Et pourquoi pas un week-end romantique à Lille, la perle des Flandres, la belle du Nord ? Vous n’êtes qu’à une heure de Paris en TGV et déjà s’ouvre toute la beauté des Flandres, leur histoire glorieuse et leurs spécialités goûteuses… Avec son cœur historique beau et coloré comme une pâtisserie sucrée, sa grande place majestueuse et ses ruelles typiques, la capitale des Hauts de France a le charme pittoresque qui sied à un week-end en amoureux. Je vous propose quelques idées pour une promenade de charme au cœur de Lille, avec promenade en vélo hollandais au fil de l’eau, découverte du cœur ravissant, passage au musée des Beaux-Arts, un resto authentique et un superbe hôtel romantique. Cet automne, cap sur les beautés du Nord.
Grand’Place, avec la Vieille Bourse au fond Rue de la MonnaieMusée des Beaux ArtsGrand’Place, avec la fontaine de la Déesse et les locaux du journal La Voix du Nord
Lille romantique : flâner dans le Vieux Lille
On le dit trop peu, mais Lille est belle, belle et élégante comme une dame de l’ancien temps. Deux grandes dynasties qui s’illustraient par leur puissance et leur opulence ont sculpté sa brique majestueuse : les comtes de Flandre, puis les ducs de Bourgogne. Durant tout le Moyen-Âge, Lille fut ainsi un des centres économiques et politiques majeures de l’Europe médiévale, un carrefour commercial prospère. La Grand’Place, avec ses hautes façades multicolores et son immensité majestueuse, porte encore l’empreinte de ce rayonnement : la magnifique Vieille Bourse et le haut beffroi de la chambre du commerce rappellent la richesse de la Lille d’autrefois. C’est aujourd’hui encore la plus belle place de Lille, et un cœur de vie, avec la librairie le Furet du Nord, le siège du journal la Voix du Nord, l’opéra de Lille, et toujours de l’animation sur la place. C’est un incontournable absolu.
La Vieille Bourse
Ensuite, continuez votre promenade dans les rues du cœur historique, dit le Vieux Lille. Arpentez la ravissante rue de la Monnaie, pleine de boutiques et de restaurants typiques, admirez l’Hospice Comtesse qui sort tout droit de l’époque des comtes de Flandre, au XIIIe siècle. Je trouve que la place de l’Îlot Comtesse est un des endroits les plus pittoresques et jolis de Lille, avec son cercle de vieilles maisons cossues et sa pelouse qui cache un ancien canal. Bâtie sur la rivière Deûle, Lille s’écrivait autrefois Lisle et était véritablement une île au milieu de l’eau – les canaux ont été enterrés pour des raisons de salubrité publique, mais une visite guidée avec l’office du tourisme nous a permis de descendre sous l’îlot Comtesse et de redécouvrir cette ancienne géographie fluviale.
Enfin, entrez dans la cathédrale de Lille, Notre Dame de la Treille. L’extérieur n’est pas engageant, un bloc de béton un peu monstrueux qui ne m’inspirait rien, mais la surprise à l’intérieur mérite le détour… l’étrange façade moderne est tapissée de marbre et à l’intérieur de la nef, cette dalle transparente brille comme une peau humaine traversée d’émouvantes veinules. C’est une vision saisissante.
En vélo au fil de l’eau autour de la Citadelle
En 1668, Lille devient française, un an après la grande bataille conduite par le Roi Soleil avide des beautés du Nord. Aussitôt, la citadelle de Lille est bâtie par Vauban pour sécuriser cette nouvelle possession française. Cette citadelle en étoile est souvent considérée comme la plus belle de toutes, une construction impressionnante à la gloire de Louis XIV, comme en témoigne la porte royale. Mais la Citadelle, c’est aussi un grand poumon vert, un parc pour s’immerger en pleine nature au cœur de Lille. Nous partons en vélo hollandais avec Le Grand Huit, une compagnie sympa et originale qui peint ses bicyclettes en rose. Une balade acidulée entre fleurs et canards, quoi de plus romantique ? Alors que la pollution étouffait autrefois toute vie dans la Deûle, la rivière a connu une véritable résurrection et le parc de la Citadelle est aujourd’hui une vraie réserve de biodiversité, riche en roseaux, ajoncs et oiseaux. On longe les bateaux amarrés dans le port de plaisance et on se perd dans le vert – une jolie virée.
Chevauchée romantique en tramway rétro à Wambrechies
C’est une escapade originale qui m’a beaucoup plu – à
inscrire absolument au programme d’un week-end romantique à Lille, ou pour un
dimanche en famille. Le tramway de Wambrechies-Marquette est une ancienne ligne
du début du XXe siècle, restaurée et animée par un groupe de passionnés qui
continuent d’assurer la desserte. J’ai toujours aimé les vieux trains,
l’ambiance rétro Belle Epoque, et je suis amoureuse de ce tramway tout de
boiseries lustrées qui longe la Deûle dans un paysage bucolique, entre la jolie
mairie de Wambrechies et le chemin de halage jusqu’à Marquette. Cela s’appelle
le Tramway Touristique de la Vallée de la Deûle et vous trouverez toutes les
infos sur le site www.amitram.fr. Les
conducteurs avaient mille anecdotes sur l’histoire de cette ligne et à la gare
de Marquette, une petite expo retrace son histoire avec force cartes postales
et objets historiques. Touchant.
Wambrechies
Un tour au musée des Beaux-Arts
Le Palais des Beaux-Arts de Lille m’avait marquée, ado, avec
ses œuvres phares : je me souviens y avoir vu les terribles Vieilles
de Goya frappées par Chronos, le temps vengeur, ou encore des visions
romantiques de Puvis de Chavannes. Cette fois, notre visite nous conduit au
sous-sol pour découvrir une des expositions phares du musée des Beaux-Arts :
les plans-reliefs. Les plans-reliefs sont de somptueuses maquettes des villes
réalisées lors des annexions de Louis XIV, afin que le monarque puisse se faire
une idée de sa nouvelle conquête à vol d’oiseau. La majorité des plans-reliefs
présentés sont donc de la fin du XVIIe siècle – le plan de Lille, par exemple,
date de son annexion en 1668. Sous Napoléon III, l’engouement pour ces
maquettes superbes reprend, et on en trouve donc quelques unes des années 1860.
Ce sont des visions qui m’ont énormément séduite. Imaginez les maquettes de
Lille, Bruges, Namur, Tournai, dans toute leur grandeur baroque, posées sur les
rivières, bardées de tours et auréolées d’églises… vous avez véritablement la
ville à vos pieds.
Un resto typique et de charme : Les compagnons de la
Treille
Lors de mes différentes visites à Lille, j’ai souvent eu le
plaisir de manger dans des « estaminets », les petits cafés-restos
typiques du Nord, et de goûter les spécialités locales, comme le welsh ou la
tarte aux maroilles. Je ne devrais pas conseiller le maroilles dans un article
sur Lille romantique, cela paraît un petit peu contre-productif, mais en
vérité, l’odeur est beaucoup plus forte que le goût : le maroilles est en
vérité très doux et ne laisse pas d’haleine intense, vous pouvez y aller 😉
J’ai eu un coup de cœur pour un resto en particulier que je voulais citer ici,
Les compagnons de la treille. Le cadre est ravissant, avec des airs de théâtre
rétro ou de petit boudoir caché dans une arrière-cour, le personnel adorable, et
la nourriture typique et délicieuse. C’est mon coup de cœur lillois !
Un bel hôtel romantique et luxueux : l’hôtel Clarance
Cet hôtel 5* appartenant au prestigieux réseau Relais et châteaux est l’adresse idéale pour une escapade à deux. Il est situé à quelques encablures à peine de la Grand’Place, au cœur de Lille. J’ai adoré la décoration de cette belle maison XVIIIe, qui rend hommage au poète Charles Baudelaire : chaque chambre porte le nom d’un de ses poèmes et est décorée en conséquence (« Les bijoux », « Le chat »…). Les sonnets ornent les murs et la beauté classique se marie harmonieusement à quelques choix plus design – luminaires audacieux, œuvres d’art contemporain – autour du grand escalier monumental. Ma chambre avait vue sur une superbe église gothique et j’étais amoureuse de l’atmosphère ainsi crée : le recueil de Baudelaire, les coussins voluptueux, le calme de l’arrière-cour couronnée par le clocher… oui, je me sentais comme dans un poème. Pour ceux qui recherchent un hôtel-spa à Lille, sachez que le Clarance a établi un partenariat avec un spa de qualité à deux pas de l’hôtel. Je n’ai pas eu l’occasion de tester le restaurant, étoilé au Michelin, mais j’en ai entendu le plus grand bien… Pour une parenthèse raffinée, entre bien-être et gastronomie, au cœur de Lille, retenez cette belle adresse… Sachez que le Clarance Hôtel propose de très beaux packages de St Valentin.
Merci à la Métropole Européenne de Lille, à l’hôtel
Clarance et à We Are Travel pour cette belle découverte. Lille m’a séduite !
La Lozère ? C’est le département le moins peuplé de France, et c’est sans doute l’un des plus beaux. Dans ces vastes espaces loin des grands axes, où la nuit noire révèle des millions d’étoiles, se révèle un pays sauvage et secret. Les montagnes sont âpres et belles, peuplées de bergers solitaires et de maisons de pierres noires : les mythiques Cévennes à la météo théâtrale, la Margeride et ses forêts aux allures de petit Canada, l’Aubrac et ses burons. Ici la faune s’épanouit loin des hommes : les vautours tournoient au-dessus des gorges, les renardeaux bondissent sur les grands causses, et dans le Gévaudan, on se souvient de l’ombre de la bête mythique. On lit dans les sentiers estompés des Grands Causses des millénaires d’histoire si lente, et qui regarde de plus près décèlera les mystères des siècles oubliés ; grottes sculptées par l’érosion patiente, menhirs, dolmens et dolines tracent la carte d’un pays magique. En bordure des plateaux, ce sont les gorges mythiques, celles du Tarn et de la Jonte, qui peuplent l’imaginaire de fantasmagories et de visions infiniment poétiques. La Lozère est sublime et intacte, un terrain de jeu rêvé pour les idéalistes et les aventuriers qui ont besoin d’espace pour prendre leur envol… J’ai eu plusieurs fois le plaisir d’arpenter ce pays de calcaire et de légendes, souvent en prolongeant le plaisir des solitudes superbes en arrivant par l’Ardèche et en repartant par l’Aveyron. En septembre dernier, je vous emmenais dans les gorges du Tarn, un des paysages de France que j’aime le plus. Je suis cette fois revenue pour monter à cheval sur les grands causses, survoler les collines en ULM, découvrir le village classé de La Garde Guérin, acheter un jean made in France à Florac, dormir dans un château magique au creux des gorges du Tarn et continuer ma collection de paysages sublimes… Que faire en Lozère ? Voici une collection d’expériences inoubliables.
Gorges du TarnLa Garde GuérinCévennesLes gorges du TarnLa Garde Guérin, superbe village au coeur des CévennesA cheval sur les grands causses avec les Ecuries du MéjeanPaysages superbes des gorges du TarnChevaux sauvages sur le Causse MéjeanSurvoler la Lozère en ULMLes gorges du Chassezac à la Garde Guérin
Féeries géologiques de Lozère : gorges, dolmens, dolines et
avens
Nous sommes dans le cœur
sauvage de la France, ce pays de grands causses battus par les vents, de
troupeaux et d’animaux sauvages, de beauté âpre et radicale. Et c’est aussi le
pays des curiosités géologiques. Cette terre calcaire est un véritable chevalet
d’artiste, creusée, sculptée, livrée aux caprices de l’érosion. Que c’est beau,
partout, tout le temps !
Aven Armand
Les gorges du Tarn
Survoler les gorges en
autogyre et découvrir les menhirs de la Cham des Bondons
Cela restera un de mes
plus beaux souvenirs de cette année. J’ai survolé les grands causses en autogyre
avec ULM Lozère à Mende, une expérience que je n’oublierai jamais. Les Gorges
du Tarn lézardent les causses comme un immense serpent scintillant, une vision
d’une poésie incroyable. Je me souvenais de la beauté de Sainte Enimie, avec
son pont digne d’un livre de contes, lovée au fond d’un méandre du Tarn sous
ses toits d’ardoise. Elle est aussi belle et mystique vue du ciel, une
citadelle de la rivière aux airs d’heroic fantasy.
Les gorges du Tarn sont pure merveille. Si vous me demandiez de citer cinq sites naturels à voir absolument en
France, je vous parlerais d’elles aussitôt, elles me fascinent depuis toujours.
Inutile de vous dire que ce survol en autogyre restera inoubliable… J’aime
tellement la France pour sa capacité inouïe à créer du dépaysement et de la
magie à deux pas de chez soi. Et la Lozère a vraiment ce surcroît de sublime
qui fait battre les cœurs. C’est un endroit où le cœur a la place de battre et
les yeux de s’ouvrir tout grand.
Survol de Mende
Du ciel, on voit aussi un
impressionnant réseau de ruines gallo-romaines. Dans ces immensités solitaires
se dessinent les ombres de villes et de vias. La Lozère fut autrefois
beaucoup plus peuplée qu’aujourd’hui : à l’époque gallo-romaine, puis au
Moyen Âge, elle était un pont entre Massif central et Méditerranée, une grande
route de commerce et une importante surface agricole. Les ruines de villas
romaines sont nombreuses. Sur la Cham des Bondons, dans un paysage de légende
druidique, se trouve la 2ème plus grande concentration de menhirs de France. Il
y a Carnac, et il y a la Lozère. J’en avais des frissons. Je suis revenue les
admirer de plus près après ce vol enchanteur. Dans une lumière de fin du monde,
suspendue entre averse de printemps et rayons drus, se détachent ces dolmens
solitaires.
Enfin, le vol m’a permis
de découvrir les dolines. Il s’agit d’une curiosité géologique : de
légères cavités creusées dans le sol calcaire des causses, où les sédiments se
sont accumulés, rendant le sol plus fertile. Depuis l’ère romaine, les
agriculteurs choisissent les dolines pour cultiver les céréales, et aujourd’hui
encore, on voit ces étranges tâches vertes dans le paysage, témoignant de la présence
d’une poche de culture au milieu du plateau aride. On dirait l’œuvre d’un
extraterrestre inspiré, mais non, la géologie est ici la seule artiste !
Plongée sous la terre à l’Aven
Armand
Après les cimes, les profondeurs… Parce que j’ai grandi à deux pas de l’Ardèche, terre de grottes et d’avens s’il en est (grottes de la Madeleine et de St Marcel, avens d’Orgnac et Marzal…), j’ai l’habitude de ces curiosités souterraines, des stalactites, stalagmites et autres dentelles. J’ai mes coups de cœur, la sublime Choranche dans le Vercors avec ses fistules d’une délicatesse rare, la grotte des Demoiselles dans l’Hérault avec ses dimensions impressionnantes, ou encore le mythique gouffre de Padirac dans le Lot et sa rivière souterraine. J’en ai vu beaucoup, mais je reste malgré tout curieuse de ces profondeurs sculptées par les millénaires patients dans le calcaire tendre des hauts plateaux. Le Causse Méjean compte des dizaines de grottes secrètes, lovées au creux de ses méandres immémoriaux, mais la plus belle de toutes, c’est l’Aven Armand. Et même si j’ai vu beaucoup, beaucoup de grottes dans ma vie… je n’ai pas regretté de prendre le temps de découvrir celle-ci. Ce qui rend l’Aven Armand spéciale et spectaculaire, c’est tout d’abord le nombre et la dimension des stalagmites : pas moins de 400, la plus grande forêt de stalagmites de France ! Ensuite, c’est le type particulier de concrétions qui se sont développées ici : la chute des gouttes d’eau depuis les hautes voûtes a créé des « piles d’assiettes », comme autant de champignons fantasmagoriques que l’éclairage met en valeur. La visite, qui rend hommage à Jules Verne, est divertissante et colorée. Un joli moment sous la terre.
A la rencontre de la vie sauvage en Lozère : chevaux,
renards et vautours…
Je n’ai jamais vu tant d’animaux sauvages en France que lors de ce séjour en Lozère. Les renards traversent les routes devant moi et lorsque je photographie ils s’arrêtent quelques instants, curieux, pour me dévisager en silence. Dans les gorges de la Jonte, ce sont quatre espèces de vautours qui nichent dans les parois spectaculaires, y compris le gypaète barbu, espèce protégée récemment réintroduite. Avec ses grands espaces, son immensité solitaire, la Lozère est un véritable jardin d’Eden pour la faune qui prend ses aises, est libre de s’installer, se reproduire, gagner du terrain. On peut venir à la rencontre des géants des canyons à la Maison des Vautours, à St Pierre des Tripiers. Au-dessus des gorges s’ouvre le plus haut des plateaux caussenards, le Causse Méjean. C’est un petit bout du monde où le réseau téléphonique disparaît et où le ciel immense roule sur les moutons laineux. Nous entrons dans le royaume des chevaux.
Les
chevaux sauvages de Lozère
Ce sont les derniers chevaux sauvages du monde : les chevaux de
Przewalski. Avec leur raie de mulet, leur crinière noire et drue, leur robe
isabelle (fauve clair), ils ressemblent étrangement à ceux qui peuplent les fresques
pariétales, sur les parois des grottes ornées par les hommes préhistoriques –
Lascaux, Chauvet, Pech Merle. Ce sont des fossiles vivants, de véritables
miracles.
Ils sont un phénomène à part dans l’espèce chevaline. Les
brumbies en Australie, les mustangs aux USA, les chevaux de Namibie, sont des
chevaux féraux : des chevaux domestiques qui se sont enfuis et sont
revenus à la vie en liberté. Mais les Przewalski sont un cas à part, rétifs à
toute bride. Jamais domestiqués, ils peuplaient les plaines immenses d’Asie
centrale. Les Mongols, Gengis Khan et ses fils, étaient fascinés par eux, mais ne
pouvaient dompter ce cheval rescapé de la nuit des temps. Laurent Tatin, le
responsable scientifique de l’association Takh, me raconte que les Mongols
attachaient leur jument la nuit dans la plaine, là où venaient les chevaux sauvages,
pour qu’elles soient fécondées par un cheval de Przewalski. Mais le produit de
cette union restait sauvage – il fallait trois générations pour pouvoir dresser
l’animal.
Parce qu’ils ne pouvaient être chevauchés, les Przewalski ont été chassés pour
leur viande. Dans les années 1970, l’espèce est déclarée éteinte à l’état
sauvage : les derniers spécimens vivent en captivité, dans des zoos.
C’est alors que naissent en Europe plusieurs projets de
réintroduction. L’association Takh – cheval sauvage en mongol – porte une
ambition originale : élever en Lozère un troupeau de Przewalski dans les
conditions de la vie sauvage, afin de pouvoir ensuite les réintroduire en Asie
centrale.
Le Causse Méjean, cet immense plateau montagnard traversé par
les chaleurs torrides de l’été et les vents froids de l’hiver, était le
candidat idéal. Ce territoire âpre et isolé ressemble étonnamment aux grandes
steppes de Mongolie : les hivers sont rigoureux (jusqu’à -20 ici, contre -35
là-bas), le paysage ouvert, la végétation rase. Dans ce milieu steppique, on
retrouve les mêmes graminées qu’en Asie centrale, comme la stipa. Ce pays du
bout du monde est devenu la terre d’accueil des chevaux sauvages.
Avec un élevage en sélection naturelle, sans intervention
humaine, Takh veut constituer des troupeaux fonctionnels, qui soient aptes à
être ensuite réintroduits en Asie centrale. En 2004 a eu lieu la première
réintroduction de chevaux de Przewalski à l’ouest de la Mongolie. Elle fut un
succès : à partir des 22 chevaux lozèrois s’est formé un groupe qui compte aujourd’hui
89 individus.
On compte en ce moment 29 chevaux de Przewalski sur le Causse
Méjean. On ne peut les approcher de trop près, mais on peut venir les
contempler, d’autant que l’organisation Takh propose des stages d’observation
scientifique, pour les étudiants et les curieux passionnés de vie sauvage.
C’est une émotion forte que de voir surgir au détour d’une colline ces petits
chevaux isabelle qui portent des zébrures noires aux membres, qui broutent
paisiblement les herbes et les chardons du causse, et de les savoir rescapés de
la nuit des temps. On vient sur le Causse Méjean pour goûter à l’immensité et à
la liberté.
Chevauchée sauvage avec les Ecuries du Méjean
Sur le Causse Méjean, il y a des chevaux sauvages, mais il y a
aussi les chevaux d’endurance de Béatrice, aux Écuries du Méjean.
Béatrice élève des purs sang arabes pour les grandes courses
d’endurance, comme la 160km de Florac. Elle vit au milieu des immensités
entourée de ces chevaux arabes vifs et délicats, aux naseaux frémissants et au
cœur généreux. Elle propose aussi des balades sur le Causse, mais aux cavaliers
confirmés seulement, car ses chevaux sont des
chevaux de sport, avec de la personnalité.
La promenade est sublime. Nous longeons les gorges de la Jonte,
et je vois tournoyer au-dessus de nos têtes les vautours. Ils jettent leur
ombre sur la gorge, et dessinent des cercles entre les convois de nuages qu’un
léger vent fait rouler sur les grands causses. On repense à des westerns, à des
histoires de grandes traversées épiques. Sous les sabots de nos chevaux
s’étendent des chardons bleus et de cardabelles, la fleur emblématique des
grands causses : une sorte d’artichaut sauvage au cœur doré, ouvert comme un
soleil jeté sur le sol.
