Serpentant à travers les sommets du Haut-Atlas, la route de Ouarzazate restera l’une des plus belles de ma vie. Entre torrents, cimes enneigés et villages traditionnels, la magie se renouvelle à chaque village. Mais d’autres routes du sud du Maroc méritent qu’on les arpente : je vous parlerai aussi de la route vers les cascades d’Ouzoud, ou d’une belle rencontre sur la route d’Essaouira. Partons ensemble pour un roadtrip en photos autour de Marrakech.
Rouler vers l’Atlas enneigé
Sur la route de Ouarzazate, franchir le col du Tizi N’Tichka
La route de Marrakech à Ouarzazate est mythique. Elle passe par le plus haut col du Maroc, le Tizi N’Tichka, et ouvre à la longue chaîne des oasis qui traverse le pays de part en part. Dès qu’on aborde la montagne, c’est une succession de villages traditionnels typiques, accrochés aux pentes accidentées, et de lacets vertigineux. Les couleurs sont fabuleuses – tout est baigné dans une douce lumière rouge qui rend les sommets enneigés plus éclatants encore.
En route vers la haute montagne.Sur la montée vers le Tizi N’Tichka.
La neige surgit soudain…
Puis c’est le Haut-Atlas. Le thermomètre descend, les paysages changent.
Montagnes du Haut-Atlas
Le Tizi N’Tichka est le plus haut col du Maroc, à 2260m d’altitude. Il a pour moi un petit air himalayen, avec les drapeaux colorés qui flottent sur des bâtiments faits pour les films d’aventure, le bric à brac exposé sur les bords de route, et tous ces cailloux colorés qu’on essaie de vous faire passer pour des pierres précieuses.
Au sommet du plus haut col routier du Maroc, le Tizi N’Tichka
Le paysage est envoûtant. Au-dessous de nous, dans un culbutis de canyons, coulent les fleuves qui abreuvent le désert. La plaine de Ouarzazate se devine déjà à l’horizon. La montagne se jette dans les bras des oasis.
La descente vers Ouarzazate.
Puis la descente vers Ouarzazate, le paysage plus désertique, toujours plus teinté d’ocre et de rouge. Ouarzazate, le « Hollywood marocain », séduit avec ses décors géants, ses pyramides égyptiennes, ses palais de bric et de broc, ses hôtels où on cultive la trace d’hôtes célèbres. Partout des affiches de cinéma, des studios, des témoignages de la fascination que ce lieu exerce sur les cinéastes.
Je pense à Palm Springs, dans le désert californien. Ici aussi, j’imagine des stars un peu mélancoliques, livrées à elles-mêmes dans la torpeur de l’après-midi. Alanguies au bord d’une piscine, se demandant combien de temps les spotlights continueront de les caresser.
Ouarzazate, le grand kitsch se mêle à l’histoire authentique
Piscine de l’Oscar Hôtel.
La kasbah historique de Ouarzazate.
Ouarzazate m’a plu. J’aurais voulu rester ici quelques jours, jouer moi aussi à la star désœuvrée, explorer le désert. Je voudrais revenir au Maroc, dans cette région là, qui peuple les rêves des hommes depuis si longtemps.
Sur la route du retour vers Marrakech, crépuscule spectaculaire dans le Haut-Atlas
Sur la route d’Essaouira
Je vous ai parlé de la merveilleuse et photogénique Essaouira dans un précédent article, de ses remparts, ses mouettes et son port. Mais je ne vous ai pas montré le chemin qui y mène.
La route vers Essaouira a d’abord été pour moi un festival animalier. Des chèvres montent aux arbres pour manger les jeunes pousses, et le berger me met un bébé chèvre dans les bras contre quelques dirhams. Le chevreau est si doux, si vulnérable. J’ai toujours adoré les chèvres.
Pour la millième fois, je me souviens de pourquoi je ne mange pas de viande.
Je peux le garder ?
Chèvres dans les arbres : un classique du Maroc
Avant d’arriver à Essaouira, en haut de la colline, un point de vue nous offre un premier aperçu de la ville. Des chameliers attendent pour prendre la pose. L’un d’eux a les yeux vairons, comme Bowie. Bisous à Ziggy le chameau.
Chameau au dessus d’Essaouira
Au retour, c’est une vision plus rare que je surprends à la volée – des femmes portant des fagots de bois sur leur tête. Etrange contraste entre le Maroc si moderne des villes, et la vie encore traditionnelle des campagnes.
Femmes portant des fagots de bois.
Sur la route vers les cascades d’Ouzoud
Les cascades d’Ouzoud. Depuis que je suis revenue d’Arizona sans avoir pu voir celles d’Havasu, faute de permis de camping, elles sont un peu mon lot de consolation. Ce sont les petites sœurs marocaines d’Havasu Falls : elles aussi, elles jaillissent au cœur d’un canyon rouge vif, dans un lieu loin de tout. La route est longue, surtout quand on choisit de traverser les gorges par le nord avant d’arriver à Ouzoud. Je n’arrête pas de penser à l’Arizona, à mon expédition sur l’Apache Trail. De nouveau, une piste, des cactus, des gorges rouges, et la promesse d’une chute.
Sur la route d’Ouzoud, les gorges rouges.
Les cascades m’enchantent. Si vous avez lu mes articles sur l’Islande, vous savez combien je les aime, et celles-ci ont tout pour entrer à mon pathéon. 110m de haut, plusieurs rubans qui se rejoignent, et l’étrange contraste de la roche rouge et d’une forêt verdoyante. En bas, dans l’oued Tissakht au pied des chutes, se déploient des barques molletonnées de rose, des tables flottantes pour entraîner les visiteurs au plus près de la cascade, cocktail à la main. Des restaurants s’organisent en escalier sur la pente, comme un gigantesque amphithéâtre convoqué à applaudir la chute. L’endroit frappe l’imagination.
Spectaculaires cascades d’Ouzoud
Lumière du soir sur la gorge d’Ouzoud
Eblouissantes chutes d’Ouzoud
Au retour, c’est encore une fois l’Atlas enneigé qui me fascine, décor presque irréel sur lequel se détachent les minarets des villages. Que le Maroc est beau.
Villages de l’Atlas
L’Atlas majestueux
Rouler au Maroc, quelques conseils pratiques
Prendre la route au Maroc est une expérience magnifique mais déroutante.
Même si les axes touristiques sont systématiquement rénovés depuis quelques années, il serait imprudent de prendre trop de vitesse. Il faudra souvent ralentir pour céder le passage à un âne, une charrette, ou un piéton qui a un peu trop de foi en vos plaquettes de frein… Les temps de trajets annoncés par Google sont rarement respectés – pour nous, ils ont même été souvent doublés. Car quand vous êtes coincé derrière un tracteur, votre vitesse moyenne rivalise avec celle des escargots… Prenez votre temps. Et essayez d’être arrivé à votre destination avant la nuit.
En effet, il convient de redoubler de prudence dans l’obscurité, où les piétons et animaux imprudents se fondent aux ombres longues… Sachez que les gens comptent sur le fait que vous allez vous arrêter. Même si vous ne les voyez pas, parce qu’il fait noir et qu’ils sont habillés en noir. Prenez votre temps. La sécurité routière reste un des plus grands problèmes du Maroc, comme le raconte cet article. La rénovation des routes est une bonne chose, mais elle ne suffit pas à enrayer les comportements dangereux… Ne prenez pas de risques inutiles, soyez prudent. Conduire au Maroc (en dehors des villes) n’est en soi pas difficile, mais demande de l’attention et des bonnes marges niveau temps de parcours !
Ma série Maroc s’achève ici – mais j’ai plein d’autres belles destinations en réserve. Ecosse, Provence, Californie, Caraïbes… inscrivez vous à la newsletter !
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Essaouira, la citadelle de l’Atlantique, avec ses légendaires remparts, et Ait-Ben-Haddou, le plus beau village fortifié du désert marocain : les lieux de tournage de Game of Thrones au Maroc figurent parmi les plus beaux sites du pays. Enfourchez votre dragon, empoignez votre épée d’acier valyrien, et partons sur les traces de Daenerys.
Et si vous ne regardez pas Game of Thrones, parce que vous trouvez qu’il y a vraiment trop de têtes qui valsent dans cette série impitoyable, et que vous ne savez pas de quoi je parle : ne partez pas. Ces lieux sublimes sont dignes de vous séduire, avec ou sans référence cinématographique. les lieux de tournage de Game of Thrones au Maroc
Les remparts d’Essaouira, Astapor dans Game of Thrones
Tout le monde le sait : l’équipe de Game of Thrones a bon goût. En Irlande, en Croatie, au Maroc, en Islande, ils ont le don de choisir des sites d’exception, dignes de porter l’histoire de Westeros. Mais certaines familles ont plus de chance que d’autres. Il vaut mieux jouer un Targaryen qu’un Stark ou, pire encore, un membre de la Garde de la nuit. Songez à ces infortunés qui se gèlent les miches sur les glaciers islandais depuis six saisons. La famille des dragons a un plus gros potentiel bronzage et cocktail piscine : ils tournent dans le sud, souvent au Maroc. Cela vaut le coup d’être ignifugé.
J’aurais accepté la brûlure des flammes (et le frangin psychopathe) pour suivre Daenerys dans ses voyages. Car ils visitent la crème de la crème du sud marocain. lieux de tournage de Game of Thrones au Maroc
Prête à conquérir Westeros à Ait-ben-Haddou, alias Yunkai dans GoT
Essaouira, la citadelle de l’Atlantique
Pendant des siècles, cette ville mythique a porté le nom de Mogador. Les Portugais ont édifié ses remparts au XVIe siècle, ces remparts ocres légendaires que le soleil couchant enflamme, et sur qui déferlent les vagues de l’Atlantique et des tempêtes d’oiseaux. Au XVIIIe, le sultan du Maroc, établi à Marrakech, a décrété que sa capitale devait être défendue par un port fortifié : ce fut Essaouira. Il chargea un Français de construire une citadelle en armes, sur le modèle de Saint Malo, et c’est alors que jaillit des dunes et des flots la ville que nous connaissons aujourd’hui, avec son grand port ouvert sur le large et sa vaste esplanade bordée de tours, la Sqala. A la fin de la colonisation française, Mogador prit le nom d’Essaouira, « la bien aimée », et est devenue la ville des artistes et des peintres, fascinés par ses nuances d’orange et de bleu. lieux de tournage de Game of Thrones au Maroc
Mythique Essaouira.
Remparts d’Essaouira
Essaouira vue à travers les murs de la Sqala
Les mouettes d’Essaouira sur les canons hollandais
Au coeur de la médina colorée d’Essaouira. (Remarquez le chat assoupi sur les tapis !)
A la conquête d’Astapor : les remparts et la Sqala d’Essaouira
Dans Game of Thrones, Essaouira porte un troisième nom : Astapor. La « ville rouge » est celle où Daenerys s’empare de l’armée des Immaculés (Unsullied en VO). Essaouira est fabuleusement mise en valeur dans la série. On la découvre depuis la mer, lorsque les bateaux s’approchent de ses remparts ; on voit les Immaculés en armes sur la Sqala, postés sur les tours, et Daenerys arpenter le port.
J’aurais aimé, moi aussi, découvrir Essaouira par la mer : j’imagine que la vision des remparts entourés par les flots est majestueuse. A défaut, je suis allée faire un numéro d’équilibre sur les rochers couverts de mousse, histoire de reproduire la vision magique (et j’ai failli rester à Essaouira pour toujours, amis aux pieds marins : les rochers gluants et algueux, ça glisse).
Les remparts portugais d’Essaouira
Essaouira, Mogador, Astapor… toujours sublime
Traverser le port est une certaine épreuve olfactive, car les pêcheurs offrent les restes de poissons aux nuées de mouettes, mais n’hésitez pas : gagnez la sublime Sqala. Tout est follement pittoresque sur la célèbre esplanade, les barques bleues, les canons hollandais du XVIIIe siècle, les quatre tours de guet qui l’encadrent. Par les fenêtres, le regard est appelé vers les îles purpuraires, à quelques centaines de mètres du rivage. (Je sais que le mot « purpuraire » évoque quelque maladie peu ragoûtante, mais soyez rassuré : il s’agit simplement d’îles où l’on fabriquait la pourpre.) Elles sont aujourd’hui une réserve naturelle peuplée par les oiseaux.
En marche vers la Sqala
Essaouira, ville des mouettes
Les tours de guet et les îles purpuraires
Les îles purpuraires, un rêve protégé
Photobomb typique d’Essaouira : j’en ai des dizaines comme ça, interceptées par une mouette !
La photo que tout le monde fait, on vous met même un tabouret pour grimper sur le mur 😉
Dans la kasbah d’Essaouira
Dans Game of Thrones, on ne voit certes pas Daenerys faire ses emplettes à Essaouira, mais ne repartez pas tout de suite : enfoncez-vous au cœur de la kasbah, à l’intérieur des remparts. Cette ville d’artisans et d’artistes a un charme inouï, et chaque rue est un tableau. Des tableaux à la gloire de la belle Mogador, des tapis précieux, des bijoux et de la maroquinerie ornent chaque coin de rue, et des chats dorment sur les tapis empilés, comme si on ne les avait placés là que pour eux.
Les couleurs des rues, la hauteur des remparts, tout semble avoir été créé pour que vous le photographiez.
Rues de la kasbah.
Chats assoupis sur les tapis
Au moment de notre visite (décembre 2016), les remparts étaient fermés pour travaux. Qu’à cela ne tienne : au restaurant Il Mare, doté d’une terrasse panoramique et d’un escalier qui semble fait pour se retrouver sur Instagram, la vue sur la Sqala et l’océan est superbe.
Vue sur les remparts depuis le restaurant Il Mare
Le fabuleux escalier d’Il Mare
Rue violette.
Chameaux et chevaux sur la plage d’Essaouira
Lorsque le soleil descend et que la lumière roussit, rejoignez la grande plage d’Essaouira, où des troupeaux de chameaux et de chevaux attendent leurs cavaliers. Au milieu des galops, les surfeurs se fraient un chemin vers les vagues, dans une surenchère de grâce déliée. Je décerne à Essaouira le titre de ville la plus photogénique du Maroc. Je rêve d’y retourner quelques jours et de ne faire que ça.
Plage d’Essaouira
Surfeurs dans le soir
Promenade à dos de chameau
Ait-Ben-Haddou, le plus beau ksar du monde ?
« Ksar », au pluriel « ksour » : ce mot arabe à la sonorité impétueuse désigne les villages fortifiés du désert, édifiés au cœur de la fournaise, là où jaillissent les puits. J’ai découvert les ksour à Al-Ain, aux Emirats Arabes Unis, et ces châteaux des dunes me fascinent depuis – mais à ce jour, celui d’Ait-Ben-Haddou est le plus beau que je connaisse.
Ait Ben Haddou surgissant au loin, sur sa colline
Pendant des siècles, ce village perché sur sa colline fut un caravansérail, où les caravanes de chameaux traversant le désert sur cet axe commercial essentiel venaient s’abreuver et se reposer. Ait-Ben-Haddou, ce sont les mille et une nuits. Le ksar ressemble à un château de cartes pétrifié dans les sables, avec ses maisons carrées empilées à la verticale, son élévation vers le sommet, et la rivière qui coule à ses pieds.
Ait Ben Haddou, forteresse du fleuve
Le lieu est si beau et évocateur qu’il n’a pu qu’attirer les réalisateurs : Lawrence d’Arabie, Gladiator et bien d’autres films furent tournés ici. Le village se situe à une dizaine de kilomètres de Ouarzazate, le « Hollywood marocain ». Dans Game of Thrones, Ait-ben-Haddou est Yunkai, dont Daenerys s’empare avec ses Immaculés.
Avouez que ce genre de paysages incite à la conquête de l’univers.
Au dessus du ksar
Le pont qui mène au ksar
Dans les rues d’Ait Ben Haddou
J’aurais voulu rester des heures à Ait-Ben-Haddou, mais la nuit tombait, et la route était longue… Car pour accéder au village depuis Marrakech, il faut emprunter la sublime route de Ouarzazate, qui traverse les montagnes du Haut-Atlas. Ce sera un de mes prochains articles sur le Maroc : des paysages qui m’ont enchantée. Je vous emmènerai aussi à Marrakech, la ville de naissance de mon père, que j’ai découverte avec lui. Inscrivez-vous à la newsletterpour ne rien manquer ?
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Que faire en Bavière en hiver?
La Bavière, y avez vous songé ? Le sud de l’Allemagne, pays des lacs et des châteaux, est un véritable pays de contes de fée. Quelques photos pour vous inspirer à visiter la Bavière en hiver…
Chaque fois que j’imagine une féerie hivernale, des montagnes scintillantes de neige et des lacs gelés sur lesquels on voudrait danser, c’est à la Bavière que je pense. Dans cet article, j’avais déjà évoqué mon amour inextinguible pour la Bavière, ses paysages d’Epinal, ses fantômes mégalomanes et ses fantasmagories, et j’avais voulu montrer sa beauté parée des couleurs de l’automne. Le texte qui suit est la suite de cette fantaisie bavaroise : nous y reviendrons cette fois au cœur de l’hiver, au milieu des flocons.
Château de Nymphenburg, Munich, sous la neige.
Lac enneigé.
