Najac ? Un château fort d’une beauté presque surnaturelle, couronnant un village juché sur une crête au-dessus du vide. Villefranche de Rouergue ? Une ville médiévale qui ne ressemble à aucune autre, et qui a été subliment préservée et restaurée. L’Ouest de l’Aveyron ? Des rivières, du vert à perte de vue, des villages sublimes, des traditions culinaires uniques en France, un sentiment vivifiant d’authenticité et d’éternité. Ce magnifique morceau d’Aveyron se prête parfaitement à un beau week-end d’escapade, que vous viviez à Toulouse, à Montpellier ou plus loin. Voici quelques idées médiévales, romantiques ou rock’n’roll pour un week-end parfait en Aveyron.
En avril dernier, j’ai eu le bonheur de visiter l’Ouest de l’Aveyron. Aujourd’hui, je me dis que votre résolution 2019 devrait être de découvrir l’Aveyron ce printemps. C’est pourquoi je vous propose, en partenariat avec le boutique hôtel design Les Fleurines, de gagner deux nuits pour deux personnes avec petits-déjeuners dans ce très bel hôtel à la fois situé dans un bâtiment historique somptueux et moderne dans son aménagement, avec chambres confortables, sauna, salle de fitness, délicieux buffet de petit-déjeuner et une localisation idéale pour découvrir la région de Najac et du Rouergue. Le séjour pourra avoir lieu d‘avril à juin 2019, afin de découvrir l’Aveyron à la plus belle saison : le printemps, quand tout est vert et fleuri. Dans cet article, vous découvrirez l’hôtel Les Fleurines et des suggestions d’activités autour de Najac, Villefranche de Rouergue et les autres bastides du Rouergue. Toutes les photos ont été prises mi-avril. Pour participer au concours, RDV sur ma page Facebook ou sur Instagram – vous pouvez jouer sur les deux réseaux pour augmenter vos chances. Clôture du concours et résultats jeudi 31 janvier 2019 ! Week end à Najac – que voir à Najac – que faire à Najac – visiter Najac aveyron
La belle Villefranche de Rouergue.Le boutique hôtel Les Fleurines à Villefranche-de-Rouergue : un charme fou au coeur du centre historiqueNajac, village sublime.Najac vu du ciel, l’enchantement
Je vous ai souvent dit combien j’aimais l’Aveyron et que je voudrais y revenir encore et encore. Si vous cherchez à vous mettre au vert pour deux jours, une semaine ou toute une vie, la beauté fière et intacte de cette région à l’identité si forte vous tend les bras. Après avoir eu le bonheur d’explorer les merveilles du sud Aveyron, les villages-bijoux du nord Aveyron, et la solitude sublime de l’Aubrac, j’ai cette fois mis le cap à l’Ouest. Autour de Najac se déploie un paysage culturel d’une beauté et d’une richesse rares, et je rêvais de revenir précisément ici. C’est le salon des blogueurs de voyage qui m’en a donné le prétexte : lorsque j’ai pu choisir mon séjour, je me suis aussitôt jetée sur Najac comme on chipe la cerise sur le gâteau, ce qui m’a permis d’être merveilleusement accueillie dans ces villages qu’habitait déjà mon imaginaire. Je continue donc volontiers à prêcher la bonne parole occitane : il faut aller en Aveyron, parce que c’est sublime, vrai et profondément dépaysant. Voici de nouvelles pièces à conviction.
Aveyron, pays du gâteau à la broche. Ceci est déjà un argument. (Photo prise au magnifique hôtel Les Fleurines à Villefranche de Rouergue.)
Najac, citadelle du vertige, château joyau que voir à najac – que faire à najac – week end à najac – plus beaux châteaux aveyron
Si vous connaissez l’Occitanie, vous savez que les bâtisseurs du sud d’autrefois n’aimaient rien tant que jouer aux architectes funambules. Châteaux perchés sur la pointe des pieds au bord du vide, cathédrales acrobatiques, villages suspendus au bord du gouffre, c’est la spécialité de la région. Najac est un sublime exemple de cette intrépidité architecturale. Le village tout entier revêt une forme rare, que je vois pour la première fois. Il n’est pas bâti en cercle, comme la majorité des bourgs castraux médiévaux, mais en longueur. C’est une fine bande de maisons serrées sur la crête au-dessus du vide, comme si les habitations cherchaient à traverser un pont de liane. Et au bout de cette ligne de vie se dresse la forteresse, avec son donjon radicalement immense, comme une échelle posée au sommet d’une montagne. Depuis 1253, cette forteresse n’a vu aucune faille infligée à sa réputation d’inexpugnabilité. Najac est un village de mégalomane, où on défie l’abîme et se juche vers le ciel. L’effet est vraiment saisissant.
Sublime Najac..Najac et son châteauNajac, sa crête de maisonsNajac, son donjon majestueux
Différentes façons de voir et vivre Najac que faire à najac – visiter najac – avion najac – week end najac aveyron – week end à najac
En avion
J’ai eu le bonheur inouï de voir Najac d’en haut, en prenant place à bord d’un petit avion de l’Aero Club de Villefranche de Rouergue. J’ai adoré ce vol de 30 minutes au-dessus de la rivière Aveyron et des bastides du Rouergue, dont le point d’orgue est évidemment le survol de Najac. C’était une expérience magique, qui m’a mise dans un état de surexcitation presque enfantine. Vraiment, je vous la recommande. Vols de découverte avec l’Aero Club du Rouergue, 100 euros/personne.
Najac vu du ciel...
En course d’orientation Sincèrement ? Je n’aurais jamais pensé à faire une course d’orientation pour découvrir une ville, pensant ce genre d’expériences réservées aux enfants, et je me suis complètement prise au jeu, en duo avec Chris du Blog du voyage. C’est une activité proposée par la base de loisirs de Najac, avec un système de questions et de balises qui vous balade dans le village et vous pousse à interroger les habitants pour trouver les réponses. Le parcours finit à la base, qui vous propose du kayak sur la rivière Aveyron (j’aurais adoré), de l’accrobranche, du saut acrobatique, et toutes sortes d’autres activités fun et sportives. Emmenez-y vos enfants, ou faites comme moi, assumez d’en être resté un 😉 Base de loisirs de Najac.
Prendre le temps de découvrir Najac.Le Bar de la plage à Najac.Najac la belleAu sommet du donjon.Retour à la base de loisirs : Marion (Sauvazine) à l’accrobranche.Moran (Rencontre le monde) au quick jump.
Une autre idée de château magique : Dans l’Ouest de l’Aveyron, ne manquez pas le magnifique château de Belcastel, frère en beauté de Najac. Il me fera revenir encore.
Villefranche de Rouergue, la merveille méconnue week end en aveyron – visiter villefranche de rouergue
Villefranche de Rouergue ? Je n’en avais jamais entendu parler, et j’ai été éblouie. (Je suis toujours stupéfaite par le nombre de beautés parfaites et aussi parfaitement méconnues que l’Aveyron parvient à extraire de son chapeau magique, comme si la source était inépuisable.) Villefranche est la plus belle des bastides du Rouergue : une série de villes médiévales construites de toute pièce, des villes neuves conçues entièrement pour le commerce. Au XIIIe siècle, grande ère de prospérité dans le sud-Ouest de la France, on fait sortir de terre ces villes nouvelles, bâties selon un plan géométrique précis : une place centrale bordée d’arcades, où s’établiront les échoppes et les marchés, et de grandes rues perpendiculaires conduisant à ce cœur commerçant. Visiter les bastides du Rouergue, c’est découvrir qu’il existe un autre Moyen-Âge, un Moyen-Âge organisé, structuré, où on s’ingénie à faciliter les échanges, ouvrir les villes sur l’altérité pour créer du mouvement et produire de la richesse.
Sublime place Notre Dame.Arcades de la place Notre Dame, conçue pour le commerce.Fontaine et jeux.Ville sublime..
Avec son plan parfaitement géométrique et sa sublime place centrale, Villefranche de Rouergue est l’exemple parfait de cette architecture novatrice. Mais surtout, elle est belle. Vraiment belle. Je suis arrivée le soir, j’avais une heure de libre avant le dîner, je suis partie dans les rues sans trop savoir que voir, et j’ai été émerveillée. Le centre-ville a été entièrement restauré pour lui rendre son aspect médiéval, et sur la place Notre-Dame, une horloge-fontaine indique l’heure avec forces jets d’eau et lumières multicolores.
A la nuit, nous sommes retournés en visite guidée dans Villefranche avec Ludovic, guide conférencier érudit et passionné, pour monter au sommet de la tour de la collégiale Notre-Dame. La vue sur la fontaine illuminée dans le noir, la découverte du carillon majestueux de la tour, entrer ensuite dans la secrète et sublime chapelle baroque des Pénitents Noirs avec leurs effrayants capuchons, tout ceci a conféré à cette soirée une allure d’initiation mystique que j’ai adorée. N’hésitez pas à vous renseigner auprès de l’office du tourisme, des visites nocturnes sont organisées pendant toute la belle saison. Infos au 05 65 45 13 18.
La sublime abbatialeDétails gothiques.Qu’est ce que j’ai aimé cette ville !Chapelle des Pénitents noirs.
Un hôtel merveilleux pour rayonner dans le Rouergue
Je n’ai pas choisi l’hôtel dans lequel j’ai dormi, mais si j’avais pu, c’est lui que j’aurais élu sans hésiter. Le boutique hôtel Les Fleurines, au cœur de Villefranche de Rouergue, correspond à tout ce que j’aime : une situation idyllique en plein centre de la ville historique, un équilibre parfait entre l’ancien et le moderne, le charme et le confort, de nombreuses aménités et un accueil chaleureux. L’hôtel est installé au cœur d’un bâtiment historique, accolé à la sublime chapelle des Pénitents noirs – la vue sur les toits, la façade couverte de vigne vierge, la proximité immédiate du monument, confèrent un charme fou à l’établissement. Mais à l’intérieur des chambres, c’est le grand confort moderne et aéré, tout est fonctionnel et agréable. L’hôtel décline plusieurs types d’hébergements en fonction des besoins de chacun : chambres, suites, appartements avec cuisine, salle de conférence… C’est à la fois un « boutique hotel », plein de raffinement et d’exclusif, et un « appart hotel », idéal pour une location de quelques jours. Mon grand coup de cœur, ce fut la terrasse nichée entre les tours, avec son sauna et ses chaises longues. J’ai adoré cet aménagement un peu bohême, original et bucolique. Une parenthèse insolite au cœur de la ville musée !
Nous avons dîné dans la cour, mangeant des spécialités aveyronnaises dans un cadre parfait au pied de la chapelle, et cela reste un souvenir idyllique.
Un très grand merci à Romain, propriétaire des Fleurines, pour son accueil dans cet hôtel magnifique qu’il a entièrement conçu et gère avec beaucoup de soin de passion. J’adore ce genre d’initiatives, à la fois respectueuses de l’ancien, innovantes, haut de gamme mais flexibles quant au budget, c’est vraiment l’avenir de l’hôtellerie de qualité. Je vous recommande très chaleureusement Les Fleurines, cet établissement mérite vraiment le détour.
Je suis très heureuse de vous proposer aujourd’hui un concours pour passer deux nuits à deux dans ce magnifique établissement où l’accueil est chaleureux et digne de satisfaire les plus exigeants. Entre histoire et modernité, tradition et design, Les Fleurines a tout pour plaire, et je vous recommande vivement cet établissement.
Fabuleuse terrasse des Fleurines avec le sauna-tonneauJuste derrière moi, une salle de fitness ouverte 24h sur 24.Façade romantique.Dans le tonneau : un sauna !Pour évacuer l’aligot 😉Vue sur la collégialeTerrasse au soleilSublime cour intérieure de l’hôtel, avec la collégiale.
La Maison de la photo à Villeneuve d’Aveyron
Un dernier mot pour vous parler de cet endroit atypique et attachant. Une autre belle bastide du Rouergue abrite ce musée original : les photos de Jean-Marie Périer, étincelant photographe des 60’s rock’n’roll. Il a capturé les Stones, les Beatles, Françoise Hardy, Brigitte Bardot, Johnny Halliday et tant d’autres dans tous leurs états, il est drôle, décalé et plein d’autodérision. Si vous êtes attaché à la légende du rock, la visite vaut le détour. Maison de la photo de Villeneuve d’Aveyron , entrée 5 euros.
Une jolie brochette de blogueurs à la Maison de la photo de Jean-Marie Périer (au centre) : de gauche à droite, moi, Moran de rencontre le monde, Marion de Sauvazine, Jean-Marie Périer, Chris du Blog du voyage, Gaïa et Gilda les Aventureuses, Magali la super organisatrice du blogtrip pour la région Najac-Rouergue.
Cher Aveyron, chaque fois que je te vois, je t’aime davantage. Ce ne sera pas la dernière fois, c’est certain. A bientôt !
Continuer à découvrir l’Aveyron : que voir en Aveyron ?
Après votre séjour chez les Fleurines dans le Rouergue, peut-être pouvez-vous prolonger le voyage. Si vous avez l’occasion de passer une semaine en Aveyron (ou plus encore !), j’ai des tonnes d’idées pour vous. Retrouvez sur Itinera Magica mes idées pour visiter l’Aveyron, à mes yeux un des plus merveilleux départements de France pour des vacances authentiques entre nature, terroir, monuments et activités sportives.
Découvrez le Sud de l’Aveyron : le viaduc de Millau, le plateau du Larzac, le chaos rocheux de Montpellier le Vieux, le village troglodyte de Peyre, une fabuleuse descente en kayak sur la Dourbie, les villages médiévaux des templiers… Vous pourrez aller dormir au Castel d’Alzac, un gîte fabuleux dans un château fort.
Le moulin de Corp sur la Dourbie.Idyllique sud de l’AveyronLe fascinant viaduc de Millau vu depuis Peyre
Ne manquez surtout pas les somptueuses gorges du Tarn, entre Aveyron et Lozère, un des plus beaux paysages de France, une émotion intense entre vautours, géologie, kayak et villages funambules. Vous pourrez y dormir au Gîte Emeraude, un gîte design d’une beauté incroyable seul au bord de la rivière magique.
Les gorges du Tarn.Vautours des gorges de la JontePanorama de St Chély du Tarn
Vous pourrez ensuite partir vers le Nord de l’Aveyron où j’ai vu les plus beaux villages de ma vie : Conques, les villages de la vallée du Lot, une concentration incroyable de villages classés parmi les plus beaux de France et qui laissent une impression féerique, Bozouls et son canyon…
ConquesEspalionBozouls
Vous monterez enfin sur le plateau de l’Aubrac à la rencontre des grands espaces du Massif central, manger de l’aligot dans un buron traditionnel, découvrir les fromages et les couteaux de Laguiole, écouter le cerf bramer dans les grands bois et les vaches Aubrac mugir sur les collines, pour un western à la française.
Sur le plateau de l’Aubrac.L’Aubrac et ses vaches emblématiquesOn mange bien en Aveyron…
Et puis vous irez découvrir tout ce que je n’ai pas encore eu le plaisir de voir en Aveyron : Belcastel, les Raspes du Tarn, Rodez et sa cathédrale… il y a encore temps à voir. Je vous laisse le plaisir de jouer et de tenter de gagner ce week-end en Aveyron chez les Fleurines !
Un grand merci à l’hôtel Les Fleurines pour ce concours et pour votre accueil, votre dynamisme, la qualité de votre travail. Un grand merci au CDT de l’Aveyron pour leur accueil extraordinaire, à Magali Gibelin, responsable de l’office du tourisme de Villefranche-Najac, pour ce programme spectaculaire, et à tous les Aveyronnais pour leur hospitalité, leur chaleur, leur gentillesse, leur sens du partage. Aveyron, je t’aime !
L’Alsace en automne, c’est une éruption de couleurs dans le vignoble, la beauté des vignes répondant à celles des villages qui comptent sans aucun doute parmi les plus pittoresques de France. C’est ma saison préférée pour découvrir cette région belle comme un conte de fées. Partons pour un petit road trip alsacien, dans la vallée de Kaysersberg, à Riquewihr, au sommet des tours du Haut-Koenigsbourg, à Colmar et à Strasbourg.automne
Après vous avoir raconté mon séjour merveilleux à la Source des Sens, un des plus beaux hôtels-spas de France au nord de Strasbourg, voici le reste de l’aventure au pays des cigognes, des bretzels, du Gewurztraminer et des bredele.
Vue incroyable sur le vignoble alsacien depuis le château du Haut-Koenisgbourg.
Le charme inimitable de l’Alsace en automne
L’Alsace a toujours fait partie de mes régions préférées. Pour qui a étudié comme moi l’allemand, l’Alsace est une sorte de royaume magique suspendu entre les deux pays, une petite enclave de charme germanique lové au creux de notre hexagone. Le Rhin mythique, le fleuve chanté par Brentano, Heine et Apollinaire, est aujourd’hui le trait d’union, le fleuve fraternel, abreuvant le cœur de l’Europe. J’ai toujours senti le cœur du vieux continent battre très fort à Strasbourg, et je suis heureuse que le parlement européen y soit situé. A Strasbourg, je me retiens systématiquement de chanter l’Hymne à la joie à tue-tête.
A Strasbourg, en bateau au pied du barrage Vauban : le Rhin, pont entre deux mondes, coeur de l’Europe.
J’ai beaucoup arpenté l’Alsace à l’époque où j’étais étudiante en allemand, pour des colloques ou des recherches en bibliothèque. Quand je vivais en Allemagne, elle était l’étape bienvenue sur le chemin menant de la Provence à la Bavière, me permettant de la découvrir petit bout par petit bout. Cette région a un charme fou, avec ses maisons colorées et fleuries, ses colombages, son air perpétuel de pays de poupées.
On parle souvent d’elle à la période de l’Avent, avec ses marchés spectaculaires, « Strasbourg capitale de Noël » et tous les villages couverts de féerie multicolore. Mais moi, cela faisait longtemps que je rêvais de découvrir l’Alsace en automne, dans le feu des vignes et la douceur de l’arrière-saison. Et j’avais raison d’en avoir envie. Ce petit road-trip à deux à travers l’Alsace multicolore, entre villes, vignes et villages, restera un de mes plus jolis souvenirs de la saison rousse.
Dans les rues de Riquewihr
Le vignoble d’Alsace en automne : Kaysersberg, Riquewihr, le Haut-Koenigsbourg…
« La vie est courte, mange le dessert en premier », dit un dicton bien aspiré. On commence donc directement par mon coup de cœur absolu. Le vignoble alsacien, au nord de Colmar, est un des plus jolis endroits du monde. S’il y a bien un endroit où Hansel et Gretel auraient pu se réfugier, c’est ici. C’est le pays du pain d’épice, des villages plus charmants les uns que les autres, du charme intemporel d’un livre d’image resté ouvert quelque part en 1800.
Il faudrait avoir le temps de voir tous les villages. Eguisheim, Ribeauvillé, Hunawihr… mériteraient bien une halte eux aussi, il faudrait consacrer trois ou quatre jours entiers à la découverte de ce coin. Mais le temps presse, alors je vais vers mes préférés, je commence par Kaysersberg. La rivière traverse le village, les ruelles serpentent chatoyantes, les vignes surplombent les toits. J’ai un délicieux sentiment d’irréalité.
Kaysersberg(oui, il y a des décos d’Halloween !)..
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Mais mon préféré de tous, c’est Riquewihr. Entouré de vignes comme une perle dans un incendie, avec des monuments datant du XIVe siècle, c’est un bijou. D’une porte médiévale à l’autre, le village fortifié rivalise de couleurs. Le magasin Féerie de Noël rappelle qu’en Alsace, Noël ne s’arrête jamais vraiment de clignoter. On mange une tarte flambée, la première du séjour, pas la dernière, dans une taverne quelconque, l’Alsace est belle et joyeuse.
Riquewihr, au coeur du vignobleCouleurs de Riquewihr.....Féerie de Noël, le magasin emblématique
En quittant Riquewihr, une silhouette d’estampe se dessine à l’horizon, majestueuse. C’est là que nous allons. Le château nous aimante. Quel château ? Le mythique Haut-Koenigsbourg.
Le Haut Koenigsbourg…
Au sommet du Haut-Koenigsbourg en automne
J’ai toujours été amoureuse de ce château qui trône au-dessus du vignoble dans la région de Sélestat, au sud de Strasbourg. Château fort médiéval, restauré avec soin et virtuosité sous la houlette de l’empereur allemand Guillaume II au début du XXe siècle, il est devenu une grandiose folie évoquant un Moyen-Âge sublimé. On le voit à des dizaines de kilomètres à la ronde. Sa silhouette imposante qui se découpe au sommet de la plus haute colline est l’un des symboles de l’Alsace, un incontournable fascinant. Et la vue du sommet de ses tours est une des plus belles que je connaisse. Tout le vignoble se déroule à nos pieds, à perte de vue, piqueté de villages comme autant de mirages de pierre et de bois peint. On a déplié la frise du temps sous nos yeux. Ce n’est plus 2018, c’est 1780. Goethe est vivant, il chevauche à travers les vignes pour retrouver sa bien-aimée et lui écrire des poèmes remplis de fougue, je vois son fantôme monter sous forme de brume des Vosges à l’horizon. Je jette par la fenêtre des rêveries et des songes. Que c’est beau.
Au sommet du Haut Koenigsbourg.Vue magiqueSoleil d’automne sur les VosgesMosaïque du vignoble.
Mais après avoir tant admiré le vignoble, n’est-il pas temps de déboucher une bouteille ?
Délices : du bon vin d’Alsace et un resto alsacien traditionnel
Dégustation mystère au domaine Paul Spannagel
Le domaine Paul Spannagel, c’est à Katzenthal, alias « la vallée des chats » en français. C’est ça d’avoir fait allemand à la fac : les célèbres noms des villages alsaciens ne ressemblent pas juste un jeu de Scrabble mélangé par un savant bourré, ils ont un sens. Et je sais les prononcer, ce qui me donne un avantage certain sur le reste du monde (enfin, en Alsace uniquement). Katzenthal, donc. Je n’ai pas vu de chats, mais il y a du vin, du très bon vin. Le domaine Paul Spannagel, c’est un vignoble familial indépendant. Pendant la dernière guerre, les gens se sont abrités ici des bombardements nazis, et la visite en retrace le souvenir. On entend la voix du patriarche, Paul Spannagel, raconter les années de guerre. Puis sa petite-fille prend le relais et nous conduit entre les fûts, dans de belles caves typiques. Cette visite fait appel aux cinq sens, dans une déambulation surprise bien menée qui permet de comprendre tout le processus de fabrication du vin et la spécificité des vins alsaciens. Le clou, c’est la dégustation des arômes à l’aveugle dans des verres noirs, afin de deviner de quoi il s’agit et d’affiner les sens avant de passer au vin. La visite du domaine est labellisée « Vignobles et découvertes », et un vrai effort de mise en scène a été fait – je passe un excellent moment.
Pour qui aime les blancs, le vin d’Alsace est un must, et les vins d’Alsace ont toujours été mes préférés. J’aime bien le Riesling, j’adore le Gewurztraminer, sucré et liquoreux, qui est d’ordinaire mon préféré, mais au domaine Spannagel, c’est finalement un pinot noir succulent qui retient mon attention. J’en achète une bouteille pour une occasion spéciale. La visite est ludique, bien faite, et les vins excellents.
Vignobles de la vallée de Kaysersberg, à KatzenthalDégustation des arômes mystère au domaine Paul SpannagelLa boutiqueDélicieux vins d’Alsace
Passons maintenant à table… un repas typiquement alsacien pour accompagner tout cela ?
Au Bois le Sire, à Orbey : restaurant traditionnel alsacien et hôtel Logis chaleureux
Un repas typiquement alsacien, avec des produits locaux et un savoir-faire traditionnel ? Ne cherchez plus, le restaurant Au Bois le Sire à Orbey, à deux pas de Kaysersberg, offre une expérience typiquement alsacienne avec un excellent rapport qualité-prix. Partout en France, et dans les régions touristiques en particulier, j’aime me fier au label Maître Restaurateur, très fiable car émanant des autorités préfectorales elles-mêmes, qui pratiquent des inspections régulières : ce sigle garantit que la grande majorité de la carte est fait-maison, le recours aux circuits courts, aux produits régionaux, et une cuisine soignée tournée vers la préservation des recettes traditionnelles. J’ai beaucoup aimé notre dîner au restaurant Au Bois le Sire, dans un cadre tradi comme j’aime, avec fauteuils de bois, ambiance tamisée, petites nappes et roses – un charme rétro typiquement français. La présence des fleurs sur les tables, la pénombre et les bougies, tout créait une atmosphère douillette (en allemand, on aurait dit gemütlich) et romantique. J’ai adoré les poissons de la rivière, mon compagnon a choisi la traditionnelle choucroute, tout était frais et bon, de l’entrée très rafraichissante au dessert.
Le petit déjeuner buffet est lui aussi fourni, frais et très bon, j’ai beaucoup apprécié ces deux moments dans ce joli resto.
Ambiance traditionnelle à Bois le Sire, à Orbey.Un resto de charmeExcellent dessert !Délicieux petit-déjeuner
La maison est familiale : plusieurs générations ont œuvré à tisser cette ambiance feutrée et authentique, et autour de la réception, une petite exposition photo retrace l’histoire de la maison et de la famille. L’accueil est chaleureux et authentiquement alsacien, on sent l’établissement ancré dans un terroir, une histoire, et tenu par des passionnés qui ont le sens de l’hospitalité. L’établissement appartient au réseau Logis, dont je vous ai déjà parlé dans mon article sur la Source des Sens, et je trouve qu’il correspond bien à l’esprit du réseau : des hôteliers indépendants, un accueil souriant, l’ancrage très fort dans un territoire.
La partie hôtel se divise en deux parties : des chambres dans le bâtiment principal, et des chambres de type motel sous forme de petits pavillons autour. J’aurais adoré retrouver l’ambiance boisée et rétro de la salle de restaurant dans les chambres, à la déco plus impersonnelle, mais elles sont confortables et pratiques. Ce que j’ai vraiment aimé, c’est la partie piscine et bien-être, d’excellente qualité, pour agrémenter votre séjour en Alsace d’une détente aquatique… L’espace comporte une grande piscine chauffée toute l’année (et vraiment chaude, on peut s’y baigner sans crainte !), un sauna, un hammam, et un vrai espace fitness avec de nombreux équipements. Il est également possible de réserver des soins. C’est à mes yeux un vrai atout. Avec les prestations proposées, je note que le rapport qualité-prix est très bon : vous pouvez séjourner à l’hôtel Bois le Sire à partir de 80 euros/nuit à deux, au cœur de l’Alsace et avec piscine.
