• Yoga
  • Divers
  • À propos

Catégorie : Amériques et Caraïbes

  • Californie apocalyptique, de Salvation Mountain à Joshua Tree

    C’est la Californie des laissés pour compte, l’envers brûlé du décor de cinéma. C’est un road trip solitaire un peu sinistre, une virée dans une Californie désertique, toxique et abandonnée. Sur les rives empoisonnées du Salton Sea, dans les décombres de Salvation Mountain où errent les junkies, partons au pays de l’apocalypse. A Joshua Tree seulement, nous retrouverons un peu de beauté….
    blog salvation mountain – blog salton sea – blog joshua tree – visiter salvation mountain – aller à salvation mountain – lieux de tournage into the wild californie

    Salvation Mountain, Salton Sea, Joshua Tree : road trip en Californie apocalyptique, dans le désert empoisonné. Visiter Salvation mountain, le blog.
    Salvation Mountain.

    Road trip halluciné dans le désert de Californie

    Fin septembre 2016, je suis partie pour un long road trip en Californie, seule. A ce moment-là, j’avais besoin de cette solitude radicale, de ce « juste moi et la route ». La première partie de mon séjour a été littorale et radieuse : San Diego, La Jolla, Oceanside, Laguna Beach. Puis j’ai bifurqué vers l’intérieur, vers le comté de Riverside, et la désolation s’est abattue sur moi.

    J’ai longtemps hésité à publier ce texte très noir et assez personnel, écrit à chaud, durant le séjour. Ce texte est très différent de ce que je publie d’habitude sur Itinera Magica, beaucoup plus pessimiste et introspectif. Mais au fond, j’avais envie de le partager avec vous. Un an plus tard, voici donc le récit de mon incursion au pays des anges tombés. Je n’ai rien censuré – ceci est du texte brut, écrit le soir dans les motels, au cœur du désert californien.

    Si vous débarquez sur ce blog pour la première fois, ne commencez pas par cet article.

    Salvation Mountain, Salton Sea, Joshua Tree : road trip en Californie apocalyptique, dans le désert empoisonné. Visiter Salvation mountain, le blog.
    .

    L’empire de la désolation

    Au moment de quitter Laguna Beach pour plonger dans le cœur désertique de la Californie, je me demande vraiment ce que je fous, et quel génie tordu du marketing a réussi à me convaincre qu’aller voir des cailloux et des bidonvilles mérite de renoncer à la sublime route côtière 101. J’aurais probablement annulé la partie dustbowl si je n’avais pas déjà payé l’hôtel à Indio.

    laguna beach
    Laguna Beach – difficile de renoncer à ça.

    La route que j’emprunte n’est pas pour me rassurer. A moins de cinq miles de la mer déjà, le paysage entre en phase terminale. Je n’ai jamais vu ça de ma vie : une telle désolation. Je traverse Irvine, puis Riverside, dans un état de sidération catastrophée. Tout est mort. Tout. Cela n’a rien à voir avec ce que j’ai vu en Arizona, un désert alerte, rempli de cactus et de succulentes, grouillant de vie tenace et bien adaptée à l’aridité. Certes, le désert du Mojave a toujours été plus âpre et brutal que le désert de Sonora, dont l’Arizona fait partie – mais ce que je vois dépasse le particularisme topologique. Ces villes ont été fondées sur des sources, ici les troupeaux venaient paître, ici la vie avait droit de cité : l’histoire des villes du désert en Californie, c’est celle du miracle de l’eau, de zones épargnées par la sécheresse. Et pas même une seule vache ne pourrait survivre dans le décor apocalyptique que je traverse aujourd’hui. Partout autour de moi, pas un arbre, pas un buisson vivant sur les collines de la sierra, juste un manteau pelé d’herbe morte, brune, où rien n’a survécu. C’est comme si le paysage tout entier avait été scalpé. Et cette pelade de brindilles irrémédiablement sèches, c’est du combustible parfait. Je repense aux incendies titanesques qui ont ravagé la Californie depuis deux ans. Je me souviens de ce que disait un chef des pompiers : que chaque nouvel incendie rentrait directement au top 10 des plus cataclysmiques, que les records du nombre d’hectares brûlés ne cessaient d’être battus, que le feu avait changé de comportement et était impossible à contenir, sautant de colline en colline comme une armée démoniaque, enjambant les coupe feux, irrépressible, terrifiant. Qu’ils avaient l’impression de mener une guerre contre un ennemi infiniment plus fort qu’eux. Des dizaines de pompiers sont morts cet été, piégés par des feux qui se reformaient soudain en muraille, comme une marée infernale qui revient au galop – ce feu-là n’est plus du ressort humain. Il est chez lui. Le sol est ravagé, toute l’eau douce a été pompée, et une année 2016 riche en pluies (à cause d’El Nino) n’a rien pu y changer. La Californie est en train de crever.

    Je m’attendais à trouver un peu plus de verdure à Palm Springs et dans la vallée de Coachella. En vérité, les collines sont tout aussi mortes, mais au fond des vallées, l’irrigation fait jaillir de terre des plantations de palmiers à huile et d’autres plantations compatibles avec l’aridité, dessinant des paysages d’oasis qui me font penser à Al Ain.

    Vallée de Coachella blog
    .
    .

    Depuis les années 50, Palm Springs est la retraite chic des Angelinos qui décident d’arrêter leurs antidépresseurs et vont cuver leur phase psychotique au bord d’une piscine dans le désert. J’ai cherché dans tous les sens « que faire à Palm Springs », mais on ne me conseille que des spas, des cliniques de détox et des restaurants prétentieux dont l’alcoolisme mondain est le fonds de commerce. Alentours, c’est un morne mange-poussière. Les tuyaux d’irrigation énormes traînent partout, enlisés dans cinquante centimètres de sable. C’est le pays de Steinbeck.

    Salvation Mountain, Salton Sea, Joshua Tree : road trip en Californie apocalyptique, dans le désert empoisonné. Visiter Salvation mountain, le blog.

    Sur les traces d’Into the wild : Salton Sea, le pire de la Californie

    Mon immersion dans l’envers du décor californien, je la dois à une scène de film. Dans Into the wild, le héros (qui va finir par crever dans un bus en Alaska après avoir malencontreusement mangé une racine qui détruit son estomac) commence son roadtrip en Californie et échoue au milieu du désert du Mojave, au pied d’une montagne psychédélique peinte à la gloire de Dieu. Salvation mountain. C’est elle qui m’obsède depuis, et c’est à cause d’elle que j’ai quitté Laguna Beach pour me taper trois heures de route dans ce no man’s land. A ce moment précis, je me jure de renoncer au cinéma. Je me dis que c’est bien la seule chose sur laquelle je suis d’accord avec les salafistes, le cinéma c’est le diable. J’ai presque envie de retourner à Palm Springs m’inscrire en détox des films masochistes qui te donnent des idées de merde. Mais j’avale la poussière jusqu’à la lie et je continue vers le pire du pire : le Salton Sea, probablement l’endroit le plus irrémédiablement moche et mort de l’Ouest.

    Salvation Mountain, Salton Sea, Joshua Tree : road trip en Californie apocalyptique, dans le désert empoisonné. Visiter Salvation mountain, le blog.
    Salton Sea.

    Aucun lieu n’incarne mieux le désastre environnemental californien que le plus grand lac de l’Etat, le Salton Sea : près de 1000km carrés d’eau empoisonnée. Le Salton Sea est né d’un accident. En 1905, le creusement d’un système d’irrigation ouvre une brèche dans le lit du fleuve Colorado, et déverse des millions de litres au cœur du désert, dans une dépression rocheuse qui se remplit. L’inondation sera endiguée deux ans plus tard, mais les eaux d’irrigation continueront d’approvisionner le Salton Sea, créant un « lac miracle » au cœur du Mojave, qui aimante les foules. Dans les années 50, les Américains, qui étaient encore dans cette phase mégalo où ils pensaient que l’homme pouvait coloniser Mars et que les cigarettes étaient bonnes pour la santé, ont décidé d’en faire un endroit à la mode. Des stations lacustres ont ouvert, les yachts abondaient sur les eaux scintillantes, les stars venaient en villégiature, achetaient des maisons sur les rives du lac. Et puis soudain, dans les années 70, le Salton Sea s’est mis à mourir. Les rejets issus de l’agriculture dans la vallée de Coachella l’ont empoisonné et entraîné une eutrophisation extrême. Le lac est devenu un cloaque puant, biologiquement mort, où plus rien ne vit, aucun animal, aucune autre plante que cette vase méphitique à l’agonie qui envahit l’air. Le Colorado continue de nourrir le Salton Sea. De loin, les reflets du soleil sur ses mille kilomètres carrés nourrit l’illusion de la joliesse. De près, on porte la main à la gorge, on cherche un foulard pour se couvrir. Un lac mort au milieu de collines mortes. Le néant. Certains disent qu’il faudrait dérouter à nouveau le Colorado, laisser le Salton Sea se dessécher et mourir pour de bon. On leur répond que les effluves toxiques risqueraient de tuer toutes les personnes qui vivent dans la région.

    Salvation Mountain, Salton Sea, Joshua Tree : road trip en Californie apocalyptique, dans le désert empoisonné. Visiter Salvation mountain, le blog.
    .

    Aussi incroyable que cela puisse paraître, quelques communautés vivent encore au bord du lac dantesque. C’est un paysage indescriptiblement dérangeant. Tout a été laissé en plan, des stations essences abandonnées depuis les années 70, des restaurants et hôtels en ruine, des visions post-apocalyptiques au milieu desquelles des hommes continuent pourtant de vivre – mobil homes, baraques miséreuses de bric et de broc, desservies par des bus scolaires jaunes, incarnation même du déni. Salton Sea State Park, préparez-vous à payer, indique un panneau qui affiche les tarifs. Mais la guérite est désertée. Sur l’immense terrain de camping, il n’y a plus que deux caravanes, des voyageurs un peu paumés qui lisent les panneaux d’un air hébêté. Locations de kayak et de bateaux, promet un autre. Mais la marina n’est plus qu’un lit de vase noire. Personne n’a enlevé les panneaux du club de yachting, qui est devenu une espèce de centre social, et continue de prétendre à une activité nautique morte depuis longtemps. Les hommes ici vivent au milieu de cadavres en feignant de les croire en vie. Comme si le Salton Sea pouvait ressusciter, comme si quelqu’un allait rouler la pierre. Les trains de la Pacific company roulent sur l’immense voie ferrée qui traverse le royaume de l’illusion, d’immenses trains de marchandises venus du Canada, acheminant au cœur de la misère toute la richesse qu’elle voit scintiller comme un mirage. Je vois ce que je n’aurais jamais dû voir.

    Salvation Mountain, Salton Sea, Joshua Tree : road trip en Californie apocalyptique, dans le désert empoisonné. Visiter Salvation mountain, le blog.
    .
    Salvation Mountain, Salton Sea, Joshua Tree : road trip en Californie apocalyptique, dans le désert empoisonné. Visiter Salvation mountain, le blog.
    .

    Les palmiers-éventail de Californie

    Je voulais accéder à l’oasis Dos Palmas, probablement une des dernières choses à voir dans la région du Salton Sea. Je savais que la route n’était pas carrossée sur les trois derniers miles, mais cela ne me perturbait pas trop : j’avais fait toute l’Apache trail sans 4×4 en Arizona. Mais en arrivant au début du chemin, je comprends aussitôt qu’il me faudra renoncer. La route est défoncée et ensablée au-delà du supportable, et seul un véhicule de rallye pourrait s’y engager. Rester embourbée dans cette région sans réseau et sans aucun passage, où marcher deux fois trois miles dans le désert avec une bouteille d’Evian de 0,5 L pour seul viatique, ne me paraissent que moyennement souhaitables. Je n’oublie pas qu’à l’été 2015, une famille française a été décimée à Whitesands, Nouveau Mexique. Partis pour une randonnée réputée facile, mais avec trop peu d’eau, les deux parents se sont effondrés après avoir laissé les dernières gouttes à leur fils de huit ans, que les rangers ont retrouvé recroquevillé, brûlé, déshydraté, mais vivant, auprès des cadavres de ses parents. C’est quelque chose que les Européens ont tendance à oublier : que la terre, ici, peut dévorer les hommes.

    Comme pour me récompenser de ma sagesse, les palmiers que j’espérais voir à Dos Palmas surgissent miraculeusement le long de la route, quelques miles plus tard. Ce sont les « California fan palms », ces palmiers majestueux qu’on trouve dans les oasis de Californie et nulle part ailleurs au monde. Les résurgences d’eau douce dans le sol aride font surgir leurs hauts troncs en éventail, si typiques, si caractéristiques. Ceux-là ont manifestement su trouver quelque source le long du Salton Sea, et je les accueille avec la joie de l’enfant qui découvre un Kinder surprise dans une décharge.

    palmiers de californie
    .
    Palmiers de Californie
    .

    Niland, la ville des laissés pour compte

    Je continue à longer les rives du lac zombie, vers la Salvation mountain. Enfin j’arrive à Niland, la ville fantôme où elle se trouve. Là encore, c’est la désolation. Motels et restaurants abandonnés, ouverts à tous les vents, rues envahies de poussière gluante, comme si quelque pandémie monstrueuse s’était abattue sur la ville. Et là encore, des gens vivent pourtant, les plus pauvres des pauvres, dans des espèces de camps de réfugiés sédentarisés, des baraques sordides et des campings cars, autour de jardins de sable remplis de Jésus effrités et de guirlandes de Noël. Je n’ai jamais rien vu d’aussi grimaçant. Je ne m’arrête même pas pour faire des photos, parce que j’ai la trouille. C’est le pays des morts vivants.

    C’est aussi à Niland qu’on trouve Slab City, « la dernière ville libre des Etats-Unis », campement des marginaux, des squatteurs, des gens en rupture avec le monde. Il y aura peut-être des gens pour raconter que c’est cool, alternatif, positif. Moi je vois des gens défoncés au regard vide et à l’avenir qui se reflète dans le Salton Sea.
    Et enfin, que dans le jour descendant, je vois surgir la Salvation mountain.

    Salvation Mountain, Salton Sea, Joshua Tree : road trip en Californie apocalyptique, dans le désert empoisonné. Visiter Salvation mountain, le blog.
    .

    Salvation Mountain, le pèlerinage des junkies

    Soudain je ne regrette plus mon incursion dans le ventre du néant. C’est une colline multicolore, née de bétons et de ferraille agglomérés, qui semble peinte sous ecstasy, et où trône le message God is love, décliné de mille façons. Des camions abandonnés, peints en mille couleurs, arborent des versets bibliques. Au sein de la montagne, on trouve des grottes psychédéliques, de petites chapelles avec des Vierges Maries qui ont perdu leur tête, et un immense arbre peint en rose et vert, une sorte d’arbre de vie mystique pour hippies illuminés. Je rentre dans le cœur de Dieu. Salvation mountain est digne d’ébranler même un athée : c’est une des plus belles, des plus touchantes expressions de l’art naïf et du mysticisme que je connaisse. Je vais de chambre en chambre au creux de la montagne, fascinée. Salvation mountain est l’œuvre de Leonard Knight qui à l’âge de quarante ans a connu une crise mystique, et dévoué sa vie à l’édification de cette folie de foi, témoignage d’une religiosité brute – l’amour, la rédemption – rétive à toute institutionnalisation. Jusqu’à sa démence en 2011 (il meurt en 2014), il a entretenu la montagne. Aujourd’hui, l’association de ses amis a pris le relai, et des gens viennent poser leur campement dans le désert, avec leurs pots de peinture et leurs rouleaux, et entretenir l’œuvre unique. L’un d’eux veille sur le site, avec ses trois chiens, un petit soldat de Dieu au milieu du Mojave, qui repeint un flanc de colline.

    Salvation Mountain, Salton Sea, Joshua Tree : road trip en Californie apocalyptique, dans le désert empoisonné. Visiter Salvation mountain, le blog.
    .
    Salvation Mountain, Salton Sea, Joshua Tree : road trip en Californie apocalyptique, dans le désert empoisonné. Visiter Salvation mountain, le blog.
    .

     

    Salvation Mountain, Salton Sea, Joshua Tree : road trip en Californie apocalyptique, dans le désert empoisonné. Visiter Salvation mountain, le blog.
    .
    Salvation Mountain, Salton Sea, Joshua Tree : road trip en Californie apocalyptique, dans le désert empoisonné. Visiter Salvation mountain, le blog.
    .
    Salvation Mountain, Salton Sea, Joshua Tree : road trip en Californie apocalyptique, dans le désert empoisonné. Visiter Salvation mountain, le blog.
    .
    Salvation Mountain, Salton Sea, Joshua Tree : road trip en Californie apocalyptique, dans le désert empoisonné. Visiter Salvation mountain, le blog.
    .

    Peu de voyageurs visitent Salvation mountain, si loin de tout, mais il y a groupe de trois baroudeurs en survêtement douteux, deux jeunes et un vieux, qui me racontent être sur les routes depuis un an, et vouloir se poser quelques jours à Slab City. Ils me proposent un joint, une pipe de crack, ou de coucher avec l’un des trois (ou avec tous, c’est selon). Je décline avec ma politesse désormais habituelle et songe que si ça dégénère, j’irai me réfugier auprès du soldat de Jésus avec ses trois molosses. Mais ils acceptent mon refus avec une résignation gracieuse. Depuis que je suis seule en Californie, on m’a proposé toutes les drogues et tout le kamasutra. Je réponds non merci comme s’il s’agissait d’une tasse de thé.

    Salvation Mountain, Salton Sea, Joshua Tree : road trip en Californie apocalyptique, dans le désert empoisonné. Visiter Salvation mountain, le blog.
    .
    Salvation Mountain, Salton Sea, Joshua Tree : road trip en Californie apocalyptique, dans le désert empoisonné. Visiter Salvation mountain, le blog.
    .
    Salvation Mountain, Salton Sea, Joshua Tree : road trip en Californie apocalyptique, dans le désert empoisonné. Visiter Salvation mountain, le blog.
    .
    Salvation Mountain, Salton Sea, Joshua Tree : road trip en Californie apocalyptique, dans le désert empoisonné. Visiter Salvation mountain, le blog.
    .

    Une fois le soleil couché, je retourne vers la vallée de Coachella, le seul endroit où on trouve des motels – aucun hébergement n’est plus proposé sur les rives du Salton Sea. Je dors à Indio dans un motel étonnamment convenable, et me mets en route tôt le matin vers le parc national de Joshua Tree, à une cinquantaine de kilomètres à l’Est. Parmi les grands parcs nationaux de l’Ouest, Joshua Tree est souvent délaissé, car il est excentré, à l’écart de toutes les routes habituelles de road trip – ce qui explique que je sois si souvent venue dans l’Ouest des Etats-Unis sans l’avoir vu encore. Cela fait plusieurs années que j’en rêve. Plus encore que la Salvation mountain, c’est lui qui justifiait la virée désertique.

    Visitez Joshua Tree, le pays des cactus. Blog sur la Californie désertique.
    Joshua Tree

    Les cactus de Joshua Tree

    Je rentre dans le parc au sud, par Cottonwood, et au début, l’inquiétude me saisit : le paysage n’a pas changé. Toujours cette moquette de trucs morts, ces cailloux sans rédemption. Puis peu à peu, la vie revient. La zone orientale du parc appartient déjà au désert de Sonora, et je retrouve les cactus d’Arizona : les ocotillos, qui ressemblent à de longues tiges mortes en période de sécheresse, et reverdissent et fleurissent aussitôt que la pluie tombe, les chollas, des espèces de nounours épineux qui se jettent sur les passants pour transporter leurs graines ailleurs. Les cactus du désert de Sonora, je les connais désormais par cœur, je me les suis fichés dans les pieds, les mains, les fesses et toute autre partie charnue de mon anatomie, j’ai lu tous les bouquins, vu tous les jardins botaniques, je suis incollable, et peux expliquer crânement à une Allemande que ça, c’est pas du tout une cholla, enfin, c’est un prickle pear. Je me sens dans mon élément.

    Visitez Joshua Tree, le pays des cactus. Blog sur la Californie désertique. Blog Joshua Tree
    Cholla.

    Visitez Joshua Tree, le pays des cactus. Blog sur la Californie désertique. Blog Joshua Tree
    .
    Visitez Joshua Tree, le pays des cactus. Blog sur la Californie désertique. Blog Joshua Tree
    Ocotillo

    Puis la zone Sonora s’achève, retour dans le Mojave, et c’est de nouveau la désolation. Les panneaux s’excusent : en raison du changement climatique, il n’y a plus d’arbres de Josué dans cette partie du parc, mais continuez vers le nord, enfoncez-vous dans le parc, vous allez les trouver. Je comprends que la zone de vie des arbres magiques rétrécit toujours davantage, qu’ils se terrent au cœur du parc comme des bêtes traquées.

    La première fois que j’ai vu un Joshua tree, c’était à l’été 2015, quelque part à proximité du Grand Canyon. J’avais été fascinée par la beauté de ces grands yuccas dégingandés qui semblaient tendre mille bras désespérés vers le ciel – une créature d’oraison, à qui on a multiplié les mains pour qu’elle puisse mieux implorer son Dieu. J’avais appris ensuite que c’était exactement la raison pour laquelle les premiers pèlerins les avaient nommés Joshua trees, ce qui m’avait vaguement inquiétée : j’ignorais avoir le même imaginaire qu’un puritain du 19e paumé dans le désert. Aujourd’hui, la silhouette des arbres de Josué me paraît plus poignante encore : leur prière est une supplique pour la survie. Ils sont pour moi devenus le symbole de cette Californie suppliciée, à bout de souffle. Les panneaux racontent que Joshua Tree était un jardin d’éden, le havre des troupeaux, qu’au XIXe siècle, les vallées secrètes cachées derrière les rideaux de rochers abritaient de verts pâturages. Il n’en reste pas une trace.

    Wonderland of rocks : l’âme du granit

    C’est quand j’arrive au campement de Whitetank que je vois les premiers surgir. Encore petits, encore chétifs. Mais la forêt de Joshua trees commence. Ainsi que l’autre merveille du parc national, ce qu’on nomme le « wonderland of rocks » : le pays magique des rochers. Le titre n’est pas usurpé. Des monolithes énormes, spectaculaires, déploient des formes lunaires, rondeurs pleines ou émondées, doigts tendus en bouquet au-dessus des fissures, arches à demi écroulées, champs d’énormes galets lisses et polis ou mystère des formes capricieuses. Je pense aussitôt aux Seychelles, aux blocs de granit rassemblés sur les plages comme autant de dinosaures assoupis. L’exposition géologique valide l’analogie : il s’agit bien du même phénomène.

    Visitez Joshua Tree, le pays des cactus. Blog sur la Californie désertique. Blog Joshua Tree

    wonderland of rocks ariane fornia

    Visitez Joshua Tree, le pays des cactus. Blog sur la Californie désertique. Blog Joshua Tree
    .
    Visitez Joshua Tree, le pays des cactus. Blog sur la Californie désertique. Blog Joshua Tree
    .
    Visitez Joshua Tree, le pays des cactus. Blog sur la Californie désertique. Blog Joshua Tree
    .

    Nombre de gens pensent que les rochers de Joshua Tree sont du même matériau que les mesas de Monument Valley ou Sedona, que les grottes fantastiques d’Antelope Canyon : du grès, sandstone en anglais, accumulation de sédiments sableux qui ont formé les hauts plateaux de la région du Grand Escalier. Mais en réalité, il ne s’agit ici pas de grès, mais de granit.

    Le granit est l’enfant abandonné des plaques qui divorcent. Il forme une couche profonde du manteau terrestre, d’ordinaire cachée sous des centaines de mètres d’autres couches, loin de nos yeux. Mais là où la tectonique fendille l’écorce, là où les mouvements de subduction laissent les roches profondes à nu, le granit apparaît. Aux Seychelles, c’est parce que lors de l’éclatement du Gondwana, les îles sont restées seules au milieu de l’océan, vestiges résiduels du cataclysme, orphelines de la dérive des continents, dont elles révèlent le visage abyssal. A Joshua Tree, c’est parce que la faille de San Andreas court au fond de la vallée – on la voit depuis le point de vue des Keys, le sommet du parc, monstrueuse, terrifiante, la matrice des catastrophes qui un jour déchiquèteront la Californie. Ici la plaque américaine et la plaque pacifique divergent, et le granit, poussé par des forces colossales, remonte mutilé, brisé par les mâchoires tectoniques – d’où ces formes délirantes, ces courbes qui trahissent de très anciennes bulles de magma, ces arrêtes qui révèlent la cassure, et que l’érosion continue d’affiner. Le paysage de Joshua Tree est un rescapé de la nuit des temps. Et je suis submergée par une émotion profonde. Au milieu du peuple d’arbres suppliants, je vois le cœur de la Terre, et l’écrasante majesté des millénaires. C’est beau, beau, déchirant, ces forêts de yuccas immenses, ces amoncellements de roches à qui le crépuscule dessine des ombres solennelles, ces ciels du désert que le soir plonge dans un délire de rouges et de mauves. Joshua Tree me bouleverse.

    Visitez Joshua Tree, le pays des cactus. Blog sur la Californie désertique. Blog Joshua Tree
    .
    Visitez Joshua Tree, le pays des cactus. Blog sur la Californie désertique. Blog Joshua Tree
    .
    Visitez Joshua Tree, le pays des cactus. Blog sur la Californie désertique. Blog Joshua Tree
    .

    Etre une rockstar au Joshua Tree Inn

    Je dors dans un motel suffisamment mythique pour ne pas être sur Booking ou Tripadvisor, le Joshua Tree Inn. Dans les années 60, tout ce que Los Angeles comptait de rockstars venait se réfugier ici, dans cet endroit qui stimule infiniment l’imagination créatrice, et dormait au bord de la piscine du Joshua Tree Inn. Les Rolling Stones y ont composé nombre de leurs chansons. Gram Parsons y est mort d’une overdose ; à mon arrivée, la réceptionniste me propose gentiment d’occuper sa chambre, mais je décline, et choisis celle d’une musicienne et pin-up, Emylou Harris. L’endroit possède un charme incroyable, une espèce d’emporium du rock’n’roll, avec force vinyles et posters dédicacés, affiches des 60’s, déco dans son jus, mémorial à Gram Parsons en forme de guitare, et cette piscine au fond trouble, bordée de Joshua trees, au bord de laquelle somnolent des bikers sexagénaires. La playlist qui résonne dans le jardin de cactus et de glycines est impeccable, un pur délice rétro. J’adore ce lieu.

    .
    Visitez Joshua Tree, le pays des cactus. Blog sur la Californie désertique. Blog Joshua Tree
    .

    Joshua Tree, artistes et soldats

    Le village de Joshua Tree n’a rien à voir avec la désolation de Niland. C’est ici un refuge choisi et non subi, un endroit roots et brut de décoffrage, plein de bars à la tronche improbable et de magasins à la dégaine de saloon, mais bien vivant. Pioneertown a été fondée en 1946 par des investisseurs hollywoodiens qui rêvaient de créer un décor de cinéma à ciel ouvert, une ville comme dans les années 1870, fidèle à l’esthétique de la frontière. Et les gens sont venus prendre possession de la maquette. On sent que les habitants aiment ce lieu, les arbres fantomatiques qui poussent dans leurs jardins, la mémoire de la Terre et le souvenir des 60’s, on sent qu’ils sont venus ici de leur plein gré, pour habiter pleinement cet endroit hors-normes, se baigner de son énergie. Il paraît que les artistes continuent de venir créer ici, que des stars partent deux semaines en retraite désertique et reviennent la guitare saturée de chansons. Et surtout, il y a tous les militaires stationnés à la base toute proche de 29 Palms, venus s’entraîner dans le désert qui ressemble un peu à ceux d’Afghanistan ou d’Irak avant d’y partir pour de vrai… et leurs femmes esseulées venues faire la fête pour oublier l’angoisse du coup de fil. Le village de Joshua tree palpite.

    On me conseille le bar-resto Pappy’s and Harriet’s Palace, le bar mythique du coin. L’ambiance est hyper chaleureuse, un décor de western bondé de gens qui s’amusent, et la nourriture est extra. Les gens sont chaleureux et m’invitent à leur table. C’est soirée karaoké à Pappy’s and Harriet’s, et mes nouveaux amis américains, le fait d’être à 9000 kilomètres de toute personne que je serais susceptible de revoir, et le massacre de Walk of life par un dénommé Rooster (poulet) m’engagent à me jeter à l’eau pour la première fois de ma vie. Je me lance donc sur Ziggy Stardust de Bowie, et je préfère ne pas savoir ce que les gens en ont pensé – surtout qu’après moi passe une nana au look incroyable, ronde et belle, couverte de tatouages et de piercings, qui rugit un Don’t stop believing magistral. Les gens dans ce bar sont un défilé de mode alternative, et j’ai l’impression de voir les fringues que ma mère portait dans les années 70-80 ressorties de la cave et assorties de façon hasardeuse.