Ici en Lozère, les chercheurs d’or trouvent des cardabelles, des orchidées
sauvages, et des constellations. Quand on passe une nuit aux chambres d’hôtes
des écuries du Méjean, on admire un ciel piqueté de milliers d’étoiles, et on
goûte à cette vraie nuit des terres loin de tout, qu’épargnent les lumières des
villes. La liberté…
A cheval ou en kayak, sublimes gorges du Tarn
Pour qui rêve de montures plus douces et dociles que les fougueux princes arabes, rendez-vous aux écuries Chevaux au vent, à Rieisse, sur l’autre bout du Causse Méjean. Si Cécile Dolez est elle aussi amoureuse d’endurance, et tient un petit élevage de chevaux arabes, elle a choisi d’utiliser pour le tourisme équestre des chevaux et poneys de balade. On vient ici pour une promenade en famille, où le rythme paisible permet de savourer le paysage contrasté du plateau, plus boisé et vert de ce côté-ci. Nous sommes au-dessus des gorges du Tarn, et la promenade offre un point de vue sublime sur La Malène, un des villages les plus célèbres de la gorge. Dans ce hameau de conte de fées en bord de rivière, on vient admirer les formations géologiques spectaculaires : l’érosion a sculpté au-dessus du Tarn des doigts de géants, des visages mystérieux et des créatures fantasmagoriques. Le mari de Cécile est batelier à La Malène, une très ancienne corporation qui propose de descendre la rivière en douceur, dans une barque traditionnelle. Les sportifs préféreront le kayak, car le départ depuis La Malène est souvent considéré comme le plus beau des gorges du Tarn. On traverse à la rame un paysage digne d’un film fantastique : les Détroits, où le Tarn se resserre et semble nous écraser entre des falaises majestueuses, et le Cirque des Baumes, où d’énormes monolithes se dressent comme autant de géants assoupis. J’avais raconté cette superbe descente en kayak dans mon article sur les Gorges du Tarn.
La Malène
Le lac de
Charpal, petit Canada en Margeride
C’est un
lac que le printemps borde de jonquilles, et l’été de myrtilles, c’est un éden
de sapins et de chemins perdus le long de l’eau qui m’évoque les cartes
postales du Canada. Il fait bon flâner au bord du lac de Charpal, et voir les
écureuils roux bondir dans les branches…
Vacances en Lozère : patrimoine et bonnes adresses
Après
avoir exploré la Lozère côté nature, je vous propose d’explorer ses villages,
ses châteaux et ses bonnes tables…
Un des plus beaux
villages de France en Lozère : La Garde-Guérin, perle des Cévennes
Les villages sont plus rares qu’ailleurs, mais ils semblent
vouloir nous récompenser d’avoir longtemps roulé pour les dénicher :
véritables concentrés de splendeur rugueuse et authentique, ils rehaussent la
beauté du cadre naturel par leur architecture remarquable. Je vous ai parlé,
côté gorges du Tarn, de Ste Enimie, St Chély du Tarn, Castelbouc, La Malène,
autant de funambules sublimes sur la rivière. Partons cette fois au cœur des
montagnes. La Garde Guérin, forteresse des Cévennes, rassemble toute sa splendeur
médiévale intacte sur un éperon rocheux au-dessus des gorges du Chassezac. La Garde Guérin est la véritable perle des
Cévennes, une beauté médiévale parfaite.
C’est un sublime village
fortifié datant du XIIe siècle, au cœur des montagnes, avec une vue imprenable
sur le Mont Lozère et sur la saisissante gorge du Chassezac, un canyon de
granit profond de 400m. Dans ce paysage âpre et sublime, battu par les vents,
des chevaliers pariers gardaient la grande route de la Regordane, qui reliait
le Massif Central à la Méditerranée. Il faut imaginer l’endroit traversé par
les marchands, les guerriers, les chevaliers, les mystiques, tout un peuple médiéval
de saints et de vauriens, d’honnêtes gens et de rusés, qui arpentait la France,
du Massif Central à la Méditerranée. La confrérie des chevaliers pariers
protégeait le village, et mon guide a su me montrer les mille traces parfaitement
préservées dans le sol et les murs de leur empreinte. L’état de préservation de
La Garde Guérin est remarquable, notamment dans l’église, puissante, mystique,
riche d’un symbolisme complexe qui n’a été entièrement élucidé que très
récemment.
L’endroit est si beau et
bien préservé qu’il est classé aux plus beaux villages de France, et j’ai été
saisie par l’atmosphère extraordinaire de ce lieu solitaire et mystique. Cela
restera un de mes plus beaux souvenirs de Lozère : le cœur sublime des
Cévennes. Il faut absolument faire un tour au point de vue sur les gorges du
Chassezac, en contrebas du village. Contrairement aux gorges du Tarn, de l’Ardèche
ou de la Jonte, qui sont sculptées dans le calcaire, le Chassezac creuse à cet
endroit-là son sillon dans le granit, et le panorama est spectaculaire :
un mille-feuille de granit qui présente une vraie originalité géologique.
De plus, le village est attachant,
dynamisé par des projets forts, comme le Comptoir, où on vend et sert
des produits 100% locaux de grande qualité toute l’année. J’ai été très touchée
par cette boutique originale et ancrée dans son terroir. Chaque jour, on y sert
un plat de viande, un plat de poisson et un plat végétarien, toute l’année –
même au cœur de l’hiver, La Garde Guérin accueille ses visiteurs. Les produits
sont extrêmement variés, des livres d’information sur les Cévennes aux
spécialités gastronomiques, en passant par l’artisanat d’art. Faites-y un tour,
c’est le visage d’une France pleine d’idées et de créativité, cela fait chaud
au cœur !
J’ai déjeuné à l’auberge
de la Regordane, un restaurant installé dans une belle maison du XVIe
siècle, sous les voûtes anciennes. C’est aussi l’adresse à retenir pour dormir
ici, au cœur des Cévennes !
Trois châteaux magiques en Lozère
Après la Garde Guérin, j’ai voulu continuer mon tour des
châteaux lozériens…
Au détour d’une route sinueuse surgit le Château du Champ, à Altier dans
les Cévennes. Cette superbe forteresse qui appartenait à une des plus vieilles
familles du Gévaudan ne se visite pas, mais la vision saisissante inspire les
photographes…
Deux autres châteaux permettront, eux, de s’attarder pour un
déjeuner ou une nuit… et s’accordent pleinement à ce décor de conte de fées.
Le charme raffiné du château d’Ayres, à Meyrueis
J’ai déjeuné à l’ombre des grands marronniers dans ce
magnifique château historique, ancien monastère bénédictin devenu hôtel 4*. Les
façades couvertes de vigne vierge, l’élégant bassin, la gentillesse du
personnel et l’érudition du propriétaire venu raconter aux convives d’un jour l’histoire
de ces pierres solennelles, tout m’a séduite. Le château est situé au pied du
Causse Méjean, dans un joli vallon. Il possède sa piscine intérieure et l’intérieur
a un style XVIIIe ravissant. C’est une escapade romantique qui a le charme des
vieilles demeures aristocratiques : vous évoluerez au milieu des objets
anciens, des œuvres d’art choisies avec soin et des histoires de famille. Le
lieu m’a séduite… Les prix vont de 99 à 182 euros par nuit.
Un rêve qui se réalise : le Château de la Caze, dans
les gorges du Tarn
Une longue histoire de rêveries d’enfant me lie au château de la Caze. Lorsque je suis venue pour la première fois dans les gorges du Tarn avec mes parents, je leur avais demandé de m’acheter une carte postale des gorges sur laquelle on voit un château romantique trôner au-dessus des eaux, une vision si belle qu’elle en paraît presque onirique. J’ai accroché la carte postale au-dessus de mon lit sans connaître le nom du lieu. En septembre dernier, lorsque je suis revenue passer un week-end dans les gorges du Tarn, j’ai eu un choc : je l’avais retrouvé, le château de ma carte postale ! Cet endroit qui avait peuplé mes songes de gamine, c’était lui, le Château de la Caze…
Cela a été un grand bonheur de pouvoir cette fois y passer la nuit (dans une ambiance digne d’un film de cape et d’épée : un orage dantesque a éclaté au milieu de la nuit, des trombes d’eau se sont déversés sur le toit vénérable du château, je m’attendais à voir sortir le fantôme d’un chevalier ayant péri sur la route des croisades !). Ce château du XVe siècle, classé Monument historique, a su cultiver l’atmosphère médiévale à souhait : les murs épais, les statues, la décoration, tout vous plonge à l’aube des temps modernes, à l’heure des derniers chevaliers errants. (Pour les plus modernes d’entre nous, il comporte toutefois une très belle piscine, qui ne me semble pas être d’époque ;-)). Sa situation est sublime : à quelques encablures de Ste Enimie et de St Chély du Tarn, au cœur des gorges, niché sous le rocher, soulignant encore la beauté du lieu par la majesté de sa silhouette. C’est un des hôtels les plus romanesques que je connaisse, un véritable cadeau pour l’imaginaire… Certes, une nuit magique au Château de la Caze a un certain prix – il s’agit d’un 4*, membre du réseau Logis et classé Logis d’Exception – et il vous en coûtera environ 200 euros, mais c’est une expérience unique, follement romantique.
Mende, entre ciel et
table à l’hôtel de France
Avec ULM Lozère toujours,
j’ai eu le bonheur de survoler le petit mais joli chef-lieu de la Lozère, son
plan de ville médiévale et sa gothique. J’aurais aimé visiter Mende, qui semble
ravissante, mais au terme d’une longue, longue journée de road trip en Lozère,
la fatigue m’a vaincue… et je me contenterai de vous conseiller une bonne
adresse d’hôtel-restaurant : l’Hôtel de France. J’ai eu un vrai
coup de cœur pour son restaurant, abrité par une magnifique verrière, et qui
restera un de mes meilleurs souvenirs culinaires de Lozère. Tout était fin et
succulent.
Survol de Mende
De bonnes tables en
Lozère
Outre les lieux déjà
cités (le château d’Ayres à Meyrueis, le château de la Caze à côté de Ste
Enimie, l’hôtel de France à Mende, les restos de la Garde Guérin…), voici d’autres
adresses à retenir pour déguster des produits typiques des Causses et des Cévennes,
préparés avec soin :
Sur le Causse Méjean, l’auberge du Chanet, une ferme caussenarde de pierre noire et de
voûtes épaisses. On y savoure les spécialités de la Lozère, comme le pélardon,
ce fromage de chèvre AOP des Cévennes. Dans cette maison traditionnelle au cœur
d’un village minuscule, seule dans la nuit caussenarde, l’impression de
dépaysement est totale…
A Ste Enimie,
La Tendelle. Le menu du soir était très axé viande – avec notamment l’agneau
de Lozère – mais le chef m’a dit avoir toujours des options en réserve pour les
végétariens, et je n’ai pas été déçue. J’ai eu droit à une fabuleuse assiette
végétarienne avec omelette, légumes grillés délicieux… copieuse et excellente.
A Florac, l’Adonis.
Un de mes meilleurs repas en Lozère : frais, original, coloré, et 100%
terroir, avec notamment un fabuleux plateau de fromages d’Occitanie. Je me suis
régalée.
Des jeans et des artistes :
la Lozère originale
Je finis cet article en
vous parlant de deux initiatives originales qui ont attiré mon attention en Lozère.
Des jeans 100% made in France :
Atelier Tuffery à Florac
Je vais vous parler de l’histoire
de l’atelier Tuffery, rassurez-vous. Mais je vais commencer par vous raconter
une anecdote qui dit tout.
J’ai acheté un jean chez Tuffery
lors de ma visite, un jean en coton bio, teint à l’indigo naturel, 100% made in
France, bref, un jean éthique, responsable, local, irréprochable. Je l’ai
acheté principalement pour des raisons morales, à vrai dire : je voulais
soutenir le made in France. Mais laissez-moi vous dire quelque chose :
depuis que j’ai acheté ce jean, il a détrôné TOUS les autres. C’est simple,
adieu les Levis, les Temps des cerises, toute ma garde-robe denim, je n’ai plus
quitté ce jean. Vous en aurez la preuve en regardant mes articles de blog et
mon Instagram des derniers mois : vous verrez le jean Tuffery faire le
tour d’Europe, en Autriche, en Savoie, en Aveyron, à Versailles… il est allé
partout, je ne le quitte plus, je suis quand même malheureusement obligée de l’enlever
de temps en temps pour le laver parce qu’il faut bien, mais c’est tout. Il est
beau, il est solide, tout tient bien, tissu, couture, braguette, bouton, il est
classe, il me va merveilleusement bien, bref, dès que je retourne en Lozère, j’en
achète un autre car je ne me remettrai jamais de sa perte éventuelle. Ce
produit n’est pas qu’éthique, il est aussi et surtout beau, bien foutu, pratique,
solide, durable, confortable. Je n’arrête pas d’en dire du bien au quotidien
(et tout le monde me dit « qu’est ce que ce jean te va bien »).
Voici maintenant la belle
histoire de l’atelier Tuffery. Parce que le jean est né à Nîmes – saviez vous
que le mot « denim » vient de la « toile de Nîmes » ? -,
les Cévennes ont été un des premiers lieux de production de ce vêtement de
travail pratique, solide et peu salissant qui a conquis le monde entier. Quand
Célestin Tuffery ouvre son atelier en 1892, il fait partie des pionniers du
jean. Le commerce est florissant jusqu’aux années 1970, jusqu’à la grande crise
du textile. On se met à faire venir tous nos vêtements de Chine, puis d’Asie du
Sud Est. L’atelier en déclin devient confidentiel, mais tient bon, la petite
production cévenole perdure. Et puis, dans les années 2010, le #madeinFrance
revient à la mode. On se souvient du savoir-faire de nos artisans, et on commence
aussi à se dire que de produire nos vêtements dans des ateliers sombres et
polluants à l’autre bout du monde, ce n’est ni très éthique, ni très écolo.
Julien Tuffery, 4e génération de tailleurs-confectionneurs, comprend
le potentiel de l’entreprise familiale et la remet au goût du jour. Il raconte
l’histoire de cette famille installée à Florac, entre Cévennes et gorges du
Tarn, qui produit du jean 100% français depuis plus d’un siècle. Et ça marche.
Aujourd’hui, Tuffery emploie une trentaine de personnes à Florac. Les ateliers
se visitent, ils sont beaux, aérés, lumineux. Et les jeans sont magnifiques. La
démarche écolo se veut de plus en plus poussée : utilisation du bleu de Gênes
(indigo naturel), comme autrefois, pour éviter les colorants chimiques, coton
bio, développement de jeans en chanvre, pour contourner le coton et faire du 100%
français. Ils vendent (sur le site web de l’atelier Tuffery https://www.ateliertuffery.com/ et
en direct à Florac) des jeans, des salopettes, des vestes, des chemises, des
manteaux, en jean et aussi parfois en laine. Les produits sont magnifiques et d’une
telle qualité… Les jeans coûtent entre 100 et 200 euros en moyenne (170 pour le
mien, qui est teint à l’indigo naturel). Bien sûr, c’est un prix qui n’est pas
accessible à toutes les bourses, j’en suis tout à fait consciente. Parfois, on
achète du H&M parce qu’on a besoin de s’habiller et qu’on a pas le loisir
de dépenser 150 euros pour un pantalon. Mais ce n’est pas plus cher que Levis,
alors n’hésitez pas, si jamais vous avez le budget pour un Levis, allez plutôt voir
ce que fait Tuffery – vraiment, je suis une cliente conquise.
Le vallon du Villaret
Depuis une trentaine d’années,
cet insolite s’est imposé comme un incontournable du tourisme en Lozère. Le
vallon du Villaret ? C’est un lieu atypique, qui mêle expositions d’art
contemporain loufoques et audacieuses, parcours d’accrobranche en pleine
nature, jeux pour les plus petits… Une sorte de musée et parcours sportif en
plein air à la fois, au cœur d’une forêt et au bord d’une rivière, capable de
séduire toute la famille : les petits pour les jeux, les ados pour le
sport, les adultes pour l’art, la nature et l’atmosphère. Le site a beaucoup de
succès, car il se renouvelle sans cesse, en accueillant en permanence de
nouvelles œuvres qui sont souvent immersives : on peut entrer dans l’œuvre,
la toucher, marcher dessus, en faire véritablement l’expérience. J’ai vu le
vallon sous une pluie battante, ce qui m’a empêchée d’en profiter pleinement.
Mais à en juger par l’enthousiasme non démenti qu’il suscite depuis une
génération… il vaut le détour.
Ici s’achève
mon beau périple en Lozère. Un immense merci à Lozère Tourisme et
particulièrement à Elsa pour ce magnifique séjour. Je reste une amoureuse de la
Lozère…
A suivre sur Itinera Magica : îles Féroé, Lille, Lens, Verdon, Seignosse, Lot, Autriche… abonnez-vous à la newsletter ?
Un week-end en Normandie entre pommiers et poneys, fleurs et prairies, cidre et camembert, cela vous tente ? En tant que sudiste, j’ai toujours eu une image idyllique de la Normandie, belle comme un livre d’images. Je voyais les bocages aux haies fleuries et les collines verdoyantes, les vaches qui paissent sous les pommiers de juin, et les chevaux gris pommelés galopant dans l’herbe grasse et drue de ce pays où la pluie et le soleil se relaient au jardinage. Cette carte postale bucolique, elle existe : c’est l’Orne. Voici la Normandie secrète, plus rurale, moins célèbre, qui cultive un charme de jardin caché.
L’Orne ou la Normandie bucolique
Nous sommes loin du Mont Saint Michel, des plages du débarquement ou des jardins de Claude Monet, mais dans une campagne idyllique, au milieu des buissons de rhododendrons. Je vous emmènerai explorer le site naturel sensible (et superbe) de la Roche d’Oëtre, plonger dans la culture équestre normande au Haras du Pin, se souvenir de la terrible bataille de Normandie au mémorial de Montormel, soutenir le savoir-faire made in France à la manufacture Bohin, et découvrir toute une série de bonnes adresses bucoliques et charmantes. Pour un week-end en Normandie, romantique, relaxant ou culturel, pensez à l’Orne : elle a le charme des secrets qu’on partage…
La Roche d’OëtrePromenade à cheval au haras des BruyèresFromages de Normandie au manoir de La QueurieLe mythique haras du PinRhododendrons de CerisyDégustation de cidre, calvados et pommeau à La Monnerie
Un week-end en Normandie bucolique
L’Orne des chevaux, fleurs et petites vaches
L’Orne est un pays de bocages, de prairies verdoyantes. C’est la campagne française dans toute sa beauté, préservée des grands remembrements, avec les haies foisonnant de fleurs, d’oiseaux et de grenouilles, et les yeux doux des chevaux et des vaches dans l’herbe touffue. Il faut l’explorer avec lenteur et bonheur, à pied, à cheval ou en vélo…
Café sauvage à La Maison du paysage, dans les gorges de la Rouvre
Vélo au haras du Pin
A cheval au Haras des Bruyères
Mon périple commence au Haras des Bruyères, à St Evroult
Notre Dame du Bois. J’ai rêvé de cela depuis très longtemps : chevaucher
parmi les forêts et les prairies de Normandie, cette terre d’élection pour les cavaliers.
Pendant des siècles, l’Orne et plus particulièrement le Perche fut la terre des
chevaux par excellence, berceau des haras royaux (dont je vous parlerai) et des
plus grands élevages de chevaux de course. Monter à cheval dans l’Orne, c’est
mettre ses sabots dans ceux de générations de fiers destriers, reprendre le
rêve là où l’histoire l’a laissée…
Denis, le propriétaire du Haras des Bruyères, est un homme
de cheval et un homme de terroir. Il aime profondément ses chevaux, d’excellentes
montures d’extérieur, et son pays. Installé ici depuis 1993, il connaît l’immense
forêt de St Evroult par cœur – une forêt comme dans les contes de fées, épaisse
et mystérieuse, tapissée de fougères immenses et bruissant de vie sauvage – et
il vous racontera la vie secrète des arbres et des plantes, l’histoire de ces
bois et de ceux qui les peuplent.
Le clou de la promenade, c’est la visite des ruines
romantiques de l’abbaye de St Evroult, qui s’est effondrée en 1802 suite à son
abandon à la Révolution française. Arpenter à cheval ce paysage à la Caspar David
Friedrich restera un de mes plus beaux souvenirs de l’Orne.
Un week-end en Normandie ? Un tour à Camembert !
J’étais toute excitée de découvrir enfin ce minuscule
village qui a donné son nom au fromage le plus célèbre du monde ! De Dubai
à Chicago, de Sydney à Johannesburg, tout le monde a entendu parler du camembert.
Tout comme la baguette, il est indissociable de l’identité française, c’est
notre blason glorieux. Située dans une ferme du XVIIIe, la Maison du Camembert
est un musée retraçant son histoire et sa fabrication. Le village est vraiment
tout petit – un hameau de quelques maisons, pas plus – mais ravissant, et
entouré de vaches qui complètent à merveille le tableau…
Manger dans un jardin enchanté à La maison du Vert
Ce restaurant, qui fait aussi chambre d’hôtes, est tenu par une Anglaise adorable qui a créé ici un petit univers magique. Des chats se prélassent parmi les massifs de fleurs, poulailler et potagers se cachent parmi les buissons, et tout l’endroit m’évoque un décor à la Alice au pays des merveilles, avec le charme mêlé de l’Angleterre et de la Normandie. J’ai eu un immense coup de cœur pour ce lieu hors du temps, et j’aurais adoré y rester plusieurs jours. Le restaurant est 99% vegan : le 1% est pour les plats incorporant les œufs des poules du jardin ! La carte puise son inspiration dans différentes cuisines du monde – je suis partie du côté de l’Inde. Tout est frais, délicat, délicieux. Retenez cette belle adresse : La Maison du Vert à Ticheville.
