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Catégorie : Provence

  • Douceur de haute Provence : Gréoux, Valensole, Esparron

    Amoureux de la Provence, vous connaissez bien sûr le plateau de Valensole. Vous connaissez ses océans de lavandes à perte de vue qui vont mourir sur les premiers contreforts du Verdon, ces crépuscules d’or violet comme une scène de cinéma. Mais connaissez-vous les secrets cachés aux marges de cette mer de mauve, le beau village de Gréoux-les-Bains et ses thermes vieilles de deux mille ans, les eaux claires et turquoise du lac d’Esparron, le secret le mieux gardé du Verdon ? Je vous propose aujourd’hui une virée là où la vie est la plus douce, au cœur d’une haute Provence riante et fleurie, où les eaux sont cristallines et les soirs chatoyants, où les bonnes adresses cultivent l’art de vivre sous le soleil exactement. Un séjour idyllique en haute Provence, entre Gréoux-les-Bains, Valensole et le lac d’Esparron – on embarque ensemble ?

    Au programme de cette plongée au coeur de la haute Provence : les lavandes de Valensole, le lac d’Esparron sur Verdon, les thermes de Gréoux-les-Bains, une virée à vélo et de très belles adresses à Gréoux…

    Séjour de rêve dans les Alpes de Haute Provence : les lavandes de Valensole, le lac d'Esparron sur Verdon, les thermes de Gréoux les Bains
    Lavandes et sauges sclarées sur le plateau de Valensole
    Séjour de rêve dans les Alpes de Haute Provence : les lavandes de Valensole, le lac d'Esparron sur Verdon, les thermes de Gréoux les Bains
    Le lac d’Esparron, perle secrète du Verdon
    Séjour de rêve dans les Alpes de Haute Provence : les lavandes de Valensole, le lac d'Esparron sur Verdon, les thermes de Gréoux les Bains
    Un magnifique moment de détente aux thermes de Gréoux-les-Bains
    Une virée à vélo au coeur du Verdon

    J’ai effectué ce reportage avec mon amie et binôme Marion Carcel alias Foehn Photographie. Nous formons ensemble Itinera Favonia, un duo de photographes et blogueuses passionnées. Quasiment toutes les photos de cet article sont les siennes.

    Gréoux-les-Bains, oasis thermale

    Frédéric Mistral disait que « quand le bon Dieu en vient à douter du monde, il se rappelle qu’il a créé la Provence ». Avec ses ruelles colorées, ses calades pavées, ses boutiques remplies de savons, d’huiles essentielles et de glaces sucrées, Gréoux-les-Bains incarne tout ce qui consolerait Dieu du poids du monde, toute la douceur et la gaieté inimitables de ma chère Provence. Ce village de charme, absolument ravissant et délicieusement provençal, ne promet que douceur et bien-être. Giono le qualifiait d’ « oasis romantique du Verdon », et le titre n’est pas usurpé. Il faut prendre le temps de flâner dans les rues colorées de ce beau village perché, où trône un château médiéval édifié au XIIe siècle et autrefois occupé par les Templiers, auréolé de légendes chevaleresques. Il faut goûter aux spécialités de la région, au safran qui pousse à l’ombre des lavandes, aux vins blancs et aux fromages de chèvre, avant de redescendre en contrebas, dans un grand parc ombragé, pour se relaxer aux thermes…

    Gréoux les Bains, en Provence, au coeur du Verdon
    Gréoux les Bains, en Provence, au coeur du Verdon

    Les thermes de Gréoux-les-Bains

    Les sites thermaux renommés sont toujours riches d’une longue histoire. Les Celtes et les Romains déjà s’étaient pris de passion pour ce miracle aquatique, celui d’une source naturellement chaude (42 degrés) jaillissant de la roche après un long voyage souterrain où elle s’est chargée de mille richesses minérales qui la parent de multiples vertus, notamment le pouvoir de soulager les rhumatismes. La soeur de Napoléon a elle aussi plébiscité Gréoux, son soleil et ses eaux magiques.

    séjour thermal en provence : thermes de gréoux les bains dans le verdon

    En tant que grande passionnée des eaux chaudes et des beaux bassins, j’ai visité beaucoup d’établissements thermaux en France, et je suis parfois déçue par leur dimension trop médicale, trop froide ou manquant de charme. Ce n’est pas le cas à Gréoux, où les thermes troglodytes celtes gallo-romains (c’est leur nom) cultivent une élégance et une lumière toutes romaines. J’ai adoré leurs arcades lumineuses, et leurs piscines au charme antique, décorées de statues joyeuses. Si le programme de soin est très riche, on peut venir ici sans prescription médicale, juste pour le plaisir de prendre soin de soi et de se baigner de lumière et d’eau vertueuse.

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    Marion et moi avons eu le plaisir de tester deux étapes de l’offre de soin, qui est très riche et abordable, tout d’abord le bain hydromassant, une sorte de baignoire à remous où les jets ciblés détendent les contractions musculaires et favorisent le relâchement des tensions – cela fait un bien fou et on en ressort apaisé.

    Puis nous avons pu tester le soin phare des thermes de Gréoux, leur expérience signature inédite et unique : le bain de kaolin. Sorte d’argile blanche, le kaolin possède une texture chaude et douce évoquant celle de la pâte à crêpes. Immergé dans le kaolin (avec un bonnet de bain pour protéger vos cheveux de cette terre collante), vous flottez complètement, comme dans la Mer Morte. La sensation est étonnante et délicieuse : cette eau argileuse vous caresse, vous porte, et serait un véritable soulagement miracle pour les rhumatismes.

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    L’expérience est très agréable, elle nous a détendues… et amusées !

    De belles adresses en Provence : halte à Gréoux-les-Bains

    Quelques bonnes idées pour préparer votre séjour en haute Provence…

    • En flânant dans les rues de Gréoux-les-Bains, faites absolument une halte chez l’artisan glacier au 54 rue Grande. Toutes ses glaces sont artisanales, nombre de parfums très originaux (j’ai adoré goûter celle au litchi), et les couleurs naturelles de ces produits délicieux s’accordent harmonieusement aux pastels des façades.
    • Marion et moi avons eu le bonheur de dormir à l’hôtel des Alpes, juste au pied du château. Ce fut la plus belle piscine de notre séjour en haute Provence : cette magnifique piscine dans son écrin de fleurs est située juste au pied des murailles du château, et vous nagez les yeux dans les tours et les créneaux d’un songe médiéval. Forteresse et dolce vita dans le grand jardin clair… et des chambres spacieuses et douillettes.
    • Nous avons pris deux repas à l’Ardoise, dont on nous a dit qu’il était « le meilleur resto de Gréoux ». Nous n’avons pas eu l’occasion de tous les tester pour les vérifier (même si notre estomac & notre conscience professionnelle auraient pu s’accorder sur une exécution zélée de cette noble tâche), mais on le croit aisément : c’est un régal. Des spécialités colorées, estivales, fraîches, d’excellents produits (ah, cette burrata à tomber par terre), un service chaleureux, on aime !

    • Le dernier petit-déjeuner de notre séjour fut pris dans un havre de paix néo-classique à l’écart du village : logé dans une belle villa à qui ses haies d’olivier confèrent l’air serein et altier d’un temple grec, le Manoir d’Amaury cultive quiétude et élégance au bord de sa longue piscine et de son double escalier monumental. Les salons ont un délicieux parfum de XVIIIe siècle, et le petit-déjeuner fait maison est savoureux – on se souviendra de la brioche perdue !

    Vélo en Provence : pédaler à Gréoux-les-Bains

    Cyclistes amateurs ou confirmés, voici une expérience fabuleuse à vivre à Gréoux-les-Bains. Ce pays de sentiers lumineux, de chemins secrets et de panoramas majestueux ouvrent mille possibilités aux amoureux de la petite reine.
    Au cœur du magnifique village de Gréoux-les-Bains, nous avons loué des vélos à assistance électrique (pour nous aider à avaler les dénivelés), puis nous avons pris la route du lac d’Esparron. Virages sinueux, garrigue radieuse, chemins peu passants, un bonheur de rouler ici au cœur d’une haute Provence préservée. Que vous soyez adeptes du vélo de route ou du VTT, avec ou sans assistance électrique, vous trouverez votre bonheur ici : les itinéraires cyclables sont nombreux, et permettent de savourer le paysage autrement.

    vélo en provence gréoux esparron vtt verdon
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    Notre route nous a conduites au lac d’Esparron…

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    Le lac d’Esparron, trésor secret du Verdon

    Parmi les quatre grands lacs du Verdon, vous connaissez sans doute le merveilleux lac de Sainte Croix et les gorges du Verdon ? Oui, mais vous n’êtes pas le seul, et au cœur de l’été, les pédalos sont légion sur la superstar du Verdon. Peut-être pouvez-vous songer à une alternative. Le lac d’Esparron est une perle sauvage et préservée, très très peu urbanisée, où l’eau claire et transparente sert de réserve d’eau potable à la région d’Aix et Marseille via un réseau d’aqueducs et de canaux anciens. J’ai adoré la clarté translucide de ses flots protégés, et le caractère rocailleux et escarpé de certaines berges, qui me rappellent un peu les calanques marseillaises par leur décor de falaises abruptes penchées sur les eaux.

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    Nous avons vécu de trois façons les bonheurs du lac d’Esparron. Les bateaux à essence sont interdits, afin de préserver la qualité des eaux du « château d’eau de la Provence », et c’est tant mieux : vous profiterez dans le calme et la quiétude…

    • Le premier soir, nous avons déposé nos vélos et loué un bateau à moteur électrique chez Alize Electronic pour filer en silence au milieu de ce lac sublime, où un coucher de soleil plein de douceur et de beauté nous a émerveillées. On avait pris le dîner à emporter chez l’Ardoise à Gréoux, et on s’est régalés, comblés par la saveur des plats et la beauté du paysage.  La location de bateaux électriques est possible de juin à septembre, avec deux stands de part et d’autre des rives du lac, et c’est une très belle expérience douce, facile et accessible à tous – pour une virée en famille ou un verre au sunset entre amis !

    • Le lendemain, nous avons rejoint sur l’autre rive le Club Nautique d’Esparron de Verdon, pour découvrir d’autres activités plus sportives. Vous connaissez mon affection pour le paddle, ce sport polynésien qui permet de marcher sur l’eau. A pagayer sur le lac d’Esparron dans un océan de turquoise, on jurerait avoir retrouvé Tahiti sur le Verdon… cela restera un de mes plus beaux souvenirs de ce séjour dans les Alpes de Haute Provence ! La location de paddle est possible tout l’été au CNEV et c’est une expérience sportive mais facile, qui donne un goût d’aventure aux eaux turquoise du lac. Je recommande chaleureusement !
    • Envie de glisser sous le vent ? Essayez-vous à la voile, gonflez les voiles blanches et recherchez les pirates dans les criques provençales… Avec le CNEV toujours, la sensation d’un grand voyage tout près. Nous ne savions pas naviguer, mais notre moniteur a eu la gentillesse de nous conduire. Ici, vous pouvez aussi apprendre !

    Les légendaires lavandes de Valensole

    C’était notre dernier matin dans les Alpes de Haute Provence. Et il était impossible de repartir sans venir ici au lever du soleil : l’immense plateau de Valensole, son océan de violet au pied des sublimes montagnes du Verdon. Bien sûr, ce lieu, vous l’avez vu cent mille fois, encore et toujours photographié. Et pourtant, lorsque vous arrivez sur le plateau immense, que l’odeur de lavande remplit vos poumons, que le regard court sur les fleurs de lavandin et de sauge sclarée jusqu’aux sommets, il est impossible de rester insensible.

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    Marion et moi avons choisi un endroit où la lavande jouxte la sauge sclarée, pour verser un peu de rose tendre dans cet intense violet.

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    Ce fut d’abord l’aube, la montée du rose opalescent dans un ciel où flottait une lune coquillage, l’accord parfait du ciel aux sauges délicates.

    Et puis le soleil a jailli et ce fut le déferlement de lumière, l’or qui coule à flots sur le merveilleux pays de Provence, le violet ourlé de mille carats. Une montgolfière s’est élevée dans le ciel – une prochaine fois, nous serons dedans, nous verrons l’or du matin depuis le ciel. Mais au sol, nous avions les parfums, les fleurs qui s’ouvrent dans le jour naissant, les abeilles qui commencent leur ballet, l’odeur enivrante de ce pays du sud unique entre tous. J’avais un étrange sentiment de fierté à ce moment-là, à regarder les lavandes et les montagnes du Verdon dans le ciel de Provence, et à me dire : je viens vraiment de la plus belle région du monde.

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    lavandes et sauges valensole verdon provence

     La lavande est l’âme de la haute Provence, disait Giono. Je suis née au nord de la Provence, dans la Drôme voisine. Mon pays m’inspire deux grandes passions, à la folie : la lumière du sud et la verticalité solennelle des Alpes. Ce pays des Alpes de Haute Provence, pays de pastoralisme, de traditions puissantes, de cultivateurs, de bergers, d’écrivains, de rêveurs, est à l’intersection de tout ce que j’aime. Et j’ai adoré l’explorer avec Marion durant cette semaine intense et puissante.

    Ariane Fornia provence
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    Continuez d’explorer les merveilleuses Alpes de Haute Provence

    Retrouvez mes autres articles consacrés aux Alpes de Haute Provence, pays que j’aime infiniment et que je ne me lasserai jamais d’explorer :

    Colmars-les-Alpes, Seyne-les-Alpes : sublime et secret haut Verdon

    Moustiers Sainte Marie et les gorges du Verdon

    – Les hautes et basses gorges du Verdon

    – La Routo, nouvel itinéraire de randonnée pastorale

    – Skier à Montclar, au soleil des Alpes du Sud

    Forcalquier ou la capitale secrète des Alpes de Haute Provence

    – Les pénitents des Mées et le plateau des Mourres, curiosités géologiques

    Sisteron, sa sublime citadelle et ses montagnes voisines

    Road trip en Haute Provence : lavandes de la Drôme et des Baronnies, Sisteron, Serre-Ponçon. Blog de Provence
    Sisteron et sa citadelle

    A suivre : l’article sur notre fabuleux reportage équestre, trois jours à cheval au cœur des Alpes de Haute Provence dans la région de Digne. Ce fut peut-être notre plus beau reportage de l’automne, n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter pour ne pas le manquer.

    Merci aux Alpes de Haute Provence et à tous les prestataires partenaires pour la puissance et la beauté des expériences vécues chez vous.

  • Joyaux de la Haute Provence secrète : Seyne et Colmars-les-Alpes

    Connaissez-vous le versant le plus reculé et préservé des Alpes de Haute Provence, les villages nichés entre soleil du midi et neige des cimes, connaissez-vous les « villages de caractère » de Colmars-les-Alpes, de Seyne-les-Alpes et leurs hameaux voisins ? Connaissez-vous les vasques de la Lance, le lac d’Allos, le hameau de Sainte-Rose, les mulets de Seyne, les sommets et les gorges confidentielles de cette autre Provence minérale et reculée ?
    Nous sommes ici au cœur des montagnes de la Haute Provence, là où la culture alpine prend les couleurs du Sud et là où le Verdon prend sa source dans un décor rocailleux de hauts sommets abrupts. L’été aux portes du Mercantour, les troupeaux couvrent les alpages et y rencontrent les marmottes, sous l’œil vigilant des bergers et des patous. Je suis partie cet été aux confins du Sud authentique explorer cette région à l’intersection de tout ce que j’aime, entre culture alpine et culture méridionale, patrimoine culturel et nature grandiose. Mon cœur bat la chamade pour cette Provence-là, plus escarpée et plus secrète, que les voyageurs connaissent moins.

    Que voir et que faire à Colmars-les-Alpes et Seyne-les-Alpes ? Explorer les montagnes des Alpes de Haute Provence
    Colmars-les-Alpes
    Que voir et que faire à Colmars-les-Alpes et Seyne-les-Alpes ? Explorer les montagnes des Alpes de Haute Provence
    Les vasques de la Lance
    Que voir et que faire à Colmars-les-Alpes et Seyne-les-Alpes ? Explorer les montagnes des Alpes de Haute Provence
    Le lac d’Allos
    Que voir et que faire à Colmars-les-Alpes et Seyne-les-Alpes ? Explorer les montagnes des Alpes de Haute Provence
    Seyne-les-Alpes
    Que voir et que faire à Colmars-les-Alpes et Seyne-les-Alpes ? Explorer les montagnes des Alpes de Haute Provence
    Au-dessus du lac de Serre-Ponçon
    Que voir et que faire à Colmars-les-Alpes et Seyne-les-Alpes ? Explorer les montagnes des Alpes de Haute Provence
    La maison du mulet à Seyne-les-Alpes
    Que voir et que faire à Colmars-les-Alpes et Seyne-les-Alpes ? Explorer les montagnes des Alpes de Haute Provence
    Randonnée littéraire en Haute Provence à Seyne
    Que voir et que faire à Colmars-les-Alpes et Seyne-les-Alpes ? Explorer les montagnes des Alpes de Haute Provence
    Le col des Champs

    Je vous propose aujourd’hui un voyage entre culture et saveur, histoire et hédonisme, au cœur de ce pays que j’aime profondément. Découvrir que voir, que faire, que vivre à Colmars-les-Alpes, Seyne-les-Alpes et alentours, explorer les lacs, sommets et curiosités qui les environnent, voici le programme de notre beau séjour sudalpin.

    J’ai effectué ce reportage avec mon amie photographe Marion Carcel alias Foehn Photographie. Ensemble, nous formons sous le nom d’Itinera Favonia un binôme de photographes, blogueuses et créatrices passionnées. La quasi totalité des photos qui figurent dans cet article sont son œuvre.

    Lac d'Allos
    Marion et moi au Lac d’Allos
    Marion et le chat de la Petite Bonnette, à Seyne

    Une géographie littéraire de la Haute Provence

    En 2019, j’avais écrit dans mon livre Provence, Les sillons du soleil :

    La Provence que j’aime tant est celle des combes et des cailloux, cousue des mille recoins de sa géographie accidentée où les millénaires ont creusé leur sillon patient. Terre calcaire et friable, elle est ravinée par les eaux qui sculptent des gorges innombrables et le canyon le plus profond de France, celui du Verdon, où les vautours tournoient au-dessus de sept cent mètres de vide abrupt. Les multiples coeurs de la Provence battent dans ces massifs escarpés, ces labyrinthes d’arêtes froissées et de vallées profondes, où l’ombre descend vite sur les villages encaissés, où les soirées sont semées d’étoiles et les hivers rudes, et où se perpétue le rythme plus lent d’une vie pastorale, paysanne et montagnarde. C’est la Provence de Jean Giono ou de Pierre Magnan, des « itinéraires de petite vitesse ».

    Ariane Fornia, Provence, Les sillons du soleil, Nevicata, 2019
    Que voir et que faire à Colmars-les-Alpes et Seyne-les-Alpes ? Explorer les montagnes des Alpes de Haute Provence

    Mais c’est aussi la Provence de Jean Proal, grand écrivain provençal originaire précisément de cette région. Je vais longuement vous parler de lui au cours de cet article, mais je voudrais déjà lui laisser la parole pour évoquer sa terre natale, ce triangle sublimement perdu au cœur des Alpes du Sud, loin des grands axes et des itinéraires rebattus.

    « Le triangle dessiné par la frontière italienne, la Durance et le Verdon délimite une région extrêmement nette – hautes vallées du Queyras, amorce du versant méridional des Alpes, naissance de la Haute Provence – qui a ses caractères propres. C’est le pays, selon Alexandre Arnoux, « où l’olivier s’essouffle et où la lumière le relaie. » C’est une montagne dénuée de cimes prestigieuses et de glaciers photogéniques, mais éclairée déjà par un ciel méditerranéen, une région que ne hantent pas les grimpeurs célèbres, mais où l’homme a pu et a su se tailler une place. »

    Jean Proal, De la truite au chamois, in : Suite montagnarde

    Lecture des oeuvres de Jean Proal sur les terres de son enfance, à Seyne-les-Alpes

    Le texte continue en un sublime hommage rendu aux paysans des Alpes du sud, « ceux qui ne regardent jamais vers la montagne que pour la surveiller ou parer sa prochaine attaque », ceux qui ont toute l’année, au rythme des crues, des avalanches, des attaques de loups, « tant de dégâts et de désastres à réparer », car « plus que partout, dans la montagne, l’homme est soumis à la terre pauvre, au climat rude, toujours sous la menace d’une catastrophe, oppressé par la grandeur inhumaine de la montagne, sans cesse en sursis. Dans ce pays où chaque faute se paie comptant, le sens des responsabilités s’aiguise, et le goût de la liberté en découle. » L’histoire des Alpes du Sud, c’est avant tout celle de leurs paysans, de leurs bergers, de leurs troupeaux – je vous invite à lire le premier article que j’ai consacré à la Routo, sentier de randonnée suivant les chemins du pastoralisme ancestral à travers la Haute Provence. Aujourd’hui encore, les Alpes du Sud se savourent en goûtant les produits locaux et artisanaux, en achetant aux Maisons de pays qui proposent la vente en circuit court, en rendant hommage au travail de ces agriculteurs valorisant des terroirs difficiles mais si expressifs.

    Que voir et que faire à Colmars-les-Alpes et Seyne-les-Alpes ? Explorer les montagnes des Alpes de Haute Provence
    Maison des produits de pays à Colmars-les-Alpes


    Ce que Proal n’évoque pas ici, mais que nous avons ressenti tout au long de notre séjour en visitant Colmars et Seyne, c’est l’autre menace, celle des canons, des fusils et des épées : la guerre perpétuelle entre la France et la Savoie, la lutte terrible qui se joue dans ces forts reculés à l’extrême limite de la Provence, en face-à-face perpétuel avec l’ennemi. Et lors des guerres plus récentes qui ont ensanglanté le XXe siècle, elle fut aussi un pays de maquisards, de résistants, de déserteurs, d’hommes et de femmes épris de liberté.

