Auteur/autrice : Itinera Magica

  • Les plus belles randonnées du Diois : merveilles de la Drôme

    Le Diois ? A la bascule entre le Vercors et la Provence, où les champs de lavande jaillissent entre les falaises abruptes, la région de Die et de Châtillon-en-Diois est à mes yeux une des plus beaux endroits de France. Loin des grands axes, ce pays de montagnes et de rivières où la Drôme prend sa source est un émerveillement absolu, paradis de la randonnée et des sports de pleine nature. Enchâssé entre deux parcs naturels régionaux d’une beauté inouïe, celui du Vercors et celui des Baronnies provençales, ouvert sur le Mont Aiguille côté Isère et sur le Dévoluy côté Hautes-Alpes, le pays diois est au cœur des montagnes les plus secrètes et sublimes du sud, et une réserve inépuisable d’activités outdoor. Les randonnées du vallon de Combeau, du cirque d’Archiane, du Glandasse ou des gorges d’Omblèze figurent parmi mes plus beaux itinéraires de Drômoise amoureuse de sa terre natale.
    Mais le Diois est aussi le pays de la clairette de Die, succulent vin effervescent déjà réputé à l’époque des Gaules latines, de Châtillon-en-Diois, classé parmi les plus beaux villages de France, de « l’or violet » de Provence au cœur des routes de la lavande drômoises et des rivières transparentes où se baigner dans la fraîcheur de l’été.
    J’ai la chance d’être drômoise et j’aime à la folie ma région de pierre blanche, d’eau vive, de lumière méridionale et de lavande en fleurs. Laissez-vous vous emmener au cœur du pays diois et vous raconter que faire, que voir, que vivre dans la région de Die et de Châtillon-en-Diois, vous parler des plus belles randonnées du Diois, de vélo, d’escalade, d’eau vive, d’un survol du Mont Aiguille, de clairette, de beaux villages et de délices… pour des vacances d’été de rêve dans la Drôme.

    Drômoise de naissance, de quotidien et de coeur, je suis très heureuse de vous parler de ma région adorée. Photo Marion Carcel
    Le Diois, pays de randonnées sublimes avec vue sur le Mont Aiguille et les crêtes du Vercors
    Que voir et que faire dans le Diois, Drôme ? Les plus belles randonnées du Diois, avec vue sur le Mont Aiguille. Les lavandes du Diois
    Le Diois, pays de lavandes au pied du Vercors. Photo Marion Carcel

    Les plus belles randonnées du Diois, au sud du Vercors

    Nous sommes au sud du parc naturel régional du Vercors, le plus beau de France à mes yeux. Le Diois est la pointe Est de la Drôme, taillée comme un diamant serti dans les flancs du Trièves au nord et du Dévoluy au sud. Regardez une carte routière : nous sommes loin de toutes les autoroutes, dans un pays d’itinéraires de petite vitesse sublimé par Jean Giono que le Diois a cent fois inspiré, un pays étonnamment montagnard et escarpé, où chaque col bascule vers un nouvel horizon. La sublime route du col de Menée vous conduira vers Grenoble en offrant un panorama inouï sur le Mont Aiguille ; le col de Grimone ouvre sur le Jocou et l’exceptionnel vallon de la Jarjatte, au pied du point culminant de la Drôme, le Rocher Rond (2453m), seule montagne du Vercors à présenter un étage de végétation alpine – ici s’ouvre la route des cimes. Quant à la majestueuse montagne du Glandasse, qui surplombe Châtillon-en-Diois comme un vaisseau de pierre venu s’amarrer dans les lavandes avec ses mille mètres de falaise rocheuse, elle est la proue méridionale du Vercors, tout au sud de ce bateau de roche qui forme la réserve des hauts plateaux. C’est un terrain de jeu inouï pour les amoureux des sentiers, et c’est dans le Diois que j’ai vécu plusieurs des plus belles randonnées de ma vie. Voici quelques idées pour l’explorer.

    Cet article est consacré au pays Diois, soit le flanc Est du Vercors drômois. Pour explorer le Vercors drômois côté Ouest, côté Col du Rousset, Combe Laval, Font d’Urle ou Ambel, je vous invite à découvrir cet autre article.

    Que voir et que faire dans le Diois, Drôme ? Les plus belles randonnées du Diois, avec vue sur le Mont Aiguille. Les lavandes du Diois
    Au dessus de Châtillon-en-Diois, les hauts plateaux du Vercors. Ici le cirque d’Archiane, la Grande Moucherolle et le Mont Aiguille. Le Diois est un paradis de la randonnée

    Les plus belles randonnées du Diois : autour du Mont Aiguille, roi du Vercors

    Le Mont Aiguille ? Avec sa silhouette iconique, et son statut légendaire de première montagne gravie par des alpinistes (en 1492, année de grandes découvertes s’il en est !), il n’a pas volé sa couronne de roi du Dauphiné. Objet de nombreuses légendes médiévales, le « Mont inaccessible » a été fantasmé porte des enfers ou jardin d’Eden miraculé, et nombreux sont ceux qui ont rêvé de partir à l’assaut de ses abruptes parois pour atteindre sa plaine sommitale. Voici quelques idées de randonnées autour du Mont Aiguille, avant de partir à son ascension…

    Que voir et que faire dans le Diois, Drôme ? Les plus belles randonnées du Diois, avec vue sur le Mont Aiguille. Les lavandes du Diois
    Des vues magiques sur le Mont Aiguille dans le Diois. Ici depuis le Vallon de Combeau.

    Les plus belles randonnées du Diois : le vallon de Combeau et la tête Chevalière

    C’est une des plus belles randonnées pour admirer le Mont Aiguille : le vallon de Combeau monte en douceur sur un plateau que le printemps couvre de fleurs, entre falaises abruptes et bouquetins amicaux, avec des panoramas inouïs sur la montagne mythique. Le point culminant de la randonnée est la tête Chevalière, qui fait la frontière entre Drôme et Isère, et s’ouvre comme un tremplin sur le Mont Aiguille. Lors d’un trek magique, je suis redescendue côté isérois par le Pas de l’Aiguille avant d’aller dormir au pied du roi, à Chichilianne… une sublime traversée au cœur du Dauphiné.

    Le Jocou, randonnée sublime en Diois et panorama à 360

    Le plus beau balcon sur le Diois, le Trièves, le Dévoluy et les Ecrins ? C’est le Jocou ! Accessible depuis Die par le col de Grimone, ce sommet offre un panorama inégalé sur cette partie des Alpes : côté Trièves, le Mont Aiguille, le lac de Monteynard, et la vue ouverte jusqu’à Grenoble, côté Drôme, les 3 Becs, le Glandasse et tous les sommets du Diois, côté Dévoluy, le Grand Ferrand et l’Obiou, et enfin plus loin, toute la barre des Ecrins se découpant au loin dans l’air vivifiant des montagnes secrètes. La vue est absolument majestueuse.

    Randonnées en Diois, au sud du Vercors, avec vue sur le Mont Aiguille

    L’ascension du Mont Aiguille, entre Diois et Trièves

    A force de randonner autour de sa silhouette onirique, comment ne pas être tenté de franchir à son tour le pas de l’interdit, comme Antoine de Ville sur ordre du roi de France en 1492 ? Il faudra se faire accompagner impérativement d’un guide pour cette expédition d’alpinisme relativement aisée, mais qui nécessite une solide connaissance des techniques d’escalade et notamment de la descente en rappel – la montée est plus aisée que la redescente, avec deux grands rappels, dont un en fil d’araignée entièrement dans le vide. Après avoir franchi une ultime cheminée, nous voici sur la plaine sommitale, au pays des bouquetins : les rois des cimes ne craignent pas l’assaut de la citadelle du vertige… Je me sens comme échouée sur un îlot solitaire tandis que l’océan des crêtes du Vercors se lève face à moi, le pied sur un radeau au-delà des nuées. L’expérience est inouïe…

    Ascension du mont aiguille
    Lever de soleil sur le Vercors depuis la plaine sommitale du Mont Aiguille

    Au sujet du bivouac au sommet du Mont Aiguille : au moment où ces photos ont été prises, en août 2021, le bivouac sur la plaine sommitale était encore toléré. Il est aujourd’hui interdit afin de préserver l’environnement exceptionnel de la réserve des hauts plateaux du Vercors.

    Les plus belles randonnées du Diois : le Glandasse et Châtillon-en-Diois

    Le Glandasse ? L’extrémité sud du grand bateau du Vercors est peut-être sa face la plus majestueuse : plus de mille mètres de pente abrupte, dressée comme la coque d’un navire minéral, auxquels le village de Châtillon-en-Dois vient s’amarrer en beauté.

    Le Glandasse au sud du Vercors. Les plus belles randonnées dans le Diois, Drôme
    La montagne du Glandasse, extrémité sud du Vercors, au-dessus de Châtillon-en-Diois. Photo Marion Carcel

    Bivouac et randonnée sur le Glandasse, à Châtillon-en-Diois

    Du village de Châtillon-en-Diois jusqu’au sommet du Dôme du Glandasse (aussi appelé Pié Ferré), il faudra compter 1500 mètres de dénivelé, une montée raide mais sans difficulté technique que récompense une vue grandiose à l’arrivée sur les hauts plateaux. Dormir là-haut, au-dessus du cirque d’Archiane, et voir le jour se lever sur les crêtes du Vercors, est un de mes plus beaux souvenirs. Le Vercors est une planète à part, un royaume de solitude et de sauvagerie, et une nuit sur le Glandasse est un voyage cosmique…

    Les plus belles randonnées du Diois : le cirque d’Archiane et le rocher de Combeau 

    Les plus belles formations dolomitiques – c’est-à-dire, de roche érodée, ruiniforme – du Vercors ? Elles sont dans le Diois, à l’extrême sud du massif. Les vires du Glandasse, le rocher de Combeau, le cirque d’Archiane, sont autant d’exemples de cette richesse géologique inouïe. Arpenter en randonnée le cirque d’Archiane est un avant-goût facile et accessible de cet univers d’arches, de voûtes et d’ogives sculptées par un démiurge romantique au fil des siècles…

    Randonnées au sommet de la Drôme : autour du Rocher Rond et du vallon de la Jarjatte

    Le point culminant de la Drôme ? C’est le Rocher Rond, dont les 2453m forment le faîte du département. Son sommet, la tête du Fleyrard, s’intègre dans une ligne de crête majestueuse qui court sur trois départements et qu’on admire à merveille depuis le Dévoluy : l’Obiou est en Isère, le Grand Ferrand dans les Hautes-Alpes, et le Rocher Rond est véritablement le verrou montagnard de ma Drôme – et le seul sommet drômois à posséder un étage alpin, avec toute la végétation singulière qui l’accompagne, notamment des edelweiss. Cette région, le vallon de la Jarjatte, est une des plus sauvages du pays, et l’exemple d’une biodiversité rare.

    Obiou Rocher Rond Grand Ferrand
    La ligne de crête transfrontalière aux 3 départements, ici vue depuis l’autre côté, côté Dévoluy. Obiou, Grand Ferrand et Rocher Rond la composent. Le vallon de la Jarjatte se niche de l’autre côté

    Au printemps 2023, j’ai enfin pu réaliser une randonnée absolument magnifique dans cette région aux confins de la Drôme : monter jusqu’au Lac du Lauzon, petit puits d’eau douce dans une tourbière d’altitude, et au col du Charnier, où les vautours surveillent la frontière avec les Hautes-Alpes. Nous sommes encore dans la Drôme, et déjà sur le GRP Tour du Dévoluy, avec ses sublimes reliefs et ses immenses pierriers. Le lac du Lauzon, rempli de tritons alpestres, m’a émerveillée par sa puissance biodiversité et son atmosphère de lande écossaise… une virée époustouflante.

    Les lavandes de la Drôme : rando et vélo lavande autour de Die

    En termes de surface de production de la lavande et du lavandin, la Drôme arrive à la deuxième place des départements français, derrière les Alpes de Haute-Provence et leur iconique plateau de Valensole. De juin à août s’ouvrent les routes de la Lavande qui sillonnent une Haute-Provence violette, à la recherche de cet or floral qui pousse naturellement entre 600 et 1400 mètres d’altitude. Au pied du Vercors, grand ouvert sur le midi, le Diois est ce pays de bascule entre montagne et midi où la lavande s’épanouit.
    En juin, ne manquez pas de partir en randonnée à la recherche des lavandes du Diois, entre Die, Chamaloc, Romeyer… à pied, en voiture, à vélo ou à cheval, la lavande abonde et transforme le paysage en un patchwork de mauve grandiose.

    Où voir les lavandes dans la Drôme ? Lavandes du Diois
    Les lavandes du Diois. Photo Marion Carcel


    Je garde un très bon souvenir d’une randonnée en vélo à assistance électrique au départ de Die et jusqu’à Saint-Julien-en-Quint dans le parc naturel régional du Vercors. Nous avons roulé à travers les champs violets jusqu’au coeur des montagnes du Vercors. Et nous avons croisé, outre des fleurs par milliers… un loup qui traversait. Dans le Diois, j’ai souvent rencontré des bouquetins, plus rarement le loup, mais la vie sauvage affleure au détour de chaque sente.

    Les lavandes du Diois. Où voir les lavandes dans la Drôme ? Lavandes autour de Die
    Vélo dans les lavandes du Diois, bonheur de juillet

    Rando et escalade dans le Diois : les gorges d’Omblèze et la chute de la Druise

    Le Diois n’est pas un pays de grands axes et de routes évidentes. Enchâssé dans la forteresse du Vercors, il est une terre qui se déroule au rythme lent d’une bobine qu’on dévide, entre cols escarpés, vallées reculées et canyons profonds. Parfois dans le Diois, un lieu est à moins d’un kilomètre à vol d’oiseau d’un autre, mais pour y accéder, il vous faudra rouler, randonner, tâtonner, car la montagne a érigé des murailles pour que vous puissiez vous sentir chevalier et avoir plaisir à conquérir un donjon. Les gorges d’Omblèze sont une balade épopée, et méritent qu’on y passe au moins une journée. La princesse à sauver ? La plus haute cascade de la Drôme : la merveilleuse chute de la Druise, aux airs de cascade d’Islande avec son long voile jaillissant du rocher. La rivière Gervanne se précipite depuis ce tremplin minéral grandiose dans une gorge étroite.


    Mais Omblèze, c’est aussi une randonnée aux airs celtiques dans une gorge moussue, le canyon des gueulards, et un des plus beaux sites d’escalade de la Drôme, les gorges d’Omblèze, avec une multitude de sites de tous niveaux et de voies qui surplombent la rivière ou se perdent dans la montagne – un régal pour les grimpeurs. Enfin, Omblèze, c’est un restaurant atypique et attachant, le Moulin de la Pipe, établi comme auberge depuis plus de 100 ans : il nourrit les voyageurs venus s’égarer dans la vallée de la Gervanne depuis 1918.

    Pour en savoir plus sur la région de la Gervanne, je vous invite à lire mon article consacré à la vallée de la Drôme.

    Un site grandiose : le Claps et le Saut de la Drôme à Luc-en-Diois

    Le Claps est un des sites géologiques les plus incroyables des Alpes, et on le doit à une catastrophe vieille d’un demi-millénaire. Un matin de 1442, les habitants de Luc-en-Diois furent réveillés par un fracas épouvantable. Le ciel leur était littéralement tombé sur la tête : une immense partie de la montagne surplombant le village, le Pic-de-Luc, s’était arrachée et effondrée en un monstrueux éboulement. Six siècles plus tard, la cassure nette de la pierre tranchée comme un cake reste parfaitement visible, ainsi que l’immense chaos rocheux à son pied, appelé le Claps. La catastrophe fit heureusement peu de victimes, mais causa un grave problème hydrologique : la rivière Drôme, qui prend sa source un peu plus haut dans le Diois, fut coupée par l’amas de pierre, créant une immense retenue et privant d’eau les vallées en contrebas. Le parlement du Dauphiné dépêcha des émissaires et ouvriers, et d’importants travaux furent menés pour restaurer le cours de la Drôme. Les travaux ne s’achevèrent qu’en… 1804, avec la rupture du lac supérieur.

    Aujourd’hui, la Drôme cataracte joyeusement parmi le Claps, un chaos rocheux spectaculaire qui est aussi un site d’escalade prisé (en bloc et en voie). La rivière Drôme parcourt un grand escalier de cascades pittoresques. La plus haute se nomme le Saut de la Drôme, et la partie basse, autour de l’aire de pique-nique du Claps, est un lieu de baignade prisé.

    Les plus belles randonnées du Diois, Drôme : le Claps et le saut de la Drôme
    Le saut de la Drôme à Luc-en-Diois

    Randonner et se baigner le long des rivières du Diois

    La Drôme est un pays de rivières, et elles sont nombreuses en Diois. Si vous aimez voyager au fil de l’eau, faites un tour au vallon des Sources où la Drôme naît de la montagne, allez vous baigner au pas des Ondes, véritable lagon de montagne entre Diois et Baronnies à La Motte Chalancon. Partez pour une randonnée aquatique originale en recherchant les gours de la Roanne, ou les plus hautes cascades sur la Gervanne, allez rechercher une baignade poétique au Pas du Goure à Saint Nazaire-le-Désert, à la cascade de Pontaix ou encore aux vasques de la Brette. Les chutes secrètes sont nombreuses dans ce pays lentement sculpté par l’eau qui chante dans la montagne. Je rêve d’aller découvrir les nombreuses cascades du vallon de la Jarjatte, et de suivre le ruisseau de Puscle jusqu’aux impressionnantes cheminées de fées des Sucettes de Borne. Enfin, j’ai une cascade assez méconnue à confier à votre curiosité : les superbes gorges des Gâts, paradis moussu niché entre Châtillon-en-Diois et Glandage…

    Randonner avec son chien dans le Diois

    Etant moi-même l’heureuse propriétaire de deux chiennes, Nevada et Rocaille, j’ai énormément randonné dans ma Drôme avec elles. Mais dans un pays de montagne et d’alpages comme le Diois, il n’est pas toujours évident de savoir où randonner avec son chien en toute sécurité : la forte présence du loup au sud du Vercors force les bergers à faire garder les troupeaux par des chiens de protection ou patous, qui perçoivent comme une menace la présence d’autres canidés. Pour éviter tout accident – pour vous, pour votre chien, pour les troupeaux –, il est important de se renseigner et d’éviter de monter avec votre chien sur un alpage pâturé et gardé. C’est pour cette raison que certaines randonnées ne sont autorisées aux chiens qu’en hiver, et interdites l’été, et il est très important de respecter cela (pour votre propre sécurité et celle de votre compagnon). Afin d’aider les voyageurs à y voir plus clair, l’office du tourisme du Diois a édité un guide, Randonner toutoute l’année, disponible dans tous les offices du pays et qui vous suggérera des randonnées accessibles aux quatre-pattes en toute saison.

    Randonner avec son chien dans la Drôme
    Bonheur de randonner avec son chien dans la Drôme

    Une expérience magique en pays Diois : le survol du Mont-Aiguille

    Vous connaissez le triangle des Bermudes, mais si vous n’avez pas encore exploré le Diois, vous ne connaissez pas le triangle magique. Le triangle magique, c’est cet endroit loin du monde rapide où les massifs se tendent la main par-dessus les vallées perdues, et où le Vercors, le Dévoluy, les pays du Trièves, du Buech et des Baronnies, s’enlacent dans une virevolte de routes sinueuses et de crêtes dentelées. A cet endroit, la Drôme, l’Isère, les Hautes-Alpes et les Alpes de Haute-Provence viennent se rejoindre, quelque part sur une ligne de crête du Diois, où les rivières prennent source et où les rêves prennent vie. Ces sommets isolés du Haut-Diois, j’ai eu la chance inouïe de les survoler en ULM, au départ de la base aérienne Saint Martin à Lesches-en-Diois. Et c’est un des plus beaux souvenirs de ma vie. Voir depuis le ciel, étendus comme un planisphère, ces recoins que je n’avais explorés qu’au détour de virages et de sentes secrètes, donne une autre appréhension de la géographie du triangle magique. Dès le décollage, nous nous retrouvons face à la ligne de crête grandiose qui nous sépare du Dévoluy, Rocher Rond, Grand Ferrand, Obiou. Cap vers le Nord, et c’est le Mont Aiguille qui jaillit des nuages, cataracte de roche au cœur d’un bastion de brumes, roi éternel du Dauphiné. Survoler la plaine sommitale après y avoir dormi me procure une émotion toute particulière. Et au retour, ce sont le rocher de Combeau et le cirque d’Archiane qui dévoilent au ciel le labyrinthe rococo de leurs arches et leurs spires. Un nectar de Diois, d’une beauté inouïe…

    Survol du Mont Aiguille en ULM
    Survol du Mont Aiguille

    Visiter Châtillon-en-Diois, classé plus beau village de France

    Pardonnez-moi d’être chauvine, mais ma Drôme est sublime. Elle compte pas moins de six villages classés parmi les plus beaux de France. Voici le dernier à avoir intégré ce club très fermé : Châtillon-en-Diois, citadelle rocheuse au pied de la montagne du Glandasse. Châtillon est très marqué par son héritage protestant, véritable bastion de la Réforme au cœur du Dauphiné, entre temple et cachettes secrètes conçues pour se dérober aux persécutions. Et il a conservé un coeur médiéval superbe, avec ces ruelles qu’on nomme « viol » (du provençal viao et du latin via) et qui s’enfoncent dans un dédale de cours intérieures. Ce que je préfère ? Les fontaines, où cascade l’eau claire des montagnes – la rivière Drôme prend sa source tout près d’ici, au cœur du Diois. J’aime depuis toujours ce village magnifique et je suis ravie que le label vienne récompenser sa beauté et sa singularité !

    Visiter Châtillon en Diois. Les plus beaux villages de France dans la Drôme

    Le Diois compte de nombreux autres villages sublimes : j’aime énormément Pontaix, où la Drôme turquoise vient s’immiscer sous des maisons suspendues qui me rappellent beaucoup celles de Pont-en-Royans, de l’autre côté du Vercors. J’adore Glandage, perdu dans la montagne et cerné de rivières translucides, et Saint-Benoît-en-Diois, forteresse de la Roanne…

    Visiter Die, clairette et clochers

    Toute entourée de montagnes et de champs de lavande, la capitale du Diois (et de la clairette) est une ville charmante, où les roses trémières poussent dans les ruelles colorées, où des artisans, des artistes et des gens venus rechercher la proximité de la nature entretiennent de petits jardins sauvages. J’aime beaucoup flâner dans Die, rechercher les détails et les petits clins d’œil laissés par ses habitants pleins de fantaisie. Terre pionnière de l’agriculture bio, où le Vercors et la Haute-Provence se rencontrent, la Drôme a toujours attiré les gens en quête d’une vie plus apaisée. La vie est douce ici, Die est une terre de liberté et de créativité. Le « hippie drômois » existe toujours, il se porte bien, il vit à Die ou à Buis-les-Baronnies et il y est très heureux… et il y a forcément un peu de hippie drômois en vous et moi (en moi, c’est incontestable ;)).

    Visiter Die dans la Drôme
    Die, au coeur des montagnes drômoises


    Ce que j’ai le plus aimé à Die, c’est la vue sublime depuis le clocher de la cathédrale. L’accès est limité, il vous faudra soit attendre les journées du patrimoine, soit partir en visite avec l’office de tourisme. Mais l’attente vaut tellement le coup ! Le panorama majestueux permet de comprendre toute la proximité des montagnes, et de savourer la marelle colorée des toits et des ruelles.

    Visiter Die dans la Drôme
    Depuis le clocher de la cathédrale, vue sur Die


    Je vous recommande vraiment de prendre le temps de rencontrer artisans et producteurs en pays Diois… c’est la partie qui suit.

    Les spécialités du Diois : lavandes, clairette et bonnes adresses

    Depuis l’époque gallo-romaine, les paysages drômois ont été façonnés par la main des agriculteurs. Allons à la rencontre des spécialités dioises.

    La clairette de Die : l’incontournable !

    Dans la Drôme, on ne se marie pas au champagne, mais à la clairette. C’est à mes yeux le meilleur alcool effervescent au monde, le plus naturel aussi, et je continue de penser qu’il est sous-côté : la clairette n’est pas une piquette, comme certains mal-informés continuent de le penser, c’est un vin exquis, riche de 2000 ans d’histoire et d’une tradition strictement préservée. La clairette de Die est protégée par une AOC depuis 1942. Et c’est un vin qui s’inscrit pleinement dans l’air du temps, dans notre quête d’une vie plus saine et ancrée dans les territoires. La clairette est cultivée sur de petites surfaces, avec de nombreux producteurs bio, sans aucun additif, sans liqueur d’expédition, avec un taux d’alcool plus bas que le vin et le champagne (autour de 6-7 degrés). Et c’est un délice. Aucun chauvinisme ne joue quand je vous dis que c’est mon alcool préféré – il faut goûter pour être charmé !

    La cave Jaillance et le musée de la clairette Muséobulles

    Pour mieux comprendre l’histoire de la clairette, déjà plébiscitée par les Romains il y a deux millénaires qui l’élevaient en amphore, et sa prise de mousse naturelle grâce au froid, je vous invite à visiter le très beau musée Muséobulles de la cave Jaillance. Le parcours muséographique, très réussi, nous fait plonger au cœur d’une rivière froide où, selon la légende, on aurait accidentellement découvert la prise de mousse après la chute d’amphores en plein hiver, nous fait voyager avec les fines bulles jusqu’à la salle de dégustation. C’est instructif, c’est beau et c’est bon, une très jolie visite qui nous a séduites.
    La cave Jaillance est emblématique du Diois : c’est elle qui rassemble 200 vignerons membres de l’AOC, à qui appartiennent la plupart des vignes que vous croiserez sur les routes de Die et de Vercheny. Elle symbolise à elle toute seule ce terroir pétillant qui fait vivre tant d’hommes et de femmes amoureux de ces vins et de leur tradition. J’adore les clairettes Jaillance classiques, qu’on boit souvent dans les fêtes drômoises, mais j’avoue avoir un faible pour leurs cuvées premium d’une grande qualité : l’Impériale, la Cybèle, l’Icône sont un pur délice…

    Visiter le Diois dans la Drôme : goûter la clairette de Die
    Dégustation de clairette Jaillance après la visite de Muséobulles

    Sur les routes de la clairette : œnotourisme chez les vignerons du Diois

    Si vous êtes tombé amoureux de la clairette, vous pourrez continuer votre visite oenotouristique en découvrant des producteurs indépendants.

    J’ai eu le plaisir de découvrir les clairettes de la cave Poulet et Fils lors d’une dégustation, et j’irai visiter la cave à Vercheny un de ces jours. Leurs clairettes tradition m’ont immensément séduite, mais j’ai aussi eu un coup de cœur pour leurs clairettes hors appellation, fabriquées à partir de cépages hors AOC : la Divine Rosée vaut vraiment le détour !

    Je garde un souvenir merveilleux d’un coucher de soleil au domaine de Maupas, à Châtillon-en-Diois. Au pied du Glandasse, entre un cabanon de carte postale et un champ de tournesols, nous avons été accueillies avec une immense gentillesse et un plateau de fromages et charcuteries, pour une dégustation dans l’or du soir. Non seulement la clairette nous a régalées, mais aussi une des plus petites AOC de France, le Châtillon-en-Diois : un vin tranquille, rouge ou blanc, qui possède la particularité d’utiliser des cépages rares à cette altitude et dans cette région. L’exceptionnel climat de Châtillon, entre montagne et grand soleil, permet à ces raisins de s’épanouir et de produire ce vin singulier et de grande qualité qui m’a énormément plu. Échanger avec un vigneron passionné dans un cadre aussi beau m’a enchantée.

