Depuis quelques années, les voyages dans les régions arctiques ont le vent en poupe. L’Islande, la Norvège, la Suède, la Finlande attirent de plus en plus de touristes ; on voit émerger des destinations jusqu’alors plus confidentielles, comme les îles Féroé ; les pays de l’ultime frontière, comme le Groenland, le Svalbard ou le Yukon, font leur apparition dans les rêves des voyageurs. Pour qui rêve de dépasser les 66 degrés nord, de franchir le cercle polaire arctique et d’explorer les contrées du grand froid, quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays scandinave, le plus spectaculaire des pays arctiques, le plus familial ou le plus accessible ? Petit tour d’horizon et quelques réflexions sur les destinations du grand nord. Plus beau pays scandinave – quel pays nordique choisir – quelle destination choisir – Suède ou Finlande, Norvège ou Islande, Groenland ou Canada ? – voyage pays nordique – voyage grand nord

La passion du froid
C’est une tendance indéniable du tourisme actuel : le grand nord a la côte. En Norvège, c’est la région de Tromso, tout au nord du pays, qui a connu la plus forte augmentation en 2016, avec 32% de visiteurs en plus. L’Islande accueille désormais 1,7 millions de touristes chaque année, et le Groenland a connu une augmentation de 10% du nombre de visiteurs en 2016. Et, chose nouvelle, de plus en plus de voyageurs choisissent de partir dans le Nord en hiver, malgré les longues nuits et les températures basses, en quête de paysages enneigés, de lacs gelés et d’aurores boréales.
Pourquoi cet engouement nordique ? On pourrait avancer plusieurs explications. Nous vivons une période géopolitique troublée, marquée par les attentats et la dégradation de la situation politique dans un certain nombre de pays, et de nombreuses destinations se sont fermées au tourisme ou sont devenues dangereuses. Dans ce contexte difficile, le Nord fait figure de havre de paix, sûr et paisible, et attire les voyageurs inquiets ou ayant besoin de se ressourcer. Nous sommes de plus en plus nombreux à rechercher la nature, le calme et la solitude en voyage, et l’idylle de la cabane en bois au bord du lac nordique attire le citadin en quête de grands espaces.

De plus, un certain nombre de séries télévisées, comme Game of Thrones ou Vikings, ont cultivé la fascination du grand nord, des fjords découpés et des étendues glacées. Notre imaginaire s’est rempli de drakkars et d’icebergs. Sébastien Brosseau, un des responsables de Lapland Safaris, que j’ai eu le plaisir de rencontrer à Rovaniemi, raconte que les aurores boréales ont vraiment commencé à fasciner les voyageurs il y a cinq ou six ans. « Ce phénomène naturel a toujours été là, mais peu de gens s’y intéressaient vraiment jusqu’alors. Tout le monde s’est soudain mis à rêver d’aurores boréales. On a su créer l’exploitation touristique d’un phénomène qui était jusque là considéré comme normal par les gens du Nord, et ignoré par les gens du Sud. »

Voyage au-delà du cercle polaire, quel pays nordique choisir ?
Mais où aller si vous rêvez vous aussi de franchir le cercle polaire ? Je viens de passer un mois merveilleux dans le grand nord, à voir la Laponie finlandaise, l’Islande et le Groenland à la fin de l’hiver, et je voulais partager avec vous cette petite réflexion et ces quelques pistes pour vous aider à choisir le pays qui correspondra le mieux à vos envies boréales. Plusieurs personnes m’ont demandé laquelle de ces destinations j’avais préféré. « Est-ce qu’il vaut mieux aller en Finlande ou en Islande ? » « Est-ce que c’est toujours pareil dans le grand Nord, ou est-ce que ce sont vraiment des destinations différentes ? » En vérité, j’ai trouvé ces trois pays profondément dissemblables, tant au niveau des paysages que des cultures et des activités proposées. Il est difficile de dire lequel j’ai préféré ou lequel serait le « mieux » : ils répondent à des attentes différentes, et je pense qu’il est bien d’être conscient de ces diversités et de savoir de quel type de voyage vous rêvez.