    .
    .

    Questions existentielles au coin du feu

    A mon retour au Joshua Tree Inn, je trouve près du feu de jardin deux couples qui étaient à la soirée karaoké, et qui me hèlent « eh Ziggy Stardust, viens t’asseoir avec nous » ! Ils ont mon âge, l’âge où on a merdé sa vingtaine, ne sait pas trop où on en est de sa vie et part pour des virées dans le désert avant d’atteindre une trentaine sans gloire. On se dit qu’à nos âges, nos parents avaient des carrières, des plans de vie ambitieux, qu’ils étaient lancés. Nous avons fait des études passionnantes et sans issue et nous sommes des jeunes gens intelligents, cultivés et complètement inutiles à une société qui a de moins en moins besoin de main d’œuvre humaine. Nous ne croyons en rien, si ce n’est peut-être à l’amour. Les deux couples ont voyagé ensemble pendant un moment, depuis la Nouvelle-Orléans et les bayous de Louisiane (qu’ils me décrivent comme l’endroit le plus fabuleux qu’ils connaissent), et leurs chemins se séparent maintenant, car l’un d’eux part demain pour Vegas. Ils veulent se marier dans la Valley of fire. En attendant, ils dorment dans la chambre où Gram Parson a clamsé. L’autre va rester quelques jours à Joshua Tree. Elle est musicienne, elle rêve que l’ambiance incroyable du désert fasse jaillir d’elle l’album tant espéré. Ils me proposent un joint, mais pas de pipe de crack, ni de sexe. Du coup, je suis vexée et je refuse.

    Visitez Joshua Tree, le pays des cactus. Blog sur la Californie désertique. Blog Joshua Tree
    Partir.

    La nuit sur Joshua Tree

    Vers deux heures du matin, avant d’aller me coucher, je retourne une dernière fois au cœur du parc. Les arbres de Josué se lamentent sous fond de constellations. Au milieu des troncs desséchés et du granit qui rappelle l’imminence des catastrophes tectoniques, j’ai comme l’impression d’un adieu. Je me dis que c’est peut-être la dernière fois que je viens en Californie, avant qu’elle s’ouvre en deux. Je dis au revoir aux pèlerins et aux scarabées, aux guitares et aux monolithes, et je m’endors les yeux ouverts sur les galaxies.

    Visitez Joshua Tree, le pays des cactus. Blog sur la Californie désertique. Blog Joshua Tree
    .

    Un de ces quatre, je vous parlerai de Laguna Beach et de Santa Monica, ça sera plus joyeux. En attendant, les articles à venir : Saint Tropez, Aveyron, Disneyland, Ardèche… Abonnez vous ?

    Salvation Mountain, Salton Sea, Joshua Tree : road trip en Californie apocalyptique. #californie #salvationmountain #usa #saltonsea #joshuatree
    Epinglez moi !
  • Où voir les couleurs d’automne en voyage ?

    L’automne est là, avec sa farandole de couleurs flamboyantes. Partout dans l’hémisphère Nord, les feuilles des arbres se parent de fantastiques tons rouge et or pour un éphémère incendie. Profitons de la saison magique, partons en voyage à la recherche des plus belles couleurs de l’automne ! Où voir les teintes automnales, les feuilles mordorées, les forêts orange et sang ? Où voir les couleurs d’automne ?

    J’ai demandé à d’autres blogueurs de voyage de partager avec moi leurs destinations et leurs plus belles photos des couleurs de saison. Et j’ai complété avec mes propres coups de cœur, des souvenirs des voyages automnaux de ces dernières années. Vous le savez déjà, le Québec est une destination prisée pour admirer les couleurs d’automne, et il sera abondamment représenté – mais nous irons aussi dans les Alpes, au Japon, dans plusieurs villes européennes, et ailleurs en Amérique du Nord, à la recherche des plus beaux plaisirs visuels.

    Ne nous voilons pas la face, l’hiver approche, avec son cortège de grippes, charentaises pas sexy, nez qui coulent, patates à la crème et ciels de craie, alors avant l’hibernation et la déprime, profitons du bouquet final que nous offrent les beaux jours moribonds : les couleurs de l’automne ! Nous partons pour un tour du monde des forêts embrasées par la saison. Où voir les couleurs d’automne, partout autour du globe ?

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Les couleurs du Nouveau Brunswick, par Audrey du blog Arpenter le chemin

     

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Couleurs d’automne en Bavière.

     

    Couleurs d’extrême Orient : l’automne au Japon

    Commençons cette série par une destination qu’on a plus souvent l’habitude de voir associée au printemps qu’à l’automne, le pays du soleil levant. Je ne pensais qu’aux cerisiers en fleurs… mais maintenant, je pense aussi aux érables rougeoyants.

    Vue flamboyante sur le Mont Fuji à Kawaguchiko, Japon 

    Marine et Alex racontent : « Au pied du Mont Fuji au Japon se trouve le lac Kawaguchiko. Le meilleur moyen de le découvrir est d’en parcourir la rive à vélo. Le tour du lac est très prisé au printemps pour la floraison des cerisiers roses. Mais beaucoup ne pensent pas qu’à l’automne les couleurs chaudes aux nuances de rouge et d’or des arbres le rendent encore plus magnifique, contrastant avec le franc bleu du ciel et la blancheur de la montagne. Si le paradis existe, Kawaguchiko au mois d’octobre en est très proche ! »

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Sublime photo du Mont Fuji par Marine et Alex.

    Retrouvez-les sur le blog What made you happy today 

    Sublimes érables japonais à Niigata

    Solange raconte : « Au Japon, la saison des cerisiers en fleurs au printemps est très célèbre tout autour de la planète et les curieux se précipitent en avril pour pique-niquer sous les arbres. L’automne est une saison magique où tout se transforme. Quand le chaud soleil d’août laisse la place à plus de fraicheur, les arbres en profitent pour modifier leurs parures. Et les Japonais, grands amoureux de la Nature ne l’oublient pas. A partir de mi-octobre, les feuilles rougissent et les couleurs se multiplient pour le plaisir de tous. J’ai eu le bonheur de les admirer en novembre dernier quand l’automne résistait à l’avancée du froid, dans la région de Niigata, région principalement agricole. Les enceintes des châteaux de samouraïs s’ornent d’érables flamboyants dans lesquels jouent les écureuils. Les jardins japonais dont le calme et la sérénité n’est plus à démontrer se parent de nouveaux atours. Mes yeux ne savaient plus où se poser devant de telles merveilles. Les plans d’eau où se reflète la végétation accentuent encore cette beauté.
    Si vous souhaitez vous rendre dans cette région pour y admirer cette saison des couleurs, je vous conseille d’y séjourner durant la seconde quinzaine d’octobre. Et profitez-en pour prendre le célèbre Shikansen, le TGV local,  qui vous y emmènera très vite. »

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Belle estampe d’automne par Solange.

    Retrouvez l’automne à Niigata sur le blog Seniors en Vadrouille

    Les couleurs d’automne en Amérique du Nord, Canada et USA

    A tout seigneur, tout honneur : chacun pense à l’Amérique du Nord quand il entend « automne », aux forêts du Québec, de l’Ontario ou de l’Oregon. Voici les paysages automnaux mythiques. En général, l’automne en Amérique du Nord est précoce, et les couleurs sont visibles fin septembre/début octobre. Mais comme ces récits le prouvent, de jolies surprises restent possibles plus tard, jusque début novembre…

    Le parc d’Oka dans les Laurentides, Québec

    Marie et Michaël racontent : « Le Parc national d’Oka dans les Laurentides au Québec est surtout connu pour sa plage. Pourtant, lors de notre visite en novembre dernier, on avait du mal à l’imaginer bondé de monde. Seuls les filets de volley-ball toujours debout témoignent de l’été qui venait de se terminer. En fait, cherchant à fuir la grisaille de novembre, on s’était retrouvé à Oka dans l’espoir d’y apercevoir les dernières couleurs d’automne. Le pari était toutefois risqué. Les couleurs d’automne étant éphémères, elles n’ont pas l’habitude de s’éterniser trop longtemps en novembre. On aurait très bien pu se heurter à encore plus de gris ! Mais comme pour nous prouver qu’on avait eu tort de parler en mal de lui, novembre nous réservait une surprise. Plus belle que jamais, la forêt avait revêtu son habit d’or, celui qu’elle ne sort que quelques jours par année. Partout, le vert avait fait place au jaune, nous donnant ainsi l’impression de pénétrer une forêt enchantée (il ne manquait que les créatures magiques!). Au final, on a eu droit à l’un des plus beaux tableaux automnaux qu’on ait vus à ce jour. »

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Ambiance feutrée dans le parc d’Oka, par Entre 2 escales.

    Retrouvez le parc national d’Oka au Québec sur le blog Entre 2 escales 

    Admirer Portland en automne

    Eve raconte : « Comme c’est le cas un peu partout en Amérique du Nord, l’automne se décline en différentes couleurs à Portland. C’est dans cette ville du Maine que nous avons célébré l’Action de grâce en famille l’an dernier. Avant d’entrer dans la grisaille de novembre et d’être dépouillés de leurs feuilles, les arbres affichaient des teintes allant du vert au rouge, en passant par le jaune et l’orangé. Au sol, les feuilles mortes formaient un tapis coloré que les enfants s’empressaient d’entasser ou de soulever dans les airs. La ville propose de nombreux parcs qui permettent de profiter des couleurs automnales en faisant d’agréables promenades. Nous avons particulièrement aimé nous balader le long de la Eastern Promenade et sur les rives du parc Fort Williams, où nous avons pu admirer le phare de Portland Head sous différents angles. Même en automne, les rues du vieux Portland demeurent animées. Flâner dans ce quartier permet de découvrir différentes boutiques de vêtements, d’art et d’artisanat. On y retrouve aussi de nombreux cafés, des pubs et des restaurants qui laissent échapper des odeurs alléchantes. C’est l’endroit parfait pour découvrir les spécialités réconfortantes du Maine, notamment le sandwich au homard (Lobster roll) et la chaudrée de palourdes (clam chowder). Rien de tel pour se réchauffer et accueillir la fraîcheur automnale avec le sourire ! »

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Les couleurs du Maine et de l’Atlantique, par Nos racines sur 4 continents

    Retrouvez Portland en automne sur le blog Nos racines sur 4 continents

    L’automne au Nouveau-Brunswick

    Audrey raconte : « Quand on pense à l’automne, le Canada arrive souvent en tête des destinations de rêve, sur un fond de Joe Dassin. Si le Québec et l’Ontario sont des superstars chez les chasseurs de feuilles flamboyantes, le Nouveau-Brunswick n’est pas en reste, loin de là : niché contre le Québec et le Maine, il bénéficie des mêmes couleurs surnaturelles que ses prestigieux voisins, la foule en moins.
    Dans le sud, ma préférence va à la baie de Fundy, incontournable en cette saison entre les demoiselles coiffées de roux des rochers Hopewell et le parc national de Fundy, aux falaises âpres version Technicolor. Dans la péninsule acadienne, l’île Miscou se couvre d’un tapis écarlate quand ses tourbières prennent le virage de l’automne. Le long de la Miramichi, de la Restigouche et du fleuve Saint-Jean, les trois grands cours d’eau de la province, c’est l’heure des dernières virées en canot parmi les reflets enflammés. Plus au nord, on dit que du haut du Mont Carleton, point culminant de la province, on voit dix millions d’arbres : l’automne est l’occasion d’aller le vérifier, et je compte bien le faire cette année. L’automne, c’est aussi la saison des activités en famille, et chaque localité a son festival des récoltes, son labyrinthe de maïs, son verger où aller cueillir des pommes à même les arbres et ramasser les citrouilles à la brouette… La douceur de l’automne se cache aussi dans ces petites fêtes villageoises, à l’ombre des arbres multicolores, évidemment !
    Pour apprécier l’automne dans toute sa splendeur au Nouveau-Brunswick, mieux vaut venir entre la dernière semaine de septembre et la première quinzaine d’octobre

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Vue sur le Nouveau Brunswick, par Arpenter le chemin.

    Retrouvez l’automne au Nouveau-Brunswick sur le blog Arpenter le chemin 

    Le Mont Saint Sauveur, Québec

    Amélie raconte : « Le Québec est bien connu pour ses belles couleurs d’automne et ce n’est pas pour rien. Si j’adore l’hiver pour les paysages enneigés et les activités hivernales, j’apprécie encore plus l’été pour la chaleur et les festivals. Mais l’automne est sûrement ma saison préférée. J’ai l’impression de vivre dans un tableau impressionniste. Les couleurs vont du jaune au rouge en passant par l’orange et le vert. Je conseille à tout le monde de faire un tour dans les Laurentides pour le “festival des couleurs”. Au programme, randonnées, chalet entre amis, camping pour les moins frileux, pêche et pique-nique. C’est l’occasion d’en prendre plein la vue.

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Sur le Mont Saint Sauveur, par Ameloche Voyage.

    Retrouvez le Mont Saint Sauveur au Québec sur le blog Ameloche Voyage 

    Virée automnale en Ontario, Canada

    Vincent raconte : « On parle souvent du Québec lorsqu’on aborde le Canada… Mais plus rarement de l’Ontario. À environ une heure de Toronto, le nord de l’Ontario est pourtant l’endroit rêvé pour tous les amateurs de nature. On y trouve des réserves naturelles avec une centaine de cascades, des sentiers comme le Bruce Trail, des stations de ski de fond ou à raquettes… Autant dire qu’il y a de quoi se ressourcer dans les environs pendant toute l’année !
    En été comme en automne, j’adore partir camper pour le weekend ou même pour une journée pique-nique et randonnée. La plupart des réserves naturelles au nord de l’Ontario offrent même la possibilité de faire un feu dans des espaces réservés. Beaucoup viennent en famille ou entre amis pour organiser des barbecues en plein air… Il faut dire que les couleurs de l’automne dans la région sont incroyables ! La végétation est très diverse. Au pic de l’automne, vers la fin octobre les températures sont encore douces, et toute une palette de couleurs du vert au rouge se côtoie sur quelques kilomètres !
    L’année dernière, j’ai eu la chance de pouvoir photographier les magnifiques couleurs de la réserve de Hilton Falls. J’ai hâte d’y retourner dans quelques semaines avec ma famille ! L’Ontario est vraiment une destination surprenante en automne. J’espère que mes quelques photos vous donneront l’envie d’y voyager… »

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Sentiers d’Ontario, par Vincent, du blog Regard nomade.

    Retrouvez une randonnée d’automne au cœur de l’Ontario sur le blog Regard Nomade.

    Je finis cette série nord-américaine avec un territoire qui me fait complètement fantasmer : le Yukon.

    L’automne au bout du monde : le Yukon

    Cédric raconte : « Le Yukon, ce territoire mystérieux situé aux confins du Canada, à la frontière de la Dernière Frontière (l’Alaska, surnommé “The Last Frontier State ») ne cesse de faire rêver. Il y a de quoi, en effet : des paysages somptueux, une Histoire riche et, surtout, l’impression d’être dans l’un des derniers endroits loin de toute civilisation, avec les ours pour compagnons de nuitée et la Voie Lactée comme toit. Pourtant, il y a quelque chose d’encore plus merveilleux, à un moment précis de l’année : l’automne !
    Lorsque commencent à jaunir les feuilles et que les forêts se parent de mille et unes couleurs différentes, le voyageur ne peut faire qu’une seule chose : contempler. Que ce soit pendant un roadtrip de Whitehorse à Dawson, pendant une randonnée à Tombstone ou Kluane ou même lors d’une simple promenade, il est impossible de passer à côté de ce spectacle enchanteur. Du rouge au jaune en passant par l’ocre, toute la palette des couleurs automnales est présente dans le décor. Il suffit alors de laisser errer son regard et de se perdre dans l’immensité des forêts boréales, là-haut, dans ce bout du monde qu’on nomme le Yukon…»

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Mosaïque du bout du monde, par From Yukon

    Si vous rêvez maintenant de savoir comment aller au Yukon, c’est sur le blog From Yukon.

    Où voir les couleurs d’automne en Europe ?
    Destinations automnales Europe – voyages d’automne Europe

    Tout le monde vous a parlé du Québec dans la partie précédente, à croire que l’empereur incontesté de la feuille qui rougit hante les rêves de toute une génération biberonnée à Joe Dassin. Mais les voyages d’automne en Europe, ça peut être sublime aussi. Voici une petite démonstration.
    Commençons notre voyage par la Scandinavie, des forêts de Finlande aux paysages plus lunaires d’Islande.

    Islande, l’automne chez les elfes et les trolls

    Mali raconte : « L’an dernier, je suis allée en Islande au tout début de l’automne, et déjà, c’était beau à voir… quand il ne pleuvait pas 😉 Car oui, l’Islande en automne, ça donne une météo souvent incertaine, de la grisaille, de la pluie, il peut faire aussi très froid et il vaut mieux venir avec de quoi voyager comme pour un séjour en plein hiver.
    Mais un road-trip en Islande en automne, c’est aussi de magnifiques couleurs, moins de touristes, des étendues sauvages et les aurores boréales la nuit tombée si vous avez de la chance. L’automne est la saison idéale pour partir en Islande si vous voulez voir les aurores boréales sans (trop) risquer de tomber sur une tempête de neige de plusieurs jours. En prime, vous avez déjà les belles couleurs fauves de l’automne sur la végétation, ce qui donne encore plus de charme aux sites naturels. Bref, j’ai été conquise par cette saison, même si le printemps est souvent plus clément si vous y voyagez pour la première fois. »

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Laves et mousses dorées.
    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Le pays des trolls et des elfes en automne, par Un pied dans les nuages

    Pour retrouver ce road trip en Islande en septembre, rendez-vous sur le blog Un pied dans les nuages. 

    L’automne dans une cabane en Finlande

    Jenny raconte : « À partir de fin septembre, les couleurs d’automne en Finlande sont vraiment très prononcées et superbes. La région des Grands Lacs est à environ deux heures de route de Helsinki. J’y étais en 2016, et à certains endroits, on avait l’impression d’être au Canada. En tout cas, si vous aimez cette ambiance automnale, c’est l’endroit idéal pour y séjourner. Louer un chalet (Mokki en finlandais) au bord des lacs et profiter. Vous pouvez aussi aller faire une randonnée dans le parc Repoveden Kansallispuisto. »

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    La cabane au fond des bois, par Jenny. Copyright JD Roadtrip.

    Retrouvez Jenny sur le blog JDroadtrip – Voyager au féminin.

    Il manque à ma liste scandinave rêvée la Norvège, que j’adorerais voir à l’heure où les fjords se dorent…

    La Pologne haute en couleurs

    Connaissez-vous la Pologne ? C’est un pays que je n’ai fait que traverser, et où j’ai désormais très envie de retourner en automne…

    Varsovie sublimée 

    Aurore raconte : « Varsovie a la chance de connaître un climat continental. Les quatre saisons y sont donc très marquées ! Lors de ma venue en novembre, j’ai tout de suite été subjuguée par les magnifiques couleurs d’automne qui avaient recouvert la ville. Dans les parcs, les rues, des dégradés de jaune, de rouge et d’orange habillaient les arbres et le sol. Varsovie est une magnifique destination peu importe la saison. Mais je trouve que l’Automne se marie particulièrement bien avec la personnalité de la ville ! Une ville pleine de dynamisme et de vie malgré les épreuves qu’elle a subies par le passé. Pour admirer Varsovie en Automne, je vous recommande le mois d’octobre ! »

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    La belle Varsovie avec On my tree.

    Pour retrouver Varsovie, quatre jours dans la capitale de la Pologne, c’est sur le blog On my Tree.

    Promenade automnale à Lublin

    Julie raconte : « L’automne arrive plus tôt qu’en France. Il y dépose ses dégradés orangés dès la fin du mois de septembre, semant des paillettes au creux de mes yeux émerveillés. Ce n’est pas ma saison préférée mais ça pourrait le devenir, ici, à Lublin.
    Il y a les dernières journées ensoleillées au bord du lac Zemborzycki et, dans le même temps, les premiers crépuscules dorés. La rue Lubartowska, artère centrale  du quartier juif que j’emprunte tous les matins, me salue d’un air nouveau. Le parc de l’hôpital numéro un lui aussi se pare d’un manteau étincelant. Si beau que j’y retourne une fois ma matinée de stage terminée, capturer ces tons étrangers avant qu’il ne soit trop tard. J’en tire cette photo juste avant que les feuilles ne soient ramassées et je pense à l’intérieur, ça y est, l’hiver arrive. De nouvelles surprises sont à découvrir et l’automne à Lublin annonce toute la beauté de la saison à venir.
    Il faut ici, maintenant, profiter de cette ambiance si particulière, encore chaude la journée mais si froide à la nuit tombée. Il faut se rassembler autour des délicieuses bières chaudes, sirotées à la paille dans les bars de la vieille ville, autour de la Rynek. Il faut profiter des derniers après-midis ensoleillés pour arpenter ces rues colorées et surtout il y a cet événement à ne pas manquer : la Toussaint, où tous les cimetières de la ville s’éclairent à l’unisson, portés par des milliers de flammes d’espoir. Lublin, comme de nombreuses villes en Pologne, traîne un lourd passé de répression et de massacres, en témoigne le camp de Majdanek que l’on peut visiter, pour la mémoire. Mais Lublin, avec l’aide de l’Europe, se relève tant bien que mal. C’est maintenant une petite ville rassemblant des milliers d’étudiants chaque année, polonais autant qu’étrangers. C’est une ville pleine d’énergie, portée par sa population estudiantine ; c’est une cité en pleine renaissance, et c’est elle qui m’a réappris à vivre. »

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Tenir le trésor de l’automne au creux de sa main… par Julie la Blogtrotteuse. Magnifique photo qui fait la couverture de cet article – merci et bravo, Julie !

    Retrouvez une promenade automnale à Lublin sur le blog de Julie la Blogtrotteuse

    Allemagne, Autriche, la beauté automnale des Alpes germaniques

    Vous le savez, on arrive là à mon sujet de prédilection : la Bavière ! le Tyrol ! le pays des cygnes, des châteaux et des Spätzle au fromage ! cette contrée de conte de fées est plus fabuleuse encore à l’automne. Je laisse Léa vous parler d’un moment magique en Autriche, puis je squatte mon propre article collaboratif pour laisser libre cours à mes obsessions germaniques. Il va notamment être question de lacs – fabuleux miroirs des incendies éphémères.

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Automne en Franconie (Nord de la Bavière), ici à Volkach.

    Cygnes d’automne à Seewalchen, entre Vienne et Innsbruck

    Léa raconte : « Novembre. Le pouce est engourdi par le froid lorsque je le tends au bord de la route. Direction l’Autriche. Après les couleurs des façades de la belle Innsbruck, enfoncée au milieu de ses montagnes, ce sont celles de la route qui m’attendent.
    J’y rencontre Wolfgang, perle de bonté brute. Une année est passée et je souris toujours en pensant à lui. Il va directement à Vienne. Nous pouvons donc fuir l’autoroute. C’est sur les petites routes sinueuses de montagne, entre Innsbruck et Vienne, que la voiture de Wolfgang s’enfonce. Nous montons et quelques flocons transpercent l’épaisse forêt qui nous enveloppe. Deux saisons se rencontrent ici, les feuilles orange et rouges des arbres se blanchissent petit à petit.
    Plus loin, Wolfgang s’arrête au bord d’un lac sur lequel quelques dizaines de cygnes et de canards se laissent porter. « C’est ici que mes grands-parents avaient l’habitude de m’emmener enfant. ». Le jour tombe déjà et le ciel se pare de nuances roses et violètes qui font toute la magie des soirs d’automne. Nous restons là, un moment, à contempler le spectacle. J’ai oublié que j’avais froid.
    Vienne, la route est déjà terminée. Je quitte Wolfgang, un goût de gâteau à la pomme et à la cannelle encore en bouche, et le sentiment d’avoir vécu un moment d’exception sur cette route autrichienne.»

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Automne pourpre à Seewalchen, par Bon baisers.

    Retrouvez la lettre de Léa à Wolfgang sur le blog Bon baisers

    Le château d’Hohenwerfen entre automne et hiver

    Fin novembre sur les routes autrichiennes. Les derniers feux-follets s’éteignent dans les premières neiges, l’altitude réduit les brasiers en cendres d’argent. Nous nous sommes lancés dans un de ces week-ends d’amoureux à la faveur de la saison, où on mange trop de chocolat et flotte dans ces merveilleux spas germaniques. Soudain, le château d’Hohenwerfen surgit comme une vision et détrône mes autres amours, les Neuschwanstein et autres Königswinter. A cet instant, c’est pour moi le plus beau château du monde, dans cette lumière à bascule, entre la flamme et le froid. Il ne manque plus que les éperviers qui strient le ciel d’été, quand la fauconnerie d’Hohenwerfen organise ses spectacles. Et je me le redis pour la millième fois : Allemagne, Autriche, vous êtes magiques.

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Vie de château en Autriche : Hohenwerfen

    Mon article sur cet itinéraire romantique en Autriche, entre Innsbruck et Salzburg

    Les lacs bavarois, féerie automnale

    Bien sûr, le Canada, c’est merveilleux. Lacs immenses, sapins enluminés d’or et de rubis, plats roboratifs qu’on déguste dans des cabines en bois, kayak au milieu des feuilles virevoltantes… l’idylle automnale. Mais si je vous disais qu’on peut vivre tout ça sans traverser l’Atlantique ? La Bavière en automne, c’est paradisiaque aussi. Les lacs de Bavière sont un chapelet d’émerveillements chromatiques. Le kayak au milieu des sapins ? Pas de problème, ça sera sur l’Hintersee à Ramsau. Le bateau ? Au Königsee. La bronzette des derniers soleils ? Sur les transats du Schliersee. Pour moi, c’est la destination automnale parfaite : proche, abordable, avec un excellent rapport qualité-prix dans l’hébergement et la nourriture, et incroyablement belle.

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Königsee
    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Neuschwanstein.

    Mon article sur les plus beaux lacs de Bavière à l’automne
    Mon article sur les châteaux de Bavière en automne

    Les couleurs des villes européennes à l’automne

    Vous êtes d’humeur plus urbaine, et l’automne pour vous, c’est le Pumpkin Spice Latte chez Starbucks et les boucles d’oreille citrouille ? Pas de problème, restons dans les grandes villes européennes, et continuons le festival.

    Munich, automne couleur bière dorée

    Les Bavarois sont perturbants. La célèbre Oktoberfest a lieu non pas en octobre, mais en septembre, soit avant l’arrivée des couleurs dorées. Tant mieux : l’Oktoberfest, c’est trop bruyant à mon goût, trop rempli d’Américains ivres morts qui claquent le popotin de la serveuse en Dirndl. Venez à Munich après l’Oktoberfest, quand le calme est revenu et les prix sont redescendus, mi-octobre, et savourez une bière dans la convivialité ultra typique du Viktualienmarkt, au milieu de vrais Bavarois du cru. Vous verrez combien la ville est belle et douce, combien elle est facile à vivre. J’y ai passé deux ans de ma vie et j’y retournerais sans hésiter.

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne #Munich
    Munich chaleureuse.

    Mon article sur Munich insolite, activités de malade en Bavière

    Amsterdam, reflets dorés dans les canaux

    Cora raconte : « Pas trop loin de chez nous et sans surprise, la ville d’Amsterdam est belle toute l’année ! Mais, en automne, quand les feuilles rouges et or s’envolent au-dessus des fameux canaux, il y a vraiment de quoi rêver. Pendant le mois d’octobre (en général jusqu’à la mi-novembre), visitez Amsterdam pour les couleurs qu’on retrouve en centre ville, sur le fameux Marché aux Fleurs et dans le grand Vondelpark.
    Le reste des Pays-Bas n’est pas à oublier non plus ! Dans le Waterland le long de la côte nord, l’automne se manifeste aussi par la couleur toute particulière de la mer et du ciel, une ambiance poétique au possible à explorer à vélo. »

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Amsterdam et ses canaux par The Path She Took.

