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Catégorie : Alpes

  • Oui à l’hélico et aux canons pour sauver la montagne

    Ce matin dans mon fil d’actualité Facebook et Twitter, un sujet est en tête de gondole : la station de ski de St Jean Montclar, située au-dessus du lac de Serre-Ponçon dans les Alpes du sud, a fait venir par hélicoptère la neige manquant en bas des pistes. La station s’étendant de 1350 à 2500m d’altitude, il lui a suffit de louer un hélicoptère pour une journée de rotations, et de prendre la neige au sommet du domaine pour combler le déficit d’enneigement au village. Plus haut, l’enneigement naturel prend le relai, et cette jolie station familiale très appréciée des Aixois et des Marseillais a pu ouvrir normalement et accueillir les visiteurs. Mais sur les réseaux sociaux, il est de bon ton de s’en offusquer : scandale écologique ! absurdité ! Face à l’indignation facile et au prêt-à-penser, peut-être qu’un autre point de vue s’impose.

    Raquettes à Montclar
    St Jean Montclar

    St Jean Montclar, la seule station autogérée d’Europe

    Montclar est un cas hors normes, un petit miracle d’esprit collectif unique sur notre continent. Parce que la société d’exploitation qui la gérait ne la jugeait plus assez rentable, la station aurait dû fermer en 2017. Mais pour les habitants de Montclar, cette décision signifiait tout simplement la mort du village. Installés ici depuis des générations, pratiquant comme tous les montagnards des Alpes provençales une pluriactivité souvent agricole (berger l’été, moniteur de ski l’hiver, par exemple), les habitants de Montclar savaient qu’ils ne pouvaient survivre économiquement sans le ski. Si la station fermait, tous les habitants non retraités auraient dû quitter la montagne et redescendre en plaine pour gagner leur vie, en sachant que leurs maisons auraient perdu toute valeur et qu’ils n’auraient jamais pu vendre leurs biens à un prix leur permettant de racheter autre chose ailleurs. Les gens de Montclar se sont donc lancés dans une aventure humaine extraordinaire : ils ont rassemblé toutes leurs économies, hypothéqué leurs maisons, et ont racheté la station. Depuis 2017, la station est autogérée. C’est un collectif d’habitants qui fait vivre Montclar, prépare le domaine, fait fonctionner la station, offre des activités ludiques pour toute la famille, gère les hôtels de charme, les trois restaurants labellisés Maître restaurateur, la patinoire, etc.

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des canons enneigeurs, des hélicoptères, de toutes les initiatives sauvant les stations de moyenne montagne françaises.
    Plusieurs personnes au coeur du projet de sauvetage de Montclar, passionnées et amoureuses de leur pays.

    Plusieurs familles sont au cœur de l’aventure, et surfant sur le dynamisme de cette station solidaire qui prend son destin en main, plusieurs artisans sont venus s’installer à Montclar et entrer à leur tour dans l’aventure. J’y ai skié en 2018 – retrouvez ici mon article sur Montclar – et j’ai été profondément touchée par l’esprit de solidarité, d’amitié, de chaleur humaine qui anime la station. Skier à Montclar, c’est allier convivialité et solidarité à un très beau domaine surplombant le lac de Serre-Ponçon et offrant de vraies belles pistes de tout niveau.
    Pour les gens de la vallée de la Blanche, l’équation est très simple : s’il n’y a pas de neige, si la station n’ouvre pas, tout le monde perd tout, emplois, maisons, hypothèques, emprunts. Une journée de rotations par hélicoptère, c’est un investissement de 8000 euros qui sauve une saison toute entière, et l’existence de tout un village peuplé de familles et d’amis ultra soudés. Essayons de nous mettre une seconde à leur place – n’importe qui aurait fait la même chose qu’eux.

    Une station de ski familiale et solidaire dans les Alpes du sud : Saint Jean Montclar, autogérée par ses habitants
    Skier au dessus du lac de Serre-Ponçon à Montclar

    Ecologie et empathie

    Que disent les contempteurs sur les réseaux sociaux ?  Que les stations de moyenne montagne n’ont qu’à fermer. Ils donnent des leçons de lâcher prise : « apprenons à vivre avec la nature, les saisons, les aléas », « rendons la montagne à la montagne », « acceptons de fermer les stations ». Je suis toujours frappée par le détachement dont les gens sont capables de faire preuve quand ils ne sont aucunement concernés – je serais curieuse de voir leur grande sagesse philosophique à l’épreuve du feu si leurs emplois et leurs lieux de vie étaient touchés à leur tour, si leur entreprise licenciait ou si leur maison était déclarée inhabitable. Ecologie peut et doit rimer avec empathie. Une vraie écologie sociale, un développement durable réel prennent en compte les besoins des populations, la dynamique des territoires, pour construire une relation harmonieuse avec le milieu et non pour être dans une logique d’opposition stérile où on préfère la nature aux hommes, en ignorant leur interconnexion. On ne peut prétendre vouloir sauver « la planète », entité abstraite, et se moquer des aspirations légitimes d’humains bien réels, qui plus est quand ils aspirent justement à rester vivre dans un milieu naturel qu’ils connaissent par cœur depuis des générations, et qu’ils revendiquent justement l’attachement à cette montagne, cette culture, ce mode de vie en phase avec leur terre. L’été bergers, éleveurs, charpentiers, cultivateurs, artisans, l’hiver guides de montagne, pisteurs, perchistes – s’agit-il vraiment de gens qu’on peut accuser de méconnaître ou de mépriser leur environnement ? Eux qui vivent au rythme des saisons, qui manifestent cet attachement profond à leur terre et le désir de rester y vivre malgré les difficultés ?

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des canons enneigeurs, des hélicoptères, de toutes les initiatives sauvant les stations de moyenne montagne françaises.
    Fin de journée dans un resto d’altitude à Montclar, appartenant à la même famille depuis plusieurs générations.

    Petites stations et écologie

    Il faut aussi bien se dire que même dans une logique purement écologiste, même si on se moquait complètement de la vie des gens de Montclar, même si on n’en avait strictement rien à faire des intérêts économiques du village, sauver les petites stations est une bonne chose pour l’environnement.

    La France a longtemps compté de nombreuses petites stations. Mais depuis une vingtaine d’années, les stations de basse altitude, situées entre 1000 et 2000 mètres, ont été les premières victimes du changement climatique et de la course à la rentabilité. Selon un article de Léa Dauplé et Pierre Bafoil paru le 29.12.2019 dans le Journal du Dimanche, « Sur la piste des stations fantômes », il y aurait 168 stations fermées sur les 584 construites en France depuis les années 30, soit 28% du total. Chaque fermeture de station s’accompagne d’un drame humain : le tourisme d’été et de neige hors ski n’est pas suffisant pour assurer la viabilité des installations économiques, et cela signifie la fermeture d’hôtels, de restaurants, la perte de nombreux emplois. De nombreuses stations fantômes deviennent aussi des villages fantômes, les habitants quittant ces lieux isolés et escarpés où ils ne peuvent plus gagner leur vie.

    Enneigeur à Orcières-Merlettes. Ces canons à neige, aujourd'hui beaucoup plus performants, sont essentiels aux stations de moyenne montagne. Afin de préserver la ressource en eau potable, les communes se sont mises à construire des retenues pour stocker l'eau pendant les grandes pluies d'automne et de printemps.
    Enneigeur à Orcières-Merlettes. Ces canons à neige, aujourd’hui beaucoup plus performants, sont essentiels aux stations de moyenne montagne. Afin de préserver la ressource en eau potable, les communes se sont mises à construire des retenues pour stocker l’eau pendant les grandes pluies d’automne et de printemps.

    La fermeture des petites stations signifie plusieurs choses. Tout d’abord, la concentration du tourisme sur les grandes stations. Avez-vous déjà vu les embouteillages énormes menant aux grandes stations de ski les week-ends d’hiver, en direction de Val d’Isère, Val-Thorens ou l’Alpe d’Huez, ou encore dans la vallée de Chamonix ? Ne pensez-vous pas que pour le milieu montagnard, ces énormes embouteillages emprisonnant les vallées sont bien plus dommageables qu’une unique journée de rotations d’hélicoptère ?

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
    Se sentir seul au monde dans les petites stations. Vercors


    Dans une logique de tourisme durable, on encourage justement les gens à diversifier leurs lieux de villégiature, à sortir un peu des sentiers battus, à visiter des lieux moins connus, afin d’alléger la pression touristique sur les sites les plus célèbres, et pour garantir la qualité de l’expérience touristique. Les petites stations, c’est un endroit où l’affluence moins importante et des prix du m2 plus bas permettent aux petits commerçants d’exister, c’est un endroit où on pourra trouver des restaurants valorisant le fait-maison et la production sur place, de petits hôtels et chambre d’hôtes familiaux, des accueils à la ferme, bref, un tourisme justement plus écolo et ancré dans le terroir. C’est pour cela que j’y suis tellement attachée, et que j’ai publié récemment un article sur les petites stations familiales qui permettent cette expérience personnelle et authentique. Les amoureux d’un tourisme plus vert devraient encourager les petites stations de ski et veiller à leur pérennité.

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
    En Chartreuse.

    Dans une logique de tourisme durable toujours, on veille à ce que le ski reste accessible financièrement. Que se passe-t-il sinon ? Il y a une douzaine d’années, on a vu la fréquentation des stations de ski s’effondrer face à la concurrence des vols low-cost vers les destinations ensoleillées de Méditerranée. Les familles au budget un peu juste n’avaient plus les moyens de s’offrir une semaine de ski et préféraient filer au soleil. Depuis, les stations de ski ont cherché à rectifier le tir, et y sont bien parvenues. Elles ont beaucoup baissé leurs prix. Elles ont énormément diversifié leurs activités pour que les non-skieurs puissent accompagner leur famille ou leur conjoint skieur sans s’ennuyer : dans les petites stations familiales françaises, j’ai ainsi pu tester l’hiver dernier le yooner, le fatbike, la luge sur rails, le chien de traîneau, le parapente, les bains du trappeur, les différents spas, les raquettes, le tai-chi, la marche nordique, la calèche, et plein d’autres choses encore.

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
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    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.


    Mais, toutes les études le montrent, ces activités ne suffisent pas à faire venir les touristes, même si elles renforcent l’attractivité d’une station et sont déterminantes dans le choix d’une destination quand il y a des non-skieurs dans la famille. Le ski reste le moteur du tourisme en montagne. Et quand les gens qui ont prévu de partir en vacances ne partent pas au ski, ils remplacent par un soleil lointain. Si vous êtes dans une logique de réduction de l’aérien, le ski est votre allié, et tout particulièrement les petites stations, qui sont souvent très intéressantes financièrement. J’ai été bluffée par les petits prix dans le massif de la Chartreuse, par exemple. Permettre aux gens qui veulent s’offrir des vacances, mais qui ne sont pas richissimes, de partir en France, n’est-ce pas une bonne chose à la fois pour l’environnement et pour l’économie ?

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.

    Dire « fermons les petites stations », c’est réduire l’offre pour les plus modestes, forcer les gens à partir plus loin au prix de trajets plus longs, à ce que cela leur coûte plus cher, accentuer la massification du tourisme sur les grosses stations – ce n’est pas un bon calcul environnemental.

    A ceux qui veulent voir disparaître le ski

    Certains sont plus radicaux encore. Certains disent : arrêtons totalement de skier. Abandonnons les stations et « laissons la montagne à la montagne ». Outre le fait que la fin de l’offre de ski en France réorienterait les touristes vers des destinations plus lointaines, comme je le disais à l’instant, une telle vision me paraît complètement antithétique avec un souhait de développement durable du territoire français.

    L'hiver dans le massif de la Chartreuse : où dormir ? que faire ? que voir ? Idées d'activités en hiver en Chartreuse, à côté de Grenoble. Marche nordique en Chartreuse

    Pourquoi a-t-on créé les stations de ski ? Pas seulement pour permettre aux urbains d’aller s’éclater en dévalant des pentes, mais pour permettre aux gens des montagnes de rester vivre dans les montagnes. Après la Seconde guerre mondiale, nous avons connu une logique de rationalisation de l’économie française qui a permis un vrai progrès pour tous : nourriture plus abondante et plus sûre, création de richesse, miracle économique qui a permis à nombre de Français modestes de vivre mieux et plus longtemps, allongement de l’espérance de vie. Mais cette rationalisation a nécessairement favorisé les plaines, les grands axes, les grands nœuds de commerce, au détriment des territoires isolés. Qu’est-ce que la montagne ? Un territoire peu productif. Le gel, la neige, la pente, l’inaccessibilité, l’isolement, sont autant de facteurs qui font que les sommets ne seront jamais aussi rentables aux activités humaines que la vallée du Rhône ou la côte méditerranéenne.

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
    Territoire sublime, mais complexe à mettre en valeur.


    Mais qu’est-ce que la montagne, aussi ? Un territoire merveilleux qui a su cultiver une identité, une singularité, une beauté qui sont un joyau de la culture française et qu’il faut préserver à tout prix. Avez-vous vu les maisons traditionnelles savoyardes, tout de bois sculpté, ou les chalets du Jura entièrement recouverts de tavaillons ? goûté le comté, le beaufort ou le reblochon ? rencontré les bergers des Alpes du sud et des Pyrénées qui mènent leurs troupeaux de brebis sur les estives, selon la tradition pastorale séculaire du sud ? vu les bûcherons récupérer les sangles d’épicéa et sculpter les porches des chalets ? visité les chapelles solitaires des montagnes, peuplées de saints protecteurs contre les avalanches et les gelées, senti la ferveur du peuple des longs hivers, entendu les cantiques occitans des Pyrénées ? entendu les troupeaux dans les pentes abruptes et les chants de leurs bergers ? Voilà ce que sont les montagnes françaises, voilà ce trésor à protéger. On a inventé les stations de ski pour que les gens puissent perpétuer leurs traditions, rester ici, vendre leurs produits, vivre de la terre et de leurs mains, avoir une source de revenus importante en hiver qui puisse faire tenir le reste de l’année.

    La montagne sans les hommes

    Que va-t-il se passer si les stations ferment ? Les montagnes se changeront en déserts. Ne croyez pas qu’on pourra encore en profiter l’été comme avant, que le ski n’est qu’anecdotique. Le ski permet aux gens qui entretiennent la montagne toute l’année de rester y vivre. Si les gens partent, les chemins ne seront plus entretenus, les troupeaux ne dégageront plus les plateaux, la broussaille poussera dans les friches et fermera le paysage, il n’y aura plus de refuges, d’hôtels, de restos, de produits régionaux, de culture montagnarde. La montagne redeviendra ce qu’elle a longtemps été, un territoire inaccessible, inhospitalier, perdu pour nous. Si nous aimons les montagnes, nous devons être les alliés de ceux qui les font vivre. Selon l’article du JDD que je citais, 80 petites stations sont en danger en France. Je ne me résous pas à les voir disparaître.

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
    Les sublimes hauts plateaux du Vercors, entretenus par le pastoralisme

    Alors comment s’offusquer de quelques rotations d’hélico à Montclar quand on sait tout ce qu’il y a en jeu, sincèrement ? Si vous aimez les montagnes, allez à Montclar, allez dans les Alpes du Sud, allez dans le Vercors, en Chartreuse, dans le Jura, dans la Vanoise et ailleurs. Allez dans les petites stations. Allez skier là-bas. Et si vous voulez diminuer la dépendance du modèle économique montagnard au ski, n’hésitez pas à tester les autres activités, à faire appel aux moniteurs de raquettes ou de yooner, à tester d’autres sports, d’autres découvertes, à sortir au resto, au spa, au bar, à diversifier, vous aussi, votre expérience de la montagne.

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.

    Je vous suggère ici onze jolies stations pour commencer, et j’espère bien continuer à vous en présenter. Et vous ? Irez-vous skier cet hiver ? Où cela ?

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.

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  • Onze stations de ski familiales à découvrir cet hiver

    Où skier cet hiver dans les Alpes et ailleurs ? Je vous propose onze stations de ski familiales que j’ai eu le plaisir de découvrir. Ce sont des stations à taille humaine, où la beauté du décor montagnard est préservée. On ne vient pas ici seulement pour le ski, mais pour un riche bouquet d’activités ludiques, relaxantes ou dépaysantes. Des Alpes au Pyrénées, du Jura au Massif central, des spas aux insolites, des chiens de traîneau aux raquettes nocturnes, de la motoneige au parapente, cap sur les sommets français et leur richesse hivernale. Je vous propose une sélection de petites et belles stations de ski familiales que j’ai eu le plaisir d’expérimenter l’hiver dernier, et qui méritent le détour…

    stations de ski familiales en france
    Pralognan la Vanoise

    Des stations de ski familiales dans les Alpes

    Au soleil du Sud à Orcières-Merlette

    Orientée plein Sud sous le ciel provençal, Orcières-Merlette incarne pleinement les « Alpes du soleil ». C’est sans doute la station la plus ensoleillée que j’aie pu découvrir, mais l’altitude et les enneigeurs assurent une qualité de neige constante malgré cette chaleur provençale. Labellisée Famille +, la station s’illustre par sa crèche-garderie et son offre à destination des enfants, avec de nombreuses pistes ludiques (100km de pistes, 19,50€/j par adulte) qui en font un exemple parmi les stations de ski familiales. Pour les sensations fortes, on testera le parapente des neiges (le départ dans la pente ski aux pieds est un vrai shoot d’adrénaline !) et la tyrolienne géante, une des plus grandes des Alpes (140km/h !). Au cours de cuisine, on prépare les tourtons et ravioles du Champsaur, ou encore la confiture de fleur de mélèze, l’arbre emblématique des Alpes du Sud. Un insolite ravira les courageux : les Bains du trappeur, où on se plonge dans des baignoires de bois chauffées à la flamme au fond d’une combe gelée – un vrai décor de livre d’aventures. Et pour un spa plus paisible, on ira se faire chouchouter chez Peau d’Ours, pour un coucher de soleil sur les sommets roses dans l’eau tiède…

    Mes coups de cœur à Orcières : La visite du hameau de Prapic, vrai village pastoral des Alpes du Sud, d’une beauté de carte postale. Les bains du trappeur, une expérience vraiment inédite et puissante dans une combe sibérienne. Le soleil du sud.

    Où dormir ? A l’hôtel Les Catrems, avec ses balcons ensoleillés et son joli décor cosy, à partir de 75€/nuit en chambre double

    Retrouvez mon article complet sur Orcières-Merlette

    Soleil et solidarité à St Jean Montclar

    La seule station autogérée d’Europe continue son bonhomme de chemin et transforme l’essai : outre l’expérience humaine inédite qui confère une atmosphère incroyablement chaleureuse et solidaire à cette station dont les commerçants sont les propriétaires, on vient pour la beauté du cadre au-dessus du lac de Serre-Ponçon, le soleil des Alpes du sud, la patinoire familiale, les raquettes avec vues sublimes, les trois restaurants labellisés Maître restaurateur, ou encore le spa du domaine de l’Adoux. Montclar m’a profondément touchée et a cœur de proposer un accueil de grande qualité, une vraie variété d’expériences et un sens du service rare. Quand solidarité rime avec pur plaisir… Montclar, on en redemande.

    Mes coups de cœur à Montclar : La vue sur le lac de Serre-Ponçon et le soleil des Alpes du Sud. La qualité de l’offre gastronomique. Et surtout, l’ambiance incroyablement chaleureuse de cette station qui a réussi un vrai miracle.

    On dort où ? Au domaine de l’Adoux, très joli hôtel en pleine nature avec un beau spa et un resto labellisé maître restaurateur qui vous régale de produits régionaux. A partir de 120 €/nuit en chambre double.

    Retrouvez mon article complet sur St Jean Montclar.

    Echappées sauvages dans le Vercors

    Véritable forteresse minérale, le Vercors reste un massif sauvage et préservé, qui sied aux amoureux des grands espaces. J’ai un attachement immense à ces montagnes qui font partie des plus belles de France à mes yeux. Le Vercors, c’est l’aventure, l’inédit. Au sud du massif, on explorera chez Esprit du Nord le plus grand parcours de chiens de traîneaux des Alpes avec l’impression d’être parti dans les immensités de Laponie, avant de dormir dans une kota (cabane finlandaise) sous les sapins. A Autrans, on testera le ski de randonnée nordique sur les hauts plateaux du Vercors, seul dans un paysage de hors-piste sauvage et préservé, et on jouira des vues éblouissantes sur Grenoble et sur toute la chaîne des Alpes, avant de manger une soupe pomme/tomate au refuge des Feneys. Villard-Corrençon propose le plus grand domaine skiable du Vercors dans un décor boisé (125 km de pistes, 38€/j par adulte). Pays des champions, terrain d’entraînement privilégié des plus grands athlètes, Corrençon propose des équipements exceptionnels, comme ZeCamp, hôtel original ouvert par des champions olympiques, où on retrouvera toutes les infrastructures pour une mise en condition de pointe. A partir de 88€/nuit en chambre double. A Gresse-en-Vercors, village magnifique niché sur le flanc Est du massif, on teste le yooner (sorte de luge-trottinette) et le fatbike (un vélo des neiges) au pied des plus beaux sommets du massif dans cette petite station de ski familiale. Ici on skie avec les yeux dans le Mont Aiguille, la montagne mythique du Vercors – je rêve d’y retourner pour un envol en parapente dans ce décor légendaire. Et on se régale et dort douillettement au Chalet Preyer, resto gastronomique délicieux labellisé Maître Restaurateur et hôtel de charme.

    Mes coups de cœur dans le Vercors Les expériences outdoor incroyables : chiens de traîneau dans un espace naturel immense, ski de randonnée nordique sur les hauts plateaux. Le concept de l’hôtel ZeCamp. Gresse en Vercors, un des plus beaux villages du massif, au pied du Mont Aiguille, et le resto exquis du Chalet Preyer.

    Retrouvez mon article complet sur le Vercors en hiver

    Prendre soin de soi en Chartreuse

    Depuis mille ans, les moines sont installés au cœur des montagnes de la Chartreuse, cultivant la solitude dans ce cadre magique empreint de spiritualité. On s’approche en raquettes du sublime monastère, on vient savourer l’énergie particulière de ce massif apaisant et la beauté des villages de St Pierre et St Hugues, où le musée d’art sacral présente des œuvres religieuses contemporaines saisissantes et prouve que la mythique Chartreuse continue d’inspirer les mystiques. Parce que ce massif à la dimension spirituelle puissante apaise l’esprit et soigne le corps, on associe sophrologie, diététique et marche nordique pour une matinée rien que pour soi chez trois prestataires soucieuses de votre bien-être. On finit par un déjeuner sain et un bain avec vue sur le Grand Som chez Oréade, balnéothérapie zen : bonheur de buller dans des baignoires de bois, le regard dans les sommets… Si le repas diététique vous laisse sur votre faim, offrez-vous une halte gourmande à la chocolaterie réputée de Sandrine Chappaz : même le Ritz raffole de ses créations ! St Pierre de Chartreuse est la station de ski familiale par excellence, avec ses pistes accessibles (35km, 22,50€/j par adulte), et qui rêve de nature se lancera en ski de randonnée ou profitera du domaine nordique, avec ski de fond et biathlon.

    Mes coups de cœur en Chartreuse : La beauté incroyable du monastère de la Grande Chartreuse, puits de spiritualité. L’originalité de l’église de St Hugues, musée d’art sacral puissant. Prendre soin de soi avec sophrologie, diététique et marche nordique. Les incroyables cabanes insolites. Les chocolats de Sandrine Chappaz. L’ambiance très spirituelle de ce massif hors normes.

    Où dormir ? On s’offre une nuit romantique insolite dans une cabane tout confort sur les cimes aux Cabanes Chartreuse Insolite. Seul au monde, bien au chaud, on admirera les étoiles dans le silence des bois. Je rêve d’y retourner entre amoureux. Cette nuit a été mon insolite préféré à ce jour, alliant originalité et confort idyllique. 140€/nuit

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    Retrouvez mon article complet sur le massif de la Chartreuse

    L’idylle savoyarde à Pralognan-la-Vanoise

    C’est une des plus belles cartes postales de Savoie : tout de chalets de bois et d’authenticité préservée, le village de Pralognan est situé au cœur d’un cirque rocheux spectaculaire. C’est une de mes visions préférées de l’hiver : l’Aiguille de la Vanoise fendant le ciel savoyard au-dessus des chalets, les forêts d’épicéas qui donnent à Pralo une allure de petit Canada, les chamois sur les barres rocheuses visibles depuis les pistes… ou encore le hameau de La Croix, qui incarne pour moi l’idylle hivernale absolue. (26km de pistes, 31€/j par adulte, entrée à la piscine et patinoire comprise). En raquettes, on observe la faune incroyablement riche de la Vanoise et les hameaux perdus, ou les skieurs confirmés s’essaient au telemark, une technique de ski norvégienne qui fait (beaucoup !) travailler les fessiers. Au coucher du soleil, on teste l’atelier igloo – garantie de se congeler doigts et orteils, mais l’expérience est très ludique. On finit la journée chez Pépé Gust’, bar-resto chaleureux et inventif où on cultive l’histoire de la station. Envie d’un dîner romantique ? Rdv au Grand Bec, resto gastronomique labellisé Maître restaurateur où la cuisine de montagne prend ses lettres de noblesse.Il s’agit également d’un bel hôtel de charme avec un très bel espace piscine et spa.