Voyage en Laponie finlandaise, pour les activités hivernales
La Laponie finlandaise est véritablement devenue la première destination mondiale pour qui rêve d’expérimenter l’hiver dans le grand nord. C’est celle qui propose le plus grand nombre d’activités hivernales, et probablement celle où on s’amuse le plus. L’hôtellerie cultive le le goût du spectaculaire : vous y trouverez des hôtels de glace et des igloos transparents pour contempler les aurores boréales depuis votre lit. Les familles seront ravies de découvrir le village du père Noël à Rovaniemi, et plusieurs parcs d’attraction vous proposent de faire du toboggan dans une bouée sur la glace, ou ce genre d’activités qui vous réchauffent. Les immenses forêts de sapins sont le terrain de jeu idéal pour faire de la motoneige, et la loi finlandaise, plus permissive qu’en Suède ou en Norvège, permet d’ouvrir de larges circuits pour explorer la région. Vous pourrez aussi vous essayer à la pêche sur glace et à la promenade en traîneau tiré par des rennes ou par des huskies. Des destinations nordiques que j’ai vues – et de toutes les destinations nordiques, à ce qu’en disent les professionnels du tourisme –, la Laponie finlandaise est celle qui concentre le plus grand nombre de divertissements, et il est impossible de s’y ennuyer. Vous pouvez opter pour le maximum d’animation, en restant dans la région de Rovaniemi, ou pour plus de solitude, en remontant plus au nord, vers Inari.
Au niveau du paysage, la Laponie est une immense contrée plate, presque sans relief, constituée de forêts de sapins et de grands lacs. L’hiver, vous verrez une infinie forêt enneigée, dans laquelle on trouve des petites cabanes de bois au bord des lacs gelés. Vous aurez moins de diversité paysagère qu’en Islande ou en Norvège, par exemple (pas de fjords, falaises et montagnes ici), mais plus d’arbres et de plantes (le bonheur de dormir au milieu d’une forêt blanche…), une biodiversité fascinante, et plus d’activités.



Aller en Laponie finlandaise est facile : j’ai pris un vol direct Paris-Rovaniemi (la capitale de la Laponie finlandaise, située sur le cercle polaire arctique). Il s’agissait d’un vol Transavia affrété par Scanditours, qui propose nombre de circuits dans cette région, et ces vols sont réguliers tout au long de l’hiver. Il est bien sûr également possible de passer par Helsinki, notamment si vous souhaitez découvrir la Laponie en été, pour les lacs, la pêche, les baies, la vie dans la nature. Les options d’hébergement et les excursions sont nombreuses.
Retrouvez mon article complet sur la Laponie finlandaise.
L’Islande, pour un road trip aux mille paysages
L’Islande est à mes yeux un des plus beaux, peut-être le plus beau pays du monde. Ce qui me fascine sur l’île du feu et de la glace, c’est l’incroyable diversité des paysages qu’elle offre : volcans, geysers, cascades, fjords, falaises, plages de sable noir, glaciers, montagnes, sources bouillonnantes, etc. L’Islande est vraiment un pays qui se prête à merveille au road trip : la meilleure façon de la découvrir, en toute saison, c’est de louer une voiture et d’explorer. Une route circulaire, la route 1, fait le tour de l’île et concentre les attractions touristiques, mais on prend aussi beaucoup de plaisir à s’en éloigner un peu pour découvrir des coins plus sauvages, comme pour moi la péninsule de Snaefellsnes. La plupart des voyageurs viennent en Islande pour un voyage plus contemplatif : admirer les paysages est leur premier désir. Néanmoins, même si les activités sont moins nombreuses qu’en Laponie (pas de motoneige ou de traîneau ici, par exemple), l’Islande a su développer une offre spécifique surfant sur ses particularités géographiques. En hiver, on cherchera à explorer une grotte de glace, soit au Vatnajökull dans le sud de l’île, soit au Langjökull dans l’ouest ; en été, on fera une randonnée glaciaire sur l’un des géants, ou on prendra le bateau amphibie dans la lagune glaciaire de Jökulsarlon pour admirer les icebergs. L’autre expérience incontournable, c’est de se baigner dans une source d’eau chaude naturelle, par exemple au célèbre Blue Lagoon à Keflavik, ou ailleurs. Et enfin, les milliers de chevaux islandais invitent à une promenade à cheval.



