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  • Saint Jacques dans le Lot: le GR652, depuis Rocamadour

    Etape iconique de la Voie du Puy sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle, le département du Lot est extrêmement riche en chemins jacquaires, qu’il s’agisse du GR65 classique, de la variante dite voie du Célé, ou de la voie de Rocamadour. Parce que le Lot est à mes yeux un des plus beaux départements de France pour la randonnée, entre villages de carte postale, grands causses et gorges sculptées par l’érosion, et que les chemins jacquaires lotois sont d’une grande richesse, j’ai eu à cœur d’arpenter le plus grand nombre de variantes. J’ai eu le plaisir de vous en parler dans un précédent article , les chemins de Saint Jacques dans le Lot, consacré au GR65, à la voie du Célé et à la voie de Rocamadour. A l’été 2024, j’ai repris ma coquille de pèlerin sur les sentiers du Lot pour arpenter le GR652, dite voie de Rocamadour, qui va de Laroquebrou à La Romieu, sur sa partie lotoise : Rocamadour-Duravel.
    Le premier attrait du GR652 dans le Lot, c’est bien entendu Rocamadour la sublime, la vertigineuse, une citadelle singulière que la foi a arrimée au rocher et qui fut l’un des plus importants sanctuaires du Moyen-Âge européen. Mais ce GR m’a permis de découvrir de nombreuses autres pépites patrimoniales lotoises, comme Gourdon, la capitale de la Bouriane et son cœur de ville médiéval, Salviac et son église dédiée aux pèlerins, ou encore la bastide occitane de Montcabrier, et tout un chapelet de beaux villages, d’églises pluriséculaires, de chapelles secrètes et de coquilles suspendues au détour d’un méandre… sans oublier les bonnes tables ancrées dans le terroir du sud-ouest.
    Si ce GR est aujourd’hui méconnu, son rayonnement fut intense au Moyen-Âge : Rocamadour était une étape incontournable et emblématique des grands pèlerinages européens, et nombreux furent les marcheurs à emprunter ce chemin, pour passer par le sanctuaire à la Vierge Noire avant de rejoindre Compostelle. La puissance de cet héritage est inscrite dans le patrimoine !

    Sur les chemins de Saint Jacques dans le Lot : arpenter le GR652 au départ de Rocamadour, un sentier riche et méconnu vers Compostelle.
    Sur les chemins de Saint Jacques : le GR652

    Sur les chemins de Saint Jacques dans le Lot : arpenter le GR652 au départ de Rocamadour, un sentier riche et méconnu vers Compostelle.
    Au départ de Rocamadour
    Sur les chemins de Saint Jacques dans le Lot : arpenter le GR652 au départ de Rocamadour, un sentier riche et méconnu vers Compostelle.
    Cheminer avec la coquille de pèlerin
    Sur les chemins de Saint Jacques dans le Lot : arpenter le GR652 au départ de Rocamadour, un sentier riche et méconnu vers Compostelle.
    … jusqu’aux rives du Lot !

    Randonner sur le GR652 dans le Lot : mes conseils

    Ce GR est plutôt facile : certes, les étapes sont longues (nous avons parcouru environ 25km chaque jour), mais le dénivelé est très faible, et les chemins ne comportent aucune difficulté technique. Contrairement à par exemple la Voie du Célé, où les reliefs font chauffer les mollets, vous serez quasiment toujours sur du plat.

    Si vous marchez sur le chemin de Saint Jacques pour être seul avec vous-même, je vous recommande chaleureusement ce sentier plus méconnu, vous ne croiserez pas grand monde, même au cœur du mois d’août comme nous l’avons fait.
    En revanche, si vous recherchez l’ambiance conviviale du camino, avec grandes tablées, grappes de randonneurs qui se rejoignent ici et là, discussions et rencontres, je vous recommande plutôt le GR65, plus fréquenté.
    Sur le GR652, pensez bien à planifier votre itinéraire et réserver vos hébergements, ils ne sont pas aussi nombreux que sur le GR65.

    GR652, de Rocamadour à Duravel
    100km, 4 jours
    Difficulté : facile
    Marquage : rouge et blanc
    Topoguide : Sentier vers Saint Jacques de Compostelle, via le Puy, Figeac-Moissac, Rocamadour-La Romieu, GR65, GR651, GR652, édité par la FFRandonnée
    Retrouvez mon article consacré au GR652 sur le site de Lot Tourisme avec cartes et GPX 


    Rocamadour, notre départ sur le GR652

    Un véritable trésor lotois ! « L’espérance ferme comme le roc », telle est la devise de Rocamadour, et cela se conçoit aisément quand on admire l’architecture vertigineuse de cette citadelle funambule enchâssée dans la pierre dorée du causse. Si Rocamadour est l’un des incontournables absolus quand on visite le Lot, ce n’est pas pour rien : entre beauté visuelle, force de l’histoire et atmosphère mystique, impossible de rester insensible.
    Rocamadour a toujours été un des sanctuaires qui me touchent le plus. Savoir qu’on met ses pas dans ceux de Saint Louis, de rois, de papes, d’innombrables pèlerins venus ici depuis des siècles mus par la foi et l’espérance, ne manque jamais de m’émouvoir. De plus, les prêtres diocésains et les jeunes catholiques bénévoles qui font vivre le sanctuaire sont très dynamiques et accueillants, et ce sont chaque jour des messes, des vêpres et laudes, souvent des processions, des rencontres… Notre Dame de Rocamadour est une église vivante. J’aime son atmosphère, et sa beauté me touche. Commencer notre marche ici me réjouit, l’émerveillement est intact.

    Rocamadour GR652
    La puissance de Rocamadour
    Rocamadour
    La beauté du sanctuaire

    Notre hébergement à Rocamadour : Nous dormons dans une grande chambre partagée pour 4 personnes à la Maison des 4 chemins, un très beau gîte d’étape chaleureux et accueillant envers les marcheurs. Dans ce beau chalet de bois à quelques encablures de Rocamadour, facilement accessible à pied, nous nous retrouvons avec d’autres randonneurs venus arpenter les différents chemins de Saint Jacques dans le Lot, et d’autres itinéraires de grande randonnée. Nous sommes tous marcheurs, l’ambiance est conviviale et nos hôtes adorables.

    rocamadour hébergement maison 4 chemins

    GR652, jour 1 : Rocamadour-Le Vigan

    Cette première étape est une journée calme et douce pour se mettre en jambes. Pas de patrimoine exceptionnel aujourd’hui sur le chemin, il faut reposer ses yeux après l’éblouissement esthétique de Rocamadour, mais de beaux chemins en pleine nature. On longe l’Alzou pour quitter Rocamadour au cœur du parc naturel régional des Causses du Quercy, entre falaises aux teintes chaudes, forêt moussue et plans d’eau bucoliques. On chemine sur des sentiers sablonneux très doux, et si la traversée du pont de l’autoroute nous rappelle soudain que nous sommes bien au XXIe siècle, tout le reste de la journée se déroule dans un décor intemporel de prairies, de bois et de maisons isolées au fil de l’eau. Dans un décor de campagne riante au milieu des chevaux et des vaches, on se repose pour la journée du lendemain, la plus spectaculaire…

    Sur les chemins de Saint Jacques dans le Lot : arpenter le GR652 au départ de Rocamadour, un sentier riche et méconnu vers Compostelle.
    Sur les chemins du Lot
    Sur les chemins de Saint Jacques dans le Lot : arpenter le GR652 au départ de Rocamadour, un sentier riche et méconnu vers Compostelle.
    A travers le PNR des causses du Quercy
    le vigan église
    L’église du Vigan

    Notre hébergement au Vigan : le moulin de Planiol. Coup de foudre absolu pour cette magnifique chambre d’hôtes tenue par un couple néerlandais adorable. C’est le GR version grand luxe : une belle chambre joliment décorée, une vaste piscine située au cœur d’un jardin fleuri et des chevaux que le coucher de soleil transforme en gravures irisées ponctuent cette étape de charme. Du dîner au petit dej, tout est fait maison, ultra copieux et savoureux et on se sent chouchouté. Marcheurs côtoient motards et touristes en road trip, cette étape plus haut de gamme mais restant abordable met tout le monde d’accord !

    GR652, jour 2 : Du Vigan à Salviac

    Cette journée a été ma préférée, la plus riche et variée. Entre Gourdon, Salviac et l’Abbaye Nouvelle, l’amoureuse de patrimoine que je suis est comblée !
    A la croisée du Quercy et du Périgord, Gourdon, capitale de la Bouriane, est une cité de drapiers et de tisserands qui a tenu tête aux Anglais durant la guerre de Cent Ans et qui a su garder intact son cœur médiéval. Il faut absolument prendre le temps de remonter la rue de Majou et d’arpenter les rues piétonnes de la ville haute de Gourdon. Des passionnés ont réaménagé le quartier de la cathédrale : jardins médiévaux restaurés, ruines aménagées, petites bulles de verdure, d’art et d’insolites ponctuent la marche et nous réservent une jolie surprise à chaque coin de rue.

    Gourdon sur le GR652 dans le Lot
    La beauté de Gourdon sur le GR652 dans le Lot
    Gourdon sur le GR652 dans le Lot
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    Gourdon sur le GR652 dans le Lot
    Le coeur médiéval de Gourdon
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    Après Gourdon, le GR devient de plus en plus beau : pontons aménagés au-dessus de petits étangs et tourbières, guirlandes de mousses, cazelles de pierres sèches agrémentent la marche jusqu’à L’Abbaye Nouvelle. Cet ancien monastère cistercien ravagé par la guerre de Cent Ans, ruine gothique monumentale dressé comme un spectre dans le paysage, nous rappellent que sommes réellement sur un itinéraire historique majeur du pèlerinage, qui reliait Rocamadour à Condom par Agen : les fouilles archéologiques ont montré qu’il avait accueilli pendant des siècles et en grand nombre les pèlerins en marche vers Compostelle.  

    Ambiance typique d'une randonnée dans le Lot sur le GR652.
    Ambiance typique d’une randonnée dans le Lot sur le GR652. A droite : les emblématiques cazelles lotoises.


    abbaye nouvelle lot
    L’abbaye Nouvelle

    Cette puissance historique du GR652, c’est Salviac qui la montre le mieux. Imaginez : l’église Saint-Jacques-le-Majeur de Salviac, édifiée au XIIIe siècle, pouvait accueillir plus de mille personnes ! Fait rarissime : derrière l’autel au cœur du chœur, ce n’est pas Jésus qu’on trouve en majesté, mais l’apôtre Jacques le Majeur, celui qui repose à Compostelle. Cette église majestueuse est l’une des plus belles de ce GR, et un pur régal pour les amoureux d’histoire jacquaire : bornes, vitraux, lanterne des pèlerins, tout raconte l’histoire de ce chemin hors normes et des marcheurs courageux qui ont sillonné l’Europe médiévale. Devant l’église, une statue à la silhouette de pèlerin est un joli clin d’œil.

    randonner sur le GR652 saint jacques lot
    Hommage aux pèlerins devant l’église Saint Jacques le Majeur de Salviac
    randonner sur le GR652 saint jacques lot
    Saint Jacques le Majeur dans le choeur
    randonner sur le GR652 saint jacques lot eglise salviac



    Notre hébergement à Salviac : Sur la place de l’église, Marie-Aline tient une chambre d’hôtes douce et accueillante, où nous nous sentons réellement en famille. Des histoires de famille, Marie-Aline en a de nombreuses à partager : sa mère a détenu les clefs de l’église Saint Jacques le Majeur et de son trésor pendant des décennies, et elle connaît mieux que personne l’histoire puissante de ce monument singulier…
    Nous sommes venus un jour de marché des producteurs. Les melons du Quercy et les petits fromage Rocamadour font chanter les étals colorés, ce sont les saveurs du Lot qui se déclinent avec bonheur.

    randonner sur le GR652 saint jacques lot

    GR652 version randonnée nature : Salviac-Frayssinet-le-Gélat

    Cette étape est sans doute la plus jolie en termes de nature. Les grandes forêts de fougères et de bruyères roses, aux allures presque écossaises, nous montrent que nous avons quitté le pays calcaire des causses, et que nous descendons vers les terres plus acides de la vallée du Lot. Au milieu des murets de pierres sèches, la végétation change et l’eau revient : de beaux étangs, notamment celui de Cazals, invitent à la détente au bord de l’eau. Nous arrivons dans le Quercy blanc, au pays des pigeonniers et des moulins…

    randonnée sur le GR652 dans le lot
    Etangs…
    randonnée sur le GR652 dans le lot
    … et bruyères


    Au cœur du beau village de Cazals à l’architecture si typique du Lot, avec ses tours carrées, ses pierres dorées et ses toits de lauze, la place principale respire la dolce vita occitane – difficile de résister à la tentation du petit café au soleil ! Une dizaine de kilomètres plus loin, la prochaine halte est à Frayssinet-le-Gélat, avec son étonnante église Sainte Radegonde, construite au XIIe siècle, qui a de loin l’allure d’un donjon dressé au milieu des plaines du Lot.

    randonnée sur le GR652 dans le lot
    Si lotois !

    randonnée sur le GR652 dans le lot
    Douceur de vivre occitane
    randonnée sur le GR652 dans le lot
    Sur les chemins de Saint Jacques
    randonnée sur le GR652 dans le lot

    Notre hébergement à Pomarède : Chez Jeanne à Pomarède. Parce que nous sommes en plein mois d’août, et que les hébergements sont vite complets, nous sortons du GR et faisons un petit détour par Pomarède pour la nuit. Mais cela vaut le coup ! Chez Jeanne, ce sont 5 générations de femmes, 120 ans de saveurs, et toute la richesse du terroir lotois.

    randonnée sur le GR652 dans le lot
    Pomarède au petit matin

    Jusqu’aux rives du Lot : le 4e jour

    C’est notre dernier jour de marche, et elle nous réserve encore une fois de véritables pépites patrimoniales. Montcabrier est l’occasion de découvrir les bastides occitanes si typiques de la région, des villes nouvelles conçues à la fin du Moyen-Âge pour servir le commerce et favoriser les échanges avec leur plan géométrique. Avec ses façades à échauguettes, ses fenêtres à arches brisés gothiques et sa très belle église Saint-Louis au tympan flamboyant datant du XIIIe siècle, Montcabrier a fière allure !  
    Le dernier village-trésor de notre marche est la gallo-romaine Duravel, un des bijoux de la vallée du Lot avec sa majestueuse église romane Saint-Hilarion, fondée au XIe siècle par des moines venus de l’abbaye de Moissac (une autre halte jacquaire !), et qui contient les reliques de plusieurs saints anachorètes des premiers siècles chrétiens, notamment le fameux Hilarion, un ermite du IIIe siècle. Le prestige de cette église au Moyen-Âge se reflète dans son architecture grandiose, et tout le bourg est organisé autour d’elle – un dernier délice médiéval avant de revenir à notre siècle !
    Nos ultimes kilomètres nous amènent jusqu’aux rives du Lot, à Port-de-Vire. En franchissant la rivière, nous arrivons dans le Lot-et-Garonne voisin.

    randonnée sur le GR652 dans le lot eglises et patrimoine religieux
    Montcabrier (à gauche et au centre), Duravel : de superbes églises jusqu’au bout de notre GR652 lotois !

    randonnée sur le GR652 dans le lot eglises et patrimoine religieux
    La beauté de la bastide de Montcabrier
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    Passion échauguettes
    randonnée sur le GR652 dans le lot eglises et patrimoine religieux
    En route vers le Lot
    randonnée sur le GR652 dans le lot eglises et patrimoine religieux
    Superbe église de Duravel
    randonnée sur le GR652 dans le lot eglises et patrimoine religieux


    Nous avons beaucoup aimé ces 100km sur le GR652, empreinte de calme, de douceur et riche d’un patrimoine exceptionnel. Si les chemins de Saint Jacques vous tentent, pourquoi ne pas tenter cette variante lotoise peu fréquentée mais si emplie d’histoire ?

    Continuer à explorer le Lot

    Notre randonnée s’achève ici, mais nous aurions pu la poursuivre de plusieurs façons :

    – Nous aurions pu continuer sur le GR652 jusqu’à La Romieu via Tournon d’Agenais et Agen, avant de rejoindre le GR65. Nous aurions par exemple traversé la très jolie ville de Villeneuve-sur-Lot dans le Lot-et-Garonne, que j’avais beaucoup aimée.
    – Nous aurions pu remonter le cours du Lot jusqu’à Cahors via le GR36 qui traverse la vallée du Lot en passant par le beau village de Puy l’Evêque, pour reprendre à Cahors le GR65 en direction de Montcuq et de Moissac.

    Pour notre part, nous allons retrouver la région de Rocamadour, pour aller passer la nuit dans un gîte de charme exceptionnel, Les hauts de Bagadou à Martel.

    Je vous invite, pour poursuivre votre exploration lotoise, à suivre les liens suivants.

    Sur le site Itinera Magica, blog de voyage amoureux de l’Occitanie :

    Arpenter les chemins de Saint Jacques dans le Lot, à pied et à cheval

    Partir en road trip dans le Lot

    Dormir dans un hébergement insolite romantique et luxueux à Martel : Les Hauts de Bagadou

    Sur le site de Lot Tourisme, pour qui j’ai écrit sur les différentes variantes jacquaires :

    Randonner sur le GR6 de Figeac à Rocamadour

    Randonner sur le GR651, la voie du Célé, de Figeac à Saint Cirq Lapopie

    Randonner sur le GR652, la voie de Rocamadour, de Rocamadour à Duravel

    Un grand merci à Lot Tourisme, et tout particulièrement à Aude et à Cathy, pour leur accueil si chaleureux et pour les souvenirs merveilleux que nous avons créé chez eux année après année.

  • Secrètes Alpes de Haute Provence : autour de Digne-les-Bains

    Digne-les-Bains, la capitale des Alpes de Haute Provence ? C’est la pépite méconnue, le joyau ignoré de cette région sublime, la ville qu’on traverse trop souvent sans s’y arrêter. Et pourtant… Connaissez-vous le vélodrome d’Esclangon, les clues de Barles, la cascade du Saut de la Pie, les gorges de Trévans ? Saviez-vous que la région de Digne-les-Bains était le plus grand musée à ciel ouvert du monde ? Avez-vous déjà entendu parler des étoiles de Saint Vincent et de la dalle aux ammonites ? Digne est une escarcelle à merveilles injustement méconnues.
    Vous connaissez mon amour des Alpes de Haute Provence, ce pays magique qui conjugue divinement montagne et midi, entre lavandes, eaux turquoise et pierres ensoleillées. Dans cette région, vous connaissez sans doute les gorges du Verdon, le plateau de Valensole, le lac d’Allos, les superstars de la haute Provence. Pendant des années, j’ai moi aussi trop souvent traversé Digne-les-Bains sans m’y attarder, ignorant ses richesses. Mais cette fois, après cinq jours à explorer Digne et ses alentours, nous pouvons le dire : d’incroyables joyaux nous attendent.

    Visiter Digne les Bains, capitale des Alpes de Haute Provence. Blog sur Digne et environs : le vélodrome d'Esclangon, les clues de Barles, le géoparc de Haute Provence, les étoiles de Saint Vincent...
    Digne-les-Bains, la belle insoupçonnée
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    A deux pas de Digne, des sites inouïs


    Notre séjour était axé autour des deux éléments forts de l’identité dignoise : l’art et la géologie.
    La géologie, car nous sommes au cœur du géoparc Unesco de Haute Provence, le premier géoparc au monde : la richesse incroyable de ce territoire a justifié à elle seule leur création. Digne concentre une collection inimaginable de sites d’exception où la Terre est comme un livre ouvert sur son histoire. La dalle aux ammonites, les fontaines pétrifiantes, les clues de Barles, le vélodrome d’Esclangon en sont quelques exemples fabuleux.
    L’art, car la région de Digne est le plus grand musée à ciel ouvert au monde, avec des œuvres d’art placées partout dans le paysage, plusieurs musées exceptionnels dans le cœur de Digne, et un bijou emblématique, les étoiles de St Vincent… dont le cœur est un fossile. L’art et la terre se donnent ici la main, formant un pays singulier entre tous, qui nous a profondément séduites. C’est sans doute pour cela que la grande exploratrice Alexandra David-Neel a reconnu en Digne-les-Bains son petit Tibet, et a voulu vivre et mourir ici. Êtes-vous prêts à explorer Digne ? Nous ouvrons ensemble les portes d’un royaume secret et magique…

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    Les étoiles de Saint Vincent, bijou emblématique de Digne-les-Bains, fabriqué à partir d’un fossile

    J’ai réalisé en reportage avec mon amie et binôme Marion Carcel alias Foehn Photographie. Ensemble, nous formons un duo de blogueuses, photographes et créatrices de contenu tourisme passionnées sous le nom d’Itinera Favonia. Un très grand nombre de photos de cet article sont les siennes.

    Marion et moi lors de notre nuit en bulle au Mas des Pins, à Beynes

    Le musée promenade de Digne, au cœur de l’histoire de la Terre

    La région de Digne-les-Bains est un véritable trésor à ciel ouvert, d’une richesse géologique unique au monde. Le géoparc de Haute Provence fut le premier reconnu par l’UNESCO car ici, on lit l’histoire de la terre comme un livre ouvert, décryptant chacune de ses strates à la recherche de la grande frise des temps géologiques. Au coeur de la ville de Digne, le Musée promenade est le point de départ de la Route de la mémoire de la Terre et donne la clef de ses merveilles. Entre maison et musée du Géoparc, salle d’exposition d’œuvres contemporaines au centre d’art Cairn, déambulation dans un sublime jardin rempli de caprices géologiques (les fontaines pétrifiantes), c’est un magnifique mélange de paysages et de savoirs, entre tableaux féeriques et musée passionnant. Je recommande absolument la visite du Musée promenade lors de tout séjour à Digne : c’est la plus belle introduction qui soit à l’histoire du territoire, sa singularité et son identité.
    Les jardins ont un charme fou, entre le jardin japonais où bruissent les sources et cascadent entre torils et petits ponts, ou encore le jardin aux papillons peuplé de créatures ailées. Le clou, le bijou du musée promenade, c’est bien sûr la grande fontaine pétrifiante, où le calcaire sculpte des féeries de tuf moussu en changeant peu à peu en pierre la mousse qui recouvre le ruissellement d’eau. La vision est onirique, spectaculaire !


    Pour atteindre le musée au cœur du jardin, on monte d’impressionnants remparts de calcaire et la vue est de plus en plus belle. En bas coule en tresse la riante rivière Bléone et la vue émerveille. Le Blayeul, la crête de Limans, le Cousson fascinent par leurs reliefs dignes des plus hauts sommets. Digne est un trait d’union entre la Provence et les Alpes, une limite climatique de la culture de l’olivier, un écrin de montagnes.

    Visiter Digne les Bains et ses environs dans les Alpes de Haute Provence. Blog sur Digne les Bains. Le musée promenade et la fontaine pétrifiante
    Visiter Digne les Bains et ses environs dans les Alpes de Haute Provence. Blog sur Digne les Bains. Le musée promenade et la fontaine pétrifiante
    Visiter Digne les Bains et ses environs dans les Alpes de Haute Provence. Blog sur Digne les Bains. Le musée promenade et la fontaine pétrifiante


    Au cœur du parc, le musée mêle art et science pour faire revivre les âges de la terre et les fossiles emblématiques de la région, les ammonites. Les collections sont passionnantes : paléontologie, biologie, géologie, ainsi qu’une mémoire du territoire, avec notamment une salle consacrée à la tradition du pastoralisme dans les Alpes de Haute Provence et aux chemins de transhumance – la Routo.

