Spots de surf sur la Côte d’Azur Surfer sur la Côte d’Azur ? Il n’y a pas que Brice de Nice pour y croire.
Bien sûr, Ramatuelle n’est pas le Northshore hawaïen, bien sûr Bandol n’est pas Nazaré. Mais quand le vent de terre creuse la vague, quand la houle se soulève sur le sable clair, de jolis spots de surf apparaissent sur le littoral méditerranéen.
Et le mistral, l’éternel compagnon du midi ? Il fait le bonheur des kite surfs et des planches à voile.
Avant que la chaleur de l’été n’invite tout le monde à la sieste, alors que la Méditerranée est encore fraîche et vivifiante, c’est l’heure bénie du surf sur la Côte d’Azur. On voit fleurir les planches sous les palmiers royaux et les voiles colorées au milieu de l’écume. Regardez bien – n’y a-t-il pas ici un petit air de Californie ?
Voici une petite promenade sur mon littoral adoré. Sortez les Cadillac et une robe fleurie, on retourne dans les sixties.
Everybody’s gone surfin’ – surfin’ Côte d’Azur.
La belle plage de La Ciotat et ses surfeurs
Ca va décoiffer. Kite surf sur l’Almanarre, à Giens
Voici ma petite collection de spots de surf, kite surf et paddle, de Marseille à Saint Tropez, sur ces rivages que j’adore.
La Ciotat et son club de surf
Peut-être avez-vous déjà pris la légendaire Route des Crêtes qui part de Cassis ? Une fois sorti des virages, vous trouverez alors la baie de La Ciotat, et vous vous croirez presque arrivé à Los Angeles. Palmiers en front de mer, petites cabanes colorées, et même un club de surf, tout y est. La Ciotat sera votre coup de coeur inattendu, l’endroit que vous imaginiez juste industriel et ennuyeux, et où, surprise, vous vous retrouvez à Santa Monica. J’adore son front de mer plein de petits restaurants, de palmiers très made in Hollywood, et les surfeurs dans les vagues…
La Ciotat.
Le Gas Surf Club de La Ciotat, c’est une institution du surf en Méditerranée. Comment ne pas être charmé par l’ambiance de cette longue plage en cœur de ville ?
Les beaux jours arrivent, les surfeurs sont les hirondelles de la mer, ils annoncent l’été qui vient…
Les élèves du Gas Surf Club
De Bandol à Sanary, les baies dorées
Surtout, ne prenez pas l’autoroute. Traversez Saint Cyr et son étrange rocher qui ressemble à un aigle en colère, et vous trouverez, de Bandol à Sanary-sur-Mer, de grandes baies ouvertes qui comptent parmi les plus belles de la Côte.
Entre La Ciotat et Saint Cyr en paddle
La Plage dorée, sur la magnifique baie de Bandol, est aussi un joli spot de surf et de paddle quand les conditions sont propices. Et le jour où j’ai pris des photos, une myriade de voiles multicolores s’élançait au loin, au milieu des pins maritimes… Does it get better than this?
Surf sur la plage dorée, dans la baie de Bandol
Bandol au loin
En surf ou en stand up paddle, on peut s’amuser sur ces jolies petites vagues
On s’y croit, non ?
Hyères et Giens, seigneurs du vent
Si vous êtes féru de voile et de kite surf, vous savez que la rade de Hyères et la plage de l’Almanarre à Giens sont des légendes. Selon le sens du vent, on peut presque toujours mettre les voiles sur la presqu’île de Giens, sur l’un ou l’autre des tombolos. Et les jours de grand mistral, le spectacle est hallucinant, car les champions du monde s’entraînent ici.
Voile à Giens par grand vent. Hyères est une des étapes de la Sailing World Cup.
Kites et voiles sur l’Almanarre
Ecole de kite surf à Giens, Kif Kite.
Mais je vous avais déjà dit à quel point j’aime cet endroit, non ? Plus d’infos sur Giens.
En stand up paddle au Lavandou, à Ramatuelle ou Saint Tropez
Je rêve de passer mon été en paddle dans le golfe de St Tropez, à arpenter ces rivages mythiques en ramant sur l’azur liquide.
Trois endroits dont je garde un souvenir enchanteur, où on peut louer un stand up paddle et se prendre pour un Polynésien qui glisse sur les flots.
* La plage de Cavalière, sur la commune du Lavandou, aussi dite « plage des Paillettes » pour les étranges scintillements dont se pare le sable.
Un hôtel de rêve sur cette plage ? Le Club de Cavalière & Spa, à ma connaissance le seul 5 étoiles de la Côte qui soit vraiment les pieds dans l’eau. On descend les marches de la piscine, et on arrive sur cette plage magnifique.
Heureuse en paddle à Cavalière – je prenais un cours avec « Pat Paddle » sur cette belle plage !
* La mythique plage de Pampelonne, où le souvenir de Brigitte Bardot donne envie d’être blonde platine et de jouer à la naïade.
Un hôtel de rêve sur cette plage ? Le Tahiti Beach, avec ses parasols orangés, ses jardins fleuris et son ambiance de rêve exotique. Mon coup de cœur sur la plage de Pampelonne.
Pampelonne : l’incontournableVivement, vivement l’été à St Tropez…
* La plage sauvage et préservée du Cap Taillat, à Ramatuelle, où j’ai vu les eaux les plus transparentes et pures de toute la Côte d’Azur.
Pas d’hôtel ici, juste la réserve naturelle, et la mer d’un bleu presque provocant.
Le genre de choses qu’on voit au Cap Taillat…
De l’Estagnol à Brégançon en kite surf
C’est un des plus beaux pans du littoral varois : de l’Estagnol au fort de Brégançon, sur la commune de Bormes-les-mimosas. Quand le vent souffle, c’est le paradis du kite surf. Avouez que décoller dans les airs face au palais estival du président de la République, ça en jette non ?
Le fort de Brégançon à la fin de l’hiver. Rien que pour ça, ça vaut le coup d’être président
Air time.
Et par temps calme, c’est une collection de plages sublimes.
Sainte Maxime, pour l’amour du paddle de vagues
C’est un des spots de paddle de vague les plus réputés de la Côte d’Azur, et des compétitions internationales ont souvent lieu ici. J’adore la plage de la Nartelle, d’où on voit à l’horizon les mythiques rochers rouges de l’Estérel.
Paddle surf à Sainte Maxime : un beau spotSur la plage de la NartelleAu loin, l’Estérel !
L’été approche, et je vais bientôt recommencer à vous parler de mes rivages adorés… Ce petit article, plus court et léger qu’à l’ordinaire, n’était qu’une mise en bouche, promis ! (Je suis en voyage chez les Normands et les Bretons, entre road trip dans le Calvados et Salon des blogueurs de voyage à Saint Malo, difficile de vous sortir mes romans habituels, mes articles fleuve ! Du coup, ceci était une petite collection de cartes postales.)
En attendant, retrouvez tous mes articles de blog sur la Provence et la Côte d’Azur…et prévoyez de venir embrasser la Méditerranée !
Epinglez moi !
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Vous êtes en recherche d’expériences insolites et d’activités originales en Bavière en hiver ? Vous êtes au bon endroit. Voici tout ce que vous pouvez faire en Bavière en hiver si vous cherchez absolument à mourir d’une mort originale et valant plein de likes sur Instagram. Faites votre testament et chaussez vos moufles, c’est parti.
C’est parti.
Activités insolites et expériences héroïques en Bavière l’hiver
La Bavière en hiver ? Jusqu’ici, je vous ai montré des photos de châteaux enneigés, de calèches romantiques et de cygnes voguant sur des lacs brumeux, alors vous imaginez que c’est pépère. Vous vous voyez déjà enfiler de grosses chaussettes au coin du feu, manger de l’Apfelstrudel bien chaud et vous assoupir en moins de temps qu’il n’en faut pour prononcer Garmisch-Partenkirchen. Mais je vous ai trompés sur la marchandise, amis lecteurs. La terrible vérité, c’est que la Bavière en hiver, c’est brutal. C’est un truc de grands malades, de fous à lier, de kamikazes des glaces.
C’est parti pour un tour d’horizon de toutes les activités qui pourraient vous faire périr dans d’atroces souffrances.
Surf glacial sur l’Eisbach, à Munich : la vague mythique de Bavière
Oui, vous avez bien analysé la photo de couverture : c’est du surf. Par moins 8.
On va commencer par ça tout de suite, pour que sachiez qu’ici, ça ne rigole pas. « Fous ta cagoule », comme dirait Fatal, et c’est parti.
A Munich, il y a un parc gigantesque, le Jardin Anglais (Englischer Garten), où les Munichois adorent faire du vélo et des pique-niques. On y croise des daims, des canards, des naturistes tous nus sur les pelouses, des pagodes chinoises, des temples grecs et autres trucs parfaitement inattendus, notamment la plus célèbre vague de surf en ville au monde. Le Jardin est traversé par un ruisseau, l’Eisbach, et quand le débit est suffisant, une vague permanente se forme à un endroit précis. C’est pour ça qu’à Munich, on se la pète beachstyle au pied des Alpes, et qu’on voit des mecs teints en blond californien ramener leur planche de surf au milieu des Biergärten, façon Brice de Nice en culotte de peau. Le ruisseau s’appelle l’Eisbach, ce qui signifie « rivière de glace » – déjà à la base, c’est pas super bon signe. J’ai tenté de m’y baigner au mois de juillet et je ne suis rentrée que jusqu’au nombril, en poussant des petits couinements de gallinacé des mers du sud que mes robustes camarades allemands ont jugés parfaitement grotesques. Mais alors, en janvier, par -8 ?
La vague du jardin anglais
Ok, ils ont des combinaisons. Mais laissez-moi vous dire, du haut de ma grande expérience de surfeuse (sur YouTube), que l’eau c’est fourbe. C’est une substance qui a réussi à apparaître toute seule sur Terre alors qu’à la base notre planète n’était qu’un amas de météorites en fusion, alors tu crois qu’elle a quelque chose à foutre de ta combinaison de beau gosse ? Je vais te dire ce qui va se passer : elle va s’immiscer par le moindre interstice, elle va congeler tes organes, elle va te rendre tout violet et transi. Et ton visage ne sera pas couvert, donc chaque vague te donnera l’impression de te prendre une paire de baffes du yéti. Et même si tu survis au froid, tu vas louper ton take-off et tu vas te ramasser le rebord gelé. Bref, dans tous les cas, tu vas mourir.
Next.
Toujours dans le Jardin anglais de Munich, on trouve au sommet d’une colline un faux temple grec bien kitsch, le Monopteros(enchantée). Cet endroit bucolique où les Japonais adorent se demander en mariage se transforme en tremplin de la mort verglacée dès que l’hiver arrive. Les gamins prennent leur luge et dévalent les flancs du Monopteros, mais la pente est raide, et il y a des arbres en plein milieu, situés en pleine trajectoire d’accélération maximale. Du coup, on voit des gosses s’encastrer à une vitesse supersonique dans les troncs et rester là à demi morts pendant que d’autres prétendants au traumatisme crânien s’enquillent derrière. Les autorités essaient de mettre des bottes de foin sur les arbres, dans un louable effort de prévention (j’adore cette politique : on n’interdit pas, mais on met du foin, attention, protection de la jeunesse par les graminées). Mais à part les quelques accidentés qui poussent des glapissements, c’est très convivial.
Monopteros et kamikazes. La piste dangereuse est de l’autre côté de la pente, mais j’avais moyennement envie d’être sur leur trajectoire.
Sinon, y a une pagode aussi. Personne n’a encore eu l’idée de faire de la luge dessus, vous devriez essayer.
Ou alors, vous pouvez jouer au Quidditch tous les dimanches dans le jardin anglais. CAD : courir avec un balai entre les jambes et vous lancer des ballons en pleine poire en criant des formules magiques.
Si cette activité ne remplit pas votre quota de prise de risque, allez donc dans les Alpes, à Garmisch-Partenkirchen, voir le tremplin de lancement du saut à ski. Ici, au cœur du parc olympique, vous pouvez vous élancer à quarante mètres dans les airs, et espérer votre mise sur orbite. Garmisch-Partenkirchen, le seuil de l’espace.
Cap sur Neptune
Randonnée et pneumonie dans les Alpes bavaroises : la Partnachklamm à Garmisch-Partenkirchen
J’ai une histoire humiliante à vous raconter.
Si vous avez Instagram, vous savez qu’on y trouve des aventuriers. Des gens qui traversent la banquise en kayak, suspendent des hamacs au-dessus des falaises pour admirer nonchalamment le paysage, nagent dans l’océan glacial arctique comme si c’était une pataugeoire, et campent l’hiver dans les Rocheuses. #liveauthentic, ils disent. #neverstopexploring.
On a tous une « niche », nous les blogueurs, et je dois avouer que l’aventure qui gratte et qui pique, ambiance nid de fourmis rouges et amputation des orteils, ça n’est pas exactement la mienne. Ne nous voilons pas la face : je ne fais pas partie des purs, des vrais. La montagne, je l’escalade que si y a pas un téléphérique qui m’amène direct en haut, et certainement pas pour le plaisir de souffrir. OK, j’ai escaladé un volcan aux Açores(et j’ai eu des courbatures pendant trois jours), j’aime bien le camping, mais avec le matelas gonflable de luxe et les toboggans, et le kayak, c’est génial, mais de préférence sur la Côte d’Azur au mois de juillet, option vernis sur les orteils. Tu peux déraciner la Provençale pur jus, mais tu ne peux pas rectifier son ADN de cagole.
Mais parfois, on se réveille le matin et on se dit « j’aurais voulu être président une héroïne ». Moi, ça m’est arrivé après avoir un peu trop lu le magnifique blog de ma copine Betty, Trip in Wild, qui est du genre à camper dans la montagne en hiver, parce que dans une vie antérieure elle voulait être un surgelé. Je me suis dit, moi aussi je vais me la péter aventurière à l’assaut des sommets. J’ai dit chéri mets tes moufles, on part en randonnée dans les Alpes. Nous avons fait une boucle de 3h, passant par une des curiosités naturelles les plus spectaculaires des Alpes bavaroises, la Partnachklamm à Garmisch-Partenkirchen. C’est une combe creusée par un torrent, longue de 700m, et particulièrement magnifique l’hiver, quand des stalactites de glace longs de quatre mètres tombent des parois étroites. Ce qu’on avait oublié de me préciser, c’est que l’hiver, le soleil n’y pénètre JAMAIS. Que l’eau de la rivière est piégée dans un canyon de glace. Qu’il fait -18 degrés. Que toutes les extrémités de mon corps ont commencé à mourir les unes après les autres. C’était comme dans les films de SF, quand l’astronaute dit « capitaine, le module 4 est mort, le module 3 aussi, ah on a perdu le réacteur 2 ». Mes oreilles ont déclaré forfait. Puis mes doigts. Puis mon nez. Et après la Partnachklamm, il restait encore deux heures de rando dans la neige. (Très jolie par ailleurs, même si j’étais pas trop en état d’apprécier.)
Randonnée dans des canyons qui n’ont jamais vu le soleil : Itinera Magica, le blog de voyage des masochistes, et autres super idées relaxantes
Le reste de la rando vers la Partnachalm
Le soir, ça allait moyen.
Le lendemain, j’avais une pneumonie. Une vraie. Le gros lot des saloperies hivernales.
Mon Bavarois attitré a dû m’hélitreuiller chez le médecin tellement j’étais à deux doigts de clamser dans un sifflement pitoyable. Une fois que j’allais mieux, il s’est bien payé ma tête. Les « Aventures d’une cagole à la neige », la suite quand j’aurais acheté un put**n de cache-oreilles.
Normal qu’elle se tape une pneumonie, aussi, cette quiche.
Entre temps, je suis retournée dans les Alpes à Chamonix et j’ai survécu. Je suis à peine sortie de l’hôtel et j’ai bouffé du fromage #aventure
Descendre la montagne en tyrolienne à 130 km/h
Avant l’épisode pulmonaire aigu, on avait déjà fait un autre truc complètement stupide dans les Alpes bavaroises. Ca s’appelle l’Alpkick Zipline et ça consiste à monter en télécabine en haut d’une montagne, mettre un harnais, et dévaler plusieurs kilomètres de pente en tyrolienne, avec une vitesse de pointe à 130 km/h.
Le concept est super fun, mais j’arguerais qu’il vaut mieux faire ça l’été que l’hiver. L’hiver, à 130km/h, l’air acéré comme un couteau vivifiant des Alpes te fouette la face avec toutes ses petites particules de neige et de glace, tandis que tes globes oculaires se changent en glaçons et que tu imagines qu’ils vont se détacher de tes orbites, et qu’un monstre de l’espace pourra les mettre à flotter dans son cocktail bloody mary. (J’ai beaucoup d’imagination).
On s’est un peu engueulés, Bavarois d’Amour et moi, parce que je voulais absolument des photos de mon expérience de l’extrême pour pouvoir me la péter sur Instagram. Mais tout appareil photo est interdit (il paraît qu’à 130km/h, t’as du mal à le tenir), à l’exception des caméras type GoPro visées sur la tête, que je ne possède pas. Je voulais donc qu’il me suive avec le drone et immortalise ma jubilatoire plongée vers l’abîme infernal – ce qui ne l’enthousiasmait pas beaucoup. Transcription du dialogue :
– Non mais j’aimerais t’y voir, toi, courir après une tyrolienne à 130km/h avec le drone en essayant de faire une photo que tu jugeras correcte.
– T’as qu’à faire une vidéo, tu sais, avec des plans de toute la montagne et tout. Une vidéo comme ça, tiens. (montre une vidéo)
– Mais si la vidéo exacte que tu veux existe déjà… pourquoi tu leur mets pas direct le lien, au lieu de m’emm**der ?
Patiner sur un lac gelé : le must de l’hiver en Bavière
Un des atouts les plus précieux de la Bavière, ce sont ses lacs. La Bavière, c’est le Canada en miniature : des dizaines de lacs absolument renversants, bleu turquoise ou vert émeraude, au milieu des sommets enneigés et des sapins qui se reflètent dans leurs eaux cristallines. Tout ça, promis. Allez donc voir mon article sur les plus beaux lacs de Bavière, si vous ne me croyez pas.
En marchant sur le lac Alpsee gelé, on peut s’offrir une photo rare : les deux châteaux de Schwangau sur la même image. (A gauche, Hohenschwangau, au centre, Neuschwanstein)
Quand une vague de froid descend du grand nord, il arrive que certains lacs gèlent entièrement. On voit alors des hordes de Bavarois sortir de leurs tanières en patins à glace, se précipiter sur la couche transparente les protégeant d’une mort certaine, et vriller gracieusement dessus. On voit même les mères bavaroises en patins tirer derrière elles leurs enfants en luge, et des groupes entiers d’écoliers dessiner des carrousels givrés. Le côté « Canada de l’Europe » est accentué par tous les joueurs de hockey sur glace, un sport très populaire dans les Alpes bavaroises. Vous allez me dire : ça doit être très sûr. N’en soyez pas si persuadé. Dès que la température remonte, la glace se met à produire des bruits horribles, à se craqueler, se détacher par plaques. L’eau remonte sous la glace, grignote des pans entiers de banquise sur lesquels on imagine un ours polaire pleurer à la dérive.