    Pour découvrir les Pays-Bas et plein de bons plans sur Amsterdam, c’est sur le blog The Path She Took

    Promenade d’automne à la citadelle de Lille

    Chacha raconte : « Pour beaucoup de Lillois, la braderie de Lille annonce la fin des vacances et la rentrée. En ce qui me concerne, elle annonce l’arrivée de l’automne.  Quand la fraîcheur du matin nous accueille en sortant de chez nous, nous savons que les routes de campagne se pareront de brume, et nous présenterons un spectacle de toute beauté où chaque représentation est unique.  Tandis qu’enfin de journée le soleil jouera avec les nuages dans le ciel et nous offrira une palette de couleurs allant du rose jusqu’à l’orange vif, et tout ça pour notre plus grand bonheur.  Avant de tirer leurs révérences pour l’hiver, les arbres centenaires du Parc de la Citadelle quant à eux nous offrirons tout un éventail de teintes qui donneront un caractère unique à chacune de nos balades.  Après s’être dégourdi les jambes dans le Central Park made in Lille, s’installer en terrasse sur la grand place pour profiter du soleil couchant qui met en valeur les belles façades des hauts lieux de Lille est vrai un régal. Il ne faudra que quelques pas pour trouver un estaminet et se laisser séduire par les délices de la gastronomie régionale. Là aussi, tous nos sens sont mis en éveillent, et on ne demande qu’une chose, remettre ça le lendemain. »

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Les aventures de Chacha à Lille, ça commence avec une vache écossaise.

    Retrouvez la citadelle de Lille à l’automne sur le blog de Chacha Aventurière

    L’automne dans les montagnes, forêts et landes françaises

    Promenades bucoliques à la saison des kaléidoscopes chamarrés.

    Couleurs d’automne à Fontainebleau

    Nicolas raconte : « Où profiter au mieux des sublimes couleurs d’automnes quand on est en région parisienne ? Je vous proposerais d’aller visiter la forêt de Fontainebleau. Celle-ci est située à 30mn de Paris en train, et donc facilement accessible. On y trouve de superbes coins, entre zones sablonneuses, blocs de gré très prisés des passionnés d’escalade, et de nombreux points de vue.
    Pour vous y rendre, descendez dans le petit village de Bois le Roi, puis suivez le GR jusqu’à la Forêt. Déjà dans ce village typique vous pourrez profiter au mieux des couleurs automnales, vous pouvez même longer la Seine et admirer les affolantes (des sublimes demeures).
    Vous pouvez également vous arrêter – uniquement le week-end – à l’arrêt « Forêt » situé dans la forêt entre le village et Fontainebleau-Avon, qui est le troisième arrêt que je vous conseillerais. Si vous êtes véhiculés, je ne peux que vous inciter à aller vous promener aux Gorges de Franchard, découvrir le village des peintres de Barbizon et la Caverne des Brigands, aller du côté de la Faisanderie à Fontainebleau. Enfin, les parking de Rocher Cassepot ou Rocher Cuvier vous permettront là aussi de belles balades entre les rochers, et d’atteindre de jolis points de vues sur toute la forêt.
    Et pourquoi pas juste vous arrêter sans but précis et aller chercher des champignons sous les couleurs orangées ? »

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Les fougères dorées de Fontainebleau, par The Good Troll.

    Retrouvez cette promenade dorée à Fontainebleau sur le blog The Good Troll 

    La saison des rouges et des roses en Camargue

    Il est une saison où la Camargue culmine en beauté : novembre. Les salicornes et les saladelles qui couvrent les marais salés revêtent leurs teintes rouges, et les flamants roses font leur mue, pour une rose plus intense encore. La Camargue en cette saison est une explosion de couleurs décuplées par les marais qui reflètent le ciel, où les crépuscules purifiés de la brume de chaleur estivale sont plus éclatants que jamais.  Le grand évènement à ne pas manquer, ce sont les abrivades du 11 novembre : des centaines de chevaux envahissent la plage Est des Saintes Maries de la Mer.

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne camargue
    Rouge Camargue.

    Mon guide complet de la Camargue

    Le Vercors drapé d’automne

    Céline raconte : « J’ai vécu près de dix ans en région grenobloise et s’il y a une saison que j’affectionne vraiment c’est l’automne. Grenoble est entourée de quatre massifs montagneux : la Chartreuse, le Vercors, Belledonne et la Matheysine. Les montagnes et la nature sont proches ce qui permet d’admirer l’automne dans toute sa splendeur depuis la ville.
    Mais, si on veut profiter un peu mieux de l’automne, direction le Vercors à seulement quelques minutes de Grenoble pour un festival de couleurs. De là, on peut s’adonner à la randonnée et profiter de l’automne pendant plusieurs semaines. Pour moi, cette région a tout d’un petit Québec tant les couleurs sont intenses. Selon les années, les couleurs sont plus ou moins marquées mais c’est souvent fin septembre – début octobre que l’automne explose. Et si le soleil est de la partie, c’est encore plus beau ! »

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    Sublime Vercors automnal par Je Papote.

    Retrouvez l’automne autour de Grenoble sur le blog Je papote

    Le parc naturel du Vexin : verdure automnale en Île de France

    Solène raconte : « L’Île-de-France n’a pas à rougir de ses paysages. Le département offre de bien jolis dégradés de couleurs lorsque l’automne prend doucement ses quartiers. Niché aux portes de Paris mais à des années lumières du bitume de la capitale (une cinquantaine de kilomètres), le Parc naturel régional du Vexin français est un véritable poumon au cœur de l’une des régions les plus peuplées de France. A cheval sur le Val d’Oise et les Yvelines, il rassemble 99 communes dont la plus grande accueille 6943 habitants (Auvers-sur-Oise) et la plus petite… 27 âmes (Charmont). Dès que l’été se retire sur la pointe des pieds, l’orange devient le new vert. Peu à peu, les milliers de feuilles se parent de cinquante nuances d’orangés. A découvrir à pied grâce à ses mille sentiers balisés ou à vélo avec l’avenue verte London-Paris. Patrimoine naturel, bâti, paysager, culturel… Les prémisses de l’automne sont sans nul doute l’une des périodes les plus propices à la découverte du coin… et à son terroir ! Du 2 septembre au 22 octobre, les agriculteurs, restaurateurs et guides professionnels proposent une trentaine d’animations autour de la gastronomie dans le cadre de l’événement « Goûtez le Vexin ». A savourer sans modération. »

    Retrouvez l’île de France et d’autres belles destinations sur le blog de Solène, Solcito.

    Parc naturel régional du Vexin à l'automne
    Le parc naturel régional du Vexin paré des lumières de l’automne. Copyright des photos : Julie MA Photographie.

    La tête à l’envers : l’automne dans l’hémisphère Sud

    Finissons par une petite pirouette : l’automne, de l’autre côté du monde, coïncide avec notre printemps. Et là-bas aussi, le festival multicolore bat son plein à l’heure où nous fêtons les bourgeons.

    Les couleurs d’El Chalten : la Patagonie argentine en mars

    Seb et Laura racontent : « Alors que l’hémisphère Nord ronge son frein en attendant le printemps, la Patagonie glisse lentement vers l’hiver, faisant exploser les couleurs des forêts de « lengas ». Dans les contreforts des Andes, au pied de majestueux glaciers et du mythique Fitz Roy, le panorama devient surréel.
    El Chalten en Argentine en mars est pour moi une acmé de la nature : une avalanche de couleurs flamboyantes dans un décors glacé. Un moment de basculement, où la splendeur de l’été décline superbement vers un hiver bleuté.
    Randonner dans ce drame magnifique est une expérience d’humilité euphorisante. Certes, c’est un spectacle de déclin de la nature qui cède au froid, mais un déclin rassurant. Il n’est pas signe de mort, mais d’un repos annonciateur d’un nouveau cycle

    Où voir les couleurs d'automne, en Europe, au Japon, au Québec et ailleurs ? Les plus belles couleurs de l'automne par les blogueurs de voyage, pour des voyages chatoyants. #automne
    L’automne austral par les Globe Blogueurs.

    Retrouvez l’automne en Patagonie chez les Globeblogueurs

    Sur ces bonnes paroles pleines d’optimisme biologiste, je vous laisse affronter les premiers frimas. A vos citrouilles, châles et soupes fumantes. La saison des longues nuits vient de commencer…

    Pour survivre à l’hiver, je vais vous sortir tous mes souvenirs d’été sur le blog. On ira en Grèce, en Haute-Provence, à Disneyland.. vous vous inscrivez à la newsletter pour suivre tout ça ?

    Merci à  tous les blogueurs participants pour ces superbes textes et photos !

     

    Où voir les plus belles couleurs d'automne ? Destinations automnales en Europe, au Québec, au Japon et ailleurs, avec les blogueurs voyage. Toutes les teintes de l'#automne !
    Epinglez-moi !

     

    Les couleurs de l'automne autour du monde : où voir les plus belles feuilles d'automne ? 20 blogueurs de voyage partagent leurs destinations automnales.
    Epinglez moi !
  • Mon séjour à l’Atlantis, Bahamas : devenir petite sirène

    L’Atlantis à Nassau, Bahamas ? Plus qu’un hôtel de luxe, c’est un mythe. Depuis trente ans, ce gigantesque complexe surfe sur la légende de l’Atlantide, avec décoration sous-marine monumentale, aquariums géants et immense parc aquatique. Le succès de l’Atlantis est tel qu’il a désormais son faux jumeau à Dubaï, aux Emirats Arabes Unis. Mais je rêvais de l’original : l’Atlantis de Nassau. Pour notre voyage de noces, nous avons décidé de réaliser ce fantasme. Petite plongée au pays de la petite sirène.

    L’Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène.

     

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    Le célèbre toboggan qui passe à travers un bassin aux requins.

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    Paradise Lagoon

     

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    Un endroit fantasmagorique

    Atlantis Bahamas blog

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    Le toboggan le plus célèbre du monde.

    avis Atlantis Nassau

    Atlantis Bahamas, qui es-tu ? Un hôtel incontournable de Nassau

    Avant de commencer à raconter ma vie, on va faire une mise au point précise pour les gens qui n’ont pas passé dix ans de leur vie à fantasmer sur l’Atlantis et ne savent pas de quoi on parle à ce stade. L’Atlantis, c’est un projet de mégalomane, qui commence en 1968. Imaginez une île, Paradise Island, presque entièrement couverte par une série d’hôtels, parcs d’attraction et décors sur le thème de la mer, des fonds marins et des créatures qui les peuplent. Statues d’hippocampes et de nautiles géants, toboggans démentiels (du genre : passant au milieu d’un bassin à requins), ambiance de ville noyée sous les eaux, l’Atlantis rend fou. C’est un mélange de Disneyland et de Waterworld… et un hôtel de très grand luxe, avec (entre autres) une suite à vingt-cinq mille dollars la nuit. Pour ceux qui ont comme moi grandi devant La petite sirène, la fascination est totale.
    Voilà, vous avez eu le mémo. Maintenant, enfilez votre bikini, on embarque.

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    Atlantis, cité engloutie

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    Bienvenue à l’Atlantis

    Sous l’océan… un aveu de sirène

    Lecteur régulier de ce blog, tu as eu un petit aperçu représentatif de ma collection de névroses à ce jour, et tu sais donc qu’on a inversé mon pôle + et mon pôle – au montage et que ça court-circuite sérieusement dans mon cerveau. Tu sais que j’ai traversé l’Europe avec des chats norvégiens au péril de ma vie, que je suis grave gothique, que j’ai le super pouvoir d’amener brouillard et tempête partout où je passe, telle la réincarnation de Mel Gibson (qui n’est pas mort d’ailleurs), que j’adore me baigner à poil dans la neige, et que je suis pote avec des chèvres zombies anthropophages (même article que ce dernier). Mais tu ne sais pas encore toute la gravité de mon état. Je passe aux aveux.
    Je suis une sirène. Ne me contredis pas, tu risquerais de me vexer. Depuis l’anniversaire de mes quatre ans où mon papa m’a rapporté la cassette de La petite sirène, j’en suis une. Même quand, deux ans plus tard, ma maman soucieuse de réalisme noir en littérature m’a sorti la vraie version d’Andersen (avec la langue coupée, les jambes séparées au couteau, la fille qui meurt sans que le prince sache qu’elle l’a sauvé), je n’ai pas abandonné mes prétentions siréniques. Je suis fascinée par la mer, le monde aquatique et ses créatures mythiques en tout genre (selkies, tritons, nixes, ondines, Lorelei et autres krakens et léviathans), et je suis accro à l’eau sous toutes ses formes – même quand je vais en montagne, c’est pour voir des lacs.
    L’Atlantis, pour moi, c’était le mythe absolu, le palais du Roi Triton, la possibilité de plonger sous l’océan même sans branchies, de « partir là-bas » sous les eaux iridescentes et d’assouvir ma fascination marine.

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    Quand je sors de l’eau.
    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    Dans le lagon des prédateurs
    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    Bienvenue chez moi

    Que voir et que faire à l’Atlantis Nassau ?
    Atlantis Nassau blog Atlantis Bahamas blog

    Le complexe est tellement grand qu’il vous faudrait des jours et des jours pour tout voir – en 4 jours, je ne suis pas sûre d’avoir tout vu. Mais voici quelques inratables.
    Les aquariums appelés « The Dig » et  « The lost chambers », qui surfent sur le thème de la cité enfouie, submergée par les eaux, comptent parmi les plus grands du monde. The Dig contient une variété incroyable d’espèces marines. Des centaines de poissons tropicaux, de raies, de petits requins, passent au milieu des vestiges d’une cité mythique engloutie. D’autres aquariums individuels (The lost chambers) présentent des espèces plus asociales (murènes) ou fragiles (hippocampes).

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    The Dig, Atlantis

     

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    The dig vu de l’extérieur

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    Murènes

    Un parc d’attraction, Aquaventure, propose des toboggans inouïs, notamment le « Leap of faith », un faux temple maya qui vous plonge directement dans un bassin à requins, dans un tunnel de verre. Sachez que ce toboggan à requins existe en deux versions :  option kamikaze, avec descente à toute blinde, et option pépère, avec bouée et passage lent et contemplatif au milieu du tunnel des requins. Contre toute attente, j’ai préféré la deuxième : c’est beaucoup plus agréable d’avoir le temps d’admirer les requins, plutôt que de traverser leur bassin à une vitesse supersonique en fermant les yeux, se bouchant le nez et hurlant « maman ». Mais Aquaventure compte nombre d’autres toboggans, avec ou sans bouées, et une « rivière » d’aventure longue de près de deux kilomètres, qu’on emprunte en bouée, et qui comporte vagues, rapides et autres obstacles qui pimentent le parcours. Enfin, vous trouverez des dizaines de piscines.

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    Piscines d’Aquaventure
    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    Rapids River

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog

    Le Lagon des prédateurs vous permet d’approcher les poissons scie, les raies, les requins et les barracudas. C’est absolument fascinant et cela reste un de mes plus beaux souvenirs de l’Atlantis.

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog

    Le bassin des tortues vous permet d’observer les tortues à écailles des Bahamas, qui sont menacées et que l’Atlantis réhabilite : ils récupèrent les tortues blessées, relâchent celles qui peuvent survivre dans la nature, et gardent les autres.

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog

    Et en dehors de ça, vous avez le plus grand casino des Bahamas (dont je ne peux rien vous dire car ça ne m’intéresse tellement pas…), une vingtaine de restaurants, des tas de trucs luxueux du type spa, coiffeur, massage, etc, un centre de conférences, des cours de tennis, une immense salle de fitness, et surtout, surtout un véritable village avec marina, boutiques de vêtements et de souvenirs, où il est vraiment agréable de se balader (pensez au Disney Village, c’est le même style). Vous avez aussi plusieurs plages, pour savourer la clarté des eaux bahaméennes. L’Atlantis est immense, et vous n’avez jamais tout vu – vous ne cesserez de découvrir de nouveaux recoins jusqu’alors inexplorés.

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    Marina de l’Atlantis

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    Ambiance nocturne
    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    Feu d’artifice à l’Atlantis

    Quel hôtel choisir à l’Atlantis Bahamas ?
    Avis Atlantis Nassau

    « Atlantis » est un nom presque trompeur : l’Atlantis, ce n’est pas UN hôtel, c’est une île, et elle compte plusieurs hôtels. L’Atlantis est aujourd’hui un gigantesque complexe, formé d’hôtels allant du très luxueux (The Reef, The Cove) au plus abordable (Beach Towers, Coral Towers), comprenant même une marina (si vous voulez venir avec votre propre bateau) et des locations de vacances type appartement (Harborside Resort). Vous allez peut-être me demander : mais alors, quel est le VRAI Atlantis, l’hôtel où il faut aller pour avoir l’expérience ultime ? Réponse : Atlantis Royal Towers. C’est le cœur de l’action, celui que vous voyez sur les photos, celui où vous trouverez la déco marine hallucinante, les portes hippocampe, le plafond du roi triton, les aquariums géants, le lagon des prédateurs, le parc Aquaventure, bref, tous les incontournables si vous aussi, vous êtes une petite sirène. C’est au cœur de tout, et c’est ce dont j’avais toujours rêvé.

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    Panorama depuis les Royal Towers
    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    Les Royal Towers

    Voici un tour d’horizon des différents hôtels, pour vous donner une idée, avec des prix approximatifs (j’ai comparé les différents hôtels pour la même nuit en août. Les prix varient bien sûr en fonction de la saison, des catégories de chambres, des options, etc).
    – Sur Paradise Island, l’île de l’Atlantis, vous avez quelques hôtels qui n’appartiennent pas à l’Atlantis mais qui ont des accords spéciaux avec eux et vous permettent d’accéder au resort, au parc Aquaventure, aux aquariums, etc, par exemple le Comfort Suites, le One and Only, le Paradise Island Beach Club, etc. Mais après avoir jeté un coup d’œil à leurs tarifs, j’ai l’impression qu’ils ne sont pas forcément moins chers que l’Atlantis, mais beaucoup plus loin (navette obligatoire). Je ne suis pas vraiment convaincue par cette option.
    – Les Beach Towers constituent l’hôtel le moins cher de l’ensemble Atlantis. Elles sont sur l’Atlantis Beach, un peu excentrées mais bien placées et avec une jolie vue, à environ 15/20 minutes de marche des Royal Towers et d’Aquaventure. Prix moyen : 177 dollars/nuit par chambre. Je pense que c’est une option intéressante, mais moins que les…
    – Les Coral Towers sont dans la même zone que les Beach Towers, mais plus proches du cœur, à 10/15 minutes de marche. Elles sont un peu plus luxueuses, et surtout, la déco intérieure est plus excentrique et fun que celle des Beach Towers. Prix moyen : 260 dollars/nuit par chambre.
    – Le Harborside Resort est une série de jolis grands appartements de l’autre côté de la marina, avec cuisine et larges volumes, pour les familles. C’est très beau, j’ai adoré le cadre, mais le prix n’est pas doux (350 dollars en moyenne par nuit/appartement) et vous êtes loin du cœur de l’action (navette ou 30 minutes de marche). C’est pour ça que je m’interroge sur l’opportunité d’y aller avec des enfants, ce qui est pourtant censé être le but.

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    Harborside Resort

    Royal Towers : c’est le cœur, les plus richement décorées, les plus célèbres. Toutes les activités sont à cinq minutes de marche à peine. Plus les chambres sont hautes, plus elles sont chères. Les prix commencent autour de 300 dollars/nuit par chambre, mais peuvent monter beaucoup, beaucoup plus haut. Plus vous montez dans les tours, plus les chambres sont grandes et luxueuses, plus la vue est belle, et plus les prix sont spectaculaires. La « Bridge Suite », la suite qui fait le pont entre les deux tours, est à 25 000 dollars la nuit (et selon les photos, elle ressemble à Versailles). Nous avions pris une chambre vue mer (c’était le cadeau de ma mère pour notre voyage de noces, un cadeau sublime)… et en plus, nous avons été upgradés dans une Regal Suite. C’était la plus basse catégorie de suites (je n’ose imaginer les autres), mais c’était juste la chambre d’hôtel la plus hallucinante de toute ma vie. Il y avait une chambre où trente personnes auraient pu danser la Macarena, un salon de la même taille, deux salles de bain, deux cabinets de toilette, et une vue de malade. C’était fou, ça restera un souvenir vraiment précieux.

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    Au dessus de nous, la Bridge Suite à 25 000 dollars

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    Notre salon
    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    Notre chambre

    The Reef est un joli hôtel de luxe dans la même catégorie que les Royal Towers, mais à mon avis, c’est un mauvais choix. Il est excentré et sans avantage comparatif particulier. Si vous avez l’argent pour The Reef, vous avez l’argent pour les Royal Towers. La déco est moins spectaculaire que celle des Royal Towers, plus classique. Le prix moyen est à 350 dollars, et je trouve que ça ne vaut pas vraiment le coup de choisir celui là. Si vous voulez l’ultra luxe, c’est The Cove, si vous voulez la vraie expérience Atlantis, c’est les Royal Towers.
    The Cove se veut encore plus luxueux ou plutôt, encore plus « exclusif » que les Royal Towers, avec notamment une (jolie) piscine réservée aux clients de cet hôtel là. C’est aussi l’hôtel pour les gens allergiques aux enfants : cette piscine est pour les adultes uniquement. Il y a, comme dans les Royal Towers, des suites faramineuses. C’est un très beau 5 étoiles, où vous ne trouverez que des suites. Les prix commencent à 400 dollars. Mais il me manque l’extravagance, l’exubérance maritime des Royal Towers. Vous l’aurez compris, je n’ai pas regretté une seconde mon choix.

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    The Cove

    Les restaurants de l’Atlantis Nassau

    Attention, l’Atlantis n’est pas un resort all inclusive, même s’il arrive qu’il propose de temps à autre des packages all inclusive (qui sont frustrants, car ils ne donnent accès qu’à un petit nombre de restaurants), et les restaurants sont chers – comme partout aux Bahamas, mais encore plus qu’ailleurs.
    J’ai adoré le buffet de petit déjeuner du Poseidon’s Table, le coucher du soleil au restaurant The Point, les milkshakes du Atlantis Marina Village, le cadre (moins la nourriture) du Lagoon Bar and Grill qui sort tout droit de la petite sirène, et dans la série chicos et chéros le restaurant gastronomique méditerranéen Olives. A Aquaventure, vous trouverez toutes sortes de snacks et fast foods.

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    Coucher de soleil à The Point
    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    Lagoon Bar and Grill

    Les plages et piscines de l’Atlantis

    L’Atlantis Beach est la grande plage publique. Je ne l’ai pas trouvée particulièrement belle, trop pleine de jet skis et marchands ambulants. L’Atlantis Beach West est plus calme. Mon coup de cœur, c’est The Cove beach, en face de l’hôtel du même nom. Eau turquoise, sable blanc, plus de calme et de tranquillité, c’est pour moi la plus jolie plage du complexe.
    Les piscines : je vous conseille de toutes les tester ! Elles ont toutes quelque chose de spécial dans leur décoration ou leur agencement. Mais mes préférées sont Colonnades Pool, pour la déco extravagante, et la Royal Baths, pour la vue sublime sur les Royal Towers.
    En revanche, je vous déconseille de vous baigner dans le Paradise Lagoon : c’est une entrée de mer dans la lagune artificielle de l’Atlantis, l’eau rentre mais me paraît ne pas ressortir ou brasser beaucoup. L’eau est trouble, pleine d’algues, je pense qu’elle ne bouge pas assez.

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    The Cove beach

     

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    Le lagon

    Requins, dauphins et tortues : les animaux marins de l’Atlantis Nassau

    Parenthèse éthique : faut-il apprivoiser les animaux sauvages ?

    Je fais ici une petite parenthèse pour revenir sur un débat qui me tient à cœur. Dans mon dernier article sur les Bahamas, je postais une photo de moi au milieu des requins à Exuma. Ces requins ne sont pas en captivité, ils vivent en pleine mer, mais ils ont été apprivoisés par les humains qui les nourrissent. Ils vivent depuis dix ans autour de cette île, Compass Cay, sont soignés par les humains, et sont devenus pratiquement domestiques : ils recherchent le contact et les caresses. Suite à cela, j’ai eu un débat (respectueux et amical) avec d’autres blogueurs qui n’étaient pas certains de l’opportunité d’apprivoiser des animaux sauvages. C’est un débat régulier et je voudrais développer ici un peu mon point de vue sur cette question.

     

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    Avec un requin à Exuma

    Je suis une grande passionnée des animaux et avocate de la cause animale. J’ai arrêté de manger de la viande quand j’avais 15 ans, j’ai plusieurs animaux issus de sauvetages, je suis donatrice régulière de Sea Shepherd et L214, et partageuse compulsive de pétitions pour la protection animale. Dans ce cadre, j’ai rencontré beaucoup de personnes qui pensent que l’être humain ne devrait pas avoir de contacts avec les animaux sauvages : il faut renoncer aux zoos, aux parcs, et s’abstenir de toute interaction susceptible de modifier le comportement des animaux sauvages (les nourrir, les approcher, les toucher, etc). Dans la suite logique de cet argument, certains vont plus loin et disent qu’il faudrait « laisser les animaux tranquilles » et renoncer aussi aux animaux familiers, à la captivité en général, y compris de chiens et de chats. Je respecte totalement ce point de vue et l’argumentation. Mais je suis en profond désaccord, moi qui vis avec une meute de chats, chiens et chevaux.
    Je crois que, pour le meilleur (l’amour réciproque entre humains et animaux) et le pire (exploitation, torture, maltraitance), nous vivons dans un monde où les liens entre humains et animaux sont très profonds, omniprésents, indéniables. Parce qu’il détruit beaucoup, l’être humain a aussi la mission de protéger, réparer. Et il n’est pas rare que les animaux cherchent d’eux-mêmes le contact avec l’homme, pas seulement pour être nourris, mais parce qu’ils sentent que l’homme joue un rôle à part et pourrait les aider ou les protéger. Dans ce cadre, la frontière entre animaux sauvages et animaux domestiques est bien plus ténue et mouvante qu’on le croit. Je vous recommande vraiment le fabuleux essai du professeur d’écologie Carl Safina, Beyond Words, What Animals Think and Feel. Il étudie le comportement de baleines, d’éléphants, de loups, de singes en totale liberté, qui n’ont jamais été nourris par les humains qui les étudient, mais qui nouent avec eux des relations étonnantes, venant chercher interaction et secours, désignant la présence d’humains amis par un son spécifique, donnant même des « noms » à chaque humain par un son très particulier. Les animaux nous observent, les animaux parlent de nous, et voient ce qu’ils peuvent attendre de notre contact. Carl Safina parle de la domestication des loups et avance une thèse surprenante : on peut tout aussi bien avancer que ce sont les loups qui nous ont domestiqués. Pour lui, la domestication est un processus multiple : entre humains et animaux, entre animaux, au sein de l’humanité elle-même. Elle est inéluctable dès qu’il y a contact entre humains et animaux, et elle n’est pas forcément néfaste : il faut évaluer ce qu’elle apporte à chacune des parties. Dans certains cas, il faut absolument l’éviter : par exemple, il ne faut surtout pas nourrir les ours de Yellowstone, qui vont devenir agressifs, chercher le contact, et être abattus. Evidemment, il faut absolument se battre contre la capture d’espèces sauvages pour la compagnie, par exemple celle des singes ou des loris. Il faut réfléchir aux conséquences du contact, évaluer chaque cas avec prudence et justesse et toujours penser à l’intérêt de l’animal en premier lieu. Mais on ne peut rejeter la domestication en bloc, qui est un processus naturel, normal et qui peut justement être bénéfique à l’animal. Les requins d’Exuma sont dans une zone protégée, à l’abri des pêcheurs et chasseurs sous-marins, nourris, soignés, et sont devenus de formidables ambassadeurs de leur espèce : ils permettent aux humains de changer le regard qu’ils portent sur les requins.
    Qu’en est-il des zoos ? Soyons clairs : je ne suis pas contre tous les zoos. Je suis contre les zoos qui méprisent les besoins physiologiques et psychiques de l’animal. Je suis contre les ours polaires à Berlin dans la chaleur du plein été, les orques à Marineland dans un bassin grand comme un pédiluve, contre les tigres drogués dans des cages en Thaïlande. Je suis pour les zoos qui préservent l’habitat naturel de l’animal, comme le parc Merlet à Chamonix, où j’étais la semaine dernière et dont je vous parlerai très vite. Je suis pour les zoos qui jouent une vraie mission de protection et préservation de l’espèce, comme la Ferme aux Crocodiles de Pierrelatte qui protège des espèces menacées dans la nature, procède à des réintroductions et fait se reproduire des espèces en danger. Je suis pour les zoos qui donnent à l’animal les meilleures conditions de vie possibles et permettent aux humains de connaître et comprendre l’animal pour avoir envie de le préserver. Si on coupe les liens entre homme et animal, qu’on laisse les animaux loin des yeux et loin du cœur des hommes, personne ne comprendra l’urgence et la nécessité absolue de leur préservation.

