar d’Arène, nous franchissons le Pont des Brebis et nous nous élevons vers la Meije. La longue ascension commence. Nous n’irons pas au Grand Pic, trop difficile pour moi, mais à la Meije orientale, le sommet Est de la Meije, offrant une vue grandiose sur le doigt de Dieu. L’ascension va s’étaler sur deux jours. Le premier jour est une épreuve d’endurance : 1800D+, avec le matériel d’alpinisme dans le dos. Notre pas est lent et constant. Nous respectons l’horaire et mesurons notre effort. En prenant de la hauteur, le ruban bleu du Vénéon se dessine à nos pieds. Au loin sur la montagne en face apparaît le lac du Goléon, et je me promets d’y revenir un jour en randonnée (je tiendrai promesse : cf la suite de l’article !). Vers 2300m, de sublimes edelweiss viennent réjouir mon cœur. Vers 2700m, c’est le face à face avec les aiguilles d’Arves, trois sœurs qui parlent elle aussi à mon cœur, sainte trinité de beautés savoyardes. Jusqu’ici, ce n’est « que » de la randonnée, longue et caillouteuse, mais sans obstacle technique.
Edelweiss sur les flancs de la Meije orientaleLa vallée du Vénéon en contrebasApparition des Aiguilles d’Arves
Ce n’est qu’autour de 2900m que les premières difficultés commencent. Nous nous encordons pour franchir des barres rocheuses. Un peu d’escalade, de niveau facile en soi, mais alourdie par le gros sac d’alpinisme, c’est comme si tout prenait plusieurs cotations. Soudain, la dernière barre franchie, la magie apparaît : le glacier du Tabuchet et au-dessus, le grand pic de la Meije, majestueux, auréolé de neige. Nous arrivons dans les royaumes de glace qui gardent la reine. L’émotion est très forte à cet instant. Elle est là, si proche. On chausse les crampons et on traverse le glacier, d’abord sur une vire rocheuse dénichée au sein des glaces par un guide ingénieux, puis au milieu des monstrueuses crevasses. C’est fascinant, c’est magnifique.
Apparition de la Meije, magique, majestueuseEffroi des glaciersMon guide Philippe André a gravi plus de 300 fois la Meije. Et sans lui, je ne serais jamais parvenue là-haut.
Le but de notre première journée ? Le refuge de l’Aigle, niché à 3400m, tout auréolé de mystère et de mythe… C’est ici que nous passons la nuit.
La nuit au refuge de l’Aigle, sur les flancs de la Meije
C’est un des plus beaux refuges des Alpes françaises, et c’est pour certains une fin en soi, une course d’alpinisme à part entière, puisqu’il faut surmonter 1800D+ et la traversée d’un glacier pour l’atteindre. Choisir l’ascension de la Meije orientale, c’est la promesse de passer une nuit au refuge de l’Aigle, juché sur le glacier en équilibre à 3400m d’altitude, et c’est déjà une récompense en soi. Quelle vision puissante, saisissante, que ce refuge qui semble flotter en équilibre au-dessus des classes. Après les premiers 1800 mètres de dénivelé du premier jour, l’arrivée au refuge est bienvenue. L’Aigle est comme suspendu entre crevasses et aiguilles, vertigineux et splendide.
Le refuge de l’AigleMinuscule refuge au coeur d’un monde de roche et de pierre Un véritable nid d’aigle…
A l’intérieur, une grande salle dortoir et cuisine, où nous mangeons puis dormons tous ensemble après s’être plongés dans des livres de montagne. Mon préféré de tous les temps est là, Les conquérants de l’inutile de Lionel Terray. Je découvre la BD Ailefroide, de Rochette, que je dévore avant le dîner. J’ai des rêves de sommets plein la tête. J’aime tellement l’atmosphère des refuges.
Repos du guideDortoir et cuisineBibliothèque de refuge
Le coucher de soleil sur la Meije est grandiose. Je suis marquée par l’intensité du doré, puis du rose qui embrase la Meije et tous les sommets avoisinants, ici au cœur du Dauphiné, entre Isère et Hautes Alpes et les yeux portant sur la Savoie. Je me sens vraiment au cœur des Alpes françaises, au cœur de la magie de ces sommets qui font battre mon cœur et embrasent mon imaginaire. On mange une soupe, des pâtes, des choses roboratives et nourrissantes que nous sert le gardien. On se couche tôt en refuge. Le réveil est fixé à 4h30 pour mon guide Philippe et moi. Demain, nous verrons le soleil se lever au sommet de la Meije orientale, les yeux sur le doigt de Dieu.
Coucher de soleil sur la terrasse de l’AigleMontagnes de l’Oisans illuminées par l’AlpenglowDernières lumières sur la Meije drapée de brumes
On m’avait prévenue que je risquais de souffrir de l’altitude et de mal dormir. Mais encore une fois, je dors comme un bébé à 3400m à l’Aigle, tout comme j’avais merveilleusement dormi aux Cosmiques à 3600m. Ce n’est pas par magie ou par aptitude montagnarde innée : c’est juste que je suis bien acclimatée. Avant ma nuit aux Cosmiques, j’avais fait plusieurs randonnées au-dessus de 2000m à Chamonix, et avant ma nuit à l’Aigle, j’ai passé plusieurs nuits à 2000m à Arolla en Valais, et randonné plusieurs fois autour de 2000m aux Saisies. 2000m, c’est l’altitude magique à partir de laquelle le corps commence à fabriquer des globules rouges pour répondre à la raréfaction de l’oxygène, et s’acclimater. Je me félicite d’avoir fait cet effort. Je m’endors pleine d’adrénaline et de gratitude, tellement heureuse de vivre dans cette région qui abrite de telles merveilles, tellement reconnaissante envers mon corps de m’avoir portée jusque-là haut, si chanceuse de pouvoir vivre cela.
Ascension finale et lever de soleil au sommet de la Meije orientale
La Meije, la Meije, c’est aujourd’hui ! Nous commençons notre ascension dans la nuit. Après avoir dormi au refuge de l’Aigle, nous nous acheminons vers le sommet de la Meije orientale. Une pente en glace au-dessus du glacier à escalader avec crampons et piolet s’avère être le moment le plus difficile. J’admire le courage de mon guide qui passe en premier, et je le remercie de m’assurer si fermement alors que je m’élève à la verticale, en tentant d’oublier qu’en dessous de moi s’ouvrent des centaines de mètres de vide, des crevasses béantes dans la carcasse du glacier. C’est terrifiant, mais je regarde le sommet, et je m’efforce de ne pas penser à la descente.
Ascension d’une pente en glacePremières lueurs
Nous franchissons plusieurs barres rocheuses. L’aube arrive au loin et le Mont Blanc se révèle à l’horizon.
L’apparition du Mont Blanc au loin
La fin est proche, il ne reste plus qu’une sublime arête vertigineuse en neige…
Enfin au sommet. Le jour se lève et j’exulte de joie
Le chemin vers le sommet fut ardu mais la récompense est inouïe. La vue sur le Doigt de Dieu, la barre des Écrins, le Mont Blanc, les Aiguilles d’Arve, toutes les Alpes françaises… tout est somptueux, émouvant, et je ressens le vertige délicieux de cette beauté révélée par le soleil levant sur une cime mythique. C’est mon plus beau moment en montagne à ce jour, un lever de soleil doré d’une intensité inoubliable. Un instant de pur bonheur.
Vue sur le Doigt de Dieu Bonheur inouïPhilippe André, qui m’a conduite là-hautPlonger dans les cieux
La descente est longue et éprouvante – 2300 mètres de dénivelé négatif, ce n’est pas rien, et mes cuisses me brûleront pendant plusieurs jours – mais sans difficulté particulière. La joie du sommet nimbe tout de son auréole dorée. Et je sais que je reviendrai à la Meije, encore et toujours.
Le village de La Grave, au pied de La Meije
Classé parmi les plus beaux villages de France, le village de La Grave, résolument planté face à la Meije, est une merveille d’architecture du sud du Dauphiné, avec ses « trabucs » (l’équivalent méridional des traboules lyonnaises), ses toits de lauze, et sa sublime église Notre-Dame-de-l’Assomption dont les tours lombardes semblent répondre à la pâleur des glaciers de La Meije. A côté de l’église, le cimetière est un monument d’émotion : soldats, résistants, alpinistes reposent ici sous la Meije, tombés pour la France ou par amour de la montagne, gloires militaires ou alpines. J’aime infiniment, lorsque je prends la route du Lautaret depuis Grenoble en direction des Alpes du Sud, faire halte à La Grave, saluer la Meije et manger avec vue sur elle depuis l’un des restaurants en terrasse.
Le village de La Grave, au pied de la Meije
La Grave, ce sont aussi six hameaux plus beaux les uns que les autres, que je découvre petit à petit. C’est à Valfroide que l’automne m’a conduite.
Randonnées d’automne face à la Meije : le lac du Goléon
J’ai envie de revoir la Meije dans les feux de l’automne qui subliment les Alpes du Sud, toute couronnée de mélèzes flamboyants et délicatement ourlée d’or et de roux. Rien de plus beau que les Alpes du Sud en octobre, rien de plus touchant. Alors je reviens randonner face à la Meije avec Geoffrey, mon amoureux installé à Grenoble. La capitale des Alpes est un merveilleux tremplin vers l’Oisans.
Lors de mon ascension de la Meije orientale, j’avais repéré, au loin, les eaux scintillantes du lac du Goléon. Elles promettent une vue extraordinaire sur ma montagne préférée. Nous partons du magnifique hameau de Valfroide, dont l’église illustre une architecture typique du sud du Dauphiné et que j’aime à la folie : le style lombard, rapporté du nord de l’Italie par les ouvriers et artisans venus travailler sur les chantiers.
La Meije apparaît au milieu des mélèzes, belle comme un rêve dans cette lumière dorée.
Arrivés au lac du Goléon après 600 mètres de D+, je découvre que le vent ne souffle pas dans le « bon sens » : le reflet de la Meije est mangé par les froissures de l’eau agitée. Ce sont les Aiguilles d’Arves, de l’autre côté, qui se reflètent dans le lac à cet endroit protégé de la brise, et changé en miroir parfait. Nous tournons les yeux vers la Savoie et jouons en songe à la marelle de sommet en sommet…
Le lac du Pontet : la Meije entre automne et été
Pour qui rêve de voir la Meije se refléter dans un lac enchanté, mais préfère s’épargner le dénivelé, direction le lac du Pontet. Depuis le parking, une vingtaine de minutes suffisent à rejoindre ce joli lac idyllique, où une buvette invite à la détente au bord de l’eau. Je suis venue deux fois au lac du Pontet, à l’été 2021 le jour où j’ai réservé mon ascension de la Meije orientale, et une seconde fois à l’automne 2022 avec Geoffrey, lors de notre « mélèze trip » en amoureux, entre Hautes-Alpes et Val d’Hérens. J’ai vu le lac du Pontet verdoyant et idyllique dans les couleurs de l’été, et drapé de brume et de secrets dans les ors de l’automne. Je l’ai chaque fois aimé. J’aimerais le voir en hiver… là où Meije et neige se répondent doucement.
Le lac du Pontet en étéLe lac du Pontet à l’automne
Un bivouac d’hiver face à La Meije sur le plateau d’Emparis
Bivouaquer face à La Meije, voir le soleil se coucher sur sa silhouette, en tête à tête avec la reine, j’en rêve depuis longtemps. Mais chaque fois que j’ai prévu de venir sur le plateau d’Emparis, j’ai dû annuler au dernier moment, contrariée par une météo adverse. C’est ainsi, la montagne est reine, et je sais que d’autres occasions se présenteront. Mais à l’automne dernier, c’est mon amie et binôme Marion alias Foehn Photographie qui a eu le bonheur de réaliser ce rêve avant moi, et qui a dormi dans la neige face à la Meije. Les images qu’elle a ramenées de ce bivouac d’hiver magique m’ont émerveillée, et continuent de nourrir ma fascination… Avec sa bénédiction, j’ai le plaisir d’en partager quelques-unes avec vous. A mon tour, j’irai dormir face à La Meije, je le sais.
Marion, Sigma et la Meije Bivouac face à la Meije sur le plateau d’Emparis, par Marion Carcel – Foehn Photographie.
Le jardin alpin du Lautaret et la reine des Alpes
Sur la route des Grandes Alpes, le col du Lautaret est un merveilleux point de bascule entre Alpes du Nord et du Sud.
Le Lautaret, col mythique sur la route des Grandes Alpes
C’est ici, à cet endroit exceptionnel, qu’on ira visiter l’un des plus anciens et des plus beaux jardins alpins au monde. Si vous avez lu mon article sur les Hautes-Vosges en été, vous savez combien j’aime les jardins alpins, véritables conservatoires de plantes montagnardes fabuleuses – et de plantes arctiques, car les milieux sont étonnamment similaires. Altitudes et latitudes extrêmes se ressemblent en termes de stress infligés aux plantes, les contraintes sont proches : les longs hivers, le gel, le froid. De nombreuses plantes des Alpes s’épanouissent aussi en Laponie, et les jardins alpins sont d’extraordinaires voyages. La plante alpine ou boréale est petite, poilue et costaude. Parce que l’air est moins froid près du sol, les plantes alpines sont basses. La forme en coussin est caractéristique des végétaux aptes à résister aux conditions extrêmes, car elle piège la chaleur. La pilosité offre une protection supplémentaire. La plupart des plantes alpines parviennent à maintenir leurs cellules à l’état liquide jusqu’à des températures de -40. Vous les découvrirez dans ce jardin merveilleux avec vue sur la Meije…
La Meije au milieu des épilobes, depuis le jardin alpin du Lautaret
Le jardin alpin n’était à l’origine pas situé au Lautaret. C’est en 1893 que la Société des Touristes du Dauphiné planta et sema 300 espèces alpines à Chamrousse, sur les hauteurs de Grenoble, pour créer le premier jardin alpin de France. Géré par l’université de Grenoble, le jardin rencontra immédiatement beaucoup de succès, mais il subit les assauts répétés des troupeaux de chèvres et de moutons trop friands de petites fleurs des Alpes. Il fut donc abandonné au début du XXe siècle au profit du col du Lautaret, situé à 2100 mètres d’altitude sur la route des Grandes Alpes. Il propose une des collections les plus riches du monde, avec 1500 espèces sur quelques kilomètres carrés. Le panorama sur la Meije y est exceptionnel – on la verra jaillir des chardons bleus, des gentianes et des lupins…
L’emblème du jardin est la reine des Alpes. C’est le surnom du chardon bleu, Eryngium alpinum, fleur emblématique des prairies alpines, qui pousse entre 1500 et 2400m et qui peut vivre près d’une centaine d’années, un véritable record pour une herbacée. C’est dans la réserve biologique de Deslioures, dans les Hautes-Alpes, qu’on peut admirer les plus belles prairies de chardons bleus. Celle du jardin alpin du Lautaret vaut aussi le détour… Reine des Alpes, ce nom ne sied-il pas à merveille à la Meije ? La voir émerger d’un tapis de reines des Alpes m’a émerveillée.
La reine des Alpes
Mes rêves autour de La Meije, entre Oisans et Ecrins
Je n’ai pas fini d’explorer le pays de la Meije… Je rêve d’être un jour capable de me frotter aux arêtes du Grand Pic, et de retourner à l’Aigle après être partie de l’autre côté et en ayant réalisé la mythique traversée. Je rêve du Râteau et des voisins de la Reine. Je rêve de skier à La Grave en hiver, sur ce qui est le plus singulier, le plus exceptionnel des domaines skiables de France : un immense terrain de jeu entièrement consacré au ski hors piste, sans balisage, sans damage, un espace de liberté à explorer avec un guide de haute montagne pour goûter aux joies de la poudreuse et de la montagne sans piquets. Je rêve de retourner marcher sur les glaciers de La Meije, et de dormir dans un autre des refuges mythiques – le Promontoire, Evariste Chancel ou le Pic du Mas de la Grave. Je rêve du plateau d’Emparis, de bivouacs au bord des lacs, mais aussi d’équitation, de galoper dans les grands espaces sous l’œil magique de la reine Meije. Je rêve de poursuivre mon exploration de l’Oisans et des Ecrins, d’aller grimper à Ailefroide, véritable paradis des amoureux d’escalade, et de vivre de très belles ascensions entre rocher et glacier, comme les Rouies, course qui semble d’une grande beauté visuelle.
