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Catégorie : Europe

  • Le voyage dont j’ai failli ne jamais revenir

    Il se passait quelque chose d’étrange à Oester Urup.

     

    Depuis que nous étions arrivées dans cette station balnéaire danoise en morte saison, j’avais le sentiment d’être au mauvais endroit au mauvais moment. Qui s’aventure fin octobre sur la péninsule d’Himmerland, tout au nord du Danemark ? Les habitants nous regardaient avec une certaine méfiance, nous les trois touristes françaises égarées au cœur de l’automne déserté. J’avais lu qu’Oester Hurup grouillait de vie en été. Les campings cars arrivaient de toute la Scandinavie et les enfants jouaient par milliers sur ces plages infiniment planes, où un peuple de crustacés taciturnes dessinait des signes cabalistiques dans le sable gris perle. Mais la dernière semaine d’octobre ? Ce n’était plus le temps où on tolère les visiteurs. Les bateaux étaient bâchés, les volets cloués.  Le village semblait être rentré au plus profond de sa coquille, et mal supporter les intrusions.

    Le voyage dont j'ai failli ne jamais revenir : voici comment j'ai échappé à l'ouragan Christian alors que j'étais à Oester Hurup, Danemark... avec mes chats.
    Oester Hurup, tout au nord du Danemark, sur la péninsule du Jutland

     

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    Plage abandonnée d’octobre

    Le premier soir, nous avions repéré un joli restaurant sur le port, où les tables étaient dressées et la salle éclairée. Mais à notre approche, la propriétaire s’était mise en colère, nous avait interdit d’entrer, et avait fermé le restaurant sans que nous comprenions pourquoi. Il était dix-neuf heures seulement. Nous avions mangé des frites dans une station-service, sous le regard lubrique des magazines de la rangée du haut. Les commerçants étaient glaciaux, distants. J’avais l’impression que nous interrompions quelque secret, et qu’on nous en voulait.

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    Bateau sans capitaine

    Le paysage, lui, était plus amène. Nous nous sommes longuement promenées sur la plage, dans une lumière très douce qui semblait monter du fond de l’océan, couler du ciel opale, fondre les deux en un même miroir nacré. Des herbes dorées et des églantines rouges couvraient les dunes de l’Himmerland, « le pays du ciel », et nous trouvions des coquillages au pied des petites maisons de bois. Par endroits, la mer si plate refluait sur un banc de sable au milieu de l’eau, et l’océan s’y soulevait comme un tapis. Un monde secret semblait affleurer sous la surface.

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    Oiseaux sur Oester Hurup

     

    J’étais heureuse de découvrir ce pays où je n’aurais jamais mis les pieds, si la mondiale du chat de race n’y avait pas été organisée.
    Le monde secret

     

    J’étais heureuse de découvrir ce pays où je n’aurais jamais mis les pieds, si la mondiale du chat de race n’y avait pas été organisée.
    Fruits d’automne

     

    J’étais heureuse de découvrir ce pays où je n’aurais jamais mis les pieds, si la mondiale du chat de race n’y avait pas été organisée.
    Plage à l’infini

     

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    En attendant Christian

     

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    Paysages si typiques de la mer du nord – les Allemands nomment cela « Wattenmeer », la mer où on patauge. Le sable et l’eau tracent des cercles fugaces

     

    J’étais heureuse de découvrir ce pays où je n’aurais jamais mis les pieds, si la mondiale du chat de race n’y avait pas été organisée.
    Plages de la mer du nord.

    J’étais heureuse de découvrir cette contrée où je n’aurais jamais mis les pieds, si la mondiale du chat de race n’y avait pas été organisée.

    Comment j’ai traversé l’Europe avec mes chats norvégiens

    Vous avez bien lu : la mondiale du chat de race. Voici quelque chose que vous ne saviez peut-être pas à mon sujet : pendant plusieurs années, j’ai élevé avec passion des chats des forêts norvégiennes, à mes yeux les plus beaux félins domestiques du monde. Ce sont de gros chats qui ressemblent à des lynx, avec de petits plumets au sommet de leurs oreilles pointues, une collerette de fourrure pour les protéger des rigueurs hivernales, et un regard unique entre tous, vert, perçant, où je voyais miroiter toutes les légendes nordiques. Dans la mythologie scandinave, le chat des forêts, « norsk skogkatt », est si fort que même Thor ne peut le soulever, et c’est à lui qu’échoit l’honneur de tirer le char de la déesse Freya. Vivre avec de tels animaux, c’est caresser le mythe sur ses genoux, c’est attirer des morceaux d’aurore boréale sur son canapé. Par amour de la race, j’ai fait naître plusieurs portées, engloutissant beaucoup de temps, d’argent et d’énergie dans cette passion compliquée. Aujourd’hui, mes chats (stérilisés) font toujours partie de ma vie, et il me serait inimaginable de m’en séparer, mais je n’ai plus de chatons.

    A ce stade, j’imagine que vous vous demandez à quoi ressemble un chat norvégien.

    Le voyage dont j'ai failli ne jamais revenir : voici comment j'ai échappé à l'ouragan Christian alors que j'étais à Oester Hurup, Danemark. Avec mes chats.
    Contrairement à ce que suggère son allure sauvage, le chat norvégien est extrêmement affectueux et démonstratif. Un viking de légende qui rapporte la balle comme un petit chien : peut-on rêver mieux ? (Oui, ce sont mes chats à moi !)

    A l’époque où se déroule cette histoire, j’étais encore éleveuse, et j’emmenais régulièrement mes chats en exposition féline, où on juge de la conformité des chats et chatons au standard de la race. J’avais donc l’habitude de traverser la France avec une voiture remplie à ras bord de tous les ustensiles nécessaires à ce type d’évènement, pour assurer le confort de mes chats pendant le trajet, à l’exposition, à l’hôtel. Je pense que les mères de famille nombreuse peuvent imaginer la logistique que cela représente. Il fallait qu’un sac poubelle, une pelle et une balayette, un bol d’eau, des croquettes, un tapis, une litière, soient présents dans tous les lieux susmentionnés – et facilement accessibles. Il fallait équiper la cage et toiletter les chats avec douze peignes différents, talc, anti-statique, gloss à pelage, etc. Il fallait aussi songer à ses propres affaires (je crois que tous les éleveurs ont un jour préparé avec tant d’attention les valises des chats qu’ils ont oublié la leur), et choisir des vêtements aptes à résister à un déluge de poil félin pendant trois jours. C’était l’aventure, la vraie. Personne ne peut imaginer l’héroïsme quotidien des mémères à chat, prêtes à traverser l’Europe sous la neige et le verglas avec assez de matos pour équiper une animalerie. J’ai voyagé depuis toute petite, mais ce qui m’a appris à avaler mille kilomètres dans une journée, à parer à toute éventualité, à toujours avoir tout sous la main dans toute circonstance, à gérer l’imprévu avec l’ingéniosité d’Indiana Jones, c’est l’élevage de chats. Quand on a été bloqué dans un tunnel sous la neige quelque part dans les Balkans avec cinq félidés qui braillent sur la banquette, dont l’un qui a fait la centrifugeuse à vomi sur tous ses petits camarades, on ne craint plus rien. Je n’aurais pas pu l’imaginer au départ, mais j’ai gagné mes galons de colonel de la vadrouille en faisant naître des peluches nordiques. Mieux que le trek, l’élevage de chats !

    J’étais heureuse de découvrir ce pays où je n’aurais jamais mis les pieds, si la mondiale du chat de race n’y avait pas été organisée.
    Voiture d’éleveuse chargée à bloc (le coffre est immense, et les sièges sont rabattus…)

    Tous les ans, fin octobre, c’est la grande épopée, l’évènement incontournable pour les félinomaniaques : la mondiale, où les champions récompensés sur les podiums locaux peuvent se mesurer à une concurrence venue de toute la planète. Imaginez un gigantesque hall, type salon de l’agriculture, rempli de plusieurs milliers de chats de toutes les races et de toutes les pays, avec leurs propriétaires maquillés aux couleurs de leur pays, arborant des drapeaux et hurlant de joie quand le chat d’un de leurs concitoyens remportait la coupe suprême. Il y a les festivals de heavy metal, et il y a les mondiales félines : adrénaline pure.

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    Ambiance d’une mondiale féline.

     J’allais toujours aux mondiales avec des amies très proches, elles aussi mordues de chats norvégiens, et ces voyages nous inspiraient le genre de récits de guerre qu’on se remémorait pendant des années, un chat sur les genoux. « Tu te rappelles la fois où on a été bloquées par une vache sur un passage à niveau en Pologne ? Tu te rappelles la fois à Zagreb où un mec a défoncé notre voiture et menacé de nous tuer si on ne payait pas ? Tu te rappelles la fois en Suisse où on a dégagé la voiture des congères à mains nues ? » Les éleveuses de chat sont une espèce guerrière opiniâtre, ordinairement très sous-estimée.

    La menace violette

    Mais à Oester Hurup, rien ne devait nous arriver. Le Danemark, quoi de plus sûr, quoi de plus tranquille ? On se voyait déjà manger des harengs séchés et boire de la bière dans des cabanes en bois. Nous étions parties toutes les trois de Lorraine, avions traversé toute l’Allemagne, puis tout le Danemark sans encombre, avant d’arriver ici. Nous avions choisi cette station balnéaire pour nous remettre des mille deux cent kilomètres de route, et profiter des paysages du Jutland. Balades sur la plage, pains traditionnels – s’il n’y avait pas eu cette atmosphère étrangement pesante dans le village déserté, tout aurait été idyllique.
    Le dimanche soir, en rentrant de la mondiale, nous fûmes accueillies par une lumière presque surnaturelle. Il n’y avait pas un souffle de vent, et un halo de feu embrasait les maisons. On aurait cru qu’une porte s’était ouverte dans le ciel. L’air était électrique. Des créatures fugaces, presque subliminales, s’allumaient au rebord des gouttières et des lampadaires – on clignait des yeux et on pensait avoir rêvé. Tout était si calme, étonnamment immobile, comme si la nature tapie à l’affut guettait l’imminence d’un désastre. Je me disais que j’avais lu ça dans les livres. Qu’il y avait toujours ce type de lumière, d’atmosphère sourde et fauve, avant.
    Avant quoi ?

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    Avant…

     

    J’étais heureuse de découvrir ce pays où je n’aurais jamais mis les pieds, si la mondiale du chat de race n’y avait pas été organisée.
    Ciel en feu

     

    Le voyage dont j'ai failli ne jamais revenir : voici comment j'ai échappé à l'ouragan Christian alors que j'étais à Oester Hurup, Danemark... avec mes chats.
    Maisons qui attendent…

     

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    Etrangeté…

    Je revenais de la plage quand mon portable vibra. Un SMS de Marcel, mon fiancé. « Regarde les prévisions météo. Important. » J’ouvre mon appli météo, et je crois mon écran cassé. Je connais les couleurs usuelles des alertes : vert, jaune, orange, rouge. Sur toute la zone qui couvre le Danemark et le nord de l’Allemagne s’étale une couleur violette. Un coup d’œil à la légende : « Violet = Ouragan ».

    Echapper à l’ouragan Christian avant qu’il soit trop tard

    Je me mets à lire frénétiquement. La tempête Christian, au départ une simple dépression née dans les eaux froides de l’Atlantique, est en train de se changer en monstre. Un cyclone extratropical, nourri par des vents glacés : c’est ce que les météorologistes appellent une « bombe ». Et c’est ce qui s’apprête à déferler sur le Danemark. Les vents atteindront deux-cent kilomètres/heure. L’apocalypse est annoncée.
    Mes amies et moi étudions la trajectoire annoncée de la bête. Il doit frapper Flensburg, une ville au nord de l’Allemagne par laquelle il nous faudra passer pour revenir en France, aux environs de midi. Dès dix heures, le vent s’intensifiera avec une telle violence que des arbres et des toitures seront arrachés, que les routes deviendront mortellement dangereuses – si elles ne sont pas barrées. Puis il remontera vers le nord et frappera le Danemark.
    Nous mettons le réveil à cinq heures du matin. La course contre la montre est lancée : il faut atteindre Flensburg avant Christian. Au fil de notre descente vers le sud, la nature se met en branle. Toute la forêt est secouée de tremblements maladifs. Des tornades de feuilles déferlent sur notre route. Le vent hurle le long des portières. L’ouragan arrive.

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    Cyclone Christian vu du ciel (Wikipedia).

    Au sud de Flensburg, nous nous arrêtons une vingtaine de minutes pour prendre un café et nous reposer. Mal nous en prend. L’ouragan est derrière nous, il nous rattrape. Lorsque nous sortons de la station, le vent est tellement violent que nous avons du mal à tenir debout, et que les portières menacent d’être arrachées. Les chats, d’ordinaire si calmes en voiture, sont inquiets. Nous fonçons sur l’autoroute allemande presque vide, l’ouragan dans le dos. Tout est si réel. Nous le sentons comme un monstre lancé à nos trousses, sa présence est physique, manifeste. Quelque chose d’horrible nous poursuit. Foncer, ne plus s’arrêter. Regagner le sud. Mes bras sur le volant sont si tendus que j’en aurais des crampes pendant plusieurs jours. Chaque coup de vent est une charge contre la carrosserie. Les tunnels sont de rares oasis de calme – dès la sortie, l’attaque hurlante reprend.
    Derrière nous, c’est le chaos. Au Danemark, un échafaudage s’écroule, et tue plusieurs personnes – Christian fera quinze victimes au total. A Hambourg, l’électricité est coupée, les routes bloquées. Plusieurs éleveurs rentrant de la mondiale passeront une nuit terrifiante sur l’autoroute avec leurs chats, coincés dans la gueule du cyclone, plongés dans le noir et la tempête. Des vagues monstrueuses noient les côtes. De nombreuses photos et vidéos attestent l’ampleur de la dévastation causée par l’ouragan Christian – un phénomène météorologique d’une ampleur rare.

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    Source de l’image (beaucoup plus de photos et vidéos en suivant ce lien)

     

    Nous reviendrons en France saines et sauves, et nos chats aussi. Avoir échappé à un ouragan avec cinq félins fait partie de mes plus grands actes héroïques de mémère à chats. Et Oester Hurup ? Je ne suis pas sûre d’y revenir un jour.

    Certaines de ces photos – notamment celles où je figure – ont été prises par mon amie Marie-Pierre François, amoureuse des chats, vétérinaire au cabinet félin de Nancy, et une des meilleures éleveuses de chats norvégiens qui soient ! Si je vous ai fait rêver avec cette race merveilleuse, et que vous aussi, vous voulez une boule de fourrure pleine de blizzard et de magie, jetez un coup d’œil à son élevage.

     Si mes histoires d’ouragan et de crépuscules menaçants vous ont plu, n’hésitez pas – inscrivez-vous à la newsletter, pour recevoir de petits bouts du monde chaque vendredi dans votre boîte mail !

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  • Les lieux de tournage de Game of Thrones en Islande

    Islande, pays de la glace et du feu : le slogan peut paraître éculé, mais il est rigoureusement exact. Encerclé par les eaux glacées de l’Atlantique nord, le cœur brûlant de l’Islande bat la chamade, et les deux éléments se livrent un perpétuel combat de titans. Les glaciers découpent des fjords noirs dans les coulées de lave, des cratères se remplissent de neige, et des geysers jaillissent au cœur des immensités gelées. L’Islande est épique, apocalyptique, superlative à tous les degrés – et quel décor pourrait être plus approprié au tournage de Game of Thrones, série tirée d’une série de romans intitulée « A song of ice and fire » ?

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    Plage de sable noir de Vik i Myrdal

     

    Découvrez les lieux de tournage de Game of Thrones : glaciers, lave et magie !
    Glaces, brouillards et montagnes…

    Ice and fire, le feu et la glace : l’Islande a su épouser à merveille l’imagination débridée de George R.R. Martin, le créateur de la saga qui tient le monde entier en haleine. Il y a mille ans, l’Islande a été la source d’inspiration de la mythologie nordique : c’est à elle qu’on doit les histoires de Thor, Freya, Odin et des walkyries, et les aventures des vikings. Face à l’inouï, le fantastique est la seule réponse possible. Et une des grandes sagas d’aujourd’hui, c’est Game of Thrones. Les gens de cinéma ont bon goût : les lieux de tournage de Game of Thrones comptent parmi les plus beaux endroits d’Islande. Voyage à la conquête du trône de fer – prenez garde aux marcheurs blancs.

    Découvrez les lieux de tournage de Game of Thrones : glaciers, lave et magie !
    La Grotadja, ou grotte de Jon Snow et Ygritte

    Avertissement : cet article contient des spoilers concernant les saisons 2 et 3 de Game of Thrones. Mais nous en sommes à la sixième, j’ose donc espérer que cela n’est pas trop grave.

    Le sud de l’Islande : la région de Vik

    Tout au sud de l’île, la petite ville de Vik i Myrdal est entourée d’immenses plages de sable noir, dont les plus célèbres sont Reynisfjara et Dyrholaey. Leurs orgues de basalte et leurs monstrueux rochers coiffés, pélerins solitaires dans les flots, évoquent les vestiges de grands cataclysmes passés. Toute la rage volcanique est venue se déverser ici, créer ces langues d’ébène sur lesquelles l’écume vient se fracasser, dessiner ces paysages de fin du monde qui m’ont plongée dans un vertige délicieux. Je crois que c’est un des plus beaux endroits d’Islande, ces landes à perte de vue, surplombées par des montagnes abruptes et biscornues, ces reliefs torturés sur lesquels roulent les nuages.

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    Les plages de sable noir de Vik, Reynisfjara et Dyrholaey

     

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    Contrairement aux apparences, cette photo n’est pas en noir et blanc, et n’a pas été désaturée…

    Lorsque Jon Snow s’aventure au-delà du mur, il traverse des étendues glacées et inhospitalières – la région de Vik au cœur de l’hiver – et arrive enfin dans les montagnes Frostfangs (Crocgivre en VF), où même les sauvageons n’osent s’aventurer au cœur de la saison froide, des montagnes « cruelles », peuplées de choses dont on ose à peine prononcer le nom effroyable…

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    There’s giants in the Frostfangs, and wargs, and worse things.

    Au cœur des Frostfangs se trouve le « Poing des premiers hommes » (Fist of the first men), lieu légendaire dans la série. A mon grand regret, je n’ai pas réussi à trouver l’ Höfðabrekkuheiði, qui a servi de poing des premiers hommes (l’Islande n’a pas encore installé de système GPS conduisant aux lieux de tournage de Game of Thrones, mais peut-être y viendra-t-elle…). Vous le trouverez ici .

    Les glaciers gigantesques du Myrdalsjökull et Vatnajökull

    Imaginez un pays envahi par des glaciers immenses, qui rôdent le long des routes, qu’on voit affleurer entre les crêtes quand on longe les montagnes, qui rampent au cœur des territoires des hommes quand l’hiver se fait rude, des glaciers qui craquent et gémissent comme des géants courbant sous quelque tâche dantesque, qui rompent et ouvrent des crevasses profondes comme la plus froide des nuits, la glace qui envahit tout, qui piège les hommes et change l’eau en lame.

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    Derrière les montagnes nébuleuses, les premiers glaciers surgissent… entre les crêtes, la glace.

     

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    Première rencontre avec les glaces, dans le parc de Skaftafell

    Vous aussi, vous vous mettriez à croire que des créatures surnaturelles peuplent ces contrées où l’humain n’a plus de place, vous songeriez aux titans, aux dieux maudits et aux Marcheurs blancs. Est-il pire punition qu’une éternité de glace ? Que la solitude de ces infinis éblouissants où rien ne survit ? Les étendues glacées ont toujours été l’empire de l’horreur et du fantastique. Edgar Allan Poe, Lovecraft, Mary Shelley ont placé leurs héros dans ces territoires cruels où l’homme n’a pas sa place. La glace marque la fin du monde des hommes, et le début du mythe.