    Visiter le Diois dans la Drôme : goûter la clairette de Die

    Les lavandes du Diois : découvrir les routes de la lavande de la Drôme

    La lavande est si fugace. Fin juin, début juillet, elle enchante ma belle Provence. Et puis déjà le vert laisse place au violet et début août, le temps du solstice s’est enfuit. Pour garder tout le nectar de l’été et la fragrance de la lavande dans son foyer, il faudra la distiller…

    La distillerie des 4 Vallées à Chamaloc : les lavandes du Vercors

    C’est une vision de Cocagne, un des plus beaux paysages du Diois : les champs de lavande à perte de vue moutonnant mauves au pied du Vercors. Ces champs, ce sont ceux de la distillerie des 4 Vallées, installée sur les hauteurs du Diois à Chamaloc. Cette famille de cultivateurs passionnés offrent une expérience touristique de grande qualité aux visiteurs, que je vous recommande très chaleureusement si vous passez dans le pays Diois au début de l’été : un atelier distillation, qui vous permet d’aller récolter votre lavande à la faux dans les champs, de l’apporter à l’alambic en cuivre pour observer le processus ancestral de récupération de l’huile essentielle, et de repartir avec un petit flacon de votre propre produit. On vous expliquera la différence entre la lavande fine ou vraie, plante de montagne aux rendements faibles mais à l’huile essentielle d’une très grande qualité, et le lavandin, plante plus abondante issue d’une sélection génétique afin d’optimiser la récolte. Les deux sont cultivées aux 4 Vallées, et les deux ont leurs vertus et leurs qualités – la lavande fine enchantera les amateurs de phytothérapie, mais ce sont les lavandins, uniformes et touffus, qui font les plus belles photos ! Les explications sont passionnantes, la rencontre est belle et instructive, et la visite s’achève à la fabuleuse boutique de la distillerie, une véritable île (violette) de la tentation avec ses savons, ses cosmétiques, ses bouquets, ses limonades à l’eau florale de lavande (un délice, je recommande !), ses souvenirs.

    Quand et où voir la lavande en fleurs dans la Drôme ?

    C’est une question qu’on me pose énormément, j’y réponds donc ici : bien sûr, cela dépend de la météo (les années sèches accélèrent la récolte), mais en règle générale, la lavande dans la Drôme commence sa floraison début juin aux altitudes basses. Dans la vallée du Rhône, autour de La Garde Adhémar, les champs sont déjà en pleine floraison autour du 15 juin, et souvent coupés autour du 25 juin. Le Diois est plus haut, plus montagneux. Du côté de Chamaloc, c’est plutôt vers le 15 juillet que j’ai vu le maximum de floraison, avec une récolte commençant à ce moment-là. Les champs de lavande les plus hauts en altitude ont éventuellement une chance d’être encore en fleurs autour du 20-25 juillet, mais ensuite, la récolte est terminée.
    La distillerie des 4 vallées cherche à assurer son atelier distillation tout l’été, et ils gardent donc un champ non récolté à cet usage jusqu’à la dernière quinzaine d’août environ : si vous voulez voir des lavandes en août, quand la récolte est terminée partout ailleurs, c’est le dernier endroit où vous en trouverez !

    Quand voir la lavande dans la Drôme ?
    Quand voir la lavande en fleurs dans la Drôme ? Cette photo a été prise un 20 juillet par Marion Carcel dans le Diois – l’altitude prolonge la saison de la floraison.

    J’en profite pour glisser une recommandation élémentaire, mais importante : quand on est, comme moi, fou de photo et qu’on rêve de photographier les lavandes de la Drôme, on fait bien attention à respecter le travail des cultivateurs. On ne cueille rien (les bouquets peuvent être achetés à un petit prix en boutique !), on ne piétine pas les plants, et on se souvient que des hommes et des femmes passionnés travaillent d’arrache-pied pour offrir à nos paysages cette beauté…

    Produits de la Drôme et bonnes adresses veggie à Die

    La Drôme est une terre d’agriculture, et lors de vos vacances dans le Diois en été, il vous faudra absolument goûter les melons drômois, les petits fromages, les abricots des Baronnies, les tartinades de légumes d’été, la clairette, évidemment – les agriculteurs ne manquent pas et le Diois propose de nombreuses épiceries de pays et boutiques en circuit court.

    Ami végétariens, sachez que le Diois pense à vous : les options végétales (végétarien/vegan) sont très nombreuses ici, car nous sommes dans une terre où on cultive beaucoup de céréales type petit épeautre, de légumes et de fruits, où il est facile de proposer des alternatives végétales locales et de qualité, et où la proportion de végétariens dans la population est souvent plus élevée qu’ailleurs (le Diois, paradis des hippies drômois d’aujourd’hui !). Il y a un resto 100% végé que j’adore dans le cœur de Die, Les petits fourneaux. Le lieu a un charme fou : vous rentrez par une sorte de traboule dans une cour intérieure au toit de végétation, et la carte est colorée, savoureuse, copieuse – vous mangez bien, frais et local !

    Adresses veggie à Die
    Bonne adresse veggie à Die : Les petits fourneaux

    Un reportage à trois en pays Diois : ambassadrice de la Drôme dans le métro 

    A la fin de ce long article, j’ai envie de partager avec vous ses coulisses.
    Les photos de cet article sont issues de plusieurs occasions : mes pérégrinations perso depuis des années dans le Diois (je suis née dans la Drôme et j’y vis toujours), un bel accueil à l’initiative du Pays diois en juillet 2021 avec mon amie Laura, et enfin un reportage en trio réalisé en juillet 2022, avec Marion Carcel à la photo et Pauline Filippelli à la vidéo, à l’initiative de La Drôme Attractivité.


    Les vidéos réalisées au drone et caméra au poing par Pauline sont visibles ici : la Drôme en vidéo.
    Quant aux photos prises par Marion alias Foehn Photographie, qui sont nombreuses à illustrer cet article, elles ont connu un destin très particulier : l’une d’entre elles a été choisie pour incarner la Drôme lors d’une campagne de communication en février/mars 2023 dans le métro parisien. J’ai donc eu l’immense joie de me retrouver ambassadrice de la Drôme sur les murs du métro, sur cette belle image prise par Marion. Cela a été pour moi un immense bonheur et honneur.

    Ariane Fornia ambassadrice Drôme métro
    Cette photo de Marion Carcel m’a valu l’honneur d’être choisie pour incarner la Drôme durant 15 jours lors d’une campagne d’affichage dans le métro parisien.

    Je suis drômoise de naissance, de quotidien et de cœur. J’ai une chance inouïe d’être née et de vivre dans cette région magique suspendue entre Vercors et Provence et je sais que je lui dois cette double passion : les Alpes et le sud, les cailloux et les lavandes, l’âpreté des pentes et la douceur des sources à l’ombre de l’été. La Drôme a façonné qui je suis, mes rêves et mes amours. J’ai cette double soif de pierre et de soleil, de montagne et de midi. Je serai toujours une fille de la campagne drômoise, qui a farouchement besoin d’espace et de nature pour être heureuse. La lavande pour s’épanouir doit trouver la rocaille et le soleil, l’altitude et la lumière – un peu comme moi, finalement. Devenir, le temps d’une campagne, le visage de la Drôme au milieu de mes fleurs préférées m’a comblée de joie.

    Si vous avez aimé ce reportage et avez envie de continuer à explorer la Drôme, n’hésitez pas à découvrir ceux sur le Vercors drômois côté Ouest, entre Col du Rousset et Royans, sur les plus belles randonnées du Vercors, sur la vallée de la Drôme, sur la route de l’olivier en Baronnies, sur la truffe drômoise, et à vous abonner à la newsletter. Et pour découvrir l’autre grand parc naturel régional de ma région chérie, destination les Baronnies provençales !

    Merci à La Drôme Attractivité et au Pays Diois, et notamment à Anne-Catherine et Ludivine. Merci à Marion et Pauline pour leur travail fabuleux en juillet 2022, très heureuse d’avoir pu œuvrer en trio avec vous à la promotion de ma région chérie. Merci à Laura qui m’a permis de prendre mes photos en juillet 2021, à Marianne qui m’a photographiée au Saut de la Drôme en 2020, et à Bertrand qui m’a accompagnée et photographiée sur le Glandasse et le Jocou en 2020 et 2021. Magnifique gang de Drômois !

  • La Drôme en vidéo : mille facettes de mon pays chéri

    Je suis née dans la Drôme et j’ai le bonheur d’y vivre. Trait d’union entre Vercors et Provence, la Drôme est une synthèse parfaite de ce que j’aime le plus au monde, une terre d’harmonie entre montagne et midi.

    La Drôme ? Ce sont deux parcs naturels régionaux, celui du Vercors et celui des Baronnies provençales, c’est une nature grandiose et un paysage sculpté par la main des hommes, une terre d’agriculture où se nichent des villages somptueux au milieu des lavandes et des abricots. La Drôme, c’est un pays de grands espaces et de bien-être, où on respire et où on se ressource en écoutant le chant des rivières

    A l’été et l’automne 2022, j’ai eu l’immense bonheur de réaliser pour ma Drôme natale et chérie un beau reportage en trio avec deux créatrices et amies talentueuses : la vidéaste Pauline Filippelli et la photographe Marion Carcel. Ce sont ici les vidéos réalisées par Pauline que j’ai le plaisir de vous présenter : un format long de sept minutes, et trois formats courts de 45 secondes, conçus pour les réseaux sociaux. Ces vidéos mélangent plans caméras au poing et images aériennes prises au drone. En tant que blogueuse de voyage amoureuse de la Provence, des Alpes, et de la Drôme qui les unit, je suis très heureuse de ces films dont j’ai eu le bonheur d’être l’actrice et présentatrice. J’espère que cet hommage à ma Drôme adorée dans toute sa diversité saura vous toucher. La Drôme en vidéo, c’est par ici !

    La Drôme en vidéo
    Drôme, pays de lumière, de montagnes et d’agriculture. Photo Marion Carcel

    Sept minutes de Drôme en vidéo

    Nous vous proposons sept minutes d’immersion en vidéo dans les paysages et les patrimoines drômois, entre les lavandes du Diois, les bulles de la clairette au pied du Vercors, les marnes et les ocres des Baronnies, les sources joyeuses, les envols des vautours et les sublimes villages riches d’histoire.

    Dans cette vidéo réalisée par Pauline Filippelli, j’ai le bonheur de vous raconter mon pays bien aimé, en tant que blogueuse drômoise amoureuse de ses paysages et saveurs. De l’été dans le Diois à l’automne dans les Baronnies, nous explorons la beauté, la nature et les richesses humaines du pays drômois, à pied, à cheval, par la rencontre avec les agriculteurs… ou la baignade dans une rivière fraîche.

    Comme le dit le slogan, « la Drôme, c’est ma nature »… et la vôtre ?

    La Drôme en vidéo drone
    Trio de passionnées au service de ma Drôme adorée : Pauline à la vidéo, Marion à la photo, et moi en ambassadrice de mon département de naissance, de résidence et de coeur.

    La Drôme en vidéo : le Vercors drômois côté Ouest

    Au printemps 2023, Pauline, Marion et moi avons eu le plaisir de récidiver dans le Vercors drômois, côté Ouest : Font d’Urle, Plateau d’Ambel, Saint Nazaire en Royans… Voici le résultat, et l’article de blog consacré au Vercors drômois.

    La Drôme en vidéo : la vallée de la Drôme

    Au printemps 2024, c’est en vallée de la Drôme que notre trio a continué son exploration, au pays de la tour de Crest, de la rivière Drôme, de la forêt de Saoû et de Mirmande. Voici l’article consacré à la vallée de la Drôme.

    La Drôme en vidéo : l’été dans le Diois, lavandes et rivières

    La Drôme ? C’est le trait d’union entre le Vercors et la Provence, entre la montagne et le Sud. Le Diois est l’incarnation parfaite de cette sublime synthèse. Ici, les lavandes poussent sur les flancs ensoleillés du Vercors, car il leur faut l’âpreté de l’altitude et la douceur du midi pour s’épanouir. Ici la Drôme prend sa source au cœur des montagnes, cascade en ruban turquoise et saute dans le chaos rocheux du Claps, tandis que les eaux bondissantes abreuvent les fontaines de Châtillon en Diois, un des plus beaux villages de France, et que la clairette de Die fait chanter les verres en mille bulles dorées. Ici le soleil d’été ne consent à se coucher que parce que les tournesols le prennent dans leurs bras, au bord d’un cabanon de pierres sèches qui chante la Provence. C’est ma région adorée…


    Cette vidéo courte (45 secondes, ce qu’on nomme une capsule) a été réalisée par Pauline Filippelli en pays diois. Merci à la Distillerie des 4 Vallées à Chamaloc pour leur accueil dans les sublimes lavandes du sud du Vercors et pour une belle distillation de l’huile essentielle, et au Domaine de Maupas à Châtillon en Diois pour une exquise dégustation de vin et de clairette parmi les tournesols au pied du Glandasse.

    La Drôme en vidéo : paysages et randos dans les Baronnies provençales

    Bienvenue dans le parc naturel régional des Baronnies provençales ! Au sud de ma merveilleuse Drôme, cette région magnifique est un condensé de montagne et de midi aux allures de Far West provençal. Crêtes sculptées, ocres rouges, marnes noires, sommets découpés, falaises des vautours, sources cristallines, tout conspire à un somptueux décor en Technicolor. Un bonheur de chevaucher dans de tels paysages avec le centre équestre de Condorcet, de voir le soleil se coucher sur la terrasse de la Ferme Fortia, de randonner entre rapaces et oliviers avec l’association Vautours en Baronnies, de savourer cette nature extraordinaire de la Drôme, sublimée et protégée par la main des hommes qui font vivre leur terroir. Ma région, je l’aime à la folie, et je suis très heureuse de pouvoir vous la montrer ainsi !

    Cette vidéo est l’œuvre de mon amie Pauline, vidéaste et droneuse talentueuse. Un projet à 3 pour que j’ai adoré, avec Marion à la photo… et en figurante à poney dans cette vidéo ! Trio de filles amoureuses des grands espaces ensoleillés.

    La Drôme en vidéo : agriculture, rencontres et bien-être en Baronnies

    Ma Drôme chérie, terre d’harmonie ! Ici les villages perchés s’enroulent au creux des falaises ensoleillées, ici la main du paysan sculpte les paysages, et sertit les méandres bleus de l’Eygues d’oliveraies pluricentenaires, comme à la Ferme Perdicus. Ici je ressens la concorde profonde entre l’œuvre des hommes et celle de la nature, la richesse d’un terroir généreux et bienveillant où il est facile de se sentir chez soi. Ici le voyageur trouve apaisement et sérénité, au bord des eaux illuminées, dans un yoga face aux montagnes des Baronnies à la Ferme Fortia ou dans le vin riant de leurs coteaux. Ma région est belle est chaleureuse, et je sais que je lui dois ce qui m’anime, le double amour de la montagne et du midi, de la nature préservée et du travail des hommes en harmonie. Alors, quand est-ce qu’on se retrouve dans la Drôme ?

    Une vidéo réalisée par Pauline à la caméra et au drone, avec Marion ici en pleine séance de yoga. Très heureuse d’avoir pu mettre en valeur, avec deux amies de talent, ma région natale et adorée. J’espère très fort avoir pu communiquer l’amour que je ressens pour mon pays natal. Connaissez-vous la Drôme ?

    La Drôme en vidéo : lavndes du Diois
    La Drôme, entre Provence et Vercors… Photo Marion Carcel.

    A suivre : de nouveaux articles de blog détaillant les beautés du Diois et des Baronnies. N’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter !

  • Sa Meijesté la Meije : rêves, randonnées et ascensions

    La Meije. Si j’avais un tatouage, ce serait elle. Elle me fascine infiniment.
    Reine du Dauphiné, dernier sommet majeur à avoir été conquis par des alpinistes – en 1877, près de 100 ans après le Mont Blanc ! -, elle a longtemps résisté aux assauts des ambitieux. Plusieurs Suisses et Anglais parmi les meilleurs alpinistes de leur époque l’ont déclarée imprenable, avant qu’elle décide enfin de s’ouvrir à trois Français. Ce fut une immense fierté nationale pour l’Oisans. Parfois la conquête d’une montagne change la vie de toute une vallée, et c’est ce qui s’est passé ici : cette victoire a transformé le destin de la vallée du Vénéon et de ses habitants.  La Meije est la « montagne du destin » de l’Oisans, mais aussi et surtout la reine du Dauphiné : sa « Meijesté » la Meije.
    A titre personnel, mon ascension de la Meije orientale reste mon plus beau souvenir d’alpinisme à ce jour, un moment de grâce pure et de défi personnel accompli qui m’a transcendée. J’aimerais prétendre un jour au Grand Pic et à la traversée intégrale des arêtes, lorsque mon expérience d’alpiniste me permettra d’oser ce défi. Alors je rêve, je rêve à la Meije et lui envoie des mots de passion et de révérence depuis tous les lacs dans lesquels elle se reflète…
    Cet article en forme de déclaration d’amour à la montagne vous raconte mon ascension de la Meije orientale, ainsi que de deux belles randonnées d’où vous pourrez admirer la silhouette majestueuse du Grand Pic. Il évoque la beauté des hameaux de La Grave, du jardin alpin du col du Lautaret, ou encore le touchant cimetière d’alpinistes de Saint Christophe en Oisans. Une plongée au cœur des Grandes Alpes, et d’un des massifs les plus emblématiques de la chaîne, avec la Meije pour ange tutélaire…

    meije
    La reine Meije et ses glaciers, photographiée en chemin vers le refuge de l’Aigle lors de mon ascension de la Meije orientale en août 2021
    meije
    La Meije en automne
    Lever de soleil au sommet de la Meije orientale : mon plus beau souvenir en montagne à ce jour
    meije orientale nuit au refuge de l'aigle
    Sur les flancs de la Meije, dormir au refuge de l’Aigle

    La conquête de la Meije : impossible n’est pas français

    Sa Meijesté la Meije, reine du Dauphiné, dernier sommet majeur des Alpes à être vaincu, garde son aura particulière. Vous connaissez l’obsession des alpinistes pour la barre des 4000 mètres. Qui connaît la Meije sait combien cette marotte est vaine. La Meije n’atteint pas cette limite arbitraire – son Grand Pic culmine à 3983m. Pourtant, la monstresse aux dents tranchantes, corsetée d’immenses langues glaciaires fondant comme des corbeaux blancs sur les royaumes des hommes, est la plus terrible, la plus convoitée des montagnes du Dauphiné, sa reine. Vaincre la Meije fut un des plus grands exploits des alpinistes. On estime d’ailleurs que la traversée des arêtes de la Meije est une course bien plus difficile que l’accession au Dôme des Ecrins, le plus haut sommet du massif à 4102m. 4000 mètres ? Quelle importance. La puissance de la Meije ne se laisse pas réduire à une banale décimale de la circonférence terrestre. Son royaume n’est pas de ce monde : elle trône dans les cieux.

    Meije
    Au sommet de la Meije orientale, le royaume céleste


    Fascination Meije : récits de randonnées autour de la Meije et d'une ascension de la Meije orientale en alpinisme.
    La Meije vue depuis la Sarenne, à l’Alpe d’Huez

    Pour comprendre ce que la conquête de la Meije a signifié pour la France, pour l’Oisans, et dans l’histoire de l’alpinisme, il faut lire le sublime roman d’Isabelle Scheibli,« Le roman de Gaspard de la Meije ». C’est un des plus beaux livres de montagne que j’aie lus, et je vous le recommande mille fois.
    Isabelle Scheibli nous ramène dans les années 1870, du côté de Saint Christophe en Oisans. Difficile d’imaginer la misère qui règne alors dans la sublime vallée du Vénéon, la lutte quotidienne des paysans montagnards contre un milieu hostile et violent, contre la faim, le froid, les avalanches et l’extrême pauvreté. Presque toute la montagne française est alors un milieu d’une grande âpreté, où personne ne vient vivre de son plein gré, et où on ne peut subsister qu’à condition d’y être né et d’avoir hérité de ses ancêtres le talent et la robustesse nécessaires à sa survie. Certaines vallées sont pourtant mieux loties que d’autres. Chamonix fascine l’aristocratie anglaise depuis la conquête du Mont Blanc par Balmat et Paccard en 1782, et un flot continu d’alpinistes, d’écrivains, d’artistes et de touristes assure une manne financière aux savoyards. En Oisans, massif plus pauvre et qui garde encore secrètes ses beautés touristiques, la vallée de la Romanche et le village de La Grave s’en sortent bien mieux que leurs voisins du Vénéon : la seule route reliant Grenoble à Briançon par le stratégique col du Lautaret passe par La Grave et assure quelques débouchés commerciaux aux paysans et artisans situés sur son tracé. Mais côté Saint Christophe en Oisans, la vallée est un cul de sac, à l’écart des routes commerciales et des flux d’argent.

    Pour affronter l’existence, il faut être courageux. Du courage, Pierre Gaspard, qu’on nommera plus tard Gaspard de la Meije, n’en manque pas. Paysan, chasseur de chamois, il conduit ses troupeaux toujours plus haut sur les flancs de la montagne monstrueuse qui jette son ombre sur les hameaux. Côté La Grave, on l’appelle la Meije – un mot occitan qui signifie « midi » et qui précise l’heure à laquelle le soleil à son zénith frappe son faîte. Côté Saint Christophe en Oisans, on l’appelle Le Bec des Peignes, à cause des étranges dentelures qui cisaillent sa silhouette reconnaissable entre mille. A force de conduire ses bêtes dans la montagne, Gaspard a acquis une connaissance intime de la montagne terrible, bardée de glaciers, qui crache ses avalanches et ses séracs sur les vallées. Il est monté plus haut que le commun des mortels sur les flancs de la monstrueuse reine, et connaît des chemins que tous ignorent. Au point de pouvoir devenir le guide d’un jeune alpiniste ambitieux…

    meije
    La Meije telle qu’on la voit côté La Grave

    En effet, la Meije s’est mise à intéresser les alpinistes en mal de conquête. Près de cent ans après que Balmat et Paccard furent parvenus au sommet du Mont Blanc, les aventuriers ont écumé les Alpes. Le Cervin, considéré comme l’un des sommets les plus ardus de tous, a été conquis en 1865 par une cordée comprenant Edward Whymper et Michel Croz, non sans verser de sang. Ce fut un des premiers grands drames de l’alpinisme, quatre hommes sur une cordée de sept trouvant la mort dans une effroyable chute à la descente de l’arête du Hörnli. Que reste-t-il encore comme trophées à arracher à la montagne ? La Meije, la reine invaincue du Dauphiné. A cette époque, les alpinistes commencent à oser s’éloigner de Chamonix, et découvrent peu à peu les montagnes des Ecrins. Mais la Meije résiste. Des Anglais, des Suisses, s’y cassent les dents. Coolidge atteint d’abord le Râteau, voisin de la Meije, puis le Pic Central, mais non le Grand Pic, le sommet véritable. Plusieurs grands alpinistes mènent des missions de reconnaissance, et déposent un « homme de pierre » à quelques centaines de mètres du sommet. Ils déclarent que personne ne saura aller plus loin. La Meije, disent-ils, est inaccessible.

    Meije
    Corsetée de glaciers, la Meije trône solitaire
    Ascension de la Meije orientale : alpinisme en Oisans
    Coucher de soleil sur la Meije


    Mais tous partent de La Grave, d’où on voit si bien le sommet. Pierre Gaspard, lui, est d’avis que c’est du côté de Saint Christophe en Oisans et du hameau de La Bérarde qu’il faut partir, que c’est de ce côté-là qu’il faut chercher la faille dans la montagne, la brèche qui forcera le siège de la forteresse Meije. Gaspard a besoin d’argent, mais il y a aussi autre chose dans son cœur – un sourd désir de reconnaissance, un patriotisme indicible. La Meije, il veut que ce soient les Français qui en viennent à bout. Et pourquoi pas, un homme de l’Oisans, mieux encore, un homme de la vallée du Vénéon, la vallée oubliée….

    gaspard de la meije
    Pierre Gaspard, père et fils

    La première ascension de la Meije, victoire pour l’Oisans

    Ce seront trois hommes qui y parviendront, après plusieurs missions de reconnaissance et avec un incroyable courage et sens de la montagne. Gaspard de la Meije, le paysan-guide, chasseur de chamois et prince en haillons de la montagne, son jeune fils, nommé Gaspard, tous deux embauchés par leur jeune client, un aristocrate montpelliérain âgé de vingt-un ans seulement, Emmanuel Boileau de Castelnau, doté d’un véritable pied montagnard et du désir de triomphe propre aux jeunes hommes avides d’exploits.
    La cordée fait ses armes en réalisant la première ascension du Dôme des Ecrins, le plus haut sommet du massif, le 21 juillet 1877. Mais ce n’est qu’une mise en jambes pour la Meije.
    Le 16 août 1877, ils partent à l’assaut. Le 17, ils parviennent au sommet du Grand Pic, après un bivouac acrobatique et une ascension dont la difficulté vertigineuse a demandé une audace qui continue de forcer le respect – et tout particulièrement avec les moyens de l’époque, notamment les sabots percés de clous pour mieux accrocher les pentes quasiment verticales…
    Trois héros français inconnus, là où d’illustres guides et alpinistes suisses et anglais s’étaient cassé les dents. Quelle grande fierté nationale ! Et quel bouleversement pour la vallée du Vénéon, qui gagne soudain ses lettres de noblesse et devient une destination courue des alpinistes, offrant une source de revenus bienvenue aux guides, aux hôteliers, aux commerçants… L’émouvant cimetière des alpinistes de Saint Christophe en Oisans montre combien de familles entières de la région se sont jetées corps et âme dans l’alpinisme, devenant guides de génération en génération, de père en fils.

    Meije orientale
    Au royaume des nuées, au faîte du Dauphiné

    La conquête de la Meije et de ses voisins a continué. Les frères Zsigmondy réussissent la première traversée intégrale des arêtes en 1885. A Saint Christophe en Oisans, le merveilleux musée de l’alpinisme célèbre la mémoire de cette terre devenue une nouvelle Mecque du vertige. A La Cordée, hôtel d’alpinistes historique, résonnent les échos des exploits que le village a inspirés depuis 150 ans. On pourrait passer sa vie à explorer les montagnes de l’Oisans et les Ecrins. Et c’est bien ce que certains font. Les plus assidus, les plus amoureux, auront peut-être le privilège de reposer à Saint Christophe en Oisans, dans un des quatre grands cimetières d’alpinistes d’Europe… Cette rareté met le village sur un pied d’égalité avec Chamonix, Zermatt, Johnsbach en Autriche – sans oublier le cimetière de la Mère Eglise dans Le Dévoluy. Ils sont rares, les lieux où les tombes épousent la forme des montagnes, et disent un amour infini des cimes et de la proximité des cieux.

    La Cordée oisans
    La Cordée, mythique hôtel d’alpinistes à St Christophe en Oisans

    Mon ascension de la Meije orientale, un récit d’alpiniste novice

    La Meije me fascine, mais je mesure parfaitement le chemin qui me reste à parcourir avant de prétendre à son Grand Pic et à la traversée intégrale des Arêtes. Bébé alpiniste depuis mon initiation en Vallée Blanche par la compagnie des Guides de Chamonix, j’ai depuis continué à explorer le vertige dans le Vercors, avec l’ascension du Mont Aiguille et la traversée des arêtes du Gerbier. Après avoir dormi au sommet du Mont Aiguille – le roi du Dauphiné à mes yeux, le tout premier sommet vaincu par les alpinistes en 1492, à l’aura mystique –, je rêve de m’approcher de la reine.

    Le mont aiguille
    Une nuit sur le Mont Aiguille, roi du Dauphiné, au milieu des bouquetins. Après le roi, place à la reine…

    A ma descente du Mont Aiguille, début août 2021, je ne rentre pas chez moi. L’adrénaline de l’ascension est encore dans mes veines, je ne ressens pas la fatigue et je veux rester en montagne. Je prends la route de l’Oisans, et encore toute ébouriffée par ma nuit dehors, je vais au bureau des guides de La Grave pour leur demander comment je peux m’approcher de La Meije. On me propose alors une course magnifique : la Meije orientale, avec une nuit au fabuleux refuge de l’Aigle. Le rendez-vous est fixé trois semaines plus tard, tout début septembre 2021. Je rentre chez moi avec des flocons plein les yeux et je m’astreins à un gros programme sportif. Je sais qu’une épreuve physique m’attend. Mais je n’ai que de l’excitation dans le cœur.

    La fin août arrive. Après un sublime séjour d’été aux Saisies, où je me suis acclimatée en franchissant plusieurs fois la barre des 2000 mètres, je prends la plus belle route du monde, la route des Grandes Alpes. Dans la lumière de la fin d’été, la traversée des Cerces est d’une beauté indescriptible.

    route du Galibier
    Août 2021, sur la route du Galibier. Après avoir quitté les Saisies, je prends la route de Villar d’Arène

    Et en arrivant au col du Galibier, le plus beau col des Alpes à mes yeux, je la vois enfin : la Meije. Son grand pic darde dans le ciel crépusculaire. J’ai l’impression de venir en procession aux pieds de l’impératrice.

    meije
    La Meije et les montagnes de l’Oisans, vues depuis le col du Galibier

    Je dors dans un joli hôtel à Villar d’Arène, le Faranchin, d’où je contemple les pentes de la Meije au coucher de soleil. Le lendemain, je me réveille avec le cœur qui bat très fort. C’est le grand jour. Je retrouve mon guide, Philippe André. L’aventure commence.