    Mes coups de cœur à Pralognan la Vanoise : La beauté magique de ce village savoyard authentique et de son cadre naturel d’exception. Les restos, Pépé Gust et le Grand Bec. Les chamois, partout. Le hameau de La Croix, de toute beauté, la vision hivernale parfaite de conte de fées.

    Où dormir ? Avec ses chalets sous les sapins, l’Epicéa Lodge a des airs de petit Canada. Chambre double à partir de 81€. Plus de luxe ? Rdv au Grand Bec, romantique avec son superbe spa et fin gourmet, à partir de 140€.

    stations de ski familiales dans les montagnes françaises

    Retrouvez mon article complet sur Pralognan la Vanoise

    Sensations fortes aux Saisies

    C’est peut-être un des plus beaux cadres naturels que j’aie eu le plaisir de découvrir à skis. Aux Saisies, on skie sous l’œil du majestueux Mont Blanc, sur un domaine immense et boisé, tout cousu de forêts de sapins et de spectaculaires panoramas sur trois massifs : Beaufortain, Aravis et Mont Blanc. Si le domaine skiable est vaste (77 km de pistes, 36,70€/j pour un adulte, 192km dans l’Espace diamant pour 42€), les Saisies s’illustrent aussi par la variété des activités. Les familles profiteront du grand-8 des neiges, étonnamment rapide mais totalement sécurisé, et d’un bel espace aqualudique avec piscine, salle de sport, salle d’escalade et spa. Pour ceux qui cherchent les sensations fortes : pourquoi ne pas s’essayer au biathlon sur l’espace nordique homologué pour les compétitions internationales, se prendre pour James Bond en motoneige, ou même conduire une dameuse ? Les romantiques préféreront une balade en traîneau, tiré par deux superbes chevaux… une des plus belles visions de mon hiver. Ce que j’aimerais encore tester aux Saisies ? Un vol en montgolfière…

    Mes coups de cœur aux Saisies : La beauté du domaine skiable, immense, magnifique, avec des panoramas incroyables sur le Mont Blanc et les Aravis. La motoneige, pour des sensations hollywoodiennes. La balade en calèche, follement romantique. La qualité de l’espace aqualudique.

     Où dormir ? Au MMV Les Chalets des Cimes, résidence locative de qualité avec piscine et spa. A partir de 700€/semaine pour 4 personnes, 1300€ pour 8.

    stations de ski familiales dans les montagnes françaises

    Retrouvez mon article complet sur Les Saisies.

    Belle ambiance et bonnes adresses à Morzine

    Le bourg historique de Morzine cultive une atmosphère inimitable : c’est une des stations les plus animées des Alpes. Je n’ai jamais autant eu envie de faire la fête qu’à Morzine, qui vit de la tradition de l’après-ski, avec danse en bottes de ski et eurodance kitsch des années 90. Les bonnes adresses sont légion dans le vieux cœur baroque. On se régalera de spécialités maison dans une cave d’affinage à La Fruitière, un cadre absolument spectaculaire et des spécialités savoyarde d’une qualité inimitable car entièrement produites par la maison (sans mentir : la meilleure raclette de ma vie !), ou on misera sur la gastronomie de charme à La Chamade. Morzine est sans doute la station la plus riche en bonnes adresses que je connaisse, et une valeur sûre pour les amoureux voulant combiner ski et romantisme. Pour les plus teufeurs, on fêtera « l’après-ski » en musique au Tremplin et on finira dans une des nombreuses boîtes de nuit. Ne manquez pas la visite du village, avec sa sublime église baroque, ses toits d’ardoise, ou encore le merveilleux Mas de la Couttetaz, la plus vieille maison du village, transformée en chambre d’hôtes romantique. Faites aussi un tour à Avoriaz, la station futuriste sur les falaises, où on peut même dîner et dormir dans un igloo. Enfin, dévalez toute la station en luge à la tombée de la nuit, pour une vision rare du village dans le crépuscule. Si le domaine skiable est immense (107km de pistes, 38€/j par adulte, accès aux 620km des Portes du Soleil pour 51€/j), les sentiers préservés sont nombreux : on s’essaiera au ski-joering et on partira en raquettes avec une vue superbe sur les Dents du Midi. J’ai aussi adoré mon baptême de ski joering au milieu des sapins avec une jument pie de toute beauté : une expérience magique en pleine nature. Quant aux raquettes, j’ai vécu la plus belle randonnée de ma vie avec la guide Véronique, sage des montagnes et détentrice des plus beaux points de vue sur le Mont Blanc et les Aravis.

    Où dormir ? A l’Equipe, hôtel romantique au pied des pistes avec décoration originale, spa, piscine et demi-pension de qualité, à partir de 100€/nuit en chambre double.

    Mes coups de cœur à Morzine : L’Equipe, mon hôtel montagnard préféré à ce jour. Le ski joering dans un cadre fabuleusement préservé. Les restos d’une immense qualité : raclette de folie à La Fruitière, gastronomie à La Chamade. Le contraste entre la beauté baroque de Morzine et le délire architectural saisissant d’Avoriaz. L’ambiance ultra festive et chaleureuse. Les raquettes avec Véronique dans un cadre stupéfiant de beauté.

    Retrouvez mon article complet sur Morzine en hiver

    Des stations de ski familiales ailleurs en France

    stations de ski familiales dans les montagnes françaises
    Jura

    Au cœur de l’Aubrac à Laguiole, Massif Central

    Nous sommes sur le mythique plateau de l’Aubrac, où vivent les vaches aux yeux doux. Si la station de Laguiole est petite (10km de pistes, forfait adulte 20€/j), elle propose des pistes de tout niveau, et un vaste domaine nordique (50km). On ira s’essayer au chien de traîneau en famille, et on ira découvrir les traditions aveyronnaises, filer l’aligot et goûter les farçous dans un buron de pierre autour du village d’Aubrac. Laguiole est la ville de la coutellerie, et de nombreux ateliers d’artisans se visitent. On fera un tour à Estaing, avec son château sur le Lot, la mythique Conques, un des plus beaux sanctuaires de France et un lieu de pèlerinage d’une puissance rare, ou encore et St Côme d’Olt avec son clocher tors, tous trois classés plus beaux villages de France. On découvrira l’étonnant canyon de Bozouls, curiosité géologique et architecturale qui mériterait d’être plus celèbre.

    Où dormir ? Aux villas de Labro dans une superbe villa tout confort accueillant 8 personnes, avec jacuzzi et vue sur château, idéalement située pour découvrir le Nord Aveyron. A partir de 1400€/semaine pour un grand luxe très fonctionnel.

    Retrouvez mon article complet sur l’Aubrac et sur les Villas de Labro

    Skier dans le Jura : étoiles et lacs gelés

    Aux portes de la Suisse, le Jura cultive son identité, avec ses horloges et ses caves à comté, qu’on ira découvrir au Fort des Rousses. La station des Rousses se veut familiale, avec un grand espace dédié aux plus jeunes (48km de pistes, 24€/j par adulte). Pour une expérience nature, on partira en chien de traîneau ou en calèche tirée par les chevaux comtois explorer les combes, puis en randonnées raquettes en pleine nuit sous les étoiles, pour déguster une fondue jurassienne dans une cabane de bûcheron après avoir franchi la frontière suisse, comme les contrebandiers d’autrefois. Envie de culture ? Le musée de la lunette de Morez est étonnamment prenant et permet de découvrir la riche histoire industrielle et artisanale du Jura. Une escapade romantique ? Cap sur Grande Rivière, où on s’essaiera au tai-chi avec Josiane sur le beau lac gelé, avant de déjeuner avec vue sur cette petite Sibérie franc-comtoise à l’hôtel-spa de l’Abbaye.

    Mes coups de cœur dans le Jura : La sortie en raquettes nocturnes à la nuit dans la forêt des Rousses (de préférence un jour de lune). Le sublime hôtel-spa et restaurant de l’Abbaye à Grand rivière, d’une beauté rare. Le sud du massif, dans la région de Lamoura, où j’aurais adoré faire une balade en chiens de traîneau dans les combes.

    Où dormir ? Version économique : en chalet tout confort aux Loges du Jura, avec accès à la piscine et à l’espace bien-être. A partir de 600€/semaine pour 5 personnes. Version luxe : le magnifique hôtel-spa de l’Abbaye, avec sa vue extraordinaire sur le lac gelé et sa baignoire à remous, à partir de 120€/nuit. Un de mes grands coups de cœur de l’hiver.

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    Retrouvez mon article complet sur le Jura

    Et vous, quelles stations de ski familiales ont su faire battre votre coeur ?

  • Voyage en Slovénie : le rêve vert

    Un voyage en Slovénie, de Bled à Bohinj, des Alpes juliennes à Ljubljana, voilà le joli songe cousu de nature et de traditions que j’ai vécu en septembre dernier. Moi l’éternelle amoureuse des Alpes, je rêvais depuis longtemps de leur point le plus oriental : la Slovénie, tout au bout de la chaîne de montagnes magiques. La Slovénie me tentait, mais je ne savais pas que je serais conquise à ce point. J’ai retrouvé là-bas une sorte d’idylle alpine parfaite, entre nature intacte, traditions préservées et beauté bucolique des montagnes, des lacs et des sources. Au bord du lac de Bohinj ou sur les hauteurs de Velika Planina, le temps semble s’être figé et j’ai eu la sensation d’entrer dans un livre d’images d’Epinal. La Slovénie est belle, belle, belle et pétrie d’authenticité. Voici mon carnet de voyage en Slovénie, écrit au fil du séjour, avec l’immédiateté des sensations brutes.

    lac de bohinj
    Arc-en-ciel sur le lac de Bohinj

    Voyage en Slovénie : impressions générales

    Slovénie, petit pays plein de contrastes

    Au nord, ce sont les Alpes. L’Autriche est à deux pas, l’influence autrichienne est forte : beaucoup de gens parlent plus spontanément allemand qu’anglais, on capte des radios et télés allemandes. Je retrouve cette perfection montagnarde que j’ai tant aimée en Bavière, en Autriche ou encore dans les Dolomites, cette impression de propreté cossue et de tradition fièrement défendue.

    Voyage en Slovénie : Bled, Bohinj, Vintgar, Velika Planina, Ljubljana. Un road trip en Slovénie pour un long week-end

    Le costume alpin slovène transforme celui qui le porte en Gandalf le mage : il se compose d’un grand chapeau mou, d’un bâton de berger, de sabots, d’une chemise blanche à fleurs et d’une sorte de manteau de paille censé être imperméable. Gandalf version gardien de vaches. Le nord de la Slovénie est une région de montagnes, de petits villages préservés, de torrents remplis de truites, de gorges étroites, de lacs et rivières aux eaux turquoise et émeraude, de sommets effilés, d’alpages bucoliques, de villages aux crucifix et géraniums, bref, une carte postale vivante dont je suis folle.
    Je n’irai pas au sud cette fois, mais je sais que j’y trouverais l’Adriatique, l’Italie à deux pas (Venise, Trieste), l’influence méditerranéenne puissante dans les villes balnéaires.

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    Costume alpin slovène

    Je lis les relevés climatiques et suis marquée par la force des contrastes. Ljubljana est à la fois une ville du sud, où l’été est long et chaud, et une ville des Alpes : l’hiver est interminable, le mercure descend jusqu’à -20. En Slovénie, la saison de ski est très longue, parfois de novembre à mai – les Alpes viennent contrecarrer la situation méridionale.

    bohinj
    Bohinj

    Une nation prospère, sur le modèle alpin

    Il fait bon vivre en Slovénie, c’est ce qui me frappe aussitôt. Le pays est prospère et respire la propreté et l’aisance, il ressemble beaucoup à l’Autriche. Le salaire moyen est de 1000 euros, soit 400 euros de plus que la Croatie et bien plus encore que les Balkans. Parmi les pays de l’ex-Yougoslavie, la Slovénie est clairement celui qui a su tirer son épingle du jeu. Contrairement à nombre de pays d’ex-Yougoslavie qui appartenaient à l’empire ottoman, la Slovénie était habsbourgeoise – elle fut membre du saint empire romain germanique, puis de l’empire austro-hongrois. La différence culturelle se ressent fortement. Comme l’Autriche, elle est catholique, baroque, très influencée par la contre-réforme, alpine, traditionnelle. Les Slovènes sont des Slaves, mais tout ici me rappelle les pays germaniques, l’organisation des villes, le culte du recyclage et du vélo, la ponctualité un peu rigide.

    Voyage en Slovénie : Bled, Bohinj, Vintgar, Velika Planina, Ljubljana. Un road trip en Slovénie pour un long week-end
    Eglise baroque à Ljubljana
    lac de bohinj
    Douceur de vivre au lac de Bohinj

    L’ombre de Tito

    J’essaie timidement de poser des questions sur Tito, président de l’ex Yougoslavie, en ayant peur d’offenser mes interlocuteurs, mais le sujet ne choque pas. Les Slovènes ont une bonne opinion de lui. Avec les Russes et les Polonais, les Slovènes sont le pays dont la population civile a le plus souffert de l’occupation nazie, particulièrement atroce en raison de leur mépris pour les peuples slaves et de l’idée selon laquelle la « re-germanisation » de cette région qui avait fait partie du Saint empire romain germanique pendant des siècles passait par la destruction des Slovènes. Le pays s’est libéré lui-même, sans soldats étrangers (mais avec des livraisons d’armes anglaises), avec Tito en grand chef de la résistance. L’effort extraordinaire de libération a soudé les peuples de Yougoslavie derrière lui. Tous disent la même chose, « seul Tito pouvait nous unir ». Les Slovènes ont un bon souvenir de la Yougoslavie, et disent pourtant que la rupture était inévitable après la mort de Tito. Les différences culturelles étaient trop importantes, les différences de niveau de vie trop flagrantes. Les Slovènes sont sortis vite et proprement de la Yougoslavie, sans guerre, sans effusion de sang – leurs voisins balkans n’ont pas eu cette chance…

    Quelques spécialités à découvrir en voyage en Slovénie

    * Le lait. Les vaches sont innombrables dans ce pays d’alpages et de pâturages. On trouve des distributeurs de lait, de yaourt et de crème dans les villes. Le yaourt à la myrtille est excellent, ce qui me réjouit – c’est ma drogue préférée.


    * Le miel. La Slovénie est le pays qui a inventé au 18e siècle l’apiculture moderne avec Anton Jansa (1734-1773), apiculteur officiel de la cour de Vienne. Une tradition ancienne est préservée : le fait de peindre les ruches avec différentes couleurs, voire des fresques, des miniatures, des scènes bibliques, de vraies œuvres d’art. Au 18e siècle, on pensait que les abeilles reconnaissaient ainsi leur ruche. A Bled, à Ljubljana, on trouve d’innombrables boutiques vendant tous les miels possibles et imaginables, et des crèmes à la gelée royale, des sérums au venin d’abeille… Avec 5 apiculteurs pour 1000 habitants, le pays a le plus grand ratio au monde. La Slovénie a obtenu des Nations Unies que le 20 mai (naissance d’Anton Jansa) soit déclarée journée mondiale de l’abeille et des pollinisateurs. Je croise des ruches au beau milieu des villages, dans les jardins. Les abeilles sont très présentes partout, plus que chez nous – visiblement, le déclin global des abeilles est moins frappant ici, où elles sont très choyées.

    Voyage en Slovénie : Bled, Bohinj, Vintgar, Velika Planina, Ljubljana. Un road trip en Slovénie pour un long week-end
    Miels et cosmétique de luxe au château de Bled.


    * Les pommes. En ce mois de septembre, le pays croule littéralement sous les pommes, comme la Sicile sous les oranges. Pommes partout, dans les rues, dans les jardins, que personne ne peut ramasser tant elles sont nombreuses. Bien sûr, on boit d’excellents jus de pomme.

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    * Les champignons. Après la Finlande et la Suède, la Slovénie est le pays le plus boisé d’Europe. 60% de sa surface est couverte de forêts. L’obsession slovène, c’est la cueillette des champignons, et en ce moment on les retrouve sur tous les marchés, dans tous les plats. Il paraît que voler ses champignons à un Slovène est la seule chose qui puisse le faire sortir de ses gonds.


    * La potica, espèce de gros gâteau à couches multiples (noix, pommes, crème, pavot…) complètement étouffe-chrétien. Je reconnais là la subtilité toute germanique dans la pâtisserie.

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    * L’artisanat d’art traditionnel : porcelaine, cristal, dentelle, poterie.

    Nature et identité en Slovénie : écolos et tradis

    Ce qui me marque, c’est la combinaison de la prospérité, de la modernité et de la préservation de traditions ancestrales. Les Slovènes connaissent le monde, voyagent et sont polyglottes, mais ils émigrent peu. Ils restent souvent dans leur région. Ils vivent dans des villages minuscules ou de petites villes où tout le monde se connaît. Ils épousent d’autres Slovènes, à l’extrême limite des Autrichiens ou des gens d’ex-Yougoslavie. Dans les villages, les maisons sont très proches les unes des autres, souvenir de l’époque où il fallait resserrer les villes pour préserver les pâturages. Le catholicisme reste fort, les mariages se font nécessairement à l’église. Il y a quelque chose d’un peu ancien qui me plaît ici, une ambiance de village soudé et attaché à son terroir, l’ouverture sur le monde en plus. Je me dis que je pourrais vivre ici.

    stara fuzina
    Le magnifique village de Stara Fuzina

    L’ambition de la Slovénie, c’est le tourisme vert. Le pays craint très fort un tourisme de masse, qu’il subit déjà à Bled. Pour cela, de nombreuses mesures sont prises. La culture du recyclage est forte, avec du tri sélectif partout, et de vrais encouragements à la mobilité verte. Le centre de Ljubljana est entièrement piétonnier, sauf tôt le matin pour les livraisons, mais des navettes électriques entièrement gratuites sillonnent la ville et peuvent être appelée sur demande. Au lac de Bohinj, à Bled, on multiplie aussi les navettes gratuites. Les pistes cyclables sont omniprésentes, la location de vélos très abordables.  Je constate l’insistance sur les produits locaux – nombre de restaurants spécifient la provenance des aliments, mettent un petit drapeau slovène ou vert à côté des produits locaux.
    Le tourisme surfe sur l’écologie, avec beaucoup « d’eco-resorts ». Ceux que j’ai visités étaient super, alliant confort et écologie, mais apparemment il y a aussi, comme partout, pas mal de greenwashing et d’arnaque, où on paie au prix fort l’inconfort.
    La communication du pays est axée sur la nature. La couleur de l’office national du tourisme est le vert, et on communique beaucoup sur la rando, le vélo, le kayak, etc.
    Ce sont des écolos tradis affables et qui mangent du yaourt aux myrtilles. Oui, vraiment, je pourrais vivre ici.

    Voyage en Slovénie : Bled, Bohinj, Vintgar, Velika Planina, Ljubljana. Un road trip en Slovénie pour un long week-end
    Avec Grega de Hike and Bike à Bohinj
    Voyage en Slovénie : Bled, Bohinj, Vintgar, Velika Planina, Ljubljana. Un road trip en Slovénie pour un long week-end

    Voyage en Slovénie : le carnet de bord

    La vallée de Bohinj et la gorge de Vintgar

    J’arrive dans la vallée de Bohinj, à l’entrée du parc national de Triglav. Je suis heureuse de découvrir le sixième pays de l’arc alpin, après la France, la Suisse, l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie. Les Alpes juliennes (celles de Slovénie) sont à la mode, elles figurent parmi les 10 destinations 2018 du Lonely Planet, et semblent le mériter : j’adore ces paysages de cascades, de gorges, d’alpages et de villages préservés.
    Le Triglav (2400 mètres) est le plus haut sommet slovène et un véritable mythe national. On est pas un vrai Slovène sans l’avoir gravi au moins une fois, un peu comme le Mont Fuji au Japon. La première ascension eut lieu en 1778, soit 8 ans avant le Mont Blanc – cela m’intéresse, moi qui croyais que l’alpinisme avait été inventé en Chamonix et que personne n’avait grimpé à une montagne avant. Certes, le Mont Blanc est deux fois plus haut, mais tout de même. A Bohinj, une statue commémore les « quatre braves » qui ont réussi ce premier exploit. On voit le Triglav de partout autour du lac, une belle figure tutélaire dentelée.

    Voyage en Slovénie : Bled, Bohinj, Vintgar, Velika Planina, Ljubljana. Un road trip en Slovénie pour un long week-end
    Le Triglav au fond, et les quatre braves

    Le lac de Bohinj est superbe. On y nage, fait du paddle, du kayak, et les bateaux à essence sont interdits. L’église au bord du lac, hélas fermée, est la plus célèbre de Slovénie, en raison de sa décoration complètement bizarre et ésotérique :  des anges avec des dents (Dracula n’est pas très loin…), des démons, des anges en trompe l’œil qui ouvrent et ferment les yeux… Je mange une fabuleuse glace à la myrtille en bénissant ce pays. Je fais un grand tour en vélo électrique avec Grega de Hike & Bike, prestataire super sympa et passionné.

    bohinj slovénie

    Nous visitons ensemble le village de Stara Fuzina, magnifiquement typique, avec ses maisons en bois, ses géraniums, ses pommiers, et enchaînons avec la découverte d’une gorge et d’une cascade dans le parc national de Triglav. Cela me fait terriblement penser à la Bavière et à l’Autriche : des Alpes moins hautes que les nôtres, mais très vertes, très aquatiques, et aux villages ultra traditionnels. Evidemment, j’adore.

    Voyage en Slovénie : Bled, Bohinj, Vintgar, Velika Planina, Ljubljana. Un road trip en Slovénie pour un long week-end
    Gorge dans le parc national de Triglav, près de Bohinj

    Tôt le matin, dans la lumière dorée, je visite la gorge de Vintgar, qui est absolument sublime : une gorge étroite, vertigineuse, traversée par une rivière émeraude avec de multiples cascades. Un chemin de fer surplombe la gorge : il reliait autrefois l’Autriche, la Slovénie et l’Italie dans un long voyage de légende. Aujourd’hui, il a le statut de curiosité folklorique : des trains à vapeur d’époque le parcourent le week-end.
    Je pars avec un regret : ne pas avoir vu la turquoise vallée de la Soca, qui me fera revenir ici…

    Bled, l’incontournable

    Me voici à Bled. Bled est LE spot touristique en Slovénie, et il faut dire qu’il y a de quoi : c’est un cocktail parfait de tout ce qu’on aime quand on est un touriste un peu romantique. Il y a un lac bucolique avec des barques traditionnelles, un château de conte de fées perché au sommet d’une falaise et une petite église baroque sur une île au milieu du lac. C’est absolument magnifique, sans doute un des plus beaux lacs des Alpes, et un des plus pittoresques. On comprend pourquoi les Habsbourg et Tito avaient une résidence d’été à Bled. Je souris de voir que la Villa Bled, résidence d’été de Tito, est aujourd’hui un hôtel de luxe 5* – ainsi finissent les communistes au temps du capital.

    lac de bled voyage en slovénie

    J’arrive à Bled à la nuit, pour dîner au prestigieux restaurant gastronomique du château de Bled. La vue sur le lac est extraordinaire. Plusieurs couples célèbrent leurs fiançailles ou leur mariage dans ce cadre féerique. Le chef est talentueux, cela se sent à chaque étape, et prépare des produits locaux de façon extrêmement raffinée. Cela sera mon plus beau repas lors de ce voyage en Slovénie.

