On a tous grandi avec ces images de carte postale : la cabane au fond des bois au Canada, les lacs grands comme un océan, le sirop d’érable ruisselant des arbres, l’automne flamboyant comme un incendie, les ours et les élans, et cet accent chantant comme un torrent de montagne au milieu des Rockies. Si vous aussi, vous rêvez d’un grand voyage au Canada, voici quelques idées d’évasion au pays des castors.
L’Est du Canada : les chutes du Niagara, Montréal, Toronto et la Gaspésie
C’est ainsi que j’ai découvert le Canada, en 2003. J’avais quatorze ans et je suis partie avec mes parents en road trip en famille dans l’Est canadien. Lycéenne fascinée par les grands espaces, la contre-culture et l’Amérique, j’ai croqué à pleines dents ce grand pays tout neuf qui incarnait tous mes fantasmes de liberté et d’immensité. Je me souviens du choc qu’a représenté la découverte de Toronto, ses quartiers alternatifs remplis de gothiques et de punks au look résolument insolite, à qui je rêvais de ressembler. Nous sommes montés au sommet des 553 mètres de la CN Tower et je me souviens du plaisir que j’ai eu à me faire peur en marchant sur le plancher de verre au-dessus du vide – délicieux vertige !
Juillet 2003 : ado avec ma famille en voyage au Canada, ici avec la CN Tower de Toronto
Puis nous avons mis le cap sur les chutes du Niagara. Je dois à ce face-à-face avec les cascades les plus saisissantes d’Amérique du Nord ma fascination pour l’eau vive. N’écoutez pas ceux qui vous disent que cela est trop touristique, surfait, que cela ne vaut pas le détour : la sensation de puissance et de démesure est indescriptible. Nous avons pris le bateau approchant la chute, le Maid of the Mist, du nom d’une ancienne légende indienne sur le fantôme d’une jeune fille habitant les nuées, et approché du vacarme rugissant sur les plateformes aménagées. Cela reste mon souvenir le plus fort de mon voyage au Canada.
Mon carnet de voyage d’ado fascinée par les chutes du Niagara – émerveillée !
Après un passage à Ottawa, dont je garde un souvenir flou et peu marquant, nous avons mis le cap vers Québec. Pour le voyageur français, Québec est un idéal canadien, la quintessence idyllique de la belle Province admirée. L’ado que j’étais a autant aimé la beauté élégante du château Frontenac que le parc d’attraction La Ronde aux grands 8 renversants, l’atmosphère de la vieille ville et les restos de poisson à l’ambiance chantante. Après un arrêt aux chutes de Montmorency (ma passion cascade n’était pas prête de se tarir), nous avons mis le cap vers l’Est, et fait le tour de la Gaspésie.
Les chutes de Montmorency, une des pépites de la région de Québec
Entendre les baleines chanter dans l’embouchure du Saint Laurent, si grand qu’on peine à croire qu’il s’agit d’un fleuve et non d’une mer, les voir bondir hors des vagues à Tadoussac, admirer l’iconique rocher de Percé, respirer à pleins poumons cette atmosphère d’embruns, de bruissements d’ailes et de fleurs salées avait quelque chose d’hors du temps.
Les baleines de Tadoussac
Contraste avec l’activité intense de Montréal, grande ville à l’américaine remplie de gratte-ciels et de lumières vives, où nous avions fini le périple !
L’île de Vancouver, voyage entre orques et forêts moussues
Lors d’un autre voyage, dont j’ai hélas perdu les images, j’ai pu découvrir l’île de Vancouver, dont je garde un souvenir puissant. Nous avions séjourné plusieurs jours à Tofino, l’île des surfeurs et des orques, dans une atmosphère brumeuse et humide de bout du monde mystique. Des forêts féeriques recouvraient l’île, si gorgées d’humidité que des hampes de mousse et de lichens tombaient des troncs comme des voiles de mousseline dans un bal spectral. Au loin les orques chantaient entre les vagues, une étrange mélopée qui est restée dans mon cœur et qui nimbe de magie tous mes souvenirs de Tofino. Je me souviens de surfeurs en combinaison épaisse débarquant les yeux rougis et les yeux emmêlés dans les cafés pour boire un thé brûlant, d’artistes sculptant le bois flotté, d’écologistes amoureux des cétacés, d’une ambiance cinématographique, presque irréelle. C’est mon plus beau souvenir du Canada à ce jour.
Le soir à Tofino. Une image issue de Wikimedia Commons très fidèle à mon souvenir éthéré de l’île de Vancouver, entre surfers et brumes dorées.
Les Rocheuses, de Banff à Jasper : mon rêve automnal canadien
Je suis littéralement obsédée par l’automne. Chaque année, je poursuis les couleurs partout où elles me promettent le plus beau bouquet. En 2023, j’avais imaginé mon voyage de rêve à travers l’automne canadien. Les circonstances m’ont hélas empêché de le réaliser, mais voici l’itinéraire que j’aurais réalisé, entre Calgary, Banff, Canmore et Jasper. J’aurais atterri à Calgary, avant de prendre la route pour Canmore, aux portes du parc national de Banff. Louant un chalet à Canmore, je voulais explorer le sud du Banff National Park. Au programme ? Vivre mon rêve de cow-boy dans les Rocheuses en partant pour une virée à cheval chez Banff Trail Riders, poursuivre les couleurs d’automne au Lake Minnewanka et à Cascade Falls, avant de rejoindre Banff, ses Vermillion Lakes et ses eaux thermales. Sur la route de Lake Louise, je voulais m’arrêter à Sunshine Meadows, avant de m’installer pour deux nuits à Lake Louise afin de découvrir le lac le plus iconique des Rockies : l’incontournable Lake Moraine. Randonner dans la Larch Valley (vallée des mélèzes) à l’heure où ils sont le plus flamboyants aurait été pour moi le summum de ce voyage d’automne enchanté.
L’iconique Lake Moraine, que je rêve de voir à l’automne. Photo Tobias Alt, Wikimedia Commons.
Puis nous aurions pris la plus belle route du monde, la Icefields Parkway entre Banff et Jasper, route des glaciers aux puissants paysages cinégéniques. Sur le chemin, nous aurions fait une halte panoramique à Peyto Lake, avant de rejoindre à Jasper le Lake Maligne et le Maligne Canyon, dont les reliefs abrupts et les eaux rapides sont sublimés par les couleurs de la saison rousse. Enfin, avant de rejoindre l’Europe, nous aurions vécu du côté de Calgary une aventure cow-boy rocambolesque en passant les deux derniers jours dans un ranch au cœur des montagnes. Impossible pour moi de ne pas monter à cheval en voyage au Canada !
D’autres idées de voyage au Canada
Continuer à poursuivre l’automne dans le camaïeu de feuillus du Mont Tremblant et au parc Jacques Cartier. Prendre le temps de flâner en forêt dans les Laurentides.Atterrir à Whitehorse, au beau nom si évocateur et poétique, et explorer les immensités boréales du Yukon, au pays des lynx, des ours et des lacs émeraude. Partir à la rencontre des Premières nations, de leur culture puissante et de leur lien à cette terre. Explorer le parc national de Yoho, la pépite montante des Rocheuses. Assister à un match de hockeysur glace en mangeant une poutine ou une queue de castor. Skier à Whistler dans la poudreuse la plus parfaite, la plus fine et volatile qu’on puisse jamais rencontrer. Dormir au bord de l’eau dans une cabane sur les Mille-îles du lac Ontario. Rencontrer le caribou et l’orignal, le grizzly et le renard polaire. J’ai encore tant de rêves canadiens à explorer… j’espère très fort retourner un jour à l’ombre des érables dorés. Et vous ? Où trouverez-vous votre cabane au fond des bois, au Canada ?
Que diriez-vous d’un week-end à Pézenas, dans l’Hérault, au cœur d’un Languedoc ensoleillé, culturel et épicurien ? Pézenas, la perle médiévale, ville de Molière, abrite un lieu d’exception, un 5* en pleine nature, d’une beauté et d’un confort infinis. Le Château du Parc fut une institution culturelle languedocienne. Louis XIII, Molière, Louis XIV sont venus dans cet ancien pavillon de chasse aristocratique, entouré par 70 hectares de forêt – c’est aujourd’hui encore une des plus vastes forêts de la côte héraultaise. Entièrement restauré sous la houlette d’un entrepreneur aveyronnais amoureux du patrimoine et féru d’hospitalité soigné, le Château du Parc abrite désormais 15 gîtes de très grand luxe, pouvant accueillir de 2 à 8 personnes. Certains ont leur jacuzzi privatif, tous sont vastes et lumineux. Et tous donnent accès à la sublime piscine avec vue sur la pinède ensoleillée et les tours du château historique – une des plus belles dans lesquelles j’ai eu la chance de nager. Partons pour Pézenas, et j’ai glissé une surprise dans la valise : un code promo se niche dans cet article.
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Le Château du Parc à Pézenas, toute la beauté de la Renaissance
L’histoire de ce domaine est intimement liée à celle du Languedoc. Lieu de pouvoir, de culture et de divertissement, le château du Parc fut au XVIe siècle la propriété du gouverneur du Languedoc, Montmorency. Il le fit enclore de murailles, afin d’en faire sa réserve de chasse : une garenne. Ici, on éleva biches, cerfs, sangliers et lièvres, ce qu’on nomme les « bêtes rousses », tout autour d’un petit pavillon de chasse aux tuiles vernissées où les dames tiennent salon tandis que les hommes partent chasser. La cheminée monumentale du gîte « Chez Nerthe » date du tout premier château historique, du XVe siècle, et on imagine les aristocrates languedociennes rassemblées autour de son majestueux foyer…
Chez Nerthe, dans le gîte majestueux
C’est à la fin du XVIe siècle que le mur prit sa forme actuelle : 4,2km de mur en pierres basaltiques, un des plus longs remparts de France, surmonté de tours crénelées esthétiques rappelant le temps des chevaliers. Cette enceinte abritant 70 hectares de forêt donne aujourd’hui au Château la chance inouïe (si rare sur la côte héraultaise !) d’être couronné de bois, un véritable poumon vert à deux pas de la Méditerranée. Aujourd’hui préservées des armes, ces bêtes rousses vivent dans la forêt, et dans les belles sculptures qui gardent les hôtes du château.
Les sculptures forestières Au coeur de la forêt
Au XVIIe siècle, le château est agrandi par les Montmorency, qui s’inspirent notamment du château de Chantilly pour hisser leur propriété aux standards de la noblesse de l’époque. Louis XIII viendra rétablir l’ordre lors des révoltes languedociennes, et chasser au château désormais luxueux et élégant. Hélas pour Montmorency, la présence royale ne lui sera que modérément bénéfique, étant donné qu’il sera décapité pour rébellion en 1632.
La beauté d’un château historique
Le château change de mains et tombe dans l’escarcelle des Bourbon. Le prince de Bourbon-Conti y organise des fêtes grandioses, où il fait notamment jouer Molière, qui prend à Pézenas la stature et l’aura qu’on lui connaît. Le château restera dans les mains de la famille Conti jusqu’en 1890, où le dernier descendant de la lignée le vend à une famille locale qui le transforme en domaine viticole. La spectaculaire chapelle, devenue aujourd’hui l’un des gîtes, a été édifiée en 1903 suite à un décès dans la famille.
La chapelle de 1903
En 2023, l’entrepreneur aveyronnais Jérôme Rouve, féru de patrimoine historique d’exception et doté d’un grand sens touristique, découvre que le château du Parc est en vente. Lui qui s’était déjà illustré en reprenant le domaine Le Vaxergues dans le sud Aveyron, autre pépite locale, choisit de racheter le château et de lui rendre tout son faste. Le résultat est éblouissant.
Redonner vie au château
Le soleil de l’Occitanie, l’ombre de Molière, un niveau de prestations où chaque détail est une merveilleuse surprise, tout est parfait, et les châtelains ont réellement le sens de l’hospitalité – l’accueil est chaleureux et attentionné. Pour un week-end de princesse, une escapade en amoureux ou entre amis, cette adresse intimiste est un délice.
Petit dej au château
Le Château du Parc à Pézenas : des gîtes d’exception et un code promo pour vous
Au sein de ce château somptueux, chaque gîte possède sa personnalité et son atmosphère. Chez Nerthe est le plus luxueux de tous, 232m2 de volupté avec piano, cheminée et chambres royales. Le Jardinier et le Pavillon font aussi partie des très grands gîtes. Plus intimistes, la Chapelle avec ses vitraux colorés, le Cadran solaire et le 1789 nichés sous les combles, ou encore le Pigeonnier avec son escalier insolite, sont idéaux pour les couples en quête de romance et d’originalité. 6 gîtes sur 15 possèdent leur spa privatif, d’autres leur balcon pour un point de vue sur la canopée. Retrouvez-les tous ici sur le site du Château du Parc.
De belles ambiances..Les jacuzzis privatifsPetit paradis héraultais
Je vous laisse consulter les tarifs – ils restent doux par rapport au très haut niveau de prestations et aux 5 étoiles bien méritées, d’autant qu’ils comprennent absolument toutes les prestations, linge de maison et ménage en fin de séjour, accès à la piscine et à toutes les installations. Un vrai sens de l’accueil anime les châtelains, et le sens du détail est au rendez-vous. Les paniers petit-déjeuner, par exemple, sont un festival de produits locaux aveyronnais et héraultais, assortis de fruits, de muesli maison et de petites surprises originales qui vous montrent qu’on a pensé à vous.
Petit déjeuner au château
Et la cerise sur le gâteau, c’est que j’ai pour vous un code promo. Le code MAGICA2024 vous permet d’obtenir 10% sur toutes les réservations jusqu’à fin 2024 – exclusivement en direct sur le site du Château du Parc. Un havre de beauté et de paix que je serais heureuse de vous faire découvrir !
Et bien sûr, vous aurez toujours accès à l’extraordinaire piscine que je trouve d’une beauté rare, entre lumière et pinède.
L’extraordinaire piscine
Un week-end parfait à Pézenas dans l’Hérault
Passer un week-end au château du parc à Pézenas, ce n’est pas seulement plonger une bulle de luxe incroyable, mais aussi dans une foule d’activités.
Yoga et vélo en forêt au château
Le Château du Parc est entouré par 70 hectares de forêt préservée depuis plusieurs siècles. Ancienne réserve de gibier, cette forêt est aujourd’hui un poumon vert pour les hôtes du château, où vous ne partagerez les sentiers qu’avec les lièvres, les chevreuils et les moutons qui entretiennent le site. On vous prête gracieusement des VTT à assistance électrique qui vous permettent d’arpenter à vélo en tout confort les sentes forestières lumineuses.
Peut-être préférerez-vous un yoga au soleil sous la pinède ? Des stages de yoga et des « yoga brunch » sont régulièrement organisés dans cet environnement fabuleusement propice à la détente et à la sérénité.
Yoga au château du parc
Oenotourisme à Pézenas
Nous sommes au pays du bon vin au cœur du Languedoc. Le mur d’enceinte du château, long de 4 km, est surplombé de plusieurs tours crénelées à la vue surplombante sur les cimes des arbres. Des apéros sunset Renaissance sont organisés au château. Venez goûter à la cuvée du parc au coucher de soleil au milieu des bois, avec une vue royale.
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Envie de plonger au cœur des secrets des vignerons ? Une soirée au Domaine Allegria, à quelques kilomètres du château, est une parenthèse enchantée. On vous emmène au sommet d’un ancien volcan assoupi pour un coucher de soleil flamboyant entre vignes, oliviers et apéro champêtre, dans une atmosphère délicieusement hors du temps, avant de redescendre pour une visite de la cave et un fabuleux dîner à la bougie autour d’une tablée chaleureuse. La passion du bon vin et du partage qui anime cette famille originaire de Suisse et tombée amoureuse du Languedoc est palpable. Une soirée exquise et rare !
Le domaine Allegria à Pézenas
Visiter Pézenas, la ville de Molière
Un week-end au château du parc est une oasis de détente, mais aussi de culture. Pézenas m’a éblouie et je recommande chaleureusement la découverte de ce bijou héraultais. Ville antique à la beauté romaine, elle fut rachetée par Saint Louis et fut la première ville d’Occitanie à devenir française. Forte de ses privilèges de foire, elle devint une ville marchande opulente et fourmillante, marquée par le personnage de Jacques Cœur, commerçant corrompu et rocambolesque, qui finit arrêté par les forces royales. Au XVIe siècle, Pézenas devient capitale administrative du Languedoc, et la vieille ville corsetée de remparts s’agrandit. Engagés par les Etats du Languedoc, des comédiens viennent distraire les puissances politiques de l’époque. Protégé par le prince de Conti, Molière reviendra durant sept années à Pézenas, y gagnera en talent, en notoriété et en aura, devenant l’immense comédien que l’histoire a su nous transmettre. « Si Jean Baptiste Poquelin est né à Paris, Molière est né à Pézenas ! », écrira Pagnol.
Préservée et envoûtante, Pézenas est un bijou médiéval d’une beauté inouïe. Son cœur de ville piéton m’a émerveillée. Hôtels particuliers spectaculaires (ne manquez pas le spectaculaire hôtel de Lacoste !), portes remarquables (on trouve d’ailleurs un Musée des portes), dédale intemporel peuplé d’artistes, de plantes exotiques et de boutiques décalées, Pézenas m’a enchantée.
Visiter PézenasL’extraordinaire hôtel LacosteLes portes, trésor de Pézenas
Quelques belles adresses à retenir à Pézenas :
Pour déjeuner sur la place principale, au cœur de l’animation et de la beauté, un repas au restaurant Le Jardin nous a ravies.
Les meilleures glaces artisanales de Pézenas sont Aux parfums d’Italie, et en plus, elles sont en forme de fleur !
Plusieurs jolies confiseries vous proposeront les berlingots de Pézenas, spécialité sucrée locale.
Pour une soirée chaleureuse en musique, un dîner aux Halles Mazuc est une promesse de convivialité.
Le Château du Parc à Pézenas en photo et en vidéo
J’ai réalisé cette mission en trio avec une photographe et une vidéaste talentueuses, qui ont fourni au Château du Parc de nombreuses images et vidéos à retrouver sur leur site web. A la photo : Marion Carcel alias Foehn Photographie, à la vidéo : Pauline Filippelli. Toutes les images sont leur œuvre. Les photos de cet article sont celles de Marion, voici deux des vidéos de Pauline, diffusées sur mes réseaux.
La vidéo du jeu concours permettant de gagner un séjour au château :
Rêvez-vous de virées vers les sommets, d’air rare et de levers de soleil tout là-haut, bref, rêvez-vous d’alpinisme ? Par son histoire, sa culture et les innombrables aventures alpines qu’il offre à l’amoureux des montagnes, le parc national des Ecrins est une terre d’alpinisme innée. Immense massif labyrinthique couronné de 4000m enneigés, marelle de glaciers et de sommets de légende, comme la Barre des Ecrins, la Meije, l’Ailefroide ou le Mont Pelvoux, les Ecrins ont écrit leur histoire à coups de piolet. Terre d’alpinisme incontournable depuis plus de deux siècles, fabuleux terrain de jeu pour les aventuriers, les pionniers et ceux qui grimpent dans leur trace, ils ont été façonnés par les rêves des cimes : partout dans le parc national des Ecrins, hameaux, refuges, itinéraires mythiques, cimetière d’alpinistes, musées et stèles, racontent ces histoires d’amour et de périls que les hommes et les femmes ont vécu ici avec la haute montagne. Impossible d’imaginer ce territoire mythique sans grimpeurs et autres enivrés des cimes : l’alpinisme est l’une des rares activités humaines à être inscrite dans la charte du Parc national. Au sein du parc, pas moins de 7 villages et hameaux portent haut les couleurs de la haute montagne : ces 7 villages d’alpinisme permettent aux visiteurs d’accéder à cette « culture montagne » propre aux Ecrins, que ce soit à travers des sites culturels permettant de comprendre l’histoire et l’identité alpine du massif, des randonnées avec vue sur les sommets, des via ferrata aménagées pour une première expérience du vide, ou des courses d’initiation à l’alpinisme encadrées par un guide de haute montagne. Pour entrer au cœur des villages d’alpinisme des Ecrins, je vous propose dans cet article d’en explorer deux : La Grave et Villar d’Arène, tout d’abord à travers des courses d’initiation à l’alpinisme, puis en découvrant la culture et le patrimoine de ces deux villages d’une beauté inouïe qui vivent sous le regard de la Meije, laterrible reine des Alpes du Sud.