    Découvrez les lieux les plus mystérieux d'Islande, sur les traces de Frankenstein
    « Follow me; I seek the everlasting ices of the north, where you will feel the misery of cold and frost…  » Mary Shelly, Frankenstein

    Sur Terre, la glace séquestre les pôles, l’Arctique et l’Antarctique, les étendues sibériennes, le Svalbard et le Groenland, l’Alaska et la Terre Adélie, mais il est un endroit en deçà du cercle polaire où l’ennemie blanche fait une incursion dans le monde des hommes : l’Islande. Les paysages glaciaires d’Islande sont le seul endroit, sous des latitudes « humaines », bien loin des grandes banquises polaires, où la glace nous laisse glisser l’œil dans le trou de la serrure, et deviner l’horreur de son règne sans partage. C’est ce qui rend l’Islande irrésistible : ce que vous verrez à Skatftafell, où les langues de glace viennent lécher les routes, à Jökulsarlon, lagune sidérante où un glacier vient se jeter dans l’océan, vous ne le verrez nulle part ailleurs… ou seulement bien, bien plus près des pôles, lors d’expéditions autrement compliquées. L’Islande, c’est l’infini à portée de main, l’avant-goût des aventures les plus extrêmes.

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    All in the immediate vicinity of the ship, is the blackness of eternal night, and a chaos of foamless water; but, about a league on either side of us, may be seen, indistinctly and at intervals, stupendous ramparts of ice, towering away into the desolate sky, and looking like the walls of the universe.
    Edgar Allan Poe

    Je rêve de retourner en Islande en hiver pour marcher sur le glacier et descendre dans les grottes de glace (avec un guide, bien sûr – n’essayez jamais ça tout seul).

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    Mur de glace… et corneille à trois yeux ?

    Dans Game of Thrones, les glaciers d’Islande sont les « contrées de l’éternel hiver », en VO Lands of Always Winter. C’est ici que naquirent les premiers Marcheurs blancs, les horribles cadavres gelés qui dévorent les hommes et dont le regard est d’un bleu perçant. Dans sa quête de vérité et de sagesse, Bran s’y aventure à la recherche de la corneille à trois yeux, et comprend le secret qui entoure leur abominable naissance…

    Les lieux de tournage de Game of Thrones en Islande : les plus beaux endroits d'Islande !
    « And he looked past the Wall, past endless forests cloaked in snow, past the frozen shore and the great blue-white rivers of ice and the dead plains where nothing grew or lived, to the curtain of light at the end of the world, and then beyond that curtain. He looked deep into the heart of winter, and then he cried out, afraid, and the heat of his tears burned on his cheeks. » Rêve prophétique de Bran dans A song of ice and fire.

    En pratique :

    A Skaftafell, vous trouverez des guides, par exemple Glacier Guides  qui vous emmèneront marcher sur le glacier. En fonction de la durée et du degré de difficulté, les prix vont de 78 à 300 euros. En hiver (et en hiver seulement), ils peuvent aussi vous faire descendre dans des grottes de glace, pour 150 euros.

    A Jökulsarlon, probablement l’endroit le plus dingue que j’ai vu de ma vie, lieu de tournage de Die another day et de Batman Begins, vous pouvez prendre un bateau qui vous emmènera sur la lagune. Vous avez le choix entre un bateau-camion amphibie (très drôle : imaginez un gros véhicule qui cesse de rouler en entrant dans le lac et se met à flotter), qui vous coûtera 38 euros pour trente/quarante minutes dans la lagune, ou un zodiak, qui coûte lui 65 euros, mais vous propose une sortie d’une heure jusqu’au fond de la lagune, là où se trouve le mur de glace qui me fait tellement penser au mythique mur de Game of Thrones. C’est le choix que j’ai fait, et je ne regrette rien. Réservez ici.

    Autour du lac Myvatn, où Jon Snow a rompu ses vœux

    Le lac du Myvatn est un lieu presque mythologique. Ici, une coulée de lave s’est arrêtée par la force du Saint Esprit : au mur de l’église. Ici, des trolls et des elfes vivent dans les monticules de lave, et on les aperçoit aux petites heures du jour, quand l’obscurité est duplice. D’immenses champs de lave nappent le sol de feu et de mousse, parfois des failles profondes donnent le sentiment de pouvoir tomber jusqu’au centre de la terre.

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    Les champs de lave de Myvatn au coucher du soleil

    Un des sites les plus célèbres est Dimmuborgir, littéralement « les châteaux noirs », un océan de lave séchée qui évoque une tempête colossale ou une forêt de flammes, percée d’arches, de tunnels, et d’élévations solennelles. Le lieu a donné son nom à un groupe de metal célèbre – je comprends l’inspiration ! Dans Game of Thrones, Dimmuborgir est le lieu où Mance Rayder établit le camp des sauvageons – lors du tournage, la température était de -11 degrés, ce qui fait que l’équipe de tournage en Islande était surnommée « the freeze your ass off team », littéralement « l’équipe qui se pèle le cul ». Clairement, il valait mieux être avec les Lanister en Croatie, ou avec les Dothrakis au Maroc. J’ai vu Dimmuborgir en plein été, ce qui rend le lieu plus bucolique, moins monstrueux… mais plus hospitalier.

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    « Au-delà du Mur, nous ne nous agenouillons devant personne ». Les Sauvageons ou Hommes libres (Free folk) ont établi leur campement parmi les châteaux de lave de Dimmuborgir

    A quelques centaines de mètres de Dimmuborgir, dans une faille plus importante que les autres, se trouve la Grotagja, la célèbre grotte où Jon Snow a rompu son vœu d’abstinence et succombé aux charmes de la sauvageonne rousse, Ygritte.

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    Ygritte.

    L’histoire de cette grotte est digne de faire frémir : source d’eau tiède où les Islandais adoraient se baigner, l’eau de la Grotagja est soudainement montée à 65 degrés du jour au lendemain, menaçant de cuire les infortunés baigneurs. (Comme dans Le pic de Dante, avec Pierce Brosnan.) Vous comprendrez ma méfiance envers toutes les sources d’origine volcanique susceptibles de se changer en bouillon de cuisson en cas de gargouillement volcanique. Aujourd’hui, la température est redescendue à 45-50 degrés, bien trop chaud pour se baigner (et donc pour reproduire les aventures de Jon et Ygritte, au cas où l’idée vous aurait effleuré). Mais la grotte est d’une beauté féerique, avec ses eaux brûlantes au-dessus des roches noires, et le soleil qui perce à travers la voûte morcelée…

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    Soleil bienvenu…

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  • Pourquoi vous devez découvrir les Açores

     

    Vous ne connaissez pas les Açores, ces îles portugaises au beau milieu de l’océan Atlantique ? Vous avez de la chance : une grande histoire d’amour vous attend. Encore ignorées par le tourisme de masse, méconnues en France, ces îles d’une beauté inouïe ont tout : paysages volcaniques stupéfiants, forêts luxuriantes, fleurs de toute beauté, villes baroques riches d’histoire, plages superbes. J’ai eu un coup de cœur immense pour cet archipel de légende, terre promise des marins depuis le siècle des grandes découvertes. Que faire aux Açores?

    Que faire aux Açores ? Quelle île choisir aux Açores ? Faial
    Bienvenue au coeur de l’océan, vous avez retrouvé l’Atlantide.

     

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    La grande caldeira de Faial, une des merveilles géologiques des Açores, drapée de mousse.

     

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    Plantations de thé et hortensias à Sao Miguel

    que faire aux Açores
    Les îles mythiques des marins

    A mi-chemin entre deux continents, perdue au cœur de l’Atlantique, les neuf îles des Açores sont une contrée d’à demi monde, un sortilège envoûtant. Les marins les ont découvertes en partant vers les Amériques, des îles sauvages et noires, à la confluence de trois plaques tectoniques : Afrique, Europe et Amériques. Personne n’y vivait, et le feu dormant éructait à la moindre brise, dessinant cratères et caldeiras. Les Açores sont l’Hawaï de l’Atlantique : une terre âpre et violente, tirée par les caprices de la Terre de l’océan insondable, à qui les marins perdus donnent le visage de leurs fantasmes.

    Quelle île choisir aux Açores ? Que faire aux Açores ? Sete Cidades, Sao Miguel
    Les lacs presque surnaturels de Sete Cidades, Sao Miguel.

     

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    Puffins cendrés prenant leur envol sur l’Atlantique ; au fond, le Morro de Castelo Branco

    Les brumes et les légendes des trois mondes les ont envahies. Les Européens ont cru qu’elles étaient le rebord du monde, l’ultime rebord avant la chute vers l’inconnu ; certains ont dit qu’elles étaient des morceaux d’Atlantide, vestiges d’un monde englouti par l’océan jaloux de leur beauté. D’autres ont vu en elles les neuf fées d’Avalon changées en lave, le pays des morts chanté par la mythologie celte : à l’Ouest du monde, là où le soleil disparaît sous l’horizon.

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    Soleil levant sur le volcan Pico

    Dragons et pirates

    D’Afrique et du Brésil, les marins ont rapporté la végétation luxuriante, les ananas et les dragonniers, ces arbres à l’exubérance crochue presque terrifiante, et la superstition qui affleure partout sous les églises innombrables. Les Portugais ont su en faire un pont entre l’Ancien et le Nouveau monde, un jardin de feu sur les eaux profondes. Le « peuple de la mer », acharné à conquérir le monde entier, avait trouvé son refuge, le port qui leur ouvrait la voie des ailleurs. Du monde entier, les bateaux des rêveurs continuent de faire escale aux Açores ; le port d’Horta est rempli des fresques qu’ils tracent pour commémorer leurs épopées intimes, leurs tours du monde à la voile et leurs chimères écumantes. Ici on redevient conquistador.

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    Forêt magique de draconniers à Pico

    Pendant longtemps, les Portugais ont tenu secrète l’existence des Açores, afin de les protéger de la piraterie. Elles étaient le scintillement mystérieux dans le blanc des cartes, le trésor caché dont on ne révèle l’emplacement que par énigmes. Puis le secret s’est ébruité, et les pirates sont venus nourrir les légendes et l’effroi. Les Açores ont été une autre Tortuga loin des Caraïbes, un repaire de flibustiers aux dents longues. D’autres peuples plus pacifiques sont venus les peupler – des Portugais, bien sûr, mais aussi des Hollandais, qui y ont apporté les moulins, les vaches et le gouda. On s’est mis à planter le vin à même la lave, pour distiller le nectar des dieux.

    Pico, Açores.
    Culture de la vigne typique de Pico : les casiers de lave.

     

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    Vignes et moulin à Pico

     

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    Vaches de Faial

    Le feu, les fleurs et les grands yeux des lacs

    Le feu continue de couver sous la mousse. A Faial, un cratère est sorti de l’eau en 1957, dessinant au terme d’une monstrueuse éruption un paysage martien. A Pico, au sommet du volcan, la vapeur chaude et les pierres humides témoignent de la respiration du géant. A Furnas, sur Sao Miguel, les sources d’eau chaude bouillonnent au cœur de la jungle.

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    Capelinhos, sorti des eaux en 1957

     

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    Sources d’eau chaude de Caldeira Velha sur Sao Miguel

     

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    Sources d’eau chaude et fumerolles (dites caldeiras) de Furnas

    Dans les cratères endormis, au fond des gigantesques caldeiras, les plus beaux lacs qui soient se sont formés, comme des yeux profonds ouverts par la mer au cœur des montagnes. Les iris du peuple lacustre revêtent mille teintes : bleu profond, turquoise, vert émeraude, noir de jais, brun ocré. Des chemins ourlés de bruyères transportent les voyageurs au-dessus de ces portails magiques. Du monde entier, on vient randonner aux Açores, on part pour des trails fabuleux le long des chaînes de cratères, dans un océan de fleurs. que faire aux Açores blog Açores

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    Lagoa do Fogo, Sao Miguel

     

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    Sete Cidades, Sao Miguel

    Car les hommes ont planté un jardin fabuleux sur la lave. Jamais de ma vie je n’ai vu autant de fleurs qu’aux Açores. Lys roses, hortensias bleus, cryptomerias jaunes, agapanthes mauves, ces créatures raffinées que je ne pensais voir que dans les jardins bien soignés, poussent à l’état sauvage, envahissent les pentes des collines, les fossés, les bas-côtés. On traverse des forêts de couleurs et de pollens, en croyant marcher dans le rêve.

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    Hortensias sauvages des Açores

     

    Sao Miguel, Açores
    Vue sur hortensias

     

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    Conteiras jaunes, plante originaire de l’Himalaya

    Un secret qui s’ébruite

    Dans dix ans, la planète entière se précipitera aux Açores. Les compagnies low-costs commencent à faire venir des vols directs depuis l’Angleterre, l’Allemagne ou la Belgique. Mais à l’heure où je vous écris, à la fin de l’été 2016, les Açores restent un diamant brut. Venez maintenant. Avant les grands hôtels, les clubs tout compris, les bus touristiques au sommet des volcans. Offrez-vous le luxe d’être pionnier.
    Oserais-je vous le dire ? Les Açores sont à mes yeux plus belles encore que les Canaries, plus belles encore que le Cap Vert, plus belles encore que Madère. Au sein du groupe d’îles qu’on nomme la « Macronésie » (les îles volcaniques atlantiques, au large des côtes africaines), elles sont le joyau secret, le plus lointain et mystérieux, encore loin du monde. Pour combien de temps ? Les Açores disent qu’elles ne veulent pas devenir les Canaries, mitées par l’urbanisation sauvage, les constructions à même le littoral, le tourisme de masse. Pourvu qu’elles tiennent parole.

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    Paysages fantastiques des Açores, bocages, volcans et hortensias

    Carnet pratique – Que faire aux Açores

    Les Açores, paradis de la randonnée

    Contrairement à leurs voisines lointaines, Madère et les Canaries, les Açores restent (encore) très préservées du tourisme de masse, de la bétonisation des côtes et de l’uniformisation qui en découle. Si vous êtes amoureux de la nature et des paysages préservés, les Açores sont pour vous. Avec leurs volcans, leurs lacs somptueux et leur végétation luxuriante, c’est un paradis de la randonnée, qui se prête bien à l’organisation d’un trek. Les chemins de randonnée autour de Sete Cidades, du Lagoa do Fogo (Sao Miguel), de la chaîne des dix volcans (Faial) ou de la caldeira géante (Corvo) sont mondialement connus pour leur beauté sauvage.

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    Ascension du Pico

     

    Pico, Açores en randonnée
    La toute dernière partie de l’ascension : cordes de lave et vue spectaculaire

    Et les plages ? Les plages des Açores

    Même si certaines sont magnifiques (mon coup de cœur ? Santa Barbara à Ribeira Grande, sur Sao Miguel), on ne vient pas aux Açores pour les plages. Le tourisme balnéaire n’est pas mis au premier plan, car elles sont peu nombreuses sur cette côte volcanique, si ce n’est à Sao Miguel et Santa Maria, qui comptent quelques belles plages de sable. Mais on trouve de nombreuses piscines naturelles le long du littoral, dans lesquelles les Portugais adorent se baigner.

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    Piscine naturelle à Mosteiros par un jour de forte mer (l’ouragan Gaston arrive !)

    Les Açores, pour les amoureux des cétacés

    Je suis folle des mammifères marins et je ne croyais pas qu’il était possible d’en voir autant dans l’Atlantique que dans le Pacifique, devenu le véritable sanctuaire des cétacés. Les Norvégiens, les Islandais, les Danois continuent (hélas !!!) à les chasser, ce qui rend le whale watching moins spectaculaire dans les eaux du nord de l’Europe. Au Canada et à Hawaï, j’ai vécu mes plus belles rencontres avec les baleines, et je ne pensais pas que la magie se renouvellerait aussi tôt. Mais je ne connaissais pas les Açores.

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    Femelle cachalot plongeant sous la surface

    Au beau milieu de l’Atlantique, les Açores, qui ont totalement cessé la chasse à la baleine depuis 1987, sont devenues le refuge des géants des profondeurs. J’ai vu trois mères cachalots avec leurs petits, un spectacle inoubliable, j’ai vu des dizaines de dauphins fuser dans les vagues – d’autres ont vu baleines bleues, baleines grises, et autres créatures rares et majestueuses. De mai à octobre environ, la qualité d’observation est exceptionnelle. Pourquoi ? Parce que les anciens chasseurs sont devenus des guetteurs, postés dans des cabanes tout le long des côtes, et dont le rôle est de prévenir en temps réel les compagnies de whale watching de la présence des cétacés. L’été aux Açores, vos chances de les rencontrer sont plus élevées que partout ailleurs dans l’Atlantique.

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    Dauphins.

    Par ailleurs, les anciennes industries baleinières se sont reconverties en musées, et en août a lieu un festival de la baleine qui célèbre l’histoire de l’île et l’animal désormais protégé, devenu totem et porte-bonheur.

    Pico festival de la baleine Açores
    Lors du festival de la baleine à Pico.

    Les Açores, le Portugal subtropical

    Peut-être le savez-vous déjà : le Portugal est un des pays les plus beaux, les plus pittoresques et mélancoliques qui soient, avec ses églises baroques et ses saintes épleurées, ses chapelles ornées d’azuleijos bleus au bord des eaux plus bleues encore, sa nostalgie des grandes découvertes, ses petites rues pavées et sinueuses. Les Açores sont authentiquement, pleinement portugaises – mais sous des latitudes luxuriantes. Comment faire mieux ?

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    Chapelle Nossa Senora da Paz, un bijou

     

    Patrimoine de Ponta Delgada

    En quelle saison aller aux Açores ?

    Puisque les Açores restent peu touristiques, elles sont une destination où on peut aller au plus haut de la saison, en juillet-août, où le temps sera beau et les villes animées (de nombreux festivals ont lieu à cette époque). L’été est la saison idéale pour l’observation des baleines… et des fleurs ! En juillet, la floraison des hortensias bleus et des cryptomerias jaunes est à son zénith, et l’île est un gigantesque jardin.  Le climat subtropical est tempéré par les caprices de l’Atlantique : il fait doux, chaud sur les côtes, mais jamais étouffant, et frais sur les pentes des volcans. La période estivale, de mai à octobre, semble donc être le moment idéal. Si je retournais aux Açores, juillet serait mon choix.
    Si vous voulez tenter les Açores hors saison : sachez qu’il ne fera pas très froid l’hiver (la température descend rarement en dessous de 10 degrés, avec des moyennes à 15 et des maximales à 25), mais qu’il risque de pleuvoir beaucoup. Le brouillard enveloppera et cachera les lacs et les volcans bien plus souvent qu’en été, et les caprices de l’Atlantique peuvent parfois paralyser les liaisons aériennes et maritimes pendant plusieurs jours. Prenez votre temps.

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    Arrivée d’une nappe de brouillard sur les pentes de Pico

    Se rendre aux Açores

    Les Açores se trouvent à mi-chemin entre l’Europe et l’Amérique, au beau milieu de l’océan Atlantique. Aucun vol direct ne les dessert depuis la France : tous les vols, assurés par les compagnies régulières portugaises, TAP (la compagnie nationale) et SATA (la compagnie des Açores), passent par Lisbonne ou Porto. Sachez que vous avez la possibilité de choisir un « stopover » dans l’une de ces deux villes et d’y rester jusqu’à trois nuits sans surcoût. La TAP propose cette option stopover pour tous ses vols à destination de l’Afrique, du Brésil et de l’Amérique du nord. Cela peut être une belle occasion de découvrir Lisbonne, dont je suis amoureuse.
    Si vous habitez Londres, Bruxelles, Munich ou Francfort, vous trouverez des vols directs vers les Açores, y compris avec des compagnies low-cost proposant des billets à des prix défiant toute concurrence.