    Voyage en Slovénie : Bled, Bohinj, Vintgar, Velika Planina, Ljubljana. Un road trip en Slovénie pour un long week-end
    Vue depuis le restaurant du château de Bled


    Sur le lac de Bled, une seule sorte de bateaux est tolérée : des barques traditionnelles qu’on déplace à la rame seulement. Les bateliers du lac de Bled appartiennent à un cartel, pardon, une confrérie, jalousement préservée depuis 1740 (date de la création de la confrérie par l’impératrice Marie Thérèse). Cela fait donc 250 ans que la charge se transmet exclusivement de père en fils pour les 27 propriétaires de ces barques en bois ouvragé qu’on ne déplace qu’à la rame (aucun moteur n’est toléré à Bled). Ils sont en situation de monopole depuis 250 ans, et j’avoue que cela se sent. On part pour la petite chapelle avec une heure de retard sans aucune explication, mais c’est tellement beau que j’oublie de râler.

    Voyage en Slovénie : Bled, Bohinj, Vintgar, Velika Planina, Ljubljana. Un road trip en Slovénie pour un long week-end

    Je retourne de jour au château de Bled pour découvrir une expo intéressante sur les guerres de religion en Slovénie, qui fut un des premiers foyers du protestantisme. Une machine Gutenberg a permis la diffusion de la Bible en plusieurs langues, et plusieurs prédicateurs protestants s’étaient réfugiés au château de Bled. La contestation religieuse fut écrasée dès le 16e siècle, bien avant la guerre de 30 ans. La contre-réforme a été très forte en Slovénie et le pays est résolument catholique depuis. Puis je redescends au bord du lac pour un repas délicieux dans un des nombreux restaurants sur la rive. Au menu : truites et champignons.

    Je dors au très beau Rikli Balance hotel. Rikli était un Suisse du 19e, inventeur de cures que ne renieraient pas les bobos d’aujourd’hui (comme moi) : végétarisme, pas d’alcool, repas légers, marche et bains thermaux. S’il surprenait ses curistes en train de manger de la viande ou de boire de l’alcool, il les virait du sanatorium sans ménagement. C’est comme ça que le tourisme s’est développé à Bled, les aubergistes du coin récupérant les hérétiques exclus. Le Rikli Balance Hotel d’aujourd’hui est clairement moins spartiate. Le spa est gigantesque, fabuleux. Je bénéficie d’un massage de tout le corps (1h20 !) avec des huiles essentielles de montagne, je suis en string en papier jetable et une dame à l’air sévère me malaxe énergiquement tout le corps comme si j’étais une boule de pain complet. Très sympa.

    Sur les sommets de Velika Planina

    Je prends la route pour Velika Planina, une région alpine près de Kamnik. C’est de toute beauté. Je retrouve les Alpes en majesté : sommets élevés, alpages verdoyants, sources claires. Nous montons à un hameau de haute altitude exclusivement réservé aux bergers depuis des siècles, et je suis fascinée. Pour vivre ici, il faut avoir des vaches sur les estives, telle est la règle. Le village n’est habité que de mai à septembre, lorsque les vaches sont en altitude. L’électricité n’est pas venue par des câbles, mais depuis 15 ans, les bergers y ont droit grâce à des panneaux solaires. Les maisons respectent toutes le plan traditionnel : il s’agit de cabanes en bois totalement différentes de ce que j’ai vu partout ailleurs dans les Alpes, avec une structure ronde, un bois grisé, une architecture vraiment ultra typique à cette région de Slovénie. Je n’ai jamais vu ça. Nous buvons un jus de pomme chez Robert, berger et aubergiste pour les touristes en quête d’authenticité alpine.

    velika planina

    La chapelle « Notre Dame des Neiges » est saisissante, avec son autel en chaîne noueux, son architecture qui me rappelle les églises en bois debout (Stabkirche) de Norvège. Je suis dans un autre monde.


    Nous redescendons dans la vallée et découvrons la source de Bistriska, d’un vert saisissant, et sa gorge. Ce pays est magnifique.

    Voyage en Slovénie : Bled, Bohinj, Vintgar, Velika Planina, Ljubljana. Un road trip en Slovénie pour un long week-end

    Ljubljana, baroque et art nouveau

    Je suis bien disposée envers Ljubljana dès la découverte de mon hôtel : le merveilleux Vander Hotel, un 4 étoiles ultra design et un peu bling bling avec un bar de hipster, un resto magnifique sur la rivière et une terrasse rooftop avec piscine, coucher de soleil et tabourets en forme de bouchon de champagne. Je regrette de n’avoir personne avec moi pour faire des photos super instagramables.

    Voyage en Slovénie : Bled, Bohinj, Vintgar, Velika Planina, Ljubljana. Un road trip en Slovénie pour un long week-end

    Encore une fois, je ressens profondément mon amour pour ce que les Allemands appellent « Mitteleuropa » (l’« Europe du milieu », celle de l’ancien empire des Habsbourg). J’ai adoré Ljubljana parce que j’y retrouve un moule culturel précis dans lequel mon imaginaire s’est formé, à Munich, à Augsburg, à Salzbourg, à Innsbruck, à Vienne, à Prague, à Ljubljana aujourd’hui. Ce sont d’anciennes villes médiévales complètement refondues à l’époque baroque, à l’époque de la Contre-Réforme catholique, avec une sorte exubérance baroque lumineuse qui me met en joie. Ce sont des villes souvent marquées ensuite par l’Art nouveau, par un début de 20e siècle profondément symbolique et onirique. Le grand architecte Art Nouveau de Ljubljana a aussi marqué Prague de son empreinte : c’est Plečnik. Ce sont des villes où vivaient, avant les catastrophes atroces du 20e siècle, des allemands, des italiens, des juifs, des slaves… C’est le cœur battant de la vieille Europe et c’est ma patrie intellectuelle fantasmée. Je retrouve lors de ce voyage en Slovénie un imaginaire qui m’a accompagnée durant toutes mes études, un idéal européen vivant.

    Voyage en Slovénie : Bled, Bohinj, Vintgar, Velika Planina, Ljubljana. Un road trip en Slovénie pour un long week-end

    A Ljubljana, la ville médiévale a disparu avec le tremblement de terre de 1511, à l’exception du château surplombant la ville sur sa colline. La ville est résolument baroque : grandes façades lumineuses, bulbes dorés, murs pastels. Je pense à Salzbourg, à Innsbruck, notamment pour le côté « cuvette » au milieu des Alpes et la profusion baroque.

    La cathédrale de Ljubljana est d’ailleurs un quasi clone de celle de Salzbourg : inspiration chapelle Sixtine, très haute voûte ronde percée, inspiration contre-réforme à fond dans la déco. Je suis très marquée par les portes, refaites dans les années 1980 pour la venue de Jean-Paul II – elles sont à la fois saisissantes et effrayantes, une grande fresque de métal fondu montrant toute l’histoire du christianisme en Slovénie, la première christianisation à l’époque romaine, la repaganisation avec l’invasion des Slaves, puis le baptême des Slaves, la grande épopée des croisades, la contre-réforme, les grands évêques du 19e. Jean-Paul II trône au sommet.

    L’autre grande influence qui marque la ville, c’est donc celle du fameux Plečnik, architecte star de l’art nouveau dans l’empire austro-hongrois qui a marqué de son empreinte Prague, Vienne, et surtout Ljubljana. Il a édifié partout des sortes de lampadaires à la fois symbolistes et futuristes, des ponts, et plusieurs monuments, dont un qui ressemble au Flat Iron new-yorkais. La vieille ville est entièrement piétonne et s’organise autour d’une rivière, Ljubljanica, un affluent de la Save. La plus belle marche est en bord de rivière, lumineuse et joyeuse. Les ponts sont innombrables, les plus célèbres étant les « trois ponts » de Plečnik face à l’église mariale, une architecture à la fois ultra classique et audacieuse qui sublime l’église baroque adjacente, et un pont à cadenas d’amour qui ressemble au pont des arts parisiens. Je pense aussi à Paris, à Nancy. J’adore l’art nouveau, j’adore cette atmosphère à la fois germanique et méditerranéenne, ce genre de lieu hybride me correspond.

    Je vais enfin saluer le mythique « pont du dragon » que j’ai si souvent vu en photo. J’adore cette vision fantasmagorique.

    Quelques bonnes adresses à Ljubljana 

    – Rogaska, fabrique de cristal depuis 1655
    – Movia, petit bar à vins de vins slovènes (micro production car petit pays, mais bons vins, avec la grande diversité des climats, des Alpes à la Méditerranée – ils font de tout)
    – Dvorni, idem : vins + tapas slovènes
    – Klobasarna, le fast food slovène : des saucisses
    – Honey House : magasin de miel traditionnel avec les ruches peintes. L’apiculture est un incontournable de tout voyage en Slovénie
    – Piranske Soline : les salines de Slovénie, le sel pour la cuisine, la cosmétique, etc
    – Gujzina, resto réputé travaillant notamment l’huile de pépin de citrouille, spécialité slovène, et les fameux gâteaux si légers (potica, gibanica)
    – Galeria Idrijske Cipke : travail à la main de la dentelle, très impressionnant, très cher
    – Druga Violina : café resto réputé aux velléités artistiques et branchées
    – Valentin : excellent resto de poissons à l’emplacement de l’ancien marché aux poissons
    – Monstera Bistro : cadre un peu terne mais nourriture très bonne et locale
    – Vander Hotel : le resto est excellent et situé en bordure de rivière. Mon 2e coup de cœur gastronomique lors de ce voyage en Slovénie.

    Je quitte la Slovénie avec un nouvel amour au cœur et quelques certitudes renforcées :
    – Pour leur mélange de paysages grandioses et de cultures à l’identité si forte et persistante, les Alpes sont la chaîne de montagnes la plus merveilleuse du monde et mon amour pour elles est immortel.
    – J’ai vraiment une affinité profonde avec ce type de destinations : donnez-moi de la Suisse, de la Bavière, de l’Autriche, de la Slovénie, c’est tout ce que j’aime.
    – Ce pays mérite tout le bien qu’on en dit.
    – Les myrtilles et leurs dérivés, c’est vraiment la vie.
    Slovénie, merci, je reviendrai, j’en suis sûre.

    Voyage en Slovénie : Bled, Bohinj, Vintgar, Velika Planina, Ljubljana. Un road trip en Slovénie pour un long week-end
    Epinglez-moi !

    Je suis venue en Slovénie en tant que journaliste, en voyage de presse individuel organisé par l’OT de Slovénie, pour un reportage pour Version Femina. Cet article de blog n’est qu’un bonus, je partage mes impressions avec vous sans aucune obligation, juste pour le plaisir. J’ai adoré ce pays.

    *

  • Ski et autres aventures aux Saisies, en Savoie

    A la recherche de grands espaces et d’activités outdoor insolites dans les Alpes ? Cet hiver, je suis partie skier aux Saisies, en Savoie, et j’ai été conquise par le cadre naturel exceptionnel et la diversité des activités proposées par cette station village du Beaufortain. Le meilleur atout des Saisies, c’est d’associer les avantages des grandes stations – domaine skiable immense, multitude de choses à faire – tout en restant une petite station aux paysages préservés. Skier face au Mont Blanc, s’essayer à la motoneige, au biathlon, au ski-joering, à la conduite de dameuse ou au grand 8 des neiges, tout est possible aux Saisies, et le massif est d’une beauté magique qui confirme mon amour pour les Alpes savoyardes. Chaussez vos moufles, on part à la neige ensemble.

    Les Saisies ou le ski en pleine nature. Que faire aux Saisies ? Activités outdoor et bonnes adresses
    Les Saisies ou le ski en pleine nature. Que faire aux Saisies ? Activités outdoor et bonnes adresses
    Les Saisies ou le ski en pleine nature. Que faire aux Saisies ? Activités outdoor et bonnes adresses
    Les Saisies ou le ski en pleine nature. Que faire aux Saisies ? Activités outdoor et bonnes adresses

    Les Saisies, une belle station de ski en Savoie

    A la découverte du Beaufortain

    Nous sommes en Savoie, dans le massif du Beaufortain, à 40 minutes d’Albertville. C’est ma première fois dans ce massif célèbre pour son beaufort, un fromage de montagne étonnamment doux et fruité, et l’emblème de la région se rappelle très vite à mon bon souvenir. En montant vers les Saisies, je passe à côté de la coopérative du Beaufortain, et salive en passant devant les meules géantes de panneau en panneau… La route est incroyablement belle en ce début février. La neige a drapé les villages de sucre épais, le soleil se dispute au brouillard au fond des vallées, et j’ai ces images idylliques de Savoie authentique et préservée que j’adore. Je sais qu’encore une fois, je rejoins une station-village, sans barres, et j’en suis enchantée.


    A mon arrivée aux villages des Saisies, ma première vision est celle de chevaux dans la neige blanche, et le conte de fées vécu à Pralognan se poursuit. Décidément, j’adore la Savoie. J’y retrouve un imaginaire de l’hiver fantastique et pittoresque qui me séduit infiniment. Le village des Saisies est à taille humaine, tout de bois et de soleil, sur un flanc de montagne faisant face aux Aravis et dos au Mont Blanc. Depuis les pistes, on voit le Mont Blanc gigantesque surplomber Les Saisies comme un hologramme géant. Le village est entouré de sapins que les neiges récentes ont saupoudré de blanc, et au coucher du soleil, la carte postale est parfaite… le cadre est superbe.

    Les Saisies : un domaine skiable et un cadre d’exception

    Si je devais souligner UN atout fantastique des Saisies, je dirais : son domaine skiable. Visuellement, il est sublime, avec son caractère très préservé, très boisé, et surtout, ses incroyables panoramas. Les vues portent sur trois massifs différents, offrant une diversité de points de vues incroyable. En vous orientant comme les maisons du village, vous avez le Massif du Beaufortain à votre gauche, avec au loin la mythique Pierra Menta, une « table » célébrée par tous les fous d’outdoor. A votre droite, ce sont les sommets des Aravis, une vision qui me plaît tout particulièrement en raison de la forme parfaite du Mont Charvin, cône iconique qui me rappelle… le décor des pots de yaourt Savoie que je mangeais petite ! Et bien sûr, derrière vous, c’est le Mont Blanc qui se dresse, gargantuesque, colossal, démesuré, et au fil de votre journée de ski, vous aurez l’impression de vous rapprocher de plus en plus de lui, d’aller skier à ses pieds… c’est une illusion visuelle bluffante. Le domaine skiable est immense, car il s’inscrit dans l’Espace Diamant : 192km en tout. Vous pouvez rejoindre quatre autres stations (Praz sur Arly, Crest Voland Cohennoz, Notre Dame de Bellecombe, Flumet St Nicolas la Chapelle) sans avoir à utiliser de navettes : il s’agit réellement de 192km ski aux pieds, ce qui est assez exceptionnel. Et le premier télésiège démarre vraiment au cœur du village, ce qui rend l’accès très facile.
    Je recommande cette station aux fous du ski qui rêvent d’avaler des kilomètres : les itinéraires sont si nombreux et variés que vous pouvez skier une semaine entière sans vous lasser, d’autant que la combinaison de plusieurs massifs décuple les paysages. Au moment de ma venue en février, l’enneigement était spectaculaire et la qualité de la neige, excellente.
    Mais ceux qui veulent faire autre chose que du ski ne seront pas en reste.

    Le Mont Blanc, partout !
    Les Saisies ou le ski en pleine nature. Que faire aux Saisies ? Activités outdoor et bonnes adresses

    Que faire aux Saisies ? Une multitude d’activités outdoor

    J’ai été impressionnée par la diversité des activités proposées, entre celles gérées par la ville elle-même (le Signal, le grand 8 Mountain Twister), celles de l’ESF (biathlon), et celles des deux grands magasins de sport, Intersport Les Saisies et Les Volatiles Sport 2000, dont je vais vous parler : motoneige, dameuse, ski joering, traîneau…
    Un mot sur les activités que je n’ai pas testées aux Saisies, mais qui existent également : vous avez aussi la possibilité de vous essayer au parapente, activité que j’ai testé à Orcières Merlette et que je trouve absolument extraordinaire. Les paysages enneigés et boisés des Saisies invitent à la balade en raquettes, et si j’avais eu plus de temps, je l’aurais fait sans hésiter. Enfin, j’ai été fascinée par le spectacle des montgolfières survolant le domaine des Saisies, une expérience qui me fait rêver et que j’adorerais tester un jour. Après renseignements, je peux vous dire que la station de décollage est à Praz sur Arly, à 30 minutes des Saisies – à garder en tête !

    Tester la motoneige aux Saisies

    Au coucher du soleil, après la fermeture des pistes, on se prend pour James Bond en s’élançant sur le domaine fermé sur une énorme motoneige terriblement puissante. J’avais déjà eu le plaisir de tester en Laponie finlandaise et j’ai adoré retrouver cette sensation unique. L’ambiance est incroyable, avec le crépuscule mauve enveloppant les sapins et le scintillement des lumières du village sur la neige… Si vous aimez l’adrénaline et les grosses machines, vous allez vous régaler.
    La promenade dure un peu moins d’une heure, et coûte 140 euros – vous pouvez être seul ou à deux sur la moto. L’activité est proposée par le magasin Sport 2000 Les Volatiles Les Saisies.

    Les Saisies ou le ski en pleine nature. Que faire aux Saisies ? Activités outdoor et bonnes adresses

    Conduire une dameuse, Les Saisies version James Bond

    Vous voulez encore plus gros ? Essayez-vous à la dameuse. Les Saisies proposent quelque chose d’assez inédit : apprendre à piloter vous-même la dameuse, sur un immense terrain de jeu de 12 hectares. J’avais eu le plaisir d’essayer à Orcières et j’avais été très intriguée par la sensation, ces énormes machines sont assez fascinantes ! Vous aurez le choix entre un baptême simple (49 euros, 20 minutes) ou un vrai cours de 45 minutes (129 euros). L’activité est proposée par le magasin Intersport Les Saisies.

    Ski-joering et traîneau : une idylle équestre en Savoie

    Cela reste un de mes plus beaux souvenirs des Saisies : une balade en traîneau, tiré par deux magnifiques juments comtoises palomino, dans un décor féerique. Au fond le village se détache sur la colline immaculée, les juments galopent entre les sapins enneigés, et je repense à mes plus belles expériences d’hiver en Bavière, qui était pour moi le pays des contes de fées. J’ai pris un million de photos des superbes juments aux membres puissants, de leur harnachement d’un autre temps, du traîneau fendant la poudreuse sous le soleil… une vision magique que je recommande vivement aux amoureux des chevaux, de la nature, ou aux amoureux tout court. (Avis général : si quelqu’un souhaite me faire une demande en mariage sur un traîneau tiré par des chevaux dans la neige, je risque de dire oui.)

    Les Saisies ou le ski en pleine nature. Que faire aux Saisies ? Activités outdoor et bonnes adresses
    Les Saisies ou le ski en pleine nature. Que faire aux Saisies ? Activités outdoor et bonnes adresses

    Vous pouvez également vous essayer au ski joering, que je n’ai pas refait cette fois car j’avais eu le plaisir de tester à Pralognan, mais qui est une activité qui ravira les amateurs de chevaux, d’autant que le cadre est particulièrement beau, en contrebas du village des Saisies.

    Les deux activités sont également proposées par le magasin Intersport Les Saisies.

    Le grand 8 des montagnes : le Mountain Twister

    C’est une activité familiale particulièrement sympa que proposent Les Saisies : un « mountain coaster », ou grand huit des montagnes, placé sur des rails descendant à flanc de montagne. Vous pouvez choisir de freiner ou non, je vous recommande chaudement de ne PAS freiner du tout et de faire le parcours à fond : aucun danger, c’est prévu pour, et les sensations sont excellentes ! J’ai vu les gamins s’éclater, et moi qui ai 29 ans sur ma carte d’identité mais environ 8 et demi dans ma tête, me suis régalée aussi. Le parcours est particulièrement rapide et bien fait, c’est une vraie réussite. J’en ai fait plusieurs tours… et j’ai eu beaucoup de mal à prendre des photos avec les secousses, j’espère que vous admirez l’effort !

    S’essayer au biathlon aux Saisies

    Après avoir admiré les exploits de l’illustre Martin Fourcade aux JO, j’étais très impatiente de marcher sur ses traces en m’essayant pour la première fois au biathlon, ce sport qui combine ski de fond et tir sur cibles. Première constatation : le ski de fond, ce n’est pas évident tout de suite, même quand on a bien l’habitude du ski alpin. Les skis sont très fins et longs, et j’ai eu un peu de mal à trouver mon équilibre – je suis encore bien loin de maîtriser la technique du « skating ». J’étais très heureuse d’arriver au pas de tir, pour la partie la plus exotique et fun de la matinée : tirer sur des cibles avec une vraie carabine ! Je croyais initialement que j’allais tirer « à blanc », mais pas du tout. Il s’agit de balles de calibre 22, mortelles jusqu’à 1,5km… Inutile de dire que les conditions de sécurité sont draconiennes et parfaitement respectées ! Moi qui n’avais jamais tenu une arme jusqu’à ce jour, je suis très impressionnée. Et j’ai le plaisir de vous annoncer que j’ai des talents de sniper caché, car j’ai fait un 5/5 au tir couché et 4/5 au tir debout (plus difficile), une aptitude surprise que je conserve précieusement en cas d’apocalypse zombie inopinée… Mon moniteur était très pro et adorable, et j’ai passé un excellent moment. Si vous êtes curieux, tentez ! Renseignez-vous auprès de l’ESF Les Saisies qui propose l’activité.

    Savourer Les Saisies : manger, dormir, se détendre

    Baignade, sport et bien-être au Signal

    Le complexe sportif et aqualudique des Saisies m’a beaucoup plu par la richesse de ses équipements : il est muni d’un spa (sur réservation) proposant des soins, d’une salle de fitness, d’un mur d’escalade… A la fin d’une journée de ski, je me suis abstenue de refaire du sport, et suis tout simplement allée me détendre dans la belle piscine intérieure, sous la verrière, avec remous et courant. Il est rare que des équipements publics soient d’un aussi bon standing, je vous recommande le Signal avec plaisir pour un moment de détente ou de sport en famille.

    Où dormir aux Saisies ? Une location de standing, MMV Chalets des Cimes

    J’ai eu le plaisir de tester la résidence locative flambant neuve MMV Chalets des Cimes, au sommet du village des Saisies. Si vous êtes en recherche d’une location de vacances de très bon niveau, parfaitement équipée et avec d’excellentes installations aquatiques, ne cherchez plus loin. Moderne, design, bien agencée, elle a beaucoup d’atouts pour elle et mérite son classement 4*.

    J’étais installée dans un appartement très lumineux, orienté plein Ouest avec une vue incroyable sur le soleil couchant descendant derrière les montagnes du Beaufortain. L’appartement comptait 3 chambres et deux salles de bain, avec WC séparés, autant d’éléments appréciables quand on voyage en famille ou entre amis. Le salon était très grand et lumineux, avec un vaste balcon, et des installations conviviales : grande table, canapés confortables… Je me suis bien imaginée avec un groupe d’amis en week-end ici. On m’a précisé qu’il était possible d’emprunter gracieusement un appareil à raclette !
    Les draps et le linge de salle de bain étaient fournis, ainsi qu’un sèche-cheveux et un kit de produits d’entretien écologiquement responsables – pas de shampooing ou gel douche en revanche, prévoyez bien cela. La literie était confortable et les chambres bien chauffées. Il n’y a pas de petit déjeuner, mais vous pouvez commander pain, pains au chocolat et croissants à récupérer à la réception.

    Ce que j’ai préféré au MMV Les Saisies, c’est l’espace piscine et spa, qui vaut vraiment le détour. La piscine est de toute beauté, avec ses colonnes futuristes et sa vue superbe sur les montagnes. Elle est accessible à tous. En revanche, le spa est réservé aux adultes et disponible sur supplément, ce qui permet de préserver la quiétude. Il comprend un bassin d’eau chaude (merveilleux), un sauna et hammam et des espaces de détente tout de bois et de silence. J’ai adoré y finir la journée, nager tranquillement dans l’eau chaude et me reposer dans le calme.

    J’ai été totalement convaincue par la résidence, juste un petit bémol à noter : elle n’est pas au pied des pistes, mais au sommet de la station, ce qui vous forcera soit à marcher une quinzaine de minutes, soit à reprendre votre véhicule – ce qui peut ne pas être parfaitement pratique si vous avez de jeunes enfants.

    A titre personnel, je préfère toujours les hôtels aux résidences, parce que j’aime être chouchoutée, avoir le buffet de petit déjeuner, les peignoirs et les petits flacons de shampooing, mais si vous recherchez une belle location, n’hésitez pas – d’autant que Les Saisies n’ont pas d’hôtel de luxe (pas d’hôtel 4* ou de 5* sur la station), et que les superbes équipements aquatiques du MMV sont les meilleurs du village.