    Nous partons de Villar d’Arène, nous franchissons le Pont des Brebis et nous nous élevons vers la Meije. La longue ascension commence. Nous n’irons pas au Grand Pic, trop difficile pour moi, mais à la Meije orientale, le sommet Est de la Meije, offrant une vue grandiose sur le doigt de Dieu. L’ascension va s’étaler sur deux jours.
    Le premier jour est une épreuve d’endurance : 1800D+, avec le matériel d’alpinisme dans le dos. Notre pas est lent et constant. Nous respectons l’horaire et mesurons notre effort. En prenant de la hauteur, le ruban bleu du Vénéon se dessine à nos pieds. Au loin sur la montagne en face apparaît le lac du Goléon, et je me promets d’y revenir un jour en randonnée (je tiendrai promesse : cf la suite de l’article !). Vers 2300m, de sublimes edelweiss viennent réjouir mon cœur. Vers 2700m, c’est le face à face avec les aiguilles d’Arves, trois sœurs qui parlent elle aussi à mon cœur, sainte trinité de beautés savoyardes. Jusqu’ici, ce n’est « que » de la randonnée, longue et caillouteuse, mais sans obstacle technique.

    Ce n’est qu’autour de 2900m que les premières difficultés commencent. Nous nous encordons pour franchir des barres rocheuses. Un peu d’escalade, de niveau facile en soi, mais alourdie par le gros sac d’alpinisme, c’est comme si tout prenait plusieurs cotations. Soudain, la dernière barre franchie, la magie apparaît : le glacier du Tabuchet et au-dessus, le grand pic de la Meije, majestueux, auréolé de neige. Nous arrivons dans les royaumes de glace qui gardent la reine. L’émotion est très forte à cet instant. Elle est là, si proche. On chausse les crampons et on traverse le glacier, d’abord sur une vire rocheuse dénichée au sein des glaces par un guide ingénieux, puis au milieu des monstrueuses crevasses. C’est fascinant, c’est magnifique.

    ascension de la meije orientale
    Apparition de la Meije, magique, majestueuse
    ascension de la meije orientale
    Effroi des glaciers
    Mon guide Philippe André a gravi plus de 300 fois la Meije. Et sans lui, je ne serais jamais parvenue là-haut.

    Le but de notre première journée ? Le refuge de l’Aigle, niché à 3400m, tout auréolé de mystère et de mythe… C’est ici que nous passons la nuit.

    La nuit au refuge de l’Aigle, sur les flancs de la Meije

    C’est un des plus beaux refuges des Alpes françaises, et c’est pour certains une fin en soi, une course d’alpinisme à part entière, puisqu’il faut surmonter 1800D+ et la traversée d’un glacier pour l’atteindre. Choisir l’ascension de la Meije orientale, c’est la promesse de passer une nuit au refuge de l’Aigle, juché sur le glacier en équilibre à 3400m d’altitude, et c’est déjà une récompense en soi. Quelle vision puissante, saisissante, que ce refuge qui semble flotter en équilibre au-dessus des classes. Après les premiers 1800 mètres de dénivelé du premier jour, l’arrivée au refuge est bienvenue. L’Aigle est comme suspendu entre crevasses et aiguilles, vertigineux et splendide.

    Ascension de la Meije orientale; alpinisme en Oisans : nuit au refuge de l'Aigle
    Le refuge de l’Aigle
    Minuscule refuge au coeur d’un monde de roche et de pierre
    Ascension de la Meije orientale; alpinisme en Oisans : nuit au refuge de l'Aigle
    Un véritable nid d’aigle…

    A l’intérieur, une grande salle dortoir et cuisine, où nous mangeons puis dormons tous ensemble après s’être plongés dans des livres de montagne. Mon préféré de tous les temps est là, Les conquérants de l’inutile de Lionel Terray. Je découvre la BD Ailefroide, de Rochette, que je dévore avant le dîner. J’ai des rêves de sommets plein la tête. J’aime tellement l’atmosphère des refuges.

    Le coucher de soleil sur la Meije est grandiose. Je suis marquée par l’intensité du doré, puis du rose qui embrase la Meije et tous les sommets avoisinants, ici au cœur du Dauphiné, entre Isère et Hautes Alpes et les yeux portant sur la Savoie. Je me sens vraiment au cœur des Alpes françaises, au cœur de la magie de ces sommets qui font battre mon cœur et embrasent mon imaginaire. On mange une soupe, des pâtes, des choses roboratives et nourrissantes que nous sert le gardien. On se couche tôt en refuge. Le réveil est fixé à 4h30 pour mon guide Philippe et moi. Demain, nous verrons le soleil se lever au sommet de la Meije orientale, les yeux sur le doigt de Dieu.

    Ascension de la Meije orientale; alpinisme en Oisans : nuit au refuge de l'Aigle
    Coucher de soleil sur la terrasse de l’Aigle
    Ascension de la Meije orientale; alpinisme en Oisans : nuit au refuge de l'Aigle
    Montagnes de l’Oisans illuminées par l’Alpenglow
    Ascension de la Meije orientale; alpinisme en Oisans : nuit au refuge de l'Aigle
    Dernières lumières sur la Meije drapée de brumes

    On m’avait prévenue que je risquais de souffrir de l’altitude et de mal dormir. Mais encore une fois, je dors comme un bébé à 3400m à l’Aigle, tout comme j’avais merveilleusement dormi aux Cosmiques à 3600m. Ce n’est pas par magie ou par aptitude montagnarde innée : c’est juste que je suis bien acclimatée. Avant ma nuit aux Cosmiques, j’avais fait plusieurs randonnées au-dessus de 2000m à Chamonix, et avant ma nuit à l’Aigle, j’ai passé plusieurs nuits à 2000m à Arolla en Valais, et randonné plusieurs fois autour de 2000m aux Saisies. 2000m, c’est l’altitude magique à partir de laquelle le corps commence à fabriquer des globules rouges pour répondre à la raréfaction de l’oxygène, et s’acclimater. Je me félicite d’avoir fait cet effort. Je m’endors pleine d’adrénaline et de gratitude, tellement heureuse de vivre dans cette région qui abrite de telles merveilles, tellement reconnaissante envers mon corps de m’avoir portée jusque-là haut, si chanceuse de pouvoir vivre cela.

    Ascension finale et lever de soleil au sommet de la Meije orientale

    La Meije, la Meije, c’est aujourd’hui ! Nous commençons notre ascension dans la nuit. Après avoir dormi au refuge de l’Aigle, nous nous acheminons vers le sommet de la Meije orientale. Une pente en glace au-dessus du glacier à escalader avec crampons et piolet s’avère être le moment le plus difficile. J’admire le courage de mon guide qui passe en premier, et je le remercie de m’assurer si fermement alors que je m’élève à la verticale, en tentant d’oublier qu’en dessous de moi s’ouvrent des centaines de mètres de vide, des crevasses béantes dans la carcasse du glacier. C’est terrifiant, mais je regarde le sommet, et je m’efforce de ne pas penser à la descente.


    Nous franchissons plusieurs barres rocheuses. L’aube arrive au loin et le Mont Blanc se révèle à l’horizon.

    Ascension de la Meije orientale; alpinisme en Oisans
    L’apparition du Mont Blanc au loin

    La fin est proche, il ne reste plus qu’une sublime arête vertigineuse en neige

    Ascension de la Meije orientale; alpinisme en Oisans
    Ascension de la Meije orientale; alpinisme en Oisans
    Ascension de la Meije orientale; alpinisme en Oisans
    Enfin au sommet. Le jour se lève et j’exulte de joie

    Le chemin vers le sommet fut ardu mais la récompense est inouïe. La vue sur le Doigt de Dieu, la barre des Écrins, le Mont Blanc, les Aiguilles d’Arve, toutes les Alpes françaises… tout est somptueux, émouvant, et je ressens le vertige délicieux de cette beauté révélée par le soleil levant sur une cime mythique. C’est mon plus beau moment en montagne à ce jour, un lever de soleil doré d’une intensité inoubliable. Un instant de pur bonheur.

    Ascension de la Meije orientale; alpinisme en Oisans
    Bonheur inouï
    Ascension de la Meije orientale; alpinisme en Oisans
    Philippe André, qui m’a conduite là-haut
    Plonger dans les cieux

    La descente est longue et éprouvante – 2300 mètres de dénivelé négatif, ce n’est pas rien, et mes cuisses me brûleront pendant plusieurs jours – mais sans difficulté particulière. La joie du sommet nimbe tout de son auréole dorée. Et je sais que je reviendrai à la Meije, encore et toujours.

    Le village de La Grave, au pied de La Meije

    Classé parmi les plus beaux villages de France, le village de La Grave, résolument planté face à la Meije, est une merveille d’architecture du sud du Dauphiné, avec ses « trabucs » (l’équivalent méridional des traboules lyonnaises), ses toits de lauze, et sa sublime église Notre-Dame-de-l’Assomption dont les tours lombardes semblent répondre à la pâleur des glaciers de La Meije. A côté de l’église, le cimetière est un monument d’émotion : soldats, résistants, alpinistes reposent ici sous la Meije, tombés pour la France ou par amour de la montagne, gloires militaires ou alpines. J’aime infiniment, lorsque je prends la route du Lautaret depuis Grenoble en direction des Alpes du Sud, faire halte à La Grave, saluer la Meije et manger avec vue sur elle depuis l’un des restaurants en terrasse.

    Le village de La Grave, au pied de la Meije
    Le village de La Grave, au pied de la Meije


    La Grave, ce sont aussi six hameaux plus beaux les uns que les autres, que je découvre petit à petit. C’est à Valfroide que l’automne m’a conduite.

    Randonnées d’automne face à la Meije : le lac du Goléon

    J’ai envie de revoir la Meije dans les feux de l’automne qui subliment les Alpes du Sud, toute couronnée de mélèzes flamboyants et délicatement ourlée d’or et de roux. Rien de plus beau que les Alpes du Sud en octobre, rien de plus touchant. Alors je reviens randonner face à la Meije avec Geoffrey, mon amoureux installé à Grenoble. La capitale des Alpes est un merveilleux tremplin vers l’Oisans.  

    Lors de mon ascension de la Meije orientale, j’avais repéré, au loin, les eaux scintillantes du lac du Goléon. Elles promettent une vue extraordinaire sur ma montagne préférée. Nous partons du magnifique hameau de Valfroide, dont l’église illustre une architecture typique du sud du Dauphiné et que j’aime à la folie : le style lombard, rapporté du nord de l’Italie par les ouvriers et artisans venus travailler sur les chantiers.

    Valfroide

    La Meije apparaît au milieu des mélèzes, belle comme un rêve dans cette lumière dorée.

    Valfroide Meije


    Arrivés au lac du Goléon après 600 mètres de D+, je découvre que le vent ne souffle pas dans le « bon sens » : le reflet de la Meije est mangé par les froissures de l’eau agitée. Ce sont les Aiguilles d’Arves, de l’autre côté, qui se reflètent dans le lac à cet endroit protégé de la brise, et changé en miroir parfait. Nous tournons les yeux vers la Savoie et jouons en songe à la marelle de sommet en sommet…

    Meije lac du Goléon

    Meije lac du Goléon

    Le lac du Pontet : la Meije entre automne et été

    Pour qui rêve de voir la Meije se refléter dans un lac enchanté, mais préfère s’épargner le dénivelé, direction le lac du Pontet. Depuis le parking, une vingtaine de minutes suffisent à rejoindre ce joli lac idyllique, où une buvette invite à la détente au bord de l’eau. Je suis venue deux fois au lac du Pontet, à l’été 2021 le jour où j’ai réservé mon ascension de la Meije orientale, et une seconde fois à l’automne 2022 avec Geoffrey, lors de notre « mélèze trip » en amoureux, entre Hautes-Alpes et Val d’Hérens. J’ai vu le lac du Pontet verdoyant et idyllique dans les couleurs de l’été, et drapé de brume et de secrets dans les ors de l’automne. Je l’ai chaque fois aimé. J’aimerais le voir en hiver… là où Meije et neige se répondent doucement.

    Au pied de la Meije : randonnée au lac du Pontet
    Le lac du Pontet en été
    Au pied de la Meije : randonnée au lac du Pontet
    Le lac du Pontet à l’automne

    Un bivouac d’hiver face à La Meije sur le plateau d’Emparis

    Bivouaquer face à La Meije, voir le soleil se coucher sur sa silhouette, en tête à tête avec la reine, j’en rêve depuis longtemps. Mais chaque fois que j’ai prévu de venir sur le plateau d’Emparis, j’ai dû annuler au dernier moment, contrariée par une météo adverse. C’est ainsi, la montagne est reine, et je sais que d’autres occasions se présenteront. Mais à l’automne dernier, c’est mon amie et binôme Marion alias Foehn Photographie qui a eu le bonheur de réaliser ce rêve avant moi, et qui a dormi dans la neige face à la Meije. Les images qu’elle a ramenées de ce bivouac d’hiver magique m’ont émerveillée, et continuent de nourrir ma fascination… Avec sa bénédiction, j’ai le plaisir d’en partager quelques-unes avec vous. A mon tour, j’irai dormir face à La Meije, je le sais.

    Le jardin alpin du Lautaret et la reine des Alpes

    Sur la route des Grandes Alpes, le col du Lautaret est un merveilleux point de bascule entre Alpes du Nord et du Sud.

    C’est ici, à cet endroit exceptionnel, qu’on ira visiter l’un des plus anciens et des plus beaux jardins alpins au monde. Si vous avez lu mon article sur les Hautes-Vosges en été, vous savez combien j’aime les jardins alpins, véritables conservatoires de plantes montagnardes fabuleuses – et de plantes arctiques, car les milieux sont étonnamment similaires. Altitudes et latitudes extrêmes se ressemblent en termes de stress infligés aux plantes, les contraintes sont proches : les longs hivers, le gel, le froid. De nombreuses plantes des Alpes s’épanouissent aussi en Laponie, et les jardins alpins sont d’extraordinaires voyages. La plante alpine ou boréale est petite, poilue et costaude. Parce que l’air est moins froid près du sol, les plantes alpines sont basses. La forme en coussin est caractéristique des végétaux aptes à résister aux conditions extrêmes, car elle piège la chaleur. La pilosité offre une protection supplémentaire. La plupart des plantes alpines parviennent à maintenir leurs cellules à l’état liquide jusqu’à des températures de -40. Vous les découvrirez dans ce jardin merveilleux avec vue sur la Meije…

    Autour de la Meije : randonnées et jardin alpin du Lautaret
    La Meije au milieu des épilobes, depuis le jardin alpin du Lautaret

    Le jardin alpin n’était à l’origine pas situé au Lautaret. C’est en 1893 que la Société des Touristes du Dauphiné planta et sema 300 espèces alpines à Chamrousse, sur les hauteurs de Grenoble, pour créer le premier jardin alpin de France. Géré par l’université de Grenoble, le jardin rencontra immédiatement beaucoup de succès, mais il subit les assauts répétés des troupeaux de chèvres et de moutons trop friands de petites fleurs des Alpes. Il fut donc abandonné au début du XXe siècle au profit du col du Lautaret, situé à 2100 mètres d’altitude sur la route des Grandes Alpes. Il propose une des collections les plus riches du monde, avec 1500 espèces sur quelques kilomètres carrés. Le panorama sur la Meije y est exceptionnel – on la verra jaillir des chardons bleus, des gentianes et des lupins…


    L’emblème du jardin est la reine des Alpes. C’est le surnom du chardon bleu, Eryngium alpinum, fleur emblématique des prairies alpines, qui pousse entre 1500 et 2400m et qui peut vivre près d’une centaine d’années, un véritable record pour une herbacée. C’est dans la réserve biologique de Deslioures, dans les Hautes-Alpes, qu’on peut admirer les plus belles prairies de chardons bleus. Celle du jardin alpin du Lautaret vaut aussi le détour… Reine des Alpes, ce nom ne sied-il pas à merveille à la Meije ? La voir émerger d’un tapis de reines des Alpes m’a émerveillée.

    Mes rêves autour de La Meije, entre Oisans et Ecrins

    Je n’ai pas fini d’explorer le pays de la Meije…
    Je rêve d’être un jour capable de me frotter aux arêtes du Grand Pic, et de retourner à l’Aigle après être partie de l’autre côté et en ayant réalisé la mythique traversée.
    Je rêve du Râteau et des voisins de la Reine.
    Je rêve de skier à La Grave en hiver, sur ce qui est le plus singulier, le plus exceptionnel des domaines skiables de France : un immense terrain de jeu entièrement consacré au ski hors piste, sans balisage, sans damage, un espace de liberté à explorer avec un guide de haute montagne pour goûter aux joies de la poudreuse et de la montagne sans piquets.
    Je rêve de retourner marcher sur les glaciers de La Meije, et de dormir dans un autre des refuges mythiques – le Promontoire, Evariste Chancel ou le Pic du Mas de la Grave.
    Je rêve du plateau d’Emparis, de bivouacs au bord des lacs, mais aussi d’équitation, de galoper dans les grands espaces sous l’œil magique de la reine Meije.
    Je rêve de poursuivre mon exploration de l’Oisans et des Ecrins, d’aller grimper à Ailefroide, véritable paradis des amoureux d’escalade, et de vivre de très belles ascensions entre rocher et glacier, comme les Rouies, course qui semble d’une grande beauté visuelle.


    Les sommets de l’Oisans et des Ecrins continueront de faire battre mon cœur. « Les montagnes sont les seules étoiles qu’on atteint à pied »… et j’ai encore une longue vie pour les explorer.

  • L’Espagne hors saison, croquer le soleil à pleines dents

    Rêvez-vous d’Espagne, des immensités sauvages de l’Andalousie, des criques turquoise des Baléares et des volcans des Canaries ? Terre de soleil et de contrastes, l’Espagne me séduit infiniment hors saison, loin de la chaleur tapageuse de l’été et dans la douceur des soleils d’équinoxe. Au printemps au milieu des fleurs, à l’automne pour retrouver encore un peu l’eau chaude et le bronzage, ou en plein hiver pour les soleils francs de janvier, l’Espagne hors saison est toujours une belle idée. J’ai vécu de très beaux voyages en Andalousie, à Elche, à Minorque, dans la région de Barcelone, et je rêve de découvrir un jour les Canaries. Voici quelques idées d’évasion hispanique, pour de merveilleuses escapades en Espagne…

    Visiter l'Espagne hors saison : Minorque en automne
    La beauté de l’Espagne hors saison

    Minorque hors saison, coup de foudre d’automne au cœur des Baléares

    J’ai visité Minorque en octobre, à l’heure de l’été indien. Sur la plus sauvage des îles Baléares, l’été jouait les prolongations. Au large de l’Espagne, au cœur de la Méditerranée, l’eau des criques turquoise reste chaude jusque tard dans la saison, et un terroir préservé remplit l’assiette de couleurs et de saveurs. Entre farniente et curiosités, goûtez la douceur d’une escapade ensoleillée… Préservée du tourisme de masse et intégralement classée réserve de biosphère par l’UNESCO, Minorque revêt plusieurs visages le long de ses 185km de littoral.

    Visiter l'Espagne hors saison : Minorque en automne

    Découpée par les flots et battue par les vents, la côte Nord se montre plus abrupte. Ses paysages de falaises raviront les amateurs de solitudes romantiques, comme autour du phare Favàritx, dont la tour blanche jaillit au cœur de l’ardoise noire. Sur cette côte, les baies se colorent parfois de rouge et d’ocre, comme à la plage Cavalleria qu’enflamme le coucher de soleil. On y trouve les plus belles portions du Cami de Cavalls ou GR223, ce sentier de randonnée mythique établi dès le XIVe siècle pour surveiller et prévenir les attaques des pirates. Ses 186km permettent aujourd’hui un tour complet de l’île, à pied ou sur le dos d’un cheval noir minorquin. Après les fortes chaleurs estivales, septembre-octobre est la saison idéale pour arpenter une ou plusieurs portions de ce chemin qui tutoie toujours la mer, entre falaises abruptes au nord et sable blanc au sud. Ces paysages m’ont souvent évoqué la Bretagne, les littoraux celtiques – étonnante Espagne !

    Visiter l'Espagne hors saison : Minorque en automne
    Le littoral Nord de Minorque

    Sur son littoral méridional, Minorque se montre plus tendre, plus méditerranéenne. Amoureux des belles plages de sable fin, ne manquez pas les célèbres « Calas », des anses paisibles où la clarté des fonds sublime tous les tons de turquoise. On égrène les noms de Cala Macarella, Cala en Turqueta ou Cala Galdana comme autant de joyaux aux airs de rivages lointains, où l’eau peu profonde se réchauffe plus tôt dans la saison avec les rayons printaniers… Minorque en mai, c’est aussi une belle idée ! Et je rêve de découvrir un jour Majorque, la sublime cathédrale de Palma et les « calas » qui semblent aussi bleues et belles que celles de sa petite voisine.

    espagne hors saison
    Sublimes calas de Minorque

    Mégalithes et labyrinthes, les curiosités géologiques de Minorque

    Sur Minorque la rocailleuse, la pierre se prête à tous les caprices. L’île se singularise par la préservation exceptionnelle des vestiges d’une antique civilisation méditerranéenne, la culture talayotique. On s’émerveille devant ces spectaculaires mégalithes préhistoriques, édifiés entre l’an 1000 et l’an 700 avant Jésus Christ : les taulas, tables monumentales où des géants pourraient venir s’asseoir, les navetas, nécropoles de pierre blanche, et les grandes tours dites talaiots. Ces constructions qui impressionnent par leurs énormes dimensions n’existent nulle part ailleurs qu’aux Baléares, et Minorque a su préserver les plus beaux de tous, comme les taulas de Trépuco. D’anciens cultes de la fertilité, entre feux et sacrifices, nimbent ces murs de mystère et de magie…

    Autre colosse plus contemporain, le site de Lithica a su transformer une ancienne carrière de grès en un lieu artistique hors normes, mêlant amphithéâtres, jardins et un immense labyrinthe de pierre blanche, qui accueille aujourd’hui des festivals de musique et de cinéma.

    Visiter l'Espagne hors saison : Minorque en automne

    La roche se prête enfin à des fantaisies plus exotiques : creusée à flanc de falaise dans un site d’une beauté exceptionnelle, la grotte Cova d’en Xoroi abrite un bar suspendu au-dessus des flots. On y vient boire des cocktails au coucher de soleil, ou même y danser toute la nuit.

    Les villes blanches et or de Minorque à l’automne

    La grande route traverse le cœur de l’île et relie les deux villes majeures, abritant chacune 29 000 habitants : Ciutadella sur la côte ouest, la citadelle historique, et Port-Mahon sur la côte est, la capitale. Mago le carthaginois, frère d’Hannibal, a donné son nom à la ville qu’il a fondée, et toute son histoire est empreinte de batailles et de conquêtes. Le cœur de Port-Mahon est très marqué par la présence britannique au XVIIIe siècle ; on s’amusera à chercher les « bow windows » et autres fenêtres à guillotine qui évoquent une Londres… au soleil.

    Visiter l'Espagne hors saison : Minorque en automne

    Son immense port fut l’un des plus disputés de Méditerranée et se visite aujourd’hui en bateau. La baie est surmontée par la majestueuse forteresse de La Mola, édifiée au XIXe siècle sous les ordres de la reine Isabelle II pour la défense de Minorque. Cet édifice qui n’a jamais connu de batailles est une belle curiosité architecturale, remplie de galeries labyrinthiques et de grands escaliers de marbre blanc. A noter qu’un grand centre d’art contemporain a récemment ouvert sur une autre île au beau milieu du port de Mahon, Isla del Rey, pour placer la création au cœur des eaux riantes.

    Visiter l'Espagne hors saison : Minorque en automne

    A quelques kilomètres de Port-Mahon, une curiosité mérite le détour : Binibeca, village d’artistes créé de toutes pièces dans les années 1970, qui évoque un port de pêcheurs grec avec ses maisons blanchies à la chaux.

    Capitale historique, autrefois musulmane, Ciutadella demeure la plus belle ville de Minorque, avec ses façades colorées et sa somptueuse cathédrale de pierre dorée. Cœur névralgique de la cité, la Plaça des Born séduit par la beauté de ses bâtiments Renaissance, et ouvre sur les artères piétonnes du cœur historique. Il faut descendre au port, et boire un verre en terrasse au bord de l’eau : ce site superbe de jour comme de nuit accueille de nombreux bars et restaurants de qualité, comme S’Amarador.

    Une escapade gastronomique en Espagne hors saison : bonnes adresses de Minorque

    Parce que l’agriculture reste le secteur d’activité le plus important de cette île rurale, tout séjour à Minorque sera placé sous le signe d’une tradition culinaire forte et authentique, où la terre et la mer se disputent la primeur. De nombreux restaurants proposent des tapas maritimes comprenant coquillages, calamars et soupe de langouste. A la ferme Son Piris, on admirera la fabrication du fromage AOP emblématique de l’île, le Mahon-Menorca, fromage de vache à la croûte légèrement rougeâtre qu’on presse en de grandes fougasses de forme carrée, et on goûtera aux charcuteries porcines typiques, dont les recettes dateraient de l’époque romaine. Si le gin est la boisson phare de Minorque, le vin n’est pas en reste, et on ira goûter aux célèbres blancs de la cave Binifadet, qui propose également un restaurant au cadre idyllique, au milieu des vignes. Et pour retrouver toutes les spécialités minorquines sur la table du petit-déjeuner, on ira bruncher à la belle ferme fleurie Agroturismo Son Vives, qui est aussi un hôtel de charme. La visite des fermes, entre laiteries, caves et présence bienveillante des chevaux noirs de Minorque, est un incontournable sur cette île au patrimoine rural puissant.  Et pour un séjour basé sous le signe du raffinement et de l’exigence, on choisira Menorca Experimental, hôtel atypique où chaque chambre est décorée par un artiste, et où un spa pointu et des cours de yoga acrobatique prennent place face à la mer…

    Visiter l'Espagne hors saison : Minorque en automne
    Délices de la mer

    Explorer les Canaries en hiver : l’Espagne grandiose

    Lanzarote, Tenerife, Fuerteventura… Je rêve de ces confettis volcaniques jetés au cœur de l’océan Atlantique. A ce jour, je n’ai encore jamais eu le plaisir d’arpenter ces terres grandioses, dont toutes les images me font rêver. Les îles des Canaries me fascinent par la beauté solitaire de leurs paysages intacts, et souvent les photos que je découvre m’évoquent des visions extraterrestres – caldeiras désertiques, visions de dunes immenses, terres sculptées par le feu, pays de volcan. Elles me rappellent les Açores, ou encore Hawaï, par leur solennité chthonienne et la puissance de leurs solitudes sublimes. On me dit que les Canaries sont une oasis de soleil au cœur de l’hiver européen, et j’adorerais poursuivre ma découverte de l’Espagne hors saison par une escapade en décembre sur ces îles. Fêter Noël ou le Nouvel An aux Canaries, n’est-ce pas tentant ? Je rêve de découvrir Tenerife l’ardente, et je sais déjà où j’irais dormir le jour où je partirai en voyage là-bas : à l’hôtel Grand El Mirador, superbe complexe en bord de mer aux allures de palais enchanté appartenant au groupe d’hôtels Iberostar à Tenerife.
    Mais parfois c’est aussi la douceur qui règne, avec d’immenses plages de sable blanc, où l’eau m’évoque un paradis tropical. Il y a quelques années, j’ai eu le bonheur de visiter Dakhla, dans le grand Sahara marocain, et on m’a souvent dit que les paysages de Dakhla ressemblaient à ceux de Fuerteventura, avec leurs dunes immenses, leurs solitudes subtropicales, leur âpreté et leur aridité sublime. Je garde un merveilleux souvenir de la lagune de Dakhla, où fusaient les kite-surfers – comme à Fuerteventura.
    A défaut d’images des Canaries où j’espère voyager bientôt, en voici quelques unes de Dakhla…

    Visiter les Canaries en hiver
    Visiter les Canaries en hiver

    Une escapade de printemps à Barcelone et PortAventura

    Ado, j’étais tombée amoureuse de Barcelone, la ville enchantée de Gaudi. La Sagrada Familia, avec son architecture de forêt minérale, telle une canopée luxuriante où s’épanouiraient mille excroissances de pierre, m’avait hypnotisée. J’ai perdu toutes mes photos de Barcelone, mais je garde le souvenir lumineux des promenades dans cette cathédrale de la créativité.
    En 2022, je suis retournée dans la région de Barcelone, pour découvrir un des plus grands parcs d’attraction d’Europe : PortAventura ! Le parc décline un concept exotique et cosmopolite : chaque zone de Portaventura correspond à une région du monde, décorée de façon exubérante et délicieusement stéréotypée. Vous arpenterez le Far West entre ghosttowns hantées par les fantômes de cow boy tués lors de la ruée vers l’or et cactus à la floraison magique au printemps, rêverez aux cimes de l’Himalaya dans une escapade mystique au Népal, fuserez comme un bouchon de vin dans la région de Porto, ou ferez un tour en Chine lors du nouvel an entre lampions rouges et dragons fâchés. J’ai beaucoup aimé la richesse de la végétation de PortAventura, entre cactus opulents, bougainvilliers multicolores et oiseaux de paradis. Je suis venue lors d’un week-end de mai, et l’affluence m’a empêchée d’en profiter pleinement – je vous recommande de venir à PortAventura hors saison, en semaine et de préférence tôt dans le printemps ! L’Espagne hors saison est toujours plus douce…

    Le sud de l’Espagne : l’Andalousie et Séville

    Le sud de l’Espagne en hiver me fait rêver par sa douceur, ses orangeraies, son atmosphère presque tropicale, là où l’Europe touche l’Afrique. Je rêve de voir depuis l’Alhambra de Grenade les neiges couronnant la Sierra Nevada, tandis qu’un flot de douceur mauresque baigne les fontaines et les jardins aux saveurs africaines. J’aime l’Espagne du sud hors saison, loin de la fournaise de l’été, les villes ensoleillées où on sort tard, et où l’architecture porte l’empreinte du métissage, entre influence maure et reconquête chrétienne.