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    Arrivée en avion sur Horta

     

    Découvrez les Açores
    A la limite de trois plaques tectoniques (Europe, Afrique, Amérique), des confettis de feu au milieu de l’océan

    Se déplacer aux Açores – vols et ferrys inter-îles  

    Les Açores comptent 9 îles, organisées en trois groupes :

    – Tout à l’est, les îles orientales : Sao Miguel, la plus grande île et la capitale économique, et Santa Maria

    – Tout à l’ouest, les îles orientales : Corvo et Flores

    – Au milieu, les îles centrales : Graciosa, Terceira, Sao Jorge, Faial et Pico.

    Au sein de chaque groupe, les déplacements inter-îles se font par ferry, via la compagnie Atlanticoline. Aller de Corvo à Flores, de Pico à Faial ou Sao Gorge, de Sao Miguel à Santa Maria, dure environ trente minutes.
    D’un groupe d’îles à l’autre, il faudra en revanche prendre l’avion. C’est SATA, la compagnie des Açores, qui assure les déplacement inter-îles. Les prix varient selon le trajet et la saison.
    Gardez en mémoire que les passages d’une île à l’autre sont chronophages, surtout lorsqu’on change de groupe – ne prévoyez pas trop d’îles, ou restez longtemps.

    Découvrez les Açores.
    Les neuf îles de l’archipel des Açores

    Quelle île choisir aux Açores ?

    Les îles orientales :

    Sao Miguel est incontournable : c’est à raison la plus touristique (ce qui reste tout à fait acceptable aux Açores), célèbre pour ses paysages volcaniques de toute beauté, ses sources d’eau chaude, ses caldeiras et ses lacs aux couleurs incroyables, enchâssés au milieu des cratères moussus. Elle compte aussi quelques très belles plages, même si la véritable île balnéaire est sa petite sœur Santa Maria, qui peut se vanter d’abriter la plus belle plage des Açores.
    De nombreux voyageurs choisissent de ne voir que Sao Miguel, et d’y rester une semaine, ce qui est tout à fait possible : l’île est magnifique, beaucoup disent qu’elle est la plus belle. Le Lagoa do Fogo, les lacs de Sete Cidades, les jardins et les sources d’eau chaude de Furnas, les plantations de thé de la côte nord, autant de visions d’une beauté inouïe, comptent parmi mes plus beaux souvenirs.

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    Paysages de Sao Miguel

     Mais pour les amateurs de vraie solitude, de paysages sauvages et intacts, Sao Miguel sera déjà trop urbanisée : c’est la seule qui soit traversée par des autoroutes, la seule où on trouve un centre commercial géant et un McDonalds (à Ponta Delgada, la capitale économique des Açores). Mon conseil serait le suivant : voyez Sao Miguel, absolument, mais ne voyez pas que Sao Miguel. Faites un tour sur l’une des îles centrales ou occidentales, plus authentiques. Même si Sao Miguel était appelée à devenir une destination de masse, les petites cousines lointaines resteront préservées plus longtemps.

    Mon hôtel coup de coeur à Sao Miguel : Furnas Boutique Hotel, un spa extraordinaire au coeur des fumerolles et des sources chaudes de Furnas, où on se baigne dans les eaux thermales dans une piscine noire, à deux pas des jardins merveilleux de Furnas où les plantes croissent à la folie. Le restaurant est fabuleux.

    Les îles centrales :

    Des cinq îles qui forment le cœur des Açores, j’ai vu Faial et Pico.

    Pico, le point culminant de l’archipel, est l’île noire, traversée par les grandes coulées du volcan qui lui a donné son nom. Le Mont Pico s’élève à 2351 mètres, et son ascension (relativement difficile) offre une vue surplombante sur toutes les îles centrales. A l’ouest, la Gruta das Torres est un fabuleux tunnel de lave qui ouvre les entrailles de la terre aux visiteurs. Pico est aussi célèbre pour sa culture de la vigne unique au monde, dans des casiers de basalte qui quadrillent les collines, dessinant un paysage rare, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Pico est la plus sauvage, la plus brute et authentique des îles que j’ai visitées.

    caldeira du Pico, Açores
    Au sommet du Mont Pico, à 2351m. Un deuxième sommet s’est formé au sein de la caldeira au 18e siècle.

     

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    Entrée du tunnel de lave de Grutta das Torres

    Faial a été mon vrai coup de cœur, mon île préférée. Sa capitale est la petite ville d’Horta, port de légende des navigateurs du monde entier depuis des siècles, où on respire l’atmosphère des ailleurs et des aventures maritimes comme nulle part ailleurs. Sa caldeira est enchanteresse, sa côte découpée, fascinante, et c’est elle qui abrite le plus incroyable des volcans des Açores : le Capelinhos, sorti des eaux en 1957, au terme d’une éruption monumentale. Faire le tour de Faial en bateau, rencontrer une famille de cachalots et un banc de dauphins, admirer le Capelinhos rouge sang depuis la mer, restera un de mes plus beaux souvenirs des Açores. Qu’est-ce qui manque à Faial pour être parfaite ? Ses lacs ne sont pas aussi spectaculaires, aussi somptueux que ceux de Sao Miguel…

    Mon hôtel coup de coeur à Horta : la Pousada Forte da Horta, sublime forteresse historique transformée en hôtel raffiné, avec un décor qui rappelle l’époque des conquistadors, et une vue époustouflante sur le volcan Pico, sur l’île d’en face. Cet hôtel de luxe incarne à merveille la grande tradition de l’hospitalité portugaise.

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    Mur de fresques de marins dans le port mythique d’Horta

     

    Horta, Faial, Açores
    Vue sur la belle ville d’Horta

     

    Capelinho, Faial, Açores
    C’est vu de la mer que le Capelinho de Faial révèle sa couleur rouge sang stupéfiante.

    J’ai beaucoup regretté de ne pas voir Terceira, la plus historique et culturelle de toutes, dont le port, Angra do Heroismo, a joué un rôle clef dans l’histoire du Portugal et des grandes découvertes, et à qui  sa préservation exceptionnelle a valu l’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO.

    La belle Graciosa semble mériter son patronyme. Elle est célèbre pour sa Furna do Enxofre, énorme dôme de lave rouge.

    Sao Jorge promet panoramas spectaculaires, entre côtes découpées, falaises abruptes et pâtures immenses. Depuis Pico, où je l’admirais au loin, elle me semblait infiniment verdoyante. « La plus belle île est toujours celle d’en face ».

    Mes regrets me feront revenir aux Açores – et notamment dans les îles occidentales.

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    Lever du jour à Pico

    Les îles occidentales

    Sentinelles des Caraïbes, dernier bastion européen déjà séduit par le nouveau monde, les îles occidentales tendent les bras au Brésil et aux Antilles. que faire aux Açores blog choses à faire aux Açores

    On dit de Flores qu’elle est la plus tropicale, la plus luxuriante, traversée de cascades et d’arcs en ciel, envahie par les fleurs, surplombée par des orgues de basalte envahies par la végétation. Beaucoup d’Açoriens font d’elle le joyau de la couronne, la nomment la plus belle de toutes. Il paraît que ses lacs rivalisent avec ceux de Sao Miguel, que leurs couleurs sont plus folles encore. Elle est celle qui me fera revenir, je le jure. Et je ne manquerai pas de faire la traversée vers sa petite sœur Corvo, qui compte une des caldeiras les plus spectaculaires de l’archipel. Les neuf îles qui émergent du lac, au fond du cratère, sont comme un miroir des Açores toutes entières, et reflètent dans l’œil du ciel ébloui leur infinie beauté.

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    Colonnes de basalte à Faial

    Vous ai-je convaincu(e) ? Si oui, alors n’hésitez pas, inscrivez-vous à la newsletter pour ne pas manquer la suite de mes aventures.

    Restez encore avec moi au Portugal : je vous emmène voir les vagues géantes de Nazaré, le spectacle le plus fou de ma vie ! 

     

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    Rêver face à l’océan… Explorez le Portugal avec Itinera Magica, blog de voyage passionné. 

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  • Sur les traces des vikings en Islande

    Vikings en Islande
    Islande, terre de la démesure. Les glaciers ont tranché des fjords noirs de jais dans les murailles de lave, l’eau brûlante et les fumerolles sulfureuses jaillissent du sol, les éruptions volcaniques scandent le quotidien de l’île où la nature ne semble connaître aucune limite à sa créativité. A terre de légende, peuple de légende : l’Islande est le pays des Vikings, et les Islandais sont immensément fiers de leur ascendance héroïque. J’ai voulu suivre leurs traces dans la péninsule de Snaefellsnes, à Oddi, et au fabuleux Viking Café de Stokknes. A vos drakkars, c’est parti.

    L’Islande est le pays des vikings. Partez sur les traces du peuple légendaire du nord, entre histoire et légende. Découvrez les lieux mythiques, l’exotique Viking Café, la forteresse Borgavirki, la péninsule de Snaefellsnes, et bien d’autres endroits magiques qui évoqueront l’héritage des vikings en Islande.
    Bienvenue au pays des vikings.

    Les Vikings, un peuple de légende

    Autour du 9e siècle de notre ère, des hommes sont partis de Norvège, et ont pris la mer vers des contrées inconnues. Certains étaient en exil, chassés de leur pays pour avoir cherché querelle au jarl (roi). D’autres étaient en quête de nouvelles terres. D’autres enfin, étaient juste de la race des fous qui changent le monde – des illuminés en quête de la terre promise. On a appelé tous ces pionniers les Vikings. Ces hommes étaient des navigateurs hors pair, dotés d’une maîtrise de l’océan unique à leur époque. Leurs bateaux rapides et taillés pour la haute mer, leurs instruments astronomiques rudimentaire et leur instinct inouï de marin leur ont permis de conquérir le monde, de découvrir l’Amérique et de porter leurs bannières jusque dans l’empire byzantin. vikings en Islande

    L’Islande est le pays des vikings. Partez sur les traces du peuple légendaire du nord, entre histoire et légende. Découvrez les lieux mythiques, l’exotique Viking Café, la forteresse Borgavirki, la péninsule de Snaefellsnes, et bien d’autres endroits magiques qui évoqueront l’héritage des vikings en Islande.
    Jusqu’au pays des icebergs, les vikings ont porté leurs drakkars. (Ici : lagune glaciaire de Jökulsarlon, au sud de l’Islande. Plus de photos dans le prochain article !)
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    Reconstitution de la proue d’un drakkar et d’un instrument de navigation viking. Musée de la colonisation de l’Islande à Borgarnes

    Dans l’histoire de l’humanité, la plupart des hommes en quête d’ailleurs mettent cap au sud. Ils vont chercher les températures clémentes, les mers chaudes, les fruits qui s’offrent aux mains tendues. Pas les Vikings qui ont découvert l’Islande. Eux ont mis cap plein Nord, vers la haute mer grise et glaciale, où les langues de l’Arctique prolongent les hivers. Ils ont trouvé une île perdue au milieu de nulle part, loin de toutes les terres habitées ; une île terrifiante, recouverte de glaciers et de magma, où le sol béant crachait le feu et où le règne du froid semblait sans fin. Ils l’ont nommée Snaeland, terre de neige, puis Island, terre de glace. Et ils y sont restés. vikings

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    Peut-être connaissez-vous la fabuleuse chanson de Led Zeppelin, The immigrant song ? « Nous venons du pays du feu et de la glace, du soleil de minuit et des sources chaudes… » A écouter impérativement pendant un road trip en Islande !
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    Les fjords de l’est, où les vikings ont touché terre
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    Au village viking de Stokksnes

    en Islan

    Islande, le pays des sagas

    Dès les débuts de la colonisation, des écrivains ont consigné jour par jour l’histoire incroyable de ces hommes qui choisissent de rendre l’enfer hospitalier. Peu de peuples possèdent des témoignages aussi précis des premiers temps de leur histoire. Noircissant des pages et des pages, les chroniqueurs ont rédigé les sagas, ont raconté la conquête de l’île, les obstacles et les disputes, les luttes de pouvoir et l’établissement de l’Etat, les vies des Dieux et des hommes. Le Livre des Islandais, la saga d’Egil, la saga de Njall le brûlé, et bien d’autres encore, sont un patrimoine culturel inestimable, un témoignage vivant de la vie des Islandais d’il y a mille ans.

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    Manuscrit médiéval islandais. Source de l’image. Vous trouverez aussi un fabuleux article sur les sagas sur le blog Toute l’Islande, avec des images de manuscrits.

    Parfois le mythe et l’histoire se confondent. On évoque des monstres, des héros aux forces surnaturelles, une nature complice, des forces cachées dans les sources et les volcans. Mais qui osera prétendre que les chroniqueurs mentent ?
    Je l’écrivais dans mon premier article sur l’Islande. J’ai toujours pensé que pour l’homme soudain mis face à la démesure et à l’incroyable, le surnaturel était la dernière clef qui permette d’apprivoiser le monde. Imaginez un pays où, six mois par an, le soleil ne se lève que quelques heures par jour, rôdant tout près de l’horizon comme un œil pâle épiant les hommes frigorifiés, et ne se couche presque jamais durant l’été, baignant sans cesse les paysages de cette lumière extraterrestre qu’on nomme soleil de minuit. Imaginez un pays dont le cœur est constitué d’un gigantesque glacier, transpercé de grottes translucides et de moraines profondes, et dont la bouche froide s’ouvre sur une lagune où des blocs de glace dérivent le long des eaux bleutées. Imaginez un pays où le sol s’ouvre soudain béant et crache un geyser de près de quatre-vingt mètres de haut, où de l’eau brûlante bouillonne au fond des cratères rouges, où les sources sentent le souffre, où la fumée sort du sol, et où les éruptions volcaniques sont si titanesques qu’elles peuvent paralyser le ciel européen pendant des semaines. Imaginez des canyons creusés par des millénaires de glaces, des landes de lave noire, des étendues qui semblent refléter la surface de la Lune ou de la planète Mars, le ciel d’hiver embrasé par les miroitements des aurores boréales, comme les voiles d’un vaisseau fantôme glissant parmi la solitude infinie de ces paysages déserts, où on peut rouler des heures à travers l’incroyable sans jamais rencontrer âme qui vive. Ne seriez-vous pas enclin, vous aussi, à peupler un tel pays de créatures fantasmagoriques, de le croire au cœur d’une lutte acharnée entre les forces du bien et du mal, d’y voir la clef des mondes, la porte magique à travers laquelle on passe d’une sphère à l’autre, et touche aux royaumes des elfes, des fées, des nains, des morts et des Dieux ?

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    Le genre de choses qui font partie du quotidien en Islande, pays surnaturel par excellence.

    Le fantastique est peut-être la seule façon possible de raconter l’Islande.

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    Carte de l’Islande par Abraham Ortelius, autour de 1590. Elle est représentée environnée de monstres terribles. J’ai vu la carte au musée de la colonisation de Bogarnes. Source de cette image : Wikipedia.

    Les fjords de l’Est, où les vikings ont touché terre

    Arrivant de Norvège, les Vikings ont pour la première fois touché terre à l’Est de l’Islande, dans ces paysages de fjords sublimes qui ont dû leur évoquer leur pays natal. La tempête les avait amenés au bord du naufrage, et ils arrivaient épuisés, affamés, perdus, sans savoir si leur navire fracassé par les lames de l’Atlantique nord les amènerait à la terre ferme. Soudain une île apparut. Ce fut l’Islande.

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    Fjords de l’est.
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    La route qui mène du sud à Egilstadir.
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    Barque de pêcheur abandonnée au bord du fjord

    Un peu plus au sud, ils découvrirent ensuite les glaciers immenses, le Vatnajökull qui recouvre un tiers de la surface de l’île, les langues d’outre-monde qui rampaient entre les pierres. La glace, c’était le néant absolu, le symbole de l’inhumain. Dans ces étendues infinies de diamant fatal, on quittait la terre des hommes et pénétrait le pays des monstres. Islande, pays de glace.

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    Nous poursuivons le chemin à notre tour.

    Le Viking Café, sur la péninsule de Stokksnes

    Au sud-est de l’Islande, pas très loin de ce premier abordage, on trouvera une péninsule que la plupart des guides touristiques mentionnent à peine : Stokksnes. Elle restera pourtant un des plus beaux souvenirs de mon voyage. Une chaîne de volcans striés d’or et de suie projette ses cônes fantastiques sur les nuages qui les défient ; à leurs pieds, d’immenses étendues de sable noire portent le témoignage de leurs colères d’autrefois. La mer a dessiné des baies rondes et herbeuses dans ces morceaux de bout du monde, où les mouettes et les sternes arctiques tournoient au-dessus des talus.

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    Sublime Stokksnes
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    Chevaux islandais

    Dans ce paysage grandiose, un homme est venu bâtir un rêve. Amoureux des légendes de son pays et de l’histoire fabuleuse des Vikings en Islande, il a construit un village de l’an 1000, avec ses toits de tourbe, sa palissade de pieux tranchants, et toutes les fantaisies que lui inspiraient le cinéma : cachots, douves, donjon. Il espérait le vendre un jour à Hollywood. Huit ans plus tard, son vœu a été exaucé : un film à grand spectacle sur les Vikings en Islande devrait être y être tourné l’année prochaine. Chez les Vikings comme partout ailleurs, il faut croire en ses rêves. vikings en Islande

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    Village viking au fond du fjord
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    Comme vous pouvez le constater, nous nous sommes mis dans l’ambiance
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    Maisons au toit d’herbe, comme au Moyen Âge
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    Demeure ornée de Dieux scandinaves
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    Le guerrier rentre au village
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    Maison du chef

    L’endroit se nomme le Viking Café. On peut y camper et y manger des muffins. Les Vikings sont finalement devenus très accueillants.

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    La plupart du temps, du moins.

    vikings en Islande

    Info pratique : comment trouver le Viking Café ? Lorsque vous prenez la route circulaire 1 dans le sens sud nord (Vik => Jökulsarlon => Egilsstadir), vous trouverez la route vers Stokknes quelques kilomètres après l’embranchement vers Höfn (que vous ne prendrez pas !) et peu avant le tunnel qui mène vers Egilsstadir. Le panneau indique « Stokksnes ». Suivez cette unique route jusqu’au Viking Café. L’entrée coûte 5 euros et vous permet d’accéder au village et au bout de la péninsule, où vous verrez peut-être des phoques sur une grande plage de sable noir. La beauté du site naturel vaut le détour. vikings en Islande

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    Une dernière photo de mon viking favori.
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    Guerrier viking de Stokksnes

    Oddi, où a grandi Snorri Sturluson

    Peut-être avez-vous, comme moi, grandi en lisant Thorgal et en vous passionnant pour le panthéon nordique. Peut-être avez-vous rêvé au char doré de Freya, la déesse de l’amour, tiré par des chats, à Yggrasil, l’arbre des mondes aux neuf portes, aux royaumes des elfes et de la brume, à l’effondrement du Walhalla, à la lutte entre Ases et géants, à l’or des nains et à celui que cache l’arc-en-ciel, aux walkyries et aux ruses de Loki. On doit la transcription des légendes du panthéon nordique à un immense érudit islandais du 12e siècle, Snorri Sturluson, souvent qualifié « d’Homère du Nord », qui a écrit l’histoire des Dieux dans son Edda. J’ai voulu voir le lieu où il est né : Oddi, qui fut pendant tout le Moyen-Âge un immense lieu de rayonnement de la culture islandaise, l’école des grands écrivains. Il ne reste rien aujourd’hui des murs où Snorri appris à enchanter le monde. Juste une jolie église où j’ai entendu un vieux pasteur jouer la marche nuptiale, seule au milieu des tombes couvertes de mousse. Saviez-vous que sa mélodie était tirée de l’opéra Lohengrin, de Wagner ? Entendre Wagner sur les terres de l’Edda : la boucle était pour moi bouclée.