    Visiter Digne les Bains dans les Alpes de Haute Provence. Que voir à Digne ? Blog Digne les Bains

    L’histoire de notre monde depuis des millions d’années se déroule sous nos yeux. Mon coup de cœur ? Les aquariums, qui montrent les liens entre les fossiles d’autrefois et les animaux marins d’aujourd’hui. Les crinoïdes d’aujourd’hui sont les frères et sœurs des ammonites et des étoiles de Saint Vincent emblématiques de Digne – cette visite où les flots font le trait d’union entre les créatures d’hier et celles d’aujourd’hui me passionne. Une excellente introduction à la dalle aux ammonites, qui m’a beaucoup touchée…

    La dalle aux ammonites et les ichtyosaures

    L’histoire géologique de Digne-les-Bains, c’est celle des Alpes toute entière, et c’est une histoire d’eau. Ce qu’on nomme l’orogénèse (orogénèse, naissance des montagnes, quel mot magnifique !) des Alpes commence par un océan paléolithique, la Téthys alpine, qui recouvrait ce qui est aujourd’hui la région alpine. Il y a deux cent millions d’années, nos Alpes étaient un gigantesque océan, où batifolaient les ammonites…

    C’est un étrange cimetière des éléphants paléolithique que la dalle aux ammonites de Digne-les-Bains. A l’époque où l’océan Téthys recouvrait la région alpine, des centaines d’ammonites, gastéropodes aquatiques d’autrefois, sont venues mourir sur un même fond marin. Les scientifiques ne savent pas bien expliquer pourquoi, il y a deux cent millions d’années et durant environ cent mille ans, des familles entières d’ammonites sont toutes venues mourir ici, mais le résultat est saisissant : plus de 1500 fossiles de la famille des nautiles ont fini ici leur étrange course d’escargots, une curiosité géologique unique au monde.

    Visiter Digne les Bains dans les Alpes de Haute Provence : refuge d'art et vélodrome du vieil Esclangon

    La dalle aux ammonites se situe juste à la sortie de Digne, elle est facilement accessible, bien aménagée et ouvre véritablement le livre de la mémoire de la terre. Elle nous a émues, tout comme elle a ému l’artiste Ilana Halperin, dont nous avons découvert l’œuvre au centre d’art Cairn, au sein du musée promenade.

    Je cite Ilana Halperin :

    « Un conglomérat est une roche sédimentaire composée de nombreux types de roches différentes, naturellement liées entre elles. Une famille, tout comme une roche, peut être composée de nombreuses parties.
    […] 1500 ammonites se sont amassées, les unes sur les autres, au même endroit pendant 100 000 ans. Comment est-ce possible ? Chaque ammonite était un être vivant. Mais au Mur des Ammonites, comment les considérer comme des instants proches de vie, et pas seulement comme un long moment de mort massive ? Un évènement d’extinction prolongée. […] Chaque mort est une extinction, et donc chaque vie est importante. J’ai pleuré devant le Mur d’ammonites. Tant de vies différentes, et ici elles sont toutes exposées. Il y a deux ammonites qui ont l’air de se tenir dans les bras l’une de l’autre. Ma famille est enterrée au même endroit. Est-ce pour cela que les ammonites sont toutes tombées ici, au fond de ce bassin ? C’est difficile à imaginer, vu le temps que cela a pris – 100 000 ans. A moins que – à moins qu’il existe une vraie mémoire géologique du temps ? »

    Ilana Halperin, My conglomerate family, exposée au centre d’art Cairn de Digne-les-Bains
    Visiter Digne les Bains et ses environs dans les Alpes de Haute Provence. Blog sur Digne les Bains. La dalle aux ammonites

    Visiter Digne les Bains et ses environs dans les Alpes de Haute Provence. Blog sur Digne les Bains. La dalle aux ammonites
    Ilana Halperin


    Il y a environ 90 millions d’années, la plaque européenne a commencé à basculer sous la plaque adriatique, et à refermer l’océan de la Téthys. Il y a environ trente millions d’années, la Téthys alpine disparut totalement et les plaques européennes et africaines entrèrent en collision. De ce choc naquirent les plus hauts sommets des Alpes, son épine dorsale, notamment les massifs du Mont Blanc, de Belledonne, des Grandes Rousses. Les compressions et déformations successives provoquées par le jaillissement des Alpes ont continué à plisser les bords externes de la chaîne. Les hautes falaises calcaires des pré-Alpes de Digne sont autant de conséquences de ces déformations de la croûte terrestre, comme une nappe qui se plie quand on la repousse. Les roches sédimentaires nées de la Téthys ont ainsi été mises à nu, dressées à la verticale, ouvrant la porte sur l’océan d’autrefois.

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    Les clues de Barles

    Digne en est le témoin privilégié. On trouve ici non seulement des ammonites, mais aussi des ichtyosaures… A La Robine, près de Digne-les-Bains, le squelette d’un monstre marin appelé ichtyosaure est resté emprisonné dans la falaise. Difficile d’imaginer qu’il y a 90 millions d’années, il batifolait dans les eaux de la Téthys… et que le calcaire est devenu son aquarium pour toujours. Digne a quelque chose de vertigineux.

    Le musée Gassendi et les Refuges d’art

    Connaissez-vous les Refuges d’art ? Si le pays de Digne-les-Bains est le plus grand musée à ciel ouvert de France, c’est qu’ici des artistes inspirés par la géologie extraordinaire de la région ont disséminé partout des oeuvres d’art en pleine nature, qui souvent soulignent et font écho aux caractéristiques physiques de ces paysages hors normes. Invité en résidence par le Cairn Centre d’art, Andy Goldsworthy, un artiste britannique, a créé un concept unique : les Refuges d’art, des maisons abritant les oeuvres d’art fabriquées sur place et ouvertes aux randonneurs, où on peut bivouaquer dans des sites géologiques d’exception.

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    Arriver au refuge d’art du vieil Esclangon

    Pour découvrir le réseau des refuges, tout commence au cœur de Digne, au musée Gassendi. Pierre Gassendi (1592-1655) fut non seulement le prévôt de la cathédrale de Digne, mais aussi un très grand astronome et savant, s’inscrivant dans le sillage d’un Léonard de Vinci avec son intelligence polymorphe et son œuvre encyclopédique et éclectique.

    Visiter Digne les Bains et ses environs dans les Alpes de Haute Provence. Blog sur Digne les Bains. Le védrome du vieil Esclangon et les refuges d'art du musée Gassendi
    Gassendi

    Le musée Gassendi de Digne-les-Bains est aujourd’hui un musée d’art original et novateur, célèbre pour ses collections contemporaines et pour la prédominance d’artistes de la mouvance du « land art ». Il abrite de nombreuses œuvres d’Andy Goldsworthy, spécialiste du land art, qui est tombé amoureux de Digne, de sa terre brune et de sa géologie unique, et a installé ses œuvres en pleine nature partout alentours. De Goldsworthy, nous retiendrons les serpents de terre ocre, aux méandres vertigineux et aux dimensions colossales.

    Visiter Digne les Bains et ses environs dans les Alpes de Haute Provence. Blog sur Digne les Bains. Le védrome du vieil Esclangon et les refuges d'art du musée Gassendi

    Nous sommes accompagnées, lors de la visite du musée Gassendi et de la randonnée menant jusqu’au refuge, par notre guide Pascal Mazzani. Cet accompagnateur en montagne est passionné de création contemporaine et de land art, et fait partie de la poignée de guides formés à lire, décrypter, commenter le musée à ciel ouvert de Digne.

    Au musée Gassendi, nous regardons ensemble, avec Pascal et l’équipe adorable du musée, les œuvres d’Hermann de Vries, qui mêle art et science en créant des herbiers fantastiques. Nous découvrons aussi l’œuvre de Joan Fontcuberta, qui invente des chimères, expose des animaux imaginaires. L’artiste est l’auteur d’un véritable canular scientifique et artistique : les hydropithèques. Fontcuberta met en scène, avec de fausses publications scientifiques, expositions, faux sites archéologiques, la découverte de sirènes préhistoriques (les hydropithèques) parmi les fossiles dignois. Pour ce happening à ciel ouvert, l’artiste a semé des hydropithèques un peu partout dans Digne… vous en trouverez notamment un caché dans le jardin au musée promenade de Digne !

    Puis Pascal nous mène en montagne et nous aide à repérer et lire dans le paysage les œuvres d’art disséminées. Nous tombons sur des « 0m » (prononcer « zéro M »), des signes de l’infini, ou encore un mystérieux carré Sator, comme autant d’énigmes pimentant le paysage et invitant à un grand jeu grandeur nature. Le « carré magique » Sator, qui se lit dans tous les sens, est un emblème ésotérique très ancien – j’en parlais dans mon article consacré à la Vallée d’Aoste. Il nous conduit à un village abandonné dans les années 1950, où le cimetière témoigne d’une vie disparue, et nous ouvre la porte enfin du refuge du Vieil Esclangon, où nous attend le serpent magique…

    Visiter Digne les Bains dans les Alpes de Haute Provence : refuge d'art et vélodrome du vieil Esclangon


    C’est Andy Goldsworthy qui a initié le concept novateur des refuges d’art : des refuges abritant des œuvres d’art et ouvertes au public. La somme à acquitter pour y passer une nuit est modique, et il suffit de demander la clé au musée Gassendi pour pouvoir dormir dans ce happening vivant. Nous irons, Marion et moi, passer une nuit au refuge du Vieil Esclangon, où le serpent magique d’Andy Goldsworthy veille sur nous dans le noir, les méandres de son ventre et les craquelures de l’argile rousse ondulant à la lumière des bougies.


    Restées seules tandis que Pascal redescend, Marion et moi savourons un authentique dîner sudalpin – les produits de l’épicerie Macaron de Provence à Digne, dont le succulent fromage AOP des Alpes de Haute Provence, le banon – avant de nous endormir au milieu des constellations…

    Un des plus beaux sites des Alpes de Haute Provence : le vélodrome d’Esclangon

    Je vous ai raconté notre nuit au refuge d’art au vieil Esclangon, mais je dois absolument vous parler du paysage en lui-même…
    Le vélodrome d’Esclangon est un site inouï. La surrection des Alpes a dessiné, il y a des millions d’années, cet improbable synclinal où la Terre ondule et se plisse comme du sable mouillé sous la main d’un enfant. La promenade commence au fond de la vallée du Bès. Nous allons rejoindre les hauteurs, en direction du vieil Esclangon. Nous sommes au cœur de l’UNESCO Géoparc de Haute Provence, classement UNESCO qui consacre le caractère unique au monde de ce patrimoine géologique. Le vélodrome est un amphithéâtre grandiose, un spectacle XXL des féeries telluriques et des caprices du temps.

    Visiter Digne les Bains dans les Alpes de Haute Provence : refuge d'art et vélodrome du vieil Esclangon

    Au fond du vélodrome se dresse la mythique lame de Facibelle ? Cette lame de grès de 50 mètres de hauteur pour 3 mètres de large se dresse comme un aileron fendant les voussures de l’océan minéral, défi dressé à l’érosion à travers les millénaires.

    Au fond coule le Bès, charriant la rumeur dès temps enfouis tandis que monte la brume du soir…
    On ne se lasse pas de contempler ces visions chthoniennes…

    Visiter Digne les Bains dans les Alpes de Haute Provence : refuge d'art et vélodrome du vieil Esclangon

    Mais d’autres sites majestueux nous attendent…

    Sites géologiques magiques et randonnées incroyables autour de Digne

    Randonner dans la région de Digne-les-Bains est un éblouissement perpétuel. Si nous n’avons pas eu le temps de monter au Cousson et sur la crête de Limans, nous avons vécu des scènes grandioses aux clues de Barles et dans les gorges de Trévans. Ici la Terre révèle ses secrets de fabrication, nous révèle les rouages de sa machinerie, déploie des spectacles géologiques saisissants.

    Coup de cœur pour un site très difficile à photographier, mais qui m’a éblouie : les Clues de Barles. Dans cette gorge, les strates de la couche terrestre, soulevées par la surrection des Alpes, sont dressées à la verticale dans un incroyable mille-feuilles minéral. Impossible de ne pas être fasciné par ces draperies pétrifiées semblant encadrer le spectacle inouï de la nature.

    N’oublions pas une très belle cascade jaillissant d’un cirque rocheux à quelques kilomètres des Clues de Barles : le Saut de la Pie ! Facilement accessible mais de toute beauté, elle a un charme fou.

    Visiter Digne les Bains dans les Alpes de Haute Provence . Le saut de la pie

    La randonnée des gorges de Trévans

    Une randonnée merveilleuse : les Gorges de Trévans. Nous avons eu un énorme coup de cœur pour cette gorge où cascade une eau turquoise au cœur d’un canyon ocre. La première partie de la randonnée nous conduit au fil de l’eau, entre gorges et vasques, dans une féerie aquatique. En remontant ensuite sur les hauteurs, les panoramas de part et d’autre de la gorge sont somptueux, par exemple sur les ruines de la Chapelle Saint André. La boucle est somptueuse de part en part, entre bruissements des eaux, forêt enchantée et vues ouvertes sur le grand soleil du sud.

    Trésors de la Terre dignoise : des sources…

    L’eau thermale chaude et guérisseuse de Digne-les-Bains était connue depuis l’Antiquité romaine : Digne fut une cité de bains, et ce dès sa fondation. Dans cette capitale de la géologie miraculeuse, l’eau soigne ! Si les thermes historiques, réservées aux curistes, sont plus médicales, le tout nouveau spa thermal de Haute Provence fera le bonheur des voyageurs en quête de bien-être. Rien d’austère, ici tout est lumière, luxe et douceur, on vient pour un voyage luxueux au pays de la détente. Les bassins sont magnifiques, entre une vaste piscine se partageant entre intérieur et extérieur avec jets et remous, des jacuzzis à différentes températures, des zones de détente résolument zen, des bambous et des oliviers.

    J’ai bénéficié d’un soin (avec d’excellents produits fabriqués en Provence, les gammes Ciel Azur et Origine) détendant et relaxant dans ce cadre exquis et sous les mains expertes de ma masseuse ! Les produits qu’on nous a confiés ont enchanté ma salle de bain et j’ai continué à savourer les vertus et la douceur des Alpes de Haute Provence durant de longues semaines après notre belle visite… L’atmosphère lumineuse de ce spa et la carte des soins m’ont beaucoup séduite, j’y reviendrai avec bonheur en vacances.

    … et des étoiles de Saint Vincent

    L’autre richesse inouïe du sol dignois, ce sont les étoiles de St Vincent, des étoiles fossiles héritées des millénaires enfuis : il s’agissait de pentacrines, un animal marin des temps anciens. Le sol dignois regorge de ces étranges animaux étoilés. Autrefois, chacun les ramassait librement et s’en parait les jours de fête : les étoiles de Saint Vincent sont devenus le bijou iconique de la Haute Provence, un marqueur identitaire très fort, un objet d’art et d’histoire rare.

    Les fossiles sont aujourd’hui protégés, il est interdit de creuser la terre pour les trouver, mais quelques bijoutiers ont pu garder des stocks anciens et le droit de fabriquer ces superbes objets emblématiques de la région. Les pentacrines sont sertis d’or ou d’argent, montés sur des parures de toute beauté. Norbert Mille est le plus célèbre des bijoutiers créant les étoiles de St Vincent. Quatre générations d’artisans passionnés : après nous avoir montré les photos de sa grand-mère, et raconté la transmission puissante de la joaillerie dans sa famille, il travaille aujourd’hui avec son fils à Oraison ! Je rêve de posséder un jour un de ses bijoux majestueux qui disent le caractère exceptionnel du sol dignois, où la terre offre ses trésors…

    Visiter Digne-les-Bains, ses deux cathédrales, ses fontaines…

    Connaissez-vous le cœur de Digne-les-bains, la capitale des Alpes de Haute Provence, la belle insoupçonnée ? Je vous ai parlé de la géologie extraordinaire qui l’environne, plongeons maintenant dans le centre ville !

    A Digne, vous trouverez non pas une, mais deux cathédrales, ou plutôt co-cathédrales, une situation rarissime. La ville romaine était basse, installée dans la plaine, la ville médiévale gagne les hauteurs pour se protéger des incursions, comme partout en Provence. Au Moyen-Âge, les évêques commencent à s’installer dans la ville haute, et à ne plus avoir le courage de descendre dans les faubourgs pour célébrer la messe… une deuxième cathédrale est créée de facto.
    Restaurée au XIXe dans un style néo-gothique, Saint Jérôme, la cathédrale haute, est la plus flamboyante des deux, avec son allure lombarde radieuse, toute de marbre clair. Elle trône sur la colline centrale et se voit de loin. C’est pour cela que les évêques ont voulu cette seconde cathédrale au cœur de la cité.

    Mais la cathédrale historique, c’est la romane, Notre Dame du Bourg, une des plus anciennes cathédrales de France.

    Vestige de l’antiquité, les fouilles ont révélé dans sa crypte une ville latine des premiers siècles absolument gigantesque. Un monument archéologique et une visite absolument passionnante, révélant la richesse et la puissance de la ville romaine antique. La crypte se visite, et impressionne par son ampleur, sa richesse, et tout ce qu’elle révèle de l’ancienne ville latine enfouie. Les fondations de l’ancien forum, les ruelles, les objets retrouvés, tout m’a marquée, d’autant que nous avons bénéficié d’une visite guidée d’une immense qualité.

    Dans la crypte…

    Que dire de la grande fontaine XIXe? Le musée promenade n’est pas le seul à posséder sa fontaine pétrifiante… Dans cette ville calcaire, toutes les fontaines sont pétrifiantes, le calcaire fossilisant la mousse en se déposant, et il faut régulièrement retirer les concrétions de tuf. Poétique !

    Digne respire le sud. Ses façades colorées, ses cadrans solaires, ses fontaines, ses calades sinueuses, nous sommes bien en Provence…

    La maison-musée d’Alexandra David-Neel

    Lorsqu’on visite Digne, il faut absolument aller découvrir la maison d’Alexandra David-Neel, la grande voyageuse et exploratrice de l’Himalaya. Amoureuse de la région, voyant en la crête des montagnes de Digne son « petit Tibet », Alexandra David-Neel s’est installée ici, a bâti sa maison mi-temple, mi-bibliothèque, mi-tremplin vers l’ailleurs, y a écrit ses livres, et y a fini ses jours. Figure singulière aux mille vies, voyageuse, exploratrice, figure spirituelle, écrivaine, femme libre, elle est connue du grand public pour son voyage de 14 ans en Asie. Elle fut la première Occidentale à entrer (déguisée, clandestinement) dans la cité sacrée de Lhassa, et écrivit de nombreux livres sur le bouddhisme. Elle vécut même dans un ermitage au cœur de la chaîne de l’Himalaya, où elle vivait de façon ascétique. Ses aventures, ses itinéraires périlleux et solitaires dans une région alors totalement fermée et hermétique aux Occidentaux, forcent le respect. Quand Alexandra David-Neel est née en 1868, l’Europe connaissait très mal le Tibet, l’Himalaya, le bouddhisme, et ses voyages et essais ont nourri notre connaissance. Exploratrice, femme libre annonçant à son mari qu’elle partirait pour des années à l’autre bout du monde, figure spirituelle, elle a beaucoup marqué son temps. Sa maison est à l’image de sa vie : insolite, hors normes, ouverte sur l’ailleurs et l’intérieur. Les lieux sont restés intacts, comme ils l’étaient lors de son décès en 1969 à l’âge de 101 ans. Une visite touchante et incontournable !

    Digne outdoor : la via ferrata du Rocher de neuf heures

    Culturelle, provençale, authentique, Digne est aussi une ville de sports de nature, installée au cœur d’une région dont le cœur bat en plein air. Notre séjour fut ponctué par une merveilleuse expérience vertigineuse : la via ferrata qui surplombe la ville de Digne, surmontant l’imposant rocher de Neuf heures. Un vrai coup de cœur pour Marion et moi.
    La vue sur la ville en contrebas est exceptionnelle. Le parcours est varié, ludique, avec des ateliers intéressants et originaux, et une vraie dimension pédagogique : tout au long du parcours, vous apprendrez des tas de choses sur les oiseaux qui nichent dans ces falaises et que vous côtoierez.

    Moi qui suis férue de via ferrata et qui en ai souvent fait, par exemple la merveilleuse via ferrata du Roc du Vent dans le Beaufortain, j’ai pleinement apprécié la beauté, l’originalité, la variété des ateliers de celle de Digne. Une via récente, bien équipée, ludique, qui propose de vrais beaux panoramas et qui vaut le détour ! Pour les amateurs de via : par sa configuration, ses points de vue, son allure générale, elle m’a rappelé la via ferrata du rocher Saint Julien, à Buis-les-Baronnies – ce qui est une belle référence, vous en conviendrez !

    Visiter Digne les Bains dans les Alpes de Haute Provence. Que voir à Digne ? Blog Digne les Bains

    Un magnifique pic d’adrénaline et de beauté dans ce séjour dignois, placé sous le signe de la géologie, des sports outdoor et des panoramas grandioses. Nous nous sommes régalées avec Sébastien, notre adorable et enjoué moniteur.

    La roche dignoise n’aura pas fini de nous réjouir… encore tant de sommets à explorer !

    Digne les Bains

    Bonnes adresses à Digne-les-Bains : où manger à Digne

    En face de chez Alexandra David-Neel, on poursuit le voyage oriental chez Nusa Café, une belle adresse originale combinant restaurant végétarien, coffee shop bio et salon de massage et de soin bien-être. L’atmosphère invite à l’évasion, la cuisine est fraîche, savoureuse, originale, haute en couleurs. Une très belle adresse fidèle à l’esprit éclectique de l’exploratrice, qui invite à prendre soin de soi !

    Envie de Provence authentique ? Rdv au café et épicerie Macaron de Provence, qui rassemble à la fois des spécialités de la région, des thés, des produits locaux, et surtout les fameux macarons de Provence : de savoureux macarons personnalisés et personnalisables, qui prennent les couleurs et motifs de votre choix. Nous y avons pris un petit-déjeuner savoureux, et nous avons emporté leurs produits au refuge du vieil Esclangon, pour une double dose de douceur dignoise !

    Blog bonnes adresses à Digne les bains

    Un déjeuner au pied de la statue de Gassendi, sur la place principale de Digne ? Le Café Kris est un resto convivial avec une belle grande terrasse sur la place, une pizzéria, un bar à tapas, tout est fait maison et l’atmosphère est chaleureuse. On mange bien et on savoure le plaisir d’une ambiance typiquement provençale.

    Bonnes adresses à Digne : trois beaux hébergements

    Nous avons dormi trois nuits à Digne (plus une nuit au refuge d’art), trois nuits pour trois ambiances : un hôtel de charme, une bulle insolite et un gîte luxueux. Nous avons beaucoup aimé les trois univers.

    La Villa Gaia

    Sur les hauteurs de Digne, la Villa Gaia est un hôtel de charme, une belle maison XVIIIe où l’atmosphère est douce et l’accueil chaleureux. Les chambres ont un chic provençal tout mistralien, entre boiseries lustrées et tapisseries très fines qui m’évoquent les félibriges et leur goût très sûr, très ensoleillé. Les reflets jouent avec la vigne vierge, la voiture rétro cultive une élégance hors du temps, et on apprend que de nombreux artistes ont séjourné ici avec bonheur, à commencer par Andy Goldsworthy. Le soir, on nous sert un excellent menu savoureux et végétarien, avec un velouté de pois, des ravioles à la bourrache, c’est délicieux, végétal et fin. Une très belle immersion dans l’atmosphère dignoise…

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    Les bulles du Mas des Pins

    Parés pour une expérience de cosmonaute en pleine nature ? Au Mas des Pins à Beynes, Marion et moi avons vécu une expérience vraiment insolite.
    Le Mas des Pins propose plusieurs hébergements atypiques en pleine nature : des cabanes, des bulles, le tout dans un cadre verdoyant face au coucher de soleil. C’est un magnifique domaine pour s’évader et vivre une nuit hors du commun, loin du monde et hors du temps.
    Nous avons coincé la bulle dans notre bulle au Mas des Pins…
    Il existe plusieurs types de bulles et Marion et moi expérimentions celle-ci pour la première fois : la bulle est en surpression, gonflée par un compresseur. Un sas à l’entrée permet de garder l’étanchéité de la bulle (on ferme le sas avant d’entrer, sinon elle se dégonfle !). Je dois vous le dire : l’expérience est particulière et peut secouer les personnes claustrophobes. La sensation d’air raréfié et de modification de la pression m’a perturbée.
    Ce que j’ai adoré, en revanche, c’est le confort du lit ultra moelleux, la beauté de la déco cosy et colorée, le repas de produits locaux et tarte maison pris au coucher de soleil, et le fait de dormir les yeux dans les étoiles, la canopée des pins penchée vers notre sommeil. Je me suis réveillée en pleine nuit au milieu des constellations sous la voûte étoilée.