Oberammergau, le village bavarois le plus typique
Oberammergau est sans doute l’un des plus beaux villages bavarois, et le plus typique, avec ses chalets de bois entièrement sculpté, ses calvaires et ses croix baroques, ses ateliers de menuiserie d’art où on peut acheter tout l’arche de Noé et toute la hiérarchie des anges en bois finement ouvragé. Oberammergau a le catholicisme chevillé au corps, comme tout le sud de la Bavière, mais à un degré encore accru : tous les dix ans, le village se change en Golgotha. Un mois durant, les villageois rejouent la passion du Christ en entier, soit les douze heures du vendredi saint, du jardin des Oliviers jusqu’à à la descente de la croix. Seuls ceux qui sont nés à Oberammergau, ou qui y vivent depuis un certain nombre d’années, peuvent participer à la mise en scène, qui attire les foules du monde entier. Je n’y ai jamais assisté – malgré ma curiosité, je doute de ma capacité à tenir douze heures, quand bien même je ne serais moi-même pas en croix –, mais j’ai souvent entendu parler de la beauté et de la ferveur qui émane de ces représentations. Ce village a donc le dévouement dans le sang, et les hommes s’y battent pour jouer Jésus et être mis en croix ; il n’hésite pas non plus à sacrifier ses enfants lors du marché de Noël, et les coller des heures durant dans le froid et la neige, vêtus comme en Galilée, pour créer une superbe crèche vivante. Ou un zoo humain de la cryogénisation, c’est selon. La crèche est au cœur d’un marché de Noël absolument ravissant, où on peut acheter des petits Jésus sous toutes les formes et de toutes les couleurs.
Oberammergau avant Noël.
Les châteaux de Bavière sous la neige
Recouverts de neige, les châteaux de Ludwig, le roi fou et plein de panache (voir l’article précédent à son sujet), perdent les fleurs et les fontaines qui font leur charme estival, mais se changent en féeries dignes du Prince de l’hiver d’Andersen, blancheurs illuminées au cœur du blanc enneigé.
Neuschwanstein et Linderhof
Neuschwanstein sous la neige.Linderhof.
L’hiver permet aussi de ranimer une tradition éminemment bavaroise, sacralisée par Ludwig : la balade en traîneau attelé, tiré par deux chevaux de trait. A l’époque où Ludwig visitait ses châteaux de contes de fée pendant les grands froids, il s’était pris d’une lubie aussi romanesque que dangereuse : rallier le château de Linderhof depuis celui de Neuschwanstein, en traîneau, la nuit aux flambeaux, soit un trajet d’environ six heures. Un tableau aujourd’hui exposé au château Nymphenburg, à Munich, immortalise ces folles virées qu’on jurerait irréelles, mais qui sont bien attestées ; cette vision a fasciné les cinéastes, de Visconti à David Lean.
« Virée nocture en traîneau du roi Louis II. dans les montagnes », R. Wenig, 1885. L’oeuvre est exposée à Munich.
Le souvenir de ces escapades glacées continue de conduire des centaines de visiteurs à prendre place dans de larges calèches pour des virées au pied de Neuschwanstein, certes moins périlleuses, mais toujours follement romantiques.
Féerie hivernale en Bavière, avec Neuschwanstein en fond
Nymphenburg, le château féerique de Munich
Si c’est à Munich que votre découverte de la Bavière en hiver vous conduit, ne vous inquiétez pas : Munich a elle aussi son château féerique. C’est sous la neige que le château de Nymphenburg révèle tout son charme XVIIIe, avec lacs couverts de cygnes, hautes façades blanches et petits pavillons perdus dans un parc au charme fou. Vivant à Munich, j’adorais me promener le dimanche dans le parc enneigé. Si vous avez une luge, n’hésitez pas à la sortir !
Nymphenburg sous la neige
Le pavillon des pagodes, au coeur du parc de Nymphenburg
Pour qui rêve de poudreuse et de pistes à dévaler, direction Garmisch-Partenkirchen et son Zugspitze, le plus haut sommet allemand. Au plus haut des cieux bavarois, on reconstruit chaque hiver la grotte de glace, et le restaurant d’altitude peut se targuer d’être pour moitié en Allemagne, pour moitié en Autriche. (Spätzle et Apfelstrudel au menu des deux côtés, de toute façon).
Alpes majestueuses, au sommet du Zugspitze.
La croix du Zugspitze.
Côté autrichien, la croix du Tirol.
La Bavière, pays des cygnes…
Mais les images les plus belles, les plus poétiques, ce sont les lacs qui continuent de nous les offrir, ces lacs qui fument sous la neige, et que les cygnes persistent à ne pas déserter.
Cygnes en hiver, dans le parc de Linderhof.
Impossible de ne pas penser au Lohengrin de Wagner, au chevalier qui surgit des eaux du lac, sur un vaisseau tiré par un cygne ; Ludwig, fou d’opéra, a fait dessiner et sculpter des cygnes partout dans ses châteaux, et a fait nicher ces oiseaux au bord de tous les lacs. Je me demande si les couples qu’on voit maintenant flotter sur les eaux froides, dans cette perpétuelle solitude à deux qui a fait d’eux un symbole d’amour et de fidélité, sont les descendants des cygnes de Ludwig.
« De leur col blanc courbant les lignes, On voit dans les contes du Nord, Sur le vieux Rhin, des femmes-cygnes Nager en chantant près du bord, Ou, suspendant à quelque branche Le plumage qui les revêt, Faire luire leur peau plus blanche Que la neige de leur duvet. » Théophile Gautier, Symphonie en blanc majeur
J’essaie d’apprivoiser un cygne, avec un succès très limité…
Au sommet du Herzogstand, sommet préféré de Louis II
Ici s’achève cette virée au pays du kitsch délicieux en toute saison ; avouez-le donc, vous rêvez maintenant d’une promenade en calèche au clair de lune…
Remontez le temps, continuez vers l’automne…
Poursuivez la visite de la Bavière féerique avec un de mes plus jolis articles : les 10 plus beaux lacs de Bavière. Et n’hésitez pas à vous abonner à la newsletter pour plus d’histoires de Bavière, de Provence et de partout ailleurs !
Que faire en Bavière en hiver ? Epinglez moi sur Pinterest
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Un hiver à deux, une escapade follement romanesque entre calèches et clochers ? Je vous propose un itinéraire romantique en Autriche, entre Salzbourg, la ville de Mozart, Innsbruck, la ville pastel au coeur des Alpes, Hohenwerfen, sublime château perché sur sa colline, la spectaculaire cascade de Krimml, et probablement le meilleur hôtel-spa d’Autriche, le Tauern Spa à Kaprun. Trois jours d’idylle autrichienne brute, dans un décor dont je raffole. A l’Ouest de l’Autriche, dans les régions du Tirol et du Salzburger Land, se déploient sommets enneigés, piscines panoramiques au cœur des montagnes, et villes coiffées d’un diadème alpin étincelant. Les calèches frappent les pavés et la nature sauvage yodle joyeusement, tout est si romantique. Voici mes endroits préférés en Autriche, mon itinéraire parfait pour une escapade hivernale de rêve – à Noël, au réveillon du 31, ou pour la Saint Valentin. Je vous emmène ?
Vie de château en Autriche : Hohenwerfen
La fabuleuse cascade de Krimml.
Dix raisons d’adorer l’Autriche
Vous le savez sans doute, je suis folle de la Bavière. Et qui aime la Bavière, aime l’Autriche. C’est mathématique, c’est inné. Voici dix raisons qui font que l’Autriche est merveilleusement cool :
C’est verdoyant et pentu comme la Suisse, mais en moins cher.
C’est chaleureux et douillet comme l’Allemagne, mais en plus petit et en plus concentré. Si l’Allemagne avec ses 80 millions d’habitants et son étendue géographique XXL vous fatigue déjà, optez pour l’Autriche.
C’est beau comme la meilleure partie de l’Allemagne, CAD la Bavière. L’Autriche a directement sélectionné le top du top : montagnes, lacs et châteaux perchés. (En tout cas pour la partie qui nous intéresse, l’Ouest de l’Autriche. Je sais, y a Linz, Vienne et Graz aussi, mais ça sera pour une autre fois).
C’est pittoresque comme l’Italie, sauf que personne ne vous fera de queue de poisson sur la route. (Ne partez pas, amis italiens, je vous aime.)
Mozart, Sissi, calèches, Franz Josef, cristal Swarovski : l’Autriche, c’est kitsch et on aime ça, surtout quand Noël approche.
C’est un pays de montagnes, avec tout ce qui va avec : soleil éblouissant sur la neige immaculée, paysages sublimes, nourriture roborative.
Comme les Bavarois, ils ont la culture du petit déjeuner. Vous aurez les meilleurs petits déj de votre vie en Autriche, et il vous faudra toute la journée pour vous en remettre.
Apfelstrudel. Kaiserschmarrn. Le culte du dessert qui pourrait nourrir un troupeau de haflingers.
Les maisons ressemblent elles aussi à des gâteaux, ce qui vous donnera encore plus faim.
Une fois que vous aurez ingéré 8000 calories, vous pourrez flotter dans des bains tièdes plein de remous et de lumières fluorescentes. L’Autriche, c’est LE pays du spa. Tout hôtel alpin qui se respecte comporte piscine, sauna et jacuzzi. Et je vais vous montrer le meilleur spa d’Autriche dans cet article, rien que ça.
Bonus : la semaine dernière, ils ont fait le bon choix et élu un écologiste au lieu du mec d’extrême droite, ce qui me permet de publier avec bonne conscience cet article sur le thème « l’Autriche c’est trop cool ». (La fille, elle est contente que l’extrême droite ne passe pas, parce que ça lui permet d’aller au spa tranquillou. Award 2016 de la blogueuse politiquement engagée, je vous dis que ça.)
Salzburg, so romantisch
En haut, Kaiserschmarrn, beignets frits avec compote de pomme et confiture de fraise. En bas, Käsesspätzle. A droite : bière (moussue) et Apfelschorle, mélange de jus de pomme et eau pétillante
Voici donc ma sélection « le top de l’Autriche alpine, nature villes et spas», pour prévoir un long week-end de romance, barbotages et calories.
Les cascades de Krimml, un spectacle inouï
Si vous avez lu mon article sur les plus belles cascades d’Islande, vous le savez : je suis une inconditionnelle des chutes d’eau, hypnotisée par leur puissance et leur grâce. Je rêvais depuis longtemps des Krimmler Wasserfälle, qui comptent parmi les plus hautes d’Europe, avec leurs 340m de hauteur (en plusieurs étapes). Je les ai vues au cœur de l’hiver, traversées d’arches de glace, s’épandant au cœur d’une mare de neige dans laquelle elles traçaient des veines glaciales. Et je me suis rêvée en reine de l’hiver (jusqu’à ce que deux de mes orteils décident de s’auto-amputer de froid). Voici un conseil judicieux : dans les montagnes autrichiennes en décembre, sortez les chaussures de neige.
Sublimes cascades de Krimml.
Le château d’Hohenwerfen, merveille médiévale
Ne l’oublions pas : pendant plus de mille ans, l’Allemagne et l’Autriche n’étaient qu’un seul et même empire (jusqu’à ce que Napoléon vienne mettre le bazar et tuer le Saint empire romain germanique en 1806). Mais durant tout le Moyen-Âge et l’époque moderne, ces contrées étaient résolument féodales, avec un empereur lointain et des seigneurs locaux (rois, ducs, comtes, etc) qui faisaient la loi sur leurs terres. Leurs châteaux se plaçaient toujours sur quelque colline ou tertre, afin de surplomber la vallée alentours, et de signifier la puissance suzeraine. L’Allemagne et l’Autriche, c’est le paradis des châteaux, palais, forteresses et autres vestiges monumentaux d’antan. A ce jour, mon coup de cœur autrichien, c’est le fabuleux château d’Hohenwerfen, qui date du XIe siècle. En été, on y trouve des animations médiévales et des spectacles de fauconnerie ; l’hiver, le château est fermé, mais la vision reste prodigieuse.
Château d’Hohenwerfen
Le château d’Hohenwerfen, la magie pure !
A noter si vous venez l’été : le village de Werfen compte une autre attraction très appréciée, la plus grande grotte de glace du monde, Eisriesenwelt. Elle est ouverte de fin avril à fin octobre et semble spectaculaire. J’ai beaucoup regretté de ne pas pouvoir la visiter. Je reviendrai !
Innsbruck, la capitale des Alpes
Innsbruck, c’est tout ce que j’aime. Successivement autrichienne et bavaroise, capitale du Tirol, Innsbruck est à mes yeux le chef-lieu du pays des montagnes scintillantes et des eaux cristallines : la capitale des Alpes, resplendissante, impériale au plein sens du terme, puisque l’empereur Maximilien 1er en avait fait sa ville chérie au 15e siècle et l’a dotée de mille curiosités qui rappellent ses grandes heures, notamment la « maison dorée » à la façade délicieusement gothique, une enluminure faite architecture. Le spectaculaire tremplin des jeux olympiques d’hiver surplombe la ville, le fleuve Inn la traverse et des façades aux airs de meringue géante s’y reflète. Marchez dans le cœur d’Innsbruck, sur les traces des impératrices qui l’ont façonnée – non pas Sissi, mais Blanche Marie et Maria Theresa. Puis montez à la « tour de la ville », Stadtturm, pour une vue imprenable sur le diadème de montagnes qui ceint le front d’Innsbruck.
Irrésistible Innsbruck, au coeur des Alpes.
Ok, ça c’était à Pâques, j’avoue. Le magasin violet : Sissi an der Hofburg, la boutique de souvenirs la plus originale d’Innsbruck
Du haut de la tour médiévale Stadtturm
Magie de Noël à Innsbruck.
Salzbourg, la perle baroque, ville de Mozart
Y a-t-il plus joli qu’Innsbruck ? Elle a une rivale, et le match est serré : Salzbourg est merveilleuse. La ville natale de Mozart ressemble à un carillon : claire et lumineuse, toute en volumes baroques dans la lumière des Alpes, la musique y résonne à toutes heures. Les églises accueillent mille concerts en mémoire de l’enfant prodige, et la Maison de Mozart (où les photos sont hélas interdites) livre des témoignages touchants : lettres, partitions, fragments de sa vie de comète. La vue sur la ville depuis la colline du Mönchsberg m’a émerveillée et livre un panorama baroque fabuleux. C’est pour moi le plus beau point de vue, mais n’hésitez pas à monter aussi à la forteresse de Salzbourg, très belle aussi, et qui se visite. Salles du trône, histoires de chevaliers et reliques médiévales monumentales au rendez-vous.
Salzbourg, perle baroque.
Forteresse de Salzburg. (Ok, là aussi, il y a des photos prises à un autre moment sous la neige, il y a trois ans. Je confesse.)
Salzbourg, des chevaux dans les détails. (Et des Gorgones, aussi, accessoirement.)
Le marché de Noël est l’un des plus féeriques que j’ai vus cette année, avec les guirlandes de végétation, les places illuminées, l’impression d’être entrée dans une crèche géante. Et la cathédrale de Salzbourg est de toute beauté : une sorte de chapelle Sixtine autrichienne. La ville est touristique, mais c’est amplement mérité : elle est sublime.
La grande spécialité culinaire de Salzbourg, ce sont les « Mozartkugeln », des boules de chocolat, pâte d’amande, pistache, praline et autres trucs légers. Les avis sont divergents – certains disent que c’est le paradis sur Terre, d’autres (dont moi) que c’est parfaitement écoeurant. A vous de trancher.
Salzbourg, kitsch et si jolie. En bas, maison de Mozart, Mozartkugeln, marché de Noël
Cathédrale de Salzbourg
Cathédrale de Salzbourg.
Du ski à Kitzbühel ou sur le Kitzsteinhorn
Nous avons dormi à l’hôtel Tauern Spa de Kaprun, qui est situé au pied du glacier Kitzsteinhorn. Nous aurions pu en profiter pour découvrir les pistes, à 3029m. Il paraît que le panorama est fabuleux ; une exposition et un cinéma complètent l’expérience du sommet. Nous y avons renoncé par manque de temps, d’autant que nous avions déjà skié à deux pas d’ici en mars dernier, à Kitzbühel. La région de Kitzbühel, la vallée de la Zell (Zillertal), est considérée comme le domaine skiable le plus branché d’Autriche, avec de très belles pistes et une super ambiance le soir. Testez absolument les « bars après ski » : odeurs de chaussettes, music kitsch et convivialité garanties.
Ski et après ski à Kitzbühel
Si vous aimez les histoires de glacier, ne manquez pas mon article sur celui d’Hintertux, avec une grotte de glace fabuleuse.
Le meilleur hôtel des Alpes autrichiennes ?
J’avais trop à dire sur le fabuleux hôtel Tauern Spa Zell am See- Kaprun pour tout compacter en un article, je vous invite donc à sauter avec moi dans la meilleure piscine d’Autriche en suivant ce lien. Ca vaut le détour, c’est promis.
La suite dans l’article sur le Tauern Spa Kaprun
Itinéraire romantique en Autriche : votre escapade au pays de Sissi
Voici ma sélection « le top de l’Autriche alpine » – en rouge, les grandes villes, en orange, les points d’intérêt.
Carte de l’itinéraire romantique en Autriche, avec plusieurs suggestions
Lieux mentionnés dans cet article :
Tauern Spa Hotel à Kaprun, un des meilleurs hôtels spas d’Autriche
Krimmler Wasserfälle, cascades sublimes, parmi les plus hautes d’Europe
Château Hohenwerfen, spectaculaire château fort perché sur sa colline
Le domaine skiable de Kitzbühel
Salzbourg, la ville de Mozart, petite perle baroque au charme fou
Innsbruck, la ville bonbon au milieu des Alpes, ravissantes
Innsbruck ou Salzbourg, laquelle choisir ? Sincèrement, j’ai du mal à décider, elles se ressemblent et se valent. Mais il y a sans doute encore plus de choses à faire à Salzbourg, plus de musées, de monuments. Pour la cathédrale, la maison de Mozart et le Mönchsberg, je choisirais peut-être Salzbourg.
Lieux non mentionnés dans cet article, parce qu’il fallait bien faire une sélection, mais que j’aime aussi, qui méritent le détour et dont je vous parlerai plus tard :
Même si elle a à mes yeux moins de charme qu’Innsbruck ou Salzbourg, cette ville est jolie et a deux attraits majeurs : sa forteresse et sa cristallerie, Riedl
A côté d’Innsbruck, les Kristallwelten ou « monde du cristal » Swarovski, un lieu artistique féerique où tout scintille
La Liechtensteinklamm, où un torrent de montagne se fraie un chemin dans une gorge étroite
Hallstatt, un des villages d’Autriche les plus vus sur Instagram. (C’est un peu sa principale qualification.)
