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Catégorie : Europe

  • Saint Martin de Belleville, un rêve savoyard préservé

    Amoureux de patrimoine savoyard pluriséculaire, de grands espaces où seul le pas d’un cerf trouble la quiétude, de villages idylliques et d’activités outdoor enneigées, avez-vous déjà exploré Saint Martin de Belleville ?
    Nous sommes dans le parc national de la Vanoise en Savoie, au cœur de la vallée des Belleville, que le monde connaît à travers l’immense domaine skiable des Trois Vallées, le plus grand au monde. Les stations sœurs de Saint Martin sont Courchevel, Méribel, Les Ménuires, Val Thorens… Mais Saint Martin de Belleville a pour lui, outre son espace skiable connecté à l’ensemble du gigantesque domaine, son histoire, son charme et sa beauté.
    Il s’agit du village historique, du cœur ancestral des Trois Vallées, riche de siècles de patrimoine préservé et de la puissance de son identité savoyarde. Chapelles baroques d’une beauté étourdissante, ruelles figées dans le temps, musée cultivant la mémoire, Saint Martin de Belleville éblouira ceux qui ont besoin de vivre la montagne avec un supplément d’âme.

    Saint Martin de Belleville


    Village de charme, Saint Martin de Belleville a su cultiver son élégance, et s’illustre par une série de belles adresses raffinées. Pas de barres d’immeubles ici, juste des chalets et des maisons cossues, pour une destination qui se veut résolument romantique.
    Et pour s’oxygéner au grand air, de nombreuses activités permettent de savourer l’hiver même sans remontées mécaniques, et nous avons eu la joie de découvrir biathlon, yoga des neiges et randonnée raquette placée sous le signe du partage et de l’authenticité.
    Marion et moi aimons profondément les Alpes, non seulement comme un fabuleux terrain de jeu en toute saison, mais aussi et surtout comme un pays singulier, riche de ses traditions, fier de son histoire et cultivant sa singularité. C’est pour cela que nous avons tant aimé Saint Martin de Belleville, où bat le cœur authentique d’une Savoie rêvée

    Saint Martin de Belleville chapelle Notre Dame de la vie


    Patrimoine, activités, belles adresses, suivez-nous pour un séjour parfait à Saint Martin de Belleville. Attachante et singulière, cette destination cultive un tourisme à visage humain, où les Alpes se vivent avec un sourire chaleureux…

    Accueil souriant à La Bouitte, Saint Martin de Belleville

    Ce reportage a été réalisé en duo avec mon amie Marion Carcel, alias Foehn Photographie, photographe en Rhône-Alpes. Nous avons constitué ensemble un duo de blogueuses et photographes passionnées, amoureuses des montagnes ! La quasi-totalité des photos présentes dans cet article sont l’œuvre de Marion.

    Marion et moi dans notre beau chalet, Caseblanche
    Marion au biathlon, troquant pour une fois l’appareil photo pour la carabine !

    Remonter le temps à Saint Martin de Belleville : des siècles d’histoire

    Saint Martin de Belleville ? C’est trois mille ans d’histoire, d’une première occupation des alpages au Néolithique à la construction de la station de ski dans les années 1960, en passant par tout le faste baroque à l’époque des ducs de Savoie. Je ressens un immense amour pour cette Savoie riche de son histoire et son identité, et cette station-village préservée correspond exactement à ce que je recherche dans les Alpes : un supplément d’âme. Marion et moi avons adoré remonter le temps et explorer l’histoire de Saint Martin de Belleville.

    Une visite guidée du vieux village de Saint Martin de Belleville

    Lors d’une visite proposée par l’office du tourisme, nous suivons notre passionnante guide Marina à travers les ruelles du vieux village pour découvrir les curiosités de Saint Martin. Les maisons savoyardes traditionnelles ont été préservées dans ce cœur ancien, des constructions de pierre épaisse recouverte d’un crépis qu’on nomme le grillat, où on utilise peu de bois à l’exception des solarets – des balcons sur lesquels on faisait sécher foin et aliments. Sur la façade de la mairie trône le blason de Saint Martin de Belleville, qui rend hommage à ce saint antique qui donne son nom au village : soldat romain, le pieux Saint Martin avait partagé en deux son manteau afin d’habiller un pauvre. L’emblème de la Savoie rappelle que ce royaume n’a été rattaché à la France en 1860, ce que commémore le tronc d’un mélèze planté à l’époque sur la place du village.

    Durant des siècles, peu de choses ont changé dans la vallée des Belleville – on menait une vie pastorale, traditionnelle et pieuse, marquée par la rudesse du travail quotidien. C’est dans les années 1950 que tout change, lorsque surviennent coup sur coup l’eau courante, l’électricité et la construction des stations de ski. Pour prendre la mesure de ces bouleversements fulgurants, Marina nous conduit au musée de Saint Martin de Belleville.

    Notre guide, Marina

    Le fascinant musée de Saint Martin de Belleville

    C’est une maison traditionnelle, préservée telle quelle depuis les grands bouleversements des années 1950-1960, remplie d’objets authentiques appartenant aux habitants du village. Dès l’entrée au rez-de-chaussée, le choc est puissant : incroyable d’imaginer qu’il y a soixante ans encore, les gens vivaient toujours ainsi. Dans une même grande pièce se côtoient l’écurie, où vit le bétail, et l’habitation humaine, que les bêtes réchauffent par leur présence. Au fil des objets exposés, on découvre la vie des paysans savoyards. On admire les clarines et les carrons (cloches traditionnelles) que portent autour du cou les tarines, les belles vaches de Savoie, les noix qu’il faut grenailler au coin du feu, les tartiffles (patates) que mangent les cochons, les vêtements noirs, les galoches de vieux cuir. La vie en montagne, c’est « sept mois d’hiver et cinq mois d’enfer » : pendant l’été, on travaille sans relâche pour amasser de quoi subsister durant le long hiver. On monte les bêtes par étapes vers les alpages : c’est la remue, puis l’enmontagnée. On fait les foins, qu’on stocke aux alpages, et qu’il faudra descendre à luge sur la neige verglacée une fois l’hiver arrivé. C’est une vie rude, courageuse, mais remplie aussi de joies parmi cette rudesse : lors de la veillée, on se raconte des histoires et se chante des chansons, tous ensemble dans la grande pièce, dans la douce chaleur animale…

    A l’étage, la visite se poursuit par des expositions explorant les traditions savoyardes. Marion et moi avons une grande tendresse pour le Beaufort, « prince des gruyères » selon Brillat-Savarin, fromage de luxe permettant aux paysans de tirer un revenu honorable de leur lait. Puis on découvre les grands bouleversements induits par le plan neige des années 1960, qui a présidé à la construction des stations. Aménagements touristiques, bouleversement de la vie en montagne, débats, grandes étapes, jeux olympiques d’Albertville en 1992, l’exposition retrace la vie de la vallée des Belleville et de toutes les Alpes françaises à travers des documents forts et émouvants. Elle nous a passionnées.

    Le baroque à Saint Martin de Belleville : au pays des merveilles

    J’en viens à ce que je préfère, ce qui me touche le plus : le baroque. Au 17ème et 18ème siècles, les pays de Savoie ont été les fers de lance de la contre-reforme catholique et se sont couverts de chapelles baroques merveilleuses. Bulbes en tulipe, retables dorés, colonnes torsadées, exubérance et sens inouï du détail, c’est un pur bonheur de découvrir ces églises extraordinaires. Avec plus de 80 sites classés, la Savoie est véritablement la terre du baroque, et de nombreux itinéraires comme les « chemins du baroque » mettent en valeur ce patrimoine exceptionnel. Saint Martin de Belleville compte deux joyaux baroques qui méritent absolument le détour : la chapelle Notre Dame de la Vie, au-dessus du village sur la route menant aux Ménuires, et l’église Saint Martin, au cœur du village. Deux merveilles incontournables pour les amoureux de cette période théâtrale, exubérante, en profusion de dorures !

    Saint Martin de Belleville baroque

    La somptueuse chapelle Notre Dame de la Vie

    C’est une des chapelles baroques les plus iconiques de Savoie, se dressant solitaire face aux montagnes des Encombres, dans un décor inouï. La puissance mystique du lieu est antérieure même au christianisme : déjà les païens venaient s’abreuver à cette source qu’on disait miraculeuse, pour implorer guérisons et miracles. Lorsqu’un paysan découvre, selon la tradition, une statue de la Vierge dans le tronc d’un sureau, une chapelle chrétienne est édifiée sur cet antique site sacré. Notre Dame de la Vie devient un important lieu de pèlerinage, d’autant qu’il s’agissait d’un « sanctuaire à répit », en vogue au XVIIe siècle : un lieu où les enfants mort-nés reprendraient vie un instant afin de recevoir le baptême, pour ne pas être condamnés aux limbes…
    Aujourd’hui encore, le pèlerinage marial du 15 août draine des foules importantes dans ce lieu sublime. La célébrité du site, l’ampleur des dons reçus à l’époque, explique le caractère somptueux de l’intérieur : un retable majestueux, une haute voûte baroque sous le dôme, de nombreux ex-voto…

    Saint Martin de Belleville baroque

    Une visite sensorielle à l’église Saint Martin

    Au cœur du village de Saint Martin de Belleville, nous avons profité d’une belle « visite sensorielle » organisée par la fondation Facim, qui nous a permis de mieux comprendre toute la symbolique de l’univers baroque, et la puissance des impressions sur les fidèles, entre décors étincelants, musique solennelle, encens odorant et pèlerinages émerveillés. On entre dans l’église dans la pénombre, avant de découvrir la lumière, l’encens, la puissance de la musique. On découvre les instruments de musique baroque, la viole de gambe, la harpe, le cornet à bouquin. Notre guide met entre nos mains des instruments anciens, et des éléments de décor, des angelots, du bois sculpté – rare permission de toucher, d’entrer à bras ouverts au cœur d’un 18e siècle sensoriel et puissant.
    Notre guide nous fait découvrir toute la richesse et la beauté du retable – ces œuvres monumentales placées derrière l’autel et si caractéristiques du baroque – en bois, or, cuir de Cordoue et polychromie, l’élégance des matériaux et leur considérable valeur. A l’époque où une vache coûtait 40 florins savoyards, ce qui représentait déjà une somme conséquente pour un paysan, un retable tel que celui-ci s’élevait à 5000 florins. Pour financer ces chefs d’œuvre, les dons des fidèles et des pèlerins n’y suffisent pas. C’est la vente du beaufort, mets de luxe, qui paie les artistes – en Savoie, le fromage est au service du bon Dieu…


    Nous avons beaucoup apprécié cette immersion originale et intimiste.

    Des activités outdoor en vallée des Belleville

    Outre la beauté du patrimoine à découvrir lors d’un séjour en vallée des Belleville, la montagne est bien sûr toujours un fabuleux terrain de jeux pour les promeneurs, les sportifs et les contemplatifs… Voici une toute petite sélection d’activités à découvrir à Saint Martin de Belleville et alentours, en sachant que la liste n’est bien entendu pas exhaustive !

    Un escape game en extérieur au cœur du village

    C’est une façon ludique de continuer à explorer le village en famille, particulièrement si vous avez des ados : un escape game en extérieur. On vous confiera une tablette de réalité augmentée, quelques outils et un chronomètre, et à vous de résoudre des énigmes pour sauver le monde d’une horrible pandémie (toute ressemblance est fortuite 😉). L’activité est très sympa, avec un niveau de difficulté moyen qui permet à tout le monde de s’amuser sans que cela soit trop facile – mais je crois que j’aurais préféré une énigme directement liée à l’histoire et au patrimoine du village, plutôt qu’un scénario extérieur !

    Une balade en raquettes à la rencontre de la faune dans les Encombres

    C’est un moment de douceur et de beauté que Marion et moi avons tout particulièrement apprécié.
    Les montagnes des Encombres nous attirent. Sauvages, préservées, fascinantes avec leurs reliefs abrupts et leurs coulées d’avalanche slalomant entre les hameaux esseulés. Nous les voyons au réveil depuis notre chalet à Saint Martin de Belleville, Marion et moi, et elles nous attirent comme un aimant… Il nous faut aller voir cela de plus près.


    Alors nous partons en rando raquettes avec Nicolas, chaleureux guide de l’ESF. Adorable, passionné, généreux, Nicolas a grandi dans la vallée des Belleville et vit sur ce versant très préservé. Il nous fait observer cerfs et chamois sur les pentes raides où les plaques se détachent et libèrent l’herbe d’hiver. Nous évoluons dans un décor abrupt et fascinant, entre versants vierges, montagnettes (hameaux d’altitude) traditionnelles et sommets aux formes parfaites. Avec sa silhouette presque himalayenne, la montagne de Crève-tête nous fascine… Nous sommes dans un pays de longues traditions et de solitudes sublimes. La gentillesse et la douceur de Nicolas, qui a apporté le génépi, rendent cette promenade encore plus agréable.

    Une visite à la chèvrerie de Villarenger

    Après cette belle sortie raquettes pleine de cerfs (trop loin pour les photographier correctement), Nicolas nous emmène visiter la chèvrerie de Villarenger. On câline les cabris de l’année et découvre cette exploitation familiale chaleureuse, où Fernande et sa fille fabriquent les fromages artisanaux. L’été, il est également possible de faire des promenades à poney dans ce vallon préservé, un peu hors du monde, et délicieusement bucolique. Quand nous retournons le soir dans notre beau chalet face aux montagnes, nous nous souvenons avec bonheur de cet après-midi d’échappées solitaires et de rencontres véritables.

    Du yoga des neiges aux Ménuires

    Respirer ! La montagne, pour Marion et moi, c’est cette bouffée d’oxygène qui nous redonne du souffle. Être dehors, sous la lumière drue des neiges, s’enivrer de grand air et de sommets scintillants… un pur bonheur. Lors de notre séjour à Saint Martin de Belleville en Savoie, Marion et moi sommes allées passer une journée sur un très beau site situé aux Ménuires, le long d’une rivière sinueuse : le plan de l’eau. Et nous y avons testé deux activités outdoor originales.

    Côté zen, on partira pour une session de marche méditative et de yoga des neiges avec notre adorable coach Anita. Après avoir arpenté ce très beau site en silence, nous vivrons plusieurs petites séances de yoga nous invitant à cultiver équilibre et travail en profondeur. Apaisement, concentration et oxygène à pleins poumons, ou comment profiter vraiment de la montagne en pleine conscience. L’activité finit par une tisane chaude prise au soleil, ou comment se ressourcer pleinement en une matinée !

    Découvrir le biathlon aux Ménuires

    Côté fonceur, on se lance dans une initiation au biathlon avec l’ESF des Ménuires, mélange de ski de fond et de sessions de tir ! Vous pourrez arpenter avec vos skis le superbe site du Plan de l’Eau, avant de vous essayer au tir couché dans la neige, en visant les cibles à une quinzaine de mètres. J’ai le plaisir de vous annoncer que Marion et moi sommes de vraies James Bond girls et avons fait 5/5 au tir… blogueuses flingueuses 😉

    biathlon les belleville

    Bonnes adresses à Saint Martin de Belleville

    Pour une escapade chic dans les Alpes, Saint Martin cultive un sens certain du raffinement…

    La Bouitte, ou la perle 5* des Belleville

    Si vous êtes toujours en quête d’un séjour romantique, ne cherchez plus, j’ai pour vous la perle de Saint Martin de Belleville : l’hôtel, restaurant et spa La Bouitte, Relais & Châteaux 5 étoiles, table 3 étoiles Michelin. Dans ce beau village historique qu’est Saint Martin, la Bouitte, petite maison d’alpage en savoyard, est l’incarnation mêlé d’un luxe chaleureux et authentique, ancré dans les traditions locales. Depuis 1976, la famille Meilleur bâtit ce nid où l’ébénisterie savoyarde artisanale rencontre l’originalité du design, où on collectionne cloches, céramiques et angelots baroques si typiques de la région, tout en proposant un spa montagnard singulier et atypique… La Bouitte, c’est un luxe chaleureux et enveloppant, qui rend hommage à tout ce que j’aime en Savoie.

    Marion et moi avons tout d’abord adoré découvrir la beauté du spa alpin à l’ambiance de lac de montagne, où bains de foin, sauna aux huiles essentielles et soins aux plantes créent une atmosphère champêtre de soleil sur l’alpage en plein hiver. Nager dans un décor de montagnes, buller sous la neige, découvrir des soins exigeants et authentiques, autant de moments de déconnexion profonde et de bien-être absolu.

    spa la bouitte
    spa la bouitte

    Nous avons ensuite découvert la beauté des chambres et espaces communs de La Bouitte, où chaque détail est pittoresque et unique. Ici, on refuse l’uniformisation froide et standardisée des grandes chaînes, La Bouitte est bien une maison savoyarde, chaleureuse, délicatement biscornue, et infiniment raffinée !

    Nous avons passé un beau moment passé avec cette famille qui a le sens de l’accueil dans le sang. Malheureusement, la crise sanitaire nous a empêché de découvrir la table (3 étoiles Michelin, un sommet gastronomique en Savoie), mais fort heureusement, le bistrot gastronomique Simple et Meilleur pratiquait la vente à emporter – nous avons continué à savourer l’atmosphère exquise de La Boutite à la maison.

    D’excellents restaurants à Saint Martin de Belleville…

    à découvrir sur place ou à emporter.

    Covid oblige, nous avons pris nos repas au chaud dans notre chalet, en profitant du système de click & collect mis en place par de nombreux établissements. Je vous ai parlé du bistrot Simple et Meilleur, version bistronomique de la table étoilée de La Bouitte – un souvenir savoureux ! Mais d’autres restaurants ont aussi su conquérir notre cœur.

    Nous avons eu un coup de foudre pour la table du Montagnard – spécialités revisitées exquises, cuisine fine et savoureuse, attentions délicates, accueil chaleureux, le Montagnard a tout bon !

    Plus simple, mais réjouissant aussi, nous nous sommes régalées des lasagnes de La voûte, et des délicieuses salades de chèvre chaud du snack Bell’Savoie, situé juste en face de notre chalet Caseblanche, où nous avons pu acheter des produits locaux à l’épicerie, et bénéficier d’un accueil chaleureux et convivial. C’est aussi là que nous avons acheté nos petits-déjeuners.

    Les merveilleux chalets Caseblanche

    En recherche d’un hébergement romantique à la montagne, ou d’une escapade en famille tout confort ?
    D’un cocon douillet, luxueux, pour s’offrir une escapade ouatée avec une vue grandiose sur les sommets ?
    Marion et moi avons eu un énorme, énorme coup de cœur pour notre chalet à Saint Martin de Belleville : le chalet Caseblanche.

    Nous avons souvent le bonheur de découvrir de beaux hébergements en voyage. Mais certains nous laissent une telle impression de bien être, de perfection et de magie qu’ils en deviennent une nouvelle maison et qu’on y repense avec nostalgie… C’est le cas de ce merveilleux chalet où nous avons vécu trois nuits parfaites, avec une vue inouïe sur les majestueuses montagnes des Encombres.

    chalet caseblanche saint martin de belleville

    Nous avons tout aimé : la lumière qui jaillit des lampes design et les grandes baies vitrées ouvertes sur la neige, la déco cocooning avec plaids, fausses peaux de bête et cheminée, le confort des canapés douillets et des lits, la gamme miel de Nuxe dans la salle de bain pour un luxe qui perdure jusque sous la douche, le percolateur high tech pour commencer la journée avec du café italien et l’enceinte Marshall pour écouter du rock doux toute la journée avec un son parfait, le sauna privatif en bois clair où nous finissions nos journées, la chaleur du poêle où nous allumions le feu le soir, la douceur de cette bulle chaude au cœur de l’hiver… une vraie merveille.

    chalet caseblanche saint martin de belleville

    Ce chalet comptait six places, et on aurait voulu y inviter tous nos amis. Je trouve que la qualité de l’hébergement ajoute beaucoup à l’expérience de la montagne : qui ne rêve pas de voir la neige tomber au coin du feu, avec le bois qui crépite et le fromage de raclette qui coule ? Envie d’une belle soirée montagnarde vous aussi ?

    chalet caseblanche saint martin de belleville

    Entre patrimoine d’une beauté exceptionnelle, cadre préservé et belles adresses raffinées, Saint Martin de Belleville nous a profondément touchées par son âme de village savoyard authentique et par la qualité des expériences proposées aux visiteurs. Cette petite station à la fois simple et chic, qui respire une élégance discrète et ancrée dans des siècles d’histoire, est le genre d’adresse qu’on partage à ses amis de bon goût… Nous y reviendrons, j’en suis sûre.

    Visiter Saint Martin de Belleville, village savoyard magnifique : belles adresses, patrimoine d'exception et expériences puissantes. Les Alpes élégantes et oxygénantes...
    Epinglez moi !

    Un très grand merci à l’office de tourisme de St Martin de Belleville, à Marjorie et à Marie, pour ce séjour que nous avons profondément aimé.

  • Séjour de rêve aux Saisies, Savoie : la montagne même sans ski

    Les Saisies ? Au-dessus du beau village de Hauteluce, dans le Beaufortain en Savoie, se déploie cette station lumineuse ouverte en balcon sur les massifs avoisinants. Ici les sommets des Aravis, la gracieuse Pierra Menta et le Mont Blanc, s’offrent aux regards dans un majestueux panorama à 360°. Pour le caractère exceptionnel de ce cadre naturel, ses grands espaces préservés et la diversité de ses activités outdoor, j’avais eu un véritable coup de foudre en 2019, lors de mon précédent voyage aux Saisies. Je suis revenue entre amis à Noël 2020, alors que les remontées mécaniques étaient fermées, mais la station bien ouverte, pour continuer à explorer la richesse des activités offertes par les Saisies même sans ski alpin, et pour découvrir un nouvel hébergement tout juste ouvert, la somptueuse résidence Amaya.
    Même sans ski, la montagne est source de plaisirs infinis, à découvrir en famille ou entre amis, et les Saisies sont la station idéale pour s’en convaincre. Voici un petit aperçu des activités outdoor à découvrir ici en Savoie, pour des vacances à la neige sans chausser ses skis (ou presque).

    Lever du jour sur la station, depuis la résidence Amaya
    Découvrir le ski joering
    Randonnée chard du beurre les Saisies
    Randonner face au Mont Blanc
    chard du beurre les saisies
    Une plate-forme panoramique à 360° sur les plus beaux sommets
    ski raquettes ski hok les saisies
    Ski-hok (ski-raquettes) dans les grands espaces du Beaufortain
    Profiter de l’incroyable piscine de la résidence Amaya Les Saisies

    Les Saisies ou la beauté des panoramas 

    Le jeu de mot est facile, je vous l’accorde, mais quasi inévitable quand vous vous retrouvez nez à nez avec le Mont Blanc rougeoyant dans le crépuscule : les Saisies sont saisissantes. La majesté inouïe des panoramas offerts par cette station posée sur la pointe des pieds au milieu des plus beaux sommets de nos Alpes mérite qu’on en tombe éperdument amoureux. Beaucoup d’amis m’ont dit que les Saisies comptaient parmi leurs plus beaux séjours à la montagne, et je le comprends : la beauté visuelle de ce cadre est exceptionnelle.

    L’histoire de la station souligne cette particularité esthétique. La station des Saisies naît en 1935 à l’initiative d’un moniteur de ski autrichien, Erwin Eckl, fasciné par la qualité des paysages qu’il avait découverts en explorant les hauts plateaux surplombant Hauteluce. Il choisit de bâtir son chalet, puis un tout premier hôtel, dans ce décor somptueux. Trois massifs conjuguent leurs merveilles. Côté Beaufortain, la silhouette iconique de la Pierra Menta se détache comme une dent de roc venue croquer le ciel. Côté Aravis, la Pierre Percée semble s’éloigner de dos comme une sorcière bossue et encapuchonnée, et le Mont Charvin expose sa pyramide parfaite. Mais la star incontestable des Saisies, c’est le roi de nos Alpes, le merveilleux Mont Blanc, que le soir colore de rouge et de mauve, et dont l’imposante majesté semble si proche qu’on jurerait parfois avoir affaire à un hologramme planté devant nos yeux éblouis.

    La Pierra Menta, vue depuis le village des Saisies
    Le Mont Blanc, vu depuis le col de la Lézette
    La Pierre Percée, vue depuis le Chard du Beurre
    Le Mont Charvin, depuis le Chard du Beurre
    pierra menta les saisies
    La Pierra Menta, photographiée quelque part entre la Lézette et le Chard du Beurre

    Une promenade jusqu’à la plateforme du Chard du Beurre

    Pour mettre en valeur ces merveilles, les Saisies ont récemment aménagé une plateforme panoramique au sommet du Chard du Beurre, surplombant la station. Un sentier piétonnier praticable sans raquettes y mène, par une promenade facile et agréable au dénivelé très progressif, passant par le col de la Lézette. Tout au long de l’ascension, la beauté des points de vue enchante. Nous avons adoré cette petite randonnée entre amis dans un décor somptueux. Ce qui nous a le plus marqué, c’est cette proximité intimidante avec le Mont Blanc, énorme, spectaculaire, semblant à portée de main…

    Et une fois là-haut, la plateforme de bois clair penchée au-dessus de l’immensité, les hamacs géants et les différents aménagements ludiques donnent envie de s’attarder, de boire un thé chaud face au Mont Blanc et de jouer à collectionner les sommets. Une expérience magnifique !

    Nous sommes redescendus dans le coucher du soleil, émerveillés par la beauté du décor…

    Au coucher de soleil, le sommet du Mont Blanc émerge des nuages… rêver d’ascensions

    Plateforme panoramique du Chard du Beurre
    Accès gratuit et piéton (sans raquettes)
    45 min de montée pour de bons marcheurs, 1h30 avec des enfants.

    Se promener en raquettes aux Saisies

    De nombreux sentiers de raquettes arpentent la forêt majestueuse des Saisies, ou conduisent plus bas vers Hauteluce et les autres villages du Beaufortain. Dans ce cadre très préservé, sans barres d’immeubles, avec peu de constructions et beaucoup de verdure, on est vite tenté de fouler la poudreuse et de se promener sur les sentiers.

    S’essayer au ski de fond… ou au biathlon

    Les Saisies sont réputées pour leur bel espace nordique, particulièrement bien situé avec vue sur les Aravis et slalomant au cœur de la forêt. C’est le lieu idéal pour s’essayer au ski de fond, ou encore pour se rêver en Martin Fourcade et tester le biathlon, que j’avais découvert aux Saisies en 2019 sur un très beau parcours homologué pour les compétitions internationales.
    Retrouvez le biathlon aux Saisies dans mon précédent article

    Forfait ski de fond 11€/jour
    Cours de biathlon : 2h avec l’ESF à partir de 103€

    Découvrir le ski-joering aux Saisies : skier tracté par un cheval !

    C’est l’activité de conte de fées par excellence, celle qui vous donnera l’impression d’avoir été happé dans une fantaisie hivernale avec reines des neiges, rennes amicaux et lutins sylvestres. Le ski-joering consiste à skier tracté par un cheval, en tenant une barre attachée à une sorte de sulky. L’activité demande une maîtrise basique du ski alpin (savoir tourner et maîtriser le chasse-neige), et promet une magnifique immersion en pleine nature, entre beauté des montagnes et des forêts et plaisir du contact avec le cheval. C’est le magasin Intersport Les Saisies qui propose cette activité magnifique, sur un parcours idéalement situé juste au pied de la station, avec des vues merveilleuses sur le village et les sommets du Beaufortain. Si vous n’avez pas déjà votre propre matériel (le ski joering se pratique avec des chaussures et skis classiques de ski alpin), vous pourrez le louer au magasin avant de descendre sur le site équestre. Le circuit, long de plusieurs kilomètres, vous entraîne au cœur d’une forêt de résineux, accompagné d’un magnifique cheval franc-comtois éclatant de santé et au cœur de doux géant.

    Nous avons découvert le ski joering entre amies, Andréa, Christelle et moi, et j’ai été émue de voir la joie pure illuminer leurs visages quand le cheval est parti au galop et qu’elles skiaient parmi les flocons étincelants comme des héroïnes d’Andersen. Le ski joering n’est pas seulement une activité ludique et plaisante (ah, le bonheur de filer sur la neige dans le sillage du cheval !), elle vous reconnecte également à une forme de bonheur enfantin qu’assure la douceur de l’animal et le caractère magique de l’expérience. La grande gentillesse de l’accompagnatrice, Sandra (qui est aussi monitrice de ski aux Saisies), a beaucoup aidé à mettre en confiance celles qui hésitaient.


    Sur le même parcours, et avec les mêmes majestueux chevaux de trait, vous croiserez également des promenades en calèche, qui permettent à toute la famille de profiter de la beauté du site et de la présence apaisante des animaux.

    Enfin, vos enfants pourront découvrir le poney-luge, où de jolis poneys shetlands les tireront dans la neige, comme dans la chanson Jingle Bells – une vraie féerie hivernale.