Un joli hôtel alsacienSuperbe espace détente
Retrouvez les tarifs et prestations sur le site de Bois le Sire
Strasbourg et Colmar : les deux perles d’Alsace
Promenade traditionnelle à Strasbourg
C’est la capitale de l’Est, la ville-pont aux deux rives, trait d’union entre Allemagne et France, siège des institutions européennes, et c’est une ville magnifique. Strasbourg est traditionnelle et cosmopolite à la fois, très verte, et baignée d’eau par ses nombreux canaux.
On connaît tous la beauté rare de l’imposante cathédrale de Strasbourg. La célèbre horloge astronomique était en travaux au moment de notre venue, mais en compensation, nous avons pu monter les 332 marches menant à la plateforme de la cathédrale. La vue sur le cœur de Strasbourg est magnifique, j’ai beaucoup aimé ce point de vue surplombant.
Arrivée sur la place de la cathédrale
La façade, de nuit.Ascension…Vue depuis la plateforme
Le quartier ultra typique et incontournable, c’est bien sûr la Petite France, où les maisons à colombages se mirent dans les canaux. Je vous recommande de l’arpenter non seulement à pied, mais aussi en bateau avec Batorama, qui vous fera non seulement passer par les écluses de la Petite France, mais aussi découvrir depuis les canaux le quartier du parlement européen, le magnifique Barrage Vauban, de nombreuses églises, et mon petit coup de cœur insolite, le lycée des Pontonniers, qui ressemble vraiment à un Poudlard sur Rhin. La visite de Strasbourg en bateau fait partie des rituels, et j’ai été ravie de la refaire, d’autant que les angles sont excellents pour les photos – à condition de veiller à être dans un bateau ouvert.
La petite FranceLa petite France à Strasbourg.Franchir l’écluseBarrage Vauban depuis le bateau BatoramaAu lycée des Pontonniers..
Retour dans la Petite France pour déjeuner avec le plaisir de découvrir une institution strasbourgeoise : la Maison des Tanneurs, le plus ancien restaurant de la ville, fondé en 1572. Le cadre exceptionnel vaut à lui seul le détour. Entrer dans cette magnifique maison ancienne, tout en colombages et géraniums, et monter dans cette grande salle entièrement cousue de boiseries lustrées, baignée de lumière, donne l’impression de remonter le temps… Nous étions assis en bord de salle, contre les fenêtres, avec vue sur les canaux et les bateaux derrière une rangée de fleurs, et j’étais aux anges, moi qui suis férue de ce genre d’ambiances romantiques et sépia à la Werther. L’accueil est soigné et chaleureux, avec un service attentif fidèle à l’esprit des lieux qui vous donne l’impression de vivre un moment privilégié, au cœur de la vieille ville de Strasbourg. Goûtez la spécialité de la maison, la choucroute de poisson !
La Maison des Tanneurs, c’est la belle maison au centre…Ambiance d’un autre temps au fil de l’eauTartare de saumonChoucroute de poisson
J’aurais aimé continuer cette journée strasbourgeoise par la visite des pains d’épice Mireille Oster, fière représentante de cette belle tradition culinaire typique de l’Est de la France, et prendre un thé Au fond du jardin, le salon de thé le plus cosy et original de la ville. Hélas pour nous, tant mieux pour Strasbourg, l’affluence était vraiment forte en ce samedi de la Toussaint, et les lieux étaient pris d’assaut – j’ai donc choisi de renoncer et nous nous sommes promenés dans les rues de Strasbourg, savourant toutes les nuances de sa beauté sans but précis, sous un temps merveilleux.
Coucher de soleil à Strasbourg.Un superbe salon de thé
Le charme fou de Colmar
Je vais vous faire une confession : j’aime passionnément Strasbourg, la grande ville, palpitante, riche, pleine de divertissements. Mais la plus jolie ville d’Alsace ? Pour moi c’est Colmar, ville de poupées au cœur du vignoble que j’aime tant, esthétiquement parfaite, petite et ravissante.
Collégiale St Martin de ColmarIdyllique ColmarColmar en période de Noël
C’est un tel bonheur de flâner dans Colmar, de retrouver les vues de carte postales célèbres, comme la Maison des têtes ou le Quai des Poissonniers, avec ses vues sublimes sur les canaux colorés. Car oui, Colmar est elle aussi une ville de canaux, si nombreux et si charmants qu’on surnomme souvent… vous l’avez deviné… la petite Venise d’Alsace. Pardon, je l’ai dit. Vous aussi, ça vous agace un peu, cette multiplication des « Venise du… » à tout bout de champ ? Regardez-donc la publication Instagram ci-dessous pour me faire pardonner.
Vous remarquerez toutefois que ce parallèle avec Venise a du bon : il a permis à Colmar de développer la visite des canaux en gondole ! J’ai découvert ça sur place, et me suis promis de tester un de ces jours. Je reviendrai aussi à Colmar visiter le musée Unterlinden, fabuleux musée d’art comportant notamment de merveilleux Cranach. J’ai aussi un excellent souvenir de la ville à la période des marchés de Noël, où le côté « maison d’Hansel et Gretel » de la ville s’accentue encore. Je vous conseille vraiment de ne pas faire l’impasse sur Colmar lors de votre découverte alsacienne, la ville mérite tellement le détour.
Je sais que j’ai encore beaucoup de choses à voir en Alsace, par exemple le mystique Mont Saint Odile, les chamois du Hohneck au cœur des Vosges, les ravissants villages d’Hunawihr ou Eguisheim, le musée Lalique, les potiers dans les villages autour d’Haguenau, ou encore Sélestat, que j’ai découvert sur le blog Mon week-end en Alsace de mon amie Laurène, inépuisable source d’inspiration alsacienne… Mais ce n’est pas grave, il y a toujours mille bonnes raisons de revenir en Alsace, en automne ou à toute saison, encore et encore, et ma découverte n’est pas terminée !
Epinglez-moi !
A suivre sur Itinera Magica : la République dominicaine, Lyon, Nice, les îles Féroé, les Alpes… inscrivez-vous à la newsletter ?
Un grand merci à l’hôtel-restaurant Bois le Sire à Orbey pour son accueil chaleureux, et aux offices du tourisme d’Alsace et de Strasbourg pour leur aide à la préparation de ce voyage et pour les activités réalisées !
Une escapade fastueuse sur la route des vins de Bourgogne, entre coteaux infiniment prestigieux, restaurants gastronomiques, hôtels de luxe et patrimoine millénaire, cela vous tente ? Après avoir exploré la somptueuse Dijon, je vous propose de poursuivre ce voyage bourguignon raffiné à travers les vignobles les plus célèbres du monde, les Côtes de Nuits et les Côtes de Beaune.
Nous commencerons notre voyage juste au sud de Dijon, à Marsannay, traverserons ensuite les vignes et villages de Fixin, Vougeot, Gilly-lès-Cîteaux, Vosne-Romanée, Nuits-Saints-Georges, avant d’arriver dans la magnifique ville de Beaune pour une étape de très grand luxe. Pour le summum du raffinement à la française, suivez-moi dans cette aventure gastronomique, vinicole et hôtelière, avec des établissements extraordinaires…
De Dijon à Beaune, prenons la route des vins de Bourgogne, entre grands crus et hôtels de luxe, au coeur des vignes dorées.
A l’automne, la Côte d’Or mérite son nom, et nous irons de merveille en merveille…
Le séjour s’achèvera à Beaune, joyau architectural.
Sur la route des vins de Bourgogne : découverte des « climats de Bourgogne »
Dijon, Beaune : deux villes sublimes au cœur de la Bourgogne historique, distantes de moins de 50km. Entre les deux, la nationale serpente au cœur du vignoble le plus prestigieux du monde, tout enflammé d’or et de rouge à l’automne, et on la nomme route des vins de Bourgogne. Rouler de Beaune à Dijon ou de Dijon à Beaune, c’est aller de bijou en bijou, dans un monde où tout n’est qu’élégance et distinction. C’est tout simplement le road trip le plus chic du monde.
Sur des routes mythiques.Le tastevin, emblème de la dégustation raffinée en Bourgogne. Ici aux caves Patriarche à Beaune
Quand j’ai découvert la Bourgogne, que je ne connaissais pas, ma première réaction a été la surprise face à un tel degré de luxe et de raffinement : comment expliquer que la région entre Beaune et Dijon concentre un tel nombre de restaurants étoilés, d’hôtels 5 étoiles, de monuments grandioses ? Je sais depuis qu’il y a deux principaux facteurs d’explication. Le premier est lié à l’histoire de la Bourgogne, ce que j’ai compris lors de ma visite de Dijon : pendant tout le Moyen-Âge, ce fut un duché indépendant, infiniment riche et puissant. Le second se met en bouteille, se débouche et se déguste : c’est le vin.
Ce que j’ai voulu comprendre, lors de cette exploration du grand vignoble qui court entre Dijon et Beaune, c’est pourquoi les vins de Bourgogne sont les plus chers du monde. Qu’est-ce qui rend les produits de ce terroir si côtés, si exceptionnels ? Si la réponse à cette question vous intéresse aussi, lisez ce qui suit. (Sinon, passez directement à la suite pour les étapes du road trip sur la route des vins de Bourgogne).
Dégustation au château de Marsannay. Les vins de Bourgogne sont les plus prestigieux et chers du monde, pourquoi ?
Dans ma soif de connaissance (vous avez vu le jeu de mots, j’espère), je suis très bien tombée, car ma toute première visite fut au domaine du Château de Marsannay, à Marsannay-la-Côte. J’y rencontre Sylvain Pabion, viticulteur passionné, qui m’explique la configuration géologique et historique exceptionnelle de ces coteaux classés par l’UNESCO au patrimoine mondial de l’humanité.
La zone classée qui produit les grands vins de Bourgogne, c’est une zone finalement toute petite : une petite bande de terre de 60km de long sur seulement 5km de large, qu’on appelle la Côte de Nuits au nord, et la Côte de Beaune au sud.
Il y a des millions d’années, lorsque les mouvements tectoniques firent monter les Alpes et le Jura, la Côte est née, et plusieurs éboulements successifs ont donné naissance à un sol unique au monde : un sol qui change de nature presque tous les dix mètres ou presque. Certaines parcelles ont un sol argileux, d’autres un sol calcaire, d’autres un sol marneux… rempli de petits coquillages et crustacés datant de l’époque où la mer recouvrait les montagnes. Toute cette multitude de sols, c’est ce qu’on appelle les climats de Bourgogne.
Les climats de Bourgogne : des sols d’exception. Ici au château de Marsannay
Ici en Bourgogne, pour comprendre le mot « climat », il ne faut pas lever les yeux au ciel, il faut les plonger dans le sol. Un climat, c’est une parcelle au sol particulier, différente de toute autre. C’est le sol qui change le vin en joyau. Seuls deux cépages sont utilisés sur la Côte : le Pinot-Noir pour les vins rouges, le Chardonnay pour les vins blancs. Ce qui fait toute la différence d’une parcelle à l’autre, ce n’est donc pas le choix du cépage, mais l’alliance particulière entre chaque « climat » (chaque type de sol), l’ensoleillement et le raisin. C’est pour cela que les plus grands œnologues, les immenses connaisseurs, arrivent à reconnaître en goûtant un vin de Bourgogne sur quel climat la vigne a poussé.
Chaque lieu est une saveur. Dégustation au château de Marsannay
La Bourgogne pousse à son paroxysme l’alliance entre terroir et boisson : on boit le sol, c’est lui qui fait toute la richesse et la grandeur du vin, qui change le raisin en joyau. Sur cette petite bande qu’est la Côte, on compte pas moins de 1247 climats, précisément répertoriés et identifiés. Parfois, un climat n’est qu’une toute, toute petite parcelle… mais de qualité inouïe. C’est aussi pour cela que ce vin est si cher : ce n’est pas une production de masse, le jeu de la rareté et de l’exception tire les prix vers le haut. La Côte bourguignonne produit finalement peu de vin au regard de l’ensemble de la production française (seulement 3% de la production de vin français !), mais du vin très prisé. Les plus prestigieux de tous, ce sont les « grands crus » – ensuite viennent les premiers crus et les crus dits Village. La valeur de chaque parcelle s’est codifiée au fil des ans et certaines parcelles de terre valent des sommes astronomiques, car elles produisent les meilleurs vins du monde…
Cela fait plus de mille ans que les moines cisterciens ont remarqué la singularité de ce terroir et cultivé le vin de Bourgogne, dans des institutions prestigieuses comme le château de Vougeot. A la singularité géologique s’ajoute donc la culture historique : depuis des centaines et des centaines d’années, on façonne le vin de Bourgogne dans le secret des lourdes caves gothiques. Voilà pourquoi le vin d’ici est un culte secret, une religion, et que les touristes fortunés viennent de partout dans le monde arpenter la route des vins de Bourgogne.
Le Clos Vougeot, emblème de la culture monacale du vin en Bourgogne
Visite-dégustation au château de Marsannay, vignes d’or à Fixin
Au château de Marsannay, Sylvain Pabion m’explique cette culture singulière, me montre les caves du domaine et me fait goûter les différents vins, en essayant de me rendre attentive aux climats, aux nuances qu’ils induisent dans le goût et les arômes dégagés. Il me raconte la démarche de qualité et de montée en gamme dans lequel le domaine est engagé, et son travail minutieux et passionné pour élever des vins meilleurs d’année en année. C’est pourquoi le château de Marsannay est une appellation montante, de toujours plus grande qualité. La visite est pédagogique, belle et passionnante, comprenant des salles d’exposition très bien faites, la cave visuellement magnifique, les cuves, et la dégustation d’excellents vins bourguignons, issus de différents domaines et de la propre production de Marsannay. J’adore les vins de ces dernières années, nés sous la houlette attentive et passionnée de Sylvain. Je vous recommande chaleureusement cette visite : c’est une parfaite entrée en matière pour comprendre et apprendre à aimer les vins de Bourgogne.
Au château de MarsannaySylvain Pabion dans ses vignes à Marsannay.
Dégustation
Je continue ensuite ma route à Fixin, célèbre pour sa belle église au toit de tuiles vernissées, si typique de la Bourgogne. Je suis plongée dans un océan de vignes dorées par octobre, et je comprends soudain pourquoi ce département s’appelle la Côte d’Or. L’automne dans le vignoble, entre Dijon et Beaune, c’est un émerveillement. Au château de Brochon, une folie néo-gothique répond à l’or des vignes. Tout est si beau.
Automne en Côte d’Or...Fixin et son église.Château de Brochon
Vougeot, un mythe au cœur de la Bourgogne : le Clos-Vougeot et la Maison Vougeot routes des vins de Bourgogne en automne – route des grands crus
Quand on parcourt la route des vins de Bourgogne, il y a un incontournable, un immanquable absolu : le château du Clos-Vougeot, à Vougeot. C’est probablement un des lieux les plus emblématiques de la culture vinicole au monde, un château mythique. Ici, les moines de l’abbaye de Cîteaux ont commencé à cultiver le vin dès le XIIe siècle, et fondé une des appellations les plus célèbres au monde. Aujourd’hui, les parcelles entourant le Clos-Vougeot n’appartiennent plus à l’ordre, mais à différents domaines des environs – le vin n’est plus produit au château lui-même. Mais le château, lieu exceptionnel qui mérite le détour, est devenu un beau musée du vin, avec des expositions très intéressantes sur la culture du vin, un beau film sur le vin en Bourgogne et sur la célèbre confrérie deschevaliers de Tastevin, dont le Clos Vougeot est le siège. Chaque année, les chevaliers célèbrent le vin nouveau avec de grands banquets et dégustations qui préservent le patrimoine folklorique bourguignon, et brandissent haut les couleurs de la Bourgogne.
Visite du Clos Vougeot : 7,50 euros par adulte en visite libre
Mythique Clos Vougeot...
Mais pour goûter les vins de Vougeot, rendez-vous maintenant dans la plus belle boutique de vins que je connaisse au monde : la Maison-Vougeot. C’est à ce moment-là que j’ai pris conscience de l’existence d’un tourisme d’un raffinement exquis en Bourgogne : ce salon de vins est beau comme une joaillerie ou une galerie d’art, et la visite est proprement magique. Ce fut un moment hors du temps, étrange et un peu ésotérique, et je vous recommande vraiment cette visite où le vin devient poésie. La Maison Vougeot est à la fois une boutique de vins et de curiosités, et une installation artistique, dans un cadre de toute beauté, où les fauteuils se parent de velours violet et créent des alcôves secrètes, où des œuvres multimédias vous plongent dans la couleur, les sonorités et la vibration des grands vins. J’ai été merveilleusement bien accueillie et je me suis sentie plongée dans un nectar de Bourgogne luxueuse et élégante. La Maison Vougeot propose les vins et les créations de trois maisons, Domaine de la Vougeraie, Jean-Claude Boisset et JCB by Jean-Charles Boisset, dont j’ai beaucoup aimé les bijoux exposés ici. Une bibliothèque du vin invite à la lecture dans un cadre feutré, la dégustation est personnalisée et – évidemment – poétique et dépaysante. C’est un très beau souvenir.
Dégustation personnalisée à la Maison Vougeot, sur réservation uniquement : 25 euros/personne.
La sublime Maison Vougeot...Installation poétique, sonore, lumineuse au coeur du vin
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Merveilles cisterciennes à Gilly-lès-Cîteaux : le château de Gilly
C’est un lieu que j’étais très impatiente de découvrir, car j’avais complètement « flashé » dessus sur Instagram : le Château de Gilly, à Gilly-lès-Cîteaux. Ancienne résidence des abbés de Cîteaux du XIIe siècle jusqu’à la Révolution française, ce sublime château est aujourd’hui un hôtel 5 étoiles empreint de tout le charme qu’on suppose à ce type de lieux anciens et féeriques. Les chambres sont meublées de lits à baldaquins et anciennes tapisseries, le magnifique jardin à la française se remplit d’œuvres d’art chaque été, tous les espaces respirent le raffinement, mais le clou, c’est la salle de restaurant – sans aucun doute une des plus belles que je connaisse. Imaginez prendre un déjeuner typiquement bourguignon sous les ogives de hautes voûtes gothiques datant du XIIIe siècle, au milieu des fantômes glorieux des moines et des abbés. Le cadre est absolument inouï, et je vous recommande une halte dans ce beau restaurant au cœur du vignoble, d’autant qu’il reste abordable.
Le château de Gilly, sur la route des grands crus entre Dijon et BeauneUne salle de restaurant médiévale d’exception.
A quelques kilomètres du château se trouve l’abbaye cistercienne de Cîteaux, à St Nicolas-lès-Cîteaux. Par manque de temps et parce qu’il fallait faire des choix, je ne suis pas allée la visiter. A ce que j’ai lu, elle n’a pas la beauté rayonnante des trois grandes abbayes cisterciennes de Provence – Sénanque, Silvacane, Le Thoronet –, mais elle est très prisée des personnes souhaitant partir en retraite et se mêler à la vie de la communauté pour son atmosphère de sérénité et de piété. Si vous souhaitez la découvrir, vérifiez les horaires ou prenez rendez-vous sur le site de l’abbaye.
Le Richebourg, un bel hôtel-spa à Vosne-Romanée
A mi-chemin entre Dijon et Beaune, dans le village vinicole prestigieux de Vosne-Romanée, j’ai beaucoup aimé Le Richebourg, un hôtel-spa 4 étoiles familial et entièrement rénové récemment. J’ai retenu l’adresse pour un prochain séjour en Bourgogne, car l’hôtel combine de nombreux atouts : une atmosphère élégante et confortable dans un village au calme, un restaurant que je n’ai pas eu le plaisir de tester, mais qui a reçu plusieurs distinctions et semble s’illustrer par sa cuisine originale et créative, des prix abordables et un très beau spa. (Vous commencez à me connaître, ceci est un critère majeur pour moi ;-)). J’ai beaucoup aimé l’ambiance lumineuse et douce de la piscine intérieure et de l’espace de détente qui comporte également un sauna, un hammam, une fontaine de glace, une douche multi-jets et un bain bouillonnant.
L’institut de soins, Vineaspa, utilise plusieurs lignes de produits, dont une qui a particulièrement retenu mon attention : Vinésime. Cette marque française a choisi d’exploiter de façon originale le patrimoine bourguignon : leurs produits sont au pinot noir et au cassis, les deux fruits emblématiques de la région, dont on vante les propriétés anti-oxydantes. J’ai pu tester plusieurs produits – gommage, crème de jour… – et j’aime beaucoup leur odeur, leur texture, et cette association de la cosmétique et du terroir. C’est ce qui s’appelle avoir le terroir dans la peau !
Hôtel 4* Le Richebourg : à partir de 35 euros/pers pour l’accès au spa sans nuitée, à partir de 91 euros/chambre la nuit.
Sur la route des grands crus, un hôtel spa luxueux : le Richebourg..Produits Vinésime
L’Imaginarium et le Cassissium à Nuits-Saint-Georges
C’est un grand regret de mon périple bourguignon : avoir manqué de temps pour visiter les deux musées emblématiques de Nuits Saint Georges, au cœur du vignoble : l’Imaginarium, consacré au vin et notamment au vin effervescent – le crémant de Bourgogne –, et le Cassissium, consacré au cassis, autre culture bourguignonne emblématique, et qui promet de vous laisser « bouche baie » (j’adore ce jeu de mots). Dans les deux cas, il s’agit de grands espaces mêlant musée, jeux et dégustation, adaptés à toute la famille. J’ai eu l’occasion de goûter la crème de cassis à Dijon et Beaune et je pense que c’est mon alcool préféré – fabuleux dans le kir bourguignon ! Je me promets d’y revenir un jour.
L’Imaginarium, visite dégustation à partir de 10 euros/adulte
Le Cassissium, visite dégustation 9,50 euros/adulte
J’ai goûté une limonade au cassis à Dijon.
Les sublimes hospices de Beaune
Nous arrivons à l’étape ultime de mon périple : Beaune la belle, mondialement célèbre pour le charme de son cœur de ville. Le bijou de Beaune, ce sont évidemment ses hospices. Viollet-le-Duc disait que Beaune était la seule ville au monde où on a envie de tomber malade… Les hospices, fondés en 1443 par Nicolas Rolin pour soigner les pauvres et nécessiteux, sont non seulement une des premières institutions caritatives d’Europe, mais un bâtiment d’une splendeur incroyable, avec un toit chatoyant qui rappelle les mille couleurs de la vigne en automne, et une grande salle, la « salle des Pôvres », qui évoque plus une salle de banquet royal qu’un hôpital pour miséreux. La décoration est de style flamand, rappelant que les ducs de Bourgogne n’ont eu de cesse d’étendre leur empire dans les Flandres, et de s’approprier l’art des plus grands peintres du Nord. Les hospices de Beaune, c’est un petit morceau de Bruges ou de Douai au cœur de la Bourgogne, un bâtiment dont le caractère exceptionnel par sa splendeur et sa destination humanitaire impressionne doublement. Aujourd’hui encore, la plus célèbre vente de charité au monde a lieu chaque année en novembre : le vin cultivé sur les 60 hectares de vigne appartenant aux hospices, comportant de nombreuses parcelles d’exception où on élève les grands crus, est vendu aux enchères au profit d’œuvre caritatives. Entre patrimoine, mondanité et générosité authentique, l’évènement attire chaque année stars et ultra riches déterminés à une bonne action. La Bourgogne est un monde à part, où tout semble plus grandiose, plus exclusif. La visite de l’hôtel Dieu est bien évidemment l’incontournable absolu de Beaune. Ne manquez pas le sublime triptyque flamand exposé au musée de l’hôtel Dieu.
Mais tout le cœur de ville de Beaune est ravissant, et je vous conseille de prendre le temps d’y flâner – la ville ancienne n’est pas très étendue, et se prête parfaitement à une jolie promenade.
Beaune début novembre..
La moutarderie Fallot à Beaune
Si la moutarde est souvent associée à Dijon, c’est à Beaune que se trouve la plus ancienne moutarderie artisanale, une institution bourguignonne : la maison Fallot, fondée en 1840. Si la Bourgogne est la terre de la moutarde, c’est qu’on y cultivait le sénevé, la plante qui produit les grains de moutarde, et que les vignerons la mélangeaient au « verjus », jus de raisin vert. Depuis le début du XXe siècle, le verjus a été remplacé par le vinaigre, mais Fallot continue à pratiquer la méthode traditionnelle : écraser les grains entre deux meules de pierre, l’une fixe, l’autre tournante, et mélanger lentement au vinaigre, pour conserver tous les arômes du sénevé.
J’avais déjà eu le plaisir de visiter la boutique à Dijon, et nous sommes cette fois-ci reçus avec beaucoup de gentillesse par le directeur de la maison, Marc Désarménien, petit-fils d’Edmond Fallot, pour la découverte del’usine (artisanale) elle-même. La maison Fallot propose deux parcours de visite : l’un historique, montrant les machines anciennes, le patrimoine de la moutarde en Bourgogne, l’autre moderne, qui permet de voir les meules en action et de découvrir la culture de la moutarde, du sénevé jusqu’au produit final. Les parcours muséographiques sont dans les deux cas très bien réalisés et riches en sensations, jusqu’à la dégustation finale.
La démarche de Fallot, moutarde haut de gamme artisanale, me plaît beaucoup : ils se sont associés à des cultivateurs de sénevé pour relancer la production de sénevé en Bourgogne, alors que la plante n’y était plus cultivée depuis la seconde guerre mondiale et que les graines étaient importées du Canada. Ils sont progressivement en train de passer à des graines 100% bourguignonnes, dans le cadre de l’IGP fondée en 2009 « Moutarde de Bourgogne ». Ce sont d’excellentes moutardes artisanales françaises, proposées dans de nombreuses saveurs, qu’on trouve en épicerie fine, dans certains supermarchés haut de gamme, et bien sûr en boutique à Dijon et à Beaune. J’ai eu le plaisir de repartir avec plusieurs moutardes (cassis, curry, pinot noir…) et je vous confirme qu’elles sont vraiment exceptionnelles.
