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Catégorie : Eurasie & Proche-Orient

  • Voyage en Ouzbékistan, l’épopée millénaire

    Connaissez-vous l’Ouzbékistan, ce pays lointain et exotique dont le seul nom évoque une épopée, mais dont nous autres Français savons si peu de choses ? Il fut un temps où l’Ouzbékistan était le centre du monde. Les routes de la soie tissaient un rêve d’or et d’azur à Samarcande, à Boukhara ou à Kokand. Les caravanes de chameaux acheminaient les richesses d’un continent gigantesque dans ces villes magiques, à la croisée des chemins entre influence perse, arabe, mongole, turque, chinoise… Ici les vagues nomades ont déferlé sur l’empire perse, les peuples se sont métissés, les couleurs ont jailli au pied des hautes montagnes du Pamir et du Tian Shan.  Ici mille cultures ont éclos comme autant de floraisons sublimes, et l’histoire a laissé en héritage à ce pays immense les capitales de quatre empires immenses et glorieux. C’est pourquoi l’Ouzbékistan est sans aucun doute le plus beau, le plus spectaculaire des pays d’Asie centrale, et une véritable machine à remonter le temps. Je voudrais vous convaincre de donner sa chance à ce pays méconnu mais fabuleux, dont je reviens ensorcelée. Ce voyage a été réalisé avec l’agence Authentic Travel, petite agence ouzbek francophone fabuleuse dont je vous parlerai davantage.

    Partons pour un grand voyage en Ouzbékistan. De Samarcande à Boukhara en passant par la steppe, voici un itinéraire de rêve pour découvrir les incontournables d'Ouzbékistan.
    Ouzbékistan, un rêve d’or et d’azur.
    Partons pour un grand voyage en Ouzbékistan. De Samarcande à Boukhara en passant par la steppe, voici un itinéraire de rêve pour découvrir les incontournables d'Ouzbékistan.
    Dormir au coeur de la steppe : la vie nomade.
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    La mythique place du Registan à Samarcande.

    Pourquoi l’Ouzbékistan ? Quatre raisons de voyager dans ce pays exceptionnel
    Voyage en Ouzbekistan – voyage en Ouzbékistan

    En juin 2018, je suis partie en Ouzbékistan avec Sylvie Brunel, qui est une professeur, écrivain et géographe infiniment talentueuse, et accessoirement, ma mère. J’adore partir avec elle, comme nous l’avions déjà fait en Islande et à Douai, et ce fut un voyage mère-fille absolument inoubliable. Je suis heureuse et honorée de lui laisser la parole pour vous présenter ce pays magique.

    Partons pour un grand voyage en Ouzbékistan. De Samarcande à Boukhara en passant par la steppe, voici un itinéraire de rêve pour découvrir les incontournables d'Ouzbékistan.
    Ma mère, Sylvie Brunel, admirant la vue sur les montagnes des Tian Shan au col de Kamchik.

    « Je le dis franchement : quand ma fille m’a proposé de l’accompagner en Ouzbékistan, ma première réaction n’a pas été enthousiaste du tout. J’ai grandi en pleine guerre froide, nous ignorions tout de ce qui se passait au cœur de l’URSS et encore plus en Asie centrale, qui faisait figure de trou noir. Une sorte d’abysse mais à l’envers, montagneuse, obscure, totalement inconnue.
    Depuis 1991, cinq républiques indépendantes sont apparues, toutes en stan (du mot « pays » en perse), ce qui ne facilite pas leur identification. La guerre a ravagé l’Afghanistan – qui n’en fait pas partie : Ouzbékistan, Kazakhstan, Tadjikistan, Turkménistan, Kirghizistan ont en commun d’avoir toutes fait partie intégrante de l’Union soviétique. Et notre connaissance de ces pays n’a guère avancé. Ou plutôt, elle a avancé, mais négativement. Régimes autoritaires, islamisme vindicatif, insécurité totale… Partir faire du tourisme pour le trou noir, c’était se jeter dans la gueule du loup. En plus, on allait prendre la compagnie nationale du pays, explorer des régions placées en rouge sur le site du Ministère des affaires étrangères, comme la vallée du Ferghana ou le nord du pays… C’est tout juste si je n’ai pas fait mon testament.

    Aujourd’hui, je n’arrive même pas à croire que j’ai pu éprouver de telles appréhensions : je n’ai qu’une envie, retourner en Ouzbékistan, y emmener mes autres enfants, des amis, des parents, même mon vieux père de 84 ans et les enfants de ma petite sœur… Je suis prête à déplacer tous ceux que j’aime pour leur permettre de connaître ce fabuleux pays.

    Rien n’est plus magique que l’Ouzbékistan. Et sur tous les plans.

    Je vais essayer de vous la faire courte, en quatre points seulement, comme ils me viennent.

    1. La beauté de l’Ouzbékistan

    La beauté des villes et des paysages n’a nul équivalent dans le monde, sinon précisément en Asie centrale. C’est le pays des montagnes célestes, du Pamir, des contreforts de l’Himalaya et des steppes immenses, mais aussi des villes mythiques, Samarcande, Boukhara, Khiva, et même Tachkent, qui recèle de vraies beautés. Partout, des mosquées, des palais, des mausolées incroyablement décorés, aux coupoles bleu cobalt, avec du lapis lazuli, de l’or, des mosaïques, des bois sculptés, d’incroyables décors en stuc… Une féérie.

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    Beauté de Boukhara, mon plus grand coup de coeur en Ouzbékistan.

    Et dans lesquelles vous pouvez circuler totalement librement : inutile de se couvrir la tête, de porter des pantalons longs, de faire amende honorable en vous excusant d’être occidental, pas musulman et touriste. On vous accueille les bras ouverts. Les gens sont chaleureux, accueillants, et adorent se faire prendre en photos. Non seulement tout est libre d’accès (évidemment, il faut quand même se comporter décemment, comme dans nos églises), mais la plupart des lieux touristiques accueillent aussi des artisans, des expos artistiques, des spectacles. Il faut voir les touristes chinois se déguiser en Tamerlan (le héros national) et prendre la pose au Régistan, l’incroyable place monumentale de Samarcande ! C’est un double exotisme qui vous transporte au temps des Routes de la soie, des caravaniers chargés de tissus et de bijoux précieux, acheminant leurs richesses et leurs connaissances dans l’Occident médiéval (c’était nous, alors, le trou noir de la mondialisation…).

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    Des femmes ouzbek font un selfie au mausolée de Chah-i-Zindeh, à Samarcande.
    1. L’artisanat ouzbek

    L’artisanat ouzbek est si beau que vous reviendrez les bras chargés de cadeaux : les soieries incroyables du Ferghana, les bijoux d’argent, turquoise, corail, lapis lazuli, jade, les bols peints avec une minutie admirable, les enluminures représentant des scènes mythiques, caravanes, dragons, palais, ou tout simplement, vos animaux familiers, transfigurés par l’art des peintres ouzbeks, le travail du bois, du papier, les tissus brodés….Vous verrez travailler les potiers, les tisseurs, l’art du papier de soie à l’ancienne,  Tout est enchantement. Et les prix plus qu’abordables – alors même que je n’ai pas osé marchander, mais il paraît qu’il faut le faire !!! Quand vous rentrez d’Ouzbékistan, tout le monde vous aime. Il faut y aller pour prévoir ses cadeaux de Noël ou d’anniversaire, ou même de mariage. Partir avec une valise vide car elle sera forcément remplie au retour.

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    Pigments pour teindre la soie.
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    Boutique à Tachkent.

     

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    Des vendeuses présentent des étoffes à Boukhara.

     

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    Céramique ornée de fleurs de coton.

     

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    Travail de la soie à Marguilan.
    1. La sécurité : oui, l’Ouzbékistan est très sûr !

    L’Ouzbékistan est un des pays les plus sûrs au monde. On n’y éprouve aucun sentiment d’insécurité, il n’y a pas de vols, de mendicité, de saleté, de misère. Le pays est propre, accueillant, bien géré. Le TGV ouzbek qui relie les grandes villes entre elles, avec un personnel surabondant et aux petits soins, est bien plus moderne que notre bon vieux TGV, et la gare de Samarcande, une vraie cathédrale. C’est un bonheur de voir des rues et des campagnes bien entretenues, à l’image d’une grande maison ou d’un immense jardin dont vous êtes les hôtes respectés. Il y a une vraie tradition d’hospitalité, des sourires et une curiosité joyeuse à l’égard du touriste. Mais je pense sincèrement que c’est un pays qu’il faut visiter avec une agence locale de qualité. Comme la langue et les inscriptions en cyrillique nous sont incompréhensibles, que les gens ne parlent qu’ouzbek, tadjik ou russe, il est difficile de s’y déplacer et de découvrir ses merveilles sans être accompagné d’un guide. Nous l’avons exploré en compagnie de Soukhrob et des guides de son agence, Authentic Travel, qui sont tous parfaitement francophones, hyper cultivés, pleins d’humour et super accueillants. Mais nous avons croisé d’autres voyageurs pendant notre séjour qui avaient cru bon de choisir sur Internet des guides un peu improvisés et n’étaient pas très contents de leur expérience. La police et l’armée, très présentes et qui veillent au grain – il existe des menaces régionales qu’il ne faut pas ignorer, et l’Ouzbékistan surveille ses frontières, ses villes, ses mosquées – vous traitent avec respect, mais je pense qu’il vaut mieux être accompagné d’un bon guide pour visiter le pays en toute sérénité.  Quand Soukhrob nous dit son mantra, « avec Authentic Travel, tout est possible, tout est réalisable, c’est le jeu de la vie« , il faut le prendre au mot : rarement nous avons rencontré personne plus cultivée sur son pays, plus passionnée par son histoire.

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    Tradition de tolérance religieuse en Ouzbékistan : Boukhara abrite la plus vieille synagogue d’Asie centrale, toujours fréquentée par la communauté juive. Ici, un rouleau de la Torah.

     

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    Superbe église orthodoxe à Tachkent.

     

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    Soukhrob, le fabuleux patron d’Authentic Travel, avec ma mère (à Samarcande, vous l’aurez deviné).
    1. Une culture millénaire et fascinante

    Visiter l’Ouzbékistan, c’est revenir plus intelligent. Prendre conscience d’à quel point l’Asie centrale a compté dans l’histoire du monde : c’est de cette région, au cœur des grands empires de la Perse, des Ottomans et de la Chine, que sont venus les grands acquis de la civilisation occidentale : l’écriture, la médecine, les mathématiques, l’astronomie, la poudre à canon, la soie… Les grands conquérants et les grands savants d’Asie centrale ont marqué l’histoire du monde. C’est en Ouzbékistan, seul pays ayant des frontières avec toutes les républiques d’Asie centrale, poids lourd de la région avec la moitié de sa population (30 millions d’habitants sur 65), que se trouvent les capitales des anciens empires, Samarcande, Boukhara, Khiva, Kokand…A travers l’histoire du pays s’écrivent l’histoire des Lumières occidentales, et désormais celle de l’Eurasie, avec la renaissance des Routes de la Soie. Visiter la forteresse d’Alexandre le Grand, le mausolée de Tamerlan et de son épouse adorée, le palais d’été de Boukhara, le sextant géant d’Ouloug Beg, petit-fils de Tamerlan, un des plus grands savants que le monde ait portés, un des premiers à avoir exigé que les femmes aient accès au savoir aussi, c’est prendre conscience de tout ce que nous devons à cette partie du monde… Où le français reste vivant : c’est une langue très appréciée en Ouzbékistan et les enfants peuvent l’apprendre à l’école primaire. Il est dommage que la France ne soit pas plus consciente de cet atout culturel et linguistique et que nous ayons de ce pays une vision si fausse.

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    Nous avons eu le plaisir de rencontrer Laziza, directrice d’école et professeur de français, qui a participé avec ses élèves à un concours de théâtre en français organisé par l’ambassade de France… et ils ont gagné !

     

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    Ruines de la forteresse d’Alexandre le Grand à Nourata. L’Ouzbékistan, des millénaires d’histoire…

     

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    A l’observatoire d’Oulough Beg, un sextant de 11 mètres de long, le plus grand de son époque dans le monde entier.

     

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    Un tombeau des Samanides, une des plus anciennes et brillantes civilisations à avoir foulé le sol ouzbek.

    Pour terminer, deux messages :

    Faites confiance à Authentic Travel pour organiser votre voyage. Ils sont adorables, compétents, et plus qu’abordables en prix.

    Souvenez-vous que le motif des tissus ouzbeks, omniprésents dans le pays et dans les avions de la compagnie nationale, Uzbekistan Airways, signifie « le rayonnement du soleil à travers les nuages dans un ruisseau au pied de la montagne ». Et dites-vous qu’un pays capable d’autant de poésie vous réserve le plus grand dépaysement dont vous ayez jamais rêvé.

    Partons pour un grand voyage en Ouzbékistan. De Samarcande à Boukhara en passant par la steppe, voici un itinéraire de rêve pour découvrir les incontournables d'Ouzbékistan.
    Je porte sur les épaules l’adras, foulard en soie au motif national ouzbek.

    Je laisse maintenant ma fille vous donner, concrètement, le mode d’emploi du pays qui a fait de la cigogne, symbole de paix et de prospérité, son emblème. »

    Que voir en voyage en Ouzbékistan ?

    Je retracerai mon itinéraire jour par jour en nommant les lieux qui m’ont touchée, émue, et qui me paraissent mériter de figurer dans votre grand voyage en Ouzbékistan.

    La vallée du Ferghana, pour l’authenticité

    Cette région très préservée et méconnue, à l’est du pays, est parfaite pour se plonger dans l’âme ouzbek. Haut-lieu d’agriculture et d’artisanat, cette zone rurale est essentielle à l’économie et à l’identité du pays. C’est le coeur agricole de l’Asie centrale : ici, on produit coton, céréales et fruits pour toute la région, et les abricots qui envahissaient les bords des routes à la mi-juin seront mangés jusqu’à Moscou. On cultive la vigne au cœur des villages, sur des tonnelles surplombant les maisons, ce qui leur confère un charme fou.

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    Vignes dans les villages.

     

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    Sur les marchés du Ferghana.

     

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    Epices.

     

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    Les abricots du Ferghana.

    L’artisanat ouzbek a ceci de particulier qu’il n’est pas produit pour les touristes, mais en premier lieu pour les Ouzbeks eux-mêmes, ce qui le rend exceptionnellement beau et authentique. A Marguilan, on découvrira le tissage de la soie, entièrement à la main, dans des ateliers de toute beauté. Pendant des siècles, la fabrication de la soie a été un secret jalousement gardé dans les nuits d’Orient. L’étoffe précieuse était acheminée jusqu’à l’Europe fascinée par les mythiques routes de la soie. J’ai pu visiter de sublimes soieries où on assiste à toutes les étapes du processus de fabrication : ébouillanter les cocons, récupérer le fil, en faire des bobines, le tisser, le teindre… un travail d’une minutie extrême, qui m’a hypnotisée. C’est la beauté des traditions immémoriales, comme ici le tissage de la soie sur d’immenses métiers à pédale demandant une grande dextérité. A Richtan, c’est la céramique qui est à l’honneur, avec une technique de glaçure entrée au patrimoine mondial de l’UNESCO.
    J’ai adoré les couleurs des marchés, des soies, des céramiques… tout un Ouzbékistan traditionnel et chatoyant.

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    Tissage des cocons de soie.
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    Travail de la soie sur un grand métier à tisser à Marguilan.

     

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    Travail de la céramique à Richtan.

    Ne manquez pas une petite halte à Kokand, qui fut la ville de résidence de Gengis Khan, pour admirer le superbe palais du khan, témoin de l’époque où cette petite ville du Ferghana fut la capitale des grands conquérants mongols.

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    Kokand, palais du khan.

    Le col de Kamchik : road trip en ex-URSS

    Longtemps j’ai vu des films qui ressemblaient à des westerns, mais version ex-URSS, des road movies débridés avec des mecs dans des vieilles Lada défoncées et des amulettes pendouillant au rétro fonçant sur les routes du Pamir avec une chèvre dans le coffre. J’ai longtemps rêvé d’Asie centrale, de montagnes immenses, de cette liberté un peu bordélique et brute de décoffrage. Et puis je suis rentrée dans le film en prenant la route vers le Ferghana. Les restaurants montent à l’assaut des montagnes, le Coca côtoie les vieilles bagnoles soviétiques surchargées, et le plus beau point de vue de tous, c’est le col de Kamchik.

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    A l’aventure sur les routes ouzbek !

     

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    Voitures surchargées.

     

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    Lada, coca, vachette !

     

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    Vision typique de l’Ouzbekistan traditionnel.

     

    Restos traditionnels de montagne, où on mange déchaussé et agenouillé.

    Col de Kamchik, 2700m. Ici le regard porte sur trois pays : Ouzbékistan, où je suis, Tadjikistan et Kirghizistan, à deux pas. Deux chaînes de montagne l’encadrent, le Tian Shan avec ses pommes magiques, et le Pamir, dont les premiers 4000 mètres s’offrent à mes yeux éblouis. Si on jouait à la marelle sur les sommets, on serait vite à 7000 mètres, dans l’Himalaya. J’ai la chair de poule quand je pense à l’endroit où je suis, au cœur de l’Asie centrale, aux portes du mythe. J’ai le coeur qui bat, je me sens ivre d’immensité.

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    En arrivant au col.
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    Col de Kamchik.

    Boukhara, le plus beau joyau d’Ouzbékistan

    Boukhara ? Cela restera un des plus beaux souvenirs de toute ma vie. Tout le monde vous parle de Samarcande, et oui, Samarcande est belle, est incontournable, mais Boukhara… Boukhara, c’est bien plus qu’une belle attraction touristique. C’est une ville intacte, labyrinthique, magique. Boukhara, c’est une expérience mystique. C’est remonter le temps et plonger dans le rêve.

    J’ai du mal à trouver les mots pour vous parler de Boukhara. Imaginez qu’on vous réveille au milieu de la nuit pour vous conduire au sanctuaire lumineux de votre plus beau rêve. Imaginez marcher main dans la main avec un fantôme et voir les millénaires abolis tous réconciliés dans un éblouissement d’or et de cobalt. Ici toutes les routes de la soie s’enchevêtrent, ici la seule mesure du moment est celle de l’éternité, ici aucun rêve ne meurt. Boukhara, c’est la plus belle ville de ma vie, c’est le voile qui se déchire. J’ai connu ici une exaltation esthétique et spirituelle rare et je sais que c’est le genre d’amour qui reste fiché en plein coeur, que Boukhara me manquera toujours et que j’y reviendrai un jour. Si vous avez un jour rêvé d’Orient, de caravansérails chatoyants, de marchands de soie et de mystère, de voir le soir tomber sur un minaret au bord d’une fontaine, si vous avez un jour rêvé de la Route de la Soie, de coupoles turquoises dans l’or du soir, de labyrinthes de beauté radicale, de Dieu et des hommes qui l’aiment, alors il faut que vous voyez Boukhara. Capitale éternelle des exaltés, illumination faite pierre et peinture, je voudrais ne jamais avoir à te quitter ! J’essaie de vous communiquer en images l’émotion intense qui m’a étreinte ici.

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    Coupoles turquoise de Boukhara.

     

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    La mosquée Kalyan dans le soir.

     

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    Une des plus belles mosquées de Boukhara.
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    Dans le tombeau des Samanides.

     

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    Une des madrasas dans le soir.

     

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    Tous les grands conquérants de l’histoire de l’humanité ou presque sont passés ici, Alexandre le Grand, Gengis Khan, Tamerlan. Mais l’apogée de Boukhara, ce furent les IXe et Xe siècles, quand elle fut la capitale des Samanides. Ce sont eux qui bâtirent les sublimes mosquées et les innombrables madrasas qui peuplent cette ville empreinte de mysticisme. Une madrasa est une école coranique, où on venait apprendre à lire, écrire et réciter les sourates du texte sacré des musulmans. Les alvéoles sculptées en stuc ou en bois dans la façade évoquent la grotte où le prophète Mahomet reçut la sainte révélation. Les plus grands intellectuels musulmans, comme le philosophe Avicenne, ont résidé dans cette ville de culture et de beauté. Les marchés témoignent de son importance dans la route de la soie : c’est un dédale de commerce florissant. De tout temps, les hommes sont venus ici vendre et acheter les épices, la soie, l’adras, les poignards et les bijoux, les étoffes et les fruits. Au fil de la route légendaire, l’histoire se dévide…  Toute la vieille ville de Boukhara est piétonne, d’où l’impression de magie, de plonger dans un rêve intemporel, intact depuis plus de mille ans. L’eau y est omniprésente : canaux, fontaines, grands bassins dans lesquels se reflètent les minarets. J’ai adoré ces bassins tranquilles au bord desquels on boit, mange et discute dans le soir. C’est à Boukhara que je suis rentrée dans mon songe, que la route de la soie légendaire est venue se dérouler sous mes pieds, que mon coeur a battu le plus fort.

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    Dédales des marchés.
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    Vie paisible le long de l’eau.
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    Apparition magique au détour d’un marché.
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    Partout, la lumière et la beauté.
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    Boukhara, ville piétonne, ville vivante.
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    Le minaret Kalyan (du haut duquel on jetait les prisonniers rebelles…)
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    Au bord des bassins innombrables.
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    Manger au bord de l’eau à Boukhara. (Vous remarquerez les jambes nues de la jeune femme, qui n’ont traumatisé personne.)
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    Une vision qui ravira les passionnés d’histoire : ceci est un temple zoroastrien, datant de l’époque pré-islamique. Vous remarquerez les motifs de papillon sur la droite : le papillon est symbole de légéreté, d’élévation spirituelle. Souvenez vous du « Ainsi parlait Zarathoustra » de Nietzsche et de sa fascination pour « l’esprit de légéreté’…

    A Boukhara, nous avons dormi dans un bel hôtel 4* appartenant à Soukhrob, Grand Emir Residence. J’ai beaucoup aimé cet hôtel confortable, très joliment décoré et au personnel chaleureux, je vous le recommande volontiers, d’autant que les tarifs sont très abordables (à partir de 48 euros/nuit en chambre double).
    Je vous signale enfin une petite beauté située à l’extérieur de la vile de Boukhara : le palais d’été des émirs. Construit dans un style russe au début du XXe siècle, à l’époque où l’Ouzbékistan était très imprégné de l’influence des tsars, entouré de bassins et de jardins, ce palais magnifique m’a évoqué à la fois Saint Pétersbourg et la Ménara de Marrakech.

    Partons pour un grand voyage en Ouzbékistan. De Samarcande à Boukhara en passant par la steppe, voici un itinéraire de rêve pour découvrir les incontournables d'Ouzbékistan.
    Le palais d’été de Boukhara.
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    Un style russe qui me rappelle la belle St Pétersbourg.
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    Nourata, poissons sacrés et forteresse d’Alexandre le Grand

    En route vers la steppe, nous avons fait cet arrêt à Nourata et j’en garde un souvenir ébloui. Au pied de la colline s’élève une mosquée baignée par une source sacrée pour les musulmans chiites : elle aurait jailli du bâton d’Ali, le gendre de Mahomet. D’énormes poissons, sacrés eux aussi, évoluent dans un décor turquoise qui contraste avec l’aridité environnante. Au sommet de la colline, ce sont les ruines d’une ancienne forteresse édifiée par Alexandre le Grand lors de sa conquête de l’Asie centrale. La vue est sublime et le vertige historique bien réel.

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    La source d’Ali.
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    Ruines de la forteresse d’Alexandre le Grand à Nourata.
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    Poissons sacrés de la mosquée.

    Entre Boukhara et Nourata, nous avons également visité une sardoba, immense réservoir d’eau construit au temps des routes de la soie pour abreuver les caravanes. L’ingéniosité de cette construction vieille de près de deux mille ans, où l’argile fait office de filtre pour piéger les impuretés de l’eau, m’a beaucoup impressionnée.

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    A l’intérieur de la sardoba, château d’eau de la route de la soie.
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    Il y a deux mille ans, des sardobas jalonnaient la route de la soie tous les 40 km environ.

    La steppe immense, les yourtes et le lac Aydar

    Nous mis le cap vers le nord de l’Ouzbékistan. Ici, à la frontière kazakhe, dans ce camp de yourtes au coeur d’un désert d’ocre et d’épines, je suis au beau milieu de la steppe immense. Entre nous et le pôle nord, il n’y a plus rien désormais. Ni villes, ni montagnes, juste des milliers et des milliers de kilomètres de steppe herbeuse et sèche où roulent les nuages que rien n’arrête. C’est vertigineux d’imaginer cet infini qui court jusqu’à la banquise, traversant les immensités anonymes de l’Asie centrale et de la toundra sibérienne, sans plus qu’aucun relief ne se dresse pour arrêter la marche des troupeaux et la course des vents. Parce que l’haleine des blizzards et des déserts souffle sans obstacle, ici il fait -45 degrés l’hiver et 45 l’été. La vie est radicale et la liberté absolue…

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    La steppe, ses troupeaux, son infini poussiéreux ! Toute l’immensité de l’Asie se révèle dans cette plaine gigantesque qui court jusqu’aux glaces du grand nord russe…

    Les seigneurs de la steppe, ce sont les chameaux. Je les trouve immenses comme les montagnes froides d’Asie centrale où ils sont nés, avec leurs deux bosses, leur fourrure épaisse et leur poil laineux. Pour la première fois de ma vie, je monte sur un chameau, je découvre sa démarche chaloupée, inquiétante. Etre cavalière passionnée ne prépare aucunement à chevaucher des chameaux, même si l’expérience est belle.
    Mais on trouve aussi des petites chèvres cachemire, avec leur laine si précieuse, des moutons et des chevaux, autant d’immenses troupeaux qui soulèvent des nuages de poussière en traversant la steppe.
    Parfois, des tornades se lèvent d’un seul coup, sans crier gare, c’est un tourbillon de poussière qui traverse soudain l’immensité, soulève les herbes sèches et les cailloux, puis se dissipe aussi vite qu’il est apparu.

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    Chameaux laineux d’Asie : ils ont deux bosses et viennent des montagnes.
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    Première expérience à dos de chameau pour moi.
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    Pas totalement rassurée 😉
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    Troupeaux de chevaux.
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    Petites chèvres cachemire.
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    Chevaux au galop dans la poussière.

    A l’arrivée dans le camp de yourtes, les nomades – qui sont des Kazakhs – vous accueillent autour d’un chaï, thé vert qu’on boit dans toute l’Asie centrale et qui symbolise l’hospitalité. Il y a sur la table des raisins secs, des noyaux d’abricots grillés et de petites pâtisseries sucrées. Je porte sur les épaules un châle en soie dont le motif, l’adras, est l’emblème de l’Ouzbékistan, se retrouve partout et se décline dans toutes les couleurs. Le motif de l’adras représente « un rayon de lumière à travers les nuages dans une rivière au pied des montagnes » – n’est ce pas magique ? Autour du cou, je porte un collier fabriqué main par un joaillier de Boukhara, ville de l’artisanat d’art en Ouzbékistan, en argent, turquoises et topazes. J’ai voulu me fondre dans les emblèmes de ce monde qui m’accueille à bras ouverts.

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    Chaï, adras, et gourmandises nomades.
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    Crépuscule sur les yourtes…
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    … et réveil.
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    Désert rouge du Kisilkoum.

