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Étiquette : Évasion

  • Une pluie d’or et de paillettes : maquillages irisés

    Décembre est la saison de toutes les illuminations. Nos centres-villes arborent des constellations clignotantes, nous suspendons des étoiles à nos arbres et à nos cous, et nos salons le soir se mettent à ressembler à des essaims de lucioles ou à des galaxies lointaines. En cette saison de toutes les paillettes, j’avais envie de vous parler maquillage, et de mettre l’or et l’iridescence à l’honneur.


    Je vais tout d’abord me livrer à une petite introspection et vous parler du rapport que j’entretiens avec le maquillage. Puis je vous présenterai les produits que j’ai utilisés cette année, de façon totalement sincère : cet article est 0% sponsorisé et je serai parfaitement honnête quant aux produits dont je raffole… et ceux qui m’ont vraiment déçue. De quoi vous donner des idées maquillage pour Noël 2019. Et enfin, je vous proposerai un concours – non sponsorisé – afin de remporter mon coup de coeur de l’hiver.

    ariane fornia
    La palette Naked Honey d’Urban Decay, mon coup de coeur de l’hiver, à remporter

    Féministe et accro aux cosmétiques : le maquillage et moi

    Le maquillage fut longtemps un amour secret. J’ai commencé à me maquiller très tôt, bien avant d’avoir reçu la permission parentale – je mettais à profit les trajets en bus vers mon collège drômois pour décorer mes paupières et mes lèvres. Je me suis maquillée depuis l’âge de onze ou douze ans, tous les jours ou presque, avec une passion non démentie.

    ariane fornia maquillage
    Saisie en plein maquillage (avec un rouge à lèvres Givenchy dont je vous parle plus bas). Photo par mon amie Marion Carcel, Foehn Photographie, en Autriche


    Profondément féministe, je me suis longtemps sentie mal à l’aise avec cette passion cosmétique. Je l’assouvissais mais je n’en parlais pas, comme si elle était quelque chose d’un peu honteux. J’avais peur d’être réduite à ça, peur que mes rouges à lèvres éclipsent mes diplômes et mes livres. Je m’insurgeais contre les injonctions normatives imposées aux femmes – sois belle, sois mince, sois parfaite, en toutes circonstances – tout en ayant la carte Gold chez Sephora. Je ne parvenais pas à résoudre ce que je ressentais comme une contradiction : être sincèrement féministe, c’est-à-dire, me battre pour le progrès des droits et de la dignité des femmes partout dans le monde, et adhérer pourtant à un standard de beauté que de nombreuses femmes ressentent comme oppressif. Je sais que dans certaines professions – hôtesse de l’air, agent d’accueil, par exemple –, le maquillage est un code imposé, une obligation contractuelle, et les femmes sont perçues comme négligées si elles ne sont pas maquillées. Dans ces mondes, le visage à nu (comme celui des hommes), est une marque de désinvolture, un tabou. Quand parfois elles s’expriment pour revendiquer le droit à être elles-mêmes, je suis la première à comprendre et approuver leurs revendications.

    ariane fornia
    Miroir miroir, me permettras-tu de me voir sans artifices ? Photo prise par mon amie Magali dans le Lot


    Je crois que j’ai toujours aimé le maquillage car il ne m’a jamais été imposé. Dans le monde universitaire d’où je viens (avant de devenir blogueuse, j’ai été l’autrice d’une thèse en littérature allemande), beaucoup de femmes font le choix du naturel, ne teignent pas leurs cheveux blancs, ne se maquillent pas, et n’en sont pas moins respectées et considérées, car l’intellect prime sur l’apparence.

    Voyage et mise en scène

    Dans le monde du voyage, nombreuses sont les backpackeuses, les bivouaqueuses, les baroudeuses, qui ne voudraient jamais s’alourdir et s’embarrasser de maquillage dans leurs épopées autour du globe. Je me souviens du sourire gentiment moqueur de ma chère amie Marion lorsque nous sommes parties ensemble bivouaquer sur le Grand Veymont, après une incroyable randonnée dans le Vercors, et que j’ai trimballé ma petite trousse à maquillage sur 1000 mètres de dénivelé dans les pierriers, en plus de tout le fatras requis pour ce genre d’opération. (Mais Marion avouera que le lendemain matin, elle m’a quand même piqué mon crayon khôl 😉).

    ariane fornia vercors
    Dans le sac de rando, il y a (aussi !) du maquillage 😉 Photo Marion Carcel, au sommet du Grand Veymont

    Nombreuses sont celles qui revendiquent de s’affranchir des codes sociaux quand elles voyagent, de vivre pleinement l’instant sans se soucier de leur brushing ou de leur mascara. Je les comprends et respecte profondément leur choix.
    Mais aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été fascinée par une certaine vision stéréotypée, idéalisée, de la féminité : la femme aux cheveux longs, aux formes de sablier, aux yeux ourlés de noir, aux lèvres rouges comme l’automne, aux ongles peints, la femme mise en scène, la femme de Mucha, de Rossetti, de Moreau, a toujours habité mon imaginaire. Je suis amoureuse des archétypes de la beauté féminine intemporelle, de Vénus ou de Marie-Madeleine.

    Je l’avoue : je m’aime en robe, je m’aime avec les cheveux longs, je m’aime maquillée. Depuis toujours. Sur mon compte Instagram, je préfèrerai toujours une photo mise en scène à une photo « naturelle », non pas parce que je me déteste au naturel (je n’ai pas de problème à être le dimanche en jean, tee-shirt et queue de cheval), mais parce que je conçois cet univers comme une expression de mon sens esthétique et de ma créativité, et que j’aime le théâtre, j’aime la mise en scène. Factice ? Evidemment. Instagram n’est pas la vraie vie et tout le monde le sait. C’est un monde beau, esthétique, harmonieux. J’ai un côté très 19e : en photo, je préfère l’art à la vie.

    Château Sainte Sabine, hôtel de luxe en Bourgogne
    Château de princesse en Bourgogne, robe rouge, talons, maquillée : le genre de mises en scène que j’aime sur Instagram. Photo Marion Carcel
    ariane fornia alexandra besson
    Halloween à Tivoli, Copenhague. Le maquillage, une forme de sorcellerie joyeuse à laquelle j’adhère

    Assumer d’être ce que je suis et mon amour du maquillage

    Grandir et vieillir a été pour moi une façon d’assumer qui je suis, de me libérer de certains diktats de branchitude –  le plaidoyer affecté pour le naturel est lui aussi un diktat, et la critique des femmes maquillées comme idiotes et superficielles est aussi insupportable que la critique des femmes non maquillées.
    J’ai trente ans désormais et je sais bien mieux qui je suis et quels sont mes goûts. Quand je faisais mes études, il était de bon ton de préférer Berlin, la punk, la bordélique, l’approximative, à Munich, l’alpine, la bourgeoise, la tradi. J’ai vécu trois mois à Berlin en écumant les happenings dans des stations de métro désaffectées pour prouver à la Terre entière que j’étais super cool et alternative, alors que je ne rêvais que d’un spa bouillonnant dans les montagnes. J’ai mis longtemps à oser avouer que je préférais mille fois Munich, ses lacs, ses géraniums, ses Biergärten, son bon ordre bavarois. J’ai mis longtemps à oser dire que non, je ne suis pas une backpackeuse, mais une aventurière bourgeoise, que j’aime le confort et l’organisation, que « l’ambiance conviviale » des hostels où des gens bourrés te réveillent à 3h du mat me sort par les narines et que je préfère mettre 100 balles dans un bel hôtel que 10 dans un lit en dortoir (et que si je n’ai pas assez de budget pour voyager confortablement, je préfère rester tranquillement chez moi que de subir l’approximatif).

    ariane fornia
    Voyager, oui, mais pas n’importe comment 😉 Photo prise en Champagne par mon amie Cécilia

    J’assume mon côté rétro et, disons-le, un peu conservatrice sur les bords. J’assume de préférer la Renaissance italienne au street art, j’assume de ne pas être très touchée par le design minimaliste et de kiffer les façades baroques d’Innsbruck, j’assume d’être catho et d’être dingue de vieilles églises, et j’assume mon côté girly, d’aimer le rose, les paillettes, les robes, les rouges à lèvres et le vernis à paillettes. J’ai passé l’agrégation et mon doctorat, j’ai écrit des livres, j’ai rempli mon quota de prestations intello pour prouver au monde l’état de mon cerveau. J’estime maintenant que si quelqu’un me prend pour une idiote parce que je mets des jupes et que j’aime les petites fleurs, le problème vient de lui, de ses stéréotypes et de ses représentations périmées, pas de moi.

    Après cette longue introduction, on va enfin parler maquillage & cheveux. Cet article est garanti 0% sponsorisé, je vous livre en toute candeur ce que j’ai adoré… et ce qui m’a déçue.

    Maquillage, session Noël 2019 : de l’or sur les joues et les paupières

    Palettes d’été : sirène pailletée

    J’ai un immense amour pour les dorés, les cuivrés, les fards chauds, couleur joaillerie et géologie. Or pâle, or vif, brun chaud, ocre, brun mordoré, j’en raffole. En été, je mélange à cet or des tons de bleu et de vert, en hiver, je reste le plus souvent sur l’or pur.
    L’été dernier, j’ai beaucoup utilisé la palette High Tides & Good vibes de Tarte Cosmetics. Plusieurs tons de bleu, des tons plus chauds pour contraster, et surtout, plusieurs fards ultra pailletés pour se la jouer sirène sur son rocher, c’était la palette d’été parfaite. Petite série ci-dessous en août au Lavandou pour le prouver.

    high tides good vibes

    Puis, à mon anniversaire début septembre, on m’a offert la palette Mar de Colourpop, et cet énorme coup de cœur a été ma palette unique jusqu’à la fin de l’été (= environ mi-octobre en Provence). Cette marque californienne a une gamme de teintes et une pigmentation incroyables, et elle est en plus très abordable.

    Palettes d’hiver : écorces et joyaux

    Puis aussitôt la pluie revenue, je suis revenue à mes teintes d’hiver : des tons très chauds, entre brun et or, avec une pointe de cuivré. L’hiver dernier, j’avais beaucoup utilisé la célèbre palette d’Huda Beauty The New Nude Palette (mon cadeau de Noël 2018 !), dont le fard « Grave » est officiellement mon fard doré préféré de tous les temps. C’est une palette d’une qualité fantastique, mais elle compte un peu trop de teintes rouges/rosées à mon goût, qui ne me vont pas.

    huda beauty
    Palette The New Nude de Huda Beauty, image prise sur le site de la marque.

    Du coup, quand Urban Decay a sorti sa nouvelle palette Naked Honey, je me suis précipitée dessus illico. 12 teintes très chaudes, dans des tons de crème, brun, or et cuivre, des pailletés ultra pigmentés et des mats un peu crémeux, tout ce que j’aime pour un maquillage d’hiver. La pigmentation est excellente et tient très bien tout au long de la journée (j’utilise depuis toujours la célèbre base Primer Potion d’Urban Decay, qui intensifie et prolonge la tenue des fards à paupières, et qui contient en plus un actif anti-âge). C’est mon énorme coup de cœur de l’hiver et c’est elle que je vous propose de gagner aujourd’hui en participant au jeu concours sur mon compte Instagram.

    ariane fornia
    Palette Naked Honey d’Urban Decay. Une série de photos prises à Paris par mon amie Camille

    Illumine donc ta face : Paint with Light de Laura Mercier

    Pourquoi limiter le déluge d’or aux yeux ? Mon autre grand coup de cœur de l’hiver, c’est la palette Paint with Light en tons Golden de Laura Mercier, qui vient de sortir. Il s’agit de trois illuminateurs/blush dans des tons très chauds et intenses, qui brillent de mille feux. J’en suis folle. Les trois teintes sont sublimes, parfaitement complémentaires, et très pigmentées. Le maquillage de fêtes idéal (ce qui ne m’empêche pas de le porter au quotidien, en junkie de l’or que je suis). J’ai l’impression d’être une déesse métallique des temps anciens, quelque part entre sarcophage égyptien et marteau de Thor.

    Maquillée avec la Paint with Light de Laura Mercier & la Naked Honey sur les yeux
    Maquillée avec la Paint with Light de Laura Mercier & la Naked Honey sur les yeux. Et un rouge à lèvres YSL, Volupté Shine en teinte 16, que j’adore – voir les détails plus bas !

     Il remplace avantageusement l’autre palette d’illuminateurs/blush que j’utilisais jusque-là, Sweet Peach Glow de Too Faced, que je continuais d’utiliser jusque là faute de mieux mais qui m’a beaucoup déçue par son manque de pigmentation et d’intensité – les teintes ne se voyaient pas, l’effet était bien trop léger, quasi invisible. Aucun danger avec le Paint with Light de Laura Mercier, qui est très intense (ayez la main légère !).

    laura mercier paint with light
    Paint with light, golden tones, Laura Mercier
    ariane fornia

    Et les lèvres ? Rouge pomme empoisonnée

    Je suis allée essayer des rouges à lèvre couleur or avec une amie, pour un total look doré, mais j’ai été déçue par le résultat sur moi. Je reste donc au rouge, plus classique mais qui me va beaucoup mieux (avis unanime de mon amie, ma mère et moi-même, ce 3-0 me paraît incontestable). Je partage donc avec vous ma déception de l’année : la collection de rouge à lèvres Studded Kiss de Kat von D. J’avais une opinion favorable de la marque, étant donné que je suis une grande utilisatrice de son feutre eye-liner Tattoo Liner, qui est lui absolument génial (cela fait 4x que je le commande). A la recherche d’un rouge sanglant et intense, j’ai jeté mon dévolu sur la ligne Studded Kiss, très chic avec son packaging dark un peu post-punk, et j’ai choisi la teinte Adora. Quelle déception ! Le rouge à lèvres s’applique mal, est sec, dessèche mes lèvres, et surtout, part de façon non uniforme, en me laissant avec des espèces de tâches de rouge éparses qui donnent l’impression que j’ai une maladie de peau au bout de quelques heures. L’antithèse du glamour et un achat que je regrette vraiment.

    Préférant mettre l’accent sur le positif, je choisis cette photo (prise par ma mère à Copenhague) où je porte l’eye liner Tattoo Liner de Kat von D, qui est lui super et mon eye liner favori au quotidien. Rouge à lèvres YSL Rouge volupté shine #16.

    Je reste donc sur mes deux indispensables, mes fidèles depuis longtemps, deux rouges à lèvres crémeux, faciles à appliquer, de très bonne tenue, qui hydratent mes lèvres et s’estompent de façon uniforme :
    * côté rouge sombre, le Rouge Givenchy, en teinte Grenat volontaire #334

    ariane fornia alexandra besson
    Maquillée avec ce rouge à lèvres Givenchy. Photo Marion Carcel, prise en Bourgogne

    * côté rouge clair, tirant sur le corail, le Rouge volupté Shine d’Yves Saint Laurent, en teinte #16 Orange impertinent

    maquillage noël 2019
    Avec le rouge à lèvres YSL (et un vernis OPI, teinte Big Apple Red)

    Ce sont deux excellents rouges à lèvres et je ne leur ferai plus d’infidélités.

    Et les ongles ? OPI toujours

    Je suis une inconditionnelle d’OPI et j’ai un nombre de teintes assez conséquent, je l’avoue (d’autant que pour un œil extérieur, il s’agit d’une infinie variation de rouge, roses et bordeaux assez similaires, et moi seule vois les nuances de framboise, de porto, de cerise, etc. J’ai des yeux bioniques.) Mais j’ai été particulièrement impressionnée par la gamme Infinite Shine qui crée un effet gel assez bluffant (je refuse d’utiliser du vernis gel, qui a trop abîmé mes ongles, je reste au vernis classique !). La brillance est très impressionnante.

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    Vernis OPI Infinite Shine Malaga Wine. Je possède aussi le Malaga Wine en version classique, et je préfère largement le Infinite Shine. Photo prise par Cécilia en Champagne

    De l’or dans les cheveux

    J’ai toujours aimé accentuer la blondeur dans mes cheveux par des balayages dorés. J’ai dû arrêter à une époque, parce que mes cheveux étaient trop abîmés, mais tout a changé avec la découverte d’Olaplex.

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    Balayage blond doré. Photo Marion Carcel, en Bourgogne

    Olaplex, le miracle

    Laissez-moi vous le jurer, foi d’obsédée de la beauté qui a tout testé : ce n’est pas un gadget, ce n’est pas un coup marketing, ce n’est pas une arnaque. Ce produit est HALLUCINANT. C’est simple, je ne vois presque plus de dégâts à la décoloration sur mes cheveux, alors que j’ai les cheveux longs, bouclés, secs, bref, le super combo de la fragilité, et que jusqu’ici toute décoloration m’avait systématiquement flingué les cheveux (même avec des formules soi-disant douces et novatrices et blablabla – selon mon expérience, tout est du vent, sauf Olaplex). Olaplex est utilisé en salon exclusivement. La coiffeuse mélange Olaplex numéro 1 au produit décolorant (ce qui rallonge un peu la pose) et je laisserai les plus chimistes d’entre vous chercher l’explication scientifique précise, mais en résumé, il empêche la destruction des liaisons hydrogène dans le cheveu lors de la décoloration. Après rinçage, on applique Olaplex numéro 2 et on laisse poser 20 minutes. Olaplex numéro 3 s’utilisera ensuite à la maison (environ une fois par semaine en ce qui me concerne, à laisser poser une heure avant le shampooing). Ce n’est pas un soin – il ne rend pas le cheveu plus lisse, plus souple, ou que sais-je, ce n’est pas un démêlant ou un nourrissant. Utiliser Olaplex ne rend pas le cheveu plus facile à coiffer ou plus brillant, il ne remplace absolument pas un après-shampoing ou un masque, son utilité n’est pas là. C’est « juste » une petite merveille chimique qui empêche l’oxydation d’anéantir vos cheveux, et qui fait son boulot avec une efficacité redoutable – des 3 étapes, la numéro 1 étant la plus importante de toutes, car elle intervient en protection PENDANT la décoloration. Bref, depuis 4 ans que je connais ce produit, je refuse désormais toute décoloration sans lui.

    Nourrir en profondeur : après-shampoings et masques

    Parce que j’ai des cheveux compliqués – comme je le disais, fragiles, décolorés, longs, bouclés –, j’ai besoin de les nourrir ENORMEMENT. Mais sans les alourdir. Parce que sinon, ils ne bouclent plus. (Je sais, c’est compliqué ma vie.) J’ai testé un million de produits à ces fins. J’utilise bien sûr à la fois un après-shampoing, et un soin sans rinçage (comme toutes les bouclées). Il y a des choses très bien pour le quotidien dans les produits peu chers, par exemple, l’Après-shampoing Nutri réparateur d’Yves Rocher et le soin sans rinçage Huile extraordinaire – Huile en crème d’Elsève – deux produits à moins de dix euros qui font très bien le job et dont le prix bas me permet de les utiliser généreusement.

    maquillage noël 2019
    Moi & mes cheveux dans les gorges du Verdon, photo Marion Carcel

    Mais parfois, on a envie de mettre le paquet et de nourrir vraiment à fond les ballons. Je suis prête à mettre le prix pour ça. En revanche, rien ne m’énerve plus que de payer beaucoup pour un masque qui ne tient pas ses promesses. Mon grand regret capillaire de l’année, c’est d’avoir été victime du marketing : à force de voir passer sur Facebook le masque Coco & Eve (vous savez, typographie vert sombre sur pot rose) qui me promettait monts et merveilles, j’ai fini par griller 45 euros pour l’acheter, et j’ai regretté. Ce n’est pas qu’il est nul, non. Mais c’est juste un masque de base au silicone, qui démêle et fait briller sans nourrir en profondeur, et le masque de supermarché Total Repair de Jean-Louis David fait exactement la même chose pour 6 euros chez Carrefour, donc bon, je reste sur JL.

    Moi et mes cheveux à la roche de Solutré au sud de la Bourgogne, photo Marion Carcel

    A ce jour, j’ai testé beaucoup de choses et je n’ai trouvé qu’une seule marque qui mérite que je paie très cher un masque, parce que le résultat est véritablement spectaculaire : Shu Uemura. Leurs produits sont d’une qualité phénoménale, et absolument sans silicone – le résultat est réel, et non dû au plastique. Le masque Silk Bloom est une véritable cure miraculeuse pour les cheveux abîmés. La crème Essence absolue est la meilleure crème sans rinçage que je connaisse sur le marché. Alors oui, cela coûte près de 50 euros par produit. Mais si vous voulez un soin sauvetage qui récupère vos cheveux bousillés sans avoir à les couper, votre salut passera par là.

    maquillage noël 2019
    Silk Bloom et Essence absolue de Shu Uemura, deux produits fabuleux

    Je m’arrête ici, en sachant que j’ai encore beaucoup en réserve, car nous n’avons parlé ni fond de teint, ni crème hydratante, ni crème de nuit, ni shampoing, ni mascara, ni… bref, à suivre !

    N’hésitez pas à me raconter, je suis curieuse : et vous, quel est votre rapport au maquillage ? Ami occasionnel, ami fidèle, ennemi, contrainte ? Avez-vous eu cette année des produits coup de cœur et de grosses déceptions ?

    Aucun partenaire à remercier, cet article n’est pas sponsorisé 😉

  • Un splendide road trip dans le Lot, de Figeac à Rocamadour

    Connaissez-vous le Lot ? Au cœur du pays occitan, le Lot est un pays où l’eau se fraie un chemin au cœur d’immenses plateaux de calcaire qu’on nomme les causses. Les vallées du Lot, du Célé et de la Dordogne fascinent par leurs falaises aux tons dorés, leurs villages perchés sur des éperons rocheux et leurs maisons troglodytes. Après mes nombreux voyages en Aveyron, cela faisait longtemps que je rêvais de découvrir son voisin, qu’on me disait aussi authentique, impressionnant et préservé. Et je n’ai pas été déçue un seul instant. J’ai été éblouie par la beauté des paysages naturels, la richesse du patrimoine culturel, et l’authenticité des expériences vécues dans ce haut bastion de la culture occitane.

    saint cirq lapopie
    Saint Cirq Lapopie
    Figeac
    Figeac
    Que voir dans le Lot ? Visiter le Lot : Figeac, Rocamadour, St Cirq Lapopie, Marcilhac, la vallée du Célé, le gouffre de Padirac, Martel...
    Délices du Lot
    Que voir dans le Lot ? Visiter le Lot : Figeac, Rocamadour, St Cirq Lapopie, Marcilhac, la vallée du Célé, le gouffre de Padirac, Martel...
    Rocamadour
    Martel
    Martel

    Le Lot fait partie de ces régions bénies qui me rappellent encore et toujours combien j’aime mon pays, combien sa richesse, sa diversité et son opiniâtreté à préserver son histoire le rendent exceptionnel. Si vous aimez la France, ses paysages, son histoire, sa gastronomie, son sens de l’art de vivre, vous ne pourrez qu’adorer le Lot et célébrer la puissance de son authenticité. J’ai retrouvé ici un sentiment très précieux que j’avais déjà éprouvé en Lozère, en Aveyron : celui d’être véritablement au cœur de la France, dans des paysages exceptionnels, face à un patrimoine millénaire qui inspire un profond respect, et de toucher à une forme d’éternité. Rocamadour, St Cirq Lapopie, Padirac, les villages de la vallée du Célé, Figeac… la beauté de ces sites est intemporelle, elle vous soustrait au tourbillon du temps et vous procure la sérénité de l’immuable. Il y a quelque chose d’apaisant à se dire que d’autres yeux, il y a cent ans, ont vu les mêmes choses que moi, et que d’autres les retrouveront encore dans cent ans… Cette sensation d’éternité, je l’ai ressentie avec une acuité toute particulière à Pech-Merle, un site dont je ne manquerai pas de vous parler.

    Visiter le Lot : Martel
    Martel
    Visiter le Lot : Rocamadour
    Rocamadour
    Visiter le Lot : vallée du Célé
    Vallée du Célé

    J’ai découvert le Lot au fil de l’eau, en suivant ses rivières. J’ai longé le Célé dans le Quercy, le Lot à St Cirq Lapopie, la Dordogne à Martel. J’ai découvert les œuvres souterraines de l’eau qui s’infiltre avec patience au fil des siècles, à Padirac et à Pech-Merle. J’ai rêvé en suivant les méandres, les fontaines et les falaises sculptées par les eaux du Lot. Je vous propose de suivre ce voyage, du sud du Lot – la vallée du Célé – jusqu’au nord – Rocamadour, Padirac et Martel -, en sachant bien sûr que je suis loin d’avoir tout vu…

    Visiter le Lot : vallée du Célé
    Au-dessus du Célé sur le sentier des Anglais à Brengues
    Visiter le Lot : chemin de halage st cirq lapopie
    Chemin de halage de St Cirq Lapopie sur le Lot
    Visiter le Lot gouffre de padirac
    Gouffre de Padirac et sa rivière souterraine

    J’ai fait ce voyage avec mon amie Magali alias MaGlobetrotteuse, et c’était un vrai bonheur de l’avoir à mes côtés. C’est elle la photographe chaque fois que j’apparais, bien sûr !

