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    Canada : sublime Alberta, cow-boys et montagnes des Rocheuses

    Connaissez-vous l’Alberta, cette province montagnarde et sauvage tout à l’Ouest du Canada ? En septembre dernier, entre fin d’été et début de l’automne dans les Rocheuses, j’ai vécu un sublime road trip à la découverte d’une des plus belles régions canadiennes. L’Alberta, c’est le pays de Calgary, de Banff, de Jasper ou encore de Drumheller. S’il fallait vraiment résumer cette province immense et sublime en trois mots seulement, je vous dirais : montagnes, cow-boys et dinosaures.
    Montagnes, car nous sommes au cœur des Rocheuses, la gigantesque cousine nord-américaine de notre chaîne alpine, toutes deux unies dans une sororité de glaces et de sommets, de grands espaces vertigineux et de reliefs tracés au cordeau… mais avec les grizzlis et les pumas en plus. C’est en Alberta que court, entre montagnes et glaciers, l’une des routes les plus iconiques du monde, la Icefields Parkway, qui relie Banff à Jasper dans un décor alpestre d’une perfection surréaliste. Jasper a été mon coup de foudre absolu au Canada, ma cabane au fond des bois de l’Alberta.
    Cow-boys, car nous sommes en plein dans ce qu’on appelle le « cow-boy country », où l’élevage extensif de bétail (le célèbre bœuf de l’Alberta !) exige des hommes et des femmes le travail à cheval sur de vastes espaces, où le costume trois-pièces est fait de blue jean et où il serait inconvenant de ne pas posséder une paire de bottes Alberta Boots, et où le rodéo est une religion. Chaque année en juillet, le Stampede de Calgary réunit un million de personnes autour d’une compétition western devenue le plus grand festival en plein air du monde. La culture western fait partie intégrante de l’âme albertaine. Il sera dans cet article abondamment question de tourisme équestre en Alberta, car dans les Rocheuses, vous pouvez monter à cheval partout ou presque.
    Dinosaures, car Drumheller en Alberta est la capitale mondiale des dinosaures : nulle part ailleurs sur Terre n’ont été retrouvés une telle quantité, une telle variété de dinosaures, et dans un tel état de conservation. Les badlands de Drumheller sont un Jurassic Park à ciel ouvert, et la géologie albertaine fascine, entre fossiles et ammolites, une des pierres précieuses les plus rares du monde, spécifique à cette région.
    De l’extrême sud de l’Alberta, où les lacs de Waterton forment la frontière avec le Montana étatsunien, aux lacs glaciaires de Jasper, en passant par la vibrante et cosmopolite Calgary, laissez-moi vous entraîner dans un road-trip albertain où on décline toutes les teintes de turquoise : dans les lacs justement, car ceux de l’Alberta comptent parmi les plus beaux du monde, et sur les chapeaux et ceintures des cow-boys. Yahoooo, comme on dit ici !

    Alberta
    Au pays des cow-boys en Alberta, entre montagnes des Rocheuses, aventures à cheval et culture western, ici à Pincher Creek.
    Au pays des cow-boys en Alberta, entre montagnes des Rocheuses, aventures à cheval et dinosaures XXL. Un road trip au grand galop !
    A Jasper au coeur des Rocheuses
    Au pays des cow-boys en Alberta, entre montagnes des Rocheuses, aventures à cheval et dinosaures XXL. Un road trip au grand galop !
    A Canmore dans une famille de cowboys.

    Au cœur des Rocheuses en Alberta

    Les Rockies : pour tout Européen, prononcer ce mot magique fait jaillir un univers rocailleux et sauvage, peuplé d’ours et de trappeurs, de cabanes en rondins et de poudreuse opulente, de glaciers bleutés et de lacs turquoise. Spoiler : tout est vrai. Les Rocheuses correspondent exactement à ce dont j’avais rêvé, à cette carte postale montagnarde iconique empreinte d’immensité et d’authenticité.

    Au pays des cow-boys en Alberta, entre montagnes des Rocheuses, aventures à cheval et dinosaures XXL. Un road trip au grand galop !
    Fairmont Jasper Park Lodge, idylle lacustre à Jasper

    L’Icefields Parkway, une des plus belles routes du monde

    227 kilomètres de légende, telle est l’Icefields Parkway, qui court entre Banff et Jasper au cœur des Rocheuses albertaines. Pour moi qui suis folle des Alpes, la passion pour cette route est instinctive, spontanée : ce sont les Alpes, en XXL, version gigantesque, unies dans une même chaîne de beauté par la même orogénèse qui rend toutes les hautes montagnes du monde sœurs, par la tectonique, la glace et le vertige. Je retrouve ici tout ce que j’aime à la folie, les glaciers, les sommets et les cascades, les rivières turquoise chargées de farine minérale, les falaises abruptes et la neige étincelante, avec ce gigantisme du continent nord-américain.
    Mille arrêts et randonnées sont possibles sur cette route mythique, je n’aurais qu’un conseil essentiel à vous donner : prenez votre temps. Estimez le temps que vous pensez vouloir y consacrer, et doublez ou triplez-le. Vous aurez envie de vous arrêter partout et vous serez frustrés. Si vous êtes en van ou si pouvez vous le permettre financièrement (les hôtels sur cette route sont rares et chers), n’hésitez pas à dormir en chemin, à Lake Louise ou à Columbia Icefields, pour pouvoir faire plus d’arrêts, d’activités et de randonnées. J’ai regretté de ne pas avoir le temps de marcher sur le glacier ou sur la plateforme panoramique à Columbia, de randonner plus longtemps à Peyto, de profiter des rives de Bow Lake, de prendre une barque à Lake Louise ou de voir les chutes d’eau de Sunwapta. Mais voici les arrêts que j’ai adorés sur l’Icefields Parkway, dans le sens de Jasper à Banff.

    icefields parkway
    Conduire sur la Icefields Parkway, LA route mythique au coeur des Rocheuses canadiennes

    Athabasca Falls. Sur la toute l’Icefields Parkway, les rivières turquoise en tresses coulant des glaciers m’ont fascinée. Athabasca, Bow, Saskatchewan forment l’hydrographie hypnotique de cette route traçant droit parmi des méandres ondulants. À Athabasca, le serpent bleu devient dragon blanc, la rivière se projette en rugissant au cœur d’un canyon noir – grandiose !

    Conduire sur la Icefields Parkway, LA route mythique au coeur des Rocheuses canadiennes
    Athabasca Falls

    Goats and Glaciers Lookout. Je n’ai pas vu les chèvres, mais j’ai bien vu les glaciers. Ce point de vue peu connu m’a saisie par surprise et a incarné mon image idyllique de la route des glaciers, entre sapins pointus, eaux translucides et montagnes de livre d’images.

    Conduire sur la Icefields Parkway, LA route mythique au coeur des Rocheuses canadiennes
    Goats and Glaciers

    Columbia Icefields. C’est la plus grande calotte glaciaire de l’Icefields Parkway, et le spectacle est saisissant. Fin septembre en Alberta, les myrtilliers rougis par l’automne qui arrive dessinent un paysage de lande fantastique, où les plantes flamboyantes répondent aux glaces immaculées. C’est beau, c’est vertigineux. J’aurais adoré y passer plus de temps : de nombreuses activités sportives (alpinisme, randonnée glaciaire) et contemplatives (plateforme) y sont organisées.

    Conduire sur la Icefields Parkway, LA route mythique au coeur des Rocheuses canadiennes
    Columbia Icefields


    Si vous avez les moyens, sachez que l’hôtel Glacier View Lodge propose des chambres avec des vues absolument somptueuses. Les prix commencent à partir de 500 dollars canadiens/nuit. J’aurais adoré passer une nuit au milieu de la route des glaciers !

    Peyto Lake. C’est sans doute le point de vue qui m’a le plus émerveillée ! Pour accéder au Peyto Lake Lookout, comptez environ 15 minutes de marche (avec un peu de dénivelé, cela grimpe) : le lac se découpe au milieu des sapins en formant une étrange tête de loup, un croc turquoise au cœur de la forêt. Fascinant !

    Conduire sur la Icefields Parkway, LA route mythique au coeur des Rocheuses canadiennes
    Vous voyez les oreilles et le museau du loup ?

    Bow Lake et Glacier. Somptueux ! Le Bow Glacier se déverse directement dans le lac du même nom, sorte de Game of Thrones canadien où la muraille de glace finit en parc bucolique où on vient prendre son pique-nique au bord de l’eau. J’aurais adoré y passer quelques heures, d’autant que quand le soleil sort, l’eau est d’un turquoise radieux.

    Lake Louise. Encore un arrêt trop rapide pour moi sur cette route légendaire ! Si vous le pouvez, prenez le temps de profiter de Lake Louise, prenez une barque et pagayez sur l’un des plus beaux lacs du Canada, faites un tour à cheval sur ses rives iconiques, imprégnez-vous de la démesure grandiose de ce cirque glaciaire vertigineux ouvrant sur un véritable lagon alpin. J’ai été émerveillée par Lake Louise, et j’aurais adoré faire les randonnées emblématiques, notamment celle de Lake Agnes Tea House : monter boire un thé dans un salon de thé devenu une vraie légende de l’Ouest, avec vue sur Lake Louise. Si vous avez un très gros budget, offrez-vous une nuit au légendaire Fairmont Lake Louise (hôtel 5 étoiles, à partir de 900 dollars canadiens la nuit environ) au bord du lac – sinon, un thé suffira pour s’imprégner de son ambiance intemporelle !

    Conduire sur la Icefields Parkway, LA route mythique au coeur des Rocheuses canadiennes
    Lake Louise – imaginez avec du soleil ! Cet endroit est exceptionnel

    Jasper, l’idylle montagnarde

    Jasper a été pour moi un coup de foudre absolu. Capitale canadienne des « cozy cabins », avec plus de 500 chalets nichés entre montagnes et lacs, Jasper incarne tout ce dont je rêvais en venant dans les Rocheuses, la cabane en rondins au bord du lac où se reflètent les sommets, le vertige de la démesure et le confort d’un chalet douillet, les élans et les ours tout près et le bleu à la folie, dans le ciel, les glaciers, les rivières et les étangs. La ville de Jasper a un charme inouï, avec son atmosphère de Frontier colorée, où les chalets et les boutiques du cœur de ville se découpent sur les montagnes si proches.
    La rivière Athabasca traverse Jasper et dessine là où le relief la capture une ribambelle de petits lacs entourés de sapins. Malgré le terrible incendie qui a ravagé Jasper en 2024, le paysage fait preuve de résilience, et de nombreuses poches intactes sont une promesse de résurrection forestière. Jasper est belle et correspond absolument à mon imaginaire, d’autant que nous dormons au paradis.


    J’ai eu le bonheur immense de loger au Fairmont Jasper Park Lodge, à l’invitation de Destination Canada et Travel Alberta qui y organisaient cette année le sommet « Go Media », où sont reçus des journalistes du monde entier. Les chalets se lovent au bord du lac, et des chemins de promenade serpentent de banc en banc, dans la marelle des reflets. Ces trois nuits à Jasper resteront parmi les plus beaux souvenirs de mon année 2025, une image de la perfection faite Alberta.

    Maligne Lake, perfection canadienne et culture autochtone

    Qui portera le titre de plus beau lac de l’Alberta ? De nombreux prétendants viennent à l’esprit : Lake Louise, Lake Moraine, Bow Lake, Peyto Lake… et je les ai tous adorés. Mais celui que j’ai vu dans une lumière dorée et la grâce d’un moment parfait, celui qui a suscité chez moi un élan d’amour et de fascination innée, c’est Maligne Lake, la perle de Jasper National Park, le plus grand lac des Rocheuses canadiennes.


    Visiter Jasper en Alberta dans les rocheuses
    Traverser le lac en bateau

    Maligne Lake, c’était l’océan intérieur des Premières Nations, leur vivier de pêche, leur maison et leur église : l’iconique île de Spirit Island, qu’on voit sur toutes les cartes postales des Rocheuses tant sa beauté émeut, est une terre sacrée qu’on vous demandera de ne pas fouler, par respect pour les Premières Nations qui y conduisent aujourd’hui encore des cérémonies.

    Tout au long de notre séjour en Alberta, j’ai été marquée par la présence forte et continue des Premières Nations, et par l’attention et le respect portés à leur primauté ancestrale. Nombre de visites commencent par ce qu’on appelle un « Land acknowledgment », dont la formulation ressemble à ceci : « nous reconnaissons que le territoire que nous foulons était la maison de… ». Voici par exemple le Land acknowledgment de la bibliothèque municipale de Jasper :

    The Jasper Municipal Library recognizes with respect, gratitude, and accountability that we are on Treaty 6 and 8 Territories as well as the Jasper House Métis District.

    The land on which we stand, here in the Athabasca Valley, is a part of the shared Traditional Territory for the Dane-zaa, Aseniwuche Winewak As’in’î’wa’chî Ni’yaw, Nêhiyawak, Anishinaabe, Secwépemc, Stoney Nakoda, Mountain Métis and Métis.  

    We honour the Indigenous Peoples whose histories, languages, and cultures have marked these mountain lands and headwaters for centuries.

    C’est à Jasper que j’ai ressentis le plus fortement cette empreinte autochtone qui a façonné le territoire canadien, à travers les cérémonies et danses auxquelles nous avons eu le privilège d’assister, en traversant en bateau l’immensité lumineuse de Maligne Lake dans le halo doré du soir, et en contemplant la silhouette altière des sapins de Spirit Island répondant aux cimes enneigées des Rocheuses. Ici la terre toute entière est sacrée, l’eau des lacs et le chant des forêts, et nous sommes invités à entrer en communion avec sa majesté radieuse. Jasper m’a emplie d’un profond respect et d’une grande plénitude.

     

    Visiter Jasper en Alberta dans les rocheuses

    Faire du cheval à Jasper avec les Jasper Alpine Stables

    Un autre très beau souvenir de Jasper restera la balade à cheval avec les Alpine Stables, une balade certes courte et peu sportive (une heure de pas tranquille), mais dans un décor époustouflant : nous sommes sur les hauteurs de Jasper, au-dessus des méandres de l’Athabasca River, et accédons à des points de vue d’une beauté inouïe sur ces sentiers surplombant. C’est aussi lors de cette promenade que j’ai eu l’occasion de faire la rencontre d’un wapiti, un des plus grands cervidés du monde (après l’élan). Interdiction totale de s’approcher, ils étaient en période de rut et donc potentiellement dangereux, mais le souvenir du brame du wapiti (que j’aurais pris pour un chant de loup à l’aveugle) et de cette rencontre m’a émerveillée – émotion canadienne XXL !

    Visiter Jasper en Alberta dans les rocheuses
    A cheval à Jasper au coeur des Rocheuses

    Banff, iconique et alpine

    Banff, quelle légende ! Pour moi qui vis dans les Alpes, Banff est une sœur de Chamonix : mythique et alpine, enchâssée dans un décor de montagnes grandioses qui obsède et aimante tout le monde, sportifs et socialites, alpinistes et skieurs, amoureux de la poudreuse et étoiles branchées. Banff est à la fois extrêmement chic et profondément montagnarde, avec cette touche cow-boy typique de l’Alberta où on porte des bottes de cow-boy et des ceinturons turquoise, et la présence exotique et vaguement menaçante des ours dont il faut se méfier en septembre, car ils sont en pleine ventrée de baies avant d’entrer dans le long hiver. Partout les télécabines mènent aux cimes et je rêve de revoir Banff en hiver, quand des mètres de poudreuse recouvrent les sommets, qu’on dévale les pentes dans une blancheur fine et cristalline, qu’on fait du ski joering sur les lacs gelés et se réchauffe au fireplace entre deux descentes.
    Je dors à l’hôtel Canoe & Suites, et je retiendrai leur incroyable spa en plein air imitant un décor de canyon et cascades : spectaculaire !

    Visiter Banff en Alberta dans les rocheuses
    Banff à l’heure dorée

    Tout autour de Banff, d’autres lacs sublimes complètent ceux de l’Icefields Parkway, et je vous conseille de prendre le temps de les explorer – j’ai particulièrement aimé le plus grand des lacs de Banff, Lake Minnewanka, vrai lac de plaisance avec ses pêcheurs, ses bases de loisir et ses campings, dont la beauté n’a rien à envier à ses voisins plus célèbres.

    Visiter Banff en Alberta dans les rocheuses
    Lake Minnewanka

    Balade à cheval avec Banff Trail Riders

    Véritable institution du tourisme équestre en Alberta, Banff Trail Riders est un incontournable de l’aventure dans les Rocheuses : de la balade d’une heure le long de la Bow River aux excursions itinérantes de plusieurs jours au cœur des montagnes, en passant par les promenades en chariot bâché comme aux temps des grandes migrations vers l’Ouest, ils offrent aux amoureux des chevaux de tous niveaux une immersion équestre typiquement western avec un vrai sens de l’hospitalité. Dans la section consacrée à la « cow-boy culture » de l’Alberta, je vous raconterai plus longuement leur barbecue cow-boy, mais laissez-moi déjà évoquer ma toute première balade avec eux, une initiation d’une heure le long de la rivière turquoise à l’heure dorée, où j’ai vu les crêtes de Banff se parer d’un feu que réhaussent les couleurs de l’automne. Grandiose et mémorable !

    Lake Louise et Lake Moraine

    Quand on descend de Jasper vers le sud de l’Alberta, on peut faire une halte à Lake Louise avant de rejoindre Banff. En ce qui me concerne, j’y suis allée en excursion à la journée depuis Banff, comme beaucoup de touristes. Cette petite ville alpine compte les deux lacs les plus célèbres au monde : Lake Louise et Lake Moraine. Le parking à Lake Louise est très restreint, et Lake Moraine est inaccessible aux voitures, il faut impérativement réserver une navette pour s’y rendre. Depuis Banff, des services de navettes proposent une journée d’excursion associant Lake Moraine et Lake Louise.
    Je vous recommande de prendre du temps à Lake Louise, surtout si vous souhaitez randonner, faire un tour en barque, prendre un thé, monter à cheval… mon seul regret de ce voyage sublime est d’avoir eu trop peu de temps à Lake Louise, qui m’a absolument fascinée et qui offre une grande diversité d’activités.
    Quant à Lake Moraine, j’ai réalisé un rêve de photographe en prenant la sunrise shuttle qui vous y conduit pour le lever de soleil. Mon avis sincère : oui, c’est beau, c’est indubitablement magnifique, mais l’Alberta regorge de dizaines de lacs tout aussi merveilleux (Lake Louise, Bow Lake, Peyto Lake, Lake Maligne, Waterton Lake, pour ne citer qu’eux) et plus faciles d’accès, qui ne nécessitent pas une logistique lourde et d’attendre le lever de soleil une heure dans le noir pour avoir un spot avec vue au milieu de centaines d’autres photographes. De plus, il faut absolument garder en tête que toutes les randonnées à Lake Moraine sont soumises à des règles de sécurité liées aux ours : vous ne pouvez les arpenter qu’en groupe. Bref, si c’était à refaire, je pense que je consacrerais plus de temps à profiter tranquillement de Lake Louise, et je dirais à l’instagrameuse stakhanoviste en moi de se calmer : on peut réussir son voyage dans les Rocheuses sans voir le soleil se lever à Moraine, promis.

    Visiter Banff en Alberta dans les rocheuses
    Lake Moraine sunrise

    Canmore, pépite méconnue et culture western

    Éclipsée par Banff ou Jasper en termes de notoriété internationale, Canmore a été pour moi la vraie surprise de ce road trip dans les Rockies, et j’aurais adoré pouvoir y passer une nuit de plus. Plus loin des pistes de ski et des resorts de renommée mondiale, donc moins jet-set que Banff, Canmore respire une douceur et une authenticité palpable, et on y ressent une atmosphère de village cow-boy très plaisante. Je l’ai vue ensoleillée, fleurie, dans la douceur de ce redoux automnal qu’on appelle chez nous « été indien » – peut-être la plus belle saison ici !

    C’est à Canmore Kananaskis que j’ai vécu ma plus belle expérience équestre en Alberta : une journée au Rafter Six Ranch. Je vous le raconte dans la section western !

    Waterton, les Rocheuses canadiennes côté sud

    Faisons maintenant un saut de géant, contournons Calgary (on y reviendra plus tard !), et allons à l’extrême sud de l’Alberta : dans le parc national de Waterton. Nous sommes ici à la frontière avec les États-Unis : lorsqu’on marche le long des rives riantes du lac de Waterton, et qu’on regarde les sommets au fond de la carte postale, c’est le Montana qu’on dévisage.

    Visiter Waterton en Alberta dans les rocheuses
    Waterton, coup de coeur imprévu. Au fond, ce sont les cimes du Montana (USA).


    Je dois l’avouer, je n’avais jamais entendu parler de Waterton : les parcs nationaux de Banff et de Jasper sont (à raison) des superstars absolues en Alberta, et les Français sont naturellement aimantés par ce côté très spectaculaire des Rocheuses. Mais c’est Waterton qui m’a laissé la plus grande impression de douceur et d’idylle, avec un véritable art de vivre et une esthétique très Belle Epoque qui a un charme fou. Ici les montagnes sont moins abruptes et vertigineuses, mais la douceur est incomparable, les animaux innombrables, les cerfs envahissent les rues et les chaises rétro créent un décor de carte postale vintage. S’il faut rester dans la comparaison alpine – pardon, je ramène tout à la chaîne de montagnes que je connais le mieux –, Banff c’est Chamonix, Jasper c’est Pralognan-la-Vanoise, et Waterton, c’est Gérardmer la perle des Vosges, idylle lacustre paisible et irrésistible. Au-dessus du lac trône l’hôtel Prince of Wales, construit en 1926, beau comme un livre de contes et dont les grandes baies vitrées offrent la plus belle vue sur les eaux claires. En contrebas, les gens louent des barques ou des kayaks, bronzent, mais se baignent peu : l’eau est vivifiante !

    Visiter Waterton en Alberta dans les rocheuses
    Hôtel Prince of Wales, Waterton


    Waterton ne vit qu’en été : les gens ont des cottages sur les rives où ils viennent profiter du soleil et des fleurs, et l’hiver le hameau est déserté, livré à des mètres et des mètres de neige. Comme Nara au Japon, Waterton est l’empire des cervidés en liberté : on croise en se promenant dans les rues des cerfs mulets (mule deer) emblématiques de ce parc national, inoffensifs et pacifiques, qui parachèvent le charme inouï du lieu. Un moment de perfection albertaine !

    Ma rencontre avec un coyote à cheval à Waterton

    Nous partons pour une petite balade à cheval avec les Waterton Alpine Stables, magnifiquement situées entre lac et montagne dans un décor vraiment spectaculaire, entre plaine et sommets. Ce n’est qu’un tour au pas d’une heure, mais cela suffit à vivre un émerveillement absolu, tant la faune sauvage est omniprésente en Alberta : en soixante minutes, nous allons rencontrer un coyote qui nous suivra (de façon curieuse mais non menaçante) pendant près d’un kilomètre avant de poursuivre sa route, entendre le brame du wapiti, et trouver des bois de cervidé colossaux tombés lors d’une mue. A cela s’ajoute la vision du lac scintillant, des montagnes découpées, la beauté des grands espaces, et je comprends pourquoi tant de gens tombent follement amoureux du Canada, et restent ici pour toujours. Ce pays est addictif.
    Continuons à l’explorer à cheval…

    Aventures à cheval en Alberta, pays des cowboys

    Pour tout cavalier amoureux de grands espaces, de culture western et de vent dans les plaines, l’Alberta est un paradis absolu. Aucune autre province canadienne ne porte plus haut les couleurs du chapeau Stetson, des Alberta boots projetées vers le ciel par le coup de reins puissant d’un bronco en plein rodéo. Ce qui m’a marquée ici, c’est à quel point la cow-boy culture est mainstream, vivante, intégrée à l’identité albertaine de façon évidente et naturelle. Je ne connais qu’un seul autre endroit au monde comparable : la Camargue. Imaginez une Camargue XXL, avec des sommets de 4000 mètres et des plaines grandes comme la moitié de la France, des grizzlis et des wapitis, voilà l’Alberta, et c’est jouissif.
    Le tourisme western est une expérience à part entière en Alberta, tout comme l’atteste l’existence de la Cow-boy trail, une route touristique suivant la Highway 22 de Cardston à Mayerthorpe et passant par de nombreux ranchs, musées, écuries et autres lieux emblématiques de la culture cow-boy albertaine. Pour les cavaliers, les amoureux des chevaux, de la country, de la culture western, on peut parfaitement planifier ses vacances en Alberta sous la forme d’un road trip le long de la Highway 22, en prévoyant bien sûr des haltes équestres à chaque étape, des nuits dans les ranchs et peut-être des itinérances à cheval !

    Calgary, capitale mondiale du rodéo

    “The greatest show on Earth” : impossible de décrire autrement le Calgary Stampede, le plus grand festival outdoor au monde, né au début du XXe siècle pour rassembler les cow-boys autour d’une grande compétition western, et devenu aujourd’hui une immense fête en plein air rassemblant plus d’un million de spectateurs chaque mois de juillet, autour de rodéos, courses, concerts, spectacles et autres animations. C’est Coachella en santiags, c’est Woodstock avec des poneys, ce sont les Jeux Olympiques du western, et c’est une fête incomparable. Tous les habitants de Calgary possèdent au moins une paire de bottes, car la tenue western devient un véritable uniforme lors du Stampede, où la ville toute entière résonne des « yahoo ! » lancés par les cow-boys et cow-girls à pleine vitesse. Le Stampede est en juillet, mais Calgary reste à l’année truffée d’images, d’affiches, de souvenirs et d’allusions qui font référence à cette immense fête devenue ciment de l’identité de cette ville dynamique et joyeuse. Présentes au Stampede depuis 1912, les Premières Nations font partie intégrante de la fête, avec des épreuves dédiées, notamment d’impressionnantes courses en relais.

    culture western et cow boy country : aventures à cheval en alberta
    Chaque été, Calgary accueille le Stampede et devient la capitale mondiale de la culture western. Ce stade a la forme d’une selle de rodéo


    Pour avoir un aperçu de l’ambiance du Stampede, il faut se rendre au Sam Centre, musée immersif du Stampede, où les films à 360°, les affiches, les objets, les souvenirs permettent de vivre de façon ludique et attrayante l’énergie incroyable qui traverse Calgary chaque été. Je me suis particulièrement intéressée à l’histoire des femmes pionnières du Stampede, bataillant avec énergie, pugnacité et talent pour ouvrir la voie dans des domaines autrefois exclusivement masculins, et écrivant une histoire féministe du Stampede à la force de leur lasso. Cela a été un fabuleux préambule à ma rencontre avec Kateri Cowley à Kananaskis, véritable déesse vivante du western !

    culture western et cow boy country : aventures à cheval en alberta
    Boutique western à Calgary, Wild Rabbit Vintage

    Faire du cheval en Alberta et s’immerger dans la culture western

    Il y a en Alberta deux façons de vivre la culture équestre : via le tourisme équestre classique, comme les très belles balades à cheval que j’ai vécues à Banff, à Jasper et à Waterton, et en allant faire une immersion dans un ranch pour comprendre réellement le travail des chevaux, la gestion du bétail et la culture western.
    J’ai eu la chance de vivre deux expériences uniques, et très différentes. A Thanksgiving Ranch à Pincher Creek, près de Waterton dans le sud de l’Alberta, j’ai passé une nuit dans un ranch axé sur le travail avec le bétail. A Rafter Six Ranch, à Kananaskis aux portes des Rocheuses, j’ai vécu une initiation western avec une famille qui vit à 100% du travail des chevaux et des compétitions western. Deux lieux magiques pour comprendre la cow-boy culture albertaine, et vivre des expériences inoubliables.

    culture western et cow boy country : aventures à cheval en alberta
    Cow-boy culture avec Kateri Cowley au Rafter 6 Ranch

    Thanksgiving Ranch, au cœur du cowboy country

    La première raison d’être de la culture western, ce sont les vaches. Les cow-boys sont littéralement les gardiens des troupeaux, conduisant et gérant le bétail dans les immensités des plaines. Les disciplines western sont ancrées dans l’équitation de travail : ces chevaux rapides, réactifs, fiables et robustes sont formés au tri et à la gestion des troupeaux. Pincher Creek, où se situe Thanksgiving Ranch, est au cœur du cow-boy country. C’est tout près d’ici qu’a été tournée la mythique série Heartland, qui a peuplé nos imaginaires de gamines des immensités vertigineuses de l’Ouest nord-américain. En conduisant vers le Thanksgiving Ranch, on entre véritablement dans le décor iconique que connaissent tous les fans de western : des prairies à l’infini qui ourlent leurs herbes longues jusqu’au pied des montagnes des Rocheuses au loin, où la ligne bleue des cimes réunit Alberta, British Columbia et Montana, des ranchs isolés et d’énormes silos de grains pour nourrir les vaches en hiver, quand elles quittent les collines pour rejoindre les écuries.
    Thanksgiving Ranch a beau être incroyablement photogénique et luxueux, c’est un vrai ranch, dédié à la production de la viande signature de l’Alberta, l’Alberta beef, le bœuf nourri à l’herbe grasse et fleurie de la prairie. C’est véritablement une des meilleures viandes que j’ai mangées de ma vie : le steak cuit par Brad lors de de notre soirée à Thanksgiving Ranch restera un sommet gastronomique, et cette table d’hôtes à la fois très simple et très raffinée a la réputation de servir le meilleur steak de l’Alberta. Certains visiteurs reviennent à Thanksgiving Ranch uniquement pour le dîner – mais dire cela, ce n’est pas rendre justice à la beauté parfaite du lieu, à la vue sur les montagnes au lever de soleil quand le ciel rose répond aux chaises rouges disposées sur le porche, à cette atmosphère cinématographique, au charme immense de ce lodge luxueux lové au cœur des grandes plaines, et à l’accueil chaleureux et authentique de cette vraie famille de cow-boys.

    culture western et cow boy country : aventures à cheval en alberta
    Thanksgiving ranch, un lieu inoubliable
    culture western et cow boy country : aventures à cheval en alberta
    Thanksgiving Ranch : un lieu iconique et une famille passionnée


    Brad, son épouse Christie et leurs enfants sont tous investis dans la vie du ranch, tous impliqués dans le travail du bétail et le soin des chevaux. 1400 vaches passent chaque été ici, de race Angus et croisés Angus, à brouter l’herbe nourrissante de Pincher Creek, conduites avec talent et passion par Brad. Il me montre des vidéos de l’été, où il appelle les vaches le matin, et où le troupeau entier répond à son appel, galopant vers lui dans un nuage de poussière dorée. La vraie vie de cow-boy, où il faut se méfier des ours qui rôdent et prélèvent parfois une vache isolée, où on ne sépare pas le troupeau sous peine de l’exposer aux prédateurs, mais on le change de parc sans cesse, pour que l’herbe soit toujours abondante. Les chevaux, des quarter horses, sont des chevaux de travail, rompus à l’exercice. Mais ce sont aussi d’excellents chevaux de balade pour les hôtes qui le souhaitent : j’ai adoré mes deux heures de visite du ranch à cheval, arpentant une (petite !) partie de cette propriété immense, qui réunit rivières et lacs, crêtes rocheuses et grandes plaines, forêts de bouleaux et vue sur les cimes. Le rêve canadien…


    Le lodge de Brad et Christie est une œuvre d’art, toute de bois et d’objets précieux, piano et trophées, où on dort dans d’immenses lits sous des couettes épaisses comme un cumulonimbus, et où Brad réserve, au dîner comme au petit-déjeuner, une expérience gustative d’exception. Outre le bœuf de l’Alberta, je goûte à d’autres spécialités iconiques d’ici, comme les baies de Saskatoon ou la camerise, en VO haskap, aussi appelée chèvrefeuille bleu, dont la saveur incroyablement subtile évoque à la fois la myrtille et le cassis. Brad cuisine divinement et l’hospitalité de cette famille me touche – Thanksgiving Ranch est un lieu à part, qui continue à vivre dans le cœur bien longtemps après avoir franchi les palissades blanches de la grande propriété.

    Immersion western au Rafter Six Ranch, chez une championne du Stampede

    Cela restera une des plus belles journées à cheval de ma vie, et une expérience inoubliable : être reçue par une championne du Stampede, véritable déesse vivante du western, et sa famille dans leur ranch hors du temps.
    J’arrive le matin à Rafter Six Ranch, et je suis saisie par la beauté de la vision : un feu brûle dans un cercle de pierres au milieu de la prairie, une femme altière en tenue western extrêmement élégante y fait bouillir du thé, et en arrière-plan, dans un corral, attendent plusieurs chevaux dans la lumière du matin.
    Nous sommes à Kananaskis, à deux pas du parc national de Banff et des réserves des Premières nations, dans une région plus confidentielle des Rocheuses, baignée par la rivière Kananaskis au pied des montagnes.
    Je suis accueillie par trois générations de femmes : Kateri Cowley, immense championne western, sa mère Gloria, pionnière de l’élevage du cheval national canadien, et sa fille Gloriana, adorable mini-cow-girl en santiags roses. Entre héritage western, transmission de mère en fille et culture autochtone, Rafter Six Ranch est un puissant témoignage de l’identité albertaine, et cette rencontre m’émeut puissamment.

    La famille Cowley : cow-boys, cheval national canadien et Premières Nations

    Kateri Cowley est connue notamment pour sa pratique et son engagement dans l’Extreme Cowboy Racing, une discipline qui consiste à mettre les chevaux dans des situations très variées, à travers un parcours d’obstacles. Les compétitions sont chronométrées et jugées sur la rapidité et la fluidité, sans possibilité de s’entraîner sur le parcours à l’avance. Les obstacles peuvent inclure des éléments inattendus comme de l’eau, des bouteilles, des machines à bulles ou d’autres dispositifs destinés à tester la confiance, le calme et l’adaptabilité du cheval. L’objectif est d’aller vite tout en restant précis et fluide. En 2014, lors du Calgary Stampede, Kateri Cowley est devenue la première femme à remporter le Cowboy Up Challenge. Détaillant tous les éléments de sa tenue à la fois belle et fonctionnelle, elle m’explique en quoi le chapeau, le foulard, les éperons, les bottes ou encore la ceinture sont réellement utiles dans le travail des chevaux, et non juste des effets stylistiques. Elle m’initie ensuite au lasso – une expérience drôle et intéressante.
    Issue d’une famille d’hommes et de femmes de cheval passionnés, elle a littéralement grandi au milieu des chevaux, et comme tous les grands dresseurs et cavaliers, elle passe de nombreuses heures chaque jour au milieu du troupeau.
    La famille Cowley attache une grande importance à la relation entre le corps, le cheval et la terre. Kateri évoque notamment le fait de marcher pieds nus comme une forme d’ancrage, en lien avec les traditions autochtones, où les mocassins à semelles de cuir permettent de rester en contact direct avec le sol. Cette attention au lien avec la terre et au mouvement traverse sa pratique, à pied comme à cheval.

    Le ranch travaille principalement avec le cheval canadien, parfois en race pure, parfois croisé avec des quarter horses, un mélange qu’ils apprécient particulièrement. Ces chevaux sont adaptés à la montagne : ils ont de bons pieds, des jambes fortes, un tempérament calme et patient, et une grande robustesse. La famille élève des chevaux canadiens et des croisements depuis environ trente ans. Le cheval canadien est considéré comme la race nationale du Canada, mais il est aujourd’hui menacé et très rare, avec très peu de naissances chaque année. Il est parfois surnommé le “little iron pony”, en raison de sa solidité. Ce sont des chevaux réputés pour être gentils, forts, endurants, faciles à entretenir, généralement noirs avec beaucoup de crins, même si d’autres robes existent plus rarement. Historiquement, ils étaient utilisés pour le débardage, les travaux agricoles, la traction de calèches, y compris pour se rendre à l’église le dimanche.
    Gloria Cowley, la mère de Kateri, découvre le cheval canadien par l’intermédiaire de son neveu, forgeron, qui travaillait avec ces chevaux à Heritage Park. Elle remarque immédiatement la qualité exceptionnelle de leurs pieds, un point important car la famille rencontrait des difficultés avec les pieds plus fragiles des quarter horses dans les terrains rocheux. Un ami de Gloria se rend ensuite au Québec et achète un étalon et deux juments, contribuant à l’introduction de la race dans leur élevage.
    Le lien avec les ancêtres français de Gloria la touche, tout comme celui établi avec les Premières Nations, dont elle est également descendante : l’une des juments mustang du ranch provient de la réserve Stoney Nakoda, réserve établie par le Traité 7 entre la Couronne britannique et plusieurs nations des Prairies. Le cheval avec lequel Kateri a remporté le Stampede est issu d’un mariage entre un étalon de race nationale canadienne et de cette jument mustang – magnifique symbiose des différents héritages qui vivent au sein de Rafter Six Ranch.

    Cowboy college et galops endiablés à Kananaskis

    Kateri Cowley transmet aujourd’hui cette culture et cet héritage à sa fille Gloriana. Elle vit de son activité équestre, sans élevage de vaches, en proposant des leçons, des expériences western et des immersions, dont celle que je vis ici, le “cowboy college” : initiation western et balade à cheval de niveau soutenu. La jument que je monte aujourd’hui, Taqa, merveilleuse jument énergique et douce à la fois, est également issue d’un beau croisement avec le cheval national canadien – je suis conquise.

    culture western et cow boy country : aventures à cheval en alberta

    Je pars à cheval avec Leroy, le mari adorable de Kateri, pour une des plus belles virées équestres de ma vie : 4 heures de cheval dans des paysages grandioses… dont 3 heures au grand galop. Les paysages sont d’une variété époustouflante. Nous quittons les grandes plaines du ranch pour des chemins rocailleux en altitude, et surplombons le ruban bleu de la rivière Kananaskis au milieu des sapins et des bouleaux roussis par l’automne. Nous galopons à perdre haleine sur les sentes sablonneuses qui bordent les rives, avec une sensation de liberté, de confiance et de plaisir que j’ai rarement ressentise – ma jument Taqa est exceptionnelle, les paysages sont grandioses et je me sens tellement bien avec cette famille d’une immense gentillesse. C’est au bord du lac Barrier Lake que nous pique-niquons dans la carte postale. Réservée aux cavaliers confirmés à l’aise aux trois allures, cette expérience est pour moi un incontournable absolu en Alberta et elle restera mon souvenir le plus puissant.

    culture western et cow boy country : aventures à cheval en alberta
    A cheval à Barrier Lake, Kananaskis

    Difficile d’imaginer une journée plus parfaite… d’autant qu’à peine descendue de cheval, j’ai enchaîné avec une autre balade : un sunset équestre à Banff.

    Cowboy cookout avec Banff trail riders

    Après avoir quitté Kananaskis, je fonce à Banff pour retrouver Banff Trail Riders pour une autre expérience à cheval : le sunset cow-boy cookout. Sur le plan équestre, rien à voir avec ce que j’ai vécu chez Rafter Six : il s’agit d’une balade tous niveaux, au pas, très encadrée, il n’y aura pas de grand galop ici. Mais sur le plan de l’expérience sensorielle et visuelle, c’était absolument magique.

    culture western et cow boy country : aventures à cheval en alberta

    Nous partons en forêt à l’heure dorée, le soleil fond comme un caramel chaud sur les bords de la Bow River et l’azur rencontre l’or – c’est grandiose. On entend le brame du wapiti dans les bois et on voit passer au loin un canidé ; loup, chacal, coyote, je ne sais pas, mais je me sens complètement imprégnée de l’ambiance sauvage des Rocheuses.
    Je suis à cheval avec les cavaliers, mais ceux qui ne souhaitaient pas se mettre en selle forment un autre groupe, dans un wagon bâché comme au temps de la conquête de l’Ouest. Nous allons tous au même endroit : un « restaurant de la forêt » appartenant à Banff Trail Riders, au milieu des bois, où nous attend une équipe de cuisiniers. Viande grillée à la flamme, grandes salades, pommes de terre au four, brownie, le repas est roboratif et savoureux, et les cow-boys proposent une petite initiation western pendant que la viande cuit : jets de lasso et autres jeux. L’ambiance est vraiment conviviale, une petite épopée Far West accessible à tous avec des chevaux de promenade gentils et de bonne composition.