    La nuit en yourte est une expérience magique. C’était ma deuxième nuit de ce genre cette année, après la nuit dans le camp au Wahiba Sands à Oman, et je deviens accro aux déserts. L’immensité du ciel contrasté, la lumière du soir, le rouge des dunes parsemées de tamaris et d’épineux, paysage typique du désert du Kisilkoum… autant d’images fulgurantes qui se projettent comme un film en Technicolor au creux de mes paupières quand je ferme les yeux. Au matin, tout le petit peuple de la steppe est sur le qui-vive, lézards, varans, chiens de prairie et oiseaux colorés. Je pars pour une randonnée au milieu des dunes de sable rouge, jusqu’au lac Aydar, oasis verdoyante au coeur de la steppe. En 1966, un séisme l’a créé en modifiant le cours du fleuve Syr-Daria, ouvrant un refuge à la vie au coeur de l’aridité. C’est un joli lieu de baignade dans ce pays très loin de la mer.

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    Varans de la steppe
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    Chien de prairie.
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    Arrivée au lac Aydar
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    Petite ambiance à la Into the wild, version centrasiatique
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    Buffles se désaltérant au lac Aydar…
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    …et moi m’y baignant.

    Samarcande, la ville mythique, vitrine de l’Ouzbékistan

    Samarcande ! La plus célèbre, la plus mythique des villes d’Asie centrale : vous avez sans doute déjà vu des photos de sa sublime place impériale, le Registan, considérée comme la plus belle de toute cette aire géographique. Samarcande a tant d’histoires à raconter. Elle fut le coeur du monde et elle en reste un des plus beaux joyaux.  Alexandre le Grand y bâtit une cité, la Route de la Soie y noua ses fils d’or et de crinière, les brillants Sassanides en firent une perle de leur empire, les Perses et les Arabes y cultivèrent leur esthétique et leur science… Tamerlan, le plus grand conquérant de l’univers, perpétuellement invaincu, en fit sa capitale auréolée de bleu. Quant à son petit fils, Ulugh Beg, il sut imposer un islam progressiste et tolérant, écrivant au frontispice des madrasas que « le devoir de tout musulman est de s’instruire » et ouvrant les écoles aux femmes. Il fonda l’astronomie moderne dans son sublime observatoire, qu’on peut toujours visiter et qui m’a beaucoup impressionnée. Ulugh Beg imprima durablement une tradition de progrès et on lui doit sans doute une partie de cette culture ouzbek de l’ouverture et de la tolérance religieuse.

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    Moi allant présenter mes hommages à mon héros Ulugh Beg.

    Il faudra voir le tombeau de Tamerlan, la très belle mosquée Bibi-Khanum, construite pour l’épouse préférée de Tamerlan, les madrasas, l’observatoire, et surtout, surtout, le mausolée Chah-e-Zindeh, un des plus beaux sites d’Ouzbékistan. Mon plus grand coup de cœur à Samarcande va à cette nécropole étonnamment joyeuse et colorée, à sa forêt de coupoles turquoise et à son atmosphère à la fois belle et sereine.

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    Le Registan à la nuit.
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    Le Gour Emir, tombeau de Tamerlan

     

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    Registan et mosquée Bibi Khanum.

     

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    Chah-e-Zindeh, le mausolée sublime.
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    Coupoles de Chah-e-Zindeh.
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    Chah-e-Zindeh, un des plus beaux monuments du pays à mes yeux
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    Chah-e-Zindeh.
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    Femmes ouzbek me proposant de poser 🙂

    Tachkent, le pont entre tradition et modernité

    La capitale ouzbek est moderne et monumentale. Depuis l’indépendance, les grandes places et les larges avenues soviétiques sont dédiées aux héros nationaux et aux emblèmes du pays. On retrouve ainsi la cigogne, l’animal totem de l’Ouzbékistan. Les allées sont fleuries et très fréquentées, c’est une immersion intéressante dans l’Ouzbékistan d’aujourd’hui.
    J’ai beaucoup aimé aussi la vieille ville, centrée autour du musée Amir Timur, qui contient un des tout premiers exemplaires du Coran, la mosquée et les quartiers traditionnels, un joli dédale où la vie reste lente.

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    Grandes avenues de Tachkent.
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    Cigognes ouzbek.
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    Petite coupole de Tachkent, plus claire que celles de Samarcande
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    Immeubles soviétiques à Tachkent, décorés dans un style ouzbek
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    Grande mosquée Amir Timur
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    Grandes allées post-soviétiques.
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    Tachkent moderne
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    Hospitalité ouzbek : dans une petite maison avec cour et jardin intérieurs dans la vieille ville, nous sommes spontanément conviées à partager le repas de l’aïd

    Préparer son voyage en Ouzbékistan : les questions que vous m’avez posées

    Parce que ce pays reste encore méconnu, je vous avais proposé de me poser vos questions à son sujet sur Instagram. Voici donc les réponses à vos interrogations !

    Comment j’ai organisé mon voyage en Ouzbékistan ? Quel budget ?

    Cela faisait très longtemps que je rêvais d’Ouzbékistan, mais je ne me sentais pas capable d’y aller seule (voir ci-dessous), et les circuits que je trouvais ne me correspondaient pas : je trouvais principalement du tourisme de masse, en autobus, ou bien des offres locales intéressantes mais sans organisation globale du voyage. La révélation a été pour moi de rencontrer Soukhrob Bobokalonov, le patron d’Authentic Travel.  Soukhrob était immensément cultivé, passionné par son pays, enthousiaste et visionnaire. Il est parfaitement francophone, a vécu et étudié plusieurs années à Paris, et incarne ce pont entre nos deux cultures : avec lui, l’Ouzbékistan devient accessible, intelligible, vivant. Soukhrob est un entrepreneur fabuleux, qui a créé cette agence francophone, qui possède un très bel hôtel à Boukhara, Grand Emir Residence, et qui est actuellement en train d’installer un ascenseur de verre dans l’ancien château d’eau de Boukhara pour offrir une vue imprenable sur la ville. Autant dire que cet homme est infiniment passionné et investi dans la promotion touristique de son pays.
    Authentic Travel propose des circuits privés avec guide chauffeur (tous francophones) à travers le pays, entièrement personnalisables : vous pouvez composer votre itinéraire exactement comme vous le souhaitez. L’agence a une interface francophone : Catherine, la représentante France d’Authentic Travel, sera votre correspondante si vous réservez un voyage et établira avec vous le parcours. Les tarifs sont très, très abordables quand vous pensez à la qualité de la prestation et au fait que tout sauf le vol est inclus : hôtels, repas, activités, guide chauffeur… Pour vous donner une idée des tarifs, j’ai inclus dans mon reportage pour Version Femina une offre à 950 euros par personne pour un circuit de 10 jours, tout compris sauf le vol.
    L’Ouzbékistan n’est pas un pays cher : les hébergements et les repas sont très abordables. Vous pouvez avoir un délicieux repas complet pour 5 euros dans les petits restaurants.
    Le vol aller-retour nous a coûté un peu moins de 500 euros chacune avec Uzbekistan Airways, ce qui est le tarif classique pour un aller-retour Paris-Tachkent (deux vols directs par semaine) ou Paris-Ourguentch (un vol direct par semaine). La compagnie est très bien : sûre, fiable, ponctuelle.

    Peut-on voyager seul(e) ? Comment se déplacer à l’intérieur du pays ?

    Voyager seul en Ouzbékistan ? Oui et non.
    Oui, car ce pays fait partie des plus sûrs du monde : selon le dernier classement paru fin septembre, l’Ouzbékistan est en 5e position des pays « où on se sent en sécurité », juste derrière Singapour, l’Islande, la Norvège et la Finlande. (La France est 16e). Les Ouzbeks sont accueillants et respectueux, les villes sont sûres, et la police est à la fois présente et bienveillante. Il y a eu des scènes drôles, comme ce policier à qui je demande si je peux monter au sommet du minaret pour faire une photo, qui me répond que c’est interdit, et qui revient me chercher dix secondes plus tard : « ok, je t’y emmène si tu y tiens ».

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    La fameuse photo au sommet d’un minaret au dessus du Registan, Samarcande.

    Une des choses que j’ai adorées lors de ce voyage, c’est l’attitude des Ouzbeks vis à vis des touristes. J’ai rencontré énormément de chaleur et de bonne humeur, le contact était facile, alors que je ne parle pas russe (l’espéranto de l’Asie centrale, langue de communication principale).  Même si nous n’avons pas de langue commune, les gens viennent me parler en utilisant Google translate pour demander d’où je viens, proposent qu’on fasse des photos ensemble et m’ajoutent sur FB pour m’envoyer les selfies pris ensemble, bref, les contacts humains sont naturels et chaleureux. C’est un pays chaleureux et accueillant, où les rues sont toujours animées et les gens bienveillants. J’en garderai un très beau souvenir.

    Partons pour un grand voyage en Ouzbékistan. De Samarcande à Boukhara en passant par la steppe, voici un itinéraire de rêve pour découvrir les incontournables d'Ouzbékistan.
    Une mère et son fils posant pour moi à Tachkent. Ils me demandaient toujours à ce que je leur envoie les photos sur Messenger ou à ce qu’on s’ajoute sur Facebook.

    Et non, parce que ce pays est compliqué pour un occidental ne parlant pas russe ou turc. L’ouzbek est une langue turcique, et la langue de communication en Asie centrale est le russe. La plupart des gens ne parlent pas anglais et les panneaux sont rédigés en alphabet cyrillique. Si vous vous contentez des grandes villes comme Tachkent, Boukhara et Samarcande, vous pouvez vous débrouiller seul : un train à grande vitesse les relie et vous n’aurez pas besoin de voiture, juste d’utiliser des taxis. Mais si vous voulez explorer le reste du pays, partir dans la steppe, dans la vallée du Ferghana, vers la mer d’Aral, dans les montagnes, vous allez avoir besoin de louer une voiture, et vous allez avoir beaucoup de mal à vous orienter : les GPS ne connaissent pas forcément les petites routes, la communication avec les gens des campagnes ne pourra pas se faire en anglais, et surtout, les hébergements dans nombre de coins un peu reculés ne seront pas disponibles sur internet. Pour dormir chez l’habitant à la montagne ou dans un camp de yourtes dans la steppe, il va falloir passer par des Ouzbeks qui connaissent le pays. Et c’est pour cela que j’ai tellement, tellement aimé Authentic Travel : c’est une agence locale, ouzbek, les guides sont ouzbeks, connaissent leur pays par cœur. Et ils sont francophones.

    Peut-on dormir chez l’habitant ?

    Oui ! C’est une des choses que propose Authentic Travel. Ils ont tout un réseau d’hôtes adorables et passionnés et proposent des nuits dans les villages, la montagne, le désert… Nous n’avons pas choisi cette option et avons dormi dans des hôtels toutes les nuits sauf celle dans la yourte, mais nous sommes allées prendre un café chez Laziza, l’institutrice francophone passionnée, puis déjeuner dans un village à quelques encablures de Boukhara chez la maman d’une de nos guides, et c’était un moment de partage magnifique, très émouvant.

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    Ma mère avec nos hôtes – un très beau moment.

    Nous avons pris un autre repas chez l’habitant, cette fois de façon totalement impromptue : nous étions en train de nous promener dans la vieille ville de Tachkent le jour de l’Aïd, à la fin du ramadan, et une famille qui nous voyait passer nous a invitées à nous joindre à eux. Les Ouzbeks ont une tradition d’hospitalité très forte, je l’ai ressenti sans cesse. C’est un peuple vraiment chaleureux et accueillant.

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    Invitation impromptue à Tachkent le jour de l’aïd.

    Comment sont les infrastructures en Ouzbékistan ? Peut-on manger sans risque et boire l’eau ?

    Les infrastructures sont globalement très bonnes, mais avec un contraste étonnant. Il y a ici un rare mélange de tradition et modernité, iphones et petits ânes, costumes traditionnels et TGV, vieilles bagnoles de l’URSS et routes impeccables… le mélange est attachant. L’Ouzbékistan est à la fois très traditionnel et très moderne. Vous ne verrez ni bidonvilles, ni mendiants, ni misère : le pays fonctionne, tout le monde mange à sa faim, d’autant que l’Ouzbékistan est un pays qui produit énormément de nourriture pour toute l’Asie centrale (voire plus loin) et que personne ne manque de rien. On peut partout acheter à manger dans les magasins, les stands en bord de route, les petits restaurants.

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    Petit restaurant ouzbek typique en bord de route.

     

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    Gare ultramoderne de Samarcande, où circule l’Afrosiyob, une sorte de super TGV

    Les routes sont bonnes, à l’exception de celles qui conduisent dans la steppe (là, on est vraiment dans un monde perdu et sauvage). J’ai eu le wifi dans tous les hôtels sauf la yourte, et un wifi de qualité, et le réseau téléphonique presque partout (sauf dans la steppe).

    Afin de préserver vos estomacs occidentaux, je vous conseille de ne pas boire l’eau du robinet. Il y a en Asie centrale des types de bactérie dont nous n’avons absolument pas l’habitude et qui peuvent mettre KO le touriste imprudent. Je vous conseille aussi d’embarquer avec vous des médicaments pour les soucis intestinaux (j’avais Immodium, Ercéfuryl, Spasfon et des probiotiques que j’ai pris pendant tout le séjour pour stimuler et aider la flore intestinale). Je n’ai été malade qu’une fois, mais cela a été très brutal et j’étais vraiment contente d’avoir des médicaments pour me remettre sur pied. Pensez bien à prendre un anti-spasmodique type Spasfon : le pire dans les soucis intestinaux, ce sont les crampes, cela peut vous gâcher une journée si vous n’avez pas le traitement adapté pour soulager la sensation de contraction abdominale.

    Qu’est-ce qu’on mange en Ouzbékistan ? Peut-on manger végétarien ?

    J’ai beaucoup aimé la nourriture ouzbek. Chaque repas commence par des petites salades, notamment tomates et concombres, cultivées toute l’année sous serre dans la vallée du Ferghana, des spécialités laitières (sorte de soupe de yaourt très bonnes), et bien sûr, un grand pain rond, au cœur de la tradition culinaire centrasiatique. Les plats principaux sont majoritairement composés de viande : le plov, le plat national (bœuf, carottes, raisins et riz), et les brochettes grillées sont les mets les plus fréquents. En juin, la vallée du Ferghana débordait de fruits, et les desserts étaient donc très frais et délicieux : abricots, cerises…

    Pain rond centrasiatique. Il se rompt avec les doigts.
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    Soupe et salade.

    Manger végétarien est à la fois possible (comme je vous l’ai dit, les salades, soupes de yaourt, fruits, pain, etc, sont sans viande) et compliqué, car la viande est au cœur de la tradition d’accueil ouzbek, et qu’il est difficile de refuser un plov qui a été préparé spécialement pour vous par une famille qui vous ouvre sa maison. Le végétarisme n’est pas quelque chose de courant et répandu dans ce pays, et peut être mal compris. Moi qui ne mange plus de viande depuis l’âge de 15 ans, j’ai dû faire quelques exceptions en Ouzbékistan, tout comme je l’avais fait à Ilulissat au Groenland. Certaines cultures ne sont pas très veggie-friendly !

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    Brochettes de viande le soir, lors de la rupture de jeûne pendantg le ramadan.
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    Plov (riz, carottes, raisins, boeuf, oignons) longuement préparé par la famille ouzbek qui nous a reçues. C’était délicieux.

    J’ai trouvé la nourriture ouzbek très savoureuse, fraîche et intéressante.

    Quelle est la meilleure saison pour un voyage en Ouzbékistan ?

    L’Ouzbékistan, pays enclavé au cœur de l’Asie centrale, a LE climat continental par excellence : il peut faire 45 degrés au cœur de l’été et -40 au cœur de l’hiver. Autant dire que les deux saisons idéales sont les intersaisons : le printemps (avril-juin) et l’automne (septembre-octobre). C’est aussi la période des fleurs (printemps) et des fruits (juin ou septembre). J’y suis allée mi-juin, à la toute fin de la saison touristique. Il faisait déjà chaud, jusqu’à 40 degrés parfois – l’idéal est plutôt mi-mai, mais cela m’a permis d’avoir tous les fruits.

    Faut-il un visa pour aller en Ouzbékistan ?

    Au moment de mon voyage, le visa coûtait 50 dollars et Authentic Travel m’avait aidée pour les formalités. Mais tadam ! Début octobre, le ministère ouzbek du tourisme a décidé de suspendre l’obligation de visa pour les Français. Plus rien ne vous retient !

    Combien de temps pour visiter l’Ouzbékistan ?

    On peut toujours ne voir que Samarcande et Boukhara en 5 jours, bien sûr, mais je vous recommande vraiment de rester 10 jours minimum. En 10 jours, j’ai vu Tachkent, Boukhara, Samarcande, Kokand, la steppe au nord, le Ferghana et les montagnes à l’est, mais je n’ai pas eu le temps de voir notamment la mer d’Aral à l’ouest, et Khiva, la dernière des villes de la route de la soie. Un circuit complet avec Authentic Travel, qui vous permet de tout voir, durera 17 jours environ.

    Doit-on porter le voile ? Comment s’habiller en Ouzbékistan ?

    L’islam ouzbek est très ouvert et progressiste. Habillez-vous comme vous le souhaitez, en évitant peut-être juste minijupes et microshorts. Je me suis habillée exactement comme je le fais en France en été : robes allant un peu au-dessus des genoux, tee-shirts, bras nus, etc. Je couvrais mes épaules en entrant dans les mosquées et mausolées, mais étonnamment, le voile n’était pas obligatoire dans les lieux religieux, et les jeunes filles ouzbek ne le portaient pas.
    Je sais que l’Iran est très à la mode en ce moment, mais que la situation actuelle complexifie le voyage : si vous rêvez de l’Iran, mais que les contraintes vestimentaires et les angoisses géopolitiques vous pèsent, pensez à l’Ouzbékistan. Cette région a longtemps fait partie de l’empire perse, les mosquées de Boukhara et Samarcande ont été bâties par les Perses, exactement comme celles d’Ispahan… et en plus, vous n’aurez pas de souci de visa pour aller aux Etats-Unis après.

    Partons pour un grand voyage en Ouzbékistan. De Samarcande à Boukhara en passant par la steppe, voici un itinéraire de rêve pour découvrir les incontournables d'Ouzbékistan.
    Vous l’avez vu sur mes photos, j’ai souvent porté des robes assez courtes (au dessus du genou), en raison des grandes chaleurs, sans aucun souci. Ce châle or et bleu jeté sur mes épaules est à vrai dire plus par souci esthétique que par pudeur !

    Est-ce que c’est touristique ?

    Cela dépend des régions. Dans le Ferghana, je n’ai vu aucun autre touriste que moi, mais Samarcande est assez touristique : c’est LA ville la plus célèbre d’Ouzbékistan, la ville musée, et vous y verrez beaucoup de groupes et d’animations. Mais cela reste très, très en-deçà de ce qu’on peut connaître du tourisme de masse…

    Partons pour un grand voyage en Ouzbékistan. De Samarcande à Boukhara en passant par la steppe, voici un itinéraire de rêve pour découvrir les incontournables d'Ouzbékistan.
    Artiste vendant des tableaux et des vieilles pièces de l’ex URSS aux touristes.

    L’Ouzbékistan reste un pays très préservé, très authentique. Et je vous conseille vraiment de le découvrir sans tarder. Vous serez émerveillé par ce pays qui vous fera tomber amoureux de l’Asie centrale, et dont on ressort avec l’impression d’avoir levé un pan du voile sur l’histoire du monde et le secret des grandes destinées des nations. Je n’ai plus qu’une envie : retourner en Asie centrale, encore et encore !

    Un dernier mot pour dire un immense MERCI à Authentic Travel pour cette découverte fabuleuse de l’Ouzbékistan qui aura changé mon regard sur le monde. Catherine, Soukhrob, vous êtes géniaux !

    J’espère que ce récit de voyage en Ouzbékistan aura su vous séduire. A suivre sur Itinera Magica : Rouen, la Manche, Dijon, les îles Féroé, l’Alsace, Beaune… Inscrivez vous à la newsletter ?

    Un voyage de légende en Ouzbékistan sur les steppes de la soie, entre Samarcande, Boukhara, la steppe et les montagnes. #ouzbekistan
    Epinglez moi !

     

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  • Désert et tortues: expériences magiques à Oman

    Dormir dans un camp au milieu du désert Wahiba Sands et voir le soleil se lever sur les dunes, dans le silence doré.
    Assister à la ponte des tortues marines sur une des plus belles plages d’Oman.
    Se baigner dans une piscine à débordement au bord du vide, au-dessus du grand canyon du Moyen Orient.
    Ce sont quelques-unes des expériences, luxueuses ou insolites, que j’ai eu le bonheur de vivre au sultanat d’Oman, et qui ont fait de ce voyage l’un des plus beaux de ma vie. nuit dans le désert à Oman

    Passer une nuit dans le désert à Oman, quel camp choisir dans le désert à Oman ?
    Une nuit dans un camp au coeur du désert : une des choses à vivre à Oman.

    Après vous avoir parlé des plus beaux paysages d’Oman et des raisons pour lesquelles ce pays hors-normes mérite qu’on le découvre, je vous propose quelques coups de projecteur sur des moments et des lieux magiques.

    alila jabal akhdar oman
    Au bord du grand canyon d’Oman, un hôtel extraordinaire…

    Contrairement au précédent article, consacré à la magie d’Oman et à une vision d’ensemble du pays, cet article sera plus orienté « pratique », afin de répondre à des questions que je me posais moi-même  lors de la préparation du voyage. Je vous souhaite de tout cœur de découvrir Oman !

    Une nuit dans le désert à Oman
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    C’était un des rêves qui avaient donné vie à ce voyage : passer une nuit dans le désert Wahiba Sands, comme au temps des caravanes et des nomades arpentant l’immensité. Mais où aller, quel camp choisir ? Comment trouver son chemin au cœur du désert ? Nous appréhendions cette étape avec un mélange d’excitation et d’angoisse… Une nuit dans le désert à Oman ? Récit et conseils pour choisir votre camp dans le désert du Wahiba Sands à Oman. 

    Passer une nuit dans le désert à Oman, quel camp choisir dans le désert à Oman ?
    Pas de voyage à Oman sans passer par le Wahiba Sands…

    Choisir son camp dans le désert du Wahiba Sands nuit dans le désert oman

    La porte d’entrée dans le Wahiba Sands est la ville d’Al Wasil, à deux heures de route au sud de Mascate.
    Parce que la nuit dans le désert est un des incontournables absolus du voyage à Oman, les camps sont nombreux, et j’ai passé de longues heures à écumer les sites et les avis en ligne pour trouver celui qui nous conviendrait le mieux.
    Je pensais au début aller au plus célèbre d’entre eux, le luxueux Desert Nights Camp, camp 5 étoiles de toute beauté qu’on voit souvent passer sur Instagram. Les installations semblent superbes… mais ce qui m’a dissuadée, c’est la proximité de la ville d’Al Wasil. Le même argument m’en a fait rejeter beaucoup d’autres : la plupart des camps dans le désert du Wahiba Sands sont très proches de la ville, tels que l’Arabian Oryx Camp ou le Desert Wonders Camp.
    Apparemment, la proximité de la ville est particulièrement dérangeante pendant le week-end, quand les Omanais font faire la fête et du « dune bashing » (voler sur les dunes en 4×4) dans le désert. Si vous rêvez de calme, de silence, de lever de soleil mystique dans le désert, évitez absolument d’y aller pendant le week-end des omanais, soit le jeudi soir et le vendredi soir. Nous avons choisi notre nuit de séjour en fonction de cet impératif.
    Et nous avons décidé d’aller au cœur du cœur du désert : au 1000 Nights Camp, à ma connaissance le camp le plus loin d’Al Wasil, à une heure de piste au milieu du désert. Mais une angoisse demeurait : comment trouver le camp ?

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    1000 Nights Camp, au coeur du désert.

    Accéder au 1000 Nights Camp avis camp dans le désert oman

    Nous arrivons à Al Wasil à la tombée du jour et voyons avec angoisse le soleil descendre à toute vitesse vers l’horizon. On nous avait dit de rejoindre la station essence Shell d’Al Wasil, et que nous serions guidés à partir de là. Effectivement, un homme nous aborde et nous propose de nous conduire jusqu’au camp. Le tarif demandé est un peu cher : 40 rials omanais. Mais nous ne sommes pas en position de négocier. La nuit va tomber, et nous n’avons aucune idée du chemin. Nous acceptons et suivons notre guide. A l’entrée du désert, il nous fait dégonfler nos pneus. Et puis c’est parti pour une heure de piste au cœur de dunes grandes comme des raz de marées, toujours plus sombres et vertigineuses avec l’adieu à la lumière. La nuit nous enveloppe. Nous dépassons les premiers camps et continuons toujours plus loin dans le désert, sur des pistes que nous n’aurions jamais trouvées par nous-mêmes. Nous avons déjà la sensation de vivre quelque chose d’inouï, une incursion dans le secret.

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    Il fait nuit noire quand nous arrivons au camp, et un groupe d’hommes en tenue traditionnelle bédouine discute à la lumière des lampes. Le ciel est constellé d’étoiles et nous devinons les dunes immenses à la noirceur qu’elles projettent sur ce tissu lumineux. L’atmosphère est inouïe.

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    Le 1000 Nights Camp, le lieu dont tu n’aurais osé rêver camp désert oman nuit désert oman

    Ma sœur et moi nous réveillerons à l’aube pour escalader la dune et voir la lumière inonder le désert. C’était un moment de pure magie. Seules, dans le silence du Wahiba Sands. C’était exactement ce dont je rêvais. Le calme et l’immensité.

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    Ce n’est qu’à la lumière du jour que je comprendrais vraiment à quel point ce camp est étrange et inouï.
    Des oryx, des impalas et des chameaux entourent les bâtiments aux allures de fort médiéval. Deux dunes immenses encadrent le camp, situé dans une espèce de vallée entre les murailles de sable. L’eau de la piscine est d’un vert surnaturel, et je pense aux films des années 50, où des stars hollywoodiennes déchues viennent faire des overdoses au milieu de nulle part. Mais il n’y a pas de tapage et de vedettes intoxiquées. Juste d’autres touristes émerveillés par l’étrangeté, l’exotisme de cet endroit loin de tout. Le restaurant a des airs de caverne d’Ali Baba. J’ai l’impression d’avoir réveillé le génie de la lampe.

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    1000 Nights Camp, au coeur du désert.
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    Les niveaux de confort au 1000 Nights Camp sont très variables, de la rustique « Tente Arabe » (vraiment rudimentaire) aux maisons « Ameer » et « Maisons de sable », en dur et très luxueuses. Nous avons dormi dans l’option intermédiaire : la tente « Sheikh », en toile, mais avec une salle de bain en dur… sans toit et sans eau chaude. Etrangeté de cette douche à ciel ouvert au milieu du désert. Ma tête se remplit d’images qui ressemblent à des extraits de film. Oui, ce lieu est hollywoodien. Et je vous le recommande.

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    Ma salle de bain !

    1000 Nights Camp, nuit à partir de 80 euros (tente arabe), 150 pour la tente Sheikh. Au retour, nous retrouverons notre chemin sans problème, et ferons regonfler les pneus à la sortie du désert pour quelques rials.