Lac de Starnberg gelé. Discussion authentique : « Maman, t’as vu, ça fond ! » « Oui mon chéri, c’est amusant n’est-ce pas ? »
Je suis allée marcher sur le lac de Starnberg, puis sur l’Alpsee, le lac voisin de Neuschwanstein, et j’entendais la glace gémir et menacer au milieu des joyeux patineurs. Mais tout le monde avait l’air tellement content, même ceux qui s’éclataient face la première contre la patinoire, même ceux qui se prenaient des coups de crosse de hockey dans les tibias ou dans d’autres parties plus sphériques, même ceux qui se renversaient leur gourde de bière sur le blouson blanc, même ceux qui avaient oublié leurs gants et réalisaient une vente aux enchères de leurs doigts en pièces détachées, même la gamine qui a voulu « voir où ça fond » et a failli être repêchée dans le lac. Evidemment, aucune figure officielle ne surveillait la joyeuse débandade gelée.
Bavière, Canada, même combat
La Bavière en hiver dégage une impression de bonheur(légèrement irresponsable) et radieux qui fait chaud au cœur. J’adore cette région et la qualité de vie incroyable qu’elle propose. C’est la dolce vita à l’allemande – avec mort sous la glace en option.
Ses derniers mots furent « t’es sûr que la glace est bien dure ? » Alpsee, Schwangau
D’autres activités insolites moins périlleuses
Peut-être qu’à ce stade, vous prenez peur. Le surf sur iceberg, les tyroliennes, le patin à glace, les canyons gelés, ça suffit maintenant. Vous, vous êtes un grand malade dans votre tête, mais vous souhaiteriez garder votre corps intact, merci.
Pas de problème : j’ai d’autres expériences insolites mais moins dangereuses en stock.
Se déguiser en chèvre tueuse géante : le Krampus à Munich
Le Krampus, ou la preuve irréfutable que les Allemands sont des grands malades.
Saint Nicolas a de mauvaises fréquentations. Début décembre, quand le gentil St Nicolas vient distribuer du chocolat, il rameute aussi son pote bouc humanoïde de trois mètres de haut, et ça rigole beaucoup moins. Le Krampus est un monstre venu emporter les enfants pas sages. Et je peux vous dire qu’il fout la trouille. Voir ces bestioles gigantesques, couvertes de peaux de chèvres et de cornes géantes, avec l’odeur qui va avec, de masques sanguinolents et de chaînes déambuler dans les rues de Munich, ça vous donne envie de finir gentiment vos brocolis.
Le Krampus, un être fréquentable. L’esprit de Noël, ça rigole pas ici. Ambiance Etrange Noël de Mr Jack
Quand le monstre de Ghostbuster résilie son abonnement chez l’esthéticienne.
Quand voir le « Krampuslauf » (défilé du Krampus) ? En décembre au sud de la Bavière et en Autriche, autour de la St Nicolas.
Le musée de l’imagination à Buchheim : faites exploser votre cerveau
Promis, cet article fleuve sur la folie germanique hivernale est bientôt terminé. En avant-dernier, je vous présente l’endroit où vous pourrez voir des pieuvres dévorer une voiture, un hélicoptère conduit par des zombies, des girafes géantes, et autres curiosités : le Musée de l’imagination (Buchheimer Phantasiemuseum), au bord du lac de Starnberg. Ce lieu délirant, imaginé par un collectionneur éclectique, vous fera l’effet d’une prise de LSD. Les goûts du collectionneur allaient du rare et précieux au grand n’importe quoi : des masques de Nouvelle Guinée côtoient des cochons ailés, de célèbres expressionnistes dévisagent des nonnes en porte-jarretelles.
Le lieu est réjouissant. Contrairement à d’autres endroits de ce type, par exemple la demeure du chaos à Lyon, rien n’est jamais grinçant ou sinistre, rien ne vous déprime : c’est de la créativité joyeuse et exubérante, qui vous donne envie de rire.
Musée de l’imaginaire à Buchheim : ça dépote dès le parking.
Le musée accueille régulièrement les expositions d’artistes fidèles à l’esprit coloré du lieu. Au moment de ma visite, c’était Friedrich Hundertwasser qui avait l’honneur, un architecte précurseur des « maisons vivantes », courbes et écologiques. Friedrich Hundertwasser a fait ses études dans les années 60 en Autriche, au moment où ses petits camarades de promo avaient des comptes à régler avec la société et s’exprimaient principalement en se masturbant et/ou se mutilant/ se soulageant sur des drapeaux autrichiens en beuglant l’hymne national. Hundertwasser recherchait la joie et la beauté, ce qui n’était vraiment pas in du tout à l’époque, et le faisait passer pour un benêt. Même ses professeurs considéraient que gaspiller son caca dans les toilettes au lieu de s’en servir comme pâte à modeler pour faire du grand art dénotait vraiment un manque total d’audace et de créativité. Moi, je trouve ça plutôt sympathique comme attitude. Hundertwasser est bien à l’image du musée : pas « la provoc pour la provoc », mais une espèce de libération pétillante de la créativité, dans un cadre qui ouvre mille possibilités.
Boire des cocktails à poil dans l’eau tiède :
les thermes d’Erding, un must à Munich
Si vous me lisez régulièrement, vous savez que la Bavière et le nord de l’Autriche (les Alpes germaniques, en gros) sont LA région des piscines, spas et saunas. A poil, de préférence. Ici, se mettre tout nu, rôtir dans un sauna à 90 degrés, se jeter dans la neige, puis barboter dans une piscine géante toute la journée en regardant les Alpes, c’est le hobby le plus cool et le plus populaire qui soit. Le dimanche matin, vous avez des queues de douze mètres devant les portillons des thermes et saunas. Et ils font ça bien : leurs thermes sont plus grands, variés et divertissants que tout ce que vous avez vu ailleurs dans le monde. La Bavière et l’Autriche, c’est Disneyland en peignoir de bain. (Je vous conseille mon article sur le plus beau spa d’Autriche si ça vous intéresse.)
Les plus grands thermes du monde (record homologué) sont à Erding, à une trentaine de kilomètres de Munich. Sous de gigantesques coupoles de verre poussent des palmiers (des vrais) et des bananiers (aussi). Les piscines extérieures sont gigantesques et comportent tourbillons, courants et bars de piscine avec musique ambiance spring break à Cancun. Mais vous avez aussi des saunas vikings, des saunas celtes, des saunas avec de la musique porno, des saunas avec un geyser islandais, des saunas à la rose, des saunas cosmiques… etc etc etc. L’endroit est plus grand que tout ce qu’on imagine – je continue encore à découvrir des saunas d’un genre nouveau (j’ai récemment atterri dans le « four du boulanger »). La moitié du complexe est « textile », l’autre naturiste – et c’est de loin la mieux décorée et la plus agréable, avec des restaurants gastronomiques où vous mangez des trucs super raffinés en peignoir de bain. Et quand le soleil se couche, vous flottez tout nu au milieu de vos congénères dans des bulles tièdes, un cocktail à la main. Si vous passez par le sud de l’Allemagne, ne manquez surtout pas ça.
Je vous mets quelques photos décevantes car c’était en fait totalement interdit, pour cause de gens à poil, du coup j’ai fait ça en loucedé avec mon Iphone comme Catwoman, mais tapez « therme Erding » chez Google si ça vous branche, c’est le truc dingue à faire près de Munich.
Une journée aux thermes d’Erding, entre palmiers artificiels, dome cosmique, lumières psychédéliques… Comme vous pouvez le constater, on peut aussi se déguiser en Hulk et manger des tomates mozza à poil.
Conseil pratique : les thermes d’Erding sont à dix minutes de l’aéroport en voiture/taxi. Un bon plan pour finir votre séjour dans la détente ultime.
Itinera Magica, blog de voyage obsédé par la Bavière et l’Autriche
La Bavière en hiver, si on y survit, ça vaut le coup. Vous voulez la version plus soft ? Regardez donc par ici mon article sur la Bavière romantique en hiver – je vous parlerai chevaux, châteaux et cygnes blancs. Ou retrouvez tous mes articles de blog sur la Bavière et l’Autriche ici.
Bon plan : Si vous voulez réserver un hébergement à Munich via Booking, vous pouvez utiliser mon lien de parrainage : vous recevez 15 euros de réduction, et moi aussi. Cliquez ici.
La Bavière, c’est AUSSI super mignon. (Marienplatz à Munich)
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Blogueuse de voyage et freelanceuse, pour toujours ? Dans mon dernier article, Peut-on vivre de son blog de voyage ?, j’évoquais le succès actuel des blogs de voyage, les limites du modèle, et les défis que peut représenter la vie nomade. Contre les discours un peu simplistes du type « quitte ton job, lâche tout, vis tes rêves et sois payé pour ça », j’essayais d’engager la discussion sur les limites du rêve. Le débat qui a suivi est passionnant. Vos commentaires sont très nombreux, et vous êtes nombreux à avoir parlé de vous, ce dont je vous remercie : j’ai lu vos témoignages avec énormément d’intérêt. Après vous avoir fait parler de vous – merci d’avoir répondu présents ! -, j’ai envie de vous parler de moi, de mon parcours, et d’où j’en suis aujourd’hui.
Je crois qu’un blog est intrinsèquement personnel et subjectif, et que c’est bien pour ça qu’on le lit. Je ne lis pas ou peu de blogs qui essaient de se dissimuler derrière un format « magazine », où on ignore qui écrit, où la personnalité de l’auteur, son originalité et son authenticité ne transparaissent pas. Je défends l’idée du blog associé à une voix, un visage, une histoire. Et c’est pour ça que je vais maintenant vous parler de moi. Vivre de son blog ? Etre free-lanceuse ? Voilà où j’en suis.
L’écriture pour premier moteur
Tenir un blog, c’est répondre à une passion, un besoin. J’aime par-dessus tout écrire, sur tous les supports et dans des genres différents. Trois exercices font mon bonheur : le carnet de voyage, la chronique humoristique, et la nouvelle gothique.
J’ai commencé à tenir des carnets de voyage quand j’avais sept ans, en Guadeloupe. J’ai publié mon premier recueil de chroniques, Dieu est une femme, à l’âge de quatorze ans. J’ai aussi commencé à cette époque à contribuer de façon irrégulière à différents médias (presse et télévision), et à tenir des blogs consacrés aux livres et à la musique. J’ai eu plusieurs blogs, j’ai publié d’autres livres. Le voyage a toujours été le fil rouge, le lien constant entre tous mes projets épars. Mais à vrai dire, quand je réfléchissais à ma trajectoire, je n’envisageais pas une vie de free-lanceuse. Je me voyais prof et écrivain, comme ma mère.
En train d’écrire mon premier carnet de voyage, en Guadeloupe.
Le grand saut par accident : la bonne élève devenue nomade
Par ma famille, j’ai hérité de l’obsession du voyage : mes parents étaient acharnés à parcourir le globe en long en large et en travers, et ils nous emmenaient partout avec eux.
J’ai eu l’immense chance d’avoir des parents fous de voyage. En Australie, à 15 ans, lors de notre tour du monde en famille – une expérience fondatrice pour moi.
Mais j’avais autant de plaisir à partir qu’à revenir chez nous, en Provence. L’évasion se conjugait à toutes les distances. A une époque de ma vie, ado, j’ai rêvé d’être cinéaste et de partir en école de cinéma en Californie. Mais je n’ai pas eu le cran de quitter ma vie française, à laquelle j’étais (et je reste) très attachée. Après le bac, j’ai renoncé à traverser l’océan à la recherche de l’or hollywoodien, et j’ai pris une décision beaucoup plus conventionnelle : une prépa littéraire dans un grand lycée parisien.
J’ai toujours été une bonne élève, et une angoissée en quête de structure. J’ai naïvement cru que l’excellence me protègerait de l’incertitude, et je me suis acharnée à devenir une bête à concours : je me disais que si j’étais la meilleure, rien ne pourrait m’arriver. J’ai eu 19,65 au bac, j’ai réussi le concours de l’ENS Ulm du premier coup à la 9e place, j’ai été reçue première à l’agrégation d’allemand, ma thèse en littérature allemande a reçu un prix prestigieux. Sur le papier, un parcours parfait. Bête à concours, machine, tout ça. En réalité, j’étais juste morte de peur.
Ma génération sait aujourd’hui que même les meilleurs élèves ne sont pas à l’abri, et qu’un diplôme ne garantit aucune sécurité. C’est peut-être pour cela que nous sommes si nombreux à rêver de nous barrer très loin, de faire le tour du monde et de ne jamais revenir : parce qu’aujourd’hui, on est plus récompensé à être bien sage. Ce n’est plus l’époque des bons élèves.
Au bout de neuf ans d’études, je me suis retrouvée face au vide. L’allemand s’était effondré dans l’enseignement supérieur (les mauvais jours, je dis que je suis Docteur ès Titanic), et il n’y avait plus aucun poste. Ma thèse ne servait, de facto, à rien. Côté enseignement en collège/lycée, l’Education Nationale voulait m’envoyer à l’autre bout de la France, loin de mon compagnon, de ma famille et de mes amis, en remplaçante sur trois lycées dans un endroit où je n’avais jamais mis les pieds et n’avais aucune attache. Je trouvais ça injuste d’être punie ainsi après tant d’efforts. Alors j’ai pris le large.
Pour être tout à fait sincère, je n’avais pas décidé de sauter dans le vide, disons que le destin m’a poussée du haut du grand plongeoir. Le voyage était ma passion, mon bonheur, mon trésor, mais je n’avais pas imaginé qu’il serait mon métier.
Beaucoup de gens de ma génération sont comme moi. Les situations sont diverses – burn out au bureau, chômage, diplôme inutile, etc. Mais ce sont toutes des personnes qui étaient prêtes à rester dans le rang, et qu’on a poussées à bout ou mises au pied du mur. Alors elles se sont barrées.
Quand on m’énerve trop.
Blogueuse voyage, par passion
Parce que j’ai deux grandes passions depuis toujours, l’écriture et les voyages, j’ai ouvert Itinera Magica en 2015. Ce n’était pas par effet de mode : Itinera Magica s’inscrivait dans la continuité de mes blogs précédents, et des cahiers de voyage que j’accumulais depuis toute petite.
Un de mes carnets préférés : en Islande, à l’âge de 10 ans
Je suis une semi-nomade : je suis free-lanceuse (journalisme et traduction) et blogueuse, volatile et toujours par monts et par vaux, mais toujours ancrée en Provence. Je ne fais pas le tour du monde en sac à dos, je ne vis pas en caravane, j’ai une adresse postale. Je suis une demi nomade qui a choisi de garder une ancre.
C’est toujours en voyage que je me sens la plus inspirée, la plus libre, que je me renouvelle et me régénère. C’est aussi pour cela que je n’ai jamais envisagé d’être une « vraie » nomade, une déracinée à long terme. J’ai besoin de préserver le caractère unique du voyage, le choc de la nouveauté et du lointain. Je suis beaucoup en déplacement, mais je repasse toujours par la case maison (ma Provence). Les éblouissements du midi me sont aussi chers que les sirènes des lointains, et je ne veux pas que le voyage devienne une contrainte ou une cage.
A Salvation Mountain, sur les traces de mon vieux rêve californien.
Je réserve toujours un billet aller-retour
Beaucoup de voyageurs ont le fantasme de l’aller-simple, je ne l’ai plus.
Mais j’ai beaucoup de rêves de voyages encore inassouvis, et rien ne me fait autant frisonner que l’appel du large.
Je rêve de deux ou trois mois à travers le Pacifique. Le plus grand océan du globe, l’éternité capturée sur Terre, m’a toujours hypnotisée. Je rêve de retourner à Hawaï, le lieu qui m’a le plus marquée à ce jour. De découvrir les Samoa, les Iles Cook, le Vanuatu. De partir aux Marquises et aux Gambiers sur les traces de mon arrière grand-mère, qui y a grandi et m’a transmis la fascination polynésienne.
J’aime les océans et les peuples navigateurs – les Polynésiens, donc, et les Vikings. Après être partie sur leurs traces à Shetland et en Islande, je rêve du Groenland. Les fjords démesurés, envahis par des icebergs plus grands que tous mes rêves, me donnent le vertige. Quand on me parle du Groenland, je ressens des frissons d’exaltation dans tout le corps, et je sais que j’irai.
Je rêve de continuer ma quête des plus belles cascades. Je rêve d’îles perdues, dans l’océan Indien ou aux Caraïbes. Je rêve des lumières des villes, des rivières au fond des gorges, des azurs éblouissants. J’ai des milliers d’envies et une vie pour les assouvir. Mais j’assume désormais la profondeur de mon amour pour ma Provence, et mon impossibilité à rester trop longtemps loin d’elle.
A Giens, avec L’Ile au trésor de Stevenson, un de mes livres culte. Stevenson a écrit n’avoir été heureux qu’une fois, à Hyères. Mon palmarès du bonheur est heureusement plus étoffé, mais je partage son amour pour Hyères, la ville la plus au sud de la côte d’Azur.
Blogueuse de voyage, mon modèle hybride
Mes proches disent toujours de moi que je suis « intense« . (Cela peut vouloir dire que je les fatigue, je sais. J’ai été livrée sans bouton pause. Je suis le genre de fille qu’on envoie courir ou lancer des poids quand elle devient trop insupportable.) Je suis obsessionnelle dans mes engouements, follement enthousiaste. Je renoncerais au blog de voyage si je ressentais de la froideur, du cynisme ou de l’ennui. Et c’est pour ça que je reste suspendue sur le fil – pro ou amatrice passionnée ?
Itinera Magica me rend heureuse et répond à un besoin fondamental d’expression et de partage. Je suis une extravertie, une passionnée à l’enthousiasme presque obsessionnel, qui étouffe quand elle ne s’exprime pas. Et je suis follement curieuse des autres, de toutes les vies que je ne vivrai pas. Grâce à Itinera Magica et aux réseaux associés, j’ai pu tisser des relations que je sais aussi vraies, profondes et enrichissantes que celles qu’on rencontre dans la vie réelle. Des milliers de coeurs et d’intelligences à portée de clic, une myriade de gens fascinants et divers, c’est le miracle d’internet et je ne m’en lasserai jamais.
Itinera Magica a de plus en plus de succès, grâce à vous, ce dont je vous suis infiniment reconnaissante. Est-ce que je gagne de l’argent avec mon blog ? C’est une de mes sources de revenus, mais ce n’est pas la principale. Mon blog est une belle vitrine et un tremplin pour les autres projets que je porte, mais sur ma fiche d’impôts, je suis plus journaliste et traductrice que blogueuse.
Parce qu’Itinera Magica est en train de prendre de l’importance, je suis de plus en plus obligée de me mettre dans la « catégorie 1 » que j’évoquais dans mon dernier article. Pourquoi ? Parce que je n’ai pas de salaire fixe, et que quand je voyage, je ne peux pas me consacrer à mes travaux en freelance. Et quand on revient d’un merveilleux voyage, il y a toujours les impératifs de la vraie vie qui se manifestent, les factures, les assurances et les courses. Je n’envisage pas de vivre de mon blog – comme je le disais dans l’article précédent, je doute de la viabilité du modèle économique. Mais je suis obligée de veiller à ce qu’il m’apporte aussi des revenus si je veux garder la tête hors de l’eau.
Comme je le disais dans l’article précédent, les voyages évoqués sur mon blog appartiennent tantôt aux trois catégories : opérations de promotion (payées), invitations et blog trips, voyages personnels. Je les vis toujours avec le même enthousiasme, car je ne vais que dans les lieux qui font battre mon cœur plus fort. Je cherche à cultiver des relations de confiance avec les destinations qui choisissent de travailler avec moi, et j’ai pu vivre des choses merveilleuses grâce à ceux qui m’ont fait l’honneur de me choisir. Ce sont des moments très précieux, non formatés, que je choisis par instinct et par amour. Si je n’étais plus à même de réunir ces conditions, je renoncerais. Je me méfie de la boulimie du « toujours plus », ou du voyage à tout prix. Et c’est pour ça que j’oscille toujours entre les trois catégories, que je zigzague entre les différentes options.