    Mais mon moment préféré sera après le dîner, lorsque nous revenons aux écuries par un autre chemin sur les hauteurs, un sentier en balcon où les sommets iconiques de Banff se détachent dans le ciel flamboyant. La nuit nous enveloppe peu à peu et je ressens une chance immense à être ici au cœur des Rocheuses, à cheval entre chien et loup, ou plutôt devrais-je dire, entre ours et coyote. Inoubliable…

    culture western et cow boy country : aventures à cheval en alberta
    Cowboy cookout à Banff

    Pour d’autres expériences équestres faciles, accessibles à tous mais belles et visuelles en Alberta, je vous laisse remonter plus haut et retrouver le récit des balades d’une heure aux Jasper Alpine Stables et aux Waterton Alpine Stables.

    Des cowboys aux dinosaures en Alberta

    Quand on vous dit badlands, géologie et vestiges fascinants, vous pensez plutôt à l’Arizona , à l’Utah ou au Nevada ? Je ne m’attendais pas à cela… mais les paysages géologiques de l’Alberta m’ont absolument captivée. Mettez à fond Bruce Springsteen, on part pour les Badlands.

    badlands de drumheller et dinosaures en alberta canada
    Badlands, you gotta live it everyday…

    Drumheller, le dernier dinosaure

    Si vous êtes comme moi un enfant des années 90, vous avez l’air en tête : « Denver, le dernier dinosaure, c’est mon ami et bien plus encore ». Mais en vérité, Denver aurait dû se nommer Drumheller : la capitale mondiale des dinosaures, c’est ici en Alberta.
    Drumheller est un endroit incroyable, le rêve absolu de tous les petits garçons fous de dinos. Chaque rue porte le nom d’un dinosaure (n’est-ce pas génial de vivre dans Stegosaurus Alley ?), chaque marchand de glace, coffee shop ou autre fast food a son dinosaure et ses fossiles, et il y a même la plus grande statue de dinosaure au monde (World’s Largest Dinosaure), un tyrannosaure de 25 mètres de haut – vous pouvez même monter dans sa gueule sur une plateforme.
    La raison de toute cette tripotée de reptiles jurassiques ? Drumheller est l’endroit au monde où on a trouvé le plus grand nombre de dinosaures, la plus grande variété et le meilleur état de conservation. Un tiercé gagnant absolument fascinant qui rend la visite au musée des dinosaures, le Royal Tyrrell Museum. Même si vous pensez ne pas être particulièrement intéressé par les dinos, vous en ressortirez expert et afficionado.

    badlands de drumheller et dinosaures en alberta canada
    World’s largest dinosaure

    Au cœur des badlands à Drumheller 

    Pourquoi cette exception géologique ? Les badlands de Drumheller, ces paysages fascinants de moraines érodées et multicolores, comme on en voit dans le Sud-Ouest américain, cachent une catastrophe antique : d’immenses tsunamis de boue, des mascarets gigantesques et tueurs, ont régulièrement balayé la région, tuant d’un seul coup des centaines de dinosaures et les fossilisant immédiatement dans une gangue de boue protectrice. On a retrouvé des dinosaures ayant encore leurs plumes (oui, beaucoup de dinos avaient des plumes), ou leur repas tout juste ingéré entier dans leur estomac. La connaissance scientifique des mondes anciens a fait un bond de géant à Drumheller, et c’est absolument vertigineux.

    Petit tip : pour vous immerger de l’ambiance des Badlands, arrêtez-vous au point de vue Horseshoe Canyon sur la Highway 9, quelques kilomètres avant d’arriver à Drumheller. C’est magnifique, et très représentatif des paysages hollywoodiens de cette région de l’Alberta. Vous trouverez aussi de très beaux paysages de Badlands autour du Royal Tyrrell Museum.

    badlands drumheller alberta canada

    Le Royal Tyrrell Museum, musée des dinosaures

    Difficile de vous décrire la fascination et le vertige que j’ai ressentis en arpentant ce musée unique en son genre, où vous vous retrouvez nez à nez avec des dinosaures dans un état de conservation profondément émouvant. Je ne pensais pas ressentir tant de compassion pour ces dinosaures foudroyés en pleine action par les flashfloods de boue, les voir si vivants, touchants, proches. Mais au-delà de la rencontre avec les rois déchus de la Terre, ce musée raconte les âges géologiques et l’apparition – et la disparition – des formes de vie sur Terre d’une façon incroyablement intelligible et passionnante.
    Cinq grandes extinctions ont rythmé l’histoire géologique de la Terre, et chacune a permis à un nouveau règne d’advenir, des premières formes de vie à nous les mammifères, en passant par l’âge des dinosaures. Vertige métaphysique et fascination scientifique, ce musée m’a bouleversée !

    Le Last Chance Saloon, resto fantôme au cœur des badlands

    Vous aimez Big Thunder Mountain (le train de la mine) à Disneyland Paris, les vieux westerns, les lieux insolites et la bonne bouffe généreuse et faite maison ? Vous allez ADORER le Last Chance Saloon à Drumheller, le resto le plus insolite de l’Ouest. Nous sommes dans une ville fantôme : Wayne, Alberta, autrefois une ville minière prospère et abondamment peuplée, aujourd’hui réduite à portion congrue, mais remplie d’histoires de fantômes, de légendes et d’anecdotes. Laissez la maîtresse des lieux vous raconter l’histoire du poney qui buvait de la bière au bar, de la balle fichée dans le mur, ou de tous les objets improbables qui forment le décor inimitable et hétéroclite de ce resto figé dans le temps. La nourriture est roborative, mais DELICIEUSE : briskets, mac’n’cheese, barbecue platter, sweet potato fries, tout est cuit minute, tout est généreux et savoureux. J’ai adoré cette adresse.

    Last Chance Saloon
    Last Chance Saloon

    Ammolite, la pépite de l’Alberta

    La géologie exceptionnelle de l’Alberta n’a pas produit que des dinosaures : les conditions tectoniques et minérales uniques au monde réunies dans ce sol singulier ont aussi produit une des pierres précieuses les plus rares au monde, les ammolites, des ammonites (nautiles de la préhistoire) changées en gemme par les énormes pressions subies dans les profondeurs. On croirait du verre ou de la peinture, tant les couleurs sont rares et chatoyantes, mais non, c’est bien un bijou fossile, d’une rareté et d’une valeur inouïes. Il faut se rendre chez Korite à Calgary pour admirer et comprendre l’histoire de ces gemmes uniques entre tous, devenus la roche symbole de l’Alberta. Finalement, les ammolites sont à l’image de Calgary : one of a kind.

    ammolite
    Ammolites – oui, ce sont de vraies pierres, et non du verre. Leur valeur est immense. Elles sont plus chères que le diamant !

    Calgary, ma plus jolie surprise : capitale cowboy et insolites

    Je ne venais pas en Alberta pour les villes, c’étaient les grands espaces que je recherchais. Mais Calgary m’a surprise et séduite.
    C’est la ville canadienne qui connaît aujourd’hui la plus forte croissance : jeune, dynamique, vibrante, elle offre un cadre de vie doux et joyeux, proche de la nature, entre la Bow River et les Rocheuses.
    Parlons-en, de la Bow River : étonnamment propre et claire, sans pollution, elle est le terrain de jeu rêvé des pêcheurs à la mouche. Je n’imaginais pas me retrouver en grandes bottes de pluie à pêcher la truite sur les bords de la Bow River face à la skyline de Calgary, avec un passionnant guide issu des Premières Nations qui nous apprend à rendre hommage à la rivière, au poisson et à la terre par des offrandes traditionnelles avant de jeter notre ligne. Quinn, le guide de Drift Out West Fly Fishing, est originaire de la tribu Cree et ne se contente pas de nous apprendre la pêche à la mouche : il nous parle de l’histoire du pays et de son peuple, du rôle symbolique de la pêche, et nous fait faire du sport avec des lancers acrobatiques. Une superbe expérience à la fois culturelle, sportive et insolite.


    Je n’imaginais pas me retrouver à fabriquer une citrouille d’Halloween en verre soufflé chez Fascapple Glass, des artisans souffleurs de verre passionnés et accueillants qui m’ont presque fait croire que j’étais une grande artiste (avec un petit peu d’aide).
    J’ai adoré la visite insolite de Calgary en side-car, qui amène à un superbe point de vue sur les hauteurs, d’où on voit tout le terrain de jeu du Stampede, le plus grand festival outdoor du monde, ainsi que le saisissant Saddledome Stadium, immense stade en forme de selle de rodéo. Et j’ai adoré prolonger cette immersion western au Sam Centre, le musée du Stampede, et dans les boutiques vintage, comme Wild Rabbit Vintage où on trouve une superbe sélection d’articles western, ayant souvent appartenu à des champions de rodéo, des œuvres d’art et des bijoux.
    J’ai aimé le Studio Bell, centre national de la musique où on rencontre des instruments rares, précieux et uniques en leur genre, comme des clavecins baroques ou l’étrange synthé géant Tonto qui a marqué les 70’s, ou encore la Bibliothèque de Calgary, avec son architecture audacieuse et ses expos cosmopolites.

    alberta canada
    Ambiance western à Calgary

    Bonnes adresses à Calgary

    Et j’ai été bluffée par la qualité de la scène gastronomique de Calgary, qui s’impose comme une nouvelle destination incontournable pour les foodies au Canada. Au fil de nos virées gastronomiques, nous avons mis un point d’honneur à goûter les 7 ingrédients signature de l’Alberta : du bœuf, du bison, du canola, du miel, du blé rouge de Fife, des légumes racines et des baies de saskatoon. (La camerise ou haskap n’est pas dans la liste, mais elle est tout aussi iconique et un vrai coup de cœur). J’ai longuement parlé des bonnes adresses à Calgary sur mon compte Instagram food &wine itinerassiette, mais voici une sélection de restaurants qui m’ont marquée à Calgary, la ville la plus branchée et gourmande de l’Ouest :

    • River Café : coup de foudre pour ce lieu emblématique de la vie locale situé sur une île au creux d’un méandre de la Bow River, où les couchers de soleil sont spectaculaires et les 7 aliments iconiques de l’Alberta représentés au sein d’un menu gastronomique extrêmement raffiné et ancré dans le terroir
    • Rouge : élan sentimental pour ce magnifique jardin enchanté et cette maison historique toute peinte en rouge, tenus par un chef originaire de Provence qui marie les saveurs de ma terre natale avec celles de sa terre d’adoption, entre fleurs, herbes et fruits. Un lieu magique.
    • The Orchard : un cadre superbe de jardin suspendu en pleine ville, une cuisine fusion entre spécialités asiatiques et méditerranéennes, des desserts de haut vol, une adresse branchée qui mérite la hype qu’elle suscite.
    • Bridgette Bar : un diner hyper tendance, murs de brique, déco cool et décalée et tapas à partager hyper originaux, entre gnocchis, panisses, burrrata, crumble de concombre et crabe, crudo de thon au pistou ou tarte citron meringuée. Très sympa.
    • Fortuna Row : spécialités mexicaines et sud-américaines, pâtisseries canadiennes (dont la fameuse confiture de haskap) et décor de plage, une adresse hyper colorée et savoureuse pour le brunch.
    • The Dorian : j’ai aimé le restaurant gastronomique au 27e étage, appelé The Wilde, mais j’ai surtout ADORE cet hôtel cozy et luxueux placé sous le signe de Dorian Gray, à l’élégance fin de siècle décadente et au confort enveloppant comme un nuage d’opium, où vous trouvez une plume de paon sur votre oreiller et le Portrait de Dorian Gray sur votre table de chevet, et où le fameux portrait vieillit et flétrit au gré des confessions laissées anonymement par les visiteurs chaque nuit…

    The Dorian à Calgary, le Thanksgiving Ranch à Pincher Creek et le Fairmont Jasper Park Lodge à Jasper seront mes deux adresses hôtelières coup de cœur absolues lors de ce beau voyage en Alberta. Ce qu’il y a de merveilleux ici, c’est que les rêves peuvent se déployer sans limite : aussi beaux soient-ils, le réveil n’est jamais une déception… Bref, l’Alberta m’a éblouie, bouleversée, surprise, émerveillée, et restera à jamais dans mon cœur. Je vous souhaite la découverte de ce Wild West canadien, où chaque émotion est grandeur nature.

    Un immense merci à Destination Canada, Travel Alberta, Tourism Calgary, Tourism Jasper, Banff Lake Louise Tourism, Tourism Canmore Kananaskis de m’avoir accueillie lors de ce voyage d’une vie. Un merci tout particulier aux personnes qui ont organisé mon voyage et m’ont reçue, Florence, Amélie, Kierra, Aviva, Marie-Hélène, Brad, Myriam, Kateri, Gloria et Leroy, et toutes les autres personnes adorables rencontrées en Alberta – la gentillesse canadienne n’est pas un mythe. Merci pour tout.

  • Le Tour des Glaciers de la Vanoise, sublime trek depuis Pralognan-la-Vanoise

    Le Tour des Glaciers de la Vanoise ? Il fait incontestablement partie des treks les plus emblématiques et mythiques des Alpes françaises. Au plus près de la plus grande calotte glaciaire d’Europe continentale, au cœur du plus vieux parc national des Alpes françaises, et à la rencontre d’une faune d’une incroyable richesse, le tour des Glaciers de la Vanoise est une étape emblématique dans une vie de randonneur alpin.
    Au cœur d’un paysage d’Alpes idylliques, belles comme un livre d’images, nous avons vécu en sept jours cette aventure qui restera parmi nos plus belles. Et pour cette boucle mythique, notre point de départ n’a jamais fait débat : Pralognan-la-Vanoise, village emblématique niché au pied des plus hauts sommets savoyards, porte d’entrée historique du Tour des Glaciers de la Vanoise (affectueusement surnommé TGV), où la montagne est belle comme un livre d’images.
    Outre sa beauté, ce trek présente de surcroît le grand avantage d’être accessible, sans trop grande difficulté technique ou challenge physique. L’itinéraire que je vous propose, avec son découpage d’étapes en 7 jours, est à la portée de tout marcheur habitué à la randonnée dans les Alpes. Entrons ensemble dans un monde de pure féerie alpine, une semaine de beauté pure au coeur du Parc national de la Vanoise !

    Randonner sur le tour des glaciers de la Vanoise, un sublime trek au départ de Pralognan-la-Vanoise en Savoie.
    Le Tour des Glaciers de la Vanoise : un trek sublime, au plus près de la calotte glaciaire…
    Randonner sur le tour des glaciers de la Vanoise, un sublime trek au départ de Pralognan-la-Vanoise en Savoie.
    … à la rencontre de lacs mythiques, comme le lac des Vaches…
    Randonner sur le tour des glaciers de la Vanoise, un sublime trek au départ de Pralognan-la-Vanoise en Savoie.
    … ou encore le lac blanc de la Vanoise…
    Randonner sur le tour des glaciers de la Vanoise, un sublime trek au départ de Pralognan-la-Vanoise en Savoie.
    … à la rencontre d’une faune d’exception, au coeur du Parc national de la Vanoise !


    Pralognan-la-Vanoise, l’un des plus beaux villages des Alpes

    Notre randonnée a commencé et s’est achevée à Pralognan-la-Vanoise, au pied des glaciers.
    Je suis tombée amoureuse il y a longtemps déjà de Pralognan-la-Vanoise en hiver, et j’avais hâte de le retrouver dans les fleurs de l’été. Souvent surnommé le « petit Chamonix savoyard », en raison de sa situation nichée au pied des plus hauts sommets de la Savoie, il fascine par la couronne de montagnes effilées et photogéniques qui le ceignent, comme la belle Aiguille de la Vanoise (2796 mètres). Si je savais dessiner, Pralognan-la-Vanoise m’inspirerait des images à la Samivel.

    Le village est réellement l’un des plus beaux de Savoie à mes yeux : blotti sous les glaciers, il respire l’intemporalité, avec ses hameaux de toute beauté, ses chalets de bois et de pierre, ses bouquetins qui s’approchent parfois jusqu’aux maisons. C’est le point de départ historique du Tour des Glaciers de la Vanoise, et l’évidence s’impose dès l’arrivée : impossible de rêver meilleur endroit pour commencer une telle aventure.

    Pralognan la Vanoise point de départ tour glaciers vanoise

    Je vous suggère d’arriver la veille, de flâner dans le village, de contempler les sommets ou de faire une petite rando d’échauffement avant de partir… « Pralo » met immédiatement dans l’ambiance alpine ! Vous trouverez sur le site de Pralognan-la-Vanoise de nombreuses idées de randonnées.

    Randonner sur le Tour des Glaciers de la Vanoise : un trek alpin idéal

    Commençons par répondre à quelques questions qu’on m’a beaucoup posées sur Instagram lors de mon trek.

    Quel itinéraire et quelle durée choisir pour randonner sur le Tour des Glaciers de la Vanoise ?

    Le Tour des Glaciers de la Vanoise n’a pas de durée “officielle”, ou de tracé gravé dans le marbre. C’est un itinéraire modulable, riche, qui se prête autant à des formats courts de trois ou quatre jours qu’à une grande boucle complète sur une semaine comme nous l’avons fait nous.
    La Vanoise est très riche en sentiers et en refuges, offrant de nombreuses possibilités d’étapes. Certains choisissent d’ajouter des sommets, d’autres préfèrent les variantes plus techniques. Nous avons fait le choix d’un itinéraire accessible, et avons évité certains passages plus exigeants comme le Petit Mont Blanc, le col du Grand Marchet, ou encore le col de la Masse… A l’inverse, certains randonneurs choisissent le challenge et rajoutent des sommets à leur boucle.
    Pour nous, le meilleur équilibre était une boucle de sept jours et six nuits : assez longue pour savourer chaque paysage sans se presser, assez douce pour éviter les étapes trop massives, assez complète pour avoir le sentiment d’un véritable grand tour. Bien sûr, comme tout trek, il a fallu faire des choix, mais l’itinérance que nous avons vécue était idéale pour ce que nous recherchions : la beauté pure, le souffle de liberté des glaciers, et le temps de les savourer. Je détaille nos étapes plus bas dans l’article.

    Randonner sur le tour des glaciers de la Vanoise, un sublime trek au départ de Pralognan-la-Vanoise en Savoie.
    La Vanoise, immense, si riche, si belle ! Ici le champ de cairns en amont du Col de Chavière, un passage saisissant

    Est-ce que le Tour des Glaciers de la Vanoise est un trek difficile ?

    Parmi les chemins de randonnée des Alpes, je considère que le Tour des Glaciers de la Vanoise est un trek alpin accessible. Bien évidemment, il reste montagnard, avec du dénivelé, donc forcément plus intense et engageant qu’un GR652 sur les chemins de Saint Jacques ou qu’un GR736 dans les gorges du Tarn. Mais parmi les trois treks mythiques des Alpes (Tour du Mont Blanc, Tour des Glaciers de la Vanoise, Grand Tour de l’Oisans et des Ecrins), il est considéré comme le plus facile des trois. Pour avoir fait l’exigeant Grand Tour de l’Oisans et des Ecrins (GR54) à l’été 2024, et une partie du Tour du Mont Blanc juste après notre TGV lors d’un Tour du Beaufortain, j’ai nettement ressenti la différence, d’autant que le sens que nous avons choisi, inverse au sens classique, nous a permis de diminuer les dénivelés positifs et d’adoucir les étapes. Nous avions en général moins de 1000D+ par jour (autour de 700 en moyenne), ce qui reste accessible.

    Randonner sur le tour des glaciers de la Vanoise, un sublime trek au départ de Pralognan-la-Vanoise en Savoie.
    Col de Chavière, un passage exigeant mais magnifique de ce trek. Un des rares passages qui m’a rappelé le GR54 par son caractère très alpin, mais le trek est dans sa grande partie très roulant et doux.

    Est-ce qu’il y a beaucoup de monde sur ce trek ?

    Le TGV présente l’avantage d’être moins peuplé que le Tour du Mont Blanc, sublime mais selon moi victime de son succès et affecté par la surfréquentation sur certains passages (qui a fait le Col de la Croix du Bonhomme en plein été au milieu des groupes de 25 personnes sait ce que je veux dire). Le contraste entre les deux treks, que nous avons réalisés successivement, nous a marqués : sortir de la Vanoise et arriver sur le TMB, c’est un choc ! Je pense que le grand nombre de refuges présents en Vanoise, la multiplicité des étapes possibles, aide à répartir les flux et donner à chaque randonneur son moment de solitude en tête à tête avec les montagnes sublimes. J’ai ressenti la même chose sur le TGV et sur le GR54 : le sentiment privilégié d’arpenter un sentier qui, malgré sa popularité, reste exclusif et préservé.

    Randonner sur le tour des glaciers de la Vanoise, un sublime trek au départ de Pralognan-la-Vanoise en Savoie.
    Nous avons souvent randonné dans la solitude sur le TGV. Ici le cirque glaciaire du Génépy, où nous étions seuls au monde.

    Comment avons-nous géré nos sacs sur le Tour des Glaciers de la Vanoise ?

    L’itinéraire que nous avons choisi ne permettait pas un portage de sac. Si certains refuges ont un accès routier possible (refuge de l’Orgère), d’autres sont complètement inaccessibles par la route (refuge de la Valette, refuge de l’Arpont, refuge du Col de la Vanoise). Pour nous qui recherchions une montagne plus préservée, c’était une bonne chose : cela signifiait plus de solitude et d’exclusivité. Mais cela signifie aussi qu’il fallait être suffisamment en forme, sans problème de dos, pour pouvoir porter son sac toute la semaine. J’ai vu que de nombreuses agences proposaient des TGV aménagés avec transport de bagages, ce qui est est bien pour les personnes souffrant de pathologies incompatibles avec le port d’un gros sac à dos. Cela est super pour rendre le TGV accessible au plus grand nombre, mais cela limite votre choix d’itinéraire et peut vous priver de très belles parties du trek. Donc si vous êtes en forme, j’ai tendance à vous encourager à porter votre sac : cela vous rend plus libre du choix de l’itinéraire et vous permet d’accéder à des refuges sublimes et plus sauvages.

    refuge de la valette
    Le sublime refuge de la Valette : aucun accès routier possible

    En dormant en refuge et non en bivouac, le poids est limité : nos sacs pesaient chacun une douzaine de kilos une fois chargés avec 2 litres d’eau, mais nous avions du matériel photographique (objectifs, batteries, chargeurs) – sans matos photo, nous aurions été en dessous des 10 kilos. De plus, porter son propre sac permet de faire des économies, car vous ne payez pas le transport de bagages.
    La Vanoise n’est pas un parc qui se prête bien au bivouac, car il est très réglementé et restreint – je vous en parle plus dans la suite de l’article. Côté budget, les prix varient de refuge en refuge, mais au moment de notre trek (été 2025), une nuit en refuge avec dîner et petit-déjeuner coûtait autour de 60/65 euros, et le pique-nique du lendemain à emporter, autour de 10/12 euros.
    Bref, si votre santé (poids du sac) et votre budget (prix des refuges) le permettent, je vous recommande l’option que nous avons choisie : dormir en refuge, mais porter votre sac vous-même.

    Quels départs sont possibles sur le Tour des Glaciers de la Vanoise ?

    Parce que le TGV est une boucle, plusieurs départs sont possibles sur ce trek : Pralognan-la-Vanoise bien sûr, Val Cenis, Termignon, Modane… Vous trouverez de nombreuses suggestions et tracés sur le site Rando Vanoise, ici le lien vers notre itinéraire de Tour des Glaciers de la Vanoise au départ de Pralognan (dans le sens inverse du nôtre) avec tous les tracés GPX.
    Pralognan-la-Vanoise est le départ historique et emblématique, et pour moi qui suis sensible aux traditions alpines et désireuse de mettre mes pas dans ceux des pionniers, il était une évidence. Je le trouve d’autant plus approprié qu’il permet de se plonger au cœur de l’ambiance Vanoise dès le début, de façon très spectaculaire et marquante : que vous commenciez par le lac des Vaches et le Col de la Vanoise, par le Refuge de la Valette, ou par le refuge de Péclet-Polset, c’est sublime. Si vous ne souhaitez faire qu’un petit tour, du type 3-4 jours, je vous conseille de vous concentrer sur cette partie : les étapes autour de Pralognan nous ont éblouies.
    L’avantage du départ depuis Modane est la possibilité d’arriver en train, l’inconvénient est que ces étapes de transition gare/trek sont moins esthétiques que d’autres. Je ne les recommande que si vous avez du temps (une semaine), pas pour un trek de trois ou quatre jours : vous consacreriez trop de temps à des étapes utilitaires sans entrer dans le vif du sujet.


    Randonner sur le tour des glaciers de la Vanoise, un sublime trek au départ de Pralognan-la-Vanoise en Savoie.
    Au col de la Vanoise


    Notre tour des Glaciers de la Vanoise en 7 jours : étapes et itinéraire

    Voici notre itinéraire pour un Tour des Glaciers de la Vanoise d’une semaine, en 7 jours et 6 nuits.

    Jour 1 : Pralognan-la-Vanoise → refuge de la Valette

    Arriver à Pralognan-la-Vanoise, c’est être déjà en voyage. Nous allons saluer l’emblématique statue de bouquetin (en attendant de les rencontrer en vrai), faire nos dernières courses sur le petit marché coloré, admirer les sommets que nous allons côtoyer. Puis nous prenons une navette pour nous rapprocher de notre départ : le Parking des Prioux.
    Depuis la rivière, nous commençons l’ascension vers le refuge de la Valette. Très vite, nous croisons les premiers bouquetins : emblèmes du parc, ces silhouettes tranquilles et puissantes donnent immédiatement le ton.

    La montée vers le refuge de la Valette est une très belle entrée en matière. Au milieu des cascades, nous montons des alpages aux rochers sculptés, en croisant une faune déjà très abondante, marmottes, rapaces, bouquetins. À notre arrivée au refuge de la Valette, c’est un choc esthétique : le refuge est perché au milieu d’une prairie alpine suspendue, entre falaises et glaciers, et des dizaines de bouquetins broutent tranquillement. J’ai l’impression d’avoir plongé dans un rêve. Cette première soirée est sublime.

    Le Parc national de la Vanoise propose ce soir-là une animation sur les bouquetins, passionnante. Nous avons le plaisir de toucher des cornes, tombées naturellement lors de la mue, et de discuter avec le directeur du Parc de l’évolution des effectifs de cet animal emblème : le parc a merveilleusement su le protéger et lui permettre de s’épanouir.
    La soirée continue autour d’un dîner bio et local hyper savoureux. “On travaille avec une trentaine de producteurs différents, en direct”, nous raconte le gardien dont on mesure l’engagement et l’ancrage dans le territoire de la Vanoise. Une première nuit inoubliable !

    Ce refuge restera un des plus beaux du trek, un véritable choc esthétique.

    Jour 2 : refuge de la Valette → refuge de Péclet-Polset

    Nous commençons la journée par un sublime sentier en balcon. La calotte glaciaire de la Vanoise nous fait face, l’Aiguille de Péclet se dresse majestueuse et nous avançons vers elle avec bonheur, en passant par le ravissant lac de Chalet-Clou.

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    Lac de Chalet-Clou

    Puis nous choisissons de ne pas aller au plus court, et d’accepter de rallonger un peu notre étape pour passer par un site sublime au plus près des glaciers : le cirque glaciaire du Génépy, immense amphithéâtre de roche et de glace où les gemmes bleutés semblent suspendus au-dessus de nos têtes. Je suis subjuguée par la beauté des lieux.

    Nous traversons des alpages idylliques en descendant vers le chalet de Rosoire, puis nous faisons halte à l’alpage de Ritord pour une pause sérac. Connaissez-vous cette spécialité alpine issue du petit lait ? C’est frais comme un nuage, et ça se marie aussi bien avec du salé que du sucré !

    La dernière montée vers le refuge de Péclet-Polset se déroule parmi des dizaines de marmottes peu farouches et leurs cousines herbivores plus imposantes : des troupeaux de vaches placides, que nous traversons dans le tintement des cloches.

    Apprécié des alpinistes comme des randonneurs, le refuge de Péclet-Polset est un beau balcon sur les glaciers, et on y savoure une douche chaude et une croziflette bienvenue. On s’endort heureux !

    Jour 3 : refuge de Péclet-Polset → refuge de l’Orgère

    J’attendais avec impatience cette journée, et la météo me fait un beau cadeau : alors que nous nous réveillons dans la purée de pois, nous choisissons de prendre une heure pour laisser au brouillard une chance de s’en aller, et un ciel bleu éblouissant vient accompagner notre sentier. A deux pas du refuge de Péclet-Polset, nous découvrons l’un des plus beaux lacs des Alpes : le Lac Blanc de la Vanoise. Une pépite turquoise posée dans un décor de haute altitude, minéral et sublime, un vrai joyau !

    Nous revenons sur nos pas et entamons la montée vers le Col de Chavière dans un univers minéral et solitaire, presque extraterrestre : nous traversons un immense champ de cairns qui semble l’œuvre de trolls des montagnes. La montée est légèrement vertigineuse sur la fin, un règne de pierre abrupte et de grands espaces. Au sommet, à 2786 m, la vue est sublime.

    Nous redescendons vers le lac de la Partie, un petit lac vert moins spectaculaire que son cousin du matin, dans un très beau plateau dont la traversée est très douce, avant de descendre dans la forêt menant au refuge de l’Orgère.

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    Situé en vallée, le refuge de l’Orgère est cosy, confortable, un havre de paix ourlé au bord des alpages. Changement d’ambiance après la Valette et Péclet-Polset, tous deux nichés au plus près des sommets. On savoure une délicieuse tarte à la myrtille, parce que ce sont les vacances à la montagne !

    Jour 4 : refuge de l’Orgère → refuge de Plan Sec

    Pour passer de l’Orgère à Plan Sec, deux options : un sentier très alpin et escarpé par le Col de la Masse à 2923m, ou la version tranquille par le Col du Barbier, sur les sentiers en balcon communs à la Grande Traversée des Alpes (un autre trek qui me fait rêver !). Nous choisissons cette deuxième solution : nous avons envie de douceur.
    Nous quittons le refuge par un sentier forestier qui traverse des hameaux de toute beauté avant de déboucher sur un sublime sentier en balcon, fleuri et panoramique. Nous marchons face aux Aiguilles d’Arves, et surtout face à la reine du jour : la Dent Parrachée, sommet emblématique qui nous accompagnera longtemps.

    Les lacs de Plan d’Amont et Plan d’Aval offrent un intermède bucolique et poétique, d’autant qu’ils sont entourés de sources et de cascades rieuses.

    Cette atmosphère très aquatique est réjouissante, et une belle entrée en matière avant d’arriver au refuge de Plan Sec, un énorme coup de coeur. La vue est merveilleuse, le refuge magnifique avec ses dalles d’ardoise, l’atmosphère douce et enveloppante. Et le dîner… fromages locaux, fromage blanc aux myrtilles – un luxe en refuge, qu’on doit à l’accès routier ! – et une crème brûlée flambée en direct, c’est notre meilleur repas et on en profite.

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    Jour 5 : refuge de Plan Sec → refuge de l’Arpont

    Chaque itinérance a sa journée de galère, et pour nous, ce fut celle-ci. Nous partons pleins d’espoir sous un ciel changeant… puis la pluie nous rattrape, et pas qu’un peu. Nous slalomons entre les orages, attendant à l’abri sous des rochers que la foudre s’éloigne pour traverser les parties exposées sur les crêtes. Les cascades sont magnifiques, mais nous sommes déjà tellement sous l’eau que la distinction cascade/reste du monde nous semble brouillée ! Les moutons sont aussi trempés que nous. Un énorme impact de foudre tombe près de nous, nous nous abritons quelques minutes sous le porche d’un chalet d’alpage, en priant la statuette de Saint Antoine, patron des voyageurs, de nous préserver de la colère du ciel !

    L’arrivée au refuge de l’Arpont est un soulagement immense. Le refuge est célèbre pour sa vue magnifique, avec une grande terrasse ouverte sur les sommets. Nous dégustons une crêpe pour nous remettre de nos émotions, puis la soirée se transforme en fête : chants, danse, randonneurs soulagés d’avoir échappé à la pluie. On joue aux cartes, on révise nos classiques 80’s et on reprend des forces.

    Jour 6 : refuge de l’Arpont → refuge du Col de la Vanoise

    Quelle journée, quelle magie… Cette étape restera une des plus belles randonnées de ma vie, une perpétuelle jubilation. Nous communions dans l’adoration alpine !

    Après avoir quitté le refuge de l’Arpont, nous arrivons dans un gigantesque cirque glaciaire rempli de bouquetins, spectaculaire amphithéâtre au pied du glacier de Chasseforêt, dans une ambiance de haute montagne où les nuages viennent s’accrocher aux sommets bleutés.

    Nous marchons au plus près de la calotte glaciaire de la Vanoise, la plus grande d’Europe continentale hors Islande, hypnotisante : un continent de lumière drue qui s’ouvre à nos regards émerveillés.

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    Puis la ribambelle des lacs des Lozières apparaît, tous plus beaux les uns que les autres, prétextes à des jeux de reflets et des rochers moussus.

    Nous continuons sur des sentiers panoramiques d’une beauté inouïe, et arrivons en plein milieu d’un véritable festival de bouquetins : partout autour de nous, au milieu des chemins, jeunes et adultes, étagnes et bébés, ils nous réjouissent.

    L’arrivée au col de la Vanoise est précédée par une nouvelle série de lacs magiques, juste sous le col. Le torrent de la Vanoise s’étale en tresse dans les immensités sauvages et tisse tout un réseau d’étendues d’eau aux couleurs changeantes.

    Enfin apparaît le refuge du col de la Vanoise, silhouette solitaire posée au plus près des glaciers, où l’accueil est chaleureux et le repas vraiment savoureux. Quelle journée parfaite… c’est pour ça qu’on fait de la randonnée !

    Jour 7 : refuge du Col de la Vanoise → retour à Pralognan-la-Vanoise

    Je savais que le dernier jour nous réservait un dernier éblouissement, avec un des lieux les plus iconiques des Alpes, une véritable carte postale grandeur nature : le lac des Vaches et sa marelle de pierre. Entre glacier et ciel, ce chemin de dalles d’ardoise court au milieu de l’eau, incroyablement photogénique et poétique. Aucune déception, le lieu est à la hauteur de sa réputation : il est splendide.

     

    Ce lac est véritablement la « tour Eiffel » de Pralognan-la-Vanoise, et on comprend pourquoi ! Le lac des Vaches est très célèbre, et facilement accessible depuis Pralognan-la-Vanoise en été car les remontées mécaniques épargnent une bonne partie du dénivelé. Il peut y avoir beaucoup de monde au cœur des vacances d’été. Nous l’avons eu pour nous seuls (je n’ai pas retouché mes photos en enlevant des gens, nous étions vraiment seuls au monde – la preuve en vidéo sur Instagram !) en dormant au refuge du Col de la Vanoise et en venant tôt le matin : la plupart des randonneurs arrivent après l’ouverture des remontées. Encore une bonne raison de faire le trek dans ce sens !

    La descente vers Pralognan traverse un paysage d’îlots alpins, de cascades, de ruisseaux, de troupeaux blancs en harmonie avec les sommets enneigés. C’est beau à en pleurer. Qu’est-ce que j’ai aimé cette semaine…

    Nous rentrons dans le village par ses hameaux, une douce descente vers la civilisation. Nous sommes émus et heureux.

    Le trek se termine autour d’un bon repas au restaurant Le Plan B, la plus savoureuse des conclusions : j’avais envie de salade, de fruits et de produits laitiers, les choses qui manquent souvent dans les refuges de montagne !

    Les plus beaux lacs du Tour des Glaciers de la Vanoise

    Certains treks se lisent comme une histoire de sommets. Celui-ci se lit aussi comme une histoire de lacs. Tout au long du Tour des Glaciers de la Vanoise, l’eau est partout, sous toutes ses formes : glaciers, torrents, cascades, ruisseaux et lacs. Chaque journée apporte sa nouvelle pépite. Le Lac Blanc de la Vanoise fait réellement partie des plus beaux lacs des Alpes que j’aie jamais vus. C’est un lac inouï, extraordinaire, un gemme posé dans un décor de haute altitude entre roches et névés, d’une teinte presque irréelle.

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    Beauté irréelle de ce lac

    J’ai aimé les reflets des montagnes dans les lacs des Lozières, et les entrelacs du Col de la Vanoise, qui ont des airs de lande écossaise, de rêve elfique néozélandais – ici l’imaginaire est débridé.

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    Linaigrettes autour du Col de la Vanoise
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    Lacs des Lozières

    Les lacs de Plan d’Amont et Plan d’Aval sont des lacs de barrage, donc artificiels, mais j’ai adoré leurs teintes turquoises et les chapelets de fleurs qui les entourent.

    La palme du plus beau reflet va pour moi au petit lac de Chalet-Clou, où se reflète l’Aiguille de Péclet.

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    Lac de Chalet-Clou

    Et bien sûr, il y a l’icône absolue, le lac des Vaches, traversé par sa marelle de pierre, symbole de Pralognan-la-Vanoise. Réjouissant !

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    Incroyable lac des Vaches à Pralognan-la-Vanoise

    Faune et glaciers : au coeur du Parc national de la Vanoise

    Ce qui m’a le plus fascinée sur ce trek, c’est la profusion de vie sauvage. Je n’ai jamais vu autant de bouquetins et de marmottes. Omniprésents, ils nous accompagnent tout au long du trek, sans bien sûr que nous cherchions à interagir avec eux : ce sont des animaux sauvages, il ne faut ni les nourrir, ni les déranger, ni rechercher le contact.

    randonnée tour des glaciers de la vanoise
    Il est important de ne pas chercher à nourrir cette adorable boule de poils, et de la laisser tranquille
    bouquetin vanoise
    Rencontres magiques en plein sentier

    Fondé en 1963, le Parc national de la Vanoise, le plus ancien des parcs nationaux de France, joue un rôle essentiel dans cette abondance animalière. Il est frontalier avec le Parc national du Grand Paradis en Italie (le plus vieux parc national alpin tout court, constitué d’abord en réserve de chasse par le roi Victor-Emmanuel en 1856, devenu parc national en 1922). Ensemble, ces deux espaces d’exception forment la plus grande zone protégée continue des Alpes. C’est un cœur sauvage immense, où la faune a retrouvé sa place.

    C’est la Vanoise qui a sauvé le bouquetin. En 1961, le bouquetin, trop chassé, était presque en état d’extinction dans les Alpes françaises, ayant disparu de tous les massifs… sauf la Vanoise. C’est à partir des effectifs du parc de la Vanoise que l’espèce a été réintroduite partout, nous permettant de profiter de sublimes rencontres avec les icônes cornues dans l’ensemble de la chaîne. Le bouquetin est aujourd’hui un emblème très fort du territoire, notamment du village de Pralognan-la-Vanoise, et le voir aussi souvent pendant le trek donne encore plus de sens à cette belle histoire de protection réussie.

    pralognan
    Le bouquetin veille sur Pralognan-la-Vanoise

    Et bien sûr, il y a l’omniprésence de la glace. La calotte glaciaire de la Vanoise est la plus grande d’Europe continentale hors Islande, et certaines journées nous font littéralement marcher à ses pieds. Le cirque glaciaire du Génépy et celui du glacier de Chasseforêt ont été des moments forts, tout en étant pourtant sur des chemins faciles, bien loin de l’alpinisme où j’ai d’ordinaire l’habitude de côtoyer la glace. La facilité d’accès à ces paysages glaciaires est impressionnante sur cet itinéraire. On a le sentiment d’être dans une haute montagne très engagée, tout en restant sur un trek balisé et accessible.

    randonnée tour des glaciers de la vanoise
    Face aux glaciers

    Randonnée au cœur du Parc national de la Vanoise : la réglementation sur le Tour des Glaciers

    Chaque jour de ce trek, nous entrons dans le cœur du Parc national de la Vanoise. Les petits drapeaux français peints sur les rochers signalent l’entrée en cœur de parc, un trésor national placé sous notre responsabilité collective, et qui implique une réglementation à respecter.

    Le cœur du parc est soumis à une réglementation stricte :
    pas de feu,
    pas de drone,
    pas de chiens, même en laisse,
    pas de cueillette,
    pas de VTT,
    pas de bivouac libre.
    Le bivouac n’est autorisé que sur réservation, près de certains refuges, sur des emplacements dédiés.