Aller en Islande est facile : j’ai volé avec Wow Air, qui propose des vols directs pour Reykjavik à bas prix depuis Paris et Lyon. Si vous partez hors saison, vous trouverez des tarifs imbattables (j’ai déjà vu des aller-retours Paris-Reykjavik à moins de 120 euros). Une fois sur place, je vous conseille vraiment de louer une voiture et de partir explorer. Si la capacité hôtelière de l’Islande s’améliore sans cesse, les infrastructures restent sous-dimensionnées par rapport au nombre croissant de touristes, et c’est pour cela que je vous conseille d’éviter l’été et de partir plutôt hors saison, afin d’avoir plus d’options d’hébergement et de meilleurs prix.
Retrouvez mon article complet sur l’Ouest de l’Islande en hiver.
Aller au Groenland, pour explorer une autre planète
Partir au Groenland, c’est quitter la Terre, et arriver au royaume de la glace et de la démesure. 90% du pays est couvert par une calotte glaciaire épaisse, le fjord de Nuuk est le deuxième plus grand du monde, les icebergs d’Ilulissat sont grands comme des immeubles… Le Groenland dépayse comme jamais, et je pense que c’est la plus spectaculaire des destinations nordiques : nulle part ailleurs au monde n’est-on ainsi plongé au cœur de la glace. C’est un éblouissement visuel inouï, et la découverte d’une culture totalement différente de nos modes de vie européens, celle des Inuits.
Le Groenland n’est pas un voyage « normal ». Parce que le pays est recouvert de glace, il n’y a pas de routes reliant les villes entre elles au Groenland (à une seule exception près : une route d’été pour 4×4 entre Kangerlussuaq et Sisimiut). Le Groenland est comme un archipel polaire : il faut prendre l’avion pour aller de ville en ville, survoler l’énorme calotte glaciaire pour rejoindre un autre îlot habité. Lors de mon voyage, j’ai visité trois destinations.
Kangerlussuaq comporte le seul aéroport international du pays : c’est ici qu’atterrissent les avions au départ de Copenhague, avec Air Greenland. Mais ce n’est pas qu’un hub, c’est aussi le seul endroit où on peut approcher la calotte glaciaire, car une route y mène, et une région riche en biodiversité (rennes, bœufs musqués, renards, ours polaires, etc). En été, les gens y viennent pour la randonnée et des expéditions du type camping sur la calotte glaciaire.

Nuuk est la capitale du Groenland, et mon plus grand coup de cœur : cette ville colorée et dynamique est réellement de toute beauté, et palpite de vie, avec ses musées, centres culturels, salles de concert, etc. Elle permet de comprendre réellement ce qu’est le Groenland aujourd’hui et de se plonger la culture inuite. Niveau beauté naturelle, elle n’est pas en reste : il faut faire une excursion dans le gigantesque et sublime fjord pour découvrir le hameau perdu de Kapisillit, aller à la rencontre des icebergs dans l’icefjord (en été seulement), partir randonner au pied de la montagne Sermitsiaq… C’est une destination encore méconnue et j’ai vraiment hâte de vous en parler, avec des paysages de fjord qui font réellement partie des plus beaux du monde.

Ilulissat est la destination touristique groenlandaise la plus célèbre, et un incontournable : c’est la ville des icebergs géants. Les paysages sont démentiels – imaginez ces monstres hauts comme des montagnes dérivant dans la baie de Disko. On se sent véritablement dans un autre monde. C’est aussi là que l’offre touristique est la plus développée. Le must absolu, c’est la croisière au milieu des icebergs, dans un bateau brise-glace, mais Ilulissat est aussi la ville des chiens de traîneau et propose de nombreux chemins de randonnée en toute saison pour côtoyer les icebergs. Le célèbre Hotel Arctic a construit des igloos d’aluminium et de verre en bordure de la baie de Disko et de nombreuses compagnies proposent des randonnées accompagnées, des vols en hélicoptère, des expéditions vers le nord du Groenland, etc.