    Un resto maître-restaurateur : Les Arcades

    C’est un restaurant charmant, à la décoration touchante : deux collections s’y croisent, les carafes ouvragées et les petites vaches (en porcelaine, en céramique…), toutes deux héritages de grand-mères tendrement aimées. La cuisine est soignée, locale et faite maison, comme le promet le label Maître Restaurateur, en qui j’ai totalement confiance car il promeut la cuisine artisanale, contre le surgelé et l’uniformisation du goût. Le service est soigné et le repas d’excellente facture, je me suis régalée.

    C’est ici que s’achève mon séjour savoyard, dans une station dont le cadre naturel exceptionnel m’a impressionnée. A suivre sur Itinera Magica : Morzine, la Chartreuse, le Jura, un concours pour gagner deux nuits dans un beau spa en Provence, les îles Féroé… Inscrivez-vous à la newsletter ?

    Les Saisies en Savoie : ski et activités outdoor dans un cadre exceptionnel.
    Epinglez moi !

    Merci à l’office de tourisme des Saisies pour cet accueil et de m’avoir permis de découvrir tous les charmes de la station !

  • Pralognan la Vanoise, le paradis savoyard


    Imaginez un village savoyard traditionnel niché dans un cirque rocheux, où les chamois bondissent au-dessus des épicéas et où les plus hauts sommets de Savoie se détachent dans le ciel bleu. Pralognan la Vanoise a été pour moi un coup de foudre esthétique total, je suis complètement tombée sous le charme de ce village parfait et de ce domaine skiable boisé et pittoresque. Au cœur du massif de la Vanoise, paradis de la faune sauvage et des randonnées, cette station a su préserver un charme fou. Outre le ski au milieu des sommets de 3000m, j’ai pu tester différentes activités d’hiver sympathiques : le telemark, le ski joering, les raquettes, et bien sûr la dégustation de spécialités savoyardes. Partons ensemble à Pralognan la Vanoise, pour une féerie enneigée en Savoie.

    Pralognan la Vanoise ou le paradis savoyard : la plus jolie station de ski française ?

    Pralognan la Vanoise, l’atout charme

    Vous connaissez mon amour des Alpes : tout au long de l’hiver, j’ai eu le plaisir de découvrir un grand nombre de stations dans plusieurs massifs, et chacune m’a plu pour des raisons différentes, chacune s’est illustrée avec un atout spécifique. L’atout charme de Pralognan, c’est sa beauté. C’est tout simplement la plus jolie station de ski que je connaisse à ce jour en France, mon coup de cœur esthétique absolu de cet hiver. Il faut que je vous dise à quel point j’ai eu un choc visuel en déroulant une longue route de sapins solitaires, loin des villes et du vacarme, et découvrant enfin cette petite station village au bord du parc national de la Vanoise. Un silence majestueux enveloppait les cimes des arbres et des montagnes. J’étais entrée dans un décor de film.

    Pralognan la Vanoise ou le paradis savoyard : la plus jolie station de ski française ?
    Les poneys du ranch de l’Ancolie


    Vous arrivez à Pralognan, et le monde semble se refermer autour de vous. C’est une vallée étroite, assombrie par les épicéas et par les plus hauts sommets de Savoie, qui forment un cirque rocheux monumental autour de vous. La Grande Casse culmine à 3855m, et plusieurs autres sommets de 3000m complètent ce cirque qu’on surnomme parfois « petit Chamonix ». Mais Chamonix est une ville, vaste et variée, tandis que Pralognan est un secret épargné par la marche du temps. Le village savoyard traditionnel est resté esthétiquement parfait : aucune grande barre d’immeuble, seulement des chalets de bois, le tout dans un océan d’épicéas qui donne à la station des airs de petit Canada.

    Pralognan la Vanoise ou le paradis savoyard : la plus jolie station de ski française ?
    Le matin à l’Epicéa Lodge
    Sur le domaine skiable, l’Aiguille de la Vanois

    A mon réveil à l’hôtel Epicea Lodge, je me sens complètement transportée dans un conte de fées. C’est ma première fois dans le massif de la Vanoise, et je découvre un petit paradis de nature préservé avec une faune incroyable. Partout sur les barres rocheuses tout au sommet du domaine skiable, on aperçoit au loin des chamois. Ils sont trop distants pour que je les photographie (je ne savais pas ce qui m’attendait, je n’ai pas pris de téléobjectif, comment aurais-je pu imaginer ?), mais les jumelles du guide me les révèlent. J’en frissonne d’émerveillement : c’est la première fois que j’en vois et l’émotion est forte. On me dit qu’en été, la Vanoise est un paradis de la randonnée, où la faune sauvage est tout proche et abondante, qiu’on chemine entre les fleurs et les animaux, comme dans un jardin d’Eden alpin. Je le crois sans difficulté.

    Le hameau de la Croix, l’idylle savoyarde

    Vous n’êtes pas encore rassasié de perfection savoyarde ? Pralognan a un secret pour vous : son petit hameau de la Croix, à quelques centaines de mètres du village. Dès la descente de la voiture, je suis extatique. J’ai trouvé le pays des contes de fée, entre Blanche Neige et la Reine des Neiges. Les flocons tombent sur les chalets et les ruelles étroites, je suis émerveillée. J’ai vu que le hameau de la Croix comptait plusieurs maisons intéressantes : galerie d’art, fromagerie, artisanat traditionnel… j’imagine que tout ouvre en été, cela m’a donné très envie d’y revenir à la belle saison !

    En me baladant dans les ruelles désertes de La Croix, mes pas assourdis par les flocons, une émotion très forte m’envahissait, un mélange de bonheur et d’humilité : c’était là la montagne des contes de fée, éternelle et terrible à la fois, celle qui brise les alpinistes sur les corniches escarpées et qui console les rêveurs au coin du feu, la montagne rude et maternelle, belle et froide. J’ai ressenti une forme de perfection à Pralognan, de grâce rare, et je me suis souvenue pour la millième fois que les Alpes étaient à mes yeux un temple. Elles sont à la fois sanctuaire du sublime et du vertige, et alcôve, cocon, nourrissant perpétuellement mes visions d’idylle et d’éternité. Les Alpes, ce sont à mes yeux les plus belles montagnes du monde, mes montagnes chéries. Pralognan a su concentrer leur beauté au creux d’une vallée magique, hors du temps et loin du monde.

    Ski et telemark entre les épicéas à Pralognan la Vanoise

    Avec 24 pistes, le domaine de Pralognan n’est certes pas immense : si vous êtes des fous du ski et que vous restez une semaine complète avec l’envie de dévaler les kilomètres, vous risquez de vous sentir à l’étroit. Mais si vous aimez mêler le ski à d’autres activités, si vous ne restez qu’un week-end ou si vous aimez skier dans un décor féerique, ce domaine sera parfait pour vous : il est d’une beauté rare. Les mythiques sommets de la Grande Casse et de l’Aiguille de la Vanoise vous surplombent, vous êtes au beau milieu des épicéas, les chamois sont tout proches, et vous avez un fabuleux sentiment de nature sauvage et préservée. C’est une idylle alpine. Au moment de ma venue, la neige était d’une qualité fabuleuse, et j’ai pris un immense plaisir à skier. Les pistes s’étendent de 1410 à 2355m et la partie basse est également équipée d’enneigeurs, assurant un bon enneigement constant.

    Faites une pause tartiflette au restaurant Les Barmettes, au pied de l’Aiguille de la Vanoise : le cadre est sublime et le repas copieux !

    Dans ce décor, j’ai eu le plaisir de tester le telemark au moment même où la coupe du monde de telemark avait lieu à Pralognan la Vanoise. Contrairement aux apparences, le mot telemark n’est pas le nom d’une énième appli de messagerie instantanée pour envoyer des photos de ton chat à ta mamie : c’est le nom d’une région de Norvège. Discipline mi alpine, mi nordique, elle laisse le talon libre, permettant à la fois la marche facile sur du plat et la descente sur pente raide. Les virages se font en position de fente, avec les genoux décalés. C’est très technique et très physique, mais heureusement, il est possible de tricher et de repasser sans encombre en technique alpine quand les cuisses et les mollets sont en feu. Nous avions un super moniteur britannique, Ben, fou du sentiment de liberté et de technicité procuré par le telemark, qui a créé sa société spécialisée dans la discipline, Teletracks . Si vous avez un bon niveau de ski alpin et que vous voulez tester de nouvelles sensations, je vous recommande d’essayer : les sensations sont intéressantes.

    Apprendre à construire un igloo à Pralognan la Vanoise

    Qui veut apprendre à construire un igloo ? A la tombée de la nuit, c’est l’atelier inuit à Pralognan-la-Vanoise. L’activité est à la fois ludique, instructive et assez physique. Il nous faudra 60 briques pour construire ce petit igloo, 60 briques qu’on va fabriquer avec des bacs de chez Ikea (on triche un peu), nos pieds pour tasser la neige très fort, et une scie pour les sculpter parfaitement. Puis quelqu’un se mettra à l’intérieur pour tenir chaque brique le temps de monter la voûte, comme une cathédrale de glace. Petite astuce : ne soyez pas cette personne sacrifiée. La pauvre Marie a failli finir en surgelé Picard, immobile genoux dans la neige à tenir des blocs de glace. Laissez les autres souffrir à votre place.
    Nous étions 7 et il nous a fallu 1h30 pour construire ce petit igloo, ce qui prouve qu’en cas de tempête de neige inopinée, nous serions tous morts, malgré des piétinements acharnés et une réelle ardeur collective au travail. Une fois le petit igloo achevé, quelqu’un aurait pu y dormir : la température était de 5 degrés dedans contre -13 dehors ! N’est pas Inuit qui veut. En cas de blizzard soudain, la technique du husky (se rouler en boule dans un tas de neige) me semble donc plus à même d’assurer ma survie. Nonobstant notre nullité achevée, c’était un moment très sympa, et particulièrement photogénique.


    Initiation au ski joering sous les sommets de la Vanoise

    Connaissez-vous le ski joering ? C’est une activité de magazine ou de conte de fée qui me faisait rêver depuis très longtemps, et en faire était mon grand objectif de l’hiver. Pour les amoureux des chevaux et des montagnes, c’est le cocktail parfait : il s’agit de ski… tracté par un cheval, qu’on guide en orientant ses skis et en tenant les rênes en main. Cela se passe au ranch de l’Ancolie, dans un cadre magnifique : une vaste vallée blanche au pied des montagnes. La propriétaire, Véronique est une vraie passionnée qui a peu de chevaux, les connaît par cœur et les adore. Comme il s’agissait d’une initiation, nous étions en terrain clos, je rêve maintenant de partir sur les chemins en forêt !
    L’activité est ludique et accessible, mais j’aurais tendance à dire que vous en profiterez encore plus si vous avez déjà un intérêt pour les chevaux, que l’animal vous plaît et ne vous effraie pas. Ceux d’entre nous qui avaient déjà un certain feeling avec les chevaux, sans forcément être de grands cavaliers, sont ceux qui ont le plus apprécié l’activité.



    Une sortie en raquettes à Pralognan la Vanoise

    Pralognan propose de nombreuses randonnées raquette dans un cadre privilégié. Celle qui me fait le plus rêver vous invite à partir à la recherche des chamois sur les hauteurs, ce que j’aurais bien évidemment adoré ! Mais pour des questions de temps, nous avons opté pour une boucle plus courte, mais néanmoins charmante, entre traversée de canyons rocheux, petits hameaux de berger, rivières enneigées et forêts épaisses. J’ai adoré cheminer sous le silence ouaté de la neige qui tombe… avant d’achever le parcours avec une délicieuse tomme de chèvre à la chèvrerie de Chavière ! A défaut de chamois, nous aurons rencontré d’autres caprins adorables…

    Commerces et restaurants authentiques : bonnes adresses à Pralognan

    Pralognan-la-Vanoise est un village savoyard authentique, avec ses chalets, ses épicéas, son atmosphère intemporelle. Ici les gens construisent leur histoire de génération en génération, portent un héritage, défendent le fait maison, les produits locaux.
    Je vous conseille de visiter la Fromagerie du Plan, où des éleveurs et producteurs vendent leur beaufort et qui ne désemplit pas (la culture du fromage en Savoie, c’est quelque chose !) ou encore la Liquoristerie de la Vanoise, caverne aux merveilles alpines : outre le génépi distillé sur place, on y trouve toutes sortes de spécialités savoyardes soigneusement sélectionnées.


    Quand il est temps de passer à table, il faut tester le bar-resto Pépé Gust’ qui a su allier la modernité cosy et bistronomique à la défense d’un héritage personnel touchant. Pépé Gust’, c’était Auguste Amiez, qui fonda en 1937 le tout premier bar de Pralognan. Skieur, alpiniste, bricoleur, figure locale mythique, il est aussi l’arrière-grand-père d’un des deux propriétaires du bistrot. Son visage stylisé orne les planches et les menus de ce bar-resto chaleureux où on commence au bar par un apéritif made in la Liquoristerie, avant de passer à table dans un décor ultra typique – une haie de skis des années 70 ! – et de goûter les burgers faits maison. L’assurance d’une soirée sympa.


    Pépé Gust’ s’apprêtait à ouvrir des chambres d’hôte au moment de ma venue. Je n’ai pas pu les découvrir, mais en attendant, j’ai deux hôtels sympas à vous conseiller.

    Deux hôtels de charme à Pralognan la Vanoise

    Nous avons dormi à l’Epicéa Lodge, un très joli hôtel légèrement à l’écart du village qui cultive l’ambiance trappeur : rondins de bois, proximité des montagnes et des forêts, toits enneigés… on est au calme, dans un cadre idyllique qui correspond totalement à ce que j’aime pour des vacances à la neige au plus près de la nature. L’hôtel propose des catégories de chambres très différentes, de la petite cabane dans les bois aux toits penchés (pas super pratique, mais tellement pittoresque) aux belles chambres avec vue ! J’étais à l’étage, dans une chambre cosy et confortable avec vue sur les montagnes, et j’ai adoré mon séjour. Je sais que toutes les chambres n’ont pas la vue (celles au rez-de-chaussée sont très sombres), et les types de chambres étant très différents, je vous conseille de réserver par téléphone pour bien vous renseigner sur celle que vous choisissez. Le restaurant de l’hôtel est chaleureux et traditionnel : raclette, fondue, crozes, diots… je me suis régalée de fondue. Et le grand bonheur, c’est de prendre l’apéritif avant ou le thé après le repas au coin du feu !

    J’ai ensuite pu découvrir un autre hôtel qui m’a beaucoup plu, en cœur de village : l’Hôtel du Grand Bec. Ce chalet traditionnel, tenu par la même famille depuis 3 générations, a une belle déco montagnarde boisée et soignée, et deux atouts charme qui m’ont séduite : un très bel espace piscine et balnéo, avec piscine intérieure chauffée, jacuzzi, piscine extérieure l’été, sauna d’une part, et un fabuleux restaurant d’autre part. Le restaurant est labellisé Maître Restaurateur, un label qui a de la valeur à mes yeux car il est sanctionné par les services de l’Etat et valorise circuits courts, produits locaux, fait maison. Le repas au Grand Bec était absolument succulent, un summum culinaire dans mon hiver montagnard – tout était fin, frais et délicieux !

    J’ai quitté Pralognan enchantée, comblée par mon séjour au pays des contes de fées, avec la sensation d’avoir vécu un moment de grâce, dans un endroit vraiment beau et magique. Au cœur de la Vanoise, dans une vallée encaissée et boisée, attend un petit paradis… Je rêve désormais de revenir en été, au plus près des chamois. Cet endroit m’a marquée et j’en ai beaucoup parlé autour de moi, en demandant à mes amis : saviez-vous combien Pralognan est beau ?

    Merci à l’office du tourisme de Pralognan et à Duodecim pour cet accueil merveilleux qui restera un fabuleux souvenir. Je reviens quand vous voulez !

    Pralognan la Vanoise, le paradis savoyard. Découvrez une des plus jolies stations de France. Toute la beauté des Alpes
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  • Orcières Merlette, au soleil des Alpes du Sud

    Quel bonheur de retrouver les Alpes du Sud à Orcières-Merlette 1850 ! Jamais elles n’ont autant mérité leur surnom « d’Alpes du Soleil » que dans cette station où il fait bon vivre, entre une situation plein sud et une pléthore d’activités qui parleront à tous. Des cours de cuisine à la tyrolienne géante en passant par des bains insolites en pleine nature et le parapente, tout est possible ici ou presque. J’ai eu un vrai coup de cœur pour Orcières-Merlette, station familiale attachante qui a su développer des initiatives originales, entre patrimoine et innovation. Peut-être votre prochaine destination de vacances au ski ? Laissez-moi vous donner quelques idées pour profiter au maximum d’Orcières-Merlette 1850.

    Skier au soleil
    S’élancer dans les airs
    Partir avec les chiens de traîneau
    Tester les insolites bains du trappeur en pleine nature

    La fontaine gelée du hameau de Prapic

    Orcières Merlette ou le soleil des Alpes du Sud

    Si vous aimez revenir du ski tout bronzé avec la marque des lunettes, si vous rêvez d’échapper à la grisaille et de retrouver la lumière sur les cimes, je ne saurais vous recommander mieux qu’Orcières-Merlette. C’est simple, de toutes les stations que j’ai eu le plaisir de visiter cet hiver, c’est celle qui bénéficie du meilleur ensoleillement. Ici, les Alpes du Soleil méritent pleinement leur surnom…

    Nous sommes déjà bien au sud, à la même latitude que Montélimar, la porte de la Provence. Nous sommes à deux pas de Gap, à 2h30 de route au nord de Marseille et à 2h au sud de Grenoble. Ici le climat est plus riant, plus dégagé que dans les Alpes du Nord.
    On le voit tout de suite à la végétation : les sapins ont disparu et fait place aux mélèzes, symbole des Alpes méridionales – comme dans les Dolomites. Attention, cela signifie que vous ne pourrez pas skier au milieu des arbres enneigés dans une atmosphère de petite Laponie, car les mélèzes perdent leurs aiguilles l’hiver et que le domaine n’est pas très boisé, mais cela signifie aussi que rien ne vient vous faire de l’ombre. Au-dessus de vous s’élèvent les premiers sommets du parc national des Ecrins, et les pentes sont baignées de lumière : la station est exposée plein sud, ce qui signifie que le soleil vous baigne continuellement, tout au long de votre journée de ski. Aucune station ne m’a fait prendre autant de couleurs qu’Orcières, pensez bien à la crème solaire !


    La station cultive cette douceur de vivre au soleil : sur le beau domaine sont installées des terrasses permettant de se reposer, bronzer dans des fauteuils et des chaises longues, faire une pause bronzage. J’ai adoré ces aménagements presque balnéaires au milieu des sommets.

    Au soleil d’Orcières


    Mais n’ayez pas d’inquiétude quant à l’enneigement : la station s’étend de 1850 à 2725 mètres, une grande amplitude pour ses 51 pistes, et des enneigeurs nouvelle génération sur toute la partie basse de la station. J’ai pu découvrir le travail des dameuses et des enneigeurs lors d’une virée en dameuse à la tombée de la nuit, qui m’a beaucoup appris sur les coulisses d’une station : toute la nuit, de nombreux hommes et quelques femmes travaillent à la préparation des pistes. La qualité de la neige était excellente lors de ma venue, malgré un soleil ardent et quasi continu. J’ai pris beaucoup de plaisir à skier à Orcières-Merlette, compromis parfait : une station familiale, à taille humaine, mais avec un beau domaine et de nombreuses pistes.

    Les enneigeurs dans la nuit

    Orcières Merlette, version sensations fortes

    La plus grande tyrolienne des Alpes du Sud

    C’est la plus grande tyrolienne des Alpes du Sud, et une des plus grandes des Alpes tout court : vous passez d’un versant à l’autre à une vitesse de pointe de 140 km/h, en position horizontale au-dessus des neiges. Contrairement à ce que j’imaginais, la sensation de vitesse n’est pas extrême, c’est quelque chose de très doux, comme si on volait. Si vous recherchez l’adrénaline pure, vous serez déçus, mais si vous avez envie d’une sensation de flottement et d’envol très agréable, cela vous plaira ! Un tour en tyrolienne coûte 40 euros, tarifs dégressifs en groupe.

    Un tour en chien de traîneau

    Au cœur de la station d’Orcières Merlette, au milieu des pistes à 2300 mètres d’altitude, Alpi Traîneau s’est installé avec ses huskies et a construit un village inuit, Williwaw, où on peut même passer la nuit dans un igloo après avoir vu le soleil se coucher sur les montagnes. Je n’ai pas testé l’option igloo, mais j’ai eu le plaisir de faire un petit baptême en chien de traîneau : environ 30 minutes de balade sur le plateau de Roche Rousse, entre les barres rocheuses et les étendues enneigées. Les mushers sont très expérimentés et professionnels : le jour de ma venue, le propriétaire du site, Philippe Desmurger, gagnait une des étapes de la Grande Odyssée, une course de chiens de traîneaux mythique en Savoie. J’étais avec Ananda, une jeune musher passionnée, qui m’a raconté le dressage des chiens, la sélection des chiens de tête, et son amour pour cette race généreuse et tellement pleine d’énergie. Une petite parenthèse très sympa entre deux descentes ! J’étais ravie de revoir les huskies après ma belle expérience en chien de traîneau en Vercors.

    Le parapente en hiver : le bonheur ultime

    Si vous me suivez depuis longtemps, vous savez que mon baptême de parapente en Vercors l’été dernier a été une des plus belles expériences de ma vie. J’ai ressenti un sentiment de joie, de liberté, d’exultation inouï et j’ai immédiatement su que j’étais accro, et que j’allais passer ma vie à courir après cette jubilation incomparable. Quand on m’a proposé de tester le parapente d’hiver à Orcières-Merlette, j’ai sauté de joie – impossible de me faire plus plaisir.

    Je crois que peu de choses au monde me procurent un sentiment de bonheur aussi intense. Cette sensation est indescriptible, car rien ne peut davantage donner à l’homme la sensation de voler. Le parapente, c’est devenir oiseau. Nous frôlions les crêtes, sentions le souffle froid de la montagne quand nous allions presque chercher le contact avec les pistes, puis repartions vers les hauteurs pour embrasser les sommets des Ecrins.

    C’était avec le moniteur Jean-Michel Hérard, fondateur de la société Chaussée Glissante, que j’ai trouvé vraiment pro et adorable.  Je vous le recommande chaleureusement si vous venez à Orcières – un baptême avec lui vous coûtera 75 euros. Il est aussi dameur : c’est lui que j’ai retrouvé le soir pour un tour en dameuse à la nuit tombée, une plongée extraordinaire dans le monde secret des stations.

    Parapente en hiver vs parapente en été
    Par rapport à mon expérience de l’été dernier dans le Vercors, qu’est ce qui change ? Fondamentalement : rien, c’est fabuleux. Dans le détail, un inconvénient à noter : les vols d’hiver sont souvent plus courts car il y a moins d’ascendants qui vous portent et maintiennent en l’air. J’aurais adoré que ça dure encore. J’ai revu des parapentistes aux Saisies la semaine suivante, et leurs vols étaient vraiment très courts, ils n’arrivaient pas à monter. Le problème est plus fréquent en hiver qu’en été, même si les conditions changent bien évidemment d’un jour à l’autre. En revanche, le parapente en hiver a un avantage significatif : le démarrage à ski est extraordinaire, un surcroît d’adrénaline génial. On se jette dans la pente bien raide avec ses skis, on prend de la vitesse et on est soulevé par la voile. Le départ valait toutes les montagnes russes du monde, c’était une sensation incroyable. C’est à réserver aux gens qui aiment l’adrénaline : le départ en été est plus doux, le départ à ski en hiver donne plus de sensations.
    Eté ou hiver, je vous recommande VRAIMENT de tester le parapente une fois dans votre vie. Ce sont mes plus belles expériences outdoor à ce jour. Je crois que j’ai élevé le parapente au rang de religion, car c’est une expérience qui ne ressemble à rien d’autre au monde et dont on sort extatique. Je crois que j’aime encore plus le parapente que le chocolat, c’est dire l’amour que je lui porte 😉

    Un moment au spa à Orcières Merlette ?

    J’ai eu le plaisir de tester deux spas durant mon séjour, ce qui a réjoui l’accro à l’eau chaude que je suis. Deux expériences vraiment agréables, mais radicalement différentes… laissez-moi vous raconter.

