Si vous aussi, vous rêvez d’admirer la dérive des icebergs, l’immensité de la banquise ou la pâleur mortelle des grands glaciers, cet article va vous rendre fou. Mettons cap sur les latitudes les plus extrêmes et les territoires les plus inhospitaliers, entrons dans le royaume de la glace éternelle, loin des terres des hommes. Au cœur du froid le plus mordant s’élève une beauté inhumaine. Le cœur humain bat plus fort face à l’immensité – nous partons explorer ce qui défie notre entendement. Douze blogueurs de voyage ont accepté d’évoquer leurs éblouissements glaciaires. La fascination de l’inouï les conduira du Svalbard à l’Islande, de l’Alaska à l’Antarctique en passant par la Patagonie, du Groenland aux Alpes européennes, en quête des plus beaux glaciers et icebergs du monde. Chaussez vos moon-boots, enfilez vos moufles, il va faire très froid. Où voir des icebergs ?

Les plus beaux glaciers de Scandinavie : Islande, Groenland, Svalbard
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Je ne peux pas m’empêcher d’attaquer cette série par l’objet de ma plus haute fascination, le grand nord scandinave. Il ne faut pas laisser les gamins lire compulsivement Thorgal, on se retrouve avec des filles qui rêvent d’épouser des vikings et de brandir le marteau magique dans la lueur des aurores boréales. Commençons en beauté avec la destination qui m’obsède en ce moment, le Groenland, ultime frontière des amoureux du nord, avant de partir en kayak au Svalbard, et de marcher sur un glacier islandais…

La capitale des icebergs, Ilulissat
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Betty raconte : « Il y a peu, j’ai eu l’occasion de me rendre sur la côte ouest du Groenland et j’ai été profondément marquée par l’un des endroits les plus beaux qu’il m’ait été donné de voir. Ilulissat, un village situé dans la baie de Disko qui signifie littéralement « capitale des icebergs » en langue locale, est connu pour son fameux fjord glacé, classé au patrimoine mondial de l’Unesco tant il est exceptionnel. Des icebergs monumentaux se détachent du glacier Sermeq Kujalleq, et mettent parfois plus d’un an pour sortir du fjord, qui est long de 60 kilomètres, avant d’errer dans la baie de Disko, jusqu’à disparaître. C’est lors de randonnées sur des chemins rêvés, et durant quelques trajets en bateau que j’ai eu l’occasion d’admirer au plus près ces géants de glace. Véritable paradis polaire glacé aux couleurs pastels, Ilulissat mérite merveilleusement bien sa renommée !

Comment aller à Ilulissat : Bien que la côte ouest du Groenland soit la partie la plus accessible du pays, les villes et villages sont généralement isolés et il faut savoir qu’il n’existe aucune route qui les relie entre eux. Pour venir à Ilulissat, il faudra donc prendre l’avion depuis Nuuk la capitale, ou Kangerlussuaq. Bien qu’on voit déjà de très jolis icebergs depuis le village, je conseille grandement d’aller voir l’Icefjord, qui se situe à quelques minutes d’Ilulissat. Afin de pouvoir observer le fjord glacé, trois sentiers de randonnée ont été balisés et sont libres d’accès. «
Partez pour un trekking à Ilulissat sur le blog Trip in Wild.
Et en hiver alors, c’est comment ?
Escapade hivernale dans la baie de Disko, fjord d’Ilulissat
Groenland en hiver – aller au groenland en hiver – sud ouest groenland – groenland via islande
Amandine raconte : « Si le Groenland était un film, je l’appellerais « Cold Finger ».
Si c’était un dessert, je l’appellerais « boule de glace meringuée et son île gelée flottante ».
Si c’était une chanson, j’entonnerais sur le champs à tue-tête « Je m’en iraiiiii dormiiiiiir daaaans le paaaaraadiiiis blaaaaaannnnnccc » (oui je chante faux, et alors ?)
Bref…. Ilulissat se situe dans la baie de Disko (non ce n’est pas l’endroit où John Travolta danse la fièvre du samedi soir…), au sud-ouest du Groenland : très photogénique pour ses innombrables icebergs, le fjord d’Ilulissat est classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2004.
Les fragments de glace proviennent du vêlage du glacier Sermeq Kujalleq (faisant partie de l’Inlandsis) : il produit à lui seul modestement 10% des icebergs groenlandais… En effet, 20 millions de tonnes d’icebergs tombent quotidiennement dans la baie, soit l’équivalent des besoins en eau de la ville de New-York sur une année entière ! Ce glacier dérive aujourd’hui de 20 mètres par jour, conséquence directe du réchauffement climatique.
La vue sur le fjord et ses magnifiques icebergs est tout simplement spectaculaire. Par -25 degrés pourtant, je n’ai pas pu m’empêcher de passer la majeure partie de mon temps dehors pour pouvoir admirer ces sculptures de glace (mes moufles s’en souviennent encoooore !!! Ah mince je rechante) et d’en saisir la beauté à chaque instant, avec chaque lumière… Les parties émergentes de l’iceberg ressemblent tantôt à des têtes de dragons, des tortues géantes, des chamallows flottants (comme pour les nuages, c’est l’imagination qui parle…), et la partie immergée apparaît dans un halo d’un bleu vif détonnant… Ce qui rend les paysages uniques, c’est qu’ils sont fragiles et éphémères, ceux que j’ai vus il y a presque deux ans maintenant n’existent plus qu’en photos, et ceux que vous découvrirez si vous y allez seront tout aussi beaux mais différents encore quelques mois ou années plus tard ! Le plaisir égoïste et l’illusion d’avoir des icebergs façonnés par le glacier rien que pour nous, c’est ce qui donne peut-être encore plus de saveur à ces moments…

