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Catégorie : Europe

  • Au galop dans les bois : l’Ardenne à cheval

    L’Ardenne, la connaissez-vous ? Cette région montagneuse et boisée se tient à cheval sur quatre pays – France, Belgique, Luxembourg et Allemagne – et s’explore volontiers par son versant secret et moussu, en s’enfonçant dans ses immenses forêts. Au printemps dernier, j’ai eu le bonheur de me plonger dans la grande forêt de Saint-Hubert, en Ardenne belge, pour quatre jours de galops et de rencontres sauvages au cœur des bois touffus. La région s’est en effet lancée dans une initiative originale et rare : un réseau de sentiers équestres long de 120 kilomètres, pour chevaucher dans le calme sylvestre sans jamais croiser ni route, ni voiture, ni béton. Laissez-moi vous entraîner dans cette forêt de légende, au rythme des sabots de mon cheval… Voici une randonnée équestre dans la grande forêt de Saint Hubert, en Ardenne belge.

    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    Entrez au coeur de la forêt magique…

     

    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    Quatre jours d’équitation dans une forêt exceptionnelle.
    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    Une aventure magique au coeur des bois de l’Ardenne.

    Au cœur de la grande forêt de Saint-Hubert, en Ardenne belge
    randonnée équestre dans la grande forêt de Saint Hubert, en Ardenne belge.

    Ardenne, qui es-tu ? Je pourrais me contenter d’une définition purement géographique : l’Ardenne est un grand massif que quatre pays se partagent, une région transfrontalière qui commence au nord-est de notre pays. Mais les légendes me parlent souvent davantage. Avant de découvrir la région, je savais trois choses. Trois choses qui, dans mon imaginaire, liaient profondément l’Ardenne à la forêt.

    Au-delà de toute mémoire, aux premiers siècles de notre ère, l’Ardenne c’était « Arduina », une déesse celte à la peau noire comme l’écorce, une sorte de Diane chasseresse habitant les feuillages et ne sortant qu’à la lumière pâle de la lune. Les Romains racontaient que les habitants de ces régions reculées et obscures vénéraient cette étrange déesse des bois.

    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    Enchantement de ces clairs-obscurs…

    J’avais lu Un balcon en forêt de Julien Gracq, un des auteurs de langue française que j’aime le plus, où il racontait l’histoire d’un soldat retranché dans la grande forêt d’Ardenne devenue monde fantastique envahi de brouillards et de puissances obscures, de lisières magiques et de clairières envoûtées, où « toute l’immensité de l’Ardenne respirait dans cette clairière de fantômes, comme le cœur d’une forêt magique palpite autour de sa fontaine ».

    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    Carte ancienne de l’Ardenne au Moulin de Resteigne, une chambre d’hôtes riche en curiosités historiques.

    Et enfin, je me souvenais de la légende de Saint-Hubert, ce saint chrétien du VIIIe siècle de notre ère. Hubert de Liège était un seigneur belge passionné de chasse, qui passait sa vie à arpenter les grands bois à la poursuite du gibier. Mais un jour, par un vendredi saint où Hubert était encore en chasse dans la forêt et non à l’église en prière, il vit un immense cerf blanc surgir dans la forêt noire. Il le poursuivit sans relâche jusqu’au plus profond des bois, et là, le cerf étincelant, un crucifix luisant entre ses cornes, lui demanda : « Hubert ! Hubert ! Jusqu’à quand poursuivras-tu les bêtes dans les forêts ? Jusqu’à quand cette vaine passion te fera-t-elle oublier le salut de ton âme ? » Aussitôt pris de repentir, Hubert partit en pénitence et devint évêque.

    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    L’impressionnante salle des trophées au Moulin de Resteigne. Les cerfs sont nombreux, aujourd’hui encore, dans cette forêt mythique.

    Quand on m’a proposé de partir quatre jours à cheval dans la grande forêt de Saint-Hubert, j’ai su aussitôt que les légendes n’avaient pas tort, et que c’était bien un pays de feuillages, de fougères, d’animaux sauvages et de cheminement dans les bois feutrés. Imaginez : cette immense forêt est réputée pour l’ampleur de son réseau de sentiers (1500 kilomètres de chemins pédestres, équestres et cyclistes) et pour la qualité d’observation de la faune sauvage. Les cerfs notamment, mais aussi les sangliers, les renards, les écureuils, les chevreuils, les couleuvres et tous les autres animaux des bois, abondent dans cette région secrète et préservée.

    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    Une famille de sangliers.

    Cette année, l’office du tourisme de la grande forêt de Saint-Hubert a choisi de se tourner spécifiquement vers les cavaliers avec une proposition unique :  120 km de sentier équestre, à explorer en itinérance ou en étoile, pour se plonger au plus profond des bois avec son cheval. Je sais que ce voyage ne ressemblera à aucun autre. C’est une immersion au cœur d’une autre dimension.
    Nous sommes quatre blogueurs : Julien, de Sentiers du phoenix, l’homme de l’Ardenne qui connaît cette forêt par cœur, Laurène de Carnet d’escapades, passionnée de chevaux et de sa belle Alsace, et Mirre de MirreOpReis, néerlandaise ultra sportive. Ensemble, nous partons pour cette exploration sur les sentes obscures.

    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    A cheval au pays des légendes. Avec mon bel Obsession, un paint horse adorable appartenant aux écuries des Îles à Hatrival.

    La forêt comme une planète à part

    J’ai grandi dans un pays de soleil et de garrigue. La forêt, la vraie, la forêt des contes, profonde et traversée de lumières ambigües, odorante et enivrante, la forêt labyrinthe, la forêt onirique, je ne la connaissais pas. Mais ce printemps 2018, deux des plus belles forêts d’Europe se sont chargées de mon initiation. J’ai sauté d’un bois à l’autre, comme dans une marelle magique, des bois du Forez à la grande forêt de Saint Hubert en Ardenne, et j’ai compris qu’un autre monde existait là, au-delà de la lisière.

    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    Entrer dans un autre monde…

    La forêt, la vraie, la grande, c’est une planète à part. Les bruits du dehors sont étouffés, assourdis ; un silence intranquille semble couler des cimes ou monter du sol noir. A la solennité verticale des grands mélèzes et épicéas, plantés au XIXe siècle, vient s’opposer le fouillis des hêtraies, vestige de cette forêt antique qu’ont connue les Celtes et les Gaulois. J’aime l’armée noire des conifères, mais j’aime plus encore les clairières aux feuillus, la forêt plus douce et emmêlée des ancêtres, où les chênes, les noisetiers, les tilleuls et les hêtres se disputent le jour. Partout où la lumière se fraie un chemin, le sol se couvre de jeunes pousses, et des légions ébouriffées de fougères déploient leurs hampes bourgeonnantes comme pour nous rappeler qu’à l’échelle géologique, la préhistoire, c’était hier, et que nous ne sommes au fond pas grand-chose.

    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
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    Secrets de fougères.
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    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
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    La forêt n’est jamais monotone, c’est une immense variété de plantes et d’arbres qui rivalise d’enchevêtrement, et quand je relève la tête, la rosace des cimes n’est jamais identique. Je pense à une cathédrale sylvestre, à des nefs dont les ogives seraient autant d’écorces et d’épines, je pense aux cultes à mystères que les anciens rendaient à Arduina, et au mysticisme inhérent à ces sentes où la lumière aime jouer en clair-obscur. J’ai aussi des métaphores capillaires qui me viennent : le printemps fait éclore des jeunes pousses, et tous les sapins semblent s’être fait un balayage vert tendre aux pointes.
    Tous les sens sont en éveil. Ivresse des galops au cœur des bois, silence curieux du cheminement lent où on observe chaque chose. Odeurs de crins, d’herbe foulée, de rosée matinale, de résine et de tourbe, caresse de mes doigts sur la robe chaude du cheval, sur la tendresse froide des jeunes pousses. La forêt est vivante, sensuelle, une déesse endormie qui respire.

    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    Douceur des mousses.
    Voûte des cimes.Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l’Ardenne.
    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    Les cheveux de la forêt…
    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    Sabots sur le tapis moussu.

    Pardonnez mon parti-pris de cavalière : être à cheval en forêt, c’est mieux que tout, mieux qu’en voiture évidemment, mais mieux qu’à pied, mieux qu’en vélo, c’est devenir centaure, entrer soi-même dans cette nature. A ne faire plus qu’un avec l’animal, mélanger son odeur à la nôtre, on approche au plus près de la faune sauvage : soudain une biche surgit entre les oreilles de ma jument, soudain une famille de marcassins traverse le sentier, soudain un cerf bondit dans les fougères.

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    Cheminer dans les fougères…
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    Beauté des chevaux.
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    Chevaucher dans les bois…
    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    Entre les oreilles de ma jument, une biche.

     

    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    Une trouée fleurie…

    Un après-midi, nous quittons nos chevaux pour gagner des cimes plus élevées : des cabanes d’observation au cœur de la grande forêt de Saint-Hubert. Au cœur du silence végétal, la vie animale se déploie sous nos yeux émerveillés. C’est un moment suspendu, hors du temps.

    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    Sangliers au loin.

     

    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    Les cabanes au sommet des arbres.

     

    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    Laurène en observation.

     

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    Vue magique.
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    Choses vues  en rando équestre au pays de la forêt ardennaise
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    Notre voyage était centré sur l’expérience équestre et l’immersion dans la forêt, mais voici quelques lieux vus au cours de notre périple et dont je voulais vous parler. Ces lieux sont situés sur le tracé équestre de 120 km en forêt, il est donc tout à fait possible d’intégrer leur visite à votre rando équestre si vous le souhaitez.

    Redu, le village du livre : Arriver à la nuit m’a empêché de photographier ce lieu exceptionnel, mais je compte sur vous pour vous en charger à ma place : Redu est un village du livre, comptant des dizaines de librairies, de restaurants et d’hôtels envahis de reliures et de pages jaunies. L’ambiance est incroyable – c’est le paradis de Belle, la lectrice infatigable. A Redu, nous avons mangé dans un resto-librairie végétarien délicieux que je vous recommande sans hésiter, La Reduiste.

    Le Domaine du Fourneau Saint Michel : Pour qui s’intéresse au patrimoine architectural ardennais, ce grand parc idyllique où on se promène librement est un incontournable. C’est un fabuleux musée de plein air, où des maisons, des granges, des églises, des forges du XIXe siècle authentiques ont été soigneusement rassemblées et remontées à l’identique. Vous avez l’impression de vous promener dans une petite Wallonie en miniature, avec différents styles architecturaux, différentes identités culturelles, le tout au cœur d’une nature bucolique préservée. J’ai adoré cette visite.

    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    Au fourneau St Michel, l’Ardenne d’autrefois.
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    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
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    Le beau village de Mirwart Mirwart (prononcez Miroir) est un des plus jolis villages de la grande forêt de Saint Hubert. J’ai aimé son château de conte de fées et son domaine provincial, un parc de pisciculture où on élève des truites et se promène au bord des étangs sur des sentiers de randonnée en forêt.

    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    Le château de Mirwart.

    Organiser votre randonnée équestre dans la grande forêt de St Hubert :
    tracé, hébergements et écuries

    Le grand tracé équestre de 120km est une nouveauté de l’été 2018, soigneusement mis en place par l’office de tourisme de la grande forêt de Saint Hubert. J’ai eu le plaisir de discuter avec la personne qui a géré ce projet avec beaucoup de passion, Pauline, et qui connaît par cœur les différentes boucles possibles, les lieux d’étape, et je ne peux que vous conseiller de contacter l’office pour planifier votre itinéraire sur plusieurs jours et obtenir les cartes. Si vous voulez suivre le trajet précis de chacune de nos étapes, je vous renvoie au blog de Julien, qui a intégré à son article des tracés exacts. Moi qui ai grandi bien loin de l’Ardenne, je leur laisse le soin de vous guider mieux que je ne pourrais le faire !

    Les écuries en Grande forêt de Saint Hubert

    Plusieurs écuries vous proposent de louer des chevaux et/ou d’y laisser les vôtres en pension lors de votre randonnée équestre dans la forêt.

    Les Ecuries des Îles à Hatrival : Vrai coup de cœur pour ce manège magnifique. Les installations sont superbes, la cavalerie est de grande qualité, avec notamment beaucoup de franche-montagnes et de paint horses gentils et bien dressés. J’ai adoré le cheval que j’ai eu le bonheur de monter pendant trois jours, un superbe et adorable paint nommé Obsession, à qui je repense avec beaucoup de tendresse !

    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    Obsession et moi.

    L’écurie des Longs Près à Transinne : Une petite écurie sympathique, tenue par des passionnées, où j’ai eu le plaisir de monter une très bonne jument espagnole.

    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    La jolie jument espagnole que j’ai montée.

    Le Relais de la Lesse à Chanly : Nous n’avons pas eu l’occasion de tester cette écurie, mais je sais qu’elle peut être une étape pour les cavaliers en randonnée dans la grande forêt.

    La Crémaillère à Bras : Vous pourrez non seulement laisser votre cheval en pension pour une nuit ou plus dans cette jolie petite écurie, mais aussi y dormir.

    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    Une jolie petite écurie.

    Les hébergements pour les cavaliers

    Voici plusieurs gîtes et hôtels orientés vers le tourisme équestre, où les cavaliers sont les bienvenus. Ils sont situés non loin des écuries citées ci-dessus. Afin de vous faire une idée du standing des différents hébergements, sachez que je les cite en allant du plus confortable au plus rustique.

    La chambre d’hôte Gaussignac à Hatrival : Un énorme coup de cœur pour cet hébergement magnifique et confortable. La maison est superbe, avec sa vue imprenable sur les près et les bois, meublée avec goût et accueillante. La table d’hôtes est absolument succulente : le chef cuisine avec passion, son plus grand plaisir est de faire goûter sa cuisine originale et soignée à ses hôtes ! Les chambres sont confortables et bien équipées, l’idéal pour bien se reposer après une longue journée équestre. Les écuries des Îles sont à deux pas, et les hôtes sont tout à fait disposés à aider les cavaliers à faire le trajet allant de l’un à l’autre. Une belle adresse raffinée.

    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    Table avec vue à Gaussignac.

    Le Moulin de Resteigne à Resteigne : c’est un lieu poétique, hors du temps, où la rivière fait tourner un moulin à aube et où on dort dans le bruissement de l’eau qui bondit. Une grande beauté se dégage du jardin entre ruisseau et forêt. Les chambres sont simples, à la mode de l’ancien temps, mais la cuisine est excellente, dans une très belle salle à manger où la décoration évoque l’Ardenne d’autrefois. J’ai beaucoup apprécié les nombreuses curiosités qui peuplent cette belle maison ancienne. Bien que je ne sois pas personnellement adepte de la chasse, j’ai admiré la salle des trophées, où les bois immenses de nombreux cerfs évoquent la tradition chasseresse de la grande forêt de St Hubert. Un beau voyage dans le temps.

    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    Beauté poétique du Moulin de Resteigne.

    L’Auberge gourmande à Redu : Au coeur du village du livre de Redu, l’Auberge gourmande est un lieu qui ravira les lecteurs et les cavaliers : les chambres comportent toutes un rayonnage de livres où vous pourrez piocher avant de dormir, et au pied de l’auberge, une prairie réservée aux chevaux permet aux cavaliers de laisser leur monture pour la nuit. Si nous avions déjà eu nos chevaux le premier soir, nous aurions dormi avec vue sur eux ! Je suis arrivée à la nuit et n’ai pas fait de photos, mais je garde un bon souvenir de cette nuit à Redu. L’Auberge est à deux pas de la Reduiste, le resto-librairie végétarien que j’ai adoré.

    La Crémaillère à Bras : voici un relais équestre, où vous pouvez laisser votre cheval, dormir ET manger des spécialités ardennaises typiques. Un gîte très simple et rustique où la nourriture est typique et l’ambiance authentique, tenu par de vrais amoureux des chevaux.

    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    La Crémaillère, à Bras.

    Le camping Europacamp à Saint Hubert : cet immense camping situé en pleine forêt propose de nombreux emplacements au vert aux caravanes, tentes, mobil homes, etc. Je ne suis pas très camping, mais j’ai adoré le fait que les emplacements soient vraiment au coeur de la forêt – beaucoup de mes photos de fougère ont été prises à l’Europacamp. Le propriétaire nous a dit vouloir créer des emplacements spécifiquement réservés aux chevaux – n’hésitez pas à le contacter pour savoir si ce projet a été mis en œuvre. Par ailleurs, le camping comporte un restaurant, Le Chalet, à l’ambiance à la fois forestière et rock’n’roll très sympathique.

    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    Le restaurant Le Chalet, à l’Europacamp.

    Un grand merci à Visit Ardenne et La Grande forêt de Saint Hubert, et tout particulièrement à Pauline et Julien, pour l’organisation de ce blog trip original et novateur. Et merci à mes camarades blogueurs pour la bonne ambiance et la convivialité ! randonnée équestre ardenne grande forêt de saint hubert

    Une randonnée équestre au coeur de la grande forêt de St Hubert ? Partez à cheval en itinérance dans les bois de l'Ardenne.
    Epinglez moi !

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  • Les merveilles méconnues de la Loire 

    Au sud de Lyon et de Roanne, au nord de Saint Etienne, s’étend un département français épargné par le tourisme de masse, et dont peu de monde connaît les joyaux : la Loire, alias le 42. Pays de collines bucoliques et de forêts brumeuses, de châteaux auréolés de légendes et de villages de caractère, région de vin, de fromage et d’artisanat, il y règne une ambiance de France éternelle qui m’a touchée. J’ai passé cinq jours à explorer ses petites routes et je reviens avec une succession de coups de cœur, d’éblouissements au détour d’un virage ou d’un méandre de la Loire. Que voir dans la Loire ? Voici une série d’idées forcément subjectives.

    La Loire, pays de collines et de forêts
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    J’en parlais dans mon précédent article consacré aux chambres d’hôte de charme de la Loire  : la Loire, c’est un peu le département que personne ne sait situer. Parce que le fleuve Loire traverse notre pays de part en part, que pas moins de 9 départements contiennent le mot « Loire » ou « Loiret » dans leur nom, le 42 est un peu éclipsé par ses illustres homonymes, comme par exemple la région dite des châteaux de la Loire (autour de Tours). Et pourtant, la Loire est magnifique. Les monts du Forez frissonnent encore des antiques histoires d’amour qui se sont nouées à leurs branches sylvestres, le parc naturel régional du Pilat vous surprend avec ses sommets et son climat de montagne, les gorges de la Loire offrent une autre collection de châteaux féeriques, les villages de caractère sont riches d’architecture préservée et de spécialités authentiques.

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    Vue sur la Loire à Saint Victor sur Loire.

    Le département de la Loire, chef-lieu Saint Etienne, c’est un mets de connaisseur. Vous n’y verrez jamais de tourisme de masse, d’embouteillages, de ruée sur les parasols ou de files d’attente, c’est une région où on vient se mettre au vert, savourer la beauté intemporelle de la France des petits villages et des grands espaces ourlés de mousse. J’ai aimé les jeux de lumière dans les futaies, les grands sapins des montagnes et les hêtres et les chênes en bordure de prairie, les coquelicots dans les coteaux réputés, les points de vue égrenés par chaque sommet de colline… et les petites vaches !
    C’est presque devenu un running gag dans mes stories sur Instagram : tous les jours, je mettais des photos de vaches. Sur les premiers contreforts du Massif Central, elles sont partout dans la Loire, profitant de l’herbe grasse et des pâturages vallonnés, elles viennent vous voir quand vous vous approchez de leur enclos, elles créent un climat campagnard charmant.

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    Au pays des jolies vaches.
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    Vue sur St Jean St Maurice.
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    St Médard en Forez.

    C’est un des grands atouts de la Loire : cette nature accueillante et douce, ce silence et cette quiétude, à deux pas de l’énorme métropole lyonnaise. Ce département semble avoir été créé pour qu’on s’y ressource.

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    Fleurs couleur bleu blanc rouge : la Loire, petit morceau de France éternelle

    Les autres châteaux de la Loire
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     Les châteaux chevaleresques des gorges de la Loire : Grangent, Essalois, la Roche

    Je sais, je suis en train de semer la confusion dans les esprits. Je vous explique que la Loire, c’est le 42, soit Saint Etienne, le Forez, le Roannais, le Pilat, et donc PAS les châteaux de la Loire qui sont eux du côté de Tours et Angers… et je vous parle de ces autres châteaux de la Loire. Mais dans le 42, cette fois. Il se trouve que notre pays a une longue histoire chevaleresque et féodale, que la France est cousue de vieux châteaux, et que la Loire compte toute une série de merveilles féeriques.
    Les deux premiers sont dans les sublimes gorges de la Loire, qui comptent sans aucun doute parmi les plus beaux paysages du département. La Loire serpente entre falaises et collines, dessine des balcons au-dessus de son miroir sinueux – je sais que c’est un merveilleux terrain de randonnée, même si je n’ai personnellement pas eu le temps.
    La plus célèbre vision des gorges de la Loire, ce sont les deux châteaux médiévaux de Saint Just Saint Rambert : le premier sur l’île de Grangent, au milieu du fleuve, le deuxième, Essalois, au-dessus, sur la colline. Ils correspondent à deux périodes médiévales bien distinctes : Grangent date du IXe siècle, Essalois du XIVe siècle, et l’ensemble confère à la Loire un petit côté écossais ravissant, surtout quand le temps est gris et que la brume flotte sur la tour sarrasine… on s’attend presque à voir Nesie émerger de la Loire.

    Château de Grangent. Que voir dans la Loire ? Châteaux des gorges de la Loire, randonnées en Forez, artisanat et spécialités de la Loire, villages de caractère.
    Château de Grangent.

    Pour continuer cette épopée chevaleresque le long de la Loire, il faudra absolument faire halte dans deux villages que j’ai adorés pour la vue impériale qu’ils proposent sur le fleuve : Saint Victor sur Loire à proximité des châteaux mentionnés, et Saint Jean Saint Maurice beaucoup plus au nord, du côté de Roanne.
    La météo m’a malheureusement empêchée de faire quelque chose que j’aurais adoré : une croisière dans les gorges de la Loire au départ de Saint Victor sur Loire, avec la compagnie Les Croisières des Gorges de la Loire. Mais se promener dans ce village avec vue, c’est idéal pour se la jouer princesse (avec un K-way rose, histoire que vous puissiez bien me repérer dans l’image).
    Quant à Saint Jean Saint Maurice, dans le Roannais, il m’a fascinée avec son fabuleux donjon qui offre une vue imprenable sur la Loire et me fait dire que vraiment, les paysages de gorges escarpées où coule un fleuve, cela fait partie des plus belles choses de notre pays…

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    Saint Victor sur Loire
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    Saint Victor sur Loire
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    Saint Jean Saint Maurice
    Que voir dans la Loire ? Châteaux des gorges de la Loire, randonnées en Forez, artisanat et spécialités de la Loire, villages de caractère.
    Saint Jean Saint Maurice

    J’en viens maintenant à l’autre château incontournable des gorges de la Loire : le château de la Roche, à Saint Priest la Roche ! C’est un endroit un peu étrange et incongru, toute son histoire m’a fascinée. Même si ce château existait dès le XIIIe siècle, le bâtiment sous sa forme actuelle n’a vraiment plus rien de médiéval : c’est une folie 19e, complètement pittoresque et fantasmagorique, un peu comme Pierrefonds ou Neuschwanstein. J’adore ce Moyen-Âge imaginaire des grands rêveurs de la Belle Epoque. Le château était bien sur la terre ferme pendant longtemps, mais la mise en service du barrage sur la Loire l’a transformé en île dans les années 1980. C’est pour cela qu’on a ce château magique, isolé comme un rêve au milieu de l’eau, et où tous les meubles d’époque ont été remplacés par de (très jolies) répliques en carton, parce que les crues viennent régulièrement lui faire tremper les orteils… Je vous conseille vraiment la visite guidée en costume, assurée par des comédiens qui parlent à des hologrammes et vous font revivre l’histoire de ce château, surtout si vous avez des enfants avec vous. Et sinon, venez quand même : il y a un super joli café au milieu du fleuve, le lieu est paradisiaque, et c’est vraiment LE spot idéal pour une photo parfaitement instagramable.

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    Château de la Roche.
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    Petit café sur l’île au milieu de la Loire

    Deux ruines romantiques : Donzy et Couzan

    En s’éloignant du fleuve, deux ruines romantiques méritent encore le détour. A Salt en Donzy, le château médiéval de Donzy était au XIIe siècle la demeure des Comtes du Forêt. Aujourd’hui en ruine, il garde une grande majesté dans la lumière du soir. Des amis de l’histoire et du patrimoine s’occupent de mettre en valeur le site – un petit jardin médiéval s’ouvre au pied des ruines, c’est une jolie promenade facile.

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    Salt en Donzy, le château en ruines
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    La chapelle abandonnée
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    Quant au château de Couzan, à Sail-sous-Couzan, c’est une des plus belles ruines de la Loire – là encore, l’esprit des comtes du Forez flotte sur l’impressionnante bâtisse surplombant un éperon rocheux. Je l’ai admiré en mai, à l’heure des genêts en fleurs, mais il aurait fallu venir en juillet-août pour pouvoir le visiter.

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    Château de Couzan.

    Il me reste deux châteaux de la Loire (42, on est d’accord) à vous montrer… mais ceux-là mériteront une introduction très spéciale. Une émotion très forte m’a submergée en les découvrant. Je ne le savais pas, mais mon imaginaire avait vécu au cœur des monts du Forez il y a bien longtemps…

    Le pays magique d’Urfé et ses deux châteaux enchanteurs – mes coups de cœur absolus

    Il faut que je vous raconte quelque chose sur l’adolescente que j’ai été. L’été de mes quinze ans, j’ai fait quelque chose que plus personne ne fait à notre époque. J’ai lu l’Astrée.
    L’Astrée ? Ce roman d’Honoré d’Urfé fut le plus grand roman du XVIIe siècle, une œuvre-fleuve grosse de cinq mille pages (oui, oui), un livre monumental traduit et lu dans toute l’Europe, qui a véritablement été la source du roman moderne. C’est l’histoire de deux bergers amoureux, Astrée et Céladon, dans un pays merveilleux de forêts touffues et de sources chantantes, un paysage d’idylle éternelle. Le roman commence ainsi :

    « Auprès de l’ancienne ville de Lyon, du côté du Soleil couchant, il y a un pays nommé Forez, qui en sa petitesse contient ce qui est de plus rare au reste des Gaules : Car étant divisé en plaines et en montagnes, les unes & les autres sont si fertiles, & situées en un air si tempéré, que la terre y est capable de tout ce que peut désirer le laboureur. Au cœur du pays est le plus beau de la plaine, ceinte comme d’une forte muraille des monts assez voisins, & arrosée du fleuve de Loyre, qui prenant sa source assez près de là, passe presque par le milieu, non point encore trop enflé ni orgueilleux, mais doux & paisible… »

    L’été de mes quinze ans, je me suis perdue en esprit dans les monts du Forez avec Céladon et Astrée, emportée par cette histoire d’un autre temps, romanesque et grandiose. Ce pays était pour moi resté une contrée de légende, située quelque part dans les brumes imaginaires

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    Forêts de légende du Forez
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    Douceur de la mousse…
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    Entrer dans mon rêve… le pays de l’Astrée

    Vue sublime au château des Cornes d’Urfé

    Imaginez donc ma surprise quand je suis arrivée à Champoly et ai lu sur la pancarte « château des Cornes d’Urfé ». Mes quinze ans me sont revenus en un éclair, alors que je n’avais plus songé à l’Astrée depuis des années. J’ai tout de suite pensé à Honoré d’Urfé en me demandant pleine d’espoir… serait-ce le château de sa famille ?
    J’arrive au pied d’un sublime château médiéval en ruines, surplombant un paysage de collines boisées baignées d’une lumière changeante. Je découvre immédiatement le panneau explicatif : « Ce château est le berceau de la famille d’Urfé, l’une des plus célèbres du Forez. Le plus connu de ses membres est Honoré d’Urfé, auteur du roman pastoral « L’Astrée », en 1610. »
    J’y suis. J’ai trouvé le pays de l’Astrée. Pleine d’émotion, je monte l’escalier qui conduit au sommet du donjon, bâti en 1130 avec pour objectif explicite de surplomber et surveiller tout le panorama alentours. La vue est grandiose et la coloration intime qu’elle prend à mes yeux fait qu’elle restera mon plus beau souvenir de la Loire. A 927 mètres d’altitude, trois provinces historiques s’offrent à mes yeux : le Forez-Roannais, le Bourbonnais et l’Auvergne. Je suis au cœur de la France, au cœur d’une forêt magique qui a infusé son imaginaire. J’ai envie de m’enfoncer au cœur des bois, suivre les sentes des cerfs et les fantômes des bergères amoureuses, m’allonger sur la mousse et écouter les bruissements de son silence feutré. Cet endroit me touche profondément.

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    Vue grandiose.
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    Au loin, d’autres châteaux se devinent…
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    Fragments de songe…

    Sortilège Renaissance à la Bâtie d’Urfé

    Le soir, je me mets à faire des recherches frénétiques sur le pays de l’Astrée, et je découvre très vite qu’un autre château me tend les bras : la Bâtie d’Urfé, à Saint-Etienne-le-Molard. Ce fut le château de Claude d’Urfé, gentilhomme forézien, proche de François Ier, et grand-père d’Honoré. Le château fantastique de son grand-père a profondément inspiré Honoré lors de la rédaction de son roman, et le château est labellisé « Maison des illustres », distinction honorant quelques rares maisons qui furent conçues et habitées par de grands hommes. Je me prépare donc à être émerveillée, et j’ai raison d’attendre beaucoup de ce château : vraiment, ne quittez pas le Forez sans avoir visité la Bâtie d’Urfé. C’est une merveille de la Renaissance, construite par un érudit féru d’énigmes, de curiosités et de constructions symboliques. Claude d’Urfé était un vrai homme de la Renaissance, néo-platonicien en diable et obsédé par la recherche de la connaissance et de la vérité cachée. Un sphinx au regard pénétrant accueille le visiteur et l’invite à percer le mystère. Une fabuleuse grotte en rocaille (= matériaux naturels uniquement, notamment des coquillages et des stalactites prélevés dans une grotte avoisinante) s’ouvre sous les arcades de la cour et mêle dans une incroyable mosaïque des symboles antiques et chrétiens. L’effet est saisissant. Cette grotte en rocaille du XVIe siècle, parfaitement préservée et restaurée, est unique en France, et vraiment, elle mérite mille fois le détour. Quant aux jardins du château, ils invitent à une flânerie poétique dans ce lieu baigné d’ésotérisme radieux. J’ai tout simplement adoré.

