Découvrez les Iles Shetland, méconnues et merveilleuses
Up Helly Aa. Sans doute n’avez-vous jamais entendu ces mots qui claquent comme une voile dans le vent du nord. C’est le nom du plus grand festival viking d’Europe : chaque année à Shetland, 900 hommes revêtent leurs costumes de viking, leurs casques ailés et leurs bottes fourrées, défilent dans la nuit avec des torches enflammées, et mettent le feu à un drakkar.

Fin janvier 2017, j’ai mis le cap plein nord, et j’ai suivi la lumière des flammes jusqu’aux îles Shetland, le point le plus septentrional de l’Ecosse. Et ce voyage restera un des plus incroyables, un des plus dépaysants de ma vie. Sur les traces des vikings, j’ai découvert la beauté sauvage de ces îlots battus par les vents, riches de cinq mille ans d’histoire.

Laissez-moi vous donner envie de découvrir à votre tour les Shetlands, cet archipel méconnu et mystique. Nous partons pour une épopée viking inoubliable.

A la fin de l’article, retrouvez un carnet pratique complet pour organiser votre voyage aux Shetlands.
Les îles Shetland : au cœur du royaume viking
A trois cent kilomètres au nord de l’Ecosse, les dieux scandinaves ont semé quelques étoiles rocheuses dans les eaux glacées. L’archipel des Shetlands émerge au cœur de la Mer du Nord, à mi-chemin entre Bergen (Norvège) et les Iles Féroé. Si l’archipel constitue aujourd’hui le point le plus au nord du Royaume-Uni, c’est qu’il ne lui a longtemps pas appartenu : jusqu’au XVe siècle, les Shetlands étaient au cœur du royaume des Vikings.

Pendant des siècles, on a parlé ici le vieux norrois, l’ancêtre des langues scandinaves. Aujourd’hui encore, le dialecte des Shetlands est émaillé de mots qui évoquent le Norvégien, et les paysages sauvages de ces îles me ramènent à mes souvenirs d’Islande.

Petite, j’ai trop lu les aventures de Thorgal et Aaricia, et mon imaginaire a été colonisé par le panthéon nordique. J’ai rêvé du marteau de Thor étincelant dans le ciel boréal, de l’arbre aux neuf mondes, des walkyries et des drakkars lancés sur la mer écumante. L’été dernier, je suis partie en Islande sur la trace des vikings. J’ai découvert l’histoire de ce peuple qui a su traverser les mers glaciales en suivant les étoiles, et se porter jusqu’aux Amériques, quatre cent ans avant Christophe Colomb. Je me suis promis de continuer à explorer leur royaume océanique, de la Norvège au Groenland, de l’Islande aux Orcades.

Des profondeurs de la mer du Nord, un nom mythique montait à mes oreilles. Up Helly Aa. Cette année, je me suis jetée à l’eau. Mon épopée viking devait me conduire à Shetland.

Aller aux Shetlands : aventure en Ecosse, plein nord
Voyager est parfois presque trop facile. Les avions ont rétréci le monde et les océans se traversent en quelques heures. Mais partir aux Shetlands est déjà une aventure en soi, qui rappelle les voyages au long cours d’autrefois. Après avoir pris l’avion pour Aberdeen, sur la côte Est de l’Ecosse, j’embarque sur un ferry qui met cap au nord : Aberdeen – Lerwick, la capitale des Shetlands, quatorze heures de traversée. Un viking triomphant est dessiné sur la cheminée du ferry, épée tendue vers les aurores boréales.
Je voyage avec une amie très chère, Marie-Pierre, qui partage ma passion nordique. Nous prenons place dans notre petite cabine avec vue sur vagues, et dans la nuit marine, le roulis nous fait rêver d’odyssées insoupçonnées.

Nous nous réveillons à l’autre bout du mythe. Shetland, enfin.
Il n’y a pas d’arbres ici, une végétation rase couvre ces reliefs sur qui les vents s’acharnent. Les moutons semblent plus nombreux que les hommes. Les gens vivent de la pêche et du pétrole, les précieuses ressources de la mer du nord. De hautes falaises luttent avec les eaux tumultueuses, et des rochers aux formes elfiques se jouent de l’écume. L’imaginaire décuple la beauté de l’île.