    Que voir et que faire à Colmars-les-Alpes et Seyne-les-Alpes ? Explorer les montagnes des Alpes de Haute Provence
    Fort à Seyne-les-Alpes

    Ce pays est riche de cette dureté, de cette beauté tranchante qui vous frappe à l’assaut des cols et des pierriers. Les Alpes du Sud sont âpres, épurées par le soleil qui révèle toute leur éclatante minéralité, elles sont sublimes comme l’est le sentiment d’une radicale liberté. Loin de tout, au plus près de l’essentiel.

    Colmars-les-Alpes, le joyau forteresse au cœur du Haut Verdon

    Pour explorer cette fascinante Haute Provence, Colmars-les-Alpes est un point de départ idéal. Ce village de caractère que surplombent deux forts, au nord et au sud du village, tout cousu de remparts et de hauts murs, a été un coup de foudre esthétique pour moi – c’est un des plus beaux villages des Alpes françaises à mes yeux. Il nous a fasciné par la richesse de son histoire tumultueuse. A deux pas de la frontière entre la Savoie indépendante et la Provence française, il s’est défendu âprement lors de longues guerres, a subi plusieurs sièges et a été en première ligne des longues luttes qui ont ensanglanté la région pendant des siècles. Il s’agit donc bien d’un village montagnard français, d’architecture française, provençale, qui fait contraste avec les villages savoyards que nous connaissons bien et qui est une excellente introduction à ce face-à-face ancestral entre les deux royaumes montagnards. Colmars, c’est aussi un cadre exceptionnel, un décor alpin somptueux. Sous un certain angle, le toit du fort de Savoie s’aligne parfaitement avec la silhouette de Roche Cline, 2415m, et c’est magnifique.

    Que voir et que faire à Colmars-les-Alpes et Seyne-les-Alpes ? Explorer les montagnes des Alpes de Haute Provence

    Conçu par Vauban, le fort de Savoie retrace ces siècles de lutte et offre une vue superbe sur les sommets alentours. Il abrite également concerts, spectacles et autres activités culturelles, dans un cadre solennel où la pierre bâtie répond à la pierre des sommets.

    Que faire à Colmars les Alpes et Seyne les Alpes dans les Alpes de Haute Provence

    Le second fort, celui au sud du village, ne se visite pas, mais sa silhouette est elle aussi majestueuse.

    Que faire à Colmars les Alpes et Seyne les Alpes dans les Alpes de Haute Provence

    On descend ensuite au cœur du beau village, où les placettes colorées, les fontaines et les cadrans solaires respirent le Sud.

    On explore la Maison musée du Haut Verdon, qui abrite la mémoire du pays et un fascinant chemin de ronde au cœur des remparts de Colmars. Les collections sont variées – reconstitutions historiques touchantes, assemblages hétéroclites, hommages à l’armée, joli jardin d’inspiration médiévale -, mais ce qui m’a le plus séduite, c’est le cadre lui-même, cette exceptionnelle maison bourgeoise ouvrant sur plusieurs centaines de mètres de chemin de ronde, révélant la nature profondément militaire de Colmars, village si longtemps sur le qui-vive.

    Colmars est esthétiquement magnifique, avec ses forteresses nichées au cœur des cirques rocheux et ses ruelles méridionales. Nous sommes vraiment en Provence, entre soleil et fontaines bruissantes, et vraiment dans les Alpes, entourés de sommets culminant autour de 2500m, aux portes du parc national du Mercantour.

    Nous déjeunons au bord de l’eau qui clapote et qui chante, à la Table ronde, où nous demandons les spécialités locales et nous régalons de fromages, fruits et charcuteries du coin. Au cœur du village, le cadre est superbe et invite à une douce pause…

    Pépites secrètes du Haut Verdon : cols, cascades et lacs


    Autour du village de Colmars-les-Alpes, magnifique forteresse alpine au cœur des montagnes, coulent les rivières et les routes sinueuses.

    Cascades et vasques de la Lance

    Ici le Verdon prend sa source, et ici cascade la Lance, cours d’eau aux doigts de fée qui sculpte des paysages magiques. Marion et moi avons suivi le cours de la Lance en remontant vers l’amont, d’abord jusqu’à une cascade facilement accessible par un petit sentier de balade depuis le village.

    Puis nous sommes remontées vers l’amont, plus haut dans la montagne sur le site des vasques de la Lance, ces piscines naturelles enchanteresses où j’ai bravé l’eau fraîche des cimes.

    En chemin, nous avons croisé les troupeaux en transhumance, guidés par les bergers et les chiens… nous sommes sur les terres de la Routo.

    Le Col des champs au coucher de soleil

    Elles m’émeuvent, elles me bouleversent. Les Alpes. Au Col des Champs, au-dessus du magnifique village de Colmars-les-Alpes, Marion et moi nous baignons de la lumière magique des Alpes du Sud, de cette minéralité dorée et aride des hauts sommets qui rencontre la douceur fleurie des alpages. Nous sommes ici tout au sud, la mer n’est pas loin, l’Italie non plus, au cœur de cette Haute Provence secrète et radieuse, ce pays de montagnes abruptes qu’adoucissent les soleils du sud. Nous entendons les cris des marmottes. Le soir descend. C’est beau, c’est beau, c’est beau. On est heureuses. Dans l’or du couchant et les trolles dorées, la montagne nous baigne comme une vague…

    que faire à colmars les alpes
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    Le Lac d’Allos, un site exceptionnel à protéger


    C’est le plus grand lac alpin d’altitude d’Europe. A 2230m, au cœur du parc national du Mercantour, ce lac glaciaire turquoise entouré de sommets abrupts est un site d’une richesse et d’une beauté extraordinaires.

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    C’est aussi un site menacé par la sur-fréquentation et les mauvais comportements de certains usagers.
    C’est pour cette raison que depuis l’été 2021, les règles d’accès ont changé, et l’accès au lac sera plus encadré, avec notamment un parking sur réservation et des parkings plus loin du site. Je vous invite à vous renseigner avant votre visite, afin de ne pas être pris au dépourvu. Marion et moi ne pouvions pas imaginer aller dans le val d’Allos sans monter voir ce lac miraculeux, aux airs de Canada provençal, écrin turquoise parmi les cimes abruptes. On en rêvait et il est normal que nous soyons nombreux à en avoir envie. J’espère que les démarches de sensibilisation et les règles de protection permettront à tous de vivre (et pour longtemps) ce que nous avons vécu : un pur éblouissement, un moment de grâce et de magie. Et si vous pouvez, faites comme nous, venez le matin, hors saison… nous étions seules au monde.

    Dormir dans une cabane cosy au Martagon, près de Colmars

    A deux pas de Colmars-les-Alpes, dans le petit village de Villars-Colmars, nous avons passé une très belle nuit insolite et cosy dans les cabanes champêtres du Martagon. Outre les chambres d’hôtel classiques, ce joli établissement tenu par un vrai passionné de ses montagnes propose plusieurs cabanes au pied de la montagne, des cabanes petites mais jolies, confortables et parfaitement aménagées : salle de bain, WC, mini kitchenette, lits confortables, rien ne manque dans cette tiny house boisée et tellement charmante !

    Nous avons aussi beaucoup apprécié la cuisine du Martagon, le dîner savoureux et original, le petit déj où tout ou presque était fait maison, et la déco lumineuse et montagnarde du resto. L’accueil est chaleureux et authentique – une belle adresse à retenir !

    Seyne-les-Alpes, citadelle de la montagne

    Nous sommes dans la partie la plus escarpée des Alpes de Haute Provence, environnées de hauts sommets abrupts, et le village de Seyne est une véritable forteresse des montagnes. A 360 degrés, les sommets l’encerclent, et sur son éperon rocheux, la citadelle Vauban offre une vue imprenable. La visite avec notre guide André de ce beau village de caractère nous permet de plonger dans l’histoire tumultueuse de Seyne, bastion protestant au cœur du chaudron des guerres de religion, place-forte assiégée par les piémontais de la Savoie voisine, forteresse renforcée par Vauban. La vue depuis la citadelle est somptueuse : à 360 degrés, des sommets emblématiques, des pics découpés, d’immenses pentes rocailleuses encerclant le village. Bientôt, un escape game ouvrira dans les murs de la citadelle et renforcera cette impression d’éperon rocheux commandant les hauteurs.

    Les couleurs de la Provence et la verticalité des Alpes se mêlent dans les jolies ruelles remplies de curiosités, comme le clocher parfaitement triangulaire de l’église qui semble avoir été coupé en deux.

    La maison du mulet, un coup de cœur à Seyne-les-Alpes

    Mais au fond de la vallée, la plaine est riche en herbe grasse et verdoyante, ce qui rend Seyne assez unique dans les Alpes du Sud : nous sommes ici en présence d’une vaste vallée fertile, ouverte et fleurie, comme on en trouve en Savoie ou en Isère. C’est cette particularité géographique qui a destiné Seyne à l’élevage de mulets, qui ont fait la fortune du village jusqu’au  milieu du XXe siècle.

    seyne les alpes
    seyne les alpes

    Cet animal hybride, issu du croisement entre un âne et une jument, est stérile, mais sa force de travail et sa rusticité sont incroyables.  A taille égale, le mulet porte et tire plus lourd qu’un cheval, résiste mieux au froid, et mange un tiers moins – autant dire que cet animal était infiniment précieux aux paysans, aux ouvriers, à tous ceux qui vivaient de la montagne. Dans les Alpes françaises, la mule a permis de franchir les cols, construire les routes, cultiver la terre, c’était le trésor et la meilleure alliée du travailleur alpin. L’histoire des Alpes françaises, c’est réellement l’histoire des paysans et de leurs bêtes, de vies rudes et en friction permanente avec la dureté des éléments, des sabots qui foulent les sentiers caillouteux, des chargements tirés par-dessus les sommets abrupts. A la maison du mulet, une expo passionnante retrace cet héritage, et on fait la connaissance des mules, aussi diverses qu’attachantes. Les mules existent de toutes les tailles, de toutes les robes, en fonction des chevaux et ânes qui ont œuvré à leur conception, elles sont redoutablement intelligentes et infiniment attachantes. Ce fut un vrai coup de cœur pour Marion et moi et on vous recommande très chaudement la visite de la Maison du Mulet. L’été, des animations sont proposées au public, comme de belles balades en calèche.

    La Maison abrite d’autres expositions, dont une qui nous a beaucoup séduites, « Les animaux la nuit », promenade scientifique et poétique dans le quotidien des animaux nocturnes.


    Marion et moi avons adoré cette rencontre avec les mules dans le cadre grandiose de Seyne-les-Alpes. L’intelligence et la curiosité de ces bêtes aux grandes oreilles nous ont séduites !

    Une randonnée littéraire à Seyne, sur les traces de Jean Proal

    « Cinq maisons, amarrées de guingois dans une anse de la vallée, comme des barques qui aurait évité sur leur ancre, allongées dans le lit de courants invisibles. Cinq maisons coiffées de chaume ou de bois rouillé, cinq maisons chaudes de vie… »

    Ainsi commence la nouvelle Chantemerle, de Jean Proal. Chantemerle, c’est ici, c’est en vérité le hameau de Sainte-Rose, à Seyne-les-Alpes. Grand écrivain des Alpes de Haute Provence, Jean Proal est né ici en 1904, fils de l’institutrice, et y a vécu jusqu’à son adolescence. Son œuvre est imprégnée de ces paysages et ambiances. Suite montagnarde, De sel et de cendre, Où souffle la lombarde, sont autant d’oeuvres majeures sondant au plus près l’âme et les coeurs du pays de Provence.

    Jean Proal raconte une vie rude, épuisante, où la montagne guette, où les loups dévorent les hommes et où la quête de l’eau brise les couples. Un sentier de randonnée littéraire Jean Proal a été tracé depuis le hameau de Sainte Rose jusqu’aux hauteurs des crêtes, où nous découvrons les fôrests, ces maisons d’alpage où les gens ne vivaient que l’été. Au fil de notre balade, notre adorable guide André nous lit de superbes textes de Jean Proal en harmonie avec le paysage et les ambiances que nous découvrons. Les visions, les mots, la voix grave d’André, les fleurs des champs dans la montagne estivale, le fantôme bienveillant de Proal, tout est magnifique. Un moment d’émotion sur les traces d’un grand écrivain provençal à découvrir.

    Une randonnée littéraire, c’est un magnifique concept, et la personnalité d’André a beaucoup joué dans cette rencontre poétique et touchante.

    « Fontvive c’est, sur le versant des Essarts, la plus haute ferme du terroir de Chantemerle. » 

    Jean Proal, Suite montagnarde
    rando litteraire jean proal seyne les alpes

    « Continuer à se crever de remonter les seaux pesants, vingt fois le même jour buter aux mêmes pierres, se heurter aux mêmes remblais… »

    rando litteraire jean proal seyne les alpes

    « Là haut, d’où ils descendaient, c’était la montagne… »

    rando litteraire jean proal seyne les alpes

    Seyne les Alpes nous touche par la puissance du patrimoine culturel vivant, tangible ici. L’histoire des Alpes, c’est véritablement celle des hommes qui ont eu le courage de les apprivoiser, hiver après hiver, pierre après pierre… Je trouve que ce coin des Alpes du sud a merveilleusement su préserver ce patrimoine humain et cela nous a beaucoup touchées, Marion et moi.

    rando litteraire jean proal seyne les alpes

    La Petite Bonnette, charme et chevaux en Haute Provence


    C’est une chambre d’hôtes de charme, perchée sur sa montagne face au coucher de soleil sur les Alpes. Nous sommes à 1370m d’altitude, au-dessus de Seyne, dans un décor montagnard lumineux dont le crépuscule décuple la beauté hors du monde.
    C’est un chalet de bois cosy et chaleureux, conçu, assemblé et décoré avec soin par un couple adorable, Laurence et Patrick.


    C’est un élevage de lipizzans, de superbes chevaux de dressage, et des balades à cheval à certaines périodes, pour explorer la beauté des hauteurs de Seyne en selle.

    seyne les alpes la petite bonnette
    seyne les alpes la petite bonnette


    C’est une ambiance Far West qui donne envie de road trip, de moto et de chevaux.


    Ce sont des vues superbes et des repas délicieux – la tourte de Laurence a même été à l’honneur dans une émission culinaire !


    Bref, c’est un très beau souvenir pour Marion et moi, et une jolie adresse à retenir dans vos explorations alpines.

    Un point de vue sublime sur le lac de Serre-Ponçon

    Vous le connaissez sans doute : le mythique, magnifique lac de Serre-Ponçon, qui fait la frontière entre Alpes de Haute Provence et Hautes Alpes ! Jusqu’à la construction du barrage en 1959, les crues de l’impétueuse Durance emportaient régulièrement tout sur leur passage, cultures, maisons et mêmes vies. Pierre Magnan, autre grand écrivain de la région, pestait contre le fleuve maudit « va-t’en, belle Durance / Ravager la Provence… ». Construire le barrage cadenassant ses ardeurs ne se fit pas sans sacrifices : un village fut (presque) entièrement englouti, seule la chapelle surnage sur son promontoire devenu île. Aujourd’hui, le lac turquoise est un fabuleux lieu de plaisance et de rêverie, et les points de vue sur cet océan alpin sont de toute beauté. Le décollage de parapente de Saint-Vincent-les-Forts est sans doute un des plus beaux points de vue sur le lac, un véritable balcon sur le turquoise. En attendant de revenir y voler en parapente, j’ai utilisé ma robe pour mettre les voiles…

    lac de serre poncon
    lac de serre poncon
    lac de serre poncon

    Un nid douillet entre lacs et montagne, le Domaine de l’Adoux

    Vous vous en souvenez peut-être : il y a trois ans, j’avais eu un immense coup de cœur pour la station de Saint Jean Montclar dans les Alpes du Sud, la seule station de ski autogérée d’Europe, et pour ses habitants battants et solidaires qui avaient pu sauver leur territoire, leurs emplois et l’avenir de leurs enfants à force de volonté et de courage. Au-dessus du lac de Serre-Ponçon, Montclar déploie ses pentes ensoleillées et ses panoramas somptueux au milieu de mélèzes. Ski, soleil et solidarité, Montclar m’avait infiniment séduite.

    Une station de ski familiale et solidaire dans les Alpes du sud : Saint Jean Montclar, autogérée par ses habitants
    Saint Jean Montclar, station de ski ensoleillée au dessus du lac de Serre-Ponçon, janvier 2018

    Au cœur du projet de reprise de la station se démenaient Odile et Alain, les propriétaires du magnifique domaine de l’Adoux. Le domaine de l’Adoux ? Ce fut notre refuge, notre bulle de rêve et de douceur à Montclar. Cet hôtel-spa délicieusement montagnard et cosy pourrait être défini comme « le seul hôtel savoyard à deux heures de Marseille », avec une superbe piscine et une décoration délicieusement kitsch et chaleureuse, toute de bois clair et petits cœurs enneigés.

    Aujourd’hui, la station de Montclar va bien. On vient y skier avec bonheur, dans un cadre sublime, et j’y reviendrai l’hiver prochain. Et Odile et Alain, après 16 ans à la tête de l’Adoux, ont eu besoin de souffler : un couple belge vient tout juste de reprendre ce bel hôtel à la fois luxueux et familial, où on se sent chez soi. Petit élan de nostalgie en embrassant Odile qui passe la main, mais joie de voir que pour Montclar comme pour l’Adoux, l’histoire continue. Et pour les habitants de Provence, cela reste une des plus belles adresses pour vivre les joies de la montagne, avec la piscine en bonus…

    Je garde un immense attachement à ce pays des Alpes de Haute Provence, à l’intersection de tout ce que j’aime, la majesté des Alpes et la lumière du Sud. Colmars, Seyne, la beauté des lacs, sommets et cours d’eau avoisinant, l’histoire de ces terres respirant l’authenticité, la grandeur littéraire et l’humanité quotidienne, tout me touche. J’espère vous avoir donné, à vous aussi, le désir d’explorer ce haut pays radieux…

    Merci aux Alpes de Haute Provence et à tous les partenaires qui nous ont accueillies pour ces journées lumineuses.

  • La Routo, un GR au cœur du pastoralisme en Provence

    La Routo ? C’est un nouvel itinéraire de grande randonnée, le GR69, qui suit les chemins ancestraux de la transhumance depuis les plaines de la Crau jusqu’aux Alpes italiennes. Sur 520 kilomètres, d’Arles à Cuneo, le marcheur met ses pas dans les pas des bergers qui « faisaient la route » avec leurs moutons blancs par milliers. Les montagnes vivent des hommes qui les arpentent, et les paysages de la Haute Provence ont été dessinés par le sillon patient des bergers et de leurs bêtes franchissant les cols en quête de pâturages plus amènes.

    Ce nouvel itinéraire de grande randonnée plonge donc au cœur d’une des plus anciennes traditions alpines : la transhumance. Pays de pastoralisme, les Alpes du Sud voient depuis des siècles les troupeaux monter l’été sur les verts pâturages d’altitude. Dans les cabanes d’alpage, les bergers et leurs chiens veillent sur les troupeaux qui broutent l’herbe grasse des estives. Le GR69, la Routo, propose de suivre les traces des brebis, franchissant les crêtes à la recherche des prairies.
    Cet été, nous avons emprunté sur deux jours une très belle portion de la Routo dans les Alpes de Haute Provence, ce qui fut l’occasion d’un voyage historique, culturel et patrimonial à la rencontre de cette civilisation pastorale qui a sculpté la Haute Provence. Une randonnée sur la Routo avec un bivouac au Pic de Bernardez, des rencontres avec des bergers autour de Colmars-les-Alpes et de Seyne-les-Alpes, tel fut notre beau programme d’immersion dans l’univers de la Routo.

    Jean Marc Isoard, berger à la cabane des Mulets
    Moutons en transhumance au-dessus de Colmars-les-Alpes
    Coucher de soleil en bivouac sur le GR69, au pic de Bernardez

    J’ai réalisé ce reportage en duo avec mon amie photographe Marion Carcel alias Foehn Photographie. La majorité des photos de cet article sont les siennes.

    Marion et moi en bivouac au pied du pic de Bernardez
    Marion photographiant le coucher de soleil sur le GR69

    La Provence, terre de pastoralisme

    Jean Giono écrivait :

    « Quand les mystères sont très malins, ils se cachent dans la lumière. La Provence dissimule ses mystères derrière leur évidence. »

    Il y a en Provence cette évidence de la lumière, de la minéralité, de la beauté – terre de roches blanches et de soleil qui abonde, promesse éternelle du midi. Mais la Provence, en vérité, est une construction patiente, le travail long et acharné de ces paysans, ces bergers, ces hommes et ces femmes qui ont construit ce pays en usant leurs sabots et ceux de leurs troupeaux.

    La cabane des Mulets au-dessus de Seyne-les-Alpes
    Cairn sur la Routo

    Dans ce pays d’eau rare et de terres arides, le paysan guette les meilleurs pâturages pour y mener son troupeau, et il a besoin de ces deux mondes qui se complètent : la plaine douce et amène, où les bêtes passeront l’hiver, mais que l’été grille, et la montagne, hostile l’hiver, mais terre de vertes et grasses prairies quand l’été brûle les basses altitudes. Pendant des siècles, les paysans de Provence ont cheminé avec leurs bêtes, les menant sur les hauteurs pour la saison estivale, les ramenant en plaine quand l’automne souffle son haleine froide sur les cimes. C’est ce qu’on nomme la transhumance, ce mouvement des troupeaux, deux fois par an, qui a scandé les saisons durant des siècles en Provence.

    Transhumance

    Je laisse la parole à la spécialiste du pastoralisme Sandrine Krikorian, que j’avais interviewée pour mon livre « Provence, Les sillons du soleil » et que j’avais rencontrée dans la plaine de la Crau, là où commence la Routo.