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    Raies à l’Atlantis

    Voir les animaux marins de l’Atlantis

    L’Atlantis est un endroit unique. L’aquarium The Dig est un des plus grands du monde, un bassin absolument immense, où des dizaines d’espèces cohabitent. C’est le seul sanctuaire pour animaux marins blessés aux Bahamas : une tortue blessée aux Bahamas ira forcément à l’Atlantis. L’investissement énorme pour la santé et le bien-être des animaux est visible partout. Et cela se voit : aucun autre parc marin au monde n’a réussi à faire se reproduire le poisson scie, qui est très menacé. A l’Atlantis, où leur espace est immense, ils ont eu deux fois six naissances, et envisagent maintenant d’en relâcher dans le parc marin protégé des Exumas. Les poissons scie de l’Atlantis ont explosé tous les records de longévité connue pour cet animal : ils y sont depuis 25 ans, et sont en parfaite santé. Personne ne sait jusqu’à quel âge ils vivront.

    Ce qui m’avait fait hésiter à y aller, c’est que l’Atlantis a des dauphins, et que je suis contre la captivité des cétacés. Mais après avoir vu le documentaire sur les dauphins de l’Atlantis, j’ai choisi de faire une exception pour ce lieu. L’Atlantis n’avait pas prévu d’avoir de dauphins. Cela ne faisait pas partie de leurs projets, ils comptaient se contenter des poissons, tortues et raies, ce qu’ils faisaient depuis 30 ans. Mais en 2005, l’abominable ouragan Katrina a ravagé l’aquarium de La Nouvelle-Orléans, en Louisiane, et détruit le bassin des dauphins qui se sont retrouvés en pleine mer au milieu des débris et déchets, alors qu’ils n’avaient jamais été en liberté et étaient incapables de survivre. L’Atlantis a alors proposé le sauvetage de ces dauphins, et a investi des millions d’euros pour les capturer en douceur, avec leurs soigneurs (on voit dans le documentaire que les dauphins, blessés par l’ouragan, courent vers le bateau de leurs soigneurs et se bousculent pour être re-capturés), les transporter dans un avion spécialement pressurisé pour eux, et construire en toute urgence des bassins d’eau de mer, sans chlore. Le parc des dauphins est immense et les huit « dauphins de Katrina » s’y sentent bien : ils ont tous survécu, sauf un, trop grièvement blessé par l’ouragan, et se sont abondamment reproduits. Il y a maintenant 18 dauphins à l’Atlantis, ce qui les force à envisager une extension. Je reste contre la captivité des cétacés en général, et notamment contre les captures à l’état sauvage. Mais j’ai rarement vu un endroit aussi soucieux du bien-être de ses dauphins que l’Atlantis. Et ils ne font pas de spectacle avec leurs dauphins, mais des interactions sont possibles.

    Vous pouvez payer (cher) pour une interaction avec les animaux de l’Atlantis. Les créneaux sont volontairement peu nombreux, et onéreux, afin de limiter le nombre. 180 dollars pour plonger dans l’aquarium The Dig, 300 dollars pour entrer (à hauteur de la taille) dans le bassin des dauphins et les caresser, 250 pour une interaction avec les raies. Nous n’avons pas voulu mettre cette somme (x2). Mais j’ai un bon plan pour vous : chaque jour, vous avez des heures de nourrissage des animaux, inscrites à la réception. Vous pouvez y assister gratuitement et c’est génial. Les soigneurs sont passionnants, répondent à toutes vos questions, vous verrez les animaux de très près. J’ai absolument adoré. Le nourrissage des murènes était terrifiant, celui des tortues adorable. Ne loupez pas le nourrissage des barracudas et requins au Predator Lagoon, c’est spectaculaire. Et mon coup de cœur ultime : le nourrissage des raies. Elles sont nourries à la main par leur soigneuse, et sortent de l’eau et montent sur sa cuisse pour être nourries plus vite. C’est un spectacle merveilleux. Tous les jours, allez à la réception le matin, récupérez le « Daily Atlantis » (journal de bord du complexe) et repérez les heures de nourrissage des pensionnaires, vous ne le regretterez pas.

    L'Atlantis à Nassau, Bahamas, ou le plus fabuleux hôtel de ma vie. Récit et conseils pour devenir une petite sirène. Atlantis bahamas blog
    Nourrissage des raies

    Aller à l’Atlantis Nassau sans y dormir ?

    Malheureusement, l’Atlantis ne propose plus de « day passes » pour les visiteurs extérieurs, à moins de résider dans un autre hôtel partenaire, ou d’être résident bahaméen (le week-end, les enfants viennent beaucoup y jouer). Vous trouverez la liste des hôtels partenaires ici. Mais si vous avez le budget, je vous conseille vraiment de prendre une nuit dans un hôtel de l’Atlantis, pour vivre cette expérience qui fut pour nous véritablement exceptionnelle et magique.

    Atlantis Bahamas ou Atlantis Dubaï ?
    Atlantis Bahamas blog

    Vous le savez peut-être, l’Atlantis a un petit frère aux Emirats Arabes Unis, apparemment un peu plus petit, mais plus récent. Je l’ai visité lors de mon voyage à Dubaï, et il ressemble énormément à celui de Nassau, mais je n’ai pu tester les chambres et le parc d’attraction !  A suivre, peut-être, un jour 😉

    Alors, prêts à « partir là-baaaas » ? Inscrivez vous à la newsletter pour de nouvelles aventures tous les vendredis. A suivre : Douai, Chamonix, Californie, Grèce, Ubaye…

    L'Atlantis aux Bahamas, Nassau : l'hôtel le plus fabuleux de ma vie !
    Epinglez moi !

    Cet article n’est pas sponsorisé, notre séjour aux Bahamas était personnel, je mourrais juste d’envie de vous donner mon avis sur l’Atlantis Nassau !

    Blog Atlantis Bahamas – blog Atlantis Nassau – avis Atlantis Bahamas – avis Atlantis Nassau

  • Aller aux Bahamas, le pays de Pirates des Caraïbes

    Plages d’un bleu incroyablement lumineux, profusion d’animaux marins extraordinaires, paysages de carte postale à perte de vue – il n’est pas étonnant que les Bahamas soient le pays du capitaine Jack Sparrow. Pour les amoureux d’eaux translucides et de camaïeux d’azur, cet archipel aux 700 îles, entre l’Océan Atlantique et la mer des Caraïbes, est une véritable terre promise. Pourquoi aller aux Bahamas, quelle île des Bahamas choisir et comment organiser son voyage ? A l’abordage, nous partons sous le soleil exactement.

    Pourquoi aller aux Bahamas ?

     

    Des eaux aux couleurs inouïes

     Quand on regarde la Terre depuis la Lune, une seule zone de turquoise étincelant apparaît dans le bleu marine des océans du globe : les Bahamas. L’intensité chromatique de la mer est incroyable, et aller aux Bahamas donne envie de réviser son nuancier – jamais je n’ai vu une telle variété de tons turquoise, aigue-marine, mers du sud et autres céruléens. Le nom « Bahamas » vient de l’espagnol baja mar et signifie « mer peu profonde » : l’archipel des Bahamas est une gigantesque succession de hauts fonds sableux qui colorent de blanc et d’or le plancher marin, et créent un camaïeu coloré incomparable. C’est la raison pour laquelle nous avions choisi les Bahamas pour notre voyage de noces : pour découvrir des plages régulièrement citées parmi les plus belles du monde.

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Couleurs fascinantes des plages de l’archipel des Exumas

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Depuis les airs, vue sublime sur ces hauts-fonds (baja mar en espagnol) qui sculptent les couleurs bahaméennes.

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    La plage Tropic of Cancer à Little Exuma (qui se situe, vous l’aurez compris, tout pile sur le fameux tropique). On y croise des tortues marines, et plusieurs scènes de Pirate des Caraïbes y ont été tournées.

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Bahamas blues

    Un patrimoine marin magique

    Les Bahamas sont vraiment le pays de la mer, et comptent de nombreuses zones protégées où la vie marine prospère. Je n’ai jamais vu autant d’animaux marins de ma vie : requins, tortues, raies, étoiles de mer, poissons tropicaux… mais aussi des iguanes qui occupent des îles entières, ou des flamants roses d’un rose encore plus vif que ceux qu’on connaît en Camargue. Ma journée en bateau dans les Exumas a été une succession de rencontres maritimes sidérantes à travers l’eau transparente, « oh, une raie ! » « oh, une tortue ! », « oh, un requin ! ». C’est une sensation troublante de proximité, comme si la surface de l’eau était une paroi qui s’amincit et se dilue jusqu’à devenir miroir sans teint.

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Avec les requins nourrice à Compass Cay, Exuma. Il ne s’agit pas d’un parc : les requins sont libres d’aller et venir en pleine mer, mais ils sont apprivoisés par les humains qui les nourrissent. Vous seriez surpris de découvrir à quel point ils sont affectueux et cherchent les caresses !

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Tortue marine (celle-ci a été prise à l’Atlantis, qui réhabilite les tortues blessées, mais j’en ai vu à l’état sauvage sur la Tropic of Cancer beach à Exuma – magique)

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Iguanes dans les Exumas

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Flamant rose dans les jardins d’Ardastra à Nassau. Pour les voir à l’état sauvage, il faudra aller sur l’île d’Inagua, tout au sud des Bahamas, près de Cuba.

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Bon, il y a aussi les célèbres cochons qui nagent, mais sincèrement, ça n’est pas le plus intéressant : les raies, requins, tortues, etc, m’ont beaucoup plus touchée et marquée.

    Le pays de Pirates des Caraïbes (et autres flibustiers)

    Avec tant de bancs de sable solitaires, d’îles désertes et des eaux si cinégéniques, il n’est pas étonnant que les producteurs se soient précipités aux Bahamas pour leurs tournages. La liste des films tournés aux Bahamas est infinie, mais je ne citerai que les plus célèbres : plusieurs James Bond et les trois premiers Pirates des Caraïbes ont été en grande partie filmés aux Bahamas, et notamment dans la chaîne des Exumas. La grotte Thunderball est un des plus beaux endroits que je connaisse.

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Arrivée à la grotte dite Thunderball, où ont été tournés 2 James Bond et le film Splash : de l’extérieur, ça ne paie pas de mine, mais regardez dedans…

     

    Thunderball Grotto aux Bahamas
    A l’intérieur : une véritable cathédrale immergée, dans laquelle nagent des dizaines de poissons tropicaux

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Poissons de la grotte

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    La grotte est transpercée de toutes parts par la lumière qui suggère des ambiances incroyables.

    Après cet épisode James Bond, enfilez votre oeil de verre et votre jambe de bois et foncez à Great Exuma sur la plage Tropic of Cancer ou l’îlot Sandy Cay pour marcher sur les traces de Jack Sparrow.

    Tropic of Cancer beach, Little Exuma
    Plage de rêve.

    Cette association des Bahamas aux pirates n’est pas une simple invention hollywoodienne : jusqu’aux années 1730, où de vigoureuses interventions du gouverneur et de l’armée ont mis fin à l’âge d’or de la piraterie, Nassau fut la capitale des pirates. Au musée « Pirates of Nassau », on apprend des tonnes de choses passionnantes sur la vie de ces hommes et ces femmes, anciens marins fuyant la discipline militaire des navires commerciaux, esclaves évadés, jeunes femmes fuyant un mariage forcé. Sachant bien qu’ils risquaient la potence, les pirates choisissaient de mener des vies « courtes, périlleuses, mais pleines de joie », buvaient plus que de raison, avaient instauré une forme de démocratie étonnamment moderne à bord, avec partage du trésor, assurance pour les matelots qui perdraient un membre dans la bataille…. et le célèbre « code des pirates ». Vous aurez le plaisir d’apprendre que beaucoup d’éléments de Pirates des Caraïbes sont historiquement exacts : le drapeau noir, les perroquets de compagnie, les pourparlers, les beuveries, le fait d’abandonner les traîtres sur une île déserte avec « une bouteille de rhum et une balle dans le pistolet » en les élisant « gouverneur de leur propre île »… (Bon, pas le Kraken par contre, je suis déçue.) Une bonne raison de les revoir, c’est pédagogique 😉

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Musée Pirates of Nassau

    Sachez que Disney a décidé de surfer sur cette piratomania et a créé un parc aquatique dédié au film sur une des 700 îles des Bahamas, renommée Castaway Cay. On y trouve notamment le navire Black Pearl (le vrai, celui qu’on voit dans les films). J’étais très tentée, mais Castaway Cay n’est accessible que dans le cadre des croisières Disney, au départ de Miami, et vous ne pourrez vous y rendre par vos propres moyens.

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Sur la plage du Fish Fry à Nassau, je vois le paquebot de la croisière Disney au loin. Véritable usine flottante : il doit bien y avoir deux mille personnes à bord !

    Une identité riche et une société apaisée

    Ce qui m’a le plus marquée aux Bahamas, c’est la joie de découvrir une société caribéenne apaisée et prospère.
    Comme toutes les îles caribéennes, les Bahamas ont été marquées par les violences et les injustices de l’époque coloniale. C’est aux Bahamas que Christophe Colomb accoste dans le « nouveau monde » pour la première fois, en octobre 1492. En quelques décennies, la population Arawak est décimée par les maladies, et remplacée par des esclaves noirs venus d’Afrique de l’Ouest. L’esclavage a enfin été aboli au début du XIXe, nombre d’esclaves libérés ont trouvé refuge dans l’archipel et ont construit une société d’hommes libres. De nombreux musées, comme le Pompey Museum, célèbrent cette épopée nationale pour la liberté et la dignité.
    Avec une population à 85% d’origine africaine, les Bahaméens ont su conserver et renouveler des traditions venues de l’autre bord de l’Atlantique, notamment celle du « Junkanoo », autrefois grand carnaval des esclaves, aujourd’hui fête joyeuse devenue constitutive de l’identité bahaméenne.
    Le pays a obtenu son indépendance le 10 juillet 1973. C’est une société heureuse et harmonieuse, sans tensions raciales et sans complexe post-colonial. Moi qui avais été très marquée par les déchirements de la Guadeloupe, j’ai été touchée par ce pays à la fois fier de son héritage et résolument tourné vers l’avenir.

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Enfants qui jouent sur les plages à Nassau. J’ai apprécié l’absence de séparation entre touristes et Bahaméens : le week end, nombre de gamins de Nassau sont emmenés par leurs parents à l’Atlantis, beaucoup jouent sur les plages des hôtels, etc. Vous n’êtes pas du tout coupé du pays, même dans les coins touristiques.

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Christina, une des soignantes des jardins d’Ardastra, avec les inséparables

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Spectacle de junkanoo pour nous les touristes : le vrai junkanoo, auquel les Bahaméens sont si attachés, a lieu entre Noël et le jour de l’an

    Un pays démocratique et heureux de vous recevoir

    La conséquence directe de la réussite bahaméenne, c’est que c’est un pays où il fait bon voyager : l’archipel est sûr, et les gens sont réellement accueillants, y compris dans les zones moins touristiques. Nous avons commencé notre séjour par trois jours dans un Air BnB d’un quartier résidentiel de Nassau, loin du centre, sans attraction touristique. Nous étions les seuls Blancs partout où nous allions et où c’était comme si nous avions « touriste » écrit sur le front, avec nos guides, nos shorts ridicules, nos lunettes et notre teint pâlichon. Le sentiment de sécurité était total, et tout le monde nous traitait avec une vraie gentillesse, nous disait « welcome to Nassau » et nous aidait à trouver notre chemin. Comme me l’a dit une dame avec candeur : « on veut que les touristes soient heureux chez nous et qu’ils reviennent ». Dans les îles extérieures, à Great Exuma, nous avons loué une voiture et nous sommes promenés dans les villages et sur les plages, là encore sans aucun souci.

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Un « shack » (stand à cocktails et petites choses à grignoter) dans un quartier résidentiel de Nassau. Les gens viennent y boire un verre en sortant du travail.

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Un gentil monsieur qui nous a indiqué où voir les tortues sur la Tropic of Cancer Beach (réponse : partout)

    C’est un pays où vous pouvez aller sans inquiétude, en solo, en couple ou en famille, où vous serez en sécurité et accueillis avec une vraie gentillesse. C’est un pays où on a le droit d’être gay ou lesbienne sans craindre pour sa vie. C’est une démocratie, et un pays qui marche. C’est un pays où il n’y a pas de ségrégation entre les touristes et la population locale, où on ne vous tient pas sous cloche loin du monde réel, où vous pouvez aller partout et où on ne vous empêche pas de voir le « vrai » pays. (D’ailleurs, même les hôtels « all inclusive » proposent tous des tickets à la journée… dont profitent de nombreux Bahaméens eux-mêmes quand ils veulent une journée de luxe et de détente, fêter un anniversaire ou une occasion spéciale. Vous êtes un invité dans un pays aisé, et pas un nanti au milieu des pauvres.)  C’est un pays où on peut louer une voiture, aller chez l’habitant, explorer de son côté, sans jamais se sentir en danger. Je l’ai déjà dit souvent, et je le répèterai encore : je refuse de séparer voyage et politique, et de cautionner avec mon argent de touriste des régimes dictatoriaux qui oppriment leur peuple et tuent des gays, et il est important pour moi de parler de cet aspect politique sur Itinera Magica. Vous cherchez un paradis exotique sans mauvaise conscience éthique, une escapade tropicale balnéaire sans renier vos valeurs ? Boycottez les Maldives et allez aux Bahamas !

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Vous pouvez chausser vos lunettes roses, les Bahamas sont très peace and love.

    Les Bahamas : une hôtellerie de luxe de très grande qualité

    Air BnB ou cinq étoiles ? Aux Bahamas, toutes les options sont possibles, et nous avons testé les deux univers.
    Plusieurs grandes chaînes hôtelières sont représentées aux Bahamas, notamment le Club Med à San Salvador, son concurrent américain Sandals à Nassau et à Great Exuma.

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    A Sandals, Exuma

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Piscines de Sandals

    A Nassau, deux méga hôtels cinq étoiles se font concurrence, le Baha Mar et le légendaire Atlantis. C’est pour cela que tant de couples choisissent les Bahamas pour leur voyage de noces, voire pour le mariage lui-même (comme Las Vegas, les Bahamas sont une « wedding destination » courue) : ils savent qu’ils trouveront des suites avec vue sur mer, des piscines dignes d’un empereur romain, des jardins opulents et un service soigné. Nous avons fait quelques folies (c’était un voyage de noces, l’excuse parfaite !) et je vous parlerai notamment de l’Atlantis dans un prochain article, qui était un rêve de gamine et que j’ai absolument adoré.

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Merveilleux Atlantis.

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Atlantis vu de haut depuis notre chambre. Seule une infime partie de l’immense île est visible sur la phto…

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Un des toboggans les plus célèbres du parc traverse un bassin à requins dans un tunnel de verre.

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Le meilleur toboggan du monde.

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Avec le poisson scie. Je vous en parlerai dans un prochain article : l’Atlantis est probablement un des aquariums au monde les plus respectueux des conditions de vie des poissons. Ce poisson scie est âgé de 25 ans et dynamite tous les records d’espérance de vie de son espèce.

    Quelles îles bahaméennes ? Nassau ou les îles extérieures : de multiples facettes
    Organiser son voyage aux Bahamas

    Quelle île des Bahamas choisir ?

    700 îles… l’étendue géographique et la diversité des Bahamas donne le tournis, et il peut être un petit peu difficile de savoir à quel saint se vouer. J’ai vu New Providence (=Nassau) et les Exumas, mais j’aurais aimé en voir bien plus.

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    J’ai piqué leur carte au Routard pour vous aider à vous repérer. Nous sommes entre Cuba et la Floride, entre Atlantique sud et Mer des Caraïbes.

    – New Providence : c’est sur cette île que se trouve la capitale des Bahamas, Nassau, et c’est là que vit la majorité des Bahaméens (245 000 sur 400 000). Pour découvrir le cœur historique, les musées, la vraie vie des Bahaméens, ce sera votre destination. New Providence est reliée par un pont à l’île de Paradise Island, occupée en grande partie par l’Atlantis. Il est très facile de passer de New Providence à Paradise Island (gratuit pour les piétons, 2 dollars pour les automobilistes).

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Le coeur de Nassau est très typique et coloré

    – Les Exumas : si vous avez vu des photos spectaculaires des Bahamas sur Instagram, du genre, cochons qui nagent, gens qui caressent des requins ou des raies, bancs de sable, plages de Pirate des Caraïbes, c’était dans les Exumas. Les 365 « cays » (petites îles) des Bahamas sont une concentration d’expériences fabuleuses. La plus belle façon de les découvrir, c’est en bateau : si vous avez le permis et la possibilité de louer un bateau habitable, faites-le. Plusieurs personnes m’ont dit que c’était la plus belle expérience nautique de leur vie, une succession de paysages incroyables. Si non, vous ferez comme moi, vous resterez sur Great Exuma et vous ferez des excursions dans les cays.

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Les Exumas : patrie des animaux marins. Le nord est occupé par un gigantesque parc marin protégé.

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Sur certaines îles, les iguanes se massent par dizaines et guettent les bateaux qui apportent des légumes à manger. On se croirait dans Jurassic Park.

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Oui, y a les cochons aussi. Si vous croyez aux vertus thérapeutiques du caca de cochon sur votre peau, je vous en prie, nagez avec eux… 😉

    Mais j’aurais aussi aimé voir :

    – Eleuthera et Harbour Island, pour les plages de sable rose

    – Long Island, pour le plus beau « blue hole » des Bahamas. Les blue holes font partie des plus étranges curiosités géologiques des Bahamas : au milieu des hauts-fonds, le plancher océanique s’effondre parfois, et dessine de profonds cercles bleu nuit à l’effet saisissant.

    – San Salvador : c’est là que Christophe Colomb a accosté pour la première fois en 1492 dans le nouveau monde. C’est aussi l’île sur laquelle s’est installé le Club Med.

    – L’archipel des Abacos, pour leurs belles plages et leur architecture coloniale rétro

    – L’archipel de Bimini, car j’avais adoré les récits « Islands in the stream » d’Ernest Hemingway qui s’y jouent

    – Inagua, tout au sud des Bahamas, pour leur gigantesque colonie de flamants roses à l’état sauvage

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Flamants roses d’Ardastra. C’est ceux qu’on trouve sur Inagua.

    … et bien d’autres encore. (Une seule île me paraît ne pas mériter votre attention, pour être tout à fait honnête : Grande Bahama, où se trouve Freeport. A ce que tout le monde m’a dit, elle ne s’est jamais remise de l’ouragan d’il y a dix ans, les casinos et les hôtels ont fermé, les plages sont moins jolies qu’ailleurs, et l’île végète un peu…)

    Comment aller aux Bahamas, et passer d’une île à l’autre ?

    Aller aux Bahamas en avion

    Vol direct :

    Depuis la France, seule une destination dispose actuellement de vols directs : San Salvador, l’île du Club Med Columbus Isle. Il s’agit de vols Air Caraïbes qui volent tous les jeudis. Actuellement, la formule est plutôt destinée aux personnes qui décident d’aller au Club Med, car vous arrivez sur San Salvador, mais à partir du 19 octobre 2017, il y aura une correspondance directe vers Nassau avec Bahamasair. Cela pourra être une option intéressante, je regarderai les prix !
    Quant au Club Med aux Bahamas, est-ce que ça vaut le coup ? Par rapport au coût de la vie et notamment des restaurants aux Bahamas (une destination onéreuse), la formule all inclusive du Club Med est avantageuse. Les tarifs commencent à 1700 euros par semaine en basse saison. Si vous rêvez de plages fabuleuses et de douceur tropicale, mais que votre temps est compté, c’est une bonne option. Dans une période creuse, type début décembre, et à un moment où nous aurons besoin de repos et de chaleur, je pense que nous retournerons un jour aux Bahamas version Club Med. Mais c’est forcément une option qui limite vos possibilités de découverte. Pour en voir davantage, il vous faudra passer par Nassau.

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Il paraît que la plage du Club Med à San Salvador est aussi superbe. (Oui, je me suis pris cette vague dans la tête.)

    Vol avec escale pour Nassau :

    Pour rejoindre Nassau, la capitale des Bahamas, depuis la France, il vous faudra forcément une escale. Vous pouvez passer par Londres avec British Airways, par Miami avec Air France, par plusieurs villes américaines avec American Airlines… la meilleure combinaison varie en fonction de la période. Au moment de notre voyage, le meilleur tarif était via Londres avec British Airways, mais cela change sans cesse. Au moment où j’écris cet article, c’est AA qui tient la corde niveau tarif. Vous pouvez utiliser comme nous un comparateur de vols pour vous aider à trouver le meilleur prix à la meilleure période.

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Surtout, essayez d’avoir le hublot

    Une idée de combiné : Floride + Bahamas

    Vous rêvez de découvrir la merveilleuse Floride, de vous prendre pour un gangster chic à Miami Beach, de ramasser des coquillages à Sanibel et de faire la fête à Key West ? Un combiné Floride – Bahamas est possible ! Avec Air France, vous avez des vols directs Paris-Miami, et depuis Miami, des vols sans escale vers la plupart des îles des Bahamas : Nassau, Freeport (Grand Bahama), Marsh Harbour (Abacos), North Eleuthera, Georgetown (Exuma), Rock Sound (Eleuthera) et San Salvador (l’île du Club Med) à l’heure où j’écris cet article – là encore, utilisez un comparateur de vols pour voir toutes les possibilités depuis Miami. Cette option me semble très intéressante, car elle vous permet de couper le voyage et de profiter de plusieurs jours en Floride avant de voler directement vers un paradis balnéaire. J’ai hésité à le faire (surtout que je préfère largement Air France à British Airways, pour être honnête), mais nous sommes déjà allés plusieurs fois en Floride et nous rêvions cette fois vraiment des Bahamas.

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    J’essaie de caser discréto toutes mes photos de hublot.

    Une semaine à Nassau et Paradise Island : idée de voyage

    Si jamais votre temps de séjour est limité et que vous souhaitez rester à Nassau sans aller dans les îles extérieures, voici une suggestion de programme pour une semaine de luxe et de découverte à Nassau et Paradise Island :

    – 2 nuits dans le plus vieil hôtel de Nassau, en cœur de ville, une véritable institution bahaméenne : le luxueux Graycliff Hotel. Construit au XVIIIe siècle par un ancien pirate repenti, il est de toute beauté, et idéalement placé pour découvrir le cœur historique (musée de l’histoire des Bahamas, galerie d’art bahaméen, usine de chocolat, musée des pirates, musée Pompey, etc). J’ai regretté de ne pas y avoir dormi : pour qui aime remonter le temps, les lieux riches d’histoire et de fantômes, c’est un joyau. Si y dormir est en dehors de votre budget, sachez que vous pouvez le visiter gratuitement, et qu’il y a un atelier de fabrication du chocolat (10 dollars la visite de l’usine + dégustation du chocolat en pleine préparation).
    Prenez le temps de découvrir Nassau, de marcher sur le port, d’aller voir les jardins Ardastra pour voir les flamants roses, de manger poissons et coquillages sur la jetée du quartier dit « Fish fry ».
    Bonne adresse : après avoir longuement comparé les restos du fish fry, j’ai finalement choisi le Twin Brothers, et je me suis félicitée de mon choix – j’y ai mangé la meilleure « tropical conch salad » de tout le séjour.

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Ambiance typique de Nassau

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Allez dîner une fois au quartier Fish Fry, ça vaut le coup.

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Façade juste à côté du musée de l’histoire des Bahamas (je n’ai pas fait de photos car la lumière était jaune et les reflets innombrables, ça ne rendait rien, mais croyez moi sur parole : c’est passionnant et vous apprendra beaucoup sur les Bahamas).

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Graycliff Hotel

     

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Sympathique musée des pirates

    – 2 nuits à l’Atlantis, un endroit absolument hallucinant. C’est un des plus grands aquariums/parcs marins/parcs aquatiques du monde, dans un décor fantasmagorique qui vous rappellera à la fois Disneyland, Waterworld et Game of Thrones, et avec des chambres d’hôtel qui vous donneront l’impression d’être la petite sirène. Cela a été un vrai coup de cœur.

