Avez-vous déjà skié à Montgenèvre, un des plus grands domaines skiables des Alpes du Sud et l’une des plus anciennes stations de France ? A cheval entre les mélèzes des Hautes-Alpes et le soleil de l’Italie, généreusement enneigé et plein de jolies surprises authentiques, ce domaine superbe m’a éblouie. Faire l’expérience à skis d’un domaine authentiquement franco-italien à l’enneigement remarquable, où certains télésièges partent d’Italie pour arriver en France, où on sert les spécialités piémontaises au soleil des terrasses et où les panoramas sont somptueux, m’a fait me demander pourquoi j’avais tant attendu pour explorer Montgenèvre en hiver ! Quels sont les atouts de ce domaine skiable singulier et attachant ? Comment optimiser votre semaine de ski à Montgenèvre ? Que voir, que faire, où manger, comment vivre la vraie expérience du ski à Montgenèvre ? Pour des vacances neige et ski parfaites à Montgenèvre, suivez le guide !
Coucher de soleil à Montgenèvre !Au pays des mélèzes roux…… ou blancs !Jolie station entre France et Italie
J’ai vécu ce beau voyage à skis entre France et Italie avec mon amie Caroline, de nombreuses photos de cet article sont les siennes ou ont été prises avec son aide.
Caroline et moi heureuses à ski à Montgenèvre
Skier à Montgenèvre : comment y aller
Un petit point de situation tout d’abord. Nous sommes à Montgenèvre dans les Hautes-Alpes, à 20 minutes de Briançon, ses forts iconiques et sa citadelle. Nous avons d’ailleurs depuis les pistes du domaine skiable une vue superbe sur Briançon, et aussi sur d’autres forts historiquement italiens, comme le Mont Chaberton, le « cuirassé des nuages », autrefois le plus haut fort du monde à 3131 mètres d’altitude. Cette région frontière est célèbre pour le chapelet de fortifications qui ceinturent ses sommets.
Le cuirassé des nuages !Un des nombreux forts de la région de Briançon
Pour rejoindre Montgenèvre, les amoureux des trains de nuit pourront emprunter le Paris-Briançon et prendre un bus navette jusqu’à la station. Les Grenoblois sont à 2h20 de route, et les Marseillais à 3h20.
Briançon derrière nous
Nous sommes enfin à deux pas de la sublime vallée de la Clarée, et à la frontière italienne : le village piémontais de Claviere se situe à deux minutes de route à peine du village de Montgenèvre, et le col reste ouvert toute l’année. Cette identité franco-italienne fait toute la singularité du domaine – je vous en reparlerai !
Claviere, côté italien, joli village à deux pas de Montgenèvre
Sept raisons de venir skier à Montgenèvre
Pourquoi, parmi la multitude des stations françaises (et italiennes !) dans les Alpes, ai-je eu un tel coup de cœur pour Montgenèvre ? J’ai été profondément séduite et je me suis promis de revenir ici. Je n’en reviens pas de skier depuis plus de trente ans et de découvrir seulement maintenant ce domaine vraiment singulier et attachant.
La beauté de Montgenèvre
Montgenèvre : un domaine skiable superbe et historique
En 1907, Montgenèvre accueille la première compétition internationale de ski en France, à l’heure où le sport était encore balbutiant. Cette primauté lui vaut le surnom de « doyenne des stations françaises ». Mais Montgenèvre ne s’est pas reposée sur ses lauriers : le domaine est vaste, aménagé avec beaucoup d’intelligence pour optimiser la glisse sur les différents versants, tous avec des vues variées et panoramiques, et les investissements constants permettent de bénéficier de remontées de grande qualité. La télécabine principale de liaison avec l’Italie, par exemple, est rapide, confortable et visuellement superbe. Montgenèvre est un domaine skiable qui continue de mettre de l’argent dans sa modernisation et son optimisation, et cela se sent.
Montgenèvre, station historique tournée vers l’avenirLa liaison vers l’Italie, hyper moderne, spacieuse et confortable
Amis des pistes bien damées, vous serez ravis ici : parce que la clientèle italienne aime le damage bien fait, un grand soin est porté là-dessus. Beaucoup de pistes noires sont damées, ce qui permet de s’amuser sur des murs raides mais sans bosses : très fun !
La qualité de l’enneigement à Montgenèvre
En janvier 2024, alors qu’une bonne partie des Alpes françaises souffrait du manque de neige, Montgenèvre croulait sous les flocons. Rebelote lors de ma venue en janvier 2025 : alors que de nombreuses autres stations des Alpes du Nord étaient limite en enneigement, on était dans la poudreuse à Montgenèvre ! Le domaine est idéalement placé pour prendre ce qu’on appelle les « retours d’Est », phénomène bien connu des skieurs du Queyras ou de la Haute-Maurienne et qui provoque de très gros cumuls neigeux. L’altitude (domaine situé entre 1800 et 2600 mètres) aide bien sûr à conserver une belle qualité de neige. Une bénédiction qui s’accompagne évidemment d’un message de prudence : en hors-piste, attention aux avalanches, sortez informés et équipés. Cette quantité de neige est d’autant plus étonnante que Montgenèvre est par ailleurs merveilleusement ensoleillée : 300 jours de soleil par an ! Le meilleur des deux mondes…
Bel enneigement à Montgenèvre et dans les Monts de la LuneLa beauté de Montgenèvre enneigé
Montgenèvre, skier au pays des mélèzes
Ceux qui connaissent mon amour des couleurs d’automne savent combien j’aime les mélèzes, fiers oriflammes emblématiques des Alpes du Sud, seuls résineux à perdre leurs épines en hiver et qui se changent en véritables torches rousses avant de succomber au froid. La beauté des forêts orange de Montgenèvre et des Monts de la Lune m’a enchantée.
Au pays des mélèzes
Skier avec vue sur la Barre des Ecrins
Les vues sont magiques : outre la citadelle de Briançon et le Mont Chaberton déjà évoqué, figure tutélaire du domaine skiable, vous bénéficierez de vues majestueuses sur le fort du Janus, la Barre des Ecrins, l’emblème du parc national des Ecrins et le toit des Alpes du sud, le superbe Pelvoux.
La Barre des Ecrins
Citons encore le Pic de Rochebrune, point culminant du massif du Queyras à 3321m, dont la forme effilée m’évoque un petit Cervin méridional et me plaît beaucoup.
Le pic de Rochebrune
J’ai aussi adoré la vue superbe sur la vallée de Cervières, qui m’avait laissé un souvenir puissant lors d’un voyage côté Clarée et Izoard.
Les points culminants du domaine côté français, avec Les Gondrans (ma vue coup de cœur), le Rocher de l’Aigle ou encore Serre-Thibaud, sont des incontournables pour la qualité de leurs panoramas qu’ils offrent.
Côté Italie, je découvre de nouveaux sommets superbes, de nouvelles lignes de crête, en skiant côté Voie lactée…
Montgenèvre et la Voie lactée : un immense domaine skiable
Le domaine de Montgenèvre côté France est totalement entremêlé avec celui des Monts de la Lune côté italien : un très beau domaine varié, sauvage et scénique offrant 87 pistes sur 110 kilomètres. Au moment où j’écris cet article (saison hiver 2024-2025), le forfait jour adulte pour Montgenèvre + Claviere coûte 49€50, le forfait Montgenèvre + Monts de la Lune 51,50€, ce que je trouve très intéressant et compétitif. Cela fait de Montgenèvre un des plus grands domaines skiables des Alpes du Sud, avec Serre-Chevalier et Vars-Risoul Forêt Blanche.
Mais il vous est possible de voir plus loin encore : quand vous passez côté italien, vous arrivez sur le domaine de la Voie lactée (Via lattea), le 5e plus grand domaine skiable du monde, avec 400km de pistes. Ce grand domaine est véritablement immense, et vous permet de skier jusqu’à Sestriere, Sauze d’Oulx ou Pragelato en Italie – vous vous trouvez aux portes de Turin !
Bascule côté Italie
Pour permettre de vivre cette expérience à petit prix, le domaine skiable a lancé une offre que je trouve vraiment intéressante si vous passez une semaine de ski à Montgenèvre. Le forfait 6 jours Montgenèvre + Monts de la Lune (donc avec toute la partie italienne accolée à Montgenèvre) coûte 265 € et inclut 2 jours de ski au choix sur la Voie Lactée dans son intégralité. Deux grosses journées de ski où vous irez plus loin sur l’immense domaine, sans avoir à prendre de navette, uniquement en skiant et en utilisant les remontées. Je trouve que c’est un vrai bon plan !
Côté Monts de la Lune
Cette dimension franco-italienne, je l’ai vraiment, vraiment savourée (et j’ai entonné Sara perche ti amo à tue-tête pendant trois jours, j’assume).
Le domaine skiable le plus franco-italien du monde : Montgenèvre !
Impossible de faire plus bilingue, plus multiculturel, plus délicieusement franco-italien que Montgenèvre. Les villages de Montgenèvre et de Claviere sont à littéralement deux minutes de route l’un de l’autre, et le col reste ouvert toute l’année. Tout le monde est bilingue, les écoliers de Claviere vont à l’école bilingue de Montgenèvre, les tourtons des Hautes Alpes côtoient les artichauts frits du Piémont. Le domaine est vraiment imbriqué entre les deux pays, tout le personnel des remontées mécaniques parle les deux langues, et vous vivez des expériences drôles, comme par exemple prendre une remontée en Italie et arriver sur les pistes de ski en France en haut.
La plus italienne des stations françaises !
La Rosière ou Montgenèvre, la même chose ?
Petite parenthèse ici. Sur les réseaux sociaux, notamment mon compte Instagram itineramagica, plusieurs personnes m’ont dit « c’est comme à La Rosière ». Je vous arrête tout de suite : j’adore La Rosière, superbe station savoyarde possédant une liaison italienne avec la Vallée d’Aoste sur l’espace San Bernardo, j’y skie avec énormément de plaisir depuis plusieurs hivers. Mais non, ce n’est pas pareil. La Rosière est une station savoyarde, avec une liaison assez longue (plusieurs téléskis, une transition longue, vous ne le ferez pas tous les jours) avec l’Italie. La route n’est ouverte qu’en été, en hiver le passage se fait seulement à skis, ce qui signifie qu’il ne peut pas y avoir de communauté franco-italienne tout au long de l’année. C’est à mes yeux une magnifique station savoyarde, avec une possibilité de passer en Italie pour déjeuner au mythique col du petit Saint Bernard, mais pas une station franco-italienne. A Montgenèvre, c’est très différent : l’Italie est littéralement juste à côté, vous pouvez y aller à pied, en voiture, à skis, à vélo ou à poney, toute l’année, et tous vos interlocuteurs ou presque parlent les deux langues. Vous entendez l’italien partout, dans les restos, dans vos assiettes, dans l’atmosphère. Côté ski, les domaines Montgenèvre-Mont de la Lune sont complètement entremêlés, il est facile de passer côté Italie tous les jours si vous le souhaitez. L’expérience est différente, et pour moi qui adore l’Italie et rêve secrètement d’avoir la classe d’une milanaise un jour d’opéra quand je skie, c’était le paradis ! Montgenèvre est une station profondément franco-italienne.
Manger italien entre deux pistes
Je finis en cuisine, évidemment. Cette dimension italienne fait partie intégrante de l’expérience Montgenèvre. Aller déjeuner à skis en Italie, c’est un must, une clef de voûte de votre séjour ! Mais le front de neige côté français n’est pas en reste, la cuisine italienne s’y établit aussi avec délices – je vous laisserai découvrir la section Bonnes adresses de cet article.
Skier à Montgenèvre : surprises et coulisses
J’aime beaucoup, lors de mes reportages d’hiver en montagne, avoir l’occasion d’entrer dans la vie secrète des domaines skiables, rencontrer les dameurs, les pisteurs, les gens des remontées mécaniques, tous ceux qui s’activent dans l’ombre pour assurer la qualité et la sécurité de l’expérience.
Dameuses et sécurité
Ce jour-là à Montgenèvre, nous avons commencé la journée très tôt, avec Martin, agriculteur dans la vallée de Cervières et dameur sur le domaine. J’admire le courage des gens des montagnes qui cultivent la pluriactivité à l’année, sont dans leur dameuse de 2 à 8h du matin, et enchaînent ensuite avec le nourrissage et le soin des bêtes ! Nous vivons un beau lever de soleil rose sur l’un des points culminants du domaine, avec vue sur la vallée natale de Martin. Nous en profitons pour évoquer les différentes techniques de damage utilisées en fonction de la qualité de la neige (poudreuse, dure, glacée…) pour la préparer et la transformer d’une façon assurant le plus grand confort de ski, et bien sûr, l’importance de ne jamais se trouver à pied ou à skis sur un domaine skiable fermé. Sur un certain nombre de pistes (et pas seulement les rouges et les noires, cela peut aussi arriver sur les bleues, en fonction de la configuration et des contraintes !), les dameuses sont aidées dans leur tâche par un treuil qui les amarre au sommet de la pente. Les câbles du treuil sont invisibles, surtout dans la nuit ou la pénombre, et leur puissance est inconcevable : imaginez, ils tirent une dameuse ! Ils peuvent décapiter ou couper en deux un skieur en une seconde, et chaque année sur les domaines skiables arrivent des accidents mortels quand les skieurs et randonneurs (à skis, à pied, en raquettes) ne suivent pas les règles de sécurité et viennent en dehors des heures ouvertes. Retenez bien : domaine skiable fermé, personne sur les pistes !
Dameuse au lever du jourAvec Martin dans la beauté du matin
Coucher de soleil en fermeture des pistes
Puis le soir, nous avons le privilège de fermer les pistes avec Luc, un des pisteurs de Montgenèvre, lui aussi passionné par son métier. Le matin, les pisteurs ouvrent le domaine, placent les filets de sécurité, les banderoles, les panneaux. Toute la journée, ils assurent les secours. Et le soir, ils s’assurent que personne ne reste sur les pistes, et enlèvent tout le matériel (filets, panneaux, etc) qui pourrait gêner le travail des dameurs. Premiers arrivés à skis, derniers partis, ils portent secours aux retardataires épuisés. Et quand il faut lancer un PIDA et déclencher les avalanches, les pisteurs manient explosifs, gazex et catex, pour faire partir les coulées. Un métier exigeant et varié, où on ne s’ennuie jamais ! Cela a été une journée de folie où on a été (presque) les premières sur le domaine skiable avec les dameurs, et les dernières à fermer les pistes avec les pisteurs. Du lever au coucher de soleil à ski, je ne vous cache pas que le soir, on a bien dormi !
L’équipe des pisteursBeauté du soir
Tour en dameuse ou descente avec les pisteurs, ne sont pas des expériences qu’il est possible de réserver de façon classique, mais le compte Instagram @montgenevre_domaine_skiable organise régulièrement des concours pour les faire gagner gratuitement à ses followers. N’hésitez pas à les suivre pour tenter votre chance.
La luge sur rails Monty Express
En grande obsessionnelle des grands 8 connaissant par cœur Disneyland et EuropaPark, je suis EVIDEMMENT une grande fan des luges sur rail, les rollercoasters des montagnes. Rapides, fun, pleines d’adrénaline, elles permettent une expérience de glisse accessible à tous.
J’ai fait de la luge sur rails au Col du Rousset dans le Vercors drômois, aux Saisies, à Risoul, dans le Val d’Allos, et j’adore ça. J’ai un principe : ne jamais freiner, tout à fond. Mais lecteur, laissez-moi vous faire un aveu : j’ai freiné à Montgenèvre. Avec ses petits à-pic ultra raides et impressionnants, ses descentes dignes du Silverstar, ses virages ultra serrés où on arrive à toute blinde, la luge sur rails Monty Express est la plus impressionnante de ma longue carrière de lugeuse sur rails semi-professionnelle. L’adrénaline monte haut. Monty, tu m’as défiée : je reviendrai à Montgenèvre pour voir si je peux te vaincre sans freiner ! Et je vous recommande vraiment l’expérience.
Début du parcours du Monty Express…et adrénaline !
Bonnes adresses à Montgenèvre, restos entre France et Italie
Je passe au plus important, évidemment : les restaurants. Restos d’altitude sur le domaine skiable et restos sur le front de neige côté Montgenèvre, voici quelques adresses que j’ai adorées.
Un superbe resto d’altitude côté France : Les Terrasses
Quel coup de foudre ! J’ai ADORE ce resto-chalet chaleureux et cosy aux immenses baies vitrées, jugé sur une terrasse panoramique ouvrant sur une vue exceptionnelle. On peut rester en bas dans la grande salle, ou enlever ses chaussures de ski, mettre des crocs et monter sur la mezzanine douillette où la vue est encore plus belle. J’ai adoré la déco alpine douce et enveloppante, avec les fausses fourrures, les beaux chandeliers design et le bois clair. A la carte, tout est fait-maison, savoureux et copieux. Mention spéciale pour les desserts, tous très spectaculaires ! Et quand quelqu’un fête son anniversaire, c’est soudain trois minutes de fête… l’ambiance est vraiment chaleureuse et joyeuse et le personnel aux petits soins. Super expérience !
La vue superbePlats savoureuxTarte spectaculaire !
Toute l’authenticité du Piémont à Baita Gimont côté Italie
Mon autre coup de cœur : j’ai aussi adoré l’expérience ultra authentique et savoureuse du refuge mythique Baita Gimont côté italien. Quel bonheur de passer à skis côté Italie et d’arriver sur cette terrasse historique et ensoleillée, aux couleurs acidulées ! L’accueil est typique, souriant et généreux. Outre les délicieux plateaux de fromages et charcuteries d’Italie, on s’est régalés de spécialités du Piémont faites-maison, comme le veau au thon (excellent !), les ragoûts de viande à la polenta, les artichauts frits… tout était exquis et respirait l’amour des bons produits et des recettes traditionnelles. Incontournable !
Saveurs piémontaises à Baita Gimont
L’Italie sur le front de neige à Isabel
Côté front de neige de Montgenèvre, mon cœur va au restaurant bistronomique chic et douillet Isabel, qui cultive lui aussi l’art de vivre à l’italienne. Gnocchis, spaghetti, gressins, sauces savoureuses, avalanche de parmesan, service attentionné dans un cadre soigné, tout ce que j’aime en Italie se retrouve ici, et c’était une parenthèse de pure douceur !
Délices d’Isabel
J’ai adoré l’expérience Montgenèvre, et je me suis promis de revenir très vite, pour explorer la Voie lactée et goûter encore plus de spécialités…
Un domaine superbe et attachant !
Un grand merci à Montgenèvre Domaine Skiable, et notamment à Federico, pour ce magnifique séjour, et à Caroline avec qui j’ai vécu cette belle aventure alpine.
Bienvenue à Villard-Reculas, pépite de l’Oisans authentique, entre ski et patrimoine ! Connaissez-vous ce village agricole typique de l’Oisans, situé sur un balcon ensoleillé au-dessus de la vallée de la Romanche et aujourd’hui intégré au grand domaine skiable de l’Alpe d’Huez ? Pour allier le plaisir d’une très grande station, avec les 250 kilomètres de l’Alpe d’Huez, et le charme romantique d’un village historique préservé, Villard-Reculas est un véritable bijou. J’ai eu un coup de foudre immense pour ce que je pense être un des plus jolis villages de la région. Un domaine skiable à prix tout doux pour skier à petit budget et une connexion hyper facile à l’immensité de l’Alpe d’Huez (jusqu’au sommet du Pic Blanc à 3300 mètres), de très, très belles adresses, une identité agricole préservée, la beauté du cadre et des couchers de soleil magiques, Villard-Reculas a tout pour plaire. Suivez le guide pour un séjour merveilleux au cœur de l’Oisans !
Villard-Reculas, l’hiver en Oisans : explorer à skis….… faire du trail blanc au coeur de l’Oisans…… explorer en rando raquettes…… découvrir de belles adresses dans le village…… et sur le grand domaine skiable de l’Alpe d’Huez !
J’ai réalisé ce reportage d’hiver à Villard-Reculas en Oisans en duo avec Marion Carcel, Foehn Photographie. La quasi totalité des photos de cet article sont les siennes.
Marion et moi au Pic Blanc.
Villard-Reculas, beau village de l’Oisans et station de ski
Sur la route du Bourg-d’Oisans, au lieu de continuer vers l’Alpe d’Huez, nous prenons à gauche en direction d’un hameau suspendu à mi-pente, qui a toujours attiré mon regard, et qui semble couronné par le mythique Pic Blanc au-dessus de lui.
Photo d’automne : Villard-Reculas niché à mi-pente, le Pic Blanc (sommet de l’Alpe d’Huez à 3300m) au-dessus de lui
Ce village reculé, niché à 1500 mètres d’altitude, était autrefois un bout du monde en Oisans (Villard-Reculas, on ne prend pas un nom pareil par hasard…). Avez-vous déjà emprunté la route du Pas de la Confession entre Villard-Reculas et Huez ? C’est une des routes les plus spectaculaires de l’Oisans, et il faut bien être sûr de s’être confessé avant de s’y frotter par un jour de verglas ! Mais je vous rassure : aujourd’hui, la route d’accès « classique » à Villard-Reculas est beaucoup plus simple, car le village est désormais relié au grand domaine de l’Alpe d’Huez, un des plus beaux espaces skiables des Alpes françaises. Cette connexion facile et rapide est un atout extraordinaire pour le ski, mais Villard-Reculas garde son atmosphère un peu sauvage et préservée. C’est un authentique vieux village, avec ses granges et ses ruelles étroites, ses écuries et ses chapelles, son atmosphère de montagne intemporelle. Dormir à Villard-Reculas, c’est se lover dans un cocon hors du temps. Les atouts d’un petit village… et le vertige grisant d’un grand domaine.
Villard-Reculas, superbe village au coeur de l’OisansVue sur le village depuis le domaine Villard-Reculas by night
Skier à Villard-Reculas sur le domaine de l’Alpe d’Huez : astuces et bons plans
Je suis une immense fan du domaine skiable de l’Alpe d’Huez, un des meilleurs du monde à mes yeux. Outre la station principale Alpe d’Huez à 1860m, le domaine intègre plusieurs villages : Villard-Reculas, Vaujany, Oz-en-Oisans, Auris-en-Oisans, Maronne et le village historique de Huez. Après avoir passé plusieurs séjours à l’Alpe d’Huez même, et une semaine à Vaujany, je suis ravie de partager avec vous toutes mes astuces pour optimiser votre semaine de ski à Villard-Reculas !
Bienvenue à Villard-Reculas !
Les couchers de soleil sont magnifiques côté Villard-Reculas avec cette orientation sud-ouest… un balcon radieux au cœur des Alpes françaises, à la bascule entre Alpes du Nord et du Sud – merveille de l’Oisans !
Coucher de soleil à Villard-Reculas
En pratique : passer de Villard-Reculas à l’Alpe d’Huez à ski
Côté ski, la connexion aux 250 kilomètres de l’Alpe d’Huez est hyper facile et rapide. Depuis Villard-Reculas, un télésiège (le Villarais) suffit à vous emmener au sommet du Signal, à 2100 mètres. Si vous voulez rejoindre le front de Neige des Bergers à l’Alpe d’Huez 1860 (cœur de la station), et accéder au DMC pour monter au Pic Blanc à 3300, une seule descente suffit depuis Signal : soit une verte hyper fun et ludique pleine de modules type tunnels et mascottes, la Marcel’s Farm, soit un joli mur rouge, la Signal. L’accès est vraiment aisé !
Passage facile de Villard-Reculas à l’Alpe d’Huez
Skier à petit budget : rester côté Villard-Reculas pour un prix imbattable
Mais pour ceux qui souhaitent y aller en douceur ou économiser, Villard-Reculas est un vrai bon plan : si vous ne voulez pas prendre tous les jours le grand domaine Alpe d’Huez (64€), vous pouvez prendre le forfait Villard-Reculas (22€50 adulte, forfait débutant 13€50) qui vous donne accès à une partie ensoleillée, panoramique et accessible du domaine avec des vues magnifiques. Vraiment super pour les familles avec des enfants, les personnes qui ne skient pas énormément, ou ceux qui souhaitent maîtriser leur budget et profiter de vacances au ski moins cher. Côté Villard, vous avez de très belles bleues parfaitement orientées pour skier au soleil toute la journée, des vertes pour les débutants, une rouge hyper fun, la Mur, et une vraie noire technique, la Forêt. Mais vous pouvez aussi profiter des pistes côté Signal : si la remontée Signal n’est pas comprise dans le forfait Villard-Reculas, la remontée Grande Sure l’est, elle, et amène au même endroit. Bon à savoir !
Beauté de l’OisansLe très beau domaine de Villard-Reculas
Explorer l’Alpe d’Huez : une des meilleures stations de ski du monde
Depuis le joli village de Villard-Reculas, au cœur d’un Oisans authentique, un télésiège suffit pour rejoindre l’immense et effervescent grand domaine skiable de l’Alpe d’Huez. Cette station radieuse, à la bascule entre Alpes du Nord et du Sud et qu’on surnomme l’île au soleil, est un coup de cœur absolu depuis que je suis toute gamine.
Au sommet du Signal, à la bascule entre Villard-Reculas et l’Alpe d’Huez, la vue majestueuse sur la reine Meije
Depuis l’Alpe d’Huez, on prend le DMC pour monter tout au sommet de la station. L’un des plus beaux panoramas des Alpes nous attend au Pic Blanc à 3300m. C’est aussi le point de départ de la merveilleuse Sarenne, la plus longue piste de ski du monde, 16 km de voyage intersidéral, des hauteurs givrées à la douceur des gorges, le tout face à la reine Meije.
Les Aiguilles d’Arves, la Meije : panorama fabuleux au Pic Blanc
Descendre la Sarenne, la plus longue piste noire du monde
Ma piste de ski préférée au monde ? C’est la légendaire Sarenne à l’Alpe d’Huez, au cœur de l’Oisans ! Et pour faire durer le plaisir, cela tombe très bien, c’est aussi une des plus longues du monde : 16 km de descente, les yeux dans les Alpes. Pour l’atteindre, vous monterez tout au sommet de l’Alpe d’Huez, au Pic Blanc, à 3300m. Même si votre niveau de ski ne vous permet pas de vous attaquer à la Sarenne, n’hésitez pas à monter en piéton au Pic Blanc : la vue est extraordinaire, un panorama inouï ! Par beau temps, un cinquième du territoire français s’offre à vos yeux émerveillés. Puis il est temps de chausser les skis et de s’offrir un grand voyage intersidéral. Vous descendez du sommet du Pic Blanc à 3300m sur le glacier, face à la reine du Dauphiné, sa « Meijesté » la Meije, face aux Aiguilles d’Arves, aux cimes de l’Oisans et des Ecrins… un panorama absolument grandiose. Puis c’est une longue descente jusqu’aux gorges de la rivière Sarenne, tout en douceur. Si la Sarenne est une piste noire, elle reste assez abordable, contrairement à sa voisine le Tunnel, réputée pour être une des plus techniques du monde, à qui je n’ai pas encore osé me frotter ! Au bas de la piste, après 16km de descente, vous arrivez dans les gorges de la Sarenne. L’ambiance a changé : forêts douces, rivière chantante, grands plats qui feront râler les snowboarders mais qui amusent beaucoup les skieurs qui se baladent dans un merveilleux décor bucolique.
Sublime Sarenne
Déjeuner à ski : les restos d’altitude de l’Alpe d’Huez
Monter à 3300, saluer les plus beaux sommets des Alpes françaises, dévaler la blancheur ouatée de la Sarenne et finir par me régaler en terrasse au soleil, c’est ma journée hivernale de rêve. Je ne perds pas une occasion d’aller skier en Oisans : ce joli bout d’Isère est un paradis sur terre. Les restos d’altitude à l’Alpe d’Huez sont nombreux et vraiment de qualité. L’Aventure, la Cabane, le Chalet du Lac, la Folie douce… tous méritent le détour, mais je voudrais vous parler de deux coups de cœur, dont l’un est accessible avec le forfait Villard-Reculas.
Le Signal 2108 : la pyramide de verre, un sommet du goût
Vous n’avez pris que le forfait Villard-Reculas, pas le forfait grand domaine ? Vous avez donc économisé assez pour vous offrir le déjeuner au Signal 2108, et cela tombe bien : le restaurant est accessible avec le seul forfait Villard-Reculas, étant situé au sommet des télésièges Villarais, Signal et Grande Sure. Étonnante pyramide de verre avec une vue majestueuse, Le Signal 2108 est un coup de foudre absolu. Labellisé maître restaurateur, il a à cœur de sourcer ses produits en France et en Isère et propose une expérience semi gastronomique au plus près des cimes. Les desserts en trompe l’œil, la vue sur la Meije, la gentillesse du service… tout mérite le détour !
Signal 2108, cadre sublime et table savoureuse
La plage des neiges, la mer en Oisans
Vrai coup de cœur renouvelé pour la délicieuse Plage des neiges, avec son ambiance balnéaire chaleureuse et insolite : parasols, espèce de « bulle » sur la terrasse, déco ensoleillée, j’adore l’atmosphère, et la grande gentillesse des serveurs et serveuses. Mais le must, c’est sa situation incroyable, avec la vue sur le grand pic de Belledonne et les immensités ourlées de neige du plateau des lacs. Mention spéciale pour sa délicieuse tarte aux myrtilles. Pour accéder à la Plage des neiges, il vous faudra le forfait grand domaine : l’accès se fait par le DMC1 ou le télésiège des Jeux, et la piste des Jeux. Nous y avons déjeuné avant de rebasculer côté Villard-Reculas.
La plage des neiges, gros coup de coeur à l’Alpe d’Huez
Explorer la montagne en hiver à Villard-Reculas : rando, raquettes et trail en Oisans
Si vous n’aimez pas le ski, ou seulement à petite dose, n’ayez aucune crainte : Villard-Reculas offre de superbes itinéraires pour la pratique de la randonnée (avec ou sans raquettes) et du trail. Voici deux idées à explorer. Et si votre truc, c’est plutôt le yoga, descendez plus bas : on a une bonne adresse pour vous !
Sublime randonnée en raquettes au coucher de soleil à Villard-Reculas
Qu’est-ce qui vous rend le plus heureux ? Pour moi, je me demande si ce n’est pas la lumière. Ce jour-là à Villard Reculas, nous avions passé une merveilleuse journée à ski sous un grand soleil, et à peine après avoir déchaussé, nous sommes reparties avec notre guide Jean-Marc à la poursuite de l’heure dorée, puis rose, puis bleue.
Superbe rando raquettes à Villard ReculasBeauté du coucher de soleil
Être dehors en montagne au moment où le soleil se couche et le ciel s’enflamme, en buvant un bon thé chaud, et en écoutant les histoires passionnantes de notre guide amoureux de l’Oisans, c’était un moment de bonheur parfait. Jean-Marc nous a conduites au-dessus de la forêt, en direction d’une bergerie d’alpage occupée l’été par les troupeaux et leur gardien, idéalement placées pour le coucher de soleil. Sortir avec un guide, c’est toujours apprendre énormément de choses, sur les sommets qui nous entourent, l’histoire des hommes et la vie des bêtes, les secrets des plantes et les anecdotes croustillantes.
Moment de convivialité en montagne
N’hésitez pas à contacter le bureau des guides de l’Alpe d’Huez pour une rando raquettes, ils vous prêtent le matériel et vous emmènent à de sublimes points de vue en immersion dans les montagnes, pour tous niveaux. Puis nous sommes redescendus sur un sentier en balcon au-dessus de Villard-Reculas, magnifique village ancien et authentique au cœur des Alpes, avec une vue sublime sur les ruelles escarpées, et on a décidé de jouer avec la lumière : petite session light painting !
On est arrivés pile à temps pour le dîner. Car soyons honnêtes : dans le top des choses qui me rendent heureuse, il y a aussi un bon resto de montagne.
Courir en Oisans : parcours trail à Villard-Reculas
Est ce que vous êtes branché trail ? Je ne fais pas de courses, mais si je voulais, l’Oisans serait pour cela un paradis, avec de nombreux trails organisés, comme le mythique trail des 4 Villard pour les amoureux du dénivelé. Mais j’aime courir dehors, en pleine nature, sans chrono et sans pression, juste pour le plaisir de sentir son corps qui travaille, qui respire le grand air et son cerveau qui se vide. Et quand on passe des vacances à la montagne en hiver (ce qui est, rappelons-le, officiellement la meilleure façon de passer des vacances), on est parfois content de changer du ski et de vivre la neige autrement. On a testé le plus joli parcours trail de Villard-Reculas au cœur de l’Oisans, celui qui court sur la crête avec une vue magnifique sur l’Alpe d’Huez et la vallée de la Romanche, et on a trouvé ça CANON. Paysages magnifiques, parcours bien balisé et accessible, à faire en marchant ou en courant dans un décor superbe – génial ! Vous pouvez demander à l’office de tourisme de Villard-Reculas la carte des sentiers rando et trail, pour explorer cet Eden des sports de plein air.