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    Eglise d’Oddi

     vikings en Islande

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    Eglise d’Oddi

    Je n’ai hélas pas eu le temps d’aller à Reykholt, où Snorri Sturluson finit sa vie assassiné tout près de la source d’eau chaude où il aimait se baigner. Si vous y êtes allés, racontez-moi…
    Je me suis consolée en m’arrêtant à Lita Hof, où subsiste une des dernières églises en toit de tourbe d’Islande.

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    Eglise de Lita Hof.
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    Village de Lita Hof.

    La forteresse de Borgarvirki, sur la péninsule de Vatnses

    Au nord de l’île, la petite péninsule de Vatnses abrite un lieu de conte gothique, un lieu hanté par la lave et le sang : Borgarvirki. Cette citadelle de basalte, façonnée par la furie des volcans, semblait destinée par la nature à servir de forteresse aux humains belliqueux. Lieu stratégique lors de la colonisation de l’Islande, Borgarvirki fut le témoin d’un long siège et de nombre de machinations épiques. C’est un cœur noir qui bat sous la pluie, un cercle de fantômes brumeux. Le lieu dégage une puissance d’ordre mystique.

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    Borgarvirki, vue dans un véritable ouragan de pluie glaciale, m’a inspiré ces clichés très gothiques…
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    Borgarvirki dans la brume

    A quelques pas de là, le célèbre rocher Hvitserkur se dresse dans la mer grise. On raconte qu’il s’agit d’un troll ulcéré par le son des cloches d’une église avoisinante, et qui s’était déterminé à la détruire en pleine nuit. Surpris par les premiers rayons du soleil, son courroux s’est figé à tout jamais, et les voyageurs viennent admirer sa silhouette trapue et renfrognée que narguent les mouettes.

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    Hvitserkur, le troll courroucé

    Snaefellsnes, là où les Vikings se sont installés

    Tout à l’Ouest de l’île, comme projetée vers le Groenland et l’Amérique, la péninsule de Snaefellsnes est un haut lieu de l’histoire islandaise. C’est d’ici qu’Erik le Rouge est parti conquérir le Vinland autour de l’an 1000, un demi-millénaire avant Christophe Colomb : les premiers bateaux sur le sol américain furent des drakkars, et non des caravelles. Tout au bout de la péninsule, au bord de falaises de basalte envahies d’oiseaux qui nichent au milieu des colonnes noires, on peut se tenir au bord du vide, à mi-chemin entre l’Europe et l’Amérique, et rêver à ces voyages extraordinaires. vikings en Islande

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    Au bout du monde connu.
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    Grotte de basalte envahie d’oiseaux, entre Hellnar et Arnarstapi
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    Djupalonssandur, plage de lave
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    Dritvik, paysage cosmique

    C’est à Snaefellsnes que les premiers habitants de l’Islande établirent leurs fermes et leurs villages, dont le célèbre Grani, un des plus célèbres colons, et on nomme souvent Snaefellsnes « la péninsule des sagas ». Peu de lieux sont aussi riches de sens pour l’histoire ancienne de l’Islande, peu de lieux portent autant la marque des légendes qui font battre le cœur de l’île. A Borgarnes, le musée de la colonisation retrace l’histoire de ces premiers Islandais, évoque leurs voyages et leurs vies, entre guerres, politique et agriculture. Une des sagas les plus célèbres, la saga d’Egil, a pour lieu la péninsule de Snaefellsnes – l’exposition sur Egil au musée tient lieu de guide viking pour découvrir ces paysages. vikings en Islande

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    Plage de sable blond constellée de magma, un spectacle étrange
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    Beauté de Snaefellsnes

    Tout Snaefellsnes est baigné de légendes, comme celle du troll Bárðar, qui serait le premier habitant du glacier Snaefellsjökull. Ce volcan recouvert de glaces et de brumes n’a jamais cessé d’inspirer les écrivains : Jules Vernes y a placé le puits qui mène au centre de la Terre. A Arnarstapi, deux monuments rendent hommage à l’imagination, et Bárðar fait face à Jules Vernes sur cette contrée où on sait que l’invisible gouverne toute chose. On dit que des colonies de trolls et d’elfes se sont établies ici, et que les arches de lave sont leur église. Qui n’abdique pas sa raison face à l’évidence du merveilleux ne comprendra jamais vraiment l’Islande. Snaefellsnes ouvre les portes. vikings en Islande

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    La cathédrale des elfes à Arnarstapi, sous les rochers couverts de mousse
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    Villes d’Europe et du monde, distance estimée en passant par le centre de la Terre. Pourquoi Stromboli ? Dans le Voyage au centre de la Terre de Jules Verne, les héros y émergent au terme de leur périple infernal – une éruption du Stromboli les projette sur les plancher des vaches.
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    La statue du troll Bardar à Arnarstapi

    Parce que le fantastique est la seule langue adéquate pour évoquer l’Islande, cette terre hors du monde, la saga n’a jamais pris fin. Après les sagas médiévales, après les aventures de Jules Vernes, Game of Thrones a aujourd’hui pris possession de l’imaginaire islandais. Ne pourrait-on pas qualifier cette épopée haletante d’Odyssée ou d’Edda de notre temps ? Après celles des vikings, j’ai voulu suivre les traces de Jon Snow.

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    L’Islande est le pays des vikings. Partez sur les traces du peuple légendaire du nord, entre histoire et légende. Découvrez les lieux mythiques, l’exotique Viking Café, la forteresse Borgavirki, la péninsule de Snaefellsnes, et bien d’autres endroits magiques qui évoqueront l’héritage des vikings en Islande.
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  • Les plus belles cascades d’Islande

    Les plus belles cascades d’Islande
    S’il est un territoire qui mérite d’être nommé « pays des cascades », c’est incontestablement l’Islande. Sur l’île des sagas et des légendes, posée en lisière du cercle arctique, elles se comptent par milliers. Le combat perpétuel entre les glaces boréales et le feu des volcans crée le décor parfait pour une féerie aquatique sur les reliefs escarpés des montagnes de lave, et leur variété et leur beauté est telle qu’il est impossible de se lasser. Voici un tour d’horizon – non exhaustif ! – des plus belles cascades d’Islande.

    L'Islande est le pays des cascades. Découvrez les plus belles cascades d'Islande sur le blog de voyage Itinera Magica.
    Islande, pays des cascades. Ici : Seljalandsfoss

    J’ai découvert l’Islande à l’âge de onze ans – je vous le raconte ici – et ce fut un enchantement sans pareil. Volcans en ébullition, geysers, glaciers, chevaux aux couleurs innombrables, tout conspirait à marquer à jamais mon imagination. Mais ce qui m’a le plus séduite, ce furent les cascades. J’ai rempli des pages et des pages vantant leur rugissement, leur opiniâtreté à se précipiter dans l’abîme, le spectacle hypnotique du point où l’eau bascule et devient tonnerre. Ce fut le début d’une passion qui ne s’est jamais démentie.

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    Les sublimes cascades du canyon Fjaðrárgljúfur

     

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    La puissance de Dettifoss

    Mon retour en Islande, seize ans plus tard, avait donc des allures de pèlerinage. C’est ici que tout a commencé – c’est un retour à mes premières amours. Mon tour de l’île s’est donc transformé en tournée des cascades.

    Carte des plus belles cascades d’Islande

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    Carte des plus belles cascades d’Islande. Vous l’aurez compris, Foss signifie cascade en islandais.

     

    Dettifoss, puissance et furie

    Si vous n’avez pas encore succombé à la fascination des cascades, et que vous rêvez d’une entrée en matière tonitruante, Dettifoss vous promet d’assurer le spectacle. Avec un débit incroyable de 200 mètres cube par seconde, elle est la plus puissante des cascades d’Europe. C’est une vision dantesque, une expérience hypnotique que de suivre des yeux l’explosion d’eau blanche qui se réverbère dans tout le canyon noir de la rivière Jökulsa, que les glaciers des hautes terres chargent de sédiments volcaniques. Ce cours d’eau mythique, qui naît dans les tréfonds bleutés du Vatnajökull, court sur plus de deux cent kilomètres dans cette gorge de lave. L’idée me donne le vertige : une éruption d’une ampleur indescriptible a couvert ces paysages d’un océan de magma, puis la glace a fendu le feu, cisaillé la roche fondue, et dessiné ces paysages d’apocalypse. La Jökulsa, fille de cette lutte titanesque, c’est l’Armageddon fait géologie, le Ragnarök en circuit touristique. Et Dettifoss est la plus terrible de ses rejetons. Dettifoss est violente, impitoyable. Personne ne survivrait à sa lame de guillotine, au massacre des rochers stoïques par l’eau déchaînée. Dans la lumière rasante du soir, le fleuve semble se changer en lave, et un déluge de feu entraîne le regard au fond du neuvième cercle des enfers –là où l’horreur se change en beauté.

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    Dettifoss.

    Dettifoss est située au nord de l’île, sur le circuit qu’on appelle « le cercle de diamant ». On y accède par une piste longue d’une trentaine de kilomètres qui se détache de la route circulaire, et qui est bien indiquée. A proximité, sur la même rivière, vous trouverez deux autres chutes, Selfoss et Hafragilsfoss.

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    Rêvant à d’anciennes légendes…

     

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    Puissance brute

    Seljalandfoss et les trésors des sagas

    Plus jeune, quand je me plongeais dans les légendes nordiques, j’étais obsédée par le mythe du trésor caché derrière la cascade, là où jaillit l’arc-en-ciel. Rares sont les chutes d’eau qui vous ouvrent leurs chambres secrètes, derrière le rideau blanc. C’est ce qui rend Seljalandfoss irrésistible. Ruban qui tombe au milieu d’une débauche de mousse et de verdure, Seljalandfoss se contourne et se laisse contempler de l’intérieur, réalisant un rêve de petite fille. Ce fut une de mes préférées.

     

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    La cascade des fées

     

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    Au milieu des fleurs sauvages

     

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    Derrière Seljalandsfoss

    Seljalandfoss est accessible facilement depuis la route circulaire, d’où on la voit apparaître de loin. Si vous continuez un petit peu plus loin sur le sentier qui y mène, vous découvrirez une deuxième cascade, cachée.

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    Seljalandsfoss aperçue depuis la route 1.

    Skogafoss, l’élégance faite cascade

    L’une des plus célèbres cascades d’Islande, Skogafoss, séduit par sa forme parfaite. Un long rideau blanc uniforme évoque la chevelure d’une créature sylvestre venue se peigner au-dessus des eaux. C’est la cascade de carte postale par excellence, gracieuse et invitant au coup de pinceau.

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    Skogafoss

    Skogafoss est située à Skogar, sur la route circulaire. On y accède directement et facilement. Un escalier permet d’accéder à un beau point de vue au-dessus de la cascade. C’est le point de départ du Fimmvörðuháls, le trek le plus célèbre du sud de l’Islande, qui mène jusqu’à Þórsmörk, la « vallée des Dieux ». En remontant le cours de la rivière Skoga, on tombe sur une succession infinie de cascades fabuleuses. Je rêve de retourner en Islande et de faire cette randonnée – vous en trouverez des photos magnifiques ici, sur le blog Randozone. (Surtout qu’eux, ils ont eu du soleil…)

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    Au dessus de Skogafoss

     

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    Soleil d’hiver et ma cousine Ambre devant Skogafoss – photo par ma tante Florence.

    Goðafoss, le crépuscule des dieux

    Goðafoss, « la chute des dieux », doit son patronyme wagnérien à un évènement tout aussi digne de figurer dans un opéra romantique. En l’an 999, la guerre entre païens et chrétiens fait rage sur la terre islandaise, et les adorateurs du Dieu unique gagnent du terrain face aux adeptes de Thor, Freya et Odin. Comme chaque été, l’Alþingi, le parlement islandais, se réunit dans les terres du sud, et doit trancher la pomme de discorde. Thorgeir, un chef respecté de tous, lui-même païen, est chargé de déterminer quelle sera la religion de l’Islande. Durant toute une nuit, il médite, caché sous une fourrure de bête. A l’encontre de ses propres convictions, il décide que l’Islande deviendra chrétienne, mais que les païens pourront continuer à vénérer leurs divinités en secret. Thorgeir retrouve sa ferme au nord de l’île, au terme d’un long voyage, se saisit de toutes les statues des dieux, et les précipite dans la cascade. Le sort des Ases est scellé par les eaux bouillonnantes. Rideau.

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    Sublime Godafoss

    Il y a seize ans, Goðafoss fut ma première cascade islandaise. Elle reste spéciale à mes yeux.

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    Moi à onze ans devant Godafoss.

    Goðafoss est située sur la route circulaire, dans le nord, juste avant l’embranchement pour Husavik. Elle est d’accès facile.

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    Godafoss, si séduisante

    Gullfoss, la « chute dorée »

    Au palmarès des plus belles cascades d’Islande, Gullfoss se retrouve souvent en haut du podium. Elle doit son nom aux caresses chromatiques que le soleil couchant lui prodigue, aux arcs-en-ciel qui s’élèvent au-dessus de ses escaliers irisés, comme autant de ponts vers le pays magique d’Asgard. Malheureusement, j’ai vu Gullfoss sous une pluie battante, qui éteignait complètement son charme mythologique. (Comme 90% de mes cascades islandaises cette fois-ci, hélas. La proximité du cercle Arctique se paie chèrement.)

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    Arrivée vers Gullfoss

     

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    Retour en pélerinage

     

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    Gullfoss dans la tempête de pluie

    Les photos prises par ma mère il y a seize ans, par un jour radieux, me disent que je n’ai pas rêvé.

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    Gullfoss sous le soleil – véritablement une des perles d’Islande

    Kirkjufellsfoss, cascade et volcan télégénique

    Si vous avez vu La vie rêvée de Walter Mitty, vous vous souvenez sans doute de la scène où il passe en skate-board devant un volcan islandais à la forme conique parfaite, coiffé d’un nuage facétieux – l’ensemble lui donne un air de dessert alambiqué, sorbet et barbe à papa. C’est le Kirkjufell, un des emblèmes de la péninsule de Snæfellsnes, à l’Ouest de l’île, et il règne sur le beau fjord de Grundarfjörður. De l’autre côté de la route s’élèvent les chutes de Kirkjufellsfoss, qui n’ont en soi rien de particulièrement spectaculaire (au pays des cascades, le niveau est très élevé), mais qui permettent de composer le poster islandais parfait : volcan et cascade.

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    Kirkjufellsfoss (photo prise à minuit, entre deux orages ! ce voyage fut épique)

    Kirkjufellsfoss est située en dehors de la route circulaire, sur la péninsule de Snæfellsnes, mais d’accès facile. Avec ses plages de sable noir, ses falaises couvertes d’oiseaux, et son histoire riche en mythes (la colonisation de l’Islande a commencé ici), cette région située à moins de deux heures de Reykjavik mérite d’être découverte.

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    Au milieu de la nuit, le lieu se vide enfin…

    Svartifoss, la chute noire

    Tout au sud de l’Islande, le parc de Skaftafell est la terre des grands désastres. Plusieurs fois au fil de l’histoire torturée de l’île, des éruptions volcaniques monumentales ont causé la fonte éclair des glaciers, et la côte a été submergée par des inondations glaciaires dont nous ne pouvons même pas imaginer l’ampleur. Ce fut un déluge biblique, la montagne toute entière qui s’abat sur la plaine, glace, roches et sables qui déferlent sur des centaines de kilomètres à la ronde, et ravagent toute vie. Autrefois, il y eut ici des plaines, des fermes, de l’herbe verte – maintenant, ce sont des sandar à perte de vue, des étendues de sable glaciaire jusqu’à la mer désertée. Svartifoss est une fille du volcan : elle coule au milieu de colonnes de basalte noir, témoignage saisissant de l’éruption. Une petite randonnée de deux heures environ permet d’y accéder depuis le parking du parc de Skaftafell (situé sur la route circulaire).

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    Svartifoss

    C’est une jolie cascade, mais… si vous aimez les orgues de basalte, le grand spectacle cosmique, sachez que Svartifoss a une grande sœur plus sublime, plus fascinante encore : Aldeyjarfoss.

    Aldeyjarfoss, celle qui a conquis mon cœur

    Je vous ai promis les plus belles cascades d’Islande, me demanderez-vous d’élire une reine ? Alors je placerai la couronne sur la tête écumante d’Aldeyjarfoss. J’ai été sidérée, profondément émue par la beauté extraterrestre de cette cascade désolée, perdue au milieu des hautes terres.

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    Aldeyjarfoss, ma reine des cascades

     

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    Colonnes de basalte

    Imaginez quitter la route circulaire au niveau de Goðafoss, et vous engager sur une piste mythique : la Sprengisandur. A l’époque médiévale, la Sprengisandur était la seule route qui traversait l’île du nord au sud, passant au cœur des montagnes. Mais c’était un chemin infiniment périlleux, dont nombre ne revenaient jamais. A perte de vue, l’horizon ne révèle que laves et sables, un paysage d’une désolation sans nom, du magma à perte de vue, ravinés par des crevasses effroyables, et ni arbre, ni herbe, ni rien qui soutienne la vie des hommes et des bêtes. Au cœur du Sprengisandur se creuse le cratère vermillon et bleu du volcan Askja, où les astronautes américains vinrent s’entraîner avant de partir pour la Lune. C’est vous dire ce qu’évoquent ces paysages : le néant absolu. Un infini de roche couleur sang. Dans le nom « Sprengisandur », on lit le mot « sable », mais aussi un vieux verbe qui signifie « faire galoper son cheval jusqu’à la mort ». Perdus au cœur des hautes terres, nombre de guerriers n’en réchappaient pas, et les sagas disent leur complainte.

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    Paysages désolés du Sprengisandur

    Aujourd’hui, la Sprengisandur est une piste qui n’ouvre qu’en été, et qui est strictement interdite aux véhicules autres que les 4×4. Nous ne l’avons pas parcourue dans son intégralité (et j’aimerais le faire un jour, aller jusqu’à Askja !), mais nous l’avons prise pour quarante kilomètres jusqu’à Aldeyjarfoss. La vue console mille fois des cahots. Le fleuve Skjálfandafljót s’est frayé un chemin entre les laves, et Aldeyjarfoss révèle la Terre dans toute sa nudité furieuse : l’eau se jette dans un amphithéâtre noir, où les orgues de basalte gigantesques révèlent toutes les ondulations de ce qui fut autrefois une monstrueuse coulée, et quand la cascade les met en mouvement, on jurerait revivre l’éruption, voir sous nos yeux la marée rouge dessiner son chemin ardent. « Spectaculaire », « fascinant » : ce sont des euphémismes. Aldeyjarfoss fut pour moi la plus magique de toutes.