    La belle Magali, super compagne de ce road trip dans le Lot, ici heureuse à Rocamadour

    Visiter la vallée du Célé, un bel incontournable du Lot

    Notre périple commence dans la vallée du Célé, dans cette belle région qu’on nomme le Quercy. Nous sommes au sud du Lot, à la frontière avec l’Aveyron, dans les grands causses. C’est un pays de pierre blonde, de calcaire mordoré comme roussi par le soleil méridional – nous sommes au carrefour du midi et du Massif central, entre lumière et montagne –, où l’eau a sculpté de hautes falaises auxquelles les villages se sont accrochés. Nous sommes émerveillées par ces visions où la main de l’homme épouse la singularité du paysage, où le patrimoine se fond à la géologie.

    visiter le Lot : la vallée du Célé
    Paysage typique de la vallée du Célé
    visiter le Lot : la vallée du Célé
    Cardaillac, un des beaux villages de la vallée du Célé
    visiter le Lot : la vallée du Célé
    Le chemin du vieux Sauliac, emblématique de l’architecture traditionnelle de la vallée du Célé, à l’assaut de la falaise

    Pour vous parler de la vallée du Célé, je commencerai par deux randonnées panoramiques de toute beauté. Ces deux balades pittoresques résument bien la beauté naturelle de la vallée, où l’eau qui serpente épouse la roche dorée…

    Visiter le Lot : deux belles randonnées dans la vallée du Célé

    A Brengues, prenez le Sentier des Anglais. Il porte ce nom car les Britanniques se sont longtemps battus pour cette belle région convoitée de tous, et ont construit des forteresses dans les falaises, châteaux en ruines aujourd’hui d’une poésie saisissante. Le sentier surplombe un méandre de la rivière, court en balcon à flanc de falaise creusée, et offre une vue de toute beauté sur le village en contrebas.

     A Sauliac, le chemin du vieux Sauliac conduit sur les hauteurs à des habitations troglodytes anciennes. Au début du XXe siècle, les gens occupaient encore ce village perché aux allures de Seigneur des Anneaux. Les maisons ont longtemps été abandonnées, mais aujourd’hui, des passionnés les restaurent peu à peu pour les transformer en gîtes, en ateliers d’artiste… Nous y sommes allées en début de matinée, dans la lumière du matin, et c’était superbe.

    Que voir dans le Lot ? Visiter le Lot : Figeac, Rocamadour, St Cirq Lapopie, Marcilhac, la vallée du Célé, le gouffre de Padirac, Martel...
    Chemin du vieux Sauliac dans la vallée du Célé

    Visiter les beaux villages de la vallée du Célé 

    Un road trip dans la vallée du Célé, c’est une carte postale sépia, un magnifique voyage rétro. Partout, les villages de pierre blonde du Quercy jouxtent les saisissantes façades dorées, et c’est une collection de villages au charme authentiquement français qui me donnent envie d’acheter une 2CV, un béret et une écharpe tricolore. Plus je vieillis et plus j’aime voyager en France, je suis à deux doigts du camping car et du parasol avec un best of Claude François.

    visiter le Lot : la vallée du Célé
    Voyager en France, une allégorie. (Au super joli Restaurant des Grottes à Cabrerets).

    Mon plus grand coup de cœur restera Marcilhac sur Célé, avec sa spectaculaire abbaye en ruines et son charme fleuri. Marcilhac est superbe, avec ses maisons à fleur de Célé, ses jardins, ses maisons où le bois des colombages se mêle à la pierre chaleureuse du Quercy. Le cœur du village, c’est bien évidemment la romantique abbaye St Pierre. Cette belle étape sur le chemin de St Jacques, autrefois opulente et puissante, est partiellement en ruines depuis les carnages des guerres de religion, mais l’église demeure intacte et une grande beauté en émane.  

    visiter le Lot : marcilhac sur célé
    Superbe Marcilhac sur Célé
    Magali radieuse à Marcilhac sur Célé : on a adoré ce village !
    visiter le Lot : marcilhac sur célé

    Et puis, on m’a eue par les sentiments, car nous avons très bien mangé à Marcilhac. Nous y avons dégusté un panier de spécialités 100% Lot : le fromage rocamadour, la tarte aux noix, le jus de pomme de Montcuq (oui, vous avez le droit de rigoler bêtement), les noix au chocolat, les terrines au safran du Quercy, le vin de Cahors, le melon du Quercy… un régal. C’est quand même savoureux de voyager en France, et j’ai adoré cette table de produits locaux. Je vous encourage vraiment à goûter ces spécialités : tout était délicieux, et c’est un tel plaisir d’associer la découverte d’une région à celle de son terroir…

    visiter le Lot : marcilhac sur célé
    Quelques arguments décisifs en faveur du Lot. 100% local

    Mais il me faut aussi citer d’autres villages charmants. Cardaillac, avec ses grandes tours médiévales, son petit musée du Quercy, ses boutiques de charme, m’a énormément plu.

    Corn était ravissant avec ses vignes à l’assaut des colombages.

    visiter le Lot : Corn
    Village de Corn

    Quant à Espagnac Sainte Eulalie, c’est une superbe étape sur le chemin de St Jacques, avec une beauté venue d’antan et un gîte accueillant les pèlerins – ce village respire la piété, comme je l’ai déjà ressenti en Aveyron dans les villages situés sur la Via Podiensis.

    J’ai vraiment été charmée par cette vallée au charme intemporel… et je n’avais pas encore tout vu.

    Au cœur de la vallée du Célé, une chambre d’hôtes de charme

    C’est une petite maison de pierre et de bois, perdue sur les hauteurs de Marcilhac, au cœur de la vallée du Célé. Un hébergement abordable, profondément authentique et chaleureux pour lequel nous avons eu un vrai coup de cœur, Magali et moi. Cela s’appelle La Métairie Haute, et cette chambre d’hôte rurale de charme incarne toute la chaleur typique de l’Occitanie. Par un chemin perdu dans la montagne, nous arrivons à un plateau où nous attendent une ferme et une cazelle (maison de pierre sèche typique des bergeries occitanes), quelque part sur les hauteurs de la vallée du Célé. Dans ce lieu idyllique et préservé en pleine nature vit une famille adorable, qui produit de façon artisanale plusieurs produits agricoles, notamment des sirops de plantes du coin. Je recommande le sirop de sureau, un délice !

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    Notre petite maison
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    Une cazelle sur le site de la ferme


    Notre chambre est dans une petite maison qui épouse l’atmosphère du lieu, avec des bois naturels montant à l’assaut du plafond. C’est comme dormir dans la forêt, mais en mieux (le lit est très confortable et il y a une jolie salle de bain bien aménagée). Nous avons partagé le dîner avec nos hôtes et ce fut un moment très convivial. Je recommande cette adresse, surtout si votre plaisir est de rencontrer les gens amoureux de leur pays !

    Figeac : une perle médiévale méconnue à découvrir dans le Lot

    Figeac ? J’avoue ne jamais en avoir entendu parler avant de découvrir le sud du Lot, et je me dis que c’est un scandale : cette ville magnifique mériterait d’être infiniment plus connue. Figeac, c’est avant tout une des villes médiévales les mieux préservées de France. Prosper Mérimée, lors de son voyage dans le Massif Central, remarque que « toute la ville est remplie de maisons anciennes, avec portes et fenêtres en ogive ». Il détaille la beauté des églises de Figeac, mais à l’époque, en 1838, cela ne lui apparaît pas comme particulièrement remarquable : nombreuses sont alors les villes françaises qui ont conservé leurs constructions médiévales et Renaissance. Mais un siècle plus tard… après deux guerres mondiales, et la frénésie de reconstruction post 1945, cela devient véritablement exceptionnel. Tant de villes françaises ont été soit détruites par les combats, soit démolies volontairement pour faire du neuf, faire moderne, au mépris du patrimoine multiséculaire qu’on renvoyait aux gravats !

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    Vue sur la plage principale de Figeac depuis le musée Champollion
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    Miraculeusement préservée par sa situation un peu « perdue », loin du front et loin des grands axes, Figeac a su conserver son dédale de ruelles, ses maisons datant du XIIIe siècle, ses églises, ses cours, et ses détails charmants venus du fond des âges, comme ce petit chien médiéval sculpté dans la façade d’une maison.

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    Située sur les contreforts sud du Massif Central, à deux pas du Cantal et de l’Aveyron, Figeac a ce côté montagnard conféré par le grès et les hivers rudes, mais aussi une atmosphère résolument méridionale, avec la pierre blonde du Quercy, les cyprès en pleine ville, et surtout les « soulheios » emblématiques, des greniers ouverts orientés plein sud qu’on utilisait pour sécher et conserver la nourriture.

    De très nombreux soulheios sont préservés dans le cœur de ville, et c’est vraiment une vision typique de Figeac, qui m’a énormément plu et qui fait rayonner l’identité de l’Occitanie. Magali et moi avons bénéficié d’une belle visite guidée qui nous a révélé les trésors de Figeac, ville de marchands, de juges et de prêtres. Cette ville a été une vraie belle surprise.


    Mais Figeac, c’est aussi le merveilleux musée Champollion, qui m’a conquise. S’il a passé une bonne partie de sa vie à Grenoble, l’immense et génial linguiste décrypteur de la pierre de Rosette est né à Figeac, et sa maison natale est devenue le musée des écritures du monde. C’est une véritable odyssée de l’intelligence humaine, une fascinante plongée dans les écritures (décryptées ou encore énigmatiques) à travers le monde et le temps – Egypte antique, mayas, Japon, île de Pâques, Chine, étrusques… De Champollion au premier niveau, on monte vers les différentes écritures du monde, et on suit le cheminement de ceux qui ont tenté de les décrypter, l’évolution de l’ingéniosité humaine à travers les âges. La visite m’a fascinée, je la recommande chaudement ! Mention spéciale pour la sublime façade, où le métal chaud dans lequel ont été tracées les écritures du monde attrape les rayons du soleil couchant…

     A deux pas du musée, une immense œuvre d’art m’a captivée. Sur la Place des Ecritures, l’artiste Joseph Kossuth a reproduit la pierre de Rosette en taille XXL, dans la cour d’une abbaye médiévale datant du XIIIe siècle et parfaitement préservée. L’ensemble est puissamment évocateur. Cette vision du granit noir portant les inscriptions décryptées, au cœur des ogives gothiques, m’a rappelé le début de l’évangile selon St Jean : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu… » (Oui, vous avez le droit de marcher sur l’œuvre, je n’ai pas commis de sacrilège !)

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    La place des écritures de Figeac

    Un hôtel merveilleux à Figeac : le Mercure Viguier du Roy

    Je vous ai convaincus de découvrir la vallée du Célé et Figeac, et vous rêvez d’un cocon, d’un îlot de grâce et de beauté ? d’un hôtel follement romantique ? Ne cherchez plus : je veux vous parler d’un hôtel qui nous a littéralement émerveillées, Magali et moi.

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    Un hôtel merveilleux au coeur de Figeac

    A première vue, rien ne distingue le Mercure Figeac Viguier du Roy d’un autre bel hôtel de centre-ville : une façade historique, une allure chic et élégante. Mais poussez la porte, et c’est une autre dimension… vous voici aspiré dans un monde intemporel de pure beauté.
    Qui pourrait imaginer qu’au cœur même de Figeac se cache un ancien cloître, une immense cour intérieure, des jardins, des fontaines, une piscine, le tout enchâssé entre le musée Champollion et l’église comme une perle dans son huître ? C’est un véritable monde secret qui se révèle une fois la porte franchie… Cette demeure médiévale a tout gardé, les hautes ogives des voûtes, le charme monastique des jardins, le raffinement des temps aristocratiques. J’entendais les fontaines bruisser et les oiseaux chanter dans le soir, je nageais dans le calme de l’eau tiède entre les murs vénérables, et je me sentais incroyablement privilégiée. Ce lieu est une pure magie.

    Nous avons eu la chance inouïe de dormir dans une suite, et j’en garderai le souvenir d’une des plus belles chambres de ma vie : un univers capitonné de velours et de soie, rouge comme une alcôve de passion. Cette chambre immense était d’une beauté rare, avec son salon, sa vaste salle de bain, et son grand lit de princesses sous les hauts plafonds. Nous étions à deux pas de la magnifique piscine chauffée, dans un havre de paix et de douceur qui alliait le charme de l’ancien temps et le confort du nouveau. Tout était parfait, tout était beau et enveloppant. Je me sentais si bien dans ce cocon loin du monde…

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    Le restaurant de l’hôtel, la Dînée du Viguier, est une adresse gastronomique reconnue et nous avons merveilleusement bien mangé. Son menu s’ancre dans le terroir local : les carnivores trouveront toutes les spécialités à base de canard qui font la fierté de la région, les autres se régaleront des légumes et fruits du Lot. Mention spéciale au dessert, à base de figues rôties absolument exceptionnelles… les saveurs du sud-ouest nous ont régalées.

    Bien sûr, un tel hôtel a un prix, mais parce que Figeac reste encore à l’écart du tourisme de masse, les tarifs sont bien en dessous de ce qu’on trouverait dans une ville plus touristique pour un hôtel de ce standing. Si vous rêvez d’une escapade romantique d’exception, qui plus est dans une ville qui a tant de merveilles à offrir, retenez bien cette adresse : cela restera un de mes plus beaux souvenirs de l’année.

    L’endroit inouï que je n’ai pas photographié : la grotte ornée de Pech-Merle

    C’est un lieu merveilleux au cœur de la vallée du Célé, un lieu dont je veux absolument vous parler, même si je me heurte à une difficulté : je ne l’ai pas photographié. Je ne l’ai pas photographié, car cela était interdit, des mesures de protection stricte entourent ce site exceptionnel. Je pourrais, bien sûr, trouver une photo de banque d’images, mais outre le fait que je préfère n’utiliser que mes photos, je crois en fait préférer ne pas vous montrer d’image. Je voudrais que vous arriviez dans le même état que moi, sans avoir jamais vu de photo, complètement vierge de toute attente, que vous descendiez dans le noir sans savoir ce que vous allez voir, et que vous soyez éblouis.
    Pech-Merle est une grotte ornée : une grotte dans laquelle les hommes préhistoriques ont peint de grandes fresques rupestres. Nous avons la chance inouïe, en France, de posséder plusieurs sites majeurs, à chaque fois taillés dans des plateaux calcaires, dont les anfractuosités se prêtaient merveilleusement aux rituels rupestres et qui ont surtout permis la conservation de ces œuvres à travers les âges. Rendez-vous compte : les fresques que vous découvrirez ici ont environ 29 000 ans… Les trois sites les plus spectaculaires de France sont Lascaux (Dordogne), Chauvet (Ardèche) et donc Pech Merle (Lot), mais ce dernier a une particularité : il s’agit de la vraie grotte. A Chauvet et à Lascaux, vous pénétrez dans une (très belle, très fidèle) reproduction, mais à Pech Merle, l’émotion est plus intense encore, plus brute : c’est la vraie grotte. C’est ici. Cette obscurité, ce sol accidenté, cette humidité, ces murs, ce sont ceux qu’ont connus nos ancêtres, il y a presque trente mille ans.
    Je ne vous montre pas de photos, pour préserver votre émotion.
    Ici, vous allez découvrir les traces de pas d’un homme, préservées dans la glaise depuis plusieurs dizaines de millénaires.
    Vous allez découvrir plus de 70 animaux tracés sur les parois, aurochs, ours, mammouths, tracés ou gravés au silex, à l’ocre, au charbon.
    Et surtout… vous allez découvrir une œuvre d’art inouïe, extraordinaire, dont vous vous souviendrez toute votre vie : la fresque des chevaux ponctués. Quant après un cheminement dans la pénombre, la torche de la guide a éclairé cette fresque, j’ai eu les larmes aux yeux. Il y a trente mille ans, ces hommes ont rêvé, créé, prié, aimé, craint, et laissé l’empreinte de leurs songes sur ce mur. Se tenir si près d’eux, dans l’intimité de la grotte, m’a bouleversée.
    J’ai lu beaucoup de choses sur l’art pariétal depuis ma visite, j’ai acheté des livres à la boutique, notamment Pourquoi l’art préhistorique ? de Jean Clottes, que je vous recommande si le sujet vous intéresse. J’ai découvert que, contrairement à ce que nous pensions, les hommes préhistoriques ne vivaient pas dans les grottes. La grotte de Pech Merle est profonde, périlleuse, noire comme la plus noire des nuits. Un homme est descendu au péril de sa vie à la maigre lueur d’un flambeau, pendant plusieurs heures, avant d’atteindre cette paroi. Il a réalisé son œuvre d’un seul tenant. Puis il est remonté, et sa fresque a sommeillé sous la terre pendant près de trente mille ans. Les grottes n’étaient pas des habitations, elles étaient des chapelles, des temples. Ces hommes descendaient sous la terre pour des raisons rituelles, religieuses, pour exprimer quelque chose d’éternel et indicible à travers le dessin. Ils sont les témoignages d’un sens artistique, d’une inquiétude spirituelle, qui continue à nous toucher à travers l’eau trouble des temps. Ce besoin de spiritualité est vieux comme l’Homme, et c’est ce qui m’a profondément touchée à Pech Merle.

    Bonnes adresses dans le Lot : un joli resto près de Pech Merle

    Et puis, nous sommes remontées à la surface et nous avions faim. Nous avons mangé dans un restaurant délicieux, à l’Hôtel Restaurant des Grottes du Pech Merle, à Cabrerets. Cela restera comme un souvenir parfait : manger au bord de l’eau, dans un cadre idyllique, une cuisine fraîche, goûteuse, 100% locale, au rythme de la rivière sous la tonnelle… L’accueil était chaleureux et le repas excellent, avec un rapport qualité-prix à toute épreuve. Au moment de partir, on nous a offert des spécialités faites maisons à emporter : une tarte au noix du Quercy, de la confiture d’abricot et de romarin… une jolie façon de prolonger le moment idyllique (et de mettre plein de miettes dans la voiture).

    Visiter le Lot et découvrir la merveille, Saint Cirq Lapopie

    J’ai toujours eu le culte des « plus beaux villages de France », un label qui ne m’a jamais déçue. J’ai le guide complet, et j’ai ce rêve de tous les découvrir, que je réalise morceau par morceau… Tous les « plus beaux villages de France » valent le détour. Mais certains sont plus éblouissants encore que d’autres.
    St Cirq Lapopie dans le Lot, ce n’est pas seulement un des plus beaux villages de France, c’est un des plus beaux villages de ma vie : une merveille de pierre blonde et de bois clair, suspendue sur un éperon rocheux au-dessus du Lot dans un méandre offrant des panoramas spectaculaires. Une vraie merveille qui incarne à merveille ce que j’ai tant aimé dans le Quercy : la conjugaison de la beauté naturelle (falaises, rivières, paysages splendides) et de la prouesse architecturale (villages perchés, troglodytes, églises à fleur de roche…).

    Que voir dans le Lot ? Visiter le Lot : Figeac, Rocamadour, St Cirq Lapopie, Marcilhac, la vallée du Célé, le gouffre de Padirac, Martel...

    St Cirq Lapopie, élu « village préféré des Français » en 2012, a été rendu célèbre par André Breton, qui a déclaré ne plus vouloir vivre ailleurs qu’ici et s’est établi dans cette citadelle de dentelle dans la roche. Je pense que j’aurais dû y passer davantage de temps encore, explorer davantage les ruelles, les galeries, les petites boutiques, les nombreux monuments historiques qui font de ce village un des plus séduisants que je connaisse.

    visiter le lot : saint cirq lapopie
    visiter le lot : saint cirq lapopie

    St Cirq est la culmination de tout ce que j’ai ressenti : vraiment, le Lot est un bijou, éternel et pur comme un diamant bien taillé. J’espère vraiment vous donner envie de faire un tour dans ce coin de France, car il y a là-bas une poésie brute, une beauté intemporelle qui me touche profondément.

    Autour de St Cirq Lapopie : des aventures outdoor

    Outre le patrimoine grandiose, plusieurs activités outdoor assez géniales devraient vous donner envie de faire un tour dans la région de St Cirq Lapopie, à la croisée des rivières entre la vallée du Lot et du Célé.

    Le chemin de halage de St Cirq est un incontournable. A l’époque où St Cirq était un village de bateliers (je vous invite à consulter mon article sur Noyon pour en savoir davantage sur la vie des bateliers), on utilisait ce chemin creusé dans la roche pour tirer les barges passant sur la rivière, avec une traction humaine, animale, puis à vapeur. Le site est spectaculaire et se découvre à pied ou en bateau, avec les croisières de St Cirq. Nous avons conduit notre bateau nous-mêmes et en toute sincérité, ce n’est pas facile : je vous recommande plutôt le circuit accompagné, pour pouvoir vous relaxer et profiter du paysage ! Belle capitaine, Magali a su nous sauver des hauts-fonds et des falaises traîtresses, mais ce fut épique !

    Toujours côté aquatique, voici le seul regret du voyage (mais ce n’était la faute de personne) :  nous aurions dû descendre le Célé en canoë, et je m’en faisais une joie. Or le niveau d’eau était trop bas en cette fin d’été. Je rêvais de cette escapade, la vallée du Célé étant si belle, si spéciale, et moi tarée de kayak – je serai donc OBLIGÉE de revenir dans le Lot, mais il y a pire dans la vie comme obligation, on en conviendra.

    A la place du canoë, nous avons fait une belle découverte : le parcours de tyrolienne géante et via ferrata de Kalapca, à Bouziès (jonction des vallées du Lot et du Célé). L’équipe d’encadrement est chaleureuse et passionnée, et le parcours de grande qualité. Le parcours mêle des via ferratas de différents niveaux (certaines avaient l’air assez costauds, d’autres plus accessibles – nous avons fait un petit bout facile) et trois tyroliennes vraiment spectaculaires. La dernière faisait 300 mètres ! Malgré la petite décharge d’adrénaline, c’est un bonheur de pouvoir transformer en terrain de jeu un cadre aussi sublime que les falaises dorées du Quercy. Kalapca propose également du kayak, et d’autres activités outdoor sympathiques.

    visiter le lot : saint cirq lapopie
    visiter le lot : saint cirq lapopie
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    J’ai eu un immense coup de foudre pour cette belle, belle région de St Cirq Lapopie, et je me suis promis d’y revenir un jour… Mais il est désormais temps de mettre cap au Nord.

    Visiter le Lot : le Nord, autour de Rocamadour et Padirac

    Nous avons quitté le Célé et le Lot pour rejoindre au nord du Lot la vallée de la Dordogne, en limite du département du même nom. Cette région compte deux sites touristiques majeurs : Rocamadour et le gouffre de Padirac, des mythes du voyage à la française.

    Le gouffre de Padirac, le plus célèbre des gouffres français

    Regardez cette photo de Magali et moi sur la rivière souterraine du gouffre de Padirac. Un air de déjà vu ? Sans doute, car elle est une véritable institution du souvenir de vacances : des centaines de milliers de Français l’ont faite avant nous.

    visiter le lot : gouffre de padirac
    La photo mythique

    Le gouffre de Padirac est le plus important et le plus ancien des mondes souterrains de France. C’est l’immense aventurier et spéléologue E.A. Martel qui l’explore le premier – je dis « explorer » et non « découvrir », car étant donné la taille du trou d’ouverture, on savait bien que Padirac était là. Mais les habitants se méfiaient des profondeurs. « Trou du Diable », le gouffre faisait figure de porte des Enfers. Les villageois y jetaient les animaux morts (il y a eu un petit travail d’aménagement touristique, on s’en doute…) et évitaient totalement de descendre dans la bouche infernale. Mais E.A. Martel adore ce genre de défis. Vous le savez peut-être : le père de la spéléologie est le héros intrépide qui a exploré tous les plateaux calcaires de France, découvert toutes les grottes mythiques de l’Ardèche, la Lozère, l’Hérault, l’Aveyron… Je suis fascinée par cette figue d’aventurier des temps modernes et je vous recommande le bouquin que j’ai acheté à la jolie boutique du gouffre de Padirac, Edouard Alfred Martel, Explorateur du monde souterrain , de Norbert Casteret. Ca se lit comme un roman épique !

    Revenons à Padirac. Martel descend dans le « trou du diable » avec le curé du village (on ne sait jamais !) en 1889. Il entre dans le gouffre, une cavité béante profonde de 35 mètres, puis descend plus bas encore sous la terre. A plus de cent mètres de profondeur, il trouve une rivière souterraine, qui traverse une grotte aux dimensions monumentales.

    On estime que le réseau de Padirac est long de plus de 55 kilomètres – seule une infime partie est ouverte au public, 2,5 kilomètres, mais je vous garantis que c’est impressionnant. Padirac reste énigmatique, un défi pour les aventuriers de l’extrême. Notre guide nous a raconté que des expéditions continuaient d’avoir lieu dans la partie inconnue, réservées aux meilleurs spéléologues, avec plongées dans des cavités remplies d’eau et plusieurs nuits sous terre… j’en avais des frissons d’horreur !
    Le gouffre de Padirac est un mythe dans l’histoire du tourisme en France, car il a été ouvert au public dès 1899 (avec un gigantesque ascenseur de fer à la mode Tour Eiffel, et un restaurant panoramique qui n’existe malheureusement plus) et continue de fasciner par ses dimensions, sa démesure. Ce n’est peut-être pas la plus belle grotte de France (j’en ai vu des plus fines, des plus délicates, ici les dimensions et l’ampleur de l’écoulement d’eau empêchent un travail de minutie), mais c’est sans aucun doute la plus spectaculaire et mythique. Ce qui m’a fascinée, c’est cette présence de l’eau qui rend l’expérience complètement mystique. Il y a d’abord la traversée en barque au milieu d’un canyon de calcaire, dans l’obscurité quasi-totale, tandis que le guide est à la rame comme un antique passeur – on se demande si on a déjà rejoint les eaux du Styx et s’achemine vers le pays des morts. Puis on parvient aux plus belles salles, et l’eau sculpte des merveilles, comme ces travertins (des espèces de marches monumentales) dans la rivière, ces méduses géantes descendant des plafonds, ou encore ces stalagmites qui ressemblent à des disques empilés (comme à l’Aven Armand, en Lozère). On pourrait passer des heures à explorer les curiosités de Padirac, et on remonte à la surface comme on émerge d’un long rêve étrange. J’ai adoré ce site en prise directe avec l’imaginaire, et je vous le recommande vraiment. Il faut voir Padirac une fois dans sa vie.

    J’ai simplement un conseil à vous donner : d’une part, réservez vos places, car le site a un succès fou. D’autre part, des voyageurs m’ont dit qu’en haute saison, l’attente était très longue et que sous la terre, cela peut être un petit peu angoissant d’être longuement bloqué. Evitez donc juillet-août pour visiter Padirac, venez au printemps ou à l’automne !