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    Marion et moi en avons profité pour faire un yoga sylvestre, toutes de vert vêtues en harmonie avec les bois…

    Le gîte du vieil Aiglun

    Dernier soir de notre voyage. Ce coucher de soleil sera une apothéose, on se le promet. D’autant que nous le voyons depuis un lieu magique, extraordinaire : le gîte du Vieil Aiglun. Le vieil Aiglun est un village du XVIe siècle, perché à 800m d’altitude, au-dessus de Digne dans un décor intemporel digne d’un film de Pagnol. Lavandes à perte de vue, cyprès toscans et or du soir, la douceur roule sur le paysage.
    Nous sommes sur la terrasse de notre gîte, le gîte du vieil Aiglun. Havre de douceur, le gîte du vieil Aiglun est un hébergement inouï, illuminé par le couchant. Un nid délicat perché sur la montagne, où nous nous sentons merveilleusement bien. Je me vois déjà y revenir, en EVJF, en lune de miel, en famille. Les infrastructures sont luxueuses, avec la piscine donnant sur une incroyable terrasse, trois gîtes spacieux et superbes pouvant accueillir chacun entre cinq et huit personnes, le panorama sur les champs de lavande depuis les chambres…

    Bonnes adresses à Digne les Bains : le gîte du vieil Aiglun


    La vue est inouïe, inoubliable. Le coucher de soleil sur la montagne du Cheval blanc nous émerveille et nous rappelle ces trois jours passés à galoper à ses pieds, en septembre dernier, lors d’une randonnée équestre autour de Digne. Pour Marion et moi, la région de Digne-les-Bains est devenue la maison. Bonheur de revenir dans des lieux tant aimés…

    Bonnes adresses à Digne les Bains : le gîte du vieil Aiglun

    Continuer d’explorer les Alpes de Haute Provence

    Sur Itinera Magica, l’amour des Alpes de Haute Provence a rempli de nombreuses pages, et je vous invite à découvrir tant d’autres expériences…  


    Parcourir la région de Digne-les-Bains à cheval, entre route Napoléon et terres noires.
    Visiter les merveilles secrètes de Colmars-les-Alpes et Seyne-les-Alpes, dans la haute Provence grandiose.
    Rêver à Moustiers-Sainte-Marie au cœur du Verdon.
    Savourer la douceur du midi entre Gréoux-les-Bains, Valensole et Esparron-de-Verdon.
    Arpenter la Routo sur la trace des transhumances.

    Et si vous êtes tombé amoureux de la géologie dignoise, continuez à explorer le géoparc et à arpenter les routes de la mémoire de la Terre.

    Sisteron, sa clue, sa citadelle, son rocher

    Vous adorerez Sisteron, sa citadelle et son rocher.
    C’est une des plus belles forteresses des Alpes, et sans doute ma préférée : la sublime citadelle de Sisteron. Elle fut la porte et la gardienne de la Provence face aux assauts du Dauphiné, puis de la Savoie. Elle se dresse au-dessus du fleuve, où les eaux turquoise du Buech se mêlent aux flots plus gris de la Durance dans un magnifique camaïeu aquatique, et face à l’impressionnant rocher de la Baume avec ses mille strates dressées, encore un exemple de l’incroyable géologie des Alpes de Haute Provence. La clue de Sisteron est peut-être la plus belle de Provence.

    Les Mées, roches et crus

    Amoureux de géologie tourmentée, vous serez fous des Pénitents des Mées, ces énormes rochers de poudingue ressemblant à des moines encapuchonnés qui surplombent le village et disent des légendes de tentation et de châtiment divin. Un site qui stimule l’imaginaire, qui fascine et captive. Ne manquez pas de faire un tour au fabuleux domaine vinicole des Bergeries de Haute Provence à Châteauneuf-Val-Saint-Donat, où les vins ont fait une entrée de comète dans le cercle fermé des crus qui comptent. L’accueil est chaleureux et la dégustation divine.

    Visiter les Mées dans les Alpes de Haute Provence

    Vous rêvez des Alpes de Haute Provence en hiver ? Après avoir adoré skier à Montclar les 2 Vallées, j’ai hâte de vous raconter mes séjours hivernaux en vallée de l’Ubaye et en vallée de la Blanche Serre-Ponçon. N’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter pour ne rien manquer des joyaux de ce pays unique entre tous…

    Un immense merci aux Alpes de Haute Provence, à Isabelle, Eric, Sébastien, Erika, à toutes celles et tous ceux qui nous ont accueillies, pour ce séjour merveilleux. Irrésistibles Alpes de Haute Provence, toujours !

  • Fabuleuse Vallée d’Aoste : le Mont Blanc, côté italien

    Avez-vous déjà rêvé de passer de l’autre côté du Mont Blanc ? Cet automne, je suis partie découvrir une destination qui me faisait rêver depuis des années : la vallée d’Aoste, plus petite région autonome d’Italie, véritable gardienne des Alpes et verrou montagnard entre la péninsule italienne et l’Europe du Nord. Parce que ce passage à travers la chaîne alpine revêtait une importance stratégique cruciale, elle a joué un rôle clef dans l’histoire de l’Europe et a été contrôlée par les romains, les savoyards… et même Napoléon. La richesse culturelle de cette région est extraordinaire, sans parler de la beauté exceptionnelle de ses paysages montagnards. L’altitude moyenne de la vallée d’Aoste culmine à 2100 mètres : préparez-vous à un foisonnement de cols montagnards, de routes sinueuses, de mélèzes en feu, et de merveilleux 4000 vous surplombant comme autant d’hologrammes magiques. Ici, vous ne verrez pas seulement le Mont Blanc côté italien, mais aussi le Cervin, et vous skierez même à son pied…

    Que voir, que faire en vallée d’Aoste ? Séjour d’automne à Aoste. Blog sur Aoste, Cervinia, Courmayeur

    Que voir, que faire en vallée d'Aoste ? Séjour d'automne à Aoste. Blog sur Aoste, Cervinia, Courmayeur
    Le Mont Blanc, côté italien
    Que voir, que faire en vallée d'Aoste ? Séjour d'automne en vallée d'Aoste. Blog sur Aoste, Cervinia, Courmayeur
    Castello di Issogne, un des nombreux châteaux de la vallée d’Aoste
    Que voir, que faire en vallée d'Aoste ? Séjour d'automne à Aoste. Blog sur Aoste, Cervinia, Courmayeur
    Beauté de l’automne en Vallée d’Aoste

    Petite région, nectar de splendeurs, la vallée d’Aoste se déguste aussi dans le verre et dans l’assiette, et je vous parlerai de la qualité extraordinaire de ses vins, ses fromages et ses charcuteries. Notre séjour fut aussi un sommet de gastronomie ! Et pour nous Français, la vallée d’Aoste mérite notre affection toute particulière : c’est la seule région francophone d’Italie, et le français, seconde langue officielle, reste omniprésent là-bas… encore un motif de curiosité et d’attachement. Culture italienne, culture alpine et langue française créent ici un étonnant et unique cocktail.

    Que voir, que vivre, que faire en vallée d’Aoste ? Au programme de ce merveilleux séjour d’automne : Courmayeur, les thermes de Pré Saint Didier, une journée de ski à Cervinia, la magnifique ville d’Aoste, les exceptionnels châteaux de la vallée d’Aoste, et de très bonnes adresses pour déguster les spécialités valdôtaines. Ce long week-end d’automne en vallée d’Aoste en amoureux, j’en avais rêvé, et il restera un des plus beaux souvenirs de mon année.

    Franchir le tunnel du Mont Blanc, direction la vallée d’Aoste

    On a parfois des rêves couvés en secret depuis des années. La vallée d’Aoste était l’un des miens. J’avais aimé à la folie le Mont Blanc côté Chamonix, le Cervin côté Zermatt… l’idée qu’une même petite région italienne concentrait l’envers des deux monstres mythiques me fascinait, et la vallée d’Aoste était devenue pour moi la face obscure de la lune : un monde de mystère et de magie à conquérir.
    Quand nous arrivons par l’autoroute de la Vallée Blanche à Chamonix, ville que j’aime à la folie, mon cœur bat très fort : enfin, je vais traverser le mythique tunnel du Mont Blanc, plonger dans cet inconnu tant espéré.
    Je réfléchis à l’histoire de l’Europe. Ce tunnel que nous traversons en quelques minutes, il n’existe que depuis 1965. Durant des siècles, traverser le Mont Blanc comme un gruyère, presque comme on se téléporte, était impossible. La traversée des Alpes était une épopée dangereuse et un enjeu de conquête majeur. Et la vallée d’Aoste – qui se tient, justement, sur le versant méridional du Mont Blanc et du Cervin, au seuil de la France et de la Suisse –, un des points de passage les plus stratégiques du continent européen. Pour les Romains, elle était la charnière entre l’Italie et le reste de l’Europe ; pour tous les conquérants, rois et guerriers, elle était ce verrou crucial entre Nord et Sud, le point de passage dans la muraille alpine. Papes et empereurs, chevaliers et artistes, marchands et fugitifs, tous étaient suspendus au franchissement de deux cols, celui du Petit Saint Bernard, aujourd’hui entre France et Italie, celui du Grand Saint Bernard, aujourd’hui entre Suisse et Italie, véritables points névralgiques d’une Europe où un excès de neige pouvait suspendre les communications entre deux mondes, et une soudaine invasion, renverser le destin du continent tout entier.

    séjour d'automne en vallée d'aoste. Courmayeur. Blog vallée d'aoste courmayeur
    Au sortir du tunnel du Mont Blanc

    Aujourd’hui, nul besoin de mules, d’armées, de lances et de sauf-conduit papal pour passer de l’Europe du Nord au soleil de la péninsule italique, il vous faudra juste compter 59,80 euros l’aller-retour (quand même). Mais la beauté de l’arrivée à Courmayeur vaut bien l’épopée.

    Courmayeur : la beauté du Mont Blanc, côté italien

    Ce qui me frappe immédiatement, c’est le contraste des forêts entre Chamonix et Courmayeur. Au nord, côté Chamonix, nous sommes dans un pays d’épicéas et de sapins. Tout début novembre, la date de notre voyage en vallée d’Aoste, la forêt chamoniarde est un océan presque entièrement vert, où des arbres solitaires allument quelques torches éparses. Côté Courmayeur, c’est un éblouissement de roux qui se déverse dans vos yeux illuminés : nous sommes sur le versant sud, et le mélèze règne en maître. C’est un incendie sylvestre, une avalanche de roux flamboyant. C’est magnifique, c’est le sud. J’écoute Ricchi e Poveri pour célébrer l’arrivée en Italie.

    Séjour d'automne en vallée d'Aoste
    Mont Chétif en haut à gauche, et juste derrière le Mont Blanc

    Courmayeur est magnifique. Le Mont Blanc ne se dévoile pas au premier abord, car le jaloux Mont Chétif (2343m) prenait ombrage de la suprématie du géant (4807m de majesté), et cache au village la vue directe. Il suffira de s’éloigner un tout petit peu pour le voir éclater en majesté. Pour remédier à ces querelles entre sommets, Courmayeur a bâti le Skyway Monte Bianco, sublime ascenseur vers les plus hautes cimes, fabuleux balcon sur la plus haute couronne de nos Alpes. Il est fermé lors de notre séjour début novembre, mais j’y étais montée lors de mon initiation à l’alpinisme en vallée Blanche à Chamonix.

    Explorons le sublime centre historique de Courmayeur, où l’architecture traditionnelle valdôtaine a été parfaitement préservée, notamment les toits de lauzes sur lesquels somnole le soleil méridional. Face à l’église St Pantaléon, qui jaillit au XIIe siècle et est rebâtie au XVIIIe suite à un éboulement, trône la très belle maison de la société des guides de Courmayeur. Trente ans après la création de la compagnie des guides de Chamonix, sa fondation en 1850 fait d’elle la deuxième plus ancienne au monde, et sa très belle façade commémore nombre d’ascensions héroïques et de visages majeurs. L’ambiance raffinée et authentique de Courmayeur séduit immédiatement, et l’automne ajoute encore au charme suranné de ces ruelles de pierre montagnarde.

    Savourer la vallée d’Aoste : bonnes adresses à Courmayeur

    Nous garderons un souvenir émerveillé de notre premier restaurant en vallée d’Aoste, Le Vieux pommier, dans le cœur de Courmayeur. Impossible de ne pas tomber sous le charme de cette décoration unique, où un vieil arbre magique trône au cœur de la salle de restaurants, et réhausse la beauté boisée de cette salle de restaurant à la fois traditionnelle et lumineuse, où l’ambiance est chaleureuse. C’est notre première rencontre avec la charcuterie réputée de la vallée d’Aoste : plusieurs spécialités sont labellisées AOP, avec un cahier des charges garantissant la typicité et l’authenticité des produits. C’est le cas du jambon de bosses et du lard d’Arnad, deux délices, mais mon plus grand coup de cœur ira à la motsetta (qui me rappelle la savoureuse viande des Grisons).
    Côté fromage, nous faisons la découverte de la Fontina, le fromage valdôtain emblématique, une sorte de raclette très douce et savoureuse, délicieuse sur les gnocchis !
    C’est aussi notre premier contact avec le vin valdôtain. Dans ce pays de soleil, les cépages prennent une toute autre saveur. Ne le dites pas trop fort, mais la Petite Arvine, c’est vraiment ici qu’elle est la meilleure… Ce sont ici les plus hauts vignobles d’Europe, et j’ai trouvé tout au long du séjour que cette alliance d’altitude et de grand soleil méridional donnait une toute autre dimension aux vins montagnards : j’ai adoré les vins valdôtains, vraiment !

    séjour d'automne en vallée d'aoste. Visiter Courmayeur. Blog vallée d'aoste courmayeur

    Nous montons ensuite sur les hauteurs de Courmayeur pour visiter la Ferme du Mont Blanc, où Fiorella et son mari sont éleveurs de chèvres et producteurs de fromage depuis plus de vingt ans. L’accueil est chaleureux et les fromages, délicieux. La ferme s’inscrit résolument dans une démarche Slow Food : localisme, accueil à la ferme, respect des pratiques ancestrales, et grande exigence de qualité – le nombre de médailles aux murs impose le respect, les fromages de Fiorella sont multi-auréolés de lauriers ! Et dès qu’on goûte, on comprend pourquoi… Je vous recommande de tout cœur la ricotta de chèvre : je n’ai jamais mangé une ricotta aussi savoureuse de ma vie !

    Bien-être en vallée d’Aoste : fabuleux thermes de Pré Saint Didier


    Pour moi qui suis une inconditionnelle des spas et piscines, cette adresse était un incontournable absolu, j’en rêvais depuis des années ! A deux pas de Courmayeur, du côté italien du Mont Blanc, les thermes de pré St Didier offrent un cadre absolument exceptionnel, un véritable bain de montagnes majestueuses. C’est un sommet de poésie et de rêve que de nager ici au cœur de nos plus belles Alpes… de voir la montagne dorée tomber dans l’eau chaude quand le soir descend sur la vallée. La piscine des thermes de Pré St Didier concourt pour le titre de « plus belle piscine de ma vie » (et partage le podium avec celle du Fernblick Montafon en Autriche).

    Blog sur un séjour à Courmayeur, en vallée d'Aoste, à l'automne


    Et cette adresse a tellement d’atouts que l’épicurien rompu aux bains thermaux saura apprécier ! L’eau des piscines est vraiment chaude, ce qui est appréciable au cœur des montagnes. Il est possible de rester longtemps sans se sentir refroidir. Le complexe est très grand, avec une vraie variété de bassins intérieurs et extérieurs différents et espacés, ce qui permet de ne pas se marcher dessus et de varier les plaisirs. Le cadre est extrêmement romantique et soigné – et c’est particulièrement vrai à l’automne quand la montagne flamboie. Cela restera un des summums de notre voyage dans la magnifique vallée d’Aoste, et un de mes complexes thermaux préférés à ce jour.

    Dormir dans un agriturismo en vallée d’Aoste 

    Connaissez-vous cette particularité italienne ? Les agriturismos, ce sont des gîtes ruraux associés à une exploitation agricole, qui vous permettent de dormir dans un cadre champêtre et de découvrir les produits du terroir. Il en existe des rudimentaires et des luxueux. Dans le cas de La Source Wine Farm en vallée d’Aoste, nous sommes dans un cadre très confortable et cosy, à mi-chemin entre Courmayeur et Aoste, à deux pas du superbe château Sarriod de la Tour. Bonheur de se réveiller le matin avec la vue sur les montagnes répondant aux tourelles crénelées de la forteresse ! Notre chambre était grande, spacieuse et douillette.

    Au restaurant, une cuisine maison rustique et traditionnelle, et d’excellents vins valdôtains : La Source est un vignoble réputé.

    Le clou, c’est le petit-déjeuner… dans une logique locavore « kilomètre 0 », il est 100% maison et 100% local – à l’exception des grenades et jus de fruits, tout le reste, gâteaux, yaourts, pains, fromages, charcuteries, est du village, et l’adorable patronne pâtisse pour les clients chaque jour une profusion de délices. Une belle immersion en vallée d’Aoste à La Source !

    Que voir et que faire en vallée d'Aoste ? Blog sur un séjour d'automne en vallée d'Aoste

    Skier sous le Cervin en vallée d’Aoste, à Breuil-Cervinia

    Ce matin-là, nous empruntons une sublime route en lacets dans un décor en Technicolor de mélèzes enflammés, à l’assaut de la montagne.

    Puis nous arrivons à Breuil-Cervinia, au pied d’une grande, grande et belle montagne… Mais quelle est cette belle montagne ? Oh, ce n’est rien, c’est juste l’incroyable, le mythique Cervin… 4478 mètres de magie derrière moi, si proches qu’on jurerait pouvoir croquer le sommet glacé de la merveille.

    Article de blog sur un séjour en vallée d'Aoste : skier à Cervinia


    Le légendaire Cervin, terreur des alpinistes, est situé à cheval entre la vallée d’Aoste en Italie et le Valais en Suisse – là bas, il s’appelle Matterhorn et il orne les paquets de Toblerone. Il y a trois ans, j’avais eu le bonheur de skier à son pied à Zermatt. Je le connaissais donc côté suisse, côté Toblerone, je découvre son versant italien, moins escarpé, plus doux, tout aussi majestueux. Et à la belle Cervinia, où on skie encore plus près du géant. Le plaisir visuel est inouï. Les deux domaines sont reliés, pour un plaisir de glisse transfrontalier sans bornes.

    Article de blog sur un séjour en vallée d'Aoste : skier à Cervinia
    A 3500m, face au Cervin

    Skier à Cervinia est un bonheur absolu. Vous êtes sur le versant sud, le côté ensoleillé de la montagne, et très haut en altitude. Quand vous arrivez là-haut à 3500m, la vue sur les sommets avoisinants – dont le Mont Blanc – est à tomber à la renverse.

    Article de blog sur un séjour en vallée d'Aoste : skier à Cervinia
    Le Mont Blanc au fond
    Tout autour du Cervin, des crêtes acérées, sublimes

    Je ne sais pas ce qui me procurait le plus de bonheur : cette neige parfaite, tellement onctueuse et douce dès début novembre à une telle altitude, le soleil italien, la beauté des pistes larges et panoramiques, ou la vision sans cesse renouvelée des cimes légendaires dressées dans leur manteau blanc entre les pistes. Sachez d’ailleurs que le côté Cervinia est considéré comme plus accessible que le versant Zermatt : les versants sont moins raides, les pistes plus larges, et le soleil adoucit la neige (sans la transformer en soupe, car nous sommes si haut !). La dolce vita à skis côté sud…
    La journée était merveilleuse, avec une pause savoureuse au restaurant sur les pistes Bontadini – je recommande l’Apfelstrudel !

    Article de blog sur un séjour en vallée d'Aoste : skier à Cervinia
    Oui, c’est vraiment le Cervin, si proche qu’on pourrait le toucher, et je ne m’en remets toujours pas

    Le village de Cervinia, avec ses cadrans solaires et ses maisons typiques, est réellement au pied du Cervin et le cadre est somptueux. Plusieurs télécabines sont accessibles également aux piétons, afin de profiter des vues incroyables – la liaison piétons entre Zermatt et Cervinia est en construction, la liaison skieurs existe depuis longtemps. Une merveilleuse escapade… la plus belle façon pour nous de commencer la saison de ski !

    Dernières lueurs sur le Cervin depuis Breuil-Cervinia

    Une nuit à Saint Vincent et un restaurant fabuleux

    Bien qu’entourée de sommets – comme tous les villages de la Vallée d’Aoste, destination culminante par excellence –, le joli village de Saint Vincent s’illustre par son climat très doux, et je suis surprise de trouver ici au cœur des Alpes palmiers et oliviers s’épanouissant dans une exceptionnelle douceur. Saint Vincent est également célèbre pour ses thermes, abreuvées par une source découverte en 1770, mais que nous n’avons pas pris le temps de découvrir cette fois.

    Que voir, que faire en vallée d'Aoste ? Séjour d'automne à Aoste. Blog sur Aoste, Cervinia, Courmayeur

    Nous dormons au bel hôtel Alla Posta en plein cœur du village, face au ravissant clocher de l’église, dans une grande et belle chambre lumineuse offrant des vues superbes sur les montagnes et les tours avoisinantes.

    Mais mon plus grand coup de cœur va au restaurant de l’hôtel Alla Posta, qui restera peut-être mon plus beau souvenir gastronomique en vallée d’Aoste. Dans un cadre chic et intimiste, qui met à l’honneur l’exceptionnelle cave à vins du restaurant et expose des bouteilles originales, le repas est intégralement délicieux, et la sommelière nous recommande de parfaits accords mets-vins, qui nous permettent de découvrir le torrette supérieur, le grand vin de la région, l’arneis, délicieux blanc, et toujours la petite Arvine, qui me convainc décidément. Un excellent souvenir !

    Voyage au cœur de l’automne en vallée d’Aoste

    Nous retrouvons notre guide Stéphane Gimel, monument de gentillesse, d’érudition et de convivialité, pour plonger au cœur de l’automne en vallée d’Aoste, entre culture et paysages, patrimoine naturel et merveilles architecturales.

    Article de blog sur un séjour en vallée d'Aoste : que voir que faire en vallée d'Aoste à l'automne ?
    Notre guide génial, Stéphane, et Geoffrey

    Vallée d'Aoste à l'automne
    Beauté de la vallée d’Aoste à l’automne

    Nous sommes à un point éminemment stratégique des Alpes : le point de jonction entre la botte italienne et le nord de l’Europe, l’endroit où la forteresse alpine s’ouvre un peu et où une brèche se fait dans la muraille minérale. Les Romains ont tout fait pour soumettre les Salasses, le peuple qui vivait sur ces terres à l’heure antique, et contrôler le passage vers le Nord. Les Savoyards en ont fait un des piliers de leur duché, à cheval de part et d’autre des Alpes. Des influences venues de Rome, de Savoie francophone, du Valais suisse se sont mêlées ici. Stéphane nous montre l’architecture traditionnelle des villages valdôtains, les maisons typiques du peuple Walser, peuple germanophone venu de Suisse qui a laissé une forte influence sur la vallée d’Aoste et le Valais voisin.

    Stéphane nous montre la beauté du col Tsecore où les mélèzes sont embrasés par novembre, les deux silhouettes des Dames de Challand (autour de 3000m) toutes corsetées de feu, guettant le Mont Blanc qui se dessine au loin.

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    Les dames de Challand

    Il nous conduit à une cascade cachée sur le sentier de randonnée Camino Balteo, qui permet de traverser la vallée d’Aoste à des altitudes plus douces, entre villages et pépites naturelles, comme cette cascade qui cataracte au cœur d’une gorge verte où la mousse abonde – magnifique ! Cette vallée est superbe, attachante, on a envie de se perdre sur ces sentiers en balcon, de prendre le temps de tout goûter, les vins ensoleillés et exquis, les fromages traditionnels (ah, la fontina!), les charcuteries réputées.