    Le plus beau cinq étoiles d’Oman ? Alila Jabal Akhdar, enchantement sur grand canyon

    C’était la folie de ce séjour, la nuit hors de prix, mais impossible à regretter. Partout, j’entendais parler de l’Alila Jabal Akhdar comme d’un hôtel inouï, rare, à découvrir absolument. Un 5 étoiles d’un luxe infini, mais sans ostentation, sans aucun bling-bling, inscrit dans la plus pure tradition omanaise. La pierre, le bois, l’eau qui coule, les lampes ouvragées et les tissus précieux dessinaient une oasis au milieu de la montagne, s’intégrant harmonieusement dans le décor millénaire du grand canyon du Moyen Orient. Au bord du vide, émergeant d’un réseau de falaj et de fontaines, la piscine à débordement vous faisait flotter à fleur de falaise.
    Et en effet – ce fut un des plus beaux hôtels de ma vie.

    alila jabal akhdar plus bel hôtel d'oman
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    Fabuleuse piscine sur grand canyon.
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    Un décor profondément apaisant.
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    La route de montagne menant à l’Alila, autorisée aux 4×4 seulement en raison de la raideur de la pente, était un premier enchantement. Nous avions l’impression de nous préparer à un alunissage. Puis l’Alila surgit dans son décor minéral et intriqué, comme sculpté dans la matière même de l’ombre et de la lumière, et le miracle opère. Je pensais à Space oddity, cette chanson de David Bowie que j’aime tellement : « Far above the world… » L’Alila propose des cours de yoga, de méditation, des massages relaxants, et cela ne m’étonne pas du tout – moi qui avoue n’avoir aucune sensibilité aux spiritualités orientales, je me suis dit que si un lieu devait ouvrir mes chakras, ça serait bien celui-ci.

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    Sur la route montant vers l’Alila.
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    Le canyon.
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    Parce que vous êtes au cœur de la montagne, au milieu de nulle part, l’hôtel vous propose automatiquement la demi-pension le soir. Etant folle des spécialités de cette région du monde, j’attendais avec impatience le repas… J’ose à peine l’écrire (par peur de vexer ma grand-mère d’origine libanaise qui cuisine divinement !), mais ce dîner était juste le meilleur de ma vie. La perfection culinaire absolue, tout en fraîcheur, créativité et respect absolu de la tradition moyen-orientale.
    Bref, cet hôtel est une merveille absolue, et j’aurais voulu y passer deux semaines.

    Alila Jabal Akhdar, autour de 350 euros la nuit avec dîner et petit-déjeuner.

    Ras al Jinz, la réserve des tortues

    C’est la pointe orientale de la péninsule, le premier endroit où le jour vient éclairer le monde arabe. Et c’est aussi le pays des tortues. Toute la région de Sour joue sur la présence des tortues vertes marines, qui viennent pondre sur les plages. Cela peut être assez déconcertant au début, car d’autres lieux, comme Ras al Hadd, jouent de façon assez mensongère sur la présence potentielle des tortues sur leurs littoraux. Ne vous faites pas avoir. En réalité, il n’y a qu’un seul endroit où vos chances d’observer des tortues sont très hautes : la réserve de Ras al Jinz, à environ 40 minutes de route au sud de Sour.
    L’hôtel, qui s’appelle tout simplement Ras Al Jinz Turtle Reserve, ressemble à une carapace de tortue posée au milieu de nulle part. Aucun autre bâtiment ne l’entoure, les villages côtiers sont loin, de nouveau le sentiment de solitude est impressionnant. La plage, sublime avec ses formations rocheuses qui me rappellent l’Algarve, est à une dizaine de minutes de marche dans une vaste étendue sablonneuse aux airs de no man’s land. A Oman, on s’habitue vite à être seul dans des terrains immenses et majestueux.

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    Lever du jour sur la sublime plage de Ras al Jinz.
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    L’hôtel vu depuis la plage.
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    Ras al Jinz, outre son centre de recherche, propose un passionnant musée des tortues et surtout, des visites sur la plage des tortues, le soir autour de 22h et le matin autour de 5h du matin. Elles sont comprises dans le prix de la chambre pour les clients de l’hôtel, payantes pour les visiteurs extérieurs – mais étant donné l’isolement de l’hôtel, loin de tout, je vous conseille vraiment de dormir sur place si vous voulez voir les tortues. Je n’aurais pas eu envie de subir 30 minutes de route à 4h30 du matin.
    Les tortues pondent toute l’année, mais je sais que début décembre, nous sommes un peu dans la saison creuse. Nos chances sont relativement plus faibles. Mais le site est tellement exceptionnel que nous ne serons pas déçus : à la visite du soir, nous verrons trois tortues déposer leurs œufs dans le sable. L’effort colossal fourni par ces créatures miraculeuses et fragiles me touche profondément.

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    La ponte des tortues dans le noir.
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    La ponte des tortues en gros plan, alias Alien ! (Bonjour, photo à 16 000 ISO !)

    Le lendemain matin, la visite de 5h du matin est annulée : les tortues ne sont pas au rendez-vous. Je me bénis d’être allée à celle du soir. Mais je décide d’aller malgré tout sur la plage, pour assister au lever du soleil. Et c’est là que je vois un spectacle qui me brise le cœur. Les mouettes déterrent les œufs pondus par la tortue au prix de peines inouïes et dévorent les embryons. La plage est un cimetière de bébés tortues. Ce ne sont pas les humains qui sont en cause. Ce sont les mouettes, et les crabes. Il paraît que seul un bébé sur cent survivra. Malgré la splendeur du paysage, de ces monolithes dorés baignés par l’écume de l’océan Indien, j’en ai les larmes aux yeux.
    Je ne suis pas experte en matière de conservation animale. Mais je ne peux pas m’empêcher de me demander pourquoi les scientifiques ne viennent pas ramasser les œufs, afin de faire éclore les bébés à l’abri. Apparemment, ils le font parfois – je verrai des bébés tortues au centre de recherche, qui venaient de naître et devaient être relâchés à la nuit, pour minimiser les risques d’attaque par les prédateurs. Mais je me dis que tant de choses s’opposent à la survie des tortues… et j’espère vraiment que les générations suivantes continueront de pouvoir les admirer.

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    Les oeufs sont déterrés et dévorés.
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    Cimetière…
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    J’espère que ces bébés survivront…

    A propos de l’hôtel de la réserve Ras al Jinz, quelque chose d’important à savoir : L’hôtel est simple, mais propre, confortable, bien chauffé, d’un standing tout à fait correct, les chambres sont agréables et on y dort bien. MAIS il faut éviter un piège. A consulter le site, on a l’impression que les « tentes éco de luxe » (pour 218 euros la nuit) sont plus haut de gamme que les « chambres standard carapace » (155 euros). Surtout, ne croyez pas avoir mieux en prenant la tente éco de luxe, restez sur la chambre carapace. La tente est située à plus de 600 mètres de l’hôtel (ce qui signifie que vous avez 1,2 km à parcourir pour aller à la visite des tortues, au dîner ou au petit déjeuner…), au milieu de nulle part, sans vue mer, et a des murs de toile qui la rendent beaucoup plus froide et moins confortable. Aucun intérêt de payer beaucoup plus cher pour avoir beaucoup moins bien. Nous avions réservé une tente, et demandé à changer pour une chambre carapace située dans le bâtiment principal – heureusement, il en restait une.

    Le Shangri La Barr Al Jissah de Mascate, magnifique escapade balnéaire

    Il est considéré comme l’un des plus beaux hôtels de Mascate, et j’en garde un souvenir impérissable. A quelques encablures de la célèbre corniche et des majestueux « fjords d’Arabie » qui caractérisent la côte nord de Mascate, le Shangri La jouit d’un décor unique, sur une des plus belles baies d’Oman. Encadré par des falaises de roche dorée, dans un amphithéâtre minéral impressionnant, l’hôtel déploie sa plage magnifique, ses piscines et rivières artificielles dans un jardin édénique, au milieu des palmiers et des bougainvilliers. L’architecture est saisissante et convoque tout l’imaginaire exotique de l’Arabie rêvée, et le lieu, préservé, unique, invite aussitôt au bien-être en bord de mer. C’est un hôtel à la fois romantique et familial, avec tout le luxe qu’on attend d’un Shangri La. Nous y avons fini notre séjour en beauté…

    réserve tortues oman ras al jinz hotel
    Le sublime Shangri La deMascate.
    shangri la mascate
    Entre la corniche et l’hôtel, le paysage sublime des « fjords d’Arabie ».
    shangri la mascate
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    shangri la mascate
    Le Shangri La organise régulièrement des soirées omanaises avec artisans, chants, danses et présentation des chameaux… Touristique ? Evidemment, mais magnifiquement réalisé. 

    Shangri-La Barr Al Jissah Resort & Spa, à partir de 200 euros/nuit en chambre double. Piscines, toboggans, rivière à courant, salle de fitness et cours de sport, spa, plusieurs restaurants délicieux et un bar rooftop.

    J’ai choisi d’organiser moi-même mon voyage à Oman, en louant un 4×4 (obligatoire pour accéder au désert et à la route de montagne) et en réservant mes hôtels individuellement, car j’avais une idée très précise de l’itinéraire désiré. Mais si vous êtes à la recherche d’une solution plus reposante et moins chère, avec un séjour ou un circuit tout inclus à un tarif intéressant, regardez les propositions de voyage à Oman avec Fram.

    Ici s’achève le récit de mon merveilleux voyage à Oman. Rendez-vous très bientôt pour des aventures alpines et polaires. Inscrivez-vous à la newsletter pour ne rien manquer ?

    Une nuit dans le désert à Oman ? Récit et conseils pour choisir votre camp dans le désert du Wahiba Sands à #Oman.
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  • Oman, fabuleux pays des 1001 nuits

    Les plus beaux paysages d’Oman

    Un voyage à Oman ? Voici les plus beaux paysages d’Oman et les incontournables en une semaine dans le sultanat.
    Oman fut pour moi un éblouissement. C’était comme si j’avais plongé tête la première dans le bain de mes fantasmes orientalistes, et que j’avais trouvé le Moyen-Orient éternel, celui des tapis volants, des lampes aux génies et des croissants de lune venant embrasser les dunes immenses. Sinbad, Aladdin et les autres héros des Mille et une nuits semblaient tous entrer dans mon rêve, et ce fut un des mes plus beaux voyages, un enchantement sans nuages, entre désert, minarets, plages et palmeraies. Le sultanat d’Oman, joyau du Moyen Orient, n’attend que vous et vous foudroiera en plein cœur. Laissez-moi vous raconter les merveilles de ce pays infiniment varié et souriant, vous dire mes coups de cœur et mes plus beaux paysages au fil d’une semaine à Oman.

    Les plus beaux paysages d'Oman : mes incontournables pour organiser votre voyage à Oman, la perle du Moyen Orient.
    Oman, pays féerique.Plus beaux paysages Oman

    Et retrouvez en fin d’article un carnet pratique afin de vous aider à organiser votre voyage à Oman.

    Les plus beaux paysages d'Oman : mes incontournables pour organiser votre voyage à Oman, la perle du Moyen Orient.
    Poussez la porte d’un monde enchanteur…

    Oman, le pays qui vous fera aimer le Moyen-Orient
    oman danger tourisme – oman dangereux ? – est-ce dangereux de voyager à Oman

    J’ai toujours aimé voyager dans le monde arabe. Il y a sans aucun doute chez moi une prédisposition génétique et familiale  à adorer les falafels, le couscous et les chameaux, mais au-delà de ce terrain propice, j’ai toujours aimé ce qu’on appelle l’arc désertique courant du Sahara aux sables d’Arabie, avec ses forts, ses oasis, ses palmeraies, ses bijoux finement ouvragés. J’aime la douceur solennelle de ces pays où on s’abrite du soleil à son zénith au bord des fontaines et à l’ombre des jardins, où la lumière des lampes ouvragées et l’immensité du désert remplit la nuit d’étoiles, où les mosquées colorées semblent répondre à la lune, et où on sait vraiment ce que l’hospitalité veut dire. On dit que c’est un héritage de l’époque nomade, quand des caravanes traversaient les océans de sable brûlant : fermer sa porte à un voyageur égaré, c’était le condamner à mort. Mais l’explication ne me suffit pas totalement, car il y a une nuance entre sauver quelqu’un de la mort et lui offrir son poids en thé à la menthe et en pâtisseries sucrées. Je crois qu’une profonde culture de la sociabilité et une authentique gentillesse entrent aussi en jeu. Toujours est-il que je pars toujours avec joie dans le monde arabe, et que depuis ma visite de l’oasis d’Al Ain aux Emirats Arabes Unis, je rêvais d’Oman : tout le monde m’avait dit, « si tu as aimé Al Ain, va à Oman, tu seras aux anges ».

    Les plus beaux paysages d'Oman : mes incontournables pour organiser votre voyage à Oman, la perle du Moyen Orient.
    Au coeur du Wahiba Sands.

    Mais je ressens souvent un décalage entre mon enthousiasme et les réactions de mes interlocuteurs quand j’évoque mes destinations moyen-orientales, à croire que je vais apprendre à confectionner des bombes en burqa grillagée dans un terrain vague. « Mais qu’est-ce qu’il y a à voir là-bas ? Ça n’est pas dangereux ? Pourquoi tu vas dans un coin pareil ? Tu seras voilée ? Tu auras le droit de conduire ? Y a Daesh ? ». Trop de préjugés et d’incompréhensions dissuadent encore beaucoup de touristes français de visiter cette région du monde. Mais si vous êtes curieux, sachez qu’Oman est véritablement le pays qui vous fera aimer le Moyen-Orient.
    Epargné par tous les orages politiques et religieux, Oman est un havre de paix, où rien ne vous menace. Parfaitement sûr, absolument chaleureux et accueillant, c’est un pays où une femme non accompagnée peut faire un road trip en solo sans craindre pour sa sécurité, où on ne vous traitera qu’avec respect et gentillesse, et où vous serez profondément touché par l’amabilité sans arrière-pensée de tous ceux que vous croiserez. Dans les villages, les automobilistes vous feront un petit signe de la main pour vous saluer, les enfants (parfaitement bilingues anglais-arabe) vous diront « Welcome to Oman ! », les gens viendront vous parler sans avoir quoi que ce soit à vous vendre (ils sont souvent plus riches que vous, dans ce pays où l’or noir assure la prospérité), mais juste pour s’assurer que votre voyage se passe bien, que vous n’avez besoin de rien et que leur pays vous plaît. Et si vous leur dites combien ce voyage est agréable et combien les paysages d’Oman sont beaux, vous verrez d’immenses sourires de fierté tranquille. Croyez-moi, allez-y. Non seulement vous ne risquez rien, mais vous serez heureux et ébloui.

    Les plus beaux paysages d'Oman : mes incontournables pour organiser votre voyage à Oman, la perle du Moyen Orient.
    Le voile sur les cheveux : seulement dans les mosquées. Oman est un pays sûr, chaleureux et respectueux, où vous pouvez voyager sans risque. (Ici, je ne suis pas dans une mosquée, mais au fort de Nizwa. Le voile n’était pas nécessaire, je l’ai mis pour me protéger du soleil !)

     

    Les plus beaux paysages d'Oman : mes incontournables pour organiser votre voyage à Oman, la perle du Moyen Orient.
    A une station service, un gamin passe la tête par la fenêtre de notre voiture et nous demande « Where are you from ? » Trois secondes plus tard, tous ses copains viennent nous parler et demandent à être pris en photo. C’était une scène géniale, chaleureuse et douce, mais je n’aime pas publier les photos des enfants sur Internet – je vous mets donc seulement cette photo de dos.

    Oman, une diversité de paysages extraordinaires
    les plus beaux paysages d’oman

    Ce pays a tout : les villes et villages, les déserts et les chaos rocheux, les oasis et les palmeraies, les plages et les wadis. La beauté et la variété des paysages d’Oman séduira même un voyageur blasé. Je crois que les trois plus beaux moments pour moi furent la ponte des tortues marines à Ras al Jinz, le lever de soleil sur les dunes à Wahiba Sands, et la beauté biblique du Wadi Shab. Par sa beauté préservée, son authenticité, son environnement d’une diversité rare, Oman est émotionnellement intense – c’est un pays qui fait battre le cœur et vous remplit les yeux d’inoubliable.

    Les plus beaux paysages d'Oman : mes incontournables pour organiser votre voyage à Oman, la perle du Moyen Orient.
    Ma petite soeur chérie dans les dunes du Wahiba Sands.
    Les plus beaux paysages d'Oman : mes incontournables pour organiser votre voyage à Oman, la perle du Moyen Orient.
    Lever de soleil sur les falaises de Ras al Jinz, une des plus belles plages d’Oman
    Les plus beaux paysages d'Oman : mes incontournables pour organiser votre voyage à Oman, la perle du Moyen Orient.
    Le Wadi Bani Khalid, oasis de verdure.

    Au nord, ce sont les villes et villages de ce sultanat riche d’une histoire millénaire, qui fut autrefois à la tête d’un empire s’étendant jusqu’à Zanzibar, et qui connaît depuis les années 1970 un profond renouveau culturel, économique et politique. Mascate, Nizwa, Sour, sont autant de villes superbes et profondément authentiques. Contrairement à Dubaï, Oman a l’argent du pétrole discret et a refusé les gratte-ciels et la mégalomanie urbaine. Le sultan Qaabos a tenu à ce que le pays ne change pas de visage. Ce sont des villes basses, avec des murs en pisé et des jardins fleuris, des mosquées et de vieilles places, fidèles à l’image de l’Arabie éternelle. Seul le lustre de la grande mosquée trahit combien le sultanat est riche !

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    Le lustre Svarovski de la grande mosquée de Mascate : 8 tonnes de cristal et de métal !

     

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    Une femme nourrit les mouettes sur la corniche de Mascate. C’est un quartier très traditionnel, où on trouve les souks et beaucoup de petits restaurants, et où on ressent vraiment l’atmosphère de la vieille Arabie.

     

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    Des enfants jouent au foot sur la plage de Sour.

     

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    Petit chat interloqué au milieu des chèvres. Parce qu’elles sont rustiques et se contentent de peu, les chèvres sont très appréciées dans les pays arides de l’arc désertique. Quant aux chats, ils sont plusieurs fois mentionnés en bien dans le Coran (on dit que Mahomet aurait préféré ne pas prendre ses vêtements posés sur une chaise que de réveiller sa chatte Muezza), et sont très appréciés dans le monde arabe.

    Mascate, la ville idéale du sultan Qaboos

    Depuis son arrivée au pouvoir en 1970, le sultan Qaboos a fait de Mascate sa ville vitrine, prospère et lumineuse, qui abrite un sublime opéra et le musée national omanais.
    J’ai adoré marcher le long de la corniche, face au vieux port de Mascate, dans une nuée de mouettes, et me plonger dans les anciens souks de la ville.
    J’ai été marquée par la beauté blanche du palais du sultan, où des rolliers indiens multicolores s’élançaient des tours blanches.

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    Rollier indien devant le palais du sultan. (Confession : j’ai passé la semaine à essayer de choper une photo de ces rolliers d’un bleu vif, qui sont omniprésents à Oman. J’ai réussi le dernier jour – photo à 1/4000e de seconde !)

     

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    Souks de Mascate.

    Mais le chef d’œuvre de Mascate, c’est la grande mosquée Sultan Qaboos, accessible à tous et dont l’architecture même signifie l’ouverture, le passage. Le blanc éclatant des tours reflète toute la lumière, les arches immenses donnent sur les quatre points cardinaux, et dans les jardins délicats, les plantes se mêlent aux fleurs des mosaïques. La grande mosquée se veut symbole d’harmonie. Oman cultive un islam ibadiste, qui se veut porteur d’unité et de tolérance – sunnites et chiites cohabitent au sein du sultanat, ainsi que des chrétiens et des hindous. La loi omanaise interdit formellement la propagande religieuse agressive : un prédicateur qui pointerait du doigt telle ou telle religion serait immédiatement inquiété.

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    Sublime mosquée Sultan Qaboos.

     

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    Des portes ouvertes sur les quatre points cardinaux.

    Les forts d’Oman

    Avant même la période islamique, les Omanais construisaient des forts dans le désert, rénovés et préservés jusqu’à aujourd’hui. Ces forts sont un emblème du pays, avec le célèbre poignard recourbé qu’on nomme khanjar. Tous sont d’une grande beauté et impressionnent par leur hauteur et leur ampleur. Dans tous les forts, les pièces à vivre et les salles de lecture coranique côtoient les magasins de munitions et les granges de stockage de la nourriture. Au sommet des tours crénelées, la vue porte jusqu’à l’horizon.
    J’ai vu le fort de Nakhal, dont j’ai adoré la situation idyllique, au cœur d’une palmeraie dont il émerge comme une île au milieu d’un océan de verdure.
    J’ai été captivée par l’immense fort de Nizwa, l’ancienne capitale omanaise, qui est l’endroit où j’ai le mieux ressenti le vieux cœur d’Oman.
    En un voyage d’une semaine, il a fallu faire des choix, mais j’aurais aussi aimé voir ceux de Bahla et de Jibreen, qu’on dit superbes.

    Magnifique fort de Nizwa, l’ancienne capitale du sultanat.

     

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    Au pied du fort de Nizwa, les étals. C’est un des rares endroits à Oman où la dimension touristique est plus développée, car le fort sublime attire beaucoup de monde, ce qui n’enlève rien au charme de la ville et à son authenticité.

     

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    Fort de Nakhal.

     

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    Nakhal et sa palmeraie.

     

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    Beauté des portes arabes.

    Les vieux villages en pisé

    Les montagnes d’Oman, le Jebel Akhdar et le Jebel Shams, regorgent de vieux villages en pisé qui semblent tout droit sortis d’un décor de film, où les falaj perpétuent un système d’irrigation ancestral et font courir de minuscules canaux au milieu des palmiers et dattiers. J’ai souvent pensé à la sublime route de Ouarzazate au Maroc. On m’avait dit que Birkat al Mouz et Misfat al Abriyyin étaient les plus beaux villages du pays. Je n’ai vu que Birkat al Mouz, et j’ai adoré me perdre dans la palmeraie, suivre les canaux au cœur du vieux village, déambuler dans les rues étroites et élevées. Depuis des siècles, les falaj irriguent les palmeraies d’Arabie, préservés avec soin et minutie par chaque génération. Ce sont des veines de vie au cœur de l’aridité et j’ai aimé suivre la fraîcheur de leur pouls.
    Car Oman n’est pas que désert et roche, loin de là – le sultanat vous réserve des oasis de verdure étonnants.

    Les plus beaux paysages d'Oman : mes incontournables pour organiser votre voyage à Oman, la perle du Moyen Orient.
    Birkat al Mouz, au pied du Jebel Akhdar, une des deux grandes chaînes montagneuses d’Oman.

     

    Les plus beaux paysages d'Oman : mes incontournables pour organiser votre voyage à Oman, la perle du Moyen Orient.
    Dans la palmeraie de Birkat al Mouz.

     

    Les plus beaux paysages d'Oman : mes incontournables pour organiser votre voyage à Oman, la perle du Moyen Orient.
    Une fraîcheur étonnante émane des palmeraies, les frondaisons protègent de la fournaise.

     

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    Les plus beaux paysages d'Oman : mes incontournables pour organiser votre voyage à Oman, la perle du Moyen Orient.
    Sur les hauteurs du village traversé par les falaj.

     

    Les plus beaux paysages d'Oman : mes incontournables pour organiser votre voyage à Oman, la perle du Moyen Orient.
    A Birkat al Mouz, nous avons bifurqué vers la montagne : le Jebel Akhdar et son grand canyon du Moyen Orient. Je vous reparlerai de cette nuit magique au dessus du canyon dans le prochain article.

    Les wadis, les canyons d’eau douce d’Oman
    plus beaux paysages d’Oman

    Ils constituent peut-être le paysage le plus typique et le plus beau d’Oman : les wadis, ces canyons ouverts au cœur de la roche, où l’eau douce forme des rivières, sculpte des formes étranges, et crée des piscines où les Omanais adorent venir nager. Si vous partez en voyage à Oman, surtout, visitez les wadis, ces havres de verdure et de sérénité où la géologie se fait artiste.

    Les plus beaux paysages d'Oman : mes incontournables pour organiser votre voyage à Oman, la perle du Moyen Orient.
    Le Wadi Bani Khalid.

    Les wadis omanais, c’est un étrange télescopage : vous penserez au Far West, et à la Bible. Imaginez Moïse au fond du grand canyon, et cela vous donnera une petite idée.
    On pense au Far West, parce que la roche est rouge, et les canyons profonds, comme dans les « narrows » de Zion dans l’Ouest américain, et qu’on s’attend presque à voir surgir les cow-boys dans ce décor moyen-oriental.
    Et on pense à la Bible, parce que ce sont des paysages éternels et idylliques, adoucis par l’eau qui coule, cousus de rivières vertes, de papyrus, de palmiers à l’ombre généreuse, et que cela rappelle toute l’iconographie de l’Ancien testament – enfants trouvés dans des roseaux, fleuves nourriciers, sentiment d’éternité immobile. Je voyais de vieux messieurs ramasser des dattes dans leur habit ancien, et je n’aurais pas été surprise qu’ils soient des prophètes ou des apôtres. J’étais à deux doigts de chanter les Dix commandements.

    Les plus beaux paysages d'Oman : mes incontournables pour organiser votre voyage à Oman, la perle du Moyen Orient.
    Cherchez un enfant sauvé des eaux.

    Petit point pratique : pour explorer les wadis, il vous faudra des baskets que vous ne craignez pas de mouiller. N’y allez surtout pas pieds nus ou en tongs : il vous faudra remonter le lit de rivières caillouteuses. En baskets ne craignant pas l’eau, vous serez à l’aise. Et enfin, point sécurité essentiel : ne vous aventurez jamais dans le lit d’un wadi si le temps est incertain. Tout nuage de pluie potentiel devrait vous faire renoncer. Les noyades causées par la montée soudaine des eaux et ce qu’on appelle les « flash floods » (inondations éclair, des torrents de boue furieuse qui se déversent tout à coup dans la gorge) sont la première cause de mortalité accidentelle à Oman.

    Les plus beaux paysages d'Oman : mes incontournables pour organiser votre voyage à Oman, la perle du Moyen Orient.
    Wadi Bani Khalid

    Les wadis sont innombrables, mais après une longue hésitation et la comparaison frénétique des photos trouvées sur le net, j’ai trouvé que deux d’entre eux sortaient du lot et méritaient le titre de plus beaux wadis d’Oman : le Wadi Bani Khalid et le Wadi Shab.

    Le Wadi Bani Khalid s’ouvre sur un paysage presque tropical, une petite île au milieu d’un lac turquoise, avant de se rétrécir sur une gorge blanche où s’enchaînent les piscines naturelles. J’ai adoré remonter le wadi au milieu des murs de calcaire, dans une eau chaude et transparente.

    Les plus beaux paysages d'Oman : mes incontournables pour organiser votre voyage à Oman, la perle du Moyen Orient.
    Merveilleux Wadi Bani Khalid.

    Le Wadi Shab est ce que j’ai trouvé de plus beau à Oman. Et je regrette d’avoir peu de photos à la hauteur de l’endroit : ayant craint de devoir passer par des passages immergés dès le début de la randonnée, je n’avais pris que mon Olympus étanche, et non mon cher Canon (au double sens sentimental et pécunier). En réalité, toute la première partie de la randonnée se fait à sec, après avoir traversé en bateau un bras d’eau pour quelques rials. Vous remontez dans une gorge rouge absolument spectaculaire jusqu’à une zone de baignade. Le paysage est d’une beauté sidérante, et cela reste mon plus beau souvenir d’Oman (parmi une collection de merveilles).

    Les plus beaux paysages d'Oman : mes incontournables pour organiser votre voyage à Oman, la perle du Moyen Orient.
    Wadi Shab, un enchantement.