    Ces règles permettent de préserver la faune, la flore et les paysages exceptionnels que l’on traverse. Ici, pas de feu, pas de barbecue, pas de cueillette de fleurs ou de plantes, pas de ramassage de pierres ou de souvenirs : le paysage doit rester intact. Les chiens sont interdits, même tenus en laisse ou transportés dans un sac, pour protéger la faune sauvage des dérangements. Les drones sont proscrits, pour garantir la tranquillité des animaux et des lieux. Il est également demandé de rester sur les sentiers balisés et d’éviter les raccourcis dans les pentes pour limiter l’érosion.

    Le bivouac sur le Tour des Glaciers de la Vanoise ?

    Le bivouac fait l’objet d’une attention particulière. Dans le cœur du parc, il n’est pas autorisé partout, et ce n’est pas un droit automatique. Il est uniquement possible à proximité de certains refuges gardés, sur des emplacements dédiés et sur réservation. La tente ne peut être montée qu’en fin de journée (19h) et doit être démontée au petit matin (avant 9h). En dehors de ces zones précises et de ces créneaux, le bivouac est interdit. Cela signifie qu’il faut absolument planifier son itinéraire, réserver ses nuitées et ses éventuels emplacements de tente, et ne pas imaginer pouvoir planter sa tente librement où l’on veut. Bref, pour répondre à une question qui m’a beaucoup été posée : vous pouvez bivouaquer sur le Tour des Glaciers de la Vanoise, mais seulement sur réservation, proche de certains refuges, et il faut absolument prévoir son itinéraire pour faire les réservations, d’emplacement et/ou de repas si vous le souhaitez.

    bivouac tour des glaciers de la vanoise
    Zone de bivouac autorisée au refuge de la Valette.

    Enfin, la règle la plus simple et la plus importante reste celle-ci : ne rien laisser derrière soi. Tous les déchets doivent être redescendus en vallée, même les plus petits, même ce qui pourrait sembler “biodégradable”, comme un trognon de pomme. Ce cadre préservé est un trésor, et le respecter fait pleinement partie de l’expérience du Tour des Glaciers de la Vanoise. Marcher dans un parc national, c’est accepter de se plier à ces règles, pour transmettre les bouquetins, les marmottes, les rapaces et les glaciers aux futures générations.

    Marmotte en Vanoise
    Ne rien laisser chez elles

    Le Tour des Glaciers de la Vanoise, un rêve de randonnée

    Ce trek restera pour nous une révélation.
    La beauté lumineuse des glaciers, la profusion de faune amicale, la variété infinie des paysages, les lacs d’une teinte presque irréelle… La Vanoise nous a offert un voyage alpin d’une intensité rare. Je sais que j’y reviendrai.

    tgv vanoise
    Avec Adrien, fabuleux ami et compagnon de randonnée

    Un très grand merci à Pralognan-la-Vanoise, et tout particulièrement à Marina, et au Parc national de la Vanoise, pour leur soutien à cette aventure. Merci à Adrien qui a été un merveilleux compagnon de trek, comme toujours.

  • Les montagnes de Belledonne en été, rando et des tonnes d’activités

    Connaissez-vous le massif de Belledonne ? A mi-chemin entre Grenoble et Chambéry, une des plus hautes chaînes de montagnes de l’Isère déploie sa silhouette cristalline et le chapelet de ses sommets. C’est un massif immense, sauvage, ponctué de lacs turquoise, de cascades saisissantes, de stations perchées et de vallées secrètes. Le Collet, Les 7 Laux, Chamrousse : ces noms évoquent les hivers enneigés, le ski et les mers de nuage, mais l’été révèle un autre visage, sportif et ensoleillé, entre randonnée, VTT, parapente, accrobranche, équitation, baignades et activités pour toute la famille.
    Le massif de Belledonne en été, c’est une montagne vivante, accessible côté budget, familiale et chaleureuse, où l’on trouve aussi bien des activités sportives de pleine nature que du thermalisme de qualité, des villages animés par les fêtes et marchés nocturnes, et de belles adresses gourmandes.
    Voici mes plus belles idées pour vivre l’été en Belledonne, au cœur de l’Isère : des randonnées de tous niveaux, des activités de pleine nature pour les sportifs et les contemplatifs, des moments de détente et quelques immenses coups de cœur. Du Collet à la vallée secrète du Haut-Bréda, suivez le guide !

    Le massif de Belledonne en été : randonnées, activités outdoor pour toute la famille et bonnes adresses.
    Les montagnes de Belledonne en été :
    Le massif de Belledonne en été : randonnées, activités outdoor pour toute la famille et bonnes adresses.
    Des lacs somptueux…
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    Des tonnes d’activités de pleine nature
    Le massif de Belledonne en été : randonnées, activités outdoor pour toute la famille et bonnes adresses.
    Du thermalisme, du bien-être et de bonnes adresses !
    Le massif de Belledonne en été : randonnées, activités outdoor pour toute la famille et bonnes adresses.
    Suivez le guide !

    J’ai réalisé ce voyage en Belledonne en été avec mon amie Marion Carcel alias Foehn Photographie. Toutes les photos de cet article sont les siennes, à l’exception des deux dernières parties consacrées aux randonnées vers les lacs de Belledonne et aux autres saisons dans le massif.

    Belledonne en été : Le Collet, station familiale et abordable

    On connaît la station du Collet avant tout pour le ski nocturne : en hiver, c’est l’originalité et l’exclusivité de ce joli domaine à taille humaine, bien placé et facile d’accès à la fois pour les habitants de Grenoble, Chambéry et Albertville. En 2025, la station a fêté ses 70 ans, et l’atmosphère estivale y était joyeuse et conviviale. C’est une station familiale, simple, abordable, où l’on se sent immédiatement à l’aise et où l’équipe d’animation se donne beaucoup de mal pour proposer toutes sortes d’activités. J’ai beaucoup aimé cette ambiance authentique, les animations gratuites, la gentillesse des équipes, et surtout, ces couchers de soleil spectaculaires : nous sommes orientés plein ouest, le soleil se couche en face de la station, et teinte toute la montagne de lumière dorée. Le Collet compte de nombreuses résidences locatives abordables pour vivre l’été à la montagne à prix doux – un très bon plan pour s’évader sans se ruiner !

    Le massif de Belledonne en été au Collet d'Allevard : randonnées, activités outdoor pour toute la famille et bonnes adresses.
    La beauté de la station du Collet, au coeur de Belledonne, avec vue sur la Chartreuse et les Bauges

    Trottinette TT au Collet : une activité fun, facile et accessible

    Au Collet , on vous propose de découvrir la trottinette TT tout-terrain. L’initiation se fait sur un parcours facile et ludique au niveau du téléski de Malatrait, pour se familiariser avec l’activité en douceur. J’avoue que j’appréhendais énormément, et c’est l’activité qui m’a le plus surprise : bien plus fun et ludique que je ne l’imaginais, parfaite pour les familles et les débutants, on peut réellement s’amuser très vite et on reste maître de sa vitesse et de son parcours. Si vous vous sentez à l’aise sur le parcours initiation, le Collet propose d’autres parcours trottinette TT plus ambitieux, à l’assaut des crêtes et des balcons panoramiques de Belledonne, pour une vraie randonnée cyclo insolite.

    Randonnée familiale vers le refuge de la Pierre du Carré, au coeur de Belledonne

    Vous cherchez une jolie randonnée accessible à tous, avec un déjeuner dans un joli refuge à la clef ? Depuis la station du Colle, un parcours sans grande difficulté mène au refuge de la Pierre du Carré – comptez environ 320D+ et 1h15 de marche.


    On longe d’abord le lac du Collet, posé dans un cadre bucolique au milieu des fleurs, puis on grimpe en forêt par un sentier en balcon très agréable. Au fil de la montée, les panoramas sur la Chartreuse en face et les profondeurs de Belledonne se révèle progressivement, et la vue est de toute beauté.

    On atteint avec bonheur le refuge de la Pierre du Carré, niché à 1761m sur l’itinéraire de la Grande Traversée de Belledonne. Dans une belle ambiance chalet délicieusement rétro, il propose une cuisine maison à base de produits locaux qu’on savoure face à la vue.


    Deux options ici : revenir sur vos pas ou continuer à monter !
    Nous avons choisi de faire la boucle par le col de l’Occiput et la Cabane du Soleil, un peu plus sportive, mais qui offre des vues encore plus panoramiques sur Belledonne et la Chartreuse. Une randonnée familiale idéale, variée et douce.

    randonnée en belledonne en été : la pierre du carré au collet d'allevard
    La cabane du soleil et les belles vues sur les profondeurs du massif de Belledonne

    Accrobranche au Collet, des tyroliennes au saut de Tarzan

    Envie d’adrénaline, de forêt et d’insolites sportifs ? Rendez-vous au parc accrobranche du Collet, qui propose plusieurs parcours de niveaux variés, au milieu des troncs moussus dans une ambiance sylvestre un peu féerique. Nous avons testé le parcours bleu, compromis parfait pour s’amuser sans se faire peur, le parcours 100 % tyrolienne (mon coup de cœur, un vrai plaisir), et le rouge plus challengeant, avec son saut de Tarzan pour tester son courage : on se jette sur une corde-liane et traverse la jungle pour atterrir dans un filet – pure adrénaline ! Il existe aussi un parcours familial accessible aux jeunes enfants. L’équipe est sympa et les systèmes bien sécurisés. Une activité conviviale, parfaite pour les journées d’été !

    Belledonne gourmande : bonnes adresses au Collet

    Trois idées pour croquer la montagne à pleines dents sans se ruiner.

    Le chalet l’Ecureuil

    Vous cherchez l’ambiance originale les Bronzés font du ski ? On a adoré l’atmosphère chaleureuse et déchantée de ce super joli chalet niché en lisière de forêt ! Accessible à ski, en rando, à VTT ou en voiture l’été, cette adresse authentiquement montagnarde joue la carte décalée avec ses petits écureuils cachés partout (essayez de trouver le nombre d’écureuils, il y en a plus que ce que vous pensez !), ses références aux Bronzés, ses blagues et sa cuisine simple, chaleureuse et gourmande. Un très bon moment !

    L’épicerie des Gentianes

    Quel accueil chaleureux et adorable ! Cette épicerie qui fait aussi salon de thé et propose tous les matins des viennoiseries et des petits-déjeuners est tenue par une famille d’une grande gentillesse, qui ont un vrai esprit montagnard et adorent leur station. Produits locaux, fondues, raclettes, saucissons et génépis, il y a ici tout ce qu’il faut pour un séjour en Belledonne parfait.

    La crêperie et coffee shop sur le front de station

    Sur le front de station, un petit coffee shop propose boissons fraîches et crêpes au nutella. A deux pas des pistes, une option goûter sympa et sucrée pour reprendre des forces entre deux activités.

    Belledonne côté Allevard-les-Bains : thermalisme et douceur de vivre

    Si vous n’êtes pas originaire de Grenoble ou du Grésivaudan, je serais prête à parier que vous ne connaissez pas Allevard. Et pourtant, cette jolie ville thermale au pied des montagnes de Belledonne est pleine de charme. Connue pour la qualité de ses sources thermales et la beauté de ses thermes historiques, pimpante et colorée avec ses façades pastel nichées entre les sommets de Belledonne et les eaux vives du Bréda, elle offre une vraie douceur de vivre. On a aimé flâner dans le parc des thermes et les jardins, longer le torrent et explorer le cœur piétonnier.


    Le jeudi matin, un marché de producteurs locaux anime les rues et permet de découvrir les saveurs du terroir isérois. En été, le mardi soir, un marché nocturne vient compléter cette ambiance festive et familiale : concerts, stands artisanaux, atmosphère douce et joyeuse, l’occasion parfaite de profiter des longues soirées estivales.

    Les thermes d’Allevard et le spa thermal

    C’est à la fin du XVIIIe siècle qu’un tremblement de terre fait jaillir du sous-sol une eau naturellement chaude et sulfurée, qu’on nomme alors « eaux noires ». Dans les années 1800, le thermalisme est en vogue – il existe d’ailleurs déjà une station thermale prestigieuse en Belledonne, celle d’Uriage. Afin de concurrencer Uriage et d’exploiter les vertus à la fois médicinales… et touristiques de ces eaux miraculeuses, les eaux sont captées en 1813, et la station thermale d’Allevard ouvre au début des années 1830. Les thermes sont au cœur de l’identité d’Allevard, dont le nom complet est d’ailleurs depuis le XIXe siècle Allevard-les-Bains. Spécialisée dans les affections respiratoires avec le développement des inhalations, les thermes font la renommée de la ville. Aujourd’hui encore, les curistes viennent se faire soigner aux thermes d’Allevard, mais quand à nous, touristes en quête de bien-être et non de médecine, nous avons jeté notre dévolu sur le très beau spa thermal. Parfait pour un jour de pluie : une oasis de bien-être et de lumière !
    J’ai adoré le spa thermal, avec ses grandes baies vitrées ouvertes sur le parc, ses piscines, jacuzzis, saunas, hammams et espaces de repos avec tisanerie, son atmosphère douce et enveloppante, le tout avec un tarif accessible et un accueil chaleureux. Une belle parenthèse de douceur pour des vacances ressourçantes à la montagne !

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    Le spa thermal à Allevard-les-Bains : bulle de bonheur


    Le bassin du Flumet : reflets de Belledonne et balade facile

    Juste à la sortie d’Allevard, le bassin du Flumet est un lieu parfait pour une promenade contemplative, un footing ou une balade avec son chien. Les montagnes se reflètent dans l’eau, la boucle est plate et agréable, sans aucune difficulté, et c’est un lieu où se retrouvent familles, promeneurs et sportifs.

    Parapente en Belledonne : voler du Collet d’Allevard aux rives du Flumet

    Pour les amateurs de sensations, le parapente depuis le Collet est une expérience à ne pas manquer : avec Sacha parapente biplace, il ne s’agit pas d’un simple vol classique, beau et touristique, mais d’une expérience insolite pleine de surprises avec des moniteurs chaleureux et drôles.
    Sacha et son collègue Thomas, deux moniteurs adorables et passionnés, nous donnent rendez-vous au bord du bassin du Flumet. Nous montons avec eux jusqu’au Collet d’Allevard, où est situé le très beau décollage panoramique. L’envol est doux et facile, et nous voici tournoyant face aux sommets du Grésivaudan, entre Belledonne et Chartreuse, au-dessus des forêts de sapins et au milieu des cimes. Surprise : Sacha et Thomas sont spécialisés dans les acrobaties chorégraphiées ! Ils nous proposent une surprise, et nous acceptons – voilà qu’on se pose en plein vol sur la voile du collègue, comme sur le tapis volant d’Aladdin. Un moment génial et vraiment unique ! On se pose ensuite au bord du bassin du Flumet, heureux de cette virée aérienne. Un moment fun, décalé, pour profiter à fond de l’été.

    Restaurants à découvrir à Allevard

    Ici ou chez vous, l’estaminet alpin ch’ti


    Un restaurant plein de charme, tenu par des Ch’tis, qui mêle influences du Nord et de la montagne iséroise. On y trouve du maroilles et d’autres spécialités du Nord revisitées avec une touche alpine. Leur tarte fine aux pommes est excellente. Un lieu chaleureux et typique, qui revendique fièrement son côté estaminet.

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    Ici ou chez vous

    Le Vieux Moulin, charme au-dessus du Bréda


    Un très joli restaurant construit au-dessus du torrent du Bréda, offrant un cadre atypique et pittoresque. Entièrement en bois, suspendu au-dessus de l’eau, il dégage un charme insolite. Les assiettes sont colorées, fraîches et savoureuses. Un vrai coup de cœur.

    La vallée du Haut Bréda : la pépite secrète de Belledonne en été

    La vallée du Haut-Bréda ? Ce joyau méconnu a été mon coup de foudre absolu. Au cœur de Belledonne, à deux pas d’Allevard et de la station des 7 Laux, c’est une véritable pépite alpine : une vallée secrète, sauvage, ponctuée de petits villages, de chapelles, de fontaines et de maisons traditionnelles, où on se sent loin du monde, dans une Isère authentique et apaisante. L’ambiance me rappelle parfois la Bavière ou l’Autriche, avec ses prairies lumineuses, ses lacs clairs et ses torrents joyeux. C’est un lieu que j’ai découvert avec un immense plaisir et que je vous recommande très chaleureusement. Voici quelques idées pour la savourer.

    Le lac de Fond de France, couleur émeraude et pontons romantiques

    Le lac de Fond de France est un des plus beaux lacs des Alpes accessibles sans randonnée : des eaux d’une transparence exceptionnelle, des nuances émeraude et turquoise, des pontons parfaits aménagés pour une balade facile, accessible à tous, y compris en fauteuil ou en poussette.
    Un lieu paisible, photogénique et vraiment magnifique, qui m’a évoqué des images idylliques de mes années en au bord des lacs de Bavière et que je  vous recommande très chaleureusement : c’est une carte postale grandeur nature.

    Arpenter Belledonne en été : randonnées depuis le lac de Fond de France

    Depuis le lac de Fond de France, je vous propose trois idées de balade/randonnée à moduler selon vos envies et votre niveau.
    La version facile et accessible à tous : le tour du lac de Fond de France, faisable y compris avec de très jeunes enfants ou des personnes âgées.
    La version intermédiaire : la cascade du Pissou. Comptez environ 240D+ et 2h de randonnée en aller-retour pour accéder à cette cascade absolument superbe, très typique de Belledonne, qui tombe en plusieurs ressauts dans un décor forestier enchanteur.


    Et enfin, voici la version plus sportive : la randonnée de Combe Madame.

    Randonnée au refuge de Combe Madame par la cascade du Pissou

    Parmi les randonnées du secteur, Combe Madame est un vrai coup de cœur. Comptez pour cette randonnée environ 5h, 10 km et 800D+ : une randonnée sportive avec de bonnes montées, mais sans difficulté technique en été.
    On part du lac de Fond de France et on remonte vers la cascade du Pissou, l’une des plus hautes d’Isère, une cascade impressionnante qui me rappelle celles d’Islande.
    Puis commence la vraie montée.
    On s’élève au-dessus de la forêt et on continue à travers les alpages dans un décor de montagne préservée et ouvert, jusqu’au gîte d’alpage de Combe Madame.


    Ici, tourisme et agriculture coexistent harmonieusement : le gîte est tenu par des bergers, appartenant à un groupement pastoral à double vocation, prendre soin des moutons et des randonneurs. Vous croiserez des troupeaux, mais pas de patous, seulement des chiens de troupeau – il est donc possible de faire cette randonnée avec son chien, à condition de le tenir scrupuleusement en laisse au moment de la traversée des troupeaux, pour éviter tout dérangement des animaux.


    Nous avons eu le plaisir de rencontrer Chloé, la bergère passionnée et investie qui garde les moutons tout l’été, ainsi que Jade et Clément, qui tiennent la bonne table du gîte d’alpage de Combe Madame. On vous recommande chaleureusement de faire halte au refuge pour le déjeuner ou le goûter, où on vous servira une cuisine maison et 100% locale : ici pas de coca ou d’ice tea, vous retrouverez leurs équivalents savoyards ou isérois !


    Une rando authentique et humaine, pleine de belles rencontres, dans un paysage varié : tout ce qu’on aime.

    Hôtel Le Madame : piscine, bien-être et bistronomie en montagne

    C’est mon adresse coup de foudre en Belledonne et je vous recommande très chaleureusement de la noter : le délicieux hôtel de charme Le Madame !

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    Coup de foudre : l’hôtel Le Madame dans la vallée du Haut-Bréda


    Au cœur d’une prairie verdoyante à deux pas du lac de Fond de France et de la station des 7 Laux, Le Madame est une adresse romantique et soignée, une bulle de douceur toute récemment rénovée. Cet hôtel historique a été repris par une famille passionnée qui a à cœur de le transformer en véritable havre de paix. Qu’est ce que j’ai aimé ce lieu !
    La piscine est magnifique, grande et magnifiquement aménagée, avec une vue ouverte sur les sommets, un auvent poétique où sont installés sofas et canapés, et de vastes espaces de pelouse pour lézarder. Nous y avons fait une séance de yoga au bord de l’eau, respirant à pleins poumons la douceur des montagnes. Si je devais organiser une retraite de yoga, ce serait ici !


    Le restaurant bistronomique propose une cuisine fraîche, colorée, créative. L’accueil est chaleureux et attentionné et les recettes originales. Quant aux chambres, elles sont douillettes et soignées. C’est un hôtel de charme idéal pour un séjour ressourçant, et un lieu où l’on imagine très bien organiser un mariage ou un événement familial. Nous avons réellement aimé l’esprit des lieux, et l’équipe qui tient Le Madame, aux petits soins pour nous. Notre séjour parfait s’achève sur le petit-déjeuner buffet : saveurs locales, fait maison et petites attentions !

    Balades à cheval en Belledonne : Le Manège Enchanté à La Chapelle du Bard

    À cheval, Belledonne prend un nouveau visage. Avec Tiphanie et sa cavalerie au Manège Enchanté, nous sommes parties pour une randonnée équestre pleine de variété : villages pittoresques, fontaines anciennes, paysages ouverts sur Belledonne, la Chartreuse et les Bauges. Nous sommes à la bascule entre Isère et Savoie et avons même traversé à cheval un beau pont de pierre marquant la frontière entre les anciens royaumes de Savoie et de Dauphiné. Les bornes et les détails historiques pittoresques marquent ce voyage dans le temps. Tiphanie propose des balades sont accessibles à tous, mais les cavaliers expérimentés peuvent partir sur les hauteurs pour un itinéraire plus montagnard et de plus grandes boucles, à la conquête des crêtes de Belledonne !

    Les lacs de Belledonne en été, sublimes randonnées

    Massif dit cristallin, constitué de roches granitiques très anciennes et dures qui restent étanches et ne laissent pas l’eau traverser (contrairement aux massifs voisins du Vercors et de Chartreuse, beaucoup moins aquatiques), Belledonne est célèbre pour ses lacs d’altitude. Impossible de citer tous les lacs de Belledonne, ils sont innombrables et tous plus beaux les uns que les autres ! Voici une petite sélection des plus célèbres, en vous laissant chercher les plus méconnus…
    Information importante : le massif de Belledonne autorise la présence de chiens, il n’existe pas de réglementation anti-canine comme sur les hauts plateaux du Vercors ou dans le cœur du parc national des Ecrins. Néanmoins, Belledonne est rempli de troupeaux et patous en été, et à titre personnel, je ne souhaite pas croiser de chien de protection avec ma chienne Nevada. Je vous recommande donc de consulter la carte MapPatou du site PastoKezako pour vous renseigner sur la présence de patous avant votre randonnée.

    Les lacs des 7 Laux

    Une randonnée emblématique qui me fait rêver et que je compte bien réaliser l’été prochain : autour du refuge des 7 Laux, le plateau des lacs s’étend, immense et spectaculaire, constitué d’un chapelet innombrable de lacs d’altitude que relient des isthmes. Une allure de fjord norvégien, ce sont les Lofoten en Belledonne !

    Les lacs Robert à Chamrousse

    Un classique de Belledonne. Intégrés à la station de ski de Chamrousse en hiver, ces lacs sont très accessibles en été, parfaits pour une journée sportive en famille, et je les trouve de toute beauté.

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    Les lacs Robert à la fin du printemps

    Le lac de Crop

    C’est mon coup de cœur personnel en Belledonne, car je trouve que cette rando offre le ratio parfait entre effort et récompense : 700D+ pour accéder à un site de toute beauté et un véritable balcon sur les montagnes. Je l’ai aimé au printemps, au moment du dégel des lacs, et je l’ai adoré en automne, entre couleurs flamboyantes des myrtilliers et mer de nuages d’où émergent les sommets.

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    Le lac de Crop à la fin du printemps…

    Le lac du Crozet

    Un grand classique, particulièrement apprécié des grenoblois au coucher de soleil ! Si le lac est rempli, il est beaucoup plus beau : les eaux montent jusqu’au rebord du barrage et créent des visions sublimes au crépuscule. Si le lac est plus vide, l’effet est moins saisissant. J’en parle dans mon article « randonnées avec mon chien autour de Grenoble ».  

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    Le lac du Crozet, photo Marion Carcel

    Le lac Blanc de Belledonne

    C’est sans doute le plus beau lac de Belledonne, avec son ambiance haute montagne, sa couleur étonnante de pierre précieuse due aux farines glaciaires descendues du glacier de Freydane, ses forêts de rhododendron roses début juillet. Il est absolument iconique et grandiose, mais la difficulté de la randonnée ne doit pas être sous-estimée – assurez-vous d’être bien prêt et équipé, et attention à la neige en début de saison, ce lac est haut perché !

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    Lac blanc de Belledonne vu depuis le sommet du grand pic de Belledonne



    Alpinisme : la traversée des arêtes du Grand Pic de Belledonne

    Si vous rêvez de voir le lac blanc de Belledonne vue d’en haut, et que l’alpinisme rocheux vous attire, n’hésitez pas à faire appel à un guide de montagne pour une aventure vertigineuse autour du Grand Pic de Belledonne, le point culminant du massif à 2977 mètres.
    C’est ce que j’ai vécu à l’été 2022 : après une nuit au refuge Jean Collet et un coucher de soleil poétique, nous nous sommes réveillés aux aurores pour monter au lac blanc et prendre pied sur le glacier de Freydane. Nous avons ensuite entrepris l’ascension du Grand Pic de Belledonne.
    Arrivés au sommet, deux options : redescendre par le même chemin, ou se lancer dans la traversée, exigeante et vertigineuse, des arêtes du grand pic de Belledonne. Je l’avoue, cette course ardue et impressionnante m’a causé quelques sueurs froides et montées d’adrénaline ! Mais la récompense à l’arrivée est magnifique : l’arrivée à la Croix de Belledonne signifie la fin des efforts alpins. On se désencorde, et il ne reste « plus » que 2000 mètres de dénivelé négatif jusqu’au parking… je peux vous dire qu’on a bien dormi la nuit suivante !
    A faire impérativement avec un guide si vous n’êtes pas alpiniste confirmé, ne prenez pas de risques inutiles.

    Et de nombreux autres lacs en Belledonne

    Le massif en regorge : le site de l’office de tourisme Belledonne Chartreuse est parfait pour préparer de nouvelles aventures. Si vous êtes très sportif et que vous aimez les treks itinérants, pensez aussi à la grande traversée de Belledonne : elle semble somptueuse !

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    Belledonne, ses lacs innombrables

    Les montagnes de Belledonne, belles toute l’année

    Je vous ai raconté Belledonne en été, mais pourquoi ne pas prolonger la découverte en automne ou en hiver ?

    Belledonne en automne : flamboyance et mer de nuages

    L’automne est magique ici. Dans le calme retrouvé d’un massif préservé flamboient les couleurs dorées, et c’est le début des mers de nuage. Retrouver le soleil en Belledonne quand le brouillard happe Grenoble reste un de mes plus beaux souvenirs.

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    Lac de Crop en automne


    Belledonne en hiver : ski et couchers de soleil

    Les stations du Collet d’Allevard, des 7 Laux et de Chamrousse ont toutes trois leur charme. Le Collet d’Allevard est la plus familiale et conviviale, Chamrousse la plus proche de Grenoble et la plus panoramique pour les couchers de soleil, et les 7 Laux la plus sportive et sauvage – je les aime toutes, en fonction de l’ambiance recherchée !
    Toutes les trois partagent la même magie lumineuse, car Belledonne est orienté plein ouest : les couchers de soleil y sont incroyables.


    Ski nocturne au Collet ou à Chamrousse, randonnées en raquettes sur les sentiers balisés avec ma chienne Nevada, descentes engagées dans les vallons du Pra aux 7 Laux, et ces soirées où le massif s’embrase de lumière dorée, Belledonne en hiver ne cesse de m’hypnotiser.

    Merci à l’office de tourisme de Belledonne Chartreuse pour leur accueil chaleureux cet été. Belledonne est un coup de foudre toujours renouvelé.

  • L’hiver dans Le Dévoluy, skier au paradis

    Bienvenue dans Le Dévoluy, sublime premier bastion des Alpes du Sud, porte des Hautes-Alpes à la géologie tourmentée et aux grands espaces sublimes. Un séjour d’hiver ensoleillé dans Le Dévoluy, entre ski, rando, cheval, insolites et gastronomie, conjugue tout ce que j’aime. Marion et moi sommes tombées folles amoureuses de ce massif un peu secret, qui cultive sa singularité dans un décor d’exception.
    Si vous rêvez de grands plateaux ouverts et de sommets emblématiques, de galops endiablés dans les plaines enneigées, d’expériences inédites – une via souterrata unique en son genre ou un coucher de soleil en motoneige – et de saveurs combinant les délices du Dauphiné et de la Provence, vous êtes au bon endroit. Venir skier dans Le Dévoluy nous a réjouies et il restera un de nos plus grands coups de foudre.
    Au programme de ce merveilleux séjour d’hiver dans Le Dévoluy : ski et raquettes, cheval et motoneige, via souterrata et bonnes adresses, coucher de soleil sur le plateau de Bure et fondue au dessus des nuages, délices entre spas et tourtons. Bonne découverte !

    L'hiver dans le Dévoluy : ski, aventure et bonnes adresses
    Sublimes couchers de soleil du Dévoluy
    Séjour d'hiver dans Le Dévoluy : ski, randonnée, raquettes, cheval, via souterrata, bonnes adresses. Que faire, que voir au ski dans Le Dévoluy ?
    Le Dévoluy, la belle vie à ski
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    Sentiers raquettes idylliques dans la neige scintillante
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    100km de pistes ensoleillées
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    A cheval au coeur du Dévoluy
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    La via souterrata, une expérience inédite et marquante
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    Aventure en motoneige au coucher de soleil

    J’ai réalisé ce reportage d’hiver dans Le Dévoluy en 2022 avec mon amie Marion Carcel alias Foehn Photographie. Ensemble, nous formons Itinera Favonia, duo de créatrices de contenu passionnées de montagne, de neige, de sports outdoor et de chevaux. De nombreuses photos de cet article sont les siennes. Je suis ensuite revenue dans Le Dévoluy en 2023 en amoureux avec Geoffrey, et en 2024 avec Marion à nouveau – cet article a été mis à jour !

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    Duo de voyageuses ravies dans Le Dévoluy
    Marion à cheval dans les grandes étendues
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    Marion au-dessus des nuages

    Skier dans Le Dévoluy : la porte des Hautes-Alpes

    Connaissez-vous Le Dévoluy ? Une petite précision géographique s’impose. Nous sommes à 1h30 au sud de Grenoble, à 2h30 à l’Est de Valence et à 45 min au nord de Gap. Le Dévoluy, c’est le voisin haut-alpin du Vercors, cousin par sa géologie grandiose et découpée qui inspire l’imaginaire. Ici le soleil et les millénaires ont sculpté dans le calcaire des beautés grandioses, ici se perpétuent les traditions du sud du Dauphiné.

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    Neige, soleil et reliefs sculptés, la clef du Dévoluy. Ici le pic de Bure
    Séjour ski dans Le Dévoluy. Ski, neige, raquettes, motoneige, via souterrata, cheval dans les hautes alpes
    Le Dévoluy, la porte des Hautes-Alpes

    La quasi-totalité du Dévoluy est située dans les Hautes-Alpes, avec une petite pointe Nord en Isère côté Obiou, et une minuscule virée dans la Drôme à l’Ouest du massif côté Rocher Rond. Nous sommes à l’Est du Vercors et à l’Ouest du Champsaur. Quatre montagnes iconiques, les quatre géants du Dévoluy, structurent le paysage : l’Obiou, le Grand Ferrand, le Pic de Bure et la Montagne de Faraut. Selon la légende, ils furent quatre belligérants surpris par l’aurore, comme les trolls islandais que le jour change en tumulus, et ils ont gardé de ces autrefois épiques des silhouettes superbes, très caractéristiques car très découpées. A force de se lancer des pierres, ils édifièrent de véritables murailles, changeant Le Dévoluy en forteresse, encerclée par les quatre combattants aujourd’hui changés en pierre… perpétuelles sentinelles des beautés du massif.

    L'hiver dans le Dévoluy : ski, aventure et bonnes adresses
    Soleil couchant sur l’Obiou. Son sommet est en Isère, mais la quasi-totalité du massif du Dévoluy se situe dans les Hautes-Alpes


    Nous sommes dans un massif calcaire, sculpté par l’érosion, ce qui lui donne une extraordinaire beauté visuelle : avec ses rochers fantasmagoriques, son monde souterrain creux et labyrinthique, ses sommets vertigineux, Le Dévoluy est un paradis de la rando, l’escalade et la spéléologie. L’immense alpiniste René Desmaison, qui repose ici, surnommait son cher Dévoluy « l’île dans le ciel », et on ne peut que comprendre sa dévotion : les montagnes du Dévoluy tendent leurs mains biscornues vers un firmament dont elles semblent vouloir être le trait d’union.

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    Eblouie par les reliefs du Dévoluy
    L'hiver dans le Dévoluy : ski, aventure et bonnes adresses
    Le rocher du Sommarel, que je surnomme le rocher éléphant
    Skier dans Le Dévoluy au soleil des Hautes Alpes. Où skier dans les hautes alpes
    Le Dévoluy : plein de copains biscornus



    Le climat du Dévoluy est très particulier. Nous sommes sur les faces nord des Alpes du sud, avec à la fois beaucoup de neige et de soleil. Cette configuration qui donne le meilleur des deux mondes m’a rappelé l’Oisans tout proche. Au sud du Dauphiné, entre architecture lombarde, culture montagnarde et gastronomie pleine de jolis tourtons et ravioles, c’est une magnifique alliance entre montagne et midi.

    Séjour d'hiver dans Le Dévoluy : ski, randonnée, raquettes, cheval, via souterrata, bonnes adresses. Que faire, que voir au ski dans Le Dévoluy ?
    Au soleil du Dévoluy



    Aujourd’hui, tout le massif du Dévoluy ne forme qu’une seule commune, Le Dévoluy, une des plus vastes de France, et un très beau domaine skiable qui jongle de versant en versant. Certains lecteurs se souviendront peut-être des deux stations historiques aujourd’hui fusionnées dans un seul et même domaine, Le Dévoluy : Superdévoluy et la Joue du Loup. Je suis drômoise, et beaucoup de mes camarades ont appris à skier dans une de ces stations !

    Séjour d'hiver dans Le Dévoluy : ski, randonnée, raquettes, cheval, via souterrata, bonnes adresses. Que faire, que voir au ski dans Le Dévoluy ?
    Entre les deux stations historiques du Dévoluy au Collet du Tât

    Skier dans Le Dévoluy, au cœur des Alpes du Sud


    Le domaine skiable du Dévoluy est un très bel espace de jeu : 100 km de pistes, réparties entre les domaines de Superdévoluy et de La Joue du Loup, entre 1470 et 2500m d’altitude, ce qui assure une belle qualité d’enneigement, et des paysages que j’ai trouvés absolument magnifiques.

    Skier dans Le Dévoluy au soleil des Hautes Alpes. Où skier dans les hautes alpes

    Avec 60% de pistes bleues larges et très agréables, et avec ce soleil bienveillant des Hautes-Alpes qui accompagne tous nos virages, j’ai trouvé que Le Dévoluy était le domaine parfait pour les familles, accueillant et doux. Mais les skieurs confirmés trouveront aussi de belles descentes et itinéraires hors piste : certaines pistes noires sont d’ailleurs labellisées « jour de peuf » pour vous aiguiller lors de belles chutes de neige ! Je recommande notamment le « black ram » tout en haut du domaine, avec une vue superbe sur le rocher du Sommarel.

    L'hiver dans le Dévoluy : ski, aventure et bonnes adresses
    Au sommet du domaine, avec vue sur le Sommarel



    Nous avons déjeuné avec une vue magnifique sur les montagnes sous la grande verrière du resto Vi Aï Pi où on fait la fête sur les pistes. Notre journée de ski dans Le Dévoluy a été un vrai bonheur, pistes très agréables, paysages sublimes, immense soleil et belle ambiance – il y a même un hamac géant pour profiter à fond… Tout ce domaine respire la douceur de vivre.

    Les quatre géants du Dévoluy : sommets iconiques

    Tout au long de notre journée de ski, nous avons en permanence le regard sur les géants du Dévoluy, les quatre sommets emblématiques et aux silhouettes majestueuses, un véritable concentré de la géologie créative et unique entre toutes de ce massif d’une très grande beauté visuelle. Nous avons adoré voir ces sommets si présents et proches, offerts à nos regards (et nos objectifs) émerveillés. Marion et moi avons sans cesse débattu pour élire notre montagne préférée en fonction des angles de vue…

    Ici le pic de Bure (2709m), très célèbre pour son observatoire astronomique où de gigantesques antennes dardent le ciel et dessinent un paysage de science-fiction… on rêve d’y retourner en été pour un bivouac spirite à l’écoute des extraterrestres, ou en hiver pour une virée givrée, et on l’a fait – voir plus bas !

    Skier dans Le Dévoluy au soleil des Hautes Alpes. Où skier dans les hautes alpes

    Ici la grande tête de l’Obiou, la montagne qui fascine le plus Marion, point culminant du massif (2789m) avec ses itinéraires aériens, ses pierriers gigantesques et sa majesté vertigineuse. Véritable candélabre minéral, il garde Le Dévoluy sur son versant isérois, sublime cerbère du Nord.

    Skier dans Le Dévoluy au soleil des Hautes Alpes. Où skier dans les hautes alpes
    L’Obiou
    Séjour ski dans Le Dévoluy. Ski, neige, raquettes, motoneige, via souterrata, cheval dans les hautes alpes

    Mon cœur va à la Montagne de Faraut (2383m), avec sa silhouette de vague de lumière. Notre guide spéléologue Martinho nous dit que les origines de son nom sont à chercher dans les invasions mauresques, et que lui, qui est d’origine portugaise, entend dans ce toponyme majestueux le phare, la vigie.

    Séjour ski dans Le Dévoluy. Ski, neige, raquettes, motoneige, via souterrata, cheval dans les hautes alpes
    La montagne de Faraut

    Mais la drômoise que je suis ne peut s’empêcher de jeter un coup d’œil du côté du Grand Ferrand, second sommet du Massif avec ses 2758m, dont l’ascension quitte le domaine de la randonnée pour entrer dans l’alpinisme, et qui surplombe le Rocher Rond, point culminant de ma Drôme natale à 2453m, dans une ligne de crêtes d’une beauté inouïe.

    Skier dans Le Dévoluy au soleil des Hautes Alpes. Où skier dans les hautes alpes
    Grand Ferrand


    Monter en ski de randonnée sur le plateau de Bure

    Le plateau de Bure ? Il fascine tous les amateurs de science-fiction et d’insolites avec ses immenses antennes qui écoutent l’espace. Tout en haut du domaine, on peut apercevoir les antennes depuis un virage d’une piste noire… En 2024, Marion et moi sommes revenues pour en avoir le cœur net.

    Monter en ski de randonnée sur le plateau de Bure dans le Dévoluy
    Les antennes entr’aperçues depuis le domaine skiable

    Et nous sommes montées en ski de randonnée sur la lune. La lune ? Ou plus exactement… le plateau de Bure, dans Le Dévoluy, au cœur des Hautes-Alpes. Ces antennes colossales, qui tournent sur elles-mêmes et pointent vers le ciel au milieu des immensités enneigées ? Ce sont des radiotélescopes. Ici, l’interféromètre du plateau de Bure écoute l’espace. Recevrons-nous des messages d’ailleurs ? Tout semble possible dans cet endroit extraterrestre, hors du monde… C’est inouï, c’est Le Dévoluy, pays de géologie tourmentée et de grands espaces sublimes. Ici le soleil et les millénaires ont sculpté dans le calcaire autant de mains de géants tendues vers les étoiles. Bienvenue dans votre capsule intersidérale…

    Monter en ski de randonnée sur le plateau de Bure dans le Dévoluy
    Skier sur la lune
    Monter en ski de randonnée sur le plateau de Bure dans le Dévoluy en hiver

    Attention : les itinéraires montant à skis en hiver au plateau de Bure comportent tous un certain danger, si vous n’avez pas la connaissance du terrain, surtout faites appel à un guide !