    Je crois que Séville est, à ce jour, la ville espagnole que j’ai le plus aimée et qui a le plus marqué mon imagination. Là aussi, j’avais eu l’impression d’une fabuleuse efflorescence architecturale, d’une ville où les torsades baroques et les arabesques maures se mêlaient aux troncs des palmiers dans une harmonie esthétique incroyable. L’architecture imite la nature, Séville est une forêt de tours et de flèches en fleurs.La région de Séville a été romaine, wisigoth, puis arabe du 8e au 12e siècle – ce sont les Arabes qui donnèrent son nom à l’Andalousie, « Al Andalus ». Séville fut une des villes les plus opulentes et grandioses de l’empire maure, riche en mosquées et palais somptueux. Qui visite l’Alcazar comprend la puissance des rois arabes espagnols, et leur empreinte sur le pays. Puis vint la Reconquista, et au lieu de détruire les merveilles arabes, les chrétiens choisirent de les transformer, de changer les minarets en clochers, les mosquées en cathédrales. L’art qu’on nomme « mudejar », c’est la fusion de l’influence arabe et chrétienne, le prodigieux syncrétisme architectural qui rend cette région si belle. Séville, c’est le mariage de deux mondes, le trait d’union. Sous la chaleur de l’Andalousie, Séville a hérité des Arabes la culture de l’eau, des canaux, des profondes citernes souterraines qui ressemblent à des châteaux gothiques inondés. J’ai été fascinée par l’Alcazar, palais maure d’une incroyable beauté, avec ses jardins remplis d’oiseaux, ses canaux où l’eau jaillit, son fastueux Salon des Ambassadeurs à la voûte d’or. A côté de l’Alcazar, la cathédrale de Séville est surmontée d’une tour devenue symbole de la ville : la Giralda, ancien minaret almohade changé en clocher chrétien.

    Alcazar de Séville
    Fabuleux Alcazar : la voûte du salon des ambassadeurs, les jardins et la citerne souterraine

    Le sud de l’Espagne : Elche et la région d’Alicante

    Si Séville est très célèbre, Elche, au sud de l’Espagne, demeure plus méconnue. Pourtant, sa palmeraie labyrinthique mérite qu’on s’y perde et qu’on remonte le temps au cœur de son feuillage. Je vous invite à découvrir mon article consacré à cette superbe cité située dans la région d’Alicante : visiter Elche à l’automne reste un de mes plus beaux souvenirs d’Espagne. Elche fut, comme tout le sud de l’Espagne, une ville maure, et les Arabes développèrent ici une palmeraie immense qui est aujourd’hui la plus grande d’Europe. Imaginez contempler depuis les remparts d’Elche cette véritable mer végétale, où les cimes opulentes ondulent doucement dans une légère brise. Cette palmeraie magique est inscrite au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO, et c’est un rêve d’Orient à portée de main. Deux-cent quarante mille palmiers, soit un palmier par habitant, façonnent le visage exotique et dépaysant d’Elche. J’ai retrouvé cela à Elche et j’ai adoré le cœur de ville. Mais Elche et la région d’Alicante, c’est aussi un pays d’agriculture, où poussent les grenades, les dattes et les figues, comme un goût d’Afrique au sud de l’Espagne. Le campo d’Elche, c’est la région rurale qui s’étend entre la ville d’Elche et la mer. On y cultive, outre les dattes, les tomates, les figues, les grenades, les artichauts, les olives… La région de Valence et d’Alicante, c’est aussi celle des grands plats de riz qu’on cuit dans d’immenses poêles sur un feu ouvert, par exemple l’arroz con costra (riz en croûte, très roboratif, avec différentes viandes dedans), et surtout la fideuia, que j’ai adorée, faite avec du vermicelle et des fruits de mer. Moi qui ne connaissais que la paëlla, j’ai découvert de nombreux autres visages de la gastronomie espagnole !

    Visiter Elche en Espagne : la plus grande palmeraie d'Europe, la gastronomie du sud de l'Espagne, le mystère d'Elche, les plages d'Elche...
    Visiter Elche en Espagne : la plus grande palmeraie d'Europe, la gastronomie du sud de l'Espagne, le mystère d'Elche, les plages d'Elche...
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    Grenades mollar dans le campo d’Elche

    J’espère que ces quelques idées vous auront donné envie de vacances en Espagne, dans la douceur des arrière-saisons ou de l’hiver… Pour plus d’idées de voyage, n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter !

  • Saint-Marcellin Vercors Isère, belles explorations d’automne

    Connaissez-vous la région de Saint-Marcellin Vercors Isère ? Nous sommes sur les contreforts Ouest de la barrière du Vercors, tout au sud de l’Isère, à deux pas de Valence et de ma Drôme natale. C’est le pays de Saint-Marcellin, de Saint-Antoine-l’Abbaye, plus beau village de l’Isère, des gorges qui ouvrent un chemin au cœur de la muraille, de Pont-en-Royans, de l’Isère qui coule au milieu des vergers de noix, des fromages savoureux et des crêtes du Vercors formant l’horizon. C’est le berceau des seigneurs du Dauphiné et c’est un pays de grands espaces et de pleine nature, avec un des sites d’escalade les plus mythiques de France, Presles, et des sentiers de randonnée pédestre et équestre sublimes tutoyant les reliefs abrupts du Vercors. C’est un terroir d’agriculteurs – éleveurs, nuciculteurs –, de gastronomie locale puissante, et de belles adresses de charme où on se ressource au cœur des montagnes ou au creux d’un méandre de la rivière. Entre la Bourne, le Nan et l’Isère, c’est un pays d’eau qui cascade, et qui sculpte mille curiosités géologiques.
    Je vous propose un voyage d’automne à Saint-Marcellin Vercors Isère, entre sports et saveurs, aventures outdoor et nids douillets, produits du terroir, culture et adrénaline. Equitation, escalade, belles adresses, vergers de noix qui craquent dans les couleurs d’octobre, suivez le guide, on part à la montagne à ma saison préférée…

    Que faire à Saint Marcellin Vercors Isère en automne ? Aventures outdoor, escalade, randonnée, cheval, récolte des noix, patrimoine, yoga et bonnes adresses...
    Saint-Marcellin Vercors Isère en automne : chevaux et couleurs flamboyantes
    Que faire à Saint Marcellin Vercors Isère en automne ? Aventures outdoor, escalade, randonnée, cheval, récolte des noix, patrimoine, yoga et bonnes adresses...
    Villages emblématiques : Saint Antoine l’Abbaye
    Que faire à Saint Marcellin Vercors Isère en automne ? Aventures outdoor, escalade, randonnée, cheval, récolte des noix, patrimoine, yoga et bonnes adresses...
    Randonnées au coeur du Vercors
    Que faire à Saint Marcellin Vercors Isère en automne ? Aventures outdoor, escalade, randonnée, cheval, récolte des noix, patrimoine, yoga et bonnes adresses...
    Récolte des noix de Grenoble
    Que faire à Saint Marcellin Vercors Isère en automne ? Aventures outdoor, escalade, randonnée, cheval, récolte des noix, patrimoine, yoga et bonnes adresses...
    Escalade au pied des crêtes du Vercors

    Revenir à Saint-Marcellin Vercors Isère, avec Marion

    Ce n’était pas ma première rencontre avec l’Ouest sublime du Vercors, le pays de St Marcellin, de St Antoine l’Abbaye, de Pont-en-Royans. Le pays de Saint-Marcellin Vercors Isère, je le connaissais déjà bien. Pas seulement parce que j’ai grandi tout près, au sud de la Drôme, à 80km à peine de cette vallée magnifique ouverte sur les plaines drômoises et iséroises et les sommets du Vercors. Mais parce que c’est le pays de ma binôme et amie, Marion Carcel alias Foehn Photographie, avec qui je travaille avec bonheur depuis des années en duo. Depuis plusieurs années, Marion m’avait entraînée à la découverte de sa merveilleuse région natale, à travers de grandes randonnées dans le Vercors, des aventures outdoor comme la spéléo ou le parapente , ou encore des explorations hivernales dans le Vercors entre ski, ski de rando et chiens de traîneau. Vous avez déjà souvent entendu parler de Saint-Marcellin Vercors Isère sur ce blog…

    Que faire à Saint Marcellin Vercors Isère en automne ? Aventures outdoor, escalade, randonnée, cheval, récolte des noix, patrimoine, yoga et bonnes adresses...
    Marion et moi dans le Vercors à l’été 2018, pour ce qui reste mon plus beau bivouac à ce jour

    Quand on devient blogueuse ou photographe de voyage, au début, on ne rêve que de reportages lointains. On a envie de Tombouctou et de Tahiti, partir loin et s’enivrer d’ailleurs. Et puis, peu à peu, à chaque retour à la maison, on réalise combien elle nous a manqué. On retombe amoureux des beautés qu’on avait désapprises, on porte un regard nouveau sur son chez soi si familier, et on se surprend à penser : et si je racontais, photographiais mon chez moi comme je l’ai fait pour le bout du monde ? A Saint-Marcellin Vercors Isère, nous sommes chez Marion qui connaît chaque recoin par coeur, mais nous sommes un petit peu chez moi aussi, car je n’ai pas grandi très loin et que depuis le début de notre amitié, Marion m’a fait explorer et aimer ce territoire ouvert sur les grands espaces, entre vallée de l’Isère et tremplin vers les hauts plateaux du Vercors.

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    Marion et moi au-dessus de Saint Antoine l’Abbaye

    Ce coucher de soleil sublime, photographié à deux pas de la maison des parents de Marion, nous dit : bienvenue chez vous, enfants des Alpes et des rivières, vous êtes à la maison. Heureuses de vous la montrer.

    Que faire à Saint Marcellin Vercors Isère en automne ? Aventures outdoor, escalade, randonnée, cheval, récolte des noix, patrimoine, yoga et bonnes adresses...

    Comme toujours, la majorité des photos de cet article sont l’œuvre de Marion. Je sais qu’elle a pris un plaisir particulier à raconter son pays en images…

    Le plus beau village de l’Isère : Saint-Antoine-l’Abbaye

    Prêts à découvrir le joyau de la région ? Je vous présente le grandiose village de Saint-Antoine-l’Abbaye. Dans ce qui fut au Moyen Âge un des plus célèbres lieux de pèlerinage français, des siècles de ferveur ont laissé leur trace : une abbaye sublime, taillée dans la pierre blonde du Vercors, abritant les reliques de l’immense saint et ermite Antoine l’Egyptien et un trésor inouï (si précieux qu’il est visible seulement en visite guidée, et il vaut le détour). C’est un village médiéval d’une beauté rare, avec ses goulets (traboules), ses tuiles vernissées héritières d’une ère bourguignonne, sa collection de roses d’autrefois, son esplanade aux tilleuls, ses vues sur la Grande Moucherolle, deuxième plus haut sommet du Vercors, et ses recoins charmants.

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    Fabuleux village de St Antoine l’Abbaye
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    Ici, durant des siècles, les pèlerins sont venus implorer la protection de Saint Antoine contre le terrible mal des ardents, dû à l’ergot de seigle, qui empoisonnait le pain et inspira à Jérôme Bosch ses visions infernales. C’est pourquoi l’abbaye de Saint Antoine est devenue un hospice, un lieu de recherches pharmaceutiques et médicinales, afin de soigner les affligés.

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    Saint Antoine le Grand

    Pour explorer l’histoire de Saint Antoine, je vous recommande plusieurs expériences puissantes.

    Prenez une visite guidée de l’abbaye, seul moyen de voir le trésor. Trop précieux pour être photographié, il se révèle par une succession de trappes secrètes et de caches énigmatiques qui vous donneront l’impression de plonger dans un Da Vinci Code dauphinois, et vous révèleront des objets somptueux.

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    Je vous recommande vivement la visite du Musée de St Antoine – d’autant qu’il est gratuit, comme tous les musées départementaux de l’Isère, ce que je trouve vraiment bien et qui mérite d’être souligné. Les expositions m’ont passionnées. Vous explorerez l’histoire puissante de Saint Antoine, grand ermite oriental faisant partie des pères du monachisme, inspirateur d’une féconde tradition chrétienne qui s’est épanouie à l’ombre des cloîtres européens durant des siècles. Vous découvrirez la « translation furtive » de ses reliques et la grandeur de l’abbaye qui les abrite, remonterez le temps pour rencontrer les flots de pélerins remplis d’espérance. Et vous saurez tout sur les parfums, les poisons et la médecine médiévale, car à Saint-Antoine, on s’efforçait de soigner. Fioles secrètes, remèdes qui sauvent, nectars qui tuent, instruments de médecine d’autrefois qui font frissonner, la visite est fabuleuse.

    Je recommande tout particulièrement l’extraordinaire toute nouvelle expo Parfums d’histoire sur les parfums qui soignent : j’aurais pu passer des heures dans cette immersion olfactive à la rencontre d’un monde englouti. Et le jardin du musée est ravissant, mélange d’éden médiéval et d’influences mauresques – si le réseau aquatique vous rappelle Marrakech, c’est normal, c’est qu’un architecte marocain a œuvré à sa restauration.

    Nous avons vécu une expérience très particulière à Saint-Antoine-l’Abbaye, en étant invitée par les tailleurs de pierre œuvrant actuellement à la restauration de l’iconique façade à entrer dans les coulisses du chantier. Des siècles après l’œuvre originale, ces artisans sculpteurs chevronnés perpétuent un geste ancestral, et sculptent à leur tour la pierre dorée du Dauphiné pour rendre leur splendeur aux cohortes d’anges et aux légions de saints. Monter au plus près des cieux (de pierre) nous a émues et m’a rendue encore plus impatiente de revoir la façade dans sa splendeur originelle…

    Que faire à Saint Marcellin Vercors Isère en automne ? Aventures outdoor, escalade, randonnée, cheval, récolte des noix, patrimoine, yoga et bonnes adresses...
    La façade telle que je l’ai découverte lors de ma première visite à l’été 2018.

    Une bonne table à Saint Antoine l’Abbaye : sur l’esplanade mythique aux tilleuls, juste en face de l’abbaye, rendez-vous à la Table de l’Abbaye où vous attendent accueil chaleureux, saumon fumé maison, tarte tatin exquise et spécialités iséroises. Une bonne adresse bistronomique conviviale et ancrée dans l’amour de la cuisine locale.

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    Le Couvent des Carmes, berceau des seigneurs du Dauphiné

    Connaissez-vous le Couvent des carmes à Beauvoir-en-Royans ? A l’ouest du Vercors, ce château en ruines et couvent devenu musée est un lieu emblématique de l’histoire de la région. Pourtant, nous sommes peu nombreux à le connaître – moi la première, jusqu’à tout récemment. Jusqu’à cette visite, j’ignorais que les ruines de cette impressionnante forteresse surplombant l’Isère sur son promontoire furent le somptueux palais du dernier seigneur du Dauphiné, Humbert II de Viennois, qui a cédé la province à la France en 1349 – le fameux « transport du Dauphiné ». Devenu très pieux, il est entré dans la vie religieuse et a transformé son palais en établissement monacal, d’où le nom de couvent des carmes.

    Que faire à Saint Marcellin Vercors Isère en automne ? Aventures outdoor, escalade, randonnée, cheval, récolte des noix, patrimoine, yoga et bonnes adresses...


    Le Dauphiné devint la province la plus puissante de France – d’où le terme de dauphin du roi. L’administration de la province était confiée au prince héritier avant son accession à la couronne, afin qu’il puisse se « faire la main »…
    Cette histoire glorieuse et passionnante du Dauphiné vous est racontée au Couvent, qui est un beau musée d’histoire culturelle. Mais c’est aussi un centre d’art avec des expositions temporaires immersives et spectaculaires, des tableaux d’un grand peintre néerlandais tombé amoureux de la région de Pont-en-Royans, Bob Ten Hoope. J’ai aimé cette promenade artistique, et la beauté duparc avec une vue spectaculaire sur la vallée, encadré de ruines romantiques… Ce lieu très riche et attachant mérite vraiment une visite et qui nous a beaucoup plu.

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    Pont-en-Royans, la Bourne et la grotte de Choranche

    Nous n’y sommes cette fois pas retournées, car c’est un lieu que nous connaissons déjà si bien, mais Saint-Marcellin Vercors Isère est aussi le Pays de Pont-en-Royans. Avec ses maisons multicolores suspendues au-dessus de la rivière comme un échafaudage de jouets en bois, une construction biscornue et infiniment pittoresque qui semble défier la gravité, Pont-en-Royans, c’est aussi la beauté des gorges de la Bourne où les gens aiment escalader et se baigner, le bruissement des fontaines et les terrasses claires du Musée de l’eau (le restaurant est excellent), des clochers et des ponts, un étrange mélange de couleurs méridionales et de vertige montagnard qui en fait à mes yeux un des plus beaux villages des Alpes. Ne manquez pas de vous y promener, ce village est si beau, si charmant. A deux pas de Pont-en-Royans, la cascade blanche, la cascade verte et l’iconique grotte de Choranche, une des plus belles grottes de France à mes yeux, déroulent un circuit enchanté. La région Auvergne Rhône Alpes partage d’ailleurs mon enthousiasme quant à cette grotte véritablement exceptionnelle de beauté, car elle a récemment été choisie pour figurer parmi les 20 sites touristiques emblématiques de notre région, récompense infiniment méritée ! Ne manquez pas ces féeries… je les évoque longuement dans mon article consacré au Vercors en été.

    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    Le superbe village de Pont-en-Royans
    Randonnées dans le Vercors en été et autres incontournables du Vercors
    La sublime grotte de Choranche
    Que faire à Saint Marcellin Vercors Isère en automne ? Aventures outdoor, escalade, randonnée, cheval, récolte des noix, patrimoine, yoga et bonnes adresses...
    Maisons suspendues de Pont-en-Royans

    Randonner à l’Ouest du Vercors : les gorges du Nan à Cognin-les-Gorges

    Le Vercors est une forteresse de calcaire, une muraille de falaises dressées dans le ciel immense. Sur les crêtes et les hauts plateaux, l’eau est rare, la végétation est basse et modeste, enracinée dans la roche sèche. C’est parce que toute l’eau file vers les profondeurs. Et quand cette eau rejaillit à la surface, elle ouvre des brèches dans la forteresse, des chemins d’accès pour entrer au cœur du secret du Vercors. Le pays de Saint-Marcellin, sur le flanc Ouest du Vercors, possède plusieurs de ces brèches sublimes : les célèbres gorges de la Bourne, à Pont-en-Royans, et les gorges du Nan à Cognin-les-Gorges. Cela faisait très longtemps que je rêvais d’aller randonner dans ces vasques féeriques. J’ai une immense passion pour les rivières et les sources de ma région, et le Vercors ouest et sud est un rêve pour les amoureux de cascades secrètes

    Les gorges de la Bourne en été, à Pont-en-Royans


    Pour explorer les gorges du Nan, vous partirez du joli village de Cognin, à qui je trouve un charme fou avec sa fontaine, son église dauphinoise typique, et surtout cette brèche hypnotisante dans la barrière du Vercors, qui semble aspirer le regard. Vous l’avez peut-être déjà vue de loin sur la route entre Valence et Grenoble : cette faille dans le donjon du Vercors est irrésistible !


    Le chemin est très simple : il s’agit de remonter la gorge. Vous ferez un tracé en aller retour. Les plus motivés pourront remonter très haut dans la gorge et faire jusqu’à 1000D+, mais en vérité, cette rando peut aussi être une balade tranquille : vous arrivez tout de suite dans les vasques et c’est magnifique d’emblée. A vous de voir si ce sera une promenade familiale ou une aventure sportive – c’est toujours sublime !

    Nous avons agrémenté notre balade d’un pique-nique dans les gorges, aux couleurs de l’automne…



    Le Vercors à cheval : randonnées et gîtes équestres sur le tour des Coulmes

    Le Vercors à cheval ! Les grands espaces du Vercors sont propices aux grandes traversées équestres. L’association Isère Cheval Vert trace pour les cavaliers des itinéraires praticables à cheval, comme le sublime tour des Coulmes, que nous aurions dû arpenter si la météo avait été de notre côté. Créer des sentiers de randonnée équestre en montagne est un travail énorme, mené par des passionnés qui font vivre la culture équestre iséroise pour le plus grand bonheur des cavaliers. Et ils peuvent compter sur des partenaires de choc !

    Que faire à Saint Marcellin Vercors Isère en automne ? Randonnée dans les gorges du Nan
    Sylvain, éleveur de chevaux du Vercors, et Marie-Noëlle, directrice de l’association Isère Cheval Vert


    Des centres équestres et élevages de grande qualité. Nous montons des chevaux de race Vercors de Barraquand, LA race historique et emblématique du massif, reconnue officiellement depuis 2017. Sylvain et Marion des écuries de Corrençon élèvent ces chevaux à la fois puissants, polyvalents et montagnards avec passion et les emploient au tourisme équestre. Un rêve de cheval au pied sûr, fait pour la pleine nature ! Sylvain et Marion  se sont battus pour faire reconnaître officiellement le cheval de Vercors Barraquand, et prouvent au quotidien que c’est une fabuleuse monture. Les Ecuries de Corrençon utilisent exclusivement des chevaux du Vercors et combinent à la fois le travail d’élevage et le travail équestre. En été, ils proposent des randonnées équestres de durée et de difficulté différentes, au cœur du Vercors. Je vous propose de retrouver ici le récit d’une randonnée équestre dans le Vercors en été, avec les chevaux emblématiques du massif.


    Des gîtes équestres sur le tour des Coulmes, au cœur du Vercors

    Au Gîte des Rimets à Rencurel, on cultive une ambiance refuge de montagne sur les hauteurs sauvages. Au coin de la cheminée, on combat les brumes d’automne avec des plats chaleureux et on dort au cœur des sommets.

    A L’Edel Bleue à Presles, ravissante chambre d’hôtes de charme, on vous accueille avec convivialité sur les falaises d’escalade mythiques. Cavaliers, grimpeurs ou simples voyageurs en quête d’hospitalité soignée adoreront cet établissement attachant.

     

    A La clef du Vercors à Presles, magnifique gîte de groupe design et chaleureux, on se retrouve en groupe dans de superbes espaces décorés avec goût. Ce jour-là, nous y avons déjeuné tous ensemble de produits locaux, entre fromages du Vercors, gratin dauphinois et clairette de Die (c’est drômois, mais c’est tout proche !)

    Nous ne l’avons pas visité cette fois, mais le gîte Au cœur des Coulmes à Malleval-en-Vercors propose lui aussi aux cavaliers et à leurs montures une halte sur le tour des Coulmes.

    Nous reviendrons dans le Vercors à cheval, arpenter ces espaces sublimes. Pour tout projet équestre en Isère, pensez à Isère Cheval Vert. Sa directrice Marie-Noëlle est géniale et passionnée et elle fédère cavaliers, centres équestres, gîtes pour vous permettre de vivre de grandes aventures à cheval dans ce pays enchanteur. Ce jour de pluie nous a donné envie de poursuivre le chemin… crinière au vent !

    Que faire à Saint Marcellin Vercors Isère en automne ? Randonnée équestre

    Escalade et gîte pour grimpeurs : les falaises mythiques de Presles


    Il y a des lieux qui sont légendaires parmi les amoureux de l’escalade. Presles, au cœur du Vercors, en fait partie. 6km de falaise sublime, sur une ligne de crête surplombant le massif avec des panoramas époustouflants, 250 voies de tout niveau, des grandes voies, une variété et une richesse inouïes.


    La toute première fois que Marion m’a emmenée grimper, c’était à Presles en 2018. Revenir ici 4 ans plus tard, mesurer notre progression à toutes les deux, savourer et raconter ce site emblématique avec un super moniteur comme Bernard, était un vrai bonheur. Nous avons affronté, Marion la grimpeuse si talentueuse en tête, moi son padawan en moulinette après elle, une magnifique voie avec une vue incroyable sur toute la falaise… le bonheur !
    L’escalade en extérieur, c’est le jeu, le contact avec le rocher, la pleine nature et une forme de yoga vertical où on se force à faire le vide dans sa tête et un avec son corps. Pas besoin d’avoir un gros niveau pour se faire plaisir, et avec un bon moniteur, une séance en falaise est accessible même à un débutant total. Il suffit d’avoir envie.


    A Presles, lieu emblématique de l’escalade s’il en est, au cœur du Vercors, des moniteurs passionnés et investis proposent à chaque personne un peu curieuse et prête à se lancer de découvrir l’escalade dans des conditions sécurisées et dans un décor grandiose. Dans un tel site et avec un bel encadrement, l’escalade en falaise devient accessible à tous, il suffit de se lancer.

    C’est pour cela que Bernard, moniteur d’escalade infiniment passionné et super pédagogue, et Dominique ont fondé ici le gîte « Entre ciel et pierres », à deux pas de la falaise. Fabuleux camp de base pour les grimpeurs de tous niveaux, dans un cadre naturel superbe, le gîte comprend même une magnifique salle de bloc en intérieur pour s’entraîner quelque soit la météo.

    Nous étions toutes équipées en Petzl, super marque grenobloise qu’on utilise toutes les deux avec bonheur à chacune de nos séances d’escalade.

    Terroir et gastronomie : saveurs de Saint-Marcellin, de l’Isère et du Vercors

    Saveurs et délices du pays de Saint-Marcellin Vercors Isère.

    Le pays de la noix de Grenoble

    Le saviez-vous ? La noix de Grenoble AOP… n’est pas vraiment de Grenoble. Son aire de culture s’étend sur toute la vallée du Grésivaudan, sur les bords de l’Isère, de la combe de Savoie (entre Albertville et Grenoble, côté Chartreuse) jusqu’aux portes de la Drôme (côté Saint-Marcellin, Romans-sur-Isère, dans ce qu’on appelle le sud Grésivaudan). Grenoble est simplement la grande ville située au cœur de l’aire AOP. Mais les plus grands volumes de production de noix de Grenoble sont situés ici, dans la région de Saint-Marcellin Vercors Isère. Il y a des siècles déjà, les chroniqueurs traversant la vallée de l’Isère et passant dans la région de Vinay parlaient de vergers de noyers à perte de vue. Le coeur de production de la noix de Grenoble AOP est à Vinay. Nous sommes venues pendant la récolte des noix (ici, on dit « pendant les noix ») et tout le pays était en ébullition. La noix est au cœur de toutes sortes de traditions, cultures et saveurs ici, comme les soirées où les gens se rassemblent pour monder les noix et boire un coup ensemble. 