    Le midi, on déjeune avec Stéphane au Bistrot Ramet, où on goûte les spécialités locales : la polenta à la fontina (chaud et roboratif !), la carbonara valdôtaine (un délice !), et toujours ces vins ensoleillés. On est bien ici, suspendus entre France, Suisse et Italie, dans cette vallée inimitable au cœur des Alpes…

    Les châteaux de la Vallée d’Aoste : Castello di Issogne

    Puisque la vallée d’Aoste fut gardienne des Alpes, il est facile d’imaginer pourquoi les châteaux sont ici innombrables, une véritable forêt de tourelles répondant aux verticalités des sommets. Toutes les puissances établies ici ont éprouvé le besoin de contrôler les routes et les cols de la vallée, d’asseoir leur domination sur ce verrou stratégique.

    Au château d’Issogne, nous sommes chez la famille de Challant, alliés et représentants des ducs de Savoie en vallée d’Aoste. Cette puissante famille a laissé une profonde empreinte sur la vallée, et de nombreux châteaux ici furent les leurs. Le château d’Issogne m’a touchée, car il est une véritable capsule temporelle vous ramenant au début du XVIe siècle. Tout est intact. Dans la cour, une somptueuse fontaine en fer forgé, installée lors d’un mariage à la Renaissance, darde toujours ses opulentes grenades de métal en symbole de fertilité. Des fresques extrêmement précises et riches détaillent le quotidien des marchands, des paysans, des artistes, des aristocrates, des mendiants et des prostituées dans les années 1500.

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    Et le plus impressionnant : de nombreux graffitis datant de cette époque sont toujours dans les murs, émouvants témoignages du passage des visiteurs plus ou moins prestigieux dans ce château. Les scripteurs anonymes colportent des anecdotes, notent des évènements marquants de leur temps – l’un s’émeut de la Réforme calviniste en cours à Genève, un autre de la mort d’un roi. Nous avons eu une étrange sensation de familiarité, de proximité, avec ces gens qui ont vécu cinq siècles avant nous, et j’ai adoré cette visite.

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    Les châteaux de la Vallée d’Aoste : Castello di Fénis

    Dès l’abord à l’horizon, le château de Fénis impressionne par sa silhouette : un feu d’artifice de tourelles, de créneaux, une exubérance proliférante de têtes de pierre qui lui donne l’allure d’un monstre fantastique pétrifié au petit jour. Lui aussi fut une propriété de la famille de Challant, un symbole privilégié de leur puissance et de leur faste. Là encore, des fresques monumentales célèbrent la vie et l’œuvre de la famille, notamment dans la superbe cour d’honneur, avec son gigantesque escalier ouvert sur un chevalier trucidant le dragon. On admire les gargouilles apotropaïques gardant l’enceinte intérieure de la muraille, les nombreuses allusions à l’ésotérisme Renaissance.

    A l’intérieur du château se dissimule une chapelle, dont on ne pourrait soupçonner l’existence vue de l’extérieur, mais qui abrite de superbes fresques du XVe et XVIe siècle.

    chateau di fenis


    Au XIXe siècle, le château à moitié tombé en ruines fut superbement restauré par l’artiste, architecte et peintre portugais Alfredo d’Andrade, achevant de transformer cette forteresse sans combats en rêve féerique selon le goût d’un 19e fantasque. L’ameublement n’est pas d’origine, tout fut reconstitué en puisant dans le mobilier d’autres châteaux, mais la reconstitution est superbe. Par son faste, son ancrage dans un imaginaire spectaculaire, par la beauté de son allure perchée sur la colline au milieu des montagnes, le castello di Fénis est aujourd’hui l’un des plus célèbres châteaux de la vallée d’Aoste.

    Visiter Aoste, la sublime Rome du Nord

    Connaissez-vous Aoste ? Je l’avoue : j’ignorais tout de la splendeur de la « petite Rome du Nord », à qui l’empereur Auguste a donné son nom après avoir soumis le peuple des Salasses, jusqu’à cette visite, et je suis repartie émerveillée. Amateurs de ruines romaines, de splendeur antique, de beauté ayant traversé les siècles, vous qui avez aimé Rome, Pompéi, Arles ou Delphes, vous devez absolument voir Aoste. La ville a été conçue par Auguste comme une projection de la puissance romaine au nord de l’Italie, comme une avant-scène de son faste tournée vers toute l’Europe transalpine, et les vestiges sont extraordinairement conservés. Nous avons bénéficié d’une merveilleuse visite avec l’archéologue et passionnante blogueuse Stella Bertarione .

    Avec Stella, nous entrons dans la ville à la façon triomphale d’un Auguste, partant du pont sur la Doire Baltée, longeant l’arc de triomphe, avant de franchir l’imposante Porte Prétorienne, qui subjugue tout visiteur par son caractère énorme et spectaculaire – ici pouvaient passer les chars ! – et son état de conservation.

    Mais le plus beau, le clou absolu à Aoste, c’est le théâtre romain. Une façade de 22m, un hémicycle pouvant accueillir 4000 spectateurs, c’est un des plus spectaculaires du monde, et un des mieux préservés. Le cadre grandiose du site, entouré de montagnes blanchies par les premières neiges, ajoute encore à la beauté.

    Après avoir traversé une partie plus moderne de la ville – la somptueuse place de l’hôtel de ville, tout à fait typique du style italien 19e, à l’heure du triomphe de la République – Stella nous conduit sous terre, dans un des plus beaux cryptoportiques de l’antiquité latine. Sous l’ancien forum, c’est un impressionnant monde souterrain, un dédale aux fonctions à la fois religieuses, occultes, quotidiennes et de prestige : Aoste montrait sa puissance par l’existence de ce deuxième monde caché sous la surface.

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    Nous finissons enfin par la collégiale Saint Ours, célèbre pour son carré magique…

    Le carré magique de Saint-Ours à Aoste

    SATOR
    AREPO
    TENET
    OPERA
    ROTAS.

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    Quelque soit le sens dans lequel vous lirez le carré, vous retrouverez la même phrase – une sorte de palindrome absolu et multiple. La traduction est complexe, car le mot AREPO n’existe nulle part ailleurs en latin. On suppose un mot gaulois qui signifierait charrue. La phrase signifierait donc : le laboureur tient avec soin les roues de la charrue. Mais des traductions chrétiennes plus mystiques proposent : le créateur veille avec soin à ce que les roues tournent – Dieu veille sur toute chose, son œuvre s’accomplit. Des interprétations chrétiennes très pointues y voient un sens christique, avec l’alpha et l’oméga de part et d’autre du carré et le T de la Croix au centre, en écho à ce que disait Jésus dans l’évangile selon Jean : je suis l’alpha et l’oméga, le début et la fin.
    Le carré Sator fascine par son origine mystérieuse et sa plasticité parfaite. A-t-il été conçu par des cultes à mystère dans l’Antiquité tardive (on trouve un carré Sator dans les ruines de Pompéi), par les premiers chrétiens ? On le retrouve dans plusieurs églises européennes. À Aoste, il est une mosaïque antique conservée dans le cœur de la somptueuse collégiale Saint Ours. Libre à vous d’en percer le mystère…

    Bonnes adresses à Aoste

    Où dormir à Aoste ?

    Pour un séjour inoubliable : à la Maison Bondaz, en plein cœur d’Aoste, dans une ancienne maison XVIIIe nichée dans le centre historique. Cela restera un de mes plus beaux souvenirs de séjour romantique parfait, hors du temps. Je me souviendrai toujours du moment où nous avons ouvert la porte de notre chambre et découvert (en musique, car des enceintes intégrées au mur nous plongeaient dans une musique lounge douce et sensuelle, comme si j’étais entrée dans un clip) le grand lit argenté surmonté d’une sculpture lune somptueuse, la mezzanine aux airs de cache secrète ultra cosy, la salle de bain lumineuse et surtout, surtout, la salle de spa privatif, avec une baignoire XXL gigantesque, des sièges chauffants, une atmosphère de conte de fées.

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    Au cœur d’Aoste, une famille chaleureuse, adorable et TELLEMENT accueillante a rénové une demeure du 18e en cœur de ville, avec un souci du détail et un luxe inouïs, tels que je l’ai rarement vécu. Tout est parfait et nos hôtes sont d’une gentillesse exquise. Quant au petit déjeuner… il se compose de deux énormes plats-planches, un salé et un sucré, cuisinés maison avec des produits valdôtains et c’est à pleurer tellement c’est bon. Un souvenir merveilleux !

    Où manger à Aoste?

    Pour un dîner gastronomique parfait : on descend sous les arcades, dans l’élégante cave du Stefenelli Desk, où on se régale d’une cuisine italienne raffinée, où toutes les saveurs du pays sont à l’honneur, dans un cadre délicieux… exquis et chic !

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    Ici s’achève ce beau voyage à travers les âges, bordés par quatre des 4000 les plus mythiques des Alpes, dans les plus belles couleurs de l’automne sublimant la vallée d’Aoste… Nous repartirons vers le Mont Blanc émerveillés et éblouis, amoureux de cette enclave entre France, Suisse et Italie, Rome et Savoie, pure beauté des paysages et richesse immense de la culture. Un bijou à découvrir absolument…

    Nous garderons un merveilleux souvenir de notre voyage en vallée d’Aoste. Un grand merci à l’office de tourisme de la Vallée d’Aoste, et tout particulièrement à Lauren et Deborah, pour ce moment hors du temps.

  • Besançon la belle, entre nature et citadelle

    Connaissez-vous Besançon, la capitale de la Franche-Comté ? En juin dernier, j’ai eu le bonheur de découvrir cette cité dont j’ignorais tout, et elle fut pour moi une magnifique surprise. Imaginez une ville baignée de verdure, aux portes des montagnes du Jura, entourée de collines verdoyantes, traversée par un fleuve qui la rafraîchit et irrigue ses innombrables jardins et forêts. Imaginez une ancienne cité romaine, aux vestiges somptueux trônant en plein cœur de ville, un patrimoine baroque d’une grande beauté, et surtout une majestueuse citadelle Vauban classée par l’UNESCO, surplombant la ville et devenue un véritable poumon culturel, avec de multiples expositions, musées, attractions et parcs zoologiques. En un long week-end à Besançon, j’ai eu le plaisir de découvrir différentes facettes de la cité bisontine, et la merveilleuse qualité de vie qu’elle offre à ses habitants : pistes cyclables et sentiers de trail en pleine ville, omniprésence de la nature, richesse de la vie culturelle, une multitude de bonnes adresses, Besançon est étonnante et il y fait bon vivre. Je n’imaginais pas la beauté de cette ville, la richesse de son patrimoine et des expériences qu’elle propose.


    Alors, que voir et que faire à Besançon ? Beaucoup de choses ! Laissez-moi vous proposer idées d’activités, de visites et de bonnes adresses pour un séjour à Besançon, au fil de l’eau, entre nature et culture.

    Que faire à Besançon ? Côté culture et patrimoine

    Citadelle classée, églises baroques, grandeur bourguignonne de la Renaissance, musées exceptionnels, Besançon offre un joli cocktail au voyageur assoiffé de culture et de beauté. Petit florilège.

    La citadelle de Besançon, joyau de Vauban

    Elle est omniprésente, majestueuse, incontournable : la citadelle immense surplombe la ville et le méandre du Doubs.
    En 1674, la puissante ville libre impériale de Besançon tombe aux mains de Louis XIV et devient française. Pour protéger cette nouvelle frontière du royaume de France, le roi fait édifier cette forteresse gigantesque par Vauban. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, la monumentale et labyrinthique citadelle est une visite incontournable à Besançon. Les vues sur la ville, les collines et l’énorme méandre du Doubs serpentant entre les berges verdoyantes sont somptueuses. Mais outre le panorama sublime sur toute la ville et le fleuve, la citadelle propose une multitude d’activités : plusieurs musées, un parc zoologique, des aquariums, des expositions multiples justifieraient qu’on y passe une journée entière.

    Que faire à Besançon ? Activités, culture, patrimoine, sport, nature et bonnes adresses
    Citadelle vue depuis le fort de Chaudanne

    Elle est un lieu de mémoire poignant, ayant été témoin de l’exécution de cent résistants fusillés entre ses murs de 1941 à 1944.  En leur hommage, la citadelle abrite le Musée de la résistance et de la déportation, actuellement en travaux, qui rouvrira en 2023 avec une toute nouvelle muséographie et des espaces repensés.


    Elle est un lieu de promenade familial, avec son parc zoologique et ses aquariums où les nénufars s’épanouissent entre les murs et offrent visions bucoliques et fraîcheur bienvenue. J’ai particulièrement apprécié les expositions consacrées aux espèces autochtones du Jura : une exposition pédagogique sur la vie sauvage, des aquariums consacrés à la faune des rivières jurassiennes…

    Enfin, les amateurs d’escape game se réjouiront d’apprendre que les murs de la citadelle abritent un jeu historique très bien conçu et assez difficile (les énigmes vous forceront à vous creuser les méninges), l’Affaire des poisons, qui vous fera revenir au temps de Louis XIV pour résoudre une série de crimes célèbres…


    Vestiges romains, street art et églises baroques

    Besançon est vraiment belle, et je ne la savais pas si riche et préservée. Étonnante cité bisontine ! Saviez-vous que la capitale du Doubs avait été une très puissante et opulente cité gallo-romaine jusqu’au 4e siècle de notre ère, où elle a été saccagée lors des invasions barbares ? De nombreux vestiges de cette splendeur gallo-romaine subsistent, notamment la Porte Noire, majestueuse arche ouvrant sur la cathédrale de Besançon, et que jouxtent stèles et arcades témoins de la somptueuse époque antique.

    Puisque nous sommes à deux pas, évoquons la magnifique cathédrale Saint Jean de Besançon, une merveille baroque ! L’église primitive existant depuis les premiers temps du christianisme dans les Gaules a été reconstruite et remaniée à maintes reprises, et présente aujourd’hui une sublime synthèse de l’architecture comtoise, des influences antiques persistantes et du baroque triomphant. Le clocher à dôme à impériale (clocher comtois, couvert de tuiles vernissées) l’ancre au cœur du patrimoine de la région, tandis que le plan dit roman-rhénan, qui présente deux chœurs opposés de part et d’autre de la nef, est une rare singularité qui tend un pont avec l’âge antique. De nombreux chefs d’œuvre baroques ornent les chapelles et les absides, et dans cette région célèbre pour son horlogerie, la cathédrale compte bien évidemment une horloge astronomique – hélas en travaux lors de ma visite.

    Mais la cathédrale n’est pas le seul chef d’œuvre religieux à Besançon. Parce que la ville était tout proche de la Suisse réformée, les rois de France ont voulu en faire un bastion du catholicisme triomphant, et la ville regorge donc de sublimes églises baroques aux façades monumentales – je ne citerai que Sainte Madeleine et Saint Pierre, qui m’ont marquée. L’imprégnation très forte du baroque lui donne des airs de ville du sud de l’Italie – je pense parfois à Lecce – et se conjugue harmonieusement avec l’architecture bourguignonne.

    En marchant dans Besançon, vous remarquerez forcément l’iconique pierre de Chailluz, roche d’un beige un peu ocre constellée de grandes taches de couleur bleu-gris, qui confère une unité architecturale à la ville en l’unissant dans cette livrée changeante d’une grande élégance, et sublime les façades des églises…

    Autre monument intimement lié à l’histoire de la région Bourgogne-Franche-Comté et qui mérite le détour, le palais Granvelle, merveille Renaissance édifiée au XVIe siècle par une puissante famille.

    Que faire à Besançon ? Activités, culture, patrimoine, sport, nature et bonnes adresses

    Enfin, en matière de patrimoine religieux toujours, faites un détour sur les bords du Doubs par la sublime synagogue, construite au 19e siècle dans un style hispano-mauresque somptueux, avec minarets et arabesques, qui rend hommage aux traditions de la communauté séfarade.

    Que faire à Besançon ? Activités, culture, patrimoine, sport, nature et bonnes adresses

    Tout près de la cathédrale, vous tomberez sur des stèles commémorant la naissance des frères Lumière dans une des maisons du cœur historique, et surtout, sur la maison natale de Victor Hugo, que j’adorerais visiter. Besançon, ville d’inventeurs et d’artistes, ouverte sur la création…

    Cet élan culturel se ressent à travers le Festival Bien Urbain, qui invite tous les ans des artistes contemporains à investir les rues de la ville. De nombreuses œuvres, de street art et autres, restent ensuite en place, et invitent le visiteur à un jeu de piste ludique avec les créations parfois monumentales, et parfois plus discrètes, cachées dans les interstices de la chaussée, les panneaux de signalisation ou les recoins des fenêtres…

    J’ai pris plaisir à flâner dans les rues de Besançon et dénicher ses multiples pépites.

    Le merveilleux Musée des beaux-arts et d’archéologie de Besançon

    Vos goûts artistiques sont plus classiques ? C’est mon cas aussi. Rendez-vous alors au fabuleux Musée des beaux-arts et d’archéologie de Besançon, qui fut un immense coup de cœur pour moi : peu de monde sait qu’il abrite des œuvres majeures, exceptionnelles, et qu’il est un des plus importants musées de peinture et de sculpture de France. Rendez-vous compte : les amoureux de la Renaissance découvriront ici cinq œuvres majeures de Cranach, dont la Courtisane et le vieillard, plusieurs Titien, Tintoret, et surtout, la somptueuse Déploration sur le Christ mort de Bronzino.


    Côté baroque, j’ai été enchantée de retrouver les clairs obscurs de l’atelier de Georges de La Tour, et plusieurs œuvres majestueuses de Simon Vouet que j’adore, notamment son Ravissement de la Madeleine. Le XIXe siècle français est très bien représenté, avec notamment des Courbet monumentaux.

    Côté archéologie, vous arpenterez l’ancienne ville romaine de Vesontio, avec des vestiges abondants et superbes de l’époque antique, de nombreuses sculptures et mosaïques, et une véritable reconstitution de la vie de l’opulente cité jusqu’au Ive siècle.

    Au Moyen-Âge, j’ai été marquée par les sculptures céphalophores (= saints portant leur propre tête) de Ferréol et Ferjeux, les saints patrons de Besançon.

    L’architecture du musée, en béton brut, est étonnante et crée des effets de perspective inattendus qui place certaines œuvres en miroir. Les installations de plusieurs salles m’ont marquée, notamment la collection XVIIIe avec sa surabondance fidèle au goût de l’époque. Il faut savoir que le musée de Besançon fut le premier de France à être accessible au grand public : ses collections étaient visibles dès 1694 aux visiteurs !

    J’aimerais revenir visiter le Musée du temps, consacré à la mesure du temps et à l’horlogerie – après ma belle visite du musée de la Lunette à Morez dans le Jura, je l’imagine tout aussi passionnant !

    Que faire à Besançon : des idées sport et nature !

    Besançon est une ville incroyablement verte. Les itinéraires de VTT et de trail conduisent en moins de deux du coeur de ville aux collines boisées et aux berges du Doubs. Les montagnes du Jura sont toutes proches, la nature omniprésente. La qualité de vie à Besançon frappe illico le visiteur. Et toujours dans nos explorations, la citadelle qui couronne la ville aimante le regard.

    Que faire à Besançon ? Activités, culture, patrimoine, sport, nature et bonnes adresses
    Que faire à Besançon ? Activités, culture, patrimoine, sport, nature et bonnes adresses

    Un tour en bateau sur le Doubs bateau électrique

    Lors de la visite de la citadelle, j’avais rêvé de passer en bateau sur cet énorme méandre du Doubs qui coule à ses pieds. C’est chose faite avec les promenades en bateau électrique à conduire soi-même, qui vous permettront de traverser le cœur de ville, les berges sous la citadelle, et même plusieurs écluses anciennes qu’il faudra actionner soi-même (ce n’est pas si facile) ! Une magnifique promenade au fil de l’eau, qui permet de prendre toute la mesure de la beauté verte de Besançon.

    Que faire à Besançon ? Activités, culture, patrimoine, sport, nature et bonnes adresses
    Notre chouette team de blogueuses : de gauche à droite, Virginie, Olivia, moi, Louise

    A vélo sur les berges

    Un vrai coup de cœur pour ces itinéraires cyclables qui partent du cœur de ville de Besançon, et vous amènent illico en pleine nature, en forêt, le long du Doubs. Une véritable oxygénation en quelques coups de pédale, une immersion verte délicieuse – je me suis régalée !

    Trail urbain sur les collines de Besançon

    Envie de courir ? Cela tombe très bien : de nombreux itinéraires de trail et de vélo sont parfaitement balisés dans cette ville résolument orientée vers la culture outdoor. Par des sentiers forestiers et des escaliers bien raides au cœur des bois, j’ai apprécié la montée au fort de Chaudanne, qui offre des points de vue de toute beauté sur la citadelle et le cœur de ville – c’est aussi un super spot à retenir pour le coucher de soleil à Besançon !

    Vue sur la citadelle depuis le fort de Chaudanne

    Bonnes adresses pour savourer Besançon

    Un bel hôtel et des restos savoureux : florilège bisontin !

    Pour un week-end de charme à Besançon, retenez cette adresse : l’hôtel Le Sauvage. Cet ancien couvent, transformé en hôtel luxueux par les talents d’un antiquaire minutieux et passionné, m’a enchantée. Rien de tel pour cultiver l’atmosphère de dolce vita à l’italienne que j’ai ressentie à Besançon : vous dormirez sous des angelots vénitiens et des chapiteaux antiques, vous déambulerez sous des lustres monumentaux de palais baroque, et vous dînerez sur une délicieuse terrasse exposée coucher de soleil, au-dessus d’un jardin secret qu’imbibe le doux bruit de l’eau qui coule. Vous y dînerez un délicieux repas aux influences méditerranéennes auprès d’un olivier, et si vous dégustez un Spritz, vous vous croirez réellement transporté à Otranto ou à Trieste… De plus, l’hôtel dispose d’un très beau spa de style antiquisant, fermé lors de notre séjour en raison du covid.

    Les meilleurs desserts de Besançon ? Ils sont chez Marotte et Charlie en cœur de ville, café cosy et bohème où l’intérieur prend des airs de Maison d’Hansel et Gretel avec une déco cupcake à croquer, et où l’extérieur invite à s’asseoir à l’ombre des arbres pour savourer cookies, brookies (brownie/cookie) et autres tartes succulentes. On y mange aussi des quiches, des salades, et on boit des thés glacés maison savoureux.

    Que faire à Besançon ? Activités, culture, patrimoine, sport, nature et bonnes adresses

    Envie de goûter aux meilleurs vins de la région ? Prenez rdv pour une dégustation chez Terres de Vin, bar à vin et cave de qualité tenue par un œnologue passionné, Charles. Charles nous fait découvrir le cépage phare du Jura, le savagnin, avec lequel on produit le fameux vin jaune du Jura, au goût puissant et si particulier. Le meilleur accord mets-vin ? Il se fait avec l’autre grande spécialité de la région : le comté, bien sûr !

    Un dîner gastronomique dans un cadre exceptionnel ? RDV au restaurant Le Parc, situé dans un lieu assez exceptionnel, un bâtiment historique classé réhaussé de verrières arty au cœur du parc Micaud, au bord de l’eau, où des jeux de lumière à la nuit tombée font se refléter à l’infini dans les vitres les œuvres de style Arcimboldo qui ornent les murs des alcôves sombres. Dans ce décor raffiné, la cuisine ne l’est pas moins. Coup de cœur pour l’entrée, des asperges blanches en vinaigrette d’orange, avec coques et nori.

    La douceur de vivre à Besançon, c’est à la Guinguette à la Gare d’Eau que je l’ai le mieux ressentie : au bord de l’eau, avec une vue magique sur la citadelle, au cœur d’une grande pelouse où jouent les enfants et flânent les amoureux, on vient prendre le brunch dans un cadre ultra chaleureux, et la gentillesse du personnel est immense. Vous aurez le choix entre le brunch omnivore ou végé, et dans cette belle assiette sucrée-salée, ne boudez pas les gâteaux, ils sont à tomber !

    Besançon m’a séduite et charmée – une vraie belle surprise pour moi !

    Merci à la citadelle et la ville de Besançon pour cet accueil, et à mes camarades d’un week-end, Chloé (We Like Travel), Louise (Louise Grenadine), Olivia (La fille de l’encre) et Virginie (A taste of my life), qui ont formé une chouette bande chaleureuse.