     

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    Au bout d’une heure environ, vous arrivez à un réseau de piscines. A cet endroit-là, il vous faudra vous mouiller entièrement et nager pour continuer : en quinze minutes de nage environ, on atteint une fabuleuse grotte aquatique où les Omanais adorent jouer à Indiana Jones.

    Les plus beaux paysages d'Oman : mes incontournables pour organiser votre voyage à Oman, la perle du Moyen Orient.
    La grotte du Wadi Shab.

    Les déserts d’Oman

    Pointe de la péninsule arabique, ce territoire ardent et minéral, le sultanat compte trois déserts importants.

    Le plus célèbre de tous est le Wahiba Sands. C’est le désert le plus apprécié des Omanais et des touristes, le plus accessible – mais ne vous y trompez pas, il est gigantesque et il est tout à fait possible de s’y perdre en cas d’imprudence. C’est un immense désert de sable doré, qui prend une teinte rose au lever et au coucher du soleil. C’est là qu’on trouve les camps et les activités touristiques.

    Le désert d’Al Khaluf, souvent appelé « sugar dunes », est situé beaucoup, beaucoup plus au sud du pays, et ne sera visité que par les voyageurs partis sur un long circuit de 15 jours. J’aurais adoré pouvoir l’inclure à mon itinéraire, mais cela est impossible en une semaine. Ce sont des dunes de sable très fin et blanc, comme du sucre, au bord de l’océan indien – beaucoup disent que c’est un des plus beaux déserts du monde.

    Enfin, le Rub al-Khali ou « quartier vide » est l’immense, terrifiant désert qui couvre la partie Ouest d’Oman, le sud des Emirats Arabes Unis, et une large partie de l’Arabie saoudite. C’est ce que Wilfred Thesinger appelait « Le désert des déserts », radical, inhospitalier, celui que ne traversent que les fous ou les désespérés. Je vous recommande vivement son récit de cette traversée qui a failli le tuer. Mais je vous déconseille d’y aller. Ce n’est pas un désert touristique, ni même habité. C’est le vide et la mort.

    Nous avons passé une nuit dans un camp au cœur du Wahiba Sands, vu les étoiles par milliers la nuit et le soleil se lever sur les dunes dans le silence du matin. C’est le genre de moment de plénitude profonde qui vous rappelle pourquoi vous voyagez, et je vous en parlerai plus dans le prochain article.

    Les plus beaux paysages d'Oman : un voyage d'une semaine à Oman est une plongée dans les 10001 nuits.
    Lever de soleil au Wahiba Sands avec ma petite soeur.

     

    Les plus beaux paysages d'Oman : mes incontournables pour organiser votre voyage à Oman, la perle du Moyen Orient.
    Lever de soleil au Wahiba Sands : l’or se fait rose.

     

    Les plus beaux paysages d'Oman : mes incontournables pour organiser votre voyage à Oman, la perle du Moyen Orient.
    Ma soeur au coeur du désert…

    Sour et Ras al Jinz : le matin du monde

    La région de Sour constitue l’extrême Est de la péninsule arabique, et revêt une symbolique mystique puissante depuis des siècles : c’est le premier endroit où le soleil touche le monde arabe, comme une nouvelle création chaque matin.

    A Sour, l’ancien cœur maritime du sultanat, flottent encore les fantômes des aventuriers et des parfums d’ailleurs. C’est le dernier endroit où on fabrique aujourd’hui encore les dhows, ou boutres, ces bateaux typiques de la péninsule arabique, avec lesquels les marchands ramenaient les épices et les étoffes d’Inde ou de Zanzibar. Sur la longue plage de Sour, les gamins jouent au foot, et sous le pont, le chantier naval permet de voir la perpétuation de cette très vieille tradition maritime. On verra les artisans courber et clouer les planches qui forment la cale des boutres, et le ballet des bateaux achevés sur le canal qui mène à la mer. J’ai eu envie de suivre le sillage d’écume du légendaire Sinbad le marin, qui serait né quelque part sur cette côte…

    Les plus beaux paysages d'Oman : mes incontournables pour organiser votre voyage à Oman, la perle du Moyen Orient.
    Sour
    Les plus beaux paysages d'Oman : mes incontournables pour organiser votre voyage à Oman, la perle du Moyen Orient.
    Ras al Hadd, près de Sour.
    Les plus beaux paysages d'Oman : mes incontournables pour organiser votre voyage à Oman, la perle du Moyen Orient.
    Sour le soir.

    A vingt kilomètres au sud de Sour, la plage de Ras al Jinz est considérée comme l’une des plus belles d’Oman. Ras al Jinz est une réserve naturelle et l’un des plus importants sites de ponte des tortues marines au monde. Là encore, c’est quelque chose dont je vous reparlerai dans mon prochain article, mais voir les tortues pondre dans la nuit à Ras al Jinz restera une des plus belles expériences de voyage de ma vie. J’y suis revenue à ce lever du soleil au goût de naissance du monde, seule face aux vagues tièdes de l’Océan Indien, et je me suis dit que j’avais beaucoup de chance.

    Les plus beaux paysages d'Oman : mes incontournables pour organiser votre voyage à Oman, la perle du Moyen Orient.
    Ras al Jinz au lever du jour.

     

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    Les plus beaux paysages d'Oman : mes incontournables pour organiser votre voyage à Oman, la perle du Moyen Orient.
    Matin du monde.

     

    Les plus beaux paysages d'Oman : mes incontournables pour organiser votre voyage à Oman, la perle du Moyen Orient.
    Ponte de tortue la nuit à Ras al Jinz.

    Petit carnet pratique : organiser votre voyage à Oman

    Aller à Oman

    Vol direct Paris-Mascate avec Oman Air. J’avais eu mon billet à 450 euros l’AR, il est apparemment possible de descendre encore en dessous, jusqu’à 400.

    Voyage à Oman : en quelle saison ? Oman en hiver Oman en été

    En y allant en décembre, nous étions dans la période idéale : 20-25 degrés (beaucoup moins dans la montagne et le désert où nous avons sorti les blousons et pulls la nuit, attention !), saison sèche, beau temps. Oman est une destination d’hiver parfaite. Décembre-février sont considérés comme la meilleure période pour aller à Oman. A partir de fin mars, les températures montent, et peuvent atteindre 50 degrés au coeur de l’été. De plus, l’été est aussi la période de la mousson au sud du pays (zone tropicale), et le début de l’automne, la saison où le risque de pluie dans les wadis est le plus élevé. Bref, je vous recommande vraiment de tabler sur l’hiver !

    Combien de temps pour un voyage à Oman ?

    Minimum une semaine pour voir le Nord où se concentrent les principales attractions touristiques : la plupart des voyageurs feront un triangle entre Mascate, Sour et Nizwa, avec des crochets par le désert de Wahiba Sands et les wadis. Une semaine a été un tout petit peu juste pour nous, et j’aurais préféré avoir dix jours.
    Si vous voulez descendre plus au sud, voir les dunes d’Al-Khaluf et la région tropicale et luxuriante de Salalah, prévoyez bien 15 jours, le pays est vaste. Je suis très tentée de revenir à Oman pour compléter mon itinéraire, et finir par un vol Mascate-Zanzibar…

    Voyage autonome à Oman : louer une voiture

    Si plusieurs agences proposent des voyages à Oman, il est tout à fait possible d’organiser son circuit soi-même. Oman est un pays sûr, les routes sont bien entretenues, et conduire ne pose aucun problème particulier. Je vous recommande de louer un 4×4, obligatoire dans le désert et dans la montagne où les routes sont en parfait état, mais très raides. Pour accéder au Jebel Akhdar, par exemple, des policiers contrôlaient l’accès à la route et ne laissaient passer que les 4×4.
    Cela me paraissait évident mais je le précise tout de même : bien sûr, une femme peut louer une voiture seule et la conduire – aucun problème !

    Organisation et budget

    Le tourisme à Oman est encore modérément développé, ce qui fait que les hébergements sont relativement peu nombreux. Je vous recommande vraiment de réserver vos hôtels ou guesthouses très, très à l’avance et de ne pas improviser, Oman n’est pas un pays dont les capacités d’accueil sont suffisantes pour accueillir des invités à l’improviste. J’ai réservé mes hébergements début août pour un voyage début décembre, hors vacances scolaires, et certains hébergements étaient déjà pleins. Mais toutefois, j’ai une bonne nouvelle pour les baroudeurs : à Oman, le fait de bivouaquer partout est autorisé. Ce qui limite le budget des aventuriers !
    Oman a un  niveau de vie élevé, et il faut préparer un certain budget si on souhaite dormir à l’hôtel. Mais l’option bivouac rend le pays accessibles aux voyageurs au budget plus serré. Certains postes sont moins chers que ce à quoi on pourrait s’attendre. De façon générale, j’ai trouvé que les hébergements étaient chers (mais nous avions tapé dans du haut de gamme), ainsi que la location de voiture, surtout qu’un 4×4 est vraiment recommandé, mais que la nourriture et l’essence étaient très abordables. La plupart des lieux sont en accès libre, à l’exception des forts, où il vous faudra payer un droit d’entrée.

    Oman : sécurité et mœurs oman danger voyage oman dangereux oman peut on y aller 

    Oman est-il un pays dangereux ? Non. Aucun trouble politique, civil ou religieux ne perturbe ce pays en paix, où le sultan est très apprécié et respecté. Comme beaucoup de pays du monde arabe, Oman est un état fort, avec une importante présence policière. La délinquance est quasiment inexistante.
    En raison de la guerre qui a lieu au Yémen, la frontière sud d’Oman est très surveillée – vous ne risquez rien à Salalah, mais la présence militaire importante vous dissuadera d’approcher trop du Yémen (ce qui serait de toute façon stupide…). Oman dangereux ? Voyage à Oman danger ?

    Comment s’habiller à Oman ? Oman est un pays conservateur, ce qui signifie que les femmes et les hommes s’habillent de façon discrète. J’insiste sur ce point : les hommes aussi. Ne vous dites pas « je suis un mec, ça va ». Pas de short et débardeur, vous seriez mal vus dans ce pays où les hommes portent de longues dishdashas (tuniques) et le kumma (petit chapeau rond brodé). A Oman, j’ai porté de longs pantalons de toile et des chemises à manche longues, de couleur claire – c’est la tenue que je recommande aux femmes comme aux hommes. Voyageuses, vous n’avez pas besoin de vous voiler les cheveux, sauf pour visiter la grande mosquée de Mascate.

    Se baigner à Oman : maillot de bain ou pas ? Dans les grands hôtels internationaux, le maillot de bain est normal et ne choquera personne. En revanche, pour ce qui est des plages et surtout des wadis (canyons remplis d’eau douce : les Omanais se baignent beaucoup plus dans les wadis que dans la mer), je vous recommande une tenue plus couvrante. Des panneaux vous rappellent d’ailleurs que vous êtes dans un pays traditionnel et que les Omanais n’ont pas l’habitude de voir beaucoup de peau. Moi qui suis accro aux fringues de sport Domyos, j’avais tout simplement pris un short et un tee shirt en fibre technique (qui sèche cinq fois plus vite que le coton, pour ne pas prendre froid), et j’ai combiné randonnée + baignade dans les wadis avec cette tenue.

    Quelques dernières photos…

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    Un magnifique guide de voyage pour découvrir Oman

    Connaissez-vous la collection Bibliothèque du Voyageur ? Ce sont des guides de voyage magnifiques, abondamment illustrés (vous le savez, je suis folle des guides dont l’iconographie est riche et soignée), qui proposent de véritables reportages sur la destination et sa culture et vous permettent de saisir l’âme du pays avant même d’avoir pu prendre l’avion. J’ai toujours admiré la qualité de ces ouvrages, et je suis ravie de pouvoir faire gagner à un lecteur ou une lectrice d’Itinera Magica un guide Bibliothèque du voyageur, « Oman & Emirats Arabes Unis », en partenariat avec les éditions Gallimard. Pour participer, rien de plus simple, il suffit de me laisser un commentaire sous cet article ! Tirage au sort dans une semaine. Edit : le tirage au sort a été effectué, le gagnant est Alexis Le petit explorateur – bravo ! 

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    Le guide à gagner cette semaine.

    Dans mon prochain article, toujours consacré à Oman, je vous parlerai plus en détail de nos étapes et d’hébergements luxueux ou insolites qui valent le détour.  Je vous raconterai notamment notre nuit dans le désert de Wahiba Sands, la rencontre avec les tortues à Ras al Jinz, la plus belle plage de Mascate et la nuit au-dessus du grand canyon d’Oman dans un cinq étoiles inoubliable. L’article suivant, ce seront les Dolomites à l’automne, explosion de couleurs et randos sublimes ! Abonnez-vous à la newsletter pour ne rien manquer ? Merci d’être là !

     

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  • Aventurière ou bourgeoise ? Comment je choisis mes voyages

    Tout projet de voyage est toujours un arbitrage entre l’évidence et l’audace. Partir à l’aventure dans des contrées périlleuses et inexplorées, ou revoir encore une fois Venise, Prague et Dubrovnik ? Etre le premier à dénicher l’endroit dont personne n’a jamais encore entendu parler, ou conforter la longue histoire d’amour que le public entretient avec des destinations aussi belles que rebattues ? Tout voyageur, et a fortiori, tout voyageur « professionnel » (blogueur ou journaliste) se pose forcément ces questions au moment de ficher une nouvelle épingle sur le planisphère. En quête de destinations inédites et de grands frissons, j’avoue pourtant être une exploratrice des beaux jours et des liaisons faciles, et je sais que mes envies d’aventure sont tempérées par mon besoin de confort. Voici comment je choisis mes voyages.

    Aventuriers, backpackers, tout-inclus… et moi, et moi ?

    Personne n’aime être mis dans une case. Notre grande prétention à l’individualité est paradoxalement le dénominateur commun auquel un grand nombre d’entre nous peuvent être réduits. Nous revendiquons le droit de tester différents styles de voyage, de passer du trek en solo au club balnéaire aux Caraïbes. Marie-Julie alias Technomade a écrit à ce sujet un billet, « Touriste et fière de l’être« , auquel je souscris totalement : elle assume d’apprécier autant des vacances à Disneyworld qu’un voyage d’exploration au Sénégal.

    Tendances tourisme : le tourisme d'aventure haut de gamme.
    D’ailleurs, j’adore moi aussi Disneyland Paris.

    Mais malgré cet éclectisme revendiqué, on peut observer au sein de la population des voyageurs en général plusieurs familles et tendances. La liste est très loin d’être exhaustive, mais voici quelques groupes bien distincts (et dont je respecte totalement les diverses aspirations).

    Il y a les backpackers, qui vont chercher à vivre un maximum d’aventures, multiplier les rencontres, et explorer un grand nombre de pays, à un coût le plus bas possible. Ils n’ont pas peur de subir douze heures de bus de nuit, partager un dortoir improbable, et manger de la street food un peu douteuse, s’ils peuvent économiser les quelques euros qui leur permettront de prolonger leur voyage. L’Asie du Sud Est est leur terrain de jeu préféré.

    Il y a les familles en tout-inclus, qui cherchent des vacances simples, confortables, à budget maîtrisé, où tout sera pris en charge et où ils pourront bénéficier d’une logistique bien calée pour se reposer. Ils vont apprécier les destinations balnéaires pas trop onéreuses avec de belles infrastructures touristiques, comme les Canaries, ou certains pays des Caraïbes tels que la République dominicaine.

    Tendances tourisme : le tourisme d'aventure haut de gamme.
    Rêver de douceur. (Ici en Guadeloupe.)

    Il y a les trekkeurs et les passionnés de l’outdoor, qui vont rechercher l’immersion dans la nature et le dépassement physique. Ils ne partent pas forcément très loin, mais ils cherchent l’extraordinaire de proximité : ils vont partir pour une randonnée glaciaire dans les Alpes, camper dans les Pyrénées, faire de la survie en forêt, s’attaquer au GR20 en Corse. Julien, alias Sentiers du Phoenix, incarne bien cette tendance et la théorise aussi.

    Il y a les aventuriers des destinations oubliées, ceux qui prennent des trains de trois jours pour des villes imprononçables, parlent un peu le russe, le chinois et l’arabe. Ils sont peu nombreux, mais éminemment respectés – bien qu’ils s’en foutent totalement, car ils revendiquent de ne pas être blogueurs professionnels, de voyager selon leur instinct et de refuser toute marchandisation. Je pense notamment à One Chaï et Histoires de tongs, mais aussi à mon amie La Lykorne Illettrée, dont le périple Pékin-Oulan Bator-Orkhon-Baikal au plein cœur de l’hiver dans des bus défoncés traversant la Sibérie à toute blinde m’a fascinée. Leurs aventures inspirent le rêve et forcent l’admiration – mais je doute que beaucoup de gens les suivent dans leurs chemins de traverse. On les lit avec bonheur, mais on hésite à emprunter leur sillage.

    Et il y a les gens comme moi, qui sont de plus en plus nombreux, et constituent un marché porteur. Il faut bien que je l’assume : je suis ce qu’on pourrait qualifier d’exploratrice bourgeoise. Une aventurière des beaux jours. Une voyageuse qui cherche en permanence à concilier ses rêves d’inouï, et son besoin de confort et de sécurité.

    Inédit, mais pas trop : l’aventure domestiquée

    Même s’ils s’en défendent parfois, les gens comme moi sont aussi une « famille » de voyageurs, et une niche marketing bien précise.

    Les gens comme moi lisent les récits d’aventure de Jack London ou de Sylvain Tesson, rêvent devant les vieux voiliers et les cartes du monde incomplètes de la Renaissance, ont des envies de neiges éternelles, de glaces immenses, de prairies peuplées d’animaux sauvages, de plages isolées et de déserts à perte de vue. Encore récemment, mon cher époux s’est moqué de ma passion pour les grands récits d’explorations des siècles passés. Les destins des Soresby cartographiant le Groenland, Humboldt explorant l’Amérique du Sud, Cook découvrant le Pacifique, ou Stevenson trépassant aux Samoas me fascinent. Les gens comme moi ont soif de magie et d’inouï. Ils veulent voyager de façon individuelle, surtout pas en bus de tour organisé.
    Mais ils n’ont pas envie de débarquer à un aéroport inconnu sans savoir où ils dormiront. Ils n’ont pas envie de bus déglingués, de coucous douteux, de dortoirs collectifs, de se sentir en danger ou d’être arnaqués, menés en bateau. Ils n’ont pas envie d’être à la merci de qui que ce soit. Ils veulent que les choses soient bien organisées, claires, sûres, avoir une chambre individuelle et un repas chaud.
    Ils veulent l’inédit, oui, mais quadrillé et confortable, bien balisé.

    L'Islande est le pays des cascades. Découvrez les plus belles cascades d'Islande sur le blog de voyage Itinera Magica.
    L’aventure facile : l’Islande.

    Les gens comme moi constituent typiquement le cœur de cible d’agences telles que Voyageurs du monde (version plus haut de gamme), Terre d’aventure ou 66° Nord (version aventure). Ces agences s’adressent justement aux gens qui préfèrent d’ordinaire organiser leurs voyages eux-mêmes, mais recherchent un soutien logistique sécuritaire et rassurant quand ils s’aventurent en territoire inconnu, qu’ils rêvent du Svalbard ou de la Tanzanie.

    Au sein des voyagistes, ce segment est en croissance constante. Voyageurs du monde notamment a réalisé en 2016 la plus grosse progression de tous les voyagistes français, avec des résultats record. Il s’agit d’une clientèle exigeante, mais pas bling-bling, qui aspire à la fois au confort et à l’authenticité, veut voyager en autonomie, mais que tout soit planifié. Voyageurs du monde lui propose des circuits entièrement personnalisables, dans des hébergements de caractère, à réaliser en solo, mais avec un service de « conciergerie » et assistance disponible 24h sur 24. Quant à 66° Nord et Terre d’aventure, ils conçoivent des randonnées et autres voyages sportifs dans des lieux d’exception, avec un encadrement rassurant, et mettant l’inédit à la portée des gens normaux. Cheval d’aventure fait pareil pour les cavaliers. L’aventure balisée et exclusive est une tendance forte du moment.

    Et quand cette clientèle se sent suffisamment en confiance pour se passer d’une agence, et préfère tout gérer elle-même, elle lit des blogs comme le mien. Des blogs de gens comme moi, qui ne sont ni des backpackers, ni des jet-setteurs, mais de doux rêveurs un peu bourgeois, qui aspirent à un dépaysement tempéré.

    Tendances tourisme : le tourisme d'aventure haut de gamme.
    Automne dans les Dolomites, désormais un classique.

    Comment je choisis mes voyages

    Autant tordre le coup d’emblée à un mythe tenace : la majorité des blogueurs de voyage ne font pas que des voyages sponsorisés, et ne calculent pas leurs prochaines destinations au prorata de likes potentiels sur Instagram. (Et en tout cas, ça n’est certainement pas mon cas.) Je sais que je suis loin d’être la seule blogueuse à voyager avant tout par envie et par passion, à suivre des coups de cœur et des rêves de gamine. Je ne suis pas là à attendre, bouche grande ouverte, que des voyages gratos me tombent tout cuits dans le bec, je suis inlassablement à la poursuite de mes mythes personnels. Je sais bien que voyager est un luxe, qui présuppose qu’on ait assez de santé, d’argent et de liberté pour s’y livrer, et je mesure ma chance. Hors de question de l’abîmer par cynisme, par lassitude ou par calcul. Je tiens à préserver la magie.

    En tant que blogueuse et journaliste voyage, je mentirais si je prétendais ne pas penser à mon travail quand je planifie un itinéraire. Je suis passionnée de photographie et de récits, et j’aime les belles images, les belles lumières, les belles histoires. Mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas du tout quelque chose qui me limite, me fait rejeter des destinations ou en favoriser d’autres. Je ne m’interdis rien, parce que je connais mes lecteurs et que je sais que leurs intérêts ressemblent naturellement aux miens.
    Les gens comme moi aiment les beaux paysages inspirants, et les cultures riches d’histoire. Ils veulent concilier la ville et la nature, les activités outdoor et la détente, rencontrer des gens, goûter les spécialités locales, admirer un coucher de soleil depuis un sommet ou une belle plage, être dépaysés, être enchantés, vivre des expériences qui sortent de l’ordinaire, mais aussi se reposer au bord d’une jolie piscine, créer des souvenirs de joie et de beauté. Je n’ai rien dit de très original, et je le sais.

    Tendances tourisme : le tourisme d'aventure haut de gamme.
    Kandersteg, Suisse.

    Tout près et très loin, les mêmes envies

    Comme beaucoup de voyageurs d’aujourd’hui, je fais deux types de voyages, proches et lointains.

    Proches, dans ma Provence chérie, dans ma Bavière adorée, ailleurs en France, en Italie, en Allemagne, au Portugal, dans les Alpes, à la recherche de belles destinations accessibles, qui prouvent qu’on n’a pas besoin de partir au bout du monde pour être heureux.  J’ai beaucoup de plaisir à mettre en valeur ce type de destinations françaises et européennes, et promouvoir le voyage à côté de chez soi. J’ai encore beaucoup d’envies de ce type, en France et en Europe proche.

    Tendances tourisme : le tourisme d'aventure haut de gamme.
    Aix-en-Provence.

    Et quand je fais un voyage lointain, j’ai des listes de critères inconscients qui se cochent sans même que je m’en rende compte dans ma tête. Je veux que ce soit beau, fort, magique, que cela me dépayse, que ça vaille le coup de faire huit heures d’avion ou davantage encore. Je veux être projetée dans un autre monde, une autre culture, loin de mon quotidien. Mais je veux être en sécurité, et avoir suffisamment de confort pour ne pas me demander « qu’est-ce que je fous là, au lieu d’être restée tranquillement chez moi en Provence ». Je veux pouvoir me promener seule, avec mon corps de femme et mon matos photo cher, sans craindre d’être violée ou dévalisée. Je veux savoir où je vais, quel avion, quel ferry, quel hôtel, et ne pas découvrir sur place que je ne peux pas louer une voiture ou aller à tel endroit. J’ai peur des bus pourris. Je veux limiter le stress et l’imprévu. Je veux pouvoir me déplacer librement, sans être cantonnée à une zone touristique dont je n’ai pas le droit de sortir. Je veux que le régime politique ne soit pas hostile aux touristes, et me sentir la bienvenue au sein de la population.

    Là où je vais, il faut que vous puissiez me suivre

    Dans l’absolu, je suis curieuse de la Terre entière, et j’aimerais aller partout. Je rêve de Salto Angel au Venezuela ou des montagnes de l’Hindou Kouch en Afghanistan.
    Mais je suis journaliste et blogueuse voyage, pas reporter de guerre ou d’investigation. Je suis une touriste assumée. Je respecte les consignes de sécurité du ministère des affaires étrangères. Il ne s’agit pas seulement de mon propre confort et de ma sécurité. Il s’agit de respecter un critère fondamental.
    Là où je vais, il faut que vous puissiez me suivre.

    Quand j’ai commencé à travailler dans le journalisme voyage, j’avais un complexe d’illégitimité : je croyais naïvement que je n’étais pas assez aventurière, parce que je n’avais ni escaladé l’Everest, ni traversé l’Amazone en pirogue, ni rencontré les derniers cannibales, et que mon profil éclectique mais « bourgeois » n’intéresserait personne. J’ai très vite découvert que j’avais tort, et que seuls certaines publications très spécialisées recherchaient l’extrême, l’inouï, l’inaccessible – mais ce n’étaient pas les magazines pour qui je travaillerais. J’ai découvert que mes rédacteurs et rédactrices en chef me demanderaient toujours : « est-il possible pour nos lecteurs de refaire ce voyage ? ». Ils ne me laisseraient pas partir en voyage de presse dans un endroit inhospitalier, dangereux ou très difficile d’accès. Quand je veux convaincre ma rédaction de publier un papier sur un itinéraire, je dois lui prouver qu’il est reproductible sans trop grande complexité. Le journalisme voyage « classique » se veut pourvoyeur d’inspirations, pas de fantasmes inaccessibles. C’est justement ce que certains lui reprochent – une certaine frilosité. Mais en ce qui me concerne, c’est un parti pris dont je m’accommode bien. Je n’ai jamais prétendu être une héroïne.

    Tendances tourisme : le tourisme d'aventure haut de gamme.
    En famille à Oman, sans doute la plus belle et la plus sûre des destinations moyen-orientales.

    Dans un récent billet bilan, Stéphane Pageau se moque des gens qui vont en Ouzbékistan en prétendant partir à l’aventure, sortir des des sentiers battus, se la péter explorateur, alors que c’est un pays touristique et accessible. Mon approche est tout autre : je vais aller en Ouzbékistan justement parce que c’est touristique, accessible et sûr, que d’autres y sont allés et que d’autres pourront y aller, et que je le sais. Je ne recherche pas l’aventure, je recherche le dépaysement apprivoisé, les destinations belles et exotiques, mais accessibles aux voyageurs qui ne sont pas des Indiana Jones. Et quand je vais quelque part, je ne cherche pas à vous en mettre plein la vue, à vous faire croire que je vais là où personne ne va. Je ne suis pas du genre à m’inventer des périls faramineux et des secrets inviolables. Je vous dis « j’ai vécu cette chose merveilleuse, et voici comment la vivre à votre tour ».

    Tendances tourisme : le tourisme d'aventure haut de gamme.
    Ceci n’est pas l’Ouzbékistan, mais Disneyland Paris. Promis, en juin j’aurai un stock d’images plus convaincant.