    Ski joering, calèche et poney-luge
    Ski-joering 28€, calèche 19€
    Réservation auprès du magasin Intersport Les Saisies

    L’apaisement zen : découvrir le snowga ou yoga des neiges aux Saisies

    Dans le top 10 de mes passions, la montagne et le yoga figurent très haut au classement. J’ai donc été absolument ravie de découvrir que les Saisies proposaient une activité de snowga ou de yoga des neiges, dont le concept est très simple et réjouissant : on se promène en raquettes sur le beau domaine nordique, s’essayant déjà pendant la marche à des activités de respiration et de pleine conscience, avant d’arriver sur un joli plateau où on s’installe pour une séance de yoga doux et profond en pleine nature. L’accompagnatrice en montagne et prof de yoga qui propose l’activité, Hélène, dégage beaucoup de douceur et de gentillesse, et nous met en confiance très vite avec quelques exercices de relaxation. Une fois arrivées sur le site de la séance, nous déployons des tapis de yoga spéciaux, doublés d’aluminium afin de nous isoler du sol, et nous vivons une belle session de hatha-yoga alliant exercices de respiration et postures à la fois simples et profondes. La beauté du cadre accentue le caractère méditatif de l’expérience et nous revenons détendues, relaxées, complètement rassénérées par ce beau moment en pleine nature.

    Hélène s’est associée à une autre monitrice dont je vous parlerai tout de suite, Anne-Marie. Ces deux accompagnatrices en montagne proposent une belle gamme d’activités de pleine nature, raquettes, ski de fond, ski-hok et donc yoga des neiges. Leur tandem se nomme L’Arbre à Neige et je le recommande à toute personne désireuse de découvrir les Saisies autrement.

    Snowga ou yoga des neiges avec Hélène
    Session de 2h environ
    Renseignements auprès de L’Arbre à Neige

    Une expérience outdoor prometteuse : découvrir le ski-hok ou ski-raquettes

    Le ski-hok ? C’est un hybride entre ski de randonnée et raquettes, qui permet d’arpenter la montagne avec beaucoup de légèreté, et dont je recommande chaleureusement la découverte.

    que faire aux saisies ski hok ski raquettes

    Depuis plusieurs années, des montagnards curieux et passionnés explorent des alternatives de pleine nature au ski alpin, qui permettent de quitter les sentiers balisés, sortir des pistes et vivre de belles expériences outdoor, à la croisée entre glisse et randonnée et en totale immersion dans un environnement préservé.

    La plus célèbre de ces alternatives est bien sûr le ski de randonnée, où on grimpe skis et peaux de phoque aux pieds avant de fixer le talon pour la descente dans la poudreuse, en style alpin. J’avais découvert cette belle activité en Chartreuse.
    Plus confidentiel, mais très excitant à mes yeux, est le ski de randonnée nordique, que j’avais découvert sur les hauts plateaux du Vercors en hiver, où les skis sont plus courts, le talon reste libre, et où on gagne en légèreté.
    Le dernier né de la famille, c’est le ski-hok ou ski-raquette, sorte d’entre-deux à la fois polyvalent et accessible entre les raquettes et le ski de randonnée, qui me semble très prometteur : sa légèreté et sa facilité d’accès le rendent intéressant pour le plus grand nombre, et permettront peut-être à nouveau public de découvrir les joies de la montagne de pleine nature en hiver.

    Je m’initie au ski-hok avec Anne-Marie, monitrice de ski de fond et accompagnatrice en montagne adorable et passionnée. Elle est la seconde moitié du beau duo L’Arbre à Neige formé avec Hélène. Je loue des chaussures de raquette spéciales, des TSL ultra légères et confortables pour qui j’ai un vrai coup de cœur, au magasin StarSki Sport Les Saisies. C’est ensuite Anne-Marie qui me fournit une paire de ski-hoks pour notre sortie. Examinons la bête : les ski-hoks sont des skis courts, où la peau de phoque est fixe. Le pied est fixé au ski de façon à lui garantir sa totale liberté de mouvement, avec un système très léger et facile que permettent les chaussures spéciales munies d’un petit poinçon à l’avant. On s’équipe rapidement et sans difficulté.

    Sur le plat, on peut soit marcher comme avec des raquettes, soit pratiquer une sorte de course glissée où le ski reste au sol et le pied se détache entièrement, comme si on courait – la technique est simple à acquérir, et permet de gagner beaucoup de vitesse sur le plat, afin de parcourir de plus grandes distances. En montée, la grande légèreté du matériel et les peaux de phoque fixes permettent de faciliter les ascensions. En descente, on peut se laisser glisser tout droit, genoux fléchis : les peaux de phoque fixes ne permettent pas de prendre autant de vitesse qu’en ski de randonnée. On peut aussi adopter une technique style telemark (un sport que j’avais découvert à Pralognan-la-Vanoise), avec un genou plié, pour tourner. J’ai encore un petit peu de mal à trouver mon équilibre en descente : l’absence de carres, qui empêche de tourner en style alpin, et la technique telemark, ne sont pas encore évidentes pour mon cerveau trop formaté au ski de pistes. Mais j’ai très envie de retenter, car l’activité me semble extrêmement prometteuse pour les amoureux de randonnée hivernale : on parcourt aisément de grandes distances, sans effort trop soutenu, en pleine immersion dans la nature.

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    Anne-Marie m’emmène hors de la station des Saisies, côté Beaufortain en direction de Hauteluce, dans un paysage superbe où la Pierra Menta trône en reine. J’ai des sensations de grands espaces, d’escapade nordique de toute beauté. J’apprécie énormément cette sortie hors des sentiers battus, avec une passionnée qui m’entraîne vers les anciens hameaux d’alpage et me raconte l’histoire du massif (voir ci-dessous). J’ai eu très envie de retenter rapidement le ski-hok, d’autant que j’ai découvert que le monde du ski alternatif est petit : Anne-Marie a acheté son matériel à Régis d’Aventure Nordique, avec qui j’avais découvert le ski de rando nordique dans le Vercors, et qui a lancé un nouveau site dédié au ski-hok ou ski-raquette. Je sens que je vais rechausser des ski-hoks dans le Vercors prochainement !

    Sortie en ski-hok ou ski-raquettes aux Saisies
    Accompagnatrice : Anne-Marie, L’Arbre à Neige
    Anne-Marie fournit les skis-hoks
    Location des chaussures de raquette spéciales auprès de StarSki Sports Les Saisies

    Découvrir la culture savoyarde traditionnelle

    Un moment que j’ai particulièrement apprécié lors de notre sortie en ski-hok est celui où Anne-Marie m’a entraînée dans des hameaux anciens et isolés à quelques encablures des Saisies, au cœur des alpages. Je découvre avec elle la culture savoyarde traditionnelle, intimement liée à l’élevage et à la vie des troupeaux.
    Sur les alpages, certains prés étaient occupés par les animaux pendant l’été qui paissaient l’herbe fraîche, mais d’autres étaient des prés de fauche, utilisés pour la récolte du foin qui nourrirait les bêtes pendant l’hiver. On construisait donc des granges pour stocker ce foin, des granges à l’épaisse charpente de bois. Alors qu’ailleurs en Savoie, notamment en Haute Maurienne, dont je reviens, le bois se faisait rare et les constructions étaient de pierre, ici dans le Beaufortain les forêts denses permettaient l’utilisation du bois. Les granges sont faites d’épais madriers qui sont équarris (coupés au carré) avant d’être assemblés. Une poutre plus épaisse que les autres, le raidisseur, soutient le toit contre le poids de la neige hivernale. La partie inférieure de la grange sert parfois d’abri aux génisses, et la partie supérieure, assise dans la pente, sert à stocker le foin.

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    les saisies architecture traditionnelle


    En hiver, les « fenatsus » venaient descendre le foin selon une technique impressionnante qu’on nomme la ramasse : deux à trois cent kilos de foin sont placés sur des cordes, serrés en une énorme botte ronde et placés sur un traîneau ou carret. Les courageux fentasus, dont l’aisance technique n’a d’égal que le courage physique, vont descendre le foin vers la vallée en guidant et freinant ce traîneau, une véritable épreuve de force et d’agilité. Un très beau film a été tourné à ce sujet dans une autre vallée savoyarde, la Vanoise – il s’appelle le Couloir du foin et montre toute la beauté et la difficulté de cette pratique qui a perduré jusqu’aux années 1980.

    Mon ami Pierre Brugnon, historien spécialiste de la Savoie, m’a envoyé cette belle gravure du 18e siècle montrant comment la ramasse des foins a signifié le début du tourisme de montagne : après les ballots, on s’est mis à descendre ainsi les voyageurs !

    Anne-Marie m’explique l’architecture traditionnelle, les fermes bâties sur des niveaux décalés en utilisant la pente, afin de pouvoir ranger plus facilement le foin, les vastes volumes afin de pouvoir abriter bêtes au rez-de-chaussée et provisions à l’étage. Elle me montre le « cacaret », petit cabinet de toilette décalé de la maison. Elle me montre les églantiers et les sorbiers des oiseleurs, me raconte les soupes d’orties et d’épinards sauvages, autant de sources de vitamines dans ces pays de neige où on a soif de verdure.

    Je découvre que le mot savoyard par lequel on désigne la rivière, le Doron, provient d’une source gauloise très ancienne qui a abreuvé nos langues et nos topographies : du mot celtique « dubro », désignant l’eau, découlent les beaux noms de Drôme, de Durance, de Drac et de Doire Baltée… le savoyard en a gardé la mémoire. Cette promenade au cœur des hameaux est un véritable voyage culturel qui me ravit, et me rend toujours plus amoureuse de la Savoie traditionnelle.

    Chapelles et fromages du Beaufortain

    Si j’avais eu plus de temps, j’aurais voulu explorer le beau village de Hauteluce et sa chapelle du XVIIe siècle – ma récente visite en Haute Maurienne m’a montré combien j’aimais le baroque savoyard.

    les saisies patrimoine
    Un des sublimes villages que l’on croise en montant vers les Saisies – photo prise en février 2019, lors de mon précédent séjour

    Mais j’ai eu le temps de faire une halte dans la très belle chapelle contemporaine des Saisies, Notre Dame de Haute Lumière (n’est-ce pas un nom magnifique ?), dont les volumes audacieux semblent refléter les arrêtes tranchées des sommets, et qui s’ouvrent comme un puits de blancheur sur du bois clair.

    les saisies notre dame de haute lumière
    les saisies notre dame de haute lumière
    les saisies notre dame de haute lumière

    Nous sommes au cœur du Beaufortain, terre natale du délicieux fromage de Beaufort AOP. Ayant visité la magnifique coopérative laitière du Beaufort à Lanslebourg en Haute-Maurienne très récemment, je ne suis pas retournée visiter celles d’ici, mais c’est une visite que je recommande vivement aux amoureux de fromage : le processus est passionnant, et le Beaufort, doux et fruité, a le goût merveilleux d’un alpage fleuri en été

    fromage beaufort beaufortain
    Beaufort AOP et Bleu de Bonneval

    Un fabuleux hébergement haut de gamme aux Saisies : la Résidence Amaya

    Je suis toujours en quête de l’hébergement idéal à la montagne, et je dois dire que la somptueuse résidence 5* Amaya, tout récemment ouverte aux Saisies, n’est pas loin de la perfection absolue… Cette résidence tout confort, aux prestations superbes, présente un grand nombre d’atouts.

    * Résidence Amaya : localisation parfaite ski aux pieds

    Quoi de plus agréable que de pouvoir se retrouver directement sur les pistes, sans avoir à reprendre sa voiture et trimballer ses skis sur une longue distance ? La résidence est située directement sur le domaine, et vous rejoignez les télésièges en descendant une piste facile. Quand l’Espace Diamant, avec ses 192km de pistes de ski alpin, réouvrira, ce sera un atout considérable ! En plus, chaque appartement bénéficie de son ski-room privé et chauffé, qui s’ouvre avec la même clef que celle de l’appartement, et permet de stocker son matériel dans des conditions idéales.

    * Une vue somptueuse sur la station depuis la résidence Amaya Les Saisies

    La moitié des appartements jouit d’une vue extraordinaire sur le village des Saisies, les Aravis et le Beaufortain. Notre appartement donnait sur presque toute sa longueur sur un majestueux balcon, et les levers de soleil étaient une magie pure : un déferlement de rose et d’or sur les sapins et les sommets.

    * Des appartements de grand luxe aux Saisies

    Quel bonheur que de dormir ici ! Nous jouissions d’un grand salon avec canapé et vue sur la montagne, d’une belle et grande table de bois idéale pour se réunir autour d’un dîner montagnard, et d’une cuisine entièrement équipée avec tout ce dont on peut rêver – four, micro-ondes, plaques, des tonnes de plats et d’ustensiles, et même un mixer et une Nespresso. Côté chambres, nous pouvions loger à 4 ou 6 dans cet appartement : deux chambres magnifiques, avec un lit double et deux lits simples, deux salles de bain cozy et agréables, et un canapé-lit dans le salon. Certains appartements accueillent jusqu’à 10 personnes. Nous étions fabuleusement bien dans cet univers de bois clair, de beaux meubles et de déco scandinave, au chaud à regarder la neige tomber…

    * Un espace bien-être extraordinaire : le plus beau spa des Saisies

    Cri de joie collectif en découvrant l’extraordinaire espace bien-être de la résidence Amaya ! Une piscine immense, chaude et lumineuse, où la géométrie accentue encore la sensation d’espace, et qu’une lumière bleue et mauve illumine délicatement, un grand jacuzzi bouillonnant, un sauna, un hammam, et même un bain nordique à 11 degrés (où je n’ai pas mis les pieds, on est pas ici pour souffrir, mais que d’autres plus masochistes ont apprécié). Lors d’un après-midi où j’avais prévu de faire du ski de fond, les chutes de neige m’ont découragée, et j’ai passé avec un bonheur inouï près de 3h à barboter dans le jacuzzi, nager dans la piscine et faire du yoga dans la grande et belle salle de fitness toute équipée. La qualité et la beauté visuelle de l’espace bien-être sont un immense atout de la résidence.

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    * Soins dans un superbe spa Montagnes du Monde

    J’ai eu le bonheur de bénéficier d’un merveilleux massage dans le spa Montagnes du Monde de la résidence, qui utilise les produits Pure Altitude aux herbes des Alpes, et qui parvient à créer un merveilleux cocon de bien-être ouaté. Une vaste gamme de soins, des produits de qualité et un service bienveillant et attentif placent les vacances sous le signe du bien-être et du soin de soi…

    * Un service traiteur haut de gamme

    Parmi les nombreux services proposés par cette résidence hôtelière luxueuse figure le traiteur : nous pouvions commander un kit raclette ou fondue tout prêt, avec prêt de l’appareil, fromage et charcuteries, à déguster directement dans notre appartement. Soucieux de diététique, nous avons testé les deux, évidemment. J’ai adoré ces moments conviviaux tout confort dans notre bel appartement.

    J’ai recommandé la résidence Amaya à plusieurs personnes aimant à la fois la convivialité et l’autonomie de l’appartement à louer, et la qualité des prestations d’un bel hôtel. Bien sûr, un séjour dans cette résidence a un prix, mais louer un appartement entre 4 et 6 amis est quelque chose que je ferais sans hésiter, tant les prestations sont belles et l’expérience exceptionnelle. Séjourner ici a transformé un beau voyage à la montagne en véritable parenthèse ressourçante, et cela restera un souvenir magique pour nous tous. J’ai déjà décidé d’y revenir !

    Heureuse…

    Résidence MGM Amaya Les Saisies, 5*
    Appartement tout équipés, espace bien-être avec piscine, sauna, jacuzzi, hammam, salle de sport, spa Montagnes du Monde
    Accès ski aux pieds au domaine et ski room privé
    Séjour à partir de 966 €/semaine
    Séjour « Au bonheur des dames » spa, massages, bien-être comprenant les soins à partir de 743€/personne

    Encore plus d’activités aux Saisies

    Ce séjour magnifique a renforcé mon amour des Saisies, station véritablement parfaite à mes yeux, qui réussit à demeurer à taille humaine tout en offrant une immense diversité d’expériences. Pour découvrir encore plus d’activités à vivre aux Saisies, je vous invite à consulter l’article rédigé lors de mon précédent séjour en 2019 : mille activités aux Saisies. Je vous y parle notamment de la conduite de dameuse, de la motoneige, du biathlon, du ski alpin sur l’exceptionnel Espace Diamant, ou encore du Mountain Twister, la ludique et très fun luge sur rails, qui permet de dévaler les pentes à toute blinde dans une sorte de grand 8 alpin – pendant que j’étais au snow yoga, les garçons de la bande ont enchaîné 5 tours de Mountain Twister !

    stations de ski familiales dans les montagnes françaises
    Dévaler la pente à toute blinde en luge sur rail au Mountain Twister : un bonheur pour les mordus d’adrénaline de tous âges

    Et malgré mon amour immense du ski alpin, ce séjour m’a confortée dans la certitude qu’aller à la montagne vaut TOUJOURS le coup, même sans ski : les activités proposées sont de plus en plus belles et variées ! Je vous souhaite un très bel hiver dans nos montagnes françaises.

    stations de ski familiales dans les montagnes françaises
    Les Saisies en février.

    Un très grand merci à la station des Saisies et à la résidence Amaya pour leur accueil magnifique, à tous les prestataires pour leur vraie chaleur humaine, et à Lise de Duodecim pour l’organisation de ce séjour qui restera un merveilleux cadeau de Noël 2020, un bol d’air extraordinaire après une année compliquée !

  • Sept expériences à vivre en Haute Maurienne : Savoie authentique

    La Haute Maurienne Vanoise ? Tout au fond du parc national de la Vanoise, à la frontière italienne, les glaciers ont creusé une des vallées les mieux préservées de Savoie. C’est le pays de Bonneval-sur-Arc, un des plus beaux villages des Alpes françaises, du film Belle et Sébastien, des églises baroques, du fromage Beaufort, et du mythique col du Mont-Cenis.

    Bonneval-sur-Arc
    Que voir et que faire en Haute Maurienne ? Découvrir la région du Mont Cenis, de Bonneval sur Arc et de Val Cenis. Une des plus belles vallées de Savoie
    Avérole
    Que voir et que faire en Haute Maurienne ? Découvrir la région du Mont Cenis, de Bonneval sur Arc et de Val Cenis. Une des plus belles vallées de Savoie
    Coopérative laitière de Lanslebourg

    Cela faisait très longtemps que je me sentais profondément attirée par ce pays d’Alpes éternelles, d’architecture savoyarde pluriséculaire et de traditions puissantes. Après être tombée amoureuse de Pralognan-la-Vanoise, je rêvais de continuer cette découverte d’une Savoie authentique et somptueuse.
    Voici sept idées de choses à faire, à voir et à goûter autour de Val-Cenis, de Bessans et de Bonneval-sur-Arc, sept belles expériences à vivre en Haute-Maurienne Vanoise.

    Visite de Bonneval-sur-Arc
    Yoga du rire en pleine nature

    J’ai réalisé ce reportage en duo avec mon amie photographe Marion Carcel alias Foehn Photographie. Nous formons ensemble sous le nom d’Itinera Favonia un duo de blogueuses-photographes… et de grandes amoureuses de la montagne. Toutes les photos dans lesquelles j’apparais sont les siennes, et de nombreuses autres dans cet article !

    Marion avec notre prof de yoga du rire, Thierry

    1) Sur les traces de Belle et Sébastien à Bonneval-sur-Arc, village savoyard mythique

    C’est le seul village de Savoie labellisé « plus beau village de France », et c’est sans aucun doute un des plus beaux villages des Alpes. Tout au bout de la vallée de la Haute-Maurienne, là où la route s’arrête sur les hautes montagnes, Bonneval-sur-Arc offre le décor idyllique d’une Savoie intemporelle. Maisons de pierres épaisses, toits de lauzes noires, imposantes charpentes de bois, certaines maisons se tiennent ici depuis le XVe siècle. Protégé par sa situation excentrée, en fond de vallée, Bonneval fut l’un des rares villages de la région à ne pas être incendié par l’armée allemande durant la guerre, préservant son exceptionnel patrimoine.

    « Bonneval-sur-Arc, bout du monde savoyard »

    Bonneval-sur-Arc

    Admirer l’architecture savoyarde authentique à Bonneval-sur-Arc

    Notre guide, Karine, nous invite à être attentives à certains détails de l’architecture savoyarde traditionnelle. Sur les façades s’avancent des balcons de bois, qui servaient à faire sécher le grébon – galettes de bouses de vaches ou de crottes de mouton, qu’on utilisait comme combustible. La présence des bêtes au rez-de-chaussée des maisons assurait une température plus élevée dans ces régions froides, et grâce au grébon, on allumait le feu pour cuire la nourriture. Pour évacuer la fumée se dresse une cheminée, protégée par une lauze posée à plat sur le conduit, et surplombée d’une « pierre marmotte » : ce gros caillou posé par-dessus la cheminée pour bloquer la lauze ressemble étrangement à un petit mammifère dressé sur ses pieds en position de guet.
    A l’arrière des maisons, le mur n’est pas rectiligne, mais arrondi : cette forme circulaire permettait de casser le déferlement des avalanches, permettant à la coulée de se séparer en deux et de contourner la maison au lieu de l’abattre. Sur les hautes pentes qui surplombent Bonneval, on voit distinctement les couloirs d’avalanche, les arbres brisés sur leur passage – dans cette vallée où l’enneigement est spectaculaire, il est vital de lutter contre ce danger.

    Rêver au hameau et aux cascades de l’Ecot

    Il n’est pas étonnant que ce merveilleux village hors du temps inspire les cinéastes : c’est ici que Nicolas Vanier a tourné son « Belle et Sébastien », au magnifique hameau de l’Ecot. Karine nous conduit dans ce site hors du temps, d’une beauté parfaite. Nous longeons la cascade où Belle prend son bain au début du film…

    …avant de rejoindre ce groupement de maisons traditionnelles perdu dans les grands espaces. De nombreux chalets d’alpage ont été restaurés et permettent aujourd’hui une location saisonnière – Karine nous fait rêver en nous montrant ces maisons solitaires, où les habitants venaient passer l’été quand les bêtes broutaient sur les estives, que les touristes peuvent aujourd’hui investir pour une parenthèse bucolique. Partout dans le hameau, de nombreuses chapelles votives entourent les maisons, invoquant la protection de Saint Antoine le Grand, saint guérisseur qui veille sur les ermites et sur les troupeaux, Saint Joseph, patron des ébénistes, ou de Sainte Catherine, qui préserve des avalanches. Pour mener sa vie au pays de la neige, de la pente et des frimas, il faut bien une armée de viatiques avec soi…

    Que voir et que faire en Haute Maurienne ? Découvrir la région du Mont Cenis, de Bonneval sur Arc et de Val Cenis. Une des plus belles vallées de Savoie

    Une guide pour explorer la Haute-Maurienne

    Marion et moi avons adoré cette balade avec Karine, qui est accompagnatrice en montagne et propose des randonnées l’été, des sorties en raquette l’hiver. Joyeuse, joviale et passionnée, elle nous a régalées d’un pique-nique savoyard de premier choix à la fin de la visite, et c’est sous le soleil de l’Ecot que nous avons dégusté du beaufort, du pain aux noix fait maison et le « café des bergers », délicieux mélange de serpolet et de miel chaud. On a très envie de revenir vadrouiller avec elle !

    Pour contacter Karine Routin, guide en Haute-Maurienne

    Et en plus, son compagnon Philippe Roger est l’auteur de l’iconique chanson de Val-Cenis … « ami, viens donc à Val-Cenis », impossible de résister à une invitation aussi enjouée ! (écoutez la chanson, ça vous donnera follement envie de faire la fête en montagne)

    2) Rando et yoga au-dessus du lac du Mont-Cenis

    En voiture l’été, à skis l’hiver, quand on vient en Haute-Maurienne, il faut monter au mythique col du Mont-Cenis.

    2000 ans d’histoire au col du Mont-Cenis

    A plus de 2000 mètres d’altitude, ce col fut le principal point de passage alpin entre France et Italie durant tout le Moyen-Âge. Est-ce le col franchi par Hannibal avec ses éléphants ? Impossible de l’affirmer avec certitude, mais on sait que Charlemagne, l’empereur Henri IV, les ducs de Savoie et Napoléon Bonaparte le franchirent, et qu’on doit à Napoléon lui-même la tortueuse route qui monte de Lanslebourg jusqu’au col en 33 virages : il la fit construire en un temps record pour se rendre à Milan ! Le lac est à 90% français, 10% italien : nous sommes véritablement à la frontière, nichée dans les entrelacs des Alpes. Le fort de Ronce qui surplombe le lac n’est qu’un des centaines de forts qui jalonnent la Haute-Maurienne, pays frontalier que plusieurs puissances se sont disputé, des siècles durant…
    Curiosité amusante, le barrage du Mont-Cenis est gardé jour et nuit par un Français, un Italien… sauf pendant le covid, qui a perturbé une tradition vieille de plusieurs décennies !
    Ouverte à la circulation en été, la route du Mont-Cenis est enneigée et intégrée au domaine skiable de Val-Cenis l’hiver. Marion et moi avons bénéficié de la toute dernière journée d’ouverture pour monter à ce lac superbe.

    S’essayer au yoga du rire en pleine nature

    Avec notre guide Thierry, Marion et moi sommes montées au-dessus du lac, d’abord au fort de Ronce, puis en direction du Lac Clair. A environ 2600m d’altitude, nous avons trouvé les premières neiges de novembre, et joui d’un coucher de soleil extraordinaire sur le lac du Mont-Cenis. Devant nous, la Dent Parrachée ceint le lac d’une couronne glaciaire à 3697m d’altitude, et au loin, les Aiguilles d’Arves se découpent comme des vaguelettes à l’horizon. Dans ce cadre extraordinaire, Thierry Bardagi, chaleureux accompagnateur en montagne, prof de yoga et sophrologue nous propose une activité originale : le yoga du rire. Insolite, déconcertante, cette activité nous invite au lâcher-prise et à la libération des tensions. Par un mélange de gymnastique, de théâtre, d’exercices de respiration, de grimaces et de jeux, Thierry nous incite à nous libérer du négatif et retrouver par le rire et l’oxygène de la montagne un nouveau souffle. Cela éveille votre curiosité ?

    Contactez Thierry Bardagi, guide et prof de yoga en Haute-Maurienne

    Après notre session, nous avons profité d’un sublime coucher de soleil sur le lac…

    3) Goûter le Beaufort à la Fromagerie

    Connaissez-vous le Beaufort AOP ? J’en salive rien que de l’écrire : ce délicieux fromage savoyard à pâte dure a le goût doux et fleuri des alpages. Fromage doux, fromage d’été, il séduit par sa finesse et sa fraîcheur. C’est un de mes fromages préférés, et j’étais très heureuse d’aller visiter la Fromagerie de la coopérative laitière de Haute Maurienne Vanoise à Lanslebourg, pour comprendre toutes les étapes de sa fabrication. Une quarantaine d’éleveurs associés sont propriétaires de cet atelier où naît ce fromage savoyard emblématique du Beaufortain, de la Haute-Maurienne et de la Tarentaise. Comme pour toute AOP, les critères sont stricts : la nourriture des vaches de race Taurine et Abondance, qui reçoivent foin en hiver, herbe fraîche en été, l’utilisation d’outils traditionnels comme la toile de lin et le cerclage de bois, l’affinage 5 mois en cave, sont très contrôlés afin de garantir le goût léger et fruité. Nous assistons au caillage du lait frais, sous la houlette du maître fromager. Le caillé est ensuite mis en meule et cerclé de bois. Il s’affinera en cave, où un robot aura la lourde tâche de retourner plusieurs fois par jour ces meules de 40kg à talon concave. La visite de l’atelier du fromager est passionnante, et celle des caves, de toute beauté. Grandes amatrices de fromage, Marion et moi nous sommes régalées…

    Fromagerie de Lanslebourg  : visites et boutique

    … D’autant que nous avons ensuite dégusté non seulement le Beaufort, mais aussi le bleu de Bonneval, un bleu plus doux que les autres fabriqué avec le même lait de montagne – Marion s’est régalée, j’avoue que le Beaufort reste indétrônable pour moi ! Nous sommes reparties de la boutique avec du fromage (évidemment), mais aussi d’autres spécialités savoyardes comme les crozets ou le jus de pomme-myrtille…

    4) Découvrir un patrimoine religieux extraordinaire

    Qui a déjà suivi les « routes du baroque » le sait : la Savoie est célèbre pour son patrimoine religieux extraordinaire. A Morzine, je m’étais passionnée pour l’histoire de St François et la beauté de l’église paroissiale. En Haute-Maurienne, nous avons eu la chance d’être conduites par Armelle, guide du patrimoine, à la découverte des églises de la vallée.

    Les églises de Haute-Maurienne portent leurs clochers en étendard, si distinctifs de cette vallée : ces églises de style roman lombard ont été réhaussées au 17e siècle de clochers où une tour principale est entourée de quatre petites pyramides à chaque angle. On les cherche des yeux et on les trouve dans chaque village, en harmonie avec les formes des hauts sommets qui les surplombent. Mais outre la verticalité superbe des églises, on retrouve d’innombrables et parfois toutes petites chapelles votives, comme un rempart de prières et un chapelet de saints contre les dangers des montagnes.