    Visiter le Lot : Rocamadour, sublime rocher de la foi

    C’est un des villages les plus connus, les plus emblématiques de France : Rocamadour !

    visiter le lot : rocamadour

    Cela faisait des années que je rêvais de ce sanctuaire mythique, accroché à sa falaise de pierre blonde, où on vient puiser « l’espérance ferme comme le roc ». Tant d’histoires fabuleuses auréolent la belle cité de Rocamadour et son sanctuaire.

    visiter le lot : rocamadour


    On attribue à la Vierge noire de Rocamadour, réfugiée dans son sanctuaire creusé dans le roc, un nombre incroyable de miracles. On dit que la cloche suspendue dans la chapelle a sonné toute seule à maintes reprises, signalant l’intercession de la Vierge, notamment lors de sauvetages de marins qui l’imploraient à des centaines de kilomètres de là.
    L’épée plantée dans la pierre ? La légende dit qu’il s’agit de Durandal, l’épée du chevalier Roland. Mourant au combat contre les Maures dans les Pyrénées, il jeta Durandal loin de lui pour que l’ennemi ne s’en empare pas. L’archange Michel l’entraîna jusqu’à Rocamadour et la ficha dans la falaise.
    La grotte face à la chapelle ? C’est celle où on découvrit le corps imputrescible de St Amadour, qui donne son nom au village – Rocamadour, le roc d’Amadour.


    Rocamadour fut l’un des plus grands sites de la chrétienté au Moyen-Âge, un sanctuaire qui attira les plus prestigieux pèlerins, comme le roi St Louis ou le grand St Bernard. Des seigneurs et des stars viennent à travers les siècles s’agenouiller sur le grand escalier menant au sanctuaire. Un chemin de croix magnifique mène ensuite sur la partie haute du village, d’où vous jouirez d’une vue extraordinaire au sommet du château.

    visiter le lot : rocamadour
    visiter le lot : rocamadour

    Le village, évidemment classé parmi les plus beaux de France, est d’une beauté fabuleuse, et l’ascension vers le sanctuaire vertigineux est un incontournable absolu du tourisme dans le sud-ouest de la France. Cela restera un des moments forts de notre visite du Lot, et un moment important pour moi, qui suis catholique et très attachée aux grands sanctuaires français. Je rêvais de celui-ci depuis très longtemps et j’adorerais y revenir plus longuement, pour participer réellement à la vie de cette église très dynamique où la ferveur est palpable.  

    visiter le lot : rocamadour

    Martel, petit bijou médiéval au nord du Lot

    C’est un petit trésor au nord de Rocamadour, moins célèbre que son illustre voisin, mais bourré de charme : Martel est un village médiéval à l’authenticité frappante. De sa silhouette se détachent 7 tours, 7 tours qui dessinent un décor de pochoir ou de film en costumes : donjons, clochers et pigeonniers viennent piquer le ciel du Lot.

    Visiter le Lot : Martel
    Martel

    Le cœur de Martel est entièrement piéton et donne l’impression d’être entré dans une machine à remonter le temps. Les tours jalonnent ce petit dédale de rues pavées pleines de charme, et la place principale est organisée autour d’une magnifique halle de bois, d’époque, qui rappelle que Martel a été un important carrefour commercial à l’époque des grandes foires médiévales. Tôt le matin ou au crépuscule, l’atmosphère est d’une grande douceur.

    visiter le Lot : Martel
    visiter le Lot : Martel
    visiter le Lot : Martel

    Une très bonne adresse typique à Martel : le Petit Moulin

    Magali et moi avons dormi dans une très jolie chambre d’hôte : le Petit Moulin. Il s’agit d’un bar à vin et resto de terroir en plein coeur de Martel, dans une rue magnifique, et tenu par une équipe de jeunes super dynamiques et investis dans l’amour de leur pays. Fils de vignerons, ils proposent à la fois les produits de la cave familiale et une cuisine 100% régionale DELICIEUSE. Vraiment, je n’exagère pas : nous avons été bluffée par ce repas alliant authenticité, créativité et produits excellents. Notre plat était à tomber, j’ai rarement mangé un poisson d’eau douce aussi bon et bien préparé. Quant à la chambre d’hôte, tout de bois clair et de lumière cosy, elle est jolie, confortable et bien agencée. Une belle adresse abordable à retenir ! Et l’ambiance est aussi sympa que l’équipe qui accueille.

    Et puis, nous avons quitté à regret le Lot, en nous promettant de revenir, et en ayant tout de même le plaisir de retraverser l’Aveyron (et d’acheter un capucin à l’aligot sur l’aire du viaduc de Millau pour ne pas se laisser abattre !). Mes découvertes de cette année ont scellé mon amour avec le versant le plus abrupt, secret et préservé de l’Occitanie. Aveyron, Lozère, Lot : ce coin de France est une pure merveille. J’ai eu un coup de cœur immense pour la beauté du patrimoine et des paysages de cette région profondément imprégnée des traditions d’Occitanie, riche d’une histoire millénaire, et sublimée par sa géologie tumultueuse. La France est belle, mais elle l’est tout particulièrement par ici. Il y a ici la matière à des road trips épiques et inoubliables, sans même franchir les frontières de l’hexagone. Les grands espaces à la française, c’est ici…
    J’espère vous avoir donné envie de faire un petit tour dans le Lot et de prolonger le rêve.

    Pour d’autres escapades en France et ailleurs, n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter.

    Un grand merci à Lot Tourisme et notamment à Anna pour l’organisation de ce voyage de rêve. Merci à tous les prestataires qui nous ont reçues avec beaucoup de chaleur et d’hospitalité, et tout spécialement le Mercure Figeac Viguier du Roy qui nous a traitées comme des princesses. Le Lot est un paradis méconnu, j’en ai été totalement convaincue… Et bien sûr, merci à mon amie Magali d’avoir été ma pétillante complice sur ce périple !

  • Se mettre au vert sur la plaine de Versailles

    La plaine de Versailles ? C’est un poumon vert aux portes de la capitale, une campagne à deux pas de Paris. Le paysage surprend : tout est si bucolique, si rural, qu’on peine à croire qu’on est si proche de la ville. Champs de blé à perte de vue, forêts, petits villages aux faux airs de Normandie, fermes et ruches, tout donne la sensation d’être parti beaucoup plus loin de Paris. Je descends du transilien à St Nom la Bretèche, et j’ai l’impression d’être arrivée dans une gare de province lointaine, entre forêt et champs – une belle sensation de dépaysement en plein cœur des Yvelines.
    Sous l’Ancien régime, la plaine était la chasse gardée des princes : dans le prolongement du château de Versailles, ses prairies et forêts servaient à nourrir l’opulente cour royale. Pour préserver l’environnement exceptionnel et les paysages autour du château, la plaine a été sanctuarisée : elle ne sera jamais une banlieue urbanisée, et restera toujours ce terrain dédié à la nature et à l’agriculture. Pour qui veut s’échapper un peu de Paris, marcher le long des ruisseaux, manger 100% local en faisant du tourisme à la ferme et découvrir le patrimoine architectural et culinaire, cette « autre île de France » pittoresque, une journée sur la plaine de Versailles s’impose.

    Découvrez la plaine de Versailles
    Découvrez la plaine de Versailles

    Que faire sur la plaine de Versailles ?

    Découvrir les villages bucoliques

    Quand je suis arrivée sur la plaine de Versailles, je me suis souvenue – pour la millième fois – de pourquoi j’aimais tellement la France. Vous arrivez dans un coin un peu perdu et méconnu des Yvelines, dont vous n’avez jamais entendu parler, et qu’est-ce que vous découvrez ? Des villages ravissants, bucoliques, remplis de fleurs, de vieilles pierres, d’églises paisibles et de lavoirs où l’eau clapote. Aux Etats-Unis, on ferait venir des cars entiers de touristes pour voir ça, on mettrait des panneaux « cutest village around » et toutes les blogueuses viendraient poser dans les ruelles. En France ? Oh, encore un ravissant village français, on a l’habitude. Je n’ai passé qu’une journée sur la plaine, ma découverte a donc été rapide, mais voici quelques aperçus.

    Découvrez la plaine de Versailles
    Les lavoirs de la plaine de Versailles
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    Découvrez la plaine de Versailles
    Découvrez la plaine de Versailles

    A Crespières, on découvre une église de pierre blanche respirant la tranquillité, des jardins fleuris et, note pour les fanas de vieilles séries françaises parmi nous, la maison culte de Les Cordier : juges et flics.

    Découvrez la plaine de Versailles
    Découvrez la plaine de Versailles

     A Thierval-Grignon, on se régalera du spectacle pittoresque des vieilles maisons fleuries, des tracteurs garés devant les cours, et surtout, du très joli lavoir récemment restauré. Il faut savoir que la plaine de Versailles est un pays de rus – ruisseaux dans la langue du Nord-Ouest de la France, j’ai déjà entendu ce mot en Normandie – et que de nombreux villages sont traversés par des sources. Les lavoirs, souvent beaux et apaisants, sont de jolis témoignages de l’ancien temps qui mettent en valeur cette particularité géographique.

    A Rennemoulin, peut-être le plus joli village de la plaine, on se baladera sur de nombreux sentiers de promenade longeant le ru, on profitera du spectacle de l’eau qui s’engouffre sous le pont ancien et on marchera au milieu des fleurs… A Villepreux, on s’arrêtera devant la maison natale de St Vincent de Paul, considéré comme le saint patron des œuvres caritatives, celui qui disait « plus vous donnez et plus vous recevrez ».  

    La plaine de Versailles, ce sont aussi des champs à perte de vue. Je suis venue en juin, à l’heure des blés dorés, et je me suis régalée de ces marées d’or ondulant… Le plus beau point de vue, je l’ai trouvé au-dessus de Chavenay, au sommet de la colline. En bas mangeaient des chevaux… On m’a dit que la plaine de Versailles était un paradis pour les cavaliers, avec de nombreux sentiers équestres, j’espère avoir un jour l’occasion de tester ! Il me faudra revenir pour des randonnées, à pied, à cheval ou en vélo… Vous trouverez ici des idées de randonnée et des circuits détaillés.

    Du tourisme à la ferme : rencontrer les producteurs de la Plaine de Versailles

    La plaine de Versailles ravira les amoureux du #madeinFrance et des circuits courts. A deux pas de Paris, vous trouverez un vrai poumon agricole, avec de nombreux producteurs qui développent de plus en plus une démarche de circuits courts et de vente à la ferme. C’est le meilleur moyen de se reconnecter à son alimentation et de marier tourisme et gastronomie.

    Découvrez la plaine de Versailles
    Découvrez la plaine de Versailles

    J’ai adoré la démarche de la biscuiterie Les deux gourmands à Crespières : des cookies 100% made in l’île de France ! Et en plus, on peut goûter en direct à la boutique, dans un bar à biscuits (que j’aurais volontiers dévasté en deux secondes quand on ne me regardait pas) alléchant. Vous croquerez dans le blé de Crespières, le sucre de betterave d’île de France, le chocolat d’Hardricourt, le safran du Gâtinais, les coquelicots de la plaine… et bien sûr, le miel de Crespières. Les biscuitiers se sont associés à un apiculteur, qui a installé ses ruches sur le territoire de la ferme, et propose son miel (dans les biscuits, en pot ou sous forme d’autres produits). Les ateliers peuvent être visités et c’est assez génial de voir les cookies découpés sur la planche, tournoyer dans l’entonnoir, conditionnés… cette visite donne faim et donne des fringales de localisme. Je la recommande sans hésiter à tous, aux familles et aux gourmands de tous âges, d’autant que le site a du charme : une grande ferme comportant un vaste espace où des démonstrations et manifestations festives sont régulièrement organisées. Les deux gourmands dynamisent la plaine, et leur démarche m’a conquise.

    Une autre belle rencontre, ce fut celle avec l’apiculteur Jacky Boisseau à Plaisir. Jacky Boisseau est un passionné, un amoureux des abeilles. Il constate et déplore leur déclin et en sait toutes les causes, et s’engage pour une apiculture profondément respectueuse des abeilles, en choisissant des espèces adaptées à nos climats, en leur fournissant une nourriture abondante et sans pesticides, en menant sa récolte de façon responsable pour ne pas mettre en danger la ruche (trop de pratiques apicoles sont prédatrices et tuent les abeilles). L’écouter parler des abeilles, de ce qui les menace et de ce qui les protège, m’a passionnée. Jacky Boisseau les connaît par cœur et est très investi dans le développement du savoir à ce sujet – ici et ailleurs : il est impliqué dans des projets apicoles au Liban et au Cameroun. Mais moi, c’est dans son jardin que je le rencontre, sous un grand cerisier alors couvert de griottes délicieuses, au milieu des coqs et poules. C’est un petit cocon idyllique, et j’aurais pu rester des heures… Munie d’un casque avec filet de protection, et protégée par les manœuvres de Jacky, je découvre l’intérieur de la ruche, la beauté géométrique et dorée des rayons couverts de miel et le délice du miel prélevé à la source. Le miel de Jacky Boisseau est le meilleur que j’aie eu l’occasion de goûter, et je n’exagère pas – un délice qui vous rend incapable à jamais de consommer du miel de supermarché… N’hésitez pas à faire un tour chez lui pour en acheter.

    Découvrez la plaine de Versailles

    Les circuits courts, la petite production familiale, j’adore, mais je sais aussi qu’il faut être réaliste : pour nourrir les 10 millions d’habitants de la région parisienne, il faut forcément aussi de grosses exploitations et des circuits de distribution efficaces. La ferme de Grignon m’a beaucoup intéressée, car elle donne l’occasion de visiter en conditions réelles une grande ferme produisant du lait notamment pour les filières Leclerc. Nous sommes ici dans une démarche qui n’est pas celle du petit producteur bio vendant en circuits courts, mais de la grande exploitation produisant des volumes importants. Et c’est justement cela qui m’a intéressée : voir les coulisses de l’agriculture conventionnelle souvent très décriée, pouvoir visiter une ferme de ce type sans barrières, sans zones interdites, en toute transparence. J’ai été heureuse d’y voir des vaches en bonne santé, en stabulation libre dans des enclos où elles étaient ensemble, de nombreux aménagements pour leur bien-être (par exemple des sortes de brosses rotatives contre lesquelles les vaches allaient se frotter), et très amicales avec les visiteurs. La ferme de Grignon vous montre toutes les étapes du processus de la production et du conditionnement du lait, avec de nombreuses explications pédagogiques la rendant particulièrement intéressante pour les familles. Le jour de ma visite, j’ai vu de nombreux enfants visiter le site, résoudre les énigmes, aller d’une station à l’autre, etc. La ferme explique également sa démarche de respect, à la fois sur le plan du bien-être animal et de l’environnement, notamment avec une importante usine de méthanisation permettant la production d’électricité à partir de la bouse de vache. Je pense qu’une telle visite est intéressante, et aide à restaurer le lien souvent dégradé entre agriculteurs et urbains.

    Il y a enfin un endroit que je n’ai pas pu visiter, mais que j’aurais adoré découvrir : les Fermes de Gally. On y vient pour la cueillette, et peut se promener dans les champs et choisir, selon la saison, les délices qu’on rapportera chez soi. On y trouve également un joli café, une boutique, une ferme ouverte… c’est une visite que je réserve pour une prochaine fois. Je reviendrai pour cela, et pour les chevaux !

    Découvrez la plaine de Versailles

    Je n’ai passé qu’une journée sur la plaine de Versailles, mais je retiens cette jolie parenthèse au vert et me promets de recommencer un de ces jours, pour me ressourcer à deux pas de Paris.

    Merci à l’association de la plaine de Versailles et notamment à Marie pour l’accueil chaleureux dans ce joli coin de verdure, ce fut une belle rencontre !

  • Un week-end en Normandie : l’Orne idyllique

    Un week-end en Normandie entre pommiers et poneys, fleurs et prairies, cidre et camembert, cela vous tente ? En tant que sudiste, j’ai toujours eu une image idyllique de la Normandie, belle comme un livre d’images. Je voyais les bocages aux haies fleuries et les collines verdoyantes, les vaches qui paissent sous les pommiers de juin, et les chevaux gris pommelés galopant dans l’herbe grasse et drue de ce pays où la pluie et le soleil se relaient au jardinage.
    Cette carte postale bucolique, elle existe : c’est l’Orne. Voici la Normandie secrète, plus rurale, moins célèbre, qui cultive un charme de jardin caché.

    Un week-end en Normandie : découvrez l'Orne. Que voir dans l'Orne ? Blog sur l'Orne.
    L’Orne ou la Normandie bucolique

    Nous sommes loin du Mont Saint Michel, des plages du débarquement ou des jardins de Claude Monet, mais dans une campagne idyllique, au milieu des buissons de rhododendrons. Je vous emmènerai explorer le site naturel sensible (et superbe) de la Roche d’Oëtre, plonger dans la culture équestre normande au Haras du Pin, se souvenir de la terrible bataille de Normandie au mémorial de Montormel, soutenir le savoir-faire made in France à la manufacture Bohin, et découvrir toute une série de bonnes adresses bucoliques et charmantes. Pour un week-end en Normandie, romantique, relaxant ou culturel, pensez à l’Orne : elle a le charme des secrets qu’on partage…

    La Roche d’Oëtre
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    Promenade à cheval au haras des Bruyères
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    Fromages de Normandie au manoir de La Queurie
    Le mythique haras du Pin
    Rhododendrons de Cerisy
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    Dégustation de cidre, calvados et pommeau à La Monnerie

    Un week-end en Normandie bucolique 

    L’Orne des chevaux, fleurs et petites vaches

    L’Orne est un pays de bocages, de prairies verdoyantes. C’est la campagne française dans toute sa beauté, préservée des grands remembrements, avec les haies foisonnant de fleurs, d’oiseaux et de grenouilles, et les yeux doux des chevaux et des vaches dans l’herbe touffue. Il faut l’explorer avec lenteur et bonheur, à pied, à cheval ou en vélo…

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    Café sauvage à La Maison du paysage, dans les gorges de la Rouvre

    A cheval au Haras des Bruyères

    Mon périple commence au Haras des Bruyères, à St Evroult Notre Dame du Bois. J’ai rêvé de cela depuis très longtemps : chevaucher parmi les forêts et les prairies de Normandie, cette terre d’élection pour les cavaliers. Pendant des siècles, l’Orne et plus particulièrement le Perche fut la terre des chevaux par excellence, berceau des haras royaux (dont je vous parlerai) et des plus grands élevages de chevaux de course. Monter à cheval dans l’Orne, c’est mettre ses sabots dans ceux de générations de fiers destriers, reprendre le rêve là où l’histoire l’a laissée…

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    Denis, le propriétaire du Haras des Bruyères, est un homme de cheval et un homme de terroir. Il aime profondément ses chevaux, d’excellentes montures d’extérieur, et son pays. Installé ici depuis 1993, il connaît l’immense forêt de St Evroult par cœur – une forêt comme dans les contes de fées, épaisse et mystérieuse, tapissée de fougères immenses et bruissant de vie sauvage – et il vous racontera la vie secrète des arbres et des plantes, l’histoire de ces bois et de ceux qui les peuplent.

    Le clou de la promenade, c’est la visite des ruines romantiques de l’abbaye de St Evroult, qui s’est effondrée en 1802 suite à son abandon à la Révolution française. Arpenter à cheval ce paysage à la Caspar David Friedrich restera un de mes plus beaux souvenirs de l’Orne.

    Un week-end en Normandie ? Un tour à Camembert !

    J’étais toute excitée de découvrir enfin ce minuscule village qui a donné son nom au fromage le plus célèbre du monde ! De Dubai à Chicago, de Sydney à Johannesburg, tout le monde a entendu parler du camembert. Tout comme la baguette, il est indissociable de l’identité française, c’est notre blason glorieux. Située dans une ferme du XVIIIe, la Maison du Camembert est un musée retraçant son histoire et sa fabrication. Le village est vraiment tout petit – un hameau de quelques maisons, pas plus – mais ravissant, et entouré de vaches qui complètent à merveille le tableau…

    Manger dans un jardin enchanté à La maison du Vert

    Ce restaurant, qui fait aussi chambre d’hôtes, est tenu par une Anglaise adorable qui a créé ici un petit univers magique. Des chats se prélassent parmi les massifs de fleurs, poulailler et potagers se cachent parmi les buissons, et tout l’endroit m’évoque un décor à la Alice au pays des merveilles, avec le charme mêlé de l’Angleterre et de la Normandie. J’ai eu un immense coup de cœur pour ce lieu hors du temps, et j’aurais adoré y rester plusieurs jours.
    Le restaurant est 99% vegan : le 1% est pour les plats incorporant les œufs des poules du jardin ! La carte puise son inspiration dans différentes cuisines du monde – je suis partie du côté de l’Inde. Tout est frais, délicat, délicieux. Retenez cette belle adresse : La Maison du Vert à Ticheville.

    Les rhododendrons de Cerisy

    Sur le mont de Cerisy en juin, à l’heure des rhododendrons, j’étais comme une gamine à Disneyland. C’est le rêve de toute blogueuse un peu romantique : une forêt de fleurs roses et violettes, des rhododendrons si épais et massifs qu’ils en deviennent de véritables arbres. J’avais l’impression de marcher dans un manga japonais, quand les personnages rêvent et se voient transportés dans un paradis psychédélique… Cette année, des gelées tardives avaient un peu abîmé la floraison, mais il paraît que d’ordinaire, la colline entière étincelle de rose, et que la vision est d’une beauté spectaculaire. J’aimerais revenir l’an prochain pour retourner au pays des contes…

    Les pommes et le cidre de Normandie

    Après le camembert, j’avais très envie de plonger dans un autre mythe normand : les produits à base de pomme ! Vous connaissez le cidre, mais connaissez-vous le pommeau et le calvados ? A Cerisy-Belle-Etoile toujours, je m’en vais découvrir une distillerie artisanale : La Monnerie. Isabelle Legay est la troisième génération de femmes fortes et passionnées à la tête de La Monnerie, avec un schéma de transmission original, de belle-mère en belle-fille. Chacune a épousé la pomme et la distillerie avec leurs maris respectifs – ici, le cidre est vraiment une histoire d’amour…
    Isabelle me montre l’impressionnante machine avec laquelle on distille le cidre pour obtenir le calvados, un processus complexe qui exige une surveillance constante. Le calvados vieillira ensuite en fût, pour de longues années… huit ans minimum, et jusqu’à cinquante ans. La Monnerie vous propose des calvados de 50 ans d’âge, trop puissants pour moi, mais appréciés des connaisseurs. En revanche, j’ai aimé le pommeau, qui est un mélange de calvados et de jus de pomme, plus frais (mais très alcoolisé tout de même : 17 degrés, à consommer avec modération). Le lieu est superbe, tout en vieux fûts de bois, tonneaux immenses et alambics de cuivre, un véritable atelier de sorcellerie au service des arômes de pomme. En juin, les pommiers étaient en fleurs, et l’ambiance délicieusement rétro. Je crois que pour tout week-end en Normandie, la visite d’une distillerie s’impose, et La Monnerie a des airs de carte postale…

    La manufacture Bohin

    Puisque nous célébrons le savoir-faire made in France, je vous propose un petit détour par la manufacture Bohin. Il s’agit de la dernière usine fabriquant des aiguilles en France, et ce depuis le XIXe siècle. Des aiguilles ? Cet objet qui paraît simple et anecdotique revêt en vérité une très, très grande complexité : pas moins de 27 étapes et de plusieurs semaines sont nécessaires à la fabrication d’une aiguille ! Les ouvriers travaillent sous vos yeux, sur des machines souvent très anciennes, et vous expliquent le dressage, l’empointage, l’estampage, l’ébavurage, le sciurage, le vannage, le nickelage… Les amoureux du patrimoine industriel se régaleront avec cette visite qui est un véritable retour dans le temps. J’ai été passionnée par le musée, qui raconte la personnalité du fondateur, Benjamin Bohin, visionnaire entrant à pieds joints dans la modernité avec cette usine novatrice et originale, menée selon des préceptes d’une grande actualité. La boutique est superbe et le musée d’une grande qualité visuelle. Lors de votre week-end en Normandie, allez soutenir le #madeinFrance avec cette visite originale et sympathique !

    Passons maintenant aux grands sites emblématiques de l’Orne, aux incontournables qu’il faut voir absolument.

    Le site naturel de la Roche d’Oëtre

    C’est sans doute le plus beau paysage de l’Orne, et un site d’une puissance visuelle exceptionnelle. La Roche d’Oëtre est un prolongement en terre normande d’une montagne qu’on associe usuellement à la Bretagne, le Massif Armoricain. Il s’agit des plus anciennes montagnes de France, et les chiffres donnent le vertige : dire que le Massif Armoricain est vieux de deux milliards d’années dépasse l’entendement humain… Les cycles géologiques vertigineux traversés par ces roches vénérables courent sur des millions d’années, avec jaillissement premier, lentes érosions, submersions océaniques et nouveaux soulèvements. Le résultat aujourd’hui, c’est ce belvédère spectaculaire, la Roche d’Oëtre, tout de granit et de poudingue, surplombant les gorges de la Rouvre à 118 mètres de haut, et cet étrange profil humain qu’on décèle dans la roche. Le pavillon de la Roche d’Oëtre raconte l’histoire de ce site exceptionnel, et propose de nombreuses expos scientifiques et artistiques.