Moutarderie Fallot à Beaune, deux parcours de visite, 10 euros/adulte chacun, avec dégustation de moutarde à la fin
Marc Désarménien devant sa moutarderieMeules historiquesVisite de l’usine actuelleChamps de sénevéLa moutarde Fallot se marie bien à ma déco de Noël, non ?
Les caves Patriarche à Beaune, caves spectaculaires sur la route des grands crus
Les caves sublimes sont nombreuses en Bourgogne, comme vous avez pu le constater au fil de cet article, mais les plus impressionnantes sont sans doute les caves Patriarche à Beaune. Depuis 1780, la maison Patriarche élève (= fait vieillir) des vins bourguignons d’exception dans le secret de ses sous-sols. La visite m’a rappelé celle des catacombes de Paris (les crânes et osselets en moins) : ce réseau de caves s’étale sous l’ensemble du cœur historique de Beaune, avec pas moins de 5km de galeries datant du XIIe siècle, et des millions de bouteilles. L’ambiance est très impressionnante, avec cette plongée au cœur de la ville ancienne, et ces étalages de vins à perte de vue. C’est toute la mémoire de la Bourgogne qui est conservée ici, avec des vins vieux de plusieurs dizaines d’années – c’est assez émouvant de voir des bouteilles étiquetées 1920, par exemple. La maison Patriarche continue cette démarche patrimoniale, en préservant des vins des années 1990 qui n’auront pas le droit d’être ouverts avant cinquante ans… ce labyrinthe a des allures de cathédrale du vin, avec des liquides sacrés et une mise en scène magnifique. Parmi tous les vins que Patriarche élève, la maison choisit ses préférés, qu’elle met en bouteille sous le nom de « cuvée émotion » – il s’agit des vins qui ont le plus touché ses employés, dont les arômes sont les plus subtils et séduisants. Notre visite s’achève par une dégustation dans un cadre sublime, une atmosphère de mystère et de magie que j’ai adorée. En plusieurs dégustations de Dijon à Beaune, je commence (très, très modestement) à me familiariser avec les saveurs si particulières et délicates de ce terroir – ce séjour en Bourgogne m’aura mieux fait comprendre ce qu’est la tradition du grand vin français. Les cuvées Emotion de Patriarche, que nous découvrons, sont délicieuses.
Visite des caves Patriarche à Beaune, à partir de 17 euros/personne pour la visite libre s’achevant par une dégustation.
Caves Patriarche à BeauneDégustation spéciale.Cuvée émotion
Je veux maintenant finir cet article en beauté avec un hôtel extraordinaire à Beaune.
L’hostellerie Le Cèdre : un hôtel-restaurant 5* grandiose à Beaune
Ce fut une de mes plus belles expériences hôtelières de l’année, un sublime point d’orgue à ce séjour bourguignon tout en raffinement. L’hostellerie Le Cèdre, c’est le genre de lieux extraordinaires qui font venir les Américains et les Japonais en Europe pour vivre toute la beauté millénaire d’une France patrimoniale et luxueuse. Dès l’arrivée dans le jardin de cette maison de maître à l’ancienne, le monde s’estompe, et une parenthèse de luxe et de beauté s’ouvre au milieu des boiseries patinées. Le cadre est délicieusement rétro, une ambiance de palace à l’ancienne qui me rappelle les nouvelles de Stefan Zweig, où on vient vivre une grande histoire d’amour douloureuse dans un salon XIXe feutré. Beaune est une ville fabuleusement romantique, une beauté d’un autre temps, et nous ne pouvions rêver d’un cadre plus idyllique que cet hôtel où on cultive la grande tradition de l’hospitalité à la française, avec un service soigné et attentif. Ici, on prend soin de vous, on devine vos envies, on vous enveloppe de prévenance et de douceur. C’est simple : les gens qui passaient la nuit ici et que je voyais s’installer quelques instants dans la bibliothèque ou le salon, auprès de la vieille cheminée, avaient un air de bonheur tranquille sur le visage, celui des gens dont tous les vœux ont été exaucés. Ce cadre inspire le bonheur.
Un hôtel merveilleux à Beaune.....
Chaque chambre a sa personnalité, sa décoration – aucune des 40 chambres n’est exactement identique. Nous avions le bonheur d’être accueillis dans une Suite Junior, une chambre parfaite pour les longs séjours ou les besoins des voyageurs d’affaire, avec ses deux espaces : un salon-bureau spacieux en bas, et une chambre sur mezzanine à l’étage. La moquette épaisse, le parfum très discret et délicat qui flottait dans l’air, la décoration soignée, tout invitait au bien-être. Moi qui suis très sensible aux cosmétiques, j’ai beaucoup, beaucoup apprécié la gamme Nuxe Rêve de Miel proposée dans la salle de bain : Nuxe est une marque française exigeante, que j’utilise au quotidien et que je plébiscite pour la qualité des ingrédients d’origine naturelle. La gamme Rêve de Miel, que je connais et achète souvent, est fabuleuse en composition, texture et odeur. Ce genre de détails montrent le soin apporté aux clients, dans le plein sens du terme !
Notre suiteDans la belle salle de bain, des produits Nuxe Rêve de miel..
Nous avons dîné au Clos du Cèdre, restaurant gastronomique situé de l’autre côté du beau jardin dans une belle maison de maître. Encore une fois, la Bourgogne a su se montrer à la hauteur de sa réputation de destination gastronomique d’exception, et nous avons été très séduits par le menu proposé par le chef Christophe Ledru. Dans ce cadre cossu et douillet, nous avons merveilleusement bien mangé. Le restaurant est récompensé d’une Assiette au Michelin, et je lui souhaite sincèrement l’étoile, car la qualité des plats m’a pleinement convaincue tout au long de la dégustation.
Très belle salle de restaurant
Le bœuf nous était recommandé par le maître d’hôtel, car le restaurant travaille avec sa propre ferme et propose un bœuf nourri à l’herbe d’exception. Ne mangeant pas de viande, j’ai décliné la suggestion, mais mon compagnon l’a suivie et m’a dit avoir mangé une des meilleures viandes dont il se souvienne. J’ai pu goûter à de délicieux poissons et fruits de mer, mais le restaurant propose également un menu entièrement végétarien – fait méritant d’être souligné en Bourgogne ! – et je pense qu’il doit être fabuleux, car j’ai été marquée par la qualité de la préparation des légumes et champignons dans chacun de mes plats : une explosion de saveurs, tout en finesse et respect du produit. Juste avant le dessert, nous avons reçu une mignardise « mi-fromage mi-dessert », un petit gâteau sucré salé au fromage, à l’oignon et à la confiture que je veux citer ici, car je l’ai trouvé réellement exceptionnel. Le dessert lui-même, fruité et léger, a continué sur cette délicieuse lancée.
Les plats…
… et les desserts
La carte des vins est fastueuse, comme il se doit dans un restaurant de qualité en Bourgogne : la cave compte plus de 400 références, dont des vins extrêmement prestigieux (n’étant toujours pas pleinement habituée à la Bourgogne, j’ai sursauté en voyant des bouteilles à quatre zéros, mais c’est une chose presque normale dans ce coin de France où on tutoie l’exceptionnel !). J’ai commencé le repas par un kir royal, au crémant de Bourgogne et à la crème de cassis, mon apéritif fétiche en Bourgogne : vraiment, ce n’est pas un kir « normal », c’est excellent, c’est bourguignon !
Kir royal : crème de cassis et crémant de Bourgogne
Pour une nuit ou pour un repas, pour une St Valentin ou une occasion spéciale à deux, je vous recommande vivement cette adresse exceptionnelle qui transforme un séjour à Beaune en escapade inoubliable.
Hostellerie Le Cèdre à Beaune.Nuit à partir de 198 euros/chambre – réservez directement sur le site de l’hôtel et non via Booking, vous aurez de meilleures offres, notamment l’excellent petit-déjeuner buffet offert. Restaurant Le Clos du Cèdre : plats à la carte à partir de 30 euros, menu 4 plats à partir de 58 euros.
J’ai quitté à regret la Bourgogne, convaincue du caractère unique de cette région qui a su cultiver sa singularité et sa distinction. Nous entrons dans l’hiver – je vous la recommande chaleureusement comme destination de Noël, Nouvel An ou Saint Valentin, car la qualité de l’accueil vous promet confort, romantisme et attention. Au printemps, je reviendrai en Bourgogne, cette fois tout au sud de la région… je m’en réjouis !
Des lectures bourguignonnes
Pour en savoir plus sur la Bourgogne, trois livres à vous recommander :
Le Dictionnaire amoureux de la Bourgogne, de Jean-Robert Pitte, éditions Plon. Le grand géographe raconte avec humour, truculence et une infinie érudition toute l’histoire, les mœurs, les spécificités du caractère bourguignon, pour nous révéler le patrimoine et l’âme de cette région qu’il aime passionnément. Si vous n’êtes pas encore tombé amoureux de la Bourgogne, ce livre saura vous convaincre.
Et pour continuer cette œuvre de séduction, voici Aimer la Bourgogne, de Jean-François Bazin, avec de superbes photos d’Hervé Champollion, aux éditions Ouest France. Ce magnifique guide touristique richement illustré me fera revenir en Bourgogne pour voir tout ce que j’ai manqué.
Le côté obscur, mystérieux et insolite de la Bourgogne ? C’est avec le Guide secret de la Bourgogne de Guy Renaud, toujours aux éditions Ouest France. Dieux et druides oubliés, saints martyrisés, cultes à mystères, anecdotes croustillantes, histoires de chevaux précipités du haut des falaises, de sorcières et de légendes… le genre de grimoire dont je raffole, pour voir la Bourgogne sous un autre jour !
A la Maison Vougeot
A suivre sur Itinera Magica : l’Alsace, la République dominicaine, la Suisse, Lyon, les îles Féroé, les Bahamas… Inscrivez-vous à la newsletter ?
Cet article fait suite à deux séjours : un premier à Dijon début octobre, seule, un second à Beaune début novembre, avec mon compagnon. Le premier séjour a été organisé par l’office du tourisme de Dijon, le second par celui de Beaune, et je les remercie tous deux chaleureusement. Un très grand merci à tous les restaurateurs, hôteliers, viticulteurs, commerçants, artisans, guides, pour leur accueil soigné et attentif, qui m’a donné une fabuleuse impression de la Bourgogne. Un remerciement tout spécial à l’hostellerie du Cèdre, pour un séjour d’exception qui nous restera longtemps en mémoire. On est si bien reçu au cœur de la Bourgogne…
Elche, au sud de l’Espagne, vous connaissez ? J’avoue que jusqu’à cet automne, je n’avais jamais entendu parler de cette ville située dans la région d’Alicante. Mais après un week-end à Elche passé à découvrir la plus grande palmeraie d’Europe, un centre historique de toute beauté, de nombreuses attractions et curiosités classées au patrimoine mondial par l’UNESCO et une gastronomie délicieuse, je veux vous convaincre de donner une chance à cette destination étonnante, ensoleillée et abordable. Pour quelques jours d’escapade entre nature, culture et délices, pensez-y ! Voici quelques bonnes raisons de visiter Elche, un petit morceau d’Orient dans le sud de l’Espagne.
Le paradis des palmiers à Elche.
Visiter Elche, au sud de l’Espagne
Le type de vision fantastique qui vous attend à Elche… la basilique Santa Maria émergeant d’un océan de palmes.
elche Espagne – visiter elche Espagne – que voir à elche – week-end à elche
Elche ou l’Orient à portée de rêve : la plus grande palmeraie d’Europe
C’est la vision la plus puissante que je garderai d’Elche, celle des coupoles de la basilique émergeant d’une forêt de palmes, celle d’un océan vert qui me rappelle Marrakech et Oman. Elche fut, comme tout le sud de l’Espagne, une ville maure, et les Arabes développèrent ici une palmeraie immense qui est aujourd’hui la plus grande d’Europe. Cette palmeraie magique est inscrite au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, et c’est un rêve d’Orient à portée de main. Deux-cent quarante mille palmiers, soit un palmier par habitant, façonnent le visage exotique et dépaysant d’Elche.
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Visiter la palmeraie d’Elche : La palmeraie n’est pas continue, elle se constitue de plusieurs jardins et espaces qui entourent le cœur de ville. A Elche, la palmeraie est partout, et tous les matins quand je me réveillais à mon hôtel Millenio, j’avais face à moi une forêt de palmes dans le ciel bleu, une vision qui me mettait en joie. Mais parmi tous les jardins d’Elche, j’en ai vu trois qui ont particulièrement retenu mon attention.
Le plus beau de tous, c’est le jardin du Curé (Huerto del Cura), un petit paradis romantique entre cactus et bassins sous les palmiers. Il y pousse un palmier exceptionnel entre tous, un arbre à 8 troncs complètement surréaliste que toutes les têtes couronnées voulaient voir à la fin du XIXe siècle, à commencer par l’impératrice autrichienne Sissi, d’où son surnom de palmier impérial.
Le jardin du Curé..Le palmier impérial.L’architecture étonnante de la maison du curé.
La dame d’Elche dans le jardin du Curé.
L’espace le plus pédagogique et instructif, c’est le Musée de la palmeraie (Museo del Palmeral). C’est celui qui m’a le plus plu de tous, car il est productif et non ornemental, et que j’y ai retrouvé ce que j’avais tant aimé à Oman : le labyrinthe des canaux d’irrigation, qu’on appelle falaj dans le monde arabe, qui irrigue toute la palmeraie et donne vie aux fruits. Je suis venue à Elche au début de la saison des dattes, à l’automne, et j’ai pu voir la façon dont les agriculteurs accrochent les dattes en cours de mûrissement pour éviter qu’elles chutent avant maturité, et une démonstration impressionnante d’escalade du palmier pour aller récupérer les fruits. Au musée, on peut aussi découvrir la spécialité artisanale d’Elche, le tissage de la palme blanche : il s’agit de palmiers qui ont été enveloppés dans des bâches pour que les palmes restent blanches et très tendres. Ce matériau unique sert ensuite à fabriquer des créations d’une finesse rare.
Beauté de la palmeraie.Dattes d’ElcheEscalade du palmierTravail de la palme blanche
Enfin, un vaste morceau de la palmeraie se situe dans le joli Jardin municipal, au pied du musée d’archéologie. Même si l’archéologie ne vous passionnait pas, je vous conseille vivement de faire un tour au musée ne serait-ce que pour sa terrasse et sa vue sur la palmeraie.
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Visiter le cœur de ville d’Elche elche Espagne – visiter elche – que voir à elche – elche alicante
Il y a longtemps, j’avais passé deux jours à Séville, et je gardais un souvenir heureux de l’Espagne du sud, des villes ensoleillées où on sort tard, où les rues sont pleines de gens souriants à 23h30, et où l’architecture porte l’empreinte du métissage, entre influence maure et reconquête chrétienne. J’ai retrouvé cela à Elche et j’ai adoré le cœur de ville. Le plus bel ensemble architectural, c’est la place de la basilique Santa Maria, une merveille médiévale lumineuse. Juste à côté, vous trouverez les anciens remparts, notamment la Torre de la Calahorra et les vestiges des bains médiévaux arabes. Il y a une ambiance à la Game of Thrones qui m’a réjouie. Mais outre le cœur médiéval, Elche a aussi tout un ensemble architectural art-déco autour de la jolie Placa de la Glorieta dont j’ai aimé l’ambiance très 1900. De nombreux bâtiments autour de la place portent les jolies marques de cette époque, notamment le Zara, qui est installé dans un ancien cinéma et a gardé son architecture spectaculaire – une bonne excuse pour faire un tour chez Zara et profiter des prix espagnols. A l’époque de ma visite, fin octobre, il y avait dans le parc municipal un marché médiéval très réussi et impressionnant par l’ambiance qu’il avait réussi à créer. Si vous passez à Elche à cette époque, pensez-y.
Basilique Santa Maria..Autour de la place, les remparts de la citéPlaca de la Glorieta.Au marché médiéval, un stand de lampes arabes.
Saluer la Dame d’Elche, fabuleux trésor archéologique
En 1897, des fouilles archéologiques ont été conduites à Elche, et on a sorti du sol une sculpture qui ne ressemblait à aucune autre : le buste d’une très belle femme en tenue de cérémonie, sculptée dans un bloc de calcaire, portant tiare et bijoux sur les oreilles. On a d’abord cru qu’il s’agissait d’un vestige de l’époque arabe. Mais le costume de la femme ressemblait beaucoup à ce qu’on savait des Ibères, le peuple originel espagnol… Des datations ont été effectuées et on a alors découvert que la dame d’Elche datait du Ve ou du IVe siècle avant notre ère. Imaginez, ce beau visage énigmatique a 2500 ans… et est un des vestiges les plus précieux, les plus beaux et mieux conservés de l’ancienne civilisation ibérique. La dame d’Elche, ce sont vraiment les premiers âges qui vous dévisagent, cela m’a beaucoup touchée. L’original est conservé à Madrid, au musée archéologique. Mais à Elche, les répliques de la dame sont partout, partout, dans les jardins, les parcs, sur les places, et bien sûr au musée archéologique, que je recommande aux passionnés d’histoire pour comprendre la longue épopée de cet endroit exceptionnel.
La dame d’Elche dans le jardin du curé – une des multiples reproductions que compte la ville. Vous la croiserez à tous les coins de rue.
Goûter la gastronomie de la région d’Alicante elche Espagne alicante
Je ne connaissais absolument pas les traditions culinaires du sud de l’Espagne, je ne m’attendais à rien, et je me suis vraiment régalée. Si je n’ai pas goûté le traditionnel jambon espagnol et fromage, ne mangeant pas de viande, j’ai eu un million d’autres spécialités pour compenser. La spécialité de cette région, ce sont les grands plats de riz qu’on cuit dans d’immenses poêles sur un feu ouvert, par exemple l’arroz con costra (riz en croûte, très roboratif, avec différentes viandes dedans), et surtout la fideuia, que j’ai adorée, faite avec du vermicelle et des fruits de mer. La région propose également de très nombreux tapas de poissons, par exemple des artichauts fourrés à l’encre de seiche, différentes spécialités à base de crustacés… J’ai pu goûter ces plats au restaurant gastronomique Taula del Millenio dans la palmeraie d’Elche, que j’ai trouvé excellent, et au restaurant traditionnel Cachito dans la région rurale d’Elche, le campo d’Elche (dont je vous parle plus bas). Au restaurant Cachito, j’ai pu voir en cuisine la préparation des grands plats sur la flamme ouverte – très impressionnant.
Préparation des plats sur la flamme ouverte à CachitoFideuia au restaurant Taula del Millenio (où j’ai mangé deux fois et où je me suis régalée deux fois).
Mais mon restaurant préféré de tous à Elche, que je ne peux assez vous recommander, ce fut Mestizaje dans le cœur de ville : une explosion de saveurs mi-espagnoles, mi-orientales, le meilleur de la fusion, un raffinement fabuleux, j’ai tout adoré à ce restaurant.
Mestizaje, le resto fabuleux que je vous recommande à Elche.
La région d’Elche est aussi célèbre pour ses fruits, notamment les grenades. Dans les jardins du Curé, j’ai pu déguster les dattes de la palmeraie et le célèbre pain de figue produit à Elche, une confiserie à base de figues, amandes, noisettes que j’ai trouvée absolument délicieuse. Ce fut le souvenir culinaire que j’ai ramené d’Elche : du pain de figue pour mes proches.
Grenades mollar dans le campo d’ElchePain de datte au jardin du curé. Le pain du figue (que j’ai oublié de photographier, incapable que je suis) avait exactement la même tête, sauf que c’était des figues au lieu des dattes.De l’avis général, c’est encore meilleur avec des figues.
Une journée dans le campo d’Elche
Le campo d’Elche, c’est la région rurale qui s’étend entre la ville d’Elche et la mer. C’est un endroit où j’ai adoré passer plus de temps : pris par un programme chargé, nous avons traversé très vite les immenses plantations de cette région agricole où on cultive, outre les dattes, les tomates, les figues, les grenades, les artichauts, les olives… J’ai adoré ces paysages qui m’ont rappelé très fort la Californie intérieure, notamment la région de Palm Springs, avec ces grandes plantations au milieu d’un sol aride et la sierra au loin. Prenez le temps d’explorer ces paysages fantastiques de désert fertile. Le restaurant traditionnel Cachito à Pusol vous permet d’entrer au cœur de cette région agricole très authentique.
Les paysages de la campagne d’Elche vus depuis le bus, d’où le reflet charmant 😉Dattes au marché médiéval d’Elche
Une des productions qui font la fierté de la région, ce sont les grenades, la grenade mollar d’Elche. Vous retrouverez énormément de spécialités à base de grenade à Elche, et surtout de la grenade fraîche – je vous conseille vraiment d’y goûter, c’est exquis.
Grenades d’Elche.
Dans le campo d’Elche, on trouve aussi le parc naturelEl Hondo, espace préservé d’eaux saumâtres, de roselières, de marais habités par les oiseaux. Des oiseaux originaux, comme des aigles venus de Scandinavie, ont choisi de s’y implanter au gré de leurs migrations. On trouve aussi des flamants roses. C’est une jolie promenade agréable, mais si je suis parfaitement honnête, je dois dire que vous ne serez pas très impressionné si vous avez la chance de connaître la Camargue – les plantations m’ont plus marquée.
Parc naturel.Le calme des roselièresQuand tu fais poser tes camarades journalistes pour la photo !
Un dernier lieu mérite le détour : le Musée de Pusol (Museo Escolar de Pusol). Il s’agit d’un musée ethnographique reconstituant la vie des populations rurales autour de 1900. La reconstitution est vraiment jolie, avec un village entier, des magasins, une chapelle, des récoltes… La qualité de reconstitution m’a marquée : le musée a pu rassembler des centaines d’objets authentiques, donnés par les gens de la région d’Elche.
Musée de PusolMusée de Pusol
Les plages préservées d’Elche
Plusieurs personnes m’avaient dit ne pas trop aimer les plages d’Alicante, trop bétonnées, trop urbanisées. Il semblerait qu’Elche soit l’antidote : j’ai vu des plages vraiment préservées, avec des cordons de dunes, beaucoup de sable et de nature, aucune construction. Le mauvais temps du dimanche après-midi m’a empêché d’en profiter, mais j’ai longé plusieurs plages très belles. Elche, une jolie idée vacances entre plage, nature, ville et culture.
Plages de la région d’Elche.
Le mystère d’Elche
Le mystère d’Elche, qu’est-ce que c’est ? Un mystère, au Moyen-Âge, c’est une pièce de théâtre chanté qui traite d’un sujet religieux, par exemple la naissance du Christ ou sa résurrection. A mi-chemin entre représentation artistique et manifestation religieuse, c’était un élément culturel très fort de l’Europe médiévale. Mais aujourd’hui, nous n’avons plus de trace de la majorité des mystères… excepté à Elche. Ce qui rend le mystère d’Elche absolument exceptionnel, c’est qu’il est représenté chaque année depuis le XVe siècle sans interruption et dans sa forme originelle : tout a été respecté, la partition, les costumes, la mise en scène, le fait d’attribuer le rôle de Marie à un jeune garçon (car au Moyen-Âge, les femmes ne montaient pas sur scène). C’est une capsule temporelle, quelque chose qui vient du fond des âges, une préservation du patrimoine européen exceptionnelle (je ne connais qu’un seul autre exemple de ce type : la représentation de la passion du Christ à Oberammergau en Bavière). Evidemment, le mystère d’Elche est inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité par l’UNESCO, c’est la moindre des choses pour un spectacle vieux de plus de 600 ans. Les représentations ont lieu chaque année autour du 15 août, et une année sur deux fin octobre. Il s’agit d’un mystère racontant la fin de la vie, la mort (ou plutôt, dans le vocabulaire catholique, la « dormition ») et l’assomption de la Vierge Marie. Ce qui est très impressionnant, c’est que la voûte de la basilique s’ouvre pour laisser descendre les anges, des enfants qu’on voit arriver lentement de plus de trente mètres de haut sur une petite nacelle, descendus à la main par un système de poulie… Bien sûr, c’est lent et long (3h de représentation à un rythme très lent), mais il y a des moments de pure beauté, des chants choraux superbes, et le privilège d’assister à quelque chose d’unique au monde. Si vous venez à Elche en dehors de la période où le mystère se joue, RDV au Museo de la Festa, où un film de 30 minutes vous permettra de voir un condensé de la pièce.
Quand l’ange descend du ciel.Les Beatles, version 15e siècle.
Ce qui fut pour moi le plus beau moment et le plus beau chant.
Aller à Elche : un soleil abordable et accessible en vol direct vol direct paris elche – aller à elche – visiter elche espagne
J’ai été surprise par la facilité avec laquelle j’ai atteint Elche. Un vol Transavia direct Paris Orly-Alicante, moins de 15 minutes de bus depuis l’aéroport d’Alicante, et j’étais au cœur de la palmeraie d’Elche. J’ai fait une recherche rapide : outre Paris, vous avez des vols directs pour Alicante depuis Lyon avec Volotea, depuis Bruxelles avec plusieurs compagnies, depuis Genève avec Easyjet, et peut-être d’autres aéroports que je n’ai pas testés. La vie est peu chère dans le sud de l’Espagne : j’ai dormi à l’hôtel Millenio, un beau 4 étoiles confortable dans la palmeraie, et les tarifs commençaient à 59 euros/nuit. La nourriture est délicieuse et abordable, bref, c’est une destination idéale pour un week-end au soleil sans exploser son budget. Je suis très heureuse d’avoir découvert Elche, et je vous encourage à songer à cette destination quand vous planifiez de petites escapades en Europe !
A suivre sur Itinera Magica : le vignoble de Dijon et Beaune, un spa extraordinaire en Alsace, les îles Féroé, la Suisse, la République dominicaine, la Slovénie… tellement de choses à vous raconter ! Inscrivez vous à la newsletter ?
Epinglez moi ?
Je suis allée en voyage de presse à Elche, en tant que journaliste. Le voyage était organisé par Espagne Tourisme et la ville d’Elche, que je remercie pour leur accueil – j’ai adoré Elche !