Grimper avec vue sur la Meije : La Grave et Villar d’Arène Lors de l’ascension du Râteau Ouest avec la compagnie des guides de La Grave
Une brève histoire de l’alpinisme dans les Ecrins
Quand les hommes et les femmes du continent européen sont-ils devenus des alpinistes ? Ou, pour formuler autrement : quand ont-ils commencé à grimper sur les montagnes sans autre but que d’aller là-haut, sans autre conquête que le triomphe d’être le premier là-haut, sans autre gain que l’ivresse du sommet ? Le premier accès de folie des cimes intervient en 1492 (oui, la même année que l’arrivée de Colomb aux Amériques) : sur ordre du roi de France, une cordée parvient au sommet du « mont inaccessible », aujourd’hui appelé Mont Aiguille, l’emblème du Dauphiné. Mais les hommes ont vite fait de redescendre en plaine, et ils délaissent les montagnes pendant près de 300 ans.
Mais au XIXe siècle, des Anglais en goguette aperçoivent le Mont Blanc depuis Genève, et sont hypnotisés par ce monstrueux hologramme d’une infinie blancheur. Ils décident d’aller y voir de plus près et ouvrent un nouvel horizon. On se met à chercher la voie des sommets. Un riche savant, De Saussure, propose une récompense mirobolante à qui trouvera l’accès au sommet du Mont Blanc. Il faudra près de quarante ans avant que son vœu soit exaucé. L’acte de naissance officiel de l’alpinisme en Europe est signé le 8 août 1782 à Chamonix, lors de la première ascension réussie du Mont-Blanc par Balmat et Paccard. Dès lors, c’est la ruée vers les sommets. L’aristocratie anglaise se prend de passion pour le massif du Mont-Blanc, aidée dans sa quête de « premières » grandioses par des guides suisses et savoyards ouvrant la voie des cimes. L’Aiguille Verte, le Cervin, les Drus, les Grandes Jorasses tombent dans l’escarcelle de ces cordées internationales, qui se mettent à chercher d’autres défis.
C’est ainsi que les Anglais et les Suisses arrivent peu à peu, dans la seconde moitié du XIXe siècle, dans les Ecrins. Ils découvrent une contrée à l’époque beaucoup plus pauvre que l’était la vallée de Chamonix, sans aménagements touristiques ou presque : de nombreux récits de voyageurs alpins se plaignent des mauvaises auberges et des repas chiches. Comme ce fut le cas à Chamonix et en Valais, c’est l’alliance des alpinistes anglais et des guides suisses qui réalise les grandes premières des Ecrins : les anglais Moore, Horace Walker et Edward Whymper, guidés par le Chamoniard Michel Croz et le Suisse Christian Almer, font la première ascension de la barre des Écrins le 25 juin 1864. Mais peu à peu se développe, dans les Ecrins, une culture alpine française. Je le raconte dans mon article consacré à la Meije : c’est un jeune aristocrate de Montpellier, Emmanuel Boileau de Castelnau (âgé de 20 ans seulement à l’époque), un guide-paysan de La Bérarde, le mythique Pierre Gaspard, et son fils, qui réalisent en 1877 la première ascension de la Meije, au nez et à la barbe des cordées internationales la croyant encore inaccessible. L’aura de cette victoire change la destinée des Ecrins, qui deviennent une grande terre d’alpinisme et de tourisme en montagne. Le Club Alpin Français, fondé en 1874, et la Société des Touristes du Dauphiné, fondée en 1875, conduisent les jeunes alpinistes enthousiastes à la découverte du dédale des Ecrins. C’est l’époque des pionniers, des refuges construits au cœur de la montagne avec des matériaux hissés à dos d’homme, et du développement d’un autre alpinisme, qui recherche la solitude, la difficulté, l’esthétisme d’une course et le passage par une voie élégante et ardue. Cette histoire de l’alpinisme dans les Ecrins est merveilleusement retracée au musée Mémoires d’alpinisme à Saint Christophe en Oisans, que j’ai visité lors de mon tour gourmand en Oisans et que je vous recommande très chaleureusement. Aujourd’hui encore, les grimpeurs rêvent de la Dibona, les alpinistes rêvent de la Meije, et les Ecrins restent une terre de rêve, de désir et de fascination pour tout montagnard.
Portrait de Gaspard de la Meije au musée Mémoires d’alpinisme à Saint Christophe en Oisans, fabuleux musée consacré à l’histoire alpine des Ecrins.
A titre personnel, ma très modeste histoire alpine calque presque celle de l’alpinisme en Europe. J’ai découvert la haute montagne à Chamonix, fascinée par le Mont Blanc comme le furent autrefois ces voyageurs découvrant le géant. Je m’en suis approchée tout d’abord par des randonnées autour de Chamonix, puis par une première initiation à l’alpinisme en vallée Blanche. Puis j’ai gravi le Mont Aiguille et le lendemain, découvert les Écrins. Une nouvelle obsession est née dans mon cœur. J’ai vécu ma plus belle expérience alpine à ce jour lors de l’ascension de la Meije orientale, et j’ai continué à rêver d’explorer ce massif-labyrinthe, en marchant sur le GR54, et bien sûr, en continuant à m’initier à l’alpinisme. Qui a été mordu par le virus des cimes ne peut qu’être ébloui par les Ecrins, une des plus vastes terres d’alpinisme du continent européen, un terrain de jeu infini où les rêves courent (et grimpent !) sans limite…
Si mon cheminement vers l’alpinisme vous intéresse, je vous recommande ici le podcast alpinisme de La sportive outdoorauquel j’ai eu le plaisir de participer. Cela a été un grand plaisir de parler haute montagne avec ce média très riche, instructif et inspirant consacré à la pratique du sport au féminin – merci à La sportive outdoor !
Au sommet de la Meije orientale, une expérience alpine d’une puissance extraordinaire
Les 7 villages d’alpinisme des Ecrins
Pour leur histoire, leur richesse culturelle et patrimoniale intrinsèquement liée à l’histoire des pionniers des cimes, leurs sentiers, leurs refuges et leurs sommets, sept villages et hameaux des Ecrins ont été identifiés comme villages d’alpinisme. Il s’agit de :
Saint Christophe en Oisans et le hameau de La Bérarde
Vallouise-Pelvoux et Ailefroide
Le Casset
La Grave
Villar d’Arène
La Chapelle-en-Valgaudemar
Le Désert-en-Valjouffrey
J’ai eu le plaisir de découvrir Saint-Christophe-en-Oisans et son extraordinaire musée Mémoires d’alpinisme lors de mon Tour gourmand en Oisans ; je vous raconte Le Casset dans l’article consacré à la randonnée au lac du glacier d’Arsine. J’aurai le bonheur de découvrir Vallouise, La Chapelle-en-Valgaudemar et Le Désert-en-Valjouffrey lors de mon trek sur le GR54. Dans cet article, il sera question de La Grave et de Villar d’Arène.
Depuis les hameaux de La Grave, la vue sublime sur la Meije. La Grave et Villar d’Arène, deux villages d’alpinisme emblématiques des Ecrins, sont nichés au pied de la reine.
La Grave et Villar d’Arène, la porte vers la haute montagne
La Grave, Villar d’Arène, dans les Hautes-Alpes, ce sont ces deux villages voisins qu’on réunit souvent sous un même beau nom : le « pays de la Meije ». Tous deux vivent sous la silhouette tutélaire de « sa Meijesté la Meije », la reine des Alpes du Sud.
De part et d’autre de la route qui conduit de Grenoble à Briançon en passant par le col du Lautaret, La Grave, Villar d’Arène et leurs nombreux hameaux s’échelonnent sur les flancs des montagnes, sous la Meije ou face à elle. Où qu’on porte le regard, c’est beau, c’est puissant, c’est toute la magie des Ecrins concentrée sur la pointe d’un sommet, d’un clocher ou d’une fleur des cimes.
La Meije vue depuis le col du Lautaret
Par leur situation au plus près des trois pics de la Meije (le Grand Pic, le Doigt de Dieu et la Meije orientale) et de ses vassaux (Le Râteau, le Pavé), La Grave et Villar d’Arène ont été dès le XIXe siècle le terrain de jeu rêvé des alpinistes en chemin vers les sommets. Ce sont des courses d’alpinisme légendaires, mythiques, qui ont marqué l’histoire et l’imaginaire d’une région toute entière, et qu’on ne reproduit toujours avec émotion. Ils demeurent aujourd’hui encore la porte de la haute montagne : randonnées glaciaires, escalade, courses d’alpinisme, ski de randonnée, les possibilités sont innombrables.
Le pays de la Meije, un terrain de jeu inouï
S’initier à l’alpinisme avec le bureau des guides de La Grave
Vous est-il déjà arrivé, lors d’une randonnée en montagne, de vous retrouver face à une muraille rocheuse, un glacier, et de vous dire « j’aimerais aller plus loin, tout là-haut » ? L’alpinisme, c’est continuer là où le randonneur doit déclarer forfait. C’est employer des techniques et des outils spécifiques : cordes, crampons, piolet… C’est grimper, franchir des ponts de neige et des ressauts rocheux, s’aventurer sur des arêtes et des pentes en glace, pour aller plus haut et plus loin dans la montagne. C’est voir un sommet, se dire « j’irai », et aller là où votre regard s’est porté. L’alpinisme, c’est impressionnant, vertigineux, puissant, mais ce n’est pas forcément difficile. Escalade sur rocher, randonnée glaciaire, ascension de sommets mêlant neige et roc, traversée d’arête, beaucoup de choses sont possibles. Pour qui rêve de découvrir la haute montagne en toute sécurité, le bureau des guides de La Grave, situé en plein cœur du village, est le point d’accueil privilégié. Là-bas, on saura vous proposer des sorties (en randonnée, en via ferrata, en escalade, en alpinisme, en randonnée glaciaire, en ski…) correspondant à vos envies et adaptées à votre niveau. Ne croyez pas que la haute montagne soit réservée à une élite : si vous êtes bien encadré et qu’on vous aide à choisir une course appropriée, les activités alpines peuvent être très accessibles. Apprivoiser le vide en douceur avec une via ferrata, marcher pour la première fois encordé sur un glacier, c’est possible même en étant totalement débutant grâce aux guides de haute montagne. Ce qui est certain, c’est que ces activités ne s’improvisent pas sans connaissances : n’allez jamais vous aventurer sans expérience et sans équipement adéquat sur un glacier ou un parcours de via ferrata, vous risqueriez de vous mettre gravement en danger. Mais avec un ou une guide et le matériel approprié, cela devient possible !
En fonction de vos envies et de vos capacités, les guides de haute montagne des Écrins sauront vous proposer des activités appropriées. Bien encadré, tout est possible ou presque !
La formation des guides de haute montagne pratiquée en France est une des plus exigeantes au monde, j’en parlais dans mon article consacré à l’initiation à l’alpinisme. L’école nationale de ski et d’alpinisme, par laquelle passent tous les aspirants guides, fait référence dans le monde entier. Le niveau technique exigé dans toutes les disciplines alpines (escalade, ski, alpinisme, cascade de glace), la condition physique, le sang-froid et le mental nécessaires, tout cela force le respect. Lors de mes aventures dans les Ecrins, j’ai eu le bonheur d’être encadrée par deux membres de la compagnie des guides de La Grave.
Philippe André est une force de la nature : la condition physique extraordinaire et le sourire à tout épreuve de ce guide qui a dépassé les 60 ans, mais continue à semer tout le monde dans la montagne, force le respect ! Lorsqu’il m’a conduite au sommet de la Meije Orientale, il s’agissait pour moi d’une première, mais certainement pas pour lui : c’était sa… 300e ascension de la Meije !
Philippe André à la Meije orientale
Laetitia Chomette m’a conduite sur l’arête des Fréaux et au Râteau Ouest, et cela a été une joie pour moi : dans un milieu qui reste très masculin, rencontrer une femme guide de haute montagne, grimpeuse hors pair et fine connaisseuse du milieu montagnard, m’a réjouie. Ancienne cartographe, spécialiste des avalanches, passionnée d’escalade, Laetitia est originaire de Haute-Loire, mais elle est désormais chez elle au pied de la Meije, et aime inviter de nouveaux passionnés à la découverte de son terrain de jeu favori…
Laetita Chomette au Râteau
L’arête des Fréaux : une course d’arête rocheuse facile
L’histoire de l’alpinisme dans les Ecrins n’est pas figée, bien au contraire, elle continue de s’écrire : les acteurs du parc national continuent d’équiper de nouvelles voies, d’ouvrir de nouveaux chemins à la verticale dans la montagne. L’arête des Fréaux fait partie de ces courses nouvelles, proposées depuis l’été 2023 par le bureau des guides de La Grave. Il s’agit d’une course d’arête rocheuse qui ressemble à une grande voie d’escalade de niveau facile, une excellente initiation à la verticalité. La course démarre au pied d’une très belle cascade, le long de laquelle on remontera sur une arête, en enchaînant le franchissement de petits ressauts rocheux, des descentes en rappel, du crapahutage sur les rochers, tout cela dans un décor grandiose : vous serez tout du long face à la Meije, et monterez graduellement plus haut vers une vue de plus en plus belle. Mon moment préféré restera, à mi-parcours, le passage par une vire superbe à flanc de falaise où on se trouve les yeux dans les yeux, en tête à tête avec la Meije…
Une belle course d’arête facile et ludiqueAvec quelques passages un peu vertigineux pour la sensation du vide sans dangerFace à la MeijeUne vire magnifiquePlus on monte, plus la vue est belle ! L’arête des Fréaux : une magnifique course d’initiation à l’alpinisme
Le Râteau Ouest : rencontre avec la haute montagne et ses glaciers
On entre ici dans le vif du sujet ! Le Râteau Ouest (3800m) est l’un des voisins immédiats de la Meije, son petit frère, pour ainsi dire. Il s’agit d’une magnifique sortie à la journée, avec une traversée glaciaire sur le glacier de la Girose, une arête rocheuse vertigineuse, des passages d’escalade impressionnants au-dessus du vide, avec une vue grandiose sur les plus beaux sommets du massif, notamment la Barre des Ecrins. La traversée du glacier de la Girose, sur une pente très raide et en cheminant sous les monstrueux séracs, m’a beaucoup impressionnée. La nécessité de franchir rapidement les passages exposés aux séracs, l’attitude à adopter face au risque de chute en crevasse, tout cela s’apprend avec votre guide. Puis c’est l’arrivée sur le rocher vertigineux. A près de 4000m d’altitude, tout prend une autre saveur : les pas d’escalade, l’exposition au vide, tout devient plus impressionnant, plus majestueux, plus éreintant aussi. La vue sur la chaîne de sommets conduisant jusqu’à la Barre des Écrins est hypnotisante, mais il faut rester concentré sur ses crampons, sa corde et ses manips : la course est parfois engagée ! Ce jour là, nous avons dû faire demi tour juste en dessous du sommet, la vire finale étant en mauvaise condition. La montagne est aussi une leçon d’humilité, mais la course était sublime même sans ces derniers mètres. Une très belle expérience et un magnifique baptême de la haute montagne, entre neige et roc.
Le râteau OuestLaetitia sous l’un des gendarmes gardant le sommetVue vertigineuse jusqu’à la Barre des EcrinsNotre guide tout sourireLes spectaculaires séracs du glacier de la GiroseHeureux après cette ascension somptueuse !
La Meije Orientale : au plus près du mythe
L’ascension de la Meije orientale avec nuit au refuge de l’Aigle (3450m) reste à ce jour ma plus belle course en haute montagne. Partir du Pont des Brebis à Villar d’Arène, monter jusqu’au Refuge de l’Aigle après avoir traversé le glacier, dormir sur les flancs de la Meije, se réveiller à 4h du matin pour achever l’ascension par d’impressionnantes traversées de glace, d’arêtes et de murailles rocheuses, avant d’arriver au sommet pour le lever du soleil : un moment d’une puissance rare, que je n’oublierai jamais. Je vous invite à découvrir mon article consacré à l’ascension de la Meije orientale pour en savoir plus.
Le refuge de l’Aigle, mon plus beau à ce jourAu sommet de la Meije orientale, avec vue sur le Doigt de Dieu
Visiter La Grave, Villar d’Arène, leurs hameaux et leurs églises
Ce sont à mes yeux les villages et les hameaux les plus fascinants des Hautes-Alpes, des pépites patrimoniales nimbées de la blanche aura de la Meije. Omniprésente, omnipotente, la Meije est visible partout, elle jette son halo de neige et de glace sur les clochers lombards, les balcons fleuris et les moulins de ces villages accrochés à la montagne, elle rehausse encore leur beauté.
La beauté incroyable des hameaux en terrasse
Dans ce pays de pente raide, l’agriculture n’est possible qu’en terrasses : des générations d’hommes et de femmes ont aménagé à la sueur de leur front un ingénieux système de restanques permettant d’aménager des surfaces planes dans ce monde vertical, et de rendre possible la culture des céréales. Ces terrasses ont de faux airs de rizières, un paysage exotique et pittoresque qui invite à l’évasion au cœur de nos montagnes.
Sur ces terrasses ou traverses se sont bâtis des hameaux, qui possèdent chacun leur église, la plupart arborant un clocher lombard typique des Hautes-Alpes, leurs maisons traditionnelles, leurs balcons fleuris, leurs cadrans solaires, leurs ruelles sinueuses et leurs curiosités.
Eglises principales des villages de La Grave et Villar d’Arène, avec leurs clochers lombards emblématiques
Les cinq hameaux de La Grave, dits les hameaux des Traverses, sont Le Chazelet, Les Hières, Ventelon, Valfroide, Les Terrasses et Les Clots. A Villar d’Arène, ce sont le Pied du Col et Les Cours. Tous offrent des vues inouïes sur la Meije, et recèlent des pépites incroyables, fruit de siècles et de siècles de traditions préservées. De nombreux sentiers de randonnées, à pied et à VTT, permettent de les explorer, et je vous recommande infiniment ces balades..
..Les Hières à l’automne
Mon cœur bat pour ces églises incroyables, qui recèlent toutes des trésors rares : retables baroques, tableaux, pyx, ostensoirs et montrances préservés depuis des siècles, le patrimoine est inouï. C’est pour cette raison que les églises sont hélas fermées en dehors des horaires de culte : leurs trésors ont trop de valeur, et les vols sont trop nombreux. Pour les admirer, deux solutions : participer aux passionnantes visites guidées proposées par l’office de tourisme de La Grave et de Villar d’Arène, ou aller à la messe. Le curé du pays de la Meije célèbre des messes dans presque toutes les églises des hameaux, et les horaires sont inscrits sur les portes de chacune. J’ai vécu de merveilleux moments de recueillement dans ces églises des montagnes.
L’église des Hières
Seule l’église de La Grave est toujours ouverte, et je vous recommande vivement sa visite. Son émouvant cimetière abrite les tombes de nombreux résistants tombés pour la France et pour la liberté dans les sombres heures de la Seconde guerre mondiale.
Le lac du Pontet
La plupart des randonnées dans les hameaux vous feront passer par ce magnifique lac où la Meije vient se plonger comme dans un miroir. C’est un des plus beaux sites de la région, et c’est aussi l’un des plus menacés : déchets, nuisances sonores, baignades, camping sauvage, tout cela vient abîmer les berges et les eaux de ce petit bijou. C’est pourquoi je voudrais vous inviter à le visiter avec beaucoup de respect. Certes, il ne fait pas partie de la zone cœur du parc national des Ecrins, où la réglementation la plus stricte s’applique. Il est ici possible de venir en VTT, ou d’avoir un chien tenu en laisse, ce qui n’est pas le cas en cœur de parc. Mais ici comme partout ailleurs, le respect de règles fondamentales doit être observé pour préserver ce site naturel d’exception : ne faites pas de feu, laissez chez vous vos enceintes sonores, ramassez vos déchets, ne vous baignez pas, ne piétinez pas les berges, permettez au lac du Pontet de rester ce site merveilleux et poétique pour les générations futures.
Lever de soleil au lac du Pontet, la Meije se reflète dans les eaux du lac
Le patrimoine puissant de Villar d’Arène : pain et moulins
Ce sont des traditions puissantes du pays de la Meije. Ici, on fabriquait chaque automne le pain bouilli dans le four banal, un pain à très longue conservation, qui nourrit le village durant tout l’hiver. Des fêtes du pain sont régulièrement organisées à Villar d’Arène, commémorant cette tradition. Dès 5h du matin, on pétrit, on façonne, on enfourne, on cuit, c’est une superbe fête de village à laquelle tous sont conviés.
Fête du pain à Villar d’Arène
Pour comprendre la culture du pain à Villar d’Arène, permise par le système de l’agriculture en terrasses et par les moulins sur la Romanche, qui permettaient de moudre le grain, rendez-vous à l’écomusée du Moulin. Sous les ailes d’un ancien moulin, entré en fonction au siècle de Louis XIV, vous découvrirez un extraordinaire conservatoire des modes de vie anciens du pays de la Meije. La visite, guidée par un passionné à l’érudition généreuse, se fait sur réservation auprès de l’office du tourisme.