Je rêve de découvrir d’autres destinations groenlandaises, non seulement Sisimiut sur la côte ouest, 2e plus grande ville du pays, mais aussi Tasiilaq et Kulusuk sur la côte est, encore plus sauvage et reculée. Le Groenland s’explore petit bout par petit bout…

Aller au Groenland reste une petite aventure, mais le tourisme se démocratise à toute vitesse, car le pays mise là-dessus pour renforcer son économie. Le moyen le plus simple de rejoindre le Groenland, c’est à partir de Copenhague avec Air Greenland. Vous trouvez des vols Paris-Copenhague à très bas prix avec des compagnies low cost type Vueling. Vous serez surpris par la baisse des prix pour cette destination : les packages proposés par Air Greenland (vol + hôtel) commencent à 800 euros par personne pour 5 jours sur place. Les vols intérieurs entre les villes groenlandaises peuvent être très rapides (mon vol Nuuk-Ilulissat), ou plus fastidieux quand il faut repasser par Kangerlussuaq. Il vous faudra sans doute bâtir votre itinéraire en fonction des rotations aériennes possibles, en sachant qu’elles sont plus nombreuses en haute saison, soit l’été. Si vous explorez l’Islande, sachez qu’il est également possible de trouver des vols pour le Groenland depuis l’aéroport régional de Reykjavik avec Air Iceland Connect : j’ai pris un vol Reykjavik-Nuuk. Néanmoins, les prix d’Air Greenland à partir du Danemark me semblent plus compétitifs.
Je vais vous inonder d’articles sur le Groenland très bientôt – n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter pour suivre tout ça !
Découvrir les cultures de l’Arctique
J’ai adoré, au cours de mon long voyage dans le grand nord, découvrir trois grandes cultures de l’Arctique. La culture dominante de chaque destination change fondamentalement l’atmosphère et l’expérience touristique – c’est aussi pour cela que j’ai du mal à vous dire quel pays j’ai « préféré ». J’ai eu l’impression de découvrir trois mondes totalement différents, trois peuples du grand Nord, et leurs animaux fétiches.
La Laponie est le pays du peuple Sami, peuple d’éleveurs de rennes, autrefois nomades, marqué par l’héritage du chamanisme. Aller rendre visite à un éleveur de rennes et faire un tour en traîneau, découvrir l’artisanat Sami en bois de renne, admirer les tambours des chamanes, comprendre l’histoire de la région au musée Arcticum à Rovaniemi, sont des expériences culturelles incontournables en Laponie. Vous l’aurez compris, l’animal fétiche de la Laponie, c’est le renne, et vous découvrirez à quel point il est indissociable de l’histoire et du mode de vie de ce peuple. Compagnon, ami, nourriture, vêtement, outil, le renne est omniprésent.


L’Islande est le pays des Vikings, et les Islandais d’aujourd’hui sont leurs descendants. Vous découvrirez en Islande l’histoire de la colonisation par les marins arrivés de Norvège, les grandes sagas, le panthéon nordique, et toute une tradition culturelle imprégnée de cet héritage païen, avec l’omniprésence des trolls. Le musée national islandais à Reykjavik et le musée de la colonisation à Borgarnes permettent de comprendre cet héritage. Niveau faune, si l’Islande avait deux animaux fétiches, il s’agirait du mouton et du cheval. Les deux sont omniprésents dans le paysage islandais, et il faut acheter un pull en laine islandaise et faire une promenade à cheval !

Le Groenland est le pays des Inuits, le peuple roi du grand nord et des climats extrêmes : les Inuits ont su étendre leur culture de l’Alaska au grand Nord canadien avant de coloniser le Groenland depuis le Nunavut en passant par le détroit de Narnes. Aller au Groenland, c’est découvrir la culture encore profondément traditionnelle de ce peuple de chasseurs, qui chasse notamment le phoque et se vêtit de sa fourrure, et qui utilise les huskies pour tirer des traîneaux depuis plus de 850 ans. Le musée national groenlandais de Nuuk est incontournable pour comprendre l’histoire et les traditions de ce peuple qui pratique une chasse de subsistance et a su tirer profit des étendues glacées du grand nord. Bien évidemment, je vous parlerai longuement de la culture Inuit dans mes prochains articles sur le Groenland !