Les sommets de l’Oisans et des Ecrins continueront de faire battre mon cœur. « Les montagnes sont les seules étoiles qu’on atteint à pied »… et j’ai encore une longue vie pour les explorer.
Connaissez-vous la vallée de l’Ubaye ? Aux confins de la Haute Provence, au pied des plus hauts sommets du midi et à un jet de pierre de l’Italie, entre rivière tumultueuse et cimes enneigées, se déploie un des territoires les plus sauvages et les mieux préservés du sud. Par la puissance de ses paysages, la solitude de ses sommets, l’authenticité de ses villages et le caractère intact de ses immensités naturelles, l’Ubaye fascinera tous les amoureux d’une montagne empreinte de liberté. Au bout du monde, l’Ubaye culmine en sérénité, radieuse apogée des Alpes de Haute Provence dont elle incarne toute la lumière, l’âpreté et la beauté. La vallée de l’Ubaye suit le cours d’une rivière capricieuse et rocailleuse, à qui elle a donné son nom. Elle prend sa source dans le massif de Chambeyron, toit des Alpes de Haute Provence à 3412m, et coule jusqu’à rejoindre la Durance dans le lac de Serre-Ponçon après 80km de beauté. Elle traverse Saint-Paul-sur-Ubaye, Jausiers, Barcelonnette, Le Lauzet-Ubaye et dix autres communes entre soleil et montagne. Je vous propose de partir à la découverte de la vallée de l’Ubaye en hiver, entre expériences grand nord fabuleuses – randonnée raquettes, chiens de traîneaux, ski alpin et de fond pour un grand bol de pleine nature –, plongée au cœur du terroir – artisanat, histoires mexicaines et produits du pays – et belles adresses de charme. Moi qui adore les Alpes de Haute Provence, ce fut un bonheur de les revoir sous leur versant hivernal, saupoudrées de neige et rayonnant de lumière, d’authenticité et d’amour du terroir. Plongeons dans ces Alpes du soleil, cimes du midi, pour une très belle escapade hivernale.
Grands espaces…… expériences grand nord… belles adresses… panoramas grandioses…ski… terroir authentique… le bonheur de l’Ubaye en hiver !
J’ai réalisé ce reportage avec mon amie et binôme Marion Carcel alias Foehn Photographie. La grande majorité des photos de cet article sont les siennes, notamment toutes celles dans lesquelles j’apparais. Ensemble, nous formons un duo de blogueuses, photographes et créatrices de contenu amoureuses des montagnes.
Marion alias Foehn Photographie, profitant des plaisirs de l’Ubaye en hiver entre deux photos
Les grands espaces de l’Ubaye en hiver
Au plus haut de la Haute Provence, au cœur des montagnes inondées de soleil, l’Ubaye incarne un idéal intact pour les amoureux de pleine nature. Nous avons été émerveillées par les paysages infinis, sublimés par la neige scintillante. Tout au Sud de la France, une ambiance grand Nord…
Ubaye, lueurs du sud
La beauté de la rivière Ubaye en hiver
Randonnée en raquettes et observation des animaux
La plus belle randonnée raquettes qu’on puisse imaginer… Une épaisseur intacte de poudreuse profonde. Un soleil éclatant. Des forêts de mélèzes qui s’arrêtent là où la montagne devient lumière pure. Et des animaux. Nous sommes à Fouillouse, en haute vallée de l’Ubaye, à deux pas de là où la rivière prend sa source. De très hauts sommets nous entourent : le Massif du Chambeyron culmine au-dessus des 3000. Ici les Alpes de Haute Provence viennent épouser l’Italie : de l’autre côté de la montagne, on change de langue.
Fouillouse, au bout du monde dans les Alpes de Haute Provence
Nous sommes au bout du bout du monde, entre hameaux endormis sous les flocons, cabanes de bergers, forts de la ligne Maginot des Alpes courageusement tenus par les armées françaises durant la dernière guerre. Ici, au fort de Plate Lombarde, 15 000 Français bien organisés, munis de toutes les réserves de leurs forts organisés comme des sous-marins étanches et chargés à bloc, ont su tenir tête à 50 000 Italiens. Les armées des Alpes furent les seules invaincues. Difficile d’imaginer qu’une des grandes pages de la Seconde Guerre mondiale s’écrivit aussi, dans un paysage aujourd’hui empreint d’une telle sérénité, d’un silence si profonde. Ce décor est pourtant aussi un paysage d’histoire(s) et de liberté.
A la lunette de notre guide Bruno Maximin, ils se révèlent à nos yeux émerveillés : des chamois. Ils bondissent sur les crêtes nous surplombant, franchissent allégrement la frontière entre France et Italie au mépris de tout douanier. Bruno nous fait regarder encore. Il se munit d’une lunette XXL pour nous faire scruter la falaise. Les traces de guano la trahissent : voici une femelle gypaète barbu en pleine nidification. L’espèce est très protégée. Un seul dérangement, et son œuf unique mourait de froid. Nous nous tenons très loin, gardant une distance respectueuse avec ces falaises majestueuses qui l’abritent.
On prend un pique-nique 100% local avec des fromages et saucissons que Bruno a achetés à la Maison des produits de pays, ainsi qu’un génépi maison. Tout a encore plus de saveur à cette altitude et dans ce décor…
J’aime tellement les Alpes de Haute Provence pour cela. La solitude sublime de ce pays de lumière. La puissance des visions et des rencontres. Tout est juste parfait.
Une virée en chiens de traîneau dans les forêts de l’Ubaye
Une virée en chiens de traîneau au cœur de la vallée de l’Ubaye, comment y résister ? Cela reste une des plus belles expériences à vivre à la neige : une aventure nordique à la Jack London, avec le contact privilégié des huskies et malamutes, le plaisir de la neige qui vole, de la vitesse et des aboiements joyeux ! Une des clefs de la réussite d’une sortie chiens de traîneau, c’est la beauté du cadre, et à Val d’Oronaye chez Légende polaire, nous sommes servis : une combe sauvage, préservée, une atmosphère de grands espaces nordiques qui vous plonge dans un rêve boréal. L’autre clef du succès, c’est la complicité entre le musher et ses chiens, et ici, nous sommes chez de vrais passionnés – un père et sa fille qui connaissent leur meute par cœur !
De plus, ils ont travaillé l’ambiance, avec une déco de trappeur romanesque aux détails d’un charme fou, avec récits d’aventures et outils rétro évoquant une longue nuit canadienne. Marion et moi avons vraiment adoré cette expérience au cœur des Alpes de Haute Provence.
Je trouve que cela fait partie des instants qui changent un séjour à la montagne en évasion polaire un peu féerique…
Skier en Ubaye : la station alpine du Sauze
Skier en forêt au milieu des résineux, ou skier au soleil dans les grands espaces ouverts ? Je prends les deux. Direction Le Sauze, la station de la vallée de l’Ubaye : 65km de pistes et une atmosphère très particulière, entre forêts de mélèzes et panoramas ouverts sur le soleil radieux des Alpes du sud. Ma partie préférée est le sommet du domaine, à 2400m : des atmosphères magnifiques, coulées onctueuses et lactées sur les pentes ensoleillées, vue extraordinaire, neige naturelle, une sensation de freeride sur le domaine skiable !
Bonheur de skier au Sauze en Ubaye
Nous avons fait l’ouverture des pistes avec Joachim, pisteur au Sauze, qui nous fait découvrir le travail précieux des anges gardiens des domaines skiables. Tôt le matin, bien avant l’ouverture au public, ils sont sur le domaine, à scruter le manteau neigeux, évaluer les dangers. Ils déclenchent les avalanches s’il le faut, prenant le risque de manier les explosifs et de se déplacer sur un manteau instable. Ils parcourent toutes les pistes pour identifier les dangers, décider ou non de l’ouverture d’une piste, placer les filets, les avertissements, sécuriser le domaine pour que chacun puisse évoluer sans risque. Les pisteurs assurent également les secours sur les pistes, viennent à la rescousse des blessés et sont les premiers à intervenir en cas de crise. Une rencontre passionnante avec Joachim, et le plaisir de faire les premières traces sur les pistes fraîchement damées…
Découverte du travail des pisteurs et premières traces
Ce que j’ai aimé au Sauze, ce sont aussi les délices des restaurants d’altitude comme La cabane de Jo et le 2100, où nous nous sommes régalées. C’est pour moi la clef d’une journée ski réussie ! Je vous en reparle dans la section Bonnes adresses de cet article.
Le 2100, pause bienvenue au Sauze
Ski de fond et biathlon sur le domaine nordique de Larche
Avec ses grands espaces vierges, l’Ubaye est le paradis du ski de fond : les deux domaines nordiques de la vallée, St Paul sur Ubaye et Val d’Oronaye/Larche, y sont exclusivement dédiés, sans cohabitation avec le ski alpin, et donc sans remontées mécaniques, dans des paysages immaculés et très sauvages que les fondeurs apprécient pour la sensation de communion avec la nature. Soyons sincères : autant j’adore le ski alpin, autant le ski de fond, ça n’est pas exactement mon point fort. Je ressemble un peu à un gros canard qu’on aurait flanqué sur des spatules quand je tente un déplacement. Mais si j’étais fondeuse, je viendrais skier ici.
J’ai été émerveillée par le magnifique cadre sauvage et préservé du site nordique de Larche. Le dépaysement est total, la yourte sur le domaine renforce la sensation d’être parti pour les steppes infinies de Mongolie. Nous sommes dans la zone débutant, mais je ressens la beauté du domaine, le côté profondément nature. On me dit que certains parcours, notamment le 17km, sont d’une pure splendeur.
Et grâce à la présence d’un super moniteur ESF pédagogue et patient, nous avons eu la possibilité de nous initier au biathlon. Et je le recommande vraiment, parce que c’est très, très fun. Apprendre à manier la carabine, les plombs, à se placer sur le pas de tir, dégommer les cibles telle une guerrière Walkyrie des neiges, on a adoré. Précision, concentration, c’est un super exercice ! J’ai réussi un impeccable 5/5 au tir du biathlon et j’étais extrêmement fière de moi… beaucoup plus qu’au ski de fond !
Histoire et patrimoine de l’Ubaye
C’est quelque chose qui me touche infiniment dans l’histoire des Alpes : à quel point ces vallées du bout du monde sont connectées au monde, ouvertes sur les océans et les continents lointains, à quel point les sommets se jouent des frontières et des barrières de langue et sont des terres de migration, de rencontre culturelle. Des grandes conquêtes antiques aux foires médiévales, des pèlerinages aux négoces, des exodes aux aventures, les Alpes sont un flux permanent de culture et de commerce. La vallée de l’Ubaye est à ce titre particulièrement singulière.
Le village de Larche, à deux pas de l’Italie
Le musée de la vallée de l’Ubaye, à Barcelonnette
Au coeur de Barcelonnette, une belle maison mexicaine abrite un musée passionnant…
Le saviez-vous ? Pendant plus d’un siècle, des milliers d’habitants de Barcelonnette partirent faire fortune au Mexique, et revinrent au pays natal chargés de trésors – costumes, objets …- pour construire des villas mexicaines et y vivre leur vieux jours. On estime qu’il n’existe pas une seule famille à Barcelonnette dont l’un des membres de la famille ne soit pas parti au Mexique ! Ce lien est si fort qu’un consulat mexicain est établi dans la petite ville de Barcelonnette. Le musée de la vallée retrace cette « ruée vers l’or » mexicaine, à travers les destins de familles, nombre de photos d’époques, des cartes et surtout une fabuleuse collection d’objets portant au cœur des neiges alpines les couleurs du Mexique. Habits de cérémonie, masques, Santa Muerte, bijoux, ustensiles quotidiens, les objets nous disent l’histoire de la grande aventure mexicaine, et la profondeur des liens tissés.
Les migrations se font aussi dans le sens inverse : des gens d’ailleurs sont venus s’installer en Ubaye, s’intégrer dans le tissu commerçant et artisanal de la vallée. En Haute Provence vinrent s’établir de nombreux Piémontais, venus de l’Italie toute proche chercher ici du travail et des opportunités. Parmi eux, la famillede l’immense écrivain provençal Jean Giono. Retracer les chemins de part et d’autre des Alpes, ces destins franco-italiens entremêlés… c’est ce que propose le musée de la vallée de l’Ubaye, et Giono devient un exemple particulièrement emblématique de cette identité provençale nourrie des sources et des sangs transalpins.
De la France à l’Italie, les hommes ne transitent pas seuls : ils sont accompagnés des bêtes. Les transhumances entre la Crau et l’Italie ont rythmé la vie de la Haute Provence pendant des siècles. Ce chemin des troupeaux fuyant la fournaise de l’été et recherchant l’herbe verte des alpages, on le nommait la Routo… L’été précédent, Marion et moi avions marché sur ce GR patrimonial et riche d’humanité, et nous étions très heureuses de le retrouver au musée.
À travers différentes expositions pédagogues, visuelles et sensibles, qui font la part belle aux destinées humaines et aux histoires personnelles, le musée de la Vallée à Barcelonnette retrace l’histoire des gens de l’Ubaye, des migrations, des échanges qui ont rythmé cette vallée du bout du monde finalement grande ouverte sur le monde. Des tableaux prestigieux aux objets du quotidien apportés par des habitants, des collections mexicaines aux outils agricoles, ce musée riche et intimiste est une très belle immersion dans la vie de la vallée, qui nous a touchées Marion et moi.
Savoir-faire de Haute Provence : la Maison de Pays de l’Ubaye
Vous connaissez mon attachement au #MadeInFrance. Rurales, préservées, attachées à leur terroir, les Alpes de Haute Provence sont un pays d’artisans et d’agriculteurs. Les maisons de pays permettent de retrouver leurs produits en vente directe, offrant aux producteurs et artisans locaux un précieux débouché sans intermédiaire. Elément fondateur de l’identité de la Haute Provence si attachée à son terroir pastoral, artisanal et créatif, elles existent depuis 1992, pratiquant le local et le circuit court bien avant que ce soit à la mode. La région est précurseuse de cette quête d’une consommation empreinte de sens, tellement porteuse aujourd’hui. A celle de Jausiers en Ubaye, ce ne sont pas moins de 70 producteurs et créateurs – tous des Alpes de Haute Provence, presque tous de la vallée de l’Ubaye – qui trouvent ici un débouché efficace, direct et qui valorise le terroir.
J’ai un énorme coup de cœur depuis toujours pour les faïences, poteries et céramiques haute-provençales. J’ai acheté les tasses du Potier alpin que je tiens dans la main. Parce qu’elles sont faites à la main, chaque tasse possède un reflet et motif unique, et leur bleu lisse et brillant est juste somptueux. J’ai aussi aimé découvrir les tisanes et génépis des montagnes, la bière La Sauvage, les savons colorés, les jouets de bois, et tant d’autres créations de qualité nées ici.
Créateurs en Ubaye : la maroquinerie Chevaleyre à Jausiers
Les artisans de l’Ubaye ont du talent. A Jausiers, au cœur de la vallée, nous avons eu le bonheur de faire la connaissance de Solenn Chevaleyre et de découvrir son atelier de maroquinerie. Solenn Chevaleyre vient du monde de la haute-couture et de la maroquinerie de luxe : elle a notamment travaillé chez Louis Vuitton. De cette immersion dans le monde exigeant du luxe à la française, elle a gardé le goût des beaux produits, du travail fin et rigoureux. Aujourd’hui installée en vallée de l’Ubaye, elle met cette exigence et cette créativité au service de budgets plus serrés, sans pourtant renoncer en rien à la qualité. La maroquinerie Chevaleyre propose aujourd’hui ses propres créations, fabriquées dans l’atelier de Jausiers, et travaille exclusivement des cuirs nobles français et italiens. Solenn Chevaleyre s’est spécialisée dans les cuirs rares, les textures spéciales, travaillées avec finesse. Tout est personnalisable : elle dessine votre projet et vous laisse choisir votre cuir, sa texture, sa couleur. Une mine de créativité et de savoir-faire où on reconnaît le perfectionnisme d’une grande bosseuse aussi talentueuse que minutieuse, et un beau moment d’échange !