L’écomusée du Moulin
Le jardin alpin du Lautaret
C’est au col du Lautaret, station mythique de la route des Grandes Alpes, qu’on trouve le jardin alpin du Lautaret, le plus beau de France à mes yeux. Il concentre et célèbre la flore extraordinaire des Ecrins et de toutes les montagnes du monde.
Au col du Lautaret, plus de 2000 plantes alpines s’épanouissent dans un décor montagnard somptueux. Cela fait plus de 100 ans que ce jardin exceptionnel rassemble, cultive et étudie les plantes de haute montagne de tous les continents. Edelweiss, reines des Alpes, pavots bleus de l’Himalaya, saxifrages des Andes, et des centaines d’autres s’épanouissent face aux cimes majestueuses de la Meije. Ce jardin tenu par l’université de Grenoble réussit la prouesse d’être à la fois une mine d’or pour les scientifiques et un ravissement pour les promeneurs, avec ses sentiers fleuris, ses paysages variés et son petit lac dans lequel les glaciers viennent se refléter. Un tour des montagnes du monde entier au cœur des Hautes Vallées, une visite à ne pas rater – c’est vraiment mon jardin préféré au monde. Il est facile de venir en famille, d’autant que la quasi-totalité des sentiers sont accessibles aux poussettes et aux personnes à mobilité réduite.
J’ai un coup de foudre pour la reine des Alpes, qu’on retrouve abondamment ici. Ce magnifique chardon bleu est une espèce protégée, emblématique de la région. Chardon bleu ou Meije ? Les deux beautés pourraient bien se disputer le titre de reine des Alpes…
Chardon bleu, reine des Alpes, l’emblème du jardinUn jardin sublime face à la Meije
De nombreuses plantes du jardin alpin du Lautaret se retrouvent sur lessentiers de randonnée du Parc national des Ecrins. Nous sommes aux portes d’un espace naturel protégé exceptionnel, gardien d’une montagne préservée.
Deux belles adresses Esprit Parc National au pays de la Meije
Dans les parcs nationaux de France, le label Esprit Parc National est accordé à des établissements et activités qui adhèrent à la charte du parc, s’engagent à respecter et transmettre les valeurs de respect de l’environnement et de la biodiversité à un large public, et qui œuvrent pour l’économie locale en valorisant les produits du terroir, les circuits courts et le fait-maison.
Au pays de la Meije, j’ai découvert deux belles adresses, chacune dans son style – un gîte d’étape et un hôtel cosy, tous deux proposant également un restaurant. Toutes deux sont accueillantes, chaleureuses, et profondément ancrées dans ce terroir d’exception. Que ce soit pour l’alpinisme, pour la randonnée ou pour le patrimoine, venir passer un week-end ici est toujours une belle idée.
Le Gîte Les Mélèzes à Villar d’Arène
Au cœur du village de Villar d’Arène, ce gîte d’étape qui accueille notamment les randonneurs sur le GR54 propose à la fois chambres privées et dortoirs chaleureux dans une grande maison traditionnelle sur plusieurs étages, qui semble défier en hauteur le clocher de l’église toute proche. Cela fait plus de 25 ans que ses propriétaires, un couple de passionnés, transmettent les valeurs de convivialité, de respect des saisons, de la faune et de la flore à un public varié, sous les voûtes anciennes de cette belle maison historique. La sensibilisation à l’environnement, notamment auprès du public scolaire, fait partie de leurs valeurs fondamentales, et la convivialité est de mise. Ici on cuisine maison les produits d’ici avec générosité, et on vous accueille avec sourire et simplicité. Une adresse abordable et chaleureuse.
Les Mélèzes à Villar d’Arène
Le Faranchin à Villar d’Arène
Romantique, chic et authentique, ce bel hôtel cocon est mon adresse fétiche depuis des années. J’y suis venue plusieurs fois en amoureux et cela reste un de mes hôtels préférés dans les Alpes françaises. La décoration des grandes pièces lumineuses avec vue sur la Meije et des terrasses à flanc de montagne est superbe et élégante, les chambres sont douillettes et charmantes. L’accueil est attentionné et les prix restent doux par rapport au standing proposé et à la qualité des prestations. Labellisé Maître restaurateur, le restaurant décline avec des accents gastronomiques les spécialités et les produits du terroir, et la carte des vins est au diapason : ici, on sélectionne et sublime le meilleur des Hautes-Alpes. Le Faranchin organise régulièrement des week-ends à thème : pain bouilli, yoga, randonnée ? Vous trouverez votre bonheur dans ces offres packagées aux tarifs très intéressants, qui témoignent de leur passion du partage de la beauté et des traditions du pays de la Meije.
Douceur de l’atmosphère au Faranchin Un excellent restaurant labellisé Maître RestaurateurCuisine régionale savoureuse
Je sais que j’y reviendrai encore et encore…
Un grand merci au Parc National des Ecrins et à l’office de tourisme des Hautes Vallées pour les expériences merveilleuses que j’ai vécues ici, et tout particulièrement à Elsa, Magda et Soline pour leur accueil. Les images figurant dans cet article ont été réalisées dans le respect des règles en vigueur dans le cœur du Parc national des Écrins, avec l’autorisation du directeur de l’établissement public.
Passionné de randonnée, d’itinérance et de montagne, vous cherchez un trek superbe et original pour user vos semelles sur les sentiers du sud de la France ? Je vous propose un itinéraire encore méconnu et absolument somptueux, à la bascule entre Alpes et Provence : le GR de Pays Tour des Baronnies provençales ! Pour une étape courte de 4 jours comme nous l’avons fait au départ de Serres ou pour la boucle dans sa totalité en 14 jours, cet itinéraire serpentant entre les Hautes-Alpes et la Drôme provençale vous propose des sentiers de moyenne montagne sportive mais accessible. C’est un trek de difficulté intermédiaire avec des chemins superbes et bien entretenus dans des paysages somptueux. Les Baronnies provençales sont à mes yeux un bijou méconnu de la Haute Provence. A la fois montagnard et méridional, entre lavandes et sommets, rivières turquoise et marnes noires, panoramas ensoleillés, cols spectaculaires et villages perchés, ce GR de pays m’a éblouie par sa beauté et vous réserve le plaisir rare des sentiers encore peu fréquentés. Un goût d’inédit et d’inouï pour croquer à pleines dents les beautés secrètes des vallées du Buëch et de l’Eygues – laissez-moi vous emmener en randonnée !
La beauté fleurie du tour des BaronniesLe Rocher Pointu de SerresEntre Alpes et Provence, une superbe itinérance. Montagnes fleuries : mai en Baronnies !
J’ai réalisé cette itinérance pédestre en Baronnies avec ma binôme et amie Marion Carcel alias Foehn Photographie, comme moi passionnée de montagne et de randonnée. Toutes les photos de cet article sont les siennes.
Marion sur le rocher pointu lors de cette belle aventure en duo
Pourquoi randonner sur le GRP Tour des Baronnies provençales ?
A la recherche d’une randonnée en itinérance dans le sud de la France, pourquoi jeter son dévolu sur le tour des Baronnies provençales ? Quelques arguments.
La beauté préservée du parc naturel régional des Baronnies provençales
Vous connaissez sans doute le Vercors, la Vanoise ou le massif du Mont-Blanc, objets de treks célèbres en montagne. Mais connaissez-vous le parc naturel régional des Baronnies provençales ? A cheval entre deux départements, la Drôme et les Hautes-Alpes, et deux régions, Auvergne Rhône Alpes et Provence Alpes Côte d’Azur, ce parc naturel régional reste à mes yeux un joyau méconnu du sud de la France. Je suis folle de ces paysages de marnes noires, de rivières turquoises, de moyenne montagne fleurie et abrupte au soleil du midi. Un trésor de haute Provence un peu secrète que je ne me lasse pas d’explorer depuis mon adolescence drômoise. Après avoir exploré côté Drôme, découvert les Baronnies provençales entre randonnée et équitation, ou roulé sur la route de l’olivier en Baronnies, nous sommes cette fois passées côté Hautes-Alpes, dans le pays de Sisteron Buëch. C’est le pays des eaux turquoises : celles du Buëch qui caressent le saisissant rocher de Serres avant de se mêler à celles, plus sombres, de la Durance au pied de la vertigineuse citadelle de Sisteron, celles de l’Eygues qui coulent en tresse dans des vallées enchantées, celles de la Méouge qui cascadent dans des gorges d’une acrobatique poésie. C’est le pays des villages de charme, Serres et son histoire intimement liée à celle du Dauphiné, Rosans et ses pépites médiévales méconnues, Sigottier lové au creux des rochers pour le plus grand plaisir des grimpeurs, Montmorin et ses tours jaillissant d’un bouquet de genêts, Saint-Auban-sur-l’Ouvèze et ses odeurs de Provence flottant dans le dédale des ruelles. C’est le pays du pastoralisme, des troupeaux dans les montagnes, des moutons blancs sur les pentes colorées et des fromages qu’on croque avec une pomme dorée des Hautes-Alpes – connaissez-vous l’IGP Alpes de Haute Durance ? Une saveur exquise, entre soleil et sommets, un fruit heureusement non interdit dans ce jardin d’Eden alpin ! Ici au pays de Sisteron Buëch dans les Baronnies, nous sommes au carrefour de la montagne et du midi, entre Alpes et Provence, entre soleil et caillou. J’adore ce savant mélange qui a sculpté mon imaginaire, qui m’a fait tant aimer la montagne que la Provence ensoleillée. Ce trek est beau, varié, et profondément réjouissant. Des Alpes au Ventoux, du Vercors au Dévoluy, les vues sont magiques et nous disent combien nous sommes à la rencontre de toutes les Provence, dans un décor où chaque panorama évoque une ribambelle de merveilles.
La beauté du pays de Serres, de Sisteron et du Buëch Les marnes noires, emblématiques des Baronnies Les beaux villages des Baronnies provençales, côté Hautes-Alpes
Une vraie randonnée, mais accessible : le Tour des Baronnies, un trek de difficulté intermédiaire
La boucle entière du GRP Tour des Baronnies provençales dure 14 jours. Il est bien sûr facile de faire un trek plus court : nous avons marché sur 4 étapes dans les Hautes Alpes au départ de Serres. Avec deux étapes faciles, une étape intermédiaire et une plus difficile, ces 4 jours nous ont donné une bonne idée de l’ambiance générale du tour. Il s’agit de vraie randonnée, pas de balade, et je recommande ce trek aux personnes qui ont déjà l’habitude de marcher : je le considère nettement plus difficile, par exemple, que le GR65, le chemin de Saint Jacques qui part du Puy-en-Velay. Mais pourtant, cela reste accessible. Cet itinéraire est aussi nettement plus facile que les monstres de la randonnée itinérante en France, j’ai nommé le GR54 dans les Ecrins ou le GR20 en Corse. Je le classerais à une difficulté de 3/5, avec des chemins magnifiques et globalement peu techniques, des balcons panoramiques au milieu de paysages radieux. Bien balisé, lisible, bien conçu, ce tour m’a réellement séduite par la qualité des chemins et la beauté des paysages. J’ai trouvé chaque étape belle et intéressante.
Un GR de pays superbe, alpin et méridional
La facilité logistique : faire le Tour des Baronnies provençales avec Sisteron Buëch
Envie de randonner en liberté sans avoir à gérer la logistique ? L’office de tourisme de Sisteron Buëch peut tout gérer pour vous : hébergement, transport de bagage, taxi retour… Il vous est possible d’acheter un package trek complet, regardez ici leurs séjours pédestres clefs en main. Leur organisation est top, n’hésitez pas à les contacter. Même en ayant l’habitude de tout organiser moi-même, j’ai vraiment apprécié leur gestion, et je n’ai rien eu à redire – tout était parfait. Plusieurs départs sont bien sûr possibles, puisqu’il s’agit d’une boucle, mais on vous proposera spontanément de partir de Serres. Pourquoi partir de Serres, joyau Renaissance sur les eaux bleues du Buëch ? C’est un départ facile car ce village est accessible en transports en commun : en bus et en train ! Il est idéal pour les randonneurs qui souhaitent voyager sans voiture. Nous avons dormi dans de jolis gîtes montagnards cosy et chaleureux.
Randonner léger, en sachant que tout est géré
Nos hébergements sur le GRP Tour des Baronnies
Lors de notre randonnée itinérante au cœur des Baronnies provençales, nous avons eu le plaisir de faire halte chaque nuit dans des gîtes et chambres d’hôtes à l’ambiance familiale et douce. Cuisine maison et ambiance montagne étaient au rendez-vous dans ces hébergements choisis pour nous. Tous nos hébergements ont été réservés pour nous par l’office de tourisme Sisteron Buëch qui s’occupait de tout. Nos bagages nous attendaient chaque soir au gîte.
A l’hôtel Fifi Moulin au cœur de Serres, de jolies chambres lumineuses et une collection incroyable de confitures exotiques et originales dont les noms résonnent comme un poème nous permettent de commencer notre randonnée sous les meilleurs augures.
Explorer Serres
À la Ferme de la montagne à Sigottier, des chèvres cachemire et angora peuplent les pentes autour de ces beaux gîtes situés dans des maisons traditionnelles, avec vieilles pierres, voûtes spectaculaires et belles vues. On peut louer un gîte à la semaine pour s’immerger dans la nature riante ! Chevaux et chiens complètent la joyeuse ménagerie pour un accueil paysan au poil.
Le gîte de Praboyer se niche solitaire sur les hauteurs de Montmorin. Une ambiance de refuge alpin règne dans cette maison du bout du monde en pleine nature où les ânes mangent les pissenlits. Virtuose de la cuisine végétale avec des plantes et fleurs cueillies chaque jour, Claire nous régale avec les recettes de sa création. Un fabuleux voyage culinaire qui se décline aussi en stages de cuisine, avis aux amateurs !
Un accueil ultra chaleureux et une atmosphère de cocon cosy à Rosans ? Atypique détour a beau être situé dans une ancienne gendarmerie, l’atmosphère n’a rien à voir avec une garde à vue ! Et l’histoire insolite de ce lieu hors normes réserve d’autres surprises, que je vous laisse découvrir… l’adjectif « atypique » n’est pas usurpé, mais l’ambiance est douce et soignée et nos hôtes aux petits soins. Sur la terrasse panoramique, dans le jardin fleuri ou dans les chambres décorées avec goût, on savoure le confort et le plaisir d’être chouchouté. La parenthèse douceur, un vrai coup de cœur !
Nos étapes sur le Tour des Baronnies provençales
Quatre étapes, ce n’est bien sûr qu’une petite partie de ce GR de Pays d’une grande richesse, mais ce furent quatre étapes superbes, très représentatives de la beauté et de la diversité des Baronnies.
Jour 1 : Serres – Sigottier
Chaque fois que je traverse les Baronnies provençales, je suis émerveillée par la silhouette colorée de Serres, ce village arrimé à son rocher, et par la couleur éclatante des eaux du Buëch dénouant ses tresses turquoises à son pied. Avant de commencer notre randonnée, nous avons pris le temps d’explorer le riche patrimoine historique de cette cité passionnante, dont l’héritage est très marqué par la Renaissance, les guerres de religion et les grandes heures du Dauphiné. Héros de l’histoire régionale, le duc de Lesdiguières a laissé ici sa marque ! Puis nous partons marcher dans les montagnes. Depuis le Sentier des Moines, le Rocher pointu et la crête de Fontarache, la vue sur Serres et la rivière est somptueuse. On imagine avec du soleil la puissance de ces panoramas saisissants ! Les Baronnies sont radicalement sublimes et cette première étape met la barre très haut.
Sentier des moines, Serres Le Buëch turquoiseCuriosités de SerresSur les crêtesLa beauté de ces panoramasSigottier
Jour 2 : Sigottier – Praboyer (Montmorin)
Cette journée où on s’éveille à la Ferme de la Montagne est la plus proche des sommets. Après une ascension dans une belle forêt de feuillus aux allures de conte moussu, nous arrivons au pied du point culminant des Baronnies provençales, le Duffre à 1800m d’altitude. D’innombrables orchidées couvrent le plateau, rappelant combien les Baronnies sont une réserve botanique exceptionnelle : entre Alpes et Provence, à la rencontre des deux mondes, la richesse florale est à son summum. Par beau temps, le détour par la crête du Duffre nous aurait tentées, d’autant que ma Drôme est juste de l’autre côté : la station d’été de Valdrôme est nichée sur l’autre versant ! Notre chemin vers Montmorin se poursuit sur un superbe sentier en balcon, à l’ambiance très alpine (mais ni technique, ni dangereux). C’est une belle journée montagnarde, qui prouve à qui en douterait que nous sommes bien dans le royaume des Alpes ! Le gîte de Praboyer cultive d’ailleurs cette ambiance de refuge haut perché.
Au pied du Duffre, dans les orchidéesBeaux sentiers en balcon L’arrivée au gîte de Praboyer au coeur des montagnes
Jour 3 : Montmorin – Rosans
Après le passage par le très beau village de Montmorin, le clou de cette journée est la montée au col des Pins, où les panoramas à 360 degrés sont somptueux : la sensation d’une immersion presque maritime dans l’océan de cimes des Baronnies. La descente du col des Pins sera le seul passage un peu technique de nos quatre journées de marche (descente raide, bâtons conseillés), mais la beauté du paysage vaut bien la concentration. Un autre village superbe nous attend à l’arrivée : Rosans, son héritage médiéval méconnu, sa tour et ses fontaines, ses fleurs nichées au creux des ruelles sinueuses. D’un superbe village de charme à un autre, cette journée a la douceur d’un voyage dans le midi.
MontmorinMontmorin, village typique des Baronnies .Col des PinsSur les crêtes fleuriesRosans
Jour 4 : Rosans – Saint-Auban-sur-l’Ouvèze
Le GRP se scinde ici, et nous partons sur la variante par le GR91, en direction de Saint-Auban. Le retour du soleil joue en notre faveur, et je suis émerveillée par cette journée de marelle entre Drôme et Hautes-Alpes, où nous franchissons plusieurs fois la « frontière » invisible entre mes deux régions de cœur. Après avoir traversé de spectaculaires paysages de marnes noires sculptées par l’érosion, extrêmement typiques des singularités d’ici, on monte dans une forêt de genêts en fleurs et au milieu de rochers spectaculaires vers le Pas de Corbière. Toute la richesse géologique des Baronnies se révèle ici : les pitons suspendus, les grottes à flanc de paroi, les falaises abruptes et les cheminées de fée, tous déploient la grande parade du calcaire enchanté. A la descente vers Saint-Auban, le géant blanc de Provence dévoile sa tête pâle : le Mont Ventoux, à la silhouette reconnaissable entre toutes ! Notre périple superbe s’achève dans le village si typiquement provençal de Saint-Auban-sur-l’Ouvèze, entre cyprès et lauriers. Le taxi qui nous attend nous fera traverser les sublimes gorges de la Méouge – une merveille absolue, entre cascades turquoises et reliefs fantasmagoriques, qui me donne follement envie de retrouver le pays de Sisteron Buëch !
On bifurque sur le GR91Baronnies ensoleillées Au milieu des genêts.Curiosités géologiquesLa beauté du VentouxArrivée sur Rosans
Un grand merci à l’office du tourisme de Sisteron Buëch, et notamment à Aurélie, Chantal et Mathilde, pour ces quatre belles journées d’aventure chez vous.
Tout amoureux des Alpes connaît le parc national des Écrins, ou rêve de l’arpenter un jour. Comprendre la réglementation du parc national des Écrins, et en quoi elle aide à protéger le trésor qu’il incarne : tel est l’objet de cet article. Depuis maintenant plus de 50 ans, le parc national des Ecrins veille sur un immense espace naturel embrassant sept massifs des Alpes du Sud. Des sommets aussi emblématiques que la Barre des Ecrins (4102m), la Meije, l’Ailefroide, le Pelvoux ou l’Olan, des glaciers légendaires comme le Glacier Blanc, des centaines de kilomètres de sentiers de randonnées, des villages mythiques dans l’histoire de la montagne française, comme La Grave, Saint-Christophe-en-Oisans ou Vallouise, et une richesse animale et végétale d’exception, tel est le trésor des Ecrins. Plus de 4500 espèces animales et végétales s’épanouissent ici et jouissent de règles strictes qui protègent leur survie. Pourquoi est-il interdit, dans le périmètre du cœur de parc, de faire voler un drone, de circuler à VTT, d’avoir un chien même tenu en laisse, ou encore de jeter un trognon de pomme ? La règlementation du parc national des Écrins est intransigeante et des gardes veillent à son respect. Essayons de la comprendre ensemble.