Et je suis profondément attachée à ma Provence natale. Ici, le pont d’Arc, au sud de l’Ardèche
La fatigue du funambule et l’amour du monde
Je me sens funambule. Devenir une vraie pro ou revenir à une vie plus normale ? Je suis à la croisée des chemins. J’espère être encore là dans vingt ans, et inscrire ce blog dans une très longue durée. Et à ce stade, je ne sais pas quelle est la meilleure option pour me permettre de le faire.
Depuis deux ans, je suis devenue traductrice et journaliste free-lance à plein temps – ce qui n’avait été qu’un à côté durant les dix années précédentes. Ma vie est belle, riche et passionnante. J’ai beaucoup de chance. Mais je ne montre que le côté solaire sur le blog et les réseaux sociaux, pas les déceptions, les contrats loupés, les factures en retard et les moments d’épuisement. Je ne suis pas sûre d’être faite à long terme pour cette vie très précaire. Je sens bien que je me fatigue d’être suspendue dans le vide, et je regrette de ne pas pouvoir mettre en valeur mes longues années d’études. Revenir à un métier plus stable ? J’y pense souvent. J’ai parfois envie d’avoir des collègues, un salaire qui tombe à date fixe, une distinction claire entre mon temps de travail et mon temps de loisir. J’ai parfois la nostalgie de ma vie d’avant, plus simple. Mais je rêve de garder le temps et l’énergie nécessaires pour pouvoir écrire et voyager. Allier sa passion et son métier : la chance d’une vie, ou le meilleur moyen de se gâcher les deux ? Beaucoup d’entre vous êtes ambivalents sur le sujet dans vos réponses, et je le comprends tout à fait.
Un voeu au génie de la lampe
Si vous êtes le génie d’Aladdin, ou que votre carnet d’adresses est la caverne d’Ali Baba, laissez-moi faire un vœu : mon rêve absolu, ce serait d’écrire un jour pour lemagazine d’Air France. Il est pour moi le Graal du magazine de voyage, follement littéraire et inspirant. Qui sait. Les rêves sont notre combustible à tous.
Et quoi qu’il en soit, je vais continuer à tracer mon chemin, et à laisser des petits morceaux de mon cœur aux quatre coins du globe, pétale après pétale, jusqu’à ce que la nuit vienne.
La Terre est si vaste, et la vie est si courte. Les blogs de voyage ne seront peut-être qu’une mode, qui sait ? Mais l’acharnement à parcourir la Terre avant de la quitter nous restera toujours.
Epinglez moi !
Ariane Fornia blogueuse de voyage – Ariane Fornia écrivain – Ariane Fornia journaliste free lance – Peut on vivre de son blog de voyage ? Peut on rester blogueur de voyage pour toujours ?
Peut-on vivre de son blog de voyage ?
Etre payé pour voyager, vivre de son blog et de ses vidéos… voilà un rêve qui gagne du terrain. Le blog de voyage est à la mode. De plus en plus nombreux, les blogueurs de voyage se sont imposés comme des acteurs essentiels de la promotion touristique. Et le succès de certains, qui ont « tout plaqué pour vivre leur rêve », en incite d’autres à tenter le grand saut. Blogueur de voyage, un métier bientôt proposé par les conseillers d’orientation ? Deviendrons-nous tous nomades ? Une petite réflexion, et un débat ouvert.
« Je suis partie vivre mes rêves, vous m’embarquez ? »
Le blog : nouvel acteur incontournable de la promotion touristique
A l’heure où les réseaux sociaux ont pris une place énorme dans nos vies, nous avons plus tendance à consulter Google et Instagram qu’un guide papier pour prévoir nos vacances. 87% des voyageurs consultent principalement internet pour planifier un voyage, selon une étude récemment citée par le collectif We are travel. Et les blogs de voyage ont le don de faire rêver, inspirer, guider, de donner des conseils fouillés et précis à leur public cible. Que vous soyez à la recherche du plus beau 5 étoiles de Saint Barth, d’un hébergement le moins cher possible à Chiang Mai, ou des plus belles randonnées dans le Périgord, il y aura forcément un blogueur pour répondre à votre demande.
Les offices de tourisme et les marques l’ont bien compris. Plus vivant, plus personnel, plus précis qu’une simple campagne de pub, le recours au blogueur permet une véritable identification : « cela pourrait être mon voyage ». Le blogueur incarne le rêve, le rend tangible. Les offices du tourisme sont donc toujours plus nombreuses à organiser blogtrips, instameets, ou partenariats individuels avec des blogueurs pour mettre en valeur leur destination. Face à tous ces blogueurs qui deviennent les ambassadeurs du rêve d’ailleurs, et qui semblent s’amuser comme des fous, difficile de ne pas être tenté d’en être.
Pose de blogueuse aux Açores
De plus en plus de blogueurs de voyage
Combien de blogs de voyage francophones y-a-t-il aujourd’hui ? Impossible d’apporter une réponse précise, mais c’est un nombre à quatre chiffres au moins. Les 250 blogueurs de voyage présents au WAT 2017, le Salon des blogueurs de voyage, ne sont qu’une petite partie de l’iceberg. Cherchez le hashtag #blogvoyage sur Instagram, vous trouverez des milliers de publications.
Telle la boule de neige qui roule sur une pente alpine, la mode des blogs s’auto-alimente. Nous sommes nombreux à encourager le mouvement avec des articles du type : « Comment j’ai tout quitté pour faire le tour du monde », « Vivez vos rêves, lâchez votre job », « N’attendez pas la retraite : partez maintenant ». Ces articles expriment un enthousiasme authentique, mais ils sont aussi une bonne stratégie pour augmenter son trafic : ils font cliquer les gens. Nous sommes nombreux à nous sentir enfermés dans le quotidien, coincés dans un open space à faire rentrer nos rêves de gamin dans les cases d’un tableau Excel, à rêver de liberté, d’autonomie et de plages lointaines. Tracer son propre chemin, cap sur l’aventure, gagner sa vie en voyageant : le rêve ultime ? Alors beaucoup se jettent à l’eau, lancent leur blog de voyage, et espèrent bâtir leur succès sur les ailes d’un avion.
On met les voiles (ou le kayak) ?
Avoir un blog à succès : pas si facile
Beaucoup de jeunes blogueurs déchantent vite. Construire un blog de voyage et animer les réseaux sociaux qui l’accompagnent, c’est effroyablement chronophage. Ceux qui persévèrent sont les vrais passionnés. Mais les obstacles sont nombreux.
L’épreuve des réseaux sociaux : Facebook et Instagram, les réseaux sociaux phares, ont souvent changé leur algorithme au cours des dernières années, et l’ont rendu chaque fois moins bénéficiaire aux blogueurs. Il était bien plus facile d’obtenir très vite des milliers d’abonnés il y a trois ou quatre ans qu’aujourd’hui : afin de maximiser leurs profits, Instagram et Facebook limitent volontairement l’audience des publications, pour forcer les usagers à payer des publicités. Avoir un compte viral, qui explose du jour au lendemain, est devenu très rare. Les impatients tentent de compenser en achetant des milliers de faux followers, rendant la tâche plus difficile encore aux jeunes blogueurs honnêtes. Heureusement, les OT sont aussi devenues plus promptes à démasquer les tricheurs, et préfèrent de plus en plus un engagement réel à de gros chiffres gonflés. (Au cas où vous me lisez, chers offices du tourisme, chères marques : vérifiez toujours que les followers sont authentiques, particulièrement sur Instagram, et qu’il y a une adéquation entre le nombre de followers et l’engagement. Mieux vaut 1000 followers de chair et de sang, intéressés par les publis, que 10 000 ou 100 000 robots !)
L’exigence technique toujours plus élevée : Les premiers blogs, il y a dix ans, étaient souvent très artisanaux. Il n’était pas rare de tomber sur des sites en hébergement gratuit, bricolés à la va-vite, avec des typographies moches, des photos floues et des textes bâclés. Avant, le blog ressemblait à une lettre à ta grand-mère. Aujourd’hui, il ressemble à un magazine de mode. Pour être blogueur aujourd’hui, il faut être web designer, graphiste, journaliste, photographe, vidéaste et community manager à soi tout seul. Les sites sont de plus en plus beaux et léchés, les photos moches n’ont plus droit de cité, et la montée en puissance de la vidéo oblige à acquérir une débauche de matériel sophistiqué. Un site professionnel, un appareil photo reflex, des tas d’objectifs, une caméra, des logiciels de retouche et de montage, un drone, des tonnes d’accessoires photo et vidéo… Le blogueur à succès d’aujourd’hui, c’est une petite entreprise audiovisuelle, avec du matos qui vaut vingt mille euros. L’investissement de base est toujours plus élevé.
Après avoir hésité pendant un an, j’ai acheté un drone.
La concurrence : Le nombre grandissant des blogs impose à chacun de faire toujours mieux, toujours plus original. Difficile de se démarquer et de construire sa propre « niche » dans un paysage toujours plus concurrentiel.
Mais le problème majeur est plus fondamental encore : celui du modèle sur lequel se base le blog de voyage.
Tensions entre les blogueurs de voyage : pourquoi le modèle s’essouffle
On voit maintenant affleurer dans la blogosphère de petites tensions entre trois grands groupes de blogueurs, qui ont des approches divergentes … et surtout, des attentes différentes quant à la rémunération de leur travail.
Je tiens à préciser que ma distinction des trois groupes ne se fait pas sur la qualité de leur travail, ni sur l’ampleur de leur audience, mais uniquement sur le modèle économique selon lequel ils fonctionnent.
Le groupe des blogueurs professionnels: Pour eux, le blog est un job à plein temps. Ils sont autoentrepreneurs et vivent de la production de contenus textuels et audiovisuels. Lorsqu’ils montent une opération de promotion d’une destination, avec articles, photos, vidéos, publications sur les réseaux sociaux, etc, ils ne sont pas seulement invités, mais aussi payés pour le faire. Car il ne suffit pas de se faire offrir des voyages : il faut aussi pouvoir vivre. Et payer le matériel sophistiqué mis à la disposition des destinations bénéficiaires. C’est comme quand on embauche un vidéaste / photographe / chargé de comm’ / publicitaire : on ne se contente pas de lui rembourser ses frais de transport et d’hébergement, on le paie.
Le groupe des blogueurs invités, mais pas payés: Ces blogueurs ont peut-être quelques petites rentrées d’argent par leur blog, mais celui-ci ne constitue pas leur revenu principal. Le blog leur permet de dépenser moins pour voyager plus : ils acceptent de rédiger des articles et de produire des contenus en échange d’une invitation, sans paiement supplémentaire. Par exemple, deux nuits d’hôtel contre un article sur l’établissement en question, un tour en traîneau contre deux photos sur Instagram, etc. C’est un échange de bons procédés.
Le groupe des blogueurs qui paient eux-mêmes: Ces blogueurs ont un travail « normal », et ne dépendent pas du blog pour vivre. Ils rédigent des articles sur leurs voyages personnels, qu’ils ont payé de leur poche. Ils ne font pas partie des carnets d’adresses des offices du tourisme, ne participent pas à des blog trips, ne demandent pas de contrepartie. Mais ils produisent tout de même du contenu, pour le plaisir et par passion. Et s’ils sont enthousiastes, ils œuvrent eux aussi à la promotion d’une destination… sans avoir rien reçu en échange.
Je ne critique, ni ne préfère aucun de ces trois groupes. J’ai du respect pour les trois, et à vrai dire, j’ai un pied dans les trois. (Oui, j’ai trois pieds, ça rend les métaphores moins bancales, non ?) Il m’arrive, au cours d’un même itinéraire, d’être successivement dans le groupe 1), 2) et 3). Je comprends les points de vue de tout le monde.
Et la passion est la même pour tous : partir !
Mais vous voyez tout de suite le problème que cela représente pour la pérennité du métier de blogueur de voyage sur le long terme. Comment un blogueur professionnel peut-il convaincre une destination de le payer, quand d’autres sont prêts à faire un travail similaire sans aucune contrepartie ? D’autant que la concurrence globale entre blogueurs et la multiplication des blogs pousse à l’élévation du niveau général, et qu’il arrive de plus en plus souvent que les blogueurs du groupe 3) soient aussi bien équipés et aussi doués que ceux du groupe 1), ou presque.
Les dilemmes insolubles du blogueur voyage
Un autre problème fragilise les blogueurs de voyage : le fait que, par passion et goût de la découverte, nous voyageons même quand on nous refuse les partenariats, ce qui, dans toute autre profession, reviendrait à se suicider commercialement.
Imaginons un vendeur ambulant de glaces. Il propose à un passant un cornet chocolat pour 2 euros, le passant refuse. Dans le monde normal, le vendeur continue son chemin. Mais si le vendeur est blogueur de voyage… il va dire « ok, je te le donne quand même, et je vais même te payer pour que tu le prennes, et te faire une publi Instagram en bonus ». C’est ce que beaucoup d’entre nous font en permanence. Nous rêvons de visiter telle destination, nous ne parvenons pas à obtenir un partenariat, nous nous disons « tant pis, j’ai trop envie d’y aller, je le fais quand même en payant de ma poche. » C’est ce que j’ai fait en Islande, qui a été officiellement mon plus gros échec de blogueuse à ce jour : TOUTES mes demandes de partenariat ont été rejetées, pourquoi ? Parce que l’Islande est littéralement débordée de touristes en juillet, date de mon voyage, et qu’ils n’avaient pas besoin d’une blogueuse venant faire de la promotion à ces dates où tout est blindé. Nous n’avons pas renoncé, car nous rêvions de ce voyage, et il a été merveilleux. Mais économiquement et logiquement parlant, c’est une très mauvaise décision.
Et comme nous sommes blogueurs de voyage, nous n’allons pas nous priver de mettre ça en ligne sur notre blog, car nous avons envie de partager ces images, ces expériences, ces secrets. Et nous avons besoin d’alimenter notre blog avec du contenu sexy susceptible de parler à nos lecteurs, et l’Islande fait rêver (presque) tout le monde. J’ai écrit toute une série d’articles de blog sur l’Islande. Totalement compréhensible mais… sur le plan de la stratégie business, c’est un peu comme se faire hara kiri avec un pic rouillé.
Du coup, certains blogueurs professionnels ne font plus que des voyages sponsorisés, et se privent de destinations dont ils rêveraient car ils n’ont pas le bon contact, la bonne opération. Sur le plan du business, je comprends totalement : quand le voyage devient un métier et qu’on travaille dur pour vivre de son blog, on a plus envie de faire ça sur ses propres deniers. Mais sur le plan de l’épanouissement personnel… je trouve ça triste à pleurer. Doit-on vraiment faire du voyage son métier si on veut garder intacte la flamme ?
La menace fantôme : les faux blogs commerciaux
Enfin, un dernier phénomène vient mettre en danger les blogueurs : la création de simili-blogs par les marques elles-mêmes. Soucieuses de surfer sur le phénomène, elles peuvent ainsi rester maîtresses de leur communication, sans dépendre d’un blogueur qui voudra garder son indépendance éditoriale et risque de ne pas se plier exactement à leurs souhaits promotionnels. On voit de plus en plus de marques et destinations (compagnies aériennes, comparateurs, hôtels, etc) créer des blogs « corporate » qui imitent le style et le ton des blogueurs… sans les avis plus négatifs, bien sûr. Sous l’apparence d’un blog, ce sont bien des publicités, rédigées par un salarié de l’entreprise. Celui-ci reçoit un salaire fixe pour ce travail, et dispose des moyens et du budget de l’entreprise, contrairement à l’électron libre qu’est le blogueur. Comment lutter ? A mon sens, en soulignant la dimension personnelle et subjective des blogs. Si je lis un blog, et non un guide classique, ou le site web d’un office de tourisme, c’est que je veux lire l’histoire de quelqu’un, l’histoire d’un voyage, d’une expérience, d’un regard. On se lasse vite des « 10 trucs à voir » et autres « Top machins » : ce qui fait qu’on revient sur un blog, c’est qu’on s’attache à une voix, à une personnalité.
Le risque d’une saturation de blogs de voyage
Les avis sont très partagés quant à l’avenir des blogs. Actuellement, le succès des blogs est indéniable, et tous les indicateurs montrent leur succès et leur efficacité en matière de promotion touristique. Certains blogueurs, notamment anglo-saxons, construisent de véritables empires, et parviennent non seulement à vivre de leurs blogs, mais à devenir riches. J’ai lu récemment l’article d’un blogueur de voyage américain qui se vantait de dégager, sur l’année, un salaire net à six chiffres. A ma connaissance, les blogueurs francophones sont loin de ces chiffres mirobolants, mais certains ont réussi à construire de belles choses.
Mais d’autres craignent qu’il s’agisse d’une bulle qui finira par exploser, que le public saturé de blog trips remette en question l’honnêteté des blogueurs et se détourne d’eux, et que l’attrait de la vie nomade s’estompe avec la concurrence croissante. D’autres encore critiquent notre tendance à l’escapisme, et demandent « qui construira les maisons et soignera les malades quand on sera tous partis backpacker en Thaïlande ? » Ils pensent qu’il s’agit d’une phase, sans pérennité.
Vivre comme ça, éternellement ?
Peut-on vivre de son blog ?
Aujourd’hui, certains blogueurs ont su conjuguer un grand talent, beaucoup de persévérance et un peu de chance, et sont parvenus à « percer ». Ils vivent de leur blog et des campagnes de promotion touristique associées.
Je n’en cite ici que quelques uns que je suis avec plaisir et que j’apprécie, mais la liste est bien entendu plus longue : Carnets de Traverse, World Else, Taxi-Brousse, Madame Oreille, Vie Nomade, ou encore le blogueur/youtubeur Votre tour du monde.
Ils collaborent avec des destinations prestigieuses, font des voyages de rêve, et sont payés pour ça – le rêve absolu ? Oui, mais… Outre le fait que leur parcours reste rare et exceptionnel, beaucoup ne font pas mystère des difficultés qu’ils rencontrent, et de la dose de travail impressionnante que cela représente. Tout n’est pas toujours rose : Corinne, de Vie Nomade, a raconté sur son blog avec beaucoup de courage et de sincérité les terribles difficultés financières qu’elle a traversées. Cela reste un métier de funambule, où on ne cesse de jongler avec les courants contraires. Le blog seul permet rarement de vivre : beaucoup complètent avec nombre de travaux en free-lance, qui sont rarement bien payés, et par définition précaires.
La vie nomade, accessible à tous ?
Les « gros blogueurs » qui ont des dizaines de milliers de followers sur Instagram ne sont pas les seuls à mener une vie de globe-trotter. Si votre rêve est de vivre sans attaches, il vous faut un métier qui puisse s’exercer à distance, partout où vous trouverez une bonne connexion Internet : graphiste, web designer, traducteur, rédacteur web, et bien d’autres choses encore. Le blog est bien loin d’être la seule option. C’est possible, et si tel est votre souhait, je vous conseille vivement le blog de Corinne, Vie nomade, qui est plein de ressources précieuses pour ceux qui veulent conjuguer travail et mobilité. J’ai parmi mes amies blogueuses plusieurs jeunes nomades qui ont choisi cette voie, et qui le font avec beaucoup de talent et d’audace. Je pense par exemple à Stéphanie du blog Voyage road trip.