    Pour découvrir ce produit et cette culture, direction le musée et centre culturel du Grand Séchoir.

    Le Grand Séchoir à Vinay

    Je suis souvent passée devant sans pousser la porte, et j’ai regretté de ne pas être venue plus tôt : j’ai vraiment adoré la visite du Grand Séchoir de Vinay et je vous la recommande à tous, en famille, en couple, en solo, pour déguster une gourmandise, apprendre des choses ou divertir vos enfants. Cet ancien séchoir à noix a été transformé en musée de la noix, centre culturel, boutique de pays et verger muséal. Et c’est une visite merveilleuse : le musée est visuellement très beau, ludique, passionnant. Dès l’arrivée, on est conquis par l’ambiance et l’architecture du lieu, par les plafonds verts et lumineux qui donnent l’impression de passer sous la canopée des vergers de noyers. Verger de noyers de toutes variétés issus du monde entier, musée émouvant de l’histoire du pays et de ses traditions qui ont sculpté la mémoire collective, ateliers ludiques pour les plus petits, découverte des innombrables variétés de noix, dégustations savoureuses, curiosités, recettes ancestrales et objets d’autrefois, on passe un excellent moment. J’ai beaucoup aimé cette immersion dans l’identité du pays de Saint-Marcellin Vercors Isère à travers son produit emblématique, la délicieuse noix croquante…

    Rencontre avec des nuciculteurs au GAEC des Ferrières

    Un pays est sculpté par ses agriculteurs, par les hommes et les femmes qui font vivre le terroir, dessinent les paysages et remplissent les assiettes. Après la visite du Grand Séchoir, nous étions ravies d’aller rencontrer des nuciculteurs, qui plus est en pleine récolte : à l’automne, les exploitations agricoles autour de Vinay bruissent du craquement des coquilles de noix qu’on ramasse, sèche, trie, calibre ou ouvre pour confectionner des produits ! Au GAEC des Ferrières, nous faisons la connaissance d’un duo père-fille de producteurs adorables et hyper passionnés, qui nous expliquent l’ensemble du processus de récolte, de séchage et de calibrage des noix.

    Ils ne se contentent pas de vendre les noix de Grenoble AOP telles quelles : Laure s’est aussi lancée dans la transformation et confectionne des produits d’apéro et de dessert à base de noix qui sont exquis. J’ai notamment eu un gros coup de cœur pour les noix aromatisées (au curry, au piment d’espelette, aux herbes…) à déguster comme des chips salées. Les bouches sucrées adoreront les noix caramélisées au dessert.

    Les produits du GAEC des Ferrières portent le label AlpesIshere, qui valorise les produits du terroir isérois – j’ai eu le bonheur de les retrouver (et racheter) au marché de noël de Grenoble !

    Les fromages de Saint-Marcellin

    Et pour continuer l’immersion terroir, on goûte ÉVIDEMMENT le Saint-Marcellin IGP (le meilleur fromage du monde selon Marion), fromage au lait de vache emblématique de ce territoire et qui m’a toujours émerveillée par son caractère fondant et onctueux. On peut par exemple l’acheter à la maison de producteurs Le Palais Fermier, où on trouve des produits locaux en vente directe. Ce terroir est également réputé pour ses autres fromages, par exemple le Saint Félicien – cousin plus crémeux du Saint-Marcellin. On se régale à goûter celui, multi-médaillé, de la Ferme des Caillats. Petit conseil : le fromage (Saint-Marcellin ou Saint-Félicien) avec les noix, cela se marie très bien… et c’est 100% Vercors Isère.

    L’adresse gastronomique de rêve : La Tivollière à Saint-Marcellin

    Quel coup de foudre ! Ce superbe gastronomique, installé sur les hauteurs de Saint-Marcellin dans un château offrant un balcon magnifique sur le Vercors, m’a éblouie. Cadre somptueux déclinant couleurs chaudes et ambiance châtelaine au coin de la cheminée, festival de saveurs locales sublimées avec créativité et sens du style, un véritable feu d’artifice de délices qui nous a éblouie. Chaque plat, chaque amuse-bouche, chaque détail, était exquis. Et ce qui nous a bluffée, c’est le prix, qui reste très abordable pour un resto de cette qualité et un tel sens du service.  A mi-chemin entre Valence et Grenoble, une adresse à tester absolument – j’ai promis d’y revenir et d’y emmener mon compagnon !

    Bien-être : une magnifique adresse zen et ressourçante au pied du Vercors, Les Granges du Fournel

    Souvenir d’une parenthèse de douceur…  On arrive à la tombée de la nuit dans un gîte superbe avec vue sur toute la ligne de crêtes du Vercors. Les granges du Fournel sont un havre de douceur où Véronique propose des retraites de bien-être et de reconnexion à soi, entre yoga, shiatsu et travail de développement personnel en profonde sérénité.

    Que faire en automne à Saint Marcellin Vercors Isère ? Terroir et bonnes adresses, yoga et bien-être

    Notre gîte est absolument sublime, une merveille de raffinement et de douceur, un charme incroyable. Véronique, qui a une très belle aura de douceur et de gentillesse, a aussi un goût très sûr. Après une séance de yoga avec bols chantants au bord de la piscine avec Véronique, Marion et moi en refaisons une en tête à tête dans la salle de yoga dédiée aux retraites et aux cours. La soirée s’achève dans un très beau sauna entièrement boisé avec vue sur les crêtes…

    On quitte à regret Véronique et Les granges du Fournel après un merveilleux petit déjeuner entièrement frais, local et fait maison, avec moelleux au chocolat du matin, fruits et yaourts… comme dirait Marion, on regrette de ne pas avoir de second estomac pour tout finir ! Une belle rencontre et un lieu inspirant qui nous a touchées… qui nous donne l’idée d’un nouveau départ dans cette région superbe.

    A cheval entre Drôme et Isère, à mi-chemin entre Valence et Grenoble, entre rivière et Vercors, noix et fromages, chevaux et falaises, randos et belles adresses, le pays de Saint-Marcellin nous a conquises depuis très longtemps et nous a fourni de nouveaux éblouissements en cet automne illuminé. Nous y reviendrons sans cesse, je le sais déjà : il fait partie de nos cœurs et de nos vies…

    Un grand merci à l’Office de Tourisme Intercommunal Saint-Marcellin Vercors Isère, et tout particulièrement à Stéphanie, ainsi qu’à toutes les personnes qui nous ont accueillies et permis de vraies belles rencontres chaleureuses. Nous garderons le souvenir de très beaux moments passés avec vous. Et un merci tout spécial à Marion et à ses parents Fernand et Karlène, qui m’ont si souvent accueillie ici avant même ce beau reportage.

  • L’hiver au soleil des Alpes du Sud : destination Blanche-Serre-Ponçon

    Connaissez-vous, au cœur des Alpes de Haute Provence, les stations de la vallée de la Blanche et du lac de Serre-Ponçon ? Au-dessus du plus grand lac artificiel de France, véritable océan intérieur de la Haute Provence, parmi les sommets iconiques du Blayeul ou de Dormillouse, trois stations de ski pointent leurs cimes enneigées dans les avalanches de soleil du midi : Montclar Les 2 Vallées, Chabanon Selonnet et Le Grand Puy. L’hiver dernier, nous sommes parties explorer ces stations attachantes des Alpes du Sud, qui misent non pas sur des domaines XXL, mais sur la richesse des expériences, la chaleur humaine et le petit plus convivial et atypique qui fait tout leur charme. Les stations de la vallée de la Blanche et du lac de Serre-Ponçon sont familiales, abordables financièrement, et tentent de parler à tous les publics. Situées à moins de deux heures de Marseille, elles comptent parmi les stations de ski les moins chères de France. Elles incarnent une montagne ensoleillée et bienveillante, où la douceur méridionale se mêle aux joies des flocons. Entre ski, raquettes, telemark, bain nordique, promenades et belles adresses, je vous propose une immersion au cœur des Alpes du soleil.

    Skier dans les Alpes de Haute Provence : découvrez l'hiver dans la région de Blanche-Serre-Ponçon, avec activités outdoor et bonnes adresses.
    L’hiver dans la vallée de Blanche Serre-Ponçon : ski…
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    … belles expériences hivernales…
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    … panoramas merveilleux…
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    … sommets iconiques des Alpes de Haute Provence !

    J’ai réalisé ce reportage en duo avec mon amie et binôme Marion Carcel alias Foehn Photographie. Ensemble, nous formons un duo de blogueuses, photographes et créatrices de contenu passionnées par les grands espaces des montagnes et la lumière du sud. La plupart des photos de cet article sont les siennes, notamment toutes celles dans lesquelles j’apparais.

    Alpes du Sud : explorer les trois stations de ski de Blanche-Serre-Ponçon

    Envie de vacances à la neige et au ski dans les Alpes de Haute Provence ? Après avoir eu le bonheur d’explorer l’Ubaye, notre voyage d’hiver s’est poursuivi dans les trois stations de Blanche-Serre-Ponçon.

    Leur horizon est presque maritime : c’est l’iconique lac de Serre-Ponçon, le lagon bleu de la Haute Provence. Il est le plus grand lac artificiel de France, et ses nuances de turquoise lui donnent une allure de tropique alpin en été. Chasseur de rêves et peintre des songes, il attrape la lumière dorée du couchant et les roses du levant pour magnifier leur beauté. Petit paradis resté sauvage, avec des rives très peu aménagées, il est une destination de vacances merveilleuse. J’ai toujours adoré ce lac, souvent exploré en été (retrouvez mes articles sur le lac de Serre-Ponçon côté Alpes de Haute Provence et côté Hautes-Alpes), et le retrouver en hiver m’a émerveillée. La beauté des panoramas dans la lumière d’hiver est enchanteresse, et j’ai adoré les visions dont nous avons été gratifiées lors de notre exploration de la vallée de Blanche Serre-Ponçon.


    Commençons par la station qui offre les plus belles vues sur lui : celle de Montclar Les 2 Vallées…

    Montclar Les 2 Vallées, ski et solidarité

    Montclar Les 2 Vallées est une station qui me tient énormément à cœur. Si vous me suivez depuis longtemps, vous avez déjà entendu parler d’elle, car son modèle social et solidaire et la beauté de ses panoramas me séduisent infiniment. Retrouvez ici l’article complet sur un séjour d’hiver à Montclar les 2 Vallées. Montclar, la seule station autogérée d’Europe, ensoleillée et solidaire, m’avait énormément touchée. Cette station qui appartient à ses habitants a aussi à cœur de proposer une expérience ski de grande qualité. Avec 55km de pistes tous niveaux, des vertes familiales aux noires abruptes, une altitude s’étendant de 1350 à 2500m, de nombreux enneigeurs et un travail assidu des pistes, Montclar Les 2 Vallées promet la neige et de belles pistes aux skieurs avides de grandes descentes, et il s’agit du grand domaine skiable le plus rapidement accessible depuis la métropole Aix-Marseille : 2h de route depuis Aix-en-Provence, 2h20 depuis Marseille. J’avais été émerveillée par la beauté des paysages depuis les hauteurs du massif de Dormillouse, et j’avais adoré skier à Montclar Les 2 Vallées.

    Et la station continue de se renouveler, de proposer des choses originales et de rester à l’écoute des attentes des gens. J’ai eu un vrai coup de cœur pour la nouveauté de l’hiver dernier : Les Bains des bois.

    Les Bains des Bois, spa sauvage à Montclar les 2 Vallées

    Vous rêvez de piquer une tête dans le lac de Serre-Ponçon, mais ce n’est pas la saison ? À Montclar dans les Alpes de Haute Provence, on a résolu la question : au pied de la montagne de Dormillouse, dans une petite forêt à deux pas du cœur de la station, vous trouverez le spa de pleine nature le plus idyllique qui soit. Bienvenue chez Les Bains des bois, dont le concept est fabuleux. Vous trouverez, rien que pour vous, privatisé pour une certaine durée, un chalet pour vous changer, un sauna, et un bain nordique en bois non traité rempli d’eau pure, sans chlore. On vous sert la boisson de votre choix et vous regardez le soleil couchant se noyer dans la baignoire… un moment tout simplement merveilleux. Cela restera pour Marion et moi un de nos plus beaux souvenirs, une vraie pause ultra ressourçante dans un cadre magnifique !
     J’ai beaucoup aimé ce délicieux bain nature, le fait de pouvoir réserver un créneau privé et d’avoir son propre espace pour un moment intime en amoureux ou entre amies. Et j’ai adoré la beauté de ce crépuscule dans l’eau bien chaude, la beauté du tableau et la gentillesse de l’accueil. Une expérience que je recommande vraiment.

    Nous avons commencé en beauté notre exploration des 3 stations de Blanche Serre-Ponçon !

    A Chabanon Selonnet, ski, ski-joering et petits prix

    Avec une altitude allant de 1550 à 2050m et 40km de pistes, la station de Chabanon Selonnet prend la deuxième place en superficie des stations de Blanche Serre-Ponçon. Si vous avez envie de skier au soleil des Alpes du Sud, cette station à taille humaine sous le grand ciel provençal présente de nombreux atouts, à commencer par ses prix doux. Côté hébergements et forfaits, Chabanon est une station abordable offrant une grande variété de formules, à des tarifs très accessibles. Le forfait le moins cher est à 10 euros pour 4h de ski nocturne de 17h à 21h. 4h en journée vous coûteront 22 euros, et la journée complète est à 27,10 euros pour un adulte, 18,30 euros pour un enfant. Les forfaits semaine sont très avantageux, notamment celui qui comprend les trois stations de Chabanon, Le Grand Puy et Montclar, 176,50 euros pour un adulte pour six jours – tarif rare dans les domaines skiables français, tout particulièrement en cette année d’inflation.
    La station de Chabanon vous propose 40km de pistes de tout niveau, une exposition parfaite pour votre bronzage (ah, les couleurs des Alpes du sud, protégez votre peau !) et de superbes vues sur l’iconique lac de Serre-Ponçon et des montagnes emblématiques des Alpes de Haute Provence, notamment ici le Blayeul (2189m), vedette bien aimée de la région de Digne. J’ai gardé de l’enfance une affection particulière pour les « montagnes faciles à dessiner », les pyramides parfaites, lisses et pointues, qu’on imagine tracer d’un seul trait – la montagne par excellence, et le Blayeul appartient à cette catégorie mythique. Au sommet du domaine s’ouvrent de très beaux sentiers en raquette, proposant des cheminements en balcon avec vue sur le Blayeul, le lac et les Écrins.

    Skier dans les Alpes de Haute Provence : découvrez l'hiver dans la région de Blanche-Serre-Ponçon, avec activités outdoor et bonnes adresses.
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    Une contrainte d’emploi du temps nous a empêché de vivre une expérience magique et incontournable à Chabanon : le ski joering ! Filer en ski alpin, tracté par un cheval parmi les grands espaces… une activité que j’ai déjà eu le bonheur de tester à Pralognan, Avoriaz et aux Saisies, et que j’affectionne profondément. Chevaux et ski, où comment allier mes deux plus grandes passions sportives…

    Le Grand Puy, toutes les couleurs de la Haute Provence

    A deux pas du beau village de Seyne-les-Alpes, que j’avais adoré en été, la station du Grand Puy est (comme son nom ne l’indique pas) la « petite » de la vallée de la Blanche : 25km de pistes situées entre 1300 et 1800m d’altitude. Mais ce qu’elle n’a pas en étendue, le Grand Puy le compense en inventivité, en convivialité et en originalité. J’ai rarement vu une station aussi vivante et dynamique, offrant gratuitement ou presque tant d’activités de qualité, grâce à un réseau de bénévoles investi et passionné. Deux réseaux, l’association Vallées du Bès et l’association des Commerçants du Grand Puy oeuvrent à proposer un programme d’animation riche et varié.

    S’essayer au telemark au Grand Puy

    Avez-vous déjà testé le telemark ? Un ski ancestral, inventé en Scandinavie il y a des siècles, où le talon est libre pour une grande aisance sur le plat, où on tourne et descend en fente et peut gérer de vraies descentes comme en ski alpin !
    Élégant, gracieux, technique, le telemark est une jolie expérience pour qui aime le ski alpin et a envie de tester autre chose. Il y a quelques années à Pralognan, je n’avais pas accroché. Mais sans doute ai-je progressé en ski depuis (le telemark est à recommander à des skieurs déjà plutôt expérimentés qui ont envie d’aller plus loin), et renforcé mon envie de vivre la montagne autrement. Cette fois au Grand Puy, le 2e essai a été concluant et j’ai trouvé la sensation très intéressante. Le telemark pousse à réfléchir intensément à son équilibre à ski, à tester des choses, à affiner sa techique. Cela donne envie de progresser pour arriver à ce que font les bons telemarkeurs : une danse, fluide et si belle visuellement !

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    Françoise, telemarkeuse hors pair
    Coachée par Serge et Françoise

    Une fois par semaine à la station du Grand Puy, des bénévoles passionnés de l’association Vallées du Bès proposent une initiation au telemark. La gentillesse de Françoise et Serge nous a touchées – les Alpes de Haute Provence, ce sont toujours de très belles rencontres humaines. Si vous êtes curieux, je vous encourage vraiment à tester. Et n’hésitez pas à consulter les actualités de l’Association Vallées du Bès, qui proposent souvent de jolies animations dans la région de Digne, au coeur des Alpes de Haute Provence.

    Ski dating ou zumba colorée au Grand Puy

    Si le Grand Puy est la plus petite station de la vallée, la beauté ensoleillée du décor et l’ambiance nous ont énormément plu : ici l’atmosphère est familiale et chaleureuse, les bénévoles se démènent pour organiser des animations gratuites de qualité. Nous avons rencontré Sandy et Fred, qui tiennent le restaurant Le Chalet au cœur de la station depuis trois générations, et qui sont très investis dans l’association des commerçants. Le programme des animations est fabuleux : course color ski avec pigments multicolores, speed dating sur télésiège pour la Saint Valentin (7 minutes pour séduire), séance de zumba sur pistes… On vient ici skier au soleil dans une atmosphère géniale de convivialité, avec une vraie qualité d’animations accessibles à tous. A découvrir !

    Sandy et Fred, propriétaires du resto Le Chalet au Grand Puy et très investis dans les animations de la station

    Rando raquettes à la recherche des empreintes d’animaux

    Savez vous comment distinguer les empreintes de chien et de renard ? Celles du lièvre et celles de l’écureuil ? Comment voir dans quel sens le lièvre a couru ? Depuis notre randonnée en raquettes sur les hauteurs de la station du Grand Puy, dans les Alpes de Haute Provence, je le sais !
    Tôt le matin, Marion et moi retrouvons notre adorable guide de montagne naturaliste, Clément. Notre mission ? Dénicher les empreintes d’animaux et explorer la beauté de la vallée de la Blanche.

    Skier dans les Alpes de Haute Provence : découvrez l'hiver dans la région de Blanche-Serre-Ponçon, avec activités outdoor et bonnes adresses.
    Panorama des Alpes de Haute Provence
    Skier dans les Alpes de Haute Provence : découvrez l'hiver dans la région de Blanche-Serre-Ponçon, avec activités outdoor et bonnes adresses.


    Être avec un guide donne une profondeur nouvelle au paysage. On déchiffre les montagnes comme un livre ouvert avec un lecteur perspicace… Clément nous raconte le Blayeul, la montagne iconique de la région avec sa silhouette parfaite.

    Skier dans les Alpes de Haute Provence : découvrez l'hiver dans la région de Blanche-Serre-Ponçon, avec activités outdoor et bonnes adresses.
    Marcher sur le Blayeul


    Avec lui, nous apprenons à décrypter les traces. Et nous trouvons l’animal légendaire du Grand Puy, un bouc qui a échappé au couteau et est revenu à l’état sauvage sur les pentes ensoleillées… Autant de choses que nous n’aurions pas vues et connues sinon – une vraie richesse en partage.

    Faire appel à un guide de montagne, c’est enrichir son expérience, approfondir le paysage, découvrir la richesse humaine et traditionnelle d’une vallée, ses histoires et anecdotes. Dans les Alpes du Sud, pays de migrations, de pastoralisme, de familles qui se transmettent leur secret, c’est tout particulièrement précieux.

    Bonnes adresses au ski dans les Alpes de Haute Provence : de beaux hébergements côté Blanche-Serre-Ponçon

    Où dormir lors de votre séjour d’hiver du côté de la vallée de la Blanche et du lac de Serre-Ponçon ? Voici deux belles adresses qui nous ont touchées.

    La chambre d’hôtes et gîte l’Arnica à La Bréole

    A 1200 mètres d’altitude, au-dessus du lac de Serre-Ponçon et parmi les crêtes enneigées des montagnes qui le surplombent, nous avons découvert une ancienne bergerie transformée en hébergement délicieusement cosy : l’Arnica, à la Bréole. Dans cette fabuleuse chambre d’hôtes à la décoration soignée et à l’atmosphère chaleureuse,nous avons passé une nuit très douce et mangé une croziflette succulente. La localisation de cette maison ancienne, qui évoque à la fois le chalet de montagne et la bergerie qu’elle fut autrefois, est exceptionnelle : une vue magnifique sur le lac et sur les sommets des Écrins, que le lever du jour teinte de mauve et d’or. Au petit dej, on accompagne la carte postale alpine de confiture artisanale et de yaourts de la ferme voisine, tandis qu’au loin ânes et poneys complètent la merveilleuse atmosphère bucolique. L’accueil au coin du poêle crépitant est chaleureux et des vins ensoleillés illuminent la discussion à table… nous y avons passé un très bon moment !

    Bon à savoir : L’Arnica comprend à la fois une chambre d’hôtes et un gîte 3 épis, en fonction de vos besoins. La maison est située à cheval entre les deux vallées, celle de l’Ubaye et celle de Blanche-Serre-Ponçon. Si vous prévoyez un séjour en Ubaye, c’est aussi une belle adresse compatible !

    Les Balcons du Grand Puy, à Seyne-les-Alpes

    A deux pas de la station de ski du Grand Puy, sur le territoire du merveilleux village fortifié de Seyne-les-Alpes, les Balcons du Grand Puy vous proposent de jolis chalets bien aménagés et à des tarifs très doux, pour réaliser un rêve de vacances à la neige en famille ou entre amis.
    Au-dessus de nous se dressait le fameux pic de Bernardez, notre vieil ami depuis notre beau bivouac sur le sentier de grande randonnée la Routo. En dessous de nous, la vallée de la Blanche rayonnait dans toute sa beauté ensoleillée. Qu’est ce que j’aime les couchers et levers de soleil en montagne l’hiver ! Un festival de couleurs, intensifiée par la neige qui décuple l’or du soir et le rose du matin. Et ici, nous dormons aux premières loges. Si je pouvais, j’achèterais sans hésiter un chalet à la montagne… et je pense que le soleil des Alpes du sud et la douceur de ma chère Provence auraient mon cœur.

    Skier dans les Alpes de Haute Provence : découvrez l'hiver dans la région de Blanche-Serre-Ponçon, avec activités outdoor et bonnes adresses.
    Bonnes adresses au ski dans les Alpes de Haute Provence, dans la vallée de Blanche Serre Ponçon en hiver.

    Boire & manger : restos et brasseries de Blanche-Serre-Ponçon

    Ici, on croque les Alpes du Sud à pleines dents et on les boit à flots…

    La brasserie de l’Aubrée et l’épicerie de pays à Selonnet

    Près de la station de Chabanon, dans le village de Selonnet, faites une halte à la brasserie de l’Aubrée. Brasseur artisanal, Xavier vous propose des bières savoureuses, classiques ou plus insolites, brassées avec l’eau de source des Alpes. Marion et moi avons accidentellement assorti nos bières à nos cheveux : blonde pour moi, cuivrée pour elle ! A la fois légères et typiques, ces bières de qualité nous ont séduites. Et sa jolie boutique chaleureuse propose aussi des produits locaux des agriculteurs de la région, en partenariat direct avec eux. Vous connaissez mon amour pour les circuits courts, la vente directe, les maisons de pays, et je trouve cela géniale que Xavier ait fait une place à tous les produits de la région, d’autant que les Alpes de Haute Provence sont une terre rurale riche d’un terroir varié et de producteurs très investis. La brasserie de l’Aubrée en devient donc aussi une épicerie de pays, qui faut le détour même si vous n’aimez pas la bière. Une halte très sympa, au cœur du territoire de la vallée de la Blanche.

    Le Relais de la Forge et le resto Le Sel au Nez, gastronomie à Selonnet

    Un vrai coup de foudre pour ce resto à la fois gastronomique et abordable, au cœur du village de Selonnet ! La grande qualité à petits prix, avec une atmosphère chaleureuse et un accueil familial, c’est vraiment la signature des stations de ski des Alpes de Haute Provence… cette dimension personnelle, cet amour du bon produit caractérisent les vallées de ces Alpes du soleil et de la chaleur humaine. Au coin du feu, dans un cadre charmant, un repas absolument délicieux nous attendait au Sel au Nez, le resto du Relais de la Forge. J’ai eu un vrai grand coup de cœur pour ce repas tellement fin, délicat et original, empreint de créativité et d’amour des produits du terroir. Mention spéciale pour le dessert, une tartelette alliant fruit de la passion et chocolat que j’ai trouvée absolument succulente.

    Le resto Le Chalet au Grand Puy

    Envie d’une gaufre au chocolat, d’un café bien chaud, d’une bière dans une ambiance pub chaleureuse au sortie des pistes ? Juste au pied du domaine skiable (on déchausse et on y est), rendez-vous au Chalet, l’âme de la station du Grand Puy. Fred et Sandy cultivent une atmosphère conviviale et amicale !

    Continuer d’explorer les Alpes du Sud

    C’est le dernier matin dans les Alpes de Haute Provence…
    Nous avons exploré en raquettes, en chiens de traîneaux, en ski alpin et de fond la sublime vallée de l’Ubaye, suivant d’un bout à l’autre la belle rivière éponyme, de sa source escarpée à son embouchure dans le lac de Serre-Ponçon, et adoré cette vallée aux airs de bouts du monde aux confins de la Provence. Nous avons skié au soleil des trois stations de la lumineuse vallée de la Blanche et goûté aux vues grandioses sur un des plus beaux lacs de France, aimé ses sommets iconiques, découvert le telemark et l’atmosphère très particulière de ces belles petites stations familiales où soleil rime avec solidarité.
    Les Alpes du Sud sont notre très grand amour. Côté Alpes de Haute Provence, je vous invite à continuer l’exploration de la région de Digne-les-Bains, à pied ou à cheval, du Verdon, du plateau de Valensole, de la Routo, des villages secrets du Haut Verdon… Côté Hautes Alpes, pourquoi ne pas explorer Le Dévoluy, les Orres et le lac de Serre-Ponçon sur l’autre rive ? J’aime à la folie ces ambiances radieuses, entre Provence et sud du Dauphiné, le versant le plus sauvage et sublime de la région Sud…
    N’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter pour suivre mes aventures en Provence, dans les Alpes et ailleurs !

    Un grand merci aux Alpes de Haute Provence, et tout particulièrement à Isabelle, pour ces aventures merveilleuses en toute saison dans notre pays de coeur.

  • Sublime Ubaye en hiver, grands espaces au soleil

    Connaissez-vous la vallée de l’Ubaye ? Aux confins de la Haute Provence, au pied des plus hauts sommets du midi et à un jet de pierre de l’Italie, entre rivière tumultueuse et cimes enneigées, se déploie un des territoires les plus sauvages et les mieux préservés du sud. Par la puissance de ses paysages, la solitude de ses sommets, l’authenticité de ses villages et le caractère intact de ses immensités naturelles, l’Ubaye fascinera tous les amoureux d’une montagne empreinte de liberté. Au bout du monde, l’Ubaye culmine en sérénité, radieuse apogée des Alpes de Haute Provence dont elle incarne toute la lumière, l’âpreté et la beauté.
    La vallée de l’Ubaye suit le cours d’une rivière capricieuse et rocailleuse, à qui elle a donné son nom. Elle prend sa source dans le massif de Chambeyron, toit des Alpes de Haute Provence à 3412m, et coule jusqu’à rejoindre la Durance dans le lac de Serre-Ponçon après 80km de beauté. Elle traverse Saint-Paul-sur-Ubaye, Jausiers, Barcelonnette, Le Lauzet-Ubaye et dix autres communes entre soleil et montagne.
    Je vous propose de partir à la découverte de la vallée de l’Ubaye en hiver, entre expériences grand nord fabuleuses – randonnée raquettes, chiens de traîneaux, ski alpin et de fond pour un grand bol de pleine nature –, plongée au cœur du terroir – artisanat, histoires mexicaines et produits du pays – et belles adresses de charme.
    Moi qui adore les Alpes de Haute Provence, ce fut un bonheur de les revoir sous leur versant hivernal, saupoudrées de neige et rayonnant de lumière, d’authenticité et d’amour du terroir. Plongeons dans ces Alpes du soleil, cimes du midi, pour une très belle escapade hivernale.