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    Jardins bucoliques de la Bâtie d’Urfé
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    Remontons le temps…
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    « Aie un sphinx en ta maison. »

     

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    Rêver d’autrefois…
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    Grotte en rocaille : Poséidon
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    Les villages de charme de la Loire

    La Loire, c’est la France des cartes postales : pleine de petits villages ravissants, de merveilles architecturales quotidiennes, de campagne patiemment façonnée par la main de l’homme. Le département compte un grand nombre de villages de charme, certains ayant reçu le label « village de caractère », d’autres encore, comme Sainte Croix en Jarez, comptent parmi les plus beaux villages de France. Je ne cite pas à nouveau Saint Victor sur Loire et Saint Jean Saint Maurice, déjà évoqués, et vous présente quelques autres lieux qui m’ont touchée.

    Pommiers en Forez a été mon plus grand coup de cœur parmi les villages de la Loire : son célèbre prieuré est un des plus beaux ensembles monastiques que je connaisse et m’a éblouie. Cet ancien monastère bénédictin est un ravissement architectural rare – le cloître est de toute beauté, l’église d’une beauté émouvante, et ce qui m’a le plus surprise, ce sont les charpentes en bois. Imaginez des charpentes du 14e siècle, parfaitement conservées, préservées des incendies et des ravageurs depuis la fin du Moyen-Âge, sous lesquelles on peut se promener comme sous la coque d’un bateau retourné. C’est réellement touchant de voir les inscriptions des menuisiers d’il y a six siècles gravées dans le bois, de découvrir ces merveilles architecturales dans le silence des lieux empreints de spiritualité. Au loin, au large du village, un pont ancien expose ses ruines majestueuses – la photo combinant la silhouette altière du prieuré et la pâleur des ruines sans date est évidemment un incontournable !

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    Pommiers en Forez, magnifique vision
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    Charpente du XIVe siècle.
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    Le cloître du prieuré.
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    Cervières est un vrai village de chevaliers : un village médiéval absolument magnifique, dans lequel on entre à pied en passant sous des portes en ogive qui plongent immédiatement dans une ambiance d’antan. Ce labyrinthe de ruelles surmontant les bois du Forez m’a enchantée. Et Cervières compte un lieu très spécial, dont je vous parlerai en fin d’article.

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    Cervières.
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    Les portes du village
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    Charme du Forez à Cervières
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    Printemps dans la Loire

    Malleval, au sud de la Loire, dans le parc du Pilat, m’a plu pour l’intrication totale de la nature et du village perché, construit sur plusieurs niveaux. Des rivières et des cascades caracolent au milieu des maisons, les fleurs envahissent tout, et l’église médiévale est de toute beauté. La balade la plus célèbre est celle qui mène à la belle cascade du saut de Laurette – nom qui ne m’a pas porté chance car je suis tombée dans l’eau froide de la rivière en essayant justement de la franchir en sautant, mais ça ne doit pas vous dissuader d’y faire un tour !
    Insolite : il y a un atelier/magasin que j’aurais adoré visiter à Malleval, mais qui était malheureusement fermé lors de ma venue. C’est un cabinet de curiosités et atelier de fabrication de baguettes magiques, dans le style de Harry Potter. La gothique qui sommeille en moi était en ébullition. Je vous mets le lien ici, car je trouve les créations de l’artiste vraiment originales et intrigantes.

    Malleval, entouré de coteaux prestigieux
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    Saut de Laurette
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    Eglise superbe de Malleval.
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    Paysages de vignes…
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    Loire bucolique à Malleval

    On reste dans un univers un peu mystique et magique avec Sainte Croix en Jarez, un des villages les plus originaux que je connaisse. Imaginez : pendant plus de cinq cent ans, ce village n’était pas un village, mais une chartreuse (un monastère de l’ordre des Chartreux). C’est après la Révolution que la vie quotidienne a investi les murs sacrés, et que cet immense ensemble religieux est devenu village. Les cellules des moines, leurs salles d’étude et leur réfectoire sont devenus des appartements, leurs potagers, des jardins communaux. C’est un véritable dédale, beau et passionnant. J’ai adoré l’ambiance qui régnait dans ce lieu hors-normes.

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    Sainte Croix en Jarez, ancien monastère chartreux devenu un village
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    L’ancienne cuisine des chartreux, très impressionnante
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    Ambiance !
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    Ambierle m’a beaucoup plu esthétiquement, avec sa sublime abbaye au toit de tuiles vernissées et colorées (comme en Bourgogne) qui trône au-dessus des coteaux. Ce village a beaucoup d’allure, et l’abbaye est de toute beauté. Ambierle est aussi un arrêt intéressant pour qui s’intéresse au patrimoine, car il compte à la fois une Maison de pays présentant l’artisanat de la région, et un musée ethnographique (musée Alice Taverne) reconstituant des maisons de la région au XIXe siècle. Le lieu respire l’authenticité.

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    Majestueux Ambierle
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    Les toits que j’adore.
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    Saint Haon le Châtel : j’y suis passée en coup de vent, mais je l’ai trouvé absolument ravissant avec son ambiance médiévale, son vieux puits et ses maisons à colombages.

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    Saint Haon le Châtel
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    Son puits magnifique.
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    Colombages
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    Randonner dans la Loire : bois du Forez et parc naturel du Pilat

    Les bois du Forez… cette simple expression me faisait rêver. C’est la forêt comme on l’imagine, épaisse et opaque, traversée de fulgurances lumineuses, onirique. J’ai eu le plaisir d’être guidée par Lionel de Loire Tourisme (et aussi blogueur de talent) pour une randonnée très appréciée des voyageurs à Saint Médard en Forez, le Sentier des Moulins. Je vous dis tout de suite : le nom est trompeur, ne faites pas le sentier des moulins en espérant voir des moulins. Les moulins en question, ce sont des (jolis) tas de pierres en ruine couverts de lierre – cette absence radicale de moulins plairait à Don Quichotte. Mais faites cette rando quand même, parce que la beauté des paysages et de la forêt compense mille fois les moulins. Prairies fleuries, forêts touffues, sources et petites cascades, variété extraordinaire des ambiances et beauté de l’ambiance bucolique, je me suis régalée. Voici quelques photos de forêt mystérieuse pour le prouver !

    Randonnée dans le forez
    Fougèrers et lumière.
    Cascades secrètes…
    Dans les bois…

    Le Forez et le Roannais comptent des dizaines d’autres randonnées de grande qualité. Plus au sud, les gorges de la Loire regorgent elles aussi de sentiers. Mon voyage n’était pas axé sur ce thème (j’ai fait la Loire en mode princesse, je me suis concentrée sur les châteaux), mais je sais que la Loire a tout ce qu’il faut pour réjouir les amateurs d’expéditions outdoor.

    J’étais quand même censée randonner un peu, dans le parc naturel régional du Pilat, au sud du département. En frontière de l’Auvergne, cette région de moyenne montagne, boisée et arborée, est connue pour la qualité de sa biodiversité et la solitude enivrante de ses chemins. Mais l’hiver a décidé de faire un come back tardif, et j’ai découvert le Pilat dans la neige, le givre et le brouillard – le panorama des Trois Dents, célèbre point de vue du massif, était noyé dans la brume. Il me faudra donc revenir !

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    Les 3 dents, sublime panorama sur… ah non, pas aujourd’hui, finalement.
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    Ambiance Blair Witch. Je m’amuse beaucoup dans les bois en me disant que vraiment, Lionel va adorer mes photos de promotion du département ;-))

    La Loire authentique : artisanat, nourriture, découvertes

    Tout le monde le sait, la France est un pays de traditions et d’artisanat, et la Loire est une fière représentante de cette culture. Le département regorge de spécialités culinaires locales, d’initiatives originales, de vieux métiers préservés. Ce que je vous propose n’en est qu’un tout petit aperçu.

    La source de la Badoit à Saint Galmier

    Le saviez-vous ? (Parce que moi, pas du tout.) La Badoit jaillit naturellement gazéifiée à Saint Galmier dans la Loire, et vous pouvez y goûter. Juste à côté de l’usine d’embouteillage de Badoit, d’où sortent des millions (oui, oui !) de bouteilles par jour, vous trouverez un petit kiosque rétro ravissant où coule la célèbre eau à bulles. Les habitants de Saint Galmier ont droit à six bouteilles par jour, les visiteurs comme moi à une seule. Il y a un petit côté fête foraine : on vient au kiosque comme à une attraction, remplir sa bouteille et vérifier que le goût est le même. J’ai pu constater que le gaz de la Badoit est effectivement naturel, et qu’on retrouve dans l’eau de la source cette agréable pétillance un peu salée. L’usine Badoit se visite elle aussi, et je vous conseille de ne pas négliger un petit tour dans la ville elle-même, qui est ravissante. Du haut des 37m du clocher de l’église, la vue est imprenable et tout le Forez s’offre à vos yeux. Saint Galmier, c’est une visite ludique et originale que je vous recommande vivement.

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    Saint Galmier, pays de la Badoit !
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    L’usine Badoit.
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    La vue depuis le clocher
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    Les habitants viennent remplir leurs bouteilles
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    Beauté du coeur de ville néo gothique.

    La fourme de Montbrison

    Si vous avez lu mon article sur le sud de l’Aveyron, vous connaissez mon secret honteux, mon étrange phobie : j’ai peur des fromages bleus. Ce n’est pas seulement que je n’aime pas : j’en ai peur. Je vois une armée d’envahisseurs bleuâtres venus coloniser mon œsophage, et je fuis comme devant un martien à douze tentacules. Je l’avoue toute penaude, amis lecteurs : j’ai refusé de goûter la fourme de Montbrison. Pardon, pardon. Mais si vous voulez tester cette spécialité dont la Loire est très fière, rendez-vous à la Fromagerie des Hautes Chaumes à Sauvain. Hubert Tarit, fromager passionné et médaille d’or des fous de fromage de Fromaniac, pratique son métier avec rigueur et dévouement. Et il est très sympa, même quand vous refusez de goûter sa fourme parce que vous êtes une chochotte phobique de la moisissure (encore désolée).

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    La célèbre fourme de Montbrison !
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    La chocolaterie Pralus

    O désespoir, je ne l’ai pas visitée (mais Lionel m’a offert des chocolats qui en provenaient et ils étaient à tomber par terre). Ce chocolatier installé à Roanne est réputé dans la France entière pour la qualité gustative exceptionnelle de ses chocolats (vous parlez à une vraie experte, vous pouvez me faire confiance, ce chocolat c’est du nectar de paradis) et pour sa praluline, une brioche aux pralines également à se damner. Je peux revenir à Roanne, s’il vous plaît ?

    La Cure à Saint Jean Saint Maurice

    Le beau village surplombant la Loire abrite une initiative originale : une maison des métiers d’art, La Cure, où des artisans peuvent s’installer pour une durée allant jusqu’à cinq ans, bénéficier d’un lieu de création extraordinaire et vendre leurs produits dans un cadre privilégié. Dans cette pépinière, j’ai rencontré des artistes talentueux, comme la costumière Maïté Chanterle aux doigts de fée. La Cure est également un lieu d’expositions et d’évènements culturels à la programmation originale et exigeante, le programme m’a beaucoup tentée.

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    Maïté Ganterle, costumière travaillant en ce moment à la pépinière de la Cure.
    Doigts de fée.

    La Maison des Grenadières à Cervières

    Vous êtes-vous déjà demandé d’où venaient les écussons brodés d’or sur les képis des marins et des douaniers ou les vestes des gardes républicains ? Ils viennent de Cervières, dans le Forez, où de petites mains agiles et talentueuses brodent le fil d’or dans le respect d’une tradition instaurée par Napoléon, où la minutie rivalise avec la créativité. J’ai adoré la visite de ce musée beau comme un boudoir de la fin XVIIIe, l’originalité de ce métier de passion et de mémoire, et la possibilité de tester soi-même la broderie au fil d’or dans la dernière salle (moment de pure vantardise : je me suis trouvée super douée, je crois qu’une nouvelle vocation est née). C’est un endroit insolite et beau à la fois, où je n’aurais pas eu l’idée d’aller, et qui m’a vraiment séduite et touchée.

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    Le travail méticuleux et traditionnel des grenadières brodant le fil d’or.

    Où dormir dans la Loire ?

    Je termine cet article en vous renvoyant à mon précédent, où je vous propose des chambres d’hôte de charme à moins de 100 euros/nuit dans la Loire, pour un merveilleux week-end dans ce département qui a su me toucher. Faites un tour dans la Loire, vous ne le regretterez pas – le charme opère très vite. Ma carte sentimentale de France a gagné de nouveaux trésors. Maintenant, la Loire, je sais où c’est. Et j’y reviendrai.

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    Vue sur la Loire.
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    Château de Grangent.
    Eglise de Saint Galmier.
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    Fleurs à Malleval.

    Un grand merci à Loire Tourisme et en particulier à Lionel pour ce séjour qui m’a enchantée. Une fois découverte, la Loire ne saurait s’oublier. Merci d’avoir enrichi mon univers et de m’avoir permis de retrouver un morceau de rêve d’adolescente !

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    Epinglez moi !
  • Loire : chambres d’hôtes idylliques et abordables

    Pour un week-end ressourçant à la campagne, une escapade romantique, une parenthèse au vert, la Loire est idéale. Entre Saint Etienne et Lyon, cette région bucolique offre tout ce qui manque aux vies trop pressées : la nature, le calme, la solitude et la sérénité. Et surtout, une multitude de bonnes adresses, de chambres d’hôtes idylliques qui vous sortent aussitôt du quotidien… à des prix très abordables, ce qui est le grand avantage des régions encore peu touristiques. J’ai tellement aimé les quatre chambres d’hôtes que j’ai été invitées à découvrir dans la Loire que j’ai choisi de leur consacrer un article spécial. Si vous êtes lyonnais ou stéphanois et que vous cherchez à vous échapper sans partir trop loin, si vous traversez la France et êtes de passage dans la Loire, ou si vous êtes venus découvrir les charmes de cette région qui mériterait d’être plus connue, j’ai ce qu’il vous faut. Voici une petite collection de jolies adresses pour un week-end d’évasion dans le 42 : la Loire. Week end dans la Loire – bonnes adresses dans la Loire – chambres d’hôtes dans la Loire – week end alentours de Lyon.

    Week end dans la Loire, au sud de Lyon : chambre d'hôtes abordables et romantiques. Week end romantique au vert au sud de Lyon
    Se mettre au vert. Ici à la Laiterie du Gontey.

    Pourquoi un week-end dans la Loire ?

    Voici la minute gourou. Du haut de la grande sagesse de mes vénérables vingt-huit ans, j’ai compris quelque chose :  un week-end de parenthèse, où tu ne fais ni le repas, ni la vaisselle, ni le lit, où tu découvres un lieu nouveau, ne penses pas à tes contraintes et sors de ton quotidien, ça peut sauver ton équilibre mental, ton couple, ton boulot, ta vie. Ça peut t’éviter de dire à ton boss ce que tu penses vraiment de la nouvelle maquette, à ton frère ce que tu penses de sa copine, ça peut éviter à ton/ta chéri(e) une regrettable incartade avec le tentateur de service parce qu’il n’y a plus de romantisme dans votre couple, bref, c’est le sparadrap géant, la bouée de sauvetage.
    Il n’y a pas besoin d’aller loin. Juste quitter la ville, aller dans les collines, faire un bisou sur le nez velouté d’une vache ou d’un cheval, marcher dans les pâquerettes (en ferais-je trop ?), s’endormir sans internet, sans télé et sans corvées, ça insuffle un peu de magie et d’étincelles dans la vie.

    Week end dans la Loire, au sud de Lyon : chambre d'hôtes abordables et romantiques. Week end romantique au vert au sud de Lyon
    Parenthèse magique au domaine d’Aromm.

    Mais alors, pourquoi la Loire ? La Loire, c’est simple, personne ne sait où c’est. D’un point de vue marketing, le 42 (au sud de Lyon, chef-lieu Saint Etienne) cumule les déficits de notoriété. La Loire étant un fleuve déraisonnablement long, elle traverse notre joli petit hexagone presque d’un bout à l’autre et a laissé son empreinte dans la toponymie tout le long de son lit. Nous avons donc une pléthore de noms qui embrouillent tout le monde :  il y a en France neuf départements dont le nom contient le mot « Loire » ou « Loiret », étalés de l’Aquitaine à la Normandie en passant par Rhône-Alpes. Et comme ça fait cinquante ans qu’on a tous arrêté d’apprendre par cœur les départements et les chefs-lieux, tout le monde se prend les pieds dans toutes ces Loires. Le département de la Loire (= matricule 42), personne ne sait si c’est du côté de Chambord ou d’Arcachon. Moi je vous le répète, histoire que tout soit bien clair (ayant moi-même mis du temps à percuter), la Loire est en Rhône-Alpes-Auvergne, au sud de Lyon.
    L’autre désavantage, c’est qu’alors qu’elle est magnifique, bourrée de villages de charme, de campagne idyllique, de paysages de carte postale, elle n’a pas LA grosse attraction touristique qui rameuterait tout le monde, comme Disneyland, le Futuroscope ou le pont du Gard. Son chef-lieu, Saint-Etienne, a la réputation (injuste ou pas ? je n’y suis pas allée, je vous laisserai trancher) d’être un peu industrielle et moche, et du coup personne ne sait quels trésors recèlent les campagnes environnantes : parcs naturels, patrimoine architectural sublime, traditions fortes, gastronomie bonne à en prendre quatre tailles de pantalon, nature préservée.

    Week end dans la Loire, au sud de Lyon : chambre d'hôtes abordables et romantiques. Week end romantique au vert au sud de Lyon
    Ambiance féerique dans les gorges de la Loire.

    La Loire est méconnue. Mais en réalité, pour nous autres touristes raffinés, c’est un avantage. Pas de foules, pas de prix artificiellement gonflés par la proximité d’une grosse attraction touristique, pas d’embouteillages ou de bagarres de parasol, la tranquillité royale. La Loire en fait, c’est un truc de happy few, un secret qu’on se chuchote entre gens qui ont du goût, qui ne voyagent pas comme tout le monde et profitent de la vie. (Vous avez vu comme je vous flatte). Qu’est-ce qu’on y fait, dans la Loire, au fait ? Chaque chose en son temps, là c’est pas le sujet, je t’expliquerai ça dans mon prochain article. Mais en attendant, tu me fais confiance, tu saisis n’importe quelle occasion (ton anniversaire, celui de ton/ta chéri(e), l’anniversaire de ton chat ou de ton Thermomix, n’importe quelle victoire du PSG ou la sortie du 47e Avengers, on s’en fiche), et tu réserves ton week-end dans la Loire maintenant. Voici de très bonnes adresses.

    Chambres d’hôtes idylliques pour un week-end dans la Loire : 4 bonnes adresses

    Le comble du romantisme : le Domaine d’Aromm, à Ouches

    Qu’est-ce que j’ai aimé cette adresse ! C’est un conte de fées : derrière les hautes grilles du Domaine se cache un grand parc aux mille secrets, comme le château de la Belle et la Bête au cœur de la forêt. C’est un endroit enchanteur, follement romantique, une espèce d’idylle à la Jean-Jacques Rousseau entre lacs, saules pleureurs et poneys. Le domaine d’Aromm compte deux lacs entourés de grands arbres mélancoliques, d’ajoncs jaunes et de canards joyeux. On peut demander à dîner au bord de l’un des deux lacs, à la belle étoile, seuls au monde, dans un cadre absolument parfait pour toute grande déclaration que vous auriez en tête. L’autre lac, beaucoup plus vaste, permet non seulement de pêcher, mais aussi de faire un tour en barque en tête à tête (tu sens que le romantisme vient de dégainer son combo ultime, là ?).
    Le lieu ravira aussi les amoureux des chevaux. Le domaine comporte un petit centre équestre et une écurie de propriétaires : il est possible de venir avec votre cheval, pour randonner dans les vertes prairies de la Loire, ou de bénéficier de leçons avec une monitrice. Pour moi qui suis cavalière passionnée, c’est clairement un argument de poids. D’autres animaux complètent le tableau : moutons, chats, oiseaux aquatiques… Le domaine comporte une piscine chauffée au cadre très agréable, au bord d’une grande pelouse.
    Les chambres sont belles, joliment décorées, toutes différentes, et le petit déjeuner est excellent : la fille de Martine, la propriétaire, est boulangère-pâtissière, ce qui signifie que j’ai eu droit à du pain frais exquis, et à la grande spécialité de la Loire, la brioche aux pralines (c’est à tomber par terre). Martine vous propose aussi une délicieuse table d’hôtes pour le repas du soir. Et si la très haute gastronomie vous fait rêver, sachez que Troisgros, restaurant 3 étoiles au Michelin, est venu s’installer juste à côté du Domaine. Les fins gourmets viennent donc s’organiser des week-ends combinés : vous pouvez dîner chez Troisgros et passer la nuit au Domaine d’Aromm.
    Bref, il y a tout ici, le luxe, le calme et la variété, et on pourrait facilement y rester une semaine. J’ai adoré !

    A partir de 95 euros par nuit. Plus d’infos : Domaine d’Aromm

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    Au bord du lac au domaine d’Aromm
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    Marcher au bord du lac…
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    Un tour en barque ?
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    Ambiance idyllique. Cavaliers, vous pouvez venir avec vos chevaux et/ou bénéficier de cours d’équitation au centre équestre.
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    La propriétaire des lieux avec un de ses chevaux.
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    Au petit déj.
    Week end dans la Loire, au sud de Lyon : chambre d'hôtes abordables et romantiques. Week end romantique au vert au sud de Lyon
    Ma chambre.
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    Lumière du soir.

    Une idylle bucolique et artistique : La Laiterie du Gontey, à Cervières

    Quel souvenir fabuleux… Ce fut une des rencontres magiques de mon séjour dans la Loire, une soirée infiniment chaleureuse et un des cadres les plus bucoliques et idylliques que je connaisse. La laiterie du Gontey, à Cervières, vous transporte dans un livre d’images. Le paysage alentours est absolument ravissant. Un chemin féerique vous entraîne au cœur des bois, entre fleurs sauvages et petites vaches, l’œil embrasse les prairies, les clochers et les collines… il y a ici une atmosphère de France éternelle, de beauté de carte postale. J’étais émerveillée par le charme du décor dans la lumière dorée du soir, j’ai fait des dizaines de photos aux alentours de la Laiterie (et payé mes respects à ces dames les vaches).
    Mais Magali, la propriétaire des lieux, ne s’est pas contentée de la beauté naturelle du coin : elle a créé un univers incroyablement séduisant et créatif. Magali est une artiste, une passionnée de brocante, folle des vieilles choses insolites, des jolies bizarreries à qui un esprit ingénieux saura donner une seconde vie. Elle a su créer chez elle une ambiance d’atelier d’artiste, de merveilleux bric à brac de bon goût où on voudrait photographier chaque détail. Elle tient un blog, et en entrant dans son univers, j’ai compris pourquoi j’étais blogueuse voyage et non déco/lifestyle. Je pourrais passer ma vie à décorer ma maison, ça ne serait jamais aussi joli et original qu’ici. Si vous avez un esprit un peu arty ou que vous cherchez des idées déco pour chez vous, il faut absolument que vous veniez ici, c’est de l’inspiration en barre.
    Magali et son amoureux, Claude, m’ont invitée à dîner avec leurs amis et eux, et c’était une soirée géniale, tellement conviviale et drôle. Claude est lui aussi un artiste, un photographe aux projets touchants et originaux (son Instagram ici), et il m’a presque convaincue d’aller sauter toute nue sur un trampoline pour son projet de célébration des corps en liberté, c’est dire comme l’ambiance était bonne. Et en plus, on a super bien mangé : des galettes aux sarrasins faites maison, garnies à la demande avec des produits rares et de grande qualité, favorisant la production locale. Magali et Claude s’efforcent de mettre en valeur le terroir exceptionnel de la Loire en faisant travailler les agriculteurs voisins. Leur démarche chaleureuse et éthique achève de donner une âme à ce lieu.
    Evidemment, les chambres sont super originales et bien décorées, le petit déjeuner est extra et on se sent vraiment bien. (J’allais écrire « on se sent comme chez soi », mais c’est faux et je suis une blogueuse honnête, cher lecteur. Chez moi, c’est carrément moins bien décoré). Magali et Claude, c’est le genre de personnes qui pourraient devenir vos meilleurs potes, et j’espère bien les revoir un de ces jours.

    A partir de 80 euros par nuit, 25 euros pour le repas en table d’hôte (qu’on peut aussi réserver sans dormir ici). Plus d’infos : La laiterie du Gontey

    Week end dans la Loire, au sud de Lyon : chambre d'hôtes abordables et romantiques. Week end romantique au vert au sud de Lyon
    Ambiance idyllique à la Laiterie du Gontey.
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    Rencontre insolite.
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    Chemin magique.
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    A table, bientôt…
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    L’apéritif
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    Déco fabuleuse.
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    Menu du jour : galettes !
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    Ma chambre.

    Le charme raffiné de la montagne : la Comboursière, à Thélis la Combe

    Mise à jour en 2024 : cet hébergement a hélas fermé ses portes.

    On l’ignore souvent (en ce qui me concerne, je l’ignorais totalement), mais le sud de la Loire, dans le parc naturel régional du Pilat, c’est déjà la montagne. L’Auvergne est toute proche, par-delà les forêts frissonnantes. L’air est frais, l’hiver est long, une brume magique monte des sapins au petit matin, et à la Comboursière, on cultive avec beaucoup de goût et de charme cette atmosphère feutrée de bois chaud, de cheminée fumante et de plaids dans lesquels on se love. Nous sommes en bordure d’une grande forêt, les cimes épineuses se mêlent aux sommets qui nous surplombent, et Roseline, la maîtresse des lieux, a su transformer une ancienne ferme délabrée en merveille d’intérieur montagnard. Moi qui adore les ambiances alpines, je me suis régalée ici, et j’ai passé de longues heures à lire et travailler près du poêle dans la magnifique pièce à vivre, un chat sur les genoux. Dans ses communications touristiques, la Loire dit souvent « qu’il n’y a pas que les Alpes », et c’est totalement vrai : il y a les délices de la montagne à la Comboursière, dans le parc du Pilat. Ma chambre était magnifique et romantique, avec la vue sur les collines, le grand lit de princesse et les rideaux en dentelle fine encadrant la petite fenêtre, c’était typiquement le genre de décor que j’adore. C’est un établissement de caractère, au charme rare.
    La table d’hôtes proposée par Roseline est exceptionnelle. Ce repas restera vraiment un émerveillement culinaire dans mes souvenirs de la Loire : tout était extrêmement goûteux et raffiné, et pour 20 euros par personne, vous aviez un repas de chef, avec entrée, plat, fromage et dessert. Vous mangerez vraiment, vraiment bien ici.
    Une seule chose que je me dois de mentionner aux accros de la connexion internet comme moi : attention, seuls les abonnés Orange auront le wifi, ce qui était heureusement mon cas, mais les autres devront se contenter d’une connexion filaire. La 4G ne passant pas (ni la 3, d’ailleurs), cela peut poser problème à quelqu’un qui a besoin de travailler sur smartphone. Mais si vous cherchez la déconnexion, c’est parfait.

    A partir de 75 euros par nuit, 20 euros pour le repas en table d’hôte. Plus d’infos : La Comboursière.

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    Au coeur des montagnes brumeuses…
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    Chambre superbe.
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    Décoration montagnarde soignée, confitures artisanales…
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    Bienvenue à la campagne.
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    Bonjour aux vaches de la Loire
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    La pièce à vivre.
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    Dessert parfait.
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    Petit déjeuner.

    La petite maison dans la prairie : les Barabans, à Jas

    Mise à jour en 2024 : cet hébergement a hélas fermé ses portes.

    Quand je suis arrivée dans le tout petit village de Jas, hameau perché au sommet d’une verte colline, j’ai vu des chevaux, et j’ai espéré que mon hôtesse en serait l’heureuse propriétaire. Quel bonheur d’arriver aux Barabans et de découvrir que le dieu des cavaliers avait (encore) été sympa avec moi : le mari de Françoise, la propriétaire, élève des lusitaniens et a transformé sa maison en temple du cheval portugais. C’est un endroit à la fois simple et exquis, un chalet tout de bois, au sommet de la colline, sans aucun vis-à-vis : le regard porte sur les champs à perte de vue et les chevaux qui paissent. Parce que les Barabans sont orientés plein ouest, le crépuscule est grandiose, et on se sent vraiment bien dans ce chalet avec vue sur le couchant. La décoration de la maison toute en bois (ce qui donne une atmosphère incroyablement chaleureuse) a fourni mille sujets de conversations à l’hippomaniaque que je suis : des chevaux, des chevaux, partout ! J’ai dîné avec Françoise, qui avait fait le marché le matin et préparé des choses correspondant totalement à mon goût, simples et fraîches, je me suis régalée. Des hirondelles nichaient sous les poutres de la jolie terrasse, des chaises longues incitaient au repos et à la contemplation, et ma chambre était douillette et confortable. J’ai vraiment bien dormi dans cette bulle ouatée, cette belle petite maison dans la prairie où on se sent apaisé. Retenez cette adresse simple et abordable.

