Je suis née dans la Drôme et j’ai le bonheur d’y vivre. Trait d’union entre Vercors et Provence, la Drôme est une synthèse parfaite de ce que j’aime le plus au monde, une terre d’harmonie entre montagne et midi.
La Drôme ? Ce sont deux parcs naturels régionaux, celui du Vercors et celui des Baronnies provençales, c’est une nature grandiose et un paysage sculpté par la main des hommes, une terre d’agriculture où se nichent des villages somptueux au milieu des lavandes et des abricots. La Drôme, c’est un pays de grands espaces et de bien-être, où on respire et où on se ressource en écoutant le chant des rivières…
A l’été et l’automne 2022, j’ai eu l’immense bonheur de réaliser pour ma Drôme natale et chérie un beau reportage en trio avec deux créatrices et amies talentueuses : la vidéaste Pauline Filippelli et la photographe Marion Carcel. Ce sont ici les vidéos réalisées par Pauline que j’ai le plaisir de vous présenter : un format long de sept minutes, et trois formats courts de 45 secondes, conçus pour les réseaux sociaux. Ces vidéos mélangent plans caméras au poing et images aériennes prises au drone. En tant que blogueuse de voyage amoureuse de la Provence, des Alpes, et de la Drôme qui les unit, je suis très heureuse de ces films dont j’ai eu le bonheur d’être l’actrice et présentatrice. J’espère que cet hommage à ma Drôme adorée dans toute sa diversité saura vous toucher. La Drôme en vidéo, c’est par ici !
Drôme, pays de lumière, de montagnes et d’agriculture. Photo Marion Carcel
Sept minutes de Drôme en vidéo
Nous vous proposons sept minutes d’immersion en vidéo dans les paysages et les patrimoines drômois, entre les lavandes du Diois, les bulles de la clairette au pied du Vercors, les marnes et les ocres des Baronnies, les sources joyeuses, les envols des vautours et les sublimes villages riches d’histoire.
Dans cette vidéo réalisée par Pauline Filippelli, j’ai le bonheur de vous raconter mon pays bien aimé, en tant que blogueuse drômoise amoureuse de ses paysages et saveurs. De l’été dans le Diois à l’automne dans les Baronnies, nous explorons la beauté, la nature et les richesses humaines du pays drômois, à pied, à cheval, par la rencontre avec les agriculteurs… ou la baignade dans une rivière fraîche.
Comme le dit le slogan, « la Drôme, c’est ma nature »… et la vôtre ?
Trio de passionnées au service de ma Drôme adorée : Pauline à la vidéo, Marion à la photo, et moi en ambassadrice de mon département de naissance, de résidence et de coeur.
La Drôme en vidéo : le Vercors drômois côté Ouest
Au printemps 2023, Pauline, Marion et moi avons eu le plaisir de récidiver dans le Vercors drômois, côté Ouest : Font d’Urle, Plateau d’Ambel, Saint Nazaire en Royans… Voici le résultat, et l’article de blog consacré au Vercors drômois.
La Drôme en vidéo : la vallée de la Drôme
Au printemps 2024, c’est en vallée de la Drôme que notre trio a continué son exploration, au pays de la tour de Crest, de la rivière Drôme, de la forêt de Saoû et de Mirmande. Voici l’article consacré à la vallée de la Drôme.
La Drôme en vidéo : l’été dans le Diois, lavandes et rivières
La Drôme ? C’est le trait d’union entre le Vercors et la Provence, entre la montagne et le Sud. Le Diois est l’incarnation parfaite de cette sublime synthèse. Ici, les lavandes poussent sur les flancs ensoleillés du Vercors, car il leur faut l’âpreté de l’altitude et la douceur du midi pour s’épanouir. Ici la Drôme prend sa source au cœur des montagnes, cascade en ruban turquoise et saute dans le chaos rocheux du Claps, tandis que les eaux bondissantes abreuvent les fontaines de Châtillon en Diois, un des plus beaux villages de France, et que la clairette de Die fait chanter les verres en mille bulles dorées. Ici le soleil d’été ne consent à se coucher que parce que les tournesols le prennent dans leurs bras, au bord d’un cabanon de pierres sèches qui chante la Provence. C’est ma région adorée…
Cette vidéo courte (45 secondes, ce qu’on nomme une capsule) a été réalisée par Pauline Filippelli en pays diois. Merci à la Distillerie des 4 Vallées à Chamaloc pour leur accueil dans les sublimes lavandes du sud du Vercors et pour une belle distillation de l’huile essentielle, et au Domaine de Maupas à Châtillon en Diois pour une exquise dégustation de vin et de clairette parmi les tournesols au pied du Glandasse.
La Drôme en vidéo : paysages et randos dans les Baronnies provençales
Bienvenue dans le parc naturel régional des Baronnies provençales ! Au sud de ma merveilleuse Drôme, cette région magnifique est un condensé de montagne et de midi aux allures de Far West provençal. Crêtes sculptées, ocres rouges, marnes noires, sommets découpés, falaises des vautours, sources cristallines, tout conspire à un somptueux décor en Technicolor. Un bonheur de chevaucher dans de tels paysages avec le centre équestre de Condorcet, de voir le soleil se coucher sur la terrasse de la Ferme Fortia, de randonner entre rapaces et oliviers avec l’association Vautours en Baronnies, de savourer cette nature extraordinaire de la Drôme, sublimée et protégée par la main des hommes qui font vivre leur terroir. Ma région, je l’aime à la folie, et je suis très heureuse de pouvoir vous la montrer ainsi !
Cette vidéo est l’œuvre de mon amie Pauline, vidéaste et droneuse talentueuse. Un projet à 3 pour que j’ai adoré, avec Marion à la photo… et en figurante à poney dans cette vidéo ! Trio de filles amoureuses des grands espaces ensoleillés.
La Drôme en vidéo : agriculture, rencontres et bien-être en Baronnies
Ma Drôme chérie, terre d’harmonie ! Ici les villages perchés s’enroulent au creux des falaises ensoleillées, ici la main du paysan sculpte les paysages, et sertit les méandres bleus de l’Eygues d’oliveraies pluricentenaires, comme à la Ferme Perdicus. Ici je ressens la concorde profonde entre l’œuvre des hommes et celle de la nature, la richesse d’un terroir généreux et bienveillant où il est facile de se sentir chez soi. Ici le voyageur trouve apaisement et sérénité, au bord des eaux illuminées, dans un yoga face aux montagnes des Baronnies à la Ferme Fortia ou dans le vin riant de leurs coteaux. Ma région est belle est chaleureuse, et je sais que je lui dois ce qui m’anime, le double amour de la montagne et du midi, de la nature préservée et du travail des hommes en harmonie. Alors, quand est-ce qu’on se retrouve dans la Drôme ?
Une vidéo réalisée par Pauline à la caméra et au drone, avec Marion ici en pleine séance de yoga. Très heureuse d’avoir pu mettre en valeur, avec deux amies de talent, ma région natale et adorée. J’espère très fort avoir pu communiquer l’amour que je ressens pour mon pays natal. Connaissez-vous la Drôme ?
La Drôme, entre Provence et Vercors… Photo Marion Carcel.
A suivre : de nouveaux articles de blog détaillant les beautés du Diois et des Baronnies. N’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter !
La Meije. Si j’avais un tatouage, ce serait elle. Elle me fascine infiniment. Reine du Dauphiné, dernier sommet majeur à avoir été conquis par des alpinistes – en 1877, près de 100 ans après le Mont Blanc ! -, elle a longtemps résisté aux assauts des ambitieux. Plusieurs Suisses et Anglais parmi les meilleurs alpinistes de leur époque l’ont déclarée imprenable, avant qu’elle décide enfin de s’ouvrir à trois Français. Ce fut une immense fierté nationale pour l’Oisans. Parfois la conquête d’une montagne change la vie de toute une vallée, et c’est ce qui s’est passé ici : cette victoire a transformé le destin de la vallée du Vénéon et de ses habitants. La Meije est la « montagne du destin » de l’Oisans, mais aussi et surtout la reine du Dauphiné : sa « Meijesté » la Meije. A titre personnel, mon ascension de la Meije orientale reste mon plus beau souvenird’alpinisme à ce jour, un moment de grâce pure et de défi personnel accompli qui m’a transcendée. J’aimerais prétendre un jour au Grand Pic et à la traversée intégrale des arêtes, lorsque mon expérience d’alpiniste me permettra d’oser ce défi. Alors je rêve, je rêve à la Meije et lui envoie des mots de passion et de révérence depuis tous les lacs dans lesquels elle se reflète… Cet article en forme de déclaration d’amour à la montagne vous raconte mon ascension de la Meije orientale, ainsi que de deux belles randonnées d’où vous pourrez admirer la silhouette majestueuse du Grand Pic. Il évoque la beauté des hameaux de La Grave, du jardin alpin du col du Lautaret, ou encore le touchant cimetière d’alpinistes de Saint Christophe en Oisans. Une plongée au cœur des Grandes Alpes, et d’un des massifs les plus emblématiques de la chaîne, avec la Meije pour ange tutélaire…
La reine Meije et ses glaciers, photographiée en chemin vers le refuge de l’Aigle lors de mon ascension de la Meije orientale en août 2021La Meije photographiée par mon amie Marion Carcel lors d’un bivouac hivernal au plateau d’EmparisLa Meije en automneLever de soleil au sommet de la Meije orientale : mon plus beau souvenir en montagne à ce jourSur les flancs de la Meije, dormir au refuge de l’Aigle
La conquête de la Meije : impossible n’est pas français
Sa Meijesté la Meije, reine du Dauphiné, dernier sommet majeur des Alpes à être vaincu, garde son aura particulière. Vous connaissez l’obsession des alpinistes pour la barre des 4000 mètres. Qui connaît la Meije sait combien cette marotte est vaine. La Meije n’atteint pas cette limite arbitraire – son Grand Pic culmine à 3983m. Pourtant, la monstresse aux dents tranchantes, corsetée d’immenses langues glaciaires fondant comme des corbeaux blancs sur les royaumes des hommes, est la plus terrible, la plus convoitée des montagnes du Dauphiné, sa reine. Vaincre la Meije fut un des plus grands exploits des alpinistes. On estime d’ailleurs que la traversée des arêtes de la Meije est une course bien plus difficile que l’accession au Dôme des Ecrins, le plus haut sommet du massif à 4102m. 4000 mètres ? Quelle importance. La puissance de la Meije ne se laisse pas réduire à une banale décimale de la circonférence terrestre. Son royaume n’est pas de ce monde : elle trône dans les cieux.
Au sommet de la Meije orientale, le royaume céleste
Pour comprendre ce que la conquête de la Meije a signifié pour la France, pour l’Oisans, et dans l’histoire de l’alpinisme, il faut lire le sublime roman d’Isabelle Scheibli,« Le roman de Gaspard de la Meije ». C’est un des plus beaux livres de montagne que j’aie lus, et je vous le recommande mille fois. Isabelle Scheibli nous ramène dans les années 1870, du côté de Saint Christophe en Oisans. Difficile d’imaginer la misère qui règne alors dans la sublime vallée du Vénéon, la lutte quotidienne des paysans montagnards contre un milieu hostile et violent, contre la faim, le froid, les avalanches et l’extrême pauvreté. Presque toute la montagne française est alors un milieu d’une grande âpreté, où personne ne vient vivre de son plein gré, et où on ne peut subsister qu’à condition d’y être né et d’avoir hérité de ses ancêtres le talent et la robustesse nécessaires à sa survie. Certaines vallées sont pourtant mieux loties que d’autres. Chamonixfascine l’aristocratie anglaise depuis la conquête du Mont Blanc par Balmat et Paccard en 1782, et un flot continu d’alpinistes, d’écrivains, d’artistes et de touristes assure une manne financière aux savoyards. En Oisans, massif plus pauvre et qui garde encore secrètes ses beautés touristiques, la vallée de la Romanche et le village de La Grave s’en sortent bien mieux que leurs voisins du Vénéon : la seule route reliant Grenoble à Briançon par le stratégique col du Lautaret passe par La Grave et assure quelques débouchés commerciaux aux paysans et artisans situés sur son tracé. Mais côté Saint Christophe en Oisans, la vallée est un cul de sac, à l’écart des routes commerciales et des flux d’argent.
La vallée du Vénéon
Pour affronter l’existence, il faut être courageux. Du courage, Pierre Gaspard, qu’on nommera plus tard Gaspard de la Meije, n’en manque pas. Paysan, chasseur de chamois, il conduit ses troupeaux toujours plus haut sur les flancs de la montagne monstrueuse qui jette son ombre sur les hameaux. Côté La Grave, on l’appelle la Meije – un mot occitan qui signifie « midi » et qui précise l’heure à laquelle le soleil à son zénith frappe son faîte. Côté Saint Christophe en Oisans, on l’appelle Le Bec des Peignes, à cause des étranges dentelures qui cisaillent sa silhouette reconnaissable entre mille. A force de conduire ses bêtes dans la montagne, Gaspard a acquis une connaissance intime de la montagne terrible, bardée de glaciers, qui crache ses avalanches et ses séracs sur les vallées. Il est monté plus haut que le commun des mortels sur les flancs de la monstrueuse reine, et connaît des chemins que tous ignorent. Au point de pouvoir devenir le guide d’un jeune alpiniste ambitieux…
La Meije telle qu’on la voit côté La Grave
En effet, la Meije s’est mise à intéresser les alpinistes en mal de conquête. Près de cent ans après que Balmat et Paccard furent parvenus au sommet du Mont Blanc, les aventuriers ont écumé les Alpes. Le Cervin, considéré comme l’un des sommets les plus ardus de tous, a été conquis en 1865 par une cordée comprenant Edward Whymper et Michel Croz, non sans verser de sang. Ce fut un des premiers grands drames de l’alpinisme, quatre hommes sur une cordée de sept trouvant la mort dans une effroyable chute à la descente de l’arête du Hörnli. Que reste-t-il encore comme trophées à arracher à la montagne ? La Meije, la reine invaincue du Dauphiné. A cette époque, les alpinistes commencent à oser s’éloigner de Chamonix, et découvrent peu à peu les montagnes des Ecrins. Mais la Meije résiste. Des Anglais, des Suisses, s’y cassent les dents. Coolidge atteint d’abord le Râteau, voisin de la Meije, puis le Pic Central, mais non le Grand Pic, le sommet véritable. Plusieurs grands alpinistes mènent des missions de reconnaissance, et déposent un « homme de pierre » à quelques centaines de mètres du sommet. Ils déclarent que personne ne saura aller plus loin. La Meije, disent-ils, est inaccessible.
Corsetée de glaciers, la Meije trône solitaire Coucher de soleil sur la Meije
Mais tous partent de La Grave, d’où on voit si bien le sommet. Pierre Gaspard, lui, est d’avis que c’est du côté de Saint Christophe en Oisans et du hameau de La Bérarde qu’il faut partir, que c’est de ce côté-là qu’il faut chercher la faille dans la montagne, la brèche qui forcera le siège de la forteresse Meije. Gaspard a besoin d’argent, mais il y a aussi autre chose dans son cœur – un sourd désir de reconnaissance, un patriotisme indicible. La Meije, il veut que ce soient les Français qui en viennent à bout. Et pourquoi pas, un homme de l’Oisans, mieux encore, un homme de la vallée du Vénéon, la vallée oubliée….
Pierre Gaspard, père et fils
La première ascension de la Meije, victoire pour l’Oisans
Ce seront trois hommes qui y parviendront, après plusieurs missions de reconnaissance et avec un incroyable courage et sens de la montagne. Gaspard de la Meije, le paysan-guide, chasseur de chamois et prince en haillons de la montagne, son jeune fils, nommé Gaspard, tous deux embauchés par leur jeune client, un aristocrate montpelliérain âgé de vingt-un ans seulement, Emmanuel Boileau de Castelnau, doté d’un véritable pied montagnard et du désir de triomphe propre aux jeunes hommes avides d’exploits. La cordée fait ses armes en réalisant la première ascension du Dôme des Ecrins, le plus haut sommet du massif, le 21 juillet 1877. Mais ce n’est qu’une mise en jambes pour la Meije. Le 16 août 1877, ils partent à l’assaut. Le 17, ils parviennent au sommet du Grand Pic, après un bivouac acrobatique et une ascension dont la difficulté vertigineuse a demandé une audace qui continue de forcer le respect – et tout particulièrement avec les moyens de l’époque, notamment les sabots percés de clous pour mieux accrocher les pentes quasiment verticales… Trois héros français inconnus, là où d’illustres guides et alpinistes suisses et anglais s’étaient cassé les dents. Quelle grande fierté nationale ! Et quel bouleversement pour la vallée du Vénéon, qui gagne soudain ses lettres de noblesse et devient une destination courue des alpinistes, offrant une source de revenus bienvenue aux guides, aux hôteliers, aux commerçants… L’émouvant cimetière des alpinistes de Saint Christophe en Oisans montre combien de familles entières de la région se sont jetées corps et âme dans l’alpinisme, devenant guides de génération en génération, de père en fils.
Monument en hommage à Pierre Gaspard de la Meije et aux guides du Vénéon, et tombe de Gaspard au cimetière d’alpinistes de St Christophe en OisansAu royaume des nuées, au faîte du Dauphiné
La conquête de la Meije et de ses voisins a continué. Les frères Zsigmondy réussissent la première traversée intégrale des arêtes en 1885. A Saint Christophe en Oisans, le merveilleux musée de l’alpinisme célèbre la mémoire de cette terre devenue une nouvelle Mecque du vertige. A La Cordée, hôtel d’alpinistes historique, résonnent les échos des exploits que le village a inspirés depuis 150 ans. On pourrait passer sa vie à explorer les montagnes de l’Oisans et les Ecrins. Et c’est bien ce que certains font. Les plus assidus, les plus amoureux, auront peut-être le privilège de reposer à Saint Christophe en Oisans, dans un des quatre grands cimetières d’alpinistes d’Europe… Cette rareté met le village sur un pied d’égalité avec Chamonix, Zermatt, Johnsbach en Autriche – sans oublier le cimetière de la Mère Eglise dans Le Dévoluy. Ils sont rares, les lieux où les tombes épousent la forme des montagnes, et disent un amour infini des cimes et de la proximité des cieux.
Emouvant cimetière des alpinistes à St Christophe en OisansLa Cordée, mythique hôtel d’alpinistes à St Christophe en Oisans
Mon ascension de la Meije orientale, un récit d’alpiniste novice
La Meije me fascine, mais je mesure parfaitement le chemin qui me reste à parcourir avant de prétendre à son Grand Pic et à la traversée intégrale des Arêtes. Bébé alpiniste depuis mon initiation en Vallée Blanche par la compagnie des Guides de Chamonix, j’ai depuis continué à explorer le vertige dans le Vercors, avec l’ascension du Mont Aiguille et la traversée des arêtes du Gerbier. Après avoir dormi au sommet du Mont Aiguille – le roi du Dauphiné à mes yeux, le tout premier sommet vaincu par les alpinistes en 1492, à l’aura mystique –, je rêve de m’approcher de la reine.
Une nuit sur le Mont Aiguille, roi du Dauphiné, au milieu des bouquetins. Après le roi, place à la reine…
A ma descente du Mont Aiguille, début août 2021, je ne rentre pas chez moi. L’adrénaline de l’ascension est encore dans mes veines, je ne ressens pas la fatigue et je veux rester en montagne. Je prends la route de l’Oisans, et encore toute ébouriffée par ma nuit dehors, je vais au bureau des guides de La Grave pour leur demander comment je peux m’approcher de La Meije. On me propose alors une course magnifique : la Meije orientale, avec une nuit au fabuleux refuge de l’Aigle. Le rendez-vous est fixé trois semaines plus tard, tout début septembre 2021. Je rentre chez moi avec des flocons plein les yeux et je m’astreins à un gros programme sportif. Je sais qu’une épreuve physique m’attend. Mais je n’ai que de l’excitation dans le cœur.
La fin août arrive. Après un sublime séjour d’été aux Saisies, où je me suis acclimatée en franchissant plusieurs fois la barre des 2000 mètres, je prends la plus belle route du monde, la route des Grandes Alpes. Dans la lumière de la fin d’été, la traversée des Cerces est d’une beauté indescriptible.
Août 2021, sur la route du Galibier. Après avoir quitté les Saisies, je prends la route de Villar d’Arène
Et en arrivant au col du Galibier, le plus beau col des Alpes à mes yeux, je la vois enfin : la Meije. Son grand pic darde dans le ciel crépusculaire. J’ai l’impression de venir en procession aux pieds de l’impératrice.
La Meije et les montagnes de l’Oisans, vues depuis le col du Galibier
Je dors dans un joli hôtel à Villar d’Arène, le Faranchin, d’où je contemple les pentes de la Meije au coucher de soleil. Le lendemain, je me réveille avec le cœur qui bat très fort. C’est le grand jour. Je retrouve mon guide, Philippe André. L’aventure commence.
Nous partons de Villar d’Arène, nous franchissons le Pont des Brebis et nous nous élevons vers la Meije. La longue ascension commence. Nous n’irons pas au Grand Pic, trop difficile pour moi, mais à la Meije orientale, le sommet Est de la Meije, offrant une vue grandiose sur le doigt de Dieu. L’ascension va s’étaler sur deux jours. Le premier jour est une épreuve d’endurance : 1800D+, avec le matériel d’alpinisme dans le dos. Notre pas est lent et constant. Nous respectons l’horaire et mesurons notre effort. En prenant de la hauteur, le ruban bleu du Vénéon se dessine à nos pieds. Au loin sur la montagne en face apparaît le lac du Goléon, et je me promets d’y revenir un jour en randonnée (je tiendrai promesse : cf la suite de l’article !). Vers 2300m, de sublimes edelweiss viennent réjouir mon cœur. Vers 2700m, c’est le face à face avec les aiguilles d’Arves, trois sœurs qui parlent elle aussi à mon cœur, sainte trinité de beautés savoyardes. Jusqu’ici, ce n’est « que » de la randonnée, longue et caillouteuse, mais sans obstacle technique.
Edelweiss sur les flancs de la Meije orientaleLa vallée du Vénéon en contrebasApparition des Aiguilles d’Arves
Ce n’est qu’autour de 2900m que les premières difficultés commencent. Nous nous encordons pour franchir des barres rocheuses. Un peu d’escalade, de niveau facile en soi, mais alourdie par le gros sac d’alpinisme, c’est comme si tout prenait plusieurs cotations. Soudain, la dernière barre franchie, la magie apparaît : le glacier du Tabuchet et au-dessus, le grand pic de la Meije, majestueux, auréolé de neige. Nous arrivons dans les royaumes de glace qui gardent la reine. L’émotion est très forte à cet instant. Elle est là, si proche. On chausse les crampons et on traverse le glacier, d’abord sur une vire rocheuse dénichée au sein des glaces par un guide ingénieux, puis au milieu des monstrueuses crevasses. C’est fascinant, c’est magnifique.
Apparition de la Meije, magique, majestueuseEffroi des glaciersMon guide Philippe André a gravi plus de 300 fois la Meije. Et sans lui, je ne serais jamais parvenue là-haut.
Le but de notre première journée ? Le refuge de l’Aigle, niché à 3400m, tout auréolé de mystère et de mythe… C’est ici que nous passons la nuit.
La nuit au refuge de l’Aigle, sur les flancs de la Meije
C’est un des plus beaux refuges des Alpes françaises, et c’est pour certains une fin en soi, une course d’alpinisme à part entière, puisqu’il faut surmonter 1800D+ et la traversée d’un glacier pour l’atteindre. Choisir l’ascension de la Meije orientale, c’est la promesse de passer une nuit au refuge de l’Aigle, juché sur le glacier en équilibre à 3400m d’altitude, et c’est déjà une récompense en soi. Quelle vision puissante, saisissante, que ce refuge qui semble flotter en équilibre au-dessus des classes. Après les premiers 1800 mètres de dénivelé du premier jour, l’arrivée au refuge est bienvenue. L’Aigle est comme suspendu entre crevasses et aiguilles, vertigineux et splendide.
Le refuge de l’AigleMinuscule refuge au coeur d’un monde de roche et de pierre Un véritable nid d’aigle…
A l’intérieur, une grande salle dortoir et cuisine, où nous mangeons puis dormons tous ensemble après s’être plongés dans des livres de montagne. Mon préféré de tous les temps est là, Les conquérants de l’inutile de Lionel Terray. Je découvre la BD Ailefroide, de Rochette, que je dévore avant le dîner. J’ai des rêves de sommets plein la tête. J’aime tellement l’atmosphère des refuges.