    Un beau spa pour prendre soin de soi : le spa Peau d’Ours

    On commence par le spa le plus « classique », mais vraiment plaisant : c’était un pur moment de détente et de bien-être que de finir la journée chez Peau d’Ours et de voir le soleil se coucher sur les Alpes depuis mon bain à remous. J’étais fabuleusement détendue…

    Je vous rassure tout de suite, il n’y a pas d’ours mort dans ce spa. Simplement, le nom « Orcières » signifie « tanière de l’ours », l’ours est l’emblème de la station, et nombre d’établissements jouent sur cette symbolique ! Peau d’Ours est un spa très soigné, qui vous chouchoute et vous enveloppe. De nombreux soins sont proposés, et de nombreux produits de bonne qualité. L’ambiance est chaleureuse et raffinée. Au premier étage, vous trouverez le grand bain à remous avec vue sur les montagnes, et au sous-sol, le sauna et le hammam, ainsi que de nombreux espaces de relaxation. Tout est propre, bien aménagé, bien chauffé, et je me suis parfaitement détendue. La dimension esthétique et cosmétique est aussi développée, et si vous avez envie de prendre soin de vous, le personnel attentif et sympathique de Peau d’Ours s’occupera très bien de vous.

    Je quitte ce cocon tiède et cosy et passe maintenant au spa version aventure de l’extrême.

    Les bains du trappeur : une expérience spa hors norme en pleine nature

    Ceci est un insolite incroyable, une des expériences les plus marquantes et originales de mon hiver 2019 – on oublie pas les Bains du trappeur de sitôt ! J’adore encourager les initiatives originales, et les Bains du trappeur, créés par un jeune couple fasciné par le grand nord, le Canada et les expériences décalées, sort vraiment de l’ordinaire. Et la dimension nature et écolo plaira aux cœurs verts parmi nous !

    Au fond de la vallée, à côté du gîte de Chauffarel, je descends dans la combe la plus froide des Hautes-Alpes. Le jour de ma venue, il fait -16 au fond de la combe, les arbres sont entièrement drapés de givre et j’ai l’impression d’être entrée dans un autre monde. Quel contraste entre les versants ensoleillés de la station méridionale et cette atmosphère presque sibérienne, ce monde sauvage où la rivière Drac coule à demi gelée entre les berges figées dans la glace et les arbres blancs ! Les bains du trappeur sont de grands bains de bois placés au milieu des forêts, et chauffés au feu de bois de mélèze allumé en dessous. L’ambiance trappeur est cultivée à l’extrême avec les cabanes, les rondins, les cheminées de fonte et les crânes de cervidés accrochés aux toits. Les bains sont privatifs, avec un tarif unique : 65 euros pour 3h, pour jusqu’à 8 personnes. Vous serez seul (ou avec les personnes que vous avez choisies) : il y a trois bains différents, chacun isolé des autres, pour avoir une sensation de solitude et d’exclusif. Vous aurez aussi un beau sauna de bois clair rien que pour vous. L’eau est intégralement vidée après chaque bain, ce qui évite l’utilisation de produits chimiques. Les contrastes de température sont extrêmes : -16 dehors, 40 degrés environ dans le bain, 80 environ dans le sauna ! Je n’ai pas eu froid, grâce à la température vraiment chaude du bain, et j’ai choisi de garder mon bonnet sur la tête pour ne pas risquer d’attraper mal. J’ai adoré cette expérience complètement sauvage et hors normes. Je recommande en amoureux : c’est très romantique !

    Un joli hôtel à Orcières Merlette : les Catrems

    Je reste dans les suggestions romantiques avec cet hôtel qui fait partie de mes coups de cœur de l’hiver en matière d’hébergement. Les Catrems, c’est vraiment un joli hôtel de montagne, avec une très belle vue sur les sommets, et une décoration à la fois typique, rétro et originale, qui m’a fait une excellente impression. On sent que les propriétaires ont décoré l’endroit avec beaucoup de soin, de goût et d’originalité, et j’ai adoré guetter tous les petits détails, et me reposer au soleil dans le salon. Ce n’est pas un hôtel luxueux, les chambres sont assez simples, mais c’est soigné, bien tenu et joli. L’hôtel est classé 2 étoiles, spontanément je lui en aurais plutôt accordé 3. La lumière, c’est vraiment l’atout cœur d’Orcières, elle est partout, et rend tout plus joyeux. J’ai adoré le balcon de ma chambre, plein sud avec vue sur les montagnes.
    Je recommande sans hésiter cet hôtel de charme aux tarifs abordables : 75 euros/nuit en moyenne.

    Après tant d’expériences palpitantes, il est maintenant temps de manger.

    Découvrir la gastronomie des Alpes du Sud à Orcières Merlette

    En venant à Orcières Merlette, j’ai fait une découverte culinaire qui m’a beaucoup surprise : la gastronomie du Champsaur, cette vallée des Alpes du Sud, est vraiment différente et ne ressemble pas aux spécialités de montagne usuelles. Bien sûr, comme partout au ski, vous trouverez aussi raclette, fondue, etc, mais je vous conseille vraiment de vous intéresser aux spécialités locales qui sont très spécifiques à ce coin de France.
    Il y a d’abord les ravioles du Champsaur. Moi qui suis Drômoise, je pense aux ravioles de Royans quand on me dit « ravioles », mais celles du Champsaur sont totalement différentes : elles ne sont pas faites à base de pâte de blé, mais de pomme de terre. Ce sont des croquettes à base de patate, fromage frais et levure.
    Ensuite, il faut parler des tourtons : eux sont bien à base de pâte, ce sont de gros coussinets fourrés aux pommes de terre et aux poireaux (parfois aussi aux champignons), qu’on cuit dans l’huile bouillante. Ils sont un peu plus délicats à réaliser que les ravioles.
    Ce sont les deux spécialités les plus célèbres, mais je vais vous en présenter d’autres au fil des bonnes adresses. 

    Tourtons et ravioles lors d’un atelier cuisine à l’office de tourisme d’Orcières Merlette

    Un resto à la déco fabuleuse : L’Ourson

    Ah, quel coup de cœur, ce resto ! D’abord, la décoration est géniale. J’ai eu l’impression d’entrer dans un compte Instagram de cow girl américaine super stylée et élégante, avec ce bois clair, ces motifs vache et zèbre, ces lampes travaillées, cette utilisation judicieuse de la végétation, cette attention apportée au détail. J’ai passé dix minutes à admirer le resto avant de pouvoir me concentrer sur le menu 😉
    Passons au repas : un régal ! C’est du fait maison, du typique et soigné. J’ai pris le plateau de découverte des spécialités du Champsaur, et il y avait, outre les tourtons et les ravioles, plusieurs choses très originales : du nougat de chèvre, une mousse de fromage de brebis, des feuilletés aux épinards… C’était copieux mais très bon, et vraiment différent.

    Goûter aux mélèzes : Les Délices Orsatus

    Je continue dans l’originalité : je vous conseille vraiment d’aller découvrir les Délices Orsatus chez Stéphane, à l’hôtel des Gardettes. Stéphane est passionné de fleurs et de plantes, et notamment de celles de ses Alpes du Sud. Je vous l’ai dit, l’arbre emblématique de la région, c’est le mélèze. Ce que j’ignorais, c’est que le mélèze fleurit au printemps (autour d’avril), couvrant la montagne de fleurs claires. Stéphane part alors ramasser les fleurs, pour composer ses « délices ». Les délices, ce sont des confitures à base de fleurs : mélèze, bien sûr, mais aussi sureau, églantine, pissenlit, gentiane, lilas… et bien d’autres encore. Absolument passionné, Stéphane vous racontera avec enthousiasme les vertus des fleurs, et les principes de la phytothérapie. Les Délices Orsatus peuvent aussi être commandés en ligne, n’hésitez pas à faire un tour sur le site, où vous trouverez aussi des recettes.

    Stéphane a aussi décliné la technique pour développer des sorbets de fleurs, que vous pouvez goûter au restaurant des Gardettes. C’est un resto de montagne typique, aménagé dans une ancienne bergerie, où j’ai goûté à une très bonne raclette – classique mais efficace – avant d’enchaîner sur ces sorbets délicieux.

    Apprendre à cuisiner les spécialités du Champsaur

    Et si vous mettiez à votre tour la main à la pâte ? Myriam, habitante d’Orcières passionnée de cuisine et experte en matière de spécialités régionales, propose des ateliers cuisine à l’office du tourisme. J’ai appris à faire les ravioles (facile, je saurais refaire), puis les tourtons (plus compliqué, je ne saurais pas les refaire moi-même, d’autant qu’il faut un cadre en bois pour bien les former), et suis repartie avec mes spécialités à cuire chez moi et les recettes pour pouvoir recommencer ! Myriam est chaleureuse et pédagogue, et j’ai apprécié l’ambiance conviviale du cours. Cela m’a fait très plaisir de voir que les femmes n’étaient pas les seules intéressées, et que plusieurs hommes sont venus apprendre avec leur femme, leur fille… très sympa.

    Le hameau de Prapic ou la magie des Alpes du Sud

    La station d’Orcières Merlette 1850 n’est pas une station village comme j’en verrai ensuite en Savoie : c’est un aménagement des années 1970 avec de l’habitat collectif, pas laid du tout, grâce à la petite taille de la station et à l’utilisation du bois pour palisser les ensembles, mais avec forcément moins de charme qu’un village traditionnel. En revanche, le village d’Orcières, situé un peu plus bas, est vraiment très beau, avec son église se détachant sur les sommets enneigés.

    Mais le joyau, le coup de cœur absolu, c’est le hameau de Prapic.
    Ce qui me fascine dans les Alpes du Sud, ce sont les petits hameaux perdus dans la montagne. Ils datent de l’époque pastorale, quand les bergers suivaient les troupeaux en haut des pentes l’été, et que des maisons de pierre et de chaume naissaient sur leurs chemins. À Orcières, il y a plusieurs hameaux de ce genre, et le plus beau, c’est Prapic, un petit bout du monde. Les toits de chaume ont été remplacés par des toits de lauzes (ardoises noires) en raison des incendies, mais tout est comme avant, traditionnel, idyllique. Le village est rempli de fontaines toutes plus belles les unes que les autres, surtout quand l’hiver les drape de glace. De superbes randonnées partent de Prapic, et je vois des gens partir en raquettes au milieu des mélèzes ou le long des deux rivières, celles qu’on appelle la noire et la blanche. La poésie hivernale de Prapic m’a enchantée et a fini de sceller mon affection pour Orcières !

    Pour la douceur de vivre et la neige au soleil dans les Alpes du Sud, pour l’esprit familial de cette petite station et pour la grande diversité des activités et l’esprit d’innovation qui l’anime, j’ai vraiment adoré Orcières Merlette.
    Un grand merci à l’office du tourisme d’Orcières Merlette, et particulièrement à Mathilde, et à tous les prestataires, pour leur accueil chaleureux !

    Ski et insolites au soleil des Alpes du Sud : Orcières Merlette.
    Epinglez-moi !

    La semaine prochaine, je vous emmènerai à Pralognan-la-Vanoise, pour continuer à explorer les stations françaises de charme. Inscrivez-vous à la newsletter ?

  • Le Vercors en hiver : la grande aventure


    Chiens de traîneau en Vercors, randonnée hors-piste dans des paysages éblouissants, expériences insolites au pied des montagnes mythiques… les montagnes du Vercors en hiver, c’est l’aventure authentique. Ce massif préservé, véritable forteresse de falaises et de sapins, a un air de Laponie à deux pas de Grenoble et de Valence. Et le ski n’est pas en reste. Après avoir longuement randonné dans le Vercors en été, je suis revenue en janvier pour expérimenter l’épopée hivernale.a Sauvage, secret, brut, le Vercors séduira les aventuriers. On évolue au cœur d’un parc naturel régional qui tient à son identité si singulière. Pour goûter les Alpes autrement, je vous propose une série d’expériences à vivre et de choses à voir dans le Vercors en hiver.

    Chien de traîneau à Vassieux en Vercors
    Ski de randonnée à Autrans
    Ski alpin à Villard-Corrençon
    Yooner à Gresse-en-Vercors

    Des chiens de traîneau en Vercors : le grand nord dans nos Alpes

    C’est une expérience qui m’a marquée. J’ai quitté ma Drôme provençale par les petites routes par un matin brumeux de janvier. Cap sur les montagnes du nord, sur ce Vercors drômois qui incarnait à mes yeux le summum de l’aventure et du danger quand j’étais petite. Peu à peu l’altitude augmente, les premiers contreforts du Vercors apparaissent. Ce massif, c’est une forteresse, un château de falaises abruptes. Je me sens un peu comme Frodo marchant vers le Mordor.


    Dans le brouillard, j’arrive à Vassieux-en-Vercors, chez Jiri alias Esprit du Nord. Et là, j’ai un choc. Je ne suis plus dans la Drôme. Je suis revenue en Laponie. Face à moi se trouve un village de kotas, ces cabanes si typiques de la Laponie finlandaise que je reconnais immédiatement, pour y être allée l’hiver dernier. Il y a aussi des tipis, l’ambiance est bluffante. Et partout, des huskys. Je suis dans le grand nord.


    Le musher, c’est Jiri, prononcez Yoraï. Il est d’origine tchécoslovaque (il insiste là-dessus : il a quitté le pays avant la partition, il n’est donc ni tchèque, ni slovaque, il est tchécoslovaque et c’est comme ça), et cela fait plus de vingt ans qu’il s’est installé ici pour vivre sa passion du chien de traîneau dans le Vercors drômois.
    Nous partons dans les bois. Les chiens sont surexcités, comme toujours au moment du départ : impatients de bondir. Le traîneau s’élance et voilà que commence ma grande aventure nordique, ma plus belle expérience de chien de traîneau à ce jour.

    Où faire du chien de traîneau dans les Alpes ?

    C’est une question qui revient souvent dans les messages que je reçois : quel est le meilleur endroit pour faire du chien de traîneau dans les Alpes ? Plusieurs stations ont développé l’activité et je la trouve très sympa. Mais à ce jour, je répondrais sans aucune hésitation : chez Esprit du Nord, à Vassieux-en-Vercors. Pourquoi ?
    Parce que Jiri dispose d’un espace immense, peut-être le plus grand des Alpes pour pratiquer le chien de traîneau. Il n’est pas coincé entre deux pistes, comme c’est le cas dans beaucoup de stations, il peut vous emmener sur des chemins immenses, en forêt, sur les hauts plateaux, au cœur de vallées secrètes. Vous pouvez faire du chien de traîneau pour une journée complète sans repasser par les mêmes chemins, ce qui est vraiment exceptionnel dans les Alpes. Ce n’est pas pour rien que de nombreux mushers se sont installés dans le Vercors drômois (il y a quelques années, c’est là que l’explorateur Nicolas Vanier avait établi son camp) : ce massif très préservé, très peu urbanisé, protégé par la dénomination de parc naturel, est un terrain de jeu exceptionnel pour les aventuriers. L’immensité de l’espace, la variété des paysages… tout enchante. Je vais vous dire en toute sincérité, ma journée de chien de traîneau en Vercors m’a encore plus plu que celle que j’avais vécue en Laponie finlandaise ! La variété des paysages, entre forêts et reliefs, plateaux et vallées, sapins et grands espaces, m’a enchantée. Tout était d’une beauté rare.


    Deuxième raison : parce que Jiri dispose d’infrastructures exceptionnelles. Il a créé un véritable village de kotas finlandaises chez lui à Vassieux, dont je vais vous parler davantage.
    Lors des sorties en forêt, il vous fait déjeuner dans des cabanes forestières en pleine nature, exactement comme dans le grand Nord. Nous nous arrêtons à midi en forêt, Jiri sort les ravioles de Royans (spécialité de la région), le fromage, la charcuterie, le vin d’Alsace. Il cuit les ravioles dans l’eau frémissante et nous déjeunons au cœur des bois, comme en Laponie. L’expérience est fabuleuse.

    Troisième raison, la meilleure de toutes : parce que Jiri adore ses chiens et les traite vraiment bien. Pas de petites cages ou de chiens en laisse attachés à leur niche, comme je l’avais vu à Ilulissat au Groenland . Ici les enclos des chiens sont vastes et bien aménagés, les chiens restent ici jusqu’à leur mort, et Jiri les connaît par cœur. Vous sentez chez lui une vraie passion et un vrai amour de ses animaux. Esprit du Nord développe d’ailleurs nombre d’activités d’été pour occuper les chiens même en l’absence de neige : cani rando, cani trottinette, husky kart… En toute saison, cela vaut le coup d’y faire un tour.
    Dernière raison : parce qu’il vous associe au mushing. Toutes les autres fois où j’ai fait du chien de traîneau, j’étais assise dans le « berceau », au milieu du traîneau, totalement passive. Avec Jiri, vous êtes avec lui, à l’arrière du traîneau, à pousser dans les montées, déplacer le poids dans les virages, prendre de la vitesse dans les descentes… c’est beaucoup plus sportif et fun.

    Dormir dans un kota finlandais au cœur du Vercors

    Après l’aventure en chien de traîneau, il est aussi possible de passer la nuit chez Esprit Nordique, en kota ou en tipi. La sensation d’être dans le Grand nord se renforce… je me sens très loin du monde, et il ne me manque que les aurores boréales pour me croire chez les Sami.

    Quand le soir tombe, il est temps de prendre possession de ma kota. Il n’y a pas de salle de bain ou WC dans la kota, mais un espace commun au sein de la maison de Jiri. (Pensez à prendre une serviette de bain, et un sac de couchage.) Après m’être douchée, je rejoins ma cabane nordique, qui est spacieuse et confortable. Jiri me montre comment allumer le feu et m’apporte mon repas. Je dîne à la lumière du feu et des petites lampes d’appoint, sans électricité mais baignée d’une douce quiétude. L’atmosphère est extraordinaire. Je m’inquiète de la température, mais heureusement, un chauffage d’appoint maintient une douce tiédeur -je n’aurai pas à me relever pour alimenter le feu. Je dors paisiblement, avec le souvenir des contrées lointaines.

    Le ski de randonnée nordique en Vercors, la révélation nature

    Voici venue l’autre grande aventure nordique de ce séjour, mon autre épopée après les chiens de traîneau. Le Vercors est un massif qui permet ce genre d’évasion radicale. C’est un massif hors normes, qui respire la liberté. On peut le traverser d’un bout à l’autre par les hauts plateaux, dans une solitude vertigineuse : cela s’appelle la Grande Traversée du Vercors et c’est une des plus belles randonnées de France. L’été vivent des troupeaux de chevaux en totale autonomie et sans barrières sur les alpages. Bien après les temps douloureux de la résistance, le Vercors continue de signifier liberté – mais dans un sens autrement plus léger et joyeux. C’est ici le paradis des sports outdoor, et rien ne me l’a davantage montré que cette extraordinaire journée de ski de randonnée nordique au-dessus d’Autrans-Méaudre.

    Je suis désormais rejointe par ma grande amie et éternelle complice des aventures montagnardes, Marion alias La Faute au Graph. Elle restera avec moi pour deux jours, à Autrans puis à Corrençon. Comme toujours, nous nous photographions l’une l’autre, nous échangeons nos photos, et toutes les photos de moi prises pendant ces deux jours sont des photos prises par Marion. Merci pour ces souvenirs magiques !

    Le ski de randonnée nordique, qu’est ce que c’est ? Contrairement aux apparences, ce n’est pas la même chose que le ski de randonnée tout court (qui ressemble, lui, davantage au ski de fond). C’est à mi chemin entre le ski de randonnée et les raquettes. Votre talon est libre, vous avez des bâtons, vous êtes chaussés de chaussures qui ressemblent plus à des chaussures de rando qu’à des chaussures de ski. Vous pouvez marcher sur le plat, gravir des pentes ou gérer des petites descentes. Bref, vous êtes extrêmement libre et polyvalent. Vous pouvez passer partout, ou presque. Vous partez hors piste et créez votre propre trace, inventez des sentiers au milieu des sapins. C’est un ski d’immersion complète dans la nature, et qui sied parfaitement au Vercors : liberté, aventure, nature, il incarne toutes ses valeurs.

    Nous sommes à Autrans-Méaudre, jolie station au cœur du massif du Vercors. Et notre accompagnateur pour cette journée magique, c’est Régis, le grand spécialiste du ski de randonnée nordique et fondateur d’Aventure Nordique, boutique spécialisée dans le matériel d’itinérance : skis de randonnée nordique, matériel de bivouac hivernal, pulkas, il a tout pour les aventuriers d’ici et de très loin. Il est impliqué dans des tas de projets d’itinérance en Vercors, de grands raids et treks qui donnent au Vercors des allures de petite Laponie des Alpes. C’est un vrai passionné, et Marion et moi sommes dans d’excellentes mains.

    Nous partirons pour six heures de ski de randonnée nordique, loin des pistes, au cœur de la nature sauvage. Comment vous raconter la pureté, la magie de ces six heures hors du temps ? Je crois qu’il faut laisser parler les photos. Marion et moi nous souviendrons toute notre vie de cette journée. Nous commençons aussitôt notre immersion au milieu des sapins gainés de neige, dans un décor de pure féerie. Nous cheminons en direction d’un point de vue inoubliable : en bord de falaise, nous surplombons Grenoble. La capitale des Alpes s’offre à nous, rayonnante dans ce matin clair de janvier, et je n’ai jamais trouvé Grenoble plus belle. C’est un panorama impérial, Régis a fait de nous les reines du Vercors pour quelques instants.

    Puis d’autres points de vue s’enchaînent. Je perds la notion de l’espace sur les hauts plateaux enneigés, mais nous sommes guidées avec sûreté jusqu’au refuge des Feneys. Je suis tombée amoureuse de cette maison colorée au milieu de nulle part. Pendant la guerre, ce fut un abri de résistants, une maison pour les courageux soldats de la liberté. Aujourd’hui, c’est un refuge ouvert toute l’année, chaleureux et accueillant, où on mange merveilleusement bien. Soupe de tomate et de pomme (oui, oui), ravioles de Royans, tarte à la framboise, tout est fait maison et délicieux, surtout après de tels efforts.

    Régis nous réserve encore un éblouissement : le plateau de la Molière, fabuleux point de vue sur les hauts plateaux d’où les Alpes toutes entières s’offrent à nos yeux, du Mont Blanc aux Écrins. On se répète, Marion et moi, combien nous aimons nos montagnes françaises. Le jour descend, et nous cheminons vers Autrans au milieu des épicéas, dans une lumière toujours plus dorée. Cette journée fut plus belle encore que mon imagination. Merci, Régis.

    Le ski en Vercors : le domaine de Villard-Corrençon

    Le plus grand domaine skiable du Vercors ? C’est celui de Villard-Corrençon : 130 km de pistes d’excellente qualité, pour tous les niveaux, des familles aux riders de l’extrême. J’y ai beaucoup skié adolescente, et j’apprécie énormément ce domaine, car il combine un côté familial et préservé avec la qualité du ski. Le domaine est extrêmement boisé, on skie au milieu des sapins, rien ne fait « usine », mais les pistes sont excellentes. J’ai personnellement toujours préféré le côté Corrençon, car c’est un vrai village de charme (tandis que Villard est aménagé façon années 70, avec des barres), et cela tombe bien : nous commençons de ce côté là. On peut passer d’un village à l’autre à ski, se promener toute la journée sur ce vaste domaine très varié. La vue sur les sommets est superbe et les sapins, complètement englués dans la neige, ce qui crée des décors fantastiques. C’est un bonheur de skier dans de telles conditions.

    Le Vercors, terre de champions 

    Une rencontre avec Guillaume Ruel

    Je vous l’ai dit, le Vercors a quelque chose de spécial et le cultive. Je m’en convaincs davantage encore en discutant avec Guillaume Ruel. Guillaume Ruel, c’est un grand champion de freeride – vous savez, ce ski hors-piste spectaculaire où on voit les athlètes dévaler des barres rocheuses en faisant fi de la gravité. Il vient du Vercors, s’y entraîne, et ses nombreux titres rejaillissent sur le prestige du massif, comme ceux de nombreux autres athlètes. Il nous explique que le Vercors soutient beaucoup plus ses athlètes que la majorité des massifs français : les champions ont droit à un VRAI soutien logistique et financier, à un sponsoring efficace qui leur permet de faire leur saison dans de bonnes conditions, de participer aux grandes compétitions internationales. A cela s’ajoutent d’excellentes infrastructures, notamment des sport-études réputés, des centres d’entraînement de grande qualité, la proximité des grands aéroports et lignes TGV… C’est pour cela que la famille Fourcade, par exemple (Marcel, Martin et Simon, les biathlètes de renom), a quitté les Pyrénées pour s’installer dans le Vercors. Guillaume Ruel nous parle de cet activisme pro-sportif du Vercors, du soutien réel des collectivités à leurs athlètes, mais aussi de l’amélioration de la politique de gestion des avalanches, cruciale à son sport. On parle sécurité, équipements, prévention. Malheureusement, Marion et moi n’avons pas le niveau pour partir suivre Guillaume en freeride, nous nous contenterons de skier avec lui sur le beau domaine de Villard-Corrençon.