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Attendez que je vous sorte l’article sur l’Atlantis. (Pour répondre à une question que vous vous posez peut-être : non, c’est pas sponsorisé. C’était notre voyage de noces, pas un blog trip, on a tout payé (cher) de notre poche. Mais je vais vous en parler quand même, parce que ça vaut le détour.)

    1 journée d’excursion dans les Exumas au départ de Nassau. Sachez que le nord de la chaîne des Exumas est accessible en bateau rapide, avec des compagnies comme Powerboat Adventures. Vous verrez des îles remplies d’iguanes, caresserez des raies mantas, découvrirez des bancs de sable idylliques au cœur de l’océan, des poissons exotiques. Si vous n’avez pas le temps d’aller en avion aux Exumas, c’est une très belle option. Beaucoup considèrent que l’excursion dans les Exumas est un incontournable des Bahamas, et je suis d’accord, c’est mon plus beau souvenir. Attention, en partant de Nassau, vous ne verrez pas Thunderball Grotto (dommage), ni les fameux cochons qui nagent (il faut partir de Great Exuma ou Staniel Cay pour ça). Mais très sincèrement, les raies, requins, iguanes, bancs de sable au milieu de l’eau turquoise, îles isolées, etc, valent cent fois le détour, et vous les verrez dans les deux cas, que vous partiez de Great Exuma ou de Nassau.

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Les Exumas sont parsemées de sublimes bancs de sable au milieu de nulle part. Votre bateau vous laissera le temps d’en profiter et de jouer au pirate abandonné.

    2 nuits dans un des Resorts all inclusive de Nassau pour profiter de la plage et vous détendre, par exemple le Melia, le Baha Mar ou le Sandals, qui possède sa propre (et très belle) île privée au large de Nassau, accessible avec des petites navettes comprises dans le prix. Sachez que la plupart des hôtels de grand luxe de Nassau proposent des « day passes » qui vous permettent de profiter des installations sans y passer la nuit. Voici ici la liste des day passes disponibles. 

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Petite idylle tropicale à Sandals. Minute sponsorisée : cette super jolie serviette ronde m’a été offerte par Joch Collection, marque française qui fabrique 100% chez nous, près de Montpellier, ces pièces magnifiques et de super qualité, épaisses et très finement ouvragées. J’ai tellement aimé que je l’ai embarquée aux Bahamas, alors qu’elle est grande comme un parachute (mon style me tuera).

    Les îles extérieures – quelle île des Bahamas choisir ?

    Découvrir les « Out Islands » et passer d’une île à l’autre

    Si vous avez plus de temps, par exemple 10 jours, associez à la découverte de Nassau une des îles extérieures (Out Islands) comme Eleuthera, Abacos, Exuma, Long Island, Cat Island, Inagua, etc. C’est vraiment sur les îles extérieures que vous trouverez les plus belles plages et la plus belle faune marine. Je vous conseille de ne pas planifier trop d’îles, et de prévoir du temps pour profiter de la plage et de la douceur de vivre sur chacune d’entre elles. Si vous avez dix jours, je vous conseille de combiner Nassau et une autre île, par exemple Nassau + Eleuthera/Harbour Island, Nassau + Exuma ou Nassau + Long Island.
    Avec Bahamas Air ou SkyBahamas, les vols inter-îles sont nombreux (chaque groupe d’îles a son aéroport), mais assez chers (comptez environ 85 dollars par vol), et un peu fastidieux (longues attentes à la sécurité, petits retards à prévoir en fonction de la météo tropicale). Ne perdez pas trop de temps dans les avions, ne prévoyez pas trop d’îles. Les ferrys étant plus rares et souvent très longs (multiples arrêts pour ravitailler les îles éloignées), l’avion reste le moyen de transport à privilégier si votre temps est compté.

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Les Bahamas : des plages de rêve à perte de vue perdues au milieu de l’océan. Du coup, c’est un peu compliqué d’aller d’un endroit à l’autre.

    Je vous conseille d’éviter le « day trip to Harbour Island » au départ de Nassau : je comptais le faire, mais j’ai renoncé en voyant qu’il coûtait presque 200 dollars par personne, avec 3h de ferry + 1h de check in à l’aller, 4h sur l’île, et 3h de ferry au retour. Harbour Island, son ambiance inimitable et ses plages de sable rose, reste un de mes grands regrets, mais je reviendrai spécialement pour elle !

    Découvrir les Exumas

    Notre choix fut de combiner Nassau et Great Exuma, l’île principale de l’archipel des Exumas. J’y ai vu l’eau la plus turquoise de ma vie, une quantité d’animaux marins sidérante, et des plages de toute beauté, notamment la Tropic of Cancer Beach où certaines scènes de Pirates des Caraïbes ont été tournées. La journée en bateau à travers les cays avec la compagnie Four C’s restera mon plus beau souvenir des Bahamas, un moment hors du temps et du monde, d’une perfection inouïe. Si j’avais pu… j’aurais passé mon temps en bateau là-bas. D’où la suggestion qui suit.

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Thunderball Grotto

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Cochons des Exumas.

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Starfish Bay, la baie des étoiles de mer (je sais que tout le monde le fait, mais ne les sortez pas de l’eau, c’est de la torture pour elles. J’ai pris cette photo sous l’eau en allant remettre une étoile qui avait été sortie par d’autres.)

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Invasion d’iguanes à Exuma

    L’option catamaran

    Même si j’ai adoré les Bahamas, et que je vous souhaite sincèrement de les découvrir, je dois tout de même vous dire que ce pays n’est pas le plus facile à explorer, à cause de l’étendue de l’archipel et du temps et du coût des transferts d’île en île. Pour des raisons de logistique (ferrys aux fréquences et horaires peu pratiques, complexité et longueur des transferts, prix élevé), j’ai dû renoncer à découvrir des îles dont je rêvais, notamment Harbour Island et Long Island, et je me suis dit mille fois « si seulement j’avais un bateau ». Les Exumas ou les Abacos, par exemple, sont le paradis absolu pour qui possède ou loue un bateau, et peut se déplacer à volonté dans l’archipel. Plusieurs personnes m’ont dit que les Bahamas représentaient l’idéal absolu en matière de « yachting/sailing/boating », comme disent les Américains : 700 îles à découvrir dans une succession de paysages grandioses, sur des eaux calmes et claires. Si vous avez votre permis bateau, foncez, je pense que ce sera une des plus belles expériences nautiques de votre vie.
    Mais pour un touriste non marin, c’est plus compliqué : vous êtes sur l’île principale, et vous passez votre temps à payer (cher) des excursions vers les petites îles voisines où sont les plus belles attractions, ou à prendre des ferrys ou des avions vers les autres îles. C’est pourquoi les Bahamas ont beaucoup développé le tourisme type « petite croisière privée », sur des yachts ou des catamarans, et cette option me paraît mériter d’être creusée, car les Bahamas sont vraiment le pays de la mer, et les plus belles choses à voir sont toujours près de l’eau, dans des flâneries d’île en île… Plusieurs compagnies proposent des croisières en catamaran dans tout l’archipel, ou seulement dans les Abacos ou les Exumas, et cela me tente énormément. N’hésitez pas à jeter un coup d’œil à cette option si vous rêvez de découvrir les Bahamas dans ce qu’ils ont de plus beau à offrir, la mer inouïe à perte de vue. J’y réfléchis pour la prochaine fois (car je reviendrai, c’est sûr !).

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Naviguer pour toujours dans tout ce bleu….

    Argent, prises électriques, budget… les petites choses à savoir

    – Vous pouvez utiliser indifféremment des dollars américains ou des dollars bahaméens : s’il vous reste des dollars de votre dernier road trip aux USA, embarquez-les avec vous !
    – Vous pouvez payer par carte bancaire dans tous les endroits touristiques, et trouverez des ATM dans les villes pour retirer de l’argent. Mais attention, il est quasiment impossible de changer des euros en dollars (US ou bahaméens) aux Bahamas : si vous voulez changer de l’argent liquide, faites-le en France avant votre départ, en demandant des dollars américains.
    – Sachez que les Bahamas sont une destination chère (à titre de comparaison, plus que les Seychelles par exemple). J’ai été notamment marquée par le coût de la nourriture : il faut rajouter 7,5% de TVA et 15% de service aux prix déjà élevés dans les restaurants, même les petits. Acheter des choses au supermarché peut être une bonne option pour limiter les coûts. Mais de façon générale, prévoyez bien votre budget : même les Air BnB sont bien au-dessus des prix habituels, ce n’est pas une destination petit budget.
    – N’oubliez pas votre adaptateur : il s’agit des mêmes prises électriques qu’aux USA.
    – Louer une voiture est facile, mais n’oubliez pas que dans cette ancienne colonie britannique, on roule à gauche.
    – Transports en commun : Nassau possède un système de bus très bien fait et pratique. Nous n’avons pas loué de voiture à Nassau, nous avons utilisé uniquement les bus (et les taxis après 20 heures). A ma connaissance, les transports en commun sont beaucoup plus rares sur les îles extérieures. A Exuma, nous avons loué une voiture.

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Passion ananas

     

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Oui, encore des photos de plage… que voulez vous, ne venez pas aux Bahamas si vous n’aimez pas le sable et le sel !

    Pour résumer ce long article :
    Les Bahamas sont un pays magnifique, accueillant et attachant, avec un patrimoine balnéaire et marin unique au monde. 700 îles, plus de 260 000km carrés d’eau translucide et de sable blanc, les trésors de cet archipel sont infinis. Les Bahamas m’ont donné follement envie de revoir Pirates des Caraïbes et James Bond, et surtout, de passer mon permis bateau pour explorer ce qui est sans doute la plus belle destination nautique du monde. Cela a été pour nous un voyage de noces idyllique, une plongée au cœur de la carte postale. Des quartiers authentiques de Nassau aux hôtels de luxe, nous avons tout aimé, du local au plus touristique. L’hôtellerie et la culture du service sont de très grande qualité, mais sachez toutefois que le paradis a un prix et que ce n’est pas une destination pour petit budget. Mais les Bahamas méritent qu’on économise pour y revenir, et c’est bien mon projet !

    Je vous parlerai plus en détail de l’Atlantis dans un prochain article – n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter pour suivre mes aventures aux Bahamas et ailleurs ! Au programme : Atlantis, Douai, Chamonix, Provence (encore et toujours)…

    Pourquoi et comment aller aux Bahamas ? Quelle île choisir ? Guide du pays de Pirate des Caraïbes
    Epinglez moi !

     

  • Ma vie semi-nomade : stop ou encore ?

    Blogueuse de voyage et freelanceuse, pour toujours ? Dans mon dernier article, Peut-on vivre de son blog de voyage ?, j’évoquais le succès actuel des blogs de voyage, les limites du modèle, et les défis que peut représenter la vie nomade. Contre les discours un peu simplistes du type « quitte ton job, lâche tout, vis tes rêves et sois payé pour ça », j’essayais d’engager la discussion sur les limites du rêve. Le débat qui a suivi est passionnant. Vos commentaires sont très nombreux, et vous êtes nombreux à avoir parlé de vous, ce dont je vous remercie : j’ai lu vos témoignages avec énormément d’intérêt. Après vous avoir fait parler de vous – merci d’avoir répondu présents ! -, j’ai envie de vous parler de moi, de mon parcours, et d’où j’en suis aujourd’hui.

    Je crois qu’un blog est intrinsèquement personnel et subjectif, et que c’est bien pour ça qu’on le lit. Je ne lis pas ou peu de blogs qui essaient de se dissimuler derrière un format « magazine », où on ignore qui écrit, où la personnalité de l’auteur, son originalité et son authenticité ne transparaissent pas. Je défends l’idée du blog associé à une voix, un visage, une histoire. Et c’est pour ça que je vais maintenant vous parler de moi. Vivre de son blog ? Etre free-lanceuse ? Voilà où j’en suis.

    L’écriture pour premier moteur

    Tenir un blog, c’est répondre à une passion, un besoin. J’aime par-dessus tout écrire, sur tous les supports et dans des genres différents. Trois exercices font mon bonheur : le carnet de voyage, la chronique humoristique, et la nouvelle gothique.
    J’ai commencé à tenir des carnets de voyage quand j’avais sept ans, en Guadeloupe. J’ai publié mon premier recueil de chroniques, Dieu est une femme, à l’âge de quatorze ans. J’ai aussi commencé à cette époque à contribuer de façon irrégulière à différents médias (presse et télévision), et à tenir des blogs consacrés aux livres et à la musique. J’ai eu plusieurs blogs, j’ai publié d’autres livres. Le voyage a toujours été le fil rouge, le lien constant entre tous mes projets épars. Mais à vrai dire, quand je réfléchissais à ma trajectoire, je n’envisageais pas une vie de free-lanceuse. Je me voyais prof et écrivain, comme ma mère.

    Peut-on vraiment vivre de son blog de voyage ? Etre payé pour voyager ? Devenir un blogueur à succès ?
    En train d’écrire mon premier carnet de voyage, en Guadeloupe.

    Le grand saut par accident : la bonne élève devenue nomade

    Par ma famille, j’ai hérité de l’obsession du voyage : mes parents étaient acharnés à parcourir le globe en long en large et en travers, et ils nous emmenaient partout avec eux.

    Peut-on vraiment vivre de son blog de voyage ? Etre payé pour voyager ? Devenir un blogueur à succès ?
    J’ai eu l’immense chance d’avoir des parents fous de voyage. En Australie, à 15 ans, lors de notre tour du monde en famille – une expérience fondatrice pour moi.

    Mais j’avais autant de plaisir à partir qu’à revenir chez nous, en Provence. L’évasion se conjugait à toutes les distances. A une époque de ma vie, ado, j’ai rêvé d’être cinéaste et de partir en école de cinéma en Californie. Mais je n’ai pas eu le cran de quitter ma vie française, à laquelle j’étais (et je reste) très attachée. Après le bac, j’ai renoncé à traverser l’océan à la recherche de l’or hollywoodien, et j’ai pris une décision beaucoup plus conventionnelle : une prépa littéraire dans un grand lycée parisien.

    J’ai toujours été une bonne élève, et une angoissée en quête de structure. J’ai naïvement cru que l’excellence me protègerait de l’incertitude, et je me suis acharnée à devenir une bête à concours : je me disais que si j’étais la meilleure, rien ne pourrait m’arriver. J’ai eu 19,65 au bac, j’ai réussi le concours de l’ENS Ulm du premier coup à la 9e place, j’ai été reçue première à l’agrégation d’allemand, ma thèse en littérature allemande a reçu un prix prestigieux. Sur le papier, un parcours parfait. Bête à concours, machine, tout ça. En réalité, j’étais juste morte de peur.

    Ma génération sait aujourd’hui que même les meilleurs élèves ne sont pas à l’abri, et qu’un diplôme ne garantit aucune sécurité. C’est peut-être pour cela que nous sommes si nombreux à rêver de nous barrer très loin, de faire le tour du monde et de ne jamais revenir : parce qu’aujourd’hui, on est plus récompensé à être bien sage.  Ce n’est plus l’époque des bons élèves.

    Au bout de neuf ans d’études, je me suis retrouvée face au vide. L’allemand s’était effondré dans l’enseignement supérieur (les mauvais jours, je dis que je suis Docteur ès Titanic), et il n’y avait plus aucun poste. Ma thèse ne servait, de facto, à rien. Côté enseignement en collège/lycée, l’Education Nationale voulait m’envoyer à l’autre bout de la France, loin de mon compagnon, de ma famille et de mes amis, en remplaçante sur trois lycées dans un endroit où je n’avais jamais mis les pieds et n’avais aucune attache. Je trouvais ça injuste d’être punie ainsi après tant d’efforts. Alors j’ai pris le large.

    Pour être tout à fait sincère, je n’avais pas décidé de sauter dans le vide, disons que le destin m’a poussée du haut du grand plongeoir. Le voyage était ma passion, mon bonheur, mon trésor, mais je n’avais pas imaginé qu’il serait mon métier.
    Beaucoup de gens de ma génération sont comme moi. Les situations sont diverses – burn out au bureau, chômage, diplôme inutile, etc. Mais ce sont toutes des personnes qui étaient prêtes à rester dans le rang, et qu’on a poussées à bout ou mises au pied du mur. Alors elles se sont barrées.

    Peut-on vraiment vivre de son blog de voyage ? Etre payé pour voyager ? Devenir un blogueur à succès ?
    Quand on m’énerve trop.

    Blogueuse voyage, par passion 

    Parce que j’ai deux grandes passions depuis toujours, l’écriture et les voyages, j’ai ouvert Itinera Magica en 2015. Ce n’était pas par effet de mode : Itinera Magica s’inscrivait dans la continuité de mes blogs précédents, et des cahiers de voyage que j’accumulais depuis toute petite.

    Peut-on vraiment vivre de son blog de voyage ? Etre payé pour voyager ? Devenir un blogueur à succès ?
    Un de mes carnets préférés : en Islande, à l’âge de 10 ans

    Je suis une semi-nomade : je suis free-lanceuse (journalisme et traduction) et blogueuse, volatile et toujours par monts et par vaux, mais toujours ancrée en Provence. Je ne fais pas le tour du monde en sac à dos, je ne vis pas en caravane, j’ai une adresse postale. Je suis une demi nomade qui a choisi de garder une ancre.

    C’est toujours en voyage que je me sens la plus inspirée, la plus libre, que je me renouvelle et me régénère. C’est aussi pour cela que je n’ai jamais envisagé d’être une « vraie » nomade, une déracinée à long terme. J’ai besoin de préserver le caractère unique du voyage, le choc de la nouveauté et du lointain. Je suis beaucoup en déplacement, mais je repasse toujours par la case maison (ma Provence). Les éblouissements du midi me sont aussi chers que les sirènes des lointains, et je ne veux pas que le voyage devienne une contrainte ou une cage.

    A Salvation Mountain, sur les traces de mon vieux rêve californien.

    Je réserve toujours un billet aller-retour

    Beaucoup de voyageurs ont le fantasme de l’aller-simple, je ne l’ai plus.

    Mais j’ai beaucoup de  rêves de voyages encore inassouvis, et rien ne me fait autant frisonner que l’appel du large.

    Je rêve de deux ou trois mois à travers le Pacifique. Le plus grand océan du globe, l’éternité capturée sur Terre, m’a toujours hypnotisée. Je rêve de retourner à Hawaï, le lieu qui m’a le plus marquée à ce jour. De découvrir les Samoa, les Iles Cook, le Vanuatu. De partir aux Marquises et aux Gambiers sur les traces de mon arrière grand-mère, qui y a grandi et m’a transmis la fascination polynésienne.

    J’aime les océans et les peuples navigateurs – les Polynésiens, donc, et les Vikings. Après être partie sur leurs traces à Shetland et en Islande, je rêve du Groenland. Les fjords démesurés, envahis par des icebergs plus grands que tous mes rêves, me donnent le vertige. Quand on me parle du Groenland, je ressens des frissons d’exaltation dans tout le corps, et je sais que j’irai.

    Je rêve de continuer ma quête des plus belles cascades. Je rêve d’îles perdues, dans l’océan Indien ou aux Caraïbes. Je rêve des lumières des villes, des rivières au fond des gorges, des azurs éblouissants. J’ai des milliers d’envies et une vie pour les assouvir. Mais j’assume désormais la profondeur de mon amour pour ma Provence, et mon impossibilité à rester trop longtemps loin d’elle.

    Ariane Fornia, blogueuse de voyage
    A Giens, avec L’Ile au trésor de Stevenson, un de mes livres culte. Stevenson a écrit n’avoir été heureux qu’une fois, à Hyères. Mon palmarès du bonheur est heureusement plus étoffé, mais je partage son amour pour Hyères, la ville la plus au sud de la côte d’Azur.

    Blogueuse de voyage, mon modèle hybride

    Mes proches disent toujours de moi que je suis « intense« . (Cela peut vouloir dire que je les fatigue, je sais. J’ai été livrée sans bouton pause. Je suis le genre de fille qu’on envoie courir ou lancer des poids quand elle devient trop insupportable.) Je suis obsessionnelle dans mes engouements, follement enthousiaste. Je renoncerais au blog de voyage si je ressentais de la froideur, du cynisme ou de l’ennui. Et c’est pour ça que je reste suspendue sur le fil – pro ou amatrice passionnée ?

    Itinera Magica me rend heureuse et répond à un besoin fondamental d’expression et de partage. Je suis une extravertie, une passionnée à l’enthousiasme presque obsessionnel, qui étouffe quand elle ne s’exprime pas. Et je suis follement curieuse des autres, de toutes les vies que je ne vivrai pas. Grâce à Itinera Magica et aux réseaux associés, j’ai pu tisser des relations que je sais aussi vraies, profondes et enrichissantes que celles qu’on rencontre dans la vie réelle. Des milliers de coeurs et d’intelligences à portée de clic, une myriade de gens fascinants et divers, c’est le miracle d’internet et je ne m’en lasserai jamais.

    Itinera Magica a de plus en plus de succès, grâce à vous, ce dont je vous suis infiniment reconnaissante. Est-ce que je gagne de l’argent avec mon blog ? C’est une de mes sources de revenus, mais ce n’est pas la principale. Mon blog est une belle vitrine et un tremplin pour les autres projets que je porte, mais sur ma fiche d’impôts, je suis plus journaliste et traductrice que blogueuse.
    Parce qu’Itinera Magica est en train de prendre de l’importance, je suis de plus en plus obligée de me mettre dans la « catégorie 1 » que j’évoquais dans mon dernier article. Pourquoi ? Parce que je n’ai pas de salaire fixe, et que quand je voyage, je ne peux pas me consacrer à mes travaux en freelance. Et quand on revient d’un merveilleux voyage, il y a toujours les impératifs de la vraie vie qui se manifestent, les factures, les assurances et les courses. Je n’envisage pas de vivre de mon blog – comme je le disais dans l’article précédent, je doute de la viabilité du modèle économique. Mais je suis obligée de veiller à ce qu’il m’apporte aussi des revenus si je veux garder la tête hors de l’eau.
    Comme je le disais dans l’article précédent, les voyages évoqués sur mon blog appartiennent tantôt aux trois catégories : opérations de promotion (payées), invitations et blog trips, voyages personnels. Je les vis toujours avec le même enthousiasme, car je ne vais que dans les lieux qui font battre mon cœur plus fort.  Je cherche à cultiver des relations de confiance avec les destinations qui choisissent de travailler avec moi, et j’ai pu vivre des choses merveilleuses grâce à ceux qui m’ont fait l’honneur de me choisir. Ce sont des moments très précieux, non formatés, que je choisis par instinct et par amour. Si je n’étais plus à même de réunir ces conditions, je renoncerais. Je me méfie de la boulimie du « toujours plus », ou du voyage à tout prix. Et c’est pour ça que j’oscille toujours entre les trois catégories, que je zigzague entre les différentes options.

    Peut-on vraiment vivre de son blog de voyage ? Etre payé pour voyager ? Devenir un blogueur à succès ?
    Et je suis profondément attachée à ma Provence natale. Ici, le pont d’Arc, au sud de l’Ardèche

    La fatigue du funambule et l’amour du monde

    Je me sens funambule. Devenir une vraie pro ou revenir à une vie plus normale ? Je suis à la croisée des chemins. J’espère être encore là dans vingt ans, et inscrire ce blog dans une très longue durée. Et à ce stade, je ne sais pas quelle est la meilleure option pour me permettre de le faire.

    Depuis deux ans, je suis devenue traductrice et journaliste free-lance à plein temps – ce qui n’avait été qu’un à côté durant les dix années précédentes. Ma vie est belle, riche et passionnante. J’ai beaucoup de chance. Mais je ne montre que le côté solaire sur le blog et les réseaux sociaux, pas les déceptions, les contrats loupés, les factures en retard et les moments d’épuisement. Je ne suis pas sûre d’être faite à long terme pour cette vie très précaire. Je sens bien que je me fatigue d’être suspendue dans le vide, et je regrette de ne pas pouvoir mettre en valeur mes longues années d’études. Revenir à un métier plus stable ? J’y pense souvent. J’ai parfois envie d’avoir des collègues, un salaire qui tombe à date fixe, une distinction claire entre mon temps de travail et mon temps de loisir. J’ai parfois la nostalgie de ma vie d’avant, plus simple. Mais je rêve de garder le temps et l’énergie nécessaires pour pouvoir écrire et voyager. Allier sa passion et son métier : la chance d’une vie, ou le meilleur moyen de se gâcher les deux ? Beaucoup d’entre vous êtes ambivalents sur le sujet dans vos réponses, et je le comprends tout à fait.

    Un voeu au génie de la lampe

    Si vous êtes le génie d’Aladdin, ou que votre carnet d’adresses est la caverne d’Ali Baba, laissez-moi faire un vœu : mon rêve absolu, ce serait d’écrire un jour pour le magazine d’Air France. Il est pour moi le Graal du magazine de voyage, follement littéraire et inspirant. Qui sait. Les rêves sont notre combustible à tous.

    Et quoi qu’il en soit, je vais continuer à tracer mon chemin, et à laisser des petits morceaux de mon cœur aux quatre coins du globe, pétale après pétale, jusqu’à ce que la nuit vienne.
    La Terre est si vaste, et la vie est si courte. Les blogs de voyage ne seront peut-être qu’une mode, qui sait ? Mais l’acharnement à parcourir la Terre avant de la quitter nous restera toujours.

     

    Peut-on rester blogueuse de voyage toute sa vie ? Mon parcours et mes réflexions aujourd'hui.
    Epinglez moi !

     

    Ariane Fornia blogueuse de voyage – Ariane Fornia écrivain – Ariane Fornia journaliste free lance – Peut on vivre de son blog de voyage ? Peut on rester blogueur de voyage pour toujours ?

  • Otaries en folie à La Jolla, Californie

    Comment un goéland a failli causer une crise diplomatique franco-nippone majeure. Pourquoi le paradis sent le vomi de poisson et la fiente d’oiseau. Et la question que vous vous posez tous depuis toujours : quelle est la différence entre un phoque et une otarie, bon Dieu ? Vous saurez tout dans cet article californien plein d’invités surprises. Direction La Jolla, station balnéaire unique en son genre au nord de San Diego. Que faire à La Jolla ?

    Fin septembre, je suis partie pour un road trip en solo au sud de la Californie. Toute seule. Je voulais pouvoir photographier les étoiles à trois heures du mat sans que personne puisse me reprocher de troubler son sommeil, je voulais me nourrir exclusivement de smoothies myrtille si ça me chante. Et je voulais avoir l’impression d’être l’héroïne d’un film. Seule au volant, avalant l’asphalte, face au coucher du soleil, avec mes caprices pour seule boussole. American dream, baby. Je fantasmais ce road trip depuis longtemps.

    Road trip solo en Californie
    Here I go again on my own… Oui, je m’y crois.

    Et un des endroits où je rêvais absolument de retourner, c’est La Jolla, au nord de San Diego. J’y étais passée en coup de vent il y a quelques années, et mon souvenir était tellement idyllique que je me demandais s’il était réel. Il me fallait en avoir le cœur net.

    Que faire à La Jolla ? Le plein d’animaux ! 

    Que faire à La Jolla ? Voir des animaux, des tas d’animaux. La Jolla a ceci d’exceptionnel : une immense colonie d’otaries y a élu domicile. Au cœur de la ville, au milieu des plages, vous avez un rush incroyable de mammifères marins qui se dandinent, et qu’on entend couiner dès l’aurore.

    Voyage à San Diego : ne manquez pas La Jolla ! Jouer avec les otaries en toute liberté, faire du kayak au milieu des phoques… une destination californienne nature !
    Les otaries de La Jolla, une attraction incontournable dans tout road trip californien !

    La plupart du temps, quand vous cherchez un hôtel chic, vous aspirez au calme et aux odeurs fleuries. A La Jolla, le luxe ultime, c’est un hôtel en plein milieu du vacarme et des relents de poisson à moitié digéré. Au plus près des otaries. Je me suis fait plaisir (comprendre : j’ai sévèrement douillé mais je ne regrette rien) en prenant une chambre au La Jolla Cove Suites, qui donne sur la crique des otaries. Je les entends couiner depuis mon balcon, je sens légèrement l’odeur âcre de poisson et d’urine qu’elles dégagent – mais qu’on se dépêche d’oublier, car elles sont tellement mignonnes. J’ai une chambre qui ressemble à un numéro spécial Californian Hipster de Modes et travaux, bleue, blanche et ultra chic, avec fragrance poissonnerie en bonus. Je suis au paradis.