D’autres destinations nordiques…
… avec les jolies idées de blogueurs que j’apprécie ! Il s’agit de voyages que je n’ai pas encore eu la chance de faire, mais dont je rêve déjà et que j’ai eu plaisir à suivre sur d’autres blogs. Je rêve d’un grand tour du cercle polaire arctique…
* La Laponie suédoise propose le même type de paysages que la Laponie finlandaise : forêts enneigées, kota au milieu des bois, lacs gelés. Mais elle a la réputation d’être plus calme, plus isolée. C’est une destination parfaite si vous rêvez de tranquillité totale, de vous retrouver seul avec vous-même dans des étendues immaculées.
Retrouvez le voyage en Laponie suédoise d’Hello la roux.
* Le Nord de la Norvège est une très belle option et sera sans doute ma prochaine destination arctique. Les fjords découpés des îles Lofoten et de l’île de Senja se prêtent bien à un road trip le long des côtes. L’élégante Tromsø se veut « capitale des aurores boréales », et si vous rejoignez l’intérieur du pays, par exemple la région d’Alta, vous retrouverez la Laponie et sa culture Sami, avec les rennes par milliers. En Norvège arctique, vous serez en pays viking sur la côte, avec notamment le musée viking de Lofotr, et en pays Sami à l’intérieur des terres. Sachez toutefois que la Laponie norvégienne propose moins d’activités « fun » que sa sœur finlandaise (pas de motoneige, de village de père Noël, etc). Prendre l’express côtier Hurtigruten de Tromsø jusqu’à Alta me fait rêver. Du littoral spectaculaire aux grandes plaines laponnes, le contraste entre les deux types de paysage et d’expériences me tente beaucoup.
Retrouvez deux voyages en Norvège du Nord en hiver qui m’ont fait rêver :
avec Wait and sea, aux Lofoten, à Narvik, Senja et les Alpes de Lyngen .
avec Escapades etc, à Tromso, Kirkenes, et sur l’express côtier Hurtigruten

* Le Svalbard est, comme le Groenland, une destination de l’extrême : au plus près du pôle Nord, vous êtes au pays des ours polaires, dans des régions spectaculaires et inhospitalières. C’est un voyage qui attire souvent les aventuriers rêvant de kayak arctique ou d’expéditions au milieu des glaciers. Ce n’est pas un voyage qui s’improvise : si vous quittez Longyearbyen et partez en pleine nature, où rôdent les ours blancs, il vous faudra absolument un guide.
Retrouvez un voyage épique en kayak au Svalbard avec La faute au graph.
* La Sibérie fascine par son climat extrême et l’étendue immense de sa taïga gelée. Le lac Baïkal, plus grande étendue d’eau douce du monde, se recouvre d’une épaisse couche de glace et dessine des paysages spectaculaires au cœur de l’hiver. Et qui ne rêve pas de prendre le Transsibérien jusqu’à Vladivostok ?
Retrouvez le voyage en Sibérie de La lykorne illettrée, sur l’île d’Orkhon et au lac Baïkal

* L’Alaska est le paradis des amoureux de la faune : la plus grande colonie de loutres de mer du monde, les plus hautes chances d’observer des ours bruns et des baleines, c’est en Alaska. Et bien sûr, c’est aussi l’immensité des parcs nationaux comme Denali, et des glaciers au milieu des sapins. C’est une destination qui me fait complètement rêver.
Retrouvez le road trip en Alaska de Few miles away, à Kenai, Fairbanks et Denali.
* Le grand nord canadien, pays des Inuits, déconcerte par son immensité radicale. Le Yukon ou le Nunavut déroulent des milliers de kilomètres de solitude nordique. Je le connais trop mal pour vous en parler bien, et je vous conseille d’explorer le blog From Yukon, qui vous permettra d’apprivoiser ces contrées. Notez aussi la chose suivante : puisque le climat hivernal du Canada est très rude, les activités nordiques sont aussi disponibles dans des régions qui ne font techniquement pas partie de l’Arctique, comme le nord du Québec. Il sera difficile de voir les aurores boréales (vous êtes beaucoup plus au sud), mais tout le reste est là – forêts enneigées, chiens de traîneau, motoneige, etc. Pour preuve, je vous renvoie à ce magnifique article de Our American Dream sur un week-end nordique en Chaudière-Appalache.
* Les îles Féroé ne sont pas une destination arctique, car elles sont situées au sud du cercle polaire, mais leurs paysages solennels et grandioses raviront les amoureux de l’Islande et des Lofoten, et j’avais envie de les inclure à cette liste afin de partager un bel article sur l’aventure aux Féroé de Sentiers du Phoenix.