Repos du guideDortoir et cuisineBibliothèque de refuge
Le coucher de soleil sur la Meije est grandiose. Je suis marquée par l’intensité du doré, puis du rose qui embrase la Meije et tous les sommets avoisinants, ici au cœur du Dauphiné, entre Isère et Hautes Alpes et les yeux portant sur la Savoie. Je me sens vraiment au cœur des Alpes françaises, au cœur de la magie de ces sommets qui font battre mon cœur et embrasent mon imaginaire. On mange une soupe, des pâtes, des choses roboratives et nourrissantes que nous sert le gardien. On se couche tôt en refuge. Le réveil est fixé à 4h30 pour mon guide Philippe et moi. Demain, nous verrons le soleil se lever au sommet de la Meije orientale, les yeux sur le doigt de Dieu.
Coucher de soleil sur la terrasse de l’AigleMontagnes de l’Oisans illuminées par l’AlpenglowDernières lumières sur la Meije drapée de brumes
On m’avait prévenue que je risquais de souffrir de l’altitude et de mal dormir. Mais encore une fois, je dors comme un bébé à 3400m à l’Aigle, tout comme j’avais merveilleusement dormi aux Cosmiques à 3600m. Ce n’est pas par magie ou par aptitude montagnarde innée : c’est juste que je suis bien acclimatée. Avant ma nuit aux Cosmiques, j’avais fait plusieurs randonnées au-dessus de 2000m à Chamonix, et avant ma nuit à l’Aigle, j’ai passé plusieurs nuits à 2000m à Arolla en Valais, et randonné plusieurs fois autour de 2000m aux Saisies. 2000m, c’est l’altitude magique à partir de laquelle le corps commence à fabriquer des globules rouges pour répondre à la raréfaction de l’oxygène, et s’acclimater. Je me félicite d’avoir fait cet effort. Je m’endors pleine d’adrénaline et de gratitude, tellement heureuse de vivre dans cette région qui abrite de telles merveilles, tellement reconnaissante envers mon corps de m’avoir portée jusque-là haut, si chanceuse de pouvoir vivre cela.
Ascension finale et lever de soleil au sommet de la Meije orientale
La Meije, la Meije, c’est aujourd’hui ! Nous commençons notre ascension dans la nuit. Après avoir dormi au refuge de l’Aigle, nous nous acheminons vers le sommet de la Meije orientale. Une pente en glace au-dessus du glacier à escalader avec crampons et piolet s’avère être le moment le plus difficile. J’admire le courage de mon guide qui passe en premier, et je le remercie de m’assurer si fermement alors que je m’élève à la verticale, en tentant d’oublier qu’en dessous de moi s’ouvrent des centaines de mètres de vide, des crevasses béantes dans la carcasse du glacier. C’est terrifiant, mais je regarde le sommet, et je m’efforce de ne pas penser à la descente.
Ascension d’une pente en glacePremières lueurs
Nous franchissons plusieurs barres rocheuses. L’aube arrive au loin et le Mont Blanc se révèle à l’horizon.
L’apparition du Mont Blanc au loin
La fin est proche, il ne reste plus qu’une sublime arête vertigineuse en neige…
Enfin au sommet. Le jour se lève et j’exulte de joie
Le chemin vers le sommet fut ardu mais la récompense est inouïe. La vue sur le Doigt de Dieu, la barre des Écrins, le Mont Blanc, les Aiguilles d’Arve, toutes les Alpes françaises… tout est somptueux, émouvant, et je ressens le vertige délicieux de cette beauté révélée par le soleil levant sur une cime mythique. C’est mon plus beau moment en montagne à ce jour, un lever de soleil doré d’une intensité inoubliable. Un instant de pur bonheur.
Vue sur le Doigt de Dieu Bonheur inouïPhilippe André, qui m’a conduite là-hautPlonger dans les cieux
La descente est longue et éprouvante – 2300 mètres de dénivelé négatif, ce n’est pas rien, et mes cuisses me brûleront pendant plusieurs jours – mais sans difficulté particulière. La joie du sommet nimbe tout de son auréole dorée. Et je sais que je reviendrai à la Meije, encore et toujours.
Le village de La Grave, au pied de La Meije
Classé parmi les plus beaux villages de France, le village de La Grave, résolument planté face à la Meije, est une merveille d’architecture du sud du Dauphiné, avec ses « trabucs » (l’équivalent méridional des traboules lyonnaises), ses toits de lauze, et sa sublime église Notre-Dame-de-l’Assomption dont les tours lombardes semblent répondre à la pâleur des glaciers de La Meije. A côté de l’église, le cimetière est un monument d’émotion : soldats, résistants, alpinistes reposent ici sous la Meije, tombés pour la France ou par amour de la montagne, gloires militaires ou alpines. J’aime infiniment, lorsque je prends la route du Lautaret depuis Grenoble en direction des Alpes du Sud, faire halte à La Grave, saluer la Meije et manger avec vue sur elle depuis l’un des restaurants en terrasse.
Le village de La Grave, au pied de la Meije
La Grave, ce sont aussi six hameaux plus beaux les uns que les autres, que je découvre petit à petit. C’est à Valfroide que l’automne m’a conduite.
Randonnées d’automne face à la Meije : le lac du Goléon
J’ai envie de revoir la Meije dans les feux de l’automne qui subliment les Alpes du Sud, toute couronnée de mélèzes flamboyants et délicatement ourlée d’or et de roux. Rien de plus beau que les Alpes du Sud en octobre, rien de plus touchant. Alors je reviens randonner face à la Meije avec Geoffrey, mon amoureux installé à Grenoble. La capitale des Alpes est un merveilleux tremplin vers l’Oisans.
Lors de mon ascension de la Meije orientale, j’avais repéré, au loin, les eaux scintillantes du lac du Goléon. Elles promettent une vue extraordinaire sur ma montagne préférée. Nous partons du magnifique hameau de Valfroide, dont l’église illustre une architecture typique du sud du Dauphiné et que j’aime à la folie : le style lombard, rapporté du nord de l’Italie par les ouvriers et artisans venus travailler sur les chantiers.
La Meije apparaît au milieu des mélèzes, belle comme un rêve dans cette lumière dorée.
Arrivés au lac du Goléon après 600 mètres de D+, je découvre que le vent ne souffle pas dans le « bon sens » : le reflet de la Meije est mangé par les froissures de l’eau agitée. Ce sont les Aiguilles d’Arves, de l’autre côté, qui se reflètent dans le lac à cet endroit protégé de la brise, et changé en miroir parfait. Nous tournons les yeux vers la Savoie et jouons en songe à la marelle de sommet en sommet…
Le lac du Pontet : la Meije entre automne et été
Pour qui rêve de voir la Meije se refléter dans un lac enchanté, mais préfère s’épargner le dénivelé, direction le lac du Pontet. Depuis le parking, une vingtaine de minutes suffisent à rejoindre ce joli lac idyllique, où une buvette invite à la détente au bord de l’eau. Je suis venue deux fois au lac du Pontet, à l’été 2021 le jour où j’ai réservé mon ascension de la Meije orientale, et une seconde fois à l’automne 2022 avec Geoffrey, lors de notre « mélèze trip » en amoureux, entre Hautes-Alpes et Val d’Hérens. J’ai vu le lac du Pontet verdoyant et idyllique dans les couleurs de l’été, et drapé de brume et de secrets dans les ors de l’automne. Je l’ai chaque fois aimé. J’aimerais le voir en hiver… là où Meije et neige se répondent doucement.
Le lac du Pontet en étéLe lac du Pontet à l’automne
Un bivouac d’hiver face à La Meije sur le plateau d’Emparis
Bivouaquer face à La Meije, voir le soleil se coucher sur sa silhouette, en tête à tête avec la reine, j’en rêve depuis longtemps. Mais chaque fois que j’ai prévu de venir sur le plateau d’Emparis, j’ai dû annuler au dernier moment, contrariée par une météo adverse. C’est ainsi, la montagne est reine, et je sais que d’autres occasions se présenteront. Mais à l’automne dernier, c’est mon amie et binôme Marion alias Foehn Photographie qui a eu le bonheur de réaliser ce rêve avant moi, et qui a dormi dans la neige face à la Meije. Les images qu’elle a ramenées de ce bivouac d’hiver magique m’ont émerveillée, et continuent de nourrir ma fascination… Avec sa bénédiction, j’ai le plaisir d’en partager quelques-unes avec vous. A mon tour, j’irai dormir face à La Meije, je le sais.
Marion, Sigma et la Meije Bivouac face à la Meije sur le plateau d’Emparis, par Marion Carcel – Foehn Photographie.
Le jardin alpin du Lautaret et la reine des Alpes
Sur la route des Grandes Alpes, le col du Lautaret est un merveilleux point de bascule entre Alpes du Nord et du Sud.
Le Lautaret, col mythique sur la route des Grandes Alpes
C’est ici, à cet endroit exceptionnel, qu’on ira visiter l’un des plus anciens et des plus beaux jardins alpins au monde. Si vous avez lu mon article sur les Hautes-Vosges en été, vous savez combien j’aime les jardins alpins, véritables conservatoires de plantes montagnardes fabuleuses – et de plantes arctiques, car les milieux sont étonnamment similaires. Altitudes et latitudes extrêmes se ressemblent en termes de stress infligés aux plantes, les contraintes sont proches : les longs hivers, le gel, le froid. De nombreuses plantes des Alpes s’épanouissent aussi en Laponie, et les jardins alpins sont d’extraordinaires voyages. La plante alpine ou boréale est petite, poilue et costaude. Parce que l’air est moins froid près du sol, les plantes alpines sont basses. La forme en coussin est caractéristique des végétaux aptes à résister aux conditions extrêmes, car elle piège la chaleur. La pilosité offre une protection supplémentaire. La plupart des plantes alpines parviennent à maintenir leurs cellules à l’état liquide jusqu’à des températures de -40. Vous les découvrirez dans ce jardin merveilleux avec vue sur la Meije…
La Meije au milieu des épilobes, depuis le jardin alpin du Lautaret
Le jardin alpin n’était à l’origine pas situé au Lautaret. C’est en 1893 que la Société des Touristes du Dauphiné planta et sema 300 espèces alpines à Chamrousse, sur les hauteurs de Grenoble, pour créer le premier jardin alpin de France. Géré par l’université de Grenoble, le jardin rencontra immédiatement beaucoup de succès, mais il subit les assauts répétés des troupeaux de chèvres et de moutons trop friands de petites fleurs des Alpes. Il fut donc abandonné au début du XXe siècle au profit du col du Lautaret, situé à 2100 mètres d’altitude sur la route des Grandes Alpes. Il propose une des collections les plus riches du monde, avec 1500 espèces sur quelques kilomètres carrés. Le panorama sur la Meije y est exceptionnel – on la verra jaillir des chardons bleus, des gentianes et des lupins…
L’emblème du jardin est la reine des Alpes. C’est le surnom du chardon bleu, Eryngium alpinum, fleur emblématique des prairies alpines, qui pousse entre 1500 et 2400m et qui peut vivre près d’une centaine d’années, un véritable record pour une herbacée. C’est dans la réserve biologique de Deslioures, dans les Hautes-Alpes, qu’on peut admirer les plus belles prairies de chardons bleus. Celle du jardin alpin du Lautaret vaut aussi le détour… Reine des Alpes, ce nom ne sied-il pas à merveille à la Meije ? La voir émerger d’un tapis de reines des Alpes m’a émerveillée.
La reine des Alpes
Mes rêves autour de La Meije, entre Oisans et Ecrins
Je n’ai pas fini d’explorer le pays de la Meije… Je rêve d’être un jour capable de me frotter aux arêtes du Grand Pic, et de retourner à l’Aigle après être partie de l’autre côté et en ayant réalisé la mythique traversée. Je rêve du Râteau et des voisins de la Reine. Je rêve de skier à La Grave en hiver, sur ce qui est le plus singulier, le plus exceptionnel des domaines skiables de France : un immense terrain de jeu entièrement consacré au ski hors piste, sans balisage, sans damage, un espace de liberté à explorer avec un guide de haute montagne pour goûter aux joies de la poudreuse et de la montagne sans piquets. Je rêve de retourner marcher sur les glaciers de La Meije, et de dormir dans un autre des refuges mythiques – le Promontoire, Evariste Chancel ou le Pic du Mas de la Grave. Je rêve du plateau d’Emparis, de bivouacs au bord des lacs, mais aussi d’équitation, de galoper dans les grands espaces sous l’œil magique de la reine Meije. Je rêve de poursuivre mon exploration de l’Oisans et des Ecrins, d’aller grimper à Ailefroide, véritable paradis des amoureux d’escalade, et de vivre de très belles ascensions entre rocher et glacier, comme les Rouies, course qui semble d’une grande beauté visuelle.
Les sommets de l’Oisans et des Ecrins continueront de faire battre mon cœur. « Les montagnes sont les seules étoiles qu’on atteint à pied »… et j’ai encore une longue vie pour les explorer.
Rêvez-vous d’Espagne, des immensités sauvages de l’Andalousie, des criques turquoise des Baléares et des volcans des Canaries ? Terre de soleil et de contrastes, l’Espagne me séduit infiniment hors saison, loin de la chaleur tapageuse de l’été et dans la douceur des soleils d’équinoxe. Au printemps au milieu des fleurs, à l’automne pour retrouver encore un peu l’eau chaude et le bronzage, ou en plein hiver pour les soleils francs de janvier, l’Espagne hors saison est toujours une belle idée. J’ai vécu de très beaux voyages en Andalousie, à Elche, à Minorque, dans la région de Barcelone, et je rêve de découvrir un jour les Canaries. Voici quelques idées d’évasion hispanique, pour de merveilleuses escapades en Espagne…
La beauté de l’Espagne hors saison
Minorque hors saison, coup de foudre d’automne au cœur des Baléares
J’ai visité Minorque en octobre, à l’heure de l’été indien. Sur la plus sauvage des îles Baléares, l’été jouait les prolongations. Au large de l’Espagne, au cœur de la Méditerranée, l’eau des criques turquoise reste chaude jusque tard dans la saison, et un terroir préservé remplit l’assiette de couleurs et de saveurs. Entre farniente et curiosités, goûtez la douceur d’une escapade ensoleillée… Préservée du tourisme de masse et intégralement classée réserve de biosphère par l’UNESCO, Minorque revêt plusieurs visages le long de ses 185km de littoral.
Découpée par les flots et battue par les vents, la côte Nord se montre plus abrupte. Ses paysages de falaises raviront les amateurs de solitudes romantiques, comme autour du phare Favàritx, dont la tour blanche jaillit au cœur de l’ardoise noire. Sur cette côte, les baies se colorent parfois de rouge et d’ocre, comme à la plage Cavalleria qu’enflamme le coucher de soleil. On y trouve les plus belles portions du Cami de Cavalls ou GR223, ce sentier de randonnée mythique établi dès le XIVe siècle pour surveiller et prévenir les attaques des pirates. Ses 186km permettent aujourd’hui un tour complet de l’île, à pied ou sur le dos d’un cheval noir minorquin. Après les fortes chaleurs estivales, septembre-octobre est la saison idéale pour arpenter une ou plusieurs portions de ce chemin qui tutoie toujours la mer, entre falaises abruptes au nord et sable blanc au sud. Ces paysages m’ont souvent évoqué la Bretagne, les littoraux celtiques – étonnante Espagne !
Le littoral Nord de Minorque
Sur son littoral méridional, Minorque se montre plus tendre, plus méditerranéenne. Amoureux des belles plages de sable fin, ne manquez pas les célèbres « Calas », des anses paisibles où la clarté des fonds sublime tous les tons de turquoise. On égrène les noms de Cala Macarella, Cala en Turqueta ou Cala Galdana comme autant de joyaux aux airs de rivages lointains, où l’eau peu profonde se réchauffe plus tôt dans la saison avec les rayons printaniers… Minorque en mai, c’est aussi une belle idée ! Et je rêve de découvrir un jour Majorque, la sublime cathédrale de Palma et les « calas » qui semblent aussi bleues et belles que celles de sa petite voisine.
Sublimes calas de Minorque
Mégalithes et labyrinthes, les curiosités géologiques de Minorque
Sur Minorque la rocailleuse, la pierre se prête à tous les caprices. L’île se singularise par la préservation exceptionnelle des vestiges d’une antique civilisation méditerranéenne, la culture talayotique. On s’émerveille devant ces spectaculaires mégalithes préhistoriques, édifiés entre l’an 1000 et l’an 700 avant Jésus Christ : les taulas, tables monumentales où des géants pourraient venir s’asseoir, les navetas, nécropoles de pierre blanche, et les grandes tours dites talaiots. Ces constructions qui impressionnent par leurs énormes dimensions n’existent nulle part ailleurs qu’aux Baléares, et Minorque a su préserver les plus beaux de tous, comme les taulas de Trépuco. D’anciens cultes de la fertilité, entre feux et sacrifices, nimbent ces murs de mystère et de magie…
Autre colosse plus contemporain, le site de Lithica a su transformer une ancienne carrière de grès en un lieu artistique hors normes, mêlant amphithéâtres, jardins et un immense labyrinthe de pierre blanche, qui accueille aujourd’hui des festivals de musique et de cinéma.
La roche se prête enfin à des fantaisies plus exotiques : creusée à flanc de falaise dans un site d’une beauté exceptionnelle, la grotte Cova d’en Xoroi abrite un bar suspendu au-dessus des flots. On y vient boire des cocktails au coucher de soleil, ou même y danser toute la nuit.
Les villes blanches et or de Minorque à l’automne
La grande route traverse le cœur de l’île et relie les deux villes majeures, abritant chacune 29 000 habitants : Ciutadella sur la côte ouest, la citadelle historique, et Port-Mahon sur la côte est, la capitale. Mago le carthaginois, frère d’Hannibal, a donné son nom à la ville qu’il a fondée, et toute son histoire est empreinte de batailles et de conquêtes. Le cœur de Port-Mahon est très marqué par la présence britannique au XVIIIe siècle ; on s’amusera à chercher les « bow windows » et autres fenêtres à guillotine qui évoquent une Londres… au soleil.
Son immense port fut l’un des plus disputés de Méditerranée et se visite aujourd’hui en bateau. La baie est surmontée par la majestueuse forteresse de La Mola, édifiée au XIXe siècle sous les ordres de la reine Isabelle II pour la défense de Minorque. Cet édifice qui n’a jamais connu de batailles est une belle curiosité architecturale, remplie de galeries labyrinthiques et de grands escaliers de marbre blanc. A noter qu’un grand centre d’art contemporain a récemment ouvert sur une autre île au beau milieu du port de Mahon, Isla del Rey, pour placer la création au cœur des eaux riantes.
A quelques kilomètres de Port-Mahon, une curiosité mérite le détour : Binibeca, village d’artistes créé de toutes pièces dans les années 1970, qui évoque un port de pêcheurs grec avec ses maisons blanchies à la chaux.
Capitale historique, autrefois musulmane, Ciutadella demeure la plus belle ville de Minorque, avec ses façades colorées et sa somptueuse cathédrale de pierre dorée. Cœur névralgique de la cité, la Plaça des Born séduit par la beauté de ses bâtiments Renaissance, et ouvre sur les artères piétonnes du cœur historique. Il faut descendre au port, et boire un verre en terrasse au bord de l’eau : ce site superbe de jour comme de nuit accueille de nombreux bars et restaurants de qualité, comme S’Amarador.
Une escapade gastronomique en Espagne hors saison : bonnes adresses de Minorque
Parce que l’agriculture reste le secteur d’activité le plus important de cette île rurale, tout séjour à Minorque sera placé sous le signe d’une tradition culinaire forte et authentique, où la terre et la mer se disputent la primeur. De nombreux restaurants proposent des tapas maritimes comprenant coquillages, calamars et soupe de langouste. A la ferme Son Piris, on admirera la fabrication du fromage AOP emblématique de l’île, le Mahon-Menorca, fromage de vache à la croûte légèrement rougeâtre qu’on presse en de grandes fougasses de forme carrée, et on goûtera aux charcuteries porcines typiques, dont les recettes dateraient de l’époque romaine. Si le gin est la boisson phare de Minorque, le vin n’est pas en reste, et on ira goûter aux célèbres blancs de la cave Binifadet, qui propose également un restaurant au cadre idyllique, au milieu des vignes. Et pour retrouver toutes les spécialités minorquines sur la table du petit-déjeuner, on ira bruncher à la belle ferme fleurie Agroturismo Son Vives, qui est aussi un hôtel de charme. La visite des fermes, entre laiteries, caves et présence bienveillante des chevaux noirs de Minorque, est un incontournable sur cette île au patrimoine rural puissant. Et pour un séjour basé sous le signe du raffinement et de l’exigence, on choisira Menorca Experimental, hôtel atypique où chaque chambre est décorée par un artiste, et où un spa pointu et des cours de yoga acrobatique prennent place face à la mer…
Délices de la merVins et gins de MinorqueFromages et charcuteries
Explorer les Canaries en hiver : l’Espagne grandiose
Lanzarote, Tenerife, Fuerteventura… Je rêve de ces confettis volcaniques jetés au cœur de l’océan Atlantique. A ce jour, je n’ai encore jamais eu le plaisir d’arpenter ces terres grandioses, dont toutes les images me font rêver. Les îles des Canaries me fascinent par la beauté solitaire de leurs paysages intacts, et souvent les photos que je découvre m’évoquent des visions extraterrestres – caldeiras désertiques, visions de dunes immenses, terres sculptées par le feu, pays de volcan. Elles me rappellent les Açores, ou encore Hawaï, par leur solennité chthonienne et la puissance de leurs solitudes sublimes. On me dit que les Canaries sont une oasis de soleil au cœur de l’hiver européen, et j’adorerais poursuivre ma découverte de l’Espagne hors saison par une escapade en décembre sur ces îles. Fêter Noël ou le Nouvel An aux Canaries, n’est-ce pas tentant ? Je rêve de découvrir Tenerife l’ardente, et je sais déjà où j’irais dormir le jour où je partirai en voyage là-bas : à l’hôtel Grand El Mirador, superbe complexe en bord de mer aux allures de palais enchanté appartenant au groupe d’hôtels Iberostar à Tenerife. Mais parfois c’est aussi la douceur qui règne, avec d’immenses plages de sable blanc, où l’eau m’évoque un paradis tropical. Il y a quelques années, j’ai eu le bonheur de visiter Dakhla, dans le grand Sahara marocain, et on m’a souvent dit que les paysages de Dakhla ressemblaient à ceux de Fuerteventura, avec leurs dunes immenses, leurs solitudes subtropicales, leur âpreté et leur aridité sublime. Je garde un merveilleux souvenir de la lagune de Dakhla, où fusaient les kite-surfers – comme à Fuerteventura. A défaut d’images des Canaries où j’espère voyager bientôt, en voici quelques unes de Dakhla…
Je n’ai pas encore eu le bonheur de visiter les Canaries, mais les paysages de Dakhla, dans le grand sud marocain, auraient des airs de famille
Une escapade de printemps à Barcelone et PortAventura
Ado, j’étais tombée amoureuse de Barcelone, la ville enchantée de Gaudi. La Sagrada Familia, avec son architecture de forêt minérale, telle une canopée luxuriante où s’épanouiraient mille excroissances de pierre, m’avait hypnotisée. J’ai perdu toutes mes photos de Barcelone, mais je garde le souvenir lumineux des promenades dans cette cathédrale de la créativité. En 2022, je suis retournée dans la région de Barcelone, pour découvrir un des plus grands parcs d’attraction d’Europe : PortAventura ! Le parc décline un concept exotique et cosmopolite : chaque zone de Portaventura correspond à une région du monde, décorée de façon exubérante et délicieusement stéréotypée. Vous arpenterez le Far West entre ghosttowns hantées par les fantômes de cow boy tués lors de la ruée vers l’or et cactus à la floraison magique au printemps, rêverez aux cimes de l’Himalaya dans une escapade mystique au Népal, fuserez comme un bouchon de vin dans la région de Porto, ou ferez un tour en Chine lors du nouvel an entre lampions rouges et dragons fâchés. J’ai beaucoup aimé la richesse de la végétationde PortAventura, entre cactus opulents, bougainvilliers multicolores et oiseaux de paradis. Je suis venue lors d’un week-end de mai, et l’affluence m’a empêchée d’en profiter pleinement – je vous recommande de venir à PortAventura hors saison, en semaine et de préférence tôt dans le printemps ! L’Espagne hors saison est toujours plus douce…
Ambiances délicieusement exotiques de PortAventura
Le sud de l’Espagne : l’Andalousie et Séville
Le sud de l’Espagne en hiver me fait rêver par sa douceur, ses orangeraies, son atmosphère presque tropicale, là où l’Europe touche l’Afrique. Je rêve de voir depuis l’Alhambra de Grenade les neiges couronnant la Sierra Nevada, tandis qu’un flot de douceur mauresque baigne les fontaines et les jardins aux saveurs africaines. J’aime l’Espagne du sud hors saison, loin de la fournaise de l’été, les villes ensoleillées où on sort tard, et où l’architecture porte l’empreinte du métissage, entre influence maure et reconquête chrétienne.