Bonnes adresses en Ubaye en hiver
De belles adresses pour un séjour parfait en Ubaye en hiver.
Les cabanes du domaine de l’Esperluette, coup de foudre sur pilotis
Notre beau voyage en vallée de l’Ubaye a commencé à quelques encablures du lac de Serre-Ponçon, au très beau Domaine de l’Esperluette avec ses cabanes suspendues sur pilotis. Un site féerique à 1300md’altitude, hors du temps, avec des cabanes de bois d’un charme fou et d’un confort parfait, chaudes et bien équipées avec leur jolie salle de bain ! Nous avons mangé un fabuleux repas 100% maison et local près du poêle en regardant la neige tomber…
Les cabanes du domaine de l’Esperluette ont répondu à notre besoin de rêver. Depuis le Covid, nous avons recherché l’évasion chez nous, au cœur de nos montagnes françaises. Nous avons eu besoin de grand air, de solitude, d’oxygène et d’évasion intérieure. Qu’est ce qui l’incarne mieux qu’une cabane dans les bois, sous la neige, au flanc des cimes ?
Aux cabanes du Domaine de l’Esperluette, en vallée de l’Ubaye, Marion et moi avons vécu cette idylle made in France. Nichées au creux de la montagne, au-dessus du lac de Serre-Ponçon, dans la jolie commune du Lauzet-Ubaye, ces cabanes sur pilotis ont tout pour elles : un vrai confort cosy et douillet (salle de bain, chauffage, WC, thé et café chaud, rien ne manque), une vraie sensation de solitude et de déconnexion, une vue superbe et des repas succulents et100% locaux apportés par nos hôtes, qui font tout eux mêmes y compris le pain. Agneau de sept heures aux légumes d’hiver au dîner, pain perdu maison, jus d’orange frais et yaourt de la ferme d’à côté au petit-déjeuner, tout était ancré dans le terroir.
La philosophie du domaine est simple : s’ils devaient demain partir, il faudrait que tout puisse être démonté, démantelé, sanslaisser aucune trace. Tout est de bois, complètement naturel, et pourtant tout est confortable, bien pensé, bien agencé. Les savons sont produits artisanalement dans le village voisin, une logique zéro déchet est mise en œuvre, c’est beau, on se sent bien, et chaleureusement accueillis. Marion et moi avons adoré cette adresse.
Chez Carole, hébergements insolites en Ubaye
Un instant suspendu au bord de l’eau… Nous sommes au cœur de la vallée de l’Ubaye, et la rivière éponyme est tout au long du séjour notre fil d’Ariane. Nous suivons ses méandres enneigés d’un bout à l’autre de cette vallée sauvage et préservée, qui restera une de mes plus belles pépites en Haute Provence : la région de l’Ubaye, suspendue entre France et seuil de l’Italie, entre rivières et cimes, vertige des 3000 et douceur du soleil méridional, me plait infiniment. Allons vivre une pause au bord de la rivière magique chez Carole dans ses hébergements insolites.
Ici vous pouvez dormir dans un joli tonneau au bord de l’eau, une yourte ou une maison de lutins. Les tonneaux vitrés sont follement romantiques, avec les couvertures en fausse fourrure et la vue directe sur la rivière enneigée, la sensation d’être dans un cocon à deux loin de tout.
La maison des lutins est merveilleuse pour une famille, avec un fourmillement de détails délicieusement ludiques et enchanteurs qui donnent l’impression d’être au cœur d’une forêt magique.
Lors d’une session sauna au feu de bois privatisée pour vous, vous pouvez admirer la neige charriée par les flots depuis la chaleur d’un sauna brûlant au-dessus de la rivière.
Les petits déjeuners sont pris sous le ciel multicolore de la yourte commune.
Pratique : vous aurez une salle de douche et WC privative associée à votre hébergement insolite.
Le Chalet La Providence, au Sauze, station de ski de l’Ubaye
Vous connaissez cette question : si tu gagnais demain un million au loto, qu’achèterais-tu ? J’ai ma réponse depuis longtemps : un chalet à la montagne… Un chalet cosy, chaleureux, avec une vue magnifique sur les cimes, un peu solitaire mais pas trop, près d’une belle station, car je suis folle de ski. Peut-être même ski aux pieds. Finalement, mon chalet ressemblerait beaucoup à celui-ci, le chalet La Providence au Sauze, la grande station de ski de la vallée de l’Ubaye.
Nous arrivons au coucher de soleil à La Providence. Je continue de penser que les couchers et levers de soleil d’hiver sont incomparables. Le blanc de la neige est comme un miroir qui reflète et décuple les couleurs, ce sont des ambiances féeriques, des déferlements de rose et de mauve. La montagne en hiver a des allures de songe…
Nous sommes merveilleusement accueillies par l’adorable Évelyne. Nos chambres sont délicieusement kitsch, il y a tout ce que j’aime : des vaches, du bois, des oursons, et cette vue, ah cette vue ! Chaque détail est choisi avec amour, dans un esprit qui célèbre l’amour de la montagne, d’un perpétuel Noël qui durerait tout l’hiver, entre Casse-Noisette et Rudolph, le renne du Père Noël.
Et vous, si vous gagniez au loto, ne voudriez-vous pas de cette merveilleuse maison ? Nous y avons été divinement bien.
La chambre d’hôtes La Mexicaine à Jausiers
Vous avez visité Barcelonnette, et vous avez admiré les superbes villas mexicaines, l’originalité de cette architecture latino-américaine colorée au cœur des Alpes et toute l’histoire qu’elle incarne. Vous souhaitez à votre tour vous immerger dans cette atmosphère ? Voici une bonne adresse : la chambre d’hôte La Mexicaine à Jausiers ! Installée, vous l’aurez compris, dans une ancienne villa mexicaine, elle propose des hébergements cosy dans une ambiance latino, et aussi de délicieux repas en table d’hôte : cuisine originale, légère et savoureuse, on s’est régalées, avec un accueil très chaleureux.
Bonnes adresses : des restos à découvrir en vallée de l’Ubaye
Entre les saveurs de la montagne, de l’Italie et d’ailleurs, un joli cocktail varié pour croquer à pleines dents la Haute-Provence
L’italien : le resto Mare e monti à Val d’Oronaye/Larche. A Larche, l’Italie est juste de l’autre côté du col. Alors au Mare e monti, on franchit la frontière gustative. Les produits viennent d’en face et la déco est délicieusement rétro. C’est savoureux, c’est dépaysant, c’est réconfortant. Un très bon moment.
L’exotique : L’Office gourmand au Sauze. Vous ne penseriez pas à la montagne pour goûter un curry ? Vous avez tort, et l’Office gourmand va vous le prouver. Cuisine fusion pleine de saveurs d’ailleurs, cocktails frais et vitaminés, un petit goût de très loin et des sourires ensoleillés.
Sur les pistes du Sauze : ski et saveursde l’Ubaye
Les restos d’altitude, la clef ultime d’une journée de ski réussie. Vous avez un peu froid aux pieds et aux mains, un peu de fatigue après une matinée à dévaler les pistes ? Un bon plan au chaud dans un resto de piste, et hop ça repart et on glisse jusqu’à la fermeture. Nous avons adoré les deux restos testés au Sauze.
Chez La Cabane à Jo, c’est ambiance chalet typique, bois, napperons, vieilles photos souvenir témoignant de la longue histoire du Sauze et de la vallée… et surtout, gaufres au nutella qui font chaud au cœur et au ventre. On se réfugie au coin de la belle cheminée typique et on se sent comme chez ses grands-parents. Le bonheur.
Envie d’un resto panoramique avec une vue sublime ? RDV au 2100 sur la plus haute partie du domaine du Sauze, un resto délicieusement design installé tout là-haut dans un décor magique. Derrière les grandes baies vitrées ou sur la terrasse en rondins, on commande quoi ? Eh bien, la salade Winter Body, dont le projet a le mérite d’être sincère. C’est une salade remplie de fromage et charcuterie MAIS c’est une salade. Pour le bikini body de février. Et c’est parfait.
L’Ubaye en hiver a incarné pour moi une forme de perfection des Alpes du Sud, dans toute leur authenticité et leur singularité. Loin, très loin du monde, un soleil éternel et des neiges ardentes… le meilleur de tout ce qui fait battre le coeur de l’amoureuse des montagnes et du midi.
Un grand merci aux Alpes de Haute Provence, à la Vallée de l’Ubaye, et à toutes les personnes qui nous ont accueillies et guidées, pour ce séjour merveilleux. L’Ubaye restera un coup de foudre absolu.
Fascinés de mondes fantastiques, de spéléologie, d’escalade, et de mystères géologiques ? Le Dévoluy est le massif qu’il vous faut. Sa géologie hors normes le singularise totalement au sein des Alpes françaises, avec la présence de près de 600 « chourums », cavités de toutes tailles et dimensions traversant le sol du massif – certaines sont immenses ! Arpenter les chourums du Dévoluy est un des défis préférés des explorateurs, des spéléologues, des skieurs et des aventuriers. Mais les chourums du Dévoluy sont aussi accessibles au grand public, avec notamment une extraordinaire via souterrata unique en son genre. Le caractère exceptionnel des paysages du Dévoluy, véritable éden calcaire, petites Dolomites des Alpes françaises, m’a fascinée dès le premier regard. Pour de nombreux alpinistes, spéléologues, skieurs et géologues, Le Dévoluy est une véritable addiction, tant ses singularités sont puissantes et hors normes. Partons à la conquête des chourums et des mondes souterrains du Dévoluy…
Les chourums du Dévoluy, toute la fantaisie de la géologie. Photo Thierry Faivre dans le Chourum Olympique
Explorer les chourums du Dévoluy en via souterrata. Photos de ma binôme Marion CarcelLes chourums du Dévoluy : un monde de mystère et de magie. Photo Thierry Faivre. Ici le Chourum Olympique A l’assaut des profondeurs en via souterrata ! Photo Marion Carcel
Le Dévoluy, l’île du calcaire
L’immense alpiniste René Desmaison, qui repose pour l’éternité dans Le Dévoluy sous les toits de chaume de la Mère-Eglise, nommait son massif fétiche « île dans le ciel ». Au-delà de la déclaration d’amour, il n’avait géologiquement pas tort. Le Dévoluy est une île, une île-forteresse de calcaire née lors de la surrection des Alpes.
Un immense plateau calcaire bordé de géants qui le nourrissent de leurs éboulements : la géologie spectaculaire du Dévoluy
L’océan alpin et les calcaires sénoniens du Dévoluy
Pour comprendre les calcaires du Dévoluy, il faut remonter très loin dans le temps, il y a plus de 90 millions d’années, quand un océan paléolithique, la Téthys alpine, qui recouvrait ce qui est aujourd’hui la chaîne des Alpes. Des animaux marins vivaient dans ses fonds sableux. On nomme ophiolites les roches qui furent autrefois les sédiments de ses fonds marins, par exemple la serpentinite, les calcaires et les grès, nés de ces accumulations sédimentaires. Il y a environ 90 millions d’années, la plaque européenne a commencé à basculer sous la plaque adriatique, et à refermer l’océan de la Téthys. Il y a environ trente millions d’années, la Téthys alpine disparut totalement et les plaques européennes et africaines entrèrent en collision. De ce choc naquirent les plus hauts sommets des Alpes, son épine dorsale, notamment les massifs du Mont Blanc, de Belledonne, des Grandes Rousses. On les appelle les massifs cristallins externes. Les compressions et déformations successives provoquées par le jaillissement des Alpes ont continué à plisser les bords externes de la chaîne. Les hautes falaises calcaires du Dévoluy, du Vercors ou des pré-Alpes de Digne sont autant de conséquences de ces déformations de la croûte terrestre, comme une nappe qui se plie quand on la repousse. Les roches sédimentaires nées de la Téthys ont ainsi été mises à nu, dressées à la verticale, ouvrant la porte sur l’océan d’autrefois. Mais ce qui distingue Le Dévoluy de tous les autres massifs alpins, ce qui le rend si singulier, c’est la nature de ses calcaires. Alors que tous les calcaires du Vercors, de la Chartreuse, des calanques, etc, sont des urgoniens, ceux du Dévoluy sont des sénoniens – des calcaires plus récents, plus jeunes de quelques dizaines de millions d’années, très découpés, et aux formes très spectaculaires. Je cite ici le passionnant site Geoalp au sujet du Dévoluy :
Le massif du Dévoluy proprement dit se distingue de tous les autres massifs subalpins par le fait que ses reliefs principaux (souvent acérés) sont formés de Sénonien. Non seulement l’Urgonien n’y joue aucun rôle géomorphologique mais cette formation n’y existe même pas, remplacée par d’autres (constituant l’ensemble dit « barrémo-bédoulien ») qui ont un rôle beaucoup plus discret dans le relief. Le Sénonien, quant à lui, est particulièrement épais (de l’ordre de 1000 m) et formé de calcaires siliceux régulièrement lités. Les bancs de la moitié supérieure de cette formation sont plus ou moins riches en silex de formes variées. Une autre caractéristique remarquable du massif est le fait que le Sénonien est séparé des terrains plus anciens, sur lesquels il s’est déposé, par une surface de discordance. C’est à dire que ses couches basales recoupent en oblique celles qu’il recouvre et qu’elles peuvent reposer sur des couches d’âge variable selon les points.
Cette accumulation de calcaire sénonien jeune sur des calcaires plus anciens façonne la géologie extraordinaire du Dévoluy. Ces zones de discordance, qui créent éboulements et effondrements, rendent le massif si propice aux curiosités géologiques, aux pierriers géants, aux sommets aux formes biscornues et aux bizarreries du sous-sol…
Le pic de Bure, immense plateau minéral, photographié par Marion Carcel
Les géants et les éboulis
Il faut imaginer Le Dévoluy comme un immense plateau rocheux. Je rêve de monter au sommet du Pic de Bure pour voir depuis le plateau (où sont installées les antennes gigantesques de l’observatoire de radio astronomie millimétrique NOEMA) les infinis rocheux du Dévoluy, ce gigantesque océan minéral où souffle un vent de solitude radicale, de démesure sublime et d’aventure romanesque.
Ses éboulis et ses pierriers sont les plus vastes de toutes les Alpes. Certains géologues disent même que Le Dévoluy est un immense éboulis. Il faut imaginer un château fort bardé de quatre tours puissantes. Ces quatre tours, ce sont les géants du Dévoluy, les sentinelles, l’Obiou au Nord, le Grand Ferrand à l’ouest, le Pic de Bure au sud, la Montagne de Faraut à l’Est. L’Obiou, point culminant du massif à 2789m, est une curiosité géologique incroyable, une véritable cascade de calcaire sénonien à qui l’érosion sculpte les profils les plus fantasmagoriques, plus de 1000m de falaise cataractant en pierriers majestueux. Ces calcaires sénoniens effondrés des quatre géants envahissent le plateau principal, comme la cour d’un château que ses donjons abreuveraient de pierres. Le Dévoluy est beau comme une ruine solaire et sublime, comme une œuvre d’art perpétuellement remodelée par un Dieu versatile et joueur.
L’Obiou, cascade de calcaire sénonien en perpétuel effondrement, nourrissant d’immenses pierriers dans ses combes
Les chourums du Dévoluy
Si Le Dévoluy est un château fort en ruine, les chourums sont ses passages secrets. Les chourums, ce sont les ouvertures sur le monde d’en-bas. Dans ce monde de calcaire friable et fragile, l’eau ne reste pas en surface – Le Dévoluy est un monde minéral et aride. Elle plonge dans les profondeurs, et creuse des cavités à l’ouverture ronde, et au plafond effondré, comme les vestiges de quelque civilisation extraterrestre. Il existe un débat probablement insoluble quant à l’étymologie du mot chourum. Certains diront qu’il s’agit d’une déformation de « champ rond » en franco-provençal, l’infiltration de l’eau dans le sol créant des effondrements qui sculptent des dolines de forme ronde.