    Armelle nous conduit tout d’abord à l’église Saint Michel à Lanslevillard, emblématique des églises de la région à plus d’un titre : bâtie au XIIe siècle en style roman lombard, restaurée de façon somptueuse (à l’intérieur, l’extérieur restant très sobre) à l’époque baroque, de nouveau restaurée de façon néo-classique au XIXe siècle. Ce qu’il reste aujourd’hui du baroque dans cette église, et qui la rend célèbre, ce sont ses trois retables, absolument somptueux. Le plus ancien et le plus précieux, le Retable du Rosaire, date de 1627, et a été réalisé par un grand maître, Jean Clappier, à la gloire de Marie et de son rosaire (la prière du chapelet). Datant des années 1700, le second est emblématique d’un baroque très orné avec ses superbes colonnes torsadées, et met en valeur Saint Antoine le Grand, l’ermite chéri des montagnards. Le troisième retable enfin est d’une grande richesse, la prébelle (partie basse) représentant la vie terrestre, ses moissons et ses fleurs, tandis que l’attique (la partie haute) est céleste – au milieu, anges et saints assurent l’intercession entre ici-bas et là-haut. Les colonnes dorées qui entourent le tabernacle, « saint des saints », évoquent le tombeau de Saint Pierre à Rome, tandis que le pélican s’ouvrant le ventre pour nourrir ses petits est une figure du sacrifice ultime ; ce retable est un véritable univers spirituel en miniature.

    A Lanslevillard toujours, nous découvrons la chapelle Saint Sébastien, saint patron criblé de flèches des pestiférés, des guerriers et des mourants, qui me fascine par la qualité de ses fresques, intactes depuis leur création dans les années 1460. A la charnière entre l’art gothique médiéval et les premières impulsions de la Renaissance, ces fresques peintes à même la pierre (d’où leur excellent état de conservation) sont de véritables bandes dessinées retraçant d’une part la vie du Christ, d’autre part celle de Saint Sébastien. Colorées, didactiques, vivantes, elles replacent les évangiles dans un cadre familier des fidèles de l’époque : ainsi, ici Jésus est savoyard, évolue parmi les Alpes, et mange du fromage et de la charcuterie !  

    Armelle nous conseille une dernière visite, que nous effectuerons sur la route du retour : celle de l’église d’Aussois, plus bas dans la vallée, où la décoration baroque a été refaite sur un mode art déco au début du XXe siècle, mêlant les anges de la contre-réforme à ceux des années 1910.

    Cette visite très riche m’a passionnée, et j’ai découvert qu’Armelle proposait également des ateliers de peinture ancienne – si le patrimoine savoyard vous intéresse, n’hésitez pas à la contacter.

    Contacter Armelle Filliol, guide du patrimoine et peintre en décor

    5) Se perdre au bout du monde dans la vallée de l’Avérole

    C’est toujours sur le conseil d’Armelle que Marion et moi décidons de nous aventurer « au bout du monde », en quittant la route principale à Bessans pour se perdre dans une vallée adjacente, celle de l’Avérole.

    Au bout du bout du monde, le but de notre escapade : le hameau d’Avérole, construit au Moyen-Âge à 2307m d’altitude. Dans une solitude absolue, nous arpentons environ 7km de route sinueuse, surmontée par des sommets majestueux culminant à plus de 3500m, avec la sensation de remonter le temps. Nous longeons le hameau en ruines des Vincendières, où je suis triste de voir s’écrouler des maisons datant du XVIe ou XVIIe siècle – ah, être riche et restaurer ce village ! – avant d’arriver dans ce décor pastoral figé dans le temps, surplombé par sa majestueuse église sur fond de pentes enneigées et de solitudes gelées. Un moment de grande beauté…

    6) De bonnes adresses originales en Haute-Maurienne

    Nous sommes venues en plein confinement, et en novembre – les deux adresses que nous sommes allées découvrir, La Ferme du XXIII et l’Outa, étaient encore en fin de travaux. Mais j’ai vraiment hâte de les voir ouvertes cet hiver, car les lieux sont attachants et originaux, et proposent typiquement le genre d’expériences décalées que j’adore !

    La Ferme du XXIII (23) se situe sur la route du Mont-Cenis, au 23e virage. L’été, on y accède en voiture, mais l’hiver, elle est intégrée au domaine skiable, et devient un resto d’altitude, accessible à skis pour les heureux amateurs de neige. A l’époque napoléonienne, il s’agissait d’une maison cantonnière, relais de poste pour les mules. Bien des décennies plus tard, ce nouveau projet va ramener des animaux vivants parmi ces murs. Le propriétaire de la Ferme du 23 est agriculteur : soutenu par la municipalité, il a travaillé depuis plusieurs années à ce projet original, et a entièrement restauré la ferme pour la changer en un restaurant insolite, où les vaches seront sous le plancher. Par une lucarne de verre, on pourra voir les animaux sous le décor chaleureux et montagnard, avec un grand bar de bois et une déco typique de la région. A table ? Une carte courte, mais 100% locale (et on ne peut plus branchée circuit court) : le fromage et la viande de ses propres vaches. Hâte de revenir en hiver pour découvrir cette expérience de terroir !

    Au bar de la ferme du XXIII – sous le plancher de verre, les vaches

    La Ferme du XXIII, resto d’alpage à Val-Cenis, menus terroir 100% locaux

    A Termignon, l’hôtel L’Outa réouvre cet hiver avec un tout nouveau concept. Après avoir grandi à Chambéry et tenu une brasserie célèbre à Annecy, un couple de jeunes savoyards dynamiques et plein d’idées reprend ce vieil hôtel-restaurant. Au programme ? Une restauration et métamorphose intégrale des lieux, pour créer un vrai espace à vivre accueillant et chaleureux au rez-de-chaussée, avec de grandes verrières ouvertes sur les montagnes, un coin canapé autour du poêle à bois, un bar et une salle de restaurant. L’équipe annecienne les a suivis en Haute-Maurienne, et l’Outa sera avant tout un resto à la fois régional et original, où on ne mangera pas les traditionnelles raclettes et tartiflettes, mais des produits locaux transformés de façon fraîche et moderne. La carte change chaque jour, et les suggestions du dernier menu avant le confinement nous ont fait saliver : en entrée par exemple panna-cotta au chèvre, nage de potimarron à la coppa, œuf cocotte à la fondue de poireau, champignons et beaufort… Les 19 chambres proposent des configurations variées, chambre duo, suite familiale ou dortoir de 6 personnes, le tout avec une déco hipster chaleureuse et acidulée. Cerise sur le gâteau ? L’espace détente au sous-sol, avec notamment un immense jacuzzi ! Hâte de voir le spa savoyard une fois achevé. On a aimé l’atmosphère cool et décalée, la carte qui promet des merveilles et la bulle de bien-être face aux montagnes, on note l’adresse et on reviendra !

    L’Outa à Termignon, restaurant, bar, hôtel et spa, ambiance arty et conviviale, cuisine raffinée

    Je termine enfin par le lieu qui nous a accueillies pendant deux jours. La Vieille Poste à Lanslebourg n’est pas un hôtel-resto « branché », c’est un 2 étoiles un peu dans son jus, pas une adresse chic ou insolite comme on en trouve usuellement sur ce blog. Mais ils nous ont accueillies en plein confinement avec beaucoup d’efficacité, et on tient à souligner la gentillesse et le sens de l’hospitalité de l’adorable famille polonaise qui tient les lieux. Leur cuisine est roborative, généreuse et pleine de saveurs. On a fini intégralement nos assiettes à chaque repas et on recommande chaleureusement leur resto de spécialités.

    La Vieille Poste à Lanslebourg, hôtel-restaurant traditionnel

    7) Revenir en Haute Maurienne en toute saison

    Nous sommes venues en Haute-Maurienne dans des conditions très particulières, en novembre, qui est généralement un mois dormant en montagne (ce n’est déjà plus l’automne et ses couleurs, ce n’est pas encore l’hiver et sa neige), et en plein confinement. Les conditions n’étaient donc a priori pas idéales pour tirer parti de tout ce que cette vallée peut offrir, et malgré cela, nous avons toutes deux eu un immense coup de cœur pour ce pays magique. Marion et moi nous sommes promis de revenir en Haute-Maurienne, car il y a tant de beautés à contempler et d’expériences fortes à vivre ici en toute saison !

    En Haute-Maurienne en hiver, on reviendra skier sur l’immense domaine de Val-Cenis, pour avoir la joie de dévaler à skis les grands virages de la route napoléonienne qui descend du col. On ira faire du chien de traîneau et des raquettes à Bessans, qui a des airs de petit Canada avec ses grands espaces nordiques, et profiter d’un enneigement extraordinaire à Bonneval-sur-Arc, qui est si riche en flocons que la station ne ferme usuellement que début mai. A Bonneval, on monte skier jusqu’à 3000m, sur l’une des plus grandes calottes glaciaires des Alpes.

    L’été en Haute-Maurienne, on louera un chalet d’alpage – ils sont nombreux dans cette vallée si préservée, et proposent une expérience de déconnexion fabuleuse, au plus près des cimes dans un décor idyllique – et on ira randonner parmi les fleurs autour du lac du Mont-Cenis, qui abrite la plus grande biodiversité florale de toutes les Alpes. Notre guide Karine Routin nous a donné quelques bons tuyaux concernant les chalets à louer, vous pouvez lui faire signe !

    L’automne en Haute-Maurienne, by Marion – Foehn Photographie. Un air canadien, non ?

    A l’automne, on reviendra encore en Haute-Maurienne pour ses fabuleux mélèzes : le seul résineux qui perde ses aiguilles en hiver se change en véritable torche dorée en octobre, et illumine les paysages d’un roux flamboyant. La plus grande mélèzeraie (forêt de mélèzes) des Alpes françaises est ici en Haute-Maurienne, aux alentours de Bessans, et c’est un incroyable terrain de jeu pour les randonneurs et les photographes quand octobre l’incendie de mille couleurs.

    Bref, la Haute-Maurienne, nous y reviendrons encore et encore !

    Que voir et que faire en Haute Maurienne ? Découvrir la région du Mont Cenis, de Bonneval sur Arc et de Val Cenis. Une des plus belles vallées de Savoie

    Nous avons effectué ce reportage dans des conditions très particulières, en mission pour un des magazines pour lesquels je travaille. Un grand merci à l’office de tourisme de Haute-Maurienne Vanoise et à l’agence Duodecim, et notamment à Nadia et à Lise, pour cette belle organisation inventive. Merci à tous les prestataires qui ont joué le jeu avec beaucoup de gentillesse. Nous avons adoré ce séjour hors normes et nous reviendrons !

  • Les plus belles couleurs d’automne en France

    Où voir les plus belles couleurs d’automne en France ? Des lacs des Alpes aux causses d’Occitanie, des montagnes d’Auvergne et du Jura aux Baronnies, je vous propose un voyage français à travers les plus beaux paysages d’automne.
    L’automne sublime tout. Il incendie les lacs, il embrase les montagnes, il enflamme les vignes, change chaque panorama en un feu d’artifice de sublimes déflagrations flamboyantes. Il y a quelques années, je vous avais proposé un article sur les plus belles couleurs d’automne en voyage, où nous partions au Japon, au Canada ou en Autriche. Mais cela fait plusieurs années que je cherche à retrouver le frisson des lointains et du dépaysement au sein des paysages français, et que mon amour du voyage en France grandit – cette année 2020, si particulière, ne fait qu’accentuer une évolution déjà bien amorcée sur ce blog et dans ma vie. Nous explorerons donc l’automne français. Cette promenade sera hautement subjective, et ne prétend pas à l’exhaustivité : voici mes merveilles d’automne, pour savourer jusqu’à la dernière feuille rousse cette saison aussi magique que fugace.

    Où voir les couleurs d'automne ? Les plus belles couleurs d'automne en France
    Souvenir d’automne en Aveyron

     » L’automne est un second printemps où chaque feuille est une fleur. »

    Albert Camus
    Où voir les couleurs d'automne ? Les plus belles couleurs d'automne en France
    L’automne sur les monts d’Ardèche au matin, photographiés depuis chez moi sur l’autre rive, dans la Drôme

    Les couleurs d’automne dans les Alpes

    Les Alpes sont à mes yeux un des plus beaux endroits au monde pour voir l’automne. L’importante amplitude thermique entre les journées chaudes et les nuits très froides, le mélange de feuillus prompts à virer et de résineux non persistants, comme les mélèzes, nous procurent une véritable explosion chromatique. Chaque année, je ne cesse de m’émerveiller du spectacle fabuleux que nous réserve l’automne alpin.

    L’automne dans les Hautes-Alpes

    C’est sans aucun doute la plus belle région de France pour admirer l’automne dans toute sa flamboyance. La beauté des mélèzes roux enflamme le paysage : étant l’un des rares conifères à perdre ses feuilles en hiver, il nous gratifie d’un ultime feu d’artifice avant de s’éteindre…

    Vercors et Chartreuse

    Dans le Diois, au sud-est du Vercors

    Cette année, je suis allée l’admirer tout près de chez moi, entre Drôme et Isère (je vis au sud de la Drôme). En forêt de Saou, je suis montée aux Trois Becs, une des plus belles randonnées de la Drôme, pour la vue majestueuse sur le synclinal de Saou tout coloré par l’automne.

    Où voir les couleurs d'automne ? Les plus belles couleurs d'automne en France
    Vue depuis les Trois Becs à l’automne.

    Puis avec mes amies Marion et Julie, j’ai poussé plus loin vers l’Est, du côté de Châtillon-en-Diois, pour une promenade du côté du cirque d’Archiane. C’est le versant le plus oriental du Vercors, entre Diois et Trièves, où la roche dolomitique érodée par l’érosion sculpte des formes fantastiques. L’automne anime de rouge et d’or ce bestiaire fabuleux.

    L’automne dans le Diois

    En remontant vers la « capitale des Alpes », Grenoble, je suis allée faire un tour en Chartreuse, que j’avais adoré lors de mon séjour hivernal en Chartreuse. J’ai follement aimé les routes sinueuses tapissées de feuillage et la beauté des cascades du Cirque de Saint Même roussies par octobre.

    Les lacs des Alpes à l’automne

    C’est à l’étranger, il y a quelques années, que j’avais découvert combien les lacs des Alpes sont beaux à l’automne, lorsque l’illumination est décuplée par le reflet des eaux – ce sont les visions les plus magiques à mes yeux. J’étais tombée amoureuse de ce spectacle au bord des lacs de Bavière, puis dans les Dolomites en Italie.

    La Bavière magique sur Itinera Magica
    Automne sur le Königsee, en Bavière
    automne dolomites
    Automne sur le Lago di Braies dans les Dolomites

    En France, je m’étais émerveillée il y a deux ans d’une atmosphère automnale au col de la Forclaz, au-dessus du lac d’Annecy.

    col forclaz automne

    Le mauvais temps de cet octobre, puis le confinement, m’ont empêchée de faire tous les voyages d’automne dont je rêvais. Mais voici quelques lacs des Alpes que j’ai repéré sur Instagram, et où je retournerai à l’automne prochain…

    Entre Grenoble et le Trièves, le sublime lac du Monteynard nous tend les bras.

    Dans le Queyras, au-dessus de Briançon, c’est le magnifique lac de l’Orceyrette qui me fait de l’œil, avec ses mélèzes flamboyants…

     
     
     
     
     
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    Il m’avait fascinée en été, mais j’aurais adoré le revoir à l’automne : le majestueux Lac Vert de Passy.

    Et bien sûr, les lacs à mélèzes des Hautes-Alpes sont inouïs…

    Lac du Casset
    Lac de la Douche

    L’automne à la montagne :
    Massif Central et Jura

    Je l’avoue, je connais infiniment mieux les Alpes que les autres massifs français – une lacune qui ne demande qu’à être comblée. Mais des blogueurs que j’apprécie m’ont convaincue que l’Auvergne et le Jura méritaient vraiment le détour pour les amoureux des couleurs d’automne.

    Il y a quelques années, j’avais été éblouie par une ambiance d’automne énigmatique, entre brume et couleurs, au bord du lac de Sylans, du côté de Nantua dans le massif jurassien.

    Où voir les couleurs d'automne en France ? Automne à la montagne
    Le lac de Sylans, près de Nantua dans l’Ain

    Mais Sarah, du blog Vents et Voyages, m’a vraiment convaincue que « son » Jura méritait le détour en ce moment.

    Côté Massif central, je l’avais frôlé dans l’Aubrac, sublime et mythique haut plateau que se partagent l’Aveyron, la Lozère et le Cantal. J’étais venue pour écouter le brame du cerf dans les bois et j’avais adoré ces visions automnales de grands espaces roussis.

    Voir les couleurs d'automne en France à la montagne
    Beauté de l’Aubrac à l’automne, côté Aveyron.

    Mais cette année, c’est du côté du Mont Dore que j’aurais adoré faire un tour : après avoir découvert tout d’abord chez Elisa et Max, alias les Bestjobers, un magnifique séjour thermal autour du Mont Dore, j’ai vu chez Emmanuelle des Trotteurs Addict une belle semaine de vacances en Auvergne au même endroit. J’ai tout particulièrement retenu un spot sublime : les Roches Tuilières et Sanadoire !

    L’automne en Occitanie

    Au pays des grands causses, ces vastes plateaux creusés de gorges vertigineuses, l’automne est ton sur ton : les arbres roux répondent à la pierre dorée. J’aime énormément ce morceau d’Occitanie sculpté dans le calcaire, entre Aveyron, Lozère et Lot.

    L’an dernier, j’étais partie en road trip dans le Lot fin septembre, et aimé à la folie la beauté de l’automne dans les causses du Quercy.

    Que voir dans le Lot ? Visiter le Lot : Figeac, Rocamadour, St Cirq Lapopie, Marcilhac, la vallée du Célé, le gouffre de Padirac, Martel...

    Cette année, je suis revenue en reportage équestre pour Cheval Magazine, et la douceur chaude d’octobre dans ce pays lumineux m’a infiniment séduite.

    J’aurais adoré avoir le temps de faire le crochet par ce qui est un des plus beaux coins de France à mes yeux : les gorges du Tarn, à cheval entre Lozère et Aveyron. Je ne les ai vues qu’en couleurs estivales à ce jour, mais je crois que l’automne révèle une autre facette de leur incroyable beauté.

    Découvrez les somptueuses Gorges du Tarn et toutes leurs activités incontournables.
    Point Sublime, au dessus des gorges du Tarn


    En Lozère toujours, mais côté Cévennes cette fois, j’ai été séduite par les belles images automnales de Lionel, du blog De beaux lents demains. On y découvre une Occitanie illuminée…

    L’automne en Provence :
    Camargue et Baronnies

    En Provence, où le climat est plus doux et les écarts de température entre le jour et la nuit, moins extrêmes, l’automne n’est pas toujours aussi spectaculaire qu’ailleurs en France, mais certains coins sont propices aux illuminations. Comme toujours, il faut chercher du côté des montagnes pour allumer le feu – je vous ai parlé plus haut de l’automne dans les Alpes du Sud, mais même la Sainte Victoire, montagne tutélaire d’Aix-en-Provence, réserve de jolies surprises.

    Du côté de la Durance et du Verdon, également, les couleurs sont souvent au rendez-vous. Je rêve de revoir Moustiers et les gorges du Verdon à l’automne, et je garde un très beau souvenir de l’automne dans la région de Lurs et Forcalquier.

    automne en provence
    Matin d’automne à Lurs

    Je vous l’avais souvent dit, par exemple dans cet article sur le plus beau coucher de soleil de France, mais l’automne est vraiment la saison idéale pour visiter la Camargue. Les sansouires sont rouges, les flamants ont leurs plumes toutes neuves d’un rose éclatant, et les couchers de soleil sont spectaculaires. Si vous n’avez pas vu la vidéo sur la Camargue que Pauline et moi avons réalisée, c’est le moment de jeter un coup d’œil !

    automne en camargue

    Revenons dans les Alpes méridionales. Tout près de chez moi dans la Drôme, c’est dans le parc des Baronnies provençales que l’automne m’a éblouie cette année, du côté de Nyons. Je vous avais parlé l’été dernier, à l’heure des lavandes, d’un road trip dans les Baronnies, à cheval entre Drôme et Vaucluse. En automne, c’est entre Drôme et Hautes-Alpes, dans le parc naturel régional toujours, que je suis allée cueillir des couleurs flamboyantes…

    automne dans les baronnies
    Pont roman de Nyons

    La vigne, véritable feu d’artifice coloré, est le meilleur allié des teintes automnales. Aussi, pourquoi ne pas faire un tour dans les pays de vignes pour célébrer la saison ?

    L’automne dans les vignes :
    Alsace, Bourgogne, Champagne

    Quoi de plus beau qu’un automne dans un camaïeu de vignobles allant du jaune d’or au rouge vermillon ? J’aime follement les pays de vignobles en cette saison.

    Il y a deux ans, j’avais découvert l’Alsace en automne, et je m’étais émerveillée de la vue grandiose sur le vignoble depuis le château du Haut-Koenigsbourg – éblouissant.

    Cette année, en revenant d’un voyage en Allemagne, j’ai fait un crochet par Eguisheim et Husseren pour une nouvelle vision magique des vignes et châteaux.

    Husseren
    L’automne en Alsace

    Connaissez-vous le slogan saisonnier de la région Bourgogne ? « L’automne, c’est en Bourgogne ». Je suis émerveillée par la beauté de cette région en octobre, et je viens tout juste de publier un nouveau récit à ce sujet : l’automne en Bourgogne.

    Je l’ai vue en décembre, trop tard pour le grand incendie joyeux, mais je sais que l’automne la sublime elle-aussi : si vous faites un tour du côté de Reims ou d’Epernay, n’oubliez pas d’aller admirer la Champagne et ses coteaux prestigieux.

    Automne en Champagne

    L’automne dans la Creuse

    La Creuse a pris à mes yeux le visage surprenant d’un petit Canada du Limousin. Il faut savoir que le sol creusois, très riche et acide, est très propice à la croissance de l’érable, et que vous en verrez partout là-bas, le long des routes, dans les forêts et les parcs, ce qui rend l’automne tout particulièrement flamboyant et enchanteur. Les forêts de feuillus creusoises, riches en frênes, en ormes, en érables et autres hêtres, se laissent facilement entraîner dans le bal des couleurs chaudes. En octobre, venir se réfugier dans la Creuse pour un voyage d’automne est une promesse de lumière sylvestre merveilleuse.

    Et vous, où aimez-vous fêter et admirer l’automne ? N’hésitez pas à me laisser vos recommandations en commentaire : dès l’année prochaine, mes escapades automnales en quête de couleurs grandioses reprendront de plus belle…

    automne dans les baronnies


    Et si vous avez envie de suivre mes prochains voyages, n’hésitez pas à vous abonner à la newsletter !

  • Joyaux de Bourgogne à l’automne

    Y a-t-il plus belle saison que l’automne pour découvrir la Bourgogne, à l’heure où octobre embrase les vignes et les changent en autant d’oriflammes, couvrant les collines de rouge et d’or… Un des slogans de la sublime région bourguignonne l’affirme avec force  : « l’automne, c’est en Bourgogne » ! J’en suis totalement convaincue, c’est d’ailleurs la troisième année consécutive que je séjourne en Bourgogne au cœur de l’automne, à la poursuite des teintes les plus flamboyantes.


    Mais la Bourgogne en automne (et en toute saison) ne se résume pas à cet incroyable camaïeu, elle est aussi forte d’une incroyable richesse patrimoniale – dans la pierre et dans l’assiette. Les plus belles abbayes romanes de France, des châteaux sublimes qu’on doit notamment à l’héritage des puissants ducs de Bourgogne, des vins d’exception que le monde entier s’arrache et une gastronomie prestigieuse font tout l’attrait de ce pays qui respire le raffinement à la française. Je vous propose une virée remontant la région du sud vers le nord, traversant la Saône-et-Loire, la Côte d’Or et l’Yonne, pour explorer avec délices plusieurs facettes de cette si belle Bourgogne à l’automne.

    Abbaye de Fontenay

    Cet article fait suite à deux séjours en Bourgogne, en octobre 2019 en duo avec mon amie photographe Marion Carcel alias Foehn Photographie, et en octobre 2020 avec mon frère. Toutes les photos de moi & plusieurs autres dans cet article sont l’œuvre de Marion, excepté celles prises au domaine de Rymska. Pour en savoir plus sur notre duo de blogueuses et photographes : Itinera Favonia.

    Mon amie photographe Marion (Foehn Photographie) à Vézelay
    Moi photographiée par Marion à la Roche de Solutré

    L’automne en Saône-et-Loire : vignes d’or et roche de lumière

     La Saône-et-Loire ? C’est l’extrême sud de la Bourgogne, un pays de vignes réchauffées par la douceur de la Saône et la lumière des pierres dorées, le pays du Beaujolais et du Pouilly-Fuissé. Au printemps 2019, j’avais eu le bonheur de découvrir cette terre radieuse, et suite à ce premier séjour en Saône-et-Loire, je m’étais fait une promesse : retourner à la roche de Solutré en automne.

    La Roche de Solutré : environ 30 min d’ascension

    Ce site exceptionnel, rendu célèbre par les pèlerinages annuels de François Mitterrand, n’est pas seulement un des plus beaux témoignages de la préhistoire en France. C’est aussi un point de vue grandiose, roche intemporelle jaillissant d’un océan de vignes d’or. De là-haut, la vue sur l’autre pointe solennelle, la roche de Vergisson, et sur les villages traditionnels de vignerons, est exceptionnel. La lumière au coucher de soleil est d’une beauté rare, je vous recommande cette ascension à la fois facile et spectaculaire.

    Un merveilleux hôtel 5* en Saône-et-Loire : le domaine de Rymska

    Cet hôtel d’exception, membre du réseau Relais & Châteaux, est le premier établissement classé 5 étoiles de Saône-et-Loire, et il en mérite chaque étincelle. Nous sommes à St Jean de Trézy, au cœur de la campagne bourguignonne, à mi-chemin entre Beaune et Chalon-sur-Saône et tout près de la gare TGV du Creusot. Le domaine est lové entre vignes et prairies, au creux du méandre d’un sentier bucolique. 

    J’aime les paysages agricoles, sculptés par la main et le travail des hommes, les champs cultivés et les prairies où paissent les troupeaux. Le Domaine de Rymska n’était pas seulement un bel hôtel luxueux, mais aussi une grande exploitation agricole, où on élève des chevaux de course, des bœufs charolais et wagyu (le célèbre bœuf japonais), des moutons, des dindons et des poules. Toutes les viandes et les œufs servis à l’excellent restaurant gastronomique du Domaine proviennent de la ferme, ainsi que les légumes en saison. Le maître des lieux m’a fait visiter l’exploitation, où les animaux sont au grand air sur les pâtures une grande partie de l’année. Et quand ils sont à l’intérieur dans de grands paddocks, des rouleaux de massage mécaniques sont à leur disposition (ils sont déclenchés par le mouvement, quand le bœuf se frotte), et on leur joue de la musique classique pour les détendre ! Passer à table permet de se rendre compte de l’exceptionnelle qualité des produits, et du savoir-faire d’un chef passionné, soucieux de sublimer chaque facette du terroir bourguignon. Cette visite était bien à l’image que j’ai de la Bourgogne : un pays où on place les arts de la table, la gastronomie et le vin, au plus haut, et où on les vit avec passion et exigence. Un petit morceau de France idéale, en somme.

    Le Domaine de Rymska, hôtel et restaurant
    Menus gastronomiques de 32 à 96 euros
    Vente directe de produits de la ferme
    Nuit à l’hôtel 5* Relais & Châteaux à partir de 220 euros

    Côté hôtel, on goûte à tout l’art de l’hospitalité bourguignonne, entre authenticité chaleureuse, gentillesse de l’accueil et élégance raffinée. J’ai savouré avec bonheur ce havre de paix au milieu du vert, où on se plonge dans un cocon douillet au coin du feu. Le bar et le salon au coin du feu ainsi que la salle de restaurant sont superbement décorés, et créent une atmosphère douce et feutrée qui vous enveloppe.


    Notre suite Harmonie était exceptionnelle, avec ses hauts plafonds, ses boiseries claires, sa lumière et son confort. Au matin, la lumière dorée illuminait les prés et réchauffait les hauts plafonds. Un bureau entouré de verre faisait face à la campagne, et j’aurais voulu rester écrire un livre ici…  Je me suis sentie enveloppée de raffinement bourguignon chaleureux, pour une nuit de déconnexion loin du monde.

    L’automne en Côte d’Or : abbayes cisterciennes et châteaux facétieux

    Quand on pense à la Côte d’Or, ce sont immédiatement les hospices de Beaune et le palais des Ducs de Dijon qui viennent à l’esprit, ainsi que les vignobles à grands crus qui courent entre ces deux phares de la culture bourguignonne. J’avais découvert ces joyaux à l’automne 2018, et je vous invite à retrouver ces deux articles :

    Dijon, sublime cité des ducs

    Les vignobles de Dijon et Beaune, et Beaune la magnifique

    Ce sont cette fois des beautés moins immédiatement célèbres, mais tout aussi splendides, qui m’ont ramenée en Côte d’Or.