Pourquoi les chiens, les VTT et les drones sont-ils interdits dans le parc national des Écrins ? Comprendre ensemble la réglementation du parc national, tel est l’objet de cet article.
Le parc est officiellement fondé le 27 mars 1973. Il fut alors le 5e parc national à être créé en France. Notre pays en compte désormais 11.
Le parc national des Ecrins s’étend sur deux départements et deux régions françaises : l’Isère (Auvergne Rhône Alpes) et les Hautes-Alpes (Provence Alpes Côte d’Azur).
Le cœur du parc, la zone la plus protégée, celle où la réglementation la plus stricte s’applique, couvre 93 000 hectares.
La zone d’adhésion, à laquelle appartiennent 49 communes, couvre quant à elle 159 600 hectares. 7 maisons du parc accueillent les visiteurs.
L’altitude du parc s’étend entre 700 et 4102 mètres (le sommet de la Barre des Écrins) : il s’agit résolument d’un territoire alpin, montagnard et escarpé.
Surgissant au fond du vallon des Étançons, la barre des Écrins, point culminant des Écrins et des Alpes du Sud à 4102m.
Il comprend 7000 hectares de glaciers, 41 000 hectares de forêts, et 104 000 hectares d’alpages, des prairies pâturées l’été par des troupeaux. Cet équilibre entre la haute montagne, la forêt et les estives sillonnées par les bêtes et leurs bergers, entre la nature et les hommes, fait tout l’essence du parc national des Ecrins, qui est profondément ancré dans la culture des Alpes du Sud. Alpinisme et pastoralisme, espaces inaccessibles et terres arpentées par les hommes, animaux sauvages et domestiques, tous font intégralement partie de son identité.
Nombre de torrents des Écrins sont directement issus de la fonte des glaciers, comme ici à La Bérarde.
Enfin, il comprend 750 km de sentiers entretenus, balisés, gérés par les agents du parc et accessibles librement et gratuitement à tout marcheur. Contrairement à ce qui se passe dans les grands parcs américains, qui font souvent payer des droits d’accès, la culture française tient beaucoup à cette gratuité. Un parc national est un bien commun.
Marcher librement et gratuitement sur les sentiers balisés et entretenus du parc national : un droit accessible à tous.
Le parc a été créé en 1973 avec trois missions principales : la connaissance scientifique (étudier ce milieu d’exception), la protection (préserver la faune et la flore avec le moins de dérangement possible), et enfin le partage : le travail des agents du parc permet de rendre la montagne accessible à tous et de la protéger durablement, pour que chaque génération ait à son tour la chance d’explorer ces massifs fabuleux, de rencontrer des animaux qui ne craignent pas d’être chassés, et d’admirer des fleurs que rien n’aura bétonné et arrasé. Les drapeaux français qui marquent le passage en cœur de parc ont pour moi un double sens très fort : ceci est un trésor national, qui doit être protégé par tous, et dont chaque citoyen a le droit de jouir dans le respect des règles. Il est d’ailleurs interdit de venir armé dans le cœur du parc national, ce que je trouve symboliquement très fort.
Les drapeaux qui marquent l’entrée en coeur de parc
Le parc national, c’est un pacte perpétuellement renouvelé entre les acteurs du terroir, les voyageurs, la faune, les scientifiques et la montagne elle-même. Un équilibre à préserver, jour après jour, par le travail des agents, l’engagement des habitants et les petits gestes accomplis par les visiteurs. Notamment le respect des règles.
Comprendre les règles du parc national : rencontre avec un garde à La Bérarde
Après mon trek sur le tour gourmand en Oisans à l’été 2023, je me rends à La Bérarde pour y rencontrer Pierre-Henri, garde moniteur du parc national, basé en Isère.
La Bérarde est un « hameau du bout du monde » et un lieu mythique dans l’histoire de l’alpinisme. L’hiver, le hameau (qui dépend de la commune de Saint-Christophe-en Oisans) est quasiment inhabité, à l’exception de quelques irréductibles, et il arrive hélas souvent que des avalanches, des inondations ou des glissements de terrain coupent la route d’accès. La route s’achève ici, l’Isère aussi. A La Bérarde, on arrive à un cul de sac : les chemins des hommes viennent buter sur la monstrueuse muraille de montagnes, la Barre des Ecrins, le plus haut sommet de France jusqu’en 1860. Pour passer de l’autre côté (Vallouise, La Chapelle-en-Valgaudemar), c’est un immense détour par la route. A pied, c’est une aventure : le GR54, le grand tour de l’Oisans et des Ecrins. Le Vénéon, la plus belle rivière des Alpes à mes yeux, prend sa source non loin d’ici, dans le glacier de la Pilatte. On le voit cascader, bleu et laiteux, au milieu d’énormes blocs rocheux. C’était le village de Pierre Gaspard, le premier alpiniste à conquérir la reine des Alpes du sud, la Meije. La Bérarde est un lieu mythique, au cœur du cœur de l’Oisans et des Ecrins, où on sent battre le pouls de la montagne.
La Bérarde, le bout du monde en Oisans
Le vallon des Étançons à La Bérarde
Pierre-Henri nous conduit dans le vallon des Étançons, un lieu emblématique qui incarne nombre de particularités et d’enjeux du parc.
Pierre-Henri, à l’entrée du coeur de parc dans le vallon des Etançons
C’est d’ici que sont partis Pierre Gaspard et ses deux acolytes lors de la conquête de la Meije, en 1883. Ils ont traversé le vallon des Étançons, et ont remonté la face sud de la montagne mythique, par cet envers inexploré. Et de l’autre côté du vallon trône la Barre des Écrins. Nous sommes réellement enchâssés entre deux sommets de légende, le roi et la reine des Écrins. Difficile de se sentir plus proche de la haute montagne et de l’histoire des Écrins.
A gauche : la Barre des Ecrins. A droite : l’église de la Bérarde, qui rend hommage à Gaspard, l’habitant du pays. La Meije est au fond du vallon.
C’est un vallon traversé par deux torrents glaciaires, celui de Bonne Pierre et celui des Étançons. Issus directement de la fonte des glaciers, ces deux cours d’eau sont sujets à ce qu’on appelle le régime torrentiel : ils peuvent entrer en crue de façon soudaine et destructrice lors d’un orage. Au moment de notre visite, à l’été 2023, le refuge du Châtelleret vient d’être frappé par une lave torrentielle qui n’a heureusement pas fait de victimes, mais gravement endommagé le refuge et mobilisé énormément de monde pour secourir, déblayer et protéger. Presque chaque année, les torrents du vallon des Etançons emportent les sentiers, arrachent des ponts, forçant les agents du parc à un travail de Sisyphe. L’entretien des chemins en haute montagne, et tout particulièrement sous l’influence du réchauffement climatique, c’est un travail de titan et qui doit être perpétuellement recommencé. La haute montagne est le premier témoin du réchauffement climatique et les gardes du parc ont un énorme travail d’adaptation, de sécurisation et de sensibilisation à mener face à la fonte glaciaire et aux dangers qu’elle entraîne (déstabilisation de la montagne, chutes de pierre, éboulements, laves torrentielles, etc). La liberté de venir randonner à pied dans le parc national des Écrins est garantie par le travail colossal des agents du parc. Chaque année, des crues, des avalanches et des torrents de boue frappent les sentiers, et chaque année, le parc rénove, restaure, entretient les chemins pour que nous puissions profiter de ce trésor.
Un des deux torrents du vallon, dont les crues peuvent régulièrement arracher ponts et chemins. Cet entretien, à renouveler chaque printemps, fait partie des missions essentielles des agents du parc.
Le vallon des Étançons est une terre agricole, un alpage pâturé par les troupeaux en été. Mais aujourd’hui, en raison de la déprise, la friche menace de gagner du terrain, fermant les paysages, remplaçant les prairies ouvertes par des terres de broussailles. Comme ailleurs en France, les exploitations ne sont souvent pas reprises quand un agriculteur part à la retraite. Le retour du loup dans les Ecrins, qui force les éleveurs à des adaptations souvent lourdes, ne facilite pas la situation. Mais là où un troupeau disparaît, le paysage s’appauvrit. Les prairies montagnardes, réserves fabuleuses de biodiversité et patrimoine culturel inestimable, sont menacées. Le parc national n’est pas l’ennemi des activités agricoles et productrices, bien au contraire : il est du côté des bergers, des agriculteurs, des acteurs du terroir qui vivent du tourisme. Les gardes du parc travaillent main dans la main avec eux. Nature sauvage, culture humaine, les deux font l’identité des Écrins. Plus loin dans cet article, je vous parlerai du label Esprit parc national, qui fait le trait d’union entre ces deux engagements.
Sans pâturage par les troupeaux, la friche gagne du terrain.
Enfin, le vallon des Étançons est un lieu de tourisme. Parce qu’il est assez facile d’accès, il est une porte d’entrée pour les familles et les marcheurs occasionnels, un site sublime et qui ne nécessite pas un effort sportif trop engageant. Cette facilité est parfois une menace. Tout comme d’autres sites des Ecrins victimes de leur popularité (par exemple le lac du Lauvitel), il peut être ponctuellement victime de surtourisme : trop d’affluence, et trop de gens qui ne connaissent ou ne respectent pas les règles du parc national. Pour les écogardes, cela peut être difficile à vivre certains week-ends d’été, quand ils tombent nez à nez avec des VTT, des feux, des enceintes sonores, des déchets et autres nuisances. C’est l’occasion de rappeler que les gardes moniteurs sont assermentés et qu’ils font partie de la police de l’environnement : ils ont le droit de verbaliser les contrevenants et d’exiger le paiement d’une amende. Mais leur rôle est aussi pédagogique et éducatif. Un lieu populaire, c’est aussi une occasion fabuleuse d’aller à la rencontre du public, de le sensibiliser, de lui faire prendre conscience du caractère exceptionnel de ce milieu et de l’importance de sa préservation. Quiconque a été émerveillé par le parc national des Écrins, touché par sa fragilité et sensible à sa préservation, aura envie de le transmettre, intact dans sa beauté et sa magie, à ses enfants et à ses petits-enfants.
Accueillir les marcheurs en toute liberté et dans le respect de la réglementation : un enjeu perpétuel pour le parc national des Ecrins.
Le parc reste un espace de liberté : il permet à chacun, en piéton discret et respectueux, de jouir d’une montagne sublime sur des sentiers entretenus et perpétuellement adaptés aux bouleversements climatiques. Mais les règles du parc sont précises et il est impératif de s’y conformer. Aucun feu, aucun déchet – pas même organique -, aucune trace de son passage, aucun chien même tenu en laisse, ni VTT ni drone, aucune nuisance sonore : nous sommes invités dans un espace exceptionnel, il nous appartient d’être des hôtes discrets et respectueux. Certaines règles sont faciles à comprendre : pas de feu, pas de déchets, c’est une évidence partout en montagne, parc ou pas parc. Mais d’autres sont moins intuitives. Pourquoi est-ce que je n’ai pas le droit de venir avec mon chien tenu en laisse ? De faire du VTT ? De jeter un trognon de pomme ? J’ai pu discuter de tout cela avec Pierre-Henri et éclaircir certains points. Revenons sur la réglementation du parc national des Ecrins, et notamment sur certains points.
A l’entrée du cœur de parc, de grands panneaux récapitulent en pictogrammes facilement intelligibles la réglementation. On y lit :
Pas de chien, même tenu en laisse. Ni cueillette, ni prélèvement. Pas d’arme. Pas de déchets. Pas de feu. Ni bruit, ni dérangement. Pas de camping. Bivouac autorisé à une heure de marche des limites du cœur entre 19h et 9h. Pas de véhicule. Pas de VTT. Toute infraction peut donner lieu à une amende. Pour davantage d’informations, renseignez-vous auprès des Maisons du Parc National des Écrins.
Parc National des Écrins
Et si on reprenait les règles ensemble, une par une ?
Comprendre la réglementation du parc
Pourquoi pas de chien dans le cœur du parc national des Écrins ?
C’est sans doute la règle qui a soulevé le plus de questions auprès de mes followers sur Instagram, et je le comprends. Moi aussi, je suis propriétaire d’une chienne golden que j’adore, Nevada. J’aime voyager avec mon chien, j’aime randonner avec mon chien. Ma chienne est obéissante, gentille, marche bien en laisse, et ramasser ses déjections ne me pose aucun problème. Alors, pourquoi ne puis-je pas l’emmener au cœur du parc national des Écrins ?
Randonner avec son chien, un immense bonheur. Mais impossible dans le coeur du parc national des Ecrins, pourquoi ?
Les chiens sont tolérés en dehors du cœur de parc, à condition d’être tenus en laisse. En revanche, dès lors que vous franchissez les limites du cœur (signifiées par des panneaux, et la présence de drapeaux français sur les rochers), vous entrez dans la zone de protection maximale et ils sont strictement interdits, même tenus en laisse, même portés dans un sac : c’est leur odeur qui est une source d’effroi et de dérangement pour la faune sauvage. De nombreuses espèces animales ont très peur des canidés, notamment depuis le retour du loup dans les Alpes françaises. L’humain n’est plus associé à une menace, car depuis la création du parc en 1973, les animaux du parc ne sont plus chassés. La présence calme de randonneurs ne va pas perturber de façon excessive la faune du parc, qui s’est habituée à nous. Mais la présence d’un chien même bien dressé et tenu en laisse peut être la cause de graves dérangements : l’odeur du canidé terrorise de nombreuses espèces, notamment celles qui ont déjà eu affaire au loup. Les conséquences peuvent être terribles : femelles qui abandonnent leur nid et condamnent leur progéniture à la mort, avortements spontanés… De plus, j’ai lu sur le site du parc un article qui m’a beaucoup marquée sur les attaques d’animaux sauvages par des chiens . Même un chien bien dressé, gentil et obéissant, peut réveiller un instinct de prédateur insoupçonné dans certaines circonstances, et devenir une menace de mort pour la faune sauvage.
Regardez bien, vous compterez 8 chamois sur cette photo prise en cœur du parc national des Ecrins. La faune sauvage est bien présente et tient à sa quiétude, pour se reproduire et se nourrir sereinement.
Ni cueillette, ni prélèvement dans le parc national des Écrins
J’ai posé tout de suite la question à Pierre-Henri : moi qui adore les myrtilles et les framboises et qui me suis régalée sur mon tour gourmand en Oisans, avais-je le droit ? La réponse est oui. J’avais le droit de cueillir, à la main, sans contenant, sans aucun autre but que la consommation immédiate, une poignée de myrtilles ou de framboises que j’allais manger tout de suite. Grignoter quelques framboises sur un sentier de randonnée n’est pas interdit (ouf !). Mais je n’ai pas le droit d’amener avec moi un sachet ou un bocal pour en prendre de plus grandes quantités, absolument pas le droit de couper, déraciner, arracher, prélever une plante ou une racine. Nous sommes dans un milieu exceptionnel et préservé. Notre impact sur la biodiversité doit être le plus faible possible.
Cueillir quelques framboises pour les grignoter en pleine randonnée ? Oui, c’est autorisé ! Déraciner la plante ? Jamais !
Pas d’arme dans le parc national des Écrins
C’est l’évidence absolue. Pas de chasse, pas d’arme. J’aime cette vision d’un rapport apaisé avec la montagne, où nous sommes là pour contempler, et non pour prélever.
Ne laisser aucun déchet
Cette section ne devrait nécessiter aucune explication (et encore, je suis choquée de ce que je découvre parfois en randonnée)… et pourtant, une question subsiste souvent : celle des déchets organiques. Toute personne de bonne foi sait qu’une cannette de soda, une bouteille de bière, un paquet de chips ou un mégot de cigarette n’ont rien à faire en montagne. Mais quid des déchets organiques ? Du trognon de pomme ou du papier WC ? Voici la réponse : AUCUN déchet.
Concernant l’épineuse question du caca dans la nature : la question des excréments humains est un vrai problème sur certains circuits de randonnée. Pour faire caca de façon éthique, il faut éviter au maximum de le faire dans la nature, essayer de privilégier de vraies toilettes (par exemple en allant prendre un café ou une tarte aux myrtilles dans un refuge, et en en profitant pour utiliser les WC). Mais si on n’a pas le choix ? Il faut s’éloigner le plus possible des sentiers et des cours d’eau, prendre le papier WC avec soi dans un sac poubelle pour ne rien laisser sur place, et enterrer le reste.
L’arrivée au refuge : du café, des bonnes choses à manger et… des WC !
Concernant le trognon de pomme : le parc national des Ecrins est un milieu protégé, où une faune sauvage s’épanouit avec le moins de dérangement possible. Introduire dans le parc des restes de nourriture peut rendre malade certaines espèces (on a par exemple vu le cas de marmottes tuées par de la nourriture humaine inadaptée), mais aussi modifier leur comportement naturel et leur nuire indirectement. Si un animal se met à quémander de la nourriture auprès des randonneurs, il risque de devenir agressif ou trop intrusif, et sera peut-être abattu s’il pose un danger pour la sécurité. Si une marmotte s’habitue à manger des chips et des bonbons apportés par les randonneurs au lieu de manger de l’herbe pour se préparer à l’hibernation, elle risque de ne pas survivre à la prochaine saison froide. Ne pasinteragir avec les animaux évite de les mettre en danger.
Pas de feu dans le parc national des Ecrins
Je suis radicalement contre la mode des feux en pleine nature qu’on voit sur Instagram, dans un parc national ou ailleurs. Le feu est dangereux : on a vu l’exemple de monstrueux incendies ravageant des espaces naturels magiques, comme le cap Taillat dans le Golfe de Saint Tropez, à cause de l’imprudence des gens. Et même contrôlé, le feu est terrible pour les sols : la montagne est un milieu hostile et fragile. Une plante dans un environnement alpin peut mettre plusieurs années à grandir d’un centimètre. Le feu brûle le sol, les racines, rend l’espace brûlé impropre à la croissance des végétaux durant plusieurs années, et met en péril la survie de certaines plantes rares. N’amenez aucune flamme ouverte dans la nature.
Pas de feu au royaume des eaux claires et des fleurs fragiles.
Ni bruit, ni dérangement
Rangez vos enceintes ! J’ai été très choquée de voir le lac du Lauvitel, espace pourtant protégé en cœur de parc, transformé en véritable camping paradis certains soirs d’été, avec tentes à foison et soirée karaoké. Cela est totalement contraire à l’esprit d’un parc national, qui est un sanctuaire refuge pour les animaux. Le bruit dérange la faune, l’empêche de se nourrir, de dormir, de se reproduire, de se déplacer librement. Il est source de stress, d’anorexie ou d’abandon des nids. Soyons discrets, bouclons-la.
Silence et sérénité.
Camping & bivouac dans le parc national des Ecrins
Le bivouac est toléré dans le parc, à condition de respecter des règles strictes. Il s’agit de dormir une nuit en dérangeant le moins possible, pas de monter un camping. On demandera aux bivouaqueurs de s’installer à plus d’une heure de marche des limites du cœur de parc, de monter leur tente après 19h et de la ranger avant 9h, de ne laisser aucune trace de leur passage – ni déchet, ni papier WC, ni quoi que ce soit, même un déchet organique –, de ne faire aucun feu, de ne surtout pas faire de vaisselle ou utiliser de savon dans les lacs et cours d’eau, et de s’astreindre à une vraie discrétion pour ne pas perturber la faune. Le bivouac, c’est une tente montée pour la nuit, le camping, c’est une tente qui reste plus longtemps, durant la journée, etc. Il est interdit de monter un vrai campement. Il est aussi important d’être sensible à la question du surtourisme. Aujourd’hui, le bivouac menace d’être interdit dans certains espaces soumis à une pression trop importante, comme par exemple le Lauvitel ou le plateau d’Emparis. Interdire est contraire à l’esprit du parc, mais face à l’afflux, la question est soulevée en raison de l’impact trop élevé sur une zone précise. En tant que grande amoureuse du bivouac, c’est un sujet qui me chagrine, mais je comprends les enjeux… et j’ai décidé, lors de mon grand tour de l’Oisans et des Écrins, de dormir en refuge, pour toutes sortes de raisons que je détaille dans l’article.
Le beau refuge de la Lavey
Pas de véhicule, pas de VTT, pas de drone
Il existe des sentiers VTT en dehors du cœur de parc : le parc national des Ecrins compte, dans la zone d’adhésion, de nombreux itinéraires cyclistes. Mais dans le cœur même, on laissera tout en dehors, véhicules 4×4, VTT, drones. Les drones, qui arrivent du ciel et sont perçus comme de super prédateurs, terrorisent de nombreuses espèces. De même, les VTT ou le snow-kite ont une vitesse « anormale » qui effraie la faune. Dans le parc, la règle est claire : on marche.