  • Mon nouveau livre sur les Alpes

    C’est avec beaucoup de joie et d’émotion que je vous présente aujourd’hui mon dernier livre, paru en mai 2021 : « Les Alpes, on les aime pour… », un beau livre en miniature à la gloire des Alpes, de leurs paysages et leur culture. Je dis « mon livre », mais en vérité, mon amie et binôme Marion Carcel alias Foehn Photographie est étroitement associée à ce projet qui me tient énormément à cœur. « Les Alpes, on les aime pour », notre tout nouveau livre sur les Alpes – petite présentation !

    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    Un beau livre sur les Alpes à offrir aux amoureux des montagnes : Les Alpes, on les aime pour…
    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    Très heureuse et honorée de vous présenter ce projet qui me tient à coeur
    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    La magnifique quatrième de couverture : le Mont Aiguille et un bouquetin, photo de mon amie Marion Carcel

    « Les Alpes, on les aime pour » : un beau livre sur les Alpes… en miniature

    Lancée par les éditions Suzac il y a quelques années, la collection « On l’aime pour » décline un concept que j’adore : proposer, à un prix très bas (10 euros), un véritable beau livre en format réduit, avec 80 pages de photos en pleine page. Elles sont accompagnées de textes courts et enjoués, qui mêlent culture, histoire, anecdotes et citations.

    C’est un livre de cartes postales vivantes, tantôt lyriques, tantôt humoristiques, tantôt érudites. C’est un livre qui se picore et se savoure, qu’on peut ouvrir à n’importe quelle page, feuilleter distraitement ou lire de bout en bout avec délices. C’est un livre qui se veut le cadeau parfait pour les amoureux d’une région, et j’espère de tout cœur que vous aurez envie de l’offrir à vos amis, vos parents, vos proches passionnés par la beauté et la culture de nos Alpes.

    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia

    J’ai déjà eu le bonheur d’entrer dans la collection On l’aime pour avec mon précédent livre paru en 2020 : La Provence, on l’aime pour. C’est un immense bonheur pour moi de continuer la célébration de ma région adorée avec cet ouvrage à la gloire des Alpes.

    Ce livre de petits textes et de belles photos consacré à nos montagnes adorées était un rêve absolu pour moi. Et si je vous en montre quelques pages dans cet article, je tenais à vous dire que les autres photos d’illustration présentes sur cette page sont des photos inédites, qui ne figurent pas dans le livre. Il s’agit d’images que Marion et moi adorions, mais qui ne figurent pas dans le projet final – parce qu’il fallait faire des choix ! Cela me permet aussi de ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte : lorsque vous aurez « Les Alpes, on les aime pour… » entre les mains, vous découvrirez d’autres visions, d’autres regards sur nos sommets chéris.

    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    Coucher de soleil au lac Fourchu, massif du Taillefer, par Marion Carcel

    Voici la présentation que fait mon éditeur de « Les Alpes, on les aime pour »…

    Un guide amoureux, subjectif et en images, tel un mini beau livre, composé d’une trentaine de thèmes (les Alpes, on les aime pour leurs hauts sommets, leurs chalets de bois, leurs lacs d’altitude…). À lire comme une belle carte postale illustrée des Alpes, mais une carte postale dont le panorama est largement teinté de dérision et d’humour (on les aime pour leur tartiflette, leurs querelles de clocher, leurs moniteurs de ski, etc.). En résumé, un parfait souvenir de vacances à offrir ou s’offrir, et LE petit livre pas cher que chaque amoureux des Alpes doit exposer sur sa table de salon.

    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia

    Pourquoi un livre sur les Alpes ?

    Je suis née dans ce merveilleux quart sud-Est de la France qui abrite nos Alpes françaises. Si j’ai grandi dans la Drôme, à deux pas du Vercors et des Baronnies, j’ai découvert les Alpes assez tard, déjà adulte. Mais j’ai eu aussitôt le cœur foudroyé par leur splendeur.

    La chaîne alpine dans son ensemble est à mes yeux la plus belle région du monde, la merveille des merveilles. Comment ne pas avoir les larmes aux yeux face à un lever de soleil sur le Mont Blanc ? Comment ne pas vibrer face aux histoires des conquérants, des alpinistes, des soldats, des héros ?

    Le Mont Aiguille, où tout commence : l’histoire de l’alpinisme en 1492, et ma propre histoire avec les Alpes.

    Chapelet de joyaux, véritable cœur de l’Europe, les Alpes sont mon plus grand amour. D’un bout à l’autre de la chaîne alpine, de la Savoie à la Slovénie, du Vercors au Tyrol, du Mercantour aux Dolomites, chaque vallée cultive jalousement sa culture, ses traditions et son identité, mais toutes sont liées par cette sublime sororité des cimes. Alpages où les troupeaux montent à la belle saison, maisons conçues pour résister au froid et à la neige, cuisine de la rareté et de l’effort physique, chants qui portent par-delà les crêtes, sommets grandioses et quête du vertige, les régions alpines sont sœurs et les Alpes sont véritablement le cœur et le trait d’union de l’Europe.

    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    La chapelle San Giovanni i Ranui, dans les Dolomites.
    lac bled
    Le lac de Bled, en Slovénie, au soleil levant. Photo Marion Carcel
    annecy
    Annecy, une des villes emblématiques des Alpes

    Les Alpes courent sur six pays, huit si vous comptez Monaco et le Liechtenstein : France, Suisse, Italie, Allemagne, Autriche, Slovénie. Parmi les sommets transfrontaliers, nombreux sont ceux qui dépassent les 4000m, comme le Mont Blanc et les Grandes Jorasses, que se partagent France et Italie, le Mont Rose, le Castor et le Cervin entre Suisse et Italie. D’autres frôlent les 3000, comme la Zugspitze, dont le sommet est la ligne de partage entre Allemagne et Autriche.

    Parmi les grands sommets mythiques des Alpes : le Cervin, emblème de la Suisse
    Lever de soleil sur les Drus, Chamonix, par Marion Carcel

    Au cours de l’histoire, les régions alpines changent sans cesse de maître, sans que les ermites, les chamois et les edelweiss puissent en être informés. Une région passe sous le contrôle du pays voisin, mais les Alpes restent des enclaves où le temps s’écoule autrement. La montagne est un monde à part, gouverné par ses lois propres, où les traditions se conservent de siècle en siècle comme la glace conserve les fleurs piégées dans l’hiver sans fin. Les Alpes sont un morceau d’éternité. Ici bat le vieux cœur de notre continent.

    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    L’abbaye de Stams en Autriche, joyau baroque incomparable. Une photo de Marion Carcel qui figure dans le livre
    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    Alpages slovènes.

    Je voulais rendre hommage à ce pays que j’aime tant, à nos Alpes à nous, au Vercors, à la Savoie, aux Alpes du Sud, mais aussi aux montagnes sœurs, au Cervin, au Triglav, au Grossglockner ou à la Zugspitze. Je voulais dire mon amour infini pour ces sommets sur lesquelles mes rêves viennent se poser.

    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    Lever de soleil sur le Kanisfluh, Autriche, par Marion Carcel

    Et je voulais aussi raconter leurs chansons kitsch, leurs chaussettes rouges, leurs fromages, leurs vins chauds, toutes les petites choses qui les rendent attachantes et inoubliables. Entre lyrisme et humour, c’est ainsi que je concevais « Les Alpes, on les aime pour… »

    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    La culture alpine, c’est aussi la générosité en cuisine ! Reblochonnade dans un chalet d’alpage à Morzine

    Un livre sur les Alpes, en duo avec mon amie Marion Carcel

    Si vous suivez régulièrement mon blog, vous savez que je travaille le plus souvent en binôme avec mon amie Marion Carcel alias Foehn Photographie, fille du Vercors, amie des bouquetins, grimpeuse passionnée et surtout, photographe immensément talentueuse, amoureuse de ses montagnes.

    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    Marion face au Mont Blanc à Chamonix.

    Ensemble, nous avons formé un duo de blogueuses, photographes et créatrices de contenu passionnées, Itinera Favonia – les chemins du foehn, ce vent chaud qui souffle sur nos Alpes.

    Marion a la ligne de crêtes du Vercors tatouée au creux du bras et elle m’a ouvert ses montagnes avec une infinie générosité, me livrant la clef de cette magie alpine à laquelle j’aspirais tant. Elle est la première à m’avoir emmenée en rando-bivouac dans le Vercors, face au Mont Aiguille au-dessus d’une mer de nuages dorés. Elle m’a initiée à l’escalade, m’a appris à faire les nœuds de 8 et à monter sur la falaise en quête d’une vue plus belle. Je sais que face au Mont Blanc, aux hameaux de Bonneval-sur-Arc ou au musée des Belleville, nos cœurs battent à l’unisson et ressentent la même émotion. Je n’imaginais pas faire ce livre sans elle.

    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    Premier bivouac en duo face au Mont Aiguille, souvenir impérissable.
    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    Le Mont Aiguille, encore et toujours – en 4e de couverture et en arrière plan 😉

    La quasi-totalité des photos présentes dans ce livre sur les Alpes, « Les Alpes, on les aime pour… » sont les nôtres – c’était quelque chose qui nous tenait réellement à cœur. Il s’agit de mes photos et des photos de Marion. A la fin du livre, l’index des images récapitule précisément qui a photographié quoi, bien sûr. Mais à mes yeux, cela avait peu d’importance. Quand nous voyageons ensemble dans les Alpes, Marion et moi, nous vivons le même rêve, nous vibrons de la même passion. Ses images, mes images, servent la même divinité, la montagne magique qui aimante nos songes et abreuve notre imagination. Je suis infiniment heureuse et honorée d’avoir pu faire ce projet en duo avec elle, après tant d’aventures alpines partagées.

    En ski de randonnée nordique au coeur du Vercors
    Face au coucher de soleil sur le lac du Mont Cenis, photo de Marion

    Où trouver « Les Alpes, on les aime pour… » ?

    Si vous souhaitez vous procurer ce livre sur les Alpes, pour vous ou pour l’offrir en cadeau à un amoureux des montagnes, vous le trouverez absolument partout où on vend des livres. Librairies indépendantes, Fnac, Cultura, Amazon, etc, il est disponible partout en France. Merci pour votre soutien à ce projet – j’espère de tout coeur que le livre saura vous toucher !

    • Acheter Les Alpes, on les aime pour sur Amazon
    • Acheter Les Alpes, on les aime pour à la Fnac

    Et nos futurs projets alpins ?

    Les Alpes, on les aime pour… est un « petit » livre : 80 pages, une trentaine de thèmes. Il a fallu faire des choix et il m’était impossible de parler de chaque massif, chaque sommet, chaque vallée. Mais si vous êtes frustré de ne pas trouver VOTRE montagne dans ce livre, sachez que je prépare un autre livre sur les Alpes chez Suzac, qui sera beaucoup plus long et riche : une véritable petite encyclopédie subjective des Alpes, dans la collection Tutti frutti. Si vous pensez que votre village, votre vallée, votre sommet fétiche mérite d’y figurer, que vous avez une belle histoire, une anecdote drôle ou une figure emblématique à me présenter, n’hésitez pas à m’écrire, je vous écoute !

    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    Lac d’Anterne, massif des Fiz

    Si vous êtes tombé amoureux des belles photos de Marion, sachez que vous pouvez les envoyer à travers le monde entier : Marion sort une première collection de cartes postales des Alpes, que je trouve absolument superbe. Elles seront disponibles sur le site de Foehn Photographie mais aussi à la ravissante boutique A la claire fontaine à Pont-en-Royans (le plus joli village du Vercors !), une boutique de souvenirs et cadeaux installée à l’intérieur de la falaise monumentale. C’est le magasin des parents de Marion.

    carte postale des alpes
    La quatrième de couverture du livre est une photo que j’aime infiniment, le Mont Aiguille avec un jeune bouquetin. C’est aussi une des cartes postales que Marion propose.
    carte postale des alpes
    Une autre des belles cartes postales de Marion

    Marion et moi allons continuer à explorer nos Alpes, à les raconter, les photographier, les vivre, à suivre la ligne des crêtes et le fil de nos rêves montagnards. Merci à vous qui suivez nos aventures, dans les Alpes et ailleurs : votre soutien nous porte vers les prochains sommets…

    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    En randonnée à la Jonction, Chamonix

    Merci à toutes celles et ceux qui nous ont permis de vivre notre passion alpine en nous accueillant, nous confiant des reportages, nous donnant des idées de randonnées, etc. Merci aux OT, aux agences, aux partenaires qui nous font confiance. Et un merci spécial à mon ami Bertrand, randonneur virtuose et montagnard passionné, qui a pris les photos de promo du livre au sommet du Jocou, entre Vercors et Dévoluy !

    Un beau livre sur les Alpes à offrir : les Alpes, on les aime pour, par Ariane Fornia
    Le shooting au Jocou !
  • Mes plus belles expériences en Autriche

    Au cœur des Alpes, entre montagne et midi, l’Autriche est une destination infiniment chère à mon cœur. Je l’ai toujours dit : s’il me fallait choisir une deuxième patrie, un autre pays de cœur, je choisirais sans hésiter l’Autriche.
    C’est un pays que recouvrent les Alpes sur plus de la moitié de son territoire, où glaciers, routes en lacets, sommets et alpages rivalisent de beauté visuelle et de nature préservée. Un pays où dans les montagnes, on porte des culottes de peau, on boit de la bière et des liqueurs à l’abricot, et on mange des pâtes au fromage et aux oignons grillés. Un pays où les bulbes baroques caressent le ciel immense, où des routes sauvages traversent les parcs nationaux, où on sait faire la fête après le ski, où on écoute la Marche turque de Mozart en mangeant des bonbons à la pistache et au praliné, ou encore la Chauve-souris de Strauss pour fêter le nouvel an. Un pays qui à mes yeux a tous les atouts, authentique, naturel, chaleureux, convivial, où nature et culture sont exceptionnelles et où on a un vrai sens de l’hospitalité…

    Voici dix choses à faire, dix belles expériences à vivre en Autriche, pour inspirer vos envies d’évasion.

    Marion et moi randonnant dans le Montafon

    Toute la partie estivale de ce reportage a été réalisée avec mon amie et binôme Marion Carcel alias Foehn Photographie. Nous formons ensemble un duo de blogueuses et photographes sous le nom d’Itinera Favonia. De nombreuses photos de cet article sont les siennes, notamment celles dans lesquelles j’apparais.

    Arpenter les mythiques routes alpines, la Grossglockner et la Silvretta

    Un des plus grands plaisirs d’Autriche ? Les hautes routes alpines, en VO Hochalpenstrasse ! Dans ce somptueux pays montagnard, les sociétés automobiles ont eu la bonne idée de tracer des routes à grand spectacle, multipliant virages en épingle à cheveux, lacets vertigineux et panoramas grandioses. Ouverts à la belle saison seulement, ces itinéraires sont un régal pour les amoureux de road trip à sensations fortes.

    Grossglockner Hochalpenstrasse
    La sublime route du Grossglockner.
    Que voir en Autriche, que faire en Autriche ? Mes dix plus belles expériences en Autriche. Dix choses à faire en Autriche
    Plaisir d’arpenter les virages de la Silvretta.


    J’avais d’abord découvert il y a quelques années la Großglockner-Hochalpenstraße, qui serpente entre les glaciers et les plus hauts sommets du pays. Culminant à 2504m, elle conduit au pied du Grossglockner, le toit de l’Autriche, et du glacier Pasterze, qui fascinait autrefois l’empereur Franz-Josef. Très sinueuse, elle est une route pleine d’adrénaline et de visions grandioses.

    Deux ans plus tard, j’ai arpenté avec Marion la Silvretta-Hochalpenstraße, qui relie les pays du Montafon et du Tyrol, culmine à 2032m, s’enroule autour du Piz Buin et ouvre des paysages idylliques de prairies aux airs de landes nordiques. Avec ses 34 virages serrés, elle offre aussi un immense plaisir de conduite, et j’ai adoré les visions infiniment bucoliques qu’elle déroule.  

    Route de la Silvretta. 10 choses à faire en Autriche

    Marcher sur les traces de Mozart à Salzbourg

    C’est un des plus illustres enfants de l’Autriche : l’immense Wolfgang Amadeus Mozart. Il naît dans une jolie rue du cœur de Salzbourg, la Getreidegasse, en 1762, et il ne lui faudra que trente-cinq ans d’une vie à la fois palpitante et douloureuse pour devenir le plus grand compositeur de tous les temps, l’archétype universel du génie. Infiniment fière de son enfant prodige, la belle ville de Salzbourg respire et vibre Mozart. Sur les traces de Wolfgang, vous pourrez visiter sa maison natale, y admirer le premier violon du virtuose et de nombreux autres objets familiers, partitions et souvenirs précieux. Vous pourrez goûter la confiserie emblématique de la ville, la « Mozartkugel » (littéralement : boule Mozart), au chocolat, à la pistache et à la pâte d’amande. Et surtout, vous pourrez aller écouter Mozart dans une des églises et salles de concert qu’il a connues dans son enfance : résolument mélomane, Salzbourg regorge de concerts, récitals et messes où retentissent les sublimes mélodies mozartiennes, tout particulièrement lors du célèbre festival de Salzbourg, un des plus prestigieux festivals de musique classique au monde, mais aussi toute l’année. Aller écouter Mozart à Salzbourg fait partie de mes plus belles expériences autrichiennes.

    salzbourg mozart

    N’oubliez pas que Salzbourg est aussi une sublime ville alpine et baroque, où les bulbes baroques se mêlent aux sommets des montagnes. C’est un bonheur d’arpenter ses ruelles et de prendre de la hauteur pour gagner les points de vue emblématiques sur la cité, notamment depuis le Mönchsberg.

    Mon coup de cœur ? La cathédrale de Salzbourg, merveille baroque où Mozart fut baptisé et dont il fut l’organiste officiel.

    Manger au sommet du tremplin olympique à Innsbruck

    Autriche, nation alpine, nation sportive.

    Dans ce pays couvert à 60% par les Alpes, où tout le monde ou presque aime le ski, voici une belle expérience originale à vivre : aller manger au sommet du tremplin de saut à ski olympique d’Inbsbruck !

    Complètement entourée de massifs alpins, Innsbruck, la ville principale du Tyrol, partage avec Grenoble le beau titre de « capitale des Alpes ». Ici, on peut rejoindre les pistes de ski directement depuis le centre-ville, et les sommets couronnent les belles maisons baroques.

    Une curiosité à ne pas rater, c’est le tremplin de saut à ski de Bergisel, érigé pour les JO de 1962. Toujours en activité, il accueille toute l’année des athlètes venus s’entraîner et défier la pesanteur, un spectacle très très impressionnant. Le site est très photogénique, avec ses couleurs arc-en-ciel et la vue superbe sur Innsbruck.

    innsbruck bergisel 10 choses à faire en autriche

    Cerise sur le gâteau, on peut y manger : un restaurant panoramique coiffe le tremplin, d’où la vue sur Innsbruck est imprenable. C’est une visite insolite et délicieuse, qui nous a permis de plonger dans le cœur de la passion du Tyrol pour les sports alpins.

    J’adore aussi le cœur de ville d’Innsbruck, coloré, rococo et très animé, avec les sublimes façades multicolores et les terrasses des bars le long du fleuve – je trouve que c’est une halte qui vaut vraiment le détour, et la capitale tyrolienne est peut-être ma ville préférée en Autriche.

    Faire un tour en paddle dans un glacier à Hintertux

    C’est une expérience tyrolienne qui m’a marquée. A 2700m, le glacier d’Hintertux est un domaine skiable ouvert toute l’année, où il est possible de chausser ses spatules même en plein été. Mais le plus marquant, c’est de monter au sommet du glacier pour explorer la somptueuse grotte de glace, qui est persistante et se visite toute l’année. Outre le caractère spectaculaire et un peu extraterrestre de ses murailles de glace bleutée, de ses stalactites translucides et de ses puits de lumière gelée, elle contient une curiosité unique : elle est traversée par une rivière qui ne gèle jamais, ce qui en fait le terrain d’entraînement favori des nageurs en eau froide. Un univers radicalement brutal et d’une poésie infinie.

    J’avais déjà visité avec bonheur la grotte glaciaire d’Hintertux il y a quelques années, mais en 2019, j’ai eu le bonheur d’y retourner avec Marion et de tester une expérience insolite assez fabuleuse : un tour en stand up paddle au cœur de la rivière glaciaire ! Probablement l’expérience la plus cool et insolite d’Autriche, n’est-ce pas ?

    Partir à cheval dans la vallée de la Lech

    Au cœur du Tyrol, la vallée de la Lech est un site poétique et acrobatique, où se mêlent ponts suspendus, rivières rugissantes, cascades et sommets iconiques. Marion et moi avions eu le bonheur de l’explorer à cheval avec les écuries de l’hôtel Post Steeg, une merveille d’hôtel-spa authentique et familial, qui allie haute tradition gastronomique, convivialité fabuleuse de l’accueil et multitude d’activités outdoor réjouissantes, entre vélo électrique, segway et… cheval ! Ce fut un bonheur immense de chevaucher au cœur de ces paysages de livre d’images, allant de cascade en hameau, de prairie en cime, et de faire des pauses dans des chalets d’alpage traditionnels tout décorés de bois et de géraniums en fleurs.

    10 choses à faire en autriche cheval lechtal

    Chasser les cascades et rivières du Tyrol

    C’est une des choses que j’aime infiniment dans les Alpes autrichiennes : leur douceur fleurie abreuvée par les nombreuses rivières. Nous ne sommes pas dans des paysages de minéralité radicale, mais dans des Alpes amènes, colorées, où les prairies sont verdoyantes et où les rivières regorgent de poissons. Si j’avais été pêcheuse, j’aurais adoré poursuivre la truite dans ces eaux claires et préservées – la truite grillée est d’ailleurs une des grandes spécialités de la région, le plat incontournable que je vous recommande au bord des lacs !
    Dans l’Alpbachtal, région résolument aquatique, nous avons adoré suivre sur des passerelles vertigineuses la rivière turquoise qui a sculpté les gorges de la Kaiserklamm. Nous avons enchaîné avec des activités nautiques insolites (comme ce vélo aquatique à grosses roues – complètement gadget, mais très drôle) sur les lacs de la région.

    Dans la région d’Hintertux, nos randonnées nous ont conduites à de sublimes cascades dévalant du glacier, entourées de roses des Alpes…

    Randonner au cœur du Montafon et du Bregenzerwald

    Je vous ai beaucoup parlé du Tyrol, qui est l’évidence alpine naturelle quand on aime la montagne et qu’on explore l’Autriche, mais les régions tout à l’ouest du pays, le Montafon et le Bregenzerwald, ne sont pas en reste. Elles présentent également l’avantage d’être les plus proches de la France.

    Dans le Montafon, nous avons bénéficié des randonnées guidées proposées par notre fabuleux hôtel, le Fernblick Montafon, pour découvrir un paysage d’une beauté bucolique rare, entre huttes d’alpage où on fabrique le fromage de montagne, prairies où paissent les vaches, et panoramas alpins majestueux.

    randonnée montafon autriche

    Dans le Bregenzerwald, où nous dormions à l’hôtel Krone in Au, nous avons vécu deux randonnées mémorables, qui font partie de nos plus beaux souvenirs autrichiens. Nous nous sommes levées avant l’aube et avons gravi la montagne dans le noir pour voir le soleil se lever sur le Kanisfluh, sommet mythique du Bregenzerwald. Ce cheminement dans l’aurore est presque un pèlerinage local, et reste un souvenir très fort pour nous.

    De jour, nous avons cette fois reposé nos jambes et pris la télécabine pour arriver au sommet du Diedamskopf, qui s’ouvre sur un cirque rocheux d’une beauté exceptionnelle… piqueté de quelques fleurs alpines poétiques pour parachever le spectacle !