Mais la vie nomade ne convient pas forcément à tout le monde : accepterez-vous de ne pas savoir au début du mois comment vous allez le finir ? De ne pas avoir de contrat fixe, et de fonctionner au coup par coup, toujours à la recherche d’opportunités, et dépendant du bon vouloir de vos interlocuteurs ? De subir parfois des retards de paiement de plusieurs semaines, et vous demander comment vous allez payer les factures qui continuent de tomber ? De déménager loin de France pour bénéficier d’une vie moins chère ? De travailler toujours seul, de ne dépendre que de vous-même ? De ne pas avoir de séparation claire entre le travail et le loisir ?
Aujourd’hui, le grand saut est à la mode. Mais ne vous laissez pas culpabiliser par les injonctions faciles, les jolies citations sur Instagram qui sous-entendent que si vous avez un job de bureau au lieu de dormir dans des bus au Rajasthan, vous êtes un gros loser qui rate sa vie. L’épanouissement ne vient pas en taille unique. Il n’y a pas de honte à se dire qu’on est pas fait pour ce mode de vie, et on peut aussi mener des vies heureuses et épanouissantes sans tout plaquer.
En voyage de presse au Maroc, me demandant 1) quel est le sens de la vie 2) si c’est possible de mener une vie nomade sur le long terme 3) s’il y aura du couscous au dîner.
Si vous rêvez d’être blogueur…
… faites-le avec passion, et sans attendre que cela change votre vie. Devenez blogueur parce que vous adorez ça, que vous aimez voyager, écrire, photographier et partager. Que vous partiez deux fois par an ou deux fois par mois, faites-le parce que le blog vous rend heureux. Ne vous dites pas que ça va vous permettre de lâcher votre job. N’espérez pas devenir riche. Soyez patient.
Ne commencez pas à solliciter des offices de tourisme au bout de deux semaines pour avoir des trucs gratos, vous allez juste les exaspérer et dégrader la réputation des blogueurs. Une des grandes menaces pour l’avenir des blogs de voyage, ce sont les blogueurs profiteurs qui se font payer des trucs et ne livrent jamais l’article promis : j’entends de plus en plus d’OT et d’hôtels échaudés par de mauvaises expériences avec des gens sans éthique, qui se sont comportés de façon scandaleuse. Si vous obtenez une nuit d’hébergement contre un article (par exemple), vous publiez l’article dans les 10 jours qui suivent, pas trois mois après. Et vous faites ça bien.
Sachez qu’il vous faudra du temps et du travail pour construire une communauté. Ne lâchez pas l’affaire si personne ne vous lit au début. Comme dirait Florent Pagny, « aimer sans attendre, ne rien faire qu’apprendre, rien que pour le geste, sans vouloir le reste ». (Je cite qui je veux, c’est mon blog. C’est ça, l’avantage numéro un du blog, pas le fric ou les freebies : c’est VOTRE espace à vous, et vous pouvez exercer « votre liberté de penser ». Ok, j’arrête avec Florent.)
Sachez que vous n’avez pas besoin d’être blogueur à plein temps pour avoir du succès. Je suis beaucoup de blogs fabuleux, de très grande qualité et qui ont su trouver leur public, dont les auteurs ne sont pas uniquement blogueurs. Avoir gardé un job plus conventionnel à côté leur permet de s’affranchir des angoisses du free-lanceur, et cela ne les empêche pas d’avoir des blogs magnifiques, et de décrocher eux aussi des collaborations prestigieuses. Revers de la médaille : ils ont deux journées de boulot en une, et sont souvent des bourreaux de travail. Construire un blog à succès, c’est toujours être prêt à beaucoup de sacrifices, quel que soit votre modèle économique.
J’en suis convaincue : l’avenir des blogs de voyage réside dans la sincérité et l’individualité. Nous ne résisterions pas à l’uniformisation, au formatage et à la course aux chiffres. A trop vouloir transformer une passion en métier lucratif, nous risquons de dénaturer et d’abîmer ce qui nous a rendu uniques. N’oublions pas de voyager par amour.
Et de laisser le vent nous ébouriffer.
Et vous ?
Amis blogueurs et voyageurs, où en êtes-vous ? Vivez-vous de votre blog ? Rêvez vous d’ouvrir un blog de voyage ? Quels sont vos projets ? Parlez moi de vous, continuons la discussion.
Et moi ? Je vous raconte ma vie de semi-nomade dans le prochain article. Abonnez-vous à la newsletter si vous voulez suivre mes histoires !
Depuis des années, je rêvais de Chamonix, la ville mythique de l’alpinisme, lovée au pied du Mont Blanc et des glaciers millénaires. Pour qui aime les paysages des Alpes, Chamonix est une légende, une étape incontournable. Monter à 3842 mètres à l’Aiguille du midi et voir des centaines de sommets effilés rivaliser de blancheur dans la lumière du matin, marcher sur les étendues scintillantes de la Mer de glace, descendre à ski la Vallée Blanche, autant d’expériences magiques que j’espérais vivre lors de mon séjour en Haute-Savoie.
Les sommets qui dardent leurs yeux perçants sur Chamonix.
Chamonix par mauvais temps, ou le voyage qui ne se passe pas (du tout) comme prévu
Evitons le suspense, je vais vous le dire tout de suite : j’ai eu la scoumoune au superlatif. Je suis arrivée au cœur d’une des pires tempêtes de neige de la saison, et j’ai vécu quatre jours de brouillard épais et désespérant. Pendant les trois premiers jours, je n’ai même pas VU LES ALPES. J’étais à Chamonix, LA ville alpine par excellence, et je ne voyais pas les Alpes, j’estime que c’est mon record personnel de la lose. (Mais à la fin, un peu quand même, heureusement. Toutes les photos correctes de cet article ont été prises durant la providentielle éclaircie.) Mon rêve alpin n’a pas été assouvi, et il va falloir que je revienne à Chamonix vivre tout ce que j’ai manqué. Malgré tout, j’ai adoré cette ville, et imaginé tout ce qu’elle aurait pu m’offrir. Voici un petit guide de survie à Chamonix quand le temps est pourri, et des idées de tout ce qu’on peut faire de génial là-bas quand la météo est plus coopérative.
90% du temps, cela a été comme ça : Chamonix par mauvais temps, cela a des airs de Stephen King. Qui a dit Shining ?
Trois jours à Chamonix par mauvais temps et deux heures d’éclaircie miraculeuse, c’est parti.
La reine du brouillard et du temps pourri
Si vous faites partie de mes fidèles lecteurs (venez là que je vous serre contre mon cœur), vous savez que cet hiver, j’ai eu la poisse météorologique puissance dix mille. J’ai été littéralement poursuivie par le brouillard et la pluie, à Shetland (vous allez me dire, en Ecosse, je l’avais un peu cherché), à Lindau et sur le lac de Côme. Peut-être que le Roi du brouillard croit que j’ai kidnappé son premier né, ou peut-être que je suis Tornade dans X-Men, et que je n’ai pas encore appris à contrôler mes pouvoirs : partout où je vais, pluie, neige et purée de pois se déchaînent.
Mon cher et tendre, qui est toujours d’un grand réconfort, me surnomme désormais officiellement « Pechvogel » (oiseau de malheur, ou chat noir, en VF), et m’a même fait cette déclaration dont vous apprécierez la délicatesse : « Si j’étais un chef maya, je t’attacherais à un mât en haut d’une pyramide, je suis sûre que ça ferait venir la pluie. » Merci chéri.
Il faut dire que…
Dans mon article sur Lindau et Bregenz, j’avais développé une théorie selon laquelle, en hiver, le brouillard et le mauvais temps se concentrent dans les vallées, et qu’il faut gagner les hauteurs pour y échapper. Bouillie d’averses dans les vallées, soleil immaculé sur les cimes. Mais en fait, j’ai eu mon diplôme de météorologie dans un œuf Kinder, et je vous recommande vivement de n’accorder aucun crédit à ce que je raconte. A Chamonix AUSSI, j’ai réussi à avoir un temps pourri. Mais on arrive à faire des trucs sympas quand même.
Que faire à Chamonix par mauvais temps ?
Chaussez vos moufles et arpentez les rues de Chamonix, le village mythique des alpinistes. Si vous aimez la haute montagne, que vous rêvez de conquérir les cimes et que la vision d’une arrête rocheuse luisante de glace vous provoque des palpitations, il faut que vous le sachiez : c’est à Chamonix que tout a commencé. C’est à Chamonix que les hommes ont commencé à escalader les montagnes, à rêver des cimes et à défier l’altitude.
Chamonix, c’est bien plus qu’une station de ski, c’est un mythe.
Pendant des siècles, les sociétés ont fui et évité les montagnes, craignant leurs pentes escarpées et leur climat extrême. La vie des hommes se concentrait dans les vallées plus hospitalières. Pendant des siècles, le Mont Blanc est appelé « Montagne Maudite », inaccessible et dangereuse, et personne ne sait à quelle hauteur il culmine exactement.
Mais à Chamonix, au 18e siècle, on s’est mis à repousser les frontières. C’est là qu’on a inventé l’amour des montagnes.
Statut commémorant l’ascension du Mont Blanc par le guide Jacques Balmat et le physicien de Saussure, en 1787. C’est ce dernier qui a proposé la première mesure du Mont Blanc. Le toit de l’Europe avait été conquis – à l’époque, c’est un véritable prodige.
Comment pourrait-il en être autrement, dans ce village bercé par des géants, sur qui se penchent les Grandes Jorasses, les Drus, le Mont-Blanc et d’autres sommets mythiques ? A Chamonix, on aperçoit les montagnes immenses dès son réveil.
(Quand le temps est dégagé. Pendant 3 jours, je n’ai même pas pu DEVINER que les montagnes étaient au-dessus de moi, mais c’est une autre histoire.)
La fabuleuse Aiguille du midi dans un voile de brouillard qui l’enveloppera bientôt complètement.
Au 18e siècle, des rêveurs un peu fous s’aventuraient déjà sur les hauteurs, à la recherche de cristaux cachés dans les flancs de la montagne. Et peu à peu les voyageurs ont découvert la beauté des Alpes. En 1841, des Anglais tombent sur la Mer de glace, cette immense langue glaciaire qui se creuse entre deux sommets. En 1786, deux Chamoniards, le médecin Michel-Gabriel Paccard et le cristallier Jacques Balmat, réalisent la première ascension du Mont Blanc, après plusieurs tentatives ratées. En 1787, Balmat y retourne avec le physicien De Saussure, qui mesure pour la première fois la montagne maudite.
Parvenir au sommet du Mont Blanc, c’est comme marcher sur la Lune ou découvrir l’Amérique : un nouveau monde qui s’ouvre. Balmat commence à guider des voyageurs et des scientifiques vers le sommet. Le public se met à rêver des montagnes, la folie des cimes est née.
A Chamonix, cette histoire extraordinaire de conquête et de vertige résonne à tous les coins de rue. Des photos d’alpinistes célèbres s’exposent dans les rues. La statue de Jacques Balmat pointe du doigt vers le Mont Blanc. Sur la façade historique du Bureau des guides de montagne, une fresque immense se déploie et commémore les grands noms de l’alpinisme, avec bien sûr Balmat et Paccard, mais aussi Marie Paradis, la première femme à atteindre le sommet du Mont Blanc, en 1808, ou de grands alpinistes comme Michel Croz. Pour mieux comprendre la saga des cimes, faites un tour dans les musées.
Dans les rues de la belle Chamonix. En haut : la gare de Chamonix. Au milieu : la gare du Montenvers, avec le mythique train qui monte vers la Mer de glace. En bas : le mur des guides de Chamonix, commémorant les grands alpinistes qui ont fait l’histoire de la ville.
Visiter le musée alpin, l’Espace Alpinisme et le musée des cristaux
Ces trois musées retracent l’histoire de Chamonix et de l’alpinisme – c’est l’Espace Alpinisme qui m’a le plus marquée, et permis de comprendre l’exploit que représente l’ascension d’une haute montagne, fondamentalement hostile aux hommes.
Si vous voulez comprendre comment on peut escalader un glacier, ou une paroi verticale et lisse, en solo…
Si vous voulez revivre en récit, photo et vidéo l’histoire des ascensions mythiques, victorieuses ou tragiques, comme l’ascension de « l’ogre » Eiger par la face nord, ou la première conquête d’un sommet de 8000 mètres par Maurice Herzog…
Si vous voulez vous mettre à la place de ces hommes qui pulvérisent les records et les limites de la condition humaine…
Vous allez adorer. En sortant de l’Espace Alpinisme, j’avais envie de faire l’Everest sans oxygène à mains nues à cloche-pied.
Après, je suis allée à la salle d’escalade de Chamonix faire une initiation, je suis restée bloquée sur une HORRIBLE paroi pour débutants à 2 mètres du sol et j’ai cru faire une crise de tachycardie, et ça m’a calmée.
L’aventure sur canapé, ça me connaît.
Espace alpinisme, au coeur du mythe
Manger du fromage et du chocolat
Passons à une activité plus dans mes cordes : goûter les spécialités locales ! Même sous la pire météo du monde, rien ne vous empêchera de savourer les merveilles culinaires de la Savoie.
Parmi les spécialités fromagères, vous avez l’embarras du choix, avec quatre sortes de fromage différentes :
– la raclette, avec du fromage de raclette, que j’ai testée en version traditionnelle au restaurant Le Monchu : on vous fournit un appareil de chauffage au feu de bois et une sorte de réglette qui va coller la tome contre le feu (et vous crâmer les doigts au passage). C’est très ludique de faire rouler son fromage et de le brûler contre la grille, j’avais cinq ans d’âge mental. Et c’est très bon.
La raclette du Monchu.
– la fondue savoyarde, avec différents fromages (en général comté, emmental…), où on embroche du pain, le trempe dans le fromage, perd son petit pain et se coltine un gage idiot
– le vacherin, avec du fromage Mont d’Or, qui n’est en fait pas originaire de Savoie mais du Jura, mais on tolère quand même parce que c’est vachement bon (la qualité de mes jeux de mots, je ne vous dis que ça)
– la tartiflette, avec du reblochon. Je rêvais de la goûter, celle-là, car j’adore le reblochon, mais malheureusement, elle contient des lardons et je ne mange pas de viande. Cuisiner moi-même une tartiflette végétarienne fait partie de mes projets de mars, et en attendant, je me suis vengée en testant le pancake au reblochon au petit déj de l’hôtel. (Ouais, j’ai peur de rien #thuglife).
Après, on enchaîne sur le chocolat, avec les nombreux magasins spécialisés de Chamonix. Mon coup de cœur ? Une spécialité qui m’a été suggérée par mon amie blogueuse Céline, récemment partie à Megève, les rochers au chocolat Mont Blanc 4810. C’est suprêmement bon.
Le magasin L’univers du bonbon : mon coup de coeur parmi les boutiques de Chamonix, avec sa débauche de sucre et ses marmottes trop mignonnes. En bas : mes souvenirs de Chamonix. Chocolat à la framboise, typiques pastilles rétro, fameux rochers Mont Blanc et… raclette à la bougie. Ouais, on est des gros romantiques nous, vous le savez.
Bon, depuis ces quatre jours en Haute-Savoie, je vais à la salle de sport deux heures par jour et je bouffe des épinards crus en dessert, mais à part ça tout va bien.
Faire une virée à Vallorcine par le tunnel du Col des Montets
Au-dessus de Chamonix, à la frontière avec la Suisse, plusieurs villages déploient leur charme traditionnel, notamment Vallorcine, qui semblait super mignon. En raison du risque d’avalanche, le col qui mène au village était fermé (des congères hautes de plusieurs mètres s’étaient formées, c’était l’Âge de glace, sans le gland), j’ai donc eu l’occasion de tester un point de passage incongru : le tunnel du Col des Montets. C’est un tunnel mi-ferroviaire, mi-routier, dans lequel trains et voitures passent en alternance, un sens après l’autre, avec des rotations toutes les 15 minutes. J’ai trouvé ça franchement désopilant de rouler sur des rails – un rien m’amuse, je sais, mais sous la tempête de neige, on revoit ses exigences à la baisse. (C’est ça, la décadence du blogueur, qui rêvait de s’enivrer des cimes de l’Aiguille du midi et qui se tape un fou rire dans un tunnel pour tut-tuts et tchou-tchous.)
Et Vallorcine alors ? Je pense que c’est sublime, dans d’autres circonstances. Mais là, pour être honnête, tout était enseveli sous un tsunami de blanc tourbillonnant, tout était fermé, c’était l’apocalypse neigeuse. On a franchi la frontière suisse, pour voir si la douane helvète était parvenue à stopper les flocons en situation irrégulière. Spoiler : non. Du coup, on a fait demi-tour. Voilà. Désolée.
La route vers Vallorcine et le fameux tunnel
Faire une virée nocturne à Megève
Toujours grâce aux conseils de mon amie Céline (vive la solidarité entre blogueuses : Céline tenait pratiquement une hotline, intitulée « au secours y a 15 mètres de neige je fais quoi ? »), je suis allée découvrir le joli village de Megève, où ils avaient eu le bon goût de garder le sapin de Noël illuminé avec des cœurs clignotants. J’ai adoré cette place scintillante sous les flocons. Et j’ai adoré le resto fétiche de Céline, la crêperie Chez Maria qui est aussi le plus ancien restaurant de Megève, avec une ambiance géniale.
Megève (et Combloux), ravissants villages savoyards
A la crêperie Chez Maria, y a même des crêpes à la raclette.
Le récit dramatique de mon ascension de l’Aiguille du Midi
Préparez vos mouchoirs, amis lecteurs. Ça va être terrible.
Je suis arrivée à Chamonix dimanche soir. J’étais là pour : voir l’aiguille du midi, voir la mer de glace, skier. Que dalle, chers amis, j’ai bouffé du fromage et prié le ciel. Tout lundi, tout mardi, j’ai espéré que le temps se dégage. Je ne voyais MÊME PAS LES MONTAGNES. (Je sais, ça fait cinq fois que je le dis, mais vous imaginez la douleur dans mon cœur ? Sérieux, j’espère que vous compatissez à mon sort tragique.)
Le mardi soir, au crépuscule, le ciel s’est miraculeusement dégagé. Les Drus et l’Aiguille sont apparus. C’était merveilleux. C’était comme si Dieu descendait sur Terre. J’étais dans le même état que la petite Bernadette à Lourdes, quand la Vierge est apparue. J’y croyais à fond.
L’apparition fantastique de l’Aiguille du midi
Le mercredi matin à l’aurore, l’Aiguille était claire comme un cristal, auréolée de rose poudré. Mon cœur s’est mis à battre la chamade. J’ai foncé à la télécabine de l’Aiguille. J’ai acheté mes billets et je me suis mise dans la queue. J’allais voir l’Aiguille ! J’étais surexcitée.
Le miracle matinal de courte durée
Puis une annonce : incident technique. Mon cœur s’est serré. 45 minutes d’attente.
Et pendant que j’étais dans la queue et que j’attendais…. le temps se dégradait peu à peu, le bleu devenait gris, et j’avais un mauvais pressentiment. Enfin la télécabine s’est remise à fonctionner. J’ai pris place à bord, et pendant l’ascension, à mi-hauteur… j’ai vu un énorme nuage envelopper l’Aiguille, j’ai vu la neige et la brume descendre sur les cimes, et l’Aiguille disparaître. Je vous l’ai dit : je suis Tornade. Je suis un grigri maléfique.