    A partir de 65 euros par nuit, spa utilisable pour 5 euros de plus en période estivale. Plus d’infos : Les Barabans.

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    Les Barabans : la petite maison dans la prairie.
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    Ambiance du soir.
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    Au calme…
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    Petit déjeuner.
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    Au pays des amoureux du cheval.
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    Espace jacuzzi.

    Dans mon prochain article, on parlera de la Loire, de ses villages, ses gorges, ses forêts, ses artisans, ses châteaux. Après avoir appris où dormir, je vous dirai que voir et que faire, et ça sera bien, promis. Inscrivez-vous à la newsletter pour suivre tout ça ?

    Je suis venue découvrir la Loire à l’invitation de l’office du tourisme, mais rien ne m’obligeait à parler spécifiquement des hébergements, je le fais seulement parce que je les ai vraiment trouvés exceptionnels. Je remercie très, très chaleureusement Martine, Magali, Roseline et Françoise pour leur accueil soigné, chaleureux et de grande qualité, j’ai adoré mon séjour chez vous. Et je remercie vivement Lionel qui a choisi pour moi ces chambres d’hôtes idylliques, en ayant parfaitement cerné mes goûts !

    Un week end romantique dans la Loire, au sud de Lyon ? Voici une sélection de chambres d'hôtes abordables et idylliques. #loire #france
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  • De Kangerlussuaq à Copenhague: Groenland, fin du voyage

    Kangerlussuaq est l’étape obligatoire de tout voyage au Groenland : les vols internationaux passent forcément par son aéroport. Mais Kangerlussuaq est bien plus qu’un hub, c’est aussi l’endroit où il est le plus facile d’approcher la fascinante calotte glaciaire qui recouvre la quasi-totalité du Groenland. Je vous propose une petite incursion auprès des glaciers éternels, avant de retrouver les couleurs scandinaves à Copenhague.

    Mon voyage au Groenland s’arrête ici. Après Nuuk et Ilulissat, je suis biberonnée à la démesure, gorgée de spectaculaire, j’en redemande encore, mais il est déjà temps de repartir. Le Groenland a une dernière surprise pour moi : Kangerlussuaq. Peu de voyageurs y font halte. La ville est avant tout un aéroport international, le seul du pays à pouvoir accueillir les gros porteurs arrivant du Danemark après 4h20 de vol. Je n’ai que quatre heures d’escale à Kangerlussuaq, avant de continuer mon périple vers mon vieux continent.

    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
    Kangerlussuaq : l’étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.

     

    Aller au Groenland
    Copenhague, porte d’entrée vers le Groenland

    Au pied de la calotte glaciaire à Kangerlussuaq

    Quatre heures à Kangerlussuaq, c’est bien trop court, mais elles seront mises à profit. Je vais approcher cette particularité géographique inouïe qui rend le Groenland si unique, si spectaculaire et extraterrestre : l’inlandsis, calotte glaciaire qui recouvre 80% du pays. C’est à cause de cet océan de glace de presque deux millions de kilomètres carrés que les villes se serrent sur les côtes, comme autant d’îlots isolés. C’est à cause d’elle qu’il n’y a pas de routes au Groenland, pas de chemins de fer, et aucune ville à l’intérieur des terres, pays des marcheurs blancs, des monstres mythologiques et de la glace éternelle. C’est grâce à elle que le Groenland ne ressemble à aucun autre pays au monde, qu’il défie l’entendement et éperonne l’imagination, qu’il donne le vertige et hypnotise les cœurs. Au cœur du Groenland, où personne ne va jamais, si ce n’est les scientifiques en hélicoptère, la calotte est épaisse de 3km par endroits.

    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
    Au bord du vertige.

    Kangerlussuaq a ceci de fabuleux qu’on peut ici approcher au pied de la calotte, sur la plus longue route du pays. (Cette route est la seule à relier, en été et en 4×4 seulement, deux villes groenlandaises : Kangerlussuaq et Sisimiut. Partout ailleurs, les trajets de ville en ville se font en avion, ou en bateau l’été.)

    A l’aéroport, je retrouve mon guide Adam Lyberth. J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir bénéficier de ses services pendant mon bref arrêt à Kangerlussuaq : Adam est très demandé. La veille, il a emmené des photographes norvégiens faire du light painting et des mises en scène lumineuses dans les glaces de l’inlandsis. L’après-midi, il accueille un groupe de journalistes danois pour une randonnée glaciaire. Adam est fou de sa région et en est un merveilleux ambassadeur.

    Nous prenons la piste en direction de la calotte, à travers des paysages nouveaux pour moi. Revenant d’Ilulissat, royaume de la glace, j’observe qu’ici le décor a changé. Pour la première fois depuis le début du voyage, je vois de la végétation. Nous sommes ici au sud du Groenland, dans son grenier fertile (si cette expression peut s’appliquer à un pays pareil). Ici, pas de pergélisol, la terre est fertile en été. L’agriculture groenlandaise, longtemps rendue impossible par les âges glaciaires, redevient possible, comme au temps des vikings. On peut désormais déguster les carottes de Kangerlussuaq et du sud groenlandais. On trouve ici des arbres minuscules, qui ont été plantés il y a quarante ans et ont mis tout ce temps à pousser, de l’herbe couverte de givre, et des animaux. C’est ici la région des troupeaux de rennes et de bœufs musqués, qui sont en vérité des chèvres. Ce sont des animaux énormes, presque préhistoriques, que j’avais vus empaillés dans la boutique de Nuuk vendant leur laine, Qiviut. Il paraît que la laine de bœuf musqué est la plus chaude qui existe sur Terre.

    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
    Vision rare au Groenland : des arbres ! Minuscules, et qui ont pourtant mis des dizaines d’années à grandir…
    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
    L’herbe du sud du Groenland, ourlée de givre

     

    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
    Chèvre musquée empaillée dans une boutique de Nuuk

    Je verrai deux rennes, dont une femelle courant sur la glace avec une grâce inouïe, mais hélas pas de bœufs musqués. En quatre heures, le temps de les guetter nous a manqué. Adam me raconte qu’en été, on peut partir randonner plusieurs jours autour de Kanguerlussuaq, camper sur la calotte glaciaire, approcher les bœufs musqués, pêcher dans le fjord. Il m’explique aussi que Kangerlussuaq est une base astronomique réputée pratiquant l’analyse des aurores boréales, car ici les nuits sont claires 300 jours par an. Les scientifiques envoient régulièrement des ballons et des sondes au cœur des tempêtes multicolores, afin de récolter des particules d’aurore. L’idée me fascine. Je m’imagine chasseuse de papillons dans le ciel immense, collectant les trésors miroitants de l’aurora borealis.

    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
    Une femelle renne surgit…
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    Vie sauvage à Kangerlussuaq
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    Puis soudain, les glaciers surgissent. Approcher l’inlandsis restera une des expériences les plus fortes du voyage. Ici commence l’océan de glace. Si un fou ou un mage voulait marcher de Kangerlussuaq à Ittoqqortoormiit, sur la côte opposée, il lui faudrait traverser 1200 kilomètres d’enfer bleu, au milieu de crevasses profondes comme des gouffres.  Je me sens face au mur de glace de Game of Thrones, minuscule à côté d’un magma de glace tranchante comme un raz de marée figé par le regard de la Méduse.

    En été, une rivière impétueuse et violente coule au pied du glacier, portant les glaces fondues vers la mer. A cette époque de l’année, tout début avril, elle est encore gelée. Adam la sonde précautionneusement, puis me fait traverser la rivière en m’ordonnant de suivre exactement ses pas. Je vais toucher les murailles de glace, entrer quelques instants dans les cavernes qui se creusent à leurs pieds. Je n’arrête pas de répéter que c’est incroyable. Le Groenland m’aura offert des expériences d’une intensité émotionnelle rare.

    Surgissement du glacier…
    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
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    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
    Avec les monstres.
    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
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    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
    La rivière gelée
    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
    Entrer dans la glace
    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
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    Il faut déjà repartir. Je dis adieu aux glaciers, le cœur coloré de bleu pâle.

    De Kangerlussuaq à Copenhague avec Air Greenland
    Aller au groenland – vol groenland – aller au groenland depuis la france – paris groenland

    Air Greenland, la compagnie aux avions rouges, m’a réservé une belle surprise pour ce dernier vol vers Copenhague : une place en business class. Elle est lumineuse, aérée, ultra confortable, et je suis contente comme une gamine de pouvoir me prélasser pendant 4h20 dans mon fauteuil presque entièrement inclinable. Je commence par regarder avec mélancolie le Groenland s’éloigner par le hublot, puis une fois que nous sommes en mer, je fais comme les gosses : je touche tous les boutons (ah tiens, je peux surélever les pieds ! et si j’appuie là ça fait quoi ?), je teste tous les snacks, bref, je n’ai pas vu le vol passer.

    Air Greenland est en pleine démocratisation du Groenland avec la baisse des tarifs depuis Copenhague, la création de packages vol + hôtel attractifs et la multiplication des destinations groenlandaises. Regardez la liste des destinations – si vous êtes comme moi obsédé du grand nord, vous allez devenir fou. Je consulte les magazines de bord et je me mets à rêver d’Ittoqqortoormiit, Kulusuk, Uummannaq et Upernavik. Je suis encore dans les airs et je rêve déjà de faire demi-tour et de retourner sur l’île gelée.

    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
    En business class avec Air Greenland.
    Aller au Groenland
    Le rouge, emblème de la compagnie nationale groenlandaise.
    Aller au Groenland avec Air Greenland
    Rêver déjà de revenir…
    Kangerlussuaq : l'étape incontournable de tout voyage au Groenland, au plus près de la calotte glaciaire.
    Le menu à bord…

    Pour la plupart des voyageurs partant de France, il vous faudra sans doute passer une nuit à Copenhague à l’aller ou au retour. C’est aussi mon cas, et je me réjouis des douze heures que je vais pouvoir passer dans la capitale danoise.

    Copenhague version groenlandaise
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    Il fut un temps où le Danemark régnait en maître sur les mers du nord. L’Islande, les îles Féroé et le Groenland étaient ses colonies. Peu à peu, toutes se sont émancipés. La République d’Islande est fondée en 1944, dissolvant l’union avec le Danemark. Le Groenland obtient le « home rule » (statue d’autonomie renforcée) dans les années 1970, les îles Féroé dès 1948, et planifient actuellement un référendum sur l’indépendance.

    Mais il existe un quartier de Copenhague où le lien avec le nord n’est pas brisé. En face de Nyhavn, le merveilleux quartier kitsch et coloré qu’on voit sur les cartes postales, un pont piétonnier et cycliste conduit à l’ancien quartier des docks. A l’époque où le Danemark était une puissance coloniale, les produits de tout le royaume arrivaient ici, dans d’immenses hangars où on stockait notamment le poisson. Aujourd’hui, ces anciens hangars abritent un grand centre culturel de l’Atlantique nord. L’ambassade d’Islande, la représentation groenlandaise et la représentation des Féroé font flotter leurs drapeaux au-dessus d’un décor de lave et de mousse volcanique : on a rapporté des roches islandaises pour créer un petit morceau d’ailleurs dans la capitale danoise. Je découvre les environs avec un guide adorable qui me raconte le temps des bateaux chargés de poissons et de graisse de baleine, exploitant les richesses mythiques du nord. Ce quartier me donne follement envie d’aller au Groenland alors même que j’en reviens à peine. Et je me jure de découvrir un de ces jours les îles Féroé, dont les reliefs découpés et les solitudes ventées me fascinent.

    Une journée à Copenhague
    A Copenhague, le quartier des anciennes colonies nordiques : Islande, Groenland, Iles Féroé
    Une journée à Copenhague
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    A l’intérieur du centre culturel, ce sont des expositions consacrées à l’art des trois îles. L’ambiance est maritime, rétro, elle évoque le long passé marchand de ces hangars. Un léger souvenir de l’odeur de poisson se devine parfois quand on approche les murs, mais les volumes sont magnifiques, tout de bois clair et l’atmosphère m’enchante. A côté, ce sont les archives historiques, et le centre d’eskimologie. On étudie ici la culture groenlandaise, sa langue et son histoire. Il paraît que le musée national danois, que je n’aurai pas le temps de visiter, abrite aussi une fabuleuse section consacrée au Groenland.

    Un ours polaire gardien d’ascenseur
    Variation autour du costume national groenlandais : fleurs et tissage
    Une journée à Copenhague
    La bibliothèque polaire
    carte du monde par le pôle nord
    Le monde vu depuis le pôle nord

    Je déjeune avec Idrissia Thestrup, de Visit Greenland, dans un restaurant fabuleusement décoré de sirènes sur Nyhavn. Je lui dis combien j’ai aimé ce voyage qu’elle a organisé, et quelle impression fabuleuse le Groenland a laissé sur moi. Cette destination va monter en puissance et fasciner infiniment tous ceux qui s’y rendront. On sent les frémissements. Séducteur en devenir, le Groenland va briser des cœurs…

    Avant de m’envoler pour la France, j’ai encore le temps de photographier les façades de Nyhavn et d’aller faire un coucou à la célèbre petite sirène de Copenhague. Je reviendrai à Copenhague, peut-être même encore plus vite que ce que j’imaginais.

    Une journée à Copenhague
    Nyhavn, le quartier pittoresque et coloré

     

    Une journée à Copenhague
    La petite sirène de Copenhague

     

    Une journée à Copenhague
    Au hasard des promenades.

     

    Restaurant délicieusement maritime à Nyhavn

     

    Une journée à Copenhague
    Nyhavn.

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    Aller au Groenland : le voyage d'une vie, de Copenhague à Kangerlussuaq. Une aventure dans le grand nord.
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    Merci infiniment à Visit Greenland – notamment à Idrissia – et à Air Greenland pour ce voyage fabuleux dont je me souviendrai toute ma vie. Le Groenland est une expérience intellectuelle, visuelle, sensorielle hors normes, et quand j’y repense, j’ai la sensation d’avoir visité une autre planète, et de garder des petits morceaux de glace au cœur. Je reviendrai…

  • Les icebergs d’Ilulissat : spectaculaire Groenland

    Ilulissat n’est pas une ville, c’est une autre planète. Dans cet univers extraterrestre, la glace règne en maître et la démesure est l’étalon du quotidien. Au milieu des icebergs géants d’Ilulissat, véritables montagnes de glace mouvante, le temps est suspendu, le cœur cesse de battre un instant. Vous vous souviendrez de ces paysages comme des plus spectaculaires, des plus radicalement dépaysants de votre vie. Petite virée intergalactique dans l’empire des glaces, à toute allure en traîneau à huskies ou en brise-glace au milieu du fjord gelé.

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    Ilulissat, ses icebergs gigantesques, ses chiens de traîneau, ses lumières…

     

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    Bienvenue au coeur des icebergs à Ilulissat.

    Ilulissat, capitale des icebergs
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    Après quatre jours merveilleux à Nuuk, capitale colorée du Groenland, je m’envole pour la ville la plus célèbre du Groenland. Ilulissat est la seule ville véritablement touristique du Groenland : son nom, qui signifie iceberg dans la langue inuite, fait figure de programme. Son glacier, Kangia, est le plus productif de l’hémisphère nord – seul l’Antarctique peut rivaliser avec son effroyable volubilité. Il crache continuellement des monstres de glace hauts comme des montagnes qui dérivent tranquillement dans la baie de Disko, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, et qui longent paresseusement Ilulissat avant de rejoindre le large.

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    Solitude des icebergs immenses.

     

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Au milieu des icebergs à Ilulissat.

    L’iceberg qui a éventré la coque du Titanic est né ici, sur la côte ouest du Groenland. A l’époque, Kangia produisait des icebergs à une fréquence plus lente, mais ils étaient encore plus massifs. Le tueur du Titanic était un monstre gros comme plusieurs fois le paquebot mythique, lentement poussé par les courants vers les eaux canadiennes. Les icebergs d’aujourd’hui, qui sont paraît-il plus petits, donnent une vague idée de son gigantisme. Contempler la baie de Disko depuis Ilulissat donne le vertige : les icebergs érodés par le soleil ressemblent véritablement à des chaînes de montagnes posées sur l’eau, et la baie à un panorama alpin. En plissant les yeux, on pourrait se croire en Suisse, au milieu des sommets blancs. Les levers et les couchers de soleil sont fantasmagoriques. Tout un nuancier de bleu, de pourpre, de rose et d’or vient colorer les reliefs de glace, c’est tout un paysage fugace, une chaîne alpine en mouvement.

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Coucher de soleil inoubliable.

     

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    Des hôtels avec vue sur les icebergs à Ilulissat
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    La plupart des hôtels ont vue sur la baie et les icebergs. Je dors à l’hôtel Arctic, qui est devenu célèbre sur les réseaux sociaux à cause de ses igloos d’aluminium et de verre posés au bord de la baie. Des chiens de traîneau attendent enchaînés à leurs niches au bord du fjord, complétant la carte postale arctique. Je rêve de faire la photo mythique des igloos sur fond d’aurore boréale. Je suis à 69 degrés nord, soit très au-dessus du cercle polaire arctique, et la météo annonce quatre nuits de ciel immaculé, sans aucun nuage. Je jubile, imaginant le spectacle qui m’attend. Malheureusement, je jouerai de malchance : aucune aurore boréale ne survolera le Groenland pendant mes quatre jours à Ilulissat. Les dieux font en grève, pour me rappeler que leurs explosions colorées sont un privilège et non un dû. Mais j’ai les icebergs. On pourrait passer la journée à les regarder changer de forme et de texture, polis ou illuminés par le soleil qui les fait fondre. L’hôtel Arctic est situé à environ vingt minutes à pied du centre-ville (pour pouvoir voir les aurores dans le noir), et j’adore longer le port envahi de glace pour rejoindre le cœur d’Ilulissat.

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    Igloos de l’hôtel Arctic.

     

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    Sa terrasse.

    Où dormir à Ilulissat, les infos pratiques : Les tarifs à l’hôtel Arctic commencent autour de 195 euros/nuit. L’hôtel 4 étoiles est agréable, avec une salle de sport, deux restaurants (un gastronomique et un restaurant de burgers) et un bar avec vue sublime. Il est situé à environ 20 minutes à pied du centre-ville, et propose des navettes à intervalles réguliers toute la journée. L’avantage ? La possibilité de voir les aurores boréales en raison de l’obscurité plus importante qu’en cœur de ville. Cet isolement sublime donne à l’hôtel Arctic un air de citadelle des glaces, seul face à la baie. C’est un lieu très romantique, surtout si vous avez le budget pour un igloo. Il comporte deux restaurants, dont un très abordable avec des plats autour de 20/25 euros (c’est très bien pour le Groenland). J’ai aussi apprécié les goûters gracieusement mis à la diposition des clients vers 16h, avec gâteau au chocolat et myrtilles surgelées. L’inconvénient ? La distance entre hôtel et centre-ville peut être un peu fatigante quand on enchaîne les activités. Si cet aspect vous dérange, j’ai vu deux autres hébergements avec vue sur iceberg en centre-ville. L’hôtel Icefjord est un beau 3* confortable, à partir de 173 euros/nuit. Quant à Ilulissat Guesthouse, c’est une option intéressante pour les voyageurs souhaitant économiser un peu, rencontrer des gens ou voyager en groupe. Il s’agit de trois jolis chalets avec salle de bain et cuisine partagées, une atmosphère conviviale et une vue incroyable sur la baie. Chaque maison compte trois chambres, à partir de 106 euros environ par nuit. Il est également possible de louer la maison entière (6 personnes) pour environ 450 euros/nuit.

    La croisière au milieu des icebergs et d’autres excursions
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    Ilulissat est plus touristique que Nuuk et cela se sent tout de suite : à l’aéroport sont postées plusieurs compagnies d’excursion proposant des activités diverses. Randonnée, raquettes, tour en hélicoptère, excursions vers le grand nord groenlandais, motoneige, chien de traîneau, observation des baleines… tout est possible aussi. L’incontournable ici, c’est la croisière au milieu des icebergs. On embarque au port de Nuuk en direction des monstres, et les sensations sont terrifiantes. Le bateau doit sans cesse briser la glace épaisse qui ne cesse d’être charriée par plaques et qui menace de l’emprisonner. Souvent il doit s’y reprendre à plusieurs fois, et c’est incroyablement impressionnant : il se jette sur la banquise de tout son poids dans un grondement terrible, recule, deux fois, trois fois, jusqu’à briser enfin la couche de glace. Les petits bateaux de pêche se précipitent alors dans son sillage pour profiter du passage dégagé – admirable collaboration entre touristes et locaux. Du bateau, on mesure encore mieux l’immensité terrifiante des icebergs. Et surtout, on aperçoit enfin la partie immergée, d’un bleu hypnotique. Le spectacle est grandiose.

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    La croisière au milieu des icebergs : l’incontournable d’Ilulissat.

     

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    Ilulissat
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    Le bleu fabuleux des icebergs immergés.

     

    Les icebergs d'Ilulissat. Découvrez un fabuleux voyage à Ilulissat, Groenland.
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    Info pratique : la croisière au milieu des icebergs est proposée par World of Greenland pour environ 87 euros par personne. Je vous recommande vraiment de mettre de côté l’argent pour le faire, car c’est une expérience inoubliable.

    Je pars ensuite en randonnée le long des icebergs avec Lars, guide pour la compagnie Arctic Friend, qui a eu la gentillesse de proposer d’être partenaire de mon voyage. Ces trois chemins de randonnée, fléchés en trois couleurs (rouge, bleu et jaune) sont en accès libre et peuvent être parcourus sans guide, mais j’apprécie d’avoir Lars avec moi pour me raconter la naissance des icebergs, me parler de la culture groenlandaise, des huskies et du réchauffement climatique. Il me montre les vestiges de Sermermiut, où différentes cultures arctiques nomades se sont établies les unes après les autres depuis 4000 ans, et je repense aux expositions que j’ai découvertes au Musée national groenlandais sur les voyages extraordinaires des paléo-eskimos.

    Lars me montre des points de vue sublimes au sommet des collines, et nous buvons du thé brûlant face au soleil couchant, dans un paysage dont le genre de beauté tranche avec tout ce que je connais. Cela restera un souvenir d’une perfection rare, un moment de pur bonheur suspendu au-dessus des glaces immenses.

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    Avec Lars d’Arctic Friend au coucher du soleil.

     

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    Info pratique : Arctic Friend propose différentes excursions, été comme hiver, autour d’Ilulissat. Raquettes, bateau, avion, chien de traîneau… leur gamme de prestations est vaste. Voici le lien vers les excursions hivernales. J’ai eu un excellent contact avec le guide, Lars, que j’ai trouvé passionnant et sympathique. Sachez qu’Arctic Friend propose également des voyages complets, de 5 à 15 jours, au Groenland surtout, mais aussi en Islande et au Danemark. Ce sont des voyages riches en aventures et en expériences, et je suis tentée de partir avec eux un de ces jours. Vous trouverez tout sur le site.

    Les chiens de traîneau d’Ilulissat
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    A Ilulissat, on propose aussi des promenades en chien de traîneau. La ville est considérée comme la capitale des huskies groenlandais, avec la plus grande concentration canine au Groenland. Je pars en excursion canine jusqu’au hameau d’Ilmanaq, situé plus loin dans la baie de Disko, un village inuit loin de tout. Les chiens bondissent avec une puissance et une vivacité incroyables. Assise sur des peaux de renne dans le froid mordant, je me cramponne aux bords du traîneau, fascinée par leur agilité.

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    Ilulissat, ville des chiens de traîneau.

     

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    Petit village inuit au bord de la baie de Disko, atteint au terme de la promenade en chien de traîneau.

    Cela fait 850 ans que les Inuits élèvent les huskies et qu’ils leur ont appris à tirer des traîneaux. Cette utilisation des chiens est vraiment une invention des Inuits, répandue en Alaska, en Russie, dans le grand nord canadien et au Groenland. Il faut d’ailleurs savoir que la pratique du chien de traîneau en Laponie est faite pour les touristes et ne correspond pas à la tradition : en Laponie, on utilisait les rennes et non les chiens.

    Aujourd’hui, les huskies groenlandais constituent une race à part entière, fermée et reconnue. Elle est protégée par des moyens extrêmes : au Groenland, au nord du cercle polaire arctique, il est interdit de posséder tout autre type de chien, sous peine de le voir confisqué et abattu. A Nuuk, située plus au sud, les chihuahuas et les caniches auraient droit de cité, mais à Ilulissat et ailleurs au nord, un triste sort les attendrait.

    Je suis une Française au cœur sensible, qui a grandi avec des chiens et possède une jeune chienne golden retriever (elle s’appelle Nevada). J’ai été élevée dans la culture du chien ami. Mais il faut bien comprendre qu’au Groenland, le husky est un chien outil. Depuis 850 ans, ils accompagnent les Inuits sur la banquise, et sont sélectionnés pour leur force, leur résistance, leur docilité. Jusqu’à l’âge de six mois, les chiens vivent sans laisse et côtoient les humains. Les enfants les emmènent dans les collines pour les habituer aux commandes des chiens de traîneau et à la direction au fouet – qui est utilisé pour orienter les chiens, et non pour les frapper. A partir de six mois, leur vie de chien de travail commence. Quand ils ne tirent pas les traîneaux, ils sont enchaînés à leur niche, et résistent à des températures de -30 en se lovant dans la neige.

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    Chiot husky.
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    Les enfants entraînent les jeunes chiens dans les collines.
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    Le fouet sert à diriger les chiens, jamais à les frapper.
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    Chien adulte. Extrêmement résistant au froid, le husky creuse un trou dans la neige, dans lequel il se roule en boule.

    Autrefois, les chiens étaient au cœur de la ville, mais aujourd’hui, pour des raisons sanitaires, on les enchaîne en dehors, dans d’immenses terrains consacrés aux meutes canines. La décision a été motivée par une grave épidémie il y a quelques années, qui a tué près de la moitié des chiens de la ville. Seuls quelques vieux chiens ont eu la permission de rester en ville. Je trouve la vie des chiens exilés en dehors triste, elle fendille mon petit cœur sentimental.

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    Une petite partie de l’immense campement canin, aux portes d’Ilulissat.

     

    Seuls quelques vieux chiens restent en ville.

     

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    Mais de toute façon, les chiens de traîneau deviennent une curiosité folklorique et disparaissent peu à peu, remplacés par la motoneige. Le réchauffement climatique raccourcit la période durant laquelle il est possible de se déplacer en chien de traîneau sur les fjords gelés : autrefois, on pouvait le faire de fin septembre à début juin, aujourd’hui plutôt de novembre à fin avril. Le reste du temps, les chiens n’ont rien à faire. Contrairement à la Laponie, qui a développé pour le tourisme canin des véhicules d’été, les Groenlandais refusent catégoriquement d’envisager d’autres moyens d’exploiter les chiens durant la saison estivale, au nom de la tradition. Il faut donc réduire leur nombre – il y a vingt ans, les gens avaient une quarantaine de chiens, contre une dizaine aujourd’hui. A sept ou huit ans, quand ils sont trop fatigués, on les abat, et on utilise parfois leur fourrure pour des capuches ou d’autres vêtements. Ceux qui sont horrifiés devront se souvenir que chez nous, on fait la même chose avec les vaches.

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    Il n’y a pas d’animaux de compagnie dans les communautés traditionnelles groenlandaises, pas de relations affectives comme chez nous avec chiens et chats. Les chiens sont des animaux de travail. Les autres animaux vivent libres, mais chassés. Il y a souvent conflit entre la sensibilité occidentale et le mode de vie groenlandais. On me raconte les histoires de touristes venus admirer des narvals… qui se font abattre sous leurs yeux par des chasseurs insensibles à leurs cris horrifiés. Cela peut choquer, mais les difficultés d’approvisionnement justifient l’obsession de la chasse.

    La nourriture à Ilulissat : un autre monde
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    A Ilulissat, les fruits et les légumes sont une denrée rare. Les bateaux ne viennent pas l’hiver, à cause de la glace, et le ravitaillement par avion coûte trop cher. Les rayons fruits et légumes des supermarchés sont vides au sens propre, totalement nus. Je visite trois supermarchés, et dans chacun des trois, le rayon usuellement dévolu aux salades et aux oranges est un néant béant. Les fruits frais ne se trouvent qu’en photo au-dessus des rayonnages vides, promesse mensongère d’une vie vitaminée. Mon guide, Lars, manque défaillir quand je sors une clémentine espagnole rapportée de Nuuk, car il n’en a pas vu depuis trois mois.  (Je suis une fille bien, je lui ai offert, je vous rassure ;)). Il paraît que sur la côte Est, très isolée, les conditions de ravitaillement sont pires encore. Au Groenland, la chasse de subsistance n’est pas un vain mot.

    Lars me raconte que le manque de nourriture a longtemps été un problème crucial pour les Inuits. Jusqu’à la seconde guerre mondiale, on avait coutume de se débarrasser des vieux : dans des sociétés de pénurie, où la nourriture était rudement acquise et rare, il était impensable de nourrir des bouches inutiles. Quand elles sentaient qu’elles étaient devenues un fardeau pour la communauté, les personnes âgées réglaient le problème. Les femmes allaient se jeter dans un canyon à quelques encablures d’Ilulissat, les hommes partaient chasser et ne revenaient jamais. Il y avait dans ce monde une dureté de colonie martienne, exilée sur une planète hostile et isolée. Ici, on a appris pendant des siècles à chasser et pêcher pour survivre, avec une dextérité hors pair.