Je crois que Séville est, à ce jour, la ville espagnole que j’ai le plus aimée et qui a le plus marqué mon imagination. Là aussi, j’avais eu l’impression d’une fabuleuse efflorescence architecturale, d’une ville où les torsades baroques et les arabesques maures se mêlaient aux troncs des palmiers dans une harmonie esthétique incroyable. L’architecture imite la nature, Séville est une forêt de tours et de flèches en fleurs.La région de Séville a été romaine, wisigoth, puis arabe du 8e au 12e siècle – ce sont les Arabes qui donnèrent son nom à l’Andalousie, « Al Andalus ». Séville fut une des villes les plus opulentes et grandioses de l’empire maure, riche en mosquées et palais somptueux. Qui visite l’Alcazar comprend la puissance des rois arabes espagnols, et leur empreinte sur le pays. Puis vint la Reconquista, et au lieu de détruire les merveilles arabes, les chrétiens choisirent de les transformer, de changer les minarets en clochers, les mosquées en cathédrales. L’art qu’on nomme « mudejar », c’est la fusion de l’influence arabe et chrétienne, le prodigieux syncrétisme architectural qui rend cette région si belle. Séville, c’est le mariage de deux mondes, le trait d’union. Sous la chaleur de l’Andalousie, Séville a hérité des Arabes la culture de l’eau, des canaux, des profondes citernes souterraines qui ressemblent à des châteaux gothiques inondés. J’ai été fascinée par l’Alcazar, palais maure d’une incroyable beauté, avec ses jardins remplis d’oiseaux, ses canaux où l’eau jaillit, son fastueux Salon des Ambassadeurs à la voûte d’or. A côté de l’Alcazar, la cathédrale de Séville est surmontée d’une tour devenue symbole de la ville : la Giralda, ancien minaret almohade changé en clocher chrétien.
Fabuleux Alcazar : la voûte du salon des ambassadeurs, les jardins et la citerne souterraine
Le sud de l’Espagne : Elche et la région d’Alicante
Si Séville est très célèbre, Elche, au sud de l’Espagne, demeure plus méconnue. Pourtant, sa palmeraie labyrinthique mérite qu’on s’y perde et qu’on remonte le temps au cœur de son feuillage. Je vous invite à découvrir mon article consacré à cette superbe cité située dans la région d’Alicante : visiter Elche à l’automne reste un de mes plus beaux souvenirs d’Espagne. Elche fut, comme tout le sud de l’Espagne, une ville maure, et les Arabes développèrent ici une palmeraie immense qui est aujourd’hui la plus grande d’Europe. Imaginez contempler depuis les remparts d’Elche cette véritable mer végétale, où les cimes opulentes ondulent doucement dans une légère brise. Cette palmeraie magique est inscrite au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, et c’est un rêve d’Orient à portée de main. Deux-cent quarante mille palmiers, soit un palmier par habitant, façonnent le visage exotique et dépaysant d’Elche. J’ai retrouvé cela à Elche et j’ai adoré le cœur de ville. Mais Elche et la région d’Alicante, c’est aussi un pays d’agriculture, où poussent les grenades, les dattes et les figues, comme un goût d’Afrique au sud de l’Espagne. Le campo d’Elche, c’est la région rurale qui s’étend entre la ville d’Elche et la mer. On y cultive, outre les dattes, les tomates, les figues, les grenades, les artichauts, les olives… La région de Valence et d’Alicante, c’est aussi celle des grands plats de riz qu’on cuit dans d’immenses poêles sur un feu ouvert, par exemple l’arroz con costra (riz en croûte, très roboratif, avec différentes viandes dedans), et surtout la fideuia, que j’ai adorée, faite avec du vermicelle et des fruits de mer. Moi qui ne connaissais que la paëlla, j’ai découvert de nombreux autres visages de la gastronomie espagnole !
.Grenades mollar dans le campo d’Elche
J’espère que ces quelques idées vous auront donné envie de vacances en Espagne, dans la douceur des arrière-saisons ou de l’hiver… Pour plus d’idées de voyage, n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter !
Connaissez-vous la région de Saint-Marcellin Vercors Isère ? Nous sommes sur les contreforts Ouest de la barrière du Vercors, tout au sud de l’Isère, à deux pas de Valence et de ma Drôme natale. C’est le pays de Saint-Marcellin, de Saint-Antoine-l’Abbaye, plus beau village de l’Isère, des gorges qui ouvrent un chemin au cœur de la muraille, de Pont-en-Royans, de l’Isère qui coule au milieu des vergers de noix, des fromages savoureux et des crêtes du Vercors formant l’horizon. C’est le berceau des seigneurs du Dauphiné et c’est un pays de grands espaces et de pleine nature, avec un des sites d’escalade les plus mythiques de France, Presles, et des sentiers de randonnée pédestre et équestre sublimes tutoyant les reliefs abrupts du Vercors. C’est un terroir d’agriculteurs – éleveurs, nuciculteurs –, de gastronomie locale puissante, et de belles adresses de charme où on se ressource au cœur des montagnes ou au creux d’un méandre de la rivière. Entre la Bourne, le Nan et l’Isère, c’est un pays d’eau qui cascade, et qui sculpte mille curiosités géologiques. Je vous propose un voyage d’automne à Saint-Marcellin Vercors Isère, entre sports et saveurs, aventures outdoor et nids douillets, produits du terroir, culture et adrénaline. Equitation, escalade, belles adresses, vergers de noix qui craquent dans les couleurs d’octobre, suivez le guide, on part à la montagne à ma saison préférée…
Saint-Marcellin Vercors Isère en automne : chevaux et couleurs flamboyantesVillages emblématiques : Saint Antoine l’AbbayeRandonnées au coeur du VercorsRécolte des noix de Grenoble Escalade au pied des crêtes du Vercors
Revenir à Saint-Marcellin Vercors Isère, avec Marion
Ce n’était pas ma première rencontre avec l’Ouest sublime du Vercors, le pays de St Marcellin, de St Antoine l’Abbaye, de Pont-en-Royans. Le pays de Saint-Marcellin Vercors Isère, je le connaissais déjà bien. Pas seulement parce que j’ai grandi tout près, au sud de la Drôme, à 80km à peine de cette vallée magnifique ouverte sur les plaines drômoises et iséroises et les sommets du Vercors. Mais parce que c’est le pays de ma binôme et amie, Marion Carcel alias Foehn Photographie, avec qui je travaille avec bonheur depuis des années en duo. Depuis plusieurs années, Marion m’avait entraînée à la découverte de sa merveilleuse région natale, à travers de grandes randonnées dans le Vercors, des aventures outdoor comme la spéléo ou le parapente , ou encore des explorations hivernales dans le Vercors entre ski, ski de rando et chiens de traîneau. Vous avez déjà souvent entendu parler de Saint-Marcellin Vercors Isère sur ce blog…
Marion et moi dans le Vercors à l’été 2018, pour ce qui reste mon plus beau bivouac à ce jour
Quand on devient blogueuse ou photographe de voyage, au début, on ne rêve que de reportages lointains. On a envie de Tombouctou et de Tahiti, partir loin et s’enivrer d’ailleurs. Et puis, peu à peu, à chaque retour à la maison, on réalise combien elle nous a manqué. On retombe amoureux des beautés qu’on avait désapprises, on porte un regard nouveau sur son chez soi si familier, et on se surprend à penser : et si je racontais, photographiais mon chez moi comme je l’ai fait pour le bout du monde ? A Saint-Marcellin Vercors Isère, nous sommes chez Marion qui connaît chaque recoin par coeur, mais nous sommes un petit peu chez moi aussi, car je n’ai pas grandi très loin et que depuis le début de notre amitié, Marion m’a fait explorer et aimer ce territoire ouvert sur les grands espaces, entre vallée de l’Isère et tremplin vers les hauts plateaux du Vercors.
Marion et moi au-dessus de Saint Antoine l’Abbaye
Ce coucher de soleil sublime, photographié à deux pas de la maison des parents de Marion, nous dit : bienvenue chez vous, enfants des Alpes et des rivières, vous êtes à la maison. Heureuses de vous la montrer.
Comme toujours, la majorité des photos de cet article sont l’œuvre de Marion. Je sais qu’elle a pris un plaisir particulier à raconter son pays en images…
Le plus beau village de l’Isère : Saint-Antoine-l’Abbaye
Prêts à découvrir le joyau de la région ? Je vous présente le grandiose village de Saint-Antoine-l’Abbaye. Dans ce qui fut au Moyen Âge un des plus célèbres lieux de pèlerinage français, des siècles de ferveur ont laissé leur trace : une abbaye sublime, taillée dans la pierre blonde du Vercors, abritant les reliques de l’immense saint et ermite Antoine l’Egyptien et un trésor inouï (si précieux qu’il est visible seulement en visite guidée, et il vaut le détour). C’est un village médiéval d’une beauté rare, avec ses goulets (traboules), ses tuiles vernissées héritières d’une ère bourguignonne, sa collection de roses d’autrefois, son esplanade aux tilleuls, ses vues sur la Grande Moucherolle, deuxième plus haut sommet du Vercors, et ses recoins charmants.
Fabuleux village de St Antoine l’Abbaye
Ici, durant des siècles, les pèlerins sont venus implorer la protection de Saint Antoine contre le terrible mal des ardents, dû à l’ergot de seigle, qui empoisonnait le pain et inspira à Jérôme Bosch ses visions infernales. C’est pourquoi l’abbaye de Saint Antoine est devenue un hospice, un lieu de recherches pharmaceutiques et médicinales, afin de soigner les affligés.
Saint Antoine le Grand
Pour explorer l’histoire de Saint Antoine, je vous recommande plusieurs expériences puissantes.
Prenez une visite guidée de l’abbaye, seul moyen de voir le trésor. Trop précieux pour être photographié, il se révèle par une succession de trappes secrètes et de caches énigmatiques qui vous donneront l’impression de plonger dans un Da Vinci Code dauphinois, et vous révèleront des objets somptueux.
Je vous recommande vivement la visite du Musée de St Antoine – d’autant qu’il est gratuit, comme tous les musées départementaux de l’Isère, ce que je trouve vraiment bien et qui mérite d’être souligné. Les expositions m’ont passionnées. Vous explorerez l’histoire puissante de Saint Antoine, grand ermite oriental faisant partie des pères du monachisme, inspirateur d’une féconde tradition chrétienne qui s’est épanouie à l’ombre des cloîtres européens durant des siècles. Vous découvrirez la « translation furtive » de ses reliques et la grandeur de l’abbaye qui les abrite, remonterez le temps pour rencontrer les flots de pélerins remplis d’espérance. Et vous saurez tout sur les parfums, les poisons et la médecine médiévale, car à Saint-Antoine, on s’efforçait de soigner. Fioles secrètes, remèdes qui sauvent, nectars qui tuent, instruments de médecine d’autrefois qui font frissonner, la visite est fabuleuse.
Je recommande tout particulièrement l’extraordinaire toute nouvelle expo Parfums d’histoire sur les parfums qui soignent : j’aurais pu passer des heures dans cette immersion olfactive à la rencontre d’un monde englouti. Et le jardin du musée est ravissant, mélange d’éden médiéval et d’influences mauresques – si le réseau aquatique vous rappelle Marrakech, c’est normal, c’est qu’un architecte marocain a œuvré à sa restauration.
L’exposition consacrée aux parfums thérapeutiques à travers les âges
Nous avons vécu une expérience très particulière à Saint-Antoine-l’Abbaye, en étant invitée par les tailleurs de pierre œuvrant actuellement à la restauration de l’iconique façade à entrer dans les coulisses du chantier. Des siècles après l’œuvre originale, ces artisans sculpteurs chevronnés perpétuent un geste ancestral, et sculptent à leur tour la pierre dorée du Dauphiné pour rendre leur splendeur aux cohortes d’anges et aux légions de saints. Monter au plus près des cieux (de pierre) nous a émues et m’a rendue encore plus impatiente de revoir la façade dans sa splendeur originelle…
La façade telle que je l’ai découverte lors de ma première visite à l’été 2018. Minutieux travail de restauration de la façade
Une bonne table à Saint Antoine l’Abbaye : sur l’esplanade mythique aux tilleuls, juste en face de l’abbaye, rendez-vous à la Table de l’Abbaye où vous attendent accueil chaleureux, saumon fumé maison, tarte tatin exquise et spécialités iséroises. Une bonne adresse bistronomique conviviale et ancrée dans l’amour de la cuisine locale.
Le Couvent des Carmes, berceau des seigneurs du Dauphiné
Connaissez-vous le Couvent des carmes à Beauvoir-en-Royans ? A l’ouest du Vercors, ce château en ruines et couvent devenu musée est un lieu emblématique de l’histoire de la région. Pourtant, nous sommes peu nombreux à le connaître – moi la première, jusqu’à tout récemment. Jusqu’à cette visite, j’ignorais que les ruines de cette impressionnante forteresse surplombant l’Isère sur son promontoire furent le somptueux palais du dernier seigneur du Dauphiné, Humbert II de Viennois, qui a cédé la province à la France en 1349 – le fameux « transport du Dauphiné ». Devenu très pieux, il est entré dans la vie religieuse et a transformé son palais en établissement monacal, d’où le nom de couvent des carmes.
Le Dauphiné devint la province la plus puissante de France – d’où le terme de dauphin du roi. L’administration de la province était confiée au prince héritier avant son accession à la couronne, afin qu’il puisse se « faire la main »… Cette histoire glorieuse et passionnante du Dauphiné vous est racontée au Couvent, qui est un beau musée d’histoire culturelle. Mais c’est aussi un centre d’art avec des expositions temporaires immersives et spectaculaires, des tableaux d’un grand peintre néerlandais tombé amoureux de la région de Pont-en-Royans, Bob Ten Hoope. J’ai aimé cette promenade artistique, et la beauté duparc avec une vue spectaculaire sur la vallée, encadré de ruines romantiques… Ce lieu très riche et attachant mérite vraiment une visite et qui nous a beaucoup plu.
Pont-en-Royans, la Bourne et la grotte de Choranche
Nous n’y sommes cette fois pas retournées, car c’est un lieu que nous connaissons déjà si bien, mais Saint-Marcellin Vercors Isère est aussi le Pays de Pont-en-Royans. Avec ses maisons multicolores suspendues au-dessus de la rivière comme un échafaudage de jouets en bois, une construction biscornue et infiniment pittoresque qui semble défier la gravité, Pont-en-Royans, c’est aussi la beauté des gorges de la Bourne où les gens aiment escalader et se baigner, le bruissement des fontaines et les terrasses claires du Musée de l’eau (le restaurant est excellent), des clochers et des ponts, un étrange mélange de couleurs méridionales et de vertige montagnard qui en fait à mes yeux un des plus beaux villages des Alpes. Ne manquez pas de vous y promener, ce village est si beau, si charmant. A deux pas de Pont-en-Royans, la cascade blanche, la cascade verte et l’iconique grotte de Choranche, une des plus belles grottes de France à mes yeux, déroulent un circuit enchanté. La région Auvergne Rhône Alpes partage d’ailleurs mon enthousiasme quant à cette grotte véritablement exceptionnelle de beauté, car elle a récemment été choisie pour figurer parmi les 20 sites touristiques emblématiques de notre région, récompense infiniment méritée ! Ne manquez pas ces féeries… je les évoque longuement dans mon article consacré au Vercors en été.
Le superbe village de Pont-en-RoyansLa sublime grotte de ChorancheMaisons suspendues de Pont-en-Royans
Randonner à l’Ouest du Vercors : les gorges du Nan à Cognin-les-Gorges
Le Vercors est une forteresse de calcaire, une muraille de falaises dressées dans le ciel immense. Sur les crêtes et les hauts plateaux, l’eau est rare, la végétation est basse et modeste, enracinée dans la roche sèche. C’est parce que toute l’eau file vers les profondeurs. Et quand cette eau rejaillit à la surface, elle ouvre des brèches dans la forteresse, des chemins d’accès pour entrer au cœur du secret du Vercors. Le pays de Saint-Marcellin, sur le flanc Ouest du Vercors, possède plusieurs de ces brèches sublimes : les célèbres gorges de la Bourne, à Pont-en-Royans, et les gorges du Nan à Cognin-les-Gorges. Cela faisait très longtemps que je rêvais d’aller randonner dans ces vasques féeriques. J’ai une immense passion pour les rivières et les sources de ma région, et le Vercors ouest et sud est un rêve pour les amoureux de cascades secrètes…
Les gorges de la Bourne en été, à Pont-en-Royans
Pour explorer les gorges du Nan, vous partirez du joli village de Cognin, à qui je trouve un charme fou avec sa fontaine, son église dauphinoise typique, et surtout cette brèche hypnotisante dans la barrière du Vercors, qui semble aspirer le regard. Vous l’avez peut-être déjà vue de loin sur la route entre Valence et Grenoble : cette faille dans le donjon du Vercors est irrésistible !
Le chemin est très simple : il s’agit de remonter la gorge. Vous ferez un tracé en aller retour. Les plus motivés pourront remonter très haut dans la gorge et faire jusqu’à 1000D+, mais en vérité, cette rando peut aussi être une balade tranquille : vous arrivez tout de suite dans les vasques et c’est magnifique d’emblée. A vous de voir si ce sera une promenade familiale ou une aventure sportive – c’est toujours sublime !
Nous avons agrémenté notre balade d’un pique-nique dans les gorges, aux couleurs de l’automne…
Le Vercors à cheval : randonnées et gîtes équestres sur le tour des Coulmes
Le Vercors à cheval ! Les grands espaces du Vercors sont propices aux grandes traversées équestres. L’association Isère Cheval Vert trace pour les cavaliers des itinéraires praticables à cheval, comme le sublime tour des Coulmes, que nous aurions dû arpenter si la météo avait été de notre côté. Créer des sentiers de randonnée équestre en montagne est un travail énorme, mené par des passionnés qui font vivre la culture équestre iséroise pour le plus grand bonheur des cavaliers. Et ils peuvent compter sur des partenaires de choc !
Sylvain, éleveur de chevaux du Vercors, et Marie-Noëlle, directrice de l’association Isère Cheval Vert
Des centres équestres et élevages de grande qualité. Nous montons des chevaux de race Vercors de Barraquand, LA race historique et emblématique du massif, reconnue officiellement depuis 2017. Sylvain et Marion des écuries de Corrençon élèvent ces chevaux à la fois puissants, polyvalents et montagnards avec passion et les emploient au tourisme équestre. Un rêve de cheval au pied sûr, fait pour la pleine nature ! Sylvain et Marion se sont battus pour faire reconnaître officiellement le cheval de Vercors Barraquand, et prouvent au quotidien que c’est une fabuleuse monture. Les Ecuries de Corrençon utilisent exclusivement des chevaux du Vercors et combinent à la fois le travail d’élevage et le travail équestre. En été, ils proposent des randonnées équestres de durée et de difficulté différentes, au cœur du Vercors. Je vous propose de retrouver ici le récit d’une randonnée équestre dans le Vercors en été, avec les chevaux emblématiques du massif.
Sylvain et Marion
Des gîtes équestres sur le tour des Coulmes, au cœur du Vercors
Au Gîte des Rimets à Rencurel, on cultive une ambiance refuge de montagne sur les hauteurs sauvages. Au coin de la cheminée, on combat les brumes d’automne avec des plats chaleureux et on dort au cœur des sommets.
A L’Edel Bleue à Presles, ravissante chambre d’hôtes de charme, on vous accueille avec convivialité sur les falaises d’escalade mythiques. Cavaliers, grimpeurs ou simples voyageurs en quête d’hospitalité soignée adoreront cet établissement attachant.
A La clef du Vercors à Presles, magnifique gîte de groupe design et chaleureux, on se retrouve en groupe dans de superbes espaces décorés avec goût. Ce jour-là, nous y avons déjeuné tous ensemble de produits locaux, entre fromages du Vercors, gratin dauphinois et clairette de Die (c’est drômois, mais c’est tout proche !)
Nous ne l’avons pas visité cette fois, mais le gîte Au cœur des Coulmes à Malleval-en-Vercors propose lui aussi aux cavaliers et à leurs montures une halte sur le tour des Coulmes.
Nous reviendrons dans le Vercors à cheval, arpenter ces espaces sublimes. Pour tout projet équestre en Isère, pensez à Isère Cheval Vert. Sa directrice Marie-Noëlle est géniale et passionnée et elle fédère cavaliers, centres équestres, gîtes pour vous permettre de vivre de grandes aventures à cheval dans ce pays enchanteur. Ce jour de pluie nous a donné envie de poursuivre le chemin… crinière au vent !
Escalade et gîte pour grimpeurs : les falaises mythiques de Presles
Il y a des lieux qui sont légendaires parmi les amoureux de l’escalade. Presles, au cœur du Vercors, en fait partie. 6km de falaise sublime, sur une ligne de crête surplombant le massif avec des panoramas époustouflants, 250 voies de tout niveau, des grandes voies, une variété et une richesse inouïes.
La toute première fois que Marion m’a emmenée grimper, c’était à Presles en 2018. Revenir ici 4 ans plus tard, mesurer notre progression à toutes les deux, savourer et raconter ce site emblématique avec un super moniteur comme Bernard, était un vrai bonheur. Nous avons affronté, Marion la grimpeuse si talentueuse en tête, moi son padawan en moulinette après elle, une magnifique voie avec une vue incroyable sur toute la falaise… le bonheur ! L’escalade en extérieur, c’est le jeu, le contact avec le rocher, la pleine nature et une forme de yoga vertical où on se force à faire le vide dans sa tête et un avec son corps. Pas besoin d’avoir un gros niveau pour se faire plaisir, et avec un bon moniteur, une séance en falaise est accessible même à un débutant total. Il suffit d’avoir envie.
A Presles, lieu emblématique de l’escalade s’il en est, au cœur du Vercors, des moniteurs passionnés et investis proposent à chaque personne un peu curieuse et prête à se lancer de découvrir l’escalade dans des conditions sécurisées et dans un décor grandiose. Dans un tel site et avec un bel encadrement, l’escalade en falaise devient accessible à tous, il suffit de se lancer.
C’est pour cela que Bernard, moniteur d’escalade infiniment passionné et super pédagogue, et Dominique ont fondé ici le gîte « Entre ciel et pierres », à deux pas de la falaise. Fabuleux camp de base pour les grimpeurs de tous niveaux, dans un cadre naturel superbe, le gîte comprend même une magnifique salle de bloc en intérieur pour s’entraîner quelque soit la météo.
Nous étions toutes équipées en Petzl, super marque grenobloise qu’on utilise toutes les deux avec bonheur à chacune de nos séances d’escalade.
Terroir et gastronomie : saveurs de Saint-Marcellin, de l’Isère et du Vercors
Saveurs et délices du pays de Saint-Marcellin Vercors Isère.
Le pays de la noix de Grenoble
Le saviez-vous ? La noix de Grenoble AOP… n’est pas vraiment de Grenoble. Son aire de culture s’étend sur toute la vallée du Grésivaudan, sur les bords de l’Isère, de la combe de Savoie (entre Albertville et Grenoble, côté Chartreuse) jusqu’aux portes de la Drôme (côté Saint-Marcellin, Romans-sur-Isère, dans ce qu’on appelle le sud Grésivaudan). Grenoble est simplement la grande ville située au cœur de l’aire AOP. Mais les plus grands volumes de production de noix de Grenoble sont situés ici, dans la région de Saint-Marcellin Vercors Isère. Il y a des siècles déjà, les chroniqueurs traversant la vallée de l’Isère et passant dans la région de Vinay parlaient de vergers de noyers à perte de vue. Le coeur de production de la noix de Grenoble AOP est à Vinay. Nous sommes venues pendant la récolte des noix (ici, on dit « pendant les noix ») et tout le pays était en ébullition. La noix est au cœur de toutes sortes de traditions, cultures et saveurs ici, comme les soirées où les gens se rassemblent pour monder les noix et boire un coup ensemble.
Pour découvrir ce produit et cette culture, direction le musée et centre culturel du Grand Séchoir.
Le Grand Séchoir à Vinay
Je suis souvent passée devant sans pousser la porte, et j’ai regretté de ne pas être venue plus tôt : j’ai vraiment adoré la visite du Grand Séchoir de Vinay et je vous la recommande à tous, en famille, en couple, en solo, pour déguster une gourmandise, apprendre des choses ou divertir vos enfants. Cet ancien séchoir à noix a été transformé en musée de la noix, centre culturel, boutique de pays et verger muséal. Et c’est une visite merveilleuse : le musée est visuellement très beau, ludique, passionnant. Dès l’arrivée, on est conquis par l’ambiance et l’architecture du lieu, par les plafonds verts et lumineux qui donnent l’impression de passer sous la canopée des vergers de noyers. Verger de noyers de toutes variétés issus du monde entier, musée émouvant de l’histoire du pays et de ses traditions qui ont sculpté la mémoire collective, ateliers ludiques pour les plus petits, découverte des innombrables variétés de noix, dégustations savoureuses, curiosités, recettes ancestrales et objets d’autrefois, on passe un excellent moment. J’ai beaucoup aimé cette immersion dans l’identité du pays de Saint-Marcellin Vercors Isère à travers son produit emblématique, la délicieuse noix croquante…
Rencontre avec des nuciculteurs au GAEC des Ferrières
Un pays est sculpté par ses agriculteurs, par les hommes et les femmes qui font vivre le terroir, dessinent les paysages et remplissent les assiettes. Après la visite du Grand Séchoir, nous étions ravies d’aller rencontrer des nuciculteurs, qui plus est en pleine récolte : à l’automne, les exploitations agricoles autour de Vinay bruissent du craquement des coquilles de noix qu’on ramasse, sèche, trie, calibre ou ouvre pour confectionner des produits ! Au GAEC des Ferrières, nous faisons la connaissance d’un duo père-fille de producteurs adorables et hyper passionnés, qui nous expliquent l’ensemble du processus de récolte, de séchage et de calibrage des noix.