Et le cheval ?
Information pour les cavaliers : il n’est pas interdit de sedéplacer à cheval en cœur de parc. Le cheval étant un herbivore, il n’est pas perçu comme une menace pour la faune sauvage – il facilite d’ailleurs souvent l’observation, je l’ai souvent vécu lors de mes randonnées équestres. Mais j’émets une réserve importante : le parc national des Ecrins est un milieu de haute montagne, escarpé, pentu, raide, caillouteux. De nombreux sentiers que j’ai arpentés à pied dans le parc m’auraient terrifiée à cheval, et il n’existe pas d’itinéraire équestre balisé. En tant que cavalière, je recommande donc plutôt aux passionnés d’équitation ayant envie de rando équestre en montagne de se rapprocher des clubs hippiques installés en altitude afin de pouvoir se promener sur des sentiers balisés et connus, comme par exemple à l’Alpe d’Huez, dans les Alpes de Haute Provence ou en vallée du Giffre. Dans le parc national des Écrins, certains centres équestres proposent l’été des randonnées à cheval sur le plateau d’Emparis, une expérience que j’aimerais beaucoup vivre. Le cheval en montagne, c’est fabuleux, en sécurité, c’est mieux !
Un endroit où je rêve de revenir à cheval.
Les règles du parc national des Ecrins ont toutes un sens, et les gardes moniteurs sont assermentés pour les faire respecter. Œuvrons tous ensemble à la protection de milieu d’exception.
Et en dehors du respect scrupuleux de la réglementation, qu’est-ce qu’on peut faire en tant que touriste pour soutenir la démarche du parc ? Consommer dans les établissements labellisés Esprit Parc National !
Le label Esprit Parc National
Qu’est ce que la marque Esprit Parc National ? Je cite le site des parcs nationaux de France :
La marque collective Esprit parc national a pour ambition de fédérer les acteurs économiques de chaque parc national en valorisant leurs produits et services et, par le biais d’un acte de consommation, de sensibiliser le consommateur aux principes du développement durable.
Parcs nationaux de France
Elle se décline dans chacun des 11 parcs nationaux de France, avec un logo identifiable commun à tous (celui des parcs nationaux français, la spirale) et à chacun sa couleur : vert pour le Mercantour, bleu marine pour la Vanoise, violet pour les Ecrins…
Elle fédère des restaurateurs, des hébergeurs, des guides, des prestataires d’activités, des producteurs, etc, qui adhèrent à la charte du parc et s’engagent à œuvrer dans son esprit. C’est la garantie de soutenir l’économie locale, avec des produits du terroir cultivés sur le territoire du parc, et de bonnes pratiques environnementales et sociales. Sauvegarder l’environnement et soutenir les hommes et les femmes qui habitent le pays, le label Esprit Parc National répond à cette double exigence. J’ai eu l’occasion de manger, dormir, consommer chez de nombreux adhérents à la marque, et vous les retrouvez dans tous mes articles consacrés au parc national des Écrins.
L’auberge de la Meije à La Bérarde, labellisée Esprit Parc National
L’auberge de la Meije à La Bérarde
Juste avant ma rencontre avec Pierre-Henri, nous avons eu le plaisir de déjeuner à l’Auberge de la Meije, à La Bérarde, qui appartient justement à ce réseau. Ancrage dans le terroir, produits locaux, valeurs écologiques, sens de l’accueil, discussions chaleureuses avec de vrais passionnés qui connaissent et adorent leur pays, exposition mettant en valeur des artistes de la région et une cuisine fabuleuse : ce moment réunissait tout ce que j’aime avec la marque Esprit Parc National, et je recommande chaleureusement l’adresse !
Un beau déjeuner à l’auberge de la MeijeEt en plus, c’est bon !
Je vais continuer à arpenter le parc, toujours dans le respect des ses règles bien sûr. Si vous voulez suivre mon aventure sur le GR54 cet été en direct : n’hésitez pas à me suivre sur Instagram ! De nombreux autres articles consacrés au Parc National des Ecrins arrivent sur Itinera Magica, n’hésitez pas à vous abonner à la newsletter.
Les images figurant dans cet article ont été réalisées dans le respect des règles en vigueur dans le cœur du Parc national des Écrins, avec l’autorisation du directeur de l’établissement public. Merci à la Destination Parc National des Écrins pour leur soutien, et tout particulièrement à Elsa.
Le parc national des Ecrins ? Au cœur des Alpes, entre Isère et Hautes-Alpes, c’est tout simplement le paradis de la randonnée. 750 kilomètres de sentiers balisés et entretenus sillonnent ce massif exceptionnel et permettent de marcher à la rencontre d’une faune et d’une flore préservée, au milieu de plus de 150 sommets dépassant les 3000 mètres, de lacs, de glaciers, d’alpages, de refuges et de panoramas inoubliables. Passer ses vacances à arpenter le parc national des Ecrins, c’est un projet de vie parfaitement réussie à mes yeux ! Au cœur du Parc national des Ecrins, entre les cols les plus mythiques des Alpes, les beaux villages haut-alpins de Serre Chevalier cultivent l’esprit d’aventure. Pour aller toucher du doigt glaciers et sommets dans une atmosphère de haute montagne sublime, partons à la découverte des lacs du glacier d’Arsine. Nous traverserons plusieurs sites magiques : le hameau du Casset, un des sept villages d’alpinisme des Ecrins, le lac de la Douche, un des plus beaux lacs de la région dans son écrin de mélèzes, et le réou d’Arsine, où les farines glaciaires donnent à l’eau une couleur presque surnaturelle. Lacez vos chaussures, nous partons en randonnée à la rencontre des sommets !
Une des plus belles randonnées des Ecrins ?
Randonner dans les Ecrins : comment trouver de belles randonnées ?
Petite présentation tout d’abord d’un outil vraiment utile : le site Rando Ecrins. Ce site géré par le parc national des Ecrins est une mine d’or pour le randonneur en quête de beaux itinéraires en pleine nature. Il est sans cesse enrichi et mis à jour, mais au moment où j’écris cet article (printemps 2024), on y trouve déjà 180 randonnées pédestres. Il s’agit de randonnées réalisables à la journée, sans obligation de passer la nuit dans un refuge. Elles sont classées par niveau de difficulté, en fonction de la distance, du dénivelé, et de la nature technique ou non du sentier (traversée de pierriers, passages aériens, etc), ce qui vous permet de choisir très précisément une randonnée adaptée à votre niveau et vos envies, sans mauvaise surprise. Le descriptif est précis et détaillé, avec les patrimoines à découvrir sur l’itinéraire, les bifurcations, la courbe d’altitude, le rappel de la réglementation si vous entrez en cœur de parc… Le tracé est disponible : vous pouvez soit le consulter directement sur le site (sur PC ou mobile), soit le télécharger en GPX pour l’importer dans l’application de rando de votre choix.
A titre d’exemple, voici la page Rando Ecrins consacrée à la randonnée que j’ai choisi de réaliser, Les lacs du glacier d’Arsine. Bien qu’elle ne présente aucune section technique (pas de passage particulièrement raide ou délicat), elle est classée difficile en raison de la distance (presque 18km) et du dénivelé (près de 1000m). Sachez que si cet itinéraire vous tente, mais que vous cherchez une randonnée d’une ampleur plus modeste, vous pouvez tout à fait vous arrêter au lac de la Douche, une randonnée classée facile (distance 8km, dénivelé 413 mètres), mais déjà somptueuse.
Randonner dans les Ecrins, un terrain de jeu quasiment infini
Vous trouverez également sur le site Rando écrins 37 parcours VTT (hors cœur de parc, où le vélo est interdit), 25 parcours trail et 97 produits du terroir à retrouver chez les producteurs labellisés Esprit Parc National.
Randonnée aux lacs du glacier d’Arsine, par le lac de la Douche
C’est une randonnée que j’ai eu le bonheur de faire deux fois : en été dans son intégralité, en automne, jusqu’au lac de la Douche seulement. Elle fait incontestablement partie du panthéon des plus belles randonnées de ma vie, et j’en garde un souvenir ému.
Le lac de la Douche : deux saisons, un lieu d’exception
Le hameau du Casset, village d’alpinisme des Ecrins
Le départ de la randonnée se fait au hameau du Casset, sur la commune du Monêtier-les-Bains dans la vallée de Serre-Chevalier. Ce très joli village, dont j’aime énormément l’église au clocher caractéristique du Haut-Dauphiné, les ruelles tortueuses et la situation à deux pas du mythique col du Lautaret, abrite une des sept maisons du parc national. Porte d’entrée vers le cœur du parc national des Ecrins, situé sur le mythique GR54, il ouvre les sentiers vers la montagne des Agneaux et le glacier d’Arsine, et il est classé parmi les 7 villages d’alpinisme des Ecrins – tout comme La Grave et Villar d’Arène.
Le hameau du Casset
Dès le début du sentier, un joli panneau de bois vous souhaite la « bienvenue dans le parc national des Ecrins ». Le chemin remonte doucement le long du ruisseau, au milieu des résineux. En été, tout est verdoyant et fleuri, en automne, c’est un festival de flammes plongées dans l’eau claire. C’est ce qui rend cette randonnée particulièrement magique : le fait que tout soit si beau et parfait dès le premier pas sur le sentier.
Bonne rando dans le parc national des Ecrins ! Monter au lac de la Douche : un bonheur en toute saison
Sur cette partie-là du sentier (jusqu’au lac de la Douche), les chiens tenus en laisse sont tolérés. Ils seront interdits ensuite.
Le lac de la Douche, bijou des Ecrins
C’est une des plus belles pépites du parc national des Ecrins. Imaginez ce cercle turquoise, à l’étonnante couleur d’un bleu laiteux, enchâssé au milieu des mélèzes. A l’automne, quand les couleurs font flamboyer la montagne, l’effet est plus saisissant encore. Je ne me lasse pas de ce site d’une rare perfection visuelle. Jusqu’au lac de la Douche, c’est une merveilleuse randonnée facile d’accès, une parfaite initiation aux Ecrins, et qui ne nécessite pas d’être un grand marcheur.
Le lac de la DoucheSublime en toute saison
Les difficultés viennent ensuite, et surtout, n’oubliez pas : dès lors que vous aurez traversé la passerelle permettant de franchir le lac de la Douche, les petits drapeaux tricolores sur les rochers et les panneaux vous rappellent que vous entrez en cœur de parc. A partir de ce moment, la réglementation la plus stricte s’applique : les chiens sont interdits, même tenus en laisse, les VTT et les drones aussi. Si vous voulez comprendre le sens de ces interdictions, je vous invite à découvrir mon article consacré à la réglementation du parc national des Ecrins.
Le réou d’Arsine et ses mille nuances de bleu
A partir de ce moment-là, la randonnée devient moins facile : la pente qui s’élève au-dessus du lac de la Douche en direction du Col d’Arsine est plus raide, le dénivelé plus concentré. Mais dans votre effort, une vision merveilleuse vous distrait : la couleur étonnante que vous aviez déjà vue dans le lac de la Douche s’intensifie au fur et à mesure que vous montez vers le réou d’Arsine. En effet, ces teintes sont dues à des farines de roches, venues des glaciers et charriées dans leur fonte par le torrent qui en est issu. Au réou d’Arsine, le camaïeu de bleus est à son summum d’intensité : en fonction de la concentration de farines dans les brins de la rivière qui s’écoule en tresse, la couleur varie d’un bleu laiteux presque blanc à un turquoise intense, concentrant toutes les couleurs du ciel et des gemmes. C’est, sans aucune exagération, une des plus belles visions de ma vie. Nous sommes restés longtemps à contempler ce dédale multicolore qui s’étale dans la plaine… mais il nous fallait continuer notre ascension.
Le réou d’Arsine : somptueux
Nous arrivons au col d’Arsine, où nous rejoignons les randonneurs en trek sur le GR54. Mais nous nous écartons du GR pour bifurquer en direction du glacier d’Arsine.
Le glacier d’Arsine et la montagne des Agneaux
La Montagne des Agneaux est souvent considérée comme l’un des sommets les plus esthétiques des Ecrins. Elle est en vérité composée de trois sommets, dont l’un qu’on surnomme Agneaux blancs et l’autre Agneaux noirs. Culminant à 3665m, elle est réputée pour ses superbes courses d’alpinisme, mais aussi et surtout pour le ski-alpinisme : quand les conditions hivernales le permettent et que les skieurs sont de taille à les affronter, ses pentes raides offrent des descentes en ski de couloir spectaculaires et inouïes. Nos projets sont plus modestes : traverser la moraine laissée par la fonte du glacier, un immense pierrier gris, pour remonter jusqu’aux lacs. La fonte du glacier au pied des Agneaux a donné naissance à ces vastes lacs glaciaires, qui n’existaient pas il y a 70 ans encore, et qui sculptent ce paysage mouvant et lunaire. Entre la muraille minérale des Agneaux, l’eau qui a perdu ses tons de bleu pour ne garder plus qu’un gris âpre, mélange de glace et de roche, et l’immense pierrier, le paysage est saisissant, vertigineux. Le pic Gaspard, saisissant petit frère de la Meije, se dresse dans le ciel bleu comme une voile de pierre. On se sent minuscule dans ce monde de fleurs rares et de caillou abrupt. Le réou d’Arsine était beau et pittoresque, le glacier d’Arsine est sublime et solitaire – une toute autre atmosphère. C’est un décor de bout du monde, une véritable Patagonie haut-alpine.
Sur les pierriers de la moraine, avec le Pic Gaspard au fondArrivée aux lacs du glacier d’Arsine, au pied de la montagne des AgneauxLes lacs du glacier d’Arsine : un monde de roche, de glace et d’eau froide, adouci par quelques fleurs courageuses…
La descente s’effectue par le même chemin. Je préfère d’ordinaire les boucles, mais ici, les paysages sont d’une beauté telle que je prends un immense plaisir à revoir encore une fois le réou d’Arsine et le lac de la Douche…
Un gîte merveilleux au Casset : Le Rebanchon
De retour au Casset, pourquoi ne pas rester pour la nuit dans la vallée de Serre Chevalier ? Il y a tant à explorer par ici, et le beau hameau du Casset fait figure de petit trésor secret avec son clocher, son torrent et ses mélèzes enflammés.
La montagne des Agneaux vue depuis Le Casset
Au pied de la montagne, aux portes du parc, se niche le gîte Le Rebanchon. Tenu par un couple de grands passionnés, il offre un accueil chaleureux dans une superbe maison historique : le salon était pendant des siècles un gigantesque four à pain, un des plus grands des Hautes Alpes.
Le gîte Le RebanchonL’extraordinaire four à pain devenu salon
Grand passionné de musique, de montagne et de patrimoine, Charléric est un puits de connaissances au sujet du parc et de son histoire, et Jocelyne prépare une délicieuse cuisine locale et maison, ancrée dans le terroir des Hautes-Alpes. Ce couple est pour moi une fabuleuse rencontre et ce gîte un énorme coup de cœur et j’y reviendrai encore cet été sur mon GR54. Labellisé Esprit Parc National, ce gîte incarne toutes les valeurs chères aux Ecrins : le souci de l’environnement et le partage de l’amour de la nature, la connaissance des lieux et de leur histoire, et l’expérience authentique d’une vie alpine chaleureuse et accueillante.
Charléric, le gîte, la montagne des Agneaux A la table de Jocelyne. Photo centrale prise par Caroline Hikes&Travels
Si l’ambiance rappelle celle des refuges, par la passion de la montagne et la convivialité de la grande table partagée, le confort est au rendez-vous ici en vallée. Chaque chambre possède non seulement sa propre salle de bain, mais aussi et surtout une décoration différente, déclinant les variations alpines avec charme. Et regardez les panneaux ! D’authentiques panneaux de randonnée, récapitulant les informations essentielles, avec altitude et distance… de quoi rêver de grandes randonnées en dormant au paradis des marcheurs ! Le rapport qualité prix est excellent et l’accueil si convivial. Vraiment, si vous souhaitez venir découvrir (en toute saison, y compris en hiver) la vallée de Serre Chevalier et le parc national des Ecrins, souvenez-vous de cette adresse pépite. C’est un immense coup de cœur.
Les belles chambres du gîteUn vrai gîte de randonneurs !
La miellerie du Lauzet, esprit parc national
A deux pas du Casset, dans le hameau du Lauzet, venez faire vos réserves de miel et de chocolat pour la prochaine randonnée en faisant halte à la miellerie du Lauzet, elle aussi labellisée Esprit Parc National. Ici, l’apiculture est pratiquée dans un respect profond des abeilles, à qui on laisse d’importantes réserves en hiver, et du terroir des Ecrins : ce sont les fleurs sauvages et les plantes cultivées en agriculture biologique dans le potager de la miellerie qui donnent toute leur saveur aux spécialités de la miellerie. Miel d’écureuil, miel de haute montagne, Chocomiel, tout est un délice, et les explications concernant l’apiculture biologique, ses valeurs et ses contraintes, me passionne. Une belle rencontre souriante et savoureuse !
Apicultrices passionnées à la miellerie du LauzetSaveurs et valeurs, esprit parc national
De plus longues randonnées dans les Ecrins ?
Une journée ne vous suffit pas ? Retrouvez mon article consacré au tour gourmand en Oisans, un des nombreux exemples de treks qu’on peut réaliser dans le parc national des Ecrins. Envie d’une vraie grande aventure ? Découvrez comment je me prépare au GR54, le grand tour de l’Oisans et des Ecrins. N’hésitez pas à me suivre sur Instagram pour suivre mon aventure sur ce parcours légendaire en juillet 2024 !
Je retrouverai le réou d’Arsine sur le GR54.
Enfin, pour en savoir plus sur la vallée de Serre Chevalier et ses merveilles en hiver, en automne et en été, n’hésitez pas à vous abonner à la newsletter : un autre article arrive !
Les images figurant dans cet article ont été réalisées dans le respect des règles en vigueur dans le cœur du Parc national des Écrins, avec l’autorisation du directeur de l’établissement public.Un grand merci à la destination Parc national des Ecrins et à l’office de tourisme de Serre-Chevalier, et notamment à Elsa et à Lisa, pour ces belles aventures en pleine nature.
La Haute Maurienne Vanoise ? Suspendue entre les cimes des 3000 entre France et Italie, cette vallée est une des plus reculées de Savoie, un bout du monde givré enivrant de beauté et d’authenticité. Après avoir découvert la région il y a trois ans, et testé avec bonheur 7 choses à faire en Haute Maurienneen automne, je n’avais plus qu’une idée en tête : revoir la Haute Maurienne Vanoise en hiver. Dans cette vallée célèbre pour ses records de température et son enneigement spectaculaire, véritable glacière au cœur de la Savoie, on part à la rencontre d’un monde figé dans la glace, entre décors spectaculaires et villages préservés. Voir les cascades de l’Arc gelées, explorer sous la neige Bonneval-sur-Arc et le hameau de l’Ecot, partir en ski de randonnée à la rencontre des glaciers, s’essayer au ski de fond à Bessans, goûter les fromages de la coopérative autour d’une bonne fondue dans notre gîte chaleureux, autant d’expériences fabuleuses à vivre en hiver en Haute-Maurienne Vanoise.
La Haute Maurienne Vanoise en hiver : villages sublimes…… glaciers majestueux…… sites de ski alpin et nordique de grande classe…… et insolites revigorants ! L’hiver intense !
Bonneval-sur-Arc sous la neige : le plus beau village de Savoie en hiver
Tout au fond de la vallée de la Haute Maurienne, à Bonneval-sur-Arc, se niche une Savoie âpre et sublime, pays de glaciers immenses, de 3000 balayés par les vents chargés de neige et d’étendues sauvages au cœur du parc national de la Vanoise. Connaissez-vous Bonneval-sur-Arc, labellisé « plus beau village de France » et seul village de Savoie à porter ce titre prestigieux ? C’est à mes yeux réellement un des plus beaux villages de montagne au monde, une pépite préservée dans un écrin de sommets vertigineux. Tout au fond de la vallée de la Haute Maurienne, sa situation reculée et sa tradition résistante lui ont valu d’être un des rares villages de la région épargnés par les incendies nazis. Les envahisseurs n’ont pas oser le brûler, car ils craignaient une embuscade au fond de la combe – à raison, car la Haute Maurienne Vanoise peut s’enorgueillir d’une profonde culture résistante, et de nombreux maquisards guettaient sur les hauteurs. Bonneval a donc gardé son architecture savoyarde ancestrale, ses solarets, ses pierres marmottes, ses églises lombardes… une merveille absolue. J’ai un coup de foudre total pour ce village somptueux, et l’hiver le rend plus beau encore.