    Voyage à San Diego : ne manquez pas La Jolla ! Jouer avec les otaries en toute liberté, faire du kayak au milieu des phoques… une destination californienne nature !
    La Jolla Cove Suites, à 20m des otaries

    Phoques ou otaries ? La question piège, et comment faire la différence

    La Jolla est au cœur d’une aire marine protégée exceptionnelle, devenue le sanctuaire des otaires… et des phoques. C’est très perturbant, je sais, pour tous ceux qui ont du mal avec les chouettes et les hiboux, les chameaux et les dromadaires, les buffles et les bisons, mais La Jolla a les DEUX.

    Les plus démonstratives sont les otaries (sea lion en VO).
    Si elles ont des petites oreilles (contrairement à leurs cousins les phoques), c’est parce que la majeure partie des interactions avec leurs congénères se déroulent à la surface, et qu’il leur faut donc l’équipement adéquat pour entendre leurs potes grouiner, grogner et bêler inlassablement.
    Si elles sont équipées de puissantes nageoires sur qui elles peuvent se tenir en équilibre, c’est que l’essentiel de leur vie se déroule sur les rochers. Voilà pourquoi le public les adore. Les otaries de San Diego, c’est un spectacle comique insurpassable. J’ai passé deux heures à les observer comme si j’étais à un stand up. Elles se donnent des tartes, se poursuivent en se dandinant, roulent sur le dos en battant des nageoires comme un chien qu’on félicite, se font des bisous, se battent pour des morceaux d’intestins de poisson dégueulasses, défient les mouettes et les pélicans, et n’ont AUCUNE peur des humains.

    Voyage à San Diego : ne manquez pas La Jolla ! Jouer avec les otaries en toute liberté, faire du kayak au milieu des phoques… une destination californienne nature !
    Les phoques et otaries de La Jolla

    A ce stade, j’imagine que vous voulez voir une vidéo. Vous serez donc exaucés. 

    Les phoques, eux, sont plus discrets, et cherchent les criques moins peuplées. Leurs capacités de locomotion sur la terre sont bien inférieures à celles des otaries, ils rampent sur le sol comme de gros boudins poilus, et ne peuvent pas se redresser sur leurs nageoires. Les pélicans essaient toujours de leur piquer leur bouffe, ainsi que les mouettes, bien sûr, chapardeuses des sept mers.

    Les Japonais, les otaries et moi et moi 

    Je me méfie un peu de la propension américaine à jeter les touristes dans la cage aux fauves : les Etats-Unis ont une conception très puriste de la responsabilité personnelle, c’est le pays du « if you fall you die et tant pis pour ta gueule ».
    Au Grand canyon, on vous laisse faire du yoga au bord d’une falaise de quatre kilomètres de haut si ça vous fait plaisir, et on vous vend à la boutique l’inventaire des décès burlesques et bizarres au sein du parc, « réactualisé chaque année ! ». On dirait qu’ils font exprès de vous laisser décéder à votre guise, histoire de pouvoir mettre à jour leur bouquin.
    A Yellowstone, on vous lâche au milieu des bisons en rut et vous signale qu’il est tout à fait possible que vous vous fassiez charger (à en juger par la foultitude de vidéos Youtube à la Go Pro qui finissent comme le projet Blair Witch, c’est fréquent).
    Du coup, j’étais un peu sur mes gardes en avisant le panneau « attention, les otaries peuvent vous mordre, vous mettre des pains dans la tronche et vous noyer, ça n’est pas notre problème », et j’ai laissé les Asiatiques intrépides et kamikazes tâter le terrain. Après les avoir vus multiplier les selfies et chorégraphies avec otarie, j’ai pu constater qu’il ne se passerait rien. Les otaries n’en ont rien à faire de nous, elles sont bien trop occupées à arracher la tête de poisson à leur camarade, à french kisser l’un et bastonner l’autre. Tant qu’on ne les touche pas, on peut se tenir très près d’elles et profiter du spectacle sans danger, et assister à un remake de la guerre de Troie version créature adipeuse, luisante et adorable.

    Voyage à San Diego : ne manquez pas La Jolla ! Jouer avec les otaries en toute liberté, faire du kayak au milieu des phoques… une destination californienne nature !
    L’amour à la plage, version otarie

    Les cormorans, ces gros hypocrites

     Le seul oiseau qui se tienne correctement à La Jolla est le cormoran, ce bel oiseau noir dont les os anormalement lourds et denses au sein du règne aviaire entravent le vol, mais rendent suprêmement apte à la plongée. Lui ne s’intéresse pas aux phoques et aux otaries, et descend comme une torpille jusqu’à trente mètres sous la surface pour pêcher. Le soir, on le voit sécher ses ailes, immobile sur les grands arbres.

    J’ai dit qu’il avait des manières : rectification. Le cormoran, c’est le mec super bien sapé qui colle son chewing gum sous la table. Le cormoran est une espèce qui a failli disparaître dans les années 70 et dont la conservation est un immense succès, mais ce succès a une odeur. De caca. Sous les villas à huit millions de dollar, les falaises se couvrent de guano (caca d’oiseau) et les vieilles dames tombent dans les pommes. Mais les touristes viennent du monde entier, fascinés par La Jolla, un des rares endroits où on peut nager avec les cormorans et les otaries.

    Voyage à San Diego : ne manquez pas La Jolla ! Jouer avec les otaries en toute liberté, faire du kayak au milieu des phoques… une destination californienne nature !
    Les oiseaux de La Jolla, et leur contribution au ravalement des falaises

    Initialement, je voulais nager avec les cormorans et les otaries. Après, j’ai constaté que l’océan était à 15 degrés et entièrement rempli de caca et de boyaux de poisson, et j’ai renoncé. #chochotte

    La Californie va tomber dans la mer

    J’ai réservé une sortie en kayak au soleil couchant avec La Jolla Kayak, pour aller explorer la réserve marine depuis l’océan. Dès le premier franchissement des vagues, je suis trempée comme une éponge, et réfrigérée, mais la visite vaut la congélation.

    Voyage à San Diego : ne manquez pas La Jolla ! Jouer avec les otaries en toute liberté, faire du kayak au milieu des phoques… une destination californienne nature !
    Kayak au coucher du soleil à La Jolla : la classe, avouez. Si l’expérience vous tente, réservez longtemps à l’avance, les places partent très vite (j’ai réservé un mois avant auprès de La Jolla Kayak, et tout était déjà presque plein).

    Les grottes de La Jolla sont tectoniques : ici, la plaque continentale américaine et la plaque pacifique glissent l’une sous l’autre, dessinent ces paysages effrayants, et concoctent un séisme d’ampleur cataclysmique. Au-dessus des falaises, des maisons à huit millions de dollars sont en train de s’écrouler dans l’océan. D’ici vingt ans, toutes sont condamnées. Les propriétaires doivent anticiper la destruction et les raser avant effondrement, sous peine de payer des amendes monumentales si jamais les débris de leur maison viennent polluer la réserve marine. Petite ambiance apocalyptique au paradis condamné.

    Voyage à San Diego : ne manquez pas La Jolla ! Jouer avec les otaries en toute liberté, faire du kayak au milieu des phoques… une destination californienne nature !
    Grottes tectoniques de La Jolla. Ici la Terre se déshabille

     

    Voyage à San Diego : ne manquez pas La Jolla ! Jouer avec les otaries en toute liberté, faire du kayak au milieu des phoques… une destination californienne nature !
    Les maisons luxueuses de La Jolla. Toutes celles en lisière de falaise sont condamnées à brève échéance…

    Des fonds marins remontent des fragments d’une algue gigantesque dont je ne connais pas le nom, et dont le corps d’hippocampe géant est percé de larges cercles ronds qui améliorent la flottaison. Il paraît que ces réseaux d’algues sont tous liés au plancher océanique, comme une immense forêt qui se donne la main sous les eaux. Au loin, nous apercevons deux dauphins. La Jolla est magique.

    Voyage à San Diego : ne manquez pas La Jolla ! Jouer avec les otaries en toute liberté, faire du kayak au milieu des phoques… une destination californienne nature !
    Kayak dans les vagues à La Jolla. Ce n’est pas moi (puisque je prends la photo), c’est la mono, mais on fait la même taille et elle est blonde comme moi, donc on fait comme si de rien n’était.

    Et en retournant vers la plage, je surfe sur une vague avec mon kayak, et j’ai l’impression d’être une vraie California girl. Même si c’était un kayak. I win at life quand même.

    Voyage à San Diego : ne manquez pas La Jolla ! Jouer avec les otaries en toute liberté, faire du kayak au milieu des phoques… une destination californienne nature !
    Là pour le coup, ces morceaux d’anatomie humaine sont authentiquement les miens.

    Comment un goéland a failli déclencher une crise franco-nippone

    Le soir, le bar rooftop de mon hôtel est occupé par un mariage où on joue du Abba jusqu’à  deux heures du matin, ça doit être une délégation suédoise. J’attends donc le petit déjeuner pour le tester.

    Après un sublime lever de soleil sur les phoques et les palmiers de La Jolla, j’accède finalement au fameux restaurant rooftop, où est servi le petit déjeuner. La vue sur la mer est glorieuse, je me sens élue des dieux, et en plus il y a de la soupe de fraises. Mais c’est la machine à gaufres est l’objet de toutes les convoitises. Prêtez attention, c’est là que commence mon histoire.

    Voyage à San Diego : ne manquez pas La Jolla ! Jouer avec les otaries en toute liberté, faire du kayak au milieu des phoques… une destination californienne nature !
    J’ai tenté de faire des photos lifestyle. A droite, l’arche nuptiale de la délégation Gimme gimme a man. A gauche, le petit déjeuner sur palmiers. Dans une assiette en carton. Pas ma faute si les Américains tuent mes velléités lifestyle.

     Une seule machine à gaufres pour tout le resto, et un cycle long, puisqu’il faut que la pâte crue prenne d’un côté, puis de l’autre, au moyen d’une rotation à 360 degrés qui faisait complètement fantasmer mon cher et tendre quand on voyait ça dans les motels d’Arizona (« t’as vu ! ça tourne complètement sur soi-même ! »). Je lui en ai acheté une pour son anniversaire, ce qui me rend moins sensible à l’appel du gaufrier, et laisse mon tour à une Japonaise dont je vois les yeux briller d’excitation et de désir. Au bout d’au moins quinze minutes, elle revient avec sa gaufre couverte de sirop d’érable et s’assoit à quelques mètres de moi. Puis se relève une dernière fois pour aller chercher une fourchette, et c’est là que le drame survient.

    Un goéland fond sur la terrasse et engloutit en une seconde la gaufre chaude et luisante de sucre, et déguerpit sans demander sans reste. La Japonaise revient, constate l’absence de la gaufre et me foudroie du regard. « C’est pas moi ! C’est le goéland ! » J’essaie de lui expliquer que non, je n’ai pas regretté mon acte de charité antérieur et voulu récupérer ce qui me revenait de droit pendant qu’elle avait le dos tourné, que j’ai beaucoup de respect pour le principe de propriété de la nourriture et probablement pas la capacité d’ingérer une gaufre entière en trois secondes, mais que le goéland a moins de sens civique et plus de souplesse buccale. Je vois bien qu’elle ne me croit pas. Je sens les relations franco-nippones à un point de glaciation qui me chagrine, mais heureusement, le goéland revient et emporte une banane directement dans l’assiette d’un gosse qui se met à hurler. Me voilà réhabilitée.

    Après un sublime lever de soleil sur les phoques et les palmiers de La Jolla, j’accède finalement au fameux restaurant rooftop, où est servi le petit déjeuner. La vue sur la mer est glorieuse, je me sens élue des dieux, et en plus il y a de la soupe de fraises. Mais c’est la machine à gaufres est l’objet de toutes les convoitises. Prêtez attention, c’est là que commence mon histoire.
    Photo d’illustration figurant plus ou moins un goéland. (Prise à Laguna Beach, 150km au nord)

    On the road baby

    Après avoir recouvré mon honneur et restauré les relations diplomatiques, je m’engage sur la route qui me fait fantasmer depuis des années, la première raison de ce roadtrip californien : la route 101 ou Pacific Coast Highway, de San Diego à San Francisco le long de la mer, par les villages balnéaires. A l’âge de dix ans, j’avais fait la partie Los Angeles – San Francisco avec mes parents. J’en garde un souvenir odysséen. Cette fois, ce sera San Diego – Los Angeles, une portion de route entrevue il y a quelques années, mais sans avoir le temps d’en profiter vraiment. Direction Laguna Beach.
    A suivre !

    Après un sublime lever de soleil sur les phoques et les palmiers de La Jolla, j’accède finalement au fameux restaurant rooftop, où est servi le petit déjeuner. La vue sur la mer est glorieuse, je me sens élue des dieux, et en plus il y a de la soupe de fraises. Mais c’est la machine à gaufres est l’objet de toutes les convoitises. Prêtez attention, c’est là que commence mon histoire.
    Crépuscule à La Jolla

    Si vous aimez les aventures animalières insolites, n’hésitez pas à aller voir mon article super rigolo sur la faune et la flore d’Arizona ICI.

    Et je vous garantis que vous voulez sortir les pop-corns et attendre l’article sur Laguna Beach, car vous n’avez jamais rien vu d’aussi parfait et idyllique. Inscrivez-vous à la newsletter pour ne pas rater ça.

    Voyage à San Diego : ne manquez pas La Jolla ! Jouer avec les otaries en toute liberté, faire du kayak au milieu des phoques… une destination californienne nature ! Travel in La Jolla, California
    Voyage à La Jolla : épinglez moi sur Pinterest !

    voyage à La Jolla – road trip californie du sud – que faire à la jolla – que voir à la jolla – itinéraire road trip californie – road trip solo californie – voyager seule en californie – activités à la jolla – voir des animaux en californie – otaries la jolla – phoques la jolla – kayak la jolla – blog la jolla – top 10 à faire à san diego – top 10 à voir à san diego – voyage à san diego incontournables

  • La Floride arc-en-ciel : Key West

    Que faire à Key West ? Organiser son voyage à Key West avec un blog amoureux de la Floride.
    A l’extrême sud des Etats-Unis, dans la mer des Caraïbes, Key West est un bouquet de drapeaux arcs-en-ciel jaillissant des eaux turquoise. La petite île au charme suranné est devenue le paradis de la communauté LGBT, où les palmiers, les bar gays, les spectacles de drag queens et les légendaires couchers de soleil assurent une atmosphère de fête 365 jours par an. Aujourd’hui, j’ai envie de me souvenir de Key West.

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT.

    Je ne pensais pas vous parler de la Floride cette semaine. Mais hier, un meurtrier est descendu au Pulse, un club gay d’Orlando, avec un fusil d’assaut et a tué cinquante personnes venues faire la fête. Horrifiés, nous avons vu, encore une fois, un homme possédé par une idéologie de haine et de mort massacrer des innocents dont il ne connaissait pas même le nom, des familles ravagées, des larmes et des bougies sur les trottoirs.

    Key West
    « Je crois que les larmes peuvent soigner, que les souvenirs peuvent consoler, que l’amour vit pour toujours. » Mémorial des victimes du SIDA, à Key West.

    Itinera Magica est un blog de voyage, je ne vous parlerai pas de l’angoisse et la colère que je ressens face à la montée du terrorisme aux quatre coins du globe. Mais ma façon de vous dire que je pense aux victimes d’Orlando, c’est de dresser aujourd’hui le drapeau arc-en-ciel, et de vous parler de Key West. Toute la Floride, d’Orlando à Miami, de Tampa à Marathon, a toujours été plébiscitée par la communauté LGBT, mais Key West, c’est la capitale queer, et le plus beau terrain de jeux de ceux qui aiment jouer avec le genre. C’est aussi une petite ville colorée et animée qu’on parcourt à pied, où on célèbre en chantant le coucher de soleil, où on se couche tard et raffole des papillons. Une île refuge pour tous ceux qui aiment la vie.

    Que faire à Key West ? Croquer la vie à pleines dents, au milieu des papillons, des chocolats et des coquillages.

    Que faire à Key West ? Blog sur Key West, jardin paradisiaque au sud de la Floride.
    Ambiance douce et joyeuse à Key West

     

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Statues dansantes devant l’hôtel de ville

     

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Key West est séparé du continent par un pont de plus d’une centaine de kilomètres, au-dessus de la mer des Caraïbes. Sur les îles, est-on préservé de la folie des hommes ?

     

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Key West, où le soleil est votre plus gros problème

    J’y ai fêté deux Noël merveilleux, et je n’hésiterais pas à y retourner encore et encore.

    Key West
    Ambiance dans les rues, palmiers, coquillages et bonne humeur

     

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Noël sous le signe de l’arc-en-ciel, drapeau fédérateur de la communauté gay et lesbienne. (Pardonnez-moi la qualité de certains photos, prises avec mon vieil Iphone 4, à l’époque où mon Canon m’avait lâchement abandonnée…)

     

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Noël tropical

    La route des Keys

    La route qui conduit à Key West justifie à elle seule le voyage. Pour tout passionné de routes mythiques, l’U.S. Road 1 rejoint la route 66 ou l’Apache Trail au panthéon des légendes. A partir de Manatee Bay, on quitte le continent et plonge dans les eaux bleues de la mer des Caraïbes : les cent derniers miles se déroulent sur un pont fabuleux, comme une marelle d’asphalte où on sauterait d’île en île. L’archipel qu’on nomme les « Keys », tout au sud de la Floride, c’est un millier d’îlots éparpillés entre mangroves et palmiers dans les flots tièdes, à quelques encablures des Bahamas. Parallèlement à la route que les voitures empruntent court un deuxième pont, le plus ancien, qui portait autrefois une ligne de chemin de fer. L’ouragan de 1935 l’a sévèrement endommagé, et il est aujourd’hui fermé à la circulation, ouvert sur une petite portion aux piétons et aux cyclistes. C’est une vision fantastique que ce pont à demi effondré qui se reflète dans la mer translucide, au milieu de petites îles sablonneuses qu’on jurerait tirées d’un livre d’aventures.

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Sur la route des Keys

     

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Anne’s Beach, quelque part au coeur des Keys

     

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Ilots esseulés, recouverts de palétuviers.

     

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Pont effondré

     

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Les Keys, un chapelet d’îles.

     

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Anne’s Beach, petit paradis des nudistes et des autres

    Puis on arrive à Key West, et la route s’achève sur les flots : nous sommes à l’extrême Sud des Etats-Unis, à 90 miles seulement de Cuba. Une balise tricolore signale le record. Le climat est tropical, Noël se fête en short et tongs, au bord de l’eau. Key West, c’est la porte des Caraïbes que j’aime tant.

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    La U.S. Highway 1 s’achève à Key West

     

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Sur la route
    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Key West, la porte des Caraïbes

     

    Que faire à Key West ? Blog sur Key West, jardin paradisiaque au sud de la Floride.
    Southernmost point : le point le plus au Sud des USA. Key West se surnomme « Conch republic », république du coquillage.

     

    Drag queens et arcs-en-ciel

    La Floride est un Etat étrange. Côté pile, elle est conservatrice, peuplée de retraités si burinés par le soleil qu’ils en viennent à ressembler aux alligators qui peuplent ses fossés, amoureux de leurs fusils et de leurs gros Hummers.

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Habitants de Floride.

    Côté face, c’est un des Etats les plus appréciés de la communauté LGBT, rempli de lieux de sociabilité gays et lesbiens. Key West est sans aucun doute la ville où ces derniers sont le plus nombreux. Bars et nightclubs ornés du drapeau arc-en-ciel se trouvent à tous les coins de rue. La ville est aussi célèbre pour une particularité rare : c’est la capitale des spectacles de drag queens. Les drag queens ? Ce sont des hommes qui aiment s’habiller en femmes, le temps d’une soirée – des travestis, pas des transsexuels. Le jour, rien ne les distingue des autres hommes. La nuit, c’est le festival des faux seins, des faux cils, des ongles manucurés, des talons vertigineux, du maquillage pailleté. A ma grande surprise, j’ai retrouvé le réceptionniste de notre hôtel, garçon tout à fait banal aux heures ouvrables, transformé en diva blonde platine dans un bar de drag queens après le coucher du soleil. Ces hommes – homosexuels pour la plupart, mais pas exclusivement – aiment le plaisir de la métamorphose, jouer avec une féminité affriolante.

    Que faire à Key West ? Blog sur Key West, jardin paradisiaque au sud de la Floride.
    Spectacle de drag queens.

    Les spectacles de drag queens mêlent numéros de danse, de chant, de strip tease, de cabaret, toujours avec beaucoup d’humour et de légèreté. N’ayez pas de préventions, allez-y. Hommes et femmes, homos et hétéros, tous y sont les bienvenus. Vous passerez une belle soirée.

    Papillons, palétuviers et pélicans

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Pélican de Key West

    Key West est un jardin enchanté. Le climat tropical fait éclore des dizaines de fleurs colorées et pousser les banyans, dont le tronc se confond avec un enchevêtrement de lianes. Aux jardins botaniques de Key West, la végétation se découvre dans toute sa luxuriance – mon coup de cœur ? L’American beautyberry, baie à la couleur fuchsia incroyable.

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    American beautyberry

     

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Banyan géant (encore une fois, pardon pour la qualité des photos !)

    Si vous ne visitez qu’une maison à Key West, ne choisissez pas celle d’Hemingway. Il faut être Américain pour la trouver exotique : la maison d’Hemingway ressemble à celle de votre grand-mère, mobilier des années 50 et électroménager rétro. Je n’en ai retenu qu’une chose, la colonie de chats polydactiles (à six ou sept doigts) qui y a élu refuge. La maison historique qui m’a charmée, c’est celle du naturaliste Audubon.

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Maison d’Audubon

    Datant de la fin du XVIIIe siècle, à l’époque où la Floride est encore espagnole, elle propose un fabuleux voyage dans le passé, avec ses instruments de musique et son ameublement ancien. Et surtout, elle accueille la collection de dessins d’Audubon, amoureux de la faune et la flore exceptionnelles de Floride. Ses croquis d’oiseaux sont une merveille. Sous le porche de la vieille maison se déploie un merveilleux jardin, où les troncs des arbres se couvrent d’orchidées épiphytes – des fleurs aux racines aériennes, qui puisent dans l’air et la lumière les nutriments qui assurent leur survie.

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Orchidées épiphytes

     

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Jardin d’Audubon

    Pour voir de vos propres yeux ce peuple animal qu’évoque Audubon, partez en excursion dans les îlots voisins, ou dans le parc naturel des Dry Tortugas, à l’ouest de Key West. Ces bancs de sable et ces îles perdues sont des zones de mangrove, refuges et nurseries de milliers d’oiseaux, de poissons et de crustacés. Je n’oublierai pas l’instant où un jeune requin a secoué mon kayak en passant dessous…

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    De Key West au Dry Tortugas, des centaines d’îles préservées

    Enfin, si vous avez le goût des féeries et des couleurs vivantes, ne manquez pas la Maison des Papillons (Key West Butterfly and Nature Conservatory). Dans un décor où l’apparition d’une licorne ne serait pas incongrue, des centaines de papillons colorés vous frôlent, tels un arc-en-ciel vivant.

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Butterfly Conservatorium

    Naufrage ! Naufrage !

    Si Key West est très légèrement en dehors du triangle des Bermudes, tout proche, elle a longtemps été elle aussi un haut lieu de désastres maritimes. L’archipel des Keys, avec ses hauts fonds et ses îlots minuscules, ses ouragans tropicaux et ses grains soudains, était le cauchemar des matelots. A l’époque où la Floride était espagnole, des bateaux chargés d’or et de pierres précieuses apportaient en Europe les richesses du nouveau monde. Nombre d’entre d’eux se sont abîmés dans les Keys, faisant le bonheur des naufrageurs venus récupérer les trésors. « Wreck ashore ! », naufrage à l’horizon, tel était le cri de guerre qui sonnait le branle-bas de combat. Key West a fait sa fortune des catastrophes. Le musée des trésors naufragés (Museum of Shipwreck Treasures) propose une reconstitution distrayante de cette époque, et une très belle vue sur Key West depuis le sommet de sa tour.

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Cloche qui annonçait l’aubaine d’un naufrage : « Si vous vouyez un naufrage, partagez votre bonne fortune, sonnez la cloche »

     

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Vue sur Key West du sommet de la tour

    Mais le plus fascinant des musées, c’est celui de Mel Fisher, du nom de l’aventurier qui a cherché pendant plus de vingt ans le trésor perdu de la Nuestra Señora de Atocha, galion espagnol que deux ouragans successifs ont fait couler en 1622, et dont la trace n’avait jamais été retrouvée. L’or et l’argent tiré de ses soutes a été estimé à 400 millions de dollars. Mais le musée vous parle aussi d’esclaves – Key West abrite un triste cimetière d’esclaves -, de pirates – Key West était au coeur des Caraïbes pirates – et de l’histoire des Keys. Il vaut le détour.

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Difficile de croire que la petite ville coquette a été un tel repaire de bandits.

    Le coucher de soleil sur Mallory Square

    Key West aime la vie. Key West célèbre chaque journée comme un miracle.

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Coucher de soleil et voilier ancien

    Un rituel presque païen s’est instauré sur Mallory Square, au-dessus des eaux : chaque soir, les gens s’y rassemblent pour fêter le coucher du soleil.

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Spectateurs du coucher de soleil, sur Mallory Square

    Jongleurs, artistes de rue, prédicateurs, danseurs de hip hop, vendeurs de tartes au citron et de coquillages frits (les deux spécialités du coin) assurent le spectacle, des voiliers historiques traversent la baie, et quand le soleil sombre sous l’horizon, toute la foule applaudit et clame sa joie.

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Jongleur à Mallory Square

     

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Applaudissements.

    La soirée commence, les néons s’allument. Duval Street, l’artère principale, se fait multicolore. Les gens heureux vont rire, boire et danser.

    C’est étrange, d’imaginer que des gens peuvent être assez fous pour en vouloir tant au bonheur.

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Des gens qui dansent sur le parvis. Statues riantes

     

    Key West, paradis tropical, jardin enchanté, est aussi le lieu de fête privilégié de la communauté LGBT. Venez bronzer sous l'arc-en-ciel !
    Le soir à Key West

     

    Floride
    Solitude à deux

    Aller à Key West

    Key West est à 160 miles (250 km) au sud de Miami, soit environ 3h30 de route. Il est possible de prendre un vol Miami-Key West, mais je ne vous le recommande pas : la route des Keys est une des plus belles qui soit, et toutes les villes sur la route (par exemple Key Largo ou Islamorada, toutes deux paradis des plongeurs) méritent qu’on s’y arrête.

    Se loger à Key West

    C’est le point qui blesse : se loger est horriblement cher à Key West. Pour réduire le coût des hôtels, on peut accepter de partager la salle de bain – cela fait beaucoup baisser le prix des chambres. En revanche, ne commettez pas l’erreur de prendre un hôtel très loin du centre. Key West est une ville qui s’arpente à pied et qui vaut pour son ambiance exceptionnelle, il est dommage de s’en priver.

    Un restaurant à Key West ?

    Better Than Sex ! Ce restaurant ne propose que des desserts, et ils sont à se damner. Il ouvre le soir seulement, et cultive l’atmosphère sensuelle : alcôves feutrées, serveurs dénudés, musique de film X, lumière rouge, menu décadent. C’est une orgie de chocolat, de fruits et de sucre – les meilleurs desserts que j’ai mangés de toute ma vie, et Dieu sait que j’ai de l’expérience en la matière. Pensez à réserver, le restaurant a gagné tous les prix possibles et imaginables et a un succès fou. Better Than Sex, je ne sais pas (ça dépend avec qui !), mais orgasmique, très certainement.