    Découvrir à vélo Au, le village le plus écolo d’Autriche 

    Et si je vous présentais le village le plus écolo d’Autriche ? À Au, dans le Bregenzer Wald, on ne trouve pas que de sublimes montagnes, mais aussi un projet agricole, énergétique, écologique de grande qualité.
    À Au, on n’utilise plus d’énergie fossile pour se chauffer : une centrale de biomasse (qui brûle le bois des forêts locales, écologiquement gérées et dans le respect de la croissance de la forêt) et quelques panneaux solaires les ont remplacés.
    À Au, les éleveurs vendent le litre de lait à un prix décent, grâce à un vaste projet de valorisation des vaches à la fois dans l’entretien du paysage et pour la production de fromage artisanal. Avec 30 000 habitants dans la vallée pour 30 000 vaches, il s’agit d’une agriculture extensive où on ne met pas plus d’une vache par hectare, et où elles bénéficient de vastes espaces pour paître en paix. Les cours d’eau sont préservés, et les habitants d’Au sont très fiers de leur rivière parfaitement potable.
    À Au, on isole les maisons aux bardeaux de bois, on construit des immeubles en bois pour permettre l’accession des jeunes à la propriété, et on rivalise d’ingéniosité pour économiser l’énergie. C’est à Au qu’on trouve la maison lauréate du prix européen de l’écologie 2018 : isolée par différentes couches d’air cachées sous ses bardeaux, elle est tellement bien conçue qu’elle n’a plus à se chauffer l’hiver, même par -20 degrés !
    Marion et moi avons été bluffées par ce village qui pratique une écologie ni punitive ni culpabilisante, mais qui profite à tous et qui préserve la qualité de vie de chacun. Des vaches, des fontaines et des maisons de bois… une vraie source d’inspiration !

    Nous avons pu découvrir le village en vélo électrique grâce à l’hôtel Krone, qui est au cœur du projet biomasse et dont on a aimé l’engagement culturel et sportif. Ce sont eux qui nous ont prêté les vélos à assistance électrique avec lesquels nous avons exploré ce village atypique.

    Buller dans un spa de rêve au cœur des Alpes

    C’est un des arguments décisifs qui me feraient choisir l’Autriche comme seconde patrie. L’Autriche a une puissante tradition, que dis-je, un véritable culte de l’hôtel-spa alpin complètement dingue.

    Avoir un sauna et un bain à remous, c’est le strict minimum pour tout établissement montagnard qui se respecte. Mais dans les Alpes autrichiennes, on ne s’arrête pas là. On bâtit des piscines à débordement suspendues au-dessus du vide, des spas gigantesques où toutes les expériences sensorielles possibles et imaginables sont incluses, des saunas à profusion, des espaces bien-être complètement exotiques, c’est une surenchère de magie et de confort qui me rend folle. J’aimerais passer ma vie dans des hôtels-spas de montagne autrichiens. Je n’en cite ici que quelques-uns, autant de pépites : Fernblick Montafon dans le Montafon. Hotel Post Steeg dans la vallée de la Lech. Hôtel Böglerhof dans l’Alpbachtal. Hôtel Alpenhof à Hintertux.  Marion et moi avions eu la chance de les découvrir grâce au réseau Autriche Pro France, qui fédère des hôtels familiaux confortables et francophiles, et que je ne saurais assez recommander.

    Et même si je préfère ces structures familiales plus authentiques, je ne peux finir cette section sans mentionner les hôtels-spas-parcs d’attraction complètement démentiels, qu’on peut visiter à la journée avec ticket d’entrée, comme le Tauern Spa Kaprun au pied de la route alpine du Grossglockner, ou l’Aquadome à Längenfeld. Plus touristiques, moins intimistes, ils ont pour eux la démesure et l’inspiration cosmique.

    Manger des Spätzle et boire du Schnaps dans un refuge de montagne

    Vous reprendrez bien un peu d’Autriche ? Une des choses que j’aime le plus dans ce pays magique, c’est son ambiance ultra chaleureuse. Faire la fête dans un bar après ski à la montagne. Boire du schnaps dans un chalet typique. Savourer des Käsespätzle faites maison dans une taverne. Trinquer avec des gens infiniment conviviaux et chaleureux. Dormir et dîner dans des hôtels familiaux tellement authentiques. J’aime profondément ce pays et ce qu’il dégage. La qualité des rencontres humaines dans les Alpes autrichiennes m’a toujours marquée : tant de chaleur, de gentillesse, de sens inné du partage !

    S’émerveiller dans les églises baroques

    Je vous avais promis dix expériences, mais je ne résiste pas au plaisir d’un petit bonus, car celle-ci est chère à mon cœur. Vous le savez peut-être si vous avez lu mes articles faisant la part belle au baroque savoyard, notamment sur la Haute-Maurienne et Saint-Martin-de-Belleville : certaines régions alpines ont été de véritables bastions de la contre-réforme catholique, des forteresses où l’Eglise a défendu bec et ongles la suprématie de la tradition romaine face aux assauts luthériens et calvinistes. Par leur rudesse et leur isolement, les montagnes sont naturellement des pays de foi puissante, et l’expression de la piété a culminé dans certaines régions alpines au 17e siècle dans un véritable déferlement de beauté baroque, entre bulbes, dorures, retables et torsades. Ancien cœur du Saint Empire romain germanique, l’Autriche fut un des centres névralgiques de la contre-réforme, et cela se ressent dans son architecture. Prenez le temps d’explorer les sublimes chapelles baroques des Alpes autrichiennes.

    Et pour le summum de la démesure baroque, faites un tour à l’abbaye de Stams, à deux pas d’Innsbruck. Une véritable merveille.

    A suivre sur Itinera Magica : un concours pour gagner un séjour en Autriche, mon prochain livre sur les Alpes… N’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter pour ne rien manquer !

  • Joyaux de Bourgogne à l’automne

    Y a-t-il plus belle saison que l’automne pour découvrir la Bourgogne, à l’heure où octobre embrase les vignes et les changent en autant d’oriflammes, couvrant les collines de rouge et d’or… Un des slogans de la sublime région bourguignonne l’affirme avec force  : « l’automne, c’est en Bourgogne » ! J’en suis totalement convaincue, c’est d’ailleurs la troisième année consécutive que je séjourne en Bourgogne au cœur de l’automne, à la poursuite des teintes les plus flamboyantes.


    Mais la Bourgogne en automne (et en toute saison) ne se résume pas à cet incroyable camaïeu, elle est aussi forte d’une incroyable richesse patrimoniale – dans la pierre et dans l’assiette. Les plus belles abbayes romanes de France, des châteaux sublimes qu’on doit notamment à l’héritage des puissants ducs de Bourgogne, des vins d’exception que le monde entier s’arrache et une gastronomie prestigieuse font tout l’attrait de ce pays qui respire le raffinement à la française. Je vous propose une virée remontant la région du sud vers le nord, traversant la Saône-et-Loire, la Côte d’Or et l’Yonne, pour explorer avec délices plusieurs facettes de cette si belle Bourgogne à l’automne.

    Abbaye de Fontenay

    Cet article fait suite à deux séjours en Bourgogne, en octobre 2019 en duo avec mon amie photographe Marion Carcel alias Foehn Photographie, et en octobre 2020 avec mon frère. Toutes les photos de moi & plusieurs autres dans cet article sont l’œuvre de Marion, excepté celles prises au domaine de Rymska. Pour en savoir plus sur notre duo de blogueuses et photographes : Itinera Favonia.

    Mon amie photographe Marion (Foehn Photographie) à Vézelay
    Moi photographiée par Marion à la Roche de Solutré

    L’automne en Saône-et-Loire : vignes d’or et roche de lumière

     La Saône-et-Loire ? C’est l’extrême sud de la Bourgogne, un pays de vignes réchauffées par la douceur de la Saône et la lumière des pierres dorées, le pays du Beaujolais et du Pouilly-Fuissé. Au printemps 2019, j’avais eu le bonheur de découvrir cette terre radieuse, et suite à ce premier séjour en Saône-et-Loire, je m’étais fait une promesse : retourner à la roche de Solutré en automne.

    La Roche de Solutré : environ 30 min d’ascension

    Ce site exceptionnel, rendu célèbre par les pèlerinages annuels de François Mitterrand, n’est pas seulement un des plus beaux témoignages de la préhistoire en France. C’est aussi un point de vue grandiose, roche intemporelle jaillissant d’un océan de vignes d’or. De là-haut, la vue sur l’autre pointe solennelle, la roche de Vergisson, et sur les villages traditionnels de vignerons, est exceptionnel. La lumière au coucher de soleil est d’une beauté rare, je vous recommande cette ascension à la fois facile et spectaculaire.

    Un merveilleux hôtel 5* en Saône-et-Loire : le domaine de Rymska

    Cet hôtel d’exception, membre du réseau Relais & Châteaux, est le premier établissement classé 5 étoiles de Saône-et-Loire, et il en mérite chaque étincelle. Nous sommes à St Jean de Trézy, au cœur de la campagne bourguignonne, à mi-chemin entre Beaune et Chalon-sur-Saône et tout près de la gare TGV du Creusot. Le domaine est lové entre vignes et prairies, au creux du méandre d’un sentier bucolique. 

    J’aime les paysages agricoles, sculptés par la main et le travail des hommes, les champs cultivés et les prairies où paissent les troupeaux. Le Domaine de Rymska n’était pas seulement un bel hôtel luxueux, mais aussi une grande exploitation agricole, où on élève des chevaux de course, des bœufs charolais et wagyu (le célèbre bœuf japonais), des moutons, des dindons et des poules. Toutes les viandes et les œufs servis à l’excellent restaurant gastronomique du Domaine proviennent de la ferme, ainsi que les légumes en saison. Le maître des lieux m’a fait visiter l’exploitation, où les animaux sont au grand air sur les pâtures une grande partie de l’année. Et quand ils sont à l’intérieur dans de grands paddocks, des rouleaux de massage mécaniques sont à leur disposition (ils sont déclenchés par le mouvement, quand le bœuf se frotte), et on leur joue de la musique classique pour les détendre ! Passer à table permet de se rendre compte de l’exceptionnelle qualité des produits, et du savoir-faire d’un chef passionné, soucieux de sublimer chaque facette du terroir bourguignon. Cette visite était bien à l’image que j’ai de la Bourgogne : un pays où on place les arts de la table, la gastronomie et le vin, au plus haut, et où on les vit avec passion et exigence. Un petit morceau de France idéale, en somme.

    Le Domaine de Rymska, hôtel et restaurant
    Menus gastronomiques de 32 à 96 euros
    Vente directe de produits de la ferme
    Nuit à l’hôtel 5* Relais & Châteaux à partir de 220 euros

    Côté hôtel, on goûte à tout l’art de l’hospitalité bourguignonne, entre authenticité chaleureuse, gentillesse de l’accueil et élégance raffinée. J’ai savouré avec bonheur ce havre de paix au milieu du vert, où on se plonge dans un cocon douillet au coin du feu. Le bar et le salon au coin du feu ainsi que la salle de restaurant sont superbement décorés, et créent une atmosphère douce et feutrée qui vous enveloppe.


    Notre suite Harmonie était exceptionnelle, avec ses hauts plafonds, ses boiseries claires, sa lumière et son confort. Au matin, la lumière dorée illuminait les prés et réchauffait les hauts plafonds. Un bureau entouré de verre faisait face à la campagne, et j’aurais voulu rester écrire un livre ici…  Je me suis sentie enveloppée de raffinement bourguignon chaleureux, pour une nuit de déconnexion loin du monde.

    L’automne en Côte d’Or : abbayes cisterciennes et châteaux facétieux

    Quand on pense à la Côte d’Or, ce sont immédiatement les hospices de Beaune et le palais des Ducs de Dijon qui viennent à l’esprit, ainsi que les vignobles à grands crus qui courent entre ces deux phares de la culture bourguignonne. J’avais découvert ces joyaux à l’automne 2018, et je vous invite à retrouver ces deux articles :

    Dijon, sublime cité des ducs

    Les vignobles de Dijon et Beaune, et Beaune la magnifique

    Ce sont cette fois des beautés moins immédiatement célèbres, mais tout aussi splendides, qui m’ont ramenée en Côte d’Or.

    L’abbaye de Fontenay, sur les traces de Saint Bernard de Clairvaux

    Les plus belles abbayes romanes de France ? Je n’hésiterai pas une seconde : elles sont en Provence et en Bourgogne. Le rayonnement religieux du pays bourguignon, terre natale de Saint Bernard de Clairvaux, fut colossal.
    Si Cluny en Saône-et-Loire, autrefois la plus grande église de toute la chrétienté, a été presque intégralement détruite à la Révolution, la Bourgogne a su conserver plusieurs joyaux romans uniques au monde, d’une beauté exceptionnelle : Tournus, Vézelay, Fontenay. Je vous le dis d’emblée, mon coup de cœur absolu est Vézelay (plus bas dans cet article). Mais Fontenay l’épurée, la magnifique, reste incontournable à mes yeux : c’est là le berceau de l’ordre cistercien.

    Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, l’abbaye de Fontenay est la plus ancienne abbaye cistercienne conservée au monde, et si elle n’abrite hélas plus de vie religieuse, sa beauté architecturale est intacte. On y découvre toute la pureté du style cistercien, qui reflète la radicalité exigeante de la vie intérieure des moines de l’ordre, ces ogives blanches qui tendent vers le ciel, ces cloîtres où l’âme chemine vers Dieu.

    Découvrez la Bourgogne en automne : la roche de Solutré, Fontenay, Vézelay, Bussy-Rabutin, Châteauneuf en Auxois. Bonnes adresses en Bourgogne

    Abbaye de Fontenay
    Plein tarif 10 euros, tarifs réduits disponibles

    Impossible de découvrir Fontenay sans se passionner pour  St Bernard de Clairvaux, fondateur de cette abbaye, figure de proue de l’ordre cistercien. Je vous parlais de lui, de l’idéal ascétique et combattant qu’il incarne, dans ce post :

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    📸 Abbaye cistercienne de Fontenay, par ma talentueuse amie @foehn_photographie « Comparez votre présent à votre passé ; voyez si vous avez fait des progrès en vertu, en sagesse, en intelligence, en mansuétude, ou si, ce qu’à Dieu ne plaise, vous n’auriez pas décliné. Si vous êtes plus patient ou plus impatient, plus emporté ou plus doux, plus fier ou plus humble, plus allable ou plus austère, plus humain ou plus intraitable, plus pusillanime ou plus courageux…. ” La semaine dernière, je suis partie découvrir le patrimoine religieux de la Bourgogne et je me suis passionnée pour St Bernard de Clairvaux, la figure de proue de l’ordre cistercien. Né en 1090 au château de Fontaines-lès-Dijon, il restera l’une des plumes les plus puissantes de l’Eglise. St Bernard appelle à un examen de soi continu et exigeant, à un face à face sans mauvaise foi avec nos vices, nos péchés et surtout nos hypocrisies, ou le décalage entre ce que nous professons et la façon dont nous agissons, ce que nous prétendons vouloir et ce que nos actions provoquent. « C’est un assemblage monstrueux qu’un rang élevé et un cœur rampant, une dignité suprême et une vie abjecte, une langue qui promet beaucoup et une main qui n’agit pas, des paroles sans nombre et pas le moindre fruit, un visage grave et une conduite légère. » Il voit nos âmes comme des vignes à retailler et émonder sans cesse, pour qu’elles portent plus de fruits – le fruit suprême étant l’amour parfait, l’amour infini de Jésus, par lui, avec lui et en lui, et le don de soi, car « l’homme heureux est celui qui trouve plus de bonheur à donner qu’à recevoir ». St Bernard a souvent été critiqué pour le rôle clef qu’il a joué dans le lancement de la seconde croisade : ses écrits enflammés ont lancé des centaines d’hommes sur les routes de Palestine, avec les résultats que l’on sait – saccage, violence, morts et veuves éplorées. Mais je trouve qu’il est difficile de juger les hommes d’hier avec ce que nous savons aujourd’hui, et que St Bernard dans son intransigeance était un assoiffé de justice : « Partout en ce monde des puissants oppriment les faibles. » Cette radicalité qu’il incarne (suite en commentaire)

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    La beauté et la sérénité de Fontenay s’exprime à la perfection dans ses superbes jardins. Pour le moine médiéval, cultiver son jardin, c’est prendre soin de son âme, et les jardins de Fontenay reflètent cette quête spirituelle exigeante.

    Le château de Bussy-Rabutin, le plus original de tous les châteaux

    Parlons-nous franchement. Les châteaux, c’est magnifique, mais la France en est clafie. Dans toutes les régions françaises, ça grouille de donjons et de tourelles, c’est farci de cours solennelles, de façades monumentales et de labyrinthes de buis. C’est ça d’avoir 2000 ans d’histoire, c’est épuisant d’être un touriste dans le plus beau pays du monde. On ne sait plus où donner de la tête, il y a TROP de châteaux, partout. Alors, il faut bien les choisir. Il faut sélectionner : soit les plus beaux de tous, les plus monumentaux, spectaculaires, époustouflants. Soit les plus originaux, ceux qui ne ressemblent à aucun autre, qui vous resteront toujours en mémoire. Et dans ce cas, n’hésitez pas, il faut absolument aller à Bussy-Rabutin. Je crois que ce fut ma visite de château préférée à ce jour, et Marion partage mon enthousiasme.

    La sublime salle ronde du château de Bussy-Rabutin

    Château de Bussy-Rabutin
    Plein tarif 8 euros, tarifs réduits disponibles

    Roger de Rabutin, comte de Bussy, était un écrivain brillant, mais un peu taquin. Langue de vipère, esprit commère, il rédige sous le manteau un roman, Histoire amoureuse des Gaules, où il tourne en ridicule les intrigues sentimentales à la cour du Roi Soleil. C’est un Voici du Grand siècle, mais merveilleusement bien écrit, drôle et érudit, un véritable régal, conçu pour amuser sa maîtresse. Mais le manuscrit tombe entre les mauvaises mains… et Louis XIV en prend ombrage. Il bannit Bussy-Rabutin de Versailles, le renvoie sur ses terres en Bourgogne. Summum de la disgrâce, l’amante qui lui avait inspiré ces facéties se détourne bien vite du pestiféré, et se console dans d’autres bras.
    Malheureux comme une pierre, Roger passera seize ans en exil, et aura tout le temps de décorer son château de façon très personnelle. Chaque pièce est remplie d’illustrations : images symboliques ou portraits de personnes (guerriers, rois, dames de cour, figures historiques). Chaque image est accompagnée soit d’une maxime, soit d’une énigme, soit d’une épigramme, petit poème satirique au vitriol. Même les rois en prennent pour leur grade. On peut passer des heures à déchiffrer les inscriptions (en français majoritairement, parfois en latin), à rire des méchants portraits, à comprendre qui est visé. Un exemple de flèche qui m’a beaucoup amusée : « La plus belle dame de son temps, mais moins fameuse pour sa beauté que pour l’usage qu’elle en fit ». Marion et moi nous sommes régalées. C’est la première fois que j’ai l’impression de retrouver, au-delà des siècles, la personnalité du propriétaire des lieux. On croirait connaître ce Roger, drôle et amer, revanchard et attachant, cynique et romantique à la fois. On sort de là avec l’impression de s’être fait un nouvel ami.

    Si vous passez au nord de la Côte-d’Or, ne manquez pas la visite, cela vaut le détour, d’autant que la salle ronde est exceptionnellement belle et originale. Et allez vous perdre dans le labyrinthe, c’est pour cela que les châteaux sont faits.

    Châteauneuf-en-Auxois, un des plus beaux villages de France

    Les lecteurs fidèles le savent, je collectionne les « plus beaux villages de France ». (Il y en a 159, soit presque le même nombre que la première génération de Pokemon, cela me va très bien : attrapez-les tous !). Et Châteauneuf méritait clairement le détour. Sa silhouette fantastique attire l’œil de loin – dès l’autoroute A6, Marion et moi l’avions repéré, et rêvions d’y faire un tour.

    Découvrez la Bourgogne en automne : la roche de Solutré, Fontenay, Vézelay, Bussy-Rabutin, Châteauneuf en Auxois. Bonnes adresses en Bourgogne

    Il se dresse sur la colline, tout de poésie gothique, drapé des couleurs d’automne…

    Châteauneuf en Auxois vu depuis le château Sainte Sabine

    Le village est ravissant, sublimé par la vigne vierge roussie par octobre qui recouvre les façades.

    Château de Châteauneuf-en-Auxois
    Plein tarif 5 euros, tarifs réduits disponibles

    Bien sûr, nous avons visité son château (évidemment : on est en France, je vous l’ai dit, on visite des châteaux dans ce pays !). Cette imposante forteresse médiévale donne tout son cachet au site, et se montre intimement liée à l’histoire des puissants ducs de Bourgogne. Guerres et trahisons ensanglantent l’histoire épique de ces murs grandioses. J’ai aussi retenu l’histoire triste d’une de ses occupantes, Catherine : mariée à un ivrogne violent qui la battait, elle empoisonne son époux, et finit condamnée au bûcher… La visite vous réserve plusieurs histoires romanesques et sympathiques dans ce style.

    Flavigny-sur-Ozerain, village de l’anis

    Tout près de Châteauneuf, Marion et moi avons découvert un autre village emblématique de la Bourgogne, Flavigny-sur-Ozerain. C’est le siège d’une antique tradition bourguignonne : depuis le VIIIe siècle, les moines y fabriquent les anis de Flavigny, une graine d’anis enrobée de sirop de sucre aromatisé. Ce bonbon est devenu emblématique de la région et a souvent été offert par les Ducs aux cours royales. Le savoir-faire se perpétue au village et la fabrique se visite, elle a beaucoup de charme. J’avoue que je n’aime pas l’anis (pardon), mais j’ai pourtant adoré cette visite, et suis toujours très curieuse du patrimoine gastronomique très riche de la Côte d’Or. Après m’être régalée à Dijon des nonnettes, à Beaune de la moutarde, la fabrique d’anis de Flavigny était un incontournable !

    Anis de Flavigny, visite libre

    Le château Sainte-Sabine, somptueux hôtel de princesse en Côte d’Or

    Vous êtes un voyageur français qui visite des tas de châteaux, vous êtes incollable sur les tapisseries, les mâchicoulis et les créneaux, mais à force vous en avez marre, vous crevez de jalousie devant les petits panneaux « ne pas s’asseoir » et vous aussi, vous voulez vous asseoir, et même dormir, et jouer au roi, au duc ou au comte, zut à la fin ? Alors j’ai la bonne adresse pour vous.

    Château Sainte Sabine, hôtel 4*
    Restaurant gastronomique : menus de 45 à 80€
    Nuit à partir de 120 euros

    Je vous présente le château Sainte Sabine, à Pouilly-en-Auxois en Côte d’Or, au cœur de la Bourgogne. Marion et moi avons été enchantées par notre séjour l’hostellerie Sainte Sabine, qui appartient au réseau Les Collectionneurs. Cet hôtel somptueux est installé dans un château du XVIe siècle. On est arrivées avec nos gros sacs de baroudeuses, et on avait qu’une envie, se changer et se faire belles le plus vite possible pour être raccord avec l’esprit des lieux et se la jouer princesses au bord de la fontaine. Nous nous sommes réveillées avec une vision digne d’un conte de fées : des daims qui paissent tranquillement dans le parc du château, et au loin, le sublime village de Châteauneuf-en-Auxois sur la colline. Vous imaginez les cris de joie que j’ai poussés quand, m’avançant à moitié endormie vers la fenêtre, j’ai découvert toute la famille de Bambi évoluant dans la brume avec des tourelles gothiques en arrière-plan… c’est trop, n’en jetez plus, je vais refuser de revenir au 3e millénaire ! Les salles du château, son restaurant, la fontaine à ses pieds et le vaste parc qui l’entoure, tout est d’une beauté cinématographique – ce lieu est esthétiquement parfait. Ajoutez à cela la gentillesse du personnel et la qualité du restaurant gastronomique où on honore la tradition bourguignonne, et vous avez la recette du séjour parfait… Pour en savoir plus, regardez mon article dédié au château Sainte Sabine.

    A ce stade vous vous dites, d’accord, c’est merveilleux les châteaux, mais ça manque de spas tout cela, je veux patauger dans l’eau chaude et faire des bulles ? N’en dites pas plus.

    Loiseau des Sens, un spa d’exception à Saulieu

    Vous connaissez sans doute l’immense chef Bernard Loiseau, qui est à l’origine de nombreux restaurants prestigieux en Bourgogne. La maison compte également son îlot de bien-être : la villa Loiseau des Sens, récompensée par plusieurs prix prestigieux, notamment celui du Spa européen de l’année en 2018.

    Dans un jardin bucolique et sous un toit végétalisé qui accueille les abeilles, la villa s’étend sur 4 niveaux, dont un restaurant où le chef Ito Shoro propose une cuisine orientée santé, très fraîche et légère. J’adore la gastronomie bourguignonne, mais retrouver un peu de légèreté était aussi une bonne chose, histoire de ne pas couler directement au fond de la piscine 😉 Nous avons choisi le menu végétarien et nous sommes régalées.