La beauté exceptionnelle de Bonneval-sur-Arc en hiver
Randonner de Bonneval-sur-Arc au hameau de l’Ecot en hiver
Je vous propose de faire la petite randonnée iconique (6 km AR, environ 250D+) qui mène jusqu’au hameau de l’Ecot. Ne prenez pas la grosse route qui accueille l’été les voitures, passez plutôt par le sentier pédestre qui part du cœur de Bonneval, c’est tellement plus beau ! Le paysage est inouï. Avez vous repéré le sorbier des oiseleurs ? Ses baies rouges sont une rare source de nourriture en plein hiver, et une touche de couleur dans cet univers d’un blanc éblouissant.
Randonner dans un décor sublime… et bien enneigé ! Sorbier des oiseleurs
Vous passerez par la très belle cascade rendue célèbre par le film Belle et Sébastien, que l’hiver change en cathédrale givrée, juste avant d’arriver à ce hameau du bout du monde d’une beauté magique. On a adoré cette balade.
Les cascades de l’Arc à demi gelées par l’hiver, vision si romantiqueLe hameau de l’Ecot en hiver
En ski de randonnée sur les glaciers de la Haute Maurienne Vanoise.
La plus belle… et la plus terrifiante sortie en ski de rando de ma vie. Je rêvais de la Haute Maurienne Vanoise, de ses glaciers légendaires, de ses grands espaces sauvages. Bonneval-sur-Arc est aussi une station de ski qui monte à plus de 3000m, et les itinéraires hors-pistes sont mythiques.
Cette journée sur les glaciers au-dessus de Bonneval-sur-Arc avec notre guide Yannick était ma plus belle sortie en ski de rando à ce jour. La Haute Maurienne Vanoise est un paradis sauvage et intact, un monde de pure magie glaciaire. Des immensités bleutées à la descente vers le hameau de l’Ecot, c’était inouï. Nos descentes en poudreuse étaient magiques.
Le ski de randonnée en Haute Maurienne Vanoise : fabuleux Un univers magiqueAu-dessus de Bonneval-sur-ArcArrivée au hameau de l’Ecot dans la lumière du soir
La grotte de glace de Bonneval-sur-Arc
Dès le début de la randonnée, après une petite heure de marche, la rencontre avec ces immensités glaciaires m’a éblouie, fascinée. Je repense au Groenland, à l’Islande en hiver, à mes voyages magiques dans les plus beaux pays du Nord. La glace m’hypnotise.
L’incroyable grotte de glace de Bonneval-sur-Arc
⚠️ Cette zone est fondamentalement dangereuse (crevasses, chutes de glace, avalanches), voir notre mésaventure ci-dessous. N’y allez pas sans guide. L’ESF de Bonneval propose des sorties encadrées. Geoffrey et moi étions avec Yannick, guide de haute montagne et moniteur de ski.
Notre guide, Yannick
Nous avons poursuivi notre chemin sur le glacier, dans des paysages d’une splendeur rare. Mais cette sortie sublime fut aussi la plus terrifiante de ma vie, car une avalanche est partie sous mes skis. Sentir la plaque craquer, entendre l’effrayant woosh sous la neige, et quelques secondes plus tard, toute la montagne gronder comme le tonnerre et la coulée partir sous mes skis, ample, large, effrayante… j’en ai fait des cauchemars pendant des jours. J’ai été très secouée, mais heureuse d’être avec un guide qui connaissait par coeur la région et a su nous ramener en sécurité à Bonneval-sur-Arc. J’étais heureuse de porter un DVA et d’avoir avec moi une pelle et une sonde. La montagne est grandiose et dangereuse. On le sait. Plus que jamais je me le dis : en hiver, prudence et méfiance. Je sais que j’ai eu de la chance ce jour-là. Soyons tous vigilants.
Skier sur le glacier
Le site nordique de Bessans, pépite de Haute Maurienne Vanoise
Le site nordique de Bessans, c’est une sublime étendue de neige bordée de 3000 et traversée par l’Arc qui serpente en tresse dans cette infinie blancheur. La rivière coule bleutée, à demi figée par les glaces translucides altérant son cours, dans une immensité de blanc lumineux… C’est hypnotique, la danse poétique d’un serpent de cristal dans un monde de mystère et de lumière !
Le site nordique de Bessans, traversé par l’Arc
Vous le savez, je n’ai pas d’affinité avec le ski de fond, je n’ai jamais appris à en faire correctement… mais la beauté des sites nordiques, comme celui de Bessans, celui de Ratery dans le Val d’Allos ou encore celui des Confins à La Clusaz, me pousse à penser que peut-être, je devrais apprendre. Ces sites sans remontées mécaniques, en pleine nature, ont quelque chose de doux et contemplatif qui me touche, alors je me dis que peut-être… le moment est venu de m’y attaquer ?
Le site nordique de BessansPlaisirs d’hiver en Haute Maurienne Vanoise
Un spa insolite en Haute Maurienne Vanoise
Quand on arrive à Sensations Vanoise, l’effet est saisissant : nous sommes au bord d’un lac à demi gelé, et des cascades de glace tombent des pontons.
Il va falloir se déshabiller, braver le froid de l’hiver, traverser pieds nus dans la neige, pour gagner la chaleur : un bain nordique bien chaud au bord du lac, un sauna brûlant.
Mais pour les plus courageux, l’épreuve ne fait que commencer ! Tonneau d’eau froide, descente dans le lac à demi gelé, roulades dans la neige attendent les plus courageux… 4 d’entre nous ont pris leur courage à deux mains et foncé dans l’eau gelé. Ils ont été applaudis héroïquement par ceux qui étaient restés tranquillou dans le bain nordique à siroter du thé dans l’eau chaude. Je vous laisse deviner à quelle équipe j’appartiens (réponse : celle des lâches !). Et vous, auriez-vous affronté l’eau glacée ?
Superbe spa insolite à Val-CenisSensations Vanoise Se jeter dans la neige !
Notre gîte à Bramans, le Chalet Alpin : paradis d’hiver en Haute Maurienne Vanoise
Si j’ai tant aimé mon séjour d’hiver en Haute Maurienne Vanoise, c’est peut-être aussi grâce au gîte dans lequel nous avons dormi. C’était à Bramans, dans un village superbe à l’entrée d’une des vallées les plus authentiques et magiques de Savoie. Notre gîte, le Chalet Alpin, était une extraordinaire maison savoyarde mansardée, toute de bois et de poutres apparentes, avec ses mezzanines, ses escaliers, sa cheminée, son atmosphère incroyable.
Notre gîte à Bramans
A notre arrivée, de jolis cadeaux de bienvenue nous attendaient : bière et confiture de myrtilles savoyardes, et des savons artisanaux naturels de chez Alpamaya, savonnerie artisanale installée dans la maison d’à côté. Si vous souhaitez découvrir le processus de la saponification à froid et ses extraordinaires vertus pour la peau, n’hésitez pas à réserver une visite chez Alpamaya, leurs produits sont extraordinaires. Entre la découverte de ses savons en Haute Maurienne, et ceux de l’Atelier de la Source dans le Vercors drômois, je suis définitivement conquise !
Un joli accueil au coeur des produits de Savoie
Impossible de revenir en Haute Maurienne Vanoise sans s’arrêter à l’incontournable coopérative laitière pour acheter un kilo de beaufort (mangé en un week-end, oui oui, on prend la Savoie très à cœur nous) et un mélange à fondue local, car la maison était bien sûr équipée d’un appareil à fondue. Si la visite de la coopérative vous intéresse, je vous laisse découvrir mon précédent article de blog consacré à la région : 7 choses à faire en Haute Maurienne Vanoise.
Le bonheur d’une fondue en Haute Maurienne Vanoise
J’ai adoré cette maison, le Chalet Alpin. J’ai adoré jouer aux cartes sur la mezzanine, faire mon yoga sous les poutres, boire de la mondeuse et de la bière locale de chez Les brasseurs savoyards avec les copains au bord du feu, me sentir chez moi et rêver, le temps de deux nuits, que ce chalet était le mien et que je resterais ici pour toujours.
Ambiance chaleureuse dans notre beau chalet alpin sous les boiseries
J’ai adoré cette immersion dans une vallée très chère à mon coeur, cette Haute Maurienne Vanoise qui est pour moi l’image d’une Savoie éternelle et préservée.
Un merveilleux week-end d’hiver en Haute Maurienne Vanoise
Merci à la Haute Maurienne Vanoise et à Duodecim, et notamment à Nadia et Romy, pour ce week-end merveilleux entre amis dans une des plus belles vallées des Alpes, éternellement chère à mon cœur.
A la recherche d’un beau spa en Savoie Mont Blanc, pour un moment à deux en amoureux, un temps de bien-être pour soi ou une parenthèse au cœur des montagnes ? Lors de mes voyages dans les Alpes savoyardes, entre Savoie et Haute-Savoie, entre Annecy, Chamonix, Evian ou Brides-les-Bains, j’ai eu l’occasion de découvrir de nombreux spas d’exception au pays du Mont Blanc. Spas thermaux à l’eau chargée de vertus, spas et centres de soin où on vous chouchoute, piscines XXL ou insolites champêtres, sans oublier les hôtels spas romantiques, la Savoie et la Haute-Savoie regorgent de spas magnifiques capables de répondre à toutes les envies de détente et de déconnexion. Suivez le guide, plongez dans l’eau tiède, je vous emmène découvrir mes spas préférés en Savoie Mont Blanc – tous testés et approuvés !
Les plus beaux spas et hôtels-spas en Savoie Mont Blanc : suivez le guide ! Photos Marion Carcel.
Les plus beaux spas thermaux en Savoie et Haute-Savoie
Quelle est la différence entre un spa classique et un spa thermal ? Les thermes sont installés sur une source d’eau thermale naturelle : une eau aux vertus particulières (riche en minéraux, en souffre, en oligo-éléments, etc), dont les bénéfices pour la santé sont reconnus et avérés. Au bien-être s’ajoute donc une dimension thérapeutique intéressante. Les deux sources d’eau thermales les plus célèbres de Haute-Savoie sont celles de Saint-Gervais-Mont-Blanc et d’Evian-les-Bains. En Savoie, ce sont celles de Brides-les-Bains qui montent sur le podium. Toutes jouissent d’un riche prestige historique et de siècles de tourisme thermal.
Les thermes de Saint Gervais Mont Blanc
Je vous présente… les thermes de Saint Gervais Mont Blanc ! Cela faisait longtemps que j’étais curieuse de découvrir les vertus de ces eaux à l’histoire presque miraculeuse : imaginez une eau qui provient du sommet du Mont Blanc, toit de l’Europe à 4807m, parcourt les entrailles de la montagne pendant… 6500 ans ! et ressort naturellement chaude, à 39 degrés, et incroyablement riche en minéraux et en soufre. En 1806, on découvre les vertus de ces eaux reconnues par l’académie française de médecine comme thérapeutiques, et un premier centre thermal est créé. Aujourd’hui, le spa thermal est un havre de bien-être et de douceur, avec plusieurs bassins extérieurs, des saunas, des espaces de détente et de jolies curiosités comme cette forêt magique où l’eau thermale ruisselle dans une ambiance feutrée… Non seulement j’ai adoré l’atmosphère de bien être, mais en 3h, j’ai été bluffée par l’effet de ces eaux réputées pour apaiser les problèmes cutanés sur ma peau compliquée, très sujette aux irritations. Je repars avec de superbes cosmétiques apaisants en espérant prolonger l’effet bluffant de ces eaux ! J’ai adoré cette parenthèse de douceur au cœur des montagnes.
Les thermes de Brides-les-Bains
Au cœur des Trois Vallées en Savoie, le village thermal de Brides-les-Bains doit ses eaux miraculeuses à une catastrophe naturelle : en 1818, un glissement de terrain libère un torrent dont on découvre rapidement les vertus miraculeuses. Cette eau guérit tout, constatent les médecins savoyards ! Le complexe thermal est créé et son succès ne se démentira pas. Tout comme à Saint-Gervais, je n’ai pas découvert les thermes mêmes, mais le spa thermal, la partie récréative, que j’ai adorée. Vaste, varié, propre et moderne, le grand spa thermal s’étend sur trois niveaux. Au rez-de-chaussée, ce sont des jacuzzis extérieurs avec vue sur les montagnes. A l’étage intermédiaire, c’est le pays des 1001 nuits : spas, hammams, bains odorants, tisanerie, le tout dans une ambiance délicieusement orientale. Et au 2e étage, ce sont les espaces aquatiques : couloirs de nage, grand bassin avec bulles, jets et cascades intermittentes – ma partie préférée, une immense piscine pleine de recoins et de remous ! J’ai adoré ce très grand spa très bien tenu et fonctionnel. Un seul regret : seuls les thermes sont alimentés par l’eau thermale, le grand spa thermal fonctionne à l’eau de ville. Il faut réserver un soin pour découvrir l’eau miraculeuse, ce que je ferai une prochaine fois !
Les thermes d’Evian-les-Bains
Evian-les-Bains est une ville d’eaux. Les eaux d’Evian, dont les vertus ont été découvertes par le marquis de Laizer en 1789 : boire à la source Cachat (du nom de son hôte) l’a libéré de ses calculs rénaux. Dès les années 1800, la ville thermale a attiré nombre de curistes en quête de bien-être. La source Cachat, qui coule en cœur de ville, continue d’évoquer cette genèse de l’eau la plus célèbre et la plus vendue dans le monde. Entre l’usine d’embouteillage et le tourisme (thermes, hôtels), Evian est le premier employeur du bassin aujourd’hui. J’ai adoré la visite de la ville et de la source Cachat, je le raconte dans mon article consacré à Evian-les-Bains, mais je n’ai pas encore eu l’occasion de découvrir les thermes et le spa thermal – à suivre !
Les grands spas avec piscine et centre de soins en Savoie Mont Blanc
Pas d’eau thermale ici, ces spas sont abreuvés par l’eau de ville, mais proposent eux aussi une grande variété d’expériences ludiques et relaxantes dans de très beaux cadres montagnards. Cap sur les plus beaux spas de Haute-Savoie avec cette sélection.
Les QC Terme Chamonix
La magie de QC Terme Chamonix ! Les thermes QC sont toujours situés dans des endroits extraordinaires, immenses et inventives. L’an dernier en vallée d’Aoste, je m’étais émerveillée dans celles de Pré St Didier. Cette année à Chamonix, je reste éblouie. Avec une vue majestueuse sur le Mont Blanc et les colossales langues glaciaires, les thermes déploient leurs vastes bassins extérieurs où bulles et jets rivalisent de douceur, et à l’intérieur, toute une pléthore d’espaces originaux et inédits. Ici, il y a bien plus que des saunas et hammams, il y a des salles de relaxation où on flotte dans des hamacs, des balançoires flocons de neige ou des nacelles, du sel himalayen, un atelier (inclus) de massage facial avec crèmes et exercices, un bar à cocktails, des cascades, des bains de couleurs ou de sons, bref, tout un univers infiniment varié et original à explorer. C’est une expérience totale, et c’était fabuleux ! Un véritable Disneyland aquatique, dans le décor grandiose de la vallée de Chamonix Mont Blanc. Vous pouvez rester toute la journée et réserver déjeuner et goûter pour prolonger le plaisir… Attention à l’affluence : les QC Terme ont un succès mérité, choisissez bien votre période.
Les Sources du Chéry aux Gets
Un spa merveilleux aux Gets en Haute Savoie : les Sources du Chéry ! Vous me connaissez, je suis toujours en quête de spas pépites, de belles piscines et d’espaces bien être originaux. J’ai absolument adoré l’après-midi passé aux sources du Chéry aux Gets. Le spa est immense. L’espace s’organise autour de cette grande, très grande piscine où vous pouvez nager pour de vrai, pleine de remous, de jets et de courants, mais il continue en de multiples recoins : jacuzzis, saunas, hammams, plusieurs bassins extérieurs, des espaces de repos originaux (par exemple avec sièges chauffants dans la pénombre – détente assurée, voire endormissement pour ceux que la montagne a épuisés !) Décors de bois flotté, de métal doré, eaux qui fusent de toutes parts, l’atmosphère est très réussie dans ces 1000m2 de douceur. Une entrée pour un créneau de 3h coûte 39 euros et on s’occupe vraiment bien de vous. Vrai coup de cœur pour ce spa XXL mais cosy qui fait vraiment partie de mes préférés parmi tous ceux que j’ai découverts à la montagne !
Le Spa Payot Le Chamois à La Clusaz
Qu’est ce que j’ai aimé la beauté et l’authenticité de La Clusaz, au cœur des Aravis ! Après une session ski en poudreuse, une virée à cheval ou en traîneau sur le plateau des Confins, et un bon plat de reblochon, direction le très beau spa Payot Le Chamois. Il s’agit là encore d’un très grand spa, ce que je préfère : avoir une vraie piscine pour pouvoir nager est très appréciable. L’espace est très bien aménagé, avec de beaux jeux de lumière et d’eau – cascades, jets… – et des espaces plus feutrés, ainsi que plusieurs saunas et hammams permettant de vivre une expérience bien-être complète. Une très belle adresse à retenir.
Les hôtels-spas en Savoie et Haute Savoie
Envie de rester dormir en Savoie Mont Blanc après votre session spa ? Voici mes hôtels-spas préférés à ce jour.
L’Imperial Palace Annecy
C’est une institution annécienne : cet hôtel historique, véritable palace de la Belle-Epoque, trône avec ses volumes fastueux à la Great Gatsby sur les rives du merveilleux lac d’Annecy. Il est aussi très apprécié pour sa proximité avec le casino d’Annecy, et ravira ceux qui souhaitent s’initier au blackjack, aux machines à sous ou encore au jeu de poker. Mais pour moi qui recherche plus les bulles que les billets, ce que j’ai préféré, c’est le spa de l’Imperial Palace. Très doux et enveloppant avec ses éclairages bleutés et sa position en rez-de-jardin, très futuriste avec ses bassins transparents évoquant une capsule spatiale vers une planète océanique et nocturne, j’ai aimé sa douceur.
La magie d’Annecy, une des plus belles villes de Haute Savoie.
L’auberge du Père Bise à Talloires
Une autre pépite sur les rives du lac d’Annecy, une autre institution merveilleuse avec sa plage privée, son jardin ouvert sur l’immensité du lac et des montagnes, son architecture associant audace design et bon goût feutré des grands noms. On connaît l’auberge du Père Bise pour son restaurant gastronomique étoilé, reconnu par le guide Michelin. Mais mon coup de foudre va au spa, une expérience de très, très grand luxe – un des plus beaux spas de ma vie, et sans aucun doute un des plus beaux spas de Haute-Savoie ! J’ai adoré cette verrière inondée de lumière semblant plonger dans les eaux du lac, qui nous a infiniment séduites par son atmosphère de cocon chaleureux et lumineux, sa douche sensorielle, son jacuzzi posé au-dessus du lac, sa grande piscine chaude et éclatante où j’ai pris un plaisir infini à nager. Ces deux heures au spa restent un summum de bien-être et de raffinement. A retrouver dans mon article consacré à Talloires et au lac d’Annecy.
La folie douce à Chamonix
Difficile de décrire le tourbillon enchanté dans lequel nous avons vécu le temps d’une nuit à la Folie Douce Chamonix, hôtel complètement hors du monde et du temps où la plus belle fête ne s’arrête jamais. Dès l’arrivée, on est estomaqué par l’architecture grandiose et décalée de cet immense palace 1900 revisité en ovni industriel. La piscine immense, ouverte sur les Drus et les glaciers, offre une vue magique et une immense douceur. On ne le sait pas : la Folie Douce est aussi un hôtel spa, avec un superbe espace bien-être, hammams, saunas et soins de qualité ! Puis la soirée commence, il est temps de rejoindre le bar et ses reflets fascinants, avant que débute le show : toute la soirée, une troupe de danseuses, chanteur et chanteuse nous entraîne dans un spectacle jubilatoire et survolté. Impossible de résister à leur talent – ils et elles chantent en live, dansent divinement et ont des costumes de toute beauté. La fête se poursuit jusqu’au bout de la nuit. Au restaurant La petite cuisine, les cuisiniers s’affairent sous nos yeux pour un résultat extraordinaire : j’ai été bluffée par la virtuosité de chacun de nos plats ! Quant au buffet de petit dej, il est inoubliable… tout à la Folie douce est non seulement spectaculaire et joyeux, mais aussi d’une qualité qui m’a bluffée. Il n’y a pas que les paillettes, il y a aussi une qualité de service, de divertissement et de cuisine qui force le respect ! Encore une belle raison de revenir à Chamonix Mont Blanc, sommet de la Haute-Savoie…
Les Cygnes à Evian
Notre premier soir à Evian-les-Bains. Nous sommes sur les rives du lac Léman, où filent les voiles de bateaux anciens comme des oiseaux blancs. Nous sommes à l’hôtel Les Cygnes, une institution d’Evian, hôtel de charme et de douceur depuis les années 1920. L’esthétique rétro de cet hôtel avec ses balcons boisés, son ponton, sa décoration de maison de poupée, ses vues sur le soleil tombant dans les eaux du lac, est irrésistible. Je me sens plongée dans une carte postale de la Belle Epoque. De l’autre côté de la rue, le spa de l’hôtel invite à une bulle de douceur, entre jacuzzi, sauna, hammam et soins attentionnés – je bénéficie d’un fabuleux massage shiro abhyanga opéré avec une grande délicatesse. Le bien-être coule de source à Evian-les-Bains, oasis de douceur au cœur d’une Haute-Savoie intemporelle. Retrouvez la suite de l’expérience dans mon article consacré à Evian et au pays d’Abondance !