Trail blanc en OisansUn superbe parcours
Sortir des pistes en toute sécurité : l’atelier DVA avalanche
Que vous pratiquiez le ski, la rando ou le trail en hiver, la même interrogation se pose : rester sur les pistes et sentiers balisés, ou sortir explorer ? Sachez-le : sur une station de montagne en hiver, tous les sentiers raquettes et trail balisés, et bien sûr les pistes de ski, sont surveillés. Cela signifie que les avalanches seront déclenchées en cas de danger, et que vous pouvez évoluer en sécurité, sauf indication contraire (en cas de doute après une grosse chute de neige, n’hésitez pas à vous renseigner). Si une piste ou un sentier est fermé, cela signifie potentiellement que le déclenchement n’a pas pu encore avoir lieu, et il est important de respecter la consigne et de ne pas s’y engager ! Mais lorsque vous sortez des domaines skiables et des sentiers officiels, vous êtes livré à vous-même. Il est essentiel d’apprendre à lire un bulletin des risques (BERA), de se renseigner sur le fonctionnement des avalanches, les zones de danger, etc. Et il est essentiel de sortir équipé (oui, en rando aussi !!) d’un DVA (détecteur de victimes en avalanche), d’une pelle et d’une sonde, et surtout, d’apprendre à s’en servir. A l’ESF de Villard-Reculas, Serge, moniteur de ski et ancien secouriste en montagne, propose un atelier extrêmement utile pour apprendre à utiliser un DVA, une sonde et une pelle,chercher, sonder et creuser efficacement. Il nous aide aussi à la prise de décision : que faire en premier, prévenir les secours ou lancer la recherche ? Comment se répartir les tâches ? S’il y a plusieurs victimes, par où commencer ? Un atelier fort en émotions, surtout pour moi qui ai déjà vécu une avalanche en Haute-Maurienne,extrêmement instructif, porté par un prof pédagogue, souriant et positif. Bien que le sujet soit grave, on a passé un vrai bon moment, et on en sort plus confiant. Je le recommande à toute personne qui sort en montagne hors-piste, et je pense qu’il faudrait faire ce type d’atelier tous les ans.
Belles adresses à Villard-Reculas, un havre de paix en Oisans
Moi qui suis sensible au calme, au silence et à l’authenticité, je suis tombée profondément amoureuse de Villard-Reculas. Ce n’est pas un village festif, aucun étudiant un peu éméché ne viendra perturber votre soirée. C’est un village de charme, qui a gardé ses ruelles sinueuses, ses vieilles maisons un peu de guingois, ses écuries et ses traces d’antan. Et surtout, c’est un village qui réunit de très belles adresses, pleines de douceur, nichées sur un balcon ensoleillé au cœur des montagnes. Toutes ces adresses ont un point commun : elles sont résolument ancrées dans le terroir de l’Oisans. Circuits courts, produits locaux ne sont pas un slogan publicitaire, mais un engagement réel – et ça se sent !
Demeure sauvage : une table gastronomique d’exception
C’est sans aucun doute une des meilleures tables de l’Oisans, et la réputation d’étoile montante de Demeure sauvage n’est pas usurpée.
En cuisine, c’est un duo de chefs qui vous fait découvrir des plats inventifs, inspirés des produits du terroir et revisités avec gourmandise.
Le Chef Alex, et Giselle, sa compagne sont tous les deux diplômés d’écoles hôtelières et ont travaillé dans des restaurants étoilés avant d’officier comme chefs privés. C’est à l’Institut Paul Bocuse que Paul et Alex se sont rencontrés, puis se sont récemment recroisés : séduit par le nouveau défi que représente l’ouverture d’un établissement, Alex prend part à cette véritable aventure humaine avec Giselle, pour créer une carte courte aux produits de la région.
C’est une expérience magique que de s’en remettre à ce duo créatif et inspiré de chefs ayant le sens du détail et l’amour du terroir, pour une plongée savoureuse dans leur imagination exigeante et colorée, le tout dans une ambiance superbe. Le restaurant est de toute beauté, avec ses murs lambrissés et ses grandes fenêtres ouvertes sur les sommets. D’un bout à l’autre, du cocktail de bienvenue au pain maison, des saveurs infiniment soignées des plats à la farandole colorée des desserts surprenants, tout est parfait. S’ils avaient demain une étoile Michelin, je ne serais pas surprise…
Une table d’exception en Oisans : Demeure sauvage
La maison Demeure sauvage abrite aussi des chambres d’hôte, des cours de yoga et une super pizzéria, je vous en parle plus bas !
Le restaurant Le Bijou : douceur, histoire et authenticité
Nous avons absolument adoré notre soirée chez Caroline au restaurant Le Bijou, un moment cosy et chaleureux de partage et d’évasion qui nous a procuré la sensation d’être hors du temps. Caroline dit qu’elle accueille « comme à la maison », ce qui est vrai au sens où elle est gentille, douce et souriante et qu’on se sent enveloppé, mais ce qui est aussi faux : mon appartement est loin d’être aussi beau, historique et insolite que ce lieu atypique, et je suis très loin de cuisiner avec une telle maîtrise et inventivité !
Cette très ancienne maison du village était autrefois une écurie : le bijou, c’est… un mulet, auxiliaire indispensable des paysans de montagne autrefois, une bête infiniment précieuse pour cultiver la rude terre des sommets. J’en avais parlé lors de ma visite à la Maison du mulet à Seyne-les-Alpes : impossible d’imaginer les Alpes françaises sans eux ! Mais aujourd’hui, plus de mulet, juste les traces de cette époque : des murs de pierre disjointes, des anneaux d’attache, une rigole dans le sol… que de curiosités qui attirent l’œil du cavalier ! Et surtout, c’est une table ultra cosy et chaleureuse qui propose des associations délicieuses au coin du feu.
Douceur et beauté au Bijou
La chèvrerie de Villard-Reculas
Des agriculteurs, il y en a toujours en Oisans, et ils sont nombreux ! Très belle rencontre avec Clément, éleveur passionné, à la chèvrerie de Villard-Reculas. Il nous présente son troupeau de biquettes et de chevreaux, et son patou amical et doux. On finit au coucher de soleil avec une vue magnifique sur le village, et la présentation d’un fabuleux plateau de chèvres frais, tommes de chèvre et autres délices de nos montagnes.
Clément, éleveur et artisanLa chèvrerie
Pour les goûter ? Rdv à …
La pizzeria Casa sauvage
Casa sauvage, la pizzeria de Demeure sauvage. La dernière fois que j’ai goûté une pâte à pizza aussi savoureuse, c’était à Naples, autant vous dire que le niveau est élevé. Moi qui laisse toujours les croûtes d’habitude, j’ai tout mangé jusqu’au dernier morceau. Pourquoi ? Paul utilise les farines de la minoterie du Trièves, au pied du Mont Aiguille à deux pas d’ici en Isère, et la pâte est aérée, légère, un délice. Sur la pâte, bien sûr, on complète avec les bonnes choses d’ici, comme les fromages de la chèvrerie, le tout dans une ambiance hyper montagne qu’on adore, avec photos d’alpinistes, peaux de mouton et belles bougies. Un charme fou !
Casa sauvage
Peut-être voudrez-vous rester dormir ici ?
Les chambres de Demeure sauvage, un havre de paix au cœur de la montagne
Dormir avec style à Villard Reculas ? Marion et moi avons eu un vrai coup de foudre pour cette magnifique maison au coeur du village, refuge intimiste et délicat où on se réveille face aux sommets enneigés. Demeure sauvage est avant tout célèbre pour son restaurant gastronomique (voir plus haut), mais c’est aussi une chambre d’hôte cosy et délicate, un cocon montagnard tout de belles matières, de lumières enveloppantes et de bois chaleureux. Nous avons été les premières à inaugurer les superbes chambres et nous avons savouré l’attention portée à chaque détail. Belles matières, literie de qualité, bois et luminaires élégants, ambiance douce et tamisée… ici tout est parfait.
L’ambiance délicieuse de Demeure sauvage
Nous prenons notre petit déjeuner dans la belle salle de bar, dans un cadre digne d’un roman, entre tableaux anciens, bougies blanches et cheminée qui crépite. C’est un refuge de montagne douillet et délicat…
Douceur de Demeure sauvage
Mais le mieux ? La possibilité de faire du yoga dans ce cadre magique ! Avec Yogi Montagne, vous pouvez vivre une belle session de yoga hatha relaxante et douce pour sortir du temps et se recentrer sur soi au cœur des Alpes.
Yogi montagne dans un cadre superbe
Adresse à retenir absolument pour un séjour tout en douceur et bien-être en Oisans…
Continuer à explorer l’Oisans sur Itinera Magica
J’ai découvert l’Oisans tard dans ma vie, mais il a été un coup de foudre et une illumination absolue. Je me sens étrangement chez moi en Oisans, je suis une véritable « born again uissane » (oui, les habitants de l’Oisans sont les Uissans), et je rêve de m’installer ici. Sur ce blog de voyage passionné des Alpes françaises, vous trouverez les articles suivants pour explorer les merveilles de l’Oisans :
L’Alpe d’Huez et Vaujany : continuer à skier sur l’un des plus beaux domaines des Alpes françaises
Je vous parle très souvent de mes découvertes en Oisans sur mon compte Instagram Itinera Magica, n’hésitez pas à m’y suivre !
Un très grand merci à Oisans Tourisme, à plus particulièrement à Sabrina et Margot, mais aussi à toutes les personnes qui nous ont accueillies, accompagnées et nourries, pour ce séjour merveilleux dans l’un des plus beaux endroits du monde.
Bienvenue dans Le Dévoluy, sublime premier bastion des Alpes du Sud, porte des Hautes-Alpes à la géologie tourmentée et aux grands espaces sublimes. Un séjour d’hiver ensoleillé dans Le Dévoluy, entre ski, rando, cheval, insolites et gastronomie, conjugue tout ce que j’aime. Marion et moi sommes tombées folles amoureuses de ce massif un peu secret, qui cultive sa singularité dans un décor d’exception. Si vous rêvez de grands plateaux ouverts et de sommets emblématiques, de galops endiablés dans les plaines enneigées, d’expériences inédites – une via souterrata unique en son genre ou un coucher de soleil en motoneige – et de saveurs combinant les délices du Dauphiné et de la Provence, vous êtes au bon endroit. Venir skier dans Le Dévoluy nous a réjouies et il restera un de nos plus grands coups de foudre. Au programme de ce merveilleux séjour d’hiver dans Le Dévoluy : ski et raquettes, cheval et motoneige, via souterrata et bonnes adresses, coucher de soleil sur le plateau de Bure et fondue au dessus des nuages, délices entre spas et tourtons. Bonne découverte !
Sublimes couchers de soleil du DévoluyLe Dévoluy, la belle vie à skiSentiers raquettes idylliques dans la neige scintillante100km de pistes ensoleilléesA cheval au coeur du DévoluyLa via souterrata, une expérience inédite et marquanteAventure en motoneige au coucher de soleil
J’ai réalisé ce reportage d’hiver dans Le Dévoluy en 2022 avec mon amie Marion Carcel alias Foehn Photographie. Ensemble, nous formons Itinera Favonia, duo de créatrices de contenu passionnées de montagne, de neige, de sports outdoor et de chevaux. De nombreuses photos de cet article sont les siennes. Je suis ensuite revenue dans Le Dévoluy en 2023 en amoureux avec Geoffrey, et en 2024 avec Marion à nouveau – cet article a été mis à jour !
Duo de voyageuses ravies dans Le DévoluyMarion à cheval dans les grandes étenduesMarion au-dessus des nuagesPhotographe éblouie par le soleil du Dévoluy !
Skier dans Le Dévoluy : la porte des Hautes-Alpes
Connaissez-vous Le Dévoluy ? Une petite précision géographique s’impose. Nous sommes à 1h30 au sud de Grenoble, à 2h30 à l’Est de Valence et à 45 min au nord de Gap. Le Dévoluy, c’est le voisin haut-alpin du Vercors, cousin par sa géologie grandiose et découpée qui inspire l’imaginaire. Ici le soleil et les millénaires ont sculpté dans le calcaire des beautés grandioses, ici se perpétuent les traditions du sud du Dauphiné.
Neige, soleil et reliefs sculptés, la clef du Dévoluy. Ici le pic de BureLe Dévoluy, la porte des Hautes-Alpes
La quasi-totalité du Dévoluy est située dans les Hautes-Alpes, avec une petite pointe Nord en Isère côté Obiou, et une minuscule virée dans la Drôme à l’Ouest du massif côté Rocher Rond. Nous sommes à l’Est du Vercors et à l’Ouest du Champsaur. Quatre montagnes iconiques, les quatre géants du Dévoluy, structurent le paysage : l’Obiou, le Grand Ferrand, le Pic de Bure et la Montagne de Faraut. Selon la légende, ils furent quatre belligérants surpris par l’aurore, comme les trolls islandais que le jour change en tumulus, et ils ont gardé de ces autrefois épiques des silhouettes superbes, très caractéristiques car très découpées. A force de se lancer des pierres, ils édifièrent de véritables murailles, changeant Le Dévoluy en forteresse, encerclée par les quatre combattants aujourd’hui changés en pierre… perpétuelles sentinelles des beautés du massif.
Soleil couchant sur l’Obiou. Son sommet est en Isère, mais la quasi-totalité du massif du Dévoluy se situe dans les Hautes-Alpes
Nous sommes dans un massif calcaire, sculpté par l’érosion, ce qui lui donne une extraordinaire beauté visuelle : avec ses rochers fantasmagoriques, son monde souterrain creux et labyrinthique, ses sommets vertigineux, Le Dévoluy est un paradis de la rando, l’escalade et la spéléologie. L’immense alpiniste René Desmaison, qui repose ici, surnommait son cher Dévoluy « l’île dans le ciel », et on ne peut que comprendre sa dévotion : les montagnes du Dévoluy tendent leurs mains biscornues vers un firmament dont elles semblent vouloir être le trait d’union.
Eblouie par les reliefs du DévoluyLe rocher du Sommarel, que je surnomme le rocher éléphantPaysages ouverts, reliefs spectaculairesLe Dévoluy : plein de copains biscornus
Le climat du Dévoluy est très particulier. Nous sommes sur les faces nord des Alpes du sud, avec à la fois beaucoup de neige et de soleil. Cette configuration qui donne le meilleur des deux mondes m’a rappelé l’Oisans tout proche. Au sud du Dauphiné, entre architecture lombarde, culture montagnarde et gastronomie pleine de jolis tourtons et ravioles, c’est une magnifique alliance entre montagne et midi.
Au soleil du Dévoluy
Aujourd’hui, tout le massif du Dévoluy ne forme qu’une seule commune, Le Dévoluy, une des plus vastes de France, et un très beau domaine skiable qui jongle de versant en versant. Certains lecteurs se souviendront peut-être des deux stations historiques aujourd’hui fusionnées dans un seul et même domaine, Le Dévoluy : Superdévoluy et la Joue du Loup. Je suis drômoise, et beaucoup de mes camarades ont appris à skier dans une de ces stations !
Côté SuperdévoluyAu coeur du domaineCôté La Joue du LoupEntre les deux stations historiques du Dévoluy au Collet du Tât
Skier dans Le Dévoluy, au cœur des Alpes du Sud
Le domaine skiable du Dévoluy est un très bel espace de jeu : 100 km de pistes, réparties entre les domaines de Superdévoluy et de La Joue du Loup, entre 1470 et 2500m d’altitude, ce qui assure une belle qualité d’enneigement, et des paysages que j’ai trouvés absolument magnifiques.
La beauté visuelle de ce massif à la fois bien enneigé et très ensoleillé
Avec 60% de pistes bleues larges et très agréables, et avec ce soleil bienveillant des Hautes-Alpes qui accompagne tous nos virages, j’ai trouvé que Le Dévoluy était le domaine parfait pour les familles, accueillant et doux. Mais les skieurs confirmés trouveront aussi de belles descentes et itinéraires hors piste : certaines pistes noires sont d’ailleurs labellisées « jour de peuf » pour vous aiguiller lors de belles chutes de neige ! Je recommande notamment le « black ram » tout en haut du domaine, avec une vue superbe sur le rocher du Sommarel.
Au sommet du domaine, avec vue sur le Sommarel
Il est où le bonheur ? Il est ici !
Nous avons déjeuné avec une vue magnifique sur les montagnes sous la grande verrière du resto Vi Aï Pi où on fait la fête sur les pistes. Notre journée de ski dans Le Dévoluy a été un vrai bonheur, pistes très agréables, paysages sublimes, immense soleil et belle ambiance – il y a même un hamac géant pour profiter à fond… Tout ce domaine respire la douceur de vivre.
Dej au Vi Aï Pi, la recette parfaite d’une bonne journée de ski
Les quatre géants du Dévoluy : sommets iconiques
Tout au long de notre journée de ski, nous avons en permanence le regard sur les géants du Dévoluy, les quatre sommets emblématiques et aux silhouettes majestueuses, un véritable concentré de la géologie créative et unique entre toutes de ce massif d’une très grande beauté visuelle. Nous avons adoré voir ces sommets si présents et proches, offerts à nos regards (et nos objectifs) émerveillés. Marion et moi avons sans cesse débattu pour élire notre montagne préférée en fonction des angles de vue…
Ici le pic de Bure (2709m), très célèbre pour son observatoire astronomique où de gigantesques antennes dardent le ciel et dessinent un paysage de science-fiction… on rêve d’y retourner en été pour un bivouac spirite à l’écoute des extraterrestres, ou en hiver pour une virée givrée, et on l’a fait – voir plus bas !
Le Pic de Bure
Ici la grande tête de l’Obiou, la montagne qui fascine le plus Marion, point culminant du massif (2789m) avec ses itinéraires aériens, ses pierriers gigantesques et sa majesté vertigineuse. Véritable candélabre minéral, il garde Le Dévoluy sur son versant isérois, sublime cerbère du Nord.
L’Obiou
Mon cœur va à la Montagne de Faraut (2383m), avec sa silhouette de vague de lumière. Notre guide spéléologue Martinho nous dit que les origines de son nom sont à chercher dans les invasions mauresques, et que lui, qui est d’origine portugaise, entend dans ce toponyme majestueux le phare, la vigie.
La montagne de Faraut
Mais la drômoise que je suis ne peut s’empêcher de jeter un coup d’œil du côté du Grand Ferrand, second sommet du Massif avec ses 2758m, dont l’ascension quitte le domaine de la randonnée pour entrer dans l’alpinisme, et qui surplombe le Rocher Rond, point culminant de ma Drôme natale à 2453m, dans une ligne de crêtes d’une beauté inouïe.
Grand Ferrand
Monter en ski de randonnée sur le plateau de Bure
Le plateau de Bure ? Il fascine tous les amateurs de science-fiction et d’insolites avec ses immenses antennes qui écoutent l’espace. Tout en haut du domaine, on peut apercevoir les antennes depuis un virage d’une piste noire… En 2024, Marion et moi sommes revenues pour en avoir le cœur net.
Les antennes entr’aperçues depuis le domaine skiable
Et nous sommes montées en ski de randonnée sur la lune. La lune ? Ou plus exactement… le plateau de Bure, dans Le Dévoluy, au cœur des Hautes-Alpes. Ces antennes colossales, qui tournent sur elles-mêmes et pointent vers le ciel au milieu des immensités enneigées ? Ce sont des radiotélescopes. Ici, l’interféromètre du plateau de Bure écoute l’espace. Recevrons-nous des messages d’ailleurs ? Tout semble possible dans cet endroit extraterrestre, hors du monde… C’est inouï, c’est Le Dévoluy, pays de géologie tourmentée et de grands espaces sublimes. Ici le soleil et les millénaires ont sculpté dans le calcaire autant de mains de géants tendues vers les étoiles. Bienvenue dans votre capsule intersidérale…
Skier sur la lune
Attention : les itinéraires montant à skis en hiver au plateau de Bure comportent tous un certain danger, si vous n’avez pas la connaissance du terrain, surtout faites appel à un guide !
Le Dévoluy en hiver : coucher de soleil inouï sur le plateau de Bure
Ce soir-là, après avoir quitté les antennes, nous avons vécu un des plus beaux couchers de soleil de notre vie au-dessus de la mer de nuages. Le Dévoluy en hiver nous a offert une de nos plus belles visions au crépuscule sur le plateau de Bure !
Coucher de soleil inoubliable sur le plateau de Bure
Randonnées en raquettes dans Le Dévoluy : le Collet du Tât en hiver
Je saute de joie partout où les montagnes rayonnent – avec les raquettes, c’est un peu lourd, mais l’île dans le ciel nous donne des ailes. De nombreux itinéraires en raquettes vous invitent à explorer ce massif parfait pour la randonnée, car comprenant de nombreux sentiers en balcon, avec peu de dénivelé et des vues grandioses : tout ce qu’on recherche pour se ressourcer au cœur de l’hiver !
Sentiers balisés
Et je voudrais absolument vous recommander une magnifique randonnée en raquettes très accessible au cœur du Dévoluy : le Collet du Tât. Cette rando familiale et facile permet d’arriver à un sublime point de vue situé entre les deux stations historiques formant le domaine skiable du Dévoluy, Superdévoluy et La Joue du Loup, mais dans un coin sublimement nature où s’offre un exceptionnel panorama sur l’Obiou et le Grand Ferrand.
Au Collet du Tât
Marion et moi adorons les raquettes. S’immerger en douceur et en silence dans un univers blanc, continuer à randonner au cœur de l’hiver quand les flocons couvrent le sol, et s’offrir des paysages comme celui-là … c’est un bonheur ! Lors d’un séjour au ski, je prends toujours ce temps pour une sortie en raquettes, cela apaise et oxygène l’esprit.
Au grand galop au pied du pic de Bure : équitation d’hiver dans Le Dévoluy
Ce fut le coup de cœur absolu, un moment que nous avons adoré Marion et moi : une belle randonnée équestre sur de vastes étendues de poudreuse fraîche et rayonnante au cœur du Dévoluy, dans des paysages époustouflants et sous le sublime soleil des Alpes du Sud. Un moment parfait, idyllique.
Au centre équestre du Dévoluy, l’adorable monitrice Élodie Chaillol propose en toute saison des sorties dans les paysages sublimes de ce massif dont la beauté visuelle n’a cessé de nous émerveiller. Et voir les quatre géants à travers les oreilles d’un poney rend tout encore plus beau ! Cours, balades, baptêmes, initiations ou itinérance sur plusieurs jours, le centre équestre propose plein de choses aux cavaliers de tous niveaux pour vivre la splendeur des montagnes au grand galop. C’était notre dernier matin dans Le Dévoluy et quelle apothéose…
Pour en savoir plus sur les itinéraires équestres et les prestations proposées par Elodie, pour connaître toutes les grandes aventures à cheval qu’on peut vivre dans Le Dévoluy (par exemple : le fabuleux Tour du Dévoluy à cheval sur 2 jours), je vous invite à lire mon article estival : que faire dans Le Dévoluy en été ? Je vous parle plus longuement de ces expériences équestres d’une beauté et d’une qualité rares qu’on pourra vivre ici.
Une très belle rencontre avec ce massif, ces chevaux, cette monitrice géniale, un coup de foudre total pour Marion et moi. Si vous lisez Cheval Magazine : vous y retrouverez au printemps 2023 un grand dossier sur Le Dévoluy à cheval, hiver comme été !
La via souterrata du Dévoluy en hiver
Le Dévoluy est vraiment un massif très particulier sur le plan géologique – c’est le plus découpé, le plus biscornu des Hautes-Alpes, ici l’érosion n’a pas connu de limites à sa créativité ! Le massif est transpercé par plus de 600 chourums, de profondes cavités ouvertes dans le sol. Dans un tel pays, la spéléologie est forcément à la pointe !
Ceci est un petit chourum, un des 600 qui traversent le massif (certains sont beaucoup plus importants)
Notre guide Martinho fait partie d’un groupe de spéléos passionnés explorant depuis 25 ans Le Dévoluy. Ensemble, ils ont ouvert un parcours unique en son genre : une via souterrata, c’est à dire un parcours câblé et aménagé comme une via ferrata, mais sous la terre… en accès libre et gratuit. Vous descendrez dans des gouffres, ramperez dans des boyaux, traverserez des abysses, mais toujours relié à la rassurante ligne de vie. La via est ouverte en accès libre, à condition de disposer du matériel et de l’expérience adéquats – personnellement, même en ayant l’expérience des vias à l’air libre, nous étions contentes d’être accompagnées de Martinho et d’écouter ses histoires géniales sur l’envers du Dévoluy ! Un moment génial, une très belle expérience sous la Terre. Alors, on y va ? Surtout n’oubliez pas votre casque et votre frontale, il fait tout noir là dessous…
A l’assaut des profondeurs en via souterrata ! Photo Marion CarcelEmergeant d’un boyau…
Pratique : la via souterrata est accessible librement et gratuitement, mais si vous n’avez pas l’expérience et le matériel nécessaire, je vous recommande vraiment de faire appel à un guide. Pour 45 euros/adulte, 40 euros/ado, Martinho, guide génial, vous fournira tout le matériel (combinaison intégrale pour se protéger de la boue et du frottement, frontale, baudrier, longes) et surtout l’accompagnement avec histoires croustillantes et blagues bienvenues. Dans le chourum, la température est constante, et vous êtes protégé du vent, de la neige… une bonne option pour changer du ski et vivre une expérience insolite dans Le Dévoluy !
Equipée par mon guideL’entrée du chourumSuper Martinho
Un second article entièrement consacré aux mondes souterrains du Dévoluy, aux chourums et aux bizarreries, sortira très bientôt !
Motoneige au coucher de soleil dans Le Dévoluy
Vous le savez, j’ai plutôt l’habitude de partager le crissement des raquettes dans la neige que le vrombissement des grosses cylindrées. Je suis en règle générale plus randonnée que sports mécaniques. Mais un coucher de soleil en motoneige au sommet du domaine skiable du Dévoluy, j’avoue que cela faisait rêver.
J’avais déjà testé la motoneige en Laponie, puis dans la station savoyarde des Saisies, et la sensation de puissance et de vitesse est vraiment impressionnante : ce sont des machines spectaculaires, l’adrénaline est intense et on se prend vite pour James Bond. Saviez-vous qu’en Finlande, la motoneige devient un moyen de locomotion normal l’hiver ? Je me souviens des gens allant faire leurs courses en fusant sur les lacs gelés en motoneige… incroyable ! Une virée en motoneige est un petit morceau de passion nordique. Où tester la motoneige dans les Hautes-Alpes ? Dans Le Dévoluy !
Et Le Dévoluy est tellement spectaculaire dans la lumière du soir, avec les silhouettes si tranchées de ses montagnes iconiques, dont la lumière du soir décuple la beauté ! Cela restera un de nos plus beaux couchers de soleil. Monter ainsi à toute vitesse dans la neige qui vole, voir l’or et le rose du crépuscule embraser les sommets, et redescendre à la lumière des phares dans la nuit tombante, avait quelque chose d’hollywoodien. Un instant, on se serait crues actrices d’un film… on n’a besoin de personne en motoneige qui cartonne 😉 Une belle aventure vécue grâce à Scoot Aventure, un moment de cinéma dont on se souviendra !
Bonnes adresses dans Le Dévoluy : où dormir, où manger après le ski ?
Après tant d’aventures outdoor hivernales, de ski et de rando dans Le Dévoluy, il vous faudra bien vous savourer… et découvrir la gastronomie fabuleuse des Hautes-Alpes !
Où dormir dans Le Dévoluy ? Chalets ski aux pieds et bien-être romantique
Deux belles adresses à retenir pour votre séjour au ski au coeur des Hautes-Alpes.
Les Chalets Margot, ski aux pieds dans Le Dévoluy
Un cocktail de soleil et flocons dans notre petite maison à la montagne… Durant tout notre séjour d’hiver dans Le Dévoluy, nous nous sommes senties chez nous aux Chalets Margot. Notre chalet était vraiment devenu la maison pour trois nuits et nous avons eu un pincement au cœur en partant ! Les chalets Margot sont des chalets individuels, situés dans une petite forêt à deux pas du front de neige de Superdévoluy. L’accès est ski aux pieds, ce que je trouve fabuleux (c’est un vrai argument pour moi quand je pars au ski): on revient des pistes directement sur notre balcon par un joli chemin forestier, et on rejoint le télésiège facilement en quelques minutes de glisse, sans être pourtant exposé au bruit. Parfait ! Pour moi qui adore le ski, le fait de ne pas avoir à reprendre de voiture ou navette et juste chausser mes skis et partir direct est un vrai vrai bonus.
Notre chalet en bois était spacieux et confortable. Marion et moi avions chacune notre chambre et notre salle de bain. Un petit dej buffet très complet était proposé au resto de l’hôtel. Il n’y avait rien de spectaculaire, mais tout était bien pensé, cosy et confortable, le chalet était bien chaud et très lumineux, et on s’est vraiment senties juste bien. Le Dévoluy est un domaine skiable très familial et je me serais bien vue revenir aux chalets Margot en tribu.
Une parenthèse de douceur… dans Le Dévoluy, au cœur des radieuses Hautes-Alpes, on boit le soleil au p’tit dej !
La Neyrette, hôtel-spa de charme idyllique
Une bulle de douceur au cœur des Hautes-Alpes : le spa de la Neyrette ! Vacances auprès des cimes enneigées ou dans un lagon tropical, comment choisir ? La solution, le spa au milieu des neiges – flotter dans l’eau chaude et fumante tandis que dehors, le soleil se couche rosé et doré sur les sommets ! J’ai toujours adoré les spas et à chaque séjour à la montagne, j’essaie de vivre un crépuscule aquatique… J’ai un souvenir merveilleux du très beau spa de la Neyrette, un hôtel de charme à quelques minutes de la station de ski du Dévoluy, situé dans un vallon au pied des plus belles montagnes du massif. Tandis que les sommets se reflètent dans un étang gelé, Marion et moi flottons dans un jacuzzi extérieur délicieusement chaud, et rentrons dans un très bel espace vitré d’inspiration asiatique pour nager dans une piscine intérieure magnifique.
Le soir, on reste dîner à la Neyrette et le moment nous touche beaucoup : la Neyrette, c’est une histoire de famille, c’est un Alsacien qui tombe amoureux d’une Haute-Alpine et vient s’installer dans Le Dévoluy il y a quelques décennies, et aujourd’hui ce sont trois générations qui travaillent ensemble. On découvre leur spécialité, les fabuleux tourtons des Hautes-Alpes 100% faits maison – un régal, vraiment, ce seront les meilleurs que nous mangerons ! Bref, on vous recommande vraiment l’adresse.
Cadre chaleureuxPoissons et tourtonsVins d’Alsace3 générations de sourires
Lors de notre séjour hivernal, nous avons mangé à La Neyrette et profité de son spa, mais nous n’y avons pas dormi. C’est en été que nous avons eu l’occasion de découvrir la qualité de l’accueil hôtelier : plus de détails et de photos dans mon article sur Le Dévoluy en été.
O’dycéa, les bains du Dévoluy
Notre séjour d’été dans Le Dévoluy fut aussi l’occasion de découvrir un autre spa extraordinaire, O’dycéa, les bains du Dévoluy, avec ses bassins originaux, musicaux, minéraux, entre canyons et astronomie, et ses bains nordiques ouverts sur les crêtes. J’ai rêvé d’y retourner en hiver pour admirer les montagnes enneigées depuis l’eau chaude !
Un spa que je rêve de revoir en hiver !
Et c’est ce que j’ai vécu à l’hiver 2023 avec Geoffrey : les bains du Dévoluy en hiver, c’est un paradis enveloppant !
O’dycea, Les bains du Dévoluy, en hiver
A table ! Restaurants dans Le Dévoluy
Au coeur des pistes ou au sein des villages, toujours avec la gastronomie typique du sud du Dauphiné à l’honneur…
A La Neyrette, les tourtons maisons
Je sais que j’en fais beaucoup, mais cette info est cruciale : les meilleurs tourtons des Hautes-Alpes sont à la Neyrette et vous n’avez pas le droit de quitter Le Dévoluy sans y goûter.
Les tourtons maison de la Neyrette
Chez Patras, exquises spécialités des Hautes-Alpes
Enorme coup de cœur pour ce restaurant ultra typique aux Cypières (entre Saint Etienne en Dévoluy et Superdévoluy). Dans une vieille maison aux épais murs de pierre et à la généreuse cheminée sculptée, dans un décor montagnard d’antan chaleureux, vous serez accueilli avec kir maison et convivialité pour déguster les spécialités authentiques des Hautes-Alpes. La brasérade (viande crue qu’on fait cuire nous-mêmes au charbon de bois à table) accompagnée de gratin dauphinois restera un grand moment de notre séjour dévoluard !
L’Etincelle, feu de bois et saveurs dauphinoises
Dans le même style que Chez Patras, mais cette fois lors de notre séjour d’été, nous avons adoré L’Étincelle, typique, savoureux, chaleureux, où on fait fumer viandes et poissons à la grande cheminée (et on sert une généreuse lampée de gratin dauphinois par-dessus le tout). Ces adresses ultra authentiques sont à recommander absolument !
Le Vi Aï Pi, vaisseau spatial sur les pistes
C’est un bel ovni au cœur du domaine skiable ! Véritable station balnéaire à la neige avec ses transats et son ambiance extérieure festive façon bar de plage, il réserve à l’intérieur un décor incroyable : ce vaste bâtiment de verre ouvre des panoramas sublimes sur toute la station et les sommets, et vous mangez les yeux dans les cimes. J’ai été complètement fascinée par ces immenses baies vitrées futuristes, par le design de ce restaurant atypique et chaleureux où on mange une cuisine à la fois simple et efficace entre deux virages.
Le Chalet Naiska, fromage fondant et sunsets roses
A l’hiver 2023, Geoffrey et moi avons vécu un moment hors du temps au Chalet Naïska, restaurant d’altitude situé à l’arrivée du télésiège des Fontettes, entre fondue délicieuse, samoyède adorable et coucher de soleil rosé… mémorable !
Chalet Naiska : la beauté des sommets !Soirées de rêve au Naiska
L’Establou, à croquer
Sur le front de neige de Superdévoluy avec vue sur le Pic de Bure, on ne sait pas qui des desserts ou de la montagne on aimerait croquer tout cru. Accueil chaleureux, super rapport qualité-prix, burgers frais et succulents et douceurs sucrées maison qui valent le détour, un déjeuner sympathique et savoureux au pied des pistes !
Le Dahu, crêpes et ravioles
Sur la terrasse panoramique au pied des pistes de Superdévoluy, on vous propose une partie snack à emporter, un bar sympa, des crêpes (toujours les bienvenues après une journée de ski) et le choix qui me tentait, une salade haute-alpine avec un peu de laitue pour se donner bonne conscience et surtout des tourtons, des ravioles, de la charcuterie de la région et des fromages locaux. Bonne idée !