La Grossglockner Alpenstrasse. Sublime route alpine, la plus haute d’Europe, qui vaut vraiment le détour, mais qui est fermée en hiver – d’où son absence de l’article !
A Werfen toujours, à côté du château d’Hohenwerfen, la plus grande grotte de glace d’Europe, Eisriesenwelten – ouverte en été seulement, elle aussi.Il me faudra donc retourner en Autriche ! Vous vous inscrivez à la newsletter pour suivre tout ça ? Au programme des prochaines semaines : la suite du voyage en Californie, la suite de la découverte de la Bavière !
Comment un goéland a failli causer une crise diplomatique franco-nippone majeure. Pourquoi le paradis sent le vomi de poisson et la fiente d’oiseau. Et la question que vous vous posez tous depuis toujours : quelle est la différence entre un phoque et une otarie, bon Dieu ? Vous saurez tout dans cet article californien plein d’invités surprises. Direction La Jolla, station balnéaire unique en son genre au nord de San Diego. Que faire à La Jolla ?
Fin septembre, je suis partie pour un road trip en solo au sud de la Californie. Toute seule. Je voulais pouvoir photographier les étoiles à trois heures du mat sans que personne puisse me reprocher de troubler son sommeil, je voulais me nourrir exclusivement de smoothies myrtille si ça me chante. Et je voulais avoir l’impression d’être l’héroïne d’un film. Seule au volant, avalant l’asphalte, face au coucher du soleil, avec mes caprices pour seule boussole. American dream, baby. Je fantasmais ce road trip depuis longtemps.
Here I go again on my own… Oui, je m’y crois.
Et un des endroits où je rêvais absolument de retourner, c’est La Jolla, au nord de San Diego. J’y étais passée en coup de vent il y a quelques années, et mon souvenir était tellement idyllique que je me demandais s’il était réel. Il me fallait en avoir le cœur net.
Que faire à La Jolla ? Le plein d’animaux !
Que faire à La Jolla ? Voir des animaux, des tas d’animaux. La Jolla a ceci d’exceptionnel : une immense colonie d’otaries y a élu domicile. Au cœur de la ville, au milieu des plages, vous avez un rush incroyable de mammifères marins qui se dandinent, et qu’on entend couiner dès l’aurore.
Les otaries de La Jolla, une attraction incontournable dans tout road trip californien !
La plupart du temps, quand vous cherchez un hôtel chic, vous aspirez au calme et aux odeurs fleuries. A La Jolla, le luxe ultime, c’est un hôtel en plein milieu du vacarme et des relents de poisson à moitié digéré. Au plus près des otaries. Je me suis fait plaisir (comprendre : j’ai sévèrement douillé mais je ne regrette rien) en prenant une chambre au La Jolla Cove Suites, qui donne sur la crique des otaries. Je les entends couiner depuis mon balcon, je sens légèrement l’odeur âcre de poisson et d’urine qu’elles dégagent – mais qu’on se dépêche d’oublier, car elles sont tellement mignonnes. J’ai une chambre qui ressemble à un numéro spécial Californian Hipster de Modes et travaux, bleue, blanche et ultra chic, avec fragrance poissonnerie en bonus. Je suis au paradis.
La Jolla Cove Suites, à 20m des otaries
Phoques ou otaries ? La question piège, et comment faire la différence
La Jolla est au cœur d’une aire marine protégée exceptionnelle, devenue le sanctuaire des otaires… et des phoques. C’est très perturbant, je sais, pour tous ceux qui ont du mal avec les chouettes et les hiboux, les chameaux et les dromadaires, les buffles et les bisons, mais La Jolla a les DEUX.
Les plus démonstratives sont les otaries (sea lion en VO).
Si elles ont des petites oreilles (contrairement à leurs cousins les phoques), c’est parce que la majeure partie des interactions avec leurs congénères se déroulent à la surface, et qu’il leur faut donc l’équipement adéquat pour entendre leurs potes grouiner, grogner et bêler inlassablement.
Si elles sont équipées de puissantes nageoires sur qui elles peuvent se tenir en équilibre, c’est que l’essentiel de leur vie se déroule sur les rochers. Voilà pourquoi le public les adore. Les otaries de San Diego, c’est un spectacle comique insurpassable. J’ai passé deux heures à les observer comme si j’étais à un stand up. Elles se donnent des tartes, se poursuivent en se dandinant, roulent sur le dos en battant des nageoires comme un chien qu’on félicite, se font des bisous, se battent pour des morceaux d’intestins de poisson dégueulasses, défient les mouettes et les pélicans, et n’ont AUCUNE peur des humains.
Les phoques et otaries de La Jolla
A ce stade, j’imagine que vous voulez voir une vidéo. Vous serez donc exaucés.
Les phoques, eux, sont plus discrets, et cherchent les criques moins peuplées. Leurs capacités de locomotion sur la terre sont bien inférieures à celles des otaries, ils rampent sur le sol comme de gros boudins poilus, et ne peuvent pas se redresser sur leurs nageoires. Les pélicans essaient toujours de leur piquer leur bouffe, ainsi que les mouettes, bien sûr, chapardeuses des sept mers.
Les Japonais, les otaries et moi et moi
Je me méfie un peu de la propension américaine à jeter les touristes dans la cage aux fauves : les Etats-Unis ont une conception très puriste de la responsabilité personnelle, c’est le pays du « if you fall you die et tant pis pour ta gueule ».
Au Grand canyon, on vous laisse faire du yoga au bord d’une falaise de quatre kilomètres de haut si ça vous fait plaisir, et on vous vend à la boutique l’inventaire des décès burlesques et bizarres au sein du parc, « réactualisé chaque année ! ». On dirait qu’ils font exprès de vous laisser décéder à votre guise, histoire de pouvoir mettre à jour leur bouquin.
A Yellowstone, on vous lâche au milieu des bisons en rut et vous signale qu’il est tout à fait possible que vous vous fassiez charger (à en juger par la foultitude de vidéos Youtube à la Go Pro qui finissent comme le projet Blair Witch, c’est fréquent).
Du coup, j’étais un peu sur mes gardes en avisant le panneau « attention, les otaries peuvent vous mordre, vous mettre des pains dans la tronche et vous noyer, ça n’est pas notre problème », et j’ai laissé les Asiatiques intrépides et kamikazes tâter le terrain. Après les avoir vus multiplier les selfies et chorégraphies avec otarie, j’ai pu constater qu’il ne se passerait rien. Les otaries n’en ont rien à faire de nous, elles sont bien trop occupées à arracher la tête de poisson à leur camarade, à french kisser l’un et bastonner l’autre. Tant qu’on ne les touche pas, on peut se tenir très près d’elles et profiter du spectacle sans danger, et assister à un remake de la guerre de Troie version créature adipeuse, luisante et adorable.
L’amour à la plage, version otarie
Les cormorans, ces gros hypocrites
Le seul oiseau qui se tienne correctement à La Jolla est le cormoran, ce bel oiseau noir dont les os anormalement lourds et denses au sein du règne aviaire entravent le vol, mais rendent suprêmement apte à la plongée. Lui ne s’intéresse pas aux phoques et aux otaries, et descend comme une torpille jusqu’à trente mètres sous la surface pour pêcher. Le soir, on le voit sécher ses ailes, immobile sur les grands arbres.
J’ai dit qu’il avait des manières : rectification. Le cormoran, c’est le mec super bien sapé qui colle son chewing gum sous la table. Le cormoran est une espèce qui a failli disparaître dans les années 70 et dont la conservation est un immense succès, mais ce succès a une odeur. De caca. Sous les villas à huit millions de dollar, les falaises se couvrent de guano (caca d’oiseau) et les vieilles dames tombent dans les pommes. Mais les touristes viennent du monde entier, fascinés par La Jolla, un des rares endroits où on peut nager avec les cormorans et les otaries.
Les oiseaux de La Jolla, et leur contribution au ravalement des falaises
Initialement, je voulais nager avec les cormorans et les otaries. Après, j’ai constaté que l’océan était à 15 degrés et entièrement rempli de caca et de boyaux de poisson, et j’ai renoncé. #chochotte
La Californie va tomber dans la mer
J’ai réservé une sortie en kayak au soleil couchant avec La Jolla Kayak, pour aller explorer la réserve marine depuis l’océan. Dès le premier franchissement des vagues, je suis trempée comme une éponge, et réfrigérée, mais la visite vaut la congélation.
Kayak au coucher du soleil à La Jolla : la classe, avouez. Si l’expérience vous tente, réservez longtemps à l’avance, les places partent très vite (j’ai réservé un mois avant auprès de La Jolla Kayak, et tout était déjà presque plein).
Les grottes de La Jolla sont tectoniques : ici, la plaque continentale américaine et la plaque pacifique glissent l’une sous l’autre, dessinent ces paysages effrayants, et concoctent un séisme d’ampleur cataclysmique. Au-dessus des falaises, des maisons à huit millions de dollars sont en train de s’écrouler dans l’océan. D’ici vingt ans, toutes sont condamnées. Les propriétaires doivent anticiper la destruction et les raser avant effondrement, sous peine de payer des amendes monumentales si jamais les débris de leur maison viennent polluer la réserve marine. Petite ambiance apocalyptique au paradis condamné.
Grottes tectoniques de La Jolla. Ici la Terre se déshabille
Les maisons luxueuses de La Jolla. Toutes celles en lisière de falaise sont condamnées à brève échéance…
Des fonds marins remontent des fragments d’une algue gigantesque dont je ne connais pas le nom, et dont le corps d’hippocampe géant est percé de larges cercles ronds qui améliorent la flottaison. Il paraît que ces réseaux d’algues sont tous liés au plancher océanique, comme une immense forêt qui se donne la main sous les eaux. Au loin, nous apercevons deux dauphins. La Jolla est magique.
Kayak dans les vagues à La Jolla. Ce n’est pas moi (puisque je prends la photo), c’est la mono, mais on fait la même taille et elle est blonde comme moi, donc on fait comme si de rien n’était.
Et en retournant vers la plage, je surfe sur une vague avec mon kayak, et j’ai l’impression d’être une vraie California girl. Même si c’était un kayak. I win at life quand même.
Là pour le coup, ces morceaux d’anatomie humaine sont authentiquement les miens.
Comment un goéland a failli déclencher une crise franco-nippone
Le soir, le bar rooftop de mon hôtel est occupé par un mariage où on joue du Abba jusqu’à deux heures du matin, ça doit être une délégation suédoise. J’attends donc le petit déjeuner pour le tester.
Après un sublime lever de soleil sur les phoques et les palmiers de La Jolla, j’accède finalement au fameux restaurant rooftop, où est servi le petit déjeuner. La vue sur la mer est glorieuse, je me sens élue des dieux, et en plus il y a de la soupe de fraises. Mais c’est la machine à gaufres est l’objet de toutes les convoitises. Prêtez attention, c’est là que commence mon histoire.
J’ai tenté de faire des photos lifestyle. A droite, l’arche nuptiale de la délégation Gimme gimme a man. A gauche, le petit déjeuner sur palmiers. Dans une assiette en carton. Pas ma faute si les Américains tuent mes velléités lifestyle.
Une seule machine à gaufres pour tout le resto, et un cycle long, puisqu’il faut que la pâte crue prenne d’un côté, puis de l’autre, au moyen d’une rotation à 360 degrés qui faisait complètement fantasmer mon cher et tendre quand on voyait ça dans les motels d’Arizona (« t’as vu ! ça tourne complètement sur soi-même ! »). Je lui en ai acheté une pour son anniversaire, ce qui me rend moins sensible à l’appel du gaufrier, et laisse mon tour à une Japonaise dont je vois les yeux briller d’excitation et de désir. Au bout d’au moins quinze minutes, elle revient avec sa gaufre couverte de sirop d’érable et s’assoit à quelques mètres de moi. Puis se relève une dernière fois pour aller chercher une fourchette, et c’est là que le drame survient.
Un goéland fond sur la terrasse et engloutit en une seconde la gaufre chaude et luisante de sucre, et déguerpit sans demander sans reste. La Japonaise revient, constate l’absence de la gaufre et me foudroie du regard. « C’est pas moi ! C’est le goéland ! » J’essaie de lui expliquer que non, je n’ai pas regretté mon acte de charité antérieur et voulu récupérer ce qui me revenait de droit pendant qu’elle avait le dos tourné, que j’ai beaucoup de respect pour le principe de propriété de la nourriture et probablement pas la capacité d’ingérer une gaufre entière en trois secondes, mais que le goéland a moins de sens civique et plus de souplesse buccale. Je vois bien qu’elle ne me croit pas. Je sens les relations franco-nippones à un point de glaciation qui me chagrine, mais heureusement, le goéland revient et emporte une banane directement dans l’assiette d’un gosse qui se met à hurler. Me voilà réhabilitée.
Photo d’illustration figurant plus ou moins un goéland. (Prise à Laguna Beach, 150km au nord)
On the road baby
Après avoir recouvré mon honneur et restauré les relations diplomatiques, je m’engage sur la route qui me fait fantasmer depuis des années, la première raison de ce roadtrip californien : la route 101 ou Pacific Coast Highway, de San Diego à San Francisco le long de la mer, par les villages balnéaires. A l’âge de dix ans, j’avais fait la partie Los Angeles – San Francisco avec mes parents. J’en garde un souvenir odysséen. Cette fois, ce sera San Diego – Los Angeles, une portion de route entrevue il y a quelques années, mais sans avoir le temps d’en profiter vraiment. Direction Laguna Beach. A suivre !
Et je vous garantis que vous voulez sortir les pop-corns et attendre l’article sur Laguna Beach, car vous n’avez jamais rien vu d’aussi parfait et idyllique.Inscrivez-vous à la newsletter pour ne pas rater ça.
Voyage à La Jolla : épinglez moi sur Pinterest !
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Au cœur de la Camargue, niché au milieu des étangs d’où s’envolent les flamants roses, le Mas Cacharel est un lieu unique. Le matin au réveil, on entend le chant des oiseaux qui jouent dans les roseaux, et les sabots des chevaux et des taureaux sur le sol sablonneux. Alors que le jour filtre à travers les tamaris et les figuiers, on jurerait qu’on est seul au monde, et que la Camargue nous appartient. Par sa localisation au cœur des marais où poussent les salicornes, par la beauté authentique de ses installations, et surtout, par l’histoire des lieux et l’esprit qui les habite, le mas Cacharel est à mes yeux le plus bel hôtel de Camargue, et celui qui a un supplément d’âme.
Aujourd’hui, je suis très heureuse de pouvoir partager avec les lecteurs d’Itinera Magica mon paradis secret dans les Bouches-du-Rhône, et d’offrir à deux d’entre vous la chance de vivre cette expérience à votre tour. Deux nuits pour deux personnes, voilà le beau cadeau que le Mas Cacharel a eu la générosité de mettre en jeu ; jusqu’au 5 décembre, tentez votre chance en participant au jeu concours sur la page Facebook Itinera Magica, en cliquant ICI. MAJ janvier 2017: ce concours est terminé, pardon.
Cela fait plusieurs années que j’ai le bonheur de séjourner souvent à Cacharel, et j’ai compris quelque chose au fil du temps : avant Cacharel, je ne connaissais pas la Camargue. Je l’ai toujours follement aimée : depuis toute petite, je suis amoureuse de ce delta magique qui s’ouvre entre les deux bras du Rhône, d’une des dernières terres sauvages de France, peuplée de chevaux blancs et de milliers d’oiseaux. Mais c’est depuis que je viens à Cacharel que j’ai apprivoisé l’âme de la Camargue, cette terre si fière de ses traditions et qui les célèbre inlassablement, à coup de danses, de pèlerinages, de manifestations équestres et taurines, de processions solennelles, faisant vivre ainsi l’héritage des peuples qui la composent : les Provençaux, les Gardians, et les Gitans. Personne au monde ne connaît mieux la Camargue que Florian Colomb de Daunant, le propriétaire du Mas Cacharel, et il aime la raconter, la dévoiler, la partager. C’est ce qui rend une nuit au Mas Cacharel si exceptionnelle : c’est à la fois un séjour hors du monde dans un bel hôtel plein de charme, et une plongée dans l’âme camarguaise.
Le Mas Cacharel, au coeur de la Camargue
Et laissez-moi vous tenter en vous parlant du Mas Cacharel, cet hôtel unique entre tous en Camargue, et de la Camargue en général : que voir, que faire en Camargue, comment la découvrir et en tomber fou amoureux, suivez le guide…
Au coeur de la Camargue : le Mas Cacharel
Le Mas Cacharel, hôtel au cœur de la Camargue
Les photos aériennes en disent plus que mille mots : le Mas Cacharel est vraiment un lieu préservé, un bijou au cœur des étangs et des marais de Camargue. Il est seul au milieu des immensités, comme une île posée sur les eaux, et à perte de vue, ce ne sont que marais couverts de salicornes, de saladelles et d’oiseaux colorés, chevaux, taureaux et roselières où nage le peuple aquatique. Le Mas n’est qu’à cinq minutes de voiture (cinq kilomètres) de la capitale de la Camargue, le village des Saintes Maries de la Mer, des plages et de l’animation, mais son isolement sublime lui confère une noblesse à part. Ici, on se sent privilégié, loin du monde.
Flamants roses traversant l’orage devant le mas ; novembre rouge sur les marais devant le mas ; photo aérienne du mas Cacharel (fournie par l’hôtel)
Du printemps à l’automne, le petit déjeuner se prend dehors, sous le figuier ; l’hiver, dans la superbe salle de réception, qui est un véritable musée de la Camargue. Aux beaux jours, on peut profiter d’une magnifique piscine dont la décoration élégante évoque des thermes romaines, et au bord de laquelle j’ai dormi à l’ombre, l’été dernier.