    Villa Loiseau des Sens
    Restaurant gastronomique : menus de 49 à 69€
    Spa : clients de l’hôtel Relais Bernard Loiseau, 25 €/pers
    Clients extérieurs: 55 €/demi-journée, 75 €/journée

    Et puis, direction le spa, une véritable oasis de bien-être, avec des plages effervescentes, des jets de massage, différents fauteuils relaxants dans une douce lumière bleue et violette. Nous avons enchaîné hammams, sauna, jacuzzi au cœur du jardin pour regarder l’automne depuis l’eau chaude… nous y avons passé un après-midi de détente fabuleux, Marion et moi ! Nous n’avons pas testé les soins, mais le spa compte 10 cabines et propose des traitements apparemment très pointus et originaux, je veux bien le croire, et j’adorerais revenir tester. Si vous passez par la Bourgogne, faites une halte à Saulieu, ce spa sublime est ouvert aux clients extérieurs aussi, avec des forfaits à la demi-journée. Je suis folle des spas, et quand l’hiver arrive, c’est vraiment une escapade bienvenue hors du quotidien, dans un monde où il fait chaud, beau et bouillonnant… 

    L’automne dans l’Yonne : Vézelay, l’incomparable

    C’est un lieu qui m’a extraordinairement touchée, et que je recommande à tout voyageur sensible au patrimoine : Vézelay, sublime abbaye sur sa « colline éternelle », véritable fanal du christianisme français. Ce n’est pas seulement une des plus belles abbayes romanes du monde, c’est aussi une église qui continue de vivre, d’abriter une communauté dynamique, constituée de moines et de religieuses, où on célèbre une sublime liturgie des heures et où on accueille les fidèles en retraite. Les autres abbayes bourguignonnes sont superbes ; celle-ci est superbe et vivante, vibrante, inspirée. J’y reviendrai, j’en suis certaine.
    Cela faisait longtemps que je rêvais de découvrir un des plus célèbres sanctuaires de France, où on vénère les reliques de sainte Marie Madeline. Dans l’Yonne, au cœur de la Bourgogne, ce village classé parmi les plus beaux de France est nimbé depuis des siècles d’une aura mystique. La basilique de Vézelay, immense nef romane entièrement traversée de faisceaux de lumière lors du solstice d’été, a été un des plus importants lieux de la chrétienté européenne, car d’ici sont parties plusieurs croisades. Je rêve de la voir traversée de grandes auréoles de lumière drue, un 21 juin.

    Quant au tympan, datant du XIIIe siècle, c’est un des plus beaux témoignages de la foi chevillée au corps de l’homme médiéval, pour qui toute tache terrestre trouve sa correspondance dans les cieux. Je vous recommande vivement l’explication du tympan, véritable chef-d’œuvre de l’art roman et monument de théologie médiévale sculpté dans le marbre délicat.

    Aujourd’hui, la foi reste vivace à Vézelay, et un des plus beaux moments du voyage restera pour moi la célébration des Laudes, à 7h du matin dans la basilique éclairée à la bougie : un chœur de moines et de sœurs, chantant des hymnes sublimes dans la pénombre… La crypte abrite toujours les reliques de la Sainte, le tympan sculpté révèle toute la grandeur de la philosophie médiévale, et une respiration solennelle traverse toute la belle abbatiale.

    Quant au village lui-même, il est petit mais superbe, organisé autour d’une grande rue dressée sur la crête de la colline et montant vers le sanctuaire. On y trouve la maison de Romain Rolland, transformée en musée d’art moderne, et une belle librairie appelée « L’Or des étoiles ».

    Dans cette librairie, j’ai acheté un livre magnifique, « Vézelay ou l’amour fou », de Jules Roy. Je vous en ai mis deux extraits superbes sur Instagram.

     
     
     
     
     
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    « A l’extrême pointe du Morvan, dans un large écroulement qui succède, en douceur ou à l’abrupt, à toutes les pentes, crêtes, excroissances, lignes de faîte et parties saillantes de ce massif, Vézelay s’érige. Alentour, couverte de forêts de chênes et de hêtres, la terre se creuse, se relève, ravinée, griffée, bossuée de toutes parts, riche en repaires et en galeries de renards. Si réduite qu’elle soit en étendue, la ville étincelle par sa réputation. Le nom de Vézelay tinte comme un carillon dans une sorte d’infini. Aragon répétait trois fois le nom et prétendait que c’était là un des plus beaux alexandrins de la langue française. Mais qu’est ce que Vézelay de nos jours, sinon la vénérable église qui s’y dresse, l’ancienne chapelle de l’abbaye, l’abbatiale tant de fois détruite, brûlée, reconstruite, et dont reste, presque intacte, la crypte carolingienne ? Les moines des origines ont dédié leur abbatiale à sainte Marie Madeleine. A une femme, le support de leur foi, à une ancienne pécheresse ! La basilique est un monument à sa gloire, et l’ange qui nous a accueillis, l’ange à l’olifant, accompagne Madeleine qui revient à perdre haleine du tombeau vide, elle étouffe, elle ne s’était pas trompée. La grande nouvelle toujours d’actualité que l’ange crie à Vézelay, c’est que le Christ est ressuscité. Comme on s’accroche à une bouée qui vous sauve et vous tire de l’abîme, Vézelay est une affirmation. On va à Vézelay comme vers la lumière et le soleil. Vézelay, c’est le matin de Pâques. » 📖 Extraits de « Vézelay ou l’amour fou », Jules Roy 📸 moi dans la crypte de Vézelay où sont conservées les reliques de Marie-Madeleine, par mon amie Marion @foehn_photographie

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    📸 Quelques images de l’extraordinaire basilique de Vézelay, en Bourgogne. « Vézelay n’est rien d’autre que le cri d’un amour impérissable et le témoignage de la résurrection du Christ. Il n’y a que cela. L’abbatiale, d’abord simple église carolingienne, est nue comme le texte de Jean, comme un corps qui se purifie dans l’eau du Jourdain. Les verrières laissent entrer la lumière sans la briser ni l’iriser par des vitraux, sauf à l’extrémité du narthex où l’on se demande pourquoi plus tard, un des abbés d’alors a voulu de la couleur. Pas d’ornements non plus, sinon dans les chapiteaux les feuilles, les fleurs, les visages sculptés qui parlent, qui crient, qui chantent. Pas de meubles ; les chaises sont de notre temps, la chaire inutile et les stalles viennent de l’église St Pierre quand elle fut rayée de la paroisse. Rien ne doit distraire le pèlerin de l’intention qui l’a mené ici ni de l’amour qui s’y consume. C’est le style du XIe et du XIIe siècle, c’est le roman, une construction solide et trapue, une masse large sur ses fondations, mais haute et altière, et avec des ouvertures qui ressemblent à des meurtrières d’où l’on peut faire feu sur Dieu et Lui sur nous. Et pourtant, dans cette pierre intérieure en mouvement, qu’on dirait travaillée comme de l’argile par tout un peuple de sculpteurs, les personnages bougent, le vent souffle sur le combat de la foi, sur la réalité du miracle et de l’enfer, sur l’omniprésence du péché et de la miséricorde et tourbillonne sur nous et sur le Christ. Claudel voyait là toute l’histoire de la Bible. » Jules Roy, Vézelay ou l’amour fou. Je rêve de voir cette nef baignée de cercles de lumière le jour du solstice 🌞

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    Derrière l’abbatiale, on trouve enfin une terrasse panoramique de toute beauté, d’où la vue sur le Morvan est exceptionnelle

    Marion et moi avons vécu un beau moment d’histoire et de sérénité à Vézelay, un village-église dont la puissance évocatrice est rare. Amoureux de patrimoine, d’histoire ou de foi, ne manquez pas Vézelay, c’est un lieu hors-normes, à l’image de Conques ou de Rocamadour : un des plus grands sanctuaires français et un village de toute beauté.

    Un hôtel de charme à Vézelay : Sy Les Glycines

    Envie d’être transportée dans un autre petit monde le temps d’une aventure, pour un prix très abordable ? Marion et moi avons eu un vrai coup de cœur pour l’hôtel de charme où nous avons dormi à Vézelay, à deux pas de la basilique, en plein cœur historique piéton : Sy Les Glycines. Ce petit hôtel (13 chambres) installé dans une maison du XVIIIe siècle dans un écrin végétal a un charme fou. Huiles sur toile, vieilles boiseries, plafonds à moulure, il cultive son charme rétro. Chaque chambre est totalement différente et la nôtre, la Max Pol Fouchet, était juste incroyable, entre boiseries originales du XVIIIe, cheminée monumentale et déco complètement design, entre zébrures et carreaux.

    Hôtel Sy Les Glycines
    A partir de 65 euros/nuit
    Restaurant Sy La Terrasse
    Menu du midi 24 euros

    Le restaurant, Sy La Terrasse, est sur la place de la basilique, et nous y avons mangé une cuisine bourguignonne avec un petit twist méridional que j’ai adoré, et le personnel était adorable (on a essayé de nous effrayer avec des histoires de fantômes, mais Marion et moi sommes des gothiques dans l’âme, ça nous a plutôt enthousiasmées. Hélas, le fantôme des Glycines ne nous a pas rendu visite, n’hésitez pas à nous le signaler si vous avez plus de chance avec les ectoplasmes spirites.)

    Avallon, une église incroyable et une crêperie rétro

    Avant de quitter la Bourgogne, Marion et moi avons réalisé un dernier arrêt dans un petit village du Morvan, Avallon. Ce qui m’a motivée à choisir Avallon parmi une multitude de jolis villages bourguignons très tentants, c’est une curiosité religieuse : l’église romane Saint Lazare, qui fut consacrée par le pape lui-même au XIIe siècle, et qui est absolument monumentale, arborant les dimensions spectaculaires d’une basilique. Quand je vous disais que le patrimoine roman de Bourgogne est absolument exceptionnel… Dans n’importe quel autre pays, l’église St Lazare serait l’attraction incontournable de la région ; dans une région aussi débordante de splendeurs que la Bourgogne, on en entend à peine parler. Et pourtant, elle est inouïe. Le portail du XIIe siècle est d’une beauté fabuleuse, la salle capitulaire arbore des fresques remarquables, et plusieurs chapelles orientalisantes évoquent l’exotisme de Byzance.

    Je vous recommande le détour, d’autant que le village lui-même est ravissant.

    Au hasard de notre balade, nous sommes tombées sur une petite crêperie qui nous a irrésistiblement attirées : Crep’80, resto résolument rétro décoré aux couleurs des années 80, rempli d’affiches, jouets, vinyles et gadgets sortis tout droit de Retour vers le futur. Nos sets de table sont des 33 tours, nos salières des Rubik’s cubes… et en plus, les crêpes sont excellentes et garnies de produits locaux bourguignons. On a adoré la virée !

    Crêperie Crep80
    Compter 10-15 € la crêpe salée

    Ici s’achève cette virée en Bourgogne à l’automne, entre vignes rousses, joyaux culturels et adresses exceptionnelles. Je suis très attachée à cette région qui incarne une forme d’excellence à la française, riche d’histoire et de saveurs. J’espère que le voyage a su vous plaire ! Pour plus de voyages, n’hésitez pas à vous abonner à la newsletter.

    Merci au CRT de Bourgogne-Franche-Comté, et notamment à Penelope, pour l’organisation de ce magnifique séjour en octobre 2019, et au Domaine de Rymska pour leur accueil exceptionnel en octobre 2020. C’est toujours un plaisir de revenir chez vous !

  • Mon nouveau livre : Petite déclaration d’amour aux chats

    Y a-t-il un chat dans votre vie, aimez-vous les chats, avez-vous déjà plongé dans leur regard et rêvé de sonder tous les mystères de leur pupille fauve ? Alors mon nouveau livre vous plaira, je l’espère. J’ai le plaisir de vous présenter ma « Petite déclaration d’amour aux chats », parue en septembre 2020 aux éditions Suzac. Entre récit personnel, nourri de ma longue histoire féline, et plongée dans les mystères de l’espèce féline, j’espère parler avec ce petit livre à tous les passionnés des chats, à tous ceux qui savent la place qu’ils occupent dans nos maisons, dans notre imaginaire, dans nos vies.
    Si vous cherchez un livre à offrir à un amoureux des chats, j’espère que celui-ci saura vous toucher !

    Petite déclaration d'amour aux chats, un essai passionné sur les chats par Ariane Fornia. Un livre à offrir aux amoureux des chats

    Petite déclaration d’amour aux chats, Nos félins de velours

    Ariane Fornia
    Editions Suzac
    109 pages, 12 euros
    Disponible partout en France : libraires indépendants , Amazon, Fnac

    Présentation de l’éditeur :

    La collection « Petite déclaration d’amour » donne carte blanche à la passion, à l’imagination, à la sensibilité, au minuscule comme à l’essentiel. Dans cet ouvrage, Ariane Fornia ouvre son coeur et dévoile avec affection comment inviter les chats dans notre vie. Énigmatiques et fascinants, les chats, ces petits empereurs capables de transformer notre existence, tissent des liens d’attachement qui défient la raison, car ils ne s’abandonnent qu’à leur maître et ne révèlent leur splendeur qu’à lui seul. Les chats font du bien tout simplement, ils donnent de l’amour, de la joie, et soignent avec sagesse nos douleurs affectives. Ils sont nos complices pour la vie.

    Ma déclaration d’amour aux chats :

    un essai passionné sur les chats

    Si vous êtes un lecteur de longue date, et que vous connaissez l’article « Le voyage dont j’ai failli ne jamais revenir », vous le savez déjà : j’ai une passion dévorante, immodérée, pour les chats. J’ai grandi avec eux depuis toute petite, et je leur ai consacré une place immense dans ma vie.

    Pendant plusieurs années, j’ai élevé des chats des forêts norvégiennes. Ce sont de grands chats aux allures de lynx domestique, nimbés de légendes nordiques et d’une infinie tendresse.

    Geirrod de l'Eperon
    Geirrod de l’Eperon, mâle norvégien né à la maison

    Avec eux, j’ai parcouru l’Europe entière, en quête de coupes, de médailles et de saillies, j’ai veillé des nuits entières sur une chatte qui met bas, j’ai accompagné des dizaines de chatons de la naissance à l’envol vers une autre famille. Cette intimité avec les chats a fait grandir mon amour immense pour ces animaux, et m’a inspiré de nombreuses anecdotes, petites histoires drôles, joies et chagrins. J’ai eu envie de partager avec vous ce récit d’une vie avec les chats.

    Ces années d’élevage m’ont aussi appris énormément de choses sur les félins, leurs mœurs, leur génétique, leur comportement, et m’ont rendue très curieuse de la planète chat. Eleveurs, artistes, vétérinaires, biologistes, écrivains, nous sommes nombreux à sonder les mystères de ce regard pénétrant. J’ai aussi eu envie, sans avoir la prétention de rédiger une thèse scientifique, de nourrir cet essai des choses que j’avais apprises, de les partager avec vous de façon légère et un peu décalée. J’espère qu’en me lisant, vous apprendrez quelques nouveautés et curiosités sur les chats, même si vous les connaissez déjà bien.

    Ces chats font toujours partie de ma vie, squattant avec constance et malice mon bureau, mon lit, mon canapé et mon cœur. Quand on me demande pourquoi je reste sédentaire, attachée à ma Drôme et à ma maison, et pourquoi je ne deviens pas une nomade sans attaches, une partie de la réponse se love dans la fourrure chaude de mes chats. Comme disent les Anglais, “home is where your cat lives”. Les pattes de velours de mes chats sont un puissant ancrage à mon foyer, à cette bulle de douceur et de familiarité que crée leur présence magnétique. Mes chats me gardent chez moi. Je sais que ceux qui aiment les chats me comprennent : difficile de vivre sans eux quand on s’est habitué à ce supplément d’âme qu’ils confèrent à la maison.

    Quiroga Jakobusland femelle norvégienne écaille
    Jettatura de l'Eperon femelle norvégienne écaille silver

    Si vous partagez ma passion féline, j’espère que ce livre saura vous toucher, vous séduire, vous faire sourire, ou que peut-être, vous aurez envie de l’offrir en cadeau à un autre « félinomaniaque ». Je suis très heureuse d’avoir pu mener ce joli projet avec les éditions Suzac, et de présenter aujourd’hui ce petit essai qui se veut à la fois personnel et universel sur les chats, leurs secrets et tout le bonheur qu’ils nous procurent.

    Vous pouvez le trouver dans tous les points de vente usuels en France : libraires indépendants , Amazon, Fnac

    J’espère de tout coeur qu’il vous plaira !

    Sarek's Jasper, mâle norvégien crème

    « Quand mes yeux, vers ce chat que j’aime
    Tirés comme par un aimant,
    Se retournent docilement
    Et que je regarde en moi-même,
    Je vois avec étonnement
    Le feu de ses prunelles pâles,
    Clairs fanaux, vivantes opales,
    Qui me contemplent fixement. »
     
    Charles Baudelaire

    Kilauea de l'Eperon, femelle norvégienne écaille blotched et blanc
    Hekla de l'Eperon, femelle norvégienne black tortie et blanc
    Häxan de l'Eperon, femelle norvégienne noire et blanche
  • L’olive noire de Nyons : découverte et recettes savoureuses

    Connaissez-vous l’olive noire de Nyons ? La « reine des olives noires » pousse au cœur des Baronnies provençales, sur les hauteurs de la Drôme, et a des qualités de dégustation exceptionnelles. Début juillet, Marion et moi sommes parties à la découverte des trois produits emblématiques de la région de Nyons, que consacre une appellation d’origine protégée (AOP) : les olives noires, l’huile d’olive et l’affinade, une délicieuse purée d’olives noires. Voici un voyage à la rencontre de ce terroir exceptionnel, des hommes et des femmes qui cultivent, aiment et défendent l’olive, et de ces produits gorgés de soleil.

    Découvrez l'olive noire de Nyons AOP et des recettes à base d'olive, d'huile d'olive et d'affinade.
    Les oliveraies des Baronnies provençales, un terroir magique et poétique à explorer
    Découvrez l'olive noire de Nyons AOP et des recettes à base d'olive, d'huile d'olive et d'affinade.


    Dans cet article, je vous parlerai des olives, de leur production, et de délicieuses recettes que Marion et moi avons testées nous-mêmes – des recettes faciles et rapides, pour inviter la douceur des Baronnies provençales jusque dans vos assiettes. Je vous proposerai d’ailleurs de gagner à votre tour un lot de produits d’olives AOP de Nyons, pour goûter à ce terroir d’exception.

    Découvrez l'olive noire de Nyons AOP et des recettes à base d'olive, d'huile d'olive et d'affinade.
    A gagner dans cet article : 5 lots d’olives, huile d’olive et affinade AOP de Nyons. Photo Marion Carcel

    Et pour le côté itinéraire et paysages, je vous donne rendez-vous dans cet autre article pour explorer ensemble la route de l’olivier en Baronnies, entre villages pittoresques et paysages sculptés par la main attentive des oléiculteurs…

    Toutes les photos de moi ont été prises par mon amie Marion Carcel alias Foehn Photographie, avec qui nous formons un duo soudé de blogueuses, photographes et voyageuses.

    Découvrez l'olive noire de Nyons AOP et des recettes à base d'olive, d'huile d'olive et d'affinade.
    Marion en pleine dégustation d’huile d’olive
    sur la route de l'olivier en baronnies provençales
    Marion savourant les produits des Baronnies lors d’un beau pique-nique à la chapelle de Mirabel-aux-Baronnies

    L’olivier, l’arbre emblématique de la culture méditerranéenne

    Aucun arbre n’incarne mieux la civilisation méditerranéenne que l’olivier, véritable arbre de vie qui pousse sur tout le pourtour de l’antique « mare nostrum ». Selon la mythologie grecque, Athéna, déesse de la sagesse, fait don aux hommes de l’olivier en faisant jaillir le premier arbre du rocher de l’acropole. Jugeant que cet arbre est le plus précieux des cadeaux, les habitants de la cité choisissent Athéna pour protectrice, nommant leur ville Athènes, et l’olivier pour emblème. On trouve aujourd’hui encore à Athènes des oliviers vieux de plus de trois mille ans, car cet arbre mythique est quasiment immortel : nul ne connaît le terme de son existence.

    Songeant à l’âge canonique de cet arbre admiré sur le sentier des oliviers de Sahune, au coeur des Baronnies…


    Dans l’Ancien Testament, la colombe envoyée par Noé après le déluge afin de sonder la décrue des eaux rapporte à bord de l’arche un rameau d’olivier. C’est à ce symbole d’espérance et de renouveau que Noé comprend que le monde est à nouveau accessible aux hommes.
    Dans le Nouveau Testament, Jésus vit sa dernière nuit avant la crucifixion dans le Jardin aux Oliviers de Gethsémani. C’est là qu’il partage le dernier repas avec ses apôtres, et scelle la promesse de vie éternelle en leur offrant le pain de son corps et le vin de son sang. A travers lui, l’olivier devient dans la culture chrétienne symbole de paix, de sacrifice et d’éternité. Aujourd’hui encore à Jérusalem, on peut se recueillir auprès des oliviers millénaires qui auraient été témoins de l’agonie du Christ.

    Découvrez l'olive noire de Nyons AOP et des recettes à base d'olive, d'huile d'olive et d'affinade.
    Jardin aux oliviers de Gethsémani, Jérusalem.

    L’huile d’olive a éclairé les hommes – les lampes à huile étant, avant l’électricité, la seule lumière dans la nuit –, les a chauffés, nourris depuis des siècles. Les civilisations du sud, auxquelles je suis si attachée en tant que Provençale, sont impensables sans l’olive. Des oliveraies merveilleuses, j’en ai vu partout en Provence et en Méditerranée : dans les Pouilles, à Moustiers Sainte Marie, à Lurs, aux Baux-de-Provence, en Grèce, à Elche en Espagne… C’est un paysage qui m’a toujours captivée et apaisée.
    Mais qu’est-ce qui rend l’olive de Nyons unique et incomparable entre toutes ?

    L’olive de Nyons : une variété bien particulière

    Dans les montagnes des Baronnies, à la limite septentrionale de la culture de l’olivier, pousse une variété d’olive unique et propre à la région de Nyons : la tanche. Quand elle est préparée selon les règles de l’art, cette grosse olive à la peau fripée possède un goût distinctif, reconnaissable entre mille pour qui connaît les olives : son huile aura un goût onctueux, comme beurré, très tendre, sans aucune trace de piquant ou d’amertume, et les olives noires de table revêtiront un goût fruité et très doux. Ces propriétés uniques la rendent particulièrement délicieuse à la dégustation : alors que partout ailleurs en Méditerranée, la majeure partie des olives sont utilisées pour la production de l’huile, à Nyons et dans les Baronnies, une part très importante des fruits sont consommés tels quels, en olives de table.

    Découvrez l'olive noire de Nyons AOP et des recettes à base d'olive, d'huile d'olive et d'affinade.
    La tanche, l’olive de Nyons

    Pour préserver la typicité des olives noires de Nyons, les oléiculteurs qui souhaitent bénéficier de l’appellation s’engagent à respecter un cahier des charges strict.

    sur la route de l'olivier en baronnies provençales
    Produits AOP de Nyons

    Les olives de Nyons sont toujours des tanches à l’exclusion de toute autre variété et doivent toujours être cueillies à maturité, parfaitement noires (bien évidemment, aucune altération n’est faite à leur couleur : il ne s’agit pas d’olives cueillies vertes qu’on a artificiellement rendues noires, comme on le voit souvent dans les olives premier prix, mais d’olives cueillies bien mûres et naturellement noires).

    Olives, huile d’olive AOP de Nyons et affinade

    Deux produits bénéficient de l’appellation d’origine protégée :

    – Les olives noires de table, pour la dégustation. Ce sont les plus belles olives qu’on sélectionne à cette fin, les plus grosses et charnues. L’olive de Nyons a la réputation d’être « la reine des olives noires » à servir à l’apéro.

    olives noires de nyons

    L’huile d’olive, qui devra être douce, fruitée, jamais piquante. Je suis de parti pris, étant Drômoise et élevée depuis toute petite dans l’idée que l’huile d’olive de Nyons est la meilleure de toutes, mais je dois dire que les dégustations m’ont confortée dans cette idée : j’aime le goût particulièrement doux de cette huile, qui se veut « un pur jus de fruit ».