Quel mois de l’année choisir pour visiter le grand nord ?
Le climat arctique est, comme vous le savez, extrême. Au moment du solstice d’hiver (21 décembre), le soleil ne se lève plus, la nuit dure tout le jour et les températures hivernales sont très basses. Au moment du solstice d’été (21 juin), le soleil ne se couche plus et le soleil de minuit illumine la nuit. Selon les destinations, ces périodes peuvent être très touristiques : en Laponie finlandaise par exemple, pays du père Noël, l’énorme pic touristique est en décembre. En Islande, la saison estivale (de juin à août) concentre le plus gros afflux touristique. Mais il faut être conscient du fait que visiter la Laponie au cœur de l’hiver polaire ne vous laissera que très peu d’heures de jour, et que le soleil de minuit estival peut être difficile à gérer pour l’organisme qui ne trouve plus le sommeil. J’ai donc, à titre personnel, une réponse très claire : à mes yeux, il faut aller dans le grand nord au moment des équinoxes, soit septembre et mars. C’est le moment de l’équilibre parfait entre jour et nuit : 12h de jour, 12h de nuit. Les journées sont longues, mais les aurores boréales sont visibles dans le ciel nocturne. Mars est à mes yeux la saison idéale pour les activités hivernales. Les températures restent suffisamment basses pour permettre de s’y livrer, mais elles sont bien plus supportables qu’au cœur de l’hiver : j’ai eu par exemple -10 au Groenland, contre -30 un mois plus tôt. J’ai pu faire de la motoneige, du chien de traîneau, etc, en souffrant moins du froid. Mars est aussi un mois très peu touristique, où la fréquentation et les prix baissent. Je me suis sentie presque seule en Islande.
Quant à début septembre, tout le monde le décrit comme une période bénie pour le grand nord. En Laponie, c’est l’explosion des fruits des bois, myrtilles et mûres arctiques par centaines ; au Groenland, c’est le moment du pic de la fonte des glaces, où des icebergs énormes dérivent non seulement à Ilulissat, mais aussi dans les fjords de Nuuk ou les fjords de l’est. C’est aussi le meilleur moment pour observer les aurores boréales, car l’activité solaire est plus intense au moment des équinoxes, et le ciel plus dégagé qu’au cœur de l’hiver. Mais à ce sujet, vous avez peut-être une question…

Quel est le meilleur endroit pour voir les aurores boréales ?
Confession : j’ai passé trois semaines dans le grand nord en mars, et je n’ai eu qu’une nuit d’aurores boréales. Le hasard et la chance jouent un grand rôle, et je vous conseille vivement de choisir une destination nordique qui vous attire au-delà de la promesse d’aurores boréales, afin de ne pas être déçu si elles ne surgissent pas. Les aurores, c’est la cerise sur le gâteau, mais à mes yeux, il ne faut pas bâtir un voyage là-dessus. J’ai joué de malchance : en Finlande, j’ai eu de l’activité solaire, mais une couverture nuageuse à 100% ; au Groenland, j’ai eu un ciel ultra dégagé, mais un soleil en grève. C’est en Islande que j’ai eu de la chance, mais cela ne signifie pas que l’Islande est un meilleur choix – c’est une combinaison de facteurs, une loterie qui se rejoue chaque nuit. Toutefois, après avoir consulté frénétiquement chaque nuit la carte des aurores boréales sur l’application Aurora (la meilleure appli de prédiction des aurores boréales, recommandée par tous les guides spécialisés), et lu beaucoup de choses sur les forums de chasseurs d’aurores, j’ai quelques observations à faire. La plus simple : plus vous êtes au nord, plus vous augmentez vos chances. L’intensité des aurores est déterminée par ce qu’on appelle l’indice kp, qui indique la force des éruptions solaires. Quand vous vous rapprochez du pôle nord, vous verrez les aurores même si l’indice kp est faible. A Tromsø par exemple, située à 69 degrés nord, ou à Inari, située à 68 degrés nord, un indice kp de 2 est suffisant pour voir l’aurore à l’œil nu. A Rovaniemi, située sur le cercle polaire arctique à 66 degrés nord, il faudra que l’indice kp atteigne 3. Pour en voir aux îles Shetland, tout au nord de l’Ecosse, il faut que l’indice kp atteigne 5. Vous saisissez le principe : plus vous êtes au sud, plus l’aurore devra être intense pour vous atteindre. Si votre but est donc d’en voir, partez pour le grand nord, pour Tromsø, Alta, Abisko, Inari. Souvent, les villes situées loin des côtes ont plus de chances de bénéficier d’un ciel dégagé que les destinations littorales, c’est pourquoi les chasseurs d’aurores boréales citent souvent Abisko, Kautokeino ou Inari parmi leurs localisations préférées. Toutefois, il faut noter qu’à Tromsø, « capitale des aurores boréales », les multiples compagnies proposant des excursions nocturnes vous emmènent justement loin des côtes, vers l’intérieur du pays, afin d’augmenter vos chances d’avoir un ciel dégagé. Etre au nord ne suffit pas, il faut bénéficier des bonnes infrastructures : soit d’une voiture afin de chasser les aurores vous-même, soit des services d’un guide. Dans tous les cas, il vous faudra vous éloigner des villes, afin de supprimer la pollution lumineuse, et rejoindre la campagne. C’est pourquoi les petites cabanes isolées dans les bois, en Laponie (norvégienne, suédoise ou finlandaise), sont sans doute la plus belle option…