    « Nous sommes ici dans la Crau. C’est une plaine immense d’herbe sèche, une steppe européenne présentant une végétation qui n’existe nulle part ailleurs. Les auteurs anciens la décrivaient comme un désert, avec son paysage monotone à perte de vue, mais ce fut pendant des siècles une des régions agricoles les plus emblématiques de la Provence. On a retrouvé les traces de bergeries datant de l’époque romaine. L’élevage ovin fut pratiquement la seule source de subsistance des populations pendant des générations, et le ciment de l’identité culturelle. Le symbole de Saint Martin de Crau est un mouton, et sa devise, « In pascuis fortuna », la fortune est dans les pâturages. La vie était rythmée par les grandes transhumances, durant lesquelles on conduisait les troupeaux sur les estives au printemps, et les en ramenait à l’automne. A Noël, on célébrait le pastrage : les bergers conduisaient leurs troupeaux à l’église et venaient adorer l’enfant Jésus.
     […] Notre appréhension du pastoralisme s’est toujours construite dans sa représentation : c’est le XIXe siècle qui invente véritablement l’image du berger, avec les récits de Daudet et de Mistral, et les images des peintres provençaux comme Théodore Jourdan, qui peint inlassablement les troupeaux de moutons et leurs bergers. Songez aux grandes transhumances qui ont été organisées à travers toute la Provence en 2013, lorsque Marseille a été capitale européenne de la culture. Il fallait rendre à nouveau visible ce qui sous-tend cette identité provençale. »

    Sandrine Krikorian, in Ariane Fornia, « Provence, Les sillons du soleil », Nevicata, 2019
    Le moulin d’Alphonse Daudet dans les Alpilles
    Les sommets de la Haute Provence à Seyne-les-Alpes sur le GR69

    La Routo ou le GR 69, un nouveau sentier de grande randonnée

    Au cœur de l’identité du pays, il y a ce trait d’union vivant entre les plaines touffues des rivages méditerranéens et les sommets escarpés des Alpes, ce long cheminement des moutons cousant de leur fil blanc laineux l’âme de la Provence.

    Cela fait des années maintenant que les gens de Provence cherchent à sauvegarder, préserver, célébrer ces traditions pastorales qui furent réellement l’âme du pays. L’inauguration de la Routo, ce nouveau sentier (GR69) qui relie et complète des chemins de randonnée existants pour former le trait d’union entre la Crau et les Alpes italiennes, s’inscrit dans ce mouvement. Le GR69 peut être entièrement parcouru à pied, mais certaines portions se réalisent également à cheval, à vélo, à VTT, et le tracé me semble superbe et varié, des plaines fleuries aux sommets abrupts.

    Sur le chemin, de nombreuses stations célèbrent cet héritage paysan pluriséculaire. Car le patrimoine pastoral de Haute Provence est bien vivant – nous nous en sommes aperçu dès notre premier jour de reportage.

    Une rencontre avec les bergers des Alpilles à Colmars-les-Alpes

    Nous sommes fin juin en Haute-Provence, à Colmars-les-Alpes, sublime village fortifié au cœur des plus hauts sommets de la région, dont je ne manquerai pas de vous reparler. Nous sommes venues découvrir un site naturel superbe, les vasques de la Lance, une série de cascades féeriques. Mais sur la route qui nous mène au départ de la randonnée, nous les rencontrons : les moutons, les centaines de moutons.

    Aujourd’hui, les temps ont heureusement changé, et les bergers que nous rencontrons n’ont pas fait à pied toute la route traversant la Provence, un camion les y a aidés. Mais comme autrefois, les éleveurs que nous rencontrons viennent des Alpilles, cette sublime région de calcaire blanc et de tournesols chantée par Van Gogh et Daudet.

    Eygalières, dans les Alpilles
    Les Baux de Provence, dans les Alpilles

    Comme autrefois, ils viennent sur les sommets du Haut-Verdon offrir à leurs bêtes la fraîcheur de la montagne et des estives verdoyantes. Les derniers kilomètres se font à pied.
    Les bergers qui resteront tout l’été aux côtés des troupeaux sont flanqués de deux types de chiens, les chiens de troupeau, de style border collie, qui guident et rassemblent les bêtes, et les chiens de protection, les patous, ayant pour mission de protéger les moutons du loup revenu dans les alpages. Durant tout l’été, les bergers veilleront sur les brebis nuit et jour, avec leurs chiens, leurs clôtures nocturnes, leurs patrouilles constantes, pour que les ovins broutent en paix.
    Nous vivons un beau moment de rencontre avec ces éleveurs et bergers venus d’Eygalières, mon village préféré des Alpilles, venus se réfugier da la fournaise de l’été dans les hauteurs fraîches du Haut-Verdon.


    Après avoir admiré cette belle agitation rythmée par bêlements et tintements, il est temps de nous mettre en route à notre tour.

    Un bivouac au pic de Bernardez sur la Routo

    Nous n’avons ni brebis ni chien, mais des images plein la tête. C’est notre tour de nous mettre en route sur la Routo.

    Nous sommes à Seyne-les-Alpes, dans la vallée de la Blanche. Notre itinéraire va nous conduire au sommet du Pic de Bernardez (2430m), une des difficultés abruptes et ardues que les bergers devaient vaincre pour gagner les verts pâturages : après les pierriers, les sentes raides et les falaises vertigineuses, le chemin rejoindra de doux alpages où les sources abondent. Nous suivons les marques rouges et blanches le long de cet itinéraire alliant passion outdoor et histoire patrimoniale et humaine très forte Ici, la montagne a le visage des bergers, et ces sentes escarpées puis fleuries qui ont la beauté de l’intemporalité.

    Faire à notre tour la Routo…

    En montant vers le pic de Bernardez, les chemins sont tout d’abord minéraux, abrupts et vertigineux. Il faut franchir ces murailles pour gagner la douceur des estives…

    Marcher sur un morceau de ce nouveau GR alpin, provençal et patrimonial, c’est s’inscrire dans une longue histoire humaine… et les sources sont ici répit ancestral.

    Nous montons jusqu’à la croix, au sommet du Pic de Bernardez, et nous contemplons les montagnes de Haute-Provence baignées de lumière…

    Puis en contrebas du pic, c’est la descente vers les estives plus amènes, vers un paysage d’herbe tendre et de lacs au loin, et on imagine la joie des troupeaux et de leurs bergers franchissant le col et descendant des hauteurs rocheuses vers cette douceur bucolique.

    Au pied du pic, dans une prairie tendre, nous montons la tente pour la nuit. C’estl’heure du bivouac.

    GR69 la routo

    Il y a tout pile trois ans, j’avais vécu avec Marion mon tout premier bivouac, face au Mont Aiguille dans le Vercors. Une expérience magique qui m’a donné à vie la passion des levers et des couchers de soleil au sommet des montagnes, seules face à la beauté immense du monde. Nous avons souvent bivouaqué depuis, dans nos Alpes ou ailleurs parfois. Cette fois, nous avons posé notre tente au pied du pic de Bernardez, dans une prairie où jouaient des dizaines de marmottes curieuses de nous découvrir. Le coucher de soleil sur les Alpes de Haute Provence était grandiose. Encore une fois, l’enchantement a eu lieu, la magie de la montagne a opéré, et on a ressenti toutes les deux ce sentiment d’évidence : on était exactement là où on avait envie d’être. Puissance éternelle des Alpes…

    GR69 la routo
    GR69 la routo
    GR69 la routo
    GR69 la routo
    Le soir sur les Alpes de Haute Provence.

    Au matin, un coucher de lune salue notre réveil à l’aube.

    GR69 la routo

    Puis le lever de soleil se fait radieux et la lumière baigne la montagne.

    la routo GR69
    la routo GR69

    Dans le jour éclatant, nous redescendons vers les lacs et les cabanes estivales des bergers, jusqu’à retrouver la forêt…

    la routo GR69
    la routo GR69
    la routo GR69

    Rencontre avec le berger Jean-Marc Isoard

    Marion et moi reprenons la voiture et montons par une piste complètement défoncée (merci le 4×4 !) jusqu’à la Cabane des Mulets. Dès notre arrivée, la beauté idyllique du lieu nous frappe : au pied de la cabane perdue au beau milieu de la montagne, une rivière claire et fraîche coule des sommets, ruisselle sur les rochers et abreuve des rivages fleuris.

    C’est ici que le berger Jean-Marc Isoard passe chaque été depuis 35 ans, dans la cabane aux volets bleus au bord du torrent, à veiller sur les bêtes.

    Jean-Marc nous frappe par le caractère intact de sa passion de la montagne. Il aime ce métier, cela se sent. Il aime cette vie solitaire et solaire au plus près des sommets, dans le contact permanent des bêtes. Cela fait 35 ans qu’il passe l’été ici, l’automne en Crau, 35 ans qu’il garde les troupeaux et arpente chaque recoin de cette région, et l’émerveillement est toujours aussi fort dans son regard. Il est installé dans cette cabane assez chiche, où l’aménagement semble dater d’un autre temps, qui pourrait presque être celui de Daudet, mais le seul objet ultra high tech qui l’agrémente, c’est une lunette ultra puissante avec laquelle il scrute les pentes herbeuses. « Dès que j’ai une minute de libre, je cherche les bouquetins. » A la lunette, il nous montre les compagnons cornus de ses troupeaux, les gros bouquetins à l’assaut des pentes raides, les oiseaux, les renards, et toute la faune des cimes.

    Le loup ? Lui qui garde des troupeaux de bovins n’en souffre pas tant. Ce sont les éleveurs ovins qui sont en première ligne, d’autant que les loups sont particulièrement abondants dans les Alpes du Sud, tout près de l’Italie d’où ils sont revenus dans nos contrées.
    Mais Jean-Marc nous raconte les tensions que provoquent les patous, les chiens de protection des troupeaux. « Les gens ne connaissent pas toujours les chiens, et ils ont de mauvaises réactions. Le chien fait son travail, il protège le troupeau, il aboie et vous dissuade d’approcher. Mais au lieu de s’éloigner et de contourner le troupeau, certaines personnes vont frapper le chien avec un bâton, ou utiliser une bombe au poivre… Le chien devient fou. On se retrouve avec des morsures et des procès ». Je sais qu’il a raison : les affaires de touristes mordus par des patous font régulièrement les gros titres, et sont un problème épineux à l’heure du retour du loup, où il est si difficile de concilier protection des troupeaux et usage touristique de la montagne par les randonneurs ! L’occasion de rappeler des règles de bonne conduite fondamentales en présence de troupeaux : pour éviter tout ennui, il nous faut tenir nos chiens en laisse, contourner les troupeaux de loin et respecter les manœuvres d’intimidation d’un patou qui aboie en n’allant pas plus loin…

    Pour concilier troupeaux et touristes, randonneurs et bergers, des règles élémentaires à adopter face aux chiens de protection : contourner le troupeau, descendre de son vélo, réagir avec calme et mesure, ne pas provoquer le chien, tenir le sien en laisse…

    S’il est intemporel, le métier de berger est plus que jamais d’actualité : alors que les grands prédateurs (loups dans les Alpes et ours dans les Pyrénées) reviennent dans nos montagnes, il nous faut des bergers attentifs et présents, à même de protéger les troupeaux jours et nuit des dangers… et des éleveurs qui puissent les rémunérer correctement. Jean-Marc nous raconte travailler depuis des décennies avec les mêmes éleveurs, et être satisfait de ses conditions de rémunération et de vie, malgré l’aménagement un peu rock’n’roll de cette cabane surannée. On sent chez lui une âme éprise de grands espaces et de liberté, que peu de confort satisfait. La beauté inouïe du cadre compense le caractère frugal de la cabane. Il nous montre les lits qu’il a aménagés pour les jours où ses enfants et petits-enfants lui rendent visite dans sa montagne magique, les bricolages ingénieux et les souvenirs amassés. C’est la magie des Alpes : leur splendeur et leur intemporalité vous dédommagent des désagréments du froid, de la frugalité et du combat permanent avec les éléments. Au cœur de l’été dans les Alpes de Haute Provence, quand le soleil du midi frappe les pentes colorées, on en oublierait presque la dureté du métier de berger et on se surprend à rêver de rester à ses côtés pour voir le soleil se lever sur les sommets…

    Nous revenons de notre incursion sur la Routo comme d’un long voyage à travers le temps, fatiguées et émerveillées, heureuses de cette expérience empreinte d’une profonde authenticité. Et vous ? Prendrez vous le chemin des transhumances sur le GR69 ?

    Merci aux Alpes de Haute Provence et à tous les organismes partenaires du projet pour ce beau reportage fort en émotions.

  • Les merveilles du nord du Gard : l’autre Provence

    Amoureux de la Provence, avez-vous déjà traversé le fleuve pour découvrir sa petite sœur occitane ? Au nord du Gard, là où les rivières Cèze et Ardèche baignent les terres dorées de leur douceur rafraîchissante, il existe sur la rive ouest du Rhône une autre Provence méconnue. La destination Provence occitane, qu’on appelait le Gard rhodanien à mon époque, compte pas moins de 4 villages labellisés parmi les plus beaux de France : La Roque sur Cèze, Aiguèze, Montclus et Lussan. Leur beauté n’a pas à rougir de la comparaison avec d’autres villages provençaux emblématiques, ceux du Luberon et des Alpilles, et un délicieux parfum de dolce vita flotte dans leurs calades ombragées de cyprès.

    Que faire dans le Gard rhodanien, que faire en Provence occitane ? Aiguèze
    Aiguèze
    Que faire dans le Gard rhodanien, que faire en Provence occitane ? Découvrir La Roque sur Cèze, les cascades du Sautadet
    La Roque sur Cèze


    La vallée de la Cèze, c’est aussi une destination outdoor complète, avec de sublimes randonnées, des descentes en kayak familiales et bucoliques, et des sorties en VTT sur de superbes sentiers forestiers avec vue sur le Mont Ventoux.


    Et enfin, le Gard rhodanien se déguste, se savoure en nectars gorgés de soleil : délicieux vins de ce terroir des Côtes du Rhône méridionaux, huiles d’olive douces et riches d’arômes.


    Nous sommes ici chez moi ou presque : j’ai grandi à quelques kilomètres au nord d’ici. Je vous emmène explorer une région que je connais bien, et que j’aime depuis longtemps. Nous sommes à deux pas de là où j’ai grandi, dans cette Provence du nord moins célèbre mais tout aussi belle et riche en pépites. Cette région, je l’aime d’amour, et je suis très heureuse de vous la montrer. Que faire en Provence occitane ? Partons explorer ensemble le nord du Gard, la région d’Aiguèze, la vallée de la Cèze, ses villages et ses escapades nature, entre rivières et cascades.

    Perles du Gard : les quatre plus beaux villages de France en Provence occitane

    Quatre villages, quatre joyaux. Entre les rivières Ardèche et Cèze se déroule un chapelet de beautés lumineuses. Labellisés plus beaux villages de France, La Roque sur Cèze, Aiguèze, Montclus et Lussan méritent bien leur titre et réservent au voyageur curieux de délicieuses flâneries.

    La Roque sur Cèze et les cascades du Sautadet

    Les cascades du Sautadet ? C’est un site magique, exceptionnel, au pied de La Roque sur Cèze. J’étais déjà tombée sous le charme de cette curiosité géologique inattendue et incroyablement puissante il y a des années, mais on ne se lasse pas d’une telle vision.

    Les villages que j’ai découverts au nord du Gard, dans cette belle région ensoleillée et authentique, sont nombreux à être traversés par la Cèze. A Montclus ou à Goudargues, la Cèze est douce, apaisante, paisible, elle inspire chaleur et douceur. Mais à la Roque-sur-Cèze, le village des cascades, elle est puissante et vengeresse. Un peu de sauvagerie dans cette infinie douceur méridionale – pourtant, au XIXe siècle, les moulins sur la Cèze ont fait la fortune du village. Mais l’eau en Provence est toujours traître, entre aridité et crue cévenole, entre sécheresse et furie.

    Que faire dans le Gard rhodanien, que faire en Provence occitane ? Découvrir La Roque sur Cèze, les cascades du Sautadet

    Les cascades du Sautadet sont un site incroyablement dangereux. Hélas, de nombreuses vies humaines ont été emportées par les tourbillons terribles de cette gorge en furie. L’érosion a sculpté des marmites de géant qui happent les baigneurs imprudents et les gardent dans les profondeurs. On ne saurait trop le répéter : allez voir ce site, allez l’admirer, vous enivrer de sa puissance et sa beauté, mais surtout n’entrez pas dans l’eau, restez à l’abri…

    Plus haut, loin du fracas des cascades, La Roque sur Cèze émerveille. Village provençal typique et idyllique, avec ses cyprès méditerranéens, ses calades montant vers le château du XIIIe siècle, son éperon rocheux perché au-dessus des vignes des côtes du Rhône, sa mosaïque de toits dorés et ocres, qui évoquent les grandes carrières du XIXe siècle, sa douceur teintée de bleu lavande, elle a inspiré les artistes. La maison bleue qu’on déniche au détour d’une ruelle a accueilli les poètes Aragon et Neruda.

    Des idées pour savourer Aiguèze, balcon sur l’Ardèche, sublime donjon

    Je ne devrais pas vous le dire, mais je suis partiale : le sublime village d’Aiguèze, véritable balcon médiéval au-dessus des gorges de l’Ardèche, est mon préféré de cette collection de joyaux gardois. J’y ai d’ailleurs fêté l’anniversaire de mes 25 ans, au restaurant Le Bouchon, que j’aime beaucoup. Aiguèze est magique, mon coup de cœur absolu dans le Gard depuis toujours, l’alliance parfaite de la géologie, du patrimoine et de l’art. Le village tout entier a des airs de château perché au-dessus des gorges, il est peuplé d’artistes, de fées et de dragons…

    Voici quelques idées pour découvrir Aiguèze.


    Profitez des panoramas majestueux qu’offre le village. Empruntez le chemin de ronde, montez en surplomb du cœur de ville, cherchez les points de vue sur la rivière Ardèche. Aiguèze est un éperon, un balcon, avec une vue extraordinaire sur les gorges qu’il surplombe et sur le mont Ventoux au loin.


    Arrêtez-vous absolument sur la sublime place du Jeu de Paume. Admirez l’exceptionnelle beauté néo-gothique de l’église Saint Roch, avec ses fresques de style byzantin d’une rare pureté, la douceur des traits et la vivacité des couleurs, dégustez la beauté de chaque détail et régalez vous de ces harmonies parfaites entre créneaux dorés et oliviers.

    Dégustez une délicieuse planche de produits 100% locaux au chaleureux Café Chabot. Conviviale, l’équipe prêche le localisme, avec des produits succulents tous issus d’un rayon de 20 km autour d’Aiguèze, entre Gard et Ardèche. Fromages de brebis et de chèvre, charcuteries, mini burgers, tout est un délice.

    Entrez dans une des nombreuses boutiques et galeries de ce village d’artistes, repartez avec une œuvre, une curiosité… Faites comme ma mère et craquez pour une tête de dragon au baroque Cabinet de curiosités, délicieux bric-à-brac artistique et ésotérique. Je ne vous dis pas notre dégaine dans les rues du village, entre ma copine Elisa qui avait son bébé chien, ma mère son énorme crâne de dragon et moi ma grande robe de blogueuse… mais à Aiguèze, les originaux sont bienvenus ! Continuez par un tour à la Grange aux artisans, où plusieurs artistes talentueux proposent des créations inédites et artisanales.

    Montclus, la douceur de la vallée de la Cèze

    C’est un village hors du temps préservé par l’écrin d’un méandre de la Cèze. Montclus, dont le nom évoque sa situation entourée de collines, à l’abri du monde, est structuré autour du donjon médiéval de son château du XIIe siècle. A l’intérieur des remparts qui le ceignent, c’est un étrange dédale, un labyrinthe tissé de voûtes et de calades où aucun élément moderne ne transparaît. Sur la Placette où on déguste une glace à la lavande, le temps semble suspendu. Au pied du village, la Cèze coule, ici douce et amène, et en juillet, un tapis de lavandin emporte Montclus dans une vague de violet. Il y fait bon se promener à l’ombre des ruelles, dans ce joyau intemporel…

    Montclus

    Je n’ai pas vu lors de ce séjour Lussan, le 4e village, mais c’est un endroit que je connais bien : j’y étais venue une première fois il y a dix ans, pour un salon du livre, et tout récemment en avril dernier, pour la célèbre randonnée des concluses, que je vous recommande chaleureusement, elle est somptueuse.

    Déguster le nord du Gard : que faire en Provence occitane ? Activités outdoor et dégustations

    Quelques idées pour profiter d’un séjour savoureux dans le Gard rhodanien…

    Au détour de la rivière : kayak sur la Cèze à Goudargues

    Je trouve que le kayak est d’une des activités les plus relaxantes et apaisantes qui soient, surtout sur une rivière calme et douce comme la Cèze : on se laisse porter au fil de l’eau, au cœur de la verdure, on guette en transparence les poissons et les fleurs aquatiques… La Cèze est riche de biodiversité, ses eaux claires abritent des dizaines de poissons. Elle est facile, accessible aux familles, et permet des parcours sans danger. Nous sommes bien loin de la furie tourbillonnante des cascades du Sautadet, le seul endroit où j’ai vu la Cèze en colère ! J’aime beaucoup cette rivière qui abreuve plusieurs des plus beaux villages du Gard, et qui ajoute de la douceur et de la fraîcheur à la carte postale…


    Je recommande de prendre un kayak solo plutôt qu’en tandem : plus léger et maniable, il se dirige mieux et évite aussi les disputes de couple. Notre parcours commence chez Cèze Canoës à Goudargues, un autre magnifique village du Gard, dont je vous recommande aussi chaleureusement la visite : la « petite Venise gardoise » est célèbre pour ses canaux.

    Un tour en VTT en Provence occitane

    Explorer les beautés du Gard à VTT ! En Provence occitane , on regorge de pépites méconnues et magnifiques, comme cette chapelle romane du XIIIe siècle, Sainte Agnès, au village de Saint Paulet de Caisson, qui a des airs de petite Toscane. Entre pépites du patrimoine et sentiers forestiers préservés débouchant sur des vues sublimes sur le mont Ventoux, on part explorer la région avec Provence Bike Tour. Frédéric est un passionné qui a changé de vie pour se consacrer à 100% au vélo et guider les voyageurs à travers sa sublime région natale. Le VTT avec assistance électrique, c’est fabuleux pour les gens comme moi qui avaient quelques appréhensions : cela aide vraiment à franchir le cap de pouvoir être un peu aidé dans les montées au cœur des bois, d’autant que nous avons effectué la quasi totalité de notre sortie sur de magnifiques chemins en pleine forêt, avec la sensation d’être seuls au monde.