Aller au Groenland via l’Islande : Ilulissat est accessible seulement en bateau ou en avion (ou en Lykorne magique) : si vous voulez découvrir de vos propres yeux les icebergs dans la baie de Disko, vous pouvez vous envoler de l’aéroport domestique de Reykjavik via Air Iceland. Une fois sur place, je vous conseille les randonnées qui longent le fjord d’Ilulissat (parcours jaune, rouge et bleu, le jaune étant le plus facile), elles vous permettront de profiter de la vue sur les immenses masses de glace (qui ressemblent au mur de Game of Thrones vu d’en haut)… Des excursions en bateaux sont organisées chaque jour et vous permettront de jouir des paysages au milieu des icebergs… Magique également…. »
Retrouvez un fabuleux voyage à Ilulissat en hiver sur le blog La Lykorne Illettrée.
Les fjords de Nuuk, au Groenland : Space Oddity
Alizée raconte : « Glacé. Stupéfiant. Irréel. De notre première rencontre avec eux, voilà les mots qui en ressortent. Mais comment décrire les émotions ressenties ce jour-là ? Ces émotions liées aux colosses des mers glacées.
Ils sont là, paisibles, imposants, puissants. Le silence se mélange à ce bleu infini. Le nuancier s’étire du blanc étincelant du ciel au profondeurs noires de l’Océan. Tout semble s’accorder. L’harmonie parfaite. Rien ne vient entacher ce paysage. Que dire face à ces merveilles ?
Tout semble inanimé autour de nous. Immobile. La mer est lisse. Elle laisse apparaître leurs reflets. Aucune ondulation ne vient perturber cette aquarelle. Un paysage lunaire se dessine autour de nous à mesure de notre avancée. Nuuk est maintenant loin. Nous nous enfonçons dans les fjords. Le calme nous berce, le vent glacial qui brûle nos visages nous emporte avec lui, près d’eux. On laisse nos regards divaguer, nos pensées s’envolent.
Ne reste que l’instant présent. Un instant entre eux, et nous.

Explorer les fjords de Nuuk : Pour plus d’infos sur les expéditions dans les fjords de Nuuk, consultez Tupilak Travel. Vous y retrouvez des infos sur les expéditions dans les fjords mais aussi toutes les autres activités possibles autour de Nuuk. Le tour qui a été réalisé a duré quatre heures, pour une centaine d’euros. Sur le bateau, comptez maximum 12 personnes (il y a en tout quatre bateaux). Réservation directement disponible à l’office du tourisme de Nuuk, qui se situe au centre-ville. »
Partez explorer Nuuk au Groenland sur le blog Nineteen Pa.
La lagune de Jökulsárlón en Islande : la bouche du rêve
C’est là que pour moi tout a commencé. Quand j’avais dix ans, mes parents m’ont emmenée en Islande pour la première fois (je vous avais montré mon carnet de voyage islandais d’enfant). Ce jour-là, j’ai su que le virus scandinave me poursuivrait toute ma vie. Même si je suis une vraie sudiste. Même si je hurle à l’âge de glace quand le thermomètre descend sous 7 degrés, même si j’hésite à sacrifier mon mariage pour pouvoir dormir en chaussettes de ski. Mon imagination ne s’embarrasse pas de tels détails textiles et bondit gaiement dans les étendues glacées, fait du trampoline sur les icebergs et gambade avec les Walkyries.
Puisque je n’ai pas encore vu le Groenland et le Svalbard, qui pourraient peut-être la détrôner, la lagune de Jökulsárlón est à ce jour le plus bel endroit du grand nord à mes yeux, l’incarnation du mythe. Je l’ai revue en 2016 et l’émotion était intacte. Imaginez un immense glacier recouvrant la moitié de l’Islande, le Vatnajökull, qui vient buter en muraille de glace sur l’océan glacial arctique, et recrache ses icebergs à la dérive dans les vagues noires. C’est d’une beauté à pleurer – ou à monter sur un drakkar.