Ils ne se contentent pas de vendre les noix de Grenoble AOP telles quelles : Laure s’est aussi lancée dans la transformation et confectionne des produits d’apéro et de dessert à base de noix qui sont exquis. J’ai notamment eu un gros coup de cœur pour les noix aromatisées (au curry, au piment d’espelette, aux herbes…) à déguster comme des chips salées. Les bouches sucrées adoreront les noix caramélisées au dessert.
Les produits du GAEC des Ferrières portent le label AlpesIshere, qui valorise les produits du terroir isérois – j’ai eu le bonheur de les retrouver (et racheter) au marché de noël de Grenoble !
Les fromages de Saint-Marcellin
Et pour continuer l’immersion terroir, on goûte ÉVIDEMMENT le Saint-Marcellin IGP (le meilleur fromage du monde selon Marion), fromage au lait de vache emblématique de ce territoire et qui m’a toujours émerveillée par son caractère fondant et onctueux. On peut par exemple l’acheter à la maison de producteurs Le Palais Fermier, où on trouve des produits locaux en vente directe. Ce terroir est également réputé pour ses autres fromages, par exemple le Saint Félicien – cousin plus crémeux du Saint-Marcellin. On se régale à goûter celui, multi-médaillé, de la Ferme des Caillats. Petit conseil : le fromage (Saint-Marcellin ou Saint-Félicien) avec les noix, cela se marie très bien… et c’est 100% Vercors Isère.
L’adresse gastronomique de rêve : La Tivollière à Saint-Marcellin
Quel coup de foudre ! Ce superbe gastronomique, installé sur les hauteurs de Saint-Marcellin dans un château offrant un balcon magnifique sur le Vercors, m’a éblouie. Cadre somptueux déclinant couleurs chaudes et ambiance châtelaine au coin de la cheminée, festival de saveurs locales sublimées avec créativité et sens du style, un véritable feu d’artifice de délices qui nous a éblouie. Chaque plat, chaque amuse-bouche, chaque détail, était exquis. Et ce qui nous a bluffée, c’est le prix, qui reste très abordable pour un resto de cette qualité et un tel sens du service. A mi-chemin entre Valence et Grenoble, une adresse à tester absolument – j’ai promis d’y revenir et d’y emmener mon compagnon !
Bien-être : une magnifique adresse zen et ressourçante au pied du Vercors, Les Granges du Fournel
Souvenir d’une parenthèse de douceur… On arrive à la tombée de la nuit dans un gîte superbe avec vue sur toute la ligne de crêtes du Vercors. Les granges du Fournel sont un havre de douceur où Véronique propose des retraites de bien-être et de reconnexion à soi, entre yoga, shiatsu et travail de développement personnel en profonde sérénité.
Notre gîte est absolument sublime, une merveille de raffinement et de douceur, un charme incroyable. Véronique, qui a une très belle aura de douceur et de gentillesse, a aussi un goût très sûr. Après une séance de yoga avec bols chantants au bord de la piscine avec Véronique, Marion et moi en refaisons une en tête à tête dans la salle de yoga dédiée aux retraites et aux cours. La soirée s’achève dans un très beau sauna entièrement boisé avec vue sur les crêtes…
On quitte à regret Véronique et Les granges du Fournel après un merveilleux petit déjeuner entièrement frais, local et fait maison, avec moelleux au chocolat du matin, fruits et yaourts… comme dirait Marion, on regrette de ne pas avoir de second estomac pour tout finir ! Une belle rencontre et un lieu inspirant qui nous a touchées… qui nous donne l’idée d’un nouveau départ dans cette région superbe.
A cheval entre Drôme et Isère, à mi-chemin entre Valence et Grenoble, entre rivière et Vercors, noix et fromages, chevaux et falaises, randos et belles adresses, le pays de Saint-Marcellin nous a conquises depuis très longtemps et nous a fourni de nouveaux éblouissements en cet automne illuminé. Nous y reviendrons sans cesse, je le sais déjà : il fait partie de nos cœurs et de nos vies…
Un grand merci à l’Office de Tourisme Intercommunal Saint-Marcellin Vercors Isère, et tout particulièrement à Stéphanie, ainsi qu’à toutes les personnes qui nous ont accueillies et permis de vraies belles rencontres chaleureuses. Nous garderons le souvenir de très beaux moments passés avec vous. Et un merci tout spécial à Marion et à ses parents Fernand et Karlène, qui m’ont si souvent accueillie ici avant même ce beau reportage.
Connaissez-vous, au cœur des Alpes de Haute Provence, les stations de la vallée de la Blanche et du lac de Serre-Ponçon ? Au-dessus du plus grand lac artificiel de France, véritable océan intérieur de la Haute Provence, parmi les sommets iconiques du Blayeul ou de Dormillouse, trois stations de ski pointent leurs cimes enneigées dans les avalanches de soleil du midi : Montclar Les 2 Vallées, Chabanon Selonnet et Le Grand Puy. L’hiver dernier, nous sommes parties explorer ces stations attachantes des Alpes du Sud, qui misent non pas sur des domaines XXL, mais sur la richesse des expériences, la chaleur humaine et le petit plus convivial et atypique qui fait tout leur charme. Les stations de la vallée de la Blanche et du lac de Serre-Ponçon sont familiales, abordables financièrement, et tentent de parler à tous les publics. Situées à moins de deux heures de Marseille, elles comptent parmi les stations de ski les moins chères de France. Elles incarnent une montagne ensoleillée et bienveillante, où la douceur méridionale se mêle aux joies des flocons. Entre ski, raquettes, telemark, bain nordique, promenades et belles adresses, je vous propose une immersion au cœur des Alpes du soleil.
L’hiver dans la vallée de Blanche Serre-Ponçon : ski…… belles expériences hivernales…… panoramas merveilleux…… sommets iconiques des Alpes de Haute Provence !
J’ai réalisé ce reportage en duo avec mon amie et binôme Marion Carcel alias Foehn Photographie. Ensemble, nous formons un duo de blogueuses, photographes et créatrices de contenu passionnées par les grands espaces des montagnes et la lumière du sud. La plupart des photos de cet article sont les siennes, notamment toutes celles dans lesquelles j’apparais.
Marion et moi face au Blayeul au Grand Puy
Alpes du Sud : explorer les trois stations de ski de Blanche-Serre-Ponçon
Envie de vacances à la neige et au ski dans les Alpes de Haute Provence ? Après avoir eu le bonheur d’explorer l’Ubaye, notre voyage d’hiver s’est poursuivi dans les trois stations de Blanche-Serre-Ponçon.
Leur horizon est presque maritime : c’est l’iconique lac de Serre-Ponçon, le lagon bleu de la Haute Provence. Il est le plus grand lac artificiel de France, et ses nuances de turquoise lui donnent une allure de tropique alpin en été. Chasseur de rêves et peintre des songes, il attrape la lumière dorée du couchant et les roses du levant pour magnifier leur beauté. Petit paradis resté sauvage, avec des rives très peu aménagées, il est une destination de vacances merveilleuse. J’ai toujours adoré ce lac, souvent exploré en été (retrouvez mes articles sur le lac de Serre-Ponçon côté Alpes de Haute Provence et côté Hautes-Alpes), et le retrouver en hiver m’a émerveillée. La beauté des panoramas dans la lumière d’hiver est enchanteresse, et j’ai adoré les visions dont nous avons été gratifiées lors de notre exploration de la vallée de Blanche Serre-Ponçon.
Commençons par la station qui offre les plus belles vues sur lui : celle de Montclar Les 2 Vallées…
Montclar Les 2 Vallées, ski et solidarité
Montclar Les 2 Vallées est une station qui me tient énormément à cœur. Si vous me suivez depuis longtemps, vous avez déjà entendu parler d’elle, car son modèle social et solidaire et la beauté de ses panoramas me séduisent infiniment. Retrouvez ici l’article complet sur un séjour d’hiver à Montclar les 2 Vallées. Montclar, la seule station autogérée d’Europe, ensoleillée et solidaire, m’avait énormément touchée. Cette station qui appartient à ses habitants a aussi à cœur de proposer une expérience ski de grande qualité. Avec 55km de pistes tous niveaux, des vertes familiales aux noires abruptes, une altitude s’étendant de 1350 à 2500m, de nombreux enneigeurs et un travail assidu des pistes, Montclar Les 2 Vallées promet la neige et de belles pistes aux skieurs avides de grandes descentes, et il s’agit du grand domaine skiable le plus rapidement accessible depuis la métropole Aix-Marseille : 2h de route depuis Aix-en-Provence, 2h20 depuis Marseille. J’avais été émerveillée par la beauté des paysages depuis les hauteurs du massif de Dormillouse, et j’avais adoré skier à Montclar Les 2 Vallées.
Montclar Les 2 Vallées, au soleil du sud, au dessus du lac de Serre-Ponçon
Et la station continue de se renouveler, de proposer des choses originales et de rester à l’écoute des attentes des gens. J’ai eu un vrai coup de cœur pour la nouveauté de l’hiver dernier : Les Bains des bois.
Les Bains des Bois, spa sauvage à Montclar les 2 Vallées
Vous rêvez de piquer une tête dans le lac de Serre-Ponçon, mais ce n’est pas la saison ? À Montclar dans les Alpes de Haute Provence, on a résolu la question : au pied de la montagne de Dormillouse, dans une petite forêt à deux pas du cœur de la station, vous trouverez le spa de pleine nature le plus idyllique qui soit. Bienvenue chez Les Bains des bois, dont le concept est fabuleux. Vous trouverez, rien que pour vous, privatisé pour une certaine durée, un chalet pour vous changer, un sauna, et un bain nordique en bois non traité rempli d’eau pure, sans chlore. On vous sert la boisson de votre choix et vous regardez le soleil couchant se noyer dans la baignoire… un moment tout simplement merveilleux. Cela restera pour Marion et moi un de nos plus beaux souvenirs, une vraie pause ultra ressourçante dans un cadre magnifique ! J’ai beaucoup aimé ce délicieux bain nature, le fait de pouvoir réserver un créneau privé et d’avoir son propre espace pour un moment intime en amoureux ou entre amies. Et j’ai adoré la beauté de ce crépuscule dans l’eau bien chaude, la beauté du tableau et la gentillesse de l’accueil. Une expérience que je recommande vraiment.
Nous avons commencé en beauté notre exploration des 3 stations de Blanche Serre-Ponçon !
A Chabanon Selonnet, ski, ski-joering et petits prix
Avec une altitude allant de 1550 à 2050m et 40km de pistes, la station de Chabanon Selonnet prend la deuxième place en superficie des stations de Blanche Serre-Ponçon. Si vous avez envie de skier au soleil des Alpes du Sud, cette station à taille humaine sous le grand ciel provençal présente de nombreux atouts, à commencer par ses prix doux. Côté hébergements et forfaits, Chabanon est une station abordable offrant une grande variété de formules, à des tarifs très accessibles. Le forfait le moins cher est à 10 euros pour 4h de ski nocturne de 17h à 21h. 4h en journée vous coûteront 22 euros, et la journée complète est à 27,10 euros pour un adulte, 18,30 euros pour un enfant. Les forfaits semaine sont très avantageux, notamment celui qui comprend les trois stations de Chabanon, Le Grand Puy et Montclar, 176,50 euros pour un adulte pour six jours – tarif rare dans les domaines skiables français, tout particulièrement en cette année d’inflation. La station de Chabanon vous propose 40km de pistes de tout niveau, une exposition parfaite pour votre bronzage (ah, les couleurs des Alpes du sud, protégez votre peau !) et de superbes vues sur l’iconique lac de Serre-Ponçon et des montagnes emblématiques des Alpes de Haute Provence, notamment ici le Blayeul (2189m), vedette bien aimée de la région de Digne. J’ai gardé de l’enfance une affection particulière pour les « montagnes faciles à dessiner », les pyramides parfaites, lisses et pointues, qu’on imagine tracer d’un seul trait – la montagne par excellence, et le Blayeul appartient à cette catégorie mythique. Au sommet du domaine s’ouvrent de très beaux sentiers en raquette, proposant des cheminements en balcon avec vue sur le Blayeul, le lac et les Écrins.
Une contrainte d’emploi du temps nous a empêché de vivre une expérience magique et incontournable à Chabanon : le ski joering ! Filer en ski alpin, tracté par un cheval parmi les grands espaces… une activité que j’ai déjà eu le bonheur de tester à Pralognan, Avoriaz et aux Saisies, et que j’affectionne profondément. Chevaux et ski, où comment allier mes deux plus grandes passions sportives…
Le Grand Puy, toutes les couleurs de la Haute Provence
A deux pas du beau village de Seyne-les-Alpes, que j’avais adoré en été, la station du Grand Puy est (comme son nom ne l’indique pas) la « petite » de la vallée de la Blanche : 25km de pistes situées entre 1300 et 1800m d’altitude. Mais ce qu’elle n’a pas en étendue, le Grand Puy le compense en inventivité, en convivialité et en originalité. J’ai rarement vu une station aussi vivante et dynamique, offrant gratuitement ou presque tant d’activités de qualité, grâce à un réseau de bénévoles investi et passionné. Deux réseaux, l’association Vallées du Bès et l’association des Commerçants du Grand Puy oeuvrent à proposer un programme d’animation riche et varié.
S’essayer au telemark au Grand Puy
Avez-vous déjà testé le telemark ? Un ski ancestral, inventé en Scandinavie il y a des siècles, où le talon est libre pour une grande aisance sur le plat, où on tourne et descend en fente et peut gérer de vraies descentes comme en ski alpin ! Élégant, gracieux, technique, le telemark est une jolie expérience pour qui aime le ski alpin et a envie de tester autre chose. Il y a quelques années à Pralognan, je n’avais pas accroché. Mais sans doute ai-je progressé en ski depuis (le telemark est à recommander à des skieurs déjà plutôt expérimentés qui ont envie d’aller plus loin), et renforcé mon envie de vivre la montagne autrement. Cette fois au Grand Puy, le 2e essai a été concluant et j’ai trouvé la sensation très intéressante. Le telemark pousse à réfléchir intensément à son équilibre à ski, à tester des choses, à affiner sa techique. Cela donne envie de progresser pour arriver à ce que font les bons telemarkeurs : une danse, fluide et si belle visuellement !
Françoise, telemarkeuse hors pairEn plein apprentissageCoachée par Serge et Françoise
Une fois par semaine à la station du Grand Puy, des bénévoles passionnés de l’association Vallées du Bès proposent une initiation au telemark. La gentillesse de Françoise et Serge nous a touchées – les Alpes de Haute Provence, ce sont toujours de très belles rencontres humaines. Si vous êtes curieux, je vous encourage vraiment à tester. Et n’hésitez pas à consulter les actualités de l’Association Vallées du Bès, qui proposent souvent de jolies animations dans la région de Digne, au coeur des Alpes de Haute Provence.
Ski dating ou zumba colorée au Grand Puy
Si le Grand Puy est la plus petite station de la vallée, la beauté ensoleillée du décor et l’ambiance nous ont énormément plu : ici l’atmosphère est familiale et chaleureuse, les bénévoles se démènent pour organiser des animations gratuites de qualité. Nous avons rencontré Sandy et Fred, qui tiennent le restaurant Le Chalet au cœur de la station depuis trois générations, et qui sont très investis dans l’association des commerçants. Le programme des animations est fabuleux : course color ski avec pigments multicolores, speed dating sur télésiège pour la Saint Valentin (7 minutes pour séduire), séance de zumba sur pistes… On vient ici skier au soleil dans une atmosphère géniale de convivialité, avec une vraie qualité d’animations accessibles à tous. A découvrir !
Sandy et Fred, propriétaires du resto Le Chalet au Grand Puy et très investis dans les animations de la station
Rando raquettes à la recherche des empreintes d’animaux
Savez vous comment distinguer les empreintes de chien et de renard ? Celles du lièvre et celles de l’écureuil ? Comment voir dans quel sens le lièvre a couru ? Depuis notre randonnée en raquettes sur les hauteurs de la station du Grand Puy, dans les Alpes de Haute Provence, je le sais ! Tôt le matin, Marion et moi retrouvons notre adorableguide de montagne naturaliste, Clément. Notre mission ? Dénicher les empreintes d’animaux et explorer la beauté de la vallée de la Blanche.
Panorama des Alpes de Haute Provence
Être avec un guide donne une profondeur nouvelle au paysage. On déchiffre les montagnes comme un livre ouvert avec un lecteur perspicace… Clément nous raconte le Blayeul, la montagne iconique de la région avec sa silhouette parfaite.
Marcher sur le Blayeul
Avec lui, nous apprenons à décrypter les traces. Et nous trouvons l’animal légendaire du Grand Puy, un bouc qui a échappé au couteau et est revenu à l’état sauvage sur les pentes ensoleillées… Autant de choses que nous n’aurions pas vues et connues sinon – une vraie richesse en partage.
Le bouc légendaire
Faire appel à un guide de montagne, c’est enrichir son expérience, approfondir le paysage, découvrir la richesse humaine et traditionnelle d’une vallée, ses histoires et anecdotes. Dans les Alpes du Sud, pays de migrations, de pastoralisme, de familles qui se transmettent leur secret, c’est tout particulièrement précieux.
Bonheur de partir avec un guide
Bonnes adresses au ski dans les Alpes de Haute Provence : de beaux hébergements côté Blanche-Serre-Ponçon
Où dormir lors de votre séjour d’hiver du côté de la vallée de la Blanche et du lac de Serre-Ponçon ? Voici deux belles adresses qui nous ont touchées.
La chambre d’hôtes et gîte l’Arnica à La Bréole
A 1200 mètres d’altitude, au-dessus du lac de Serre-Ponçon et parmi les crêtes enneigées des montagnes qui le surplombent, nous avons découvert une ancienne bergerie transformée en hébergement délicieusement cosy : l’Arnica, à la Bréole. Dans cette fabuleuse chambre d’hôtes à la décoration soignée et à l’atmosphère chaleureuse,nous avons passé une nuit très douce et mangé une croziflette succulente. La localisation de cette maison ancienne, qui évoque à la fois le chalet de montagne et la bergerie qu’elle fut autrefois, est exceptionnelle : une vue magnifique sur le lac et sur les sommets des Écrins, que le lever du jour teinte de mauve et d’or. Au petit dej, on accompagne la carte postale alpine de confiture artisanale et de yaourts de la ferme voisine, tandis qu’au loin ânes et poneys complètent la merveilleuse atmosphère bucolique. L’accueil au coin du poêle crépitant est chaleureux et des vins ensoleillés illuminent la discussion à table… nous y avons passé un très bon moment !
Bon à savoir : L’Arnica comprend à la fois une chambre d’hôtes et un gîte 3 épis, en fonction de vos besoins. La maison est située à cheval entre les deux vallées, celle de l’Ubaye et celle de Blanche-Serre-Ponçon. Si vous prévoyez un séjour en Ubaye, c’est aussi une belle adresse compatible !
Les Balcons du Grand Puy, à Seyne-les-Alpes
A deux pas de la station de ski du Grand Puy, sur le territoire du merveilleux village fortifié de Seyne-les-Alpes, les Balcons du Grand Puy vous proposent de jolis chalets bien aménagés et à des tarifs très doux, pour réaliser un rêve de vacances à la neige en famille ou entre amis. Au-dessus de nous se dressait le fameux pic de Bernardez, notre vieil ami depuis notre beau bivouac sur le sentier de grande randonnée la Routo. En dessous de nous, la vallée de la Blanche rayonnait dans toute sa beauté ensoleillée. Qu’est ce que j’aime les couchers et levers de soleil en montagne l’hiver ! Un festival de couleurs, intensifiée par la neige qui décuple l’or du soir et le rose du matin. Et ici, nous dormons aux premières loges. Si je pouvais, j’achèterais sans hésiter un chalet à la montagne… et je pense que le soleil des Alpes du sud et la douceur de ma chère Provence auraient mon cœur.
Boire & manger : restos et brasseries de Blanche-Serre-Ponçon
Ici, on croque les Alpes du Sud à pleines dents et on les boit à flots…
La brasserie de l’Aubrée et l’épicerie de pays à Selonnet
Près de la station de Chabanon, dans le village de Selonnet, faites une halte à la brasserie de l’Aubrée. Brasseur artisanal, Xavier vous propose des bières savoureuses, classiques ou plus insolites, brassées avec l’eau de source des Alpes. Marion et moi avons accidentellement assorti nos bières à nos cheveux : blonde pour moi, cuivrée pour elle ! A la fois légères et typiques, ces bières de qualité nous ont séduites. Et sa jolie boutique chaleureuse propose aussi des produits locaux des agriculteurs de la région, en partenariat direct avec eux. Vous connaissez mon amour pour les circuits courts, la vente directe, les maisons de pays, et je trouve cela géniale que Xavier ait fait une place à tous les produits de la région, d’autant que les Alpes de Haute Provence sont une terre rurale riche d’un terroir varié et de producteurs très investis. La brasserie de l’Aubrée en devient donc aussi une épicerie de pays, qui faut le détour même si vous n’aimez pas la bière. Une halte très sympa, au cœur du territoire de la vallée de la Blanche.
Le Relais de la Forge et le resto Le Sel au Nez, gastronomie à Selonnet
Un vrai coup de foudre pour ce resto à la fois gastronomique et abordable, au cœur du village de Selonnet ! La grande qualité à petits prix, avec une atmosphère chaleureuse et un accueil familial, c’est vraiment la signature des stations de ski des Alpes de Haute Provence… cette dimension personnelle, cet amour du bon produit caractérisent les vallées de ces Alpes du soleil et de la chaleur humaine. Au coin du feu, dans un cadre charmant, un repas absolument délicieux nous attendait au Sel au Nez, le resto du Relais de la Forge. J’ai eu un vrai grand coup de cœur pour ce repas tellement fin, délicat et original, empreint de créativité et d’amour des produits du terroir. Mention spéciale pour le dessert, une tartelette alliant fruit de la passion et chocolat que j’ai trouvée absolument succulente.
Le resto Le Chalet au Grand Puy
Envie d’une gaufre au chocolat, d’un café bien chaud, d’une bière dans une ambiance pub chaleureuse au sortie des pistes ? Juste au pied du domaine skiable (on déchausse et on y est), rendez-vous au Chalet, l’âme de la station du Grand Puy. Fred et Sandy cultivent une atmosphère conviviale et amicale !
L’ambiance du barRepas à emporter pris au Chalet
Continuer d’explorer les Alpes du Sud
C’est le dernier matin dans les Alpes de Haute Provence… Nous avons exploré en raquettes, en chiens de traîneaux, en ski alpin et de fond la sublime vallée de l’Ubaye, suivant d’un bout à l’autre la belle rivière éponyme, de sa source escarpée à son embouchure dans le lac de Serre-Ponçon, et adoré cette vallée aux airs de bouts du monde aux confins de la Provence. Nous avons skié au soleil des trois stations de la lumineuse vallée de la Blanche et goûté aux vues grandioses sur un des plus beaux lacs de France, aimé ses sommets iconiques, découvert le telemark et l’atmosphère très particulière de ces belles petites stations familiales où soleil rime avec solidarité. Les Alpes du Sud sont notre très grand amour. Côté Alpes de Haute Provence, je vous invite à continuer l’exploration de la région de Digne-les-Bains, à pied ou à cheval, du Verdon, du plateau de Valensole, de la Routo, des villages secrets du Haut Verdon… Côté Hautes Alpes, pourquoi ne pas explorer Le Dévoluy, les Orres et le lac de Serre-Ponçon sur l’autre rive ? J’aime à la folie ces ambiances radieuses, entre Provence et sud du Dauphiné, le versant le plus sauvage et sublime de la région Sud… N’hésitez pas à vous inscrire à la newsletterpour suivre mes aventures en Provence, dans les Alpes et ailleurs !
Un grand merci aux Alpes de Haute Provence, et tout particulièrement à Isabelle, pour ces aventures merveilleuses en toute saison dans notre pays de coeur.