    Le Dévoluy en hiver : coucher de soleil inouï sur le plateau de Bure

    Ce soir-là, après avoir quitté les antennes, nous avons vécu un des plus beaux couchers de soleil de notre vie au-dessus de la mer de nuages. Le Dévoluy en hiver nous a offert une de nos plus belles visions au crépuscule sur le plateau de Bure !

    Monter en ski de randonnée sur le plateau de Bure dans le Dévoluy en hiver
    Coucher de soleil inoubliable sur le plateau de Bure

    Monter en ski de randonnée sur le plateau de Bure dans le Dévoluy en hiver

    Randonnées en raquettes dans Le Dévoluy : le Collet du Tât en hiver


    Je saute de joie partout où les montagnes rayonnent – avec les raquettes, c’est un peu lourd, mais l’île dans le ciel nous donne des ailes. De nombreux itinéraires en raquettes vous invitent à explorer ce massif parfait pour la randonnée, car comprenant de nombreux sentiers en balcon, avec peu de dénivelé et des vues grandioses : tout ce qu’on recherche pour se ressourcer au cœur de l’hiver !


    Et je voudrais absolument vous recommander une magnifique randonnée en raquettes très accessible au cœur du Dévoluy : le Collet du Tât. Cette rando familiale et facile permet d’arriver à un sublime point de vue situé entre les deux stations historiques formant le domaine skiable du Dévoluy, Superdévoluy et La Joue du Loup, mais dans un coin sublimement nature où s’offre un exceptionnel panorama sur l’Obiou et le Grand Ferrand.

    rando raquettes le dévoluy
    Au Collet du Tât

    Marion et moi adorons les raquettes. S’immerger en douceur et en silence dans un univers blanc, continuer à randonner au cœur de l’hiver quand les flocons couvrent le sol, et s’offrir des paysages comme celui-là … c’est un bonheur ! Lors d’un séjour au ski, je prends toujours ce temps pour une sortie en raquettes, cela apaise et oxygène l’esprit.

    Au grand galop au pied du pic de Bure : équitation d’hiver dans Le Dévoluy


    Ce fut le coup de cœur absolu, un moment que nous avons adoré Marion et moi : une belle randonnée équestre sur de vastes étendues de poudreuse fraîche et rayonnante au cœur du Dévoluy, dans des paysages époustouflants et sous le sublime soleil des Alpes du Sud. Un moment parfait, idyllique.

    Promenade à cheval en hiver dans la neige dans le dévoluy


    Au centre équestre du Dévoluy, l’adorable monitrice Élodie Chaillol propose en toute saison des sorties dans les paysages sublimes de ce massif dont la beauté visuelle n’a cessé de nous émerveiller. Et voir les quatre géants à travers les oreilles d’un poney rend tout encore plus beau ! Cours, balades, baptêmes, initiations ou itinérance sur plusieurs jours, le centre équestre propose plein de choses aux cavaliers de tous niveaux pour vivre la splendeur des montagnes au grand galop. C’était notre dernier matin dans Le Dévoluy et quelle apothéose…



    Pour en savoir plus sur les itinéraires équestres et les prestations proposées par Elodie, pour connaître toutes les grandes aventures à cheval qu’on peut vivre dans Le Dévoluy (par exemple : le fabuleux Tour du Dévoluy à cheval sur 2 jours), je vous invite à lire mon article estival : que faire dans Le Dévoluy en été ? Je vous parle plus longuement de ces expériences équestres d’une beauté et d’une qualité rares qu’on pourra vivre ici.

    Une très belle rencontre avec ce massif, ces chevaux, cette monitrice géniale, un coup de foudre total pour Marion et moi. Si vous lisez Cheval Magazine : vous y retrouverez au printemps 2023 un grand dossier sur Le Dévoluy à cheval, hiver comme été !

    La via souterrata du Dévoluy en hiver


    Le Dévoluy est vraiment un massif très particulier sur le plan géologique – c’est le plus découpé, le plus biscornu des Hautes-Alpes, ici l’érosion n’a pas connu de limites à sa créativité ! Le massif est transpercé par plus de 600 chourums, de profondes cavités ouvertes dans le sol. Dans un tel pays, la spéléologie est forcément à la pointe !

    Notre guide Martinho fait partie d’un groupe de spéléos passionnés explorant depuis 25 ans Le Dévoluy. Ensemble, ils ont ouvert un parcours unique en son genre : une via souterrata, c’est à dire un parcours câblé et aménagé comme une via ferrata, mais sous la terre… en accès libre et gratuit. Vous descendrez dans des gouffres, ramperez dans des boyaux, traverserez des abysses, mais toujours relié à la rassurante ligne de vie. La via est ouverte en accès libre, à condition de disposer du matériel et de l’expérience adéquats – personnellement, même en ayant l’expérience des vias à l’air libre, nous étions contentes d’être accompagnées de Martinho et d’écouter ses histoires géniales sur l’envers du Dévoluy ! Un moment génial, une très belle expérience sous la Terre. Alors, on y va ? Surtout n’oubliez pas votre casque et votre frontale, il fait tout noir là dessous…

    Pratique : la via souterrata est accessible librement et gratuitement, mais si vous n’avez pas l’expérience et le matériel nécessaire, je vous recommande vraiment de faire appel à un guide. Pour 45 euros/adulte, 40 euros/ado, Martinho, guide génial, vous fournira tout le matériel (combinaison intégrale pour se protéger de la boue et du frottement, frontale, baudrier, longes) et surtout l’accompagnement avec histoires croustillantes et blagues bienvenues.
    Dans le chourum, la température est constante, et vous êtes protégé du vent, de la neige… une bonne option pour changer du ski et vivre une expérience insolite dans Le Dévoluy !

    Un second article entièrement consacré aux mondes souterrains du Dévoluy, aux chourums et aux bizarreries, sortira très bientôt !

    Motoneige au coucher de soleil dans Le Dévoluy

    Vous le savez, j’ai plutôt l’habitude de partager le crissement des raquettes dans la neige que le vrombissement des grosses cylindrées. Je suis en règle générale plus randonnée que sports mécaniques. Mais un coucher de soleil en motoneige au sommet du domaine skiable du Dévoluy, j’avoue que cela faisait rêver.

    où tester la motoneige dans les hautes alpes ? le devoluy

    J’avais déjà testé la motoneige en Laponie, puis dans la station savoyarde des Saisies, et la sensation de puissance et de vitesse est vraiment impressionnante : ce sont des machines spectaculaires, l’adrénaline est intense et on se prend vite pour James Bond. Saviez-vous qu’en Finlande, la motoneige devient un moyen de locomotion normal l’hiver ? Je me souviens des gens allant faire leurs courses en fusant sur les lacs gelés en motoneige… incroyable ! Une virée en motoneige est un petit morceau de passion nordique. Où tester la motoneige dans les Hautes-Alpes ? Dans Le Dévoluy !


    Et Le Dévoluy est tellement spectaculaire dans la lumière du soir, avec les silhouettes si tranchées de ses montagnes iconiques, dont la lumière du soir décuple la beauté ! Cela restera un de nos plus beaux couchers de soleil. Monter ainsi à toute vitesse dans la neige qui vole, voir l’or et le rose du crépuscule embraser les sommets, et redescendre à la lumière des phares dans la nuit tombante, avait quelque chose d’hollywoodien. Un instant, on se serait crues actrices d’un film… on n’a besoin de personne en motoneige qui cartonne 😉
    Une belle aventure vécue grâce à Scoot Aventure, un moment de cinéma dont on se souviendra !

    où tester la motoneige dans les hautes alpes ? le devoluy

    Bonnes adresses dans Le Dévoluy : où dormir, où manger après le ski ?

    Après tant d’aventures outdoor hivernales, de ski et de rando dans Le Dévoluy, il vous faudra bien vous savourer… et découvrir la gastronomie fabuleuse des Hautes-Alpes !

    Où dormir dans Le Dévoluy ? Chalets ski aux pieds et bien-être romantique

    Deux belles adresses à retenir pour votre séjour au ski au coeur des Hautes-Alpes.

    Les Chalets Margot, ski aux pieds dans Le Dévoluy

    Un cocktail de soleil et flocons dans notre petite maison à la montagne…
    Durant tout notre séjour d’hiver dans Le Dévoluy, nous nous sommes senties chez nous aux Chalets Margot. Notre chalet était vraiment devenu la maison pour trois nuits et nous avons eu un pincement au cœur en partant ! Les chalets Margot sont des chalets individuels, situés dans une petite forêt à deux pas du front de neige de Superdévoluy. L’accès est ski aux pieds, ce que je trouve fabuleux (c’est un vrai argument pour moi quand je pars au ski): on revient des pistes directement sur notre balcon par un joli chemin forestier, et on rejoint le télésiège facilement en quelques minutes de glisse, sans être pourtant exposé au bruit. Parfait ! Pour moi qui adore le ski, le fait de ne pas avoir à reprendre de voiture ou navette et juste chausser mes skis et partir direct est un vrai vrai bonus.

    hebergement ski aux pieds devoluy



    Notre chalet en bois était spacieux et confortable. Marion et moi avions chacune notre chambre et notre salle de bain. Un petit dej buffet très complet était proposé au resto de l’hôtel.
    Il n’y avait rien de spectaculaire, mais tout était bien pensé, cosy et confortable, le chalet était bien chaud et très lumineux, et on s’est vraiment senties juste bien. Le Dévoluy est un domaine skiable très familial et je me serais bien vue revenir aux chalets Margot en tribu.

    Une parenthèse de douceur… dans Le Dévoluy, au cœur des radieuses Hautes-Alpes, on boit le soleil au p’tit dej !

    La Neyrette, hôtel-spa de charme idyllique

    Une bulle de douceur au cœur des Hautes-Alpes : le spa de la Neyrette !
    Vacances auprès des cimes enneigées ou dans un lagon tropical, comment choisir ? La solution, le spa au milieu des neiges – flotter dans l’eau chaude et fumante tandis que dehors, le soleil se couche rosé et doré sur les sommets ! J’ai toujours adoré les spas et à chaque séjour à la montagne, j’essaie de vivre un crépuscule aquatique…
    J’ai un souvenir merveilleux du très beau spa de la Neyrette, un hôtel de charme à quelques minutes de la station de ski du Dévoluy, situé dans un vallon au pied des plus belles montagnes du massif. Tandis que les sommets se reflètent dans un étang gelé, Marion et moi flottons dans un jacuzzi extérieur délicieusement chaud, et rentrons dans un très bel espace vitré d’inspiration asiatique pour nager dans une piscine intérieure magnifique.

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    Le soir, on reste dîner à la Neyrette et le moment nous touche beaucoup : la Neyrette, c’est une histoire de famille, c’est un Alsacien qui tombe amoureux d’une Haute-Alpine et vient s’installer dans Le Dévoluy il y a quelques décennies, et aujourd’hui ce sont trois générations qui travaillent ensemble. On découvre leur spécialité, les fabuleux tourtons des Hautes-Alpes 100% faits maison – un régal, vraiment, ce seront les meilleurs que nous mangerons ! Bref, on vous recommande vraiment l’adresse.

    Lors de notre séjour hivernal, nous avons mangé à La Neyrette et profité de son spa, mais nous n’y avons pas dormi. C’est en été que nous avons eu l’occasion de découvrir la qualité de l’accueil hôtelier : plus de détails et de photos dans mon article sur Le Dévoluy en été.

    O’dycéa, les bains du Dévoluy

    Notre séjour d’été dans Le Dévoluy fut aussi l’occasion de découvrir un autre spa extraordinaire, O’dycéa, les bains du Dévoluy, avec ses bassins originaux, musicaux, minéraux, entre canyons et astronomie, et ses bains nordiques ouverts sur les crêtes. J’ai rêvé d’y retourner en hiver pour admirer les montagnes enneigées depuis l’eau chaude !

    Et c’est ce que j’ai vécu à l’hiver 2023 avec Geoffrey : les bains du Dévoluy en hiver, c’est un paradis enveloppant !

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    O’dycea, Les bains du Dévoluy, en hiver

    A table ! Restaurants dans Le Dévoluy

    Au coeur des pistes ou au sein des villages, toujours avec la gastronomie typique du sud du Dauphiné à l’honneur…

    A La Neyrette, les tourtons maisons

    Je sais que j’en fais beaucoup, mais cette info est cruciale : les meilleurs tourtons des Hautes-Alpes sont à la Neyrette et vous n’avez pas le droit de quitter Le Dévoluy sans y goûter.

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    Les tourtons maison de la Neyrette

    Chez Patras, exquises spécialités des Hautes-Alpes

    Enorme coup de cœur pour ce restaurant ultra typique aux Cypières (entre Saint Etienne en Dévoluy et Superdévoluy). Dans une vieille maison aux épais murs de pierre et à la généreuse cheminée sculptée, dans un décor montagnard d’antan chaleureux, vous serez accueilli avec kir maison et convivialité pour déguster les spécialités authentiques des Hautes-Alpes. La brasérade (viande crue qu’on fait cuire nous-mêmes au charbon de bois à table) accompagnée de gratin dauphinois restera un grand moment de notre séjour dévoluard !

    L’Etincelle, feu de bois et saveurs dauphinoises

    Dans le même style que Chez Patras, mais cette fois lors de notre séjour d’été, nous avons adoré L’Étincelle, typique, savoureux, chaleureux, où on fait fumer viandes et poissons à la grande cheminée (et on sert une généreuse lampée de gratin dauphinois par-dessus le tout). Ces adresses ultra authentiques sont à recommander absolument !

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    Le Vi Aï Pi, vaisseau spatial sur les pistes

    C’est un bel ovni au cœur du domaine skiable ! Véritable station balnéaire à la neige avec ses transats et son ambiance extérieure festive façon bar de plage, il réserve à l’intérieur un décor incroyable : ce vaste bâtiment de verre ouvre des panoramas sublimes sur toute la station et les sommets, et vous mangez les yeux dans les cimes. J’ai été complètement fascinée par ces immenses baies vitrées futuristes, par le design de ce restaurant atypique et chaleureux où on mange une cuisine à la fois simple et efficace entre deux virages.

    Le Chalet Naiska, fromage fondant et sunsets roses

    A l’hiver 2023, Geoffrey et moi avons vécu un moment hors du temps au Chalet Naïska, restaurant d’altitude situé à l’arrivée du télésiège des Fontettes, entre fondue délicieuse, samoyède adorable et coucher de soleil rosé… mémorable !

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    Chalet Naiska : la beauté des sommets !
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    Soirées de rêve au Naiska
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    L’Establou, à croquer

    Sur le front de neige de Superdévoluy avec vue sur le Pic de Bure, on ne sait pas qui des desserts ou de la montagne on aimerait croquer tout cru. Accueil chaleureux, super rapport qualité-prix, burgers frais et succulents et douceurs sucrées maison qui valent le détour, un déjeuner sympathique et savoureux au pied des pistes !

    Le Dahu, crêpes et ravioles

    Sur la terrasse panoramique au pied des pistes de Superdévoluy, on vous propose une partie snack à emporter, un bar sympa, des crêpes (toujours les bienvenues après une journée de ski) et le choix qui me tentait, une salade haute-alpine avec un peu de laitue pour se donner bonne conscience et surtout des tourtons, des ravioles, de la charcuterie de la région et des fromages locaux. Bonne idée !

    Continuer à explorer les Hautes-Alpes

    Région magique, aux mélèzes flamboyants et aux sommets inondés de lumière, flirtant entre le Dauphiné, la Provence et l’Italie, les Hautes-Alpes me fascinent depuis toujours et continuent de m’enchanter.

    L’hiver dernier, Marion et moi avons eu le bonheur de skier aux Orres, autre station emblématique des Hautes-Alpes, à retrouver sur le blog.

    A retrouver sur le blog : Les Orres, au pays des mélèzes

    Retrouvez notre séjour d’été dans Le Dévoluy, avec de sublimes randonnées, le tour du Dévoluy à cheval, de l’escalade, de la via ferrata et des couchers de soleil titanesques.

    dévoluy

    Cet automne, ce sont les reflets de la Meije et les mélèzes de Serre-Chevalier qui ont fait mon bonheur, lors d’un « mélèze trip » haut-alpin merveilleux. Les Hautes-Alpes sont sans doute la plus belle destination d’automne de France !

    Avec le retour de la neige, je rêve de continuer l’exploration des Hautes-Alpes, de skier à Montgenèvre, à Vars ou dans le Queyras… Quant à Briançon, la plus haute ville de France, il me faudra absolument l’explorer. N’hésitez pas à me suivre sur les réseaux sociaux et à vous abonner à la newsletter pour continuer à croquer à pleines dents les sommets magiques des Alpes du Sud !

    lac de la douche ecrins hautes alpes

    Un très grand merci aux Hautes-Alpes, et tout particulièrement à Nathalie, et au Dévoluy, et tout spécialement à Julie, pour ce séjour merveilleux qui restera un de nos plus beaux souvenirs d’hiver.

  • Que faire en Valbonnais, la vallée secrète des Ecrins ?

    Connaissez-vous le Valbonnais ? Si je vous dis Le-Désert-en-Valjouffrey, la Chalp, Valsenestre ? Nous sommes en Valbonnais, sans aucun doute dans la vallée la plus méconnue et secrète du parc national des Ecrins. Tout au sud de l’Isère, dans la région de la Matheysine, les vallées de la Bonne et du Béranger respirent une authenticité montagnarde aux accents de bout du monde, entre hameaux historiques et isolés, forêts touffues et sommets emblématiques : le toit du Valbonnais, c’est le majestueux pic de l’Olan (3564m), qu’on approche au plus près au refuge du Font Turbat.
    Demeuré à l’écart des grands axes, le Valbonnais et sa commune alpine de Valjouffrey sont réellement un trésor caché des Alpes françaises, dans la partie iséroise des Ecrins. Que voir et que faire en Valbonnais quand on aime la randonnée, le patrimoine, l’authenticité d’une expérience alpine et le plaisir d’un dépaysement total au cœur des montagnes ? Je vous propose d’explorer les hameaux de Valjouffrey, de randonner au col de Côte-Belle et de passer une nuit niché au creux de l’Olan au refuge de Font-Turbat.

    Que faire en Valbonnais, autour de Valjouffrey et Valsenestre? Refuge de Font Turbat et randonnées en montagne au coeur des Ecrins.
    Dans le petit vallon de Font Turbat, au désert en Valjouffrey
    Que faire en Valbonnais, autour de Valjouffrey et Valsenestre? Refuge de Font Turbat et randonnées en montagne au coeur des Ecrins.
    A Combe Oursière, au-dessus de Valsenestre
    Adrien et moi face à la face Nord de l’Olan, au dessus du refuge de Font Turbat. Photo de Caroline (Hikes and Travels) avec qui nous avons vécu cette aventure.

    Valbonnais, Valjouffrey, qui êtes-vous ?

    Le Valbonnais est une des sept vallées des Ecrins, aux côtés du Briançonnais, de la Vallouise, de l’Embrunais, du Champsaur, du Valgaudemar et de l’Oisans. Sur un plan administratif, le Valbonnais appartient à l’Isère, sur un plan touristique, à la Matheysine.

    Que faire en Valbonnais, autour de Valjouffrey et Valsenestre? Refuge de Font Turbat et randonnées en montagne au coeur des Ecrins.
    Explorer le Parc National des Ecrins en Valbonnais. Photo Caroline

    Je l’avoue : bien qu’habitant Grenoble et très amoureuse des Ecrins, je n’ai pas eu tout de suite le réflexe d’aller explorer le Valbonnais, privilégiant spontanément les autres régions de Matheysine plus célèbres sur le plan touristique (La Mure, le lac de Monteynard, l’Alpe du Grand Serre), et celles qui sont à la frontière avec l’Oisans (le plateau des Lacs du Taillefer, le Col d’Ornon). C’est quand j’ai commencé à explorer de fond en comble le parc national des Ecrins que je me suis intéressée à cette vallée un peu secrète, nichée entre les deux régions culturelles et touristiques : Oisans et Matheysine.

    Que faire en Valbonnais, autour de Valjouffrey et Valsenestre? Refuge de Font Turbat et randonnées en montagne au coeur des Ecrins.
    Au Col de Côte Belle, avec en arrière plan, sortant des nuages, le col de la Muzelle, qui fait la bascule vers l’Oisans

    A l’Est de La Mure, Valbonnais est à la fois une vallée, celle de la Bonne (rivière alpine qui est un affluent du Drac), qui fut autrefois une puissante seigneurerie, puis une baronnie convoitée, et aujourd’hui une commune. Et en remontant le cours de la Bonne vers sa source, on arrive à Valjouffrey, commune de 200 habitants constituée de cinq hameaux : la Chapelle en Valjouffrey, la Chalp, les Faures, Le Désert en Valjouffrey et Valsenestre.
    Ce sont ces cinq hameaux que nous allons explorer dans cet article, et notamment les deux plus emblématiques, Le Désert en Valjouffrey et Valsenestre, qui sont tous les deux des bouts du monde au sens où la route s’arrête ici et les Ecrins commencent, dans toute leur majesté verticale.
    A 66 kilomètres de Grenoble, Le Désert en Valjouffrey est le « cul de sac », le dernier hameau de Valjouffrey situé sur les berges de la Bonne. Quant à Valsenestre, encore plus isolé, il est le seul des cinq à ne pas être situé sur le cours de la Bonne, mais dans une vallée adjacente, celle du Béranger – du nom du torrent qui coule au fond.

    desert en valjouffrey
    Le Désert en Valjouffrey
    Que faire en Valbonnais, autour de Valjouffrey et Valsenestre? Refuge de Font Turbat et randonnées en montagne au coeur des Ecrins.
    Dans le hameau de Valsenestre

    Nous sommes en Valjouffrey dans un pays de prairies alpines, de forêts variées mêlant feuillus et conifères, et de hauts sommets majestueux aux pentes abruptes. Tout comme en Oisans tout proche, les vallées sont profondes et les murailles minérales, spectaculaires. Laissons la parole à un auteur amoureux du Valbonnais :

    « La vallée de Valjouffrey possède dans le bas de merveilleuses forêts, ou la verdure fraîche et les tons gris des hêtres et des bouleaux se mélangent aux verdures sombres et aux troncs rouges des pins sylvestres, où le tendre vert des mélèzes éclaire le vert bleu des sapins. Pareil mélange est très rare dans les Alpes.
    Ici, il est encore mis en valeur par l´intensité des couleurs d´un ciel déjà méridional et par les cimes blanches de son horizon ; c´est bien un des plus jolis sites des Alpes françaises « .

    Maurice Paillon, Les Alpes françaises.

    Que faire en Valbonnais, autour de Valjouffrey et Valsenestre? Refuge de Font Turbat et randonnées en montagne au coeur des Ecrins.
    La forêt de Combe Oursière


    Le Désert-en-Valjouffrey et Valsenestre sont tous deux situés sur le tracé du GR54, le Grand Tour de l’Oisans et des Ecrins, et chacune des variantes du GR54 passe par eux, prévoyant une nuit au Désert, une nuit à Valsenestre. La majeure partie des flux touristiques en Valbonnais est constituée des randonneurs sur le GR – je raconte mes étapes dans le Valbonnais dans le récit de mon trek sur le GR54.
    Mais après le GR, j’ai eu envie de revenir en Valbonnais pour explorer d’autres coins encore plus méconnus : le refuge de Font Turbat, qui est un « cul de sac » (excepté pour les alpinistes) en dehors de tout GR, et donc un véritable îlot hors du monde, la randonnée de Combe Oursière, ou encore le très beau et méconnu Lac Labarre.

    Que faire en Valbonnais, autour de Valjouffrey et Valsenestre? Refuge de Font Turbat et randonnées en montagne au coeur des Ecrins.
    Au Col de Côte Belle sur le GR54

    Le Désert-en-Valjouffrey, dernier bastion avant la montagne

    Les déserts en Isère évoquent des lieux de solitude mystique et caillouteuse, où Dieu se niche entre les pierres et les cimes. En Chartreuse, le Désert est celui des moines. En Valbonnais, le Désert est ici, au bout de la route, dans ce dernier bastion de vie paysanne et artisane avant le règne des pentes. La chapelle Sainte Anne veille sur les âmes esseulées depuis le temps de Louis XIV. Le pic de Valsenestre, l’aiguille des Marnes, la pointe de Marceline et le pic des Souffles ferment l’horizon. Impossible d’aller plus loin en voiture, il faudra prendre ses bâtons de marche, ou ses crampons d’alpinisme.
    Sur le GR54, on arrive au Désert-en-Valjouffrey depuis le Valgaudemar, en franchissant les terribles schistes noirs du Col de la Vaurze après avoir dormi au refuge des Souffles. On dit que les noms de Valjouffrey et Valgaudemar seraient un héritage germanique : le roi burgonde Gaudemar battu par les Francs aurait trouvé refuge dans le Valgaudemar, et son compagnon d’armes Josfredi, dans le Valjosfredi, devenu Valjouffrey. La véracité historique de la légende est incertaine, mais j’ai envie d’y croire : si j’étais un roi germanique en déroute, je trouverais ici mon dernier sanctuaire, loin du monde.

    Que faire en Valbonnais, autour de Valjouffrey et Valsenestre? Refuge de Font Turbat et randonnées en montagne au coeur des Ecrins.
    Au dessus du Désert en Valjouffrey, en route vers le Col de la Muzelle

    Bonnes adresses au Désert-en-Valjouffrey

    La nuit au Désert n’a rien de commun avec les cellules spartiates d’une chartreuse : ici, on dort au gîte communal Les Arias, qui est beau, coloré et chaleureux. Récemment refait à neuf, il a les dortoirs les plus confortables du GR54, des prises près de chaque lit (luxe ultime !), et un bar-resto délicieux rempli de spécialités locales, ancrées dans le terroir : il est labellisé Esprit parc national. J’ai eu un vrai coup de cœur pour ce lieu atypique et convivial où nous avons été accueillis par deux fois avec une grande gentillesse, sur le GR54 et à notre retour en Matheysine. La croziflette est fabuleuse, les desserts à la myrtille sont les meilleurs de notre GR, et le sourire des tenancières est contagieux : l’ambiance est très chaleureuse.

    Que faire en Valbonnais, autour de Valjouffrey et Valsenestre? Refuge de Font Turbat et randonnées en montagne au coeur des Ecrins.
    Le gîte des Arias

    Au Désert-en-Valjouffrey, on pourra aussi boire un verre au Bar des Ecrins, dans la rue principale du hameau, où on retrouve plein d’alpinistes et grimpeurs les doigts tout abrasés par le caillou, fatigués mais joyeux.
    On ira découvrir le monde des plantes et de leurs vertus à l’herboristerie des Alaissies, labellisée Esprit parc national. Dans son jardin féerique, rempli de plantes et de fleurs aux noms charmeurs, Martine y enseigne la fabrication de baumes naturels : ses ateliers sont très sympathiques et instructifs, et j’ai beaucoup aimé le fait de repartir avec mon baume à lèvres 100% made in Ecrins, bio et naturel.

    Si on continue à remonter le cours de la Bonne, on part en randonnée en direction du refuge de Font Turbat.

    Le refuge de Font Turbat à Valjouffrey : face à la face Nord de l’Olan

    Au bout du bout du monde, là où les sentiers boutent sur la falaise, se niche un refuge hors du temps : Font Turbat. Situé à 2169 m d’altitude sur un balcon au milieu des rochers, ce refuge isolé incarne l’essence même de la haute montagne. Il est d’ailleurs autant fréquenté par les alpinistes que par les randonneurs. Car le refuge de Font Turbat présente un attrait majeur : la sublime et terrifiante face Nord de l’Olan. Impossible de se tenir plus près du mythique ogre du Valbonnais.

    Que faire en Valbonnais, autour de Valjouffrey et Valsenestre? Refuge de Font Turbat et randonnées en montagne au coeur des Ecrins.
    La face Nord de l’Olan

    La face nord de l’Olan, avec ses mille mètres de glace et de pierres instables, est l’une des parois les plus mythiques des Alpes françaises. Située dans le massif des Écrins, elle domine la vallée du Valjouffrey de son imposante stature et attire depuis des décennies les alpinistes en quête de défis. Le jour de notre venue à Font Turbat, nous avons assisté en direct à un sauvetage d’alpinistes heureusement sains et saufs, mais épuisés et submergés par l’ampleur de la mission. C’est notamment pour Font Turbat que Valjouffrey fait partie des 7 villages d’alpinisme des Ecrins, comme La Grave et Villar d’Arène.

    Les faces Nord, celles qui voient peu le soleil, celles qu’épouse toujours la glace, sont souvent légendaires dans l’histoire de l’alpinisme. Plus raides, plus dangereuses, plus radicales, elles représentent un combat perpétuel, dans le froid, l’ombre et la verticalité du versant le moins amène de la montagne. L’immense grimpeur Gaston Rébuffat a consacré un livre entier aux faces Nord, Etoiles et tempêtes, le légendaire Lionel Terray leur consacre de nombreuses pages des Conquérants de l’inutile.

      « Ces faces nord que le soleil n’éclaire qu’en biais, brièvement, sont froides, sévères et rudes. Elles sont l’univers des ombres, des rochers noirs, de la glace bleutée. Mais elles fascinent. »

    Étoiles et Tempêtes, Gaston Rébuffat
    Font Turbat
    Soleil couchant sur la face Nord de l’Olan

    « Il y a une attirance presque mystique dans ces parois austères et terribles, un appel irrésistible pour ceux qui recherchent plus qu’un simple sommet, mais une communion avec la montagne dans sa forme la plus pure et la plus brutale. »

    Lionel Terray, Les Conquérants de l’inutile

    Si le sommet de l’Olan a été foulé dès 1875 par Coolidge, Almer et Roth, la cordée est passée par une voie plus facile, qu’on nomme aujourd’hui voie normale, et la face nord n’a été conquise qu’en 1935 par Lavigne et Lachenal (un autre représentant de cette légendaire « cordée 21 » à laquelle appartenaient aussi Rébuffat et Terray, hélas mort sur la Mer de glace à Chamonix). Le grand René Desmaison, qui repose aujourd’hui dans un caveau en forme de montagne à la Mère Eglise dans le Dévoluy, était prédestiné à s’attaquer à ce monstre friable qui ressemble beaucoup aux reliefs de sa dernière demeure. Il a ouvert une voie qui porte son nom en face Nord de l’Olan, réputée pour son engagement et sa difficulté. Quant à la Face nord intégrale, elle demeure aujourd’hui encore une des voies les plus difficiles des Ecrins et des Alpes françaises en général.
    A Font Turbat, vous avez un balcon panoramique sur toutes ces voies (et éventuellement, sur les alpinistes en train de suer sang et eau dedans), une vue sans pareil au plus près de la face, mais la bonne nouvelle, c’est que vous n’avez pas à vous engager dedans, vous avez le droit de boire un thé, manger un cookie et profiter de la vie.

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    Dîner sympa à Font Turbat
    refuge font turbat
    En train de pratiquer des activités sans danger à Font Turbat, photo Caroline

    La randonnée pour Font Turbat : entre cascades et vallons suspendus

    On s’élance au départ du Désert-en-Valjouffrey dans le vallon de la Bonne, en remontant le courant. La première halte est proche du village, et accessible à ceux qui souhaitent une simple balade : la très belle et spectaculaire cascade de la Pisse, havre de fraîcheur rugissante dans ces immensités rocheuses.


    Tout le Valbonnais a été sculpté par les glaciers lors des grands âges froids, et le fond du vallon témoigne du passage des monstres gelés : un grand espace ouvert, cerné de parois abruptes, et jalonné de blocs erratiques autrefois charriés par la moraine du glacier.

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    Au fond de la vallée glaciaire


    A l’issue de la traversée du fond de vallée, lorsque commence la montée vers le refuge, il vous faudra choisir entre deux itinéraires.

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    A droite par le sentier classique, à gauche par le petit Vallon

    • Itinéraire classique : 920D+, 18,5km AR. Ce chemin monte de façon progressive en rive droite du torrent et conduit à Font Turbat sans difficulté technique particulière.

    • Font Turbat par le Petit Vallon : 1220 m D+, 20,5 km AR.
      Ce sentier, plus exigeant, traverse une lande de rhododendrons avant de monter à un vallon suspendu, le petit vallon, sorte de prairie alpine perdue au milieu des immensités minérales. La vue à la bascule entre le vallon et la descente vers Font Turbat sur la face Nord de l’Olan est époustouflante. Même s’il n’y a rien d’insurmontable, ce sentier à la fois plus technique et plus intense est à recommander aux randonneurs plus expérimentés.

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    Le Petit Vallon, photo de Caroline

    Dormir en refuge dans le Parc National des Ecrins : une expérience puissante

    Comme un bateau au milieu des flots, un refuge est une île sur l’océan des montagnes, un espace de chaleur, de lumière et de convivialité. Un rare lieu fait pour les humains dans ce monde de roche, de glace et de pente où nous ne serons toujours qu’étrangers et invités…
    Le parc national des Ecrins en compte une quarantaine. Dormir en refuge est toujours une expérience puissante et poétique, une immersion alpine au plus près des cimes. La majorité des refuges des Écrins ne disposent pas d’un accès routier et sont isolés au cœur de la montagne, ravitaillés à dos d’homme et, quelques fois dans la saison, par hélicoptère. Cela impose des règles, une certaine discipline, pour que tout se passe au mieux. Comme sur un bateau, chacun a son rôle à jouer… Si cela vous intéresse, j’ai écrit un article à ce sujet pour le site de Destination Parc National des Ecrins : les bons conseils pour une nuit sereine en refuge.

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    Une nuit au refuge de Font Turbat

    Malgré sa solitude rocailleuse, Font Turbat est un lieu chaleureux. Ici tout est fait maison, yaourt, gâteaux, gourmandises et les repas qu’on savoure sur la belle terrasse ensoleillée. Quand le jour descend, Font Turbat est un balcon sur le soleil couchant, et on verra la face Nord s’embraser de roux avant de plonger dans le mauve de la nuit.

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    Le petit univers de Font Turbat

    Refuge emblématique des Ecrins édifié en 1922, Font Turbat est une invitation à découvrir l’essence des refuges alpins : des lieux faits pour les humains au sein d’un monde sauvage, où nous ne sommes qu’invités dans les immensités de roche et de silence.

    font turbat
    Coucher de soleil à Font Turbat

    De nombreux itinéraires d’alpinisme partent de Font Turbat. Côté randonnée, un sentier non officiellement balisé, mais bien marqué et sans grande difficulté technique permet d’accéder au Lac des Pissous, qui semble superbe. En revanche, l’accès au Valgaudemar (refuge des Souffles, refuge de l’Olan, La Chapelle en Valgaudemar) en franchissant le Col Turbat est une randonnée alpine classée R4 qui demande d’avoir le pied très sûr dans un terrain instable. La sente est cairnée, mais non marquée.

    La balade sonore de La Chalp

    Avant de quitter la vallée de la Bonne pour celle du Béranger, petite halte à la Chalp pour découvrir une balade sonore, promenade originale guidée par des récits audios qui révèlent l’histoire et les traditions du village, notamment autour du travail du bois avec l’ancienne scierie, des nombreuses chapelles du Valjouffrey, et des traditions agricoles de ce pays d’alpages. Il semblerait d’ailleurs que le « Désert » ne vienne pas de la solitude, mais du verbe « essarter » : défricher la forêt pour cultiver la terre, faire paître les animaux… et récupérer du bois !

    Le hameau de Valsenestre : mon coup de foudre en Valbonnais

    Nous sommes au bout du bout du monde, dans un village de montagne qui n’est habité que l’été, dans une de ces vallées secrètes dont l’Isère a le secret. Niché à 1294m d’altitude, Valsenestre n’a plus d’école depuis 1936, et la route n’est pas déneigée en hiver. Mais il a ce parfum d’éternité des lieux que le temps semble avoir oubliés et je vous encourage vraiment à venir explorer cette pépite préservée au cœur de nos Alpes. Valsenestre est pour moi l’un des plus beaux villages des Ecrins, et j’ai été fascinée par sa perfection visuelle.
    Les sommets qui entourent ce vallon creusé par le Béranger culminent haut : 3126 m au Pic du Clapier du Peyron. A 2760 mètres, la tête de Ramu figure parmi les cimes emblématiques du hameau.

    La chapelle Sainte-Marie-Madeleine trône ici depuis le XVIIe siècle, avec son campanile rustique et ses murs recouverts de vigne vierge. Moi qui suis une catho légèrement mystique et panthéiste sur les bords, j’ai été saisie par sa beauté sobre et émouvante, et par l’injonction écrite sur ses murs blancs : Dans la nature comme en ce lieu, écoute la voix de Dieu. Le clocher semble répondre aux pics qui la surplombent, dans une harmonie glorifiant la beauté de la création, montagnes et hommes, plantes et ruisseaux qui murmurent et voix qui implorent.

    Une belle adresse à Valsenestre : le gîte d’étape Le Béranger

    Au cœur du village entièrement piéton, au milieu des belles maisons de pierre et des chalets de bois, on découvre un gîte d’étape rempli de charme, Le Béranger, où on accueille chaleureusement les randonneurs, notamment ceux lancés sur le GR54. C’est lors de mon trek que j’ai dormi pour la première fois au Béranger, accueillie par un couple chaleureux et une chatte rousse belle et timide, dans une grande salle commune où l’ambiance montagne est forte, entre livres, posters, cartes postales et histoires échangées.
    Je suis ensuite revenue goûter le dessert du Béranger, une sorte de dôme volcan qui fond sous l’action du chocolat chaud pour libérer toutes ses saveurs… délicieux ! Le lieu a beaucoup de charme et la table est savoureuse.

    Que faire en Valbonnais, autour de Valjouffrey et Valsenestre? Refuge de Font Turbat et randonnées en montagne au coeur des Ecrins.
    Gîte Le Béranger à Valsenestre

    Que faire en Valbonnais ? Sublimes randonnées autour de Valsenestre

    Valsenestre mérite qu’on y passe quelques jours pour explorer les merveilleuses curiosités alentours.

    Le col de Côte-Belle, Game of Thrones au pays des Ecrins

    1000D+ suffiront à atteindre la curiosité géologique la plus incroyable des Ecrins, les orgues de Valsenestre. Ces formations géologiques uniques, surnommées les « orgues », sont des lames de calcaire, dressées comme une bibliothèque de pierre. Elles sont nées de la formation des Alpes et créent un décor épique, digne du cinéma.Le col de Côte Belle fait partie du GR54, il est également accessible depuis Le Désert en Valjouffrey (même distance et dénivelé environ).

    Départ de Valsenestre ou du Désert en Valjouffrey, 1000 m D+, 1000 m D-, environ 6 h.

    Combe Oursière, la cabane de Boucle d’Or

    Pour retrouver la cabane de Boucle d’Or et des 3 ours, rendez-vous à Combe Oursière. Entre mélèzes et lys, une belle montée sans trop de difficulté (700D+) et une ambiance de conte de fées. J’ai beaucoup aimé la montée remplie de fleurs et de fruits (framboises, groseilles, fraises des bois, un vrai jardin), cette atmosphère très douce qui invite à voler son bol à Petit Ours, et savourer un thé au milieu du mélézin… j’imagine les couleurs à l’automne !

    Départ de Valsenestre, 700 m D+, 700 m D-, environ 4 h 30.

    Que faire en Valbonnais, autour de Valjouffrey et Valsenestre? Refuge de Font Turbat et randonnées en montagne au coeur des Ecrins.
    Ambiance un peu magique à Combe Oursière

    Le lac Labarre, pépite secrète des Ecrins

    Il me faudra revenir pour faire les 1200D+ qui conduisent au lac Labarre, qui fascine avec ses couleurs étonnantes et me semble absolument superbe. Un bijou alpin idéal pour les amoureux de solitude.

    Superbe photo du lac prise par mon amie Caroline – par ici pour découvrir son article sur cette randonnée au lac Labarre et d’autres aventures en Valbonnais au coeur des Ecrins

    Départ de Valsenestre, 1200 m D+, 1200 m D-, environ 6 h.