L’exploration commence.

Le sud des Shetlands, plages blondes et vikings endormis
Au sud de Mainland, l’île principale des Shetlands, les paysages sont plus doux et amènes que ce à quoi je m’attendais.
Je découvre avec stupéfaction d’innombrables plages de sable blond, qui dessinent des anses rondes au cœur des dunes moussues. La côte se disperse en virevoltes, ici la côte est basse et tendre, la pente douce. Je ne pensais pas voir une mer si bleue, un sable si clair, à ces latitudes isolées.

Autour de Sumburgh, la pointe sud de l’île, ce paysage aurait des faux airs de station méridionale, si la végétation échevelée du nord ne trahissait sa vraie nature. A Sumburgh Head, les oiseaux nichent par milliers sur les hautes falaises. Sternes, guillemots, pingouins torda et cormorans font chanter la pierre. L’été, on voit ici aussi des macareux.

J’ai le coup de foudre pour St Ninian’s Isle, une petite île enchaînée à la côte par un tombolo de sable blanc. A marée basse, ce cordon lumineux permet de marcher au milieu des eaux, et de rejoindre l’île. Il paraît que les plages de Shetland sont régulièrement nommées parmi les plus belles du Royaume-Uni. Je rêve soudain de revenir ici l’été, et de me baigner dans ces tropiques du grand nord.


Un autre lieu me touche extraordinairement : le site historique de Jarlshof, où les dunes et les mousses ont su préserver quatre mille ans d’histoire. On a déterré ici des villages néolithiques, datant de l’an -2000, où vivaient les fermiers et les marins de l’âge de fer. Ils bâtissaient des maisons rondes, à demi enfouies, au cœur desquelles brûlait le feu nourricier ; ils élevaient des moutons et des cochons, pêchaient poissons et coquillages, et vénéraient des idoles inconnues dont les visages fragmentés se reflètent sur les pierres.
Quelques pas sur le site, et c’est un bond de trois millénaires : voici maintenant un village viking, datant du 9e siècle de notre ère. Voici la maison du Jarl, le chef qui guidait les drakkars sur les mers mordantes… la mer si proche, lourde des échos de la nuit des temps.
Quelques pas encore, et c’est un château médiéval en ruine, demeure du seigneur du sud de l’île.
Les pierres de mémoire et les mousses de Jarlshof me resteront longtemps en tête. Jamais je ne me suis sentie aussi proche du fond des âges.



Le nord des Shetlands sous la tempête : falaises d’Eshaness et rochers elfiques
Le mardi 31 janvier, jour d’Up Helly Aa, une tempête fait rage sur la mer du nord. Les ferrys sont annulés ou retardés, une houle monstrueuse se lève dans les eaux froides, et des paquets de mer furieuse viennent se jeter contre les falaises.
Le nord de Shetland, la région qu’on nomme Northmavine, est bien plus sauvage et désolée que le sud. Le paysage me rappelle l’Islande ou les Féroé, avec ces landes érodées par le vent et la mer, ces hautes falaises noires, ces rochers découpés qui semblent défier les flots dont ils émergent.
Les rochers du Ness of Hillswick ou l’arche monstrueuse du Dore Holm, face à Stennes, sont autant de bizarreries géologiques colossales, mais ces monstres assoupis ne dérangent pas les moutons laineux et les poneys des Shetlands qui galopent dans la lande. Je suis fascinée par l’épaisseur de leur fourrure, et par leur agilité sur des terrains aussi rocheux et abrupts. Le poney des Shetlands : têtu, coriace, tout terrain, fabriqué par cette île au climat extrême.

Le plus beau panorama des Shetlands, on le trouve aux falaises d’Eshaness, à la pointe occidentale de l’île. Mais au moment de descendre de voiture, je manque de m’envoler. J’ai grandi dans la vallée du Rhône, Dieu sait que je m’y connais en mistral – mais jamais de ma vie je n’ai connu un vent comme celui-là. Il est difficile de tenir debout, le vent nous ballotte sur la lande comme des montgolfières. Je voudrais m’approcher des falaises d’Eshaness, faire les photos sublimes qu’on voit dans les guides touristiques, 55 mètres de vide rocheux et la mer, mais c’est impossible dans ces conditions. Le vent est si violent qu’il pourrait facilement me jeter dans la mer, cinquante-cinq mètres plus bas. Je reste à une distance raisonnable du vide, et prends quelques photos en position accroupie, cherchant à limiter la prise que les bourrasques hurlantes ont sur moi.