    – A cela s’ajoute l’affinade, qui est un mélange des deux produits bénéficiant de l’AOP : une purée d’olives pures, mêlée à un filet d’huile d’olive, sans aucun ajout. L’affinade n’est pas elle-même AOP, mais cette recette est issue de deux produits AOP. C’est un vrai délice – mon produit préféré.

    Découvrez l'olive noire de Nyons AOP et des recettes à base d'olive, d'huile d'olive et d'affinade.

    Si vous voulez acheter olives, huile ou affinade dans les Baronnies, soyez vigilant à la mention « olive AOP de Nyons » sur l’étiquette, et à la présence du logo rond rouge et jaune que seuls les AOP ont le droit d’utiliser, qui vous garantira que le produit a été élaboré selon les règles de la charte.
    L’olivade, qui est une purée d’olives vertes (= non cueillies à maturité), et la tapenade, qui est une purée d’olives noires à qui on rajoutera tomates, anchois ou autres ingrédients, ne peuvent bénéficier de l’appellation d’origine protégée.

    Découvrir la culture de l’olivier

    Sur la route de l’olivier, dont je vous parle davantage ici, de nombreux producteurs ouvrent les portes de leurs exploitations et proposent visite, vente et dégustation à la ferme.

    Découvrez l'olive noire de Nyons AOP et des recettes à base d'olive, d'huile d'olive et d'affinade.
    Vous pouvez aussi retrouver les produits sur les marchés, comme ici à Nyons avec le stand de la Ferme des Aygues.

    C’est l’occasion d’en apprendre plus sur la culture de l’olive, dans ces vergers de toute beauté qui sculptent les paysages des Baronnies.
    Marion et moi avons fait cette visite à la Ferme Brès à Nyons, où sept générations d’oléiculteurs ont veillé sur ces champs en terrasse surplombant la ville, et nous avons été passionnées par cette immersion au cœur des champs.

    Découvrez l'olive noire de Nyons AOP et des recettes à base d'olive, d'huile d'olive et d'affinade.
    Marion tire le portrait à Régine et son fils Boris, 6 et 7e génération d’oléiculteurs à la Ferme Brès à Nyons. Le syndicat des producteurs d’olive de Nyons AOP fédère de nombreux agriculteurs passionnés comme eux.

    Régine, la productrice, nous montre les nombreux rejets qui encerclent le tronc principal d’un olivier. Ces rejets, qui sont parfois des dizaines, assurent la survie de l’arbre. Un olivier ne meurt jamais, mais parfois le tronc principal meurt, foudroyé par un orage ou victime du gel, comme ce fut le cas dans les Baronnies lors du grand froid de 1956. Quand cela se produit, les rejets prennent le relai, et deviennent à leur tour des troncs à part entière – c’est ainsi que vous pouvez voir, sur les vieux oliviers, une souche morte au centre (l’ancien tronc) entouré de trois, quatre, cinq troncs ou davantage, qui assurent la continuité.

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    Comprendre la culture de l’olivier
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    Au milieu des tanches, au dessus de Nyons
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    A Sahune, exemple typique d’un cas où le tronc principal est mort, mais où les rejets ont donné naissance à de nouveaux troncs, permettant à l’arbre de ne pas mourir

    Pour assurer la bonne pollinisation – qui permet la production d’olives –, les producteurs ont recours à d’autres variétés d’oliviers, qui attirent tout particulièrement les abeilles : c’est ainsi qu’on voit à intervalles réguliers dans un verger une branche plus haute que les autres, et portant des feuilles différentes. C’est parce qu’on a greffé sur un olivier tanche une autre souche d’olivier, dont les fruits ne seront pas récoltés, mais qu’on nomme le pollinisateur.
    Parce qu’une petite mouche, la mouche de l’olive, s’en prend aux fruits en pondant dedans, on place dans les champs des pièges naturels, dans lesquels elle viendra se noyer. Les oléiculteurs veillent en permanence sur leurs arbres précieux, attentifs à la survenue des ravageurs.

    Régine nous fait goûter ses produits, les olives exquises, l’huile si douce, l’affinade, bien meilleure que la tapenade selon mes goûts à moi, car 100% olive, sans ail ni anchois. Nous rencontrons son fils Boris, qui travaille à la transformation des olives sur place, dans l’impressionnant hangar des machines. L’après-midi, la boutique s’ouvre, et les visiteurs viennent goûter et acheter les produits. L’exploitation est une ruche en activité constante.

    Quand elle est de qualité, l’huile d’olive se déguste comme un bon vin !

    De l’olive à l’huile au moulin

    Sur notre itinéraire se trouvent de nombreux moulins, à Nyons, à Buis-les-Baronnies et tout au long des vallées de l’Eygues et de l’Ouvèze.

    Sur la route de l'olivier en Baronnies provençales.
    La route de l’olivier, un magnifique itinéraire pour explorer les Baronnies provençales. Ici une jolie boutique à Buis-les-Baronnies.


    Nous allons aujourd’hui visiter l’un d’entre eux, le Moulin de Haute-Provence à Buis-les-Baronnies. Tenu par un père et aujourd’hui son fils depuis 1977, le moulin produit au cœur des Baronnies une huile AOP de grande qualité avec les olives des nombreux producteurs de la vallée de l’Ouvèze qui leur confient leur récolte. Pour nous, il s’agit de comprendre la transformation de l’olive en huile, et nous retiendrons un maître mot de cette visite : la recherche de la pureté du produit.

    Découvrez l'olive noire de Nyons AOP et des recettes à base d'olive, d'huile d'olive et d'affinade.
    Olivier nous présente les produits et les machines du Moulin de Haute-Provence

    L’huile d’olive est vraiment un exemple flagrant de situation où le progrès technique a rendu le produit MEILLEUR que celui des siècles passés. Pendant longtemps, on a utilisé des presses, des scourtins (petits coussins d’osier dans lesquels on pressait les olives), toutes sortes de techniques artisanales qui laissaient un grand nombre d’impuretés dans l’huile et augmentaient le risque de la voir tourner rance. Aujourd’hui, la précision du processus est spectaculaire : une série de centrifugeuses ultra puissantes et fines, afin de séparer totalement l’olive de tous les restes de branche, de noyau, de peau, et ne garder qu’un pur jus de fruit, sans aucun additif ni résidu.

    Découvrez l'olive noire de Nyons AOP et des recettes à base d'olive, d'huile d'olive et d'affinade.


    Les olives sont pressées – ou plus exactement, « centrifugées », « extraites », car il n’y a plus de pression à proprement parler – directement après la récolte, soit en novembre/décembre. A cette époque-là, le moulin tourne à plein régime, dans un vacarme assourdissant de machines qui grondent et tremblent. Tout le reste de l’année, le moulin s’occupe de commercialiser les précieuses huiles ainsi obtenues. Vous pouvez aller acheter leurs produits sur place, tout comme dans de nombreux autres moulins sur la route de l’olivier.

    Sur la route de l’olivier : des lieux à visiter pour comprendre l’olive noire de Nyons

    Sur le tracé de la route de l’olivier en Baronnies, nous avons visité, outre la ferme et le moulin, plusieurs autres sites qui permettent d’entrer au cœur de la civilisation de l’olive.

    A Nyons, le Musée de l’olive est installé dans les locaux de la coopérative Vignolis, où nous avons fait nos dégustations d’huile d’olive.

    Découvrez l'olive noire de Nyons AOP et des recettes à base d'olive, d'huile d'olive et d'affinade.
    Dégustation.

    C’est une plongée passionnante dans la culture méditerranéenne ancestrale. On y découvre les pressoirs à l’ancienne, et les scourtins, sortes de poches en osier tissé dans lesquelles on écrasait les olives, et qui sont aujourd’hui toujours produits pour réaliser notamment des sets de table et autres objets en vannerie. On comprend aussi à quel point la vie quotidienne a tourné autour de l’huile d’olive pendant des générations, et quelle importance revêt cet arbre mythique dans notre culture… La boutique en sortie est de grande qualité, avec tous les produits (alimentaires, cosmétiques, décoratifs) à base d’olive dont on pourrait rêver. Nous avons fait cette visite avec le grand maître de la confrérie des chevaliers de l’olivier, et j’ai été touchée par sa passion et son érudition.

    Découvrez l'olive noire de Nyons AOP et des recettes à base d'olive, d'huile d'olive et d'affinade.
    Passionnant et érudit Grand Maître de la confrérie des chevaliers de l’olivier, tenant à la main un scourtin, qu’on utilisait autrefois dans les presses à olives. Aujourd’hui, le scourtin est décoratif (set de table, par exemple).

    Je partage avec vous le serment du Chevalier de l’Olivier, que je trouve superbe : « Avec joie, j’accepte de faire partie de la Confrérie des Chevaliers de l’Olivier. Je promets, par mes paroles, mes écrits, mes actes, de me conduire en franc chevalier ; de défendre l’Olivier et toutes les vraies richesses, matérielles et spirituelles qu’il nous apporte ; de pratiquer les vertus qu’il représente, d’aider dans toute la mesure de mes moyens, à la maintenance et à la promotion de sa culture ; d’oeuvrer pour l’Olivier, nourriture et lumière ; pour l’Olivier, symbole d’abondance, de sagesse et de paix, symbole de vie.”

    sur la route de l'olivier en baronnies provençales
    Passion olivier.

    A Nyons toujours, faites un tour au ravissant Vieux Moulin, à deux pas du beau Pont roman symbole de la ville qui enjambe la rivière Eygues. J’adore ce lieu pittoresque et rétro, balcon en bord de rivière où on trouve outre un vieux moulin à l’ancienne, une fabrique de savons à base d’huile d’olive, une collection d’objets anciens liés à la culture de l’olive, et un café de charme où se reposer à l’ombre d’un olivier.

    Enfin, il faut songer aux merveilleux sentiers de l’olivier qui jalonnent la route, où vous pourrez admirer des oliviers centenaires : j’ai eu un coup de foudre pour celui de Sahune, sur les hauteurs du village, où les troncs noueux des oliviers anciens sont autant d’œuvres d’art et où la vue sur les montagnes des Baronnies est sublimée par le dessin parfait des oliveraies…

    Des recettes à base d’olive noire, d’huile d’olive et d’affinade

    Lors de notre dernier jour en Baronnies, Marion et moi nous sommes transformées en chef cuistot et avons réalisé plusieurs recettes disponibles sur le site des producteurs d’olive de Nyons AOP. Vous retrouverez en suivant ce lien l’ensemble des recettes à base d’olive. Mais voici celles que nous avons personnellement testées : des recettes savoureuses, simples et rapides…

    Découvrez l'olive noire de Nyons AOP et des recettes à base d'olive, d'huile d'olive et d'affinade.
    Table de fête autour de l’olive noire de Nyons…
    recettes olive noire

    Bruschetta figue & chèvre à base d’huile d’olive de Nyons

    Pour 4 personnes

    4 tranches de pain de campagne, 4 c. à s. de confiture de figue, Fromage de chèvre frais, 2 à 3 figues fraiches, 1 cébette, 4 c.à c. d’Huile d’olive de Nyons AOP, 1 branche de romarin frais, Sel et poivre du moulin

    Découvrez l'olive noire de Nyons AOP et des recettes à base d'olive, d'huile d'olive et d'affinade.
    Découvrez l'olive noire de Nyons AOP et des recettes à base d'olive, d'huile d'olive et d'affinade.

    1 Faire griller les tranches de pain de campagne (le pain doit être croustillant).
    2 Les tartiner de confiture de figues.
    3 Découper en tranches le chèvre frais, les figues fraîches et la cébette. Répartir ces ingrédients sur les tartines.
    4 Arroser généreusement chaque tartine d’Huile d’olive de Nyons, saler, poivrer et parsemer de brins de romarin frais.

    Cake aux olives noires de Nyons AOP

    Pour 6 personnes – 200 g de farine – 1/2 c.c. de sel – 100 g d’Olives noires de Nyons AOP dénoyautées – 100 g de jambon cuit coupé en dés – 3 œufs – 1 verre de vin blanc – 1 verre d’Huile d’olive de Nyons AOP – 100 g de gruyère râpé – 1 poignée de noisettes entières

    1 Mélanger la farine, la levure, le sel, les Olives noires de Nyons dénoyautées et le jambon.  
    2 Ajouter les 3 œufs entiers, le verre de vins blanc et le verre d’Huile d’olive de Nyons.
    3 Mélanger jusqu’à ce que la pâte devienne lisse et onctueuse.
    4 Verser dans un moule à cake huilé et fariné.
    5 Laisser cuire environ 45 min à four moyen (180°C).
    6 Laisser refroidir avant de couper en tranches et de servir.

    Abricots des Baronnies farcis, miel de tilleul des Baronnies et Huile d’olive de Nyons AOP

    Pour 4 personnes 12 abricots de Baronnies bien mûrs
    4 c. à s. d’Huile d’olive de Nyons AOP
    3 c. à s. de miel de tilleul des Baronnies
    2 c. à s. de pistaches crues émondées non salées (N’ayant pas trouvé de pistaches, nous les avons remplacées par des amandes – c’était excellent aussi, et très couleur locale : j’adore les amandes des Baronnies !)
    2 c. à s. de pignons
    2 c à s. de raisins secs blonds moelleux
    1 c. à c. d’eau de fleur d’oranger

    Préchauffer le four à 180°C.
    1 Couper les abricots des Baronnies en deux, ôter leur noyau.
    2 Hacher grossièrement pistaches et pignons. Les mélanger avec les raisins secs, 3 c. à s. de miel de tilleul des Baronnies, l’eau de fleur d’oranger et l’Huile d’olive de Nyons.
    3 Farcir les abricots avec ce mélange. Les disposer sur une plaque allant au four.
    4 Enfourner pour une dizaine de minutes (les abricots doivent commencer à s’amollir).
    5 Pour le service, vous pouvez accompagner les abricots de yaourt nature arrosé de miel, d’un filet d’Huile d’olive de Nyons et saupoudré de pistache.

    Tarte à l’affinade et aux tomates multicolores  

    Nous avons enfin décidé de nous lancer dans une recette de notre propre cru, inspirée d’une recette que j’avais lue dans le Figaro Magazine pendant le confinement.

    recettes à base d'olive noire

    Pour 4 personnes
    Une douzaine de tomates de différentes couleurs : vertes zébrées, oranges, noires de Crimée, rouges…
    Une pâte feuilletée (j’ai acheté la mienne, mais faites-la si vous vous sentez motivé !)
    Des haricots à cuire (pour maintenir la pâte à vide)
    Un pot d’affinade d’olive de Nyons AOP
    Du basilic frais
    En option : de la mozzarella
    Sel, poivre  

    recettes à base d'olive noire
    recettes à base d'olive noire



    Préchauffer le four à 180°C.  
    1. Cuire la pâte à vide : utiliser pour cela un paquet de haricots secs à cuire, que vous disposerez sur toute la surface de la pâte pour éviter qu’elle gonfle.
    2. Découper vos tomates en quartiers fins.
    3. Sortir la pâte du four, retirer les haricots (vous pouvez les conserver dans un bocal pour une prochaine fois) et enduire le fond de tarte d’affinade.
    4. Disposer vos quartiers de tomates multicolores (crues : elles ne seront pas cuites, c’est bien plus savoureux ainsi) sur votre fond de tarte, en vous amusant à alterner les couleurs.
    5. Agrémenter de quelques feuilles de basilic frais, salez et poivrez. Si vous le souhaitez, vous pouvez également intercaler quelques lamelles de mozzarella entre vos tomates.
    Dégustez cette tarte ensoleillée !  

    recettes à base d'olive noire


    Un concours pour gagner vos olives de Nyons…

    Vous voulez passer en cuisine à votre tour ?

    recettes à base d'olive noire

    Afin de réaliser à votre tour ces recettes, et beaucoup d’autres, Marion et moi vous proposons, en partenariat avec les producteurs d’olive de Nyons AOP qui ont gentiment offert ces produits, un petit concours pour gagner 5 lots de produits olives de Nyons contenant chacun un bidon d’huile d’olive, un pot d’olives noires à déguster et deux petits pots d’affinade – tout cela AOP, bien sûr !

    recettes à base d'olive noire
    5 jolis lots à gagner.

    Pour jouer, rendez-vous sur ma page Facebook et/ou mon compte Instagram.

    J’espère vous avoir mis l’eau à la bouche et vous donner envie de savourer, à votre tour, la délicieuse olive noire de Nyons ! Pour d’autres aventures en Provence et ailleurs, n’hésitez pas à vous abonner à ma newsletter. A bientôt dans le sud…

    En savoir plus sur l’olive noire de Nyons sur le site du syndicat des producteurs AOP.

  • Mon nouveau livre sur la Provence

    Vous recherchez un beau livre sur la Provence, un livre riche en photos, rempli de lavandes, de calanques, de cigales et de mistral ? Amoureux du Sud, amateurs de beaux livres à garder pour soi ou à offrir, en recherche d’une idée cadeau pour quelqu’un qui aime la Provence ou simple curieux des beautés méridionales, je suis enchantée de vous présenter mon nouveau livre : « La Provence, on l’aime pour… ». Son sous-titre est explicite : Petit manifeste pour tous les mordus de Provence. Il vient tout juste de paraître aux éditions Suzac et je suis enchantée de ce projet.

    Mon livre sur la Provence : La Provence, on l'aime pour..., par Ariane Fornia

    Mon livre sur la Provence, petite présentation

    Mon livre sur la Provence : La Provence, on l'aime pour..., par Ariane Fornia

    La Provence, on l’aime pour…
    Petit manifeste pour tous les mordus de Provence
    Editions Suzac, 2020
    Texte et photos
    80 pages, 10 euros

    Un guide amoureux, subjectif et en images, tel un mini beau livre, composé d’une trentaine de thèmes (la Provence, on l’aime pour ses îles, ses villages perchés, sa Camargue…). À lire comme une belle carte postale illustrée de la Provence, mais une carte postale dont le panorama est largement teinté de dérision et d’humour (on l’aime pour son mistral, ses cagoles, etc.). En résumé, un parfait souvenir de vacances à offrir ou s’offrir, et LE petit livre pas cher que chaque Provençal, résident ou non, doit exposer sur sa table de salon, affichant ainsi ses origines et son amour pour la Provence.

    Mon livre sur la Provence : La Provence, on l'aime pour..., par Ariane Fornia

    Pourquoi j’ai adoré écrire ce livre sur la Provence

    Jean Giono disait : « Il n’y a pas de Provence. Qui l’aime aime le monde ou n’aime rien ». Autrement dit : il n’est pas possible de ne pas aimer la Provence, sa lumière, ses paysages, ses traditions. Mais pourquoi exactement l’aime-t-on tant, pourquoi suscite-t-elle une telle passion ?

    Ce petit livre sur ma Provence propose, avec des textes courts et légers et de belles photos colorées, toutes les raisons d’être amoureux de ma région chérie. On parlera des calanques et du mistral, mais aussi des cagoles et de l’accent, des paysages secrets et des traditions préservées… De la Drôme provençale à la Camargue, du Var aux Alpes de Haute-Provence, des plages radieuses aux montagnes magiques, on arpentera le plus beau pays du monde pour glaner quelques trésors – mots, images, évocations.

    Mon livre sur la Provence : La Provence, on l'aime pour..., par Ariane Fornia
    Mon livre sur la Provence : La Provence, on l'aime pour..., par Ariane Fornia

    Chaque texte est accompagné de sa photo d’illustration. Certains textes sont lyriques, d’autres humoristiques. Certains sont des citations d’illustres Provençaux, d’autres se veulent informatifs. Beaucoup de photos sont les miennes, mais d’autres ont aussi été choisies car elles correspondaient parfaitement à ce que j’avais envie de vous raconter.

    Mon livre sur la Provence : La Provence, on l'aime pour..., par Ariane Fornia

    L’ensemble est vraiment beau, je peux le dire car je ne suis pas celle qui a fait tout le travail de mise en page et d’impression, et j’étais très heureuse en recevant ce livre. C’est réellement un bel objet, haut en couleurs, bien fait, qu’on a envie d’exposer sur sa table basse ou d’offrir à un ami. Je crois que c’est une jolie idée cadeau pour quelqu’un qui aime le Sud : le livre vaut 10 euros seulement, il peut se feuilleter très vite ou se savourer longuement, être picoré ou dégusté.

    Mon livre sur la Provence : La Provence, on l'aime pour..., par Ariane Fornia

    Mon livre sur la Provence : où se le procurer ?

    Le livre La Provence, on l’aime pour… est disponible partout en France, en librairie et sur les plates-formes de vente en ligne.

    En fonction de vos préférences, vous pouvez donc :

    – acheter La Provence, on l’aime pour… sur Amazon
    – acheter La Provence, on l’aime pour… sur le site de la Fnac
    – acheter La Provence, on l’aime pour… chez un libraire indépendant près de chez vous

    Mon livre sur la Provence : La Provence, on l'aime pour..., par Ariane Fornia

    Quelques réponses à des questions que vous m’avez posées au sujet de ce livre :

    Quelle est la différence avec mon précédent livre sur la Provence ?

    Il y a un an, en juin 2019, j’ai sorti Provence, Les sillons du soleil aux éditions Nevicata, dans la collection L’âme des peuples. Bien que les deux livres aient un format proche (80 pages pour La Provence, on l’aime pour, 100 pour Les sillons du soleil) et un prix analogue (9,90 pour Les sillons du soleil, 10 pour La Provence, on l’aime pour…), les deux livres sont en vérité très différents – et je suis très attachée aux deux.

    livre provence

    Provence, Les sillons du soleil est un essai dans lequel j’explore l’identité provençale, son histoire, sa culture, à travers un récit et trois entretiens avec historiens et spécialistes de la région. Pour qui veut comprendre et décrypter la Provence, sonder son âme et son identité, je recommande ce livre qui a un positionnement plus érudit.

    La Provence, on l’aime pour… est un livre accessible à tous, léger, un « beau livre en miniature », à contempler et à offrir. La photo est au centre de l’ouvrage. Il est plus esthétique, plus visuel, tandis que Les sillons du soleil est plus intellectuel (et ne contient aucune photo).

    Est-ce que je peux l’avoir dédicacé ?

    Je vous avais proposé d’acheter mon précédent livre, Les sillons du soleil, directement auprès de moi, afin de le recevoir dédicacé (et c’est toujours possible, il me reste du stock !). C’était faisable car Les sillons est un petit livre tout léger et facile à envoyer. Je ne suis malheureusement pas en mesure de vous proposer la même chose pour La Provence, on l’aime pour…, car ses dimensions et son poids sont plus importants. Il lui faut une enveloppe matelassée, un affranchissement plus cher… je serais obligée de facturer des frais de port plus conséquents, et je trouve que c’est dommage, car si vous le commandez directement auprès de votre libraire ou sur le site des libraires indépendants, ou si vous l’achetez en ligne chez Amazon ou la Fnac, vous aurez les frais de port gratuits ou presque. Je préfère donc vous recommander de ne pas passer par moi – mais bien évidemment, je vous le dédicacerai avec joie lorsque nous nous verrons si l’occasion se présente, j’en serais enchantée ! Et si vous voulez l’offrir à quelqu’un pour une occasion spéciale, qu’une dédicace vous tient à cœur, je serai heureuse de vous envoyer par mail une dédicace personnalisée sous forme de jolie carte à imprimer vous-mêmes, afin que vous puissiez la glisser dans le livre.

    Mon livre sur la Provence : La Provence, on l'aime pour..., par Ariane Fornia
    A votre service 😉

    Je suis très heureuse d’avoir encore une fois de raconter, photographier, partager ma belle Provence. Profondément amoureuse de cette région qui incarne et rassemble tout ce que j’aime sur Terre, je vais continuer à vous proposer des images, des histoires, de bonnes adresses, des expériences à vivre en Provence.

    Grignan, en Drôme provençale

    N’hésitez pas à me suivre sur Instagram ou à vous inscrire à ma newsletter pour ne pas en perdre une miette ! Merci pour votre soutien, il m’accompagne sur ces chemins ensoleillés du Sud…