    Le col de la Muzelle, en direction de l’Oisans

    Valsenestre conduit à l’une des grandes ascensions légendaires du GR54 : le franchissement du Col de la Muzelle, un vertigineux mur de schistes noirs (1300D+). Il s’agit d’une étape prestigieuse du GR54, qui permet de passer du Valbonnais à l’Oisans : après le col, vous redescendez jusqu’au lac de la Muzelle, pour dormir au refuge du même nom. Étant donné l’ampleur de la randonnée et la rudesse de la montée au col de la Muzelle, je vous déconseille de le faire à la journée en aller-retour depuis Valsenestre. Cela vaut vraiment le coup de le vivre en itinérance, comme l’y invite le GR54.

    Départ de Valsenestre, 1300 m D+, 1300 m D-, environ 7 h en aller-retour.

    Le plan d’eau de Valbonnais pour se baigner

    N’oubliez pas que la baignade est interdite ou vivement déconseillée dans le lac Labarre, le lac de la Muzelle, et tous les autres lacs d’altitude (dans le parc national des Ecrins et ailleurs) : ces milieux fragiles et isolés, riches d’une biodiversité rare, supportent mal le piétinement de leurs rives et les substances apportées par la peau humaine dans leur eau.
    En revanche, en vallée, vous pouvez venir gratuitement nager au Plan d’eau de Valbonnais, une baignade rafraîchissante et nature dans un très joli cadre verdoyant.

    Le Valbonnais, avec ses hameaux isolés, ses refuges nichés au cœur de la montagne et ses paysages sauvages, est une invitation à l’exploration. Chaque randonnée, chaque rencontre y fait grandir l’amour de la montagne. Alors, prêts à explorer ce pays caché au coeur des Écrins ?

    Continuer à explorer la Matheysine

    Puisque vous êtes venus en Matheysine, ne manquez pas de continuer l’exploration de ses curiosités touristiques.

    Le lac de Monteynard avec ses eaux d’un étonnant bleu laiteux, sa vue sur le Mont Aiguille et ses passerelles himalayennes, invite à la randonnée et aux balades en bateau.

    lac de monteynard
    Le lac de Monteynard en automne

    Pour se baigner, on lui préférera le lac du Sautet à Corps, avec ses eaux turquoise, ses plages et sa vue sur l’Obiou. A Corps, montez à Notre Dame de la Salette, deuxième lieu de pèlerinage français après Lourdes, avec une vue magique sur le Dévoluy, de saisissantes fresques d’Arcabas et une ferveur palpable.

    notre dame de la salette
    Notre Dame de la Salette

    Pour un beau sommet accessible, montez sur le Sénépy, et pour le ski, les activités neige, la luge et l’ambiance front de neige, rendez-vous à l’Alpe du Grand Serre et au Col d’Ornon, les deux stations de la Matheysine.
    A la bascule entre Oisans et Matheysine, le superbe plateau des lacs du Taillefer est un paradis de la randonnée avec vue sur la Meije.

    Enfin, un incontournable de la région est le petit train de la Mure, le train rouge suspendu entre viaducs et montagne, avec une vue imprenable sur le lac de Monteynard !

    Un grand merci à Elsa (Destination Parc National des Ecrins), Capucine (Matheysine Tourisme), Caroline (Hikes and Travels) et Adrien pour ces belles aventures vécues ensemble.

  • Le GR54, grand tour des Ecrins : ma plus belle aventure

    Le GR54 ? Le Grand Tour de l’Oisans et des Ecrins, est incontestablement la randonnée la plus mythique des Alpes du Sud. Ce trek qui compte parmi les plus grandioses des Alpes françaises et qui permet d’entrer profondément dans le cœur du somptueux parc national des Ecrins, a été la plus belle randonnée itinérante de ma vie, et sans doute ma plus belle aventure à ce jour. Pendant douze jours, j’ai vécu un rêve. Un rêve ardu, escarpé, difficile parfois, mais perpétuellement sublime.
    12 jours, 200 km, 13 500 mètres de dénivelé positif et négatif… une aventure inoubliable qui m’a bouleversée, émue, émerveillée, épuisée parfois, mais laissé des souvenirs pour toute une vie. J’ai réalisé un rêve. Pour moi qui suis folle de montagne, de randonnée, de nature, de sommets enneigés et des Alpes en général, le GR54 était un mythe absolu, et il le reste à l’issue de ce trek.
    Ce trek au cœur du parc national des Ecrins est incontestablement une des plus belles randonnées des Alpes et offre une variété de paysages inouïe dans une montagne sauvage et préservée. Si vous aussi, le GR54 vous attire, voici mon récit jour par jour de ce GR féerique au cœur des Alpes du Sud, et tous mes conseils pour le vivre à votre tour.

    Faire le GR54, grand tour de l'Oisans et les Écrins : récit jour par jour de la randonnée et conseils pour vivre cette sublime aventure.
    Le GR54, grand tour de l’Oisans et des Ecrins
    plateau d'emparis GR54
    Le GR54 : un itinéraire de légende, passant par des lieux emblématiques des Ecrins, comme ici le plateau d’Emparis…
    Faire le GR54, grand tour de l'Oisans et les Écrins : récit jour par jour de la randonnée et conseils pour vivre cette sublime aventure.
    … qui franchit de hauts cols spectaculaires (ici le col des Grangettes, 2684m, avec sa vue sur le lac de l’Eychauda)…
    gr54 vallonpierre
    … et qui permet de passer la nuit dans des refuges iconiques, comme par exemple ici Vallonpierre. L’aventure d’une vie !

    Randonner sur le GR54 : préparer votre trek & infos importantes

    Cet article fait suite à un premier, Se préparer au GR54, que j’ai écrit avant mon périple et qui contient toutes sortes d’informations (les questions que je me posais avant l’aventure, les différentes variantes, les choix que j’ai faits et pourquoi, l’historique du GR54, ma préparation physique…). Je vous invite chaleureusement à le consulter si vous vous préparez au GR54 ou si le parcours et son histoire vous intéressent.

    Inauguré en 1964, le GR54 propose un itinéraire traversant l’ensemble des vallées du parc national des Écrins, au plus près des sommets mythiques et au cœur des massifs. Vous passerez chaque jour dans le cœur du parc national des Écrins (voir ici l’article concernant la réglementation en cœur de parc), vous y dormirez parfois. Ce Grand tour de l’Oisans et des Écrins, c’est l’itinéraire des pionniers venus sonder l’immensité des Écrins, en suivant les traces des alpinistes aussi loin qu’un randonneur peut aller, et des bergers faisant vivre une culture pastorale et paysanne qui a façonné ces alpages séculaires. Les Écrins, ce sont des sommets, mais aussi des hommes et des femmes, des villages et des hameaux, des estives et des refuges… c’est une grande aventure puissante qui m’a bouleversée. Aucune journée ne m’a déçue : toutes étaient éblouissantes, et je pense sincèrement qu’il s’agit d’un des plus beaux treks du monde.

    gr54 écrins réou d'arsine
    L’arrivée au Réou d’Arsine : une beauté presque surnaturelle dès le tout premier jour

    C’est aussi l’un des treks les plus difficiles de France et il demande un entraînement solide (voir à ce sujet ma préparation au GR54). L’option que j’ai choisie, au départ de La Grave et en empruntant les variantes alpines au plus près des sommets, représentait 12 jours de marche, environ 200km pour 13500D+, soit environ 1100D+ et -/jour. Les franchissements des grands cols sont épiques et souvent techniques – je me suis notamment fait peur au col des Grangettes, très enneigé et vertigineux en début de saison (mi-juillet). Je recommande vivement de se sentir à l’aise en montagne avant de se frotter au GR54 : avoir déjà fait des treks plus courts (de 3 jours à une semaine), être sûr d’avoir la forme physique pour encaisser ces dénivelés sur la durée, ne pas avoir le vertige car même si le parc fait un travail remarquable d’entretien des sentiers, l’exposition au vide est fréquente.

    gr54 col de la muzelle
    Des ascensions spectaculaires : ici la montée au col de la Muzelle

    Pour calculer vos étapes au mieux, une ressource indispensable : le site du Grand Tour des Ecrins. Les itinéraires complets avec trace GPX et topo détaillé des 4 variantes sont à retrouver sur le site du Grand Tour des Ecrins. J’avais téléchargé tous les GPX avant mon voyage, et je les avais rendus disponibles hors connexion, car je n’ai pas eu le réseau à de nombreux endroits. J’avais également acheté le topoguide du GR54 édité par la FFRandonnée, afin d’avoir une carte IGN papier et un tracé détaillé.

    GR54
    Le topoguide : une ressource utile et bien faite

    Un détail qui mérite d’être mentionné : lorsque vous calculez vos étapes, ne regardez pas que le dénivelé positif, pensez bien à regarder le dénivelé négatif. Les grandes descentes du GR54, parfois techniques, peuvent vous « casser » plus que les montées (je pense par exemple à l’éprouvante descente du Col de la Vaurze). Sur le plan musculaire, je m’étais spécifiquement préparée aux descentes avant le GR54 (entraînements trail en descente, musculation des quadriceps), et je m’en suis félicitée.

    GR54 col de la Muzelle
    L’arrivée au lac de la Muzelle après le passage du col éponyme. Sur le GR54, on monte et on descend beaucoup. Chaque jour ou presque, un franchissement de col !

    Je pense les bâtons de randonnée indispensables sur le GR54 : s’ils soulagent à la montée, ils sont surtout ultra précieux à la descente. Dans les longues descentes difficiles (col de la Vaurze, pour ne citer que lui…), ils sont une aide considérable à l’équilibre, peuvent rattraper un début de chute, et aident à préserver les genoux.

    schistes noirs du GR54
    Les schistes noirs typiques du GR54 (ici à la descente du col de la Vallette en direction du col de Gouiran), qui demandent toujours un peu de concentration et qui deviennent très glissants quand ils sont mouillés. Bâtons très appréciés !

    Je suis également partie avec des crampons forestiers (petits crampons de randonnée, pas les gros crampons d’alpinisme, trop lourds à mes yeux pour 12 jours de trek en portant mes affaires), qui n’étaient sans doute pas indispensables mais que j’ai tout de même mis deux fois (Pas des Cavales, descente côté nord du Col de la Muzelle), et que j’aurais dû aussi mettre au Col des Grangettes (récit de cette aventure glissante plus bas).

    col de la muzelle
    Col de la Muzelle, côté nord (Oisans). Plusieurs larges névés nous séparaient du refuge de la Muzelle au bord du lac. J’ai mis les crampons pour traverser le plus important d’entre eux, que le soleil avait rendu glacé et assez glissant.

    En raison de la présence de névés tardifs, et parce que la neige peut revenir tôt en fin d’été (altitude maximale du GR54 : 2800m à l’Aup Martin), je conseille d’y aller après la mi-juillet et avant la mi-septembre. J’ai fait mon GR54 du 15 au 27 juillet 2024. Cette été-là, il avait neigé très tard dans la saison. Je me suis fait peur au col des Grangettes, qui était encore très enneigé avec un sentier partiellement recouvert et introuvable, et le col de l’Aup Martin était infranchissable sans matériel d’alpinisme : nous avons dû prendre la variante GR54A par le vallon de Fournel pour franchir le col 50 mètres sous l’Aup Martin, au Pas de la Cavale (lui aussi bien enneigé, mais moins difficile et dangereux).

    GR54 pas de la cavale
    Le pas de la Cavale

    Attention, il est impossible de réaliser ce trek avec son chien, car la réglementation du parc national des Écrins interdit les chiens même tenus en laisse en cœur de parc. Vous serez en cœur de parc tous les jours (toute la journée ou une partie de la journée) : c’est justement l’intérêt du GR54, qui vous emmène au plus profond des Écrins.

    Dormir en gîte d’étape et en refuge sur le GR54

    J’ai fait le GR54, le grand tour de l’Oisans et des Écrins, en dormant toutes les nuits en refuge (en montagne) ou en gîte d’étape (en vallée). Ces nuits font partie intégrante de l’aventure. Les refuges sont situés en montagne, souvent dans des endroits d’une beauté exceptionnelle, on y vit des couchers de soleil étourdissants et des réveils en pleine nature. Les gîtes d’étape sont situés en vallée, et ils offrent plus de confort et de commodités, comme des douches chaudes. Les deux sont une authentique expérience montagnarde, au cœur du parc national des Écrins. De nombreux hébergements sont labellisés Esprit Parc National et portent haut les valeurs du parc !

    Faire le GR54, grand tour de l'Oisans et les Écrins : récit jour par jour de la randonnée et conseils pour vivre cette sublime aventure.
    Refuge de Vallonpierre, refuge des Mouterres : des sites d’exception au coeur des montagnes
    Faire le GR54, grand tour de l'Oisans et les Écrins : récit jour par jour de la randonnée et conseils pour vivre cette sublime aventure.
    Moments de convivialité en refuge et en gîte d’étape (Refuge de l’Olan, refuge de Vallonpierre, gîte d’Emparis)

    Lors de ces soirées, on fait de belles rencontres chaleureuses et conviviales, on reprend des forces pour ce trek difficile au long cours, et on en profite pour goûter les spécialités locales et montagnardes qui sont toujours à l’honneur : gratin de ravioles ou d’oreilles d’ânes, croziflette, tourtons et ravioles du Champsaur, de super desserts à la myrtille… on mange bien sur le GR54, et on fait l’expérience d’une vraie convivialité.

    Faire le GR54, grand tour de l'Oisans et les Écrins : récit jour par jour de la randonnée et conseils pour vivre cette sublime aventure.
    Randonneurs mourant de faim sur le GR54. (Tourtons au marché à Vallouise, gratin d’oreilles d’âne à l’hôtel de l’Olan, dessert myrtille au gîte des Arias.)
    GR54 faire le grand tour des écrins et de l'oisans
    Croziflette time au gîte des Arias

    Je vous conseille vraiment de réserver vos hébergements longtemps en avance, car certains n’ont pas une énorme capacité. Chaque nuit doit être réservée individuellement, pas de package possible (contrairement, par exemple, au Tour du Mont Blanc, où vous pouvez réserver tout d’un bloc). Prenez-vous-y bien en avance : j’ai fait mes réservations en janvier-février pour juillet, et j’ai failli ne pas avoir de place à Vallonpierre. N’hésitez pas à commencer vos réservations par les refuges les plus populaires (Vallonpierre et Muzelle notamment si vous souhaitez y dormir), et ceux où aucune alternative d’itinéraire n’est possible (par exemple Pré la Chaumette, car en raison de l’ampleur des étapes avant et après, il n’est pas possible de découper son GR54 en évitant de dormir ici, à moins d’être un traileur très entraîné en mode ultra light, ou encore le Refuge des Souffles, qui se situe sur plusieurs GR et concentre pas mal de randonneurs). Vérifiez bien vos dates, ayez un calendrier précis : sur 12 jours ou plus, il est facile de se tromper d’une nuit !

    pré la chaumette
    Pré la Chaumette

    Les pique-niques du midi nous étaient fournis par les refuges – certains excellents, d’autres plus basiques. Si vous souhaitez avoir des pique-niques, pensez bien à l’indiquer au moment de votre réservation, et n’hésitez pas à le rappeler au gardien/à la gardienne à votre arrivée au refuge : en général, le compte des pique-niques se fait avant 18 ou 19h.

    Côté budget : en comptant absolument tout (navettes, nuits, repas, pauses cookie et café…), nous en avons eu pour 1920€ à deux pour douze jours, soit 80€/jour par personne. C’est une moyenne : certaines nuits en refuge étaient moins chères (55euros /pers en DP), d’autres nuits en hôtel plus chères (120€/pers en DP). Nous avons pris des pique-niques à emporter (autour de 10-12€ en refuge) tous les midis, à l’exception de deux déjeuners de luxe (au chalet-hôtel du Gioberney et au refuge de l’Olan) et d’un déjeuner crêperie bon marché à Venosc (Au jardin).

    GR54 faire le grand tour des écrins et de l'oisans
    Le gîte d’étape Le Béranger à Valsenestre

    Important : les paiements en refuge se font en liquide, prenez du cash ! Vous pourrez payer par CB en vallée, pas en montagne.
    Cette aventure entre cimes et cascades, fleurs et torrents, restera une des plus belles de ma vie, un rêve éveillé. Je la recommande de tout cœur à tout bon marcheur entraîné et amoureux des Alpes françaises !

    Accéder au GR54 : partir en transports en commun

    Nous avions choisi de démarrer notre GR54 à La Grave, pour des raisons d’itinéraire : parmi les 4 variantes du GR, elle était celle qui me correspondait le mieux, sauvage, alpine et complète.

    Pour des raisons écologiques, mais aussi pratiques (éviter de laisser un véhicule tout seul pendant 12 jours…), nous avons choisi d’accéder à notre point de départ du GR54 en transports en commun. J’habite Grenoble, mon co-randonneur Adrien, Valence (Drôme). Il m’a rejointe à Grenoble en TER, et depuis la gare de Grenoble, nous avons ensuite emprunté un bus Zou de la ligne Grenoble-Briançon jusqu’à notre point de départ, La Grave. Au moment de notre voyage (juillet 2024), trois bus circulaient chaque jour dans les deux sens sur cet itinéraire.

    GR54 faire le grand tour des écrins et de l'oisans
    Bus retour Briançon-Grenoble

    Les autres variantes du GR54 proposent trois autres points de départ : depuis Le Bourg-d’Oisans, depuis La-Chapelle-en-Valgaudemar et depuis L’Argentière-la Bessée.

    Il aurait été encore plus facile, depuis Grenoble, de rejoindre Le Bourg-d’Oisans : de nombreux bus circulent dans les deux sens chaque jour, c’est un itinéraire « classique » de la métropole grenobloise.

    L’Argentière-la Bessée est un point de départ choisi par de nombreux randonneurs qui viennent de loin et souhaitent arriver en train, car le village a une gare TER desservie par des trains venus des régions Auvergne Rhône Alpes (nous aurions également pu arriver de Grenoble, en train) et Provence Alpes Côte d’Azur. Si vous venez de Paris, il est possible d’enchaîner le train de nuit Paris-Briançon puis le TER Briançon-l’Argentière.

    La-Chapelle-en-Valgaudemar est un point de départ moins évident pour ceux qui se déplacent en transports en commun, même s’il est évidemment possible (bus + navette locale).

    GR54 au départ de La Grave : jour 1, La Grave – Le Casset

    25km, 1052D+, 1050D-

    Nous partons le premier jour à la fois fous d’enthousiasme et avec une appréhension : ce sera notre plus longue et intense randonnée en montagne à ce jour, avec des dénivelés très importants et des franchissements de cols presque tous les jours (car vous évoluez de vallée en vallée pour faire tout le tour des Écrins, ce qui signifie toujours : traverser la montagne !)
    Notre première étape est longue, mais sans aucune difficulté technique. Après avoir rejoint Villar d’Arène, on s’achemine au milieu des mélèzes jusqu’au lac du Pied du Col, d’un turquoise éblouissant.

    GR54 faire le grand tour des écrins et de l'oisans
    Le long de la Romanche à Villar d’Arène avec Guilhem, passionnant garde du parc, qui nous rappelle la réglementation du parc national des Ecrins
    GR54 faire le grand tour des écrins et de l'oisans
    Le plan d’eau du Pied du Col

    Puis ce sont environ 700D+ pour arriver au plan de l’Alpe de Villar d’Arène, au milieu des troupeaux et des marmottes. C’est une montagne idyllique de livre d’images, et je regrette un petit peu de ne pas passer la nuit au refuge du plan de l’Alpe de Villar d’Arène, où nous prenons un cookie : la vue est somptueuse. Mais je savais que si nous voulions le lendemain passer par le col des Grangettes (énorme étape), il nous fallait nous avancer beaucoup plus.

    GR54 faire le grand tour des écrins et de l'oisans
    Au plan de l’Alpe de Villar d’Arène, montagnes et troupeaux
    GR54 faire le grand tour des écrins et de l'oisans
    GR54: la magie dès le premier jour
    GR54 faire le grand tour des écrins et de l'oisans

    Nous finissons la montée jusqu’au Col d’Arsine, dans un univers glaciaire spectaculaire au pied de la Montagne des Agneaux. Nous sommes au pied de l’un des géants des Écrins, un monde de glace et de moraines, de roche et de silence – ce GR54 nous fait frôler les plus hauts sommets, depuis la sécurité des sentiers de randonnée.

    GR54 faire le grand tour des écrins et de l'oisans
    Col d’Arsine

    En entamant la descente, nous arrivons à un des plus beaux endroits du monde: le Réou d’Arsine. Chargée de farine glaciaire, l’eau serpente au milieu des rhododendrons dans un camaïeu de turquoise inouï. Je l’avais déjà découverte l’an dernier, lors de ma randonnée au lac du glacier d’Arsine, mais la magie est intacte. J’en ai les larmes aux yeux. Je vis le premier jour de mon rêve et c’est encore plus beau que dans tous mes songes.

    GR54 faire le grand tour des écrins et de l'oisans
    Le réou d’Arsine
    GR54 faire le grand tour des écrins et de l'oisans
    Lumières changeantes au réou d’Arsine et au lac de la Douche

    Nous descendons jusqu’au hameau du Casset dans la vallée de Serre Chevalier, où une croziflette nous attend au Rebanchon, super gîte chaleureux labellisé Esprit Parc National. J’adore cette adresse : c’est ma 3e fois ici, et je ne me lasse pas de ce gîte de toute beauté, cosy et chaleureux, où la déco respire l’amour de la randonnée.

    Pour voir plus de photos du lac de la Douche, du réou d’Arsine, des lacs du glacier d’Arsine et du gîte Le Rebanchon : RDV dans mon article consacré à une randonnée aux lacs du glacier d’Arsine .

    GR54 faire le grand tour des écrins et de l'oisans
    La beauté du Casset et le plaisir de la croziflette au Rebanchon

    Au gîte Le Rebanchon : réseau téléphonique, wifi, douche chaude comprise dans le prix de la nuit, chambre individuelle (pas de dortoir), gîte « de luxe » très cosy.

    GR54, jour 2 : Le Casset – Vallouise par le Col des Grangettes

    25km, 1350D+, 1673D-

    Le jour 2 de notre GR54, du Casset à Vallouise par le col des Grangettes, fut la journée la plus technique du trek à mes yeux.
    L’itinéraire classique est plus facile et passe par le col de l’Eychauda : moins de distance, de dénivelé, de technicité. Mais ce sentier nous aurait fait rester sur le domaine skiable de Serre Chevalier, et ne passe pas par le merveilleux lac glaciaire de l’Eychauda : il faut pour cela prendre la « variante alpine », plus longue, physique et difficile, pour passer par le col des Grangettes. Le topo nous prévient : « les randonneurs optant pour cette variante ne choisissent pas la facilité ». Je confirme !

    GR54 faire le grand tour des écrins et de l'oisans
    Du pas de l’âne au col des Grangettes : on entre ici dans la section où c’est costaud !

    La journée débute en douceur et dans les fleurs, en partant du beau hameau du Casset et en remontant dans la forêt de Serre Chevalier merveilleusement fleurie. Rhododendrons, lys martagons, primevères et adénostyles scandent notre marche bucolique.

    GR54 faire le grand tour des écrins et de l'oisans
    Dans la forêt de Serre-Chevalier

    Puis nous quittons le sentier classique et prenons la variante. C’est là que la souffrance commence ! Nous sommes mi-juillet, les névés sont encore bien présents en altitude. Du Pas de l’âne (2500) au col des Grangettes (2700), nous nous frottons à l’un des sentiers de randonnée les plus difficiles de ma vie : schistes glissants, pentes ultra raides, névés glacés obstruant le chemin. J’ai dans mon sac des petits crampons forestiers, mais je réalise trop tard que j’en ai besoin : la pente est trop raide pour que je puisse les sortir de mon sac sans me mettre en danger. (Je retiendrai la leçon le lendemain, pour le franchissement du Pas des Cavales, et mettrai les crampons AVANT d’en avoir besoin). Je m’arc-boute sur mes bâtons et peine à atteindre, avec un immense soulagement, la partie rocheuse du col, plus facile bien que verticale car équipée d’une chaîne.
    Quel soulagement une fois le col atteint, et quelle récompense : la vue sur le lac de l’Eychauda aux airs de banquise alpine est sublime ! Sur le GR54, chaque jour réserve son éblouissement, et celui d’aujourd’hui est de taille.

    GR54 faire le grand tour des écrins et de l'oisans
    Descente vers le lac de l’Eychauda

    Nous redescendons au milieu des joubardes en fleurs vers le hameau de Chambran, où j’aurais bien pris un café si nous avions eu plus de temps (les randonneurs passant par le sentier « classique » y font souvent leur pause dej), puis vers Vallouise.

    GR54 faire le grand tour des écrins et de l'oisans
    Hameau de Chambran

    Je découvre ce village magnifique un jour de marché haut-alpin : un tourton bien chaud, la beauté de l’église, des fontaines et des ruelles typiques nous font oublier nos efforts. Vallouise est superbe, avec son église baroque alpine, son pont fleuri sur la Gyronde, son vieux village authentique. J’aime découvrir sur ce GR54 non seulement des sommets, des lacs et des alpages, mais aussi les villages iconiques des Ecrins – Vallouise fait d’ailleurs partie des villages d’alpinisme des Écrins.

    Vallouise, de Chambran au coeur du village, fleurs et charme authentique


    On dort dans un super gîte d’étape convivial, L’Aiglière, labellisé Esprit Parc National. Ce soir-là à table, nous sommes tous marcheurs sur le GR54, l’ambiance est hyper chaleureuse et tout a été pensé pour nous : petit coin lessive pour laver des vêtements, frigo à disposition, possibilité de composer soi-même son pique-nique… c’est très apprécié ! Nous ne le savons pas encore, mais l’étape du lendemain sera costaud elle aussi… heureusement, notre nuit est réparatrice !

    GR54 faire le grand tour des écrins et de l'oisans

    Au gîte d’étape L’Aiglière : dortoir ou chambre individuelle avec lits superposés, douche comprise dans le prix, espace lessive, réseau téléphonique, wifi, gîte d’étape simple et efficace

    GR54, jour 3 : du col de Pousterle à Pré la Chaumette par le vallon du Fournel

    26km, 1600D+, 1300D-
    La plus longue journée !
    Au moment de notre trek mi-juillet, le haut col de l’Aup Martin (2800m) est dangereux et déconseillé. Depuis, les équipes du parc ont remis le sentier en état début août 2024, à la pioche et à l’huile de coude, mais cet itinéraire de haute altitude très raide et exposé est souvent dangereux en début de saison : renseignez-vous bien avant de le franchir, sur le site du parc national des Ecrins, auprès des maisons du parc ou auprès des hébergeurs situés sur l’étape d’après (ils ont les retours de ceux qui ont franchi le col !)
    Au moment de notre venue, il est donc vivement recommandé de prendre la variante GR54A par le vallon du Fournel et le pas de la Cavale (2700m), juste en dessous de l’Aup Martin. Problème : Vallouise-Pré la Chaumette par le vallon du Fournel, cela signifie une journée à 33km, 2200D+. Nous décidons avec d’autres randonneurs de prendre une navette jusqu’au col de Pousterle, raccourcissant notre étape à 26km, 1600D+ et 1300D-. Ce sera quand même la plus longue journée de cette randonnée – mais sublime !

    Col de pousterle GR54
    Au col de Pousterle, vue sur le Pelvoux majestueux


    Le vallon du Fournel est un chef d’œuvre. Profond de 20km, il s’achève sur des paysages de bout du monde, des cascades abruptes et des rivières sinueuses.

    Le spectaculaire vallon du Fournel

    Il abrite aussi la réserve botanique des Deslioures, où l’on trouve la plus grande population au monde de reine des Alpes, ce chardon bleu emblématique des Ecrins. Je les ai découvertes l’année dernière au jardin alpin du Lautaret lors de mon exploration des villages d’alpinisme, et je suis émerveillée par ces fleurs symboles de la montagne sculptée par le pastoralisme. La réserve des Deslioures les rassemble en nombre, un véritable tapis bleu – un enchantement !

    vallon du fournel GR54A écrins vallouise pelvoux
    La réserve des Deslioures et ses reines des Alpes


    Le pas de la Cavale se franchit bien, malgré les névés (j’ai sorti les petits crampons), et la vue est superbe. Il nous reste la longue descente jusqu’au refuge de Pré la Chaumette, où nous passerons la nuit dans une atmosphère familiale très sympa. Je fais un yoga, bienvenu après tant de kilomètres et de dénivelé, au milieu des rhododendrons… un moment suspendu !

    GR54
    Autour de Pré la Chaumette, au coeur du parc national des Ecrins

    Au refuge de Pré la Chaumette : refuge de montagne, aucun réseau téléphonique (j’ai eu brièvement du réseau (Orange) au Pas des Cavales, mais pas dans le vallon de Fournel ni dans la descente vers Pré la Chaumette), chargement des téléphones possibles en salle commune, pas de wifi, douche payante (minutée, avec jeton de douche), grands dortoirs

    GR54, jour 4 : du refuge de Pré la Chaumette au refuge de Vallonpierre

    11km, 1160D+, 700D-

    Un des plus beaux refuges des Alpes au bout de la randonnée ! Beaucoup de randonneurs choisissent de descendre jusqu’à La Chapelle en Valgaudemar, ce que je comprends : l’étape découpée ainsi est courte en distance, nous sommes arrivés vers 14h30 au refuge de Vallonpierre et aurions encore eu la force de descendre jusqu’à La Chapelle. Mais pour moi, dormir à Vallonpierre était une de mes grandes motivations à faire le GR54, et il était inenvisageable d’y renoncer – aucun regret.

    GR54 vallonpierre
    Vallonpierre, la pépite absolue


    On part de Pré la Chaumette avec au menu de la journée une belle dégustation en 3 cols : col de la Vallette, col de Gouiran et col de Vallonpierre, pour arriver dans le Valgaudemar.

    GR54 vallonpierre
    Menu en trois cols : montagnes et merveilles

    Malgré la difficulté annoncée sur le topo, on vit très bien cette étape : certes, il y a presque 1200D+, mais les montées sont progressives, certes, il y a de beaux schistes noirs bien raides, mais les sentiers sont bien tracés et la météo au beau fixe. C’est le premier col, celui de la Vallette, que j’ai trouvé le plus difficile, à cause de la descente (après le Col de la Vallette, en direction du Col de Gouiran) : la raideur de la pente en schistes noirs est impressionnante par endroits !

    GR54 Valgaudemar
    Au col de la Vallette


    Les panoramas sur les montagnes sont splendides. Chaque franchissement de col révèle de nouveaux vallons solitaires et sauvages.

    GR54 Valgaudemar
    Dans le vallon sauvage et poétique en direction du Col de Gouiran

    C’est un grand 8 des splendeurs alpines, avec une apothéose au col de Vallonpierre : nous sommes face au majestueux Sirac (3441m), le roi de cette vallée !

    GR54 Valgaudemar
    Le 3e col de la journée, celui de Vallonpierre, avec une vue imprenable sur le Sirac

    D’abord minérale, puis délicieusement fleurie, la descente nous conduit à l’un des plus beaux refuges de toutes les Alpes : Vallonpierre, entre lac et Sirac, un bijou de douceur idyllique. Les reflets et les chaises longues au bord de l’eau, l’accueil chaleureux des gardiens et la beauté du couchant, c’est une journée parfaite. Je rêvais de randonner sur le GR54 notamment pour dormir ici – c’est chose faite, et c’est encore plus magique que je l’imaginais. Au petit matin, une famille de chamois vient nous rendre visite sur l’autre rive du lac, nous observant avec intérêt. Cette aventure nous procure tant de joie…

    vallonpierre
    L’après-midi et la nuit à Vallonpierre resteront mon plus beau souvenir de plénitude, de sérénité absolue – une apothéose de bonheur !

    Au refuge de Vallonpierre : refuge de montagne, pas de réseau téléphonique (je n’en ai pas eu de la journée), pas de wifi, pas de chargement des téléphones, douche payante (jeton de douche, douche minutée) ou douche solaire (froide) en extérieur gratuite, grands dortoirs et tentes en extérieur quand le refuge est complet

    GR54, jour 5 : boucle hors GR par le vallon du Gioberney

    Parce que j’ai choisi de passer la nuit à Vallonpierre, c’est une petite journée qui nous attendrait si nous choisissions de rester sur le tracé du GR54 : 14km, 1200D-, cela se boucle en 3h. Je suis très heureuse de découvrir La Chapelle en Valgaudemar, un autre village d’alpinisme des Ecrins, mais j’ai envie d’en voir davantage. Nous amorçons la sublime descente vers la vallée au milieu des forêts de rhododendrons.

    GR54 valgaudemar
    La descente vers La Chapelle en Valgaudemar, face aux Rouies (à gauche), est inouïe


    J’avais décidé de rajouter une boucle par le vallon du Gioberney qui n’est pas sur le tracé classique du trek, pour le plaisir de découvrir à la fois le chalet-hôtel du Gioberney, auberge mythique des Ecrins au bord de la cascade de la Mariée, et deux lacs emblématiques du Valgaudemar : le lac du Lauzon et le lac Bleu (500D+).

    GR54 valgaudemar
    La descente de Vallonpierre au Gioberney au milieu des rhododendrons, et la cascade de la Mariée vue depuis le chalet hôtel du Gioberney


    Au chalet-hôtel du Gioberney, on se régale de tourtons et de ravioles du Champsaur, spécialités de la vallée, dans un cadre sublime avec vue sur la cascade.

    GR54 valgaudemar
    Ravioles du Champsaur au chalet hôtel du Gioberney

    Malgré l’averse qui menace au lac du Lauzon, et qui nous attrape au Lac bleu, je suis émerveillée par les reflets et les panoramas sur le sommet majestueux du Sirac. Je me promets de revenir ici par beau temps : ce Valgaudemar, « petit Himalaya » des Ecrins, remplis de lacs sauvages et de sommets découpés, me fascine complètement.

    GR54 valgaudemar
    Les sublimes lacs du vallon du Gioberney, où je me promets de revenir sous le ciel bleu. Le Valgaudemar me plaît tellement !
    GR54 valgaudemar
    Au mitan de ce GR54, Geoffrey (mon compagnon) nous rejoint pour deux jours, et je suis très heureuse de le retrouver un peu


    La Chapelle en Valgaudemar, un des 7 villages d’alpinisme des Ecrins, m’émerveille par son ambiance profondément montagnarde et authentique. La maison des guides du Valgaudemar est un temple de l’histoire alpine de cette vallée et me donne follement envie de sommets.

    J’adore notre hôtel, l’hôtel de l’Olan, où on mange merveilleusement bien – Adrien me reparlera avec émotion de la chantilly au Grand Marnier pendant des jours.

    la chapelle en valgaudemar ecrins
    Beauté de l’hôtel de l’Olan, ambiance alpine et conviviale
    la chapelle en valgaudemar ecrins

    A l’hôtel de l’Olan : chambres individuelles (pas de dortoir), douches comprises dans le prix, électricité, wifi, réseau téléphonique, joli hôtel de charme

    GR54, jour 6 : La Chapelle en Valgaudemar – Les Souffles par le pas de l’Olan

    16km, 1850D+, 1000D-

    La plus belle étape de la randonnée?
    Pour passer de La Chapelle en Valgaudemar au refuge des Souffles, il existe deux options. L’itinéraire classique passe par Villar-Loubière (1100D+). Et la « variante alpine » passe par le refuge de l’Olan et le pas de l’Olan (2700m) avant de redescendre vers le col de Colombes et les Souffles (1850D+, 1000D-). La variante me faisait rêver, mais je craignais de trouver des névés là-haut, après m’être fait peur au col des Grangettes trois jours plus tôt. Je me renseigne auprès de la gardienne du refuge de l’Olan et auprès du bureau des guides en Valgaudemar : ça passe bien! La météo est parfaite, alors c’est parti pour notre plus gros dénivelé positif du trek. Aucun regret, cela valait chaque mètre vertical parcouru.

    valgaudemar ecrins pas de l'olan
    Le pas de l’Olan


    La montée au refuge de l’Olan (1300D+) est magnifique : fleurs et cascades, panoramas de plus en plus saisissants.

    valgaudemar ecrins pas de l'olan
    Montée fleurie au refuge de l’Olan

    Au refuge, l’accueil est chaleureux et on s’offre un déjeuner de luxe en mangeant sur place, sur l’une des plus belles terrasses des Ecrins. Aucun regret : c’est un de nos meilleurs repas du GR, ne ratez pas les pâtes carbo !

    valgaudemar ecrins pas de l'olan
    Déjeuner fastueux au refuge de l’Olan – ça change des pique-niques !


    Puis on s’élance dans un univers minéral et vertigineux pour la grande traversée du pas de l’Olan et du Col de Colombes. C’est probablement la partie la plus sauvage et solitaire de notre trek. Je me sens réellement loin de tout, au bout du monde, dans ces immensités sublimes, et je comprends pourquoi le Valgaudemar est surnommé petit Himalaya des Ecrins. Le col de Colombes tout drapé d’ombres contrastées qui semblent appuyer encore l’immensité vertigineuse des montagnes me fascine. Éblouissant !

    valgaudemar pas de l'olan col de colombes GR54
    Dans les solitudes empierrées entre le pas de l’Olan et le col de Colombes
    valgaudemar pas de l'olan col de colombes GR54
    Col de Colombes
    valgaudemar pas de l'olan col de colombes GR54
    Sur la crête après le col
    valgaudemar pas de l'olan col de colombes GR54
    Arrivée au lac Lautier


    À l’arrivée au lac Lautier, l’émotion m’envahit. La sérénité sublime de ce lac des confins m’émeut aux larmes. Ce que j’ai adoré avec le GR54, c’est le fait de m’enfoncer si profondément dans le parc national des Ecrins et de découvrir des pépites secrètes, accessibles après de longues heures de marche et dont la découverte a chaque fois été un éblouissement.

    valgaudemar pas de l'olan col de colombes GR54
    Lac Lautier

    Petite parenthèse sur le lac Lautier, qui a suscité beaucoup de questions sur Instagram lors de mon trek : Ce lac merveilleux, situé à 2360m, s’appelle le lac Lautier. Il est situé à Villar-Loubière dans le Valgaudemar. En randonnée à la journée, c’est un circuit exigeant : 1500D+, 17km. Mais il se situe aussi sur deux itinéraires de trek à réaliser en plusieurs jours au cœur des Ecrins.
    Sur le tour des refuges en Valgaudemar : du refuge des Souffles au refuge de l’Olan, 950D+. Un itinéraire ultra sauvage au cœur de ce merveilleux Valgaudemar qui m’aimante irrésistiblement.
    Sur le GR54 : on prend le même itinéraire dans l’autre sens. De La Chapelle en Valgaudemar au refuge des Souffles par la variante alpine du pas de l’Olan et du col de Colombes, 1850D+. Une grosse journée, mais peut-être la plus belle du trek, avec un passage incroyable par le refuge de l’Olan et les crêtes de Colombes. J’ai eu l’impression d’être partie au bout du monde et de toucher à mon Everest…


    lac lautier valgaudemar
    Sublime lac Lautier


    Une dernière longue descente vers les Souffles, et cette magnifique journée s’achève. Etait-ce un songe ? Je marche dans mon rêve, et c’est si beau….

    Au refuge des Souffles : refuge de montagne, réseau téléphonique (Orange) à certains endroits mais sporadique, pas de wifi, douches en option (jeton payant, douche minutée), grands dortoirs, chargement des téléphones en salle commune limité à quelques appareils

    GR54, jour 7 : du refuge des Souffles au Désert en Valjouffrey par le col de la Vaurze

    11km, 640D+, 1340D-

    Sur un trek de 12 jours, il faut toujours une journée de galère, de catastrophe, de « mais qu’est-ce que je fous là ? » Lecteur, voici cette journée. Le Col de la Vaurze, ce n’est pas sympathique. C’est raide, c’est du schiste noir, c’est sauvage et solitaire, c’est ingrat. Mais le col de la Vaurze sous l’orage et le déluge, ce n’est carrément pas recommandable.