Le Mas Cacharel, un hôtel plein de charme et d’élégance en Camargue
Le mas possède sa propre manade – le mot camarguais pour les troupeaux de chevaux – et on peut les voir se reposer dans les grands champs qui entourent l’hôtel. Le mas Cacharel propose donc des promenades à cheval dans les marais, jusqu’à la plage – je vous en dis plus dans la suite de l’article.
Pour voir plus de photos des installations, des chambres, et en savoir plus sur les services proposés, consultez le site de l’hôtel Cacharel.
Le Mas Cacharel, île au milieu des étangs.
Conseil pratiqueimportant : Si vous n’avez pas la chance de gagner notre jeu concours et de gagner deux nuits à Cacharel, mais que vous souhaitez réserver un séjour dans ce bel hôtel, passez par le site officiel, et non par un site tiers type Booking. En effet, Booking et consorts prennent une commission très importante, qui pénalise les hôteliers – ce qui fait que nombre d’entre eux choisissent d’avantager les personnes qui réservent en direct sur leur site. A Cacharel, il y a par exemple une différence de quinze euros, correspondant aux frais prélevés par Booking… Vous pouvez consulter ici les tarifs complets de l’hôtel.
Je suis folle des lumières de Camargue, le pays où l’eau décuple le ciel. C’est le règne de l’horizontalité vertigineuse, et les crépuscules semblent embraser tout le cercle…
L’âme et l’histoire du mas Cacharel, hôtel authentiquement camarguais
Pour que vous compreniez à quel point le Mas Cacharel est un lieu unique dans la mémoire de la Camargue, il faut que je vous raconte l’histoire de ce delta du bout du monde, entre les deux bras du Rhône.
Carte du delta de Camargue.
Pendant longtemps, la Camargue est une terre inhospitalière, en marge de la France, un pays de marécages dangereux, de sables mouvants, où des paysans pauvres font vivre tant bien que mal leurs troupeaux. Puis le marquis Folco de Baroncelli, issu d’une famille noble d’origine florentine, la découvre à la fin du XIXe siècle, et en tombe follement amoureux. Pour lui, la Camargue, c’est l’Atlantide, la terre promise jaillie des eaux – l’endroit où il pourra donner corps à son idéal provençal. Il décide de s’installer en Camargue, et fonde la Nation Gardiane, donnant aux manadiers qui gardent les troupeaux une corporation, un costume, un honneur. Le trident des gardians, l’ancre des navires, et le cœur de l’église Notre Dame de la mer lui inspirent la croix de Camargue, emblème du pays, dessinée par son ami le sculpteur Hermann Paul. A l’époque où Frédéric Mistral redonne ses lettres de noblesse à la Provence, Baroncelli rejoint le mouvement, et jette son dévolu sur cette Provence aqueuse et sauvage, à qui il consacrera toute sa vie. C’est lui qui tend la main aux Gitans, qu’il considère comme les rescapés de l’Atlantide, et les associe au pèlerinage des Saintes Maries. C’est lui qui « invente la Camargue », et codifie les processions, les chants, les coutumes qui donnent au pays sa fierté et son âme. Aujourd’hui encore, les Gardians, les Provençaux et les Gitans se réunissent sur son tombeau à la fin du pèlerinage de mai, pour une messe en provençal.
Cérémonie au tombeau du marquis de Baroncelli. Gardians à cheval, arlésiennes, et la reine des Gitans, Esmeralda, faisant un discours en hommage à celui qui leur a ouvert les bras de la Camargue.
Folco de Baroncelli est l’arrière-grand-père de Florian Colomb de Daunant, le propriétaire du Mas Cacharel. Sa mère Monique, petite fille de Folco, épouse un autre personnage mythique de la Camargue : Denys Colomb de Daunant.
Denys Colomb de Daunant est un poète, écrivain, manadier, dandy érudit et symbole d’une véritable renaissance camarguaise. Après la seconde guerre mondiale, il épouse Monique et vient s’installer en Camargue, poursuivant à son tour un rêve de liberté et d’expression artistique. Il fonde Cacharel, qui restera longtemps sans électricité (Denys ne voulait pas que des lignes électriques défigurent le paysage !), et en fait le refuge des artistes, des écrivains, des amoureux de la nature et de la vie sauvage. C’est Monique et Denys qui auront l’idée du film qui mettra à cheval des générations d’enfants, Crin-Blanc, l’histoire d’un petit garçon qui dresse un cheval sauvage, dans les marais de Camargue. Crin-Blanc sera tourné à Cacharel – aujourd’hui encore, on peut voir la cabane du gardian. Florian Colomb de Daunant et Sylvie Brunel ont publié en 2016 chez Actes Sud un livre magnifique racontant l’histoire de Crin-Blanc et de Denys,Crin-Blanc ou L’invention de la Camargue : L’oeuvre de Denys Colomb de Daunant
Crin Blanc ou l’invention de la Camargue, au coeur de l’histoire de Cacharel
Voilà l’histoire de Cacharel : un double héritage de rêve et de passion, qui vit encore aujourd’hui dans ce lieu dont l’authenticité n’est pas feinte. Jetez un coup d’œil à la réception de Cacharel : c’est un véritable musée de la Camargue, où on trouve toutes les affiches des films de Denys, et nombre d’objets traditionnels camarguais. Au-dessus de la porte se dresse la barque des Saintes Maries, symbole du village. Et dans la cour, trois oiseaux qui s’envolent au-dessus d’un calvaire commémorent la mémoire de Denys, le fondateur des lieux, l’esprit qui veille sur Cacharel…
Cacharel, coeur de Camargue. En haut : la réception. 2e ligne : Denys Colomb de Daunant. 3e ligne : musiciens de Camarkas venus chanter à Cacharel, croix de Cacharel en mémoire de Denys. En bas : coucher de soleil sur Cacharel
Que voir, que faire en Camargue ? Idées pour un séjour camarguais
* Explorer la Camargue à cheval
Depuis Crin Blanc, le merveilleux film qui célèbre les petits chevaux blancs de Camargue et l’insatiable soif de liberté que leur galop nous évoque, tout le monde le sait : la Camargue est le pays des chevaux. Si vous êtes débutant, mais que vous rêvez de voir le monde se balancer au rythme d’une crinière, c’est le lieu idéal pour vivre votre baptême d’équitation. Si vous êtes cavalier confirmé, et que vous rêvez de galops le long de la plage, à travers la pinède et les étangs, de voir les flamants s’envoler devant vous et d’approcher les majestueux taureaux noirs, votre rêve sera facile à réaliser. La Camargue est le paradis de la promenade à cheval, et le Mas Cacharel propose toute l’année des balades de durée et de difficulté variable, en fonction de vos envies et de votre niveau.
Fabuleuses promenades à cheval au bord de la mer, en partant du mas de Cacharel. (Pour tout vous dire : non, la jument dorée n’est pas une camarguaise. C’est ma jument chérie, et elle s’appelle Amarante. En effet, si vous êtes cavalier, vous avez la possibilité d’amener votre cheval à Cacharel – n’hésitez pas à en parler à Florian. Et sinon, ne vous en faites pas, des chevaux Camargue magnifiques, bien traités, bien dressés, sont à votre disposition).
Pour une première expérience, partez une heure le long des marais de la route de Méjanes, allez observer les taureaux et les oiseaux, et prenez confiance en douceur.
Si vous êtes déjà cavalier, vous pouvez partir en randonnée jusqu’à la mer. Cela restera un de mes plus beaux souvenirs équestres : traverser les étangs profonds en me fiant au pied sûr de mon cheval, jaillir au milieu des dunes, dans un paysage incroyablement sauvage, et galoper sur la plage immense, déserte, comme si le monde était à moi… Je recommande vivement cette expérience magique aux amoureux des chevaux.
Pour les petits groupes de cavaliers, le Mas Cacharel peut aussi parfois organiser une journée exceptionnelle de randonnée à travers la pinède et la plage du Grand Radeau. Ce sont des paysages inouïs – une sensation de bout du monde, d’éden retrouvé… N’hésitez pas à vous renseigner auprès de Florian Colomb de Daunant, le propriétaire de Cacharel.
Souvenirs de rando équestre avec les chevaux de Cacharel. En haut : plage Est. En bas : au Grand radeau.
*Découvrir les plages des Saintes Maries de la Mer
Bien sûr, au cœur du village des Saintes Maries de la Mer, vous trouverez plusieurs petites plages familiales, très sympathiques et sûres, où les enfants adorent jouer. Mais pour qui rêve d’horizons sauvages et d’espaces infinis, les Saintes Maries ont d’autres trésors en réserve.
Prenez la direction de la plage Est des Saintes Maries de la Mer. L’horizon s’agrandit, l’espace décuple. Sur les premières centaines de mètres, vous trouverez quelques restaurants de plage cultivant leur solitude, comme le Bambou Palm Beach et ses transats orange. Plus vous avancez, plus la solitude s’accroît. Vous entrez au cœur du secret. La plage Est des Saintes Maries de la mer est la plus grande, la plus sauvage des plages de la côte d’Azur. Imaginez un paysage de dunes à l’infini, une étendue qui rappelle les plages de l’Atlantique ou du nord – herbes folles, immensités blanches, lys des sables, et au loin, très très loin, comme un hologramme au fond, Marseille, rappelant que la civilisation continue d’exister quelque part…
En haut : mon amie Camille, ravissante sur la plage Est. Au milieu : la plage du Grand radeau. En bas : Bambou Beach, resto de plage super sympa sur la plage Est.
L’immensité de la plage Est des SaintesLes dunes sauvages de la Plage Est
De l’autre côté du village, au-delà du bac du Sauvage qui traverse le petit Rhône, se trouve une plage plus secrète encore : la plage du Grand Radeau. L’hiver, elle est accessible à tous, et révèle la beauté de ses paysages de bout du monde, ses cabanes en bois flotté, ses fleurs sauvages. L’été, un garde en défend l’entrée, et la réserve aux habitants des Saintes Maries, ou à ceux qui ont obtenu un laisser-passer en mairie. Inutile de chercher à déjouer sa vigilance, le garde est inflexible. Mais vous pouvez contourner l’interdiction en étant accompagné d’un guide local – par exemple, en partant à cheval pour la journée au Grand Radeau avec les chevaux du Mas Cacharel. Mais si vous n’êtes pas cavalier, ni doté d’un laisser-passer, vous pouvez tout de même explorer les berges du Petit Rhône… et découvrir la Camargue sauvage.
Au Grand radeau.
*Se perdre sur les bords du petit Rhône
A l’Ouest des Saintes, le long du Petit Rhône, se déploie un paysage qui rappelle le Mississipi ou les bayous de Louisiane. Au fil des méandres du fleuve, les berges se couvrent d’une jungle luxuriante, et des taureaux paissent dans les marais… De petites maisons de bois, juchées au-dessus d’un ponton, se cachent dans la végétation. C’est un paysage totalement surprenant et dépaysant, et vous jurerez n’être plus en France.
Vous pouvez explorer ces paysages typiques de la Camargue en partant en croisière sur le bateau le plus célèbre de Camargue, un bateau à roues à aubes comme aux USA, rouge et blanc, le Tiki III. La balade est un incontournable camarguais, et vous permettra d’entrer au cœur du paysage.
Envie de rester plus longtemps ? Prenez votre voiture, et traversez le bac du Sauvage, sur le petit Rhône. Même si vous n’êtes pas accompagné d’un habitant des Saintes, et que vous n’avez pas de laisser passer pour la plage du Grand Radeau, vous pourrez randonner le long des canaux, et déjeuner dans une des guinguettes les plus typiques de Camargue, la mythique Cabanette du sauvage. Goûter aux spécialités camarguaises au milieu des tamaris et des hamacs, sous une maison de gardian en toit de roseaux, avoir l’impression d’être revenu cinquante ans en arrière… c’est une expérience camarguaise unique.
Sur les bords du Petit Rhône. En haut : le célèbre Tiki III. 2e ligne : les taureaux sur les berges. 3e ligne : la Cabanette du sauvage et le bac du Sauvage. 4e ligne : grenouilles, ragondins, taureaux… les animaux du Rhône. En bas : un petit air de Louisiane, version Camargue
*Visiter les Saintes Maries de la Mer, capitale de la Camargue
Les Saintes sont véritablement le cœur de la Camargue. Les arènes, la Place des Gitans, au centre de laquelle trône une carrière pour les démonstrations équestres, la statue de Crin Blanc sur le rond-point principal, le musée Baroncelli, les magasins vendant des vêtements des Indiennes de Nîmes, des bottes gardiannes ou des selles camarguaises… tout dit l’identité puissante de ce pays hors-normes.
Mais le plus beau lieu des Saintes, c’est incontestablement son église, Notre Dame de la Mer, bâtie comme une forteresse, gardant depuis des siècles ses fidèles du mal, de la mer et des ennemis crachés par les flots. Pour les chrétiens, elle est un lieu de pèlerinage à la puissance symbolique inouïe : elle serait la « Porte de la foi », la première église établie sur le sol français. On raconte que les saintes Marie Salomé et Marie Jacobé, disciples de Jésus, accompagnées de la vierge noire Sara, sainte patronne des gitans, seraient arrivées en Camargue dans une barque sans rames, ni voiles, après une longue errance en mer Méditerranée. Contraintes de fuir la Palestine sous la pression romaine, elles auraient trouvé refuge en Gaule, et établi les premières communautés chrétiennes. Au XVe siècle, le plus célèbre des rois de Provence, René, commande des fouilles sous l’église, et découvre deux squelettes de femme sur un bloc de marbre toujours exposé dans l’église, « l’oreiller des Saintes ». Les reliques sont conservées dans des châsses en hauteur, et descendues deux fois par an, lors des pèlerinages d’octobre et de mai. Le pèlerinage d’octobre est moins médiatisé, fréquenté principalement par les gens du pays ; le pèlerinage de mai est associé au célèbre pèlerinage des Gitans, qui voit se réunir les peuples du voyage de toute l’Europe, et met tout le village en effervescence.
Les Saintes Maries de la Mer, capitale de la Camargue.
L’église des Saintes Maries, Notre Dame de la Mer
Vue depuis le toit de l’église.
Le pélerinage des Gitans.
Processions solennelles.
Scènes de vie pendant le pélerinage des Gitans, fin mai.
Emblèmes gitans et foule immense sur la plage
En haut à gauche, vêtue de rouge, la reine des Gitans : Esmeralda.
Mais ces deux manifestations sont loin d’être les seules qui rythment l’année…
*Plonger au cœur des traditions camarguaises aux Saintes Maries
Il faut le savoir : les Saintes sont en fête tout le temps, toute l’année, et toutes les occasions sont bonnes. La Camargue vit de la célébration de son identité, et il s’y passe toujours quelque chose. N’hésitez pas à consulter l’agenda de l’office du tourisme ou, mieux encore, à leur passer un coup de fil, pour savoir quelles manifestations sont prévues. Car aux Saintes Maries, toute inauguration, tout mariage, toute naissance, tout décès est le prétexte à des jeux équestres, des processions, des parades… Parmi les traditions les plus célèbres, on compte « l’abrivado », conduite des taureaux à travers la ville sous l’égide des gardians à cheval, la « roussataïo », transhumance des juments et de leurs poulains, les danses des Arlésiennes, et la course camarguaise. Si, comme moi, vous êtes horrifié par la corrida et son sadisme sanguinolent, vous préférerez la course camarguaise, où il faut retirer un pompon entre les cornes du taureau, et où aucun mal ne lui sera fait, bien au contraire : les taureaux de course camarguaise sont de vraies stars, choyées et plébiscitées du public, et on écrit leur nom en gros sur l’affiche ! Les plus célèbres ont même eu droit à une statue d’eux devant les arènes.
Les grands moments sont les pélerinages de mai et d’octobre, le Festival d’abrivado le 11 novembre, avec des milliers de chevaux sur la plage, la Fête du cheval autour du 10-20 juillet, avec un fabuleux spectacle équestre aux arènes et le célèbre son et lumière Songe d’une nuit en camargue au mas de Sylvéréal… mais il se passe des choses toute l’année. N’hésitez pas à demander conseil à Cacharel !
Tradition camarguaises. Offrandes à Sara dans la crypte de l’église, bal sur la place des Gitans, course camarguaise, abrivados.
Un de mes moments préférés : les abrivados du 11 novembre sur la plage.
Et si vous rêvez de théâtre équestre, alliant performance, chant et danse, dans une belle ambiance gitane, allez assister à un spectacle de Camarkas.
*Bonnes adresses : où manger aux Saintes maries de la mer
Mes restaurants préférés
* Le plus authentique : le Bord de Mer est le restaurant du dernier pêcheur des Saintes, qui part tous les matins en mer et sert sa pêche dans ce joli restaurant avec vue sur la Méditerranée. Le tartare de poissons du jour est un régal. Le cadre est doux et romantique. J’y suis fidèle depuis des années.
* Le plus original : Ô Pica Pica est un restaurant de fruits de mer qui vous sert des produits… dont vous n’aurez jamais entendu parler de votre vie, des coquillages totalement surprenants et délicieux, dans de grandes assiettes à partager. Le décor dépaysant rappelle Pirate des Caraïbes, et tout le monde s’y presse – réservation conseillée.
Un des meilleurs restaurants des Saintes Maries : fruits de mer à O Pica Pica
* Le plus festif : Le Piccolo propose un excellent buffet camarguais et met l’accent sur la fête, en invitant des musiciens, des danseurs… Un super endroit coloré pour découvrir la musique gitane.
* Le plus estival : au cœur de l’action, la Siesta est une brasserie d’été où on sert de grandes salades fraîches et délicieuses, et où on joue de la musique live
* Le plus balnéaire : sur la plage Est, le Bambou Palm Beach est un vrai resto de plage, avec possibilité de manger allongé comme les romains, chaises longues, ambiance exotique… très sympa.