Un petit chourum en forme de doline, tout près de la via souterrata de la Tune
D’autres disent que le chourum est arabe, et que le mot est un héritage des invasions mauresques. Quoi qu’il en soit, Le Dévoluy est comme une constellation jetée dans la pierre, piquetée de galaxies souterraines, les chourums. On en dénombre près de 600.
Le chourum de la Traversée Héroïque, photo Willy Camus
Les plus importants sont le chourum des Aiguilles, dont la profondeur approche des 1000m, ou encore la Baume des Forcenés (un joli nom qui sied à l’aventure spéléologique en Dévoluy), longue de 7 kilomètres. Certains demeurent inconnus, sans nom, encore inexplorés. Les aventuriers adorent cartographier les gruyères du Dévoluy, donner des noms aux chourums sans baptême, se sentir comme des explorateurs modernes entrant dans le blanc de la carte. J’adore par exemple l’histoire de cet utilisateur d’Altitude rando, qui part explorer le chourum des Adroits, et arrive à un pic et un chourum sans nom qu’il décide de nommer « Soleil Bœuf » – aujourd’hui dans Google Maps, on lit que ce chourum porte le beau nom de « Chourum de Soleil Bœuf ». L’usage se cimente ainsi, au gré de la créativité des arpenteurs. Le Dévoluy, pays d’aventures perpétuelles. Parmi les chourums célèbres du Dévoluy, voici quelques icônes. Je vous laisse découvrir le top 3 des chourums à explorer l’hiver, et bien sûr les consignes du Dévoluy concernant l’exploration des chourums en ski de rando : prudence et bon encadrement sont nécessaires.
Skieurs sortant du Chourum Olympique, photo Thierry Faivre
Le Chourum Olympique, le mythe du Dévoluy
C’est celui qui me fascine le plus. Un véritable défi, à réserver aux alpinistes et skieurs de pente raide de haut niveau, très bien préparés et encadrés – ici l’erreur ne pardonne pas et toute chute sera fatale. Le chourum Olympique traverse le flanc Est du Grand Ferrand, transperçant la montagne comme le conduit d’un boulet de canon dont le skieur émergera tel une fusée jaillissant des profondeurs. On y accède par la remontée de deux grottes ouvertes sur le ciel, une vraie course d’alpinisme avec piolets et crampons dans la raideur des pentes quasi verticales de la montagne à cet endroit. Après cette remontée, on arrive à une sorte de boyau traversant les grottes de façon spectaculairement esthétique, sur une pente ultra raide, étroite et gelée que seuls les meilleurs skieurs sauront négocier afin de déboucher de l’autre côté de la montagne. Lisez ici le récit d’un guide de haute montagne réalisant cette course de haute volée…
Photo Eric Fossard
L’entrée de la descente
Le spectaculaire Chourum Olympique, photos Thierry Faivre sauf mention
Le Chourum Olympique, photos Thierry Faivre
La Traversée héroïque, un des plus beaux chourums du Dévoluy
Au pied du pic de Bure, sous le Rocher de Corne, s’ouvrent deux grottes semi effondrées dont les vestiges dessinent des arches dans le ciel. C’est un paysage à la Star Wars, à la Dune, digne d’un décor de science-fiction. L’été, on ira en randonnée bien équipé, peut-être avec baudrier et corde, pour traverser les immenses pierriers très raides. L’hiver, on ira en ski de randonnée quand les conditions le permettent, pour réaliser sa traversée héroïque sur les spatules. Dans tous les cas, en autonomie ou accompagné par un guide, on s’assurera d’être prêt et équipé !
Photo Willy Camus
Photo Alexandre Gelin
Photo Alexandre Gelin
La Traversée héroïque, fascinante expédition
Et pour encore plus d’ambiance intergalactique, on pourra monter sur le plateau de Bure et dormir au pied des antennes XXL… allo l’espace, il y a quelqu’un ? Le Dévoluy te parle !
Le puits des Bans est un des chourums du Dévoluy accessible à un public moins expert (on respire !), à condition d’être accompagné d’un guide spéléologue. Je vous recommande le fabuleux, le mythique Martinho, LE guide spéléo du Dévoluy (voir la suite de l’article), et j’espère très fort qu’il m’y emmènera un jour. Le Puits des Bans est une curiosité incroyable : un « aquachourum » – mot de mon invention – avec un lac souterrain au cœur de la grotte. En attendant d’y barboter, je me régale à découvrir sur le blog de mon ami David une belle randonnée conduisant au puits des Bans .
Le puits des Bans, photo Patrick DomeynePhoto Patrick Domeyne
Explorer les chourums avec Martinho, le guide spéléo du Dévoluy
Martinho, c’est un personnage. Solaire, chaleureux, drôle, cet amoureux de la montagne est né au Portugal et a découvert dans sa vingtaine les solitudes sublimes du Dévoluy. Il est tombé amoureux de la montagne de Faraut, et s’est pris de passion pour les chourums. Il s’est formé à la spéléologie, devenant guide moniteur, et avec ses copains spéléos, il a consacré sa vie à l’exploration des mondes souterrains du Dévoluy, devenant l’expert de ces chourums qu’il connaît mieux que personne. A force d’arpenter le Dévoluy avec d’autres spéléologues, il leur est venu l’idée de lancer un concept hors-normes, unique en son genre : une via souterrata. C’est comme une via ferrata – un parcours d’escalade entièrement câblé -, mais version spéléologie, cela se passe sous terre, dans le noir et l’humidité d’une grotte, et c’est génial. C’est une première approche de la spéléologie accessible à tous, qui permet d’amorcer la descente dans les profondeurs du monde souterrain en toute confiance.
Martinho, LE guide spéléo incontournable pour explorer les chourums du Dévoluy ! Un moment très sympa pour Marion (qui a pris cette photo) et moi
La via souterrata de la Tune avec Martinho
La via souterrata de la Tune est gratuite, accessible toute l’année librement. Mais si vous n’êtes pas spéléologue, je vous conseille vraiment d’y aller avec Martinho. Même si vous avez l’expérience de la via ferrata, ce qui est mon cas et celui de Marion. Imaginez arriver devant le chourum de la Tune. Dehors, le ciel est bleu et le soleil brille. Dedans, c’est l’obscurité absolue. A quelques mètres de l’ouverture, il faut descendre dans un trou par une échelle, un véritable gouffre béant au-dessus de mètres et de mètres de vide, et on ne voit plus rien, c’est le noir complet. Dedans, aucun réseau, évidemment. Si votre lampe frontale cède, vous êtes perdu sous terre dans une obscurité absolue, et vous ne pourrez appeler personne. Il vous faudra attendre dans la grotte que quelqu’un d’autre emprunte la via souterrata et vienne à votre rescousse. Dedans, c’est humide, étroit, il faut passer par des boyaux et se frotter à la roche mouillée. Ce n’est pas techniquement difficile, mais c’est très impressionnant. C’est accessible à tous (à partir de 10 ans), encore faut-il savoir que faire et où aller. Alors vous êtes vachement content d’être avec Martinho. Martinho avec son grand sourire, ses vannes, ses combinaisons intégrales de spéléologue qui vous protègent des frottements et de l’humidité, ses frontales superpuissantes et ses nombreuses batteries de rechange, son équipement adapté, son expérience de 25 ans de guide. Cela vous rassure, et vous allez passer un super moment sous la terre.
Martinho m’équipe.
L’entrée de la via souterrata de la Tune
C’est parti !
Emergeant d’un boyau…
Photos de ma binôme Marion Carcel
Vous descendrez dans des gouffres, ramperez dans des boyaux, traverserez des abysses, mais toujours relié à la rassurante ligne de vie. Martinho vous aidera à apprivoiser l’obscurité et le vide, à vous faufiler efficacement entre les rochers, et vous racontera des tas d’histoires. Une vraie belle expérience unique en son genre et tellement fun. En plus, la via souterrata est ouverte par tout temps, et là-dedans, pas de neige ni de pluie et une température constante – cela peut sauver une journée trempée !
Adieu au jour
Descente dans l’abysse
Marion dans le noir
Pratique : la via souterrata est accessible librement et gratuitement, mais si vous n’avez pas l’expérience et le matériel nécessaire, je vous recommande vraiment de faire appel à un guide. Pour 45 euros/adulte, 40 euros/ado, Martinho, guide génial, vous fournira tout le matériel (combinaison intégrale pour se protéger de la boue et du frottement, frontale, baudrier, longes) et surtout l’accompagnement avec histoires croustillantes et blagues bienvenues.
Une superbe expérience pour Marion et moi, avec Martinho
La source des Gillardes, le mystère du Dévoluy
Je vous parlais de la structure poreuse des roches du Dévoluy : l’eau s’engouffre dans les profondeurs à travers les chourums et les couches calcaires, et ne reste pas en surface, d’où l’aridité minérale du Dévoluy. Mais où va toute cette eau ? Elle doit forcément passer par un collecteur, une sorte de puits souterrain énorme qui rassemble toutes les eaux du Dévoluy. Mais personne n’a encore trouvé ce collecteur, dont la localisation et la forme restent un mystère – la géologie et l’hydrologie du Dévoluy n’ont pas encore livré tous leurs secrets ! Ce qui est certain, c’est qu’après son voyage souterrain, cette eau rejoint la surface à la source des Gillardes. Ce lieu poétique et fascinant, bordé d’immenses falaises, est la seconde exsurgence la plus importante de France, après celle de Fontaine-de-Vaucluse. Ici comme dans le Vaucluse, l’eau ressort après un long voyage souterrain qui demeure en partie inconnu et inexploré, et personne n’a pu sonder la profondeur exacte de la source. J’aime cette aura de secret qui nimbe la source ! Au nombre des mystères du Dévoluy, on compte aussi des bizarreries de tuyauterie : il paraîtrait que lorsque les Gillardes sont trop chargées, l’eau remonterait jusqu’au Puits des Bans et le trop-plein s’évacuerait par là…
La source des Gillardes, photographiée par Marion Carcel
Grimper dans Le Dévoluy
Le Dévoluy est un massif qui se vit beaucoup à la verticale : en descendant en rappel dans les chourums, en dévalant les pentes vertigineuses des cavités les plus athlétiques, en glissant sur les pistes… Pourquoi ne pas grimper dans ce cadre sublime ? Massif plébiscité des alpinistes comme René Desmaison – qui a ouvert une spectaculaire voie de 600 mètres sur un pilier du Pic de Bure, qui reste un challenge aujourd’hui –, Le Dévoluy offre de superbes sitesd’escalade. Nous avons grimpé à la falaise des Gicons – une magnifique expérience que je vous invite à découvrir dans mon article sur Le Dévoluy en été.
Marion et moi à l’assaut des Gicons, encadrées par la super monitrice Marine (Vertical Zénith)
Continuer à explorer Le Dévoluy
Je vous invite à découvrir mes autres articles consacrés à ce massif coup de foudre.
Le Dévoluy en hiver, avec du ski, des raquettes, de la motoneige, du poney, des tourtons et de belles adresses.
Retrouvez mon article sur Le Dévoluy en hiver
Le Dévoluy en été, avec du poney et des tourtons toujours, de la rando, de l’escalade, de la via ferrata, et de super spas.
Retrouvez mon article sur Le Dévoluy en été.
Il me reste encore tant à voir et à vivre dans ce massif magique, à commencer par la conquête de deux des géants, l’Obiou et le Pic de Bure… n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter pour suivre mes aventures dans les Alpes et ailleurs !
Un grand merci aux Hautes-Alpes et au Dévoluy pour ces deux séjours – un d’hiver, un d’été – qui ont scellé (dans une roche non friable et sujette aux éboulis) mon amour pour Le Dévoluy.
Cet article participe à l’action #EnFranceAussi, un RDV de blogueurs voyage traitant chaque mois un thème en lien avec le tourisme en France. Le thème de décembre 2022 était « Montagne« , proposé par mon amie Arthur & Thibaut, et je suis ravie de proposer les chourums du Dévoluy aux explorateurs curieux de nos belles montagnes françaises !
Connaissez-vous l’Alpe d’Huez, l’île au soleil au cœur de l’Oisans dans les montagnes de l’Isère ? Avec ses 250km de pistes, ses 300 jours d’ensoleillement par an, sa haute altitude (la plus haute piste démarre à 3300m) qui garantit un enneigement de grande qualité, l’Alpe d’Huez est peut-être ma station de ski préférée au monde. Monter au sommet du Pic Blanc, d’où on voit un cinquième du territoire français, et descendre la plus longue piste de ski au monde, la Sarenne, est une expérience magique, et venir l’hiver à l’Alpe d’Huez pour le ski et les activités de neige ne m’a jamais déçue. Mais l’Alpe d’Huez est aussi un paradis l’été, avec son plateau des lacs qui invite à la randonnée, ses itinéraires VTT, ses balades à cheval, ses voies d’escalade réputées, ses via ferrata et la beauté des panoramas. Et enfin, l’Alpe d’Huez, c’est aussi un îlot de bonnes adresses, hôtels incroyables, restaurants délicieux et spas superbes, que je serai heureuse de partager avec vous. Au programme de cet article, que faire, que voir, que vivre à l’Alpe d’Huez, en hiver comme un été, pour un séjour parfait sur la belle île au soleil iséroise. Laissez-moi vous emmener dans le ciel bleu de l’Oisans, entre rêve et flocons…
La Station de l’Alpe d’Huez vue depuis AurisCoucher de soleil magique au coeur de l’Oisans
Chaussez vos spatules, on embarque pour l’Alpe.
Que faire en hiver à l’Alpe d’Huez ?
Ski, neige et autres plaisirs d’hiver sur l’île au soleil…
Skier sur le grand domaine de l’Alpe d’Huez
L’Alpe d’Huez n’est pas la première station où j’ai skié, mais c’est vraiment la station où j’ai appris à skier « pour de vrai » et où j’ai passé de nombreux hiver, adolescente. J’ai toujours gardé un attachement très fort à l’Alpe d’Huez et elle restera toujours une de mes stations préférées au monde. Avec ses 250 km de pistes sur les hauts sommets du massif des Grandes Rousses, le domaine traverse toutes les ambiances, de la minéralité glacée du vertigineux Pic Blanc à la douceur forestière des villages côté Oz ou Vaujany, et sur chaque versant les vues sont surprenantes et belles. La chaîne de Belledonne, les montagnes de l’Oisans, la reine Meije, tout s’offre à notre regard réjoui. En arrivant là-bas, tout au sud des Alpes du Nord, à la bascule entre les neiges abondantes et le soleil généreux, j’ai eu l’impression de retrouver une vieille amie. Avec mon adorable moniteur de l’ESF, Frank, qui connaît le domaine comme sa poche, ou avec mon chéri fana de grandes descentes rapides Geoffrey, je me régale à skier sur cet immense domaine ensoleillé et si riche en aventures.
Le Pic Blanc et la Sarenne
Ma piste de ski préférée au monde ? C’est la légendaire Sarenne ! Et pour faire durer le plaisir, cela tombe très bien, c’est aussi la piste la plus longue du monde : 16 km de descente, les yeux dans les Alpes. Pour l’atteindre, trois remontées différentes vous mèneront jusqu’au toit de la station, le Pic Blanc, à 3300m. Même si votre niveau de ski ne vous permet pas de vous attaquer à la Sarenne (qui reste une piste noire sur sa première partie, accessible car bien damée mais avec quelques murs bien raides qui peuvent impressionner), n’hésitez pas à monter en piéton au Pic Blanc : la vue est extraordinaire, un panorama inouï ! Par beau temps, un cinquième du territoire français s’offre à vos yeux émerveillés.
Vue du pic Blanc sur la station et sur le Taillefer Nous voici au départ de la Sarenne avec la Meije en face de nous, que demander de plus.