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    Lave et écume

     

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    Formes incroyables du basalte

     

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    La plus noire, la plus belle de toutes

    Les cascades du canyon Fjaðrárgljúfur

    Puisque nous en sommes aux superlatifs : Fjaðrárgljúfur restera un de mes plus beaux souvenirs d’Islande. A vrai dire, les voyageurs y viennent pour le canyon féerique, et non pour ses cascades – mais à mes yeux, le plus bel endroit de tout Fjaðrárgljúfur, c’est là où les eaux l’habillent de soubresauts. C’est une gorge déchiquetée par les glaces d’antan, et recouverte de mousses, un lieu au charme infini, qui évoque aussitôt elfes, sylves, et autres archers aux oreilles pointues qu’on voit dans le Seigneur des Anneaux. En me tenant au-dessus de la double cascade qui enlace le rocher, j’ai eu l’impression d’être face à la porte des mondes – appelée à entrer dans une réalité où les hommes ont des ailes.

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    Beauté incroyable de ce canyon elfique

     

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    Canyon déchiqueté par les glaces, adouci par les mousses consolatrices

    Peu avant d’arriver au village de Kirkjubaerklaustur, en venant du sud, il faut guetter le panneau Fjaðrárgljúfur et suivre ce petit détour de quelques kilomètres.

    Les cascades anonymes

    Les cartes topographiques n’accordent le privilège du nom qu’à un nombre infime de cascades islandaises. En vérité, elles sont partout, cachées à chaque virage de la route, surgissant à la faveur de la moindre déclivité, aussi omniprésentes que les fées des contes, prêtes à enchanter le visible. En voici deux qui m’ont séduite – le soleil a sans doute joué, et leur anonymat témoigne de la profusion de beauté islandaise, le seul pays qui peut se payer le luxe de ne pas nommer de telles merveilles.

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    Quelque part dans l’Est

     

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    Jaillissant d’un fjord

    Les cascades que je n’ai pas vues

    Malgré mon acharnement à recenser les plus belles cascades d’Islande, j’ai bien dû renoncer à certaines, difficiles d’accès ou trop en dehors de notre itinéraire. Quatre d’entre elles me semblent néanmoins mériter une mention – je laisse à d’autres blogueurs et blogueuses de voyage le soin de vous les faire découvrir !

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  • De Sorrente à Amalfi, la côte divine

     Sorrente, Positano, Amalfi. La route serpente à flanc de falaise, au-dessus de la Méditerranée radieuse. Les villages s’accrochent aux pentes fleuries, comme s’ils cherchaient à se pencher le plus loin possible au-dessus de l’eau, pour y mirer le reflet de leur blancheur festonnée de bougainvilliers et de citronniers. Chaque virage, chaque belvédère est une carte postale. Beaucoup disent que cette route de Sorrente à Amalfi longe la plus belle côte d’Italie, la côte des Dieux. Grecs, Romains, Ostrogoths, Lombards, tous ont été fascinés par la beauté de ces paysages, et y ont laissé leur empreinte. Cela restera un de mes souvenirs méridionaux les plus éclatants, les plus parfaits – ce sont des moments qui vous donnent envie de vivre pour toujours.

    Sorrente, Amalfi, Positano : au sud de Naples court une des plus belles côtes du monde. Voyage en bord de la mer étincelante, à flanc de falaise, au coeur des villages couverts de fleurs.
    Positano, la perle de la côte amalfitaine

     

    Sorrente, Amalfi, Positano : au sud de Naples court une des plus belles côtes du monde. Voyage en bord de la mer étincelante, à flanc de falaise, au coeur des villages couverts de fleurs.
    Sorrente, Amalfi, Positano : au sud de Naples court une des plus belles côtes du monde. Voyage en bord de la mer étincelante, à flanc de falaise, au coeur des villages couverts de fleurs.

    A la fin du dernier article, je vous avais laissés à Pompéi, avec un crépuscule mélancolique sur les ruines antiques. Nous poursuivons désormais vers le sud, le long de la côte magique. Je passerai la nuit à Vico Equense, la porte de la péninsule sorrentine. Puis le lendemain, ce sera le chapelet de perles littorales : Sorrente, Positano, Amalfi – et au milieu, tous les petits villages ravissants dont les noms se mélangent, Praiano, Furore, Conca dei Marini. Chaque seconde est un émerveillement.
    Positano ou Amalfi ? Comment choisir entre deux paradis ?

    Sorrente, Amalfi, Positano : au sud de Naples court une des plus belles côtes du monde. Voyage en bord de la mer étincelante, à flanc de falaise, au coeur des villages couverts de fleurs.
    A Conca dei Marini, vision typique de la côte amalfitaine : mer bleue, fleurs roses, villages blancs…

     

    Sorrente, Amalfi, Positano : au sud de Naples court une des plus belles côtes du monde. Voyage en bord de la mer étincelante, à flanc de falaise, au coeur des villages couverts de fleurs.
    Petit repère géographique : au sud de Naples, on trouve tout d’abord la péninsule sorrentine (Vico Equense, Sorrente), puis plus au sud, la côte amalfitaine (Positano, Amalfi), jusqu’à la grande ville de Salerne. En face de Naples, les îles d’Ischia et Procida ; en face de Sorrente, Capri.

    Vico Equense et Sorrente

    En quittant Pompéi, je traverse le port de Castellammare di Stabia, enflammé par le soleil couchant.

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    Le port de Castellamare di Stabia, au sud de Naples

     

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    Coucher de soleil sur le kiosque.

    De l’autre côté de la baie, le Vésuve guette – le soir l’incendie d’ocre et de vermeil, comme si l’éruption recommençait déjà, et c’est une vision aussi fascinante que terrible. Je dors à l’hôtel Aequa à Vico Equense, et depuis le balcon de ma chambre, je vois le volcan sombrer dans la nuit et Naples s’illuminer. C’est une permutation cosmique entre l’ombre et la clarté, et je suis happée par cette vue hors du commun, par ces luttes célestes au-dessus du volcan. A cinq heures du matin, je mettrai mon réveil pour voir l’aurore sur Naples, le ciel empourpré, et c’est une vision à la Autant en emporte le vent, un décor peint.

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    Catalogue de ciels fabuleux depuis le balcon de ma chambre : la tombée de la nuit…

     

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    … le lever du jour…

     

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    … plein jour !

    Recouverte d’une tonnelle végétale, la terrasse de l’hôtel donne sur le vide, sur la mer si bleue, et c’est un tremplin vers les merveilles du jour. Que la vie est douce ici. Tout donne envie de ne jamais repartir.

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    Le Vésuve entre les glycines

    A quelques lacets azurés de là se tient Sorrente, la station balnéaire la plus courue de la côte. On est ici tout près de Capri, qu’on rejoint en trente minutes de ferry, tout près de Positano, qu’on gagne en voiture ou en bateau, tout près de Pompéi. Les voyageurs s’installent ici et rayonnent dans toute la Campanie. J’ai préféré dormir à Vico Equense, pour ses prix plus bas et ses vues plus spectaculaires encore sur le Vésuve. Mais je voulais voir Sorrente.

    Sorrente, Amalfi, Positano : au sud de Naples court une des plus belles côtes du monde. Voyage en bord de la mer étincelante, à flanc de falaise, au coeur des villages couverts de fleurs. Positano ou Amalfi ?
    Arrivée sur Sorrente

     

    Sorrente, Amalfi, Positano : au sud de Naples court une des plus belles côtes du monde. Voyage en bord de la mer étincelante, à flanc de falaise, au coeur des villages couverts de fleurs.
    Au coeur de Sorrente

    La région est célèbre pour ses citrons absolument monstrueux (je n’exagère pas – je n’ai JAMAIS vu des citrons de cette taille, grands comme des melons), et Sorrente semble toute entière placée sous le patronage du fruit tutélaire.

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    Les citrons de la région…

    Partout, on vend des citrons, du limoncello (liqueur de citron), du sorbet de citron, et une boisson que je n’ai goûtée nulle part ailleurs, et qui m’a totalement conquise : le jus d’orange pressée mélangé à du slushee de citron. On l’appelle granita, ou special drink, ou Sorrento drink, ou slush… Au bord des routes, au coin des rues, les marchands vous le proposent, et c’est toujours un délice. Mais le règne du citron ne s’arrête pas en si bon chemin – les façades sont jaune pâle, certains cafés proposent même des sièges en forme de glace au citron, les citrons en guirlande décorent les façades. J’ai l’impression d’avoir pénétré dans un citron géant.

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    Le fameux granita merveilleux

     

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    Sièges sorbet

    Sorrente est la ville de Torquato Tasso (en V.F. Le Tasse), immense auteur du 16e siècle, à qui on doit l’épopée de la Jérusalem délivrée. Je vais admirer sa statue au milieu des calèches qui parcourent les rues claires et gaies.

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    Statue du Tasse dans sa ville natale, Sorrente

     

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    Calèches en coeur de ville

    Mais parmi les hommes de pierre de Sorrente, la statue qui me touche le plus est celle de St François d’Assise, devant l’église qui porte son nom (San Francesco). Le mystique amoureux de la nature est représenté avec un oiseau qui prend son envol, bénissant toutes les créatures de Dieu. Le cloître de l’église, envahi par la végétation, est un havre de beauté paisible.

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    San Francesco, Sorrente

     

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    L’église au milieu des palmiers et cactus – tout ceci me rappelle tellement Palerme

     

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    Le cloître.

    La ville s’arrête sur la falaise abrupte, et au loin, par-delà les eaux étonnamment claires et vives, on devine Capri, « l’île des délices ». C’est une promesse que j’irai bientôt cueillir – mais aujourd’hui, mon chemin continue vers Positano et Amalfi.

    Sorrente, Amalfi, Positano : au sud de Naples court une des plus belles côtes du monde. Voyage en bord de la mer étincelante, à flanc de falaise, au coeur des villages couverts de fleurs.
    Sorrente penchée vers les îles

    C’est une des plus belles routes que je connaisse. Je pense à la Pacific Highway californienne, vers Big Sur, et à la Corse. Traverser ainsi la péninsule sorrentine vers le sud, entre les pics rocheux et la mer, c’est une succession d’à pics efflorescents, de panoramas spectaculaires, de balcons bleus sur la douceur. On dit qu’ici, le gel ne vient jamais mordre les cactus et les bougainvilliers. Ici, c’est déjà ailleurs, et c’est si beau.

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    Route de Sorrente à Positano : un enchantement…

     

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    Marchand de fruits

     

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    La pointe de la péninsule sorrentine, vue depuis la mer

     

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    La péninsule sorrentine, petit air de Highway One

    De Positano à Amalfi

    Positano est à mes yeux le joyau de la côte amalfitaine. On a dressé sur les collines au-dessus de l’eau des empilements de maisons colorées, comme un château de cartes arc-en-ciel, on l’a garni de fleurs et de perspectives où la mer chatoie, et le soir, on l’a doucement éclairé de lampions et de guirlandes. Il est difficile d’exprimer le charme, la beauté de ce village. C’est celui qui m’a séduite, celui où je me suis juré de revenir. De Sorrente à Amalfi, j’ai adoré tous les lieux – mais Positano est le plus irrésistible de tous.

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    Arrivée sur Positano

     

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    Positano à la tombée du jour

    Nombre de rues sont entièrement recouvertes par des arches de végétation – vigne vierge, lilas ou glycine, et des caoutchoucs géants donnent un air sauvage à la petite ville élégante. Tout est coloré, scintillant, et le port a des airs d’aquarelle quand la nuit tombe.

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    Tonnelle de bougainvilliers

     

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    Glycines

     

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    Port et plage de Positano

     

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    Atmosphère très douce en bord de mer

    Je mange le soir au merveilleux restaurant Rada, niché dans la falaise, blanc et ouvert sur la Méditerranée. C’est un déferlement de perfection, j’ai l’impression d’avoir plongé dans un magazine. Positano me donne envie de rester mille fois plus longtemps, et je repars enchantée, un peu frustrée des heures trop rares.

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    Restaurant Rada

     

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    Cela donnerait presque envie d’être une blogueuse lifestyle, non ?

    Jusqu’à Amalfi, on remarque le joli village de Praiano, et la plage de Furore, entre deux falaises (une des rares plages sur cette côte rocheuse escarpée). A Conca dei Marini, je tombe amoureuse du grand hôtel Il Saraceno, avec sa terrasse blanche sur la mer, qui donne follement envie de s’y marier, à la lueur des chandelles et de la lune.

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    Eglise de Praiano, typique de ces églises italiennes de bord de mer, acidulées et haut perchées – on les retrouve aussi en Ligurie

     

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    Terrasse du grand hôtel Il Saraceno, à Conca dei Marini

    Puis vient Amalfi, la ville qui pleure sa gloire dévorée par les eaux. Difficile d’imaginer, quand on voit ce village de cinq mille âmes, qu’un jour cette cité en compta plus de soixante-dix mille, qu’elle était un des ports les plus puissants de l’Italie médiévale, une ville florissante, ouverte sur l’Orient, où l’or et les senteurs coulaient à flots.

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    Amalfi.

     

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    Amalfi, ses saints protecteurs ont échoué

    Le destin d’Amalfi ressemble à un conte moral, tiré d’une légende enluminée, comme celui d’autres villes qu’on dit punies d’avoir été trop brillantes, trop orgueilleuses – d’avoir défié les Dieux par leur insolente prospérité. L’Atlantide, ou Vineta, en Scandinavie : les villes châtiées, les mythes qui font frémir l’échine. Amalfi leur ressemble. En 1343, la ville est tombée dans la mer.  Difficile de l’expliquer autrement. Ce sont des villes construites à même la roche, dans une région gouvernée par les caprices du volcan. En 1343, un séisme a secoué la Campanie, la falaise toute entière s’est écroulée, et Amalfi s’est effondrée dans la mer, corps et biens.

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    Imaginez ce que les séismes peuvent infliger à ces villes dressées sur la pointe des pieds, à même la roche…

     

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    Amalfi, aujourd’hui plus plane, moins raide que Positano ou Praiano – séquelles du grand effondrement de 1343

     

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    Rues d’Amalfi

    La ville ne s’en est jamais vraiment remise. Un air de mélancolie très douce entoure la sublime cathédrale, qui a survécu au désastre, et dont les dorures, les mosaïques et les portes forgées à Byzance trahissent l’inspiration orientale. C’est un somptueux vestige de l’Amalfi triomphante.

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    Parvis de la cathédrale d’Amalfi

     

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    Boutiques près du petit port

    C’est pour cela que l’Italie nous touche autant – pour les fantômes et les échos qui auréolent sa lumière estivale, pour les temples et les statues morcelées sous les fleurs, les rêves d’hier au bord de l’eau. Je sens à quel point je tombe amoureuse de ce pays magique.

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    Façade d’Amalfi

     

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    Ruelle et citrons

    Et au prochain article, je vous emmène à Capri. Vous me suivez ?

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    Péninsule sorrentine, face à Capri…

    Sorrente, Positano, Amalfi : préparer son voyage

    Où dormir sur la côte amalfitaine ? Positano ou Amalfi ?

    Côté Sorrente : Plutôt que de dormir à Sorrente, très vite prise d’assaut, je vous conseille Vico Equense, idéalement située entre Naples, Sorrente et la côte amalfitaine, d’où vous pouvez rayonner partout, où les tarifs sont plus bas et la vue sur le Vésuve sublime. J’ai dormi à lhôtel Aequa et j’ai été époustouflée par la vue sur la baie de Naples, depuis les chambres et la terrasse.  Il est également possible de rejoindre Capri depuis Sorrente.

    Sur la côte amalfitaine : Positano ou Amalfi ? Positano est très pratique pour rayonner sur la péninsule sorrentine et la côte amalfitaine. Amalfi est très pratique si vous comptez poursuivre jusqu’à Ravello, la merveilleuse cité des collines.

    Se déplacer sur la côte amalfitaine

    Sorrente-Amalfi, en théorie, cela se fait en moins d’une heure et demi – mais vous pouvez (devez !) compter la journée au minimum. Ce sont des routes minuscules, encombrées, et où on veut s’arrêter tous les mètres. La circulation est très difficile, en raison d’une situation que j’ai du mal à comprendre : alors que la route est vraiment étroite et sinueuse, elle n’est pas interdite aux monstrueux bus de tourisme, qui se coincent à chaque virage, et créent des bouchons monstrueux. J’y suis allée le premier week-end de juin, et les embouteillages étaient déjà importants. Je n’ose imaginer ce que cela doit être en juillet-août… Je vous recommanderais d’éviter absolument la très haute saison, et de venir au printemps ou en automne, voire au coeur de l’hiver – ici, il ne gèle jamais, et la côte amalfitaine n’est de toute façon pas le meilleur endroit pour la baignade. Les plages sont rares (vous en trouverez à Sorrente et à Furore) – ici, on vient surtout pour la beauté incroyable des paysages, et le charme des villages. Si vous venez en juillet-août, ou tout simplement, si vous voulez éviter la route, prenez le bateau. Vous pouvez prendre le ferry ou des bateaux privés depuis Sorrente, Positano, Amalfi – tous sont reliés par des services de navettes publiques ou privées.

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    Itinéraire complet depuis Naples. Fractionnez le !

    Le plus joli village de la côte amalfitaine ?

    Positano. Objectivement et sans hésiter. C’est pour moi le summum du romantisme. Mais Amalfi est aussi ravissant, et tous le sont.

    Spécialités de la côte amalfitaine

    N’oubliez pas de goûter au « special drink« , le jus d’orange pressé au slushee citron. Vous serez conquis. Autres spécialités ? Le sorbet citron, le limoncello, la salade de poulpe, et la mozzarella di buffala, qui est fabriquée ici en Campanie. C’est de très loin la meilleure que je connaisse, car la vraie mozzarella, elle vient d’ici (appellation protégée) ! D’ailleurs, ici personne ne vous arnaquera en écrivant sur le menu « mozzarella » s’il s’agit de lait de vache : dans ce cas là, cela s’appelle « fior di latte ». La mozzarella, c’est la buffala, point. Variante ? La burrata, mozzarella crémeuse (elle aussi au lait de bufflonne), tout ausi délicieuse.

    Combien de temps sur la côte amalfitaine ? L’itinéraire parfait

    Prenez une semaine ou dix jours. Commencez par découvrir Naples et Pompéi. Explorez la péninsule sorrentine. Prenez le temps de découvrir Positano, follement romantique. Poursuivez la route jusqu’à Amalfi ou, mieux encore, jusqu’à la belle Ravello. Revenez sur vos pas et prenez le ferry pour Capri. Finissez en beauté sur l’île des dieux…

    Quand vous aurez fini d’explorer la côte amalfitaine (si tant est que ce soit possible), partez pour Capri, si proche, si tentante… Je vous y emmène ? Capri, c’est par ici !

    Positano, Amalfi, Sorrente... voyage sur la côte amalfitaine avec le blog de voyage Itinera Magica ! Que voir, que faire, où dormir entre Sorrente, Positano et Amalfi ?
    Epinglez moi !

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  • Naples, Pompéi, passion et mélancolie

    Naples est incandescente. Tel le phoenix, « Neapolis », la ville toujours nouvelle, recouverte maintes fois par les laves du Vésuve, renaît toujours de ses cendres. Catacombes, dédale de souterrains secrets, mafia, superstitions, citrons amers, Naples bruisse de légendes au goût de soleil et de sang. Mais sous la main de fer de son nouveau maire, elle fait peau neuve, entreprend de grands travaux et redevient touristique. Naples fascine toujours par son atmosphère : c’est une ville où l’énergie est palpable, où les passions sont à nu. Et son pendant mélancolique, c’est Pompéi, la ville momifiée par le feu. Voyage au pays des vivants et des morts.

    Incandescente et secrète, Naples fascine par ses passions à fleur de peau. Et sous les pentes du Vésuve dort Pompéi, si émouvante. L'Italie côté coeur.
    Incandescente et secrète, Naples fascine par ses passions à fleur de peau. Et sous les pentes du Vésuve dort Pompéi, si émouvante. L’Italie côté coeur.