    Guillaume Ruel, champion de freeride, aen action. Photo Guillaume Ruel


    Mais le soir, on reste entre les mains des champions…

    Ze Camp : l’hôtel des champions (et des autres)

    Ze Camp, c’est un projet hôtelier absolument inédit qui a vu le jour à Corrençon-en-Vercors, et qui va continuer à renforcer le prestige sportif du Vercors. Nous avons été très heureuses et honorées de faire partie des toutes premières à tester cet hébergement hors-normes. ZeCamp, c’est un hôtel pour les sportifs, créé par deux champions olympiques, Marie Dorin et Robin Duvillard. Parce que le Vercors attire de plus en plus d’athlètes venus s’entraîner, non seulement dans le domaine de la montagne mais aussi de la course, du football, des sports collectifs, etc, l’idée a germé : il fallait créer un hôtel adapté aux besoins des sportifs.
    ZeCamp est situé dans une zone forestière sur les hauteurs de Corrençon-en-Vercors, et se fond au paysage avec sa structure tout de bois. Le cadre est superbe, et invite à se concentrer sur soi. On y trouve tout ce dont l’athlète a besoin pour se maintenir en forme : une VRAIE grande salle de fitness, avec du matériel professionnel, tapis de courses spéciaux, tous les types de poids, haltères et kettlebells, des machines spécifiques, un espace d’entraînement extérieur pour se muscler en plein air, mais aussi un espace de récupération : un bain froid pour une séance de cryothérapie, un box de massage…
    Les chambres sont à la fois simples et confortables, cultivant cet esprit rustique boisé, entièrement ouvertes sur l’extérieur avec une magnifique coursive pour savourer le lever du soleil sur son balcon. Nous avons adoré l’espace de détente au coin du feu, avec fauteuils suspendus et canapés, pour se reposer après une journée sportive. Le restaurant propose une cuisine saine, équilibrée et fraîche, avec un chef dévoué au 100% fait maison.
    L’hôtel est ouvert à tous, que vous soyez sportif ou non. Vous pouvez tout à fait venir en famille bénéficier du cadre naturel et chaleureux, ou avec votre club de sport pour un entraînement montagnard. Le rapport qualité-prix est très avantageux et les prestations excellentes. Cette initiative m’a vraiment enthousiasmée, moi qui adore les projets hôteliers innovants mettant en valeur le made in France !

    Gresse-en-Vercors : beauté et insolites au pied des montagnes mythiques du Vercors

    Mon séjour dans le Vercors s’achève par une étape que j’étais très impatiente de découvrir : Gresse-en-Vercors, un des plus beaux villages du Vercors. Je suis passée de « l’autre côté » du massif : moi qui suis Drômoise, je n’avais pas souvent eu l’occasion de venir à Gresse, car le village n’est pas accessible facilement depuis le versant drômois, il faut passer par Grenoble et aborder le massif par son côté Est. En revanche, la station est très facilement accessible pour les Grenoblois.
    Gresse-en-Vercors et Chichiliane sont les deux villages qui ont la chance d’abriter les montagnes mythiques du Vercors : le Grand Veymont, point culminant du massif à 2300 mètres, et surtout, le beau, le merveilleux, le sculptural Mont Aiguille, ma montagne préférée au monde. Marion et moi étions parties de Gresse l’été dernier pour réaliser notre sublime randonnée-bivouac sur les hauts plateaux du Vercors, où nous avions dormi face au Mont Aiguille trônant dans sa mer de nuages. Cette région du Vercors qu’on appelle le Trièves est une des plus photogéniques.
    Dès que j’arrive à Gresse-en-Vercors, je suis saisie par la beauté du village : l’église majestueuse, le cœur de ville ancien et charmant, se détache sur un décor d’aiguilles magnifiques. L’église date du XIIIe siècle, et elle a ce style si caractéristique du Dauphiné que j’adore, avec sa tour carrée, son clocher sombre où vivent des chauve-souris protégées, sa robustesse montagnarde alliée de délicatesse gothique. Derrière elle, ce sont les plus belles montagnes du Vercors. Je n’ai pas eu de chance avec la météo : j’ai exploré le domaine skiable de Gresse dans un brouillard épais. Mais sachez que par beau temps, on skie à Gresse avec une vue imprenable sur le Grand Veymont et, au sommet du domaine, le Mont Aiguille, et que c’est d’une beauté rare. Je regrette de ne pas avoir pu saluer ma montagne chérie du haut des pistes, mais je reviendrai à Gresse un de ces jours ! Je me suis donc concentrée sur d’autres activités que le ski. Et cela tombe bien, Gresse a beaucoup à offrir.

    Insolite : le sauna des neiges

    Imaginez la scène. Mon programme spécifie que je vais participer à une séance de « sauna itinérant », et je ne sais absolument pas à quoi m’attendre. J’appelle le prestataire, qui me donne rendez-vous à 18h : « je me suis installé au pied des montagnes ce soir, continuez au-delà des remontées mécaniques jusqu’au bout du chemin, vous allez me voir ». Je chemine dans la nuit sous les étoiles brillantes. Et soudain, au bout du bout, je tombe sur un chemin de torches avec, au fond, une roulotte, une yourte, des chaises longues, un feu allumé. J’ai l’impression d’être tombée au milieu d’une cérémonie ésotérique. Tout ceci est tellement étrange et dépaysant.
    Sauna Sphère, c’est un concept insolite très original, inspiré du grand nord. Un dôme géodésique, à l’armature de bois, peut être bâti n’importe où. Il est ensuite entièrement isolé avec des tapis et peaux, comme en Laponie. Ce dôme géodésique retient parfaitement la chaleur et devient un sauna. On y entre dans une obscurité totale, et reste environ 30 minutes dans l’obscurité et la chaleur, à transpirer dans le silence. Quand le dôme est recouvert de neige, on a l’impression étrange que le sauna est un igloo.
    Puis on sort dans la neige. On vous verse un seau d’eau froide dessus (j’ai hurlé, j’avoue que je ne referais pas cette partie-là), et vous vous enveloppez dans un peignoir. Vous restez sur les transats au coin du feu, dans cette atmosphère incroyable. On vous sert un verre de chartreuse. C’est comme une cérémonie d’initiation sous les soleils.
    Tout est fourni : peignoirs, serviettes, chartreuse. Vous vous changez au chaud dans la caravane. Une expérience de sauna en plein air inédite ! Peut-être pas la plus reposante, mais sans aucun doute la plus nature et originale, dans le cadre exceptionnel des montagnes du Trièves…

    Insolites des neiges : le fatbike et le yooner

    J’ai rdv chez Grillet Sports, un super magasin qui propose tout un tas d’activités originales pour goûter à la neige autrement. Deux activités au programme pour moi : fatbike et yooner.

    On commence par le fatbike. C’est un énorme vélo aux roues épaisses, capable d’aller sur tout terrain, y compris dans la neige. On part en randonnée autour du joli village de Gresse, dans de beaux paysages enneigés, entre rivières, fermes, et montagnes au loin. C’est très beau et j’aime beaucoup ce principe de randonnée à vélo en hiver. Mais je dois formuler une mise en garde importante : un fatbike SANS assistance électrique, comme celui que j’avais, c’est très dur. C’est lourd, chaque petite montée est un gros effort cardio, et pourtant je ne suis pas du tout en mauvaise condition physique. Mais pédaler en montée dans la neige molle, c’est vraiment éprouvant. Je pense que j’aurais ADORE cette activité si j’avais bénéficié d’une assistance électrique, comme ce que j’avais testé avec Marion l’été dernier, et que cela aurait changé l’activité. Bref, je vous encourage vraiment à tester cette activité, mais à ne pas faire les fiers et à choisir l’option assistance électrique. Vous profiterez de la forêt, de la neige et des rivières, sans vous épuiser totalement.

    On passe à une activité que j’ai adorée, mon coup de cœur imprévu. Je n’ai jamais trop aimé la luge, que je trouve casse-gueule et difficile à contrôler. Je ne pensais donc pas aimer le yooner, une sorte de luge rapide qui ressemble un peu à une vespa des neiges sans moteur. Verdict ? J’ai ADORE. Vraiment. Je suis devenue ultra fan du yooner et je compte en refaire sans tarder. Le yooner est beaucoup, beaucoup plus maniable et précis qu’une luge classique. C’est comme avoir un petit scooter des neiges. On comprend assez vite le truc, après quelques gamelles non douloureuses au début. Et une fois que vous maîtrisez, vous pouvez partir sur les vraies pistes. Avec la joyeuse équipe de Grillet Sport et Gresse Tourisme, nous sommes partis comme une bande de potes à l’assaut du domaine. Nous avons descendu sans souci plusieurs pistes bleues et je me suis vraiment éclatée. Nous avons descendu sans souci plusieurs pistes bleues et je me suis vraiment éclatée. J’ai eu l’occasion de refaire de la luge de descente cet hiver et je vous confirme mon ressenti : je trouve le yooner beaucoup plus maniable, beaucoup plus fun, beaucoup plus agréable. Si vous avez l’occasion de tester, foncez !

    Deux bonnes adresses à Gresse-en-Vercors

    Grenoblois et lyonnais en quête d’un week-end romantique à la neige, allez à Gresse. C’est beau, il y a plein de choses à faire, et j’ai deux super adresses à vous recommander.

    Je commence par un hôtel qui correspond parfaitement à tout ce que j’aime : l’hôtel Le Chalet. C’est un hôtel 3* supérieur de charme, avec de belles chambres spacieuses et décorées avec goût, de grandes salles de bains confortables et tout ce qu’il faut pour un séjour romantique à la montagne. J’ai adoré l’ambiance de cet hôtel élégant, et l’accueil vraiment chaleureux de la famille Prayer, qui le gère. Et le grand atout de l’hôtel, c’est son restaurant, labellisé Maître Restaurateur. Si vous me lisez souvent, vous savez que je milite pour ce label : il est attribué par les services de l’Etat après inspection préfectorale, ce qui signifie son sérieux, et il va de pair avec circuits courts, fait-maison, refus du décongelé, produits locaux, recettes traditionnelles. Bref, c’est un label de gastronomie française soignée et authentique. Je n’ai à ce jour jamais été déçue par un restaurant Maître Restaurateur, et le Chalet a continué sur cette belle lancée. Tout était parfait, du cadre – très belle déco à la fois montagnarde et aérée – au dessert, la spécialité de la maison : le chef est un pâtissier hors pair. Tout était absolument délicieux. Je me suis régalée et je recommande vivement l’établissement !

    J’ai encore une autre belle adresse à vous recommander : un restaurant super chaleureux et bien décoré, La Chicholière. Moi qui suis kitsch dans l’âme et qui adooore la déco montagnarde traditionnelle, avec raquettes, cloches et chamois en bois sculpté, j’étais servie. L’ambiance était géniale. On sert une cuisine régionale typique, bien exécutée. C’est bon et ça réchauffe après une journée de neige.
    La Chicholière fait aussi chambre d’hôtes, mais je n’ai visité que le restaurant.

    D’autres choses à faire dans le Vercors

    Mes lecteurs fidèles le savent, le Vercors est mon massif à moi, mon coup de cœur depuis l’enfance. J’y viens souvent et je l’ai beaucoup parcouru. Si vous cherchez des idées version été, je vous recommande ces trois autres articles :

    Cascades et sources secrètes : le Vercors au fil de l’eau

    La plus belle randonnée de ma vie : explorer le Vercors à pied et à cheval, sur les hauts plateauxhttps://www.maxime-baude.fr/randonnees-vercors-ete/

    Le Vercors version aventure : tous les sports outdoor autre que la rando, du parapente à la spéléologie en passant par l’escalade, le vélo électrique, la pêche…

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors

    Il me reste des coins à explorer, notamment Chichiliane ou le cirque d’Archiane. Il me faudra revenir encore. Eté comme hiver, le Vercors est un bol d’oxygène et de liberté rare, un petit joyau de nature entre Drôme et Isère. Venez dans le Vercors, faire du chien de traîneau, du ski de randonnée nordique, du yooner, du ski, de la randonnée, du cheval, du parapente, de la spéléologie… vous ne le regretterez pas.

    Merci à la Communauté de Commune du Vercors, à Gresse-en-Vercors, au Parc Naturel Régional du Vercors, et tout particulièrement à Inspiration Vercors et à Cécile, pour leur soutien et leur confiance renouvelée. Merci à tous les partenaires cités pour leur accueil. Merci Marion pour ces deux jours avec toi, tu es mon aventurière préférée. Vercors, décidément, je t’adore…

  • Les Dolomites à l’automne : road trip flamboyant

    On dit souvent des Dolomites qu’elles comptent parmi les massifs les plus spectaculaires et saisissants des Alpes. Mais c’est à l’automne que je les aime le plus, embrasées par un incendie de mélèzes dorés, rougies par la saison de toutes les flamboyances. Je vous propose une promenade photographique dans les Dolomites à l’automne, un road trip au hasard des lacs et des pics, pour célébrer le beau mois d’octobre, et vous dire tout mon amour pour le pays éternel des Alpes.

    Découvrez les Dolomites à l'automne.
    Au coeur des Dolomites à l’automne.

    Découvrez les Dolomites à l'automne.
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    Découvrez les Dolomites à l'automne.
    Les célèbres Drei Zinnen ou Tre Cime di Lavaredo.

     

    Découvrez les Dolomites à l'automne.
    Lago di Braies

    Alpenland, le pays des Alpes
    Les Dolomites à l’automne – Les Dolomites en octobre – L’automne dans les Dolomites

    Je me demande parfois pourquoi personne n’a eu l’idée d’élever les Alpes au rang de religion. Chaque sommet serait un Dieu et chaque alpage, chaque vallée, chaque virage, chaque col son autel, et les randonneurs et alpinistes autant de pèlerins en dévotion venus vénérer le sublime et le mystère. Il y a des millénaires, à ces époques révolues que la marée des siècles a dévorées, nos ancêtres celtes le savaient déjà : le mot « alp » évoquait un monde de lumière, un monde supérieur, où vivraient les Dieux dans ces hauteurs menaçantes interdites au commun des mortels. Les Alpes ont toujours été des lieux hors du monde, royaumes du sublime, du vertige ou de la mort, qu’on évitait à moins de chercher Dieu ou sa destinée.

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    Mystère terrifiant des cimes. Ici les Cinque Torri.

    Si vous avez lu mes articles sur Chamonix, le Vercors ou encore les plus beaux lacs de Bavière, vous savez que les Alpes sont à mes yeux un des lieux les plus magiques, les plus précieux qui existent sur Terre.
    Au-delà de leur beauté, c’est aussi leur statut de cœur de l’Europe qui me fascine, à la fois barrière et trait d’union. Les Alpes courent sur six pays, huit si vous comptez Monaco et le Liechtenstein : France, Suisse, Italie, Allemagne, Autriche, Slovénie. Nombre de sommets sont transfrontaliers : au Mont Blanc, on est d’un côté en France, de l’autre en Italie, au Zugspitze, d’un côté en Allemagne, de l’autre en Autriche… Les arrêtes tranchantes rompent et emmêlent les frontières, les barrières culturelles se brouillent dans les blizzards des cimes. Au cœur des aiguilles effilées, quelle loi s’applique, quelle langue parle-t-on, quelle police ira faire régner l’ordre ? Quelle armée ira assoir sa souveraineté sur les glaciers à plus de 4000 mètres d’altitude ? La montagne est un monde à part, gouverné par ses lois propres et souverainement indifférente à celles des hommes des plaines.
    Au cours de l’histoire, les régions alpines changent sans cesse de maître, sans que les ermites, les chamois et les edelweiss puissent en être informés. Une région passe sous le contrôle du pays voisin, mais les Alpes restent des enclaves où le temps s’écoule autrement. C’est pour cela que nombre de bizarreries linguistiques persistent dans les Alpes. Dans le val d’Aoste, on est en Italie, mais on parle français ; dans le Tessin, on est en Suisse, mais on parle italien ; dans les Dolomites, on est en Italie, mais on parle allemand… L’histoire hoquète sur les cahots des routes alpines. Les Alpes ne connaissent pas les frontières. Elles ont leur propre culture, leur propre langue de glace, de soleil et de bois nu. J’ai vu tous les pays de l’arc alpin et j’ai retrouvé partout les mêmes traditions, le même type de coutumes, de maisons, de sculptures, de saints, de chants, de nourriture. C’est une petite Europe au sein de l’Europe, une Europe qui n’a attendu personne pour se savoir unie.

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    La croix et l’arrête – spiritualité alpine

    Les Allemands ont un mot magnifique pour désigner l’ensemble des régions qu’embrasse l’arc alpin : Alpenland, le pays des Alpes. Comme souvent, la langue allemande a raison. Oui, c’est bien un pays à part entière, préservé par le relief et la solitude du cours ordinaire des choses. Un pays dont je me sens profondément citoyenne chaque fois que je franchis le premier col et entre au cœur des Alpes. Qu’importe que je parle français, allemand ou italien, puisque le silence se fait quand le jour rouge vient mourir sur le miroir des cimes, comme quand on entre dans une église en messe. La langue des Alpes est neige et lumière, beauté et dévotion. Silence, la splendeur du monde se révèle…

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    Les Allemands nomment ce rose du couchant sur les sommets l’ »Alpenglühen » : littéralement, l’embrasement des Alpes.

    La plus belle église des Dolomites, à l’automne : Sankt Johann

    Vous l’avez sans doute vue mille fois sur Instagram, et pourtant sa beauté ne s’érode jamais : l’église Sankt Johann (en allemand) ou San Giovanni (en Italie) in Ranui, à Val di Funes. Dédiée à Jean, le plus fiévreux et prophétique des évangélistes, apôtre chéri de tous les mystiques, elle est isolée dans un écrin de sapins et de montagnes qui sied à son saint patron. Au-delà de son cadre grandiose, je l’aime pour ce qu’elle symbolise de la culture tyrolienne. La région des Dolomites, le Tyrol du sud, était autrichienne jusqu’à la première guerre mondiale, et le temps semble s’y être arrêté. L’église Sankt Johann, avec son bulbe ultra baroque, ses fresques colorées et trompe-l’œil sur le plâtre blanc, son intérieur de bois ouvragé, incarne à elle toute seule une aire culturelle bien précise.

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    Sankt Johann in Ranui, l’église baroque tyrolienne par excellence.

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    Seule et sublime au milieu de la plaine…

    Historiquement, le Tyrol était une vaste région culturelle s’étendant sur les pays qu’on nomme aujourd’hui Bavière, Autriche et Dolomites. Si vous connaissez les châteaux de Bavière, vous constaterez la ressemblance frappante entre Sankt Johann et la célèbre petite église au pied de Neuschwanstein, à Schwangau en Bavière. Le dialecte sud-tyrolien est d’ailleurs très proche du bavarois : c’est la même culture, mains jointes par-delà les sommets. La persistance de cette proximité me touche, car la culture tyrolienne est une des plus authentiques et emblématiques du pays des Alpes. C’est à elle qu’on doit le « jodl » (le chant des montagnes), les culottes de peau, et un art consommé de la sculpture sur bois. Aujourd’hui encore, dans l’art traditionnel alpin, les sculpteurs les plus doués et précis viennent soit d’Oberammergau (en Bavière), soit des Dolomites. Prenez le temps d’explorer le village autour de l’église – vous y retrouverez ces artisans talentueux, ces maisons sculptées, ce charme immense des Alpes tyroliennes. Juste à côté de l’église, l’hôtel Ranuihof vous accueille dans une maison traditionnelle tyrolienne, avec produits régionaux, fromages réputés et artisanat de qualité. C’est une adresse que je recommande pour une expérience tyrolienne à la fois authentique et confortable.

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    Au Ranuihof

     

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    Sublime solitaire…

    Road trip et randonnées dans les Dolomites à l’automne

    Ce que j’ai aimé par-dessus tout dans les Dolomites à l’automne, c’est juste le plaisir de rouler, sans but et sans précision, au gré des virages. La beauté de la saison est si évidente, si lumineuse, que chaque vision mérite l’émerveillement. Je me suis laissée porter au bonheur des Dolomites. Mais pour vous, je tente de citer quelques lieux précis.
    J’ai particulièrement aimé la route du Passo Falzarego, avec ses courbes adorées des motards et le paysage magnifique au sommet du col, avec son église solitaire et son hôtel de voyageurs.

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    Au sommet du col.

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    Virages étroits.

    J’ai adoré rouler sur l’Alpe di Siusi, l’alpage de plus haute altitude d’Europe, et trouver ces villages où on parle encore le ladin, une des langues oubliées des Alpes.

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    Une des routes les plus célèbres, c’est celle qui mène aux pics emblématiques des Dolomites, les Tre Cime di Lavaredo ou Drei Zinnen. Attention, elle est située au cœur d’un parc national et payante (une trentaine d’euros), mais je trouve qu’elle mérite cette dépense – je dois avouer que j’ai autant aimé la route menant aux trois sommets, avec sa myriade de lacs sublimes, notamment le lac de Misurina, que la randonnée en elle-même.

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    Sur la route des Drei Zinnen.

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    En marche vers eux.

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    Les 3 Zinnen ou Tre Cime.

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    Parmi les autres aiguilles célèbres, on citera encore le groupe dit de Rosengarten, et les Cinque Torri. Comme les Tre Cime, ces sommets sont emblématiques des Dolomites car géologiquement archétypiques : il s’agit de pierre claire, presque blanche et très friable, ce qui favorise la création de ces formes effilées, de ces arrêtes affinées par les effondrements successifs. La roche des Dolomites est toute sa richesse, elle a sculpté ces paysages de carte postale. La randonnée des Cinque Torri est facile et belle, j’ai adoré faire le tour de ces cinq pics majestueux.

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    Autour des Cinque Torri

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    Mais j’avoue avoir encore davantage aimé un monde moins minéral, plus boisé, plus humide. Ce que j’ai préféré dans les Dolomites à l’automne, ce sont les lacs.

    Les lacs des Dolomites à l’automne : splendeur et mise en garde

    Ils font partie des incontournables absolus de tout voyage aux Dolomites : ses lacs, ses lacs miroir où se reflètent les sommets lunaires et les forêts chatoyantes, ses lacs qui décuplent le ciel et les montagnes.

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    Lago di Braies.

    Les couleurs de l’automne rendent la peinture plus belle et colorée encore. Mais je me dois aussi de vous mettre en garde : l’automne vide les lacs des Dolomites et vous risquez d’en trouver certains presque à sec. Il s’agit de lacs issus de la fonte des neiges et des glaciers, dont le niveau d’eau maximal est atteint au début de l’été. Fin octobre, date de mon voyage, nombre de lacs étaient presque vides. C’était au Lago di Sorapis, connu pour sa couleur bleu laiteuse extraordinaire, que l’effet s’est le plus fait ressentir : ce n’était plus un lac, c’était une flaque, presque entièrement à sec. Après 3h de randonnée, inutile de dire que c’est un petit peu décevant, même si la randonnée elle-même était de toute beauté, avec ses balcons surplombant la forêt multicolore.

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    Le Lago di Sorapis, presque vide.

    Si vous voulez vérifier le niveau d’eau des lacs des Dolomites au moment de votre voyage, je vous conseille d’utiliser Instagram : cherchez parmi les localisations le lac qui vous intéresse, et regardez les photos les plus récemment postées. C’est la meilleure façon d’avoir une image en temps réel. C’est comme cela qu’après la déception du Lago di Sorapis, j’ai renoncé à faire le détour pour aller voir le Karersee ou Lago di Carezza, sublime en été mais pratiquement vide au moment de mon séjour.
    En revanche, l’iconique Lago di Braies ou Prager Wildsee n’était pas affecté. Avec ses barques, ses cabanes et son reflet parfait, ce lac est souvent cité parmi les plus beaux lacs des Alpes. Mon budget était serré au moment de ce voyage, mais si vous pouvez vous le permettre, je vous conseille absolument de dormir à l’hôtel Lago di Braies, hôtel historique et luxueux au-dessus du lac. Cela rendra votre séjour encore plus romantique et idyllique, surtout si vous venez hors saison : en été, ce lac est pris d’assaut, mais fin octobre, il n’y avait presque personne. Les Dolomites à l’automne, c’est une bonne façon de se réapproprier une destination très touristique.

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    Vision iconique.

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    A ce que j’ai lu, les drones sont désormais interdits au Lago di Braies, et ce type de photos ne sont plus possibles.