* Le plus guinguette : en face du bac du Sauvage, La Cabanette du sauvage est la guinguette la plus célèbre de Camargue, et un endroit hors du temps.
N’hésitez pas à vous promener dans les rues du village à la recherche de vêtements gardians et provençaux.
Au coeur du village.
*Observer les flamants roses au parc ornithologique du pont de Gaud
A quelques kilomètres du Mas Cacharel se trouve un des parcs ornithologiques les plus célèbres d’Europe : le fabuleux parc ornithologique du pont de Gaud. C’est un enchantement. Au cœur des roselières se pressent des centaines et des centaines d’oiseaux, notamment des hérons, des aigrettes, et l’emblème de Camargue, le célèbre flamant rose – qui doit sa couleur à un pigment coloré contenu dans les crevettes qu’il consomme !
Moments magiques au parc ornithologique du pont de Gaud
Deux choses à savoir pour que votre visite soit magique : * Le plus beau moment, c’est le soir, autour de 17/18h, lorsque les gardiens du parc nourrissent les flamants roses et qu’ils accourent par milliers. Le spectacle est incroyable.
* N’hésitez pas à venir en hiver. C’est en novembre que les flamants se parent de leurs nouvelles plumes, et leurs couleurs sont beaucoup plus vives, beaucoup plus intenses que l’été. C’est aussi la saison où les salicornes sont rouges, et où la Camargue est multicolore…
Vous y verrez aussi des hérons et ragondins…
Envol dans les roselières…
*Sur les traces de Saint Louis : visiter Aigues Mortes
A une trentaine de minutes du Mas Cacharel se trouve la sublime cité médiévale d’Aigues Mortes, qui fut, au Moyen-Âge, le seul port sur la Méditerranée du royaume de France, et d’où Saint Louis partit en croisade. La visite des remparts propose une exposition passionnante sur Saint Louis, le plus aimé des rois de France, la récolte du sel en Camargue, et les temps sombres des guerres religieuses, lorsque les protestants furent emprisonnés à Aigues-Mortes.
Du sommet des remparts, la vue sur les salins – qui revêtent une couleur rose au soleil ! – est fabuleuse.
Aigues-Mortes, salins roses et remparts majestueux
*Au cœur du Vaccarès : la Digue à la mer
L’étang de Vaccarès et le bois des Rièges forment une zone protégée, cœur du parc naturel régional de Camargue. L’accès est aujourd’hui interdit, mais demandez à Florian Colomb de Daunant, le propriétaire du Mas Cacharel, de vous raconter ses histoires et de vous montrer les photos : avant que la zone soit interdite au public, il y a joué toute son enfance ! Et pour vous approcher au plus près du cœur du Vaccarès, les cyclistes pourront partir pour une randonnée exceptionnelle, en suivant la digue à la mer, qui traverse la Camargue et la protège des vagues marines. Plus d’infos sur cette randonnée en suivant ce lien. Retrouvez également d’autres itinéraires de découvertes ici. J’ai parcouru le parcours qui va des Saintes à Beauduc en passant par le phare de la Gacholle à vélo, et j’ai adoré cette expérience au coeur de la Camargue.
Vélo au coeur de l’étang du FangassierChevaux à Cacharel. En haut : toujours ma jument, Amarante, vous l’aurez reconnue 😉
J’espère que ce tour d’horizon de la Camargue, centré autour de son plus bel hôtel, vous aura plu, et que vous savez désormais que voir, que faire en Camargue, et comment profiter au maximum de votre séjour en Provence, côté nature ! N’hésitez pas à vous abonner à la newsletter d’Itinera Magica, blog de voyage qui va de la Provence au bout du monde !
Que faire en Camargue ? Le guide à épingler sur Pinterest !
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Saviez-vous qu’au sud de la Drôme barbotent des centaines de crocodiles, alligators, pythons, iguanes, tortues géantes et toutes sortes d’autres reptiles extraordinaires ? La Ferme aux crocodiles, à Pierrelatte, est célèbre dans le monde entier pour le nombre de reptiles et les espèces rares (et parfois dangereuses !) qu’elle présente dans un environnement tropical luxuriant. Visiter la Ferme, c’est plonger au cœur de Jurassic Park. N’oubliez pas de garder votre sang froid…
Python réticulé
La ferme aux crocodiles : des reptiles rares et magiques
Trois cents crocodiles du Nil, dans un décor de papyrus et de plages aux eaux troubles, ainsi que des alligators albinos, les rares gavials du Gange, des crocodiles du Mexique ou de Chine. Des varans, des tégus, des iguanes, des tortues des Galapagos, des tortues des Seychelles, des tortues Sulcata, des tortues alligator, des tortues de Bornéo, des pythons réticulés de 5m de long… La Ferme aux crocodiles donne le vertige. Pour les amoureux des reptiles, c’est tout simplement le paradis.
Ambiance tropicale
J’ai grandi en Drôme provençale : autant vous dire que la Ferme aux crocodiles, un des sites touristiques les plus appréciés de la région Rhône-Alpes, faisait partie du patrimoine et du mythe. Quand j’étais petite, il n’y avait que les crocodiles du Nil, et le spectacle était déjà démentiel : je suis allée avec l’école assister au nourrissage des monstres, et certains de mes petits camarades ont fait des cauchemars pendant trois jours après les avoir vus se projeter en l’air et se battre pour une carcasse de poulet. A l’époque, la ferme était alimentée en eau chaude par les rejets de la station d’enrichissement d’uranium Eurodif, ce qui nous fascinait : nous imaginions une eau radioactive baigner les œufs et faire naître des crocodiles de douze mètres de long qui dévoreraient tout Pierrelatte. (En 2012, Eurodif a changé de méthode, et la ferme a dû trouver d’autres sources d’alimentation. Le fantasme du Tchernobyl reptilien semble écarté.)
L’eau de cette cascade est garantie sans uranium.
Depuis, la Ferme a changé de propriétaire, et s’est considérablement agrandie et diversifiée. Son directeur, Samuel Martin, est vétérinaire, fou de reptiles et d’animaux bizarres, le genre de baroudeur qui part remonter le Mékong pour capturer des piranhas, et qui préfère passer ses vacances sur l’île de Komodo avec des varans capables de lui arracher la tête plutôt qu’au Club Med. C’est grâce à lui que la Ferme n’est pas qu’un zoo, mais aussi un centre de recherches dédié à l’étude, la conservation et la protection des espèces rares, comme l’exceptionnel gavial du Gange, un crocodilien à qui le long nez pointu ne permet de manger que des poissons. (Je demande à Samuel si je peux aller nager avec les gavials, du coup. Réponse : ça ne mange que des poissons, mais ça reste capable de mordre un intrus venu patauger dans leur bassin.) C’est grâce à lui que la Ferme aux crocodiles est une véritable caverne d’Ali Baba, avec des dizaines de créatures rares et un peu magiques qu’on découvre les yeux écarquillés.
Dr Samuel Martin avec une tortue de Bornéo, dans un bassin en « backstage ». Certains animaux ne sont pas visibles au public, car ils doivent être soignés, sont en observation, en reproduction, etc. La ferme cache toute une partie secrète avec des tas d’autres animaux.
Je suis venue des dizaines de fois à la Ferme, bien sûr. Chaque fois que j’ai des amis qui viennent d’ailleurs, et que j’ai pour mission de leur faire découvrir ma région natale, la Ferme est une étape incontournable. Quand j’étais petite, j’ai assisté à l’éclosion d’un bébé crocodile – les incubateurs où couvent les œufs sont visibles au public. Récemment, j’ai filmé les ébats bruyants des tortues Sulcata africaines en plein accouplement (je vais mettre la vidéo sur la page Facebook Itinera Magica, si cela vous intéresse. Je suis sûre que cela vous intéresse.) Mais je n’avais encore jamais eu droit à la visite VIP, avec immersion dans le monde des reptiles, bisous aux pythons et tout ça. C’est désormais chose faite, grâce à Samuel et à Emilie, l’une des membres de l’équipe soignante chargée du bien-être de la ménagerie à écailles. Emilie a un job dont beaucoup rêvent… ou cauchemardent, c’est selon : elle nourrit et soigne les animaux, elle descend dans la fosse, au milieu de trois cents crocodiles du Nil, quand l’un d’eux a besoin d’un traitement, elle donne des petits noms aux tortues et aux iguanes, les connaît tous par cœur, et fait preuve d’énormément de dévouement et d’attention envers ses protégés. Elle a suivi un cursus rare et sélectif pour obtenir l’agrément à manipuler des animaux sauvages potentiellement dangereux, et connaît les besoins de chaque espèce sur le bout des doigts. Je la suis pour une plongée de l’autre côté des vitres…
Emilie, celle qui choye les tortues, pythons et les bébés crocodiles de la ferme, avec passion !
La nurserie, où éclosent et grandissent les bébés crocodiles et tortues
Tous les printemps, les femelles de la ferme vont pondre sur les plages de sable aménagées à cet effet. C’est alors un vrai défi pour les soignants, qui doivent récupérer les œufssans se faire croquer par les femelles furieuses, et sans trop les secouer, sous peine de décoller l’embryon. Pourquoi récupérer les œufs ? Pour contrôler les naissances, et éviter que des milliers de crocodiles du Nil déferlent sur la Drôme. Et pour faire éclore les quelques bébés dans les meilleures conditions possibles, dans des incubateurs à température parfaite : saviez-vous que c’est la température qui détermine le sexe de l’embryon ? J’adore l’idée de concocter un mâle ou une femelle en réglant le thermostat. Une fois cuits à point, les bébés rejoignent la nurserie, où j’assiste à leur repas… des souris (mortes) découpées en morceaux, qu’ils continuent de déchiqueter en se balançant les boyaux de gueule en gueule. Gloups. Clairement, je vais avoir du mal à convaincre les crocodiles de #goveggie et de partager mon steak de tofu.
Le repas des bébés crocodiles…. Ceux du haut ont deux ans, ceux du bas sont nés cet été.
Le repas des crocodiles, ou le combat de catch
Les crocodiliens sont des carnivores stricts, et à l’heure du repas, on sort des chambres froides poulets (pour les adultes) et souris (pour les jeunes) congelées pour une mêlée impressionnante. Tous les crocodiles accourent, et le spectacle est sidérant : jusqu’alors, seuls une trentaine de crocodiles étaient visibles sur les rives et les rochers. Aussitôt que la distribution commence, toute l’eau se met à frémir, et des profondeurs accourent des dizaines de reptiles énormes et affamés. Ils courent, se battent, se disputent les morceaux de poulet, dans de grands claquements de mâchoire. Emilie m’explique qu’il est totalement interdit de descendre dans la fosse dans l’heure qui suit la nourriture des crocodiles : surexcités, ils risqueraient d’attaquer les soigneurs… Je comprends mieux comment on peut se faire happer en quelques secondes par un crocodile à l’état sauvage : ils jaillissent de l’eau trouble avec la vélocité d’un lézard et la puissance d’un tyrannosaure. Rescapés de la grande extinction du Trias-Jurassique, qui a vu les dinosaures disparaître, les crocodiles sont vraiment des survivants de la nuit des temps, incroyablement semblables aux fossiles de leurs ancêtres d’il y a deux cent millions d’années. C’est ce qui est vertigineux avec les reptiles : la certitude qu’ils nous survivront.
Crocodile affamé !
A l’heure de la nourriture à la Ferme aux crocodiles…
Fossile de crocodile, exposé à la ferme.
J’assiste ensuite au repas des gavials du Gange, une espèce gravement menacée à l’état naturel, et que la ferme cherche à faire reproduire. Eux se nourrissent de poisson. Moment fabuleux : un gavial caché sur les hauteurs de la cascade, jusqu’alors invisible, jaillit de son bassin et fait un saut de deux mètres pour accourir au repas.
Le gavial du gange et son long nez
Le saut du gavial !
Des tortues à la folie !
Si vous avez lu mon article sur les Seychelles, vous le savez : je suis tombée amoureuse des tortues d’Aldabra, tortues endémiques de ces îles perdues au milieu de l’océan Indien, et qui détiennent le record de la plus grande tortue terrestre du monde.
Aux Seychelles avec mon amie la tortue d’Aldabra. L’article ici
Petit point Guiness des records : la plus grande tortue du monde toutes catégories confondues est la tortue luth, qui est marine. Malheureusement, on n’en voit pas à la ferme, car son environnement est trop difficile à reconstituer dans de bonnes conditions. Pour les tortues terrestres, le record est détenu par mes seychelloises adorées, qui raffolent des bananes et qui sont aussi mignonnes et sympa que celles de là-bas. Si je vous ai fait rêver avec mes histoires des Seychelles, mais que ça fait un peu loin, n’hésitez pas, allez à Pierrelatte à la place !
Avec mon amie la tortue, à la ferme aux crocodiles. Petit bout des Seychelles à Pierrelatte !
En deuxième position viennent les tortues des Galápagos. Là encore, ce sont de merveilleuses bizarreries de l’évolution, tenues loin du monde sur un archipel isolé au large de l’Equateur, hors des routes marines.
Et voilà, nous sommes arrivés en Equateur.
En troisième position viennent les tortues sillonnées africaines, dites Sulcata. (Ce sont elles que j’ai vues en pleine action). La ferme aux crocodiles a aussi plein de bébés de cette espèce. Mais le monde des tortues est encore plus riche et fascinant que ce que j’imaginais. La ferme compte aussi des cistudes, nos tortues européennes menacées, des tortues d’Herrmann, des tortues à carapace molle (Apalone ferox), des tortues à nez de cochon d’Asie du Sud-Est, des tortues de Bornéo, et ma chouchoute, la fabuleuse tortue alligator dont la morsure peut trancher un doigt… Je suis aux anges.
Cistudes, bébés sulcatas et tortue à nez de cochon.
Tortue à nez de cochon, originaire d’Asie du Sud-Est.
Bisous au python de cinq mètres de long
Me voici ensuite en mode Indiana Jones. Avec Samuel (et un bâton courbé spécialement conçu pour les écarter, au cas où, on ne sait jamais…), j’entre au cœur de l’île aux pythons, où vivent des pythons arboricoles, dont le fabuleux python réticulé qui peut faire plus de dix mètres de long. Alors que je cherche à tirer le portrait à l’animal, Samuel me conseille de me méfier un petit peu : les pythons arboricoles ont une détente prodigieuse, et peuvent très bien me sauter à la figure pour se défendre. Ils n’ont pas de venin, ce sont des constricteurs, et ne me mordront pas – mais me prendre un uppercut par un python de six mètres de long incroyablement musclé, cela doit être désagréable. Samuel m’explique que la détente du python dépend de la courbure de son corps : plus l’animal a formé de « S », plus il a bandé ses muscles, et plus son attaque peut porter loin. Un python étendu de tout son long ne pourra pas se projeter pour sauter sur sa proie, un python « plié » en position d’attaque pourra atteindre un animal situé à plusieurs mètres… Je m’écarte donc précautionneusement de la jolie bestiole pliée en accordéon, bien que je sois fascinée par le dessin et les couleurs de ses écailles.
Sur l’île aux pythons !
Samuel voit que les pythons m’ont captivée. Ils me proposent donc d’en caresser un – pas un python réticulé, qui risque trop de ne pas apprécier et d’essayer de me stranguler comme un petit phacochère, mais un python birman, plus pacifique. Et il ne fait que cinq mètres de long, tranquille. Emilie m’emmène donc rencontrer mon nouveau meilleur ami à sang froid. Je suis sidérée par le poids de l’animal. On sent la puissance des muscles, la densité extraordinaire de cette chair de serpent, sous le maillage brillant des écailles. Le python est curieux, et vient sentir mon visage avec sa langue. Etrange baiser de serpent. L’animal est de toute beauté.
Ma rencontre avec le python birman !
L’attaque de l’alligator albinos
Mais je n’ai pas encore eu de face à face avec un crocodilien – je n’ai malheureusement pas le droit de descendre dans la fosse aux trois cents crocodiles du Nil. Samuel me propose donc de le suivre dans l’enclos d’un animal rare, un alligator albinos. L’espèce, l’alligator de Floride, est assez commune : on la trouve à l’état sauvage dans les Everglades, ces grands marais fabuleux qui couvrent le cœur de la Floride. Ce qui est exceptionnel, c’est cette dépigmentation qui rend l’animal entièrement blanc. La ferme possède deux femelles et n’a pas de projet de reproduction : il s’agit d’un handicap qui empêcherait la survie de l’alligator à l’état sauvage, étant donné qu’il voit moins bien, régule moins bien sa température, et se camoufle très mal. Les alligators albinos ne peuvent vivre qu’en captivité, et ne sont pas à proprement parler une espèce à protéger – plutôt une très belle bizarrerie de la nature. L’allure de ce crocodilien tout blanc est saisissante. Mais alors que je suis en train de l’admirer, voilà que la femelle jaillit soudain hors de l’eau, et fait un bond dans notre direction, avec une puissance qui me sidère : elle saute de l’eau à la rive avec l’agilité d’un chat. C’est pour moi la leçon du jour : si vous êtes dans une zone à crocodiles, ne sous-estimez jamais leur détente et leur rapidité. Ici, la femelle ne veut pas nous attaquer – elle veut simplement qu’on la laisse tranquille. Message reçu. Salut, beauté.
L’alligator blanc, pas content du tout.
Iguanes, oiseaux et poissons exotiques
Les découvertes continuent.
Petit moment tendresse dans l’enclos des iguanes, où je vois un tégu aller faire des câlins à un iguane rhinocéros – une espèce d’iguane extraordinaire, avec un crâne osseux protubérant qui fait effectivement penser au casque cornu du rhinocéros.
Tégu et iguane rhinocéros.
Comme tous les jours à seize heures, les oiseaux de la ferme sont nourris, et je les vois tous accourir, ibis, hérons, calaos, merles métalliques, pour un repas de criquets et de vers.