    Retour en Italie du Sud, mon cœur bat la chamade. J’avais été fascinée par Palerme, par la langueur mélancolique, les cactus sur les pentes des montagnes et les oranges trop mûres qui s’écrasaient sur les trottoirs. Un léger parfum de décadence flottait sur les ruines de toutes les civilisations qui s’y étaient succédées, un éclat doré sous le soleil d’hiver. Goethe disait que pour comprendre l’Italie, il fallait voir la Sicile, qu’elle était la clef de tout. Il me semblait que sans Naples, il me manquait une autre clef. Naples, ville volcanique, ville phœnix, fille de mauvaise réputation, j’ai tellement désiré te voir.

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    Coucher de soleil sur le plus ancien château de Naples, le Castel dell’Ovo, construit par les Grecs à l’époque où Naples se nommait encore Partenope.

     

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    Piazza San Domenico Maggiore.

    La ville des morts

    On arrive à Naples chargé de souvenirs culturels en vrac. J’avais lu le Montedidio d’Erri de Luca, sa Naples grouillante, « où si tu veux cracher par terre, tu ne trouves pas d’espace à tes pieds », brutale et tendre à la fois. Naples y était une Babylone, une ensorceleuse damnée.

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    Dans les rues de Naples.

    J’ai aussi des souvenirs latins. Virgile chantait cette région, la Campanie, elle était le paradis de ses rêveries bucoliques. Mais il y plaça aussi la bouche du pays des morts, à Cumes. C’est ici qu’Enée rencontre la sibylle, et descend aux Enfers. « Ils allaient obscurs sous la nuit solitaire… », le long voyage à travers l’ombre – c’est ici, c’est tout près. Est-ce un hasard ? La deuxième vie de Naples est souterraine. Elle possède le plus grand réseau de catacombes du monde, une deuxième ville sous la surface, repère silencieux des martyrs, des tombes secrètes, des crânes par milliers. Elle fut la cachette des premiers chrétiens persécutés ; elle habite aujourd’hui des nécropoles immenses et des galeries de conspirateurs. Le jour où le Vésuve se réveillera encore, seuls les morts survivront.

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    Le Vésuve surplombe la baie de Naples, et ne dort que d’un oeil.

    San Lorenzo Maggiore est une des entrées du monde souterrain napolitain. Une ville de l’Antiquité tardive sommeille sous l’église. C’est un dédale d’échoppes, de maisons, de rues intriquées. C’est une sensation étrange que de découvrir l’inframonde qui guette sous la surface – jamais je ne me suis sentie aussi près de croire aux fantômes.

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    Sous l’église, un dédale de galeries antiques.

    Dès mon arrivée à Naples, j’assiste à une procession funéraire dans les rues étroites du centre historique. Un corbillard roule au pas. La famille éplorée est appuyée sur son coffre, et toute la procession brandit haut des fanions à l’effigie de la vierge et de Jésus. A la taille du cercueil, on devine que c’est un enfant qui a perdu la vie. Les magasins ferment quelques instants leur rideau au passage du cortège, en signe de respect, et la police l’escorte étroitement. Qui sont ces gens en deuil, pour mériter une telle méfiance des « carabiniers » (le nom italien de la police) ?

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    Procession funéraire brandissant des images saintes et  escortée par la police, vue de dos (je ne voulais pas les photographier de face, par respect pour les endeuillés).

    Partout dans les murs, nichés entre les façades ou les fontaines, on trouve les autels des saints et des morts regrettés. Naples est la ville des morts, elle les loue, elle les divinise. Je retrouve les rites funéraires fétichistes et morbides qui m’avaient tant marquée à Palerme. Les églises sont remplies d’ossements et de saintes imputrescibles, au cadavre amoureusement emmaillotté.

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    Autel improvisé au bord d’une fontaine.

    Je rêvais de visiter l’« Eglise des crânes » (Santa Maria delle Anime del Purgatorio ad Arco), mais elle est fermée pour travaux : les morts menacent de s’écrouler. J’en reste aux rêveries. Sainte Marie des Âmes du Purgatoire est vouée au culte des défunts. Ses murs sont constellés d’ossements et de crânes déterrés, que les hommes venaient s’approprier et vénérer. Ils élisaient un crâne comme objet de leur dévotion, prenaient soin de lui, le priaient et le caressaient, pensant que tous ces crânes étaient autant d’âmes piégées au purgatoire et qui, une fois arrivées au paradis, intercèderaient en leur faveur. Dans les années 1960, l’Eglise romaine a interdit ce culte. Il subsiste dans la clandestinité – un baiser volé au mort à la dérobée, une fleur qu’on glisse dans les orbites du mort, une prière chuchotée comme un mot doux.

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    Devant l’église des crânes (fermée), le seul que je puisse immortaliser.

    Les reliques abondent, les morts sont minés comme des pierres précieuses, une dent, une mèche de cheveux, un fémur qu’on viendra adorer. Chaque année, des milliers de fidèles accourent dans la chapelle San Gennaro pour assister au miracle du sang liquéfié. L’histoire est baroque en diable. Un chevalier priait sur la tombe du saint, et se vit soudain guéri. Il se jette sur le cénotaphe, profane la dernière demeure, et, ouvrant le cercueil, arrache une dent au squelette. Un flot de sang jaillit ; il le recueille dans deux fioles. Ce sont ces deux fioles pour qui on va en pèlerinage à San Gennaro, plusieurs fois par an. La chaleur, le mouvement, la ferveur rendent sa fluidité au sang, pour un miracle à heures fixes.

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    San Gennaro, le saint patron de Naples, représenté par une fresque avoisinant la cathédrale

    Naples est la ville du baroque, où les corps souffrants ressemblent aux corps en extase. Mon pèlerinage à moi, c’est la chapelle Sansevero, où gît la plus belle sculpture du monde : le Christ voilé, de Giuseppe San Martino. Je rêvais de cette œuvre, et je n’en ai jamais vu de plus belle. Le Christ mort, déposé de sa croix, est recouvert d’un linceul. Le corps ainsi dissimulé s’en voit exposé avec une nudité accrue ; la transparence rend la chair martyrisée plus lancinante, plus touchante encore ; la douleur se lit dans chacun des membres que les draperies du voile soulignent. C’est le pays où l’horreur de la mort est délice.

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    A mon plus grand regret, je n’ai pas eu le droit de faire des photos à la Cappella Sansevero, où je suis restée fascinée par le Christ voilé, d’une beauté et d’une charge émotionnelle prodigieuses. Photo David Sivyer, Wikipedia Commons.

    C’est inévitable, l’Italie me fait toujours penser à Visconti. Naples, violence et passion.

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    Partout, la ville est en travaux – Neapolis, la ville toujours neuve.

    Une nuit sur le port de Naples

    Une nuit à Naples, face au Vésuve, sur le port de Santa Lucia.

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    Coucher de soleil sur le Vésuve

    Le Grand Hôtel Vesuvio se détache dans le crépuscule, un palace à l’ancienne, où résonnent les voix des rois, des acteurs et des grands de ce monde qui y ont dormi, depuis 1882. En face, le Castel dell’Ovo, ou château de l’œuf, est un des plus anciens édifices napolitains. Virgile dit avoir enterré un œuf sous ses fondations : tant que l’œuf ne se brisera pas, le château et Naples tiendront debout.

    Le Grand Hôtel Vesuvio se détache dans le crépuscule, un palace à l’ancienne, où résonnent les voix des rois, des acteurs et des grands de ce monde qui y ont dormi, depuis 1882. En face, le Castel dell’Ovo, ou château de l’œuf, est un des plus anciens édifices napolitains. Virgile dit avoir enterré un œuf sous ses fondations : tant que l’œuf ne se brisera pas, le château et Naples tiendront debout.
    Castel dell’Ovo à la tombée de la nuit.

    L’ambiance est électrique sur les grans boulevards devenus piétons pour le week-end. C’est une atmosphère de fête foraine, gorgée de bulles de savon, de barbes à papa, de fusées lumineuses. De légendaires sales gosses napolitains martyrisent les vendeurs ambulants. Bars, restaurants, pizzas, fleurs, fruits de mer, mozzarella. L’énergie est palpable, comme un cœur qui palpite dans la paume d’une main. Des hommes se battent, des amants s’embrassent. Bella Napoli, un monde à part, ici règnent d’autres lois. Quand on lit Gomorra de Roberto Saviano, sur le système mafieux napolitain, on pourrait être tenté de ne jamais mettre les pieds ici. Mais Naples n’est pas dangereuse pour le touriste innocent qui ne sait rien de ses secrets. Ce soir, je vois Naples vivante, sexy, rieuse.

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    Ambiance des rues de Naples à la fin du jour.

    J’entends quelques insultes à la volée. Ici, tout le monde déteste le nord. Les marchands ambulants vendent du papier toilette aux couleurs de la Juventus de Turin. La haine du Nord arrogant, riche et hautain soude le Sud fier et superstitieux.

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    Cafés et bars animés au pied du château, ambiance survoltée.

     

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    Barques colorées au pied de la forteresse.

    Au XIXe siècle, Théophile Gautier évoquait dans ses contes fantastiques la puissance du folklore napolitain. La Jettatura – mauvais œil – rôde autour de ceux qui n’y prennent garde. Qu’on vous fixe trop longtemps, et déjà on vous jette un sort. On peut être jettatore sans le savoir. On peut tuer ceux qu’on aime à petit feu, en faisant peser sur eux le poids de sa propre malédiction.
    J’ai appelé l’une de mes chattes Jettatura, en hommage à Gautier, et à cette région que j’aime tant. Une amie italienne me dit « Malheureuse, ne le dis jamais à un Napolitain ! Pourquoi se maudire soi-même ? »

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    Arche monumentale sur le port de Santa Lucia

    Pompéi, la beauté de la désolation

    Un autre conte de Théophile Gautier m’avait marquée : Arria Marcella, l’histoire d’un étudiant qui visite les ruines de Pompéi, et ramène à la vie par la force de son espérance une belle jeune femme, morte dans l’éruption de l’an 79.

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    Pompéi. Jusqu’à début 2017, le site exceptionnel accueille trente statues de l’artiste Mitoraj, qui souligne la fascination exercée par cette Atlantide des laves.

    Pendant près de deux millénaires, Pompéi a dormi sous la lave, parfaitement préservée dans sa gangue de magma séché. Ce n’est qu’au dix-huitième siècle que les fouilles ont mis au jour cette cité glorieuse, rayée de la carte en quelques heures. Les artistes, les peintres et les amoureux de l’Antiquité se sont alors tous rués en Campanie, et se sont pris de passion pour ces ruines si émouvantes.

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    Pompéi, la beauté de la désolation.

     

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    Pompéi et son bourreau, le Vésuve

    Tout a été si bien conservé sous la cendre grise – Pompéi est une capsule temporelle, une porte vers les mondes oubliés. La ville est immense, si vivante, si proche. Je découvre les colonnes du forum, des temples, des maisons, de grands escaliers sur le néant, le colisée abandonné.

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    Amphithéâtre de Pompéi.

     

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    Anges de Mitoraj abandonnés.

    On a trouvé ici les plus belles statues de l’Antiquité – elles sont conservées au musée archéologique de Naples,  dont la visite est un ravissement –, des fresques, des mosaïques, des dizaines d’objets, comme si la catastrophe avait eu lieu la veille. Et des corps.

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    Maison à Pompéi.

     

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    Mosaïques, fresques, traces des vivants.

     

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    Intérieur d’une maison.

     

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    Rues de Pompéi

     

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    Les thermes.

     

    Je me souviens de mes cours de latin, de la lettre de Pline le Jeune qui voit mourir son oncle dans l’éruption de 79. Fin observateur de la nature, Pline l’Ancien veut voir le volcan furieux de plus près, et jette ses voiles à travers la baie. La nuée ardente aura raison de lui.

    « Il se rend à la hâte vers des lieux d’où tout le monde s’enfuyait ; il va droit au danger, la main au gouvernail, l’esprit tellement libre de crainte, qu’il décrivait et notait tous les mouvements, toutes les formes que le nuage ardent présentait à ses yeux.
    Déjà sur ses vaisseaux volait une cendre plus épaisse et plus chaude, à mesure qu’ils approchaient ; déjà tombaient autour d’eux des éclats de rochers, des pierres noires, brûlées et calcinées par le feu ; déjà la mer, abaissée tout à coup, n’avait plus de profondeur, et les éruptions du volcan obstruaient le rivage. Mon oncle songea un instant à retourner ; mais il dit bientôt au pilote qui l’y engageait : « La fortune favorise le courage. Menez-nous chez Pomponianus. » »

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    Le Vésuve qui a tué Pline l’Ancien, et tant d’autres.

    Je ressens une vive émotion dans le jardin des fugitifs. Hommes, femmes et enfants y sont figés dans la cendre brûlante, depuis deux mille ans, suffoqués par les gaz volcaniques, morts en tentant de s’abriter, de s’enlacer, de vivre. Je n’aurais pas pensé que Pompéi me toucherait à ce point. Soudain, ce ne sont plus les figures lointaines, presque imaginaires, de mes leçons de latin, des silhouettes abstraites et cousines des déclinaisons. Ce sont des hommes, des femmes et des enfants. Je les vois recroquevillés, en souffrance, je ressens leur peur et leur agonie. L‘angoisse de la mort – par delà les millénaires, je la reconnais.

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    Jardin des fugitifs – corps figés dans leur dernier spasme, depuis deux mille ans.

    Je vois Pompéi après la pluie, au coucher du soleil. Presque seule. Les vignes sont verdoyantes, le Vésuve ourlé de fleurs. C’est un merveilleux jardin d’apocalypse. Sur les pentes infernales, les maisons et les cultures s’amassent à nouveau, un défi à l’inévitable.

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    Pompéi, éternel recommencement

     

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    Homme déchu de Mitoraj

     

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    Mélancolie.

    Le Vésuve bouillonne toujours. On peut monter à son chevet, se tenir au bord de la caldeira, sentir le souffre et la promesse d’une autre catastrophe.

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    Au sommet du Vésuve, le cratère fume toujours.

    En 79, 1631, 1906, 1944, il a détruit et tué. Chacun sait que la série n’est pas finie. Alors on brandit les crucifix et les fioles de sang, on sauve les morts et on embrasse les vivants, on s’embrasse au pied de l’ogre, on se protège du mauvais oeil. Naples se sait immortelle.

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    Tant que l’oeuf ne se brise pas…

     

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    Coucher de soleil sur le Vésuve, depuis la péninsule sorrentine. La suite au prochain article – Sorrente, Positano, Amalfi…

    A suivre sur Itinera Magica : de Sorrente à Amalfi, en passant par Positano, la plus belle côte d’Italie. Ou du monde. A ne pas manquer en tout cas !

     

  • Weimar et Iéna, ou l’Allemagne romantique

    Nous sommes en 1800. Le soleil se lève sur un nouveau siècle et quelque chose d’extraordinaire se produit en Thuringe. Deux petites villes au cœur de l’Allemagne, Weimar et Iéna, deviennent le centre du monde. Tous les intellectuels, philosophes, poètes, artistes, musiciens de cette époque viennent déferler sur leurs façades à colombages, et façonner à l’ombre des saules pleureurs des idées qui vont changer le monde. C’est une véritable éruption volcanique, un tourbillon d’intelligence et de créativité extraordinaire – l’aube de la modernité. Voyage à travers l’Allemagne romantique.

    De Weimar à Iéna en passant par le château de Novalis, venez découvrir le coeur de l'Allemagne romantique sur Itinera Magica !
    Calèche passant devant le château de Weimar.

    L’histoire de l’humanité ressemble à une journée de printemps en Ecosse : entre deux averses torrentielles percent de sublimes éclaircies. Nous connaissons tous les heures les plus sombres de notre histoire. Mais il nous faut aussi célébrer ces instants où la lumière jaillit, où le génie humain rayonne et donne foi au progrès. Les Allemands appellent ces instants là les « Sternstunden » : les heures étoilées. La Renaissance italienne en fait partie, ainsi que le Grand siècle français, ou le Siècle d’or espagnol, mais il y a une période et un lieu qui ont su toucher mon cœur plus que tout autre : l’Allemagne romantique.
    Si j’ai décidé d’apprendre l’allemand, c’est parce qu’à l’âge de onze ans, j’ai lu sous un grand chêne, un jour d’avril, les Souffrances du jeune Werther de Goethe. Quatre ans plus tard, au lycée, j’ai découvert les Hymnes à la nuit de Novalis, et j’ai choisi d’étudier la littérature allemande. Les éblouissements romantiques m’avaient frappée à mon tour, et ont déterminé ma vie. L’Allemagne est devenue ma seconde patrie. J’ai une belle-famille au nord de la Bavière, et j’ai consacré ma thèse de doctorat à la littérature romantique.

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    Dans le jardin de la maison de campagne de Goethe, à Weimar

    J’ai passé le 8 mai dernier en Thuringe, où j’ai reçu des mains de l’université de Iéna et de la société Novalis le prix Novalis 2016 pour ma thèse, « Novalis et la théologie négative, Le gouffre et le rêve dans le romantisme européen ». J’ai eu droit à un diplôme signé par des tas de gens infiniment plus importants que moi, à un chèque géant, et à un bouquet de fleurs très nuptial, qui me faisait l’effet d’être la fiancée de Novalis. Pour une spécialiste du romantisme, être décorée par l’université de Iéna, c’est le saint Graal. C’est un peu comme si j’étais footballeuse et que je recevais un prix de dribbles et jongles dans le stade Maracaña à Rio. Je n’en reviens toujours pas. Et je me suis dit qu’il fallait que je vous raconte l’Allemagne romantique, que je vous raconte ce qui s’est passé en Thuringe autour de 1800, et pourquoi cette époque continue de fasciner.

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    Moi dans le jardin de Schiller, à Iéna, après la remise du prix Novalis

    L’Allemagne de Goethe en cinq minutes

    Imaginez la fin du 18e siècle en Europe. La révolution française a été un séisme sans précédent. Un peuple a décapité son roi, et décidé d’écrire lui-même une constitution. Dans leur zèle iconoclaste, les armées révolutionnaires ont même destitué le pape : pour la première fois depuis des siècles, la chrétienté n’a plus de chef. Le Saint Empire romain germanique, qui existait depuis plus de mille ans, est dissous. Toutes les idoles sont déboulonnées. C’est la fin du monde, et l’aube d’un nouveau.

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    L’Allemagne en mai : des champs de colza à perte de vue

    A cette époque, les Allemands ne font pas de politique. Leur pays est un enchevêtrement de petits royaumes et duchés emperruqués, tellement farci de frontières qu’on ne peut faire deux pas sans se prendre les pieds dedans. C’est dans le domaine des arts et des idées qu’ils se lancent à la conquête de la modernité.

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    Le château de Weimar, la rivière Ilm et un saule pleureur.

    Immanuel Kant, le reclus de Königsberg, a écrit : Aie le courage de te servir de ta propre raison ! Avec sa Critique de la raison pure, il met à bas deux mille ans de métaphysique et change à jamais l’histoire des idées : après Kant, plus aucun philosophe ne pourra faire comme s’il ne l’avait pas lu. Dans son sillage viennent une flopée de penseurs géniaux, comme Hegel, qui font de l’idéalisme allemand l’Himalaya insurpassé de la philosophie.

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    Un café à Weimar.