Le bon équipement pour le grand nord
En mars, la température est supportable : je ne suis jamais descendue plus bas que -17, et il s’agit d’un froid sec, le plus souvent sans vent. Bien équipée, je n’ai pas souffert du froid. J’ai respecté la technique des couches. Première couche, un sous-vêtement technique grand froid à manches longues, à la fois chaud et respirant – en haut et en pantalon. Deuxième couche les jours où il faisait -17, un pull en laine. Troisième couche (ou deuxième quand il ne faisait que -10), une polaire, et un pantalon de ski imperméable. Quatrième couche, un blouson de ski en matériau type Goretex imperméable et déperlant. Pas besoin de dépenser des fortunes : j’ai tout acheté chez Décathlon. J’ai utilisé le blouson de ski que j’avais déjà, sans acheter une parka hors de prix, j’ai demandé conseil au vendeur pour choisir le sous-vêtement technique le plus chaud, et tout s’est bien passé. Il faut bien penser aux extrémités : en Laponie, on ne met pas de chaussettes de ski, par exemple, on met des chaussettes en pure laine (ça s’achète aussi chez Décathlon, ne vous en faites pas). On ne met pas de gants, mais des moufles : cela garde mieux la chaleur, car les doigts ne sont pas séparés. On a forcément un bonnet, et une cagoule sous le bonnet en cas de vent/grand froid.
Le seul équipement de marque autre que Décathlon que j’ai acheté, et que je vous recommande mille fois, c’est une paire de sous-gants tactiles The Northface. Ces gants sont une merveille incroyable, je vous jure que c’est le nirvana. Si vous êtes photographe, ils vous sauveront la vie. Ils sont chauds. Ils sont tactiles pour de vrai, ça marche vraiment – vous pouvez utiliser votre portable et surtout, votre appareil photo sans enlever vos gants (amen). Ils ne sont pas imperméables au sens strict, mais un peu quand même – si vous vous cassez la figure dans la neige et vous appuyez avec votre main, le gant ne sera pas mouillé après (testé et approuvé). En cas de très grand froid, ils se portent sous les grosses moufles, mais à -10/-13 degrés, je n’ai mis QUE ces gants dans 90% des cas, et je n’ai pas eu froid, et j’ai pu faire douze millions de photos sans perdre de phalange. Achetez les sur Amazon : The North Face T0a7lpjk3 – Gants – Femme. Ceci est un lien affilié : si vous achetez ces gants merveilleux en passant par ce lien, je gagnerai un euro, ce qui représente environ 0,03% de mon prochain voyage arctique. Merci pour votre bon cœur.

Alors, qu’en pensez-vous ? Etes-vous tenté par l’Arctique ? Si oui, par quelle destination et pourquoi ? Parlez-moi de vos projets nordiques, faites-moi rêver !
Pour préparer à votre tour votre exploration nordique, je vous propose en partenariat avec les éditions Gallimard de remporter un guide Islande de la collection Bibliothèque du voyageur. Ce sont de très beaux guides, richement illustrés avec de très nombreuses et belles images, généreux à la fois en documentation historique et culturelle et en conseils pratiques (itinéraires, cartes, conseils de visite). J’ai emporté un exemplaire de ce guide avec moi en Islande et j’en ai été très satisfaite, c’est un beau livre à la fois utile et intelligent. Pour participer, il suffit de laisser un commentaire sous cet article – tirage au sort dans une semaine !
Edit : le tirage au sort a eu lieu, la gagnante est Marie – félicitations !

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