Diététique des Hautes-Alpes (mais c’est une salade)
Continuer à explorer les Hautes-Alpes
Région magique, aux mélèzes flamboyants et aux sommets inondés de lumière, flirtant entre le Dauphiné, la Provence et l’Italie, les Hautes-Alpes me fascinent depuis toujours et continuent de m’enchanter.
L’hiver dernier, Marion et moi avons eu le bonheur de skier aux Orres, autre station emblématique des Hautes-Alpes, à retrouver sur le blog.
A retrouver sur le blog : Les Orres, au pays des mélèzes
Retrouvez notre séjour d’été dans Le Dévoluy, avec de sublimes randonnées, le tour du Dévoluy à cheval, de l’escalade, de la via ferrata et des couchers de soleil titanesques.
Cet automne, ce sont les reflets de la Meije et les mélèzes de Serre-Chevalier qui ont fait mon bonheur, lors d’un « mélèze trip » haut-alpin merveilleux. Les Hautes-Alpes sont sans doute la plus belle destination d’automne de France !
Lac du PontetLac de la Douche
Avec le retour de la neige, je rêve de continuer l’exploration des Hautes-Alpes, de skier à Montgenèvre, à Vars ou dans le Queyras… Quant à Briançon, la plus haute ville de France, il me faudra absolument l’explorer. N’hésitez pas à me suivre sur les réseaux sociaux et à vous abonner à la newsletterpour continuer à croquer à pleines dents les sommets magiques des Alpes du Sud !
Un très grand merci aux Hautes-Alpes, et tout particulièrement à Nathalie, et au Dévoluy, et tout spécialement à Julie, pour ce séjour merveilleux qui restera un de nos plus beaux souvenirs d’hiver.
Connaissez-vous le Valbonnais ? Si je vous dis Le-Désert-en-Valjouffrey, la Chalp, Valsenestre ? Nous sommes en Valbonnais, sans aucun doute dans la vallée la plus méconnue et secrète du parc national des Ecrins. Tout au sud de l’Isère, dans la région de la Matheysine, les vallées de la Bonne et du Béranger respirent une authenticité montagnarde aux accents de bout du monde, entre hameaux historiques et isolés, forêts touffues et sommets emblématiques : le toit du Valbonnais, c’est le majestueux pic de l’Olan (3564m), qu’on approche au plus près au refuge du Font Turbat. Demeuré à l’écart des grands axes, le Valbonnais et sa commune alpine de Valjouffrey sont réellement un trésor caché des Alpes françaises, dans la partie iséroise des Ecrins. Que voir et que faire en Valbonnais quand on aime la randonnée, le patrimoine, l’authenticité d’une expérience alpine et le plaisir d’un dépaysement total au cœur des montagnes ? Je vous propose d’explorer les hameaux de Valjouffrey, de randonner au col de Côte-Belle et de passer une nuit niché au creux de l’Olan au refuge de Font-Turbat.
Dans le petit vallon de Font Turbat, au désert en Valjouffrey A Combe Oursière, au-dessus de ValsenestreAdrien et moi face à la face Nord de l’Olan, au dessus du refuge de Font Turbat. Photo de Caroline (Hikes and Travels) avec qui nous avons vécu cette aventure.
Valbonnais, Valjouffrey, qui êtes-vous ?
Le Valbonnais est une des sept vallées des Ecrins, aux côtés du Briançonnais, de la Vallouise, de l’Embrunais, du Champsaur, du Valgaudemar et de l’Oisans. Sur un plan administratif, le Valbonnais appartient à l’Isère, sur un plan touristique, à la Matheysine.
Explorer le Parc National des Ecrins en Valbonnais. Photo Caroline
Je l’avoue : bien qu’habitant Grenoble et très amoureuse des Ecrins, je n’ai pas eu tout de suite le réflexe d’aller explorer le Valbonnais, privilégiant spontanément les autres régions de Matheysine plus célèbres sur le plan touristique (La Mure, le lac de Monteynard, l’Alpe du Grand Serre), et celles qui sont à la frontière avec l’Oisans (le plateau des Lacs du Taillefer, le Col d’Ornon). C’est quand j’ai commencé à explorer de fond en comble le parc national des Ecrins que je me suis intéressée à cette vallée un peu secrète, nichée entre les deux régions culturelles et touristiques : Oisans et Matheysine.
Au Col de Côte Belle, avec en arrière plan, sortant des nuages, le col de la Muzelle, qui fait la bascule vers l’Oisans
A l’Est de La Mure, Valbonnais est à la fois une vallée, celle de la Bonne (rivière alpine qui est un affluent du Drac), qui fut autrefois une puissante seigneurerie, puis une baronnie convoitée, et aujourd’hui une commune. Et en remontant le cours de la Bonne vers sa source, on arrive à Valjouffrey, commune de 200 habitants constituée de cinq hameaux : la Chapelle en Valjouffrey, la Chalp, les Faures, Le Désert en Valjouffrey et Valsenestre. Ce sont ces cinq hameaux que nous allons explorer dans cet article, et notamment les deux plus emblématiques, Le Désert en Valjouffrey et Valsenestre, qui sont tous les deux des bouts du monde au sens où la route s’arrête ici et les Ecrins commencent, dans toute leur majesté verticale. A 66 kilomètres de Grenoble, Le Désert en Valjouffrey est le « cul de sac », le dernier hameau de Valjouffrey situé sur les berges de la Bonne. Quant à Valsenestre, encore plus isolé, il est le seul des cinq à ne pas être situé sur le cours de la Bonne, mais dans une vallée adjacente, celle du Béranger – du nom du torrent qui coule au fond.
Le Désert en Valjouffrey Dans le hameau de Valsenestre
Nous sommes en Valjouffrey dans un pays de prairies alpines, de forêts variées mêlant feuillus et conifères, et de hauts sommets majestueux aux pentes abruptes. Tout comme en Oisans tout proche, les vallées sont profondes et les murailles minérales, spectaculaires. Laissons la parole à un auteur amoureux du Valbonnais :
« La vallée de Valjouffrey possède dans le bas de merveilleuses forêts, ou la verdure fraîche et les tons gris des hêtres et des bouleaux se mélangent aux verdures sombres et aux troncs rouges des pins sylvestres, où le tendre vert des mélèzes éclaire le vert bleu des sapins. Pareil mélange est très rare dans les Alpes. Ici, il est encore mis en valeur par l´intensité des couleurs d´un ciel déjà méridional et par les cimes blanches de son horizon ; c´est bien un des plus jolis sites des Alpes françaises « .
Maurice Paillon, Les Alpes françaises.
La forêt de Combe Oursière
Le Désert-en-Valjouffrey et Valsenestre sont tous deux situés sur le tracé du GR54, le Grand Tour de l’Oisans et des Ecrins, et chacune des variantes du GR54 passe par eux, prévoyant une nuit au Désert, une nuit à Valsenestre. La majeure partie des flux touristiques en Valbonnais est constituée des randonneurs sur le GR – je raconte mes étapes dans le Valbonnais dans le récit de mon trek sur le GR54. Mais après le GR, j’ai eu envie de revenir en Valbonnais pour explorer d’autres coins encore plus méconnus : le refuge de Font Turbat, qui est un « cul de sac » (excepté pour les alpinistes) en dehors de tout GR, et donc un véritable îlot hors du monde, la randonnée de Combe Oursière, ou encore le très beau et méconnu Lac Labarre.
Au Col de Côte Belle sur le GR54
Le Désert-en-Valjouffrey, dernier bastion avant la montagne
Les déserts en Isère évoquent des lieux de solitude mystique et caillouteuse, où Dieu se niche entre les pierres et les cimes. En Chartreuse, le Désert est celui des moines. En Valbonnais, le Désert est ici, au bout de la route, dans ce dernier bastion de vie paysanne et artisane avant le règne des pentes. La chapelle Sainte Anne veille sur les âmes esseulées depuis le temps de Louis XIV. Le pic de Valsenestre, l’aiguille des Marnes, la pointe de Marceline et le pic des Souffles ferment l’horizon. Impossible d’aller plus loin en voiture, il faudra prendre ses bâtons de marche, ou ses crampons d’alpinisme. Sur le GR54, on arrive au Désert-en-Valjouffrey depuis le Valgaudemar, en franchissant les terribles schistes noirs du Col de la Vaurze après avoir dormi au refuge des Souffles. On dit que les noms de Valjouffrey et Valgaudemar seraient un héritage germanique : le roi burgonde Gaudemar battu par les Francs aurait trouvé refuge dans le Valgaudemar, et son compagnon d’armes Josfredi, dans le Valjosfredi, devenu Valjouffrey. La véracité historique de la légende est incertaine, mais j’ai envie d’y croire : si j’étais un roi germanique en déroute, je trouverais ici mon dernier sanctuaire, loin du monde.
Au dessus du Désert en Valjouffrey, en route vers le Col de la Muzelle
Bonnes adresses au Désert-en-Valjouffrey
La nuit au Désert n’a rien de commun avec les cellules spartiates d’une chartreuse : ici, on dort au gîte communal Les Arias, qui est beau, coloré et chaleureux. Récemment refait à neuf, il a les dortoirs les plus confortables du GR54, des prises près de chaque lit (luxe ultime !), et un bar-resto délicieux rempli de spécialités locales, ancrées dans le terroir : il est labellisé Esprit parc national. J’ai eu un vrai coup de cœur pour ce lieu atypique et convivial où nous avons été accueillis par deux fois avec une grande gentillesse, sur le GR54 et à notre retour en Matheysine. La croziflette est fabuleuse, les desserts à la myrtille sont les meilleurs de notre GR, et le sourire des tenancières est contagieux : l’ambiance est très chaleureuse.
Le gîte des Arias
Au Désert-en-Valjouffrey, on pourra aussi boire un verre au Bar des Ecrins, dans la rue principale du hameau, où on retrouve plein d’alpinistes et grimpeurs les doigts tout abrasés par le caillou, fatigués mais joyeux. On ira découvrir le monde des plantes et de leurs vertus à l’herboristerie des Alaissies, labellisée Esprit parc national. Dans son jardin féerique, rempli de plantes et de fleurs aux noms charmeurs, Martine y enseigne la fabrication de baumes naturels : ses ateliers sont très sympathiques et instructifs, et j’ai beaucoup aimé le fait de repartir avec mon baume à lèvres 100% made in Ecrins, bio et naturel.
Atelier aux Alaissies avec Martine
Si on continue à remonter le cours de la Bonne, on part en randonnée en direction du refuge de Font Turbat.
Le refuge de Font Turbat à Valjouffrey : face à la face Nord de l’Olan
Au bout du bout du monde, là où les sentiers boutent sur la falaise, se niche un refuge hors du temps : Font Turbat. Situé à 2169 m d’altitude sur un balcon au milieu des rochers, ce refuge isolé incarne l’essence même de la haute montagne. Il est d’ailleurs autant fréquenté par les alpinistes que par les randonneurs. Car le refuge de Font Turbat présente un attrait majeur : la sublime et terrifiante face Nord de l’Olan. Impossible de se tenir plus près du mythique ogre du Valbonnais.
La face Nord de l’Olan
La face nord de l’Olan, avec ses mille mètres de glace et de pierres instables, est l’une des parois les plus mythiques des Alpes françaises. Située dans le massif des Écrins, elle domine la vallée du Valjouffrey de son imposante stature et attire depuis des décennies les alpinistes en quête de défis. Le jour de notre venue à Font Turbat, nous avons assisté en direct à un sauvetage d’alpinistes heureusement sains et saufs, mais épuisés et submergés par l’ampleur de la mission. C’est notamment pour Font Turbat que Valjouffrey fait partie des 7 villages d’alpinisme des Ecrins, comme La Grave et Villar d’Arène.
Les faces Nord, celles qui voient peu le soleil, celles qu’épouse toujours la glace, sont souvent légendaires dans l’histoire de l’alpinisme. Plus raides, plus dangereuses, plus radicales, elles représentent un combat perpétuel, dans le froid, l’ombre et la verticalité du versant le moins amène de la montagne. L’immense grimpeur Gaston Rébuffat a consacré un livre entier aux faces Nord, Etoiles et tempêtes, le légendaire Lionel Terray leur consacre de nombreuses pages des Conquérants de l’inutile.
« Ces faces nord que le soleil n’éclaire qu’en biais, brièvement, sont froides, sévères et rudes. Elles sont l’univers des ombres, des rochers noirs, de la glace bleutée. Mais elles fascinent. »
Étoiles et Tempêtes, Gaston Rébuffat
Soleil couchant sur la face Nord de l’Olan
« Il y a une attirance presque mystique dans ces parois austères et terribles, un appel irrésistible pour ceux qui recherchent plus qu’un simple sommet, mais une communion avec la montagne dans sa forme la plus pure et la plus brutale. »
Lionel Terray, Les Conquérants de l’inutile
Si le sommet de l’Olan a été foulé dès 1875 par Coolidge, Almer et Roth, la cordée est passée par une voie plus facile, qu’on nomme aujourd’hui voie normale, et la face nord n’a été conquise qu’en 1935 par Lavigne et Lachenal (un autre représentant de cette légendaire « cordée 21 » à laquelle appartenaient aussi Rébuffat et Terray, hélas mort sur la Mer de glace à Chamonix). Le grand René Desmaison, qui repose aujourd’hui dans un caveau en forme de montagne à la Mère Eglise dans le Dévoluy, était prédestiné à s’attaquer à ce monstre friable qui ressemble beaucoup aux reliefs de sa dernière demeure. Il a ouvert une voie qui porte son nom en face Nord de l’Olan, réputée pour son engagement et sa difficulté. Quant à la Face nord intégrale, elle demeure aujourd’hui encore une des voies les plus difficiles des Ecrins et des Alpes françaises en général. A Font Turbat, vous avez un balcon panoramique sur toutes ces voies (et éventuellement, sur les alpinistes en train de suer sang et eau dedans), une vue sans pareil au plus près de la face, mais la bonne nouvelle, c’est que vous n’avez pas à vous engager dedans, vous avez le droit de boire un thé, manger un cookie et profiter de la vie.
Dîner sympa à Font TurbatEn train de pratiquer des activités sans danger à Font Turbat, photo Caroline
La randonnée pour Font Turbat : entre cascades et vallons suspendus
On s’élance au départ du Désert-en-Valjouffrey dans le vallon de la Bonne, en remontant le courant. La première halte est proche du village, et accessible à ceux qui souhaitent une simple balade : la très belle et spectaculaire cascade de la Pisse, havre de fraîcheur rugissante dans ces immensités rocheuses.
A la Cascade de la Pisse
Tout le Valbonnais a été sculpté par les glaciers lors des grands âges froids, et le fond du vallon témoigne du passage des monstres gelés : un grand espace ouvert, cerné de parois abruptes, et jalonné de blocs erratiques autrefois charriés par la moraine du glacier.
Au fond de la vallée glaciaire
A l’issue de la traversée du fond de vallée, lorsque commence la montée vers le refuge, il vous faudra choisir entre deux itinéraires.
A droite par le sentier classique, à gauche par le petit Vallon
Itinéraire classique : 920D+, 18,5km AR. Ce chemin monte de façon progressive en rive droite du torrent et conduit à Font Turbat sans difficulté technique particulière.
Font Turbat par le Petit Vallon : 1220 m D+, 20,5 km AR. Ce sentier, plus exigeant, traverse une lande de rhododendrons avant de monter à un vallon suspendu, le petit vallon, sorte de prairie alpine perdue au milieu des immensités minérales. La vue à la bascule entre le vallon et la descente vers Font Turbat sur la face Nord de l’Olan est époustouflante. Même s’il n’y a rien d’insurmontable, ce sentier à la fois plus technique et plus intense est à recommander aux randonneurs plus expérimentés.
Le Petit Vallon, photo de Caroline
Dormir en refuge dans le Parc National des Ecrins : une expérience puissante
Comme un bateau au milieu des flots, un refuge est une île sur l’océan des montagnes, un espace de chaleur, de lumière et de convivialité. Un rare lieu fait pour les humains dans ce monde de roche, de glace et de pente où nous ne serons toujours qu’étrangers et invités… Le parc national des Ecrins en compte une quarantaine. Dormir en refuge est toujours une expérience puissante et poétique, une immersion alpine au plus près des cimes. La majorité des refuges des Écrins ne disposent pas d’un accès routier et sont isolés au cœur de la montagne, ravitaillés à dos d’homme et, quelques fois dans la saison, par hélicoptère. Cela impose des règles, une certaine discipline, pour que tout se passe au mieux. Comme sur un bateau, chacun a son rôle à jouer… Si cela vous intéresse, j’ai écrit un article à ce sujet pour le site de Destination Parc National des Ecrins : les bons conseils pour une nuit sereine en refuge.
Une nuit au refuge de Font Turbat
Malgré sa solitude rocailleuse, Font Turbat est un lieu chaleureux. Ici tout est fait maison, yaourt, gâteaux, gourmandises et les repas qu’on savoure sur la belle terrasse ensoleillée. Quand le jour descend, Font Turbat est un balcon sur le soleil couchant, et on verra la face Nord s’embraser de roux avant de plonger dans le mauve de la nuit.
Le petit univers de Font TurbatAmbiance du soir à Font Turbat
Refuge emblématique des Ecrins édifié en 1922, Font Turbat est une invitation à découvrir l’essence des refuges alpins : des lieux faits pour les humains au sein d’un monde sauvage, où nous ne sommes qu’invités dans les immensités de roche et de silence.
Coucher de soleil à Font Turbat
De nombreux itinéraires d’alpinisme partent de Font Turbat. Côté randonnée, un sentier non officiellement balisé, mais bien marqué et sans grande difficulté technique permet d’accéder au Lac des Pissous, qui semble superbe. En revanche, l’accès au Valgaudemar (refuge des Souffles, refuge de l’Olan, La Chapelle en Valgaudemar) en franchissant le Col Turbat est une randonnée alpine classée R4 qui demande d’avoir le pied très sûr dans un terrain instable. La sente est cairnée, mais non marquée.
La balade sonore de La Chalp
Avant de quitter la vallée de la Bonne pour celle du Béranger, petite halte à la Chalp pour découvrir une balade sonore, promenade originale guidée par des récits audios qui révèlent l’histoire et les traditions du village, notamment autour du travail du bois avec l’ancienne scierie, des nombreuses chapelles du Valjouffrey, et des traditions agricoles de ce pays d’alpages. Il semblerait d’ailleurs que le « Désert » ne vienne pas de la solitude, mais du verbe « essarter » : défricher la forêt pour cultiver la terre, faire paître les animaux… et récupérer du bois !
Balade sonore et exploration des chapelles en Valjouffrey
Le hameau de Valsenestre : mon coup de foudre en Valbonnais
Nous sommes au bout du bout du monde, dans un village de montagne qui n’est habité que l’été, dans une de ces vallées secrètes dont l’Isère a le secret. Niché à 1294m d’altitude, Valsenestre n’a plus d’école depuis 1936, et la route n’est pas déneigée en hiver. Mais il a ce parfum d’éternité des lieux que le temps semble avoir oubliés et je vous encourage vraiment à venir explorer cette pépite préservée au cœur de nos Alpes. Valsenestre est pour moi l’un des plus beaux villages des Ecrins, et j’ai été fascinée par sa perfection visuelle. Les sommets qui entourent ce vallon creusé par le Béranger culminent haut : 3126 m au Pic du Clapier du Peyron. A 2760 mètres, la tête de Ramu figure parmi les cimes emblématiques du hameau.
La chapelle Sainte-Marie-Madeleine trône ici depuis le XVIIe siècle, avec son campanile rustique et ses murs recouverts de vigne vierge. Moi qui suis une catho légèrement mystique et panthéiste sur les bords, j’ai été saisie par sa beauté sobre et émouvante, et par l’injonction écrite sur ses murs blancs : Dans la nature comme en ce lieu, écoute la voix de Dieu. Le clocher semble répondre aux pics qui la surplombent, dans une harmonie glorifiant la beauté de la création, montagnes et hommes, plantes et ruisseaux qui murmurent et voix qui implorent.
L’exceptionnelle beauté de Valsenestre
Une belle adresse à Valsenestre : le gîte d’étape Le Béranger
Au cœur du village entièrement piéton, au milieu des belles maisons de pierre et des chalets de bois, on découvre un gîte d’étape rempli de charme, Le Béranger, où on accueille chaleureusement les randonneurs, notamment ceux lancés sur le GR54. C’est lors de mon trek que j’ai dormi pour la première fois au Béranger, accueillie par un couple chaleureux et une chatte rousse belle et timide, dans une grande salle commune où l’ambiance montagne est forte, entre livres, posters, cartes postales et histoires échangées. Je suis ensuite revenue goûter le dessert du Béranger, une sorte de dôme volcan qui fond sous l’action du chocolat chaud pour libérer toutes ses saveurs… délicieux ! Le lieu a beaucoup de charme et la table est savoureuse.
Gîte Le Béranger à Valsenestre
Que faire en Valbonnais ? Sublimes randonnées autour de Valsenestre
Valsenestre mérite qu’on y passe quelques jours pour explorer les merveilleuses curiosités alentours.
Le col de Côte-Belle, Game of Thrones au pays des Ecrins
1000D+ suffiront à atteindre la curiosité géologique la plus incroyable des Ecrins, les orgues de Valsenestre. Ces formations géologiques uniques, surnommées les « orgues », sont des lames de calcaire, dressées comme une bibliothèque de pierre. Elles sont nées de la formation des Alpes et créent un décor épique, digne du cinéma.Le col de Côte Belle fait partie du GR54, il est également accessible depuis Le Désert en Valjouffrey (même distance et dénivelé environ).
Départ de Valsenestre ou du Désert en Valjouffrey, 1000 m D+, 1000 m D-, environ 6 h.
Combe Oursière, la cabane de Boucle d’Or
Pour retrouver la cabane de Boucle d’Or et des 3 ours, rendez-vous à Combe Oursière. Entre mélèzes et lys, une belle montée sans trop de difficulté (700D+) et une ambiance de conte de fées. J’ai beaucoup aimé la montée remplie de fleurs et de fruits (framboises, groseilles, fraises des bois, un vrai jardin), cette atmosphère très douce qui invite à voler son bol à Petit Ours, et savourer un thé au milieu du mélézin… j’imagine les couleurs à l’automne !
Départ de Valsenestre, 700 m D+, 700 m D-, environ 4 h 30.
Ambiance un peu magique à Combe Oursière
Le lac Labarre, pépite secrète des Ecrins
Il me faudra revenir pour faire les 1200D+ qui conduisent au lac Labarre, qui fascine avec ses couleurs étonnantes et me semble absolument superbe. Un bijou alpin idéal pour les amoureux de solitude.
Départ de Valsenestre, 1200 m D+, 1200 m D-, environ 6 h.
Le col de la Muzelle, en direction de l’Oisans
Valsenestre conduit à l’une des grandes ascensions légendaires du GR54 : le franchissement du Col de la Muzelle, un vertigineux mur de schistes noirs (1300D+). Il s’agit d’une étape prestigieuse du GR54, qui permet de passer du Valbonnais à l’Oisans : après le col, vous redescendez jusqu’au lac de la Muzelle, pour dormir au refuge du même nom. Étant donné l’ampleur de la randonnée et la rudesse de la montée au col de la Muzelle, je vous déconseille de le faire à la journée en aller-retour depuis Valsenestre. Cela vaut vraiment le coup de le vivre en itinérance, comme l’y invite le GR54.
Départ de Valsenestre, 1300 m D+, 1300 m D-, environ 7 h en aller-retour.
Le plan d’eau de Valbonnais pour se baigner
N’oubliez pas que la baignade est interdite ou vivement déconseillée dans le lac Labarre, le lac de la Muzelle, et tous les autres lacs d’altitude (dans le parc national des Ecrins et ailleurs) : ces milieux fragiles et isolés, riches d’une biodiversité rare, supportent mal le piétinement de leurs rives et les substances apportées par la peau humaine dans leur eau. En revanche, en vallée, vous pouvez venir gratuitement nager au Plan d’eau de Valbonnais, une baignade rafraîchissante et nature dans un très joli cadre verdoyant.
Le Valbonnais, avec ses hameaux isolés, ses refuges nichés au cœur de la montagne et ses paysages sauvages, est une invitation à l’exploration. Chaque randonnée, chaque rencontre y fait grandir l’amour de la montagne. Alors, prêts à explorer ce pays caché au coeur des Écrins ?
Continuer à explorer la Matheysine
Puisque vous êtes venus en Matheysine, ne manquez pas de continuer l’exploration de ses curiosités touristiques.
Le lac de Monteynard avec ses eaux d’un étonnant bleu laiteux, sa vue sur le Mont Aiguille et ses passerelles himalayennes, invite à la randonnée et aux balades en bateau.
Le lac de Monteynard en automne
Pour se baigner, on lui préférera le lac du Sautet à Corps, avec ses eaux turquoise, ses plages et sa vue sur l’Obiou. A Corps, montez à Notre Dame de la Salette, deuxième lieu de pèlerinage français après Lourdes, avec une vue magique sur le Dévoluy, de saisissantes fresques d’Arcabas et une ferveur palpable.
Notre Dame de la Salette
Pour un beau sommet accessible, montez sur le Sénépy, et pour le ski, les activités neige, la luge et l’ambiance front de neige, rendez-vous à l’Alpe du Grand Serre et au Col d’Ornon, les deux stations de la Matheysine. A la bascule entre Oisans et Matheysine, le superbe plateau des lacs du Taillefer est un paradis de la randonnée avec vue sur la Meije.
De gauche à droite : Alpe du Grand Serre – Plateau des Lacs du Taillefer – Lac du Sautet
Enfin, un incontournable de la région est le petit train de la Mure, le train rouge suspendu entre viaducs et montagne, avec une vue imprenable sur le lac de Monteynard !
Un grand merci à Elsa (Destination Parc National des Ecrins), Capucine (Matheysine Tourisme), Caroline (Hikes and Travels) et Adrien pour ces belles aventures vécues ensemble.
Un voyage itinérant à vélo au cœur du parc naturel régional des Baronnies provençales, à la rencontre des artisans et producteurs qui sculptent ce terroir singulier, là où les Alpes et la Provence se rencontrent : c’est le séjour que nous avons vécu à l’automne dernier dans le pays de Sisteron Buëch, un voyage lent et doux empreint de beauté et d’authenticité.
À cheval entre ma Drôme chérie et les merveilleuses Hautes-Alpes, à deux pas du Diois et du Dévoluy, les Baronnies provençales sont une curiosité du Haut-Dauphiné, dans cette région magique où se fait la rencontre du soleil et de la montagne, du Sud et des Alpes. C’est un pays de lavandes, de rivières, de roches et de fruits. Autour d’Orpierre, de Serres et de Rosans, le pays de Sisteron Buëch déploie ses vergers, ses falaises vertigineuses et ses eaux turquoise coulant des rivières en tresse qui sillonnent les reliefs. C’est une destination que nous aimons profondément, et dont les charmes restent encore méconnus : les Baronnies provençales ont un goût de secret bien gardé qui ne fait que renforcer leur beauté.
Nous sommes venues vivre l’automne en Baronnies en mode slow life : à vélo au milieu des champs et à la rencontre des artisans et producteurs qui font battre le cœur des Baronnies. Car un parc naturel régional, ce n’est pas seulement une nature préservée, ce sont aussi les hommes et les femmes qui la façonnent : agriculteurs et artistes, tous artisans de leur terroir. Et les Baronnies provençales en automne, c’est un festival de couleurs et de saveurs, de légumes anciens et de fruits, dans cette terre profondément agricole où les vergers et les champs ajoutent à la carte postale automnale. L’automne en Baronnies est réputé pour ses festivités agricoles, comme le célèbre Marché aux fruits anciens de la Toussaint qui se tient tous les ans fin octobre à Orpierre. C’est une belle saison pour explorer ce pays.
Le pays de Sisteron Buëch fin octobre, un festival coloréAutomne doux et coloré entre Alpes et ProvenceBeauté de l’automne en Baronnies provençales
J’ai réalisé ce voyage d’automne à vélo dans les Baronnies provençales, à la rencontre des artisans et producteurs, en duo avec Marion Carcel alias Foehn Photographie, ma binôme photographe. Toutes les photos de cet article sont les siennes.
Marion tout en jaune face au Quiquillon à Orpierre
Voyager à vélo en Baronnies provençales : organiser son voyage
Tout notre itinéraire a été entièrement réservé par l’office de tourisme de Sisteron Buëch et ils peuvent faire la même chose pour vous. Ils commercialisent en direct de nombreux circuits, à pied, à cheval, à vélo ou en voiture, conçus avec soin, et ils peuvent réserver pour vous hébergements, transports de bagages… C’était déjà avec eux que nous avions vécu au printemps dernier notre très beau séjour randonnée GRP Tour des Baronnies provençales, à pied. Je vous laisse découvrir ici leurs séjours clefs en main en Baronnies provençales : culture, sport, sensations fortes, itinérances pédestres, équestres ou cyclables, tout est possible. Notre itinéraire était un combiné du circuit « A vélo sur la route des trésors d’Orpierre » et de « Randonnée, gastronomie et art à Rosans ».
Atypique détour, une des belles adresses en Baronnies provençales dénichées par Sisteron Buëch !
Ce tour des Baronnies à vélo en pays de Sisteron Buëch nous a permis la rencontre chaleureuse avec celles et ceux qui ouvrent leurs ateliers aux voyageurs pour partager leur savoir-faire. Je vous parlerai dans cet article de la lavanderaie des Hautes Baronnies, de la spiruline d’Orpierre, de la forge de Rosans, de l’atelier Terre et Laine, des cueillettes de Marielle, des poteries d’art de Marion Richaume, sans oublier nos merveilleux hébergements, l’hôtel Logis le Céans et les chambres d’hôtes Atypique détour à Rosans et La clef de sol à Trescléoux. Nous avons adoré les saveurs et senteurs automnales des Baronnies provençales… J’aime infiniment ce pays de lavandes et de lumière, devenu en cette saison terre d’or et de pierre !
Orpierre, coup de foudre de ce beau séjour
Vélo en Baronnies provençales : voyager sans voiture, arriver en train
L’itinéraire proposé par Sisteron Buech est conçu pour pouvoir être réalisé sans voiture, avec un combo train+ vélo. Serres est accessible facilement en train (depuis Grenoble ou Valence par exemple) et donc un excellent point de départ pour ce tour en mode slow travel et bas carbone. Nous avons pris un autre TER jusqu’à Laragne et loué des vélos à assistance électrique chez RHL Cycles pour arpenter les routes ensoleillées.
Voyager avec train et vélo en Baronnies provençales : slow tourisme bas carboneVoyager sans voiture en Baronnies provençales, entre train et véloLocation de nos vélos chez RHL Cycles à LaragneC’est parti pour l’automne à vélo en Baronnies
Voyage d’automne en Baronnies provençales
L’automne est si beau dans le pays de Sisteron Buëch. Serres et ses eaux turquoise, Orpierre et ses falaises légendaires, Rosans et son prieuré, sont sublimés par la saison. Dans ce tour des Baronnies à vélo, on prend le temps de vivre, de savourer les couleurs et ambiances de ce voyage au long cours au cœur du parc naturel régional des Baronnies provençales, entre Alpes et midi. Pédaler au milieu des lavandes et des vergers, voir les sommets se découper au-dessus des eaux vives, goûter la douceur de l’arrière-saison… voyage au long cours !
La beauté des Baronnies en automne, à savourer avec lenteur !
L’automne en Baronnies provençales : rencontrer les agriculteurs et producteurs
Un parc naturel régional, ce ne sont pas seulement des paysages, ce sont les hommes et les femmes qui les façonnent. Dans notre voyage d’automne au pays de Sisteron Buëch, nous avons fait de très belles rencontres avec ces producteurs qui sculptent ce terroir singulier entre montagne et midi.
Rencontrer les agriculteurs et producteurs des Baronnies provençales : de beaux moments partagés, comme ici avec Marielle, Olivier et leurs gros nounours à Ribeyret
A vélo en Baronnies : pédaler au milieu des vergers de pommiers
Nous étions en pleine récolte des pommes, et les vergers débordaient de pommes dorées : nous sommes au pays de la pomme des Alpes, l’IGP Alpes de Haute Durance. Ces pommes de variété Golden et Gala jouissent ici d’un climat exceptionnel, entre altitude et ensoleillement, ce qui leur donne leur texture ferme et croquante, leur équilibre parfait entre sucre et teintes acidulées. Les Baronnies provençales sont réellement un pays de moyenne montagne : les villages de Serres, Rosans, Laragne, Orpierre, sont tous situés à des altitudes de 500 à 700 mètres, avec des crêtes et sommets avoisinants dépassant les 1000, voire les 1500 mètres. Le point culminant des Baronnies provençales est le Duffre à 1760m – nous l’avons rencontré sur notre GRP Tour des Baronnies. Pour la pomme, un fruit dont le berceau est à chercher dans la chaîne du Tian Shan en Asie centrale, un fruit de montagne qui aime les automnes frais, c’est la recette parfaite : les pommes d’or du jardin des Hespérides, ce sont les golden des Alpes !
Au pays des pommes en Baronnies provençales. Photos prises chez Marielle et Olivier (à gauche) et à La Clef de Sol où on nous a servi un excellent dessert à base de pommes.
Orpierre et or violet : la lavanderaie des Hautes Baronnies
Y a-t-il plus beau nom de village qu’ « Orpierre » ? Ce toponyme est beau comme une prophétie, une promesse de lumière et de magie ! Mais à Orpierre, l’or ne se cueille pas seulement sur les crêtes serties de feuillages mordorés et illuminées par un automne flamboyant, il pousse dans la terre en rangées bien ordonnées. « La lavande est l’âme de la Haute Provence », écrivait Jean Giono, que je citais dans mon livre Provence, les sillons du soleil. Le trésor de la région, c’est cet or violet qui enchante l’été : la lavande. Sur le logo du parc naturel régional des Baronnies provençales, la lavande vraie trône en majesté. Il existe en effet plusieurs variétés de lavande. Aujourd’hui dans le monde, l’immense majorité des champs de lavande sont en vérité composés de lavandin, un hybride plus touffu et prolifique, dont la culture est plus facile et les rendements meilleurs.