Aller à Jökulsárlón : C’est l’endroit où les icebergs sont les plus accessibles pour nous Européens. Aujourd’hui, le voyage en Islande s’est démocratisé et l’île est devenu très (trop ?) touristique. Avec IcelandAir, vous trouverez des vols directs depuis Paris, avec WowAir depuis Lyon. Il vous faudra ensuite louer une voiture et rouler en direction du sud pour atteindre la lagune. C’est une route sublime et facile (un 4×4 n’est pas nécessaire), jonchée de cascades spectaculaires et passant par la belle plage de sable noir de Vik – en ligne directe depuis Reykjavik, cela durerait quatre heures, mais la beauté est telle que je vous conseille de faire ce trajet en plusieurs jours, et d’en profiter le plus possible. Le Sud de l’Islande est fabuleux.
Une fois à Jökulsárlón, vous pouvez découvrir le glacier soit tout simplement à pied, soit par bateau-camion amphibie, soit casser votre tirelire pour emprunter un bateau rapide qui mène jusqu’au fond de la lagune. C’est ce que nous avons fait, et nous ne l’avons pas regretté. J’ai eu la sensation d’être plongée dans l’univers de Game of Thrones.
Mais l’Islande réserve encore bien d’autres glaciers…
De glace et de feu : le glacier Sólheimajökull, en Islande
Eloïse raconte : « Des glaciers en Islande, il y en a des tonnes ! Ils sont tous plus impressionnants les uns que les autres. Mais je dois avouer que j’ai eu un petit faible pour Sólheimajökull.
La cendre volcanique qui le recouvre le rend très graphique. Le noir de la cendre et la transparence de la glace forment un contraste des plus photogéniques. Ce n’est pas le premier que nous ayons vu, cela faisait un petit moment que nous étions dans le sud et même si l’on y voit beaucoup de glaciers, chaque rencontre est unique et mémorable. Ils sont tous différents alors il ne faut pas hésiter à aller les observer (en aucun cas il ne faut s’aventurer seul sur un glacier sans équipement, c’est très dangereux). En tout cas je ne regrette pas cette découverte, le Sólheimajökull est juste magnifique, et unique ! Le glacier le plus noir que nous ayons vu !

Aller au Sólheimajökull : Il fait en plus partie des glaciers les plus accessibles du sud de l’Islande. Il suffit de prendre l’embranchement de la route 221 depuis la route circulaire lorsque l’on se rend vers Vik. Une fois sur le parking du Arcanium Café Glacier vous n’aurez que 800 mètres à faire pour arriver au glacier et admirer ses formes singulières. »
Partez à la rencontre des glaciers islandais sur le blog L’œil d’Eos.
Encore plus d’aventure scandinave, encore plus extrême ? J’ai ce qu’il vous faut, du kayak en autonomie au pays des ours polaires, au milieu des glaciers…
Kayak au royaume des ours : l’aventure Svalbard
Marion raconte : « En 2014, j’ai effectué mon premier voyage vers les Terres Froides : j’ai découvert l’Islande, et j’ai été émerveillée par ces paysages de feu et de glace. Un an plus tard, je réitérais l’expérience, plus haut, plus au nord encore. Le Svalbard, surnommé à juste titre Royaume des Ours par Philip Pullman, est un archipel perdu au milieu de l’Océan Arctique, au-dessus de la Norvège, au-delà du cercle polaire. Une terre faite de pierres et de glaces, un Arctique désertique, où aucun arbre ne pousse. À perte de vue, des collines de roches grises, brunes et ocres, surplombant l’infinité de l’océan. Et parmi ces falaises sans vie, le bleu hypnotisant des glaciers meurtriers.
Le premier que nous rencontrons est le Nordenskiöldbreen, long de vingt-cinq kilomètres pour onze kilomètres de large. Les phoques et les fulmars nous tiennent compagnie et rendent encore plus exceptionnel le spectacle qui se déroule sous nos yeux. Nous avons peine à croire que des gens se sont un jour installés ici, sous la menace d’un géant instable et colérique.
Un peu plus au sud de l’Isfjorden, tout au bout du Tempelfjorden, règne le glacier Tunabreen. À peine moins long que son voisin, sa beauté ensorcelle. Il fut notre voisin pendant deux jours : une immensité de bleu, et des murmures dans le vent… Comme si, de ces grondements déchirants, le glacier nous appelait à lui. Nous avons essayé de le rejoindre, guidés par une colonie de bélougas : en kayak d’abord, puis par la voie terrestre, en vain. C’est ainsi que dans une ultime tentative, nous nous sommes jetés à l’eau. Nous avons nagé dans l’océan arctique, parmi les méduses et les icebergs, au pied d’un glacier spectaculaire de vingt-trois kilomètres de long. Je crois que c’est aujourd’hui ma plus belle expérience avec le Froid.