    Que faire dans le Gard rhodanien, que faire en Provence occitane ?VTT dans le Gard
    Que faire dans le Gard rhodanien, que faire en Provence occitane ?VTT dans le Gard
    gard

    La sortie s’achève au-dessus de la somptueuse chartreuse de Valbonne, autre chef d’œuvre du Gard rhodanien, avec ses bâtiments majestueux, ses tuiles vernissées qui me rappellent la Bourgogne, et sa vénérable histoire de silence, de prière et de beauté. On a adoré cette matinée d’immersion entre perles du patrimoine et oxygénation en pleine nature.

    Déguster le Gard : belles adresses entre vins et huile d’olive

    Sur le terroir des Côtes du Rhône du sud, le versant le plus ensoleillé, la Provence occitane est une très belle région de vins. Cette région un peu secrète compte beaucoup de petits vignerons indépendants et passionnés. Quelques idées…

    La jolie et douce chambre d’hôtes La Parenthèse est tenue par Ariane, œnologue passionnée qui a longtemps travaillé pour des maisons de champagne prestigieuses, présidé les jurys de grands prix, et partage aujourd’hui ses immenses connaissances avec un atelier dégustation de grande qualité. Le cours est très riche, et empreint de la passion authentique qui anime Ariane. Elle nous raconte le caractère sensuel d’une dégustation, comme une histoire d’amour qui se vit peu à peu et où chaque sens est en éveil. D’abord la vue, pour savourer la robe, puis le nez, pour humer les arômes, puis le goût et le toucher, pour déguster la texture et les mille nuances d’un vin de qualité. Ariane nous apprend à faire tourner le vin, à le faire revenir en bouche, à guetter dans la couleur et les traces de « gras » laissés sur le verre les indices quant au taux d’alcool. Elle nous montre le tableau des innombrables arômes du vin, des plus classiques (fruits rouges, cerise…) aux plus étonnants (fourrure, bonbon anglais, banane, tabac). Elle nous fait goûter les bouteilles de vignerons indépendants et de grande qualité, comme le domaine Ridao, dont le blanc me fait craquer.

    La dégustation nous a ouvert l’appétit et nous dînons en table d’hôtes avec Ariane et Arnaud, avant de dormir dans une très jolie chambre bleue et apaisante, au calme. Au petit déjeuner, les produits maisons sont à l’honneur, comme cette délicieuse confiture d’arbouses…


    Au Domaine Grand Vigne, Mélanie incarne la troisième génération de vignerons passionnés et cultive avec rigueur des cuvées aux beaux noms évocateurs, toute une poésie du vin de terroir : Éclosion, Horizon, ou encore Floraison, un délicieux rosé qui fut mon plus grand coup de cœur. Ses vins ont été plusieurs fois primés et continuent de prouver la qualité de ce terroir où on prend le temps de faire mûrir ses rêves vinicoles.

     
    L’huile d’olive de qualité se déguste aussi comme un bon vin ! Au Moulin des Sables, Sandra et Sébastien pressent une huile d’olive vierge de qualité, ancrée dans ce terroir ensoleillé. Plusieurs variétés d’olives composent ces nectars dorés – la plus douce et fruitée est ma préférée ! J’ai beaucoup apprécié la rencontre avec cette famille chaleureuse et souriante, où la petite a eu la gentillesse de m’offrir un sachet de lavande en souvenir… joli morceau de Provence occitane.

    Je ne suis jamais très loin du Gard rhodanien, j’y reviens souvent pour une soirée ou une sortie entre amis. J’aime profondément la douceur de cette région belle et discrète, qui n’a pas encore reçu toute la lumière qu’elle mérite. Il faudrait aussi que je vous parle de la beauté d’autres villages moins célèbres, de Vénéjan et de Saint Alexandre, du somptueux moulin, de Pont Saint Esprit penché sur le Rhône, des grottes fastueuses comme celle de la Salamandre, de la bambouseraie d’Anduze, des itinéraires équestres le long de la Cèze, des vestiges romains du camp de César ou encore du château de Gicon au milieu des vignes à Chusclan, d’Uzès la merveilleuse… mais ce sera pour une autre fois.

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    Merci à la destination Provence occitane pour ce bel accueil, et à tous les prestataires rencontrés pour leur grande gentillesse.

  • Un rêve d’été indien dans le Golfe de Saint Tropez

    Le Golfe de Saint Tropez ? C’est comme une incursion de douceur tropicale sur la côte française, un havre de douceur et de beauté plein sud. Ici l’été est plus long, le jour plus lumineux. Début octobre, Marion et moi sommes venues savourer l’été indien dans cette région radieuse, et découvrir plusieurs facettes du Golfe, côté nautique, gastronomique, patrimonial ou paysager. Des couchers de soleil hollywoodiens, des restos merveilleux, des activités profondément dépaysantes, c’est ce que nous avons vécu à Saint Tropez et alentours, dans ce chapelet de merveilleux villages azuréens que la Méditerranée baigne de douceur. Prolonger l’été, chercher le soleil et vivre la dolce vita au bord de l’eau, c’est toute l’année dans ce pays béni des dieux ! Ce sont ici les plus belles plages de France à mes yeux, et un climat exceptionnel, où bougainvilliers, palmiers et bananiers s’épanouissent comme sous les Tropiques…

    Dans les jardins de la Toison d’Or
    Sur la plage de Pampelonne
    Dans les vignes à Cogolin

    J’ai réalisé ce reportage en duo avec mon amie photographe Marion Carcel alias Foehn Photographie. Nous formons ensemble un binôme de blogueuses et photographes passionnées sous le nom d’Itinera Favonia. Toutes les photos de cet article sont les siennes (cette fois-ci, j’ai délaissé l’appareil photo pour me consacrer aux réseaux sociaux !), à quelques petites exceptions près, notamment les photos de Marion, évidemment !

    Que faire dans le golfe de Saint Tropez ? Vivre l'été indien ! Idées de choses à faire, à voir et d'activités dans le golfe de Saint Tropez à l'automne
    Marion et moi face au coucher de soleil à Gigaro

    Pourquoi vivre l’été indien dans le Golfe de Saint Tropez : un automne idyllique


    A l’époque où je vivais à Aix-en-Provence, je passais tous mes week-ends de belle saison sur ces plages, et la belle saison était longue et douce. Il y a un sentiment d’évidence ici, de joie profonde, spontanée, qui pousse à se demander pourquoi on retourne vivre ailleurs. Les journées se parent ici d’une douceur exceptionnelle. Dans chacun des villages du Golfe, à chaque point de vue, la mer nous enveloppe de sa tendresse, une promesse scintillante d’apaisement et d’immensité. Ce golfe en forme de croissant de lune où la mer s’avance et s’assagit, plus chaude et calme, plus amicale, c’est la magie pure de cette région. Nous étions début octobre, et nous avons pu nous baigner, partir en mer, vivre en robe d’été, comme si le temps n’avait pas de prise sur nous… Oui, vraiment : dans le golfe, nous sommes au Paradis-sur-France.

    Sur la plage de Pampelonne en pirogue polynésienne
    Sur la plage de Gigaro
    Sur la plage de la Bastide Blanche


    Voici une série de choses à faire, d’expériences à vivre et de beautés à voir pour profiter de votre séjour dans le golfe de Saint Tropez.

    Notre été indien dans le golfe Saint Tropez : le programme du séjour

    La région touristique du golfe de Saint Tropez englobe non seulement la mythique capitale des jet-setteurs, mais aussi d’autres beaux villages alentours, sur le littoral et à l’intérieur des terres, entre le massif des Maures et les eaux de la Méditerranée.
    Demandez le programme ! Voici déjà un aperçu des lieux visités et des choses vues lors de notre séjour :

    * A La Garde Freinet, découvrir deux points de vue somptueux, un village un peu secret et un très bon resto, Le Petit Freinet

    * A Cogolin, goûter aux excellents vins du littoral tropézien au Domaine de la Giscle

    * Sur la mythique plage de Pampelonne, entre Saint Tropez et Ramatuelle, s’essayer au paddle yoga avec Pep’s Spirit, manger dans un resto de plage, et dormir dans un merveilleux jardin tropical à La Toison d’Or

    * A Ramatuelle toujours, partir en kayak de mer depuis le superbe site de l’Escalet avec Pep’s Spirit et explorer le Cap Taillat

    * A La-Croix-Valmer, découvrir le magnifique site de Gigaro avec une promenade sur le sentier littoral en coucher de soleil et un dîner gastronomique au Refuge

    * A Cavalaire, se promener sur le port et déguster une pizza exactement comme à Naples au Bellini

    * A Gassin, profiter d’une visite guidée et d’un beau point de vue

    * A Saint-Tropez, découvrir l’histoire maritime de la ville à la Citadelle

    Sur la plage de Pampelonne 

    La plage de Pampelonne ? Même si vous ne connaissiez pas son nom, vous l’avez sans aucun doute déjà vue en film ou en carte postale. La plage de Pampelonne est réellement une des plus belles d’Europe, et une des plus iconiques. Cette très longue plage en forme de demi-lune s’étend sur plusieurs kilomètres entre St Tropez et Ramatuelle et a été rendue célèbre par le film Et Dieu créa la femme, avec Brigitte Bardot, car des scènes mythiques et torrides ont été tournées dans ce cadre de rêve. Impossible de séjourner dans le golfe de Saint Tropez sans venir marcher sur cette plage, ou piquer une tête à la belle saison (qui peut être très longue, d’avril à novembre les bonnes années !).

    Que faire dans le golfe de Saint Tropez ? Vivre l'été indien ! Idées de choses à faire, à voir et d'activités dans le golfe de Saint Tropez à l'automne
    Pampelonne, une des plus belles plages du monde. Photo prise un premier octobre.

    Pampelonne : se régaler à un resto de plage privée

    De nombreuses plages privées et paillotes chic émaillent Pampelonne, de façon discrète et sans abîmer le cadre exceptionnel. Ce sont des restos de qualité, haut de gamme, un peu chers mais offrant une expérience culinaire et un cadre juste extraordinaires. Nous en avons testé un, le Playamigos, pour deux raisons principales : parce qu’il était juste à côté de notre hôtel, La Toison d’Or, et parce qu’il proposait des spécialités orientales, notamment libanaises. Manger des falafels les yeux dans un turquoise inouï, les pieds dans le sable : ma définition du bonheur.

    Pampelonne : découvrir le paddle yoga et la pirogue hawaïenne

    Faire un équilibre sur une planche de paddle lors d’un cours de yoga sur l’eau, vous êtes cap ? Un tour de pirogue à balancier comme les polynésiens, ça vous dit ? C’est ce que Marion et moi avons vécu sur la plage de Pampelonne grâce à Pep’s Spirit.


    Pep’s Spirit, c’est une compagnie dont je suis fan depuis plusieurs années, car j’adore leur esprit : des activités nautiques et terrestres 100% nature, sans moteur, et la possibilité de découvrir les plus beaux endroits du Golfe de façon active et écolo. Pep’s Spirit est implanté à plusieurs endroits dans le golfe de Saint Tropez, dont sur la plage de Ramatuelle.

    Que faire dans le golfe de Saint Tropez ? Vivre l'été indien ! Idées de choses à faire, à voir et d'activités dans le golfe de Saint Tropez à l'automne

    Ils proposent du paddle, du kayak, du VTT, du yoga… et nouveauté totale pour moi, la pirogue à balancier (exclusivement à la base située sur la plage de Pampelonne à Ramatuelle). C’est avec ce type de pirogue que les Polynésiens ont autrefois traversé les océans, rejoignant les îles d’Hawaï depuis Tahiti. Elle est légère, rapide, elle fend l’eau à toute vitesse, et Marion et moi avons adoré la sensation… Je vous recommande vraiment l’expérience : moi qui ai toujours adoré le kayak, la pirogue à balancier (en VO outrigger canoe) l’a détrôné dans mon cœur ! Nous nous serions crues dans un Disney, et notre adorable moniteur a dû subir les chansons de Vaïana pendant toute la (magnifique) balade autour du cap Camarat … La vision des palmiers de cette plage mythique depuis notre pirogue m’a beaucoup séduite… j’ai eu l’impression d’horizons lointains et exotiques, comme si j’avais ramé jusqu’à des latitudes autrement plus tropicales !


    Nous avons enchaîné avec une séance de paddle yoga : tenir les poses (asanas) sur une planche de stand up paddle en équilibre instable sur les flots. Nous avons certes été moins gracieuses, et quelques plongeons ont ponctué nos efforts, mais quand même, je suis très fière de dire que nous avons enchaîné de nombreux asanas sur une planche vacillant au-dessus des eaux translucides de Pampelonne.

    Petite parenthèse : l’offre Amusez vous de Golfe Saint Tropez Tourisme

    Lors de vous séjour dans la région, je vous recommande vraiment ce type d’activités à la fois zen et sportives : je trouve qu’elles permettent de profiter pleinement de la beauté du Golfe, en découvrant la côte autrement, de façon active et fun.
    Le golfe a bien compris le plaisir que les touristes pouvaient tirer de ce type d’activités, et a développé une offre outdoor riche et variée. Sous le nom de Guide Amusez Vous, l’agence Golfe Saint Tropez Tourisme a regroupé tous les prestataires outdoor (les activités sont extrêmement variées, de l’équitation au parachute ascensionnel en passant par la trottinette) à des tarifs préférentiels : vous bénéficiez de réductions en passant par eux. N’hésitez pas à consulter le guide Amusez vous, cela vaut le coup. Voici ici le lien vers la brochure Amusez-vous 2020-2021.

    Pep’s Spirit est bien sûr l’un des piliers de l’offre. Je vous recommande TOUT ce que propose Pep’s Spirit, que j’adore depuis des années, mais alors vraiment, la pirogue polynésienne, quel coup de cœur…

    Pampelonne : un hôtel merveilleux,
    La Toison d’Or

    Envie d’évasion lointaine, mais compliqué de passer les frontières en ce moment ? Je vous présente la Toison sur la plage de Pampelonne entre Ramatuelle et St Tropez, l’énorme coup de cœur de notre séjour varois.

    Que faire dans le golfe de Saint Tropez ? Vivre l'été indien ! Idées de choses à faire, à voir et d'activités dans le golfe de Saint Tropez à l'automne

    Quel coup de foudre ! Marion et moi avons eu le cœur qui bat la chamade en découvrant notre hébergement pour ces deux nuits dans le Golfe, La Toison d’Or : un hôtel de bungalows chics, type cabanes de safari en pleine savane, installé sur la plage de Pampelonne.

    Nous avons dormi dans nos jolies maisons face à la mer… les yeux dans le soleil levant, à deux pas à peine des vagues… une incroyable évasion idyllique dans le sud de la France. Imaginez : depuis notre terrasse, nous n’avions que quelques mètres à faire pour nous jeter dans les flots. Sur cette plage orientée plein Est, le soleil se levait face à nous comme un fruit doré et illuminait notre salon blanc, notre cuisine équipée et nos jolies chambres confortables. Il est 7h du matin, un premier octobre, et le jour se lève rouge et or. C’est une sublime arrière-saison. L’eau est tiède, le ciel lumineux. Nous avons dormi ici dans un incroyable jardin exotique qui nous donne une sensation de premier matin du monde.

    Que faire dans le golfe de Saint Tropez ? Vivre l'été indien ! Idées de choses à faire, à voir et d'activités dans le golfe de Saint Tropez à l'automne

    Marion et moi avons adoré, adoré, adoré ce village de bungalows 4* chics aux allures de lodge dans la jungle, dans un luxuriant jardin de palmiers, bananiers et hibiscus… une incroyable ambiance tropicale qui m’a rappelé des horizons autrement plus lointains ! Cela m’a procuré un grand bonheur de rêver à ces destinations exotiques sans quitter l’hexagone. Je m’émerveillais de toutes les plantes du jardin et du jeu des fontaines bruissant sous les frondaisons…

    La Toison d’Or combine belles infrastructures et esprit familial. Au sein du village, on trouvera une grande piscine entourée de palmiers, des activités sportives et ludiques, un salon de coiffure, une boutique de souvenirs, et une crêperie hyper sympathique, où on mange très bien pour un tarif abordable et où l’ambiance est chaleureuse. C’est une ambiance de village de vacances, avec un personnel attentif et convivial, mais des prestations haut de gamme. Nous nous sommes senties comme chez nous…

    Que faire dans le golfe de Saint Tropez ? Vivre l'été indien ! Idées de choses à faire, à voir et d'activités dans le golfe de Saint Tropez à l'automne

    C’est absolument certain, dès que nous reviendrons dans le Golfe, nous dormirons à nouveau ici !

    Le Cap Taillat en kayak depuis l’Escalet

    Tout au bout de la plage de Pampelonne, à Ramatuelle, on bute sur le Cap Camarat, et en continuant à longer la côte, on débouche sur la petite crique de l’Escalet. C’est ici que Pep’s Spirit a installé sa base nautique la plus connue, et c’est bien sûr avec eux que nous sommes parties pour une balade iconique, le tour du Cap Taillat en kayak. C’était la deuxième fois que je faisais cette sortie, et il est impossible de s’en lasser. Au départ de l’Escalet, on pagaie sur les eaux translucides, traversant les criques préservées d’une petite Polynésie azuréenne.

    Que faire dans le golfe de Saint Tropez ? Vivre l'été indien ! Idées de choses à faire, à voir et d'activités dans le golfe de Saint Tropez à l'automne

    On fait le tour du cap, bravant les vagues autour des calanques rouges dites de l’Enfer, pour admirer un spectacle rare de porphyres découpées et de caves de pirates battues par les flots. On rejoint ensuite à la rame la sublime plage de la Briande (dite aussi de la Bastide Blanche), une des plus belles plages du Golfe. Un moment hors du temps que Marion et moi n’oublierons jamais… si vous êtes sportif, amoureux de paysages naturels spectaculaires et d’expériences un peu hors normes, je vous recommande de tout cœur cette promenade d’exception.

    Gigaro, le pays du coucher de soleil

    Si nous avons adoré la célèbre Pampelonne, nous avons aussi apprécié la découverte de plages plus méconnues du merveilleux littoral varois. Et puisque Pampelonne est idéale pour les levers de soleil, car orientée à l’Est, nous avons cherché le spot parfait pour le coucher… Cap plein Ouest sur la magnifique plage de Gigaro ! Quand la magie solaire vous poursuit d’un bout à l’autre du jour, que les couleurs du sunset vous rappellent les grandes heures californiennes … alors vous êtes dans le golfe de Saint Tropez et vous voudriez n’en jamais repartir.

    Gigaro : magie escarpée du sentier littoral

    Randonner sur le sentier littoral, sublime et découpé, changeant sans cesse d’orientation comme pour vous permettre de suivre la course du soleil, a toujours fait partie de mes expériences préférées dans le Golfe. Nous sommes parties de la plage de Gigaro, à La Croix Valmer. Cette portion de sentier mène au Cap Lardier – les plus motivés iront jusqu’au Cap Taillat sur la randonnée des trois caps.

    Nous nous sommes arrêtées à l’engloutissement du soleil par les eaux, et avons savouré chaque minute de cette petite randonnée, l’écume sur les roches schisteuses, les pins suspendus à chaque virage, les détours sinueux du sentier et les criques accueillantes, toute l’abondante beauté du golfe de Saint Tropez, où la douceur de la vie est un perpétuel miracle… Avouez qu’il faudrait rester ici pour toujours !

    Une merveille de restaurant gastronomique : le Refuge de Gigaro

    Besoin d’un Refuge, hors du temps, loin du vent ? Sous la pinède qui donne sur la sublime plage de Gigaro, orientée plein Ouest face au coucher de soleil, le restaurant et bar à cocktails le Refuge se niche tout de bois et de voiles sous les pins parasols immenses, comme un navire amarré. Ici le temps est suspendu.

    Sur la terrasse face à la mer ou à l’intérieur auprès de la cheminée, ici on cultive une cuisine absolument fabuleuse, hautement gastronomique mais restant authentique et abordable, ancrée dans le terroir, la saisonnalité, la Méditerranée et l’arrière-pays du golfe de Saint Tropez. Avec une carte fraîche du jour inscrite à l’ardoise, faisant la part belle au retour du port et du marché, chaque plat fut une merveille d’équilibre et de saveurs. Je n’oublierai pas mes pâtes à l’encre de seiche et aux fruits de mer, ni l’étonnant et fabuleux dessert alliant chocolat et truffe (la vraie truffe, le champignon, l’or noir du sol méridional). Ici, on travaille avec rigueur et créativité des produits 100% frais et de terroir, de très grande qualité. Si Le Refuge existe depuis 1964, le nouveau chef Laurent Latreille a mis sa patte avec beaucoup de passion, en réaménageant entièrement les lieux et en bâtissant une carte exigeante et rigoureuse.

    Marion et moi vous recommandons très, très chaudement cette fabuleuse adresse qui restera un sommet gastronomique dans notre séjour tropézien. Un lieu d’exception… je retournerais bien m’y réfugier !

    Sur le port de Cavalaire

    C’est un joli port de plaisance où les reflets décuplent les mâts des voiliers et où une sirène appelle de son chant mélodieux à prendre le large.

    port cavalaire

    Et sur le port de Cavalaire, on met cap sur… l’Italie.

    Le Bellini : manger comme à Napoli !

    Est-ce que vous connaissez un peuple plus intense et extrême dans sa passion de la nourriture que les Italiens ? J’ai un jour causé une syncope à un transalpin en mettant de la crème fraîche dans la carbo, et encore, il ne m’a pas vue mettre de l’ananas sur la pizza et du parmesan dans les pâtes aux fruits de mer, j’aurais tué ce pauvre homme. Mais il faut bien avouer que leur cuisine est peut-être la meilleure du monde. J’ai le souvenir ému d’une pizza dégustée au coucher de soleil sur le port de Naples, face au Castel dell’Ovo, qui fut la meilleure de ma vie. Je ne pensais pas retrouver un jour cette saveur en France…
    Et puis on a mangé, Marion et moi, au Bellini sur le port de Cavalaire.