    Aller à Key West Key West est à 160 miles (250 km) au sud de Miami, soit environ 3h30 de route. Il est possible de prendre un vol Miami-Key West, mais je ne vous le recommande pas : la route des Keys est une des plus belles qui soit, et toutes les villes sur la route (par exemple Key Largo ou Islamorada, toutes deux paradis des plongeurs) méritent qu’on s’y arrête. Se loger à Key West C’est le point qui blesse : se loger est horriblement cher à Key West. Pour réduire le coût des hôtels, on peut accepter de partager la salle de bain – cela fait beaucoup baisser le prix des chambres. En revanche, ne commettez pas l’erreur de prendre un hôtel très loin du centre. Key West est une ville qui s’arpente à pied et qui vaut pour son ambiance exceptionnelle, il est dommage de s’en priver. Un restaurant à Key West ? Better Than Sex ! Ce restaurant ne propose que des desserts, et ils sont à se damner. Il ouvre le soir seulement, et cultive l’atmosphère sensuelle : alcôves feutrées, serveurs dénudés, musique de film X, lumière rouge, menu décadent. C’est une orgie de chocolat, de fruits et de sucre – les meilleurs desserts que j’ai mangés de toute ma vie, et Dieu sait que j’ai de l’expérience en la matière. Pensez à réserver, le restaurant a gagné tous les prix possibles et imaginables et a un succès fou. Better Than Sex, je ne sais pas (ça dépend avec qui !), mais orgasmique, très certainement. Plus traditionnel ? A & B Lobster House, un restaurant de poissons à l’ancienne, sur le port, tout de vieux bois et avec une vue fabuleuse. Je suis homosexuel, est-ce que Key West est pour moi ? Absolument ! Parmi les destinations gay friendly, listées ici par le site le Gay Voyageur http://www.gayvoyageur.com/qu-est-ce-qu-une-destination-gay/, Key West mériterait d’être tout en haut du classement. Je suis hétérosexuel, est-ce que Key West est pour moi ? Absolument ! Key West est pour tout le monde, hétéros et homos, célibataires, couples et familles. Key West est ouverte, tolérante, chaleureuse. Elle est ce que le monde entier devrait être – un espace de liberté joyeuse, où chacun peut vivre sa vie comme il l’entend, sans craindre pour elle… Un havre de paix que je voudrais toujours voir épargné par la violence et la haine. Et si on enlevait le pont, et qu’on coupait Key West de ce monde ?
    Better Than Sex, les meilleurs desserts de Floride, ou du monde

    Plus traditionnel ? A & B Lobster House, un restaurant de poissons à l’ancienne, sur le port, tout de vieux bois et avec une vue fabuleuse. Extrêmement romantique.

    Que faire à Key West ?

    Key West fourmille d’activités, voici une petite récapitulation des choses présentées dans cet article, pour vous aider à organiser votre voyage à Key West :

    – Visiter la maison d’Hemingway et surtout la maison du naturaliste Audubon, encore plus fascinante
    – Aller voir les papillons au Butterfly Conservatorium
    – Assister aux célébrations du coucher du soleil sur Mallory Square
    – Faire la fête ! aller voir un spectacle de drag queens
    – Faire une croisière au soleil couchant sur un voilier ancien
    – Aller manger le meilleur dessert de votre vie à Better than Sex
    – Profiter des plages de la pointe sud
    – Poser à côté de la borne « southernmost point in the US »
    – Goûter la « key lime pie » (tarte au citron) typique de la Floride
    – Monter en haut du phare
    – Aller voir le musée des trésors naufragés Shipwreck Treasures, profiter d’une super animation et d’une vue époustouflante au sommet de la tour
    – Aller au musée Mel Fisher revivre l’épopée de la recherche du trésor de l’Atocha
    – Faire une excursion vers le parc naturel des Dry Tortugas, faire du kayak dans les mangroves, observer la faune

    Je suis homosexuel, est-ce que Key West est pour moi ?

    Absolument ! Parmi les destinations gay friendly, listées ici par le site le Gay Voyageur, Key West mériterait d’être tout en haut du classement.

    Je suis hétérosexuel, est-ce que Key West est pour moi ?

    Absolument ! Key West est pour tout le monde, hétéros et homos, célibataires, couples et familles. Key West est ouverte, tolérante, chaleureuse. Elle est ce que le monde entier devrait être – un espace de liberté joyeuse, où chacun peut vivre sa vie comme il l’entend, sans craindre pour elle… Un havre de paix que je voudrais toujours voir épargné par la violence et la haine. Et si on enlevait le pont, et qu’on coupait Key West de ce monde ? Nous serions tous citoyens de la République du Coquillage, et le soleil ne se coucherait plus.

  • Roadtrip aux USA : la fin de la route

    La route, toujours. Se mettre au volant et poursuivre le soleil qui se couche sur le Pacifique, dérouler l’asphalte rectiligne à travers les immensités poussiéreuses, voir étincelles et fantômes dans le rétro quand le crépuscule électrique descend sur les villes traversées. Le roadtrip aux USA, c’est le fantasme ultime, un rêve sculpté par mille bobines, mille fondus au noir dont nous voudrions être l’acteur.

    De l'Arizona à la Californie, sur la route 66, retrouvez les étapes d'un roadtrip aux USA sur Itinera Magica. La route, toujours !
    A Death Valley, Californie, la route… promesse américaine éternelle

     

    De l'Arizona à la Californie, sur la route 66, retrouvez les étapes d'un roadtrip aux USA sur Itinera Magica. La route, toujours !
    Sur la route 66 !

    Certains fuient un chagrin d’amour ou une blessure trop profonde pour être dévisagée plus longtemps. D’autres croient en un nouveau départ, à la promesse de l’errance.
    Changer de vie. Suivre la route et devenir quelqu’un d’autre, ailleurs. Sur cette terre gigantesque et superlative, où les orages et les tornades les plus violents du monde déchirent la nuit, où la terre est plus rouge, plus grande que le ciel, où la nature semble avoir joué à l’apprenti sorcier, la vie prend d’autres dimensions.

    De l'Arizona à la Californie, sur la route 66, retrouvez les étapes d'un roadtrip aux USA sur Itinera Magica. La route, toujours !
    Près de Page, Arizona, au coeur des Vermilion Cliffs.

     

    De l'Arizona à la Californie, sur la route 66, retrouvez les étapes d'un roadtrip aux USA sur Itinera Magica. La route, toujours !
    Route 66, the mother road

    Tout est extrême, tout est cinématographique. Les paysages reflètent les profondeurs et les vertiges du cœur. Nous sommes libres, livrés à nous-mêmes, ivres de solitude heureuse. Le Sud-Ouest des Etats-Unis est une drogue dure.

    De l'Arizona à la Californie, sur la route 66, retrouvez les étapes d'un roadtrip aux USA sur Itinera Magica. La route, toujours !
    Le désert d’Arizona mis en valeur par l’exposition Sonoran Light, jardin botanique du désert de Phoenix

    Arizona et Californie, mes deux amours

    Plusieurs fois, je me suis laissée tenter par un roadtrip aux USA, et j’en suis toujours revenue extatique et transformée, comme une succession de mues dont on reviendrait chaque fois plus forte.

    A dix ans, cela a été la découverte de la Californie. Je n’ai cessé d’y retourner depuis. Los Angeles me met en transe.

    De l'Arizona à la Californie, sur la route 66, retrouvez les étapes d'un roadtrip aux USA sur Itinera Magica. La route, toujours !
    Los Angeles, mon amour.

    Il y a cinq ans, cela a été l’Utah.

    De l'Arizona à la Californie, sur la route 66, retrouvez les étapes d'un roadtrip aux USA sur Itinera Magica. La route, toujours !
    Chemins de Bryce Canyon dans la lumière du matin

    L’été dernier, le Nevada et la Californie, encore.

    De l'Arizona à la Californie, sur la route 66, retrouvez les étapes d'un roadtrip aux USA sur Itinera Magica. La route, toujours !
    Près de Twenty Mule Canyon, Death Valley, Californie

    Et en avril dernier, l’Arizona – voir ci-dessous !

    De l'Arizona à la Californie, sur la route 66, retrouvez les étapes d'un roadtrip aux USA sur Itinera Magica. La route, toujours !
    De l’Arizona à la Californie, sur la route 66, retrouvez les étapes d’un roadtrip aux USA sur Itinera Magica. La route, toujours !

    En septembre prochain, ce sera la Californie, à nouveau – encore et toujours !

    Voici la série d’articles associées à ce voyage en Arizona, qui regorgent de photos, d’informations et d’itinéraires, si vous souhaitez à votre tour goûter aux grands espaces et préparer un roadtrip aux USA… ou juste partager ce rêve américain.

    • Arizona, la vie sans limites : présentation générale de cet Etat fabuleux, la quintessence de l’Ouest, aux paysages extraordinaires et à l’âme sauvage
    • Sedona la rouge, rochers, yogas et ovnis : vous ne connaissez pas Sedona ? Vous devriez ! Surtout si vous rêvez de rencontrer les extraterrestres, ou de révéler votre aura lumineuse avec des cristaux magiques. Ou plus simplement, si vous adorez les randonnées hors du commun dans des paysages de western.
    • L’énigme du Grand Canyon : oui, vous avez vu des milliers de photos du Grand Canyon. Ici la Terre se met à nu, se dévoile jusqu’à la moelle. Mais savez-vous que les scientifiques ignorent toujours comment il a été formé ? Que le Grand Canyon reste un mystère ? J’essaie de lever le voile.
    • Horseshoe Bend et le lac Powell : au pays des canyons, le fleuve Colorado ronge les grands plateaux de grès rouge et dessine un paysage fabuleux. Méandres spectaculaires, vagues minérales, mesas érodées, créatures aux airs fantasmagoriques, venez découvrir le peuple de pierre…
    • Antelope Canyon, l’or des Navajos : le canyon le plus photogénique du monde, Antelope Canyon, avec ses jeux de lumière au zénith, ses parois rouges, or et pourpre, ses fantômes de poussière, révèle aussi l’histoire d’un peuple
    • L’Arizona, terre des amérindiens : l’Arizona est l’Etat américain qui compte le plus grand nombre de réserves amérindiennes, et c’est l’endroit idéal pour découvrir la culture millénaire de ces peuples. Je vous emmène de Montezuma Castle à la sublime mission San Xavier, à Tucson, en passant par le musée Heard
    • L’Apache Trail, la légende de l’Ouest : roadtrip sur la piste la plus mythique de l’Ouest, l’Apache Trail, pleine de superstitions, d’histoires sanguinolentes, de trésors cachés, de pendus, de serpents, de cactus et de paysages à se damner ! Rock’n’roll !
    De l'Arizona à la Californie, sur la route 66, retrouvez les étapes d'un roadtrip aux USA sur Itinera Magica. La route, toujours !
    Fabuleuse Arizona

    Williams, sur la route 66

    Ce roadtrip de rêve s’achève sur la route 66, « the mother road », LA route légendaire du nouveau monde, qui courait de Chicago à Los Angeles, traversait tout le pays-continent pour déboucher sur les plages dorées du Pacifique.

    De l'Arizona à la Californie, sur la route 66, retrouvez les étapes d'un roadtrip aux USA sur Itinera Magica. La route, toujours !
    La route 66 passe par Williams, Arizona

    J’ai vu tellement de films sur la route 66. Easy rider, les motards rebelles. Thelma et Louise, deux femmes assoiffées de liberté et d’absolu. Little Miss Sunshine, d’Albuquerque à Los Angeles, la route 66 déglinguée, poignante. Si vous aussi, vous adorez les films de roadtrip aux USA, ce site pourrait vous donner des idées.

    De l'Arizona à la Californie, sur la route 66, retrouvez les étapes d'un roadtrip aux USA sur Itinera Magica. La route, toujours !
    A Santa Monica, où la route 66 s’achève sur les vagues blanches de l’océan

    Les photos de la route 66 que vous voyez dans cet article ont été prises à Santa Monica et à Williams, au nord de l’Arizona, sur le chemin du Grand Canyon. Williams ressemble à toutes les autres villes touristiques de la route mythique : c’est une machine à remonter le temps, un retour à l’âge d’or des Etats-Unis, les années 50. L’époque où les USA étaient les héros qui avaient mis fin à la guerre, où Hollywood donnait corps au paradis, où s’acheter un réfrigérateur et une moto était la plus haute félicité qu’on puisse espérer sur cette Terre. Où les pubs disaient que la cigarette et les insecticides sont bonnes pour vous, où personne ne mettait sa ceinture de sécurité, où on croyait que l’Américain était immortel, insubmersible, que son sourire dentifrice était une armure contre tous les dangers et les déceptions de la vie. L’essence ne coûtait rien, il était facile d’être un rebelle poète qui s’égare sur la route, et de rentrer ensuite tranquillement dans le rang pour faire des fortunes et s’acheter une villa à Malibu. La belle époque, dont les Américains seront toujours nostalgiques.

    De l'Arizona à la Californie, sur la route 66, retrouvez les étapes d'un roadtrip aux USA sur Itinera Magica. La route, toujours !
    Williams.

    C’est pour ça qu’on prend la route 66 : pour se souvenir du temps où le monde était facile. A Williams, il y a des diners carrelés avec des jukeboxs rouges et de vieilles pompes à essence, des statues d’Elvis Presley et de James Dean, on mange des burgers et on boit du Coca. Les serveuses ont des robes de pin-up et les serveurs des bananes gominées. Il y a de vieilles voitures bleues turquoise et des néons kitsch. Les boutiques de souvenirs sont fabuleuses, et il est impossible de résister.

    De l'Arizona à la Californie, sur la route 66, retrouvez les étapes d'un roadtrip aux USA sur Itinera Magica. La route, toujours !
    Diner sur la route 66

     

    De l'Arizona à la Californie, sur la route 66, retrouvez les étapes d'un roadtrip aux USA sur Itinera Magica. La route, toujours !
    Boutique de souvenirs à Williams

     

    De l'Arizona à la Californie, sur la route 66, retrouvez les étapes d'un roadtrip aux USA sur Itinera Magica. La route, toujours !
    Ambiance 50’s

     

    De l'Arizona à la Californie, sur la route 66, retrouvez les étapes d'un roadtrip aux USA sur Itinera Magica. La route, toujours !
    Crépuscule à WIlliams

    Les résultats du concours Avril en Arizona, sur Itinera Magica

    C’est d’ailleurs à Williams que j’ai acheté une partie des cadeaux que j’enverrai aux gagnants du concours Avril en Arizona.

    Vous vous souvenez du principe : j’envoie à 5 personnes tirées au sort une enveloppe de cadeaux d’Arizona.

    De l'Arizona à la Californie, sur la route 66, retrouvez les étapes d'un roadtrip aux USA sur Itinera Magica. La route, toujours !
    Ceci est un indice.

    Je voudrais remercier très chaleureusement toutes les personnes qui ont participé. Je voudrais remercier très, très chaleureusement toutes les personnes qui viennent sur le blog, sur la page Facebook, qui commentent, qui partagent, qui m’encouragent à continuer. Un blog comme Itinera Magica, avec de longs articles et des tonnes de photos, c’est beaucoup de travail et d’énergie, et de longues soirées devant mon écran !

    Le blog n’est pas monétisé : ma récompense, c’est l’interaction. Chaque fois que vous venez sur le blog, que vous partagez un article, que vous me laissez un gentil commentaire, cela me va droit au cœur, et je vous remercie infiniment pour votre soutien et votre gentillesse.

    Continuez !
    Revenez sur le blog, explorez les articles que vous n’avez pas lus !
    Laissez-moi des commentaires, donnez-moi votre avis, dites-moi ce que vous aimez, ce que vous aimez moins, ce que vous avez envie de lire !
    Parlez-moi de vous, faisons connaissance ! Parlez-moi de vos voyages, de ceux que vous avez faits, de ceux dont vous rêvez…

    Et j’ai une demande à vous faire : inscrivez-vous à la newsletter ! Vous serez prévenus par mail de la parution d’un nouvel article. Je vous promets de ne vous écrire QUE dans ce cas, et de ne jamais céder votre adresse mail à quiconque, même sous la torture, même contre la fortune de Donald Trump.

    Mais venons-en aux résultats. J’ai suivi la méthode artisanale : j’ai écrit vos noms sur de petits bouts de papier, mélangé comme un cocktail dans un shaker, et tiré au sort en fermant les yeux. Je jure solennellement, sur la tête du Grand Canyon et sur la mienne, que le hasard seul a décidé. Les cinq gagnants de l’enveloppe cadeau sont…

    • Benoît Cabano
    • La Faute au Graph
    • Claude Maréchal
    • Maman Furets
    • Marie-Pierre François

    Et parce que j’aurais voulu tous vous faire gagner, j’ai choisi de tirer cinq personnes de plus, qui n’auront pas de cadeau (pardon !) mais une jolie carte postale d’Arizona :

    • Cassandra Vindiolet
    • Emilie Bapst
    • Heidi Henc
    • Laura De Martino
    • Dii’neva Aué

    Envoyez-moi un petit message (par mail ou sur Facebook ou Instagram !) avec votre adresse postale ! Je présenterai les cadeaux sur Facebook bientôt. Et un nouveau jeu concours suivra lors de mon prochain grand voyage… histoire à suivre !

    De l'Arizona à la Californie, sur la route 66, retrouvez les étapes d'un roadtrip aux USA sur Itinera Magica. La route, toujours !
    Santa Monica, la fin de la route… ou le début.

    La route 66 s’achève à Santa Monica, au nord de Los Angeles. C’est pour moi là que tout commence – nous retournerons aux US ensemble bientôt !

    Comme le disait John Muir : « Le monde est vaste, et je veux le regarder de plus près avant que la nuit tombe… » Venez avec moi, il y a encore tant de beauté autour de nous.

    De l'Arizona à la Californie, sur la route 66, retrouvez les étapes d'un roadtrip aux USA sur Itinera Magica. La route, toujours !
    A la poursuite du soleil, jusqu’à la nuit.

     

    De l'Arizona à la Californie, sur la route 66, retrouvez les étapes d'un roadtrip aux USA sur Itinera Magica. La route, toujours !
    Keep on driving…

    roadtrip aux USA – voyage aux USA – blog voyage – blog voyage USA – jeu concours voyage – jeu concours USA – blogueuse voyage – Etats-Unis – roadtrip en Arizona – roadtrip en Californie – roadtrip Etats-Unis – voyage aux Etats-Unis – blog voyage Etats-Unis

  • Histoires extraordinaires du désert d’Arizona

    Road trip dans le désert d’Arizona. Que voir à Phoenix et Tucson : Saguaro National Park, Organ Pipe National Monument, Arizona Sonora Desert Museum, Desert Botanical Gardens
    Que dit un homme mordu par un serpent à sonnette avant de mourir ? Pourquoi certains cactus ont-ils des cornes ou une coupe afro ? Qu’est-ce qu’un monstre de Gila ? Les oiseaux d’Arizona sont-ils masochistes ? Mais bon Dieu, pourquoi aller vivre dans un endroit où il fait 50 degrés le jour, 0 la nuit, et où il ne pleut que deux fois par an ? Monde rugueux et ébouriffé, le désert d’Arizona fascine par son côté brut de décoffrage. Les plantes, les animaux, tout le monde ici semble se préparer au tournage du prochain Star Wars : les cactus, les oiseaux, les reptiles sont des guerriers prêts à tout pour survivre à l’aridité. Le désert d’Arizona regorge d’histoires extraordinaires et de personnages hauts en couleur – ils méritent bien une présentation.

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Cactus, crotales et coyotes : le désert d’Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !

    Road trip dans le désert d’Arizona : c’est parti

    Dans le précédent épisode du road trip, je vous avais parlé de l’Apache Trail, la piste la plus mythique de l’Ouest (vous n’avez pas vu cet article ? allez le voir, c’est aussi l’article le plus cool de l’Ouest), et d’un coucher de soleil merveilleux dans les Montagnes de la Superstition, où j’avais vu serpents, biches et pécaris… Mon exploration des déserts de l’Arizona s’est poursuivie au Saguaro National Park, dans les montagnes de Tucson, au fabuleux jardin botanique du désert de Phoenix (Desert Botanical Garden), et à l’Arizona-Sonora Desert Museum de Tucson.

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Le désert d’Arizona, paysage de film

    Que voir dans le désert d’Arizona ? Des CACTUS ! 

    Le désert d’Arizona est une partie du désert de Sonora, la plus grande zone désertique d’Amérique du nord, et aussi la plus chaude – les températures approchant 50 degrés Celsius ne sont pas rares. Pourtant, la végétation y est étonnamment abondante : l’Arizona est le paradis des superhéros végétaux de la sécheresse, les cactus. Près d’une soixantaine d’espèces de cactus ont fait de la fournaise leur maison, et y survivent grâce à leur pouvoir spécial, la succulence. (Rien à voir avec leur qualité gustative, même si les fruits de nombre de cactus sont délicieux, et que j’ai mangé des sorbets de cactus à mourir.) La succulence, c’est la faculté de retenir l’eau dans leurs feuilles charnues, de créer un véritable système de stockage interne, et de pouvoir survivre durant des mois sans pluie. Mais cela ne va pas sans un inconvénient majeur : tous les animaux du désert, assoiffés eux aussi, cherchent à dévorer les cactus pour trouver de l’eau. Voilà pourquoi ils se bardent d’épines, ont plus de pics et de pointes sur le corps qu’un ado gothico-punk de quinze ans, et transpercent férocement tout ce qui s’approche : il en va de leur survie.

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Cactus « prickly pear » (ceux en forme d’oreille de Mickey) et, au sol, « diable rampant » (celui qui ressemble à un boudin épineux), le cactus le plus dangereux du désert de Sonora.

    La popstar du désert sonoran, c’est le Saguaro (prononcez sawaro s’il vous plaît, sinon les locaux se paieront votre tronche #vécu), un cactus monumental de plusieurs mètres de haut qui semble né pour décorer les bouteilles de bière, et dont les bras ouverts lui donnent une dégaine de hippie cool qui fait un shaka ou un signe V. Yeah man.

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Saguaros et ocotillo (avec les fleurs rouges, au premier plan).
    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Parfois, il a même des cornes, ce qui le rend encore plus cool.

    Le Saguaro survit dans le désert d’Arizona grâce à un système de côtes, qui se contractent ou s’étendent en fonction de la quantité d’eau disponible (regardez le dessin ci-dessous, ça sera plus clair je crois).

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Jusqu’à six tonnes d’eau stockées dans le tronc du Saguaro.

    Parce qu’il stocke d’énormes réserves d’eau (jusqu’à six tonnes !), le Saguaro est attaqué de tous les côtés. Rongeurs, oiseaux, reptiles, tous rêvent de lui prendre son butin, et ils n’hésitent pas à affronter son épiderme tranchant.

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    « Hotel Saguaro », ou tous les hôtes indésirables

    Mais le Saguaro est résilient. Quand un rongeur dévore son tronc, il produit une véritable armure, une résine noire et dure impossible à traverser. Quand un oiseau vient creuser son nid au cœur de ses branches, il développe une coque dure qui l’isole des germes transmis par les volatiles.

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    A gauche : la coque formée par le Saguaro pour isoler les nids d’oiseau

    Quand un épisode de gel rompt une partie des tuyaux qui l’irriguent, la branche ne meurt pas, mais continue à pousser tordue, biscornue – c’est pour ça que certains Saguaro ont des cornes ou des coupes afro.

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Autre dégât causé par le gel : les branches tordues. (Pour la coupe afro, voir la première image de l’article !)

    Et si une sécheresse extrême ou un incendie le tue, il essaiera de fleurir une dernière fois avant de rendre l’âme, afin de perpétuer l’espèce. Le Saguaro, c’est mon héros. Et c’est aussi l’emblème de l’Etat d’Arizona. Au Saguaro National Park, une véritable forêt de Saguaros recouvre les montagnes de Tucson, et dessine un fabuleux paysage hollywoodien.

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Coucher de soleil cinématographique au Saguaro National Park, au coeur du désert d’Arizona

    Voici les autres sujets qui vivent à la cour du prince :

    (Note : j’ai fait deux musées des cactus et lu un bouquin sur le sujet, The Cacti of Arizona, pour préparer cet article, donc je me sens vachement calée, mais tout de même, je ne suis pas botaniste. Lecteur de ce blog, si tu es présentement en train de préparer un exposé, un TPE ou autre devoir sur les cactus et que Google a eu la gentillesse de t’emmener ici, ça me fait très plaisir, mais ne m’utilise pas comme source. Ou ne viens pas te plaindre si on t’accuse de confondre le cactus « queue de castor » et le cactus « poire piquante ». Merci.)

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Sur cette photo : cactus tonneau, organ pipe, saguaro, cholla

    Il existe plus de trente espèces de Cholla, mais les plus connues sont celles qui ont un air tendre et duveteux (ne vous y fiez surtout pas), et portent le nom adorable de « teddy bear cholla », ou « cholla nounours » (je vous répète, n’y touchez pas). Elles ressemblent beaucoup aux « cholla sauteuses » (jumping cholla), qui s’accrochent à tout ce qui passe pour être transportées sur des kilomètres, et conquérir de nouveaux territoires.

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Chollas sauteuses et fleurs de printemps.

    L’Organ pipe cactus (cactus tuyau d’orgue), nommé ainsi en raison de son allure très ecclésiastique, façon orgue de cathédrale, ne vit à l’état sauvage que dans une zone, tout au sud de l’Arizona, à la frontière mexicaine : Organ Pipe National Monument. L’endroit est loin de tout et strictement contrôlé en raison du passage de clandestins – les cactus que vous voyez ci-dessous sont ceux du jardin botanique de Phoenix (j’avoue #tricheuse).

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Organ pipe cactus

    La famille des « poires piquantes » (prickly pear) est très étendue aussi : ce sont tous les cactus à larges feuilles en forme d’oreille de Mickey, qui ont des noms tous aussi suggestifs les uns que les autres : queue de castor (beavertail), poêle à crêpes (pancake), oreilles de lapin (bunny ears)… Mes préférées sont les violettes (violet prickly pear), car elles revêtent, tu l’auras deviné, une couleur irrésistible, tout particulièrement quand elles sont en période de floraison.
    Et début avril est la période idéale pour voir les cactus du désert d’Arizona, car ils sont tous en fleurs.

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Violet prickly pear.
    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Pancake prickly pear

    C’est aussi le cas de l’ocotillo, qu’on pourrait appeler le cactus zombie. Durant 90% du temps, l’ocotillo ressemble à un tas de branches mortes, qu’on aurait presque envie de ramasser pour faire du feu et griller des chamallows, s’il n’était pas bardé d’épines extrêmement épaisses et dangereuses. Mais quand la pluie vient, l’ocotillo reprend vie. Les branches toutes sèches se font verdoyantes et se couvrent de fleurs rouges.

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Ocotillo et chollas

     

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Ocotillo, saguaro et barrel cactus

    J’aime aussi beaucoup toute la famille des petits tonneaux (non, je n’en fais pas partie), ou barrel cactus, dont les formes ventripotentes se couronnent de fleurs roses ou jaunes au printemps – comme un bouquet de cerises sur une grosse pièce montée. Les « hérissons » (hedgehog) sont aussi très sympathiques.

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Hedgehog cactus en fleurs

    Je finis avec l’ennemi public numéro un, le salopard du désert de Sonora : le « diable rampant », en VO « creeping devil », dont le nom scientifique est Stenocereus eruca. Eruca signifie chenille : aussi dangereux qu’un troupeau de chenilles processionnaires, le diable rampant forme une colonie de longs boudins qui poussent à l’horizontale sur le sol, et peuvent couvrir de très larges étendues, formant un véritable tapis d’épines. Et ces épines sont les pires de toutes. Elles transpercent sans aucun mal une semelle de chaussure (je ne vous parle pas de tongs de piscine, je vous parle de grosses semelles de cuir épais), et résistent à nombre d’outils de jardinage. Un terrain envahi par les diables rampants est une zone minée, inaccessible.

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Diables rampants

    Son caractère peu sympathique a sauvé Stenocereus eruca de l’extinction : comme son inoffensif cousin le peyotl, le diable rampant contient de la mescaline, substance hallucinogène que tout le monde adorait prendre dans les années 70. Le pauvre peyotl n’avait rien pour se défendre, il avait une tête de gros cerveau sans épines, c’est pourquoi il a presque disparu à l’état sauvage, et ne survit plus que dans les jardins botaniques. Derrière des vitres, pour le protéger de tous les apprentis chamans et autres candidats à la rencontre cosmique avec des entités de lumière fluorescente. Comme dirait le gardien du jardin botanique de Tucson : Fucking hippies !

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Barrel cactus et saguaro

     

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Je ne parviens pas à identifier celui-ci – help ?

    Les animaux du désert d’Arizona au Desert  Museum de Tucson

    Il existe aux Etats-Unis quarante-et-une espèces de crotales, ou serpents à sonnettes. La fameuse sonnette, une série d’anneaux qui rentrent en vibration quand on les secoue, s’appelle en français « cascabelle », ce que je trouve ravissant (je n’irais pas leur faire un câlin pour autant). Commençons par démonter quelques mythes au sujet de ce serpent : non, il ne prévient pas toujours en faisant tintinbuler son cascabelle avant d’attaquer. Ce n’est pas comme le cycliste berlinois, qui met un coup de sonnette impérieux avant de te foncer dessus sans ménagement (ne croyez jamais que le cycliste berlinois va freiner : c’est un hipster, il a un vélo sans freins). Le crotale n’a pas signé de convention de guerre qui l’oblige légalement à faire un petit ding ding avant de planter ses crocs.