    Je vais manger au célèbre restaurant groenlandais Mammartuq, qui cultive la gastronomie groenlandaise authentique dans une atmosphère rétro et confortable. Le lieu a un charme fou, et une carte ultra protéinée. Je demande innocemment s’ils ont une salade, on me propose un carpaccio de baleine : choc des cultures. Il n’y a pas d’option végétarienne, et bien que cela contraste avec mon mode de vie habituel, je le comprends et je ne m’en plains pas : je sais que je suis au Groenland ici, pas à San Francisco ou à Berlin. La baleine, c’est trop pour ma sensibilité, j’opte donc pour le crabe arctique, une des nombreuses spécialités de la région. Il a un goût fabuleux, témoignage de l’extraordinaire qualité des produits de la mer groenlandais. Le plat a un goût rare d’inédit, d’authentique.

    Restaurant Ilulissat.
    Crabe arctique chez Mammartuq, le meilleur resto d’Ilulissat.

    Je reste longtemps à admirer mon dernier coucher de soleil à Ilulissat. Fin mars au Groenland, les jours sont déjà longs, et les couchers de soleil tout autant. J’avais déjà observé que sous les Tropiques, les crépuscules sont extrêmement brefs – le soleil plonge sous l’horizon comme si une mâchoire l’avait avalé et c’est la nuit. A 69 degrés nord, c’est l’inverse. Le crépuscule s’éternise, dure bien plus d’une heure, dans une succession d’ors, de rouges et de pourpres. Le rose à l’horizon flotte encore au-dessus des icebergs bien après la disparition du soleil et moi non plus je ne veux pas m’en aller. Je me dis que même si je devais vivre mille ans, je ne pourrais jamais oublier Ilulissat.

    Voyage à Ilulissat et ses icebergs géants. Un incontournable lors d'un voyage au Groenland. De Paris à Ilulissat, un dépaysement total. Hôtel Ilulissat. Blog Ilulissat. Voyage Ilulissat icebergs Ilulissat
    Un dernier coucher de soleil à Ilulissat.

     

    Coucher de soleil à Ilulissat, Groenland. Découvrez Ilulissat, capitale des icebergs.
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    Aller à Ilullisat 
    De Paris à Ilulissat

    Depuis Paris, le moyen le plus simple d’aller à Ilulissat est de passer par Copenhague. Vous trouvez des vols Paris-Copenhague à très bon prix avec les low costs comme Vueling (j’ai pris un Copenhague-Paris à 40 euros). Vous partirez ensuite pour Ilulissat avec Air Greenland via Kangerlussuaq (il n’existe pas de vol direct Europe-Ilulisat, car l’aéroport ne peut pas accueillir de gros porteurs, seulement de petits avions). Etant donné qu’Ilulissat est la destination touristique la plus courue au Groenland, les vols sont nombreux et les connections pratiques, Air Greenland propose d’ailleurs des packages intéressants vol + hôtel au départ de Copenhague. Depuis la France, peut-être vous faudra-t-il passer une nuit à Copenhague à l’aller ou au retour, mais sachez que c’est vraiment une bonne chose, car Copenhague est merveilleuse et se prête bien à une découverte rapide de 24h. C’est ce que j’ai fait à mon retour du Groenland, je vous le raconterai dans le prochain article.
    Sachez que si vous projetez également de visiter l’Islande, vous pouvez trouver des vols directs Reykjavik-Ilulissat (car il s’agit là encore de petits avions, étant donné que c’est un vol relativement court) avec Air Greenland ou avec Air Iceland Connect.

    L’ultime épisode de mon voyage au Groenland va suivre : Kangerlussuaq et Copenhague. Inscrivez-vous à la newsletter ?

    Découvrez Ilulissat au Groenland, capitale des icebergs géants. Une vision spectaculaire. #ilulissat #groenland
    Epinglez moi !

    Merci à Visit Greenland de m’avoir permis de vivre ce voyage extraordinaire au Groenland. Merci à mes partenaires Air Greenland, Hotel Arctic et Arctic Friend pour leur accueil et les belles expériences vécues. Un merci tout spécial à Lars d’Arctic Friend, qui m’a consacré beaucoup de temps !

  • Pourquoi j’aime le Salon des blogueurs de voyage #WAT

    Le Salon des blogueurs de voyage ? Tous les ans, c’est un rendez-vous majeur pour la communauté des blogueurs. Fin avril, vous avez sans doute vu passer le hashtag #WAT18 sur vos réseaux sociaux, accompagné de photos de blogueurs sautant à l’élastique ou faisant la chenille dans le sud de l’Aveyron. C’est parce que cette année, le Salon des blogueurs de voyage avait lieu à Millau et c’était une très, très belle expérience. J’avais envie de vous raconter pourquoi je vais au Salon des blogueurs de voyage, pourquoi j’y suis attachée, et ce qu’il révèle sur l’évolution du métier de blogueur.

    Commençons par une petite définition des termes : le Salon des blogueurs de voyage, qu’est-ce que c’est ? C’est un évènement qui rassemble chaque printemps la communauté des blogueurs et facilite la rencontre avec les professionnels du tourisme souhaitant travailler avec eux. Chaque année, le salon a lieu dans une ville différente, et les blogueurs sont invités à vivre différentes expériences touristiques mettent en valeur la région qui les accueille. L’évènement dure quatre jours en tout : deux jours de « blog trip » (voyages entre blogueurs) dans la région qui accueille l’évènement, deux jours de salon avec rendez-vous professionnels. Des offices de tourisme, des hébergeurs et d’autres marques viennent présenter leur destination et leurs produits, les blogueurs prennent rendez-vous avec eux pour leur soumettre des projets. De nombreuses conférences, fêtes et remises de prix sont organisées, l’évènement est extrêmement dense, riche et festif. Pourquoi ce hashtag, WAT18 ? Parce que l’organisateur est la société We Are Travel, fondée par Xavier Berthier. Ce salon des blogueurs de voyage est l’unique évènement de ce genre dans le monde francophone (il existe des équivalents notamment dans les pays anglophones et germanophones) et en cinq ans d’existence, il a vite su s’imposer comme un rendez-vous majeur.

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    500 personnes au soleil couchant face au viaduc de Millau : c’était le salon des blogueurs de voyage WAT2018. Photo Adeline Lebel pour le salon We Are Travel – un super souvenir.

    Pourquoi y aller, pourquoi y suis-je attachée ?

    Le Salon des blogueurs de voyage :
    pour une professionnalisation intelligente du métier de blogueur

    Disons-le tout de suite : le WAT est un salon professionnel, c’est d’ailleurs pour cela qu’il a lieu en semaine. Cela ne fait qu’acter la mutation profonde du blogging. Il y a une dizaine d’années, les blogs étaient plus artisanaux, plus privés. On les ouvrait avant tout pour raconter ses vacances ou son tour du monde à ses proches, sans autre ambition que le partage personnel. Ce type de blog existe bien sûr toujours, et a toute sa place, mais la tendance à la professionnalisation est indéniable. Pour beaucoup d’entre nous aujourd’hui, être blogueur de voyage signifie un investissement en temps, en matériel, en énergie et en compétences considérable, qui suppose qu’on s’y consacre à plein temps. Les destinations et les marques l’ont bien compris et font de plus en plus appel aux blogueurs pour leur communication et leur création de contenu. C’est quelque chose dont j’ai déjà souvent parlé sur ce blog, notamment ici (« Peut-on vivre de son blog de voyage ? ») et ici (« Les influenceurs, une bulle qui va éclater ? »). Bien sûr, cette transformation ne se fait pas sans interrogations. Les blogueurs ont eu du succès justement parce qu’ils n’étaient pas institutionnels, pas formatés, qu’on trouvait chez eux une fraîcheur et une spontanéité qui permettaient de mieux s’identifier à eux – comment assumer la professionnalisation sans perdre la confiance de son public ?
    Dans mes précédents articles à ce sujet, j’évoquais quatre dangers principaux.

    * Le danger du mensonge. Quand on cache à ses abonnés qu’un article ou un post est sponsorisé, on perd leur confiance plus sûrement qu’en assumant un partenariat intelligent.

    * Le danger du mirage. Dans certains cercles, notamment ceux de la mode, de la beauté ou du lifestyle, la fascination pour les influenceurs est allée trop loin et a engendré une surenchère dangereuse, nourrie par des faux abonnés et des contrats mirifiques. Des marques ont payé des dizaines de milliers d’euros des influenceurs comptant un million d’abonnés sur Instagram, tout ça pour un retour sur investissement quasi nul. On a découvert après coup que beaucoup de ces influenceurs avaient acheté des abonnés, triché, et exigé des ponts d’or pour des résultats bien incertains. Après l’hystérie a suivi la méfiance.

    * Le danger de l’exploitation. A l’inverse des influenceurs superstars qui ont obtenu des sommes mirobolantes, trop de micro-influenceurs ont été exploités par des partenaires qui refusaient de les rémunérer, et demandaient un travail énorme (création de contenu, promotion, rédaction…) sans contrepartie, arguant que le blogging se devait de rester une passion. Passion ne signifie pas travail gratuit, surtout quand on connaît le prix du matériel utilisé par les photographes et vidéastes, et le temps que demande la création de contenu.

    * Le danger de l’éparpillement. Quand un blogueur commence à avoir du succès, les propositions affluent. Il faut être capable de connaître son identité et son public, de savoir pourquoi vos lecteurs vous suivent et quel type d’opérations vous correspondent ou pas. Souvent, les partenariats ratés sont dus à une déconnexion entre l’identité du blogueur impliqué et le style de produit ou de prestation mise en valeur. Cela sonne faux. Il faut savoir qui on est, et être capable de dire non à des opérations qui peuvent être tout à fait bien en elles-mêmes, mais qui ne sont pas faites pour vous.

    A mon avis (et je sais que beaucoup de collègues blogueurs voient les choses comme moi), la solution pour conjuguer passion et professionnalisation sans perdre notre public passe par plusieurs choses :

    * Sincérité. Sincérité vis-à-vis du lecteur : on mentionne TOUJOURS qu’un post est sponsorisé, qu’on a un partenariat avec une marque, une destination, qu’on a été invité à passer la nuit dans tel hôtel, etc. Sincérité vis-à-vis du partenaire : pas d’achats de followers, pas de chiffres truqués ou gonflés, on donne ses chiffres véritables et on l’encourage à vérifier. On se souviendra du fait qu’une opération avec une influenceuse star à un million de followers avait donné lieu à… zéro vente, et que ce qui compte, c’est moins le nombre de followers que l’authenticité de la communauté et la qualité de l’engagement.

    * Utilisation intelligente des compétences du blogueur. Pour assurer leur promotion, les destinations ont en permanence besoin de contenu. Il leur faut des récits, des photos, des vidéos… Beaucoup ont compris qu’impliquer les blogueurs dans leur création de contenu était une stratégie gagnante, qui permet de faire d’une pierre deux coups : le blogueur fait la promotion de la destination auprès de sa communauté, et cède à son partenaire du contenu qui pourra être réutilisé, impliqué dans d’autres projets. On voit de plus en plus souvent des blogueurs écrire pour le site d’une destination, céder des photos, créer une vidéo, etc. Je trouve cette évolution extrêmement positive. Elle valorise le talent du blogueur, et permet de se détacher un peu de la pression du chiffre. Imaginez un blogueur qui n’aurait pas une grosse audience, mais un talent de vidéaste immense ; peu importe ses chiffres, si la destination peut acheter sa vidéo et la diffuser elle-même. Cela suppose aussi une rémunération juste : ni pont d’or, ni exploitation, mais la juste valeur du travail fourni.

    * Discernement. On ne peut pas dire oui à tout, aller partout, tout accepter. Il faut choisir les projets qui nous ressemblent.

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Dès qu’il y a des chevaux, ça me ressemble. (Ici, en Camargue.)

    J’en reviens donc au Salon des blogueurs de voyage. Ce qui m’a infiniment satisfaite au salon, à travers les conférences données et les rencontres avec les destinations et marques présentes, c’est qu’il encourage à une professionnalisation intelligente du métier et pousse à une évolution dans le bon sens. Je voudrais rassurer ceux qui craignent que le salon les encourage à se vendre au plus offrant, à se conformer au marketing, à raboter leur identité pour obtenir plus. Se professionnaliser ne signifie pas perdre son âme. Ce n’est pas un salon du blogging business. Ce n’est pas une foire d’empoigne à qui aura les plus gros chiffres, à quel blogueur a le plus de likes sur Instagram, à quelle destination paie le plus. Ce n’est pas une cour des miracles et des mirages, où on se promet monts et merveilles. Ce salon éduque à la fois les blogueurs et les exposants aux bonnes pratiques. L’immense majorité des rencontres que j’ai faites étaient respectueuses et constructives et des collaborations ont pu être envisagées sur une base saine. J’en suis ressortie très optimiste sur l’avenir des blogs de voyage.

    Pour la qualité des rencontres avec les exposants au WAT

    Bien sûr, on peut monter des projets sans aller au WAT – encore heureux. Vous n’avez pas raté votre vie de blogueur si vous n’étiez pas au salon. Mais je dois dire que la qualité des rencontres m’a marquée cette année encore (et peut-être encore davantage que les années précédentes). Le climat du WAT incite à la créativité, à l’initiative, à monter des projets. Les gens sont plus accessibles, plus détendus, plus ouverts. Et surtout, le WAT est un gain de temps considérable. Vous avez devant vous des destinations qui veulent travailler avec les blogueurs, qui ont envoyé sur place la bonne personne, qui vous expliquent leurs besoins. Vous n’avez pas à chercher le bon contact, vous savez que les gens qui sont face à vous sont potentiellement intéressés et réceptifs. C’est un accélérateur de projets. Je suis en train de monter quelque chose de très spécial pour le printemps 2019 (suspense ;)) et ce salon tombait à merveille pour moi, car j’avais face à moi plusieurs personnes susceptibles d’être impliquées, en chair et en os, réunies dans un même lieu. C’est une situation rare et privilégiée.

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Plonger à toute allure dans de nouveaux projets… ici en kayak sur la Dourbie.

    Pour les retrouvailles et les fêtes

    Plusieurs amies blogueuses m’ont dit « j’ai peur de ne connaître personne au salon ». Je voudrais les rassurer tout de suite : il est impossible de rester dans son coin au WAT, à moins de vraiment le vouloir. C’est un fabuleux rassemblement de gens qui partagent la même passion, dans une ambiance de fête, de détente, de colonie de vacances géante. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas autant amusée. Le WAT, c’est le Club Med, c’est une macarena king size, c’est la grande récréation, c’est le bonheur. On éprouve un plaisir immense à retrouver des amis normalement éparpillés aux quatre coins du monde. Nous qui sommes des nomades, des vagabonds toujours entre deux avions, nous avons souvent du mal à nous retrouver dans la vraie vie. Chaque fois qu’on essaie de monter un apéro entre potes voyageurs, il y en a un qui est au Chili et l’autre à Budapest. Mais tout le monde (ou presque) vient au WAT. Ça resserre les liens, renforce les amitiés, crée des souvenirs inoubliables. La communauté des blogueurs est une vraie famille et je l’ai ressenti dans la joie et dans la tristesse. Dans la joie, à travers les danses endiablées, les blagues potaches, les chants débiles dans le bus, les embrassades, les selfies à 18, les défis et les délires. Dans la tristesse, lorsque l’Adonet a annoncé décerner un Clic d’or d’honneur à la talentueuse Julie Sarperi, qui avait fondé le blog Carnets de traverse et nous a quittés brutalement en décembre 2017. L’émotion était palpable…
    Au Salon des blogueurs de voyage, les solitaires que nous sommes se souviennent qu’ils ne sont pas seuls.

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Avec mon amie adorée Amandine alias la Lykorne illettrée.

     

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Une jolie brochette à la Maison de la photo de Jean-Marie Périer (au centre) : de gauche à droite, moi, Moran de rencontre le monde, Marion de Sauvazine, Jean-Marie Périer, Chris du Blog du voyage, Gaïa et Gilda les Aventureuses, Magali la super organisatrice du blogtrip pour la région Najac-Rouergue.

     

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Moran en plein test du quick jump à la base de loisirs de Najac.

     

    Pour l’Aveyron : un #WAT18 monumental

    Le Salon des blogueurs de voyage, c’est toujours une très belle expérience. Mais cette année 2018 en Aveyron, c’était absolument monumental. Je ressentais une joie immense à l’idée de revenir pour la 3e fois cette année au pays de l’aligot, après avoir découvert les merveilles du sud Aveyron, les sublimes villages du nord et l’Aubrac. L’Aveyron est à mes yeux un des plus beaux départements de notre pays, un concentré de France éternelle et authentique, mais qui sait aller au-delà de la carte postale pour proposer une richesse d’activités et d’expériences absolument extraordinaire. Si vous cherchez une destination à la fois sublime et exaltante, pour vous ressourcer ou pour tester mille sports et activités, foncez en Aveyron, vous ne le regretterez pas une seconde. J’ai eu un coup de cœur immense pour ce vert pays de toute beauté, suspendu entre le midi et la montagne.
    Je vous en parlerai davantage dans un prochain article : chaque blogueur a bénéficié de deux jours (dimanche et lundi) pour découvrir un coin d’Aveyron, et je suis partie avec un petit groupe sympa dans l’Ouest du département, autour du château de Najac et des bastides du Rouergue. Le Salon des blogueurs de voyage permet de mettre un gros coup de projecteur sur la région qui l’accueille, et j’espère que la publicité bien méritée que nous faisons tous au merveilleux Aveyron saura vous convaincre d’y faire un tour.
    Pendant le salon lui-même, la qualité de l’accueil a été extraordinaire aussi, et je veux remercier chaleureusement l’équipe de We Are Travel et tous les représentants du tourisme en Aveyron pour cette expérience folle. L’Aveyron a l’hospitalité dans le sang, et c’était quelque chose de rare et beau de voir TOUS les spécialistes du tourisme en Aveyron, les représentants de toutes les régions avec leur écharpe verte, faire la fête avec nous jusqu’au bout de la nuit, y compris le président du conseil départemental, le maire de Bozouls… On ressentait une chaleur humaine et une convivialité exceptionnelles. Je suis repartie plus amoureuse de l’Aveyron que jamais et je vais y retourner encore (c’est déjà dans les tuyaux !).

     Une jolie brochette à la Maison de la photo de Jean-Marie Périer (au centre) : de gauche à droite, moi, Moran de rencontre le monde, Marion de Sauvazine, Jean-Marie Périer, Chris du Blog du voyage, Gaïa et Gilda les Aventureuses, Magali la super organisatrice du blogtrip pour la région Najac-Rouergue.
    Le sublime village de Najac.

     

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Le gâteau à la broche : vive l’Aveyron !

    Pour les surprises et les délires : des blogueurs de voyage en folie

    Voici un petit résumé de ce que nous avons vécu, afin de vous donner un aperçu de ce qu’est un WAT grandiose. A Millau, nous étions tous logés (les 250 blogueurs) au domaine de Saint Estève, un très bel ensemble de chalets locatifs avec piscine et vue sur le viaduc. Le dimanche soir, des navettes nous ont conduit vers un lieu secret pour la soirée inaugurale. Nous nous sommes retrouvés sur le fabuleux vélorail du Larzac, chemin de fer désaffecté serpentant au-dessus des viaducs du plateau transformé en site touristique d’exception, et avons pédalé comme des fous à travers les tunnels. Puis le bus nous a conduits au village médiéval de Sainte Eulalie de Cernon, où des chevaliers en armure nous ont escortés jusqu’à la place du village, qui avait été changée en fête du XIIIe siècle, avec ateliers d’arc, d’arbalète, de lutte, fontaine d’hypocras et artisanat du Moyen-Âge. La fête s’est poursuivie à l’intérieur d’une magnifique cour médiévale, avec cracheurs de feu, jongleurs et musique.

    Au domaine Saint Estève (avec mon Iphone, à la bourre le matin après une nuit trop courte  ;))

     

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Au vélorail du Larzac. Je ne dénoncerai pas l’équipe de devant, mais qu’est ce que ça braillait 😉

     

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Bienvenue à Sainte Eulalie de Cernon.

     

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
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    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
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    Le salon lui-même était installé au cœur de Millau, avec une partie en plein air et un joli décor champêtre, avec ballots de paille et parasols colorés. Conférences le matin, rencontre avec les exposants l’après-midi, le programme était intense, mais les soirées l’étaient encore plus. Le deuxième soir, nous sommes tous allés admirer le coucher du soleil sur le sublime viaduc de Millau, avant d’entrer dans la célèbre aire du viaduc qui est grande et belle comme une cathédrale. Après un parcours gustatif délicieux (vive l’aligot !), un groupe de rock aveyronnais, La Deryves, a mis une ambiance incroyable, c’était Johnny meets la chenille qui redémarre, Mick Jagger faisant un paquito, et on a dû nous mettre dehors de force à 1h du matin tellement on en redemandait. On avait tous des petits yeux pour le dernier jour du salon, mais l’after nous forçait à rester : la compagnie Roc et Canyon (super spécialistes des sports outdoor, je les adore depuis que j’ai fait la descente de la Dourbie avec eux) avait installé un coussin de cascadeur géant, sur lequel on pouvait se jeter depuis une plate-forme mouvante située à 6 ou 12 mètres. Ou comment finir de façon monumentale. Autant dire qu’il faudrait vraiment être le dernier des grincheux pour ne pas s’amuser au WAT et que tout le monde était conquis – je crois que les Aveyronnais se sont autant éclatés que nous. We Are Travel a un vrai sens de la surprise et du spectacle, et j’ai tellement hâte de savoir ce qu’ils nous réservent l’année prochaine…

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Ambiance bucolique au salon.

     

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Le guitariste de La Deryves en plein solo. Merci à Elodie et Mathieu du blog A ticket to ride pour cette super photo !

    La sélection et les prix au WAT :
    une petite histoire personnelle d’échec et de victoire  

    A ce stade, vous vous demanderez sans doute : pourquoi n’irait-on PAS au Salon des blogueurs de voyage ? Parce qu’il faut être sélectionné. We Are Travel assume de sélectionner les blogueurs qui participent à ce salon professionnel et de vouloir présenter aux exposants (qui paient leur stand) uniquement des blogueurs ayant une certaine ancienneté, une certaine audience, un contenu de qualité, etc. La sélection s’est un peu durcie cette année : jusqu’ici le WAT accueillait deux groupes de blogueurs, les blogueurs invités (qui participaient aux blog trips et avaient l’hébergement) et les autres, et cette année We Are Travel a décidé de changer la formule et de n’avoir que des blogueurs invités, participant aux blog trips et hébergés au domaine Saint Estève. Cela correspond aussi à l’évolution du WAT, qui a lancé sa propre plateforme de mise en relation entre blogueurs et professionnels du tourisme, intitulée My Bloggers, qui ne présente que des influenceurs sélectionnés. Je suis d’accord sur le principe de la sélection et j’ai beaucoup aimé cette formule, car c’était fabuleux d’être tous ensemble, mais elle s’accompagne forcément de quelques déceptions et crève-cœurs. J’ai eu des copines refusées que j’appréciais beaucoup, qui avaient un grand talent, mais peut-être un blog encore un peu jeune, ou une audience encore un peu trop réduite… Assumer la sélection peut être douloureux et j’imagine que cela n’a pas été évident pour l’équipe du WAT non plus. Je sais que certains blogueurs refusés l’ont eu en travers de la gorge, et c’est quelque chose que je peux comprendre, car voici une petite confession : sur une précédente édition du WAT il y a quelques temps, j’avais été très blessée de ne pas faire partie des blogueurs invités. Je l’avais ressenti comme une injustice et cela m’avait touchée.
    J’aurais pu me draper dans ma fierté et me dire « tant pis pour le WAT, ils ne veulent pas de moi, ils ne m’auront pas ». Mais en toute sincérité, je me serais punie moi-même, car le salon est une belle fête et une belle opportunité. Après cet échec, j’ai continué à travailler mon blog, qui était alors encore jeune, j’ai amélioré mon référencement, investi plus de temps sur mes réseaux sociaux, persévéré… j’ai fait grandir Itinera Magica et je suis revenue au WAT. Le temps a passé et cette année, j’ai reçu au WAT18 une récompense qui m’a profondément touchée. Mon blog a fait partie des 5 finalistes pour le trophée Blog Expert, avec quatre autres blogueurs talentueux, Novomonde, One day One travel, Sentiers du Phoenix et Smartrippers. Nous avons eu l’honneur d’ouvrir le salon avec des présentations de trois minutes de nos blogs sur la grande scène, avec tous les yeux braqués sur nous… un petit moment de stress, mais un beau coup de projecteur, dont j’ai été très heureuse et touchée. Le chemin continue, et ceci est un joli coup de pouce – merci ! Ne restez jamais sur un échec, les choses changent et le travail paie, j’en suis persuadée.

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    En pleine présentation de mon blog – un grand merci à mon amie Olivia du blog La fille de l’encre pour la photo !

    Je félicite chaleureusement Fabienne et Benoît de Novomonde, qui ont remporté la victoire avec leur beau blog consacré aux tours du monde et aux aventures en sac à dos, et qui viennent de sortir un livre pour aider les futurs tour-du-mondistes. Arriver à la deuxième place m’a beaucoup touchée, et j’étais ravie de partager ce podium final avec Julien de Sentiers du Phoenix, dont je suis et j’admire depuis longtemps le travail magnifique, entre aventure sauvage et ambiances mystiques. Cette récompense m’a émue.

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Avec Julien (Sentiers du Phoenix), célébrant nos prix ! Merci à Adeline & We are Travel pour cette photo que j’adore, un super souvenir.

     

    Pourquoi aller au Salon des blogueurs de voyage ? Retour d'expérience sur WAT18 en Aveyron.
    Une récompense qui me touche !

    Une profession de foi : blogueuse voyage, pour l’amour des lieux et des gens

    Je voulais repartager ici le texte de ma présentation lors de l’ouverture du salon, où j’ai pu évoquer ma façon de vivre mes voyages et ce blog, Itinera Magica.

    « Je suis née en Drôme provençale et j’ai grandi sur un plateau calcaire au-dessus du Rhône, traversé par des sources silencieuses et les racines des romarins. Les Romains, les Burgondes et la Marquise de Sévigné y ont vécu et y ont laissé leur trace. J’aime profondément ce pays.
    Vous tous ici, vous venez de différentes régions de France et du monde. Peut-être que vous venez d’Aveyron et que vous avez grandi avec les cardabelles sur le Larzac, peut être que vous venez de Bretagne et que les grandes marées ont rythmé votre enfance, peut être que vous venez d’ailleurs, de très loin, et que vous portez ces lointains au cœur.
    Mais quand vous pensez au pays qui vous a vu naître, des images et des sensations très fortes vous envahissent. Vous pensez à des paysages, à des villes, à des fêtes, à des aliments, à des personnes et à des traditions qui vous font dire : c’est ça, l’âme de mon pays. C’est ce qui le rend unique. C’est pour ça que je l’aime.
    Mon blog s’appelle Itinera Magica. Cela signifie « les chemins magiques » en latin. Mon premier souci quand je parle d’un lieu, d’un pays, d’une région, d’une ville, c’est justement de comprendre et de retranscrire cette émotion qui lui est propre. Je veux comprendre pourquoi les gens qui vivent dans ce lieu y sont si attachés, ce qui le rend unique et ce qui fait qu’on l’aime. De la Provence au bout du monde, je veux célébrer la beauté, la magie et la personnalité des territoires.

    Connaissez-vous le défilé de Donzère, en Drôme provençale? Voici le pont du Robinet, les falaises du Rhône, et ma maison hantée. Histoires de fantômes.
    Chez moi, sur le Rhône.

    Cela signifie plusieurs choses.
    Je suis très attachée aux paysages, aux points de vue, parce que l’amour commence toujours par un coup de foudre, un éblouissement. Je veux des images qui restent dans le cœur.
    Mais je veux aussi aller au-delà de la carte postale et parler de la culture des régions que je visite, des histoires, des livres et des traditions qui l’ont façonnée. Je veux essayer de raconter cette culture de façon vivante et accessible, afin de rendre tangible l’âme des lieux.
    J’aime rencontrer des gens qui incarnent leur territoire et le font vivre. Je suis intimement convaincue du fait que le tourisme est une bonne chose, qu’il dynamise des territoires et leur permet d’affirmer leur identité. Il permet à des gens de rester vivre chez eux, dans leur pays, en l’ouvrant au monde. C’est pourquoi j’aime soutenir les initiatives qui ont du sens. Quand des gens se démènent pour ouvrir un hôtel indépendant, se battent pour conserver un musée, lancer une activité originale ou revivifier une vieille tradition, j’estime qu’ils méritent qu’on parle d’eux.
    Et enfin, j’aime ce privilège qu’on a en tant que blogueur de pouvoir partager ces images, ces sensations et ces histoires avec d’autres personnes curieuses du monde. J’ai deux casquettes, je suis journaliste et blogueuse, et j’aime mes deux métiers. Mais quand j’écris un article de presse, je ne sais pas forcément comment il a été reçu. Quand j’écris un article de blog ou que je poste une photo sur Instagram, j’ai le bonheur de recevoir des réactions, des émotions, d’échanger avec d’autres passionnés qui partagent leurs souvenirs et leurs rêves. Ce réseau de personnes qui nous suivent et qui font vivre nos blogs, c’est une chance immense et cela me fait dire que dans le blogging, au fond, tout est affaire d’émotion et d’amour.
    J’aime de nombreuses destinations, des plus évidentes, comme Hawaï, les Seychelles ou l’Islande, aux plus inattendues, comme par exemple la fête des géants à Douai dans les Hauts de France. A ce jour, l’article qui a eu le plus de succès sur mon blog était un article consacré à la ville de Caen. Un vrai voyageur sait aussi rechercher la beauté sur le pas de sa porte.  Début avril, j’étais au Groenland, fin avril, je suis avec vous en Aveyron, et en toute sincérité, les deux m’ont autant réjoui le cœur et l’esprit. L’important, c’est l’intensité et la sincérité avec laquelle on vit les choses, et le plaisir qu’on éprouve à les partager. Je vous remercie chaleureusement de m’avoir permis d’être sur cette scène devant vous et d’être vous aussi embarqués dans cette belle aventure qu’est le tourisme. Je vous souhaite un excellent salon WAT 18. Merci beaucoup. »

    Que faire et que voir dans le Sud de l'Aveyron ? Un guide ultra complet : randos, activités, points de vue
    Aveyron émotion. Souvenir du moulin de Corp sur la Dourbie.