Les Chalets de Ludran à Môle et Brasses
Attention, énorme coup de cœur. Entre Genève et Annecy, au cœur des Alpes du Léman, Marion et moi avons découvert un hébergement incroyable, authentiquement savoyard et tellement luxueux et chaleureux : Les Chalets de Ludran. Esthètes en quête de luxe mais allergiques à l’impersonnel, amoureux des spas, amoureux tout court recherchant une adresse ultra romantique, surtout retenez celle-ci. Marie-Noëlle et son mari ont conçu ce petit paradis, ce cocon de bien-être absolu avec vue sur les Alpes. Piscine chauffée, jacuzzi, sauna, tout concourt à une détente absolue. Les différents hébergements (chambres d’hôte, gîte autonome ou suite duplex) sont tous décorés et aménagés avec un goût incroyable, mêlant héritage savoyard de la famille des propriétaires, originaires de la région depuis des générations, aux inspirations rapportées de leurs voyages. Aux boiseries alpines se mêlent plumes et objets qui vous transportent sur les rives de Tanzanie, et le mariage raffiné se fait avec goût et harmonie. Retrouvez la suite de l’expérience dans mon article consacré à la destination Môle et Brasses en Haute-Savoie !
Les chalets de Ludran, photo Marion Carcel
La Croix de Savoie à Arâches-la-Frasse
C’est une belle découverte que j’ai pu vivre grâce à un coffret Smartbox : une escapade gourmande était promise, et elle était divine ! Mais cerise sur le gâteau, j’ai aussi pu découvrir un joli spa. Pour la Saint Valentin, nous sommes partis au cœur des Alpes de Haute-Savoie, au bel hôtel La Croix de Savoie. Tenu par une famille adorable, il est réputé pour son restaurant gastronomique récompensé par le guide Michelin, La table des dames. Notre coffret nous a permis de savourer un fabuleux menu en trois plats concoctés avec amour par le chef, et on s’est vraiment régalés – entre la truffe, la pomme d’amour au chocolat et le poisson au homard, difficile de dire ce que j’ai préféré ! Après le petit-déjeuner, direction le spa pour une séance de sauna, hammam et détente dans nos jolis hamacs suspendus… une vraie parenthèse en apesanteur. La qualité de l’accueil m’a vraiment touchée et je recommande cette belle adresse familiale.
Les Loges Blanches à Megève
Envie d’un cocon de douceur au milieu des flocons ? Nous avons eu un immense coup de cœur pour notre merveilleux hébergement à Megève, la luxueuse résidence hôtelière Les Loges blanches. Depuis notre chalet délicieusement cosy, tout de bois clair et de rêveries ouatées, nous voyons au dehors la neige tomber. Envie de jouer à la reine des neiges ? Allons sauter dans la piscine chauffée en toute saison et vite se réchauffer les pieds au sauna… Besoin de réconfort ? Le petit dej est juste merveilleux sous la verrière féerique, fruits, pancakes saupoudrés de neige, spécialités savoyardes, il y a tout. C’est un des plus beaux hôtels que j’aie eu le bonheur de découvrir en Savoie Mont Blanc et cela restera un sommet de bonheur ! Pour moi, il y a une espèce d’idéal romantique à être dans un chalet de montagne sous les flocons au cœur de l’hiver – et avec une piscine, c’est toujours mieux, évidemment ! J’ai adoré aux Loges blanches cette magnifique piscine bien chaude, ce sauna tonneau, cette possibilité de nager en plein hiver, le très beau restaurant La table des cochers, avec sa décoration équestre, sa grande cheminée où brûle le feu, et sa verrière ouverte sur les sapins couverts de neige, le confort des grands appartements équipés de petites cuisines, d’un vaste salon, d’une grande terrasse et de chambres douillettes, et de façon générale, l’atmosphère si montagnarde, le calme et la beauté de Megève qui a été une immense coup de cœur pour nous. A retrouver dans mon article consacré à Megève.
Les loges blanches, photo Marion Carcel
Les résidences MGM aux Saisies, à La Rosière et aux Houches
Les résidences de grand luxe MGM proposent de beaux appartements confortables à la montagne avec des prestations hôtelières (ménage fait, service de petit-déjeuner, appartements entièrement équipés, etc), et surtout, de superbes espaces bien-être. J’adore les résidences MGM pour le soin apporté à la partie piscine et spa. Ils se composent toujours d’une très grande piscine et d’une partie sauna/hammam, avec jacuzzi et espace détente. Je suis une récidiviste : j’ai testé la résidence MGM Amaya aux Saisies, la résidence MGM Alpenrose à La Rosière, et enfin les Chalets Elena aux Houches. Cette année, ce sera aux Contamines. Bref, j’adhère vraiment à ces résidences qui sont ma valeur sûre pour un séjour en montagne de beau standing en famille, et je sais que je vais continuer de m’y rendre !
Résidence MGM Amaya aux Saisies
L’hôtel Madame Vacances Le Mottaret à Méribel
Une de mes plus belles semaines de vacances ! Le Mottaret à Méribel est une institution depuis son ouverture au début des années 1980. Les Anglais adorent se retrouver au soir à son très beau bar feutré et cosy, où velours rouge et cocktails rythment la soirée, et son resto quasiment situé sur les pistes (30 secondes de marche) accueille de nombreux skieurs le midi. L’hôtel fait partie des fleurons du groupe Madame Vacances, qui propose hôtels, chalets et résidences locatives de bon standing partout en France, et il a récemment bénéficié d’une rénovation intégrale qui ajoute encore à son confort, son standing et sa beauté. Pour notre immense plaisir, un spa flambant neuf a été inauguré l’année dernière, et j’ai adoré la piscine où trône un faux ciel lumineux et où passent les télécabines de Méribel en arrière plan, le jacuzzi, le sauna, sans même parler du jacuzzi extérieur où on boit le champagne en version privatisée… Un délice absolu que le Mottaret, à retrouver dans mon article consacré à Méribel.
Le Mottaret à Méribel, photos Marion Carcel
Les petits spas privatisables en Haute-Savoie
Le Spa de Lys à Praz de Lys Sommand
Quel est l’avantage comparatif d’un petit spa par rapport à un grand ? Certes, vous n’aurez pas de piscine, l’espace disponible ne le permet pas, mais vous pourrez le privatiser ! Le spa de lys a récemment ouvert à Praz de Lys Sommand et l’ambiance était parfaite. Déco ravissante et cosy, entre bois de bouleau, hamacs et murs vert d’eau, atmosphère feutrée, le spa propose des créneaux privatisés pour une expérience de bien être intimiste en couple, en famille ou entre amies. Dans votre espace spa boisé, vous trouverez un sauna, un jacuzzi, et une douche à sensations à customiser avec la capsule d’huiles essentielles de votre choix. Nous n’avons pas testé les soins, mais le spa de Lys propose à la fois des massages, des soins bien être avec les produits Pure Altitude que j’adore (je les ai découverts à Megève, où ils sont fabriqués avec des plantes de nos Alpes faites pour résister au froid et au gel, ce sont de super produits) et des soins esthétiques classiques type manucure. Les cabines sont jolies et accueillantes. Découvrez la suite de l’expérience dans mon article consacré à Praz de Lys Sommand !
Le spa de Lys, photo Marion Carcel
Les spas insolites en Savoie Mont Blanc
Le chalet western Gîte La Patte Nordic en Vallée d’Aulps
En vallée d’Aulps en Haute-Savoie, Geoffrey et moi avons dormi dans un lieu exceptionnel : le Gîte La patte Nordic. Dans cet extraordinaire hameau western construit artisanalement par une famille passionnée, 3 gîtes inouïs attendent le voyageur : le plus rustique et sauvage, Le chalet trappeur, le plus fou et insolite, La mine de Buck, et le plus cosy et romantique (le nôtre!), Le chalet saloon. Vraiment, je ne peux que vous recommander ce petit paradis pour un week-end en amoureux. Lit à baldaquin de velours rouge (recouvert de pétales de rose, car nous avions le pack romantique ❤️), vieux piano et déco incroyable, jacuzzi privatif avec vue sur les montagnes, tout était extraordinaire – un lieu magique, hors du temps. A côté de nous, les chiens nordiques de La patte Nordic invitent à une cani rando au cœur des montagnes et à une immersion câline au milieu de rêves boréaux. A La table d’Enouck, on se régale d’un délicieux menu gastronomique fait maison par le chef. C’est un merveilleux séjour de charme dans une atmosphère unique, un souvenir mémorable… je recommande vraiment cette fabuleuse adresse hors du temps lors de votre séjour aux Gets.
Sensations Vanoise : un spa insolite en Haute Maurienne Vanoise
Quand on arrive à Sensations Vanoise, l’effet est saisissant : nous sommes dehors, au bord d’un lac à demi gelé, et des cascades de glace tombent des pontons. Il va falloir se déshabiller, braver le froid de l’hiver, traverser pieds nus dans la neige, pour gagner la chaleur : un bain nordique bien chaud au bord du lac, un sauna brûlant. Mais pour les plus courageux, l’épreuve ne fait que commencer ! Tonneau d’eau froide, descente dans le lac à demi gelé, roulades dans la neige attendent les plus courageux… Quatre d’entre nous ont pris leur courage à deux mains et foncé dans l’eau gelé. Ils ont été applaudis héroïquement par ceux qui étaient restés tranquillou dans le bain nordique à siroter du thé dans l’eau chaude. Ce n’est pas un spa ordinaire, c’est une aventure, à vivre en Haute Maurienne Vanoise, une des vallées les plus authentiques et intenses de Savoie !
Le sauna de La Ferme à La Clusaz
Un sauna avec vue sur la sublime église baroque de La Clusaz ? C’est ce que propose la Ferme, un très bel hôtel familial dont j’ai adoré l’atmosphère délicieusement rétro et ancrée dans le terroir. Ne venez pas que vous leur sauna tonneau, restez dîner dans le fabuleux resto 100% circuit court éclairé de bougies romantiques et de pianos pirates. Une belle évasion au cœur des Aravis !
J’espère que cette sélection des plus beaux spas en Savoie Mont Blanc, entre Savoie et Haute-Savoie, aura su vous plaire ! N’hésitez pas à vous abonner à la newsletter pour plus de détente et de montagne sur Itinera Magica, blog de voyage passionné par les Alpes et les belles adresses.
Connaissez-vous la Somme, le pays des plages immenses, des chevaux Henson, des cathédrales, des oiseaux par milliers et de la nature intacte ? Cela faisait longtemps que je me sentais attirée par cette destination de grands espaces et de plein air, que je m’imaginais un peu comme une autre Camargue au nord de la France. J’ai été émerveillée par la beauté de la lumière sur les plages immenses du Nord, par la sensation de liberté et d’infini, par la gentillesse des gens que nous avons rencontrés et par la richesse de la faune qu’on croise sur les rivages de la Somme. Mais le meilleur ? C’est que les animaux sauvages ne sont pas les seuls à en profiter : oui, vous pouvez visiter la Somme avec votre chien ! Depuis plusieurs années, la Somme a pris ce virage du tourisme à quatre pattes, notamment la destination Fort-Mahon-Plage dans la vallée de la Somme, labellisée « toutourisme ». Elle a été notre camp de base pendant plusieurs jours, avant de continuer en direction d’Amiens pour notre circuit « dog friendly ». Ce fut un grand bonheur d’avoir pu vivre tout cela avec Nevada la golden retriever et Sigma la border collie, nos chiennes chéries. Ce pays d’oiseaux et de roseaux est l’ami de tous les animaux. La Somme est une pionnière du tourisme canin : voyager avec son meilleur ami, c’est possible ici. Nous avons partout été très bien accueillies et j’ai été surprise par le nombre d’espaces accessibles aux chiens : sentiers, plages, hébergements, activités, ils sont nombreux à accepter nos amis à 4 pattes. Et je crois que les chiennes se sont régalés autant que nous. Sentiers de randonnée accessibles aux chiens, hôtels et restaurants qui les accueillent (dont certains labellisés « qualidog »), activités possibles avec les quatre pattes, nous avons découvert de super adresses et expériences compatibles avec le tourisme canin. Pour visiter la Somme, sauvage et sublime, en version canine, vous êtes au bon endroit : voici un guide du voyage en vallée de la Somme avec son chien !
Voyager dans la Somme avec son chien : grands espaces…… nature préservée…… patrimoine mémorable !
Nous avons réalisé ce reportage toutourisme dans la Somme en trio : Marion Carcel à la photo et Pauline Filippelli à la vidéo. Toutes les photos de cet article sont l’œuvre de Marion. La vidéo de Pauline illustrant ce séjour dans le nord avec nos amis à quatre pattesest juste en dessous.
De gauche à droite : Pauline, Ariane (moi) et Marion dans la Somme avec nos chiennes Sigma (la border) et Nevada (la golden). Photos Marion CarcelPauline à la vidéo, Marion prend la photo !
Voyager dans la Somme avec son chien : la vidéo
Pour découvrir la beauté de la Somme en vidéo, je vous propose ces belles images réalisées par Pauline Filippelli : 3 minutes de douceur, d’envolées et de câlins canins !
Explorer la vallée de la Somme avec son chien
Si une partie de la baie de Somme est interdite aux chiens (notamment la célèbre réserve du Marquenterre, où il ne sera pas possible de venir avec notre animal), il existe de très belles alternatives, des baies magnifiques et des réserves naturelles où les chiens sont autorisés.
Visiter la Somme : le Marquenterre avec son chien
Le Marquenterre, pays légendaire ! Nous en rêvions depuis longtemps. Voici plusieurs sites superbes à explorer avec son chien dans la région de Fort-Mahon et de Quend, dans la Somme.
Sur les plages du Marquenterre avec nos chiennes
Connaissez-vous la Baie d’Authie, un site méconnu de la Somme, beau et résolument nature ? Ici les chiens sont autorisés et il y a tant à explorer. Partez, en solo ou, mieux encore, avec une guide nature, à la découverte du milieu exceptionnel de la baie d’Authie. Entre prés salés, marais et plantes incroyables, jusqu’à l’embouchure qui ouvre une magnifique vue sur la mer, la balade est superbe et la présence de la guide nous a permis d’explorer de façon approfondie et de découvrir des curiosités à côté desquelles nous serions passées sans elle. Odile, merveilleuse guide nature, nous fait goûter aux plantes comestibles comme la salicorne et l’aster maritime (aussi appelée oreille de cochon), admirer les délicats lilas de mer, découvrir les plus petites escargots du monde, les hydrobies, et nous apprend toutes sortes de choses passionnantes sur ce milieu d’exception. Elle nous a même prêté des bottes de pluie (indispensable pour explorer la baie d’Authie) !
Exploration de la baie d’Authie avec Odile, guide nature passionnante
Partez explorer le sentier de la dune à Fort-Mahon. Là encore, les chiens sont les bienvenus, et cette belle balade vallonnée entre dune et plage sur des sentiers faciles est accessible à toute la famille.
Rendez-vous au centre équestre de l’Etrier pour découvrir le cheval emblématique de la Somme, le Henson, race naturelle de territoire française. Tout comme le Camargue ou le cheval du Vercors, le Henson fait partie du patrimoine équin français : il s’agit de races adaptées à leur milieu et qui ont évolué pour s’y conformer. Les Henson, qui ont un petit quelque chose du fjord, sont de ravissants poneys bruns dont le look me séduit énormément. Je rêve de revenir explorer la baie sur le dos d’un Henson – des randos équestres sont organisées !
Vous rêviez de la réserve du Marquenterre, mais elle est interdite aux chiens ? Allez à celle de Grand-Laviers, ils sont autorisés ! Vous pourrez observer des dizaines d’espèces d’oiseaux depuis les affûts aménagés, et écouter les explications passionnantes de la guide qui répertorie les oiseaux migrateurs, et surveille les nombreuses populations de passage ou installées dans cette réserve d’une grande richesse. Mais vous y verrez aussi amon coup de cœur poilu dans la Somme : la vache des Highlands ! Elle entretient les prés, elle est tellement mignonne et elle me donne furieusement envie de cornemuse… la Somme a des airs de grand nord sauvage avec elle !
La réserve de Grand-LaviersUne belle découverte natureLes vaches des Highlands en baie de Somme
L’office du toutourisme à Fort-Mahon-Plage
Besoin de plus de conseils et de bonnes adresses pour explorer la destination ? Rdv à l’office du (tou)tourisme à Fort-Mahon-Plage où les chiens seront accueillis comme des rois et où on vous remettra un super guide, Le guide du toutourisme, pour trouver tous les sentiers, restos et activités qui accueillent les 4 pattes. Vous recevrez (ou plutôt, votre compagnon recevra !) aussi des cadeaux, des friandises, ainsi que l’accès au toutou bar avec eaux et croquettes. L’accueil est chaleureux ! Et on vous recommandera les plages autorisées aux chiens…
Toutourisme dans la Somme à Fort-Mahon-Plage
Aller à la plage avec son chien dans la Somme
Quelles plages sont autorisées aux chiens dans la Somme ? Autour de Fort-Mahon-Plage, l’office du (tou)tourisme a pu nous renseigner et nous fournir le guide les indiquant. Ce qui nous a permis de vivre un superbe coucher de soleil sur la plage avec nos chiens entre Quend et Fort-Mahon, sur les immensités littorales du Marquenterre. Grandiose !
Le bonheur de trouver des plages autorisées aux chiens dans la Somme
Une belle adresse Qualidog dans la Somme : Pierre & Vacances Belle Dune
Vous avez envie de vacances à la plage avec votre chien ? Direction le village Pierre & Vacances Belle Dune à Fort-Mahon-Plage dans la Somme. Avec ses canaux et ses pans de bois colorés, la résidence est belle et délicieusement rétro. Je lui ai trouvé des airs de carte postale ancienne !
La résidence Pierre & Vacances Belle Dune est labellisée Qualidog et nos chiennes Nevada et Sigma y ont reçu un accueil 5 étoiles. Elles ont pu accéder à tous les espaces, y compris le restaurant où nous avons pris petit déjeuner et dîner – c’était excellent et l’accueil était chaleureux.
Un hébergement qualidog dans la Somme : la résidence Belle Dune à Fort-Mahon
La Somme est magnifique, entre plages immenses, faune sauvage en liberté, patrimoine authentique et belles rencontres, et on a trouvé que Belle Dune était un merveilleux camp de base pour se reposer, savourer et explorer.
Châteaux et forêts enchantées de la Somme, avec nos chiens
Envies de visites patrimoine où les chiens sont autorisés ? La vallée de la Somme offre de belles opportunités.
Nous avons eu un coup de foudre total pour le merveilleux château de Regnière-Écluse. Cette féerie architecturale est depuis 1000 ans dans les mains de la même famille, ce qui permet de traverser les époques, du Moyen-Âge aux folies XIXe en passant par les lumières Renaissance et les curiosités baroques. Ce château est de toute beauté et regorge de détails – amis des bêtes, cherchez les licornes cachées dans les frises ! Le propriétaire adore les chiens et permet de venir avec les siens.
Un château de conte de fées dans la Somme
Partez pour une balade ou une randonnée dans la forêt de Crécy ! Ces bois regorgent à la fois d’arbres remarquables, ainsi qualifiés pour leur beauté, leur âge ou leur rareté, mais aussi d’arbres sculptés. Des œuvres d’art en pleine forêt, à explorer truffe à l’air et souliers en liberté ! Les chiennes se sont régalées.