    Il n’est pas vrai non plus que les plus jeunes sont plus dangereux, parce qu’ils « contrôlent moins leur venin ». Le jeune crotale n’est pas un ado éjaculateur précoce, il contrôle très bien son engin, merci pour lui. La dose de venin administrée dépendra de la situation et d’à quel point vous l’avez énervé. Le crotale n’attaque pas – j’en ai vu un traverser le chemin tout à fait pacifiquement devant moi quand je randonnais dans les montagnes de la Superstition  –, mais il sait se défendre.

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Crotale, en VO rattlesnake

    Certaines sont plus venimeuses que d’autres, et ceux qui concentrent le plus de venin appartiennent aux familles dites « diamondback » (dos de diamant) et « tiger » (tigre). Leur venin cause de terribles nécroses et hémorragies, et peut conduire à un arrêt cardiaque. Mais qui sont les plus dangereux ? La réponse est très simple : ceux qu’on va emmerder. Le gardien du jardin botanique de Tucson (vous savez, monsieur Fucking Hippies) m’a sorti la statistique suivante, et juré qu’elle est vraie : « en moyenne, la personne mordue par un serpent à sonnette aux Etats-Unis est de sexe masculin, a entre 20 et 30 ans, des tatouages, et un taux d’alcoolémie de 0,8 grammes. » La partie suivante n’entre pas dans la statistique officielle, mais « sa dernière phrase avant la morsure est : Tiens moi ma bière, je vais faire un selfie avec le serpent. » (Cette supposition est apparemment basée sur une histoire vraie). Dix-huit personnes ont succombé à une morsure de serpent depuis 2010 aux Etats-Unis.

    Le désert d’Arizona compte également parmi ses rangs le seul lézard venimeux au monde : le monstre de Gila. La morsure n’est pas mortelle, mais très douloureuse, et très angoissante, car la bestiole ne lâche pas prise, et s’enfonce très profondément dans la chair avec ses dents recourbées. On a beau secouer dans tous les sens, il ne lâche pas prise – vous imaginez la scène.

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Monstre de Gila

    Un autre animal typique du désert d’Arizona est le pécari, en anglais « javelina ». Bien qu’ils nous évoquent la famille des cochons et des sangliers, ils n’ont en réalité rien de commun avec eux. Ces animaux sont extrêmement grégaires, présentent une structure sociale complexe, et adorent s’empiler en tas pour faire la sieste ensemble.

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Les javelinas n’ont jamais daigné se réveiller pour que je fasse une photo correcte.

    Un de mes animaux coups de cœur a été « l’écureuil antilope », ou Ammospermophilus leucurus, qu’on voit gambader au milieu des cactus.

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Ecureuil antilope

    De façon générale, les animaux du désert d’Arizona sont des masochistes. Les oiseaux et les rongeurs se posent au milieu des cactus, entre les épines. Leur faible poids empêche la pointe de rentrer trop profondément (façon de dire que si vous vous asseyez sur un cactus avec vos grosses fesses humaines, ce sera une autre histoire). Les oiseaux tissent des nids en toiles d’araignée entre les branches des Saguaro. Phoenix, ton univers impitoyable.

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Oiseau fakir.
    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Oiseau sur un saguaro

    Parmi les oiseaux, deux mentions honorables. Au printemps, le désert d’Arizona se remplit de colibris qui viennent butiner les cactus en fleurs. Le record du jour : un colibri peut battre des ailes jusqu’à 200 fois par SECONDE.

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Colibri d’Arizona

    Le colin de Gambel (« Gambel’s quail ») ne pourrait certainement pas en faire autant. Ce gros oiseau joufflu vit principalement au sol, et vole très mal. Mais je trouve qu’il ressemble à un Pokémon, ce qui lui vaut mes suffrages. Petit dodu, je te veux dans mon équipe.

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Colin de Gambel

    Dans les régions montagneuses du désert d’Arizona vit aussi le mouflon du désert (« desert bighorn sheep »), dont l’agilité est légendaire.

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Mouflon du désert d’Arizona

    Enfin, à tout seigneur tout honneur , et je me dois de terminer cet article par l’animal le plus iconique du Sud-Ouest des Etats-Unis, celui que les Amérindiens nomment « le chien de Dieu » : le coyote. Intelligent, peu farouche, intrépide, on le croise sur les routes à la tombée de la nuit, ou fouillant dans les poubelles. J’en ai vu plusieurs entre chien et loup dans le Saguaro National Park, et c’est toujours une vision jubilatoire, qui nous rappelle pourquoi nous aimons tant les Etats-Unis.

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Coyote.

    Terre sauvage, terre immense. J’y reviens encore et toujours.

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    Soir au Saguaro National Park

     

    Cactus, crotales et coyotes : le désert d'Arizona regorge de créatures extraordinaires. Rencontrez les Saguaro, les serpents à sonnette et les colibris sur Itinera Magica !
    La nuit tombe et les animaux surgissent, une vie fantastique sort de l’ombre…

    Prochain article sur Itinera Magica, blog amoureux du Sud-Ouest des Etats-Unis : la fin du roadtrip en Arizona.

    Vous verrez les dernières photos : une installation artistique fabuleuse dans le désert, la route 66 et son allure rétro, la ville fantôme de Jerome, devenue repaire des artistes, l’influence mexicaine à Tucson

    Où voir le désert d’Arizona ?

    Deux camps de base parfaits : Phoenix ou Tucson. Tucson est sans doute mon coup de coeur, pour l’ambiance extraordinairement vibrante et colorée de cette ville, et la proximité immédiate du Saguaro National Park.

     

    Les parcs naturels d’Arizona

    Vous pouvez admirer le désert d’Arizona en différents endroits à l’état naturel :

    – à l’Est de Phoenix, sur l’Apache Trail, qui passe par le Superstition Mountains State Park

    – à Tucson, au Saguaro National Park

    – tout au sud de l’Arizona, à l’Organ Pipe National Monument. Que vous soyez à Tucson ou à Phoenix, vous aurez environ 3h de route pour l’atteindre, car ce parc est vraiment au milieu de nulle part, à la frontière mexicaine. Il est déconseillé d’y rester la nuit, en raison de la lutte entre passeurs et garde nationale américaine…

    Les jardins botaniques d’Arizona, pour un nectar de désert

    Il existe également deux jardins botaniques merveilleux :

    – Le Desert Botanical Garden de Phoenix est la plus grande collection de plantes du désert d’Amérique. L’entrée coûte 22 dollars.

    – L’Arizona-Sonora Desert Museum se trouve dans la partie ouest du Saguaro National Park, et n’est pas seulement un musée, mais aussi un zoo et un jardin botanique. L’entrée coûte 20,50 dollars.

    Organiser votre voyage en Arizona : Saguaro National Park ou Organ Pipe National Monument ?

    Le Saguaro National Park est divisé en deux parties : une à l’Ouest de Tucson, dont l’entrée est gratuite, et l’une plus étendue à l’Est de Tucson, qui est payante.

    Il est facile de combiner Phoenix et Tucson : les deux villes sont à 1h45 de route l’une de l’autre, et le trajet s’inscrit naturellement dans l’itinéraire de tout road trip en Arizona, d’autant qu’il y a énormément de choses à voir et à faire à Tucson.

    En revanche, Organ Pipe National Monument est excentré : depuis Tucson, il vous faudra 2h15 (bien que la distance à vol d’oiseau soit faible), idem depuis Phoenix. Il est plutôt difficile de combiner ce parc avec d’autres points d’intérêt, il faut choisir d’y aller spécialement. En raison du passage de clandestins par le désert, il est déconseillé de s’y rendre entre le coucher et le lever du soleil.

    Désert d'Arizona : carte des points d'intérêt majeurs
    Désert d’Arizona : points d’intérêt majeurs

    Bonnes vacances en Arizona…

     

     

  • L’Apache Trail, la légende de l’Ouest

    Connaissez-vous l’ Apache Trail ? Pour les Américains, cette piste qui serpente à travers les montagnes et les cactus de l’Arizona est aussi mythique que la route 66. Un road trip dans l’Ouest se doit d’inclure cette boucle sablonneuse et défoncée, qui nous ramène au temps des diligences, des bandits et des chercheurs d’or. Voyage jubilatoire entre légendes et superstitions, au pays des cow-boys. Accrochez-vous à vos santiags.

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    Paysages grandioses de l’Apache Trail, une des plus belles routes de l’Ouest

    Si vous évoquez l’Apache Trail en compagnie d’un Américain, vous l’entendrez devenir lyrique. L’Apache Trail ? La plus belle route de l’Ouest ! Peut-être citera-t-il Roosevelt, qui était très enthousiaste : « l’Apache Trail combine la grandeur des Alpes, l’éclat glorieux des Rockies, et la magnificence du Grand Canyon ». Mais de ce côté-ci de l’Atlantique, nous sommes peu nombreux à la connaître. A vrai dire, je n’en avais jamais entendu parler avant de planifier ce road trip en Arizona, et j’ai hésité à l’emprunter.  120 km de piste non bitumée au milieu de nulle part, des heures et des heures de cahots ? Celui qui m’a convaincue, c’est un vieux cow-boy de Scottsdale.

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    Goldfield Ghosttown, sur l’Apache Trail

    Scottsdale, « la ville la plus western de l’Ouest »

    Scottsdale est un faubourg de Phoenix où l’on cire ses santiags, ajuste son Stetson et défend farouchement l’identité cow-boy de la ville. « The most western town in the West », tel est le slogan de Scottsdale, et elle s’ingénie à en être digne. Calèches, saloons, magasins d’articles western, clubs de country et looks à la Chevauchée fantastique cultivent l’esprit pionnier, tandis que d’innombrables galeries d’art font de la ville le repère des artistes huppés et des collectionneurs. C’est le genre d’endroit où des millionnaires enfilent un jean, ouvrent une Budweiser et jouent au fermier qui cultive les plaisirs simples. Où les touristes en chapeau de cow-boy bon marché côtoient les Californiennes méchées venues dénicher le dernier sculpteur à la mode. Et pourtant, une curieuse authenticité naît de ce mélange des genres – une espèce de liberté tellement américaine. Ici tout est possible.

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    Scottsdale, Arizona

    Je prends en photo une Harley Davidson bleu turquoise, richement décorée. Aussitôt, une bikeuse surgit, toute de cuir vêtue, avec bracelets de force, dents de loups et bottes épaisses. Bien que je n’aie pas effleuré la moto, je crains instinctivement de me faire casser la gueule, mais la dame est chaleureuse. Elle me dit s’appeler Hippie, et me raconte spontanément son histoire. Elle appartient au gang Bikers Against Child Abuse. Leur mission ? En résumé : défoncer et terroriser les pédophiles, harceleurs et autres bourreaux d’enfants, et former une armée privée de protection des mineurs en danger. « Nous faisons ce que la justice ne peut pas faire. Les procédures judiciaires sont trop lentes. Tu te fais taper ou tripoter par ton beau-père ? Il te faut contacter un avocat, rassembler des preuves, attendre le procès. Comment tu peux faire tout ça, quand tu es un gosse de treize ans ? Si personne ne te protège, tu risques juste de finir enterré dans un chantier. Nous, on protège le gamin. On intimide l’agresseur. On monte la garde la nuit devant la maison du gamin. On l’accompagne au tribunal, on fait une muraille humaine qui l’entoure et le protège du regard de son agresseur. On l’accueille dans le gang. Et à dix-huit ans, s’il le veut, il devient un biker à son tour. » Elle me raconte des histoires de pédophiles tabassés, de voitures brûlées, d’héroïques combats de rue. Je suis à la fois fascinée et horrifiée. C’est le Far Ouest. Tu n’attends rien de l’Etat, tu te fais justice toi-même, avec tes guns et ta grosse moto. Tu deviens une femme tellement musclée et forte en gueule que même le dernier des caïds réfléchirait à deux fois avant d’égratigner ta carrosserie. Tu deviens une espèce de justicier hors-la-loi, un ange à munitions et grosse cylindrée. Scottsdale, pour moi, c’est Hippie. Les USA pur jus, pour le meilleur et pour le pire.

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    La moto de Hippie

    Je m’assois sur un banc à côté d’une statue de cow-boy et me mets à étudier le plan de la ville. Soudain, la statue me tape sur l’épaule. Je fais un bond digne du mustang non débourré à l’ouverture du rodéo. Je me suis fait avoir comme une débutante. Mr Statue est un homme d’un certain âge, entièrement barbouillé de noir. « Tu visites l’Arizona ? Tu ne peux pas partir d’ici sans avoir fait l’Apache Trail. Ce serait un crime. » Il a un flingue, je décide donc d’obtempérer.

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    Le coupable.

     

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    Moi à Scottsdale.

    Apache Junction & Superstition Mountains, le début de la piste

    Tôt le lendemain matin, je quitte Phoenix et roule une heure vers l’Est, jusqu’à Apache Junction, petite ville de motels et stations essences où la fresque d’un cow boy sur son cheval fougueux signifie le début de l’Apache Trail.

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    Début de l’Apache Trail

     

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    On est tout de suite dans l’ambiance.

    Les panneaux m’orientent vers l’Est, au milieu de plaines désertiques envahies de Saguaro, ce cactus géant dont l’Arizona a fait sa mascotte. Ça et là se détachent des massifs montagneux aux crêtes abruptes et à la couleur étrangement sombre – un brun presque noir qui leur confère une menaçante majesté. Ce sont les Superstition Mountains, nommées ainsi en raison de la crainte que les Amérindiens en concevaient. Fantômes et monstres auraient peuplé les cavernes obscures, et quand le couchant allongeait son ombre, la montagne ouvrait ses crocs.

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    Superstition Mountains !

    La première étape sur la route est le Superstition Mountain Museum, où une ville pionnière a été reconstituée autour de la chapelle de bois blanc, et où des chollas – petits cactus buissonnants – sournois transpercent les chaussures des voyageurs imprudents. Leurs fruits rouges voguent sur une mer d’épines tranchantes. Le musée retrace l’histoire épique de l’Apache Trail, autrefois empruntée par les Amérindiens lors des grandes migrations, et devenue un itinéraire incontournable pour les diligences postales, puisqu’elle était la seule piste permettant de couper à travers les montagnes. On changeait de chevaux à Tortilla Flat, et s’accrochait à son revolver et son crucifix dans la terreur des attaques des Indiens postés sur les hauteurs, parmi les cactus et les rochers fantastiques. Puis on décida qu’il fallait mieux maîtriser le flux de la Salt River, la rivière capricieuse qui coule au fond de la vallée, et qui hésitait sans cesse entre inondations destructrices et sécheresses calamiteuses. La maîtrise de l’eau dans le désert, voilà toute l’histoire de l’Arizona, depuis les Hohokam jusqu’à Roosevelt. Le président fit construire le barrage qui porte aujourd’hui son nom, et agrandir la route afin de permettre le passage des véhicules du chantier. C’est ainsi que l’Apache Trail devint un itinéraire touristique plébiscité par tous, sans pourtant être jamais goudronnée dans son intégralité. C’est un snobisme de cow boy : l’Ouest authentique, ça se mérite…

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    Musée de l’Apache Trail

    Goldfield Ghosttown

    Goldfield appartient à la longue lignée américaine des villes fantômes. Ce sont des villes qui jaillissent tout à coup au milieu de nulle part, comme le désert qui fleurit soudain après l’averse, parce qu’un aventurier a trouvé un filon d’or, de cuivre ou de borax. Tous les ambitieux et les optimistes accourent soudain, creusent des mines, bâtissent des maisons, des marchés, des salles de bal et des lampadaires, fondent une ville, qu’ils déserteront tout aussi vite une fois le minerai épuisé. La ville est alors laissée en plan, comme une épave échouée. De Goldfield, il ne restait pas grand-chose. Mais elle était le rêve d’un petit garçon devenu grand, qui avait passé sa vie à jouer aux cow-boys, et a ressuscité la ville oubliée. Goldfield est un Disneyland de l’Ouest. Les tunnels miniers ont été rouverts, bars, saloons, boutiques et maisons du sherif, reconstitués. Une ligne de chemin de fer entoure même le village 1900. Un attrape-touriste, Goldfield ? Ou plutôt un rêve qui a repris vie ? L’entrée est libre et gratuite, à chacun le loisir de se faire une idée. J’ai été conquise.

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    Welcome to the Wild West

    Tout comme Jeff, dont le caniche vient me lécher les chevilles, me poussant à engager la conversation avec son propriétaire. Jeff a une quarantaine d’années – il en fait plus, entre soleil et cigarettes – et vient de New York. Un jour, il a quitté son job, acheté un camping-car et s’est mis à arpenter le pays. Après plusieurs années d’errance et de petits boulots, il s’est posé ici à Goldfield, où il s’occupe d’entretenir le village. On lui a aménagé un emplacement pour sa caravane, et on ne l’empêche même pas de boire une bière pendant le boulot. Jeff se sent libre ici. « C’est un des endroits les plus américains que je connaisse. Tu vas aimer. »

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    Saguaro à Goldfield.

    Lost Dutchman State Park : sur la piste de l’or perdu

    Au cœur des montagnes de la Superstition, certains chemins de randonnée sont plus populaires que d’autres : ceux du « parc du Hollandais perdu ». Le Hollandais était en vérité un Allemand, Jakob Waltz, né en 1810 dans un petit village du Baden-Würtenberg. Il appartient à cette génération d’Européens qui n’ont rien à perdre, traversent l’Atlantique en haillons, et deviennent chercheurs d’or, pionniers, bandits, aventuriers rafistolés dans tous les sens, avec une affinité prononcée pour le goulot et la gâchette. Après des années de combines et de crimes divers, Jakob devient soudain une célébrité locale. Plusieurs fois par an, il s’enfonce dans les montagnes de la Superstition, et revient chargé d’or brut. La rumeur se répand à toute vitesse : le vieux scélérat a trouvé une mine dans les montagnes. Mais tous ceux qui tentent de le suivre lors de ses excursions rocailleuses se font descendre vite fait. Jakob est riche, et personne n’a pu percer son secret. Mais même les bêtes les plus féroces de l’Ouest finissent par passer l’arme à gauche. Sur son lit de mort, l’Allemand confie l’emplacement de sa mine à la jeune femme qui le soigne, et celle-ci griffonne une carte d’après ses indications. Accompagnée d’un ami, elle part à la recherche du trésor… en vain.

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    Lost Dutchman State Park

     

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    Hello, montagne iconique !

    Le mystère dure depuis plus d’un siècle. Des centaines, des milliers d’aventuriers, de géologues amateurs et de fous de codes secrets ont échafaudé des théories les plus folles les unes que les autres. Les scientifiques disent qu’il n’y a pas d’or dans les montagnes de la Superstition, et qu’il n’y en a jamais eu. Pourtant Jakob revenait toujours à Tortilla Flat chargé d’or brut, qu’il s’empresser de dépenser de toutes les façons les plus dispendieuses et immorales possibles – d’où venait alors cet or ? Aujourd’hui encore, on croise des chercheurs d’or armés d’un détecteur de métaux et de documents ésotériques dans les montagnes. A la boutique du parc, on peut acheter la carte au trésor établie selon les indications de Jakob à l’agonie, et toutes sortes de babioles commémorant une des énigmes les plus célèbres de l’Ouest.

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    Du haut de la montagne

    Bien qu’elles n’enrichissent pas le voyageur, les Montagnes de la Superstition ne le décevront pas. Le sommet le plus célèbre, le mont dans lequel disparaissait Jakob, se nomme « l’aiguille du tisserand » – Weaver’s Needle. Ce groupe de pitons brun doré a des airs d’île au mort, avec ses arrêtes tranchantes et ses pentes recouvertes de cactus – les grands saguaros majestueux, les chollas au traître duvet, les « cactus tonneaux » qu’avril couvre de fleurs. Une petite boucle de randonnée propose de partir à l’ascension du plateau, et la vue sur les étendues d’Arizona récompense de la côte gravie en plein soleil.

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    Panorama de la superstition…

     

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    Jolie collection de cactus : saguaro, cholla, barrel cactus.

    Tortilla Flat

    Tortilla Flat : j’ai entendu les explications les plus incongrues au sujet de ce nom loufoque. Le paysage serait « plat comme une omelette ». Il n’y aurait ici que des tortillas à manger. Un cow boy aurait mis des œufs dans sa sacoche et, les trouvant écrasés (quelle surprise, ce cow boy me semble bien peu au fait des lois de la physique en vigueur sur la planète Terre), se serait exclamé « it’s a flat tortilla ». Bref. Le Plat de l’Omelette était une halte sur la route des coursiers de poste, où on changeait de chevaux avant de poursuivre son chemin poussiéreux.

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    Ambiance accueillante à Tortilla Flat.

    Tortilla Flat est un minuscule village western très orienté sur l’absorption d’alcool. On y trouve toutes les curiosités habituelles des attractions touristiques western : un pendu, un bar couvert de billets d’un dollar, et un groupe de country, Tortilla Flat Band, qui joue là depuis vingt ans en enfilant des blagues d’ivrogne (ils m’ont bien plu). Je mange des tacos au fromage fondu en écoutant du Johnny Cash à côté d’une famille mormone très sympa. Tout ceci est outrageusement cool.

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    The Tortilla Flat Band !

     

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    Tortilla Flat était le repère de Jakob, l’Allemand perdu.

    Quand je reprends la route, le bitume cède la place à la piste sablonneuse. La véritable aventure commence.

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    La route !

    Fish Creek et la route jusqu’au Roosevelt Dam

    Voici donc les paysages sauvages qu’on m’avait promis – les routes coupe-gorge qui serpentent au milieu des canyons, les forêts de cactus ondulant jusqu’à l’horizon, les falaises abruptes, les points de vue vertigineux. Seule sur l’Apache Trail, cahotant dans des nuages de poussière au milieu de paysages en Technicolor, hurlant à tue-tête les standards country repris par le Tortilla Flat Band dont j’ai acheté le CD, j’ai complété ma check list de l’Ouest. J’envisage de faire comme Jeff, d’acheter un camping-car et un caniche, et de ne jamais repartir. Je me dis le vrai road trip qui tâche, c’est l’Apache Trail, et je bénis Mr Statue qui m’a fait renverser mon smoothie sur mon sac.

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    Grandiose Apache Trail

     

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    Sur la route

    Fish Creek Canyon fut la portion de route la plus ardue : il fallut créer une route à flanc de falaise, en creusant la roche – des mois d’effort et des tonnes de dynamite. Cela reste la partie la plus dangereuse de la piste : extrêmement étroite, serpentant au-dessus du vide.

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    Portion de route ardue

    Petite pause à Fish Creek, le camping le plus paumé de l’Ouest. Au fond de la gorge, au bord du lac, des gens pêchent et somnolent dans des chaises pliables. Tout est un peu déglingué et antique.

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    La Salt river

    La route est interminable, mais de plus en plus belle. Peu avant l’arrivée au barrage, c’est un canyon rouge vif, aux parois couvertes de cactus géant, entourant la Salt River. Je voudrais m’arrêter tous les mètres.

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    Vue sur la vallée

     

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    Cactus en fleur, joies du mois d’avril en Arizona

     

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    Floraison de l’Ouest

    L’Apache Trail s’achève au barrage. Il est possible de continuer en direction de Globe, ou de revenir sur ses pas – ce qui est mon choix. Je suis prête à affronter à nouveau la piste pour la joie de voir les montagnes de la Superstition au soleil couchant.

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    Juste avant le barrage

     

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    Roosevelt Dam

    Coucher de soleil sur l’ Apache Trail

    Je reprends donc ma route poussiéreuse.

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    Saguaro étrangement cornu

    Retour au Lost Dutchman State Park, en compagnie du fantôme de Jakob. Couverte de poussière, la voix rauque d’avoir trop chanté, je me retrouve toute seule parmi les ombres. Le parc est déserté et j’ai la certitude de vivre un des plus beaux moments de solitude sauvage de ce voyage. Je m’assois sur un banc au pied d’un saguaro immense, et j’attends en silence. Je sais que quand le soleil descend, le désert prend vie, et j’espère en être témoin.

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    De retour au coeur des Superstition Mountains

    Au bout de deux minutes, je suis exaucée au-delà de mes espérances. Un serpent à sonnette jaillit des buissons et traverse le chemin, dessinant une série de S appuyés dans le sable. Je ne bouge pas. Je ne prends pas de photo. J’attends la suite du spectacle.

    Au loin, un troupeau de biches fourrage parmi les buissons épineux, à la recherche de quelques pousses comestibles. Leurs postérieurs sont blancs et dessinent des petits points lumineux dans le couchant.

    Soudain, à quelques mètres de moi, la plus jolie surprise. Je n’espérais pas en voir :  des javelinas, ou pécaris, petits pachydermes du Nouveau Monde, qui ressemblent vaguement à des sangliers, mais n’en sont pas. C’est toute une petite famille qui sort de sa cachette et s’active tout près, tandis que je cherche à me statufier.

    Je resterai longtemps ainsi, sans bouger, jusqu’à ce que l’obscurité monte et que je sente venu le moment de continuer ma route. Un mouvement, et la faune s’égaille.

    L'Apache Trail ? Une piste aussi mythique que la route 66, qui serpente dans le désert d'Arizona, et charrie toute la légende de l'Ouest ! Partez pour un road trip au pays des cactus, avec Itinera Magica.
    Esprits des Superstition.

    Ce coucher du soleil vivant sur les montagnes noires restera mon plus beau souvenir de l’Apache Trail – peut-être même du voyage tout entier.

    Vous voulez voir les serpents, les javelinas, les coyotes et toute la foule du désert ? Prochain article sur Itinera Magica : la faune et la flore du désert d’Arizona !

    L'Apache Trail, la plus belle piste de l'Ouest ! Incontournable de tout roadtrip en Arizona, USA
    Epinglez moi !

    En pratique : road trip sur l’Apache Trail, les détails

    L’Apache Trail est une piste dans le désert, à environ une heure de route à l’Est de Phoenix. L’Apache Trail, la vraie, l’historique, va d’Apache Junction à Roosevelt Dam. Une fois arrivé au barrage, vous avez deux possibilités :  finir la boucle en direction de Globe, ou revenir sur vos pas. La portion qui part vers Globe est beaucoup plus banale, mais a l’avantage de vous éviter de reprendre la piste.

    Carte de l'Apache Trail
    Carte globale
    Apache Trail
    Carte détaillée. La partie historique est en haut (Apache Junction jusqu’au barrage), le reste de la boucle en bas. Source de l’image

    Quel que soit votre choix, il vous faudra la journée pour parcourir l’Apache Trail, surtout si vous voulez prendre le temps de visiter Goldfield Ghosttown, faire une petite randonnée à Lost Dutchman State Park, manger des tacos à Tortilla Flat…

    Faut-il un 4 x 4 pour prendre l’Apache Trail ?

    Non. De Tortilla Flat au barrage, il s’agit de piste non bitumée, mais de bonne qualité : relativement lisse et stable. Je l’ai empruntée avec la plus petite voiture de l’agence de location sans souci. En revanche, soyez extrêmement vigilant sur la météo : comme toutes les routes dans le désert, mais de façon plus aigüe et dramatique encore, l’Apache Trail est sujette à ce qu’on appelle les « flash floods » (inondations éclair). Ces torrents soudains de boue tuent des automobilistes imprudents chaque année en Arizona. N’empruntez jamais ce type de route s’il existe un risque de pluie. De plus, j’imagine que la piste doit être beaucoup plus difficile par temps humide : choisissez un jour ensoleillé où elle sera sèche et bien dure.

    Peut-on manger sur l’ Apache Trail ?

    Oui, au tout début à Goldfield Ghosttown, et au milieu, à Tortilla Flat. Au camping de Fish Creek, on peut également acheter quelques boissons, biscuits, etc.

    Combien de temps pour faire l’Apache Trail ?

    Il faut compter une journée entière, ne prenez pas moins, vous n’en profiteriez pas.

    Combien ça coûte ?

    L’Apache Trail est une route publique et gratuite. L’entrée au Lost Dutchman State Park coûte 7 dollars par personne. Il existe également un site de camping dans le parc : 15 dollars sans électricité, 25 avec.

    L’Apache Trail, est-ce que ça vaut le coup ?

    Absolument ! Cela restera un de mes plus beaux souvenirs d’Arizona.

    Apache Trail – roadtrip Arizona – voyage en Arizona – USA – découvrir l’Apache Trail – Arizona – Etats-Unis