    En littérature, c’est l’heure des tempêtes. Avec les Souffrances du jeune Werther, le jeune Johann Wolfgang von Goethe a écrit le premier bestseller de l’histoire de la littérature. L’histoire de ce jeune homme fou amoureux d’une femme mariée et qui en vient à se suicider déchaîne les foules. Pour la première fois, un roman inspire des produits dérivés : il y aura des tasses et des assiettes Werther, et tous les hommes se mettent à copier son costume (gilet jaune et veste bleue). Une vague de suicides romantiques parcourt l’Europe – à Weimar, une actrice de dix-sept ans se jette dans la rivière Ilm, Werther dans la poche…

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    Le pont sous lequel on a retrouvé le corps de l’infortunée.

    Un autre génie fait chavirer les cœurs : Friedrich Schiller. Avec ses pièces de théâtre tonitruantes, telles que Les brigands ou Cabale et amour, il fait voler en éclats le classicisme, et impose un théâtre des passions. Quand survient la révolution française, il compose l’Ode à la joie – ce texte qui, mis en musique par Beethoven, deviendra l’hymne européen.

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    Buste de Schiller.

    Joie, belle étincelle divine,
    Fille de l’assemblée des dieux,
    Nous pénétrons, ivres de feu,
    Ton sanctuaire céleste !…

    Les dieux sont partis et les rois s’écroulent, il reste les artistes, dont le génie doit changer la face du monde.

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    Au coeur de Weimar.

    Puis Schiller et Goethe s’assagissent. Schiller s’installe à Iéna, devient professeur d’université et tente d’écrire une histoire universelle du monde, entreprise titanesque et alors radicalement nouvelle. A chacun de ses cours, les étudiants se précipitent par centaines, comme s’il était une rockstar. Entre deux apparitions, il se repose dans sa maison de campagne, aux plafonds percés de larges fenêtres pour mieux observer le ciel, et où il se fait construire un observatoire astronomique. Les poètes de cette époque connaissent deux infinis : le cosmos et le cœur humain. Il faut tout explorer, tout découvrir.

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    L’observatoire de Schiller à Iéna.

    Weimar, l’Allemagne romantique par excellence

    Goethe est l’exemple même de l’homme accompli, à qui aucun domaine humain ne doit rester inaccessible. A Weimar, il se noue d’amitié avec le jeune duc, qui le charge d’une pléthore de fonctions officielles. Goethe devient directeur de théâtre, géographe, astronome, passionné d’optique et de minéralogie, ministre chargé de la culture, et continue pourtant d’écrire. Entre deux réunions ou deux rimes, il découvre un nouvel os dans le corps humain. Et il veut faire de Weimar la nouvelle Athènes, le centre du monde cultivé. Partout à Weimar, palais, théâtres, universités sortent de terre et célèbrent le nouvel âge d’or de l’intelligence. Goethe devient un Dieu vivant, qui ne peut faire trois pas sans croiser une statue de lui. Aujourd’hui, on appelle en Allemagne la période 1770-1830 « die Goethezeit » : le temps de Goethe. Jamais un homme n’aura autant incarné l’esprit d’une époque. Wilhelm Meister, Faust : chacune de ses œuvres semble inventer un genre.

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    La maison d’été de Goethe, à Weimar – son refuge bucolique.
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    Orage sur le jardin et le palais de Goethe, au coeur de Weimar

    Si vous voulez remonter dans le temps et ressentir ce qu’a pu être cette époque, allez à Weimar. Des calèches passent sur les rues pavées, entre les maisons à colombages couvertes de fresques et de vers. Glycines, fontaines et saules pleureurs gémissent doucement dans les jardins des palais.

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    Coeur de Weimar. Sur la façade : « Si vous connaissez la vie, donnez moi son adresse ».
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    Château de Weimar
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    Place du marché

    Tous les deux mètres, vous trouverez des panneaux « Goethe est venu ici » et des bustes de grands hommes. La bibliothèque Anna Amalia – du nom de la duchesse qui régentait Weimar à l’heure de l’âge d’or – est la plus belle d’Allemagne, et des dizaines de musées vous plongent dans l’ébullition 1800. A cette époque, il n’y a pas un écrivain, pas un musicien, pas un artiste, pas un philosophe, pas un lettré, qui ne soit venu séjourner quelques temps à Weimar.
    (Sauf Kant. Kant n’a jamais quitté son refuge prussien de Königsberg, où il a fait tous les jours de sa vie la même promenade, toujours à 17h, sauf le jour de la révolution française – il a préféré aller acheter le journal. Disons que tous les lettrés et artistes non extraterrestres sont venus à Weimar.)

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    Maison d’été de Goethe.

    Weimar a un charme inouï. Pour tout amoureux de l’Allemagne, c’est une destination incontournable : le vieux cœur du pays bat ici.

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    Quand la tonnelle est en fleurs, c’est une vision idyllique.
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    Au coeur des ruelles de l’Allemagne romantique
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    L’Herderplatz.
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    Cimetière de Weimar sous la neige – tant de grands noms reposent ici.
    Fontaine dans l'un des parcs de Weimar
    Fontaine dans l’un des parcs de Weimar

    Iéna, le berceau du romantisme

    Iéna n’est qu’à une demi-heure de route de Weimar ; ce sont deux villes sœurs, la ville de Goethe et celle de Schiller.

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    Iéna.
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    Café à Iéna

    En 1798 se noue à Iéna un cercle de jeunes gens géniaux et mégalomanes : les premiers romantiques. Les frères Schlegel, leurs épouses Dorothea et Caroline, Novalis, Tieck et d’autres rêvent de rompre avec le style antique que Goethe a imposé à Weimar, et d’inventer la littérature du nouveau siècle. Une littérature où on transcende les genres, où on écrit à plusieurs, dans un dialogue permanent, où la poésie est « progressive et universelle », et où chaque roman reflète l’histoire du monde entier. C’est un feu d’artifice théorique et poétique extraordinaire, une efflorescence de talents frémissants. C’est la naissance du romantisme.

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    Coeur de Iéna
    Maison de Schiller à Iéna
    Maison de Schiller à Iéna
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    Printemps chez Schiller

    Parmi eux, un jeune homme deviendra le symbole du romantisme allemand : Friedrich von Hardenberg, dit Novalis. Sa vie est celle d’une comète. En quelques années, il édifie une œuvre poétique et théorique monumentale, puis meurt à l’âge de 29 ans, quelques années après sa fiancée Sophie, emportée par la tuberculose. Cette expérience du deuil et de l’espoir des retrouvailles lui inspirera le plus beau texte du romantisme, les Hymnes à la nuit. C’est lui qui donne son âme au mouvement, et écrira son manifeste :

    “Le monde doit être romantisé. C’est ainsi que l’on retrouvera le sens originel. Cette opération est encore totalement inconnue. Lorsque je donne à l’ordinaire un sens élevé, au commun un aspect mystérieux, au connu la dignité de l’inconnu, au fini l’apparence de l’infini, alors je les romantise.”

    « Nous rêvons de voyages à travers l’univers, mais l’univers n’est-il pas en nous ? C’est vers l’intérieur que va le chemin mystérieux ».

    J’ai découvert l’œuvre de Novalis à quinze ans, et elle ne m’a jamais quittée. Et c’est pourquoi je vous invite à quitter la Thuringe, et à me suivre en Saxe, sur les premiers contreforts du massif du Harz : à Wiederstedt, où Novalis est né.

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    Le château de Novalis, à Wiederstedt. A son anniversaire, début mai, les cerisiers sont en fleurs.

    Oberwiederstedt, le château de Novalis

    En 1772, Friedrich von Hardenberg, dit Novalis, est né au château d’Oberwiederstedt, à l’heure où les cerisiers sont en fleurs. Il a été baptisé dans la chapelle attenante, et a grandi ici, isolé dans la nature. C’est un château vieux de plusieurs siècles, qui appartenait à la famille Hardenberg depuis la Réforme luthérienne, et qui est resté entre leurs mains jusqu’à ce que les soviétiques s’emparent de l’Europe de l’Est et exproprient les descendants de la famille de Novalis.

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    Château d’Oberwiederstedt à l’automne

    En 1989, le château laissé à l’abandon était en ruine, et les autorités de RDA voulaient le raser. C’est alors que le peuple du village s’est soulevé contre cette décision. Plus que l’héritage de Novalis, c’était le patrimoine de Saxe qu’ils voulaient sauver de l’arbitraire de l’Etat, et signifie la résistance des cultures locales contre le mépris utilitariste. Il s’est passé quelque chose de prodigieux : charpentiers, menuisiers, maçons, carreleurs et autres volontaires se sont unis et sont venus bénévolement restaurer le château. Ce lieu est un petit miracle.
    Après la réunification, la société Novalis y a été fondée, et elle est devenue un lieu de culture et de recherche unique en son genre. Durant ma thèse, je suis venue ici à maintes reprises, au fin fond de la Saxe, au beau milieu des collines minières, dans ce château à qui d’étranges lucarnes semblent donner des yeux.

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    Les yeux du château

    J’ai travaillé sur des livres et des manuscrits qui dataient du XVIIIe siècle, et vu fleurir la rose Novalis. La rose Novalis ? Peut-être ne le savez-vous, mais l’expression « être fleur bleue » est inspirée de lui. Dans son roman Henri d’Ofterdingen, Novalis mettait en scène un personnage obsédé par la quête d’une fleur bleue aperçue en rêve, et qui symbolise l’absolu. La fleur bleue, pour Novalis, ce n’est pas un symbole de mièvrerie, contrairement à ce que l’expression française laisse suggérer – c’est une fleur des profondeurs, née de l’ivresse et du vertige, qui détient la clef vers d’autres sphères. La société Novalis a voulu créer une rose violette, la plus proche possible de la fleur bleue rêvée – elle devient bleue quand on la fait sécher…

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    Rose Novalis à l’automne, hélas déjà fânée…

    Nous sommes tous les enfants du romantisme. Il nous a appris à chercher l’absolu non pas dans le ciel, mais sur la Terre et dans le cœur des hommes. Il nous a soufflé à l’oreille que nous étions tous des génies, et que le bonheur résidait dans la créativité, que nous avions tous au fond de nos cœurs un diamant brut à extraire et à tailler. Il nous a enseigné à aimer à la folie, jusque dans la mort, à cultiver chaque passion comme une fleur fragile, à nous enorgueillir de nos excès, à être nous-mêmes jusqu’au délire. Il nous aura fait aimer la nuit, le vertige et l’amour.

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    Automne dans le jardin de Novalis

    J’ai passé des heures et des heures au château de Novalis, à guetter en silence les secrets de jadis, veillée par les grands yeux du toit. La première fois que je suis venue, une bannière s’étendait au-dessus de la porte : « La poésie guérit des blessures qu’inflige la raison ». N’est-ce pas le plus beau des slogans ?

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    Lors de la remise du prix Novalis, mon bouquet de mariée (ou presque) – merci à Susanne Bayerlipp pour la photo !

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  • Hintertux, son glacier et son lac souterrain

     

    Perchée sur l’un des plus hauts sommets des Alpes tyroliennes, en Autriche, la ville d’ Hintertux cache une merveille unique en son genre. Une immense crevasse permet aux visiteurs de descendre à l’intérieur du glacier, à trente mètres sous la surface… à condition de ne pas craindre le froid ou l’enfermement. Au cœur de cette cathédrale souterraine, ornée de concrétions translucides, on découvre alors un lac d’eau liquide serti dans un lit de glace, mais qui lui ne gèle jamais… Voyage à la découverte d’un phénomène naturel extraordinaire.

    Dans les Alpes du Tyrol, en Autriche, se cache un secret: Hintertux, son glacier skiable toute l'année, sa grotte de glace fabuleuse et son lac souterrain. I Itinera Magica
    La fabuleuse grotte au coeur du glacier d’Hintertux, dans les Alpes du Tyrol.

     

    Au sommet du glacier d'Hintertux, le plus haut domaine skiable autrichien.
    Au sommet du glacier d’Hintertux, le plus haut domaine skiable autrichien.

    Début mars, à la fin d’un hiver particulièrement doux et tiède, la neige a déjà déserté la plupart des stations de ski célèbres du Tyrol. La vallée de la Ziller (Zillertal), il y a quelques semaines encore un paradis des sports d’hiver, a revêtu les teintes boueuses de la fonte des glaces. Pour se réfugier encore dans la blancheur et le froid, il faut prendre de l’altitude, et remonter à la source des rivières grossies par le dégel : vers le glacier d’Hintertux, à 3250m. La plus haute station de ski autrichienne est aussi la seule à proposer du ski toute l’année, même en plein cœur de l’été, grâce à cette réserve de glace prodigieuse qui façonne ses cimes.

    Découvrez les Alpes du Tyrol sur Itinera Magica.
    Rivières suspendues entre hiver et printemps, dans la vallée de la Ziller.

     

    Rivière de montagne, sur la route menant à Hintertux.
    Rivière de montagne, sur la route menant à Hintertux.

    La route vers Hintertux m’enchante, car de lacet en lacet, je crois remonter les saisons. Les branches et les berges des ruisseaux se mettent à scintiller, et les croix couvertes typiques du Tyrol protègent bien mal des Jésus de bois, grelottant de froid sous l’épaisse couche de neige.

    Dans les Alpes du Tyrol, en Autriche, se cache un secret: Hintertux, son glacier skiable toute l'année, sa grotte de glace fabuleuse et son lac souterrain. I Itinera Magica
    Jésus frigorifié sous sa croix couverte, dans les Alpes autrichiennes.

    Une fois arrivée à Hintertux, trois télécabines successives m’emmèneront au sommet du glacier, vers ma destination du jour : la grotte sous la glace, surnommée Natureispalast – le palais de glace naturel.

    Dans les Alpes du Tyrol, en Autriche, se cache un secret: Hintertux, son glacier skiable toute l'année, sa grotte de glace fabuleuse et son lac souterrain. I Itinera Magica
    Hintertux, et ses chalets tyroliens traditionnels, surmontés d’une tourelle de bois sculpté.

     

    Altitude 3250.
    Altitude 3250.

    En effet, contrairement à la plupart des féeries hivernales qui surgissent sur les plus hauts sommets des stations (comme la belle grotte de glace de l’Alpe d’Huez, ou celle du Zugspitze), la grotte d’Hintertux n’a pas été sculptée par l’homme, et ne capitule pas à la chaleur de l’été. C’est un skieur et alpiniste originaire de la région, Roman Erler, qui la découvre par hasard en 2007, lorsqu’une faille béante dans la muraille de glace attire son regard. Lorsqu’il glisse la tête à l’intérieur, il ne voit rien : l’immense cavité, qu’il pressent à l’écho de sa voix tombant dans le noir, se cache dans une obscurité épaisse. Mais la curiosité l’emporte, et Roman agrandit l’ouverture avec son pic à glace… Aujourd’hui, c’est lui qui conduit la visite : depuis la découverte de ce lieu magique, il lui a voué sa vie.

    Dans les Alpes du Tyrol, en Autriche, se cache un secret: Hintertux, son glacier skiable toute l'année, sa grotte de glace fabuleuse et son lac souterrain. I Itinera Magica
    Au coeur de la grotte de glace d’Hintertux.

    Depuis, des scientifiques sont venus du monde entier explorer cette grotte, qui semble collectionner les phénomènes naturels rares et remarquables. Malgré les variations de température et les précipitations, l’endroit semble invulnérable aux caprices climatiques : la glace ne s’enfonce pas, ne disparaît pas, et préserve été comme hiver sa beauté angoissante. Seules les déformations des colonnes transparentes révèlent la pression croissante du glacier : au lieu de rompre, la glace se tord, ondule, indulgente face aux caprices d’en haut. Un puits de 52 mètres de profondeur, creusé dans le glacier, a permis de révéler des molécules prisonnières de l’hiver depuis des centaines d’années, comme une capsule temporelle livrée à la curiosité scientifique.

     

    Dans les Alpes du Tyrol, en Autriche, se cache un secret: Hintertux, son glacier skiable toute l'année, sa grotte de glace fabuleuse et son lac souterrain. I Itinera Magica
    Au coeur de la crevasse.

     

    Chapelle ardente sous la terre, en mémoire des alpinistes fauchés en haute montagne. La semaine dernière encore, une avalanche a fait huit morts dans la vallée de la Ziller.
    Chapelle ardente sous la terre, en mémoire des alpinistes fauchés en haute montagne. La semaine dernière encore, une avalanche a fait huit morts dans la vallée de la Ziller.
    Dans les Alpes du Tyrol, en Autriche, se cache un secret: Hintertux, son glacier skiable toute l'année, sa grotte de glace fabuleuse et son lac souterrain. I Itinera Magica
    Le puits vers les profondeurs.

    Des spots de lumière colorée révèlent la splendeur fantasmagorique de cette grotte hors du temps ; la statue d’un géant pris dans les glaces rend hommage à l’une des plus célèbres légendes tyroliennes, celle d’un ogre vorace et terrifiant vaincu par la bonne fée protectrice des montagnes, la Salige Fräulein, qui l’emprisonne sous la neige.

    Dans les Alpes du Tyrol, en Autriche, se cache un secret: Hintertux, son glacier skiable toute l'année, sa grotte de glace fabuleuse et son lac souterrain. I Itinera Magica
    Humains au coeur de la glace.

     

    Le géant puni par la Salige Fräulein.
    Le géant puni par la Salige Fräulein.

    Roman raconte que Bollywood s’est pris de passion pour la grotte et que des équipes de tournage ne cessent d’affluer à Hintertux. J’ai pourtant du mal à imaginer stars et techniciens de plateau dans ces boyaux gelés. La visite est éprouvante : c’est un parcours d’échelle en échelle, dans ces cavités froides et étroites qui ruissellent sur nous quand notre souffle dérange la glace, et qui feraient blêmir un claustrophobe. Mais le caractère inouï du lieu et sa beauté de livre de contes y attire même les familles.

    Glaces merveilleuses.
    Glaces merveilleuses.

     

    Découvrez la fabuleuse grotte souterraine d'Hintertux sur Itinera Magica : plongée au coeur du glacier !
    Dans les profondeurs…

    Sa particularité la plus exceptionnelle, celle qui m’aura réellement fascinée, c’est le lac d’eau liquide enchâssé dans son lit de glace. Pourquoi cette eau ne gèle-t-elle pas ? Les mécanismes thermodynamiques qui œuvrent à ce petit miracle souterrain dépassent mes facultés de compréhension. Roman nous invite à prendre place un bord d’un petit bateau de rafting, et ses coups de pagaie nous transportent le long d’un couloir de glace, tandis que l’eau obscure des profondeurs envahit notre embarcation et nous transit. Je suis hypnotisée par cette eau immémoriale et immobile, que seule la lampe du bateau de Roman éclaire – la scène a des airs de traversée vers le pays des morts.

    Dans les Alpes du Tyrol, en Autriche, se cache un secret: Hintertux, son glacier skiable toute l'année, sa grotte de glace fabuleuse et son lac souterrain. I Itinera Magica
    Traversée du fabuleux lac souterrain, au coeur du glacier d’Hintertux.

    A la fin de la visite, je retrouve avec joie le soleil des cimes. Au plus haut point du glacier d’Hintertux, la vue est vertigineuse : un océan de brumes roule sous mes pieds, au milieu des crêtes innombrables.

    Au sommet du glacier.
    Au sommet du glacier.

     

    Océan de nuages.
    Océan de nuages.

     

    Dans les Alpes du Tyrol, en Autriche, se cache un secret: Hintertux, son glacier skiable toute l'année, sa grotte de glace fabuleuse et son lac souterrain. I Itinera Magica
    Vertige alpin.