    Avec une passionnante guide de la Maison du paysage, je descends ensuite dans les gorges de la Rouvre. Ce site naturel sensible est de toute beauté : la Rouvre serpente sous une voûte d’aulnes et de frênes. Plusieurs sortes de fougères, dont la très rare fougère royale Osmonde, s’épanouissent dans cette pénombre poétique. Je me passionne pour les limaces rouges des bois et l’histoire incroyable de la moule d’eau douce, dont les œufs se fixent aux branchies des truites et des saumons afin de pouvoir remonter le courant et regagner l’amont… C’est véritablement un milieu rare et précieux, une véritable cathédrale de la biodiversité normande dans laquelle pénètrent les promeneurs. La Maison du Paysage, installée au fond des gorges, propose de nombreuses activités pédagogiques à destination de tous : randonnées guidées, sorties cueillettes pour goûter les produits des bois, pêche en no kill… Ils ont aussi un Café nature ravissant et bucolique, pour savourer encore mieux la quiétude du lieu. Ma randonnée du belvédère de la Roche d’Oëtre au fond des gorges de la Rouvre restera un des plus beaux moments de ce week-end en Normandie – je vous recommande très, très chaudement ce site.

    Un week-end en Normandie : découvrez l'Orne. Que voir dans l'Orne ? Blog sur l'Orne.
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    Le haras du Pin, ou la Mecque des cavaliers

    Si vous aimez les chevaux et la culture équestre française, le haras du Pin est un mythe, un incontournable absolu. Et même si les chevaux vous laissent de marbre… la majesté classique de ce lieu hors normes et la multiplicité des activités proposées sauront malgré tout vous séduire. Le Haras du Pin est souvent surnommé « le Versailles du cheval ». Conçu pour incarner toute la grandeur du roi soleil, respectant l’élégance du Grand siècle dans sa conception fastueuse, le haras royal rayonne dans toute l’Europe et incarne l’excellence de l’élevage à la française. Au XIXe siècle, on élève ici les chevaux de course.

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    Aujourd’hui, le Haras du Pin s’est recentré sur les deux races normandes emblématiques : le percheron (dont le nom est tiré de celui de la région, le Perche), le plus célèbre des chevaux de trait, un colosse au cœur tendre, et le cob normand, plus léger. J’ai eu ici un immense coup de cœur pour le percheron, dont j’aimerais vous dire quelques mots. Ce doux géant gris pommelé, emblème de l’Orne, est d’une beauté spectaculaire : immense, puissant, le regard intelligent et les yeux tendres, crinière et queue abondamment fournis, c’est une véritable gravure. Malheureusement, malgré son immense beauté, son excellent caractère et sa douceur, le percheron est aujourd’hui majoritairement élevé pour la viande – ce qui brise mon cœur d’amoureuse des chevaux. C’est pour cela que le Haras du Pin a créé le centre de valorisation des races normandes, qui s’est donné pour mission d’acheter chaque année les meilleurs poulains aux éleveurs, et de les dresser de façon à ce qu’ils sachent TOUT faire. Dressage, randonnée, obstacle, débardage, attelage, les percherons et les cobs normands du haras sortent parfaitement accomplis, apte à répondre aux désirs de tout cavalier. Le poulain est ensuite vendu à l’âge de cinq ans environ, pour un prix certes conséquent – autour de six mille euros – mais qui correspond à l’excellence du dressage qu’il a reçu, et à la beauté soigneusement sélectionnée de l’animal. Je me suis surprise à rêver de repartir avec mon percheron… d’autant que j’ai pu faire un baptême à dos de percheron sur un cheval remarquable de beauté et de douceur.

    Mais le haras du Pin, c’est aussi une foule d’activités permanente : des spectacles équestres (4 spectacles différents en fonction de la saison et des jours de la semaine), la présence de chevaux de toutes races, un grand et passionnant musée du cheval retraçant toute la culture équestre française, avec un simulateur vous permettant de « vivre » de façon bluffante une séance d’obstacle, et toutes sortes de curiosités insolites… comme le cheval de Nicolas Sarkozy, la tombe de Furioso ou le cheval américain miniature.

    Depuis cet été, vous pouvez également partir pour un grand tour du haras en vélo électrique, ce qui est une excellente idée, car le haras couvre plus de mille hectares de prairies et que les paysages sont superbes. Bref, il y a de quoi passer une excellente journée lors d’un week-end en Normandie en famille, et ce lieu mérite infiniment le détour…

    Le mémorial de Montormel

    C’est un site poignant, terrible. La Normandie est belle et douce, mais parfois, un passé solennel et douloureux se cache derrièe la carte postale. Le mémorial de Montormel commémore la dernière bataille de Normandie, en août 1944. Alors que les armées allemandes reculaient sous la pression alliée, plus de 100 000 soldats allemands étaient toujours stationnés ici, dans la poche de Falaise. Des divisions françaises, américaines, anglaises et polonaises décident donc de mener une attaque conjointe. Cette plaine idyllique et verdoyante deviendra le théâtre d’une véritable scène d’apocalypse : le couloir de la mort. Eisenhower dira après la bataille avoir rarement vu un tel spectacle d’horreur et de désolation.
    Pour sortir de la poche, un seul passage : un gué franchissant la Dives. 100 000 Allemands, leurs tanks, leurs chevaux, leurs chars, doivent franchir ce gué boueux sous les bombardements alliés. C’est un déluge d’obus qui tombe du ciel. Les Allemands contre-attaquent. Ce sont dix jours de combats d’une violence inouïe dans un piège qui se referme.

    Un week-end en Normandie : découvrez l'Orne. Que voir dans l'Orne ? Blog sur l'Orne.

    Au mémorial de Montormel, un guide passionnant nous raconte la bataille, vécue par sa propre famille. Il nous raconte aussi l’horreur après celle-ci, quand les corps de 10 000 soldats et de milliers de chevaux jonchaient la plaine… Pendant des mois, les habitants ont vécu dans la puanteur insoutenable d’un charnier à ciel ouvert, car les corps étaient si nombreux qu’il fallut des années pour tous les évacuer ou les enterrer. La route n’était plus qu’un amas de tanks brisés et de chevaux morts. L’eau potable était empoisonnée par la putréfaction, forçant à un ravitaillement en citernes, et l’odeur si fétide et insoutenable qu’on faisait fumer des cigarettes aux enfants pour les soulager. Il fallut des décennies – jusqu’aux années 1980 ! – aux ferrailleurs pour évacuer tous les tanks.
    Ce récit si vivant, si poignant, m’a profondément touchée. Je suis ensuite allée sur le parcours voir les différents sites de la bataille, notamment le gué en question, ou encore le point de vue depuis l’église de Coudehard, qui offre une vue sur l’ensemble du Couloir de la mort et laisse imaginer l’effroyable gâchis de vies humaines et animales qui clôt cette guerre atroce…

    Mais revenons maintenant à la douceur.

    Bonnes adresses dans l’Orne, pour un joli week-end en Normandie

    Parce que l’Orne est rurale, bucolique et secrète, ce n’est pas un pays de grands hôtels, plutôt de jolies chambres d’hôtes de charme où on se réfugie dans une maison de campagne fleurie. Voici trois chambres d’hôtes qui méritent votre attention, pour réussir un week-end en Normandie romantique ou paisible.

    Je vous ai déjà parlé plus haut de la Maison du Vert. Outre un resto végétalien, c’est une ravissante chambre d’hôtes au style so British.

    A deux pas du mémorial de Montormel se trouve le Presbytère perché. Dans cette belle maison de famille à l’ancienne, le propriétaire chaleureux vous accueille dans un décor de boudoir rétro que j’ai beaucoup aimé. Un très joli cadre aux petits airs de Belle Epoque. Mention spéciale pour ma salle de bain, qui avait un charme fou et donnait envie de se prélasser longuement dans un bain, les yeux dans les arbres… J’ai partagé un dîner chaleureux avec le propriétaire et un couple adorable – cette maison respire la convivialité.

    A La Courbe, j’ai eu un vrai coup de cœur pour le ravissant manoir de La Queurie, chambre d’hôtes installée dans un château Renaissance au bord d’une rivière. Le lieu est d’une beauté de tableau de Monet : ce château splendide aux arches ouvragées que la vigne vient orner, cette rivière envahie d’ajoncs et de roseaux qui serpente doucement au pied du manoir… Les espaces d’habitation ont été rénovés de façon très design et épurée par la maîtresse des lieux, et la table d’hôtes, qui fait la part belle aux produits locaux et de saison, est excellente. Le lieu possède un charme rare, un peu hors du monde…

    Un week-end en Normandie : découvrez l'Orne. Que voir dans l'Orne ? Blog sur l'Orne.
    Un week-end en Normandie : découvrez l'Orne. Que voir dans l'Orne ? Blog sur l'Orne.

    J’ai trouvé que ces trois lieux étaient à l’image de l’Orne. Cette région respire un charme très ancien, fait de nature et d’agriculture, de traditions préservées et de beauté d’Epinal. J’y ai trouvé ma Normandie rêvée, une Normandie éternelle suspendue dans l’idylle… Allez la découvrir à votre tour, pour un week-end romantique ou une escapade en famille, offrez vous cette bulle de verdure et de douceur. Cette région mérite vos faveurs, c’est promis.

    Un grand merci à l’Orne, et notamment à Carole, pour la découverte de cette superbe région qui correspondait à mes envies de cavalière passionnée et d’amoureuse de la France des belles campagnes et des natures préservées.

    orne week end en normandie que voir dans l'orne (42)
    orne week end en normandie que voir dans l'orne (42)

    A suivre sur Itinera Magica : la Lozère, les gorges du Verdon, les îles Féroé, Lille, Lens, l’Autriche, Seignosse… inscrivez-vous à la newsletter ?

  • Voyage en Slovénie : le rêve vert

    Un voyage en Slovénie, de Bled à Bohinj, des Alpes juliennes à Ljubljana, voilà le joli songe cousu de nature et de traditions que j’ai vécu en septembre dernier. Moi l’éternelle amoureuse des Alpes, je rêvais depuis longtemps de leur point le plus oriental : la Slovénie, tout au bout de la chaîne de montagnes magiques. La Slovénie me tentait, mais je ne savais pas que je serais conquise à ce point. J’ai retrouvé là-bas une sorte d’idylle alpine parfaite, entre nature intacte, traditions préservées et beauté bucolique des montagnes, des lacs et des sources. Au bord du lac de Bohinj ou sur les hauteurs de Velika Planina, le temps semble s’être figé et j’ai eu la sensation d’entrer dans un livre d’images d’Epinal. La Slovénie est belle, belle, belle et pétrie d’authenticité. Voici mon carnet de voyage en Slovénie, écrit au fil du séjour, avec l’immédiateté des sensations brutes.

    lac de bohinj
    Arc-en-ciel sur le lac de Bohinj

    Voyage en Slovénie : impressions générales

    Slovénie, petit pays plein de contrastes

    Au nord, ce sont les Alpes. L’Autriche est à deux pas, l’influence autrichienne est forte : beaucoup de gens parlent plus spontanément allemand qu’anglais, on capte des radios et télés allemandes. Je retrouve cette perfection montagnarde que j’ai tant aimée en Bavière, en Autriche ou encore dans les Dolomites, cette impression de propreté cossue et de tradition fièrement défendue.

    Voyage en Slovénie : Bled, Bohinj, Vintgar, Velika Planina, Ljubljana. Un road trip en Slovénie pour un long week-end

    Le costume alpin slovène transforme celui qui le porte en Gandalf le mage : il se compose d’un grand chapeau mou, d’un bâton de berger, de sabots, d’une chemise blanche à fleurs et d’une sorte de manteau de paille censé être imperméable. Gandalf version gardien de vaches. Le nord de la Slovénie est une région de montagnes, de petits villages préservés, de torrents remplis de truites, de gorges étroites, de lacs et rivières aux eaux turquoise et émeraude, de sommets effilés, d’alpages bucoliques, de villages aux crucifix et géraniums, bref, une carte postale vivante dont je suis folle.
    Je n’irai pas au sud cette fois, mais je sais que j’y trouverais l’Adriatique, l’Italie à deux pas (Venise, Trieste), l’influence méditerranéenne puissante dans les villes balnéaires.

    Voyage en Slovénie : Bled, Bohinj, Vintgar, Velika Planina, Ljubljana. Un road trip en Slovénie pour un long week-end
    Costume alpin slovène

    Je lis les relevés climatiques et suis marquée par la force des contrastes. Ljubljana est à la fois une ville du sud, où l’été est long et chaud, et une ville des Alpes : l’hiver est interminable, le mercure descend jusqu’à -20. En Slovénie, la saison de ski est très longue, parfois de novembre à mai – les Alpes viennent contrecarrer la situation méridionale.

    bohinj
    Bohinj

    Une nation prospère, sur le modèle alpin

    Il fait bon vivre en Slovénie, c’est ce qui me frappe aussitôt. Le pays est prospère et respire la propreté et l’aisance, il ressemble beaucoup à l’Autriche. Le salaire moyen est de 1000 euros, soit 400 euros de plus que la Croatie et bien plus encore que les Balkans. Parmi les pays de l’ex-Yougoslavie, la Slovénie est clairement celui qui a su tirer son épingle du jeu. Contrairement à nombre de pays d’ex-Yougoslavie qui appartenaient à l’empire ottoman, la Slovénie était habsbourgeoise – elle fut membre du saint empire romain germanique, puis de l’empire austro-hongrois. La différence culturelle se ressent fortement. Comme l’Autriche, elle est catholique, baroque, très influencée par la contre-réforme, alpine, traditionnelle. Les Slovènes sont des Slaves, mais tout ici me rappelle les pays germaniques, l’organisation des villes, le culte du recyclage et du vélo, la ponctualité un peu rigide.

    Voyage en Slovénie : Bled, Bohinj, Vintgar, Velika Planina, Ljubljana. Un road trip en Slovénie pour un long week-end
    Eglise baroque à Ljubljana
    lac de bohinj
    Douceur de vivre au lac de Bohinj

    L’ombre de Tito

    J’essaie timidement de poser des questions sur Tito, président de l’ex Yougoslavie, en ayant peur d’offenser mes interlocuteurs, mais le sujet ne choque pas. Les Slovènes ont une bonne opinion de lui. Avec les Russes et les Polonais, les Slovènes sont le pays dont la population civile a le plus souffert de l’occupation nazie, particulièrement atroce en raison de leur mépris pour les peuples slaves et de l’idée selon laquelle la « re-germanisation » de cette région qui avait fait partie du Saint empire romain germanique pendant des siècles passait par la destruction des Slovènes. Le pays s’est libéré lui-même, sans soldats étrangers (mais avec des livraisons d’armes anglaises), avec Tito en grand chef de la résistance. L’effort extraordinaire de libération a soudé les peuples de Yougoslavie derrière lui. Tous disent la même chose, « seul Tito pouvait nous unir ». Les Slovènes ont un bon souvenir de la Yougoslavie, et disent pourtant que la rupture était inévitable après la mort de Tito. Les différences culturelles étaient trop importantes, les différences de niveau de vie trop flagrantes. Les Slovènes sont sortis vite et proprement de la Yougoslavie, sans guerre, sans effusion de sang – leurs voisins balkans n’ont pas eu cette chance…

    Quelques spécialités à découvrir en voyage en Slovénie

    * Le lait. Les vaches sont innombrables dans ce pays d’alpages et de pâturages. On trouve des distributeurs de lait, de yaourt et de crème dans les villes. Le yaourt à la myrtille est excellent, ce qui me réjouit – c’est ma drogue préférée.


    * Le miel. La Slovénie est le pays qui a inventé au 18e siècle l’apiculture moderne avec Anton Jansa (1734-1773), apiculteur officiel de la cour de Vienne. Une tradition ancienne est préservée : le fait de peindre les ruches avec différentes couleurs, voire des fresques, des miniatures, des scènes bibliques, de vraies œuvres d’art. Au 18e siècle, on pensait que les abeilles reconnaissaient ainsi leur ruche. A Bled, à Ljubljana, on trouve d’innombrables boutiques vendant tous les miels possibles et imaginables, et des crèmes à la gelée royale, des sérums au venin d’abeille… Avec 5 apiculteurs pour 1000 habitants, le pays a le plus grand ratio au monde. La Slovénie a obtenu des Nations Unies que le 20 mai (naissance d’Anton Jansa) soit déclarée journée mondiale de l’abeille et des pollinisateurs. Je croise des ruches au beau milieu des villages, dans les jardins. Les abeilles sont très présentes partout, plus que chez nous – visiblement, le déclin global des abeilles est moins frappant ici, où elles sont très choyées.

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    Miels et cosmétique de luxe au château de Bled.


    * Les pommes. En ce mois de septembre, le pays croule littéralement sous les pommes, comme la Sicile sous les oranges. Pommes partout, dans les rues, dans les jardins, que personne ne peut ramasser tant elles sont nombreuses. Bien sûr, on boit d’excellents jus de pomme.

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    * Les champignons. Après la Finlande et la Suède, la Slovénie est le pays le plus boisé d’Europe. 60% de sa surface est couverte de forêts. L’obsession slovène, c’est la cueillette des champignons, et en ce moment on les retrouve sur tous les marchés, dans tous les plats. Il paraît que voler ses champignons à un Slovène est la seule chose qui puisse le faire sortir de ses gonds.


    * La potica, espèce de gros gâteau à couches multiples (noix, pommes, crème, pavot…) complètement étouffe-chrétien. Je reconnais là la subtilité toute germanique dans la pâtisserie.

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    * L’artisanat d’art traditionnel : porcelaine, cristal, dentelle, poterie.

    Nature et identité en Slovénie : écolos et tradis

    Ce qui me marque, c’est la combinaison de la prospérité, de la modernité et de la préservation de traditions ancestrales. Les Slovènes connaissent le monde, voyagent et sont polyglottes, mais ils émigrent peu. Ils restent souvent dans leur région. Ils vivent dans des villages minuscules ou de petites villes où tout le monde se connaît. Ils épousent d’autres Slovènes, à l’extrême limite des Autrichiens ou des gens d’ex-Yougoslavie. Dans les villages, les maisons sont très proches les unes des autres, souvenir de l’époque où il fallait resserrer les villes pour préserver les pâturages. Le catholicisme reste fort, les mariages se font nécessairement à l’église. Il y a quelque chose d’un peu ancien qui me plaît ici, une ambiance de village soudé et attaché à son terroir, l’ouverture sur le monde en plus. Je me dis que je pourrais vivre ici.

    stara fuzina
    Le magnifique village de Stara Fuzina

    L’ambition de la Slovénie, c’est le tourisme vert. Le pays craint très fort un tourisme de masse, qu’il subit déjà à Bled. Pour cela, de nombreuses mesures sont prises. La culture du recyclage est forte, avec du tri sélectif partout, et de vrais encouragements à la mobilité verte. Le centre de Ljubljana est entièrement piétonnier, sauf tôt le matin pour les livraisons, mais des navettes électriques entièrement gratuites sillonnent la ville et peuvent être appelée sur demande. Au lac de Bohinj, à Bled, on multiplie aussi les navettes gratuites. Les pistes cyclables sont omniprésentes, la location de vélos très abordables.  Je constate l’insistance sur les produits locaux – nombre de restaurants spécifient la provenance des aliments, mettent un petit drapeau slovène ou vert à côté des produits locaux.
    Le tourisme surfe sur l’écologie, avec beaucoup « d’eco-resorts ». Ceux que j’ai visités étaient super, alliant confort et écologie, mais apparemment il y a aussi, comme partout, pas mal de greenwashing et d’arnaque, où on paie au prix fort l’inconfort.
    La communication du pays est axée sur la nature. La couleur de l’office national du tourisme est le vert, et on communique beaucoup sur la rando, le vélo, le kayak, etc.
    Ce sont des écolos tradis affables et qui mangent du yaourt aux myrtilles. Oui, vraiment, je pourrais vivre ici.

    Voyage en Slovénie : Bled, Bohinj, Vintgar, Velika Planina, Ljubljana. Un road trip en Slovénie pour un long week-end
    Avec Grega de Hike and Bike à Bohinj
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    Voyage en Slovénie : le carnet de bord

    La vallée de Bohinj et la gorge de Vintgar

    J’arrive dans la vallée de Bohinj, à l’entrée du parc national de Triglav. Je suis heureuse de découvrir le sixième pays de l’arc alpin, après la France, la Suisse, l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie. Les Alpes juliennes (celles de Slovénie) sont à la mode, elles figurent parmi les 10 destinations 2018 du Lonely Planet, et semblent le mériter : j’adore ces paysages de cascades, de gorges, d’alpages et de villages préservés.
    Le Triglav (2400 mètres) est le plus haut sommet slovène et un véritable mythe national. On est pas un vrai Slovène sans l’avoir gravi au moins une fois, un peu comme le Mont Fuji au Japon. La première ascension eut lieu en 1778, soit 8 ans avant le Mont Blanc – cela m’intéresse, moi qui croyais que l’alpinisme avait été inventé en Chamonix et que personne n’avait grimpé à une montagne avant. Certes, le Mont Blanc est deux fois plus haut, mais tout de même. A Bohinj, une statue commémore les « quatre braves » qui ont réussi ce premier exploit. On voit le Triglav de partout autour du lac, une belle figure tutélaire dentelée.

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    Le Triglav au fond, et les quatre braves

    Le lac de Bohinj est superbe. On y nage, fait du paddle, du kayak, et les bateaux à essence sont interdits. L’église au bord du lac, hélas fermée, est la plus célèbre de Slovénie, en raison de sa décoration complètement bizarre et ésotérique :  des anges avec des dents (Dracula n’est pas très loin…), des démons, des anges en trompe l’œil qui ouvrent et ferment les yeux… Je mange une fabuleuse glace à la myrtille en bénissant ce pays. Je fais un grand tour en vélo électrique avec Grega de Hike & Bike, prestataire super sympa et passionné.

    bohinj slovénie

    Nous visitons ensemble le village de Stara Fuzina, magnifiquement typique, avec ses maisons en bois, ses géraniums, ses pommiers, et enchaînons avec la découverte d’une gorge et d’une cascade dans le parc national de Triglav. Cela me fait terriblement penser à la Bavière et à l’Autriche : des Alpes moins hautes que les nôtres, mais très vertes, très aquatiques, et aux villages ultra traditionnels. Evidemment, j’adore.

    Voyage en Slovénie : Bled, Bohinj, Vintgar, Velika Planina, Ljubljana. Un road trip en Slovénie pour un long week-end
    Gorge dans le parc national de Triglav, près de Bohinj

    Tôt le matin, dans la lumière dorée, je visite la gorge de Vintgar, qui est absolument sublime : une gorge étroite, vertigineuse, traversée par une rivière émeraude avec de multiples cascades. Un chemin de fer surplombe la gorge : il reliait autrefois l’Autriche, la Slovénie et l’Italie dans un long voyage de légende. Aujourd’hui, il a le statut de curiosité folklorique : des trains à vapeur d’époque le parcourent le week-end.
    Je pars avec un regret : ne pas avoir vu la turquoise vallée de la Soca, qui me fera revenir ici…

    Bled, l’incontournable

    Me voici à Bled. Bled est LE spot touristique en Slovénie, et il faut dire qu’il y a de quoi : c’est un cocktail parfait de tout ce qu’on aime quand on est un touriste un peu romantique. Il y a un lac bucolique avec des barques traditionnelles, un château de conte de fées perché au sommet d’une falaise et une petite église baroque sur une île au milieu du lac. C’est absolument magnifique, sans doute un des plus beaux lacs des Alpes, et un des plus pittoresques. On comprend pourquoi les Habsbourg et Tito avaient une résidence d’été à Bled. Je souris de voir que la Villa Bled, résidence d’été de Tito, est aujourd’hui un hôtel de luxe 5* – ainsi finissent les communistes au temps du capital.

    lac de bled voyage en slovénie

    J’arrive à Bled à la nuit, pour dîner au prestigieux restaurant gastronomique du château de Bled. La vue sur le lac est extraordinaire. Plusieurs couples célèbrent leurs fiançailles ou leur mariage dans ce cadre féerique. Le chef est talentueux, cela se sent à chaque étape, et prépare des produits locaux de façon extrêmement raffinée. Cela sera mon plus beau repas lors de ce voyage en Slovénie.

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    Vue depuis le restaurant du château de Bled


    Sur le lac de Bled, une seule sorte de bateaux est tolérée : des barques traditionnelles qu’on déplace à la rame seulement. Les bateliers du lac de Bled appartiennent à un cartel, pardon, une confrérie, jalousement préservée depuis 1740 (date de la création de la confrérie par l’impératrice Marie Thérèse). Cela fait donc 250 ans que la charge se transmet exclusivement de père en fils pour les 27 propriétaires de ces barques en bois ouvragé qu’on ne déplace qu’à la rame (aucun moteur n’est toléré à Bled). Ils sont en situation de monopole depuis 250 ans, et j’avoue que cela se sent. On part pour la petite chapelle avec une heure de retard sans aucune explication, mais c’est tellement beau que j’oublie de râler.

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    Je retourne de jour au château de Bled pour découvrir une expo intéressante sur les guerres de religion en Slovénie, qui fut un des premiers foyers du protestantisme. Une machine Gutenberg a permis la diffusion de la Bible en plusieurs langues, et plusieurs prédicateurs protestants s’étaient réfugiés au château de Bled. La contestation religieuse fut écrasée dès le 16e siècle, bien avant la guerre de 30 ans. La contre-réforme a été très forte en Slovénie et le pays est résolument catholique depuis. Puis je redescends au bord du lac pour un repas délicieux dans un des nombreux restaurants sur la rive. Au menu : truites et champignons.

    Je dors au très beau Rikli Balance hotel. Rikli était un Suisse du 19e, inventeur de cures que ne renieraient pas les bobos d’aujourd’hui (comme moi) : végétarisme, pas d’alcool, repas légers, marche et bains thermaux. S’il surprenait ses curistes en train de manger de la viande ou de boire de l’alcool, il les virait du sanatorium sans ménagement. C’est comme ça que le tourisme s’est développé à Bled, les aubergistes du coin récupérant les hérétiques exclus. Le Rikli Balance Hotel d’aujourd’hui est clairement moins spartiate. Le spa est gigantesque, fabuleux. Je bénéficie d’un massage de tout le corps (1h20 !) avec des huiles essentielles de montagne, je suis en string en papier jetable et une dame à l’air sévère me malaxe énergiquement tout le corps comme si j’étais une boule de pain complet. Très sympa.