    J’ai pris une photo de cette journée, peu après le départ du refuge des Souffles et avant le début de la montée vers le col de la Vaurze, à l’heure où tout allait encore bien. Et puis, je n’ai plus pris de photos.

    col de la vaurze
    Dernière photo de la journée, avant l’orage. Le col de la Vaurze est sur la crête noire au fond à gauche

    Au col de la Vaurze, l’orage annoncé pour 14-15h a éclaté à 8h30 du matin. Nous étions à l’endroit le plus nu et exposé imaginable, sous les éclairs, avec aucune possibilité d’abri, aucun rocher, juste une étendue nue de schistes noirs.
    C’est donc parti pour 1340D- sous une pluie battante, au milieu des torrents de boue et entre Charybde et Scylla : mourir foudroyé ou mourir d’une chute dans les schistes, j’hésite. J’ai survécu au col de la Vaurze, mais je vais avoir à vous en dire du bien.

    valbonnais valjouffrey valsenestre ecrins GR54
    Le col de la Vaurze et sa descente redoutée, vus depuis le Désert en Valjouffrey, une fois le beau temps retrouvé

    En revanche, je n’ai aucun mal à vous dire du bien du gîte d’étape des Arias au Désert-en-Valjouffrey, où nous sommes arrivés inondés et épuisés comme des naufragés un peu avant midi. Ils ont les dortoirs les plus confortables du GR54, une équipe hyper chaleureuse et accueillante, une belle salle commune colorée pleine de produits locaux estampillés esprit Parc national, de jeux et de bouquins, plein de bières et de thé, une croziflette qui déchire et de fabuleux desserts à la myrtille. Arriver là-bas après le col de la Vaurze sous l’orage, c’est passer de l’enfer au paradis !

    Au gîte des Arias : dortoirs confortables de 4 personnes avec des lits assez grands, prises près de chaque lit, wifi, douches comprises dans le prix, réseau téléphonique, gîte d’étape confort

    GR54, jour 8 : du Désert en Valjouffrey à Valsenestre par les orgues de Côtebelle

    11,5km, 1000D+, 1000D-

    Cette journée est celle de la traversée du Valbonnais, une des vallées les plus secrètes des Alpes (et probablement la plus méconnue des Ecrins). Au fin fond de l’Isère, aux frontières de l’Oisans et du Valgaudemar, nous passons d’un village reculé, le Désert-en-Valjouffrey, à un hameau du bout du monde: Valsenestre. Et nous allons passer par un col inoubliable et photogénique…

    Game of Thrones dans les Ecrins ? Je me serais crue plongée au pays des dragons et des marcheurs blancs en découvrant la curiosité géologique la plus incroyable du parc national des Ecrins.


    Au départ du Désert en Valjouffrey, on part en direction du col de Côte Belle où nous attend un spectacle minéral inouï : les célèbres orgues de Valsenestre. Ces lames de calcaire évoquant une bibliothèque de pierre se sont dressées à la naissance des Alpes – c’est une véritable capsule temporelle nous ramenant à l’orogénèse de mes montagnes fétiches, et un spectacle unique dans les Alpes françaises. J’ai trouvé mon trône de fer…

    valbonnais valjouffrey valsenestre ecrins GR54
    Spectaculaire formation géologique


    On descend ensuite en direction de Valsenestre, mon village coup de foudre sur le GR54. Nous sommes au bout du bout du monde, dans un village de montagne qui n’est habité que l’été, dans une de ces vallées secrètes dont l’Isère a le secret : le Valbonnais.  Niché à 1294m d’altitude, Valsenestre n’a plus d’école depuis 1936, et la route n’est pas déneigée en hiver. Mais il a ce parfum d’éternité des lieux que le temps semble avoir oubliés et je vous encourage vraiment à venir explorer cette pépite préservée au cœur de nos Alpes. Il abrite notamment la plus jolie chapelle de cette vallée, toute couverte de vigne vierge et animée d’un souffle presque panthéiste, célébrant la beauté de la création dans son cocon alpin. Je vous invite vraiment à découvrir cet endroit où le temps semble s’être arrêté.

    valsenestre ecrins GR54
    Valsenestre


    Au chaleureux gîte d’étape Le Béranger, on est accueillis avec le sourire et par un chat roux, on teste leur dessert iconique et on reprend des forces pour la suite de notre trek.

    Au gîte d’étape Le Béranger : wifi mais aucun réseau téléphonique à Valsenestre, prises et rechargement des téléphones possible en salle commune et en dortoir, douches comprises dans le prix de la nuit, dortoirs. Gîte d’étape simple et confortable

    GR54, jour 9 : de Valsenestre au lac de la Muzelle par le col de la Muzelle

    9km, 1300D+, 500D-

    On quitte Valsenestre dans la brume et passe peu à peu au-dessus de la mer de nuages pour arriver face à la muraille étincelante….

    col de la muzelle gr54 ecrins oisans
    Sortir des nuages

    C’est la dernière grande ascension du grand tour de l’Oisans et des Ecrins. On part de Valsenestre pour un gros morceau : le col de la Muzelle ! Un véritable mur de schiste noir vertigineux et spectaculaire, heureusement bien tracé : 50 lacets taillés à même la roche par le travail des agents du parc national. C’est impressionnant, mais sans problème au moment de notre GR (fin juillet) : il n’y a heureusement plus de névés.

    col de la muzelle gr54 ecrins oisans
    Le spectaculaire col de la Muzelle


    L’arrivée au col est magique : la vue sur le lac de la Muzelle m’éblouit. Sa couleur de pierre précieuse me fascine.

    col de la muzelle gr54 ecrins oisans
    Arrivée au col et descente vers le lac de la Muzelle

    Nous sommes revenus en Oisans, Grenoble se rapproche, cela sent la fin du GR : il ne nous reste plus que 3 jours. Je suis partagée entre la nostalgie de la fin du trek, et la joie de retrouver cet Oisans que j’aime tant.  Je ne suis pas d’ici, je suis drômoise, mais chaque fois que je suis en Oisans, j’ai un sentiment d’évidence extrêmement puissant et troublant, la certitude heureuse d’être chez moi. Vous me retrouverez peut-être un jour en ermite perchée quelque part dans un hameau de Besse ou de Villar-d’Arène… Oisans, les Alpes mythiques, c’est le slogan de la destination, mais pour moi, ce sont les Alpes magiques – mon royaume de Narnia à moi.

    lac de la muzelle GR54
    Lac, refuge et grande roche de la Muzelle (l’emblème de la station des 2 Alpes)

    Parce que je trouve qu’on manque un peu de dénivelé sur ce trek, on décide de monter à l’iconique arche percée de la Muzelle (environ 300D+ pour arriver à la crête), si célèbre sur Instagram. L’effet d’optique est magnifique, mais ce qui me surprend le plus, c’est la vue depuis la crête (d’où on voit l’arche) : le regard porte très loin, découvre les deux stations emblématiques de l’Oisans, les 2 Alpes toutes proches et l’Alpe d’Huez plus loin. On dort au refuge de la Muzelle au bord du lac turquoise et on se prépare à une très longue étape de ce merveilleux trek…

    lac de la muzelle GR54
    L’arche percée de la Muzelle

    Au refuge de la Muzelle : refuge de montagne, dortoirs assez « serrés », douche en option (jeton de douche payant, douche minutée), pas de réseau téléphonique (possible d’aller le chercher (Orange) sur la crête au-dessus du refuge en direction de Venosc, à 5-10 min de marche), pas de wifi, pas de chargement des téléphones

    Le confort est assez spartiate, mais la vue est une des plus belles des Alpes françaises. Pure magie de cette terrasse au-dessus du turquoise !

    GR54, grand tour de l’Oisans et des Ecrins, jour 10 : du lac de la Muzelle à Mizoen

    25km, 2000D-, 1050D+

    C’est la dernière grosse journée de notre trek au cœur des Ecrins. La plupart des randonneurs font le GR au départ du Bourg d’Oisans : après la Muzelle, ils montent au col du Vallon et redescendent par le Lauvitel, et ont fini leur voyage. Je suis déjà passée par le col du Vallon lors d’une randonnée à la journée en 2023 (Venosc – Muzelle – col du Vallon – Lauvitel – Venosc), je connais donc la belle descente vers le Lauvitel, je n’ai donc pas de regret à y renoncer cette fois pour découvrir un autre itinéraire.

    col du vallon
    Souvenir de 2023 : le col du Vallon, avec le lac de la Muzelle en contrebas
    col du vallon n
    La descente vers le lac du Lauvitel. Pour les randonneurs ayant commencé leur GR54 au Bourg d’Oisans, ceci est la dernière étape : une grande descente jusqu’à leur point de départ.

    Parce que nous avons choisi de partir de La Grave, il nous reste 3 jours de marche, et il nous faut faire le tour de la station des 2 Alpes par la variante GR54C pour rejoindre ensuite le plateau d’Emparis via Mizoen. La descente du lac de la Muzelle à Venosc est magique : cascades et fleurs jusqu’aux bords du Vénéon, et un arrêt à l’iconique cascade de la Muzelle.

    venosc
    Lac de la Muzelle – Venosc

    Je vis avec bonheur notre très belle arrivée à Venosc, un de mes villages préférés de l’Oisans, charmant et authentique. Je ressens ici une vraie plénitude, une joie profonde. Je me sens fatiguée, mais profondément bien. Nous mangeons une crêpe dans un joli jardin au cœur du village.

    venosc
    Venosc et l’ascenseur valléen qui mène aux 2 Alpes
    venosc


    Le sentier en balcon de Venosc à Mont de Lans est long, très long, et souvent fatiguant avec des montées courtes mais très raides, mais j’adore ses vues et son ambiance si méridionale : la lavande sauvage est partout… Il nous a été précisé plusieurs fois (sur le topoguide et sur de nombreux panneaux d’avertissement) que ce sentier comportait des passages vertigineux et qu’il était déconseillé aux personnes ayant peur du vide. Il y a effectivement des sections chaînées un peu exposées (rochers à franchir en s’aidant d’une main courante chaînée), mais ne souffrant pas du vertige, je n’ai personnellement pas ressenti d’engagement trop important – je me suis plutôt sentie « cassée » par l’enchaînement de petites montées et descentes raides, avec dix jours de GR54 dans les pattes !

    oisans gr54
    Le sentier alterne passages en forêt, belles vues en balcon et traversées d’anciens hameaux pastoraux
    oisans gr54
    Le type de passages câblés que nous croisons
    Lavande sauvage ou « lavande vraie » dans la montagne à gauche, lavande de culture (lavandin) dans le village de Mont-de-Lans à droite


    L’arrivée au lac du Chambon est belle et douce dans la lumière du soir. J’ai un énorme coup de cœur pour notre étape du soir, le gîte d’étape de l’Emparis à Mizoen, avec son balcon exceptionnel sur le lac, ses gratins de ravioles et son accueil hyper chaleureux et doux – on adore la famille qui tient le gîte. Niché sur un promontoire au-dessus du lac, Mizoen me plaît beaucoup.

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    Lac du Chambon vu depuis la terrasse de notre gîte à Mizoen
    mizoen


    Après cette longue journée de transition, il nous reste 2 étapes sublimes pour rejoindre La Grave : la montée et traversée du plateau de l’Emparis, un des plus beaux endroits du monde à mes yeux.

    Au gîte d’étape L’Emparis à Mizoen : dortoirs ou chambres individuelles avec lits superposés, douches comprises dans le prix de la chambre, réseau téléphonique, wifi, prises dans les chambres et dortoirs, gîte d’étape simple mais confortable et très bon petit-dej

    GR54, jour 11 : Mizoen – plateau d’Emparis

    12km, 1400D+

    Cette journée, l’avant-dernière promet d’être une des plus magiques : c’est la montée depuis Mizoen vers le plateau d’Emparis, un sublime balcon sur les glaciers de la Meije, du Râteau et des 2 Alpes.
    L’ascension jusqu’au refuge des Mouterres est longue (1100D+), mais progressive et pleine de beautés. Nous passons au-dessus du village de Mizoen et surplombons le lac du Chambon par un très beau sentier en balcon où la Meije se dévoile petit à petit, au détour des hameaux traditionnels de Mizoen qui respirent une authentique culture pastorale et montagnarde. Nous faisons halte au petit lac du Lovitel (à ne pas confondre avec le grand lac du Lauvitel), et nous repartons très vite : ce lac est ravissant, mais à savourer impérativement avec un anti moustiques puissant ! Pour nous remettre de cette attaque piquante, nous faisons halte au joli refuge des Clots, labellisé esprit parc national, où on savoure la vue sur la Meije au milieu des drapeaux de prière tibétains et avec une bonne omelette.

    lac du chambon
    Sentier en balcon au-dessus du lac du Chambon
    mizoen
    Hameaux de Mizoen, lac Lovitel, refuge des Clots labellisé esprit parc national
    refuge des clots
    Refuge des Clots
    On s’approche de la fontaine pétrifiante !


    En continuant l’ascension, on passe par la sublime fontaine pétrifiante de Mizoen, une des plus belles cascades de tuf de ma vie : ici l’eau chargée de calcaire a pétrifié la mousse en une cataracte dorée tout droit sortie d’un livre de contes de fée. La tourbière qui surplombe la cascade est extrêmement fragile et protégée. Ici comme ailleurs, on ne sort jamais des sentiers, et on admire de loin l’extraordinaire floraison qui s’épanouit dans cette zone humide préservée.

    mizoen cascade
    Majestueuse fontaine pétrifiante et tourbière fleurie au dessus : petit paradis


    On atteint au terme de la montée le refuge des Mouterres, où nous dormirons le soir. La vue sur les glaciers est d’une beauté inouïe et la grande terrasse offre un panorama majestueux. Mais après un café et une tarte aux myrtilles, nous décidons de continuer jusqu’aux lacs du plateau d’Emparis (300D+), car nous savons que le lendemain, nous ne prendrons pas le temps de les savourer : nous voulons être à midi à La Grave pour reprendre le bus pour Grenoble.

    plateau emparis refuge mouterres
    Refuge des Mouterres et vue Meije et Râteau
    plateau emparis refuge mouterres

    Le plateau d’Emparis est un des lieux qui m’ont déterminée à entreprendre le GR54. J’aime tellement cet immense alpage que les communes de Besse, Mizoen et La Grave se partagent et se disputent depuis le Moyen Âge. Une telle prairie à cette altitude est un trésor pour les bergers – je me régale des histoires rocambolesques de bornes déplacées en pleine nuit, de querelles de clocher pour la meilleure pâture avec vue Meije et neige… Aujourd’hui encore, des troupeaux de vaches et de moutons paissent l’été sur ce plateau magique. Les floraisons sont inouïes et les glaces de la reine Meije se déploient au milieu des pétales. Nous montons jusqu’au sommet du plateau, pour voir le coucher de soleil sur les lacs Noir et Lérié, un des plus beaux endroits du monde à mes yeux.
    La boucle est pour moi bouclée. C’est ici, en juin 2023, que j’avais décidé de partir pour le GR54. L’émotion est intense. Les Alpes, la montagne, la marche, elles me donnent tant de joie. « Joie, joie, joie, pleurs de joie. » Je ressens tellement de gratitude et suis déjà nostalgique de cette aventure inouïe que nous avons vécue, et qui s’achève demain.

    plateau d'Emparis
    Le plateau d’Emparis, véritable balcon de la Meije

    plateau d'Emparis
    Souvenir d’un matin de juin 2023 au lac Noir avec un reflet parfait
    plateau d'Emparis
    Lac noir à gauche, lac Lérié à droite


    Nous redescendons au refuge des Mouterres et savourons notre dernière nuit hors du temps.

    plateau d'Emparis
    Refuge des Mouterres

    Au refuge des Mouterres : refuge de montagne simple et chaleureux, vue superbe, pas de wifi, un peu de réseau téléphonique (Orange), douche selon disponibilité (plus d’eau à la fin de l’été) gratuite mais froide, dortoirs, quelques prises en salle commune

    GR54, jour 12 : refuge des Mouterres – retour à La Grave

    12,5km, 300D+, 1050D-

    Nous nous réveillons dans une lumière d’une douceur inouïe, qui me fait regretter de revenir à la civilisation. 12 jours, c’est long et si peu à la fois, au milieu d’une telle beauté. Nous remontons comme la veille sur le plateau d’Emparis, mais nous ne faisons cette fois pas le détour par les lacs Noir et Lérié, pour redescendre plus vite et attraper la navette de midi à La Grave. Nous marchons au milieu des troupeaux sur cette immensité poétique qu’est le plateau d’Emparis. Peu à peu, la civilisation revient : les télésièges de la petite station de ski du Chazelet, les premières maisons, le hameau… nous voyons peu à peu se matérialiser le retour en vallée.

    plateau d'Emparis
    Meije, vaches et téléskis du Chazelet


    Juste après le Chazelet, nous faisons une halte au Pas dans le vide, superbe balcon grillagé suspendu face à la Meije, pour jouer à se donner de l’adrénaline.

    pas dans le vide
    Le pas dans le vide du Chazelet


    J’aime infiniment les hameaux de La Grave, que j’avais pris le temps d’explorer lors de ma découverte des villages d’alpinisme des Ecrins. Eglises lombardes et calvaires solitaires, chapelles de grand chemin et croix accrochées au reflet d’un glacier, c’est de la poésie faite village. Jusqu’au bout, le GR54 sera beau.
    Nous arrivons à La Grave dans l’agitation joyeuse de l’été, et retournons à la vie réelle avec une pointe de nostalgie au cœur. Je le sais, un bout de mon âme est resté suspendue là-haut, quelque part dans les glaces du lac de l’Eychauda, dans les rhododendrons du lac Lautier, dans les lacets de la Muzelle et les tufs de Mizoen, au col de Colombes et dans les reflets de Vallonpierre. Je sais que j’ai vécu la plus belle aventure de ma vie, et que j’ai trouvé mon Eden : les Ecrins, à la folie…  

    écrins
    Magie des Ecrins. La Meije vue depuis le plateau d’Emparis, les Agneaux depuis le réou d’Arsine, le lac Lautier

    Merci à Destination Parc National des Ecrins et tout particulièrement à Elsa pour leur soutien à cette belle épopée alpine, dont je me souviendrai toute ma vie. Merci à Adrien d’avoir été un fabuleux compagnon de randonnée pendant cette aventure, et à Elsa et Geoffrey qui ont partagé respectivement trois et deux jours de marche avec nous.

  • Sublime Verdon: que faire autour du lac de Sainte Croix ?

    Le lac de Sainte-Croix ? C’est la perle du Verdon, l’icône turquoise de la Haute Provence. Il y a cinquante ans, le lac de Sainte-Croix était mis en eau, ouvrant sur ses eaux translucides un monde merveilleux aux voyageurs. A Moustiers-Sainte-Marie côté Alpes de Haute Provence, à Aiguines côté Var, ou dans les gorges de Baudinard à cheval entre les deux départements, les eaux vives du lac irriguent un pays magique, au cœur d’une Haute Provence radieuse qui fait figure d’échantillon ici-bas des joies célestes du paradis. A la bascule entre le vertige des Alpes et le soleil de la Provence, entre le Var et les Alpes de Haute Provence, autour des eaux turquoise du lac de Sainte-Croix s’ouvre un monde merveilleux de falaises abruptes, de gorges poétiques et de canyons vertigineux. Beauté vertigineuse des reliefs, lumière du midi, douceur de l’eau bleue, art et histoire, le Verdon est un nectar de splendeur et à mes yeux un des plus beaux endroits du monde.
     Alors, que voir, que faire, que vivre autour du lac de Sainte-Croix ? Partir à cheval au coucher de soleil sur les rives, explorer en paddle ou en kayak les criques secrètes des gorges, randonner et chercher les plus beaux points de vue autour d’Aiguines et de Moustiers… Entre panoramas et randonnées, artisanat et saveurs, vues éblouissantes et adresses pépite, voici une collection d’activités incontournables à découvrir au cœur du Verdon, et de bonnes adresses réjouissantes.

    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Moustiers Sainte Marie et Aiguines
    Sublime coucher de soleil à cheval, sur les rives du lac
    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Moustiers Sainte Marie et Aiguines
    Paddle sur les eaux turquoise du lac de Sainte Croix
    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Moustiers Sainte Marie et Aiguines
    Sublimes villages aux abords du lac de Sainte Croix : ici, Moustiers Sainte Marie
    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Moustiers Sainte Marie et Aiguines
    Randonnées magiques au dessus du lac de Sainte Croix…
    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Moustiers Sainte Marie et Aiguines
    … et points de vue éblouissants sur les gorges du Verdon !

    J’ai réalisé ce reportage en duo avec ma binôme et amie photographe Marion Carcel alias Foehn Photographie. La quasi-totalité des photos de cet article sont les siennes.

    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Moustiers Sainte Marie et Aiguines
    Marion, l’autrice de ces photos, à cheval au bord du lac.

    Pourquoi le lac de Sainte-Croix ? Un océan au cœur du Verdon

    Véritable océan intérieur du Verdon, l’iconique lac de Sainte-Croix est aujourd’hui la 4e retenue hydroélectrique de France et une attraction touristique majeure : la beauté conjuguée de ses eaux turquoise et des spectaculaires gorges du Verdon en font le site le plus célèbre de la Haute Provence. Difficile d’imaginer aujourd’hui que ce lac n’a pas toujours existé, et que sous les eaux du lac s’étendait autrefois une vaste plaine agricole traversée par la rivière Verdon, couverte d’oliviers et de vignes, de lavandes et de cyprès poussant sur ses rives fertiles. Au bleu du lac de Sainte-Croix se sont mêlées les larmes de celles et ceux dont les maisons ont été noyées : la mise en eau d’un barrage aussi monumental charrie son lot de déchirements et de drames intimes.
    L’idée d’un barrage sur le Verdon n’est pas nouvelle : dès le début du XXe siècle, les pénuries d’eau en Provence inspirent l’idée d’un approvisionnement stable et fiable en eau potable. Mais ce sont les années d’après-guerre, dans une France en plein baby-boom et en pleine révolution agricole, qui a besoin d’électricité, d’eau potable et d’irrigation, qui voient surgir tous les grands barrages hydroélectriques : Tignes en 1952, Serre-Ponçon en 1959, Sainte-Croix en 1973. Ici comme là-bas, la mise en eau du barrage suscite résistances et tristesse chez les premiers concernés, les habitants des villages noyés. Dans le Verdon, le projet initial prévoyait l’engloutissement sous les eaux de trois communes, Bauduen, Salles-sur-Verdon et Sainte-Croix. Suite à la levée de boucliers des habitants, Sainte-Croix et Bauduen furent sauvés, mais Salles-sur-Verdon noyé et reconstruit plus haut. Le musée Mémoire de la Vallée à Sainte-Croix a préservé les images et mémoires de ce temps d’avant, de ces paysages engloutis. En célébrant les 50 ans du lac de Sainte Croix, on commémore aussi ce monde perdu.
    Avec ses 95 mètres de haut, le barrage de Sainte-Croix retient 760 millions de mètres cubes et a fondamentalement transformé les paysages du Verdon, créé une puissante attraction touristique et métamorphosé l’identité de la région, désormais indissociable de cet « or bleu » qui scintille au cœur des montagnes ensoleillées. Mais le vieux cœur de la Haute Provence bat toujours dans les oliveraies, dans les tours des faïenciers de Moustiers et des ébénistes d’Aiguines, dans les chapelles des vieux villages. Entre sports outdoor et paysages de carte postale, artisanat et bonnes adresses, je vous propose d’explorer ce pays magnifique : que voir, que faire autour du lac de Sainte-Croix ?

    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Moustiers Sainte Marie et Aiguines
    Une plaine agricole, devenue mer intérieure, un paysage bouleversé

    Que faire autour du lac de Sainte Croix ? Visiter Moustiers-Sainte-Marie

    Le plus beau village du Verdon, son incontournable, c’est Moustiers-Sainte-Marie, le village à l’étoile d’or, capitale de la faïence et tout exhalant de cascades, classé parmi les plus beaux de France.
    Qui a déjà arpenté ses routes sinueuses et odorantes sait que ma Provence compte nombre de villages sublimes, joyaux perchées et chapelles funambules. Mais parmi les plus beaux, les plus touchants de tous, c’est peut-être Moustiers-Sainte-Marie qui l’emporte dans mon cœur. J’ai toujours le cœur qui bat quand je m’approche de la forteresse du Verdon et que je vois la silhouette de Moustiers se détacher de la montagne, comme une crèche provençale grandeur nature.

    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Moustiers Sainte Marie
    Moustiers Sainte Marie, un des plus beaux villages de Provence
    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Moustiers Sainte Marie

    L’aura de Moustiers, le village la doit à son histoire et à ses légendes. Déjà aux premiers siècles de notre ère, les moines ermites venus d’Orient, après avoir fait halte sur les îles de Lérins (Cannes) où ils établirent le premier monastère des Gaules, vinrent établir des églises primitives dans les grottes au-dessus du village. Les églises actuelles de Moustiers ont cette puissance aura historique qui ajoute encore à leur charme.

    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Moustiers Sainte Marie
    Notre Dame de Beauvoir, sur les hauteurs

    Au cœur du village, l’église Notre Dame de l’Assomption regorge de curiosités, avec sa nef décentrée par rapport au chœur, son clocher lombard mouvant, son sarcophage du Ive siècle en guise d’autel, ses tableaux où se dissimulent des vues de Moustiers à la Renaissance – une visite guidée vaut le détour.

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    Eglise Notre Dame de l’Assomption à Moustiers
    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Moustiers Sainte Marie

    Tout au sommet de Moustiers se tient Notre Dame de Beauvoir, cette chapelle encadrée de cyprès, secrète et solennelle, où les murs sont noircis par la fumée de dizaines de cierges. Une légende entoure ce sanctuaire : celle des suscitations. Il fut une époque où on craignait pour les âmes des nouveau-nés morts sans baptême : on redoutait qu’elles ne puissent accéder au paradis et restent éternellement piégées dans les limbes. Mais on disait qu’à Moustiers, les bébés morts revenaient quelques instants à la vie dans le mystère de cette chapelle noire, juste le temps de recevoir l’eau baptismale, et d’être admis au royaume des cieux… Cette histoire mystique et funeste nimbe la chapelle d’une aura inouïe – et quand le soleil embrase la pluie et que l’étoile d’or scintille dans le couchant, c’est tout le cœur du Verdon qui palpite.

    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Moustiers Sainte Marie
    Montée à la chapelle


    Parlons de cette étoile d’or qui veille sur le village, suspendue entre les deux pitons majestueux. Le grand Frédéric Mistral, le père de la nation provençale, l’attribue à un chevalier parti en croisade en Terre sainte, qui aurait fait le vœu de la consacrer à la Vierge s’il revenait en vie sur sa terre natale. La légende est belle, mais les premières représentations picturales de l’étoile sont postérieures… elle surgit, on ne sait trop pourquoi ni comment, au 17e siècle, liée à cette épaisse chaîne qui porterait bonheur. L’étoile garde son mystère, et devient le symbole éclatant de ce village bijou.

    Notre Dame de Beauvoir
    L’étoile d’or & la chapelle Notre Dame de Beauvoir

    Que serait Moustiers sans ses sources ? Partout au cœur du village, fontaines et cascades rappellent l’omniprésence de l’eau-vive suintant du calcaire du Verdon – c’est à cette ressource infiniment précieuse que le village doit ses millénaires d’histoire, et ses faïences.

    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Moustiers Sainte Marie

    Au temps de Louis XV et de l’apogée de l’art de la table, il n’existe que deux fabriques de faïence en Provence qui ont droit de cité sur les tables aristocratiques, à Versailles et partout en France : Marseille et Moustiers ! Le somptueux Musée de la faïence retrace cet art raffiné, et les nombreux ateliers de Moustiers sont un bonheur visuel inouï – chaque fois que je viens à Moustiers, je repars chargée d’oiseaux colorés, de bleus éclatants et de jardins féeriques…

    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Moustiers Sainte Marie
    Faïences à Moustiers
    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Moustiers Sainte Marie
    Musée de la Faïence
    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Moustiers Sainte Marie

    Pour en savoir plus sur l’art de la faïence à Moustiers, et sur l’histoire de ce village magnifique, je vous invite à lire cet autre article : Moustiers Sainte Marie, plus beau village de Provence.  

    Le belvédère de Tréguier, au-dessus du lac de Sainte Croix

    C’est peut-être la plus belle randonnée de Moustiers-Sainte-Marie : le belvédère de Tréguier. Comptez environ 1h30 de randonnée aller-retour pour accéder à ce vertigineux balcon sur les gorges et le lac de Sainte Croix. La randonnée est facile, mais je vous recommande de bonnes chaussures : les roches peuvent être glissantes.

    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Moustiers Sainte Marie

    Bonnes adresses à Moustiers-Sainte-Marie

    Je vous recommande chaleureusement de venir à Moustiers hors saison (en évitant juillet-août), quand le temps est beau mais l’ambiance et douce et calme. C’est le moment parfait pour découvrir de merveilleuses adresses, au cœur des villages et sur les rives du lac, pour déguster les spécialités locales dans la douceur d’un soir provençal.

    Voici quelques idées pour savourer votre séjour à Moustiers. Nous avons été accueillies très chaleureusement et avec beaucoup de gentillesse dans tous ces lieux – je vous les recommande à la fois pour le cadre, la qualité de l’expérience et la douceur de l’accueil.

    Le Café gourmandises. Situé sur une terrasse au-dessus de la rivière en plein cœur de Moustiers, il offre un balcon idyllique en pleine verdure et a les meilleures pâtisseries du village – je les recommande toutes !

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    Café Gourmandises

    Le Café Pépite : Ce joli salon de thé propose cafés artisanaux, cookies maison, jus d’orange pressés et glaces artisanales dans la rue principale de Moustiers, avec une vue superbe sur l’église et la chapelle.

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    Café Pépites

    Gaudinetto : un resto de charme en plein cœur du village avec une très jolie terrasse au-dessus des cascades, une ambiance cosy et des spécialités ensoleillées.

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    Gaudinetto

    La bonne auberge : une brasserie généreuse et savoureuse où les plats sont copieux et savoureux, avec une mention spéciale pour les desserts que j’ai adorés.

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    Le Clos des Iris : un hôtel de charme à l’ambiance délicieusement cottage, avec ses porcelaines au petit-déjeuner, ses jolies chambres en rez de jardin situées de part et d’autre de buissons fleuris et d’allées ombragées.

    bonnes adresses à moustiers sainte marie
    Le Clos des Iris

    Explorer le lac de Sainte Croix : virées sur l’eau

    Si vous venez dans le Verdon durant la saison d’été, qui est longue dans ce pays ensoleillé (de fin avril à fin octobre environ – juin et septembre sont mes moments préférés, pour l’été sans la foule), une activité nautique est absolument incontournable.
    Plusieurs bases nautiques proposent la location de stand up paddle, kayaks, pédalos ou bateaux sans permis sur le lac de Sainte Croix. Impossible de ne pas faire un tour sur le lac le plus célèbre du Verdon.

    La carte postale Instagram, c’est le mythique pont du Galetas, qui fait la jonction entre Moustiers côté Alpes de Haute Provence et Aiguines côté Var, et qui ouvre sur les gorges du Verdon. Vous aurez forcément envie de faire la photo, tout le monde le fait, c’est normal et c’est sublime !

    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Moustiers Sainte Marie et Aiguines
    Les gorges vues depuis le pont du Galetas

    Si vous souhaitez faire le classique tour en bateau/pédalo/paddle/kayak qui entre dans les gorges, les bases nautiques les plus proches sont la base de l’Etoile côté Moustiers (grand choix d’embarcations) et Chez Nounet côté Aiguines (pédalos avec parasol). Je vous parle plus longuement de cette sortie dans mes articles consacrés à Moustiers-Sainte-Marie et aux incontournables du Verdon. Mais il faut que vous sachiez qu’en juillet-août, l’affluence sera très importante, et les navires innombrables dans la gorge. Je vous recommande donc de viser le hors saison (avril-juin ou septembre-octobre)… et d’envisager d’autres options moins fréquentées pour explorer le lac de Sainte Croix autrement, et découvrir d’autres beautés.

    paddle lac de sainte croix
    Paddle sur le lac de Sainte Croix.

    Nous avons cette fois choisi de partir de la base nautique de la Cadeno, située côté Moustiers, mais plus loin du pont, pour explorer des recoins plus méconnus du lac de Sainte Croix. Dans un décor magique de criques secrètes et de forêts immergées, j’ai redécouvert un Verdon plus mystérieux et confidentiel que je ne connaissais pas. La base nautique de la Cadeno propose toutes sortes d’embarcations (pédalos, paddles, canoës), un snack, de la location de transats sur leur très jolie plage. Les tarifs sont doux et l’accueil convivial – une bonne adresse pour vivre le Verdon autrement !

    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Moustiers Sainte Marie et Aiguines
    Forêts immergées du lac de Sainte Croix
    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Moustiers Sainte Marie et Aiguines

    Franchissons maintenant le mythique pont du Galetas, la carte postale des gorges du Verdon, et passons côté Var.

    Que faire autour du lac de Sainte Croix ? Visiter Aiguines, village des tourneurs sur bois

    Aiguines est un village du Haut-Var qui mérite d’être découvert. J’aime profondément la vision de son château (privé) au toit de tuiles vernissées entouré de vignes, le point de vue magique depuis sa table d’orientation, le charme typiquement provençal de ses ruelles et placettes.

    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Aiguines
    Aiguines
    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Aiguines

    Mais ce qui a fait la réputation d’Aiguines au fil des siècles, ce sont les tourneurs sur bois. Dans ces forêts du Verdon riches en bois durs et d’excellente qualité – pin, chêne, bouleau, hêtre, peuplier… -, les artisans ont toujours trouvé du matériau de premier choix pour leurs créations. Au XIXe siècle, Aiguines s’est illustré par la qualité et l’originalité de ses créations, qu’il s’agisse d’objets du quotidien (bols, couverts…), de meubles, de jouets pour enfants, ou de la spécialité locale, les boules cloutées, des boules de pétanque en bois massif entièrement rivetées de petits clous. Le Musée des tourneurs sur bois retrace, avec une scénographie superbe qui reconstitue les maisons des années 1900 et une atmosphère délicieusement sylvestre avec jeux de lumière et immersion en forêt, l’histoire de ces artistes du bois.
    Lors des 50 ans du lac de Sainte-Croix, des démonstrations de tournage en plein air avaient lieu, mais Aiguines abrite toute l’année une école de tournage réputée et reconnue. Si vous passez par là, vous serez sans aucun doute tenté de repartir avec une jolie création en bois – ces artisans ont un énorme talent !

    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Aiguines
    Musée des tourneurs sur bois
    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Aiguines
    Un artisanat de précision et d’inventivité

    Un petit détail que j’ai aimé à Aiguines, c’est l’omniprésence du cheval, qui figure sur le blason du village et se retrouve au détour de la rue des Cavaliers…

    Sublimes points de vue sur le lac de Sainte Croix et les gorges du Verdon : autour d’Aiguines

    C’est un point de vue méconnu et magnifique sur le lac de Sainte-Croix : la table d’orientation de la chapelle au-dessus d’Aiguines. D’accès facile (20 min de marche AR depuis le cœur du village), ce point de vue majestueux offre une vue originale et plongeante sur un des plus beaux lacs des Alpes du Sud. La table d’orientation permet d’avoir le plaisir de retrouver les sommets, du Mont Ventoux aux Alpes de Digne, et j’adore la vue sur les toits colorés du village.

    C’est ensuite l’occasion de partir en road trip au-dessus des gorges du Verdon.
    Côté Alpes de Haute Provence, j’adore la célèbre Route des crêtes, au départ de La Palud sur Verdon, dont je vous parle dans l’article consacré aux incontournables du Verdon. Mais rive gauche, côté Var, j’ai découvert à cette occasion une autre route offrant des panoramas absolument spectaculaires : la D71. Partant d’Aiguines et serpentant au-dessus des gorges jusqu’à rejoindre l’Artuby, cette route de montagne spectaculaire offre des visions grandioses sur le Verdon turquoise au fond des gorges !
    Vous trouverez une succession de beaux belvédères : le col d’Illoire et sa passerelle au-dessus du vide, le cirque de Vaumale, et un 3e point de vue sans nom, peu après Vaumale que j’ai trouvé inouï lui aussi. N’est-ce pas un des plus beaux endroits du monde ?

    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Aiguines
    Points de vue majestueux sur les gorges du Verdon depuis la rive gauche

    Bonnes adresses à Aiguines

    Nous avons dormi sur la place principale avec vue sur la jolie fontaine au Vieux château, un hôtel installé dans un bâtiment du XVIIIe siècle.

    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Aiguines

    Pour le dîner, accueil chaleureux et portions généreuses Chez Danté, où on se régale de spécialités italiennes, de pizzas aux différentes farines, de tapas du Verdon et de cocktails savoureux. Convivialité et calories, un bon combo réjouissant.

    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Aiguines
    Chez Danté

    A cheval sur les rives du lac de Sainte Croix

    Mon plus beau coucher de soleil dans le Verdon ? C’était à cheval, sur les rives du lac de Sainte-Croix, grâce à une très belle rencontre : celle de Verdon Equitation.
    Cette belle équipe de jeunes passionnés a repris un centre équestre en liquidation judiciaire, sauvant toute la cavalerie (40 chevaux !), décidant de quitter le pays des chtis pour s’installer sur les rives du lac. Leur courage et leur passion force le respect. Cette équipe est vraiment attachante et touchante, et je les trouve géniaux, que ce soit envers les chevaux qui sont traités avec grand soin, et envers les cavaliers, débutants ou confirmés, qu’ils accueillent avec douceur et pédagogie. Un vrai coup de cœur pour ce centre équestre !


    Et surtout, regardez le cadre : en trente minutes de chevauchée à peine, nous avions accès à de tels paysages… les criques secrètes du lac de Sainte Croix, les forêts immergées dans le couchant, un air inoubliable de bout du monde. N’hésitez pas à les contacter pour une petite ou grande randonnée équestre dans le Verdon, ils sont super. Et ils ont créé en moi un nouveau rêve : le tour du lac de Sainte Croix à cheval, entre le Var et les Alpes de Haute Provence, pour 3 ou 4 jours de beauté inouïe ! Vous venez avec nous ?

    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Aiguines
    Coucher de soleil à cheval au bord du lac de Sainte-Croix

    A l’autre bout du lac de Sainte-Croix : les gorges de Baudinard

    Autour du lac de Sainte-Croix, trois gorges célèbres attirent les voyageurs : les gorges du Verdon, du grand canyon du Verdon au pont du Galetas, les basses gorges du Verdon, dans la région de Quinson, et les gorges de Baudinard. J’évoque les deux premières dans mon article consacré aux incontournables du Verdon, mais j’étais curieuse d’explorer les dernières.
    Situées tout près du barrage, les gorges sont interdites à la baignade, en raison de la température très basse de l’eau (le barrage puise l’eau tout au fond du lac de Sainte-Croix) et des courants changeants dus au fonctionnement hydroélectrique. Mais elles sont fabuleuses à explorer à la rame ! Nous avons loué des canoë-kayak à la base nautique Aquattitude à Montpezat et avons remonté la gorge sur toute la partie autorisée à la navigation. Le début est très charmant, avec un enchaînement de deux lacs aux rives douces et accueillantes, mais la fin est absolument grandiose : un véritable canyon de mousse, de tuf et de cascades, aux airs de conte féerique presque irréel dans la lumière radieuse du matin. Eblouissant et un vrai coup de cœur dans ce Verdon que je ne me lasse pas d’explorer !

    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Aiguines
    Gorges de Baudinard
    Au coeur du Verdon : que voir et que faire autour du lac de Sainte Croix ? Activités outdoor et bonnes adresses autour de Aiguines

    Une bonne adresse au sud du lac de Sainte Croix : après l’exploration des gorges de Baudinard, nous avons eu le bonheur de déjeuner au soleil dans un endroit beau comme une carte postale exotique, le restaurant Rhumarin à Sainte-Croix-du-Verdon. Balcon sur le lac, saveurs caribéennes, couleurs des eaux et des plats délicieusement tropicaux, un régal visuel et gastronomique !