Nous avons lu qu’un chemin mène au pied de la falaise, et qu’on peut y découvrir des cavités marines impressionnantes, les Hols o Scraada. Mais nous avons l’impression que la marée monte, et les conditions météorologiques extrêmes nous incitent à la prudence – avec raison. Les Hols o Scraada sont remplies par des vagues déchaînées et le niveau de l’eau continue de monter.
Voici ci-dessous la montée des eaux, en l’espace de trente minutes. C’est un souvenir que je garderai de Shetland : la violence imprévisible de la mer du Nord, la plus dangereuse d’Europe. Raison de plus pour admirer les Vikings qui en ont fait leur terrain de jeu.

Up Helly Aa : le festival viking du feu à Shetland
Sur une île isolée, où les nuits d’hiver sont longues et froides, il faut des rituels qui fédèrent les cœurs et rapportent lumière et chaleur dans les ténèbres. Tous les derniers mardis de janvier, à Lerwick, a lieu un festival unique au monde : Up Helly Aa.
Ce sont plus de 900 hommes en costume viking, avec casque ailée, armure et bottes fourrées, qui défileront à la nuit dans les rues de Lerwick, la torche enflammée à la main. En chantant des hymnes marins, ils transportent à travers la ville un drakkar qu’ils ont passé l’année à concevoir et peindre avec soin. Puis au terme de leur procession, ils mettront le feu à ce drakkar, dans un déluge d’étincelles. Leurs chants commémorent leurs ancêtres vikings, le courage de ceux qui ont bravé les océans, et l’identité bien à elle de Shetland, l’île scandinave rattachée à l’Ecosse.

La veille d’Up Helly Aa, je vais parler au « Guizer Squad », l’équipe de vikings qui mène le cortège. Ils m’expliquent l’importance immense que le festival revêt dans leurs vies. A partir d’octobre, ils se retrouvent plusieurs soirs par semaine pour construire le bateau, et décider des couleurs de l’année. Un chef mène la procession : le Guizer Jarl. Pour devenir Guizer Jarl, il faut seize années de dévouement à l’organisation d’Up Helly Aa, seize années de menuiserie, de peinture et de pyrotechnie. C’est l’honneur ultime, et quand le bateau brûle, on voit souvent le Guizer Jarl de l’année verser une larme : il ne vivra un tel soir qu’une fois dans sa vie. Une fois le bateau brûlé, les Vikings rejoignent des soirées privées dans des tentes ou des maisons et partent pour douze heures de fête à la viking – la bière coulera à flots !
Ce qui m’a fait sourire, c’est la mode capillaire à Up Helly Aa : le Guizer Jarl a de longs cheveux et une longue barbe, et il commence à les faire pousser six ou sept ans avant que son tour vienne. Je rencontre des hommes aux longueurs de cheveux et de poils variées, et je peux deviner au degré de pousse si leur tour approche.
J’avoue à voix basse que je suis un peu amoureuse d’eux. Que voulez-vous, les Vikings, ça a toujours été mon truc, j’ai grandi en lisant Thorgal. (Et j’en épouse un en juin. On ne se refait pas.)

J’ai vu Up Helly Aa dans les pires conditions possibles, sous une tempête de vent et de pluie. Je suis revenue trempée et glacée, et j’ai envié les heureux photographes locaux, que les habitants avaient accueilli dans leurs maisons. Eux jouissaient de la vue surplombante sur l’évènement qui a manqué à mes photos. Je n’ai pas pu me déplacer et voir l’ensemble du cortège, j’ai dû choisir un emplacement, et rester là d’un bout à l’autre. J’ai choisi de guetter tout près de l’endroit où le bateau brûlerait, et d’essuyer frénétiquement mon objectif, couvert de gouttes disgracieuses par les averses ininterrompues et le vent horizontal…


Petite astuce utile si vous comptez un jour photographier Up Helly Aa : sachez que deux heures avant la « vraie manifestation » (celle des 900 adultes), vous avez le défilé des jeunes de 11 à 15 ans. Ils sont moins nombreux (une centaine), l’effet est moins saisissant, mais eux aussi défilent en costume viking et brûlent un petit drakkar. Les rues sont beaucoup plus vides, et il est plus facile de se déplacer… Certaines photos ont été prises durant la « petite » procession, et non la vraie. Je n’étais hélas pas dans les bonnes conditions pour capturer la beauté mystique des 900 torches qui tournoient.