Aller faire du kayak au Svalbard : Pour des soucis de praticité, nous avons choisi de passer par une agence pour nous rendre au Svalbard : un séjour de douze jours, dont dix jours d’itinérance en kayak autour de l’Isfjord, proposé par 66° Nord. Nous avons apprécié l’autonomie et le système de voyage participatif : tout le monde aide, tout le monde travaille. Contrairement à ce que l’expression « voyage organisé » laisse penser, cela n’a pas été un voyage de tout repos. Mais les souvenirs d’une expérience hors du commun valent bien toutes les courbatures du monde ! »
Retrouvez les glaciers du Svalbard sur le blog La Faute au Graph.
Après nous êtres approchés au plus près du Pôle Nord, pourquoi ne pas mettre cap à l’extrême sud, là où ondulent les aurores australes ?
Glaciers et icebergs du grand sud : Patagonie, Terre de feu et Antarctique
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C’est le parfait symétrique de mes rêveries scandinaves : le pays des pingouins et du bout du monde, d’Ushuaia à l’Antarctique…
Le Perito moreno, plein les yeux en Patagonie
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Laura et Sébastien racontent : « Quel voyageur sur les routes d’Amérique latine n’a jamais eu envie de découvrir ce colosse de glace, cette légende givrée ? Le Perito moreno est sans nul doute un des incontournables lors d’un voyage dans cette région du monde. Nous n’avons pas dérogé à la règle d’aller lui faire un petit coucou pour voir si sa réputation était méritée. En arrivant en bus déjà, le paysage est grandiose et met en appétit. Avant de le rencontrer, nous devons emprunter une passerelle en bois. Fébriles, nous prenons notre temps pour savourer encore plus l’instant. Soudain, il se dévoile et la magie opère illico. Nous sommes transis de froid autant que d’amour, le coup de foudre est immédiat. Nous scrutons les moindres nuances de bleu, les interstices, les reliefs de cette merveille. Cette beauté froide est aussi vivante, le perito moreno se déplace lentement. Les craquements et les fracas de la glace nous le confirment. Malgré le froid, nous avons continué à l’observer, à guetter les signes de rupture de la glace, à regarder son horizon se fondre avec le ciel, à nous en brûler la rétine.

Aller admirer le Perito moreno : « Si vous aussi, vous voulez vivre cette expérience, rien de plus simple. Rendez-vous à El Calafate en Argentine. De là, il y a des navettes qui partent tous les jours. Les horaires sont disponibles à la gare routière. Différentes excursions sont aussi proposées en ville et incluent d’autres activités pour appréhender le glacier telles que des balades en bateaux ou des randonnées sur le glacier. De quoi le voir sous toutes les coutures.
Partez pour le Perito Moreno en Patagonie avec les Globe Blogueurs.
Rendez vous en Terre de feu
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Marion raconte : « La terre de feu ou « Tierra del Fuego « , un nom donné par les premiers navigateurs venus explorer cette zone en raison des petits feux de bois aperçus au loin et dispersés ici et là. Aujourd’hui la terre de feu est un archipel quasiment vierge, encore loin d’avoir été totalement exploité, divisé entre l’Argentine et le Chili, et seulement habité par de gigantesques glaciers, une flore endémique préservée et une faune protégée (albatros, lions de mer, pingouins, condors). Je vous laisse imaginer l’excitation et les émotions qui vous envahissent lorsque vous savez que l’heure est proche, que vous allez vous sentir seule au monde, face à cette nature vierge et immense. On a le sentiment de perdre nos repères, on s’interroge, on se questionne, on sourit et on hurle de joie. Ce n’est qu’une fois dans notre cabine avec cette immense vue sur l’océan que nous réalisons la chance que nous avons d’être ici et de vivre un rêve !
Faire une croisière en Terre de feu : C’est donc à bord de l’Australis, un bateau de croisière à taille humaine que nous avons découvert pendant quatre jours la Patagonie Chilienne. Le lieu étant reculé et difficile d’accès, vous n’avez pas d’autres choix. L’itinéraire est précis, sous forme d’une boucle et commence soit par Punta Arenas soit par Ushuaia, la ville du bout du monde… L’organisation à bord est parfaite : les excursions se font en petit groupe dans de gros zodiaques, les repas sont copieux et raffinés, l’exigence est au rendez-vous. Ici, on prend le temps de se ressourcer et d’admirer depuis les coursives et du pont arrière, la variété des paysages qui s’offrent à nous : des glaciers bleutés, des mers aux couleurs émeraudes, des plaines aux reflets orangées, Il n’y a aucun stress, juste du temps pour soi et son chéri.