    J’ai aussi adoré le Dürrensee ou Lago di Landro, le lac de Misurina, et d’autres lacs anonymes vus sur la route des Tre Cime. Je n’ai pas eu le temps d’aller voir un autre lac populaire et apparemment superbe des Dolomites, le Lago del Ghirlo, dans la province de Belluno.

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    Dürrensee ou Lago di Landro.

    Voir les couleurs d’automne dans les Dolomites : quand partir ?
    Octobre dans les Dolomites – Dolomites en octobre – Dolomites à l’automne

    Je suis venue dans les Dolomites la dernière semaine d’octobre, ce qui était un petit peu tard : les couleurs avaient dépassé le pic de leur flamboyance, nombre de feuilles étaient déjà tombées. Les dates varient d’année en année, en fonction de la sécheresse de l’été et de la précocité de l’hiver, mais de façon générale, je dirais que mi-octobre est la période idéale pour voir les couleurs d’automne dans les Dolomites. De plus, les prix auront déjà baissé, la saison touristique estivale étant terminée. Mais n’attendez pas novembre : les pluies de la Toussaint font souvent chuter les feuilles…

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    Fin octobre dans les Dolomites, sur le balcon menant au Lago di Sorapis

    Un hôtel pas cher dans les Dolomites à Cortina d’Ampezzo

    Je vous l’ai dit, je cherchais à ne pas trop dépenser lors de ce voyage, et j’ai été ravie de tomber sur un hôtel beau et confortable à 50 euros la nuit (tarif de fin octobre, hors saison) : le Sporthotel Pocol à Cortina d’Ampezzo. Cortina, ancienne station olympique, est idéalement située au cœur des Dolomites et permet de rayonner facilement dans le massif, avec le parc naturel des Tre Cime et le Lago di Braies à l’est, et le Puez Odle, le Val Gardena et le Val di Funes à l’ouest. Le Sporthotel Pocol est plus cher en été et en hiver (saison de ski), mais à l’automne, entre deux saisons, les tarifs tombent à 50 euros/nuit pour une chambre douillette et typique avec une vue sublime sur les montagnes. Un bon plan que je vous recommande.

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    Sporthotel Pocol, un hôtel bon marché dans les Dolomites.

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    Vue depuis la chambre.

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    Au resto de l’hôtel – ça parle allemand, mais on est un peu en Italie quand même 😉

    J’espère vous avoir donné envie d’explorer les Alpes à la plus belle saison. Vous connaissez mon amour des lacs de montagne – après avoir rêvé du Lago di Braies, je vous propose de continuer le voyage avec moi en découvrant le Königsee en Bavière et le lac de Côme  en Italie. Il manque à ma liste des plus beaux lacs des Alpes le lac d’Annecy en France et le lac de Bled en Slovénie, mais cela tombe bien, je compte vous parler des deux très bientôt. Inscrivez-vous à ma newsletter pour ne rien manquer ?

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    Mélèzes en feu

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    Lago di Braies

     

    Les Dolomites à l'automne : un road trip flamboyant parmi les lacs et les sommets des Alpes. #dolomites
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  • Aventures en Vercors : parapente, spéléo, escalade…

    L’aventure en plein air ! Paradis de la randonnée, le Vercors a bien d’autres atouts dans sa manche. J’ai eu cet été l’occasion de tester un grand nombre d’activités outdoor en Vercors absolument mémorables : parapente, spéléologie, vélo électrique, escalade, pêche, canirando, luge sur rail, trottinette de descente. Pour qui rêve de belles vacances à la montagne, pour les sportifs, les familles ou les curieux en quête de nouvelles expériences, le Vercors est une destination variée, riche et complète. En fin d’article, je vous parlerai également d’hébergements de charme (ou d’aventure !) pour passer la nuit au cœur de ce magnifique massif.

    Découvrez les meilleures activités outdoor en Vercors : parapente, spéléologie, équitation, vélo, luge, canirando, etc. Activités de plein air dans les Alpes en été. #vercors
    L’aventure en Vercors… Ici du vélo à assistance électrique, chevauché par mon amie Marion alias La Faute Au Graph, complice de cette belle escapade de montagne en été.

    Cet article fait suite à deux autres : retrouvez ici les randonnées pédestres et équestres et les villages incontournables du Vercors, et ici les cascades secrètes et routes vertigineuses du Vercors. C’est pourquoi je ne vous répète pas combien ce massif est sublime, exceptionnel et mérite d’être découvert, je passe directement au vif du sujet : les expériences outdoor en Vercors ! Que faire dans le Vercors ? Activités de plein air, activités outdoor en Vercors.

    Activités outdoor en Vercors

    Parapente en Vercors : une des plus belles expériences de ma vie

    Cela faisait des années que dans le Vercors, dans le Verdon, à Annecy, à Millau en Avcyron, en Ardèche et ailleurs, je voyais dans le ciel les grandes voiles multicolores des parapentes piqueter le ciel et que je me laissais aller à une rêverie un peu vague et imprécise. Un jour peut-être. Pourquoi pas.
    Et puis, fin juillet 2018, la bonne fée venue accélérer le destin s’appelait Cécile d’Inspiration Vercors, et elle m’a demandé si cela m’intéresserait de faire mon baptême de parapente. Bien sûr, j’avais un peu d’appréhension. Mais je n’ai pas hésité une seule seconde. Quand le destin frappe à la porte, il faut ouvrir. Ma rencontre avec les airs s’annonçait.

    Nous avons pris la route, mon amie Marion et moi, vers le belvédère de Lans en Vercors. Notre cœur s’accélère au fil des virages et les moniteurs d’Alto Parapente nous rassurent. Ils nous disent que c’est le spot idéal pour commencer le parapente : la pente est douce, la sensation de vide au décollage est moins forte qu’ailleurs. Ils nous disent que les conditions sont idéales aujourd’hui. Grand soleil, pas de nuages, de beaux courants ascendants qui nous feront monter au-dessus des crêtes.

    Nous nous équipons, nous harnachons à une voile immense. Et c’est le moment de se jeter à l’eau.
    Quand j’y ai repensé, une fois, dix fois, mille fois depuis, j’ai fini par me dire que faire du parapente, c’est une métaphore du sentiment amoureux. Au début, tu es sur la crête, au-dessus de vide, et on te demande de marcher. Tu avances, le cœur battant, sans savoir ce qui t’attend. Puis la voile se lève derrière toi, tu t’arrêtes, tu te sens soulevé, tu hésites un peu, tu recules pour suivre la voile, comme si tu voulais renoncer à sauter. Tu as peur. Mais il faut courir, et tu t’élances. C’est un acte de foi : il faut se jeter dans le vide. Ton cœur tambourine, tu trembles un peu – et si tu tombais ? Mais la voile se gonfle et tu ne chutes pas, tu es soulevé, c’est à la fois très puissant et très doux. Tu sens que quelque chose d’infiniment fort et léger à la fois te porte vers le haut. Soudain plus rien n’a d’importance. Tu flottes. Le monde est comme transfiguré, infiniment plus beau. Et tu ne veux jamais redescendre.

    Ce jour-là à Lans en Vercors, j’ai vécu un des plus beaux moments de ma vie. Les conditions étaient grandioses. Très vite, les ascendants nous ont portés à plus de 2000 mètres d’altitude. Tout le Vercors s’étendait à nos pieds, tous les hauts-plateaux et Grenoble lumineuse au loin. C’était un moment de joie pure, extatique, jubilatoire. J’en aurais crié de bonheur tellement ce moment était parfait. Je n’ai pas arrêté d’y repenser depuis et je rêve, rêve d’en refaire, dans le Vercors et ailleurs.

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    La beauté pure : flotter à 2000 mètres d’altitude, au dessus des crêtes du Vercors.

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    Grenoble dans la lumière au loin !

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    Même pas peur !

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    Visions grandioses, magiques.

     Après avoir retrouvé le sol : joie pure, bonheur intense. Le plus beau moment sportif de mon année, peut-être de ma vie. Photo Marion Carcel - un grand merci, Marion, d'avoir su capturer ce moment de joie intense !
    Des gens heureux dans le ciel

    Le parapente, est-ce fait pour moi ? Pour les personnes qui craignent de se jeter à l’eau, il faut savoir que le parapente est moins effrayant que le parachute ou le saut à l’élastique, car il n’y a pas de sensation de chute : vous ne tombez pas, vous êtes soulevé. C’est une expérience douce, poétique. Vous flottez au-dessus des paysages comme sur un coussin d’air, émerveillé et heureux. Marion qui souffre parfois de vertige était aussi extatique que moi et n’a pas regretté une seconde de s’être lancée. Si vous le pouvez, je vous conseille de faire du parapente une fois dans votre vie. C’est l’expérience outdoor la plus magique qu’il m’ait été donné de vivre.

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    Après avoir retrouvé le sol : joie pure, bonheur intense. Le plus beau moment sportif de mon année, peut-être de ma vie. Photo Marion Carcel – un grand merci, Marion, d’avoir su capturer ce moment de joie intense !

    Tester le parapente dans le Vercors : Merci encore à Alto Parapente à Lans en Vercors pour cette révélation ! Leurs moniteurs, sympas et pro, ont su nous mettre tellement en confiance qu’à la fin, nous avons joué à découvrir des sensations fortes en enchaînant vrilles et chutes. C’était un grand 8 puissance mille, c’était fabuleux. Je vous recommande vraiment de prendre le vol « Sensations », à 95 euros/personne, pour vivre pleinement ce baptême.

    Spéléologie en Vercors : dans les entrailles de la Terre

    Après l’ivresse des airs, le vertige des profondeurs. Depuis que j’ai vu le film d’horreur The Descent, où un groupe de femmes parties explorer une grotte finissent dévorées par des créatures anthropophages, j’ai une petite appréhension quant à la spéléologie, mais ma curiosité finit par l’emporter (en général, c’est justement pour ça que les nanas meurent, dans les films). Nous partons pour une initiation à la spéléologie horizontale dans les gorges de la Bourne – horizontale, c’est-à-dire, sans baudrier et rappel, simplement à pied. Adieu à la lumière, et le noir se fait… Désormais, nous sommes dans l’obscurité complète, nous ne sommes plus éclairées que par nos frontales. Vêtues de grandes combinaisons tout terrain, nous pouvons ramper dans des boyaux minuscules, nous faufiler entre les parois, glisser sur des toboggans de pierre, escalader des petites parois pour franchir la difficulté. C’est ludique, varié, excitant et sportif. Nous découvrons des sources et cascades souterraines, arrivons à une grande salle remplie de stalactites que notre frontale dévoile quelques instants. Cette exploration des entrailles du Vercors me fascine. Marion et moi avons tellement adoré que nous nous sommes promis de recommencer bientôt.

     Après avoir retrouvé le sol : joie pure, bonheur intense. Le plus beau moment sportif de mon année, peut-être de ma vie. Photo Marion Carcel - un grand merci, Marion, d'avoir su capturer ce moment de joie intense !
    Nous quittons la lumière et entrons dans le monde souterrain…

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    Se faufiler dans un boyau

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    Escalader sous terre

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    Découvrir une salle secrète avec de magnifiques concrétions

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    Emerveillement.

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    Une cascade souterraine.

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    Ramper sous terre. Photo Marion Carcel

    Tester la spéléologie : Une bonne condition physique est exigée, car il faut sans cesse ramper, se treuiller, se faufiler. Et évidemment, l’activité est déconseillée aux claustrophobes. Mais c’est vraiment fun, et tout à fait accessible aux enfants : des garçons de 8 ans nous accompagnaient. A partir de 48 euros/pers avec Vercors Aventure. A noter que Vercors Aventure propose également de beaux parcours de canyoning, que j’aurais adoré tester – une autre fois !

    Escalade : des sites sublimes

    Le Vercors est un paradis de l’escalade, et Marion et Vincent m’ont emmenée dans l’un des plus beaux sites du massif, les falaises de Presles. On y grimpe avec une vue imprenable, et les voies elles-mêmes sont situées à plus de 300 mètres de haut, ce qui peut accentuer le vertige, mais promet des visions fabuleuses. Je me suis régalée à défier le vertige et repousser mes limites pour aller au bout des voies et savourer le panorama. Je dois en revanche vous mettre en garde : nous avons connu un accident qui aurait pu être grave avec une chute de rochers alors que nous étions à pied, au pied des voies (personne n’escaladait à ce moment-là). Marion a pris le rocher sur le casque et s’en est tirée avec une grosse plaie à l’épaule, une vraie frayeur, mais sans traumatisme crânien. Mettez impérativement un casque et ne l’enlevez pas avant d’être loin des voies : tant que vous êtes à flanc de falaise, vous êtes en danger. J’ai vraiment adoré l’escalade et je suis très tentée de recommencer, mais il faut bien savoir que la montagne est un milieu qui exige prudence et précaution.

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    Sublime vision des falaises de Presles.

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    A l’assaut ! Photo Marion Carcel

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    Concentration intense… Photo Marion Carcel

    Tester l’escalade dans le Vercors : je l’ai fait avec Marion et Vincent qui ont eu la gentillesse de m’initier. Si vous souhaitez être encadré par un moniteur, regardez cette liste de prestataires ici.

    Du vélo à assistance électrique à Lans-en-Vercors

    Je dois vous avouer quelque chose : le vélo, ça n’a jamais vraiment été mon truc. Je ne sais pas si vous vous souvenez de mon chemin de croix à vélo dans le Vaucluse, où j’ai cru écrire un nouvel évangile tellement j’ai morflé. Mais aujourd’hui, j’ai vu la lumière. Je sais désormais que mon périple des douleurs dans le Vaucluse aurait été beaucoup plus peinard si j’avais eu un vélo à assistance électrique, de son petit nom VAE. Le VAE a un petit moteur discret sur son cadran, et toutes les fonctions classiques d’un vélo (vitesses, plateaux). Quatre niveaux d’assistance sont disponibles : éteint (le VAE devient alors VTT classique), léger, moyen, et la fonction « boost ». L’assistance ne fonctionne que si vous pédalez vous-même : ce n’est pas un scooter, il faut quand même bosser un peu. Mais cela vous change la vie. Même avec le plus léger degré d’assistance, tout devient tellement plus facile, souple, fluide. Les montées ne sont plus une torture. On profite du paysage, avec un sentiment d’aisance et de confort rare. Quant à la fonction boost, elle nous a beaucoup amusées, Marion et moi : elle change votre vélo en fusée. J’avoue qu’on l’a plus utilisée pour jouer au manège comme des gamines que pour gravir un col, mais c’était super. Je referai du VAE, c’est certain !

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    Marion s’éclate avec les différentes fonctions.

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    Bonheur d’une promenade à vélo en Vercors

    Faire du vélo à assistance électrique dans le Vercors : Chez Velectrip à Lans en Vercors. Ils sont sympas et ont une super flotte de vélos, VAE et fatbikes.

    Trottinette de descente et luge sur rail au Col du Rousset, station familiale

    La toute première fois que j’ai fait du ski, j’avais cinq ans et mon père m’avait emmenée au Col du Rousset. Il m’avait pris un cours particulier avec un très beau moniteur brun aux cheveux bouclés qui s’appelait Olivier. Je m’en souviens : j’ai appris le ski juste pour faire plaisir à Olivier. Autant dire que j’étais contente de revenir ici, dans ce haut lieu de mon histoire personnelle, à près de trente ans (mais j’ai pas revu Olivier). Le Col du Rousset est une super petite station familiale du Vercors drômois. L’hiver, on vient pour les sports de neige, l’été, pour les randos (la station offre une vue imprenable sur le Vercors sud, absolument magnifique) et les sports de plein air : fat bike, trottinette de descente, luge sur rail, parcours de jeux pour enfants, VTT, les activités sont nombreuses.
    Marion, Vincent et moi avons testé la trottinette de descente, qui ressemble beaucoup au VTT, en version plus facile et familiale. Des parcours de différente difficulté sont proposés, pour les familles et les sportifs. J’avoue ne pas être très à l’aise avec le VTT, et j’ai ressenti le même type de stress en trottinette de descente, mais Marion et Vincent se sont éclatés, et de nombreux enfants aussi, je suis sans aucun doute la seule poule mouillée du coin !

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    Surplomber ma belle Drôme ! superbes panoramas au Col du Rousset. Merci Vincent pour la photo !

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    Trottinette de descente : une activité fun. Vincent et Nicolas s’amusent.

    Vincent défie les vaches en trottinette de descente.

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    Marion, plus courageuse que moi !

    Nicolas, le responsable de la station, nous a ensuite fait tester une activité qui me correspondait beaucoup plus : la luge sur rail. C’est une montagne russe, mais version luge. Vous contrôlez vous-même la vitesse, jusqu’à 45 km/h, c’est sans danger, fun et plein de sensations fortes. Evidemment, je suis allée à fond, et j’ai adoré.

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    Luge sur rail !

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    Panorama au sommet.

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    A fond la descente !

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    Marion ravie à l’arrivée

    Retrouvez toutes les activités de la station Col du Rousset ici. Merci à Nicolas pour la visite de cette belle station !

    La canirando, ou se promener tracté par un chien de traîneau en Vercors l’été

    Canirando, qu’est-ce que c’est que ce truc ? C’est la version été du chien de traîneau, sauf que vous êtes le traîneau. C’est original, ludique et vraiment sympa, surtout quand cela est fait avec un grand passionné comme Kiska, à Vassieux-en-Vercors. Depuis plus de 20 ans, Kiska a implanté l’élevage de chiens de traîneau et les activités canines de neige dans le Vercors drômois. Il possède plus de 80 chiens, qu’il connaît par cœur et dont il s’occupe avec passion et dévouement, et il est intarissable sur l’histoire de ses chiens, leur personnalité, et les subtilités du chien de traîneau. Mais que faire l’été ? Simple : proposer aux gens de se balader dans les beaux paysages du sud Vercors tracté par un chien, avec un harnais et une laisse élastique. Ma chienne était fougueuse et un peu tonique, celle de Marion plus calme et tranquille, et toutes les deux nous sommes beaucoup amusées dans cette activité insolite. N’hésitez pas à aller découvrir, c’est original et très sympa.

    Je me sens impératrice des chiens de traîneau. Photo Marion Carcel.

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    Au milieu des jolis paysages du Vercors drômois. Photo Marion Carcel

    Canirando : chez Kiska à Vassieux en Vercors, 15 euros par adulte, 10 par enfant. Kiska a aussi des ânes de rando.

    Randonnée équestre avec des chevaux du Vercors

    Je vous renvoie au précédent article sur les randonnées en Vercors, où j’ai longuement raconté cette activité que j’ai adorée. C’est avec les Ecuries de Corrençon à Corrençon en Vercors, et c’est une expérience merveilleuse pour les cavaliers épris de grands espaces et de chevaux authentiquement alpins.

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Marion sur une magnifique jument considérée comme une des meilleures représentantes de la race barraquand, le cheval originaire du Vercors.

    Restos & hébergements dans le Vercors

    Pêcher la truite à la Guinguette du Pêcheur, aux Echevis

    C’est un havre de verdure au cœur du Vercors, un endroit un peu perdu et bucolique niché entre les montagnes, avec un lac, une guinguette et des ruisseaux. Ici, on peut venir manger du poisson grillé, des salades, et s’essayer soi-même à la pêche à la truite dans le lac aménagé. J’avoue tout, cher lecteur : Marion et moi sommes des hypocrites. Nous avons mangé une truite délicieuse à midi, dans ce cadre charmant, mais une fois venue l’heure de pêcher, nous n’avions pas du tout envie de devoir tuer notre proie… et avons donc lâchement éloigné l’hameçon chaque fois qu’une truite approchait, et avons fini par faire une sieste sous les arbres (super aussi, je recommande). Mais j’ai adoré ce coin et je recommande vraiment cette halte.

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    Un cadre idyllique à la Guinguette du pêcheur

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    « Tu crois qu’on lance comme ça ? » Apprenties pêcheuses approximatives 😉

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    « Tu me dis si une truite s’approche, j’enlèverai vite la canne, d’accord ? » Photo Marion Carcel

    Déjeuner avec vue sur les parapentes à la Cabane de l’Aigle

    Vrai coup de cœur pour cette petite cabane mignonne à Lans-en-Vercors, située juste à côté de la piste d’atterrissage des parapentes. Tandis que les voiles colorées arrivent dans la prairie, vous mangez des produits frais, locaux et originaux dans un cadre sympa et chaleureux. Je me suis régalée pour pas cher – tout est abordable. Et en plus, ils organisent souvent des concerts l’été. Retrouvez leur programmation sur leur page Facebook .

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    Délicieux dessert à la Cabane de l’aigle.

    Une halte de charme à l’Auberge des Deux Moucherolles

    Si vous cherchez un hôtel à la fois confortable, charmant et authentique dans le Vercors, et une table où on mange vraiment bien, je vous recommande chaudement l’Auberge des Deux Moucherolles à Corrençon en Vercors. Cet établissement, qui est un relais Logis (un réseau que j’aime bien car très tourné à la fois vers le confort et l’authenticité) propose des chambres confortables à l’ambiance authentiquement montagnarde – bois, jolie décoration, cadre douillet – et un restaurant de terroir que j’ai adoré. On y trouve à la fois des spécialités classiques de montagne et des créations saisonnières originales, fraîches et de qualité, je me suis régalée. Je vous le recommande chaudement pour une escapade romantique de charme.

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    Auberge des Moucherolles, un beau cadre romantique et douillet, un repas exquis avec des produits du terroir.

    Petit hôtel-resto charmant et chaleureux au pied des pistes : Le Caribou à Corrençon

    A deux pas des écuries de Corrençon, à deux pas du télésiège, venez dormir au milieu des chevaux et des montagnes dans cet hôtel-resto atypique et ultra chaleureux : Le Caribou. C’est un petit hôtel abordable, dont les prix sont probablement parmi les plus bas à Corrençon, ce qui est très appréciable pour les familles, les chambres sont très simples mais propres et dotées du nécessaire. Ce qui m’a vraiment plu, c’est la guinguette, avec ses guirlandes colorées, ses grandes salades et ses mets locaux, son ambiance chaleureuse sous les tilleuls, et la gentillesse extrême du personnel. C’est un lieu qui a une âme, et qui m’a touchée. Il y a une petite piscine pour les enfants, et bien sûr, les poneys à caresser. Une bonne adresse à retenir pour des vacances pas chères en famille dans le Vercors.

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    Ambiance rétro au Caribou.

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    La jolie ginguette du Caribou. A deux pas, poneys et pistes de ski

    Dormir en refuge sur les crêtes de Vassieux en Vercors

    Parce que je suis une blogueuse honnête, cher lecteur, je vais le dire direct : le refuge, c’est pas fait pour moi. Sous mes abords avenants, j’ai une petite fibre asociale cachée qui se réveille direct quand je me retrouve à partager un dortoir avec plein de monde que je ne connais pas. Je me suis sentie mieux en bivouac seule avec Marion sous la tente, sur un matelas de fleurs sauvages, que sur le bois dur du refuge avec plein d’autres gens. Mais si vous n’êtes pas une espèce de princesse sauvageonne chochotte comme moi, ce que je vous souhaite de tout cœur, sachez que le refuge de Vassieux en Vercors présente plusieurs avantages : il est facilement accessible (après avoir garé votre voiture, vous n’aurez qu’à marcher une quinzaine de minutes), il est joliment situé, à deux pas d’une vision sublime sur les crêtes où le soleil se couche, et il est propre et accueillant. Attention simplement si vous êtes phobique des rongeurs : il accueille une famille de loirs assez entreprenants qui adorent vous faire coucou au milieu de la nuit. Personnellement, je suis très 30 millions d’amis donc j’ai trouvé ça divertissant, mais si vous tombez dans les pommes à la vue d’une souris, je déconseille !

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    Le refuge, c’est moyen pour dormir, mais c’est super pour les photos.

    Marion au coucher de soleil sur les crêtes.

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    Un bisou à qui me trouvera le nom de cette jolie fleur de montagne.

    Le soleil se couche sur le Vercors…

    Après ces trois articles, j’espère vous avoir convaincus que le Vercors, c’est LE massif sublime, abordable et varié à découvrir ! Bientôt sur Itinera Magica, Ouzbékistan, Féroé, Normandie, Lozère et Aveyron, Bourgogne… Inscrivez-vous à la newsletter ?

     

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    Epinglez moi !

    Un grand merci à Inspiration Vercors, à Cécile et à tous les prestataires adorables, de nous avoir permis de découvrir ces activités géniales. Je suis définitivement folle du Vercors. Un grand merci aussi à Marion et Vincent, blogueurs sur La Faute Au Graph, qui ont eu la patience et la gentillesse de m’initier à l’escalade !