    Sur les sommets de Velika Planina

    Je prends la route pour Velika Planina, une région alpine près de Kamnik. C’est de toute beauté. Je retrouve les Alpes en majesté : sommets élevés, alpages verdoyants, sources claires. Nous montons à un hameau de haute altitude exclusivement réservé aux bergers depuis des siècles, et je suis fascinée. Pour vivre ici, il faut avoir des vaches sur les estives, telle est la règle. Le village n’est habité que de mai à septembre, lorsque les vaches sont en altitude. L’électricité n’est pas venue par des câbles, mais depuis 15 ans, les bergers y ont droit grâce à des panneaux solaires. Les maisons respectent toutes le plan traditionnel : il s’agit de cabanes en bois totalement différentes de ce que j’ai vu partout ailleurs dans les Alpes, avec une structure ronde, un bois grisé, une architecture vraiment ultra typique à cette région de Slovénie. Je n’ai jamais vu ça. Nous buvons un jus de pomme chez Robert, berger et aubergiste pour les touristes en quête d’authenticité alpine.

    velika planina

    La chapelle « Notre Dame des Neiges » est saisissante, avec son autel en chaîne noueux, son architecture qui me rappelle les églises en bois debout (Stabkirche) de Norvège. Je suis dans un autre monde.


    Nous redescendons dans la vallée et découvrons la source de Bistriska, d’un vert saisissant, et sa gorge. Ce pays est magnifique.

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    Ljubljana, baroque et art nouveau

    Je suis bien disposée envers Ljubljana dès la découverte de mon hôtel : le merveilleux Vander Hotel, un 4 étoiles ultra design et un peu bling bling avec un bar de hipster, un resto magnifique sur la rivière et une terrasse rooftop avec piscine, coucher de soleil et tabourets en forme de bouchon de champagne. Je regrette de n’avoir personne avec moi pour faire des photos super instagramables.

    Voyage en Slovénie : Bled, Bohinj, Vintgar, Velika Planina, Ljubljana. Un road trip en Slovénie pour un long week-end

    Encore une fois, je ressens profondément mon amour pour ce que les Allemands appellent « Mitteleuropa » (l’« Europe du milieu », celle de l’ancien empire des Habsbourg). J’ai adoré Ljubljana parce que j’y retrouve un moule culturel précis dans lequel mon imaginaire s’est formé, à Munich, à Augsburg, à Salzbourg, à Innsbruck, à Vienne, à Prague, à Ljubljana aujourd’hui. Ce sont d’anciennes villes médiévales complètement refondues à l’époque baroque, à l’époque de la Contre-Réforme catholique, avec une sorte exubérance baroque lumineuse qui me met en joie. Ce sont des villes souvent marquées ensuite par l’Art nouveau, par un début de 20e siècle profondément symbolique et onirique. Le grand architecte Art Nouveau de Ljubljana a aussi marqué Prague de son empreinte : c’est Plečnik. Ce sont des villes où vivaient, avant les catastrophes atroces du 20e siècle, des allemands, des italiens, des juifs, des slaves… C’est le cœur battant de la vieille Europe et c’est ma patrie intellectuelle fantasmée. Je retrouve lors de ce voyage en Slovénie un imaginaire qui m’a accompagnée durant toutes mes études, un idéal européen vivant.

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    A Ljubljana, la ville médiévale a disparu avec le tremblement de terre de 1511, à l’exception du château surplombant la ville sur sa colline. La ville est résolument baroque : grandes façades lumineuses, bulbes dorés, murs pastels. Je pense à Salzbourg, à Innsbruck, notamment pour le côté « cuvette » au milieu des Alpes et la profusion baroque.

    La cathédrale de Ljubljana est d’ailleurs un quasi clone de celle de Salzbourg : inspiration chapelle Sixtine, très haute voûte ronde percée, inspiration contre-réforme à fond dans la déco. Je suis très marquée par les portes, refaites dans les années 1980 pour la venue de Jean-Paul II – elles sont à la fois saisissantes et effrayantes, une grande fresque de métal fondu montrant toute l’histoire du christianisme en Slovénie, la première christianisation à l’époque romaine, la repaganisation avec l’invasion des Slaves, puis le baptême des Slaves, la grande épopée des croisades, la contre-réforme, les grands évêques du 19e. Jean-Paul II trône au sommet.

    L’autre grande influence qui marque la ville, c’est donc celle du fameux Plečnik, architecte star de l’art nouveau dans l’empire austro-hongrois qui a marqué de son empreinte Prague, Vienne, et surtout Ljubljana. Il a édifié partout des sortes de lampadaires à la fois symbolistes et futuristes, des ponts, et plusieurs monuments, dont un qui ressemble au Flat Iron new-yorkais. La vieille ville est entièrement piétonne et s’organise autour d’une rivière, Ljubljanica, un affluent de la Save. La plus belle marche est en bord de rivière, lumineuse et joyeuse. Les ponts sont innombrables, les plus célèbres étant les « trois ponts » de Plečnik face à l’église mariale, une architecture à la fois ultra classique et audacieuse qui sublime l’église baroque adjacente, et un pont à cadenas d’amour qui ressemble au pont des arts parisiens. Je pense aussi à Paris, à Nancy. J’adore l’art nouveau, j’adore cette atmosphère à la fois germanique et méditerranéenne, ce genre de lieu hybride me correspond.

    Je vais enfin saluer le mythique « pont du dragon » que j’ai si souvent vu en photo. J’adore cette vision fantasmagorique.

    Quelques bonnes adresses à Ljubljana 

    – Rogaska, fabrique de cristal depuis 1655
    – Movia, petit bar à vins de vins slovènes (micro production car petit pays, mais bons vins, avec la grande diversité des climats, des Alpes à la Méditerranée – ils font de tout)
    – Dvorni, idem : vins + tapas slovènes
    – Klobasarna, le fast food slovène : des saucisses
    – Honey House : magasin de miel traditionnel avec les ruches peintes. L’apiculture est un incontournable de tout voyage en Slovénie
    – Piranske Soline : les salines de Slovénie, le sel pour la cuisine, la cosmétique, etc
    – Gujzina, resto réputé travaillant notamment l’huile de pépin de citrouille, spécialité slovène, et les fameux gâteaux si légers (potica, gibanica)
    – Galeria Idrijske Cipke : travail à la main de la dentelle, très impressionnant, très cher
    – Druga Violina : café resto réputé aux velléités artistiques et branchées
    – Valentin : excellent resto de poissons à l’emplacement de l’ancien marché aux poissons
    – Monstera Bistro : cadre un peu terne mais nourriture très bonne et locale
    – Vander Hotel : le resto est excellent et situé en bordure de rivière. Mon 2e coup de cœur gastronomique lors de ce voyage en Slovénie.

    Je quitte la Slovénie avec un nouvel amour au cœur et quelques certitudes renforcées :
    – Pour leur mélange de paysages grandioses et de cultures à l’identité si forte et persistante, les Alpes sont la chaîne de montagnes la plus merveilleuse du monde et mon amour pour elles est immortel.
    – J’ai vraiment une affinité profonde avec ce type de destinations : donnez-moi de la Suisse, de la Bavière, de l’Autriche, de la Slovénie, c’est tout ce que j’aime.
    – Ce pays mérite tout le bien qu’on en dit.
    – Les myrtilles et leurs dérivés, c’est vraiment la vie.
    Slovénie, merci, je reviendrai, j’en suis sûre.

    Voyage en Slovénie : Bled, Bohinj, Vintgar, Velika Planina, Ljubljana. Un road trip en Slovénie pour un long week-end
    Epinglez-moi !

    Je suis venue en Slovénie en tant que journaliste, en voyage de presse individuel organisé par l’OT de Slovénie, pour un reportage pour Version Femina. Cet article de blog n’est qu’un bonus, je partage mes impressions avec vous sans aucune obligation, juste pour le plaisir. J’ai adoré ce pays.

    *

  • Belle et surprenante Saône-et-Loire : une découverte

    Connaissez-vous la Saône-et-Loire ? Nous sommes tout au sud de la Bourgogne, dans la région de Mâcon, Chalon-sur-Saône et Tournus, bercés par le flux lent de la Saône bordée de collines. C’est un pays de vignobles et de villages, de châteaux et de gastronomie – la France comme je l’aime, pittoresque, riche de patrimoine et de savoir-faire. J’ai eu le plaisir de découvrir cette région dont les beautés restent méconnues, et j’ai été surprise et charmée par ses beautés et son art de vivre. Nous sommes en Bourgogne, et les plaisirs de la vigne et de la table sont à l’honneur. Villes aux trésors secrets, villages de caractère, châteaux romantiques, coteaux aux noms poétiques, la Saône-et-Loire a su me séduire. Peut-être n’aviez vous pas songé à cette destination ? Je la découvrais aussi. Mais j’espère qu’après m’avoir lue, vous vous direz qu’un week-end en Saône-et-Loire (ou bien plus si affinités !), cela vaut le coup. Partons l’explorer ensemble…

    saone et loire

    Pourquoi la Saône-et-Loire ?

    Mâcon, Chalon, Tournus, vous connaissez ? Je n’y avais jamais mis les pieds avant cette année, je ne m’étais jamais arrêtée sur l’autoroute de Lyon vers Paris, et je me rends compte que j’ai eu tort. Cette région mérite au moins une petite halte – c’est si facile de sortir de l’A6 pour aller visiter la sublime ville de Tournus, vous êtes à deux pas –, et bien plus encore.

    Pour le vin et la gastronomie, sans se ruiner : la Bourgogne abordable

    La Saône-et-Loire, c’est en Bourgogne, et qui dit Bourgogne dit vins délicieux et haute gastronomie. Après avoir découvert la Côte d’Or et les beautés de Dijon et Beaune à l’automne dernier, j’étais heureuse de revenir dans ce pays de grands vins et de bonne bouffe, cette fois plus au sud. Le paysage est différent : plus vallonné, plus marqué par la présence de l’eau, il m’a davantage rappelé mon séjour dans la Loire qu’en Côte d’Or. Mais côté table, les ingrédients sont les mêmes. On retrouve un très grand attachement à la vraie gastronomie, au fait-maison, à la cuisine française avec des produits frais de terroir, on retrouve des vignobles prestigieux et des vins délicieux. On mange vraiment très bien en Saône-et-Loire, je n’ai cessé de le constater.
    La plus grande différence pour le voyageur, c’est sans doute que la Saône-et-Loire est plus abordable : nous sommes plus loin de la Côte de Beaune et Côte de Nuits, qui attirent par leur prestige international une clientèle très fortunée. La Saône-et-Loire, c’est une Bourgogne plus accessible, peut-être un peu moins luxueuse, mais tout aussi attachée à l’hospitalité bourguignonne. C’est un excellent endroit pour découvrir ce patrimoine et ses plaisirs, sans disposer forcément d’un gros budget.

    Pour son patrimoine : la beauté des villages et des châteaux de Saône-et-Loire

    Connaissez-vous la forteresse de Brancion, trônant fièrement depuis des siècles au-dessus d’une plaine immense couverte de villages pittoresques ? Ou encore les châteaux de Germolles et de Cormatin, petits joyaux préservés ?

    Que voir en Saône-et-Loire ? Tourisme et bonnes adresses à Châlon-sur-Saône, Tournus, Mâcon, le Beaujolais. Châteaux de Saône-et-Loire
    Château de Cormatin
    forteressede brancion
    Forteresse de Brancion

    Connaissez-vous la rue de Strasbourg à Chalon-sur-Saône, qui fourmille de restos à deux pas de la Saône ? Connaissez-vous le charme des villages de la côte châlonnaise, comme Mercurey ? Connaissez-vous l’extraordinaire abbaye romane St Philibert à Tournus, qui fête ses mille ans cette année ? Connaissez-vous le Val Lamartine, au sud de Mâcon, avec ses châteaux romantiques et ses vignobles étendus au pied de la sublime roche de Solutré ?

    La Saône-et-Loire, c’est un manteau de petits bijoux méconnus, châteaux, églises, villages de charme, qui ne cessent de me montrer combien la France est belle et mérite qu’on la découvre.

    Chalon-sur-Saône, vivante et colorée

    Chalon-sur-Saône m’a véritablement surprise : je n’en attendais rien, car je ne la connaissais pas et n’avais jamais vu de photos d’elle dans les magazines, et j’ai été conquise.

    D’abord parce qu’elle est véritablement vivante. Le cœur de ville entièrement piéton est incroyablement riche en bars, cafés, petits restos et boutiques originales. Les façades sont étonnamment colorées, donnant un petit air méridional à cette ville que la Saône relie au rêve du sud, et de nombreuses fresques en trompe-l’œil rappellent l’amour de Chalon pour le théâtre et les arts vivants : chaque année, le festival Chalon dans la rue attire un monde fou et renforce la nature conviviale de Chalon. J’ai eu un coup de cœur pour la rue de Strasbourg avec tous ses restos, pour les nombreuses fontaines et terrasses qui suggèrent une vie tournée vers l’extérieur.

    Ensuite, parce qu’elle est belle. La place de la cathédrale est absolument sublime, une vraie vision de carte postale avec ses maisons à colombages et son impressionnante architecture gothique, restée intacte à la Révolution. Saviez-vous que la photographie a été inventée à Chalon, par Nicéphore Niepce ? Si j’avais été Niepce, j’aurais moi aussi eu envie d’inventer la photo pour immortaliser la place de la cathédrale. Quoi qu’il en soit, le musée Niepce (que je n’ai pas eu le temps de visiter) me fera revenir à Chalon : il a l’air absolument extraordinaire, un trésor de l’histoire de la photographie !

    Une bonne adresse à Chalon : le resto La forge. Je vous parlais de la gastronomie bourguignonne de grande qualité, mais abordable, La Forge en est un excellent exemple. Ce petit resto situé rue de Strasbourg cultive l’amour du travail bien fait, à l’image des ancêtres artisans forgerons à qui il rend hommage. Pour une trentaine d’euros, un vrai menu gastronomique de grande qualité, avec des produits du terroir préparés avec soin, des fleurs du jardin (saveurs originales) et des alliances très réussies !

    Une balade sur la côte chalonnaise

    La Bourgogne compte trois côtes célèbres : la Côte de Nuits, la Côte de Beaune et la Côte chalonnaise. Si cette dernière ne fait pas partie du périmètre classé à l’UNESCO, elle produit elle aussi de très grands vins, avec une même organisation géographique : les climats de Bourgogne, une répartition de l’espace vinicole en toutes petites parcelles classées selon la nature de leur sol et de leur ensoleillement, ce qui signifie que chacune est unique. Ici, puisqu’on travaille les mêmes cépages, c’est véritablement le sol qui détermine la valeur du vin, ses arômes et sa personnalité – ici on boit le sol, on ancre le vin profondément dans un terroir précis et intimement connu. Je vous avais longuement parlé des climats de Bourgogne dans mon article sur la Côte d’or, n’hésitez pas à relire les explications si le sujet vous intéresse : les mêmes principes s’appliquent à la Saône-et-Loire, le même soin est accordé à la vigne, au raisin et au vin.

    La côte chalonnaise me plaît beaucoup esthétiquement, car elle est verte et vallonnée, un paysage de carte postale, où les coteaux épousent les formes des collines et où des châteaux émergent des vignes.

    Magnifique château de Rully

    Ma visite commence au domaine Chanzy à Bouzeron. Propriétaires de 80 hectares de vigne répartis sur les trois côtes de Bourgogne, ils proposent à la vente et la dégustation les grands vins de Bourgogne – les Grands crus, les plus prestigieux de tous, les Premiers crus, et les crus Villages. Mais ce que je retiendrai de ma visite, c’est leur fabuleux Crémant de Bourgogne (un vin effervescent, comme le champagne), vraiment exquis !

    Je découvre ensuite le superbe château de Rully, vision idyllique d’un château médiéval au milieu des vignes, avant de filer à Mercurey, un des plus jolis villages de la côte chalonnaise.
    Du domaine Château de Chamirey, la vue sur le village et les coteaux est de toute beauté, une vision de cinéma qui achève de me convaincre de la beauté de la Saône-et-Loire. Le domaine produit d’excellents vins issus des meilleurs terroirs de Mercurey, et le lieu superbe invite à s’éterniser un peu sur la terrasse pour une dégustation avec vue.

    Un château fabuleux en Saône-et-Loire : bienvenue à Germolles

    Voulez-vous retourner au XVe siècle, à l’époque des glorieux ducs de Bourgogne, qui furent plus riches que le roi de France et dont le duché courait jusqu’à la Flandre ? Alors, il faut que vous visitiez Germolles, qui est la mieux préservée des demeures ducales, et qui appartenait à l’opulente et puissante Marguerite de Flandre. Ce n’est pas une forteresse médiévale, c’est un palais d’apparat et d’agrément, qui augure déjà des fastes de la Renaissance. J’ai adoré la visite de ce lieu en compagnie de son propriétaire, immensément érudit et passionné, et la beauté de ce cadre romantique.

    Tournus, une merveille de ville médiévale

    Je me suis sentie coupable de ne pas connaître Tournus alors que j’ai vu environ mille fois sur l’A6 le panneau marron annonçant l’abbaye St Philibert, que cette ville magnifique est à 5 minutes de la sortie d’autoroute, et que j’adore l’art roman. Verdict : j’avais raison de me sentir coupable. Sincèrement les amis, au lieu de manger un sandwich triangle sur une aire, sortez de là et allez voir Tournus. La ville n’a que 6000 habitants, mais un charme fou, et tellement d’atouts dans sa manche. Voici donc quatre excellentes raisons d’aller voir Tournus.

    tournus

    Vous l’aurez compris, la fabuleuse abbaye St Philibert vaut vraiment le coup. C’est un chef d’œuvre de l’art roman, avec un cloître d’une beauté rare, un petit bijou paisible à l’ombre des grands arbres. L’église abbatiale est une des plus grandes églises romanes, et une des mieux conservées – une véritable machine à remonter le temps. Et que dire de la crypte ? Mon Dieu, il faut tourner des films mystiques façon Nom de la rose dans cette crypte ! Immense, obscure, avec sa forêt de colonnes sculptées et son puits bruissant de légendes…

    Vous connaissez sans doute les hospices de Beaune, mais connaissez-vous ceux de Tournus ? Un peu plus récents – ils datent du 17e siècle –, ils sont superbes et fascinants, notamment leur apothicairerie d’époque, avec ses boiseries et sa collection de fioles mystérieuses, remplies de poisons et de remèdes…

    Tournus est une ville d’art : de très nombreuses galeries et boutiques d’art emplissent les ruelles, et un parcours fléché vous permet de toutes les découvrir. Quel dynamisme pour une aussi petite ville !

    Enfin, Tournus est une ville de gastronomie : elle a longtemps compté 4 restaurants étoilés au Michelin, et en possède toujours deux. Le restaurant étoilé de Greuze réouvre ce printemps, et ils proposent désormais une version bistronomique abordable, Le bouchon bourguignon. Une excellente adresse pour découvrir la cuisine de Greuze pour une trentaine d’euros avec une qualité de service extraordinaire !

    Des châteaux merveilleux autour de Tournus

    Cela fut un des grands moments de ma découverte de la Saône-et-Loire : le pays des châteaux autour de Tournus, où je suis allée de merveille en merveille.

    Je commence par mon coup de cœur ultime : la forteresse de Brancion. Vraiment, ne passez pas à côté, ce lieu est magique. La forteresse fut trois siècles dans les mains des Seigneurs de Brancion, avant de revenir aux ducs de Bourgogne, et c’est une petite Carcassonne de Saône-et-Loire, une merveille de village fortifié dressé sur son éperon au-dessus de la plaine. Les vues depuis le sommet du donjon sont fabuleuses, l’ambiance est celle d’un film d’époque, et le calme règne dans ce village sans voitures, où vivent une douzaine d’habitants. De nombreuses manifestations sont organisées l’été, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil au programme. La vue depuis la chapelle de Brancion est une des plus belles de Saône-et-Loire, et on devine les magnifiques villages en contrebas, notamment Chapaize, avec son église romane vraiment singulière, différente de tout ce que je connais avec son entrelacs de piliers énormes et spectaculaires.

    forteresse de brancion
    Brancion

    Allez ensuite faire un tour au magnifique château de Cormatin, qui m’a séduite par une particularité rare : plusieurs pièces ont conservé leur décoration intégrale du 17e siècle, ce qui signifie une opportunité vraiment rare de remonter 400 ans en arrière dans la vie quotidienne des aristocrates. Certaines pièces sont vraiment spectaculaires, tant au niveau de l’ameublement que des ornements muraux. J’ai adoré les jardins avec leurs labyrinthes de buis, une petite merveille Renaissance.

    Un hébergement romantique et insolite en Saône-et-Loire : Et si vous voulez vivre la vie de château en Saône-et-Loire, enchaînez donc sur une nuit au château de Balleure. Ce n’est pas tous les jours qu’on peut dormir dans une forteresse médiévale où ont été aménagées des chambres d’hôte tout confort – qui sont plutôt des suites d’hôte, étant donné la taille des pièces ! Les propriétaires du lieu sont passionnés et très investis dans ce projet rare. Cette nuit de princesse restera un souvenir à part !

    Que voir en Saône-et-Loire ? Tourisme et bonnes adresses à Châlon-sur-Saône, Tournus, Mâcon, le Beaujolais. Châteaux de Saône-et-Loire

    Un fabuleux étoilé près de Tournus : La Marande

    Je vous ai dit que la Saône-et-Loire était une fabuleuse destination gastronomique, et j’ai eu le privilège d’un repas merveilleux dans un restaurant étoilé, La Marande, à Montbellet. Que dire ? C’est le genre de moments où on devient chauvin et qu’on se souvient pourquoi la cuisine française est considérée comme la meilleure du monde. J’ai une fascination totale pour le savoir-faire de ces artisans virtuoses qui savent sublimer le produit sans le dénaturer, faire exploser toutes les saveurs avec originalité et élégance. Qu’est-ce que j’ai bien mangé à La Marande ! Je retiens particulièrement mon plat, un dôme de crustacé à l’encre de seiche, avec langoustines, petits champignons et fleurs de printemps… quelle merveille ! Les variations de fraise et rhubarbe en dessert, les amuse-bouche raffinés, tout m’a séduite. Le cadre est coloré et chaleureux, et le service attentionné – les propriétaires sont vraiment d’une grande gentillesse. Retenez cette belle adresse, d’autant qu’elle est abordable : menu du marché à 30 euros, menu plaisir à 47 pour les plus accessibles.

    Un petit tour en gyropode dans les vignes ?

    Je suis à Lugny, une très célèbre cave coopérative au cœur du pays de Chardonnay : ils sont aujourd’hui les premiers producteurs de vin en Bourgogne. Sur des terroirs exceptionnels comme Les Charmes, ils ont su développer des vins de prestige qui cherchent aujourd’hui à obtenir leur propre appellation, Lugny, pour souligner leur singularité au sein des coteaux du Mâconnais. Vous pouvez bien sûr visiter la cave et déguster leurs vins – notamment des blancs, qu’on dit délicieux et qui ont fait leur célébrité : on connaît dans le monde entier le nom du village de Chardonnay, qui est sur le territoire de la coopérative. Mais cette fois-ci, ce n’est pas ce que j’ai fait : je suis plutôt partie me balader en gyropode dans les vignes ! J’avais un peu d’appréhension quant à cette activité que je ne maîtrise pas et je me demandais si j’allais finir l’après-midi avec toutes mes dents de devant, mais contre toute attente, j’ai adoré. On prend très vite le coup de main, le gyropode est beaucoup plus stable et maniable qu’il n’y paraît, et c’est vraiment très fun. Easy rider à roulettes au milieu des vignes, c’était un joli moment, et les paysages étaient très beaux – je vous le conseille !

    Le Mâconnais romantique : le Val Lamartine

    Le val Lamartine ? C’est le pays natal d’Alphonse de Lamartine, un des plus grands poètes romantiques français. Vous le connaissez forcément, car il est l’auteur du célébrissime poème Le Lac : « Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices ! Suspendez votre cours : Laissez-nous savourer les rapides délices. Des plus beaux de nos jours ! » Lamartine est resté profondément attaché à sa région d’origine, et tous les villages au sud de Mâcon portent son empreinte : il a vécu dans certains lieux, aimé dans d’autres, et d’autres encore ont fait l’objet de quelques vers, la tourelle d’un château ou la courbe d’un coteau ont été chantés par son lyrisme. C’était un endroit que je rêvais de découvrir, et qui aurait comblé toutes mes espérances si je n’avais pas joué de malchance avec la météo. Mes photos sont ternes, car j’ai vu le val Lamartine sous un ciel gris de pluie et de brouillard, mais j’adorerais y revenir pour prendre le temps de l’explorer lentement… d’autant qu’une célèbre route de cyclotourisme, la voie verte, traverse le val. Je reviendrais bien en vélo (électrique, c’est vallonné ;-)) pour aller paisiblement de château en château et tous les visiter. On commémore cette année les 150 ans de la mort de Lamartine, l’occasion me semble idéale.

    A Milly, qui s’appelle désormais Milly-Lamartine en hommage à son plus illustre habitant, on découvre la maison natale du poète, et j’ai trouvé le cadre de toute beauté, un tableau romantique parfait.
    Le château de Berzé était en ruines à l’époque de Lamartine (« un vieux château en ruines, enveloppé de ses tourelles et de ses tours »), mais c’est aujourd’hui une superbe forteresse restaurée qui trône au sommet d’une colline.
    Mon coup de cœur fut le château de Pierreclos, où vivait l’amante de Lamartine, un magnifique ensemble aux toits de tuiles vernissées entouré de coteaux, et qui fait tellement bourguignon…
    Je n’ai pas eu le temps de pousser jusqu’au château de Saint Point, où a vécu Lamartine, mais je suis sûre de revenir pour visiter ces endroits. J’aime profondément les lieux que l’art a transfiguré et mythifié, où vibre encore l’écho d’une voix puissamment originale…

    Une balade dans le Mâconnais-Beaujolais, entre roches et grands crus

    En Bourgogne, pays incontesté des grands vins, on saute d’un terroir mythique à un autre… après les trois Côtes, voici le Beaujolais. Situé à cheval entre la Saône-et-Loire et le Rhône, le Beaujolais est connu dans le monde entier grâce à la célébration du Beaujolais nouveau. Dès mon arrivée dans le Beaujolais, je tombe sur une vision que j’adore : un cheval de trait en train de désherber les vignes en retournant la terre entre les rangées. Le propriétaire m’explique que dans ce pays très vallonné, où le vin pousse sur des pentes souvent raides et en lignes serrées, le cheval est parfois la meilleure solution. Il me dit aussi que nombre de vignerons du pays sont dans une démarche de retour au naturel – moins d’intrants, moins de tracteurs – et que le cheval s’inscrit pleinement dans cet idéal. J’adore cette vision bucolique.