Lors d’une croisière, il peut s’en passer des choses car vous êtes totalement dépendant de Mère Nature. Vous ne pouvez rien prévoir et vous croisez souvent les doigts. Nous avons eu quelques rayons de soleil qui ont transpercé ces glaciers et qui ont laissé apparaitre ce bleu dans les crevasses mais nous avons également eu, un ciel gris qui nous a donné l’impression de faire des photos en noir et blanc, une tempête de neige lorsque nous marchions près d’un glacier, des vagues agitées et déchainées qui ne nous auront pas permis de débarquer sur l’île du Cap Horn, ce nom mythique et mystérieux à la fois. La Terre de Feu est unique et se mérite alors chers aventuriers, soyez prêts pour cette aventure hors du commun. »
Retrouvez une fabuleuse croisière en Terre de feu sur le blog Mademoiselle Voyage.
Au plus loin du monde : croisière en Antarctique
Lucie raconte : « 25 décembre 2013. Sans doute le jour de Noël le plus fou et le plus marquant de ma vie. Je viens déjà de passer plusieurs jours en Antarctique, à la découverte de ses icebergs, de ses paysages surréels et de sa faune abondante. Le soleil brille plus haut que jamais, perçant sans difficulté à travers le trou de la couche d’ozone. Un vent froid balaye la poudreuse lorsque nous mettons pied à terre à Neko Harbour. Au-dessus de moi, j’aperçois les petits points jaunes, formés par les manteaux des passagers de notre expédition, sur une corniche, très haut, très loin au-dessus de moi. Je me décourage presque à la vue de la difficulté de cette randonnée, mais vaille que vaille, je prends mon courage à deux mains et me lance sur la piste formée par les passagers précédents. La montée est rude, je tombe maintes fois dans la poudreuse, mais cette marche est plus facile que ce que j’imaginais au premier abord. J’arrive enfin en haut, sur la corniche et contemple l’un des plus beaux paysages que j’ai pu voir de ma vie. L’Antarctique est faite de glace, de neige, d’icebergs et de terres noires, presque à s’ennuyer de la monotonie de paysages blancs et noirs. Mais à Neko Harbour, cette falaise de glace est remarquable et unique. Sous le soleil chaud de décembre, les reflets bleus de la glace tombent à pic dans une eau bleu turquoise. Plus haut, la fonte des glaces a formé un coeur, comme un hommage à la beauté de la Terre et du continent blanc. Depuis les hauteurs du glacier, on aperçoit l’horizon et l’immensité du continent, le tout petit navire sur lequel nous sommes arrivés et le parhélie autour du soleil, un phénomène si rare. Je m’assois au bord du précipice, pour contempler le paysage à mes pieds. J’en pleurerais presque devant la beauté immaculée, fragile et spectaculaire de ce paysage. Un bloc de glace tombe dans la mer sous nos yeux éberlués ! Nous bronzons un peu sous le soleil de l’Antarctique, avant de redescendre vers notre navire et vers la réalité. Joyeux Noël !