Les rhododendrons de Cerisy
Sur le mont de Cerisy en juin, à l’heure des rhododendrons, j’étais comme une gamine à Disneyland. C’est le rêve de toute blogueuse un peu romantique : une forêt de fleurs roses et violettes, des rhododendrons si épais et massifs qu’ils en deviennent de véritables arbres. J’avais l’impression de marcher dans un manga japonais, quand les personnages rêvent et se voient transportés dans un paradis psychédélique… Cette année, des gelées tardives avaient un peu abîmé la floraison, mais il paraît que d’ordinaire, la colline entière étincelle de rose, et que la vision est d’une beauté spectaculaire. J’aimerais revenir l’an prochain pour retourner au pays des contes…
Rhododendrons de Cerisy
Les pommes et le cidre de Normandie
Après le camembert, j’avais très envie de plonger dans un
autre mythe normand : les produits à base de pomme ! Vous connaissez
le cidre, mais connaissez-vous le pommeau et le calvados ? A Cerisy-Belle-Etoile
toujours, je m’en vais découvrir une distillerie artisanale : La Monnerie.
Isabelle Legay est la troisième génération de femmes fortes et passionnées à la
tête de La Monnerie, avec un schéma de transmission original, de belle-mère en
belle-fille. Chacune a épousé la pomme et la distillerie avec leurs maris
respectifs – ici, le cidre est vraiment une histoire d’amour…
Isabelle me montre l’impressionnante machine avec laquelle on distille le cidre
pour obtenir le calvados, un processus complexe qui exige une surveillance constante.
Le calvados vieillira ensuite en fût, pour de longues années… huit ans minimum,
et jusqu’à cinquante ans. La Monnerie vous propose des calvados de 50 ans d’âge,
trop puissants pour moi, mais appréciés des connaisseurs. En revanche, j’ai
aimé le pommeau, qui est un mélange de calvados et de jus de pomme, plus frais
(mais très alcoolisé tout de même : 17 degrés, à consommer avec
modération). Le lieu est superbe, tout en vieux fûts de bois, tonneaux immenses
et alambics de cuivre, un véritable atelier de sorcellerie au service des
arômes de pomme. En juin, les pommiers étaient en fleurs, et l’ambiance
délicieusement rétro. Je crois que pour tout week-end en Normandie, la visite d’une
distillerie s’impose, et La Monnerie a des airs de carte postale…
La manufacture Bohin
Puisque nous célébrons le savoir-faire made in France, je vous propose un petit détour par la manufacture Bohin. Il s’agit de la dernière usine fabriquant des aiguilles en France, et ce depuis le XIXe siècle. Des aiguilles ? Cet objet qui paraît simple et anecdotique revêt en vérité une très, très grande complexité : pas moins de 27 étapes et de plusieurs semaines sont nécessaires à la fabrication d’une aiguille ! Les ouvriers travaillent sous vos yeux, sur des machines souvent très anciennes, et vous expliquent le dressage, l’empointage, l’estampage, l’ébavurage, le sciurage, le vannage, le nickelage… Les amoureux du patrimoine industriel se régaleront avec cette visite qui est un véritable retour dans le temps. J’ai été passionnée par le musée, qui raconte la personnalité du fondateur, Benjamin Bohin, visionnaire entrant à pieds joints dans la modernité avec cette usine novatrice et originale, menée selon des préceptes d’une grande actualité. La boutique est superbe et le musée d’une grande qualité visuelle. Lors de votre week-end en Normandie, allez soutenir le #madeinFrance avec cette visite originale et sympathique !
Passons maintenant aux grands sites emblématiques de l’Orne,
aux incontournables qu’il faut voir absolument.
Le site naturel de la Roche d’Oëtre
C’est sans doute le plus beau paysage de l’Orne, et un site
d’une puissance visuelle exceptionnelle. La Roche d’Oëtre est un prolongement
en terre normande d’une montagne qu’on associe usuellement à la Bretagne, le
Massif Armoricain. Il s’agit des plus anciennes montagnes de France, et les chiffres
donnent le vertige : dire que le Massif Armoricain est vieux de deux milliards
d’années dépasse l’entendement humain… Les cycles géologiques vertigineux
traversés par ces roches vénérables courent sur des millions d’années, avec
jaillissement premier, lentes érosions, submersions océaniques et nouveaux
soulèvements. Le résultat aujourd’hui, c’est ce belvédère spectaculaire, la
Roche d’Oëtre, tout de granit et de poudingue, surplombant les gorges de la Rouvre
à 118 mètres de haut, et cet étrange profil humain qu’on décèle dans la roche.
Le pavillon de la Roche d’Oëtre raconte l’histoire de ce site exceptionnel, et
propose de nombreuses expos scientifiques et artistiques.
Avec une passionnante guide de la Maison du paysage, je
descends ensuite dans les gorges de la Rouvre. Ce site naturel sensible est de
toute beauté : la Rouvre serpente sous une voûte d’aulnes et de frênes.
Plusieurs sortes de fougères, dont la très rare fougère royale Osmonde, s’épanouissent
dans cette pénombre poétique. Je me passionne pour les limaces rouges des bois
et l’histoire incroyable de la moule d’eau douce, dont les œufs se fixent aux
branchies des truites et des saumons afin de pouvoir remonter le courant et
regagner l’amont… C’est véritablement un milieu rare et précieux, une véritable
cathédrale de la biodiversité normande dans laquelle pénètrent les promeneurs.
La Maison du Paysage, installée au fond des gorges, propose de nombreuses
activités pédagogiques à destination de tous : randonnées guidées, sorties
cueillettes pour goûter les produits des bois, pêche en no kill… Ils ont aussi
un Café nature ravissant et bucolique, pour savourer encore mieux la quiétude
du lieu. Ma randonnée du belvédère de la Roche d’Oëtre au fond des gorges de la
Rouvre restera un des plus beaux moments de ce week-end en Normandie – je vous
recommande très, très chaudement ce site.
Le haras du Pin, ou la Mecque des cavaliers
Si vous aimez les chevaux et la culture équestre française,
le haras du Pin est un mythe, un incontournable absolu. Et même si les chevaux vous
laissent de marbre… la majesté classique de ce lieu hors normes et la multiplicité
des activités proposées sauront malgré tout vous séduire. Le Haras du Pin est
souvent surnommé « le Versailles du cheval ». Conçu pour incarner
toute la grandeur du roi soleil, respectant l’élégance du Grand siècle dans sa
conception fastueuse, le haras royal rayonne dans toute l’Europe et incarne l’excellence
de l’élevage à la française. Au XIXe siècle, on élève ici les chevaux de
course.
Aujourd’hui, le Haras du Pin s’est recentré sur les deux
races normandes emblématiques : le percheron (dont le nom est tiré de
celui de la région, le Perche), le plus célèbre des chevaux de trait, un colosse
au cœur tendre, et le cob normand, plus léger. J’ai eu ici un immense coup de cœur
pour le percheron, dont j’aimerais vous dire quelques mots. Ce doux géant gris
pommelé, emblème de l’Orne, est d’une beauté spectaculaire : immense,
puissant, le regard intelligent et les yeux tendres, crinière et queue
abondamment fournis, c’est une véritable gravure. Malheureusement, malgré son
immense beauté, son excellent caractère et sa douceur, le percheron est aujourd’hui
majoritairement élevé pour la viande – ce qui brise mon cœur d’amoureuse des
chevaux. C’est pour cela que le Haras du Pin a créé le centre de valorisation
des races normandes, qui s’est donné pour mission d’acheter chaque année les meilleurs
poulains aux éleveurs, et de les dresser de façon à ce qu’ils sachent TOUT faire.
Dressage, randonnée, obstacle, débardage, attelage, les percherons et les cobs
normands du haras sortent parfaitement accomplis, apte à répondre aux désirs de
tout cavalier. Le poulain est ensuite vendu à l’âge de cinq ans environ, pour
un prix certes conséquent – autour de six mille euros – mais qui correspond à l’excellence
du dressage qu’il a reçu, et à la beauté soigneusement sélectionnée de l’animal.
Je me suis surprise à rêver de repartir avec mon percheron… d’autant que j’ai
pu faire un baptême à dos de percheron sur un cheval remarquable de beauté et
de douceur.
Mais le haras du Pin, c’est aussi une foule d’activités permanente :
des spectacles équestres (4 spectacles différents en fonction de la saison et
des jours de la semaine), la présence de chevaux de toutes races, un grand et
passionnant musée du cheval retraçant toute la culture équestre française, avec
un simulateur vous permettant de « vivre » de façon bluffante une
séance d’obstacle, et toutes sortes de curiosités insolites… comme le cheval de
Nicolas Sarkozy, la tombe de Furioso ou le cheval américain miniature.
Depuis cet été, vous pouvez également partir pour un grand tour du haras en vélo électrique, ce qui est une excellente idée, car le haras couvre plus de mille hectares de prairies et que les paysages sont superbes. Bref, il y a de quoi passer une excellente journée lors d’un week-end en Normandie en famille, et ce lieu mérite infiniment le détour…
Le mémorial de Montormel
C’est un site poignant, terrible. La Normandie est belle et
douce, mais parfois, un passé solennel et douloureux se cache derrièe la carte
postale. Le mémorial de Montormel commémore la dernière bataille de Normandie,
en août 1944. Alors que les armées allemandes reculaient sous la pression
alliée, plus de 100 000 soldats allemands étaient toujours stationnés ici,
dans la poche de Falaise. Des divisions françaises, américaines, anglaises et
polonaises décident donc de mener une attaque conjointe. Cette plaine idyllique
et verdoyante deviendra le théâtre d’une véritable scène d’apocalypse : le
couloir de la mort. Eisenhower dira après la bataille avoir rarement vu un tel
spectacle d’horreur et de désolation.
Pour sortir de la poche, un seul passage : un gué franchissant la Dives.
100 000 Allemands, leurs tanks, leurs chevaux, leurs chars, doivent
franchir ce gué boueux sous les bombardements alliés. C’est un déluge d’obus
qui tombe du ciel. Les Allemands contre-attaquent. Ce sont dix jours de combats
d’une violence inouïe dans un piège qui se referme.
Au mémorial de Montormel, un guide passionnant nous raconte
la bataille, vécue par sa propre famille. Il nous raconte aussi l’horreur après
celle-ci, quand les corps de 10 000 soldats et de milliers de chevaux
jonchaient la plaine… Pendant des mois, les habitants ont vécu dans la puanteur
insoutenable d’un charnier à ciel ouvert, car les corps étaient si nombreux qu’il
fallut des années pour tous les évacuer ou les enterrer. La route n’était plus
qu’un amas de tanks brisés et de chevaux morts. L’eau potable était empoisonnée
par la putréfaction, forçant à un ravitaillement en citernes, et l’odeur si
fétide et insoutenable qu’on faisait fumer des cigarettes aux enfants pour les
soulager. Il fallut des décennies – jusqu’aux années 1980 ! – aux ferrailleurs
pour évacuer tous les tanks.
Ce récit si vivant, si poignant, m’a profondément touchée. Je suis ensuite
allée sur le parcours voir les différents sites de la bataille, notamment le
gué en question, ou encore le point de vue depuis l’église de Coudehard, qui
offre une vue sur l’ensemble du Couloir de la mort et laisse imaginer l’effroyable
gâchis de vies humaines et animales qui clôt cette guerre atroce…
Mais revenons maintenant à la douceur.
Bonnes adresses dans l’Orne, pour un joli week-end en
Normandie
Parce que l’Orne est rurale, bucolique et secrète, ce n’est pas un pays de grands hôtels, plutôt de jolies chambres d’hôtes de charme où on se réfugie dans une maison de campagne fleurie. Voici trois chambres d’hôtes qui méritent votre attention, pour réussir un week-end en Normandie romantique ou paisible.
Je vous ai déjà parlé plus haut de la Maison du Vert.
Outre un resto végétalien, c’est une ravissante chambre d’hôtes au style so
British.
A deux pas du mémorial de Montormel se trouve le Presbytère
perché. Dans cette belle maison de famille à l’ancienne, le propriétaire
chaleureux vous accueille dans un décor de boudoir rétro que j’ai beaucoup
aimé. Un très joli cadre aux petits airs de Belle Epoque. Mention spéciale pour
ma salle de bain, qui avait un charme fou et donnait envie de se prélasser
longuement dans un bain, les yeux dans les arbres… J’ai partagé un dîner
chaleureux avec le propriétaire et un couple adorable – cette maison respire la
convivialité.
A La Courbe, j’ai eu un vrai coup de cœur pour le ravissant manoir
de La Queurie, chambre d’hôtes installée dans un château Renaissance au
bord d’une rivière. Le lieu est d’une beauté de tableau de Monet : ce
château splendide aux arches ouvragées que la vigne vient orner, cette rivière
envahie d’ajoncs et de roseaux qui serpente doucement au pied du manoir… Les
espaces d’habitation ont été rénovés de façon très design et épurée par la
maîtresse des lieux, et la table d’hôtes, qui fait la part belle aux produits locaux
et de saison, est excellente. Le lieu possède un charme rare, un peu hors du
monde…
J’ai trouvé que ces trois lieux étaient à l’image de l’Orne.
Cette région respire un charme très ancien, fait de nature et d’agriculture, de
traditions préservées et de beauté d’Epinal. J’y ai trouvé ma Normandie rêvée,
une Normandie éternelle suspendue dans l’idylle… Allez la découvrir à votre
tour, pour un week-end romantique ou une escapade en famille, offrez vous cette
bulle de verdure et de douceur. Cette région mérite vos faveurs, c’est promis.
Un grand merci à l’Orne, et notamment à Carole, pour la
découverte de cette superbe région qui correspondait à mes envies de cavalière
passionnée et d’amoureuse de la France des belles campagnes et des natures
préservées.
A suivre sur Itinera Magica : la Lozère, les gorges du Verdon, les îles Féroé, Lille, Lens, l’Autriche, Seignosse… inscrivez-vous à la newsletter ?
Le château de Labro ? C’est plus qu’un hôtel : c’est le décor d’un conte de fées, où on s’attend à voir la Belle et la Bête jouer à cache-cache au milieu des sculptures et des vignes, où chaque détail recèle son propre enchantement et où le monde réel semble se dissiper dans un sortilège. Rarement un hôtel m’aura autant charmée et séduite que cette superbe demeure Renaissance, située à dix minutes du cœur de ville de Rodez en Aveyron. En partenariat avec le merveilleux château de Labro, j’ai aujourd’hui le plaisir de proposer à un couple de chanceux de gagner un séjour dans ce petit paradis champêtre et sophistiqué, où les chambres, la piscine, le spa, le restaurant et les jardins conspirent tous à votre plus grand bonheur.
Edit : le concours est terminé depuis le 22.09.2019, la gagnante a été tirée au sort. Mais le château de Labro vous ouvre toujours les bras !
Le château de Labro : un havre de
verdure Renaissance
Le conte de fées commence souvent par
la bascule entre le monde réel et un univers parallèle et enchanteur qui se
tient tout près, à deux pas, mais qui demeure caché. Franchissez le seuil magique,
et tout est transfiguré… Le château de Labro obéit aux lois du monde magique. Nous
sommes à moins de dix minutes en voiture du cœur de ville de Rodez, de sa
cathédrale et du musée Soulages, mais nous sommes déjà très loin, ailleurs. Au cœur
de la campagne verdoyante, une longue allée de marronniers fait figure de porte
entre les mondes : au dernier arbre, on retourne au XVIe siècle. Un sublime
château Renaissance se love entre les collines fleuries, et je me sens projetée
au pays des princesses et des chevaliers.
Un univers poétique et délicat
Les propriétaires du château de Labro
ont choisi de donner vie à leurs visions cinématographiques, et de faire de chaque
recoin du lieu un petit monde de magie. J’ai rarement rencontré un tel
degré de poésie et de créativité dans la décoration : partout, vous
aimeriez venir vous asseoir, vous reposer, rester un moment à contempler… Le
château de Labro est un lieu onirique, singulier, où chaque porte poussée ouvre
sur une nouvelle découverte. Je ne saurais dire ce que j’ai préféré.
Est-ce la cour Renaissance, bordée de tourelles
et de lions majestueux ? La piscine entourée de vignes avec vue sur
le château, comme un téléscopage entre deux époques ? Ou un millier d’autres
lieux charmants ?
Un salon XVIIIe peuplé de fantômes raffinés…
Une porte ouverte sur un escalier en colimaçon, drapé de lumière et de plantes,
ouvrant sur les étages…
La salle de petit déjeuner, avec ses gramophones renversés suspendus au
plafond comme autant de corolles de fleurs éclosant sous les voûtes de
vieilles pierres…
Un couloir où un vieux miroir se pare de poteries et de bois de cerfs… ou
encore une cour aux tons chaleureux dans laquelle s’épanouit un olivier…
Une chaise longue sur lesquelles des déesses gracieuses viennent se poser – ce
sont des œuvres de Jean-Philippe
Richard, comme dans le beau jardin exotique d’Eze sur la côte d’Azur…
Il faut aussi que j’évoque le spa, où des anges se penchent sur le jacuzzi,
ou encore la magnifique salle de bar lounge, toute de blanc écru, où on
vient s’asseoir sur les fauteuils clairs au bord d’un grand piano sous les
candélabres en bois de cerf et les statues de cheval.
On sent
la marque d’un chineur passionné : rien n’est standardisé, tous les
objets ont leur personnalité, leur âme, mais cet assemblage hétéroclite se
révèle étrangement harmonieux, preuve d’un goût très sûr… Le château de Labro fait partie du prestigieux
réseau Les Collectionneurs, et je trouve que cette distinction lui va à
merveille, aux deux sens du terme : le propriétaire est lui aussi un
collectionneur de beautés.
C’est
comme marcher dans un livre de contes, et je suis émerveillée. Jean Rouquet, le
propriétaire, dit qu’il veut « faire rêver les gens », et l’adjectif
qui me vient en tête pour parler du Château de Labro est onirique.
Ce lieu est un rêve, et Baudelaire qui disait que « le beau est toujours
bizarre » serait enchanté : jamais l’insolite n’a été aussi raffiné,
aussi harmonieux et doux.
Les chambres
du château de Labro, des bulles de beauté
Ici chaque
chambre est différente, et je n’ai visité qu’un tout petit nombre de bulles
de beauté parmi la diversité des hébergements que propose le château.
J’ai eu
la chance d’occuper une chambre deluxe Balnéo, la chambre Aubrac.
Bois brut, cheminée majestueuse, baignoire à remous, cette chambre est une
invitation au bien-être…
Les Suites
Château m’ont fascinée : c’est un univers molletonné de draperies et
de velours, où la lumière des bougies semble faire vaciller le réel et vous ramener
au temps des Liaisons dangereuses…
Mais l’insolite sublime, l’étendard du Château de Labro, c’est la cabane perchée qui me fait terriblement penser à celle de Peter Pan à Disneyland Paris, au sommet de l’arbre des enfants perdus. Située à 8 mètres du sol dans les bras touffus d’un grand chêne, elle convoque immédiatement des visions jubilatoires d’enfance et d’évasion entre vertige et constellations. Je rêve de revenir y passer une nuit.
Les prix vont de 95 à 250 euros en chambre double, en fonction du type de chambre choisi.
Le spa du
château de Labro
On s’y prélasse dans l’eau chaude avec vue sur les champs verdoyants et les angelots bienveillants, mais le spa du château de Labro ne se contente pas d’être beau : il cultive l’excellence en matière de bien-être. Mon amie Cécile alias Galtéane a raconté sur son blog que c’est ici qu’elle avait eu le déclic et choisi de devenir thérapeute, suite à un massage qui avait été une véritable révolution intérieure pour elle. Je n’ai pas changé de carrière, mais j’ai vraiment, vraiment savouré le massage hawaïen dont j’ai bénéficié, doux, profond et précis. L’offre de soins du château de Labro est exigeante et rigoureuse. Les différents massages puisent dans diverses traditions du bien-être, pour un tour du monde du retour à soi, et sont bien sûr exécutés par des professionnels compétents et attentifs. Une vraie bulle de bien-être…
Se régaler
au Château de Labro : gastronomie et spécialités aveyronnaises
L’expérience
culinaire exceptionnelle que j’ai vécue au Château de Labro a achevé de me convaincre. Mon dîner
dans le très beau restaurant aux tons cramoisis avec vue sur les champs a été
véritablement exquis. Chaque plat était d’une finesse, d’une délicatesse
fabuleuse, avec des harmonies de saveurs originales et parfaitement exécutées. Je
me suis vraiment régalée.
Et si le dîner
était placé sous le signe de la gastronomie, le petit-déjeuner, lui, célèbre l’authenticité
aveyronnaise : il était entièrement composé de spécialités locales !
C’est le moment de goûter le rouergat, le gâteau aux noix, la fouace, le
fromage de Laguiole, l’Ecir (mon fromage coup de cœur, un fromage de vache doux
et frais comme un nuage), la saucisse fumée aveyronnaise, ou encore la pascade,
une sorte de pancake salé excellent.
Je n’ai
quitté le château de Labro qu’à regret, d’autant que l’accueil soigné et
chaleureux est à la hauteur de la beauté des lieux… Je me suis promis de
revenir un jour pour une nuit dans la cabane ou dans une suite Château !
Concours :
gagnez une nuit au Château de Labro
Je suis très
heureuse de vous annoncer que le Château de Labro met en jeu une nuit pour
deux personnes avec petits-déjeuners dans leur bel établissement, à utiliser
dans l’année suivant le résultat du concours, hors juillet/août. J’envie les heureux
lecteurs qui auront le bonheur de découvrir à leur tour ce lieu magique !