Fascinés de mondes fantastiques, de spéléologie, d’escalade, et de mystères géologiques ? Le Dévoluy est le massif qu’il vous faut. Sa géologie hors normes le singularise totalement au sein des Alpes françaises, avec la présence de près de 600 « chourums », cavités de toutes tailles et dimensions traversant le sol du massif – certaines sont immenses ! Arpenter les chourums du Dévoluy est un des défis préférés des explorateurs, des spéléologues, des skieurs et des aventuriers. Mais les chourums du Dévoluy sont aussi accessibles au grand public, avec notamment une extraordinaire via souterrata unique en son genre. Le caractère exceptionnel des paysages du Dévoluy, véritable éden calcaire, petites Dolomites des Alpes françaises, m’a fascinée dès le premier regard. Pour de nombreux alpinistes, spéléologues, skieurs et géologues, Le Dévoluy est une véritable addiction, tant ses singularités sont puissantes et hors normes. Partons à la conquête des chourums et des mondes souterrains du Dévoluy…
Les chourums du Dévoluy, toute la fantaisie de la géologie. Photo Thierry Faivre dans le Chourum Olympique
Explorer les chourums du Dévoluy en via souterrata. Photos de ma binôme Marion CarcelLes chourums du Dévoluy : un monde de mystère et de magie. Photo Thierry Faivre. Ici le Chourum Olympique A l’assaut des profondeurs en via souterrata ! Photo Marion Carcel
Le Dévoluy, l’île du calcaire
L’immense alpiniste René Desmaison, qui repose pour l’éternité dans Le Dévoluy sous les toits de chaume de la Mère-Eglise, nommait son massif fétiche « île dans le ciel ». Au-delà de la déclaration d’amour, il n’avait géologiquement pas tort. Le Dévoluy est une île, une île-forteresse de calcaire née lors de la surrection des Alpes.
Un immense plateau calcaire bordé de géants qui le nourrissent de leurs éboulements : la géologie spectaculaire du Dévoluy
L’océan alpin et les calcaires sénoniens du Dévoluy
Pour comprendre les calcaires du Dévoluy, il faut remonter très loin dans le temps, il y a plus de 90 millions d’années, quand un océan paléolithique, la Téthys alpine, qui recouvrait ce qui est aujourd’hui la chaîne des Alpes. Des animaux marins vivaient dans ses fonds sableux. On nomme ophiolites les roches qui furent autrefois les sédiments de ses fonds marins, par exemple la serpentinite, les calcaires et les grès, nés de ces accumulations sédimentaires. Il y a environ 90 millions d’années, la plaque européenne a commencé à basculer sous la plaque adriatique, et à refermer l’océan de la Téthys. Il y a environ trente millions d’années, la Téthys alpine disparut totalement et les plaques européennes et africaines entrèrent en collision. De ce choc naquirent les plus hauts sommets des Alpes, son épine dorsale, notamment les massifs du Mont Blanc, de Belledonne, des Grandes Rousses. On les appelle les massifs cristallins externes. Les compressions et déformations successives provoquées par le jaillissement des Alpes ont continué à plisser les bords externes de la chaîne. Les hautes falaises calcaires du Dévoluy, du Vercors ou des pré-Alpes de Digne sont autant de conséquences de ces déformations de la croûte terrestre, comme une nappe qui se plie quand on la repousse. Les roches sédimentaires nées de la Téthys ont ainsi été mises à nu, dressées à la verticale, ouvrant la porte sur l’océan d’autrefois. Mais ce qui distingue Le Dévoluy de tous les autres massifs alpins, ce qui le rend si singulier, c’est la nature de ses calcaires. Alors que tous les calcaires du Vercors, de la Chartreuse, des calanques, etc, sont des urgoniens, ceux du Dévoluy sont des sénoniens – des calcaires plus récents, plus jeunes de quelques dizaines de millions d’années, très découpés, et aux formes très spectaculaires. Je cite ici le passionnant site Geoalp au sujet du Dévoluy :
Le massif du Dévoluy proprement dit se distingue de tous les autres massifs subalpins par le fait que ses reliefs principaux (souvent acérés) sont formés de Sénonien. Non seulement l’Urgonien n’y joue aucun rôle géomorphologique mais cette formation n’y existe même pas, remplacée par d’autres (constituant l’ensemble dit « barrémo-bédoulien ») qui ont un rôle beaucoup plus discret dans le relief. Le Sénonien, quant à lui, est particulièrement épais (de l’ordre de 1000 m) et formé de calcaires siliceux régulièrement lités. Les bancs de la moitié supérieure de cette formation sont plus ou moins riches en silex de formes variées. Une autre caractéristique remarquable du massif est le fait que le Sénonien est séparé des terrains plus anciens, sur lesquels il s’est déposé, par une surface de discordance. C’est à dire que ses couches basales recoupent en oblique celles qu’il recouvre et qu’elles peuvent reposer sur des couches d’âge variable selon les points.
Cette accumulation de calcaire sénonien jeune sur des calcaires plus anciens façonne la géologie extraordinaire du Dévoluy. Ces zones de discordance, qui créent éboulements et effondrements, rendent le massif si propice aux curiosités géologiques, aux pierriers géants, aux sommets aux formes biscornues et aux bizarreries du sous-sol…
Le pic de Bure, immense plateau minéral, photographié par Marion Carcel
Les géants et les éboulis
Il faut imaginer Le Dévoluy comme un immense plateau rocheux. Je rêve de monter au sommet du Pic de Bure pour voir depuis le plateau (où sont installées les antennes gigantesques de l’observatoire de radio astronomie millimétrique NOEMA) les infinis rocheux du Dévoluy, ce gigantesque océan minéral où souffle un vent de solitude radicale, de démesure sublime et d’aventure romanesque.
Ses éboulis et ses pierriers sont les plus vastes de toutes les Alpes. Certains géologues disent même que Le Dévoluy est un immense éboulis. Il faut imaginer un château fort bardé de quatre tours puissantes. Ces quatre tours, ce sont les géants du Dévoluy, les sentinelles, l’Obiou au Nord, le Grand Ferrand à l’ouest, le Pic de Bure au sud, la Montagne de Faraut à l’Est. L’Obiou, point culminant du massif à 2789m, est une curiosité géologique incroyable, une véritable cascade de calcaire sénonien à qui l’érosion sculpte les profils les plus fantasmagoriques, plus de 1000m de falaise cataractant en pierriers majestueux. Ces calcaires sénoniens effondrés des quatre géants envahissent le plateau principal, comme la cour d’un château que ses donjons abreuveraient de pierres. Le Dévoluy est beau comme une ruine solaire et sublime, comme une œuvre d’art perpétuellement remodelée par un Dieu versatile et joueur.
L’Obiou, cascade de calcaire sénonien en perpétuel effondrement, nourrissant d’immenses pierriers dans ses combes
Les chourums du Dévoluy
Si Le Dévoluy est un château fort en ruine, les chourums sont ses passages secrets. Les chourums, ce sont les ouvertures sur le monde d’en-bas. Dans ce monde de calcaire friable et fragile, l’eau ne reste pas en surface – Le Dévoluy est un monde minéral et aride. Elle plonge dans les profondeurs, et creuse des cavités à l’ouverture ronde, et au plafond effondré, comme les vestiges de quelque civilisation extraterrestre. Il existe un débat probablement insoluble quant à l’étymologie du mot chourum. Certains diront qu’il s’agit d’une déformation de « champ rond » en franco-provençal, l’infiltration de l’eau dans le sol créant des effondrements qui sculptent des dolines de forme ronde.
Un petit chourum en forme de doline, tout près de la via souterrata de la Tune
D’autres disent que le chourum est arabe, et que le mot est un héritage des invasions mauresques. Quoi qu’il en soit, Le Dévoluy est comme une constellation jetée dans la pierre, piquetée de galaxies souterraines, les chourums. On en dénombre près de 600.
Le chourum de la Traversée Héroïque, photo Willy Camus
Les plus importants sont le chourum des Aiguilles, dont la profondeur approche des 1000m, ou encore la Baume des Forcenés (un joli nom qui sied à l’aventure spéléologique en Dévoluy), longue de 7 kilomètres. Certains demeurent inconnus, sans nom, encore inexplorés. Les aventuriers adorent cartographier les gruyères du Dévoluy, donner des noms aux chourums sans baptême, se sentir comme des explorateurs modernes entrant dans le blanc de la carte. J’adore par exemple l’histoire de cet utilisateur d’Altitude rando, qui part explorer le chourum des Adroits, et arrive à un pic et un chourum sans nom qu’il décide de nommer « Soleil Bœuf » – aujourd’hui dans Google Maps, on lit que ce chourum porte le beau nom de « Chourum de Soleil Bœuf ». L’usage se cimente ainsi, au gré de la créativité des arpenteurs. Le Dévoluy, pays d’aventures perpétuelles. Parmi les chourums célèbres du Dévoluy, voici quelques icônes. Je vous laisse découvrir le top 3 des chourums à explorer l’hiver, et bien sûr les consignes du Dévoluy concernant l’exploration des chourums en ski de rando : prudence et bon encadrement sont nécessaires.
Skieurs sortant du Chourum Olympique, photo Thierry Faivre
Le Chourum Olympique, le mythe du Dévoluy
C’est celui qui me fascine le plus. Un véritable défi, à réserver aux alpinistes et skieurs de pente raide de haut niveau, très bien préparés et encadrés – ici l’erreur ne pardonne pas et toute chute sera fatale. Le chourum Olympique traverse le flanc Est du Grand Ferrand, transperçant la montagne comme le conduit d’un boulet de canon dont le skieur émergera tel une fusée jaillissant des profondeurs. On y accède par la remontée de deux grottes ouvertes sur le ciel, une vraie course d’alpinisme avec piolets et crampons dans la raideur des pentes quasi verticales de la montagne à cet endroit. Après cette remontée, on arrive à une sorte de boyau traversant les grottes de façon spectaculairement esthétique, sur une pente ultra raide, étroite et gelée que seuls les meilleurs skieurs sauront négocier afin de déboucher de l’autre côté de la montagne. Lisez ici le récit d’un guide de haute montagne réalisant cette course de haute volée…
Photo Eric Fossard
L’entrée de la descente
Le spectaculaire Chourum Olympique, photos Thierry Faivre sauf mention
Le Chourum Olympique, photos Thierry Faivre
La Traversée héroïque, un des plus beaux chourums du Dévoluy
Au pied du pic de Bure, sous le Rocher de Corne, s’ouvrent deux grottes semi effondrées dont les vestiges dessinent des arches dans le ciel. C’est un paysage à la Star Wars, à la Dune, digne d’un décor de science-fiction. L’été, on ira en randonnée bien équipé, peut-être avec baudrier et corde, pour traverser les immenses pierriers très raides. L’hiver, on ira en ski de randonnée quand les conditions le permettent, pour réaliser sa traversée héroïque sur les spatules. Dans tous les cas, en autonomie ou accompagné par un guide, on s’assurera d’être prêt et équipé !
Photo Willy Camus
Photo Alexandre Gelin
Photo Alexandre Gelin
La Traversée héroïque, fascinante expédition
Et pour encore plus d’ambiance intergalactique, on pourra monter sur le plateau de Bure et dormir au pied des antennes XXL… allo l’espace, il y a quelqu’un ? Le Dévoluy te parle !
Le puits des Bans est un des chourums du Dévoluy accessible à un public moins expert (on respire !), à condition d’être accompagné d’un guide spéléologue. Je vous recommande le fabuleux, le mythique Martinho, LE guide spéléo du Dévoluy (voir la suite de l’article), et j’espère très fort qu’il m’y emmènera un jour. Le Puits des Bans est une curiosité incroyable : un « aquachourum » – mot de mon invention – avec un lac souterrain au cœur de la grotte. En attendant d’y barboter, je me régale à découvrir sur le blog de mon ami David une belle randonnée conduisant au puits des Bans .
Le puits des Bans, photo Patrick DomeynePhoto Patrick Domeyne
Explorer les chourums avec Martinho, le guide spéléo du Dévoluy
Martinho, c’est un personnage. Solaire, chaleureux, drôle, cet amoureux de la montagne est né au Portugal et a découvert dans sa vingtaine les solitudes sublimes du Dévoluy. Il est tombé amoureux de la montagne de Faraut, et s’est pris de passion pour les chourums. Il s’est formé à la spéléologie, devenant guide moniteur, et avec ses copains spéléos, il a consacré sa vie à l’exploration des mondes souterrains du Dévoluy, devenant l’expert de ces chourums qu’il connaît mieux que personne. A force d’arpenter le Dévoluy avec d’autres spéléologues, il leur est venu l’idée de lancer un concept hors-normes, unique en son genre : une via souterrata. C’est comme une via ferrata – un parcours d’escalade entièrement câblé -, mais version spéléologie, cela se passe sous terre, dans le noir et l’humidité d’une grotte, et c’est génial. C’est une première approche de la spéléologie accessible à tous, qui permet d’amorcer la descente dans les profondeurs du monde souterrain en toute confiance.
Martinho, LE guide spéléo incontournable pour explorer les chourums du Dévoluy ! Un moment très sympa pour Marion (qui a pris cette photo) et moi
La via souterrata de la Tune avec Martinho
La via souterrata de la Tune est gratuite, accessible toute l’année librement. Mais si vous n’êtes pas spéléologue, je vous conseille vraiment d’y aller avec Martinho. Même si vous avez l’expérience de la via ferrata, ce qui est mon cas et celui de Marion. Imaginez arriver devant le chourum de la Tune. Dehors, le ciel est bleu et le soleil brille. Dedans, c’est l’obscurité absolue. A quelques mètres de l’ouverture, il faut descendre dans un trou par une échelle, un véritable gouffre béant au-dessus de mètres et de mètres de vide, et on ne voit plus rien, c’est le noir complet. Dedans, aucun réseau, évidemment. Si votre lampe frontale cède, vous êtes perdu sous terre dans une obscurité absolue, et vous ne pourrez appeler personne. Il vous faudra attendre dans la grotte que quelqu’un d’autre emprunte la via souterrata et vienne à votre rescousse. Dedans, c’est humide, étroit, il faut passer par des boyaux et se frotter à la roche mouillée. Ce n’est pas techniquement difficile, mais c’est très impressionnant. C’est accessible à tous (à partir de 10 ans), encore faut-il savoir que faire et où aller. Alors vous êtes vachement content d’être avec Martinho. Martinho avec son grand sourire, ses vannes, ses combinaisons intégrales de spéléologue qui vous protègent des frottements et de l’humidité, ses frontales superpuissantes et ses nombreuses batteries de rechange, son équipement adapté, son expérience de 25 ans de guide. Cela vous rassure, et vous allez passer un super moment sous la terre.
Martinho m’équipe.
L’entrée de la via souterrata de la Tune
C’est parti !
Emergeant d’un boyau…
Photos de ma binôme Marion Carcel
Vous descendrez dans des gouffres, ramperez dans des boyaux, traverserez des abysses, mais toujours relié à la rassurante ligne de vie. Martinho vous aidera à apprivoiser l’obscurité et le vide, à vous faufiler efficacement entre les rochers, et vous racontera des tas d’histoires. Une vraie belle expérience unique en son genre et tellement fun. En plus, la via souterrata est ouverte par tout temps, et là-dedans, pas de neige ni de pluie et une température constante – cela peut sauver une journée trempée !
Adieu au jour
Descente dans l’abysse
Marion dans le noir
Pratique : la via souterrata est accessible librement et gratuitement, mais si vous n’avez pas l’expérience et le matériel nécessaire, je vous recommande vraiment de faire appel à un guide. Pour 45 euros/adulte, 40 euros/ado, Martinho, guide génial, vous fournira tout le matériel (combinaison intégrale pour se protéger de la boue et du frottement, frontale, baudrier, longes) et surtout l’accompagnement avec histoires croustillantes et blagues bienvenues.
Une superbe expérience pour Marion et moi, avec Martinho
La source des Gillardes, le mystère du Dévoluy
Je vous parlais de la structure poreuse des roches du Dévoluy : l’eau s’engouffre dans les profondeurs à travers les chourums et les couches calcaires, et ne reste pas en surface, d’où l’aridité minérale du Dévoluy. Mais où va toute cette eau ? Elle doit forcément passer par un collecteur, une sorte de puits souterrain énorme qui rassemble toutes les eaux du Dévoluy. Mais personne n’a encore trouvé ce collecteur, dont la localisation et la forme restent un mystère – la géologie et l’hydrologie du Dévoluy n’ont pas encore livré tous leurs secrets ! Ce qui est certain, c’est qu’après son voyage souterrain, cette eau rejoint la surface à la source des Gillardes. Ce lieu poétique et fascinant, bordé d’immenses falaises, est la seconde exsurgence la plus importante de France, après celle de Fontaine-de-Vaucluse. Ici comme dans le Vaucluse, l’eau ressort après un long voyage souterrain qui demeure en partie inconnu et inexploré, et personne n’a pu sonder la profondeur exacte de la source. J’aime cette aura de secret qui nimbe la source ! Au nombre des mystères du Dévoluy, on compte aussi des bizarreries de tuyauterie : il paraîtrait que lorsque les Gillardes sont trop chargées, l’eau remonterait jusqu’au Puits des Bans et le trop-plein s’évacuerait par là…
La source des Gillardes, photographiée par Marion Carcel
Grimper dans Le Dévoluy
Le Dévoluy est un massif qui se vit beaucoup à la verticale : en descendant en rappel dans les chourums, en dévalant les pentes vertigineuses des cavités les plus athlétiques, en glissant sur les pistes… Pourquoi ne pas grimper dans ce cadre sublime ? Massif plébiscité des alpinistes comme René Desmaison – qui a ouvert une spectaculaire voie de 600 mètres sur un pilier du Pic de Bure, qui reste un challenge aujourd’hui –, Le Dévoluy offre de superbes sitesd’escalade. Nous avons grimpé à la falaise des Gicons – une magnifique expérience que je vous invite à découvrir dans mon article sur Le Dévoluy en été.
Marion et moi à l’assaut des Gicons, encadrées par la super monitrice Marine (Vertical Zénith)
Continuer à explorer Le Dévoluy
Je vous invite à découvrir mes autres articles consacrés à ce massif coup de foudre.
Le Dévoluy en hiver, avec du ski, des raquettes, de la motoneige, du poney, des tourtons et de belles adresses.
Retrouvez mon article sur Le Dévoluy en hiver
Le Dévoluy en été, avec du poney et des tourtons toujours, de la rando, de l’escalade, de la via ferrata, et de super spas.
Retrouvez mon article sur Le Dévoluy en été.
Il me reste encore tant à voir et à vivre dans ce massif magique, à commencer par la conquête de deux des géants, l’Obiou et le Pic de Bure… n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter pour suivre mes aventures dans les Alpes et ailleurs !
Un grand merci aux Hautes-Alpes et au Dévoluy pour ces deux séjours – un d’hiver, un d’été – qui ont scellé (dans une roche non friable et sujette aux éboulis) mon amour pour Le Dévoluy.
Cet article participe à l’action #EnFranceAussi, un RDV de blogueurs voyage traitant chaque mois un thème en lien avec le tourisme en France. Le thème de décembre 2022 était « Montagne« , proposé par mon amie Arthur & Thibaut, et je suis ravie de proposer les chourums du Dévoluy aux explorateurs curieux de nos belles montagnes françaises !
A la recherche d’un séjour romantique à la montagne dans les Hautes-Alpes ? J’ai pour vous deux adresses de rêve, deux hébergements pépite à découvrir en amoureux, entre amies ou en solo pour déconnecter et prendre soin de soi. Ces deux hébergements sont situés au-dessus du lac de Serre-Ponçon et à proximité de la station de ski des Orres, avec une localisation idyllique au cœur de la Haute-Provence, entre les pentes des montagnes et la douceur presque maritime du plus grand lac artificiel de France, véritable océan turquoise des Alpes du Sud. Ces deux hébergements de rêve sont des hôtels-spas, avec une dimension balnéo, bien-être et soin très importante, ce qui est essentiel à mes yeux pour un séjour romantique parfaitement réussi, ou pour une déconnexion totale en solitaire. Il s’agit de l’hôtel La Robeyère à Embrun, et des « bulles » Alpin d’Hôme aux Orres, deux adresses fabuleuses pour savourer les Hautes-Alpes dans le plus beau cadre possible. Pour préparer vos futures vacances à la montagne, votre Saint-Valentin ou une occasion spéciale, suivez-le guide…
Cet article est issu de deux reportages : l’un réalisé en février 2021 aux Orres, en binôme avec mon amie photographe Marion Carcel alias Foehn Photographie. Presque toutes les photos des Orres sont les siennes : nous formons un duo de blogueuses, photographes et créatrices de contenu. L’autre reportage a été réalisé en mai 2021 à Embrun, avec mon compagnon Geoffrey Lombard. Toutes les photos d’Embrun sont les miennes, avec l’assistance de Geoffrey.
Heureuses aux Orres
De gauche à droite : moi, Marion, Geoffrey.
Se réfugier près du lac de Serre-Ponçon dans des hôtels de rêve
Le lac de Serre-Ponçon ? Ce n’est rien de moi que le plus grand lac artificiel de France, et le poumon bleu de la Haute-Provence. Nourri par les eaux des glaciers et des sommets, ce lac aux eaux turquoise déploie ses méandres azurés sur les rives de deux départements, côté Hautes-Alpes et côté Alpes de Haute Provence. De toute part, ce lac est superbe, avec ses rives sauvages et préservées où on trouvera peu d’aménagements, juste quelques rares bases nautiques et jolies paillottes ça et là pour garantir aux voyageurs un peu de divertissement et de bons repas – mais la plus grande partie du lac est intacte, solitaire, un véritable voyage intérieur au cœur des montagnes. Activités nautiques, promenades sur les hauteurs, nage dans l’eau tiède en été, le lac est une infinie source de joie et de beauté. En été, on viendra pour les activités nautiques et la randonnée, en hiver, on se régalera à skier sur les pentes enneigées des stations qui le surplombent, par exemple Les Orres côté Hautes-Alpes ou encore St Jean Montclar côté Alpes de Haute Provence. J’aime à la folie le lac de Serre-Ponçon, véritable tremplin du rêve depuis des années. Cette fois-ci, je vous propose de l’explorer côté Hautes-Alpes, avec ces deux hébergements idylliques, l’un à Embrun, l’autre aux Orres.
Le lac de Serre-Ponçon et la chapelle St Michel, sur la route vers EmbrunLe lac de Serre-Ponçon depuis le Pic de MorgonLe lac de Serre-Ponçon depuis un vol en parapente aux Orres
Hébergement romantique : les dômes Alpin d’Hôme aux Orres, bulles de luxe
Je vous présente les « bulles » de chez Alpin d’Hôme aux Orres, un cocon de douceur et d’évasion, accroché à la montagne en marge du domaine skiable, entre neige et ciel, entre forêts de mélèzes et étoiles. Oubliez les bulles rustiques type camping amélioré, ces bulles-là sont de véritables chambres d’hôtel 5 étoiles, avec de superbes aménagements intérieurs, une grande salle de bain confortable, de vastes espaces à vivre, de beaux volumes boisés, un lit XXL ultra confortable, bref, tout ce qu’on attend d’un hôtel de luxe… sauf que vous êtes dans un dôme semi-transparent en pleine nature, au cœur de la montagne. Vous avez vue sur les sommets, le lac de Serre-Ponçon au loin, et des milliers d’étoiles la nuit. Cette expérience inédite, tellement luxueuse et singulière, nous a émerveillées Marion et moi. On vous emmène à l’intérieur ?
Dans la bulle : hébergement insolite de luxe aux Orres
Voici l’intérieur de notre merveilleuse bulle accrochée à flanc de montagne sur les pentes enneigées des Orres. Selon la catégorie de bulle choisie (toutes sont luxueuses, mais certaines sont ultra luxueuses), vous pourrez loger 2 ou 4 personnes, et avoir peut-être une baignoire type jacuzzi avec vue sur les montagnes… Oubliez les cabanes de fortune, les bulles sont immenses et cosy : dans la nôtre, un grand espace boisé, un lit double et deux petits lits sur la mezzanine (pour enfants dégourdis qui savent monter à une échelle), un poêle bien chaud, salle de bain, WC et vestiaire pour poser les affaires de ski, car la bulle est ski aux pieds. On était merveilleusement bien.
Le soir, on nous a apporté notre panier repas directement chez nous : une boîte chaude, de la charcuterie, un fondant au chocolat… (comment ça, ce repas n’est pas équilibré ? mais il est si adapté et tellement réconfortant ! ) Le dîner et le petit-déjeuner seront directement livrés dans votre bulle, pour que rien ne vous perturbe et vous fasse sortir de votre cocon de douceur.