    L’abbaye de Fontenay, sur les traces de Saint Bernard de Clairvaux

    Les plus belles abbayes romanes de France ? Je n’hésiterai pas une seconde : elles sont en Provence et en Bourgogne. Le rayonnement religieux du pays bourguignon, terre natale de Saint Bernard de Clairvaux, fut colossal.
    Si Cluny en Saône-et-Loire, autrefois la plus grande église de toute la chrétienté, a été presque intégralement détruite à la Révolution, la Bourgogne a su conserver plusieurs joyaux romans uniques au monde, d’une beauté exceptionnelle : Tournus, Vézelay, Fontenay. Je vous le dis d’emblée, mon coup de cœur absolu est Vézelay (plus bas dans cet article). Mais Fontenay l’épurée, la magnifique, reste incontournable à mes yeux : c’est là le berceau de l’ordre cistercien.

    Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, l’abbaye de Fontenay est la plus ancienne abbaye cistercienne conservée au monde, et si elle n’abrite hélas plus de vie religieuse, sa beauté architecturale est intacte. On y découvre toute la pureté du style cistercien, qui reflète la radicalité exigeante de la vie intérieure des moines de l’ordre, ces ogives blanches qui tendent vers le ciel, ces cloîtres où l’âme chemine vers Dieu.

    Découvrez la Bourgogne en automne : la roche de Solutré, Fontenay, Vézelay, Bussy-Rabutin, Châteauneuf en Auxois. Bonnes adresses en Bourgogne

    Abbaye de Fontenay
    Plein tarif 10 euros, tarifs réduits disponibles

    Impossible de découvrir Fontenay sans se passionner pour  St Bernard de Clairvaux, fondateur de cette abbaye, figure de proue de l’ordre cistercien. Je vous parlais de lui, de l’idéal ascétique et combattant qu’il incarne, dans ce post :

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    📸 Abbaye cistercienne de Fontenay, par ma talentueuse amie @foehn_photographie « Comparez votre présent à votre passé ; voyez si vous avez fait des progrès en vertu, en sagesse, en intelligence, en mansuétude, ou si, ce qu’à Dieu ne plaise, vous n’auriez pas décliné. Si vous êtes plus patient ou plus impatient, plus emporté ou plus doux, plus fier ou plus humble, plus allable ou plus austère, plus humain ou plus intraitable, plus pusillanime ou plus courageux…. ” La semaine dernière, je suis partie découvrir le patrimoine religieux de la Bourgogne et je me suis passionnée pour St Bernard de Clairvaux, la figure de proue de l’ordre cistercien. Né en 1090 au château de Fontaines-lès-Dijon, il restera l’une des plumes les plus puissantes de l’Eglise. St Bernard appelle à un examen de soi continu et exigeant, à un face à face sans mauvaise foi avec nos vices, nos péchés et surtout nos hypocrisies, ou le décalage entre ce que nous professons et la façon dont nous agissons, ce que nous prétendons vouloir et ce que nos actions provoquent. « C’est un assemblage monstrueux qu’un rang élevé et un cœur rampant, une dignité suprême et une vie abjecte, une langue qui promet beaucoup et une main qui n’agit pas, des paroles sans nombre et pas le moindre fruit, un visage grave et une conduite légère. » Il voit nos âmes comme des vignes à retailler et émonder sans cesse, pour qu’elles portent plus de fruits – le fruit suprême étant l’amour parfait, l’amour infini de Jésus, par lui, avec lui et en lui, et le don de soi, car « l’homme heureux est celui qui trouve plus de bonheur à donner qu’à recevoir ». St Bernard a souvent été critiqué pour le rôle clef qu’il a joué dans le lancement de la seconde croisade : ses écrits enflammés ont lancé des centaines d’hommes sur les routes de Palestine, avec les résultats que l’on sait – saccage, violence, morts et veuves éplorées. Mais je trouve qu’il est difficile de juger les hommes d’hier avec ce que nous savons aujourd’hui, et que St Bernard dans son intransigeance était un assoiffé de justice : « Partout en ce monde des puissants oppriment les faibles. » Cette radicalité qu’il incarne (suite en commentaire)

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    La beauté et la sérénité de Fontenay s’exprime à la perfection dans ses superbes jardins. Pour le moine médiéval, cultiver son jardin, c’est prendre soin de son âme, et les jardins de Fontenay reflètent cette quête spirituelle exigeante.

    Le château de Bussy-Rabutin, le plus original de tous les châteaux

    Parlons-nous franchement. Les châteaux, c’est magnifique, mais la France en est clafie. Dans toutes les régions françaises, ça grouille de donjons et de tourelles, c’est farci de cours solennelles, de façades monumentales et de labyrinthes de buis. C’est ça d’avoir 2000 ans d’histoire, c’est épuisant d’être un touriste dans le plus beau pays du monde. On ne sait plus où donner de la tête, il y a TROP de châteaux, partout. Alors, il faut bien les choisir. Il faut sélectionner : soit les plus beaux de tous, les plus monumentaux, spectaculaires, époustouflants. Soit les plus originaux, ceux qui ne ressemblent à aucun autre, qui vous resteront toujours en mémoire. Et dans ce cas, n’hésitez pas, il faut absolument aller à Bussy-Rabutin. Je crois que ce fut ma visite de château préférée à ce jour, et Marion partage mon enthousiasme.

    La sublime salle ronde du château de Bussy-Rabutin

    Château de Bussy-Rabutin
    Plein tarif 8 euros, tarifs réduits disponibles

    Roger de Rabutin, comte de Bussy, était un écrivain brillant, mais un peu taquin. Langue de vipère, esprit commère, il rédige sous le manteau un roman, Histoire amoureuse des Gaules, où il tourne en ridicule les intrigues sentimentales à la cour du Roi Soleil. C’est un Voici du Grand siècle, mais merveilleusement bien écrit, drôle et érudit, un véritable régal, conçu pour amuser sa maîtresse. Mais le manuscrit tombe entre les mauvaises mains… et Louis XIV en prend ombrage. Il bannit Bussy-Rabutin de Versailles, le renvoie sur ses terres en Bourgogne. Summum de la disgrâce, l’amante qui lui avait inspiré ces facéties se détourne bien vite du pestiféré, et se console dans d’autres bras.
    Malheureux comme une pierre, Roger passera seize ans en exil, et aura tout le temps de décorer son château de façon très personnelle. Chaque pièce est remplie d’illustrations : images symboliques ou portraits de personnes (guerriers, rois, dames de cour, figures historiques). Chaque image est accompagnée soit d’une maxime, soit d’une énigme, soit d’une épigramme, petit poème satirique au vitriol. Même les rois en prennent pour leur grade. On peut passer des heures à déchiffrer les inscriptions (en français majoritairement, parfois en latin), à rire des méchants portraits, à comprendre qui est visé. Un exemple de flèche qui m’a beaucoup amusée : « La plus belle dame de son temps, mais moins fameuse pour sa beauté que pour l’usage qu’elle en fit ». Marion et moi nous sommes régalées. C’est la première fois que j’ai l’impression de retrouver, au-delà des siècles, la personnalité du propriétaire des lieux. On croirait connaître ce Roger, drôle et amer, revanchard et attachant, cynique et romantique à la fois. On sort de là avec l’impression de s’être fait un nouvel ami.

    Si vous passez au nord de la Côte-d’Or, ne manquez pas la visite, cela vaut le détour, d’autant que la salle ronde est exceptionnellement belle et originale. Et allez vous perdre dans le labyrinthe, c’est pour cela que les châteaux sont faits.

    Châteauneuf-en-Auxois, un des plus beaux villages de France

    Les lecteurs fidèles le savent, je collectionne les « plus beaux villages de France ». (Il y en a 159, soit presque le même nombre que la première génération de Pokemon, cela me va très bien : attrapez-les tous !). Et Châteauneuf méritait clairement le détour. Sa silhouette fantastique attire l’œil de loin – dès l’autoroute A6, Marion et moi l’avions repéré, et rêvions d’y faire un tour.

    Découvrez la Bourgogne en automne : la roche de Solutré, Fontenay, Vézelay, Bussy-Rabutin, Châteauneuf en Auxois. Bonnes adresses en Bourgogne

    Il se dresse sur la colline, tout de poésie gothique, drapé des couleurs d’automne…

    Châteauneuf en Auxois vu depuis le château Sainte Sabine

    Le village est ravissant, sublimé par la vigne vierge roussie par octobre qui recouvre les façades.

    Château de Châteauneuf-en-Auxois
    Plein tarif 5 euros, tarifs réduits disponibles

    Bien sûr, nous avons visité son château (évidemment : on est en France, je vous l’ai dit, on visite des châteaux dans ce pays !). Cette imposante forteresse médiévale donne tout son cachet au site, et se montre intimement liée à l’histoire des puissants ducs de Bourgogne. Guerres et trahisons ensanglantent l’histoire épique de ces murs grandioses. J’ai aussi retenu l’histoire triste d’une de ses occupantes, Catherine : mariée à un ivrogne violent qui la battait, elle empoisonne son époux, et finit condamnée au bûcher… La visite vous réserve plusieurs histoires romanesques et sympathiques dans ce style.

    Flavigny-sur-Ozerain, village de l’anis

    Tout près de Châteauneuf, Marion et moi avons découvert un autre village emblématique de la Bourgogne, Flavigny-sur-Ozerain. C’est le siège d’une antique tradition bourguignonne : depuis le VIIIe siècle, les moines y fabriquent les anis de Flavigny, une graine d’anis enrobée de sirop de sucre aromatisé. Ce bonbon est devenu emblématique de la région et a souvent été offert par les Ducs aux cours royales. Le savoir-faire se perpétue au village et la fabrique se visite, elle a beaucoup de charme. J’avoue que je n’aime pas l’anis (pardon), mais j’ai pourtant adoré cette visite, et suis toujours très curieuse du patrimoine gastronomique très riche de la Côte d’Or. Après m’être régalée à Dijon des nonnettes, à Beaune de la moutarde, la fabrique d’anis de Flavigny était un incontournable !

    Anis de Flavigny, visite libre

    Le château Sainte-Sabine, somptueux hôtel de princesse en Côte d’Or

    Vous êtes un voyageur français qui visite des tas de châteaux, vous êtes incollable sur les tapisseries, les mâchicoulis et les créneaux, mais à force vous en avez marre, vous crevez de jalousie devant les petits panneaux « ne pas s’asseoir » et vous aussi, vous voulez vous asseoir, et même dormir, et jouer au roi, au duc ou au comte, zut à la fin ? Alors j’ai la bonne adresse pour vous.

    Château Sainte Sabine, hôtel 4*
    Restaurant gastronomique : menus de 45 à 80€
    Nuit à partir de 120 euros

    Je vous présente le château Sainte Sabine, à Pouilly-en-Auxois en Côte d’Or, au cœur de la Bourgogne. Marion et moi avons été enchantées par notre séjour l’hostellerie Sainte Sabine, qui appartient au réseau Les Collectionneurs. Cet hôtel somptueux est installé dans un château du XVIe siècle. On est arrivées avec nos gros sacs de baroudeuses, et on avait qu’une envie, se changer et se faire belles le plus vite possible pour être raccord avec l’esprit des lieux et se la jouer princesses au bord de la fontaine. Nous nous sommes réveillées avec une vision digne d’un conte de fées : des daims qui paissent tranquillement dans le parc du château, et au loin, le sublime village de Châteauneuf-en-Auxois sur la colline. Vous imaginez les cris de joie que j’ai poussés quand, m’avançant à moitié endormie vers la fenêtre, j’ai découvert toute la famille de Bambi évoluant dans la brume avec des tourelles gothiques en arrière-plan… c’est trop, n’en jetez plus, je vais refuser de revenir au 3e millénaire ! Les salles du château, son restaurant, la fontaine à ses pieds et le vaste parc qui l’entoure, tout est d’une beauté cinématographique – ce lieu est esthétiquement parfait. Ajoutez à cela la gentillesse du personnel et la qualité du restaurant gastronomique où on honore la tradition bourguignonne, et vous avez la recette du séjour parfait… Pour en savoir plus, regardez mon article dédié au château Sainte Sabine.

    A ce stade vous vous dites, d’accord, c’est merveilleux les châteaux, mais ça manque de spas tout cela, je veux patauger dans l’eau chaude et faire des bulles ? N’en dites pas plus.

    Loiseau des Sens, un spa d’exception à Saulieu

    Vous connaissez sans doute l’immense chef Bernard Loiseau, qui est à l’origine de nombreux restaurants prestigieux en Bourgogne. La maison compte également son îlot de bien-être : la villa Loiseau des Sens, récompensée par plusieurs prix prestigieux, notamment celui du Spa européen de l’année en 2018.

    Dans un jardin bucolique et sous un toit végétalisé qui accueille les abeilles, la villa s’étend sur 4 niveaux, dont un restaurant où le chef Ito Shoro propose une cuisine orientée santé, très fraîche et légère. J’adore la gastronomie bourguignonne, mais retrouver un peu de légèreté était aussi une bonne chose, histoire de ne pas couler directement au fond de la piscine 😉 Nous avons choisi le menu végétarien et nous sommes régalées.

    Villa Loiseau des Sens
    Restaurant gastronomique : menus de 49 à 69€
    Spa : clients de l’hôtel Relais Bernard Loiseau, 25 €/pers
    Clients extérieurs: 55 €/demi-journée, 75 €/journée

    Et puis, direction le spa, une véritable oasis de bien-être, avec des plages effervescentes, des jets de massage, différents fauteuils relaxants dans une douce lumière bleue et violette. Nous avons enchaîné hammams, sauna, jacuzzi au cœur du jardin pour regarder l’automne depuis l’eau chaude… nous y avons passé un après-midi de détente fabuleux, Marion et moi ! Nous n’avons pas testé les soins, mais le spa compte 10 cabines et propose des traitements apparemment très pointus et originaux, je veux bien le croire, et j’adorerais revenir tester. Si vous passez par la Bourgogne, faites une halte à Saulieu, ce spa sublime est ouvert aux clients extérieurs aussi, avec des forfaits à la demi-journée. Je suis folle des spas, et quand l’hiver arrive, c’est vraiment une escapade bienvenue hors du quotidien, dans un monde où il fait chaud, beau et bouillonnant… 

    L’automne dans l’Yonne : Vézelay, l’incomparable

    C’est un lieu qui m’a extraordinairement touchée, et que je recommande à tout voyageur sensible au patrimoine : Vézelay, sublime abbaye sur sa « colline éternelle », véritable fanal du christianisme français. Ce n’est pas seulement une des plus belles abbayes romanes du monde, c’est aussi une église qui continue de vivre, d’abriter une communauté dynamique, constituée de moines et de religieuses, où on célèbre une sublime liturgie des heures et où on accueille les fidèles en retraite. Les autres abbayes bourguignonnes sont superbes ; celle-ci est superbe et vivante, vibrante, inspirée. J’y reviendrai, j’en suis certaine.
    Cela faisait longtemps que je rêvais de découvrir un des plus célèbres sanctuaires de France, où on vénère les reliques de sainte Marie Madeline. Dans l’Yonne, au cœur de la Bourgogne, ce village classé parmi les plus beaux de France est nimbé depuis des siècles d’une aura mystique. La basilique de Vézelay, immense nef romane entièrement traversée de faisceaux de lumière lors du solstice d’été, a été un des plus importants lieux de la chrétienté européenne, car d’ici sont parties plusieurs croisades. Je rêve de la voir traversée de grandes auréoles de lumière drue, un 21 juin.

    Quant au tympan, datant du XIIIe siècle, c’est un des plus beaux témoignages de la foi chevillée au corps de l’homme médiéval, pour qui toute tache terrestre trouve sa correspondance dans les cieux. Je vous recommande vivement l’explication du tympan, véritable chef-d’œuvre de l’art roman et monument de théologie médiévale sculpté dans le marbre délicat.

    Aujourd’hui, la foi reste vivace à Vézelay, et un des plus beaux moments du voyage restera pour moi la célébration des Laudes, à 7h du matin dans la basilique éclairée à la bougie : un chœur de moines et de sœurs, chantant des hymnes sublimes dans la pénombre… La crypte abrite toujours les reliques de la Sainte, le tympan sculpté révèle toute la grandeur de la philosophie médiévale, et une respiration solennelle traverse toute la belle abbatiale.

    Quant au village lui-même, il est petit mais superbe, organisé autour d’une grande rue dressée sur la crête de la colline et montant vers le sanctuaire. On y trouve la maison de Romain Rolland, transformée en musée d’art moderne, et une belle librairie appelée « L’Or des étoiles ».

    Dans cette librairie, j’ai acheté un livre magnifique, « Vézelay ou l’amour fou », de Jules Roy. Je vous en ai mis deux extraits superbes sur Instagram.

     
     
     
     
     
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    « A l’extrême pointe du Morvan, dans un large écroulement qui succède, en douceur ou à l’abrupt, à toutes les pentes, crêtes, excroissances, lignes de faîte et parties saillantes de ce massif, Vézelay s’érige. Alentour, couverte de forêts de chênes et de hêtres, la terre se creuse, se relève, ravinée, griffée, bossuée de toutes parts, riche en repaires et en galeries de renards. Si réduite qu’elle soit en étendue, la ville étincelle par sa réputation. Le nom de Vézelay tinte comme un carillon dans une sorte d’infini. Aragon répétait trois fois le nom et prétendait que c’était là un des plus beaux alexandrins de la langue française. Mais qu’est ce que Vézelay de nos jours, sinon la vénérable église qui s’y dresse, l’ancienne chapelle de l’abbaye, l’abbatiale tant de fois détruite, brûlée, reconstruite, et dont reste, presque intacte, la crypte carolingienne ? Les moines des origines ont dédié leur abbatiale à sainte Marie Madeleine. A une femme, le support de leur foi, à une ancienne pécheresse ! La basilique est un monument à sa gloire, et l’ange qui nous a accueillis, l’ange à l’olifant, accompagne Madeleine qui revient à perdre haleine du tombeau vide, elle étouffe, elle ne s’était pas trompée. La grande nouvelle toujours d’actualité que l’ange crie à Vézelay, c’est que le Christ est ressuscité. Comme on s’accroche à une bouée qui vous sauve et vous tire de l’abîme, Vézelay est une affirmation. On va à Vézelay comme vers la lumière et le soleil. Vézelay, c’est le matin de Pâques. » 📖 Extraits de « Vézelay ou l’amour fou », Jules Roy 📸 moi dans la crypte de Vézelay où sont conservées les reliques de Marie-Madeleine, par mon amie Marion @foehn_photographie

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    📸 Quelques images de l’extraordinaire basilique de Vézelay, en Bourgogne. « Vézelay n’est rien d’autre que le cri d’un amour impérissable et le témoignage de la résurrection du Christ. Il n’y a que cela. L’abbatiale, d’abord simple église carolingienne, est nue comme le texte de Jean, comme un corps qui se purifie dans l’eau du Jourdain. Les verrières laissent entrer la lumière sans la briser ni l’iriser par des vitraux, sauf à l’extrémité du narthex où l’on se demande pourquoi plus tard, un des abbés d’alors a voulu de la couleur. Pas d’ornements non plus, sinon dans les chapiteaux les feuilles, les fleurs, les visages sculptés qui parlent, qui crient, qui chantent. Pas de meubles ; les chaises sont de notre temps, la chaire inutile et les stalles viennent de l’église St Pierre quand elle fut rayée de la paroisse. Rien ne doit distraire le pèlerin de l’intention qui l’a mené ici ni de l’amour qui s’y consume. C’est le style du XIe et du XIIe siècle, c’est le roman, une construction solide et trapue, une masse large sur ses fondations, mais haute et altière, et avec des ouvertures qui ressemblent à des meurtrières d’où l’on peut faire feu sur Dieu et Lui sur nous. Et pourtant, dans cette pierre intérieure en mouvement, qu’on dirait travaillée comme de l’argile par tout un peuple de sculpteurs, les personnages bougent, le vent souffle sur le combat de la foi, sur la réalité du miracle et de l’enfer, sur l’omniprésence du péché et de la miséricorde et tourbillonne sur nous et sur le Christ. Claudel voyait là toute l’histoire de la Bible. » Jules Roy, Vézelay ou l’amour fou. Je rêve de voir cette nef baignée de cercles de lumière le jour du solstice 🌞

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    Derrière l’abbatiale, on trouve enfin une terrasse panoramique de toute beauté, d’où la vue sur le Morvan est exceptionnelle

    Marion et moi avons vécu un beau moment d’histoire et de sérénité à Vézelay, un village-église dont la puissance évocatrice est rare. Amoureux de patrimoine, d’histoire ou de foi, ne manquez pas Vézelay, c’est un lieu hors-normes, à l’image de Conques ou de Rocamadour : un des plus grands sanctuaires français et un village de toute beauté.

    Un hôtel de charme à Vézelay : Sy Les Glycines

    Envie d’être transportée dans un autre petit monde le temps d’une aventure, pour un prix très abordable ? Marion et moi avons eu un vrai coup de cœur pour l’hôtel de charme où nous avons dormi à Vézelay, à deux pas de la basilique, en plein cœur historique piéton : Sy Les Glycines. Ce petit hôtel (13 chambres) installé dans une maison du XVIIIe siècle dans un écrin végétal a un charme fou. Huiles sur toile, vieilles boiseries, plafonds à moulure, il cultive son charme rétro. Chaque chambre est totalement différente et la nôtre, la Max Pol Fouchet, était juste incroyable, entre boiseries originales du XVIIIe, cheminée monumentale et déco complètement design, entre zébrures et carreaux.

    Hôtel Sy Les Glycines
    A partir de 65 euros/nuit
    Restaurant Sy La Terrasse
    Menu du midi 24 euros

    Le restaurant, Sy La Terrasse, est sur la place de la basilique, et nous y avons mangé une cuisine bourguignonne avec un petit twist méridional que j’ai adoré, et le personnel était adorable (on a essayé de nous effrayer avec des histoires de fantômes, mais Marion et moi sommes des gothiques dans l’âme, ça nous a plutôt enthousiasmées. Hélas, le fantôme des Glycines ne nous a pas rendu visite, n’hésitez pas à nous le signaler si vous avez plus de chance avec les ectoplasmes spirites.)

    Avallon, une église incroyable et une crêperie rétro

    Avant de quitter la Bourgogne, Marion et moi avons réalisé un dernier arrêt dans un petit village du Morvan, Avallon. Ce qui m’a motivée à choisir Avallon parmi une multitude de jolis villages bourguignons très tentants, c’est une curiosité religieuse : l’église romane Saint Lazare, qui fut consacrée par le pape lui-même au XIIe siècle, et qui est absolument monumentale, arborant les dimensions spectaculaires d’une basilique. Quand je vous disais que le patrimoine roman de Bourgogne est absolument exceptionnel… Dans n’importe quel autre pays, l’église St Lazare serait l’attraction incontournable de la région ; dans une région aussi débordante de splendeurs que la Bourgogne, on en entend à peine parler. Et pourtant, elle est inouïe. Le portail du XIIe siècle est d’une beauté fabuleuse, la salle capitulaire arbore des fresques remarquables, et plusieurs chapelles orientalisantes évoquent l’exotisme de Byzance.

    Je vous recommande le détour, d’autant que le village lui-même est ravissant.

    Au hasard de notre balade, nous sommes tombées sur une petite crêperie qui nous a irrésistiblement attirées : Crep’80, resto résolument rétro décoré aux couleurs des années 80, rempli d’affiches, jouets, vinyles et gadgets sortis tout droit de Retour vers le futur. Nos sets de table sont des 33 tours, nos salières des Rubik’s cubes… et en plus, les crêpes sont excellentes et garnies de produits locaux bourguignons. On a adoré la virée !

    Crêperie Crep80
    Compter 10-15 € la crêpe salée

    Ici s’achève cette virée en Bourgogne à l’automne, entre vignes rousses, joyaux culturels et adresses exceptionnelles. Je suis très attachée à cette région qui incarne une forme d’excellence à la française, riche d’histoire et de saveurs. J’espère que le voyage a su vous plaire ! Pour plus de voyages, n’hésitez pas à vous abonner à la newsletter.

    Merci au CRT de Bourgogne-Franche-Comté, et notamment à Penelope, pour l’organisation de ce magnifique séjour en octobre 2019, et au Domaine de Rymska pour leur accueil exceptionnel en octobre 2020. C’est toujours un plaisir de revenir chez vous !

  • Visiter la Champagne en 10 coups de cœur

    Connaissez-vous la Champagne, le pays des bulles d’or, du baptême des rois et du biscuit rose ? L’année dernière, j’ai eu le bonheur de visiter Reims, Epernay et Hautvillers, de découvrir le magnifique marché de Noël de Reims, les coteaux d’Hautvillers et les maisons de champagne d’Epernay, dans la délicieuse atmosphère de l’Avent. Visiter la Champagne est à mon sens une merveilleuse activité de saison. J’aurais adoré venir en automne, pour les couleurs des vignes incendiant les coteaux dans un déluge d’or et de rouge. Je suis venue en décembre, et j’ai profité de l’ambiance chaleureuse et la qualité des festivités à Reims. J’ai adoré cette plongée dans les festivités champenoises, au rythme des bouchons qui dansent… Pour visiter la Champagne en automne ou en début d’hiver, entre féerie rougeoyante et ambiance de Noël, voici mes dix coups de cœur.

    Pour ce voyage, j’étais accompagnée de ma chère amie Cécilia alias Voyageurs gourmands – elle a pris toutes les photos dans lesquelles je figure !

    Cécilia et moi lors de la dégustation chez Vranken-Pommery

    Se promener sur l’allée du champagne à Epernay

    « Il n’est champagne que de la Champagne » : nulle part ailleurs qu’en Champagne n’a-t-on le droit de donner le beau nom de champagne à ce vin effervescent célébré dans le monde entier. Le vignoble champenois s’étend sur une longueur d’environ 120km entre Reims, Epernay et la Côte des Blanc dans la Marne, véritables cœurs battants de la région vinicole, et sur la Côte des Bar dans l’Aube. Le champagne n’est pas un vin effervescent comme les autres, c’est une véritable légende liquide, qui a traversé les frontières et continue de mettre des étoiles dans les yeux des gourmets. Ne dit-on pas que boire du champagne, c’est boire de l’or et des étoiles ? La région de Champagne vit donc au rythme des bouchons qui sautent et des flûtes qui se remplissent. Le champagne, ici, est une véritable institution, avec 400 maisons de champagne, 320 villages classés champagne, 15 000 vignerons, une des appellations les plus prestigieuses et protégées du monde. Les voyageurs viennent du monde entier pour vivre cette expérience du luxe et du raffinement à la française.

    Visiter la Champagne entre automne et Noël : l'allée du champagne à Epernay, les maisons de champagne, Hautvillers, le marché de Noël de Reims, bonnes adresses à Reims...
    Dégustation de champagne avec ma belle bague capsule « Champagne is always a good idea » achetée chez une créatrice champenoise Au 37 à Hautvillers

    Pour entrer immédiatement au cœur de ce terroir, rendez-vous à Epernay, qui est véritablement la capitale du champagne : sa somptueuse Avenue du Champagne rassemble les plus prestigieuses maisons, ne compte pas moins de 110 km de caves, et est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il faut arpenter cette rue majestueuse pour comprendre quel rôle le champagne joue sur ce territoire, son rôle dans l’économie, l’identité et l’art de vivre de cette région. Les maisons rivalisent de prestige et de beauté, entre les caves et les hôtels particuliers où on accueille les clients VIP… c’est un régal de rendre visite aux Sparnaciens (c’est ainsi qu’on nomme les habitants d’Epernay). Bien sûr, nous irons visiter une maison !

    Monter dans le ballon captif d’Epernay pour une vue incroyable sur les coteaux

    On part là-haut ? Si vous avez le vertige, c’est le moment de crier au secours et de vous cacher dans une cave de champagne 😉 C’était LE moment que j’attendais le plus : la balade en ballon captif au-dessus d’Epernay ! Il n’y a que six ballons de ce type en France, autant dire que l’expérience est rare. Et le prix est vraiment abordable par rapport au caractère exceptionnel de la promenade : 12 € pour un adulte, 6 pour un enfant. Le ballon est un vrai aéronef : il fait la hauteur d’une maison, plus de 22m de diamètre, et contient 6200 m3 d’hélium. Il est posé sur un coussin d’air à ballonnet qui se contracte pour moduler la hauteur et la stabilité, et peut accueillir jusqu’à 29 personnes dans de bonnes conditions atmosphériques : plus elles sont compliquées, plus on allège la nacelle. Celui qui gère le ballon, Kévin, a une licence de pilote de montgolfière, et sait donc normalement ce qu’il fait 😉 Vous pouvez donc vous détendre et profiter d’une coupe de champagne au-dessus des coteaux d’Epernay. Le vignoble de Champagne s’étend sur 34 000 hectares, et une des plus belles partie environne sans aucun doute Epernay : à perte de vue, ce sont des collines couvertes de vigne. La vue sur l’avenue de Champagne et sur les vignobles entourant la ville de part en part est impériale. Je suis venue début décembre, mais j’aurais adoré venir un mois plus tôt, dans les couleurs de l’automne (que j’avais vues dans le vignoble de Côte d’Or en octobre), j’imagine combien c’était grandiose ! Si vous avez l’occasion de visiter Epernay en octobre ou novembre, ne manquez pas cette visite, j’imagine combien la vue doit être magique !