    J’ai eu la chance inouïe de vivre des expériences inoubliables. Mais rien d’impossible à reproduire (à condition, évidemment, d’avoir mis assez d’argent de côté : je sais bien que voyager est un privilège et un luxe, j’en suis totalement consciente, et je ne prétendrai jamais qu’il « suffit de le vouloir »).
    Je suis allée voir les vikings à Shetland et les vagues géantes au Portugal, et c’était finalement bien plus facile que ce que j’imaginais. Je suis allée à Oman parce que c’est à mes yeux le plus beau, le plus sûr, le plus accueillant des pays de la péninsule arabique, et que vous pouvez vous y rendre sans aucune crainte. Je vais aller en Ouzbékistan car c’est sans doute le plus magique, le plus sûr, le plus « facile » des pays d’Asie centrale, et que vous n’y risquez rien. Je rêve d’aller au Svalbard et au Groenland car ce sont les nouvelles destinations nordiques qui montent, et que ces régions deviennent de plus en plus accessibles aux touristes. Je n’essaie pas de vous vendre ça comme des aventures héroïques. Il ne faut pas de « courage » pour y aller, juste l’envie (et l’argent, évidemment).  Non, ce ne sont pas des destinations pour se dépasser, se la jouer, faire croire à vos proches que vous êtes un trompe-la-mort : ce sont de magnifiques destinations pour faire un beau voyage. C’est tout et c’est déjà beaucoup.

    Et quand vraiment je veux me la péter sur Instagram à peu de frais, je vais dans un igloo en Suisse. Manger de la fondue avec des gants de ski, ça c’est héroïque.

    Les zones interdites

    Je le sais bien, ce type de tourisme mainstream exclut certaines parties du monde. Mais pas éternellement.

    Je rêve du jour où le tourisme sera (de nouveau) possible dans des pays aujourd’hui sinistrés par des catastrophes naturelles ou des drames géopolitiques, comme par exemple le Venezuela, en grave crise économique et politique, le Mali, rongé par le terrorisme islamiste, ou les Iles vierges britanniques, paradis dévasté par l’ouragan Irma. Non seulement pour mon plaisir égoïste de voir le monde, mais aussi et surtout parce que je crois profondément qu’un pays qui accueille des touristes est un pays qui va bien, où les populations sont suffisamment prospères et sereines pour recevoir des invités. Je crois en un tourisme respectueux qui participe au développement des pays, soutient l’économie, porte la paix et l’ouverture au monde. Je boycotte certains pays, de la Birmanie à la Corée du Nord, quand je pense qu’il est impossible d’aller à la rencontre de la population sans soutenir un régime criminel. Je suis prête à dépenser de l’argent en voyage. Je n’aime pas le tourisme prédateur, ou ces voyageurs-vautours qui espèrent ouvertement que certains pays restent pauvres et enclavés pour pouvoir continuer à y aller pour pas un rond. Je n’aime pas le tourisme destructeur, ou ces destinations ravagées par un tourisme qu’elles ne sont pas capables de gérer dans le respect des ressources et des populations. Je ne considère pas le monde comme le terrain de jeu des riches occidentaux, et je veux aller là où on a l’envie et la capacité de me recevoir. Je suis une voyageuse bourgeoise, oui, mais lucide et curieuse.
    Je suis touriste et fière de l’être, et je veux l’être avec curiosité, respect et ouverture à l’autre. La carte du monde change vite. Découvrir les prochaines destinations où nous pourrons voyager en sécurité et avec bonheur, c’est ce qui me passionne.

    Capri est la perle du golfe de Naples. Tout voyage en Italie du Sud doit passer par cette île de rêve, entre Méditerranée et jardins. Capri, la dolce vita !
    Qui seront les Capri de demain ?

    Et vous ? Comment choisissez-vous vos destinations ?

  • Où voir les couleurs d’automne en voyage ?

    L’automne est là, avec sa farandole de couleurs flamboyantes. Partout dans l’hémisphère Nord, les feuilles des arbres se parent de fantastiques tons rouge et or pour un éphémère incendie. Profitons de la saison magique, partons en voyage à la recherche des plus belles couleurs de l’automne ! Où voir les teintes automnales, les feuilles mordorées, les forêts orange et sang ? Où voir les couleurs d’automne ?

    J’ai demandé à d’autres blogueurs de voyage de partager avec moi leurs destinations et leurs plus belles photos des couleurs de saison. Et j’ai complété avec mes propres coups de cœur, des souvenirs des voyages automnaux de ces dernières années. Vous le savez déjà, le Québec est une destination prisée pour admirer les couleurs d’automne, et il sera abondamment représenté – mais nous irons aussi dans les Alpes, au Japon, dans plusieurs villes européennes, et ailleurs en Amérique du Nord, à la recherche des plus beaux plaisirs visuels.

    Ne nous voilons pas la face, l’hiver approche, avec son cortège de grippes, charentaises pas sexy, nez qui coulent, patates à la crème et ciels de craie, alors avant l’hibernation et la déprime, profitons du bouquet final que nous offrent les beaux jours moribonds : les couleurs de l’automne ! Nous partons pour un tour du monde des forêts embrasées par la saison. Où voir les couleurs d’automne, partout autour du globe ?

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Les couleurs du Nouveau Brunswick, par Audrey du blog Arpenter le chemin

     

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Couleurs d’automne en Bavière.

     

    Couleurs d’extrême Orient : l’automne au Japon

    Commençons cette série par une destination qu’on a plus souvent l’habitude de voir associée au printemps qu’à l’automne, le pays du soleil levant. Je ne pensais qu’aux cerisiers en fleurs… mais maintenant, je pense aussi aux érables rougeoyants.

    Vue flamboyante sur le Mont Fuji à Kawaguchiko, Japon 

    Marine et Alex racontent : « Au pied du Mont Fuji au Japon se trouve le lac Kawaguchiko. Le meilleur moyen de le découvrir est d’en parcourir la rive à vélo. Le tour du lac est très prisé au printemps pour la floraison des cerisiers roses. Mais beaucoup ne pensent pas qu’à l’automne les couleurs chaudes aux nuances de rouge et d’or des arbres le rendent encore plus magnifique, contrastant avec le franc bleu du ciel et la blancheur de la montagne. Si le paradis existe, Kawaguchiko au mois d’octobre en est très proche ! »

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Sublime photo du Mont Fuji par Marine et Alex.

    Retrouvez-les sur le blog What made you happy today 

    Sublimes érables japonais à Niigata

    Solange raconte : « Au Japon, la saison des cerisiers en fleurs au printemps est très célèbre tout autour de la planète et les curieux se précipitent en avril pour pique-niquer sous les arbres. L’automne est une saison magique où tout se transforme. Quand le chaud soleil d’août laisse la place à plus de fraicheur, les arbres en profitent pour modifier leurs parures. Et les Japonais, grands amoureux de la Nature ne l’oublient pas. A partir de mi-octobre, les feuilles rougissent et les couleurs se multiplient pour le plaisir de tous. J’ai eu le bonheur de les admirer en novembre dernier quand l’automne résistait à l’avancée du froid, dans la région de Niigata, région principalement agricole. Les enceintes des châteaux de samouraïs s’ornent d’érables flamboyants dans lesquels jouent les écureuils. Les jardins japonais dont le calme et la sérénité n’est plus à démontrer se parent de nouveaux atours. Mes yeux ne savaient plus où se poser devant de telles merveilles. Les plans d’eau où se reflète la végétation accentuent encore cette beauté.
    Si vous souhaitez vous rendre dans cette région pour y admirer cette saison des couleurs, je vous conseille d’y séjourner durant la seconde quinzaine d’octobre. Et profitez-en pour prendre le célèbre Shikansen, le TGV local,  qui vous y emmènera très vite. »

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Belle estampe d’automne par Solange.

    Retrouvez l’automne à Niigata sur le blog Seniors en Vadrouille

    Les couleurs d’automne en Amérique du Nord, Canada et USA

    A tout seigneur, tout honneur : chacun pense à l’Amérique du Nord quand il entend « automne », aux forêts du Québec, de l’Ontario ou de l’Oregon. Voici les paysages automnaux mythiques. En général, l’automne en Amérique du Nord est précoce, et les couleurs sont visibles fin septembre/début octobre. Mais comme ces récits le prouvent, de jolies surprises restent possibles plus tard, jusque début novembre…

    Le parc d’Oka dans les Laurentides, Québec

    Marie et Michaël racontent : « Le Parc national d’Oka dans les Laurentides au Québec est surtout connu pour sa plage. Pourtant, lors de notre visite en novembre dernier, on avait du mal à l’imaginer bondé de monde. Seuls les filets de volley-ball toujours debout témoignent de l’été qui venait de se terminer. En fait, cherchant à fuir la grisaille de novembre, on s’était retrouvé à Oka dans l’espoir d’y apercevoir les dernières couleurs d’automne. Le pari était toutefois risqué. Les couleurs d’automne étant éphémères, elles n’ont pas l’habitude de s’éterniser trop longtemps en novembre. On aurait très bien pu se heurter à encore plus de gris ! Mais comme pour nous prouver qu’on avait eu tort de parler en mal de lui, novembre nous réservait une surprise. Plus belle que jamais, la forêt avait revêtu son habit d’or, celui qu’elle ne sort que quelques jours par année. Partout, le vert avait fait place au jaune, nous donnant ainsi l’impression de pénétrer une forêt enchantée (il ne manquait que les créatures magiques!). Au final, on a eu droit à l’un des plus beaux tableaux automnaux qu’on ait vus à ce jour. »

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    Ambiance feutrée dans le parc d’Oka, par Entre 2 escales.

    Retrouvez le parc national d’Oka au Québec sur le blog Entre 2 escales 

    Admirer Portland en automne

    Eve raconte : « Comme c’est le cas un peu partout en Amérique du Nord, l’automne se décline en différentes couleurs à Portland. C’est dans cette ville du Maine que nous avons célébré l’Action de grâce en famille l’an dernier. Avant d’entrer dans la grisaille de novembre et d’être dépouillés de leurs feuilles, les arbres affichaient des teintes allant du vert au rouge, en passant par le jaune et l’orangé. Au sol, les feuilles mortes formaient un tapis coloré que les enfants s’empressaient d’entasser ou de soulever dans les airs. La ville propose de nombreux parcs qui permettent de profiter des couleurs automnales en faisant d’agréables promenades. Nous avons particulièrement aimé nous balader le long de la Eastern Promenade et sur les rives du parc Fort Williams, où nous avons pu admirer le phare de Portland Head sous différents angles. Même en automne, les rues du vieux Portland demeurent animées. Flâner dans ce quartier permet de découvrir différentes boutiques de vêtements, d’art et d’artisanat. On y retrouve aussi de nombreux cafés, des pubs et des restaurants qui laissent échapper des odeurs alléchantes. C’est l’endroit parfait pour découvrir les spécialités réconfortantes du Maine, notamment le sandwich au homard (Lobster roll) et la chaudrée de palourdes (clam chowder). Rien de tel pour se réchauffer et accueillir la fraîcheur automnale avec le sourire ! »

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Les couleurs du Maine et de l’Atlantique, par Nos racines sur 4 continents

    Retrouvez Portland en automne sur le blog Nos racines sur 4 continents

    L’automne au Nouveau-Brunswick

    Audrey raconte : « Quand on pense à l’automne, le Canada arrive souvent en tête des destinations de rêve, sur un fond de Joe Dassin. Si le Québec et l’Ontario sont des superstars chez les chasseurs de feuilles flamboyantes, le Nouveau-Brunswick n’est pas en reste, loin de là : niché contre le Québec et le Maine, il bénéficie des mêmes couleurs surnaturelles que ses prestigieux voisins, la foule en moins.
    Dans le sud, ma préférence va à la baie de Fundy, incontournable en cette saison entre les demoiselles coiffées de roux des rochers Hopewell et le parc national de Fundy, aux falaises âpres version Technicolor. Dans la péninsule acadienne, l’île Miscou se couvre d’un tapis écarlate quand ses tourbières prennent le virage de l’automne. Le long de la Miramichi, de la Restigouche et du fleuve Saint-Jean, les trois grands cours d’eau de la province, c’est l’heure des dernières virées en canot parmi les reflets enflammés. Plus au nord, on dit que du haut du Mont Carleton, point culminant de la province, on voit dix millions d’arbres : l’automne est l’occasion d’aller le vérifier, et je compte bien le faire cette année. L’automne, c’est aussi la saison des activités en famille, et chaque localité a son festival des récoltes, son labyrinthe de maïs, son verger où aller cueillir des pommes à même les arbres et ramasser les citrouilles à la brouette… La douceur de l’automne se cache aussi dans ces petites fêtes villageoises, à l’ombre des arbres multicolores, évidemment !
    Pour apprécier l’automne dans toute sa splendeur au Nouveau-Brunswick, mieux vaut venir entre la dernière semaine de septembre et la première quinzaine d’octobre

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Vue sur le Nouveau Brunswick, par Arpenter le chemin.

    Retrouvez l’automne au Nouveau-Brunswick sur le blog Arpenter le chemin 

    Le Mont Saint Sauveur, Québec

    Amélie raconte : « Le Québec est bien connu pour ses belles couleurs d’automne et ce n’est pas pour rien. Si j’adore l’hiver pour les paysages enneigés et les activités hivernales, j’apprécie encore plus l’été pour la chaleur et les festivals. Mais l’automne est sûrement ma saison préférée. J’ai l’impression de vivre dans un tableau impressionniste. Les couleurs vont du jaune au rouge en passant par l’orange et le vert. Je conseille à tout le monde de faire un tour dans les Laurentides pour le “festival des couleurs”. Au programme, randonnées, chalet entre amis, camping pour les moins frileux, pêche et pique-nique. C’est l’occasion d’en prendre plein la vue.

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Sur le Mont Saint Sauveur, par Ameloche Voyage.

    Retrouvez le Mont Saint Sauveur au Québec sur le blog Ameloche Voyage 

    Virée automnale en Ontario, Canada

    Vincent raconte : « On parle souvent du Québec lorsqu’on aborde le Canada… Mais plus rarement de l’Ontario. À environ une heure de Toronto, le nord de l’Ontario est pourtant l’endroit rêvé pour tous les amateurs de nature. On y trouve des réserves naturelles avec une centaine de cascades, des sentiers comme le Bruce Trail, des stations de ski de fond ou à raquettes… Autant dire qu’il y a de quoi se ressourcer dans les environs pendant toute l’année !
    En été comme en automne, j’adore partir camper pour le weekend ou même pour une journée pique-nique et randonnée. La plupart des réserves naturelles au nord de l’Ontario offrent même la possibilité de faire un feu dans des espaces réservés. Beaucoup viennent en famille ou entre amis pour organiser des barbecues en plein air… Il faut dire que les couleurs de l’automne dans la région sont incroyables ! La végétation est très diverse. Au pic de l’automne, vers la fin octobre les températures sont encore douces, et toute une palette de couleurs du vert au rouge se côtoie sur quelques kilomètres !
    L’année dernière, j’ai eu la chance de pouvoir photographier les magnifiques couleurs de la réserve de Hilton Falls. J’ai hâte d’y retourner dans quelques semaines avec ma famille ! L’Ontario est vraiment une destination surprenante en automne. J’espère que mes quelques photos vous donneront l’envie d’y voyager… »

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Sentiers d’Ontario, par Vincent, du blog Regard nomade.

    Retrouvez une randonnée d’automne au cœur de l’Ontario sur le blog Regard Nomade.

    Je finis cette série nord-américaine avec un territoire qui me fait complètement fantasmer : le Yukon.

    L’automne au bout du monde : le Yukon

    Cédric raconte : « Le Yukon, ce territoire mystérieux situé aux confins du Canada, à la frontière de la Dernière Frontière (l’Alaska, surnommé “The Last Frontier State ») ne cesse de faire rêver. Il y a de quoi, en effet : des paysages somptueux, une Histoire riche et, surtout, l’impression d’être dans l’un des derniers endroits loin de toute civilisation, avec les ours pour compagnons de nuitée et la Voie Lactée comme toit. Pourtant, il y a quelque chose d’encore plus merveilleux, à un moment précis de l’année : l’automne !
    Lorsque commencent à jaunir les feuilles et que les forêts se parent de mille et unes couleurs différentes, le voyageur ne peut faire qu’une seule chose : contempler. Que ce soit pendant un roadtrip de Whitehorse à Dawson, pendant une randonnée à Tombstone ou Kluane ou même lors d’une simple promenade, il est impossible de passer à côté de ce spectacle enchanteur. Du rouge au jaune en passant par l’ocre, toute la palette des couleurs automnales est présente dans le décor. Il suffit alors de laisser errer son regard et de se perdre dans l’immensité des forêts boréales, là-haut, dans ce bout du monde qu’on nomme le Yukon…»

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Mosaïque du bout du monde, par From Yukon

    Si vous rêvez maintenant de savoir comment aller au Yukon, c’est sur le blog From Yukon.

    Où voir les couleurs d’automne en Europe ?
    Destinations automnales Europe – voyages d’automne Europe

    Tout le monde vous a parlé du Québec dans la partie précédente, à croire que l’empereur incontesté de la feuille qui rougit hante les rêves de toute une génération biberonnée à Joe Dassin. Mais les voyages d’automne en Europe, ça peut être sublime aussi. Voici une petite démonstration.
    Commençons notre voyage par la Scandinavie, des forêts de Finlande aux paysages plus lunaires d’Islande.

    Islande, l’automne chez les elfes et les trolls

    Mali raconte : « L’an dernier, je suis allée en Islande au tout début de l’automne, et déjà, c’était beau à voir… quand il ne pleuvait pas 😉 Car oui, l’Islande en automne, ça donne une météo souvent incertaine, de la grisaille, de la pluie, il peut faire aussi très froid et il vaut mieux venir avec de quoi voyager comme pour un séjour en plein hiver.
    Mais un road-trip en Islande en automne, c’est aussi de magnifiques couleurs, moins de touristes, des étendues sauvages et les aurores boréales la nuit tombée si vous avez de la chance. L’automne est la saison idéale pour partir en Islande si vous voulez voir les aurores boréales sans (trop) risquer de tomber sur une tempête de neige de plusieurs jours. En prime, vous avez déjà les belles couleurs fauves de l’automne sur la végétation, ce qui donne encore plus de charme aux sites naturels. Bref, j’ai été conquise par cette saison, même si le printemps est souvent plus clément si vous y voyagez pour la première fois. »

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Laves et mousses dorées.
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    Le pays des trolls et des elfes en automne, par Un pied dans les nuages

    Pour retrouver ce road trip en Islande en septembre, rendez-vous sur le blog Un pied dans les nuages. 

    L’automne dans une cabane en Finlande

    Jenny raconte : « À partir de fin septembre, les couleurs d’automne en Finlande sont vraiment très prononcées et superbes. La région des Grands Lacs est à environ deux heures de route de Helsinki. J’y étais en 2016, et à certains endroits, on avait l’impression d’être au Canada. En tout cas, si vous aimez cette ambiance automnale, c’est l’endroit idéal pour y séjourner. Louer un chalet (Mokki en finlandais) au bord des lacs et profiter. Vous pouvez aussi aller faire une randonnée dans le parc Repoveden Kansallispuisto. »

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    La cabane au fond des bois, par Jenny. Copyright JD Roadtrip.

    Retrouvez Jenny sur le blog JDroadtrip – Voyager au féminin.

    Il manque à ma liste scandinave rêvée la Norvège, que j’adorerais voir à l’heure où les fjords se dorent…

    La Pologne haute en couleurs

    Connaissez-vous la Pologne ? C’est un pays que je n’ai fait que traverser, et où j’ai désormais très envie de retourner en automne…

    Varsovie sublimée 

    Aurore raconte : « Varsovie a la chance de connaître un climat continental. Les quatre saisons y sont donc très marquées ! Lors de ma venue en novembre, j’ai tout de suite été subjuguée par les magnifiques couleurs d’automne qui avaient recouvert la ville. Dans les parcs, les rues, des dégradés de jaune, de rouge et d’orange habillaient les arbres et le sol. Varsovie est une magnifique destination peu importe la saison. Mais je trouve que l’Automne se marie particulièrement bien avec la personnalité de la ville ! Une ville pleine de dynamisme et de vie malgré les épreuves qu’elle a subies par le passé. Pour admirer Varsovie en Automne, je vous recommande le mois d’octobre ! »

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    La belle Varsovie avec On my tree.

    Pour retrouver Varsovie, quatre jours dans la capitale de la Pologne, c’est sur le blog On my Tree.

    Promenade automnale à Lublin

    Julie raconte : « L’automne arrive plus tôt qu’en France. Il y dépose ses dégradés orangés dès la fin du mois de septembre, semant des paillettes au creux de mes yeux émerveillés. Ce n’est pas ma saison préférée mais ça pourrait le devenir, ici, à Lublin.
    Il y a les dernières journées ensoleillées au bord du lac Zemborzycki et, dans le même temps, les premiers crépuscules dorés. La rue Lubartowska, artère centrale  du quartier juif que j’emprunte tous les matins, me salue d’un air nouveau. Le parc de l’hôpital numéro un lui aussi se pare d’un manteau étincelant. Si beau que j’y retourne une fois ma matinée de stage terminée, capturer ces tons étrangers avant qu’il ne soit trop tard. J’en tire cette photo juste avant que les feuilles ne soient ramassées et je pense à l’intérieur, ça y est, l’hiver arrive. De nouvelles surprises sont à découvrir et l’automne à Lublin annonce toute la beauté de la saison à venir.
    Il faut ici, maintenant, profiter de cette ambiance si particulière, encore chaude la journée mais si froide à la nuit tombée. Il faut se rassembler autour des délicieuses bières chaudes, sirotées à la paille dans les bars de la vieille ville, autour de la Rynek. Il faut profiter des derniers après-midis ensoleillés pour arpenter ces rues colorées et surtout il y a cet événement à ne pas manquer : la Toussaint, où tous les cimetières de la ville s’éclairent à l’unisson, portés par des milliers de flammes d’espoir. Lublin, comme de nombreuses villes en Pologne, traîne un lourd passé de répression et de massacres, en témoigne le camp de Majdanek que l’on peut visiter, pour la mémoire. Mais Lublin, avec l’aide de l’Europe, se relève tant bien que mal. C’est maintenant une petite ville rassemblant des milliers d’étudiants chaque année, polonais autant qu’étrangers. C’est une ville pleine d’énergie, portée par sa population estudiantine ; c’est une cité en pleine renaissance, et c’est elle qui m’a réappris à vivre. »

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    Tenir le trésor de l’automne au creux de sa main… par Julie la Blogtrotteuse. Magnifique photo qui fait la couverture de cet article – merci et bravo, Julie !

    Retrouvez une promenade automnale à Lublin sur le blog de Julie la Blogtrotteuse

    Allemagne, Autriche, la beauté automnale des Alpes germaniques

    Vous le savez, on arrive là à mon sujet de prédilection : la Bavière ! le Tyrol ! le pays des cygnes, des châteaux et des Spätzle au fromage ! cette contrée de conte de fées est plus fabuleuse encore à l’automne. Je laisse Léa vous parler d’un moment magique en Autriche, puis je squatte mon propre article collaboratif pour laisser libre cours à mes obsessions germaniques. Il va notamment être question de lacs – fabuleux miroirs des incendies éphémères.

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    Automne en Franconie (Nord de la Bavière), ici à Volkach.

    Cygnes d’automne à Seewalchen, entre Vienne et Innsbruck

    Léa raconte : « Novembre. Le pouce est engourdi par le froid lorsque je le tends au bord de la route. Direction l’Autriche. Après les couleurs des façades de la belle Innsbruck, enfoncée au milieu de ses montagnes, ce sont celles de la route qui m’attendent.
    J’y rencontre Wolfgang, perle de bonté brute. Une année est passée et je souris toujours en pensant à lui. Il va directement à Vienne. Nous pouvons donc fuir l’autoroute. C’est sur les petites routes sinueuses de montagne, entre Innsbruck et Vienne, que la voiture de Wolfgang s’enfonce. Nous montons et quelques flocons transpercent l’épaisse forêt qui nous enveloppe. Deux saisons se rencontrent ici, les feuilles orange et rouges des arbres se blanchissent petit à petit.
    Plus loin, Wolfgang s’arrête au bord d’un lac sur lequel quelques dizaines de cygnes et de canards se laissent porter. « C’est ici que mes grands-parents avaient l’habitude de m’emmener enfant. ». Le jour tombe déjà et le ciel se pare de nuances roses et violètes qui font toute la magie des soirs d’automne. Nous restons là, un moment, à contempler le spectacle. J’ai oublié que j’avais froid.
    Vienne, la route est déjà terminée. Je quitte Wolfgang, un goût de gâteau à la pomme et à la cannelle encore en bouche, et le sentiment d’avoir vécu un moment d’exception sur cette route autrichienne.»

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    Automne pourpre à Seewalchen, par Bon baisers.

    Retrouvez la lettre de Léa à Wolfgang sur le blog Bon baisers

    Le château d’Hohenwerfen entre automne et hiver

    Fin novembre sur les routes autrichiennes. Les derniers feux-follets s’éteignent dans les premières neiges, l’altitude réduit les brasiers en cendres d’argent. Nous nous sommes lancés dans un de ces week-ends d’amoureux à la faveur de la saison, où on mange trop de chocolat et flotte dans ces merveilleux spas germaniques. Soudain, le château d’Hohenwerfen surgit comme une vision et détrône mes autres amours, les Neuschwanstein et autres Königswinter. A cet instant, c’est pour moi le plus beau château du monde, dans cette lumière à bascule, entre la flamme et le froid. Il ne manque plus que les éperviers qui strient le ciel d’été, quand la fauconnerie d’Hohenwerfen organise ses spectacles. Et je me le redis pour la millième fois : Allemagne, Autriche, vous êtes magiques.

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    Vie de château en Autriche : Hohenwerfen

    Mon article sur cet itinéraire romantique en Autriche, entre Innsbruck et Salzburg

    Les lacs bavarois, féerie automnale

    Bien sûr, le Canada, c’est merveilleux. Lacs immenses, sapins enluminés d’or et de rubis, plats roboratifs qu’on déguste dans des cabines en bois, kayak au milieu des feuilles virevoltantes… l’idylle automnale. Mais si je vous disais qu’on peut vivre tout ça sans traverser l’Atlantique ? La Bavière en automne, c’est paradisiaque aussi. Les lacs de Bavière sont un chapelet d’émerveillements chromatiques. Le kayak au milieu des sapins ? Pas de problème, ça sera sur l’Hintersee à Ramsau. Le bateau ? Au Königsee. La bronzette des derniers soleils ? Sur les transats du Schliersee. Pour moi, c’est la destination automnale parfaite : proche, abordable, avec un excellent rapport qualité-prix dans l’hébergement et la nourriture, et incroyablement belle.

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    Königsee
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    Neuschwanstein.

    Mon article sur les plus beaux lacs de Bavière à l’automne
    Mon article sur les châteaux de Bavière en automne

    Les couleurs des villes européennes à l’automne

    Vous êtes d’humeur plus urbaine, et l’automne pour vous, c’est le Pumpkin Spice Latte chez Starbucks et les boucles d’oreille citrouille ? Pas de problème, restons dans les grandes villes européennes, et continuons le festival.

    Munich, automne couleur bière dorée

    Les Bavarois sont perturbants. La célèbre Oktoberfest a lieu non pas en octobre, mais en septembre, soit avant l’arrivée des couleurs dorées. Tant mieux : l’Oktoberfest, c’est trop bruyant à mon goût, trop rempli d’Américains ivres morts qui claquent le popotin de la serveuse en Dirndl. Venez à Munich après l’Oktoberfest, quand le calme est revenu et les prix sont redescendus, mi-octobre, et savourez une bière dans la convivialité ultra typique du Viktualienmarkt, au milieu de vrais Bavarois du cru. Vous verrez combien la ville est belle et douce, combien elle est facile à vivre. J’y ai passé deux ans de ma vie et j’y retournerais sans hésiter.