  • Le Vercors en été : randos sublimes et pépites secrètes

    Derrière le beau nom de Vercors se cache une véritable forteresse minérale aux merveilles encore méconnues : savez-vous la hauteur des falaises, la majesté des hauts plateaux balayés par les vents, le relief dentelé des crêtes, la beauté des rivages, le secret des sources et des cascades ? Cet été dans le Vercors, j’ai fait les plus belles randonnées de ma vie, j’ai admiré des paysages d’une splendeur qui justifierait qu’on aille au bout du monde pour les découvrir, j’ai croisé bouquetins et marmottes, j’ai nagé dans des grottes secrètes et exploré des mondes souterrains. Quand on évoque la beauté des Alpes, les gens oublient trop souvent le Vercors, partent plus loin et négligent ce joyau qui n’attend que votre regard pour briller de mille feux. Le Vercors, j’en suis folle amoureuse. Je voudrais dans cet article vous raconter plusieurs randonnées dans le Vercors en été, et évoquer quelques escapades secrètes.

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Randonnées sublimes et paysages préservés dans le Vercors.
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Dans les airs ou sous la Terre, passion Vercors : ici les sublimes grottes de Choranche

    Randonnées dans le Vercors en été

    La plus belle randonnée-bivouac de ma vie : le Grand Veymont
    Randonnées dans le Vercors en été – plus belle randonnée vercors 

    Un des plus beaux souvenirs de mon année 2018 ? L’ascension du Grand Veymont et le bivouac sur les hauts plateaux du Vercors. Ce fut un moment de grâce inouï. Et cette magie, je la dois à mon amie Marion, alias La Faute au Graph.
    L’été dernier, j’étais partie randonner avec Marion à Chamonix, et j’y avais fait ma première expérience de bivouac, dans une « bulle » transparente face aux sommets des Drus. J’en gardais un souvenir émerveillé. Cette année, Marion m’a proposé de recommencer. C’est une fille de l’Isère – elle a grandi à Dionay, dans un paradis bucolique peuplé d’animaux heureux, et depuis sa maison d’enfance, on voit au loin les hauts plateaux du Vercors, et la silhouette majestueuse du Grand Veymont, le plus haut sommet du massif, trônant à 2341 mètres au-dessus des hauts plateaux. J’accepte avec enthousiasme. Je n’aurais jamais tenté cette aventure sans Marion, aller camper dans la solitude des alpages, et la présence de mon amie passionnée d’expériences outdoor m’ouvre les portes d’un nouveau monde.
    Au programme ? Faire l’ascension du Grand Veymont, dormir sur les hauts plateaux, redescendre le lendemain. Dans le parc naturel régional du Vercors, le bivouac est autorisé de 17h à 9h, à condition de respecter la nature et de ne laisser aucune trace de son passage. Le tracé de la randonnée que nous suivons est disponible sur Visorando.

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    En montant sur la crête du Grand Veymont.

    C’est difficile, je le savais : nous portons sur notre dos tente, matelas, sac de couchage, eau, nourriture et surtout un lourd matériel photographique (ah, le téléobjectif pour photographier les marmottes ! ah, le trépied pour photographier les étoiles ! ils m’arrachent des cris de putois et autres vitupérations contre mon obsession photographique coûteuse en kilos).

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    Moi pendant la montée : « Marion, je te préviens, t’as intérêt à l’utiliser ce trépied ! » Moi sur place :  » Tout ça pour une photo ? » Moi en voyant la photo : « Ok Marion, t’avais raison, ça valait le coup de prendre ce p**** de trépied, je reconnais. » Photo Marion Carcel, La faute au graph.

    J’ai tenu, contre l’avis de Marion, à prendre une (petite) trousse à maquillage. J’ai failli la balancer rageusement à mi-montée dans les pierriers, mais un reste de conscience écolo (ou de vanité) a sauvé mon mascara d’une chute vertigineuse.

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    Et au final, on ne voit même pas ma tête sur la photo que je préfère. Photo Marion Carcel – que je remercie TRES chaleureusement pour toutes les belles photos de moi !

    Oui c’est dur, 1000 mètres de dénivelé dans les cailloux, mais la beauté va crescendo. Au fil de l’ascension sur le Grand Veymont, les vues sur les vallées se font toujours plus grandioses, et nous entrons dans un univers minéral de bout du monde, seules dans l’immensité. Le vent hurle sur la crête, au sommet. Impossible de bivouaquer ici, dans ce monde de pente, de pierre et de bourrasque.

    La montée vers le sommet.

    Nous entamons la descente en lacets, et la végétation revient tandis que le jour descend. Des bouquetins apparaissent.

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    Le moment magique : bouquetin et Mont Aiguille. Photo Marion Carcel.

    Nous redescendons jusqu’au Pas des Chatons, à 1880 mètres, un alpage herbeux et douillet. Nous faisons face au plus beau sommet du Vercors : le magnifique Mont Aiguille, éperon solennel que nimbent toujours des couronnes nébuleuses. Ce moment, je n’aurais osé en rêver. Nous allons dormir face au Mont Aiguille, seules au monde, folles de joie et ivres de beauté. Marion, déesse du bivouac parfaitement équipée, monte avec dextérité notre tente et déploie le matériel en quelques minutes. Toutes les douleurs du dénivelé s’effacent, ce moment est magique.

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    On a dormi là. Sur la crête, au niveau des arbres. Face au Mont Aiguille.
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    Dormir dans un tel décor…
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    Lit moelleux de fleurs sauvages (et comme Marion est super équipée, on a AUSSI des matelas.)
     

    Nous nous endormons en mangeant du Côte d’Or aux noisettes, et nous réveillons avec un lever de soleil prodigieux sur le Mont Aiguille émergeant d’une mer de nuages. Un bouquetin est venu dormir tout près de notre tente (profitant de la présence humaine pour échapper aux loups revenus sur les hauts-plateaux ?) et une famille entière de marmottes adorables jouent comme des chatons et nous laisse approcher tout près. Je suis extatique, mon cœur explose de bonheur. Et j’ai même pu remettre du mascara.

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    Un réveil comme dans les films. Featuring mes cheveux emmêlés. Photo Marion Carcel
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    Prodigieux réveil. (Marion faisait un test de sacs de couchage pour Baroudeur Attitude, c’est pour ça qu’on est allées poser au bord du vide emmitouflées comme des lombrics.)
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    Marmottes !
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    Le bouquetin à l’aube.

    Un coucher de soleil dans la réserve naturelle des Ecouges

    Les Ecouges, c’est un « site naturel sensible » au cœur du Vercors, réputé pour sa rivière, de belles randonnées entre rivière et canyon, et pour la pratique du canyoning (justement). Je le confesse : je n’ai pas fait cette randonnée. Mais Marion et Vincent m’ont emmenée admirer la sublime cascade des Ecouges au coucher du soleil, sur une route en lacets à flanc de falaise comme on les aime dans le Vercors, et cette vision superbe m’a tentée. Je sais que de nombreux sentiers arpentent la réserve naturelle des Ecouges, et que ce coin mérite d’être découvert. Mais la nuit tombe, et nous partons pour notre second bivouac, plus « civilisé » : à Rencurel, dans le cœur secret du Vercors, sur un terrain qui appartient à la famille de Marion. Des roseaux et des framboises sauvages encadrent la silhouette des crêtes au loin.
    Il y a des moments comme ça… Le soir tombe sur le Vercors. Nous avons fait un feu. Nous y avons d’abord fait fondre du Saint Félicien, puis Marion et moi, enveloppées dans la couverture, avons décidé de tester toutes les combinaisons fruit + chocolat fondu possibles. Vincent joue de la guitare. Peu à peu des milliers de constellations lointaines se dessinent dans le ciel, des pluies d’étoiles filantes tombent sur les sapins. Je fais en silence des vœux romanesques, plein de voyages, d’éblouissements et de douceur. La montagne est grandiose. C’est l’été et qu’est ce que la vie est belle. Je sens qu’il faudrait remercier quelqu’un, j’hésite entre Dieu, Marion et Vincent grâce à qui je vis tout ça, le Vercors lui-même… ou un peu des trois.

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Cascade des écouges
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Magie du Vercors.
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    Bivouac à Rencurel.

    Randonnée au milieu des chevaux sur les alpages de Font d’Urle
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    Dix jours après l’aventure du Grand Veymont et du fromage fondu, je reviens dans le Vercors avec Marion, cette fois grâce à l’invitation d’Inspiration Vercors, qui continue à nous faire explorer le merveilleux massif. Font d’Urle, c’est une jolie station de ski familiale en hiver (où j’ai skié gamine, avec mon école, comme beaucoup d’enfants de la Drôme), et l’été, c’est un immense alpage où les éleveurs de chevaux font paître les juments et leurs poulains. A les voir ainsi évoluer en totale liberté sur les immensités herbeuses du plateau, on imagine souvent qu’il s’agit de chevaux sauvages, et les rêves des petites filles drômoises sont hantés par les galops des troupeaux du Vercors. En réalité, ces chevaux ont bien un maître, et retrouverons la chaleur de l’écurie à la fin de l’été, mais l’illusion est totale : ce sont à perte de vue des familles entières de chevaux multicolores, toutes races et robes confondues, un décor de cinéma dont nous sommes les heureuses héroïnes.
    De plus, le cadre est grandiose : Font d’Urle est célèbre pour ses falaises vertigineuses, si typiques du Vercors, où les plateaux s’arrêtent sur des à-pics, faisant pleinement mériter au massif son surnom de « forteresse ».

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    A la conquête des alpages de Font d’Urle. Marion et moi avons eu droit à de beaux pantalons ABK, marque outdoor grenobloise, moi en rose et elle en bleu.
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Les chevaux en liberté estivale.
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Coucou, je suis blogueuse, je m’exprime majoritairement à l’aide de sauts stupides et dangereux au dessus de 8 mètres de vide. Photo Marion Carcel.
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Marion murmure à l’oreille des poulains.
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
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    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Sur les falaises.

    Une randonnée facile et familiale dans le Vercors : Vous pouvez évoluer en famille sur l’alpage de Font d’Urle : le dénivelé est quasi inexistant, les chemins nombreux et confortables. Vous pouvez suivre les panneaux du « sentier du karst », parcours géologique pédagogique d’environ 2h.

    Et si voir tant de chevaux vous fait tourner la tête et rêver de chevauchées… lisez ce qui suit.

    Randonnée équestre sur les hauts plateaux avec le cheval natif du Vercors : le barraquand 

    Ce séjour dans le Vercors fut pour Marion et moi une succession d’expériences inouïes, prodigieuses, et celle-ci figure en bonne place dans notre panthéon du bonheur dans la nature : une magnifique randonnée équestre, avec LE cheval de la région.
    Petite parenthèse équine ici : la France compte 9 races de chevaux dites « races des territoires », reconnues comme telles. Il s’agit de chevaux ancrés dans un terroir, un mode de vie, une culture. Le cheval camargue est bien entendu le plus connu d’entre eux, et j’étais surexcitée à l’idée de découvrir un cheval dont j’ai beaucoup entendu parler depuis plusieurs années : le cheval du Vercors, aussi appelé barraquand. Cela tombait très bien, car nous étions entre les mains d’un des fers de lance de la race : Sylvain, le propriétaire des Ecuries de Corrençon, et sa compagne Marion se sont battus pour faire reconnaître officiellement le barraquand, et prouvent au quotidien que c’est une fabuleuse monture. Les Ecuries de Corrençon utilisent exclusivement des chevaux du Vercors et combinent à la fois le travail d’élevage et le travail équestre. En été, ils proposent des randonnées équestres de durée et de difficulté différentes, au cœur du Vercors.
    Marion et moi avons pour la première fois pu monter des barraquands, et nous avons été totalement séduites : c’est un cheval de toute beauté, polyvalent et sûr. Animal sculpté par la rudesse du climat des hauts plateaux, où il passe l’hiver dehors, à gratter la neige pour se nourrir, il est à la fois puissant et racé : son ossature est épaisse, ses membres sont forts, son poitrail est large, mais il n’est pas lourd, et la finesse de sa tête et la vivacité de son regard contrastent avec l’impression de force pure qu’il dégage. Habitué aux pierriers et aux dénivelés, il a le pied incroyablement sûr – c’est un cheval de randonnée idéal, mais on peut également le travailler en dressage, en complet, en trek… Nous sommes partis au cœur de paysages de livres d’image, entre vues imprenables et prairies fleuries jonchées des ruines d’anciennes fermes, sur le dos de chevaux merveilleux. Le bonheur.
    A contacter : Sylvain et Marion, Ecuries de Corrençon, à Corrençon en Vercors.

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Moments magiques à cheval dans le Vercors.
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    L’oeil intelligent du barraquand.
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Marion Forestier ramène les chevaux du pré.
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Marion Forestier sur son cheval au dessus de Corrençon en Vercors.
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Aventurière du Vercors
    Vue sublime.
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Marion sur une magnifique jument considérée comme une des meilleures représentantes de la race barraquand.
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Prairies fleuries du Vercors en été.

    Randonnée bivouac sur le Glandasse : le sud de la Forteresse du Vercors

    Début août 2020, je suis partie randonner et bivouaquer dans le Vercors, sur la montagne de Glandasse à l’extrême sud du massif.
    Le Glandasse est une véritable muraille qui forme l’extrémité du plateau – c’est pour ainsi dire la porte de la forteresse, le gardien du secret. La montée est difficile, longue et raide, et la chaleur écrasante d’août ne facilite pas l’épreuve.

    Mais une fois en haut, le paysage parle au coeur… cet immense haut plateau avec une vue grandiose sur le Grand Veymont, le Mont Aiguille, et le majestueux cirque d’Archiane m’a émue.

    Randonnée bivouac dans le Vercors sur le Glandasse
    L’arrivée époustouflante sur le plateau, dans la réserve.
    Randonnée bivouac dans le Vercors sur le Glandasse
    Devant nous, le cirque d’Archiane. Au loin, le Grand Veymont et le Mont Aiguille.
    Randonnée bivouac dans le Vercors sur le Glandasse
    Randonnée bivouac dans le Vercors sur le Glandasse

    Nous plantons la tente dans ce décor de bout du monde. Je repense à Yosemite, à Bryce Canyon… les hauts plateaux du Vercors incarnent pour moi cet ailleurs à portée de main, cette radicalité de l’immensité et de l’infini qui ouvrent tout grand l’imaginaire.

    Au matin, l’aurore enflamme le ciel, incendie le Dévoluy au loin. Jamais je n’éprouve autant de foi et de gratitude pour la beauté du monde et le miracle de la vie que quand le soleil se lève sur les montagnes au petit matin… La pure magie du bivouac, c’est cela : avoir le soleil en tête à tête, face à face, à hauteur de ciel.

    Randonnée bivouac à Villard-de-Lans, au coeur du Vercors

    Quand on grandit dans la Drôme, le regard porte tout naturellement sur la forteresse alpine à nos portes, le sinueux et secret Vercors aux crêtes abruptes et aux plateaux infinis. J’aime infiniment randonner dans ces montagnes familières. En juillet 2020, nous sommes parties entre copines avec Marion et Julie au dessus de Villard-de-Lans, au pays des quatre montagnes.

    La météo était capricieuse, mais nous avons eu droit à des lumières de coucher de soleil merveilleuses parmi les fleurs du Vercors.

    Nous avons posé la tente au Col Vert, au dessus des lumières de Grenoble, avec Belledonne au loin, et avons joué avec les nuages. S’endormir au dessus du monde, seules enveloppées de brume et de l’haleine mystérieuse des montagnes, a une saveur toute particulière…

    Puis nous sommes redescendues au milieu des fleurs, savourant l’éternelle magie de ce massif.


    Les passerelles himalayennes du Lac de Monteynard

    Nous avons quitté le massif du Vercors, et sommes désormais à ses pieds, entre deux vallées. Au loin, le Mont Aiguille trône, rappel de notre aventure en bivouac, et à nos pieds s’étale une eau si turquoise qu’elle en est presque phosphorescente : le lac de Monteynard-Avignonet. Le plan d’eau est célèbre pour ses deux vertigineuses passerelles himalayennes, les plus hautes de France, jetées au-dessus du miroir bleu. Une randonnée vous conduit de l’une à l’autre, dans un paysage fabuleux, entre Alpes et couleurs Caraïbes. En dessous, je vois les gens s’amuser en bateau, en kayak, en pédalo, et je me dis que l’été à la montagne, ça a décidemment un charme fou.

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    A mes pieds, le lac de Monteynard, au loin le massif du Vercors. Photo Marion Carcel
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Fabuleuses passerelles himalayennes! Photo Marion Carcel
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
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    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Alpes ou Bahamas ?

    Petites promenades et escapades dans le Vercors en été 

    J’abandonne désormais les grands sentiers de randonnée pour vous parler de grottes, de cascades et de villages ravissants.

    Les dentelles minérales de la Grotte de Choranche
    Vercors en été – visites vercors – plus beaux paysages vercors

    La grotte de Choranche est une des cavités les plus intéressantes et ravissantes que je connaisse, pour trois raisons qui scellent son caractère exceptionnel :
    – Sa rivière souterraine, fabuleusement mise en valeur par l’éclairage, qui dessine un paysage féerique sous la terre.
    – Ses concrétions géologiques extrêmement particulières, des stalactites très fins qu’on nomme « fistules » et qui dessinent un paysage de dentelle minérale d’une beauté rare.

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Féerie souterraine à Choranche
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    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
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    – La présence (dans des aquariums) de créatures amphibies extrêmement rares, les protées. Ces bestioles cavernicoles, cousines de l’axolotl, vivent une vie incroyablement longue et lente dans l’obscurité quasi-totale, presque aveugles et ne vieillissant jamais. A l’état naturel, on ne les trouve plus qu’en Slovénie, mais la grotte de Choranche présentant exactement le même environnement (température, nutriments), elle s’est engagée dans un processus de conservation de l’espèce. Cette rencontre m’a passionnée. Si vous aimez les Pokémon, vous allez rêver d’attraper ce Pokémon bizarre et rarissime.

    Protées !
    Très belle cascade à proximité de Choranche

    A noter que le Vercors compte deux autres grottes dignes d’intérêt, la Grotte de la Luire et la Grotte de la Draye Blanche, que je visiterai volontiers à une autre occasion.

    Derrière la cascade blanche à Sainte Eulalie en Royans

    Folle de cascades depuis toujours, j’ai toujours adoré la cascade blanche à Sainte Eulalie et son rideau nuptial, mais c’est grâce à Marion que j’ai enfin eu le courage de braver le froid pour passer de l’autre côté. Derrière la cascade se révèle un monde de mousse et de magie, où nous nous sentons comme des nymphes antiques à l’abri de quelque source bénéfique…

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Marion en belle ondine à la cascade blanche
    Le chemin conduisant à la cascade
    Tournesols du Vercors
    Derrière le rideau…
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Jouer à la sirène…
    Un monde de mousse

    Le plus beau village du Vercors ? Pont-en-Royans

    Ce village, j’en suis folle depuis l’instant où j’ai aperçu pour la première fois, il y a bien des années, ses maisons multicolores suspendues au-dessus de la rivière comme un échafaudage de jouets en bois, une construction biscornue et infiniment pittoresque qui semble défier la gravité. Pont-en-Royans, c’est aussi la beauté des gorges de la Bourne où les gens aiment escalader et se baigner, le bruissement des fontaines et les terrasses claires du Musée de l’eau (le restaurant est excellent), des clochers et des ponts, un étrange mélange de couleurs méridionales et de vertige montagnard qui en fait à mes yeux un des plus beaux villages des Alpes. Ne manquez pas de vous y promener, ce village est si beau, si charmant.

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Le superbe village de Pont en Royans
    Maisons suspendues.
    Les gorges.
    pont en royans
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    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Les amoureux de Pont…

    Les parents de Marion y tiennent une boutique de souvenirs, A la Clairefontaine, qui ne pourrait mieux correspondre à l’ambiance du village : elle est troglodyte, taillée à même la falaise, ce qui lui confère un charme fou. On y trouve toutes les spécialités du Vercors, du Royans et des Alpes, de beaux bâtons de marcheur sculptés, les noix du Vercors, les fromages locaux, les huiles, liqueurs et confitures de la région, des produits de qualité, directement achetés aux producteurs des environs. C’est un joli petit commerce chaleureux et authentique, ancré dans un terroir riche et dynamique, et c’est une famille que j’adore. N’hésitez pas à leur faire coucou et leur dire que vous venez de ma part !

    A la Clairefontaine, souvenirs locaux et authentiques dans un cadre ravissant
    Produits locaux de qualité. Les parents de Marion m’ont offert un plateau de fromages locaux fabuleux – à manger avec les noix du Vercors, et à arroser de génépi de Pont en Royans 😉
    Une belle ambiance de montagne dans cette boutique chaleureuse.

    Saint-Antoine-l’Abbaye, joyau mystique

    Je sors du Vercors à proprement parler pour remonter vers Saint Marcellin (pays du fabuleux fromage fondant, et pays de Marion, aussi : c’est dans ce coin préservé et idyllique qu’elle a grandi). Saint Antoine l’Abbaye est classé parmi les plus beaux villages de France, et je suis chaque fois fascinée par la perfection de ce village médiéval tout de tuiles vernissées et de façades ouvragées. Marion, qui a travaillé comme guide touristique à St Antoine pendant son adolescence et n’a rien oublié, me raconte l’histoire fascinante de ce lieu hors normes. L’abbaye abritant les reliques de l’ermite prophétique Saint Antoine, le village acquiert la réputation d’être un lieu où on guérirait du « mal des ardents » ou « feu de Saint Antoine », maladie causée par un champignon du seigle et qui cause hallucinations et empoisonnements. (Et en effet, les gens guérissent à Saint Antoine, mais moins grâce à Saint Antoine que grâce à la viande de porc servie par les moines : manger moins de pain et plus de viande diminue l’exposition au poison du seigle… ) Imaginez des pèlerinages entiers de malades hantés par des visions à la Jérome Bosch arpentant les montagnes du Dauphiné pour venir se recueillir sur les reliques du Saint, dans ce village bijou…
    L’abbaye est d’une beauté grandiose, et recèle un trésor précieux. Le village est aujourd’hui encore occupé par de nombreux artisans : ébénistes, sculpteurs, et une fabrique d’hydromel, le délicieux vin sucré et épicé du Moyen-Âge. Vraiment, ce village vaut le détour, c’est sans conteste un des plus beaux de toute la région.

    Fabuleux village de St Antoine l’Abbaye
    Dans les rues du village. Photo Marion Carcel
    Les tuiles vernissées qui me rappellent la Bourgogne.
    Passion façades grandioses.
    Au sein de la belle abbaye.
    Photo Marion Carcel.
    Photo Marion Carcel.

    Le Vercors, encore, encore

    Si vous souhaitez continuer à préparer vos vacances dans le Vercors, sachez que j’ai deux autres articles à vous proposer.

    Si vous êtes en quête d’activités outdoor fabuleuses dans le Vercors comme le parapente (le plus beau moment de mon été !), spéléologie, escalade, pêche, vélo électrique, trottinette de descente,  canirando (vous êtes curieux, hein ?), mais aussi d’hébergements de charme et de bons restos, retrouvez mon article sur les activités outdoor dans le Vercors.

    Et si vous cherchez encore d’autres idées de randonnées dans le Vercors (je vous l’ai dit, je suis obsédée par ce massif), sachez qu’un grand article sur les cascades secrètes et routes vertigineuses du Vercors vous attend déjà. Vous y retrouverez notamment combe Laval et la chute de la Druise. A très vite !

    Randonnées sublimes et pépites secrètes : je vous montre le meilleur du Vercors ! #vercors #alpes #france
    Epinglez moi !
    Randonnées sublimes à pied et à cheval dans le #Vercors. #alpes #france
    Epinglez moi !

    Cet article est issu de deux séjours dans le Vercors en juillet 2018. Le premier, grâce à l’invitation de Marion alias La Faute Au Graph, amie très chère que j’adore, photographe virtuose, déesse du bivouac et petite fée des montagnes – merci de m’avoir ouvert les portes de ton monde secret. Le second, grâce à l’invitation d’Inspiration Vercors, l’office de tourisme du massif, qui nous a permis de découvrir ensemble des activités fabuleuses dont je vous parlerai davantage dans le prochain article. Un grand merci à Inspiration Vercors et notamment à Cécile pour ces belles expériences !
    L’article a été remis à jour en 2020 avec deux nouvelles randonnées bivouac dans le Vercors.

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Sur le dos de l’âne de Marion, à Dionay, petit paradis bucolique où les animaux sont rois. Merci, Marion, de m’avoir ouvert ton monde !