    Visiter la Champagne entre automne et Noël : l'allée du champagne à Epernay, les maisons de champagne, Hautvillers, le marché de Noël de Reims, bonnes adresses à Reims...
    Visiter la Champagne entre automne et Noël : l'allée du champagne à Epernay, les maisons de champagne, Hautvillers, le marché de Noël de Reims, bonnes adresses à Reims...

    De là-haut, on mesure vraiment l’omniprésence du champagne dans la vie d’Epernay et des villages environnants. L’envie me prend d’entrer au cœur du vignoble : direction Hautvillers !

    Balade à Hautvillers, tapas champenois et église du champagne

    Pour qui aime le champagne, Hautvillers, ravissant village situé sur les hauteurs à quelques kilomètres d’Epernay, est un véritable lieu de pèlerinage. C’est ici que le champagne est né, et que gît son illustre inventeur, le grand Dom Pérignon ! On commence tout de suite par lui rendre hommage à l’église d’Hautvillers, incontournable insolite de la région. Cette église fourmille de détails originaux que je n’ai vus nulle part ailleurs. Dans la nef est enterré le moine Dom Pérignon, celui qui a découvert fin XVIIe siècle la « prise de mousse », la 2e fermentation du vin en bouteille qui permet de faire apparaître les bulles magiques. « Je bois des étoiles », disait l’inventeur du champagne. Dans son église, la voûte a la forme d’un panier de raisin et le lustre est fait en roues de vendanges, autant dire que c’est vraiment l’église du champagne !

    On part ensuite à la découverte du village, de sa vue idyllique sur les coteaux classés, et de ses enseignes en fer forgé : le village berceau du champagne est célèbre pour ses 140 enseignes toutes plus charmantes les unes que les autres, signalant des commerces, des ateliers, ou simplement les maisons de particuliers enthousiastes quant à cette singularité du joli village. Cela donne un cachet tout particulier à Hautvillers !

    J’ai eu un véritable coup de cœur pour une très bonne adresse à Hautvillers : Au 36 ! Au 36, on propose une dégustation de champagne originale, centrée autour des différents arômes qui se développent dans les bouteilles magiques : fruités, floraux ou boisés… la décoration magnifique renforce le charme de l’expérience. Si vous restez déjeuner, vous aurez droit à des accords mets-vin avec du champagne, autour d’une magnifique assiette de tapas champenois, où vous retrouverez notamment le chaource (fromage typique de la Marne) ou encore les biscuits roses de Reims. Une assiette de spécialités 100% locales, 3 champagnes en dégustation guidée, un cadre arty et chaleureux, j’ai adoré l’expérience !

    Si vous traversez la rue et vous rendez juste en face, Au 37, une talentueuse créatrice propose ses bijoux à base de capsules de champagne. J’adore la bague que j’y ai achetée !

    Visiter la Champagne entre automne et Noël : l'allée du champagne à Epernay, les maisons de champagne, Hautvillers, le marché de Noël de Reims, bonnes adresses à Reims...
    Avec ma bague de chez Au 37 !

    Visiter les maisons de champagne : un tour chez Boizel à Epernay, chez Vranken-Pommery à Reims

    Que vous visitiez Reims ou Epernay, impossible de quitter la Champagne sans faire un tour dans une maison de champagne ! Je découvre le dédale fascinant des caves champenoises où le vin fermente plusieurs années dans l’obscurité du sol crayeux, et tous les secrets de fabrication de cet or liquide que le monde nous arrache. Un bon conseil m’a été donné : associer la visite d’une maison « star », qui sera un grand spectacle, à celle d’une autre maison de qualité mais moins célèbre, pour une expérience plus intimiste. C’est ce que j’ai fait en découvrant la Maison Boizel à Epernay, et la maison Vranken-Pommery à Reims. Dans les deux cas, la visite a été passionnante et riche, et m’a beaucoup appris sur le processus délicat et complexe qui donne naissance au champagne.

    Chez Boizel à Epernay, 5 générations de vignerons ont élevé le champagne, depuis 1834, sur des parcelles principalement situées sur la Montagne de Reims. Leur passion et leur savoir-faire sont tangibles, La visite se fait dans une magnifique maison sparnacienne sur l’Avenue du Champagne, décorée d’une belle voiture rétro. La dégustation finale se veut initiation à l’œnologie, dans une atmosphère chaleureuse.

    Visiter la Champagne entre automne et Noël : l'allée du champagne à Epernay, les maisons de champagne, Hautvillers, le marché de Noël de Reims, bonnes adresses à Reims...
    Visiter la Champagne entre automne et Noël : l'allée du champagne à Epernay, les maisons de champagne, Hautvillers, le marché de Noël de Reims, bonnes adresses à Reims...

    A Reims, Vranken-Pommery est une des maisons de champagne les plus célèbres du monde, autrefois dirigée par la célèbre veuve Pommery, femme de fer et impératrice du champagne, et la visite est un grand spectacle. Elle commence par une descente dans les crayères monumentales de la montagne de Reims, qui ont été transformées en véritable exposition d’art moderne, et continue par une visite de la Villa Demoiselle adjacente, une merveille art nouveau construite dans les années 1900. Les deux visites sont d’une beauté visuelle exceptionnelle, avec une mise en scène monumentale qui marque les esprits – jeux de lumière, déambulations artistiques, installations conceptuelles…

    J’y découvre comment naît le champagne, à partir du raisin des sept cépages autorisés en Champagne. On plante le pinot blanc, le pinot gris, le Chardonnay pour le blanc de blanc, le Meunier ou le Pinot Noir pour le blanc de noir et le rosé, dans le sol crayeux de Champagne. Parce qu’il est interdit d’irriguer la vigne en Champagne, afin de ne pas gâcher le goût du raisin, les racines des vignes iront s’immiscer très profond sous la terre, dans les crayères (carrières de craie) typiques de la Marne et de l’Aube – un terroir de pure minéralité qui donne au vin de Champagne son goût inimitable. Ces crayères où l’humidité et la température sont constantes sont également le lieu idéal pour faire vieillir le champagne dans les meilleures conditions possibles – la beauté des crayères de la montagne de Reims m’a fascinée chez Vranken-Pommery.

    On récolte les raisins cent jours après la floraison, puis commence la vinification, initialement classique. Le champagne naît en effet de deux fermentations distinctes. Le champagne commence par être un vin « normal », sans effervescence, qui fermente en cuve jusqu’en janvier. Mais après l’étape des assemblages, lorsque le vin est mis en bouteille, commence la deuxième fermentation ou « prise de mousse », qui fait germer les bulles magiques. On place dans la bouteille des levures, qui provoqueront la formation d’un gaz, puis, en mourant, la naissance d’arômes briochés très particuliers, qui s’accentuent au fil du vieillissement. La pression dans la bouteille est énorme : de 5 à 7 bars !

    Chez Vranken-Pommery, je découvre avec horreur les terribles accidents qui ont endeuillé la Champagne jusqu’au début du XXe siècle – de véritables « coups de grisou » dans les caves champenoises, lorsque le verre d’une bouteille, trop fin, cédait sous la pression des gaz, puis provoquait l’explosion en chaîne de toute une étagère. Outre la projection de verre, un gaz toxique asphyxiant se dégageait de ces déflagrations vinicoles, qui ont tué de nombreux employés des caves… Aujourd’hui, un verre plus épais et un film plastique de protection sur les bouteilles évitent de telles réactions en chaîne. Moins d’1% de la production de champagne explose aujourd’hui, contre jusqu’à 40% à l’époque de la veuve Pommery…

    Après plusieurs années de vieillissement (huit ans pour les millésimes en général, et beaucoup plus pour les bouteilles de volume important, comme le Salmanazar de 9L qui devra vieillir plusieurs dizaines d’années), la partie la plus fascinante du processus est celle de l’ouverture de la bouteille, afin de retirer les levures préalablement agglomérées au fond de la bouteille grâce à un pupitre de remuage ou grâce à du glycol. Ouverture « à la volée », de haute technicité, où on fait sauter le bouchon quelques instants avant de refermer précipitamment, en acceptant de perdre une petite partie du précieux liquide… et de compléter avec une liqueur. Chez Boizel comme chez Vranken-Pommery, on nous explique les innombrables innovations techniques qui ont permis de perfectionner le processus de fabrication du champagne, et d’aboutir à des crus beaucoup moins sucrés – 6g de sucre par bouteille en moyenne pour un extra-brut, contre 50g au début du XXe siècle… Le degré de technicité du champagne est fascinant – j’ai beaucoup appris !

    Chez Vranken-Pommery, la visite s’achevait par celle de la sublime villa art nouveau Demoiselle, avec ses courbes en coup de fouet, ses scènes japonisantes, ses ébénisteries de Selmersheim « en chapeau de gendarme », ses verres Lalique et ses iris typiques de l’école de Nancy. Chaque pièce est un ravissement. L’énorme lustre de 350kg, disparu lors du pillage de la villa abandonnée dans les années 1970, a été refait à l’identique par les métalliers champenois, et c’est le clou de la visite !

    S’émerveiller devant la cathédrale de Reims

    Comment ne pas s’émouvoir devant la sublime cathédrale Notre Dame de Reims. Cette église est un véritable mythe de l’histoire française : c’est ici que Clovis fut baptisé en 496, scellant l’alliance entre Rome et le royaume de France, et c’est ici que 33 rois français furent sacrés ! Arpenter sa nef est vertigineux : on a la sensation d’y croiser, remontant le temps, tous les plus grands noms de notre histoire… A l’entrée de la nef, le superbe motif du labyrinthe, dit « chemin de Jérusalem » car il avait pour fonction de se substituer au pèlerinage pour ceux qui ne pouvaient voyager, a été arpenté par des milliers de pèlerins égrenant leur chapelet, et est aujourd’hui le logo des monuments historiques français.

    La cathédrale est magnifique : quand elle fut reconstruite en style gothique rayonnant au XIIIe siècle, on a voulu qu’elle soit à la hauteur de sa fonction sacrée, et elle compte donc pas moins de 2303 statues – c’est la plus sculptée de France, d’où cette façade spectaculaire ! Et la plus célèbre de ces statues, c’est le magnifique Ange au sourire, l’emblème de Reims, dont l’expression bienveillante et rêveuse saisit le visiteur…

    Le marché de Noël de Reims et les Regalia sur la cathédrale

    Petit avertissement préalable : J’ai effectué ma visite en Champagne et découvert le marché de Noël de Reims en décembre 2019, avant l’épidémie de coronavirus. Hélas, en décembre 2020, la plupart des activités et animations ne pourront avoir lieu, le marché de Noël et la projection du spectacle sur la façade de la cathédrale notamment sont malheureusement annulés. Mais n’hésitez pas à consulter directement l’office du tourisme de Reims pour vous renseigner sur les animations maintenues ! Et RDV en 2021, je l’espère…

    Si je vous dis « marché de Noël », pensez-vous à Reims ? Non ? Moi non plus, jusqu’à décembre dernier, où j’ai découvert que Reims était elle aussi une vraie destination de l’Avent. Son marché de Noël est le 5e plus grand de France (j’ai été surprise par sa taille !), et surtout, il est idéalement situé au pied de la sublime cathédrale Notre Dame de Reims.

    Reims propose beaucoup d’activités autour des festivités de Noël, notamment l’installation d’une grande roue sur la place d’Erlon et un magnifique spectacle projeté sur le parvis de la cathédrale le soir, qui se nomme Regalia, du nom des insignes de la royauté qu’on remettait au souverain nouvellement sacré.

    A cette période, l’office du tourisme propose des visites aux flambeaux le soir pour découvrir Reims autrement… qui s’achèvent par une fabuleuse dégustation de biscuits roses de Reims à la Case à Pain sur le marché de Noël !

    J’espère que 2021 verra le retour de toutes ces activités merveilleuses, qui m’ont enchantée…

    Bonnes adresses gourmandes à Reims

    Meringues ou cheese cake aux biscuits roses, nominettes au chaource, gastronomie fine, je vous présente plusieurs restos rémois où on s’est régalées.

    Le Tablier : ici, on vient oublier les frimas avec des plats riches, réconfortants et rémois ! Le burger de chaource pané et les nominettes gratinées vous mettront dans l’ambiance champenoise, avant d’enchaîner sur des desserts incroyables…

    Le Continental : quel beau cadre lumineux et élégant dans cette brasserie à l’ancienne qui cultive un charme rétro avec ses lustres, vases et œuvres d’art ! De la cuisine française fine et d’excellents desserts rémois.

    La Grande Georgette : impossible de choisir une localisation plus merveilleuse ! Nous sommes face à la cathédrale, et nous dégustons des plats absolument exquis, d’une très grande finesse, dans un cadre sublime… Viandes et poissons sont de très grande qualité, les alliances de saveurs originales et goûteuses, un vrai moment de gastronomie de qualité. Vrai coup de coeur pour cette adresse parfaite !

    La case à pain : j’ai découvert cette fabuleuse boulangerie champenoise sur le marché de noël, mais ils sont aussi situés toute l’année à Reims, à Sillery et dans plusieurs villages autour de Reims. Ici, on revisite les spécialités historiques de la région, comme le pain du poilu, le pain d’épice, le baiser de Reims à la vanille, ou surtout le biscuit rose de Reims transformé en meringue-macaron aérienne et savoureuse… incontournable !

    Cécilia et moi avons dormi au Best Western Premier Hôtel de la Paix, un luxueux 4* très bien situé en bordure du centre-ville, qui est sans doute un des plus jolis hôtels de Reims avec ses chambres spacieuses et douillettes et sa sublime piscine dorée. Le buffet de petit-déjeuner est excellent.

    Bain de champagne ? Non, piscine du Best Western Premier Hôtel de la Paix à Reims !

    J’espère vous avoir donné envie de faire un tour en Champagne, destination raffinée et si typiquement française… que l’automne illumine et que l’hiver sublime !

    Merci aux offices du tourisme de Reims, d’Epernay et d’Hautvillers, et à la marque oenotouristique « La Champagne, refined art de vivre » pour leur accueil chaleureux et pour ce séjour magnifique ! Merci Cécilia d’être venue vivre cette aventure avec moi !

  • Saint Lary Soulan, mille activités au cœur des Pyrénées

    Au cœur du parc national des Pyrénées, deux jolis villages se sont nichés au creux de la belle vallée de l’Aure : Saint Lary, véritable centre névralgique des activités de montagne, et Soulan, village perché sur les hauteurs, si proche des sommets effilés.

    Que faire à Saint Lary Soulan ? Randonnées, sports outdoor, bonnes adresses, hébergements, restos au coeur des Pyrénées.

    Nous sommes ici à deux pas de la frontière espagnole, des célèbres canyons si photogéniques du Mont Perdu, et de la réserve naturelle du Néouvielle, culminant à plus de 3000m dans un enchâssement d’arrêtes et d’aiguilles photogéniques. Pour moi qui rêvais de découvrir enfin les Pyrénées, c’est une magnifique immersion dans la nature et la culture emblématiques de ces vallées à l’identité puissante.

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    Que faire à Saint Lary Soulan ? Randonnées, sports outdoor, bonnes adresses, hébergements, restos au coeur des Pyrénées.

    Le joli village de Saint Lary savoure son écrin naturel de hautes montagnes préservées et se distingue de plusieurs façons. Nous sommes au cœur de la tradition pastorale des Pyrénées : des troupeaux de moutons et de chèvres parcourent les montagnes, les vaches surplombent le village, et les porcs noirs de Bigorre font la fierté des éleveurs. L’attachement au terroir est très fort dans ce pays où on tient à ses traditions, et où on mange merveilleusement bien.

    Que faire à Saint Lary Soulan ? Randonnées, sports outdoor, bonnes adresses, hébergements, restos au coeur des Pyrénées.
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    Si Saint Lary est célèbre pour le ski, le village a su développer une vraie richesse d’activités qui ne dépendent pas de la neige, entre sports, insolite et patrimoine. C’est ici un paradis des expériences outdoor. Cela fait déjà de nombreuses années que les villages se veulent résolument « station quatre saisons », et qu’une très belle offre de VTT, canyoning, accrobranche, via ferrata, randonnée bien sûr, mais aussi thermalisme dans les célèbres sources chaudes pyrénéennes, attire un public désireux de vivre la montagne sous toutes ses facettes.

    Que faire à Saint Lary Soulan ? Randonnées, sports outdoor, bonnes adresses, hébergements, restos au coeur des Pyrénées.

    Ce séjour à Saint Lary Soulan fut riche en émotions, en sensations, et m’a donné une très belle image de ce massif que je découvre, où résonne la langue occitane, le bêlement des troupeaux et le fracas des sources rejoignant les lacs innombrables. C’est un pays d’une grande beauté et fier de ses traditions.

    Que faire à Saint Lary Soulan ? Randonnées, sports outdoor, bonnes adresses, hébergements, restos au coeur des Pyrénées.

    J’ai vécu ce reportage en duo avec mon amie la photographe Marion Carcel alias Foehn Photographie, photographe talentueuse et grande amoureuse de montagnes. La plupart des photos figurant dans cet article sont les siennes, notamment toutes celles où j’apparais. A nous deux, nous formons un duo de photographes et blogueuses passionnées heureuses de cheminer vers les sommets…

    Saint Lary Soulan, au pays de l’eau qui bondit 

    Saint Lary Soulan, c’est l’omniprésence de l’eau : nous sommes environnées non seulement de lacs, mais aussi de canyons (dont, côté espagnol, les célèbres canyons du Monte Perdido) et de sources naturellement chaudes. Entre activités nautiques et bien-être thermal, les amoureux des univers aquatiques seront aux anges.  Pour des raisons de temps et de difficulté à photographier dans un univers entièrement trempé, il ne nous a pas été possible de tester le canyoning, qui fait partie des activités phares à Saint Lary Soulan. Mais nous l’avons vécu autrement, à travers trois belles expériences : un parcours aventure au cœur des canyons, un spa merveilleux, et une randonnée parmi les lacs dans la réserve naturelle du Néouvielle.

    Que faire à Saint Lary Soulan ? Randonnées, sports outdoor, bonnes adresses, hébergements, restos au coeur des Pyrénées.

    Le parcours aventure du Moudang, accrobranche et via ferrata au cœur du canyon

    Avez-vous déjà rêvé de vous prendre pour Tarzan, d’évoluer entre lianes et ponts de singe dans un décor naturel saisissant ? Cela fait plusieurs années que j’adore l’accrobranche. Il y a six ans, c’est grâce à l’accrobranche que j’ai réussi à réduire considérablement mon vertige, ce qui me tenait à cœur. J’étais donc très enthousiaste quand on nous a proposé de tester le Parcours Aventure du Moudang à deux pas de Saint Lary, et je pense que c’est le plus joli parcours que j’aie fait à ce jour.

    Que faire à Saint Lary Soulan ? Randonnées, sports outdoor, bonnes adresses, hébergements, restos au coeur des Pyrénées.

     Il mêle accrobranche dans les cimes, avec ponts suspendus, filets, tyroliennes, sauts de Tarzan, et un peu de via ferrata sur la paroi. Les parcours, assez longs, offrent beaucoup de variété et de sensations, mais surtout, ils se déroulent dans un cadre absolument magique : un canyon traversé par une rivière aux multiples cascades. Entre deux ateliers, on prend le temps d’admirer le paysage et on s’émerveille du site, beau comme un décor de cinéma.

    Puisque la région de Saint Lary Soulan est célèbre pour ses canyons emblématiques, j’ai adoré le fait que ce parcours permette d’en explorer un en toute sécurité, en famille. Quatre parcours différents permettent de choisir le niveau de vertige et d’engagement physique souhaité, et les encadrants sont là pour vous guider sur les passages un peu délicats, comme ce saut de Tarzan où on se jette dans le vide. Nous avons choisi le rouge, et nous nous sommes vraiment amusées, Marion et moi. Les parcours aventure sont devenus quelque chose d’assez classique en montagne, mais j’ai trouvé que celui-là était particulièrement réussi, très beau et bien fait, c’est un vrai coup de cœur – et en plus, les encadrants sont adorables !

    Le Sensoria Rio, un centre aquatique couleur canyon

    Le Sensoria Rio restera un de nos plus jolis souvenirs de Saint Lary Soulan – une visite incontournable que je recommande à tous, en famille, entre amis ou en amoureux. Cette vallée pyrénéenne est célèbre pour ses canyons emblématiques, sculptés par l’eau vive. Mais les Pyrénées ont aussi la réputation d’être une grande destination thermale, grâce aux nombreuses sources chaudes naturelles qui jaillissent au cœur du massif. Le Sensoria Rio exploite une source délicieusement tiède et riche en minéraux bénéfiques, et il est parfait pour ceux qui rêvent d’aventure, mais sans l’adrénaline du canyoning, plutôt version barbotage, eau chaude et détente. Il reproduit le décor magnifique des canyons pyrénéens, mais avec tout le confort des piscines, jets et bulles… et des parois si réalistes que certaines rêvaient de les escalader. Marion se serait crue dans une salle d’escalade grandeur nature, l’eau chaude et les bulles en plus, et s’est prise de passion pour ce spa qu’elle a officiellement déclaré « le plus cool du monde ». Nous avons adoré cette atmosphère immersive si particulière – belle originalité !

    Que faire à Saint Lary ? Le complexe thermal spa centre aquatique Sensoria Rio

    Le complexe comprend également un centre thermal pour les cures et un spa Nuxe très beau et aux tarifs très abordables : le soin le moins cher vous coûtera 20 euros. Nous avons rapidement visité les salles de massage, qui sont très cosy, avec vitraux et ambiance feutrée – nous y retournerons !

    Randonner dans la réserve du Néouvielle, à deux pas de Saint Lary Soulan

    Pas moins de 70 lacs colorent d’émeraude, de turquoise et d’aigue marine la réserve naturelle du Néouvielle, qui fait partie intégrante du parc national des Pyrénées. Ce très beau massif, surplombé par le pic de Néouvielle à 3091m, est célèbre pour la multitude de lacs qui ont transpercé son granit majestueux. La réserve est d’ailleurs connue dans le monde scientifique pour l’incroyable diversité des formes de vie qui peuplent les lacs : 570 espèces d’algues différentes ! Cela explique les variations de la palette chromatique des lacs, dans tous les tons de bleu ou de vert…

    La réserve de Néouvielle : randonnées à Saint Lary Soulan
    La réserve de Néouvielle : randonnées à Saint Lary Soulan
    La réserve de Néouvielle : randonnées à Saint Lary Soulan
    La réserve de Néouvielle : randonnées à Saint Lary Soulan
    La réserve de Néouvielle : randonnées à Saint Lary Soulan

    Marion et moi nous sommes levées avant le lever du soleil pour quelques heures de randonnée avec un accompagnateur en montagne, Daniel, qui vient de ce pays et qui l’aime follement. Daniel nous raconte le volcanisme et les glaciers qui ont sculpté Néouvielle, remonte les millions d’années pour que Néouvielle se forme sous nos yeux, le long des lignes de faille et des anfractuosités schisteuses, il nous montre les pins à crochets et les myrtilliers que l’automne colore de rouge.

    Et surtout, nous parle de cet art de vivre qui consiste à être en montagne par tous les temps, au plus près des troupeaux, dans un pays où le pastoralisme est roi. Daniel n’est pas que guide, il est aussi berger. Nous irons saluer avec lui une famille d’éleveurs qui passe l’été avec leurs vaches sur les estives, dans leur chalet de pierre. Ici la montagne est remplie de troupeaux. Daniel nous raconte comment il a appris à se déplacer sur les pentes raides et dans les chaos rocheux en suivant la trace des animaux, la façon dont les bergers pyrénéens tentent de se protéger de l’ours revenu dans ces montagnes avec leurs patous à la voix sonore, nous parle de cette vie rude et passionnée à la fois. Ici à Saint Lary, vaches, moutons, chèvres et cochons sont omniprésents dans cette vie montagnarde où on cultive un terroir authentique, ils traversent les routes et rythment les jours.

    La réserve de Néouvielle : randonnées à Saint Lary Soulan
    La réserve de Néouvielle : randonnées à Saint Lary Soulan
    La réserve de Néouvielle : randonnées à Saint Lary Soulan
    La réserve de Néouvielle : randonnées à Saint Lary Soulan

    En cheminant au cœur des lacs dans le Néouvielle, en jouant avec la brume au franchissement des cols, nous cherchons à saisir les contours de cette vie amoureuse d’un paysage, d’un terroir, d’une tradition à préserver. La beauté du massif a été sculptée non seulement par les forces de la géologie, mais par la main des hommes… Ce fut une belle balade pyrénéenne pour nous !

    La réserve de Néouvielle : randonnées à Saint Lary Soulan
    La réserve de Néouvielle : randonnées à Saint Lary Soulan

    Sensations fortes à Saint Lary : VTT et trottinette de descente

    Pour les amoureux de vélo et VTT, Saint Lary est la Mecque pyrénéenne : avec ses innombrables cols, son bike park et ses parcours variés, la destination est très réputée des cyclistes, qu’ils préfèrent avaler les lacets de la route ou dévaler les pentes entre boue et cailloux.
    Plus stable et sécurisante que le VTT de descente, la trottinette de descente peut être une belle alternative. A condition de maîtriser sa peur… J’aime dépasser mes limites, mais parfois, il arrive qu’on se heurte à un vrai mur. C’est ce qui m’arrive avec la trottinette de descente. Depuis cinq ans, ce métier-passion que j’adore m’a fait découvrir ou progresser dans un tas de sports : ski, parapente, escalade, accrobranche, paddle, kayak, spéléologie… en général, je suis toujours partante pour les activités outdoor, et j’adore ça. Mais le VTT & la trottinette de descente restent mon seul vrai blocage.

    Morte de terreur à l’intérieur

    J’avais été paniquée lors de mon test des activités outdoor en Vercors, et après cette nouvelle tentative à Saint Lary où j’étais tellement tétanisée de peur que j’ai fini le parcours sur la route bitumée et non le sentier de GR (trop raide et caillouteux pour ma panique), j’en déduis que je ne surmonterai pas ce blocage. J’ai quand même envie de partager en toute sincérité cette expérience avec vous, parce que l’activité est super, et les moniteurs, adorables et compétents. Saint Lary Soulan est une destination très réputée pour le VTT, avec de superbes parcours de grande qualité, bien balisés et très beaux, du débutant à l’expert. C’est normalement une expérience accessible à tous, surtout en trottinette, plus sécurisante (parce qu’on descend facilement) – mais moi, ce coup ci, je déclare forfait 😅 Je ne retenterai pas : je me connais assez pour savoir que j’ai très peu de blocages, mais que celui-ci est trop puissant, je me concentrerai donc sur tous les autres sports que j’aime.

    Au cœur du terroir : rencontrer les éleveurs de Saint Lary Soulan

    J’aime le tourisme à la ferme, et les Pyrénées sont résolument une terre de pastoralisme. Ici on pratique un élevage extensif, traditionnel, ancré dans un terroir ancestral. Outre la famille d’éleveurs bovins rencontrés sur l’estive avec Daniel, Marion et moi sommes allées à la rencontre de deux éleveurs dans la vallée de Saint Lary, et ce furent deux très belles rencontres, empreintes d’authenticité et d’une passion sincère.

    A La ferme vignécoise, Patrice élève le porc noir de Bigorre, une race de cochon unique au monde. Cette race est célèbre pour la qualité de sa viande, qui ne contient pas de « mauvaises graisses », ce qui fait que le jambon noir de Bigorre est considéré comme un mets d’exception. Son élaboration est longue et stricte, avec notamment des règles d’élevage précises. Les cochons sont élevés en plein air, pendant 18 à 24 mois, et nourris de la façon la plus naturelle possible , sur de très grandes parcelles. Ils mangent du blé, des pommes, des glands… et aucun aliment susceptible de dénaturer le goût de leur chair. Patrice fait partie de ceux qui se sont battus pour sauver cette race qui a failli disparaître , car peu rentable. On sent sa passion pour ses cochons élevés longtemps, en plein air, au cœur des montagnes, et pour leur viande d’exception. On est bien loin du cochon de batterie ou du jambon industriel quand il nous fait goûter ce jambon au goût fabuleux, accompagné d’un verre de vin blanc pyrénéen.

    Patrice le dit lui même : le plus dur, c’est de ne pas trop s’attacher à eux… car ils sont vraiment sympas. La rencontre avec les cochons est un beau moment : ils sont drôles, cabotins, gourmands, envahissants, un peu comme des chiens.

    Autres éleveurs ultra passionnés : La chèvrerie de Gouaux, élevage et fabrique de fromages traditionnels. Le couple d’éleveurs nous ont touchées par l’affection qu’ils portaient à leurs bêtes, qu’ils connaissaient manifestement par cœur. Chaque jour, tant qu’il n’y a pas de neige au sol, l’éleveur conduit le troupeau dans la montagne pour qu’elles mangent de l’herbe fraîche. On sent la complicité très forte qui l’unit à ces chèvres, avec qui il passe ses journées entières. Le soir, les chèvres rentrent à la ferme et sont traites par un système ingénieux : par groupe de huit, elles viennent se positionner à des mangeoires, et l’éleveur place la trayeuse sur leur pis le temps qu’elles engloutissent leur granulé. Puis les portes se réouvrent, les chèvres repartent, et un nouveau groupe arrive.