Hérons garde-boeufs.
Dans le bassin sud-asiatique, des poissons fabuleux ondulent dans l’eau sombre, gouramis géants, poissons couteaux, poissons dragons…
Je ne pourrai même pas tout voir aujourd’hui : la ferme possède une large extension en plein air, où crocodiles, tortues et nombre d’autres animaux ont accès à l’extérieur. Mais le jour de ma visite, il pleut des cordes et il fait un froid terrible ; tout le monde s’est mis à l’abri. L’été, c’est un bonheur de déambuler au milieu des roseaux, et de voir surgir un crocodile profitant du soleil dans son enclos extérieur.
La ferme est aussi célèbre pour ses espèces végétales : pas moins de 600 plantes tropicales poussent sous l’immense serre, dont des bananiers, papayers, des nénuphars géants, des baobabs, etc. La ferme organise des visites botaniques axées sur la découverte des plantes (le concept m’amuse beaucoup : j’imagine bien l’ambiance, « admirez le pistil de l’hibiscus, ah oui un crocodile de quatre mètres de long vient de passer sous vos pieds, mais regardons plutôt ce frangipanier… »). Ici, on s’applique à proposer, dans un décor merveilleux et avec un nombre d’animaux rare, un tour du monde des créatures incroyables, à mieux les comprendre et les protéger. Si vous passez par la Drôme – faites un tour à Jurassic Park.
La grande serre tropicale.
Visiter la ferme aux crocodiles : carnet pratique
Accéder à la ferme aux crocodiles
– La ferme est située au sud de la Drôme, à Pierrelatte. Elle est facilement accessible par l’autoroute A7, qui traverse la vallée du Rhône (sortie Montélimar Sud ou Bollène). Le parking est gratuit et facile.
Sachez qu’il y a également une gare TGV à Montélimar – mais je vous conseille de louer une voiture, car les transports en commun sont un peu compliqués et rares dans notre région sans grande ville !
La ferme aux crocodiles : tarifs et horaires
La ferme ouvre de 10h à 17h l’hiver, de 10h à 18h en mars, septembre et octobre, et de 9h30 à 19h d’avril à août.
L’entrée coûte 16 euros pour les adultes, 7,50 pour les enfants, 10 euros pour les accompagnateurs. Tarifs réduits pour les personnes à mobilité réduite et les groupes. Si vous êtes comme moi des grands malades, sachez qu’il y a une carte annuelle.
Un endroit à visiter avec bonne conscience
Peut-être avez-vous lu quelque part une mise en garde recommandant aux touristes de ne pas visiter les fermes aux crocodiles en Asie, où ils sont élevés pour la viande et le cuir, dans des conditions assez difficiles. Rassurez-vous : ce n’est pas le cas à Pierrelatte ! Quand des bébés crocodiles naissent, ils sont destinés à la ferme ou à d’autres parcs partenaires, jamais à la viande ou à la maroquinerie. Aucune forme d’exploitation n’est pratiquée. La ferme, qui est dirigée par un vétérinaire et encadrée par une super équipe de soigneurs, veille au respect des besoins physiologiques des animaux, à leur bien-être, et œuvre à la conservation des espèces menacées, ici et par des actions sur place, par exemple dans le Gange. S’il n’y a par exemple pas d’animaux marins, c’est qu’il est trop difficile de reproduire leur habitat de façon satisfaisante.
Une super sortie familiale
Pendant les vacances scolaires, les mercredis et les week-ends, la ferme organise des tas de choses à destination des enfants, que vous retrouverez sur le site de la ferme ici.
Quand le temps le permet, la zone extérieure compte une super aire de jeux, où vous pourrez voir votre enfant disparaître dans le ventre d’un crocodile géant (un faux, rassurez-vous, chers parents). On peut se restaurer dedans et dehors, acheter des glaces, etc. Sachez par ailleurs que vous trouverez, juste à côté de la ferme, un centre de simulation de conduite sur Formule 1, rallye etc, Ellip6, une parfumerie qui se visite, et plusieurs restaurants. On peut facilement y passer la journée.
Visites et évènements spéciaux
La ferme organise des tonnes de visites et d’animations spéciales, allez consulter le site avant votre visite pour savoir ce qui s’y passe en ce moment.
Renseignez-vous absolument sur les horaires de nourriture des animaux, qui changent en fonction des saisons. (Toujours en suivant ce lien !) Vous avez plus de chances de voir les crocodiles manger en été, où ils sont nourris deux fois par semaine, qu’en hiver, où leur métabolisme ralentit et où ils ne sont plus nourris qu’une fois par mois environ.
Alors ? Un face à face avec des animaux vieux de deux cent millions d’années qui pourraient vous dévorer tout cru, ça vous tente ?
Vous ne connaissez pas les Açores, ces îles portugaises au beau milieu de l’océan Atlantique ? Vous avez de la chance : une grande histoire d’amour vous attend. Encore ignorées par le tourisme de masse, méconnues en France, ces îles d’une beauté inouïe ont tout : paysages volcaniques stupéfiants, forêts luxuriantes, fleurs de toute beauté, villes baroques riches d’histoire, plages superbes. J’ai eu un coup de cœur immense pour cet archipel de légende, terre promise des marins depuis le siècle des grandes découvertes. Que faire aux Açores?
Bienvenue au coeur de l’océan, vous avez retrouvé l’Atlantide.
La grande caldeira de Faial, une des merveilles géologiques des Açores, drapée de mousse.
Plantations de thé et hortensias à Sao Miguel
que faire aux Açores Les îles mythiques des marins
A mi-chemin entre deux continents, perdue au cœur de l’Atlantique, les neuf îles des Açores sont une contrée d’à demi monde, un sortilège envoûtant. Les marins les ont découvertes en partant vers les Amériques, des îles sauvages et noires, à la confluence de trois plaques tectoniques : Afrique, Europe et Amériques. Personne n’y vivait, et le feu dormant éructait à la moindre brise, dessinant cratères et caldeiras. Les Açores sont l’Hawaï de l’Atlantique : une terre âpre et violente, tirée par les caprices de la Terre de l’océan insondable, à qui les marins perdus donnent le visage de leurs fantasmes.
Les lacs presque surnaturels de Sete Cidades, Sao Miguel.
Puffins cendrés prenant leur envol sur l’Atlantique ; au fond, le Morro de Castelo Branco
Les brumes et les légendes des trois mondes les ont envahies. Les Européens ont cru qu’elles étaient le rebord du monde, l’ultime rebord avant la chute vers l’inconnu ; certains ont dit qu’elles étaient des morceaux d’Atlantide, vestiges d’un monde englouti par l’océan jaloux de leur beauté. D’autres ont vu en elles les neuf fées d’Avalon changées en lave, le pays des morts chanté par la mythologie celte : à l’Ouest du monde, là où le soleil disparaît sous l’horizon.
Soleil levant sur le volcan Pico
Dragons et pirates
D’Afrique et du Brésil, les marins ont rapporté la végétation luxuriante, les ananas et les dragonniers, ces arbres à l’exubérance crochue presque terrifiante, et la superstition qui affleure partout sous les églises innombrables. Les Portugais ont su en faire un pont entre l’Ancien et le Nouveau monde, un jardin de feu sur les eaux profondes. Le « peuple de la mer », acharné à conquérir le monde entier, avait trouvé son refuge, le port qui leur ouvrait la voie des ailleurs. Du monde entier, les bateaux des rêveurs continuent de faire escale aux Açores ; le port d’Horta est rempli des fresques qu’ils tracent pour commémorer leurs épopées intimes, leurs tours du monde à la voile et leurs chimères écumantes. Ici on redevient conquistador.
Forêt magique de draconniers à Pico
Pendant longtemps, les Portugais ont tenu secrète l’existence des Açores, afin de les protéger de la piraterie. Elles étaient le scintillement mystérieux dans le blanc des cartes, le trésor caché dont on ne révèle l’emplacement que par énigmes. Puis le secret s’est ébruité, et les pirates sont venus nourrir les légendes et l’effroi. Les Açores ont été une autre Tortuga loin des Caraïbes, un repaire de flibustiers aux dents longues. D’autres peuples plus pacifiques sont venus les peupler – des Portugais, bien sûr, mais aussi des Hollandais, qui y ont apporté les moulins, les vaches et le gouda. On s’est mis à planter le vin à même la lave, pour distiller le nectar des dieux.
Culture de la vigne typique de Pico : les casiers de lave.
Vignes et moulin à Pico
Vaches de Faial
Le feu, les fleurs et les grands yeux des lacs
Le feu continue de couver sous la mousse. A Faial, un cratère est sorti de l’eau en 1957, dessinant au terme d’une monstrueuse éruption un paysage martien. A Pico, au sommet du volcan, la vapeur chaude et les pierres humides témoignent de la respiration du géant. A Furnas, sur Sao Miguel, les sources d’eau chaude bouillonnent au cœur de la jungle.
Capelinhos, sorti des eaux en 1957
Sources d’eau chaude de Caldeira Velha sur Sao Miguel
Sources d’eau chaude et fumerolles (dites caldeiras) de Furnas
Dans les cratères endormis, au fond des gigantesques caldeiras, les plus beaux lacs qui soient se sont formés, comme des yeux profonds ouverts par la mer au cœur des montagnes. Les iris du peuple lacustre revêtent mille teintes : bleu profond, turquoise, vert émeraude, noir de jais, brun ocré. Des chemins ourlés de bruyères transportent les voyageurs au-dessus de ces portails magiques. Du monde entier, on vient randonner aux Açores, on part pour des trails fabuleux le long des chaînes de cratères, dans un océan de fleurs. que faire aux Açores blog Açores
Lagoa do Fogo, Sao Miguel
Sete Cidades, Sao Miguel
Car les hommes ont planté un jardin fabuleux sur la lave. Jamais de ma vie je n’ai vu autant de fleurs qu’aux Açores. Lys roses, hortensias bleus, cryptomerias jaunes, agapanthes mauves, ces créatures raffinées que je ne pensais voir que dans les jardins bien soignés, poussent à l’état sauvage, envahissent les pentes des collines, les fossés, les bas-côtés. On traverse des forêts de couleurs et de pollens, en croyant marcher dans le rêve.
Hortensias sauvages des Açores
Vue sur hortensias
Conteiras jaunes, plante originaire de l’Himalaya
Un secret qui s’ébruite
Dans dix ans, la planète entière se précipitera aux Açores. Les compagnies low-costs commencent à faire venir des vols directs depuis l’Angleterre, l’Allemagne ou la Belgique. Mais à l’heure où je vous écris, à la fin de l’été 2016, les Açores restent un diamant brut. Venez maintenant. Avant les grands hôtels, les clubs tout compris, les bus touristiques au sommet des volcans. Offrez-vous le luxe d’être pionnier.
Oserais-je vous le dire ? Les Açores sont à mes yeux plus belles encore que les Canaries, plus belles encore que le Cap Vert, plus belles encore que Madère. Au sein du groupe d’îles qu’on nomme la « Macronésie » (les îles volcaniques atlantiques, au large des côtes africaines), elles sont le joyau secret, le plus lointain et mystérieux, encore loin du monde. Pour combien de temps ? Les Açores disent qu’elles ne veulent pas devenir les Canaries, mitées par l’urbanisation sauvage, les constructions à même le littoral, le tourisme de masse. Pourvu qu’elles tiennent parole.
Paysages fantastiques des Açores, bocages, volcans et hortensias
Carnet pratique – Que faire aux Açores
Les Açores, paradis de la randonnée
Contrairement à leurs voisines lointaines, Madère et les Canaries, les Açores restent (encore) très préservées du tourisme de masse, de la bétonisation des côtes et de l’uniformisation qui en découle. Si vous êtes amoureux de la nature et des paysages préservés, les Açores sont pour vous. Avec leurs volcans, leurs lacs somptueux et leur végétation luxuriante, c’est un paradis de la randonnée, qui se prête bien à l’organisation d’un trek. Les chemins de randonnée autour de Sete Cidades, du Lagoa do Fogo (Sao Miguel), de la chaîne des dix volcans (Faial) ou de la caldeira géante (Corvo) sont mondialement connus pour leur beauté sauvage.
Ascension du Pico
La toute dernière partie de l’ascension : cordes de lave et vue spectaculaire
Et les plages ?Les plages des Açores
Même si certaines sont magnifiques (mon coup de cœur ? Santa Barbara à Ribeira Grande, sur Sao Miguel), on ne vient pas aux Açores pour les plages. Le tourisme balnéaire n’est pas mis au premier plan, car elles sont peu nombreuses sur cette côte volcanique, si ce n’est à Sao Miguel et Santa Maria, qui comptent quelques belles plages de sable. Mais on trouve de nombreuses piscines naturelles le long du littoral, dans lesquelles les Portugais adorent se baigner.
Piscine naturelle à Mosteiros par un jour de forte mer (l’ouragan Gaston arrive !)
Les Açores, pour les amoureux des cétacés
Je suis folle des mammifères marins et je ne croyais pas qu’il était possible d’en voir autant dans l’Atlantique que dans le Pacifique, devenu le véritable sanctuaire des cétacés. Les Norvégiens, les Islandais, les Danois continuent (hélas !!!) à les chasser, ce qui rend le whale watching moins spectaculaire dans les eaux du nord de l’Europe. Au Canada et à Hawaï, j’ai vécu mes plus belles rencontres avec les baleines, et je ne pensais pas que la magie se renouvellerait aussi tôt. Mais je ne connaissais pas les Açores.
Femelle cachalot plongeant sous la surface
Au beau milieu de l’Atlantique, les Açores, qui ont totalement cessé la chasse à la baleine depuis 1987, sont devenues le refuge des géants des profondeurs. J’ai vu trois mères cachalots avec leurs petits, un spectacle inoubliable, j’ai vu des dizaines de dauphins fuser dans les vagues – d’autres ont vu baleines bleues, baleines grises, et autres créatures rares et majestueuses. De mai à octobre environ, la qualité d’observation est exceptionnelle. Pourquoi ? Parce que les anciens chasseurs sont devenus des guetteurs, postés dans des cabanes tout le long des côtes, et dont le rôle est de prévenir en temps réel les compagnies de whale watching de la présence des cétacés. L’été aux Açores, vos chances de les rencontrer sont plus élevées que partout ailleurs dans l’Atlantique.
Dauphins.
Par ailleurs, les anciennes industries baleinières se sont reconverties en musées, et en août a lieu un festival de la baleine qui célèbre l’histoire de l’île et l’animal désormais protégé, devenu totem et porte-bonheur.
Lors du festival de la baleine à Pico.
Les Açores, le Portugal subtropical
Peut-être le savez-vous déjà : le Portugal est un des pays les plus beaux, les plus pittoresques et mélancoliques qui soient, avec ses églises baroques et ses saintes épleurées, ses chapelles ornées d’azuleijos bleus au bord des eaux plus bleues encore, sa nostalgie des grandes découvertes, ses petites rues pavées et sinueuses. Les Açores sont authentiquement, pleinement portugaises – mais sous des latitudes luxuriantes. Comment faire mieux ?
Chapelle Nossa Senora da Paz, un bijou
Patrimoine de Ponta Delgada
En quelle saison aller aux Açores ?
Puisque les Açores restent peu touristiques, elles sont une destination où on peut aller au plus haut de la saison, en juillet-août, où le temps sera beau et les villes animées (de nombreux festivals ont lieu à cette époque). L’été est la saison idéale pour l’observation des baleines… et des fleurs ! En juillet, la floraison des hortensias bleus et des cryptomerias jaunes est à son zénith, et l’île est un gigantesque jardin. Le climat subtropical est tempéré par les caprices de l’Atlantique : il fait doux, chaud sur les côtes, mais jamais étouffant, et frais sur les pentes des volcans. La période estivale, de mai à octobre, semble donc être le moment idéal. Si je retournais aux Açores, juillet serait mon choix.
Si vous voulez tenter les Açores hors saison : sachez qu’il ne fera pas très froid l’hiver (la température descend rarement en dessous de 10 degrés, avec des moyennes à 15 et des maximales à 25), mais qu’il risque de pleuvoir beaucoup. Le brouillard enveloppera et cachera les lacs et les volcans bien plus souvent qu’en été, et les caprices de l’Atlantique peuvent parfois paralyser les liaisons aériennes et maritimes pendant plusieurs jours. Prenez votre temps.
Arrivée d’une nappe de brouillard sur les pentes de Pico
Se rendre aux Açores
Les Açores se trouvent à mi-chemin entre l’Europe et l’Amérique, au beau milieu de l’océan Atlantique. Aucun vol direct ne les dessert depuis la France : tous les vols, assurés par les compagnies régulières portugaises, TAP (la compagnie nationale) et SATA (la compagnie des Açores), passent par Lisbonne ou Porto. Sachez que vous avez la possibilité de choisir un « stopover » dans l’une de ces deux villes et d’y rester jusqu’à trois nuits sans surcoût. La TAP propose cette option stopover pour tous ses vols à destination de l’Afrique, du Brésil et de l’Amérique du nord. Cela peut être une belle occasion de découvrir Lisbonne, dont je suis amoureuse. Si vous habitez Londres, Bruxelles, Munich ou Francfort, vous trouverez des vols directs vers les Açores, y compris avec des compagnies low-cost proposant des billets à des prix défiant toute concurrence.
Arrivée en avion sur Horta
A la limite de trois plaques tectoniques (Europe, Afrique, Amérique), des confettis de feu au milieu de l’océan
Se déplacer aux Açores – vols et ferrys inter-îles
Les Açores comptent 9 îles, organisées en trois groupes :
– Tout à l’est, les îles orientales : Sao Miguel, la plus grande île et la capitale économique, et Santa Maria
– Tout à l’ouest, les îles orientales : Corvo et Flores
– Au milieu, les îles centrales : Graciosa,Terceira, Sao Jorge, Faial et Pico.