Et les roses alors ? En toute honnêteté, ce n’est pas le package classique. Notre séjour aux Orres a commencé un 14 février : j’ai fêté la Saint Valentin en amoureuse avec Marion, pour des vacances romantiques au ski LIEN sous le soleil des Hautes-Alpes. Nous sommes arrivées à la bulle deux jours après, et il restait toutes les roses de la Saint Valentin…. qu’on nous a gentiment confiées ! Entre les roses et le mot LOVE inscrit à l’intérieur des jolies lampes design, l’ambiance était résolument romantique. Il est possible de demander à l’Alpin d’Hôme des petits attentions romantiques pour les occasions spéciales, n’hésitez pas à les contacter.
Après une nuit entourée de mille étoiles, la vue au petit matin depuis notre bulle Alpin d’Hôme nous a éblouies. Moment de grâce quand une lumière rose vient caresser la crête des 3000 qui surplombent le merveilleux lac de Serre Ponçon…
Dans ces conditions, difficile de ne pas vouloir saluer le soleil des Alpes du Sud avec une petite pratique de yoga ! Salutations à l’astre du jour et aux mélèzes tapis dans la neige.
Notre dernière belle expérience à Alpin d’Hôme fut un merveilleux petit dej apporté directement chez nous, avec des fruits, des yaourts artisanaux, des viennoiseries fraîches… Vous comprenez l’émerveillement ressenti lors de cette nuit hors normes : je rêve de revenir cet automne quand les mélèzes flamboient !
Nouveauté de cette saison, que je n’ai pas encore testée : l’Alpin d’Hôme compte désormais un espace-spa qui semble aussi idyllique que ses hébergements. Je compte bien y retourner pour un compte-rendu détaillé !
Que faire à l’Alpin d’Hôme : un séjour aux Orres
L’accès se fait ski aux pieds : vous êtes directement reliés au domaine skiable et pourrez descendre au télésiège le matin. Si vous ne skiez pas, pas de panique, des mini voiturettes viendront vous chercher (ainsi que pour le transport de bagages). Mais ce sera peut-être l’occasionde belles vacances au ski aux Orres ? 100km de pistes avec vue sur le lac de Serre-Ponçon, une tyrolienne géante, des vols en parapente, de très belles adresses, des sentiers raquettes au milieu des mélèzes : je vous laisse découvrir mon article sur un séjour d’hiver aux Orres pour vous inspirer et planifier votre escapade enneigée.
De superbes activités à vivre…
L’hôtel-spa La Robeyère à Embrun : romance sur les rives du lac de Serre-Ponçon
Fin mai, Geoffrey et moi avons passé un très beau week-end à l’hôtel spa La Robeyère au dessus du lac de Serre-Ponçon, à Embrun dans les Hautes-Alpes. Cela faisait longtemps que je rêvais de passer du temps sur les rives de Serre-Ponçon, entre eaux turquoise où faire voguer les rêves et sommets à conquérir, et on ne pouvait rêver à un cadre plus beau et apaisant que La Robeyère.
Douceur du soir sur la terrasse de La RobeyèreUn spa au-dessus du lac de Serre-Ponçon
La petite église sur la colline au loin ? C’est celle des Orres… Vue sur les montagnes et eau tiède
Récemment rénové intégralement, cet hôtel-spa familial dégage une impression de lumière et de délicatesse. La facture délicatement provençale de notre grande chambre néo-classique aux tons de bleus, avec sa vue sur les sommets, ses moulures antiquisantes, ses abeilles sur papier-peint, ses tableaux herbiers et sa grande salle de bain m’a séduite. C’était une parenthèse de douceur et de calme qui m’a fait beaucoup de bien à la fin d’une saison de reportages magnifique mais éprouvante, où je n’aspirais qu’au repos et au sommeil, et cette bulle de bleu lumineux était exactement ce dont j’avais besoin.
Le souvenir le plus fort que je garderai de La Robeyère, c’est l’exceptionnelle qualité culinaire de ce qui nous a été proposé. Le restaurant gastronomiqueavec vue sur la montagne des Orres est fabuleux, et j’ai été marquée par son excellent rapport qualité-prix. On nous a servi un menu intégralement sourcé dans les Hautes Alpes, avec produits frais, cuisine maison et associations créatives. Dîner sur cette grande terrasse avec les Orres illuminées au loin sur la montagne et une farandole de saveurs soignées nous a enchantés.
Quant à la table du petit déjeuner, elle est réjouissante : un immense buffet de produits locaux et faits maison, une profusion inouïe, c’était mon plus beau petit déjeuner d’hôtel depuis longtemps. L’ancrage dans le terroir des Hautes-Alpes m’a particulièrement séduite.
Un spa délicat au dessus du lac de Serre-Ponçon : les bains de La Robeyère
Lecteur fidèle, vous savez combien j’aime les spas. A mes yeux, un séjour romantique idéal comprend forcément un passage par la case piscine – jacuzzi / bain nordique – sauna. C’est aussi pour cela que j’ai tellement aimé La Robeyère à Embrun.
Le spa de ce bel hôtel est merveilleux. Une grande piscine intérieure, chaude et lumineuse, un sauna et un hammam superbe nous attendaient. Le hammam est de toute beauté, scintillant comme une grotte aux cristaux précieux, mais la buée m’empêchait malheureusement de le photographier….excellente raison d’aller le découvrir en personne. Un bain nordique à l’extérieur, avec vue sur les montagnes, et des chaises longues en plein soleil, joue sur une atmosphère de douceur scandinave en tête à tête avec la montagne.
De la lumière, de la chaleur, de la beauté… que demander de plus ? Le spa est privatisable gratuitement pour un créneau d’une heure pour les clients de l’hôtel, afin de s’assurer un moment délicieusement romantique à deux. Nager dans l’eau tiède puis flotter dans l’eau chaude restera un souvenir magique de notre séjour à Embrun…
Que faire à Embrun ? Activités sur et au-dessus du lac de Serre-Ponçon
Un rêve exotique sur le lac de Serre-Ponçon, c’est ce que nous avons vécu avec Aloha Paddle Wing. J’ai toujours été fascinée par les lacs de montagne. Combiner le bleu lagon et le vertige des cimes, la mer intérieure et les Alpes, c’est le bonheur absolu à mes yeux. Je rêvais d’Embrun notamment pour passer du temps sur les rives du lac de Serre-Ponçon, l’océan intérieur de la Provence, plus grand lac artificiel de France. Lors de notre séjour à La Robeyère, nous avons vécu une merveilleuse sortie paddle sur le lac avec l’adorable Jérôme. Colliers de fleurs, bonne humeur, il nous met directement dans l’esprit Aloha et nous emmène au cœur du turquoise pour une virée dépaysante. Comme des pirates, on met cap sur l’île de la tortue, on aborde un galion fantôme et une chapelle hantée, et on va explorer les criques plus secrètes du lac, loin de la plage, au cœur de falaises solitaires et de sources mystérieuses. C’est un vrai voyage, une évasion haute en couleurs. Et à la fin, c’est le rhumarrangé qui nous fait célébrer le retour au ponton sans même s’être mouillés… Un vrai beau moment – mahalo pour la belle expérience !
Une superbe rando au-dessus du lac de Serre-Ponçon : le pic de Morgon
Est-ce que vous le faites aussi ? Noter quelque part dans un carnet une liste des randonnées dont vous rêvez et guetter les occasions de les réaliser ? Le pic de Morgon était sur ma liste depuis très longtemps. Situé pratiquement au beau milieu du lac de Serre-Ponçon, il offre un des plus beaux panoramas à 360 sur le lac et permet d’admirer sa forme en Y très caractéristique. Dès notre arrivée à Embrun, je l’ai repéré, énorme, majestueux, surplombant le lac. Depuis notre chambre à La Robeyère et pendant la session de paddle avec Jérôme , je le voyais m’appeler. Et cette rando m’a émerveillée ! Panoramas sublimes, familles de marmottes affairées, mélèzes (mon arbre préféré) en fleurs de printemps, lumière dorée du couchant, floraisons de mai, le package intégral de la rando en montagne idyllique. La vue au sommet dans le couchant est éblouissante.
Montée printanière au pic de Morgon
Montagne rouge et lac bleu
Des eaux du spa aux eaux du lac, des vues du resto aux vues au sommet, ce séjour nous a émerveillés…
Merci aux Hautes-Alpes, aux Orres et à l’hôtel La Robeyère pour leur accueil !
La Corse, île de beauté, perle de la Méditerranée, objet d’un infini désir de plages grandioses, de villages secrets et d’authenticité préservée. On connaît souvent la Corse en été, ses baies cristallines et ses eaux turquoise. Mais connaissez-vous la Corse hors-saison, en septembre ou octobre, quand les foules estivales sont parties, que l’été indien flotte sur les rivages et que les forêts prennent les couleurs de l’automne ? Connaissez-vous la Corse de l’intérieur, des hautes terres, des montagnes et des crêtes abruptes ? Fin septembre, Marion et moi sommes parties explorer hors des sentiers battus cette île qui restait pour moi terra incognita. Au cœur de la Méditerranée, un joyau montagneux et ensoleillé, des hauts sommets plongeant droit dans les flots azurés, cela ne pouvait que m’attirer. J’ai eu la surprise de découvrir une Corse montagneuse et préservée, à l’identité puissante et aux reliefs découpés. La Corse hors saison, ce sont des paysages saisissants, de sublimes adresses (aux prix plus doux qu’en été), et des rencontres authentiques, notamment avec des producteurs qui font vivre le terroir de leur île. Au programme de cet article sur la Corse en automne : Ajaccio et Corte, des randonnées au cœur des montagnes corses, trois sublimeshôtels de charme, des sports outdoor réjouissants (escalade, via ferrata, équitation), la beauté incroyable des Agriates, et de très belles rencontres avec ceux qui font battre le cœur de la Corse et façonnent ses paysages : vignerons, éleveurs et producteurs de fromage, cultivateurs faisant pousser les immortelles. La Corse, ce sont les Corses qui en parlent le mieux, et nous avons eu un immense bonheur à venir à leur rencontre !
La Corse en automne : plages désertes…… sports outdoor dans les montagnes…… couleurs d’automne…… belles lumières…… belles rencontres…… belles adresses !
J’ai réalisé ce reportage avec mon amie photographe Marion Carcel alias Foehn Photographie. Ensemble, nous formons Itinera Favoniaun duo de créatrices de contenu, blogueuses et photographes passionnées de grands espaces, de sports de pleine nature et de rencontres authentiques. Toutes les photos de cet article sont les siennes.
Vivre un vrai voyage : aller en Corse en ferry
Lors de ce séjour en Corse, j’ai eu l’impression de vivre un véritable voyage au long cours, une sublime épopée maritime. Pourquoi ? Parce qu’au lieu de prendre l’avion, qui rétrécit le monde et ne permet pas de prendre la mesure de l’aventure, nous sommes parties en bateau.
Le voyage commence dès le port de Toulon. Nous prenons le ferry avec Corsica Ferries pour une traversée nocturne de la Méditerranée. Partir en bateau redonne toute sa dimension au voyage. Je pense aux traversées d’antan, où on embarquait pour des ailleurs inconnus. Le bateau a cette poésie aux accents exotiques. Après un joli dîner aux saveurs italiennes, on s’endort dans notre petite cabine tout confort avec deux lits et une douche, bercées par le roulis. C’est le lever de soleil nous réveille au matin, en pleine mer. La promesse d’une belle aventure… Cette traversée maritime m’a réjouie.
Aller en Corse en ferry avec Corsica Ferries, en pratique :
Des traversées ont lieu depuis la plupart des ports de la côte méditerranéenne du sud de l’hexagone, Marseille, Toulon, Nice. Avec Corsica Ferries, vous avez la possibilité de venir en simple piéton ou avec votre véhicule, et vous avez la possibilité de choisir entre plusieurs options, un siège simple, un siège inclinable de type fauteuil, ou une cabine. C’est cette option que je vous recommande très vivement. Marion et moi étions dans une cabine duo, avec chacune un lit simple, une petite salle de bain très fonctionnelle avec douche, serviettes fournies et WC. Nous avions assez de place pour ranger facilement nos valises – la mienne est une Eminent, solide et pratique – et une très jolie vue sur la Méditerranée. Nous avons étonnamment bien dormi dans notre cabine silencieuse et confortable, bercée par le doux roulis de la mer. Je trouve que c’est une option qui vaut vraiment le coup. Je vous laisse vérifier les tarifs précis de votre traversée sur le site de Corsica Ferries, mais pour la nôtre, hors saison en automne, Toulon-Ajaccio aller simple pour deux personnes avec un véhicule, et une cabine, il y en avait pour 160 euros en tout (avec petit déjeuner, sans le dîner). Quand on pense que cela nous épargnait à la fois une nuit d’hôtel, le prix d’un vol et la location d’une voiture en Corse, je trouve cela vraiment avantageux ! Côté repas, notre bateau comportait plusieurs restaurants, du petit snack abordable au restaurant semi-gastronomique. Nous avons testé les deux, le snack à l’aller, le beau resto chic ambiance Titanic au retour, et la nourriture était de qualité et savoureuse !
Trois belles adresses en Corse, des hôtels à découvrir en automne
En automne en Corse, les prix sont plus doux, les hôtels moins pleins, et c’est le moment de se faire plaisir avec de très beaux hôtels follement romantiques. Voici trois adresses de charme, dont je vous parlerai davantage au fil de l’article. Un tel voyage mérite bien un hébergement très particulier, qui prolonge le rêve et la magie ! La beauté des hôtels de charme corses a beaucoup contribué à notre sentiment de vivre un voyage magique, hors du temps. Voici trois adresses magnifiques à retenir pour planifier votre voyage en Corse hors-saison, une au sud, une au nord et une au centre de la Corse.
L’hôtel Case Latine à Lama : incroyable nid d’aigle semi troglodyte au cœur de la montagne, avec vues sur les Agriates au loin, piscines privées, restanques dorées et coucher de soleil grandiose !
L’hôtel Fesch & Spa à Ajaccio : piscine, resto et bar rooftop tellement chic avec vue imprenable, spa délicat et douillet et localisation au cœur d’Ajaccio. Réservez votre séjour à Ajaccio.
L’hôtel Dominique Colonna à Corte : entre rivière, falaise et oliviers, un nid de douceur et de sérénité au creux de la vallée de la Restonica dont on ne partirait jamais… Réservez votre séjour à Corte.
Ajaccio, la belle du sud corse en automne
Des soucis de météo ont malheureusement beaucoup raccourci notre séjour à Ajaccio, et nous aurions adoré prendre plus de temps pour explorer cette ville souriante et balnéaire, vous montrer son cœur de ville coloré et ses ruelles riantes. Mais nous avons eu le temps de vivre trois expériences réjouissantes que je recommande avec plaisir.
Ajaccio vue de haut
Un coucher grandiose avec vue sur les Iles Sanguinaires à Ajaccio
Nous arrivons en Corse sous la pluie. Cette île gorgée de soleil nous réserve une de ses rares journées de mauvais temps.
Sur la route vers Ajaccio, une Corse sublime sous la pluie
Mais à notre arrivée à Ajaccio, le sourire de Brice illumine le ciel gris : c’est promis, pour notre premier soir en Corse, nous aurons une lumière magique, il en est sûr. Brice alias A Piuma est un guide de montagne, passionné de rando, de sports outdoor et de paysages corses. Il a accompagné de nombreux randonneurs et traileurs sur le mythique GR20, c’est un grand sportif et son sourire est contagieux.
Brice « A Piuma »
Nous le suivons sur les hauteurs d’Ajaccio, dans un incroyable décor de cactus, de figuiers de barbarie, de myrte et d’arbousiers. Guide passionné, Brice nous raconte la richesse de la flore corse, et la complexité de sa géologie. La Corse, c’est un petit bout de la chaîne alpine jetée en pleine Méditerranée, abrupte et verticale, et dotée de plantes endémiques exceptionnelles. Entre la beauté du paysage, l’odeur puissante de myrte qui se dégage du sentier mouillé par une pluie heureusement arrêtée, et la passion des récits de Brice, on est déjà conquises par ce microcosme unique au monde.
Et puis le ciel tient ses promesses. Le couchant s’embrasse au dessus des Îles Sanguinaires, sublime chapelet d’îlots qui fait la fierté d’Ajaccio, et qui doivent leur nom à une fleur qui prend parfois une teinte rouge vif. De l’autre côté, le port et les palmiers d’Ajaccio se parent des mauves du soir. J’ai acheté une robe d’une marque corse, Caliente, et j’ai bonheur à me changer vite fait pour faire voler ma robe insulaire dans le ciel enflammé d’Ajaccio. Corsica, on t’aime déjà.
Un restaurant magique sur la route des Sanguinaires : L’Altru Versu
Nous avons eu le coup de foudre pour un fabuleux restaurant gastronomique sur la route des Sanguinaires, réputé pour ses poissons et ses desserts : l’Altru Versu. David Mezzacqui, le chef, cultive à la fois la richesse des fonds maritimes de son île avec des spécialités de poissons d’une finesse réjouissante, et la créativité sucrée avec une farandole de douceurs acrobatiques et délicieuses. Délice absolu et cadre grandiose – on reviendra en plein jour pour profiter de la vue suspendue au-dessus de la mer ! -, comment ne pas adorer ?
Belles adresses à Ajaccio : un superbe hôtel rooftop, le Fesch & Spa
Marion et moi avons eu un vrai coup de coeur pour notre hôtel à Ajaccio, le Fesch & Spa. L’atout emblématique de ce boutique hôtel idéalement placé en cœur de ville, c’est son rooftop. Son bar, sa salle de petit déjeuner et sa piscine sont tous les trois idéalement placés sur le toit avec une vue imprenable sur la Méditerranée, le port d’Ajaccio et la mosaïque chaleureuse des toits colorés. Petit-déjeuner les yeux dans la Méditerranée, avec l’impression d’avoir la ville à nos pieds… Nous avons aussi aimé son spa à l’atmosphère lumineuse de bain romain, qui est réservé selon un système de créneaux privatifs pour une expérience intimiste entre amies, en amoureux ou en solo, le confort fonctionnel de nos chambres, et la qualité du buffet de petit déjeuner rempli de produits frais et savoureux.
La région de Vizzavona, au cœur des montagnes corses à l’automne
Si la Corse est une île de soleil au beau milieu de la Méditerranée, bordée de plages sublimes et célèbre pour la beauté cristalline de ses rivages, c’est aussi un coeur escarpé, géologiquement situé dans la continuité des Alpes, dont les plus hauts sommets montent jusqu’à 2700m et qui offre des paysages étonnamment abrupts et sauvages. Autour du col de Vizzavona, un des grands cols menant au cœur de la Corse, voici deux idées de choses à vivre pour entrer dans la beauté des montagnes corses.
Montagnes découpées et forts solitaires, la beauté du coeur de la Corse
Aventure outdoor en Corse : s’offrir un (petit) bout de GR20
Nous sommes avec notre guide Brice, alias A Piuma. Le GR20, c’est ce sentier de grande randonnée épique qui traverse le cœur de la Corse du Nord au Sud, de Calenzana à Conca, entre pierriers, dénivelés colossaux, sentiers aériens, défi physique et panoramas grandioses. Vizzavona en marque la moitié : ceux qui choisissent de ne faire que la partie Nord s’arrêtent ici, ceux qui partent pour la portion Sud repartent d’ici. Le GR20, Brice le connaît par cœur : il l’a arpenté avec des randonneurs et traileurs plusieurs dizaines de fois. Mais pour nous, il a sélectionné une toute petite portion, pour une randonnée de 2h dans un paysage absolument grandiose qui nous donne un petit avant-goût du mythe, en attendant de revenir un jour pour la grande aventure. Du côté de la Cascade des Anglais, nous sommes dans un décor très minéral qui surprend par sa puissance sauvage. Par ce jour de pluie torrentielle, la Corse prend des airs de Savoie ou d’Ecosse, entre nappes de brumes et murailles de pierres ! Moraines d’un ancien glacier ayant charrié des roches innombrables, climat mordant, sommets de 2300m, nous sommes dans la continuité géologique de la chaîne alpine et cela se ressent – c’est intense !
On file se sécher au coin du feu dans un hôtel restaurant mythique du GR20, niché au cœur de la montagne, que les randonneurs connaissent bien : le Monte d’Oro Vizzavona. Ambiance à la Shining garantie dans cet incroyable hôtel fondé en 1880 et qui appartient depuis quatre générations à la même famille. Le lierre pousse à l’intérieur de la grande salle de restaurant et les tableaux racontent mille histoires… une capsule temporelle !
Nous y mangeons un spuntinu – le pique-nique corse – préparé avec amour par Brice. Tout est à croquer : le mot spuntinu et ce qu’il contient. Fromages, charcuteries, légumes séchés et confits, les Corses cultivent une gastronomie méditerranéenne ancrée dans le terroir. On s’en convint tout de suite à la fromagerie…
Goûter le brocciu à la Fromagerie Capra, délice corse
Envie de goûter la Corse ? Il vous faut découvrir le brocciu, l’emblématique fromage AOP des montagnes corses. Doux et onctueux comme un nuage, il ne se transporte pas et doit absolument être mangé ultra frais ! On le découvre à la Fromagerie Capra, tenue par des passionnés dans une atmosphère de paradis animalier : chèvres, oies, ânes, cochons, chats, et une famille d’agriculteurs hyper chaleureux qui proposent, outre des fromages fabuleux, des dîners conviviaux en plein air au domaine. Le brocciu est un pur régal et on prend un immense plaisir à câliner les chèvres, les chats, les ânes, les chiens, saluer prudemment les oies et les cochons ! Un vrai coup de coeur, une adresse à retenir, où vous serez accueilli avec convivialité et générosité.
Corte, citadelle des montagnes corses, en automne
La belle Corte occupe une place à part dans l’imaginaire et l’histoire corses. Elle ne se contente pas d’être une sublime citadelle des montagnes au cœur du haut-pays corse, ouvrant la route des deux vallées mythiques de la Restonica et du Tavignano dans un décor minéral spectaculaire digne d’un film à grand spectacle. Elle fut aussi la ville choisie en 1755 par le grand général corse Pascal Paoli, le ‘Babbu di a patria’ (père de la Patrie), pour capitale de la Corse indépendante. Alors âgé de 28 ans, le patriote inspiré par les idées des Lumières acheva l’œuvre de libération de la Corse, s’affranchissant de l’emprise de Gênes, pour fonder à Corte une république profondément novatrice, où les femmes auraient le droit de vote et où le peuple entier devrait accéder à l’instruction. L’université de Corte, fondée à l’initiative de Pascal Paoli, est témoin de cette période lumineuse où la Corse força l’admiration de toutes les élites européennes acquises aux idées nouvelles. L’annexion française vint mettre un terme à la souveraineté corse, mais Corte garda son statut de capitale historique et culturelle corse.
La citadelle de Corte abrite le passionnant musée de la Corse, visite incontournable et passionnante pour qui veut comprendre la singularité, l’identité puissante, le patrimoine et l’héritage corse. Expositions sur l’architecture corse au fil de l’histoire, collection anthropologique d’objets témoignant de l’héritage pastoral, explorations de la langue et de la culture corses, mise en scène des grands marqueurs culturels corses – comme par exemple les célèbres confréries -, tout permet au visiteur d’entrer au cœur de la culture corse en déambulant librement dans cette citadelle majestueuse, qui offre des vues superbes sur la ville. Le musée de la Corse se veut centre culturel au cœur de la cité, ouvert sur de nombreuses expositions et intégrant plusieurs parcours à destination de différents publics, notamment les enfants. Un lieu de vie, d’intelligence et de beauté que je vous recommande chaleureusement de visiter.
Bonnes adresses à Corte : hôtels et restaurants
Deux excellents restos à Corte, et un hôtel fabuleux… Réservez votre séjour à Corte.
Où manger à Corte ?
Pour se régaler à Corte, deux adresses à retenir. Chez U Museu, à deux pas de la citadelle, gastronomie corse, produits de la mer et pâtisseries savoureuses se côtoient dans un cadre typique et chaleureux.
Chez Le 24, préparez-vous à écarquiller les yeux devant la déco incroyable, une ribambelle de fleurs tombant des arches dans ce restaurant visuellement magnifique. Dans l’assiette, c’est une explosion de couleurs et de saveurs.
Adresses coup de foudre en Corse : l’hôtel Dominique Colonna à Corte
Je me suis rarement sentie aussi bien, aussi apaisée et enveloppée de douceur, que dans cet hôtel de charme à l’entrée de la vallée de la Restonica. Nous sommes à Corte, dans le cœur abrupt et montagneux de la Corse. Des falaises vertigineuses s’élèvent de toutes parts autour de nous, les grimpeurs vont à l’assaut des parois d’escalade juste au dessus de l’hôtel et la rivière Restonica bondit entre les granits polis. Et au milieu de l’eau, sur un îlot de douceur entre deux bras, c’est le Dominique Colonna. Des oliviers ombragent de leur silhouette lumineuse nos chambres claires et boisées, de véritables nids sylvestres inondés de rayons. Le calme est grandiose. Au fil de l’eau, entre torrent et piscine, recoins secrets, niches paisibles et reflets croisés invitent à une immense sérénité. Dans la cabane au dessus de l’eau, des massages invitent à une détente absolue. Tout est beau, raffiné, apaisant. Dans la grande douche à l’italienne, des produits Nuxe nous enveloppent de miel. Au petit déjeuner, c’est un festival inouï de compotes et gâteaux maison, huile d’olive du jardin, figues fraîches de saison et fromages de la région – un des plus beaux buffets de petit déjeuner que je connaisse. Toute l’élégance authentique de cette montagne corse, la tension féconde entre l’âpre et le doux, la roche et l’onde, la lumière et le repos, est contenue dans cet hôtel qui incarne une perfection d’élégance chaleureuse. On se sent si bien, accueilli. Cet hôtel est une merveille – retenez absolument l’adresse !