Puis il est temps de chausser et de s’offrir un grand voyage blanc. Vous descendez du sommet du Pic Blanc à 3300m sur le glacier, face à la reine du Dauphiné, sa « Meijesté » la Meije, face aux Aiguilles d’Arves, aux cimes de l’Oisans… un panorama absolument grandiose. Puis c’est une longue descente jusqu’aux gorges de la rivière Sarenne, tout en douceur. Si la Sarenne est une piste noire, elle reste assez abordable, contrairement à sa voisine le Tunnel, réputée pour être une des plus techniques du monde, à qui je n’ai pas osé me frotter ! Au bas de la piste Sarenne, après 16km de descente, vous arrivez dans les gorges de la Sarenne. L’ambiance a changé : forêts douces, rivière chantante, grands plats qui feront râler les snowboarders mais qui amusent beaucoup les skieurs qui se baladent dans un merveilleux décor bucolique.
Détail insolite : si vous enchaîniez toutes les pistes partant du sommet, vous auriez… 8000m de dénivelé négatif, soit la hauteur de l’Everest ! L’Alpe d’Huez est réputée pour ses superbes pistes noires, qui sont de grands voyages contemplatifs, comme la Combe Charbonnière ou la Col de Cluy. Un immense bonheur de ski. Je ne l’ai pas testé, mais sachez que l’Alpe est aussi très réputée pour son domaine hors piste. Moniteurs et guides de haute montagne proposent des sorties free-ride sur le glacier. Les bons skieurs de randonnée partants pour une grande aventure pourront même traverser le massif des Grandes Rousses jusqu’en Savoie et rejoindre en ski de rando les Aiguilles d’Arves.
Les Aiguilles d’Arves vues du Pic Blanc
Il est temps de prendre d’autres remontées et de continuer à explorer le domaine…
Skier côté Oz, Auris ou Vaujany
Les 250km de pistes du grand domaine englobent aussi plusieurs villages : Auris, Oz, Vaujany. Et j’ai ADORÉ cette partie là du domaine, guidée par Frank qui connaît les plus beaux itinéraires. Skier côté Auris m’a enchantée, des balcons de lumière, des pistes plus vides, où on se sent seul au monde, des vues exceptionnelles. J’ai aimé aussi la beauté forestière d’Oz et de Vaujany avec leurs chalets charmants, la douceur de ces villages cachés entre les branches. A ces altitudes plus douces, vous retrouvez les sapins, vous skiez entre forêts et balcons lumineux sur les sublimes montagnes de l’Oisans. C’est doux, c’est apaisant, c’est nature – tout ce qu’il nous faut pour s’oxygéner.
Auris
Vaujany
Les pistes ludiques de l’Alpe d’Huez
Envie de s’amuser, avec enfants ou juste entre grands adultes qui cherchent le fun ? L’Alpe d’Huez a développé un superbe réseau de pistes vertes ludiques, avec tunnels, obstacles, slaloms et autres éléments funs. Vous les repérez avec leurs statues d’animaux de ferme cartoon qui indiquent l’entrée des pistes. La Marcel, la Roger, la Léo… sont très, très fun à descendre.
La grotte de glace de l’Alpe d’Huez
Merveille éphémère qui renaît chaque hiver, la grotte de glace est un incontournable touristique. Elle se situe au sommet du DMC2 Lac Blanc et change d’année en année, avec chaque hiver avec une décoration différente sculptée dans la glace par des artistes talentueux. A l’hiver 21/22, c’était l’Amérique, et c’était très réussi – j’ai adoré la statue de la liberté transparente !
Halte à la Folie douce
Besoin de revenir à plus de folie ? Avant de descendre, on se fait une fin d’après midi en musique et en champagne à La folie douce, la spécialiste de l’après ski festif et chaleureux. Il paraît que leur restaurant, La fruitière, est extra, je ne l’ai pas testé mais j’ai savouré l’atmosphère de fête du bar en plein air où danseurs et DJ défilent en musique.
A la fin d’une journée de rêve à l’Alpe d’Hue, on savoure un crépuscule éblouissant sur ces 250km de pistes perpétuellement ensoleillées. Bref, j’ai passé plusieurs journées de ski absolument merveilleuses sur le grand domaine de l’Alpe, qui a conforté sa pole position dans mon petit cœur rose et givré de skieuse amoureuse du soleil, des grands espaces, de la bonne neige et de la fête : ma station chérie assurément.
Un tour en fat bike des neiges
Mon séjour hivernal à l’Alpe d’Huez a commencé en beauté avec une activité forte en sensations : le fat bike sur la neige ! Vous vous en souvenez peut-être, mais j’avais découvert et adoré le fat bike dans les Vosges en été. Et alors, sur la neige ? Verdict : c’est génial aussi ! J’étais bien contente d’avoir l’assistance électrique pour les montées, car c’est très cardio dans la neige, mais en descente, on se RÉGALE – quel kif ! Les sensations sont fabuleuses ! Et les vues sur le domaine sont de toute beauté… Je recommande vraiment l’expérience.
Une cascade de glace avec un guide de haute montagne
Ma première cascade de glace ! A l’Alpe d’Huez est installé un bureau des guides de haute montagne qui propose de belles aventures dans le monde de l’alpinisme : randonnée glaciaire, ski sur glacier, escalade, goulotte, cascade de glace et autres incursions dans le monde magique de la haute altitude – pour débutants ou confirmés, il y a de tout ! Avec mon super guide Arnaud, dont la connaissance des montagnes de l’Oisans est infinie, je vis ma première escalade sur glace. Nous quittons en ski de rando le domaine skiable et arrivons sur un sublime plateau très sauvage, face à la majestueuse chaîne de Belledonne. Nous arrivons dans une combe un peu sauvage, un décor somptueux, où nous attend une des plus célèbres cascades de glace de l’Oisans : Symphonie d’automne !
Avec nos crampons très acérés et nos piolets spéciaux, très recourbés, nous nous taillons un chemin vertical dans la glace, en étant encordés l’un à l’autre et en posant des broches au fur et à mesure pour s’assurer. Tout le savoir faire du guide est nécessaire pour m’aider à apprivoiser cette discipline alpine particulièrement physique – c’est dur, c’est froid, c’est intense, mais pour moi qui rêve de cimes et d’alpinistes mythiques, c’est une expérience à vivre ! Après ce moment d’effort (c’est une escalade très particulière, qui demande de la force, et où on se prend de l’eau froide !), la descente en ski de rando et une petite halte chocolat chaud au chalet de l’Alpette sont une belle récompense. J’ai adoré cette expérience et j’ai trouvé le cadre sublime : cette combe aux cascades complètement hors du monde m’a émerveillée, ainsi que le voile gelé de la très haute Symphonie. N’hésitez pas à faire appel à un guide de haute montagne lors d’un séjour en altitude : c’est une fabuleuse façon d’élargir ses horizons.
Un tour de grande roue face à la Meije
Un tour de grande roue au coucher de soleil, voir au loin la reine Meije toute auréolée de rose, cela vous dit ? De retour à la station après le ski, n’hésitez pas à vous offrir un petit tour de grande roue. Les vues sont merveilleuses et la vue sur le couchant, inouïe…
Hiver comme été : la piscine et la patinoire de l’Alpe d’Huez
La station de l’Alpe d’Huez est très agréable à explorer pour les familles, avec ses nombreuses remontées réservées aux piétons au cœur du village – l’Alpe a été pionnière de l’installation d’œufs et cabines au cœur même de la station, pour faciliter les déplacements et limiter la voiture – et ses infrastructures sportives familiales. On adore le centre aquasportif avec la superbe piscine de plein air chauffée de la station, suivi d’un délicieux bobun plein de coriandre au resto snack l’Agua (mon meilleur bobun à ce jour !)
Quant à la patinoire de plein air, c’est un régal pour ceux qui rêvent de faire des étincelles sur la glace…
Que faire en été à l’Alpe d’Huez ?
Passion sports outdoor… J’étais très heureuse de revenir en juillet dans cette station des montagnes de l’Oisans, à deux pas de Grenoble, qui est mon coup de cœur depuis toute gamine. Je connaissais l’Alpe d’Huez en hiver, son immense domaine skiable et ses pistes vertigineuses, et cette année j’ai eu le bonheur de la découvrir en été. L’Alpe d’Huez, c’est une île de soleil et de verdure au cœur de l’Isère, et une collection fabuleuse de randonnées, d’expériences outdoor, de sports et de pleine nature. Je vous raconte ?
Randonnées sur le plateau des Lacs
Dès notre arrivée, nous avons commencé par cette sublime randonnée qu’on appelle la Ronde des Lacs – Lac Besson, lac Noir, lac Faucille, lac Carrelet, un chapelet de beautés paisibles. Sur les bords des lacs fleurissent linaigrettes et épilobes et au fond se détache le grand pic de Belledonne, point culminant du massif qui nous sépare de Grenoble. Nous sommes plongés dès la première minute au cœur des montagnes rayonnantes… Ces circuits de randonnées familiales sont accessibles au plus grand nombre et offrent une immense beauté.
La beauté inouïe du plateau des Lacs
S’envoler en parapente à l’Alpe d’Huez
C’est parti pour les airs ! Le parapente fait toujours partie de mes plus grandes joies en reportage. La sensation d’envol, de légèreté, est extraordinaire. Pas de moteur, juste le jeu des voiles et des courants, la course et l’envol – je pense que c’est la sensation la plus proche de celle que vivent les oiseaux battant des ailes dans les airs… A l’Alpe d’Huez, nous avons volé avec l’équipe hyper sympa et chaleureuse de Akene Fly (si vous n’avez pas la référence, prononcez le nom à voix haute… ça y est, vous avez la chanson dans la tête). Le matin, Akene Fly vole de l’Alpe d’Huez à Bourg d’Oisans, offrant une vue sublime sur la vallée du Vénéon et là Romanche turquoise serpentant au cœur des montagnes de l’Oisans. L’après-midi, ils suivent les courants et volent des hauteurs de l’Alpe d’Huez, côté Pic Blanc, jusqu’au cœur de la station. Petit moment de magie absolue : quand nous avons croisé des chamois galopant sur la corniche en nous approchant des reliefs ! Une expérience merveilleuse…
Incroyable moment : nous avons vu un troupeau de chamois depuis les airs…
Escalade à l’Alpe d’Huez
C’est au dessus du lac Besson que se trouve cette superbe falaise d’escalade avec un panorama somptueux sur le plateau des lacs. Mon compagnon Geoffrey et moi grimpons aussi en autonomie, mais avec un super moniteur, on va plus loin et on accède à des choses nouvelles. Grâce à l’adorable Nicolas du bureau des guides de l’Alpe d’Huez, super guide d’escalade, nous avons pu nous initier à une activité dont je rêvais depuis longtemps : la grande voie, ou l’escalade sur plusieurs longueurs. Au lieu de redescendre au sol à la fin de la première longueur de corde, vous continuez l’ascension de la paroi sur d’autres longueurs, en assurant le premier de cordée depuis un relais. Physiquement et mentalement, c’est plus engageant et intense : vous grimpez longtemps, plus haut, vous ressentez plus le vide et l’effort. Mais c’est aussi la sensation de vivre une grande aventure montagnarde, de se sentir alpiniste courageux et intrépide… grâce au super moniteur qui ouvre la voie, assure et rassure ! C’était merveilleux de vivre cette expérience avec et grâce à Nico, dans un cadre aussi merveilleux que le plateau des lacs. Nous étions sur la grande voie appelée « Des routes sentimentales » (4 longueurs, 5B-C). J’ai adoré ce site, cette voie, cette expérience. Que vous grimpiez déjà un peu ou pas du tout, de l’initiation aux itinéraires confirmés, la présence du guide permet de vivre de nouvelles choses ! Qui vient sur ma cordée ?
La vue sur le plateau des Lacs au sommet de la voieNico, notre super guide
Soirée VTT sunset à l’Alpe d’Huez
Un de mes plus beaux souvenirs de juillet ? C’est cette soirée de folie à l’Alpe d’Huez où nous avons rejoint notre adorable moniteur, Pierre, membre de l’Ecole MCF de l’Alpe d’Huez, pour une soirée VTT coucher de soleil sur le grand domaine. Avec nos super VTT à assistance électrique, nous avons commencé par une exploration passionnante et sublime de l’Alpe d’Huez, entre ancienne cité minière, buissons de lupins, panoramas incroyables sur le grand pic de Belledonne et sur la Meije et lumière dorée du soir.
Puis nous avons rejoint la terrasse du restaurant d’altitude La cabane de l’Alpe d’Huez où nous attendaient boissons, délicieux tapas et plaids bien chauds. Nous avons savouré un merveilleux dîner en voyant le crépuscule tomber sur les sommets de l’Oisans.
Et dans la nuit tombante, nous sommes redescendus par une piste de VTT de descente verte, facile et douce. Vous faites un tout petit peu de VTT ? Cette sortie se veut accessible à tous, facile et fun ! Aucun besoin d’avoir un gros niveau physique ou technique, il suffit de savoir pédaler pour cueillir le sunset et les tapas sur son guidon… J’ai ADORÉ cette expérience tellement forte et belle, ce partage dans la lumière du soir. Et j’ai adoré la beauté du domaine VTT de descente, qui contient de nombreuses pistes accessibles aux débutants. J’y suis retournée entre amis un week-end d’août pour se faire une virée VTT de descente dans un cadre grandiose !
A cheval face au grand pic de Belledonne
Avoir le bonheur de monter à cheval dans un cadre magique, entre Meije et grand pic de Belledonne, avec le centre équestre Second Souffle. J’ai tout adoré : mon merveilleux cheval Loriot, mon adorable moniteur Mickaël, la beauté des paysages, les fleurs et les panoramas. Second souffle propose également du ski joering et des balades avec les chiens de traîneau en hiver – je reviendrai à l’Alpe d’Huez et j’aime tellement la richesse de ses activités outdoor !
Un bivouac respectueux sur le plateau des Lacs
Une réflexion que j’avais envie de partager avec vous… En juillet, j’ai vécu deux bivouacs merveilleux. Le premier, c’était celui ci, à l’Alpe d’Huez, dans un site extraordinaire, avec le grand pic de Belledonne se reflétant dans les lacs, le calme absolu et la beauté des reflets dorés. Un moment de pure magie qui a continué de sceller mon amour pour l’Alpe d’Huez. Le second était un peu plus loin, dans le massif des Cerces. En août, j’avais prévu d’autres bivouacs. Mais les interdictions pleuvent… Le Mont Aiguille, où j’ai passé une nuit merveilleuse l’été dernier. Les hauts plateaux de Chartreuse, où j’avais très envie de bivouaquer, le lac de Lessy en Haute Savoie où je comptais aller bientôt… Les interdictions se multiplient, ça m’attriste énormément mais je peux le comprendre. Il y a tellement d’incivilités parfois… mais ces comportements entraînent l’interdiction pour tous. Je me permets donc de le redire. Pas de feu, jamais, c’est destructeur pour les écosystèmes. Aucun déchet, y compris le papier toilette, on remporte tout avec soi. Pas de bruits, d’enceinte, de grosse fête… on profite du silence et de la beauté des lieux. Sinon, la montagne va peu à peu se refermer et cela est tellement dommage. Le bivouac reste pour moi l’essence même de la liberté, de la joie à être en pleine nature, du plaisir de la montagne. Ne perdons pas ce trésor. Bivouaquons dans le silence d’un cadre exceptionnel en ne laissant aucune trace de notre passage.
La via ferrata des gorges de la Sarenne
Après avoir adoré les gorges de la Sarenne à ski en hiver, on les retrouve l’été pour une aventure verticale sur le rocher. On découvre l’impressionnante et sportive via ferrata des gorges de la Sarenne avec François, guide au bureau des guides de l’Alpe d’Huez, et on joue avec le vertige sur les falaises. Une belle façon de s’amuser du vide en toute sécurité !