Mais il reste mes souvenirs, et quelques petites images de ce moment tellement unique et mystique, fragments d’une expérience que je n’oublierai pas…

Loutres, aurores boréales, cascades, Unst : mes regrets à Shetland
C’est difficile de venir hors-saison dans un lieu qui est déjà, par nature, peu touristique. Up Helly Aa m’a conduite à Shetland en janvier, et je ne regrette pas, mais sans doute aurais-je encore plus profité de l’île en été.
Shetland concentre la plus grande population de loutres d’Europe. Mais pour les voir, ces animaux discrets et malins, il faut un guide… guide qui ne se trouve qu’en été. Les loutres sont, paraît-il, visibles l’hiver, mais encore faut-il savoir où et quand les trouver. Ce savoir m’a manqué, et je n’ai pu photographier que les nombreux panneaux « otters crossing ». Je rêve de revenir à Shetland en juin ou juillet, et de guetter les loutres avec quelqu’un qui les connaît bien. C’est le minimum pour moi qui collectionne les peluches loutre depuis dix ans 😉

A Shetland, on trouve une des plus hautes cascades d’Europe, les chutes de Lang Clodie Wick. Mais elles sont totalement inaccessibles en hiver. Pour les atteindre, il faut soit prendre un bateau, soit traverser l’âpre montagne de Ronas Hill avec un guide pour atteindre cette baie loin de tout. Les deux sont impossibles à l’époque du gel et des tempêtes.

J’aurais voulu aller à Yell et Unst, les deux îles les plus au nord – mais l’hiver raréfie les ferrys et les hébergements disponibles.
Je quitte Shetland à la fois émerveillée et frustrée : je sais que l’archipel me cache encore des secrets, et qu’il faudra que je revienne, car elle ne lâchera pas prise. Je rêverai de Shetland pendant longtemps encore.
Et les aurores boréales ? A ces latitudes, il est tout à fait possible d’en voir l’hiver. Je ne les ai pas vues à Shetland, mais deux jours plus tard, à Orkney… Je compte bien vous en parler très vite !
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Guide de Shetland : organiser son voyage aux îles Shetland
Pourquoi aller à Shetland ?
Parce que c’est une destination encore méconnue, sauvage, en dehors des sentiers battus.
Pour la beauté étonnante des plages de sable blond et des falaises découpées.
Parce que c’est au cœur du royaume viking, et que les vestiges historiques sont d’une qualité inégalable. On ne voit nulle part ailleurs ce qu’on voit à Shetland : des villages de l’âge de fer et des villages vikings, parfaitement préservés.
Pour la faune exceptionnelle : phoques, loutres, macareux, oiseaux en tout genre…
Pour Up Helly Aa, le festival viking.
Parce que Shetland réjouira tous les amoureux du Nord, de la nature et de la mer.

Aller aux Shetlands et se déplacer aux Shetlands
Vols pour les Shetlands
Il existe bien des vols pour les Shetlands, qui arrivent à Tingwall ou à Sumburgh, au sud de l’île, un petit aéroport dont les voitures peuvent traverser les pistes, à la façon des passages à niveau…
Mais les vols sont opérés par des petites compagnies locales, aux rotations imprévisibles et aux tarifs prohibitifs. Ce sont quasiment des vols privés.