La Corse en automne, paradis des sports outdoor
Ce magnifique morceau de montagne ciselé jeté au milieu de la Méditerranée réconcilie les amoureux de mer et de sommets. Escalade, trek, canyoning, tous les sports de montagne d’été sont possibles dans un cadre sublime (et même le ski en hiver dans de toutes petites stations d’altitude!). Marion et moi avons même pu pratiquer de façon inattendue l’escalade au-dessus de l’hôtel Dominique Colonna, où un site de voies magnifique et bien équipé nous attendait. Au programme du reste du séjour : cheval et via ferrata…
A cheval sur les hauteurs de Corte, couleurs d’automne en Corse
Corte, c’est le cœur montagneux de la Corse, la citadelle de l’intérieur. Sur cette île où le relief monte jusqu’à 2700m d’altitude, Corte est la forteresse des hauteurs. Deux vallées sublimes, creusées et sculptées par des torrents de montagne – celle de la Restonica et du Tavignano – sillonnent jusqu’à son cœur. Beauté escarpée, Corte donne l’envie de prendre de la hauteur. Marion et moi rejoignons le centre équestre l’Albadu, niché au dessus de la ville au milieu des châtaigniers. Chambre d’hôtes chaleureuse où on dîne une cuisine familiale simple et délicieuse, l’Albadu est aussi un gîte équestre qui propose de grandes randonnées, en étoile ou itinérantes, parmi les plus beaux sentiers de Corse, entre montagne et mer – ils vous emmènent même galoper aux Agriates, le rêve de tout cavalier. Mais il nous faudra revenir pour cela ! Aujourd’hui la pluie raccourcit l’itinéraire prévu, mais nous partons pour un petit tour, un vertigineux sentier en balcon au milieu des fougères, de la myrte et des châtaignes, avec des vues majestueuses sur Corte et les sommets de la Restonica. Nous sommes au cœur des montagnes automnales, comme des héroïnes chevaleresques. Nos chevaux Crack Boum et Tana ont le pied sûr dans cet océan minéral abrupt, où les dénivelés sont vertigineux. Et on rêve de revenir pour de grands galops corses…
Une via ferrata dans la vallée d’Asco avec In terra corsa
Marion et moi avons eu très envie d’escalade dans ces granits sublimes. Et grâce à In Terra Corsa, adorables prestataires d’activités outdoor travaillant entre père et fils au cœur du terroir corse et fous de vertige, d’eau vive, de rando et de grandes tyroliennes, on a découvert la via ferrata de la vallée d’Asco, sublime canyon aux couleurs chatoyantes que sculpte une rivière claire. La vallée d’Asco est visuellement magique, et ce parc vous permet de la voir d’en haut avec 5 parcours de tous niveaux, du plus familial au plus sportif et expert. Nous avons choisi un parcours de niveau intermédiaire, pour pouvoir faire tranquillement des photos des vues magiques et rochers biscornus, mais nous amuser sur les parois et tyroliennes XXL traversant la vallée d’une montagne à l’autre ! Une matinée super sympa en plein air qui donne envie de revenir pour faire plein d’autres choses « in terra corsa ».
En pratique : Parcours aventure de la vallée d’Asco. Parc privé sécurisé : pas d’accès libre avec votre propre matériel, encadrement par les moniteurs, équipements fournis avec système de ligne de vie continue assez encombrant mais qui sécurise et rassure même les débutants.
Jean-Christophe et son fils
Le Nord de la Corse : vignes, immortelles et Agriates
Nous mettons le cap en direction de l’île Rousse et de Saint Florent, vers les rivages du nord de la Corse. La terre est généreuse, entre montagnes et vagues d’azur. Immortelles, vignes et villages perchés offrent leurs beautés…
L’immortelle, le trésor des montagnes corses
La Provence a la lavande, la Corse a l’immortelle. Cette plante aux petites fleurs jaunes est la plus précieuse et recherchée des espèces corses. Plébiscitée par la cosmétique et la phytothérapie pour ses propriétés cicatrisantes, régénérantes et anti-inflammatoires, son huile essentielle est considérée comme un véritable élixir de jouvence pour la peau. Sa rareté fait sa valeur : une tonne d’immortelle distillée produira 2kg d’huile essentielle, contre 8 à 10 pour le romarin. Et si d’autres pays ont tenté de se lancer dans la culture de l’immortelle, en raison du prix élevé de son huile sur le marché, c’est en Corse qu’on trouve les concentrations les plus élevées de la molécule miracle.
Chez Tesoru di Machja, nous découvrons la culture de cette plante de montagne ensoleillée (comme la lavande chez nous), sa distillation dans de grands alambics et la gamme cosmétique made in Corsica de grande qualité qu’il propose. Les produits que j’ai eu le plaisir de rapporter me séduisent par leur qualité et leur naturalité. Ma peau très sujette aux allergies et réactions apprécie vraiment l’immortelle, je le vois ! Une vraie fleur miracle… et une très belle rencontre chaleureuse, vécue avec In Terra Corsa.
Un hôtel hors du commun au nord de la Corse : le Case Latine
Nous sommes à Lama, non loin de la côte Nord de la sublime île de beauté, des célèbres azurs et sables des Agriates. Depuis les balcons dorés de ce sublime village perché dans les hauteurs rocailleuses, nous voyons au loin la mer scintiller. C’est au cœur même de la montagne, creusé dans le rocher, que l’hôtel Case Latine est venu se nicher, entre terrasses ancestrales, murets de pierres sèches et beautés presque troglodytes, où la pierre épouse la lumière. Dans cet hôtel d’immense luxe, chaque chambre est un îlot de roche dorée, une merveille intimiste de silence et de lumière avec des vues à couper le souffle. Nous dormons dans ce pigeonnier à la fois traditionnelle et futuriste, mi donjon mi fusée, et nous avons notre propre piscine privée et terrasse avec panorama inouï sur la mer au loin, les crêtes des montagnes et ce village corse de toute beauté. Le soir, on dîne au creux des restanques dans un restaurant gastronomique ancré dans le terroir corse, avec l’impression d’être au sommet du monde. Une expérience hors normes, une folie dont on se souvient…
On connaît souvent ce mythique morceau du littoral nord corse sous le nom de « désert des Agriates ». Mais comme nous l’explique Christophe alias In terra corsa, ce n’est pas un désert, mais bien un territoire riche et complexe, où la mer et les rivières s’entrelacent au cœur d’un paysage de dunes et de taillis qui fut autrefois un vaste champ fertile où les Romains cultivaient fruits et olives – dans le nom d’Agriates, on entend la même racine que dans agriculture, cette terre était cultivée. Un raz de marée l’a abîmé, le sel est entré dans les sols fertiles, la mosaïque s’est ensablée, mais ce territoire reste rempli de richesses et de secrets.
La météo n’a pas été clémente. Nous aurions dû galoper sur la rive de cette plage mythique, la longer en kayak de mer pour un infini d’azur. Cela était impossible. Il reste ces points de vue grandioses, une balade sur les hauteurs, un orteil dans la mer agitée dans une baie plus calme. Il reste le désir. Au moment de remonter dans le ferry, nous le savons : il faudra revenir. Nous avons été frustrées des Agriates, de rêves inassouvis qui nous ramèneront sur les rivages corses. Nous reviendrons galoper, pagayer, nager ici, c’est une promesse. Cette île de falaises abruptes et de plages blondes, de montagne rugueuse et d’infinie douceur balnéaire, nous fascine par sa beauté et sa richesse. Corsica, on t’aime déjà, on reviendra.
Les vins de Corse et leurs trois cépages iconiques
Connaissez-vous les vins de Corse ? Sur cette île sèche et ensoleillée, où les sols granitiques, calcaires et sablonneux se rencontrent au bord des flots de la Méditerranée, trois cépages uniques poussent dans ce sol radieux. Ce sont les trois cépages identitaires corses, propres à cette île, qui rendent ses vins comparables à nuls autres. La merveilleuse Sophie Mirande, présidente des Sommeliers de Corse grande passionnée, nous raconte ces cépages, le vermentinu, blanc insulaire et iodé aux douceurs d’agrumes et de coquillage, le sciaccarellu, rouge très craquant et plein de personnalité, et le niellucciu, rouge très noir profond et intense.
La géniale Sophie Mirande
Deux vignerons profondément engagés et amoureux de leur terre nous ouvrent leurs portes. Chez Camille-Anaïs Raoust, 5e génération de vignerons au domaine Maestracci, passée en biodynamie et profondément amoureuse de sa terre, on fond pour la cuvée E Prove qui a fait la renommée du domaine, pour les vinifications originales des « marottes » où des chevaux courent sur les bouteilles, et pour le vermentinu aux accents exotiques. Les chevaux viennent d’ailleurs nous saluer en plein accord mets-vins préparé par Sophie !
Camille-Anaïs Raoust et ses vinsCave du domaine MaestracciMontagnes de Corse et travail du domaine Maestracci : on repart avec un blanc « Marotte d’Anaïs » et un rouge « E Prove » !
Chez Simon et Sarah au Domaine Giacometti, on découvre de jeunes vignerons soucieux de perpétuer la tradition de l’AOP Patrimonio tout en imposant leur marque et leur créativité, avec des assemblages et co-fermentations originaux que Simon a la gentillesse de nous faire goûter à même la cuve (ou l’amphore), et des cuvées colorées aux étiquettes qu’on voudrait toutes collectionner, comme « le vin coule dans nos veines ».
Simon Giacometti sur ses terresCoup de coeur : le vin coule dans nos veinesAOP PatrimonioPartage de savoir et d’expériences
De belles rencontres chaleureuses et des échanges passionnants qui nous font découvrir et aimer les vins corses dans toute leur singularité, et qui nous rappellent encore une fois que le vin est bien plus que le nectar dans sa bouteille, c’est un sol, un soleil, une tradition, le travail des hommes et des femmes, la créativité et la passion au service d’une quête sans fin de saveurs, de justesse et d’harmonie. Le vin est un art ! Et nous, nous repartons les bras chargés des fruits du soleil corse… À votre santé !
La beauté des vignobles corses : domaine Giacometti à gauche, Maestracci à droite. Nectar de montagne, de soleil et de mer…
Nous avons follement aimé ce séjour corse hors-saison varié comme cette île aux multiples facettes, sportive et raffinée, ensoleillée et homérique, chic et montagnarde, rocailleuse et douce à la fois. La Corse a tout pour elle, la beauté des plages, le vertige des hauteurs, la variété des sports, la splendeur des villages, la variété des reliefs, la richesse du terroir. Plus calme, plus secrète, la Corse en automne avait un goût d’exclusif et de privilège qui nous a touchées. Nous partons en nous promettant de revenir…
Un grand merci à l’Agence du Tourisme Corse, à Corsica Ferries, à toutes les personnes qui ont organisé et planifié ce beau séjour en amont, et à toutes celles qui nous ont accueillies sur place (guides, hôteliers, restaurateurs, agriculteurs…) : la qualité des rencontres vécues, la force des expériences humaines, aura achevé de nous faire tomber amoureuses de la Corse, au-delà de sa simple et incontestable beauté esthétique.
Megève, j’en rêvais depuis très longtemps. Pour moi qui suis folle des Alpes, de la Savoie, des chevaux, elle était pour moi une destination auréolée de mythe et de magie. J’en étais déjà amoureuse avant même de revenir sur sa grande place toute illuminée, et ce séjour à Megève a été plus beau encore que mes songes : il restera un de mes plus merveilleux souvenirs alpins, l’histoire d’un coup de foudre absolu. Sans aucun doute un des plus beaux villages de toutes les Alpes, Megève offre une atmosphère, une qualité d’expériences, une puissance poétique rarement égalée, et je la recommande à tout amoureux des montagnes.
Megève a deux visages : son versant jet set, ses belles adresses, ses boutiques illuminées, ses hôtels grandioses, qui la rend infiniment élégante. Et son versant profondément authentique et savoyard, ses cochers installés ici depuis des générations, son architecture baroque traditionnelle, son terroir et ses massifs préservés avec vue sur le Mont Blanc. Et ces deux faces, en réalité, ne font souvent qu’une. Megève est à la fois ultra chic et profondément authentique, un pays de stars et de producteurs, de belles voitures et de cochers fiers de leurs chevaux, de luxe et de simplicité : la neige, la montagne, la beauté brute.
Megève, son église baroque, son sapin magique, ses calèchesDétail du village de Megève, que je trouve si beauSki de rando à Megève : le village en contrebas, le Mont Charvin au loin
Marion et moi avons vécu un séjour absolument idyllique à Megève. J’ai effectué ce reportage avec mon amie et binôme Marion Carcel alias Foehn Photographie. Ensemble, nous formons un duo de photographes, blogueuses et créatrices de contenu touristique passionnées, Itinera Favonia. De très nombreuses photos de cet article sont les siennes, notamment toutes celles dans lesquelles j’apparais.
Marion, mon amie et binôme photographe, en ski de rando
Au programme de cet article qui vous transporte en voyage à Megève : des calèches, un survol du massif du Mont Blanc, des raquettes, un igloo, des trottinettes tout terrain, des chapelles, de merveilleuses adresses, notamment notre hôtel Les Loges blanches, une ambiance féerique.
Venez, on embarque, ça va être bien…
Megève, sapin de Noël et chevaux
Sur cette photo, trois choses emblématiques de Megève, la carte postale parfaite d’une destination qu’on identifie toujours à ses chevaux, son sapin et ses églises.
Son sapin tout illuminé est considéré comme l’un des plus beaux de France. Toute la nuit, il change de couleur et brille de mille feux. Maintes fois récompensé par des prix couronnant les plus beaux sapins, il fait de Megève un véritable conte de Noël. Tout au long de l’hiver, la féerie des fêtes se poursuit ici, au pied du Mont Blanc.
Depuis des siècles, les hommes travaillent ici les chevaux, et ont même créé une race, le cheval de Megève. Impossible d’imaginer le cœur de ville sans ses calèches cliquetant sur les pavés luisants… la promenade est incontournable.
L’architecture de ce village est absolument somptueuse, son patrimoine historique de toute beauté. Folle amoureuse du baroque savoyard, que j’ai admiré à Saint Martin de Belleville, à Morzine, à Hauteluce, en Haute Maurienne, je rêvais depuis longtemps de Megève et de ses nombreuses chapelles. Je n’ai pas été déçue… Megève cultive une atmosphère de conte de fées savoyard, d’idylle hivernale parfaite – difficile de ne pas se prendre pour la Reine des Neiges…
Les calèches de Megève
Authentique village savoyard, Megève a une très forte tradition équestre ancrée dans le travail paysan : ici les hommes utilisaient les chevaux à l’attelage depuis des générations. Les cochers de Megève le sont souvent de père en fils et la ville n’a pas attendu le tourisme pour avoir une très forte culture hippique, au point qu’il existe une race « cheval de Megève », issue de croisements entre chevaux comtois et franche-montagnes, que les passionnés s’ingénient à faire reconnaître. Rustique, solide et pourtant racé, le cheval de Megève est un excellent cheval de travail taillé pour la montagne, qui garde son élégance – à l’image du village éponyme ! Marion et moi avons vécu deux belles expériences équestres avec les cochers de Megève.
L’incontournable : la promenade dans Megève illuminée, pour nous avec l’adorable cocher Jojo et la belle jument de race « cheval de Megève », Vanille. A Megève durant tout l’hiver, les cochers vous attendent sous le sapin pour un tour en caluèche et c’est une magnifique tradition : ce sublime village est encore plus beau vu de là-haut, au rythme chaloupé de la promenade molletonnée dans les plaids et les fausses fourrures !
La fromagère : avec ses écuries Le Cheval de Feug, Florian, super cocher passionné et éleveur de chevaux de Megève, vous propose une virée calèche-fondue. On commence par la visite passionnante de ses écuries où le bien-être animal est une constante priorité. Florian nous raconte son travail de sélection du cheval de Megève, son attachement à la vie en stalle et paddock avec mise en contact permanente des chevaux, afin d’éviter toute tension à l’attelage, ses choix de fourrage pour assurer la bonne forme des animaux tout au long d’un rude hiver. Puis on attèle, on s’installe en calèche (à assistance électrique, pour soulager le cheval d’une partie de l’effort fourni !) et on continue à découvrir Megève depuis notre cariole, mais cette fois, option fondue, avec du fromage dégoulinant, du vin savoyard et une super visite nocturne du village. Ca bouge un peu, accrochez-vous à votre caquelon, mais c’est génial !
Une sublime session ski de randonnée à Megève
Dans un décor féerique de neige fraîche et de sapins meringués qui m’évoque une petite Laponie savoyarde, Elie, adorable et charismatique moniteur chez Oxygène Ski School, nous conduit, Marion et moi, vers les sommets. Vous connaissez sans doute le ski de randonnée, tellement à la mode depuis que le COVID nous a forcés à apprendre à skier sans les remontées mécaniques. A la montée, on brave la pente en collant sous nos skis des « peaux de phoque » (synthétiques) et on monte à la force de nos petites fesses. A la descente, on enlève les peaux, on ferme les chaussures, tourne la fixation, bloque le ski qui redevient un ski standard, et on descend en style alpin ! Nous sommes dans un décor prodigieux. Authentique destination savoyarde, pays de forêts et de sommets préservés, Megève est un terrain de jeu fabuleux pour les amoureux des grands espaces et du sport outdoor en pleine nature. Dans ces conditions de neige, avec une fabuleuse poudreuse sur les pentes, on sait que ce sera un pur bonheur à la descente…
Dans la lumière dorée du soir, la vue sur Megève en contrebas et les Aravis au loin est inouïe. La magie des Alpes nous submerge et tout est si beau que nous en oublions le dénivelé, l’effort, baignés d’or et de blanc dans un tableau de Noël grandeur nature.
Mais ce que nous découvrons au sommet est encore plus grandiose… peut-être avez-vous déjà deviné ?
Une dernière montée et nous y sommes – les derniers mètres. Notre moniteur Elie nous l’a promis : la vue vaut le coup. Et soudain, nous arrivons au sommet et nous sommes face à lui : le roi des Alpes, sa majesté le Mont Blanc, enflammé par les dernières lumières du jour, couronné de rose et d’or. L’émotion est intense. C’est la première session de ski de rando de Marion et c’est magique. Le domaine skiable de Megève s’appelle Evasion Mont Blanc et nous comprenons pourquoi… Dans l’or du soir, un instant de pure joie et beauté.
A la descente, on s’éclate dans la poudreuse fraîche, on glisse dans le soir qui tombe, infiniment heureuses : nos montagnes sont d’infinies mines de joie. Skier à Megève est un bonheur inouï.
Survoler le massif du Mont Blanc depuis l’altiport de Megève
Commencer l’année en mettant le cap sur les sommets… Pour qu’en 2022, on décroche tous le ciel, j’ai eu envie de commencer l’année par un rêve réalisé : un vol au dessus du massif du Mont Blanc, avec la compagnie Aérocime, compagnie historique de Megève. Il faut savoir que l’altiport de Megève a un statut mythique dans l’histoire alpine : il fut un des tout premiers du massif, et reliait directement l’aéroport de Genève à celui de Megève, élevant le village au rang de destination jet-set ultra prisée. Dans les années 60, les riches et beaux passaient l’été à Saint Tropez et l’hiver à Megève, profitant de cet ingénieux altiport au cœur des montagnes pour relier en un temps éclair les sommets. Et aujourd’hui, cela reste le camp de base incontournable pour qui veut survoler le massif du Mont Blanc.
Ce vol, Marion et moi en rêvions depuis des années. Et il est difficile d’exprimer à quel point nous avons été fascinées, émerveillées – j’en ai eu les larmes aux yeux pendant une bonne partie du vol. Moi qui aime à la folie ces montagnes, jamais je n’avais eu à ce point l’impression d’entrer en leur cœur, de comprendre leur géographie, leur intimité, de pénétrer au fond de l’inaccessible. Nous remontions la mer de glace, puis nous faisions face aux Drus, et soudain c’était l’immense face glacée des Grandes Jorasses qui se dressait… J’ai vécu des expériences extrêmement puissantes dans ce massif, une initiation à l’alpinisme en vallée Blanche, une exploration de la Jonction à Chamonix ou encore de la Mer de glace, qui ont scellé un amour indéfectible pour nos montagnes reines d’Europe. Mais jamais je n’ai ressenti une telle proximité – survoler ainsi les glaciers, se retrouver face aux pentes les plus légendaires, embrasser d’un seul coup d’œil toute la géographie du massif, est une expérience inégalable. Impossible de voir Le Mont Blanc était caché par les nuées, mais toutes ses cimes voisines étaient offertes à nos yeux. Ces sommets mythiques, mille fois rêvés, se découvraient dans un perpétuel émerveillement. Une expérience magique, si puissante que je ne l’oublierai jamais… J’en avais tant rêvé ! Merci à Aérocime et à notre adorable pilote Marc pour ce tremplin vers le paradis…
La colline du calvaire de Megève
Si l’église au cœur du village de Megève est baroque, la colline est quant à elle ultérieure : elle date du 19e, et elle est l’inspiration d’un prêtre à la dévotion et à la vision hors normes. La colline du calvaire est un fabuleux insolite du patrimoine savoyard. Aménagé entre 1840 et 1878, le Calvaire de Megève est avant tout l’oeuvre d’un homme, le Père Ambroise Martin (1791-1863), curé de Megève de 1820 à sa mort. Sur la colline, quinze chapelles qui revisitent l’histoire architecturale savoyarde et empruntent à tous les styles (roman, gothique, baroque…) mettent en scène les stations de la passion du Christ, avec de saisissantes figures de bois grandeur nature. L’effet est surprenant, presque effrayant : glissez la tête entre les barreaux protégeant l’intérieur de la chapelle, et vous vous trouvez nez à nez avec Jésus en croix, dans un étonnant réalisme… Ce puissant chemin du calvaire a valu à Megève le surnom de Jérusalem savoisienne. Nous sommes montées au Golgotha en raquettes sous la neige, dans une atmosphère douce et apaisante, et ce fut une superbe balade, qui souligne tout ce que Megève a d’hors normes et de poétique…
Raquettes et igloo dans la forêt de Megève
Entendons-nous bien : les raquettes, c’est TOUJOURS génial. J’adore cette randonnée douce et contemplative, qui permet de continuer à se promener sans s’enfoncer même quand une espèce couche de neige couvre le sol. J’adore marcher dans la forêt après une chute de neige, évoluer dans un décor boréal mystérieux, où tout est sublimé par une épaisse couche scintillante. Mais quand après avoir arpenté un sublime décor enneigé digne des étendues de Laponie, tu arrives EN PLUS dans un igloo aménagé où on te sert du thé, du vin chaud et des megèvans à la framboise ou à la myrtille (c’est un peu comme un financier, mais avec de la confiture alpine en bonus), c’est carrément GÉNIAL. Ça se passe avec Aperigloo Megève, vous avez le choix entre la version sucrée et la version salée avec du fromage et de la charcuterie en fonction de l’horaire, et voilà, c’est énorme. Je suis désolée, j’essaie de vous donner un supplément informatif culturel qualitatif parce que je suis une blogueuse consciencieuse mais là franchement je peux juste vous dire que c’est vraiment énorme, et qu’en plus votre guide vous proposera de faire du toboggan dans la neige en appelant ça le « cuculuge », que vous trinquerez en criant « aperigloo… glou glou » en espérant que personne ne vous connaît, que vous serez passablement pompette, que vous n’aurez pas froid du tout et que vous ne voudrez plus partir. Voilà, allez-y.
La trottinette des neiges à l’assaut de Megève
Je garde le souvenir d’une très chouette session de Mountain trott’, une trottinette électrique tout terrain, avec Evolution2Megève au cœur des rues du village sous la neige. Initialement, une randonnée en montagne avec les trott’s était prévue : les trottinettes sont faites pour passer partout, y compris pour écraser les flocons. Mais c’est un peu comme les éoliennes, elles ont besoin de vent, mais s’il y a trop de vent ça ne marche plus – idem avec les trotts, il neigeait vraiment fort ce jour là et plusieurs dizaines de centimètres de neige obstruaient les chemins, d’où la virée au cœur de Megève ! J’ai fait des carrousels au pied du sapin, j’ai slalomé dans les ruelles, et je me suis beaucoup amusée. J’ai beaucoup aimé la fluidité des sensations, la maniabilité et la vitesse. C’est très, très fun et je suis tentée de recommencer sur les sentiers ! Déjà testé ?