Un gamin s’est mis à se rouler par terre en hurlant dans la télécabine, je vous avoue que j’étais à deux doigts de faire pareil. Mais étant donné ma maîtrise balbutiante de mes super pouvoirs météorologiques, j’ai eu peur que ça déclenche un ouragan et précipite la cabine mille mètres plus bas, donc je me suis sagement abstenue. J’ai juste versé une petite larme de désespoir en arrivant au sommet, à 3842 mètres, me sachant face au plus beau panorama des Alpes et ne voyant… RIEN. Néant.
L’aiguille du midi dans le brouillard. Photo du bas : la grotte de glace qui mène à la Vallée blanche, mythique descente en hors piste au coeur des plus beaux massifs
J’ai quand même essayé de me consoler en explorant les multiples salles de l’Aiguille. Le parcours est très intéressant, avec des expositions sur l’alpinisme, sur l’hypoxie (privation d’oxygène en altitude), sur l’histoire de l’Aiguille et les prouesses techniques qui ont présidé à sa construction. Le clou, c’est le Pas dans le vide, où vous pouvez vous avancer au-dessus des Alpes vertigineuses. Moi je me suis avancée au-dessus d’un matelas de coton gris, mais bon.
Oui, j’ai dû mettre des sur-chaussons par dessus mes bottes, pour ne pas rayer le plancher du pas dans le vide. Oui, j’ai un pull Islande acheté à Europa Park. Dieu seul peut me juger, ok ?
J’ai vu des skieurs partis pour la descente de la Vallée blanche rebrousser chemin à cause de la météo, le cœur gros. Je partageais leur peine au plus profond de mon cœur.
Accès à la Vallée blanche. Dans ces conditions, les skieurs ont fait demi tour.
Après, je suis redescendue sur Chamonix, et j’ai appris que le train du Montenvers vers la Mer de glace n’ouvrirait pas, en raison du risque d’avalanche. Heureusement que ça s’est passé à Chamonix, soit à 4h de route de chez moi, et pas au Grand Canyon ou en Australie, sinon j’aurais été TRES malheureuse (et j’aurais déclenché l’apocalypse par inadvertance. Faites gaffe, je suis apparemment dangereuse).
Les joyaux des Alpes françaises : ce qu’il faut (normalement) voir à Chamonix
Grâce à des photos de banque de données (désolée…), voici ce que vous devez voir à Chamonix et que j’ai malheureusement loupé. Quelques idées des incontournables à voir dans ce magnifique village alpin, pour vous aider à planifier votre voyage :
L’Aiguille du Midi et le Pas dans le vide
Un panorama fabuleux sur tous les sommets des Alpes, du Cervin au Ventoux, et la possibilité de marcher au-dessus du vide sur un plancher de verre. C’est sans doute la vue la plus célèbre d’Europe, l’expérience alpine ultime. Accessible hiver comme été.
Aiguille du midi. Image Pixabay
Pas dans le Vide (AP Photo/Alexis Moro)
Le train du Montenvers, la Mer de glace et la Grotte de glace
Peut-être la plus belle vision glaciaire d’Europe. Entre deux sommets, une vallée glaciaire fabuleuse dessine un paysage inouï. Descendez l’escalier qui mène au fond de la grotte de glace et admirez les sculptures. Prenez un repas au légendaire restaurant panoramique de l’hôtel du Montenvers. Accessible hiver comme été.
Mer de glace. (Photo Anthere sur WikiCommons).
L’hiver : la Vallée Blanche à ski
Il paraît que c’est une des plus belles descentes à ski qu’on puisse faire. Il s’agit d’un parcours hors piste, à prendre avec un moniteur de ski agréé, qui vous amène de l’Aiguille du midi jusqu’à la mer de glace. 20 km de descente faramineuse. Mon projet pour ces quatre jours à Chamonix, c’était de prendre une heure de cours avec un moniteur de l’ESF au début, afin de lui demander d’évaluer mon niveau, et de me lancer sur la Vallée blanche s’il m’en pensait capable. Je skie depuis toute petite, mais je n’ai jamais fait de hors piste à ce jour. Il paraît que la pente n’est pas très raide, pas trop difficile, mais le ski dans la poudreuse peut décontenancer les gens qui n’ont pas l’habitude. Ne vous lancez pas sans être sûr de votre coup, n’hésitez pas à demander conseil.
Vallée blanche, image Pixabay.
Si vous n’êtes pas certain d’être à la hauteur, ne vous en faites pas : le domaine skiable du Mont Blanc, à Chamonix, Megève, Les Houches, etc, est vaste et beau et vous permettra de vous régaler.
Pratique : Le pass Mont Blanc Unlimited de la Compagnie du Mont Blanc
Tous les sites évoqués ci-dessus sont accessibles grâce au Pass Mont Blanc Unlimited vendu par la Compagnie du Mont Blanc. Il coûte 62 euros par jour (avec réduction si vous restez plusieurs jours) et vous donne accès à tous les sites que j’ai mentionnés, et à l’ensemble du domaine skiable sur trois pays, soit 998 kilomètres de pistes. D’autres forfaits moins chers sont également disponibles si vous souhaitez skier seulement sur une partie du domaine, par exemple à Chamonix, à Megève, aux Houches, etc. Vous trouverez ici la description de tous les forfaits disponibles.
L’été : la randonnée du Lac blanc
Je suis décidée à revenir à Chamonix en été pour faire cette superbe randonnée autour du lac dit « Lac Blanc », avec vue extraordinaire sur le Mont Blanc. Elle est considérée comme une des plus belles randonnées de montagne françaises, et me fait complètement rêver.
Je n’ai pas trouvé de belles photos libres de droits, je vais donc vous maintenir dans le suspense jusqu’à cet été.
En quelle saison venir à Chamonix ?
L’hiver si vous êtes skieur, bien sûr, surtout si vous rêvez de la Vallée Blanche.
Si votre but est avant tout de voir les sites de l’Aiguille du Midi et de la Mer de glace : venez plutôt l’été. En haute montagne, le temps est toujours capricieux (au sommet du Mont Blanc, il neige même en été), mais vous avez plus de chance de tomber sur un grand soleil en été. Et en bonus, vous pourrez faire la randonnée du Lac blanc, inaccessible l’hiver, mais merveilleuse en été.
Un dernier coup de cœur : le village natal de Jacques Balmat, Les Pélerins
Ceci est un hasard, un petit joyau inattendu comme les voyages savent parfois nous réserver. En quittant Chamonix, je cuve ma déception de n’avoir pas vu ce dont je rêvais, et je fixe mes cuticules avec application, perdue dans de noirs pensers (orthographe du XVIIIe – je sais, j’en fait trop). Soudain, mon cher et tendre s’arrête sur le bas-côté et me dit « Regarde, ça va te plaire. »
Au-dessus d’un hameau, la langue d’un glacier s’avance, semble descendre vers les maisons enneigées, puis s’arrête net, comme un tsunami qui aurait heurté un mur invisible. Ce paysage de séracs bleutés crachés par la pente, comme suspendus au-dessus des toits, me fascine. Voilà la vision alpine dont je rêvais – la grandeur, le danger, la beauté hypnotique du froid et de la mort.
Le fabuleux glacier des Pélerins
Le petit village s’appelle Les Pélerins. Au XVIIe, à l’époque du découvreur du Mont-Blanc, on l’écrivait Les Pellarins. Ce ne sont que quelques maisons à la merci du glacier, à quelques minutes seulement de Chamonix, mais déjà au cœur de la montagne. Sur la façade d’un chalet, je lis : « Ici a vécu Jacques Balmat ». Et soudain je comprends. Comment ne pas rêver de conquérir les cimes, quand on dort sous l’œil du monstre ?
Ambiance étrange et belle du village des Pélerins, où est né et a vécu Jacques Balmat.
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Voyage privé, vous en avez sans doute déjà entendu parler : cette agence de voyages en ligne propose des séjours de luxe à prix cassé, en France, en Europe et à l’autre bout du monde. Leurs offres sont très alléchantes, avec des réductions sur des hôtels 3 à 5 étoiles qui peuvent aller jusqu’à -70%. Trop beau pour être vrai ? J’ai longtemps hésité avant de me jeter à l’eau… et puis je suis devenue adepte. Avantages et inconvénients, voici mon avis sur Voyage Privé, que j’ai pu tester aux Seychelles.
L’aveu honteux : j’aime aussi le luxe
Je l’avoue sans détour : si je suis tout à fait prête à passer par la case Airbnb ou camping (je sais même monter une tente, attention), et que je trouve souvent l’expérience sympa, si j’aime l’authenticité et la découverte locale, j’ai quand même le coeur qui bat quand on me propose un hôtel de grand standing. Donnez-moi une belle chambre avec vue sur mer, un lit molletonné, plein de petits flacons de produits qui sentent bon dans la salle de bain, une piscine à débordement, des chaussons en tissu et un peignoir pour aller au spa, et je ronronne comme un chaton qui a trouvé une balle en alu.
Voilà, j’aime bien les boui-bouis aussi, mais ça, je peux tolérer. Hôtel aux Seychelles, réservé avec Voyage Privé
Je sais que ça casse un peu ma street credibility de blogueuse d’avouer ça, qu’il vaut mieux dire « moi je préfère loger chez l’habitant, c’est plus authentique », mais l’un n’exclut pas forcément l’autre. D’un voyage à l’autre, nos envies peuvent varier, et il y a un temps pour tout – on peut alterner les voyages authentiques et un peu roots avec des séjours plus autocentrés, où on cherche avant tout à prendre soin de soi.
Et puis franchement, si vous avez déjà partagé une salle de bain avec un saint-bernard baveux, mangé des tartines avec un dealer de drogue fan de didgeridoo dans un squat berlinois transformé en « chambre d’hôte » ou pris une tente de camping sur la tête à trois heures du matin pour cause de tornade inopinée, je sais que vous me comprendrez. Parfois, on rêve d’une expérience un peu magique, où on se sentirait comme hors du temps, posé dans un cadre paradisiaque sans rien avoir à gérer.
Et vivre des trucs comme ça.
Voyage privé, mode d’emploi
Voyage privé, c’est une agence de voyages en ligne, qui est aujourd’hui le leader de son domaine en France. Elle propose des séjours à prix cassés dans des hôtels de luxe (3 à 5 étoiles : contrairement à d’autres prestataires, Voyage Privé a choisi de se concentrer sur le haut de gamme exclusivement), avec ou sans vol.
Voyage privé, comment ça marche :
– Il s’agit d’un site de vente privée, vous ne pouvez donc accéder aux offres qu’en vous inscrivant.
– Vous sélectionnez les destinations qui vous intéressent (toutes, ou seulement une partie du monde : par exemple, j’avais sélectionné Ile Maurice, Réunion, Seychelles, soit les « îles vanille »).
– Lorsqu’une vente ouvre, vous recevez une alerte par e-mail. Vous avez sept jours pour faire votre achat, en ligne ou au téléphone avec un conseiller. Ensuite, la vente est terminée et vous ne pouvez plus y accéder.
– Les offres portent sur une période variable, mais à ce que j’ai constaté, il s’agit en général d’offres qui démarrent le mois suivant la date d’achat, et s’étendent sur environ six mois.
Les avantages à partir avec Voyage Privé
– Les prix sont vraiment impressionnants. C’est vraiment la raison numéro 1 de choisir Voyage privé. Cela permet de s’offrir des séjours qui auraient été inaccessibles sinon. Vous pouvez vérifier en direct en tentant de réserver le même combo par vous-même, vol + cet hôtel précis, et vous verrez que le tarif est beaucoup plus élevé que ce qu’ils proposent. Les accords qu’ils concluent avec les hôtels permettent de vraies réductions, qui sont parfois spectaculaires. Je n’aurais pas pu partir aux Seychelles dans de si belles conditions sans passer par Voyage Privé.
– Le catalogue est de qualité. Voyage privé s’est spécialisé dans le luxe et en a fait son image de marque, il s’agit donc de beaux endroits et de beaux hôtels. J’ai testé trois des hôtels proposés à ce jour, et j’ai été très satisfaite du standing (je vous en dis plus dans la suite de l’article).
– Le catalogue est plus étoffé que celui des concurrents. Voyage Privé est en position de leader sur ce marché, et cela se voit. D’autres sites ont imité le principe, et je me suis inscrite à tous ( je suis toujours à l’affût de bons plans), mais je ne vois jamais une telle variété d’offres, avec autant de destinations et de choix. A l’heure où j’écris mon article, je trouve que Voyage Privé se démarque nettement de ses concurrents.
– Les avis sur le site sont authentiques. Les avis négatifs ne sont pas censurés. Cela permet de vous faire une idée fiable de l’hôtel où vous réservez. Par ailleurs, comme vous avez le nom de l’hôtel, vous pouvez vous faire votre propre idée en vérifiant les avis sur TripAdvisor, les blogs de voyage, Yelp, etc.
– En général (c’est toujours précisé dans la description de l’offre), les transferts sont gérés si vous prenez l’option avec vol. Par exemple, dans le cas de mon voyage aux Seychelles, j’avais un combiné deux îles, et les quatre transports aéroport-hôtel étaient pris en charge. Cela représentait une vraie économie, et un facteur de stress en moins. Les packages incluent parfois d’autres choses : excursion, soin au spa, repas, etc.
La balançoire ne faisait pas partie du descriptif, c’était cadeau.
Les inconvénients de Voyage Privé
– Vous n’avez que sept jours pour vous décider, ce sont des ventes flash.
– Vous ne pouvez pas changer d’avis : ce n’est pas remboursable (ou seulement un % très faible de la prestation). A ce que je sais, vous pouvez toutefois contracter des assurances, mais je n’ai pas testé cette option et elle semble compliquée. Ne réservez pas si vous n’êtes pas certain de pouvoir partir, le système Voyage Privé n’est pas prévu pour ça : on vous propose des prix cassés, mais la contrepartie, c’est qu’il faut se décider vite et être sûr de son choix. Selon les avis que j’ai lus, les clients mécontents sont souvent des gens qui ont tenté d’annuler et qui n’ont pas pu. Partez du principe que ce n’est pas remboursable.
– Le prix d’appel (l’option la moins chère) n’est pas disponible à toutes les dates. Mais pour cela, le site est très bien fait : vous avez un tableau très clair des prix pour les départs à chaque date disponible. Pour mes amis profs ou parents d’élèves : les vacances scolaires ne sont pas forcément plus chères, surtout si vous partez loin. Aux Seychelles, ils s’en tapent un peu, des dates de vacances de la zone A.
– Si vous réservez une option avec vol : vous ne connaîtrez votre vol que 5 jours avant le départ. Et donc, si vous habitez loin de l’aéroport, vous n’aurez que cinq jours pour vous organiser. Voyage Privé gère les vols avec les compagnies pour assurer les meilleurs tarifs – ce qui permet des prix beaucoup plus bas que le tarif public, mais cela oblige à leur faire confiance.
C’est la partie qui m’a le plus fait angoisser. J’ai la phobie des compagnies aériennes pourries, et j’avais très peur de me retrouver sur Air Sparadrap avec douze escales de nuit à Pétaouchnok. J’ai cuisiné le conseiller au téléphone pour en savoir plus. Il m’a rassuré en me promettant que Voyage Privé ne travaillait qu’avec des compagnies bien notées par l’autorité de sécurité aérienne. Comme j’insistais pour avoir des détails sur mes vols vers les Seychelles, il m’a dit qu’il ne pouvait pas me donner les vols à ce moment précis (j’ai réservé un mois avant le départ), que je ne saurai que la dernière semaine, mais que ce serait soit un Paris – Dubai – Mahé avec Emirates, soit un Paris – Mahé avec Air Seychelles. Si j’étais trop inquiète de ne pas avoir le plan de vol, je pouvais choisir une option sans vols, et réserver le vol moi-même. J’ai vérifié : cela faisait beaucoup augmenter le prix. J’ai donc choisi de faire confiance, et je n’ai pas été déçue : j’ai eu des vols directs de nuit, Paris-Mahé et Mahé-Paris avec Air Seychelles, et tout s’est très bien passé. Mais c’est toujours un peu angoissant pour les obsédés du contrôle, ou pour ceux qui ont des plannings stricts, de ne pas avoir cette info, vous pouvez donc choisir de ne réserver que l’hôtel.
Edit : Plusieurs lecteurs me disent que Voyage Privé propose de plus en plus souvent de réserver directement les vols à la commande. Personnellement, c’est une option que je préfère ! Tant mieux, cela m’encourage encore plus à repartir avec eux un de ces jours.
Mon voyage aux Seychelles avec Voyage Privé
Je rêvais depuis longtemps de découvrir les Seychelles, et je savais que je voulais les voir dans de belles conditions, en plongeant dans la carte postale. Je ne pensais pas avoir le budget avant longtemps, les Seychelles ayant la réputation d’être une destination très chère. Je pensais qu’il me faudrait mettre environ 5000 euros de côté. Et puis, je suis tombée sur une offre de Voyage privé.
11 jours aux Seychelles, avec un combiné de deux îles, Mahé et Praslin, deux hôtels sublimes, vol et transferts inclus (vol intérieur Mahé-Praslin et transports aéroport-hôtel et hôtel-aéroport), le tout pour 1700 euros à une période parfaite, fin juin/début juillet. En plus, cela tombait sur la fête des 40 ans de l’Indépendance, donc je pourrais joindre l’utile à l’agréable, et faire un reportage. Le rêve.
Et voir enfin Anse Source d’Argent.
Bien sûr, j’ai aussitôt essayé de comparer en prenant les différentes prestations séparément, vols, hôtels, transferts, etc. Aussitôt, le tarif explosait. Selon mes calculs, passer par Voyage Privé me faisait économiser presque 55% du prix.
J’ai beaucoup hésité. J’avais horriblement peur de me faire arnaquer – 1700 euros, c’est une grosse somme.
Finalement, ce qui m’a convaincue, c’était un truc tout bête : j’ai appris que Voyage Privé était une boîte française, basée dans ma ville de résidence, Aix-en-Provence. Que la boîte marchait super bien, connaissait une énorme croissance, et employait 350 personnes à Aix. Les employés étaient donc mes concitoyens, des gens que je croisais peut-être en allant acheter des carottes au Casino, pas des mafieux planqués dans une cave à l’autre bout du monde. Ils étaient soumis à la législation française, et pas protégés par une société écran aux Caïmans ou que sais-je. Cela m’a rassurée.
Je me suis jetée à l’eau, en embarquant avec moi une amie géniale qui m’a dit « ok je viens » en cinq secondes. C’est à elle que je dois cette vidéo qui résume bien le caractère inouï de ce voyage :
Cela a été un des plus beaux voyages de ma vie. Je vous ai déjà raconté mon voyage aux Seychelles sur le blog : c’était juste merveilleux. Tout s’est bien passé, vol, transferts, hébergement. J’ai complété à ma sauce, bien sûr, j’ai loué une voiture, fait des excursions (vers Moyenne, Curieuse, La Digue…), exploré les îles, mais l’architecture de base du voyage était assurée.
Les hôtels aux Seychelles découverts avec Voyage Privé
L’Avani Barbaron à Mahé
Un quatre étoiles magnifique, tout en volumes ouverts sur une grande piscine et sur la plage. Le cadre était luxueux et le personnel adorable. Il y avait des fleurs et des fruits dans la chambre (je pense que le personnel nous croyait en voyage de noces), et chaque détail était choisi avec goût. Je me réveillais le matin face à un ricochet de bleus, la pelouse moelleuse sous mes pieds et le chant des oiseaux tout autour. Le soir, un buffet de spécialités créoles préparées avec raffinement était dressé avec vue sur mer. Je sais qu’il y avait aussi un spa superbe, mais sincèrement, je n’en ai pas profité : j’étais trop occupée à découvrir Mahé.