    Ce long article doit s’achever sur plusieurs « merci » : à l’Aveyron et à l’équipe de We Are Travel pour un salon monumental et vraiment chaleureux, aux amis blogueurs pour leur présence et leur gentillesse, et bien sûr, à toutes les personnes qui me suivent et me permettent de vivre cette belle aventure.
    Rendez-vous donc à #WAT19, j’ai déjà hâte !

    Bientôt sur Itinera Magica : le Groenland, la Suisse, et bien sûr l’Aveyron. N’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter !

  • Envies d’Arctique : quel pays nordique choisir ?

    Depuis quelques années, les voyages dans les régions arctiques ont le vent en poupe. L’Islande, la Norvège, la Suède, la Finlande attirent de plus en plus de touristes ; on voit émerger des destinations jusqu’alors plus confidentielles, comme les îles Féroé ; les pays de l’ultime frontière, comme le Groenland, le Svalbard ou le Yukon, font leur apparition dans les rêves des voyageurs. Pour qui rêve de dépasser les 66 degrés nord, de franchir le cercle polaire arctique et d’explorer les contrées du grand froid, quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays scandinave, le plus spectaculaire des pays arctiques, le plus familial ou le plus accessible ? Petit tour d’horizon et quelques réflexions sur les destinations du grand nord. Plus beau pays scandinave – quel pays nordique choisir – quelle destination choisir – Suède ou Finlande, Norvège ou Islande, Groenland ou Canada ? – voyage pays nordique – voyage grand nord

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays scandinave ? Suède ou Finlande, Islande ou Groenland... Si vous rêvez d'un voyage dans le grand nord et ne savez pas quelle destination arctique choisir, voici une comparaison des pays nordiques pour préparer votre séjour au delà du cercle polaire.
    Kapisillit, au Groenland : petites maisons colorées face au fjord, le rêve du grand nord.

    La passion du froid

    C’est une tendance indéniable du tourisme actuel : le grand nord a la côte. En Norvège, c’est la région de Tromso, tout au nord du pays, qui a connu la plus forte augmentation en 2016, avec 32% de visiteurs en plus. L’Islande accueille désormais 1,7 millions de touristes chaque année, et le Groenland a connu une augmentation de 10% du nombre de visiteurs en 2016. Et, chose nouvelle, de plus en plus de voyageurs choisissent de partir dans le Nord en hiver, malgré les longues nuits et les températures basses, en quête de paysages enneigés, de lacs gelés et d’aurores boréales. 

    Pourquoi cet engouement nordique ? On pourrait avancer plusieurs explications. Nous vivons une période géopolitique troublée, marquée par les attentats et la dégradation de la situation politique dans un certain nombre de pays, et de nombreuses destinations se sont fermées au tourisme ou sont devenues dangereuses. Dans ce contexte difficile, le Nord fait figure de havre de paix, sûr et paisible, et attire les voyageurs inquiets ou ayant besoin de se ressourcer. Nous sommes de plus en plus nombreux à rechercher la nature, le calme et la solitude en voyage, et l’idylle de la cabane en bois au bord du lac nordique attire le citadin en quête de grands espaces.

    Expériences magiques en Laponie finlandaise : rennes, igloos, motoneige... tout ce qu'on peut faire à Rovaniemi. Blog Laponie finlandaise
    Au coeur de la forêt finlandaise.

    De plus, un certain nombre de séries télévisées, comme Game of Thrones ou Vikings, ont cultivé la fascination du grand nord, des fjords découpés et des étendues glacées. Notre imaginaire s’est rempli de drakkars et d’icebergs. Sébastien Brosseau, un des responsables de Lapland Safaris, que j’ai eu le plaisir de rencontrer à Rovaniemi, raconte que les aurores boréales ont vraiment commencé à fasciner les voyageurs il y a cinq ou six ans. « Ce phénomène naturel a toujours été là, mais peu de gens s’y intéressaient vraiment jusqu’alors. Tout le monde s’est soudain mis à rêver d’aurores boréales. On a su créer l’exploitation touristique d’un phénomène qui était jusque là considéré comme normal par les gens du Nord, et ignoré par les gens du Sud. »

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Voyageurs en train d’admirer des aurores boréales à Borgarnes, Islande.

    Voyage au-delà du cercle polaire, quel pays nordique choisir ?

    Mais où aller si vous rêvez vous aussi de franchir le cercle polaire ? Je viens de passer un mois merveilleux dans le grand nord, à voir la Laponie finlandaise, l’Islande et le Groenland à la fin de l’hiver, et je voulais partager avec vous cette petite réflexion et ces quelques pistes pour vous aider à choisir le pays qui correspondra le mieux à vos envies boréales. Plusieurs personnes m’ont demandé laquelle de ces destinations j’avais préféré. « Est-ce qu’il vaut mieux aller en Finlande ou en Islande ? » « Est-ce que c’est toujours pareil dans le grand Nord, ou est-ce que ce sont vraiment des destinations différentes ? » En vérité, j’ai trouvé ces trois pays profondément dissemblables, tant au niveau des paysages que des cultures et des activités proposées. Il est difficile de dire lequel j’ai préféré ou lequel serait le « mieux » : ils répondent à des attentes différentes, et je pense qu’il est bien d’être conscient de ces diversités et de savoir de quel type de voyage vous rêvez.

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Quel pays nordique fera battre votre coeur ?

    Voyage en Laponie finlandaise, pour les activités hivernales

    La Laponie finlandaise est véritablement devenue la première destination mondiale pour qui rêve d’expérimenter l’hiver dans le grand nord. C’est celle qui propose le plus grand nombre d’activités hivernales, et probablement celle où on s’amuse le plus. L’hôtellerie cultive le le goût du spectaculaire : vous y trouverez des hôtels de glace et des igloos transparents pour contempler les aurores boréales depuis votre lit. Les familles seront ravies de découvrir le village du père Noël à Rovaniemi, et plusieurs parcs d’attraction vous proposent de faire du toboggan dans une bouée sur la glace, ou ce genre d’activités qui vous réchauffent. Les immenses forêts de sapins sont le terrain de jeu idéal pour faire de la motoneige, et la loi finlandaise, plus permissive qu’en Suède ou en Norvège, permet d’ouvrir de larges circuits pour explorer la région. Vous pourrez aussi vous essayer à la pêche sur glace et à la promenade en traîneau tiré par des rennes ou par des huskies. Des destinations nordiques que j’ai vues – et de toutes les destinations nordiques, à ce qu’en disent les professionnels du tourisme –, la Laponie finlandaise est celle qui concentre le plus grand nombre de divertissements, et il est impossible de s’y ennuyer. Vous pouvez opter pour le maximum d’animation, en restant dans la région de Rovaniemi, ou pour plus de solitude, en remontant plus au nord, vers Inari.
    Au niveau du paysage, la Laponie est une immense contrée plate, presque sans relief, constituée de forêts de sapins et de grands lacs. L’hiver, vous verrez une infinie forêt enneigée, dans laquelle on trouve des petites cabanes de bois au bord des lacs gelés. Vous aurez moins de diversité paysagère qu’en Islande ou en Norvège, par exemple (pas de fjords, falaises et montagnes ici), mais plus d’arbres et de plantes (le bonheur de dormir au milieu d’une forêt blanche…), une biodiversité fascinante, et plus d’activités.

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Motoneige parmi les sapins à Rovaniemi.

     

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Un hôtel de glace à Rovaniemi : Arctic Snow Hotel

     

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Un hôtel très à la mode en ce moment : Arctic Tree House à Rovaniemi.

    Aller en Laponie finlandaise est facile : j’ai pris un vol direct Paris-Rovaniemi (la capitale de la Laponie finlandaise, située sur le cercle polaire arctique). Il s’agissait d’un vol Transavia affrété par Scanditours, qui propose nombre de circuits dans cette région, et ces vols sont réguliers tout au long de l’hiver. Il est bien sûr également possible de passer par Helsinki, notamment si vous souhaitez découvrir la Laponie en été, pour les lacs, la pêche, les baies, la vie dans la nature. Les options d’hébergement et les excursions sont nombreuses.

    Retrouvez mon article complet sur la Laponie finlandaise.

    L’Islande, pour un road trip aux mille paysages

    L’Islande est à mes yeux un des plus beaux, peut-être le plus beau pays du monde. Ce qui me fascine sur l’île du feu et de la glace, c’est l’incroyable diversité des paysages qu’elle offre : volcans, geysers, cascades, fjords, falaises, plages de sable noir, glaciers, montagnes, sources bouillonnantes, etc. L’Islande est vraiment un pays qui se prête à merveille au road trip : la meilleure façon de la découvrir, en toute saison, c’est de louer une voiture et d’explorer. Une route circulaire, la route 1, fait le tour de l’île et concentre les attractions touristiques, mais on prend aussi beaucoup de plaisir à s’en éloigner un peu pour découvrir des coins plus sauvages, comme pour moi la péninsule de Snaefellsnes. La plupart des voyageurs viennent en Islande pour un voyage plus contemplatif : admirer les paysages est leur premier désir. Néanmoins, même si les activités sont moins nombreuses qu’en Laponie (pas de motoneige ou de traîneau ici, par exemple), l’Islande a su développer une offre spécifique surfant sur ses particularités géographiques. En hiver, on cherchera à explorer une grotte de glace, soit au Vatnajökull dans le sud de l’île, soit au Langjökull dans l’ouest ; en été, on fera une randonnée glaciaire sur l’un des géants, ou on prendra le bateau amphibie dans la lagune glaciaire de Jökulsarlon pour admirer les icebergs. L’autre expérience incontournable, c’est de se baigner dans une source d’eau chaude naturelle, par exemple au célèbre Blue Lagoon à Keflavik, ou ailleurs. Et enfin, les milliers de chevaux islandais invitent à une promenade à cheval.

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Grotte de basalte noir à Arnarstapi, Islande.

     

    islande de l'ouest en hiver : de snaefellsnes à borgarnes, road trip dans l'ouest de l'islande en hiver
    Cascade islandaise.

     

    L’Islande est le pays des vikings. Partez sur les traces du peuple légendaire du nord, entre histoire et légende. Découvrez les lieux mythiques, l’exotique Viking Café, la forteresse Borgavirki, la péninsule de Snaefellsnes, et bien d’autres endroits magiques qui évoqueront l’héritage des vikings en Islande.
    Geyser Strokkur.

    Aller en Islande est facile : j’ai volé avec Wow Air, qui propose des vols directs pour Reykjavik à bas prix depuis Paris et Lyon. Si vous partez hors saison, vous trouverez des tarifs imbattables (j’ai déjà vu des aller-retours Paris-Reykjavik à moins de 120 euros). Une fois sur place, je vous conseille vraiment de louer une voiture et de partir explorer. Si la capacité hôtelière de l’Islande s’améliore sans cesse, les infrastructures restent sous-dimensionnées par rapport au nombre croissant de touristes, et c’est pour cela que je vous conseille d’éviter l’été et de partir plutôt hors saison, afin d’avoir plus d’options d’hébergement et de meilleurs prix.

    Retrouvez mon article complet sur l’Ouest de l’Islande en hiver.

    Aller au Groenland, pour explorer une autre planète

    Partir au Groenland, c’est quitter la Terre, et arriver au royaume de la glace et de la démesure. 90% du pays est couvert par une calotte glaciaire épaisse, le fjord de Nuuk est le deuxième plus grand du monde, les icebergs d’Ilulissat sont grands comme des immeubles… Le Groenland dépayse comme jamais, et je pense que c’est la plus spectaculaire des destinations nordiques : nulle part ailleurs au monde n’est-on ainsi plongé au cœur de la glace. C’est un éblouissement visuel inouï, et la découverte d’une culture totalement différente de nos modes de vie européens, celle des Inuits.
    Le Groenland n’est pas un voyage « normal ». Parce que le pays est recouvert de glace, il n’y a pas de routes reliant les villes entre elles au Groenland (à une seule exception près : une route d’été pour 4×4 entre Kangerlussuaq et Sisimiut). Le Groenland est comme un archipel polaire : il faut prendre l’avion pour aller de ville en ville, survoler l’énorme calotte glaciaire pour rejoindre un autre îlot habité. Lors de mon voyage, j’ai visité trois destinations.

    Kangerlussuaq comporte le seul aéroport international du pays : c’est ici qu’atterrissent les avions au départ de Copenhague, avec Air Greenland. Mais ce n’est pas qu’un hub, c’est aussi le seul endroit où on peut approcher la calotte glaciaire, car une route y mène, et une région riche en biodiversité (rennes, bœufs musqués, renards, ours polaires, etc). En été, les gens y viennent pour la randonnée et des expéditions du type camping sur la calotte glaciaire.

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Au bord de la calotte glaciaire avec mon guide Adam à Kangerlussuaq.

    Nuuk est la capitale du Groenland, et mon plus grand coup de cœur : cette ville colorée et dynamique est réellement de toute beauté, et palpite de vie, avec ses musées, centres culturels, salles de concert, etc. Elle permet de comprendre réellement ce qu’est le Groenland aujourd’hui et de se plonger la culture inuite. Niveau beauté naturelle, elle n’est pas en reste : il faut faire une excursion dans le gigantesque et sublime fjord pour découvrir le hameau perdu de Kapisillit, aller à la rencontre des icebergs dans l’icefjord (en été seulement), partir randonner au pied de la montagne Sermitsiaq… C’est une destination encore méconnue et j’ai vraiment hâte de vous en parler, avec des paysages de fjord qui font réellement partie des plus beaux du monde.

    Quel pays nordique choisir ?
    Nuuk, fabuleusement colorée.

    Ilulissat est la destination touristique groenlandaise la plus célèbre, et un incontournable : c’est la ville des icebergs géants. Les paysages sont démentiels – imaginez ces monstres hauts comme des montagnes dérivant dans la baie de Disko. On se sent véritablement dans un autre monde. C’est aussi là que l’offre touristique est la plus développée. Le must absolu, c’est la croisière au milieu des icebergs, dans un bateau brise-glace, mais Ilulissat est aussi la ville des chiens de traîneau et propose de nombreux chemins de randonnée en toute saison pour côtoyer les icebergs. Le célèbre Hotel Arctic a construit des igloos d’aluminium et de verre en bordure de la baie de Disko et de nombreuses compagnies proposent des randonnées accompagnées, des vols en hélicoptère, des expéditions vers le nord du Groenland, etc.

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Au milieu des icebergs à Ilulissat.

    Je rêve de découvrir d’autres destinations groenlandaises, non seulement Sisimiut sur la côte ouest, 2e plus grande ville du pays, mais aussi Tasiilaq et Kulusuk sur la côte est, encore plus sauvage et reculée. Le Groenland s’explore petit bout par petit bout…

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Au coeur de l’immense fjord de Nuuk.

    Aller au Groenland reste une petite aventure, mais le tourisme se démocratise à toute vitesse, car le pays mise là-dessus pour renforcer son économie. Le moyen le plus simple de rejoindre le Groenland, c’est à partir de Copenhague avec Air Greenland. Vous trouvez des vols Paris-Copenhague à très bas prix avec des compagnies low cost type Vueling. Vous serez surpris par la baisse des prix pour cette destination : les packages proposés par Air Greenland  (vol + hôtel) commencent à 800 euros par personne pour 5 jours sur place. Les vols intérieurs entre les villes groenlandaises peuvent être très rapides (mon vol Nuuk-Ilulissat), ou plus fastidieux quand il faut repasser par Kangerlussuaq. Il vous faudra sans doute bâtir votre itinéraire en fonction des rotations aériennes possibles, en sachant qu’elles sont plus nombreuses en haute saison, soit l’été. Si vous explorez l’Islande, sachez qu’il est également possible de trouver des vols pour le Groenland depuis l’aéroport régional de Reykjavik avec Air Iceland Connect : j’ai pris un vol Reykjavik-Nuuk. Néanmoins, les prix d’Air Greenland à partir du Danemark me semblent plus compétitifs.

    Je vais vous inonder d’articles sur le Groenland très bientôt – n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter pour suivre tout ça !

    Découvrir les cultures de l’Arctique

    J’ai adoré, au cours de mon long voyage dans le grand nord, découvrir trois grandes cultures de l’Arctique. La culture dominante de chaque destination change fondamentalement l’atmosphère et l’expérience touristique – c’est aussi pour cela que j’ai du mal à vous dire quel pays j’ai « préféré ». J’ai eu l’impression de découvrir trois mondes totalement différents, trois peuples du grand Nord, et leurs animaux fétiches.

     La Laponie est le pays du peuple Sami, peuple d’éleveurs de rennes, autrefois nomades, marqué par l’héritage du chamanisme. Aller rendre visite à un éleveur de rennes et faire un tour en traîneau, découvrir l’artisanat Sami en bois de renne, admirer les tambours des chamanes, comprendre l’histoire de la région au musée Arcticum à Rovaniemi, sont des expériences culturelles incontournables en Laponie. Vous l’aurez compris, l’animal fétiche de la Laponie, c’est le renne, et vous découvrirez à quel point il est indissociable de l’histoire et du mode de vie de ce peuple. Compagnon, ami, nourriture, vêtement, outil, le renne est omniprésent.

    Expériences magiques en Laponie finlandaise : rennes, igloos, motoneige... tout ce qu'on peut faire à Rovaniemi. Blog Laponie finlandaise
    Les rennes, consubstantiels de la culture des Sami.

     

    Expériences magiques en Laponie finlandaise : rennes, igloos, motoneige... tout ce qu'on peut faire à Rovaniemi. Blog Laponie finlandaise
    Renne sur un tambour en cuir de renne, issu de l’artisanat Sami.

    L’Islande est le pays des Vikings, et les Islandais d’aujourd’hui sont leurs descendants. Vous découvrirez en Islande l’histoire de la colonisation par les marins arrivés de Norvège, les grandes sagas, le panthéon nordique, et toute une tradition culturelle imprégnée de cet héritage païen, avec l’omniprésence des trolls. Le musée national islandais à Reykjavik et le musée de la colonisation à Borgarnes permettent de comprendre cet héritage. Niveau faune, si l’Islande avait deux animaux fétiches, il s’agirait du mouton et du cheval. Les deux sont omniprésents dans le paysage islandais, et il faut acheter un pull en laine islandaise et faire une promenade à cheval !

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Cheval islandais.

    Le Groenland est le pays des Inuits, le peuple roi du grand nord et des climats extrêmes : les Inuits ont su étendre leur culture de l’Alaska au grand Nord canadien avant de coloniser le Groenland depuis le Nunavut en passant par le détroit de Narnes. Aller au Groenland, c’est découvrir la culture encore profondément traditionnelle de ce peuple de chasseurs, qui chasse notamment le phoque et se vêtit de sa fourrure, et qui utilise les huskies pour tirer des traîneaux depuis plus de 850 ans. Le musée national groenlandais de Nuuk est incontournable pour comprendre l’histoire et les traditions de ce peuple qui pratique une chasse de subsistance et a su tirer profit des étendues glacées du grand nord. Bien évidemment, je vous parlerai longuement de la culture Inuit dans mes prochains articles sur le Groenland !

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Bottes en peau de phoque.

     

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Huskies à Ilulissat.

    D’autres destinations nordiques…

    … avec les jolies idées de blogueurs que j’apprécie ! Il s’agit de voyages que je n’ai pas encore eu la chance de faire, mais dont je rêve déjà et que j’ai eu plaisir à suivre sur d’autres blogs. Je rêve d’un grand tour du cercle polaire arctique

    * La Laponie suédoise propose le même type de paysages que la Laponie finlandaise : forêts enneigées, kota au milieu des bois, lacs gelés. Mais elle a la réputation d’être plus calme, plus isolée. C’est une destination parfaite si vous rêvez de tranquillité totale, de vous retrouver seul avec vous-même dans des étendues immaculées.
    Retrouvez le voyage en Laponie suédoise d’Hello la roux.

    * Le Nord de la Norvège est une très belle option et sera sans doute ma prochaine destination arctique. Les fjords découpés des îles Lofoten et de l’île de Senja se prêtent bien à un road trip le long des côtes. L’élégante Tromsø se veut « capitale des aurores boréales », et si vous rejoignez l’intérieur du pays, par exemple la région d’Alta, vous retrouverez la Laponie et sa culture Sami, avec les rennes par milliers. En Norvège arctique, vous serez en pays viking sur la côte, avec notamment le musée viking de Lofotr, et en pays Sami à l’intérieur des terres. Sachez toutefois que la Laponie norvégienne propose moins d’activités « fun » que sa sœur finlandaise (pas de motoneige, de village de père Noël, etc). Prendre l’express côtier Hurtigruten de Tromsø jusqu’à Alta me fait rêver. Du littoral spectaculaire aux grandes plaines laponnes, le contraste entre les deux types de paysage et d’expériences me tente beaucoup.
    Retrouvez deux voyages en Norvège du Nord en hiver qui m’ont fait rêver :
    avec Wait and sea, aux Lofoten, à Narvik, Senja et les Alpes de Lyngen .
    avec Escapades etc, à Tromso, Kirkenes, et sur l’express côtier Hurtigruten

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Rêver d’explorer les fjords norvégiens en bateau… Ici le fjord de Nuuk, Groenland.

    * Le Svalbard est, comme le Groenland, une destination de l’extrême : au plus près du pôle Nord, vous êtes au pays des ours polaires, dans des régions spectaculaires et inhospitalières. C’est un voyage qui attire souvent les aventuriers rêvant de kayak arctique ou d’expéditions au milieu des glaciers. Ce n’est pas un voyage qui s’improvise : si vous quittez Longyearbyen et partez en pleine nature, où rôdent les ours blancs, il vous faudra absolument un guide.
    Retrouvez un voyage épique en kayak au Svalbard avec La faute au graph.

    * La Sibérie fascine par son climat extrême et l’étendue immense de sa taïga gelée. Le lac Baïkal, plus grande étendue d’eau douce du monde, se recouvre d’une épaisse couche de glace et dessine des paysages spectaculaires au cœur de l’hiver. Et qui ne rêve pas de prendre le Transsibérien jusqu’à Vladivostok ?
    Retrouvez le voyage en Sibérie de La lykorne illettrée, sur l’île d’Orkhon et au lac Baïkal

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    Rêver de lacs gelés… (ici au Groenland)

    * L’Alaska est le paradis des amoureux de la faune : la plus grande colonie de loutres de mer du monde, les plus hautes chances d’observer des ours bruns et des baleines, c’est en Alaska. Et bien sûr, c’est aussi l’immensité des parcs nationaux comme Denali, et des glaciers au milieu des sapins. C’est une destination qui me fait complètement rêver.
    Retrouvez le road trip en Alaska de Few miles away, à Kenai, Fairbanks et Denali.

    * Le grand nord canadien, pays des Inuits, déconcerte par son immensité radicale. Le Yukon ou le Nunavut déroulent des milliers de kilomètres de solitude nordique. Je le connais trop mal pour vous en parler bien, et je vous conseille d’explorer le blog From Yukon, qui vous permettra d’apprivoiser ces contrées. Notez aussi la chose suivante : puisque le climat hivernal du Canada est très rude, les activités nordiques sont aussi disponibles dans des régions qui ne font techniquement pas partie de l’Arctique, comme le nord du Québec. Il sera difficile de voir les aurores boréales (vous êtes beaucoup plus au sud), mais tout le reste est là – forêts enneigées, chiens de traîneau, motoneige, etc. Pour preuve, je vous renvoie à ce magnifique article de Our American Dream sur un week-end nordique en Chaudière-Appalache.

    * Les îles Féroé ne sont pas une destination arctique, car elles sont situées au sud du cercle polaire, mais leurs paysages solennels et grandioses raviront les amoureux de l’Islande et des Lofoten, et j’avais envie de les inclure à cette liste afin de partager un bel article sur l’aventure aux Féroé de Sentiers du Phoenix.

    Que voir à Shetland ?
    J’ai pris cette photo aux îles Shetland – les Féroé ont aussi ce type de paysage découpé et laineux !

    Quel mois de l’année choisir pour visiter le grand nord ?

    Le climat arctique est, comme vous le savez, extrême. Au moment du solstice d’hiver (21 décembre), le soleil ne se lève plus, la nuit dure tout le jour et les températures hivernales sont très basses. Au moment du solstice d’été (21 juin), le soleil ne se couche plus et le soleil de minuit illumine la nuit. Selon les destinations, ces périodes peuvent être très touristiques : en Laponie finlandaise par exemple, pays du père Noël, l’énorme pic touristique est en décembre. En Islande, la saison estivale (de juin à août) concentre le plus gros afflux touristique. Mais il faut être conscient du fait que visiter la Laponie au cœur de l’hiver polaire ne vous laissera que très peu d’heures de jour, et que le soleil de minuit estival peut être difficile à gérer pour l’organisme qui ne trouve plus le sommeil. J’ai donc, à titre personnel, une réponse très claire : à mes yeux, il faut aller dans le grand nord au moment des équinoxes, soit septembre et mars. C’est le moment de l’équilibre parfait entre jour et nuit : 12h de jour, 12h de nuit. Les journées sont longues, mais les aurores boréales sont visibles dans le ciel nocturne. Mars est à mes yeux la saison idéale pour les activités hivernales. Les températures restent suffisamment basses pour permettre de s’y livrer, mais elles sont bien plus supportables qu’au cœur de l’hiver : j’ai eu par exemple -10 au Groenland, contre -30 un mois plus tôt. J’ai pu faire de la motoneige, du chien de traîneau, etc, en souffrant moins du froid. Mars est aussi un mois très peu touristique, où la fréquentation et les prix baissent. Je me suis sentie presque seule en Islande.
    Quant à début septembre, tout le monde le décrit comme une période bénie pour le grand nord. En Laponie, c’est l’explosion des fruits des bois, myrtilles et mûres arctiques par centaines ; au Groenland, c’est le moment du pic de la fonte des glaces, où des icebergs énormes dérivent non seulement à Ilulissat, mais aussi dans les fjords de Nuuk ou les fjords de l’est. C’est aussi le meilleur moment pour observer les aurores boréales, car l’activité solaire est plus intense au moment des équinoxes, et le ciel plus dégagé qu’au cœur de l’hiver. Mais à ce sujet, vous avez peut-être une question…

    Quel pays nordique choisir ? Quel est le plus beau pays nordique ? Quel est le meilleur endroit pour voir des aurores boréales ?
    En mars au Groenland : les journées sont longues et belles. Cette photo a été prise au coucher du soleil, vers 21h.

    Quel est le meilleur endroit pour voir les aurores boréales ?

    Confession : j’ai passé trois semaines dans le grand nord en mars, et je n’ai eu qu’une nuit d’aurores boréales. Le hasard et la chance jouent un grand rôle, et je vous conseille vivement de choisir une destination nordique qui vous attire au-delà de la promesse d’aurores boréales, afin de ne pas être déçu si elles ne surgissent pas. Les aurores, c’est la cerise sur le gâteau, mais à mes yeux, il ne faut pas bâtir un voyage là-dessus. J’ai joué de malchance : en Finlande, j’ai eu de l’activité solaire, mais une couverture nuageuse à 100% ; au Groenland, j’ai eu un ciel ultra dégagé, mais un soleil en grève. C’est en Islande que j’ai eu de la chance, mais cela ne signifie pas que l’Islande est un meilleur choix – c’est une combinaison de facteurs, une loterie qui se rejoue chaque nuit. Toutefois, après avoir consulté frénétiquement chaque nuit la carte des aurores boréales sur l’application Aurora (la meilleure appli de prédiction des aurores boréales, recommandée par tous les guides spécialisés), et lu beaucoup de choses sur les forums de chasseurs d’aurores, j’ai quelques observations à faire. La plus simple : plus vous êtes au nord, plus vous augmentez vos chances. L’intensité des aurores est déterminée par ce qu’on appelle l’indice kp, qui indique la force des éruptions solaires. Quand vous vous rapprochez du pôle nord, vous verrez les aurores même si l’indice kp est faible. A Tromsø par exemple, située à 69 degrés nord, ou à Inari, située à 68 degrés nord, un indice kp de 2 est suffisant pour voir l’aurore à l’œil nu. A Rovaniemi, située sur le cercle polaire arctique à 66 degrés nord, il faudra que l’indice kp atteigne 3. Pour en voir aux îles Shetland, tout au nord de l’Ecosse, il faut que l’indice kp atteigne 5. Vous saisissez le principe : plus vous êtes au sud, plus l’aurore devra être intense pour vous atteindre. Si votre but est donc d’en voir, partez pour le grand nord, pour Tromsø, Alta, Abisko, Inari. Souvent, les villes situées loin des côtes ont plus de chances de bénéficier d’un ciel dégagé que les destinations littorales, c’est pourquoi les chasseurs d’aurores boréales citent souvent Abisko, Kautokeino ou Inari parmi leurs localisations préférées. Toutefois, il faut noter qu’à Tromsø, « capitale des aurores boréales », les multiples compagnies proposant des excursions nocturnes vous emmènent justement loin des côtes, vers l’intérieur du pays, afin d’augmenter vos chances d’avoir un ciel dégagé. Etre au nord ne suffit pas, il faut bénéficier des bonnes infrastructures : soit d’une voiture afin de chasser les aurores vous-même, soit des services d’un guide. Dans tous les cas, il vous faudra vous éloigner des villes, afin de supprimer la pollution lumineuse, et rejoindre la campagne. C’est pourquoi les petites cabanes isolées dans les bois, en Laponie (norvégienne, suédoise ou finlandaise), sont sans doute la plus belle option…

    aurores boréales
    Aurore boréale en Islande.