Rando : les balcons de l’Alpe d’Huez
Même si j’ai du plaisir à randonner seule, j’adore faire des sorties avec un accompagnateur en montagne passionné de son terroir, pour découvrir l’histoire des lieux, les plus belles vues et les secrets des plantes. On s’est régalés à se balader avec le guide adorable et passionné de flore Fabrice, sur les balcons de l’Alpe d’Huez face à la Meije et au-dessus de la vallée de la Romanche. Au loin, la rivière coule comme un serpent turquoise et la station étincelle dans un décor inouï, et Fabrice va tout nous apprendre sur les plantes alpines. Savez-vous distinguer la sympathique et comestible gentiane du très toxique vératre ? Ils se ressemblent beaucoup… un petit cours de survie passionnant ! Nous redescendons ensuite jusqu’aux gorges de la Sarenne en traversant le vieux village de l’Alpe et ses hameaux, à la découverte de l’histoire de l’Oisans…
Moment de partage avec notre accompagnateur passionné de plantes
Gentiane ou vératre ?
Dans les gorges de la Sarenne
Face à la Meije…
Vélo : les 21 virages de la montée de l’Alpe d’Huez
Après avoir survolé les 21 virages mythiques de la montée de l’Alpe d’Huez en parapente avec Akene Fly, on les remonte à vélo (avec assistance électrique, je le confesse !) pour pédaler sur les traces des immenses champions de cette étape mythique du Tour de France. Nous étions début juillet, une semaine avant le tour de France, avec toutes les caravanes déjà installées, les drapeaux, les gens qui encouragent, un pressentiment de l’ambiance de fou qu’on ressent pendant le Tour à la montée de l’Alpe, avec une fête à chaque virage. Ressentir toute la difficulté, la beauté de cette épreuve, sans trop souffrir grâce à l’assistance électrique, et se plonger dans cette atmosphère légendaire, cela nous a beaucoup plu !
Devant l’église de St Ferréol, le virage 7, virage des Hollandais : 1000 à 2000 litres de bière par jour !
Alpinisme : le Grand Pic de Belledonne
J’ai rencontré notre guide Arnaud grâce à l’initiation à la cascade de glace à l’Alpe d’Huez cet hiver, face au grand pic de Belledonne qui se détachait au loin. Sa ligne de crête sépare la vallée grenobloise des montagnes de l’Oisans, et depuis les Grandes Rousses, il fait partie des silhouettes omniprésentes. Le désir de le gravir a rapidement vu le jour… La pratique de la haute montagne est un des grands attraits de l’Oisans, destination mythique des alpinistes, et de Belledonne, massif grenoblois réservant de belles surprises. Le Grand Pic nous appelait. Début juillet, nous avons retrouvé Arnaud, fabuleux guide de haute montagne, pour la traversée des arêtes du grand Pic de Belledonne. Une épopée vertigineuse qui a été très difficile pour moi psychiquement – l’exposition au vide est maximum – et très éprouvante physiquement, mais qui restera le souvenir d’une course d’alpinisme légendaire et saisissante au dessus du somptueux Lac blanc de Belledonne. Du haut du Grand Pic, je voyais l’Alpe d’Huez.Une semaine plus tard, je retrouvais la silhouette du Grand Pic au loin depuis mon balcon à l’Alpe d’Huez, et je me disais « la boucle est bouclée… ». Pour une initiation à l’alpinisme, dans le massif des Grandes Rousses, en Oisans ou Belledonne, n’hésitez pas à faire appel au bureau des guides de l’Alpe d’Huez, ils ont de très belles choses à vous proposer.
Fun en famille l’été à l’Alpe d’Huez
Luge sur rails, tubing, le coeur de la station de l’Alpe d’Huez en été se transforme en terrain de jeux pour toute la famille (et pour les adultes qui refusent de grandir). Un chouette moment de fun !
Bonnes adresses à l’Alpe d’Huez
Carnet d’adresses pour des vacances parfaites au cœur de l’Oisans…
Où dormir à l’Alpe d’Huez : les hôtels
Deux belles adresses confortables au coeur de la station.
Le PopAlp Alpe d’Huez
Pour un séjour haut en couleurs, on ira dormir au nouvel hôtel Pop Alp , établissement cosy et coloré, avec une décoration qui rend hommage aux icônes pop des années 60-70, notamment le grand Andy Warhol. Chambres spacieuses et lumineuses, superbes vues sur les montagnes, excellent buffet de petit dej et très bon rapport qualité prix, je recommande cette petite virée pop !
L’hôtel des Grandes rousses
Énorme coup de cœur : l’hôtel des Grandes Rousses à l’Alpe d’Huez, son spa, ses piscines d’été et son restaurant.
Les Grandes Rousses, c’est un très beau 4 étoiles avec sa déco chic et boisée, son exquis restaurant gastronomique et son spa des Alpes, qui propose outre sa piscine aux jets massants et lits de bulles, son sauna et son hammam, toutes sortes de soins et prestations parfois très originales. J’ai testé le bar à bain du spa des Alpes : 30 minutes privatisées dans une baignoire en cuivre avec lumière tamisée, bougies, l’huile essentielle de mon choix, une planche salée ou sucrée et une boisson avec ou sans alcool ! Un régal après une longue journée de ski… un moment de pure détente ! J’ai découvert en solo début janvier, puis je suis revenue en duo avec mon chéri en amoureux, tellement j’ai aimé le ski à l’Alpe et l’expérience tellement originale et savoureuse du spa des Alpes ! Je lui ai offert pour la St Valentin un « bar à bain » avec huiles essentielles, vin et fromage. Une réussite.
Le spa des Alpes reste ouvert toute l’année, à l’intérieur du bâtiment. Côté piscine, un 2e espace spa et balnéo ouvre à la belle saison, avec piscine et jacuzzis extérieurs et un superbe sauna tonneau avec vue sur les montagnes! Le bonheur, deux fois. Bref, l’hôtel des Grandes Rousses est une joie en toute saison pour les amateurs de piscine, de balnéo, de bien être, de soins originaux et de qualité, et pour moi qui suis folle des baignades à la montagne, c’était juste parfait !
En été toujours, on a vécu une expérience insolite très forte avec la cryothérapie au spa des Alpes : 3 minutes dans un caisson à l’azote liquide à -160 degrés. La procédure est très encadrée et sécurisée et les bienfaits sont nombreux – un vrai coup de fouet pour le corps, les muscles, le système immunitaire !
Mais rhabillons nous et allons tester le délicieux restaurant bistronomique, l’Espérance. J’ai adoré l’atmosphère ultra cosy des Grandes Rousses, cette ambiance scandinave avec fausses fourrures et faux feu, ces boiseries claires, cette sensation de cocon alpin. A l’Espérance, nous avons dîné dans des cabines façon trappeur aménagées, le buffet des desserts était à tomber et la cuisine, fine, gourmande, originale. Un pur bonheur. J’ai adoré revenir au matin pour les incroyables buffets de petit dej.
Et j’ai adoré notre chambre si confortable et spacieuse avec vue sur ma montagne chérie, la Meije, au loin. Un îlot de bonheur sur l’île au soleil.
Bonnes adresses à l’Alpe d’Huez : les restos
Où manger à l’Alpe d’Huez ? Petite sélection d’adresses.
Restos gastronomiques & bistronomiques
Au sein du village, des adresses chic qui régalent les papilles. Parfait pour un dîner en amoureux.
C’est mon plus grand coup de cœur food à l’Alpe d’Huez : le restaurant le Génépi. Au cœur du village du Vieil Alpe, dans un superbe chalet lumineux et décoré de façon très design et typique à la fois, une adresse gastronomique originale et créative. Inventif, ultra original, des associations inattendues et un résultat qui décoiffe, c’est vraiment un régal. Une parenthèse exquise!
L’Espérance, le restaurant de l’hôtel des Grandes Rousses. Je vous en parle plus haut : un cadre cosy et superbe, une cuisine délicieuse, un buffet de petit déj de folie, c’est un régal.
Gastronomie au sommet
Vous croyez que sur les pistes de ski, on est condamnés aux snacks et aux tartines de reblochon ? Il faut que vous découvriez mon resto d’altitude préféré à ce jour.
Le Signal 2108, labellisé maître restaurateur et jouissant d’une vue exceptionnelle sur la Meije dans sa pyramide de verre. J’ai rarement aussi bien mangé sur des pistes de ski. Fin, frais, raffiné, c’est une véritable explosion de saveurs gourmandes. Pendant le festival de cinéma de l’Alpe d’Huez, c’est là qu’on trouvait toutes les stars le midi !
Les restos cabanes d’altitude
Envie de chalet traditionnel perdu dans les montagnes ou de cabane ambiance plage au cœur des massifs ? Ces restos excentrés et exotiques promettent une belle évasion.
A La cabane, on déguste des tapas de montagne avec une vue superbe sur la Meije, le Râteau et les sommets légendaires de l’Oisans. Savoureux.
A La plage des Neiges, on se régale d’une ambiance délicieusement balnéaire et un peu décalée, avec une vue superbe et une cuisine généreuse et savoureuse. C’est frais, c’est coloré, c’est comme sous les tropiques.
Mer ou montagne, pourquoi choisir ? Au bord du merveilleux plateau des Lacs, petit océan alpin, le Chalet du Lac Besson conjugue boiseries alpines typiques dedans, et ambiance de plage chic dehors. Un lieu hors du temps magnifique. Leurs spécialités, outre les montagnardes ? Poissons et escargots !
Patrimoine : l’église Notre-Dame-des-Neiges à l’Alpe d’Huez
Singulière et remarquable, la plus contemporaine des trois églises de l’Alpe d’Huez frappe immédiatement par sa silhouette évoquant un grand chapiteau posé au coeur de la station. Tout est symbole à Notre-Dame-des-Neiges, superbe oeuvre de l’architecte Jean Marol édifiée au moment des Jeux Olympiques de Grenoble en 1968. J’ai éprouvé un immense bonheur à retrouver à l’intérieur les vitraux du génie de l’art sacral contemporain, Arcabas, dont j’avais découvert les oeuvres en Chartreuse. Expressif, coloré, puissant, Arcabas déploie des fresques bibliques puissantes retraçant toute l’histoire des hommes, de Dieu et du fils de l’homme. Merveilleux face-à-face.
Alors, tentés ? L’île au soleil vous tend les bras… En hiver comme en été, l’Alpe d’Huez est fabuleuse, et j’y reviendrai encore et encore !
Je suis venue quatre week-ends à l’Alpe d’Huez en 2022, deux fois en hiver et deux en été. Un voyage d’hiver et un voyage d’été m’ont été offerts par l’Alpe d’Huez, que je remercie très, très chaleureusement pour leur accueil 5 étoiles et toutes les activités fabuleuses que nous avons vécues. Un immense merci à Laura, Céline et Carla pour les programmes de folie qui correspondaient à tout ce que j’aime ! Les deux autres voyages étaient à titre perso (ski, VTT et spa…), pour revenir encore et toujours dans ma station préférée ! Dès les premiers flocons, je serai au RDV…
Aller jusqu’au bout du monde, au fond du cirque du Fer à Cheval… à cheval ? C’est une des plus belles randonnées équestres de ma vie : trois jours à cheval à travers les montagnes du Giffre, en Haute-Savoie, en aller-retour depuis Mieussy jusqu’au mythique Cirque du Fer à Cheval. 100km, 3000m de dénivelé, des visions d’une beauté inouïe, cette randonnée équestre restera un de mes plus beaux souvenirs de cavalière. Le Giffre ? C’est une rivière turquoise qui prend sa source dans un immense amphithéâtre rocheux qu’on nomme le Cirque du Fer à Cheval. Ce site naturel situé sur la commune de Sixt-Fer-à-Cheval est un des plus beaux, un des plus iconiques de nos Alpes. Et avec un nom pareil, quoi de plus naturel que de l’atteindre en selle ? En trois jours de grands galops, nous irons là où naissent ces sources, dans un décor de cinéma où les cascades abondent et qu’on appelle… « le bout du monde ». Récit d’une épopée hippique que je recommande à tout bon cavalier amoureux des montagnes.
Ma jument Divine et moi à Mieussy aux Paddocks du Mont Blanc, avec le roi des Alpes.A Samoëns, au lac des Dames.A Sixt-Fer-à-Cheval, à l’entrée du Cirque. Au coeur du Cirque du Fer-à-ChevalLe groupe de cavaliers avec la cascade de la Vogealle dans le cirque du Fer à Cheval.Avec la Reine des Alpes, la cascade du Rouget à Sixt-Fer-à-Cheval
J’ai réalisé ce reportage avec mon amie et binôme Marion Carcel alias Foehn Photographie. De nombreuses photos de cet article sont les siennes, notamment toutes celles dans lesquelles j’apparais. Ensemble, nous formons un duo de blogueuses, photographes et créatrices de contenu amoureuses des chevaux et des montagnes, sous le nom d’Itinera Favonia.
Marion et sa jument Blackie dans le GiffreMarion et Blackie dans le cirque du Fer-à-Cheval
Le parcours de la randonnée équestre dans les montagnes du Giffre
Nous partons pour trois jours de randonnée équestre, une traversée intégrale de la vallée du Giffre, de Mieussy au Cirque du Fer à Cheval, en passant par Taninges, Samoëns et Sixt-Fer-à-Cheval. Cette randonnée équestre mythique démarre sur les hauteurs dePraz de Lys Sommand, dans les montagnes du Giffre en Haute-Savoie. Nous sommes dans la vallée parallèle à celle de Chamonix, un sillon vert à côté des glaciers blancs, un balcon bucolique sur les plus hauts sommets des Alpes.
En trois jours, nous traverserons l’intégralité de la vallée du Giffre, à travers Taninges et Samoëns en longeant les eaux bleues de la rivière, jusqu’à arriver à Sixt-Fer-à-Cheval, où nous pousserons jusqu’au fond du cirque rocheux du Fer-à-Cheval, jusqu’à cet endroit où le Giffre prend sa source et qu’on nomme le Bout du monde. Nous longerons une rive du Giffre à l’aller, la seconde au retour, dormirons deux nuits à Sixt-Fer-à-Cheval, et consacrerons intégralement la deuxième journée au Fer-à-Cheval et aux cascades de Sixt. Une véritable odyssée haute-savoyarde, entre les plus hauts sommets des Alpes à l’horizon et la douceur bleutée du Giffre dans la vallée.
Cascade de la Vogealle
Hameau du Mont
Traversée du Giffre
Jour 1 à cheval : Mieussy – Hameau du Mont à Sixt-Fer-à-Cheval
Dans ce décor de montagnes douces et riantes, la radicalité minérale des 4000 mètres est une toile de fond grandiose, et on aime admirer la silhouette majestueuse des géants glacés au loin tandis qu’on se trouve dans un paysage d’alpages fleuris et de prairies ensoleillées. Dès notre arrivée aux Paddocks du Mont Blanc, à Mieussy, le roi des Alpes nous saute aux yeux : au-dessus des toits de l’écurie, il déploie son gigantisme vertigineux, 4807m de démesure enneigée. Sur les flancs de la station de ski de Praz de Lys Sommand, au milieu des troupeaux sonnaillants de vaches de race tarine et abondance qui fabriquent le reblochon, les paddocks du Mont Blanc sont un véritable centre équestre de montagnards, résolument orienté vers la culture outdoor.
Avec vue sur le Mont Blanc
Un joli centre équestre
Virginie des Paddocks du Mont Blanc
De nombreuses propositions de rando équestre en pleine nature en Haute Savoie
Chevaucher avec vue sur le Mont Blanc
Dès la première minute, nous sommes dans l’ambiance : notre randonnée commence par un exceptionnel balcon sur le massif du Mont Blanc. Face à nous, entre les oreilles alertes de nos chevaux, nous voyons se dessiner la plus haute montagne des Alpes et ses colossaux voisins, le Dôme du Goûter et son dos de neige, la pyramide parfaite de l’Aiguille Verte, les grands miroirs blancs du Mont Maudit. L’arrivée à la chapelle Saint-Grat de Mieussy est une véritable carte postale de la Savoie éternelle : une église solitaire au milieu des lacets du sentier, un clocher à bulbe d’oignon baroque, et le Mont Blanc pour horizon. Pas de doute, cette épopée sera inouïe.