    Explorer un autre Verdon : passer côté Castellane

    J’ai énormément exploré les rives du lac de Sainte Croix, amoureuse des vertiges turquoise de la perle du sud, les gorges (notamment en partant faire de l’escalade dans le grand canyon du Verdon) et la route des crêtes. Mais lors de ce séjour en septembre 2024, j’ai décidé de prolonger par deux nuits à Castellane, de l’autre côté des gorges du Verdon, et j’ai fait quelques découvertes qui méritent d’être partagées avec vous…

    Au cœur du grand canyon du Verdon : canyoning dans le couloir Samson

    C’était quelque chose qui me faisait rêver depuis longtemps : descendre au fond des gorges du Verdon, dans ce canyon profond de 700 mètres, pour le voir d’en bas, et vivre une aventure aquatique. Je me suis tournée vers Haute Provence Outdoor, qui propose de nombreuses activités nautiques : canyoning, randonnée aquatique, rafting… en fonction du niveau d’eau (variable dans les gorges du Verdon), du niveau des participants et de leurs envies. J’ai vécu 4 heures de randonnée aquatique au fond du canyon, une expérience spectaculaire et parfois impressionnante, avec des rapides à franchir, de la nage en eau vive, et visuellement inoubliable : la beauté de cette gorge que le monde entier nous envie est indescriptible. Cette immersion poétique et sportive m’a fascinée !

    @itinera_alpina Randonnée aquatique au coeur des gorges du Verdon avec @hauteprovenceoutdoor 🩵 Le couloir Samson, au coeur du grand canyon du Verdon. @Alpes-de-Haute-Provence @VerdonExperience #verdon #intenseverdon #canyoning #rando #randonnée #randonnéeaquatique #outdoor #alpesdehauteprovence #irresistiblealpesdehauteprovence #castellane #gorgesduverdon #canyon #alpes #montagne #alpesfrancaises ♬ son original – Itinera Magica

    Autour du Point Sublime

    En remontant au célèbre Point Sublime de Rougon après la randonnée aquatique, nous avions faim : l’aventure en eau vive, ça creuse ! Nous avons écouté le conseil d’une locale qui nous a recommandé la crêperie Le Mur d’abeilles à Rougon, et j’ai trouvé que la vue était plus incroyable encore qu’au Point sublime : un point de vue surplombant époustouflant sur le grand canyon du Verdon, qu’on apprécie encore plus avec une bonne galette au sarrazin arrosée de miel des ruches de Rougon.

    rougon

    Le Verdon méconnu : côté Castellane

    Après avoir eu un coup de cœur pour les campings Huttopia en vallée de la Clarée l’hiver dernier, j’ai choisi de dormir deux nuits à Castellane au Huttopia Gorges du Verdon, ce qui m’a permis d’explorer l’autre cité emblématique des gorges. Verdict ? J’ai adoré Castellane, à qui j’ai trouvé un air d’Aix-en-Provence en miniature, avec ses placettes colorées, ses fontaines et son ambiance résolument méridionale. A la maison Nature & patrimoines (entrée gratuite), je me suis plongée avec bonheur dans l’histoire, la culture et les légendes du Haut Verdon, et j’ai adoré flâner dans les rues du village. Mon coup de foudre a été la montée à la chapelle Notre Dame du Roc, veillant sur Castellane depuis son piton rocheux surplombant le village, et qui m’a éblouie par sa situation presque céleste et sa voûte nocturne, où une Vierge astronomique trône « couronnée d’étoiles ». Mystique !

    castellane
    Castellane et la chapelle Notre Dame du Roc (au sommet du rocher)


    Je ne saurais assez recommander le restaurant Ô délices, qui porte le label Pays Gourmand, valorisant les producteurs et restaurateurs des Alpes de Haute Provence engagés dans une démarche locavore ancrée dans le terroir. C’est en toute sincérité la meilleure cuisine provençale que j’aie goûtée !

    bonnes adresses castellane
    Rues de Castellane et saveurs chez Ô délices

    Continuer à explorer le Verdon

    Parce que le Verdon est réellement un des plus beaux endroits du monde à mes yeux, vous trouverez de nombreux articles à son sujet sur Itinera Magica, blog de voyage follement amoureux de la Provence et des Alpes. Je vous invite à continuer votre lecture ici :

    Pour tout savoir sur Moustiers-Sainte-Marie, découvrir d’autres belles adresses, points de vue et randonnées

    Mes incontournables du Verdon : avec la route des crêtes mais aussi des endroits moins connus que les iconiques gorges du Verdon, comme par exemple les basses gorges de Quinson, la cascade de Sillans ou les châteaux de l’Artuby

    Pour tout savoir sur l’escalade dans le Verdon, des grés d’Annot aux grandes voies dans le grand canyon du Verdon

    Pour découvrir la douceur épicurienne d’un autre Verdon, avec les thermes de Gréoux-les-Bains, les lavandes de Valensole, et le superbe lac d’Esparron à arpenter en bateau ou à vélo 

    Pour monter dans le Haut Verdon et découvrir la plus belle randonnée de la région de Colmars-les-Alpes

    Pour explorer Colmars-les-Alpes, Seyne-les-Alpes et le patrimoine historique et humain exceptionnel de la Haute Provence 

    Pour explorer le Haut Verdon en hiver, une escapade à skis dans le Val d’Allos

    Un grand merci aux Alpes de Haute Provence, au Var et à Expérience Verdon, et tout particulièrement à Chloé, Carolyn et Isabelle, de nous avoir fait revenir dans le plus bel endroit du monde. Verdon forever !

  • Trek dans les gorges du Tarn avec Chamina Voyages

    Une des plus belles et des plus étonnantes randonnées de ma vie ? Ce fut l’intégrale des gorges du Tarn avec Chamina Voyages. Suspendues entre Lozère et Aveyron, royaume de curiosités géologiques, d’érosion artiste et d’eaux turquoise, les gorges du Tarn sont à mes yeux un des plus beaux paysages de France. L’idée de les arpenter dans leur intégralité me trottait dans la tête depuis des années. En juin dernier, nous sommes parties cinq jours au cœur des gorges du Tarn sur un circuit original imaginé par Chamina Voyages, spécialiste des randonnées itinérantes en France. Basés en Auvergne, Chamina a notamment une expertise incontestable du Massif Central.
    Cette randonnée au fil du Tarn, entre Lozère et Aveyron, restera un des plus beaux treks de ma vie. Les gorges du Tarn ont une perfection intemporelle et fantaisiste qui a changé cette randonnée en conte plein de mystère et de magie. La beauté de chaque étape nous a éblouies.
    Mais au-delà de la puissance des lieux, l’expérience Chamina était extraordinaire. Les itinéraires choisis pour nous étaient originaux et inédits et l’organisation parfaite : chaque soir, nos bagages nous attendaient dans des hébergements tous plus beaux les uns que les autres. Une randonnée sublime mais relativement facile et des hôtels de princesse, tous les ingrédients étaient réunis pour passer une semaine de rêve.
    Laissez-moi vous raconter chaque étape de cet enchantement itinérant, en espérant qu’il vous donne envie d’arpenter à votre tour les chemins de France…

    Randonnée dans les gorges du Tarn avec Chamina, un trek sublime en Lozère
    Des paysages exceptionnels
    Randonnée dans les gorges du Tarn avec Chamina, un trek sublime en Lozère
    Des formations géologiques incroyables
    Randonnée dans les gorges du Tarn avec Chamina, un trek sublime en Lozère
    La magie des gorges du Tarn

    J’ai vécu cette aventure en duo avec mon amie et binôme Marion Carcel, photographe talentueuse et randonneuse acharnée. Toutes les photos de cet article sont les siennes et sont signées Foehn Photographie.

    Randonnée dans les gorges du Tarn avec Chamina, un trek sublime en Lozère
    Marion Carcel, photographe, yogini et randonneuse, heureuse dans les gorges du Tarn

    Les gorges du Tarn : un lieu exceptionnel entre tous

    Avez-vous déjà eu l’impression de découvrir un univers parallèle ? Un monde étrange et féerique, où les eaux revêtent des teintes de pierre précieuse, où la roche biscornue sculpte des fantasmagories, où les maisons épousent la falaise et les méandres chuchotent les légendes d’antan. Les gorges du Tarn sont réellement un des plus beaux paysages de France à mes yeux, un bijou absolu où la nature s’est montrée virtuose.
    J’avais déjà passé un long week-end d’exploration des gorges du Tarn, et je les avais également arpentées lors de reportages en Lozère et dans le sud de l’Aveyron. Convaincue de leur incomparable beauté, j’ai immédiatement été tentée par la randonnée originale proposée par Chamina Voyages, « Au fil du Tarn », un itinéraire conçu par eux pour aller au plus près des pépites des gorges et découvrir des sentiers originaux et des points de vue saisissants.
    Ce fut un trek d’une beauté inouïe, où chaque jour était un émerveillement, où les eaux turquoise et émeraude de la rivière venaient sertir des bijoux géologiques inouïes, roches fantasmagoriques et pitons biscornus, et où l’architecture épousait la nature sous forme de hameaux troglodytes surréalistes. En juin 2024, nous avons cheminé entre Lozère et Aveyron dans des décors presque irréels.

    Randonnée dans les gorges du Tarn avec Chamina, un trek sublime en Lozère
    La beauté rare des gorges du Tarn…
    Randonnée dans les gorges du Tarn avec Chamina, un trek sublime en Lozère
    … me met en joie !

    L’expérience de la randonnée en liberté avec Chamina Voyages

    Spécialiste des voyages en randonnée itinérante, Chamina propose deux types de formule : les randonnées accompagnées, avec un guide et un groupe, où les circuits en liberté, où vous cheminez de façon autonome, mais avec une logistique entièrement gérée par Chamina.


    Chamina nous a fourni une carte IGN, un carnet de route et des tracés détaillés de chaque journée, et nous avons randonné seules en toute liberté. Sur plusieurs étapes, nous avions le choix entre un tracé facile, le long du Tarn, et un tracé plus sportif (plus de distance et de dénivelé), montant sur le causse. Nous pouvions adapter nos parcours chaque jour à nos envies et à notre forme. Le carnet de route suggérait également de prendre le temps d’une descente en barque, pour un autre point de vue sur les gorges, et signalait les curiosités et incontournables sur notre chemin. Nous étions totalement maîtresses de notre randonnée, mais en ayant toutes les cartes en main.

    Randonnée dans les gorges du Tarn avec Chamina, un trek sublime en Lozère
    Randonnée en liberté avec Chamina : découverte des cartes et du carnet de route
    Randonnée dans les gorges du Tarn avec Chamina, un trek sublime en Lozère
    Randonner avec le carnet de route et les cartes fournies par Chamina : un itinéraire clefs en main

    L’ensemble des nuits et des dîners avaient été réservés par Chamina. Les hébergements choisis pour nous étaient de toute beauté, de vraies bulles de confort et de douceur : nous étions sur un séjour haut de gamme, où itinérance rime avec vacances, et où chaque soir était une vraie oasis de sérénité. C’était non seulement une des plus belles randos de ma vie, mais aussi la plus reposante : le fait d’avoir des étapes de difficulté modérée, de ne rien gérer en se reposant sur une organisation parfaite, de dormir dans de beaux hôtels et de manger chaque jour aligot, truites, farçous et autres spécialités de l’Occitanie m’a émerveillée.

    Randonnée dans les gorges du Tarn avec Chamina, un trek sublime en Lozère
    Nos hôtels sur ce séjour, tous superbes

    Randonnée dans les gorges du Tarn avec Chamina, un trek sublime en Lozère
    De beaux restos et une convivialité joyeuse

    Les transports de bagage étant assurés, nous pouvions randonner léger et en profiter pour de vrai : nous ne portions que nos affaires de la journée. Il est également possible de renoncer au transport de bagages et de porter son propre sac, mais l’option n’est pas très chère, j’ai donc tendance à vous la recommander – quel luxe de pouvoir faire un trek en se sentant aussi léger !

    Randonnée dans les gorges du Tarn avec Chamina, un trek sublime en Lozère
    Plaisir de randonner en ayant peu à porter


    Le budget ? Au moment où je publie cet article (automne 2024), il vous faudra compter de 650 à 790€ par personne en fonction des options choisies pour cinq jours complets. Tout est compris dans le prix, hébergements, demi-pension, transport de bagage si vous le souhaitez. J’ai adoré cette façon de découvrir la France à pied et en douceur.

    Etape par étape : notre trek dans les Gorges du Tarn avec Chamina

    J’ai plaisir à revivre avec vous cette itinérance de toute beauté au fil du Tarn. Voici les étapes de cette belle aventure en pleine nature.

    Randonnée dans les gorges du Tarn, jour 1 : l’arrivée à Sainte Enimie


    Commencer son trek dans un village classé parmi les plus beaux de France, je trouve cela de très bon augure. Quand Marion et moi arrivons à Sainte-Enimie, en Lozère, nous sommes tout de suite éblouies : niché dans un méandre du Tarn, corseté de ponts et de clochers, ce village médiéval est de toute beauté. Nous sommes bien arrivées au cœur de l’Occitanie, au pays des grands causses, des moutons et des cardabelles (ces grands chardons, aujourd’hui protégés, qu’on accrochait autrefois sur les portes caussenardes et qui sont un symbole de la région). Les restos et boutiques proposent de l’aligot, du roquefort, du pélardon, de la coupétade et du gâteau à la broche : une randonnée gourmande a commencé !

    Randonnée dans les gorges du Tarn avec Chamina, un trek sublime en Lozère


    Nous nous sommes laissées porter : Chamina a tout réservé pour nous, hébergements et dîners, et c’est juste parfait. Nous dormons dans une très jolie chambre d’hôtes au cœur du village, La Jasse, avec sa déco boisée et soignée, et nous savourons d’excellents poissons à l’Auberge du Moulin.
    On épluche le carnet de route et les cartes IGN confiées par Chamina : le tracé semble magnifique, alternant marche au fil de la rivière et montées panoramiques sur le causse. Mais nous ne savons pas encore à quel point ce sera beau…

    Randonnée au fil du Tarn, jour 2 :  Sainte Enimie – la Malène


    19km, 550D+


    En traversant le majestueux pont de Sainte Enimie, nous nous mettons en route au cœur des gorges du Tarn.
    Le clou incontestable de cette magnifique première journée, ce fut la découverte de Saint-Chély-du-Tarn. Cette pépite est un des plus beaux villages de la région, une féerie moussue où l’eau cascade au milieu des fontaines de tuf sous les ponts anciens. Le jaillissement des chutes sculpte un décor d’une beauté presque irréelle – c’est mon coup de cœur absolu, ma féerie.

    Saint Chély du Tarn au coeur des gorges du Tarn en Lozère
    La beauté de Saint Chély du Tarn
    Saint Chély du Tarn au coeur des gorges du Tarn en Lozère

    Notre carnet de route Chamina nous recommandait ensuite un magnifique point de pique-nique en face du château médiéval de La Caze – nous l’avons écouté, et nous n’avons pas regretté. Bonheur de retrouver la silhouette altière de ce château majestueux ! J’y avais dormi lors d’un précédent voyage de printemps en Lozère et j’avais été émerveillée.

    Le sentier continue le long des méandres du Tarn, au gré des nuages métamorphosant les écailles du fleuve dans un camaïeu mouvant, et le long des pierres dorées qui sculptent les hameaux à flanc de falaise… Autrefois, la Lozère fut plus peuplée qu’aujourd’hui, traversée par des marchands romains et des chevaliers médiévaux, et le GR nous fait découvrir ces villages nichés dans la roche, comme celui de Hauterives, aujourd’hui quasiment déserts. Entre pierres sèches et glycines, souvenirs d’antan et échos des bateliers, une capsule temporelle. Le Tarn était un caméléon émeraude qui changeait sans cesse de teintes au gré des nuages.

    au coeur des gorges du Tarn en Lozère
    Beauté des hameaux
    randonnée gorges du tarn
    Sublime randonnée dans les gorges du Tarn
     au coeur des gorges du Tarn en Lozère

    A l’arrivée à La Malène, nous aurons le temps de faire un tour en barque sur le Tarn – je le raconte ci-dessous dans le jour 3 consacré à l’exploration des Détroits.

    Nous dormons au très beau Manoir de Montesquiou à La Malène, château du XVe siècle aux allures de Belle au bois dormant. Dîner dans la salle d’armes et dormir sous un baldaquin de princesse, c’est une vision de la randonnée à laquelle on souscrit aisément…

    La Malène au coeur des gorges du Tarn en Lozère
    La Malène

    Jour 3 de ce trek dans les Gorges du Tarn : La Malène – Les Vignes

    14km – 350D+ pour La Malène – Les Vignes
    + 5km, 50D+ pour le détour au Pas de Soucy

    Voici la partie la plus spectaculaire des gorges du Tarn : les Détroits. Ici le Tarn serpente entre des falaises atteignant 500 mètres de haut et des chaos rocheux fantasmagoriques ; ici les bateliers de la Malène descendent cette rivière légendaire depuis plus de mille ans. Vaut-il mieux les découvrir en bateau ou en rando ? Je dirais : les deux ! Dans les deux cas, l’expérience était extraordinaire.

    randonnée gorges du tarn
    Les Détroits : un site sublime au coeur des gorges du Tarn


    Notre carnet de bord Chamina nous recommandait de faire la descente avec les bateliers le jour précédent, à notre arrivée à La Malène, puis de le refaire à pied le lendemain. Nous avons suivi leurs conseils.
    Le deuxième jour du trek, nous sommes arrivées en milieu d’après-midi à La Malène, et nous avons eu le temps de faire la descente avec les bateliers, qui naviguent sur le Tarn depuis plus de mille ans pour transporter hommes et marchandises : une expérience d’une extraordinaire beauté. Nombre de points de vue sont totalement inaccessibles autrement, et nous n’aurions pas pu voir la plus belle partie des Détroits sans cette virée en barque, je vous la recommande donc chaleureusement.


    Le troisième jour, nous avons refait le même chemin, mais cette fois en randonnée. Le sentier monte sur le causse et ne permet pas d’admirer avec autant de proximité les sculptures rocheuses inouïes des Détroits, et nous aurions été très frustrées si nous n’avions pas pu prendre la barque la veille, car le couvert forestier obstrue la vue à de nombreux endroits. Mais plus loin, le parcours offre des panoramas spectaculaires dans les trouées forestières, et nous avons aimé cette vue vertigineuse sur l’amphithéâtre des concrétions biscornues. Bref, impossible de choisir : il faut vivre les deux !

    Lors de notre arrivée aux Vignes, nous avons dégusté une truite du Tarn à l’aligot au bord de l’eau à la jolie guinguette Chez Alex, puis décidé de faire un petit détour par le pas de Soucy, pour admirer les tourbillons les plus périlleux des gorges du Tarn. Ici personne ne navigue, et la baignade est interdite : de nombreux panneaux menaçants rappellent les noyades funestes qui ont scandé le siècle, et la punition terrible de l’imprudence des baigneurs. Mais vu d’en haut, la vision des tourbillons bouillonnant est magique ! Je vous recommande ce détour sans hésitation s’il vous reste de l’énergie.

    Nous dormons au moulin de Parayre, véritable moulin toujours en fonctionnement grâce à l’énergie opiniâtre d’un passionné qui s’est battu contre toutes les administrations pour garder le droit de faire tourner sa roue à aube et de produire de l’électricité. Outre ce récit d’un Don Quichotte lozérien victorien, nous avons adoré la beauté du gîte, avec ses mezzanines spacieuses et ses cardabelles aux portes, et l’atmosphère du lieu, avec sa terrasse en bord de rivière où on sert bières locales, farçous et aligot. Manger de l’aligot deux fois dans la même journée, c’est bien pour ça qu’on fait de la randonnée.

    randonnée gorges du tarn biere
    Belle atmosphère en bord de rivière et bière de caractère au Moulin de Parayre

    Jour 4 des gorges du Tarn avec Chamina : Les Vignes – Le Rozier

    Option sportive : 26km, 800D+


    Le 4e jour de notre randonnée Au fil du Tarn avec Chamina fut aussi le plus surprenant et insolite. Pour aller des Vignes au Rozier, notre carnet de route nous propose deux itinéraires : la version douce et facile le long du Tarn, ou la version sportive sur le causse, qui nous promet beaucoup plus de kilomètres et de dénivelé, mais des paysages exceptionnels.
    Évidemment, Marion et moi prenons l’option panoramique. Nous montons sur les hauteurs du causse, où nous attend un long cheminement au milieu des fleurs et des vautours qui nous survolent. Je n’ai jamais vu autant d’orchidées. Soudain le paysage change et devient de plus en plus spectaculaire. Des corniches vertigineuses se détachent du sentier et offrent de fabuleux belvédères sur le Tarn.

    vautour gorges du tarn
    Au pays des vautours
    randonnée gorges du tarn trek
    Monde magique de fleurs et de vertige


    Et puis c’est l’apothéose : le cirque de Saint Marcellin. Dans un amphithéâtre minéral spectaculaire se niche un hameau troglodyte qui fait corps avec la falaise. Nous sommes éblouies. Ici marcher signifie remonter le temps, exhumer la mémoire d’un causse fourmillant d’hommes et de bêtes, où on creuse les villages dans la roche et recueille l’eau de pluie…

    randonnée gorges du tarn cirque de saint marcellin
    Le fabuleux cirque de Saint Marcellin, une sublime randonnée au coeur des gorges du Tarn
    randonnée gorges du tarn cirque de saint marcellin


    Un deuxième hameau troglodyte splendide nous attend quelques kilomètres plus loin, celui d’Eglazines. Nous ne regrettons pas notre choix, malgré l’âpreté de la première montée sur le causse : ce sentier est exceptionnel.
    Le choix des itinéraires, l’originalité des tracés, la capacité à dénicher des pépites méconnues : ce trek avec Chamina nous a bluffées et on a adoré cette journée superbe, entre Lozère et Aveyron.

    randonnée gorges du tarn cirque de saint marcellin
    Exceptionnelles gorges du Tarn
    randonnée gorges du tarn cirque de saint marcellin
    Saint Marcellin à gauche, Eglazines à droite

    Tout effort est oublié à l’arrivée au Rozier, avec la découverte du plus bel hôtel de tout le séjour : La Muse et le Rozier, avec sa piscine chauffée, sa plage, ses verrières lumineuses, sa terrasse panoramique semblant plonger dans le Tarn, et son exceptionnel restaurant gastronomique. Une perle absolue, la plus belle façon de conclure un séjour absolument parfait.

    hotel la muze et le rozier
    Bonheurs au fil du Tarn

    Jour 5 : entre gorges du Tarn et de la Jonte, la randonnée des vases

    14 km, 600D+

    Notre dernière journée de trek est une boucle revenant au Rozier, nous permettant de découvrir une des randonnées les plus spectaculaires de France : les vases de Sèvres et de Chine. Cet itinéraire qui serpente entre les gorges du Tarn et les gorges de la Jonte, entre Lozère et Aveyron, offre des curiosités géologiques d’une beauté inouïe, au milieu des envols de vautours.

    Nous sommes époustouflées par la puissance de ces paysages du bout du monde, qui me donnent l’impression d’être partie au cœur d’une estampe à l’encre de Chine. Le calcaire sculpté par l’érosion multiplie les pitons et les têtes de chimères, les piliers vertigineux et les formes biscornues, pour un paysage presque surréaliste. Le « balcon du vertige », l’arrivée sur les vases à proprement parler, sont des éblouissements esthétiques.

    randonnée vases de sèvres et de chine gorges du tarn et de la jonte
    Les iconiques vases de Sèvres et de Chine
    randonnée vases de sèvres et de chine gorges du tarn et de la jonte
    Autour du Balcon du Vertige


    Nous faisons le choix de faire le détour par la croix de Capluc : le panorama est magnifique mais attention, les échelles sont peu sécurisées et très impressionnantes (une chute aurait des conséquences dramatiques), je recommande cet itinéraire exclusivement aux randonneurs expérimentés n’ayant pas le vertige, sans enfant ni chien.

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    Autour du hameau de Capluc
    randonnée vases de sèvres et de chine gorges du tarn et de la jonte croix de capluc
    Montée à la croix de Capluc

    Nous avons été éblouies par ce trek où chaque jour fut une apothéose.

    Si vous aussi, vous rêvez d’explorer la France à pied avec des itinéraires originaux, des facilités logistiques et une organisation conciliant confort, autonomie et liberté, je vous conseille vraiment de regarder sur le site de Chamina. Marion et moi avons été tellement convaincues par notre expérience de trek avec eux que nous rêvons de tester tout leur catalogue ! Il y en a pour tous les goûts et pour tous les niveaux, en randonnée accompagnée avec un guide ou en liberté. Des vacances sportives, bas carbone et tellement belles, à explorer à pied le plus beau pays du monde…

    explorer la france en randonnée avec chamina
    Continuer à explorer la France en randonnée en liberté

    Merci à Chamina Voyages pour ce séjour exceptionnel qui restera un de nos plus beaux souvenirs de randonnée.

    Continuer à explorer la Lozère sur Itinera Magica


    J’aime énormément cette région de France d’une beauté exceptionnelle. Retrouvez mes autres articles consacrés à la Lozère :


    – Séjour de printemps en Lozère, entre chevaux, causses et grottes
    Sports de pleine nature en Lozère, escalade, VTT, randonnée
    – Les gorges du Tarn version détente, spa et châteaux

    Sur les chemins de Lozère !

  • Que faire en vallée de la Drôme ?

    Connaissez-vous la vallée de la Drôme, la région de la forêt de Saoû, de la tour de Crest, du village perché de Mirmande, des montagnes des 3 Becs et de la lavande en début d’été ? Dans le sillage de la belle Drôme turquoise, rivière alpine qui descend des montagnes pour rejoindre le Rhône, cette vallée est le paradis des sports de pleine nature, des villages perchés et des vergers sucrés.
    Que faire, que voir en vallée de la Drôme pour de belles vacances d’été ? La vallée de la Drôme est à mes yeux une pépite absolue, entre kayak sur les eaux bleues et montagnes saisissantes, villages classés et donjon triomphant, plus beaux villages de France et activités de pleine nature épiques. Je suis drômoise, de naissance et de cœur, et je vais tout vous raconter. J’aime à la folie ma région natale, ses lumières et ses rivières, ses reliefs et ses saveurs. Balades de charme au fil de la rivière Drôme, sports outdoor, escalade et randonnée, échappées cyclables le long de la VéloDrôme, voyages avec son chien et belles adresses savoureuses à la rencontre du terroir drômois, un magnifique séjour vous attend en vallée de la Drôme. Suivez le guide !

    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? escalade en forêt de saoû
    La forêt de Saoû, paradis de l’escalade et de la randonnée
    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? Kayak sur la Drôme
    Kayak sur la Drôme, un incontournable de l’été
    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? tour de crest
    Vue sur les 3 becs, montagne emblématique de la vallée de la Drôme, depuis la tour de Crest.

    Pour raconter, filmer et photographier la vallée de la Drôme et vous raconter tout ce qu’il y a à voir et à vivre dans la région de Saoû et de Crest, je me suis entourée d’une équipe de choc. Les photos de cet article sont l’œuvre de Marion Foehn Photographie, les vidéos, celles de Pauline Filippelli.

    Pauline Filippelli (à gauche en robe rouge), vidéaste, et Marion Carcel, (à droite avec sa chienne Sigma), photographe. Nous avons réalisé ce reportage en trio en vallée de la Drôme. Toutes les photos de cet article (sauf mention) sont l’œuvre de Marion.

    Que faire en vallée de la Drôme : la vidéo

    Voici pour commencer trois minutes d’immersion en vallée de la Drôme, entre soleil et eau vive, culture et adrénaline ! Une vidéo de Pauline Filippelli.

    Que faire en vallée de la Drôme ? Sports de pleine nature, rivière et aventure

    Pays de sommets et de soleil, d’eau vive et de ciel bleu, la vallée de la Drôme est le paradis des sports de pleine nature. Envie d’aventure cet été ? Ma Drôme chérie est montagnarde, verdoyante et sportive. Quelques idées pour des vacances riches en expériences outdoor.

    Descendre la rivière Drôme en kayak

    Je suis amoureuse de la Drôme, rivière alpine et sauvage qui prend sa source dans les montagnes avant de dévaler en tresse turquoise sur une centaine de kilomètres. L’incontournable de l’été en vallée de la Drôme, c’est la descente de la Drôme en kayak. Nous nous sommes tournées vers Canoë Drôme, basé à Saillans. Des parcours de longueurs et de difficultés variées vous permettent de serpenter entre montagnes des 3 Becs, vignes et plages accueillantes. Familial et facile ou tonique et sportif, il y en a pour tous les goûts selon les parcours ! Et je trouve la rivière Drôme incroyablement belle.

    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? Kayak sur la Drôme
    Les joies de l’été dans la Drôme : la descente en canoë-kayak
    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? Kayak sur la Drôme

    Baignade sur les plages de la Drôme, en famille ou avec son chien

    Turquoise et accueillante, avec ses plages de galets, ses eaux vives toniques mais accessibles, la Drôme turquoise invite à la baignade sous la chaleur du soleil provençal. En arrière-plan des nombreuses plages, on retrouve la montagne emblématique de la vallée de la Drôme : les Trois becs et leurs reliefs iconiques. Entre eau cristalline et décor montagnard, la Drôme est une rivière carte postale.

    Superbe plage sur la Drôme à Gervanne Camping
    Superbes plages sur la Drôme, ici celle de Gervanne Camping à Aouste-sur-Sye

    Cela fait des années que j’ai plaisir à arpenter la vallée de la Drôme avec ma chienne Nevada : la quasi-totalité des plages sur les rivières sont autorisées aux chiens, et de nombreuses adresses leur souhaitent la bienvenue. Les rares zones interdites aux chiens en vallée de la Drôme ne sont pas des zones de baignade, mais des zones de protection, notamment de réserve naturelle – je vous en parle un peu plus bas.

    Baignades en vallée de la Drôme : le Roubion et la Gervanne


    Outre les plages sur la Drôme, d’autres baignades en rivière sont possibles en vallée de la Drôme.

    J’ai eu plaisir à nager dans le Roubion à Pont-de-Barret, au milieu de vasques saisissantes sculptées par le remous. On nage au pied d’une falaise abritant un site d’escalade célèbre : Pont-de-Barret est aussi un paradis des grimpeurs. Si vous passez par ce joli village de charme, ne manquez pas la Fontaine minérale, guinguette estivale déjantée et resto de qualité.

    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? Baignade sur la Drôme
    Baignade à Pont-de-Barret, photo Itinera Magica

    Je vous recommande encore d’aller faire trempette dans la Gervanne à Omblèze. Cascadant sur la Gervanne, la chute de la Druise est l’une des cascades les plus iconiques du Vercors drômois. La randonnée du canyon des Gueulards, à travers une gorge remplie de mousse, court parallèlement aux gorges, et les gorges d’Omblèze sont un paradis de l’escalade. Si vous vous rendez à Omblèze, n’oubliez pas d’aller déjeuner ou dîner au Moulin de la pipe, un des plus vieux restaurants de la Drôme ! Il est malheureusement fermé durant l’été 2024, mais sa réouverture est prévue en avril 2025.

    Chute de la druise
    Chute de la Druise en Gervanne, photo Itinera Magica

    Enfin, en continuant côté Dieulefit, la rivière le Lez réserve de très belles opportunités de baignade, notamment du côté de la Roche-Saint-Secret.

    Explorer les berges de la Drôme à la Gare des Ramières

    Pour découvrir la biodiversité exceptionnelle des bords de Drôme, rendez-vous à la réserve naturelle de la Gare des Ramières. Ce site comporte à la fois une maison-musée en plein air, la maison de la réserve, et de beaux sentiers de balade aménagés, avec des belvédères sur la rivière et des affûts pour observer la faune le long des berges de la rivière. La maison de la réserve m’a fascinée avec sa vitre transparente sur la mare et ses habitants : une occasion exceptionnelle d’admirer le monde sous la surface, entre batraciens, insectes (le dytique, terreur des mares…) et plantes subaquatiques. Hypnotisant !

    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? gare des ramières
    La maison de la réserve

    Vous apprendrez énormément sur le caractère exceptionnel de la rivière Drôme, une des dernières rivières sauvages des Alpes, qui coule en tresse et dévale la vallée avant de se jeter dans le Rhône, et de sa faune unique, notamment un oiseau protégé qui niche à même la rive, au milieu des cailloux : le petit gravelot. C’est pour le préserver que la réserve naturelle de la vallée de la Drôme comprend des règles à respecter impérativement en promenade, notamment l’obligation absolue de tenir son chien en laisse : la prédation et le dérangement mettent gravement en danger le petit gravelot.

    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? gare des ramières
    Les sentiers de la gare des Ramières


    Une idée de sortie originale à la Gare des Ramières : partez en visite guidée à la rencontre des castors. Il faut que je teste !


    Randonner en forêt de Saoû, autour des 3 becs

    Les plus belles randonnées de la Drôme ? Cela fait des années que j’ai un coup de foudre absolu pour la forêt de Saoû, un massif d’une beauté inouïe au cœur des montagnes drômoises. Oui, aussi surprenant que cela puisse paraître, la forêt de Saoû est bien une montagne, qui culmine à 1589m et dont la formation géologique est totalement distincte du Vercors et des Baronnies. C’est un synclinal, une sorte d’immense vaisseau de pierre ! La richesse géologique et biologique de la forêt de Saoû est si rare que des scientifiques du monde entier accourent pour l’étudier. Ici se rencontrent lavandes et myrtilles, marmottes et cigales, bizarreries karstiques et feuillus biscornus. Un monde enchanté à explorer en randonnée. Voici quelques idées.

    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? escalade en forêt de saoû
    Au coeur de la forêt de Saoû, reliefs et flore exceptionnels


    Voyager avec son chien en vallée de la Drôme : les chiens sont autorisés en hiver tenus en laisse sur tous les circuits en forêt de Saoû, mais pas du 15 juin au 15 octobre, en raison de la présence des troupeaux.

    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? Randonnée aux 3 becs et en forêt de saoû
    Randonner en forêt de Saoû avec son chien : oui, mais pas du 15/06 au 15/10, en raison de la présence de troupeaux et de chiens de protection. Photo Itinera Magica

    Randonner aux Trois becs, en forêt de Saoû

    Les 3 becs ne sont pas sans raison la rando la plus célèbre de la Drôme, ce circuit est d’une beauté inouïe. Au départ du col de la Chaudière, vous monterez jusqu’au Pas de Siarra, où s’ouvre un alpage dont la beauté sauvage m’évoque des landes celtiques. Puis vous cheminerez en lacets jusqu’au Veyou (1589m), le plus haut des Becs, d’où le panorama sur le synclinal de Saoû est grandiose.

    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? Randonnée aux 3 becs et en forêt de saoû
    Au sommet du Signal, vue superbe sur le synclinal de Saoû. Photo Itinera Magica

    Le deuxième, le Signal, varie les plaisirs visuels et la richesse des panoramas.

    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? Randonnée aux 3 becs et en forêt de saoû
    La beauté des 3 becs, photo Itinera Magica

    Mais mon sommet préféré de la randonnée des 3 Becs est peut-être le dernier, Rochecourbe : ses immenses falaises à pic en font un paradis du base-jump… et de la photographie !

    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? Randonnée aux 3 becs et en forêt de saoû
    Trou de la laveuse, falaises de Rochecourbe, pitons karstiques : les 3 becs sont d’une incroyable richesse géologique. Photos Itinera Magica

     

    Mais c’est aussi un circuit très fréquenté. Envie de plus de rareté ? Si vous êtes un randonneur endurant, et que vous souhaitez éviter la foule, vous pouvez monter aux 3 Becs par la Grande Combe, au départ de l’Auberge des Dauphins. Le dénivelé passe de 1000 à 1400D+ environ, et la randonnée est longue, mais c’est une belle façon d’explorer une partie méconnue du massif, très sauvage et secrète, entre ormes centenaires et sentes cachées. Si vous n’avez pas le vertige et ne craignez pas les pentes raides, le circuit de la Grande Combe vous permettra également d’explorer le « 4e bec » méconnu, Rocherousse. Itinéraires difficiles, mais où vous serez seuls ou presque !

    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? Randonnée aux 3 becs et en forêt de saoû
    Au sommet de Rocherousse, au-dessus de la Grande Combe. Photo Itinera Magica

    Envie d’options plus faciles ? Monter à la Porte du Barry, à Rochecolombe ou encore à la belle et poétique chapelle Saint Médard sont de superbes options. Au cœur du synclinal, ou à son extrémité opposée aux 3 Becs dans le cas de Rochecolombe, ces trois points de vue majestueux offrent des vues originales sur le synclinal et la forêt, et sont un excellent compromis entre la longueur de l’effort consenti et la beauté de la récompense visuelle.

    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? Randonnée aux 3 becs et en forêt de saoû
    Porte du Barry, photo Itinera Magica

    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? Randonnée aux 3 becs et en forêt de saoû
    Chapelle Saint Médard, photos Itinera Magica & Pauline Hanno

    Comprendre la forêt de Saoû : l’Auberge des Dauphins, incontournable

    L’Auberge des Dauphins ? Ce site merveilleux reste méconnu, y compris des Drômois. Situé au cœur de la forêt de Saoû, à quelques kilomètres du village de Saoû, l’auberge est un fabuleux musée de la forêt. Au milieu des bois, l’Auberge des Dauphins est une maison de la forêt d’une richesse et d’une beauté magiques. Cabinet de curiosités, expositions dynamiques, grandes fresques, animations et pistes de réflexion pour aller plus loin, les trois étages déroulent un parcours qui mêle beauté et intelligence, mystère et plaisir. Même si vous n’aimez pas les musées, vous aimerez cette expo magnifique et ludique qui vous révélera tous les secrets de la forêt.

    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? Auberge des Dauphins en forêt de Saoû
    L’auberge des Dauphins, en forêt de Saoû
    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? Auberge des Dauphins en forêt de Saoû
    L’auberge des dauphins, un site exceptionnel et passionnant
    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? Auberge des Dauphins en forêt de Saoû


    Surtout, restez boire un verre ou manger un bout au restaurant de l’Auberge des Dauphins, au sein d’une salle néo-classique des années 1930 magnifiquement restaurée. Vous êtes dans un petit Versailles version sylvestre, un Trianon drômois, c’est incontournable !

    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? Auberge des Dauphins en forêt de Saoû

    Grimper en vallée de la Drôme : terre d’escalade

    La vallée de la Drôme, paradis de l’escalade !
    Nous sommes dans un pays de montagnes, crêtes et falaises de calcaire aux reliefs spectaculaires sculptés par l’érosion, entre Alpes et Provence. Et les possibilités de grimpe sont nombreuses, pour tous les niveaux.
    Vous êtes novice en escalade, mais vous avez envie de découvrir la verticalité sans danger et sans stresser ? La super monitrice Mathilde Eckens, alias Natura Grimpe, peut vous proposer une activité accessible et spectaculaire, où vous marcherez sur une crête majestueuse après une escalade facile. Nous avons adoré les panoramas fabuleux entre forêts et falaises, un décor inouï  en forêt de Saoû.
    Je vous laisse regarder les superbes plans au drone de cette crête dans la vidéo de Pauline en début de cet article : c’est visuellement incroyable !

    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? Escalade à Saoû
    Une initiation escalade à la fois facile et spectaculaire avec Natura Grimpe
    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? Escalade à Saoû
    Des décors vertigineux
    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? Escalade à Saoû



    Vous grimpez déjà ? Les voies sont innombrables en vallée de la Drôme, pour tous niveaux et toutes envies. Il y a notamment des grandes voies exceptionnelles autour de Saoû ! Le topo « Escalade dans la Drôme – Vallée de la Drôme et Diois » est l’ouvrage de référence pour s’orienter. Forêt de Saoû, gorges d’Omblèze, Barbières (où on assure les pieds dans l’eau !), autant de sites mythiques à explorer. Le site de Pont-de-Barret et son iconique falaise dorée a lui son propre topo à part. Là encore, Mathilde peut vous accompagner et vous guider.

    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? Escalade à Saoû
    Bonheur de l’escalade en vallée de la Drôme. Ici Saoû, je recommande également les sites d’Omblèze, Pont-de-Barret et Barbières, tous superbes !
    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? Escalade à Saoû


    Nous sommes venues plusieurs fois grimper en vallée de la Drôme et ce sont vraiment des sites magiques, que je recommande à tous les passionnés du caillou !

    Randonner entre Gorges d’Omblèze et Croix de Vellan

    Une belle randonnée à faire avec son chien en vallée de la Drôme ? Je vous recommande la croix de Vellan !