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    … le bonheur de l’Ubaye en hiver !

    J’ai réalisé ce reportage avec mon amie et binôme Marion Carcel alias Foehn Photographie. La grande majorité des photos de cet article sont les siennes, notamment toutes celles dans lesquelles j’apparais. Ensemble, nous formons un duo de blogueuses, photographes et créatrices de contenu amoureuses des montagnes.

    Les grands espaces de l’Ubaye en hiver

    Au plus haut de la Haute Provence, au cœur des montagnes inondées de soleil, l’Ubaye incarne un idéal intact pour les amoureux de pleine nature. Nous avons été émerveillées par les paysages infinis, sublimés par la neige scintillante. Tout au Sud de la France, une ambiance grand Nord…

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    Ubaye, lueurs du sud
    L'Ubaye en hiver : terroir, producteurs locaux, bonnes adresses en Ubaye. Restos en Ubaye
    La beauté de la rivière Ubaye en hiver

    Randonnée en raquettes et observation des animaux

    La plus belle randonnée raquettes qu’on puisse imaginer…
    Une épaisseur intacte de poudreuse profonde. Un soleil éclatant. Des forêts de mélèzes qui s’arrêtent là où la montagne devient lumière pure. Et des animaux.
    Nous sommes à Fouillouse, en haute vallée de l’Ubaye, à deux pas de là où la rivière prend sa source. De très hauts sommets nous entourent : le Massif du Chambeyron culmine au-dessus des 3000. Ici les Alpes de Haute Provence viennent épouser l’Italie : de l’autre côté de la montagne, on change de langue.

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    Nous sommes au bout du bout du monde, entre hameaux endormis sous les flocons, cabanes de bergers, forts de la ligne Maginot des Alpes courageusement tenus par les armées françaises durant la dernière guerre. Ici, au fort de Plate Lombarde, 15 000 Français bien organisés, munis de toutes les réserves de leurs forts organisés comme des sous-marins étanches et chargés à bloc, ont su tenir tête à 50 000 Italiens. Les armées des Alpes furent les seules invaincues. Difficile d’imaginer qu’une des grandes pages de la Seconde Guerre mondiale s’écrivit aussi, dans un paysage aujourd’hui empreint d’une telle sérénité, d’un silence si profonde. Ce décor est pourtant aussi un paysage d’histoire(s) et de liberté.


    A la lunette de notre guide Bruno Maximin, ils se révèlent à nos yeux émerveillés : des chamois. Ils bondissent sur les crêtes nous surplombant, franchissent allégrement la frontière entre France et Italie au mépris de tout douanier. Bruno nous fait regarder encore. Il se munit d’une lunette XXL pour nous faire scruter la falaise. Les traces de guano la trahissent : voici une femelle gypaète barbu en pleine nidification. L’espèce est très protégée. Un seul dérangement, et son œuf unique mourait de froid. Nous nous tenons très loin, gardant une distance respectueuse avec ces falaises majestueuses qui l’abritent.

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    On prend un pique-nique 100% local avec des fromages et saucissons que Bruno a achetés à la Maison des produits de pays, ainsi qu’un génépi maison. Tout a encore plus de saveur à cette altitude et dans ce décor…

    J’aime tellement les Alpes de Haute Provence pour cela. La solitude sublime de ce pays de lumière. La puissance des visions et des rencontres. Tout est juste parfait.

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    Une virée en chiens de traîneau dans les forêts de l’Ubaye

    Une virée en chiens de traîneau au cœur de la vallée de l’Ubaye, comment y résister ? Cela reste une des plus belles expériences à vivre à la neige : une aventure nordique à la Jack London, avec le contact privilégié des huskies et malamutes, le plaisir de la neige qui vole, de la vitesse et des aboiements joyeux ! Une des clefs de la réussite d’une sortie chiens de traîneau, c’est la beauté du cadre, et à Val d’Oronaye chez Légende polaire, nous sommes servis : une combe sauvage, préservée, une atmosphère de grands espaces nordiques qui vous plonge dans un rêve boréal. L’autre clef du succès, c’est la complicité entre le musher et ses chiens, et ici, nous sommes chez de vrais passionnés – un père et sa fille qui connaissent leur meute par cœur !

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    De plus, ils ont travaillé l’ambiance, avec une déco de trappeur romanesque aux détails d’un charme fou, avec récits d’aventures et outils rétro évoquant une longue nuit canadienne. Marion et moi avons vraiment adoré cette expérience au cœur des Alpes de Haute Provence.

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    Je trouve que cela fait partie des instants qui changent un séjour à la montagne en évasion polaire un peu féerique…

    Skier en Ubaye : la station alpine du Sauze

    Skier en forêt au milieu des résineux, ou skier au soleil dans les grands espaces ouverts ? Je prends les deux. Direction Le Sauze, la station de la vallée de l’Ubaye : 65km de pistes et une atmosphère très particulière, entre forêts de mélèzes et panoramas ouverts sur le soleil radieux des Alpes du sud. Ma partie préférée est le sommet du domaine, à 2400m : des atmosphères magnifiques, coulées onctueuses et lactées sur les pentes ensoleillées, vue extraordinaire, neige naturelle, une sensation de freeride sur le domaine skiable !

    Nous avons fait l’ouverture des pistes avec Joachim, pisteur au Sauze, qui nous fait découvrir le travail précieux des anges gardiens des domaines skiables. Tôt le matin, bien avant l’ouverture au public, ils sont sur le domaine, à scruter le manteau neigeux, évaluer les dangers. Ils déclenchent les avalanches s’il le faut, prenant le risque de manier les explosifs et de se déplacer sur un manteau instable. Ils parcourent toutes les pistes pour identifier les dangers, décider ou non de l’ouverture d’une piste, placer les filets, les avertissements, sécuriser le domaine pour que chacun puisse évoluer sans risque. Les pisteurs assurent également les secours sur les pistes, viennent à la rescousse des blessés et sont les premiers à intervenir en cas de crise. Une rencontre passionnante avec Joachim, et le plaisir de faire les premières traces sur les pistes fraîchement damées…

    Ce que j’ai aimé au Sauze, ce sont aussi les délices des restaurants d’altitude comme La cabane de Jo et le 2100, où nous nous sommes régalées. C’est pour moi la clef d’une journée ski réussie ! Je vous en reparle dans la section Bonnes adresses de cet article.

    Le 2100, pause bienvenue au Sauze

    Ski de fond et biathlon sur le domaine nordique de Larche

    Avec ses grands espaces vierges, l’Ubaye est le paradis du ski de fond : les deux domaines nordiques de la vallée, St Paul sur Ubaye et Val d’Oronaye/Larche, y sont exclusivement dédiés, sans cohabitation avec le ski alpin, et donc sans remontées mécaniques, dans des paysages immaculés et très sauvages que les fondeurs apprécient pour la sensation de communion avec la nature.
    Soyons sincères : autant j’adore le ski alpin, autant le ski de fond, ça n’est pas exactement mon point fort. Je ressemble un peu à un gros canard qu’on aurait flanqué sur des spatules quand je tente un déplacement. Mais si j’étais fondeuse, je viendrais skier ici.

    J’ai été émerveillée par le magnifique cadre sauvage et préservé du site nordique de Larche. Le dépaysement est total, la yourte sur le domaine renforce la sensation d’être parti pour les steppes infinies de Mongolie. Nous sommes dans la zone débutant, mais je ressens la beauté du domaine, le côté profondément nature. On me dit que certains parcours, notamment le 17km, sont d’une pure splendeur.

    que faire en ubaye en hiver ? ski de fond


    Et grâce à la présence d’un super moniteur ESF pédagogue et patient, nous avons eu la possibilité de nous initier au biathlon. Et je le recommande vraiment, parce que c’est très, très fun. Apprendre à manier la carabine, les plombs, à se placer sur le pas de tir, dégommer les cibles telle une guerrière Walkyrie des neiges, on a adoré. Précision, concentration, c’est un super exercice ! J’ai réussi un impeccable 5/5 au tir du biathlon et j’étais extrêmement fière de moi… beaucoup plus qu’au ski de fond !

    Histoire et patrimoine de l’Ubaye

    C’est quelque chose qui me touche infiniment dans l’histoire des Alpes : à quel point ces vallées du bout du monde sont connectées au monde, ouvertes sur les océans et les continents lointains, à quel point les sommets se jouent des frontières et des barrières de langue et sont des terres de migration, de rencontre culturelle. Des grandes conquêtes antiques aux foires médiévales, des pèlerinages aux négoces, des exodes aux aventures, les Alpes sont un flux permanent de culture et de commerce. La vallée de l’Ubaye est à ce titre particulièrement singulière.

    Vallée de l'Ubaye en hiver
    Le village de Larche, à deux pas de l’Italie

    Le musée de la vallée de l’Ubaye, à Barcelonnette

    Au coeur de Barcelonnette, une belle maison mexicaine abrite un musée passionnant…

    Le saviez-vous ? Pendant plus d’un siècle, des milliers d’habitants de Barcelonnette partirent faire fortune au Mexique, et revinrent au pays natal chargés de trésors – costumes, objets …- pour construire des villas mexicaines et y vivre leur vieux jours. On estime qu’il n’existe pas une seule famille à Barcelonnette dont l’un des membres de la famille ne soit pas parti au Mexique ! Ce lien est si fort qu’un consulat mexicain est établi dans la petite ville de Barcelonnette. Le musée de la vallée retrace cette « ruée vers l’or » mexicaine, à travers les destins de familles, nombre de photos d’époques, des cartes et surtout une fabuleuse collection d’objets portant au cœur des neiges alpines les couleurs du Mexique. Habits de cérémonie, masques, Santa Muerte, bijoux, ustensiles quotidiens, les objets nous disent l’histoire de la grande aventure mexicaine, et la profondeur des liens tissés.

    Les migrations se font aussi dans le sens inverse : des gens d’ailleurs sont venus s’installer en Ubaye, s’intégrer dans le tissu commerçant et artisanal de la vallée. En Haute Provence vinrent s’établir de nombreux Piémontais, venus de l’Italie toute proche chercher ici du travail et des opportunités. Parmi eux, la famille de l’immense écrivain provençal Jean Giono. Retracer les chemins de part et d’autre des Alpes, ces destins franco-italiens entremêlés… c’est ce que propose le musée de la vallée de l’Ubaye, et Giono devient un exemple particulièrement emblématique de cette identité provençale nourrie des sources et des sangs transalpins.

    De la France à l’Italie, les hommes ne transitent pas seuls : ils sont accompagnés des bêtes. Les transhumances entre la Crau et l’Italie ont rythmé la vie de la Haute Provence pendant des siècles. Ce chemin des troupeaux fuyant la fournaise de l’été et recherchant l’herbe verte des alpages, on le nommait la Routo… L’été précédent, Marion et moi avions marché sur ce GR patrimonial et riche d’humanité, et nous étions très heureuses de le retrouver au musée.

    Vallée de l'Ubaye en hiver

    À travers différentes expositions pédagogues, visuelles et sensibles, qui font la part belle aux destinées humaines et aux histoires personnelles, le musée de la Vallée à Barcelonnette retrace l’histoire des gens de l’Ubaye, des migrations, des échanges qui ont rythmé cette vallée du bout du monde finalement grande ouverte sur le monde. Des tableaux prestigieux aux objets du quotidien apportés par des habitants, des collections mexicaines aux outils agricoles, ce musée riche et intimiste est une très belle immersion dans la vie de la vallée, qui nous a touchées Marion et moi.

    Vallée de l'Ubaye en hiver

    Savoir-faire de Haute Provence : la Maison de Pays de l’Ubaye


    Vous connaissez mon attachement au #MadeInFrance. Rurales, préservées, attachées à leur terroir, les Alpes de Haute Provence sont un pays d’artisans et d’agriculteurs. Les maisons de pays permettent de retrouver leurs produits en vente directe, offrant aux producteurs et artisans locaux un précieux débouché sans intermédiaire. Elément fondateur de l’identité de la Haute Provence si attachée à son terroir pastoral, artisanal et créatif, elles existent depuis 1992, pratiquant le local et le circuit court bien avant que ce soit à la mode. La région est précurseuse de cette quête d’une consommation empreinte de sens, tellement porteuse aujourd’hui.
    A celle de Jausiers en Ubaye, ce ne sont pas moins de 70 producteurs et créateurs – tous des Alpes de Haute Provence, presque tous de la vallée de l’Ubaye – qui trouvent ici un débouché efficace, direct et qui valorise le terroir.

    L'Ubaye en hiver : terroir, producteurs locaux, bonnes adresses en Ubaye.


    J’ai un énorme coup de cœur depuis toujours pour les faïences, poteries et céramiques haute-provençales. J’ai acheté les tasses du Potier alpin que je tiens dans la main. Parce qu’elles sont faites à la main, chaque tasse possède un reflet et motif unique, et leur bleu lisse et brillant est juste somptueux. J’ai aussi aimé découvrir les tisanes et génépis des montagnes, la bière La Sauvage, les savons colorés, les jouets de bois, et tant d’autres créations de qualité nées ici.

    Créateurs en Ubaye : la maroquinerie Chevaleyre à Jausiers

    Les artisans de l’Ubaye ont du talent. A Jausiers, au cœur de la vallée, nous avons eu le bonheur de faire la connaissance de Solenn Chevaleyre et de découvrir son atelier de maroquinerie. Solenn Chevaleyre vient du monde de la haute-couture et de la maroquinerie de luxe : elle a notamment travaillé chez Louis Vuitton. De cette immersion dans le monde exigeant du luxe à la française, elle a gardé le goût des beaux produits, du travail fin et rigoureux. Aujourd’hui installée en vallée de l’Ubaye, elle met cette exigence et cette créativité au service de budgets plus serrés, sans pourtant renoncer en rien à la qualité. La maroquinerie Chevaleyre propose aujourd’hui ses propres créations, fabriquées dans l’atelier de Jausiers, et travaille exclusivement des cuirs nobles français et italiens. Solenn Chevaleyre s’est spécialisée dans les cuirs rares, les textures spéciales, travaillées avec finesse. Tout est personnalisable : elle dessine votre projet et vous laisse choisir votre cuir, sa texture, sa couleur. Une mine de créativité et de savoir-faire où on reconnaît le perfectionnisme d’une grande bosseuse aussi talentueuse que minutieuse, et un beau moment d’échange !

    Bonnes adresses en Ubaye en hiver

    De belles adresses pour un séjour parfait en Ubaye en hiver.

    Les cabanes du domaine de l’Esperluette, coup de foudre sur pilotis

    Notre beau voyage en vallée de l’Ubaye a commencé à quelques encablures du lac de Serre-Ponçon, au très beau Domaine de l’Esperluette avec ses cabanes suspendues sur pilotis. Un site féerique à 1300m d’altitude, hors du temps, avec des cabanes de bois d’un charme fou et d’un confort parfait, chaudes et bien équipées avec leur jolie salle de bain ! Nous avons mangé un fabuleux repas 100% maison et local près du poêle en regardant la neige tomber…

    Les cabanes du domaine de l’Esperluette ont répondu à notre besoin de rêver. Depuis le Covid, nous avons recherché l’évasion chez nous, au cœur de nos montagnes françaises. Nous avons eu besoin de grand air, de solitude, d’oxygène et d’évasion intérieure. Qu’est ce qui l’incarne mieux qu’une cabane dans les bois, sous la neige, au flanc des cimes ?

    Aux cabanes du Domaine de l’Esperluette, en vallée de l’Ubaye, Marion et moi avons vécu cette idylle made in France. Nichées au creux de la montagne, au-dessus du lac de Serre-Ponçon, dans la jolie commune du Lauzet-Ubaye, ces cabanes sur pilotis ont tout pour elles : un vrai confort cosy et douillet (salle de bain, chauffage, WC, thé et café chaud, rien ne manque), une vraie sensation de solitude et de déconnexion, une vue superbe et des repas succulents et 100% locaux apportés par nos hôtes, qui font tout eux mêmes y compris le pain. Agneau de sept heures aux légumes d’hiver au dîner, pain perdu maison, jus d’orange frais et yaourt de la ferme d’à côté au petit-déjeuner, tout était ancré dans le terroir.

    La philosophie du domaine est simple : s’ils devaient demain partir, il faudrait que tout puisse être démonté, démantelé, sans laisser aucune trace. Tout est de bois, complètement naturel, et pourtant tout est confortable, bien pensé, bien agencé. Les savons sont produits artisanalement dans le village voisin, une logique zéro déchet est mise en œuvre, c’est beau, on se sent bien, et chaleureusement accueillis. Marion et moi avons adoré cette adresse.

    Chez Carole, hébergements insolites en Ubaye

    Un instant suspendu au bord de l’eau…
    Nous sommes au cœur de la vallée de l’Ubaye, et la rivière éponyme est tout au long du séjour notre fil d’Ariane. Nous suivons ses méandres enneigés d’un bout à l’autre de cette vallée sauvage et préservée, qui restera une de mes plus belles pépites en Haute Provence : la région de l’Ubaye, suspendue entre France et seuil de l’Italie, entre rivières et cimes, vertige des 3000 et douceur du soleil méridional, me plait infiniment. Allons vivre une pause au bord de la rivière magique chez Carole dans ses hébergements insolites.

    Ici vous pouvez dormir dans un joli tonneau au bord de l’eau, une yourte ou une maison de lutins. Les tonneaux vitrés sont follement romantiques, avec les couvertures en fausse fourrure et la vue directe sur la rivière enneigée, la sensation d’être dans un cocon à deux loin de tout.

    L'Ubaye en hiver : terroir, producteurs locaux, bonnes adresses en Ubaye. Hébergement insolite Alpes de Haute Provence

    La maison des lutins est merveilleuse pour une famille, avec un fourmillement de détails délicieusement ludiques et enchanteurs qui donnent l’impression d’être au cœur d’une forêt magique.

    Lors d’une session sauna au feu de bois privatisée pour vous, vous pouvez admirer la neige charriée par les flots depuis la chaleur d’un sauna brûlant au-dessus de la rivière.

    Les petits déjeuners sont pris sous le ciel multicolore de la yourte commune.


    Pratique : vous aurez une salle de douche et WC privative associée à votre hébergement insolite.

    Le Chalet La Providence, au Sauze, station de ski de l’Ubaye

    Vous connaissez cette question : si tu gagnais demain un million au loto, qu’achèterais-tu ? J’ai ma réponse depuis longtemps : un chalet à la montagne…
    Un chalet cosy, chaleureux, avec une vue magnifique sur les cimes, un peu solitaire mais pas trop, près d’une belle station, car je suis folle de ski. Peut-être même ski aux pieds.
    Finalement, mon chalet ressemblerait beaucoup à celui-ci, le chalet La Providence au Sauze, la grande station de ski de la vallée de l’Ubaye.


    Nous arrivons au coucher de soleil à La Providence. Je continue de penser que les couchers et levers de soleil d’hiver sont incomparables. Le blanc de la neige est comme un miroir qui reflète et décuple les couleurs, ce sont des ambiances féeriques, des déferlements de rose et de mauve. La montagne en hiver a des allures de songe…

    L'Ubaye en hiver : terroir, producteurs locaux, bonnes adresses en Ubaye.
    L'Ubaye en hiver : terroir, producteurs locaux, bonnes adresses en Ubaye.


    Nous sommes merveilleusement accueillies par l’adorable Évelyne. Nos chambres sont délicieusement kitsch, il y a tout ce que j’aime : des vaches, du bois, des oursons, et cette vue, ah cette vue ! Chaque détail est choisi avec amour, dans un esprit qui célèbre l’amour de la montagne, d’un perpétuel Noël qui durerait tout l’hiver, entre Casse-Noisette et Rudolph, le renne du Père Noël.


    Et vous, si vous gagniez au loto, ne voudriez-vous pas de cette merveilleuse maison ? Nous y avons été divinement bien.

    La chambre d’hôtes La Mexicaine à Jausiers

    Vous avez visité Barcelonnette, et vous avez admiré les superbes villas mexicaines, l’originalité de cette architecture latino-américaine colorée au cœur des Alpes et toute l’histoire qu’elle incarne. Vous souhaitez à votre tour vous immerger dans cette atmosphère ? Voici une bonne adresse : la chambre d’hôte La Mexicaine à Jausiers ! Installée, vous l’aurez compris, dans une ancienne villa mexicaine, elle propose des hébergements cosy dans une ambiance latino, et aussi de délicieux repas en table d’hôte : cuisine originale, légère et savoureuse, on s’est régalées, avec un accueil très chaleureux.

    Bonnes adresses : des restos à découvrir en vallée de l’Ubaye

    Entre les saveurs de la montagne, de l’Italie et d’ailleurs, un joli cocktail varié pour croquer à pleines dents la Haute-Provence

    L’italien : le resto Mare e monti à Val d’Oronaye/Larche. A Larche, l’Italie est juste de l’autre côté du col. Alors au Mare e monti, on franchit la frontière gustative. Les produits viennent d’en face et la déco est délicieusement rétro. C’est savoureux, c’est dépaysant, c’est réconfortant. Un très bon moment.

    L’exotique : L’Office gourmand au Sauze. Vous ne penseriez pas à la montagne pour goûter un curry ? Vous avez tort, et l’Office gourmand va vous le prouver. Cuisine fusion pleine de saveurs d’ailleurs, cocktails frais et vitaminés, un petit goût de très loin et des sourires ensoleillés.

    Sur les pistes du Sauze : ski et saveurs de l’Ubaye

    Les restos d’altitude, la clef ultime d’une journée de ski réussie. Vous avez un peu froid aux pieds et aux mains, un peu de fatigue après une matinée à dévaler les pistes ? Un bon plan au chaud dans un resto de piste, et hop ça repart et on glisse jusqu’à la fermeture. Nous avons adoré les deux restos testés au Sauze.


    Chez La Cabane à Jo, c’est ambiance chalet typique, bois, napperons, vieilles photos souvenir témoignant de la longue histoire du Sauze et de la vallée… et surtout, gaufres au nutella qui font chaud au cœur et au ventre. On se réfugie au coin de la belle cheminée typique et on se sent comme chez ses grands-parents. Le bonheur.

    Envie d’un resto panoramique avec une vue sublime ? RDV au 2100 sur la plus haute partie du domaine du Sauze, un resto délicieusement design installé tout là-haut dans un décor magique. Derrière les grandes baies vitrées ou sur la terrasse en rondins, on commande quoi ? Eh bien, la salade Winter Body, dont le projet a le mérite d’être sincère. C’est une salade remplie de fromage et charcuterie MAIS c’est une salade. Pour le bikini body de février. Et c’est parfait.

    L’Ubaye en hiver a incarné pour moi une forme de perfection des Alpes du Sud, dans toute leur authenticité et leur singularité. Loin, très loin du monde, un soleil éternel et des neiges ardentes… le meilleur de tout ce qui fait battre le coeur de l’amoureuse des montagnes et du midi.

    Un grand merci aux Alpes de Haute Provence, à la Vallée de l’Ubaye, et à toutes les personnes qui nous ont accueillies et guidées, pour ce séjour merveilleux. L’Ubaye restera un coup de foudre absolu.

  • Chourums, les mondes souterrains du Dévoluy

    Fascinés de mondes fantastiques, de spéléologie, d’escalade, et de mystères géologiques ? Le Dévoluy est le massif qu’il vous faut. Sa géologie hors normes le singularise totalement au sein des Alpes françaises, avec la présence de près de 600 « chourums », cavités de toutes tailles et dimensions traversant le sol du massif – certaines sont immenses ! Arpenter les chourums du Dévoluy est un des défis préférés des explorateurs, des spéléologues, des skieurs et des aventuriers. Mais les chourums du Dévoluy sont aussi accessibles au grand public, avec notamment une extraordinaire via souterrata unique en son genre. Le caractère exceptionnel des paysages du Dévoluy, véritable éden calcaire, petites Dolomites des Alpes françaises, m’a fascinée dès le premier regard. Pour de nombreux alpinistes, spéléologues, skieurs et géologues, Le Dévoluy est une véritable addiction, tant ses singularités sont puissantes et hors normes. Partons à la conquête des chourums et des mondes souterrains du Dévoluy…

    Explorer les chourums du Dévoluy : via souterrata, ski de rando, spéléologie...
    Les chourums du Dévoluy, toute la fantaisie de la géologie. Photo Thierry Faivre dans le Chourum Olympique
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    Les chourums du Dévoluy : un monde de mystère et de magie. Photo Thierry Faivre. Ici le Chourum Olympique
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    A l’assaut des profondeurs en via souterrata ! Photo Marion Carcel

    Le Dévoluy, l’île du calcaire

    L’immense alpiniste René Desmaison, qui repose pour l’éternité dans Le Dévoluy sous les toits de chaume de la Mère-Eglise, nommait son massif fétiche « île dans le ciel ». Au-delà de la déclaration d’amour, il n’avait géologiquement pas tort. Le Dévoluy est une île, une île-forteresse de calcaire née lors de la surrection des Alpes.

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    Un immense plateau calcaire bordé de géants qui le nourrissent de leurs éboulements : la géologie spectaculaire du Dévoluy

    L’océan alpin et les calcaires sénoniens du Dévoluy

    Pour comprendre les calcaires du Dévoluy, il faut remonter très loin dans le temps, il y a plus de 90 millions d’années, quand un océan paléolithique, la Téthys alpine, qui recouvrait ce qui est aujourd’hui la chaîne des Alpes.
    Des animaux marins vivaient dans ses fonds sableux. On nomme ophiolites les roches qui furent autrefois les sédiments de ses fonds marins, par exemple la serpentinite, les calcaires et les grès, nés de ces accumulations sédimentaires.
    Il y a environ 90 millions d’années, la plaque européenne a commencé à basculer sous la plaque adriatique, et à refermer l’océan de la Téthys.
    Il y a environ trente millions d’années, la Téthys alpine disparut totalement et les plaques européennes et africaines entrèrent en collision. De ce choc naquirent les plus hauts sommets des Alpes, son épine dorsale, notamment les massifs du Mont Blanc, de Belledonne, des Grandes Rousses. On les appelle les massifs cristallins externes.
    Les compressions et déformations successives provoquées par le jaillissement des Alpes ont continué à plisser les bords externes de la chaîne. Les hautes falaises calcaires du Dévoluy, du Vercors ou des pré-Alpes de Digne sont autant de conséquences de ces déformations de la croûte terrestre, comme une nappe qui se plie quand on la repousse. Les roches sédimentaires nées de la Téthys ont ainsi été mises à nu, dressées à la verticale, ouvrant la porte sur l’océan d’autrefois.
    Mais ce qui distingue Le Dévoluy de tous les autres massifs alpins, ce qui le rend si singulier, c’est la nature de ses calcaires. Alors que tous les calcaires du Vercors, de la Chartreuse, des calanques, etc, sont des urgoniens, ceux du Dévoluy sont des sénoniens – des calcaires plus récents, plus jeunes de quelques dizaines de millions d’années, très découpés, et aux formes très spectaculaires. Je cite ici le passionnant site Geoalp au sujet du Dévoluy :

    Le massif du Dévoluy proprement dit se distingue de tous les autres massifs subalpins par le fait que ses reliefs principaux (souvent acérés) sont formés de Sénonien. Non seulement l’Urgonien n’y joue aucun rôle géomorphologique mais cette formation n’y existe même pas, remplacée par d’autres (constituant l’ensemble dit « barrémo-bédoulien ») qui ont un rôle beaucoup plus discret dans le relief.
    Le Sénonien, quant à lui, est particulièrement épais (de l’ordre de 1000 m) et formé de calcaires siliceux régulièrement lités. Les bancs de la moitié supérieure de cette formation sont plus ou moins riches en silex de formes variées.
    Une autre caractéristique remarquable du massif est le fait que le Sénonien est séparé des terrains plus anciens, sur lesquels il s’est déposé, par une surface de discordance. C’est à dire que ses couches basales recoupent en oblique celles qu’il recouvre et qu’elles peuvent reposer sur des couches d’âge variable selon les points.