    Le pays du Mâconnais-Beaujolais est magnifique, avec deux attraits phares que je rêvais de voir : la roche de Vergisson et la roche de Solutré. Ce paysage labellisé Grand Site de France est absolument exceptionnel, non seulement par sa perfection esthétique – les deux roches monumentales se dressent au-dessus des vignes et dessinent un panorama de toute beauté – mais par sa puissance historique et symbolique : c’est ici qu’on a retrouvé un des plus beaux sites archéologiques du Paléolithique d’Europe. Ici, les fouilles ont mis à nu des meubles, des silex, des bijoux, une civilisation si riche et complexe qu’on l’a nommée d’après la plus majestueuse des deux roches : on parle du « Solutréen ». Un musée de la préhistoire permet de découvrir les résultats des fouilles et de mieux comprendre cette lointaine période de notre histoire.

    Autour de la roche de Solutré se trouvent de nombreux coteaux prestigieux, comme le Pouilly-Fuissé. J’ai été charmée par le village de Fuissé et son église au milieu des vignes… mais aussi par les nombreux autres villages pittoresques de la région, comme St Amour, St Vérand, le hameau de Moulin à Vent…

    La balade s’achève dans un lieu célèbre : je vais découvrir le lieu où le Beaujolais nouveau est né, le Hameau Duboeuf.

    Un superbe musée et parc d’attraction du vin : le Hameau Duboeuf

    Le hameau Duboeuf ? C’est sans doute un des sites les plus touristiques de Bourgogne, mais il le mérite tellement que je vous le recommande sans hésiter. J’ai été bluffée par cet immense espace, mi musée, mi parc d’attraction du vin, où on peut presque passer une journée entière sans s’ennuyer. Le célèbre vigneron et marchand de vin Georges Duboeuf a créé ce lieu hors du temps à la gloire du vin et de ceux qui le fabriquent, et la visite est vraiment séduisante, même si vous n’êtes pas un fanatique d’œnologie (ce que je ne suis pas non plus).

    Le lieu est magnifique : une ancienne gare transformée en espace touristique, conservant un charme 1900 très prononcé, avec des fresques de style PLM et une décoration rétro que j’adore. La salle de spectacle, à la fin de la visite, avec son ambiance de cabaret Belle Epoque, vaut vraiment le détour. La visite mêle espaces muséographiques (passionnants : sur l’histoire de la vigne, du vin, des ravageurs, des méthodes phytosanitaires…) et espaces ludiques, avec notamment une sorte de vol en 4D au-dessus des vignes du Beaujolais très réussi. Mais le hameau Duboeuf, ce sont aussi des jardins – où différents engins permettent des parcours ludiques pour les enfants –, une boutique immense et spectaculaire avec un nombre incroyable de vins, un restaurant, des dégustations, un petit train… bref, un fourmillement de divertissements pour toute la famille et qui marche aussi avec les adultes. J’ai beaucoup aimé la nouveauté 2019, une sorte de spectacle vidéo en relief présentant l’histoire du Beaujolais. Je ne pensais pas qu’une sorte de Disneyland du vin pourrait m’intéresser aussi, j’ai été très agréablement surprise – et j’ai beaucoup appris.

    Les secrets de Mâcon

    Mon séjour en Saône-et-Loire s’achève par la découverte de Mâcon, qui est aujourd’hui plus connue de la clientèle d’affaires en raison de son impressionnant parc hôtelier : si vous cherchez une halte sur l’A6, sachez que Mâcon compte un grand nombre d’hôtels de qualité à des prix très intéressants, ce qui en fait une destination appréciée des congressistes. Mais pour le grand public, pourquoi aller à Mâcon ? Pour la gastronomie – en vraie ville bourguignonne, Mâcon regorge de super restos abordables et de qualité – et pour le tourisme. Si je dois avouer que je n’ai pas eu le même coup de cœur pour Mâcon que pour Châlon ou Tournus, qui sont globalement plus photogéniques car plus harmonieuses dans leur structure urbaine, la ville compte de jolis endroits qui méritent bien un détour ! Les bords de Saône sont aménagés aux couleurs de Lamartine, avec le poème Le lac inscrit le long des berges fleuries, ce qui a beaucoup de charme. Le centre ancien compte de nombreuses ruelles colorées et charmantes, avec un incontournable : la « maison de bois », une des plus anciennes maisons de Saône et Loire, absolument superbe avec sa façade ouvragée. Sachez que les ruelles comptent de nombreuses traboules (comme à Lyon !) descendant vers la Saône, arrière-cours et passages secrets que vous pouvez découvrir en visite guidée avec l’office du tourisme. Enfin, Mâcon compte plusieurs églises superbes – l’église Saint Pierre, toute blanche et aérienne, est juste en face de l’office du tourisme où on vous remettra le plan des jolis coins et des bons restos. Une jolie façon de finir ma parenthèse bourguignonne, avant de redescendre vers mon sud !

    Mon séjour en Saône-et-Loire a été plein de surprises et m’a vraiment séduite. Le versant sud de la Bourgogne a un charme fou ! Merci à Destination Saône et Loire et à toutes les personnes qui se sont occupées de moi, notamment Coralie, Louis-Mickaël et Priscilla, pour l’accueil chaleureux !

    chalon-sur-saône
    Chalon-sur-Saône
  • Une escapade nature dans le Jura en hiver

    Explorer le Jura en hiver, c’est s’accorder une escapade en pleine nature dans un massif de moyenne montagne qui a su développer une belle diversité d’activités outdoor. Pourquoi ne pas partir en randonnée raquettes nocturne et déguster une fondue jurassienne dans une cabane de bûcheron, explorer la forêt en calèche, s’aventurer sur les lacs gelés, s’essayer au chi-gong ou encore au biathlon ? Mais c’est aussi l’occasion de découvrir le patrimoine et le savoir-faire jurassiens, pays des épicéas, des horloges et des chevaux comtois… Voici une jolie virée en pleine nature, au cœur de ce beau massif du Jura que je découvre en hiver.

    Qui es-tu, massif du Jura ?

    Moi qui ai grandi dans le sud de la France, et pour qui l’hiver est synonyme de séjour dans les Alpes, j’ignorais tout du Jura, de ses paysages et de ses villages. J’éprouve toujours beaucoup de joie à découvrir la mosaïque des cultures et des patrimoines qui forment la France, et j’étais très curieuse des particularités de ce massif qui s’étend entre France et Suisse, tout à l’Est de notre beau pays. Voici quelques impressions, glanées lors de mes flâneries dans le Jura en hiver…

    Nous sommes à la frontière de la Suisse et de ce qu’on appelle le Jura vaudois. Comme partout dans les montagnes, les frontières sont mouvantes, fragiles, matérialisées par des bornes en ligne de crête et des pointillés dans la neige. Cette porosité a été un grand atout durant la Seconde guerre mondiale, et le Jura fourmille d’histoires héroïques de passeurs prêts à risquer leur vie pour aider des Juifs ou des résistants à trouver refuge en terre helvétique. Lors de mes randonnées dans le Jura, j’ai plusieurs fois pu observer les anciennes cabanes des douaniers et les bornes des frontières, et entendre les récits épiques de cette époque où être d’un côté ou de l’autre d’un sommet pouvait faire la différence entre la vie et la mort.


    La proximité avec la Suisse s’exprime aussi de façon plus douce, plus anecdotique. L’accent, le fromage. Les horloges qui rythment la vie des villages. J’aime ces points de bascule dans l’Est, ces moments où nos cultures européennes se brouillent en douceur – entre France et Allemagne en Alsace, entre France et Suisse ici dans le Jura.

    Le Jura, c’est avant tout le pays de l’épicéa. Les flancs du massif sont couverts d’une épaisse forêt de conifères emblématiques de cette région. Ce bois noble, imputrescible, qui résiste à l’eau, a connu de multiples usages au fil de l’histoire. Pour confectionner le délicieux fromage Vacherin Mont d’Or, une merveille coulante emblématique du Jura, il faut le cerner d’une sangle d’épicéa. C’est le métier des « sangliers » (qui, contrairement aux apparences, ne sont pas le festin d’Asterix, mais des artisans forestiers) de prélever un morceau d’écorce d’épicéa souple et saine pour confectionne les fameuses sangles.

    Mais l’épicéa est aussi bois de construction et d’ornement, avec notamment les fameux tavaillons ou talvannes, que j’ai découverts pour la première fois ici dans le Jura : des morceaux de bois d’épicéa très dur et étanches, qui recouvrent la façade d’une maison pour la protéger durablement de l’humidité. Si l’histoire passionnante des tavaillons vous intéresse, regardez ici. Depuis l’ère industrielle, ils tendent à être remplacés par des tavaillons en métal, respectant la même forme losangée.

    D’autres éléments architecturaux me sautent aux yeux comme emblématiques du Jura. Ces montagnes ne ressemblent pas aux miennes – moi qui ai l’habitude des Alpes, je sens que j’ai changé de pays, et j’essaie d’analyser cette étrangeté que je perçois. Je me passionne pour les détails, notamment les épaisses portes comtoises rondes, qui ouvrent fermes et chapelles et sont très photogéniques, mais aussi et surtout, pour la forme très particulière des clochers. Ce sont des clochers en métal, en forme de demi-bulbe à base carrée, qu’on appelle « clocher à l’impériale » et qui sont tous ornés d’une… horloge. N’oublions pas que nous sommes au pays de l’horloge comtoise. Cette tradition artisanale et industrielle très forte du Jura, je l’ai vraiment comprise à Morez.

    Le Jura, terre de savoir-faire : Morez et son musée de la Lunette

    Saviez-vous qu’un objet de consommation courante, universellement répandu, a longtemps été fabriqué exclusivement dans le Jura ? Il s’agit des lunettes de vue, dont Morez fut la capitale. A première vue, je ne savais pas si le Musée de la Lunette de Morez valait le détour, mais je ne regrette pas du tout la visite : ludique, bien aménagé, il est passionnant, avec un mélange d’expositions immersives sur l’optique, et de collections très riches sur l’histoire de la lunette dans le Jura.

    Si le Jura est une terre de savoir-faire artisanal et industriel, c’est qu’une invention entraîne une autre. Au 16e siècle, Morez est la ville du clou : de nombreux maîtres ferronniers développent cette technique précise. Au 17e siècle, ce sont les horlogers qui s’établissent à Morez. C’est l’heure de gloire de la célèbre horloge comtoise, en bois massif et dont le cadran présente une particularité originale : ici le 4 s’écrit non pas « IV », selon l’usage romain, mais « IIII ». Avec les cadrans des horloges naît un autre savoir-faire, celui de l’émail. Vous avez sans doute vu, sur les tombes anciennes, des plaques commémoratifs en émail en forme de cœur : il s’agit du « cœur de Morez ». Pendant des décennies, c’est le Jura qui a pleuré les disparus sur les stèles funéraires… Cette profusion de productions – clous, horloges, émails – signifie que les Jurassiens ont de nombreux outils et techniques, et qu’ils sont débrouillards. C’est ainsi que naissent les lunettes de Morez.

    L’outil optique visant à mieux voir devant soi, qu’on appelle aujourd’hui lunettes, avait connu une longue histoire mouvementée à travers les siècles. Le musée de Morez possède une fabuleuse collection historique, où vous verrez tous ses ancêtres : bésicles, clouant, lunettes à tempes, lorgnettes, binocles, face à main, lancetiers… Au XVIIIe siècle, les lunettes étaient chères et rares, importées d’Angleterre. En 1796, un cloutier (fabriquant de clou) dénommé Cazeaux casse ses lunettes. Il décide de ne pas en importer une nouvelle paire anglaise, mais de mettre à profit les talents de Morez et de les fabriquer lui-même. Il développe des lunettes légères et pratiques, qui font très vite fureur. Les lunettes de Morez sont nées. Jusqu’à la grande crise industrielle, l’immense majorité des lunettes vendues en France venaient du Jura. Aujourd’hui, le savoir-faire perdure, le lycée de Morez compte toujours une section technique lunetterie, mais les lunettes made in France de Morez sont un objet haut de gamme, de grande qualité mais plus chères que le produit de masse. Le musée de Morez permet de se passionner pour l’optique et la lunette, et j’ai été très agréablement surprise : il vaut le coup !

    Morez est aussi célèbre pour une curiosité architecturale : ses viaducs acrobatiques, longeant les falaises, survolant la ville, témoin encore une fois d’un vieux savoir-faire technique et industriel hors pair ! C’est au pied des viaducs que j’ai fait une belle rencontre…

    Rencontres sauvages

    Je ne m’y attendais pas : au détour d’un viaduc surgit une petite famille de chamois, paissant tranquillement le long des voies de chemin de fer, pas dérangés par les trains…

    Plus loin dans la campagne, je tomberai nez à nez avec un troupeau de biches traversant les champs.

    Lors de ma randonnée nocturne dans la forêt du Risoux, mon guide m’expliquera que le massif du Jura est habité par des lynx, le plus discret et mystérieux des prédateurs français. Il est quasiment impossible à observer, car il se méfie, mais les nombreuses traces et les pièges photographiques prouvent qu’il est bien là, implanté au cœur du massif… J’aurais rêvé de le croiser ! Cette dimension très naturelle et sauvage du Jura me plaît beaucoup.

    Je pars ensuite à la rencontre d’un autre animal emblématique du Jura, celui-ci domestique : le cheval comtois.

    Une balade en calèche dans la forêt jurassienne

    C’est le cheval emblématique des montagnes : le pied sûr sur les versants escarpés, une puissance et une sérénité impressionnantes, et une magnifique robe alezan crins lavés, soit roux avec la crinière et la queue blondes. Partout où j’ai vu des calèches dans les montagnes cet hiver, elles étaient tirées par des comtois, tant ce magnifique cheval est adapté à ce milieu. Avec les attelages du Grandvaux à La Chaumusse, je pars explorer la forêt jurassienne au rythme de leurs sabots. Le cocher, jovial et passionné, raconte la vie des épicéas qui mettent plusieurs siècles à pousser malgré le froid et la neige, les animaux des bois et les secrets des sentes.

    Vacances d’hiver : les stations de ski du Jura

    Les Rousses, au cœur du massif du Jura

    C’est la station de ski la plus célèbre du Jura : Les Rousses, au cœur du massif. La station familiale compte 57 pistes de ski alpin, et de nombreux parcours de ski de fond et raquettes. Elle s’illustre notamment par la possibilité de pratiquer le biathlon sur un parcours dédié.

    Une randonnée nocturne dans la forêt du Risoux

    Cela restera un beau souvenir de mon séjour dans le massif du Jura. A la tombée de la nuit, je rejoins Yoann, un guide de La Boîte à Montagne à la station des Rousses. En petit groupe, nous partons en raquettes à l’assaut de la forêt du Risoux, un des épais bois du massif. Cette forêt bruisse de souvenirs et de légendes. Il y a les lynx, qu’on ne voit pas mais qui nimbent les sentiers de mystère, qui sont omniprésents dans ce bois préservé et secret. Nous ramassons les pommes de pin rongées par les écureuils, observons les traces des renards dans la neige fraîche. Les bornes de frontière avec la Suisse évoquent les histoires rocambolesques des contrebandiers qui franchissaient illégalement la frontière avec leurs marchandises, et celles plus tragiques et héroïques des Juifs et résistants fuyant la guerre. Plus la nuit tombe, et plus le ciel se couvre d’étoiles. Nous cheminons dans une obscurité épaisse à la lumière de nos frontales, jusqu’à arriver à une cabane forestière au milieu de nulle part. Nous sommes du côté suisse de la frontière, mais c’est bien une fondue jurassienne que Yoann nous prépare avec son réchaud : 100% comté, un régal absolu ! (N’oublions pas que le Jura a trois fromages AOP, le comté, le morbier et le bleu de Gex, sans oublier les autres comme le délicieux Mont d’Or…). Nous rentrons heureux de cette escapade originale. C’était ma première randonnée nocturne, et j’en garderai un beau souvenir.

    Conseil pratique : vérifiez la lune. De l’avis de Yoann, cette randonnée est sublime dès qu’il y a de la lumière (de la demi-lune à la pleine lune). Les bois sont illuminés d’une pâle lueur et on y voit parfois comme en plein jour. Je l’ai fait à la nouvelle lune, dans une nuit très noire, qui a cependant un avantage : les étoiles sont très visibles.

    Au sud du Jura, la beauté de Lamoura

    C’est la partie du massif qui m’a le plus séduite visuellement. Autour de Lamoura, des murailles d’épicéas noirs encadrent les combes profondes et les vallées enneigées. De ça en là, au milieu des immensités solitaires, on retrouve les maisons jurassiennes et leurs tavaillons, et quelques clochers solitaires. J’ai conduit seule au milieu des neiges dans le sud du massif, et j’en garde le souvenir d’un road trip quasiment mystique, dans une grande beauté. J’ai croisé des chiens de traîneau fusant au milieu d’une combe – d’après mes recherches, il s’agissait sans doute du musher Antarctica, à Lamoura. Cette promenade m’a tentée.

    Chi-gong et raquettes

    Un matin, je retrouve Josiane au bord du lac de l’Abbaye. Guide de randonnée et passionnée d’énergétique, elle s’est spécialisée dans le chi-gong et propose des randonnées associant découverte du paysage et initiation à la discipline. Entre gymnastique, respiration et méditation, cette activité accessible permet un travail de posture et de lâcher prise qui sied bien au cadre magnifique du lac gelé où nous nous trouvons. Nous changerons ensuite de lieu et irons randonner autour du Lac des Mortes, à la frontière suisse, entre lacs couverts de neige, forêts de conifères et paysages grand ouverts. Ce que j’adore avec Josiane, c’est sa profonde connaissance de ce massif qui l’a vu grandir, de sa culture, sa nature et son architecture – j’ai passé tout mon temps à la « cuisiner » pour mieux comprendre le Jura !

    Des vacances nature en Jura : hôtels et locations

    Un chalet de vacances familial : la Haute-Joux

    Dans la forêt de Cernébiaud, au cœur d’une petite station de ski de fond et biathlon, les Chalets de la Haute-Joux proposent différents types d’hébergements : des chambres collectives (3 à 5 personnes) pour les groupes notamment scolaires dans le bâtiment principal, qui est très prisé des colonies de vacances et autres voyages de classe, des yourtes pour les amateurs d’insolites, et les Loges du Jura pour ceux qui recherchent une option plus confortable en famille. Les Loges du Jura sont des chalets de bois, cosys et bien chauffés, situés en bordure de la forêt, où on peut dormir à 4 ou 5 personnes. Vous bénéficierez aussi de l’accès à une belle et grande piscine – sachez toutefois que vous la partagerez sans doute avec des groupes scolaires !

    Une parenthèse idyllique au Lac de l’Abbaye : le Logis Hôtel de l’Abbaye

    Cela restera mon plus beau souvenir du Jura, une parenthèse enchantée. Si vous recherchez un hôtel romantique dans le Jura, je vous recommande chaleureusement ce bel hôtel posé au bord du lac de l’Abbaye de Grandvaux. L’hiver, le lac gèle entièrement, créant une atmosphère de conte de fées entre roseaux givrés, lumières du couchant se reflétant sur la glace et calme étrange des étendues immobiles. Récemment rénové, l’hôtel est lumineux, moderne et confortable, avec un travail des matières que j’aime beaucoup : l’utilisation de l’osier et du jonc rappelle les roseaux au bord du lac, la présence des nombreuses plantes dans les chambres parachève l’idylle romantique. La lumière du couchant baignait ma chambre, pourvue d’une magnifique terrasse avec vue sur le lac et d’une baignoire balnéo qui clignotait dans la pénombre… un vrai moment de détente et de bien-être. Le restaurant de l’hôtel est absolument délicieux, et grand ouvert sur le lac – on ne se lasse pas de la vue. Pour un week-end de détente et de douceur, un cadre superbe et des prestations haut de gamme, retenez cette adresse, elle m’a conquise !

    C’est cette dernière vision que je retiendrai du Jura : le soleil descendant sur le lac de l’Abbaye, et jouant avec le métal du clocher de l’église… un moment de douceur poétique qui invite au rêve.

    Merci à Jura Tourisme pour leur accueil et la découverte de ce massif.

  • Le massif de la Chartreuse, ou l’hiver en douceur

    A deux pas de Grenoble, le massif de la Chartreuse est baigné de spiritualité. C’est ici, dans ce décor de sapins et de sommets baignés de neige, que des moines ont fondé il y a mille ans un des monastères les plus mythiques de la chrétienté : la Grande Chartreuse. Aujourd’hui encore, sa beauté solitaire continue d’aimanter les voyageurs en quête de silence et de vérité, et cet esprit méditatif semble s’être emparé du massif tout entier. Dans ce cadre préservé, où les stations de ski sont à taille humaine et les villages traditionnels, on prend soin de soi, on se reconnecte au monde et à la nature. En Chartreuse, j’ai vu des artistes inspirés, des praticiens du bien-être et de la détente, des cabanes insolites pour dormir dans le silence des bois, des sportifs qui aiment quitter les sentiers battus, des artisans passionnés, beaucoup de calme et d’authenticité.
    J’ai profondément aimé l’atmosphère dégagée par ce massif, sa promesse de bien-être et de sérénité. On vient dans le massif de la Chartreuse pour se retrouver soi-même. Laissez-moi vous donner quelques idées, impressions et bonnes adresses…

    L'hiver dans le massif de la Chartreuse : où dormir ? que faire ? que voir ? Idées d'activités en hiver en Chartreuse, à côté de Grenoble
    Cultiver le bien être en Chartreuse, ici aux bains Oréade

    Le massif de la Chartreuse : légende et mystique

    Cela fait mille ans qu’un souffle particulier anime la Chartreuse. Des moines aux artistes inspirés d’aujourd’hui, voici un itinéraire patrimonial et spirituel…

    Au cœur des montagnes : le sublime monastère de la Grande Chartreuse

    Nous sommes en 1084. L’évêque de Grenoble, St Hugues, a une vision : sept hommes venaient le trouver et établissaient un lieu de prière et de recueillement au cœur des montagnes. Le lendemain, l’Allemand St Bruno et ses six compagnons viennent se prononcer à lui. L’évêque y voit l’accomplissement de la prémonition. Il conduit les pèlerins au cœur du massif de la Chartreuse, dans un « désert » âpre, hostile et inhospitalier, au pied de la muraille du grand Som et très loin des demeures des hommes. La Grande Chartreuse vient de naître, un des ordres les plus mythiques et secrets du christianisme occidental.
    Cela fait mille ans que les moines chartreux vivent de prière et de recueillement. Ils ne parlent pas, à l’exception d’une promenade, une fois par semaine, où le vœu de silence est rompu. Personne ne les voit : le monastère ne se visite pas et se protège du public derrière ses hauts murs. Mais les randonneurs peuvent approcher, à pied l’été, en raquettes l’hiver, des tours majestueuses de la Grande Chartreuse et imaginer la vie des moines dans ce somptueux décor minéral.
    Cela faisait longtemps que je rêvais de voir la Grande Chartreuse, et le lieu m’a saisie. Je crois que les images parlent par elles-mêmes : ce monastère sous la neige est une vision sublime, qui incite à la contemplation.

    Vous êtes frustré de ne pas en voir davantage ? Sachez qu’en été seulement, le musée de la Grande Chartreuse (situé à 2km du monastère) vous permettra de découvrir des reconstitutions et images de l’intérieur du bâtiment. Vous pouvez également regarder le film Le grand silence de Philip Gröning (2005), documentaire exceptionnel sur la vie de cet ordre.

    Si le massif de la Chartreuse est aussi célèbre, c’est aussi en raison de la liqueur verte du même nom, dont le secret de fabrication est détenu par les moines chartreux depuis toujours. Le processus de fabrication est tellement secret que seuls deux moines connaissent la composition du breuvage, et qu’ils ont l’interdiction de voyager ensemble – ils ne faudrait pas qu’ils meurent dans un même accident… Tout ce qu’on sait, c’est que la chartreuse contient 130 plantes différentes, et aucun ingrédient de synthèse, car la recette est inchangée depuis des siècles. Les caves ne sont aujourd’hui plus dans le massif de la Chartreuse, mais à Voiron. Elles se visitent.

    La célèbre liqueur verte (photo Chartreuse).

    L’église de St Hugues en Chartreuse 

    Des siècles après l’arrivée de St Bruno, le massif de la Chartreuse continue d’agir comme un aimant à énergies spirituelles et à inspirer les hommes. L’église de St Hugues en Chartreuse, qu’on évoque aussi parfois sous le nom de musée d’art sacré contemporain ou encore musée Arcabas, en est un très bel exemple. En 1952, le jeune artiste Arcabas arrive à St Hugues en Chartreuse et découvre l’église du village, alors en réfection. Très pieux et en quête d’un lieu qui lui permette d’exprimer son inspiration mystique, il rencontre le curé de la paroisse, qui choisit de faire confiance à ce jeune homme. Arcabas commence alors ce qui sera l’œuvre de toute une vie. En plusieurs étapes et jusqu’à sa mort en 2018, il déploiera sa vision artistique en couvrant l’église de fresques et de sculptures saisissantes. Récits de l’Ancien Testament, paraboles issues des Evangiles, symboles mystiques puissants, tout concourt à une vision puissamment personnelle, parfois apaisée, parfois terrifiante, où la théologie et l’onirisme se conjuguent en couleurs vives et formes audacieuses. L’œuvre divise – certains adorent, d’autres sont dérangés par la radicalité d’Arcabas. J’ai été très touchée par cette expression moderne d’un art sacral vraiment différent et personnel, et j’ai passé un long moment à admirer cette église. Je vous recommande vraiment d’y passer.