Des vues incroyables sur le Mont Blanc
Sur cette ligne de crête, nous alternons sentiers faciles en herbe grasse et portions plus techniques. Le terrain est souvent accidenté et le dénivelé fait partie du jeu quand on chevauche au cœur des montagnes – descentes un peu raides, petites montées en raidillons pimentent l’aventure. Virginie nous avait prévenus, cette randonnée est pour cavaliers confirmés à l’aise en terrain varié, elle a un petit côté « chevalpinisme » totalement ton sur ton avec les sommets qui nous environnent ! Rompus à l’extérieur, nos chevaux de montagne ont le pied sûr et franchissent avec aisance ces embûches.
La descente avalée, nous gagnons la grande plaine du Giffre en traversant le beau bourg historique de Taninges. Autrefois village d’artisans, de tanneurs et de commerçants, Taninges a gardé son patrimoine ancestral, ses ateliers perchés au-dessus du Foron (un affluent du Giffre), ses placettes aux fontaines taillées dans le célèbre calcaire gris de la vallée du Giffre, sa chapelle XVIIIe et son dédale de ruelles fleuries. Nous longeons la belle chartreuse de Mélan, église romane appartenant autrefois à des moniales chartreuses, devenue aujourd’hui un centre d’art et d’archéologie où il fait bon flâner dans le sublime cloître au milieu des montagnes. Je vous parle plus longuement de ces lieux dans le récit de notre séjour à Praz-de-Lys-Sommand.
La charteuse de Mélan
Après cette belle parenthèse patrimoniale, nous gagnons les bords du Giffre, qui seront notre principal terrain de jeu au cours de cette randonnée.
Le long du Giffre à cheval, rando équestre aquatique
Le Giffre est une rivière de montagne, charriant les roches claires arrachées aux montagnes environnantes et à qui les fragments clairs confèrent cette transparence, cette couleur de lagon tropical au beau milieu de la Haute-Savoie. C’est une carte postale idyllique que les eaux turquoise du Giffre où se reflète la ligne des crêtes emblématiques de la vallée : le Pic de Marcelly, surplombant Taninges avec la croix majestueuse qui flanque son sommet élancé, le Criou, immense vague de pierre effilée qui semble submerger le village de Samoëns, ou encore le Môle, sommet solitaire marquant l’entrée dans la vallée.
Pic de Marcelly
Criou
Ici notre randonnée prend un tour résolument aquatique, et nous jouons à traverser à gué le Giffre là où la faible profondeur permet un rafraîchissement dans les eaux limpides. Les chevaux jouent, boivent, nous plongent dans une merveilleuse atmosphère de vacances. Les berges souples, les longs chemins boisés, invitent aussi aux grands galops effrénés. Entre plongées dans l’eau vive et chevauchées à toute allure, on se sent revenu en adolescence. La pause pique-nique du midi a lieu dans ce cadre magique, au milieu des galets blancs des berges du Giffre. Didier, l’époux de Virginie, assure la logistique de main de maître et nous apporte cuisinemaison, vin rosé et café au bord de l’eau – un petit air de plage à la montagne.
A cheval au Lac des Dames de Samoëns
La remontée du Giffre continue, et l’émerveillement ne cesse pas. En nous approchant de Samoëns, la rivière se fait plus profonde, et on y voit passer à toute vitesse les raftings remplis de gens engoncés dans leur gilet orange et fous de joie. Entre Morillon et Samoëns, un paysage de lacs d’un bleu vif vient entrer dans la bobine – le lac Bleu, le lac aux Dames, tous les deux aussi photogéniques. Pontons fleuris au milieu des eaux claires, pelouses à bronzer sur les rives, parcours d’accrobranche dans les arbres, on parcourt à cheval un décor de film peuplé de gens heureux.
Un immense galop dans la plaine des Vallons plus tard, et la dernière côte de la journée se profile. Il est temps de découvrir notre hébergement et celui de nos chevaux…
Dormir au Hameau du Mont : expérience inouïe à Sixt-Fer-à-Cheval
Avant de découvrir le bout du monde, nous passerons une nuit hors du temps. Parmi les nombreux hameaux traditionnels que compte Sixt-Fer-à-Cheval, le Mont est sans doute le plus atypique et dépaysant.
Au sommet d’une colline faisant face à la Pointe de Sales, sorte de proue de pierre jaillissant du navire des Fiz, ce hameau du XVIIIe siècle trône dans une solitude sublime, loin de tout et incomparablement apaisant. Sa chapelle baroque, ses chalets et mazots (des greniers à grains sur pilotis) anciens, son four à pain, ses bassins, son pressoir ont été entièrement restaurés et réhabilités par la petite dizaine d’habitants qui l’occupent à l’année, et ont à cœur de préserver ce morceau de Savoie éternelle. La beauté fleurie de ce village d’antan se tenant seul face à la montagne, la lumière du couchant illuminant les hautes falaises des Fiz, la flèche de la chapelle édifiée en 1623 etconsacrée à Saint Bernard, patron des montagnards, tout vous transporte dans un univers où le temps semble suspendu.
La pointe de Sales (2497m), proue des Fiz, dans tous ses états
C’est ici, aux chambres d’hôtes du Mont, que nous et nos chevaux passerons la nuit. Alain, qui a grandi au Mont, et son épouse Chantal, accueillent avec gentillesse et convivialité leurs hôtes et leurs montures. Les chevaux à l’herbe dans un immense pré en bordure de forêt, nous pouvons savourer l’apéritif dans la lumière dorée du crépuscule, avant de goûter à une croziflette maison… Dormir sous les toits mansardés de cet authentique chalet savoyard, tout de bois sculpté, de parterres fleuris et d’histoires pluriséculaires, parachève l’immersion dans cette grande épopée alpine.
Jusqu’au bout du monde à cheval
La plus longue et intense journée de notre randonnée sera aussi la plus spectaculaire. A remonter le ruban turquoise du Giffre jusqu’à sa source, nous allons pénétrer à cheval dans le cirque du Fer àCheval, le plus grand amphithéâtre rocheux des Alpes. L’excitation est à son comble ce matin-là, car nous attendons tous d’entrer dans ce site magique, sans aucun doute un des plus marquants de toute la chaîne alpine. Redescendus du Mont, nous traversons le beau village de Sixt-Fer-à-Cheval, dont l’église du XIIIe siècle souligne la silhouette, et où une stèle commémore la mort dans ce massifdu premier vainqueur du Mont Blanc, Jacques Balmat, en 1834. Les gens ravis descendent le Giffre en rafting, l’ambiance est joyeuse.
Tels des marins suivant une étoile, nous nous dirigeons vers un cap fixe, qui grandit au fil de nos galops : le Tenneverge, dont la silhouette majestueuse surplombe le cirque du haut de ses 2989m. L’ultime but de notre aventure est à ses pieds.
Impossible de ne pas être fasciné par l’arrivée dans le cirque du Fer à Cheval. Sculptée par les languesglaciaires qui recouvraient autrefois la région, cette vallée profonde voit s’élever des falaises de 500 à 700m de haut, d’où ruissellent une trentaine de cascades. Du pic du Tenneverge s’échappe une impressionnante lance de roche, la Corne du Chamois, qui transforme la falaise en un navire pirate en plein abordage. Incroyablement évocateur, le site semble échappé tout droit d’un film d’heroic fantasy.
Environ cinq kilomètres nous séparent du Bout du monde, le fond du cirque, cinq kilomètres de pure magie. Au rythme du pas de nos chevaux, les cascades se découvrent, les chamois à l’assaut des parois verticales se révèlent au loin, et les dernières neiges de l’hiver forment des glacières où la fonte ouvre des grottes éphémères.
Au coeur du Cirque du Fer-à-Cheval
Nous allons pique-niquer au pied de la plus belle cascade du cirque, celle de la Vogealle, qui tombe comme un voile de mariée sur la muraille. Les voitures n’entrent pas dans le cirque, aussi nous tirons notre casse-croûte de nos tapis à poches, et faisons honneur au fromage emblématique de la région, le reblochon.
Détour par la Cascade du Rouget
Après être sortis du cirque par l’autre rive – un nouveau voyage au pays imaginaire –, nous savons qu’une dernière cascade nous attend. Celle qu’on surnomme la « Reine des Alpes » culmine à 90 mètres de haut en deux ressauts d’une impressionnante puissance : la Cascade du Rouget, beauté fatale où il ne faut jamais tenter de se baigner. La belle est extrêmement dangereuse : une seconde cascade cachée en contrebas vous précipiterait mortellement sur des rochers trente mètres plus bas. Les embruns crachés par son incroyable débit trempent nos visages ravis.
Cette journée mérite de figurer au panthéon des plus belles randonnées équestres de France…
La farandole des lacs de Samoëns et Taninges
Il arrive que Virginie propose que la deuxième et dernière nuit se fasse en bivouac, dans un refuge d’alpage solitaire. Puisque la météo était incertaine, nous avons de nouveau passé la nuit auxchambres d’hôte du Mont, profitant encore une fois de l’hospitalité chaleureuse d’Alain et Chantal. Le troisième jour est celui du retour à Mieussy, par un chemin différent de l’aller, afin de compléter notre collection de beautés des bords du Giffre, et de lacs. Après les multiples lacs de Samoëns et Morillon, notre dernier pique-nique se fait au bord du joli lac de Flérier à Taninges. Ses rives sont bordées de roseaux et sublimées par une chapelle du XIIIe siècle, dont le clocher semble répondre à la croix du pic de Marcelly juste au-dessus.
Lac de Flérier, Taninges
Un dernier effort pour nos chevaux qui ont vaillamment avalé tant de chemin en trois jours, avant de retrouver les paddocks du Mont Blanc, avec la sensation de s’éveiller après un long et beau rêve…
Trois jours à cheval avec les Paddocks du Mont Blanc : logistique, niveau de la rando
Notre randonnée équestre est intégralement organisée par le club Les paddocks du Mont Blanc, situé à Mieussy. Le tarif 2022 pour la randonnée de trois jours jusqu’au cirque du Fer à Cheval comprenant hébergement, pension complète, location du cheval, est de 400 euros/pers.
Virginie et Didier, les propriétaires des Paddocks du Mont Blanc, sont installés depuis une dizaine d’années dans ce cadre somptueux. L’hiver, quand la neige est fraîche et pas trop glissante, ils proposent des randonnées équestres dans la poudreuse et même du ski joering. L’été, les grandes randonnées itinérantes sont leur spécialité, comme le tourdes alpages de Praz de Lys Sommand, ou bien un cheminement parmi les villages savoyards auxchapelles baroques et chalets couverts de géraniums. Ou enfin cette rando-ci, l’intégrale, la sportive,la sublime : traverser toute la vallée du Giffre et aller jusqu’au Bout du Monde. Nous sommes partispour cent kilomètres de splendeur haute-savoyarde. Cette randonnée épique, la plus belle et intense de toutes, est organisée deux fois par an, une fois en juin, une fois en septembre.
Niveau requis : Les Paddocks du Mont Blanc proposent de nombreuses activités accessibles à tous, y compris des randonnées équestres plus facile, mais celle-ci, la traversée intégrale de la vallée du Giffre, est réservée aux bons cavaliers d’extérieur, à l’aise sur tous terrains et à toutes allures. Durant ces trois jours, nous cumulerons 3000m de dénivelé, avec de nombreuses montées et descentes, 100 km, avec de grands galops magnifiques, et nous passerons environ 6h à cheval chaque jour (voire davantage). Si vous avez une hésitation quant à votre niveau, n’hésitez pas à en parler à Virginie et Didier, ils pourront vous guider et, le cas échéant, vous proposer un autre circuit plus tranquille.
Venir avec son propre cheval : Cela est possible, à une condition très importante : il faut que votre cheval soit suffisamment entraîné pour supporter un parcours aussi intense. Un cheval qui travaille peu risque de s’épuiser, car il s’agit d’équitation en montagne, avec de grandes distances, de longues journées et de forts dénivelés.
Vidéo TikTok : à cheval dans le cirque du Fer-à-Cheval
Sous le pseudo @itinera_alpina, je tiens uncompte TikTok consacré à mes découvertes alpines. La vidéo de la randonnée équestre dans le cirque du Fer-à-Cheval est mon plus gros succès à ce jour : près de 123 000 vues au moment où je publie cet article, et cela continue ! Ces paysages fascinants n’en deviennent que plus épiques encore à travers les oreilles d’un cheval… Pour découvrir la vidéo :
Pour poursuivre votre exploration de la vallée du Giffre, je vous invite à découvrir mon article consacré à un week-end d’été à Praz de Lys Sommand, paradis de la culture outdoor avec randonnées, VTT, escalade, parapente et de très belles adresses savoureuses.
Aventures outdoor à Praz de Lys Sommand avec Marion
A Samoëns, je suis venue en vacances à l’été 2021 (nous avons fêté l’anniversaire de ma mère au Club Med Grand Massif), et j’ai pu y pratiquer le VTT cross-country et le rafting sur les eaux bleues du Giffre. Une expérience fabuleuse.
Bonheurs de Samoens en famille, souvenirs au téléphone
Outre son Cirque, ses cascades et sa rivière propice au rafting, Sixt-Fer-à-Cheval est pour les randonneurs une fabuleuse porte d’entrée vers les réserves naturelles de Passy et des Aiguilles Rouges. En 2020, j’ai passé du temps à randonner dans ce terrain de jeu grandiose, entre Lac Cornu, Lac d’Anterne, Lac Vert, falaises des Fiz… en rêvant de revenir pour poursuivre jusqu’au Dérochoir, à la Pointe de Salles ou au désert de Platé. Le Haut-Giffre est un véritable Eden pour les amoureux de grands espaces sauvages, et je sais que j’y reviendrai.
Lac Vert de Passy Lac d’AnterneLac Cornu
Les montagnes du Giffre sont d’une richesse et d’une beauté inouïes, et je compte bien continuer à les explorer. Pour continuer de me suivre dans les Alpes et ailleurs, n’hésitez pas à vous abonner à la newsletter !
Enfin, sachez que si vous cherchez une autre grande randonnée équestre de trois jours en montagne, je vous renvoie à notre merveilleux reportage dans les Alpes de Haute Provence : entre route Napoléon et montagne du Cheval Blanc, trois jours à cheval dans la région de Digne-les-Bains.
Les Alpes de Haute Provence à cheval.
Partout dans nos Alpes, cheval et montagne s’unissent pour notre plus grand bonheur….
Un grand merci à la communauté de communes des Montagnes du Giffre, aux offices de tourisme de Praz de Lys Sommand, Samoëns et du Haut-Giffre pour leur soutien à ce projet, et à Virginie et Didier des paddocks du Mont Blanc pour une aventure exceptionnelle qui restera dans les annales. Inoubliable.
Connaissez-vous Le Dévoluy, ce sublime massif calcaire à la géologie tourmentée, à cheval entre Hautes-Alpes et un petit bout d’Isère et de Drôme ? A la bascule entre les Alpes du Nord et du Sud, ce massif dauphinois conjugue les verticalités nordiques chères aux alpinistes et le grand soleil méridional. Voisin du Vercors, Le Dévoluy partage avec lui la majesté des reliefs tourmentés et des grands espaces sauvages. Ce qui nous marque dans Le Dévoluy, c’est la beauté radicale des reliefs, dans cette roche calcaire friable que l’érosion a sculptée. Ici, le géologue devient fou. Immenses cavités s’ouvrant dans le sol qu’on nomme « chourums » (le mot viendrait de l’arabe, à la lointaine époque où les Maures arpentaient Le Dévoluy), réseau souterrain gigantesque et encore partiellement inexploré malgré les ardeurs des spéléologues, exsurgences profondes au parcours énigmatique, falaises découpées, et 4 sommets iconiques, emblématiques, les 4 géants du Dévoluy, qui s’illustrent par leurs silhouettes reconnaissables entre mille : voilà ce qui rend Le Dévoluy unique entre mille ! L’Obiou est le point culminant du Dévoluy, à 2789m. Mais ne vous fiez pas à ce chiffre relativement modeste : sa verticalité vertigineuse évoque déjà la haute montagne, et les alpinistes sauront trouver dans Le Dévoluy un terrain de jeu exigeant. Pour le grand alpiniste René Desmaison, qui a choisi de reposer ici pour toujours, Le Dévoluy est une « île dans le ciel », suspendue au fil du vertige. Mais Le Dévoluy est aussi, pour les amoureux de la montagne, les familles, les aventuriers en quête de sensations outdoor, un fabuleux terrain de jeu.