Pour jouer, c’est très simple, RDV sur ma page Facebook ou mon compte Instagram. Vous pouvez jouer sur les deux réseaux pour augmenter vos chances si vous le souhaitez. Bonne chance !
Que voir
autour du Château de Labro ?
Que vous
soyez l’heureux gagnant du concours ou que je vous ai convaincus d’aller passer
un week-end en amoureux au château pour fêter une occasion spéciale, peut-être
vous demandez-vous que visiter aux alentours ?
Vous serez à moins de dix minutes de la belle Rodez, de son cœur de ville médiéval, sa cathédrale majestueuse, ses musées d’exception : le musée Soulages, sublime et déconcertant, où on plonge au cœur du noir lumineux dans l’œuvre d’un des plus grands artistes contemporains, et le musée Fenaille, où vous admirerez notamment les mythiques statues menhirs, émouvants visages vieux de plusieurs millénaires. Retrouvez mon article sur la visite de Rodez.
Mais vous êtes aussi à deux pas du merveilleux, éblouissant Nord Aveyron, avec sa ribambelle de « Plus beaux villages de France » et autres joyaux plus méconnus : Conques la merveilleuse, Salles-la-Source, Espalion, Estaing, St Côme d’Olt, Ste Eulalie d’Olt, sans oublier Bozouls et son canyon spectaculaire… Retrouvez mon article sur les plus beaux villages du Nord Aveyron.
ConquesSalles la Source.Saint Côme d’OltEstaing
Peut-être aurez-vous envie de grands espaces ? Alors vous monterez sur l’Aubrac, pour admirer les vaches dans les étendues sauvages du haut plateau, goûter à l’aligot dans un buron, ou écouter le brame du cerf à l’automne… Retrouvez mon article sur l’Aubrac.
Vaches près du village d’Aubrac
Les burons
Vaches sur l’Aubrac.
Laguiole
Enfin, peut-être préférez-vous partir à l’Ouest ? Dans ce cas, le sublime château de Najac, et la bastide médiévale majestueuse de Villefranche de Rouergue vous tendent les bras. Et peut-être aurez-vous envie de prolonger votre séjour dans un autre bel hôtel aveyronnais de charme, Les Fleurines – en Aveyron, on sait recevoir… Retrouvez mon article sur Najac et Villefranche.
Najac
Villefranche de Rouergue
Villefranche de Rouergue
Et si vous décidez finalement de passer vos deux jours à explorer le château, nager dans la piscine et barboter dans le jacuzzi… je ne vous en tiendrai pas rigueur ! Mais remarquez tout de même que c’est la 3e fois que je vous propose de gagner un séjour en Aveyron, après les concours dans les établissements Les Fleurines et les Villas de Labro... c’est peut-être qu’il y a des petites choses à voir dans ce département éblouissant de beauté et d’authenticité, qui est mon coup de coeur depuis plus de deux ans 😉
Rodez
Je n’ai pas fini de vous parler de l’Aveyron sur Itinera Magica, mais aussi de la Lozère, de l’Orne, du Verdon, des Iles Féroé, de Lille… inscrivez-vous à la newsletter ?
Un
immense merci au Château de Labro pour leur hospitalité, et à l’ADT de l’Aveyron
qui m’a permis de vivre cette expérience !
Cela fait maintenant plusieurs années que l’Aveyron fait partie de mes départements français préférés : je suis impressionnée par l’authenticité et l’identité puissantes qui se dégagent de ces paysages magnifiques et des hommes qui les font vivre. En Aveyron, on a un pays sublime, on le sait et on en est fier, alors on fait tout pour le dynamiser : préserver l’agriculture, manger local et porter des projets innovants et audacieux. Vous le savez peut-être : je suis une grande défenseuse du made in France. Pour faire vivre l’économie française, pour préserver notre savoir-faire du rouleau compresseur de la mondialisation uniforme, pour des métiers qui ont du sens et des territoires qui vivent, il faut acheter, consommer, manger français. Quand l’Aveyron m’a proposé de revenir pour la 4e fois dans ce pays que j’adore, et de mettre cette fois en valeur les savoir-faire, j’ai applaudi des deux mains. L’Aveyron a du talent, et je suis allée à la rencontre d’artisans, d’artistes et d’agriculteurs pour le montrer. A Millau, on parlera de la ganterie, savoir-faire traditionnel du pays des Causses, du travail délicat et onirique de la créatrice Catherine André, et de la maroquinerie chez Bleu de Chauffe, marque de sacs de toute beauté. A Rodez, on ira faire un tour au musée Soulages, à la rencontre d’un artiste singulier aujourd’hui consubstantiel de l’identité de cette belle ville au cœur médiéval. Et enfin, sur l’Aubrac, on ira à la rencontre des sublimes vaches du même nom lors des grandes transhumances. J’en profiterai pour vous donner quelques bonnes adresses à Millau et Rodez, pour préparer votre séjour made in France en Aveyron. C’est parti ?
Musée Soulages à RodezViaduc de Millau
Visiter Millau : cuir, textile et savoir-faire
Millau, la ville de la ganterie : la Maison Fabre
J’aime Millau pour son viaduc mythique et sa localisation
rêvée : nichée entre plusieurs hauts plateaux calcaires emblématiques de
l’Aveyron, Millau est véritablement la capitale des Grands Causses. Parce
que l’élevage de moutons et de chèvres a toujours été la spécificité des Causses,
Millau s’est concentrée sur le travail du cuir. Depuis des siècles, la ville
est réputée pour sa maroquinerie et notamment sa ganterie : des gants en
cuir très fin et souple, un artisanat traditionnel minutieux. Vous trouverez en
cœur de ville de Millau de nombreuses ganteries, héritières de plusieurs
siècles de tradition. Celle que je visite aujourd’hui est la Maison Fabre,
fondée en 1924 et restée fidèle à une manufacture traditionnelle. Leur atelier
est superbe : un grand bâtiment ancien et lumineux, bordé de grandes
verrières, au cœur même de Millau. Ici, on défend la fabrication française
artisanale : la Maison Fabre a reçu le prestigieux label Entreprise du
Patrimoine Vivant, car elle transmet un savoir-faire français d’exception.
La maison Fabre travaille à la fois avec des cuirs traditionnels du Larzac, et
des cuirs d’autres régions françaises et d’Italie, réputés pour leur qualité.
Pour la ganterie, il s’agit d’un cuir très fin et souple, qui doit être préparé
avec soin pour supporter la couture. Je suis impressionnée par la précision des
gestes des couturières, par leur minutie. Le jour de ma venue, plusieurs
employées réalisaient des surpiqûres à la main, une commande spéciale pour une
grande marque française. La Maison Fabre est réputée dans le monde de la mode
et du cinéma pour leurs nombreuses collaborations avec de nombreux créateurs et
réalisateurs, notamment tous les gants du film Grace Kelly avec Nicole Kidman,
ou la confection de gants spéciaux pour célébrer l’anniversaire du film La Belle
et la Bête de Cocteau. Elle s’est également spécialisée dans les gants
parfumés, reprenant une tradition historique de la haute société raffinée. J’ai
été séduite par la beauté de cet atelier délicat.
Une créatrice haute-couture à Millau : Catherine André
Catherine André est une virtuose de la maille, cette
technique de travail de la laine si fine et précise. Le conte de fées de
Catherine André commence dans les années 1970, lorsqu’au retour d’un voyage en
Irlande, elle décide de tricoter un pull « carnet de voyage »
à celui qui deviendra son époux. Chaque rang est une image, un souvenir :
landes brumeuses, marécages couverts de bruyères, petits moutons, contrastes et
symboles, le pull est une œuvre d’art en couleurs et en rêves. Il est si beau
que ses amis commencent à lui en réclamer.
Catherine André continue sa formation, travaille pour plusieurs maisons de
couture, mais l’idée fait son chemin… en 1995, elle fonde sa propre maison,
pour proposer ses créations. Sa signature ? La maille et le jacquard, des
techniques de travail du textile qui demandent une grande minutie et une grande
délicatesse. Les créations de Catherine André sont des œuvres d’art. Précises,
oniriques, intimes, elles cherchent toujours à capturer un monde dans un
tissu. Il s’agit parfois de grands voyages, ce qui m’a particulièrement
touchée : les couleurs de Valparaiso, les sommets du Mont Fuji, chaque
périple l’inspire et je me suis reconnue dans cette envie de conserver
l’émotion des lointains en forme et en couleur. Parfois, il s’agit
d’inspirations musicales et artistiques, et lorsque je rends visite à Catherine
André, une playlist hypnotique résonne dans son bureau et les murs sont
couverts de photos, de tableaux, de matières – on sent l’inspiration en marche
dans chaque détail. C’est comme un essaim de papillons, animé par le rêve.
Les prototypes sont conçus dans l’atelier de Millau, puis les pièces –
limitées, numérotées – fabriquées à Roanne et au Puy-en-Velay. Le magasin
d’usine de Millau, qui pratique des tarifs outlet, permet d’acquérir des pièces
haute couture à prix cassé. Année après année, Catherine André, désormais
connue jusqu’au Japon, trace son sillon intimiste et exigeant, aujourd’hui
compris comme une expression particulièrement féminine, imaginative et sensible
de la haute couture française.
Une superbe marque de maroquinerie à Millau : Bleu de
Chauffe
J’ai eu un vrai coup de cœur pour cette marque située au
pied du viaduc, à deux pas de Millau. On s’est habitués à voir le textile et la
maroquinerie produits en Asie, loin de chez nous, avec toutes les conséquences
sociales et environnementales que cela comporte : ateliers malsains,
teintures toxiques qui empoisonnent les fleuves, prix cassés. Bleu de Chauffe,
c’est un pari audacieux : proposer de la maroquinerie intégralement
contrôlée sur le plan écologique et social, 100% made in France. Alexandre
Rousseau fonde Bleu de Chauffe en 2009 après avoir travaillé pour de grandes
marques de maroquinerie et vu de ses yeux les dégâts causés par la
délocalisation de l’activité en Asie. Il veut proposer une alternative saine
pour l’environnement et pour ses employés. Sa recette ? Du cuir français
et italien teint avec une teinture végétale traditionnelle, comme le
châtaignier et l’acacia. Aucun dégât pour la santé des travailleurs et
aucun rejet toxique dans les rivières, tout est naturel. Bleu de Chauffe gère
ensuie tout de A à Z : les cuirs issus de tanneries sélectionnées arrivent
à Millau, et les pièces sont intégralement conçues et assemblées dans l’atelier
au pied du viaduc. Les artisans signent leur sac quand le travail est achevé. Pas
de fabrication à la chaîne : chaque employé gère entièrement la
fabrication d’un produit, d’un bout à l’autre, à l’exception de la coupe
(plus délicate) réalisée à un seul poste. Les employés travaillent dans un
grand atelier lumineux avec vue sur le pont et ont le plaisir d’apposer leur
nom sur le produit fini : je trouve cela infiniment rafraîchissant.
Plusieurs d’entre eux ont été entièrement formés ici, produisant des sacs
toujours plus complexes au fil de leurs années de présence au sein de la
maison. Il s’agit d’un « savoir-faire de proximité » et cela me parle
vraiment. Bleu de Chauffe cultive un style workwear, puisant son inspiration
dans les besoins des anciens métiers manuels. Il s’agit d’une ode à
l’artisanat made in France, et les produits sont de toute beauté.
Bien sûr, le made in France ne peut pas rivaliser avec le
Bengladesh en termes de coût… un sac Bleu de Chauffe coûte de 150 à 600 euros,
ce qui n’est pas à la portée de toutes les bourses. Mais si jamais vous pouvez
vous le permettre, je vous encourage à soutenir ces marques de grande qualité,
éthiques et écolo, 100% made in France. Dans le même esprit, j’ai visité les
ateliers Tuffery à Florac en Lozère, des jeans 100% français depuis 1892 – je
vous en parlerai bientôt. Je crois énormément à cette valorisation des
savoir-faire, à ces métiers qui ont du sens, à la production hautement
contrôlée, bonne pour la planète et bonne pour les travailleurs. J’ai acheté un
jean Tuffery, et je pense qu’un sac Bleu de Chauffe me rejoindra un de ces
jours !
Où dormir à Millau ? Au château de Creissels avec vue
sur le viaduc
Le plus bel hôtel de Millau, c’est le château de Creissels,
demeure de charme dans un jardin en marge de la ville. Le château date du XVIe
siècle et a su conserver un charme suranné auquel je suis très sensible. J’ai
été séduite par l’extraordinaire piscine avec vue sur le viaduc de Millau, ce
pont de tous les records qui défie la gravité et enjambe les Causses comme un
oiseau d’acier. Je vous recommande très, très vivement le restaurant du château
de Creissels : une merveille de restaurant gastronomique qui propose
son menu du jour à moins de 30 euros, un rapport qualité-prix extraordinaire
pour des mets aussi fins et originaux. Chaque plat était un chef d’œuvre.
Visiter Rodez : cathédrale, musée Soulages et
gastronomie
J’étais très impatiente de découvrir Rodez, le chef-lieu de
l’Aveyron, et je n’ai pas été déçue. Cette ville est un joli équilibre entre
Moyen-Âge et ultra contemporanéité. Côté ville haute, c’est le Moyen-Âge
préservé, entre dédale des ruelles et cathédrale sublime. Plus bas, le cœur
battant du nouveau Rodez, c’est le spectaculaire musée Soulages,
abritant l’œuvre exigeante et mystérieuse de l’artiste français le plus côté.
Cathédrale de Rodez
Musée Soulages
La cathédrale de Rodez, merveille médiévale
Impossible de parler de savoir-faire artisanal français sans
évoquer celui qui me fascine le plus : celui des bâtisseurs de
cathédrales. La cathédrale de Rodez me faisait rêver depuis longtemps. Le
chemin vers elle est magnifique : la vieille ville de Rodez a beaucoup de
charme, avec des maisons datant du 16e siècle, avant d’arriver à
l’immense géante de grès rouge. La cathédrale de Rodez, gigantesque et très
pure, dégage une beauté nue qui m’a touchée. J’ai passé un long moment à
m’imprégner de sa splendeur.
Le musée Soulages, le noir mystique
Le projet pouvait sembler périlleux à première vue :
installer un musée d’art contemporain radical et ambitieux à Rodez, loin de
Paris, dans un département plutôt rural, est-ce que ça allait marcher ? Cinq
ans après son ouverture, le pari est incontestablement réussi : non
seulement le musée Soulages attire des visiteurs venus du monde entier, mais il
est devenu une locomotive culturelle dans la région, avec de nombreuses
expositions temporaires et projets novateurs, et il a été pleinement adopté par
les habitants de Rodez, qui sont fiers et heureux de savoir que l’artiste
français le plus célèbre, le plus cher et côté du monde, a choisi de donner une
immense partie de son œuvre à ce musée conçu sous sa houlette, dans sa
ville d’origine. Rodez célèbre son enfant prodige et prodigue.
Je vais vous l’avouer en toute sincérité : je ne savais
pas si ce musée me plairait. Je suis assez traditionnaliste, j’aime l’art de la
Renaissance, du baroque et du romantisme, je ne comprends souvent pas l’art
contemporain. Mais je suis arrivée au musée Soulages avec l’esprit ouvert,
prête à être séduite, et très sincèrement, j’ai été bluffée. Ce lieu est à
la fois ultra contemporain et audacieux, et étrangement accueillant. L’atmosphère
est très douce, une pénombre feutrée dans laquelle les œuvres sont superbement
mises en valeur, et le cheminement proposé à travers l’œuvre de Soulages permet
de la comprendre, de l’apprivoiser. Le musée a été conçu par le trio
d’architectes catalans RCR, avec le concours de l’artiste lui-même – qui fête
cette année sa centième année –, spécifiquement pour accueillir ses pièces, et
cela permet une immersion rare dans l’univers d’un artiste. On dit souvent de
Pierre Soulages qu’il est l’artiste du noir. Mais en vérité, son
obsession a toujours été la lumière, la lumière qui jaillit au creux de
la matière la plus opaque et épaisse, comme une quête mystique : aller au
bout de l’obscurité pour retrouver l’éclat du jour. Ses noirs ne sont jamais
noirs, ils attrapent des reflets, des couleurs paradoxales, des miroitements
surgis d’on ne sait où. La salle qui m’a le plus marquée est celle dite des
« outrenoirs ». Il s’agit du noir dans toutes ses variations,
un noir si noir qu’il cesse soudain de l’être, et revêt une teinte argentée,
bleue, blanche, rouge… sans jamais cesser pourtant d’être noir de noir.
L’expérience est dérangeante, vertigineuse, et la salle de toute beauté. Pierre Soulages est fils d’artisan.
Son approche est manuelle, sensorielle : fasciné par la matière, par
la substance, il teste toutes sortes de matériaux, n’hésite pas à les détourner
de leur usage premier (il transforme ainsi des planches à lithographie en œuvre
à part entière), à expérimenter en se laissant guider par les sens. Finalement,
il se comporte lui aussi en artisan, et je me dis que la visite de ce musée est
parfaitement à sa place dans ce voyage qui célèbre le savoir-faire français.
Le musée lui-même est très beau, fait d’un métal spécial, l’acier Corten, qui
se patine avec le temps pour se fondre dans le paysage. Cette couleur de
rouille sied finalement au grès rouge de la vieille ville de Rodez, et semble
rappeler la cathédrale. Les expositions temporaires sont elles aussi de grande
qualité et méritent qu’on revienne souvent.
Le café Bras, l’Aveyron dans l’assiette
Impossible de finir la visite du musée Soulages sans
déjeuner au restaurant attenant, le Café Bras. Il s’agit d’une institution
aveyronnaise : c’est la version bistronomique et abordable du mythique
restaurant étoilé de Michel Bras à Laguiole, sur l’Aubrac. Je suis une
grande fan de ce type de projets : la haute gastronomie revisitée de façon
plus accessible, au cœur des villes et ouverte à tous pour un prix très
abordable (autour de 30 euros le menu). Au Café Bras, on prépare des mets du
terroir aveyronnais, avec l’obsession du bon produit et de la cuisine qui le
met en valeur sans le dénaturer. On mange des plats simples… mais réalisés avec
une telle virtuosité qu’on a l’impression de les redécouvrir. J’ai été
totalement convaincue.
Les figures touchantes du musée Fenaille
Ne quittez pas Rodez sans voir le musée Fenaille, dont les
collections vont du Paléolithique au Moyen Âge chrétien. Ce musée possède
notamment les fabuleuses statues menhirs : des statues
anthropomorphes datant de 3500 à 2000 avant Jésus Christ. J’ai eu le vertige
devant elles, devant ces représentations humaines si anciennes et parfaitement
préservées, parlant des rêves et des dieux de nos si lointains ancêtres… Les
collections médiévales sont sublimes elles aussi, avec des Christ, des Saints
et des Vierges d’une beauté lumineuse. Un ticket combiné vous permet de visiter
à la fois le musée Soulages et le musée Fenaille, je vous le conseille très,
très vivement !
Où dormir à Rodez ?
J’ai eu un tel coup de cœur pour le sublime Château de Labro, situé à moins de 10 minutes du cœur de ville de Rodez en voiture, que je vais lui consacrer un article spécial. Cet hôtel de charme est un des lieux les plus poétiques et singuliers que j’aie eu l’occasion de découvrir. Il y aura un concours à la clef… restez par ici !
A la rencontre des éleveurs de l’Aubrac
Parce que je suis venue en Aveyron fin mai, j’ai eu le plaisir d’assister à un grand évènement de la vie de l’Aubrac : les transhumances. Chaque année, le dernier week-end de mai, les troupeaux de vaches parées de fleurs, de cloches et de drapeaux colorés montent sur les estives (= prairies d’été) sur le plateau de l’Aubrac, où elles resteront jusqu’à la fin septembre. C’est une tradition pluriséculaire que les éleveurs de l’Aubrac cherchent à préserver, d’autant que les AOC l’exigent : que cela soit pour la viande Aubrac ou pour la production de fromage de Laguiole (qui comprend du lait de vache Aubrac), le cahier des charges exige que les bêtes soient nourries à l’herbe et passent l’été dans les prairies. On dit souvent que la vache Aubrac fait partie des plus belles vaches françaises, avec ses yeux maquillés de noir qui lui donnent un doux air de biche. Cette race a bien failli disparaître, sous le double effet des guerres et de la pression productivistes, et les gens de l’Aubrac sont très fiers d’avoir su préserver cet héritage, cette culture, et la belle tradition festive des transhumances. Au magnifique village d’Aubrac, mais aussi dans les autres hameaux tout au long du chemin, c’est la fête ce week-end-là, et l’occasion idéale pour déguster un aligot ou un gâteau à la broche. Tout au cœur de notre pays, aux confins entre Aveyron, Lozère et Cantal, ce haut plateau du Massif Central aux solitudes sublimes a des airs de France de carte postale. C’est toujours un bonheur d’y revenir…
Où dormir pour visiter l’Aubrac ?
J’ai eu l’immense bonheur de dormir avec mes amis aux Villas de Labro, à Espalion, juste au pied de l’Aubrac – nous étions idéalement placés pour les transhumances et nous avons passé un week-end de rêve dans un hébergement de très haut standing, et avec une vue incroyable sur un château fort. J’ai consacré à ces villas fabuleuses un article de blog spécial (ici : Villas de Labro), n’hésitez pas à y jeter un coup d’œil !
Les villas de Labro : pur bonheur en Aveyron
Cela ne sera certainement pas ma dernière fois en
Aveyron… le prochain séjour est déjà planifié. Impossible de se lasser de cette
terre si belle et authentique, où la beauté des paysages n’est égalée que par
la chaleur des gens. Merci à l’ADT de l’Aveyron de me permettre de continuer ma
belle histoire d’amour avec ce pays magique qui concentre tout ce qu’on aime en
France.