    De beaux villages au cœur du massif de la Chartreuse

    J’ai évoqué Saint Pierre et Saint Hugues de Chartreuse. Parce que j’ai profondément aimé la beauté enneigée de ces deux villages au cœur du massif de la Chartreuse, je vous recommande de prendre le temps de les explorer, de marcher et de vous perdre entre les sapins. Ils incarnent bien l’esprit de la Chartreuse : de la moyenne montagne, très boisée, très préservée, où la nature est omniprésente et où les constructions s’intègrent harmonieusement à l’environnement.

    En fin de séjour, j’ai également adoré le village du Sappey en Chartreuse, dont je vous parlerai davantage dans la suite de cet article. Il est surmonté par les crêtes saisissantes de Chamechaude, une vision que j’ai trouvée superbe.

    Et enfin, tout au sud du massif de la Chartreuse, juste avant de rejoindre Grenoble, je me suis arrêtée pour photographier ce beau village dont je ne connais pas le nom… un Isérois pourra peut-être me renseigner ! Je trouve ces quatre villages très représentatifs de la beauté tranquille de la Chartreuse. Que j’aime la moyenne montagne bien préservée…

    L'hiver dans le massif de la Chartreuse : où dormir ? que faire ? que voir ? Idées d'activités en hiver en Chartreuse, à côté de Grenoble

    Prendre soin de soi dans le massif de la Chartreuse

    Autrefois, on venait dans le massif de la Chartreuse pour prier. La spiritualité de notre époque a changé, elle est plus personnelle, plus pratique, mais au fond, on vient toujours en Chartreuse pour cultiver le silence et la dimension intérieure. Ici, on prend soin de soi.

    Marche nordique, sophrologie et diététique à St Pierre de Chartreuse

    C’est une jolie expérience que j’ai vécue à St Pierre en Chartreuse : une matinée de bien-être avec Peggy, coach sportive spécialisée en marche nordique, Delphine, sophrologue, et Chloé, diététicienne.

    L'hiver dans le massif de la Chartreuse : où dormir ? que faire ? que voir ? Idées d'activités en hiver en Chartreuse, à côté de Grenoble
    Le super trio de choc ! De gauche à droite : Peggy la coach sportive, Delphine la sophrologue, Chloé la diététicienne

    La marche nordique ? Contrairement à ce que j’imaginais, l’activité est en réalité plus proche du fitness que de la randonnée : c’est une discipline sportive complète, où on fait travailler l’ensemble du corps. On marche en rejetant les bras en arrière et appuyant beaucoup son poids sur les bâtons, afin de faire travailler les bras, on fait des exercices type squats, fentes, pompes sur bâtons… ceux qui connaissent les cours en salle ne seront pas dépaysés. Mais la différence, c’est que cela se passe en pleine nature, qu’on découvre des paysages enneigés superbes, qu’on respire l’air de la forêt et qu’on brûle davantage de calories grâce au froid et à l’effort supplémentaire induit par la neige. Peggy est pédagogue et dynamique, et j’ai adoré l’activité. En quête de sport et de bien-être, essayez !

    L'hiver dans le massif de la Chartreuse : où dormir ? que faire ? que voir ? Idées d'activités en hiver en Chartreuse, à côté de Grenoble

    On continue avec la sophrologie, dans un cadre parfaitement propice à la relaxation. Delphine a aménagé un superbe cabanon tout de bois (comme une sorte de sauna géant, mais en plus luxueux ;)), une sorte de petite idylle alpine, tout équipé de tapis et de coussins invitant à s’installer confortablement. On travaille sur sa respiration, on médite, on tente de se libérer de blocages et de tensions… après le froid de la marche nordique, ce moment de travail sur soi dans un cadre chaud et confortable infuse un profond bien-être.

    On finit par une séance diététique avec Chloé. Comment retrouver un rapport plus équilibré à la nourriture ? Comment bien s’alimenter pour avoir de l’énergie et pratiquer un sport ? Chloé vous fait réfléchir sur votre rapport à l’alimentation, propose des recettes, des dégustations, nous fait préparer des barres énergétiques maison naturelles… J’aurais adoré faire quelques séances avec elle, son approche est joyeuse et non culpabilisante, très saine !

    Les trois prestataires sont chaleureuses et sympas et elles peuvent travailler ensemble : il s’agit dans ce cas d’une session de 3h30 environ, durant laquelle vous enchaînerez les trois activités (dans l’ordre que j’ai cité). Mais vous pouvez aussi voir chacune séparément. Pour contacter les prestataires et avoir plus d’informations sur les différentes formules et tarifs proposés, je vous invite à contacter l’office de tourisme de St Pierre de Chartreuse !

    Détente et balnéothérapie à St Pierre de Chartreuse

    Rendez-vous ensuite chez Oréade, à St Pierre de Chartreuse. Il s’agit d’un joli concept associant balnéothérapie, détente et restauration. Dans un cadre naturel magnifique avec vue sur les plus hauts sommets de Chartreuse (qu’on ne voit pas bien sur mes photos pour cause de météo pourrie, mais c’était très sympa quand même), plusieurs bains nordiques ont été installés. Vous vous détendez dans des bains de bois chauffés à 39 degrés, en regardant la neige tomber sur les montagnes… Quand une pause s’impose, vous pouvez redescendre dans la grande yourte de relaxation où du thé et des infusions vous attendent, ou faire un tour dans le sauna. L’ambiance est très réussie et je trouve qu’une session balnéo en plein air fait un bien fou : cela détend le corps et apaise l’esprit !
    Oréade, c’est aussi un restaurant dont le concept m’a plu : des plats sains, frais, colorés, faisant la part belle aux produits locaux, pour poursuivre l’expérience de bien-être, dans un cadre joyeux. Je trouve la combinaison des deux très heureuse, et je vous recommande volontiers un après-midi déjeuner + balnéo à St Pierre de Chartreuse !

    Des expériences hivernales sportives dans le massif de la Chartreuse    

    Je vous ai parlé de la marche nordique à St Pierre de Chartreuse – cette station au cœur du massif propose d’autres activités sportives susceptibles de plaire à tous.

    Skier en famille à St Pierre de Chartreuse

    C’est la station la plus célèbre de Chartreuse, où nombre de Grenoblois ont fait leurs premières armes. St Pierre est une petite station familiale équilibrée, avec des prix doux et des pistes de tout niveau, beaucoup de vert et de bleu pour les débutants, mais aussi des rouges et des noires bien corsées pour les plus avancés, et un cadre naturel qui m’a beaucoup séduite. La station est très boisée et offre une vue dégagée sur les plus hauts et les plus beaux sommets du massif : le Grand Som, Chamechaude… La vue est belle et l’ambiance est familiale, j’aime beaucoup ce type de petites stations où on ne se sent pas écrasé par la foule. Vous pourrez skier sur 28 pistes en tout, et n’hésitez pas à regarder les tarifs des forfaits : ils sont avantageux, ce qui en fait un bon endroit pour skier sans se ruiner.

    S’essayer au ski de randonnée dans le massif de la Chartreuse

    C’est toujours sur le domaine de St Pierre de Chartreuse que j’ai pu tester une discipline qui m’intriguait depuis longtemps : le ski de randonnée. Attention, ne confondez pas avec le ski de randonnée nordique, que j’ai testé dans le Vercors voisin, les techniques sont très différentes – notamment parce qu’en ski de randonnée, on fait beaucoup plus de descente. L’objectif est de partir en hors piste, dans la poudreuse, et d’accéder à des versants vierges, combinant montée en rando et descente en poudreuse.

    En montée, on chausse les « peaux de phoque » (je vous rassure, cela fait longtemps qu’elles ne sont plus en peau de phoque) pour accrocher à la neige et on profite du talon libre pour avancer efficacement. En descente, on attache le talon et on skie en poudreuse, poids un peu porté sur l’avant, pour ne pas chuter dans la neige fraîche, et on profite de la qualité d’une neige toute douce.

    Nous sommes dans les bois, en marge des pistes, et la lumière est extraordinaire. C’est une expérience d’immersion en pleine nature magnifique. Le vrai ski de randonnée, quand on est plus expert que moi, permet de partir chercher les versants secrets et de s’éloigner complètement du monde.

    C’était une première expérience pour moi, et j’ai pu bénéficier de l’accompagnement expert d’un super moniteur passionné, Jérôme – adorable et très investi dans son métier, n’hésitez pas à le solliciter auprès de l’ESF pour qu’il vous initie à la discipline ! C’est aussi ma première fois en hors-piste, et je suis impressionnée d’être équipée d’un dispositif de recherche en cas d’avalanche. Jérôme dispense énormément de conseils de bon sens pour veiller à sa sécurité en montagne. J’en profite pour en répercuter quelques-uns ici : ne partez pas seul en hors-piste, prenez un guide si vous n’avez pas une connaissance experte des lieux et des conditions, suivez les bulletins météos et apprenez à renoncer si les conditions sont dangereuses, munissez vous de matériel adéquat et apprenez à vous en servir (dispositifs de recherche, airbag…), renseignez-vous un maximum et ne vous prenez pas pour un Dieu… la montagne est si belle, mais elle tue trop de monde chaque année, hélas !

    Du biathlon au Col de Porte

    Le massif de la Chartreuse a un très beau site de biathlon homologué pour les compétitions internationales, au Col de Porte. Parce que je vous ai déjà longuement parlé de l’activité qui mêle ski de fond et tir à 50 mètres sur des cibles dans mon article sur les Saisies, je ne reviens pas là-dessus, mais sachez que le site est de grande qualité, dans un cadre naturel de toute beauté, et que c’est un excellent endroit pour s’essayer la discipline popularisée par Martin Fourcade !

    Du parapente à St Hilaire du Touvet

    Parmi mes expériences outdoor dans le massif de la Chartreuse, il m’en manque une que j’adorerais vivre : aller faire du parapente à St Hilaire du Touvet, un des sites les plus spectaculaires de France pour pratiquer l’activité, à deux pas de la majestueuse Dent de Crolles. Je garde cela pour une autre fois !

    Où dormir dans le massif de la Chartreuse ? 3 idées, 3 ambiances

    Une cabane tout confort au sommet des cimes, un gîte écolo labellisé WWF, un hôtel-restaurant chaleureux et cosy…. voici trois idées pour un séjour dans le massif de la Chartreuse.

    Version insolite et romantique : Les Cabanes en Chartreuse

    J’étais très, très impatiente de tester ces cabanes et elles m’ont comblée au-delà de mes espérances. Je vous le dis sans détour : c’était le meilleur hébergement insolite de ma vie à ce jour, et je vous le recommande très, très chaleureusement pour une nuit romantique inoubliable au cœur du massif de la Chartreuse.
    Pourquoi le meilleur ? Parce qu’il combinait tous les avantages de ce type d’hébergement, sans aucun de ses inconvénients. On va rechercher l’insolite pour s’évader loin du quotidien : on a envie de calme, de nature, de solitude, de dépaysement… Et en général, on est prêt à accepter un certain nombre d’inconvénients qui vont avec, du type : pas de WC, pas de douche, pas d’électricité, pas de confort, etc. Mais rien de tel ici. Vous avez le calme, la solitude, le dépaysement total, l’impression d’être parti sur une autre planète. Mais vous avez AUSSI le confort, un lit douillet, l’électricité, le wifi, une vraie douche, un WC normal, le chauffage… bref, tout le confort d’une belle chambre d’hôtel. C’est l’aventure version princesse, la robinsonnade de luxe, c’est le pur bonheur.

    Les deux cabanes sont installées dans une partie boisée du domaine de St Pierre de Chartreuse, à deux pas des pistes. Vous accédez aux cabanes en empruntant les remontées mécaniques de la station (l’aller-retour est compris dans le prix de votre hébergement). Dès la fermeture des pistes vers 17h, vous êtes seul au monde. Il n’y a plus que vous, la forêt et les sommets enneigés, une myriade d’étoiles dans le ciel et la féerie chuchoteuse des cimes dans laquelle vous vous plongez depuis votre plate-forme au sommet des grands arbres.

    La cabane a un charme fou. Bois nu, déco montagnarde soignée, une petite cuisine, une salle de bain bien chaude, un lit sous les toits… c’est une idylle romantique parfaite. J’étais aux anges et j’aurais adoré être ici en amoureux.

    La propriétaire des lieux vous montera votre panier repas pour le dîner et le petit-déjeuner. Vous avez le choix entre plusieurs options (raclette, avec un vrai appareil à raclette bien sûr, panier végétarien…). Tout est bon, copieux et fait-maison, vous vous régalez dans votre nid douillet en haut des arbres. Vous avez des livres, des jeux, le wifi, tout pour vous distraire. Je recommande mille fois cet hébergement fabuleux.

    Version écolo et familial : Le Gîte du Champ de l’Eau

    Dans le ravissant village du Sappey en Chartreuse, le Gîte du Chant de l’Eau séduira les plus écolos d’entre nous, adeptes de tourisme durable : « gîte Panda » labellisé WWF, ce gîte entend inscrire sa différence. Les propriétaires s’engagent à limiter au maximum leur impact, à se rapprocher du zéro déchet, et tendent vers l’autosuffisance, à la fois en termes d’énergie (utilisation du bois…) et de nourriture. Agriculteurs vivriers, ils produisent l’immense majorité de ce qu’ils servent à la table d’hôte : les légumes et herbes du jardin, le pain fait-maison, les œufs et la viande… Le reste est ultra local et provient de chez les agriculteurs voisins. De nombreuses informations sur la faune et la flore du massif de la Chartreuse, les randonnées et l’observation des animaux, sont à votre disposition. Bref, si vous êtes en recherche de vacances écologiques, ce gîte vous comblera, et les propriétaires sont chaleureux et sympathiques. Les tarifs sont très abordables, pour des chambres propres et colorées au cœur d’une nature préservée.

    Un moment m’a particulièrement séduite : j’ai pu accompagner le propriétaire dans sa calèche tirée par une magnifique jument comtoise lors de sa tournée pour récupérer le foin. Au coucher du soleil, explorer le village du Sappey sous la neige au bruit des sabots de la jument, puis rentrer au gîte couvert d’une épaisse couche de neige troublée par la seule fumée de la cheminée… c’était une idylle d’un autre temps.

    Version cosy et délicieux : Les Skieurs

    J’ai découvert Les Skieurs au Sappey en Chartreuse par leur restaurant, de grande qualité. Cela a été un de mes meilleurs repas de l’hiver dans les Alpes : un menu absolument délicieux, élaboré par un chef attentif et passionné, soucieux de mêler produits locaux et recettes raffinées. Un menu gastronomique abordable dans un cadre magnifique et cosy, que demander de plus ? J’ai adoré le saumon fumé maison, les milles saveurs du plat principal, et je me dois de mentionner le mythique chariot des desserts. Je l’élis meilleur chariot des desserts des Alpes : une profusion de merveilles faites maison, un régal visuel et gustatif, impossible de ne pas craquer. Je me suis vraiment régalée et j’ai adoré l’ambiance des lieux : la salle était magnifique, cosy et raffinée. Cela m’a donné très envie de tester également l’hôtel, qui a l’air du même goût. Les Skieurs proposent notamment de très jolis chalets douillets au pied des montagnes, que j’espère avoir l’occasion de découvrir un jour ! L’adresse m’a vivement séduite et en attendant de tester l’hôtel, je vous recommande de foncer au restaurant.

    Un régal en Chartreuse : la chocolaterie et confiserie Sandrine Chappaz

    Sandrine Chappaz, c’est l’histoire d’une reconversion magistralement réussie. Ancienne cadre, titulaire d’un poste à hautes responsabilités, elle décide de poursuivre un rêve d’enfant en se lançant à son propre compte dans le chocolat et la confiserie. Elle crée son entreprise avec beaucoup de rigueur et de passion au cœur du massif de la Chartreuse, et travaille sans compter. Aujourd’hui, trois autres personnes de sa famille travaillent avec elle, ses chocolats et ses pâtes de fruit se trouvent dans les établissements les plus prestigieux – par exemple le Ritz à Paris, qui lui achète ses pâtes de fruit « spécial fromage » : une confiserie faite pour accompagner à la perfection tel ou tel fromage, tout en raffinement. J’ai testé, c’est bluffant. Elle propose également des chocolats fourrés à la chartreuse (la liqueur verte emblématique de la région), et différentes créations toutes plus équilibrées et intéressantes les unes que les autres, comme le chocolat vegan (sans lait), les napolitains, les orangettes… Le prestigieux Guide des croqueurs de chocolat a d’ailleurs reconnu son savoir-faire. Vous pouvez commander sur son site des chocolats et confiseries.

    J’ai beaucoup aimé cette virée dans le massif de la Chartreuse, qui m’intriguait et m’attirait depuis longtemps. J’ai aimé l’identité très spirituelle et douce de ces montagnes où on prend le temps de vivre pour soi… Peut-être vous laisserez-vous tenter, vous aussi ?

    Merci à Chartreuse Tourisme et notamment à Albane pour ce très beau séjour en Chartreuse, totalement à l’écoute de mes envies. J’ai été très heureuse de pouvoir découvrir plusieurs sites, hébergements et activités dont j’étais curieuse, et j’ai adoré l’ambiance si particulière du massif de la Chartreuse !

  • Pralognan la Vanoise, le paradis savoyard


    Imaginez un village savoyard traditionnel niché dans un cirque rocheux, où les chamois bondissent au-dessus des épicéas et où les plus hauts sommets de Savoie se détachent dans le ciel bleu. Pralognan la Vanoise a été pour moi un coup de foudre esthétique total, je suis complètement tombée sous le charme de ce village parfait et de ce domaine skiable boisé et pittoresque. Au cœur du massif de la Vanoise, paradis de la faune sauvage et des randonnées, cette station a su préserver un charme fou. Outre le ski au milieu des sommets de 3000m, j’ai pu tester différentes activités d’hiver sympathiques : le telemark, le ski joering, les raquettes, et bien sûr la dégustation de spécialités savoyardes. Partons ensemble à Pralognan la Vanoise, pour une féerie enneigée en Savoie.

    Pralognan la Vanoise ou le paradis savoyard : la plus jolie station de ski française ?

    Pralognan la Vanoise, l’atout charme

    Vous connaissez mon amour des Alpes : tout au long de l’hiver, j’ai eu le plaisir de découvrir un grand nombre de stations dans plusieurs massifs, et chacune m’a plu pour des raisons différentes, chacune s’est illustrée avec un atout spécifique. L’atout charme de Pralognan, c’est sa beauté. C’est tout simplement la plus jolie station de ski que je connaisse à ce jour en France, mon coup de cœur esthétique absolu de cet hiver. Il faut que je vous dise à quel point j’ai eu un choc visuel en déroulant une longue route de sapins solitaires, loin des villes et du vacarme, et découvrant enfin cette petite station village au bord du parc national de la Vanoise. Un silence majestueux enveloppait les cimes des arbres et des montagnes. J’étais entrée dans un décor de film.

    Pralognan la Vanoise ou le paradis savoyard : la plus jolie station de ski française ?
    Les poneys du ranch de l’Ancolie


    Vous arrivez à Pralognan, et le monde semble se refermer autour de vous. C’est une vallée étroite, assombrie par les épicéas et par les plus hauts sommets de Savoie, qui forment un cirque rocheux monumental autour de vous. La Grande Casse culmine à 3855m, et plusieurs autres sommets de 3000m complètent ce cirque qu’on surnomme parfois « petit Chamonix ». Mais Chamonix est une ville, vaste et variée, tandis que Pralognan est un secret épargné par la marche du temps. Le village savoyard traditionnel est resté esthétiquement parfait : aucune grande barre d’immeuble, seulement des chalets de bois, le tout dans un océan d’épicéas qui donne à la station des airs de petit Canada.

    Pralognan la Vanoise ou le paradis savoyard : la plus jolie station de ski française ?
    Le matin à l’Epicéa Lodge
    Sur le domaine skiable, l’Aiguille de la Vanois

    A mon réveil à l’hôtel Epicea Lodge, je me sens complètement transportée dans un conte de fées. C’est ma première fois dans le massif de la Vanoise, et je découvre un petit paradis de nature préservé avec une faune incroyable. Partout sur les barres rocheuses tout au sommet du domaine skiable, on aperçoit au loin des chamois. Ils sont trop distants pour que je les photographie (je ne savais pas ce qui m’attendait, je n’ai pas pris de téléobjectif, comment aurais-je pu imaginer ?), mais les jumelles du guide me les révèlent. J’en frissonne d’émerveillement : c’est la première fois que j’en vois et l’émotion est forte. On me dit qu’en été, la Vanoise est un paradis de la randonnée, où la faune sauvage est tout proche et abondante, qiu’on chemine entre les fleurs et les animaux, comme dans un jardin d’Eden alpin. Je le crois sans difficulté.

    Le hameau de la Croix, l’idylle savoyarde

    Vous n’êtes pas encore rassasié de perfection savoyarde ? Pralognan a un secret pour vous : son petit hameau de la Croix, à quelques centaines de mètres du village. Dès la descente de la voiture, je suis extatique. J’ai trouvé le pays des contes de fée, entre Blanche Neige et la Reine des Neiges. Les flocons tombent sur les chalets et les ruelles étroites, je suis émerveillée. J’ai vu que le hameau de la Croix comptait plusieurs maisons intéressantes : galerie d’art, fromagerie, artisanat traditionnel… j’imagine que tout ouvre en été, cela m’a donné très envie d’y revenir à la belle saison !

    En me baladant dans les ruelles désertes de La Croix, mes pas assourdis par les flocons, une émotion très forte m’envahissait, un mélange de bonheur et d’humilité : c’était là la montagne des contes de fée, éternelle et terrible à la fois, celle qui brise les alpinistes sur les corniches escarpées et qui console les rêveurs au coin du feu, la montagne rude et maternelle, belle et froide. J’ai ressenti une forme de perfection à Pralognan, de grâce rare, et je me suis souvenue pour la millième fois que les Alpes étaient à mes yeux un temple. Elles sont à la fois sanctuaire du sublime et du vertige, et alcôve, cocon, nourrissant perpétuellement mes visions d’idylle et d’éternité. Les Alpes, ce sont à mes yeux les plus belles montagnes du monde, mes montagnes chéries. Pralognan a su concentrer leur beauté au creux d’une vallée magique, hors du temps et loin du monde.

    Ski et telemark entre les épicéas à Pralognan la Vanoise

    Avec 24 pistes, le domaine de Pralognan n’est certes pas immense : si vous êtes des fous du ski et que vous restez une semaine complète avec l’envie de dévaler les kilomètres, vous risquez de vous sentir à l’étroit. Mais si vous aimez mêler le ski à d’autres activités, si vous ne restez qu’un week-end ou si vous aimez skier dans un décor féerique, ce domaine sera parfait pour vous : il est d’une beauté rare. Les mythiques sommets de la Grande Casse et de l’Aiguille de la Vanoise vous surplombent, vous êtes au beau milieu des épicéas, les chamois sont tout proches, et vous avez un fabuleux sentiment de nature sauvage et préservée. C’est une idylle alpine. Au moment de ma venue, la neige était d’une qualité fabuleuse, et j’ai pris un immense plaisir à skier. Les pistes s’étendent de 1410 à 2355m et la partie basse est également équipée d’enneigeurs, assurant un bon enneigement constant.

    Faites une pause tartiflette au restaurant Les Barmettes, au pied de l’Aiguille de la Vanoise : le cadre est sublime et le repas copieux !

    Dans ce décor, j’ai eu le plaisir de tester le telemark au moment même où la coupe du monde de telemark avait lieu à Pralognan la Vanoise. Contrairement aux apparences, le mot telemark n’est pas le nom d’une énième appli de messagerie instantanée pour envoyer des photos de ton chat à ta mamie : c’est le nom d’une région de Norvège. Discipline mi alpine, mi nordique, elle laisse le talon libre, permettant à la fois la marche facile sur du plat et la descente sur pente raide. Les virages se font en position de fente, avec les genoux décalés. C’est très technique et très physique, mais heureusement, il est possible de tricher et de repasser sans encombre en technique alpine quand les cuisses et les mollets sont en feu. Nous avions un super moniteur britannique, Ben, fou du sentiment de liberté et de technicité procuré par le telemark, qui a créé sa société spécialisée dans la discipline, Teletracks . Si vous avez un bon niveau de ski alpin et que vous voulez tester de nouvelles sensations, je vous recommande d’essayer : les sensations sont intéressantes.

    Apprendre à construire un igloo à Pralognan la Vanoise

    Qui veut apprendre à construire un igloo ? A la tombée de la nuit, c’est l’atelier inuit à Pralognan-la-Vanoise. L’activité est à la fois ludique, instructive et assez physique. Il nous faudra 60 briques pour construire ce petit igloo, 60 briques qu’on va fabriquer avec des bacs de chez Ikea (on triche un peu), nos pieds pour tasser la neige très fort, et une scie pour les sculpter parfaitement. Puis quelqu’un se mettra à l’intérieur pour tenir chaque brique le temps de monter la voûte, comme une cathédrale de glace. Petite astuce : ne soyez pas cette personne sacrifiée. La pauvre Marie a failli finir en surgelé Picard, immobile genoux dans la neige à tenir des blocs de glace. Laissez les autres souffrir à votre place.
    Nous étions 7 et il nous a fallu 1h30 pour construire ce petit igloo, ce qui prouve qu’en cas de tempête de neige inopinée, nous serions tous morts, malgré des piétinements acharnés et une réelle ardeur collective au travail. Une fois le petit igloo achevé, quelqu’un aurait pu y dormir : la température était de 5 degrés dedans contre -13 dehors ! N’est pas Inuit qui veut. En cas de blizzard soudain, la technique du husky (se rouler en boule dans un tas de neige) me semble donc plus à même d’assurer ma survie. Nonobstant notre nullité achevée, c’était un moment très sympa, et particulièrement photogénique.