Une croisière en Antarctique : J’ai eu la chance de voir Neko Harbour et ses glaciers à perte de vue lors d’une croisière en Antarctique de dix jours, partant et revenant depuis Ushuaia en Patagonie Argentine. Le continent blanc est changeant et il n’y a aucune garantie de voir exactement le même paysage que j’ai vu, mais tous ces glaciers et icebergs sont fascinants et il y a toujours de magnifiques paysages à découvrir, année après année. »
Pour en savoir plus sur l’Antarctique, ses glaciers et comment préparer votre voyage en Antarctique, c’est sur le blog Voyages et Vagabondages.
Remontons maintenant tout le long de la côte pacifique, dans le grand nord américain…
Into the Wild : les glaciers d’Alaska
Zoë raconte : « Notre road trip en Alaska fut rempli de découvertes toutes plus extraordinaires les unes que les autres, et pour la première fois dans un de nos voyages nous avions enfin la chance de nous approcher des glaciers, que ce soit en bateau, en hélicoptère ou par la route tout simplement.
C’est le cas du glacier Matanuska, qui est soudainement apparu devant nos yeux ébahis alors que nous roulions à la recherche d’un endroit où dormir avec notre camping car. Ce monstre de glace est le plus grand glacier des Etats-Unis à être accessible depuis la route, avec ses 39 kilomètres de longueur et 6,4 kilomètres de largeur le glacier est encore actif est avance de trente centimètres chaque jour.
Arriver à la première heure de la journée (et un jour férié !) n’a pas forcément été du goût du propriétaire de l’accès privé qui mène au glacier. C’était sans compter mon charme ravageur et mes plus beaux yeux doux, et après négociation nous avons finalement eu la chance de pouvoir accéder au glacier pour notre plus grand bonheur. Le silence le plus total, la brume qui se faufile sur les forêts entourant le glacier, le bruit de la neige sous nos pas, nous étions seuls avec le Matanuska.

Aller admirer le Matanuska en Alaska : Le glacier Matanuska a la particularité d’être un des glaciers les plus faciles à explorer en Amérique du Nord. Pour cela il suffit de prendre la route et de suivre Glenn Highway direction nord-est au départ d’Anchorage. Après deux heures de voiture, vous le verrez sur des kilomètres avant d’atteindre le parc d’État de Matanuska Glacier (au kilomètre 102). C’est un parc privé qui offre le seul point d’accès au glacier (entre mars et octobre) pour la modique somme de $30, il faudra payer un peu plus si vous voulez une visite guidée ou escalader le glacier. Une fois que vous avez payé votre droit d’entrée, vous pouvez conduire sur un petit chemin jusqu’au glacier.
Retrouvez un merveilleux road trip en Alaska sur le blog Few Miles Away.
L’Antarctique, l’Alaska, tout cela est si loin… et chez nous, alors ? Heureusement pour les amoureux des glaciers, nous avons les Alpes…
Les glaciers des Alpes, en France, en Suisse et en Autriche
Vous connaissez mon amour pour les Alpes, et l’état mystique dans lequel elles savent me plonger. C’est notre infini polaire à portée de mains, là où la glace tutoie les cimes…

Chamonix, le paradis des glaciers
Mon paradis glaciaire en France, c’est Chamonix-Mont Blanc, véritable nid aux monstres glacés. Pas moins de six langues glaciaires sont visibles depuis la vallée de Chamonix, sans même parler des glaciers suspendus aux cimes de l’Aiguille du midi. La superstar, c’est bien évidemment notre Mer de glace, le plus grand glacier français, qui a su fasciner toute l’intelligentsia européenne depuis les années 1800, et ouvrir la voie à la fascination du froid en Europe. Chamonix, c’est plus qu’une station, c’est un mythe, une plongée enivrante dans l’imaginaire des poètes et des artistes. Les fidèles lecteurs de ce blog savent que j’en ai déjà souvent parlé, aussi me contenterais-je de vous renvoyer à mes articles sur Chamonix en hiver et sur les randos estivales autour des glaciers de Chamonix .

Mais il est temps de découvrir un autre glacier français…
Le glacier blanc, dans le parc national des Ecrins
Lauriane raconte : « Lors de ma première escapade au Glacier Blanc dans le Massif des écrins, j’ai tout de suite aimé le coin paisible. Dès l’arrivée, le Pré de Madame Carle et la forêt de mélèzes m’apaisent. Si vous avez de la chance, vous pourrez même entendre le sifflement des marmottes en arrivant tôt. A ma première venue, je n’ai pas pu effectuer la randonnée jusqu’au bout, mais la seconde fois fut la bonne ! La randonnée qui mène au Glacier Blanc commence au Pré de Madame Carle, puis très vite, ça ne fait que monter, encore et encore jusqu’à une descente qui mène au pied du Glacier Blanc, majestueux. Sur le chemin, nous croisons quelques marmottes et je suis aux anges, mais surtout des magnifiques paysages, une vue sur le Glacier Noir (glacier recouvert de sable) et sur les montagnes environnantes à couper le souffle.
Et parlons-en de souffle coupé ! A la deuxième partie de la randonnée jusqu’au refuge du Glacier Blanc, on commence à prendre de l’altitude, l’ascension se corse un peu, mais le passage au Lac Tuckett est magnifique. Les marmottes sont encore nombreuses, et on aperçoit de plus en plus les chocards, sorte de merles, et enfin nous arrivons au refuge du glacier blanc, où tous les randonneurs qui prévoient de marcher sur le glacier passent en général la nuit, pour partir aux aurores. En discutant avec les gens sur place, je me sens transportée par l’ambiance qui règne. Quand j’habitais en Auvergne, j’ai souvent rencontré des randonneurs (j’ai même été amoureuse de l’un d’entre eux…), et j’ai toujours admirer la façon dont chacun se dépassait, cet amour de la montagne, ces expériences vécues… Là-haut, je me suis promis de revenir au Glacier Blanc y dormir et faire moi aussi partie de ces gens qui marchent sur le Glacier Blanc… La suite en 2018 !