    Le bon équipement pour le grand nord

    En mars, la température est supportable : je ne suis jamais descendue plus bas que -17, et il s’agit d’un froid sec, le plus souvent sans vent. Bien équipée, je n’ai pas souffert du froid. J’ai respecté la technique des couches. Première couche, un sous-vêtement technique grand froid à manches longues, à la fois chaud et respirant – en haut et en pantalon. Deuxième couche les jours où il faisait -17, un pull en laine. Troisième couche (ou deuxième quand il ne faisait que -10), une polaire, et un pantalon de ski imperméable. Quatrième couche, un blouson de ski en matériau type Goretex imperméable et déperlant. Pas besoin de dépenser des fortunes : j’ai tout acheté chez Décathlon. J’ai utilisé le blouson de ski que j’avais déjà, sans acheter une parka hors de prix, j’ai demandé conseil au vendeur pour choisir le sous-vêtement technique le plus chaud, et tout s’est bien passé. Il faut bien penser aux extrémités : en Laponie, on ne met pas de chaussettes de ski, par exemple, on met des chaussettes en pure laine (ça s’achète aussi chez Décathlon, ne vous en faites pas). On ne met pas de gants, mais des moufles : cela garde mieux la chaleur, car les doigts ne sont pas séparés. On a forcément un bonnet, et une cagoule sous le bonnet en cas de vent/grand froid.
    Le seul équipement de marque autre que Décathlon que j’ai acheté, et que je vous recommande mille fois, c’est une paire de sous-gants tactiles The Northface. Ces gants sont une merveille incroyable, je vous jure que c’est le nirvana. Si vous êtes photographe, ils vous sauveront la vie. Ils sont chauds. Ils sont tactiles pour de vrai, ça marche vraiment – vous pouvez utiliser votre portable et surtout, votre appareil photo sans enlever vos gants (amen). Ils ne sont pas imperméables au sens strict, mais un peu quand même – si vous vous cassez la figure dans la neige et vous appuyez avec votre main, le gant ne sera pas mouillé après (testé et approuvé). En cas de très grand froid, ils se portent sous les grosses moufles, mais à -10/-13 degrés, je n’ai mis QUE ces gants dans 90% des cas, et je n’ai pas eu froid, et j’ai pu faire douze millions de photos sans perdre de phalange. Achetez les sur Amazon :  The North Face T0a7lpjk3 – Gants – FemmeCeci est un lien affilié : si vous achetez ces gants merveilleux en passant par ce lien, je gagnerai un euro, ce qui représente environ 0,03% de mon prochain voyage arctique. Merci pour votre bon cœur.

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    Au moment où cette photo a été prise, je surplombe Nuuk à 1200 mètres d’altitude, il fait -17, et je n’ai pas froid. J’ai juste enlevé mon bonnet pour la photo. Vous remarquerez que je n’ai que les gants tactiles The Northface, et pas de moufles. Je vous dis, ils sont dingues.

    Alors, qu’en pensez-vous ? Etes-vous tenté par l’Arctique ? Si oui, par quelle destination et pourquoi ? Parlez-moi de vos projets nordiques, faites-moi rêver !

    Pour préparer à votre tour votre exploration nordique, je vous propose en partenariat avec les éditions Gallimard de remporter un guide Islande de la collection Bibliothèque du voyageur. Ce sont de très beaux guides, richement illustrés avec de très nombreuses et belles images, généreux à la fois en documentation historique et culturelle et en conseils pratiques (itinéraires, cartes, conseils de visite). J’ai emporté un exemplaire de ce guide avec moi en Islande et j’en ai été très satisfaite, c’est un beau livre à la fois utile et intelligent. Pour participer, il suffit de laisser un commentaire sous cet article – tirage au sort dans une semaine !
    Edit : le tirage au sort a eu lieu, la gagnante est Marie – félicitations !

    Guide Gallimard de l’Islande à remporter.

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    Coucher de soleil à Ilulissat. Plus de photos bientôt !

     

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  • Au pays des sagas et des chevaux : l’Islande en hiver

    L’Islande de l’Ouest en hiver, de Borgarnes à Snaefellsnes

    Découvrir l’Islande de l’Ouest en hiver, ce fut pour moi comme retomber amoureuse de ce pays. On parle souvent de l’Islande touristique, mais lors de ce petit road trip dans l’ouest de l’île, j’ai pu retrouver une Islande sauvage, secrète, presque déserte, avec l’illusion de l’avoir à moi toute seule. Au milieu des dernières neiges et des aurores boréales, j’ai pu explorer Borgarnes, capitale des sagas vikings, la sublime péninsule de Snaefellsnes avec ses champs de lave et ses orgues de basalte, et la région de Reykholt, avec ses cascades et le glacier Langjökull. On dit souvent de Snaefellsnes qu’elle est « la petite Islande », et concentre tous les attraits de l’île dans un périmètre restreint – c’est exactement ce que j’ai ressenti.
    Si vous aussi, vous rêvez d’explorer l’Islande hors saison et de vous éloigner un peu du cercle d’or, mettez cap vers Snaefellsnes, vous ne le regretterez pas… Voici quelques coups de cœur dans l’Ouest de l’Islande, où j’ai eu le bonheur d’être accueillie pour quatre jours avec ma mère, au gré de la route entre volcans et poneys échevelés.

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    Mes premières aurores boréales à Borgarnes.

     

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    Entrer au coeur du glacier

     

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    Des visions dont je suis folle : le pays des chevaux.

    Au pays des chevaux islandais

    Dès qu’on s’éloigne de Reykjavik et monte vers l’ouest de l’île, ils apparaissent. Les chevaux islandais. Ce sont des troupeaux multicolores dans les étendues immenses, des océans de crinières blondes, noires et rousses, des robes infiniment variées dans le blanc de la neige. J’ai l’impression qu’ils sont encore plus colorés qu’il y a quinze ans, lors de mon premier voyage en Islande. Je vois de plus en plus de chevaux pie, avec leurs grandes tâches blanches assorties à la saison. Et toujours ces alezans crins lavés, ces souris, ces isabelles, ces noirs… Je ne me lasse pas de les photographier. Le Nord et l’Ouest de l’Islande sont les deux régions qui comptent le plus grand nombre de chevaux, et c’est un tel bonheur de les voir surgir partout, comme les cactus en Arizona ou les kangourous en Australie, un élément essentiel au charme de l’Islande.

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    Que j’aime ces chevaux !

     

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    Cavalier sur le dos d’un jeune cheval en plein travail.

     

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    Reykjavik au loin, à l’horizon

     

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    Ma mère avec un étalon gris.

     

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    Chevaux de Snaefellsnes

    Au cœur du glacier Langjökull

    C’est le deuxième plus grand glacier islandais : le Langjökull, près de Reykholt, dans l’ouest de l’Islande. Pour partir explorer le cœur bleu du monstre, j’ai rendez-vous avec Into the Glacier à Husafell. On m’explique que le véhicule qui m’emmènera sur le glacier est un ancien camion lance-missiles de l’OTAN, transformé en bus tout-terrain pour transporter les touristes au cœur des hautes terres islandaises. Très vite, on quitte l’asphalte et s’engage sur une route de terre, une longue route qui traverse tout le cœur de l’Islande, et que les Vikings du Nord empruntaient autrefois pour descendre à la session parlementaire de l’Althing. Si on continuait plusieurs heures sur cette route, on arriverait au cratère d’Askja, au milieu de nulle part, et cette idée me fait rêver. La route est normalement inaccessible en hiver, mais rien n’est impossible à notre véhicule de guerre. C’est un paysage de volcans et de glaces, complètement solitaire. J’ai l’impression d’entrer dans un pays secret.
    Alors qu’il faisait beau en bas, le temps se dégrade très vite, et la neige et le brouillard nous enveloppent. Le mauvais temps est complice des glaciers : ces monstres ne sauraient survivre sans leur chaudron de tempête… Nous arrivons au sommet dans une tornade blanche, où la visibilité est devenue nulle, et entrons au cœur d’un immense tunnel de glace, creusé dans le cœur du géant. Pendant une heure, nous arpenterons un labyrinthe bleuté, découvrirons d’immenses crevasses, entendrons le bruit du glacier qui se déplace, vit et respire. Chaque jour, il faut déblayer l’entrée du tunnel, bloquée par des mètres de neige. Si Into the Glacier cessait de venir pendant deux semaines, ils perdraient le tunnel à tout jamais, ravalé par la gueule du glacier énorme. La guide nous raconte l’histoire des glaciers islandais, leur apparition lors de l’âge glaciaire médiéval, leur évolution, leur mouvement, leur recul aujourd’hui, et les défis auxquels l’Islande sera confrontée en cas de disparition totale. La visite est belle et passionnante. J’ai adoré ce moment au cœur du froid.

    visite glacier langjökull into the glacier glacier islande de l'ouest
    Arrivée dans la tempête de neige à la base de Klaki.

     

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    Au coeur du glacier.

     

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    Une rivière non gelée en plein milieu du glacier.

     

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    Cette crevasse est profonde de plus de quarante mètres.

    Equipement : il ne fait pas très froid (autour de -3 degrés), mais très humide. Pensez bien à vous munir d’un blouson et d’un pantalon imperméables, et bien sûr, pensez aux gants et aux grosses chaussettes. Prix : 19500 ISK par personne (environ 150 euros) pour le tour classique de 3/4h. Comptez 29 000 pour y aller en motoneige.

    Autour de Reykholt : cascades et sources d’eau chaude

    Reykholt a toujours été célèbre pour ses sources chaudes. Déjà à l’époque médiévale, le grand auteur de sagas Snorri Sturlusson aimait se prélasser dans un bain naturel au pied de sa maison. Tout autour de Reykholt, la terre fume, les rivières sont chaudes, et on découvre des stations géothermiques et des serres agricoles (saviez-vous que l’Islande cultivait, entre autres, des bananes ?).

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    Eglise de Reykholt – le bâtiment date du XIXe siècle, mais une église existait à cet emplacement depuis le Xe.

     

    Ici, la terre est vivante, partout…

    Les thermes de l’ouest, ce sont les Krauma Geothermal Baths, à Reykholt. Comme le Blue Lagoon dans le sud ou le Myvatn Nature Bath dans le nord, il s’agit de bains naturels, chauffés par le bouillonnant sous-sol islandais. Des piscines de pierre noire proposent des bains à différentes températures, du plus froid au plus brûlant, ainsi que des hammams et salles de relaxation. Même si j’avoue que mon plus beau souvenir thermal islandais reste le Myvatn Nature Bath, au cadre exceptionnel et au bassin immense, j’ai trouvé le lieu très beau.

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    Krauma Geothermal Baths, à Reykholt

     

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    La source d’où provient l’eau des bains (je vous rassure, ils la refroidissent).

    Dans la catégorie hydrique, mon plus grand coup de cœur à Reykholt, ce sont les cascades Barnafoss et Hraunfossar, sans doute moins célèbres que les cascades de la Ring Road, mais tout aussi belles et enchanteresses. Comme souvent chez les Vikings, elles sont associées à une histoire tragique et solennelle : « Barnafoss », « cascade des enfants », doit son toponyme à la noyade de deux gamins imprudents. Il n’empêche qu’elle est belle comme la chevelure d’une ondine, toute en transparence et en couleurs féeriques.

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    Cascades magiques.

    Borgarnes, la ville des sagas

    Si j’ai toujours été fascinée par l’Islande, ce n’est pas que pour ses paysages extraordinaires : c’est pour le caractère unique et rare de son histoire, où le récit se mêle au mythe, et où la fresque des origines sait remonter avec précision jusqu’aux balbutiements. L’Islande est un des rares pays au monde à connaître très précisément l’histoire de son peuplement, et où la plupart des gens peuvent remonter leur arbre généalogique sur mille ans, jusqu’à l’époque où les Vikings arrivèrent sur leurs drakkars. Dès le IXe siècle, lorsque l’Islande a été découverte et colonisée par des marins venus de Norvège, les Vikings ont tout consigné : les récits de leurs navigations, de leurs hésitations, de leurs villages, de leur parlement, de leurs débats. Il y a les chroniques, et il y a les sagas, ces récits où la réalité se colore de légende et où on suit les destins (souvent sanglants) de familles sur plusieurs générations. Ce pays n’est pas seulement celui du feu et de la glace, c’est le royaume de la mémoire. Les Islandais se souviennent de tout.
    Pour qui aime l’histoire, l’Ouest de l’Islande est un incontournable absolu. C’est ici que les Vikings se sont installés au IXe siècle, après avoir contourné la côte sud alors glacée et inhospitalière ; c’est ici que l’histoire islandaise est née. Ce fut aussi la terre de Snorri Sturlusson, un des plus grands auteurs médiévaux. Le Musée de la Colonisation (The Settlement Center), à Borgarnes, présente deux expositions magnifiques : une sur le peuplement de l’Islande par les vikings, et une sur la plus célèbre des sagas islandaises, la saga d’Egil (je vous préviens, il y aura des crânes de chevaux sur des pieux, des corbeaux et des histoires à vous glacer le sang). J’avais déjà visité ce musée il y a deux ans, et j’ai adoré le revoir plus longuement – cela rend l’Islande encore plus spéciale et attachante de remonter le fil de son histoire extraordinaire.

    Au Settlement center.

     

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    Coucher de soleil sur Borgarnes.

     

    borgarnes
    Borgarnes au loin.

     

    borgarnes
    Les reliefs sublimes du fjord.

    Si vous voulez continuer à explorer l’ambiance « trolls et légendes », faites un petit arrêt à Fossatun sur la route de Reykholt, où des statues jaillissent au milieu des rochers et cascades, et un « chemin des trolls » vous permet d’explorer le folklore populaire, dans ce pays où on suspend parfois la construction des routes pour ne pas déranger le petit peuple de l’ombre…

    fossatun
    Fossatun.

    Quelques bonnes adresses à Borgarnes…

    … qui sont vraiment mes coups de cœur à moi.

    * Le restaurant du Settlement Center : mon meilleur repas islandais ! (Et d’ailleurs on y est retournées le lendemain.) Dans un décor tout de bois et de figurines médiévales, j’ai goûté les célèbres langoustes islandaises, un fabuleux skyr-sorbet à la myrtille, une grande salade fraîche sucrée-salée… J’ai adoré le cadre, la fraîcheur des produits, et la gentillesse du service. En plus, la boutique du musée est fabuleuse – si vous cherchez à faire le plein de livres intelligents, photos magnifiques et souvenirs islandais bien kitsch, c’est la meilleure adresse.

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    * Le salon de thé/fleuriste Kaffi Kyrrð : j’ai découvert cet endroit sur Instagram et j’ai instantanément compris pourquoi. Cet endroit est le paradis de la blogueuse lifestyle que j’aspire occasionnellement à devenir (vous savez, les jours où je bois du thé et me mets du vernis à ongles). Ce lieu a un charme incroyable. La première pièce est une boutique de fleuriste, avec une déco elfique ravissante, et les deux pièces du fond forment un salon de thé aux canapés profonds et à l’ambiance boudoir, avec vue sur le fjord et des œuvres d’art originales au mur. Au-delà de l’esthétique incontestable du lieu, les gâteaux sont à tomber (le brownie à la framboise !) et la propriétaire est adorable. Ce lieu n’est pas que joli, il a une âme, et on s’y sent vraiment bien.

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    * L’hôtel Icelandair Hotel Hamar : ce que j’ai adoré avec cet hôtel, c’est son relatif isolement à quelques kilomètres de la ville, avec vue directe sur le fjord (et des levers de soleil fantastiques). Il y a des jacuzzis extérieurs alimentés directement par des sources d’eau naturellement chaude, et un golf – enseveli sous la neige en cette saison. Outre la beauté du paysage, cette situation isolée présente un avantage incontestable : voir les aurores boréales directement à l’hôtel.

    ou dormir à borgarnes
    Vue depuis ma chambre

     

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    Espace bien être
    ou dormir à borgarnes
    Au loin, le sublime fjord de Borgarnes

    Il faut que je vous raconte la première aurore boréale de ma vie. J’aimerais vous faire croire que j’ai roulé pendant des heures, attendu dans le froid, héroïquement, stoïquement, afin de mériter mon aurore. Mais hélas, je suis trop honnête. L’hôtel Hamar propose de prévenir ses clients en cas d’apparition d’une aurore boréale. La gentille réceptionniste (qui s’appelait Lucie, qui était tchèque et qui était venue travailler en Islande, pays sans chômage et bourré d’opportunité) nous a appelées dans notre chambre vers 23h en nous disant qu’un magnifique spectacle avait lieu juste devant l’hôtel. Nous avons enfilé nos moonboots et nos moufles, et vu la pure magie céleste en direct du parking. Le fjord se détachait au loin, la neige reflétait les éruptions sidérales, et j’étais époustouflée. Je repensais à toutes les légendes au sujet des aurores. Les Vikings y voyaient une chevauchée des Walkyries, les Sami la danse d’un renard de feu, les Inuits les âmes des morts revenant sur Terre. Le surnaturel vient immédiatement aux lèvres face à un tel spectacle. C’était une nuit de tempête magnétique et j’étais fascinée. Elles ne se contentaient pas de flotter, elles dansaient, ondulaient, changeaient de forme et de direction, comme une flamme vivante. Ces aurores-là étaient d’un vert lumineux, et j’ai même vu le violet apparaître à l’œil nu au moment le plus intense de l’éruption. Durant mon long séjour nordique long de trois semaines (Finlande, Islande, Groenland), je n’ai eu qu’une seule et unique nuit d’aurores, mais elle valait toutes les autres.
    Nous dormions avec les rideaux ouverts. Le lendemain, au milieu de la nuit, ma mère a vu une aurore plus faible, plus claire, s’illuminer à l’horizon. Elle a choisi de ne pas réveiller, le spectacle étant beaucoup moins impressionnant que celui de la veille, mais elle s’est rendormie les yeux dans les aurores boréales…

    aurores boréales
    La première de ma vie…

     

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    Danse magique

    La péninsule de Snaefellsnes en hiver
    où s’arrêter à snaefellsnes – étape road trip snaefellsnes

    Snaefellsnes, c’est la « petite Islande » : cascades, champs de lave, plages de sable noir, formations géologiques extraordinaires, elle a tout. Je l’avais vue pour la première fois en été, par un jour de pluie et de grêle. Je l’ai infiniment aimée suspendue entre deux saisons, avec la neige de l’hiver et la douceur du printemps qui revient. Elle se prête parfaitement à un road trip d’une (longue) journée, avec de multiples étapes que je retrace ici.
    Nous sommes parties de Borgarnes et avons commencé par nous arrêter aux falaises de Gerðuberg, une succession de colonnes de basalte longues d’un demi-kilomètre, comme les sentinelles signifiant l’entrée au pays des volcans.

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    Falaises de Gerduberg

    Après un détour par Stykkisholmur, une jolie ville portuaire d’où partent les ferrys vers les fjords de l’Ouest, nous sommes reparties vers l’ouest et avons traversé un des plus beaux champs de lave d’Islande, le Berserkjahraun, site d’une bataille épique selon les sagas médiévales. Dans un paysage martien, la terre rouge surgit là où fond la neige, au milieu de cheminées de basalte noir. Au loin, un cratère effondré révèle une immense caldeira aux teintes ardentes, et je me dis pour la millième fois que l’Islande est une planète à elle toute seule.

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    Le Berserkjahraun.

     

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    La prochaine étape dans ce road trip hivernal sur Snaefellsnes est la plus célèbre : la montagne Kirkjufell, cône parfait posé sur le fjord, et sa cascade iconique. C’est le seul moment du voyage où nous nous sommes retrouvées au milieu d’une (petite) foule, et c’est normal, ce spot est mondialement connu. Après avoir sacrifié à la photo Instagram obligatoire, nous sommes reparties vers des chemins plus solitaires, dans un paysage inlassablement sublime.

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    Kirkjufell vue de dos.

     

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    La photo la plus célèbre !

    Une autre cascade, plus secrète, se révèle au loin : Svödufoss, qui semble magnifique, mais à qui je renoncerai lâchement en raison d’une averse soudaine et après avoir vu le K-Way d’un Autrichien s’envoler comme un parachute vers d’autres cieux (c’est quand même l’Islande).

    Svödufoss sous la pluie battante.

     

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    Une église solitaire à proximité.

    J’ai adoré l’étape suivante : la plage de sable noir de Djúpalónssandur, avec ses dragons de lave solidifiée et l’épave d’un chalutier échoué dans les années 40, par une nuit de tempête.

    djupalonsandur
    Djupalonsandur.

     

    djupalonsandur
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    Mais mon plus grand coup de cœur, ce fut Arnarstapi, porte du centre de la Terre selon Jules Vernes, veillée par un immense troll de pierre. Ce village est à mes yeux le plus beau, le plus pittoresque d’Islande, avec ses maisons au toit herbeux en bord de corniche, sa promenade maritime longeant des caves extraordinaires, des arches de lave et des colonnes de basalte envahies d’oiseau, ses cascades au fond du fjord et son atmosphère de conte scandinave très ancien. J’étais complètement sous le charme, entrée dans un vieux livre plein de mystère et de magie.

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    Anarstapi, le village merveilleux.
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    Maisons aux toits d’herbe.
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    La belle arche de lave.
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    Baldur, le troll, veille sur le chemin.
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    Un dernier arrêt referme la boucle de Snaefellsnes : la gorge de Rauðfeldsgjá, béance majestueuse au cœur d’une muraille minérale, envahie de corbeaux noirs à l’air éminemment menaçant. Oui, à Snaefellsnes, le temps des sagas est bien vivant.

    Gorge de Rauðfeldsgjá
    Gorge de Rauðfeldsgjá

    Voici encore quelques visions au hasard de la route, le long de ce petit road trip d’hiver à Snaefellsnes.

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    Chevaux et cascade gelée.
    snaefellsnes en hiver islande en mars
    Un faux air de Suisse.
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    La maison de la sorcière (regardez sur le mur).
    snaefellsnes en hiver islande en mars
    Solitude sublime.
    snaefellsnes en hiver islande en mars
    Vivre au bord du fjord…

    L’Ouest de l’Islande en mars, le voyage parfait

    On me demande souvent quel est le plus beau pays du monde à mes yeux, ou celui où j’aimerais me téléporter à la seconde. Ma réponse varie en fonction de l’humeur du moment et de la température extérieure, mais je dis souvent « Islande ». L’île de la glace et du feu concentre une telle variété de paysages extraordinaires, des cascades aux volcans en passant par les icebergs, qu’il est impossible de rester insensible. Et en plus, il y a des poneys partout et des yaourts à la myrtille – que demander de plus ?
    J’ai découvert avec émerveillement l’Islande quand j’avais dix ans, avec mes parents – voici mon carnet d’Islande de l’époque. J’y suis retournée en couple à l’été 2016, à la recherche des cascades, des vikings et des lieux de tournage de Game of Thrones. J’ai rêvé d’y retourner en hiver. Et puis, j’ai hésité. Je craignais que l’Islande soit victime de son succès, et d’être noyée au milieu de la foule. J’en rêvais, mais je n’osais plus.
    Ce retour en Islande, je le dois à l’office du tourisme de l’Ouest de l’Islande, qui a proposé de m’accueillir, ce qui m’a permis de renoncer à l’itinéraire sans doute trop facile que j’avais en tête : cercle d’or, Vik, Jökulsarlon… Je n’ai vu ni les icebergs flottants, ni les geysers, mais j’ai découvert des lieux tout aussi enchanteurs et moins courus. Mettre cap sur l’Ouest grâce à eux a été la meilleure décision possible. J’ai roulé pendant des heures sur des routes quasiment désertes, j’ai eu des sites sublimes à moi toute seule, j’ai retrouvé le sentiment d’exclusif et d’inédit que l’Islande m’avait procuré la première fois. Y retourner avec ma mère était une décision de dernière minute (je la dois à une entorse), mais qui m’a permis de retrouver mon âme de gamine émerveillée, et j’ai savouré chaque instant de ce voyage à deux. En mars, les journées sont longues et le temps est plus clément, suspendu entre hiver et printemps. La température est douce, et la lumière bien présente. Mais la neige et les aurores boréales sont encore là. C’était à mes yeux le moment parfait, et j’ai aimé chaque seconde. Je ne peux que vous inviter à refaire ce voyage…

    snaefellsnes en hiver islande en mars
    Eglise dans le soir.

     

    snaefellsnes en hiver islande en mars
    Ma mère sur la route.

     

    snaefellsnes en hiver islande en mars
    Et moi !

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  • Carnets de Rovaniemi, Laponie finlandaise

    La Laponie. Cette région culturelle mythique s’étend au-delà du cercle polaire arctique, en Norvège, Suède, Finlande et sur un petit morceau de Russie occidentale. C’est le pays des aurores boréales, des rennes et des sapins enneigés. Ici l’été dure deux mois, la neige est reine d’octobre à mai, le thermomètre tutoie parfois les -40, les densités de population sont incroyablement faibles et les gens branchent leurs voitures (non électriques) à des résistances pour éviter que l’huile de moteur gèle. Bienvenue dans un autre monde.

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    Bienvenue à Rovaniemi.

    Rovaniemi, capitale de la Laponie finlandaise

    La plupart des gens qui découvrent le grand nord européen commencent comme moi par Rovaniemi, la capitale de la Laponie finlandaise, première destination mondiale pour ce type de tourisme à moonboots et quatre épaisseurs. J’ai le bonheur de participer à ce voyage de presse organisé par Scanditours en Laponie finlandaise, et je suis extatique.

    Ce n’est pas Rovaniemi qui me bouleverse, c’est tout ce qu’il y a autour. L’immensité des forêts de Laponie.

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    Il faut dire la vérité : Rovaniemi elle-même n’est pas belle, du moins, le centre urbain ne l’est pas. Détruite en 1944, Rovaniemi n’a pas été reconstruite en beauté. Les journalistes du groupe rivalisent de comparaisons élogieuses : « ça me rappelle la banlieue de Varsovie », « y a une scène comme ça dans Goodbye Lenin », et « on dirait une station de ski mais sans les Alpes ». Personne ne se promène à Rovaniemi. Les touristes ne viennent ici que pour dormir et manger, et passent leurs journées le plus loin possible du cœur de ville.

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    Rovaniemi.

    Car heureusement, Rovaniemi n’est pas que ce cœur de ville disgracié. C’est la plus grande municipalité d’Europe, plus grande encore que Paris, Londres ou Berlin. Un carré de 80km sur 80, avec certes une verrue urbaine au centre, mais tout le reste n’est que forêt et immensités sauvages. Densité de population hors du cœur de ville : 3 habitants au kilomètre carré. Nous sommes pile sur le cercle polaire arctique, Napapiiri en finlandais.

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    Napapiiri, cercle polaire.

    La taïga, ou forêt boréale, recouvre tout. Vu d’avion, le spectacle est saisissant : un immense gazon de sapins gelés, encapuchonnés de neige blanche. Atterrir à l’aéroport de Rovaniemi, c’est négocier un créneau au milieu d’une armée de troncs enneigés. Il n’y a que deux tapis à bagages, et on vous annonce que vous êtes à « l’aéroport officiel du Père Noël ». Un traîneau couvert de cadeaux et des posters du bonhomme rouge et blanc vous mettent dans l’ambiance. Le thermomètre affiche -17. Il paraît que la semaine dernière, c’était dix degrés de moins. Bienvenue à Rovaniemi, destination numéro 1 du tourisme hivernal en Laponie. Village du Père Noël, motoneige, chiens de traîneau, igloos de verre, hôtels de glace, pêche blanche, il y a tout ici.

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    Aéroport officiel du père Noël.

    Il paraît que les gens vont en Norvège et en Islande pour voir l’hiver, et en Finlande pour vivre l’hiver. La Laponie finlandaise n’a pas de fjords majestueux comme la Norvège, pas de volcans, geysers et cascades comme l’Islande, mais elle a cette immense forêt de sapins et une créativité insatiable en matière d’activités hivernales. Depuis quelques années, le grand nord a le vent en poupe. Tout le monde s’est mis à rêver d’aurores boréales. Les gens ont découvert qu’on pouvait enfiler des combinaisons thermiques pour résister au blizzard au lieu de s’infliger l’épreuve du bikini juste après le réveillon. Le grand nord européen dans son intégralité profite de la vague, mais personne ne l’exploite mieux que Rovaniemi. Toutes les idées baroques que vous verrez sur Instagram, les igloos transparents, les rennes, les motoneiges, les toboggans de glace, les traîneaux, sont nés ici.

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    Arctic Snow Hotel, le genre d’endroit où tu dors pour qu’on te donne un diplôme à la fin.

    Le village du père Noël

    Le village du Père Noël est à deux pas de l’aéroport, pour se mettre aussitôt dans le bain. Les bâtiments sont tout ce que Rovaniemi n’est pas : pittoresques et charmants, avec des tourelles de bois, des lampadaires qui marquent le passage précis du cercle polaire arctique à 66° Nord, des rennes et des couleurs de Noël. C’est un minuscule Disneyland de l’avent perpétuel, où Douce nuit est carillonné en boucle toute l’année, où les employés ont des costumes et des bonnets pointus de lutins, et où on fait la queue pour voir le père Noël, dans un décor de parc à thème. On peut visiter la poste du Père Noël, où il reçoit les lettres, et en envoyer soi-même avec un tampon estampillé Père Noël. L’entrée est gratuite, mais la photo avec le Père Noël coûte 40 euros. C’est leur modèle économique. Le village du père Noël est charmant – mais tout n’est qu’un gigantesque centre commercial, et le matraquage aux rennes et aux sapins finit par me fatiguer. On vient en Laponie pour la nature, alors enfuyons-nous, partons dans les bois.