Lavande fine dans le séchoir à lavande
Mais la lavande « historique », plébiscitée par la pharmacopée pour la qualité de son huile essentielle, c’est celle que les paysannes d’autrefois cueillaient à l’état sauvage sur les sentes escarpées quand elles menaient les troupeaux à l’alpage, c’est la lavande fine, dite aussi lavande vraie ou lavande de montagne. Elle est une plante endémique du sud de la France, et une plante alpine : j’ai été très surprise, lors de ma randonnée sur le GR54, de rencontrer autant de lavande sauvage. A la Lavanderaie des Hautes Baronnies, Lucie et Florian sont tous deux descendants de cette polyculture ancestrale en Provence : leurs familles cultivaient et cueillaient la lavande parmi d’autres cultures (vignes, fruits, tilleul, un autre emblème des Baronnies…). Eux ont aujourd’hui choisi de se consacrer exclusivement à la lavande et à sa famille (lavandin, lavande aspic), mais de proposer dans leur superbe magasin à la Lavanderaie des Hautes Baronnies non seulement leurs propres produits, mais aussi une très large gamme de saveurs issues de leurs voisins et amis agriculteurs : la Lavanderaie des Hautes Baronnies est un temple de la lavande, mais aussi une vraie boutique de produits locaux en circuit court, avec confitures, tisanes, céréales, terrines, miel, etc.
Une boutique magnifique, à l’image de la qualité des produits proposés
L’arrivée à la Lavanderaie est enchanteresse : la boutique est de toute beauté, avec ses hauts murs mauves, ses bouquets, ses grands panneaux dessinés expliquant l’épopée florale provençale. Une grande exigence de qualité anime la famille : leurs lavandes sont non seulement cultivées en agriculture biologique, mais aussi inscrites dans le cahier des charges de l’AOP Huile essentielle de lavande de Haute Provence. La gamme de produits est aussi belle que riche : bouquets et sachets de lavande, huile essentielle, savons, bougies, tout me fait envie. Mais le moment le plus mémorable que nous ayons vécu sur ce séjour, c’est ici : j’entre pour la première fois de ma vie dans un séchoir à lavande. Dans la pénombre mystique, les bouquets suspendus tête baissée décuplent leurs senteurs et composent un tableau d’une rare beauté. J’ai l’impression d’être dans l’atelier du sorcier : ici se crée la magie !
Univers de senteurs et de beauté en Haute Provence à la lavanderaie
Les Cueillettes de Marielle à Ribeyret : un havre végétal en Baronnies provençales
Sur les hauteurs de Ribeyret, sous les crêtes et « serres » emblématiques des Baronnies enroulées dans le ciel comme autant d’escargots de pierre, Marielle nous accueille dans sa ferme. Chez Marielle, on cueille les plantes sauvages et du jardin pour confectionner tisanes, baumes et vinaigres puisant dans chaque saison leurs vertus. Marielle nous propose un atelier pour fabriquer nous-mêmes un baume relaxant, autour d’une tasse fumante. Son univers est un hymne à la nature et aux trésors qu’elle recèle. Spécialisée dans la cueillette de plantes sauvages, la transformation en tisanes, vinaigres aromatiques et onguents, cette artisane s’engage dans une démarche profondément respectueuse de l’environnement, dans la lignée du Syndicat des Simples. Cette charte, plus stricte encore que la certification AB, garantit une production artisanale éthique, sans serres ni plastiques, et un respect attentif des sols et des écosystèmes.
Un cadre enchanteur Autour d’une tisane avec Marielle
Dès l’entrée, vous êtes accueillis par ses deux grands chiens, de véritables nounours poilus, qui veillent paisiblement sur la propriété. À ses côtés, son mari Olivier est un artisan du bois, qui façonne entre autres les ustensiles indispensables à l’atelier proposé par Marielle : bols, mortiers, pilons, tous issus de son travail minutieux.
Marielle cueille ses plantes en petites quantités, privilégiant la cueillette sauvage et locale. Soucieuse d’éviter l’utilisation de beurres exotiques tels que le karité ou la coco, elle préfère les huiles du terroir – olive, tournesol – pour composer ses onguents. Les macérations, réalisées à basse température (en dessous de 45 °C), préservent les propriétés des plantes et des huiles. Elle sait également extraire les principes actifs liposolubles dans l’huile, ou recourir à l’alcool pour certaines préparations, en faisant d’abord sécher les plantes quelques heures.
Notre atelier avec Marielle
Le résultat ? Des produits vivants, ancrés dans le terroir, qui racontent la richesse des Baronnies. Dans cette ferme de Ribeyret, la cueillette n’est pas qu’une récolte, c’est une rencontre avec la nature, un geste éthique et réfléchi. Les textures, les senteurs, le toucher du bois façonné par Olivier, l’atelier lent et doux avec Marielle où nous choisissons nos plantes, les écrasons et plongeons dans l’huile, tout invite à renouer avec la simplicité et l’authenticité. Ici chaque gorgée de tisane est une leçon de patience et d’harmonie, dans un automne radieux où tout dit la générosité de la nature. Un joli moment.
Découvrir les vertus miraculeuses de la spiruline à la Ferme pilote
La ferme pilote d’Orpierre ? Un lieu pionnier dans la production de spiruline, la micro-algue miraculeuse qui remonte aux origines du monde. François et Valérie nous accueillent chaleureusement dans leur maison aux couleurs d’automne, où les cueillettes de saison ont couvert la table de courges, de champignons et de citrouilles. Ils ont la gentillesse de nous servir une soupe chaude et un thé, et nous racontent l’histoire épique de la spiruline. Une soupe chaude nous est servie, confort gustatif après les intempéries, et c’est dans cette atmosphère conviviale que nous plongeons dans l’univers fascinant de la ferme pilote.
Découvrir la spiruline à la Ferme pilote d’OrpierreFrançois et Valérie
La spiruline, François nous l’explique, est en réalité une cyanobactérie, souvent désignée par commodité comme une « micro-algue ». Vieille de plus de trois milliards et demi d’années, cette cyanobactérie a survécu à des conditions atmosphériques extrêmes, développant des mécanismes de protection remarquables. Découverte par les Français au début du XXe siècle au lac Tchad, elle a longtemps constitué la base de l’alimentation des populations locales, réputées pour leur grande stature et leur bonne santé. Cette richesse nutritionnelle s’explique par sa très forte teneur en protéines (jusqu’à 66%), en fer et en acides aminés facilement assimilables. Contrairement à des végétaux comme la chlorella, dont la paroi cellulosique est plus difficile à digérer, la spiruline se présente sous forme de peptides simples, immédiatement utilisables par notre organisme. Elle contient également un vaste spectre de minéraux et de pigments – chlorophylle, bêta-carotène et surtout phycocyanine, un pigment bleu, concentré en quantités particulièrement élevées à Orpierre grâce à l’ensoleillement exceptionnel. Ses pigments ne sont pas seulement décoratifs : la phycocyanine, par exemple, a des propriétés antioxydantes et stimule l’EPO naturel, favorisant ainsi la production de globules rouges.
La spiruline : la micro-algue des débuts de la vie sur Terre, ici cultivée à Orpierre
Après avoir vécu en Polynésie, Valérie et François ont choisi de s’installer ici, dans les Baronnies, pour donner vie à leur projet exigeant : il s’agit non seulement d’une ferme de production, mais aussi un exemple reconnu mondialement pour la qualité exceptionnelle de sa spiruline. La ferme pilote est créée en 1997. Ici, la spiruline est produite de manière artisanale, dans une eau de source riche en minéraux, dans un milieu soigneusement contrôlé (pH, salinité, température) qui recrée les conditions naturelles. Le résultat : une spiruline d’une qualité exceptionnelle, dont la concentration en phycocyanine (20% contre 16% en moyenne) reflète la générosité du soleil provençal. La phycocyanine favorisant la production de globules rouges, elle est très utilisée dans le cadre de l’alpinisme pour favoriser l’acclimatation – je vais tester et vous en reparler !
Spiruline et phycocyanine, les deux produits emblématiques
A la rencontre des artisans des Baronnies provençales
La beauté et la précision du geste, la richesse d’un savoir-faire hérité et transmis, l’amour du travail bien fait… Lors de notre tour des Baronnies à vélo, nous avons fait de belles rencontres avec les hommes et les femmes qui font battre le cœur de ce pays de montagnes et de soleil. Voici les artisans qui ont eu la gentillesse de nous ouvrir leur atelier pour de belles rencontres passionnées.
Marion Richaume, l’art de la poterie au cœur de Rosans
Marion Richaume est potière d’art à L’atelier de la lune, à Rosans. Internationalement reconnue pour l’élégance intemporelle de ses créations, elle nous a hypnotisées par la grâce de son tour de potier et elle est en train de transformer Rosans en un vrai village de potiers. Cette potière passionnée, à la fois artisane et visionnaire, est au cœur d’un ambitieux projet de revitalisation locale.
Marion porte de nombreuses casquettes. Déléguée régionale pour la PACA des Ateliers d’Art de France et membre actif du bureau de l’association des potiers PACA, elle est aussi présidente de l’association des commerçants de Rosans et de celle qui organise le marché des potiers du village. Grâce à son engagement, Rosans est sur le point de devenir un carrefour pour la poterie, et son travail culmine avec l’ouverture imminente d’une pépinière de potiers, un espace conçu pour accueillir et accompagner de jeunes artisans désireux de s’installer dans la région.
Marion Richaume, talentueuse potière d’art et porteuse d’un projet d’avenir pour Rosans
L’idée est simple, mais audacieuse : attirer des artisans de toute la France et les inciter à poser leurs valises à Rosans. Marion Richaume va encore plus loin : elle coache ces potiers pour les amener à s’imposer sur la scène internationale, tout en ancrant leur activité dans un territoire rural. Pour elle, l’artisanat d’art n’est pas qu’une finalité esthétique : c’est un levier de redynamisation locale.
Dans son atelier, Marion Richaume crée des pièces uniques qu’elle qualifie de bijoux d’intérieur, travaillant principalement la faïence. Son style est épuré et atemporel, évoquant luxe et élégance. Son talent a été reconnu par l’obtention du label Ateliers d’Art de France, la distinction la plus prestigieuse dans son domaine. Mais son rêve dépasse largement son propre travail : il s’agit de donner naissance à un village vivant, solidaire et créatif, où la poterie est à la fois un art et une promesse d’avenir.
Délicatesse fascinante du geste, beauté des créations
Thomas, la Forge de Rosans : l’art du couteau d’exception
Thomas est coutelier à La forge de Rosans et met le travail du feu, du métal et du bois au service de son art pour forger et sertir le couteau parfait. De la flamme incandescente de la forge au choix des essences boisées pour le manche, le processus nous a fascinées !
La forge de Rosans : coutellerie d’art
Thomas travaille principalement avec de l’acier carbone, un matériau prisé pour sa dureté, bien qu’il soit plus exigeant à façonner. Il nous explique que la qualité d’un couteau repose sur trois piliers fondamentaux : la qualité de l’acier, le savoir-faire du forgeron et les traitements thermiques. Ces derniers jouent un rôle crucial dans la solidité et la durabilité de la lame. Le processus de fabrication d’un couteau est une véritable chorégraphie technique. Tout commence par la forge, où l’acier est chauffé et martelé pour lui donner une première forme. Suit le recuit, une étape où la pièce est chauffée à une température rouge cerise avant de refroidir lentement dans des briques réfractaires pendant huit heures, pour détendre le métal. Une des techniques les plus spectaculaires que Thomas utilise à la forge de Rosans est la création de lames damassées, à l’aspect strié unique. Héritée des traditions syriennes ou japonaises, cette méthode consiste à empiler des couches d’acier aux caractéristiques différentes – jusqu’à 12 morceaux alternés. Sous une chaleur intense et avec l’ajout de borax pour éviter l’oxydation, ces couches sont soudées ensemble, étirées et repliées pour former une sorte de pâte feuilletée métallique. Le résultat ? Une lame à la fois souple et tranchante, d’une esthétique fascinante avec ses reflets irisés.
L’émouture, qui donne au couteau son tranchant, est réalisée à l’aide d’une meule spécifique appelée backstand. Après cela vient la normalisation : Thomas chauffe à nouveau la lame à environ 800 °C avant de la laisser refroidir rapidement à 500 °C. Enfin, il procède à la trempe, l’étape qui donne à la lame sa dureté finale. Plongée dans une huile chauffée à 60-70 °C après avoir atteint la température idéale, rouge cerise, la lame subit un refroidissement rapide qui la rend extrêmement dure – mais aussi fragile si elle n’est pas manipulée avec soin. Mais le travail de Thomas ne s’arrête pas à l’acier. Il façonne également les manches de ses couteaux, en choisissant avec soin des matériaux nobles et variés. Son atelier abrite une véritable bibliothèque de bois : des essences locales des Baronnies comme le buis, le tilleul ou l’olivier, mais aussi des bois exotiques comme l’acajou. Toujours en quête d’originalité, il travaille également des matières plus insolites, comme la corne de mammouth extraite du pergélisol sibérien. Chaque manche, unique, complète la lame en apportant une touche de caractère et d’élégance.
Forge et bibliothèque de bois, tout un processus pour aboutir à la beauté d’un couteau parfait
Chez Thomas, chaque couteau est une œuvre d’art et de passion. Nous avons adoré notre visite à la Forge de Rosans, et les couteaux superbes avec lesquels nous sommes reparties.
Natacha Fée : Terre, laine et créativité
Touche à tout créative et pleine de ressources, Natacha Fée porte bien son nom : elle a des doigts de fée. Elle tient la boutique Terre et Laine / Décofée à Garde-Colombe. Feutre, bougies, vêtements, sauvetage de pièces anciennes, elle sait tout faire, et elle nous a proposé un atelier super original où nous avons confectionné un joli objet en feutrine.
Un atelier créatif chez Natacha Fée
Son atelier apparaît comme une véritable caverne d’Ali Baba. Ici, tout est matière à création, à détournement, à réinvention. Sur ses étagères se côtoient des savons feutrés, des bougies en cire de soja délicatement parfumées avec des essences de Grasse et des pommes des Hautes-Alpes, des bougies gourmandes qui rappellent l’odeur d’un chocolat chaud, des objets en feutre comme de petites poules de couture ou des tortues miniatures, sans oublier des sacs confectionnés à partir de vieilles chemises, et des vêtements remis au goût du jour à partir de vestes des années 60. Chaque recoin de son atelier révèle une surprise : des plantes, qu’elle multiplie par bouture et propose à la vente, des accessoires originaux, et même des coussins de yoga aux motifs raffinés conçus par sa fille. Cette atmosphère éclectique est le reflet d’une démarche à la fois écologique, accessible et résolument créative.
Natacha Fée dans son atelier magique, entourée de ses créations variées
Au cœur de cet univers, Natacha nous invite à mettre la main à la pâte lors d’un atelier de feutrage. Le feutre, matériau ancestral obtenu à partir de laine, se façonne sous nos doigts. Il existe plusieurs techniques : le feutrage à l’aiguille, où l’on pique la laine pour entrelacer ses fibres aux « crochets » invisibles, et le feutrage à l’eau et au savon, que nous testons lors de cet atelier. Natacha nous guide pas à pas dans la fabrication d’un objet, un vide-poche. Tout commence par le choix de la laine, aux couleurs variées. Nous apprenons que la laine feutre car ses fibres possèdent de minuscules écailles qui s’accrochent les unes aux autres. On pose d’abord la laine sur un support en papier bulle, en la croisant comme un tissage pour augmenter sa solidité. Une première couche grise, puis une de la couleur que l’on souhaite mettre en avant, et ainsi de suite. Une fois le « nid » de laine préparé, on le mouille abondamment avec de l’eau chaude mêlée à du véritable savon de Marseille. La chaleur, l’eau, le savon et la pression exercée avec les mains vont lier les fibres entre elles. Au fur et à mesure que l’on malaxe, roule, pétrit la laine, celle-ci se rétracte, pouvant réduire jusqu’à deux ou trois fois sa taille initiale. Les fibres s’agrippent, se densifient, donnant naissance à une matière compacte, douce et résistante. On peut créer de petites boules de feutre, de nouvelles couches de couleur, des formes variées. Le processus est sensoriel, presque méditatif, et le parfum léger du savon se mêle à la chaleur de l’eau. Lorsque le vide-poche prend forme, une simple poignée de laine brute devient un objet unique que nous avons la satisfaction d’avoir nous-mêmes créés.
Chez Natacha Fée, la création est un jeu, une expérience tactile, une célébration de la matière et de la réutilisation. Sa gentillesse fait de cette rencontre un moment généreux et inspirant. Nous repartons avec la fierté d’avoir fabriqué ces jolis objets qui prolongent dans nos mains la mémoire de notre voyage d’automne chez les artisans des Baronnies. Cette approche artisanale, humaine, est à l’image de notre périple dans les Baronnies, où chaque artisan rencontré nous a invités à repenser notre lien aux matières premières, au terroir qui nous nourrit et au geste créatif.
La beauté des objets fabriqués et la fierté de les avoir créés !
Visiter à vélo Serres, le rocher mémoire du Dauphiné
Nous retrouvons lors de ce voyage d’automne en Baronnies un village coup de cœur de notre trek de printemps, sur le GRP Tour des Baronnies : Serres, un des emblèmes du pays de Sisteron Buëch, avec l’étrange rocher qui le surplombe et vient s’amarrer aux eaux turquoise du Buëch. Si on parle de Baronnies provençales, Serres est elle résolument ancrée dans l’histoire du Dauphiné : son histoire passionnante et tumultueuse est associée à celle du protestantisme dans la région, et au célèbre Duc de Lesdiguières, icône des guerres contre la Savoie. Je suis fascinée par la richesse du patrimoine historique de Serres, entre maisons Renaissance aux façades de rocaille sculptée, « tombeau du juif » attestant la présence d’une ancienne communauté hébraïque, et dédale des ruelles montant raide à l’assaut des sentiers. Serres est plus belle encore à l’automne, avec le contraste des feuillages rouges et des eaux bleues, la lumière d’octobre sur les rochers et la douceur de l’arrière-saison.
La beauté de Serres en automne
Nous déjeunons sur la place à l’Estaminet, un resto que j’affectionne beaucoup : je m’y suis souvent arrêtée sur la route entre Nyons dans les Baronnies drômoises et les rives du lac de Serre-Ponçon. Au bord de la fontaine et sous les grands parasols rouges se déploie une cuisine généreuse et locale : spécialités dauphinoises, comme l’iconique gratin de pommes de terres, et hautes-alpines, comme les célèbres tourtons. Je recommande en dessert la fabuleuse glace yaourt myrtille : pépite des Alpes !
Atmosphère ensoleillée à l’Estaminet
Orpierre, le village qui grimpe
Qu’est-ce que j’ai aimé Orpierre, mon coup de foudre de ce voyage ! Il est entré directement au Panthéon de mes villages préférés des Hautes-Alpes, aux côtés du hameau de Prapic à Orcières-Merlette, des villages d’alpinisme La Grave et Villar-d’Arène dans les Ecrins, ou encore de Vallouise et La Chapelle en Valgaudemar que j’ai découverts sur le GR54, et il a en commun avec eux tous d’être un authentique village de montagne. Dès le premier regard, Orpierre est saisissant : le village est adossé à un impressionnant rocher du Quiquillon dont la silhouette iconique est devenue son emblème. Vaisseau de calcaire sculpté par une érosion féroce, il me rappelle d’autres monstres sacrés de la région, eux aussi façonnés il y a des millions d’années par les sédiments de la Téthys alpine, comme le Mont Aiguille et le Rocher de Combeau près de Châtillon-en-Diois, ou encore les reliefs biscornus du Dévoluy. Je comprends pourquoi j’aime tellement Orpierre, qui correspond tellement à tout ce que j’aime : Vercors, Dévoluy et Baronnies, cette sainte trinité de massifs un peu secrets à la bascule entre Provence et Dauphiné a sculpté depuis l’enfance mon imaginaire, comme l’eau des rivières qui érode et façonne le calcaire.
Orpierre, un toponyme divinement approprié, particulièrement à l’automne !
Orpierre a compris très tôt l’atout incroyable que représentent les falaises majestueuses qui le ceignent : il fut l’un des pionniers à baser son développement touristique sur l’escalade, une activité nature et sportive dont la saison d’exercice est très longue, et qui fait vivre toute une économie locale : loueurs et vendeurs de matériels, moniteurs, hébergeurs, producteurs et restaurateurs, au point qu’Orpierre est surnommé « le village qui grimpe ». Tout comme Céüse et Ailefroide, Orpierre est devenu un site incontournable de l’escalade, non seulement en France mais sur le plan international – les Hautes-Alpes sont décidément la Mecque de la grimpe ! A Orpierre, cela crée une ambiance incroyable, avec des gens bardés de cordes et de mousquetons qui défilent dans la ville, des cafés où on s’échange topos et conseils, et un office de tourisme qui porte le nom excitant de Maison de la grimpe, où un petit mur d’escalade a été aménagé à l’intérieur même du bureau.
La maison de la grimpe est aussi celle des produits locaux, et on retrouve sur de jolies étagères une sélection alléchante, où on retrouve lavandes et spiruline, mais aussi pâtes, confitures, bières locales à l’effigie de la grimpe (évidemment) et jolies céramiques colorées.
Enfin, le cœur historique d’Orpierre nous a fascinées par son labyrinthe de rues couvertes, de voûtes ouvragées et de portes sculptées : la légende dit qu’autrefois, on pouvait traverser Orpierre à cheval par les souterrains ! Comme Serres ou Châtillon-en-Diois, Orpierre est très marqué par l’histoire du protestantisme en Dauphiné, avec la présence de temples et de ruelles à demi cachées (à Lyon, on appelle ça des traboules, à Châtillon-en-Diois, des viols, le principe est le même) : on imagine bien un décor de cape et d’épée, de secrets et de clandestinité !
Orpierre, coup de foudre en Baronnies
Voyage d’automne en Baronnies provençales : où dormir ? Nos bonnes adresses
Lors de ce beau voyage à vélo à travers les Baronnies, nous avons fait halte dans trois hébergements de charme qui nous ont énormément séduites, et où l’accueil a été chaleureux, soigné et attentif.
Atypique détour à Rosans
Nous avons retrouvé avec bonheur Atypique détour, qui avait été notre coup de cœur de printemps sur le GRP Tour des Baronnies. C’est la seconde fois que nous arrivons chez Patricia et Jacky trempées jusqu’aux os (à pied, à vélo, on innove, mais la pluie nous poursuit à Rosans ! un comble dans ce pays si ensoleillé), et c’est la seconde fois qu’ils nous accueillent avec du café chaud, de petits gâteaux, et des pantoufles sèches et chaudes… Cette grande bâtisse fut une caserne de gendarmerie, un laboratoire élevant des serpents, d’où le caractère atypique, mais aujourd’hui, c’est une maison d’hôtes délicieusement cosy à la déco douillette et où on se sent chez soi. La terrasse avec vue sur les montagnes des Baronnies nous cesse de nous émerveiller, et on adore les repas maison de Patricia !
Douceur et saveurs à Atypique détour
On en profite pour faire un petit tour au très beau prieuré clunisien de Saint André de Rosans, fondé en 988 et qui reste une référence du roman provençal.
Le prieuré de Saint André de Rosans
L’Hôtel Logis le Céans à Sainte Colombe
Situé à Sainte Colombe, à deux pas d’Orpierre, l’hôtel est situé dans un immense parc arboré avec piscine, que l’automne sublime. A table au restaurant, tout est automnal, local et délicieux : olives de Nyons, courges, citrouilles et quinoa produit dans les Baronnies, fabuleux fromages des Hautes Alpes, notamment une tomme brossée au génépi, avec des présentations soignées et une très belle déco de saison. Nos chambres sont confortables et l’accueil chaleureux – une jolie halte, très appréciée des cyclistes mais aussi des motards ! A noter qu’en été, la grande piscine doit faire le bonheur des voyageurs… une jolie adresse.
L’hôtel Logis Le Céans à deux pas d’Orpierre, son parc arboré aux teintes automnales…… et son restaurant ancré dans le terroir !
La clef de sol à Trescléoux
Coup de foudre pour cette chambre d’hôtes singulière et charmante au cœur du beau village de Trescléoux, chez Jacqueline et Jean. Il s’agit d’une ancienne maison de village typique du sud de la France, impressionnante par sa taille et ses volumes dissimulés au détour d’une ruelle du village – difficile de soupçonner un tel espace derrière la jolie façade ! Chaque chambre est vraiment particulière, avec son architecture ancienne, ses volumes irréguliers, sa décoration typique de la Provence, sa bibliothèque remplie de livres passionnants sur l’histoire de la région… Jacqueline est très investie dans les traditions locales : elle participe au marché aux fruits et légumes anciens d’Orpierre, et sait confectionner les « pistoles », prunes d’ici préparées selon la méthode ancestrale ! Quant à Jean, il est le maire de Trescléoux, lui aussi féru d’histoire… et de musique : après un excellent dîner de saveurs automnales, nous avons eu droit à un joli récital de piano sous les hautes voûtes du salon. Nous avons adoré cette adresse si chaleureuse et particulière.
La clef de sol à TrescléouxLe charme ancien et typiquement provençal de ma chambre Jacqueline et Jean : un couple mélomane et amoureux des traditions de Haute ProvenceUne bulle de douceur en Baronnies provençales
Notre coup de cœur pour les Baronnies provençales se renforce à chaque voyage. Un grand merci à Sisteron Buëch et au Parc Naturel Régional des Baronnies provençales pour leur accueil, et à toutes les personnes qui se sont occupées de nous. On se sent en famille ici. La prochaine fois, à cheval ?
Le GR54 ? Le Grand Tour de l’Oisans et des Ecrins, est incontestablement la randonnée la plus mythique des Alpes du Sud. Ce trek qui compte parmi les plus grandioses des Alpes françaises et qui permet d’entrer profondément dans le cœur du somptueux parc national des Ecrins, a été la plus belle randonnée itinérante de ma vie, et sans doute ma plus belle aventure à ce jour. Pendant douze jours, j’ai vécu un rêve. Un rêve ardu, escarpé, difficile parfois, mais perpétuellement sublime. 12 jours, 200 km, 13 500 mètres de dénivelé positif et négatif… une aventure inoubliable qui m’a bouleversée, émue, émerveillée, épuisée parfois, mais laissé des souvenirs pour toute une vie. J’ai réalisé un rêve. Pour moi qui suis folle de montagne, de randonnée, de nature, de sommets enneigés et des Alpes en général, le GR54 était un mythe absolu, et il le reste à l’issue de ce trek. Ce trek au cœur du parc national des Ecrins est incontestablement une des plus belles randonnées des Alpes et offre une variété de paysages inouïe dans une montagne sauvage et préservée. Si vous aussi, le GR54 vous attire, voici mon récit jour par jour de ce GR féerique au cœur des Alpes du Sud, et tous mes conseils pour le vivre à votre tour.
Le GR54, grand tour de l’Oisans et des Ecrins Le GR54 : un itinéraire de légende, passant par des lieux emblématiques des Ecrins, comme ici le plateau d’Emparis…… qui franchit de hauts cols spectaculaires (ici le col des Grangettes, 2684m, avec sa vue sur le lac de l’Eychauda)…… et qui permet de passer la nuit dans des refuges iconiques, comme par exemple ici Vallonpierre. L’aventure d’une vie !
Randonner sur le GR54 : préparer votre trek & infos importantes
Cet article fait suite à un premier, Se préparer au GR54, que j’ai écrit avant mon périple et qui contient toutes sortes d’informations (les questions que je me posais avant l’aventure, les différentes variantes, les choix que j’ai faits et pourquoi, l’historique du GR54, ma préparation physique…). Je vous invite chaleureusement à le consulter si vous vous préparez au GR54 ou si le parcours et son histoire vous intéressent.
Inauguré en 1964, le GR54 propose un itinéraire traversant l’ensemble des vallées du parc national des Écrins, au plus près des sommets mythiques et au cœur des massifs. Vous passerez chaque jour dans le cœur du parc national des Écrins (voir ici l’article concernant la réglementation en cœur de parc), vous y dormirez parfois. Ce Grand tour de l’Oisans et des Écrins, c’est l’itinéraire des pionniers venus sonder l’immensité des Écrins, en suivant les traces des alpinistes aussi loin qu’un randonneur peut aller, et des bergers faisant vivre une culture pastorale et paysanne qui a façonné ces alpages séculaires. Les Écrins, ce sont des sommets, mais aussi des hommes et des femmes, des villages et des hameaux, des estives et des refuges… c’est une grande aventure puissante qui m’a bouleversée. Aucune journée ne m’a déçue : toutes étaient éblouissantes, et je pense sincèrement qu’il s’agit d’un des plus beaux treks du monde.
L’arrivée au Réou d’Arsine : une beauté presque surnaturelle dès le tout premier jour
C’est aussi l’un des treks les plus difficiles de France et il demande un entraînement solide (voir à ce sujet ma préparation au GR54). L’option que j’ai choisie, au départ de La Grave et en empruntant les variantes alpines au plus près des sommets, représentait 12 jours de marche, environ 200km pour 13500D+, soit environ 1100D+ et -/jour. Les franchissements des grands cols sont épiques et souventtechniques – je me suis notamment fait peur au col des Grangettes, très enneigé et vertigineux en début de saison (mi-juillet). Je recommande vivement de se sentir à l’aise en montagne avant de se frotter au GR54 : avoir déjà fait des treks plus courts (de 3 jours à une semaine), être sûr d’avoir la forme physique pour encaisser ces dénivelés sur la durée, ne pas avoir le vertige car même si le parc fait un travail remarquable d’entretien des sentiers, l’exposition au vide est fréquente.
Des ascensions spectaculaires : ici la montée au col de la Muzelle
Pour calculer vos étapes au mieux, une ressource indispensable : le site du Grand Tour des Ecrins. Les itinéraires complets avec trace GPX et topo détaillé des 4 variantes sont à retrouver sur le site du Grand Tour des Ecrins. J’avais téléchargé tous les GPX avant mon voyage, et je les avais rendus disponibles hors connexion, car je n’ai pas eu le réseau à de nombreux endroits. J’avais également acheté le topoguide du GR54 édité par la FFRandonnée, afin d’avoir une carte IGN papier et un tracé détaillé.
Le topoguide : une ressource utile et bien faite
Un détail qui mérite d’être mentionné : lorsque vous calculez vos étapes, ne regardez pas que le dénivelé positif, pensez bien à regarder le dénivelé négatif. Les grandes descentes du GR54, parfois techniques, peuvent vous « casser » plus que les montées (je pense par exemple à l’éprouvante descente du Col de la Vaurze). Sur le plan musculaire, je m’étais spécifiquement préparée aux descentes avant le GR54 (entraînements trail en descente, musculation des quadriceps), et je m’en suis félicitée.
L’arrivée au lac de la Muzelle après le passage du col éponyme. Sur le GR54, on monte et on descend beaucoup. Chaque jour ou presque, un franchissement de col !
Je pense les bâtons de randonnée indispensables sur le GR54 : s’ils soulagent à la montée, ils sont surtout ultra précieux à la descente. Dans les longues descentes difficiles (col de la Vaurze, pour ne citer que lui…), ils sont une aide considérable à l’équilibre, peuvent rattraper un début de chute, et aident à préserver les genoux.
Les schistes noirs typiques du GR54 (ici à la descente du col de la Vallette en direction du col de Gouiran), qui demandent toujours un peu de concentration et qui deviennent très glissants quand ils sont mouillés. Bâtons très appréciés !
Je suis également partie avec des crampons forestiers (petits crampons de randonnée, pas les gros crampons d’alpinisme, trop lourds à mes yeux pour 12 jours de trek en portant mes affaires), qui n’étaient sans doute pas indispensables mais que j’ai tout de même mis deux fois (Pas des Cavales, descente côté nord du Col de la Muzelle), et que j’aurais dû aussi mettre au Col des Grangettes (récit de cette aventure glissante plus bas).
Col de la Muzelle, côté nord (Oisans). Plusieurs larges névés nous séparaient du refuge de la Muzelle au bord du lac. J’ai mis les crampons pour traverser le plus important d’entre eux, que le soleil avait rendu glacé et assez glissant.
En raison de la présence de névés tardifs, et parce que la neige peut revenir tôt en fin d’été (altitude maximale du GR54 : 2800m à l’Aup Martin), je conseille d’y aller après la mi-juillet et avant la mi-septembre. J’ai fait mon GR54 du 15 au 27 juillet 2024. Cette été-là, il avait neigé très tard dans la saison. Je me suis fait peur au col des Grangettes, qui était encore très enneigé avec un sentier partiellement recouvert et introuvable, et le col de l’Aup Martin était infranchissable sans matériel d’alpinisme : nous avons dû prendre la variante GR54A par le vallon de Fournel pour franchir le col 50 mètres sous l’Aup Martin, au Pas de la Cavale (lui aussi bien enneigé, mais moins difficile et dangereux).
Le pas de la Cavale
Attention, il est impossible de réaliser ce trek avec son chien, car la réglementation du parc national des Écrinsinterdit les chiens même tenus en laisse en cœur de parc. Vous serez en cœur de parc tous les jours (toute la journée ou une partie de la journée) : c’est justement l’intérêt du GR54, qui vous emmène au plus profond des Écrins.
Dormir en gîte d’étape et en refuge sur le GR54
J’ai fait le GR54, le grand tour de l’Oisans et des Écrins, en dormant toutes les nuits en refuge (en montagne) ou en gîte d’étape (en vallée). Ces nuits font partie intégrante de l’aventure. Les refuges sont situés en montagne, souvent dans des endroits d’une beauté exceptionnelle, on y vit des couchers de soleil étourdissants et des réveils en pleine nature. Les gîtes d’étape sont situés en vallée, et ils offrent plus de confort et de commodités, comme des douches chaudes. Les deux sont une authentique expérience montagnarde, au cœur du parc national des Écrins. De nombreux hébergements sont labellisés Esprit Parc National et portent haut les valeurs du parc !