L’aventure en plein air ! Paradis de la randonnée, le Vercors a bien d’autres atouts dans sa manche. J’ai eu cet été l’occasion de tester un grand nombre d’activités outdoor en Vercors absolument mémorables : parapente, spéléologie, vélo électrique, escalade, pêche, canirando, luge sur rail, trottinette de descente. Pour qui rêve de belles vacances à la montagne, pour les sportifs, les familles ou les curieux en quête de nouvelles expériences, le Vercors est une destination variée, riche et complète. En fin d’article, je vous parlerai également d’hébergements de charme (ou d’aventure !) pour passer la nuit au cœur de ce magnifique massif.
L’aventure en Vercors… Ici du vélo à assistance électrique, chevauché par mon amie Marion alias La Faute Au Graph, complice de cette belle escapade de montagne en été.
Parapente en Vercors : une des plus belles expériences de ma vie
Cela faisait des années que dans le Vercors, dans le Verdon, à Annecy, à Millau en Avcyron, en Ardèche et ailleurs, je voyais dans le ciel les grandes voiles multicolores des parapentes piqueter le ciel et que je me laissais aller à une rêverie un peu vague et imprécise. Un jour peut-être. Pourquoi pas.
Et puis, fin juillet 2018, la bonne fée venue accélérer le destin s’appelait Cécile d’Inspiration Vercors, et elle m’a demandé si cela m’intéresserait de faire mon baptême de parapente. Bien sûr, j’avais un peu d’appréhension. Mais je n’ai pas hésité une seule seconde. Quand le destin frappe à la porte, il faut ouvrir. Ma rencontre avec les airs s’annonçait.
Nous avons pris la route, mon amie Marion et moi, vers le belvédère de Lans en Vercors. Notre cœur s’accélère au fil des virages et les moniteurs d’Alto Parapente nous rassurent. Ils nous disent que c’est le spot idéal pour commencer le parapente : la pente est douce, la sensation de vide au décollage est moins forte qu’ailleurs. Ils nous disent que les conditions sont idéales aujourd’hui. Grand soleil, pas de nuages, de beaux courants ascendants qui nous feront monter au-dessus des crêtes.
Nous nous équipons, nous harnachons à une voile immense. Et c’est le moment de se jeter à l’eau.
Quand j’y ai repensé, une fois, dix fois, mille fois depuis, j’ai fini par me dire que faire du parapente, c’est une métaphore du sentiment amoureux. Au début, tu es sur la crête, au-dessus de vide, et on te demande de marcher. Tu avances, le cœur battant, sans savoir ce qui t’attend. Puis la voile se lève derrière toi, tu t’arrêtes, tu te sens soulevé, tu hésites un peu, tu recules pour suivre la voile, comme si tu voulais renoncer à sauter. Tu as peur. Mais il faut courir, et tu t’élances. C’est un acte de foi : il faut se jeter dans le vide. Ton cœur tambourine, tu trembles un peu – et si tu tombais ? Mais la voile se gonfle et tu ne chutes pas, tu es soulevé, c’est à la fois très puissant et très doux. Tu sens que quelque chose d’infiniment fort et léger à la fois te porte vers le haut. Soudain plus rien n’a d’importance. Tu flottes. Le monde est comme transfiguré, infiniment plus beau. Et tu ne veux jamais redescendre.
Ce jour-là à Lans en Vercors, j’ai vécu un des plus beaux moments de ma vie. Les conditions étaient grandioses. Très vite, les ascendants nous ont portés à plus de 2000 mètres d’altitude. Tout le Vercors s’étendait à nos pieds, tous les hauts-plateaux et Grenoble lumineuse au loin. C’était un moment de joie pure, extatique, jubilatoire. J’en aurais crié de bonheur tellement ce moment était parfait. Je n’ai pas arrêté d’y repenser depuis et je rêve, rêve d’en refaire, dans le Vercors et ailleurs.
La beauté pure : flotter à 2000 mètres d’altitude, au dessus des crêtes du Vercors..Grenoble dans la lumière au loin !Même pas peur !Visions grandioses, magiques.Des gens heureux dans le ciel
Le parapente, est-ce fait pour moi ? Pour les personnes qui craignent de se jeter à l’eau, il faut savoir que le parapente est moins effrayant que le parachute ou le saut à l’élastique, car il n’y a pas de sensation de chute : vous ne tombez pas, vous êtes soulevé. C’est une expérience douce, poétique. Vous flottez au-dessus des paysages comme sur un coussin d’air, émerveillé et heureux. Marion qui souffre parfois de vertige était aussi extatique que moi et n’a pas regretté une seconde de s’être lancée. Si vous le pouvez, je vous conseille de faire du parapente une fois dans votre vie. C’est l’expérience outdoor la plus magique qu’il m’ait été donné de vivre.
Après avoir retrouvé le sol : joie pure, bonheur intense. Le plus beau moment sportif de mon année, peut-être de ma vie. Photo Marion Carcel – un grand merci, Marion, d’avoir su capturer ce moment de joie intense !
Tester le parapente dans le Vercors : Merci encore à Alto Parapente à Lans en Vercors pour cette révélation ! Leurs moniteurs, sympas et pro, ont su nous mettre tellement en confiance qu’à la fin, nous avons joué à découvrir des sensations fortes en enchaînant vrilles et chutes. C’était un grand 8 puissance mille, c’était fabuleux. Je vous recommande vraiment de prendre le vol « Sensations », à 95 euros/personne, pour vivre pleinement ce baptême.
Spéléologie en Vercors : dans les entrailles de la Terre
Après l’ivresse des airs, le vertige des profondeurs. Depuis que j’ai vu le film d’horreur The Descent, où un groupe de femmes parties explorer une grotte finissent dévorées par des créatures anthropophages, j’ai une petite appréhension quant à la spéléologie, mais ma curiosité finit par l’emporter (en général, c’est justement pour ça que les nanas meurent, dans les films). Nous partons pour une initiation à la spéléologie horizontale dans les gorges de la Bourne – horizontale, c’est-à-dire, sans baudrier et rappel, simplement à pied. Adieu à la lumière, et le noir se fait… Désormais, nous sommes dans l’obscurité complète, nous ne sommes plus éclairées que par nos frontales. Vêtues de grandes combinaisons tout terrain, nous pouvons ramper dans des boyaux minuscules, nous faufiler entre les parois, glisser sur des toboggans de pierre, escalader des petites parois pour franchir la difficulté. C’est ludique, varié, excitant et sportif. Nous découvrons des sources et cascades souterraines, arrivons à une grande salle remplie de stalactites que notre frontale dévoile quelques instants. Cette exploration des entrailles du Vercors me fascine. Marion et moi avons tellement adoré que nous nous sommes promis de recommencer bientôt.
Nous quittons la lumière et entrons dans le monde souterrain…Se faufiler dans un boyauEscalader sous terreDécouvrir une salle secrète avec de magnifiques concrétionsEmerveillement.Une cascade souterraine.Ramper sous terre. Photo Marion Carcel
Tester la spéléologie : Une bonne condition physique est exigée, car il faut sans cesse ramper, se treuiller, se faufiler. Et évidemment, l’activité est déconseillée aux claustrophobes. Mais c’est vraiment fun, et tout à fait accessible aux enfants : des garçons de 8 ans nous accompagnaient. A partir de 48 euros/pers avec Vercors Aventure. A noter que Vercors Aventure propose également de beaux parcours de canyoning, que j’aurais adoré tester – une autre fois !
Escalade : des sites sublimes
Le Vercors est un paradis de l’escalade, et Marion et Vincent m’ont emmenée dans l’un des plus beaux sites du massif, les falaises de Presles. On y grimpe avec une vue imprenable, et les voies elles-mêmes sont situées à plus de 300 mètres de haut, ce qui peut accentuer le vertige, mais promet des visions fabuleuses. Je me suis régalée à défier le vertige et repousser mes limites pour aller au bout des voies et savourer le panorama. Je dois en revanche vous mettre en garde : nous avons connu un accident qui aurait pu être grave avec une chute de rochers alors que nous étions à pied, au pied des voies (personne n’escaladait à ce moment-là). Marion a pris le rocher sur le casque et s’en est tirée avec une grosse plaie à l’épaule, une vraie frayeur, mais sans traumatisme crânien. Mettez impérativement un casque et ne l’enlevez pas avant d’être loin des voies : tant que vous êtes à flanc de falaise, vous êtes en danger. J’ai vraiment adoré l’escalade et je suis très tentée de recommencer, mais il faut bien savoir que la montagne est un milieu qui exige prudence et précaution.
Sublime vision des falaises de Presles.A l’assaut ! Photo Marion CarcelConcentration intense… Photo Marion Carcel
Tester l’escalade dans le Vercors : je l’ai fait avec Marion et Vincent qui ont eu la gentillesse de m’initier. Si vous souhaitez être encadré par un moniteur, regardez cette liste de prestataires ici.
Du vélo à assistance électrique à Lans-en-Vercors
Je dois vous avouer quelque chose : le vélo, ça n’a jamais vraiment été mon truc. Je ne sais pas si vous vous souvenez de mon chemin de croix à vélo dans le Vaucluse, où j’ai cru écrire un nouvel évangile tellement j’ai morflé. Mais aujourd’hui, j’ai vu la lumière. Je sais désormais que mon périple des douleurs dans le Vaucluse aurait été beaucoup plus peinard si j’avais eu un vélo à assistance électrique, de son petit nom VAE. Le VAE a un petit moteur discret sur son cadran, et toutes les fonctions classiques d’un vélo (vitesses, plateaux). Quatre niveaux d’assistance sont disponibles : éteint (le VAE devient alors VTT classique), léger, moyen, et la fonction « boost ». L’assistance ne fonctionne que si vous pédalez vous-même : ce n’est pas un scooter, il faut quand même bosser un peu. Mais cela vous change la vie. Même avec le plus léger degré d’assistance, tout devient tellement plus facile, souple, fluide. Les montées ne sont plus une torture. On profite du paysage, avec un sentiment d’aisance et de confort rare. Quant à la fonction boost, elle nous a beaucoup amusées, Marion et moi : elle change votre vélo en fusée. J’avoue qu’on l’a plus utilisée pour jouer au manège comme des gamines que pour gravir un col, mais c’était super. Je referai du VAE, c’est certain !
Marion s’éclate avec les différentes fonctions.Bonheur d’une promenade à vélo en Vercors
Faire du vélo à assistance électrique dans le Vercors : Chez Velectrip à Lans en Vercors. Ils sont sympas et ont une super flotte de vélos, VAE et fatbikes.
Trottinette de descente et luge sur rail au Col du Rousset, station familiale
La toute première fois que j’ai fait du ski, j’avais cinq ans et mon père m’avait emmenée au Col du Rousset. Il m’avait pris un cours particulier avec un très beau moniteur brun aux cheveux bouclés qui s’appelait Olivier. Je m’en souviens : j’ai appris le ski juste pour faire plaisir à Olivier. Autant dire que j’étais contente de revenir ici, dans ce haut lieu de mon histoire personnelle, à près de trente ans (mais j’ai pas revu Olivier). Le Col du Rousset est une super petite station familiale du Vercors drômois. L’hiver, on vient pour les sports de neige, l’été, pour les randos (la station offre une vue imprenable sur le Vercors sud, absolument magnifique) et les sports de plein air : fat bike, trottinette de descente, luge sur rail, parcours de jeux pour enfants, VTT, les activités sont nombreuses.
Marion, Vincent et moi avons testé la trottinette de descente, qui ressemble beaucoup au VTT, en version plus facile et familiale. Des parcours de différente difficulté sont proposés, pour les familles et les sportifs. J’avoue ne pas être très à l’aise avec le VTT, et j’ai ressenti le même type de stress en trottinette de descente, mais Marion et Vincent se sont éclatés, et de nombreux enfants aussi, je suis sans aucun doute la seule poule mouillée du coin !
Surplomber ma belle Drôme ! superbes panoramas au Col du Rousset. Merci Vincent pour la photo !Trottinette de descente : une activité fun. Vincent et Nicolas s’amusent.Vincent défie les vaches en trottinette de descente.Marion, plus courageuse que moi !
Nicolas, le responsable de la station, nous a ensuite fait tester une activité qui me correspondait beaucoup plus : la luge sur rail. C’est une montagne russe, mais version luge. Vous contrôlez vous-même la vitesse, jusqu’à 45 km/h, c’est sans danger, fun et plein de sensations fortes. Evidemment, je suis allée à fond, et j’ai adoré.
Luge sur rail !Panorama au sommet.A fond la descente !Marion ravie à l’arrivée
Retrouvez toutes les activités de la station Col du Rousset ici. Merci à Nicolas pour la visite de cette belle station !
La canirando, ou se promener tracté par un chien de traîneau en Vercors l’été
Canirando, qu’est-ce que c’est que ce truc ? C’est la version été du chien de traîneau, sauf que vous êtes le traîneau. C’est original, ludique et vraiment sympa, surtout quand cela est fait avec un grand passionné comme Kiska, à Vassieux-en-Vercors. Depuis plus de 20 ans, Kiska a implanté l’élevage de chiens de traîneau et les activités canines de neige dans le Vercors drômois. Il possède plus de 80 chiens, qu’il connaît par cœur et dont il s’occupe avec passion et dévouement, et il est intarissable sur l’histoire de ses chiens, leur personnalité, et les subtilités du chien de traîneau. Mais que faire l’été ? Simple : proposer aux gens de se balader dans les beaux paysages du sud Vercors tracté par un chien, avec un harnais et une laisse élastique. Ma chienne était fougueuse et un peu tonique, celle de Marion plus calme et tranquille, et toutes les deux nous sommes beaucoup amusées dans cette activité insolite. N’hésitez pas à aller découvrir, c’est original et très sympa.
Je me sens impératrice des chiens de traîneau. Photo Marion Carcel.Au milieu des jolis paysages du Vercors drômois. Photo Marion Carcel
Canirando : chez Kiska à Vassieux en Vercors, 15 euros par adulte, 10 par enfant. Kiska a aussi des ânes de rando.
Randonnée équestre avec des chevaux du Vercors
Je vous renvoie au précédent article sur les randonnées en Vercors, où j’ai longuement raconté cette activité que j’ai adorée. C’est avec les Ecuries de Corrençon à Corrençon en Vercors, et c’est une expérience merveilleuse pour les cavaliers épris de grands espaces et de chevaux authentiquement alpins.
Marion sur une magnifique jument considérée comme une des meilleures représentantes de la race barraquand, le cheval originaire du Vercors.
Restos & hébergements dans le Vercors
Pêcher la truite à la Guinguette du Pêcheur, aux Echevis
C’est un havre de verdure au cœur du Vercors, un endroit un peu perdu et bucolique niché entre les montagnes, avec un lac, une guinguette et des ruisseaux. Ici, on peut venir manger du poisson grillé, des salades, et s’essayer soi-même à la pêche à la truite dans le lac aménagé. J’avoue tout, cher lecteur : Marion et moi sommes des hypocrites. Nous avons mangé une truite délicieuse à midi, dans ce cadre charmant, mais une fois venue l’heure de pêcher, nous n’avions pas du tout envie de devoir tuer notre proie… et avons donc lâchement éloigné l’hameçon chaque fois qu’une truite approchait, et avons fini par faire une sieste sous les arbres (super aussi, je recommande). Mais j’ai adoré ce coin et je recommande vraiment cette halte.
Un cadre idyllique à la Guinguette du pêcheur« Tu crois qu’on lance comme ça ? » Apprenties pêcheuses approximatives 😉« Tu me dis si une truite s’approche, j’enlèverai vite la canne, d’accord ? » Photo Marion Carcel
Déjeuner avec vue sur les parapentes à la Cabane de l’Aigle
Vrai coup de cœur pour cette petite cabane mignonne à Lans-en-Vercors, située juste à côté de la piste d’atterrissage des parapentes. Tandis que les voiles colorées arrivent dans la prairie, vous mangez des produits frais, locaux et originaux dans un cadre sympa et chaleureux. Je me suis régalée pour pas cher – tout est abordable. Et en plus, ils organisent souvent des concerts l’été. Retrouvez leur programmation sur leur page Facebook .
Délicieux dessert à la Cabane de l’aigle.
Une halte de charme à l’Auberge des Deux Moucherolles
Si vous cherchez un hôtel à la fois confortable, charmant et authentique dans le Vercors, et une table où on mange vraiment bien, je vous recommande chaudement l’Auberge des Deux Moucherolles à Corrençon en Vercors. Cet établissement, qui est un relais Logis (un réseau que j’aime bien car très tourné à la fois vers le confort et l’authenticité) propose des chambres confortables à l’ambiance authentiquement montagnarde – bois, jolie décoration, cadre douillet – et un restaurant de terroir que j’ai adoré. On y trouve à la fois des spécialités classiques de montagne et des créations saisonnières originales, fraîches et de qualité, je me suis régalée. Je vous le recommande chaudement pour une escapade romantique de charme.
Auberge des Moucherolles, un beau cadre romantique et douillet, un repas exquis avec des produits du terroir.
Petit hôtel-resto charmant et chaleureux au pied des pistes : Le Caribou à Corrençon
A deux pas des écuries de Corrençon, à deux pas du télésiège, venez dormir au milieu des chevaux et des montagnes dans cet hôtel-resto atypique et ultra chaleureux : Le Caribou. C’est un petit hôtel abordable, dont les prix sont probablement parmi les plus bas à Corrençon, ce qui est très appréciable pour les familles, les chambres sont très simples mais propres et dotées du nécessaire. Ce qui m’a vraiment plu, c’est la guinguette, avec ses guirlandes colorées, ses grandes salades et ses mets locaux, son ambiance chaleureuse sous les tilleuls, et la gentillesse extrême du personnel. C’est un lieu qui a une âme, et qui m’a touchée. Il y a une petite piscine pour les enfants, et bien sûr, les poneys à caresser. Une bonne adresse à retenir pour des vacances pas chères en famille dans le Vercors.
Ambiance rétro au Caribou.La jolie ginguette du Caribou. A deux pas, poneys et pistes de ski
Dormir en refuge sur les crêtes de Vassieux en Vercors
Parce que je suis une blogueuse honnête, cher lecteur, je vais le dire direct : le refuge, c’est pas fait pour moi. Sous mes abords avenants, j’ai une petite fibre asociale cachée qui se réveille direct quand je me retrouve à partager un dortoir avec plein de monde que je ne connais pas. Je me suis sentie mieux en bivouac seule avec Marion sous la tente, sur un matelas de fleurs sauvages, que sur le bois dur du refuge avec plein d’autres gens. Mais si vous n’êtes pas une espèce de princesse sauvageonne chochotte comme moi, ce que je vous souhaite de tout cœur, sachez que le refuge de Vassieux en Vercors présente plusieurs avantages : il est facilement accessible (après avoir garé votre voiture, vous n’aurez qu’à marcher une quinzaine de minutes), il est joliment situé, à deux pas d’une vision sublime sur les crêtes où le soleil se couche, et il est propre et accueillant. Attention simplement si vous êtes phobique des rongeurs : il accueille une famille de loirs assez entreprenants qui adorent vous faire coucou au milieu de la nuit. Personnellement, je suis très 30 millions d’amis donc j’ai trouvé ça divertissant, mais si vous tombez dans les pommes à la vue d’une souris, je déconseille !
Le refuge, c’est moyen pour dormir, mais c’est super pour les photos.Marion au coucher de soleil sur les crêtes.Un bisou à qui me trouvera le nom de cette jolie fleur de montagne.Le soleil se couche sur le Vercors…
Après ces trois articles, j’espère vous avoir convaincus que le Vercors, c’est LE massif sublime, abordable et varié à découvrir ! Bientôt sur Itinera Magica, Ouzbékistan, Féroé, Normandie, Lozère et Aveyron, Bourgogne… Inscrivez-vous à la newsletter ?
Epinglez moi !
Un grand merci à Inspiration Vercors, à Cécile et à tous les prestataires adorables, de nous avoir permis de découvrir ces activités géniales. Je suis définitivement folle du Vercors. Un grand merci aussi à Marion et Vincent, blogueurs sur La Faute Au Graph, qui ont eu la patience et la gentillesse de m’initier à l’escalade !
L’Ardenne, la connaissez-vous ? Cette région montagneuse et boisée se tient à cheval sur quatre pays – France, Belgique, Luxembourg et Allemagne – et s’explore volontiers par son versant secret et moussu, en s’enfonçant dans ses immenses forêts. Au printemps dernier, j’ai eu le bonheur de me plonger dans la grande forêt de Saint-Hubert, en Ardenne belge, pour quatre jours de galops et de rencontres sauvages au cœur des bois touffus. La région s’est en effet lancée dans une initiative originale et rare : un réseau de sentiers équestres long de 120 kilomètres, pour chevaucher dans le calme sylvestre sans jamais croiser ni route, ni voiture, ni béton. Laissez-moi vous entraîner dans cette forêt de légende, au rythme des sabots de mon cheval… Voici une randonnée équestre dans la grande forêt de Saint Hubert, en Ardenne belge.
Entrez au coeur de la forêt magique…
Quatre jours d’équitation dans une forêt exceptionnelle.Une aventure magique au coeur des bois de l’Ardenne.
Au cœur de la grande forêt de Saint-Hubert, en Ardenne belge randonnée équestre dans la grande forêt de Saint Hubert, en Ardenne belge.
Ardenne, qui es-tu ? Je pourrais me contenter d’une définition purement géographique : l’Ardenne est un grand massif que quatre pays se partagent, une région transfrontalière qui commence au nord-est de notre pays. Mais les légendes me parlent souvent davantage. Avant de découvrir la région, je savais trois choses. Trois choses qui, dans mon imaginaire, liaient profondément l’Ardenne à la forêt.
Au-delà de toute mémoire, aux premiers siècles de notre ère, l’Ardenne c’était « Arduina », une déesse celte à la peau noire comme l’écorce, une sorte de Diane chasseresse habitant les feuillages et ne sortant qu’à la lumière pâle de la lune. Les Romains racontaient que les habitants de ces régions reculées et obscures vénéraient cette étrange déesse des bois.
Enchantement de ces clairs-obscurs…
J’avais lu Un balcon en forêt de Julien Gracq, un des auteurs de langue française que j’aime le plus, où il racontait l’histoire d’un soldat retranché dans la grande forêt d’Ardenne devenue monde fantastique envahi de brouillards et de puissances obscures, de lisières magiques et de clairières envoûtées, où « toute l’immensité de l’Ardenne respirait dans cette clairière de fantômes, comme le cœur d’une forêt magique palpite autour de sa fontaine ».
Carte ancienne de l’Ardenne au Moulin de Resteigne, une chambre d’hôtes riche en curiosités historiques.
Et enfin, je me souvenais de la légende de Saint-Hubert, ce saint chrétien du VIIIe siècle de notre ère. Hubert de Liège était un seigneur belge passionné de chasse, qui passait sa vie à arpenter les grands bois à la poursuite du gibier. Mais un jour, par un vendredi saint où Hubert était encore en chasse dans la forêt et non à l’église en prière, il vit un immense cerf blanc surgir dans la forêt noire. Il le poursuivit sans relâche jusqu’au plus profond des bois, et là, le cerf étincelant, un crucifix luisant entre ses cornes, lui demanda : « Hubert ! Hubert ! Jusqu’à quand poursuivras-tu les bêtes dans les forêts ? Jusqu’à quand cette vaine passion te fera-t-elle oublier le salut de ton âme ? » Aussitôt pris de repentir, Hubert partit en pénitence et devint évêque.
L’impressionnante salle des trophées au Moulin de Resteigne. Les cerfs sont nombreux, aujourd’hui encore, dans cette forêt mythique.
Quand on m’a proposé de partir quatre jours à cheval dans la grande forêt de Saint-Hubert, j’ai su aussitôt que les légendes n’avaient pas tort, et que c’était bien un pays de feuillages, de fougères, d’animaux sauvages et de cheminement dans les bois feutrés. Imaginez : cette immense forêt est réputée pour l’ampleur de son réseau de sentiers (1500 kilomètres de chemins pédestres, équestres et cyclistes) et pour la qualité d’observation de la faune sauvage. Les cerfs notamment, mais aussi les sangliers, les renards, les écureuils, les chevreuils, les couleuvres et tous les autres animaux des bois, abondent dans cette région secrète et préservée.
Une famille de sangliers.
Cette année, l’office du tourisme de la grande forêt de Saint-Hubert a choisi de se tourner spécifiquement vers les cavaliers avec une proposition unique : 120 km de sentier équestre, à explorer en itinérance ou en étoile, pour se plonger au plus profond des bois avec son cheval. Je sais que ce voyage ne ressemblera à aucun autre. C’est une immersion au cœur d’une autre dimension.
Nous sommes quatre blogueurs : Julien, de Sentiers du phoenix, l’homme de l’Ardenne qui connaît cette forêt par cœur, Laurène de Carnet d’escapades, passionnée de chevaux et de sa belle Alsace, et Mirre de MirreOpReis, néerlandaise ultra sportive. Ensemble, nous partons pour cette exploration sur les sentes obscures.
A cheval au pays des légendes. Avec mon bel Obsession, un paint horse adorable appartenant aux écuries des Îles à Hatrival.
La forêt comme une planète à part
J’ai grandi dans un pays de soleil et de garrigue. La forêt, la vraie, la forêt des contes, profonde et traversée de lumières ambigües, odorante et enivrante, la forêt labyrinthe, la forêt onirique, je ne la connaissais pas. Mais ce printemps 2018, deux des plus belles forêts d’Europe se sont chargées de mon initiation. J’ai sauté d’un bois à l’autre, comme dans une marelle magique, des bois du Forez à la grande forêt de Saint Hubert en Ardenne, et j’ai compris qu’un autre monde existait là, au-delà de la lisière.
Entrer dans un autre monde…
La forêt, la vraie, la grande, c’est une planète à part. Les bruits du dehors sont étouffés, assourdis ; un silence intranquille semble couler des cimes ou monter du sol noir. A la solennité verticale des grands mélèzes et épicéas, plantés au XIXe siècle, vient s’opposer le fouillis des hêtraies, vestige de cette forêt antique qu’ont connue les Celtes et les Gaulois. J’aime l’armée noire des conifères, mais j’aime plus encore les clairières aux feuillus, la forêt plus douce et emmêlée des ancêtres, où les chênes, les noisetiers, les tilleuls et les hêtres se disputent le jour. Partout où la lumière se fraie un chemin, le sol se couvre de jeunes pousses, et des légions ébouriffées de fougères déploient leurs hampes bourgeonnantes comme pour nous rappeler qu’à l’échelle géologique, la préhistoire, c’était hier, et que nous ne sommes au fond pas grand-chose.