Amiens, capitale de la Somme, avec son chien
Une virée toutourisme en Somme ? Votre voyage passera sans doute par Amiens, cette ville a du chien ! Quelques idées pour l’explorer :
Même si vous ne pourrez pas entrer à l’intérieur avec votre chien, relayez-vous pour visiter la cathédrale. Elle est somptueuse et gigantesque : c’est la plus grande de France ! Ses dimensions monumentales impressionnent et sa richesse architecturale fascine. Il s’agit d’un chef d’œuvre gothique incontournable et il m’était impossible de quitter la Somme sans l’avoir visitée.
Connaissez-vous les hortillonnages ? Ces jardins ont été bâtis sur l’eau au Moyen Âge par l’Eglise soucieuse d’étendre les terres agricoles, une véritable prouesse technologique qui a su résister aux assauts du temps et des flots. Ces parcelles sont entièrement entourées de canaux, donnant l’illusion de « jardins flottants », et on ne s’y déplace que par voie d’eau. J’ai eu un énorme coup de foudre pour les hortillonnages, curiosité historique et patrimoniale d’exception, à l’ambiance profondément sereine. Je vous recommande VRAIMENT le tour en barque à cornet traditionnelle : vous ne verrez ça nulle part ailleurs ! Ce labyrinthe vert en pleine ville est incroyablement insolite et apaisant et j’aurais voulu y rester toute la journée, voire une nuit : il est possible de dormir dans une cabane sur certaines des petites îles ouvertes à la location. Les animaux sont acceptés et c’était une super expérience pour tout le monde, à 2 et 4 pattes : nous guettions les fleurs et les curiosités, et les chiennes les oiseaux vivant au creux des îlots !
Dans les hortillonnages d’Amiens, en barque à cornet traditionnelle Un univers enchanteur
Amiens est réputée pour ses canaux et son street art. Nous sommes parties pour une petite balade dans les canaux colorés à la recherche des œuvres, et on a même trouvé des pattounes ! Destination dog friendly jusqu’au bout des griffes…
Une bonne adresse où déjeuner à Amiens quand on visite la Somme (avec ou sans son chien) : le restaurant Le Quai. On a adoré le cadre à la fois moderne et chaleureux au bord des canaux et à deux pas de la cathédrale, et la cuisine gastronomique créative et savoureuse. Bien sûr, les chiens sont admis, et l’accueil très sympathique. On nous a dit que le président Macron appréciait l’adresse !
Voyager dans la Somme avec son chien : arriver en train
Venant du sud de la France, nous sommes arrivées dans la Somme par le rail. TER + TGV ou TGV + TER, nous avons traversé toute la France par voie ferroviaire ! Les tarifs pour voyager en train avec un animal varient en fonction des régions et des trajets. Nos chiennes avaient leur propre billet pour chaque trajet. Au moment de notre voyage (septembre 2023), nous avons payé 5 euros dans les TER et 7 euros dans les TGV – n’hésitez pas à vous renseigner auprès d’un guichet SNCF ! Notre périple dans la Somme a débuté à Amiens, où nous avons ensuite loué une voiture.
De belles vacances dans la Somme pour Nevada et Sigma
Merci à Somme Tourisme et notamment à Justine pour cette belle mission qui a réjoui les 2 & les 4 pattes.
Connaissez-vous la vallée de la Clarée ? A quelques encablures de Briançon, au cœur des Hautes-Alpes, cette destination un peu magique cultive son atmosphère de bout du monde ensoleillé. Au coeur de l’hiver, la vallée de la Clarée reste un îlot préservé, paradis du ski nordique et de la randonnée. Si vous rêvez d’une montagne sublime et poétique, que vous recherchez le calme, la pleine nature et l’authenticité, vous allez vous régaler. Ici, les sommets découpés et les villages de livres d’images déclinent entre sommets et clochers, cadrans solaires et ruisseaux gelés leur féerie de haute vallée un peu secrète. Ici, pas de ski alpin à l’horizon, mais de fabuleux espaces nordiques pour le ski de fond et les chiens de traîneau, des sentiers de randonnée à l’infini, avec à la clef des nuits en refuge hors du temps. Ici se déploie une foule d’activités hivernales pour toutes les envies, et de très belles adresses, chaleureuses, colorées, ancrées dans le terroir. Slow tourisme, multi activités hivernales et décors d’une profonde beauté – la vallée de la Clarée a été un vrai coup de foudre pour nous. Nous ferons aussi un détour du côté du col de l’Izoard, une autre destination au cœur des Hautes-Vallées du Briançonnais, unies par cette même puissance intacte d’une montagne un peu hors du monde. Prêts à embarquer dans un autre hiver, loin des foules et plein d’originalité ? Suivez-nous au coeur des mélèzes, au détour de la rivière enchantée…
La vallée de la Clarée en hiver : des randonnées et des refuges grandiosesDes activités hivernales originales dans un décor grandiose Une évasion nordique au coeur des Alpes du SudEt l’authenticité des villages nichés au coeur des Hautes Vallées.
J’ai réalisé ce séjour d’hiver multi-activités en vallée de la Clarée en duo avec ma binôme et amie Marion Carcel alias Foehn Photographie. Toutes les photos de cet article sont les siennes.
Marion et moi à Huttopia Vallée de la ClaréeA la cascade de Fontcouverte
Que faire l’hiver en Vallée de la Clarée ? Un séjour à la neige et multi-activités
La vallée de la Clarée n’est pas une destination de ski alpin : il n’existe que deux petites pistes à Névache, réservées aux enfants et aux débutants souhaitant apprendre l’activité. A proximité de la Clarée, de part et d’autre de Briançon, les grands domaines de ski alpin sont Serre-Chevalier et Montgenèvre, tous les deux idéaux pour les amoureux du ski de piste. Mais en vallée de la Clarée, on vient chercher autre chose : les grands espaces préservés et la multiplicité des activités hivernales. Nul besoin de ski alpin pour se régaler à la montagne en hiver. Ski de fond, randonnée, insolites comme le snooc ou le chien de traîneau, tout est possible en vallée de la Clarée… Si vous rêvez d’évasions polaires, les Hautes Vallées ont vraiment tout pour plaire… un ailleurs givré niché au cœur des Alpes ensoleillées !
Ski de fond et biathlon à Névache
Névache, paradis nordique ! Les grands espaces de la plus haute commune de la vallée de la Clarée invitent à l’évasion boréale… Ici, c’est le paradis des activités nordiques, à commencer par le ski de fond et le biathlon. L’avantage du ski de fond, c’est qu’il est très accessible à tous : vous commencez sur du plat, sans pente, et vous ne prenez aucun risque de chute, surtout en étant bien encadré avec un moniteur. Pour un débutant, le ski de fond est sans aucun doute moins intimidant que le ski alpin, et aussi moins cher : moins de matériel à louer, des forfaits petit budget car sans utilisation de remontées ! Avec l’ESF Névache, l’initiation est facile, ludique et accessible à tous. Et pourquoi ne pas réserver directement une initiation biathlon ? On s’essaie d’abord au ski de fond sur un espace bien aménagé, pour apprendre à tourner, freiner et se déplacer. Nous sommes en ski classique ou alternatif – car nous ne maîtrisons pas encore le skating ! Les deux options sont possibles pour cette initiation biathlon de 2h, qui se veut facile et accessible à tous. Je ne suis pas très douée, mais je m’amuse bien et j’apprends ! Puis on passe au pas de tir : celui de Névache est superbe. Couchée puis debout, j’apprends à tirer sur les cibles avec une vraie carabine à plombs, en respectant bien sûr les règles de sécurité. Et là, on se régale, c’est encore mieux qu’à la télé. 5/5, vous relevez le défi ?
Initiation biathlon avec notre super moniteur, Luc
Chien de traîneau et initiation musher en vallée de la Clarée
A Névache avec les super mushers de l’hôtel Echaillon, vous pouvez non seulement vivre un baptême de chien de traîneau (assis dans le traîneau) mais aussi une initiation musher (conduire vous-même votre propre traîneau au milieu des grands espaces). C’est une activité vraiment originale et c’est un vrai coup de coeur. Quelle différence entre le baptême et l’initiation musher ? Le baptême est accessible à tous, enfants, adultes, de tous âges : assis dans le traîneau, vous vous laissez porter et les sensations sont géniales.
L’initiation musher dure une heure et va vous demander plus d’investissement. On vous confiera votre propre traîneau, et il vous faudra guider les chiens qui vous sont confiés, en suivant bien sûr le musher expérimenté. C’est sportif, c’est intense, c’est impressionnant parfois – je ne porte pas un casque pour rien, il y a eu roulé-boulé ! L’activité est à réserver aux personnes en bonne condition physique et qui n’ont pas peur de l’engagement (courir derrière le traîneau dans les montées en poussant, s’accrocher en descente, etc). Mais c’est très exaltant et cela permet vraiment de mieux comprendre le lien extraordinaire qui unit le musher à ses chiens. Une expérience puissante !
Le snooc au col de l’Izoard : l’hiver insolite dans les Hautes Vallées
Nous quittons cette fois la vallée de la Clarée pour passer juste de l’autre côté de Briançon, sur la route sublime qui monte au col de l’Izoard. En été et à l’automne, la route est ouverte à la circulation – je l’avais découverte en octobre dernier lors d’un magnifique séjour à Serre-Chevalier.
Le col d’Izoard en octobre, découvert lors d’un beau séjour à Serre Chevalier
La route montant au col de l’Izoard est vraiment une des plus belles parties de la route des grandes Alpes. Mais en hiver, la route du col d’Izoard est fermée à la circulation et réservée aux activités neige : raquettes, ski de rando, ski de fond, et donc aussi le snooc. Le décor est grandiose, entre cascades de glace, panoramas vertigineux et mélèzes à chaque virage.
La route version hiver !
C’est dans ce décor incroyable que nous découvrons le snooc, une nouvelle activité originale à la neige. Envie de glisse et de sport, mais vous n’êtes pas skieur ? Voici le snooc. A la montée, c’est du ski de rando : vous montez avec de gros skis aux pieds et des peaux en dessous. C’est la partie immersion en pleine nature, avec un effort physique modéré qui permet de se dépenser tout en profitant du cadre. C’est sportif, mais facile et accessible : si vous savez marcher, vous savez snoocer.
Puis à la descente, on empile les deux gros skis l’un sur l’autre, on sort un siège et le snooc devient une luge sur laquelle on s’assoit. C’est fun, facile, ludique, accessible à tous. On prend en confiance et on gagne en vitesse, sans perdre la maîtrise. Le snooc permet aussi aux non skieurs d’avoir de belles sensations de glisse et de vivre une aventure en pleine nature. Et dans le cadre grandiose des Hautes Vallées, c’est incomparable !
Randonnée raquettes et nuit en refuge en vallée de la Clarée
Ici, les sentiers de randonnée sont infinis et ils mènent à des refuges perdus au coeur de la montagne, des cocons loin du monde. Le tour du Thabor est un circuit mythique en vallée de la Clarée, mais ce n’est pas le seul. Véritable paradis de l’itinérance à pied, la vallée de la Clarée regorge de refuges suspendus entre France et Italie, gardés et accessibles en hiver, où on vit une belle aventure givrée – sur plusieurs jours si on le souhaite, il est possible d’enchaîner de refuge en refuge !
La vallée de la Clarée en hiver, l’aventure au grand air
Vigilance en randonnée hivernale : Pour de nombreuses destinations en vallée de la Clarée, notamment les refuges, il existe un sentier d’hiver et un sentier d’été. Les sentiers d’été sont souvent dangereux en hiver : risque d’avalanche, sentiers exposés au vide, etc. Renseignez vous bien avant de partir, vérifiez que vous suivez bien un sentier raquettes et non un sentier d’été, et vérifiez bien les conditions (météo, neige, risque d’avalanche). La montagne en hiver est grandiose mais peut être dangereuse et les avalanches frappent aussi les randonneurs. Si vous avez le moindre doute, parlez aux offices de tourisme des Hautes Vallées, par exemple au bureau de Névache. On saura vous renseigner et vous aider à planifier votre itinéraire en toute sécurité. Il est possible de profiter de la randonnée hivernale en vallée de la Clarée sans se mettre en danger, renseignez-vous bien pour éviter tout risque inutile !
Refuge de Buffère
Pour accéder par exemple à la sublime cascade de Fontcouverte, il existe un sentier d’hiver et un sentier d’été. Nous avons bien veillé à suivre l’itinéraire d’hiver, le long de la rivière, pour arriver en toute sécurité à cette merveille à demi gelée dans son écrin de mélèzes…
Une nuit d’hiver au refuge de Buffère, en vallée de la Clarée
Lors de ce séjour, notre objectif était le très beau refuge de Buffère, niché au-dessus de Névache avec une vue imprenable sur la vallée. Environ 5km et 500D+ depuis Névache nous permettent d’y accéder par le sentier d’hiver. Là-bas, l’accueil est chaleureux, les gardiens accueillants, et le refuge grand luxe : oui, on dort en dortoir, comme toujours en refuge de montagne, mais il existe de plus petites chambres avec des dortoirs semi-privés (si vous venez en petit groupe, vous aurez un dortoir privatisé), une douche (rare en refuge), et surtout, une super cuisine. Un vrai cocon !
Nuit d’hiver au refuge de Buffère
Qu’est-ce que j’aime les nuits en refuge – tout particulièrement en hiver !
Monter en raquettes ou en ski de rando dans la neige, quitter la vallée pour le calme ouaté des blanches immensités.
Arriver au bout du monde dans une bulle de chaleur et de convivialité, où d’autres passionnés de montagne viennent chercher le feu de la cheminée, le plaisir d’une bibliothèque remplie de livres rouges d’alpinistes, les délices d’une grande tablée chaleureuse où on mange local et maison. Et au refuge de Buffère, on est particulièrement bien servis : la table est excellente et 100% terroir, c’est du refuge gastronomique !
Atmosphère chaleureuseAude et Guillaume, les gardiens du refuge de Buffère, nous réservent une super cuisine faite maison ancrée dans le terroir de la Clarée
Ressortir dans la nuit étoilée et se plonger dans l’infini cosmique.
Dormir tous ensemble dans des dortoirs chaleureux et se lever tôt pour croquer le petit dej et la montagne. Jouir d’un lever de soleil inouï.
Ce sont des moments que j’adore. Pour qui aime l’itinérance alpine et les cheminements de refuge en refuge, la Clarée est un éden absolu : les sentiers sont innombrables et les refuges réputés. Je reviendrai, je le sais.
Les plus beaux villages des Hautes Vallées
Val-des-Prés, Névache, Cervières, La Grave, Villar d’Arène… les Hautes Vallées regorgent de pépites préservées. Ici les villages sont de toute beauté, le meilleur du patrimoine des Hautes Alpes, entre cadrans solaires, clochers et fresques exceptionnelles – une vraie machine à remonter le temps.
Coup de foudre pour Plampinet
Vous connaissez ma passion pour l’histoire des Alpes et leur patrimoine. D’un bout à l’autre de la chaîne alpine, l’architecture des villages a obéi à des logiques communes : la nécessité d’apprivoiser le froid, la neige et la pente, l’importance de l’élevage et du pastoralisme. Mais dans chaque vallée des Alpes, des particularités se sont imposées, façonnées par les particularités de la géographie, de l’histoire politique et religieuse, des choses qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Partout où je vais dans nos montagnes, je recherche les villages bijoux, ceux qui ont conservé ces particularités puissantes. Envie d’explorer le cœur des Hautes-Alpes dans le grand sud givré, là où se rencontrent le Haut Dauphiné et l’Italie, aux confins du royaume des France ? Lors de notre voyage dans les Hautes Vallées, nous avons découvert deux villages emblématiques du patrimoine de la région, à l’ombre des cadrans solaires.
Cadrans solaires à Plampinet. Aucun doute, nous sommes dans les Alpes du Sud !
Plampinet, le plus beau village de la vallée de la Clarée
Plampinet, qui est en vérité un hameau de la commune de Névache, est un bijou absolu, à ne rater sous aucun prétexte !
Plampinet, bijou de la Clarée
Au creux d’un méandre de la Clarée, ce village a su conserver ses granges anciennes, ses ruelles ornées de couleurs chaudes et de cadrans scandant les heures, et surtout, deux églises baroques d’exception. Au bord de la rivière, la chapelle plus ancienne abrite des fresques du XVe siècle, dans un style pictural évocateur et puissant que j’avais déjà pu admirer en Haute Maurienne Vanoise et qui montre l’empreinte des artistes venus de Lombardie, au nord de l’Italie, sur nos Alpes françaises. Cheminant de col en col au gré des saisons, ces équipes virtuoses et demeurées anonymes viennent réaliser des œuvres grandioses qui tissent un trait d’union dans toute la chaîne alpine.
Mais le clou de Plampinet, c’est son église principale, située un peu plus haut dans le village, qui abrite un véritable chef d’œuvre pictural du XVIe siècle : ce n’est plus une fresque, c’est l’Evangile en bande dessinée. La vie de Jésus, sa passion et sa résurrection s’étalent sur l’ensemble de la voûte de cette sublime église baroque, et la qualité de l’œuvre confine à la virtuosité. L’atmosphère est d’une beauté rare et je vous recommande chaleureusement une visite guidée pour décoder tous les symboles cachés. Un moment grandiose !
Une richesse picturale exceptionnelleDes fresques superbes
Cervières, sur la route du col d’Izoard
Sur la route du col d’Izoard, le beau village de Cervières me séduit par ses clochers lombards qui évoquent déjà l’Italie, son église saisissante offrant une vue majestueuse sur le village et sur les gorges découpées s’ouvrant sur un saisissant chaos rocheux. Les Hautes Vallées sont ce pays où la roche lumineuse, le soleil complice et la neige généreuse sculptent ensemble des merveilles de beauté… Splendeur et authenticité des Alpes du Sud.
Les décors grandioses de Cervières en hiver
Bonnes adresses en vallée de la Clarée
Parlons des belles adresses hors du temps, des restos chaleureux et créatifs et des produits du terroir des Hautes-Alpes. Venez en vallée de la Clarée vivre une escapade d’hiver au détour de la rivière, et ayez de l’appétit !
Au bord de la Clarée et à l’ombre des sapins, nous avons été séduites par le charme presque canadien des chalets du camping Huttopia à l’entrée de la vallée. Le calme et le confort règnent dans ces jolies cabanes au fond des bois cosy et toute équipées, parfaites pour une idylle loin du monde.
On avait même dans notre chalet Huttopia un appareil à raclette, pour un repas 100% terroir des Hautes-Alpes venu du resto Le petit randonneur.
Envie d’une adresse super originale et plus healthy ? Bar à jus et resto spécialiste des bowls complets, Un brin sauvage saura contenter tout le monde, locavores et crudivores, végétariens et omnivores, dans une joyeuse ambiance vitaminée et avec un vrai sens gastronomique. Le coup de cœur de Marion !
A Névache sur le site nordique, La luge à foin ravira les amateurs d’assiettes colorées, de viande locale et de terroir revisité avec singularité. L’accueil est chaleureux, la terrasse vue montagne baignée de soleil, et les desserts au top – mon adresse chouchou, tout ce qu’on attend d’un super resto de montagne !
Pour un thé trempé dans le papier, on a adoré la superbe librairie La page Clarée. Littérature générale et de montagne, salon de thé et produits locaux, cette belle adresse a tout pour vous retenir un après-midi d’évasion cosy. Après en avoir découvert dans le Vercors drômois et à Montcuq dans le Lot, je suis résolument fan des cafés-librairies !
A Plampinet sur le tour du Thabor, l’auberge La petite caserne (située au sein de l’hébergement La Cleida) cultive l’ambiance montagnarde et les produits d’ici. Une atmosphère de refuge, mais en vallée, et des burgers et desserts savoureux.
Côté Izoard : l’hôtel resto Le petit cerf à Cervières est le camp de base des aventuriers et un endroit chaleureux et coloré ! Les amoureux de sports de montagne le connaissent bien, car c’est notamment l’hôtel d’Azimut, la compagnie de voyages sportifs spécialisée dans le ski de rando et le VTT…
J’ai eu un vrai coup de foudre pour la vallée de la Clarée et je me suis promis d’y revenir à l’automne, à l’heure des mélèzes tout enflammés. J’ai un immense amour pour la vallée de Briançon, les Hautes Vallées et toute cette région des Hautes-Alpes. A suivre sur Itinera Magica : des articles sur La Grave & Villar d’Arène d’une part, et Serre Chevalier et Briançon d’autre part. N’hésitez pas à vous abonner à la newsletter et à me suivre sur Instagrampour ne rien rater !
Un grand merci à l’office de tourisme des Hautes Vallées et tout particulièrement à Soline pour ce séjour enchantée au cœur de la Clarée… un souvenir gravé !