Refuge de Vallonpierre, refuge des Mouterres : des sites d’exception au coeur des montagnesMoments de convivialité en refuge et en gîte d’étape (Refuge de l’Olan, refuge de Vallonpierre, gîte d’Emparis)
Lors de ces soirées, on fait de belles rencontres chaleureuses et conviviales, on reprend des forces pour ce trek difficile au long cours, et on en profite pour goûter les spécialités locales et montagnardes qui sont toujours à l’honneur : gratin de ravioles ou d’oreilles d’ânes, croziflette, tourtons et ravioles du Champsaur, de super desserts à la myrtille… on mange bien sur le GR54, et on fait l’expérience d’une vraie convivialité.
Randonneurs mourant de faim sur le GR54. (Tourtons au marché à Vallouise, gratin d’oreilles d’âne à l’hôtel de l’Olan, dessert myrtille au gîte des Arias.)Croziflette time au gîte des Arias
Je vous conseille vraiment de réserver vos hébergements longtemps en avance, car certains n’ont pas une énorme capacité. Chaque nuit doit être réservée individuellement, pas de package possible (contrairement, par exemple, au Tour du Mont Blanc, où vous pouvez réserver tout d’un bloc). Prenez-vous-y bien en avance : j’ai fait mes réservations en janvier-février pour juillet, et j’ai failli ne pas avoir de place à Vallonpierre. N’hésitez pas à commencer vos réservations par les refuges les plus populaires (Vallonpierre et Muzelle notamment si vous souhaitez y dormir), et ceux où aucune alternative d’itinéraire n’est possible (par exemple Pré la Chaumette, car en raison de l’ampleur des étapes avant et après, il n’est pas possible de découper son GR54 en évitant de dormir ici, à moins d’être un traileur très entraîné en mode ultra light, ou encore le Refuge des Souffles, qui se situe sur plusieurs GR et concentre pas mal de randonneurs). Vérifiez bien vos dates, ayez un calendrier précis : sur 12 jours ou plus, il est facile de se tromper d’une nuit !
Pré la Chaumette
Les pique-niques du midi nous étaient fournis par les refuges – certains excellents, d’autres plus basiques. Si vous souhaitez avoir des pique-niques, pensez bien à l’indiquer au moment de votre réservation, et n’hésitez pas à le rappeler au gardien/à la gardienne à votre arrivée au refuge : en général, le compte des pique-niques se fait avant 18 ou 19h.
Côté budget : en comptant absolument tout (navettes, nuits, repas, pauses cookie et café…), nous en avons eu pour 1920€ à deux pour douze jours, soit 80€/jour par personne. C’est une moyenne : certaines nuits en refuge étaient moins chères (55euros /pers en DP), d’autres nuits en hôtel plus chères (120€/pers en DP). Nous avons pris des pique-niques à emporter (autour de 10-12€ en refuge) tous les midis, à l’exception de deux déjeuners de luxe (au chalet-hôtel du Gioberney et au refuge de l’Olan) et d’un déjeuner crêperie bon marché à Venosc (Au jardin).
Le gîte d’étape Le Béranger à Valsenestre
Important : les paiements en refuge se font en liquide, prenez du cash ! Vous pourrez payer par CB en vallée, pas en montagne. Cette aventure entre cimes et cascades, fleurs et torrents, restera une des plus belles de ma vie, un rêve éveillé. Je la recommande de tout cœur à tout bon marcheur entraîné et amoureux des Alpes françaises !
Accéder au GR54 : partir en transports en commun
Nous avions choisi de démarrer notre GR54 à La Grave, pour des raisons d’itinéraire : parmi les 4 variantes du GR, elle était celle qui me correspondait le mieux, sauvage, alpine et complète.
Pour des raisons écologiques, mais aussi pratiques (éviter de laisser un véhicule tout seul pendant 12 jours…), nous avons choisi d’accéder à notre point de départ du GR54 en transports en commun. J’habite Grenoble, mon co-randonneur Adrien, Valence (Drôme). Il m’a rejointe à Grenoble en TER, et depuis la gare de Grenoble, nous avons ensuite emprunté un bus Zou de la ligne Grenoble-Briançon jusqu’à notre point de départ, La Grave. Au moment de notre voyage (juillet 2024), trois bus circulaient chaque jour dans les deux sens sur cet itinéraire.
Bus retour Briançon-Grenoble
Les autres variantes du GR54 proposent trois autres points de départ : depuis Le Bourg-d’Oisans, depuis La-Chapelle-en-Valgaudemar et depuis L’Argentière-la Bessée.
Il aurait été encore plus facile, depuis Grenoble, de rejoindre Le Bourg-d’Oisans : de nombreux bus circulent dans les deux sens chaque jour, c’est un itinéraire « classique » de la métropole grenobloise.
L’Argentière-la Bessée est un point de départ choisi par de nombreux randonneurs qui viennent de loin et souhaitent arriver en train, car le village a une gare TER desservie par des trains venus des régions Auvergne Rhône Alpes (nous aurions également pu arriver de Grenoble, en train) et Provence Alpes Côte d’Azur. Si vous venez de Paris, il est possible d’enchaîner le train de nuit Paris-Briançon puis le TER Briançon-l’Argentière.
La-Chapelle-en-Valgaudemar est un point de départ moins évident pour ceux qui se déplacent en transports en commun, même s’il est évidemment possible (bus + navette locale).
GR54 au départ de La Grave : jour 1, La Grave – Le Casset
25km, 1052D+, 1050D-
Nous partons le premier jour à la fois fous d’enthousiasme et avec une appréhension : ce sera notre plus longue et intense randonnée en montagne à ce jour, avec des dénivelés très importants et des franchissements de cols presque tous les jours (car vous évoluez de vallée en vallée pour faire tout le tour des Écrins, ce qui signifie toujours : traverser la montagne !) Notre première étape est longue, mais sans aucune difficulté technique. Après avoir rejoint Villar d’Arène, on s’achemine au milieu des mélèzes jusqu’au lac du Pied du Col, d’un turquoise éblouissant.
Le long de la Romanche à Villar d’Arène avec Guilhem, passionnant garde du parc, qui nous rappelle la réglementation du parc national des EcrinsLe plan d’eau du Pied du Col
Puis ce sont environ 700D+ pour arriver au plan de l’Alpe de Villar d’Arène, au milieu des troupeaux et des marmottes. C’est une montagne idyllique de livre d’images, et je regrette un petit peu de ne pas passer la nuit au refuge du plan de l’Alpe de Villar d’Arène, où nous prenons un cookie : la vue est somptueuse. Mais je savais que si nous voulions le lendemain passer par le col des Grangettes (énorme étape), il nous fallait nous avancer beaucoup plus.
Au plan de l’Alpe de Villar d’Arène, montagnes et troupeauxGR54: la magie dès le premier jour
Nous finissons la montée jusqu’au Col d’Arsine, dans un univers glaciaire spectaculaire au pied de la Montagne des Agneaux. Nous sommes au pied de l’un des géants des Écrins, un monde de glace et de moraines, de roche et de silence – ce GR54 nous fait frôler les plus hauts sommets, depuis la sécurité des sentiers de randonnée.
Col d’Arsine
En entamant la descente, nous arrivons à un des plus beaux endroits du monde: le Réou d’Arsine. Chargée de farine glaciaire, l’eau serpente au milieu des rhododendrons dans un camaïeu de turquoise inouï. Je l’avais déjà découverte l’an dernier, lors de ma randonnée au lac du glacier d’Arsine, mais la magie est intacte. J’en ai les larmes aux yeux. Je vis le premier jour de mon rêve et c’est encore plus beau que dans tous mes songes.
Le réou d’ArsineLumières changeantes au réou d’Arsine et au lac de la Douche
Nous descendons jusqu’au hameau du Casset dans la vallée de Serre Chevalier, où une croziflette nous attend au Rebanchon, super gîte chaleureux labellisé Esprit Parc National. J’adore cette adresse : c’est ma 3e fois ici, et je ne me lasse pas de ce gîte de toute beauté, cosy et chaleureux, où la déco respire l’amour de la randonnée.
Pour voir plus de photos du lac de la Douche, du réou d’Arsine, des lacs du glacier d’Arsine et du gîte Le Rebanchon : RDV dans mon article consacré à une randonnée aux lacs du glacier d’Arsine .
La beauté du Casset et le plaisir de la croziflette au Rebanchon
Au gîte Le Rebanchon : réseau téléphonique, wifi, douche chaude comprise dans le prix de la nuit, chambre individuelle (pas de dortoir), gîte « de luxe » très cosy.
GR54, jour 2 : Le Casset – Vallouise par le Col des Grangettes
25km, 1350D+, 1673D-
Le jour 2 de notre GR54, du Casset à Vallouise par le col des Grangettes, fut la journée la plus technique du trek à mes yeux. L’itinéraire classique est plus facile et passe par le col de l’Eychauda : moins de distance, de dénivelé, de technicité. Mais ce sentier nous aurait fait rester sur le domaine skiable de Serre Chevalier, et ne passe pas par le merveilleux lac glaciaire de l’Eychauda : il faut pour cela prendre la « variante alpine », plus longue, physique et difficile, pour passer par le col des Grangettes. Le topo nous prévient : « les randonneurs optant pour cette variante ne choisissent pas la facilité ». Je confirme !
Du pas de l’âne au col des Grangettes : on entre ici dans la section où c’est costaud !
La journée débute en douceur et dans les fleurs, en partant du beau hameau du Casset et en remontant dans la forêt de Serre Chevalier merveilleusement fleurie. Rhododendrons, lys martagons, primevères et adénostyles scandent notre marche bucolique.
Dans la forêt de Serre-Chevalier
Puis nous quittons le sentier classique et prenons la variante. C’est là que la souffrance commence ! Nous sommes mi-juillet, les névés sont encore bien présents en altitude. Du Pas de l’âne (2500) au col des Grangettes (2700), nous nous frottons à l’un des sentiers de randonnée les plus difficiles de ma vie : schistes glissants, pentes ultra raides, névés glacés obstruant le chemin. J’ai dans mon sac des petits crampons forestiers, mais je réalise trop tard que j’en ai besoin : la pente est trop raide pour que je puisse les sortir de mon sac sans me mettre en danger. (Je retiendrai la leçon le lendemain, pour le franchissement du Pas des Cavales, et mettrai les crampons AVANT d’en avoir besoin). Je m’arc-boute sur mes bâtons et peine à atteindre, avec un immense soulagement, la partie rocheuse du col, plus facile bien que verticale car équipée d’une chaîne. Quel soulagement une fois le col atteint, et quelle récompense : la vue sur le lac de l’Eychauda aux airs de banquise alpine est sublime ! Sur le GR54, chaque jour réserve son éblouissement, et celui d’aujourd’hui est de taille.
Descente vers le lac de l’Eychauda
Nous redescendons au milieu des joubardes en fleurs vers le hameau de Chambran, où j’aurais bien pris un café si nous avions eu plus de temps (les randonneurs passant par le sentier « classique » y font souvent leur pause dej), puis vers Vallouise.
Hameau de Chambran
Je découvre ce village magnifique un jour de marché haut-alpin : un tourton bien chaud, la beauté de l’église, des fontaines et des ruelles typiques nous font oublier nos efforts. Vallouise est superbe, avec son église baroque alpine, son pont fleuri sur la Gyronde, son vieux village authentique. J’aime découvrir sur ce GR54 non seulement des sommets, des lacs et des alpages, mais aussi les villages iconiques des Ecrins – Vallouise fait d’ailleurs partie des villages d’alpinisme des Écrins.
Vallouise, de Chambran au coeur du village, fleurs et charme authentique
On dort dans un super gîte d’étape convivial, L’Aiglière, labellisé Esprit Parc National. Ce soir-là à table, nous sommes tous marcheurs sur le GR54, l’ambiance est hyper chaleureuse et tout a été pensé pour nous : petit coin lessive pour laver des vêtements, frigo à disposition, possibilité de composer soi-même son pique-nique… c’est très apprécié ! Nous ne le savons pas encore, mais l’étape du lendemain sera costaud elle aussi… heureusement, notre nuit est réparatrice !
Au gîte d’étape L’Aiglière : dortoir ou chambre individuelle avec lits superposés, douche comprise dans le prix, espace lessive, réseau téléphonique, wifi, gîte d’étape simple et efficace
GR54, jour 3 : du col de Pousterle à Pré la Chaumette par le vallon du Fournel
26km, 1600D+, 1300D- La plus longue journée ! Au moment de notre trek mi-juillet, le haut col de l’Aup Martin (2800m) est dangereux et déconseillé. Depuis, les équipes du parc ont remis le sentier en état début août 2024, à la pioche et à l’huile de coude, mais cet itinéraire de haute altitude très raide et exposé est souvent dangereux en début de saison : renseignez-vous bien avant de le franchir, sur le site du parc national des Ecrins, auprès des maisons du parc ou auprès des hébergeurs situés sur l’étape d’après (ils ont les retours de ceux qui ont franchi le col !) Au moment de notre venue, il est donc vivement recommandé de prendre la variante GR54A par le vallon du Fournel et le pas de la Cavale (2700m), juste en dessous de l’Aup Martin. Problème : Vallouise-Pré la Chaumette par le vallon du Fournel, cela signifie une journée à 33km, 2200D+. Nous décidons avec d’autres randonneurs de prendre une navette jusqu’au col de Pousterle, raccourcissant notre étape à 26km, 1600D+ et 1300D-. Ce sera quand même la plus longue journée de cette randonnée – mais sublime !
Au col de Pousterle, vue sur le Pelvoux majestueux
Le vallon du Fournel est un chef d’œuvre. Profond de 20km, il s’achève sur des paysages de bout du monde, des cascades abruptes et des rivières sinueuses.
Le spectaculaire vallon du Fournel
Il abrite aussi la réserve botanique desDeslioures, où l’on trouve la plus grande population au monde de reine des Alpes, ce chardon bleu emblématique des Ecrins. Je les ai découvertes l’année dernière au jardin alpin du Lautaret lors de mon exploration des villages d’alpinisme, et je suis émerveillée par ces fleurs symboles de la montagne sculptée par le pastoralisme. La réserve des Deslioures les rassemble en nombre, un véritable tapis bleu – un enchantement !
La réserve des Deslioures et ses reines des Alpes Au fond du vallon de Fournel, le Pas de la Cavale
Le pas de la Cavale se franchit bien, malgré les névés (j’ai sorti les petits crampons), et la vue est superbe. Il nous reste la longue descente jusqu’au refuge de Pré la Chaumette, où nous passerons la nuit dans une atmosphère familiale très sympa. Je fais un yoga, bienvenu après tant de kilomètres et de dénivelé, au milieu des rhododendrons… un moment suspendu !
Autour de Pré la Chaumette, au coeur du parc national des Ecrins
Au refuge de Pré la Chaumette : refuge de montagne, aucun réseau téléphonique (j’ai eu brièvement du réseau (Orange) au Pas des Cavales, mais pas dans le vallon de Fournel ni dans la descente vers Pré la Chaumette), chargement des téléphones possibles en salle commune, pas de wifi, douche payante (minutée, avec jeton de douche), grands dortoirs
GR54, jour 4 : du refuge de Pré la Chaumette au refuge de Vallonpierre
11km, 1160D+, 700D-
Un des plus beaux refuges des Alpes au bout de la randonnée ! Beaucoup de randonneurs choisissent de descendre jusqu’à La Chapelle en Valgaudemar, ce que je comprends : l’étape découpée ainsi est courte en distance, nous sommes arrivés vers 14h30 au refuge de Vallonpierre et aurions encore eu la force de descendre jusqu’à La Chapelle. Mais pour moi, dormir à Vallonpierre était une de mes grandes motivations à faire le GR54, et il était inenvisageable d’y renoncer – aucun regret.
Vallonpierre, la pépite absolue
On part de Pré la Chaumette avec au menu de la journée une belle dégustation en 3 cols : col de la Vallette, col de Gouiran et col de Vallonpierre, pour arriver dans le Valgaudemar.
Menu en trois cols : montagnes et merveilles
Malgré la difficulté annoncée sur le topo, on vit très bien cette étape : certes, il y a presque 1200D+, mais les montées sont progressives, certes, il y a de beaux schistes noirs bien raides, mais les sentiers sont bien tracés et la météo au beau fixe. C’est le premier col, celui de la Vallette, que j’ai trouvé le plus difficile, à cause de la descente (après le Col de la Vallette, en direction du Col de Gouiran) : la raideur de la pente en schistes noirs est impressionnante par endroits !
Au col de la Vallette
Les panoramas sur les montagnes sont splendides. Chaque franchissement de col révèle de nouveaux vallons solitaires et sauvages.
Dans le vallon sauvage et poétique en direction du Col de Gouiran
C’est un grand 8 des splendeurs alpines, avec une apothéose au col de Vallonpierre : nous sommes face au majestueux Sirac (3441m), le roi de cette vallée !
Le 3e col de la journée, celui de Vallonpierre, avec une vue imprenable sur le Sirac
D’abord minérale, puis délicieusement fleurie, la descente nous conduit à l’un des plus beaux refuges de toutes les Alpes : Vallonpierre, entre lac et Sirac, un bijou de douceur idyllique. Les reflets et les chaises longues au bord de l’eau, l’accueil chaleureux des gardiens et la beauté du couchant, c’est une journée parfaite. Je rêvais de randonner sur le GR54 notamment pour dormir ici – c’est chose faite, et c’est encore plus magique que je l’imaginais. Au petit matin, une famille de chamois vient nous rendre visite sur l’autre rive du lac, nous observant avec intérêt. Cette aventure nous procure tant de joie…
L’après-midi et la nuit à Vallonpierre resteront mon plus beau souvenir de plénitude, de sérénité absolue – une apothéose de bonheur !
Au refuge de Vallonpierre : refuge de montagne, pas de réseau téléphonique (je n’en ai pas eu de la journée), pas de wifi, pas de chargement des téléphones, douche payante (jeton de douche, douche minutée) ou douche solaire (froide) en extérieur gratuite, grands dortoirs et tentes en extérieur quand le refuge est complet
GR54, jour 5 : boucle hors GR par le vallon du Gioberney
Parce que j’ai choisi de passer la nuit à Vallonpierre, c’est une petite journée qui nous attendrait si nous choisissions de rester sur le tracé du GR54 : 14km, 1200D-, cela se boucle en 3h. Je suis très heureuse de découvrir La Chapelle en Valgaudemar, un autre village d’alpinisme des Ecrins, mais j’ai envie d’en voir davantage. Nous amorçons la sublime descente vers la vallée au milieu des forêts de rhododendrons.
La descente vers La Chapelle en Valgaudemar, face aux Rouies (à gauche), est inouïe
J’avais décidé de rajouter une boucle par le vallon du Gioberney qui n’est pas sur le tracé classique du trek, pour le plaisir de découvrir à la fois le chalet-hôtel du Gioberney, auberge mythique des Ecrins au bord de la cascade de la Mariée, et deux lacs emblématiques du Valgaudemar : le lac du Lauzon et le lac Bleu (500D+).
La descente de Vallonpierre au Gioberney au milieu des rhododendrons, et la cascade de la Mariée vue depuis le chalet hôtel du Gioberney
Au chalet-hôtel du Gioberney, on se régale de tourtons et de ravioles du Champsaur, spécialités de la vallée, dans un cadre sublime avec vue sur la cascade.
Ravioles du Champsaur au chalet hôtel du Gioberney
Malgré l’averse qui menace au lac du Lauzon, et qui nous attrape au Lac bleu, je suis émerveillée par les reflets et les panoramas sur le sommet majestueux du Sirac. Je me promets de revenir ici par beau temps : ce Valgaudemar, « petit Himalaya » des Ecrins, remplis de lacs sauvages et de sommets découpés, me fascine complètement.
Les sublimes lacs du vallon du Gioberney, où je me promets de revenir sous le ciel bleu. Le Valgaudemar me plaît tellement ! Au mitan de ce GR54, Geoffrey (mon compagnon) nous rejoint pour deux jours, et je suis très heureuse de le retrouver un peu
La Chapelle en Valgaudemar, un des 7 villages d’alpinisme des Ecrins, m’émerveille par son ambiance profondément montagnarde et authentique. La maison des guides du Valgaudemar est un temple de l’histoire alpine de cette vallée et me donne follement envie de sommets.
La maison des guides du Valgaudemar, promesse de sommets
J’adore notre hôtel, l’hôtel de l’Olan, où on mange merveilleusement bien – Adrien me reparlera avec émotion de la chantilly au Grand Marnier pendant des jours.
Beauté de l’hôtel de l’Olan, ambiance alpine et conviviale
A l’hôtel de l’Olan : chambres individuelles (pas de dortoir), douches comprises dans le prix, électricité, wifi, réseau téléphonique, joli hôtel de charme
GR54, jour 6 : La Chapelle en Valgaudemar – Les Souffles par le pas de l’Olan
16km, 1850D+, 1000D-
La plus belle étape de la randonnée? Pour passer de La Chapelle en Valgaudemar au refuge des Souffles, il existe deux options. L’itinéraire classique passe par Villar-Loubière (1100D+). Et la « variante alpine » passe par le refuge de l’Olan et le pas de l’Olan (2700m) avant de redescendre vers le col de Colombes et les Souffles (1850D+, 1000D-). La variante me faisait rêver, mais je craignais de trouver des névés là-haut, après m’être fait peur au col des Grangettes trois jours plus tôt. Je me renseigne auprès de la gardienne du refuge de l’Olan et auprès du bureau des guides en Valgaudemar : ça passe bien! La météo est parfaite, alors c’est parti pour notre plus gros dénivelé positif du trek. Aucun regret, cela valait chaque mètre vertical parcouru.
Le pas de l’Olan
La montée au refuge de l’Olan (1300D+) est magnifique : fleurs et cascades, panoramas de plus en plus saisissants.
Montée fleurie au refuge de l’Olan
Au refuge, l’accueil est chaleureux et on s’offre un déjeuner de luxe en mangeant sur place, sur l’une des plus belles terrasses des Ecrins. Aucun regret : c’est un de nos meilleurs repas du GR, ne ratez pas les pâtes carbo !
Déjeuner fastueux au refuge de l’Olan – ça change des pique-niques !
Puis on s’élance dans un univers minéral et vertigineux pour la grande traversée du pas de l’Olan et du Col de Colombes. C’est probablement la partie la plus sauvage et solitaire de notre trek. Je me sens réellement loin de tout, au bout du monde, dans ces immensités sublimes, et je comprends pourquoi le Valgaudemar est surnommé petit Himalaya des Ecrins. Le col de Colombes tout drapé d’ombres contrastées qui semblent appuyer encore l’immensité vertigineuse des montagnes me fascine. Éblouissant !
Dans les solitudes empierrées entre le pas de l’Olan et le col de ColombesCol de ColombesSur la crête après le col Arrivée au lac Lautier
À l’arrivée au lac Lautier, l’émotion m’envahit. La sérénité sublime de ce lac des confins m’émeut aux larmes. Ce que j’ai adoré avec le GR54, c’est le fait de m’enfoncer si profondément dans le parc national des Ecrins et de découvrir des pépites secrètes, accessibles après de longues heures de marche et dont la découverte a chaque fois été un éblouissement.
Lac Lautier
Petite parenthèse sur le lac Lautier, qui a suscité beaucoup de questions sur Instagram lors de mon trek : Ce lac merveilleux, situé à 2360m, s’appelle le lac Lautier. Il est situé à Villar-Loubière dans le Valgaudemar. En randonnée à la journée, c’est un circuit exigeant : 1500D+, 17km. Mais il se situe aussi sur deux itinéraires de trek à réaliser en plusieurs jours au cœur des Ecrins. Sur le tour des refuges en Valgaudemar : du refuge des Souffles au refuge de l’Olan, 950D+. Un itinéraire ultra sauvage au cœur de ce merveilleux Valgaudemar qui m’aimante irrésistiblement. Sur le GR54 : on prend le même itinéraire dans l’autre sens. De La Chapelle en Valgaudemar au refuge des Souffles par la variante alpine du pas de l’Olan et du col de Colombes, 1850D+. Une grosse journée, mais peut-être la plus belle du trek, avec un passage incroyable par le refuge de l’Olan et les crêtes de Colombes. J’ai eu l’impression d’être partie au bout du monde et de toucher à mon Everest…
Sublime lac Lautier
Une dernière longue descente vers les Souffles, et cette magnifique journée s’achève. Etait-ce un songe ? Je marche dans mon rêve, et c’est si beau….
Au refuge des Souffles : refuge de montagne, réseau téléphonique (Orange) à certains endroits mais sporadique, pas de wifi, douches en option (jeton payant, douche minutée), grands dortoirs, chargement des téléphones en salle commune limité à quelques appareils
GR54, jour 7 : du refuge des Souffles au Désert en Valjouffrey par le col de la Vaurze
11km, 640D+, 1340D-
Sur un trek de 12 jours, il faut toujours une journée de galère, de catastrophe, de « mais qu’est-ce que je fous là ? » Lecteur, voici cette journée. Le Col de la Vaurze, ce n’est pas sympathique. C’est raide, c’est du schiste noir, c’est sauvage et solitaire, c’est ingrat. Mais le col de la Vaurze sous l’orage et le déluge, ce n’est carrément pas recommandable.
J’ai pris une photo de cette journée, peu après le départ du refuge des Souffles et avant le début de la montée vers le col de la Vaurze, à l’heure où tout allait encore bien. Et puis, je n’ai plus pris de photos.
Dernière photo de la journée, avant l’orage. Le col de la Vaurze est sur la crête noire au fond à gauche
Au col de la Vaurze, l’orage annoncé pour 14-15h a éclaté à 8h30 du matin. Nous étions à l’endroit le plus nu et exposé imaginable, sous les éclairs, avec aucune possibilité d’abri, aucun rocher, juste une étendue nue de schistes noirs. C’est donc parti pour 1340D- sous une pluie battante, au milieu des torrents de boue et entre Charybde et Scylla : mourir foudroyé ou mourir d’une chute dans les schistes, j’hésite. J’ai survécu au col de la Vaurze, mais je vais avoir à vous en dire du bien.
Le col de la Vaurze et sa descente redoutée, vus depuis le Désert en Valjouffrey, une fois le beau temps retrouvé
En revanche, je n’ai aucun mal à vous dire du bien du gîte d’étape des Arias au Désert-en-Valjouffrey, où nous sommes arrivés inondés et épuisés comme des naufragés un peu avant midi. Ils ont les dortoirs les plus confortables du GR54, une équipe hyper chaleureuse et accueillante, une belle salle commune colorée pleine de produits locaux estampillés esprit Parc national, de jeux et de bouquins, plein de bières et de thé, une croziflette qui déchire et de fabuleux desserts à la myrtille. Arriver là-bas après le col de la Vaurze sous l’orage, c’est passer de l’enfer au paradis !
Ambiance chaleureuse au gîte les Arias
Au gîte des Arias : dortoirs confortables de 4 personnes avec des lits assez grands, prises près de chaque lit, wifi, douches comprises dans le prix, réseau téléphonique, gîte d’étape confort
GR54, jour 8 : du Désert en Valjouffrey à Valsenestre par les orgues de Côtebelle
11,5km, 1000D+, 1000D-
Cette journée est celle de la traversée du Valbonnais, une des vallées les plus secrètes des Alpes (et probablement la plus méconnue des Ecrins). Au fin fond de l’Isère, aux frontières de l’Oisans et du Valgaudemar, nous passons d’un village reculé, le Désert-en-Valjouffrey, à un hameau du bout du monde: Valsenestre. Et nous allons passer par un col inoubliable et photogénique…
Game of Thrones dans les Ecrins ? Je me serais crue plongée au pays des dragons et des marcheurs blancs en découvrant la curiosité géologique la plus incroyable du parc national des Ecrins.
Décor inouï : les orgues de Valsenestre
Au départ du Désert en Valjouffrey, on part en direction du col de Côte Belle où nous attend un spectacle minéral inouï : les célèbres orgues de Valsenestre. Ces lames de calcaire évoquant une bibliothèque de pierre se sont dressées à la naissance des Alpes – c’est une véritable capsule temporelle nous ramenant à l’orogénèse de mes montagnes fétiches, et un spectacle unique dans les Alpes françaises. J’ai trouvé mon trône de fer…
Spectaculaire formation géologique
On descend ensuite en direction de Valsenestre, mon village coup de foudre sur le GR54. Nous sommes au bout du bout du monde, dans un village de montagne qui n’est habité que l’été, dans une de ces vallées secrètes dont l’Isère a le secret : le Valbonnais. Niché à 1294m d’altitude, Valsenestre n’a plus d’école depuis 1936, et la route n’est pas déneigée en hiver. Mais il a ce parfum d’éternité des lieux que le temps semble avoir oubliés et je vous encourage vraiment à venir explorer cette pépite préservée au cœur de nos Alpes. Il abrite notamment la plus jolie chapelle de cette vallée, toute couverte de vigne vierge et animée d’un souffle presque panthéiste, célébrant la beauté de la création dans son cocon alpin. Je vous invite vraiment à découvrir cet endroit où le temps semble s’être arrêté.
Valsenestre
Au chaleureux gîte d’étape Le Béranger, on est accueillis avec le sourire et par un chat roux, on teste leur dessert iconique et on reprend des forces pour la suite de notre trek.
Au gîte d’étape Le Béranger : wifi mais aucun réseau téléphonique à Valsenestre, prises et rechargement des téléphones possible en salle commune et en dortoir, douches comprises dans le prix de la nuit, dortoirs. Gîte d’étape simple et confortable
GR54, jour 9 : de Valsenestre au lac de la Muzelle par le col de la Muzelle
9km, 1300D+, 500D-
On quitte Valsenestre dans la brume et passe peu à peu au-dessus de la mer de nuages pour arriver face à la muraille étincelante….
Sortir des nuages
C’est la dernière grande ascension du grand tour de l’Oisans et des Ecrins. On part de Valsenestre pour un gros morceau : le col de la Muzelle ! Un véritable mur de schiste noir vertigineux et spectaculaire, heureusement bien tracé : 50 lacets taillés à même la roche par le travail des agents du parc national. C’est impressionnant, mais sans problème au moment de notre GR (fin juillet) : il n’y a heureusement plus de névés.
Le spectaculaire col de la Muzelle
L’arrivée au col est magique : la vue sur le lac de la Muzelle m’éblouit. Sa couleur de pierre précieuse me fascine.
Arrivée au col et descente vers le lac de la Muzelle
Nous sommes revenus en Oisans, Grenoble se rapproche, cela sent la fin du GR : il ne nous reste plus que 3 jours. Je suis partagée entre la nostalgie de la fin du trek, et la joie de retrouver cet Oisans que j’aime tant. Je ne suis pas d’ici, je suis drômoise, mais chaque fois que je suis en Oisans, j’ai un sentiment d’évidence extrêmement puissant et troublant, la certitude heureuse d’être chez moi. Vous me retrouverez peut-être un jour en ermite perchée quelque part dans un hameau de Besse ou de Villar-d’Arène… Oisans, les Alpes mythiques, c’est le slogan de la destination, mais pour moi, ce sont les Alpes magiques – mon royaume de Narnia à moi.
Lac, refuge et grande roche de la Muzelle (l’emblème de la station des 2 Alpes)
Parce que je trouve qu’on manque un peu de dénivelé sur ce trek, on décide de monter à l’iconique arche percée de la Muzelle (environ 300D+ pour arriver à la crête), si célèbre sur Instagram. L’effet d’optique est magnifique, mais ce qui me surprend le plus, c’est la vue depuis la crête (d’où on voit l’arche) : le regard porte très loin, découvre les deux stations emblématiques de l’Oisans, les 2 Alpes toutes proches et l’Alpe d’Huez plus loin. On dort au refuge de la Muzelle au bord du lac turquoise et on se prépare à une très longue étape de ce merveilleux trek…
L’arche percée de la Muzelle
Au refuge de la Muzelle : refuge de montagne, dortoirs assez « serrés », douche en option (jeton de douche payant, douche minutée), pas de réseau téléphonique (possible d’aller le chercher (Orange) sur la crête au-dessus du refuge en direction de Venosc, à 5-10 min de marche), pas de wifi, pas de chargement des téléphones
Le confort est assez spartiate, mais la vue est une des plus belles des Alpes françaises. Pure magie de cette terrasse au-dessus du turquoise !
GR54, grand tour de l’Oisans et des Ecrins, jour 10 : du lac de la Muzelle à Mizoen
25km, 2000D-, 1050D+
C’est la dernière grosse journée de notre trek au cœur des Ecrins. La plupart des randonneurs font le GR au départ du Bourg d’Oisans : après la Muzelle, ils montent au col du Vallon et redescendent par le Lauvitel, et ont fini leur voyage. Je suis déjà passée par le col du Vallon lors d’une randonnée à la journée en 2023 (Venosc – Muzelle – col du Vallon – Lauvitel – Venosc), je connais donc la belle descente vers le Lauvitel, je n’ai donc pas de regret à y renoncer cette fois pour découvrir un autre itinéraire.
Souvenir de 2023 : le col du Vallon, avec le lac de la Muzelle en contrebasLa descente vers le lac du Lauvitel. Pour les randonneurs ayant commencé leur GR54 au Bourg d’Oisans, ceci est la dernière étape : une grande descente jusqu’à leur point de départ.
Parce que nous avons choisi de partir de La Grave, il nous reste 3 jours de marche, et il nous faut faire le tour de la station des 2 Alpes par la variante GR54C pour rejoindre ensuite le plateau d’Emparis via Mizoen. La descente du lac de la Muzelle à Venosc est magique : cascades et fleurs jusqu’aux bords du Vénéon, et un arrêt à l’iconique cascade de la Muzelle.