N’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter pour la suite de mes aventures en Aveyron et partout ailleurs !
Un voyage en Slovénie, de Bled à Bohinj, des Alpes juliennes
à Ljubljana, voilà le joli songe cousu de nature et de traditions que j’ai vécu
en septembre dernier. Moi l’éternelle amoureuse des Alpes, je rêvais depuis
longtemps de leur point le plus oriental : la Slovénie, tout au bout de la
chaîne de montagnes magiques. La Slovénie me tentait, mais je ne savais pas que
je serais conquise à ce point. J’ai retrouvé là-bas une sorte d’idylle
alpine parfaite, entre nature intacte, traditions préservées et beauté bucolique
des montagnes, des lacs et des sources. Au bord du lac de Bohinj ou sur les
hauteurs de Velika Planina, le temps semble s’être figé et j’ai eu la sensation
d’entrer dans un livre d’images d’Epinal. La Slovénie est belle, belle, belle
et pétrie d’authenticité. Voici mon carnet de voyage en Slovénie, écrit au fil
du séjour, avec l’immédiateté des sensations brutes.
Arc-en-ciel sur le lac de Bohinj
Voyage en Slovénie : impressions générales
Slovénie, petit pays plein de contrastes
Au nord, ce sont les Alpes. L’Autriche est à deux pas,
l’influence autrichienne est forte : beaucoup de gens parlent plus
spontanément allemand qu’anglais, on capte des radios et télés allemandes. Je
retrouve cette perfection montagnarde que j’ai tant aimée en Bavière, en Autriche
ou encore dans les Dolomites, cette impression de propreté cossue et de
tradition fièrement défendue.
Le costume alpin slovène transforme celui qui le porte en
Gandalf le mage : il se compose d’un grand chapeau mou, d’un bâton de
berger, de sabots, d’une chemise blanche à fleurs et d’une sorte de manteau de
paille censé être imperméable. Gandalf version gardien de vaches. Le nord de la
Slovénie est une région de montagnes, de petits villages préservés, de torrents
remplis de truites, de gorges étroites, de lacs et rivières aux eaux turquoise
et émeraude, de sommets effilés, d’alpages bucoliques, de villages aux crucifix
et géraniums, bref, une carte postale vivante dont je suis folle.
Je n’irai pas au sud cette fois, mais je sais que j’y trouverais l’Adriatique,
l’Italie à deux pas (Venise, Trieste), l’influence méditerranéenne puissante
dans les villes balnéaires.
Costume alpin slovène
Je lis les relevés climatiques et suis marquée par la force
des contrastes. Ljubljana est à la fois une ville du sud, où l’été est long et
chaud, et une ville des Alpes : l’hiver est interminable, le mercure
descend jusqu’à -20. En Slovénie, la saison de ski est très longue, parfois de
novembre à mai – les Alpes viennent contrecarrer la situation méridionale.
Bohinj
Une nation prospère, sur le modèle alpin
Il fait bon vivre en Slovénie, c’est ce qui me frappe
aussitôt. Le pays est prospère et respire la propreté et l’aisance, il
ressemble beaucoup à l’Autriche. Le salaire moyen est de 1000 euros, soit
400 euros de plus que la Croatie et bien plus encore que les Balkans. Parmi les
pays de l’ex-Yougoslavie, la Slovénie est clairement celui qui a su tirer son
épingle du jeu. Contrairement à nombre de pays d’ex-Yougoslavie qui
appartenaient à l’empire ottoman, la Slovénie était habsbourgeoise – elle fut
membre du saint empire romain germanique, puis de l’empire austro-hongrois. La
différence culturelle se ressent fortement. Comme l’Autriche, elle est
catholique, baroque, très influencée par la contre-réforme, alpine,
traditionnelle. Les Slovènes sont des Slaves, mais tout ici me rappelle les
pays germaniques, l’organisation des villes, le culte du recyclage et du vélo,
la ponctualité un peu rigide.
Eglise baroque à LjubljanaDouceur de vivre au lac de Bohinj
L’ombre de Tito
J’essaie timidement de poser des questions sur Tito, président
de l’ex Yougoslavie, en ayant peur d’offenser mes interlocuteurs, mais le sujet
ne choque pas. Les Slovènes ont une bonne opinion de lui. Avec les Russes
et les Polonais, les Slovènes sont le pays dont la population civile a le plus
souffert de l’occupation nazie, particulièrement atroce en raison de leur
mépris pour les peuples slaves et de l’idée selon laquelle la
« re-germanisation » de cette région qui avait fait partie du Saint
empire romain germanique pendant des siècles passait par la destruction des
Slovènes. Le pays s’est libéré lui-même, sans soldats étrangers (mais avec des
livraisons d’armes anglaises), avec Tito en grand chef de la résistance.
L’effort extraordinaire de libération a soudé les peuples de Yougoslavie
derrière lui. Tous disent la même chose, « seul Tito pouvait nous
unir ». Les Slovènes ont un bon souvenir de la Yougoslavie, et disent
pourtant que la rupture était inévitable après la mort de Tito. Les différences
culturelles étaient trop importantes, les différences de niveau de vie trop
flagrantes. Les Slovènes sont sortis vite et proprement de la Yougoslavie, sans
guerre, sans effusion de sang – leurs voisins balkans n’ont pas eu cette
chance…
Quelques spécialités à découvrir en voyage en Slovénie
* Le lait. Les vaches sont innombrables dans ce pays
d’alpages et de pâturages. On trouve des distributeurs de lait, de yaourt et de
crème dans les villes. Le yaourt à la myrtille est excellent, ce qui me réjouit
– c’est ma drogue préférée.
Vache à Velika Planina
Dessert chocolat myrtille = paradis
* Le miel. La Slovénie est le pays qui a inventé au 18e siècle
l’apiculture moderne avec Anton Jansa (1734-1773), apiculteur officiel de la
cour de Vienne. Une tradition ancienne est préservée : le fait de peindre
les ruches avec différentes couleurs, voire des fresques, des miniatures, des
scènes bibliques, de vraies œuvres d’art. Au 18e siècle, on pensait
que les abeilles reconnaissaient ainsi leur ruche. A Bled, à Ljubljana, on trouve
d’innombrables boutiques vendant tous les miels possibles et imaginables, et
des crèmes à la gelée royale, des sérums au venin d’abeille… Avec 5 apiculteurs
pour 1000 habitants, le pays a le plus grand ratio au monde. La Slovénie a
obtenu des Nations Unies que le 20 mai (naissance d’Anton Jansa) soit déclarée
journée mondiale de l’abeille et des pollinisateurs. Je croise des ruches au
beau milieu des villages, dans les jardins. Les abeilles sont très présentes
partout, plus que chez nous – visiblement, le déclin global des abeilles est
moins frappant ici, où elles sont très choyées.
Miels et cosmétique de luxe au château de Bled.
* Les pommes. En ce mois de septembre, le pays croule littéralement sous les
pommes, comme la Sicile sous les oranges. Pommes partout, dans les rues, dans
les jardins, que personne ne peut ramasser tant elles sont nombreuses. Bien
sûr, on boit d’excellents jus de pomme.
* Les champignons. Après la Finlande et la Suède, la
Slovénie est le pays le plus boisé d’Europe. 60% de sa surface est couverte de
forêts. L’obsession slovène, c’est la cueillette des champignons, et en ce
moment on les retrouve sur tous les marchés, dans tous les plats. Il paraît que
voler ses champignons à un Slovène est la seule chose qui puisse le faire
sortir de ses gonds.
* La potica, espèce de gros gâteau à couches multiples (noix, pommes, crème,
pavot…) complètement étouffe-chrétien. Je reconnais là la subtilité toute
germanique dans la pâtisserie.
Ce qui me marque, c’est la combinaison de la prospérité, de
la modernité et de la préservation de traditions ancestrales. Les Slovènes connaissent
le monde, voyagent et sont polyglottes, mais ils émigrent peu. Ils restent
souvent dans leur région. Ils vivent dans des villages minuscules ou de petites
villes où tout le monde se connaît. Ils épousent d’autres Slovènes, à l’extrême
limite des Autrichiens ou des gens d’ex-Yougoslavie. Dans les villages, les
maisons sont très proches les unes des autres, souvenir de l’époque où il
fallait resserrer les villes pour préserver les pâturages. Le catholicisme
reste fort, les mariages se font nécessairement à l’église. Il y a quelque
chose d’un peu ancien qui me plaît ici, une ambiance de village soudé et
attaché à son terroir, l’ouverture sur le monde en plus. Je me dis que je
pourrais vivre ici.
Le magnifique village de Stara Fuzina
L’ambition de la Slovénie, c’est le tourisme vert. Le pays
craint très fort un tourisme de masse, qu’il subit déjà à Bled. Pour cela, de
nombreuses mesures sont prises. La culture du recyclage est forte, avec du tri
sélectif partout, et de vrais encouragements à la mobilité verte. Le centre de
Ljubljana est entièrement piétonnier, sauf tôt le matin pour les livraisons,
mais des navettes électriques entièrement gratuites sillonnent la ville et
peuvent être appelée sur demande. Au lac de Bohinj, à Bled, on multiplie aussi
les navettes gratuites. Les pistes cyclables sont omniprésentes, la location de
vélos très abordables. Je constate l’insistance
sur les produits locaux – nombre de restaurants spécifient la provenance des
aliments, mettent un petit drapeau slovène ou vert à côté des produits locaux.
Le tourisme surfe sur l’écologie, avec beaucoup « d’eco-resorts ».
Ceux que j’ai visités étaient super, alliant confort et écologie, mais
apparemment il y a aussi, comme partout, pas mal de greenwashing et d’arnaque, où
on paie au prix fort l’inconfort.
La communication du pays est axée sur la nature. La couleur de l’office
national du tourisme est le vert, et on communique beaucoup sur la rando, le
vélo, le kayak, etc.
Ce sont des écolos tradis affables et qui mangent du yaourt aux myrtilles. Oui,
vraiment, je pourrais vivre ici.
Avec Grega de Hike and Bike à Bohinj
Voyage en Slovénie : le carnet de bord
La vallée de Bohinj et la gorge de Vintgar
J’arrive dans la vallée de Bohinj, à l’entrée du parc
national de Triglav. Je suis heureuse de découvrir le sixième pays de l’arc
alpin, après la France, la Suisse, l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie. Les
Alpes juliennes (celles de Slovénie) sont à la mode, elles figurent parmi les
10 destinations 2018 du Lonely Planet, et semblent le mériter : j’adore
ces paysages de cascades, de gorges, d’alpages et de villages préservés.
Le Triglav (2400 mètres) est le plus haut sommet slovène et un véritable
mythe national. On est pas un vrai Slovène sans l’avoir gravi au moins une
fois, un peu comme le Mont Fuji au Japon. La première ascension eut lieu en
1778, soit 8 ans avant le Mont Blanc – cela m’intéresse, moi qui croyais que
l’alpinisme avait été inventé en Chamonix et que personne n’avait grimpé à une
montagne avant. Certes, le Mont Blanc est deux fois plus haut, mais tout de
même. A Bohinj, une statue commémore les « quatre braves » qui ont
réussi ce premier exploit. On voit le Triglav de partout autour du lac, une
belle figure tutélaire dentelée.
Le Triglav au fond, et les quatre braves
Le lac de Bohinj est superbe. On y nage, fait du paddle, du kayak, et les bateaux à essence sont interdits. L’église au bord du lac, hélas fermée, est la plus célèbre de Slovénie, en raison de sa décoration complètement bizarre et ésotérique : des anges avec des dents (Dracula n’est pas très loin…), des démons, des anges en trompe l’œil qui ouvrent et ferment les yeux… Je mange une fabuleuse glace à la myrtille en bénissant ce pays. Je fais un grand tour en vélo électrique avec Grega de Hike & Bike, prestataire super sympa et passionné.
Nous visitons ensemble le village de Stara Fuzina, magnifiquement typique, avec ses maisons en bois, ses géraniums, ses pommiers, et enchaînons avec la découverte d’une gorge et d’une cascade dans le parc national de Triglav. Cela me fait terriblement penser à la Bavière et à l’Autriche : des Alpes moins hautes que les nôtres, mais très vertes, très aquatiques, et aux villages ultra traditionnels. Evidemment, j’adore.
Gorge dans le parc national de Triglav, près de Bohinj
Tôt le matin, dans la lumière dorée, je visite la gorge
de Vintgar, qui est absolument sublime : une gorge étroite,
vertigineuse, traversée par une rivière émeraude avec de multiples cascades. Un
chemin de fer surplombe la gorge : il reliait autrefois l’Autriche, la
Slovénie et l’Italie dans un long voyage de légende. Aujourd’hui, il a le
statut de curiosité folklorique : des trains à vapeur d’époque le
parcourent le week-end.
Je pars avec un regret : ne pas avoir vu la turquoise vallée de la Soca,
qui me fera revenir ici…
Bled, l’incontournable
Me voici à Bled. Bled est LE spot touristique en Slovénie,
et il faut dire qu’il y a de quoi : c’est un cocktail parfait de tout ce
qu’on aime quand on est un touriste un peu romantique. Il y a un lac bucolique
avec des barques traditionnelles, un château de conte de fées perché au sommet
d’une falaise et une petite église baroque sur une île au milieu du lac. C’est
absolument magnifique, sans doute un des plus beaux lacs des Alpes, et un des
plus pittoresques. On comprend pourquoi les Habsbourg et Tito avaient une
résidence d’été à Bled. Je souris de voir que la Villa Bled, résidence d’été de
Tito, est aujourd’hui un hôtel de luxe 5* – ainsi finissent les communistes au
temps du capital.
J’arrive à Bled à la nuit, pour dîner au prestigieux restaurant gastronomique du château de Bled. La vue sur le lac est extraordinaire. Plusieurs couples célèbrent leurs fiançailles ou leur mariage dans ce cadre féerique. Le chef est talentueux, cela se sent à chaque étape, et prépare des produits locaux de façon extrêmement raffinée. Cela sera mon plus beau repas lors de ce voyage en Slovénie.
Vue depuis le restaurant du château de Bled
Sur le lac de Bled, une seule sorte de bateaux est tolérée : des barques traditionnelles qu’on déplace à la rame seulement. Les bateliers du lac de Bled appartiennent à un cartel, pardon, une confrérie, jalousement préservée depuis 1740 (date de la création de la confrérie par l’impératrice Marie Thérèse). Cela fait donc 250 ans que la charge se transmet exclusivement de père en fils pour les 27 propriétaires de ces barques en bois ouvragé qu’on ne déplace qu’à la rame (aucun moteur n’est toléré à Bled). Ils sont en situation de monopole depuis 250 ans, et j’avoue que cela se sent. On part pour la petite chapelle avec une heure de retard sans aucune explication, mais c’est tellement beau que j’oublie de râler.
Je retourne de jour au château de Bled pour découvrir une expo
intéressante sur les guerres de religion en Slovénie, qui fut un des premiers
foyers du protestantisme. Une machine Gutenberg a permis la diffusion de la
Bible en plusieurs langues, et plusieurs prédicateurs protestants s’étaient
réfugiés au château de Bled. La contestation religieuse fut écrasée dès le 16e
siècle, bien avant la guerre de 30 ans. La contre-réforme a été très forte en
Slovénie et le pays est résolument catholique depuis. Puis je redescends au
bord du lac pour un repas délicieux dans un des nombreux restaurants sur la
rive. Au menu : truites et champignons.
Je dors au très beau Rikli Balance hotel. Rikli était
un Suisse du 19e, inventeur de cures que ne renieraient pas les
bobos d’aujourd’hui (comme moi) : végétarisme, pas d’alcool, repas légers,
marche et bains thermaux. S’il surprenait ses curistes en train de manger de la
viande ou de boire de l’alcool, il les virait du sanatorium sans ménagement.
C’est comme ça que le tourisme s’est développé à Bled, les aubergistes du coin
récupérant les hérétiques exclus. Le Rikli Balance Hotel d’aujourd’hui est
clairement moins spartiate. Le spa est gigantesque, fabuleux. Je bénéficie d’un
massage de tout le corps (1h20 !) avec des huiles essentielles de montagne,
je suis en string en papier jetable et une dame à l’air sévère me malaxe
énergiquement tout le corps comme si j’étais une boule de pain complet. Très sympa.
Sur les sommets de Velika Planina
Je prends la route pour Velika Planina, une région alpine
près de Kamnik. C’est de toute beauté. Je retrouve les Alpes en majesté :
sommets élevés, alpages verdoyants, sources claires. Nous montons à un hameau de haute altitude exclusivement réservé aux bergers depuis des siècles, et je suis fascinée. Pour vivre ici, il faut avoir des vaches sur les estives, telle est la règle. Le village n’est habité que de mai à septembre, lorsque les vaches sont en altitude. L’électricité n’est pas venue par des câbles, mais depuis 15 ans, les bergers y ont droit grâce à des panneaux solaires. Les maisons respectent toutes le plan traditionnel : il s’agit de cabanes en bois totalement différentes de ce que j’ai vu partout ailleurs dans les Alpes, avec une structure ronde, un bois grisé, une architecture vraiment ultra typique à cette région de Slovénie. Je n’ai jamais vu ça. Nous buvons un jus de pomme chez Robert, berger et aubergiste pour les touristes en quête d’authenticité alpine.
La chapelle « Notre Dame des Neiges » est saisissante, avec son autel en chaîne noueux, son architecture qui me rappelle les églises en bois debout (Stabkirche) de Norvège. Je suis dans un autre monde.
Nous redescendons dans la vallée et découvrons la source de Bistriska, d’un vert saisissant, et sa gorge. Ce pays est magnifique.
Ljubljana, baroque et art nouveau
Je suis bien disposée envers Ljubljana dès la découverte de
mon hôtel : le merveilleux Vander Hotel, un 4 étoiles ultra design
et un peu bling bling avec un bar de hipster, un resto magnifique sur la
rivière et une terrasse rooftop avec piscine, coucher de soleil et tabourets en
forme de bouchon de champagne. Je regrette de n’avoir personne avec moi pour
faire des photos super instagramables.
Encore une fois, je ressens profondément mon amour pour ce que les Allemands appellent « Mitteleuropa » (l’« Europe du milieu », celle de l’ancien empire des Habsbourg). J’ai adoré Ljubljana parce que j’y retrouve un moule culturel précis dans lequel mon imaginaire s’est formé, à Munich, à Augsburg, à Salzbourg, à Innsbruck, à Vienne, à Prague, à Ljubljana aujourd’hui. Ce sont d’anciennes villes médiévales complètement refondues à l’époque baroque, à l’époque de la Contre-Réforme catholique, avec une sorte exubérance baroque lumineuse qui me met en joie. Ce sont des villes souvent marquées ensuite par l’Art nouveau, par un début de 20e siècle profondément symbolique et onirique. Le grand architecte Art Nouveau de Ljubljana a aussi marqué Prague de son empreinte : c’est Plečnik. Ce sont des villes où vivaient, avant les catastrophes atroces du 20e siècle, des allemands, des italiens, des juifs, des slaves… C’est le cœur battant de la vieille Europe et c’est ma patrie intellectuelle fantasmée. Je retrouve lors de ce voyage en Slovénie un imaginaire qui m’a accompagnée durant toutes mes études, un idéal européen vivant.
A Ljubljana, la ville médiévale a disparu avec le tremblement de terre de 1511, à l’exception du château surplombant la ville sur sa colline. La ville est résolument baroque : grandes façades lumineuses, bulbes dorés, murs pastels. Je pense à Salzbourg, à Innsbruck, notamment pour le côté « cuvette » au milieu des Alpes et la profusion baroque.
La cathédrale de Ljubljana est d’ailleurs un quasi clone de celle de Salzbourg : inspiration chapelle Sixtine, très haute voûte ronde percée, inspiration contre-réforme à fond dans la déco. Je suis très marquée par les portes, refaites dans les années 1980 pour la venue de Jean-Paul II – elles sont à la fois saisissantes et effrayantes, une grande fresque de métal fondu montrant toute l’histoire du christianisme en Slovénie, la première christianisation à l’époque romaine, la repaganisation avec l’invasion des Slaves, puis le baptême des Slaves, la grande épopée des croisades, la contre-réforme, les grands évêques du 19e. Jean-Paul II trône au sommet.
L’autre grande influence qui marque la ville, c’est donc
celle du fameux Plečnik, architecte star de l’art nouveau dans l’empire
austro-hongrois qui a marqué de son empreinte Prague, Vienne, et surtout
Ljubljana. Il a édifié partout des sortes de lampadaires à la fois symbolistes
et futuristes, des ponts, et plusieurs monuments, dont un qui ressemble au Flat
Iron new-yorkais. La vieille ville est entièrement piétonne et s’organise
autour d’une rivière, Ljubljanica, un affluent de la Save. La plus belle marche
est en bord de rivière, lumineuse et joyeuse. Les ponts sont innombrables, les
plus célèbres étant les « trois ponts » de Plečnik face à l’église
mariale, une architecture à la fois ultra classique et audacieuse qui sublime
l’église baroque adjacente, et un pont à cadenas d’amour qui ressemble au pont
des arts parisiens. Je pense aussi à Paris, à Nancy. J’adore l’art nouveau,
j’adore cette atmosphère à la fois germanique et méditerranéenne, ce genre de
lieu hybride me correspond.
Je vais enfin saluer le mythique « pont du dragon »
que j’ai si souvent vu en photo. J’adore cette vision fantasmagorique.