De plus, il faut savoir qu’il est très difficile de louer une voiture aux Shetlands : les îles sont très sauvages, très peu touristiques. Les stations sont rares et les tarifs prohibitifs. Et ne croyez pas vous déplacer aux Shetlands sans voiture ! Imaginez l’Islande il y a dix ans, avant le boom touristique, cela vous donnera une petite idée… Les véhicules sont très rares sur les routes, surtout au nord de l’île – nous avons roulé des heures sans croiser personne. Faire du stop est exclu. C’est pourquoi la plupart des voyageurs arrivent à Shetland par le ferry, avec une voiture louée à Aberdeen.
Aller aux Shetlands en ferry : budget et planning
La compagnie qui effectue les rotations se nomme Northlink. Les ferrys partent d’Aberdeen autour de 17h, s’arrêtent à Kirkwall (Orcades) vers 23h, puis continuent vers le nord et atteignent Lerwick à 7h le lendemain matin. On passe donc toujours la nuit sur le ferry. Consultez le tableau des rotations sur le site : les ferrys sont fréquents en été, plus rares en hiver (deux fois par semaine).
Le ferry est spacieux et confortable, et compte un restaurant, un cinéma, une salle de jeux, un bar, une boutique, des salons.
Il est possible de réserver soit un siège inclinable, soit une cabine. Les prix pour la cabine sont assez élevés : pour deux personnes, une voiture, une cabine duo et le repas, nous avons payé 315 livres, soit un peu plus de 150 livres par personne. Je relativise en me disant que cela comprend le prix d’une nuit d’hôtel, et que nous en aurions eu pour bien, bien plus cher en prenant un avion pour Lerwick et louant une voiture là bas. Voici le détail de la facture : voiture 109 livres, 1 passager 27 livres, cabine duo 100 livres, repas + petit déjeuner 26 livres. Je n’ai absolument pas regretté d’avoir réservé la cabine, petite mais confortable. Nous avons bien dormi, sommes arrivées à Shetland en forme à 7h du matin et avons pu profiter de notre première journée d’exploration. Il faut savoir que les conditions dans lesquelles dorment les passagers qui ont réservé un siège inclinable sont catastrophiques : lumière vive, télé qui hurle, boucan des gens qui font la fête… Je vous recommande de faire l’investissement et de ne pas gâcher votre première journée à Shetland en ayant passé une nuit blanche.
Quelles îles visiter aux Shetlands ?

Tout cet article est consacré à l’île principale, Mainland Shetland, qui est celle qui concentre les activités les plus attractives (plages, sites archéologiques, Up Helly Aa, etc).
On distingue trois grandes zones sur Mainland : le sud (Sumburgh, Sandwick), le centre (Lerwick et Scalloway) et le nord, appelé Northmavine (Hillwsick, Eshaness, Ollaberry). Toutes méritent d’être explorées.
Vous entendrez souvent parler de Northmavine comme d’une île à part entière, mais en réalité, Northmavine est la partie nord de Mainland, accessible normalement par la route via l’isthme de Brae.
Autour de Mainland, vous trouverez une myriade infinie de petites îles : Burra, Bressay, Hildasay, Oxna… et des dizaines d’autres. Shetland est comme un jet de confettis au milieu de l’océan. J’aurais adoré avoir un bateau et les explorer depuis le large.

Si vous avez le temps, vous pouvez explorer les deux îles les plus au nord, Yell et surtout Unst, qui est paraît-il spectaculaire au niveau des paysages et de la faune sauvage. Pour aller à Unst, il vous faudra prendre un ferry pour Yell, traverser Yell, puis un autre ferry pour Unst. Ces ferry inter-îles sont fréquents et rapides, le trajet total devrait vous prendre environ 2h (en pleine journée, bien sûr, les ferrys s’arrêtent la nuit).
Si vous avez beaucoup de temps, vous trouverez deux îles encore plus isolées (et qui demandent une certaine logistique !) :
* à l’ouest de Shetland, à 3h30 de ferry, l’îlot Foula. Solitude totale assurée, et des falaises de 365m de haut !
* au sud de Shetland, à mi-chemin entre les Orcades et les Shetlands, Fair Isle, l’île la plus isolée du Royaume-Uni, à 4h de ferry de Shetland. On y trouve des oiseaux, des falaises de 200m et de sublimes plages.
Attention, il n’y a pratiquement aucune infrastructure touristique à Foula et Fair Isle, partez sur l’option camping et apportez des provisions…
Dormir à Shetland : hôtels, hostels et caravanes
Les hébergements ne sont pas très nombreux à Shetland, et il faut se méfier en période de pic touristique, par exemple au moment d’Up Helly Aa, ou en plein été. Si vous avez un van ou comptez faire du camping sauvage, vous pouvez vous permettre la spontanéité ; sinon, je vous recommande vivement de réserver vos hébergements à l’avance.
Backpackers : Mainland compte un hostel à Lerwick, Isleburgh House Hostel. Si vous comptez vous rendre à Unst, vous en trouverez aussi un là-bas, Gardiesfauld Youth Hostel.
Les emplacements pour camping cars sont nombreux : il semblerait que pour pallier le manque d’hébergements (et parce qu’il faut de toute façon arriver sur l’île en voiture), de nombreux voyageurs choisissent de venir à Shetland en camping car ou en van. Si je reviens à Shetland l’été, je pense que cela sera mon choix.
Bon à savoir pour les aventuriers : le camping sauvage est toléré à Shetland, à condition de se comporter de façon respectueuse.
L’île a la réputation d’être accueillante envers les marcheurs, les backpackers, etc. Le coin reste sauvage et saura plaire aux amateurs d’aventure hors des sentiers balisés.