Lac de la Muzelle – Venosc
Je vis avec bonheur notre très belle arrivée à Venosc, un de mes villages préférés de l’Oisans, charmant et authentique. Je ressens ici une vraie plénitude, une joie profonde. Je me sens fatiguée, mais profondément bien. Nous mangeons une crêpe dans un joli jardin au cœur du village.
Venosc et l’ascenseur valléen qui mène aux 2 Alpes
Le sentier en balcon de Venosc à Mont de Lans est long, très long, et souvent fatiguant avec des montées courtes mais très raides, mais j’adore ses vues et son ambiance si méridionale : la lavande sauvage est partout… Il nous a été précisé plusieurs fois (sur le topoguide et sur de nombreux panneaux d’avertissement) que ce sentier comportait des passages vertigineux et qu’il était déconseillé aux personnes ayant peur du vide. Il y a effectivement des sections chaînées un peu exposées (rochers à franchir en s’aidant d’une main courante chaînée), mais ne souffrant pas du vertige, je n’ai personnellement pas ressenti d’engagement trop important – je me suis plutôt sentie « cassée » par l’enchaînement de petites montées et descentes raides, avec dix jours de GR54 dans les pattes !
Le sentier alterne passages en forêt, belles vues en balcon et traversées d’anciens hameaux pastorauxLe type de passages câblés que nous croisonsLavande sauvage ou « lavande vraie » dans la montagne à gauche, lavande de culture (lavandin) dans le village de Mont-de-Lans à droite
L’arrivée au lac du Chambon est belle et douce dans la lumière du soir. J’ai un énorme coup de cœur pour notre étape du soir, le gîte d’étape de l’Emparis à Mizoen, avec son balcon exceptionnel sur le lac, ses gratins de ravioles et son accueil hyper chaleureux et doux – on adore la famille qui tient le gîte. Niché sur un promontoire au-dessus du lac, Mizoen me plaît beaucoup.
Lac du Chambon vu depuis la terrasse de notre gîte à Mizoen
Après cette longue journée de transition, il nous reste 2 étapes sublimes pour rejoindre La Grave : la montée et traversée du plateau de l’Emparis, un des plus beaux endroits du monde à mes yeux.
Au gîte d’étape L’Emparis à Mizoen : dortoirs ou chambres individuelles avec lits superposés, douches comprises dans le prix de la chambre, réseau téléphonique, wifi, prises dans les chambres et dortoirs, gîte d’étape simple mais confortable et très bon petit-dej
GR54, jour 11 : Mizoen – plateau d’Emparis
12km, 1400D+
Cette journée, l’avant-dernière promet d’être une des plus magiques : c’est la montée depuis Mizoen vers le plateau d’Emparis, un sublime balcon sur les glaciers de la Meije, du Râteau et des 2 Alpes. L’ascension jusqu’au refuge des Mouterres est longue (1100D+), mais progressive et pleine de beautés. Nous passons au-dessus du village de Mizoen et surplombons le lac du Chambon par un très beau sentier en balcon où la Meije se dévoile petit à petit, au détour des hameaux traditionnels de Mizoen qui respirent une authentique culture pastorale et montagnarde. Nous faisons halte au petit lac du Lovitel (à ne pas confondre avec le grand lac du Lauvitel), et nous repartons très vite : ce lac est ravissant, mais à savourer impérativement avec un anti moustiques puissant ! Pour nous remettre de cette attaque piquante, nous faisons halte au joli refuge des Clots, labellisé esprit parc national, où on savoure la vue sur la Meije au milieu des drapeaux de prière tibétains et avec une bonne omelette.
Sentier en balcon au-dessus du lac du Chambon Hameaux de Mizoen, lac Lovitel, refuge des Clots labellisé esprit parc national Refuge des ClotsOn s’approche de la fontaine pétrifiante !
En continuant l’ascension, on passe par la sublime fontaine pétrifiante de Mizoen, une des plus belles cascades de tuf de ma vie : ici l’eau chargée de calcaire a pétrifié la mousse en une cataracte dorée tout droit sortie d’un livre de contes de fée. La tourbière qui surplombe la cascade est extrêmement fragile et protégée. Ici comme ailleurs, on ne sort jamais des sentiers, et on admire de loin l’extraordinaire floraison qui s’épanouit dans cette zone humide préservée.
Majestueuse fontaine pétrifiante et tourbière fleurie au dessus : petit paradis
On atteint au terme de la montée le refuge des Mouterres, où nous dormirons le soir. La vue sur les glaciers est d’une beauté inouïe et la grande terrasse offre un panorama majestueux. Mais après un café et une tarte aux myrtilles, nous décidons de continuer jusqu’aux lacs du plateau d’Emparis (300D+), car nous savons que le lendemain, nous ne prendrons pas le temps de les savourer : nous voulons être à midi à La Grave pour reprendre le bus pour Grenoble.
Refuge des Mouterres et vue Meije et Râteau
Le plateau d’Emparis est un des lieux qui m’ont déterminée à entreprendre le GR54. J’aime tellement cet immense alpage que les communes de Besse, Mizoen et La Grave se partagent et se disputent depuis le Moyen Âge. Une telle prairie à cette altitude est un trésor pour les bergers – je me régale des histoires rocambolesques de bornes déplacées en pleine nuit, de querelles de clocher pour la meilleure pâture avec vue Meije et neige… Aujourd’hui encore, des troupeaux de vaches et de moutons paissent l’été sur ce plateau magique. Les floraisons sont inouïes et les glaces de la reine Meije se déploient au milieu des pétales. Nous montons jusqu’au sommet du plateau, pour voir le coucher de soleil sur les lacs Noir et Lérié, un des plus beaux endroits du monde à mes yeux. La boucle est pour moi bouclée. C’est ici, en juin 2023, que j’avais décidé de partir pour le GR54. L’émotion est intense. Les Alpes, la montagne, la marche, elles me donnent tant de joie. « Joie, joie, joie, pleurs de joie. » Je ressens tellement de gratitude et suis déjà nostalgique de cette aventure inouïe que nous avons vécue, et qui s’achève demain.
Le plateau d’Emparis, véritable balcon de la MeijeSouvenir d’un matin de juin 2023 au lac Noir avec un reflet parfait Lac noir à gauche, lac Lérié à droite
Nous redescendons au refuge des Mouterres et savourons notre dernière nuit hors du temps.
Refuge des Mouterres
Au refuge des Mouterres : refuge de montagne simple et chaleureux, vue superbe, pas de wifi, un peu de réseau téléphonique (Orange), douche selon disponibilité (plus d’eau à la fin de l’été) gratuite mais froide, dortoirs, quelques prises en salle commune
GR54, jour 12 : refuge des Mouterres – retour à La Grave
12,5km, 300D+, 1050D-
Nous nous réveillons dans une lumière d’une douceur inouïe, qui me fait regretter de revenir à la civilisation. 12 jours, c’est long et si peu à la fois, au milieu d’une telle beauté. Nous remontons comme la veille sur le plateau d’Emparis, mais nous ne faisons cette fois pas le détour par les lacs Noir et Lérié, pour redescendre plus vite et attraper la navette de midi à La Grave. Nous marchons au milieu des troupeaux sur cette immensité poétique qu’est le plateau d’Emparis. Peu à peu, la civilisation revient : les télésièges de la petite station de ski du Chazelet, les premières maisons, le hameau… nous voyons peu à peu se matérialiser le retour en vallée.
Meije, vaches et téléskis du Chazelet
Juste après le Chazelet, nous faisons une halte au Pas dans le vide, superbe balcon grillagé suspendu face à la Meije, pour jouer à se donner de l’adrénaline.
Le pas dans le vide du Chazelet
J’aime infiniment les hameaux de La Grave, que j’avais pris le temps d’explorer lors de ma découverte des villages d’alpinisme des Ecrins. Eglises lombardes et calvaires solitaires, chapelles de grand chemin et croix accrochées au reflet d’un glacier, c’est de la poésie faite village. Jusqu’au bout, le GR54 sera beau. Nous arrivons à La Grave dans l’agitation joyeuse de l’été, et retournons à la vie réelle avec une pointe de nostalgie au cœur. Je le sais, un bout de mon âme est resté suspendue là-haut, quelque part dans les glaces du lac de l’Eychauda, dans les rhododendrons du lac Lautier, dans les lacets de la Muzelle et les tufs de Mizoen, au col de Colombes et dans les reflets de Vallonpierre. Je sais que j’ai vécu la plus belle aventure de ma vie, et que j’ai trouvé mon Eden : les Ecrins, à la folie…
Magie des Ecrins. La Meije vue depuis le plateau d’Emparis, les Agneaux depuis le réou d’Arsine, le lac Lautier
Merci à Destination Parc National des Ecrins et tout particulièrement à Elsa pour leur soutien à cette belle épopée alpine, dont je me souviendrai toute ma vie.Merci à Adrien d’avoir été un fabuleux compagnon de randonnée pendant cette aventure, et à Elsa et Geoffrey qui ont partagé respectivement trois et deux jours de marche avec nous.
Le lac de Sainte-Croix ? C’est la perle du Verdon, l’icône turquoise de la Haute Provence. Il y a cinquante ans, le lac de Sainte-Croix était mis en eau, ouvrant sur ses eaux translucides un monde merveilleux aux voyageurs. A Moustiers-Sainte-Marie côté Alpes de Haute Provence, à Aiguines côté Var, ou dans les gorges de Baudinard à cheval entre les deux départements, les eaux vives du lac irriguent un pays magique, au cœur d’une Haute Provence radieuse qui fait figure d’échantillon ici-bas des joies célestes du paradis. A la bascule entre le vertige des Alpes et le soleil de la Provence, entre le Var et les Alpes de Haute Provence, autour des eaux turquoise du lac de Sainte-Croix s’ouvre un monde merveilleux de falaises abruptes, de gorges poétiques et de canyons vertigineux. Beauté vertigineuse des reliefs, lumière du midi, douceur de l’eau bleue, art et histoire, le Verdon est un nectar de splendeur et à mes yeux un des plus beaux endroits du monde. Alors, que voir, que faire, que vivre autour du lac de Sainte-Croix ? Partir à cheval au coucher de soleil sur les rives, explorer en paddle ou en kayak les criques secrètes des gorges, randonner et chercher les plus beaux points de vue autour d’Aiguines et de Moustiers… Entre panoramas et randonnées, artisanat et saveurs, vues éblouissantes et adresses pépite, voici une collection d’activités incontournables à découvrir au cœur du Verdon, et de bonnes adresses réjouissantes.
Sublime coucher de soleil à cheval, sur les rives du lacPaddle sur les eaux turquoise du lac de Sainte CroixSublimes villages aux abords du lac de Sainte Croix : ici, Moustiers Sainte Marie Randonnées magiques au dessus du lac de Sainte Croix…… et points de vue éblouissants sur les gorges du Verdon !
J’ai réalisé ce reportage en duo avec ma binôme et amie photographe Marion Carcel alias Foehn Photographie. La quasi-totalité des photos de cet article sont les siennes.
Marion, l’autrice de ces photos, à cheval au bord du lac.
Pourquoi le lac de Sainte-Croix ? Un océan au cœur du Verdon
Véritable océan intérieur du Verdon, l’iconique lac de Sainte-Croix est aujourd’hui la 4e retenue hydroélectrique de France et une attraction touristique majeure : la beauté conjuguée de ses eaux turquoise et des spectaculaires gorges du Verdon en font le site le plus célèbre de la Haute Provence. Difficile d’imaginer aujourd’hui que ce lac n’a pas toujours existé, et que sous les eaux du lac s’étendait autrefois une vaste plaine agricole traversée par la rivière Verdon, couverte d’oliviers et de vignes, de lavandes et de cyprès poussant sur ses rives fertiles. Au bleu du lac de Sainte-Croix se sont mêlées les larmes de celles et ceux dont les maisons ont été noyées : la mise en eau d’un barrage aussi monumental charrie son lot de déchirements et de drames intimes. L’idée d’un barrage sur le Verdon n’est pas nouvelle : dès le début du XXe siècle, les pénuries d’eau en Provence inspirent l’idée d’un approvisionnement stable et fiable en eau potable. Mais ce sont les années d’après-guerre, dans une France en plein baby-boom et en pleine révolution agricole, qui a besoin d’électricité, d’eau potable et d’irrigation, qui voient surgir tous les grands barrages hydroélectriques : Tignes en 1952, Serre-Ponçon en 1959, Sainte-Croix en 1973. Ici comme là-bas, la mise en eau du barrage suscite résistances et tristesse chez les premiers concernés, les habitants des villages noyés. Dans le Verdon, le projet initial prévoyait l’engloutissement sous les eaux de trois communes, Bauduen, Salles-sur-Verdon et Sainte-Croix. Suite à la levée de boucliers des habitants, Sainte-Croix et Bauduen furent sauvés, mais Salles-sur-Verdon noyé et reconstruit plus haut. Le musée Mémoire de la Vallée à Sainte-Croix a préservé les images et mémoires de ce temps d’avant, de ces paysages engloutis. En célébrant les 50 ans du lac de Sainte Croix, on commémore aussi ce monde perdu. Avec ses 95 mètres de haut, le barrage de Sainte-Croix retient 760 millions de mètres cubes et a fondamentalement transformé les paysages du Verdon, créé une puissante attraction touristique et métamorphosé l’identité de la région, désormais indissociable de cet « or bleu » qui scintille au cœur des montagnes ensoleillées. Mais le vieux cœur de la Haute Provence bat toujours dans les oliveraies, dans les tours des faïenciers de Moustiers et des ébénistes d’Aiguines, dans les chapelles des vieux villages. Entre sports outdoor et paysages de carte postale, artisanat et bonnes adresses, je vous propose d’explorer ce pays magnifique : que voir, que faire autour du lac de Sainte-Croix ?
Une plaine agricole, devenue mer intérieure, un paysage bouleversé
Que faire autour du lac de Sainte Croix ? Visiter Moustiers-Sainte-Marie
Le plus beau village du Verdon, son incontournable, c’est Moustiers-Sainte-Marie, le village à l’étoile d’or, capitale de la faïence et tout exhalant de cascades, classé parmi les plus beaux de France. Qui a déjà arpenté ses routes sinueuses et odorantes sait que ma Provence compte nombre de villages sublimes, joyaux perchées et chapelles funambules. Mais parmi les plus beaux, les plus touchants de tous, c’est peut-être Moustiers-Sainte-Marie qui l’emporte dans mon cœur. J’ai toujours le cœur qui bat quand je m’approche de la forteresse du Verdon et que je vois la silhouette de Moustiers se détacher de la montagne, comme une crèche provençale grandeur nature.
Moustiers Sainte Marie, un des plus beaux villages de Provence
L’aura de Moustiers, le village la doit à son histoire et à ses légendes. Déjà aux premiers siècles de notre ère, les moines ermites venus d’Orient, après avoir fait halte sur les îles de Lérins (Cannes) où ils établirent le premier monastère des Gaules, vinrent établir des églises primitives dans les grottes au-dessus du village. Les églises actuelles de Moustiers ont cette puissance aura historique qui ajoute encore à leur charme.
Notre Dame de Beauvoir, sur les hauteurs
Au cœur du village, l’église Notre Dame de l’Assomption regorge de curiosités, avec sa nef décentrée par rapport au chœur, son clocher lombard mouvant, son sarcophage du Ive siècle en guise d’autel, ses tableaux où se dissimulent des vues de Moustiers à la Renaissance – une visite guidée vaut le détour.
Eglise Notre Dame de l’Assomption à Moustiers
Tout au sommet de Moustiers se tient Notre Dame de Beauvoir, cette chapelle encadrée de cyprès, secrète et solennelle, où les murs sont noircis par la fumée de dizaines de cierges. Une légende entoure ce sanctuaire : celle des suscitations. Il fut une époque où on craignait pour les âmes des nouveau-nés morts sans baptême : on redoutait qu’elles ne puissent accéder au paradis et restent éternellement piégées dans les limbes. Mais on disait qu’à Moustiers, les bébés morts revenaient quelques instants à la vie dans le mystère de cette chapelle noire, juste le temps de recevoir l’eau baptismale, et d’être admis au royaume des cieux… Cette histoire mystique et funeste nimbe la chapelle d’une aura inouïe – et quand le soleil embrase la pluie et que l’étoile d’or scintille dans le couchant, c’est tout le cœur du Verdon qui palpite.
Montée à la chapelle
Parlons de cette étoile d’or qui veille sur le village, suspendue entre les deux pitons majestueux. Le grand Frédéric Mistral, le père de la nation provençale, l’attribue à un chevalier parti en croisade en Terre sainte, qui aurait fait le vœu de la consacrer à la Vierge s’il revenait en vie sur sa terre natale. La légende est belle, mais les premières représentations picturales de l’étoile sont postérieures… elle surgit, on ne sait trop pourquoi ni comment, au 17e siècle, liée à cette épaisse chaîne qui porterait bonheur. L’étoile garde son mystère, et devient le symbole éclatant de ce village bijou.
L’étoile d’or & la chapelle Notre Dame de Beauvoir
Que serait Moustiers sans ses sources ? Partout au cœur du village, fontaines et cascades rappellent l’omniprésence de l’eau-vive suintant du calcaire du Verdon – c’est à cette ressource infiniment précieuse que le village doit ses millénaires d’histoire, et ses faïences.
Au temps de Louis XV et de l’apogée de l’art de la table, il n’existe que deux fabriques de faïence en Provence qui ont droit de cité sur les tables aristocratiques, à Versailles et partout en France : Marseille et Moustiers ! Le somptueux Musée de la faïence retrace cet art raffiné, et les nombreux ateliers de Moustiers sont un bonheur visuel inouï – chaque fois que je viens à Moustiers, je repars chargée d’oiseaux colorés, de bleus éclatants et de jardins féeriques…
Le belvédère de Tréguier, au-dessus du lac de Sainte Croix
C’est peut-être la plus belle randonnée de Moustiers-Sainte-Marie : le belvédère de Tréguier. Comptez environ 1h30 de randonnée aller-retour pour accéder à ce vertigineux balcon sur les gorges et le lac de Sainte Croix. La randonnée est facile, mais je vous recommande de bonnes chaussures : les roches peuvent être glissantes.
Bonnes adresses à Moustiers-Sainte-Marie
Je vous recommande chaleureusement de venir à Moustiers hors saison (en évitant juillet-août), quand le temps est beau mais l’ambiance et douce et calme. C’est le moment parfait pour découvrir de merveilleuses adresses, au cœur des villages et sur les rives du lac, pour déguster les spécialités locales dans la douceur d’un soir provençal.
Voici quelques idées pour savourer votre séjour à Moustiers. Nous avons été accueillies très chaleureusement et avec beaucoup de gentillesse dans tous ces lieux – je vous les recommande à la fois pour le cadre, la qualité de l’expérience et la douceur de l’accueil.
Le Café gourmandises. Situé sur une terrasse au-dessus de la rivière en plein cœur de Moustiers, il offre un balcon idyllique en pleine verdure et a les meilleures pâtisseries du village – je les recommande toutes !
Café Gourmandises
Le Café Pépite : Ce joli salon de thé propose cafés artisanaux, cookies maison, jus d’orange pressés et glaces artisanales dans la rue principale de Moustiers, avec une vue superbe sur l’église et la chapelle.
Café Pépites
Gaudinetto : un resto de charme en plein cœur du village avec une très jolie terrasse au-dessus des cascades, une ambiance cosy et des spécialités ensoleillées.
Gaudinetto
La bonne auberge : une brasserie généreuse et savoureuse où les plats sont copieux et savoureux, avec une mention spéciale pour les desserts que j’ai adorés.
Le Clos des Iris : un hôtel de charme à l’ambiance délicieusement cottage, avec ses porcelaines au petit-déjeuner, ses jolies chambres en rez de jardin situées de part et d’autre de buissons fleuris et d’allées ombragées.
Le Clos des Iris
Explorer le lac de Sainte Croix : virées sur l’eau
Si vous venez dans le Verdon durant la saison d’été, qui est longue dans ce pays ensoleillé (de fin avril à fin octobre environ – juin et septembre sont mes moments préférés, pour l’été sans la foule), une activité nautique est absolument incontournable. Plusieurs bases nautiques proposent la location de stand up paddle, kayaks, pédalos ou bateaux sans permis sur le lac de Sainte Croix. Impossible de ne pas faire un tour sur le lac le plus célèbre du Verdon.
La carte postale Instagram, c’est le mythique pont du Galetas, qui fait la jonction entre Moustiers côté Alpes de Haute Provence et Aiguines côté Var, et qui ouvre sur les gorges du Verdon. Vous aurez forcément envie de faire la photo, tout le monde le fait, c’est normal et c’est sublime !
Les gorges vues depuis le pont du Galetas
Si vous souhaitez faire le classique tour en bateau/pédalo/paddle/kayak qui entre dans les gorges, les bases nautiques les plus proches sont la base de l’Etoile côté Moustiers (grand choix d’embarcations) et Chez Nounet côté Aiguines (pédalos avec parasol). Je vous parle plus longuement de cette sortie dans mes articles consacrés à Moustiers-Sainte-Marie et aux incontournables du Verdon. Mais il faut que vous sachiez qu’en juillet-août, l’affluence sera très importante, et les navires innombrables dans la gorge. Je vous recommande donc de viser le hors saison (avril-juin ou septembre-octobre)… et d’envisager d’autres options moins fréquentées pour explorer le lac de Sainte Croix autrement, et découvrir d’autres beautés.
Paddle sur le lac de Sainte Croix.
Nous avons cette fois choisi de partir de la base nautique de la Cadeno, située côté Moustiers, mais plus loin du pont, pour explorer des recoins plus méconnus du lac de Sainte Croix. Dans un décor magique de criques secrètes et de forêts immergées, j’ai redécouvert un Verdon plus mystérieux et confidentiel que je ne connaissais pas. La base nautique de la Cadeno propose toutes sortes d’embarcations (pédalos, paddles, canoës), un snack, de la location de transats sur leur très jolie plage. Les tarifs sont doux et l’accueil convivial – une bonne adresse pour vivre le Verdon autrement !
Forêts immergées du lac de Sainte Croix
Franchissons maintenant le mythique pont du Galetas, la carte postale des gorges du Verdon, et passons côté Var.
Que faire autour du lac de Sainte Croix ? Visiter Aiguines, village des tourneurs sur bois
Aiguines est un village du Haut-Var qui mérite d’être découvert. J’aime profondément la vision de son château (privé) au toit de tuiles vernissées entouré de vignes, le point de vue magique depuis sa table d’orientation, le charme typiquement provençal de ses ruelles et placettes.
Aiguines
Mais ce qui a fait la réputation d’Aiguines au fil des siècles, ce sont les tourneurs sur bois. Dans ces forêts du Verdon riches en bois durs et d’excellente qualité – pin, chêne, bouleau, hêtre, peuplier… -, les artisans ont toujours trouvé du matériau de premier choix pour leurs créations. Au XIXe siècle, Aiguines s’est illustré par la qualité et l’originalité de ses créations, qu’il s’agisse d’objets du quotidien (bols, couverts…), de meubles, de jouets pour enfants, ou de la spécialité locale, les boules cloutées, des boules de pétanque en bois massif entièrement rivetées de petits clous. Le Musée des tourneurs sur bois retrace, avec une scénographie superbe qui reconstitue les maisons des années 1900 et une atmosphère délicieusement sylvestre avec jeux de lumière et immersion en forêt, l’histoire de ces artistes du bois. Lors des 50 ans du lac de Sainte-Croix, des démonstrations de tournage en plein air avaient lieu, mais Aiguines abrite toute l’année une école de tournage réputée et reconnue. Si vous passez par là, vous serez sans aucun doute tenté de repartir avec une jolie création en bois – ces artisans ont un énorme talent !
Musée des tourneurs sur boisUn artisanat de précision et d’inventivité
Un petit détail que j’ai aimé à Aiguines, c’est l’omniprésence du cheval, qui figure sur le blason du village et se retrouve au détour de la rue des Cavaliers…
Sublimes points de vue sur le lac de Sainte Croix et les gorges du Verdon : autour d’Aiguines
C’est un point de vue méconnu et magnifique sur le lac de Sainte-Croix : la table d’orientation de la chapelle au-dessus d’Aiguines. D’accès facile (20 min de marche AR depuis le cœur du village), ce point de vue majestueux offre une vue originale et plongeante sur un des plus beaux lacs des Alpes du Sud. La table d’orientation permet d’avoir le plaisir de retrouver les sommets, du Mont Ventoux aux Alpes de Digne, et j’adore la vue sur les toits colorés du village.
C’est ensuite l’occasion de partir en road trip au-dessus des gorges du Verdon. Côté Alpes de Haute Provence, j’adore la célèbre Route des crêtes, au départ de La Palud sur Verdon, dont je vous parle dans l’article consacré aux incontournables du Verdon. Mais rive gauche, côté Var, j’ai découvert à cette occasion une autre route offrant des panoramas absolument spectaculaires : la D71. Partant d’Aiguines et serpentant au-dessus des gorges jusqu’à rejoindre l’Artuby, cette route de montagne spectaculaire offre des visions grandioses sur le Verdon turquoise au fond des gorges ! Vous trouverez une succession de beaux belvédères : le col d’Illoire et sa passerelle au-dessus du vide, le cirque de Vaumale, et un 3e point de vue sans nom, peu après Vaumale que j’ai trouvé inouï lui aussi. N’est-ce pas un des plus beaux endroits du monde ?
Points de vue majestueux sur les gorges du Verdon depuis la rive gauche
Bonnes adresses à Aiguines
Nous avons dormi sur la place principale avec vue sur la jolie fontaine au Vieux château, un hôtel installé dans un bâtiment du XVIIIe siècle.
Pour le dîner, accueil chaleureux et portions généreuses Chez Danté, où on se régale de spécialités italiennes, de pizzas aux différentes farines, de tapas du Verdon et de cocktails savoureux. Convivialité et calories, un bon combo réjouissant.
Chez Danté
A cheval sur les rives du lac de Sainte Croix
Mon plus beau coucher de soleil dans le Verdon ? C’était à cheval, sur les rives du lac de Sainte-Croix, grâce à une très belle rencontre : celle de Verdon Equitation. Cette belle équipe de jeunes passionnés a repris un centre équestre en liquidation judiciaire, sauvant toute la cavalerie (40 chevaux !), décidant de quitter le pays des chtis pour s’installer sur les rives du lac. Leur courage et leur passion force le respect. Cette équipe est vraiment attachante et touchante, et je les trouve géniaux, que ce soit envers les chevaux qui sont traités avec grand soin, et envers les cavaliers, débutants ou confirmés, qu’ils accueillent avec douceur et pédagogie. Un vrai coup de cœur pour ce centre équestre !
Et surtout, regardez le cadre : en trente minutes de chevauchée à peine, nous avions accès à de tels paysages… les criques secrètes du lac de Sainte Croix, les forêts immergées dans le couchant, un air inoubliable de bout du monde. N’hésitez pas à les contacter pour une petite ou grande randonnée équestre dans le Verdon, ils sont super. Et ils ont créé en moi un nouveau rêve : le tour du lac de Sainte Croix à cheval, entre le Var et les Alpes de Haute Provence, pour 3 ou 4 jours de beauté inouïe ! Vous venez avec nous ?
Coucher de soleil à cheval au bord du lac de Sainte-Croix
A l’autre bout du lac de Sainte-Croix : les gorges de Baudinard
Autour du lac de Sainte-Croix, trois gorges célèbres attirent les voyageurs : les gorges du Verdon, du grand canyon du Verdon au pont du Galetas, les basses gorges du Verdon, dans la région de Quinson, et les gorges de Baudinard. J’évoque les deux premières dans mon article consacré aux incontournables du Verdon, mais j’étais curieuse d’explorer les dernières. Situées tout près du barrage, les gorges sont interdites à la baignade, en raison de la température très basse de l’eau (le barrage puise l’eau tout au fond du lac de Sainte-Croix) et des courants changeants dus au fonctionnement hydroélectrique. Mais elles sont fabuleuses à explorer à la rame ! Nous avons loué des canoë-kayak à la base nautique Aquattitude à Montpezat et avons remonté la gorge sur toute la partie autorisée à la navigation. Le début est très charmant, avec un enchaînement de deux lacs aux rives douces et accueillantes, mais la fin est absolument grandiose : un véritable canyon de mousse, de tuf et de cascades, aux airs de conte féerique presque irréel dans la lumière radieuse du matin. Eblouissant et un vrai coup de cœur dans ce Verdon que je ne me lasse pas d’explorer !
Gorges de Baudinard
Une bonne adresse au sud du lac de Sainte Croix : après l’exploration des gorges de Baudinard, nous avons eu le bonheur de déjeuner au soleil dans un endroit beau comme une carte postale exotique, le restaurant Rhumarin à Sainte-Croix-du-Verdon. Balcon sur le lac, saveurs caribéennes, couleurs des eaux et des plats délicieusement tropicaux, un régal visuel et gastronomique !
Explorer un autre Verdon : passer côté Castellane
J’ai énormément exploré les rives du lac de Sainte Croix, amoureuse des vertiges turquoise de la perle du sud, les gorges (notamment en partant faire de l’escalade dans le grand canyon du Verdon) et la route des crêtes. Mais lors de ce séjour en septembre 2024, j’ai décidé de prolonger par deux nuits à Castellane, de l’autre côté des gorges du Verdon, et j’ai fait quelques découvertes qui méritent d’être partagées avec vous…
Au cœur du grand canyon du Verdon : canyoning dans le couloir Samson
C’était quelque chose qui me faisait rêver depuis longtemps : descendre au fond des gorges du Verdon, dans ce canyon profond de 700 mètres, pour le voir d’en bas, et vivre une aventure aquatique. Je me suis tournée vers Haute Provence Outdoor, qui propose de nombreuses activités nautiques : canyoning, randonnée aquatique, rafting… en fonction du niveau d’eau (variable dans les gorges du Verdon), du niveau des participants et de leurs envies. J’ai vécu 4 heures de randonnée aquatique au fond du canyon, une expérience spectaculaire et parfois impressionnante, avec des rapides à franchir, de la nage en eau vive, et visuellement inoubliable : la beauté de cette gorge que le monde entier nous envie est indescriptible. Cette immersion poétique et sportive m’a fascinée !
En remontant au célèbre Point Sublime de Rougon après la randonnée aquatique, nous avions faim : l’aventure en eau vive, ça creuse ! Nous avons écouté le conseil d’une locale qui nous a recommandé la crêperie Le Mur d’abeilles à Rougon, et j’ai trouvé que la vue était plus incroyable encore qu’au Point sublime : un point de vue surplombant époustouflant sur le grand canyon du Verdon, qu’on apprécie encore plus avec une bonne galette au sarrazin arrosée de miel des ruches de Rougon.
Le Verdon méconnu : côté Castellane
Après avoir eu un coup de cœur pour les campings Huttopia en vallée de la Clarée l’hiver dernier, j’ai choisi de dormir deux nuits à Castellane au Huttopia Gorges du Verdon, ce qui m’a permis d’explorer l’autre cité emblématique des gorges. Verdict ? J’ai adoré Castellane, à qui j’ai trouvé un air d’Aix-en-Provence en miniature, avec ses placettes colorées, ses fontaines et son ambiance résolument méridionale. A la maison Nature & patrimoines (entrée gratuite), je me suis plongée avec bonheur dans l’histoire, la culture et les légendes du Haut Verdon, et j’ai adoré flâner dans les rues du village. Mon coup de foudre a été la montée à la chapelle Notre Dame du Roc, veillant sur Castellane depuis son piton rocheux surplombant le village, et qui m’a éblouie par sa situation presque céleste et sa voûte nocturne, où une Vierge astronomique trône « couronnée d’étoiles ». Mystique !
Castellane et la chapelle Notre Dame du Roc (au sommet du rocher)
Je ne saurais assez recommander le restaurant Ô délices, qui porte le label Pays Gourmand, valorisant les producteurs et restaurateurs des Alpes de Haute Provence engagés dans une démarche locavore ancrée dans le terroir. C’est en toute sincérité la meilleure cuisine provençale que j’aie goûtée !
Rues de Castellane et saveurs chez Ô délices
Continuer à explorer le Verdon
Parce que le Verdon est réellement un des plus beaux endroits du monde à mes yeux, vous trouverez de nombreux articles à son sujet sur Itinera Magica, blog de voyage follement amoureux de la Provence et des Alpes. Je vous invite à continuer votre lecture ici :
Pour tout savoir sur Moustiers-Sainte-Marie, découvrir d’autres belles adresses, points de vue et randonnées
Mes incontournables du Verdon : avec la route des crêtes mais aussi des endroits moins connus que les iconiques gorges du Verdon, comme par exemple les basses gorges de Quinson, la cascade de Sillans ou les châteaux de l’Artuby
Pour tout savoir sur l’escalade dans le Verdon, des grés d’Annot aux grandes voies dans le grand canyon du Verdon
Pour explorer le Haut Verdon en hiver, une escapade à skis dans le Val d’Allos
Un grand merci aux Alpes de Haute Provence, au Var et à Expérience Verdon, et tout particulièrement à Chloé, Carolyn et Isabelle, de nous avoir fait revenir dans le plus bel endroit du monde. Verdon forever !
Connaissez-vous le lac de Serre-Ponçon, l’océan intérieur de la Haute-Provence, le lagon des Alpes du sud ? A cheval entre les Hautes-Alpes et les Alpes de Haute Provence, le plus grand lac artificiel de France est un éclat de Méditerranée turquoise perdu au bord du parc national des Ecrins. Les couleurs changeantes de ses eaux claires, le caractère sauvage et escarpé de ses rives, la beauté des plages et des criques, la variété des activités nautiques et des randonnées, tout invite à une sublime évasion conjuguant azur et montagne. Le lac de Serre-Ponçon est à mes yeux une des plus belles destinations d’été en France, et je ne m’en suis jamais lassée. Où dormir lors de votre séjour au bord du lac de Serre-Ponçon ? Dans ce récit de voyage estival, j’aurai le plaisir de vous présenter trois hébergements merveilleux à Serre-Ponçon : un hébergement d’exception flottant sur les eaux, un camping chic et convivial pour tous budgets, et un hôtel-spa plein d’élégance. Préférerez-vous les Toues cabanées du Lac, le camping Sunêlia la Presqu’île ou l’hôtel La Robeyère ? Les trois choix sont superbes et promettent de merveilleuses vacances sur les rives du lac de Serre-Ponçon. Hissez l’ancre, on embarque !