Quelques bonnes adresses à Ljubljana
– Rogaska, fabrique de cristal depuis 1655 – Movia, petit bar à vins de vins slovènes (micro production car petit pays, mais bons vins, avec la grande diversité des climats, des Alpes à la Méditerranée – ils font de tout) – Dvorni, idem : vins + tapas slovènes – Klobasarna, le fast food slovène : des saucisses – Honey House : magasin de miel traditionnel avec les ruches peintes. L’apiculture est un incontournable de tout voyage en Slovénie – Piranske Soline : les salines de Slovénie, le sel pour la cuisine, la cosmétique, etc – Gujzina, resto réputé travaillant notamment l’huile de pépin de citrouille, spécialité slovène, et les fameux gâteaux si légers (potica, gibanica) – Galeria Idrijske Cipke : travail à la main de la dentelle, très impressionnant, très cher – Druga Violina : café resto réputé aux velléités artistiques et branchées – Valentin : excellent resto de poissons à l’emplacement de l’ancien marché aux poissons – Monstera Bistro : cadre un peu terne mais nourriture très bonne et locale – Vander Hotel : le resto est excellent et situé en bordure de rivière. Mon 2e coup de cœur gastronomique lors de ce voyage en Slovénie.
Je quitte la Slovénie avec un nouvel amour au cœur et quelques certitudes renforcées : – Pour leur mélange de paysages grandioses et de cultures à l’identité si forte et persistante, les Alpes sont la chaîne de montagnes la plus merveilleuse du monde et mon amour pour elles est immortel. – J’ai vraiment une affinité profonde avec ce type de destinations : donnez-moi de la Suisse, de la Bavière, de l’Autriche, de la Slovénie, c’est tout ce que j’aime. – Ce pays mérite tout le bien qu’on en dit. – Les myrtilles et leurs dérivés, c’est vraiment la vie. Slovénie, merci, je reviendrai, j’en suis sûre.
Epinglez-moi !
Je suis venue en Slovénie en tant que journaliste, en voyage
de presse individuel organisé par l’OT de Slovénie, pour un reportage pour
Version Femina. Cet article de blog n’est qu’un bonus, je partage mes
impressions avec vous sans aucune obligation, juste pour le plaisir. J’ai adoré
ce pays.
Connaissez-vous la Saône-et-Loire ? Nous sommes tout au sud de la Bourgogne, dans la région de Mâcon, Chalon-sur-Saône et Tournus, bercés par le flux lent de la Saône bordée de collines. C’est un pays de vignobles et de villages, de châteaux et de gastronomie – la France comme je l’aime, pittoresque, riche de patrimoine et de savoir-faire. J’ai eu le plaisir de découvrir cette région dont les beautés restent méconnues, et j’ai été surprise et charmée par ses beautés et son art de vivre. Nous sommes en Bourgogne, et les plaisirs de la vigne et de la table sont à l’honneur. Villes aux trésors secrets, villages de caractère, châteaux romantiques, coteaux aux noms poétiques, la Saône-et-Loire a su me séduire. Peut-être n’aviez vous pas songé à cette destination ? Je la découvrais aussi. Mais j’espère qu’après m’avoir lue, vous vous direz qu’un week-end en Saône-et-Loire (ou bien plus si affinités !), cela vaut le coup. Partons l’explorer ensemble…
Pourquoi la Saône-et-Loire ?
Mâcon, Chalon, Tournus, vous connaissez ? Je n’y avais jamais mis les pieds avant cette année, je ne m’étais jamais arrêtée sur l’autoroute de Lyon vers Paris, et je me rends compte que j’ai eu tort. Cette région mérite au moins une petite halte – c’est si facile de sortir de l’A6 pour aller visiter la sublime ville de Tournus, vous êtes à deux pas –, et bien plus encore.
Pour le vin et la gastronomie, sans se ruiner : la Bourgogne abordable
La Saône-et-Loire, c’est en Bourgogne, et qui dit Bourgogne dit vins délicieux et haute gastronomie. Après avoir découvert la Côte d’Or et les beautés de Dijon et Beaune à l’automne dernier, j’étais heureuse de revenir dans ce pays de grands vins et de bonne bouffe, cette fois plus au sud. Le paysage est différent : plus vallonné, plus marqué par la présence de l’eau, il m’a davantage rappelé mon séjour dans la Loire qu’en Côte d’Or. Mais côté table, les ingrédients sont les mêmes. On retrouve un très grand attachement à la vraie gastronomie, au fait-maison, à la cuisine française avec des produits frais de terroir, on retrouve des vignobles prestigieux et des vins délicieux. On mange vraiment très bien en Saône-et-Loire, je n’ai cessé de le constater. La plus grande différence pour le voyageur, c’est sans doute que la Saône-et-Loire est plus abordable : nous sommes plus loin de la Côte de Beaune et Côte de Nuits, qui attirent par leur prestige international une clientèle très fortunée. La Saône-et-Loire, c’est une Bourgogne plus accessible, peut-être un peu moins luxueuse, mais tout aussi attachée à l’hospitalité bourguignonne. C’est un excellent endroit pour découvrir ce patrimoine et ses plaisirs, sans disposer forcément d’un gros budget.
Pour son patrimoine : la beauté des villages et des châteaux de Saône-et-Loire
Connaissez-vous la forteresse de Brancion, trônant fièrement depuis des siècles au-dessus d’une plaine immense couverte de villages pittoresques ? Ou encore les châteaux de Germolles et de Cormatin, petits joyaux préservés ?
Château de CormatinForteresse de Brancion
Connaissez-vous la rue de Strasbourg à Chalon-sur-Saône, qui fourmille de restos à deux pas de la Saône ? Connaissez-vous le charme des villages de la côte châlonnaise, comme Mercurey ? Connaissez-vous l’extraordinaire abbaye romane St Philibert à Tournus, qui fête ses mille ans cette année ? Connaissez-vous le Val Lamartine, au sud de Mâcon, avec ses châteaux romantiques et ses vignobles étendus au pied de la sublime roche de Solutré ?
Tournus
Chalon-sur-Saône
Château de Pierreclos
Fuissé dans le Mâconnais-Beaujolais
La Saône-et-Loire, c’est un manteau de petits bijoux méconnus, châteaux, églises, villages de charme, qui ne cessent de me montrer combien la France est belle et mérite qu’on la découvre.
Chalon-sur-Saône, vivante et colorée
Chalon-sur-Saône m’a véritablement surprise : je n’en attendais rien, car je ne la connaissais pas et n’avais jamais vu de photos d’elle dans les magazines, et j’ai été conquise.
D’abord parce qu’elle est véritablement vivante. Le cœur de ville entièrement piéton est incroyablement riche en bars, cafés, petits restos et boutiques originales. Les façades sont étonnamment colorées, donnant un petit air méridional à cette ville que la Saône relie au rêve du sud, et de nombreuses fresques en trompe-l’œil rappellent l’amour de Chalon pour le théâtre et les arts vivants : chaque année, le festival Chalon dans la rue attire un monde fou et renforce la nature conviviale de Chalon. J’ai eu un coup de cœur pour la rue de Strasbourg avec tous ses restos, pour les nombreuses fontaines et terrasses qui suggèrent une vie tournée vers l’extérieur.
Ensuite, parce qu’elle est belle. La place de la cathédrale est absolument sublime, une vraie vision de carte postale avec ses maisons à colombages et son impressionnante architecture gothique, restée intacte à la Révolution. Saviez-vous que la photographie a été inventée à Chalon, par Nicéphore Niepce ? Si j’avais été Niepce, j’aurais moi aussi eu envie d’inventer la photo pour immortaliser la place de la cathédrale. Quoi qu’il en soit, le musée Niepce (que je n’ai pas eu le temps de visiter) me fera revenir à Chalon : il a l’air absolument extraordinaire, un trésor de l’histoire de la photographie !
Une bonne adresse à Chalon : le resto La forge. Je vous parlais de la gastronomie bourguignonne de grande qualité, mais abordable, La Forge en est un excellent exemple. Ce petit resto situé rue de Strasbourg cultive l’amour du travail bien fait, à l’image des ancêtres artisans forgerons à qui il rend hommage. Pour une trentaine d’euros, un vrai menu gastronomique de grande qualité, avec des produits du terroir préparés avec soin, des fleurs du jardin (saveurs originales) et des alliances très réussies !
Une balade sur la côte chalonnaise
La Bourgogne compte trois côtes célèbres : la Côte de Nuits, la Côte de Beaune et la Côte chalonnaise. Si cette dernière ne fait pas partie du périmètre classé à l’UNESCO, elle produit elle aussi de très grands vins, avec une même organisation géographique : les climats de Bourgogne, une répartition de l’espace vinicole en toutes petites parcelles classées selon la nature de leur sol et de leur ensoleillement, ce qui signifie que chacune est unique. Ici, puisqu’on travaille les mêmes cépages, c’est véritablement le sol qui détermine la valeur du vin, ses arômes et sa personnalité – ici on boit le sol, on ancre le vin profondément dans un terroir précis et intimement connu. Je vous avais longuement parlé des climats de Bourgogne dans mon article sur la Côte d’or, n’hésitez pas à relire les explications si le sujet vous intéresse : les mêmes principes s’appliquent à la Saône-et-Loire, le même soin est accordé à la vigne, au raisin et au vin.
La côte chalonnaise me plaît beaucoup esthétiquement, car elle est verte et vallonnée, un paysage de carte postale, où les coteaux épousent les formes des collines et où des châteaux émergent des vignes.
Magnifique château de Rully
Ma visite commence au domaine Chanzy à Bouzeron. Propriétaires de 80 hectares de vigne répartis sur les trois côtes de Bourgogne, ils proposent à la vente et la dégustation les grands vins de Bourgogne – les Grands crus, les plus prestigieux de tous, les Premiers crus, et les crus Villages. Mais ce que je retiendrai de ma visite, c’est leur fabuleux Crémant de Bourgogne (un vin effervescent, comme le champagne), vraiment exquis !
Je découvre ensuite le superbe château de Rully, vision idyllique d’un château médiéval au milieu des vignes, avant de filer à Mercurey, un des plus jolis villages de la côte chalonnaise. Du domaine Château de Chamirey, la vue sur le village et les coteaux est de toute beauté, une vision de cinéma qui achève de me convaincre de la beauté de la Saône-et-Loire. Le domaine produit d’excellents vins issus des meilleurs terroirs de Mercurey, et le lieu superbe invite à s’éterniser un peu sur la terrasse pour une dégustation avec vue.
Un château fabuleux en Saône-et-Loire : bienvenue à Germolles
Voulez-vous retourner au XVe siècle, à l’époque des glorieux ducs de Bourgogne, qui furent plus riches que le roi de France et dont le duché courait jusqu’à la Flandre ? Alors, il faut que vous visitiez Germolles, qui est la mieux préservée des demeures ducales, et qui appartenait à l’opulente et puissante Marguerite de Flandre. Ce n’est pas une forteresse médiévale, c’est un palais d’apparat et d’agrément, qui augure déjà des fastes de la Renaissance. J’ai adoré la visite de ce lieu en compagnie de son propriétaire, immensément érudit et passionné, et la beauté de ce cadre romantique.
Tournus, une merveille de ville médiévale
Je me suis sentie coupable de ne pas connaître Tournus alors que j’ai vu environ mille fois sur l’A6 le panneau marron annonçant l’abbaye St Philibert, que cette ville magnifique est à 5 minutes de la sortie d’autoroute, et que j’adore l’art roman. Verdict : j’avais raison de me sentir coupable. Sincèrement les amis, au lieu de manger un sandwich triangle sur une aire, sortez de là et allez voir Tournus. La ville n’a que 6000 habitants, mais un charme fou, et tellement d’atouts dans sa manche. Voici donc quatre excellentes raisons d’aller voir Tournus.
Vous l’aurez compris, la fabuleuse abbaye St Philibert vaut vraiment le coup. C’est un chef d’œuvre de l’art roman, avec un cloître d’une beauté rare, un petit bijou paisible à l’ombre des grands arbres. L’église abbatiale est une des plus grandes églises romanes, et une des mieux conservées – une véritable machine à remonter le temps. Et que dire de la crypte ? Mon Dieu, il faut tourner des films mystiques façon Nom de la rose dans cette crypte ! Immense, obscure, avec sa forêt de colonnes sculptées et son puits bruissant de légendes…
Vous connaissez sans doute les hospices de Beaune, mais connaissez-vous ceux de Tournus ? Un peu plus récents – ils datent du 17e siècle –, ils sont superbes et fascinants, notamment leur apothicairerie d’époque, avec ses boiseries et sa collection de fioles mystérieuses, remplies de poisons et de remèdes…
Tournus est une ville d’art : de très nombreuses galeries et boutiques d’art emplissent les ruelles, et un parcours fléché vous permet de toutes les découvrir. Quel dynamisme pour une aussi petite ville !
Enfin, Tournus est une ville de gastronomie : elle a longtemps compté 4 restaurants étoilés au Michelin, et en possède toujours deux. Le restaurant étoilé de Greuze réouvre ce printemps, et ils proposent désormais une version bistronomique abordable, Le bouchon bourguignon. Une excellente adresse pour découvrir la cuisine de Greuze pour une trentaine d’euros avec une qualité de service extraordinaire !
Des châteaux merveilleuxautour de Tournus
Cela fut un des grands moments de ma découverte de la Saône-et-Loire : le pays des châteaux autour de Tournus, où je suis allée de merveille en merveille.
Je commence par mon coup de cœur ultime : la forteresse de Brancion. Vraiment, ne passez pas à côté, ce lieu est magique. La forteresse fut trois siècles dans les mains des Seigneurs de Brancion, avant de revenir aux ducs de Bourgogne, et c’est une petite Carcassonne de Saône-et-Loire, une merveille de village fortifié dressé sur son éperon au-dessus de la plaine. Les vues depuis le sommet du donjon sont fabuleuses, l’ambiance est celle d’un film d’époque, et le calme règne dans ce village sans voitures, où vivent une douzaine d’habitants. De nombreuses manifestations sont organisées l’été, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil au programme. La vue depuis la chapelle de Brancion est une des plus belles de Saône-et-Loire, et on devine les magnifiques villages en contrebas, notamment Chapaize, avec son église romane vraiment singulière, différente de tout ce que je connais avec son entrelacs de piliers énormes et spectaculaires.
Brancion
Allez ensuite faire un tour au magnifique château de Cormatin, qui m’a séduite par une particularité rare : plusieurs pièces ont conservé leur décoration intégrale du 17e siècle, ce qui signifie une opportunité vraiment rare de remonter 400 ans en arrière dans la vie quotidienne des aristocrates. Certaines pièces sont vraiment spectaculaires, tant au niveau de l’ameublement que des ornements muraux. J’ai adoré les jardins avec leurs labyrinthes de buis, une petite merveille Renaissance.
Un hébergement romantique et insolite en Saône-et-Loire : Et si vous voulez vivre la vie de château en Saône-et-Loire, enchaînez donc sur une nuit au château de Balleure. Ce n’est pas tous les jours qu’on peut dormir dans une forteresse médiévale où ont été aménagées des chambres d’hôte tout confort – qui sont plutôt des suites d’hôte, étant donné la taille des pièces ! Les propriétaires du lieu sont passionnés et très investis dans ce projet rare. Cette nuit de princesse restera un souvenir à part !
Un fabuleux étoilé près de Tournus : La Marande
Je vous ai dit que la Saône-et-Loire était une fabuleuse destination gastronomique, et j’ai eu le privilège d’un repas merveilleux dans un restaurant étoilé, La Marande, à Montbellet. Que dire ? C’est le genre de moments où on devient chauvin et qu’on se souvient pourquoi la cuisine française est considérée comme la meilleure du monde. J’ai une fascination totale pour le savoir-faire de ces artisans virtuoses qui savent sublimer le produit sans le dénaturer, faire exploser toutes les saveurs avec originalité et élégance. Qu’est-ce que j’ai bien mangé à La Marande ! Je retiens particulièrement mon plat, un dôme de crustacé à l’encre de seiche, avec langoustines, petits champignons et fleurs de printemps… quelle merveille ! Les variations de fraise et rhubarbe en dessert, les amuse-bouche raffinés, tout m’a séduite. Le cadre est coloré et chaleureux, et le service attentionné – les propriétaires sont vraiment d’une grande gentillesse. Retenez cette belle adresse, d’autant qu’elle est abordable : menu du marché à 30 euros, menu plaisir à 47 pour les plus accessibles.
Un petit tour en gyropode dans les vignes ?
Je suis à Lugny, une très célèbre cave coopérative au cœur du pays de Chardonnay : ils sont aujourd’hui les premiers producteurs de vin en Bourgogne. Sur des terroirs exceptionnels comme Les Charmes, ils ont su développer des vins de prestige qui cherchent aujourd’hui à obtenir leur propre appellation, Lugny, pour souligner leur singularité au sein des coteaux du Mâconnais. Vous pouvez bien sûr visiter la cave et déguster leurs vins – notamment des blancs, qu’on dit délicieux et qui ont fait leur célébrité : on connaît dans le monde entier le nom du village de Chardonnay, qui est sur le territoire de la coopérative. Mais cette fois-ci, ce n’est pas ce que j’ai fait : je suis plutôt partie me balader en gyropode dans les vignes ! J’avais un peu d’appréhension quant à cette activité que je ne maîtrise pas et je me demandais si j’allais finir l’après-midi avec toutes mes dents de devant, mais contre toute attente, j’ai adoré. On prend très vite le coup de main, le gyropode est beaucoup plus stable et maniable qu’il n’y paraît, et c’est vraiment très fun. Easy rider à roulettes au milieu des vignes, c’était un joli moment, et les paysages étaient très beaux – je vous le conseille !
Le Mâconnais romantique : le Val Lamartine
Le val Lamartine ? C’est le pays natal d’Alphonse de Lamartine, un des plus grands poètes romantiques français. Vous le connaissez forcément, car il est l’auteur du célébrissime poème Le Lac : « Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices ! Suspendez votre cours : Laissez-nous savourer les rapides délices. Des plus beaux de nos jours ! » Lamartine est resté profondément attaché à sa région d’origine, et tous les villages au sud de Mâcon portent son empreinte : il a vécu dans certains lieux, aimé dans d’autres, et d’autres encore ont fait l’objet de quelques vers, la tourelle d’un château ou la courbe d’un coteau ont été chantés par son lyrisme. C’était un endroit que je rêvais de découvrir, et qui aurait comblé toutes mes espérances si je n’avais pas joué de malchance avec la météo. Mes photos sont ternes, car j’ai vu le val Lamartine sous un ciel gris de pluie et de brouillard, mais j’adorerais y revenir pour prendre le temps de l’explorer lentement… d’autant qu’une célèbre route de cyclotourisme, la voie verte, traverse le val. Je reviendrais bien en vélo (électrique, c’est vallonné ;-)) pour aller paisiblement de château en château et tous les visiter. On commémore cette année les 150 ans de la mort de Lamartine, l’occasion me semble idéale.
A Milly, qui s’appelle désormais Milly-Lamartine en hommage à son plus illustre habitant, on découvre la maison natale du poète, et j’ai trouvé le cadre de toute beauté, un tableau romantique parfait. Le château de Berzé était en ruines à l’époque de Lamartine (« un vieux château en ruines, enveloppé de ses tourelles et de ses tours »), mais c’est aujourd’hui une superbe forteresse restaurée qui trône au sommet d’une colline. Mon coup de cœur fut le château de Pierreclos, où vivait l’amante de Lamartine, un magnifique ensemble aux toits de tuiles vernissées entouré de coteaux, et qui fait tellement bourguignon… Je n’ai pas eu le temps de pousser jusqu’au château de Saint Point, où a vécu Lamartine, mais je suis sûre de revenir pour visiter ces endroits. J’aime profondément les lieux que l’art a transfiguré et mythifié, où vibre encore l’écho d’une voix puissamment originale…
Château de Pierreclos
Une balade dans le Mâconnais-Beaujolais, entre roches et grands crus
En Bourgogne, pays incontesté des grands vins, on saute d’un terroir mythique à un autre… après les trois Côtes, voici le Beaujolais. Situé à cheval entre la Saône-et-Loire et le Rhône, le Beaujolais est connu dans le monde entier grâce à la célébration du Beaujolais nouveau. Dès mon arrivée dans le Beaujolais, je tombe sur une vision que j’adore : un cheval de trait en train de désherber les vignes en retournant la terre entre les rangées. Le propriétaire m’explique que dans ce pays très vallonné, où le vin pousse sur des pentes souvent raides et en lignes serrées, le cheval est parfois la meilleure solution. Il me dit aussi que nombre de vignerons du pays sont dans une démarche de retour au naturel – moins d’intrants, moins de tracteurs – et que le cheval s’inscrit pleinement dans cet idéal. J’adore cette vision bucolique.
Le pays du Mâconnais-Beaujolais est magnifique, avec deux attraits phares que je rêvais de voir : la roche de Vergisson et la roche de Solutré. Ce paysage labellisé Grand Site de France est absolument exceptionnel, non seulement par sa perfection esthétique – les deux roches monumentales se dressent au-dessus des vignes et dessinent un panorama de toute beauté – mais par sa puissance historique et symbolique : c’est ici qu’on a retrouvé un des plus beaux sites archéologiques du Paléolithique d’Europe. Ici, les fouilles ont mis à nu des meubles, des silex, des bijoux, une civilisation si riche et complexe qu’on l’a nommée d’après la plus majestueuse des deux roches : on parle du « Solutréen ». Un musée de la préhistoire permet de découvrir les résultats des fouilles et de mieux comprendre cette lointaine période de notre histoire.