L’Avani Barbaron à Mahé.
Un seul bémol : l’hôtel était situé près du Morne Seychellois, et donc plus sujet aux averses et aux brumes que l’autre côté de l’île en cette saison (fin juin).
L’Hôtel Acajou à Praslin
Sincèrement, je ne comprends pas pourquoi cet hôtel avait trois étoiles « seulement » et pas quatre. Il était juste PARFAIT. J’y suis restée cinq nuits, et j’aurais voulu dix de plus. Notre chambre, tout en bois, s’ouvrait sur un balcon avec vue sur l’océan. La piscine était magnifique et j’adorais le restaurant adjacent – c’était le bonheur de sortir de l’eau et de commander une salade seychelloise au marlin fumé et aux agrumes. Quant à la plage… C’est celle où vous me voyez péter un plomb dans la vidéo, sidérée par une telle avalanche de blanc lumineux. La plage était DIVINE. Immense, immaculée, une plage de film, plus parfaite que tout ce que j’ai connu dans ma vie. Si le paradis existe, on va m’y téléporter à ma mort.
La plage de l’hôtel Acajou. Voilà, je pose ça là.
Piscine et chambre.
Bémol : Pas de bémol. J’ai ADORE cet hôtel.
Comment je suis repartie avec Voyage Privé à Chamonix
Il y a quelques temps, Voyage Privé m’a contactée en me proposant de tester une de leurs offres et d’en parler sur le blog. Parce que j’ai du respect pour mes lecteurs et pour l’image de ce blog, je choisis très, très soigneusement mes partenariats, mais j’ai dit oui sans hésiter, parce que j’avais déjà testé Voyage privé aux Seychelles (sans partenariat, sans qu’ils sachent que j’étais blogueuse) et que j’avais adoré. Je peux donc vous les recommander sans états d’âme : ça vaut le coup.
Bref, ceci est un post sponsorisé, mais le vrai test a eu lieu AVANT le sponsoring.
L’offre que j’ai prise cette fois-ci était plus légère : deux nuits à Chamonix à l’hôtel Excelsior 4*, pour deux personnes, avec petit-déjeuner, sans transport (nous sommes venus en voiture). Le prix était de 253 euros, contre 330 en réservation directe. Pas de vol, pas de voyage lointain, donc à vrai dire, le vrai test était aux Seychelles. Mais j’ai beaucoup aimé mon séjour dans cet hôtel.
C’est parti pour Chamonix.
L’hôtel Excelsior Chamonix : mon avis
C’est un ancien hôtel familial, à la façade typiquement savoyarde, repris depuis deux ans par la chaîne Best Western qui en a fait un établissement « Superior », 4 étoiles. L’hôtel est situé dans un joli cadre boisé avec une vue superbe sur les montagnes, à 3 kilomètres du centre de Chamonix – ce qui ne m’a pas gênée, étant donné que nous avions une voiture.
Au milieu des Alpes.
Lever de soleil sur l’aiguille du midi depuis notre balcon à l’Excelsior.
Ce que j’ai aimé
– La vue exceptionnelle sur les montagnes. Se réveiller avec un soleil levant sur l’Aiguille du midi et les Drus au-dessus des sapins, c’est fabuleux.
– La déco de l’hôtel, très design, entre la moquette motif zèbre et les œuvres « pop art » et colorées sur le thème du ski.
– Le restaurant de l’hôtel, l’Envergure, où nous avons vraiment bien mangé.
– L’ambiance de l’espace spa, blanc et zen, avec des salles de relaxation et de soin et des produits couleurs edelweiss.
– Le confort de la chambre, la qualité de la literie.
La déco de l’hôtel, très pop.
Le restaurant L’Envergure, avec tempête de neige dehors
Ce que j’ai moins aimé
– L’absence de piscine intérieure et de salle de fitness. Il y a bien une piscine, mais extérieure et ouverte seulement l’été. Je le savais au moment de la réservation, mais je ne pensais pas que ce serait un problème : j’espérais skier toute la journée. Il se trouve que la météo a joué contre nous, avec une horrible tempête de neige – du coup, l’espace spa était pris d’assaut, et le sauna, le hammam et le jacuzzi (limité à 15 minutes) n’étaient pas suffisants. Je sais désormais que c’est un critère important pour moi lors d’un séjour alpin : une belle piscine intérieure pour les jours de mauvais temps.
L’espace spa : très beau, mais un peu petit quand tout le monde s’y précipite. L’absence de piscine intérieure se fait sentir.
– Le parking couvert à 15 euros la nuit (idem, cela était annoncé au moment de la réservation, et non une surprise). Nous avons préféré rester dehors, et déneiger frénétiquement – vous allez me dire, on aura fait un peu de fitness quand même, au moins 😉
C’est comme dans les clips sensuels « car wash », mais avec plus de vêtements. Beaucoup plus de vêtements.
Pas de surprise : les prestations étaient en tout point conformes au descriptif fourni par Voyage privé, y compris les deux bémols que je viens de mentionner, et le prix, vraiment très avantageux.
Voyage Privé : verdict
Sans hésitation, je vais continuer à partir avec Voyage Privé pour des escapades en mode princesse, en France ou plus loin. Je vais notamment surveiller leurs offres pour les destinations exotiques qui me font rêver en ce moment, Mexique, Ile Maurice, Philippines, etc. Cela vaut vraiment le coup pour qui rêve de luxe sans se ruiner. Bien évidemment, je vais aussi continuer à partir pour des voyages plus aventureux et spontanés, des road trips ou des expéditions camping – je ne voudrais pas perdre mon expertise en repliage de tente. Mais quand je voudrais avoir les chaussons au sortir de la douche et le champagne dans le minibar, je saurai où aller…
Dans le prochain article, je vous inviterai à découvrir Chamonix avec moi : oui, oui, on est sortis de l’hôtel !
Cet article est sponsorisé. Comme je l’explique dans l’article, j’ai accepté ce partenariat avec Voyage Privé à Chamonix sans hésiter parce que je les avais déjà testés six mois avant le partenariat, sans aucune mention de mon blog, et que j’avais été totalement satisfaite. Le voyage aux Seychelles n’était pas en partenariat. Je suis restée libre de mes choix éditoriaux et de mes avis.
Comment ne pas aimer Marrakech ? Cela fait bien longtemps que le monde entier se presse entre ses remparts ocres, et il n’est pas difficile de succomber à son charme. Mais personne ne pouvait me la montrer sous un plus beau jour que mon père, qui y est né et l’a toujours considérée comme sa ville de cœur. Cette ville, il la connaît à merveille, des petits cafés aux hôtels de luxe, des souks aux jardins ombragés. Peut-être êtes-vous déjà venus à Marrakech, et vous retrouverez dans cet article des lieux connus, comme la place Jemaa el-Fna, la Koutoubia, ou le jardin Majorelle. Mais je suis sûre que d’autres lieux sauront vous surprendre, car j’avais le meilleur guide qui soit à mes côtés. guide ultime de Marrakech incontournables de Marrakech que voir à Marrakech guide du luxe à Marrakech
Voici mon guide ultime de Marrakech, des coins les plus authentiques aux secrets des hôtels de luxe.
Place Jemaa el-Fna au crépuscule. Un incontournable de MarrakechAvec mon père devant la Mamounia, au coeur de Marrakech
Marrakech, la grande histoire et la mienne
Les sommets enneigés de l’Atlas au loin comme un rêve suspendu dans le désert, la fraîcheur des fontaines sous les palmeraies, et cette couleur rose ocre qui impose aux façades un perpétuel sourire – tout conspire à vous faire aimer Marrakech. Ancienne ville impériale, autrefois à la tête d’un royaume qui s’étendait de Lisbonne à Tripoli, elle arbore fièrement ses siècles de puissance et de gloire, et chaque recoin reflète le blason de sa majesté immortelle. Les empereurs se sont battus pour elle, aujourd’hui les artistes et les plus fortunés y trouvent refuge, et son attraction ne se dément pas.
La Koutoubia, la plus célèbre mosquée de Marrakech, au crépuscule
Mais pour moi, c’est aussi et surtout un lieu profondément associé à l’histoire de ma famille. Laissez-moi vous raconter.
Mon père, Eric, est né le deux avril 1958 à Marrakech, et a vécu au Maroc jusqu’à ses dix-huit ans. Ma grand-mère Marie-Thérèse, une Française née à Marrakech et dont la famille était venue du Liban, était tombée amoureuse d’un jeune pilote instructeur de l’armée de l’air, Gérard. Mais l’avion de celui-ci s’est abîmé sur les montagnes de l’Atlas alors que ma grand-mère était enceinte de mon père, et il ne l’a jamais connu. J’admire beaucoup le courage qu’a eu ma grand-mère, perdant son mari alors qu’elle attendait un enfant, et qui a malgré tout réussi à élever mon père dans la joie et l’optimisme. Quelques années plus tard, elle s’est remariée avec un jeune dentiste venu lui aussi du Liban, que nous appelons tous Samito. Bien évidemment, c’est lui que mon père appelle « Papa » et que je considère comme mon grand-père, au nom du coeur et non du sang. Marie-Thérèse et Samito eurent cinq autres enfants, mes oncles et mes tantes. Lors de ce voyage à Marrakech, mon père nous montre le cabinet dentaire de Samito, et l’appartement où ils ont vécu. Je suis sidérée de voir que le cabinet dentaire n’a pas changé de fonction et porte toujours le panneau « Chirurgien dentiste », comme si Marrakech avait bien voulu suspendre le temps pour que je comprenne l’enfance de mon père. Puis il nous montre le club où son père jouait au tennis, et le magasin où on lui a acheté ses premières chaussures. Tout est encore là. Marrakech est devenue pour nous une boule de cristal inversée, reflétant le passé.
Mon arrière-grand-mère, l’écrivain Ferny Besson, mère de Gérard. Gérard à l’armée.Ma grand-mère Marie-Thérèse, mon grand-père de coeur Samito, et mon père enfant, au Maroc.Le cabinet qui fut celui de Samito, mon grand-père
Plus tard, la famille a déménagé à Mohammedia, au bord de l’Atlantique – d’où l’amour des vagues, que j’ai reçu en héritage. Mais ils ne cessaient de revenir voir leurs proches à Marrakech, et mon père a perpétué la tradition du pèlerinage intime. C’est une ville qui ne vous laisse pas lui tourner le dos.
Marrakech vu de haut au Café Renaissance
Aimez-vous, vous aussi, commencer la visite d’une ville par une vue surplombante, afin d’apprivoiser sa beauté ? La première chose que nous avons faite, c’est d’aller boire un thé au Café Renaissance, qui offre une vue panoramique sur tout Marrakech. Le regard porte jusqu’à l’Atlas enneigé, à la palmeraie où poussent les dattes, et jongle de minaret en minaret.
Vue sur Marrakech au Café Renaissance
Il est temps de plonger dans l’incontournable cœur de Marrakech. Passez par l’une des superbes portes qui s’ouvrent dans les remparts ocres, entrez au sein de la médina.
Le cœur de Marrakech, la vieille Medina
Voici l’ancienne médina, la ville historique. La Koutoubia couve ses siècles de quiétude, les marchands de fruits, d’épices et d’artisanat peuplent le labyrinthe des souks, et le soir, la place Jemaa el-Fna est un tourbillon de bruit, de musique et de fumée.
La nuit sur Jemaa el Fna.
La Koutoubia
Emblème de Marrakech, cette mosquée datant du XIIe siècle n’est pas ouverte aux non-musulmans. Mais j’ai aimé marcher à ses pieds à la tombée du jour, dans la lumière dorée. Les petites rues qui l’entourent sont un bel exemple d’architecture médiévale arabe.
La Koutoubia au crépuscule.Koutoubia et orangers
La place Jemaa el-Fna, survoltée
La place Jemaa el-Fna, c’est le cirque permanent. Le folklore est exacerbé pour faire plaisir aux touristes – si vous voulez voir des charmeurs de serpent ou des porteurs d’eau en costume traditionnel, rendez-vous place Jemaa el-Fna. Les dresseurs d’animaux partent à la tombée de la nuit, et laissent place aux musiciens. L’ambiance va crescendo au cours de la journée : la place est presque vide le matin, et archi-pleine le soir. Vous pouvez acheter toute la journée de délicieux jus de fruits pressés devant vous ; le soir, les petits stands de restauration entrent en action.
Vendeurs de fruits.Je n’en reviens toujours pas du nombre de sortes d’olives différentes qu’on vend sur les marchés de MarrakechJe m’y crois en reine des fruits secsLe soir, les multiples stands de restauration rentrent en activité
Plusieurs cafés avec terrasse en hauteur offrent une vue sur la place. Selon mon guide personnel alias mon père, la vue la plus intéressante est au café Le Grand Balcon. Ce n’est pas un endroit chic – c’est une espèce de troquet à la mode PMU, et la carte des boissons ne fera pas battre votre cœur. Mais la vue est absolument panoramique, de la Koutoubia aux souks.
Depuis le Grand balcon.
Sur la place, méfiez-vous des dresseurs de petits singes macaques : soumis au stress et enchaînés en permanence, les animaux peuvent se montrer agressifs de façon inattendue. Et de façon générale, je trouve qu’on ne devrait pas encourager les spectacles de singes, qui sont très intelligents et sensibles et méritent qu’on les laisse tranquilles.
Magnifiques lampes ouvragées
Plongée dans les souks
Souk des bijoux, des épices, des tissus, monuments cachés au cœur du dédale… les souks de la vieille médina sont immenses et infiniment riches.
Au coeur des souks de la médina.
Conseil pratique pour Jemaa el-Fna et les souks : Sur la place Jemaa el-Fna et dans les souks, les touristes sont souvent très sollicités, et je sais que certains voyageurs ont pu se sentir oppressés, ayant l’impression d’être littéralement accablés de requêtes. J’ai lu sur d’autres blogs des expériences plus négatives que la mienne – je n’ai pas eu de souci à Jemaa el-Fna, mais je sais que cela arrive. Nous n’avons pas souffert des sollicitations intempestives, parce que mon père baragouine l’arabe (c’est approximatif, mais on le comprend), et surtout, parce que Jamila, son épouse franco-marocaine, le parle parfaitement. La carte « langue locale » aide bien sur les marchés. Si vous n’avez pas d’arabophone sous la main, il peut être utile de recourir aux services d’un des guides qui se présentent à vous à l’entrée de la place (et qui vous montrent leur carte de guide agréé). L’investissement vaut le coup, car 1) le guide vous aidera à trouver votre chemin dans le labyrinthe des souks, et vous emmènera plus vite là où vous voulez aller 2) il vous protègera des autres sollicitations. C’est comme si vous aviez déjà payé votre « impôt local », et les autres commerçants vous laisseront tranquille, à moins bien sûr que vous soyez intéressé. Le guide est un bouclier. 3) Si vous souhaitez acheter quelque chose, par exemple un bijou en argent, de l’huile d’argan de qualité, une étole, etc, il vous aidera à faire la différence entre les babioles de mauvaise qualité et le vrai artisanat marocain, et pourra vous emmener dans les boutiques dignes de confiance.
Les lampes, un des artisanats qui me plaisent le plus à Marrakech
Dans les souks, j’ai adoré les lampes ouvragées, une des spécialités les plus raffinées de l’artisanat marocain, les bijoux en argent, fabuleusement bien travaillés, et les tissus de très belle qualité (l’écharpe rose que vous voyez sur les photos a été achetée à Marrakech, et elle est absolument superbe, un travail magistral). Mais si vous rêvez d’un marché plus authentique encore, plus visité par les locaux que par les touristes, rendez-vous à Bab Doukkala, l’une des nombreuses portes des remparts ceignant la cité. Attention, il ne présente pas d’artisanat, seulement de la nourriture. Ce n’est pas un lieu de shopping : c’est un vrai marché « local ». guide ultime de Marrakech incontournables de Marrakech que voir à Marrakech guide du luxe à Marrakech
Au cœur du souk : la Place des Epices
Le plus joli endroit des souks à mes yeux, c’est la Place des épices. Les chapeaux brodés « La vie est belle », la couleur des épices, tout la rend photogénique. Elle est surplombée par un resto avec terrasse ravissant, le Café des épices. La nourriture est délicieuse et abordable, et le lieu a beaucoup de charme, avec une jolie vue sur la place colorée.
La place des épices
L’âme de la médina : la médersa Ben-Youssef
Traversez les souks pour rejoindre, au cœur de la médina, une des plus belles écoles coraniques du Maroc, la médersa Ben-Youssef. Ici, plus d’une centaine de jeunes gens venaient apprendre à calligraphier, étudiaient les enseignements du Coran et se formaient à la théologie. J’ai été fascinée par cette architecture qui m’a fait penser à Séville, ses hautes arches ornées de stuc, ce bois sculpté, cette ambiance méditative.
Medersa Ben Youssef.Somptueuse école coranique
A côté de la médersa se trouve le musée de Marrakech, célèbre pour ses expositions d’art contemporain et ses objets patrimoniaux. Mais peut-être êtes-vous comme moi et préférez la déambulation dans les villes aux musées…
Entre la medersa et le musée de Marrakech.Ambiance de la médina.
Quittons alors la médina pour rejoindre d’autres lieux mythiques de Marrakech : ses jardins.
Les jardins de Marrakech
Face à l’été brûlant où le soleil cuit la terre rouge, les jardins sont des oasis de fraîcheur qui font partie des incontournables de Marrakech.
Les emblématiques jardins de la Ménara
C’est un des plus anciens jardins du monde : depuis le temps de la dynastie des Almohades au XIIe siècle, dont l’empire portait jusqu’en Espagne, le bassin de la Ménara abreuve une grande oliveraie. Petit, mon père venait pique-niquer ici avec sa famille, et aujourd’hui encore, les Marrakchis aiment son ambiance paisible. A quelques pas de là se trouvent d’autres jardins tout aussi anciens, datant eux aussi des Almohades : les jardins de l’Agdal, que je n’ai hélas pas eu le temps de voir.
Le grand bassin des jardins de la Ménara.
Le jardin Majorelle, pour l’amour du bleu
Voici un incontournable de Marrakech, pour tous les amoureux des belles choses : le jardin dessiné au début du XXe siècle par l’artiste Jacques Majorelle. Né en Lorraine, imprégné par l’esthétique délicate de l’école de Nancy, fer de lance de l’art nouveau, le peintre tombe sous le charme de Marrakech et décide d’y planter son idéal. Ce sera ce jardin de bambous, de cactus et de murs d’un bleu éclatant, le « bleu majorelle », qui a fait le tour du monde. Yves Saint Laurent s’est épris de ce jardin d’artiste et a voulu parfaire la vision de Majorelle. Le résultat est enchanteur.
Bleu majorelle…
Les jardins de la Mamounia
Cet hôtel de luxe, la Mamounia, est l’un des plus anciens de la cité rose, et l’un des plus étendus. Ses jardins immenses sont de toute beauté, une enfilade d’allées poétiques, remplies d’oliviers, d’orangers et d’oiseaux. C’est un des lieux que j’ai préférés à Marrakech. Venez explorer ce jardin poétique, niché au creux des remparts, dans une quiétude fleurie. On comprend ici pourquoi Marrakech a toujours été la ville préférée des rois et des princes.