    Les fromages élaborés avec ce lait de montagne sont un pur régal, un délice absolu ! Marion et moi avons été touchées par ces rencontres avec des éleveurs investis, par ce terroir d’exception où la rudesse du milieu montagnard force à une forme d’authenticité traditionnelle, mais permet de produire des saveurs rares.

    Les bonnes adresses : d’excellents restos à Saint Lary Soulan

    A terroir d’exception, restos merveilleux…

    A Saint Lary, nous avons eu plusieurs coups de cœur, plusieurs repas d’anthologie. Voici quelques bonnes adresses à noter précieusement pour votre séjour pyrénéen ! Bien entendu, vous retrouverez souvent le porc noir de Bigorre, les fromages de chèvre des Pyrénées, et les autres spécialités emblématiques de la région au menu.

    Commençons par notre plus grand coup de cœur : La Grange ! Quel délice… de l’amuse-bouche au dessert, ce fut un festival de saveurs, le meilleur du terroir local sublimé avec créativité, générosité et originalité. Les associations sont à la fois surprenantes et très respectueuses du produit, tout est bon et remarquable, nous avons adoré ce repas et le beau cadre de cette vieille ferme.

    Folles de chats, Marion et moi avons adoré Le Gros Minet, le resto où les félins sont rois. Chats aux murs, chats sur les tables, et vrais chats ronronnants qui viennent rendre visite aux convives attablés en terrasse, un vrai bonheur pour nous, la déco parfaite ! Le restaurant propose des planches de tapas de spécialités pyrénéennes et espagnoles de grande qualité, en lien direct avec les producteurs locaux, et d’excellentes salades.

    Autre belle expérience gastronomique : La Pergola. Nous y avons déjeuné, il paraît que le dîner est encore plus exceptionnel – le rapport qualité/prix de cet excellent restaurant est remarquable, nous nous sommes régalées d’un bout à l’autre et j’ai adoré le décor à la fois montagnard, arty et décalé de ce bel hôtel-restaurant logé dans un jardin enchanteur. Notez aussi l’adresse pour une nuit dans un cadre intimiste et fleuri.

    Envie d’une pizza après une longue journée de sport ? Un classique, mais qui fait toujours plaisir ! Après l’accrobranche, la trottinette de descente et la piscine, nous nous sommes régalées de pizzas maison au feu de bois Chez Luigi, avec des ingrédients frais et de qualité.

    Enfin, pour un déjeuner ou un dîner au cœur de ville, l’ICC ou Izard Café Central est à la fois un resto qui sert notamment un joli choix de poissons et un bar musical à l’ambiance lounge sympathique.

    Je finis avec une boutique qui n’est pas un restaurant, mais où vous vous régalerez quand même : la Maison du gâteau à la broche ! Impossible de passer à côté de cet immense classique de l’Occitanie, surtout pas dans cette boutique chaleureuse et conviviale qui donne follement envie de tout goûter – on se serait crues chez Hansel et Gretel !

    Continuons maintenant avec les bonnes adresses, côté hébergement cette fois. Si vous cherchez où dormir à Saint Lary, Marion et moi avons un immense coup de cœur à vous présenter…

    Où dormir à Saint Lary Soulan ? Un gîte d’exception, Les Hauts de Saint Lary

    Quelle adresse merveilleuse ! Lors de notre séjour à Saint Lary Soulan dans les Pyrénées, Marion et moi sommes tombées amoureuses d’un endroit vraiment extraordinaire : les Hauts de Saint Lary. Nous avons tellement aimé cet hébergement que nous nous sommes réellement senties « chez nous », et pendant tout le séjour, nous en parlions comme de « la maison »… avec un pincement au cœur au moment du départ ! Un vrai coup de foudre.

    Où dormir à Saint Lary Soulan ? Un gîte d'exception, Les Hauts de Saint Lary
    On peut rester aux Hauts de Saint Lary pour toujours ?

    Il s’agit d’un village de chalets de toute beauté, idéalement situé au-dessus de Saint Lary dans les montagnes majestueuses. Au centre du hameau, on retrouve une petite épicerie de produits locaux, une salle de sport avec poids, tapis et machines, et un espace bien être comportant un sauna (que nous n’avons pas utilisé, car nous avions un sauna privatif dans notre propre chalet). Mais surtout, les Hauts de Saint Lary, ce sont des chalets d’un confort et d’un luxe total.

    Notre maison, d’une capacité de 9 personnes, possédait une cuisine intégralement équipée, avec tous les ustensiles dont on peut rêver pour cuisiner « pour de vrai », une grande salle à manger avec une belle table en bois brut, autour de laquelle on rêve de s’attabler entre amis. Quant au salon, il est ultra cosy, avec ses canapés confortables agencés autour du poêle à bois.

    Le meilleur reste à venir : les chambres sont fabuleusement lumineuses et confortables, avec une literie de qualité et une vue ensoleillée sur les sommets. Quant aux salles de bain, claires et spacieuses, plusieurs comportaient une belle baignoire.

    Où dormir à Saint Lary Soulan ? Un gîte d'exception, Les Hauts de Saint Lary

    Le clou : notre sauna à nous ! Quel bonheur de retrouver, comme en Finlande, le plaisir d’une séance de sauna brûlant à la fin de la journée…

    Nous nous sommes vraiment senties chez nous pendant ces trois jours. Le confort, les équipements, l’ambiance cosy… c’était une bulle de bien être merveilleux. On s’est promis de revenir cet hiver avec tous nos potes (9 places, ça se remplit) ! Faites-nous signe si vous voulez être de la partie 😉

    Les beaux villages de la vallée d’Aure

    Lors de notre séjour à St Lary, nous avons aimé prendre le temps d’explorer ces villages de la vallée d’Aure, au cœur des Pyrénées. Pierres grises, ardoises noires, lavoirs et fontaines, patous et clochers romans, nous touchons du doigt une vie montagnarde très ancienne, où France et Espagne se mélangent sur les versants ensoleillés, où on suit les troupeaux dans la montagne et où l’eau jaillit sur les vieilles pierres…

    Il y a Soulan, notre coup de coeur, idylle pyrénéenne fleurie et parfaite. Sur les hauteurs, ce hameau de carte postale dévoile ses toits d’ardoise grise, son lavoir à l’ancienne, ses vues imprenables sur les sommets, au milieu des géraniums et des façades coquettes.

    Il y a Tramezaïgues, plus secret, son clocher roman, ses ruelles étroites au cœur des pentes abruptes. Un château en ruine et une église ancienne encadrent ce village lové au creux de sa coquille de pierre noire, et on touche à des siècles enfouis…

    Visiter saint lary soulan dans les pyrénées

    Et puis, il y a Saint Lary, bien sûr, le centre névralgique de la vallée d’Aure, le cœur battant, qui célèbre le patrimoine pyrénéen dans ses différentes maisons et musées. A la Maison du Patrimoine, on explore les traditions des montagnes, notamment l’itinérance, on célèbre les matériaux traditionnels, ardoise, bois, pierre, et la vie des générations qui ont bâti ces murs. A la Maison de l’Ours, on évoque ce grand prédateur emblématique, récemment réintroduit dans ces montagnes. A la Maison du Parc National des Pyrénées, on découvre la faune, la flore, l’histoire, la diversité et les chemins de cet espace naturel unique. Et enfin, à la Maison du gâteau à la broche, on se régale !

    Saint Lary est véritablement une clef pour découvrir, comprendre et aimer les Pyrénées.

     Je ressens une grande curiosité pour ce monde que je découvre, et dont je pressens la puissance culturelle, entre proximité espagnole, présence de l’ours, pastoralisme et chants occitans. J’ai déjà envie de revenir, de continuer l’exploration de ces autres belles montagnes françaises, moi qui ai grandi au pied des Alpes, et qui suis curieuse de la beauté et de la richesse de ces sommets méridionaux…

    Visiter saint lary soulan dans les pyrénées

    J’ai été aussi frappée par la vraie chaleur et gentillesse de toutes les personnes que nous avons rencontrées – Marion et moi avons été touchées par la qualité de l’accueil reçu, partout. Le Sud-Ouest me touche toujours par le soleil dans le coeur des gens…

    Merci à l’office du tourisme de Saint Lary Soulan, notamment à Manu, à Links, notamment à Jean-Camille, et à tous ceux qui nous ont accueillies dans les restaurants, les boutiques, les sports, les élevages, pour ce très beau séjour qui nous a touchées.

  • Luxeuil et les Vosges du Sud, délices et sensations

    Connaissez-vous la région de Luxeuil-les-Bains ? Nous sommes dans les Vosges du Sud, juste en limite méridionale du mythique massif bleu, dans une région de lacs, de sources et de délices authentiques. Cet été, nous avons eu le plaisir de découvrir cette belle destination en Haute-Saône, pour un séjour placé sous le signe de la nature, de la gastronomie et du thermalisme. On vient ici pour se baigner dans les eaux chaudes, pour randonner autour des étangs et dans les forêts préservées, et pour découvrir un patrimoine architectural, artisanal et gastronomique remarquable, entre beaux monuments, savoir-faire traditionnel et terroir délicieux !  Notre séjour fut riche en sensations et en insolites, entre un marché nocturne effréné, une cabane au bord d’un lac, des baignades riches d’histoire et de détente à la fois, des alcools, des jambons et la plus ancienne verrerie d’Europe. Je vous l’avoue : Marion et moi ne connaissions absolument pas cette région avant notre séjour, et nous avons pris un immense plaisir à découvrir ses multiples facettes, dans une atmosphère de vraie convivialité. Voici un joli coin de France en dehors des grands axes, et qui a le bon goût d’être peu touristique, abordable et chaleureux.

    Découvrir la région de Luxeuil-les-Bains, dans les Vosges du Sud

    De nombreuses photos de ce reportage – non seulement toutes celles dans lesquelles je figure, mais de nombreuses autres aussi – sont l’œuvre de Marion Carcel alias Foehn Photographie, photographe professionnelle en Rhône-Alpes. Nous formons toutes les deux un duo de blogueuses, photographes et voyageuses ravies d’explorer les beautés du monde.

    Marion dans les jardins de la verrerie La Rochère.

    Luxeuil-les-Bains, l’autre ville rose

    Commençons donc par la « capitale » de la destination, la jolie ville de Luxeuil-les-Bains. On dit souvent de Toulouse qu’elle est la ville rose, Luxeuil m’est apparue comme l’autre ville rose de l’Est. La ville est entièrement bâtie en un grès rose très particulier qui n’est pas monogramme, mais contient toutes sortes de nuances et de variations, un véritable camaïeu de pastels et de rouges tendres.

    Découvrir la région de Luxeuil-les-Bains, dans les Vosges du Sud
    Découvrir la région de Luxeuil-les-Bains, dans les Vosges du Sud

    Luxeuil doit son nom à un Dieu gaulois des sources, Luxiosius, car avant même l’époque romaine, les Celtes se baignaient déjà dans ses sources chaudes naturelles. Le site de Luxeuil est attesté depuis plus de deux mille ans, et plusieurs civilisations se sont succédées sur ces terres fertiles.
    Les célèbres thermes de Luxeuil perpétuent cette tradition millénaire, et ont connu leur heure de gloire sous Napoléon III, quand il vint y prendre les eaux avec son épouse en 1856.

    Mais ce qui m’a le plus marquée à Luxeuil, c’est le patrimoine médiéval. Au cœur de ville trône la tour des Echevins, qui offre une vue fabuleuse sur le centre historique.

    Une puissante famille du XVe siècle, les Jouffroy, nous a laissé en héritage de sublimes maisons et hôtels particuliers, qui donnent beaucoup de cachet à ce cœur riche d’une histoire prestigieuse.  

    Au rez-de-chaussée de la tour des Echevins, on découvre une sidérante collection de pierres tombales datant de l’époque romaine, témoignant de l’histoire si riche de Luxeuil, et du réalisme saisissant de l’art funéraire antique.

    Enfin, l’amoureuse des églises que je suis a le cœur qui bat pour la basilique St Pierre, restaurée par le fameux Viollet-le-Duc. J’ai adoré son orgue monumental, qui date du XVIIe siècle et dont les boiseries sont une merveille de délicatesse, avec un majestueux Atlas soutenant l’ensemble, et des atlantes entre les différentes sections…

    J’ai également été touchée par l’ancien cloître de l’abbaye, aux arcades délicieusement poétiques, aujourd’hui rendues à la vie civile.

    Luxeuil-les-Bains, bénie par les eaux

    Luxeuil-les-Bains est résolument une ville d’eau. Son nom vient de Luxovius, Dieu gaulois des eaux. Déjà avant l’époque romaine, les Celtes avaient découvert les différentes sources d’eau chaude naturelle, qui jaillissent à des températures étonnantes, 50 et 60 degrés, faisant de Luxeuil une petite oasis balnéaire au pied des Vosges.
    Dès la fin du XVIIIe siècle, on découvre les vertus thérapeutiques de ces eaux riches en minéraux et en bienfaits. Luxeuil-les-Bains devient une station thermale très à la mode, d’où la magnifique allure élégante et rétro de l’établissement thermal, toujours en activité aujourd’hui. Ce lieu un peu hors du temps est un régal pour les passionnés d’histoire, avec la conservation d’arches originelles datant de 1768, de nombreuses inscriptions attestant du passage des visiteurs prestigieux comme Napoléon III et Eugénie, ou encore l’ambiance générale du bâtiment, avec ses arches, ses grands couloirs solennels et son décorum.

    Réservé aux curistes le matin, l’établissement est ouvert au grand public l’après-midi. Il comporte une vaste piscine sous une verrière, avec de nombreux jets, un couloir de marche à contre-courant, un sauna, un hammam, de nombreuses plus petites piscines et lieux de détente, et surtout, des cabines de soin. Marion et moi avons pu tester deux soins, un bain bouillonnant aux huiles essentielles, très délassant, et un autre que j’ai adoré, un massage par un matelas hydraulique vibrant et variant les points de pression – j’aurais pu y passer des heures ! J’ai beaucoup aimé la partie de l’établissement réservée aux soins, avec son bassin fontaine lumineux, les arches historiques de brique rose de la galerie de repos, c’est là que j’ai le mieux ressenti toute la richesse du lieu.

    Découvrir les thermes de Luxeuil-les-Bains
    Découvrir les thermes de Luxeuil-les-Bains
    Découvrir les thermes de Luxeuil-les-Bains


    L’offre de soin est très riche, les tarifs abordables, l’établissement propre, spacieux et lumineux. La seule chose à noter, c’est qu’il s’agit avant tout d’un établissement thermal thérapeutique, où on doit porter le bonnet de bain – l’atmosphère peut donc paraître un peu froide ou médicale à un visiteur plus habitué à des thermes plus « disneylandisées » comme les thermes d’Erding à Munich. Si vous êtes à la recherche d’une atmosphère plus romantique et intimiste, sachez que vous avez également à Luxeuil des hôtels-spas…

    L’hôtel Beau Site, le plaisir d’un hôtel spa romantique à Luxeuil

    En quête d’une jolie adresse pour un week-end en duo à Luxeuil ? Je vous recommande le merveilleux hôtel de charme où nous avons dormi Marion et moi : l’hôtel Beau Site avec son restaurant gastronomique, sa grande piscine extérieure, et son spa privatif, que nous avons eu pour nous toutes seules pendant une heure, profitant du jacuzzi et du sauna.

    hôtel spa à luxeuil les bains

    J’ai adoré l’ambiance de cet hôtel créé à la Belle Époque, qui a gardé boiseries, escaliers et décoration joliment ancienne, et qui est lui aussi résolument axé sur le bien-être.
    Notre dîner à l’hôtel Beau Site a été une vraie réussite. Nous avons commencé en découvrant une spécialité locale, le Crillon ou vin de rhubarbe, un délice inattendu. Et sur cette lancée, nous avons savouré un menu très fin, frais et coloré, dans une ravissante ambiance sur la pelouse au coucher du soleil. Une jolie adresse !

    Restons dans les eaux, mais cette fois, au cœur de la forêt…

    La Source du Planey : un site extraordinaire… à cheval !

    Un des plus beaux souvenirs de notre séjour dans les Vosges du Sud restera la découverte d’un site extraordinaire : la source du Planey à Anjeux. Des nuances de turquoise et d’émeraude d’une vivacité incroyable teintent les eaux de ce gouffre poétique qui jaillit au cœur des bois. Moi qui aime passionnément les lacs de montagne, je suis enchantée par ce site mystérieux où les reflets décuplent encore la beauté des eaux…

    La source du Planey, site sublime dans les Vosges du Sud
    La source du Planey, site sublime dans les Vosges du Sud

    Nous avons de surcroît eu le bonheur de le découvrir à cheval, avec les chevaux adorables du centre équestre de la Combeauté, qui propose de nombreuses activités en extérieur. Je sais que certains d’entre vous partagent ma passion des chevaux, sachez donc que la région de Luxeuil est un vrai paradis méconnu pour le tourisme équestre. De nombreuses boucles aménagées et balisées, avec des gîtes équestres situés sur le parcours, jalonnent la Haute-Saône. Le parcours qui nous mène à la somptueuse source du Planey s’appelle « les Sources en forêt », c’est un bel itinéraire facile de 21km qui conduit sur de jolis sentiers au cœur des bois, loin des voitures et des dangers. Nous sommes avec un groupe de cavaliers passionnés qui travaille à l’aménagement des itinéraires, et qui entend bien montrer que les Vosges du Sud sont une belle destination équestre, prête à accueillir plus de cavaliers sur ses boucles aménagées et sécurisées ! Cela a été un vrai bonheur pour Marion et moi d’allier magie du site et plaisir du cheval…

    La source du Planey, site sublime dans les Vosges du Sud
    La source du Planey, site sublime dans les Vosges du Sud
    La source du Planey, site sublime dans les Vosges du Sud
    La source du Planey, site sublime dans les Vosges du Sud

    Bien sûr, le site est également accessible aux piétons, soit par un itinéraire direct et très simple (environ 1km de marche), soit par plusieurs chemins de randonnées permettant de faire une plus grande boucle à travers cette forêt poétique.

    Anjeux, « village des sorcières » : mythe et histoire

    Une de mystère et de magie nimbe la source du Planey : on raconte que les sorcières se réunissaient pour le sabbat autour du gouffre, et parlaient aux démons dans ses eaux phosphorescentes. Dans les bois, on trouve trace des « quatre bornes » placées à la croisée des chemins, qui seraient un lieu de rendez-vous avec le diable.

    tourisme équestre vosges du sud

    Mais en réalité, l’histoire des sorcières d’Anjeux est tragique. Dans l’hystérie des grands procès en sorcellerie du 17e siècle, plus d’un quart de la population d’Anjeux fut soupçonnée d’hérésie. Un climat de paranoïa et de brutalité collective régna pendant plusieurs années, et de nombreuses personnes (notamment des femmes) accusées de sorcellerie furent brûlées vives en place publique.

    La place où se tint le bûcher…

     « Village des sorcières », Anjeux est un beau village traditionnel qui commémore ce passé de deux façons, tout d’abord par le folklore (petites chouettes, maisons d’hôtes jouant sur le thème de la sorcière…), mais aussi et surtout par la mémoire. Certains descendants des victimes de la persécution vivent encore à Anjeux aujourd’hui, et le sujet reste douloureux. Au-delà du folklore, notre guide a pris le temps de nous parler de la réalité historique, et de nous conduire sur la place où le bûcher se dressait autrefois. Ce village mérite une visite, d’autant que le « parcours de la chouette » vous conduit d’une curiosité à l’autre, et raconte cette histoire puissante.

    Fourgerolles, au pays de la cerise

    Les Vosges du Sud sont véritablemement le pays de la cerise. Si vous aimez les cerisiers en fleurs, sachez une chose : nul besoin d’aller au Japon, prenez plutôt vos billets pour Fougerolles en Haute-Saône au printemps. Je regardais ces vergers de cerisiers à perte de vue, et j’imaginais leur floraison en mai, un océan de blanc et de rose à l’assaut des collines… un vrai paysage de carte postale.

    La région est célèbre pour un produit phare : le kirsch de Fougerolles AOP, une eau-de-vie à base d’une variété de cerises typique de la région, la guigne. Au XIXe siècle, Fougerolles fait fortune avec cet alcool exporté dans toute la France, ainsi qu’avec un autre breuvage de réputation sulfureuse, l’absinthe. Situé dans un ancien domaine de production du XIXe siècle, l’écomusée du pays de la cerise retrace l’histoire de la production, ses techniques, et surtout le rôle considérable que ces alcools ont joué dans la prospérité de la région.

    ecomusee du pays de la cerise fougerolles vosges du sud

    Entre belle maison meublée au goût Napoléon III, vergers de cerisiers, ustensiles d’époque et expositions passionnantes, la visite m’a beaucoup intéressée. L’exposition retrace le rôle considérable qu’a joué l’alcool dans la sociabilité française, sans occulter les ravages en termes de santé publique qu’il a causé. Aujourd’hui, l’absinthe (de nouveau autorisée) et le kirsch de Fougerolles se veulent produits haut de gamme des grandes occasions, à consommer avec modération !

    Nous avons enchaîné sur une visite que j’ai adorée et que je vous recommande chaudement, celle de la distillerie Paul Devoille. Depuis 1859, cette exploitation est restée fidèle à la production traditionnelle de kirsch, liqueurs et absinthe, et la visite est tout simplement magnifique, avec les énormes alambics de cuivre, les greniers dans lesquels les alcools vieillissent dans des paniers d’osier dans une lumière tamisée,

    Ne manquez pas le merveilleux « jardin de la fée verte », où de petites fées de métal vous guident à travers une collection bucolique de plantes et fruits utilisés dans la fabrication d’alcool.

    Je suis une grande amatrice de ces atmosphères artisanales où perdure le geste manuel, et le goût du travail bien fait : voir les bouteilles scellées à la main avec de la cire fondue, voir les liqueurs vieillir dans leur écrin de vannerie tissée à la main, m’a beaucoup touchée.

    Je ne bois pratiquement jamais d’alcool, je n’ai que trempé les lèvres dans la crème de cerise noire à la dégustation, mais j’ai vraiment été séduite par ces visites d’une grande beauté visuelle et d’une vraie richesse historique. Et si vous êtes amateur de liqueurs, vous vous régalerez chez Paul Devoille, dont la collection est impressionnante : des liqueurs de tous les fruits, de fleurs, différentes absinthes de la série « Libertine » cherchant la fidélité à la recette originelle, celle dont raffolaient Baudelaire et Rimbaud… vous trouverez forcément votre bonheur.

    Continuons la virée gastronomique, car les Vosges du Sud savent régaler leurs visiteurs..

    Se régaler à Luxeuil, entre jambon et flonflons

    En France, on prend la gastronomie au sérieux, vous le savez. Et Luxeuil-les-Bains, dans les Vosges du Sud, ne vous laissera pas mourir de faim.

    Commençons par l’iconique jambon de Luxeuil. La recette est ancestrale : elle proviendrait des Séquanes, un peuple gaulois ! Imaginez, peut-être tenons-nous l’authentique recette du sanglier d’Obélix 😉 Un petit groupe de producteurs passionnés continue de porter le flambeau de ce jambon haut-de-gamme et gastronomique, qui respecte un processus de fabrication très strict. Une cuisse entière de porc IGP Franche-Comté sera frottée à la main avec du sel, des baies de genièvre, du vin rouge d’Arbois et des aromates, avant d’être fumée au feu de bois et séchée pendant neuf mois au moins. Nous avons découvert toutes les étapes, et dégusté le produit, à la maison Daval, au cœur de Luxeuil, où nous avons encore une fois senti l’amour du travail bien fait.

    Marion et moi avons ensuite rendu visite à l’un des producteurs de porc associés à la démarche jambon de luxeuil, la famille Menigoz à St Bresson. On y trouve un concept hyper original qui nous a vraiment séduites : un Bar à Terrines à la ferme, directement sur l’exploitation, un cadre à la fois cosy et décalé entre tracteurs et silos, avec juke boxs et canapés colorés. On y mange exclusivement des produits locaux et fermiers, directement du producteur au consommateur. Le rapport-qualité prix est spectaculaire, avec un menu complet ultra copieux à … 14,50 euros. Imaginez, pour ce prix, vous recevrez une première sélection de charcuteries (jambon de Luxeuil, notamment), puis une assiette de terrines, des crudités généreusement servies, des frites maisons exquises, un plateau de fromage, des glaces artisanales à la mirabelle, le tout 100% local et fermé, provenant directement du producteur. L’accueil est chaleureux et familial.

    Retour ensuite à Luxeuil pour découvrir un super joli resto bistronomique en face de l’abbaye, L’Annexe du Café français, où nous nous régalons dans un décor raffiné et original, entre dirigeables et lampes steampunk, lys blancs et tapisseries raffinées. Nous déjeunons avec Lucie, talentueuse et adorable blogueuse qui se consacre « A la conquête de l’Est », dont les conseils enrichiront votre visite en Franche-Comté…

    Mais n’oublions pas l’expérience gastronomique incontournable à Luxeuil en été : le marché nocturne !

    Les marchés nocturnes de Luxeuil-les-Bains, une ambiance extraordinaire

    Tous les mardis soir de l’été, la ville de Luxeuil se transforme en grande fête à ciel ouvert, avec de la nourriture (beaucoup de nourriture), des artisans, des artistes de rue, de la musique, bref, une déambulation joyeuse et festive dans la lumière du couchant, et des tas de spécialités franc-comtoises à découvrir. Et l’ambiance est géniale, vraiment. Cela restera une des soirées les plus joyeuses et fun de l’été, où on s’est vraiment régalées toutes les deux.


    Loin de moi l’idée de dénoncer, mais il se pourrait que quelqu’un ait repris deux fois du punch, il se pourrait que quelqu’un ait passé 2h à danser sur tous les trucs kitsch qui passaient à portée d’oreilles, il se pourrait que quelqu’un ait pris en entrée un énorme beignet de cerises noires de Fougerolles avant d’enchaîner sur une poêlée franc-comtoise à la saucisse montbéliarde et à la cancoillotte artisanale, puis de finir sur une tarte flambée au munster en guise de digestif… Peut-être. Je ne dirai rien. Mais miraculeusement, entre alcool, hits des années 90, fromage et sucre, on a quand même trouvé le temps de faire quelques photos du magnifique cœur de ville sublimé par la lumière du soleil couchant, puis par les lumignons de la fête. Des artistes talentueux assuraient un spectacle cabaret de qualité, l’ambiance était résolument à la fête, et les gens, très chaleureux.

    marché nocturne luxeuil les bains vosges du sud

    On a adoré ce moment convivial dans le cœur médiéval de la belle Luxeuil. Si vous passez dans la région le mardi soir en été, je recommande vraiment, c’est une immersion express dans toutes les spécialités et la joie de vivre franc-comtoise.

    Dormir au bord des lacs des mille étangs, dans une cabane sylvestre

    Une nuit dans les arbres, entre Tarzan et Robinson, à contempler les étoiles sur le lac, comment ne pas rêver de ce genre d’escapade sylvestre ? Marion et moi avons passé notre dernière nuit dans les Vosges du Sud aux Chalets du Lac, à Passavant-la-Rochère, en bordure du plateau des mille étangs. Au bord d’un joli lac apprécié des pêcheurs se trouvent des chalets, un resto très sympa et savoureux, et quelques cabanes perchées au milieu des grands arbres. Ce fut une vraie nuit d’immersion dans la forêt (nous avons même eu droit à la visite d’une chauve-souris dans notre chambre), cachées à la cime, à savourer un festival de lumières prodigieuses. Le soir, le couchant peignait d’or notre cabane, et allumait mille feux dans les reflets du lac. La nuit y plongeait toutes les constellations, et l’aube plaçait le soleil juste sur notre toit… pour un petit-déjeuner idyllique sur notre balcon, les yeux dans le lac, en mangeant d’énormes myrtilles très sucrées des Vosges.

    cabanes du lac vosges du sud dormir dans une cabane vosges

    Nous avons adoré ces atmosphères si photogéniques, la quiétude apaisante du lac, et aussi la cuisine du restaurant, simple mais fraîche et savoureuse, dans un cadre parfait au bord de l’eau.
    Notre cabane était spacieuse, propre et cosy. Elle comportait un lavabo, un WC, mais hélas pas de douche – les propriétaires, qui ont repris le site très récemment, comptent y remédier, ce qui rendrait l’expérience parfaite !

    Nous étions au bord du célèbre plateau des mille étangs, dans le massif des Vosges. La région est célèbre pour cette mosaïque paisible de lacs et d’étangs dans lesquels résineux et feuillus tendres se reflètent, entrecoupés de forêts et de visions bucoliques de vaches et de foins fraîchement coupés. Entre montagne et campagne, de jolies balades nous mènent dans cet entrelacs de vert et de miroirs… nous avons fait une petite rando de 3h, nous promenant dans la forêt et les champs, à la recherche des lacs.

    mille etangs vosges du sud
    mille etangs vosges du sud

    La Rochère, la plus ancienne verrerie d’Europe

    Notre beau séjour dans les Vosges du Sud s’est achevé par un tour à la verrerie et cristallerie La Rochère, à Passavant-la-Rochère, qui est la plus ancienne verrerie en activité continue d’Europe, depuis 1475 ! Cette magnifique transmission du savoir-verre nous a beaucoup émues, et je suis heureuse de savoir qu’ici en Haute-Saône se perpétue une excellence artisanale et artistique qui a su traverser les siècles. La visite comporte trois beaux points d’intérêt. Tout d’abord, l’observation de l’atelier en lui-même : on voit les verriers souffler le matériau incandescent devant nous, entre forge et finesse, et c’est superbe.