    Dans ce joli resto chaleureux, tout est 100% italien, le personnel, l’accent, les produits, les recettes. Le chef est un immense passionné, cela se sent. Il nous raconte comment il fait la VRAIE pizza napolitaine classée par l’UNESCO (véridique !) : une pâte qui repose 64h, des tomates San Marzano, de la mozzarella fior di latte, une cuisson à 480 degrés pendant une minute… le résultat est phénoménal. Et je ne vous parle pas des antipasti, du risotto, de la burrata, du cocktail du chef au prosecco et à la pêche… ahlala! La balade digestive parmi les voiliers sur le très joli port de Cavalaire était absolument nécessaire, mais on ne regrette rien : c’était exquis !

    Cogolin, pays du bon vin : le domaine de la Giscle

    Le golfe de Saint Tropez, c’est toujours merveilleux, mais avec un verre de bon vin, n’est-ce pas encore mieux ? Lors de notre séjour, Marion et moi sommes allées visiter le domaine de la Giscle, où la famille Audemard cultive la vigne et élève le vin depuis 5 générations avec beaucoup de passion et d’attachement à leur pays.

    Nous sommes au cœur du terroir prestigieux des Côtes de Provence, à quelques kilomètres de la mer entre sable et pinèdes, et le roi des vins au Domaine, c’est le rosé – qui n’est pas du tout, contrairement à ce qu’on croit souvent, un mélange entre du rouge et du blanc, mais bien un vin à part entière, subtil, délicat et plein de personnalité. C’est la spécialité du domaine de la Giscle, qui produit environ 70% de rosé, et ce fut mon coup de cœur : la bouteille que j’ai préférée a été auréolée de nombreuses médailles, et j’ai adoré sa finesse ! Marion, quant à elle, a craqué pour un blanc très original, vinifié en fût de chêne à la manière des rouges, ce qui lui donne une personnalité particulière. Lors de la visite, nous avons eu tout le loisir de mesurer le savant équilibre entre l’ancrage dans la tradition, notamment avec ce savant vieillissement dans les barriques de bois, et l’adoption de techniques de pointe pour un vin toujours de meilleure qualité, par exemple la pressurisation dans un pressoir inerté à l’azote, pour éviter toute oxydation du vin, une technique qui m’a beaucoup intéressée.

    En agriculture, je n’ai jamais cru au « c’était mieux avant », bien au contraire, je suis toujours frappée par la capacité d’innovation et de réinvention des agriculteurs pour maîtriser toujours mieux les processus de fabrication et offrir des produits parfaits ! La visite s’achève dans la très belle cave voûtée, au milieu des pressoirs anciens et des tonneaux si photogéniques, pour une dégustation en accords mets-vins de rouges, blancs et rosés. On a adoré les petits toasts de tapenade et le fromage servi en accompagnement, qui font exploser les saveurs de ces vins raffinés. J’ai adoré rencontrer les deux jeunes femmes qui incarnent la 5e génération du domaine de la Giscle et reprennent le flambeau avec passion. Pour moi, ce genre de visites sont le meilleur moyen d’aimer un terroir en rencontrant les gens qui en vivent et le font vivre, et ce fut un joli moment ! Alors, vous reprendrez un blanc, un rouge ou un rosé ?

    Prendre de la hauteur à La Garde Freinet

    Sur les hauteurs du Golfe Saint Tropez, dans une forêt de chênes et de châtaigniers, se niche un joli village de charme : la Garde-Freinet. Le connaissez-vous ? Dans ce dédale de ruelles colorées et de bistrots provençaux flotte un délicieux sentiment d’intemporalité. Nous sommes là entre soleil d’été et couleurs d’automne, savourant la beauté de ce village perché.

    A l’heure où on ramasse châtaignes et champignons, nous sommes plutôt venues cueillir deux points de vue sublimes.

    La croix de la Garde Freinet

    Il faut monter, en 30 min de marche environ, jusqu’à la croix qui surplombe le village sur sa colline, et d’où la vue est magnifique. La mosaïque dorée des toits piquetés de cyprès s’offre au regard, qui porte jusqu’aux roches rouges de l’Esterel… et les rues du villages s’enroulent comme un escargot paresseux sous le soleil.

    La chapelle Notre Dame de Miremer

    L’autre vue exceptionnelle, c’est la chapelle Notre Dame de Miremer, qui offre à mes yeux la plus belle vue sur tout le golfe. Murs de pierres sèches, figuiers méditerranéens, pins, ici règne une ancestrale tradition méridionale. Un groupe de passionnés s’emploie à restaurer les murets et à initier les bénévoles à la technique de la pierre sèche, empilée sans mortier. La chapelle est accessible en rando ou en 4×4.

    Plus belles vues golfe saint tropez

    Un déjeuner raffiné au Petit Freinet

    Une jolie adresse à découvrir après ces promenades : le resto Le petit Freinet. Une cuisine fraîche et faite maison, des alliances de saveurs originales, entre terroir et lointains, tradition et fusion, un beau cadre à la déco arty au cœur du village, et un accueil très chaleureux. Le couple qui tient les lieux vous accueillera avec beaucoup de gentillesse et de convivialité – Monsieur vous racontera sa passion des alliances subtiles en cuisine, entre ici et ailleurs, et Madame, son sens très sûr de l’aménagement qui a su créer une belle ambiance colorée et artistique. Marion et moi retiendrons de la Garde Freinet les points de vue sublimes, le charme des ruelles, et cette belle adresse conviviale où nous avons très bien mangé.

    Gassin, pour une autre vue

    C’est un autre point de vue célèbre sur le golfe : celui qu’on conquiert depuis les hauteurs de Gassin, un des plus jolis villages de la région. Une visite guidée est proposée une fois par semaine par le village, une belle occasion de se plonger dans l’architecture atypique de ce « double hameau » : en dessous du village médiéval, intact, s’est développé dans les années 1970 un second village contemporain, mais très réussi, lauréat de plusieurs prix prestigieux de développement urbain. Il s’agit du même architecte qui a réalisé la « petite Venise provençale » de Grimaud, et on reconnaît les emprunts intelligents et les pastels harmonieux ! La visite sera aussi l’occasion de découvrir « la ruelle la plus étroite du monde », et l’histoire religieuse passionnante du golfe à travers une très jolie chapelle.

    gassin

    Saint Tropez dans le sillage des marins à la citadelle

    Connaissez-vous la légende fondatrice de Saint Tropez ? Le corps du martyre aurait été roulé par les flots jusqu’aux rives azuréennes, prises sous la protection du saint… Depuis ce jour, les tropéziens sont des marins convaincus : marchands, explorateurs, caboteurs, corsaires…

    Pour explorer l’illustre histoire des navigateurs de la Côte d’Azur, rendez-vous au magnifique musée d’histoire maritime de la Citadelle, qui surplombe la ville. Vous n’aurez pas seulement le plus beau point de vue sur Saint Tropez…

    … mais vous jouirez aussi d’une plongée passionnante et immersive dans le passé naval de la ville. Vous partirez à la rencontre des pêcheurs en haute mer, des explorateurs revenant du Nouveau monde avec fruits et animaux exotiques, des militaires défendant les forts du littoral, des scientifiques s’orientant aux étoiles sur les flots immenses…
    C’est la deuxième fois que je visite ce musée magnifique, et je n’ai pu que constater qu’il devient toujours plus beau, avec une scénographie encore plus poussée, qui vous entraîne véritablement en haute mer et sublime la qualité des collections et expositions. Un musée passionnant que je recommande à tous les voyageurs !

    Pour prolonger cette virée en haute mer, Marion et moi avons adoré flâner sur le port : nous étions en pleine édition 2020 des Voiles, l’iconique rassemblement de voiliers anciens, de course et de collection, dans le très beau port coloré de St Tropez.

    Nous sommes allées boire un verre au petit café situé sur le balcon au-dessus de la statue du Bailly de Suffren, où se retrouvaient les équipes de matelots, pour rêver à des ailleurs houleux bercés d’embruns… le golfe Saint Tropez est toujours une invitation au voyage !

    Un grand merci à Golfe Saint Tropez Tourisme, et tout particulièrement à Sandra, pour ce magnifique séjour, et à tous les prestataires qui nous ont accueillies avec beaucoup de gentillesse et de chaleur, nous permettant de vivre des expériences magnifiques. Nous gardons des souvenirs merveilleux de nos nuits face à la mer à la Toison d’Or, de notre dîner au Refuge, de nos virées maritimes avec Pep’s Spirit… et de toutes les autres fabuleuses expériences ! Nous avons déjà prévu de revenir !

  • L’olive noire de Nyons : découverte et recettes savoureuses

    Connaissez-vous l’olive noire de Nyons ? La « reine des olives noires » pousse au cœur des Baronnies provençales, sur les hauteurs de la Drôme, et a des qualités de dégustation exceptionnelles. Début juillet, Marion et moi sommes parties à la découverte des trois produits emblématiques de la région de Nyons, que consacre une appellation d’origine protégée (AOP) : les olives noires, l’huile d’olive et l’affinade, une délicieuse purée d’olives noires. Voici un voyage à la rencontre de ce terroir exceptionnel, des hommes et des femmes qui cultivent, aiment et défendent l’olive, et de ces produits gorgés de soleil.

    Découvrez l'olive noire de Nyons AOP et des recettes à base d'olive, d'huile d'olive et d'affinade.
    Les oliveraies des Baronnies provençales, un terroir magique et poétique à explorer
    Découvrez l'olive noire de Nyons AOP et des recettes à base d'olive, d'huile d'olive et d'affinade.


    Dans cet article, je vous parlerai des olives, de leur production, et de délicieuses recettes que Marion et moi avons testées nous-mêmes – des recettes faciles et rapides, pour inviter la douceur des Baronnies provençales jusque dans vos assiettes. Je vous proposerai d’ailleurs de gagner à votre tour un lot de produits d’olives AOP de Nyons, pour goûter à ce terroir d’exception.

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    A gagner dans cet article : 5 lots d’olives, huile d’olive et affinade AOP de Nyons. Photo Marion Carcel

    Et pour le côté itinéraire et paysages, je vous donne rendez-vous dans cet autre article pour explorer ensemble la route de l’olivier en Baronnies, entre villages pittoresques et paysages sculptés par la main attentive des oléiculteurs…

    Toutes les photos de moi ont été prises par mon amie Marion Carcel alias Foehn Photographie, avec qui nous formons un duo soudé de blogueuses, photographes et voyageuses.

    Découvrez l'olive noire de Nyons AOP et des recettes à base d'olive, d'huile d'olive et d'affinade.
    Marion en pleine dégustation d’huile d’olive
    sur la route de l'olivier en baronnies provençales
    Marion savourant les produits des Baronnies lors d’un beau pique-nique à la chapelle de Mirabel-aux-Baronnies

    L’olivier, l’arbre emblématique de la culture méditerranéenne

    Aucun arbre n’incarne mieux la civilisation méditerranéenne que l’olivier, véritable arbre de vie qui pousse sur tout le pourtour de l’antique « mare nostrum ». Selon la mythologie grecque, Athéna, déesse de la sagesse, fait don aux hommes de l’olivier en faisant jaillir le premier arbre du rocher de l’acropole. Jugeant que cet arbre est le plus précieux des cadeaux, les habitants de la cité choisissent Athéna pour protectrice, nommant leur ville Athènes, et l’olivier pour emblème. On trouve aujourd’hui encore à Athènes des oliviers vieux de plus de trois mille ans, car cet arbre mythique est quasiment immortel : nul ne connaît le terme de son existence.

    Songeant à l’âge canonique de cet arbre admiré sur le sentier des oliviers de Sahune, au coeur des Baronnies…


    Dans l’Ancien Testament, la colombe envoyée par Noé après le déluge afin de sonder la décrue des eaux rapporte à bord de l’arche un rameau d’olivier. C’est à ce symbole d’espérance et de renouveau que Noé comprend que le monde est à nouveau accessible aux hommes.
    Dans le Nouveau Testament, Jésus vit sa dernière nuit avant la crucifixion dans le Jardin aux Oliviers de Gethsémani. C’est là qu’il partage le dernier repas avec ses apôtres, et scelle la promesse de vie éternelle en leur offrant le pain de son corps et le vin de son sang. A travers lui, l’olivier devient dans la culture chrétienne symbole de paix, de sacrifice et d’éternité. Aujourd’hui encore à Jérusalem, on peut se recueillir auprès des oliviers millénaires qui auraient été témoins de l’agonie du Christ.

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    Jardin aux oliviers de Gethsémani, Jérusalem.

    L’huile d’olive a éclairé les hommes – les lampes à huile étant, avant l’électricité, la seule lumière dans la nuit –, les a chauffés, nourris depuis des siècles. Les civilisations du sud, auxquelles je suis si attachée en tant que Provençale, sont impensables sans l’olive. Des oliveraies merveilleuses, j’en ai vu partout en Provence et en Méditerranée : dans les Pouilles, à Moustiers Sainte Marie, à Lurs, aux Baux-de-Provence, en Grèce, à Elche en Espagne… C’est un paysage qui m’a toujours captivée et apaisée.
    Mais qu’est-ce qui rend l’olive de Nyons unique et incomparable entre toutes ?

    L’olive de Nyons : une variété bien particulière

    Dans les montagnes des Baronnies, à la limite septentrionale de la culture de l’olivier, pousse une variété d’olive unique et propre à la région de Nyons : la tanche. Quand elle est préparée selon les règles de l’art, cette grosse olive à la peau fripée possède un goût distinctif, reconnaissable entre mille pour qui connaît les olives : son huile aura un goût onctueux, comme beurré, très tendre, sans aucune trace de piquant ou d’amertume, et les olives noires de table revêtiront un goût fruité et très doux. Ces propriétés uniques la rendent particulièrement délicieuse à la dégustation : alors que partout ailleurs en Méditerranée, la majeure partie des olives sont utilisées pour la production de l’huile, à Nyons et dans les Baronnies, une part très importante des fruits sont consommés tels quels, en olives de table.

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    La tanche, l’olive de Nyons

    Pour préserver la typicité des olives noires de Nyons, les oléiculteurs qui souhaitent bénéficier de l’appellation s’engagent à respecter un cahier des charges strict.

    sur la route de l'olivier en baronnies provençales
    Produits AOP de Nyons

    Les olives de Nyons sont toujours des tanches à l’exclusion de toute autre variété et doivent toujours être cueillies à maturité, parfaitement noires (bien évidemment, aucune altération n’est faite à leur couleur : il ne s’agit pas d’olives cueillies vertes qu’on a artificiellement rendues noires, comme on le voit souvent dans les olives premier prix, mais d’olives cueillies bien mûres et naturellement noires).

    Olives, huile d’olive AOP de Nyons et affinade

    Deux produits bénéficient de l’appellation d’origine protégée :

    – Les olives noires de table, pour la dégustation. Ce sont les plus belles olives qu’on sélectionne à cette fin, les plus grosses et charnues. L’olive de Nyons a la réputation d’être « la reine des olives noires » à servir à l’apéro.

    olives noires de nyons

    L’huile d’olive, qui devra être douce, fruitée, jamais piquante. Je suis de parti pris, étant Drômoise et élevée depuis toute petite dans l’idée que l’huile d’olive de Nyons est la meilleure de toutes, mais je dois dire que les dégustations m’ont confortée dans cette idée : j’aime le goût particulièrement doux de cette huile, qui se veut « un pur jus de fruit ».

    – A cela s’ajoute l’affinade, qui est un mélange des deux produits bénéficiant de l’AOP : une purée d’olives pures, mêlée à un filet d’huile d’olive, sans aucun ajout. L’affinade n’est pas elle-même AOP, mais cette recette est issue de deux produits AOP. C’est un vrai délice – mon produit préféré.

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    Si vous voulez acheter olives, huile ou affinade dans les Baronnies, soyez vigilant à la mention « olive AOP de Nyons » sur l’étiquette, et à la présence du logo rond rouge et jaune que seuls les AOP ont le droit d’utiliser, qui vous garantira que le produit a été élaboré selon les règles de la charte.
    L’olivade, qui est une purée d’olives vertes (= non cueillies à maturité), et la tapenade, qui est une purée d’olives noires à qui on rajoutera tomates, anchois ou autres ingrédients, ne peuvent bénéficier de l’appellation d’origine protégée.

    Découvrir la culture de l’olivier

    Sur la route de l’olivier, dont je vous parle davantage ici, de nombreux producteurs ouvrent les portes de leurs exploitations et proposent visite, vente et dégustation à la ferme.

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    Vous pouvez aussi retrouver les produits sur les marchés, comme ici à Nyons avec le stand de la Ferme des Aygues.

    C’est l’occasion d’en apprendre plus sur la culture de l’olive, dans ces vergers de toute beauté qui sculptent les paysages des Baronnies.
    Marion et moi avons fait cette visite à la Ferme Brès à Nyons, où sept générations d’oléiculteurs ont veillé sur ces champs en terrasse surplombant la ville, et nous avons été passionnées par cette immersion au cœur des champs.

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    Marion tire le portrait à Régine et son fils Boris, 6 et 7e génération d’oléiculteurs à la Ferme Brès à Nyons. Le syndicat des producteurs d’olive de Nyons AOP fédère de nombreux agriculteurs passionnés comme eux.

    Régine, la productrice, nous montre les nombreux rejets qui encerclent le tronc principal d’un olivier. Ces rejets, qui sont parfois des dizaines, assurent la survie de l’arbre. Un olivier ne meurt jamais, mais parfois le tronc principal meurt, foudroyé par un orage ou victime du gel, comme ce fut le cas dans les Baronnies lors du grand froid de 1956. Quand cela se produit, les rejets prennent le relai, et deviennent à leur tour des troncs à part entière – c’est ainsi que vous pouvez voir, sur les vieux oliviers, une souche morte au centre (l’ancien tronc) entouré de trois, quatre, cinq troncs ou davantage, qui assurent la continuité.

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    Comprendre la culture de l’olivier
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    Au milieu des tanches, au dessus de Nyons
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    A Sahune, exemple typique d’un cas où le tronc principal est mort, mais où les rejets ont donné naissance à de nouveaux troncs, permettant à l’arbre de ne pas mourir

    Pour assurer la bonne pollinisation – qui permet la production d’olives –, les producteurs ont recours à d’autres variétés d’oliviers, qui attirent tout particulièrement les abeilles : c’est ainsi qu’on voit à intervalles réguliers dans un verger une branche plus haute que les autres, et portant des feuilles différentes. C’est parce qu’on a greffé sur un olivier tanche une autre souche d’olivier, dont les fruits ne seront pas récoltés, mais qu’on nomme le pollinisateur.
    Parce qu’une petite mouche, la mouche de l’olive, s’en prend aux fruits en pondant dedans, on place dans les champs des pièges naturels, dans lesquels elle viendra se noyer. Les oléiculteurs veillent en permanence sur leurs arbres précieux, attentifs à la survenue des ravageurs.

    Régine nous fait goûter ses produits, les olives exquises, l’huile si douce, l’affinade, bien meilleure que la tapenade selon mes goûts à moi, car 100% olive, sans ail ni anchois. Nous rencontrons son fils Boris, qui travaille à la transformation des olives sur place, dans l’impressionnant hangar des machines. L’après-midi, la boutique s’ouvre, et les visiteurs viennent goûter et acheter les produits. L’exploitation est une ruche en activité constante.

    Quand elle est de qualité, l’huile d’olive se déguste comme un bon vin !

    De l’olive à l’huile au moulin

    Sur notre itinéraire se trouvent de nombreux moulins, à Nyons, à Buis-les-Baronnies et tout au long des vallées de l’Eygues et de l’Ouvèze.

    Sur la route de l'olivier en Baronnies provençales.
    La route de l’olivier, un magnifique itinéraire pour explorer les Baronnies provençales. Ici une jolie boutique à Buis-les-Baronnies.


    Nous allons aujourd’hui visiter l’un d’entre eux, le Moulin de Haute-Provence à Buis-les-Baronnies. Tenu par un père et aujourd’hui son fils depuis 1977, le moulin produit au cœur des Baronnies une huile AOP de grande qualité avec les olives des nombreux producteurs de la vallée de l’Ouvèze qui leur confient leur récolte. Pour nous, il s’agit de comprendre la transformation de l’olive en huile, et nous retiendrons un maître mot de cette visite : la recherche de la pureté du produit.

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    Olivier nous présente les produits et les machines du Moulin de Haute-Provence

    L’huile d’olive est vraiment un exemple flagrant de situation où le progrès technique a rendu le produit MEILLEUR que celui des siècles passés. Pendant longtemps, on a utilisé des presses, des scourtins (petits coussins d’osier dans lesquels on pressait les olives), toutes sortes de techniques artisanales qui laissaient un grand nombre d’impuretés dans l’huile et augmentaient le risque de la voir tourner rance. Aujourd’hui, la précision du processus est spectaculaire : une série de centrifugeuses ultra puissantes et fines, afin de séparer totalement l’olive de tous les restes de branche, de noyau, de peau, et ne garder qu’un pur jus de fruit, sans aucun additif ni résidu.

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    Les olives sont pressées – ou plus exactement, « centrifugées », « extraites », car il n’y a plus de pression à proprement parler – directement après la récolte, soit en novembre/décembre. A cette époque-là, le moulin tourne à plein régime, dans un vacarme assourdissant de machines qui grondent et tremblent. Tout le reste de l’année, le moulin s’occupe de commercialiser les précieuses huiles ainsi obtenues. Vous pouvez aller acheter leurs produits sur place, tout comme dans de nombreux autres moulins sur la route de l’olivier.

    Sur la route de l’olivier : des lieux à visiter pour comprendre l’olive noire de Nyons

    Sur le tracé de la route de l’olivier en Baronnies, nous avons visité, outre la ferme et le moulin, plusieurs autres sites qui permettent d’entrer au cœur de la civilisation de l’olive.

    A Nyons, le Musée de l’olive est installé dans les locaux de la coopérative Vignolis, où nous avons fait nos dégustations d’huile d’olive.