Autour de la roche de Solutré se trouvent de nombreux coteaux prestigieux, comme le Pouilly-Fuissé. J’ai été charmée par le village de Fuissé et son église au milieu des vignes… mais aussi par les nombreux autres villages pittoresques de la région, comme St Amour, St Vérand, le hameau de Moulin à Vent…
Hameau Duboeuf
Villages du Mâconnais-Beaujolais
La balade s’achève dans un lieu célèbre : je vais découvrir le lieu où le Beaujolais nouveau est né, le Hameau Duboeuf.
Un superbe musée et parc d’attraction du vin : le Hameau Duboeuf
Le hameau Duboeuf ? C’est sans doute un des sites les plus touristiques de Bourgogne, mais il le mérite tellement que je vous le recommande sans hésiter. J’ai été bluffée par cet immense espace, mi musée, mi parc d’attraction du vin, où on peut presque passer une journée entière sans s’ennuyer. Le célèbre vigneron et marchand de vin Georges Duboeuf a créé ce lieu hors du temps à la gloire du vin et de ceux qui le fabriquent, et la visite est vraiment séduisante, même si vous n’êtes pas un fanatique d’œnologie (ce que je ne suis pas non plus).
Le lieu est magnifique : une ancienne gare transformée en espace touristique, conservant un charme 1900 très prononcé, avec des fresques de style PLM et une décoration rétro que j’adore. La salle de spectacle, à la fin de la visite, avec son ambiance de cabaret Belle Epoque, vaut vraiment le détour. La visite mêle espaces muséographiques (passionnants : sur l’histoire de la vigne, du vin, des ravageurs, des méthodes phytosanitaires…) et espaces ludiques, avec notamment une sorte de vol en 4D au-dessus des vignes du Beaujolais très réussi. Mais le hameau Duboeuf, ce sont aussi des jardins – où différents engins permettent des parcours ludiques pour les enfants –, une boutique immense et spectaculaire avec un nombre incroyable de vins, un restaurant, des dégustations, un petit train… bref, un fourmillement de divertissements pour toute la famille et qui marche aussi avec les adultes. J’ai beaucoup aimé la nouveauté 2019, une sorte de spectacle vidéo en relief présentant l’histoire du Beaujolais. Je ne pensais pas qu’une sorte de Disneyland du vin pourrait m’intéresser aussi, j’ai été très agréablement surprise – et j’ai beaucoup appris.
Les secrets de Mâcon
Mon séjour en Saône-et-Loire s’achève par la découverte de Mâcon, qui est aujourd’hui plus connue de la clientèle d’affaires en raison de son impressionnant parc hôtelier : si vous cherchez une halte sur l’A6, sachez que Mâcon compte un grand nombre d’hôtels de qualité à des prix très intéressants, ce qui en fait une destination appréciée des congressistes. Mais pour le grand public, pourquoi aller à Mâcon ? Pour la gastronomie – en vraie ville bourguignonne, Mâcon regorge de super restos abordables et de qualité – et pour le tourisme. Si je dois avouer que je n’ai pas eu le même coup de cœur pour Mâcon que pour Châlon ou Tournus, qui sont globalement plus photogéniques car plus harmonieuses dans leur structure urbaine, la ville compte de jolis endroits qui méritent bien un détour ! Les bords de Saône sont aménagés aux couleurs de Lamartine, avec le poème Le lac inscrit le long des berges fleuries, ce qui a beaucoup de charme. Le centre ancien compte de nombreuses ruelles colorées et charmantes, avec un incontournable : la « maison de bois », une des plus anciennes maisons de Saône et Loire, absolument superbe avec sa façade ouvragée. Sachez que les ruelles comptent de nombreuses traboules (comme à Lyon !) descendant vers la Saône, arrière-cours et passages secrets que vous pouvez découvrir en visite guidée avec l’office du tourisme. Enfin, Mâcon compte plusieurs églises superbes – l’église Saint Pierre, toute blanche et aérienne, est juste en face de l’office du tourisme où on vous remettra le plan des jolis coins et des bons restos. Une jolie façon de finir ma parenthèse bourguignonne, avant de redescendre vers mon sud !
Mon séjour en Saône-et-Loire a été plein de surprises et m’a vraiment séduite. Le versant sud de la Bourgogne a un charme fou ! Merci à Destination Saône et Loire et à toutes les personnes qui se sont occupées de moi, notamment Coralie, Louis-Mickaël et Priscilla, pour l’accueil chaleureux !
Connaissez-vous Noyon ? Je vous rassure : jusqu’à
récemment, moi non plus. Le nom ne me disait rien et il m’a fallu sortir la
carte pour découvrir que Noyon est une ville de l’Oise, en Picardie, située
à une heure de train et moins de deux heures de voiture de Paris. Ce n’est pas
la première attraction touristique à laquelle on pense quand on recherche une escapade
au vert, et pourtant… Noyon est la destination parfaite pour un week-end
de détente et de découverte, un régal pour les amateurs de patrimoine, d’insolites
et de slow tourism au fil de l’eau. Ce qui vous attend ? Le patrimoine
médiéval fabuleux du cœur de Noyon, une abbaye romantique en ruines,
un château de conte de fées, un site géologique insolite incroyable,
toute la culture des bateliers et la douceur de vivre le long des cours
d’eau… Je n’attendais rien, et j’ai été stupéfaite par la beauté et le
caractère exceptionnellement original des sites que j’ai visités. Voici le programme
parfait d’un week-end à Noyon, la ville qui mérite vraiment qu’on s’intéresse
davantage à elle.
Laissez-vous tenter par la douceur d’une escapade slow tourism à Noyon.
Les ruines de l’abbaye d’Ourscamp
Un insolite superbe : les Carrières de Montigny
La fabuleuse cathédrale de Noyon
Noyon, sa cathédrale et son cloître gothiques
extraordinaires
Avez-vous déjà entendu parler de la cathédrale Notre-Dame de Noyon ? C’est un joyau gothique méconnu, une cathédrale qui se révèle une fois la porte entrouverte. De l’extérieur, elle ne promet pas grand-chose : abîmée à la Révolution française, elle a vu son tympan martelé et ses statues mutilées, et paraît banale. Mais entrez à l’intérieur, et la magie opère… Avant de venir à Noyon, je l’avais découverte dans le roman de Laurence Cossé, Le mobilier national, dans lequel un architecte des monuments historiques devenu fou décide de détruire toutes les cathédrales qu’il juge trop moches. Il envisage de dynamiter une bonne partie du patrimoine religieux français, mais la cathédrale de Noyon est une des rares à trouver grâce à ses yeux. Il voit en elle un exemple parfait du premier gothique, au moment où les architectes novateurs et audacieux expérimentent cette nouvelle forme d’art qui permet de monter plus haut vers le ciel.
Noyon, son patrimoine exceptionnel
La première cathédrale romane était très ancienne, et d’une importance symbolique considérable pour le royaume capétien : imaginez, elle a vu le couronnement de Charlemagne et d’Hugues Capet ! Mais la cathédrale actuelle date du XIIe siècle. Sa construction débute en 1145 (vingt-cinq ans avant Notre-Dame de Paris), et c’est un sublime acte de bravoure du gothique primitif, tout de lumière et de pureté. Les amoureux du patrimoine noteront toutes sortes de curiosités qui restent rares sur le continent européen. Le transept est flanqué d’absides, et parce que les architectes ne connaissaient pas encore la technique des arcs-boutants, la voûte repose sur un système de tribunes, qui confèrent une élégance folle à cette nef immense. Je frissonne en entendant que les moines allaient se placer à différents niveaux sur les tribunes afin d’entonner leurs chants grégoriens : imaginez l’acoustique, imaginez le résultat !
Le cloître est un sublime exemple d’esthétique gothique parfaite, une merveille de sérénité et de beauté. Moi qui suis amoureuse des belles cathédrales riches d’histoire, j’ai été conquise par celle de Noyon.
La bibliothèque du Chapitre, trésor de Noyon
C’est le paradis des médiévistes et des amoureux des vieux
livres. Construite au tout début du XVIe siècle, la bibliothèque du Chapitre est
une espèce de miracle : tout de vieux bois et de papier, elle a
réchappé à tous les incendies et autres vicissitudes usuelles, et elle est
restée intacte depuis 500 ans. Sa façade de bois date des années 1508, et sa
collection de livres anciens, du XVe et XVIe siècle. Elle compte plusieurs
incunables (les tout premiers livres imprimés, à l’époque de Gutenberg),
et son trésor le plus précieux, aujourd’hui conservé à l’hôtel de ville, est un
incroyable évangéliaire du IXe siècle, d’une beauté rare. Cette
bibliothèque m’a profondément touchée et émue.
Conseil pratique : Attention, ce lieu n’est pas en
libre accès, en raison de son extrême fragilité. Visite guidée impérative –
renseignez-vous à l’office du tourisme de Noyon !
Et puisqu’on parle de livres, saviez-vous que le grand
réformateur Jean Calvin était né à Noyon ? Vous pourrez
visiter sa maison-musée, qui retrace l’histoire du protestantisme en France
et expose plusieurs bibles de Genève (la première Bible en français,
publiée par Calvin à Genève en 1560).
Après un délicieux repas au Manoir, le plus joli hôtel-restaurant
de Noyon, je vous propose de plonger à pieds joints dans l’ambiance
féerique avec deux lieux d’un romantisme échevelé.
Une abbaye romantique en ruines : l’abbaye d’Ourscamp
C’est un lieu qu’on imagine parfait pour tourner un clip de
Mylène Farmer, ou un film sur la vie et l’œuvre de Caspar David Friedrich :
une immense abbaye gothique en ruines, seule au milieu des champs. Notre Dame d’Ourscamp
fut une des plus grandes abbayes cisterciennes du nord de la France, un
phare rayonnant de la théologie de Clairvaux. Quand je vois des abbayes
démantibulées, abandonnées comme des squelettes solennels, j’ai tendance à
accuser spontanément la folie révolutionnaire, mais ce n’est même pas le cas
ici : l’abbaye a effectivement été abandonnée en 1792, mais pas détruite.
On doit cette vision fantasmagorique à son propriétaire suivant, un esthète
un peu illuminé qui voulait créer un « paysage romantique » et
qui a donc démonté l’abbaye pour réaliser son fantasme. C’est à la fois beau et
triste, et la gothique très maquillée que je fus à l’âge de quinze ans se
serait pleinement épanouie dans ce cadre.
Les ruines de l’abbaye d’Ourscamp
Un rêve de château de princesse : Pierrefonds
Après Ourscamp, je continue ma route vers le sud, en direction de Compiègne, pour rejoindre un lieu qui me faisait rêver depuis très longtemps : le château de Pierrefonds.
Si vous avez une âme romantique, que vous avez vibré devant les palais de Sintra au Portugal et le château de Neuschwanstein en Bavière, vous avez sans doute déjà entendu parler de Pierrefonds. Ce château médiéval a été restauré au XIXe siècle par le célèbre Viollet-le-Duc (vous savez, celui qui a édifié la fameuse flèche de Notre-Dame de Paris) et qui a ressuscité le Moyen-Âge sous la forme d’un rêve romantique : gargouilles délirantes, salle des chevaliers
tout de bois et de légendes, statues monumentales, chapelles gothiques…
La visite est un enchantement. C’est comme entrer dans le cerveau
effervescent d’un visionnaire à qui on a laissé la bride sur le cou.
Chaque détail, chaque vision réjouira les cœurs romantiques, d’autant
qu’en ce moment est installée une fabuleuse exposition sur l’imaginaire des chevaliers de la Table ronde, à la scénographie onirique qui rajoute au mystère des lieux. Ne manquez surtout pas, à la fin de votre visite, la descente dans la crypte : il ne s’agit pas de vrais tombeaux, mais d’un cimetière imaginaire de la France mythique.
L’architecte a réuni les gisants des personnalités les plus illustres
de la France médiévale, hommage à une histoire légendaire qui se
cristallise dans ce lieu hors normes.
Voulez-vous continuer avec les insolites, les bizarreries fabuleuses ? Je vous emmène aux carrières de Montigny.
Les carrières de Montigny, site géologique et historique
extraordinaire
Les carrières de Montigny sont l’exemple parfait du site
extraordinaire – en tout point, géologique, esthétique, historique,
culturel – dont presque personne n’a entendu parler, le genre d’endroits
qui me font dire « filez à Noyon, il y a là des trésors inexplorés ».
Les carrières de Montigny furent, comme leur nom l’indique, un
site d’extraction de calcaire pendant des siècles. Au péril de leur vie,
les carriers plongeaient dans les entrailles de la Terre pour en sortir la
pierre blanche avec laquelle on construirait les maisons parisiennes, un métier
pénible et infiniment dangereux : si les carriers creusaient trop, les
plafonds risquaient de s’effondrer sur eux… Cette activité a créé un décor à
la Seigneur des Anneaux, d’IMMENSES grottes de pierre blanche à la hauteur
vertigineuse, un labyrinthe souterrain fascinant.
Mais ce n’est pas fini. Lors de la Première Guerre
mondiale, la ligne de front passait à quelques centaines de mètres de là. Les
soldats ont trouvé refuge dans ces grottes froides et humides. La pierre en
porte les empreintes : de nombreuses sculptures patriotiques ou
caricaturales témoignent de la présence des Poilus. Des reconstitutions
permettent de se replonger en 14-18 et d’imaginer la vie terrible des
combattants.
Après la guerre, le site est resté habité : de
nombreuses habitations troglodytes ont été occupées jusqu’aux années 1950,
où les carrières furent évacuées pour des raisons sanitaires. On se balade dans
un décor fascinant, qui rappelle parfois la jungle d’Asie du sud-est, avec des
lianes à la Indiana Jones envahissant les anciennes demeures, des visions
cinégéniques que j’ai adorées. Visitez ce site, cela vaut le coup.
A la rencontre des bateliers dans les villages autour de Noyon
Lors de mon séjour à Noyon, j’ai découvert une culture dont j’ignorais
tout : celle des bateliers. Les bateliers ? Jusqu’aux années
1960, ils étaient les chevilles ouvrières du transport de marchandises en
Europe. Ils convoyaient les matériaux et les produits le long des fleuves de France
et d’ailleurs, sur leurs péniches aménagées. Le batelier passait sa
vie au fil de l’eau, sur sa péniche, à naviguer d’écluse en écluse, ne touchant
que rarement Terre – une vie lente et nomade, le long des rives de France. Le
métier s’est raréfié, mais il reste aujourd’hui encore quelques dizaines de bateliers
dans notre pays, revitalisés par les nouvelles exigences environnementales qui
tendent à se détourner des camions et des avions.
Parce qu’elle est traversée par le canal latéral à l’Oise,
carrefour fluvial important, la région de Noyon était un haut lieu de retrouvailles
pour les bateliers.
A Pont l’Evêque (Pont l’Evêque dans l’Oise, ne
confondez pas avec son homonyme breton), les façades colorées, les nombreux
bars et cafés de bateliers, les péniches à quai en réparation, rappellent les
grandes heures de la culture batelière. La balade le long de l’eau est
très agréable. Cela correspond bien à l’idéal de slow tourism que
Noyon cherche à promouvoir : on dit qu’ici, les journées font 25 heures,
et qu’on prend le temps de vivre… J’ai aimé me promener et déjeuner au bord de
l’eau à Pont l’Evêque. Je pense que le cadre serait également parfait pour une balade
en vélo.
A la Cité des Bateliers à Longueuil-Annel, j’ai pu m’immerger
dans la vie sur les péniches. La cité comprend à la fois un musée qui retrace l’histoire
de la batellerie avec de nombreux films passionnants, et la reconstitution d’une
péniche traditionnelle, avec l’espace de vie des bateliers. Une deuxième
péniche transformée en galerie d’art expose des œuvres en lien avec cette
culture fluviale, et diffuse un film qui m’a beaucoup touchée sur le
quotidien d’un couple de bateliers. Imaginez cette vie : à deux jusqu’à
la fin, jour après jour, en autarcie dans leur petite cabine de bateau. Les
enfants partent vite en internat pour suivre leurs études sur la terre ferme.
Unité de travail, de vie, d’horizon, le couple reste en tête-à-tête toute sa
vie, dans un idéal de fusion qui paraît incroyable à l’heure actuelle. La cité
des Bateliers mérite vraiment une visite. Sachez qu’ils organisent également
des croisières-déjeuner.
Si vous voulez à votre tour vivre cette expérience romantique
de vie sur l’eau juste pour une nuit, je vous propose d’aller dormir à l’Elixir…
Une nuit insolite : dormir sur une péniche à l’Elixir
A Thourotte, à quelques kilomètres de Noyon, l’Elixir est
un bed & breakfast insolite et charmant, situé sur une péniche aménagée.
C’était le printemps et des dizaines de sakuras (cerisiers du Japon)
étaient en fleurs sur le canal de l’Oise, et je rejoignais ma péniche dans la
lumière du couchant. Le lieu a un charme fou : une petite cuisine aux
couleurs des lointains, avec gouvernail et mappemonde, une salle de bain
toute petite mais parfaitement fonctionnelle, et une chambre au ras des flots.
Le rapport qualité-prix est excellent : comptez 60 euros pour une
nuit poétique sur le fleuve, avec la possibilité de cuisiner vous-mêmes si vous
le souhaitez.
Sachez que l’un des deux propriétaires de la péniche, Aaron,
est prof de yoga et vous propose des cours de grande qualité. J’ai adoré
passer une heure de travail et de détente avec lui. L’Elixir organise également
des croisières yoga qui m’ont beaucoup tentée. Pour les amateurs de
tourisme fluvial, la région de Noyon est un paradis bucolique, où vous pourrez
assouvir votre passion des flots lents et doux…
Noyon fut pour moi une vraie belle surprise, une destination
riche qui combine de nombreux atouts : patrimoine, nature, insolites et
expériences originales. Vous qui habitez en région parisienne ou à proximité, n’hésitez
pas à l’ajouter à votre liste d’escapades, vous ne serez pas déçus…
Merci à l’office de tourisme de Noyon pour ces belles
découvertes.
En ce beau mois de juin 2019, je vous propose la chance de gagner votre séjour aux villas de Labro, un sublime gîte en Aveyron.
Imaginez passer un week-end en famille ou entre amis en Aveyron dans une villa pour huit personnes toute équipée. A votre disposition, quatre chambres, une cuisine dernier cri, une piscine privée, un jacuzzi et la vue sur un sublime château médiéval… tentant, non ? Sur les hauteurs d’Espalion, dans le Nord de l’Aveyron, Emmanuel et Michèle Saquet ont créé un havre de calme et de douceur : trois villas au vert, de très haut standing, conçues pour s’intégrer au cadre avec grâce et harmonie. « Contemporaines par nature », les villas de Labro sont trois gîtes cinq étoiles où tout a été conçu pour qu’on se sente immédiatement chez soi. Je vous propose aujourd’hui d’en profiter à votre tour.
Toutes les photos de moi figurant dans cet article ont été prises par mon amie Marion alias La Faute Au Graph., photographe merveilleuse et attentive que je vous recommande chaleureusement.
Les villas de Labro, grand gîte en Aveyron : un bonheur qui se partage à huit
J’ai rarement l’occasion d’associer mes amis à mes voyages. Souvent,
je suis seule lorsque je découvre des paysages, des traditions et un patrimoine
exceptionnel, et je me dis parfois qu’il est dommage de ne pas pouvoir partager
ces moments. Le nord de l’Aveyron est une région d’une beauté
exceptionnelle, une concentration incroyable de villages classés et de châteaux
majestueux, et je rêvais de pouvoir y revenir avec les gens que j’aime.
Espalion, la ville des villas de Labro
Si j’ai pu partager le merveilleux nord de l’Aveyron avec
quatre amis que j’adore, c’est grâce à ce lieu hors du commun, où on a l’espace,
le confort, les équipements parfaits pour être ensemble dans les meilleures
conditions possibles. J’ai rarement vu un hébergement aussi bien conçu,
fonctionnel et pratique que les villas de Labro. Nous nous sommes sentis chez
nous aux villas de Labro en cinq minutes.
Après le fabuleux Castel d’Alzac près de Millau et le merveilleux Gîte Emeraude dans les gorges du Tarn, les villas de Labro viennent constituer ma sainte trinité des gîtes 5 étoiles somptueux en Aveyron, qui me donnent envie d’y revenir encore et encore. La présence de ces trois établissements exceptionnels me conforte dans la conviction que l’Aveyron est un territoire où le bonheur se partage : on vient ici pour se retrouver avec ceux qui comptent et « vivre vrai », comme le dit le slogan du département.
Avec mes amis aux Villas de Labro en Aveyron : Marion, Laura, Sam, Vincent.
Un gîte de luxe tout confort avec piscine privée
Qu’est-ce qui rend ce gîte de luxe aussi exceptionnel ?
Le sentiment d’intimité, pour commencer. Les trois villas, situées au
vert sur les hauteurs d’Espalion avec une vue merveilleuse sur le château
fort de Calmont d’Olt, sont totalement indépendantes les unes des autres.
Vous arrivez dans votre maison à vous, avec votre propre piscine, votre
propre terrasse et jacuzzi, et vous êtes dans une bulle avec les
gens que vous aimez – chaque villa peut accueillir jusqu’à huit personnes.
Ce sentiment d’intimité continue une fois dans la villa. Chacun
a son espace : la villa compte quatre chambres (trois chambres avec un
grand lit double, une chambre avec deux lits simples), trois salles de bain et trois
WC, ce qui permet d’être ensemble sans se marcher les uns sur les autres.
Puis vous êtes séduit par l’espace et la lumière. Les espaces
communs sont vastes, lumineux, ouverts sur l’extérieur : côté pile, la
piscine, la grande terrasse, le château, côté face, une plus petite terrasse
avec une plancha, et le jardin verdoyant. Les œuvres d’artistes contemporains
aveyronnais ornent les murs de la villa, et sont en dépôt vente : si vous
souhaitez repartir avec une œuvre d’art qui vous rappellera Espalion, vous
pouvez.
