Un village perché sur une colline surplombant la mer, alliant le charme de la Provence et l’éclat de la Côte d’Azur. Des ruelles aux allures de grand jardin, où chaque saison se dispute le privilège de la floraison la plus colorée. Des dizaines de petites boutiques et de bistrots sous les voûtes de vieilles pierres et les tonnelles odorantes. Tel est Bormes-les-Mimosas, un des plus jolis villages du Sud. Sa séduction s’étend au-delà des murs : qui s’éloigne des hauteurs pour rejoindre la côte trouvera, le long du sentier du littoral, une succession de plages édéniques, aux faux airs tropicaux. Balade au cœur de l’un des joyaux de la Côte d’Azur.


« Quelque chose en nous de Côte d’Azur ». Cette région fait vibrer une corde sensible dans nos cœurs. Qui n’a jamais ressenti un élan de désir et de mélancolie en regardant les cartes postales du Sud ? Les routes aimantées par la Méditerranée, les côtes qu’on longe main dans la main, les pins maritimes, les criques où viennent accoster les bateaux blancs des gens heureux, les terrasses où on boit dans une douce torpeur ? La Provence, la Côte d’Azur, c’est la promesse de l’été sans fin. De longs jours et des nuits brillantes, où la vie est si douce et où pour un instant, les paupières inondées de soleil, on peut croire qu’elle sera éternelle…

Bormes-les-Mimosas, jardin enchanté
Les lecteurs d’Itinera Magica le savent déjà : je suis une inconditionnelle de la région de Hyères, entre Port-Cros, paradis sauvage et préservé, Porquerolles et ses invitations aux escapades ensoleillées, et Le Lavandou, dont les plages de rêve, filées d’or et de paillettes, ont su me conquérir. Mais pour compléter mon triangle magique, une pièce essentielle me manquait encore : Bormes-les-Mimosas, le village sur la colline, à quelques encablures du Lavandou.
Avez-vous déjà vu en rêve votre village provençal idéal ? Composez le puzzle, et vous inventerez Bormes-les-Mimosas. Une esplanade blanche, couverte de pins. Un hôtel de ville rétro, comme à la Belle Epoque. Des fontaines et des treilles couvertes de fleurs. Des pierres anciennes, lézardées par le temps depuis le 12e siècle et les grandes heures du féodalisme provençal, les ruines d’un château fort commémorant le règne des comtes de Provence. Des ruelles de film, des églises et des passages étroits, où se nichent restaurants et boutiques. Quelques histoires légendaires et héros romantiques, comme Hippolyte de Bouchard, qui a quitté le village pour aller faire la révolution en Argentine, en 1809.








Ce qui rend Bormes-les-Mimosas plus enivrant, plus irrésistible encore que tous les autres villages de la Côte d’Azur, c’est sa médaille d’or au palmarès des villes fleuries. Nous avons souri en voyant le panneau à l’entrée du village : champion des fleurs, cela existe, c’est une discipline olympique ? Puis nous sommes entrés, et nous avons compris combien le titre était mérité. Chaque rue, chaque place, chaque rebord, chaque recoin débordait de fleurs, et on sentait que le dévouement à leur beauté avait été élevé au rang de cause nationale : partout on voyait les habitants sortir avec leur arrosoir et leurs ciseaux, retirer les fleurs fanées, choyer les stars de la saison, veiller avec un soin jaloux à la gloire végétale de Bormes-les-Mimosas. L’hiver couvre le village de l’or qui lui a donné son nom, mais les autres saisons ne sont pas en reste. Lilas, glycines, roses, hortensias, chaque saison contribue à l’œuvre collective. Et la reine de l’été, c’est la floraison fuchsia du bougainvillier.
Il est deux fleurs que j’aime par-dessus tout : la jacinthe, prophète de printemps, qui me redonne une raison de vivre après l’hiver que je hais, et le bougainvillier. J’ai découvert cette plante petite, en Guadeloupe, et je l’associe depuis aux lointains heureux, à la douceur et à la joie. Les façades de Bormes-les-Mimosas en sont recouvertes. Nous sommes venus fin mai, au début de la floraison – l’été décuplera le mauve.







Le sentier du littoral
Des centaines de kilomètres de criques, de plages et de points de vue surplombant le paradis, à corps à corps avec la Méditerranée : le sentier du littoral, qui propose de longer toute la côte sud, fait rêver. Un pan somptueux du chemin mythique passe par Bormes-les-Mimosas, du Cap Bénat au Cap de Léoube, en passant par le Fort de Brégançon, ancien repaire de pirates devenue résidence estivale des présidents de la République, et par la plage de l’Estagnol.


Je ressens le long de cette côte le même vertige qu’aux îles d’or situées juste en face, au large de ces criques rocheuses : le sentiment d’avoir plongé dans la carte, et d’être revenue au temps des aventuriers. Les pins parasols tissent leurs fils sur les eaux claires, la solitude gagne les recoins les plus reculés, et j’ai un instant l’illusion que nous possédons les lieux à nous seuls.

La plage de l’Estagnol et le restaurant l’Estagnol
Nous avons choisi de fêter l’anniversaire de notre rencontre sur l’une des plus belles plages de la côte d’Azur, à qui nombre de voyageurs trouvent de lointaines parentés avec les Caraïbes ou les Seychelles : la plage de l’Estagnol. Baie en demi-lune, au sable clair et fin, et que ferment à chaque extrémité des roches dorées, de grands arbres paisibles et de petites criques sauvages, elle évoque des paradis autrement exotiques. On ne nous a pas menti : c’est une vraie plage de carte postale.


Et le repas de fête, ce sera au restaurant l’Estagnol, véritable institution du littoral, où nous retrouverons le leitmotiv de cette journée : des fleurs, des bouquets de roses et de glaïeuls, sur chacune des tables jaunes et bleues, dans un décor au charme insulaire.


Et je me dis qu’encore une fois, j’aurais associé à la Côte d’Azur mes souvenirs de joie, d’amour et de douceur, et que le mythe grandit dans mon cœur. Il se nourrit aujourd’hui de mon bonheur, demain de ma nostalgie. Un jour, je le sais déjà, je rêverai de revivre ce samedi de mai à Bormes-les-Mimosas.

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