    GeoAlp

    Cette accumulation de calcaire sénonien jeune sur des calcaires plus anciens façonne la géologie extraordinaire du Dévoluy. Ces zones de discordance, qui créent éboulements et effondrements, rendent le massif si propice aux curiosités géologiques, aux pierriers géants, aux sommets aux formes biscornues et aux bizarreries du sous-sol…

    Explorer les chourums du dévoluy et grimper dans le dévoluy
    Le pic de Bure, immense plateau minéral, photographié par Marion Carcel

    Les géants et les éboulis


    Il faut imaginer Le Dévoluy comme un immense plateau rocheux. Je rêve de monter au sommet du Pic de Bure pour voir depuis le plateau (où sont installées les antennes gigantesques de l’observatoire de radio astronomie millimétrique NOEMA) les infinis rocheux du Dévoluy, ce gigantesque océan minéral où souffle un vent de solitude radicale, de démesure sublime et d’aventure romanesque.

    Ses éboulis et ses pierriers sont les plus vastes de toutes les Alpes. Certains géologues disent même que Le Dévoluy est un immense éboulis. Il faut imaginer un château fort bardé de quatre tours puissantes. Ces quatre tours, ce sont les géants du Dévoluy, les sentinelles, l’Obiou au Nord, le Grand Ferrand à l’ouest, le Pic de Bure au sud, la Montagne de Faraut à l’Est. L’Obiou, point culminant du massif à 2789m, est une curiosité géologique incroyable, une véritable cascade de calcaire sénonien à qui l’érosion sculpte les profils les plus fantasmagoriques, plus de 1000m de falaise cataractant en pierriers majestueux. Ces calcaires sénoniens effondrés des quatre géants envahissent le plateau principal, comme la cour d’un château que ses donjons abreuveraient de pierres. Le Dévoluy est beau comme une ruine solaire et sublime, comme une œuvre d’art perpétuellement remodelée par un Dieu versatile et joueur.

    Les chourums du Dévoluy

    Si Le Dévoluy est un château fort en ruine, les chourums sont ses passages secrets. Les chourums, ce sont les ouvertures sur le monde d’en-bas. Dans ce monde de calcaire friable et fragile, l’eau ne reste pas en surface – Le Dévoluy est un monde minéral et aride. Elle plonge dans les profondeurs, et creuse des cavités à l’ouverture ronde, et au plafond effondré, comme les vestiges de quelque civilisation extraterrestre. Il existe un débat probablement insoluble quant à l’étymologie du mot chourum. Certains diront qu’il s’agit d’une déformation de « champ rond » en franco-provençal, l’infiltration de l’eau dans le sol créant des effondrements qui sculptent des dolines de forme ronde.

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    Un petit chourum en forme de doline, tout près de la via souterrata de la Tune

    D’autres disent que le chourum est arabe, et que le mot est un héritage des invasions mauresques. Quoi qu’il en soit, Le Dévoluy est comme une constellation jetée dans la pierre, piquetée de galaxies souterraines, les chourums. On en dénombre près de 600.

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    Le chourum de la Traversée Héroïque, photo Willy Camus


    Les plus importants sont le chourum des Aiguilles, dont la profondeur approche des 1000m, ou encore la Baume des Forcenés (un joli nom qui sied à l’aventure spéléologique en Dévoluy), longue de 7 kilomètres. Certains demeurent inconnus, sans nom, encore inexplorés. Les aventuriers adorent cartographier les gruyères du Dévoluy, donner des noms aux chourums sans baptême, se sentir comme des explorateurs modernes entrant dans le blanc de la carte. J’adore par exemple l’histoire de cet utilisateur d’Altitude rando, qui part explorer le chourum des Adroits, et arrive à un pic et un chourum sans nom qu’il décide de nommer « Soleil Bœuf » – aujourd’hui dans Google Maps, on lit que ce chourum porte le beau nom de « Chourum de Soleil Bœuf ». L’usage se cimente ainsi, au gré de la créativité des arpenteurs. Le Dévoluy, pays d’aventures perpétuelles.
    Parmi les chourums célèbres du Dévoluy, voici quelques icônes. Je vous laisse découvrir le top 3 des chourums à explorer l’hiver, et bien sûr les consignes du Dévoluy concernant l’exploration des chourums en ski de rando : prudence et bon encadrement sont nécessaires.

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    Skieurs sortant du Chourum Olympique, photo Thierry Faivre

    Le Chourum Olympique, le mythe du Dévoluy

    C’est celui qui me fascine le plus. Un véritable défi, à réserver aux alpinistes et skieurs de pente raide de haut niveau, très bien préparés et encadrés – ici l’erreur ne pardonne pas et toute chute sera fatale. Le chourum Olympique traverse le flanc Est du Grand Ferrand, transperçant la montagne comme le conduit d’un boulet de canon dont le skieur émergera tel une fusée jaillissant des profondeurs. On y accède par la remontée de deux grottes ouvertes sur le ciel, une vraie course d’alpinisme avec piolets et crampons dans la raideur des pentes quasi verticales de la montagne à cet endroit. Après cette remontée, on arrive à une sorte de boyau traversant les grottes de façon spectaculairement esthétique, sur une pente ultra raide, étroite et gelée que seuls les meilleurs skieurs sauront négocier afin de déboucher de l’autre côté de la montagne. Lisez ici le récit d’un guide de haute montagne réalisant cette course de haute volée…

    La Traversée héroïque, un des plus beaux chourums du Dévoluy

    Au pied du pic de Bure, sous le Rocher de Corne, s’ouvrent deux grottes semi effondrées dont les vestiges dessinent des arches dans le ciel. C’est un paysage à la Star Wars, à la Dune, digne d’un décor de science-fiction. L’été, on ira en randonnée bien équipé, peut-être avec baudrier et corde, pour traverser les immenses pierriers très raides. L’hiver, on ira en ski de randonnée quand les conditions le permettent, pour réaliser sa traversée héroïque sur les spatules. Dans tous les cas, en autonomie ou accompagné par un guide, on s’assurera d’être prêt et équipé !

    Et pour encore plus d’ambiance intergalactique, on pourra monter sur le plateau de Bure et dormir au pied des antennes XXL… allo l’espace, il y a quelqu’un ? Le Dévoluy te parle !

    Le Puits des Bans

    Le puits des Bans est un des chourums du Dévoluy accessible à un public moins expert (on respire !), à condition d’être accompagné d’un guide spéléologue. Je vous recommande le fabuleux, le mythique Martinho, LE guide spéléo du Dévoluy (voir la suite de l’article), et j’espère très fort qu’il m’y emmènera un jour. Le Puits des Bans est une curiosité incroyable : un « aquachourum » – mot de mon invention – avec un lac souterrain au cœur de la grotte. En attendant d’y barboter, je me régale à découvrir sur le blog de mon ami David une belle randonnée conduisant au puits des Bans .

    Explorer les chourums du dévoluy : via souterrata, spéléologie
    Le puits des Bans, photo Patrick Domeyne
    Explorer les chourums du dévoluy : via souterrata, spéléologie
    Photo Patrick Domeyne

    Explorer les chourums avec Martinho, le guide spéléo du Dévoluy

    Martinho, c’est un personnage. Solaire, chaleureux, drôle, cet amoureux de la montagne est né au Portugal et a découvert dans sa vingtaine les solitudes sublimes du Dévoluy. Il est tombé amoureux de la montagne de Faraut, et s’est pris de passion pour les chourums. Il s’est formé à la spéléologie, devenant guide moniteur, et avec ses copains spéléos, il a consacré sa vie à l’exploration des mondes souterrains du Dévoluy, devenant l’expert de ces chourums qu’il connaît mieux que personne. A force d’arpenter le Dévoluy avec d’autres spéléologues, il leur est venu l’idée de lancer un concept hors-normes, unique en son genre : une via souterrata. C’est comme une via ferrata – un parcours d’escalade entièrement câblé -, mais version spéléologie, cela se passe sous terre, dans le noir et l’humidité d’une grotte, et c’est génial. C’est une première approche de la spéléologie accessible à tous, qui permet d’amorcer la descente dans les profondeurs du monde souterrain en toute confiance.

    explorer les chourums du dévoluy spéléologie rando escalade
    Martinho, LE guide spéléo incontournable pour explorer les chourums du Dévoluy ! Un moment très sympa pour Marion (qui a pris cette photo) et moi

    La via souterrata de la Tune avec Martinho

    La via souterrata de la Tune est gratuite, accessible toute l’année librement. Mais si vous n’êtes pas spéléologue, je vous conseille vraiment d’y aller avec Martinho. Même si vous avez l’expérience de la via ferrata, ce qui est mon cas et celui de Marion.
    Imaginez arriver devant le chourum de la Tune. Dehors, le ciel est bleu et le soleil brille. Dedans, c’est l’obscurité absolue. A quelques mètres de l’ouverture, il faut descendre dans un trou par une échelle, un véritable gouffre béant au-dessus de mètres et de mètres de vide, et on ne voit plus rien, c’est le noir complet. Dedans, aucun réseau, évidemment. Si votre lampe frontale cède, vous êtes perdu sous terre dans une obscurité absolue, et vous ne pourrez appeler personne. Il vous faudra attendre dans la grotte que quelqu’un d’autre emprunte la via souterrata et vienne à votre rescousse. Dedans, c’est humide, étroit, il faut passer par des boyaux et se frotter à la roche mouillée. Ce n’est pas techniquement difficile, mais c’est très impressionnant. C’est accessible à tous (à partir de 10 ans), encore faut-il savoir que faire et où aller.
    Alors vous êtes vachement content d’être avec Martinho. Martinho avec son grand sourire, ses vannes, ses combinaisons intégrales de spéléologue qui vous protègent des frottements et de l’humidité, ses frontales superpuissantes et ses nombreuses batteries de rechange, son équipement adapté, son expérience de 25 ans de guide. Cela vous rassure, et vous allez passer un super moment sous la terre.

    Vous descendrez dans des gouffres, ramperez dans des boyaux, traverserez des abysses, mais toujours relié à la rassurante ligne de vie. Martinho vous aidera à apprivoiser l’obscurité et le vide, à vous faufiler efficacement entre les rochers, et vous racontera des tas d’histoires. Une vraie belle expérience unique en son genre et tellement fun. En plus, la via souterrata est ouverte par tout temps, et là-dedans, pas de neige ni de pluie et une température constante – cela peut sauver une journée trempée !

    Pratique : la via souterrata est accessible librement et gratuitement, mais si vous n’avez pas l’expérience et le matériel nécessaire, je vous recommande vraiment de faire appel à un guide. Pour 45 euros/adulte, 40 euros/ado, Martinho, guide génial, vous fournira tout le matériel (combinaison intégrale pour se protéger de la boue et du frottement, frontale, baudrier, longes) et surtout l’accompagnement avec histoires croustillantes et blagues bienvenues.

    La source des Gillardes, le mystère du Dévoluy

    Je vous parlais de la structure poreuse des roches du Dévoluy : l’eau s’engouffre dans les profondeurs à travers les chourums et les couches calcaires, et ne reste pas en surface, d’où l’aridité minérale du Dévoluy. Mais où va toute cette eau ? Elle doit forcément passer par un collecteur, une sorte de puits souterrain énorme qui rassemble toutes les eaux du Dévoluy. Mais personne n’a encore trouvé ce collecteur, dont la localisation et la forme restent un mystère – la géologie et l’hydrologie du Dévoluy n’ont pas encore livré tous leurs secrets ! Ce qui est certain, c’est qu’après son voyage souterrain, cette eau rejoint la surface à la source des Gillardes. Ce lieu poétique et fascinant, bordé d’immenses falaises, est la seconde exsurgence la plus importante de France, après celle de Fontaine-de-Vaucluse. Ici comme dans le Vaucluse, l’eau ressort après un long voyage souterrain qui demeure en partie inconnu et inexploré, et personne n’a pu sonder la profondeur exacte de la source. J’aime cette aura de secret qui nimbe la source !
    Au nombre des mystères du Dévoluy, on compte aussi des bizarreries de tuyauterie : il paraîtrait que lorsque les Gillardes sont trop chargées, l’eau remonterait jusqu’au Puits des Bans et le trop-plein s’évacuerait par là…

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    La source des Gillardes, photographiée par Marion Carcel

    Grimper dans Le Dévoluy

    Le Dévoluy est un massif qui se vit beaucoup à la verticale : en descendant en rappel dans les chourums, en dévalant les pentes vertigineuses des cavités les plus athlétiques, en glissant sur les pistes… Pourquoi ne pas grimper dans ce cadre sublime ? Massif plébiscité des alpinistes comme René Desmaison – qui a ouvert une spectaculaire voie de 600 mètres sur un pilier du Pic de Bure, qui reste un challenge aujourd’hui –, Le Dévoluy offre de superbes sites d’escalade. Nous avons grimpé à la falaise des Gicons – une magnifique expérience que je vous invite à découvrir dans mon article sur Le Dévoluy en été.

    Continuer à explorer Le Dévoluy 

    Je vous invite à découvrir mes autres articles consacrés à ce massif coup de foudre.

    Le Dévoluy en hiver, avec du ski, des raquettes, de la motoneige, du poney, des tourtons et de belles adresses.

    Le Dévoluy en été, avec du poney et des tourtons toujours, de la rando, de l’escalade, de la via ferrata, et de super spas.

    dévoluy
    Retrouvez mon article sur Le Dévoluy en été.

    Il me reste encore tant à voir et à vivre dans ce massif magique, à commencer par la conquête de deux des géants, l’Obiou et le Pic de Bure… n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter pour suivre mes aventures dans les Alpes et ailleurs !

    Un grand merci aux Hautes-Alpes et au Dévoluy pour ces deux séjours – un d’hiver, un d’été – qui ont scellé (dans une roche non friable et sujette aux éboulis) mon amour pour Le Dévoluy.

    Cet article participe à l’action #EnFranceAussi, un RDV de blogueurs voyage traitant chaque mois un thème en lien avec le tourisme en France. Le thème de décembre 2022 était « Montagne« , proposé par mon amie Arthur & Thibaut, et je suis ravie de proposer les chourums du Dévoluy aux explorateurs curieux de nos belles montagnes françaises !

  • Adresses de rêve à la montagne : deux pépites côté Serre-Ponçon

    A la recherche d’un séjour romantique à la montagne dans les Hautes-Alpes ? J’ai pour vous deux adresses de rêve, deux hébergements pépite à découvrir en amoureux, entre amies ou en solo pour déconnecter et prendre soin de soi. Ces deux hébergements sont situés au-dessus du lac de Serre-Ponçon et à proximité de la station de ski des Orres, avec une localisation idyllique au cœur de la Haute-Provence, entre les pentes des montagnes et la douceur presque maritime du plus grand lac artificiel de France, véritable océan turquoise des Alpes du Sud. Ces deux hébergements de rêve sont des hôtels-spas, avec une dimension balnéo, bien-être et soin très importante, ce qui est essentiel à mes yeux pour un séjour romantique parfaitement réussi, ou pour une déconnexion totale en solitaire. Il s’agit de l’hôtel La Robeyère à Embrun, et des « bulles » Alpin d’Hôme aux Orres, deux adresses fabuleuses pour savourer les Hautes-Alpes dans le plus beau cadre possible. Pour préparer vos futures vacances à la montagne, votre Saint-Valentin ou une occasion spéciale, suivez-le guide…

    Cet article est issu de deux reportages : l’un réalisé en février 2021 aux Orres, en binôme avec mon amie photographe Marion Carcel alias Foehn Photographie. Presque toutes les photos des Orres sont les siennes : nous formons un duo de blogueuses, photographes et créatrices de contenu. L’autre reportage a été réalisé en mai 2021 à Embrun, avec mon compagnon Geoffrey Lombard. Toutes les photos d’Embrun sont les miennes, avec l’assistance de Geoffrey.

    Se réfugier près du lac de Serre-Ponçon dans des hôtels de rêve

    Le lac de Serre-Ponçon ? Ce n’est rien de moi que le plus grand lac artificiel de France, et le poumon bleu de la Haute-Provence. Nourri par les eaux des glaciers et des sommets, ce lac aux eaux turquoise déploie ses méandres azurés sur les rives de deux départements, côté Hautes-Alpes et côté Alpes de Haute Provence. De toute part, ce lac est superbe, avec ses rives sauvages et préservées où on trouvera peu d’aménagements, juste quelques rares bases nautiques et jolies paillottes ça et là pour garantir aux voyageurs un peu de divertissement et de bons repas – mais la plus grande partie du lac est intacte, solitaire, un véritable voyage intérieur au cœur des montagnes. Activités nautiques, promenades sur les hauteurs, nage dans l’eau tiède en été, le lac est une infinie source de joie et de beauté. En été, on viendra pour les activités nautiques et la randonnée, en hiver, on se régalera à skier sur les pentes enneigées des stations qui le surplombent, par exemple Les Orres côté Hautes-Alpes ou encore St Jean Montclar côté Alpes de Haute Provence. J’aime à la folie le lac de Serre-Ponçon, véritable tremplin du rêve depuis des années. Cette fois-ci, je vous propose de l’explorer côté Hautes-Alpes, avec ces deux hébergements idylliques, l’un à Embrun, l’autre aux Orres.

    lac de serre poncon hebergements sejour romantique
    Le lac de Serre-Ponçon et la chapelle St Michel, sur la route vers Embrun
    Le lac de Serre-Ponçon depuis le Pic de Morgon
    lac de serre poncon hebergements sejour romantique
    Le lac de Serre-Ponçon depuis un vol en parapente aux Orres

    Hébergement romantique : les dômes Alpin d’Hôme aux Orres, bulles de luxe

    Je vous présente les « bulles » de chez Alpin d’Hôme aux Orres, un cocon de douceur et d’évasion, accroché à la montagne en marge du domaine skiable, entre neige et ciel, entre forêts de mélèzes et étoiles.
    Oubliez les bulles rustiques type camping amélioré, ces bulles-là sont de véritables chambres d’hôtel 5 étoiles, avec de superbes aménagements intérieurs, une grande salle de bain confortable, de vastes espaces à vivre, de beaux volumes boisés, un lit XXL ultra confortable, bref, tout ce qu’on attend d’un hôtel de luxe… sauf que vous êtes dans un dôme semi-transparent en pleine nature, au cœur de la montagne. Vous avez vue sur les sommets, le lac de Serre-Ponçon au loin, et des milliers d’étoiles la nuit. Cette expérience inédite, tellement luxueuse et singulière, nous a émerveillées Marion et moi.
    On vous emmène à l’intérieur ?

    Dans la bulle : hébergement insolite de luxe aux Orres

    Voici l’intérieur de notre merveilleuse bulle accrochée à flanc de montagne sur les pentes enneigées des Orres.
    Selon la catégorie de bulle choisie (toutes sont luxueuses, mais certaines sont ultra luxueuses), vous pourrez loger 2 ou 4 personnes, et avoir peut-être une baignoire type jacuzzi avec vue sur les montagnes… Oubliez les cabanes de fortune, les bulles sont immenses et cosy : dans la nôtre, un grand espace boisé, un lit double et deux petits lits sur la mezzanine (pour enfants dégourdis qui savent monter à une échelle), un poêle bien chaud, salle de bain, WC et vestiaire pour poser les affaires de ski, car la bulle est ski aux pieds. On était merveilleusement bien.


    Le soir, on nous a apporté notre panier repas directement chez nous : une boîte chaude, de la charcuterie, un fondant au chocolat… (comment ça, ce repas n’est pas équilibré ? mais il est si adapté et tellement réconfortant ! ) Le dîner et le petit-déjeuner seront directement livrés dans votre bulle, pour que rien ne vous perturbe et vous fasse sortir de votre cocon de douceur.


    Et les roses alors ? En toute honnêteté, ce n’est pas le package classique. Notre séjour aux Orres a commencé un 14 février : j’ai fêté la Saint Valentin en amoureuse avec Marion, pour des vacances romantiques au ski LIEN sous le soleil des Hautes-Alpes. Nous sommes arrivées à la bulle deux jours après, et il restait toutes les roses de la Saint Valentin…. qu’on nous a gentiment confiées ! Entre les roses et le mot LOVE inscrit à l’intérieur des jolies lampes design, l’ambiance était résolument romantique. Il est possible de demander à l’Alpin d’Hôme des petits attentions romantiques pour les occasions spéciales, n’hésitez pas à les contacter.

    Après une nuit entourée de mille étoiles, la vue au petit matin depuis notre bulle Alpin d’Hôme nous a éblouies. Moment de grâce quand une lumière rose vient caresser la crête des 3000 qui surplombent le merveilleux lac de Serre Ponçon…

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    sejour romantique serre ponçon orres
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    Dans ces conditions, difficile de ne pas vouloir saluer le soleil des Alpes du Sud avec une petite pratique de yoga ! Salutations à l’astre du jour et aux mélèzes tapis dans la neige.


    Notre dernière belle expérience à Alpin d’Hôme fut un merveilleux petit dej apporté directement chez nous, avec des fruits, des yaourts artisanaux, des viennoiseries fraîches…
    Vous comprenez l’émerveillement ressenti lors de cette nuit hors normes : je rêve de revenir cet automne quand les mélèzes flamboient !

    Nouveauté de cette saison, que je n’ai pas encore testée : l’Alpin d’Hôme compte désormais un espace-spa qui semble aussi idyllique que ses hébergements. Je compte bien y retourner pour un compte-rendu détaillé !

    Que faire à l’Alpin d’Hôme : un séjour aux Orres

     L’accès se fait ski aux pieds : vous êtes directement reliés au domaine skiable et pourrez descendre au télésiège le matin. Si vous ne skiez pas, pas de panique, des mini voiturettes viendront vous chercher (ainsi que pour le transport de bagages). Mais ce sera peut-être l’occasion de belles vacances au ski aux Orres ? 100km de pistes avec vue sur le lac de Serre-Ponçon, une tyrolienne géante, des vols en parapente, de très belles adresses, des sentiers raquettes au milieu des mélèzes : je vous laisse découvrir mon article sur un séjour d’hiver aux Orres pour vous inspirer et planifier votre escapade enneigée.

    L’hôtel-spa La Robeyère à Embrun : romance sur les rives du lac de Serre-Ponçon


    Fin mai, Geoffrey et moi avons passé un très beau week-end à l’hôtel spa La Robeyère au dessus du lac de Serre-Ponçon, à Embrun dans les Hautes-Alpes. Cela faisait longtemps que je rêvais de passer du temps sur les rives de Serre-Ponçon, entre eaux turquoise où faire voguer les rêves et sommets à conquérir, et on ne pouvait rêver à un cadre plus beau et apaisant que La Robeyère.

    lac de serre poncon hebergements sejour romantique
    Un spa au-dessus du lac de Serre-Ponçon

    Récemment rénové intégralement, cet hôtel-spa familial dégage une impression de lumière et de délicatesse. La facture délicatement provençale de notre grande chambre néo-classique aux tons de bleus, avec sa vue sur les sommets, ses moulures antiquisantes, ses abeilles sur papier-peint, ses tableaux herbiers et sa grande salle de bain m’a séduite. C’était une parenthèse de douceur et de calme qui m’a fait beaucoup de bien à la fin d’une saison de reportages magnifique mais éprouvante, où je n’aspirais qu’au repos et au sommeil, et cette bulle de bleu lumineux était exactement ce dont j’avais besoin.

    lac de serre poncon hebergements sejour romantique

    Le souvenir le plus fort que je garderai de La Robeyère, c’est l’exceptionnelle qualité culinaire de ce qui nous a été proposé. Le restaurant gastronomique avec vue sur la montagne des Orres est fabuleux, et j’ai été marquée par son excellent rapport qualité-prix. On nous a servi un menu intégralement sourcé dans les Hautes Alpes, avec produits frais, cuisine maison et associations créatives. Dîner sur cette grande terrasse avec les Orres illuminées au loin sur la montagne et une farandole de saveurs soignées nous a enchantés.


    Quant à la table du petit déjeuner, elle est réjouissante : un immense buffet de produits locaux et faits maison, une profusion inouïe, c’était mon plus beau petit déjeuner d’hôtel depuis longtemps. L’ancrage dans le terroir des Hautes-Alpes m’a particulièrement séduite.

    Un spa délicat au dessus du lac de Serre-Ponçon : les bains de La Robeyère


    Lecteur fidèle, vous savez combien j’aime les spas. A mes yeux, un séjour romantique idéal comprend forcément un passage par la case piscine – jacuzzi / bain nordique – sauna. C’est aussi pour cela que j’ai tellement aimé La Robeyère à Embrun.

    Le spa de ce bel hôtel est merveilleux. Une grande piscine intérieure, chaude et lumineuse, un sauna et un hammam superbe nous attendaient. Le hammam est de toute beauté, scintillant comme une grotte aux cristaux précieux, mais la buée m’empêchait malheureusement de le photographier….excellente raison d’aller le découvrir en personne. Un bain nordique à l’extérieur, avec vue sur les montagnes, et des chaises longues en plein soleil, joue sur une atmosphère de douceur scandinave en tête à tête avec la montagne.


     De la lumière, de la chaleur, de la beauté… que demander de plus ?
    Le spa est privatisable gratuitement pour un créneau d’une heure pour les clients de l’hôtel, afin de s’assurer un moment délicieusement romantique à deux. Nager dans l’eau tiède puis flotter dans l’eau chaude restera un souvenir magique de notre séjour à Embrun…

    Que faire à Embrun ? Activités sur et au-dessus du lac de Serre-Ponçon

    Un rêve exotique sur le lac de Serre-Ponçon, c’est ce que nous avons vécu avec Aloha Paddle Wing.
    J’ai toujours été fascinée par les lacs de montagne. Combiner le bleu lagon et le vertige des cimes, la mer intérieure et les Alpes, c’est le bonheur absolu à mes yeux. Je rêvais d’Embrun notamment pour passer du temps sur les rives du lac de Serre-Ponçon, l’océan intérieur de la Provence, plus grand lac artificiel de France.
    Lors de notre séjour à La Robeyère, nous avons vécu une merveilleuse sortie paddle sur le lac avec l’adorable Jérôme. Colliers de fleurs, bonne humeur, il nous met directement dans l’esprit Aloha et nous emmène au cœur du turquoise pour une virée dépaysante. Comme des pirates, on met cap sur l’île de la tortue, on aborde un galion fantôme et une chapelle hantée, et on va explorer les criques plus secrètes du lac, loin de la plage, au cœur de falaises solitaires et de sources mystérieuses. C’est un vrai voyage, une évasion haute en couleurs. Et à la fin, c’est le rhum arrangé qui nous fait célébrer le retour au ponton sans même s’être mouillés…
    Un vrai beau moment – mahalo pour la belle expérience !

    Une superbe rando au-dessus du lac de Serre-Ponçon : le pic de Morgon

    Est-ce que vous le faites aussi ? Noter quelque part dans un carnet une liste des randonnées dont vous rêvez et guetter les occasions de les réaliser ?
    Le pic de Morgon était sur ma liste depuis très longtemps. Situé pratiquement au beau milieu du lac de Serre-Ponçon, il offre un des plus beaux panoramas à 360 sur le lac et permet d’admirer sa forme en Y très caractéristique.
    Dès notre arrivée à Embrun, je l’ai repéré, énorme, majestueux, surplombant le lac. Depuis notre chambre à La Robeyère et pendant la session de paddle avec Jérôme , je le voyais m’appeler. Et cette rando m’a émerveillée ! Panoramas sublimes, familles de marmottes affairées, mélèzes (mon arbre préféré) en fleurs de printemps, lumière dorée du couchant, floraisons de mai, le package intégral de la rando en montagne idyllique. La vue au sommet dans le couchant est éblouissante.

    que faire autour du lac de serre poncon

    Des eaux du spa aux eaux du lac, des vues du resto aux vues au sommet, ce séjour nous a émerveillés…

    Merci aux Hautes-Alpes, aux Orres et à l’hôtel La Robeyère pour leur accueil !