Comment accéder au Glacier Blanc ? Mieux vaut venir en voiture au Glacier Blanc, en vous garant au pré de Madame Carle en rejoignant Vallouise, Pelvoux puis Ailefroide. En été, il est possible de prendre un bus depuis l’Argentière la Bessée jusqu’au Pré de Madame Carle. »
Pour préparer votre randonnée au Glacier Blanc, c’est sur le blog Un pied dans les nuages.
Saviez-vous que la Mer de glace avait une grande sœur suisse, le glacier d’Aletsch ?
Aletsch, le plus grand glacier d’Europe
Audrey raconte : « Le glacier d’Aletsch nous donne le privilège immense de côtoyer une force de la nature telle qu’on en voit peu en Europe. C’est un géant, le plus grand glacier des Alpes, du haut de ses 128 km². C’est pourtant un colosse apprivoisé, facile d’accès aux randonneurs du dimanche qui rêvent de toucher du doigt l’héroïsme de Balmat et Paccard, l’ivresse des cimes. Niché entrée la vallée du Rhône et le massif de la Jungfrau en plein cœur du Valais suisse, il s’offre aux randonneurs de tout niveau par deux petites montées en télécabines depuis Mörel. Rien ne laisse deviner sa présence jusqu’au débarquement de la télécabine de Moosfluh, à 2300 mètres d’altitude, au sommet du monde.
Et puis c’est l’émotion sublime et terrible, le chavirement face à ce glacier émouvant à fond de vallée, diminué par le changement climatique, qu’on aurait envie de caresser comme un bon gros géant qui sommeille paisiblement. Mais à s’y frotter de plus près après une petite heure de descente sur un sentier facile, il nous pétrifie de son souffle glacé et rappelle par quelques grincements bien sentis que les crevasses sont vivantes et que ce n’est pas là un endroit pour les profanes. On ne peut garder un silence religieux en le contemplant, minuscules devant cette langue gelée. Mieux vaut ne pas le sous-estimer, ce glacier assoupi qui a creusé les montagnes, et se contenter finalement de l’observer de loin, pour prendre la pleine mesure de la beauté des Alpes. »

Pour une randonnée sur le glacier d’Aletsch, c’est sur le blog Arpenter le chemin.
Partons maintenant pour une république alpine que j’adore explorer, l’Autriche.
La grotte glaciaire d’Hintertux, et sa rivière souterraine
Hintertux est un domaine skiable prisé des Autrichiens : à 3250 mètres, au sommet du glacier, l’enneigement est constant, et les paysages grandioses. Je l’ai d’abord découvert pour la qualité de sa neige et ses fêtes « après-ski » bien arrosées dont les Autrichiens ont le secret, avec musique kitsch boum boum, odeur horrible de chaussettes et convivialité authentique. Mais Hintertux avait un secret presque surnaturel : une grotte glaciaire traversée par une rivière souterraine, épargnée par la glaciation en raison de la force de son flux, et qui coule au milieu de murailles de glace à dix mètres sous terre… Je me serais crue dans la gueule d’un monstre. C’est une de mes plus belles expériences alpines à ce jour.