Jardins de la Mamounia, les oliviersJ’adore la quiétude de ce lieu.Cigognes de Marrakech
Le nouveau Marrakech : une ville qui se transforme
La ville grandit à toute vitesse, et en dehors des murs, des nouveaux quartiers dessinent un nouveau visage à la belle cité millénaire. La ville a récemment accueilli la COP 22, et de nombreux bâtiments sont sortis de terre. La gare de Marrakech arbore désormais un look futuriste, en accord avec les salles de conférences construites pour la COP 22. Sur la route de l’Ourika, un nouveau musée a ouvert en janvier (juste après mon départ, hélas…), le Musée de la Civilisation Marocaine de l’Eau. Il faudra ajouter à ma liste des jardins les siens, qui exposent la culture arabe de la maîtrise de l’eau au cœur des terres arides.
Nouveau palais des congrès de Marrakech
Dans le quartier du Guéliz, un centre commercial gigantesque a vu le jour, et en cœur de ville, l’esplanade Marrakech Plaza est aussi un haut lieu du shopping à Marrakech.
Marrakech Plaza
Guide du luxe authentique à Marrakech
A Marrakech, il est possible de dépenser très peu d’argent, en dormant dans les petits hôtels du cœur de ville, en mangeant aux stands place Jemaa el-Fna… ou d’en dépenser beaucoup, en cédant aux sirènes d’un luxe raffiné et authentique. A Marrakech, le luxe n’est pas « bling bling », il est ancré dans une tradition séculaire d’hospitalité exigeante, et les lieux ont une histoire. J’ai eu beaucoup de plaisir à découvrir les joyaux de Marrakech, hôtels de rêve et restaurants mythiques. Pour explorer les hôtels de luxe sans se ruiner, le mieux est d’aller y boire un thé – venez habillé élégamment, pas en tenue de baroudeur, et vous pourrez savourer la beauté des lieux sans être client de l’hôtel.
Coucher de soleil à l’hôtel Selman
Je vous ai déjà parlé de la Mamounia et de ses jardins – continuons ce petit guide du luxe authentique à Marrakech dans un restaurant appartenant au roi lui-même.
Le Royal Mansour, ou le meilleur de la gastronomie marocaine
Il a la réputation d’être le meilleur restaurant marocain du monde, et je suis tout à fait disposée à le croire. Le Royal Mansour défend la plus haute tradition gastronomique, avec rituel du lavage des mains, farandole des salades traditionnelles, couscous, tajines et autres plats typiques de la cuisine marocaine, préparés avec tout le savoir-faire ancestral. Le lieu est somptueux et le repas exquis. (Mon père, qui développe un certain sens de l’exagération tout méditerranéen quand il s’agit de cuisine, a déclaré : « j’ai failli pleurer en goûtant leur couscous ».) Je n’ai pas pleuré, mais c’est une expérience dont je me souviendrai.
Merveilleux Royal Mansour
L’hôtel Selman, pour les amoureux des chevaux
Il paraît que le Selman est the place to be. Il a su détrôner les hôtels historiques, et se voit plébiscité par la jet set en escapade à Marrakech. Mais le Selman n’est pas seulement un hôtel follement luxueux avec une piscine gigantesque, c’est aussi le paradis des chevaux. J’ai vu les plus beaux chevaux arabes de ma vie dans les écuries du Selman – des gravures vivantes d’une beauté inouïe, habitués des plus prestigieux concours de beauté. Mais le Selman possède aussi de jolis chevaux de spectacle, qui font des démonstrations tous les jours à l’heure du brunch.
Somptueuse piscine du SelmanChevaux dans les écuries du Selman
Le reproche qu’on pourrait faire à l’hôtel Selman (en faisant abstraction de son prix, bien sûr) ? Il est assez excentré, tout comme le Club Med, qui se situe dans la palmeraie. Pour du grand luxe en cœur de ville, à quelques pas de la Koutoubia, vous avez bien sûr la Mamounia, et aussi le Sofitel.
Le Sofitel, somptueuses piscines sous les palmiers
Le Sofitel m’a charmée par ses grandes et belles piscines (l’une est chauffée l’hiver, l’autre non), dont les mosaïques répondent aux palmiers qui les surplombent, par tous ses espaces grands ouverts sur le jardin, et par la couleur rose dont il se pare le soir. J’ai adoré l’agencement des piscines et les grands canapés rouges. C’est celui qui m’a le plus donné envie de profiter du soleil d’hiver.
Espaces ouverts du Sofitel MarrakechPiscines somptueuses du SofitelSpa du Sofitel
Si j’avais passé quelques jours de plus à Marrakech, j’aurais aussi aimé aller visiter deux autres hôtels 5 étoiles qui semblent spectaculaires : le Palais Mehdi et le Palais Namaskar, aux décors de mille et une nuits.
S’échapper
Marrakech est la perle du diadème. Mais quand à travers les toits, vous devinez l’Atlas enneigé, quand vous devinez le murmure insistant de l’Atlantique au-delà des grandes plaines, quand les palmiers en dansant ouvrent des portes, vous rêvez soudain d’aller plus loin. Le sud marocain vous appelle. Partez, vers Essaouira en excursion à la journée, vers Ouarzazate ou les cascades d’Ouzoud, vers Agadir ou Taroudant. Le voyage au Maroc continue, déroutant, sublime…. ne nous arêtons pas là…
En mai, j’aurai le bonheur de retourner au Maroc, cette fois pour voir la région de Tanger. J’ai déjà hâte de revoir ce pays magnifique, où vit une partie de l’histoire de ma famille, et où je me sens toujours la bienvenue. N’hésitez pas à vousabonner à la newsletter pour voir la suite de mes aventures au Maroc et ailleurs !
Le chemin continue…
Epinglez moi !Epinglez moi !
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Une histoire super romantique : Saint Valentin à Lindau et Bregenz, sur le lac de Constance
Lindau, Bregenz : une ville en Bavière, la seconde en Autriche, toutes deux voisines au bord du célèbre lac de Constance. Toujours en quête de destinations romantiques, nous avons choisi d’y fêter la Saint Valentin 2017. Mais une malédiction pesait sur nous : comme vous le savez depuis la semaine dernière, nous avons le don de foirer complètement nos Saint Valentins. Qu’en sera-t-il de l’édition 2017 ? Pourrons-nous nous envoler « loin de cette fatalité qui nous colle à la peau » ? Enfourchez vos mouflons et vos bouquetins, c’est parti.
Que faire à Lindau? Que faire à Bregenz?
On parle de moi ?
Le petit point sur notre vie franco-allemande
Comme vous le savez peut-être, je suis Provençale, Monsieur est Bavarois, et notre cœur est partagé entre ces deux régions sublimes. Me demander « Provence ou Bavière ? », c’est comme me forcer à choisir entre les fruits rouges ou le chocolat de la fondue, c’est trop déchirant. Du coup, nous sommes comme les oies sauvages, nous faisons des réserves de gras en hiver, ah non c’était pas le sujet, pardon. Je reprends : nous sommes comme les oies sauvages, nous sommes en migration régulière entre l’une et l’autre. Après quatre mois à Munich, nous revenions en Provence, et nous avons décidé de combiner le week-end de Saint Valentin avec un arrêt sur la route. C’est tombé sur Lindau et Bregenz, deux jolies villes au bord du lac de Constance, à la frontière de trois pays : Allemagne, Suisse et Autriche.
Nombre de destinations romantiques se trouvant au bord d’un lac, d’un canal ou d’une plus grosse masse aqueuse nommée océan, nous nous sentions sûrs de notre coup en misant sur l’option flotte. H2O = tu vas pécho. Notre temps était limité, mais notre énergie romantique au summum. Idylle et amour à bloc.
Lindau, ça ressemble à ça.
Lindau en deux heures
Nous nous posons à l’hôtel, et j’essaie de choper la tablette de Milka du minibar. Mon cher et tendre, qui est aussi mon coach fitness autoproclamé, coupe court à mes manœuvres. J’essaie d’expliquer que c’est la Saint Valentin, soit LE JOUR OFFICIEL du chocolat, mais il me fait remarquer que ça fait un mois et demi que j’anticipe la Saint Valentin. Je boude trente secondes comme une sale gosse (« tu me trouves grosse, c’est ça ?! »)
Toute Lindau est belle, mais l’aimant à sérénades, l’endroit qu’on instagrame, c’est la partie qu’on nomme « l’île de Lindau » (Lindau Insel) : le quartier qui se trouve sur le lac, comme tu l’auras deviné, perspicace lecteur. On en fait le tour en deux heures sans problème, surtout quand il fait un froid de canard et qu’on trottine autour du lac comme un jack russell en goguette, essayant de cacher sa précipitation et d’avoir des conversations romantiques tout en multipliant la taille de ses enjambés par 1,6.
Ce monsieur en paddle mettait la honte à mes doigts grelottants.
Cela encourage à aller droit au but. L’endroit incontournable à visiter à Lindau, c’est le port. Côté terre, une superbe tour datant du 12 siècle, le Mangturm, qui était l’ancien phare. Côté mer, le nouveau phare, bâti au 19e, et l’emblème de la Bavière, le lion bavarois. (Remarque de mon Teuton de dulciné : « Franchement, j’ai du mal à vous comprendre, les Français. La plupart des pays choisissent pour emblème un animal qui a la classe : un ours, un lion, un aigle… Et vous, vous avez pris quoi ? Un coq. »)
Le joli port de Lindau, avec son lion bavarois (à gauche du phare).
Le port était ravissant, et noir de monde (retiens bien ce détail, lecteur) : à toutes les terrasses des cafés buvaient des gens heureux et qui faisaient semblant de ne pas se geler du tout sous leurs douze plaids. Un beau soleil d’hiver illuminait les thés aux fruits rouges, qui devenaient des Mister Freeze en quatre secondes.
« On est bien là, hein chérie ? » « Ouais, super à la cool sous mes moufles et mon thermolactyl, OKLM ! »
Suite de la visite express : A deux pas du port, en entrant au cœur des ruelles, vous tomberez sur l’ancienne mairie (Altes Rathaus), entièrement décorée de fresques et de trompes l’œil, la cathédrale, et une tour bizarre dont j’ignorais le nom, car j’avais trop froid pour enlever mes gants et chercher ça sur mon portable. La ville est superbe, mais pour tout savoir sur Lindau, cherchez donc un blogueur mieux thermo-équipé.
Un aperçu supersonique des rues de l’île de Lindau
Le point météo : avertissement général quant aux lacs de la région
Froid, soleil, je vous l’ai dit – il manque un élément à la scène. Le brouillard. Je m’étais déjà fait avoir au lac de Côme il y a quatre ans. Il faut croire que je n’apprends pas. Tire donc profit de mon expérience, cher lecteur : la région des grands lacs (Lac de Constance, Lac de Côme, Lac Majeur, Lac de Lugano…) est un nid à brouillard dès que l’hiver est venu.
Nous étions venus à Lindau pour apercevoir les Alpes enneigées entre le lion bavarois et le phare, comme sur les photos iconiques. Nous avons vu une purée de pois grisâtre. Et cela empirait d’heure en heure.
Le lendemain, lorsque nous avons pris en voiture le pont au-dessus du lac de Lugano, nous n’avons même pas vu le lac. Je vous le jure. « Tiens, le GPS dit qu’il y a un lac en dessous de nous. » « Possible, il y a peut-être aussi un tyrannosaure, Lady Gaga et Jésus Christ qui fait du paddle, de toute façon je ne vois rien à trois mètres. » On voulait pique-niquer au bord du lac, on a mangé des sandwichs dans la voiture à une station essence. Le brouillard, c’est la forme suprême d’égalité paysagère : le Grand Canyon, les Faraglioni de Capri et la banlieue nord de Novossibirsk y tirent exactement la même tronche (moche).
Mon cher et tendre, qui a fait des études de physique, me disait, très enthousiaste : « mais tu sais, c’est logique qu’il y ait du brouillard, c’est la condensation, avec ces vastes étendues d’eau, et l’inertie de l’eau qui… » J’étais ravie que notre débâcle météorologique fasse l’objet d’un exposé si convaincant, mais je lui ai suggéré (gentiment et amoureusement) de se la boucler, de calculer sa condensation et de faire l’itinéraire lui-même, la prochaine fois. Inertie de ses fesses, oui. Moi, je revois mes équations : « H20 = tu vas pécho » a été démentie par une équipe de chercheurs de Lindau le 14 février 2017, la nouvelle règle est « H2O = va-t’en vite et monte vachement plus haut ». Il va falloir gagner de l’altitude.
Brouillard sur le lac de Constance / Lugano / Côme.
Echapper au brouillard : la Pfänderbahn à Bregenz
Nous sommes donc passés au pays des panneaux verts et des châteaux pointus, l’Autriche. A 6 km de Lindau, c’est déjà Bregenz, sa voisine sur le lac. Le but ? Gagner les sommets en prenant la Pfänderbahn, une remontée mécanique qui vous emmène à 1022 mètres au-dessus du lac de Constance. Bon alors, on est d’accord : normalement, quand tu montes au-dessus du lac de Constance, c’est pour avoir une vue sur le lac. Mais là, en fait, non. Tu as une vue sur une marée grisâtre qui ressemble à un feu de cheminée mal débouché. Inutile d’essayer de faire la photo « panorama du lac », c’est juste cinquante nuances de gris (sans le fouet). Mais toi, tu es au-dessus du brouillard. Les cimes enneigées sont au soleil, l’air est clair, les nuages restés dans la vallée. Je le répète pour ceux qui n’auraient pas pigé (ou qui, comme moi, ont mis 10 ans à comprendre) : en hiver, dans les pays froids, fuyez les vallées, prenez de la hauteur. On est mieux au sommet de la montagne qu’en bas.
Vue sur le lac de Constance (si si) depuis la Pfänderbahn à Bregenz
En plus, au sommet du Pfänderbahn, il y a un truc magique : le zoo alpin. Restez-la, amis des animaux sauvages. Moi non plus, je ne suis pas une inconditionnelle des zoos. Rien de pire que de voir des tigres réduits à faire du yoyo avec leur caca dans une cage aquarium de 15 m2. Mais ce parc ne m’a pas choquée. Il s’agit uniquement d’animaux alpins, cerfs, mouflons, bouquetins, chamois, marmottes, qui sont ici dans leur environnement naturel, en groupe et dans un bel espace. C’est une occasion fabuleuse d’apprendre à mieux les connaître.
J’ai donc pu constater que c’est la vérité, le bouquetin se gratte les fesses avec ses cornes géantes. J’ai été complètement fascinée par les mouflons, qui ont un look d’enfer avec leurs cornes latérales façon coiffure de Princesse Léia, et qui sont les survivants de la nuit des temps. Vous avez vu L’âge de glace ? Il y a cent mille ans, lors de la terrible ère glaciaire, les glaciers immenses ont recouvert toute l’Europe et des dizaines d’espèces sont mortes. Les mouflons n’ont survécu qu’en Corse et en Sardaigne (nota bene : lors de la prochaine réfrigération, tous à Bonifacio, suivez les mouflons !) Ils ont été ensuite réintroduits sur l’ensemble du continent… et ont donné naissance à nos moutons domestiques, par croisements et domestication. Le mouflon peut se reproduire avec le mouton, surtout quand le mouflon apporte des chocolats et fait le petit déj au lit pour la St Valentin. Je n’ai pas réussi à trouver le nom du bébé hybride – je vote pour moutonflon, petit patapon.
J’ai cherché les marmottes pendant 45 minutes en mode furtif, avant de me souvenir que l’hiver, la marmotte hiberne. (La veinarde.) Chéri s’est bien foutu de ma gueule, mais s’est abstenu de me signaler ma bourde durant ce long laps de temps. (C’était la vengeance de la condensation.) Et enfin, j’ai adoré voir les cerfs déployer leurs bois gracieux dans la lumière du soir.
Le truc incontournable à Bregenz : le parc alpin. Cerfs, mouflons, bouquetin qui se gratte les fesses, et marmottes.
Un cerf se démonte les cervicales en tentant d’attraper une branche, en vain. Chéri se fout de moi : « Tiens, on dirait toi quand je mets la tablette de Milka en haut de l’armoire ». J’hésite à re-bouder, mais je suis trop occupée à chercher les marmottes. (Elles ont peut-être un tuyau concernant le Milka.)
Mon alter ego.
Point pratique : la Pfänderbahn coûte 10 euros par personne, et pour ce prix vous avez l’aller-retour en remontée mécanique + l’entrée du parc alpin. Ça vaut vraiment le coup.
Nous avons attendu le coucher du soleil, jusqu’à ce que la boule dorée disparaisse derrière les montagnes, en nous gelant au dernier degré. Nous ne savions pas bien pourquoi, si ce n’est que c’est la Saint Valentin, et que c’était donc important d’assister jusqu’au bout à ce phénomène astronomique certes quotidien, mais divertissant. Nous avons donc vu les cornes des cerfs embrocher l’astre nourricier, et nous sommes redescendus sur Bregenz.
En exclusivité pour vous, un coucher de soleil
Cerf dans le soir
La fête du slip à Bregenz
Ne vous inquiétez pas, ce blog reste autorisé aux moins de 18 ans dans le paragraphe qui suit.
Là, on descend de la montagne et on parle de la supériorité des expériences sur les choses matérielles. C’est la minute philosophie. « Tu vois, une étude a prouvé que les expériences vécues rendent les gens beaucoup plus heureux que les objets qu’ils achètent. Voir un coucher de soleil au sommet de la montagne, c’est plus important que de s’acheter une nouvelle télé. » « Ouais, t’as grave raison chéri, d’ailleurs les objets matériels, moi je m’en fous complè… »
Et là, c’est le drame.
« Attends attends, ralentis ! Y a écrit Wolford, magasin d’usine ! »
Vous connaissez Wolford, la célèbre marque de lingerie de luxe ? Sublimes collants, bas, dessous, et vêtements d’intérieur hyper chics et de bon goût qui coûtent un bras ? Il se trouve que le siège et l’usine sont à Bregenz. Et qu’à côté de l’usine à soutifs et jarretelles, il y a le magasin d’usine, où tout est 25 à 75% moins cher que partout ailleurs. « Tu comprends, c’est une super affaire. Et puis c’est la Saint Valentin. »
C’est là que je découvre que la rue porte carrément le nom de « rue de Wolford » (Wolfordstrasse) et qu’elle est toute entière devenue… une gigantesque fête du slip. Il y a les concurrents de Wolford, les imitations de Wolford, les alternatives cheap à Wolford, etc etc. Une rue entière 100% lingerie, avec un nombre incroyable de magasins vendant des vêtements destinés à n’être (presque) jamais vus. C’est hallucinant. Vous ne pouvez pas faire deux mètres sans tomber sur un étalage de culottes de quatre mètres de haut. Voilà une super raison de fêter la St Valentin à Bregenz : y a du brouillard et des niba…, oh, pardon, j’ai failli me laisser emporter par la rime.
Le repas sur le port de Lindau
Je vous avais dit de garder l’info dans un coin de cervelet : à midi, le port de Lindau était animé, vivant, blindé. Nous décidons donc d’y retourner pour notre dîner romantique de St Valentin(ndlr : ce n’était pas le « vrai » soir de la St Valentin, le 14 février, mais deux jours avant). Nous bravons le froid des rues pour arriver au port et là… morne plaine. Tout est fermé, lumières éteintes, volets tirés. La peste bubonique s’est abattue sur Lindau en l’espace de trois heures. Il reste tout juste un resto certes très romantique, mais absolument hors de prix, auquel nous renonçons, et… une pizzeria. Avec une ambiance un peu « lounge », des canapés rouges et un immense lustre que je crains de voir s’écraser sur la tête des serveurs. Nous y partageons une pizza de St Valentin. C’est très bon, et ça n’a même pas le goût de St Valentin ratée. On est bien là, avec notre basilic frais et le souvenir des mouflons. Si vous aussi, vous cherchez une pizza à Lindau : ça s’appelle Mona Lisa et je recommande.