Hôtels : Nous avons dormi à Hillswick, au nord de l’île, dans un hôtel ancien appelé Saint Magnus Hotel. Je vous le recommande sans hésiter. C’est un manoir majestueux, légèrement effrayant, qui m’a rappelé la bâtisse rouge du film Crimson Peak. J’y ai lu des histoires de fantômes dans la nuit brumeuse et les chambres en velours cramoisi sont d’une élégance surannée, mais tout le confort est au rendez-vous. La nourriture est exquise, et le personnel extrêmement chaleureux et sympathique. Cet hôtel a été notre sauveur : TOUT était complet sur l’île au moment d’Up Helly Aa, des mois à l’avance. J’ai cherché pendant quinze jours un hébergement, avec une panique grandissante, avant de trouver St Magnus.

J’ai également repéré de jolis hôtels de bon standing à Sumburgh et à Scalloway.
J’ai eu un vrai coup de cœur pour Sumburgh Hotel, qui se situe face à la mer, juste au-dessus du fabuleux site viking Jarlshof. J’y dormirai sans doute si je reviens à Shetland.

Le Scalloway Hotel ne jouit pas d’une localisation aussi pittoresque, mais m’a fait une bonne impression. Son restaurant semble extra.
Que voir, que faire à Shetland ?
La liste est loin d’être exhaustive, mais voici quelques idées. Ne manquez pas :
– La visite du Jarlshof, près de Sumburgh, au sud de l’île : un site archéologique fascinant
– Deux autres sites archéologiques majeurs : Old Scatness et Mousa Broch
– Les sublimes plages du sud, autour de Sumburgh, et le tombolo St Ninian’s Isle
– Réserver un « wildlife tour » pour voir les loutres, les phoques et les macareux
– Pour les héros : randonner sur Ronas Hill et Lang Clodie Wick
– Les curiosités géologiques de Northmavine : les sublimes falaises d’Eshaness, le rocher Dore Holm, toute la côte de Hillswick à Hamnavoe. Accessibles en voiture.
– La réserve ornithologique de Sumburgh Head
– L’autre réserve ornithologique, paraît-il plus belle encore, d’Unst. Unst, l’île la plus au nord de toutes, est aussi la plus sauvage.
– Le château de Scalloway, lui pour le coup typiquement écossais !
– Le musée des Shetlands à Lerwick : j’aurais adoré le voir, mais il était hélas fermé le 1er février, le lendemain d’Up Helly Aa – jour férié à Lerwick !
– Le Croft House Museum à Boddam : une maison typique des Shetlands, qui montre le mode de vie fruste et traditionnel qui a été celui des habitants jusque dans les années 1960.
Que manger et où manger à Shetland ?
Shetland vit de la pêche, les spécialités comportent beaucoup de poisson et de coquillages. J’ai adoré la soupe typique du nord de l’Ecosse, la Cullen Skink, à base de pomme de terre, crème et haddock. Le saumon de Shetland est excellent.
Comme partout en Ecosse, les fish and chips sont incontournables, et c’est un restaurant de Shetland qui a reçu le prix officiel du « meilleur fish and chips du Royaume-Uni » en 2015 : Frankie’s Fish and Chips, à Brae. L’endroit est simple, mais la nourriture vraiment extra – je vous recommande vivement leurs « crab cakes ».