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    Dégustation.

    C’est une plongée passionnante dans la culture méditerranéenne ancestrale. On y découvre les pressoirs à l’ancienne, et les scourtins, sortes de poches en osier tissé dans lesquelles on écrasait les olives, et qui sont aujourd’hui toujours produits pour réaliser notamment des sets de table et autres objets en vannerie. On comprend aussi à quel point la vie quotidienne a tourné autour de l’huile d’olive pendant des générations, et quelle importance revêt cet arbre mythique dans notre culture… La boutique en sortie est de grande qualité, avec tous les produits (alimentaires, cosmétiques, décoratifs) à base d’olive dont on pourrait rêver. Nous avons fait cette visite avec le grand maître de la confrérie des chevaliers de l’olivier, et j’ai été touchée par sa passion et son érudition.

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    Passionnant et érudit Grand Maître de la confrérie des chevaliers de l’olivier, tenant à la main un scourtin, qu’on utilisait autrefois dans les presses à olives. Aujourd’hui, le scourtin est décoratif (set de table, par exemple).

    Je partage avec vous le serment du Chevalier de l’Olivier, que je trouve superbe : « Avec joie, j’accepte de faire partie de la Confrérie des Chevaliers de l’Olivier. Je promets, par mes paroles, mes écrits, mes actes, de me conduire en franc chevalier ; de défendre l’Olivier et toutes les vraies richesses, matérielles et spirituelles qu’il nous apporte ; de pratiquer les vertus qu’il représente, d’aider dans toute la mesure de mes moyens, à la maintenance et à la promotion de sa culture ; d’oeuvrer pour l’Olivier, nourriture et lumière ; pour l’Olivier, symbole d’abondance, de sagesse et de paix, symbole de vie.”

    sur la route de l'olivier en baronnies provençales
    Passion olivier.

    A Nyons toujours, faites un tour au ravissant Vieux Moulin, à deux pas du beau Pont roman symbole de la ville qui enjambe la rivière Eygues. J’adore ce lieu pittoresque et rétro, balcon en bord de rivière où on trouve outre un vieux moulin à l’ancienne, une fabrique de savons à base d’huile d’olive, une collection d’objets anciens liés à la culture de l’olive, et un café de charme où se reposer à l’ombre d’un olivier.

    Enfin, il faut songer aux merveilleux sentiers de l’olivier qui jalonnent la route, où vous pourrez admirer des oliviers centenaires : j’ai eu un coup de foudre pour celui de Sahune, sur les hauteurs du village, où les troncs noueux des oliviers anciens sont autant d’œuvres d’art et où la vue sur les montagnes des Baronnies est sublimée par le dessin parfait des oliveraies…

    Des recettes à base d’olive noire, d’huile d’olive et d’affinade

    Lors de notre dernier jour en Baronnies, Marion et moi nous sommes transformées en chef cuistot et avons réalisé plusieurs recettes disponibles sur le site des producteurs d’olive de Nyons AOP. Vous retrouverez en suivant ce lien l’ensemble des recettes à base d’olive. Mais voici celles que nous avons personnellement testées : des recettes savoureuses, simples et rapides…

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    Table de fête autour de l’olive noire de Nyons…
    recettes olive noire

    Bruschetta figue & chèvre à base d’huile d’olive de Nyons

    Pour 4 personnes

    4 tranches de pain de campagne, 4 c. à s. de confiture de figue, Fromage de chèvre frais, 2 à 3 figues fraiches, 1 cébette, 4 c.à c. d’Huile d’olive de Nyons AOP, 1 branche de romarin frais, Sel et poivre du moulin

    Découvrez l'olive noire de Nyons AOP et des recettes à base d'olive, d'huile d'olive et d'affinade.
    Découvrez l'olive noire de Nyons AOP et des recettes à base d'olive, d'huile d'olive et d'affinade.

    1 Faire griller les tranches de pain de campagne (le pain doit être croustillant).
    2 Les tartiner de confiture de figues.
    3 Découper en tranches le chèvre frais, les figues fraîches et la cébette. Répartir ces ingrédients sur les tartines.
    4 Arroser généreusement chaque tartine d’Huile d’olive de Nyons, saler, poivrer et parsemer de brins de romarin frais.

    Cake aux olives noires de Nyons AOP

    Pour 6 personnes – 200 g de farine – 1/2 c.c. de sel – 100 g d’Olives noires de Nyons AOP dénoyautées – 100 g de jambon cuit coupé en dés – 3 œufs – 1 verre de vin blanc – 1 verre d’Huile d’olive de Nyons AOP – 100 g de gruyère râpé – 1 poignée de noisettes entières

    1 Mélanger la farine, la levure, le sel, les Olives noires de Nyons dénoyautées et le jambon.  
    2 Ajouter les 3 œufs entiers, le verre de vins blanc et le verre d’Huile d’olive de Nyons.
    3 Mélanger jusqu’à ce que la pâte devienne lisse et onctueuse.
    4 Verser dans un moule à cake huilé et fariné.
    5 Laisser cuire environ 45 min à four moyen (180°C).
    6 Laisser refroidir avant de couper en tranches et de servir.

    Abricots des Baronnies farcis, miel de tilleul des Baronnies et Huile d’olive de Nyons AOP

    Pour 4 personnes 12 abricots de Baronnies bien mûrs
    4 c. à s. d’Huile d’olive de Nyons AOP
    3 c. à s. de miel de tilleul des Baronnies
    2 c. à s. de pistaches crues émondées non salées (N’ayant pas trouvé de pistaches, nous les avons remplacées par des amandes – c’était excellent aussi, et très couleur locale : j’adore les amandes des Baronnies !)
    2 c. à s. de pignons
    2 c à s. de raisins secs blonds moelleux
    1 c. à c. d’eau de fleur d’oranger

    Préchauffer le four à 180°C.
    1 Couper les abricots des Baronnies en deux, ôter leur noyau.
    2 Hacher grossièrement pistaches et pignons. Les mélanger avec les raisins secs, 3 c. à s. de miel de tilleul des Baronnies, l’eau de fleur d’oranger et l’Huile d’olive de Nyons.
    3 Farcir les abricots avec ce mélange. Les disposer sur une plaque allant au four.
    4 Enfourner pour une dizaine de minutes (les abricots doivent commencer à s’amollir).
    5 Pour le service, vous pouvez accompagner les abricots de yaourt nature arrosé de miel, d’un filet d’Huile d’olive de Nyons et saupoudré de pistache.

    Tarte à l’affinade et aux tomates multicolores  

    Nous avons enfin décidé de nous lancer dans une recette de notre propre cru, inspirée d’une recette que j’avais lue dans le Figaro Magazine pendant le confinement.

    recettes à base d'olive noire

    Pour 4 personnes
    Une douzaine de tomates de différentes couleurs : vertes zébrées, oranges, noires de Crimée, rouges…
    Une pâte feuilletée (j’ai acheté la mienne, mais faites-la si vous vous sentez motivé !)
    Des haricots à cuire (pour maintenir la pâte à vide)
    Un pot d’affinade d’olive de Nyons AOP
    Du basilic frais
    En option : de la mozzarella
    Sel, poivre  

    recettes à base d'olive noire
    recettes à base d'olive noire



    Préchauffer le four à 180°C.  
    1. Cuire la pâte à vide : utiliser pour cela un paquet de haricots secs à cuire, que vous disposerez sur toute la surface de la pâte pour éviter qu’elle gonfle.
    2. Découper vos tomates en quartiers fins.
    3. Sortir la pâte du four, retirer les haricots (vous pouvez les conserver dans un bocal pour une prochaine fois) et enduire le fond de tarte d’affinade.
    4. Disposer vos quartiers de tomates multicolores (crues : elles ne seront pas cuites, c’est bien plus savoureux ainsi) sur votre fond de tarte, en vous amusant à alterner les couleurs.
    5. Agrémenter de quelques feuilles de basilic frais, salez et poivrez. Si vous le souhaitez, vous pouvez également intercaler quelques lamelles de mozzarella entre vos tomates.
    Dégustez cette tarte ensoleillée !  

    recettes à base d'olive noire


    Un concours pour gagner vos olives de Nyons…

    Vous voulez passer en cuisine à votre tour ?

    recettes à base d'olive noire

    Afin de réaliser à votre tour ces recettes, et beaucoup d’autres, Marion et moi vous proposons, en partenariat avec les producteurs d’olive de Nyons AOP qui ont gentiment offert ces produits, un petit concours pour gagner 5 lots de produits olives de Nyons contenant chacun un bidon d’huile d’olive, un pot d’olives noires à déguster et deux petits pots d’affinade – tout cela AOP, bien sûr !

    recettes à base d'olive noire
    5 jolis lots à gagner.

    Pour jouer, rendez-vous sur ma page Facebook et/ou mon compte Instagram.

    J’espère vous avoir mis l’eau à la bouche et vous donner envie de savourer, à votre tour, la délicieuse olive noire de Nyons ! Pour d’autres aventures en Provence et ailleurs, n’hésitez pas à vous abonner à ma newsletter. A bientôt dans le sud…

    En savoir plus sur l’olive noire de Nyons sur le site du syndicat des producteurs AOP.

  • Sur la route de l’Olivier, en Baronnies provençales

    C’est un des plus beaux pays du monde à mes yeux : les Baronnies provençales sont ce parc naturel régional au cœur d’une haute Provence authentique et secrète, loin des grands axes et au cœur des traditions du sud. Cela fait des années que j’ai plaisir à arpenter leurs paysages de gorges calcaires où jaillissent des rivières turquoise, de flancs de montagne escarpés où poussent vignes, olives et lavandes, de villages pittoresques et de routes sinueuses. Les Baronnies sont une des raisons qui me font aimer follement ma Drôme natale, suspendue entre Alpes et Provence, entre pureté des reliefs abrupts et soleil bercé par les cigales.

    Cette année, j’ai eu la joie de redécouvrir avec mon amie Marion les Baronnies provençales en suivant une route touristique de toute beauté : la route de l’Olivier.

    Sur la route de l'olivier en Baronnies provençales.
    La route de l’olivier, un magnifique itinéraire pour explorer les Baronnies provençales. Ici une jolie boutique à Buis-les-Baronnies.

    Connaissez-vous cet itinéraire ? Entre Nyons et Buis-les-Baronnies, entre les vallées de l’Eygues et de l’Ouvèze, villages perchés, chapelles solitaires et pentes illuminées par la mosaïque des cultures, cette route de toute beauté vous entraîne en voiture, à vélo ou à pied au coeur de la haute Provence, dans ma chère Drôme natale et avec de jolies incursions dans le Vaucluse tout proche.


    Nous étions sur les traces de l’olive noire AOP de Nyons, la « reine des olives noires », un produit emblématique du pays dont je vous parle dans cet autre article, avec des recettes et des rencontres pour tout savoir sur l’olive noire et son terroir. Mais dans cet article, nous parlerons des paysages, nous arpentons la route de l’olivier sous le soleil de Provence…

    C’est déjà sous un olivier, dans mon jardin au sud de la Drôme, que Marion et moi préparons notre itinéraire sur la route de l’olivier, en suivant attentivement le dépliant…


    Vous pouvez retrouver l’itinéraire complet de la route de l’olivier ici , avec son tracé de 90km et l’ensemble des sites patrimoniaux et paysagers sur le parcours. Je mettrai quant à moi un coup de projecteur sur des lieux qui m’ont particulièrement touchée.

    Sur la route de l'olivier en Baronnies provençales.
    Ma chienne Nevada suit avec attention les préparatifs. C’est Marion (Foehn Photographie) qui immortalise la scène.

    Toutes les photos dans lesquelles j’apparais ont été prises par mon amie Marion Carcel alias Foehn Photographie, avec qui nous formons un duo de blogueuses voyageuses et photographes soudé.

    Nyons, la capitale de l’olive

    Ne répétez pas ce secret que je vous confie – en tant que drômoise folle de sa région, je ne devrais pas faire de favoritisme. Mais Nyons, notre belle sous-préfecture haute-provençale, est ma ville préférée de la Drôme depuis toujours.

    Sur la route de l'olivier en Baronnies provençales.
    Nyons est la ville en contrebas, au pied de la montagne – nous sommes dans les oliveraies de la Ferme Brès.


    J’aime son pont roman qui enjambe l’Eygues que l’été colore d’un turquoise vif, étonnant, qui montre que nous sommes déjà aux portes des Alpes et que cette eau s’est chargée des craies blanches des montagnes avant de cascader entre nos oliveraies.


    J’aime sa chapelle 19e au clocher dentelé, qu’on voit de loin et qui coiffe la ville comme le ruban ouvrage d’une arlésienne, et les tilleuls qui bercent ses ogives gothiques.

    Sur la route de l'olivier en Baronnies provençales.


    J’aime les arcades de sa place principale, témoin d’une longue tradition de commerce et d’échange, et les ruelles étroites du vieux cœur de ville, rempli de restos, de bars, de boutiques un peu hippie chic où on cultive l’art de vivre à la Drômoise.


    J’aime son marché provençal multicolore, riche en producteurs, olives, fruits, fromages, confiseries, toutes les spécialités de ma région si savoureuse.


    J’aime ses hauteurs, ses sentiers couverts d’oliviers sur les pentes qui déferlent vers le cœur de ville, et les cigales à deux pas des maisons, la proximité riante de la nature et de l’eau.


    Nyons est belle et chaleureuse, ne passez pas à côté.

    Deux bonnes adresses à Nyons : dormir et se régaler

    Lors de notre séjour à Nyons, Marion et moi avons dormi au gîte de la Ferme Brès, sur les hauteurs, au milieu des oliveraies pluriséculaires. Le gîte est simple, mais confortable et fonctionnel, et surtout, sa terrasse avec vue sur la ville est de toute beauté. C’est ici que nous avons photographié un merveilleux lever de soleil au cœur des oliveraies, avant de petit-déjeuner dans la lumière qui monte…


    Bon à savoir : la ferme Brès propose également un camping au milieu des oliviers, avec de jolis emplacements de charme et des sanitaires aménagés avec goût. Les tarifs pour le camping sont très bas, et le lieu a vraiment beaucoup de charme – si vous cherchez une jolie solution petit budget pour planter la tente ou poser le van, pensez-y !

    Mon resto préféré à Nyons depuis des années, c’est D’un goût à l’autre, en cœur de ville. C’était la 3e fois que j’y mangeais, et je n’ai jamais été déçue par ce petit resto entre tradition et fusion, saveurs d’ailleurs et spécialités d’ici, où on mange une cuisine fraîche, fine et inventive à des tarifs très abordables. J’y reviendrai encore !

    Buis-les-Baronnies, sur la route de l’olivier entre Ouvèze et Ventoux

    Ce qui me fascine avec Buis, c’est sa localisation exceptionnelle. Vous arrivez du col d’Ey qui surplombe la ville, et face à vous se déploie un panorama d’une rare perfection : le géant chauve de Provence, le mythique Ventoux, surplombe Buis comme une divinité tutélaire.

    Sur la route de l'olivier en Baronnies provençales.

    Plus près, juste au-dessus, c’est le rocher St Julien, eldorado des grimpeurs, qui découpe ses crêtes au-dessus des oliviers. Descendez le long des grands virages vers la ville, et vous traverserez les gorges d’Ubrieux, où l’eau se fraie un chemin parmi les hautes parois de calcaire. Buis est peuplée d’amoureux d’escalade et de grands espaces, de hippies venus retrouver au cœur de la Drôme un petit air des hauteurs de Katmandou, et de randonneurs savourant la quiétude de cette perle méconnue.


    La promenade en cœur de ville mérite elle aussi un détour, avec les façades colorées, les voûtes anciennes, les fontaines et les portes Renaissance. Le mercredi matin, vous retrouverez le marché provençal.


    Si vous suivez l’Ouvèze, vous parviendrez jusqu’à la belle Vaison-la-Romaine, l’antique princesse aux ruines poétiques. Sur votre chemin, une collection de villages poétiques, et les célèbres gorges du Toulourenc, un des joyaux de la Haute Provence…

    Sur la route de l’olivier, sauges et lavandes de la Drôme

    Vous qui rêvez de champs de lavande à perte de vue, qui avez peut-être aussi envie de découvrir la sauge sclarée, avec sa couleur rose tendre et sa puissante odeur de miel, mais qui voulez fuir les foules de Valensole et de Sénanque… ne cherchez pas plus loin, la route de l’olivier en Baronnies vous conduira au cœur d’un paysage de carte postale.

    … et la lavande, bien sûr !
    Sur la route de l'olivier en Baronnies provençales.
    Sur la route de l'olivier en Baronnies provençales.

    Lorsque vous partez de Sainte-Jalle en direction de Buis-les-Baronnies, vous franchirez le magnifique col montagnard d’Ey, et traverserez une véritable mosaïque de cultures florales.

    Jean Giono disait de cet or mauve qui sublime les montagnes qu’il est l’âme de la haute Provence. Au milieu des cabanons et des bories témoins d’une longue tradition paysanne, épousant la forme des reliefs, les lavandes se déploient dans la lumière. Et vous serez seuls, ou presque, dans cette Provence méconnue et magnifique…

    Sahune, Rémuzat, Villeperdrix, Saint-May : perles des Baronnies provençales

    Nous sommes ici au pied de la Montagne d’Angèle, point culminant de la Drôme provençale, sur ces falaises qu’on nomme « falaise des vautours ». Quatre espèces de vautours nichent dans les sommets escarpés de cette haute Provence rocailleuse. Sahune, Rémuzat, Villeperdrix font partie de mes sites paysagers favoris sur la route de l’olivier.


    Sahune me fascine avec son sentier des oliviers, où les siècles ont imprimé dans leur écorce noueuse toutes les torsions des hivers froids et des vents rigoureux, transformant leur croissance en une éternelle danse avec le ciel. C’est un paysage de montagnes, d’arrêtes tranchantes et de crêtes qui s’envolent vers le ciel, où les oliviers corsètent les roches en robe de bal.


    A Rémuzat, au pied du rocher des vautours, les Alpes et la Méditerranée se touchent – je suis toujours fascinée, lors de mes randonnées en Baronnies autour de la montagne d’Angèle, de voir se côtoyer tulipes du Vercors et joubardes méridionales, fleurs des Alpes et fleurs du Sud.


    Villeperdrix est si belle, minuscule hameau juché sur son éperon rocheux, environné d’oliviers et de lavandes, funambule au-dessus des calcaires. Le village a un charme fou, un air d’intemporalité suspendue. On y accède par une route en lacets étroite et rocailleuse, avec l’impression de remonter dans le temps. A Villeperdrix, nous avons déjeuné dans la seule auberge du village, le Moulin du château, un délicieux menu unique de tradition au bord d’un ancien pressoir à huile. Vous avez deux autres belles raisons de venir vous perdre ici, au cœur du cœur des Baronnies : pour monter sur les crêtes de la montagne d’Angèle en vous garant au parking de l’espace naturel sensible de Villeperdrix, pour aller à la rencontre des vautours par dizaines, et le spa Les Terrasses, où on flotte dans l’eau tiède avec une vue exceptionnelle…

    Saint May enfin est l’un de mes villages préférés de la Drôme. Lorsqu’on débarque dans sa gorge, la vision de ce hameau suspendu au sommet de son piton au-dessus de la rivière est saisissante. Il faut monter, par un dédale de ruelles ombragées par les figuiers, jusqu’au cimetière, étrange et poétique endroit où les morts reposent avec la plus belle vue du monde.

    Mais pour les vivants, les gorges de St May sont un terrain de jeu idyllique, avec des vasques et des cascades qui me rappellent la Corse. C’est un joyau méconnu…

    Ces photos de moi sont les seules de la série qui n’ont pas été prises par Marion, mais par mon ami photographe Maxime Fiol, avec mon propre appareil.

    Une collection de villages enchanteurs dans la Vallée de l’Eygues

    Retournons maintenant du côté de Nyons, dans la vallée de l’Eygues. Vous trouverez ici des villages qui ont des airs de Provence éternelle, d’affiche sépia à l’ancienne : petits cafés au bord des fontaines, devantures rétro, bistrots sous les tilleuls au bord des terrains de pétanque… et toujours, toujours, en toile de fond, les oliveraies immenses et le regard bienveillant du Ventoux.

    sur la route de l'olivier en baronnies provençales
    Villedieu
    Villedieu


    Voici Piégon, son monument hommage aux vignerons, voici Villedieu, petite perle pittoresque dans le Vaucluse, avec ses cafés et boulangeries rétro, voici Faucon et ses ruines majestueuses, voici Puyméras, sa fontaine gracieuse, les ruines de son château, sa chapelle surplombant le village, voici Vinsobres et ses vignobles s’étalant entre les grandes lettres blanches, comme à Hollywood…


    Déroulez l’itinéraire de la route de l’olivier, et vous irez de perle en perle, avec l’impression d’un privilège rare, d’un pays qui se découvre juste pour vous.

    Un pique-nique idyllique sur la route de l’olivier, à Mirabel-aux-Baronnies

    Comment parcourir la route de l’olivier sans déguster les merveilles du terroir ? Marion et moi avons fait halte à Notre Dame de Beaulieu, sublime chapelle à Mirabel-aux-Baronnies perdue entre oliviers, vignes et cyprès, qui a de faux airs de Toscane.

    sur la route de l'olivier en baronnies provençales
    sur la route de l'olivier en baronnies provençales
    sur la route de l'olivier en baronnies provençales

    Dans ce site enchanteur, nous avons déroulé un pique-nique 100% Baronnies et Provence.

    Olives noires AOP de Nyons, le produit emblématique de la région, affinade, qui est une purée 100% olives noires délicieuse, saucisson et pâté à l’olive noire, picodon, melon de Cavaillon, abricots des Baronnies (l’abricot d’ici est très réputé pour sa taille et sa douceur !)… un délice locavore qui nous a réjouies, dans un cadre irréel de beauté…


    Sur les traces de l’olive noire de Nyons

    Visiter un moulin à huile, un musée de l’olive, aller chez un producteur découvrir les produits emblématiques du pays… pour en savoir plus sur l’olive noire de Nyons et tout ce qu’on peut découvrir à son sujet sur le parcours, je vous renvoie à cet autre article sur l’olive noire et de délicieuses recettes à base d’olive.

    sur la route de l'olivier en baronnies provençales

    Je recommande mille fois ma Drôme, et je dis souvent à ceux qui les méconnaissent encore : explorez les Baronnies provençales, ce parc merveilleux a tant de beautés en réserve. La route de l’olivier est un itinéraire parfait pour découvrir cette région enchanteresse que je suis fière et heureuse de pouvoir dire mienne.