Une merveilleuse adresse à Megève : Les Loges Blanches
Envie d’un cocon de douceur au milieu des flocons ? Marion et moi avons eu un immense coup de cœur pour notre merveilleux hébergement à Megève, la luxueuse résidence hôtelière Les Loges blanches. Depuis notre chalet délicieusement cosy, tout de bois clair et de rêveries ouatées, nous voyons au dehors la neige tomber.
Envie de jouer à la reine des neiges ? Allons sauter dans la piscine chauffée en toute saison et vite se réchauffer les pieds au sauna…
Besoin de réconfort ? Le petit dej est juste merveilleux sous la verrière féerique, fruits, pancakes saupoudrés de neige, spécialités savoyardes, il y a tout.
Le soir, l’espace se change en resto bistronomique délicieux : La Table des Cochers. Le restaurant rend hommage à l’art équestre megèvan avec une atmosphère de relai de poste chic, avec colliers de poitrail, étriers, fers et autres éléments de harnachement suspendus au mur, pour notre plus grand plaisir. A table, un mélange de spécialités savoyardes et de cuisine internationale revisitée avec originalité, tout est excellent et on se régale.
Pour moi, il y a une espèce d’idéal romantique à être dans un chalet de montagne sous les flocons au cœur de l’hiver – et avec une piscine, c’est toujours mieux, évidemment ! J’ai adoré aux Loges blanches cette magnifique piscine bien chaude, ce sauna tonneau, cette possibilité de nager en plein hiver, le très beau restaurant La table des cochers, avec sa décoration équestre, sa grande cheminée où brûle le feu, et sa verrière ouverte sur les sapins couverts de neige, le confort des grands appartements équipés de petites cuisines, d’un vaste salon, d’une grande terrasse et de chambres douillettes, et de façon générale, l’atmosphère si montagnarde, le calme et la beauté de Megève qui a été une immense coup de cœur pour nous !
Nos trois jours ici au cœur de Megève furent un véritable enchantement… la beauté du cadre, la qualité des prestations, la gentillesse du personnel, les délices gustatifs, tout fut mémorable.
Bonnes adresses : restos à Megève
Outre La table des cochers dont je vous parlais plus haut, voici quelques restaurants que nous avons eu le plaisir de découvrir et qui nous ont plu…
* Le bistrot de Megève
Un cadre chaleureux, une ambiance très sympa au cœur du village, un excellent rapport qualité prix et le meilleur poulet aux morilles de ma vie : excellent souvenir de ce déjeuner au Bistrot de Megève !
* Le Prieuré
La beauté visuelle du lieu m’a énormément séduite : une alcôve cosy et raffinée, magnifiquement décorée, à deux pas de l’église du village. Entre fausses fourrures blanches, roses rouges et spécialités revisitées avec goût, Le Prieuré est une très belle adresse.
* Le Spaggiari
Un italien convivial au cœur de Megève, à deux pas du charmant torrent qui traverse le village, d’excellentes pâtes et pizza et un très bon rapport qualité prix : un peu de soleil du sud en Savoie au Spaggiari !
Un très grand merci à Megève, à Links et aux Loges blanches pour ce séjour inoubliable.
Connaissez-vous les Orres ? Au-dessus du lac de Serre-Ponçon, au milieu des forêts de mélèzes, cette magnifique station fait partie des fleurons du ski dans les Hautes-Alpes, et elle a été un véritable coup de cœur pour moi. Visuellement somptueuse, avec son domaine skiable offrant des vues magiques sur le lac, très riche en activités fun et insolites et en belles adresses, je l’ai aussi trouvée follement romantique : pour qui aime le ski et la neige, les Orres sont une merveilleuse destination de Saint-Valentin. Tentés de venir profiter de l’hiver aux Orres ? Venez découvrir cette station emblématique des Alpes du Sud, entre du beau ski dans d’excellentes conditions, des activités originales et de très belles adresses entre romance et bien-être. Au programme du séjour aux Orres, 100km de pistes avec vues panoramiques, une tyroliennegéante, du parapente au-dessus des paysages enneigés, une nuit dans une bulle ultra-romantique, une randonnée en raquettes au milieu des mélèzes, de bonnes adresses et de la peuf fraîche. Les vacances d’hiver aux Orres, c’est un pur bonheur, chaussez vos skis et tout schuss !
Les Orres : du ski, du fun, des panoramasDe superbes activités à vivre…… au milieu des mélèzesSkier au coeur des Hautes-AlpesDécouvrir de belles adresses…… et le beau patrimoine des Alpes du Sud.
J’ai réalisé ce reportage avec mon amie et photographe Marion Carcel alias Foehn Photographie. Ensemble, nous formons un duo de créatrices de contenu tourisme amoureuses de la montagne, de la neige et des beaux paysages, Itinera Favonia. De nombreuses photos de cet article sont les siennes, notamment toutes celles dans lesquelles j’apparais.
Heureuses aux Orres
Skier aux Orres, le bonheur des Hautes-Alpes en hiver
Les Hautes-Alpes sont une fabuleuse destination pour les amoureux du ski. Au soleil du midi et avec les altitudes et les pentes fortes du Dauphiné, elles offrent le meilleur des deux mondes, de la neige et du soleil ! Les Orres sont une destination emblématique des Hautes-Alpes : 100km de pistes avec vue sur l’incroyable lac de Serre-Ponçon, le plus grand lac artificiel de France et un véritable lagon alpin, avec ses eaux turquoises, ses rives sauvages… un véritable balcon panoramique sur ce que j’aime appeler l’océan intérieur de la haute Provence.
J’ai aimé la qualité de la neige aux Orres. Avec une exposition Nord Ouest et une altitude maximale de 2700m, les Orres ont un très bel enneigement pour cette latitude dans les Alpes du Sud, le tout avec le soleil méridional en bonus. Lors de notre séjour, nous sommes arrivées juste après une grosse chute – un bonheur visuel et de ski inouï !
La beauté visuelle du domaine m’a séduite. Lac de Serre Ponçon en contrebas, comme un long serpent turquoise se frayant un chemin au cœur de la neige, forêts de mélèzes roux qui m’ont donné follement envie de revenir en automne, paysages somptueux, la qualité photogénique du domaine nous a saisies.
Au sommet à 2700 mètres, le décor change et on se sent en haute montagne, entourées de sommets escarpés et d’immensités blanches qui contrastent avec la douceur sylvestre des altitudes moins élevées. J’ai aimé aller saluer le Pic de Boussolenc (2832m), montagne emblématique des Orres, dont la silhouette a inspiré le logo de la station.
Si vous êtes un skieur correct (le téléski est un petit peu raide, déconseillé aux débutants, et il débouche sur des pistes rouges uniquement), je vous recommande vraiment de prendre le téléski Génépi : les vues sont absolument magiques là-haut, un coup de foudre absolu pour moi ! J’ai trouvé l’enchaînement de pistes Génépi – Grand’Cabane absolument grandiose, les panoramas sont magiques… une longue et sublime descente en succession de points de vue inoubliables.
Le profil de la station ravira les skieurs amoureux de pente et de grand ski. Avec 60% de pistes rouges et des pentes globalement plutôt raides, les Orres sont le bonheur des skieurs aimant les longues descentes continues et s’amuser un peu ! Il est possible de se tracer de superbes itinéraires de descente profitant de l’ensemble du dénivelé offert par les Orres, et de monter tout en haut dans le paradis blanc pour redescendre sur de magnifiques rouges larges et bien tracées vers les paysages de mélèzes : un vrai plaisir !
La sécurisation des pistes m’a frappée par sa qualité. Les skieurs savent tous que les croisements de pistes sont les zones de tous les dangers, et l’équipe des pisteurs ont beaucoup travaillé les points potentiellement dangereux, les zones de carrefour et de rencontre, pour casser la vitesse à ces endroits là et assurer la sérénité de tous. Ce fut très agréable pour nous qui sommes venues pendant les vacances scolaires, avec beaucoup de monde sur les pistes. J’en profite pour vous glisser de toujours mettre un casque, et tout particulièrement dans les journées chargées avec de nombreux skieurs où il devient vraiment crucial…
Le domaine réserve plein de surprises que je vais vous montrer !
S’envoler aux Orres : tyrolienne et parapente
Prêts pour un voyage en orbite ? Les hauteurs des Orres, avec leurs vues plongeantes sur le lac de Serre-Ponçon, donnent follement envie de décoller. Deux expériences aériennes magiques nous attendaient…
La tyrolienne géante des Orres
Lors de notre séjour aux Orres, Marion et moi avons pu tester une nouveauté : la super tyrolienne géante exploitée par Speedline Les Orres. Un parcours de 1,8 km absolument superbe, volant de part et d’autre de la vallée en surplombant le domaine et les forêts de mélèzes, une vitesse de pointe pouvant atteindre 120km/h (en fonction du poids, du frein, etc), et un cadre somptueux : l’expérience est géniale ! Vos skis partent avant ou après vous, dans un sac à part – vous les retrouverez à l’arrivée pour continuer à skier après votre mise en orbite. L’équipe est chaleureuse et l’expérience vraiment sympa. Petit bonus très sympathique : si vous le souhaitez, vous pouvez voler en duo côte à côte, il y a deux places sur la tyrolienne, ce que je trouve encore plus fun, ou romantique ! A faire entre amis ou en amoureux. Et cela peut aussi rassurer ceux qui ont un peu peur de tenter ! A l’arrivée, on vous proposera une photo souvenir prise en vol.
Amoureuse des activités insolites en montagne, j’aime beaucoup les domaines skiables proposant ces petits bonus qui pimentent le séjour à ski. Si vous êtes paré pour le lancement et prêt à rejoindre la team cosmonaute, une autre aventure stratosphérique vous attend sur les hauteurs…
Parapente aux Orres : vol au-dessus du lac de Serre-Ponçon
Une des choses que nous préférons Marion et moi ? Le parapente ! Chaque fois, c’est une expérience magique d’envol et d’apesanteur, une beauté visuelle inouïe, une sensation de liberté qui nous fait devenir oiseau pour un instant, et aussi l’occasion de faire de superbes photos : les images prises en parapente font toujours partie de mes préférées. Si vous n’avez jamais testé, je vous y encourage vraiment, l’expérience est magique ! J’avais déjà eu une merveilleuse expérience de parapente hivernal dans les Hautes-Alpes à Orcières-Merlette, mais le vol aux Orres restera un de mes plus beaux souvenirs. Aux Orres, on décolle au sommet du domaine, avec la vue sublime sur le lac de Serre-Ponçon, avec Jennif’Air Parapente (vous avez vu, les coiffeurs n’ont pas le monopole du jeu de mots ;-)).
En hiver sur les pistes, le décollage en parapente se fait à ski : ce n’est pas difficile techniquement, il faut juste skier droit dans la pente et écouter son moniteur, et l’envol se fait très vite ! Cela peut être un tout petit peu impressionnant, mais c’est en vérité plus facile qu’en courant, car la vitesse nécessaire à l’envol s’obtient très rapidement. Quant à l’atterrissage, je trouve qu’il est plus doux à skis que sans : on glisse, la neige amortit, c’est très fluide ! C’est une expérience très agréable. Bref, Marion (voile bleue) et moi (voile jaune) vous recommandons mille fois le parapente hivernal, tout particulièrement dans le cadre somptueux des Orres, un endroit parfait pour se jeter à l’eau.
Une fois lancé dans les airs, c’est parti pour un survol enchanteur des forêts de mélèzes et des panoramas magiques sur Serre Ponçon, le lac enchanteur et colossal qui forme le coeur de la Haute Provence, et la frontière entre Hautes-Alpes et Alpes-de-Haute-Provence.
Le petit bonus très très sympa de Jennif’Air, c’est que nos moniteurs avaient une GoPro, ont fait films et photos pendant le vol, et nous ont donné gracieusement la carte mémoire à la fin – je trouve que c’est un service vraiment chouette, et un beau souvenir de mon vol avec mon moniteur Fanche !
Randonnée aux Orres : au pays des mélèzes
Il y a mille raisons d’aimer le village et la station de ski des Orres, mais voici une des choses qui ont vraiment fait battre mon cœur : les forêts de mélèzes. Vous le savez peut être, le mélèze, qui pousse sur les versants ensoleillés des Alpes du Sud, est un des rares résineux à perdre ses aiguilles en hiver. Avant cela, il transforme la forêt en tempête de roux flamboyant à l’automne. Par sa présence dans le Briançonnais, le pays des Ecrins ou encore le Queyras, il est véritablement le roi des Hautes Alpes, l’étendard flamboyant de ce département où la montagne tutoie le midi dans un automne incendiaire. J’ai été fascinée par la beauté et la densité des mélézins aux Orres, et je me suis promis de revenir en automne. Adeptes des paysages flamboyants, retenez l’adresse…
Une randonnée facile et accessible, mais absolument sublime, permet d’en profiter en toute saison : la rando du Belvédère. En chaussures l’été, en raquettes l’hiver, elle vous conduit sur un somptueux sentier en balcon au cœur des mélèzes jusqu’à un point de vue où vous aurez vue sur plusieurs sommets majestueux comme la montagne de Mazelière et le pic Silhourais (2818m).
Marion et moi avons pris beaucoup de plaisir à cette rando sans difficulté mais où la beauté est au rendez-vous à chaque pas, une véritable immersion dans le pays des mélèzes. Mon arbre de prédilection et des montagnes magiques, comment ne pas être aux anges…
Le vieux village des Orres, la beauté du Haut-Dauphiné
Le chef-lieu des Orres m’a touchée par la beauté de son architecture traditionnelle, emblématique du sud du Dauphiné. Nous sommes juste au-dessus d’Embrun, où se tient la plus grande cathédrale des Alpes, un chef d’œuvre du style lombard importé par les ouvriers tailleurs de pierre venus d’Italie du Nord. C’est exactement ce style qu’on retrouve dans le chef-lieu des Orres, superbe village typique des Alpes du Sud, qui me fascine par la beauté de son église du XVIe siècle, Sainte Marie-Madeleine, avec son clocher lombard d’un doré rayonnant surplombant la haute Durance. Avec leurs 9 hameaux, Les Orres sont emblématiques de la vie typique des Alpes du Sud, avec un habitat en hameaux dispersés permettant de suivre les troupeaux au fil des saisons dans une existence rythmée par le pastoralisme, avec leurs cadrans solaires, dont la mode est venue d’Italie à la Renaissance, et la pierre dorée des montagnes du midi. J’aime la beauté de ce village lumineux, la douceur qui émane de ses ruelles ensoleillées à flanc de montagne. Je reviendrai visiter tous les hameaux… et le Musée orrian, qui explore le patrimoine rural d’autrefois.
Beauté du clocher lombard du chef lieu des Orres
Cardabelles et cadrans solaires… les Alpes du Sud.
Une matinée avec les pisteurs des Orres
Connaissez-vous les hommes et les femmes de l’ombre des domaines skiables, ceux qui oeuvrent à notre sécurité et à notre plaisir chaque jour sur les pistes ? Ce sont les pisteurs et pisteuses – et nous avons eu un immense plaisir à rencontrer Sophie, pisteuse aux Orres. Les pisteurs sont des gens très impressionnants, car leurs compétences sont multiples et leurs responsabilités nombreuses. Le niveau de ski en toute neige exigé par leur formation est quasiment celui d’un moniteur de l’ESF ; une dose de sang-froid, de réactivité et de connaissance très importante est requise car ils assurent les premiers secours sur le domaine skiable, et leur job est parfois dangereux, car ils manient les explosifs dans des manteaux neigeux instables pour déclencher les avalanches. Ce sont véritablement les anges gardiens des domaines skiables, et je les admire beaucoup. Ils ouvrent et ferment les pistes, connaissent les conditions en temps réel, ont des yeux partout, viennent à votre secours dans des conditions parfois compliquées en cas de chute. Les gens qui placent les filets, font partir les coulées, skient avec un brancard derrière eux, ce sont eux ! N’hésitez pas à leur poser des questions sur l’état de la neige, sur et surtout hors-piste, leur demander les conditions sur tel ou tel itinéraire : personne ne connaît le domaine mieux qu’eux, ce sont de vrais référents pour les skieurs et d’immenses passionnés des montagnes ! On a adoré discuter avec Sophie, tout savoir des techniques de déclenchement des coulées, de la sécurisation des blessés, de l’organisation du domaine. Son talkie-walkie bipait sans cesse, car une héroïne ne dort jamais, mais elle a tout de même pris le temps de nous montrer les plus beaux points de vue des Orres…
Nous étions une super équipe de femmes amoureuses de la montagne, du ski et de la beauté des Hautes-Alpes réunies sur les pistes dans la neige fraîche et la bonne humeur, c’est ce que nous avons vécu lors de notre dernière matinée aux Orres. Nous étions 5, et celle qui manque sur l’image est bien sûr celle qui tient l’appareil : Marion, mon amie et binôme photographe.
Bonnes adresses aux Orres : où dormir et où manger lors de votre séjour au ski
Pour que votre séjour ski aux Orres soit aussi un délice gastronomique et un grand moment romantique…
Robinsonnade et bain nordique aux Orres : le gîte de la Jarbelle
Un petit paradis au cœur des Hautes Alpes, pour une robinsonnade romantique en terres givrées… Lors de notre séjour aux Orres, Marion et moi avons dormi deux nuits au très joli gîte de la Jarbelle. Niché dans un vallon un peu perdu, au bord d’un torrent et dans un impressionnant cirque rocheux, il a des airs de bout du monde.
Le soir, on se retrouve pour un apéro convivial au coin du feu dans la belle salle de restaurant, et on peut dîner en table d’hôtes si on le souhaite : les menus de la semaine sont affichés et on fait son choix. Le jour de notre dîner, c’était une excellente salade montagnarde des Hautes Alpes, avec ravioles et tourtons et charcuterie (mais si, mais si, c’était une salade !). Et si vous avez lu mon article sur Le Dévoluy, vous connaissez mon amour infini du tourton des Hautes-Alpes…
Et surtout, vous pouvez réserver un créneau privatif dans leur très beau spa extérieur au bord de la rivière, avec bain nordique, sauna avec vue sur les montagnes et aires de détente au milieu de la neige… Vous aurez une heure et demi pour vous dans ce havre de paix au détour de la rivière, dans une bulle de silence et de douceur. On a adoré l’atmosphère de ce spa, ce décor inouï, cette quiétude hors du monde. La montagne, pour moi, c’est une bulle, une échappée loin de tout…
Le spa est accessible aux clients qui ne résident pas à l’hôtel, mais le tarif est un peu plus élevé (tout en restant abordable), les prix tout doux sont réservés à ceux qui ont pris une nuitée.
Une bulle de luxe romantique : Alpin d’Hôme
Coincer la bulle… Vous cherchez une adresse hors normes, follement romantique pour vous évader à la montagne ? Je vous présente les « bulles » de chez Alpin d’Hôme aux Orres, un cocon de douceur et d’évasion, accroché à la montagne en marge du domaine skiable, entre neige et ciel, entre forêts de mélèzes et étoiles.
Oubliez les bulles rustiques type camping amélioré, ces bulles-là sont de véritables chambres d’hôtel 5 étoiles, avec de superbes aménagements intérieurs, une grande salle de bain confortable, de vastes espaces à vivre, de beaux volumes boisés, un lit XXL ultra confortable, bref, tout ce qu’on attend d’un hôtel de luxe… sauf que vous êtes dans un dôme semi-transparent en pleine nature, au cœur de la montagne. Vous avez vue sur les sommets, le lac de Serre-Ponçon au loin, et des milliers d’étoiles la nuit. La sensation de solitude et de déconnexion est totale. Cet hébergement a été un véritable coup de foudre pour Marion et moi, et je rêve d’y revenir à l’automne quand les mélèzes flamboient !
L’accès se fait ski aux pieds : vous êtes directement reliés au domaine skiable et pouvaient descendre au télésiège le matin. Si vous ne skiez pas, pas de panique, des mini voiturettes viendront vous chercher (ainsi que pour le transport de bagages).
Le dîner et le petit-déjeuner seront directement livrés dans votre bulle, pour que rien ne vous perturbe et vous fasse sortir de votre cocon de douceur. Selon la catégorie de bulle choisie (toutes sont luxueuses, mais certaines sont ultra luxueuses), vous pourrez loger 2 ou 4 personnes, et avoir peut-être une baignoire type jacuzzi avec vue sur les montagnes… Je rêve d’y revenir !
Où manger aux Orres : de superbes restaurants
Qui dit qu’on ne mange pas bien en station de ski ? Les Orres sont là pour vous prouver le contraire. Terroir des Hautes-Alpes à l’honneur, petits prix et jolies surprises, demandez le menu !
Le lieu, pépite au chef-lieu des Orres
Coup de foudre pour ce restaurant qui a tout : un rapport qualité-prix imbattable, un menu gastronomique succulent, une vue superbe au cœur du village, un accueil chaleureux. Une de mes plus belles adresses de l’hiver, à un coût tellement raisonnable ! Ce couple de chefs propose une carte très réduite (mais où tout le monde mange selon ses goûts, avec viande, poisson ou option végétarienne), ultra-locale, ultra-créative, et absolument fabuleuse. Le menu éphémère change chaque jour, et c’est incroyablement bon, à un prix rare : l’hiver dernier, le menu entrée-plat-dessert était à 17 euros le midi, pour une qualité réellement gastronomique exceptionnelle. Quant au lieu lui-même, il m’a éblouie : une merveilleuse terrasse ensoleillée au cœur du chef-lieu des Orres. Précieux !
Comme Avant, douceur rétro au cœur des Orres
Marion et moi gardons toutes deux un très beau souvenir du déjeuner chez Comme Avant, peut-être parce que nous avons eu un coup de foudre pour la citation qui ornait le mur intérieur de ce joli resto au cœur de la station des Orres 1800 :
« Les montagnes sont les seules étoiles que nous pouvons atteindre à pied ».
Avouez que cela pose une ambiance ! Ajoutez à cela de vieux skis, des tableaux rétros, une ambiance feutrée boisée et de bons petits plats réconfortants et faits maison, et vous avez une très jolie adresse chaleureuse où le service est adorable. Ne ratez pas la tarte aux myrtilles en dessert.
Le refuge étoilé, délices sur les pistes
J’adore les restos skis aux pieds, interrompre ma journée de ski par un vrai bon repas, et le Refuge étoilé fait partie de mes grands coups de cœur à skis ! Une terrasse ensoleillée et chaleureuse au milieu du domaine skiable, une ambiance peps et conviviale, une carte fraîche et colorée, pleine de surprises et de bonnes choses. J’adore les spécialités locales, et ma salade de truite des Hautes-Alpes était un vrai régal, remplie de choses variées, sucrées-salées, tout ce que j’aime. Un délicieux moment… à refaire, nous avons adoré.
Les Moufles, pizzas, cocktails et super ambiance
Je vous épargnerai le ridicule dont j’ai réussi à me couvrir pour notre première soirée aux Orres : ce resto s’appelle les MouFles et non les Moules, et ce n’est PAS un resto de fruits de mer. Cela étant posé, voilà ce que c’est : un chalet chaleureux et très joliment décoré où on mange d’excellentes pizzas et des spécialités montagnardes, avec de super jolis cocktails à déguster. On y a fêté la St Valentin et c’était réjouissant ! Alerte : le café gourmand est TRES gourmand. Ne le prenez pas après une pizza, sinon, c’en est fini de votre St Valentin. Heureusement qu’on était entre copines : on a tout fini.
Nos autres dîners ont été pris « à domicile », au gîte de La Jarbelle au coin du feu, chez Alpind’Hôme dans notre bulle, et ce furent de très beaux moments. Nous garderons un souvenir idyllique des Orres, station qui m’a réjouie par la beauté des panoramas, la variété des expériences – adrénaline et douceur, fun et bien-être, nature et sports – et la qualité des adresses proposées. Je me suis promis d’y revenir un jour en automne !
Continuer à explorer les Hautes-Alpes en hiver
Vous aussi, vous êtes tombés amoureux des Alpes du Sud, des mélèzes et du soleil, des neiges et des tourtons ? N’hésitez pas à découvrir mes articles sur le ski dans le Dévoluy et l’hiver à Orcières-Merlette. Et si vous voulez continuer d’explorer cette région magique : n’hésitez pas à vous abonner à la newsletter, de nouveaux articles sur les montagnes du midi arrivent très bientôt…
Les Orres, des étoiles et des flocons…
Un grand merci aux Hautes-Alpes et aux Orres, et tout particulièrement à Nathalie et Etoile, pour l’accueil merveilleux dont nous avons bénéficié aux Orres. Un séjour inoubliable et dont nous sommes reparties amoureuses !