Les toues cabanées du lac
J’ai vécu cette aventure au lac de Serre-Ponçon en duo avec Marion Carcel alias Foehn Photographie. Toutes les photos des Toues cabanées et du camping Sunêlia sont les siennes, les autres sont les miennes.
Marion et Sigma aux Toues cabanées
Un hébergement d’exception sur l’eau : Les toues cabanées du lac
Avez-vous déjà rêvé de dormir au milieu des eaux turquoise, seul sur votre bateau flottant sur le merveilleux lac de Serre-Ponçon ? Ce rêve de marin d’eau douce, on vient le vivre aux Toues cabanées du Lac. Imaginez une toue, sorte de péniche aménagée tout confort, flottant sur les eaux turquoise du lac de Serre-Ponçon. Vous accostez à votre hébergement à la rame : une barque est à votre disposition durant tout votre séjour. À l’intérieur, deux chambres au délicieux style naval, confortables et cosy, une vraie salle de bain avec eau chaude, des toilettes, et une kitchenette fonctionnelle. Le matin, le panier petit déjeuner arrive sur les flots. La lumière des levers et des couchers de soleil sur l’immense lac de Serre-Ponçon est magique et la sensation d’être hors du monde vous donne l’impression d’un voyage infiniment lointain… dans le calme et le bleu, entre Alpes et Provence. J’ai rarement vécu une nuit aussi originale et exceptionnelle que cette parenthèse aquatique tout confort au milieu des montagnes ensoleillées. Nous sommes venues passer trois jours ici dans notre toue cabanée tout confort entre azur du ciel et les flots… et pour nous, c’était une tou-toue cabanée, car ici les chiens ont aussi le droit de devenir matelot.
Les toues cabanées, un hébergement d’exception au bord du lac de Serre-PonçonSensation d’ailleurs inouïeAmbiances changeantes, toujours puissantes ! Marin d’eau douce sur les eaux turquoiseUne belle expérience à vivre avec son toutou aux toues !
Les toues cabanées du lac… avec mon chien
Il est rare que les hébergements d’exception acceptent les chiens. Cela ne rend l’expérience aux Toues cabanées du lac que plus inouïe ! Nos chiennes chéries ont été merveilleusement accueillies, avec des paniers et gamelles à leur disposition, et elles se sont vite habituées à cet hébergement hors du commun ! Voyager avec son chien dans un tel endroit nous a réjouies, et je crois qu’une telle expérience en version dog friendly est quelque chose de réellement inédit en France. Nous avons été très touchées par la gentillesse et la bienveillance des « marins d’eau douce », le personnel des Toues, qui a chouchouté nos chiennes !
Le paradis dog friendly : les (tou)toues cabanées ! Bonheur de partager ces moments avec Nevada et Sigma
Vivre cette expérience exceptionnelle et hors du temps avec elles restera un souvenir inouï. En quelques jours, elles sont devenues expertes de la barque, et même du paddle : deux paddles sont attachés à chaque toue cabanée, et vous pouvez les utiliser comme bon vous semble, afin d’explorer les criques secrètes et les plages cachées.
Explorations en paddle sur le lac
Autour des Toues cabanées, explorer Serre-Ponçon en paddle
Lors de notre séjour aux Toues cabanées, nous avons eu le bonheur de découvrir que deux paddles étaient attachés à chaque toue et que nous pouvions les utiliser librement durant toute la durée de notre séjour pour explorer le lac de Serre-Ponçon et ses criques secrètes. Évidemment, c’était l’occasion de mettre les toutous sur le coup !
Toues cabanées du lac de Serre Ponçon
Ma golden retriever Nevada, qui adore pourtant nager dans l’eau, n’était pas du tout réceptive à l’idée de monter sur ce drôle d’engin. Je retenterai peut-être dans une situation plus facile (en partant de la rive et non d’un bateau), mais je n’ai pas voulu la forcer – le canitourisme doit rester fun pour toutou le monde ! Mais Sigma, la border très joueuse de Marion, était très curieuse et zen, pas inquiète du tout. Elle a accepté avec plaisir de faire un toutou-tour autour de la toue à la rame avec nous. Elle a bon goût : le cadre est sublime. Camaïeu de bleus et de verts, lumières des flots, recoins cachés loin du monde, cette partie du lac est très sauvage et recèle de vrais trésors. Marion et moi avons adoré ces virées à la Pocahontas « au détour de la rivière ! »
Un cours de yoga sur l’eau aux Toues cabanées du lac de Serre-Ponçon
Le yoga est une de mes grandes passions depuis longtemps ! Me renforcer et me préserver, gainer et étirer, respirer et ralentir, approfondir et apaiser ma relation avec ce corps que je sollicite beaucoup… le yoga m’y aide vraiment. Je pratique le plus souvent seule. Mais quand j’ai l’opportunité de pratiquer avec une super prof, j’en retire vraiment un grand bénéfice : corriger mes postures, varier mes pratiques, découvrir de nouvelles choses.
Aux Toues cabanées du lac de Serre-Ponçon, vous pouvez avoir un cours particulier de yoga directement sur votre bateau avec une prof géniale, Ophélie, la créatrice du Om Studio. Ophélie est douce et bienveillante, et intègre à sa séance de beaux rituels jouant avec les sens (odeurs, sons…) pour un relâchement plus profond. Et pratiquer ainsi au milieu de l’eau, avec le mouvement des flots et le bruissement de l’onde, m’a fait encore plus savourer ce moment suspendu, en équilibre.
Merveilleux yoga sur l’eau avec Ophélie – le Om Studio
La Paillotte du Lac, une guingette secrète au bout du lac de Serre-Ponçon
Le bleu étincelant du lac de Serre-Ponçon a des allures de mer à la montagne, et qui dit journée plage dit paillotte ! Les Toues cabanées sont situées dans une crique un peu secrète, tout au bout du lac, qui abrite également un superbe restaurant que je recommande vivement : La Paillotte du Lac. Attention, la route qui y mène est sinueuse (ce petit paradis secret se mérite !) et la réservation est vivement conseillée. Cocktails et desserts fabuleux, ambiance un peu magique et hors du temps, lumignons et transats… j’ai adoré cette ambiance délicieusement insulaire aux effluves d’outre-mer exotique. Les chiens sont les bienvenus à bord et auront droit à leur gamelle d’eau douce.
Douceur insulaire : la Paillotte du LacAmbiance bout du monde
Les demoiselles coiffées du lac de Serre-Ponçon
Juste au-dessus de la crique qui abrite les Toues et la Paillotte du lac trône une étonnante curiosité géologique sculptée par l’érosion. Les géologues appellent « cheminées de fée » cette formation insolite, un nom poétique et une jolie petite balade au soleil des Alpes du Sud ! La randonnée est très facile : 15 min de marche depuis le parking pour accéder au belvédère donnant sur les cheminées de fée. Mais je recommande de porter des chaussures fermées et non des tongs, car le sentier est accidenté. Les chiens sont autorisés, nous sommes venues avec nos peluches.
Les demoiselles coiffées du lac
Le camping idéal au bord du lac de Serre-Ponçon : Sunêlia La Presqu’île
Envie d’être dépaysé, mais peu de temps ou peu de budget ? J’ai demandé à mon pays de m’offrir des rêves aussi beaux que le bout du monde, les Alpes et la Provence m’ont exaucée. J’ai compris qu’on pouvait être dépaysé sans quitter le sud de la France. Le lac de Serre-Ponçon, l’océan intérieur de la haute Provence, a fait partie de mes révélations : cet endroit est inouï, turquoise comme les îles d’ailleurs. Envie de belles vacances, en famille ou avec votre chien, en Provence Alpes Côte d’Azur, au cœur des montagnes, dans un lieu idéal pour la randonnée, la baignade et le soleil ? Je me suis découvert depuis quelques années un énorme coup de cœur pour les beaux campings soignés, en France, de préférence au bord d’un lac. Un camping soigné, chaleureux et accessible à Serre-Ponçon ? Voici le camping Sunêlia La Presqu’île, qui répond à toutes les envies, petit budget ou vrai confort, toujours avec une vue exceptionnelle. La situation du camping est absolument idéale : nous sommes au centre du lac, à deux pas de l’iconique chapelle Saint Michel et des plus belles plages.
Des vues incroyables : camping Sunêlia La Presqu’île
Camping simple ou glamping chic, tout est possible à La Presqu’Île
Nous avons eu un vrai coup de cœur pour l’immense variété des hébergements proposés : beaux emplacements simples, lodges et tentes insolites, chalets haut de gamme, il y en a pour toutes les envies et tous les budgets. Et le must, c’est que tous les hébergements et emplacements ont une vue magnifique sur le lac de Serre-Ponçon. Si vous venez en tente ou avec votre van aménagé, vous adorerez les emplacements : larges, ombragés, confortables. Nous avons découvert des chalets et lodges deluxe, de vraies petites maisons de bois clair et de baies vitrées, lumineuses et cosy. Les chiens sont vraiment bienvenus, dans tous les hébergements, et quasiment tous les espaces : seule la pelouse de la plage est interdite aux chiens, pour des raisons d’hygiène. Mais dans les allées du camping, au restaurant et dans les espaces de jeux, nous avons croisé de nombreux toutous heureux de leurs vacances en Provence !
Vacances au paradis avec son chien chériDe très beaux chalets
Non seulement la plage est superbe, mais la grande piscine juste au-dessus du lac m’a émerveillée : bleu sur bleu, au bord du bord des flots…
Ton sur ton de bleu Serre-Ponçon
L’ambiance est familiale et chaleureuse, calme sans être guindée, les espaces sont parfaitement entretenus, les sanitaires nickel… un sans-fautes.
Un resto au bord du lac de Serre-Ponçon : Les pieds dans l’eau
Le lac de Serre-Ponçon est un véritable coffre aux trésors, on ne se lasse pas de voguer sur ses eaux et de découvrir des pépites. Le resto du camping La Presqu’île s’appelle Les pieds dans l’eau et se niche au coeur du lac, sur une terrasse juste au-dessus de l’eau. Emplacement hyper central, ambiance insulaire presque polynésienne, salades fabuleuses, j’ai adoré ce moment savoureux. Pour un déjeuner ou un dîner doux et coloré, on accoste à la guinguette comme sur une île tropicale avec un sunset sucré.
Les pieds dans l’eau
Un tour en bateau sur le lac de Serre-Ponçon avec son chien
Un loueur de bateau sans permis qui accepte les chiens ? Rendez-vous chez Sud Escapades, partenaire du camping La Presqu’île. L’accueil est chaleureux et la prise en main aisée, les bateaux sont faciles à manœuvrer et l’expérience du lac de Serre-Ponçon depuis les flots est unique : criques secrètes et rivages préservés. De plus, l’originalité de Sud Escapades, c’est d’accepter les chiens à bord – chose rare parmi les loueurs sur le lac ! Nous avons vraiment apprécié cet accueil bienveillant et les chiennes ont beaucoup aimé l’expérience nautique.
Bonheur du bateau avec son chien sur les eaux bleuesLa chapelle Saint Michel
Un hôtel spa de charme sur les rives de Serre-Ponçon : La Robeyère
Vous recherchez une adresse élégante et raffinée entre rivage et ville, au-dessus de Serre-Ponçon et aux portes d’Embrun, la belle capitale du lac ? Rendez-vous à La Robeyère, bel hôtel-spa familial et soigné qui respire la lumière et la délicatesse. La décoration de chacun des espaces et des chambres m’a réjouie. La facture délicatement provençale de notre grande chambre néo-classique aux tons de bleus, avec sa vue sur les sommets, ses moulures antiquisantes, ses abeilles sur papier-peint, ses tableaux herbiers et sa grande salle de bain, tout était parfait.
L’élégance de La Robeyère
Le souvenir le plus fort que je garderai de La Robeyère, c’est l’exceptionnelle qualité culinaire de ce qui nous a été proposé. Le restaurant gastronomiqueavec vue sur la montagne des Orres est fabuleux, et j’ai été marquée par son excellent rapport qualité-prix. On nous a servi un menu intégralement sourcé dans les Hautes Alpes, avec produits frais, cuisine maison et associations créatives. Dîner sur cette grande terrasse avec les Orres illuminées au loin sur la montagne et une farandole de saveurs soignées nous a enchantés. Le buffet de petit-déjeuner n’était pas en reste !
Le spa de ce bel hôtel, Les Bains de la Robeyère, est merveilleux. Une grande piscine intérieure, chaude et lumineuse, un sauna et un hammam superbe nous attendaient. Le hammam est de toute beauté, scintillant comme une grotte aux cristaux précieux, mais la buée m’empêchait malheureusement de le photographier…. excellente raison d’aller le découvrir en personne. Un bain nordique à l’extérieur, avec vue sur les montagnes, et des chaises longues en plein soleil, joue sur une atmosphère de douceur scandinave en tête à tête avec la montagne.
La beauté des bains de la Robeyère
Dormir à La Robeyère est aussi une excellente raison d’aller découvrir Embrun, ville d’histoire et de patrimoine, qui fut l’un des plus puissants évêchés du Sud. Sa majestueuse cathédrale de style lombard est la plus grande église des Alpes, et un somptueux belvédère !
Parce que le lac de Serre-Ponçon est une de mes destinations d’été préférées au monde, je suis souvent venue l’arpenter, à pied, à vélo ou à la rame.
Profitez de votre séjour pour randonner sur les sommets environnant le lac. Parmi les randonnées faciles et familiales, je vous propose le lac de Saint-Apollinaire, et le sentier des crêtes de Réallon, accessible par les remontées mécaniques.
Lac de Saint Apollinaire
Pour une randonnée plus engagée, mais spectaculaire, mes plus belles vues sur le lac de Serre-Ponçon ont été le pic de Morgon et les Aiguilles de Chabrières.
Envie de VTT ? Réallon et Les Orres ont de superbes bike parks avec vue sur le lac, offrant une grande richesse aux amateurs de descente sportive.
Pour un envol au-dessus du grand bleu, le site de Saint-Vincent-les-Forts est l’un des plus beaux décollages en parapente des Alpes. Inouï !
Explorez l’histoire passionnante et poignante du lac de Serre-Ponçon au Muséoscope du lac, qui remonte le temps à la rencontre des villages noyés lors de la mise en eau, et des prouesses techniques inouïes présidant à la naissance du lac.
Pour une aventure aquatique intense, la descente de l’Ubaye en rafting permettra aux plus aguerris d’arriver jusqu’aux eaux calmes du lac. Attention, ce parcours est sportif !
Je vous laisse en découvrir davantage dans mes précédents articles consacrés au lac de Serre-Ponçon.
Vacances de rêve à Réallon : VTT à Réallon, randonnées au lac de Saint Apollinaire et aux aiguilles de Chabrières, muséoscope du lac, sunset paddle tropical avec ti’punch
Pour suivre mes vadrouilles entre Alpes et Provence, grands lacs et montagnes magiques, n’hésitez pas à me suivre sur Instagram !
Entre Alpes et Provence, mon coeur balance. A Serre-Ponçon, les deux battent à l’unisson !
Merci aux Toues cabanées du lac, à la Paillotte du lac, à Sunêlia La Presqu’île et à tous les prestataires pour leur accueil merveilleux au bord de mon lac chéri. Merci à Aude pour sa confiance. Serre-Ponçon, le paradis !
Connaissez-vous la vallée de la Drôme, la région de la forêt de Saoû, de la tour de Crest, du village perché de Mirmande, des montagnes des 3 Becs et de la lavande en début d’été ? Dans le sillage de la belle Drôme turquoise, rivière alpine qui descend des montagnes pour rejoindre le Rhône, cette vallée est le paradis des sports de pleine nature, des villages perchés et des vergers sucrés. Que faire, que voir en vallée de la Drôme pour de belles vacances d’été ? La vallée de la Drôme est à mes yeux une pépite absolue, entre kayak sur les eaux bleues et montagnes saisissantes, villages classés et donjon triomphant, plus beaux villages de France et activités de pleine nature épiques. Je suis drômoise, de naissance et de cœur, et je vais tout vous raconter. J’aime à la folie ma région natale, ses lumières et ses rivières, ses reliefs et ses saveurs. Balades de charme au fil de la rivière Drôme, sports outdoor, escalade et randonnée, échappées cyclables le long de la VéloDrôme, voyages avec son chien et belles adresses savoureuses à la rencontre du terroir drômois, un magnifique séjour vous attend en vallée de la Drôme. Suivez le guide !
La forêt de Saoû, paradis de l’escalade et de la randonnée Kayak sur la Drôme, un incontournable de l’étéVue sur les 3 becs, montagne emblématique de la vallée de la Drôme, depuis la tour de Crest.
Pour raconter, filmer et photographier la vallée de la Drôme et vous raconter tout ce qu’il y a à voir et à vivre dans la région de Saoû et de Crest, je me suis entourée d’une équipe de choc. Les photos de cet article sont l’œuvre de Marion Foehn Photographie, les vidéos, celles de Pauline Filippelli.
Pauline Filippelli (à gauche en robe rouge), vidéaste, et Marion Carcel, (à droite avec sa chienne Sigma), photographe. Nous avons réalisé ce reportage en trio en vallée de la Drôme. Toutes les photos de cet article (sauf mention) sont l’œuvre de Marion.
Que faire en vallée de la Drôme : la vidéo
Voici pour commencer trois minutes d’immersion en vallée de la Drôme, entre soleil et eau vive, culture et adrénaline ! Une vidéo de Pauline Filippelli.
Que faire en vallée de la Drôme ? Sports de pleine nature, rivière et aventure
Pays de sommets et de soleil, d’eau vive et de ciel bleu, la vallée de la Drôme est le paradis des sports de pleine nature. Envie d’aventure cet été ? Ma Drôme chérie est montagnarde, verdoyante et sportive. Quelques idées pour des vacances riches en expériences outdoor.
Descendre la rivière Drôme en kayak
Je suis amoureuse de la Drôme, rivière alpine et sauvage qui prend sa source dans les montagnes avant de dévaler en tresse turquoise sur une centaine de kilomètres. L’incontournable de l’été en vallée de la Drôme, c’est la descente de la Drôme en kayak. Nous nous sommes tournées vers Canoë Drôme, basé à Saillans. Des parcours de longueurs et de difficultés variées vous permettent de serpenter entre montagnes des 3 Becs, vignes et plages accueillantes. Familial et facile ou tonique et sportif, il y en a pour tous les goûts selon les parcours ! Et je trouve la rivière Drôme incroyablement belle.
Les joies de l’été dans la Drôme : la descente en canoë-kayak
Baignade sur les plages de la Drôme, en famille ou avec son chien
Turquoise et accueillante, avec ses plages de galets, ses eaux vives toniques mais accessibles, la Drôme turquoise invite à la baignade sous la chaleur du soleil provençal. En arrière-plan des nombreuses plages, on retrouve la montagne emblématique de la vallée de la Drôme : les Trois becs et leurs reliefs iconiques. Entre eau cristalline et décor montagnard, la Drôme est une rivière carte postale.
Superbes plages sur la Drôme, ici celle de Gervanne Camping à Aouste-sur-Sye
Cela fait des années que j’ai plaisir à arpenter la vallée de la Drôme avec ma chienne Nevada : la quasi-totalité des plages sur les rivières sont autorisées aux chiens, et de nombreuses adresses leur souhaitent la bienvenue. Les rares zones interdites aux chiens en vallée de la Drôme ne sont pas des zones de baignade, mais des zones de protection, notamment de réserve naturelle – je vous en parle un peu plus bas.
Baignades en vallée de la Drôme : le Roubion et la Gervanne
Outre les plages sur la Drôme, d’autres baignades en rivière sont possibles en vallée de la Drôme.
J’ai eu plaisir à nager dans le Roubion à Pont-de-Barret, au milieu de vasques saisissantes sculptées par le remous. On nage au pied d’une falaise abritant un site d’escalade célèbre : Pont-de-Barret est aussi un paradis des grimpeurs. Si vous passez par ce joli village de charme, ne manquez pas la Fontaine minérale, guinguette estivale déjantée et resto de qualité.
Baignade à Pont-de-Barret, photo Itinera Magica
Je vous recommande encore d’aller faire trempette dans la Gervanne à Omblèze. Cascadant sur la Gervanne, la chute de la Druise est l’une des cascades les plus iconiques du Vercors drômois. La randonnée du canyon des Gueulards, à travers une gorge remplie de mousse, court parallèlement aux gorges, et les gorges d’Omblèze sont un paradis de l’escalade. Si vous vous rendez à Omblèze, n’oubliez pas d’aller déjeuner ou dîner au Moulin de la pipe, un des plus vieux restaurants de la Drôme ! Il est malheureusement fermé durant l’été 2024, mais sa réouverture est prévue en avril 2025.
Chute de la Druise en Gervanne, photo Itinera Magica
Enfin, en continuant côté Dieulefit, la rivière le Lez réserve de très belles opportunités de baignade, notamment du côté de la Roche-Saint-Secret.
Explorer les berges de la Drôme à la Gare des Ramières
Pour découvrir la biodiversité exceptionnelle des bords de Drôme, rendez-vous à la réserve naturelle de la Gare des Ramières. Ce site comporte à la fois une maison-musée en plein air, la maison de la réserve, et de beaux sentiers de balade aménagés, avec des belvédères sur la rivière et des affûts pour observer la faune le long des berges de la rivière. La maison de la réserve m’a fascinée avec sa vitre transparente sur la mare et ses habitants : une occasion exceptionnelle d’admirer le monde sous la surface, entre batraciens, insectes (le dytique, terreur des mares…) et plantes subaquatiques. Hypnotisant !
La maison de la réserve
Vous apprendrez énormément sur le caractère exceptionnel de la rivière Drôme, une des dernières rivières sauvages des Alpes, qui coule en tresse et dévale la vallée avant de se jeter dans le Rhône, et de sa faune unique, notamment un oiseau protégé qui niche à même la rive, au milieu des cailloux : le petit gravelot. C’est pour le préserver que la réserve naturelle de la vallée de la Drôme comprend des règles à respecter impérativement en promenade, notamment l’obligation absolue de tenir son chien en laisse : la prédation et le dérangement mettent gravement en danger le petit gravelot.
Les sentiers de la gare des Ramières
Une idée de sortie originale à la Gare des Ramières : partez en visite guidée à la rencontre des castors. Il faut que je teste !
Randonner en forêt de Saoû, autour des 3 becs
Les plus belles randonnées de la Drôme ? Cela fait des années que j’ai un coup de foudre absolu pour la forêt de Saoû, un massif d’une beauté inouïe au cœur des montagnes drômoises. Oui, aussi surprenant que cela puisse paraître, la forêt de Saoû est bien une montagne, qui culmine à 1589m et dont la formation géologique est totalement distincte du Vercors et des Baronnies. C’est un synclinal, une sorte d’immense vaisseau de pierre ! La richesse géologique et biologique de la forêt de Saoû est si rare que des scientifiques du monde entier accourent pour l’étudier. Ici se rencontrent lavandes et myrtilles, marmottes et cigales, bizarreries karstiques et feuillus biscornus. Un monde enchanté à explorer en randonnée. Voici quelques idées.
Au coeur de la forêt de Saoû, reliefs et flore exceptionnels
Voyager avec son chien en vallée de la Drôme : les chiens sont autorisés en hiver tenus en laisse sur tous les circuits en forêt de Saoû, mais pas du 15 juin au 15 octobre, en raison de la présence des troupeaux.
Randonner en forêt de Saoû avec son chien : oui, mais pas du 15/06 au 15/10, en raison de la présence de troupeaux et de chiens de protection. Photo Itinera Magica
Randonner aux Trois becs, en forêt de Saoû
Les 3 becs ne sont pas sans raison la rando la plus célèbre de la Drôme, ce circuit est d’une beauté inouïe. Au départ du col de la Chaudière, vous monterez jusqu’au Pas de Siarra, où s’ouvre un alpage dont la beauté sauvage m’évoque des landes celtiques. Puis vous cheminerez en lacets jusqu’au Veyou (1589m), le plus haut des Becs, d’où le panorama sur le synclinal de Saoû est grandiose.
Au sommet du Signal, vue superbe sur le synclinal de Saoû. Photo Itinera Magica
Le deuxième, le Signal, varie les plaisirs visuels et la richesse des panoramas.
La beauté des 3 becs, photo Itinera Magica
Mais mon sommet préféré de la randonnée des 3 Becs est peut-être le dernier, Rochecourbe : ses immenses falaises à pic en font un paradis du base-jump… et de la photographie !
Trou de la laveuse, falaises de Rochecourbe, pitons karstiques : les 3 becs sont d’une incroyable richesse géologique. Photos Itinera Magica
Mais c’est aussi un circuit très fréquenté. Envie de plus de rareté ? Si vous êtes un randonneur endurant, et que vous souhaitez éviter la foule, vous pouvez monter aux 3 Becs par la Grande Combe, au départ de l’Auberge des Dauphins. Le dénivelé passe de 1000 à 1400D+ environ, et la randonnée est longue, mais c’est une belle façon d’explorer une partie méconnue du massif, très sauvage et secrète, entre ormes centenaires et sentes cachées. Si vous n’avez pas le vertige et ne craignez pas les pentes raides, le circuit de la Grande Combe vous permettra également d’explorer le « 4e bec » méconnu, Rocherousse. Itinéraires difficiles, mais où vous serez seuls ou presque !
Au sommet de Rocherousse, au-dessus de la Grande Combe. Photo Itinera Magica
Envie d’options plus faciles ? Monter à la Porte du Barry, à Rochecolombe ou encore à la belle et poétique chapelle Saint Médard sont de superbes options. Au cœur du synclinal, ou à son extrémité opposée aux 3 Becs dans le cas de Rochecolombe, ces trois points de vue majestueux offrent des vues originales sur le synclinal et la forêt, et sont un excellent compromis entre la longueur de l’effort consenti et la beauté de la récompense visuelle.
Porte du Barry, photo Itinera MagicaChapelle Saint Médard, photos Itinera Magica & Pauline Hanno
Comprendre la forêt de Saoû : l’Auberge des Dauphins, incontournable
L’Auberge des Dauphins ? Ce site merveilleux reste méconnu, y compris des Drômois. Situé au cœur de la forêt de Saoû, à quelques kilomètres du village de Saoû, l’auberge est un fabuleux musée de la forêt. Au milieu des bois, l’Auberge des Dauphins est une maison de la forêt d’une richesse et d’une beauté magiques. Cabinet de curiosités, expositions dynamiques, grandes fresques, animations et pistes de réflexion pour aller plus loin, les trois étages déroulent un parcours qui mêle beauté et intelligence, mystère et plaisir. Même si vous n’aimez pas les musées, vous aimerez cette expo magnifique et ludique qui vous révélera tous les secrets de la forêt.
L’auberge des Dauphins, en forêt de SaoûL’auberge des dauphins, un site exceptionnel et passionnant
Surtout, restez boire un verre ou manger un bout au restaurant de l’Auberge des Dauphins, au sein d’une salle néo-classique des années 1930 magnifiquement restaurée. Vous êtes dans un petit Versailles version sylvestre, un Trianon drômois, c’est incontournable !
Grimper en vallée de la Drôme : terre d’escalade
La vallée de la Drôme, paradis de l’escalade ! Nous sommes dans un pays de montagnes, crêtes et falaises de calcaire aux reliefs spectaculaires sculptés par l’érosion, entre Alpes et Provence. Et les possibilités de grimpe sont nombreuses, pour tous les niveaux. Vous êtes novice en escalade, mais vous avez envie de découvrir la verticalité sans danger et sans stresser ? La super monitrice Mathilde Eckens, alias Natura Grimpe, peut vous proposer une activité accessible et spectaculaire, où vous marcherez sur une crête majestueuse après une escalade facile. Nous avons adoré les panoramas fabuleux entre forêts et falaises, un décor inouï en forêt de Saoû. Je vous laisse regarder les superbes plans au drone de cette crête dans la vidéo de Pauline en début de cet article : c’est visuellement incroyable !
Une initiation escalade à la fois facile et spectaculaire avec Natura GrimpeDes décors vertigineux
Vous grimpez déjà ? Les voies sont innombrables en vallée de la Drôme, pour tous niveaux et toutes envies. Il y a notamment des grandes voies exceptionnelles autour de Saoû ! Le topo « Escalade dans la Drôme – Vallée de la Drôme et Diois » est l’ouvrage de référence pour s’orienter. Forêt de Saoû, gorges d’Omblèze, Barbières (où on assure les pieds dans l’eau !), autant de sites mythiques à explorer. Le site de Pont-de-Barret et son iconique falaise dorée a lui son propre topo à part. Là encore, Mathilde peut vous accompagner et vous guider.
Bonheur de l’escalade en vallée de la Drôme. Ici Saoû, je recommande également les sites d’Omblèze, Pont-de-Barret et Barbières, tous superbes !
Nous sommes venues plusieurs fois grimper en vallée de la Drôme et ce sont vraiment des sites magiques, que je recommande à tous les passionnés du caillou !
Randonner entre Gorges d’Omblèze et Croix de Vellan
Une belle randonnée à faire avec son chien en vallée de la Drôme ? Je vous recommande la croix de Vellan !
Au-dessus du beau village de Plan-de-Baix, la croix de Vellan se dresse majestueuse et offre un panorama sublime sur tout le Vercors et le Diois, du Glandasse au Grand Veymont, et le Dévoluy au second plan. Des visions des Alpes magnifiques à savourer à deux et à quatre pattes. La longueur et la difficulté de la randonnée dépendent de votre point de départ, mais la plupart des circuits que vous trouverez vous proposent un 300D+, en vous garant assez haut. Les chiens autorisés toute l’année, il n’existe pas de restriction liés aux troupeaux en été à ma connaissance – restez tout de même prudents si vous entendez un troupeau au loin !
La Croix de Vellan, vue d’en bas (Plan-de-Baix)Une partie du panorama depuis la croix !Une belle randonnée avec son chien en vallée de la Drôme
Sachez que vous êtes à deux pas des gorges d’Omblèze, de la chute de la Druise, du canyon des Gueulards et du Moulin de la pipe. Entre vallée de la Drôme et Gervanne, cette région est un paradis de la randonnée. Vous trouverez sur certains sites comme Vercors rando une plus longue randonnée (755D+) reliant les gorges d’Omblèze et le plateau du Vellan. À tester ! Vous n’êtes également pas loin du Vercors drômois et de ses randonnées iconiques, comme le plateau d’Ambel ou Font d’Urle.
Chute de la Druise, gorges d’Omblèze, Moulin de la pipe (photos Itinera Magica)
Arpenter la vallée de la Drôme à vélo : la VéloDrôme
Longez les berges de la Drôme sur un itinéraire cyclable facile et accessible, avec peu de dénivelé et de belles pistes bien aménagées, la VéloDrôme. Conçue pour relier la ViaRhôna à Die, la VéloDrôme offre de très beaux itinéraires entre Loriol, Allex, Grane, Crest et Saillans. La portion proche de Saillans est ma préférée, en raison de la proximité de la rivière de ses plages, mais j’ai aussi adoré la partie proche de Crest, pour la vue sur la mythique Tour !
Pédaler sur la VéloDrôme avec vue sur la Tour
Le plus haut donjon de France : la Tour de Crest
Connaissez-vous le plus haut donjon de France ? Je vous présente la tour de Crest, le monument emblématique de la vallée de la Drôme ! La vue à son sommet est royale, de la rivière Drôme turquoise aux sommets des 3 Becs, et l’histoire de cette tour qui fut château féodal puis prison d’État est passionnante.
La tour de Crest vue depuis les airs, les 3 Becs au fond. Photo Pauline Filippelli
Voici trois activités à explorer autour de la tour :
Pédaler sur la Vélodrôme. Cet itinéraire cyclable facile et accessible à tous, le long de la Drôme, vous offre des vues superbes sur la tour et la ville.
Participer à une visite costumée de la tour de Crest pour découvrir son histoire mouvementée comme si vous y étiez. Le sort des prisonniers d’Etat, protestants, révolutionnaires ou insurgés, envoyés au cachot par l’arbitraire d’une lettre de cachet, leurs conditions de vie effroyables et leurs tentatives d’évasion rocambolesques vous feront frémir. Vous découvrirez également la gastronomie médiévale, les arts de la table, la vie de château à l’époque féodale… une visite contée palpitante et incarnée que nous avons adorée.
Que votre visite soit costumée, guidée ou libre, elle s’achèvera sur la vertigineuse terrasse au sommet, pour un panorama unique !
Vue depuis le sommet de la tour de CrestOn trinque à l’alcool emblématique de la Drôme : la clairette de Die !
Choisir l’option adrénaline et opter (sur réservation) pour une descente en rappel de la tour. Oserez-vous passer par-dessus la rambarde et plonger dans le vide, en véritable chevalier du vertige ? Une expérience fun et originale pour vivre la tour… sous un autre angle !
Après avoir visité la tour, surtout, restez dîner à Crest. Les restos et bars sont nombreux dans ce cœur de ville foisonnant, mais voici deux coups de cœur. Dînez avec vue sur la rivière Drôme sur la superbe terrasse du restaurant Sur les quais à Crest. L’accueil est chaleureux, la vue magnifique et la carte très terroir – une cuisine simple et savoureuse profitez-en pour goûter notre spécialité locale, les ravioles du Dauphiné !
Depuis la terrasse de Sur les quais à Crest
Une expérience gastronomique dans les ruelles du cœur de ville ? Saveurs et inventivité sont au rendez-vous à La part du colibri, où tout est fait maison, créatif et coloré. Une excellente adresse !