    Merci au syndicat des producteurs de l’olive de Nyons AOP de nous avoir fait revenir au cœur des Baronnies sur cet itinéraire empreint d’authenticité et de beauté…

  • Mon nouveau livre sur la Provence

    Vous recherchez un beau livre sur la Provence, un livre riche en photos, rempli de lavandes, de calanques, de cigales et de mistral ? Amoureux du Sud, amateurs de beaux livres à garder pour soi ou à offrir, en recherche d’une idée cadeau pour quelqu’un qui aime la Provence ou simple curieux des beautés méridionales, je suis enchantée de vous présenter mon nouveau livre : « La Provence, on l’aime pour… ». Son sous-titre est explicite : Petit manifeste pour tous les mordus de Provence. Il vient tout juste de paraître aux éditions Suzac et je suis enchantée de ce projet.

    Mon livre sur la Provence : La Provence, on l'aime pour..., par Ariane Fornia

    Mon livre sur la Provence, petite présentation

    Mon livre sur la Provence : La Provence, on l'aime pour..., par Ariane Fornia

    La Provence, on l’aime pour…
    Petit manifeste pour tous les mordus de Provence
    Editions Suzac, 2020
    Texte et photos
    80 pages, 10 euros

    Un guide amoureux, subjectif et en images, tel un mini beau livre, composé d’une trentaine de thèmes (la Provence, on l’aime pour ses îles, ses villages perchés, sa Camargue…). À lire comme une belle carte postale illustrée de la Provence, mais une carte postale dont le panorama est largement teinté de dérision et d’humour (on l’aime pour son mistral, ses cagoles, etc.). En résumé, un parfait souvenir de vacances à offrir ou s’offrir, et LE petit livre pas cher que chaque Provençal, résident ou non, doit exposer sur sa table de salon, affichant ainsi ses origines et son amour pour la Provence.

    Mon livre sur la Provence : La Provence, on l'aime pour..., par Ariane Fornia

    Pourquoi j’ai adoré écrire ce livre sur la Provence

    Jean Giono disait : « Il n’y a pas de Provence. Qui l’aime aime le monde ou n’aime rien ». Autrement dit : il n’est pas possible de ne pas aimer la Provence, sa lumière, ses paysages, ses traditions. Mais pourquoi exactement l’aime-t-on tant, pourquoi suscite-t-elle une telle passion ?

    Ce petit livre sur ma Provence propose, avec des textes courts et légers et de belles photos colorées, toutes les raisons d’être amoureux de ma région chérie. On parlera des calanques et du mistral, mais aussi des cagoles et de l’accent, des paysages secrets et des traditions préservées… De la Drôme provençale à la Camargue, du Var aux Alpes de Haute-Provence, des plages radieuses aux montagnes magiques, on arpentera le plus beau pays du monde pour glaner quelques trésors – mots, images, évocations.

    Mon livre sur la Provence : La Provence, on l'aime pour..., par Ariane Fornia
    Mon livre sur la Provence : La Provence, on l'aime pour..., par Ariane Fornia

    Chaque texte est accompagné de sa photo d’illustration. Certains textes sont lyriques, d’autres humoristiques. Certains sont des citations d’illustres Provençaux, d’autres se veulent informatifs. Beaucoup de photos sont les miennes, mais d’autres ont aussi été choisies car elles correspondaient parfaitement à ce que j’avais envie de vous raconter.

    Mon livre sur la Provence : La Provence, on l'aime pour..., par Ariane Fornia

    L’ensemble est vraiment beau, je peux le dire car je ne suis pas celle qui a fait tout le travail de mise en page et d’impression, et j’étais très heureuse en recevant ce livre. C’est réellement un bel objet, haut en couleurs, bien fait, qu’on a envie d’exposer sur sa table basse ou d’offrir à un ami. Je crois que c’est une jolie idée cadeau pour quelqu’un qui aime le Sud : le livre vaut 10 euros seulement, il peut se feuilleter très vite ou se savourer longuement, être picoré ou dégusté.

    Mon livre sur la Provence : La Provence, on l'aime pour..., par Ariane Fornia

    Mon livre sur la Provence : où se le procurer ?

    Le livre La Provence, on l’aime pour… est disponible partout en France, en librairie et sur les plates-formes de vente en ligne.

    En fonction de vos préférences, vous pouvez donc :

    – acheter La Provence, on l’aime pour… sur Amazon
    – acheter La Provence, on l’aime pour… sur le site de la Fnac
    – acheter La Provence, on l’aime pour… chez un libraire indépendant près de chez vous

    Mon livre sur la Provence : La Provence, on l'aime pour..., par Ariane Fornia

    Quelques réponses à des questions que vous m’avez posées au sujet de ce livre :

    Quelle est la différence avec mon précédent livre sur la Provence ?

    Il y a un an, en juin 2019, j’ai sorti Provence, Les sillons du soleil aux éditions Nevicata, dans la collection L’âme des peuples. Bien que les deux livres aient un format proche (80 pages pour La Provence, on l’aime pour, 100 pour Les sillons du soleil) et un prix analogue (9,90 pour Les sillons du soleil, 10 pour La Provence, on l’aime pour…), les deux livres sont en vérité très différents – et je suis très attachée aux deux.

    livre provence

    Provence, Les sillons du soleil est un essai dans lequel j’explore l’identité provençale, son histoire, sa culture, à travers un récit et trois entretiens avec historiens et spécialistes de la région. Pour qui veut comprendre et décrypter la Provence, sonder son âme et son identité, je recommande ce livre qui a un positionnement plus érudit.

    La Provence, on l’aime pour… est un livre accessible à tous, léger, un « beau livre en miniature », à contempler et à offrir. La photo est au centre de l’ouvrage. Il est plus esthétique, plus visuel, tandis que Les sillons du soleil est plus intellectuel (et ne contient aucune photo).

    Est-ce que je peux l’avoir dédicacé ?

    Je vous avais proposé d’acheter mon précédent livre, Les sillons du soleil, directement auprès de moi, afin de le recevoir dédicacé (et c’est toujours possible, il me reste du stock !). C’était faisable car Les sillons est un petit livre tout léger et facile à envoyer. Je ne suis malheureusement pas en mesure de vous proposer la même chose pour La Provence, on l’aime pour…, car ses dimensions et son poids sont plus importants. Il lui faut une enveloppe matelassée, un affranchissement plus cher… je serais obligée de facturer des frais de port plus conséquents, et je trouve que c’est dommage, car si vous le commandez directement auprès de votre libraire ou sur le site des libraires indépendants, ou si vous l’achetez en ligne chez Amazon ou la Fnac, vous aurez les frais de port gratuits ou presque. Je préfère donc vous recommander de ne pas passer par moi – mais bien évidemment, je vous le dédicacerai avec joie lorsque nous nous verrons si l’occasion se présente, j’en serais enchantée ! Et si vous voulez l’offrir à quelqu’un pour une occasion spéciale, qu’une dédicace vous tient à cœur, je serai heureuse de vous envoyer par mail une dédicace personnalisée sous forme de jolie carte à imprimer vous-mêmes, afin que vous puissiez la glisser dans le livre.

    Mon livre sur la Provence : La Provence, on l'aime pour..., par Ariane Fornia
    A votre service 😉

    Je suis très heureuse d’avoir encore une fois de raconter, photographier, partager ma belle Provence. Profondément amoureuse de cette région qui incarne et rassemble tout ce que j’aime sur Terre, je vais continuer à vous proposer des images, des histoires, de bonnes adresses, des expériences à vivre en Provence.

    Grignan, en Drôme provençale

    N’hésitez pas à me suivre sur Instagram ou à vous inscrire à ma newsletter pour ne pas en perdre une miette ! Merci pour votre soutien, il m’accompagne sur ces chemins ensoleillés du Sud…

  • Un road trip rétro en 2 CV dans les Alpilles

    Un road trip en voiture ancienne dans les Alpilles, cela vous dit ? Prendre une 2CV, une coccinelle ou une méhari dans les sublimes paysages des Alpilles et dérouler les villages sous le soleil du Sud… Moi qui aime les images idylliques d’une Provence éternelle, et les expériences insolites, je suis partie explorer la région de St Rémy en Provence avec Yes Provence, société de location de voitures anciennes qui propose toute une flotte de vieilles et belles voitures stylées pour filer au milieu des oliveraies. Je me suis régalée avec cette petite voiture si photogénique, délicieusement rétro, qui respire les vacances, le cinéma d’autrefois, la France des albums photo ! Les Alpilles se prêtent merveilleusement à ce genre de virée vintage, car cette région sublime incarne tout le charme éternel du Sud. On se régale de la silhouette hiératique des Baux-de-Provence sur leur colline, des pins parasols et des oliviers, des reliefs découpés des Alpilles, des chapelles perdues et des routes sinueuses qu’on prend plaisir à arpenter en décapotable, avec l’air chaud et doux qui fait voler le chapeau !

    Road trip rétro en voiture ancienne dans les Alpilles : que voir dans les Alpilles ? Explorer les Alpilles en 2 CV

    Je vous raconterai notre journée en 2 CV, notre itinéraire pittoresque au cœur des Alpilles, et vous proposerai enfin de vivre l’expérience à votre tour. Un jeu concours vous permet de gagner votre journée de location de voiture ancienne en Provence, et si vous n’êtes pas l’heureux gagnant, je vous propose un code promo pour obtenir 15% de réduction. Retrouvez-les en fin d’article !

    Rouler en voiture ancienne dans les Alpilles

    C’est une vision tellement photogénique : une 2CV au milieu des oliveraies, des lavandes ou des champs de blé, sous le chant des cigales et le soleil de l’été… Je rêvais de ces images de vieux film, qu’on imagine délicatement sépia. Si Yes Provence propose différents types de voiture, nous avons jeté notre dévolu sur une jolie 2CV blanche de 1983 appelée Danielle – toutes leurs voitures ont un petit nom ! Et il faut bien avouer que si la région est sublime en elle-même, l’arpenter avec une voiture de collection ajoute beaucoup de chic et de chien à l’expérience. Je me sentais comme une héroïne de film, cheveux et robe au vent. D’autres voitures m’ont fait de l’œil, comme une Cox Cab Martin blanche magnifique, ou une Cox tricolore ravissante – une prochaine fois !


    Le midi, nous avons dégusté sous les pins un pique-nique fourni par Yes Provence (une option que vous pouvez réserver avec votre voiture, pour 19 euros de plus par personne) : une jolie boîte rétro avec couverts, verres et nappe en Vichy, et un délicieux pique-nique préparé par les partenaires de Yes Provence, la poissonnerie Eulalie à l’Isle-sur-la-Sorgue – nous avons eu droit à des spécialités de poisson, saumon, sardines, des fruits de Provence, des madeleines et du pain frais, tout était délicieux et j’avais l’impression d’entrer dans le décor d’un tableau ancien… un déjeuner sur l’herbe plus méridional (et plus habillé ;-)).

    Notre itinéraire pour un road trip dans les Alpilles

    Parcourir les Alpilles, sous le soleil éclatant du Sud… Suite à mes photos de road trip rétro en 2CV sur Instagram, plusieurs personnes m’ont demandé : mais où est-ce, les Alpilles, exactement ? Réponse : nous sommes au cœur du cœur de la Provence. Nous sommes dans un massif montagneux escarpé et découpé, aux reliefs dentelés comme une mer déchaînée, mais de basse altitude et très ensoleillé, situé entre Avignon et Arles.

    Road trip rétro en voiture ancienne dans les Alpilles : que voir dans les Alpilles ? Explorer les Alpilles en 2 CV
    Les Baux-de-Provence
    Road trip rétro en voiture ancienne dans les Alpilles : que voir dans les Alpilles ? Explorer les Alpilles en 2 CV

    Impossible d’évoquer l’histoire de la région sans parler des Alpilles. C’est ici, dans le village de Maillane, qu’est né Frédéric Mistral, LE père de la nation provençale, l’auteur de son hymne et de son dictionnaire. C’est ici qu’Alphonse Daudet s’est installé dans son mythique moulin pour écrire ses Lettres de mon moulin (vous savez, la chèvre de Monsieur Seguin, la mule du pape…). C’est ici que Van Gogh a peint ses tournesols et ses cieux étoilés, hallucinant la splendeur des nuits de Provence. J’adore cette région qui est un nectar de Provence, avec ses oliveraies immenses, ses pins parasols, ses moutons blancs – le pastoralisme est au cœur de l’identité du pays – ses cigales.

    Road trip rétro en voiture ancienne dans les Alpilles : que voir dans les Alpilles ? Explorer les Alpilles en 2 CV
    Road trip rétro en voiture ancienne dans les Alpilles : que voir dans les Alpilles ? Explorer les Alpilles en 2 CV
    Road trip rétro en voiture ancienne dans les Alpilles : que voir dans les Alpilles ? Explorer les Alpilles en 2 CV
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    Moutons des Alpilles
    Road trip rétro en voiture ancienne dans les Alpilles : que voir dans les Alpilles ? Explorer les Alpilles en 2 CV

    Yes Provence nous avait fourni un GPS comportant de nombreuses adresses pré-enregistrées : beaux villages, chapelles iconiques, vignobles mythiques, points de vue spectaculaires, mais aussi petits coins de nature un peu secrets, cascades, pont romain, pinèdes… c’était un bonheur de piocher dans ces suggestions, et de les mêler à mes propres coups de cœur.

    Les Baux-de-Provence, le plus beau village des Alpilles

    Le village le plus mythique des Alpilles, ce sont évidemment les Baux-de-Provence, avec son « Val d’Enfer » aux reliefs torturés et son château médiéval symbole des grandes guerres provençales pour le contrôle du comté béni des dieux. Le récit des guerres qui ont déchiré les Baux pendant plus de deux siècles se lit comme un roman – le château en ruines en est un sublime témoignage.

    Road trip rétro en voiture ancienne dans les Alpilles : que voir dans les Alpilles ? Explorer les Alpilles en 2 CV
    Road trip rétro en voiture ancienne dans les Alpilles : que voir dans les Alpilles ? Explorer les Alpilles en 2 CV

    Au-dessus des Baux, le Val d’Enfer, ses rochers percés, sa table d’orientation, offrent des vues sublimes sur le village, son massif et ses oliveraies immenses.

    Road trip rétro en voiture ancienne dans les Alpilles : que voir dans les Alpilles ? Explorer les Alpilles en 2 CV

    Le village lui-même, classé parmi les plus beaux de France, est un dédale de ruelles infiniment photogéniques.

    Quant au château mythique, je l’avais photographié en novembre dernier – bien évidemment, les paysages d’hiver sont moins beaux que ceux de mai, mais j’avais envie de partager avec vous ces vues solennelles…

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    Eygalières, mon village préféré des Alpilles

    Mon coup de cœur à moi, c’est Eygalières, petite idylle provençale parfaite avec son rocher surplombé par la Vierge Marie en manteau d’albâtre et d’azur, d’où la vue sur les crêtes est époustouflante.

    Mais le lieu le plus photogénique de tous, c’est sa sublime chapelle Saint Sixte, à l’écart du village, toute couronnée de cyprès solitaires. On jurerait voir un morceau de Toscane, une peinture suspendue dans le temps.

    Road trip rétro en voiture ancienne dans les Alpilles : que voir dans les Alpilles ? Explorer les Alpilles en 2 CV
    Road trip rétro en voiture ancienne dans les Alpilles : que voir dans les Alpilles ? Explorer les Alpilles en 2 CV

    Le moulin de Daudet, au coeur des Alpilles

    Ce n’est qu’un petit moulin perdu au milieu de la caillasse blanche, vision d’une Provence d’autrefois, mais c’est un lieu mythique de la littérature régionale : c’est ici qu’Alphonse Daudet a imaginé la petite chèvre trop hardie qui finit dévorée par le loup, et écrit ses hymnes à la Provence éternelle…

    Road trip rétro en voiture ancienne dans les Alpilles : que voir dans les Alpilles ? Explorer les Alpilles en 2 CV
    Road trip rétro en voiture ancienne dans les Alpilles : que voir dans les Alpilles ? Explorer les Alpilles en 2 CV

    L’abbaye de Montmajour

    Je l’avais découverte en novembre dernier lors d’un autre séjour dans les Alpilles : perdue au milieu de ce qui était autrefois un marécage hostile et inondé, véritable île de pierre au cœur du marais, l’abbaye de Montmajour est une des plus mystérieuses et magiques de Provence. Fondée en 948 par les Bénédictins, elle présente une singularité inquiétante : des tombes rupestres, creusées à même la falaise. La beauté de son cloître est d’une perfection intemporelle, et la vue du sommet de la tour porte jusqu’au delta de Camargue

    La chapelle Notre Dame de Beauregard

    C’est un lieu qui suscitait ma curiosité depuis longtemps, et vous l’avez sans doute déjà vue en empruntant l’A7 : c’est cette église juchée au sommet d’une falaise, surplombant toute la vallée de la Durance. C’est un lieu très important dans l’histoire de la culture provençale, car Mistral et ses Félibres s’y réunissaient souvent pour évoquer l’avenir de la nation. Les nombreuses inscriptions dans la chapelle sont en provençal. La vue surplombant l’autoroute et les méandres de la Durance est très impressionnante…

    Votre road trip en voiture ancienne en Provence : jeu concours et code promo

    Vous avez envie de vivre la même chose à votre tour ? Petit retour sur la conduite de la voiture : elle est accessible à tout conducteur normalement expérimenté (je le déconseille si vous venez tout juste d’obtenir votre permis, bien sûr). Il faut un petit temps d’ajustement pour s’habituer aux vitesses un peu capricieuses, à tourner sans direction assistée, c’est déroutant et amusant, mais on s’y fait vite et on adore se sentir comme un personnage de film… Et si vous n’avez pas votre permis, sachez que Yes Provence propose également des journées de location avec chauffeur. Les tarifs commencent à 120 euros la demi-journée, 180 la journée sans chauffeur, et 230 la demi-journée, 345 la journée, avec chauffeur. L’essence est comprise dans les tarifs.

    Road trip rétro en voiture ancienne dans les Alpilles : que voir dans les Alpilles ? Explorer les Alpilles en 2 CV

    Et j’ai un code promo à vous proposer, valable jusqu’au 31 décembre 2020 : obtenez 15% de réduction sur votre location en utilisant le code MAGICA15 sur le site de Yes Provence.

    Vous voulez être encore plus chanceux ? En partenariat avec Yes Provence, je vous propose de gagner une journée de location de voiture ancienne, sans chauffeur. Le gagnant définira la date de sa sortie avec Yes Provence, en fonction de ses disponibilités et des leurs. Pour jouer, c’est très simple, rendez-vous sur ma page Facebook ou Instagram. Le tirage au sort aura lieu jeudi 11 juin. Edit : le tirage au sort a eu lieu, la gagnante a été informée !

    Un mariage rétro avec voiture ancienne en Provence

    J’en profite pour partager avec vous des images d’un très beau mariage à Grignan, en Drôme provençale, que j’ai photographié en octobre dernier. La mariée est arrivée dans une superbe voiture ancienne jaune citron, vision magnifique et tellement photogénique pour une journée hors du commun. Il ne s’agissait pas d’une voiture de location – elle appartenait à la famille de la belle mariée –, mais Yes Provence propose aussi ce type de prestations : vous pouvez louer une voiture ancienne pour le couple nuptial ou pour tout le cortège. Je me suis dit que c’était une jolie idée pour rendre la journée unique…

    Et vous, avez déjà conduit une vieille voiture dans ce style ? Est-ce quelque chose qui vous tenterait ?

    Merci à Yes Provence pour cette expérience qui m’a beaucoup séduite !

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  • Moustiers-Sainte-Marie, la perle du Verdon

    Où dormir quand on visite les gorges du Verdon et le lac de Sainte Croix ? Le plus beau village du Verdon, son incontournable, c’est Moustiers-Sainte-Marie. Qui a déjà arpenté ses routes sinueuses et odorantes sait que ma Provence compte nombre de villages sublimes, joyaux perchées et chapelles funambules. Mais parmi les plus beaux, les plus touchants de tous, c’est peut-être Moustiers-Sainte-Marie qui l’emporte dans mon cœur. J’ai toujours le cœur qui bat quand je m’approche de la forteresse du Verdon et que je vois la silhouette de Moustiers se détacher de la montagne, comme une promesse de félicité : vous entrez aussi au pays des merveilles.

    moustiers sainte marie et les gorges du verdon

    Entre pitons rocheux et oliveraies, faïences et cascades, sanctuaire et calades, Moustiers incarne une forme de perfection idyllique que nourrissent mille légendes et visions saisissantes.

    Le plus beau village de Provence : Moustiers-Sainte-Marie dans le Verdon

    Je n’exagère pas quand je dis que la sainte trinité constituée par le village de Moustiers, le grand canyon du Verdon et le lac de Sainte Croix est LE diamant pur de la Provence, et peut-être même l’endroit que j’aime le plus en France. Incroyablement photogénique, radicalement spectaculaire, profondément authentique, ce joyau de la Haute-Provence concentre tout ce que j’aime – le sublime de la nature à l’état brut, l’audace de l’architecture et la force de la tradition.

    Visiter Moustiers-Sainte-Marie. Où dormir dans les gorges du Verdon ?
    Le lac de Sainte Croix

    En juin dernier, j’ai passé un week-end merveilleux avec mes amis Vincent et Marion à Moustiers, à explorer le village, le lac, les gorges, tester des bonnes adresses et faire un million de photos de ce lieu unique entre tous.