    Au-dessus du beau village de Plan-de-Baix, la croix de Vellan se dresse majestueuse et offre un panorama sublime sur tout le Vercors et le Diois, du Glandasse au Grand Veymont, et le Dévoluy au second plan. Des visions des Alpes magnifiques à savourer à deux et à quatre pattes.
    La longueur et la difficulté de la randonnée dépendent de votre point de départ, mais la plupart des circuits que vous trouverez vous proposent un 300D+, en vous garant assez haut. Les chiens autorisés toute l’année, il n’existe pas de restriction liés aux troupeaux en été à ma connaissance – restez tout de même prudents si vous entendez un troupeau au loin !

    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? Randonnée Gervanne, Omblèze, Croix de Vellan, chute de la Druise
    La Croix de Vellan, vue d’en bas (Plan-de-Baix)
    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? Randonnée Gervanne, Omblèze, Croix de Vellan, chute de la Druise
    Une partie du panorama depuis la croix !
    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? Randonnée Gervanne, Omblèze, Croix de Vellan, chute de la Druise
    Une belle randonnée avec son chien en vallée de la Drôme



    Sachez que vous êtes à deux pas des gorges d’Omblèze, de la chute de la Druise, du canyon des Gueulards et du Moulin de la pipe. Entre vallée de la Drôme et Gervanne, cette région est un paradis de la randonnée. Vous trouverez sur certains sites comme Vercors rando une plus longue randonnée (755D+) reliant les gorges d’Omblèze et le plateau du Vellan. À tester ! Vous n’êtes également pas loin du Vercors drômois et de ses randonnées iconiques, comme le plateau d’Ambel ou Font d’Urle.

    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? Randonnée Gervanne, Omblèze, Croix de Vellan, chute de la Druise
    Chute de la Druise, gorges d’Omblèze, Moulin de la pipe (photos Itinera Magica)

    Retrouvez mes autres articles consacrés aux randonnées dans le Vercors et le Diois : Vercors drômois côté ouest, Diois et Vercors côté est, cœur du Vercors autour du Grand Veymont.

    Arpenter la vallée de la Drôme à vélo : la VéloDrôme

    Longez les berges de la Drôme sur un itinéraire cyclable facile et accessible, avec peu de dénivelé et de belles pistes bien aménagées, la VéloDrôme. Conçue pour relier la ViaRhôna à Die, la VéloDrôme offre de très beaux itinéraires entre Loriol, Allex, Grane, Crest et Saillans. La portion proche de Saillans est ma préférée, en raison de la proximité de la rivière de ses plages, mais j’ai aussi adoré la partie proche de Crest, pour la vue sur la mythique Tour !

    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? tour de crest
    Pédaler sur la VéloDrôme avec vue sur la Tour

    Le plus haut donjon de France : la Tour de Crest

    Connaissez-vous le plus haut donjon de France ? Je vous présente la tour de Crest, le monument emblématique de la vallée de la Drôme ! La vue à son sommet est royale, de la rivière Drôme turquoise aux sommets des 3 Becs, et l’histoire de cette tour qui fut château féodal puis prison d’État est passionnante.

    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? tour de crest
    La tour de Crest vue depuis les airs, les 3 Becs au fond. Photo Pauline Filippelli


    Voici trois activités à explorer autour de la tour :


    Pédaler sur la Vélodrôme. Cet itinéraire cyclable facile et accessible à tous, le long de la Drôme, vous offre des vues superbes sur la tour et la ville.

    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? tour de crest

    Participer à une visite costumée de la tour de Crest pour découvrir son histoire mouvementée comme si vous y étiez. Le sort des prisonniers d’Etat, protestants, révolutionnaires ou insurgés, envoyés au cachot par l’arbitraire d’une lettre de cachet, leurs conditions de vie effroyables et leurs tentatives d’évasion rocambolesques vous feront frémir. Vous découvrirez également la gastronomie médiévale, les arts de la table, la vie de château à l’époque féodale… une visite contée palpitante et incarnée que nous avons adorée.

    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? tour de crest

    Que votre visite soit costumée, guidée ou libre, elle s’achèvera sur la vertigineuse terrasse au sommet, pour un panorama unique !

    Vue depuis le sommet de la tour de Crest

    Que voir et que faire en vallée de la Drôme ? tour de crest
    On trinque à l’alcool emblématique de la Drôme : la clairette de Die !

    Choisir l’option adrénaline et opter (sur réservation) pour une descente en rappel de la tour. Oserez-vous passer par-dessus la rambarde et plonger dans le vide, en véritable chevalier du vertige ? Une expérience fun et originale pour vivre la tour… sous un autre angle !

    Après avoir visité la tour, surtout, restez dîner à Crest. Les restos et bars sont nombreux dans ce cœur de ville foisonnant, mais voici deux coups de cœur.
    Dînez avec vue sur la rivière Drôme sur la superbe terrasse du restaurant Sur les quais à Crest. L’accueil est chaleureux, la vue magnifique et la carte très terroir – une cuisine simple et savoureuse profitez-en pour goûter notre spécialité locale, les ravioles du Dauphiné !

    Depuis la terrasse de Sur les quais à Crest


    Une expérience gastronomique dans les ruelles du cœur de ville ? Saveurs et inventivité sont au rendez-vous à La part du colibri, où tout est fait maison, créatif et coloré. Une excellente adresse !

    Vergers et villages de la vallée de la Drôme

    Le saviez-vous ? La Drôme est le premier département français pour la production d’abricots, et nous produisons aussi aussi énormément de pêches, de cerises… nous sommes le pays des fruits d’été. La vallée de la Drôme est aussi vallée des vergers : ces terres fertiles nourries par la rivière sont le havre de l’arboriculture.

    Que faire en vallée de la Drôme ? Produits locaux drômois
    Pique-nique drômois

    Les produits locaux drômois

    Terre rurale, pionnière de l’agriculture biologique, couverte de vergers, productrice de truffes, la Drôme est une terre très riche en saveurs locales. Ne manquez pas l’abricot IGP des Baronnies, les olives de Nyons AOP, les cerises, les fromages de chèvre et de brebis issus de l’agriculture pastorale extensive dans nos montagnes, le nougat de Montélimar, les ravioles du Dauphiné ou l’incontournable clairette de Die.

    Que faire en vallée de la Drôme ? Produits locaux drômois
    Délices drômois

    Que faire en vallée de la Drôme ? Produits locaux drômois
    Vergers de cerisiers à Mirmande

    La Drôme est aussi le deuxième département producteur de lavande en France, après les Alpes-de-Haute-Provence et leur légendaire plateau de Valensole. Fin juin, début juillet, l’or violet couvre les collines drômoises et l’odeur est merveilleuse !

    Où voir les lavandes dans la Drôme
    Lavandes en vallée de la Drôme, début juillet

    Où voir les lavandes dans la Drôme
    Lavandes à Mirmande

    Mes champs de lavande préférés en vallée de la Drôme sont à Saoû, au milieu des rochers…

    A gauche : Mirmande, photo Marion Carcel. A droite : Saoû, photo Itinera Magica.


    Si vous venez fin juillet/début août dans la Drôme et rêvez de voir les dernières lavandes : direction Chamaloc, je vous donne l’astuce dans mon article consacré au Diois.

    Mirmande, plus beau village de France dans la Drôme

    La Drôme compte six villages labellisés Plus beaux villages de France. Voici ici Mirmande, bijou perché dans son écrin de cyprès, au cœur des vergers ! Prenez le temps de flâner dans les rues de Mirmande, remplies d’échoppes d’artisans, d’artistes et de créateurs, et restez au coucher de soleil dîner sur une terrasse : la vue est magique…

    plus beaux villages de france drôme
    Mirmande, plus beau village de France parmi les 6 que compte la Drôme

    A deux pas de là, toujours dans la région de Montélimar, un autre plus beau village de France vous tend les bras : Le-Poët-Laval. Marqué par l’histoire du protestantisme en Dauphiné, sinueux et escarpé, il mérite aussi un après-midi de flânerie !

    Saoû, mon coup de cœur en vallée de la Drôme

    Je vous l’avoue : même s’il n’est pas classé « plus beau village de France », Saoû a emporté mon cœur. C’est peut-être sa situation au cœur de la forêt, ses rochers iconiques, son atmosphère résolument montagnarde avec les pics majestueux qui le surplombent, qui parlent à mon cœur amoureux des Alpes. Saoû résonne toujours du cliquetis des mousquetons : les grimpeurs sont légion, les randonneurs trouvent aussi leur bonheur ! Saoû est le pays des Trois becs, de l’auberge des Dauphins, de la chapelle Saint Médard, dont je vous parlais plus haut.

    visiter saoû en vallée de la drôme
    Saoû, niché entre les rochers. Photo Itinera Magica


    J’aime ses lavandes iconiques poussant entre les reliefs sculptés, qui symbolisent parfaitement cette alliance de la montagne et du sud qui rend la Drôme si exceptionnelle. Du Vercors à la Provence, la Drôme est trait d’union, et Saoû en est l’incarnation.


    J’aime ses festivals : tous les étés, Saoû chante Mozart et la musique classique fait onduler les vagues de calcaire blanc de la forêt de Saoû.

    Saoû l’été, pays de musique


    J’aime ses cafés et ses restaurants : Cerise et Vinaigrette, Chez Juju, et mon coup de foudre absolu, l’Oiseau sur sa Branche – une vraie pépite ! Ce bistronomique chic marie les saveurs avec virtuosité, au cœur du beau village de Saoû, dans une atmosphère délicieusement décalée et élégante. J’adore !


    Que faire en vallée de la Drôme avec son chien ?

    Envie d’une destination française qui soit accueillante envers les 4 pattes ? C’est une des raisons pour lesquelles j’aime tellement ma Drôme. Ma région est une destination dog friendly. Un très grand nombre d’hébergements, de restos, d’activités, de randonnées sont accessibles à nos compagnons canins. Nevada, ma golden retriever chérie, est drômoise elle aussi, et j’ai testé beaucoup d’adresses, de randos et d’activités avec elle.

    Voyager avec son chien dans la Drôme
    Découvrir lz vallée de la Drôme avec son chien : ici à Gervanne Camoing à Aouste-sur-Sye, et en forêt de Saoû

    Une belle adresse en famille et avec son chien en vallée de la Drôme : Gervanne Camping


    Voici une adresse que nous avons adoré pour séjourner avec votre chien en vallée de la Drôme : Gervanne Camping à Mirabel-et-Blacons. Je vous ai montré dans cet article de nombreuses photos de la plage : elle est superbe, et accepte les chiens !
    Vous avez ici plusieurs types d’hébergement pour répondre à toutes les envies et à tous les budgets. Nous étions dans un très joli bungalow classique et fonctionnel, à deux pas de la rivière et au cœur des arbres où nous voyons les écureuils gambader.
    Mais à Gervanne Camping, vous avez aussi des hébergements insolites et haut-de-gamme, comme la cloche campanule suspendue à la canopée, ou encore les lodges glamping, qui ont un délicieux air de savane au milieu des lavandes drômoises.
    Attention, tous ne sont pas accessibles aux chiens, je vous laisse vérifier sur le site de Gervanne camping.

    Voyager avec son chien dans la Drôme
    De jolis lodges en pleine nature
    Voyager avec son chien dans la Drôme
    Hébergements vue rivière
    Voyager avec son chien dans la Drôme
    Cloche campalune
    Une douce atmosphère


    J’ai adoré la douceur de cette atmosphère, la qualité des paniers de petit-déjeuner, qui faisaient la part belle aux produits locaux et la gentillesse de l’accueil.
    Aller au camping avec son chien au bord de l’eau, n’est-ce pas la recette parfaite d’un été réussi ?

    Merci à l’agence d’attractivité de la Drôme, Drôme c’est ma nature, et notamment à Jean-Baptiste et Anne-Catherine, pour leur confiance renouvelée. Nous avons adoré ce reportage en trio en vallée de la Drôme au fil de l’eau turquoise…

  • Villages d’alpinisme des Écrins : La Grave et Villar-d’Arène

    Rêvez-vous de virées vers les sommets, d’air rare et de levers de soleil tout là-haut, bref, rêvez-vous d’alpinisme ? Par son histoire, sa culture et les innombrables aventures alpines qu’il offre à l’amoureux des montagnes, le parc national des Ecrins est une terre d’alpinisme innée. Immense massif labyrinthique couronné de 4000m enneigés, marelle de glaciers et de sommets de légende, comme la Barre des Ecrins, la Meije, l’Ailefroide ou le Mont Pelvoux, les Ecrins ont écrit leur histoire à coups de piolet. Terre d’alpinisme incontournable depuis plus de deux siècles, fabuleux terrain de jeu pour les aventuriers, les pionniers et ceux qui grimpent dans leur trace, ils ont été façonnés par les rêves des cimes : partout dans le parc national des Ecrins, hameaux, refuges, itinéraires mythiques, cimetière d’alpinistes, musées et stèles, racontent ces histoires d’amour et de périls que les hommes et les femmes ont vécu ici avec la haute montagne.
    Impossible d’imaginer ce territoire mythique sans grimpeurs et autres enivrés des cimes : l’alpinisme est l’une des rares activités humaines à être inscrite dans la charte du Parc national. Au sein du parc, pas moins de 7 villages et hameaux portent haut les couleurs de la haute montagne : ces 7 villages d’alpinisme permettent aux visiteurs d’accéder à cette « culture montagne » propre aux Ecrins, que ce soit à travers des sites culturels permettant de comprendre l’histoire et l’identité alpine du massif, des randonnées avec vue sur les sommets, des via ferrata aménagées pour une première expérience du vide, ou des courses d’initiation à l’alpinisme encadrées par un guide de haute montagne.
    Pour entrer au cœur des villages d’alpinisme des Ecrins, je vous propose dans cet article d’en explorer deux : La Grave et Villar d’Arène, tout d’abord à travers des courses d’initiation à l’alpinisme, puis en découvrant la culture et le patrimoine de ces deux villages d’une beauté inouïe qui vivent sous le regard de la Meije, la terrible reine des Alpes du Sud.

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    Grimper avec vue sur la Meije : La Grave et Villar d’Arène

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    Lors de l’ascension du Râteau Ouest avec la compagnie des guides de La Grave

    Une brève histoire de l’alpinisme dans les Ecrins

    Quand les hommes et les femmes du continent européen sont-ils devenus des alpinistes ? Ou, pour formuler autrement : quand ont-ils commencé à grimper sur les montagnes sans autre but que d’aller là-haut, sans autre conquête que le triomphe d’être le premier là-haut, sans autre gain que l’ivresse du sommet ? Le premier accès de folie des cimes intervient en 1492 (oui, la même année que l’arrivée de Colomb aux Amériques) : sur ordre du roi de France, une cordée parvient au sommet du « mont inaccessible », aujourd’hui appelé Mont Aiguille, l’emblème du Dauphiné. Mais les hommes ont vite fait de redescendre en plaine, et ils délaissent les montagnes pendant près de 300 ans.

    Mais au XIXe siècle, des Anglais en goguette aperçoivent le Mont Blanc depuis Genève, et sont hypnotisés par ce monstrueux hologramme d’une infinie blancheur. Ils décident d’aller y voir de plus près et ouvrent un nouvel horizon. On se met à chercher la voie des sommets. Un riche savant, De Saussure, propose une récompense mirobolante à qui trouvera l’accès au sommet du Mont Blanc. Il faudra près de quarante ans avant que son vœu soit exaucé. L’acte de naissance officiel de l’alpinisme en Europe est signé le 8 août 1782 à Chamonix, lors de la première ascension réussie du Mont-Blanc par Balmat et Paccard. Dès lors, c’est la ruée vers les sommets. L’aristocratie anglaise se prend de passion pour le massif du Mont-Blanc, aidée dans sa quête de « premières » grandioses par des guides suisses et savoyards ouvrant la voie des cimes. L’Aiguille Verte, le Cervin, les Drus, les Grandes Jorasses tombent dans l’escarcelle de ces cordées internationales, qui se mettent à chercher d’autres défis.

    C’est ainsi que les Anglais et les Suisses arrivent peu à peu, dans la seconde moitié du XIXe siècle, dans les Ecrins. Ils découvrent une contrée à l’époque beaucoup plus pauvre que l’était la vallée de Chamonix, sans aménagements touristiques ou presque : de nombreux récits de voyageurs alpins se plaignent des mauvaises auberges et des repas chiches. Comme ce fut le cas à Chamonix et en Valais, c’est l’alliance des alpinistes anglais et des guides suisses qui réalise les grandes premières des Ecrins : les anglais Moore, Horace Walker et Edward Whymper, guidés par le Chamoniard Michel Croz et le Suisse Christian Almer, font la première ascension de la barre des Écrins le 25 juin 1864. Mais peu à peu se développe, dans les Ecrins, une culture alpine française. Je le raconte dans mon article consacré à la Meije : c’est un jeune aristocrate de Montpellier, Emmanuel Boileau de Castelnau (âgé de 20 ans seulement à l’époque), un guide-paysan de La Bérarde, le mythique Pierre Gaspard, et son fils, qui réalisent en 1877 la première ascension de la Meije, au nez et à la barbe des cordées internationales la croyant encore inaccessible. L’aura de cette victoire change la destinée des Ecrins, qui deviennent une grande terre d’alpinisme et de tourisme en montagne. Le Club Alpin Français, fondé en 1874, et la Société des Touristes du Dauphiné, fondée en 1875, conduisent les jeunes alpinistes enthousiastes à la découverte du dédale des Ecrins. C’est l’époque des pionniers, des refuges construits au cœur de la montagne avec des matériaux hissés à dos d’homme, et du développement d’un autre alpinisme, qui recherche la solitude, la difficulté, l’esthétisme d’une course et le passage par une voie élégante et ardue.
    Cette histoire de l’alpinisme dans les Ecrins est merveilleusement retracée au musée Mémoires d’alpinisme à Saint Christophe en Oisans, que j’ai visité lors de mon tour gourmand en Oisans et que je vous recommande très chaleureusement. Aujourd’hui encore, les grimpeurs rêvent de la Dibona, les alpinistes rêvent de la Meije, et les Ecrins restent une terre de rêve, de désir et de fascination pour tout montagnard.

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    Portrait de Gaspard de la Meije au musée Mémoires d’alpinisme à Saint Christophe en Oisans, fabuleux musée consacré à l’histoire alpine des Ecrins.

    A titre personnel, ma très modeste histoire alpine calque presque celle de l’alpinisme en Europe. J’ai découvert la haute montagne à Chamonix, fascinée par le Mont Blanc comme le furent autrefois ces voyageurs découvrant le géant. Je m’en suis approchée tout d’abord par des randonnées autour de Chamonix, puis par une première initiation à l’alpinisme en vallée Blanche. Puis j’ai gravi le Mont Aiguille et le lendemain, découvert les Écrins. Une nouvelle obsession est née dans mon cœur. J’ai vécu ma plus belle expérience alpine à ce jour lors de l’ascension de la Meije orientale, et j’ai continué à rêver d’explorer ce massif-labyrinthe, en marchant sur le GR54, et bien sûr, en continuant à m’initier à l’alpinisme. Qui a été mordu par le virus des cimes ne peut qu’être ébloui par les Ecrins, une des plus vastes terres d’alpinisme du continent européen, un terrain de jeu infini où les rêves courent (et grimpent !) sans limite…

    Si mon cheminement vers l’alpinisme vous intéresse, je vous recommande ici le podcast alpinisme de La sportive outdoor auquel j’ai eu le plaisir de participer. Cela a été un grand plaisir de parler haute montagne avec ce média très riche, instructif et inspirant consacré à la pratique du sport au féminin – merci à La sportive outdoor !

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    Au sommet de la Meije orientale, une expérience alpine d’une puissance extraordinaire

    Les 7 villages d’alpinisme des Ecrins

    Pour leur histoire, leur richesse culturelle et patrimoniale intrinsèquement liée à l’histoire des pionniers des cimes, leurs sentiers, leurs refuges et leurs sommets, sept villages et hameaux des Ecrins ont été identifiés comme villages d’alpinisme. Il s’agit de :

    • Saint Christophe en Oisans et le hameau de La Bérarde
    • Vallouise-Pelvoux et Ailefroide
    • Le Casset
    • La Grave
    • Villar d’Arène
    • La Chapelle-en-Valgaudemar
    • Le Désert-en-Valjouffrey

    J’ai eu le plaisir de découvrir Saint-Christophe-en-Oisans et son extraordinaire musée Mémoires d’alpinisme lors de mon Tour gourmand en Oisans ; je vous raconte Le Casset dans l’article consacré à la randonnée au lac du glacier d’Arsine. J’aurai le bonheur de découvrir Vallouise, La Chapelle-en-Valgaudemar et Le Désert-en-Valjouffrey lors de mon trek sur le GR54. Dans cet article, il sera question de La Grave et de Villar d’Arène.

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    Depuis les hameaux de La Grave, la vue sublime sur la Meije. La Grave et Villar d’Arène, deux villages d’alpinisme emblématiques des Ecrins, sont nichés au pied de la reine.

    La Grave et Villar d’Arène, la porte vers la haute montagne

    La Grave, Villar d’Arène, dans les Hautes-Alpes, ce sont ces deux villages voisins qu’on réunit souvent sous un même beau nom : le « pays de la Meije ». Tous deux vivent sous la silhouette tutélaire de « sa Meijesté la Meije », la reine des Alpes du Sud.

    De part et d’autre de la route qui conduit de Grenoble à Briançon en passant par le col du Lautaret, La Grave, Villar d’Arène et leurs nombreux hameaux s’échelonnent sur les flancs des montagnes, sous la Meije ou face à elle. Où qu’on porte le regard, c’est beau, c’est puissant, c’est toute la magie des Ecrins concentrée sur la pointe d’un sommet, d’un clocher ou d’une fleur des cimes.

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    La Meije vue depuis le col du Lautaret

    Par leur situation au plus près des trois pics de la Meije (le Grand Pic, le Doigt de Dieu et la Meije orientale) et de ses vassaux (Le Râteau, le Pavé), La Grave et Villar d’Arène ont été dès le XIXe siècle le terrain de jeu rêvé des alpinistes en chemin vers les sommets. Ce sont des courses d’alpinisme légendaires, mythiques, qui ont marqué l’histoire et l’imaginaire d’une région toute entière, et qu’on ne reproduit toujours avec émotion. Ils demeurent aujourd’hui encore la porte de la haute montagne : randonnées glaciaires, escalade, courses d’alpinisme, ski de randonnée, les possibilités sont innombrables.

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    Le pays de la Meije, un terrain de jeu inouï

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    S’initier à l’alpinisme avec le bureau des guides de La Grave

    Vous est-il déjà arrivé, lors d’une randonnée en montagne, de vous retrouver face à une muraille rocheuse, un glacier, et de vous dire « j’aimerais aller plus loin, tout là-haut » ? L’alpinisme, c’est continuer là où le randonneur doit déclarer forfait. C’est employer des techniques et des outils spécifiques : cordes, crampons, piolet… C’est grimper, franchir des ponts de neige et des ressauts rocheux, s’aventurer sur des arêtes et des pentes en glace, pour aller plus haut et plus loin dans la montagne. C’est voir un sommet, se dire « j’irai », et aller là où votre regard s’est porté.
    L’alpinisme, c’est impressionnant, vertigineux, puissant, mais ce n’est pas forcément difficile. Escalade sur rocher, randonnée glaciaire, ascension de sommets mêlant neige et roc, traversée d’arête, beaucoup de choses sont possibles. Pour qui rêve de découvrir la haute montagne en toute sécurité, le bureau des guides de La Grave, situé en plein cœur du village, est le point d’accueil privilégié. Là-bas, on saura vous proposer des sorties (en randonnée, en via ferrata, en escalade, en alpinisme, en randonnée glaciaire, en ski…) correspondant à vos envies et adaptées à votre niveau. Ne croyez pas que la haute montagne soit réservée à une élite : si vous êtes bien encadré et qu’on vous aide à choisir une course appropriée, les activités alpines peuvent être très accessibles. Apprivoiser le vide en douceur avec une via ferrata, marcher pour la première fois encordé sur un glacier, c’est possible même en étant totalement débutant grâce aux guides de haute montagne. Ce qui est certain, c’est que ces activités ne s’improvisent pas sans connaissances : n’allez jamais vous aventurer sans expérience et sans équipement adéquat sur un glacier ou un parcours de via ferrata, vous risqueriez de vous mettre gravement en danger. Mais avec un ou une guide et le matériel approprié, cela devient possible !

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    En fonction de vos envies et de vos capacités, les guides de haute montagne des Écrins sauront vous proposer des activités appropriées. Bien encadré, tout est possible ou presque !

    La formation des guides de haute montagne pratiquée en France est une des plus exigeantes au monde, j’en parlais dans mon article consacré à l’initiation à l’alpinisme. L’école nationale de ski et d’alpinisme, par laquelle passent tous les aspirants guides, fait référence dans le monde entier. Le niveau technique exigé dans toutes les disciplines alpines (escalade, ski, alpinisme, cascade de glace), la condition physique, le sang-froid et le mental nécessaires, tout cela force le respect. Lors de mes aventures dans les Ecrins, j’ai eu le bonheur d’être encadrée par deux membres de la compagnie des guides de La Grave.

    Philippe André est une force de la nature : la condition physique extraordinaire et le sourire à tout épreuve de ce guide qui a dépassé les 60 ans, mais continue à semer tout le monde dans la montagne, force le respect ! Lorsqu’il m’a conduite au sommet de la Meije Orientale, il s’agissait pour moi d’une première, mais certainement pas pour lui : c’était sa… 300e ascension de la Meije !

    Philippe André à la Meije orientale

    Laetitia Chomette m’a conduite sur l’arête des Fréaux et au Râteau Ouest, et cela a été une joie pour moi : dans un milieu qui reste très masculin, rencontrer une femme guide de haute montagne, grimpeuse hors pair et fine connaisseuse du milieu montagnard, m’a réjouie. Ancienne cartographe, spécialiste des avalanches, passionnée d’escalade, Laetitia est originaire de Haute-Loire, mais elle est désormais chez elle au pied de la Meije, et aime inviter de nouveaux passionnés à la découverte de son terrain de jeu favori…

    Laetita Chomette au Râteau

    L’arête des Fréaux : une course d’arête rocheuse facile

    L’histoire de l’alpinisme dans les Ecrins n’est pas figée, bien au contraire, elle continue de s’écrire : les acteurs du parc national continuent d’équiper de nouvelles voies, d’ouvrir de nouveaux chemins à la verticale dans la montagne. L’arête des Fréaux fait partie de ces courses nouvelles, proposées depuis l’été 2023 par le bureau des guides de La Grave. Il s’agit d’une course d’arête rocheuse qui ressemble à une grande voie d’escalade de niveau facile, une excellente initiation à la verticalité. La course démarre au pied d’une très belle cascade, le long de laquelle on remontera sur une arête, en enchaînant le franchissement de petits ressauts rocheux, des descentes en rappel, du crapahutage sur les rochers, tout cela dans un décor grandiose : vous serez tout du long face à la Meije, et monterez graduellement plus haut vers une vue de plus en plus belle. Mon moment préféré restera, à mi-parcours, le passage par une vire superbe à flanc de falaise où on se trouve les yeux dans les yeux, en tête à tête avec la Meije

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    Une belle course d’arête facile et ludique

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    Avec quelques passages un peu vertigineux pour la sensation du vide sans danger
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    Face à la Meije
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    Une vire magnifique
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    Plus on monte, plus la vue est belle !
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    L’arête des Fréaux : une magnifique course d’initiation à l’alpinisme

    Le Râteau Ouest : rencontre avec la haute montagne et ses glaciers

    On entre ici dans le vif du sujet ! Le Râteau Ouest (3800m) est l’un des voisins immédiats de la Meije, son petit frère, pour ainsi dire. Il s’agit d’une magnifique sortie à la journée, avec une traversée glaciaire sur le glacier de la Girose, une arête rocheuse vertigineuse, des passages d’escalade impressionnants au-dessus du vide, avec une vue grandiose sur les plus beaux sommets du massif, notamment la Barre des Ecrins. La traversée du glacier de la Girose, sur une pente très raide et en cheminant sous les monstrueux séracs, m’a beaucoup impressionnée. La nécessité de franchir rapidement les passages exposés aux séracs, l’attitude à adopter face au risque de chute en crevasse, tout cela s’apprend avec votre guide. Puis c’est l’arrivée sur le rocher vertigineux. A près de 4000m d’altitude, tout prend une autre saveur : les pas d’escalade, l’exposition au vide, tout devient plus impressionnant, plus majestueux, plus éreintant aussi. La vue sur la chaîne de sommets conduisant jusqu’à la Barre des Écrins est hypnotisante, mais il faut rester concentré sur ses crampons, sa corde et ses manips : la course est parfois engagée ! Ce jour là, nous avons dû faire demi tour juste en dessous du sommet, la vire finale étant en mauvaise condition. La montagne est aussi une leçon d’humilité, mais la course était sublime même sans ces derniers mètres. Une très belle expérience et un magnifique baptême de la haute montagne, entre neige et roc. 

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    Le râteau Ouest
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    Laetitia sous l’un des gendarmes gardant le sommet
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    Vue vertigineuse jusqu’à la Barre des Ecrins
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    Notre guide tout sourire
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    Les spectaculaires séracs du glacier de la Girose
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    Heureux après cette ascension somptueuse !

    La Meije Orientale : au plus près du mythe

    L’ascension de la Meije orientale avec nuit au refuge de l’Aigle (3450m) reste à ce jour ma plus belle course en haute montagne. Partir du Pont des Brebis à Villar d’Arène, monter jusqu’au Refuge de l’Aigle après avoir traversé le glacier, dormir sur les flancs de la Meije, se réveiller à 4h du matin pour achever l’ascension par d’impressionnantes traversées de glace, d’arêtes et de murailles rocheuses, avant d’arriver au sommet pour le lever du soleil : un moment d’une puissance rare, que je n’oublierai jamais. Je vous invite à découvrir mon article consacré à l’ascension de la Meije orientale pour en savoir plus.

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    Le refuge de l’Aigle, mon plus beau à ce jour
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    Au sommet de la Meije orientale, avec vue sur le Doigt de Dieu

    Visiter La Grave, Villar d’Arène, leurs hameaux et leurs églises

    Ce sont à mes yeux les villages et les hameaux les plus fascinants des Hautes-Alpes, des pépites patrimoniales nimbées de la blanche aura de la Meije. Omniprésente, omnipotente, la Meije est visible partout, elle jette son halo de neige et de glace sur les clochers lombards, les balcons fleuris et les moulins de ces villages accrochés à la montagne, elle rehausse encore leur beauté.

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    La beauté incroyable des hameaux en terrasse


    Dans ce pays de pente raide, l’agriculture n’est possible qu’en terrasses : des générations d’hommes et de femmes ont aménagé à la sueur de leur front un ingénieux système de restanques permettant d’aménager des surfaces planes dans ce monde vertical, et de rendre possible la culture des céréales. Ces terrasses ont de faux airs de rizières, un paysage exotique et pittoresque qui invite à l’évasion au cœur de nos montagnes.


    Sur ces terrasses ou traverses se sont bâtis des hameaux, qui possèdent chacun leur église, la plupart arborant un clocher lombard typique des Hautes-Alpes, leurs maisons traditionnelles, leurs balcons fleuris, leurs cadrans solaires, leurs ruelles sinueuses et leurs curiosités.

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    Eglises principales des villages de La Grave et Villar d’Arène, avec leurs clochers lombards emblématiques

    Les cinq hameaux de La Grave, dits les hameaux des Traverses, sont Le Chazelet, Les Hières, Ventelon, Valfroide, Les Terrasses et Les Clots. A Villar d’Arène, ce sont le Pied du Col et Les Cours. Tous offrent des vues inouïes sur la Meije, et recèlent des pépites incroyables, fruit de siècles et de siècles de traditions préservées. De nombreux sentiers de randonnées, à pied et à VTT, permettent de les explorer, et je vous recommande infiniment ces balades..

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    Les Hières à l’automne

    Mon cœur bat pour ces églises incroyables, qui recèlent toutes des trésors rares : retables baroques, tableaux, pyx, ostensoirs et montrances préservés depuis des siècles, le patrimoine est inouï. C’est pour cette raison que les églises sont hélas fermées en dehors des horaires de culte : leurs trésors ont trop de valeur, et les vols sont trop nombreux. Pour les admirer, deux solutions : participer aux passionnantes visites guidées proposées par l’office de tourisme de La Grave et de Villar d’Arène, ou aller à la messe. Le curé du pays de la Meije célèbre des messes dans presque toutes les églises des hameaux, et les horaires sont inscrits sur les portes de chacune. J’ai vécu de merveilleux moments de recueillement dans ces églises des montagnes.

    église des hières
    L’église des Hières
    église des hières


    Seule l’église de La Grave est toujours ouverte, et je vous recommande vivement sa visite. Son émouvant cimetière abrite les tombes de nombreux résistants tombés pour la France et pour la liberté dans les sombres heures de la Seconde guerre mondiale.

    Le lac du Pontet

    La plupart des randonnées dans les hameaux vous feront passer par ce magnifique lac où la Meije vient se plonger comme dans un miroir. C’est un des plus beaux sites de la région, et c’est aussi l’un des plus menacés : déchets, nuisances sonores, baignades, camping sauvage, tout cela vient abîmer les berges et les eaux de ce petit bijou. C’est pourquoi je voudrais vous inviter à le visiter avec beaucoup de respect. Certes, il ne fait pas partie de la zone cœur du parc national des Ecrins, où la réglementation la plus stricte s’applique. Il est ici possible de venir en VTT, ou d’avoir un chien tenu en laisse, ce qui n’est pas le cas en cœur de parc. Mais ici comme partout ailleurs, le respect de règles fondamentales doit être observé pour préserver ce site naturel d’exception : ne faites pas de feu, laissez chez vous vos enceintes sonores, ramassez vos déchets, ne vous baignez pas, ne piétinez pas les berges, permettez au lac du Pontet de rester ce site merveilleux et poétique pour les générations futures.

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    Lever de soleil au lac du Pontet, la Meije se reflète dans les eaux du lac

    Le patrimoine puissant de Villar d’Arène : pain et moulins

    Ce sont des traditions puissantes du pays de la Meije. Ici, on fabriquait chaque automne le pain bouilli dans le four banal, un pain à très longue conservation, qui nourrit le village durant tout l’hiver. Des fêtes du pain sont régulièrement organisées à Villar d’Arène, commémorant cette tradition. Dès 5h du matin, on pétrit, on façonne, on enfourne, on cuit, c’est une superbe fête de village à laquelle tous sont conviés.

    Pour comprendre la culture du pain à Villar d’Arène, permise par le système de l’agriculture en terrasses et par les moulins sur la Romanche, qui permettaient de moudre le grain, rendez-vous à l’écomusée du Moulin. Sous les ailes d’un ancien moulin, entré en fonction au siècle de Louis XIV, vous découvrirez un extraordinaire conservatoire des modes de vie anciens du pays de la Meije. La visite, guidée par un passionné à l’érudition généreuse, se fait sur réservation auprès de l’office du tourisme.

    Le jardin alpin du Lautaret

    C’est au col du Lautaret, station mythique de la route des Grandes Alpes, qu’on trouve le jardin alpin du Lautaret, le plus beau de France à mes yeux. Il concentre et célèbre la flore extraordinaire des Ecrins et de toutes les montagnes du monde.

    Au col du Lautaret, plus de 2000 plantes alpines s’épanouissent dans un décor montagnard somptueux. Cela fait plus de 100 ans que ce jardin exceptionnel rassemble, cultive et étudie les plantes de haute montagne de tous les continents. Edelweiss, reines des Alpes, pavots bleus de l’Himalaya, saxifrages des Andes, et des centaines d’autres s’épanouissent face aux cimes majestueuses de la Meije. Ce jardin tenu par l’université de Grenoble réussit la prouesse d’être à la fois une mine d’or pour les scientifiques et un ravissement pour les promeneurs, avec ses sentiers fleuris, ses paysages variés et son petit lac dans lequel les glaciers viennent se refléter. Un tour des montagnes du monde entier au cœur des Hautes Vallées, une visite à ne pas rater – c’est vraiment mon jardin préféré au monde. Il est facile de venir en famille, d’autant que la quasi-totalité des sentiers sont accessibles aux poussettes et aux personnes à mobilité réduite.

    J’ai un coup de foudre pour la reine des Alpes, qu’on retrouve abondamment ici. Ce magnifique chardon bleu est une espèce protégée, emblématique de la région. Chardon bleu ou Meije ? Les deux beautés pourraient bien se disputer le titre de reine des Alpes…

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    Chardon bleu, reine des Alpes, l’emblème du jardin

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    Un jardin sublime face à la Meije

    De nombreuses plantes du jardin alpin du Lautaret se retrouvent sur les sentiers de randonnée du Parc national des Ecrins. Nous sommes aux portes d’un espace naturel protégé exceptionnel, gardien d’une montagne préservée.

    Deux belles adresses Esprit Parc National au pays de la Meije

    Dans les parcs nationaux de France, le label Esprit Parc National est accordé à des établissements et activités qui adhèrent à la charte du parc, s’engagent à respecter et transmettre les valeurs de respect de l’environnement et de la biodiversité à un large public, et qui œuvrent pour l’économie locale en valorisant les produits du terroir, les circuits courts et le fait-maison.

    Au pays de la Meije, j’ai découvert deux belles adresses, chacune dans son style – un gîte d’étape et un hôtel cosy, tous deux proposant également un restaurant. Toutes deux sont accueillantes, chaleureuses, et profondément ancrées dans ce terroir d’exception. Que ce soit pour l’alpinisme, pour la randonnée ou pour le patrimoine, venir passer un week-end ici est toujours une belle idée.

    Le Gîte Les Mélèzes à Villar d’Arène

    Au cœur du village de Villar d’Arène, ce gîte d’étape qui accueille notamment les randonneurs sur le GR54 propose à la fois chambres privées et dortoirs chaleureux dans une grande maison traditionnelle sur plusieurs étages, qui semble défier en hauteur le clocher de l’église toute proche. Cela fait plus de 25 ans que ses propriétaires, un couple de passionnés, transmettent les valeurs de convivialité, de respect des saisons, de la faune et de la flore à un public varié, sous les voûtes anciennes de cette belle maison historique. La sensibilisation à l’environnement, notamment auprès du public scolaire, fait partie de leurs valeurs fondamentales, et la convivialité est de mise. Ici on cuisine maison les produits d’ici avec générosité, et on vous accueille avec sourire et simplicité. Une adresse abordable et chaleureuse.

    Les Mélèzes à Villar d’Arène

    Le Faranchin à Villar d’Arène

    Romantique, chic et authentique, ce bel hôtel cocon est mon adresse fétiche depuis des années. J’y suis venue plusieurs fois en amoureux et cela reste un de mes hôtels préférés dans les Alpes françaises. La décoration des grandes pièces lumineuses avec vue sur la Meije et des terrasses à flanc de montagne est superbe et élégante, les chambres sont douillettes et charmantes. L’accueil est attentionné et les prix restent doux par rapport au standing proposé et à la qualité des prestations. Labellisé Maître restaurateur, le restaurant décline avec des accents gastronomiques les spécialités et les produits du terroir, et la carte des vins est au diapason : ici, on sélectionne et sublime le meilleur des Hautes-Alpes.
    Le Faranchin organise régulièrement des week-ends à thème : pain bouilli, yoga, randonnée ? Vous trouverez votre bonheur dans ces offres packagées aux tarifs très intéressants, qui témoignent de leur passion du partage de la beauté et des traditions du pays de la Meije.

    Douceur de l’atmosphère au Faranchin
    Un excellent restaurant labellisé Maître Restaurateur
    Cuisine régionale savoureuse

    Je sais que j’y reviendrai encore et encore…

    Un grand merci au Parc National des Ecrins et à l’office de tourisme des Hautes Vallées pour les expériences merveilleuses que j’ai vécues ici, et tout particulièrement à Elsa, Magda et Soline pour leur accueil. Les images figurant dans cet article ont été réalisées dans le respect des règles en vigueur dans le cœur du Parc national des Écrins, avec l’autorisation du directeur de l’établissement public.