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    Village du père Noël. Ces colonnes marquent le passage du cercle polaire arctique.
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    Notre rencontre avec le Père Noël.

     

    En motoneige parmi les sapins

    Mieux vaut partir en pleine nature. En motoneige, donc. Depuis que les traîneaux tirés par les rennes sont tombés en désuétude, elle est l’un des modes de transport préférés de la région. Ici, on ne déneige pas les routes, on se contente de les damer. Les voitures roulent avec des pneus cloutés sur les grands axes, et on se déplace en motoneige sur les chemins. A l’extérieur de Rovaniemi, le long de l’immense rivière Ounasjoki, on voit les habitants des jolies maisons isolées rejoindre le cœur de ville en motoneige, en fonçant sur cette rivière transformée en gigantesque patinoire par 80 cm de glace. Il faut entre cinq et dix centimètres de glace pour qu’un homme puisse marcher en sécurité, entre quinze et vingt-cinq pour y mettre une motoneige, et un mètre pour faire atterrir un avion. Les excursionnistes s’en donnent à cœur joie sur la rivière gelée, c’est le lieu des pointes de vitesse. Puis on se perd dans l’immense réseau de chemins tracés au milieu de la taïga et roule entre les sapins. Les sensations sont fabuleuses.

    Pratique : La motoneige est facile à conduire, avec des sensations assez proches du jet ski. Il faut avoir dix-huit ans et un permis de conduire valide pour être au guidon. Nous étions pris en charge par le partenaire finlandais de Scanditours (qui organisait ce voyage), Lapland Safaris, pendant les deux journées d’excursion motoneige, et j’ai adoré la qualité des expériences proposées.

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    Déjeuner en pleine nature dans la kota

    Les excursions en motoneige comprennent souvent le déjeuner dans une kota, sorte de tipi typique du grand nord, authentiquement finlandaise. Chaque prestataire a une ou plusieurs kota dans des lieux isolés et idylliques, au cœur de la forêt ou au bord d’un lac gelé. L’effet est saisissant. On se fraie un chemin au milieu de plus d’un mètre de neige, et entre dans ce tipi de bois, entièrement clos et sans fenêtre, où la seule lumière provient du feu ouvert placé au centre. (Une cheminée évacue la fumée, évidemment.) Le cuisinier prépare les légumes et le saumon ou le renne directement sur la flamme, ainsi que le thé et le café dans de grands récipients de métal. On mange et boit dans un silence recueilli, pétri de l’atmosphère authentiquement laponne.

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    Kota finlandaise.
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    Saumon à la flamme.

    Pêche blanche sur un lac gelé

    On peut aussi pratiquer la pêche blanche, ou pêche sur glace. Le guide dégaine alors sa perceuse à glace, une grande spirale dont les hélices sont munies de lames, et qui porte ici le nom de « kaïra » (prononcez caillera, comme dans le 9-3). Pour creuser la glace, épaisse de près d’un mètre sur le lac où nous sommes, il faudra longuement mouliner, dans un déluge de copeaux de glace, jusqu’à atteindre la dernière couche et enfin, l’eau étrangement jaunâtre du lac. Puis mettre sa canne à pêche dans le trou, et attendre. Longtemps. Le guide va se mettre au chaud dans la kota. Le touriste s’allonge sur la glace, méditatif. On lui a dit que le Finlandais pouvait y passer des heures. Au bout de dix minutes, le touriste en a marre. Il n’a jamais pêché de sa vie chez lui car il trouve ça trop soporifique, et passé l’excitation de creuser la glace, il réalise que c’est exactement la même chose en Laponie. Pas de poisson. Il rentre dans la kota. Le guide a mis des saucisses sur le feu depuis longtemps – il savait.

    Pêche blanche
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    Notre guide, Corentin, avec la kaïra et la canne à pêche.
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    Manger ce qu’on a pas pêché.

    Les rennes, animaux des Sami

    L’autre attraction incontournable, c’est de visiter une ferme de rennes, et de faire un tour en traîneau. Aucun animal n’est plus consubstantiel à l’identité laponne que le renne. Et pour parler des rennes, il faut parler des Sami.

    Les Sami, parfois orthographié Same, constituent le peuple indigène du grand nord norvégien, suédois, finlandais et russe occidental – le seul peuple indigène d’Europe reconnu par ses instances officielles. Ce sont eux qui ont donné leur nom à la région culturelle autrefois sans frontières qu’on nomme Laponie : Lapon, du suédois « lapp », signifie haillon. Les Lapons, c’était le peuple perçu comme sauvage et primitif, vêtu de peaux de rennes et passant d’un pays à l’autre dans le grand nord. Si le terme « Laponie » est universellement accepté, on se gardera bien d’appeler un Sami « Lapon » : au niveau de la charge émotionnelle et historique, c’est comme traiter un Noir de nègre. Et les Sami eux-mêmes ne disent pas Laponie, mais Samiland. On estime qu’ils sont cent mille aujourd’hui, dont dix mille en Finlande. On suppose les Sami originaires d’Asie, arrivés en Europe via le nord de la Russie. Après des décennies d’oppression culturelle et d’assimilation forcée, après un véritable génocide culturel – en Finlande et en Scandinavie, on a interdit leur langue, leur religion, brûlé leurs objets de culte, saisi leurs terres – les Sami ont aujourd’hui perdu ce physique asiatique, et un Sami peut être blond ou brun, grand ou trapu. Mais le sens vivace d’une identité culturelle commune n’a pas disparu. Pour être reconnu comme Sami, il faut se soumettre à un test ADN, et prouver qu’on a quelques gouttes au moins de sang Sami. En Norvège (où vivent aujourd’hui la majorité des Samis) et en Suède, cela donne droit à un privilège particulier : le droit de posséder des troupeaux de rennes, ce qui est interdit aux citoyens ordinaires. En Finlande, cette loi n’a pas droit de cité, mais les rennes restent indissociables de la vie de ce peuple. Plus loin au nord, à Saariselkä, où la taïga s’amenuise et devient toundra, vivent les derniers Sami nomades de Finlande, suivant le mouvement des rennes. Il y a des milliers d’années, les Sami sont venus dans le grand nord justement à cause des rennes : ce sont eux qui les ont domestiqués. Ils leur ont appris à traîner des charges, ils ont utilisé leur viande, leur lait, leurs bois, leur fourrure, leurs os, leur corne. Encore aujourd’hui, on ressent quelque chose d’étrange en Laponie : l’omniprésence du renne, ami, outil et nourriture, à la fois adoré, célébré, utilisé et dévoré.

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    Renne sur un tambour en cuir de renne, issu de l’artisanat Sami.

     

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    Lustre en bois de renne à l’Arctic Light Design Hotel

    Les rennes se font caresser dans les attractions touristiques et tirent les traîneaux – nous allons visiter une ferme de rennes, faire un tour en traîneau, caresser ces bêtes dociles et gentilles, et les nourrir de lichens ramassés à la fin de l’été. Je suis toute surprise de les nourrir de mousses et non de foin. Les rennes sont l’emblème de la ville. Les hôtels ont des lustres en bois de renne (qui tombent tous les ans), des tentures en peau de renne, les restaurants servent du sauté de renne ou de la langue de renne fumée, et tous les objets artisanaux, couteaux, tambours, colliers, etc, sont fabriqués en cuir, corne ou bois de renne.

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    Rencontre avec les rennes.
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    Irene et Ari Kangasniemi, merveilleux artistes Sami

    Nous allons rendre visite à un couple d’artistes Sami très reconnus, Irene et Ari. Quiconque recherche de l’artisanat Sami de grande qualité se tournera vers eux. Ari fabrique les couteaux et les lustres en bois de renne pour les hôtels de luxe. Il nous montre la qualité du bois, variable en fonction du statut reproducteur du renne mâle : les bois du mâle castré sont beaucoup plus friables et creux que ceux du mâle entier. Mais seuls les mâles castrés pourront être utilisés pour le transport et l’agrément. A l’automne, saison du rut, on trie les rennes. Les troupeaux continuent de vivre en semi-liberté, identifiés seulement par des marques au niveau des oreilles. Ce sont les mâles eux-mêmes qui reforment les troupeaux à l’automne, en rassemblant une vingtaine de femelles. Le velours irrigué qui couvre leurs bois tombe, laissant place à la dureté de la corne pour les combats. C’est à ce moment-là que les éleveurs récupèrent et trient leurs bêtes.  On sélectionne les rennes les plus doux et dociles pour l’usage véhiculaire et récréatif, et il faudra trois ans pour les entraîner à la perfection. Ceux-là sont des amis. Ils ne seront pas mangés. Quand elle voit le minibus qui nous a amenés chez elle, Irene embrasse la photo du renne qui le décore : « Je le connais. C’est un renne très spécial et si gentil. » Les plus beaux rennes entiers seront les reproducteurs, notamment si leurs bois sont imposants. Chaque renne a des bois qui lui sont propres, qui tombent au printemps et repoussent chaque année à l’identique – c’est la signature de chaque individu. Ari raconte avoir mis cinq ans à constituer un lustre pour un client de très grande valeur : celui-ci voulait acquérir un lustre parfaitement symétrique. Cinq ans, cinq bois du même renne, pour honorer la commande. Les rennes qui ne sont ni beaux ni gentils seront mangés. Dans l’atelier d’Irene et Ari, chaque morceau du renne est valorisé, même le cerveau, bouilli pour fabriquer des onguents de maroquinerie.

    Irene et Ari portent de grandes bottes en peau de renne qui leur donnent un air de lutin, et à la ceinture (Ari) ou en boucle d’oreille (Irene) les deux emblèmes de la Laponie : le couteau en bois de renne, et la kuksa, une sorte de bol à anse taillé dans le bois très fin d’une excroissance de bouleau causée par un champignon parasite. Ils brandissent haut et fier le flambeau de cette culture ancestrale qu’on a tenté d’anéantir. Irene nous montre le portrait d’un homme aux cheveux longs, aux airs de vieux sage amérindien. « C’est mon arrière-grand-père. Il était le plus puissant des chamanes. Ils l’ont tué ». Tous les tambours sacrés des chamanes ont été brûlés à la fin du XIXe siècle, à l’exception de seize d’entre eux, précieusement conservés dans des musées en Finlande et en Scandinavie. Irene et Ari fabriquent ces tambours placés au cœur de la spiritualité millénaire de leur peuple. Animistes, les Sami peuplent la nature d’esprits, et croient en la coexistence de trois mondes, le nôtre, le ciel et le monde souterrain, où vivent les morts. En frappant le tambour, le chamane en transe se projette dans les hautes sphères, communique avec les morts et recueille leur sagesse. Chaque tambour est décoré de signes signifiant dieux, animaux et vertus ; le principe de la divination chamanique consiste à faire rebondir un petit objet sur le tambour au gré des pulsations, et à interpréter la série de ses chutes successives. Le tambour est en cuir de renne tendu, évidemment.

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    Irene, talentueuse artiste Sami, exposée au musée Arcticum.
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    Bois et corne de renne, dans l’atelier d’Ari.
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    Atelier d’Irene.
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    Tambour chamane.
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    Tambour divinatoire.

    Saumon, renne et baies : gastronomie de Laponie finlandaise

    La nourriture laponne est simple, mais elle me plaît beaucoup. Je me reconnais dans son caractère brut et frais. Du pain plat, cuit au feu de bois. Du saumon, du poisson blanc d’eau douce type omble chevalier, du renne (que je n’ai pas goûté). Des carottes et des patates, qui viennent en cette saison du sud de la Finlande, où elles poussent sous serre. Et surtout, des baies. Des baies à ne plus savoir qu’en faire. Partout on vous sert un jus de baie chaud, sorte d’infusion aux airelles, myrtilles, framboises et « mûres arctiques », cloudberry en anglais : une sorte de framboise jaune qu’on ramasse à la fin de l’été, au milieu des marécages infestés de moustiques, et qui est considérée comme la plus précieuse de toutes. Fin août, début septembre, les différentes baies sont partout, au bord des routes, dans les jardins, dans les forêts. Tout le monde peut les ramasser, selon cette loi nordique (qui s’applique aussi en Suède et en Norvège) qu’on appelle « droit de tout un chacun » : même si la terre ne vous appartient pas, vous pouvez camper, ramasser du bois, pêcher, cueillir des baies ou des champignons. Partout dans la forêt finlandaise, on trouve des kotas (tipis) avec une hache pour couper du bois et faire le feu. Personne n’irait voler la hache. Le but est bien que chacun puisse la trouver quand il en a besoin. Il n’y a pas de vols en Laponie. Le sentiment de communauté est fort et la nature généreuse, durant le bref laps de temps de soleil. A la fin de l’été, donc, les habitants de Laponie se précipitent dans les champs et les forêts, et ramassent des dizaines de kilos de baies qu’ils congèleront pour toute la durée de l’hiver. Chez Irene et Ari, le couple Sami, on nous fait entrer dans une cuisine de poupée, toute de bois assemblé comme un lego sans vis, et on nous sert sur une nappe rouge et blanche du fromage de renne avec de la confiture de mûre arctique. C’est un vrai régal au goût d’inédit.

    Les attractions touristiques les plus connues, ce n’est qu’un petit bout de Rovaniemi, un mal nécessaire pour que l’argent vienne, mais la vraie vie, elle est juste un petit peu plus loin, dans les chemins de traverse, les forêts immenses, les lacs grands comme des mers intérieures. Le temps s’écoule lentement. Chaque saison est savourée comme un fruit mur. Les fantômes animistes des Sami hantent tous les habitants de Laponie finlandaise, qu’ils soient autochtones, finlandais ou français. La nature s’écoute et se célèbre, la vie est lente et intense. La joeku, chant traditionnel des Sami, guttural et solennel, est devenue l’hymne de Laponie, et inspire à une sorte de méditation ancrée dans le sol, dans chaque plante et chaque caillou. Tout le monde est un peu chamane ici.

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    Mangeoires pour les oiseaux au coeur de l’hiver.

    Tous les gens d’ici nous parlent avec passion des fruits et des légumes de l’été. Ils nous disent : vous n’avez aucune idée de ce goût, tous les autres fruits et légumes du monde vous paraissent fades à côté de ceux qu’on cueille à la fin de l’été, en Laponie. Ils n’ont que deux mois pour pousser, mais deux mois de soleil continu, deux mois de fièvre, de croissance frénétique, gorgée de lumière et de sucre. On nous dit que les mûres, les myrtilles, les framboises, les carottes de fin août en Laponie sont à se damner. Les sorbets, les confitures, les jus de baie nous en donnent une idée – un peu de fin d’été lapon conservé à travers les longs mois d’hiver.

    Expériences magiques en Laponie finlandaise : rennes, igloos, motoneige... tout ce qu'on peut faire à Rovaniemi. Blog Laponie finlandaise
    Chez Irene et Ari : baies (dont les cloudberry en jaune), fromage de renne, saucisson de renne.

     

    Expériences magiques en Laponie finlandaise : rennes, igloos, motoneige... tout ce qu'on peut faire à Rovaniemi. Blog Laponie finlandaise
    Jus de baie chaud dans une kuksa finlandaise.

    Bonnes adresses à Rovaniemi : découvrir la gastronomie de la Laponie finlandaise

    Trois adresses où je me suis régalée à Rovaniemi :

    Arctic Sky Restaurant, situé sur une colline au-dessus des cimes des arbres. La vue est sublime, et il est considéré comme l’un des 10 meilleurs restaurants de Finlande.

    Arctic Light Design Hotel, à Rovaniemi. Le restaurant est fabuleux et la déco a un charme fou, avec notamment des lustres en bois de renne fabriqués par Irene et Ari.

    – Goûter de baies et de fromage de renne chez Irene et Ari Kangasniemi, après la visite de leur atelier : sur rendez-vous seulement, réservez votre visite auprès de l’office du tourisme de Rovaniemi.

    Expériences magiques en Laponie finlandaise : rennes, igloos, motoneige... tout ce qu'on peut faire à Rovaniemi. Blog Laponie finlandaise
    Arctic Sky Restaurant : vue majestueuse et mon meilleur souvenir culinaire de Finlande.
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    Arctic Sky Restaurant
    Arctic Light Design Hotel, un excellent resto et un très beau cadre.
    Dessert merveilleux à l’Arctic Light Design Hotel

    L’Arcticum, musée de l’Arctique à Rovaniemi

    Il est difficile a priori de comprendre pourquoi les peuples se sont installés en Arctique, et pourtant certains instants ici ont un goût de certitude tellement marquant qu’on en vient à les comprendre. Nous visitons l’Arcticum : un fabuleux musée de l’Arctique, inauguré il y a vingt-cinq ans pour célébrer l’anniversaire de l’indépendance finlandaise. C’est un immense tunnel de verre orienté plein nord, qui rassemble à la fois des expositions historiques, culturelles, scientifiques et artistiques. La grande exposition sur les peuples de l’Arctique est celle qui me passionne le plus. A l’entrée de la salle, un globe immense, couché sur le côté. Vue du dessus, sur le cercle polaire, de la Russie à l’Alaska en passant par la Finlande, la Scandinavie, l’Islande, le Groenland et le Canada. L’Arctique, c’est la région au-dessus des 66°32N, définie par ce principe tout simple : il faut qu’il y ait au moins une journée d’été où le soleil ne se couche pas, et une journée d’hiver où il ne se lève pas. Le pôle nord géomagnétique se déplace lui sans cesse, et se situe actuellement dans le Nunavut, où les aurores boréales seraient plus intenses que partout ailleurs.

    J’imagine continuer la découverte. Quand on monte vers le nord, en partant de Rovaniemi, on tombe sur des mines d’améthyste, sur les grandes communautés Sami de Saariselkä, et sur les lacs immenses de la région d’Inari ou de Kipisjarvi. Il paraît que ce sont des road trips merveilleux. Je me surprends à rêver de revenir début septembre, pour les baies et les premières aurores boréales, qu’on dit plus intenses : éperonnées par la proximité de l’équinoxe, qui rapproche le soleil de la Terre, et favorisée par les cieux plus clairs et cléments de la fin de l’été.

    Expériences magiques en Laponie finlandaise : rennes, igloos, motoneige... tout ce qu'on peut faire à Rovaniemi. Blog Laponie finlandaise
    Arcticum, orienté plein nord : fabuleux musée de l’Arctique

    L’hôtel que j’ai préféré à Rovaniemi : Santa’s Arctic Igloos

    J’ai eu la chance de découvrir plusieurs hôtels originaux à Rovaniemi, qui surfent sur la vague du tourisme dans le grand nord : igloos de verre ou de glace (où on dort en combinaison de ski dans la neige), cabanes dans les bois, hôtels design. Beaucoup ont du charme, mais je préfère ne vous parler que de mon plus grand coup de cœur. L’hôtel Santa’s Arctic Igloos est situé tout près du village du Père Noël, mais loin de la route, en lisière de forêt, comme si nous étions seuls au monde. La proximité de l’attraction touristique ne se devine pas, le calme est total. Les igloos de verre sont de toute beauté, grands et confortables. Dans mon grand igloo entièrement ouvert sur le ciel, j’ai un sauna et vue sur la forêt. Ma chambre, 768, est la dernière avant le lac et les arbres. Il n’y a rien d’autre devant moi que la nature, les sapins enneigés. Les aurores boréales sont là, les prédictions l’affirment, mais célèbrent leur danse derrière un rideau impénétrable de nuage. Activité solaire KP3, couverture nuageuse 100%. Malchance. Je scrute malgré tout le ciel depuis mon lit, apaisée par cette coupole de verre ouverte sur l’immense.

    Expériences magiques en Laponie finlandaise : rennes, igloos, motoneige... tout ce qu'on peut faire à Rovaniemi. Blog Laponie finlandaise
    Santa’s Igloo Arctic Circle, mon hôtel coup de coeur à Rovaniemi
    Expériences magiques en Laponie finlandaise : rennes, igloos, motoneige... tout ce qu'on peut faire à Rovaniemi. Blog Laponie finlandaise
    Igloos ouverts sur la forêt.
    Expériences magiques en Laponie finlandaise : rennes, igloos, motoneige... tout ce qu'on peut faire à Rovaniemi. Blog Laponie finlandaise
    La nuit, à guetter l’aurore qui ne viendra pas…

    Pour moi qui n’aime pas les villes, mais la nature, les animaux et la solitude confortable, la Laponie a quelque chose d’évident, de rassurant. Je comprends cette sanctification de la nature, cet attachement au cycle des saisons, aux gestes répétés, aux routines tranquilles de ceux qui vivent souvent dehors et regardent beaucoup le ciel. Je sais que je reviendrai en Laponie. Ce qui m’a séduite, ce ne sont pas les gadgets, les villages du Père Noël, igloos de neige et autres parcs d’attraction. Ce sont les instants les plus authentiques, les plus préservés, la solitude et l’immensité. Je reviendrai en Laponie, sans doute en Norvège. De Lofoten à Tromso en passant par Senja, elle incarne mon prochain rêve nordique. Mais sans doute aussi en Suède, et plus au nord en Finlande, plus au nord de Rovaniemi. Loin du Père Noël. Dans le silence des sapins, et l’attente toujours recommencée des aurores boréales.

    Contexte de ce voyage : J’ai eu le bonheur de participer, en tant que journaliste, à un voyage de presse organisé en Laponie finlandaise par Scanditours, spécialiste des voyages dans le grand nord. C’était une expérience fabuleuse. Je n’étais pas là en tant que blogueuse, et cet article n’est pas sponsorisé : rien ne m’obligeait à parler de ce voyage sur Itinera Magica. Mais cette expérience était trop forte pour ne pas vous la raconter, et j’avais juste envie de partager mes impressions et mes coups de cœur dans le grand nord finlandais.

    D’ici la fin du mois de mars, je vais avoir le bonheur de repartir dans le grand nord… n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter si les neiges éternelles vous fascinent autant que moi !

    Expériences magiques en Laponie finlandaise : rennes, igloos, motoneige... tout ce qu'on peut faire à Rovaniemi. Blog Laponie finlandaise
    Epinglez-moi !
  • Les plus beaux glaciers et icebergs du monde

    Si vous aussi, vous rêvez d’admirer la dérive des icebergs, l’immensité de la banquise ou la pâleur mortelle des grands glaciers, cet article va vous rendre fou. Mettons cap sur les latitudes les plus extrêmes et les territoires les plus inhospitaliers, entrons dans le royaume de la glace éternelle, loin des terres des hommes. Au cœur du froid le plus mordant s’élève une beauté inhumaine. Le cœur humain bat plus fort face à l’immensité – nous partons explorer ce qui défie notre entendement. Douze blogueurs de voyage ont accepté d’évoquer leurs éblouissements glaciaires. La fascination de l’inouï les conduira du Svalbard à l’Islande, de l’Alaska à l’Antarctique en passant par la Patagonie, du Groenland aux Alpes européennes, en quête des plus beaux glaciers et icebergs du monde. Chaussez vos moon-boots, enfilez vos moufles, il va faire très froid. Où voir des icebergs ?

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Entrons dans le royaume des glaces.

    Les plus beaux glaciers de Scandinavie : Islande, Groenland, Svalbard
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    Je ne peux pas m’empêcher d’attaquer cette série par l’objet de ma plus haute fascination, le grand nord scandinave. Il ne faut pas laisser les gamins lire compulsivement Thorgal, on se retrouve avec des filles qui rêvent d’épouser des vikings et de brandir le marteau magique dans la lueur des aurores boréales. Commençons en beauté avec la destination qui m’obsède en ce moment, le Groenland, ultime frontière des amoureux du nord, avant de partir en kayak au Svalbard, et de marcher sur un glacier islandais…

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Jökulsarlon.

    La capitale des icebergs, Ilulissat
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    Betty raconte : « Il y a peu, j’ai eu l’occasion de me rendre sur la côte ouest du Groenland et j’ai été profondément marquée par l’un des endroits les plus beaux qu’il m’ait été donné de voir. Ilulissat, un village situé dans la baie de Disko qui signifie littéralement « capitale des icebergs » en langue locale, est connu pour son fameux fjord glacé, classé au patrimoine mondial de l’Unesco tant il est exceptionnel. Des icebergs monumentaux se détachent du glacier Sermeq Kujalleq, et mettent parfois plus d’un an pour sortir du fjord, qui est long de 60 kilomètres, avant d’errer dans la baie de Disko, jusqu’à disparaître. C’est lors de randonnées sur des chemins rêvés, et durant quelques trajets en bateau que j’ai eu l’occasion d’admirer au plus près ces géants de glace. Véritable paradis polaire glacé aux couleurs pastels, Ilulissat mérite merveilleusement bien sa renommée !

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Les icebergs d’Ilulissat, photos par Betty de Trip in Wild.

    Comment aller à Ilulissat : Bien que la côte ouest du Groenland soit la partie la plus accessible du pays, les villes et villages sont généralement isolés et il faut savoir qu’il n’existe aucune route qui les relie entre eux. Pour venir à Ilulissat, il faudra donc prendre l’avion depuis Nuuk la capitale, ou Kangerlussuaq. Bien qu’on voit déjà de très jolis icebergs depuis le village, je conseille grandement d’aller voir l’Icefjord, qui se situe à quelques minutes d’Ilulissat. Afin de pouvoir observer le fjord glacé, trois sentiers de randonnée ont été balisés et sont libres d’accès. « 

    Partez pour un trekking à Ilulissat sur le blog Trip in Wild.

    Et en hiver alors, c’est comment ?

    Escapade hivernale dans la baie de Disko, fjord d’Ilulissat
    Groenland en hiver – aller au groenland en hiver – sud ouest groenland – groenland via islande

    Amandine raconte : « Si le Groenland était un film, je l’appellerais « Cold Finger ».
    Si c’était  un dessert,  je l’appellerais « boule de glace meringuée et son île gelée flottante ».
    Si c’était une chanson, j’entonnerais sur le champs à tue-tête « Je m’en iraiiiii dormiiiiiir daaaans le paaaaraadiiiis blaaaaaannnnnccc » (oui je chante faux, et alors ?)
    Bref…. Ilulissat se situe dans la baie de Disko (non ce n’est pas l’endroit où John Travolta danse la fièvre du samedi soir…), au sud-ouest du Groenland : très photogénique pour ses innombrables icebergs, le fjord d’Ilulissat est classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2004.
    Les fragments de glace proviennent du vêlage du glacier Sermeq Kujalleq (faisant partie de l’Inlandsis) : il produit à lui seul modestement 10% des icebergs groenlandais… En effet, 20 millions de tonnes d’icebergs tombent quotidiennement dans la baie, soit l’équivalent des besoins en eau de la ville de New-York sur une année entière ! Ce glacier dérive aujourd’hui de 20 mètres par jour, conséquence directe du réchauffement climatique.

    La vue sur le fjord et ses magnifiques icebergs est tout simplement spectaculaire. Par -25 degrés pourtant, je n’ai pas pu m’empêcher de passer la majeure partie de mon temps dehors pour pouvoir admirer ces sculptures de glace (mes moufles s’en souviennent encoooore !!! Ah mince je rechante) et d’en saisir la beauté à chaque instant, avec chaque lumière… Les parties émergentes de l’iceberg ressemblent tantôt à des têtes de dragons, des tortues géantes, des chamallows flottants (comme pour les nuages, c’est l’imagination qui parle…), et la partie immergée apparaît dans un halo d’un bleu vif détonnant… Ce qui rend les paysages uniques, c’est qu’ils sont fragiles et éphémères, ceux que j’ai vus il y a presque deux ans maintenant n’existent plus qu’en photos, et ceux que vous découvrirez si vous y allez seront tout aussi beaux mais différents encore quelques mois ou années plus tard ! Le plaisir égoïste et l’illusion d’avoir des icebergs façonnés par le glacier rien que pour nous, c’est ce qui donne peut-être encore plus de saveur à ces moments…

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Ilulissat en hiver, photos par Amandine de La Lykorne Illettrée.

    Aller au Groenland via l’Islande : Ilulissat est accessible seulement en bateau ou en avion (ou en Lykorne magique) : si vous voulez découvrir de vos propres yeux les icebergs dans la baie de Disko, vous pouvez vous envoler de l’aéroport domestique de Reykjavik via Air Iceland. Une fois sur place, je vous conseille les randonnées qui longent le fjord d’Ilulissat (parcours jaune, rouge et bleu, le jaune étant le plus facile), elles vous permettront de profiter de la vue sur les immenses masses de glace (qui ressemblent au mur de Game of Thrones vu d’en haut)… Des excursions en bateaux sont organisées chaque jour et vous permettront de jouir des paysages au milieu des icebergs… Magique également…. »

    Retrouvez un fabuleux voyage à Ilulissat en hiver sur le blog La Lykorne Illettrée.

    Les fjords de Nuuk, au Groenland : Space Oddity 

    Alizée raconte : « Glacé. Stupéfiant. Irréel. De notre première rencontre avec eux, voilà les mots qui en ressortent. Mais comment décrire les émotions ressenties ce jour-là ? Ces émotions liées aux colosses des mers glacées.
    Ils sont là, paisibles, imposants, puissants. Le silence se mélange à ce bleu infini. Le nuancier s’étire du blanc étincelant du ciel au profondeurs noires de l’Océan. Tout semble s’accorder. L’harmonie parfaite. Rien ne vient entacher ce paysage. Que dire face à ces merveilles ?

    Tout semble inanimé autour de nous. Immobile. La mer est lisse. Elle laisse apparaître leurs reflets. Aucune ondulation ne vient perturber cette aquarelle. Un paysage lunaire se dessine autour de nous à mesure de notre avancée. Nuuk est maintenant loin. Nous nous enfonçons dans les fjords. Le calme nous berce, le vent glacial qui brûle nos visages nous emporte avec lui, près d’eux. On laisse nos regards divaguer, nos pensées s’envolent.
    Ne reste que l’instant présent. Un instant entre eux, et nous.

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Nuuk au Groenland, photo par Alizée du blog Nineteen Pa.