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    Munich chaleureuse.

    Mon article sur Munich insolite, activités de malade en Bavière

    Amsterdam, reflets dorés dans les canaux

    Cora raconte : « Pas trop loin de chez nous et sans surprise, la ville d’Amsterdam est belle toute l’année ! Mais, en automne, quand les feuilles rouges et or s’envolent au-dessus des fameux canaux, il y a vraiment de quoi rêver. Pendant le mois d’octobre (en général jusqu’à la mi-novembre), visitez Amsterdam pour les couleurs qu’on retrouve en centre ville, sur le fameux Marché aux Fleurs et dans le grand Vondelpark.
    Le reste des Pays-Bas n’est pas à oublier non plus ! Dans le Waterland le long de la côte nord, l’automne se manifeste aussi par la couleur toute particulière de la mer et du ciel, une ambiance poétique au possible à explorer à vélo. »

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    Amsterdam et ses canaux par The Path She Took.

    Pour découvrir les Pays-Bas et plein de bons plans sur Amsterdam, c’est sur le blog The Path She Took

    Promenade d’automne à la citadelle de Lille

    Chacha raconte : « Pour beaucoup de Lillois, la braderie de Lille annonce la fin des vacances et la rentrée. En ce qui me concerne, elle annonce l’arrivée de l’automne.  Quand la fraîcheur du matin nous accueille en sortant de chez nous, nous savons que les routes de campagne se pareront de brume, et nous présenterons un spectacle de toute beauté où chaque représentation est unique.  Tandis qu’enfin de journée le soleil jouera avec les nuages dans le ciel et nous offrira une palette de couleurs allant du rose jusqu’à l’orange vif, et tout ça pour notre plus grand bonheur.  Avant de tirer leurs révérences pour l’hiver, les arbres centenaires du Parc de la Citadelle quant à eux nous offrirons tout un éventail de teintes qui donneront un caractère unique à chacune de nos balades.  Après s’être dégourdi les jambes dans le Central Park made in Lille, s’installer en terrasse sur la grand place pour profiter du soleil couchant qui met en valeur les belles façades des hauts lieux de Lille est vrai un régal. Il ne faudra que quelques pas pour trouver un estaminet et se laisser séduire par les délices de la gastronomie régionale. Là aussi, tous nos sens sont mis en éveillent, et on ne demande qu’une chose, remettre ça le lendemain. »

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    Les aventures de Chacha à Lille, ça commence avec une vache écossaise.

    Retrouvez la citadelle de Lille à l’automne sur le blog de Chacha Aventurière

    L’automne dans les montagnes, forêts et landes françaises

    Promenades bucoliques à la saison des kaléidoscopes chamarrés.

    Couleurs d’automne à Fontainebleau

    Nicolas raconte : « Où profiter au mieux des sublimes couleurs d’automnes quand on est en région parisienne ? Je vous proposerais d’aller visiter la forêt de Fontainebleau. Celle-ci est située à 30mn de Paris en train, et donc facilement accessible. On y trouve de superbes coins, entre zones sablonneuses, blocs de gré très prisés des passionnés d’escalade, et de nombreux points de vue.
    Pour vous y rendre, descendez dans le petit village de Bois le Roi, puis suivez le GR jusqu’à la Forêt. Déjà dans ce village typique vous pourrez profiter au mieux des couleurs automnales, vous pouvez même longer la Seine et admirer les affolantes (des sublimes demeures).
    Vous pouvez également vous arrêter – uniquement le week-end – à l’arrêt « Forêt » situé dans la forêt entre le village et Fontainebleau-Avon, qui est le troisième arrêt que je vous conseillerais. Si vous êtes véhiculés, je ne peux que vous inciter à aller vous promener aux Gorges de Franchard, découvrir le village des peintres de Barbizon et la Caverne des Brigands, aller du côté de la Faisanderie à Fontainebleau. Enfin, les parking de Rocher Cassepot ou Rocher Cuvier vous permettront là aussi de belles balades entre les rochers, et d’atteindre de jolis points de vues sur toute la forêt.
    Et pourquoi pas juste vous arrêter sans but précis et aller chercher des champignons sous les couleurs orangées ? »

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    Les fougères dorées de Fontainebleau, par The Good Troll.

    Retrouvez cette promenade dorée à Fontainebleau sur le blog The Good Troll 

    La saison des rouges et des roses en Camargue

    Il est une saison où la Camargue culmine en beauté : novembre. Les salicornes et les saladelles qui couvrent les marais salés revêtent leurs teintes rouges, et les flamants roses font leur mue, pour une rose plus intense encore. La Camargue en cette saison est une explosion de couleurs décuplées par les marais qui reflètent le ciel, où les crépuscules purifiés de la brume de chaleur estivale sont plus éclatants que jamais.  Le grand évènement à ne pas manquer, ce sont les abrivades du 11 novembre : des centaines de chevaux envahissent la plage Est des Saintes Maries de la Mer.

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    Rouge Camargue.

    Mon guide complet de la Camargue

    Le Vercors drapé d’automne

    Céline raconte : « J’ai vécu près de dix ans en région grenobloise et s’il y a une saison que j’affectionne vraiment c’est l’automne. Grenoble est entourée de quatre massifs montagneux : la Chartreuse, le Vercors, Belledonne et la Matheysine. Les montagnes et la nature sont proches ce qui permet d’admirer l’automne dans toute sa splendeur depuis la ville.
    Mais, si on veut profiter un peu mieux de l’automne, direction le Vercors à seulement quelques minutes de Grenoble pour un festival de couleurs. De là, on peut s’adonner à la randonnée et profiter de l’automne pendant plusieurs semaines. Pour moi, cette région a tout d’un petit Québec tant les couleurs sont intenses. Selon les années, les couleurs sont plus ou moins marquées mais c’est souvent fin septembre – début octobre que l’automne explose. Et si le soleil est de la partie, c’est encore plus beau ! »

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    Sublime Vercors automnal par Je Papote.

    Retrouvez l’automne autour de Grenoble sur le blog Je papote

    Le parc naturel du Vexin : verdure automnale en Île de France

    Solène raconte : « L’Île-de-France n’a pas à rougir de ses paysages. Le département offre de bien jolis dégradés de couleurs lorsque l’automne prend doucement ses quartiers. Niché aux portes de Paris mais à des années lumières du bitume de la capitale (une cinquantaine de kilomètres), le Parc naturel régional du Vexin français est un véritable poumon au cœur de l’une des régions les plus peuplées de France. A cheval sur le Val d’Oise et les Yvelines, il rassemble 99 communes dont la plus grande accueille 6943 habitants (Auvers-sur-Oise) et la plus petite… 27 âmes (Charmont). Dès que l’été se retire sur la pointe des pieds, l’orange devient le new vert. Peu à peu, les milliers de feuilles se parent de cinquante nuances d’orangés. A découvrir à pied grâce à ses mille sentiers balisés ou à vélo avec l’avenue verte London-Paris. Patrimoine naturel, bâti, paysager, culturel… Les prémisses de l’automne sont sans nul doute l’une des périodes les plus propices à la découverte du coin… et à son terroir ! Du 2 septembre au 22 octobre, les agriculteurs, restaurateurs et guides professionnels proposent une trentaine d’animations autour de la gastronomie dans le cadre de l’événement « Goûtez le Vexin ». A savourer sans modération. »

    Retrouvez l’île de France et d’autres belles destinations sur le blog de Solène, Solcito.

    Parc naturel régional du Vexin à l'automne
    Le parc naturel régional du Vexin paré des lumières de l’automne. Copyright des photos : Julie MA Photographie.

    La tête à l’envers : l’automne dans l’hémisphère Sud

    Finissons par une petite pirouette : l’automne, de l’autre côté du monde, coïncide avec notre printemps. Et là-bas aussi, le festival multicolore bat son plein à l’heure où nous fêtons les bourgeons.

    Les couleurs d’El Chalten : la Patagonie argentine en mars

    Seb et Laura racontent : « Alors que l’hémisphère Nord ronge son frein en attendant le printemps, la Patagonie glisse lentement vers l’hiver, faisant exploser les couleurs des forêts de « lengas ». Dans les contreforts des Andes, au pied de majestueux glaciers et du mythique Fitz Roy, le panorama devient surréel.
    El Chalten en Argentine en mars est pour moi une acmé de la nature : une avalanche de couleurs flamboyantes dans un décors glacé. Un moment de basculement, où la splendeur de l’été décline superbement vers un hiver bleuté.
    Randonner dans ce drame magnifique est une expérience d’humilité euphorisante. Certes, c’est un spectacle de déclin de la nature qui cède au froid, mais un déclin rassurant. Il n’est pas signe de mort, mais d’un repos annonciateur d’un nouveau cycle

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    L’automne austral par les Globe Blogueurs.

    Retrouvez l’automne en Patagonie chez les Globeblogueurs

    Sur ces bonnes paroles pleines d’optimisme biologiste, je vous laisse affronter les premiers frimas. A vos citrouilles, châles et soupes fumantes. La saison des longues nuits vient de commencer…

    Pour survivre à l’hiver, je vais vous sortir tous mes souvenirs d’été sur le blog. On ira en Grèce, en Haute-Provence, à Disneyland.. vous vous inscrivez à la newsletter pour suivre tout ça ?

    Merci à  tous les blogueurs participants pour ces superbes textes et photos !

     

    Où voir les plus belles couleurs d'automne ? Destinations automnales en Europe, au Québec, au Japon et ailleurs, avec les blogueurs voyage. Toutes les teintes de l'#automne !
    Epinglez-moi !

     

    Les couleurs de l'automne autour du monde : où voir les plus belles feuilles d'automne ? 20 blogueurs de voyage partagent leurs destinations automnales.
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  • Palerme, Séville, Istanbul : mélange des cultures

    A la recherche d’un soleil d’hiver proche, je suis allée me réfugier en Sicile, et j’ai découvert Palerme. Eglises devenues mosquées et vice-versa, cocktail incroyable d’influences, Palerme, véritable carrefour des civilisations, m’a fascinée par son éclectisme. Ce voyage m’en a alors rappelé d’autres : à Séville et à Istanbul, j’avais aussi été touchée par le mélange des cultures, par la fusion harmonieuse des civilisations. A l’heure où notre monde cède partout à la haine et à la violence, et où la religion sert trop souvent de prétexte à l’horreur, ces lieux incarnent la possibilité du vivre ensemble. Ils nous rappellent que les grandes civilisations et religions ont su conjuguer ensemble de surprenantes harmonies, et quelle beauté jaillit de la tolérance. Séville, Palerme, Istanbul : des voyages qui nous rendent plus intelligents.

    Trois villes à la croisée des chemins entre Orient et Occident, Europe et Afrique, chrétienté et islam, trois villes superbes et riches, qui méritent infiniment qu’on les découvre.

    Palerme, Séville, Istanbul : trois destinations sublimes où les cultures se mélangent, pour un voyage qui ouvre les yeux.
    Majestueuse Séville.

    Palerme, « la bienheureuse » : six civilisations à l’ombre des palmiers

    Je suis allée à Palerme parce que je cherchais le soleil et la mer, à l’heure où l’hiver engourdit l’Europe. Je savais que là-bas, en Sicile, le gel ne mordait jamais, et les palmiers, les orangers et les figuiers de barbarie dessinaient des jardins tropicaux. Mais au-delà de la chaleur, j’ai trouvé en Palerme une des villes les plus fascinantes et les plus originales que je connaisse.

    Que voir à Palerme. Cathédrale de Palerme
    La cathédrale de Palerme.

    Pour que vous compreniez à quel point Palerme est unique, voici un petit cours d’histoire en accéléré. Au huitième siècle avant Jésus Christ, les Grecs fondent Naxos sur le sol de Sicile. L’île devient ensuite romaine, puis est conquise en 535 par l’empire byzantin. C’est pourquoi tant d’églises de Palerme s’ouvrent en hautes coupoles dorées, arborées de Christ pantocrator et de mosaïques délicates. Et même si Palerme est revenue dans le giron de Rome, l’influence de l’église d’Orient ne s’est jamais démentie, et a fait de Palerme un pont entre les deux mondes, entre Rome et Constantinople. A l’heure où l’Occident romain détruisait les icônes, Palerme a pu protéger ses mosaïques, îlot oriental au coeur du monde latin. C’est une constante : Palerme a su se préserver des guerres et des conflits religieux et imposer son modèle à elle, au carrefour de différentes influences. Palerme, c’est l’exception parmi le carnage, l’île du juste milieu. Au neuvième siècle, les Arabes conquièrent la Sicile. Arrivent alors les mosquées, les arabesques, les fontaines des jardins maures, qui vont souffler un vent d’ailleurs dans les rues de Palerme. Au onzième siècle, quand les Normands prennent le pouvoir à leur tour, ils ne détruiront rien non plus, mais changeront les mosquées en églises, les jardins en cloîtres. Durant quatre siècles, c’est cette influence nordique qui marquera Palerme, jusqu’à ce que le royaume d’Aragon impose l’empreinte espagnole.

    Palerme, Séville, Istanbul : trois destinations sublimes où les cultures se mélangent, pour un voyage qui ouvre les yeux.
    Jardin de San Giovanni degli Eremiti, ancienne mosquée devenue église

    Des dizaines d’églises, de monuments et de jardins portent la marque de ces vagues successives, et conspirent à la beauté poignante de Palerme. Palerme est hypnotique : c’est comme une archéologie vivante de l’Occident, un jardin de pierre entortillé. Ici le passé ne meurt pas, il devient fleur folle, poussant subrepticement dans les interstices ; ici les siècles enfuis nous guettent derrière une colonne, comme autant de fauves ensauvagés.

    Eglise de la Martorana à Palerme. Que voir à Palerme
    Sublime église byzantine de la Martorana, Palerme

    Que voir à Palerme : architecture sublime et mélanges culturels

    Tant de lieux témoignent de ce syncrétisme. La cathédrale de Palerme est une ancienne basilique, changée en mosquée par les Arabes, redevenue chrétienne sous l’influence normande. Dans un tombeau monumental dort le plus grand roi du Moyen-Âge, l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen. Ce prince immensément cultivé parlait six langues, dont l’arabe, et se voulait apôtre de la tolérance et de l’harmonie entre les civilisations. Il se décrivait comme « roi de la fin des temps », venu apporter la paix et la justice sur Terre. Pendant des siècles et des siècles, ses sujets ont espéré son retour, et moi aussi je me suis surprise à le penser : reviens, Frédéric, si tu crois pouvoir apporter la paix ! La décoration a été transformée sous l’influence espagnole, d’où les airs de parenté entre la cathédrale de Palerme et celle de Séville.

    Palerme, Séville, Istanbul : trois destinations sublimes où les cultures se mélangent, pour un voyage qui ouvre les yeux.
    Cathédrale de Palerme. En haut à gauche : vue depuis le sommet de la cathédrale.

    Autre lieu de mélange qui m’a marquée : le Palazzo dei Normanni, le palais de Frédéric II. Au cœur du palais, la Cappella Palatina est une église byzantine, où on célébrait la messe en rite romain, et où le toit d’ébène est sculpté de muqarnas et couvert de calligraphies arabes. J’aime imaginer l’empereur écoutant la messe latine sous les mosaïques dorées et les versets du Coran.

    Palerme, Cappella palatina
    La Cappella Palatina du Palazzo dei Normanni. Dans l’église byzantine se cachent des muqarnas arabes.

    Allons voir encore l’église San Cataldo, ancienne mosquée devenue église normande, qui frappe par sa rugosité nordique et ses coupoles rouges, tandis que sa voisine immédiate, l’église de la Martorana, est purement byzantine. A quelques pas, le cloître de l’église San Giovanni degli Eremiti est un spectaculaire jardin sauvage, lui aussi mi-arabe, mi-chrétien.

    San Cataldo à Palerme
    San Cataldo, église typique du style arabo-normand

    Enfin, montez à la cathédrale de Monreale, qui fascinait Wagner et Maupassant, dont le jardin est envahi de gigantesques figuiers étrangleurs et kapoks hérissés de pointes, et d’où la vue sur Palerme est saisissante. Car Palerme présente tous ses joyaux dans un cadre naturel exceptionnel, entre la mer étincelante, les montagnes couvertes de cactus, et les plages de sable clair.

    Palerme Monreale
    Cloître de Monreale.

     

    Palerme soleil d'hiver proche
    Palerme, un morceau d’ailleurs, avec sa baie envahie de cactus, ses kapoks et figuiers géants, les oranges amères dans les rues de la ville, et la plage de Mondello…

    Je laisse le dernier mot à Alexandre Dumas : “Plus favorisée du ciel que Girgenti, Palerme mérite encore aujourd’hui le nom qu’on lui donna il y a vingt siècles: aujourd’hui, comme il y a vingt siècles, elle est toujours Palerme l’heureuse. En effet, s’il est une ville au monde qui réunisse toutes les conditions du bonheur, c’est cette insoucieuse fille des Phéniciens qu’on appelle Palermo Felice, et que les anciens représentaient assise comme Vénus dans une conque d’or. Bâtie entre le monte Pellegrino qui l’abrite de la tramontana, et la chaîne de la Bagherie, qui la protège contre le sirocco; couchée au bord d’un golfe qui n’a que celui de Naples pour rival; entourée d’une verdoyante ceinture d’orangers, de grenadiers, de cédrats, de myrthes, d’aloès et de lauriers roses, qui la couvrent de leurs ombres, qui l’embaument de leurs parfums; héritière des Sarrasins, qui lui ont laissé leurs palais; des Normands, qui lui ont laissé leurs églises; des Espagnols, qui lui ont laissé leurs sérénades, elle est à la fois poétique comme une Sultane, gracieuse comme une Française, amoureuse comme une Andalouse. Aussi son bonheur à elle est-il un de ces bonheurs qui viennent de Dieu, et que les hommes ne peuvent détruire. Les Romains l’ont occupée, les Sarrasins l’ont conquise, les Normands l’ont possédée, les Espagnols la quittent à peine, et à tous ces différents maîtres, dont elle a fini par faire ses amants, elle a souri du même sourire : molle courtisane, qui n’a jamais eu de force que pour une éternelle volupté. »

    Palerme que voir à Palerme soleil d'hiver proche
    Soleil couchant dans les rues de Palerme

     

    palerme quattro canti
    Quattro Canti : quatre « portes » sur le monde

    Séville, entre l’Andalousie et le Maghreb

    Palerme m’a fait me souvenir de Séville, que j’avais adorée il y a quelques années, lors d’un voyage qui s’est poursuivi à Lisbonne et sur la côte portugaise, de l’Algarve à Porto. Je crois que Séville est, à ce jour, la ville espagnole que j’ai le plus aimée et qui a le plus marqué mon imagination. Là aussi, j’avais eu l’impression d’une fabuleuse efflorescence architecturale, d’une ville où les torsades baroques et les arabesques maures se mêlaient aux troncs des palmiers dans une harmonie esthétique incroyable. L’architecture imite la nature, Séville est une forêt de tours et de flèches en fleurs.

    Séville, Andalousie.
    Promenade dans Séville à travers les époques et les continents

    La région de Séville a été romaine, wisigoth, puis arabe du 8e au 12e siècle – ce sont les Arabes qui donnèrent son nom à l’Andalousie, « Al Andalus ». Séville fut une des villes les plus opulentes et grandioses de l’empire maure, riche en mosquées et palais somptueux. Qui visite l’Alcazar comprend la puissance des rois arabes espagnols, et leur empreinte sur le pays. Puis vint la Reconquista, et au lieu de détruire les merveilles arabes, les chrétiens choisirent de les transformer, de changer les minarets en clochers, les mosquées en cathédrales. L’art qu’on nomme « mudejar », c’est la fusion de l’influence arabe et chrétienne, le prodigieux syncrétisme architectural qui rend cette région si belle. Jusqu’au 15e siècle, les mudejars, musulmans sujets des rois chrétiens, purent vivre en Espagne et pratiquer leur religion – quatre siècles d’intelligence, avant qu’on les force à la conversion ou à l’exil. Séville, c’est le mariage de deux mondes, le trait d’union.

    Alcazar de Séville lieux de tournage game of thrones en espagne
    L’Alcazar, un des plus beaux lieux que je connaisse en Europe. Sublime palais d’empereur maure devenu résidence des rois chrétiens. (Et aujourd’hui, dans l’imaginaire télévisuel, devenu Dorne de Game of Thrones !)

    Sous la chaleur de l’Andalousie, Séville a hérité des Arabes la culture de l’eau, des canaux, des profondes citernes souterraines qui ressemblent à des châteaux gothiques inondés. J’ai été fascinée par l’Alcazar, palais maure d’une incroyable beauté, avec ses jardins remplis d’oiseaux, ses canaux où l’eau jaillit, son fastueux Salon des Ambassadeurs à la voûte d’or. Dans la série Game of Thrones, l’Alcazar de Séville a servi de décor aux jardins de Dorne, et vous croirez voir passer la « vipère du désert » sous une voûte ouvragée.

    Alcazar de Séville
    Fabuleux Alcazar : la voûte du salon des ambassadeurs, les jardins et la citerne souterraine

    A côté de l’Alcazar, la cathédrale de Séville est surmontée d’une tour devenue symbole de la ville : la Giralda, ancien minaret almohade changé en clocher chrétien. La vue sur l’Alcazar depuis le sommet de la tour est fabuleuse – l’histoire de l’Europe devient un tableau mouvant, un cœur qui bat sous le soleil.

    Giralda de Séville
    La Giralda, minaret devenu clocher, symbole de Séville

    Istanbul, la sublime porte entre Orient et Occident

    C’est avec tristesse que j’écris le nom d’Istanbul. Ensanglantée par des attentats à répétition, menacée par une crise politique inquiétante, Istanbul est dans l’incertitude la plus totale. J’ai eu la chance de voir la ville en 2014, avant que tout bascule. Je suis heureuse de l’avoir vue, mais désolée d’avouer qu’aujourd’hui, en l’état actuel des choses, je n’irais plus à Istanbul. Ce n’est pas de la paranoïa, juste du bon sens face à la dégradation terrible de la situation… et je suis triste pour les habitants d’Istanbul, triste aussi de voir le monde se rétrécir sous l’effet des crises et des menaces. Je regrette de n’avoir jamais vu Kaboul, Bagdad, Alep, et de ne pas savoir quand cela sera à nouveau possible…

    Entre Europe et Asie, le berceau de notre civilisation

    Istanbul. Je n’avais que des clichés en tête, et aucun ne m’avaient trahi. La ville aux trois noms – Constantinople, Byzance, Istanbul – et aux deux mondes, la « Sublime porte » de l’empire ottoman, la dernière ville européenne sur le Bosphore avant les secrets capiteux de l’Asie. J’avais tout l’héritage de l’orientalisme, de l’Orient Express, de tous ces Européens qui frissonnent à Paris et rêvent d’embarquer pour Vienne et Istanbul, de prendre un train vers les délices pour abreuver nos fantasmes.

    Palerme, Séville, Istanbul : trois destinations sublimes où les cultures se mélangent, pour un voyage qui ouvre les yeux.
    Sur le Bosphore, entre l’Europe et l’Asie

    Je savais que le berceau de notre civilisation était ici, quelque part entre le Tigre et l’Euphrate, que c’était ici qu’on avait inventé notre agriculture, notre écriture et nos dieux. Jamais je ne l’ai ressenti aussi clairement qu’à Istanbul. Au musée Pera, j’ai vu les mesures, les poids et les pièces, les tableaux d’équivalence portés par les marchands et les marins, tous ces étalons avec lesquels les hommes de notre monde se mesuraient les uns aux autres, échangeaient, négociaient, se tâtaient, dessinaient la carte de notre civilisation de port en port. Phéniciens, Romains, Grecs, Ottomans, ils soupesaient l’or, le bronze et le poids des mondes.

    Le dialogue de la Torah, la Bible et le Coran

    A Istanbul, chaque musée, chaque édifice religieux, chaque musée répète combien les religions du livre sont liées, et que juifs, chrétiens et musulmans sont bien une même famille. Au palais Topkapi, on expose le bâton d’Abraham et autres reliques du temps de l’Ancien Testament, appartenant à Jésus ou à Mahomet. Tout est une même généalogie, Juifs attendant le messie, chrétiens le trouvant en Galilée et musulmans à La Mecque. Moïse et Jésus sont les descendants d’Isaac, Mahomet le descendant d’Ishmael –, tous ces prophètes mis au service de la même histoire. A la mosquée Süleymaniye, une exposition présente les versets que le Coran consacre à Jésus et à Marie, ainsi que l’histoire fascinante de l’ange Gabriel qui vient enlever Mahomet une nuit, le transporte de La Mecque à Jérusalem, afin qu’il rencontre tous les grands noms de la Bible, tous les prophètes et les patriarches.

    Mosquée Süleymaniye, Istanbul
    Mosquée Süleymaniye, absolument époustouflante.

    L’emblème d’Istanbul, c’est l’Hagia Sophia ou Sainte Sophie, fabuleuse église byzantine devenue tour à tour mosquée, puis de nouveau église, et ainsi de suite, riche de mosaïques et de calligraphies, aujourd’hui suspendue entre les deux statuts, plus vraiment église mais pas totalement mosquée, coupole majestueuse qui semble refléter toute l’histoire du dialogue entre Orient et Occident. Son dôme est le plus grand du monde ; le nom « Sophia » signifie « sagesse », et celui qui a dessiné l’église était un mathématicien, un avide lecteur de philosophie, amoureux de la lumière et de l’équilibre, voulant insuffler au culte de Dieu le respect des grands principes logiques qui portent la création. L’Hagia Sophia, c’est la religion éclairée, intelligente, venue réconcilier le monde plutôt que le déchirer…

    Palerme, Séville, Istanbul : trois destinations sublimes où les cultures se mélangent, pour un voyage qui ouvre les yeux.
    Sainte Sophie (Hagia Sophia), symbole de la lumière, de la sagesse et de l’harmonie religieuse.

    Et ce qui surprend le plus, c’est combien les autres grandes mosquées d’Istanbul lui ressemblent. Il y a quelque chose de vertigineux à cette pensée : la Mosquée bleue (Sultanahmet) et la mosquée Süleymaniye ont été façonnées par des sultans éclairés sur le modèle de l’Hagia Sophia, une église byzantine devenue symbole de l’œcuménisme.

    Voir Istanbul sombrer dans la violence et la radicalité me désespère – cette ville a tant apporté au monde et à l’intelligence humaine.  A l’époque où j’y suis allée, en 2014, les mosquées d’Istanbul étaient un modèle d’ouverture et de tolérance. On distribuait aux touristes (femmes mais aussi hommes) de grands foulards roses, bleus ou verts très gais afin qu’ils puissent couvrir leurs têtes, leurs jambes et leurs épaules, on trouvait des panneaux « Chrétiens, venez découvrir l’islam » et autres mains tendues.

    Mosquée bleue d'Istanbul. Palerme, Séville, Istanbul : trois destinations sublimes où les cultures se mélangent, pour un voyage qui ouvre les yeux.
    Dans la mosquée bleue (Sultanahmet) d’Istanbul

     

    Citerne d’Istanbul, la soeur de celle de Séville. Photo de banque de données (j’ai commis la bêtise de n’aller à Istanbul qu’avec un Iphone… d’où la qualité des photos. Navrée. Je n’étais pas encore blogueuse, je ne savais pas quel crime c’était).