Au sein de chaque groupe, les déplacements inter-îles se font par ferry, via la compagnie Atlanticoline. Aller de Corvo à Flores, de Pico à Faial ou Sao Gorge, de Sao Miguel à Santa Maria, dure environ trente minutes.
D’un groupe d’îles à l’autre, il faudra en revanche prendre l’avion. C’est SATA, la compagnie des Açores, qui assure les déplacement inter-îles. Les prix varient selon le trajet et la saison.
Gardez en mémoire que les passages d’une île à l’autre sont chronophages, surtout lorsqu’on change de groupe – ne prévoyez pas trop d’îles, ou restez longtemps.
Les neuf îles de l’archipel des Açores
Quelle île choisir aux Açores ?
Les îles orientales :
Sao Miguel est incontournable : c’est à raison la plus touristique (ce qui reste tout à fait acceptable aux Açores), célèbre pour ses paysages volcaniques de toute beauté, ses sources d’eau chaude, ses caldeiras et ses lacs aux couleurs incroyables, enchâssés au milieu des cratères moussus. Elle compte aussi quelques très belles plages, même si la véritable île balnéaire est sa petite sœur Santa Maria, qui peut se vanter d’abriter la plus belle plage des Açores.
De nombreux voyageurs choisissent de ne voir que Sao Miguel, et d’y rester une semaine, ce qui est tout à fait possible : l’île est magnifique, beaucoup disent qu’elle est la plus belle. Le Lagoa do Fogo, les lacs de Sete Cidades, les jardins et les sources d’eau chaude de Furnas, les plantations de thé de la côte nord, autant de visions d’une beauté inouïe, comptent parmi mes plus beaux souvenirs.
Paysages de Sao Miguel
Mais pour les amateurs de vraie solitude, de paysages sauvages et intacts, Sao Miguel sera déjà trop urbanisée : c’est la seule qui soit traversée par des autoroutes, la seule où on trouve un centre commercial géant et un McDonalds (à Ponta Delgada, la capitale économique des Açores). Mon conseil serait le suivant : voyez Sao Miguel, absolument, mais ne voyez pas que Sao Miguel. Faites un tour sur l’une des îles centrales ou occidentales, plus authentiques. Même si Sao Miguel était appelée à devenir une destination de masse, les petites cousines lointaines resteront préservées plus longtemps.
Mon hôtel coup de coeur à Sao Miguel :Furnas Boutique Hotel, un spa extraordinaire au coeur des fumerolles et des sources chaudes de Furnas, où on se baigne dans les eaux thermales dans une piscine noire, à deux pas des jardins merveilleux de Furnas où les plantes croissent à la folie. Le restaurant est fabuleux.
Les îles centrales :
Des cinq îles qui forment le cœur des Açores, j’ai vu Faial et Pico.
Pico, le point culminant de l’archipel, est l’île noire, traversée par les grandes coulées du volcan qui lui a donné son nom. Le Mont Pico s’élève à 2351 mètres, et son ascension (relativement difficile) offre une vue surplombante sur toutes les îles centrales. A l’ouest, la Gruta das Torres est un fabuleux tunnel de lave qui ouvre les entrailles de la terre aux visiteurs. Pico est aussi célèbre pour sa culture de la vigne unique au monde, dans des casiers de basalte qui quadrillent les collines, dessinant un paysage rare, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Pico est la plus sauvage, la plus brute et authentique des îles que j’ai visitées.
Au sommet du Mont Pico, à 2351m. Un deuxième sommet s’est formé au sein de la caldeira au 18e siècle.
Entrée du tunnel de lave de Grutta das Torres
Faial a été mon vrai coup de cœur, mon île préférée. Sa capitale est la petite ville d’Horta, port de légende des navigateurs du monde entier depuis des siècles, où on respire l’atmosphère des ailleurs et des aventures maritimes comme nulle part ailleurs. Sa caldeira est enchanteresse, sa côte découpée, fascinante, et c’est elle qui abrite le plus incroyable des volcans des Açores : le Capelinhos, sorti des eaux en 1957, au terme d’une éruption monumentale. Faire le tour de Faial en bateau, rencontrer une famille de cachalots et un banc de dauphins, admirer le Capelinhos rouge sang depuis la mer, restera un de mes plus beaux souvenirs des Açores. Qu’est-ce qui manque à Faial pour être parfaite ? Ses lacs ne sont pas aussi spectaculaires, aussi somptueux que ceux de Sao Miguel…
Mon hôtel coup de coeur à Horta: la Pousada Forte da Horta, sublime forteresse historique transformée en hôtel raffiné, avec un décor qui rappelle l’époque des conquistadors, et une vue époustouflante sur le volcan Pico, sur l’île d’en face. Cet hôtel de luxe incarne à merveille la grande tradition de l’hospitalité portugaise.
Mur de fresques de marins dans le port mythique d’Horta
Vue sur la belle ville d’Horta
C’est vu de la mer que le Capelinho de Faial révèle sa couleur rouge sang stupéfiante.
J’ai beaucoup regretté de ne pas voir Terceira, la plus historique et culturelle de toutes, dont le port, Angra do Heroismo, a joué un rôle clef dans l’histoire du Portugal et des grandes découvertes, et à qui sa préservation exceptionnelle a valu l’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO.
La belle Graciosa semble mériter son patronyme. Elle est célèbre pour sa Furna do Enxofre, énorme dôme de lave rouge.
Sao Jorge promet panoramas spectaculaires, entre côtes découpées, falaises abruptes et pâtures immenses. Depuis Pico, où je l’admirais au loin, elle me semblait infiniment verdoyante. « La plus belle île est toujours celle d’en face ».
Mes regrets me feront revenir aux Açores – et notamment dans les îles occidentales.
Lever du jour à Pico
Les îles occidentales
Sentinelles des Caraïbes, dernier bastion européen déjà séduit par le nouveau monde, les îles occidentales tendent les bras au Brésil et aux Antilles. que faire aux Açores blog choses à faire aux Açores
On dit de Flores qu’elle est la plus tropicale, la plus luxuriante, traversée de cascades et d’arcs en ciel, envahie par les fleurs, surplombée par des orgues de basalte envahies par la végétation. Beaucoup d’Açoriens font d’elle le joyau de la couronne, la nomment la plus belle de toutes. Il paraît que ses lacs rivalisent avec ceux de Sao Miguel, que leurs couleurs sont plus folles encore. Elle est celle qui me fera revenir, je le jure. Et je ne manquerai pas de faire la traversée vers sa petite sœur Corvo, qui compte une des caldeiras les plus spectaculaires de l’archipel. Les neuf îles qui émergent du lac, au fond du cratère, sont comme un miroir des Açores toutes entières, et reflètent dans l’œil du ciel ébloui leur infinie beauté.
Colonnes de basalte à Faial
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Hyères se penche au-dessus des eaux claires. Son avancée sur l’azur, c’est la presqu’île de Giens, un fabuleux balcon tendu tout entier vers la Méditerranée. Les plus belles plages d’Hyères, des falaises, criques et grottes mystérieuses, des salins remplis d’oiseaux, un village provençal ravissant, une vue imprenable sur le bleu : la presqu’île de Giens est enchanteresse. Venez découvrir la funambule de la Côte d’Azur.
Ravissant Port du Niel
Giens en kayak
Plage de l’Almanarre un jour de mistral
Autrefois, Giens fut une île. Comme ses sœurs, les trois îles d’or, elle nageait loin de la côte, libre et solitaire, aspirant comme toutes les îles à la dérive vers des terres insoupçonnées. Mais Hyères ne pouvait se résoudre à laisser sa fille chérie s’enfuir à son tour – elle a rattrapé Giens, et l’a enchaînée au continent par un sortilège géologique : les tombolos. Tombolo ? Ce sont ces cordons de sable et de sédiments tissés par la patience des courants, comme un filet jeté sur une sirène. Giens a perdu son insularité, mais gagné, au creux des deux tombolos qui la rendent célèbre, des marais salants qui multiplient l’éclat du ciel, et des plages qui évoquent déjà celles des îles d’or.
Est-ce déjà une île, est-ce encore la terre ? Giens est un lieu à part, plus vraiment ici, pas encore ailleurs. Voici le tour d’horizon de ses charmes.
Les deux tombolos et Giens, vus depuis la chapelle Notre Dame de la Consolation, au sommet de la colline de Costebelle
La Tour fondue, d’où partent les ferrys vers Porquerolles
Coucher de soleil sur l’Almanarre
Carte des lieux évoqués dans l’article
Le village de Giens, un balcon sur l’Azur
Autrefois, les Grecs édifièrent à Giens un temple à Aristée, le dieu des vents, l’implorant ainsi de bénir leur navigation. Une brise douce baigne le village provençal de Giens, qui semble être dessiné pour les chasses au trésor, avec ses dizaines de calanques et de criques découpées dans la côte tortueuse, ses points de vue surplombant les îles d’or, et les ruines de son château médiéval.
Le charme des rues de Giens
Giens, balcon sur la mer
Eglise de Giens
J’ai passé un moment merveilleux sur la terrasse du Provençal, qui porte bien son nom : couleurs chaudes, or et blé, et une vue à se damner sur les calanques bordées de pins maritimes et les îles d’Hyères. De midi à dix-huit heures, c’est un salon de thé, où les sorbets et pâtisseries sont exquis ; le soir, c’est un restaurant gastronomique.
Le Provençal
Sur la terrasse
Giens compte deux ports, la Madrague et le Port du Niel, et ce dernier est le plus charmant des deux. C’est une petite calanque dans laquelle des bateaux de plaisance sont amarrés ; le sentier du littoral se fraie un passage dans la roche et promet des randonnées fabuleuses.
Port du Niel
Sentier du littoral au port du Niel
Entre les deux ports, la côte est sauvage, âpre et secrète, le bonheur des marcheurs et des chercheurs d’or. Un jour, en demi saison, je reviendrai à Giens faire la longue marche littorale qui mène d’un bout à l’autre de la presqu’île, le long des falaises et des grottes. Mais en attendant, je les ai découvertes depuis la mer…
Port de la Madrague, d’où j’ai pris un kayak avec La petite flotille
La plus belle façon de découvrir Giens : en kayak avec La petite flotille
Les lecteurs réguliers d’Itinera Magica le savent, je suis une inconditionnelle du kayak. C’est pour moi la plus belle façon de découvrir un littoral, avec le privilège de l’accès maritime et la lenteur qui sied au dévoilement des mystères. Je me suis évidemment précipitée sur La petite flotille, qui propose des locations d’une ou plusieurs heures au départ du port de la Madrague ou du port du Niel. Et je n’ai pas regretté.
En kayak vers l’île Longue
Le relief de la côte de Giens m’a fascinée. On dit toujours que la côte bretonne est fractale : si découpée, alambiquée, percée d’anses et de criques hérissées de rochers, que personne ne peut en calculer la longueur véritable. J’ai eu l’impression de découvrir à Giens une petite Bretagne, une côte noire et sublime, effilée comme une lame. On quitte le port de la Madrague en kayak, et on découvre plusieurs plages lovées à même la roche, comme la Calanque du Four à Chaux. Des îlots que les plaisanciers abordent à la rame ou à la voile, comme l’île de la Redonne ou l’île Longue, assurent le parfum d’aventure.
Côte découpée
Calanque du four à Chaux
On franchit l’île Longue, et nous voici sur l’autre façade maritime, face aux hautes falaises de Giens dans le chœur des mouettes joyeuses, et le paysage se fait toujours plus sauvage. La houle était exceptionnellement forte ce jour-là, et je n’ai pu accéder à l’endroit dont je rêvais : les grottes de Giens. Quand la mer est paisible, on peut entrer à la nage ou en kayak dans ces profondes failles verticales où une lumière bleue pleut des anfractuosités. Le cœur de la falaise s’ouvre pour rameurs et nageurs seulement : aucun accès n’est possible depuis la terre.
Île de la Redonne
Si le temps l’avait permis, j’aurais pu poursuivre jusqu’au port du Niel, et vivre cette petite épopée nautique jusqu’au bout. Faites-le pour moi, vous ne le regretterez pas : rien de mieux que le kayak pour changer les vacances en voyage.
Paysage d’aventures
Offre spéciale en ce moment via l’office du tourisme d’Hyères : 15 euros la demi-journée en kayak au départ de La Madrague avec La petite flotille. L’équipe est très sympathique, n’hésitez pas à leur demander conseil sur les itinéraires, les curiosités à ne pas manquer, et les petits secrets de Giens.
Guide des plages de la presqu’île de Giens, entre vent et idylle
Sur le tombolo Ouest, la mythique plage de l’Almanarre. Sur le tombolo Est, la Bergerie et la Badine. Selon le sens du vent, elles sont alternativement des lieux de baignade idyllique, ou des terrains de jeu hors pair pour les amoureux de la voile et de la glisse. Consultez la météo : savourer les plages de Giens, c’est jouer avec les vents, selon vos humeurs et vos envies. Le double tombolo est une bénédiction : même quand le vent souffle fort, une des deux faces est toujours protégée. Si vous rêvez d’eau transparente, de plages peu profondes aux fonds clairs, où on a pied assez loin pour galoper dans l’eau, jouer aux raquettes, ou permettre aux enfants de nager sans danger, choisissez le tombolo Ouest par vent d’Est, et vice versa.
L’Almanarre, un jour sans vent
Car Hyères est aussi un lieu légendaire du nautisme, une étape de la coupe du monde de voile, et le lieu d’entraînement permanent de l’équipe de France de planche à voile. Quand le vent se lève, la Méditerranée échauffée par les bourrasques mousse comme un océan, et on la voit se couvrir de voiles colorées. Kite surfs et planches à voile assurent un spectacle fabuleux aux amoureux du vent et des vagues.
L’Almanarre, le lendemain : un jour de mistral
Tombolo Ouest, l’Almanarre : pour la baignade, avancez-vous le plus loin possible sur le tombolo, en direction de la Madrague. L’Almanarre est caillouteuse au début du tombolo, mais idyllique en s’approchant de Giens. Les galets disparaissent, et laissent place à du sable blanc. La plage ressemble alors à celles de Porquerolles. C’est ma préférée à Hyères, sur le continent. C’est aussi la plage parfaite pour les couchers de soleil…
Quel est ce livre posé sur le sable de Hyères ? C’est « L’île au trésor », de Stevenson, l’histoire qui a bercé mes jeunes années et m’a fait rêver aux horizons lointains et aux aventures maritimes. Stevenson a séjourné à Hyères en 1883-84, et a écrit : « J’ai été heureux une fois dans ma vie, c’était à Hyères ». Je suis heureuse d’être venue suivre ses traces dans cette ville que j’adore. Quand le soleil se couche sur la belle plage de l’Almanarre, l’or du trésor caché se révèle derrière les montagnes…
Bon à savoir : Certains appellent aussi improprement cette partie-là de la plage, au bout du tombolo, « plage de la Madrague ». En réalité, la plage de la Madrague est une petite crique à Giens, face à l’île de la Redonne. Il s’agit toujours de la plage de l’Almanarre, mais côté Madrague.
Quand le mistral souffle (vent d’Ouest), l’Almanarre se déchaîne. La baignade est alors impossible, mais c’est le paradis des kite surfs et planches à voile. Pour les afficionados, c’est sans aucun doute un des meilleurs spots de France, voire du monde.
Kite surf sur l’Almanarre
Entre ciel et vent
Le seul restaurant est tout au début du tombolo : le Robinson. J’adore son atmosphère exotique, son toit en palmes et sa carte axée sur la mer. J’y ai plusieurs fois très bien mangé, à l’abri du vent, en admirant les sportifs lancés à toute allure sur l’eau.
Restaurant Le Robinson
Le Robinson
Vous pouvez louer du matériel nautique à côté du Robinson, chez Funboard Center. Le reste de l’Almanarre est sauvage, dénué de tout aménagement jusqu’à la jonction avec Giens, au bout du tombolo, où vous trouverez une autre possibilité de location chez Spinout.
De l’action.
Tombolo Est, la Bergerie et la Badine: deux très jolies plages (qui ne sont en réalité qu’une même plage continue), parfaites pour les familles. Elles sont moins sauvages que l’Almanarre, mais plus riches en aménagements. Plusieurs hôtels, restaurants, écoles de voile, bars, etc, sont installés sur ces plages. Quand le mistral se déchaîne sur l’Almanarre, elles sont un excellent refuge.
Eau très tendre.
Le vent n’est jamais aussi fort que de l’autre côté – jamais le vent d’Est ne pourra rivaliser avec le mistral en Provence ! –, et cela fait de la Bergerie et la Badine le spot idéal pour apprendre le paddle (que j’adore), la planche à voile, le kite surf, etc. Plusieurs prestataires proposent des locations et des cours. J’ai repéré la base nautique du Belambra Riviera Beachclub, sur la Badine, et Kif Kite, sur la Bergerie, mais la liste n’est pas exhaustive. En marchant le long de ces plages, vous trouverez forcément votre bonheur.
Club nautique du Belambra
KifKite
Club nautique du Belambra
Au creux des tombolos : visite des salins des Pesquiers
Depuis la nuit des temps, l’histoire d’Hyères s’est écrite dans le sel. A l’est de la ville, les vieux salins produisent l’or blanc depuis l’Antiquité, et déjà les Grecs avaient compris le potentiel de ce site exceptionnel. Les salins des Pesquiers, situés entre les deux « bras » des tombolos de Giens, datent eux du 19e siècle. C’est à eux qu’on doit les montagnes blanches qui luisent sur la presqu’île de Giens, et le système complexe de canaux et de bassins qui s’enroule sur plus de dix kilomètres entre les deux tombolos. La production a cessé en 1995, mais les salins, repris par le Conservatoire du littoral, sont aujourd’hui une réserve naturelle et notamment ornithologique d’exception, une sorte de « petite Camargue » sur la côte d’Azur.