.Secrets de fougères...
La forêt n’est jamais monotone, c’est une immense variété de plantes et d’arbres qui rivalise d’enchevêtrement, et quand je relève la tête, la rosace des cimes n’est jamais identique. Je pense à une cathédrale sylvestre, à des nefs dont les ogives seraient autant d’écorces et d’épines, je pense aux cultes à mystères que les anciens rendaient à Arduina, et au mysticisme inhérent à ces sentes où la lumière aime jouer en clair-obscur. J’ai aussi des métaphores capillaires qui me viennent : le printemps fait éclore des jeunes pousses, et tous les sapins semblent s’être fait un balayage vert tendre aux pointes.
Tous les sens sont en éveil. Ivresse des galops au cœur des bois, silence curieux du cheminement lent où on observe chaque chose. Odeurs de crins, d’herbe foulée, de rosée matinale, de résine et de tourbe, caresse de mes doigts sur la robe chaude du cheval, sur la tendresse froide des jeunes pousses. La forêt est vivante, sensuelle, une déesse endormie qui respire.
Douceur des mousses.Voûte des cimes.Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l’Ardenne.Les cheveux de la forêt…Sabots sur le tapis moussu.
Pardonnez mon parti-pris de cavalière : être à cheval en forêt, c’est mieux que tout, mieux qu’en voiture évidemment, mais mieux qu’à pied, mieux qu’en vélo, c’est devenir centaure, entrer soi-même dans cette nature. A ne faire plus qu’un avec l’animal, mélanger son odeur à la nôtre, on approche au plus près de la faune sauvage : soudain une biche surgit entre les oreilles de ma jument, soudain une famille de marcassins traverse le sentier, soudain un cerf bondit dans les fougères.
Cheminer dans les fougères…Beauté des chevaux.Chevaucher dans les bois…Entre les oreilles de ma jument, une biche.
Une trouée fleurie…
Un après-midi, nous quittons nos chevaux pour gagner des cimes plus élevées : des cabanes d’observation au cœur de la grande forêt de Saint-Hubert. Au cœur du silence végétal, la vie animale se déploie sous nos yeux émerveillés. C’est un moment suspendu, hors du temps.
Sangliers au loin.
Les cabanes au sommet des arbres.
Laurène en observation.
.Vue magique..
Choses vues en rando équestre au pays de la forêt ardennaise randonnée équestre ardenne grande forêt de saint hubert
Notre voyage était centré sur l’expérience équestre et l’immersion dans la forêt, mais voici quelques lieux vus au cours de notre périple et dont je voulais vous parler. Ces lieux sont situés sur le tracé équestre de 120 km en forêt, il est donc tout à fait possible d’intégrer leur visite à votre rando équestre si vous le souhaitez.
Redu, le village du livre : Arriver à la nuit m’a empêché de photographier ce lieu exceptionnel, mais je compte sur vous pour vous en charger à ma place : Redu est un village du livre, comptant des dizaines de librairies, de restaurants et d’hôtels envahis de reliures et de pages jaunies. L’ambiance est incroyable – c’est le paradis de Belle, la lectrice infatigable. A Redu, nous avons mangé dans un resto-librairie végétarien délicieux que je vous recommande sans hésiter, La Reduiste.
Le Domaine du Fourneau Saint Michel : Pour qui s’intéresse au patrimoine architectural ardennais, ce grand parc idyllique où on se promène librement est un incontournable. C’est un fabuleux musée de plein air, où des maisons, des granges, des églises, des forges du XIXe siècle authentiques ont été soigneusement rassemblées et remontées à l’identique. Vous avez l’impression de vous promener dans une petite Wallonie en miniature, avec différents styles architecturaux, différentes identités culturelles, le tout au cœur d’une nature bucolique préservée. J’ai adoré cette visite.
Au fourneau St Michel, l’Ardenne d’autrefois...
Le beau village de Mirwart Mirwart (prononcez Miroir) est un des plus jolis villages de la grande forêt de Saint Hubert. J’ai aimé son château de conte de fées et son domaine provincial, un parc de pisciculture où on élève des truites et se promène au bord des étangs sur des sentiers de randonnée en forêt.
Le château de Mirwart.
Organiser votre randonnée équestre dans la grande forêt de St Hubert : tracé, hébergements et écuries
Le grand tracé équestre de 120km est une nouveauté de l’été 2018, soigneusement mis en place par l’office de tourisme de la grande forêt de Saint Hubert. J’ai eu le plaisir de discuter avec la personne qui a géré ce projet avec beaucoup de passion, Pauline, et qui connaît par cœur les différentes boucles possibles, les lieux d’étape, et je ne peux que vous conseiller de contacter l’office pour planifier votre itinéraire sur plusieurs jours et obtenir les cartes. Si vous voulez suivre le trajet précis de chacune de nos étapes, je vous renvoie au blog de Julien, qui a intégré à son article des tracés exacts. Moi qui ai grandi bien loin de l’Ardenne, je leur laisse le soin de vous guider mieux que je ne pourrais le faire !
Les écuries en Grande forêt de Saint Hubert
Plusieurs écuries vous proposent de louer des chevaux et/ou d’y laisser les vôtres en pension lors de votre randonnée équestre dans la forêt.
Les Ecuries des Îles à Hatrival : Vrai coup de cœur pour ce manège magnifique. Les installations sont superbes, la cavalerie est de grande qualité, avec notamment beaucoup de franche-montagnes et de paint horses gentils et bien dressés. J’ai adoré le cheval que j’ai eu le bonheur de monter pendant trois jours, un superbe et adorable paint nommé Obsession, à qui je repense avec beaucoup de tendresse !
Obsession et moi.
L’écurie des Longs Près à Transinne : Une petite écurie sympathique, tenue par des passionnées, où j’ai eu le plaisir de monter une très bonne jument espagnole.
La jolie jument espagnole que j’ai montée.
Le Relais de la Lesse à Chanly : Nous n’avons pas eu l’occasion de tester cette écurie, mais je sais qu’elle peut être une étape pour les cavaliers en randonnée dans la grande forêt.
La Crémaillère à Bras : Vous pourrez non seulement laisser votre cheval en pension pour une nuit ou plus dans cette jolie petite écurie, mais aussi y dormir.
Une jolie petite écurie.
Les hébergements pour les cavaliers
Voici plusieurs gîtes et hôtels orientés vers le tourisme équestre, où les cavaliers sont les bienvenus. Ils sont situés non loin des écuries citées ci-dessus. Afin de vous faire une idée du standing des différents hébergements, sachez que je les cite en allant du plus confortable au plus rustique.
La chambre d’hôte Gaussignac à Hatrival : Un énorme coup de cœur pour cet hébergement magnifique et confortable. La maison est superbe, avec sa vue imprenable sur les près et les bois, meublée avec goût et accueillante. La table d’hôtes est absolument succulente : le chef cuisine avec passion, son plus grand plaisir est de faire goûter sa cuisine originale et soignée à ses hôtes ! Les chambres sont confortables et bien équipées, l’idéal pour bien se reposer après une longue journée équestre. Les écuries des Îles sont à deux pas, et les hôtes sont tout à fait disposés à aider les cavaliers à faire le trajet allant de l’un à l’autre. Une belle adresse raffinée.
Table avec vue à Gaussignac.
Le Moulin de Resteigne à Resteigne : c’est un lieu poétique, hors du temps, où la rivière fait tourner un moulin à aube et où on dort dans le bruissement de l’eau qui bondit. Une grande beauté se dégage du jardin entre ruisseau et forêt. Les chambres sont simples, à la mode de l’ancien temps, mais la cuisine est excellente, dans une très belle salle à manger où la décoration évoque l’Ardenne d’autrefois. J’ai beaucoup apprécié les nombreuses curiosités qui peuplent cette belle maison ancienne. Bien que je ne sois pas personnellement adepte de la chasse, j’ai admiré la salle des trophées, où les bois immenses de nombreux cerfs évoquent la tradition chasseresse de la grande forêt de St Hubert. Un beau voyage dans le temps.
Beauté poétique du Moulin de Resteigne.
L’Auberge gourmande à Redu : Au coeur du village du livre de Redu, l’Auberge gourmande est un lieu qui ravira les lecteurs et les cavaliers : les chambres comportent toutes un rayonnage de livres où vous pourrez piocher avant de dormir, et au pied de l’auberge, une prairie réservée aux chevaux permet aux cavaliers de laisser leur monture pour la nuit. Si nous avions déjà eu nos chevaux le premier soir, nous aurions dormi avec vue sur eux ! Je suis arrivée à la nuit et n’ai pas fait de photos, mais je garde un bon souvenir de cette nuit à Redu. L’Auberge est à deux pas de la Reduiste, le resto-librairie végétarien que j’ai adoré.
La Crémaillère à Bras : voici un relais équestre, où vous pouvez laisser votre cheval, dormir ET manger des spécialités ardennaises typiques. Un gîte très simple et rustique où la nourriture est typique et l’ambiance authentique, tenu par de vrais amoureux des chevaux.
La Crémaillère, à Bras.
Le camping Europacamp à Saint Hubert : cet immense camping situé en pleine forêt propose de nombreux emplacements au vert aux caravanes, tentes, mobil homes, etc. Je ne suis pas très camping, mais j’ai adoré le fait que les emplacements soient vraiment au coeur de la forêt – beaucoup de mes photos de fougère ont été prises à l’Europacamp. Le propriétaire nous a dit vouloir créer des emplacements spécifiquement réservés aux chevaux – n’hésitez pas à le contacter pour savoir si ce projet a été mis en œuvre. Par ailleurs, le camping comporte un restaurant, Le Chalet, à l’ambiance à la fois forestière et rock’n’roll très sympathique.
Le restaurant Le Chalet, à l’Europacamp.
Un grand merci à Visit Ardenne et La Grande forêt de Saint Hubert, et tout particulièrement à Pauline et Julien, pour l’organisation de ce blog trip original et novateur. Et merci à mes camarades blogueurs pour la bonne ambiance et la convivialité ! randonnée équestre ardenne grande forêt de saint hubert
Au sud de Lyon et de Roanne, au nord de Saint Etienne, s’étend un département français épargné par le tourisme de masse, et dont peu de monde connaît les joyaux : la Loire, alias le 42. Pays de collines bucoliques et de forêts brumeuses, de châteaux auréolés de légendes et de villages de caractère, région de vin, de fromage et d’artisanat, il y règne une ambiance de France éternelle qui m’a touchée. J’ai passé cinq jours à explorer ses petites routes et je reviens avec une succession de coups de cœur, d’éblouissements au détour d’un virage ou d’un méandre de la Loire. Que voir dans la Loire ? Voici une série d’idées forcément subjectives.
La Loire, pays de collines et de forêts que voir dans la loire – visiter la loire – visiter la loire forez roannais – week end loire
J’en parlais dans mon précédent article consacré aux chambres d’hôte de charme de la Loire : la Loire, c’est un peu le département que personne ne sait situer. Parce que le fleuve Loire traverse notre pays de part en part, que pas moins de 9 départements contiennent le mot « Loire » ou « Loiret » dans leur nom, le 42 est un peu éclipsé par ses illustres homonymes, comme par exemple la région dite des châteaux de la Loire (autour de Tours). Et pourtant, la Loire est magnifique. Les monts du Forez frissonnent encore des antiques histoires d’amour qui se sont nouées à leurs branches sylvestres, le parc naturel régional du Pilat vous surprend avec ses sommets et son climat de montagne, les gorges de la Loire offrent une autre collection de châteaux féeriques, les villages de caractère sont riches d’architecture préservée et de spécialités authentiques.
Vue sur la Loire à Saint Victor sur Loire.
Le département de la Loire, chef-lieu Saint Etienne, c’est un mets de connaisseur. Vous n’y verrez jamais de tourisme de masse, d’embouteillages, de ruée sur les parasols ou de files d’attente, c’est une région où on vient se mettre au vert, savourer la beauté intemporelle de la France des petits villages et des grands espaces ourlés de mousse. J’ai aimé les jeux de lumière dans les futaies, les grands sapins des montagnes et les hêtres et les chênes en bordure de prairie, les coquelicots dans les coteaux réputés, les points de vue égrenés par chaque sommet de colline… et les petites vaches !
C’est presque devenu un running gag dans mes stories sur Instagram : tous les jours, je mettais des photos de vaches. Sur les premiers contreforts du Massif Central, elles sont partout dans la Loire, profitant de l’herbe grasse et des pâturages vallonnés, elles viennent vous voir quand vous vous approchez de leur enclos, elles créent un climat campagnard charmant.
Au pays des jolies vaches.Vue sur St Jean St Maurice..St Médard en Forez.
C’est un des grands atouts de la Loire : cette nature accueillante et douce, ce silence et cette quiétude, à deux pas de l’énorme métropole lyonnaise. Ce département semble avoir été créé pour qu’on s’y ressource.
Fleurs couleur bleu blanc rouge : la Loire, petit morceau de France éternelle
Les autres châteaux de la Loire que voir dans la loire – tourisme loire – châteaux loire 42 – gorges de la loire
Les châteaux chevaleresques des gorges de la Loire : Grangent, Essalois, la Roche
Je sais, je suis en train de semer la confusion dans les esprits. Je vous explique que la Loire, c’est le 42, soit Saint Etienne, le Forez, le Roannais, le Pilat, et donc PAS les châteaux de la Loire qui sont eux du côté de Tours et Angers… et je vous parle de ces autres châteaux de la Loire. Mais dans le 42, cette fois. Il se trouve que notre pays a une longue histoire chevaleresque et féodale, que la France est cousue de vieux châteaux, et que la Loire compte toute une série de merveilles féeriques.
Les deux premiers sont dans les sublimes gorges de la Loire, qui comptent sans aucun doute parmi les plus beaux paysages du département. La Loire serpente entre falaises et collines, dessine des balcons au-dessus de son miroir sinueux – je sais que c’est un merveilleux terrain de randonnée, même si je n’ai personnellement pas eu le temps.
La plus célèbre vision des gorges de la Loire, ce sont les deux châteaux médiévaux de Saint Just Saint Rambert : le premier sur l’île de Grangent, au milieu du fleuve, le deuxième, Essalois, au-dessus, sur la colline. Ils correspondent à deux périodes médiévales bien distinctes : Grangent date du IXe siècle, Essalois du XIVe siècle, et l’ensemble confère à la Loire un petit côté écossais ravissant, surtout quand le temps est gris et que la brume flotte sur la tour sarrasine… on s’attend presque à voir Nesie émerger de la Loire.
Château de Grangent.
Pour continuer cette épopée chevaleresque le long de la Loire, il faudra absolument faire halte dans deux villages que j’ai adorés pour la vue impériale qu’ils proposent sur le fleuve : Saint Victor sur Loire à proximité des châteaux mentionnés, et Saint Jean Saint Maurice beaucoup plus au nord, du côté de Roanne.
La météo m’a malheureusement empêchée de faire quelque chose que j’aurais adoré : une croisière dans les gorges de la Loire au départ de Saint Victor sur Loire, avec la compagnie Les Croisières des Gorges de la Loire. Mais se promener dans ce village avec vue, c’est idéal pour se la jouer princesse (avec un K-way rose, histoire que vous puissiez bien me repérer dans l’image).
Quant à Saint Jean Saint Maurice, dans le Roannais, il m’a fascinée avec son fabuleux donjon qui offre une vue imprenable sur la Loire et me fait dire que vraiment, les paysages de gorges escarpées où coule un fleuve, cela fait partie des plus belles choses de notre pays…
Saint Victor sur LoireSaint Victor sur LoireSaint Jean Saint MauriceSaint Jean Saint Maurice
J’en viens maintenant à l’autre château incontournable des gorges de la Loire : le château de la Roche, à Saint Priest la Roche ! C’est un endroit un peu étrange et incongru, toute son histoire m’a fascinée. Même si ce château existait dès le XIIIe siècle, le bâtiment sous sa forme actuelle n’a vraiment plus rien de médiéval : c’est une folie 19e, complètement pittoresque et fantasmagorique, un peu comme Pierrefonds ou Neuschwanstein. J’adore ce Moyen-Âge imaginaire des grands rêveurs de la Belle Epoque. Le château était bien sur la terre ferme pendant longtemps, mais la mise en service du barrage sur la Loire l’a transformé en île dans les années 1980. C’est pour cela qu’on a ce château magique, isolé comme un rêve au milieu de l’eau, et où tous les meubles d’époque ont été remplacés par de (très jolies) répliques en carton, parce que les crues viennent régulièrement lui faire tremper les orteils… Je vous conseille vraiment la visite guidée en costume, assurée par des comédiens qui parlent à des hologrammes et vous font revivre l’histoire de ce château, surtout si vous avez des enfants avec vous. Et sinon, venez quand même : il y a un super joli café au milieu du fleuve, le lieu est paradisiaque, et c’est vraiment LE spot idéal pour une photo parfaitement instagramable.
Château de la Roche..Petit café sur l’île au milieu de la Loire
Deux ruines romantiques : Donzy et Couzan
En s’éloignant du fleuve, deux ruines romantiques méritent encore le détour. A Salt en Donzy, le château médiéval de Donzy était au XIIe siècle la demeure des Comtes du Forêt. Aujourd’hui en ruine, il garde une grande majesté dans la lumière du soir. Des amis de l’histoire et du patrimoine s’occupent de mettre en valeur le site – un petit jardin médiéval s’ouvre au pied des ruines, c’est une jolie promenade facile.
Salt en Donzy, le château en ruinesLa chapelle abandonnée.
Quant au château de Couzan, à Sail-sous-Couzan, c’est une des plus belles ruines de la Loire – là encore, l’esprit des comtes du Forez flotte sur l’impressionnante bâtisse surplombant un éperon rocheux. Je l’ai admiré en mai, à l’heure des genêts en fleurs, mais il aurait fallu venir en juillet-août pour pouvoir le visiter.
Château de Couzan.
Il me reste deux châteaux de la Loire (42, on est d’accord) à vous montrer… mais ceux-là mériteront une introduction très spéciale. Une émotion très forte m’a submergée en les découvrant. Je ne le savais pas, mais mon imaginaire avait vécu au cœur des monts du Forez il y a bien longtemps…
Le pays magique d’Urfé et ses deux châteaux enchanteurs – mes coups de cœur absolus
Il faut que je vous raconte quelque chose sur l’adolescente que j’ai été. L’été de mes quinze ans, j’ai fait quelque chose que plus personne ne fait à notre époque. J’ai lu l’Astrée. L’Astrée ? Ce roman d’Honoré d’Urfé fut le plus grand roman du XVIIe siècle, une œuvre-fleuve grosse de cinq mille pages (oui, oui), un livre monumental traduit et lu dans toute l’Europe, qui a véritablement été la source du roman moderne. C’est l’histoire de deux bergers amoureux, Astrée et Céladon, dans un pays merveilleux de forêts touffues et de sources chantantes, un paysage d’idylle éternelle. Le roman commence ainsi :
« Auprès de l’ancienne ville de Lyon, du côté du Soleil couchant, il y a un pays nommé Forez, qui en sa petitesse contient ce qui est de plus rare au reste des Gaules : Car étant divisé en plaines et en montagnes, les unes & les autres sont si fertiles, & situées en un air si tempéré, que la terre y est capable de tout ce que peut désirer le laboureur. Au cœur du pays est le plus beau de la plaine, ceinte comme d’une forte muraille des monts assez voisins, & arrosée du fleuve de Loyre, qui prenant sa source assez près de là, passe presque par le milieu, non point encore trop enflé ni orgueilleux, mais doux & paisible… »
L’été de mes quinze ans, je me suis perdue en esprit dans les monts du Forez avec Céladon et Astrée, emportée par cette histoire d’un autre temps, romanesque et grandiose. Ce pays était pour moi resté une contrée de légende, située quelque part dans les brumes imaginaires…
Forêts de légende du ForezDouceur de la mousse…Entrer dans mon rêve… le pays de l’Astrée
Vue sublime au château des Cornes d’Urfé
Imaginez donc ma surprise quand je suis arrivée à Champoly et ai lu sur la pancarte « château des Cornes d’Urfé ». Mes quinze ans me sont revenus en un éclair, alors que je n’avais plus songé à l’Astrée depuis des années. J’ai tout de suite pensé à Honoré d’Urfé en me demandant pleine d’espoir… serait-ce le château de sa famille ?
J’arrive au pied d’un sublime château médiéval en ruines, surplombant un paysage de collines boisées baignées d’une lumière changeante. Je découvre immédiatement le panneau explicatif : « Ce château est le berceau de la famille d’Urfé, l’une des plus célèbres du Forez. Le plus connu de ses membres est Honoré d’Urfé, auteur du roman pastoral « L’Astrée », en 1610. »
J’y suis. J’ai trouvé le pays de l’Astrée. Pleine d’émotion, je monte l’escalier qui conduit au sommet du donjon, bâti en 1130 avec pour objectif explicite de surplomber et surveiller tout le panorama alentours. La vue est grandiose et la coloration intime qu’elle prend à mes yeux fait qu’elle restera mon plus beau souvenir de la Loire. A 927 mètres d’altitude, trois provinces historiques s’offrent à mes yeux : le Forez-Roannais, le Bourbonnais et l’Auvergne. Je suis au cœur de la France, au cœur d’une forêt magique qui a infusé son imaginaire. J’ai envie de m’enfoncer au cœur des bois, suivre les sentes des cerfs et les fantômes des bergères amoureuses, m’allonger sur la mousse et écouter les bruissements de son silence feutré. Cet endroit me touche profondément.
Vue grandiose..Au loin, d’autres châteaux se devinent….Fragments de songe…
Sortilège Renaissance à la Bâtie d’Urfé
Le soir, je me mets à faire des recherches frénétiques sur le pays de l’Astrée, et je découvre très vite qu’un autre château me tend les bras : la Bâtie d’Urfé, à Saint-Etienne-le-Molard. Ce fut le château de Claude d’Urfé, gentilhomme forézien, proche de François Ier, et grand-père d’Honoré. Le château fantastique de son grand-père a profondément inspiré Honoré lors de la rédaction de son roman, et le château est labellisé « Maison des illustres », distinction honorant quelques rares maisons qui furent conçues et habitées par de grands hommes. Je me prépare donc à être émerveillée, et j’ai raison d’attendre beaucoup de ce château : vraiment, ne quittez pas le Forez sans avoir visité la Bâtie d’Urfé. C’est une merveille de la Renaissance, construite par un érudit féru d’énigmes, de curiosités et de constructions symboliques. Claude d’Urfé était un vrai homme de la Renaissance, néo-platonicien en diable et obsédé par la recherche de la connaissance et de la vérité cachée. Un sphinx au regard pénétrant accueille le visiteur et l’invite à percer le mystère. Une fabuleuse grotte en rocaille (= matériaux naturels uniquement, notamment des coquillages et des stalactites prélevés dans une grotte avoisinante) s’ouvre sous les arcades de la cour et mêle dans une incroyable mosaïque des symboles antiques et chrétiens. L’effet est saisissant. Cette grotte en rocaille du XVIe siècle, parfaitement préservée et restaurée, est unique en France, et vraiment, elle mérite mille fois le détour. Quant aux jardins du château, ils invitent à une flânerie poétique dans ce lieu baigné d’ésotérisme radieux. J’ai tout simplement adoré.
Jardins bucoliques de la Bâtie d’UrféRemontons le temps…« Aie un sphinx en ta maison. »
Rêver d’autrefois…Grotte en rocaille : Poséidon.
Les villages de charme de la Loire
La Loire, c’est la France des cartes postales : pleine de petits villages ravissants, de merveilles architecturales quotidiennes, de campagne patiemment façonnée par la main de l’homme. Le département compte un grand nombre de villages de charme, certains ayant reçu le label « village de caractère », d’autres encore, comme Sainte Croix en Jarez, comptent parmi les plus beaux villages de France. Je ne cite pas à nouveau Saint Victor sur Loire et Saint Jean Saint Maurice, déjà évoqués, et vous présente quelques autres lieux qui m’ont touchée.
Pommiers en Forez a été mon plus grand coup de cœur parmi les villages de la Loire : son célèbre prieuré est un des plus beaux ensembles monastiques que je connaisse et m’a éblouie. Cet ancien monastère bénédictin est un ravissement architectural rare – le cloître est de toute beauté, l’église d’une beauté émouvante, et ce qui m’a le plus surprise, ce sont les charpentes en bois. Imaginez des charpentes du 14e siècle, parfaitement conservées, préservées des incendies et des ravageurs depuis la fin du Moyen-Âge, sous lesquelles on peut se promener comme sous la coque d’un bateau retourné. C’est réellement touchant de voir les inscriptions des menuisiers d’il y a six siècles gravées dans le bois, de découvrir ces merveilles architecturales dans le silence des lieux empreints de spiritualité. Au loin, au large du village, un pont ancien expose ses ruines majestueuses – la photo combinant la silhouette altière du prieuré et la pâleur des ruines sans date est évidemment un incontournable !
Pommiers en Forez, magnifique visionCharpente du XIVe siècle.Le cloître du prieuré..
Cervières est un vrai village de chevaliers : un village médiéval absolument magnifique, dans lequel on entre à pied en passant sous des portes en ogive qui plongent immédiatement dans une ambiance d’antan. Ce labyrinthe de ruelles surmontant les bois du Forez m’a enchantée. Et Cervières compte un lieu très spécial, dont je vous parlerai en fin d’article.
Cervières.Les portes du villageCharme du Forez à CervièresPrintemps dans la Loire
Malleval, au sud de la Loire, dans le parc du Pilat, m’a plu pour l’intrication totale de la nature et du village perché, construit sur plusieurs niveaux. Des rivières et des cascades caracolent au milieu des maisons, les fleurs envahissent tout, et l’église médiévale est de toute beauté. La balade la plus célèbre est celle qui mène à la belle cascade du saut de Laurette – nom qui ne m’a pas porté chance car je suis tombée dans l’eau froide de la rivière en essayant justement de la franchir en sautant, mais ça ne doit pas vous dissuader d’y faire un tour ! Insolite : il y a un atelier/magasin que j’aurais adoré visiter à Malleval, mais qui était malheureusement fermé lors de ma venue. C’est un cabinet de curiosités et atelier de fabrication de baguettes magiques, dans le style de Harry Potter. La gothique qui sommeille en moi était en ébullition. Je vous mets le lien ici, car je trouve les créations de l’artiste vraiment originales et intrigantes.