La cuisine mérite une mention
spéciale. Elle est intégralement équipée et ultra moderne, avec
absolument tout ce dont vous pourriez avoir besoin. Pour être sincère, elle est
mieux équipée que la mienne à la maison, et j’ai eu une joie de gamine à ouvrir
tous les tiroirs et découvrir la foison d’ustensiles et couteaux. Vous
bénéficiez en plus d’une plancha sur la terrasse. Nous avons pris beaucoup de
plaisir à cuisiner aux villas de Labro, à concocter un petit-déj pantagruélique
avec fromages aveyronnais (Ecir, Papillon…) et les œufs des poules du jardin
de Labro. Les villas de Labro cultivent ce côté nature : on peut non
seulement aller voir les poules, ce que les gamins adorent, mais aussi goûter
les confitures maison de Michèle et le miel du père d’Emmanuel,
apiculteur. Cela a fait l’unanimité…
La piscine est chauffée,
et on y nage avec vue sur la forteresse médiévale de Calmont d’Olt. Le jacuzzi
dernier cri est chaud en permanence et prêt à accueillir jusqu’à six personnes,
ce qui a été un grand bonheur lors de nos soirées… quoi de mieux que de s’installer
dans les bulles et de discuter dans l’eau chaude pendant des heures ?
Quelques informations pratiques : parce qu’il s’agit d’un gîte 5 étoiles, les prestations sont de très grande qualité. Les draps, serviettes, peignoirs, sont compris et les lits sont faits à votre arrivée. Si vous restez une semaine complète, le ménage tous les deux jours est compris dans le prix du séjour. Vous découvrirez en arrivant un petit assortiment de bienvenue : produits régionaux et faits maison, petite épicerie… Il est possible de venir avec un petit chien (voire deux), avec supplément. Les tarifs commencent à 680 euros pour un week-end et 1400 euros pour une semaine en basse saison. Je vous laisse consulter ici les tarifs complets des villas de Labro. Sachez qu’une des trois maisons est entièrement accessible pour les personnes à mobilité réduite : les trois villas sont de plain-pied, sans aucune marche, donc globalement accessibles, mais l’une d’entre elles est équipée d’une salle de bain spéciale permettant l’accès aux personnes en fauteuil.
En repartant le dimanche soir, je
me suis promis de revenir un jour dans cette bulle de douceur, et je suis très
heureuse de pouvoir la partager avec vous aujourd’hui.
Concours : gagnez votre
séjour aux villas de Labro, sublime gîte en Aveyron
Un week-end en famille ou entre amis au nord de l’Aveyron,
cela vous tente ? Grâce aux villas de Labro, qui ont la gentillesse de mettre
en jeu un week-end chez eux, un de mes lecteurs aura la chance de gagner
deux nuits (hors très haute saison, soit juillet-août) aux villas de Labro,
qu’il pourra partager avec ses proches : la maison accueille jusqu’à
huit personnes.
Pour participer, je vous laisse vous rendre sur la page Facebookou Instagram d’Itinera Magica. Vous pouvez bien sûr participer sur les deux réseaux pour augmenter vos chances. Et je vous invite chaleureusement à retenir cette belle adresse pour vos futures vacances en Aveyron ! Le tirage au sort aura lieu le 17 juin 2019.
Que voir autour des villas de Labro ? Que visiter dans
le nord Aveyron ?
Le Nord de l’Aveyron est une région que j’ai déjà eu le bonheur d’explorer, et qui est réellement une des régions de France les plus riches en patrimoine d’exception : la concentration de villages classés, de « plus beaux villages de France » et de châteaux, est absolument incroyable. Pour découvrir la beauté d’Espalion, d’Estaing, de St Côme d’Olt, de Sainte Eulalie d’Olt, ou encore de Conques, réellement un des plus beaux lieux de pèlerinage de France à mes yeux, je vous invite à découvrir cet article : les plus beaux villages du Nord Aveyron. N’oubliez pas de faire un tour à Bozouls, pour découvrir le spectaculaire « trou de Bozouls » qui est en vérité un canyon sur lequel le village est suspendu : une fabuleuse alliance de géologie et d’architecture qui m’a éblouie.
Espalion
Conques
Saint Côme d’Olt
Estaing
Saint Geniez d’Olt
Sainte Eulalie d’Olt
Bozouls
Lors de ce week-end aux villas de Labro, nous sommes partis
un peu plus à l’ouest pour découvrir un village qui me faisait rêver depuis
longtemps, Belcastel. Classé parmi les plus beaux villages de France (encore
un, c’est une épidémie en Aveyron), ce bourg médiéval surmonté de son château
fort du XIIIe siècle ressemble à un décor de cinéma.
Belcastel
Enfin, vous êtes à Espalion aux portes de l’Aubrac, cet immense plateau à cheval entre Aveyron, Lozère et Cantal où paissent les vaches du même nom au milieu des burons de pierre, dans une quiétude d’un autre temps. Je vous invite à découvrir l’Aubrac dans l’article que je lui avais consacré, et à venir passer quelques heures sur le plateau mythique. J’aurai l’occasion de vous en reparler, puisque lors de notre séjour fin mai 2019, nous avons eu la chance d’assister aux grandes transhumances.
L’Aubrac à l’automne
Le nord de l’Aveyron est extraordinairement riche : en paysages naturels préservés, en patrimoine architectural d’exception, en gastronomie (l’aligot, le Laguiole, les farçous, le petit Ecir, le gâteau à la broche, c’est ici…), en puissance du sentiment d’identité porté par ce pays fier et digne qui connaît la valeur de ses traditions. Ceux qui me lisent depuis longtemps savent combien j’aime ce territoire, qui est à mes yeux un nectar de France, dans tout ce qu’elle a de plus beau et de plus authentique. Venez passer des vacances en France éternelle, visitez l’Aveyron ! Et retenez l’adresse de ce gîte de grand luxe : les villas de Labro à Espalion.
Les amoureux d’Espalion
Un immense merci à Michèle et Emmanuel Saquet pour leur accueil chaleureux aux villas de Labro, et à l’ADT de l’Aveyron pour leur soutien dans l’organisation de ce beau voyage. Un grand merci aussi à mes amis, Laura et Sam, Marion et Vincent, d’être venus partager ce moment avec moi.
Explorer le Jura en hiver, c’est s’accorder une escapade en
pleine nature dans un massif de moyenne montagne qui a su développer une belle diversité
d’activités outdoor. Pourquoi ne pas partir en randonnée raquettes nocturne
et déguster une fondue jurassienne dans une cabane de bûcheron, explorer la
forêt en calèche, s’aventurer sur les lacs gelés, s’essayer au chi-gong ou
encore au biathlon ? Mais c’est aussi l’occasion de découvrir le
patrimoine et le savoir-faire jurassiens, pays des épicéas, des horloges et des
chevaux comtois… Voici une jolie virée en pleine nature, au cœur de ce
beau massif du Jura que je découvre en hiver.
L’hiver dans le Jura, sur le lac de l’Abbaye
Avec des comtois dans la forêt jurassienne
Qui es-tu, massif du Jura ?
Moi qui ai grandi dans le sud de la France, et pour qui
l’hiver est synonyme de séjour dans les Alpes, j’ignorais tout du Jura, de ses
paysages et de ses villages. J’éprouve toujours beaucoup de joie à découvrir la
mosaïque des cultures et des patrimoines qui forment la France, et j’étais très
curieuse des particularités de ce massif qui s’étend entre France et Suisse,
tout à l’Est de notre beau pays. Voici quelques impressions, glanées lors de
mes flâneries dans le Jura en hiver…
Nous sommes à la frontière de la Suisse et de ce qu’on appelle le Jura vaudois. Comme partout dans les montagnes, les frontières sont mouvantes, fragiles, matérialisées par des bornes en ligne de crête et des pointillés dans la neige. Cette porosité a été un grand atout durant la Seconde guerre mondiale, et le Jura fourmille d’histoires héroïques de passeurs prêts à risquer leur vie pour aider des Juifs ou des résistants à trouver refuge en terre helvétique. Lors de mes randonnées dans le Jura, j’ai plusieurs fois pu observer les anciennes cabanes des douaniers et les bornes des frontières, et entendre les récits épiques de cette époque où être d’un côté ou de l’autre d’un sommet pouvait faire la différence entre la vie et la mort.
Maison de douaniers près du Lac des Mortes
La proximité avec la Suisse s’exprime aussi de façon plus douce, plus anecdotique. L’accent, le fromage. Les horloges qui rythment la vie des villages. J’aime ces points de bascule dans l’Est, ces moments où nos cultures européennes se brouillent en douceur – entre France et Allemagne en Alsace, entre France et Suisse ici dans le Jura.
Le Jura, c’est avant tout le pays de l’épicéa. Les
flancs du massif sont couverts d’une épaisse forêt de conifères emblématiques
de cette région. Ce bois noble, imputrescible, qui résiste à l’eau, a connu de
multiples usages au fil de l’histoire. Pour confectionner le délicieux fromage
Vacherin Mont d’Or, une merveille coulante emblématique du Jura, il faut le
cerner d’une sangle d’épicéa. C’est le métier des « sangliers »
(qui, contrairement aux apparences, ne sont pas le festin d’Asterix, mais des
artisans forestiers) de prélever un morceau d’écorce d’épicéa souple et saine
pour confectionne les fameuses sangles.
Mais l’épicéa est aussi bois de construction et d’ornement, avec notamment les fameux tavaillons ou talvannes, que j’ai découverts pour la première fois ici dans le Jura : des morceaux de bois d’épicéa très dur et étanches, qui recouvrent la façade d’une maison pour la protéger durablement de l’humidité. Si l’histoire passionnante des tavaillons vous intéresse, regardez ici. Depuis l’ère industrielle, ils tendent à être remplacés par des tavaillons en métal, respectant la même forme losangée.
D’autres éléments architecturaux me sautent aux yeux comme
emblématiques du Jura. Ces montagnes ne ressemblent pas aux miennes – moi qui
ai l’habitude des Alpes, je sens que j’ai changé de pays, et j’essaie
d’analyser cette étrangeté que je perçois. Je me passionne pour les détails,
notamment les épaisses portes comtoises rondes, qui ouvrent fermes et
chapelles et sont très photogéniques, mais aussi et surtout, pour la forme très
particulière des clochers. Ce sont des clochers en métal, en
forme de demi-bulbe à base carrée, qu’on appelle « clocher à
l’impériale » et qui sont tous ornés d’une… horloge. N’oublions pas
que nous sommes au pays de l’horloge comtoise. Cette tradition artisanale et
industrielle très forte du Jura, je l’ai vraiment comprise à Morez.
Le Jura, terre de savoir-faire : Morez et son musée de
la Lunette
Saviez-vous qu’un objet de consommation courante,
universellement répandu, a longtemps été fabriqué exclusivement dans le
Jura ? Il s’agit des lunettes de vue, dont Morez fut la capitale. A
première vue, je ne savais pas si le Musée de la Lunette de Morez valait
le détour, mais je ne regrette pas du tout la visite : ludique, bien
aménagé, il est passionnant, avec un mélange d’expositions immersives
sur l’optique, et de collections très riches sur l’histoire de la lunette dans
le Jura.
Si le Jura est une terre de savoir-faire artisanal et
industriel, c’est qu’une invention entraîne une autre. Au 16e
siècle, Morez est la ville du clou : de nombreux maîtres ferronniers
développent cette technique précise. Au 17e siècle, ce sont les
horlogers qui s’établissent à Morez. C’est l’heure de gloire de la célèbre horloge
comtoise, en bois massif et dont le cadran présente une particularité
originale : ici le 4 s’écrit non pas « IV », selon l’usage
romain, mais « IIII ». Avec les cadrans des horloges naît un
autre savoir-faire, celui de l’émail. Vous avez sans doute vu, sur les
tombes anciennes, des plaques commémoratifs en émail en forme de cœur : il
s’agit du « cœur de Morez ». Pendant des décennies, c’est le Jura qui
a pleuré les disparus sur les stèles funéraires… Cette profusion de productions
– clous, horloges, émails – signifie que les Jurassiens ont de nombreux outils
et techniques, et qu’ils sont débrouillards. C’est ainsi que naissent les
lunettes de Morez.
L’outil optique visant à mieux voir devant soi, qu’on
appelle aujourd’hui lunettes, avait connu une longue histoire mouvementée à
travers les siècles. Le musée de Morez possède une fabuleuse collection
historique, où vous verrez tous ses ancêtres : bésicles, clouant,
lunettes à tempes, lorgnettes, binocles, face à main, lancetiers… Au XVIIIe
siècle, les lunettes étaient chères et rares, importées d’Angleterre. En 1796,
un cloutier (fabriquant de clou) dénommé Cazeaux casse ses lunettes. Il décide
de ne pas en importer une nouvelle paire anglaise, mais de mettre à profit les
talents de Morez et de les fabriquer lui-même. Il développe des lunettes
légères et pratiques, qui font très vite fureur. Les lunettes de Morez sont
nées. Jusqu’à la grande crise industrielle, l’immense majorité des lunettes
vendues en France venaient du Jura. Aujourd’hui, le savoir-faire perdure,
le lycée de Morez compte toujours une section technique lunetterie, mais les lunettes
made in France de Morez sont un objet haut de gamme, de grande qualité mais
plus chères que le produit de masse. Le musée de Morez permet de se passionner
pour l’optique et la lunette, et j’ai été très agréablement surprise : il
vaut le coup !
Morez est aussi célèbre pour une curiosité
architecturale : ses viaducs acrobatiques, longeant les falaises,
survolant la ville, témoin encore une fois d’un vieux savoir-faire technique et
industriel hors pair ! C’est au pied des viaducs que j’ai fait une belle
rencontre…
Rencontres sauvages
Je ne m’y attendais pas : au détour d’un viaduc surgit
une petite famille de chamois, paissant tranquillement le long des voies
de chemin de fer, pas dérangés par les trains…
Plus loin dans la campagne, je tomberai nez à nez avec un
troupeau de biches traversant les champs.
Lors de ma randonnée nocturne dans la forêt du Risoux, mon
guide m’expliquera que le massif du Jura est habité par des lynx, le
plus discret et mystérieux des prédateurs français. Il est quasiment impossible
à observer, car il se méfie, mais les nombreuses traces et les pièges
photographiques prouvent qu’il est bien là, implanté au cœur du massif…
J’aurais rêvé de le croiser ! Cette dimension très naturelle et sauvage du
Jura me plaît beaucoup.
Je pars ensuite à la rencontre d’un autre animal
emblématique du Jura, celui-ci domestique : le cheval comtois.
Une balade en calèche dans la forêt jurassienne
C’est le cheval emblématique des montagnes : le pied
sûr sur les versants escarpés, une puissance et une sérénité impressionnantes,
et une magnifique robe alezan crins lavés, soit roux avec la crinière et la
queue blondes. Partout où j’ai vu des calèches dans les montagnes cet hiver,
elles étaient tirées par des comtois, tant ce magnifique cheval est adapté à ce
milieu. Avec les attelages du Grandvaux à La Chaumusse, je pars explorer
la forêt jurassienne au rythme de leurs sabots. Le cocher, jovial et passionné,
raconte la vie des épicéas qui mettent plusieurs siècles à pousser malgré le
froid et la neige, les animaux des bois et les secrets des sentes.
Avec des comtois dans la forêt jurassienne
Vacances d’hiver : les stations de ski du Jura
Les Rousses, au cœur du massif du Jura
C’est la station de ski la plus célèbre du Jura : Les
Rousses, au cœur du massif. La station familiale compte 57 pistes de ski alpin,
et de nombreux parcours de ski de fond et raquettes. Elle s’illustre notamment
par la possibilité de pratiquer le biathlon sur un parcours dédié.
Une randonnée nocturne dans la forêt du Risoux
Cela restera un beau souvenir de mon séjour dans le massif
du Jura. A la tombée de la nuit, je rejoins Yoann, un guide de La Boîte à
Montagne à la station des Rousses. En petit groupe, nous partons en
raquettes à l’assaut de la forêt du Risoux, un des épais bois du massif.
Cette forêt bruisse de souvenirs et de légendes. Il y a les lynx, qu’on ne voit
pas mais qui nimbent les sentiers de mystère, qui sont omniprésents dans ce bois
préservé et secret. Nous ramassons les pommes de pin rongées par les
écureuils, observons les traces des renards dans la neige fraîche. Les bornes
de frontière avec la Suisse évoquent les histoires rocambolesques des contrebandiers
qui franchissaient illégalement la frontière avec leurs marchandises, et celles
plus tragiques et héroïques des Juifs et résistants fuyant la guerre. Plus la
nuit tombe, et plus le ciel se couvre d’étoiles. Nous cheminons dans une
obscurité épaisse à la lumière de nos frontales, jusqu’à arriver à une cabane
forestière au milieu de nulle part. Nous sommes du côté suisse de la
frontière, mais c’est bien une fondue jurassienne que Yoann nous prépare
avec son réchaud : 100% comté, un régal absolu ! (N’oublions
pas que le Jura a trois fromages AOP, le comté, le morbier et le bleu de Gex,
sans oublier les autres comme le délicieux Mont d’Or…). Nous rentrons heureux
de cette escapade originale. C’était ma première randonnée nocturne, et j’en
garderai un beau souvenir.
Conseil pratique : vérifiez la lune. De l’avis
de Yoann, cette randonnée est sublime dès qu’il y a de la lumière (de la
demi-lune à la pleine lune). Les bois sont illuminés d’une pâle lueur et on y
voit parfois comme en plein jour. Je l’ai fait à la nouvelle lune, dans une
nuit très noire, qui a cependant un avantage : les étoiles sont très visibles.
Au sud du Jura, la beauté de Lamoura
C’est la partie du massif qui m’a le plus séduite
visuellement. Autour de Lamoura, des murailles d’épicéas noirs encadrent les
combes profondes et les vallées enneigées. De ça en là, au milieu des
immensités solitaires, on retrouve les maisons jurassiennes et leurs
tavaillons, et quelques clochers solitaires. J’ai conduit seule au milieu des
neiges dans le sud du massif, et j’en garde le souvenir d’un road trip
quasiment mystique, dans une grande beauté. J’ai croisé des chiens de
traîneau fusant au milieu d’une combe – d’après mes recherches, il
s’agissait sans doute du musher Antarctica, à Lamoura. Cette promenade m’a
tentée.
Chi-gong et raquettes
Un matin, je retrouve Josiane au bord du lac de l’Abbaye. Guide
de randonnée et passionnée d’énergétique, elle s’est spécialisée dans le
chi-gong et propose des randonnées associant découverte du paysage et
initiation à la discipline. Entre gymnastique, respiration et méditation, cette
activité accessible permet un travail de posture et de lâcher prise qui sied
bien au cadre magnifique du lac gelé où nous nous trouvons. Nous changerons
ensuite de lieu et irons randonner autour du Lac des Mortes, à la frontière
suisse, entre lacs couverts de neige, forêts de conifères et paysages grand
ouverts. Ce que j’adore avec Josiane, c’est sa profonde connaissance de ce
massif qui l’a vu grandir, de sa culture, sa nature et son architecture – j’ai
passé tout mon temps à la « cuisiner » pour mieux comprendre le Jura !
Des vacances nature en Jura : hôtels et locations
Un chalet de vacances familial : la Haute-Joux
Dans la forêt de Cernébiaud, au cœur d’une petite station de
ski de fond et biathlon, les Chalets de la Haute-Joux proposent différents
types d’hébergements : des chambres collectives (3 à 5 personnes) pour les
groupes notamment scolaires dans le bâtiment principal, qui est très prisé des
colonies de vacances et autres voyages de classe, des yourtes pour les amateurs
d’insolites, et les Loges du Jura pour ceux qui recherchent une option plus
confortable en famille. Les Loges du Jura sont des chalets de bois, cosys et bien
chauffés, situés en bordure de la forêt, où on peut dormir à 4 ou 5 personnes. Vous
bénéficierez aussi de l’accès à une belle et grande piscine – sachez toutefois
que vous la partagerez sans doute avec des groupes scolaires !
Une parenthèse idyllique au Lac de l’Abbaye : le Logis
Hôtel de l’Abbaye
Cela restera mon plus beau souvenir du Jura, une parenthèse
enchantée. Si vous recherchez un hôtel romantique dans le Jura, je vous
recommande chaleureusement ce bel hôtel posé au bord du lac de l’Abbaye de
Grandvaux. L’hiver, le lac gèle entièrement, créant une atmosphère de conte de
fées entre roseaux givrés, lumières du couchant se reflétant sur la glace et
calme étrange des étendues immobiles. Récemment rénové, l’hôtel est lumineux,
moderne et confortable, avec un travail des matières que j’aime beaucoup :
l’utilisation de l’osier et du jonc rappelle les roseaux au bord du lac, la
présence des nombreuses plantes dans les chambres parachève l’idylle romantique.
La lumière du couchant baignait ma chambre, pourvue d’une magnifique terrasse
avec vue sur le lac et d’une baignoire balnéo qui clignotait dans la pénombre…
un vrai moment de détente et de bien-être. Le restaurant de l’hôtel est
absolument délicieux, et grand ouvert sur le lac – on ne se lasse pas de la
vue. Pour un week-end de détente et de douceur, un cadre superbe et des
prestations haut de gamme, retenez cette adresse, elle m’a conquise !
C’est cette dernière vision que je retiendrai du Jura :
le soleil descendant sur le lac de l’Abbaye, et jouant avec le métal du clocher
de l’église… un moment de douceur poétique qui invite au rêve.
Merci à Jura Tourisme pour leur accueil et la découverte de ce massif.