Salins des Pesquiers
Vieux bâtiments des salins
Près de quatre-vingt espèces d’oiseaux y séjournent, chacun choisissant sa saison. Certains nichent ici au printemps et à l’été, d’autres, migrateurs, viennent s’abriter des rigueurs de l’hiver nordique sur la Côte d’Azur – comme le faisaient autrefois les riches hivernants, qui établissaient leurs quartiers d’hiver parmi les orangers d’Hyères. Au cours de ma visite, je verrai mouettes aux pattes rouges et goélands aux pattes jaunes, de majestueux hérons et aigrettes, des nuées d’étourneaux, des chevaliers guignette et des avocettes aux grandes pattes, des coulis cendrés au long bec d’ibis, et deux espèces particulièrement emblématiques : le tadorne et le flamant rose. Le tadorne est un canard blanc et rouge, qu’on nomme aussi « canard lapin » car il niche dans les garennes désertées afin de se mettre à l’abri des prédateurs. Le flamant rose, que la Camargue m’a fait aimer, est le géant coloré des marécages, dont le bec filtre l’eau à la recherche des artémias (crevettes) qui lui donnent sa couleur, et qui mesure 1m60 pour … 3 kilos 500. Difficile d’imaginer une telle légéreté quand on les voit prendre leur envol avec effort, courant sur l’eau avec leurs pattes immenses, comme des avions au décollage.
Flamants roses dans les salins
Flamants rose au soleil couchant. (L’honnêteté m’oblige à dire que cette photo n’a pas été prise à Hyères, mais en Camargue, dont je vais vous parler davantage très bientôt.)
Envol.
La visite des salins des Pesquiers avec une passionnée des oiseaux, membre de la LPO, est un beau moment d’immersion au sein des marais, durant laquelle j’apprendrai des milliers de choses. Saviez-vous qu’on a trouvé des oies à plus de 11 000 mètres d’altitude ? Que le faucon pèlerin piquait à 389 km/h ? Ce que les flamants roses et les baleines ont en commun ?
Pour devenir incollable, c’est par ici : réservation auprès de l’office du tourisme. 5 euros par personne, 10 personnes maximum. Réservation auprès de l’office du tourisme impérative. Prévoyez crème solaire, produit anti-moustique et chaussures fermées. Bon à savoir : l’entrée se fait uniquement sur le tombolo Est, au lieu-dit La Capte. Vous repérerez un grand portail rouge et les bâtiments des salines. Ne faites pas comme moi, ne vous fiez pas à Google, qui vous enverra au mauvais endroit…
A suivre sur Itinera Magica : Hyères, la nuit. Je vous révèlerai la version nocturne de la belle aux palmiers. Pour plus d’articles de blog sur la Provence et la Côte d’Azur, n’hésitez pas à vous abonner à la newsletter !
Coucher de soleil sur les salins et l’Almanarre
Guide des plages d’Hyères – Madrague blog – Port du Niel blog – blog Hyères – location de planche à voile Hyères – kite surf Hyères – plus belle plage Hyères – plus belle plage Giens – où aller à Giens – que faire à Giens – Itinera Magica blog voyage Provence et Côte d’Azur
Les plus belles cascades d’Islande S’il est un territoire qui mérite d’être nommé « pays des cascades », c’est incontestablement l’Islande. Sur l’île des sagas et des légendes, posée en lisière du cercle arctique, elles se comptent par milliers. Le combat perpétuel entre les glaces boréales et le feu des volcans crée le décor parfait pour une féerie aquatique sur les reliefs escarpés des montagnes de lave, et leur variété et leur beauté est telle qu’il est impossible de se lasser. Voici un tour d’horizon – non exhaustif ! – des plus belles cascades d’Islande.
Islande, pays des cascades. Ici : Seljalandsfoss
J’ai découvert l’Islande à l’âge de onze ans – je vous le raconte ici – et ce fut un enchantement sans pareil. Volcans en ébullition, geysers, glaciers, chevaux aux couleurs innombrables, tout conspirait à marquer à jamais mon imagination. Mais ce qui m’a le plus séduite, ce furent les cascades. J’ai rempli des pages et des pages vantant leur rugissement, leur opiniâtreté à se précipiter dans l’abîme, le spectacle hypnotique du point où l’eau bascule et devient tonnerre. Ce fut le début d’une passion qui ne s’est jamais démentie.
Les sublimes cascades du canyon Fjaðrárgljúfur
La puissance de Dettifoss
Mon retour en Islande, seize ans plus tard, avait donc des allures de pèlerinage. C’est ici que tout a commencé – c’est un retour à mes premières amours. Mon tour de l’île s’est donc transformé en tournée des cascades.
Carte des plus belles cascades d’Islande
Carte des plus belles cascades d’Islande. Vous l’aurez compris, Foss signifie cascade en islandais.
Dettifoss, puissance et furie
Si vous n’avez pas encore succombé à la fascination des cascades, et que vous rêvez d’une entrée en matière tonitruante, Dettifoss vous promet d’assurer le spectacle. Avec un débit incroyable de 200 mètres cube par seconde, elle est la plus puissante des cascades d’Europe. C’est une vision dantesque, une expérience hypnotique que de suivre des yeux l’explosion d’eau blanche qui se réverbère dans tout le canyon noir de la rivière Jökulsa, que les glaciers des hautes terres chargent de sédiments volcaniques. Ce cours d’eau mythique, qui naît dans les tréfonds bleutés du Vatnajökull, court sur plus de deux cent kilomètres dans cette gorge de lave. L’idée me donne le vertige : une éruption d’une ampleur indescriptible a couvert ces paysages d’un océan de magma, puis la glace a fendu le feu, cisaillé la roche fondue, et dessiné ces paysages d’apocalypse. La Jökulsa, fille de cette lutte titanesque, c’est l’Armageddon fait géologie, le Ragnarök en circuit touristique. Et Dettifoss est la plus terrible de ses rejetons. Dettifoss est violente, impitoyable. Personne ne survivrait à sa lame de guillotine, au massacre des rochers stoïques par l’eau déchaînée. Dans la lumière rasante du soir, le fleuve semble se changer en lave, et un déluge de feu entraîne le regard au fond du neuvième cercle des enfers –là où l’horreur se change en beauté.
Dettifoss.
Dettifoss est située au nord de l’île, sur le circuit qu’on appelle « le cercle de diamant ». On y accède par une piste longue d’une trentaine de kilomètres qui se détache de la route circulaire, et qui est bien indiquée. A proximité, sur la même rivière, vous trouverez deux autres chutes, Selfoss et Hafragilsfoss.
Rêvant à d’anciennes légendes…
Puissance brute
Seljalandfoss et les trésors des sagas
Plus jeune, quand je me plongeais dans les légendes nordiques, j’étais obsédée par le mythe du trésor caché derrière la cascade, là où jaillit l’arc-en-ciel. Rares sont les chutes d’eau qui vous ouvrent leurs chambres secrètes, derrière le rideau blanc. C’est ce qui rend Seljalandfoss irrésistible. Ruban qui tombe au milieu d’une débauche de mousse et de verdure, Seljalandfoss se contourne et se laisse contempler de l’intérieur, réalisant un rêve de petite fille. Ce fut une de mes préférées.
La cascade des fées
Au milieu des fleurs sauvages
Derrière Seljalandsfoss
Seljalandfoss est accessible facilement depuis la route circulaire, d’où on la voit apparaître de loin. Si vous continuez un petit peu plus loin sur le sentier qui y mène, vous découvrirez une deuxième cascade, cachée.
Seljalandsfoss aperçue depuis la route 1.
Skogafoss, l’élégance faite cascade
L’une des plus célèbres cascades d’Islande, Skogafoss, séduit par sa forme parfaite. Un long rideau blanc uniforme évoque la chevelure d’une créature sylvestre venue se peigner au-dessus des eaux. C’est la cascade de carte postale par excellence, gracieuse et invitant au coup de pinceau.
Skogafoss
Skogafoss est située à Skogar, sur la route circulaire. On y accède directement et facilement. Un escalier permet d’accéder à un beau point de vue au-dessus de la cascade. C’est le point de départ du Fimmvörðuháls, le trek le plus célèbre du sud de l’Islande, qui mène jusqu’à Þórsmörk, la « vallée des Dieux ». En remontant le cours de la rivière Skoga, on tombe sur une succession infinie de cascades fabuleuses. Je rêve de retourner en Islande et de faire cette randonnée – vous en trouverez des photos magnifiques ici, sur le blog Randozone. (Surtout qu’eux, ils ont eu du soleil…)
Au dessus de Skogafoss
Soleil d’hiver et ma cousine Ambre devant Skogafoss – photo par ma tante Florence.
Goðafoss, le crépuscule des dieux
Goðafoss, « la chute des dieux », doit son patronyme wagnérien à un évènement tout aussi digne de figurer dans un opéra romantique. En l’an 999, la guerre entre païens et chrétiens fait rage sur la terre islandaise, et les adorateurs du Dieu unique gagnent du terrain face aux adeptes de Thor, Freya et Odin. Comme chaque été, l’Alþingi, le parlement islandais, se réunit dans les terres du sud, et doit trancher la pomme de discorde. Thorgeir, un chef respecté de tous, lui-même païen, est chargé de déterminer quelle sera la religion de l’Islande. Durant toute une nuit, il médite, caché sous une fourrure de bête. A l’encontre de ses propres convictions, il décide que l’Islande deviendra chrétienne, mais que les païens pourront continuer à vénérer leurs divinités en secret. Thorgeir retrouve sa ferme au nord de l’île, au terme d’un long voyage, se saisit de toutes les statues des dieux, et les précipite dans la cascade. Le sort des Ases est scellé par les eaux bouillonnantes. Rideau.
Sublime Godafoss
Il y a seize ans, Goðafoss fut ma première cascade islandaise. Elle reste spéciale à mes yeux.
Moi à onze ans devant Godafoss.
Goðafoss est située sur la route circulaire, dans le nord, juste avant l’embranchement pour Husavik. Elle est d’accès facile.
Godafoss, si séduisante
Gullfoss, la « chute dorée »
Au palmarès des plus belles cascades d’Islande, Gullfoss se retrouve souvent en haut du podium. Elle doit son nom aux caresses chromatiques que le soleil couchant lui prodigue, aux arcs-en-ciel qui s’élèvent au-dessus de ses escaliers irisés, comme autant de ponts vers le pays magique d’Asgard. Malheureusement, j’ai vu Gullfoss sous une pluie battante, qui éteignait complètement son charme mythologique. (Comme 90% de mes cascades islandaises cette fois-ci, hélas. La proximité du cercle Arctique se paie chèrement.)
Arrivée vers Gullfoss
Retour en pélerinage
Gullfoss dans la tempête de pluie
Les photos prises par ma mère il y a seize ans, par un jour radieux, me disent que je n’ai pas rêvé.
Gullfoss sous le soleil – véritablement une des perles d’Islande
Kirkjufellsfoss, cascade et volcan télégénique
Si vous avez vu La vie rêvée de Walter Mitty, vous vous souvenez sans doute de la scène où il passe en skate-board devant un volcan islandais à la forme conique parfaite, coiffé d’un nuage facétieux – l’ensemble lui donne un air de dessert alambiqué, sorbet et barbe à papa. C’est le Kirkjufell, un des emblèmes de la péninsule de Snæfellsnes, à l’Ouest de l’île, et il règne sur le beau fjord de Grundarfjörður. De l’autre côté de la route s’élèvent les chutes de Kirkjufellsfoss, qui n’ont en soi rien de particulièrement spectaculaire (au pays des cascades, le niveau est très élevé), mais qui permettent de composer le poster islandais parfait : volcan et cascade.
Kirkjufellsfoss (photo prise à minuit, entre deux orages ! ce voyage fut épique)
Kirkjufellsfoss est située en dehors de la route circulaire, sur la péninsule de Snæfellsnes, mais d’accès facile. Avec ses plages de sable noir, ses falaises couvertes d’oiseaux, et son histoire riche en mythes (la colonisation de l’Islande a commencé ici), cette région située à moins de deux heures de Reykjavik mérite d’être découverte.
Au milieu de la nuit, le lieu se vide enfin…
Svartifoss, la chute noire
Tout au sud de l’Islande, le parc de Skaftafell est la terre des grands désastres. Plusieurs fois au fil de l’histoire torturée de l’île, des éruptions volcaniques monumentales ont causé la fonte éclair des glaciers, et la côte a été submergée par des inondations glaciaires dont nous ne pouvons même pas imaginer l’ampleur. Ce fut un déluge biblique, la montagne toute entière qui s’abat sur la plaine, glace, roches et sables qui déferlent sur des centaines de kilomètres à la ronde, et ravagent toute vie. Autrefois, il y eut ici des plaines, des fermes, de l’herbe verte – maintenant, ce sont des sandar à perte de vue, des étendues de sable glaciaire jusqu’à la mer désertée. Svartifoss est une fille du volcan : elle coule au milieu de colonnes de basalte noir, témoignage saisissant de l’éruption. Une petite randonnée de deux heures environ permet d’y accéder depuis le parking du parc de Skaftafell (situé sur la route circulaire).
Svartifoss
C’est une jolie cascade, mais… si vous aimez les orgues de basalte, le grand spectacle cosmique, sachez que Svartifoss a une grande sœur plus sublime, plus fascinante encore : Aldeyjarfoss.
Aldeyjarfoss, celle qui a conquis mon cœur
Je vous ai promis les plus belles cascades d’Islande, me demanderez-vous d’élire une reine ? Alors je placerai la couronne sur la tête écumante d’Aldeyjarfoss. J’ai été sidérée, profondément émue par la beauté extraterrestre de cette cascade désolée, perdue au milieu des hautes terres.
Aldeyjarfoss, ma reine des cascades
Colonnes de basalte
Imaginez quitter la route circulaire au niveau de Goðafoss, et vous engager sur une piste mythique : la Sprengisandur. A l’époque médiévale, la Sprengisandur était la seule route qui traversait l’île du nord au sud, passant au cœur des montagnes. Mais c’était un chemin infiniment périlleux, dont nombre ne revenaient jamais. A perte de vue, l’horizon ne révèle que laves et sables, un paysage d’une désolation sans nom, du magma à perte de vue, ravinés par des crevasses effroyables, et ni arbre, ni herbe, ni rien qui soutienne la vie des hommes et des bêtes. Au cœur du Sprengisandur se creuse le cratère vermillon et bleu du volcan Askja, où les astronautes américains vinrent s’entraîner avant de partir pour la Lune. C’est vous dire ce qu’évoquent ces paysages : le néant absolu. Un infini de roche couleur sang. Dans le nom « Sprengisandur », on lit le mot « sable », mais aussi un vieux verbe qui signifie « faire galoper son cheval jusqu’à la mort ». Perdus au cœur des hautes terres, nombre de guerriers n’en réchappaient pas, et les sagas disent leur complainte.
Paysages désolés du Sprengisandur
Aujourd’hui, la Sprengisandur est une piste qui n’ouvre qu’en été, et qui est strictement interdite aux véhicules autres que les 4×4. Nous ne l’avons pas parcourue dans son intégralité (et j’aimerais le faire un jour, aller jusqu’à Askja !), mais nous l’avons prise pour quarante kilomètres jusqu’à Aldeyjarfoss. La vue console mille fois des cahots. Le fleuve Skjálfandafljót s’est frayé un chemin entre les laves, et Aldeyjarfoss révèle la Terre dans toute sa nudité furieuse : l’eau se jette dans un amphithéâtre noir, où les orgues de basalte gigantesques révèlent toutes les ondulations de ce qui fut autrefois une monstrueuse coulée, et quand la cascade les met en mouvement, on jurerait revivre l’éruption, voir sous nos yeux la marée rouge dessiner son chemin ardent. « Spectaculaire », « fascinant » : ce sont des euphémismes. Aldeyjarfoss fut pour moi la plus magique de toutes.
Lave et écume
Formes incroyables du basalte
La plus noire, la plus belle de toutes
Les cascades du canyon Fjaðrárgljúfur
Puisque nous en sommes aux superlatifs : Fjaðrárgljúfur restera un de mes plus beaux souvenirs d’Islande. A vrai dire, les voyageurs y viennent pour le canyon féerique, et non pour ses cascades – mais à mes yeux, le plus bel endroit de tout Fjaðrárgljúfur, c’est là où les eaux l’habillent de soubresauts. C’est une gorge déchiquetée par les glaces d’antan, et recouverte de mousses, un lieu au charme infini, qui évoque aussitôt elfes, sylves, et autres archers aux oreilles pointues qu’on voit dans le Seigneur des Anneaux. En me tenant au-dessus de la double cascade qui enlace le rocher, j’ai eu l’impression d’être face à la porte des mondes – appelée à entrer dans une réalité où les hommes ont des ailes.
Beauté incroyable de ce canyon elfique
Canyon déchiqueté par les glaces, adouci par les mousses consolatrices
Peu avant d’arriver au village de Kirkjubaerklaustur, en venant du sud, il faut guetter le panneau Fjaðrárgljúfur et suivre ce petit détour de quelques kilomètres.
Les cascades anonymes
Les cartes topographiques n’accordent le privilège du nom qu’à un nombre infime de cascades islandaises. En vérité, elles sont partout, cachées à chaque virage de la route, surgissant à la faveur de la moindre déclivité, aussi omniprésentes que les fées des contes, prêtes à enchanter le visible. En voici deux qui m’ont séduite – le soleil a sans doute joué, et leur anonymat témoigne de la profusion de beauté islandaise, le seul pays qui peut se payer le luxe de ne pas nommer de telles merveilles.
Quelque part dans l’Est
Jaillissant d’un fjord
Les cascades que je n’ai pas vues
Malgré mon acharnement à recenser les plus belles cascades d’Islande, j’ai bien dû renoncer à certaines, difficiles d’accès ou trop en dehors de notre itinéraire. Quatre d’entre elles me semblent néanmoins mériter une mention – je laisse à d’autres blogueurs et blogueuses de voyage le soin de vous les faire découvrir !
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