Malleval, entouré de coteaux prestigieuxSaut de LauretteEglise superbe de Malleval.Paysages de vignes…Loire bucolique à Malleval
On reste dans un univers un peu mystique et magique avec Sainte Croix en Jarez, un des villages les plus originaux que je connaisse. Imaginez : pendant plus de cinq cent ans, ce village n’était pas un village, mais une chartreuse (un monastère de l’ordre des Chartreux). C’est après la Révolution que la vie quotidienne a investi les murs sacrés, et que cet immense ensemble religieux est devenu village. Les cellules des moines, leurs salles d’étude et leur réfectoire sont devenus des appartements, leurs potagers, des jardins communaux. C’est un véritable dédale, beau et passionnant. J’ai adoré l’ambiance qui régnait dans ce lieu hors-normes.
Sainte Croix en Jarez, ancien monastère chartreux devenu un villageL’ancienne cuisine des chartreux, très impressionnanteAmbiance !.
Ambierle m’a beaucoup plu esthétiquement, avec sa sublime abbaye au toit de tuiles vernissées et colorées (comme en Bourgogne) qui trône au-dessus des coteaux. Ce village a beaucoup d’allure, et l’abbaye est de toute beauté. Ambierle est aussi un arrêt intéressant pour qui s’intéresse au patrimoine, car il compte à la fois une Maison de pays présentant l’artisanat de la région, et un musée ethnographique (musée Alice Taverne) reconstituant des maisons de la région au XIXe siècle. Le lieu respire l’authenticité.
Majestueux AmbierleLes toits que j’adore..
Saint Haon le Châtel : j’y suis passée en coup de vent, mais je l’ai trouvé absolument ravissant avec son ambiance médiévale, son vieux puits et ses maisons à colombages.
Saint Haon le ChâtelSon puits magnifique.Colombages.
Randonner dans la Loire : bois du Forez et parc naturel du Pilat
Les bois du Forez… cette simple expression me faisait rêver. C’est la forêt comme on l’imagine, épaisse et opaque, traversée de fulgurances lumineuses, onirique. J’ai eu le plaisir d’être guidée par Lionel de Loire Tourisme (et aussi blogueur de talent) pour une randonnée très appréciée des voyageurs à Saint Médard en Forez, le Sentier des Moulins. Je vous dis tout de suite : le nom est trompeur, ne faites pas le sentier des moulins en espérant voir des moulins. Les moulins en question, ce sont des (jolis) tas de pierres en ruine couverts de lierre – cette absence radicale de moulins plairait à Don Quichotte. Mais faites cette rando quand même, parce que la beauté des paysages et de la forêt compense mille fois les moulins. Prairies fleuries, forêts touffues, sources et petites cascades, variété extraordinaire des ambiances et beauté de l’ambiance bucolique, je me suis régalée. Voici quelques photos de forêt mystérieuse pour le prouver !
Fougèrers et lumière.Cascades secrètes…Dans les bois…
Le Forez et le Roannais comptent des dizaines d’autres randonnées de grande qualité. Plus au sud, les gorges de la Loire regorgent elles aussi de sentiers. Mon voyage n’était pas axé sur ce thème (j’ai fait la Loire en mode princesse, je me suis concentrée sur les châteaux), mais je sais que la Loire a tout ce qu’il faut pour réjouir les amateurs d’expéditions outdoor.
J’étais quand même censée randonner un peu, dans le parc naturel régional du Pilat, au sud du département. En frontière de l’Auvergne, cette région de moyenne montagne, boisée et arborée, est connue pour la qualité de sa biodiversité et la solitude enivrante de ses chemins. Mais l’hiver a décidé de faire un come back tardif, et j’ai découvert le Pilat dans la neige, le givre et le brouillard – le panorama des Trois Dents, célèbre point de vue du massif, était noyé dans la brume. Il me faudra donc revenir !
Les 3 dents, sublime panorama sur… ah non, pas aujourd’hui, finalement.Ambiance Blair Witch. Je m’amuse beaucoup dans les bois en me disant que vraiment, Lionel va adorer mes photos de promotion du département ;-))
La Loire authentique : artisanat, nourriture, découvertes
Tout le monde le sait, la France est un pays de traditions et d’artisanat, et la Loire est une fière représentante de cette culture. Le département regorge de spécialités culinaires locales, d’initiatives originales, de vieux métiers préservés. Ce que je vous propose n’en est qu’un tout petit aperçu.
La source de la Badoit à Saint Galmier
Le saviez-vous ? (Parce que moi, pas du tout.) La Badoit jaillit naturellement gazéifiée à Saint Galmier dans la Loire, et vous pouvez y goûter. Juste à côté de l’usine d’embouteillage de Badoit, d’où sortent des millions (oui, oui !) de bouteilles par jour, vous trouverez un petit kiosque rétro ravissant où coule la célèbre eau à bulles. Les habitants de Saint Galmier ont droit à six bouteilles par jour, les visiteurs comme moi à une seule. Il y a un petit côté fête foraine : on vient au kiosque comme à une attraction, remplir sa bouteille et vérifier que le goût est le même. J’ai pu constater que le gaz de la Badoit est effectivement naturel, et qu’on retrouve dans l’eau de la source cette agréable pétillance un peu salée. L’usine Badoit se visite elle aussi, et je vous conseille de ne pas négliger un petit tour dans la ville elle-même, qui est ravissante. Du haut des 37m du clocher de l’église, la vue est imprenable et tout le Forez s’offre à vos yeux. Saint Galmier, c’est une visite ludique et originale que je vous recommande vivement.
Saint Galmier, pays de la Badoit !L’usine Badoit.La vue depuis le clocherLes habitants viennent remplir leurs bouteillesBeauté du coeur de ville néo gothique.
La fourme de Montbrison
Si vous avez lu mon article sur le sud de l’Aveyron, vous connaissez mon secret honteux, mon étrange phobie : j’ai peur des fromages bleus. Ce n’est pas seulement que je n’aime pas : j’en ai peur. Je vois une armée d’envahisseurs bleuâtres venus coloniser mon œsophage, et je fuis comme devant un martien à douze tentacules. Je l’avoue toute penaude, amis lecteurs : j’ai refusé de goûter la fourme de Montbrison. Pardon, pardon. Mais si vous voulez tester cette spécialité dont la Loire est très fière, rendez-vous à la Fromagerie des Hautes Chaumes à Sauvain. Hubert Tarit, fromager passionné et médaille d’or des fous de fromage de Fromaniac, pratique son métier avec rigueur et dévouement. Et il est très sympa, même quand vous refusez de goûter sa fourme parce que vous êtes une chochotte phobique de la moisissure (encore désolée).
La célèbre fourme de Montbrison !.
La chocolaterie Pralus
O désespoir, je ne l’ai pas visitée (mais Lionel m’a offert des chocolats qui en provenaient et ils étaient à tomber par terre). Ce chocolatier installé à Roanne est réputé dans la France entière pour la qualité gustative exceptionnelle de ses chocolats (vous parlez à une vraie experte, vous pouvez me faire confiance, ce chocolat c’est du nectar de paradis) et pour sa praluline, une brioche aux pralines également à se damner. Je peux revenir à Roanne, s’il vous plaît ?
La Cure à Saint Jean Saint Maurice
Le beau village surplombant la Loire abrite une initiative originale : une maison des métiers d’art, La Cure, où des artisans peuvent s’installer pour une durée allant jusqu’à cinq ans, bénéficier d’un lieu de création extraordinaire et vendre leurs produits dans un cadre privilégié. Dans cette pépinière, j’ai rencontré des artistes talentueux, comme la costumière Maïté Chanterle aux doigts de fée. La Cure est également un lieu d’expositions et d’évènements culturels à la programmation originale et exigeante, le programme m’a beaucoup tentée.
Maïté Ganterle, costumière travaillant en ce moment à la pépinière de la Cure.Doigts de fée.
La Maison des Grenadières à Cervières
Vous êtes-vous déjà demandé d’où venaient les écussons brodés d’or sur les képis des marins et des douaniers ou les vestes des gardes républicains ? Ils viennent de Cervières, dans le Forez, où de petites mains agiles et talentueuses brodent le fil d’or dans le respect d’une tradition instaurée par Napoléon, où la minutie rivalise avec la créativité. J’ai adoré la visite de ce musée beau comme un boudoir de la fin XVIIIe, l’originalité de ce métier de passion et de mémoire, et la possibilité de tester soi-même la broderie au fil d’or dans la dernière salle (moment de pure vantardise : je me suis trouvée super douée, je crois qu’une nouvelle vocation est née). C’est un endroit insolite et beau à la fois, où je n’aurais pas eu l’idée d’aller, et qui m’a vraiment séduite et touchée.
Le travail méticuleux et traditionnel des grenadières brodant le fil d’or.
Où dormir dans la Loire ?
Je termine cet article en vous renvoyant à mon précédent, où je vous propose des chambres d’hôte de charme à moins de 100 euros/nuit dans la Loire, pour un merveilleux week-end dans ce département qui a su me toucher. Faites un tour dans la Loire, vous ne le regretterez pas – le charme opère très vite. Ma carte sentimentale de France a gagné de nouveaux trésors. Maintenant, la Loire, je sais où c’est. Et j’y reviendrai.
Vue sur la Loire.Château de Grangent.Eglise de Saint Galmier.Fleurs à Malleval.
Un grand merci à Loire Tourisme et en particulier à Lionel pour ce séjour qui m’a enchantée. Une fois découverte, la Loire ne saurait s’oublier. Merci d’avoir enrichi mon univers et de m’avoir permis de retrouver un morceau de rêve d’adolescente !
Kangerlussuaq est l’étape obligatoire de tout voyage au Groenland : les vols internationaux passent forcément par son aéroport. Mais Kangerlussuaq est bien plus qu’un hub, c’est aussi l’endroit où il est le plus facile d’approcher la fascinante calotte glaciaire qui recouvre la quasi-totalité du Groenland. Je vous propose une petite incursion auprès des glaciers éternels, avant de retrouver les couleurs scandinaves à Copenhague.
Mon voyage au Groenland s’arrête ici. Après Nuuk et Ilulissat, je suis biberonnée à la démesure, gorgée de spectaculaire, j’en redemande encore, mais il est déjà temps de repartir. Le Groenland a une dernière surprise pour moi : Kangerlussuaq. Peu de voyageurs y font halte. La ville est avant tout un aéroport international, le seul du pays à pouvoir accueillir les gros porteurs arrivant du Danemark après 4h20 de vol. Je n’ai que quatre heures d’escale à Kangerlussuaq, avant de continuer mon périple vers mon vieux continent.
Kangerlussuaq : l’étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
Copenhague, porte d’entrée vers le Groenland
Au pied de la calotte glaciaire à Kangerlussuaq
Quatre heures à Kangerlussuaq, c’est bien trop court, mais elles seront mises à profit. Je vais approcher cette particularité géographique inouïe qui rend le Groenland si unique, si spectaculaire et extraterrestre : l’inlandsis, calotte glaciaire qui recouvre 80% du pays. C’est à cause de cet océan de glace de presque deux millions de kilomètres carrés que les villes se serrent sur les côtes, comme autant d’îlots isolés. C’est à cause d’elle qu’il n’y a pas de routes au Groenland, pas de chemins de fer, et aucune ville à l’intérieur des terres, pays des marcheurs blancs, des monstres mythologiques et de la glace éternelle. C’est grâce à elle que le Groenland ne ressemble à aucun autre pays au monde, qu’il défie l’entendement et éperonne l’imagination, qu’il donne le vertige et hypnotise les cœurs. Au cœur du Groenland, où personne ne va jamais, si ce n’est les scientifiques en hélicoptère, la calotte est épaisse de 3km par endroits.
Au bord du vertige.
Kangerlussuaq a ceci de fabuleux qu’on peut ici approcher au pied de la calotte, sur la plus longue route du pays. (Cette route est la seule à relier, en été et en 4×4 seulement, deux villes groenlandaises : Kangerlussuaq et Sisimiut. Partout ailleurs, les trajets de ville en ville se font en avion, ou en bateau l’été.)
A l’aéroport, je retrouve mon guide Adam Lyberth. J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir bénéficier de ses services pendant mon bref arrêt à Kangerlussuaq : Adam est très demandé. La veille, il a emmené des photographes norvégiens faire du light painting et des mises en scène lumineuses dans les glaces de l’inlandsis. L’après-midi, il accueille un groupe de journalistes danois pour une randonnée glaciaire. Adam est fou de sa région et en est un merveilleux ambassadeur.
Nous prenons la piste en direction de la calotte, à travers des paysages nouveaux pour moi. Revenant d’Ilulissat, royaume de la glace, j’observe qu’ici le décor a changé. Pour la première fois depuis le début du voyage, je vois de la végétation. Nous sommes ici au sud du Groenland, dans son grenier fertile (si cette expression peut s’appliquer à un pays pareil). Ici, pas de pergélisol, la terre est fertile en été. L’agriculture groenlandaise, longtemps rendue impossible par les âges glaciaires, redevient possible, comme au temps des vikings. On peut désormais déguster les carottes de Kangerlussuaq et du sud groenlandais. On trouve ici des arbres minuscules, qui ont été plantés il y a quarante ans et ont mis tout ce temps à pousser, de l’herbe couverte de givre, et des animaux. C’est ici la région des troupeaux de rennes et de bœufs musqués, qui sont en vérité des chèvres. Ce sont des animaux énormes, presque préhistoriques, que j’avais vus empaillés dans la boutique de Nuuk vendant leur laine, Qiviut. Il paraît que la laine de bœuf musqué est la plus chaude qui existe sur Terre.
Vision rare au Groenland : des arbres ! Minuscules, et qui ont pourtant mis des dizaines d’années à grandir…L’herbe du sud du Groenland, ourlée de givre
Chèvre musquée empaillée dans une boutique de Nuuk
Je verrai deux rennes, dont une femelle courant sur la glace avec une grâce inouïe, mais hélas pas de bœufs musqués. En quatre heures, le temps de les guetter nous a manqué. Adam me raconte qu’en été, on peut partir randonner plusieurs jours autour de Kanguerlussuaq, camper sur la calotte glaciaire, approcher les bœufs musqués, pêcher dans le fjord. Il m’explique aussi que Kangerlussuaq est une base astronomique réputée pratiquant l’analyse des aurores boréales, car ici les nuits sont claires 300 jours par an. Les scientifiques envoient régulièrement des ballons et des sondes au cœur des tempêtes multicolores, afin de récolter des particules d’aurore. L’idée me fascine. Je m’imagine chasseuse de papillons dans le ciel immense, collectant les trésors miroitants de l’aurora borealis.
Une femelle renne surgit….
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Puis soudain, les glaciers surgissent. Approcher l’inlandsis restera une des expériences les plus fortes du voyage. Ici commence l’océan de glace. Si un fou ou un mage voulait marcher de Kangerlussuaq à Ittoqqortoormiit, sur la côte opposée, il lui faudrait traverser 1200 kilomètres d’enfer bleu, au milieu de crevasses profondes comme des gouffres. Je me sens face au mur de glace de Game of Thrones, minuscule à côté d’un magma de glace tranchante comme un raz de marée figé par le regard de la Méduse.
En été, une rivière impétueuse et violente coule au pied du glacier, portant les glaces fondues vers la mer. A cette époque de l’année, tout début avril, elle est encore gelée. Adam la sonde précautionneusement, puis me fait traverser la rivière en m’ordonnant de suivre exactement ses pas. Je vais toucher les murailles de glace, entrer quelques instants dans les cavernes qui se creusent à leurs pieds. Je n’arrête pas de répéter que c’est incroyable. Le Groenland m’aura offert des expériences d’une intensité émotionnelle rare.
Surgissement du glacier….Avec les monstres..La rivière geléeEntrer dans la glace.
Il faut déjà repartir. Je dis adieu aux glaciers, le cœur coloré de bleu pâle.
De Kangerlussuaq à Copenhague avec Air Greenland Aller au groenland – vol groenland – aller au groenland depuis la france – paris groenland
Air Greenland, la compagnie aux avions rouges, m’a réservé une belle surprise pour ce dernier vol vers Copenhague : une place en business class. Elle est lumineuse, aérée, ultra confortable, et je suis contente comme une gamine de pouvoir me prélasser pendant 4h20 dans mon fauteuil presque entièrement inclinable. Je commence par regarder avec mélancolie le Groenland s’éloigner par le hublot, puis une fois que nous sommes en mer, je fais comme les gosses : je touche tous les boutons (ah tiens, je peux surélever les pieds ! et si j’appuie là ça fait quoi ?), je teste tous les snacks, bref, je n’ai pas vu le vol passer.
Air Greenland est en pleine démocratisation du Groenland avec la baisse des tarifs depuis Copenhague, la création de packages vol + hôtel attractifs et la multiplication des destinations groenlandaises. Regardez la liste des destinations – si vous êtes comme moi obsédé du grand nord, vous allez devenir fou. Je consulte les magazines de bord et je me mets à rêver d’Ittoqqortoormiit, Kulusuk, Uummannaq et Upernavik. Je suis encore dans les airs et je rêve déjà de faire demi-tour et de retourner sur l’île gelée.
En business class avec Air Greenland.Le rouge, emblème de la compagnie nationale groenlandaise.Rêver déjà de revenir…Le menu à bord…
Pour la plupart des voyageurs partant de France, il vous faudra sans doute passer une nuit à Copenhague à l’aller ou au retour. C’est aussi mon cas, et je me réjouis des douze heures que je vais pouvoir passer dans la capitale danoise.
Copenhague version groenlandaise aller au groenland – copenhague groenland – paris groenland – vols groenland
Il fut un temps où le Danemark régnait en maître sur les mers du nord. L’Islande, les îles Féroé et le Groenland étaient ses colonies. Peu à peu, toutes se sont émancipés. La République d’Islande est fondée en 1944, dissolvant l’union avec le Danemark. Le Groenland obtient le « home rule » (statue d’autonomie renforcée) dans les années 1970, les îles Féroé dès 1948, et planifient actuellement un référendum sur l’indépendance.
Mais il existe un quartier de Copenhague où le lien avec le nord n’est pas brisé. En face de Nyhavn, le merveilleux quartier kitsch et coloré qu’on voit sur les cartes postales, un pont piétonnier et cycliste conduit à l’ancien quartier des docks. A l’époque où le Danemark était une puissance coloniale, les produits de tout le royaume arrivaient ici, dans d’immenses hangars où on stockait notamment le poisson. Aujourd’hui, ces anciens hangars abritent un grand centre culturel de l’Atlantique nord. L’ambassade d’Islande, la représentation groenlandaise et la représentation des Féroé font flotter leurs drapeaux au-dessus d’un décor de lave et de mousse volcanique : on a rapporté des roches islandaises pour créer un petit morceau d’ailleurs dans la capitale danoise. Je découvre les environs avec un guide adorable qui me raconte le temps des bateaux chargés de poissons et de graisse de baleine, exploitant les richesses mythiques du nord. Ce quartier me donne follement envie d’aller au Groenland alors même que j’en reviens à peine. Et je me jure de découvrir un de ces jours les îles Féroé, dont les reliefs découpés et les solitudes ventées me fascinent.
A Copenhague, le quartier des anciennes colonies nordiques : Islande, Groenland, Iles Féroé.
A l’intérieur du centre culturel, ce sont des expositions consacrées à l’art des trois îles. L’ambiance est maritime, rétro, elle évoque le long passé marchand de ces hangars. Un léger souvenir de l’odeur de poisson se devine parfois quand on approche les murs, mais les volumes sont magnifiques, tout de bois clair et l’atmosphère m’enchante. A côté, ce sont les archives historiques, et le centre d’eskimologie. On étudie ici la culture groenlandaise, sa langue et son histoire. Il paraît que le musée national danois, que je n’aurai pas le temps de visiter, abrite aussi une fabuleuse section consacrée au Groenland.
Un ours polaire gardien d’ascenseurVariation autour du costume national groenlandais : fleurs et tissageLa bibliothèque polaireLe monde vu depuis le pôle nord
Je déjeune avec Idrissia Thestrup, de Visit Greenland, dans un restaurant fabuleusement décoré de sirènes sur Nyhavn. Je lui dis combien j’ai aimé ce voyage qu’elle a organisé, et quelle impression fabuleuse le Groenland a laissé sur moi. Cette destination va monter en puissance et fasciner infiniment tous ceux qui s’y rendront. On sent les frémissements. Séducteur en devenir, le Groenland va briser des cœurs…
Avant de m’envoler pour la France, j’ai encore le temps de photographier les façades de Nyhavn et d’aller faire un coucou à la célèbre petite sirène de Copenhague. Je reviendrai à Copenhague, peut-être même encore plus vite que ce que j’imaginais.
Nyhavn, le quartier pittoresque et coloré
La petite sirène de Copenhague
Au hasard des promenades.
Restaurant délicieusement maritime à Nyhavn
Nyhavn.
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Merci infiniment à Visit Greenland – notamment à Idrissia – et à Air Greenland pour ce voyage fabuleux dont je me souviendrai toute ma vie. Le Groenland est une expérience intellectuelle, visuelle, sensorielle hors normes, et quand j’y repense, j’ai la sensation d’avoir visité une autre planète, et de garder des petits morceaux de glace au cœur. Je reviendrai…
Un voyage à Oman ? Voici les plus beaux paysages d’Oman et les incontournables en une semaine dans le sultanat.
Oman fut pour moi un éblouissement. C’était comme si j’avais plongé tête la première dans le bain de mes fantasmes orientalistes, et que j’avais trouvé le Moyen-Orient éternel, celui des tapis volants, des lampes aux génies et des croissants de lune venant embrasser les dunes immenses. Sinbad, Aladdin et les autres héros des Mille et une nuits semblaient tous entrer dans mon rêve, et ce fut un des mes plus beaux voyages, un enchantement sans nuages, entre désert, minarets, plages et palmeraies. Le sultanat d’Oman, joyau du Moyen Orient, n’attend que vous et vous foudroiera en plein cœur. Laissez-moi vous raconter les merveilles de ce pays infiniment varié et souriant, vous dire mes coups de cœur et mes plus beaux paysages au fil d’une semaine à Oman.
Oman, pays féerique.Plus beaux paysages Oman
Et retrouvez en fin d’article un carnet pratique afin de vous aider à organiser votre voyage à Oman.
Poussez la porte d’un monde enchanteur…
Oman, le pays qui vous fera aimer le Moyen-Orient oman danger tourisme – oman dangereux ? – est-ce dangereux de voyager à Oman
J’ai toujours aimé voyager dans le monde arabe. Il y a sans aucun doute chez moi une prédisposition génétique et familiale à adorer les falafels, le couscous et les chameaux, mais au-delà de ce terrain propice, j’ai toujours aimé ce qu’on appelle l’arc désertique courant du Sahara aux sables d’Arabie, avec ses forts, ses oasis, ses palmeraies, ses bijoux finement ouvragés. J’aime la douceur solennelle de ces pays où on s’abrite du soleil à son zénith au bord des fontaines et à l’ombre des jardins, où la lumière des lampes ouvragées et l’immensité du désert remplit la nuit d’étoiles, où les mosquées colorées semblent répondre à la lune, et où on sait vraiment ce que l’hospitalité veut dire. On dit que c’est un héritage de l’époque nomade, quand des caravanes traversaient les océans de sable brûlant : fermer sa porte à un voyageur égaré, c’était le condamner à mort. Mais l’explication ne me suffit pas totalement, car il y a une nuance entre sauver quelqu’un de la mort et lui offrir son poids en thé à la menthe et en pâtisseries sucrées. Je crois qu’une profonde culture de la sociabilité et une authentique gentillesse entrent aussi en jeu. Toujours est-il que je pars toujours avec joie dans le monde arabe, et que depuis ma visite de l’oasis d’Al Ain aux Emirats Arabes Unis, je rêvais d’Oman : tout le monde m’avait dit, « si tu as aimé Al Ain, va à Oman, tu seras aux anges ».
Au coeur du Wahiba Sands.
Mais je ressens souvent un décalage entre mon enthousiasme et les réactions de mes interlocuteurs quand j’évoque mes destinations moyen-orientales, à croire que je vais apprendre à confectionner des bombes en burqa grillagée dans un terrain vague. « Mais qu’est-ce qu’il y a à voir là-bas ? Ça n’est pas dangereux ? Pourquoi tu vas dans un coin pareil ? Tu seras voilée ? Tu auras le droit de conduire ? Y a Daesh ? ». Trop de préjugés et d’incompréhensions dissuadent encore beaucoup de touristes français de visiter cette région du monde. Mais si vous êtes curieux, sachez qu’Oman est véritablement le pays qui vous fera aimer le Moyen-Orient.
Epargné par tous les orages politiques et religieux, Oman est un havre de paix, où rien ne vous menace. Parfaitement sûr, absolument chaleureux et accueillant, c’est un pays où une femme non accompagnée peut faire un road trip en solo sans craindre pour sa sécurité, où on ne vous traitera qu’avec respect et gentillesse, et où vous serez profondément touché par l’amabilité sans arrière-pensée de tous ceux que vous croiserez. Dans les villages, les automobilistes vous feront un petit signe de la main pour vous saluer, les enfants (parfaitement bilingues anglais-arabe) vous diront « Welcome to Oman ! », les gens viendront vous parler sans avoir quoi que ce soit à vous vendre (ils sont souvent plus riches que vous, dans ce pays où l’or noir assure la prospérité), mais juste pour s’assurer que votre voyage se passe bien, que vous n’avez besoin de rien et que leur pays vous plaît. Et si vous leur dites combien ce voyage est agréable et combien les paysages d’Oman sont beaux, vous verrez d’immenses sourires de fierté tranquille. Croyez-moi, allez-y. Non seulement vous ne risquez rien, mais vous serez heureux et ébloui.
Le voile sur les cheveux : seulement dans les mosquées. Oman est un pays sûr, chaleureux et respectueux, où vous pouvez voyager sans risque. (Ici, je ne suis pas dans une mosquée, mais au fort de Nizwa. Le voile n’était pas nécessaire, je l’ai mis pour me protéger du soleil !)