    Initiation au ski joering sous les sommets de la Vanoise

    Connaissez-vous le ski joering ? C’est une activité de magazine ou de conte de fée qui me faisait rêver depuis très longtemps, et en faire était mon grand objectif de l’hiver. Pour les amoureux des chevaux et des montagnes, c’est le cocktail parfait : il s’agit de ski… tracté par un cheval, qu’on guide en orientant ses skis et en tenant les rênes en main. Cela se passe au ranch de l’Ancolie, dans un cadre magnifique : une vaste vallée blanche au pied des montagnes. La propriétaire, Véronique est une vraie passionnée qui a peu de chevaux, les connaît par cœur et les adore. Comme il s’agissait d’une initiation, nous étions en terrain clos, je rêve maintenant de partir sur les chemins en forêt !
    L’activité est ludique et accessible, mais j’aurais tendance à dire que vous en profiterez encore plus si vous avez déjà un intérêt pour les chevaux, que l’animal vous plaît et ne vous effraie pas. Ceux d’entre nous qui avaient déjà un certain feeling avec les chevaux, sans forcément être de grands cavaliers, sont ceux qui ont le plus apprécié l’activité.



    Une sortie en raquettes à Pralognan la Vanoise

    Pralognan propose de nombreuses randonnées raquette dans un cadre privilégié. Celle qui me fait le plus rêver vous invite à partir à la recherche des chamois sur les hauteurs, ce que j’aurais bien évidemment adoré ! Mais pour des questions de temps, nous avons opté pour une boucle plus courte, mais néanmoins charmante, entre traversée de canyons rocheux, petits hameaux de berger, rivières enneigées et forêts épaisses. J’ai adoré cheminer sous le silence ouaté de la neige qui tombe… avant d’achever le parcours avec une délicieuse tomme de chèvre à la chèvrerie de Chavière ! A défaut de chamois, nous aurons rencontré d’autres caprins adorables…

    Commerces et restaurants authentiques : bonnes adresses à Pralognan

    Pralognan-la-Vanoise est un village savoyard authentique, avec ses chalets, ses épicéas, son atmosphère intemporelle. Ici les gens construisent leur histoire de génération en génération, portent un héritage, défendent le fait maison, les produits locaux.
    Je vous conseille de visiter la Fromagerie du Plan, où des éleveurs et producteurs vendent leur beaufort et qui ne désemplit pas (la culture du fromage en Savoie, c’est quelque chose !) ou encore la Liquoristerie de la Vanoise, caverne aux merveilles alpines : outre le génépi distillé sur place, on y trouve toutes sortes de spécialités savoyardes soigneusement sélectionnées.


    Quand il est temps de passer à table, il faut tester le bar-resto Pépé Gust’ qui a su allier la modernité cosy et bistronomique à la défense d’un héritage personnel touchant. Pépé Gust’, c’était Auguste Amiez, qui fonda en 1937 le tout premier bar de Pralognan. Skieur, alpiniste, bricoleur, figure locale mythique, il est aussi l’arrière-grand-père d’un des deux propriétaires du bistrot. Son visage stylisé orne les planches et les menus de ce bar-resto chaleureux où on commence au bar par un apéritif made in la Liquoristerie, avant de passer à table dans un décor ultra typique – une haie de skis des années 70 ! – et de goûter les burgers faits maison. L’assurance d’une soirée sympa.


    Pépé Gust’ s’apprêtait à ouvrir des chambres d’hôte au moment de ma venue. Je n’ai pas pu les découvrir, mais en attendant, j’ai deux hôtels sympas à vous conseiller.

    Deux hôtels de charme à Pralognan la Vanoise

    Nous avons dormi à l’Epicéa Lodge, un très joli hôtel légèrement à l’écart du village qui cultive l’ambiance trappeur : rondins de bois, proximité des montagnes et des forêts, toits enneigés… on est au calme, dans un cadre idyllique qui correspond totalement à ce que j’aime pour des vacances à la neige au plus près de la nature. L’hôtel propose des catégories de chambres très différentes, de la petite cabane dans les bois aux toits penchés (pas super pratique, mais tellement pittoresque) aux belles chambres avec vue ! J’étais à l’étage, dans une chambre cosy et confortable avec vue sur les montagnes, et j’ai adoré mon séjour. Je sais que toutes les chambres n’ont pas la vue (celles au rez-de-chaussée sont très sombres), et les types de chambres étant très différents, je vous conseille de réserver par téléphone pour bien vous renseigner sur celle que vous choisissez. Le restaurant de l’hôtel est chaleureux et traditionnel : raclette, fondue, crozes, diots… je me suis régalée de fondue. Et le grand bonheur, c’est de prendre l’apéritif avant ou le thé après le repas au coin du feu !

    J’ai ensuite pu découvrir un autre hôtel qui m’a beaucoup plu, en cœur de village : l’Hôtel du Grand Bec. Ce chalet traditionnel, tenu par la même famille depuis 3 générations, a une belle déco montagnarde boisée et soignée, et deux atouts charme qui m’ont séduite : un très bel espace piscine et balnéo, avec piscine intérieure chauffée, jacuzzi, piscine extérieure l’été, sauna d’une part, et un fabuleux restaurant d’autre part. Le restaurant est labellisé Maître Restaurateur, un label qui a de la valeur à mes yeux car il est sanctionné par les services de l’Etat et valorise circuits courts, produits locaux, fait maison. Le repas au Grand Bec était absolument succulent, un summum culinaire dans mon hiver montagnard – tout était fin, frais et délicieux !

    J’ai quitté Pralognan enchantée, comblée par mon séjour au pays des contes de fées, avec la sensation d’avoir vécu un moment de grâce, dans un endroit vraiment beau et magique. Au cœur de la Vanoise, dans une vallée encaissée et boisée, attend un petit paradis… Je rêve désormais de revenir en été, au plus près des chamois. Cet endroit m’a marquée et j’en ai beaucoup parlé autour de moi, en demandant à mes amis : saviez-vous combien Pralognan est beau ?

    Merci à l’office du tourisme de Pralognan et à Duodecim pour cet accueil merveilleux qui restera un fabuleux souvenir. Je reviens quand vous voulez !

    Pralognan la Vanoise, le paradis savoyard. Découvrez une des plus jolies stations de France. Toute la beauté des Alpes
    Epinglez moi !

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  • Orcières Merlette, au soleil des Alpes du Sud

    Quel bonheur de retrouver les Alpes du Sud à Orcières-Merlette 1850 ! Jamais elles n’ont autant mérité leur surnom « d’Alpes du Soleil » que dans cette station où il fait bon vivre, entre une situation plein sud et une pléthore d’activités qui parleront à tous. Des cours de cuisine à la tyrolienne géante en passant par des bains insolites en pleine nature et le parapente, tout est possible ici ou presque. J’ai eu un vrai coup de cœur pour Orcières-Merlette, station familiale attachante qui a su développer des initiatives originales, entre patrimoine et innovation. Peut-être votre prochaine destination de vacances au ski ? Laissez-moi vous donner quelques idées pour profiter au maximum d’Orcières-Merlette 1850.

    Skier au soleil
    S’élancer dans les airs
    Partir avec les chiens de traîneau
    Tester les insolites bains du trappeur en pleine nature

    La fontaine gelée du hameau de Prapic

    Orcières Merlette ou le soleil des Alpes du Sud

    Si vous aimez revenir du ski tout bronzé avec la marque des lunettes, si vous rêvez d’échapper à la grisaille et de retrouver la lumière sur les cimes, je ne saurais vous recommander mieux qu’Orcières-Merlette. C’est simple, de toutes les stations que j’ai eu le plaisir de visiter cet hiver, c’est celle qui bénéficie du meilleur ensoleillement. Ici, les Alpes du Soleil méritent pleinement leur surnom…

    Nous sommes déjà bien au sud, à la même latitude que Montélimar, la porte de la Provence. Nous sommes à deux pas de Gap, à 2h30 de route au nord de Marseille et à 2h au sud de Grenoble. Ici le climat est plus riant, plus dégagé que dans les Alpes du Nord.
    On le voit tout de suite à la végétation : les sapins ont disparu et fait place aux mélèzes, symbole des Alpes méridionales – comme dans les Dolomites. Attention, cela signifie que vous ne pourrez pas skier au milieu des arbres enneigés dans une atmosphère de petite Laponie, car les mélèzes perdent leurs aiguilles l’hiver et que le domaine n’est pas très boisé, mais cela signifie aussi que rien ne vient vous faire de l’ombre. Au-dessus de vous s’élèvent les premiers sommets du parc national des Ecrins, et les pentes sont baignées de lumière : la station est exposée plein sud, ce qui signifie que le soleil vous baigne continuellement, tout au long de votre journée de ski. Aucune station ne m’a fait prendre autant de couleurs qu’Orcières, pensez bien à la crème solaire !


    La station cultive cette douceur de vivre au soleil : sur le beau domaine sont installées des terrasses permettant de se reposer, bronzer dans des fauteuils et des chaises longues, faire une pause bronzage. J’ai adoré ces aménagements presque balnéaires au milieu des sommets.

    Au soleil d’Orcières


    Mais n’ayez pas d’inquiétude quant à l’enneigement : la station s’étend de 1850 à 2725 mètres, une grande amplitude pour ses 51 pistes, et des enneigeurs nouvelle génération sur toute la partie basse de la station. J’ai pu découvrir le travail des dameuses et des enneigeurs lors d’une virée en dameuse à la tombée de la nuit, qui m’a beaucoup appris sur les coulisses d’une station : toute la nuit, de nombreux hommes et quelques femmes travaillent à la préparation des pistes. La qualité de la neige était excellente lors de ma venue, malgré un soleil ardent et quasi continu. J’ai pris beaucoup de plaisir à skier à Orcières-Merlette, compromis parfait : une station familiale, à taille humaine, mais avec un beau domaine et de nombreuses pistes.

    Les enneigeurs dans la nuit

    Orcières Merlette, version sensations fortes

    La plus grande tyrolienne des Alpes du Sud

    C’est la plus grande tyrolienne des Alpes du Sud, et une des plus grandes des Alpes tout court : vous passez d’un versant à l’autre à une vitesse de pointe de 140 km/h, en position horizontale au-dessus des neiges. Contrairement à ce que j’imaginais, la sensation de vitesse n’est pas extrême, c’est quelque chose de très doux, comme si on volait. Si vous recherchez l’adrénaline pure, vous serez déçus, mais si vous avez envie d’une sensation de flottement et d’envol très agréable, cela vous plaira ! Un tour en tyrolienne coûte 40 euros, tarifs dégressifs en groupe.

    Un tour en chien de traîneau

    Au cœur de la station d’Orcières Merlette, au milieu des pistes à 2300 mètres d’altitude, Alpi Traîneau s’est installé avec ses huskies et a construit un village inuit, Williwaw, où on peut même passer la nuit dans un igloo après avoir vu le soleil se coucher sur les montagnes. Je n’ai pas testé l’option igloo, mais j’ai eu le plaisir de faire un petit baptême en chien de traîneau : environ 30 minutes de balade sur le plateau de Roche Rousse, entre les barres rocheuses et les étendues enneigées. Les mushers sont très expérimentés et professionnels : le jour de ma venue, le propriétaire du site, Philippe Desmurger, gagnait une des étapes de la Grande Odyssée, une course de chiens de traîneaux mythique en Savoie. J’étais avec Ananda, une jeune musher passionnée, qui m’a raconté le dressage des chiens, la sélection des chiens de tête, et son amour pour cette race généreuse et tellement pleine d’énergie. Une petite parenthèse très sympa entre deux descentes ! J’étais ravie de revoir les huskies après ma belle expérience en chien de traîneau en Vercors.

    Le parapente en hiver : le bonheur ultime

    Si vous me suivez depuis longtemps, vous savez que mon baptême de parapente en Vercors l’été dernier a été une des plus belles expériences de ma vie. J’ai ressenti un sentiment de joie, de liberté, d’exultation inouï et j’ai immédiatement su que j’étais accro, et que j’allais passer ma vie à courir après cette jubilation incomparable. Quand on m’a proposé de tester le parapente d’hiver à Orcières-Merlette, j’ai sauté de joie – impossible de me faire plus plaisir.

    Je crois que peu de choses au monde me procurent un sentiment de bonheur aussi intense. Cette sensation est indescriptible, car rien ne peut davantage donner à l’homme la sensation de voler. Le parapente, c’est devenir oiseau. Nous frôlions les crêtes, sentions le souffle froid de la montagne quand nous allions presque chercher le contact avec les pistes, puis repartions vers les hauteurs pour embrasser les sommets des Ecrins.

    C’était avec le moniteur Jean-Michel Hérard, fondateur de la société Chaussée Glissante, que j’ai trouvé vraiment pro et adorable.  Je vous le recommande chaleureusement si vous venez à Orcières – un baptême avec lui vous coûtera 75 euros. Il est aussi dameur : c’est lui que j’ai retrouvé le soir pour un tour en dameuse à la nuit tombée, une plongée extraordinaire dans le monde secret des stations.

    Parapente en hiver vs parapente en été
    Par rapport à mon expérience de l’été dernier dans le Vercors, qu’est ce qui change ? Fondamentalement : rien, c’est fabuleux. Dans le détail, un inconvénient à noter : les vols d’hiver sont souvent plus courts car il y a moins d’ascendants qui vous portent et maintiennent en l’air. J’aurais adoré que ça dure encore. J’ai revu des parapentistes aux Saisies la semaine suivante, et leurs vols étaient vraiment très courts, ils n’arrivaient pas à monter. Le problème est plus fréquent en hiver qu’en été, même si les conditions changent bien évidemment d’un jour à l’autre. En revanche, le parapente en hiver a un avantage significatif : le démarrage à ski est extraordinaire, un surcroît d’adrénaline génial. On se jette dans la pente bien raide avec ses skis, on prend de la vitesse et on est soulevé par la voile. Le départ valait toutes les montagnes russes du monde, c’était une sensation incroyable. C’est à réserver aux gens qui aiment l’adrénaline : le départ en été est plus doux, le départ à ski en hiver donne plus de sensations.
    Eté ou hiver, je vous recommande VRAIMENT de tester le parapente une fois dans votre vie. Ce sont mes plus belles expériences outdoor à ce jour. Je crois que j’ai élevé le parapente au rang de religion, car c’est une expérience qui ne ressemble à rien d’autre au monde et dont on sort extatique. Je crois que j’aime encore plus le parapente que le chocolat, c’est dire l’amour que je lui porte 😉

    Un moment au spa à Orcières Merlette ?

    J’ai eu le plaisir de tester deux spas durant mon séjour, ce qui a réjoui l’accro à l’eau chaude que je suis. Deux expériences vraiment agréables, mais radicalement différentes… laissez-moi vous raconter.

    Un beau spa pour prendre soin de soi : le spa Peau d’Ours

    On commence par le spa le plus « classique », mais vraiment plaisant : c’était un pur moment de détente et de bien-être que de finir la journée chez Peau d’Ours et de voir le soleil se coucher sur les Alpes depuis mon bain à remous. J’étais fabuleusement détendue…

    Je vous rassure tout de suite, il n’y a pas d’ours mort dans ce spa. Simplement, le nom « Orcières » signifie « tanière de l’ours », l’ours est l’emblème de la station, et nombre d’établissements jouent sur cette symbolique ! Peau d’Ours est un spa très soigné, qui vous chouchoute et vous enveloppe. De nombreux soins sont proposés, et de nombreux produits de bonne qualité. L’ambiance est chaleureuse et raffinée. Au premier étage, vous trouverez le grand bain à remous avec vue sur les montagnes, et au sous-sol, le sauna et le hammam, ainsi que de nombreux espaces de relaxation. Tout est propre, bien aménagé, bien chauffé, et je me suis parfaitement détendue. La dimension esthétique et cosmétique est aussi développée, et si vous avez envie de prendre soin de vous, le personnel attentif et sympathique de Peau d’Ours s’occupera très bien de vous.

    Je quitte ce cocon tiède et cosy et passe maintenant au spa version aventure de l’extrême.

    Les bains du trappeur : une expérience spa hors norme en pleine nature

    Ceci est un insolite incroyable, une des expériences les plus marquantes et originales de mon hiver 2019 – on oublie pas les Bains du trappeur de sitôt ! J’adore encourager les initiatives originales, et les Bains du trappeur, créés par un jeune couple fasciné par le grand nord, le Canada et les expériences décalées, sort vraiment de l’ordinaire. Et la dimension nature et écolo plaira aux cœurs verts parmi nous !

    Au fond de la vallée, à côté du gîte de Chauffarel, je descends dans la combe la plus froide des Hautes-Alpes. Le jour de ma venue, il fait -16 au fond de la combe, les arbres sont entièrement drapés de givre et j’ai l’impression d’être entrée dans un autre monde. Quel contraste entre les versants ensoleillés de la station méridionale et cette atmosphère presque sibérienne, ce monde sauvage où la rivière Drac coule à demi gelée entre les berges figées dans la glace et les arbres blancs ! Les bains du trappeur sont de grands bains de bois placés au milieu des forêts, et chauffés au feu de bois de mélèze allumé en dessous. L’ambiance trappeur est cultivée à l’extrême avec les cabanes, les rondins, les cheminées de fonte et les crânes de cervidés accrochés aux toits. Les bains sont privatifs, avec un tarif unique : 65 euros pour 3h, pour jusqu’à 8 personnes. Vous serez seul (ou avec les personnes que vous avez choisies) : il y a trois bains différents, chacun isolé des autres, pour avoir une sensation de solitude et d’exclusif. Vous aurez aussi un beau sauna de bois clair rien que pour vous. L’eau est intégralement vidée après chaque bain, ce qui évite l’utilisation de produits chimiques. Les contrastes de température sont extrêmes : -16 dehors, 40 degrés environ dans le bain, 80 environ dans le sauna ! Je n’ai pas eu froid, grâce à la température vraiment chaude du bain, et j’ai choisi de garder mon bonnet sur la tête pour ne pas risquer d’attraper mal. J’ai adoré cette expérience complètement sauvage et hors normes. Je recommande en amoureux : c’est très romantique !

    Un joli hôtel à Orcières Merlette : les Catrems

    Je reste dans les suggestions romantiques avec cet hôtel qui fait partie de mes coups de cœur de l’hiver en matière d’hébergement. Les Catrems, c’est vraiment un joli hôtel de montagne, avec une très belle vue sur les sommets, et une décoration à la fois typique, rétro et originale, qui m’a fait une excellente impression. On sent que les propriétaires ont décoré l’endroit avec beaucoup de soin, de goût et d’originalité, et j’ai adoré guetter tous les petits détails, et me reposer au soleil dans le salon. Ce n’est pas un hôtel luxueux, les chambres sont assez simples, mais c’est soigné, bien tenu et joli. L’hôtel est classé 2 étoiles, spontanément je lui en aurais plutôt accordé 3. La lumière, c’est vraiment l’atout cœur d’Orcières, elle est partout, et rend tout plus joyeux. J’ai adoré le balcon de ma chambre, plein sud avec vue sur les montagnes.
    Je recommande sans hésiter cet hôtel de charme aux tarifs abordables : 75 euros/nuit en moyenne.

    Après tant d’expériences palpitantes, il est maintenant temps de manger.

    Découvrir la gastronomie des Alpes du Sud à Orcières Merlette

    En venant à Orcières Merlette, j’ai fait une découverte culinaire qui m’a beaucoup surprise : la gastronomie du Champsaur, cette vallée des Alpes du Sud, est vraiment différente et ne ressemble pas aux spécialités de montagne usuelles. Bien sûr, comme partout au ski, vous trouverez aussi raclette, fondue, etc, mais je vous conseille vraiment de vous intéresser aux spécialités locales qui sont très spécifiques à ce coin de France.
    Il y a d’abord les ravioles du Champsaur. Moi qui suis Drômoise, je pense aux ravioles de Royans quand on me dit « ravioles », mais celles du Champsaur sont totalement différentes : elles ne sont pas faites à base de pâte de blé, mais de pomme de terre. Ce sont des croquettes à base de patate, fromage frais et levure.
    Ensuite, il faut parler des tourtons : eux sont bien à base de pâte, ce sont de gros coussinets fourrés aux pommes de terre et aux poireaux (parfois aussi aux champignons), qu’on cuit dans l’huile bouillante. Ils sont un peu plus délicats à réaliser que les ravioles.
    Ce sont les deux spécialités les plus célèbres, mais je vais vous en présenter d’autres au fil des bonnes adresses. 

    Tourtons et ravioles lors d’un atelier cuisine à l’office de tourisme d’Orcières Merlette

    Un resto à la déco fabuleuse : L’Ourson

    Ah, quel coup de cœur, ce resto ! D’abord, la décoration est géniale. J’ai eu l’impression d’entrer dans un compte Instagram de cow girl américaine super stylée et élégante, avec ce bois clair, ces motifs vache et zèbre, ces lampes travaillées, cette utilisation judicieuse de la végétation, cette attention apportée au détail. J’ai passé dix minutes à admirer le resto avant de pouvoir me concentrer sur le menu 😉
    Passons au repas : un régal ! C’est du fait maison, du typique et soigné. J’ai pris le plateau de découverte des spécialités du Champsaur, et il y avait, outre les tourtons et les ravioles, plusieurs choses très originales : du nougat de chèvre, une mousse de fromage de brebis, des feuilletés aux épinards… C’était copieux mais très bon, et vraiment différent.

    Goûter aux mélèzes : Les Délices Orsatus

    Je continue dans l’originalité : je vous conseille vraiment d’aller découvrir les Délices Orsatus chez Stéphane, à l’hôtel des Gardettes. Stéphane est passionné de fleurs et de plantes, et notamment de celles de ses Alpes du Sud. Je vous l’ai dit, l’arbre emblématique de la région, c’est le mélèze. Ce que j’ignorais, c’est que le mélèze fleurit au printemps (autour d’avril), couvrant la montagne de fleurs claires. Stéphane part alors ramasser les fleurs, pour composer ses « délices ». Les délices, ce sont des confitures à base de fleurs : mélèze, bien sûr, mais aussi sureau, églantine, pissenlit, gentiane, lilas… et bien d’autres encore. Absolument passionné, Stéphane vous racontera avec enthousiasme les vertus des fleurs, et les principes de la phytothérapie. Les Délices Orsatus peuvent aussi être commandés en ligne, n’hésitez pas à faire un tour sur le site, où vous trouverez aussi des recettes.

    Stéphane a aussi décliné la technique pour développer des sorbets de fleurs, que vous pouvez goûter au restaurant des Gardettes. C’est un resto de montagne typique, aménagé dans une ancienne bergerie, où j’ai goûté à une très bonne raclette – classique mais efficace – avant d’enchaîner sur ces sorbets délicieux.

    Apprendre à cuisiner les spécialités du Champsaur

    Et si vous mettiez à votre tour la main à la pâte ? Myriam, habitante d’Orcières passionnée de cuisine et experte en matière de spécialités régionales, propose des ateliers cuisine à l’office du tourisme. J’ai appris à faire les ravioles (facile, je saurais refaire), puis les tourtons (plus compliqué, je ne saurais pas les refaire moi-même, d’autant qu’il faut un cadre en bois pour bien les former), et suis repartie avec mes spécialités à cuire chez moi et les recettes pour pouvoir recommencer ! Myriam est chaleureuse et pédagogue, et j’ai apprécié l’ambiance conviviale du cours. Cela m’a fait très plaisir de voir que les femmes n’étaient pas les seules intéressées, et que plusieurs hommes sont venus apprendre avec leur femme, leur fille… très sympa.

    Le hameau de Prapic ou la magie des Alpes du Sud

    La station d’Orcières Merlette 1850 n’est pas une station village comme j’en verrai ensuite en Savoie : c’est un aménagement des années 1970 avec de l’habitat collectif, pas laid du tout, grâce à la petite taille de la station et à l’utilisation du bois pour palisser les ensembles, mais avec forcément moins de charme qu’un village traditionnel. En revanche, le village d’Orcières, situé un peu plus bas, est vraiment très beau, avec son église se détachant sur les sommets enneigés.

    Mais le joyau, le coup de cœur absolu, c’est le hameau de Prapic.
    Ce qui me fascine dans les Alpes du Sud, ce sont les petits hameaux perdus dans la montagne. Ils datent de l’époque pastorale, quand les bergers suivaient les troupeaux en haut des pentes l’été, et que des maisons de pierre et de chaume naissaient sur leurs chemins. À Orcières, il y a plusieurs hameaux de ce genre, et le plus beau, c’est Prapic, un petit bout du monde. Les toits de chaume ont été remplacés par des toits de lauzes (ardoises noires) en raison des incendies, mais tout est comme avant, traditionnel, idyllique. Le village est rempli de fontaines toutes plus belles les unes que les autres, surtout quand l’hiver les drape de glace. De superbes randonnées partent de Prapic, et je vois des gens partir en raquettes au milieu des mélèzes ou le long des deux rivières, celles qu’on appelle la noire et la blanche. La poésie hivernale de Prapic m’a enchantée et a fini de sceller mon affection pour Orcières !

    Pour la douceur de vivre et la neige au soleil dans les Alpes du Sud, pour l’esprit familial de cette petite station et pour la grande diversité des activités et l’esprit d’innovation qui l’anime, j’ai vraiment adoré Orcières Merlette.
    Un grand merci à l’office du tourisme d’Orcières Merlette, et particulièrement à Mathilde, et à tous les prestataires, pour leur accueil chaleureux !

    Ski et insolites au soleil des Alpes du Sud : Orcières Merlette.
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