Vergers et villages de la vallée de la Drôme
Le saviez-vous ? La Drôme est le premier département français pour la production d’abricots, et nous produisons aussi aussi énormément de pêches, de cerises… nous sommes le pays des fruits d’été. La vallée de la Drôme est aussi vallée des vergers : ces terres fertiles nourries par la rivière sont le havre de l’arboriculture.
Pique-nique drômois
Les produits locaux drômois
Terre rurale, pionnière de l’agriculture biologique, couverte de vergers, productrice de truffes, la Drôme est une terre très riche en saveurs locales. Ne manquez pas l’abricot IGP des Baronnies, les olives de Nyons AOP, les cerises, les fromages de chèvre et de brebis issus de l’agriculture pastorale extensive dans nos montagnes, le nougat de Montélimar, les ravioles du Dauphiné ou l’incontournable clairette de Die.
Délices drômoisVergers de cerisiers à Mirmande
La Drôme est aussi le deuxième département producteur de lavande en France, après les Alpes-de-Haute-Provence et leur légendaire plateau de Valensole. Fin juin, début juillet, l’or violet couvre les collines drômoises et l’odeur est merveilleuse !
Lavandes en vallée de la Drôme, début juilletLavandes à Mirmande
Mes champs de lavande préférés en vallée de la Drôme sont à Saoû, au milieu des rochers…
A gauche : Mirmande, photo Marion Carcel. A droite : Saoû, photo Itinera Magica.
Si vous venez fin juillet/début août dans la Drôme et rêvez de voir les dernières lavandes : direction Chamaloc, je vous donne l’astuce dans mon article consacré au Diois.
Mirmande, plus beau village de France dans la Drôme
La Drôme compte six villages labellisés Plus beaux villages de France. Voici ici Mirmande, bijou perché dans son écrin de cyprès, au cœur des vergers ! Prenez le temps de flâner dans les rues de Mirmande, remplies d’échoppes d’artisans, d’artistes et de créateurs, et restez au coucher de soleil dîner sur une terrasse : la vue est magique…
Mirmande, plus beau village de France parmi les 6 que compte la Drôme
A deux pas de là, toujours dans la région de Montélimar, un autre plus beau village de France vous tend les bras : Le-Poët-Laval. Marqué par l’histoire du protestantisme en Dauphiné, sinueux et escarpé, il mérite aussi un après-midi de flânerie !
Saoû, mon coup de cœur en vallée de la Drôme
Je vous l’avoue : même s’il n’est pas classé « plus beau village de France », Saoû a emporté mon cœur. C’est peut-être sa situation au cœur de la forêt, ses rochers iconiques, son atmosphère résolument montagnarde avec les pics majestueux qui le surplombent, qui parlent à mon cœur amoureux des Alpes. Saoû résonne toujours du cliquetis des mousquetons : les grimpeurs sont légion, les randonneurs trouvent aussi leur bonheur ! Saoû est le pays des Trois becs, de l’auberge des Dauphins, de la chapelle Saint Médard, dont je vous parlais plus haut.
Saoû, niché entre les rochers. Photo Itinera Magica
J’aime ses lavandes iconiques poussant entre les reliefs sculptés, qui symbolisent parfaitement cette alliance de la montagne et du sud qui rend la Drôme si exceptionnelle. Du Vercors à la Provence, la Drôme est trait d’union, et Saoû en est l’incarnation.
J’aime ses festivals : tous les étés, Saoû chante Mozart et la musique classique fait onduler les vagues de calcaire blanc de la forêt de Saoû.
Saoû l’été, pays de musique
J’aime ses cafés et ses restaurants : Cerise et Vinaigrette, Chez Juju, et mon coup de foudre absolu, l’Oiseau sur sa Branche – une vraie pépite ! Ce bistronomique chic marie les saveurs avec virtuosité, au cœur du beau village de Saoû, dans une atmosphère délicieusement décalée et élégante. J’adore !
Que faire en vallée de la Drôme avec son chien ?
Envie d’une destination française qui soit accueillante envers les 4 pattes ? C’est une des raisons pour lesquelles j’aime tellement ma Drôme. Ma région est une destination dog friendly. Un très grand nombre d’hébergements, de restos, d’activités, de randonnées sont accessibles à nos compagnons canins. Nevada, ma golden retriever chérie, est drômoise elle aussi, et j’ai testé beaucoup d’adresses, de randos et d’activités avec elle.
Découvrir lz vallée de la Drôme avec son chien : ici à Gervanne Camoing à Aouste-sur-Sye, et en forêt de Saoû
Une belle adresse en famille et avec son chien en vallée de la Drôme : Gervanne Camping
Voici une adresse que nous avons adoré pour séjourner avec votre chien en vallée de la Drôme : Gervanne Camping à Mirabel-et-Blacons. Je vous ai montré dans cet article de nombreuses photos de la plage : elle est superbe, et accepte les chiens ! Vous avez ici plusieurs types d’hébergement pour répondre à toutes les envies et à tous les budgets. Nous étions dans un très joli bungalow classique et fonctionnel, à deux pas de la rivière et au cœur des arbres où nous voyons les écureuils gambader. Mais à Gervanne Camping, vous avez aussi des hébergements insolites et haut-de-gamme, comme la cloche campanule suspendue à la canopée, ou encore les lodges glamping, qui ont un délicieux air de savane au milieu des lavandes drômoises. Attention, tous ne sont pas accessibles aux chiens, je vous laisse vérifier sur le site de Gervanne camping.
De jolis lodges en pleine natureHébergements vue rivièreCloche campaluneUne douce atmosphère
J’ai adoré la douceur de cette atmosphère, la qualité des paniers de petit-déjeuner, qui faisaient la part belle aux produits locaux et la gentillesse de l’accueil. Aller au camping avec son chien au bord de l’eau, n’est-ce pas la recette parfaite d’un été réussi ?
Merci à l’agence d’attractivité de la Drôme, Drôme c’est ma nature, et notamment à Jean-Baptiste et Anne-Catherine, pour leur confiance renouvelée. Nous avons adoré ce reportage en trio en vallée de la Drôme au fil de l’eau turquoise…
Rêvez-vous de virées vers les sommets, d’air rare et de levers de soleil tout là-haut, bref, rêvez-vous d’alpinisme ? Par son histoire, sa culture et les innombrables aventures alpines qu’il offre à l’amoureux des montagnes, le parc national des Ecrins est une terre d’alpinisme innée. Immense massif labyrinthique couronné de 4000m enneigés, marelle de glaciers et de sommets de légende, comme la Barre des Ecrins, la Meije, l’Ailefroide ou le Mont Pelvoux, les Ecrins ont écrit leur histoire à coups de piolet. Terre d’alpinisme incontournable depuis plus de deux siècles, fabuleux terrain de jeu pour les aventuriers, les pionniers et ceux qui grimpent dans leur trace, ils ont été façonnés par les rêves des cimes : partout dans le parc national des Ecrins, hameaux, refuges, itinéraires mythiques, cimetière d’alpinistes, musées et stèles, racontent ces histoires d’amour et de périls que les hommes et les femmes ont vécu ici avec la haute montagne. Impossible d’imaginer ce territoire mythique sans grimpeurs et autres enivrés des cimes : l’alpinisme est l’une des rares activités humaines à être inscrite dans la charte du Parc national. Au sein du parc, pas moins de 7 villages et hameaux portent haut les couleurs de la haute montagne : ces 7 villages d’alpinisme permettent aux visiteurs d’accéder à cette « culture montagne » propre aux Ecrins, que ce soit à travers des sites culturels permettant de comprendre l’histoire et l’identité alpine du massif, des randonnées avec vue sur les sommets, des via ferrata aménagées pour une première expérience du vide, ou des courses d’initiation à l’alpinisme encadrées par un guide de haute montagne. Pour entrer au cœur des villages d’alpinisme des Ecrins, je vous propose dans cet article d’en explorer deux : La Grave et Villar d’Arène, tout d’abord à travers des courses d’initiation à l’alpinisme, puis en découvrant la culture et le patrimoine de ces deux villages d’une beauté inouïe qui vivent sous le regard de la Meije, laterrible reine des Alpes du Sud.
Grimper avec vue sur la Meije : La Grave et Villar d’Arène Lors de l’ascension du Râteau Ouest avec la compagnie des guides de La Grave
Une brève histoire de l’alpinisme dans les Ecrins
Quand les hommes et les femmes du continent européen sont-ils devenus des alpinistes ? Ou, pour formuler autrement : quand ont-ils commencé à grimper sur les montagnes sans autre but que d’aller là-haut, sans autre conquête que le triomphe d’être le premier là-haut, sans autre gain que l’ivresse du sommet ? Le premier accès de folie des cimes intervient en 1492 (oui, la même année que l’arrivée de Colomb aux Amériques) : sur ordre du roi de France, une cordée parvient au sommet du « mont inaccessible », aujourd’hui appelé Mont Aiguille, l’emblème du Dauphiné. Mais les hommes ont vite fait de redescendre en plaine, et ils délaissent les montagnes pendant près de 300 ans.
Mais au XIXe siècle, des Anglais en goguette aperçoivent le Mont Blanc depuis Genève, et sont hypnotisés par ce monstrueux hologramme d’une infinie blancheur. Ils décident d’aller y voir de plus près et ouvrent un nouvel horizon. On se met à chercher la voie des sommets. Un riche savant, De Saussure, propose une récompense mirobolante à qui trouvera l’accès au sommet du Mont Blanc. Il faudra près de quarante ans avant que son vœu soit exaucé. L’acte de naissance officiel de l’alpinisme en Europe est signé le 8 août 1782 à Chamonix, lors de la première ascension réussie du Mont-Blanc par Balmat et Paccard. Dès lors, c’est la ruée vers les sommets. L’aristocratie anglaise se prend de passion pour le massif du Mont-Blanc, aidée dans sa quête de « premières » grandioses par des guides suisses et savoyards ouvrant la voie des cimes. L’Aiguille Verte, le Cervin, les Drus, les Grandes Jorasses tombent dans l’escarcelle de ces cordées internationales, qui se mettent à chercher d’autres défis.
C’est ainsi que les Anglais et les Suisses arrivent peu à peu, dans la seconde moitié du XIXe siècle, dans les Ecrins. Ils découvrent une contrée à l’époque beaucoup plus pauvre que l’était la vallée de Chamonix, sans aménagements touristiques ou presque : de nombreux récits de voyageurs alpins se plaignent des mauvaises auberges et des repas chiches. Comme ce fut le cas à Chamonix et en Valais, c’est l’alliance des alpinistes anglais et des guides suisses qui réalise les grandes premières des Ecrins : les anglais Moore, Horace Walker et Edward Whymper, guidés par le Chamoniard Michel Croz et le Suisse Christian Almer, font la première ascension de la barre des Écrins le 25 juin 1864. Mais peu à peu se développe, dans les Ecrins, une culture alpine française. Je le raconte dans mon article consacré à la Meije : c’est un jeune aristocrate de Montpellier, Emmanuel Boileau de Castelnau (âgé de 20 ans seulement à l’époque), un guide-paysan de La Bérarde, le mythique Pierre Gaspard, et son fils, qui réalisent en 1877 la première ascension de la Meije, au nez et à la barbe des cordées internationales la croyant encore inaccessible. L’aura de cette victoire change la destinée des Ecrins, qui deviennent une grande terre d’alpinisme et de tourisme en montagne. Le Club Alpin Français, fondé en 1874, et la Société des Touristes du Dauphiné, fondée en 1875, conduisent les jeunes alpinistes enthousiastes à la découverte du dédale des Ecrins. C’est l’époque des pionniers, des refuges construits au cœur de la montagne avec des matériaux hissés à dos d’homme, et du développement d’un autre alpinisme, qui recherche la solitude, la difficulté, l’esthétisme d’une course et le passage par une voie élégante et ardue. Cette histoire de l’alpinisme dans les Ecrins est merveilleusement retracée au musée Mémoires d’alpinisme à Saint Christophe en Oisans, que j’ai visité lors de mon tour gourmand en Oisans et que je vous recommande très chaleureusement. Aujourd’hui encore, les grimpeurs rêvent de la Dibona, les alpinistes rêvent de la Meije, et les Ecrins restent une terre de rêve, de désir et de fascination pour tout montagnard.
Portrait de Gaspard de la Meije au musée Mémoires d’alpinisme à Saint Christophe en Oisans, fabuleux musée consacré à l’histoire alpine des Ecrins.
A titre personnel, ma très modeste histoire alpine calque presque celle de l’alpinisme en Europe. J’ai découvert la haute montagne à Chamonix, fascinée par le Mont Blanc comme le furent autrefois ces voyageurs découvrant le géant. Je m’en suis approchée tout d’abord par des randonnées autour de Chamonix, puis par une première initiation à l’alpinisme en vallée Blanche. Puis j’ai gravi le Mont Aiguille et le lendemain, découvert les Écrins. Une nouvelle obsession est née dans mon cœur. J’ai vécu ma plus belle expérience alpine à ce jour lors de l’ascension de la Meije orientale, et j’ai continué à rêver d’explorer ce massif-labyrinthe, en marchant sur le GR54, et bien sûr, en continuant à m’initier à l’alpinisme. Qui a été mordu par le virus des cimes ne peut qu’être ébloui par les Ecrins, une des plus vastes terres d’alpinisme du continent européen, un terrain de jeu infini où les rêves courent (et grimpent !) sans limite…
Si mon cheminement vers l’alpinisme vous intéresse, je vous recommande ici le podcast alpinisme de La sportive outdoorauquel j’ai eu le plaisir de participer. Cela a été un grand plaisir de parler haute montagne avec ce média très riche, instructif et inspirant consacré à la pratique du sport au féminin – merci à La sportive outdoor !
Au sommet de la Meije orientale, une expérience alpine d’une puissance extraordinaire
Les 7 villages d’alpinisme des Ecrins
Pour leur histoire, leur richesse culturelle et patrimoniale intrinsèquement liée à l’histoire des pionniers des cimes, leurs sentiers, leurs refuges et leurs sommets, sept villages et hameaux des Ecrins ont été identifiés comme villages d’alpinisme. Il s’agit de :
Saint Christophe en Oisans et le hameau de La Bérarde
Vallouise-Pelvoux et Ailefroide
Le Casset
La Grave
Villar d’Arène
La Chapelle-en-Valgaudemar
Le Désert-en-Valjouffrey
J’ai eu le plaisir de découvrir Saint-Christophe-en-Oisans et son extraordinaire musée Mémoires d’alpinisme lors de mon Tour gourmand en Oisans ; je vous raconte Le Casset dans l’article consacré à la randonnée au lac du glacier d’Arsine. J’aurai le bonheur de découvrir Vallouise, La Chapelle-en-Valgaudemar et Le Désert-en-Valjouffrey lors de mon trek sur le GR54. Dans cet article, il sera question de La Grave et de Villar d’Arène.
Depuis les hameaux de La Grave, la vue sublime sur la Meije. La Grave et Villar d’Arène, deux villages d’alpinisme emblématiques des Ecrins, sont nichés au pied de la reine.
La Grave et Villar d’Arène, la porte vers la haute montagne
La Grave, Villar d’Arène, dans les Hautes-Alpes, ce sont ces deux villages voisins qu’on réunit souvent sous un même beau nom : le « pays de la Meije ». Tous deux vivent sous la silhouette tutélaire de « sa Meijesté la Meije », la reine des Alpes du Sud.
De part et d’autre de la route qui conduit de Grenoble à Briançon en passant par le col du Lautaret, La Grave, Villar d’Arène et leurs nombreux hameaux s’échelonnent sur les flancs des montagnes, sous la Meije ou face à elle. Où qu’on porte le regard, c’est beau, c’est puissant, c’est toute la magie des Ecrins concentrée sur la pointe d’un sommet, d’un clocher ou d’une fleur des cimes.
La Meije vue depuis le col du Lautaret
Par leur situation au plus près des trois pics de la Meije (le Grand Pic, le Doigt de Dieu et la Meije orientale) et de ses vassaux (Le Râteau, le Pavé), La Grave et Villar d’Arène ont été dès le XIXe siècle le terrain de jeu rêvé des alpinistes en chemin vers les sommets. Ce sont des courses d’alpinisme légendaires, mythiques, qui ont marqué l’histoire et l’imaginaire d’une région toute entière, et qu’on ne reproduit toujours avec émotion. Ils demeurent aujourd’hui encore la porte de la haute montagne : randonnées glaciaires, escalade, courses d’alpinisme, ski de randonnée, les possibilités sont innombrables.
Le pays de la Meije, un terrain de jeu inouï
S’initier à l’alpinisme avec le bureau des guides de La Grave
Vous est-il déjà arrivé, lors d’une randonnée en montagne, de vous retrouver face à une muraille rocheuse, un glacier, et de vous dire « j’aimerais aller plus loin, tout là-haut » ? L’alpinisme, c’est continuer là où le randonneur doit déclarer forfait. C’est employer des techniques et des outils spécifiques : cordes, crampons, piolet… C’est grimper, franchir des ponts de neige et des ressauts rocheux, s’aventurer sur des arêtes et des pentes en glace, pour aller plus haut et plus loin dans la montagne. C’est voir un sommet, se dire « j’irai », et aller là où votre regard s’est porté. L’alpinisme, c’est impressionnant, vertigineux, puissant, mais ce n’est pas forcément difficile. Escalade sur rocher, randonnée glaciaire, ascension de sommets mêlant neige et roc, traversée d’arête, beaucoup de choses sont possibles. Pour qui rêve de découvrir la haute montagne en toute sécurité, le bureau des guides de La Grave, situé en plein cœur du village, est le point d’accueil privilégié. Là-bas, on saura vous proposer des sorties (en randonnée, en via ferrata, en escalade, en alpinisme, en randonnée glaciaire, en ski…) correspondant à vos envies et adaptées à votre niveau. Ne croyez pas que la haute montagne soit réservée à une élite : si vous êtes bien encadré et qu’on vous aide à choisir une course appropriée, les activités alpines peuvent être très accessibles. Apprivoiser le vide en douceur avec une via ferrata, marcher pour la première fois encordé sur un glacier, c’est possible même en étant totalement débutant grâce aux guides de haute montagne. Ce qui est certain, c’est que ces activités ne s’improvisent pas sans connaissances : n’allez jamais vous aventurer sans expérience et sans équipement adéquat sur un glacier ou un parcours de via ferrata, vous risqueriez de vous mettre gravement en danger. Mais avec un ou une guide et le matériel approprié, cela devient possible !
En fonction de vos envies et de vos capacités, les guides de haute montagne des Écrins sauront vous proposer des activités appropriées. Bien encadré, tout est possible ou presque !
La formation des guides de haute montagne pratiquée en France est une des plus exigeantes au monde, j’en parlais dans mon article consacré à l’initiation à l’alpinisme. L’école nationale de ski et d’alpinisme, par laquelle passent tous les aspirants guides, fait référence dans le monde entier. Le niveau technique exigé dans toutes les disciplines alpines (escalade, ski, alpinisme, cascade de glace), la condition physique, le sang-froid et le mental nécessaires, tout cela force le respect. Lors de mes aventures dans les Ecrins, j’ai eu le bonheur d’être encadrée par deux membres de la compagnie des guides de La Grave.
Philippe André est une force de la nature : la condition physique extraordinaire et le sourire à tout épreuve de ce guide qui a dépassé les 60 ans, mais continue à semer tout le monde dans la montagne, force le respect ! Lorsqu’il m’a conduite au sommet de la Meije Orientale, il s’agissait pour moi d’une première, mais certainement pas pour lui : c’était sa… 300e ascension de la Meije !
Philippe André à la Meije orientale
Laetitia Chomette m’a conduite sur l’arête des Fréaux et au Râteau Ouest, et cela a été une joie pour moi : dans un milieu qui reste très masculin, rencontrer une femme guide de haute montagne, grimpeuse hors pair et fine connaisseuse du milieu montagnard, m’a réjouie. Ancienne cartographe, spécialiste des avalanches, passionnée d’escalade, Laetitia est originaire de Haute-Loire, mais elle est désormais chez elle au pied de la Meije, et aime inviter de nouveaux passionnés à la découverte de son terrain de jeu favori…
Laetita Chomette au Râteau
L’arête des Fréaux : une course d’arête rocheuse facile
L’histoire de l’alpinisme dans les Ecrins n’est pas figée, bien au contraire, elle continue de s’écrire : les acteurs du parc national continuent d’équiper de nouvelles voies, d’ouvrir de nouveaux chemins à la verticale dans la montagne. L’arête des Fréaux fait partie de ces courses nouvelles, proposées depuis l’été 2023 par le bureau des guides de La Grave. Il s’agit d’une course d’arête rocheuse qui ressemble à une grande voie d’escalade de niveau facile, une excellente initiation à la verticalité. La course démarre au pied d’une très belle cascade, le long de laquelle on remontera sur une arête, en enchaînant le franchissement de petits ressauts rocheux, des descentes en rappel, du crapahutage sur les rochers, tout cela dans un décor grandiose : vous serez tout du long face à la Meije, et monterez graduellement plus haut vers une vue de plus en plus belle. Mon moment préféré restera, à mi-parcours, le passage par une vire superbe à flanc de falaise où on se trouve les yeux dans les yeux, en tête à tête avec la Meije…
Une belle course d’arête facile et ludiqueAvec quelques passages un peu vertigineux pour la sensation du vide sans dangerFace à la MeijeUne vire magnifiquePlus on monte, plus la vue est belle ! L’arête des Fréaux : une magnifique course d’initiation à l’alpinisme
Le Râteau Ouest : rencontre avec la haute montagne et ses glaciers
On entre ici dans le vif du sujet ! Le Râteau Ouest (3800m) est l’un des voisins immédiats de la Meije, son petit frère, pour ainsi dire. Il s’agit d’une magnifique sortie à la journée, avec une traversée glaciaire sur le glacier de la Girose, une arête rocheuse vertigineuse, des passages d’escalade impressionnants au-dessus du vide, avec une vue grandiose sur les plus beaux sommets du massif, notamment la Barre des Ecrins. La traversée du glacier de la Girose, sur une pente très raide et en cheminant sous les monstrueux séracs, m’a beaucoup impressionnée. La nécessité de franchir rapidement les passages exposés aux séracs, l’attitude à adopter face au risque de chute en crevasse, tout cela s’apprend avec votre guide. Puis c’est l’arrivée sur le rocher vertigineux. A près de 4000m d’altitude, tout prend une autre saveur : les pas d’escalade, l’exposition au vide, tout devient plus impressionnant, plus majestueux, plus éreintant aussi. La vue sur la chaîne de sommets conduisant jusqu’à la Barre des Écrins est hypnotisante, mais il faut rester concentré sur ses crampons, sa corde et ses manips : la course est parfois engagée ! Ce jour là, nous avons dû faire demi tour juste en dessous du sommet, la vire finale étant en mauvaise condition. La montagne est aussi une leçon d’humilité, mais la course était sublime même sans ces derniers mètres. Une très belle expérience et un magnifique baptême de la haute montagne, entre neige et roc.
Le râteau OuestLaetitia sous l’un des gendarmes gardant le sommetVue vertigineuse jusqu’à la Barre des EcrinsNotre guide tout sourireLes spectaculaires séracs du glacier de la GiroseHeureux après cette ascension somptueuse !
La Meije Orientale : au plus près du mythe
L’ascension de la Meije orientale avec nuit au refuge de l’Aigle (3450m) reste à ce jour ma plus belle course en haute montagne. Partir du Pont des Brebis à Villar d’Arène, monter jusqu’au Refuge de l’Aigle après avoir traversé le glacier, dormir sur les flancs de la Meije, se réveiller à 4h du matin pour achever l’ascension par d’impressionnantes traversées de glace, d’arêtes et de murailles rocheuses, avant d’arriver au sommet pour le lever du soleil : un moment d’une puissance rare, que je n’oublierai jamais. Je vous invite à découvrir mon article consacré à l’ascension de la Meije orientale pour en savoir plus.
Le refuge de l’Aigle, mon plus beau à ce jourAu sommet de la Meije orientale, avec vue sur le Doigt de Dieu
Visiter La Grave, Villar d’Arène, leurs hameaux et leurs églises
Ce sont à mes yeux les villages et les hameaux les plus fascinants des Hautes-Alpes, des pépites patrimoniales nimbées de la blanche aura de la Meije. Omniprésente, omnipotente, la Meije est visible partout, elle jette son halo de neige et de glace sur les clochers lombards, les balcons fleuris et les moulins de ces villages accrochés à la montagne, elle rehausse encore leur beauté.
La beauté incroyable des hameaux en terrasse
Dans ce pays de pente raide, l’agriculture n’est possible qu’en terrasses : des générations d’hommes et de femmes ont aménagé à la sueur de leur front un ingénieux système de restanques permettant d’aménager des surfaces planes dans ce monde vertical, et de rendre possible la culture des céréales. Ces terrasses ont de faux airs de rizières, un paysage exotique et pittoresque qui invite à l’évasion au cœur de nos montagnes.
Sur ces terrasses ou traverses se sont bâtis des hameaux, qui possèdent chacun leur église, la plupart arborant un clocher lombard typique des Hautes-Alpes, leurs maisons traditionnelles, leurs balcons fleuris, leurs cadrans solaires, leurs ruelles sinueuses et leurs curiosités.
Eglises principales des villages de La Grave et Villar d’Arène, avec leurs clochers lombards emblématiques
Les cinq hameaux de La Grave, dits les hameaux des Traverses, sont Le Chazelet, Les Hières, Ventelon, Valfroide, Les Terrasses et Les Clots. A Villar d’Arène, ce sont le Pied du Col et Les Cours. Tous offrent des vues inouïes sur la Meije, et recèlent des pépites incroyables, fruit de siècles et de siècles de traditions préservées. De nombreux sentiers de randonnées, à pied et à VTT, permettent de les explorer, et je vous recommande infiniment ces balades..
..Les Hières à l’automne
Mon cœur bat pour ces églises incroyables, qui recèlent toutes des trésors rares : retables baroques, tableaux, pyx, ostensoirs et montrances préservés depuis des siècles, le patrimoine est inouï. C’est pour cette raison que les églises sont hélas fermées en dehors des horaires de culte : leurs trésors ont trop de valeur, et les vols sont trop nombreux. Pour les admirer, deux solutions : participer aux passionnantes visites guidées proposées par l’office de tourisme de La Grave et de Villar d’Arène, ou aller à la messe. Le curé du pays de la Meije célèbre des messes dans presque toutes les églises des hameaux, et les horaires sont inscrits sur les portes de chacune. J’ai vécu de merveilleux moments de recueillement dans ces églises des montagnes.
L’église des Hières
Seule l’église de La Grave est toujours ouverte, et je vous recommande vivement sa visite. Son émouvant cimetière abrite les tombes de nombreux résistants tombés pour la France et pour la liberté dans les sombres heures de la Seconde guerre mondiale.
Le lac du Pontet
La plupart des randonnées dans les hameaux vous feront passer par ce magnifique lac où la Meije vient se plonger comme dans un miroir. C’est un des plus beaux sites de la région, et c’est aussi l’un des plus menacés : déchets, nuisances sonores, baignades, camping sauvage, tout cela vient abîmer les berges et les eaux de ce petit bijou. C’est pourquoi je voudrais vous inviter à le visiter avec beaucoup de respect. Certes, il ne fait pas partie de la zone cœur du parc national des Ecrins, où la réglementation la plus stricte s’applique. Il est ici possible de venir en VTT, ou d’avoir un chien tenu en laisse, ce qui n’est pas le cas en cœur de parc. Mais ici comme partout ailleurs, le respect de règles fondamentales doit être observé pour préserver ce site naturel d’exception : ne faites pas de feu, laissez chez vous vos enceintes sonores, ramassez vos déchets, ne vous baignez pas, ne piétinez pas les berges, permettez au lac du Pontet de rester ce site merveilleux et poétique pour les générations futures.
Lever de soleil au lac du Pontet, la Meije se reflète dans les eaux du lac
Le patrimoine puissant de Villar d’Arène : pain et moulins
Ce sont des traditions puissantes du pays de la Meije. Ici, on fabriquait chaque automne le pain bouilli dans le four banal, un pain à très longue conservation, qui nourrit le village durant tout l’hiver. Des fêtes du pain sont régulièrement organisées à Villar d’Arène, commémorant cette tradition. Dès 5h du matin, on pétrit, on façonne, on enfourne, on cuit, c’est une superbe fête de village à laquelle tous sont conviés.
Fête du pain à Villar d’Arène
Pour comprendre la culture du pain à Villar d’Arène, permise par le système de l’agriculture en terrasses et par les moulins sur la Romanche, qui permettaient de moudre le grain, rendez-vous à l’écomusée du Moulin. Sous les ailes d’un ancien moulin, entré en fonction au siècle de Louis XIV, vous découvrirez un extraordinaire conservatoire des modes de vie anciens du pays de la Meije. La visite, guidée par un passionné à l’érudition généreuse, se fait sur réservation auprès de l’office du tourisme.
L’écomusée du Moulin
Le jardin alpin du Lautaret
C’est au col du Lautaret, station mythique de la route des Grandes Alpes, qu’on trouve le jardin alpin du Lautaret, le plus beau de France à mes yeux. Il concentre et célèbre la flore extraordinaire des Ecrins et de toutes les montagnes du monde.
Au col du Lautaret, plus de 2000 plantes alpines s’épanouissent dans un décor montagnard somptueux. Cela fait plus de 100 ans que ce jardin exceptionnel rassemble, cultive et étudie les plantes de haute montagne de tous les continents. Edelweiss, reines des Alpes, pavots bleus de l’Himalaya, saxifrages des Andes, et des centaines d’autres s’épanouissent face aux cimes majestueuses de la Meije. Ce jardin tenu par l’université de Grenoble réussit la prouesse d’être à la fois une mine d’or pour les scientifiques et un ravissement pour les promeneurs, avec ses sentiers fleuris, ses paysages variés et son petit lac dans lequel les glaciers viennent se refléter. Un tour des montagnes du monde entier au cœur des Hautes Vallées, une visite à ne pas rater – c’est vraiment mon jardin préféré au monde. Il est facile de venir en famille, d’autant que la quasi-totalité des sentiers sont accessibles aux poussettes et aux personnes à mobilité réduite.
J’ai un coup de foudre pour la reine des Alpes, qu’on retrouve abondamment ici. Ce magnifique chardon bleu est une espèce protégée, emblématique de la région. Chardon bleu ou Meije ? Les deux beautés pourraient bien se disputer le titre de reine des Alpes…
Chardon bleu, reine des Alpes, l’emblème du jardinUn jardin sublime face à la Meije
De nombreuses plantes du jardin alpin du Lautaret se retrouvent sur lessentiers de randonnée du Parc national des Ecrins. Nous sommes aux portes d’un espace naturel protégé exceptionnel, gardien d’une montagne préservée.
Deux belles adresses Esprit Parc National au pays de la Meije
Dans les parcs nationaux de France, le label Esprit Parc National est accordé à des établissements et activités qui adhèrent à la charte du parc, s’engagent à respecter et transmettre les valeurs de respect de l’environnement et de la biodiversité à un large public, et qui œuvrent pour l’économie locale en valorisant les produits du terroir, les circuits courts et le fait-maison.
Au pays de la Meije, j’ai découvert deux belles adresses, chacune dans son style – un gîte d’étape et un hôtel cosy, tous deux proposant également un restaurant. Toutes deux sont accueillantes, chaleureuses, et profondément ancrées dans ce terroir d’exception. Que ce soit pour l’alpinisme, pour la randonnée ou pour le patrimoine, venir passer un week-end ici est toujours une belle idée.
Le Gîte Les Mélèzes à Villar d’Arène
Au cœur du village de Villar d’Arène, ce gîte d’étape qui accueille notamment les randonneurs sur le GR54 propose à la fois chambres privées et dortoirs chaleureux dans une grande maison traditionnelle sur plusieurs étages, qui semble défier en hauteur le clocher de l’église toute proche. Cela fait plus de 25 ans que ses propriétaires, un couple de passionnés, transmettent les valeurs de convivialité, de respect des saisons, de la faune et de la flore à un public varié, sous les voûtes anciennes de cette belle maison historique. La sensibilisation à l’environnement, notamment auprès du public scolaire, fait partie de leurs valeurs fondamentales, et la convivialité est de mise. Ici on cuisine maison les produits d’ici avec générosité, et on vous accueille avec sourire et simplicité. Une adresse abordable et chaleureuse.
Les Mélèzes à Villar d’Arène
Le Faranchin à Villar d’Arène
Romantique, chic et authentique, ce bel hôtel cocon est mon adresse fétiche depuis des années. J’y suis venue plusieurs fois en amoureux et cela reste un de mes hôtels préférés dans les Alpes françaises. La décoration des grandes pièces lumineuses avec vue sur la Meije et des terrasses à flanc de montagne est superbe et élégante, les chambres sont douillettes et charmantes. L’accueil est attentionné et les prix restent doux par rapport au standing proposé et à la qualité des prestations. Labellisé Maître restaurateur, le restaurant décline avec des accents gastronomiques les spécialités et les produits du terroir, et la carte des vins est au diapason : ici, on sélectionne et sublime le meilleur des Hautes-Alpes. Le Faranchin organise régulièrement des week-ends à thème : pain bouilli, yoga, randonnée ? Vous trouverez votre bonheur dans ces offres packagées aux tarifs très intéressants, qui témoignent de leur passion du partage de la beauté et des traditions du pays de la Meije.
Douceur de l’atmosphère au Faranchin Un excellent restaurant labellisé Maître RestaurateurCuisine régionale savoureuse
Je sais que j’y reviendrai encore et encore…
Un grand merci au Parc National des Ecrins et à l’office de tourisme des Hautes Vallées pour les expériences merveilleuses que j’ai vécues ici, et tout particulièrement à Elsa, Magda et Soline pour leur accueil. Les images figurant dans cet article ont été réalisées dans le respect des règles en vigueur dans le cœur du Parc national des Écrins, avec l’autorisation du directeur de l’établissement public.