A une station service, un gamin passe la tête par la fenêtre de notre voiture et nous demande « Where are you from ? » Trois secondes plus tard, tous ses copains viennent nous parler et demandent à être pris en photo. C’était une scène géniale, chaleureuse et douce, mais je n’aime pas publier les photos des enfants sur Internet – je vous mets donc seulement cette photo de dos.
Oman, une diversité de paysages extraordinaires les plus beaux paysages d’oman
Ce pays a tout : les villes et villages, les déserts et les chaos rocheux, les oasis et les palmeraies, les plages et les wadis. La beauté et la variété des paysages d’Oman séduira même un voyageur blasé. Je crois que les trois plus beaux moments pour moi furent la ponte des tortues marines à Ras al Jinz, le lever de soleil sur les dunes à Wahiba Sands, et la beauté biblique du Wadi Shab. Par sa beauté préservée, son authenticité, son environnement d’une diversité rare, Oman est émotionnellement intense – c’est un pays qui fait battre le cœur et vous remplit les yeux d’inoubliable.
Ma petite soeur chérie dans les dunes du Wahiba Sands.Lever de soleil sur les falaises de Ras al Jinz, une des plus belles plages d’OmanLe Wadi Bani Khalid, oasis de verdure.
Au nord, ce sont les villes et villages de ce sultanat riche d’une histoire millénaire, qui fut autrefois à la tête d’un empire s’étendant jusqu’à Zanzibar, et qui connaît depuis les années 1970 un profond renouveau culturel, économique et politique. Mascate, Nizwa, Sour, sont autant de villes superbes et profondément authentiques. Contrairement à Dubaï, Oman a l’argent du pétrole discret et a refusé les gratte-ciels et la mégalomanie urbaine. Le sultan Qaabos a tenu à ce que le pays ne change pas de visage. Ce sont des villes basses, avec des murs en pisé et des jardins fleuris, des mosquées et de vieilles places, fidèles à l’image de l’Arabie éternelle. Seul le lustre de la grande mosquée trahit combien le sultanat est riche !
Le lustre Svarovski de la grande mosquée de Mascate : 8 tonnes de cristal et de métal !
Une femme nourrit les mouettes sur la corniche de Mascate. C’est un quartier très traditionnel, où on trouve les souks et beaucoup de petits restaurants, et où on ressent vraiment l’atmosphère de la vieille Arabie.
Des enfants jouent au foot sur la plage de Sour.
Petit chat interloqué au milieu des chèvres. Parce qu’elles sont rustiques et se contentent de peu, les chèvres sont très appréciées dans les pays arides de l’arc désertique. Quant aux chats, ils sont plusieurs fois mentionnés en bien dans le Coran (on dit que Mahomet aurait préféré ne pas prendre ses vêtements posés sur une chaise que de réveiller sa chatte Muezza), et sont très appréciés dans le monde arabe.
Mascate, la ville idéale du sultan Qaboos
Depuis son arrivée au pouvoir en 1970, le sultan Qaboos a fait de Mascate sa ville vitrine, prospère et lumineuse, qui abrite un sublime opéra et le musée national omanais.
J’ai adoré marcher le long de la corniche, face au vieux port de Mascate, dans une nuée de mouettes, et me plonger dans les anciens souks de la ville.
J’ai été marquée par la beauté blanche du palais du sultan, où des rolliers indiens multicolores s’élançaient des tours blanches.
Rollier indien devant le palais du sultan. (Confession : j’ai passé la semaine à essayer de choper une photo de ces rolliers d’un bleu vif, qui sont omniprésents à Oman. J’ai réussi le dernier jour – photo à 1/4000e de seconde !)
Souks de Mascate.
Mais le chef d’œuvre de Mascate, c’est la grande mosquée Sultan Qaboos, accessible à tous et dont l’architecture même signifie l’ouverture, le passage. Le blanc éclatant des tours reflète toute la lumière, les arches immenses donnent sur les quatre points cardinaux, et dans les jardins délicats, les plantes se mêlent aux fleurs des mosaïques. La grande mosquée se veut symbole d’harmonie. Oman cultive un islam ibadiste, qui se veut porteur d’unité et de tolérance – sunnites et chiites cohabitent au sein du sultanat, ainsi que des chrétiens et des hindous. La loi omanaise interdit formellement la propagande religieuse agressive : un prédicateur qui pointerait du doigt telle ou telle religion serait immédiatement inquiété.
Sublime mosquée Sultan Qaboos.
Des portes ouvertes sur les quatre points cardinaux.
Les forts d’Oman
Avant même la période islamique, les Omanais construisaient des forts dans le désert, rénovés et préservés jusqu’à aujourd’hui. Ces forts sont un emblème du pays, avec le célèbre poignard recourbé qu’on nomme khanjar. Tous sont d’une grande beauté et impressionnent par leur hauteur et leur ampleur. Dans tous les forts, les pièces à vivre et les salles de lecture coranique côtoient les magasins de munitions et les granges de stockage de la nourriture. Au sommet des tours crénelées, la vue porte jusqu’à l’horizon.
J’ai vu le fort de Nakhal, dont j’ai adoré la situation idyllique, au cœur d’une palmeraie dont il émerge comme une île au milieu d’un océan de verdure.
J’ai été captivée par l’immense fort de Nizwa, l’ancienne capitale omanaise, qui est l’endroit où j’ai le mieux ressenti le vieux cœur d’Oman.
En un voyage d’une semaine, il a fallu faire des choix, mais j’aurais aussi aimé voir ceux de Bahla et de Jibreen, qu’on dit superbes.
Magnifique fort de Nizwa, l’ancienne capitale du sultanat.
Au pied du fort de Nizwa, les étals. C’est un des rares endroits à Oman où la dimension touristique est plus développée, car le fort sublime attire beaucoup de monde, ce qui n’enlève rien au charme de la ville et à son authenticité.
Fort de Nakhal.
Nakhal et sa palmeraie.
Beauté des portes arabes.
Les vieux villages en pisé
Les montagnes d’Oman, le Jebel Akhdar et le Jebel Shams, regorgent de vieux villages en pisé qui semblent tout droit sortis d’un décor de film, où les falaj perpétuent un système d’irrigation ancestral et font courir de minuscules canaux au milieu des palmiers et dattiers. J’ai souvent pensé à la sublime route de Ouarzazate au Maroc. On m’avait dit que Birkat al Mouz et Misfat al Abriyyin étaient les plus beaux villages du pays. Je n’ai vu que Birkat al Mouz, et j’ai adoré me perdre dans la palmeraie, suivre les canaux au cœur du vieux village, déambuler dans les rues étroites et élevées. Depuis des siècles, les falaj irriguent les palmeraies d’Arabie, préservés avec soin et minutie par chaque génération. Ce sont des veines de vie au cœur de l’aridité et j’ai aimé suivre la fraîcheur de leur pouls.
Car Oman n’est pas que désert et roche, loin de là – le sultanat vous réserve des oasis de verdure étonnants.
Birkat al Mouz, au pied du Jebel Akhdar, une des deux grandes chaînes montagneuses d’Oman.
Dans la palmeraie de Birkat al Mouz.
Une fraîcheur étonnante émane des palmeraies, les frondaisons protègent de la fournaise.
.Sur les hauteurs du village traversé par les falaj.
A Birkat al Mouz, nous avons bifurqué vers la montagne : le Jebel Akhdar et son grand canyon du Moyen Orient. Je vous reparlerai de cette nuit magique au dessus du canyon dans le prochain article.
Les wadis, les canyons d’eau douce d’Oman plus beaux paysages d’Oman
Ils constituent peut-être le paysage le plus typique et le plus beau d’Oman : les wadis, ces canyons ouverts au cœur de la roche, où l’eau douce forme des rivières, sculpte des formes étranges, et crée des piscines où les Omanais adorent venir nager. Si vous partez en voyage à Oman, surtout, visitez les wadis, ces havres de verdure et de sérénité où la géologie se fait artiste.
Le Wadi Bani Khalid.
Les wadis omanais, c’est un étrange télescopage : vous penserez au Far West, et à la Bible. Imaginez Moïse au fond du grand canyon, et cela vous donnera une petite idée.
On pense au Far West, parce que la roche est rouge, et les canyons profonds, comme dans les « narrows » de Zion dans l’Ouest américain, et qu’on s’attend presque à voir surgir les cow-boys dans ce décor moyen-oriental.
Et on pense à la Bible, parce que ce sont des paysages éternels et idylliques, adoucis par l’eau qui coule, cousus de rivières vertes, de papyrus, de palmiers à l’ombre généreuse, et que cela rappelle toute l’iconographie de l’Ancien testament – enfants trouvés dans des roseaux, fleuves nourriciers, sentiment d’éternité immobile. Je voyais de vieux messieurs ramasser des dattes dans leur habit ancien, et je n’aurais pas été surprise qu’ils soient des prophètes ou des apôtres. J’étais à deux doigts de chanter les Dix commandements.
Cherchez un enfant sauvé des eaux.
Petit point pratique : pour explorer les wadis, il vous faudra des baskets que vous ne craignez pas de mouiller. N’y allez surtout pas pieds nus ou en tongs : il vous faudra remonter le lit de rivières caillouteuses. En baskets ne craignant pas l’eau, vous serez à l’aise. Et enfin, point sécurité essentiel : ne vous aventurez jamais dans le lit d’un wadi si le temps est incertain. Tout nuage de pluie potentiel devrait vous faire renoncer. Les noyades causées par la montée soudaine des eaux et ce qu’on appelle les « flash floods » (inondations éclair, des torrents de boue furieuse qui se déversent tout à coup dans la gorge) sont la première cause de mortalité accidentelle à Oman.
Wadi Bani Khalid
Les wadis sont innombrables, mais après une longue hésitation et la comparaison frénétique des photos trouvées sur le net, j’ai trouvé que deux d’entre eux sortaient du lot et méritaient le titre de plus beaux wadis d’Oman : le Wadi Bani Khalid et le Wadi Shab.
Le Wadi Bani Khalid s’ouvre sur un paysage presque tropical, une petite île au milieu d’un lac turquoise, avant de se rétrécir sur une gorge blanche où s’enchaînent les piscines naturelles. J’ai adoré remonter le wadi au milieu des murs de calcaire, dans une eau chaude et transparente.
Merveilleux Wadi Bani Khalid.
Le Wadi Shab est ce que j’ai trouvé de plus beau à Oman. Et je regrette d’avoir peu de photos à la hauteur de l’endroit : ayant craint de devoir passer par des passages immergés dès le début de la randonnée, je n’avais pris que mon Olympus étanche, et non mon cher Canon (au double sens sentimental et pécunier). En réalité, toute la première partie de la randonnée se fait à sec, après avoir traversé en bateau un bras d’eau pour quelques rials. Vous remontez dans une gorge rouge absolument spectaculaire jusqu’à une zone de baignade. Le paysage est d’une beauté sidérante, et cela reste mon plus beau souvenir d’Oman (parmi une collection de merveilles).
Wadi Shab, un enchantement.
..
Au bout d’une heure environ, vous arrivez à un réseau de piscines. A cet endroit-là, il vous faudra vous mouiller entièrement et nager pour continuer : en quinze minutes de nage environ, on atteint une fabuleuse grotte aquatique où les Omanais adorent jouer à Indiana Jones.
La grotte du Wadi Shab.
Les déserts d’Oman
Pointe de la péninsule arabique, ce territoire ardent et minéral, le sultanat compte trois déserts importants.
Le plus célèbre de tous est le Wahiba Sands. C’est le désert le plus apprécié des Omanais et des touristes, le plus accessible – mais ne vous y trompez pas, il est gigantesque et il est tout à fait possible de s’y perdre en cas d’imprudence. C’est un immense désert de sable doré, qui prend une teinte rose au lever et au coucher du soleil. C’est là qu’on trouve les camps et les activités touristiques.
Le désert d’Al Khaluf, souvent appelé « sugar dunes », est situé beaucoup, beaucoup plus au sud du pays, et ne sera visité que par les voyageurs partis sur un long circuit de 15 jours. J’aurais adoré pouvoir l’inclure à mon itinéraire, mais cela est impossible en une semaine. Ce sont des dunes de sable très fin et blanc, comme du sucre, au bord de l’océan indien – beaucoup disent que c’est un des plus beaux déserts du monde.
Enfin, le Rub al-Khali ou « quartier vide » est l’immense, terrifiant désert qui couvre la partie Ouest d’Oman, le sud des Emirats Arabes Unis, et une large partie de l’Arabie saoudite. C’est ce que Wilfred Thesinger appelait « Le désert des déserts », radical, inhospitalier, celui que ne traversent que les fous ou les désespérés. Je vous recommande vivement son récit de cette traversée qui a failli le tuer. Mais je vous déconseille d’y aller. Ce n’est pas un désert touristique, ni même habité. C’est le vide et la mort.
Nous avons passé une nuit dans un camp au cœur du Wahiba Sands, vu les étoiles par milliers la nuit et le soleil se lever sur les dunes dans le silence du matin. C’est le genre de moment de plénitude profonde qui vous rappelle pourquoi vous voyagez, et je vous en parlerai plus dans le prochain article.
Lever de soleil au Wahiba Sands avec ma petite soeur.
Lever de soleil au Wahiba Sands : l’or se fait rose.
Ma soeur au coeur du désert…
Sour et Ras al Jinz : le matin du monde
La région de Sour constitue l’extrême Est de la péninsule arabique, et revêt une symbolique mystique puissante depuis des siècles : c’est le premier endroit où le soleil touche le monde arabe, comme une nouvelle création chaque matin.
A Sour, l’ancien cœur maritime du sultanat, flottent encore les fantômes des aventuriers et des parfums d’ailleurs. C’est le dernier endroit où on fabrique aujourd’hui encore les dhows, ou boutres, ces bateaux typiques de la péninsule arabique, avec lesquels les marchands ramenaient les épices et les étoffes d’Inde ou de Zanzibar. Sur la longue plage de Sour, les gamins jouent au foot, et sous le pont, le chantier naval permet de voir la perpétuation de cette très vieille tradition maritime. On verra les artisans courber et clouer les planches qui forment la cale des boutres, et le ballet des bateaux achevés sur le canal qui mène à la mer. J’ai eu envie de suivre le sillage d’écume du légendaire Sinbad le marin, qui serait né quelque part sur cette côte…
SourRas al Hadd, près de Sour.Sour le soir.
A vingt kilomètres au sud de Sour, la plage de Ras al Jinz est considérée comme l’une des plus belles d’Oman. Ras al Jinz est une réserve naturelle et l’un des plus importants sites de ponte des tortues marines au monde. Là encore, c’est quelque chose dont je vous reparlerai dans mon prochain article, mais voir les tortues pondre dans la nuit à Ras al Jinz restera une des plus belles expériences de voyage de ma vie. J’y suis revenue à ce lever du soleil au goût de naissance du monde, seule face aux vagues tièdes de l’Océan Indien, et je me suis dit que j’avais beaucoup de chance.
Ras al Jinz au lever du jour.
.Matin du monde.
Ponte de tortue la nuit à Ras al Jinz.
Petit carnet pratique : organiser votre voyage à Oman
Aller à Oman
Vol direct Paris-Mascate avec Oman Air. J’avais eu mon billet à 450 euros l’AR, il est apparemment possible de descendre encore en dessous, jusqu’à 400.
Voyage à Oman : en quelle saison ? Oman en hiver Oman en été
En y allant en décembre, nous étions dans la période idéale : 20-25 degrés (beaucoup moins dans la montagne et le désert où nous avons sorti les blousons et pulls la nuit, attention !), saison sèche, beau temps. Oman est une destination d’hiver parfaite. Décembre-février sont considérés comme la meilleure période pour aller à Oman. A partir de fin mars, les températures montent, et peuvent atteindre 50 degrés au coeur de l’été. De plus, l’été est aussi la période de la mousson au sud du pays (zone tropicale), et le début de l’automne, la saison où le risque de pluie dans les wadis est le plus élevé. Bref, je vous recommande vraiment de tabler sur l’hiver !
Combien de temps pour un voyage à Oman ?
Minimum une semaine pour voir le Nord où se concentrent les principales attractions touristiques : la plupart des voyageurs feront un triangle entre Mascate, Sour et Nizwa, avec des crochets par le désert de Wahiba Sands et les wadis. Une semaine a été un tout petit peu juste pour nous, et j’aurais préféré avoir dix jours.
Si vous voulez descendre plus au sud, voir les dunes d’Al-Khaluf et la région tropicale et luxuriante de Salalah, prévoyez bien 15 jours, le pays est vaste. Je suis très tentée de revenir à Oman pour compléter mon itinéraire, et finir par un vol Mascate-Zanzibar…
Voyage autonome à Oman : louer une voiture
Si plusieurs agences proposent des voyages à Oman, il est tout à fait possible d’organiser son circuit soi-même. Oman est un pays sûr, les routes sont bien entretenues, et conduire ne pose aucun problème particulier. Je vous recommande de louer un 4×4, obligatoire dans le désert et dans la montagne où les routes sont en parfait état, mais très raides. Pour accéder au Jebel Akhdar, par exemple, des policiers contrôlaient l’accès à la route et ne laissaient passer que les 4×4.
Cela me paraissait évident mais je le précise tout de même : bien sûr, une femme peut louer une voiture seule et la conduire – aucun problème !
Organisation et budget
Le tourisme à Oman est encore modérément développé, ce qui fait que les hébergements sont relativement peu nombreux. Je vous recommande vraiment de réserver vos hôtels ou guesthouses très, très à l’avance et de ne pas improviser, Oman n’est pas un pays dont les capacités d’accueil sont suffisantes pour accueillir des invités à l’improviste. J’ai réservé mes hébergements début août pour un voyage début décembre, hors vacances scolaires, et certains hébergements étaient déjà pleins. Mais toutefois, j’ai une bonne nouvelle pour les baroudeurs : à Oman, le fait de bivouaquer partout est autorisé. Ce qui limite le budget des aventuriers !
Oman a un niveau de vie élevé, et il faut préparer un certain budget si on souhaite dormir à l’hôtel. Mais l’option bivouac rend le pays accessibles aux voyageurs au budget plus serré. Certains postes sont moins chers que ce à quoi on pourrait s’attendre. De façon générale, j’ai trouvé que les hébergements étaient chers (mais nous avions tapé dans du haut de gamme), ainsi que la location de voiture, surtout qu’un 4×4 est vraiment recommandé, mais que la nourriture et l’essence étaient très abordables. La plupart des lieux sont en accès libre, à l’exception des forts, où il vous faudra payer un droit d’entrée.
Oman : sécurité et mœurs oman danger voyage oman dangereux oman peut on y aller
Oman est-il un pays dangereux ? Non. Aucun trouble politique, civil ou religieux ne perturbe ce pays en paix, où le sultan est très apprécié et respecté. Comme beaucoup de pays du monde arabe, Oman est un état fort, avec une importante présence policière. La délinquance est quasiment inexistante.
En raison de la guerre qui a lieu au Yémen, la frontière sud d’Oman est très surveillée – vous ne risquez rien à Salalah, mais la présence militaire importante vous dissuadera d’approcher trop du Yémen (ce qui serait de toute façon stupide…). Oman dangereux ? Voyage à Oman danger ?
Comment s’habiller à Oman ? Oman est un pays conservateur, ce qui signifie que les femmes et les hommes s’habillent de façon discrète. J’insiste sur ce point : les hommes aussi. Ne vous dites pas « je suis un mec, ça va ». Pas de short et débardeur, vous seriez mal vus dans ce pays où les hommes portent de longues dishdashas (tuniques) et le kumma (petit chapeau rond brodé). A Oman, j’ai porté de longs pantalons de toile et des chemises à manche longues, de couleur claire – c’est la tenue que je recommande aux femmes comme aux hommes. Voyageuses, vous n’avez pas besoin de vous voiler les cheveux, sauf pour visiter la grande mosquée de Mascate.
Se baigner à Oman : maillot de bain ou pas ? Dans les grands hôtels internationaux, le maillot de bain est normal et ne choquera personne. En revanche, pour ce qui est des plages et surtout des wadis (canyons remplis d’eau douce : les Omanais se baignent beaucoup plus dans les wadis que dans la mer), je vous recommande une tenue plus couvrante. Des panneaux vous rappellent d’ailleurs que vous êtes dans un pays traditionnel et que les Omanais n’ont pas l’habitude de voir beaucoup de peau. Moi qui suis accro aux fringues de sport Domyos, j’avais tout simplement pris un short et un tee shirt en fibre technique (qui sèche cinq fois plus vite que le coton, pour ne pas prendre froid), et j’ai combiné randonnée + baignade dans les wadis avec cette tenue.
Quelques dernières photos…
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Un magnifique guide de voyage pour découvrir Oman
Connaissez-vous la collection Bibliothèque du Voyageur ? Ce sont des guides de voyage magnifiques, abondamment illustrés (vous le savez, je suis folle des guides dont l’iconographie est riche et soignée), qui proposent de véritables reportages sur la destination et sa culture et vous permettent de saisir l’âme du pays avant même d’avoir pu prendre l’avion. J’ai toujours admiré la qualité de ces ouvrages, et je suis ravie de pouvoir faire gagner à un lecteur ou une lectrice d’Itinera Magica un guide Bibliothèque du voyageur, « Oman & Emirats Arabes Unis », en partenariat avec les éditions Gallimard. Pour participer, rien de plus simple, il suffit de me laisser un commentaire sous cet article ! Tirage au sort dans une semaine. Edit : le tirage au sort a été effectué, le gagnant est Alexis Le petit explorateur – bravo !
Le guide à gagner cette semaine.
Dans mon prochain article, toujours consacré à Oman, je vous parlerai plus en détail de nos étapes et d’hébergements luxueux ou insolites qui valent le détour. Je vous raconterai notamment notre nuit dans le désert de Wahiba Sands, la rencontre avec les tortues à Ras al Jinz, la plus belle plage de Mascate et la nuit au-dessus du grand canyon d’Oman dans un cinq étoiles inoubliable. L’article suivant, ce seront les Dolomites à l’automne, explosion de couleurs et randos sublimes ! Abonnez-vous à la newsletter pour ne rien manquer ? Merci d’être là !
Saint Jean Montclar ? Ce n’est pas qu’une belle station de ski familiale des Alpes du sud, nichée sur les hauteurs du lac de Serre-Ponçon. Au-delà des panoramas imprenables et de l’ensoleillement provençal, on vient skier ici pour soutenir un projet hors normes. Montclar est la seule station auto-gérée d’Europe. Alors que sa fermeture était annoncée, les habitants l’ont sauvée en investissant collectivement dans les remontées mécaniques et les canons à neige, et en devenant gestionnaires de leur station. Une aventure humaine unique, un village plein de charme et une offre touristique de qualité : Montclar incarne tout ce que j’aime. J’ai eu beaucoup de plaisir à la découvrir le week-end dernier avec mon amie Amandine alias Lykorne Illettrée. C’est un reportage qui me tenait à cœur, un endroit dont j’avais hâte de vous parler.
Bienvenue à Montclar.
Montclar, une station de ski familiale dans les Alpes du soleil station de ski familiale alpes du sud
Montclar, c’est un petit village des Alpes de Haute Provence, sur les hauteurs de la Vallée de la Blanche. J’étais passée tout près, l’été dernier, lors de mon séjour à Sisteron, et j’étais tombée amoureuse du lac de Serre-Ponçon et des panoramas déployés par les sommets qui le surplombent.
Le plus bel atout de la station Montclar, c’est cette situation géographique privilégiée, cette vue superbe sur le lac et les montagnes environnantes. On dit souvent que les stations des Alpes du Nord sont plus encaissées, et que les Alpes du Sud ont les panoramas pour elles. A Montclar, on trouve tout ce qu’on vient chercher quand on skie en Provence : les vues dégagées, et la lumière généreuse.
Montclar, ski soleil et solidarité.
Mais ce soleil qui réchauffe Montclar représente aussi une menace pour son domaine skiable. Le climat change, la limite pluie-neige monte toujours plus haut… et Montclar avait toujours moins de neige en bas des pistes. Météo défavorable, problèmes techniques graves, mauvaise gestion et communication… Montclar a enchaîné les mauvaises années, et après une saison 2016-2017 catastrophique, le couperet est tombé : la station devait fermer.
Montclar, l’aventure humaine station de ski familiale alpes du sud
Fermer une station de ski, qu’est-ce que ça signifie ?
Cela veut dire que des centaines de personnes perdent leur emploi, directs et indirects.
Que ceux qui ont mis toutes leurs économies dans leur commerce, leur hôtel, leur restaurant, n’ont plus rien : leur bien a perdu toute valeur et se retrouve invendable.
«Montclar, c’est toute notre vie, et sans le ski, plus personne ne pourrait gagner sa vie ici. La saison d’été ne suffit pas. Nous aurions tous fait faillite et des centaines d’emplois auraient disparu. » Pour les habitants de Montclar, le constat est net : fermer la station, c’est tuer le village. Quand les gens ne peuvent plus vivre à la montagne, ne peuvent plus y gagner leur vie l’hiver et assurer un avenir à leurs enfants, les sommets se désertent et les campagnes se meurent.
Rester vivre ici, entre montagne et Provence, au dessus de Serre-Ponçon.
Déjà dans les années 70, c’est pour ça qu’on a créé les stations de ski : pour contrer l’exode rural et permettre aux habitants des montagnes de rester chez eux, d’avoir une activité qui leur permette de valoriser les longs, longs hivers enneigés où l’agriculture est impossible. Montclar était née en 1971 de la volonté d’un maire qui avait voulu préserver le mode de vie de ses habitants. Pas de barres d’immeubles, pas d’usines à ski, mais une station-village familiale et authentique où les gens se sentent bien.
Montclar, c’est une station sans promoteur immobilier, sans monstre de béton et machine à fric : ici, c’est une histoire de famille. Jugez plutôt : les trois hôtels de la station appartiennent à deux sœurs et un frère. Leurs enfants sont déjà très impliqués dans le travail et espèrent reprendre un jour ces établissements. L’un des magasins de sport appartient à un père et son fils ; les deux autres, à deux frères. Et les pisteurs, les dameurs, les moniteurs de ski, le boulanger, les autres restaurateurs… ? Tous des amis, une grande famille solidaire. Ici tout le monde se dit bonjour dans la rue, se connaît depuis des décennies et se soutient. Je vous parlerai plus longuement de ces gens chaleureux et conviviaux, de ces belles rencontres.