    Je repense aux séraphins de l’Hagia Sophia, à la lumière du crépuscule sur le Bosphore. J’aimerais pouvoir retourner un jour à Istanbul. J’aimerais que voyager continue de nous ouvrir les yeux et les cœurs.

    Petit carnet pratique : comment aller et où dormir à Palerme, Séville et Istanbul

    Comment aller et où dormir à Palerme

    Deux aéroports français ont des vols directs réguliers vers Palerme : Paris Orly et Marseille. D’autres aéroports proposent des vols charters avec séjour, ou des vols aves escale.
    Pour une bonne affaire, je vous recommande vraiment Palerme hors saison, à l’heure où les prix s’effondrent. J’ai pu dormir au sublimissime et légendaire Grand Hôtel Et Des Palmes, hôtel cinq étoiles adoré par Wagner, Maupassant, Dumas, Visconti, pour le prix ahurissant de 50 euros par nuit en février. Ma chambre était grande comme un aérogare et incroyablement luxueuse, le petit déjeuner succulent. Jetez un coup d’œil à leurs offres hivernales. Pour moi, c’était plus qu’un hôtel, c’était un mythe.
    Je n’y ai pas dormi, mais j’avais eu un gros coup de cœur pour le Mondello Palace Hotel, un hôtel « rétro » somptueux sur la très belle plage de Mondello (vous trouverez une photo dans mon montage plus haut : l’espèce de palais blanc sur la plage de Mondello, c’est lui).

    Mondello, Palerme
    Il faut dire que Mondello, c’est magnifique

    Comment aller et où dormir à Séville

    Vous avez des vols directs pour Séville depuis Paris, Lyon, Marseille et Toulouse. J’avais atterri à Séville et continué vers le Portugal, pour un road trip dans l’Algarve. Je regrette de ne pas avoir vu Tolède et Cordoue – ça n’est que partie remise.
    J’avais adoré faire le tour de la ville en calèche (choisissez bien sûr des chevaux en bonne santé, sans blessure, bien dodus !) pour avoir une vue d’ensemble des monuments.
    L’Andalousie me paraît être un endroit génial pour des vacances entre amis, avec énormément de villes superbes à visiter, la beauté des paysages, le sens de la fête, et le coût de la vie assez faible.

    Séville, Andalousie
    Dans les rues de Séville

    Comment aller et où dormir à Istanbul

    Je suis navrée d’écrire cela, mais sincèrement, je ne vous recommande pas d’aller à Istanbul en ce moment. La situation politique est trop instable, et les attentats meurtriers fréquents… Nous ne sommes à l’abri nulle part, je le sais bien, mais nous sommes plus en danger dans certains endroits. Si vous décidez d’y aller malgré tout : vous avez des vols directs depuis Paris, Nice, Marseille et Toulouse. Une fois à Istanbul, réfléchissez bien à où vous voulez dormir : la partie européenne (la plus animée, la plus touristique et riche en monuments) ou la partie asiatique (plus « village », plus éloignée aussi, il vous faudra traverser le Bosphore pour revenir dans le coeur). Ne manquez pas la croisière sur le Bosphore, c’est sublime…
    Parce que j’étais à Istanbul dans le cadre d’une conférence, j’avais eu la chance de dormir au Hilton Bomonti Istanbul, qui présente le défaut d’être excentré, mais qui propose une vue superbe sur la ville, des chambres immenses et un spa absolument magnifique dont je me souviens encore avec nostalgie !

    Tant d’articles à écrire et si peu de temps ! Où vais-je vous emmener la semaine prochaine en voyage – Maroc, Californie, Ecosse, Provence ? Inscrivez-vous à la newsletter pour ne rien manquer !

     

    Carrefour des civilisations, mélange des cultures : Palerme en Sicile, Séville en Andalousie, Istanbul en Turquie
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  • Plus haut que les nuages, Dubaï

    Dubaï est la ville de tous les superlatifs. Sa démesure défie le climat, la gravité et l’imagination humaine : tout ce dont vous avez rêvé se trouve à Dubaï, mais aussi tout ce que vous n’aviez jamais pensé un jour désirer. Dubaï est mégalomane et sans limite – visite entre sable et vertige.

    Skyline de Dubai nocturne
    Dubai à la nuit.

    Cet article est le dernier d’une série consacrée aux Emirats Arabes Unis. Retrouvez ici l’article sur Abu Dhabi et ici celui sur l’oasis d’Al Ain.

    Arriver à Dubaï, c’est tomber dans le ciel. Au-dessus des sables s’élève la silhouette vertigineuse de la Burj Khalifa, haute de 828 mètres, dont la démesure semble miniaturiser tout le reste de la skyline. Par temps brumeux, quand les brouillards du désert nappent Dubaï d’une couche opaque et vaporeuse, elle est la seule à émerger des nuages, et à signifier l’infinie ambition émirienne. C’est une nouvelle tour de Babel, construite par des centaines de travailleurs immigrés dont les langues se mélangent, et lancée à l’assaut des cieux.

    La Burj Khalifa illuminée de fleurs, la nuit.
    La Burj Khalifa illuminée de fleurs, la nuit.

     

    burj khalifa fazza dubaï
    La Burj Khalifa émergeant des nuages, photo prise par « Fazza » en personne, alias Son Altesse Hamdane ben Mohammed Al Maktoum, prince héritier de Dubaï. Entre chevaux, faucons et faune sauvage, son compte Instagram nous permet de jeter un coup d’œil à la dérobée dans l’Olympe émirien.

    Si Abu Dhabi, en sa qualité de capitale des Emirats Arabes Unis, se veut garante de la culture traditionnelle et d’un certain sens de la mesure infusé par son fondateur, le bien-aimé Sheikh Zayed, Dubaï ne connaît aucune limite. Ici tout est possible. Vous pouvez surfer des vagues artificielles et skier en plein désert, dormir dans un hôtel 7 étoiles pour 7000 euros la nuit, sauter en montgolfière sur des îles façonnées par la main de l’homme, et acheter tout ce qui dans l’univers peut se monétiser.

    Luxueuse marina de Dubaï.
    Luxueuse marina de Dubaï.

    La caste minuscule et infiniment puissante qui tient Dubaï a les pouvoirs d’un démiurge, sculptant océans et montagnes au milieu du désert. Ici vivent les nouveaux Dieux. Comme à Asgard, comme sur l’Olympe, ils vivent ici dans un palais suspendu au-dessus des nuages construit d’une main de géant et sourd aux tumultes des mortels qui grouillent à ses pieds. Le fluide magique qui parcourt leurs villes électriques, qui fait jaillir les merveilles le long des artères rugissantes, c’est l’or qui dort dans les profondeurs. Comme les Dieux des mythologies autrefois, ils ont triomphé des rages martiales de leurs frères ennemis, renvoyé Titans et monstres à l’abîme et préfèrent la paix aux croisades. Jusqu’à peu, ils brandissaient leur pacifisme en étendard, et soulignaient qu’ils ne mènent aucune guerre nulle part, et que les hélicoptères militaires qui traversent parfois les villes se contentaient de s’entraîner dans leurs déserts. L’irruption de Daech a tout changé : les Emirats eux-mêmes sont allés s’engager dans le maelström. Cette guerre contre l’hydre jihadiste a des airs d’apocalypse.

    skyline de dubaï
    Ces deux tours, vues au crépuscule, imitent le Chrysler Building de New York.

    Mais l’écume des tempêtes géologiques ne touche pas encore ces rivages dorés. Dubaï est un monde parallèle où tout n’est que luxe, calme et volupté. Au Dubai Mall, le plus grand centre commercial du monde, des dizaines de plongeurs en polystyrène bodybuildé font le saut d’Icare dans une cascade artificielle, et disent l’ivresse d’une vie illimitée. Les aquariums sont hauts comme les remparts d’un château fort, et on peut faire du ski et du patin à glace au milieu des chalets et des sapins sous une voûte d’acier. Dans la marina de Dubaï, l’éclat immaculé des yachts infiniment luxueux reflète le soleil descendant, et promet aux ultra riches une vie où on ne touche jamais terre, où les avions, bateaux et les tours vertigineuses vous libèrent de la malédiction du sol.

    Les plongeurs du Mall of the Emirates;
    Les plongeurs du Dubai Mall.

    Tout le quartier de Palm Jumeirah semble illustrer la victoire de la volonté humaine sur les éléments. Les images satellites révèlent la forme du gigantesque palmier que forme un réseau d’îles artificielles, gagnées sur la mer. Sur les branches du palmier magique s’étalent des plages douces et claires, bordées de mosquées et de villas aux jardins fleuris.

    Vision satellite du Palm Jumeirah. Source : Wikipedia Commons.
    Vision satellite du Palm Jumeirah. Source : Wikipedia Commons.

    Les hôtels les plus emblématiques de Dubaï se tiennent sur ce continent jailli des eaux, comme la Burj-Al-Arab, dont la silhouette de voilier rappelle les traditions nautiques émiriennes, et dont les chambres comptent parmi les plus chères et les plus opulentes de la planète. A ses pieds s’étendent de belles plages de sable blanc, dessinées pour rappeler les paradis exotiques dont rêve la planète entière.

    Dubaï
    Coucher de soleil sur la Burj Al Arab.

    L’Atlantis trône en roi du palmier artificiel. Ma passion aquatique me pousse à préférer cet hôtel colossal et fantasmatique à tous les autres : pousser les portes dorées de l’Atlantis, serties de conques et d’hippocampes, c’est descendre vingt mille lieues sous les mers. Je me souviens de la Petite sirène de Disney, du palais sous-marin du roi triton et de ses filles, et je replonge dans mes rêves de gamine. Un lustre de verre coloré semble dresser une colonne de lumière entre les mondes, des aquariums géants au décor de naufrage et d’Atlantide portent l’imagination vers des rivages lointains, et chaque détail évoque les trésors d’Arielle. La vie des Dieux est si douce.

    Dubaï crépuscule sur l'Atlantis
    L’Atlantis vu depuis l’une des plages du Palm Jumeirah, au soleil couchant.

     

    Porte de l'Atlantis Dubaï
    Les portes magiques de l’Atlantis.

     

    Dubaï aquarium Atlantis voyage
    Le fabuleux aquarium de l’Atlantis.

     

    dubaï atlantis lustre
    Le lustre mirifique dans le hall d’accueil de l’Atlantis

    Dubaï est belle comme un mirage, surtout là où son âme d’antan transparaît. Le vieux quartier de Deira raconte l’Arabie des marins et des marchands, les horizons lointains distillés dans les épices et les étoffes précieuses empaquetées dans les grandes barques à fond plat. Le long des docks de The Creek, le ballet permanent des bateaux continue de parler la langue du petit commerce, et ouvre une fenêtre sur le passé. Dans le souk aux épices, créé à l’arrivée des Perses au XIXe siècle, on vous met sous le nez le saffran, la badiane, le ras el hanout, le cumin et la coriandre, on ouvre sous vos yeux des citrons séchés et débite les publicités de Leclerc, Carrefour ou Intermarché pour vous faire sourire et vous vanter des prix imbattables. Des petits stands proposent tous les délices de l’Orient riche et ondoyant qu’on a tous fantasmé, pain pita, labneh, hoummous, fromage halloumi et taboulé. Au cœur de Dubaï, il est possible de retrouver l’Orient des mille et une nuits.

    Deira the creek à dubaï
    Minaret et navires, ambiance du soir sur les docks de The Creek, Deira.

     

    spice market dubaï
    Souk aux épices de Dubaï.

     

    dubai the creek boat
    Bateau traditionnel.

    De tous côtés, la ville continue de grandir. A JBR The Walk, un quartier balnéaire construit de toute pièce pour évoquer l’ambiance douce et nonchalante des villes de la côte Ouest des Etats-Unis, on peut s’asseoir à la terrasse d’un café et voir les attractions de demain prendre forme dans la baie. De nouveaux hôtels, toujours plus délirants. Le grand 8 le plus gigantesque et le plus rapide du monde, pour vous propulser définitivement dans la stratosphère. Avant que le pétrole vienne à manquer, avant que le monde bascule, Dubaï bâtit de quoi aimanter le monde entier. Il faut parer à l’inévitable et l’incertain, car toujours point l’angoisse du crépuscule des Dieux. Quand je vois la Burj Khalifa émerger à des kilomètres de distance, immense et fantomatique, un frisson me parcourt. Une cime si audacieuse semble appeler la foudre. Dubaï évoque toutes les légendes médiévales sur la folie des hommes et le châtiment divin qui menace ceux que la vie a trop gâtés.

    JBR The walk Dubai
    Ambiance californienne à JBR The Walk.

     

    JBR Dubai
    Café de plage à JBR

    Partout, le désert menace de reprendre ce qu’on lui a arraché. Le sable dont Dubaï et Abu Dhabi ont jailli autrefois a déjà envahi le World, ce pharaonique projet de reproduction du globe au large de Dubaï. Et il n’est pas difficile de se laisser gagner par un rêve de mort et de ruines, d’imaginer la ville jaillie des sables, rendue aux sables, les gratte-ciels enlisés dans des dunes toujours plus hautes, les jardins asphyxiés par son emprise insidieuse, et le désert qui recouvre tout. Peut-être que dans deux cent ans, les Emirats Arabes Unis seront un nouveau Pompéi où l’on grattera au pinceau et à la truelle parmi les vents brûlants pour mettre à jour les traces de la folie des hommes. Peut-être que des collectionneurs et des mécènes, venus de la nouvelle nation ascendante, entreprendront de restaurer ces palaces, et que les générations futures viendront visiter l’Atlantis, ses mille figures marines, ses aquariums au décor de Nautilus chaviré, ses fresques de Poséidon, comme on visite aujourd’hui Versailles, dans une étrange mise en abyme. Peut-être que cet opulent simulacre d’Atlantide sera englouti comme son modèle, puis sauvé une nouvelle fois des profondeurs, et arpenté par des amoureux des ruines. J’imagine sa grande arche sinueuse, aujourd’hui ouverte sur les eaux turquoises, alors replongée dans l’indéfini, ses sculptures érodées par le temps, et les méditations mélancoliques des romantiques de demain, fascinés par l’histoire de ces princes qui fondèrent un empire à nul autre pareil au cœur du désert hostile, à la force du songe et de la démesure.

    atlantis dubaï
    Décor fantasmagorique de l’Atlantis.
    Marina de Dubaï.
    Marina de Dubaï.

    Nous les enfants des démocraties occidentales fatiguées, nous sommes ambivalents face aux princes du désert. Nous qui avons aboli les privilèges depuis cette nuit du Quatre août, nous qui sommes libres et égaux dans notre uniformité, qui bâtissons des prisons et des hôpitaux au lieu de cathédrales et de châteaux, nous allons en masse le week-end visiter Notre-Dame et Chambord, les châteaux de Louis II de Bavière et le palais des Doges, commémorer les folies d’autrefois. Quand nous voyons des centaines de milliers d’hommes assujettis au rêve d’un seul, et nous ne savons si nous sommes horrifiés ou envieux. Face aux sublimes lubies des émirs, nous hésitons de même entre l’invective et la fascination, la peur et la jalousie, et nous, peuple démocratique, syndiqué, revendicateur, ironique, gréviste, débatteur. Nous pointons du doigt tout ce qui ne correspond pas à nos valeurs, puis nous supplions les nouveaux dieux de nous corrompre, et il est si doux de leur céder.

    dubaï burj khalifa fontaine
    Jeu de lumières et d’eau au pied de la vertigineuse Burj Khalifa – 828m de vertige.
    skyline dubai night
    Skyline de Dubaï, la nuit, avec la silhouette de la Burj al Arab au premier plan, la Burj Khalifa au loin, et toutes les grues signifiant la construction de nouvelles merveilles.

    Nous avons toujours eu besoin d’heureux élus, plus beaux, plus riches, plus puissants que nous tous, qui font jaillir l’argent comme une source vive dans notre quotidien aride, et qui construisent les piscines de jade, les restaurants avec vue imprenable sur des lieux d’une beauté à couper le souffle, les fontaines immenses, les tours plus hautes que les nuages, les hôtels plus beaux que les rêves, pour nous offrir des miettes de ce paradis si ardemment désiré, et que nous suspectons de ne pas voir s’ouvrir après notre mort, puisque nous n’avons jamais été certains de croire en Dieu. Alors nous cherchons sur terre les minutes de douceur, d’harmonie, de joie sans partage, les minutes où l’eau chante dans un jardin luxuriant à la tombée de la nuit, et où nos corps se reposent du tumulte de la vie normale et laborieuse. Vendons-nous notre âme ? Mais qu’avons-nous d’autre à proposer ?

    sunset atlantis dubai
    Crépuscule sur l’Atlantis, avec des nuées d’oiseaux dont nul auspice n’a su déchiffrer la constellation.
  • L’oasis d’Al Ain, jardin dans le désert

    Au cœur du désert d’Arabie, une ville de fontaines et de jardins émerge des dunes de sable brûlant. Depuis des siècles, Al Ain est un havre de vie au cœur de la fournaise, où un système d’irrigation ancestral exploite les précieuses sources du sol et fait pousser les dattiers. La ville se lit comme une histoire des peuples du désert, portant la mémoire des Emirats Arabes Unis avant la richesse du pétrole.

    Cet article s’inscrit dans une série consacrée aux Emirats Arabes Unis. Vous pouvez voir ici l’article sur Abu Dhabi – le prochain explorera Dubaï. N’hésitez pas à aimer la page Facebook  ou à vous inscrire à la newsletter pour suivre les prochains articles !

    Fontaine dans le jardin du palais royal d'Al Ain.
    Fontaine dans le jardin du palais royal d’Al Ain.

    Au bout de quelques jours à l’ombre des gratte-ciels d’Abu Dhabi, où se dessine la métropole du futur, le voyageur est saisi d’une envie irrépressible : explorer les immensités qu’il devine au-delà des limites de la ville, voilées par la brume de chaleur qui flotte à l’horizon, aller là où les constructions s’enlisent dans les sables, et où le vide brûle les pieds. Aux Emirats Arabes Unis, s’éloigner des côtes, c’est remonter dans le temps. Al Ain est située à l’intérieur des terres, à cent cinquante kilomètres de la mer environ, à équidistance entre Dubaï et Abu Dhabi. Tout autour d’Al Ain, des dunes de sable profond perdent les hommes assoiffés, et durant des siècles, les squelettes des voyageurs imprudents ont jonché les pentes brûlantes, mais l’oasis a toujours été le refuge providentiel, le jardin d’Eden au cœur du brasier.

    Palmeraie d'Al Ain.
    Palmeraie d’Al Ain.

     

    Al Ain, vue depuis la montagne Jebel Hafneet. A droite, la ville, à gauche, les sables impitoyables, l'immensité du désert.
    Al Ain, vue depuis la montagne Jebel Hafneet. A droite, la ville, à gauche, les sables impitoyables, l’immensité du désert.

    D’ordinaire, je n’aime pas les excursions organisées. J’ai une vision cinématographique du voyage de découverte, car j’aime m’imaginer que ma vie ressemble à un road movie américain : une voiture, la liberté totale de la route qu’on choisit soi-même, et le soleil qui se couche sur les méandres de l’asphalte dévoré à pleins poumons. Sans doute ai-je eu tort (le pays est très sûr), mais je n’ai pas osé louer une voiture aux Emirats, en tant que femme seule, et dont les cheveux blonds et l’appareil photo hurlent à dix mille kilomètres à la ronde « touriste » ! Je suis partie en excursion avec Emirates Tour, et malgré la gentillesse du guide, la beauté des sites et le confort de se laisser trimballer, j’ai passé la journée à me dire que seule, j’aurais organisé les choses autrement. Si c’était à refaire, j’aurais loué une voiture, et j’aurais passé plus de temps à me perdre dans l’ombre fraîche des jardins, je n’aurais pas mangé dans un palace sans âme et climatisé, j’aurais attendu le coucher du soleil au milieu des dunes. Vous qui voyagez aux Emirats, sachez-le : Al Ain mérite qu’on lui accorde son temps et qu’on laisse la place au rêve.

    La palmeraie.
    La palmeraie.

    La rencontre de la journée, ce fut le dromadaire. C’est la première fois que je côtoie d’aussi près cet herbivore immense, dont l’allure dégingandée et les pieds immenses, dépourvus de sabots, m’évoquent autant la girafe que l’éléphant. Ses lèvres dolentes révèlent une denture immense et désordonnée, ses yeux sont doux et curieux, et ses mimiques permanentes lui donnent un air facétieux qui le rend terriblement attachant. Je savais son endurance incroyable, la réserve d’eau et de gras contenue dans sa bosse lui permettant de survivre à l’âpreté du désert, mais je ne savais pas son caractère joueur et familier, sa proximité avec les hommes. Je pense aux chevaux que j’aime tant. Le dromadaire a des airs de poulain.

    Dromadaires au marché d'Al Ain.
    Dromadaires au marché d’Al Ain.

    Je vois mes premiers dromadaires quelque part entre Abu Dhabi et Al Ain, sur la piste d’Al Wathba, où des hommes les entraînent à la grande course qui tient tout le pays en haleine. Ceux-là sont des bêtes de course, dont les prix atteignent des dizaines de milliers de dirhams, sélectionnés et soignés avec un soin à la hauteur des passions qu’ils inspirent. Autrefois, on juchait des jeunes garçons légers et agiles sur le dos des grands camélidés pour la grande course, mais ceux qui tombaient étaient piétinés par la mêlée furieuse, et la liste des morts effroyables ne cessait de s’allonger. Alors aujourd’hui, ce sont de petits robots lestés qu’on place sur les selles, à la place des enfants. Etrange fusion de la tradition et de l’hyper-modernité : des courses de dromadaire dans le désert, guidées par des robots.

    Entraînement des dromadaires.
    Entraînement des dromadaires.

     

    La vitesse de pointe du camélidé peut atteindre 65km/h.
    La vitesse de pointe du camélidé peut atteindre 65km/h.

    L’arrivée à Al Ain est saisissante : soudain le sable cède, et les ronds-points se couvrent de fleurs, l’eau jaillit du sol, et les fontaines célèbrent le miracle des trésors souterrains. Au cœur de la vieille ville se dresse le fort d’Al Jahili, qui ressemble aux illustrations des vieux livres d’aventure, à des visions de Milles et une nuits dans un Orient fabuleux et ourlé d’étoiles. A l’époque où les guerres tribales faisaient rage, le grand père du fondateur des Emirats Arabes Unis, Sheikh Zayed Ier, a fait ériger ses murs épais et sa haute tour de défense.

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    Entrée d’Al Jahili

     

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    La tour de défense

    Le fort abrite aujourd’hui les photographies de l’explorateur Wilfred Thesiger, celui qui disait de lui-même « être un des derniers aventuriers de l’ancien temps ». Dans les années 50, Thesiger a voyagé à travers l’Arabie à une époque où presque aucun occidental n’en connaissait les contours, a entrepris au péril de sa vie des traversées odysséennes d’un bout à l’autre du désert ardent, en craignant que son dromadaire s’effondre sous lui et signe son arrêt de mort.

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    Le fort Al Jahili

    « Vingt jours sans eau, c’était l’extrême limite de ce que les chameaux pouvaient supporter, eux qui marchent de longues heures dans des sables profonds, et ils ne pourraient tenir que si nous trouvions de quoi les nourrir. Trouverons-nous quelques herbes ? C’était le problème auquel les Bédouins étaient chaque jour confrontés. Si nous ne trouvions rien, les chameaux s’écrouleraient et ce serait notre fin à tous. Ce n’est pas la fin ou la soif qui effraie les Bédouins, ils affirment pouvoir survivre à sept jours de chevauchée sans eau ni nourriture. Ce qui les hante, c’est la peur de voir leur chameau s’effondrer sous eux. Si cela se produit, la mort est certaine. » (Wilfred Thesiger, Le désert des déserts)

    Il faut imaginer ce jeune Anglais maigre et pâle rêvant de tracer des routes imaginaires au cœur des sables, cherchant les protections successives de tribus ennemies qui lui offraient pourtant toutes une hospitalité inespérée. C’est ainsi qu’il a rencontré le jeune Sheikh Zayed, cavalier et fauconnier hors pair, et s’est noué avec lui d’une amitié qui durera jusqu’à la fin de leur vie. Thesiger sait qu’il « découvre l’Arabie juste à temps », avant que les traditions anciennes ne disparaissent à jamais. « Je voulais la couleur et la sauvagerie, les épreuves et l’aventure ». Thesiger est le dernier héraut d’un exotisme à l’ancienne, et il conçoit une nostalgie inépuisable de ces paysages redoutables.

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    Sheikh Zayed et son faucon. Photo Wilfred Thesiger

     « Un nuage se forme, la pluie tombe, les hommes vivent ; le nuage se dissipe sans averse, les hommes et les animaux meurent. Dans les déserts de l’Arabie du sud, il n’y a pas de rythme des saisons, pas de montée de sève, juste des étendues vides où seules les températures changeantes marquent le passage des années. C’est une terre amère, desséchée, qui ne connaît ni douceur ni facilité… Les hommes y vivent car c’est le monde dans lequel ils sont nés ; ils mènent la vie que menaient leurs ancêtres avant eux, ils acceptent les épreuves et les privations ; ils ne connaissent pas d’autre vie. Lawrence a écrit : « Les mœurs des Bédouins étaient rudes, même pour ceux qui les connaissaient depuis l’enfance, et terribles pour les étrangers : une mort dans la vie. » Aucun homme ne peut vivre cette vie et en ressortir inchangé. Il portera avec lui l’empreinte du désert, la brûlure qui marque le nomade, et il sera possédé par le besoin de revenir, plus ou moins ardent selon sa nature. Car ce pays cruel jette un sort auquel aucun climat tempéré ne peut se mesurer. » (Wilhelm Thesiger, Le désert des déserts)

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    Al Ain dans les années 50. Photo de Wilfred Thesiger

    Je comprends la fascination du désert depuis que je suis allée dans la Vallée de la Mort, en Californie – une expérience bouleversante, que je raconte ici. Mais à Al Ain, ce qui m’a séduite, c’est la luxuriance et la douceur, le contraste des immensités et de la vie qui fleurit, dans les jardins du palais royal d’Al Ain, une des résidences de Sheikh Zayed, et surtout, au cœur de la palmeraie, où le système d’irrigation ancestral noue un réseau de falaj (canaux) dans lesquels on place des tissus et des sacs de sable pour réguler et orienter le flux, et permettre la culture des fruits. Des hommes montent pieds nus en haut des palmiers pour cueillir les dattes, aidés par une corde qu’ils font glisser sur le tronc. La lumière est verte et fraîche.

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    Dans la palmeraie.

     

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    Homme qui monte au tronc d’un palmier pour cueillir les dattes.

     

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    Palais royal d’Al Ain.

    Au musée national d’Al Ain, une exposition retrace les temps reculés de l’histoire de nos mondes. Nous parlons de l’âge de bronze et de fer, des hommes et des femmes qui peuplaient l’Asie mineure il y a plus de cinq ou six mille ans. La culture moderne a germé quelque part en Mésopotamie, entre les rives du Tigre et de l’Euphrate ; à Sumer, on trace dans la glaise les caractères cunéiformes qui constituent la première écriture ; en Egypte s’élèvent les pyramides. De l’Indus au Nil, le berceau de notre civilisation se trouve ici, dans ce croissant fertile que l’Arabie borde de déserts. Déjà il y a cinq mille ans, des hommes et des femmes bravaient la rudesse du climat et avaient trouvé refuge dans l’oasis d’Al Ain. A Hili, on a retrouvé des tombes gigantesques, véritables cathédrales mortuaires dans lesquelles des dizaines d’hommes étaient ensevelis, génération après génération, au côté d’urnes et de poteries fabriquées en Mésopotamie. Le secret des mondes dort sous les sables.