    La visite de la boutique m’a énormément plu : dans cette grande salle lumineuse et colorée qui a des airs de galerie d’art, on retrouve toute la collection de créations superbes. Beaucoup d’objets me font penser au style art nouveau de l’école de Nancy, qui me plaît beaucoup – j’ai étudié 3 ans dans cette ville.

    Enfin, nous irons nous promener dans le poétique jardin japonais attenant à la verrerie, où les ponts nous font jouer avec les reflets… Toute la visite est gratuite – je vous la recommande sans hésitation.

    Marion et moi avons beaucoup aimé cette découverte de la région des Vosges du Sud, autour de Luxeuil-les-Bains, dont nous ignorions tout jusqu’à ce voyage, et que nous avons trouvée riche d’histoire, de patrimoine, d’expériences chaleureuses, de gastronomie savoureuse… ainsi qu’abordable et attachante. On peut vivre ici de très belles choses sans se ruiner, et avec beaucoup de convivialité et de richesse humaine, qui se ressent dans l’artisanat, dans la gastronomie et la qualité des rencontres. J’ai plus envie que jamais de continuer à explorer notre jolie France ! 

    cabanes du lac vosges du sud dormir dans une cabane vosges
    cabanes du lac vosges du sud dormir dans une cabane vosges
    Un peu de light-painting au bord du lac…

    Merci à l’office de tourisme de Luxeuil-les-Bains – Vosges du Sud, et tout particulièrement à Lucie, pour ce séjour dont nous garderons un excellent souvenir.

  • Chamonix, randonnées sublimes et vertige des cimes

    Chamonix est, sans hésitation aucune, un des lieux de l’univers qui font battre mon cœur le plus fort. Difficile d’exprimer la sensation de joie pure que je ressens quand j’arrive dans cette vallée étroite où les langues glaciaires descendent jusqu’aux terres des hommes, où l’Aiguille du Midi griffonne l’azur du ciel avant que surgisse, monstrueux et magnifique, le dôme enneigé du Mont Blanc. Après un merveilleux premier séjour à Chamonix à l’été 2017, Marion et moi sommes revenues passer quatre jours au pays des glaces et des cimes en juillet 2020, et notre amour pour cette destination n’en fut que décuplé.
    Au programme de cet article : un vol en parapente au-dessus de Chamonix, face aux sommets mythiques de la chaîne du Mont Blanc, deux randonnées sublimes, la traversée des Balcons Nord et La Jonction (peut-être la plus belle randonnée de ma vie !), trois nuits dans des hébergements tous attachants et originaux, un petit tour à la librairie mythique des montagnards, une montée magique à l’Aiguille du midi, un lac méconnu, un mur d’escalade, une chapelle romantique, de très bonnes adresses pour se régaler à Chamonix, et un petit concours avec un cadeau à gagner en fin d’article.

    Que faire à Chamonix ? Les plus belles randonnées à Chamonix, la randonnée de la Jonction, une nuit au Montenvers, un vol en parapente à Chamonix...


    Ce voyage était très particulier pour Marion et moi : c’est à Chamonix que nous avons travaillé ensemble pour la première fois, en juillet 2017. Depuis, nous avons réalisé de nombreux reportages en duo. Revenir célébrer nos « noces de froment » (professionnelles !) à Chamonix, trois ans plus tard, nous a comblées de joie. Revenir ensemble à Chamonix… L’émotion nous a toutes les deux saisies quand nous avons su que nous allions retrouver le pays du Mont-Blanc. Pour qui aime les montagnes (et nous les aimons à la folie), Chamonix sera toujours une légende, la mère de toutes les montagnes.

    Que faire à Chamonix ? Les plus belles randonnées à Chamonix, la randonnée de la Jonction, une nuit au Montenvers, un vol en parapente à Chamonix...
    Marion alias Foehn Photographie et moi à la Jonction, heureuses comme tout.


    Toutes les photos de cet article dans lesquelles j’apparais ont été prises par Marion alias Foehn Photographie. Nous formons ensemble un duo de blogueuses, photographes et voyageuses passionnées.

    Chamonix, mythe parmi les mythes

    Aucun amoureux des montagnes ne peut rester indifférent quand il entend le nom de Chamonix. Chamonix est véritablement la porte du ciel : c’est ici, au XVIIIe siècle, que les hommes ont ouvert la voie vers les sommets.
    C’est ici qu’a été inventé, dans les années 1740, le tourisme alpin, lorsque des Anglais en vacances à Genève ont vu au loin la silhouette effrayante du Mont Blanc, « taupinière blanche », « montagne maudite », qu’on tenait loin des royaumes des hommes. Ils s’appelaient Windham et Pocock, et ils ont voulu aller voir le monstre de plus près. Ils ont alors découvert la Mer de Glace, à qui ils ont donné son nom (« it looks like a sea of ice ! ») et se sont pris de passion pour ces langues glaciaires terrifiantes qui descendent vers la vallée de Chamonix. Avant, les hommes fuyaient les montagnes, périlleuses et traîtresses, soudain ils étaient fascinés et désireux d’atteindre les sommets.

    Que faire à Chamonix ? Les plus belles randonnées à Chamonix, la randonnée de la Jonction, une nuit au Montenvers, un vol en parapente à Chamonix...
    La mer de glace, objet de fascination depuis les années 1740.


    C’est ici qu’a été inventé l’alpinisme, lorsque le 8 août 1786, Jacques Balmat accompagné du Dr Paccard fut le premier à vaincre la « montagne maudite » qu’on disait inaccessible, et toucher les 4800 mètres du Mont-Blanc. Il ouvrit ainsi la voie des cimes dans laquelle s’engouffreraient aventuriers kamikazes et rêveurs foudroyés par l’impitoyable ivresse des sommets.


    C’est ici qu’on a créé les secours en montagne, après un terrible hiver de 1956 où deux jeunes hommes perdirent tragiquement la vie sous les yeux des journalistes du monde entier – Vincendon et Henry, abandonnés de tous. Aujourd’hui encore, impossible de devenir guide de haute-montagne sans passer par l’école d’alpinisme de Chamonix. Cette vallée est mythique, chacun de ses sommets une épopée.

    Que faire à Chamonix ? Les plus belles randonnées à Chamonix, la randonnée de la Jonction, une nuit au Montenvers, un vol en parapente à Chamonix...
    Chamonix, ou le face à face permanent avec la démesure.


    J’aurais tant d’histoires à vous raconter, mais je commence par la mienne : lorsque nous sommes venues pour la première fois à Chamonix à l’été 2017, Marion et moi, nous nous sommes senties « à la maison ». C’est étrange, car aucune de nous n’est venue ici petite, et Chamonix était pour nous une vallée étrangère. Mais quand on grandit avec l’amour des montagnes au cœur – Marion s’est tatoué dans la peau les « siennes », celles du Vercors –, Chamonix est une évidence. Nous avons su aussitôt que nous reviendrions. Et quelle joie, quelle joie !  

    Que faire à Chamonix ? Les plus belles randonnées à Chamonix, la randonnée de la Jonction, une nuit au Montenvers, un vol en parapente à Chamonix...
    Marion, montagnes dans la peau, yeux perdus dans les Drus

    Voler en parapente face à la chaîne du Mont Blanc

    Notre merveilleux séjour 2020, toujours plus près des sommets, a commencé par une expérience de bonheur fulgurant : un vol en parapente face à l’Aiguille du Midi et au Mont Blanc, avec la compagnie les Ailes du Mont Blanc.

    Que faire à Chamonix ? Les plus belles randonnées à Chamonix, la randonnée de la Jonction, une nuit au Montenvers, un vol en parapente à Chamonix...
    Moment de magie pure.


    Décoller en parapente, se sentir arraché au sol, flotter avec douceur et légèreté au milieu des oiseaux, est une des sensations qui me procure le plus de joie. J’ai eu la chance de voler plusieurs fois en parapente, dont un grandiose premier vol au-dessus des crêtes du Vercors, et vivre cette expérience à Chamonix me faisait rêver depuis : s’envoler face au Mont Blanc, quoi de plus follement romanesque ? Le rêve s’est réalisé cet été…
    Nous avons rejoint en télécabine avec nos moniteurs le site de décollage de Planpraz, un balcon surplombant Chamonix à 2000m d’altitude. Tous les deux sont super, chaleureux et rassurants. Cyrilde, la monitrice de Marion, est la première femme monitrice de parapente que nous rencontrons lors de nos reportages. Elles auront l’occasion de discuter durant leur vol, et Cyrilde confirmera à Marion que si les femmes restent encore rares dans ce milieu, Chamonix est la destination qui en compte le plus grand nombre. Chamonix nous donnera de nombreuses occasions d’explorer la montagne au féminin – ce grand saut avec Cyrilde est une belle première approche ! Mon moniteur, Jérémy, est bien sûr tout aussi adorable et passionnant. J’ai adoré le professionnalisme et l’attitude chaleureuse des deux moniteurs des Ailes du Mont Blanc, une des compagnies historiques et réputées de parapente à Chamonix.

    parapente chamonix
    Marion immortalise sa monitrice Cyrilde.

    Ce vol est magique. L’Aiguille du Midi, le Mont Blanc, les Drus… tous s’offrent à nos regards émerveillés. Nous tournoyons doucement au gré des ascendants, et chaque vue est une nouvelle extase visuelle. Par cet envol, nous tutoyons les cimes, nous sommes enfin à leur hauteur, aériennes et folles de bonheur.

    Que faire à Chamonix ? Les plus belles randonnées à Chamonix, la randonnée de la Jonction, une nuit au Montenvers, un vol en parapente à Chamonix...


    Après trois quarts d’heure de bonheur et d’ivresse de l’apesanteur, nous redescendons vers Chamonix, survolant sa belle église baroque, avant d’atterrir dans un grand champ… mais en pensée, nous mettrons la journée entière à redescendre !

    Voyages romantiques à Chamonix : autour du lac des Gaillands

    Explorons l’imaginaire romantique associé à Chamonix depuis le XVIIIe siècle autour du petit lac des Gaillands et sa chapelle en ruine.

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    Qui l’eut cru ? Ces belles ruines ne sont pas de « vraies » ruines. Elles ont été construites au XIXe siècle pour conférer une allure mélancolique et pittoresque au lac des Gaillands. A l’époque romantique, les grands poètes, de Lord Byron à Victor Hugo, se passionnent pour cette vallée aux merveilles et viennent écrire à l’ombre des glaciers. La montagne, honnie et évitée durant des siècles, aimante les foules en quête de sublime.

    On voit dans certains hôtels de Chamonix de vieilles photos rétro, avec des dames en robe longue comme celle-ci marcher sur la glace et partir à l’ascension des sommets.

    Le tourisme alpin est alors follement à la mode, Chamonix incarne le sublime, la grandeur de la nature à l’état brut. Mais ces dames en robe ne se contentent pas d’être décoratives, et les belles tenues n’empêchent pas de conquérir les sommets. Ces pionnières deviennent des alpinistes et se montrent incroyablement courageuses. Connaissez-vous Henriette d’Angeville ? Née en 1794, la « Fiancée du Mont-Blanc » fut la première femme à gravir le Mont-Blanc de son plein gré (la toute première était Marie Paradis, une pauvre servante qu’on a contrainte et forcée, traînée au sommet malgré ses supplications terrifiées). Littéralement amoureuse de cette montagne, elle avait demandé qu’on y enterre son corps, devait-elle y périr… Elle fut la première grande alpiniste, et passa sa vie à explorer les sommets.

    Magnifique petit livre inspirant et touchant que j’ai acheté à la librairie Paulsen/Espace Guérin à Chamonix

    Nous aussi, nous avons voulu apprivoiser la montagne. A côté de ce lac se dresse le rocher des Gaillands, falaise d’escalade-école ouverte par l’aventurier Frison-Roche. Ces voies de gneiss facile à grimper sont un excellent endroit pour s’initier à l’escalade. Grimpeuse confirmée, Marion m’apprend les nœuds, les manipulations, me fait découvrir ce sport. Chamonix me donne à la fois des envies de poèmes romantiques et d’escalades vertigineuses. Être une princesse ou être une montagnarde, pourquoi choisir ? Moi aussi, je veux être la reine des neiges…

    L’hôtel Pointe Isabelle à Chamonix, sur les traces d’une grande alpiniste

    La première nuit, Marion et moi dormons à l’hôtel Pointe Isabelle, nommé ainsi en hommage à l’aristocrate anglaise Isabella Straton, qui a réussi la première ascension hivernale du Mont Blanc en 1876 – une vraie prouesse, une entreprise dangereuse et éprouvante, qui suscite aujourd’hui encore le respect. Cette lady rebelle ivre des cimes finira par épouser au mépris des conventions sociales son guide chamoniard, Jean Charlet, et c’est lui qui prendra le nom de Straton.

    Marion et moi avons adoré ce bel hôtel bien situé, dont la décoration élégante et design rend hommage aux femmes alpinistes, entre bottines et crampons. Joli bar un peu rétro, portraits de femmes alpinistes et de suffragettes, bonne table et excellent petit-déjeuner, le Pointe Isabelle a su nous séduire, et nous y avons merveilleusement bien dormi, en rêvant d’aventures givrées…

    Au cœur de Chamonix, la librairie des amoureux des montagnes

    Grandir à Chamonix, sous le regard des Drus, du Mont Blanc et des Aiguilles, c’est être appelé à la grandeur, c’est s’inoculer au berceau le rêve des cimes et la folie des sommets… Nous sommes allées faire un petit tour du cœur de ville charmant et fleuri de Chamonix, où le pittoresque se mêle au grandiose des montagnes toutes proches. La fresque des guides, la statue de Balmat et Paccard, tout appelle à la verticalité, et chaque façade est imprégnée de l’histoire hors normes de ce village qui a changé le visage de la montagne.

    Nous avons pris le temps de découvrir la très belle église St Michel de Chamonix, dont j’aime follement le style baroque savoyard.

    Et cette fois, Marion et moi avons découvert la librairie des fous des montagnes, et y avons fait une véritable razzia. Les éditions Paulsen/Espace Guérin sont LES spécialistes incontestés du livre de montagne. Leur collection de petits livres rouges comme les chaussettes des alpinistes rassemblent les mémoires des grands conquérants des sommets, des récits d’aventure, des histoires d’ascensions vertigineuses, de sauvetages héroïques, d’accidents tragiques et de passion perpétuelle. Les collections de cette maison d’édition sont un incontournable absolu pour les amoureux des montagnes…

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    En fin d’article, je vous proposerai de gagner un de leurs ouvrages.

    Un bon resto à Chamonix : la Fine Bouche

    Nous nous sommes régalées à La Fine Bouche, restaurant gastronomique délicat et abordable un petit peu en marge du cœur de Chamonix. Les produits locaux sont harmonisés avec finesse et précision, tout est exquis – on mange très savoyard, mais de façon plus fraîche et originale qu’ailleurs. Salade de crudités et brick de reblochon, poulet aux morilles, café gourmand avec délice de fruits rouges… tout est un régal.

    Une nuit au Grand Hôtel du Montenvers, seules face à la Mer de Glace

    Ce soir, vous dormez au Grand Hôtel du Montenvers. Ce sera un tête-à-tête romanesque avec la Mer de Glace, un film dont vous êtes le héros.
    Vous montez à la Mer de Glace avec le mythique train à crémaillère rouge vif du Montenvers, comme tant de voyageurs avant vous depuis un siècle. Chamonix se déroule sous vos yeux, le roulement du train est la clef des merveilles.

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    train montenvers


    Vous arrivez au sommet, et la Mer de Glace est à vous. La plate-forme surplombe le glacier et vous restez un long moment fasciné, rêveur, à attendre que le jour descende. Il est 18h. Tout le monde est redescendu vers Chamonix, et il ne reste plus que vous, vous, la Mer de Glace, et les Drus qui accrochent les rais de soleil à leurs aiguilles.

    Mer de glace Chamonix


    Vous marchez vers l’hôtel du Montenvers. Monolithe de granite, il a des airs d’intemporalité radicale, comme les parois des montagnes qui l’encerclent. Il se tient là, hiératique, depuis 1880, mais on le jurerait bien plus ancien, comme s’il avait toujours été là.

    Sa haute façade percée de fenêtres minuscules, ses intérieurs lambrissés comme un wagon de l’Orient Express, ses boiseries et ses escaliers qui s’enroulent autour de leurs lampes d’alpiniste, tout cela lui donne un petit air d’hôtel Overlook, en infiniment plus accueillant. Les chambres portent les grands noms qui vous ont précédés : Byron, Shelley, Châteaubriand…
    Ce n’est plus un refuge rustique comme autrefois, c’est un hôtel à l’élégance sans âge des lieux qui seront toujours à la mode. On y mange sous une grande verrière face aux montagnes magiques.


    Ce soir votre chambre donne sur la Mer de Glace, et vous ne pourrez plus vous détacher de cette vision. La fenêtre vous aspire, votre rêve vous transporte au-dessus des sommets, c’est un voyage imaginaire extatique. Quelle vue, quelle vue. Quelle chance inouïe de dormir ici.

    Vous verrez dans le soir les dernières lumières incendier les Drus d’un rouge étincelant, puis les étoiles se suspendre aux montagnes, et à l’aube, l’or pur du matin couler sur les Grandes Jorasses.

    Montenvers hôtel mer de glace
    Vue de notre chambre la nuit, par Marion (pendant que je dormais profondément, car au-delà de 23h, il ne faut plus rien exiger de moi).
    Montenvers hôtel mer de glace
    Mais j’ai immortalisé le lever de soleil sur les grandes Jorasses, pendant que Marion, elle, essayait de dormir.
    Montenvers hôtel mer de glace
    Vers 9h, le soleil passe au dessus des Drus… il est temps de se mettre en route.


    Tant d’alpinistes, tant de poètes, tant de cordées et d’envolées… il y a tant de fantômes ici, tant de spectres amoureux de Chamonix passent dans la lumière changeante. Vous êtes entré dans la bobine, vous faites désormais partie de l’histoire. Vous aussi, vous avez accroché un petit bout de votre cœur au sommet des Drus. De toute votre vie, vous n’oublierez jamais cette nuit au Montenvers.

    Une belle randonnée à Chamonix : la traversée des Balcons Nord, du Montenvers au Plan de l’Aiguille

    Après notre nuit magique à l’hôtel du Montenvers, nous entreprenons la belle traversée par les balcons Nord jusqu’au Plan de l’Aiguille, au pied de l’Aiguille du Midi. Cette randonnée assez facile d’environ 3h offre un concentré de paysages mythiques de Chamonix : partant du Montenvers, on s’élève jusqu’au Signal de Forbes, qui surplombe la Mer de Glace, avant de longer la vallée de Chamonix en direction de la silhouette triomphante de l’Aiguille. Les roses des Alpes encadrent le glacier tout au long de l’ascension vers le Signal, et le ciel éclatant souligne la beauté pure de ces paysages gorgés de lumière… nous sommes heureuses, enchantées.

    Que faire à Chamonix ? Les plus belles randonnées à Chamonix, la randonnée de la Jonction, une nuit au Montenvers, un vol en parapente à Chamonix...
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    Nous réalisons la jonction entre deux refuges mythiques de l’histoire de Chamonix : le Montenvers, côté mer de glace, et le refuge du Plan de l’Aiguille. Deux nuits dans les montagnes, entre paysages grandioses et fantômes d’une histoire épique, deux nuits de rêve sans toucher terre, sans redescendre vers la vallée – nous portions nos affaires pour les deux nuits dans nos sacs à dos.

    Que faire à Chamonix ? Les plus belles randonnées à Chamonix, la randonnée de la Jonction, une nuit au Montenvers, un vol en parapente à Chamonix...
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    Le refuge du plan de l’Aiguille, point final de notre traversée des Balcons Nord.

    Les buvettes d’altitude de Chamonix : une expérience incontournable

    On trouve à Chamonix un type de restaurants qui nous a énormément séduites, Marion et moi : les buvettes d’altitude. Ce sont de petits cafés/restos situés très haut et accessibles seulement aux marcheurs (au terme de promenades plus ou moins longues : certaines buvettes sont à 1h de marche de la télécabine la plus proche, d’autres 10 min seulement). Elles ouvrent en été et sont ravitaillées par hélicoptère, lors de rotations très impressionnantes : l’hélico arrive, dépose la cargaison de nourriture et repart avec les déchets ! Ce sont de véritables oasis idylliques au cœur des montagnes, où la sensation de dépaysement est radicale. Si vous venez à Chamonix, je vous recommande vraiment de leur rendre visite.

    Lors de ce séjour, nous avons dormi au refuge du Plan de l’Aiguille, qui fait buvette et gîte, qui offre une vue sublime sur l’aiguille du Midi et le glacier des Bossons et par ailleurs, la meilleure tarte à la framboise de ma vie.

    Contrairement à l’hôtel du Montenvers, qui est aujourd’hui un bel hôtel de luxe, le gîte du Plan de l’Aiguille est resté un refuge traditionnel de montagne. Cela est rustique et simple (douches communes, lits superposés), mais propre et confortable, et une certaine intimité est possible : Marion et moi avions une chambre à deux. J’ai beaucoup aimé cette nuit au refuge du Plan de l’Aiguille, avec un dîner fait maison face au coucher de soleil à 2000m d’altitude dans la flamboyance du soir, et la rencontre avec les alpinistes qui dorment ici pour attaquer leurs courses vers les aiguilles chamoniardes à 3 ou 4h du matin. Cette authentique ambiance de montagne m’a beaucoup séduite.

    Lors de notre séjour, nous avons aussi dîné à la Buvette du Cerro, qui cultive une ambiance de fête un peu hippie, propose un menu 100% locavore, de nombreux concerts et évènements. On y trouve les morceaux de l’avion qui a tragiquement fini sa course contre le Mont Blanc, le Malabar Princess, des habitués un peu déjantés et chaleureux, une déco colorée et originale, et d’excellents desserts. J’ai beaucoup aimé l’ambiance de cette buvette, et l’accueil du gérant.

    On accède à la Buvette du Cerro par une petite marche d’environ 20 min, en passant au-dessus d’un torrent déchaîné et d’une belle cascade – j’ai adoré cette vision tellement typique des Alpes !

    En montant à la Jonction, nous avons aussi découvert la buvette du Chalet des Bossons, située à l’arrivée du télésiège. 1h de marche plus haut, on accède à la Buvette des Pyramides. Toutes deux sont situées directement sur le glacier des Bossons avec une vue spectaculaire. Je vous en parle davantage plus bas, en vous racontant la randonnée à la Jonction.

    En 2017, nous avions aussi dormi et dîné à la buvette des Mottets, dans une bulle pile en face des Drus. Retrouvez cette belle expérience dans mon article sur notre précédent séjour à Chamonix en 2017.

    Blog Chamonix : restaurants à Chamonix, hébergements insolites, bel hôtel romantique à Chamonix
    Dormir dans les bulles des Mottets face aux Drus

    Nous rêvons cette fois de retourner à Chamonix pour tester la buvette du Chapeau, qui offre une vue sublime sur la Mer de Glace. Pour une expérience montagnarde profondément dépaysante, entre vues magiques, produits locaux et sensation de déconnexion, on ne fait pas mieux…

    L’Aiguille du midi et le lac bleu

    Comment ne pas être fasciné par cette cage de métal et de verre dressée au sommet de la plus haute des aiguilles de Chamonix, qui culmine à 3842 mètres ?

    Elle symbolise toute l’obsession des Chamoniards pour leurs sommets mythiques, le courage et l’opiniâtreté de ceux qui ont construit, au début du XXe siècle, le plus haut téléphérique alors jamais bâti par l’homme, jetant les câbles d’acier à l’assaut du vertige. Au fil des années, on n’a cessé de rajouter des salles à l’Aiguille, qui est aujourd’hui un véritable labyrinthe, un entrelacs fabuleux de terrasses et d’escaliers à pics sur la magie des 4000m des Alpes. Le Mont Blanc, les Fiz, le Mont Rose, le Cervin… tous s’offrent à notre regard ébloui depuis les innombrables points de vue.

    Que faire à Chamonix ? Montée à l'aiguille du midi
    Que faire à Chamonix ? Montée à l'aiguille du midi


    Marion et moi sommes restées des heures à nous perdre dans cet océan de blanc, glaciers et sommets drapés de neiges éternelles, vues jusqu’à perdre l’horizon au loin dans les plaines, par-delà le royaume des Alpes. Du côté de l’arrête des cosmiques, on voit les alpinistes descendre encordés vers la Vallée Blanche, ou monter vers le Mont Blanc du Tacul, silhouettes minuscules et intrépides dans un océan de glace.

    Au Pas dans le Vide, on joue à se faire peur en surplombant l’à-pic sur un plancher de verre.

    Que faire à Chamonix ? Montée à l'aiguille du midi
    Panorama du Mont Blanc et des monts environnants, par Marion

    Cet endroit est magique, il faut monter à l’Aiguille au moins une fois dans sa vie quand on aime les montagnes. En ce qui me concerne, c’était ma 3e montée à l’Aiguille – mais la seule fois où j’ai vu, savouré, profité tout mon saoul, car l’Aiguille est un véritable accumulateur à tempêtes, un aimant à brumes et orages, et les deux fois précédentes, je n’ai rien vu, tant elle était emmaillottée de brouillard. Mais cette fois-ci, le ciel était vide, l’azur éclatant, et cette vue me restera en mémoire comme une des plus belles de ma vie… Je connais peu de points de vue de ce type, aussi radicalement fascinants. 

    Que faire à Chamonix ? Montée à l'aiguille du midi

    Au pied de l’Aiguille du midi, une petite pépite tend un miroir aux sommets enneigés : le lac bleu, aux eaux nourries par les glaciers, au cœur d’un fascinant chaos rocheux qui invite à l’escalade. Nous sommes entourées de sommets mythiques, d’alpinistes qui partent à la conquête des aurores vertigineuses, de silence brisé par les seuls choucas. Ce lieu me fascine. Je me sens projetée au cœur d’un royaume secret et mystique, du temple suprême de ma fascination pour les montagnes… aimantée par ces sommets, appelée à revenir encore et encore…

    Que faire à Chamonix ? Montée à l'aiguille du midi
    Que faire à Chamonix ? Randonnées à Chamonix : randonnée de la Jonction, du lac bleu, de la traversée des balcons nord...
    Que faire à Chamonix ? Montée à l'aiguille du midi
    Que faire à Chamonix ? Montée à l'aiguille du midi
    Que faire à Chamonix ? Montée à l'aiguille du midi

    La plus belle rando de Chamonix ? La randonnée de La Jonction

    C’était une randonnée dont je rêvais depuis des années, je me répétais son nom comme celui de quelque créature légendaire : La Jonction. La plus belle randonnée de Chamonix, sans aucun doute une des plus belles randonnées des Alpes – et de ma vie ! A 2589m d’altitude, après près de 1600m de dénivelé, le randonneur épuisé mais fasciné arrive dans un autre monde, au cœur de l’empire des glaces : à la jonction du glacier des Bossons et du glacier de Taconnaz, avec à sa gauche les 3842m de l’aiguille du midi, à sa droite, derrière le dôme du Goûter, les 4810m du Mont Blanc.

    Nous sommes dans un monde où les mots s’effacent dans la sidération, où la sidération est telle qu’on ne sait plus quoi écrire, quoi photographier, il faut juste s’asseoir là et regarder, regarder les vagues de glace qui s’écrasent contre les falaises comme les lames d’une mer tempêtueuse, regarder les langues de glace qui descendent vers la vallée et sentir les murailles blanches qui crachent leur haleine gelée. La Jonction est une autre galaxie, un pays de vertige. Je ressens une émotion puissante à chaque fois que je repense à cette journée, à la longue, longue ascension vers les sommets, d’abord en sous-bois sur des sentes douces, puis sur des pentes toujours plus raides et empierrées, vers l’empire des glaces, vers la reine des montagnes, vers le rêve à l’état brut. J’ai rarement tant aimé les Alpes que ce jour-là. C’est, sans exagération aucune, un des lieux qui m’aura le plus marquée de ma vie. Chamonix, Chamonix, tu es un miracle toujours renouvelé.

    La randonnée de La Jonction : tracé et difficulté

    Parce que vous m’avez posé beaucoup de questions sur cette randonnée sur Instagram, j’ouvre un petit paragraphe pratique. Petite précision d’emblée quant aux photos en grande robe rose : évidemment, je n’ai pas randonné dans cette tenue, La Jonction est une rando difficile et éprouvante, j’avais une tenue adaptée et je me suis changée en haut le temps de quelques photos ambiance reine des neiges 😉

    Comment accéder à la randonnée de La Jonction ?