Nombre de desserts comportent des fruits rouges (crumbles, sorbets, tartes, coulis…) ce qui m’a réjouie. Le restaurant de notre hôtel Saint Magnus à Hillswick a été mon préféré de tout notre séjour écossais, je vous le recommande sans hésiter – et notamment leur Cullen Skink, leurs entrées à base de crabe et de saumon, et leur fabuleux crumble aux fruits rouges.
Je ne l’ai pas testé, mais on m’a dit beaucoup de bien du restaurant de poisson du Scalloway Hotel.
Petite mise en garde concernant les guides de Shetland
Ne vous fiez pas au Guide Vert sur l’Ecosse concernant Shetland ! Je serais prête à parier que leurs auteurs n’ont jamais mis les pieds sur l’archipel. Ils ne consacrent que deux pages à Shetland, avec environ 0,5% des activités possibles… Globalement, je trouve les guides touristiques français très insuffisants sur Shetland, probablement parce que la destination reste en dehors des circuits touristiques chez nous. (Il y a plus de touristes anglais et néerlandais, mais quasiment aucun français, à ce que m’ont dit les hôteliers.) Je n’ai pas trouvé à ce jour de guide de Shetland satisfaisant en langue française.
Je me suis renseignée sur les îles en anglais grâce au site Visit Shetland, et surtout, avec les petits dépliants détaillant chaque zone géographique qu’on trouve sur le ferry d’Aberdeen à Lerwick. Ils portent les noms des différents districts de Shetland : West Mainland, South Mainland, Northmavine, Unst, etc. Ils sont extrêmement pratiques, car ils comportent des cartes beaucoup plus détaillées que la carte Michelin de l’Ecosse, qui est super pour le reste du pays, mais qui se réduit au strict minimum à Shetland… Essayez vraiment de mettre la main dessus, soit sur le ferry, soit à l’office de tourisme de Lerwick à votre arrivée. A Shetland, vous ne pouvez pas compter sur Google (la 3G est quasi inexistante, et même le réseau téléphonique tout court) ou sur un GPS, il vous faut absolument des cartes fiables.
Un souvenir typique de Shetland ?
Shetland est célèbre pour ses moutons, bien plus laineux que tous ceux que j’ai croisés ailleurs en Ecosse ! Les écharpes et pulls en laine sont des incontournables.

En quelle saison aller à Shetland ?
Voir ci-dessus mon paragraphe « Mes regrets à Shetland ». Je suis venue en janvier, parce que je voulais voir Up Helly Aa (dernier mardi de janvier). L’expérience a été fabuleuse. Mais l’un dans l’autre, je pense que j’aurais malgré tout mieux fait de venir en été. Dans cette île soumise aux caprices de la météo et peu touristique, beaucoup de choses sont fermées l’hiver, et je pense que j’aurais plus profité de la beauté naturelle des lieux l’été, avec une mer plus calme, et la possibilité d’accéder à St Ninian, aux falaises de Lang Clodie Wick, de voir les loutres et les macareux, etc.
Cela dit, je dois préciser que même si les jours sont raccourcis par rapport à chez nous, cela n’est pas aussi extrême qu’en Islande : fin janvier, lors de mon voyage, j’avais de la lumière d’environ 8h45 à 16h15.
Un point concernant la température : il fait moins froid l’hiver que ce qu’on aurait pu penser, les îles étant situées en plein dans la trajectoire du Gulf Stream. Lors de notre séjour fin janvier, nous avions des températures d’environ 5 degrés. Néanmoins, la température ressentie était bien plus basse, en raison du vent violent.
Si je devais revenir à Shetland – ce que j’espère faire un jour –, je viendrais en juin, quand les jours sont très longs et le climat plus doux.
Vous ai-je donné envie d’aller à Shetland ?
J’en reviens encore plus éprise du grand nord, et avec des rêves plus vifs que jamais : la Norvège, le Groenland, sur les traces des Vikings encore !
Si vous voulez retrouver toutes les photos de l’article en grand format, voici ici l’album Google + Shetland.
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