  • La Corse en automne, aventures outdoor et belles adresses

    La Corse, île de beauté, perle de la Méditerranée, objet d’un infini désir de plages grandioses, de villages secrets et d’authenticité préservée. On connaît souvent la Corse en été, ses baies cristallines et ses eaux turquoise. Mais connaissez-vous la Corse hors-saison, en septembre ou octobre, quand les foules estivales sont parties, que l’été indien flotte sur les rivages et que les forêts prennent les couleurs de l’automne ? Connaissez-vous la Corse de l’intérieur, des hautes terres, des montagnes et des crêtes abruptes ?
    Fin septembre, Marion et moi sommes parties explorer hors des sentiers battus cette île qui restait pour moi terra incognita. Au cœur de la Méditerranée, un joyau montagneux et ensoleillé, des hauts sommets plongeant droit dans les flots azurés, cela ne pouvait que m’attirer. J’ai eu la surprise de découvrir une Corse montagneuse et préservée, à l’identité puissante et aux reliefs découpés. La Corse hors saison, ce sont des paysages saisissants, de sublimes adresses (aux prix plus doux qu’en été), et des rencontres authentiques, notamment avec des producteurs qui font vivre le terroir de leur île.
    Au programme de cet article sur la Corse en automne : Ajaccio et Corte, des randonnées au cœur des montagnes corses, trois sublimes hôtels de charme, des sports outdoor réjouissants (escalade, via ferrata, équitation), la beauté incroyable des Agriates, et de très belles rencontres avec ceux qui font battre le cœur de la Corse et façonnent ses paysages : vignerons, éleveurs et producteurs de fromage, cultivateurs faisant pousser les immortelles. La Corse, ce sont les Corses qui en parlent le mieux, et nous avons eu un immense bonheur à venir à leur rencontre !

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    La Corse en automne : plages désertes…
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    … sports outdoor dans les montagnes…
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    … couleurs d’automne…
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    … belles lumières…
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    … belles rencontres…
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    … belles adresses !

    J’ai réalisé ce reportage avec mon amie photographe Marion Carcel alias Foehn Photographie. Ensemble, nous formons Itinera Favonia un duo de créatrices de contenu, blogueuses et photographes passionnées de grands espaces, de sports de pleine nature et de rencontres authentiques. Toutes les photos de cet article sont les siennes.

    Vivre un vrai voyage : aller en Corse en ferry

    Lors de ce séjour en Corse, j’ai eu l’impression de vivre un véritable voyage au long cours, une sublime épopée maritime. Pourquoi ? Parce qu’au lieu de prendre l’avion, qui rétrécit le monde et ne permet pas de prendre la mesure de l’aventure, nous sommes parties en bateau.

    Le voyage commence dès le port de Toulon. Nous prenons le ferry avec Corsica Ferries pour une traversée nocturne de la Méditerranée. Partir en bateau redonne toute sa dimension au voyage. Je pense aux traversées d’antan, où on embarquait pour des ailleurs inconnus. Le bateau a cette poésie aux accents exotiques. Après un joli dîner aux saveurs italiennes, on s’endort dans notre petite cabine tout confort avec deux lits et une douche, bercées par le roulis. C’est le lever de soleil nous réveille au matin, en pleine mer. La promesse d’une belle aventure… Cette traversée maritime m’a réjouie.

    Aller en corse en ferry

    Aller en Corse en ferry avec Corsica Ferries, en pratique :

    Des traversées ont lieu depuis la plupart des ports de la côte méditerranéenne du sud de l’hexagone, Marseille, Toulon, Nice. Avec Corsica Ferries, vous avez la possibilité de venir en simple piéton ou avec votre véhicule, et vous avez la possibilité de choisir entre plusieurs options, un siège simple, un siège inclinable de type fauteuil, ou une cabine. C’est cette option que je vous recommande très vivement. Marion et moi étions dans une cabine duo, avec chacune un lit simple, une petite salle de bain très fonctionnelle avec douche, serviettes fournies et WC. Nous avions assez de place pour ranger facilement nos valises – la mienne est une Eminent, solide et pratique – et une très jolie vue sur la Méditerranée. Nous avons étonnamment bien dormi dans notre cabine silencieuse et confortable, bercée par le doux roulis de la mer. Je trouve que c’est une option qui vaut vraiment le coup. Je vous laisse vérifier les tarifs précis de votre traversée sur le site de Corsica Ferries, mais pour la nôtre, hors saison en automne, Toulon-Ajaccio aller simple pour deux personnes avec un véhicule, et une cabine, il y en avait pour 160 euros en tout (avec petit déjeuner, sans le dîner). Quand on pense que cela nous épargnait à la fois une nuit d’hôtel, le prix d’un vol et la location d’une voiture en Corse, je trouve cela vraiment avantageux ! Côté repas, notre bateau comportait plusieurs restaurants, du petit snack abordable au restaurant semi-gastronomique. Nous avons testé les deux, le snack à l’aller, le beau resto chic ambiance Titanic au retour, et la nourriture était de qualité et savoureuse !

    Trois belles adresses en Corse, des hôtels à découvrir en automne

    En automne en Corse, les prix sont plus doux, les hôtels moins pleins, et c’est le moment de se faire plaisir avec de très beaux hôtels follement romantiques. Voici trois adresses de charme, dont je vous parlerai davantage au fil de l’article. Un tel voyage mérite bien un hébergement très particulier, qui prolonge le rêve et la magie ! La beauté des hôtels de charme corses a beaucoup contribué à notre sentiment de vivre un voyage magique, hors du temps.
    Voici trois adresses magnifiques à retenir pour planifier votre voyage en Corse hors-saison, une au sud, une au nord et une au centre de la Corse.

    L’hôtel Case Latine à Lama : incroyable nid d’aigle semi troglodyte au cœur de la montagne, avec vues sur les Agriates au loin, piscines privées, restanques dorées et coucher de soleil grandiose !

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    L’hôtel Fesch & Spa à Ajaccio : piscine, resto et bar rooftop tellement chic avec vue imprenable, spa délicat et douillet et localisation au cœur d’Ajaccio.
    Réservez votre séjour à Ajaccio.

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    L’hôtel Dominique Colonna à Corte : entre rivière, falaise et oliviers, un nid de douceur et de sérénité au creux de la vallée de la Restonica dont on ne partirait jamais…
    Réservez votre séjour à Corte.

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    Ajaccio, la belle du sud corse en automne

    Des soucis de météo ont malheureusement beaucoup raccourci notre séjour à Ajaccio, et nous aurions adoré prendre plus de temps pour explorer cette ville souriante et balnéaire, vous montrer son cœur de ville coloré et ses ruelles riantes. Mais nous avons eu le temps de vivre trois expériences réjouissantes que je recommande avec plaisir.

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    Ajaccio vue de haut

    Un coucher grandiose avec vue sur les Iles Sanguinaires à Ajaccio


    Nous arrivons en Corse sous la pluie. Cette île gorgée de soleil nous réserve une de ses rares journées de mauvais temps.

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    Sur la route vers Ajaccio, une Corse sublime sous la pluie

    Mais à notre arrivée à Ajaccio, le sourire de Brice illumine le ciel gris : c’est promis, pour notre premier soir en Corse, nous aurons une lumière magique, il en est sûr. Brice alias A Piuma est un guide de montagne, passionné de rando, de sports outdoor et de paysages corses. Il a accompagné de nombreux randonneurs et traileurs sur le mythique GR20, c’est un grand sportif et son sourire est contagieux.


    Nous le suivons sur les hauteurs d’Ajaccio, dans un incroyable décor de cactus, de figuiers de barbarie, de myrte et d’arbousiers. Guide passionné, Brice nous raconte la richesse de la flore corse, et la complexité de sa géologie. La Corse, c’est un petit bout de la chaîne alpine jetée en pleine Méditerranée, abrupte et verticale, et dotée de plantes endémiques exceptionnelles. Entre la beauté du paysage, l’odeur puissante de myrte qui se dégage du sentier mouillé par une pluie heureusement arrêtée, et la passion des récits de Brice, on est déjà conquises par ce microcosme unique au monde.


    Et puis le ciel tient ses promesses. Le couchant s’embrasse au dessus des Îles Sanguinaires, sublime chapelet d’îlots qui fait la fierté d’Ajaccio, et qui doivent leur nom à une fleur qui prend parfois une teinte rouge vif. De l’autre côté, le port et les palmiers d’Ajaccio se parent des mauves du soir. J’ai acheté une robe d’une marque corse, Caliente, et j’ai bonheur à me changer vite fait pour faire voler ma robe insulaire dans le ciel enflammé d’Ajaccio. Corsica, on t’aime déjà.



    Un restaurant magique sur la route des Sanguinaires : L’Altru Versu

    Nous avons eu le coup de foudre pour un fabuleux restaurant gastronomique sur la route des Sanguinaires, réputé pour ses poissons et ses desserts : l’Altru Versu. David Mezzacqui, le chef, cultive à la fois la richesse des fonds maritimes de son île avec des spécialités de poissons d’une finesse réjouissante, et la créativité sucrée avec une farandole de douceurs acrobatiques et délicieuses. Délice absolu et cadre grandiose – on reviendra en plein jour pour profiter de la vue suspendue au-dessus de la mer ! -, comment ne pas adorer ?

    Belles adresses à Ajaccio : un superbe hôtel rooftop, le Fesch & Spa

    Marion et moi avons eu un vrai coup de coeur pour notre hôtel à Ajaccio, le Fesch & Spa. L’atout emblématique de ce boutique hôtel idéalement placé en cœur de ville, c’est son rooftop. Son bar, sa salle de petit déjeuner et sa piscine sont tous les trois idéalement placés sur le toit avec une vue imprenable sur la Méditerranée, le port d’Ajaccio et la mosaïque chaleureuse des toits colorés. Petit-déjeuner les yeux dans la Méditerranée, avec l’impression d’avoir la ville à nos pieds…
    Nous avons aussi aimé son spa à l’atmosphère lumineuse de bain romain, qui est réservé selon un système de créneaux privatifs pour une expérience intimiste entre amies, en amoureux ou en solo, le confort fonctionnel de nos chambres, et la qualité du buffet de petit déjeuner rempli de produits frais et savoureux.

    Réservez votre séjour à Ajaccio.

    La région de Vizzavona, au cœur des montagnes corses à l’automne


    Si la Corse est une île de soleil au beau milieu de la Méditerranée, bordée de plages sublimes et célèbre pour la beauté cristalline de ses rivages, c’est aussi un coeur escarpé, géologiquement situé dans la continuité des Alpes, dont les plus hauts sommets montent jusqu’à 2700m et qui offre des paysages étonnamment abrupts et sauvages. Autour du col de Vizzavona, un des grands cols menant au cœur de la Corse, voici deux idées de choses à vivre pour entrer dans la beauté des montagnes corses.

    Montagnes découpées et forts solitaires, la beauté du coeur de la Corse

    Aventure outdoor en Corse : s’offrir un (petit) bout de GR20

    Nous sommes avec notre guide Brice, alias A Piuma. Le GR20, c’est ce sentier de grande randonnée épique qui traverse le cœur de la Corse du Nord au Sud, de Calenzana à Conca, entre pierriers, dénivelés colossaux, sentiers aériens, défi physique et panoramas grandioses. Vizzavona en marque la moitié : ceux qui choisissent de ne faire que la partie Nord s’arrêtent ici, ceux qui partent pour la portion Sud repartent d’ici. Le GR20, Brice le connaît par cœur : il l’a arpenté avec des randonneurs et traileurs plusieurs dizaines de fois. Mais pour nous, il a sélectionné une toute petite portion, pour une randonnée de 2h dans un paysage absolument grandiose qui nous donne un petit avant-goût du mythe, en attendant de revenir un jour pour la grande aventure. Du côté de la Cascade des Anglais, nous sommes dans un décor très minéral qui surprend par sa puissance sauvage. Par ce jour de pluie torrentielle, la Corse prend des airs de Savoie ou d’Ecosse, entre nappes de brumes et murailles de pierres ! Moraines d’un ancien glacier ayant charrié des roches innombrables, climat mordant, sommets de 2300m, nous sommes dans la continuité géologique de la chaîne alpine et cela se ressent – c’est intense !

    On file se sécher au coin du feu dans un hôtel restaurant mythique du GR20, niché au cœur de la montagne, que les randonneurs connaissent bien : le Monte d’Oro Vizzavona. Ambiance à la Shining garantie dans cet incroyable hôtel fondé en 1880 et qui appartient depuis quatre générations à la même famille. Le lierre pousse à l’intérieur de la grande salle de restaurant et les tableaux racontent mille histoires… une capsule temporelle !

    Nous y mangeons un spuntinu – le pique-nique corse – préparé avec amour par Brice. Tout est à croquer : le mot spuntinu et ce qu’il contient. Fromages, charcuteries, légumes séchés et confits, les Corses cultivent une gastronomie méditerranéenne ancrée dans le terroir. On s’en convint tout de suite à la fromagerie…

    Goûter le brocciu à la Fromagerie Capra, délice corse

    Envie de goûter la Corse ? Il vous faut découvrir le brocciu, l’emblématique fromage AOP des montagnes corses. Doux et onctueux comme un nuage, il ne se transporte pas et doit absolument être mangé ultra frais ! On le découvre à la Fromagerie Capra, tenue par des passionnés dans une atmosphère de paradis animalier : chèvres, oies, ânes, cochons, chats, et une famille d’agriculteurs hyper chaleureux qui proposent, outre des fromages fabuleux, des dîners conviviaux en plein air au domaine. Le brocciu est un pur régal et on prend un immense plaisir à câliner les chèvres, les chats, les ânes, les chiens, saluer prudemment les oies et les cochons ! Un vrai coup de coeur, une adresse à retenir, où vous serez accueilli avec convivialité et générosité.

    Corte, citadelle des montagnes corses, en automne

    La belle Corte occupe une place à part dans l’imaginaire et l’histoire corses. Elle ne se contente pas d’être une sublime citadelle des montagnes au cœur du haut-pays corse, ouvrant la route des deux vallées mythiques de la Restonica et du Tavignano dans un décor minéral spectaculaire digne d’un film à grand spectacle. Elle fut aussi la ville choisie  en 1755 par le grand général corse Pascal Paoli, le ‘Babbu di a patria’ (père de la Patrie), pour capitale de la Corse indépendante. Alors âgé de 28 ans, le patriote inspiré par les idées des Lumières acheva l’œuvre de libération de la Corse, s’affranchissant de l’emprise de Gênes, pour fonder à Corte une république profondément novatrice, où les femmes auraient le droit de vote et où le peuple entier devrait accéder à l’instruction. L’université de Corte, fondée à l’initiative de Pascal Paoli, est témoin de cette période lumineuse où la Corse força l’admiration de toutes les élites européennes acquises aux idées nouvelles. L’annexion française vint mettre un terme à la souveraineté corse, mais Corte garda son statut de capitale historique et culturelle corse.

    corse à l'automne : montagne, sports outdoor, bonnes adresses


    La citadelle de Corte abrite le passionnant musée de la Corse, visite incontournable et passionnante pour qui veut comprendre la singularité, l’identité puissante, le patrimoine et l’héritage corse. Expositions sur l’architecture corse au fil de l’histoire, collection anthropologique d’objets témoignant de l’héritage pastoral, explorations de la langue et de la culture corses, mise en scène des grands marqueurs culturels corses – comme par exemple les célèbres confréries -, tout permet au visiteur d’entrer au cœur de la culture corse en déambulant librement dans cette citadelle majestueuse, qui offre des vues superbes sur la ville. Le musée de la Corse se veut centre culturel au cœur de la cité, ouvert sur de nombreuses expositions et intégrant plusieurs parcours à destination de différents publics, notamment les enfants. Un lieu de vie, d’intelligence et de beauté que je vous recommande chaleureusement de visiter.

    Bonnes adresses à Corte : hôtels et restaurants

    Deux excellents restos à Corte, et un hôtel fabuleux…
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    Où manger à Corte ?

    Pour se régaler à Corte, deux adresses à retenir.
    Chez U Museu, à deux pas de la citadelle, gastronomie corse, produits de la mer et pâtisseries savoureuses se côtoient dans un cadre typique et chaleureux.

    Chez Le 24, préparez-vous à écarquiller les yeux devant la déco incroyable, une ribambelle de fleurs tombant des arches dans ce restaurant visuellement magnifique. Dans l’assiette, c’est une explosion de couleurs et de saveurs.

    Adresses coup de foudre en Corse : l’hôtel Dominique Colonna à Corte


    Je me suis rarement sentie aussi bien, aussi apaisée et enveloppée de douceur, que dans cet hôtel de charme à l’entrée de la vallée de la Restonica.
    Nous sommes à Corte, dans le cœur abrupt et montagneux de la Corse. Des falaises vertigineuses s’élèvent de toutes parts autour de nous, les grimpeurs vont à l’assaut des parois d’escalade juste au dessus de l’hôtel et la rivière Restonica bondit entre les granits polis. Et au milieu de l’eau, sur un îlot de douceur entre deux bras, c’est le Dominique Colonna. Des oliviers ombragent de leur silhouette lumineuse nos chambres claires et boisées, de véritables nids sylvestres inondés de rayons. Le calme est grandiose. Au fil de l’eau, entre torrent et piscine, recoins secrets, niches paisibles et reflets croisés invitent à une immense sérénité. Dans la cabane au dessus de l’eau, des massages invitent à une détente absolue. Tout est beau, raffiné, apaisant. Dans la grande douche à l’italienne, des produits Nuxe nous enveloppent de miel. Au petit déjeuner, c’est un festival inouï de compotes et gâteaux maison, huile d’olive du jardin, figues fraîches de saison et fromages de la région – un des plus beaux buffets de petit déjeuner que je connaisse. Toute l’élégance authentique de cette montagne corse, la tension féconde entre l’âpre et le doux, la roche et l’onde, la lumière et le repos, est contenue dans cet hôtel qui incarne une perfection d’élégance chaleureuse. On se sent si bien, accueilli. Cet hôtel est une merveille – retenez absolument l’adresse !

    La Corse en automne, paradis des sports outdoor

    Ce magnifique morceau de montagne ciselé jeté au milieu de la Méditerranée réconcilie les amoureux de mer et de sommets. Escalade, trek, canyoning, tous les sports de montagne d’été sont possibles dans un cadre sublime (et même le ski en hiver dans de toutes petites stations d’altitude!). Marion et moi avons même pu pratiquer de façon inattendue l’escalade au-dessus de l’hôtel Dominique Colonna, où un site de voies magnifique et bien équipé nous attendait. Au programme du reste du séjour : cheval et via ferrata…

    A cheval sur les hauteurs de Corte, couleurs d’automne en Corse


    Corte, c’est le cœur montagneux de la Corse, la citadelle de l’intérieur. Sur cette île où le relief monte jusqu’à 2700m d’altitude, Corte est la forteresse des hauteurs. Deux vallées sublimes, creusées et sculptées par des torrents de montagne – celle de la Restonica et du Tavignano – sillonnent jusqu’à son cœur. Beauté escarpée, Corte donne l’envie de prendre de la hauteur.
    Marion et moi rejoignons le centre équestre l’Albadu, niché au dessus de la ville au milieu des châtaigniers. Chambre d’hôtes chaleureuse où on dîne une cuisine familiale simple et délicieuse, l’Albadu est aussi un gîte équestre qui propose de grandes randonnées, en étoile ou itinérantes, parmi les plus beaux sentiers de Corse, entre montagne et mer – ils vous emmènent même galoper aux Agriates, le rêve de tout cavalier. Mais il nous faudra revenir pour cela ! Aujourd’hui la pluie raccourcit l’itinéraire prévu, mais nous partons pour un petit tour, un vertigineux sentier en balcon au milieu des fougères, de la myrte et des châtaignes, avec des vues majestueuses sur Corte et les sommets de la Restonica. Nous sommes au cœur des montagnes automnales, comme des héroïnes chevaleresques. Nos chevaux Crack Boum et Tana ont le pied sûr dans cet océan minéral abrupt, où les dénivelés sont vertigineux. Et on rêve de revenir pour de grands galops corses…

    Une via ferrata dans la vallée d’Asco avec In terra corsa

    Marion et moi avons eu très envie d’escalade dans ces granits sublimes. Et grâce à In Terra Corsa, adorables prestataires d’activités outdoor travaillant entre père et fils au cœur du terroir corse et fous de vertige, d’eau vive, de rando et de grandes tyroliennes, on a découvert la via ferrata de la vallée d’Asco, sublime canyon aux couleurs chatoyantes que sculpte une rivière claire. La vallée d’Asco est visuellement magique, et ce parc vous permet de la voir d’en haut avec 5 parcours de tous niveaux, du plus familial au plus sportif et expert. Nous avons choisi un parcours de niveau intermédiaire, pour pouvoir faire tranquillement des photos des vues magiques et rochers biscornus, mais nous amuser sur les parois et tyroliennes XXL traversant la vallée d’une montagne à l’autre ! Une matinée super sympa en plein air qui donne envie de revenir pour faire plein d’autres choses « in terra corsa ».

    En pratique : Parcours aventure de la vallée d’Asco. Parc privé sécurisé : pas d’accès libre avec votre propre matériel, encadrement par les moniteurs, équipements fournis avec système de ligne de vie continue assez encombrant mais qui sécurise et rassure même les débutants.

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    Jean-Christophe et son fils

    Le Nord de la Corse : vignes, immortelles et Agriates

    Nous mettons le cap en direction de l’île Rousse et de Saint Florent, vers les rivages du nord de la Corse. La terre est généreuse, entre montagnes et vagues d’azur. Immortelles, vignes et villages perchés offrent leurs beautés…

    L’immortelle, le trésor des montagnes corses


    La Provence a la lavande, la Corse a l’immortelle. Cette plante aux petites fleurs jaunes est la plus précieuse et recherchée des espèces corses. Plébiscitée par la cosmétique et la phytothérapie pour ses propriétés cicatrisantes, régénérantes et anti-inflammatoires, son huile essentielle est considérée comme un véritable élixir de jouvence pour la peau. Sa rareté fait sa valeur : une tonne d’immortelle distillée produira 2kg d’huile essentielle, contre 8 à 10 pour le romarin. Et si d’autres pays ont tenté de se lancer dans la culture de l’immortelle, en raison du prix élevé de son huile sur le marché, c’est en Corse qu’on trouve les concentrations les plus élevées de la molécule miracle.


    Chez Tesoru di Machja, nous découvrons la culture de cette plante de montagne ensoleillée (comme la lavande chez nous), sa distillation dans de grands alambics et la gamme cosmétique made in Corsica de grande qualité qu’il propose. Les produits que j’ai eu le plaisir de rapporter me séduisent par leur qualité et leur naturalité. Ma peau très sujette aux allergies et réactions apprécie vraiment l’immortelle, je le vois ! Une vraie fleur miracle… et une très belle rencontre chaleureuse, vécue avec In Terra Corsa.

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    Un hôtel hors du commun au nord de la Corse : le Case Latine


    Nous sommes à Lama, non loin de la côte Nord de la sublime île de beauté, des célèbres azurs et sables des Agriates. Depuis les balcons dorés de ce sublime village perché dans les hauteurs rocailleuses, nous voyons au loin la mer scintiller.
    C’est au cœur même de la montagne, creusé dans le rocher, que l’hôtel Case Latine est venu se nicher, entre terrasses ancestrales, murets de pierres sèches et beautés presque troglodytes, où la pierre épouse la lumière.
    Dans cet hôtel d’immense luxe, chaque chambre est un îlot de roche dorée, une merveille intimiste de silence et de lumière avec des vues à couper le souffle. Nous dormons dans ce pigeonnier à la fois traditionnelle et futuriste, mi donjon mi fusée, et nous avons notre propre piscine privée et terrasse avec panorama inouï sur la mer au loin, les crêtes des montagnes et ce village corse de toute beauté. Le soir, on dîne au creux des restanques dans un restaurant gastronomique ancré dans le terroir corse, avec l’impression d’être au sommet du monde. Une expérience hors normes, une folie dont on se souvient…

    Réservez votre séjour à Lama.

    Les Agriates, perle de Corse en automne


    On connaît souvent ce mythique morceau du littoral nord corse sous le nom de « désert des Agriates ». Mais comme nous l’explique Christophe alias In terra corsa, ce n’est pas un désert, mais bien un territoire riche et complexe, où la mer et les rivières s’entrelacent au cœur d’un paysage de dunes et de taillis qui fut autrefois un vaste champ fertile où les Romains cultivaient fruits et olives – dans le nom d’Agriates, on entend la même racine que dans agriculture, cette terre était cultivée. Un raz de marée l’a abîmé, le sel est entré dans les sols fertiles, la mosaïque s’est ensablée, mais ce territoire reste rempli de richesses et de secrets.


    La météo n’a pas été clémente. Nous aurions dû galoper sur la rive de cette plage mythique, la longer en kayak de mer pour un infini d’azur. Cela était impossible. Il reste ces points de vue grandioses, une balade sur les hauteurs, un orteil dans la mer agitée dans une baie plus calme. Il reste le désir. Au moment de remonter dans le ferry, nous le savons : il faudra revenir.
    Nous avons été frustrées des Agriates, de rêves inassouvis qui nous ramèneront sur les rivages corses. Nous reviendrons galoper, pagayer, nager ici, c’est une promesse. Cette île de falaises abruptes et de plages blondes, de montagne rugueuse et d’infinie douceur balnéaire, nous fascine par sa beauté et sa richesse. Corsica, on t’aime déjà, on reviendra.

    Les vins de Corse et leurs trois cépages iconiques

    Connaissez-vous les vins de Corse ? Sur cette île sèche et ensoleillée, où les sols granitiques, calcaires et sablonneux se rencontrent au bord des flots de la Méditerranée, trois cépages uniques poussent dans ce sol radieux. Ce sont les trois cépages identitaires corses, propres à cette île, qui rendent ses vins comparables à nuls autres. La merveilleuse Sophie Mirande, présidente des Sommeliers de Corse grande passionnée, nous raconte ces cépages, le vermentinu, blanc insulaire et iodé aux douceurs d’agrumes et de coquillage, le sciaccarellu, rouge très craquant et plein de personnalité, et le niellucciu, rouge très noir profond et intense.


    Deux vignerons profondément engagés et amoureux de leur terre nous ouvrent leurs portes.
    Chez Camille-Anaïs Raoust, 5e génération de vignerons au domaine Maestracci, passée en biodynamie et profondément amoureuse de sa terre, on fond pour la cuvée E Prove qui a fait la renommée du domaine, pour les vinifications originales des « marottes » où des chevaux courent sur les bouteilles, et pour le vermentinu aux accents exotiques. Les chevaux viennent d’ailleurs nous saluer en plein accord mets-vins préparé par Sophie !

    corse en automne : montagnes et vignobles
    Montagnes de Corse et travail du domaine Maestracci : on repart avec un blanc « Marotte d’Anaïs » et un rouge « E Prove » !

    Chez Simon et Sarah au Domaine Giacometti, on découvre de jeunes vignerons soucieux de perpétuer la tradition de l’AOP Patrimonio tout en imposant leur marque et leur créativité, avec des assemblages et co-fermentations originaux que Simon a la gentillesse de nous faire goûter à même la cuve (ou l’amphore), et des cuvées colorées aux étiquettes qu’on voudrait toutes collectionner, comme « le vin coule dans nos veines ».

    De belles rencontres chaleureuses et des échanges passionnants qui nous font découvrir et aimer les vins corses dans toute leur singularité, et qui nous rappellent encore une fois que le vin est bien plus que le nectar dans sa bouteille, c’est un sol, un soleil, une tradition, le travail des hommes et des femmes, la créativité et la passion au service d’une quête sans fin de saveurs, de justesse et d’harmonie. Le vin est un art ! Et nous, nous repartons les bras chargés des fruits du soleil corse… À votre santé !

    Nous avons follement aimé ce séjour corse hors-saison varié comme cette île aux multiples facettes, sportive et raffinée, ensoleillée et homérique, chic et montagnarde, rocailleuse et douce à la fois. La Corse a tout pour elle, la beauté des plages, le vertige des hauteurs, la variété des sports, la splendeur des villages, la variété des reliefs, la richesse du terroir. Plus calme, plus secrète, la Corse en automne avait un goût d’exclusif et de privilège qui nous a touchées. Nous partons en nous promettant de revenir…

    corse en automne : beauté de la corse hors saison, bonnes adresses et sports outdoor dans les montagnes

    Un grand merci à l’Agence du Tourisme Corse, à Corsica Ferries, à toutes les personnes qui ont organisé et planifié ce beau séjour en amont, et à toutes celles qui nous ont accueillies sur place (guides, hôteliers, restaurateurs, agriculteurs…) : la qualité des rencontres vécues, la force des expériences humaines, aura achevé de nous faire tomber amoureuses de la Corse, au-delà de sa simple et incontestable beauté esthétique.