Lionel, Odile et Alain, trois des piliers de la sauvegarde de Montclar. Des gens adorables et passionnés.
Pour les habitants de Montclar, c’était une évidence : on ne pouvait pas laisser le village mourir. Il fallait reprendre la station. Un après-midi, tout le monde s’est réuni, et s’est demandé : « et toi, tu peux mettre combien ? » Après trois mauvaises années, les poches étaient presque vides, mais chacun savait qu’il en allait de la survie de Montclar. Une immense partie des commerçants et des habitants ont participé – ainsi que des gens de la vallée, qui savaient que Montclar, avec son beau domaine skiable, son offre hôtelière, son attractivité, était une locomotive de la région, et que si Montclar coulait, toute la vallée de la Blanche risquait de couler avec lui. Ils ont réuni deux-cent onze mille euros, assez pour proposer un projet de reprise. Désormais, la station de Montclar serait gérée par un collectif, Montclar Domaine Skiable, composé des habitants, des commerçants, des hôteliers. La seule station auto-gérée d’Europe. Une fois la machine lancée, la région est venue soutenir le projet avec une belle subvention. Réparer les remontées mécaniques, resécuriser les pistes, et surtout, investir dans des canons à neige performants, voilà la tâche dans laquelle tout le village s’est lancé.
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Ils racontent le temps et l’énergie qu’ils ont dépensé sans compter, la solidarité sans faille. Impossible d’être égoïste, tout le monde était embarqué sur le même navire, et il fallait se donner à fond. Installer les canons, construire les retenues d’eau, s’assurer que l’eau coule, rénover et décorer la station, préparer des activités, refaire le site web, lancer des campagnes de communication, reprendre l’office du tourisme, accueillir les visiteurs, répondre aux appels et aux mails… un million de tâches à prendre à bras le corps, jour après jour. Mi-décembre, la neige est tombée, et la station a ouverte. Leur travail force le respect et le succès est au rendez-vous : la saison a très bien démarré. C’est sans doute parce que les visiteurs se sentent accueillis et choyés dans cette station familiale, où personne n’est anonyme et tout le monde se dit bonjour. L’ambiance est chaleureuse, et l’offre touristique étonnamment riche pour une station de petite taille. Montclar compte de nombreux clients fidèles. Ils viennent en couple, puis avec leurs enfants, et parfois même leurs petits-enfants… c’est une station où les gens se sentent à la maison. Pourvu que ça dure. Montclar le mérite tellement.
Pourquoi aller à Saint Jean Montclar, et qu’y faire ? Que faire à Montclar – ski saint jean montclar – station de ski familiale alpes du sud
Sports d’hiver : le ski, le snowboard… mais pas seulement
Nous sommes bien dans les « Alpes du soleil », et le domaine skiable Montclar déploie une beauté visuelle rare au-dessus des vallées ensoleillées. Quand le soleil se couche sur les mélèzes roussis, c’est sublime. Quand on quitte les pistes pour aller faire des raquettes sur la crête et surplomber toute la vallée blanche, c’est à tomber par terre.
..Un grand sentiment de liberté. L’été, ce sont des chemins de randos autour de lacs et de terriers de marmottes.
Le beau domaine s’étend entre 1400 et 2500 mètres et compte 50km de pistes (33 pistes de tous niveaux, vertes, bleues, rouges et noires, avec principalement des bleues et rouges). L’enneigement est désormais stable sur la partie basse de la station, grâce à de nouveaux canons à neige performants. En haut, entre 2000 et 2500 mètres, c’est la haute montagne, et le problème ne se pose pas. La partie haute du domaine est incroyable : on franchit une crête appelée la Brèche, et à 360° à la ronde, c’est un panorama inouï. Tout en haut, au fort de Dormillouse, le regard porte jusqu’au barrage de Serre-Ponçon.
Ski au dessus de Serre-Ponçon avec Lionel, notre super moniteur de ski
Si vous êtes un vrai fana du ski rêvant d’avaler des kilomètres, il vous faudra sans doute un domaine plus vaste que Montclar – allez dans ce cas dans une station type Serre-Chevalier ou l’Alpe d’Huez. Mais si vous pratiquez un ski familial tranquille, et que vous préférez les petites stations, ce domaine vous suffira largement, et vous apprécierez les tarifs doux et l’ambiance village.
Si vous êtes dans la catégorie « rider » (ce qui n’est pas mon cas, mon Dieu mon Dieu), sachez que les hors-pistes de Montclar sont très prisés au sein de la communauté. Des pentes bien raides et assez fabuleuses partent de la crête, et Montclar est réputée pour cela. Pour ce qui est du test, j’ai passé mon tour.
Tarifs : à partir de 24 euros la journée en passant par le site internet de Montclar. Forfait famille intéressant : 6 jours, 4 personnes dont au moins un enfant, 464 euros. L’ESF assure des cours individuels, collectifs et handiski, jetez un coup d’œil sur le site pour en savoir plus.
Nous avons eu le privilège de faire une matinée de ski avec le boss de l’ESF, Lionel, et de l’avoir rien que pour nous – c’était génial. Qu’est-ce qu’on se sent en confiance et qu’est-ce qu’on progresse avec un moniteur ! Je sens que je ne vais plus pouvoir m’en passer. En plus, Lionel est adorable, lui aussi investi à fond dans la reprise de la station (il est le directeur du collectif), et ses deux enfants se sont engagés dans les métiers du sport et de l’hôtellerie. La passion de la montagne est contagieuse ici !
Raquettes, animaux et étoiles que faire à saint jean montclar – raquettes alpes du sud – station de ski familiale alpes du sud
Mais à Montclar, on ne vient pas que pour le ski. Mon énorme coup de cœur, cela a été les raquettes. Les sentiers de raquette conduisent au-delà du domaine, dans un paysage naturel préservé féerique, où vous verrez des traces de renard, de lièvre… Une partie des chemins de raquette sont damés et très bien balisés, ce qui vous permet d’y aller seul, en autonomie. Mais pour aller plus loin et voir plus de choses, nous avons été accompagnées par un passionnant guide de montagne, Stéphane (je te file même son 06, dans ma grande mansuétude : 06 03 12 18 24). Il nous a montré les traces d’animaux, et un oiseau étrange, le cassenoix moucheté, qui permet aux pins de se reproduire en cachant leurs cônes partout. Il nous a parlé du tétras lyre, un oiseau farouche dont il ne faut surtout pas s’approcher trop, sous peine de le tuer d’une crise cardiaque. C’est un passionné, amoureux de ses montagnes. Stéphane organise aussi des soirées astronomie sur les sommets, où il vous raconte les constellations – j’aurais adoré y participer.
..
Tarifs: la remontée piétons est à 7,90 euros, ou 36 pour 5 passages. Vous avez aussi une option « remontée, balade piétonne accompagnée, dégustation gastronomique de produits de pays » pour 13 euros. Pour une randonnée raquettes accompagnée par Stéphane, prix en fonction de la prestation – à partir de 15 euros environ.
Faire du yooner, de la luge, de la trottinette des neiges dans les Apes du sud yooner – alpes du sud – trotinette des neiges montclar – snowboard montclar – hors piste saint jean montclar
A Montclar, nous avons fait la connaissance d’un loueur plein d’idées originales : Laurent, de la boutique Sport Confort. Laurent est le seul loueur à rester ouvert toute l’année, et à proposer des activités hiver comme été : non seulement les classiques (ski, snowboard, raquettes, VTT), mais aussi des choses complètement inédites pour moi, comme le yooner (une espèce de luge très maniable, avec guidon et freins, voir photo ci-dessous, ça avait l’air extrêmement fun), la trottinette des neiges, le vélo des neiges ou la trottinette tout terrain. Laurent sait que les non-skieurs sont de plus en plus nombreux, et il cherche à diversifier son offre au maximum, à proposer des activités novatrices et fun.
Laurent est un passionné : il a repris le magasin ouvert par son père dans les années 1980 (son frère kinésithérapeute est également propriétaire d’un autre magasin de sport sur Montclar, Pic Pic Sport), il fait partie du comité directeur de la station, du noyau du collectif gestionnaire, et par ailleurs, il est tout récemment devenu papa d’un petit garçon. On le sent extrêmement impliqué dans ce qu’il fait, et confiant dans l’avenir, son énergie est contagieuse.
Laurent, un loueur innovant.Tester le yooner à Montclar.
Paysan et loueur de skis, le double visage des Alpessaint jean montclar location de ski
Nous avons passé plus de temps avec Laurent, car c’est lui qui nous a gentiment prêté son matériel (skis et raquettes), mais nous avons aussi eu le plaisir de faire la connaissance du plus ancien loueur de la station, Denis de Saint-Jean Sports.
Denis incarne parfaitement cette pluriactivité qui caractérise les montagnes. Autrefois, les paysans des Alpes partaient loin de leur village l’hiver, et devenaient colporteurs, commerçants, charpentiers, pour pouvoir envoyer l’argent à leur famille. Quand la station de ski de Montclar a ouvert, Denis, descendant d’une longue chaîne d’agriculteurs passionnés, a compris qu’il pourrait combiner les deux activités. L’été, il est agriculteur : il élève des vaches, et cultive le foin et les céréales qui les nourriront l’hiver. L’hiver, il tient le magasin Saint Jean Sports. Son amour profond du pays m’a touchée, ainsi que l’association avec son fils dans les deux activités : Guillaume, qui a mon âge, reprend peu à peu à la fois l’exploitation agricole et le magasin de sport. Je vous l’ai dit, Montclar est une histoire de famille.
Denis, éleveur et loueur.
Montclar, tu n’y mourras pas de faim Où manger à Saint Jean Montclar
Trois maîtres-restaurateurs meilleurs restaurants saint jean montclar
Montclar s’illustre par une particularité prestigieuse : c’est la seule station-village à compter trois maîtres restaurateurs, trois chefs officiant aux restaurants l’Adoux, les Alisiers et le Clos Madarin. Maître restaurateur, qu’est-ce que cela signifie ? Cela veut dire qu’ils s’engagent à utiliser au moins 60% de produits frais, préparés sur place. Les trois dépassent allègrement ce pourcentage minimum, et sont tous engagés de surcroît dans une démarche très nette : utiliser des produits locaux, faire vivre les gens du pays. Acheter les produits de la vallée de la Blanche et des villages environnants, c’est bénéfique à toute la région, et à Montclar, on sait que tout le monde doit pouvoir travailler et gagner sa vie pour assurer le dynamisme du pays. J’ai adoré trouver dans la carte des Alisiers la liste de leurs producteurs associés.
Une salle de restaurant lumineuse à l’Adoux.
Maguy et Hugo, au Clos Madarin.
Ici, on vous propose bien sûr des spécialités de montagne, mais pas exactement les mêmes qu’en Savoie : on fait la fondue aux fromages de Haute-Provence, par exemple. Aux Alisiers, on vous propose une spécialité 100% maison, les picatons, un gratin de pâtes avec des fromages locaux, vieille recette de famille typique de ce coin-là des Alpes. Au Clos Madarin, on vous propose une tartine chaude d’un fromage ultra local dont le nom m’a échappé (pardon !). A l’Adoux, vous retrouverez un buffet de fromages artisanaux : l’hôtel-restaurant organise chaque vendredi son propre marché des producteurs.
Ceci n’est pas le marché des producteurs de l’Adoux, mais Laurent « l’Importateur de saveurs » qui vend des fromages italiens qu’il sélectionne lui même, tous les dimanches sur la place de Montclar.
Mais surtout, on vous propose autre chose que du fromage, et j’avoue que cela m’a soulagée : c’est bien aussi d’avoir de la cuisine fine en montagne, et pas QUE du fromage qui coule. Mon coup de cœur a été pour leurs poissons. A l’Adoux, j’ai adoré le filet de truite, provenant d’un petit élevage à deux pas de Montclar, servi avec des épinards préparés de façon vraiment fine et originale. Aux Alisiers, je me suis régalée avec l’omble fumé du lac de Serre-Ponçon, un vrai délice. Le Clos Madarin est le seul à proposer aussi des produits de la mer, en raison d’un accord avec un poissonnier ami, et mon coup de cœur a été pour le tartare de Saint Jacques aux billes citronnées, étonnant et délicieux.
Poissons des maîtres restaurateurs.
Lequel choisir ? Sincèrement, les trois m’ont beaucoup plu et se ressemblent dans leur démarche, dans leur ambiance chaleureuse, dans leur cuisine à la fois simple et délicate. Le Clos Madarin est en bas des pistes, au cœur du village, et propose une atmosphère de bistrot gastronomique. L’Adoux et les Alisiers sont plus à l’écart, au milieu des sapins, et cultivent une atmosphère boisée très typique des montagnes, que j’adore. La déco des Alisiers est sans doute la plus photogénique, un petit côté kitsch rétro qui me plaît beaucoup.
Aux Alisiers.
Si je devais (en vertu d’un repas seulement, ce qui est limité) leur attribuer une spécialité, je choisirais les légumes et les desserts de l’Adoux, les poissons et les spécialités fromagères des Alisiers, les plats en sauce et les tartares du Clos Madarin. Regardez les cartes, choisissez en fonction de votre coup de cœur, il n’y a pas de mauvais choix !
Par ailleurs, sachez qu’il y a de nombreux autres restos, pizzérias et snacks à Montclar, et qu’un marché vient le dimanche sur la place du village.
Trois restaurants d’altitude– resto altitude saint jean montclar
C’est rare pour une petite station comme Montclar de compter trois restaurants d’altitude, accessibles même au non-skieurs avec un forfait piéton (7,90 euros). Nous avons déjeuné à La Table d’en haut, le plus ensoleillé des trois, et j’ai adoré sa situation parfaite, et sa cuisine revigorante – tout ce qu’on attend d’un bon resto de montagne : la lumière, le cadre, les spécialités fraîches et bien préparées.
Lionel et Odile à La table d’en haut.
Puis le soir, nous avons pris un dernier café au plus ancien et typique des trois, Les Claperies, ancienne bergerie transformée en resto, bar et pizzéria, dont la déco n’a pas changé depuis 40 ans et dont j’adooore le côté ultra typique.
Aux Claperies en fin de journée.
Nous n’avons pas visité le dernier, situé côté Dormillouse, La cabane du lac, mais sa situation était elle aussi charmante (au bord d’un lac, comme les plus perspicaces l’auront compris).
Un merveilleux boulanger : Le Fournil de Montclar
A Montclar, j’ai eu un vrai coup de cœur pour la boulangerie de Caroline et Franck, un artisan-pâtissier talentueux et passionné. J’avoue n’être pas plus branchée que cela sur le pain, les gâteaux et les pâtisseries en temps normal, mais le talent de Francky m’a vraiment séduite. C’est simple : l’Adoux servait son pain au repas et au petit déj, et j’ai rarement mangé autant de pain de ma vie : il est exquis. Rien de congelé, que du fait maison, Franck y tient. Il fabrique lui-même son chocolat, et nous sommes reparties avec une boîte de créations délicieuses. Mais il fait aussi gâteaux, macarons (aux framboises et aux myrtilles de pays, cueillies dans les montagnes, aux amandes et au génépi), et beaucoup de pâtisseries au miel : petit apiculteur, Franck a hérité de dix ruches, et produit son propre miel. Sa boutique est pleine de gâteaux originaux que vous n’aurez pas goûtés ailleurs, de tartes noisette style « Snickers » (mais faites maison), de nougats fabriqués par Franck, ou encore de panettones, brioches italiennes dont il a modifié la recette pour l’adapter aux produits locaux. Vous ne ressortirez pas sans rien acheter (il fait aussi du salé).
Franck et Caroline.
Où dormir à Montclar ? Trois hôtels de qualité
En matière d’hébergements, l’offre de Montclar est très variée : villages de vacances, locations de meublés à la semaine, chambres d’hôtes… et trois hôtels.
Deux jolis hôtels 2 étoiles, à l’ambiance boisée, sont situés en bas des pistes : le Saint Jean et l’Hôtel Espace.
Françoise nous a fait visiter l’Hôtel Espace, et j’ai beaucoup aimé son ambiance conviviale, la grande salle de restaurant, la partie sauna et hammam, et le joli bar très typique.
Françoise (la soeur d’Odile) à l’Hôtel Espace.
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De l’hôtel Saint Jean, je n’ai vu que le restaurant, le délicieux Clos Madarin – c’est un deux étoiles situé directement sur les pistes, à deux pas du télésiège.
Saint Jean.
Le Domaine de l’Adoux, coup de cœur romantique et familial hôtel romantique alpes du sud – hôtel spa alpes du sud – hôtel ski familial
Vous savez que j’adore les spas, la nature, et les beaux hôtels indépendants qui trouvent le juste milieu entre luxe et authenticité. J’ai adoré le Domaine de l’Adoux, un très bel hôtel-spa 3* chaleureux. C’est un peu l’idéal montagnard à mes yeux : confortable et beau, mais pas bling bling, avec une déco authentique qui vous plonge dans l’ambiance alpine tout de suite ; un hôtel avec un très bon restaurant, qui prend soin de ses clients, et qui vise à la fois les couples et les familles. Alain, maître restaurateur du restaurant l’Adoux, et Odile, qui gère l’hôtel, sont vraiment aux petits soins pour leurs clients.
Le Domaine n’est pas situé au pied des pistes, mais dans un beau cadre naturel boisé à environ 1km, au calme, dans la nature : vous pouvez soit faire le trajet en voiture (il y a de grands parkings à l’extérieur de Montclar), soit avec la navette mise à votre disposition par l’hôtel 12 fois dans la journée. Vous n’avez pas à porter vos skis : l’hôtel met un local de consigne à votre disposition près des pistes. Et si vous loupez la dernière navette, ils viennent vous chercher quand même. (On a testé. #boulet)
L’hôtel est parfait pour les couples : il y a des cœurs partout, une déco douillette un peu kitsch comme j’aime, un sauna, un espace de relaxation, massages et soins, une grande piscine et un jacuzzi. Pour moi qui suis frileuse, la piscine était un peu trop froide (d’autres sont plus héroïques que moi), mais nous avons profité avec délices du sauna et jacuzzi. Il y a aussi un petit espace fitness, avec tapis de course, poids libres, etc.
L’hôtel est aussi parfait pour les familles. Les chambres sont toutes très spacieuses, plusieurs disposent d’une chambre séparée pour les enfants. Pendant les vacances scolaires et certains week-ends, l’hôtel propose un club enfants, avec des animations dédiées. Plein de choses sont mises en place pour les bébés (lits bébés, chaises hautes…) et les enfants de tous âges, notamment une salle de jeux.
Ce que j’ai adoré, c’est la salle de détente au coin du feu, confortable et accueillante. Calme la journée, on a envie de venir y lire – le soir, il y a plus d’ambiance, car le bar ouvre. Bref, un super hôtel qui pense à tout pour que ses clients se sentent bien, et qui est vraiment à l’image de Montclar, attentif et humain.
Au Domaine de l’Adoux. Pardon de ne pas vous mettre la grande piscine et l’espace spa, mais la buée était trop importante pour mon pauvre appareil, que j’ai choisi d’épargner.
Les tarifs commencent à 98 euros en simple, 119 en double, 125 en triple, 155 en familiale. Plus d’infos.
Les anecdotes des terreurs de Montclar
Je ne peux pas m’empêcher de vous raconter quelques bêtises (pas franchement à mon honneur) en cette fin d’article.
Mémé ascendant princesse
J’ai une relation paradoxale avec le ski. Un jour, ado, j’ai su bien en faire, j’ai dévalé des noires et tout. Depuis, j’ai eu quelques soucis de centre de gravité et les choses se sont complexifiées. Des blocages psychologiques sont apparus, du type, la phobie de la pente forte. J’aime pas trop quand c’est raide, en fait, ce qui est un peu complexe pour un sport consistant fondamentalement à dévaler des montagnes en criant « tout schuss ». D’ailleurs, j’aime pas trop quand c’est dur et glacé, non plus. Ni quand y a du brouillard, ni quand y a trop de monde, etc. Mon signe zodiacal du ski, c’est mémé ascendant princesse. Je veux qu’on privatise la piste, qu’on me commande un beau soleil et de la neige bien poudreuse, et que la piste fasse 12 bornes de large pour que je puisse faire des grands virages pépère.
Quant à Amandine, ma copine lykorne pas illettrée mais géniale quand même, c’est autre chose : elle a pas fait du ski très souvent dans sa vie, mais elle a un karma de cavalier mongol lancé à la poursuite d’un sultan perse au triple galop à travers la steppe un soir de nouvelle lune. Elle a peur de rien, ça va passer. A la hache. Et elle se débrouille bien, en plus. On a une poule mouillée et un tricératops.
Amandine, l’héroïne.
Le premier jour, nous avons skié avec l’adorable chef de la station, qui nous a permis d’avoir un premier aperçu du domaine. Sauf que nous avons eu un petit peu de mal à nous remettre dans le bain après des années d’abstinence poudreuse. (On m’a fait venir parce que je prends des jolies photos, pas parce que je suis Luc Alphan, ok ?) On a mis la languette de la chaussure à l’extérieur, on a pas réussi à chausser les skis, on a failli s’emmêler les mandibules au premier télésiège, bref, les quinze premières minutes, on inspirait autant d’assurance et de maîtrise que Bambi sur le lac gelé. Notre guide a pris peur, je le comprends. Il s’est dit, on va devoir financer une nouvelle dentition et une clavicule à deux blogueuses, ça va pas être bon pour Montclar. On était en toute fin de journée, fin des vacances, la station était presque vide, et du coup… il a fait arrêter les télésièges pour nous. Pour qu’on puisse descendre tranquille. Le responsable du télésiège, Pete, était un adorable sosie de Iggy Pop, dégaine de rockeur et cheveux longs, et chaque fois qu’il nous voyait, il appuyait sur le bouton stop comme on balance un riff de guitare. C’était un peu la honte quand même.
Le télésiège La Brèche, sens descente : vue sublime, mais attention au vertige !
Et à la fin, il nous a dit « venez, on va faire un tour en dameuse ». Là je n’ai pas compris tout de suite. Je me suis dit qu’il avait senti qu’on était des reines des neiges, qu’il fallait un carrosse qui nous corresponde. On est monté dans la dameuse, ce qui niveau drague serait le niveau ultime après le scooter, la moto et la décapotable, on a grave kiffé, mais on a compris seulement le lendemain ce qui nous avait fallu ce privilège : à l’endroit où nous étions, il n’y avait qu’une piste rouge pour redescendre. Et il n’avait pas foi en notre bravoure.
Je n’ai besoin de personne en dameuse qui ronronne.
Je tiens à préciser qu’on ne s’est pas pété la gueule une seule fois, et que le lendemain, on a skié toute la matinée + 1h le soir avec le chef des moniteurs de l’ESF, et qu’il nous a pas trouvées si nulles. Il a même dit qu’on se débrouillait bien, ce qui était à peu près le summum de la gloire. On s’était décoincées. En vrai, je sais skier, je vous jure. On a même fait la fameuse piste rouge bien raide qu’on avait évitée la veille (pas de preux chevalier en dameuse cette fois-ci, Lionel a dit « oh ça va bien oui », et il a eu raison). Deux fois. J’ai un peu fait le bébé et j’ai enchaîné douze virages horizontaux, mais j’ai fini en bas avec un kit squelette & ligaments complet. Fierté. Merci Lionel.
Le cépage oublié
J’avais promis à Alain de ne pas raconter celle-ci. Je ne résiste pas. Alain, le maître restaurateur de l’Adoux et président du collectif Montclar Domaine Skiable, aime proposer des apéritifs originaux. Nous avons goûté un rosé pétillant exquis, un kir myrtille qui sort de l’ordinaire, tout était extra… et puis soudain, Alain a voulu nous montrer quelque chose de vraiment spécial. Un cépage oublié depuis la fin du XIXe, qui ne poussait que sur les montagnes les plus ardues, ramené à la vie en petite quantité pour un vin très particulier. L’expérience authentique, la vraie.
On goûte.
« Ah, c’est original… »
« Ah oui c’est spécial »
« On sent bien le goût de… de… »
Jusqu’à ce que quelqu’un intervienne timidement : « Alain tu sais, s’ils l’ont oublié le cépage, il y avait peut-être une bonne raison. »
En vrai, moi je l’ai trouvé bon, ce sont les autres qui sont de féroces critiques.
Mais si vous allez à l’Adoux, ou à la Table d’en haut (le restaurant d’altitude appartenant également à Alain et Odile), vous pouvez essayer de demander le cépage oublié…
Notre troisième coloc
Amandine et moi partagions un appartement/suite magnifique au Domaine de l’Adoux, avec deux chambres séparées, seule la salle de bain était commune. Comme si on était en coloc. Du coup, la salle de bain, c’était un peu notre QG à papotes, on était devant le miroir à appliquer notre mascara en faisant du 3615 ma life à fond les décibels pour couvrir le bruit du sèche-cheveux. On croyait avoir le troisième étage pour nous toutes seules, en fait.
Et puis on rencontre Stéphane, le guide de montagne. On commence à discuter avec lui, et soudain, il demande : « alors c’est laquelle de vous deux qui parlait de l’Ouzbékistan ce matin à 7h ? »
Coup de tonnerre. Stéphane était notre voisin.
« Mais… tu entends tout ce qu’on fait et dit ? » Cela nous surprenait beaucoup, car l’hôtel semblait très bien insonorisé, et nous n’avions rien entendu du tout.
« Non, seulement quand vous parlez fort dans la salle de bain… »
Du coup, on a repassé en revue tout ce qu’on avait braillé dans la salle de bains. Stéphane, si tu as entendu des choses inavouables, je suis navrée. Tu es notre pote pour toujours, désormais.
Stéphane, notre ami à la vie à la salle de bain. Et un SUPER guide de montagne, aussi.
En bref : Montclar, c’est beau, c’est chaleureux, et ça ne ressemble pas aux autres stations. Dans cette station-village qui a pourtant tout d’une grande, qualité rime avec solidarité. Et ça vaut le détour.
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Merci infiniment à tous les gens de Montclar, en particulier à Odile et Alain, mais aussi bien sûr Laurent, Lionel, Bruno et Maguy, Christophe et Emilie, Franck et Caroline, Stéphane, Françoise… pour leur accueil chaleureux et sincère. Longue vie à Montclar ! Et bien sûr, merci Amandine pour ta bonne humeur et ton enthousiasme.