    Garez vous au télésiège du Glacier des Bossons. Je vous conseille de prendre le télésiège jusqu’au chalet des Bossons : la Jonction est une randonnée longue et difficile, la première partie de la montée (d’en bas au chalet) ne présente pas grand intérêt, autant vous épargner 400m de dénivelé et épargner vos forces pour la suite, vous en aurez besoin. Montez en télésiège jusqu’au chalet des Bossons. A partir de là, vous aurez environ 4h de marche jusqu’au sommet, soit jusqu’à la Jonction des glaciers.

    La Jonction est-elle une randonnée difficile ? Est-elle accessible aux familles ?

    Si vous la faites en entier, La Jonction est une randonnée difficile et éprouvante, impossible à réaliser avec de jeunes enfants. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’elle se subdivise en plusieurs tronçons et que les premiers sont beaucoup plus accessibles. Si vous n’êtes pas un randonneur expérimenté, ou si vous voyagez en famille, je vous déconseille de faire la randonnée complète, mais vous pouvez tout à fait accéder au premier, voire au deuxième tronçon.

    Premier tronçon de la Jonction : du chalet des Bossons à la Buvette des Pyramides. De l’arrivée du télésiège, où on trouve le chalet des Bossons, jusqu’à la Buvette des Pyramides, comptez environ 1h/1h30 de marche. C’est de la montée (la randonnée de la Jonction, ce n’est QUE de la montée), mais douce, avec un chemin qui serpente dans les bois. Au bout d’environ 30 min de marche, vous verrez apparaître les deux glaciers, celui du Taconnaz à votre droite, celui des Bossons à votre gauche, et la vue est déjà magnifique. Une fois à la Buvette des Pyramides, vous serez récompensé par une vue grandiose sur le glacier des Bossons et sur toute la vallée de Chamonix. C’est déjà une très belle balade, et un point de vue exceptionnel.

    Deuxième tronçon de la Jonction : de la Buvette des Pyramides au Bec du Corbeau. Après les Pyramides, les choses se corsent un petit peu : le sentier devient plus raide, la montée plus fatigante, mais les vues sont superbes. On passe sans cesse d’un glacier à l’autre, des Bossons au Taconnaz, par des chemins magnifiques aux fleurs innombrables. Environ au niveau du sommet dit du Bec du Corbeau, on accède à une vue magnifique, avec une vue sur les deux glaciers simultanément. Il est possible de s’arrêter ici : c’est déjà grandiose, et vous vous épargnez la dernière partie très difficile.

    Troisième tronçon de la Jonction : du bec du Corbeau à La Jonction. Je vous le dis tout de suite, c’est ici que ça fait mal. Le sentier est très raide, en plein soleil, au milieu de pierriers un peu traîtres et de parois qu’il faut escalader en mettant les mains. Il n’y a plus de fleurs, seulement de la roche, c’est un univers minéral hostile. Je l’avoue, j’ai souffert sur le 3e tronçon, bien que je sois très sportive et que je randonne beaucoup –  je le déconseille donc aux personnes qui n’ont pas une bonne expérience de la rando, et une bonne condition physique. Mais une fois arrivée au sommet, l’épuisement s’efface, tant le spectacle est inouï : un véritable océan de glace, un monde magique, indescriptible. J’ai rêvé de cette vision pendant des années, et cela valait bien toutes les souffrances de la montée !

    Combien de temps pour faire la randonnée de la Jonction ?

    Il vous faut une journée entière, impossible d’y couper, à moins d’être un super as du trail surentraîné ! Pour arriver jusqu’à la Jonction, les panneaux indiquent 5h depuis tout en bas (1600m de dénivelé), 4h depuis le chalet des Bossons à l’arrivée du télésiège (1350m de dénivelé). Marion et moi sommes parties de là. Nous avons effectué la montée en 3h30.
    De la Jonction au télésiège, il faut ensuite compter environ 3h de descente (nous l’avons fait en 2h30, mais en nous précipitant un peu à la fin, par peur de louper le dernier télésiège de 18h).

    De la Jonction… au Mont Blanc. Rêves d’alpinisme à Chamonix

    Depuis que Marion et moi avons fait cette randonnée de la Jonction à Chamonix, montant à la réunion des glaciers des Bossons et du Taconnaz, j’y repense sans cesse – je l’ai même revu en rêve, cette tempête de glace qui nimbe la silhouette aquiline  de l’Aiguille du Midi.
    A quelques centaines de mètres du sommet, nous avons vu une caverne naturelle dans la paroi, une grotte qu’on nomme le « gîte à Balmat » : c’est ici que Balmat et Paccard ont dormi, en août 1786, lors de leur ascension du Mont Blanc. L’alpinisme était né avec cet exploit, la course aux sommets, le vertige des verticalités, des faces nord, des arrêtes saillantes.
    Depuis notre séjour à Chamonix, je rêve sans cesse d’alpinisme. Je rêve d’avoir pour la première fois en main piolet, crampons et cordes, de découvrir cet univers vertical et vertigineux de la Haute Montagne – le monde où les hommes sont tout juste tolérés. Je rêve de me lancer dans l’ascension d’un premier sommet, sans doute l’Aiguille du Tour, pour dormir au mythique refuge Albert Ier, au milieu des glaces. Et un jour peut-être, j’irai à mon tour au sommet du Mont Blanc…

    Que faire à Chamonix ? Les plus belles randonnées à Chamonix, la randonnée de la Jonction, une nuit au Montenvers, un vol en parapente à Chamonix...
    Marcher sur les montagnes… le rêve continue !

    Si vous aussi vous rêvez du Mont Blanc, sans forcément viser son ascension, et que vous souhaitez vous immerger durant plusieurs jours au cœur de ce massif légendaire, avec des vues toujours renouvelées sur le roi des Alpes, l’aventure du Tour du Mont Blanc (TMB) est une expérience inoubliable. C’est une autre manière de se mesurer au mythe, et des agences spécialisées comme Grand Angle proposent des randonnées organisées en groupe ou en liberté pour vivre ce rêve en toute sérénité.

    Concours : gagnez un petit livre rouge de la collection Guérin

    Parce que j’ai eu un immense coup de cœur pour cette collection 100% montagne qui donne l’envie d’échappées verticales, je vous propose de gagner le titre de votre choix dans la petite collection Guérin – le catalogue complet est ici. Pour jouer, il suffit tout simplement de laisser un petit commentaire sous cet article, je contacterai le gagnant par mail dans une semaine.

    Pour ma part, j’ai lu « Hugo et le Mont Blanc« , qui rassemble les superbes récits et poèmes écrits par Victor Hugo lors de son voyage à Chamonix, cette vallée qu’il voit comme un « temple », et la terrible aventure subie sur la Mer de Glace, lorsqu’un guide inexpérimenté s’est trompé de chemin et a failli le tuer – imaginez, si une crevasse avait avalé le jeune Hugo, plus de Misérables, plus de Quasimodo ni d’Esmeralda ! J’ai lu « Frankenstein sur la Mer de Glace« , qui raconte le voyage de Mary Shelley, auteur de Frankenstein, à Chamonix en 1814, et l’impression puissante laissée par la mer de glace sur son esprit – c’est à cause de ces visions fantastiques qu’elle enverra son héros se perdre dans les glaces éternelles… Marion a acheté « Pourquoi grimper sur les montagnes« , que je compte bien lui emprunter, qui explore avec humour et érudition la passion des hommes pour les montagnes et l’étrange pulsion qui les pousse à grimper sur les sommets vertigineux. J’ai enfin acheté le magnifique « Femmes des pôles, dix aventurières en quête d’absolu », que j’emporte avec moi en vacances, pour rêver des Alpes sur la plage…

    Avec mes sacs rouges remplis de petits bouquins Guérin !

    Pour lire encore d’autres histoires chamoniardes, retrouvez mes précédents articles : Chamonix en hiver par mauvais temps, et nos randonnées à Chamonix à l’été 2017, avec le lac blanc, le lac des Chéserys, les Mottets…

    Que faire à chamonix ? La randonnée de la Jonction

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    Un grand merci à l’office du tourisme de Chamonix, et tout particulièrement à Cécile, pour ce séjour fabuleux qui nous a émerveillées. Merci à tous les prestataires qui nous ont accueillies, et tout particulièrement à Mont Blanc Natural Resort, qui a fourni les accès aux remontées mécaniques, et à l’hôtel du Montenvers, où nous avons passé une nuit mémorable face à la mer de glace.

  • Un superbe gîte insolite en Mézenc, Auvergne

    Le Mézenc ? A cheval entre monts d’Ardèche et Auvergne, au cœur de ce beau Massif central sculpté par le feu des volcans d’autrefois, ce massif est une merveille méconnue que couronne la croix du Mont Mézenc à 1753m.

    Je suis venue y découvrir un gîte fabuleux, les Fustes du Mézenc, tout en rondins de bois enchâssés et en toit d’herbe folle, avec un bain nordique en bois brut et un sauna à l’ambiance si scandinave. Dans cette atmosphère de forêt perdue et de confort authentique, je me suis régalée grâce à une boutique 100% terroir qui propose de délicieuses spécialités locales, fromages, charcuteries et bonheurs sucrés, les Délices du Mézenc. Et puis j’ai passé deux jours idylliques à randonner en Mézenc, à gravir des sommets, chasser des cascades, découvrir les curiosités géologiques et la beauté brute de ce magnifique territoire rural loin des grands axes, resté très préservé. C’était ma première fois en Haute-Loire, et j’ai été éblouie.

    Un séjour parfait dans le Mézenc : un gîte insolite entre Auvergne et Ardèche, des produits locaux, des randonnées autour du Mont Mézenc.
    Randonner entre amis autour du Mont Mézenc.
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    Se régaler des spécialités du terroir avec les Délices du Mézenc.
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    Découvrir des sites naturels d’exception…
    lac bleu champclause
    … et des perles méconnues.


    Un long week-end au cœur du massif du Mézenc, entre randonnées bucoliques, gîte insolite, délices du terroir, voilà le programme de cette échappée auvergnate qui m’a régalée.
    Et un chanceux parmi vous aura le bonheur de remporter un séjour aux Fustes du Mézenc et un repas aux Délices : rendez-vous en fin d’article pour participer au concours !

    Je suis venue en Mézenc accompagnée de mes amis, et notamment de ma complice photographe préférée, Marion Carcel alias Foehn Photographie avec qui nous avons reformé notre duo de blogueuses et photographes voyageant et créant ensembleItinera Favonia, un jeu de mot sur nos deux noms. Toutes les photos dans lesquelles j’apparais sont l’œuvre de Marion, et vice-versa. Je suis la blonde, elle est la rousse !  

    Un séjour parfait dans le Mézenc : un gîte insolite entre Auvergne et Ardèche, des produits locaux, des randonnées autour du Mont Mézenc.
    C’est Marion Carcel alias Foehn Photographie qui prend toutes les photos de moi dans ce reportage.
    Un séjour parfait dans le Mézenc : un gîte insolite entre Auvergne et Ardèche, des produits locaux, des randonnées autour du Mont Mézenc.
    Marion alias Foehn Photographie, photographiée par moi

    Les Fustes du Mézenc : un fabuleux gîte insolite entre Auvergne et Ardèche

    Voyager en France peut être fabuleusement dépaysant. Au cœur des forêts et des monts du Mézenc, au bout de ces petites routes sinueuses qui vous mènent loin des villes et des autoroutes, j’ai eu l’impression d’être arrivée au cœur de la Scandinavie. Ce miracle d’exotisme made in France, je le dois à un endroit complètement hors-normes, havre de beauté et de créativité : les Fustes du Mézenc, à Fay-sur-Lignon (Haute-Loire, Auvergne).

    La fuste, c’est un type de maison traditionnel qui utilise des troncs de bois brut, d’énormes rondins écorcés qui seront enchâssés et encastrés les uns dans les autres sans utilisation de ciment ou autre liant. La construction d’une fuste demande un très grand savoir-faire, une véritable virtuosité technique, mais un certain nombre de peuples l’ont maîtrisée depuis des siècles, en Scandinavie mais aussi dans plusieurs régions françaises. Le bois est vivant, il travaille sans cesse, et tend à s’affaisser en séchant – d’où la nécessité d’une construction très précise qui prenne en compte ces respirations et déplacements du matériau. Le bâtisseur des Fustes du Mézenc, Johane, a passé plusieurs années à maîtriser cette technique subtile avant de construire les siennes. Aujourd’hui, les Fustes du Mézenc comptent quatre maisons bâties selon cette technique, un gîte 5 places, un gîte 6 places, un espace sauna détente de style nordique, et la maison de Johane et sa compagne Eleonore. Quand on arrive aux Fustes, cela donne un effet de petit village boisé hors du temps et loin du monde qui nous a tous enchantés immédiatement…

    Vivre un moment magique avec le bain nordique des Fustes du Mézenc, merveilleux gîte insolite.
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    L’originalité supplémentaire des Fustes en pays de Mézenc – leur véritable atout charme ! – c’est leur toit en herbe, qui m’a irrésistiblement rappelé les îles Féroé. Depuis mes voyages en Scandinavie, je me demande toujours pourquoi nous n’utilisons pas davantage ce matériau tellement naturel, écolo et isolant : la capacité d’isolation de l’herbe est bluffante. Il a plu une des deux nuits de notre séjour, et nous n’entendions strictement rien, tant l’herbe absorbait tous les sons…

    Les fustes ont un charme incroyable. Notre gîte à nous comptait deux chambres, la « chambre des parents » avec un grand lit double, et la « chambre des enfants », avec trois lits simples. Chaque détail avait son charme : le poêle à bois diffusant la chaleur dans toute la maison, les lits et pieds de table en bois brut, les angles où les rondins se rejoignaient, l’odeur douce et la tiédeur naturelle de cet environnement à la fois écolo et confortable. La cuisine était entièrement équipée (j’aimerais vous dire que nous en avons profité pour cuisiner, mais nous étions déjà merveilleusement nourris – voir la suite !), et les lits déjà faits à notre arrivée. Nous n’avions plus qu’à savourer l’instant, dans une bulle de bien-être total…

    La chambre des parents…
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    … celle des enfants…
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    … plus ou moins sages ! 😉
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    Beauté de chaque détail

    Les espaces extérieurs sont aussi un vrai bonheur pour un petit déj en pleine nature – d’autant que la chatte du gîte, Boulette, et le chien, Mézenc, viendront sans doute vous faire un petit coucou.

    Un bain nordique et un sauna au milieu des bois du Mézenc

    Peut-on être encore mieux que dans cette maison de bois ? Oui : dans un bain de bois brut et de chaleur sèche. Les Fustes possèdent leur espace détente nordique, qu’il est possible de réserver de façon privative pour une soirée : un seul des deux gîtes jouit donc de l’accès au bain, au sauna et à la zone de repos, vous restez toujours entre vous. Nous avons absolument adoré notre soirée de spa scandinave. Nous avions donc accès à une autre fuste, comprenant des canapés moelleux, un petit bar, une douche, et surtout un sauna – nous avons eu de l’essence de verveine sur les pierres chaudes, car la verveine est une spécialité du Mézenc !

    A quelques mètres de l’espace détente, sous les pins, se tient le bain scandinave. On reste dans un esprit naturel et écolo : il s’agit d’une baignoire de bois brut, chauffée au feu de bois. L’eau est intégralement changée entre chaque passage, ce qui signifie qu’elle est non traitée et n’utilise ni chlore ni autre agent. C’est une sensation extraordinaire de baigner dans l’eau chaude (chaude et non tiède : ce mode de chauffage est efficace !), la lumière de la lune filtrée par les aiguilles des pins, dans le silence des bois…

    Vivre un moment magique avec le bain nordique des Fustes du Mézenc, merveilleux gîte insolite.

    Johane et Eleonore ont réussi la prouesse de bâtir une petite Laponie française, un endroit de dépaysement brut et de déconnexion profonde, et je me suis prise à rêver de revenir au cœur de l’hiver, quand la burle recouvre le Mézenc de mètres de neige, et de barboter dans l’eau brûlante au milieu du froid glacial…

    Vivre un moment magique avec le bain nordique des Fustes du Mézenc, merveilleux gîte insolite.
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    Gastronomie du Mézenc : de bonnes adresses

    Le Mézenc est un pays d’agriculteurs, à l’identité forte et aux produits originaux. Partout sur le plateau du Mézenc, on croise des vaches dans les prairies, et des gens en train de travailler leurs champs – le Mézenc, c’est cette France rurale que j’adore, attachée à son terroir et à la qualité de ses produits. Nous sommes dans une agriculture extensive, où les animaux sont à l’herbe, et où de nombreux artisans défendent les couleurs du made in France avec des produits maison de qualité. Fromages, charcuteries, fruits rouges, liqueurs… vous aurez le meilleur de l’Auvergne et de l’Ardèche et vous mangerez très bien ici. Nous sommes déjà en Auvergne, sur le plateau de la Haute-Loire, mais nous sommes aussi encore dans le parc naturel régional des Monts d’Ardèche. A la croisée de ces deux identités, autant vous dire qu’on va se régaler.

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    Ambiance du Mézenc

    Se régaler 100% terroir : les Délices du Mézenc

    Les Délices du Mézenc, c’est l’énorme coup de cœur gastronomique de ce séjour. La qualité des produits est exceptionnelle et le concept est génial. A Fay-sur-Lignon, cette épicerie 100% locale propose exclusivement des produits de la région : Ardèche et Auvergne (et la drômoise que je suis a repéré un ou deux produits de chez moi aussi, petite exception méridionale dans une sélection vraiment orientée Monts d’Ardèche et Massif central). Vous trouverez donc au rendez-vous des châtaignes, des saucissons, des picodons, de la tomme, du salat, du lingot du Mézenc, du St Nectaire, des vins, de la liqueur de verveine, des biscuits aux myrtilles et framboises, des glaces ardéchoises, des terrines, des pâtés, des céréales du plateau, des jus de fruit, des bières artisanales, et des tas d’autres délices et merveilles que j’oublie – la sélection est énorme et tout est local, artisanal, délicieux.

    Les Délices du Mézenc font aussi salon de thé : lors de notre arrivée en Mézenc avec Andréa, nous avons bu un thé et un chocolat délicieux dans ce cadre ravissant, aux allures de chalet et de brocante de charme.

    Vivre un moment magique avec le bain nordique des Fustes du Mézenc, merveilleux gîte insolite.

    Les Délices proposent des « planches apéro » qui sont en réalité bien plus qu’un apéro, mais un vrai repas exquis : d’énormes planches délicieuses et merveilleusement bien présentées (ces roses en charcuterie, ces fleurs, ces assemblages délicats ! du grand art), rassemblant le meilleur de la gastronomie du Mézenc, fromages, charcuteries, mais aussi crudités et fruits – c’est simple, il y a tout ce dont on peut rêver. Elles peuvent être accompagnées de bière artisanale, de vin de la région, ou de jus de fruit local – nous avons tout goûté et tout est bon. En dessert, on aura de la glace ardéchoise terre Adélice, pour finir sur un délicieux sorbet. Les planches peuvent être consommées à emporter toute l’année, et en été sur place, sur la jolie terrasse des Délices du Mézenc dans le village de Fay-sur-Lignon. En hiver, les Délices proposent aussi un plateau raclette, avec tout le nécessaire pour une raclette terroir de qualité.

    Nous avons emporté nos planches avec nous aux Fustes et les avons dégustées dans l’espace nordique, avec l’impression de vivre un moment extraordinaire. Le combo Fustes + Délices, ou comment vivre un séjour parfait en Mézenc…

    D’autres bonnes adresses en Mézenc

    Lors de notre arrivée au gîte, nous avions reçu trois jolis cadeaux : des produits venus du Domaine des Marmottes, une exploitation artisanale qui cultive la verveine et les fruits rouges sur le plateau du Mézenc et propose confitures, liqueurs, sirops, sorbets et autres gourmandises. Ils possèdent également une parcelle sauvage où se développent les herbes aromatiques et les fruits naturels de montagne. Les fruits sont cueillis à maturité et transformés immédiatement sur place. Notre programme était trop chargé pour pouvoir nous y rendre, mais le Domaine des Marmottes se visite : vous pourrez assister à l’ensemble du processus de transformation et cueillir vous-mêmes quelques fruits frais… Nous avons reçu une excellente confiture de fraise et fraise des bois à l’ancienne (excellente : beaucoup de fruit, moins de sucre, une cuisson parfaite qui préserve tous les arômes… j’ai adoré), un apéritif au vin et à la framboise (coup de cœur de tout le groupe ! un régal !) et une liqueur de verveine (je l’avoue : 35°, c’est trop pour moi, mais elle a su trouver des amateurs). J’ai adoré le concept de cette exploitation axée sur tous les fruits que je préfère…

    Vivre un moment magique avec le bain nordique des Fustes du Mézenc, merveilleux gîte insolite.
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    Le deuxième soir, nous avions envie de découvrir un resto typique, et Eléonore a eu la bonne idée de nous conseiller l’auberge des Fermiers du Mézenc, aux Estables. Le restaurant est installé dans une magnifique maison de pierre noire si typique de l’Auvergne, dont le linteau indique l’impressionnante date de fondation : 1791 ! Le site est superbe et respire l’authenticité.

    Aux Fermiers du Mézenc, on sert les spécialités du terroir de la Haute-Loire, et notamment la fierté du massif du Mézenc, le « fin gras » : une viande de bœuf AOP de grande valeur, dont le cahier des charges est extrêmement strict. Les bœufs sont nourris à l’herbe et à la luzerne, ce qui donne un goût très particulier et délicat à la viande. Pour les amateurs de viande, le fin gras est considéré comme un vrai trésor – mais des options végétariennes existent aussi pour les autres, avec des choses délicieuses et originales comme le sorbet de betterave. On y goûte aussi la crique, une spécialité de pomme de terre, le plateau de fromages du Mézenc, la tarte à la myrtille… bref, nous nous sommes régalés, dans une ambiance chaleureuse et conviviale.

    Et cela nous a donné l’occasion d’entrer dans une de ces célèbres maisons si typiques de l’architecture du Massif central, qui donnent leur charme à la région. Vous en croiserez beaucoup lors de votre séjour en Mézenc – elles sont si belles…

    Randonner dans le massif du Mézenc : Mont Mézenc et autres perles

    Pour les amateurs de grandes promenades en pleine nature, le Mézenc, si peu urbanisé, si préservé, est un terrain de jeux fabuleux. Certaines sorties sont célèbres : le Mont Gerbier des Joncs, côté Ardèche, mythique source de la Loire, ou encore le Mont Mézenc, côté Haute-Loire, point culminant du massif à 1753m. Mais d’autres sont plus secrètes, plus confidentielles. Eléonore, du gîte des Fustes, nous a conseillé à merveille pour dénicher quelques pépites méconnues. N’hésitez pas à lui demander conseil : le Mézenc reste à l’écart des grands flux touristiques et la signalisation n’est donc pas forcément transparente pour certains endroits moins connus, n’hésitez donc pas à lui demander les indications et ne vous fiez pas forcément à Google (pour le site des Roches, par exemple, l’indication de Google Maps est totalement fausse). Mais cela a le charme du joyau qu’on découvre !

    Voici quelques sites qui nous ont tous séduits.

    Le Mont Gerbier de Jonc

    Le Mont Gerbier de Jonc est un mythe : c’est ici que le plus long des fleuves français, la Loire, prend sa source au cœur des Monts d’Ardèche, avant de traverser tout l’hexagone et de se jeter dans l’Atlantique à St Nazaire. Le mont est un « suc », un dôme volcanique, témoin du feu brûlant qui a autrefois sculpté le Massif Central. Début juin, tous les ajoncs étaient en fleurs, rendant la vision plus féerique encore.

    L’ascension est raide, mais brève et bien balisée : un jeu amusant d’escalade sur les dalles de pierre grise.

    Une fois en haut, la vue est superbe, et les nombreux cairns donnent envie de s’amuser à faire des photos biscornues…

    Le Mont Mézenc

    Le Mont Mézenc est la figure tutélaire du plateau, sa croix majestueuse veille sur le massif et se voit de partout alentours. Nous aurions dû faire l’ascension (facile et bien aménagée, 40 min de marche environ) au lever de soleil, car la vue est sublime le matin, le soleil se levant sur le Mont Blanc au loin. Du sommet du Mont Mézenc, plusieurs départements français et de nombreuses montagnes emblématiques, de la chaîne des Alpes au Ventoux, sont visibles par temps clair. Malheureusement, lors de notre réveil à 4h30, il pleuvait ! A 8h, le soleil était revenu, et nous avons fait notre randonnée de jour – c’était magnifique aussi. J’ai particulièrement aimé la vue sur les nombreux sucs (dômes volcaniques) qui caractérisent les monts d’Ardèche.

    mont mézenc
    mont mézenc
    mont mézenc

    Les Roches à Fay-sur-Lignon

    A deux pas de notre gîte à Fay-sur-Lignon, les Roches sont un site d’escalade en falaise très réputé en Haute-Loire. Les amoureux des parois verticales se régalent sur ces parcours de jeu variés, dans un cadre superbe. Mais pour les piétons, un sentier permet de monter au sommet des Roches sans avoir à grimper. J’ai absolument adoré la vue sur le Mont Mézenc et sur le village de Fay qu’on a depuis le site – une vision extraordinaire !

    les roches fay sur lignon
    les roches fay sur lignon
    Marion s’amuse à nous photographier, Andréa et moi, jouant sur les roches

    Les Narces de Chaudeyrolles

    A Chaudeyrolles, un sentier aménagé permet de découvrir les Narces, ancienne caldeira volcanique bourrée de curiosités géologiques et surmontée de deux pitons au nom évocateur : les Dents du diable.

    Nous n’avons pas fait le tour complet, car nous avions un but en tête : la très jolie cascade du Salin, qui s’épanouit parmi les roches et les fleurs au cœur des Narces. Le site est très beau et bucolique, rempli de vaches et de chevaux.

    Nous arrivons à mes deux plus gros coups de cœur…

    Le Lac bleu de Champclause

    Le Lac Bleu de Champclause n’est ni difficile d’accès (10 minutes de marche depuis le parking suffisent), ni très grand, mais quel joyau ! Sa couleur est si vive et intense qu’elle m’a rappelé certains lacs des Alpes, à Chamonix, en Bavière ou ou dans les Dolomites. Je suis amoureuse de ce type de sites naturels d’exception qui renforcent infiniment mon amour de la montagne. Nous sommes arrivés le matin dans le brouillard, dans une atmosphère gothique et brumeuse qui conférait une magie d’outre-tombe au site, puis soudain le soleil est sorti et les couleurs ont explosé… une sublime métamorphose.

    lac bleu champclause


    Il est interdit de se baigner dans le lac bleu, mais c’est un très beau site pour un pique-nique champêtre.

    Le gouffre de la Monette

    Le gouffre de la Monette est une petite merveille qui m’a rappelé les cascades d’Islande : vestige d’antiques éruptions, elle est composée d’orgues de basalte noir, et enchâssée dans un écrin de mousse et de verdure d’une beauté inouïe.

    Fougères, fleurs sauvages et herbes folles rehaussaient la beauté de ce site majestueux – que nous avons eu un petit peu de mal à trouver, mais les indications d’un monsieur qui travaillait son champ nous ont aidés ! Cela restera un de mes plus beaux souvenirs de ce séjour en Mézenc.

    J’ai découvert après coup qu’une autre cascade de ce genre se situait dans le parc des Monts d’Ardèche, un peu au sud du Mont Gerbier de Jonc : la cascade du Ray-Pic. Retenez-la si vous passez dans la région, elle semble absolument somptueuse !

    gouffre de la monette

    Concours : gagnez votre séjour et votre dîner en Mézenc

    Je suis très heureuse de pouvoir partager cet endroit exceptionnel avec l’un ou l’une d’entre vous grâce à un jeu concours offert par les Fustes et les Délices du Mézenc. Pour avoir vécu ce séjour moi-même, je peux d’ores et déjà vous dire que je jalouse l’heureux vainqueur, car cette expérience est puissante et magique. Les Fustes du Mézenc mettent en jeu un séjour de 2 nuits pour 2 à 5 personnes dans leur magnifique gîte en bois et toit d’herbe, valable hors vacances scolaires jusqu’au 31 mai 2021. Les Délices du Mézenc mettent en jeu un dîner composé soit d’une planche de tapas du terroir (comme celle que j’ai photographiée), soit d’un plateau raclette, accompagné de trois bouteilles au choix (jus de fruit, vin ou bière artisanale) et d’une glace. Je suis très heureuse de ce beau cadeau fait à l’un ou l’une d’entre vous – merci aux Fustes et aux Délices !
    Pour jouer, rendez-vous sur ma page Facebook ou mon compte Instagram. Vous pouvez jouer sur les deux réseaux si vous le souhaitez.

    Un immense merci à Eléonore et Johane des Fustes du Mézenc, et à Coralie des Délices du Mézenc, pour ce séjour et ce dîner merveilleux vécus entre amis. Cela restera un de nos plus beaux souvenirs de 2020 !
    Merci au Domaine des Marmottes pour leur cadeau fruité. Et merci à mes amis d’être venus vivre cela avec moi 😊