    Les tombes néolithiques du site d'Hili.
    Les tombes néolithiques du site d’Hili.

     

    L'Arabie d'autrefois.
    L’Arabie d’autrefois.

    Au marché aux chameaux d’Al Ain, les bêtes sont traitées avec bien moins d’égards que ceux qui se livrent aux courses. Des dizaines de chameaux, élevés principalement pour le lait, le cuir et la viande, attendent leur acquéreur. Les stabulations permettent de les toucher ; ils sont joueurs, tendres et curieux, et j’ai le cœur serré quand les acheteurs viennent embarquer un grand chameau noir d’Arabie Saoudite avec qui notre groupe venait de jouer, direction l’abattoir. Incapable de manger un cheval, un cochon, une vache ou un agneau, j’ai toujours de la peine quand on emmène au couteau des créatures aux yeux tendres. Vous avez sans doute vu les terribles reportages de L214, ces derniers jours – ici ou ailleurs, la mort des animaux d’élevage soulève le cœur…

    Marché aux chameaux d'Al Ain.
    Marché aux chameaux d’Al Ain.
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    Choix du chameau.

    La journée s’achève au sommet de la montagne Jebel Hafeet, au pied de laquelle jaillissent à l’air libre ces sources sans lesquelles Al Ain ne pourrait vivre. Le paysage est extraterrestre, des crêtes de roches agglomérées qui semblent avoir fondu au soleil, jetées au-dessus des nombreux lacets de la route qui mène en haut.

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    Sources au pied de Jebel Hafeet.

     

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    Fleurs éclatantes au coeur du désert.

     

    Roches de Jebel Hafeet.
    Roches de Jebel Hafeet.

    Au sommet, la vue fascine, et permet de prendre conscience du caractère exceptionnel d’Al Ain : à perte de vue, le désert, brouillé par la chaleur qui monte des sables, raviné comme un front qui se plisse, et soudain Al Ain, comme une île au milieu de la tempête.

    Vue surplombante sur les sables du désert.
    Vue surplombante sur les sables du désert.

     

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    Les dunes vues au zoom…

     

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    Résidence princière au sommet de la montagne, avec de faux airs de Star Wars.

    Il est déjà temps de retourner vers Abu Dhabi. Les dunes sont partout autour de nous, à portée de main ; je rêve de m’arrêter juste un instant, de voir le soleil descendre sur le désert, mais le programme l’interdit, probablement parce que le privilège de fouler les sables est soumis à l’achat d’une autre excursion, à laquelle je n’ai pas participé. Mais un ami l’a faite pour moi, Florian Colomb de Daunant, propriétaire du merveilleux Mas Cacharel, auquel j’ai consacré cet article, et il a eu la gentillesse de me permettre d’utiliser ses photos. Je l’en remercie très chaleureusement : les images qui suivent sont de lui, et me font regretter de ne pas avoir, moi aussi, vécu un crépuscule désertique. Là où mes photos sont écrasées par la lumière de la pleine journée, lui a su capturer la lumière dont je rêvais, enfermée dans la voiture nous ramenant à Abu Dhabi, celle de la dernière heure du soir… Il me faudra revenir à Al Ain, vivre la fin du jour au milieu d’une telle splendeur.

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    Vertige du désert.
    Chameaux accomplissant leur fonction ancestrale, portant des voyageurs parmi les dunes.
    Chameaux accomplissant leur fonction ancestrale, portant des voyageurs parmi les dunes.

     

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    Au sommet d’une dune.

     

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    Beauté fulgurante du désert.

     

    blog voyage arabie désert coucher de soleil
    Coucher de soleil sur les dunes…

     

  • Abu Dhabi, la perle jaillie des sables

     

    Singulière et déroutante, Abu Dhabi fascine. Là où le désert régnait en maître il y a encore un demi-siècle, la découverte du pétrole et la volonté d’un leader charismatique ont su faire émerger des sables un fabuleux jardin de culture et de raffinement, qui se veut vitrine d’une Arabie souriante et paisible. Visite de la capitale des Emirats Arabes Unis, le pays qui entend séduire le monde entier.

    Entre deux palmiers, la marina d'Abu Dhabi, et la skyline en arrière plan.
    Entre deux palmiers, la marina d’Abu Dhabi, et la skyline en arrière plan.

     

    Sublime mosquée Cheikh Zayed.
    Sublime mosquée Sheikh Zayed.

    Quand on regarde les cartes postales d’Abu Dhabi prises depuis la mer, on retrouve une vision bien connue, dupliquée mille fois dans toutes les grandes villes littorales, de Miami à Sydney : une skyline vertigineuse qui étincelle dans le ciel bleu, les palmiers et la mer turquoise, le fourmillement du business et les délices du tourisme balnéaire. Mais il suffit de tomber sur l’image, plus rare, de la même ville vue de dos, depuis le désert, pour que le vertige surgisse. La ville émerge d’une immensité brûlante et vaporeuse, où la chaleur des sables réfléchit le soleil sur des centaines de kilomètres de vide, et elle apparaît soudain pour ce qu’elle est vraiment : un mirage devenu pierre et acier, une vision sortie du désert.

    Abu Dhabi vue du désert.
    Abu Dhabi vue du désert.

    Il y a cinquante ans encore, Abu Dhabi n’était qu’un village entre les dunes et la mer, habité par un peuple fruste et fier, rompu à la violence de ce climat et à la rareté des ressources. Ces gens traversaient les étendues ardentes à dos de dromadaire, et dressaient des faucons à la chasse. Le long des littoraux, ils se faisaient pêcheurs de perles, et risquaient leur vie pour descendre dans les fonds où dorment les précieux coquillages. Ils exportaient ces bijoux rares et dangereux à travers le monde, et revendaient eux-mêmes les étoffes et les épices venues d’Inde et de Perse, transportées dans leurs bateaux à fond plat. Le dromadaire, la voile, le faucon et la perle : tels étaient les piliers de cette vie rude et traditionnelle, et ce sont aujourd’hui encore les emblèmes d’Abu Dhabi. Car malgré la course effrénée qui les entraîne vers l’ultra-modernité, toujours plus haut, plus vite, plus fort, les habitants d’Abu Dhabi n’ont pas oublié d’où ils viennent. L’ivresse futuriste se teinte d’une profonde révérence envers l’Arabie d’autrefois.

    Abu Dhabi en 1960, un village posé sur, les sables - photo exposée à l'Heritage Village.
    Abu Dhabi en 1960, un village posé sur, les sables – photo exposée à l’Heritage Village.

     

    Patiemment née du métier à tisser, cette oeuvre rassemble les symboles d'Abu Dhabi : le faucon, la voile, le dromadaire, le palmier.
    Patiemment née du métier à tisser, cette oeuvre rassemble les symboles d’Abu Dhabi : le faucon, la voile, le dromadaire, le palmier.

     

    Abu Dhabi dans les années 60, une vie rude et une société traditionnelle.
    Abu Dhabi dans les années 60, une vie rude et une société traditionnelle.

    A l’Heritage Village, sous l’immense drapeau des Emirats et face aux gratte-ciels, Abu Dhabi célèbre le monde d’autrefois. Le village est une reconstitution d’une oasis, avec sa tour de guet, son fort et ses murailles, ses dromadaires et ses tentes rustiques, dressées à même le sable. On y trouve l’artisanat traditionnel d’Arabie, les dagues ouvragées, les lampes à huile, les tapis tissés fil par fil sur le métier, avec une patience infinie.

    Dromadaire de l'Heritage Village.
    Dromadaire de l’Heritage Village.

     

    La lampe à huile, qu'on retrouve sur les pièces de monnaie (dirhams).
    La lampe, qu’on retrouve sur les pièces de monnaie (dirhams).

     

    Dague traditionnelle.
    Dague traditionnelle.

    La culture de l’eau, cruciale dans ces contrées arides, organise la vie autour des puits, des fontaines et des falaj, système d’irrigation traditionnelle qui permet la culture des dattes et d’autres fruits dans les oasis. Comme partout dans le monde arabe, les chats, révérés par l’islam et symbole de pureté, sont omniprésents, et font leur toilette au bord de l’eau vivante.

    Fontaine.
    Fontaine.

     

    Jeux d'eau.
    Jeux d’eau.

     

    Système d'irrigation traditionnel.
    Système d’irrigation traditionnel.

     

    La barque à fond plat.
    La barque à fond plat.

    Entre ce village des temps anciens et la métropole verticale et opulente d’aujourd’hui, le contraste est saisissant – quelques décennies seulement ont précipité la métamorphose.

    Choc des époques.
    Choc des époques.

    Au début des années 60 émerge un leader visionnaire, qui sera le père de la nation émirienne : Sheikh Zayed. Cet homme élevé en prince du désert, cavalier, fauconnier, guerrier émérite, mais pétri de culture et lucide quant à la marche du monde, comprend que la manne du pétrole pourra changer le visage du pays. Il parvient à convaincre les émirats de se rallier à son commandement, et fait naître en 1971 les Emirats Arabes Unis, dont il devient le premier président, et Abu Dhabi, la capitale. A la force du poing, il bâtit cet Etat moderne et performant, dont les hôpitaux et les universités sont réputés dans toute la région. Parce qu’il décide qu’il faut que des jardins émergent du désert, et que les oiseaux qui contournaient jusqu’alors ces terres arides viennent s’y poser, palmeraies, fontaines et jardins jaillissent du sol, grâce au dessalement de l’eau de mer. Selon son vœu, chaque émirien doit pouvoir contempler depuis sa fenêtre le feuillage d’un palmier, et le minaret d’une mosquée, alors les deux sortent partout de terre. Le jour, le vert des palmiers illumine les bordures des routes et des plages ; la nuit, le vert des mosquées éclairées dessine dans l’air chargé de sable des oasis de lumière phosphorescente.

    Cheikh Zayed, le père de la nation.
    Sheikh Zayed, le père de la nation.

     

    La mosquée qui porte le nom de Cheikh Zayed.
    La mosquée qui porte le nom de Sheikh Zayed.

     

    Parterre de fleurs devant l'Emirates Palace. Ses jardins sont remplis d'oiseaux.
    Parterre de fleurs devant l’Emirates Palace. Ses jardins sont remplis d’oiseaux.

     

    La skyline et le palmier.
    La skyline et le palmier.

     

    Non content d’attirer à lui les oiseaux d’Afrique et d’Asie dans son Arabie enchantée, Sheik Zayed veut aussi séduire les visiteurs du monde entier. L’hôtellerie de luxe réinterprète la légendaire hospitalité arabe selon les critères du XXIe siècle, et la construction effrénée de centres commerciaux, musées, et parcs d’attraction doit transformer les Emirats en nouveau carrefour incontournable du tourisme mondial. Un jour, le pétrole se tarira, et les Emiratis y pensent nuit et jour. C’est pour cela qu’ils multiplient les distractions, créent d’immenses parcs aquatiques et centres commerciaux, fabriquent les plus belles plages, et se veulent une sorte de Las Vegas halal : le temple du divertissement, le péché en moins. C’est pour cela qu’ils achètent à ce monde occidental, dont ils déplorent la décadence, ses plus belles réussites, la Sorbonne, le Louvre, et le Guggenheim – Abu Dhabi est plus culturelle que Dubaï la mégalomane, plus soucieuse de préserver le passé et d’édifier des tours de livres à côté des buildings futuristes. Sur l’île de Saadiyat naît le tourisme de demain, où on célèbre la mémoire du monde et en construit un autre. Sur le plan culturel, Abu Dhabi est en train de devenir le centre névralgique du Moyen-Orient, avec les trois musées dessinés par des architectes de renom qui se construisent sur l’île de Saadiyat : le Louvre, le Guggenheim, et le musée Sheikh Zayed, qui déploie ses ailes de faucon. Le site web de Saadiyat permet de prendre la mesure de l’ambition qui anime ce projet. Des gazelles ont été relâchées sur l’île de demain, et l’un des animaux emblématiques des Emirats reconquiert ainsi le terrain, symbolisant les inquiétudes écologiques d’un monde bâti sur le pétrole, mais qui sait qu’il lui faudra un jour en sortir.  Le siège de l’IRENA, l’Agence internationale de l’énergie renouvelable, qui compte 139 membres et promeut la transition écologique, est à Abu Dhabi. A quelques encabulures de l’aéroport émerge au milieu du désert Masdar, la ville zéro émissions, toute en panneaux photovoltaïques, tramways et centres de retraitement des eaux. Les quinze milliards de dollars de sa construction sont pris en charge par le gouvernement émirien, et d’ici 2030, plusieurs milliers de personnes pourront aménager dans la ville verte du futur. Ils dessinent un jardin d’Eden au milieu des sables.

    Le luxueux Emirates Palace, l'un des hôtels les plus chers du monde.
    Le luxueux Emirates Palace, l’un des hôtels les plus chers du monde.

     

    We have it all, pub pour un centre commercial : cela pourrait être la devise d'Abu Dhabi.
    We have it all, pub pour un centre commercial : cela pourrait être la devise d’Abu Dhabi.

     

    A Saadiyat, le futur Louvre émerge.
    A Saadiyat, le futur Louvre émerge.

     

    Une des plages de la Corniche.
    Une des plages de la Corniche.

     

    Le portrait de Sheik Zayed, le père de la nation, est omniprésent, et personne ne prononce ou écrit son nom sans ajouter la pieuse formule « que Dieu ait son âme ». Les chauffeurs de taxi me racontent avec enthousiasme des tonnes d’histoires fabuleuses sur lui, sans que je puisse discerner le vrai du faux. Sheik Zayed offre des maisons, rembourse des crédits, distribue des lingots d’or, sauve la veuve et l’orphelin. J’ai l’impression d’entendre des légendes médiévales, célébrant la geste mythique d’un roi infiniment puissant et bienveillant. Les grands du monde entier, de la reine d’Angleterre aux présidents européens, célèbrent eux aussi ses mérites, son intelligence et sa clairvoyance. Il appartient à ce club très select des dirigeants qui ont su relever le défi d’une croissance fulgurante, avec l’irruption soudaine de millions de dollars dans un pays pauvre, et dont le développement impeccable pourrait donner des leçons au monde entier.

    A gauche : Cheikh Zayed avec une rose. A droite : Cheikh Zayed avec de super lunettes.
    Sheikh Zayed dans tous ses états.

    Ce mirage auquel Sheikh Zayed a su donner corps force l’admiration. J’y pense en marchant le long de la Corniche, la plus célèbre avenue d’Abu Dhabi, corsetée de plages de sable fin, parée de milliers de fleurs et de palmiers, j’y pense en regardant les édifices qui sortent de terre, le Louvre qui ouvrira bientôt ses portes, les hôtels toujours plus luxueux, j’y pense en regardant la foule qui déambule dans les gigantesques centres commerciaux et occupe les terrasses des cafés. Ici, c’est l’Arabie riante, musulmane et accueillante, riche et paisible, une bulle de paix et de prospérité au bord du détroit d’Ormuz. Il est difficile de croire que nous sommes dans l’œil d’un cyclone géopolitique, au cœur d’une des régions les plus impétueuses du monde. A quelques centaines de kilomètres, le Yémen se déchire et l’Arabie Saoudite s’embarque dans la guerre fratricide. Nous sommes ici si près de l’Iran et du Pakistan, de l’Irak et de l’Ethiopie, de l’Egypte et de la Syrie, et rien ne perturbe le chant des fontaines.

    Marina Mall, avec son restaurant tournant.
    Marina Mall, avec son restaurant tournant.

     

    Immeubles iconiques à gauche, Emirates Palace au centre, palais présidentiel à droite.
    Immeubles iconiques à gauche, Emirates Palace au centre, palais présidentiel à droite.

    A nos yeux européens, le bonheur des Emirats est presque une provocation. A l’heure où nos démocraties à bout de souffle sont tiraillées par des tentations autoritaires et se claquemurent dans l’état d’urgence, à l’heure où nombre de printemps arabes ont tourné en catastrophe obscurantiste, le succès éclatant de cette monarchie autoritaire, mais éclairée, semble nous narguer. Tous les postes clefs du gouvernement sont occupés par des membres de la famille du chef, même si celui-ci vient tout juste de s’élargir et d’intégrer des personnalités issues de la société civile, dont plusieurs femmes. L’une d’elles est une jeune femme de vingt-deux ans, qui a fait ses études à Oxford, porte un voile aux couleurs chatoyantes et le titre incongru de « ministre du bonheur ». Elle a été élevée au rang de ministre d’Etat, tout comme sa consoeur ministre de la tolérance. Le titre est éminemment symbolique. Le bonheur, telle est la quête des Emirats, figure de proue de ce paternalisme bienveillant qui voit des rois riches et sages prodiguer leurs trésors et leurs vertus à un peuple de mains tendues.

    Sur la jetée face à Lulu Island, île qu'on recouvre de jardins et de palmiers, un homme et une femme marchent. L'homme est en blanc et la femme en noir, selon la tradition émirienne.
    Sur la jetée face à Lulu Island, île qu’on recouvre de jardins et de palmiers, un homme et une femme marchent. L’homme est en blanc et la femme en noir, selon la tradition émirienne.

    Les Emiratis ne représentent que 15% de la population, et ils appartiennent à la race des Seigneurs – tels les Dieux de l’Olympe, ils construisent les palais au-dessus des nuages et les jardins des Hespérides, se parent d’or et de lumière, et consentent à se mêler aux affaires des simples mortels. A eux, tout est dû. Le gouvernement leur a offert des maisons afin de développer les villes nouvelles, et des études brillantes dans les plus grandes universités de la planète, pour former l’élite de demain. Le reste, ce sont les artisans du miracle, les travailleurs aimantés par la prospérité infinie des villes de demain. Je demande aux chauffeurs de taxi et aux serveurs d’où ils viennent. « Inde, Pakistan », répondent-ils le plus souvent, « Philippines, Ouganda, Kenya ». Ils racontent que l’Europe et les Etats-Unis ont refusé leurs demandes de visa, mais que les Emirats les ont accueillis à bras ouverts. Certains font vivre des dizaines de personnes restées au pays avec l’argent qu’ils envoient, d’autres ont pu faire venir leur famille, et bâtissent leur vie ici, dans ce pays qu’ils louent et qu’ils apprennent à aimer, bien qu’il leur fasse perpétuellement sentir la différence qui existe entre eux et les citoyens émiriens. Tous les postes dans l’administration, l’enseignement, l’armée, etc, leur sont interdits. The National, le journal des Emirats, qui célèbre les mille succès du pays prodigue, raconte aussi qu’un Pakistanais a menti sur sa nationalité pour intégrer la police ; lorsqu’au bout d’un an, sa fausse identité a été éventée, il a dû rembourser l’intégralité des salaires perçus en douze mois de travail. Il avait usurpé la place de l’un des seigneurs. Sous les vitres fumées des tours tentaculaires et des lunettes de grand prix, cette société aux allures d’Ancien Régime assigne à chacun un rôle précis, et la félicité appartient à ceux qui joueront le jeu.

    Marina Mall. La sculpture fait référence à la culture marine d'Abu Dhabi : la voile, et le coquillage contenant des perles.
    Marina Mall. La sculpture fait référence à la culture marine d’Abu Dhabi : la voile, et le coquillage contenant des perles.

     

    Billets d'Abu Dhabi, avec le faucon et l'oryx.
    Billets d’Abu Dhabi, avec le fort, le faucon et l’oryx.

    Les expatriés louent une société cosmopolite et ouverte – les 85% d’étrangers me font penser à la chanson de Starmania, Monopolis : « Il n’y aura plus d’étrangers/ On sera tous des étrangers/ Dans les rues de Monopolis… » Aux Emiratis en tenue traditionnelle, les hommes en blanc, la tête ceinte de la coiffe rouge des bédouins, les femmes en longue abaya noire, se mêlent Asiatiques et Occidentaux en jean et chemise. Je constate dans les rues, et lis dans le supplément mode de The National, que les abayas s’allègent et se transforment, se parent de couleurs vives et gaies. Abu Dhabi change.
    L’islam est bien sûr la religion d’Etat, mais les autres cultes sont respectés et protégés : les Indiens hindous ont leurs temples, et les Européens chrétiens leurs églises.

    Mannequins portant la tenue traditionnelle. En réalité, toutes les Emiriennes que je vois ont le visage découvert : l'abaya couvre seulement leurs cheveux.
    Mannequins portant la tenue traditionnelle. En réalité, toutes les Emiriennes que je vois ont le visage découvert : l’abaya couvre seulement leurs cheveux.

     

    Discover Abu Dhabi, the dazzling city risen out of Arabian sands!
    Femmes dans la sublime mosquée Sheikh Zayed.

    La plus célèbre mosquée du pays porte le nom du chef bien aimé, Sheik Zayed. Je crois que c’est la plus belle que je connaisse à ce jour, plus belle encore que la mosquée bleue d’Istanbul, plus belle encore que celle de Casablanca avec ses fabuleuses mosaïques – il paraît que les plus belles du monde sont à Ispahan, mais je n’ai pas encore osé m’aventurer en Iran, même si la situation semble aujourd’hui s’apaiser. La mosquée Sheikh Zayed me fascine avec ses innombrables dômes de marbre blancs, la multiplicité parfaite de ses ovoïdes, et les mille reflets des bassins et des fontaines, qui m’évoquent le Taj Mahal. Quand le soir s’avance, le chant du muezzin et l’ombre marine qui monte des eaux et colore de nuit les coupoles immaculées plonge le spectateur dans une transe infiniment douce. Quatre immenses minarets surmontés de croissants dorés clignotent à tout heure du jour et de la nuit comme une vigie en haute mer, et lui donnent des airs de palais céleste. A l’intérieur, d’immenses lustres colorés et des océans de fleurs sculptées célèbrent le souffle d’Allah habitant la création, et les déclinaisons de sa grandeur en mille expressions de beauté. Musulmans venus en prière ou non-musulmans curieux, tous sont éblouis par la beauté des lieux, et une grande quiétude baigne le coucher du soleil.

    Abu Dhabi
    Mosquée Sheikh Zayed, la nuit.

     

    Dômes et minarets de la mosquée blanche.
    Dômes et minarets de la mosquée blanche.

     

    Lustre monumental, éclairé par des diodes multicolores.
    Lustre monumental, éclairé par des diodes multicolores. La mosquée contient également un tapis persan de 47 tonnes, le plus grand du monde.

     

    Abu Dhabi
    Beauté paisible de ce lieu.

    Il est si facile d’être séduit par Abu Dhabi, et les touristes qui accourent par milliers ne s’y trompent pas. Un séjour ici est une virée dans la caverne aux merveilles : c’est comme si le génie d’Aladin avait choisi de réaliser tous nos vœux. Les hôtels rivalisent d’inventivité, de luxe et de charme, le soleil est radieux, les plages sont belles et les piscines chauffées, il est possible d’acquérir tout ce qu’on a un jour pu rêver d’acheter, tout est propre, beau, accueillant. La nourriture est exquise : si l’inspiration orientale prédomine, avec des plats de type libanais, la très forte communauté indienne a aussi su importer sa cuisine, et le cosmopolitisme est là encore de mise. Je suis à Abu Dhabi pour la Saint Valentin, et je vois les rues se couvrir de cœurs en pétales de roses, et le Beach Rotana Hotel installer des ballons rouges et des fontaines de champagne, et déplier des chaises longues sur la pelouse pour une projection de Love actually. Il semble si facile d’être heureux au pays de l’abondance.

    Soirée de Saint Valentin : Love Actually, champagne, ballons.
    Soirée de Saint Valentin : Love Actually, champagne, ballons.

     

    Au milieu des boutiques de grandes marques, un magasin traditionnel à l'Abu Dhabi Mall.
    Au milieu des boutiques de grandes marques, un magasin traditionnel à l’Abu Dhabi Mall.

     

    Saint Valentin à l'Abu Dhabi Mall.
    Saint Valentin à l’Abu Dhabi Mall.

    Mais je suis une femme, profondément féministe, et je ne peux pas oublier l’inégalité profonde de cette société traditionaliste, où une femme hérite moitié moins que son frère, où la parole d’un homme vaut le témoignage de deux femmes, et où il est légal de battre sa femme « dans la mesure du raisonnable ». Sheikh Zayed, le monarque éclairé, avait quatre femmes, et ses nombreuses filles ne figurent pas sur les arbres généalogiques. Ce n’est pas l’Arabie Saoudite, ici, bien loin de là – les femmes font de la politique, possèdent des yachts et des immeubles, conduisent, choisissent de se voiler ou non, et à la télévision, les présentatrices en abaya côtoient celles en tailleur et cheveux libres. Le pays s’occidentalise et se transforme, les droits des femmes progressent, mais je ne partage pas les envies d’expatriation des Allemandes que je rencontre un soir, qui me disent leur rêve de vivre et travailler ici. Je ne vivrai jamais dans un pays où ma voix a moins de valeur que celle d’un homme, et où je risque d’être condamnée pour relation sexuelle hors mariage si je vais dénoncer à la police un viol. Les reliquats de l’ordre ancien sont autant d’épines qui m’empêchent de serrer la belle, la riante, la palpitante Abu Dhabi contre mon cœur.

    Touriste heureuse mais féministe tourmentée à Abu Dhabi.
    Touriste heureuse mais féministe tourmentée à Abu Dhabi.

    Malgré la religion de l’amour et la célébration des couples, dont la Saint Valentin est le symbole le plus éclatant, hommes et femmes continuent d’évoluer souvent dans des sphères séparées, ce qui crée une étrange atmosphère de gynécée. Je décide d’aller prendre un cours de zumba dans un club de fitness, et j’assiste à une scène surprenante à mes yeux. Nombre de femmes arrivent entièrement voilées dans leur abaya noire, et je me demande si elles comptent danser ainsi, jusqu’à ce que la prof obscurcisse les vitres de la salle avec des panneaux noirs. Libérées du risque des regards masculins, les femmes se déshabillent et révèlent des shorts et petits hauts de couleur, et dansent avec abandon, joyeuses, rieuses, presque lascives, entre femmes. Le jour de la Saint Valentin, elles mettent du rouge à lèvre rose et se couvrent mutuellement de baisers, et j’ai l’impression d’avoir été entraînée dans un clip de Katy Perry. Ce sont les paradoxes de ce pays catapulté dans le XXIe siècle, infiniment soucieux d’offrir au monde un visage progressiste et accueillant, mais aussi de ne pas oublier qui il est, et qui ne cesse de redéfinir son identité, au gré de l’expansion galopante et des mille métamorphoses d’Abu Dhabi. Partout, des grues, des graines et des crayons esquissent la ville de demain, encore plus belle et plus étourdissante. Abu Dhabi est un lieu étonnant, en proie à mille défis, environnementaux, sociétaux, politiques, économiques, comme un catalyseur des enjeux de demain, et dont je continuerai de scruter les mille métamorphoses – en croisant les doigts pour qu’il continue de prendre le bon chemin.

    Jardins de la mosquée, le soir.
    Jardins de la mosquée, le soir.

     

    A suivre : je continue d’explorer les Emirats Arabes Unis, avec Al Ain, l’oasis au cœur du désert, et Dubaï, la ville mégalomane. N’hésitez pas à aimer la page Facebook pour suivre les prochains articles !