Le Dévoluy à cheval
L’Obiou
Obiou et piano
Face au Grand Ferrand à O’dycéa
Au fond, le Pic de Bure
La beauté des reliefs du Dévoluy. L’ObiouL’incroyable spa O’dycéa, les bains du Dévoluy
Que faire dans Le Dévoluy ?
Que faire dans Le Dévoluy ? Voir le soleil se coucher sur un air de piano au collet du Tât, avec vue sur les quatre sublimes sommets. Rêver aux profondeurs souterraines à la source des Gillardes, deuxième plus grande exsurgence de France. Grimper à la sublime falaise des Gicons avec vue sur l’Obiou et le Pic de Bure. S’aventurer dans un canyon en via ferrata, ou même entrer dans un chourum en via souterrata. Chevaucher à travers les grands espaces pour un tour équestre du Dévoluy. Flotter dans les eaux chaudes d’un spa fabuleux face aux montagnes, O’dycéa. Manger les meilleurs tourtons de tout le massif à l’hôtel spa et restaurant idyllique La Neyrette . Avoir une pensée pour René Desmaison à la Mère Eglise, sublime chapelle du XIe siècle au toit de chaume et aux voûtes romanes grandioses. Autant de bonheurs à vivre dans ce massif enchanteur. Que voir, que vivre, que faire dans Le Dévoluy ? Suivez le programme, on vous emmène au paradis.
L’emblématique Mère Eglise
Via ferrata des Etroits
Spa de la Neyrette
J’ai réalisé ce reportage avec mon amie et binôme Marion Carcel alias Foehn Photographie. Ensemble, nous formons un duo de blogueuses et photographes passionnées de tourisme, de montagne, de grimpe, de cheval et de tourtons sous le nom d’Itinera Favonia. Toutes les photos dans lesquelles j’apparais sont les siennes. Le Dévoluy, c’est une parfaite synthèse de tout ce que nous aimons dans nos magnifiques montagnes françaises, nous nous y sentons chez nous. Marion me dit à chaque fois qu’elle voit l’Obiou qu’elle aimerait vivre à son pied. C’est normal : nous avons grandi juste de l’autre côté de ces crêtes sublimes, moi côté Drôme, elle côté Isère, et Le Dévoluy est comme un membre de la famille retrouvé – on l’a aimé à la folie dès le premier regard lors de notre premier séjour l’hiver dernier (récit à venir !), et ces retrouvailles estivales étaient enchanteresses. Le Dévoluy, on a jeté notre dévolu sur lui.
Marion à cheval avec le pic de Bure Marion sur la via ferrata des Etroits
Aventures outdoor dans le Dévoluy : escalade, via ferrata, équitation…
Parce qu’un paysage tellement grandiose invite à se mettre au grand air, les sports de pleine nature sont une évidence lors d’un séjour dévoluard. Que faire, que voir dans Le Dévoluy ? Grimper, monter, randonner… suivez le programme.
Le Dévoluy, pour le bonheur des grimpeurs
Grimper dans Le Dévoluy, c’était depuis longtemps un de nos rêves, à Marion et moi. Ce massif découpé dans le calcaire nous fascine par sa géologie tourmentée, ses reliefs facétieux – on jurerait voir trolls et elfes se cacher au creux d’une arche, d’un chourum ou d’un rocher biscornu. Et nombre de voies mythiques parcourent ce massif bien connu des grimpeurs, à commencer par la célèbre voie Desmaison : 600m de verticalité vertigineuse sur le pilier de Bure ! Mais aujourd’hui, nos ambitions seront plus modestes, et le site choisi est accessible à tous les sportifs curieux de découvrir l’activité. La plus belle introduction à l’escalade dans Le Dévoluy ? La falaise des Gicons, un site fabuleux ! Le panorama sur les 4 géants du Dévoluy – Obiou, Pic de Bure, Grand Ferrand, Faraud – est imprenable, avec cette falaise surplombante qui vous donne l’impression d’être au sommet du monde. Le rocher est beau comme un tourton chaud avec ses ocres veinés, ses vagues et ses caprices où on se plaît à chercher les prises. Et notre monitrice, Marine de Vertical Zénith, est merveilleuse. Une machine avec le roc et un ange avec ses élèves, hyper douce, pédagogue et impressionnante. Avec Marine, on se sent totalement en confiance, on apprend, on progresse, avec beaucoup de bienveillance. Cette matinée était un rêve réalisé et je vous le recommande très chaleureusement : pour vous initier à l’escalade dans les meilleures conditions possibles, le combo Dévoluy + falaise des Gicons + Marine de Vertical Zénith est juste parfait ! Sa gentillesse et son sens de la pédagogie mettront à l’aise même les débutants.
Le pic de Bure vu depuis les Gicons
Marine, la meilleure monitrice d’escalade du monde, Gontran et Marion dans le décor incroyable des Gicons
Le tour du Dévoluy à cheval
Vous êtes cavalier et vous rêvez d’une belle aventure, à la fois exaltante et accessible ? Pourquoi ne pas tenter le tour du Dévoluy à cheval ? Grands espaces, hauts plateaux, géologie découpée, sommets emblématiques : Le Dévoluy a tout pour fasciner l’amoureux des montagnes. Le tour du Dévoluy est une randonnée itinérante qui réserve des points de vue exceptionnels et une qualité d’ambiance extraordinaire. Avec le centre équestre du Dévoluy chez l’adorable Elodie Chaillol à Superdévoluy, on peut le réaliser à cheval en plusieurs jours, au printemps et à l’automne (l’été est trop chaud pour un tel effort pour les chevaux). Nous l’avons réalisé en version raccourcie (23km) sur une journée par un mois de juin brûlant, et nous avons été émerveillées. Les panoramas sont inouïs, et les chevaux d’Elodie sont vifs, intelligents, attachants, de superbes montures !
Elodie Chaillol, monitrice et propriétaire du centre équestre de Superdévoluy
Je suis avec le beau Sueño face à une ligne de crête somptueuse qui unit plusieurs départements chers à mon coeur : au fond, un sommet est dans la Drôme, un en Isère, et un dans les Hautes-Alpes (où mon cheval pose ses sabots). Un moment magique, un massif qui nous émerveille… et à cheval, tout est toujours plus beau ! Après avoir monté Sueño dans la neige en janvier dernier (retrouvez ici notre séjour d’hiver dans Le Dévoluy), ce fut le bonheur de le retrouver au cœur de l’été…
Sueno et moi face à la ligne de crête sublime du Grand Ferrand et de l’Obiou, au collet du Tât
Ce que j’adore dans Le Dévoluy, c’est à quel point les sommets iconiques du massif sont visibles, omniprésents. Lors de notre tour du Dévoluy à cheval avec Elodie, j’ai été marquée par la qualité des panoramas. Je l’avais déjà ressenti l’hiver dernier à ski : dès que vous arrivez sur les hauts plateaux calcaires du Dévoluy, vous avez droit à un décor cinématographique XXL à 360 degrés, avec de fascinantes lignes de crête et des sommets emblématiques. Ici la montagne de Faraud, magnifique phare au cœur des Hautes-Alpes, là le Grand Ferrand, là l’Obiou, là le pic de Bure… où qu’on donne de la tête, c’est sublime. Sur le dos du beau Sueño, et nous nous laissons guider avec bonheur par Élodie au cœur de ces paysages merveilleux. Une expérience que je vous recommande de tout cœur.
Marion avec la montagne de Faraud
Hello, sublime pic de Bure
La via ferrata des Étroits dans le Dévoluy
J’ai toujours adoré les via ferrata. C’est une façon fun et ludique d’apprivoiser le vide, de voir si on a envie d’escalade, d’alpinisme, de montagne… dans un environnement à la fois impressionnant et vertigineux mais sécurisé. C’est une super activité outdoor alliant plaisir du panorama, sport et adrénaline. Dans Le Dévoluy, la via ferrata des Étroits serpente au cœur d’un canyon, parmi les méandres de la rivière, alternant parties en rocher et pontssuspendus. Le clou ? La partie la plus étroite – d’où le nom ! – où vous pouvez mettre un pied de part et d’autre de la paroi ! Une via assez longue (prenez bien de l’eau !) mais ludique et avec de nombreux passages très fun. Une via peut se faire en autonomie quand on a l’habitude et le bon matériel (baudrier, casque, longes spécifiques à la via ferrata et non longes d’escalade), mais surtout, faites-vous accompagner si c’est la première fois, pour éviter tout stress et tout danger. Nous étions guidés par Romain, moniteur d’escalade et de via ! La via ferrata, déjà testé ?
Romain, notre chouette moniteur
… et la via souterrata au cœur d’un chourum !
La via ferrata, vous connaissez, mais la via souterrata ? C’est la même chose, mais sous la terre, et c’est vraiment très impressionnant. Le Dévoluy est vraiment un massif très particulier sur le plan géologique – c’est le plus découpé, le plus biscornu des Hautes-Alpes, ici l’érosion n’a pas connu de limites à sa créativité ! Le massif est transpercé par plus de 600 chourums, de profondes cavités ouvertes dans le sol. Certains sont gigantesques – il en existe même un, le chourum Olympique, que les meilleurs skieurs descendent à ski ! Dans un tel pays, la spéléologie est forcément à la pointe. Notre guideMartinho fait partie d’un groupe de spéléos passionnés explorant depuis 25 ans Le Dévoluy. Ensemble, ils ont ouvert la première via souterrata au monde : comme une via ferrata, mais sous la terre ! Vous descendrez dans des gouffres, ramperez dans des boyaux, traverserez des abysses, mais toujours relié à la rassurante ligne de vie. La via est ouverte en accès libre, à condition de disposer du matériel et de l’expérience adéquats – personnellement, même en ayant l’expérience des vias à l’air libre, nous étions contentes d’être accompagnées de Martinho et d’écouter ses histoires géniales sur l’envers du Dévoluy ! Un moment génial, une très belle expérience sous la Terre. Alors, on y va ? Surtout n’oubliez pas votre casque et votre frontale, il fait tout noir là dessous…
Le génial Martinho
Nous avons vécu cette aventure en hiver, mais la température sous terre est la même toute l’année, et la via est toujours accessible. Je la raconterai en détail dans un article à venir, qui sera consacré aux secrets du monde souterrain dévoluard, n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter pour suivre tout cela.
La source des Gillardes, deuxième plus profonde exsurgence de France après Fontaine-de-Vaucluse
Randonnée : le collet du Tât
Un soir dans le Dévoluy, nous sommes montés au Collet du Tât, un des points de vue les plus emblématiques du Dévoluy, d’où on a une vue incroyable sur la ligne de crête de l’Obiou et du Grand Ferrand. Nous espérions un beau coucher de soleil… mais à la place, nous avons eu droit à un orage spectaculaire ! Un piano a été placé là à l’été 2022… d’où cette ambiance un peu hors du temps qui m’a conquise et donné envie de jouer le thème de Harry Potter !
Marion à cheval au Collet du Tât
Patrimoine : la Mère Eglise du Dévoluy
C’est une chapelle merveilleuse, emblématique du Dévoluy. En contrebas de la falaise des Gicons, au cœur du Dévoluy, la plus vieille église du massif trône ici depuis le XIe siècle, avec une vue imprenable sur les quatre sommets emblématiques. Un chef d’œuvre de l’art roman, rénové ensuite dans le style lombard emblématique des Hautes-Alpes avec ce clocher triomphant, et une particularité insolite, ses toits de chaume préservés. C’est dans ce lieu qui inspire solennité et sérénité que René Desmaison a choisi de reposer – comme toutes les tombes d’alpinistes, la sienne épouse la forme de la montagne qu’il a aimée, une roche découpée évoquant les cimes des Alpes ou de l’Himalaya, qu’il a aussi arpentée. Une étrange pierre ocre repose sur le caveau : il s’agit d’un emblème religieux népalais offert par son ami sherpa lors de l’ascension du Jannu. Ici au cœur de l’île dans le ciel, les montagnes magiques se touchent…
Que faire dans Le Dévoluy ? Les belles adresses
Que faire, que manger (à part des tourtons, bien sûr), où dormir ? On vous raconte tout…
La Neyrette, superbe hôtel spa
Notre adresse fétiche dans le Dévoluy : l’hôtel-spa la Neyrette . Été comme hiver, on se perd dans les reflets des sommets dans les eaux chaudes de la piscine et du jacuzzi, dans un jardin japonais au cœur des Alpes. Le spa est beau, doux et romantique.
On se régale des meilleurs tourtons du Dévoluy, entièrement faits maison, des truites du viviers et d’un petit dej exquis avec vue sur les montagnes, les fleurs et la roue à aube.
A table à La Neyrette : truites du viviers, tourtons maison incroyables et légumes frais
L’accueil est délicieux, le cadre superbe et chaleureux, et on y est merveilleusement bien… On vous accueille en famille – plusieurs générations travaillent ici –, avec une gentillesse exquise. Du grand-père alsacien, on retient l’extraordinaire cave à vins ! Une adresse à retenir pour un séjour de charme dans ce massif dont nous sommes tombées amoureuses.
Douceur de vivre à La Neyrette
O’dycéa, les bains du Dévoluy : un spa d’exception
Vous connaissez ma passion pour les piscines et les spas. Le superbe spa O’dycéa, les bains du Dévoluy a été un de mes plus grands coups de cœur de cette année et je suis certaine d’y retourner en amoureux bientôt ! C’est simple, il a tout : une immense piscine avec jets et remous, des jacuzzis avec vue sur les montagnes, un décor de canyon rocheux superbe, une extraordinaire salle musicale où on flotte en regardant les constellations au-dessus de l’observatoire astronomique du pic de Bure, des saunas, hammams, de superbes espaces détente avec boissons délicieuses en libre service… Marion et moi avons vraiment eu un coup de foudre pour ce spa et je vous le recommande très vivement. La beauté du décor, la richesse et l’originalité des expériences (je recommande vraiment la salle musicale astronomique, inoubliable !), l’excellent rapport qualité-prix, la gentillesse de l’accueil, il y a tout. Imaginez en hiver avec la neige sur les sommets… on y reviendra, c’est sûr !
Le spa O’dycéa, les bains du Dévoluy : extraordinaireDécor fabuleux de ce spa O’dycéa, les bains du Dévoluy
L’Etincelle, les délices du feu de bois
Nous avons vécu un merveilleux dîner à l’Etincelle, dont l’authenticité et les saveurs nous ont séduites. Ici, on cuit au feu de bois, sous vos yeux, les viandes et les poissons, pour un goût exquis, et on les accompagne de gratin dauphinois. Les desserts sont maison, tout est savoureux, excellent, roboratif, et on ressort réjouies de ce repas dans la cheminée !
L’Etincelle et ses spécialités au feu de bois
Je vous donnerai d’autres bonnes adresses dévoluardes dans mon prochain article hivernal, mais je veux d’ores et déjà signaler l’excellent resto Chez Patras, qui est dans le même style que l’Étincelle (montagnard, authentique, fait maison, savoureux, avec une délicieuse utilisation du feu), et qui nous a vraiment séduites aussi. Notre brasérade au gratin dauphinois est un souvenir inoubliable. On mange si bien dans Le Dévoluy : montagnard, authentique, dauphinois !
Brasérade de Chez Patras
Le Dévoluy, Marion et moi l’aimons à la folie. A retrouver sur Itinera Magica : deux articles 100% Dévoluy, un sur les expériences hivernales dans Le Dévoluy (ski, motoneige, cheval dans la neige, spa hivernal, rando raquettes…), un sur le monde souterrain dévoluard (via souterrata, chourums, exsurgences, spéléo…). N’hésitez pas à vous abonner à la newsletterpour ne rien rater !
A suivre : Le Dévoluy en hiver
Un grand merci au Dévoluy, à Julie, à Muriel et à Gontran, pour ce séjour merveilleux en leur compagnie. Le Dévoluy est un immense coup de foudre.