Visiter la grotte glaciaire d’Hintertux : Il vous faudra monter en télécabine tout au sommet du glacier, à 3250m, puis acheter votre ticket pour la grotte de glace. Les visites guidées ont lieu tout l’après-midi en saison. Attention, il ne faut pas être claustrophobe : il s’agit d’entrer sous terre, au cœur d’un univers de glace, dans des boyaux sombres et étroits où la lumière du jour ne pénètre pas… Plus d’infos sur le glacier d’Hintertux.
Les glaciers de Sölden en Autriche
Amélie raconte : « Au cœur du Tyrol autrichien nous avons découvert un peu par hasard les glaciers de Sölden. On a emprunté la Panoramic glacier road pour accéder aux glaciers de Rettenbach et de Tiefenbach, puis deux télécabines. Le silence en haut de ces géants de glace est maître. Au même niveau que le vertige et le vent glacial qui se faufile dans les moindres failles de tissu. Mais il y a de ces moments magiques où finalement les douleurs du corps ne nous touchent plus. Seul l’esprit persiste pour essayer tant bien que mal de communier avec cette nature époustouflante. On observe timidement les failles qui nous impressionnent autant qu’elles nous terrorisent. Nous sommes à l’affût du moindre petit bruit qui viendrait perturber ce silence roi. Comme ces craquements et ces quelques pierres qui tombent. Les éclaircies qui changent toutes les secondes et mettent un lumière un nouveau décor, à chaque fois. Une peinture impressionniste. Je ne m’en lasse pas. Je ne m’en lasserai jamais. La nature n’a pas besoin d’artifice, de se cacher, de s’adapter aux modes. On la prend, on l’accepte comme elle se présente. L’Autriche est une belle destination nature à deux pas de chez nous, et les glaciers du Tyrol, mon plus beau souvenir ».

Retrouvez une randonnée glaciaire à Sölden sur le blog Hello la Roux.
L’avenir des glaciers au temps de la fonte des glaces
Les glaciers sont-ils condamnés à disparaître sous l’influence du réchauffement climatique ? Ceux des Alpes, probablement, hélas : il se peut qu’ils aient tous fondu d’ici 2050. L’Arctique fond aussi, ouvrant de nouvelles voies maritimes dans le grand nord, et des conflits géopolitiques pour le contrôle des routes et des ressources entre Norvège, Russie, Danemark et USA… Le monde change, le réchauffement est une réalité que nous ne pourrons sans doute pas endiguer, quand bien même nous cesserions toute émission de CO2 aujourd’hui. Mon cœur d’amoureuse des immensités glaciaires saigne à l’idée de la disparition des continents blancs, mais peut-être faut-il aller au-delà de la lamentation.
J’ai été marquée par ce que j’ai lu au Glaciorium de Chamonix, et au musée des glaciers du Grossglockner en Autriche. Ils racontent tous deux que – bien que l’influence humaine sur le climat soit indéniable, et la lutte contre la pollution, une absolue nécessité – la Terre a connu des ères glaciaires et des ères chaudes depuis des dizaines de milliers d’années. Il y a trente mille ans, les glaciers alpins allaient jusqu’aux portes de Lyon, et la France était un territoire nordique gelé. Une période chaude a suivi, permettant le développement de la culture humaine : Lascaux a été peinte il y a dix-huit mille ans durant une ère plus douce. Puis il y a treize mille ans, une nouvelle glaciation a décimé la mégafaune européenne, des mammouths aux tigres à dents de sabre. Le Moyen-Âge fut une période exceptionnellement chaude : si les Vikings ont pu s’installer en Islande et au Groenland, dont le nom signifie « terre verte », c’est parce que les glaces avaient considérablement reculé. C’est cette ère chaude qui a permis la navigation arctique. Le XVIIIe siècle a connu un nouveau petit âge glaciaire, durant lequel les glaciers alpins ont considérablement grandi – à cette époque, Chamonix était véritablement tenue dans les mâchoires de la Mer de glace. Nous sommes aujourd’hui en phase de réchauffement accéléré, c’est indéniable. Mais de nombreux scientifiques estiment que de nouveaux âges glaciaires viendront… dans trente mille ans peut-être, la France sera de nouveau glaciaire. Nous ne serons pas là pour le voir, mais les dégâts que nous causons à la Terre ne peuvent malgré tout pas suspendre ses cycles naturels.
Le réchauffement climatique, qui sera un drame pour les habitants des îles pacifiques sans relief, sera peut-être une chance pour d’autres territoires aujourd’hui pris dans les glaces, comme la Sibérie. Notre planète va changer de visage, et peut-être pas seulement pour le pire. J’espère juste qu’il restera encore quelques glaciers pour les ours, les phoques et les rêveurs…

Les plus beaux glaciers du monde : la liste continue…
J’ai bien conscience du caractère non exhaustif de ma liste. Il manque notamment le glacier Franz Josef et le glacier Tasman en Nouvelle Zélande, ceux du Mont Elbrouz en Russie, les glaciers de l’Himalaya, la route des Glaciers et le glacier Columbia au Canada… qui sait, peut-être y aura-t-il une partie deux ?
Merci de tout cœur à tous les blogueurs qui ont participé à cet article qui me tenait à cœur – merci pour vos récits et vos images superbes.

Je vous réserve dans un prochain article à paraître bientôt un autre glacier autrichien mythique, que j’ai choisi de ne pas dévoiler déjà ici…
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