     

    J’ai toujours adoré la Bavière toute proche, et les paysages fabuleux de ses Alpes – je retrouve avec bonheur les mêmes beautés dans le Tirol. Si vous cherchez une destination proche et infiniment exotique, n’hésitez pas à aller découvrir cette région féerique, dont le charme semble venu d’un autre temps… comme ces créatures figées dans les glaces d’Hintertux.

    N’hésitez pas à aller voir mes articles sur la Bavière, qui sauront vous convaincre : la Bavière en automne, et la Bavière en hiver.

    Merveilles des Alpes bavaroises et tyroliennes, à découvrir sur Itinera Magica.
    Photo tirée de mon article sur la Bavière en hiver : calèche au pied de Neuschwanstein.

    A suivre : d’autres impressions tyroliennes, Kirchberg, Kitzbühel, Innsbruck et Salzburg !

  • La porte des mondes : retour en Islande

    A l’âge de dix ans, j’ai découvert l’Islande avec un émerveillement qui ne s’est jamais démenti. Difficile de trouver un autre territoire qui concentre, sur une aussi petite surface, autant de curiosités spectaculaires et de paysages divers : volcans en éruption, lacs de souffre, glaciers immenses, geysers crachant dans le ciel, plages de sable noir, cascades rugissantes, fjords profonds, canyons, landes désertes, cathédrales de basalte ou de lave. L’Islande rassemble toutes les curiosités géologiques du monde dans une succession de paysages sublimes, dont la démesure et l’étrangeté donne du crédit aux légendes et aux sagas scandinaves. Ici s’ouvre la porte qui mène aux neuf mondes magiques, aux sphères de brume, de neige et de lave. L’été prochain, j’y retourne enfin. Voyage au pays du feu et de la glace, entre les souvenirs d’enfance et l’excitation du retour proche.

    Le lagon glaciaire de Jökulsarlon sous le soleil d'hiver, vu par ma tante Florence.
    Le lagon glaciaire de Jökulsarlon sous le soleil d’hiver, vu par ma tante Florence.

    Une fois n’est pas coutume, cet article n’est pas illustré par mes propres photos, car je n’avais alors pas d’appareil. Comme je le raconte ici, je tiens des carnets de voyage depuis l’âge de neuf ans, que j’utilise pour me souvenir du périple entrepris en famille. Cet article est illustré par des scans de ce journal d’enfance, par des photos tirées de l’album constitué après le voyage par ma mère, Sylvie Brunel, à qui je dois le goût de l’exploration et des carnets de bord, et enfin, par des photos prises par ma tante, Florence Brunel, qui a fait un fabuleux voyage d’hiver islandais en janvier 2016, et a eu la gentillesse de me permettre d’utiliser ses images. Un grand merci à elles – voici donc un article estampillé « exploitation familiale » !

    Ma mère, devant Skogafoss.
    Ma mère, devant Skogafoss.

     

    Seize ans plus tard, ma cousine Ambre devant Skogafoss.
    Seize ans plus tard, ma cousine Ambre devant Skogafoss.

     

    Début de mon carnet d'Islande, avec un herbier.
    Début de mon carnet d’Islande, avec un herbier.

    J’ai toujours pensé que pour l’homme soudain mis face à la démesure et à l’incroyable, le surnaturel était la dernière clef qui permette d’apprivoiser le monde. Imaginez un pays où, six mois par an, le soleil ne se lève que quelques heures par jour, rôdant tout près de l’horizon comme un œil pâle épiant les hommes frigorifiés, et ne se couche presque jamais durant l’été, baignant sans cesse les paysages de cette lumière extraterrestre qu’on nomme soleil de minuit. Imaginez un pays dont le cœur est constitué d’un gigantesque glacier, transpercé de grottes translucides et de moraines profondes, et dont la bouche froide s’ouvre sur une lagune où des blocs de glace dérivent le long des eaux bleutées. Imaginez un pays où le sol s’ouvre soudain béant et crache un geyser de près de quatre-vingt mètres de haut, où de l’eau brûlante bouillonne au fond des cratères rouges, où les sources sentent le souffre, où la fumée sort du sol, et où les éruptions volcaniques sont si titanesques qu’elles peuvent paralyser le ciel européen pendant des semaines. Imaginez des canyons creusés par des millénaires de glaces, des landes de lave noire, des étendues qui semblent refléter la surface de la Lune ou de la planète Mars, le ciel d’hiver embrasé par les miroitements des aurores boréales, comme les voiles d’un vaisseau fantôme glissant parmi la solitude infinie de ces paysages déserts, où on peut rouler des heures à travers l’incroyable sans jamais rencontrer âme qui vive. Ne seriez-vous pas enclin, vous aussi, à peupler un tel pays de créatures fantasmagoriques, de le croire au cœur d’une lutte acharnée entre les forces du bien et du mal, d’y voir la clef des mondes, la porte magique à travers laquelle on passe d’une sphère à l’autre, et touche aux royaumes des elfes, des fées, des nains, des morts et des Dieux ?

    Ambre dansant sur la glace, à Reykjavik.
    Ambre dansant sur la glace, à Reykjavik.
    Cratère de Viti, photographié par ma mère.
    Cratère de Viti, photographié par ma mère.

    Nous devons à l’Islande les fabuleux récits de l’Edda, la bible de la mythologie germanique, rédigée au XIIe siècle par le moine Snorri Sturluson. L’Edda est la source de toutes les légendes scandinaves qui ont nourri notre imaginaire, le marteau de Thor embrasant le ciel, Odin retranché dans son palais de brumes, le Walhalla, les valkyries qui vont chercher les morts sur le champ de bataille, l’arbre des mondes, Yggdrasil, sur qui toute repose, le brasier terrible du Ragnarök, crépuscule des dieux. On doit aussi à l’Islande les fabuleuses épopées reprises dans la Chanson des Niebelungen et les opéras de Wagner, la walkyrie Brünhild déposée dans un cercle de feu, Siegfried baigné du sang du dragon qui l’embrasse et lui vole sa toute-puissance divine, la trahison de Siegfried à qui un filtre d’amour fait oublier Brünhild, et l’éclat sournois de l’or des nains, caché dans les profondeurs du fleuve. Bien avant de découvrir Wagner, je baignais déjà dans cet imaginaire apocalyptique, tout de flamboiements, de nuits sans fond et de sortilèges : petite, j’étais une inconditionnelle de la BD Thorgal, et je me régalais d’histoires de glaces éternelles, de géants vengeurs et de vikings courageux. L’Islande est la terre promise vers qui tous les êtres de légende convergent, leur berceau et leur refuge. Le fantastique ici ne se tient pas sagement enfermé dans les livres et les écrans de télé, il affleure partout, il imprègne ce sol gorgé de fumerolles, ces cratères bouillonnants, ces nuits de lumière ambiguë où les hommes deviennent fous et les dieux s’échappent de la prison des siècles. Le peuple magique qui continue de peupler la terre islandaise, gnomes, elfes, fées, nains, mignons, esprits de la montagne, anges et peuple caché sont là, tout près, dans une anfractuosité de la roche malmenée par les tempêtes géologiques, sous une vieille maison aux toits couverts de mousse, ou au creux d’une roche en forme de dragon. Partout en Islande, on croise des tumulus, tas de pierres solitaires au milieu de la lande : on dit que ce sont des créatures enchantées pétrifiées par le premier rayon de l’aurore. Fermez les yeux un instant, la magie vous guette ; ouvrez-les, c’est plus incroyable encore.

    Cascades, geysers, féeries d'Islande.
    Cascades, geysers, féeries d’Islande. (Et la description d’un pantalon que je trouvais super cool. J’avais dix ans, je rappelle.)

     

    Curiosités volcaniques.
    Curiosités volcaniques.

    Déjà à l’âge de dix ans, j’avais été fascinée. Mais je dois bien l’avouer, la lecture de mon cahier me renseigne sur d’autres obsessions plus prosaïques qui taraudaient mon âme d’enfant. Dans mon cahier d’Islande, il est beaucoup question des choses suivantes :

    • La nourriture. A l’époque de ce premier voyage, à l’été 2000, l’Islande commençait à peine à s’ouvrir au tourisme, et les infrastructures manquaient. Au fil de notre séjour, nous dormions souvent non pas dans des hôtels ou des auberges, mais dans des internats de lycée, transformés en gîte durant la saison estivale. Il n’y avait évidemment pas de restaurant. Il était possible de parcourir cinquante, cent kilomètres, sans tomber sur un seul lieu proposant de la nourriture. Et quand enfin on trouvait le Graal, il n’était pas rare d’attendre plus d’une heure le plat que nous avions commandé. A dix ans, je n’étais pas contente. Au milieu de mes exclamations d’émerveillement face à la splendeur de l’Islande, je dois bien confesser qu’on trouve dans le cahier plusieurs annotations du type « J’ai attendu ma pizza tellement longtemps que j’ai eu le temps de battre trois fois la ligue Pokémon, et en plus elle était un peu dégueulasse. » « On a pas eu le choix, donc on a de nouveau mangé au resto de la pomme pourrie, et j’ai de nouveau détesté. » En revanche, nous nous régalions des myrtilles, énormes, juteuses, délicieuses, qu’on pouvait acheter dans les supermarchés – nous en dévorions des barquettes à la chaîne. Elles poussaient partout, au pied des cascades, au bord des routes. Elles permettaient aux touristes affamés de survivre.

     

    Mais aujourd'hui, l'Islande a pitié des touristes égarés dans les mois d'hiver, comme en témoigne cette collection de gants dépareillés qui attendent de retrouver l'âme soeur, à Reykjavik.
    Mais aujourd’hui, l’Islande a pitié des touristes égarés dans les mois d’hiver, comme en témoigne cette collection de gants dépareillés qui attendent de retrouver l’âme soeur, à Reykjavik.

    Pour avoir planifié le voyage à venir, l’été prochain, je sais que l’Islande n’est toujours pas une destination « facile » sur le plan des infrastructures. Rien à voir avec les Etats-Unis, par exemple, où vous trouvez où dormir et quoi manger même au milieu de nulle part. Les hébergements sont rares, pris d’assaut durant la saison estivale, et très chers – il n’est pas rare qu’un hôtel demande 160 euros pour une chambre minuscule sans salle de bain ni WC. J’ai songé à me rabattre sur les campings, mais les récits d’horreur glanés sur différents blogs m’ont terrifiée : pas de douches, champ de boue sans équipement aucun en guise de camping, pluies diluviennes, ouragans qui arrachent les tentes, torrents de boue, averses de grêle qui déchirent les toiles, j’ai lu mille histoires qui ont définitivement dissuadé l’aventurière de proximité que je suis. A force d’écumer les différents sites de réservation, Air BnB, les guides de voyage et les blogs, je crois avoir déniché des hébergements corrects – je vous raconterai après y être allée. Mais une chose est sûre : le budget d’un voyage d’une dizaine de jours en Islande excède ce que j’avais prévu initialement, et se révèle bien supérieur à ce que j’aurais dépensé dans n’importe quel autre pays, ou presque, pour la même durée. Songez-y, amis voyageurs : l’Islande est peut-être le plus beau pays de la Terre, mais c’est aussi un des plus onéreux.

    Quand tu trouves un resto ouvert en Islande, tu te sens tellement VIP.
    Quand tu trouves un resto ouvert en Islande, tu te sens tellement VIP.
    • Faire pipi. A force de traverser des paysages sublimes, mais vides de toute présence humaine et donc de toute commodité, cette question devient cruciale. Il y a dans ce cahier un certain nombre d’histoires de pipi sauvage au bord de la route, dans des champs de terre brûlée sans aucun arbre ou rocher pour se cacher, en espérant que personne ne passe (mais personne ne passait). Le gros hit de la catégorie « pipi », c’est l’histoire suivante : « Guillaume [mon frère] va faire pipi contre un rocher qui se met à fumer, faire des bruits bizarres et sentir le souffre. Les parents sont un peu inquiets. » Voilà pourquoi il faut aller en Islande : c’est le seul endroit au monde où vous pouvez réveiller le diable et déclencher la fin du monde juste en faisant pipi.
    Cascades d'Islande, illustration appropriée de ce qui précède.
    Cascades d’Islande, illustration appropriée de ce qui précède.

     

    islande paysage
    Paysages d’Islande.
    • Les vêtements. Même en plein été, le temps est froid, humide, changeant. J’ai dix ans, je suis cavalière, amoureuse des équidés et passionnée par les petits chevaux islandais aux robes multicolores et aux allures rares (le tölt, ou amble en VF, cadence incroyablement confortable que les chevaux islandais possèdent de façon innée) que nous croisons partout. Je tanne les parents pour obtenir un pull islandais en laine de mouton, un pull énorme à l’effigie d’un cheval et couvert de traces de sabot, et une fois mon vœu exaucé, je ne le quitterai plus de la semaine, comme le prouve l’album photo : je l’arbore fièrement sur TOUTES les images à partir du jour de son achat. Une fois revenue en France, je refuserai obstinément de le porter en collège, parce ce que « c’est la honte ». Saleté d’ado. (Mais j’ai toujours le pull, et je compte bien le rapporter en Islande cet été, histoire de prouver à mes parents, seize ans après, que le caprice n’en était finalement pas un.)
    Le pull, le cheval et moi.
    Le pull, le cheval et moi.

     

    Robes infiniment variées des petits chevaux d'Islande.
    Robes infiniment variées des petits chevaux d’Islande.

     

    Typologie des chevaux islandais.
    Typologie des chevaux islandais.

    Mais j’ai aussi développé une obsession plus poétique, les cascades. C’est du voyage en Islande que date ma passion pour elles, confortée ensuite par d’autres pèlerinages vers les plus hautes et les plus belles chutes du monde : Niagara, à la frontière américano-canadienne, Iguaçu, entre l’Argentine et le Brésil, et Victoria, entre Zambie et Zimbabwe. Depuis l’Islande, je suis une véritable junkie, je collectionne les chutes d’eaux comme Casanova les femmes, et où que j’aille, je ne peux résister à une rando qui me promet une cascade comme récompense. A l’idée de retourner en Islande cet été, et de pouvoir non seulement revoir celles de mon enfance, mais aussi en découvrir de nouvelles, dûment repérées sur Instagram depuis des mois, mon cœur frétille. A l’époque, nous avions commencé par Godafoss, la chute des Dieux : en l’an 1000, lorsque l’Islande a choisi d’accepter le christianisme, le roi d’alors est venu précipiter dans les eaux grondantes toutes les statues à l’effigie des Dieux anciens, prouvant que la géographie islandaise est décidément chargée d’inspirations eschatologiques, et donnant son nom au lieu. A ce que je lis dans le cahier, mon père était très inquiet de la gestion islandaise de la sécurité, où l’on considère que chaque homme est responsable de son destin face aux pierres glissantes et à l’abîme rugissant. « Papa nous inonde de conseils : Ne courez pas ! Faites attention ! MARCHEZ ! Nous avons sauté un petit ruisseau large d’un mètre, à la réception glissante, pour nous approcher de la rive. Guillaume a failli tomber dans l’eau et Papa faire une crise cardiaque, mais Godafoss est encore plus belle de face. On y voit des dizaines de cascades, de nuages d’embruns et de grottes sous les chutes. » Ma cascade préférée, c’est Detifoss, au nord de l’île, sur le cercle de diamant. « Colossale ! Entre les gratte-ciels de basalte tombe un rideau d’écume de quarante-quatre mètres, le plus puissant d’Europe. Etre si petit à côté d’une lame blanche de remous est terrifiant. En remontant la rivière, nous arrivons à Selfoss. Dans un triangle inachevé d’orgues de basalte se rejoignent deux cascades, dans un nuage de brume élégante dont on imagine voir sortir une ondine… Godafoss est située sur la même rivière. »

    cascade islande voyage
    Godafoss. J’ai toujours le pull.

    Je retrouverai les orgues de basalte qui me fascinent tant sur la plage de Vik, au sud-est de l’île, tout près du fabuleux lagon glaciaire de Jökulsarlon. Près de Vik toujours, une autre cascade me ravit, Skogafoss, dont le nom signifie la hauteur. « Entre les berges verdoyantes s’enfonce la lame étincelante de la cascade en une myriade d’arcs-en-ciel auréolés de brume ». Les cascades me rendent manifestement lyrique. Mais malgré sa splendeur, je boude un peu Gulfoss, la chute d’or, car « je me casse la figure sur les pierres » et me fais mal. Je consentirai tout de même à admettre que c’était « la plus belle de toutes ».

    vik islande voyage
    La sublime plage de Vik, vue par Florence.

    Le voyage s’est achevé sur le cercle d’or, là où explosent les deux geysers d’Islande, Geysir, celui qui a donné son nom à tous les phénomènes géologiques de ce type dans le monde, et son petit frère Strokkur, moins puissant, mais plus fréquent. Geysir ne crache que toutes les six heures, et nous n’espérions pas le voir, quand soudain… « Au moment de partir, Papa se met devant Geysir et nous demande : Vous voulez le voir exploser, les enfants ? Nous crions tous : Oui ! Et dans la seconde, Papa sursaute, à cause de la soudaine colonne d’eau qui se dresse derrière lui… » L’Islande, atelier de développement des pouvoirs magiques.

    geyser geysir islande strokkur
    Strokkur, capturé par ma mère.

     

    geyser islande
    Strokkur, capturé au bon moment par ma tante Florence, au coeur de l’hiver islandais.

    Il me tarde de retourner en Islande, de revoir Vik, le cratère de Viti, les champs de fumerolles du Mytvatn, Jökulsarlon, Detifoss, Gulfoss, Skogafoss, Selfoss et Godafoss, et de découvrir les lieux où le premier voyage ne nous avaient pas conduits : les deux cascades célèbres pour leurs orgues de basalte, Aldeyjarfoss et Svartifoss, la péninsule de Snaefells, avec le cône parfait du volcan Kirkjufell au pied duquel jaillit une autre cascade, le canyon de Fjardrargljufur, dont les images me transportent – c’est le paysage que je vois dans mes rêves quand je ferme les yeux –, la route sinueuse qui mène au fjord de Siglufjorðür, les trolls d’Anarstapi. Et de remanger des myrtilles… Thorgal, mon amour, je reviens.

    chat voyage
    Préparation de l’itinéraire, avec mon conseiller voyage, Jettatura.

     

    Cascades d'Islande.
    Cascades d’Islande.

    Pour préparer mon retour en Islande, j’ai consulté des dizaines de sites et de blogs, et quatre d’entre eux m’ont émerveillée. Sur les blogs de voyage, l’Islande offre souvent aux auteurs leur plus bel article et leurs photos les plus réussies, car tout est cinématographique, la lumière, les paysages inouïs, l’inventivité de la nature. Je voudrais en citer quatre, notamment pour la qualité des photos qui m’ont fascinée :

    • Le plus touchant : les magnifiques photos de Marion et Vincent sur La Faute au Graph, qui ont même su saisir, au milieu des lumières d’orage et des landes féeriques, une portée de jeunes renards arctiques qui jouent.
    • Le plus spectaculaire : les images extraordinaires du photographe islandais Gardar Olaf, qui s’est notamment spécialisé dans les aurores boréales. Vous pouvez le suivre sur Instagram
    • Le plus original : le parcours de la Californienne Kristin, sur Be my travel muse, dont les photos automnales, qui l’entraînent parfois hors des sentiers battus, m’ont ravie.
    • Le plus complet : pour un road trip de quinze jours en Islande, jour par jour, avec une mine d’infos pratiques utiles, j’ai consulté Au bout de la route 

     

    islande voyage travel iceland
    Jökulsarlon, le lagon glaciaire.

     

     

    islande
    Reykjavik en hiver

     

    glacier islande hiver jökulsarlon
    Soleil éphémère sur Jökulsarlon.