    Visiter Moustiers-Sainte-Marie. Où dormir dans les gorges du Verdon ?
    Marion et moi sur le lac enchanté

    Porte d’entrée vers les sublimes gorges du Verdon, le village de Moustiers-Sainte-Marie mérite largement qu’on y fasse une halte avant d’explorer le lac de Sainte Croix. Et pour ceux qui ont plusieurs jours, Moustiers est le camp de base parfait pour un long séjour dans le Verdon. Suite à mon article sur les gorges du Verdon, qui est aujourd’hui un des plus lus et appréciés de mon blog, je reçois souvent des messages me demandant où dormir quand on visite le Verdon. La réponse coule de source : Moustiers, Moustiers, évidemment, pour sa situation parfaite et sa beauté hors du commun.

    Où dormir pour découvrir les gorges du Verdon ? Je vous parlerai d’un bel hôtel de charme à Moustiers-Sainte-Marie, La Ferme rose.

    Voici donc une déclaration d’amour au plus beau village de Provence à mes yeux, et quelques idées pratiques pour visiter Moustiers-Sainte-Marie et les gorges du Verdon, avec de bonnes adresses, des points de vue magnifiques et des activités incontournables.

    Survoler les gorges du Verdon et le lac de Sainte Croix en parapente : un de mes plus beaux souvenirs.

    Toutes les photos dans lesquelles j’apparais ont été prises par mes amis Vincent et Marion alias Foehn Photographie– portraitiste si talentueuse ! Merci à eux d’être venus vivre ce beau week-end avec moi.

    Visiter Moustiers-Sainte-Marie. Où dormir dans les gorges du Verdon ?
    Marion et moi

    Moustiers-Sainte-Marie, la merveille du Sud

    Commençons par une image, une sensation. Parce que vous avez soif de soleil, de vertige et de beauté, vous avez décidé de passer le week-end dans le Verdon. Vous arrivez du Nord ou du Sud, peu importe, vous avez mis le cap sur cette forteresse minérale qui garde jalousement sa rivière turquoise comme l’écrin enveloppe l’émeraude. Vous avez traversé le plateau de Valensole, couvert de sauge mauve pâle si nous sommes début juin, de lavande d’un violet profond si nous sommes fin juin, vous avez vu au loin la silhouette du Verdon se rapprocher comme une oasis de pierre blanche par-delà les ondulations des prés. Et soudain vous êtes-là.

    moustiers sainte marie et les gorges du verdon
    L’arrivée sur Moustiers


    Si le Verdon est un château fort, Moustiers est son pont-levis, sa serrure, sa clef – ici s’ouvre la porte des merveilles. Un virage de la route vous crache face à face avec Moustiers, et cette vision, cette vision ! Au milieu de deux pitons rocheux monumentaux, entre lesquels une étoile d’or scintille, Moustiers-Sainte-Marie se dresse sur son éperon, presque aussi étincelant que son étoile avec les reflets du soleil sur les murs d’or, les tuiles vernissées et les rivières qui le traversent. Ce n’est pas réel, c’est une vision parfaite, un rêve que le soleil du sud a figé en pierre et en faïence.
    On dit souvent du Mont Saint Michel qu’il est la merveille : prouesse architecturale dressée sur son rocher fabuleux. Moustiers-Sainte-Marie est à mes yeux la merveille du Sud, village funambule que couronne son sanctuaire, citadelle toute drapée de vertige avec ses maisons troglodytes dérobées à la falaise, ses pitons audacieux, ses escaliers raides et ses cascades jaillissantes, comme si ici tout aspirait à la verticalité, tout tendait vers le ciel. C’est beau, c’est beau, c’est tellement beau. Mais allons au-delà de l’émerveillement qui vole les mots – allons visiter Moustiers.

    Moustiers et le lac de Sainte Croix au fond

    Moustiers-Sainte-Marie, son étoile, sa chapelle

    Commençons par les hauteurs. Moustiers est un village perché, comme tant d’autres en Provence, souvenir d’une époque tumultueuse où des princes ennemis et des pirates venus de mers lointaines se disputaient cette terre. Au Ve siècle, des moines venus de la mythique abbaye de Lérins (sur une île au large de Cannes) sont venus évangéliser la Provence. Ils se sont mis à l’abri sur les hauteurs, ils ont creusé leurs cellules à même la roche, dans cette pierre tendre et friable. Plus tard, au XIe siècle, d’autres chrétiens fascinés par cet héritage venu des origines ont bâti tout au sommet ce sanctuaire dont le nom d’aujourd’hui dit la vue sublime qu’on conquiert à sa cime : Notre Dame de Beauvoir. La vision des toits du village entourés d’oliviers, et par-delà, des eaux éblouissantes du Lac de Sainte Croix, est magique. Cette chapelle s’appelait autrefois Notre Dame d’Entreroches – les deux noms sont magnifiquement évocateurs.

    L’étoile d’or de Moustiers

    Levez les yeux au ciel : entre les deux pitons, suspendue à une très lourde chaîne, brille une étoile d’or. La légende dit qu’elle y trône depuis le XIIe siècle : fait prisonnier en Terre sainte lors d’une croisade, le chevalier de Blacas aurait fait le vœu de suspendre cette étoile au-dessus de son village chéri s’il revoyait un jour sa patrie. Frédéric Mistral lui fait dire ces mots : « A tes pieds Vierge Marie – je suspendrais ma chaîne, – si je retourne – à Moustiers, dans ma patrie ! ». L’étoile est tombée plusieurs fois au cours de son histoire, foudroyée, érodée ou victime d’accidents insolites, mais elle a toujours été remplacée. L’étoile actuelle date de 1957 et a été dorée à l’or fin. On dit que gravir le piton pour aller toucher les maillons de la chaîne arrimés à la roche porte bonheur… Mais pour s’en approcher, il faut monter au sanctuaire.

    Visiter Moustiers-Sainte-Marie. Où dormir dans les gorges du Verdon ?
    L’étoile d’or de Moustiers

    L’histoire effrayante de la chapelle de Moustiers-Sainte Marie

    On accède au sanctuaire par des escaliers raides et inquiétants, si souvent polis par les pas qu’ils en deviennent glissants et dangereux. Il faut s’accrocher à la rambarde, regarder où on pose les pieds. Tout au long du chemin de croix, des faïences marquent les stations du calvaire. L’ascension est rude, mais le site est magique, exceptionnel.

    Où dormir pour visiter le Verdon ? Le village de Moustiers-Sainte-Marie, un des plus beaux villages de Provence

    Tout au sommet de Moustiers, dans des hauteurs colonisées par des chèvres sauvages, se tient cette chapelle encadrée de cyprès, secrète et solennelle, où les murs sont noircis par la fumée étouffante de dizaines de bougies. Une légende entoure ce sanctuaire : celle des suscitations. Il fut une époque où on craignait pour les âmes des nouveau-nés morts sans baptême : on redoutait qu’elles ne puissent accéder au paradis et restent éternellement piégées dans la noirceur des limbes. Mais on disait qu’à Moustiers, les bébés morts revenaient quelques instants à la vie dans le mystère de cette chapelle noire, juste le temps de recevoir l’eau baptismale, et d’être admis au royaume des cieux. Des parents éplorés venaient de tout le comté de Provence en portant leur enfant mort pour gravir les escaliers glissants de Moustiers…

    Sachez que Moustiers compte également une autre très belle église en cœur de village, Notre Dame de l’Assomption.

    Où dormir pour visiter le Verdon ? Le village de Moustiers-Sainte-Marie, un des plus beaux villages de Provence

    J’ai retenu trois choses de ma visite de cette belle église romane du XIIe siècle, à commencer par son très beau clocher qui est un emblème du village et trône magnifiquement au milieu des toits.

    Une curiosité ensuite : dans cette église, le chœur et la nef, qui n’ont pas été construits sont simultanément, sont décalés – l’effet est très original et unique, je ne crois pas avoir vu cela ailleurs. Je finis par la pièce la plus remarquable : l’autel ! Cet autel est en vérité un exceptionnel sarcophage du IVe siècle, témoin des premiers temps de la chrétienté provençale.

    autel église moustiers
    L’autel

    Les premiers temps du christianisme en Provence sont une époque absolument fascinante, j’en ai beaucoup parlé dans mon livre Provence, les sillons du soleil, notamment à travers un entretien passionnant avec Jean Guyon, le grand historien de la chrétienté primitive. Cela m’a beaucoup touchée de pouvoir entrer de plein pied dans cette époque si marquante à travers cette pièce extraordinaire.

    Les oliviers et les roses de Moustiers-Sainte-Marie

    Parce que le village est situé dans un cadre naturel spectaculaire, plusieurs très belles randonnées partent de Moustiers et permettent de gagner des vues panoramiques éblouissantes – l’office du tourisme vous fournira un plan indiquant ces sentiers. Marion et moi avons choisi de faire la randonnée qui traverse les oliveraies. Parce que la Provence est fille de la Grèce et de Rome, petit morceau d’Antiquité solaire en terre gauloise, l’olivier est un symbole fort de notre pays, et plusieurs AOC protègent le patrimoine oléicole provençal. Moi qui suis drômoise, j’ai grandi avec les oliviers de Nyons ; dans la région de Forcalquier, j’ai découvert les sublimes oliveraies de Lurs en bord de Durance, aux Baux-de-Provence, les oliveraies des Alpilles… A Moustiers, les oliveraies s’inscrivent dans l’AOC huile d’olive de Haute-Provence, et ce ne sont pas moins de 20 000 oliviers qui encadrent le village. La promenade est magnifique, avec des vues éblouissantes sur le lac de Sainte-Croix. J’aime l’ombre fraîche des oliviers, le jeu délicat de la lumière dans leurs feuilles ciselées…

    Le plus beau village de Provence : Moustiers-Sainte-Marie dans le Verdon
    Mon amie Marion – Foehn Photographie – me tire le portrait dans ces oliveraies estivales

    Mais Moustiers-Sainte-Marie, ce sont aussi les roses. Elles subliment les calades dorées, elles s’entrelacent aux vieilles pierres, elles se faufilent partout où la source abreuve le calcaire. Je me suis régalée de découvrir toutes ces variétés ravissantes, dont la plus chère à Nerval, la rose trémière…

    Le plus beau village de Provence : Moustiers-Sainte-Marie dans le Verdon
    Le plus beau village de Provence : Moustiers-Sainte-Marie dans le Verdon

    Cascades et faïences de Moustiers-Sainte-Marie, un village d’art

    C’est un petit miracle provençal qui fait que j’aime tant ma région : dans ce pays de pierre et de soleil, l’eau jaillit de façon inattendue, providentielle, et partout où elle sourd vient la vie. Si le village de Moustiers est venu s’installer sur ces hauteurs a priori inhospitalières, c’était grâce à l’eau, grâce à ces cascades et fontaines qui traversent le village et confèrent à Moustiers un charme inimitable. J’ai adoré ces résurgences moussues, ces escaliers d’eau bondissante au cœur du village – un régal de fraîcheur et de poésie.

    Moustiers doit aussi à l’eau la spécialité qui a fait sa renommée européenne : la faïence. Au XVIIIe, âge d’or de la faïence, deux manufactures provençales exportaient leur vaisselle fine dans l’Europe entière : Marseille et Moustiers. Les services de Moustiers se trouvaient à la table des rois, des princes et des puissants de tout le continent – Louis XIV raffolait des faïences du Verdon.

    Le plus beau village de Provence : Moustiers-Sainte-Marie dans le Verdon
    Un des ateliers de faïence de Moustiers.

    Si vous voulez comprendre et admirer l’histoire de cet art délicat, je vous invite à faire un tour au Musée de la Faïence de Moustiers : cette maison historique de toute beauté a reconstitué les plus grandes collections de chaque époque, et c’est une merveille de raffinement et de délicatesse. On y retrouve notamment les faïences ornées d’oiseaux, qui sont devenues le signe distinctif des ateliers de Moustiers.

    Mais le plus beau, c’est que cet art de la faïence se perpétue largement aujourd’hui à Moustiers. Classé village d’Art, Moustiers compte encore de nombreux ateliers artisanaux d’une qualité exceptionnelle, où la faïence est modelée et peinte à la main selon les techniques ancestrales. Ici, les pièces sont numérotées, signées, et cette authenticité, ce souci du travail bien fait, me rendent fière de ma région qui valorise ses artistes et artisans. La finesse de ces objets, leur beauté et leur caractère unique, est irrésistible – je n’ai pas pu m’empêcher de rapporter plusieurs beaux souvenirs de Moustiers à ma mère. J’ai visité trois ateliers, qui m’ont tous les trois marquée et fascinée.

    L’atelier Mufraggi a été un immense coup de cœur, car son site est d’une beauté rare : il est installé dans une maison troglodyte absolument incroyable, véritable caverne aux merveilles creusée à même la falaise. J’ai eu le bonheur de voir Patricia Mufraggi au travail : son poste est installé au cœur même de la boutique, et c’est une expérience assez extraordinaire de la voir travailler ses faïences, fidèles à l’esprit historique de Moustiers, dans une profonde concentration…

    L’atelier Lallier est lui aussi troglodyte, ce que j’adore : quel bonheur de se glisser sous les voûtes de pierre brute qui contrastent avec la finesse extrême des faïences ! Le style Lallier m’a beaucoup plu, j’ai notamment été très séduite par leurs nombreux oiseaux : Lallier a choisi non seulement de perpétuer la tradition historique des oiseaux de Moustiers, mais de les enrichir avec nombre d’oiseaux tropicaux colorés, toujours superbes. Je serais bien repartie avec une volière entière de faïences !

    Enfin, j’ai eu le plaisir de découvrir l’atelier Soleil, qui s’est spécialisé dans la faïence d’art souvent novatrice et originale, avec de nombreuses collaborations avec d’autres maisons et artistes de tous horizons – tout en préservant le caractère traditionnel et manuel de la faïence, ils ont une approche très arty qui séduit des clients prestigieux. Ce que j’ai adoré chez eux, ce sont leurs collections emblématiques de bols fleuris, qui semblent composés de pétales ou de rayons de soleil. J’adorerais m’acheter un set un de ces jours.

    Le plus beau village de Provence : Moustiers-Sainte-Marie dans le Verdon

    Bref, si vous cherchez un souvenir raffiné et de bon goût à rapporter du Verdon, n’hésitez pas, achetez une faïence artisanale de Moustiers…

    Où manger à Moustiers-Sainte-Marie ? Quelques bonnes adresses

    J’ai eu le plaisir de découvrir plusieurs adresses excellentes à Moustiers. Toutes m’ont séduite pour des raisons différentes, et je vous les recommande toutes en fonction de vos attentes.

    * Pour manger au bord de l’eau : La Cascade. Le cadre est exceptionnel : vous êtes au ras de l’eau, suspendu au milieu de la cascade centrale qui traverse le village. J’ai passé tout mon repas dans un état d’émerveillement total, avec l’impression de vivre un moment privilégié. La cuisine type brasserie est classique et bonne, et fait la part belle aux produits locaux.

    * Pour un moment gastronomique un peu magique : La Treille Muscate. Un petit bijou que ce resto élégant, labellisé Maître Restaurateur (un label qui ne m’a jamais déçue), situé lui au-dessus de la cascade. Vincent, Marion et moi avons tout aimé, la beauté du cadre, le raffinement du repas – tout était exquis et ancré dans le terroir.

    * Pour un insolite chaleureux et de qualité : Les tables du cloître. Ce resto est vraiment attachant : un cadre troglodyte spectaculaire, qui vous fait manger dans un ancien cloître médiéval, une carte courte mais 100% faite maison, un service très sympa et une farandole des desserts mémorable.

    * Pour grignoter une spécialité : arrêtez vous chez les Biscuits de Moustiers pour goûter les croquants de Provence made in Verdon, avec notamment l’étoile de Moustiers et le cœur de lavande, et puis passez chez le glacier artisanal l’Etoile givrée pour des glaces maison exceptionnelles – celle à la lavande est un must.

    * Je n’ai pas eu le plaisir d’y aller, mais je retiens l’adresse : si vous cherchez la haute gastronomie, sachez que La Bastide de Moustiers est la propriété d’Alain Ducasse et que son restaurant est auréolé d’une étoile au Michelin.

    * Enfin, si vous êtes au bord du lac et ne voulez pas remonter à Moustiers, vous pouvez très bien manger pour pas cher et dans un joli cadre à la paillotte La Guinguette du Lac – salades, crêpes, pizza, burgers, tout est très bon et abordable, et vous aurez une jolie vue sur le lac.

    Où dormir dans le Verdon ? Un hôtel de charme à Moustiers : La Ferme rose

    On me demande souvent quel est le meilleur endroit où dormir pour visiter les gorges du Verdon. Moustiers-Sainte-Marie est pour moi une évidence, par sa beauté et sa situation parfaite à deux pas du Lac de Sainte Croix et des routes mythiques. Et où dormir à Moustiers ? Le village propose toutes sortes d’hébergements, campings, chambre d’hôtes, gîtes, mais pour moi qui suis folle des hôtels de charme, aucun lieu ne pouvait mieux me correspondre que La Ferme Rose – Marion et moi avons eu un vrai coup de cœur pour ce lieu hors normes, véritable bulle de poésie et de fantaisie situé au pied du village, sur la route menant au lac.

    Rien de plus triste qu’un hôtel normé, uniforme et impersonnel. Mais aucun risque ici… Depuis quarante ans, la Ferme rose cultive sa singularité avec une collection d’insolites qui vous plongent dans l’atmosphère délicieusement rétro d’un film des années 60. Juke box, vieilles bobines, meubles biscornus, objets inattendus, plantes grimpantes et harmonies audacieuses, tout est charmant, décalé, surprenant, et Marion et moi allions de découverte en découverte, amusées et séduites par ce lieu hors normes.

    Notre salle de bain était merveilleuse, avec sa douche de mosaïques aussi turquoise que le lac – chaque chambre est différente, toutes sont uniques et jolies.

    où dormir dans le verdon ? moustiers-sainte-marie

    Les extérieurs ont eux aussi un charme rare : une allée de cyprès de style toscan vous conduit à ce petit paradis caché, où on prend le petit déjeuner dans un jardin délicat à l’ombre des buissons fleuris, et où la magnifique piscine entourée de statues et de cyprès a des airs de Californie hollywoodienne.

    La Ferme rose, c’est une étape à la fois romantique et ludique, une merveille de bonne adresse pleine de personnalité. L’accueil est soigné et chaleureux.

    Que faire autour de Moustiers ? Un week-end magique dans le Verdon

    J’ai déjà consacré un long article aux randos, points de vue et sites exceptionnels des gorges du Verdon, et je vous invite à le découvrir pour un guide plus complet. Mais ce beau week-end m’a à la fois permis de revivre certaines expériences incontournables… et d’en découvrir d’autres fabuleuses, notamment le parapente.

    Un tour en pédalo dans les gorges du Verdon

    C’est pour moi un incontournable absolu, que je refais encore et encore sans me lasser : louer un pédalo au bord du lac de Sainte Croix, et remonter dans la gorge. Le paysage est beau comme un rêve, une gorge fantasmagorique où les ondulations dorées du calcaire répond au turquoise de l’eau, où la mousse laisse entrevoir des cascades de tuf et où les oiseaux fusent dans le ciel immense de Provence. Vincent s’est essayé à l’escalade sur les parois de la gorge – pari réussi !

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    Must see in Provence: the best places to see in Provence, natural wonders of Provence

    La route des crêtes du Verdon

    C’est une des plus belles routes de France à mes yeux : la route des crêtes, à La Palud sur Verdon. 24 km, 14 belvédères, et des points de vue inouïs sur les gorges, notamment son point le plus vertigineux : 700m de profondeur, le plus grand canyon d’Europe ! Ajoutez à cela les dizaines de vautours majestueux qui rasent la verticalité radicale des falaises, et vous aurez un site hollywoodien, irréel… une explosion de beauté visuelle.

    La route qui surplombe directement le lac de Sainte-Croix est elle aussi d’une beauté inouïe – les points de vue sont éblouissants.

    route des crêtes du verdon
    route des crêtes du verdon

    Survoler le Verdon en parapente avec Roc’n’Vol

    Cela restera un souvenir inouï pour Marion et moi : survoler le lac de Sainte Croix et les gorges du Verdon lors d’un merveilleux vol en parapente avec Roc’n’Vol. Si vous êtes un amoureux de points de vue sublimes, si vous cherchez à vivre un moment hors normes, si vous rêvez de voler dans un des plus beaux sites de France, n’hésitez pas, cette expérience est d’une puissance rare.

    Depuis mon expérience magique de parapente dans le Vercors, je suis amoureuse de cette activité que je considère être la plus proche possible du vol de l’oiseau : une sensation d’apesanteur merveilleuse, comme si on flottait sur un coussin d’air, sans à-coups, sans vertige, sans chute. Le parapente n’est ni physique (pour le passager en tout cas), ni effrayant, c’est un moment aérien d’une poésie et d’une douceur rare. Rien à voir avec le saut en parachute ou à l’élastique : vous ne tombez pas, vous n’aurez pas le vertige, mais sous survolerez le monde avec une douceur rare.

    Le vol avec Roc’n’Vol, au départ d’Aiguines, restera un de mes plus beaux souvenirs en parapente : monter au-dessus de la gorge, voir le serpent turquoise se faufiler au fond du canyon, survoler les crêtes déchiquetées et les reliefs magiques du Verdon, puis plonger vers la couleur surnaturelle du lac qui revêt des airs de plage bahaméenne, quoi de plus magique ? Je vous la recommande de tout cœur, d’autant que les moniteurs sont pro et sympas et vous feront voler en toute sécurité.

    Le Verdon m’enchante, et je rêve déjà d’y retourner…

    parapente verdon sainte croix

    Merci de tout cœur à l’office de tourisme de Moustiers Sainte Marie pour ce week-end exceptionnel. Merci à la Ferme Rose pour leur accueil chaleureux et à Roc’n’Vol pour cette expérience si puissante et mémorable. Et enfin, merci à Marion et Vincent d’avoir été là pour vivre ces moments magiques avec moi – et pour toutes les photos !

    Où dormir dans le Verdon ? Où dormir pour visiter les gorges du Verdon ? Visiter Moustiers-Sainte-Marie.