    Explorer les fjords de Nuuk : Pour plus d’infos sur les expéditions dans les fjords de Nuuk, consultez Tupilak Travel. Vous y retrouvez des infos sur les expéditions dans les fjords mais aussi toutes les autres activités possibles autour de Nuuk. Le tour qui a été réalisé a duré quatre heures, pour une centaine d’euros. Sur le bateau, comptez maximum 12 personnes (il y a en tout quatre bateaux). Réservation directement disponible à l’office du tourisme de Nuuk, qui se situe au centre-ville. »

    Partez explorer Nuuk au Groenland sur le blog Nineteen Pa.

    La lagune de Jökulsárlón en Islande : la bouche du rêve

    C’est là que pour moi tout a commencé. Quand j’avais dix ans, mes parents m’ont emmenée en Islande pour la première fois (je vous avais montré mon carnet de voyage islandais d’enfant). Ce jour-là, j’ai su que le virus scandinave me poursuivrait toute ma vie. Même si je suis une vraie sudiste. Même si je hurle à l’âge de glace quand le thermomètre descend sous 7 degrés, même si j’hésite à sacrifier mon mariage pour pouvoir dormir en chaussettes de ski. Mon imagination ne s’embarrasse pas de tels détails textiles et bondit gaiement dans les étendues glacées, fait du trampoline sur les icebergs et gambade avec les Walkyries.
    Puisque je n’ai pas encore vu le Groenland et le Svalbard, qui pourraient peut-être la détrôner, la lagune de Jökulsárlón est à ce jour le plus bel endroit du grand nord à mes yeux, l’incarnation du mythe. Je l’ai revue en 2016 et l’émotion était intacte. Imaginez un immense glacier recouvrant la moitié de l’Islande, le Vatnajökull, qui vient buter en muraille de glace sur l’océan glacial arctique, et recrache ses icebergs à la dérive dans les vagues noires. C’est d’une beauté à pleurer – ou à monter sur un drakkar.

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    La plus célèbre lagune glaciaire du monde, Jökulsarlon.

    Aller à Jökulsárlón : C’est l’endroit où les icebergs sont les plus accessibles pour nous Européens. Aujourd’hui, le voyage en Islande s’est démocratisé et l’île est devenu très (trop ?) touristique. Avec IcelandAir, vous trouverez des vols directs depuis Paris, avec WowAir depuis Lyon. Il vous faudra ensuite louer une voiture et rouler en direction du sud pour atteindre la lagune. C’est une route sublime et facile (un 4×4 n’est pas nécessaire), jonchée de cascades spectaculaires et passant par la belle plage de sable noir de Vik – en ligne directe depuis Reykjavik, cela durerait quatre heures, mais la beauté est telle que je vous conseille de faire ce trajet en plusieurs jours, et d’en profiter le plus possible. Le Sud de l’Islande est fabuleux.
    Une fois à Jökulsárlón, vous pouvez découvrir le glacier soit tout simplement à pied, soit par bateau-camion amphibie, soit casser votre tirelire pour emprunter un bateau rapide qui mène jusqu’au fond de la lagune. C’est ce que nous avons fait, et nous ne l’avons pas regretté. J’ai eu la sensation d’être plongée dans l’univers de Game of Thrones.

    Mais l’Islande réserve encore bien d’autres glaciers…

    De glace et de feu : le glacier Sólheimajökull, en Islande

    Eloïse raconte : « Des glaciers en Islande, il y en a des tonnes ! Ils sont tous plus impressionnants les uns que les autres. Mais je dois avouer que j’ai eu un petit faible pour Sólheimajökull.

    La cendre volcanique qui le recouvre le rend très graphique. Le noir de la cendre et la transparence de la glace forment un contraste des plus photogéniques. Ce n’est pas le premier que nous ayons vu, cela faisait un petit moment que nous étions dans le sud et même si l’on y voit beaucoup de glaciers, chaque rencontre est unique et mémorable. Ils sont tous différents alors il ne faut pas hésiter à aller les observer (en aucun cas il ne faut s’aventurer seul sur un glacier sans équipement, c’est très dangereux). En tout cas je ne regrette pas cette découverte, le Sólheimajökull est juste magnifique, et unique ! Le glacier le plus noir que nous ayons vu !

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Solheimajokull, par Eloïse du blog L’oeil d’Eos.

    Aller au Sólheimajökull : Il fait en plus partie des glaciers les plus accessibles du sud de l’Islande. Il suffit de prendre l’embranchement de la route 221 depuis la route circulaire lorsque l’on se rend vers Vik. Une fois sur le parking du Arcanium Café Glacier vous n’aurez que 800 mètres à faire pour arriver au glacier et admirer ses formes singulières. »

    Partez à la rencontre des glaciers islandais sur le blog L’œil d’Eos.

    Encore plus d’aventure scandinave, encore plus extrême ? J’ai ce qu’il vous faut, du kayak en autonomie au pays des ours polaires, au milieu des glaciers…

    Kayak au royaume des ours : l’aventure Svalbard

    Marion raconte : « En 2014, j’ai effectué mon premier voyage vers les Terres Froides : j’ai découvert l’Islande, et j’ai été émerveillée par ces paysages de feu et de glace. Un an plus tard, je réitérais l’expérience, plus haut, plus au nord encore. Le Svalbard, surnommé à juste titre Royaume des Ours par Philip Pullman, est un archipel perdu au milieu de l’Océan Arctique, au-dessus de la Norvège, au-delà du cercle polaire. Une terre faite de pierres et de glaces, un Arctique désertique, où aucun arbre ne pousse. À perte de vue, des collines de roches grises, brunes et ocres, surplombant l’infinité de l’océan. Et parmi ces falaises sans vie, le bleu hypnotisant des glaciers meurtriers.

    Le premier que nous rencontrons est le Nordenskiöldbreen, long de vingt-cinq kilomètres pour onze kilomètres de large. Les phoques et les fulmars nous tiennent compagnie et rendent encore plus exceptionnel le spectacle qui se déroule sous nos yeux. Nous avons peine à croire que des gens se sont un jour installés ici, sous la menace d’un géant instable et colérique.

    Un peu plus au sud de l’Isfjorden, tout au bout du Tempelfjorden, règne le glacier Tunabreen. À peine moins long que son voisin, sa beauté ensorcelle. Il fut notre voisin pendant deux jours : une immensité de bleu, et des murmures dans le vent… Comme si, de ces grondements déchirants, le glacier nous appelait à lui. Nous avons essayé de le rejoindre, guidés par une colonie de bélougas : en kayak d’abord, puis par la voie terrestre, en vain. C’est ainsi que dans une ultime tentative, nous nous sommes jetés à l’eau. Nous avons nagé dans l’océan arctique, parmi les méduses et les icebergs, au pied d’un glacier spectaculaire de vingt-trois kilomètres de long. Je crois que c’est aujourd’hui ma plus belle expérience avec le Froid.

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Kayak au Svalbard, photos par Marion du blog La faute au graph.

    Aller faire du kayak au Svalbard : Pour des soucis de praticité, nous avons choisi de passer par une agence pour nous rendre au Svalbard : un séjour de douze jours, dont dix jours d’itinérance en kayak autour de l’Isfjord, proposé par 66° Nord. Nous avons apprécié l’autonomie et le système de voyage participatif : tout le monde aide, tout le monde travaille. Contrairement à ce que l’expression « voyage organisé » laisse penser, cela n’a pas été un voyage de tout repos. Mais les souvenirs d’une expérience hors du commun valent bien toutes les courbatures du monde ! »

    Retrouvez les glaciers du Svalbard sur le blog La Faute au Graph.

    Après nous êtres approchés au plus près du Pôle Nord, pourquoi ne pas mettre cap à l’extrême sud, là où ondulent les aurores australes ?

    Glaciers et icebergs du grand sud : Patagonie, Terre de feu et Antarctique
    plus beaux glaciers de l’hémisphère sud – aurores australes – blog icebergs

    C’est le parfait symétrique de mes rêveries scandinaves : le pays des pingouins et du bout du monde, d’Ushuaia à l’Antarctique…

    Le Perito moreno, plein les yeux en Patagonie
    aller au perito moreno – glaciers patagonie – plus beaux glaciers du monde

    Laura et Sébastien racontent :  « Quel voyageur sur les routes d’Amérique latine n’a jamais eu envie de découvrir ce colosse de glace, cette légende givrée ? Le Perito moreno est sans nul doute un des incontournables lors d’un voyage dans cette région du monde. Nous n’avons pas dérogé à la règle d’aller lui faire un petit coucou pour voir si sa réputation était méritée. En arrivant en bus déjà, le paysage est grandiose et met en appétit. Avant de le rencontrer, nous devons emprunter une passerelle en bois. Fébriles, nous prenons notre temps pour savourer encore plus l’instant. Soudain, il se dévoile et la magie opère illico. Nous sommes transis de froid autant que d’amour, le coup de foudre est immédiat. Nous scrutons les moindres nuances de bleu, les interstices, les reliefs de cette merveille. Cette beauté froide est aussi vivante, le perito moreno se déplace lentement. Les craquements et les fracas de la glace nous le confirment. Malgré le froid, nous avons continué à l’observer, à guetter les signes de rupture de la glace, à regarder son horizon se fondre avec le ciel, à nous en brûler la rétine.

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Le Perito Moreno, photos par Laura et Seb du blog Les Globe Blogueurs.

    Aller admirer le Perito moreno : « Si vous aussi, vous voulez vivre cette expérience, rien de plus simple. Rendez-vous à El Calafate en Argentine. De là, il y a des navettes qui partent tous les jours. Les horaires sont disponibles à la gare routière. Différentes excursions sont aussi proposées en ville et incluent d’autres activités pour appréhender le glacier telles que des balades en bateaux ou des randonnées sur le glacier. De quoi le voir sous toutes les coutures.

    Partez pour le Perito Moreno en Patagonie avec les Globe Blogueurs.

    Rendez vous en Terre de feu
    Croisière terre de feu – glaciers terre de feu – tierra del fuego blog – allée des glaciers

    Marion raconte : « La terre de feu ou « Tierra del Fuego « , un nom donné par les premiers navigateurs venus explorer cette zone en raison des petits feux de bois aperçus au loin et dispersés ici et là. Aujourd’hui la terre de feu est un archipel quasiment vierge, encore loin d’avoir été totalement exploité, divisé entre l’Argentine et le Chili, et seulement habité par de gigantesques glaciers, une flore endémique préservée et une faune protégée (albatros, lions de mer, pingouins, condors). Je vous laisse imaginer l’excitation et les émotions qui vous envahissent lorsque vous savez que l’heure est proche, que vous allez vous sentir seule au monde, face à cette nature vierge et immense. On a le sentiment de perdre nos repères, on s’interroge, on se questionne, on sourit et on hurle de joie. Ce n’est qu’une fois dans notre cabine avec cette immense vue sur l’océan que nous réalisons la chance que nous avons d’être ici et de vivre un rêve !

    Faire une croisière en Terre de feu : C’est donc à bord de l’Australis, un bateau de croisière à taille humaine que nous avons découvert pendant quatre jours la Patagonie Chilienne. Le lieu étant reculé et difficile d’accès, vous n’avez pas d’autres choix. L’itinéraire est précis, sous forme d’une boucle et commence soit par Punta Arenas soit par Ushuaia, la ville du bout du monde… L’organisation à bord est parfaite : les excursions se font en petit groupe dans de gros zodiaques, les repas sont copieux et raffinés, l’exigence est au rendez-vous. Ici, on prend le temps de se ressourcer et d’admirer depuis les coursives et du pont arrière, la variété des paysages qui s’offrent à nous : des glaciers bleutés, des mers aux couleurs émeraudes, des plaines aux reflets orangées, Il n’y a aucun stress, juste du temps pour soi et son chéri.

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Croisière en Terre de feu, par Marion du blog Mademoiselle voyage.

    Lors d’une croisière, il peut s’en passer des choses car vous êtes totalement dépendant de Mère Nature. Vous ne pouvez rien prévoir et vous croisez souvent les doigts. Nous avons eu quelques rayons de soleil qui ont transpercé ces glaciers et qui ont laissé apparaitre ce bleu dans les crevasses mais nous avons également eu, un ciel gris qui nous a donné l’impression de faire des photos en noir et blanc, une tempête de neige lorsque nous marchions près d’un glacier, des vagues agitées et déchainées qui ne nous auront pas permis de débarquer sur l’île du Cap Horn, ce nom mythique et mystérieux à la fois. La Terre de Feu est unique et se mérite alors chers aventuriers, soyez prêts pour cette aventure hors du commun. »

    Retrouvez une fabuleuse croisière en Terre de feu sur le blog Mademoiselle Voyage.

    Au plus loin du monde : croisière en Antarctique

    Lucie raconte : « 25 décembre 2013. Sans doute le jour de Noël le plus fou et le plus marquant de ma vie. Je viens déjà de passer plusieurs jours en Antarctique, à la découverte de ses icebergs, de ses paysages surréels et de sa faune abondante. Le soleil brille plus haut que jamais, perçant sans difficulté à travers le trou de la couche d’ozone. Un vent froid balaye la poudreuse lorsque nous mettons pied à terre à Neko Harbour. Au-dessus de moi, j’aperçois les petits points jaunes, formés par les manteaux des passagers de notre expédition, sur une corniche, très haut, très loin au-dessus de moi. Je me décourage presque à la vue de la difficulté de cette randonnée, mais vaille que vaille, je prends mon courage à deux mains et me lance sur la piste formée par les passagers précédents. La montée est rude, je tombe maintes fois dans la poudreuse, mais cette marche est plus facile que ce que j’imaginais au premier abord. J’arrive enfin en haut, sur la corniche et contemple l’un des plus beaux paysages que j’ai pu voir de ma vie. L’Antarctique est faite de glace, de neige, d’icebergs et de terres noires, presque à s’ennuyer de la monotonie de paysages blancs et noirs. Mais à Neko Harbour, cette falaise de glace est remarquable et unique. Sous le soleil chaud de décembre, les reflets bleus de la glace tombent à pic dans une eau bleu turquoise. Plus haut, la fonte des glaces a formé un coeur, comme un hommage à la beauté de la Terre et du continent blanc. Depuis les hauteurs du glacier, on aperçoit l’horizon et l’immensité du continent, le tout petit navire sur lequel nous sommes arrivés et le parhélie autour du soleil, un phénomène si rare. Je m’assois au bord du précipice, pour contempler le paysage à mes pieds. J’en pleurerais presque devant la beauté immaculée, fragile et spectaculaire de ce paysage. Un bloc de glace tombe dans la mer sous nos yeux éberlués ! Nous bronzons un peu sous le soleil de l’Antarctique, avant de redescendre vers notre navire et vers la réalité. Joyeux Noël !

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Croisière en Antarctique, photos par Lucie du blog Voyages et vagabondages.

    Une croisière en Antarctique : J’ai eu la chance de voir Neko Harbour et ses glaciers à perte de vue lors d’une croisière en Antarctique de dix jours, partant et revenant depuis Ushuaia en Patagonie Argentine. Le continent blanc est changeant et il n’y a aucune garantie de voir exactement le même paysage que j’ai vu, mais tous ces glaciers et icebergs sont fascinants et il y a toujours de magnifiques paysages à découvrir, année après année. »

    Pour en savoir plus sur l’Antarctique, ses glaciers et comment préparer votre voyage en Antarctique, c’est sur le blog Voyages et Vagabondages.

    Remontons maintenant tout le long de la côte pacifique, dans le grand nord américain…

    Into the Wild : les glaciers d’Alaska

    Zoë raconte : « Notre road trip en Alaska fut rempli de découvertes toutes plus extraordinaires les unes que les autres, et pour la première fois dans un de nos voyages nous avions enfin la chance de nous approcher des glaciers, que ce soit en bateau, en hélicoptère ou par la route tout simplement.

    C’est le cas du glacier Matanuska, qui est soudainement apparu devant nos yeux ébahis alors que nous roulions à la recherche d’un endroit où dormir avec notre camping car. Ce monstre de glace est le plus grand glacier des Etats-Unis à être accessible depuis la route, avec ses 39 kilomètres de longueur et 6,4 kilomètres de largeur le glacier est encore actif est avance de trente centimètres chaque jour.

    Arriver à la première heure de la journée (et un jour férié !) n’a pas forcément été du goût du propriétaire de l’accès privé qui mène au glacier. C’était sans compter mon charme ravageur et mes plus beaux yeux doux, et après négociation nous avons finalement eu la chance de pouvoir accéder au glacier pour notre plus grand bonheur. Le silence le plus total, la brume qui se faufile sur les forêts entourant le glacier, le bruit de la neige sous nos pas, nous étions seuls avec le Matanuska.

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Glaciers d’Alaska, photos par Zoë du blog Few miles away.

    Aller admirer le Matanuska en Alaska : Le glacier Matanuska a la particularité d’être un des glaciers les plus faciles à explorer en Amérique du Nord. Pour cela il suffit de prendre la route et de suivre Glenn Highway direction nord-est au départ d’Anchorage. Après deux heures de voiture, vous le verrez sur des kilomètres avant d’atteindre le parc d’État de Matanuska Glacier (au kilomètre 102). C’est un parc privé qui offre le seul point d’accès au glacier (entre mars et octobre) pour la modique somme de $30,  il faudra payer un peu plus si vous voulez une visite guidée ou escalader le glacier. Une fois que vous avez payé votre droit d’entrée, vous pouvez conduire sur un petit chemin jusqu’au glacier.

    Retrouvez un merveilleux road trip en Alaska sur le blog Few Miles Away.

    L’Antarctique, l’Alaska, tout cela est si loin… et chez nous, alors ? Heureusement pour les amoureux des glaciers, nous avons les Alpes…

    Les glaciers des Alpes, en France, en Suisse et en Autriche

    Vous connaissez mon amour pour les Alpes, et l’état mystique dans lequel elles savent me plonger. C’est notre infini polaire à portée de mains, là où la glace tutoie les cimes…

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    L’Aiguille du midi et son glacier, à Chamonix.

    Chamonix, le paradis des glaciers

    Mon paradis glaciaire en France, c’est Chamonix-Mont Blanc, véritable nid aux monstres glacés. Pas moins de six langues glaciaires sont visibles depuis la vallée de Chamonix, sans même parler des glaciers suspendus aux cimes de l’Aiguille du midi. La superstar, c’est bien évidemment notre Mer de glace, le plus grand glacier français, qui a su fasciner toute l’intelligentsia européenne depuis les années 1800, et ouvrir la voie à la fascination du froid en Europe. Chamonix, c’est plus qu’une station, c’est un mythe, une plongée enivrante dans l’imaginaire des poètes et des artistes. Les fidèles lecteurs de ce blog savent que j’en ai déjà souvent parlé, aussi me contenterais-je de vous renvoyer à mes articles sur Chamonix en hiver  et sur les randos estivales autour des glaciers de Chamonix .

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Chamonix Mont Blanc, la plus grande concentration glaciaire en France.

    Mais il est temps de découvrir un autre glacier français…

    Le glacier blanc, dans le parc national des Ecrins

    Lauriane raconte : « Lors de ma première escapade au Glacier Blanc dans le Massif des écrins, j’ai tout de suite aimé le coin paisible. Dès l’arrivée, le Pré de Madame Carle et la forêt de mélèzes m’apaisent. Si vous avez de la chance, vous pourrez même entendre le sifflement des marmottes en arrivant tôt. A ma première venue, je n’ai pas pu effectuer la randonnée jusqu’au bout, mais la seconde fois fut la bonne ! La randonnée qui mène au Glacier Blanc commence au Pré de Madame Carle, puis très vite, ça ne fait que monter, encore et encore jusqu’à une descente qui mène au pied du Glacier Blanc, majestueux. Sur le chemin, nous croisons quelques marmottes et je suis aux anges, mais surtout des magnifiques paysages, une vue sur le Glacier Noir (glacier recouvert de sable) et sur les montagnes environnantes à couper le souffle.

    Et parlons-en de souffle coupé ! A la deuxième partie de la randonnée jusqu’au refuge du Glacier Blanc, on commence à prendre de l’altitude, l’ascension se corse un peu, mais le passage au Lac Tuckett est magnifique. Les marmottes sont encore nombreuses, et on aperçoit de plus en plus les chocards, sorte de merles, et enfin nous arrivons au refuge du glacier blanc, où tous les randonneurs qui prévoient de marcher sur le glacier passent en général la nuit, pour partir aux aurores. En discutant avec les gens sur place, je me sens transportée par l’ambiance qui règne. Quand j’habitais en Auvergne, j’ai souvent rencontré des randonneurs (j’ai même été amoureuse de l’un d’entre eux…), et j’ai toujours admirer la façon dont chacun se dépassait, cet amour de la montagne, ces expériences vécues… Là-haut, je me suis promis de revenir au Glacier Blanc y dormir et faire moi aussi partie de ces gens qui marchent sur le Glacier Blanc… La suite en 2018 !

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Le glacier blanc, photos par Lauriane du blog Un pied dans les nuages.

    Comment accéder au Glacier Blanc ? Mieux vaut venir en voiture au Glacier Blanc, en vous garant au pré de Madame Carle en rejoignant Vallouise, Pelvoux puis Ailefroide. En été, il est possible de prendre un bus depuis l’Argentière la Bessée jusqu’au Pré de Madame Carle. »

    Pour préparer votre randonnée au Glacier Blanc, c’est sur le blog Un pied dans les nuages.

    Saviez-vous que la Mer de glace avait une grande sœur suisse, le glacier d’Aletsch ?

    Aletsch, le plus grand glacier d’Europe

    Audrey raconte : « Le glacier d’Aletsch nous donne le privilège immense de côtoyer une force de la nature telle qu’on en voit peu en Europe. C’est un géant, le plus grand glacier des Alpes, du haut de ses 128 km². C’est pourtant un colosse apprivoisé, facile d’accès aux randonneurs du dimanche qui rêvent de toucher du doigt l’héroïsme de Balmat et Paccard, l’ivresse des cimes. Niché entrée la vallée du Rhône et le massif de la Jungfrau en plein cœur du Valais suisse, il s’offre aux randonneurs de tout niveau par deux petites montées en télécabines depuis Mörel. Rien ne laisse deviner sa présence jusqu’au débarquement de la télécabine de Moosfluh, à 2300 mètres d’altitude, au sommet du monde.

    Et puis c’est l’émotion sublime et terrible, le chavirement face à ce glacier émouvant à fond de vallée, diminué par le changement climatique, qu’on aurait envie de caresser comme un bon gros géant qui sommeille paisiblement. Mais à s’y frotter de plus près après une petite heure de descente sur un sentier facile, il nous pétrifie de son souffle glacé et rappelle par quelques grincements bien sentis que les crevasses sont vivantes et que ce n’est pas là un endroit pour les profanes. On ne peut garder un silence religieux en le contemplant, minuscules devant cette langue gelée. Mieux vaut ne pas le sous-estimer, ce glacier assoupi qui a creusé les montagnes, et se contenter finalement de l’observer de loin, pour prendre la pleine mesure de la beauté des Alpes. »

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Aletsch, Suisse, photos par Audrey du blog Arpenter le chemin.

    Pour une randonnée sur le glacier d’Aletsch, c’est sur le blog Arpenter le chemin.

    Partons maintenant pour une république alpine que j’adore explorer, l’Autriche.

    La grotte glaciaire d’Hintertux, et sa rivière souterraine

    Hintertux est un domaine skiable prisé des Autrichiens : à 3250 mètres, au sommet du glacier, l’enneigement est constant, et les paysages grandioses. Je l’ai d’abord découvert pour la qualité de sa neige et ses fêtes « après-ski » bien arrosées dont les Autrichiens ont le secret, avec musique kitsch boum boum, odeur horrible de chaussettes et convivialité authentique. Mais Hintertux avait un secret presque surnaturel : une grotte glaciaire traversée par une rivière souterraine, épargnée par la glaciation en raison de la force de son flux, et qui coule au milieu de murailles de glace à dix mètres sous terre… Je me serais crue dans la gueule d’un monstre. C’est une de mes plus belles expériences alpines à ce jour.

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Glacier d’Hintertux et sa rivière souterraine.

    Visiter la grotte glaciaire d’Hintertux : Il vous faudra monter en télécabine tout au sommet du glacier, à 3250m, puis acheter votre ticket pour la grotte de glace. Les visites guidées ont lieu tout l’après-midi en saison. Attention, il ne faut pas être claustrophobe : il s’agit d’entrer sous terre, au cœur d’un univers de glace, dans des boyaux sombres et étroits où la lumière du jour ne pénètre pas… Plus d’infos sur le glacier d’Hintertux.

    Les glaciers de Sölden en Autriche

    Amélie raconte : « Au cœur du Tyrol autrichien nous avons découvert un peu par hasard les glaciers de Sölden. On a emprunté la Panoramic glacier road pour accéder aux glaciers de Rettenbach et de Tiefenbach, puis deux télécabines. Le silence en haut de ces géants de glace est maître. Au même niveau que le vertige et le vent glacial qui se faufile dans les moindres failles de tissu. Mais il y a de ces moments magiques où finalement les douleurs du corps ne nous touchent plus. Seul l’esprit persiste pour essayer tant bien que mal de communier avec cette nature époustouflante. On observe timidement les failles qui nous impressionnent autant qu’elles nous terrorisent. Nous sommes à l’affût du moindre petit bruit qui viendrait perturber ce silence roi. Comme ces craquements et ces quelques pierres qui tombent. Les éclaircies qui changent toutes les secondes et mettent un lumière un nouveau décor, à chaque fois. Une peinture impressionniste. Je ne m’en lasse pas. Je ne m’en lasserai jamais. La nature n’a pas besoin d’artifice, de se cacher, de s’adapter aux modes. On la prend, on l’accepte comme elle se présente. L’Autriche est une belle destination nature à deux pas de chez nous, et les glaciers du Tyrol, mon plus beau souvenir ».

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Glaciers de Sölden, Autriche, par Amélie du blog Hello la roux.

    Retrouvez une randonnée glaciaire à Sölden sur le blog Hello la Roux.

    L’avenir des glaciers au temps de la fonte des glaces

    Les glaciers sont-ils condamnés à disparaître sous l’influence du réchauffement climatique ? Ceux des Alpes, probablement, hélas : il se peut qu’ils aient tous fondu d’ici 2050. L’Arctique fond aussi, ouvrant de nouvelles voies maritimes dans le grand nord, et des conflits géopolitiques pour le contrôle des routes et des ressources entre Norvège, Russie, Danemark et USA… Le monde change, le réchauffement est une réalité que nous ne pourrons sans doute pas endiguer, quand bien même nous cesserions toute émission de CO2 aujourd’hui. Mon cœur d’amoureuse des immensités glaciaires saigne à l’idée de la disparition des continents blancs, mais peut-être faut-il aller au-delà de la lamentation.
    J’ai été marquée par ce que j’ai lu au Glaciorium de Chamonix, et au musée des glaciers du Grossglockner en Autriche. Ils racontent tous deux que – bien que l’influence humaine sur le climat soit indéniable, et la lutte contre la pollution, une absolue nécessité – la Terre a connu des ères glaciaires et des ères chaudes depuis des dizaines de milliers d’années. Il y a trente mille ans, les glaciers alpins allaient jusqu’aux portes de Lyon, et la France était un territoire nordique gelé. Une période chaude a suivi, permettant le développement de la culture humaine : Lascaux a été peinte il y a dix-huit mille ans durant une ère plus douce. Puis il y a treize mille ans, une nouvelle glaciation a décimé la mégafaune européenne, des mammouths aux tigres à dents de sabre. Le Moyen-Âge fut une période exceptionnellement chaude : si les Vikings ont pu s’installer en Islande et au Groenland, dont le nom signifie « terre verte », c’est parce que les glaces avaient considérablement reculé. C’est cette ère chaude qui a permis la navigation arctique. Le XVIIIe siècle a connu un nouveau petit âge glaciaire, durant lequel les glaciers alpins ont considérablement grandi – à cette époque, Chamonix était véritablement tenue dans les mâchoires de la Mer de glace. Nous sommes aujourd’hui en phase de réchauffement accéléré, c’est indéniable. Mais de nombreux scientifiques estiment que de nouveaux âges glaciaires viendront… dans trente mille ans peut-être, la France sera de nouveau glaciaire. Nous ne serons pas là pour le voir, mais les dégâts que nous causons à la Terre ne peuvent malgré tout pas suspendre ses cycles naturels.
    Le réchauffement climatique, qui sera un drame pour les habitants des îles pacifiques sans relief, sera peut-être une chance pour d’autres territoires aujourd’hui pris dans les glaces, comme la Sibérie. Notre planète va changer de visage, et peut-être pas seulement pour le pire. J’espère juste qu’il restera encore quelques glaciers pour les ours, les phoques et les rêveurs…

    Fonte des glaces.
    Chamonix.

    Les plus beaux glaciers du monde : la liste continue…

    J’ai bien conscience du caractère non exhaustif de ma liste. Il manque notamment le glacier Franz Josef et le glacier Tasman en Nouvelle Zélande, ceux du Mont Elbrouz en Russie, les glaciers de l’Himalaya, la route des Glaciers et le glacier Columbia au Canada… qui sait, peut-être y aura-t-il une partie deux ?
    Merci de tout cœur à tous les blogueurs qui ont participé à cet article qui me tenait à cœur – merci pour vos récits et vos images superbes.

    Glaciers de Chamonix.
    Textures des glaciers. Ce qu’on voit sur la première photo, ce sont les bandes de Forbes, causées par les déformations de la glace sous le poids du glacier qui avance, et qui s’ajoutent d’année en année, indiquant l’âge du glacier, à la manière des cernes des arbres.

    Je vous réserve dans un prochain article à paraître bientôt un autre glacier autrichien mythique, que j’ai choisi de ne pas dévoiler déjà ici…
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