Le port de Lindau, la nuit.
Le retour par les Alpes suisses
Au moment du check out à l’hôtel, la réceptionniste demande si nous avons pris des choses dans le minibar. Je rumine ma rancune en jetant un œil noir à Chéri : « Non, rien du tout, même pas la tablette de Milka. » Et là, et là… la réceptionniste ouvre son placard, et me tend une tablette. Cadeau. Joie au plus haut des cieux. Voici le nom de ce charmant hôtel pas trop cher où la réceptionniste est un ange descendu des sphères lumineuses sidérales : Hotel Garni Brugger, sur l’île de Lindau.
Nous avons choisi de rentrer à Aix-en-Provence par une route sublime : traverser la Suisse, puis la région des lacs italiens (Lugano et Como), rejoindre la côte à Gênes, remonter vers Nice, puis Aix. Comme vous le savez, toute la partie lacustre a été désastreuse, brouillard épais et visibilité zéro. Mais sur les routes sinueuses des Alpes suisses, nous avons vécu de fabuleux moments de grâce. Nous étions au-dessus des nuages, dans le soleil. A chaque virage, de nouveaux sommets effilés nous infligeaient des décharges de sublime alpin. La traversée du parc naturel de Beverin était une extase visuelle de tous les instants. Après la fête du slip, l’orgie de la rétine.
Traversée du parc de Beverin : sublime, juste sublime.
Nous passons à Maienfeld, le village d’Heidi. Arrêt photo au village de Sufers, dont je n’avais jamais entendu parler, mais qui est une idyllehelvétique parfaite : des statues de mouflons et de chamois (ouiii !), des chèvres naines et des poneys au pied de l’église, des chalets en bois et la neige, étincelante, ouatée.
Le village de Sufers ou le retour des ovins et caprins !
Je me mets en mode « planification de voyage ». L’été prochain, on ira camper dans les Alpes. Sans doute en Suisse, car suite à ce coup de cœur inattendu, je crois que je vais swiper à droite et proposer un rencard aux Alpes suisses. Cervin, Jungfrau, Susten, Saint-Gothard, Gstaad, vous me faites rêver. Mais aussi, encore et toujours, les Alpes françaises, allemandes, autrichiennes, italiennes et slovènes. C’est pourquoi je vous mets à contribution, chers lecteurs : parlez-moi en commentaire de vos coins préférés dans les Alpes ! Et si vous êtes blogueur, laissez-moi des liens vers vos découvertes ! Je suis accro, je collectionne les photos de mes nouvelles amours.
Alors, ma Saint Valentin 2017, réussie ou encore foirée ? Réussie, même si j’ai appris ma leçon brume et brouillard. Et pour le reste, c’est une nouvelle histoire d’amour qui commence… Avec les mouflons.
Que faire à Lindau? Que faire à Bregenz? Que faire à Lindau? Que faire à Bregenz?
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Serpentant à travers les sommets du Haut-Atlas, la route de Ouarzazate restera l’une des plus belles de ma vie. Entre torrents, cimes enneigés et villages traditionnels, la magie se renouvelle à chaque village. Mais d’autres routes du sud du Maroc méritent qu’on les arpente : je vous parlerai aussi de la route vers les cascades d’Ouzoud, ou d’une belle rencontre sur la route d’Essaouira. Partons ensemble pour un roadtrip en photos autour de Marrakech.
Rouler vers l’Atlas enneigé
Sur la route de Ouarzazate, franchir le col du Tizi N’Tichka
La route de Marrakech à Ouarzazate est mythique. Elle passe par le plus haut col du Maroc, le Tizi N’Tichka, et ouvre à la longue chaîne des oasis qui traverse le pays de part en part. Dès qu’on aborde la montagne, c’est une succession de villages traditionnels typiques, accrochés aux pentes accidentées, et de lacets vertigineux. Les couleurs sont fabuleuses – tout est baigné dans une douce lumière rouge qui rend les sommets enneigés plus éclatants encore.
En route vers la haute montagne.
Sur la montée vers le Tizi N’Tichka.
La neige surgit soudain…
Puis c’est le Haut-Atlas. Le thermomètre descend, les paysages changent.
Montagnes du Haut-Atlas
Le Tizi N’Tichka est le plus haut col du Maroc, à 2260m d’altitude. Il a pour moi un petit air himalayen, avec les drapeaux colorés qui flottent sur des bâtiments faits pour les films d’aventure, le bric à brac exposé sur les bords de route, et tous ces cailloux colorés qu’on essaie de vous faire passer pour des pierres précieuses.
Au sommet du plus haut col routier du Maroc, le Tizi N’Tichka
Le paysage est envoûtant. Au-dessous de nous, dans un culbutis de canyons, coulent les fleuves qui abreuvent le désert. La plaine de Ouarzazate se devine déjà à l’horizon. La montagne se jette dans les bras des oasis.
La descente vers Ouarzazate.
Puis la descente vers Ouarzazate, le paysage plus désertique, toujours plus teinté d’ocre et de rouge. Ouarzazate, le « Hollywood marocain », séduit avec ses décors géants, ses pyramides égyptiennes, ses palais de bric et de broc, ses hôtels où on cultive la trace d’hôtes célèbres. Partout des affiches de cinéma, des studios, des témoignages de la fascination que ce lieu exerce sur les cinéastes.
Je pense à Palm Springs, dans le désert californien. Ici aussi, j’imagine des stars un peu mélancoliques, livrées à elles-mêmes dans la torpeur de l’après-midi. Alanguies au bord d’une piscine, se demandant combien de temps les spotlights continueront de les caresser.
Ouarzazate, le grand kitsch se mêle à l’histoire authentique
Piscine de l’Oscar Hôtel.
La kasbah historique de Ouarzazate.
Ouarzazate m’a plu. J’aurais voulu rester ici quelques jours, jouer moi aussi à la star désœuvrée, explorer le désert. Je voudrais revenir au Maroc, dans cette région là, qui peuple les rêves des hommes depuis si longtemps.
Sur la route du retour vers Marrakech, crépuscule spectaculaire dans le Haut-Atlas
Sur la route d’Essaouira
Je vous ai parlé de la merveilleuse et photogénique Essaouira dans un précédent article, de ses remparts, ses mouettes et son port. Mais je ne vous ai pas montré le chemin qui y mène.
La route vers Essaouira a d’abord été pour moi un festival animalier. Des chèvres montent aux arbres pour manger les jeunes pousses, et le berger me met un bébé chèvre dans les bras contre quelques dirhams. Le chevreau est si doux, si vulnérable. J’ai toujours adoré les chèvres.
Pour la millième fois, je me souviens de pourquoi je ne mange pas de viande.
Je peux le garder ?
Chèvres dans les arbres : un classique du Maroc
Avant d’arriver à Essaouira, en haut de la colline, un point de vue nous offre un premier aperçu de la ville. Des chameliers attendent pour prendre la pose. L’un d’eux a les yeux vairons, comme Bowie. Bisous à Ziggy le chameau.
Chameau au dessus d’Essaouira
Au retour, c’est une vision plus rare que je surprends à la volée – des femmes portant des fagots de bois sur leur tête. Etrange contraste entre le Maroc si moderne des villes, et la vie encore traditionnelle des campagnes.
Femmes portant des fagots de bois.
Sur la route vers les cascades d’Ouzoud
Les cascades d’Ouzoud. Depuis que je suis revenue d’Arizona sans avoir pu voir celles d’Havasu, faute de permis de camping, elles sont un peu mon lot de consolation. Ce sont les petites sœurs marocaines d’Havasu Falls : elles aussi, elles jaillissent au cœur d’un canyon rouge vif, dans un lieu loin de tout. La route est longue, surtout quand on choisit de traverser les gorges par le nord avant d’arriver à Ouzoud. Je n’arrête pas de penser à l’Arizona, à mon expédition sur l’Apache Trail. De nouveau, une piste, des cactus, des gorges rouges, et la promesse d’une chute.
Sur la route d’Ouzoud, les gorges rouges.
Les cascades m’enchantent. Si vous avez lu mes articles sur l’Islande, vous savez combien je les aime, et celles-ci ont tout pour entrer à mon pathéon. 110m de haut, plusieurs rubans qui se rejoignent, et l’étrange contraste de la roche rouge et d’une forêt verdoyante. En bas, dans l’oued Tissakht au pied des chutes, se déploient des barques molletonnées de rose, des tables flottantes pour entraîner les visiteurs au plus près de la cascade, cocktail à la main. Des restaurants s’organisent en escalier sur la pente, comme un gigantesque amphithéâtre convoqué à applaudir la chute. L’endroit frappe l’imagination.
Spectaculaires cascades d’Ouzoud
Lumière du soir sur la gorge d’Ouzoud
Eblouissantes chutes d’Ouzoud
Au retour, c’est encore une fois l’Atlas enneigé qui me fascine, décor presque irréel sur lequel se détachent les minarets des villages. Que le Maroc est beau.
Villages de l’Atlas
L’Atlas majestueux
Rouler au Maroc, quelques conseils pratiques
Prendre la route au Maroc est une expérience magnifique mais déroutante.
Même si les axes touristiques sont systématiquement rénovés depuis quelques années, il serait imprudent de prendre trop de vitesse. Il faudra souvent ralentir pour céder le passage à un âne, une charrette, ou un piéton qui a un peu trop de foi en vos plaquettes de frein… Les temps de trajets annoncés par Google sont rarement respectés – pour nous, ils ont même été souvent doublés. Car quand vous êtes coincé derrière un tracteur, votre vitesse moyenne rivalise avec celle des escargots… Prenez votre temps. Et essayez d’être arrivé à votre destination avant la nuit.
En effet, il convient de redoubler de prudence dans l’obscurité, où les piétons et animaux imprudents se fondent aux ombres longues… Sachez que les gens comptent sur le fait que vous allez vous arrêter. Même si vous ne les voyez pas, parce qu’il fait noir et qu’ils sont habillés en noir. Prenez votre temps. La sécurité routière reste un des plus grands problèmes du Maroc, comme le raconte cet article. La rénovation des routes est une bonne chose, mais elle ne suffit pas à enrayer les comportements dangereux… Ne prenez pas de risques inutiles, soyez prudent. Conduire au Maroc (en dehors des villes) n’est en soi pas difficile, mais demande de l’attention et des bonnes marges niveau temps de parcours !
Ma série Maroc s’achève ici – mais j’ai plein d’autres belles destinations en réserve. Ecosse, Provence, Californie, Caraïbes… inscrivez vous à la newsletter !
Epinglez-moi !
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Des idées pour rater complètement votre Saint Valentin… … et quelques idées et destinations pour (peut-être) la réussir.
Le 14 février est là, et vous êtes inondé « d’idées pour réussir sa Saint Valentin », de « destinations romantiques pour une Saint Valentin de rêve », et autres « escapades amoureuses inattendues » (de l’inattendu, de l’exclusif, du jamais vu, du genre… Venise !). Vous en êtes au stade où vous vomissez des pétales de roses par les trous de nez.
Et ça ressemble à ça, c’est joli.
Je vais vous décevoir : je vais vous servir exactement la même soupe. Je vais même vous parler de Venise (non, lâchez cette gondole, ne tapez pas). C’est notre fonds de commerce, nous les blogueurs, on a nos rituels, on vous sort « les meilleurs marchés de Noël » début décembre, « les plus belles plages » début juin, et « les plus belles destinations romantiques » à la Saint Valentin. (Et en ce qui me concerne, « les soleils d’hiver pour éviter de se suicider » tous les solstices de décembre.) Un blogueur, c’est comme le coq du poulailler, ça fait cocorico tous les matins à 5h30.
Le rêve pour la Saint Valentin : les Seychelles. Mais personne ne fait ça. La Saint Valentin, c’est toujours un week-end à l’arrache, quelque part où il fait moche. C’est comme ça.
Mais histoire de me faire pardonner, je vais commencer par lister quelques manières de foirer complètement votre Saint Valentin, avec quelques histoires qui, hmm, n’ont absolument rien à voir avec des situations authentiquement vécues dans ma vie à moi. (Je ne vois pas de quoi vous parlez).
Et après, je vais vous suggérer des destinations de Saint Valentin en Allemagne, car comme dit le proverbe célèbre, « si tu veux contenter Cupidon, va donc chez les Teutons ». Ensuite, il y aura des idées de Saint Valentin en Provence, car selon l’adage, « si tu veux choper, va voir la Méditerranée ». Et enfin, y aura des voyages de Saint Valentin ailleurs en Europe, car la maxime est formelle : « deux nuits en Slovénie, quelqu’un dans ton lit ». C’est parti.
5 raisons de rater votre Saint Valentin en voyage :
1) Votre mec un con.
Désolée, je ne peux rien pour vous, on est pas à Psychologies Magazine ici.
2) Vous êtes célibataire, ou vous venez de vous faire larguer.
Et je suis présentement en train de vous saouler avec mon article 100% couples (et hétérocentré, en plus). Que voulez-vous, je me marie en juin, mon cerveau est officiellement atteint de niaiserie pralinée. Vous vous vengerez à mon divorce.
3) Vous avez choisi une super destination, mais la météo ne joue pas le jeu.
Cela fait longtemps que vous rêvez de découvrir le lac de Côme, et ses sommets enneigés qui se reflètent dans les eaux cristallines. Super idée, sauf qu’il pleut comme lama qui crache, que tout est fermé et que la visibilité moyenne est réduite au bout de votre spaghetti.
Si vous vouliez être paré côté météo, vous auriez dû savoir que le lac de Côme, ce sont les Alpes en version plate : pas la neige, mais la pluie, pas le soleil des cimes dégagées, mais le brouillard des vallées gluantes, pas le blanc, mais la boue. Beaucoup de boue. Dans laquelle vous vous étalerez en descendant du carrosse censé vous conduire au paradis dolce vita des amoureux. (Je vous ai dit que ça n’avait rien à voir avec ma vie, ok ?).
Si vous aviez su, vous seriez allé sous les Tropiques. Mais…
Les Seychelles : ça aurait été vachement mieux.
4) Vous êtes pauvre et votre plafond de carte bancaire le sait.
Vous avez prévu votre Saint Valentin à Europa Park, le plus grand et le meilleur parc d’attractions d’Europe. Là-bas, il y a toute l’Europe, des grands-huit vikings qui vous emmènent direct au Walhalla, un village norvégien avec une église en bois debout, Paris en mieux, des pirates néerlandais et des russes cosmonautes, c’est génial. Et pour le côté « romantique », vous dormirez dans leur hôtel de luxe, façon palais de César et Colisée et banquet pharaonique.
Sauf qu’au moment de faire le check in, la carte bancaire ne passe pas. Mais alors pas du tout. Et vous vous retrouvez à dormir dans un « appartement pour famille » à 12 bornes du parc, dans des lits superposés sous le regard sadique d’un clown géant peint en format XXL sur le mur. Torride nuit de Saint Valentin.
5) Vous n’êtes pas pauvre, mais votre hôtel est pourri quand même.
Les années ont passé. Cette fois, vous avez prévu votre coup, et réservé un 4 étoiles. Je vais même le nommer, tiens : l’Hôtel Leonardo à Munich. Normalement, je suis une gentille blogueuse (mais pas une hypocrite): je parle uniquement de ce que j’aime, et si je n’aime pas, je garde pudiquement la bouche cousue sans mentionner le lieu qui m’a déplu. Mais aujourd’hui, chers lecteurs, je brise ma règle du silence pour vous hacher en charpie l’hôtel Leonardo à Munich. Attention, à ce stade là ça mérite carrément la tronçonneuse et la broyeuse, pour envoyer du parmentier. Tiens, Google, c’est pour toi : hôtel Leonardo arnaque hôtel Leonardo n’y allez pas. L’honnêteté m’oblige juste à admettre que le petit-déjeuner est très bon. On vous vend un grand tralala romantique au prix fort, vous parle de « boutique hôtel » et de luxe raffiné. Vous découvrez un couloir moite et puant qui ressemble au boyau d’un rongeur crevé, plein d’infiltrations d’eau sur lesquelles on a cloué des… serviettes de bain afin de résoudre le problème. J’imagine bien le plombier qui arrive et dit « désolé, j’ai pas d’outils pour refaire les joints, mais je viens de dévaliser la piscine municipale, on est parés ». Sur vingt mètres, vous avez donc une collection de serviettes crucifiées comme les suppliciés sur le Golgotha. Au sol, y avait pénurie de serviettes, donc une mousse verdâtre vient faire coucou entre les fissures. Dans la chambre, la salle de bain fait la taille d’une cabine téléphonique, et les serviettes ont été visiblement toutes détournées pour la tuyauterie. C’est pas 4 étoiles, c’est 4 mètres carrés. Et avez-vous jeté un coup d’œil à l’arrière-cour ? On dirait un campement d’extraterrestres dans Men In Black, où des créatures humanoïdes font mijoter des substances louches dans un fatras indescriptible. Toute la nuit, ça sera fanfare de casseroles et décollage de fusées. Saint Valentin en serviette sur Jupiter, c’est parti.
A part ça, Munich c’est magnifique en hiver sous la neige.
6) Vous avez un problème de spécialités locales.
Cette fois, cette fois, vous êtes paré. Vous avez décidé de planifier vos Saint-Valentin au dernier moment en fonction de la météo, et le soleil est au rendez-vous. Même en dernière minute, vous trouvez un super hôtel à Annecy. Ca s’appelle Le Clos des Sens, c’est dire si ça va être chaud bouillant. Dans votre chambre, une baignoire à remous, des bougies, des roses, la totale du tralala kitsch. Les cygnes voguent sur l’eau translucide, la vieille ville se pare de lumières chatoyantes, tout est d’équerre. Petit resto typique au bord des canaux, regards amoureux, et … fondue savoyarde, of course, c’est Annecy. Vous vous régalez. Vous retournez dans votre hôtel bien chéros avec l’idée de faire des acrobaties dans le bain à remous. Mais soudain votre estomac lesté au fromage pèse 5 tonnes. Prendre un bain ? Pas possible, on risque l’hydrocution. Faire du trapèze aux rideaux ? Plutôt vous endormir tout habillés comme deux grosses masses de ciment, au milieu des pétales de rose et des bougies (éteintes). Chaud bouillant, on disait. Comment foirer votre St Valentin ? La fondue.
Annecy, c’est magnifique et très romantique, cela dit – faites juste ramadan, ok ?
Si malgré tout, vous voulez continuer à tenter le coup, voici quelques idées quand même.
Alors, en stock, j’ai la Guadeloupe, les Seychelles (officiellement les plus belles îles de ma vie à ce jour), l’Atlantis à Dubaï, ou la Gold Coast australienne. Mais a priori, la Saint Valentin, c’est plutôt un week-end rapide, casé entre deux semaines de boulot. On est donc restés sur des destinations européennes où vous risquez de vous prendre la flotte, et tout foirer comme moi. Mais vous allez voir, j’ai essayé de minimiser les risques.
Et au passage, je vous conseille de beaux hôtels de conte de fées. Ne radinez pas sur l’hôtel le soir de la St Valentin, ne vous dites pas que le Formule 1 sur le périph’ ça va le faire. Conseil gratuit de conseillère conjugale autodidacte.
Saint Valentin à Abu Dhabi : Love Actually sur un écran géant et seaux à champagne
Saint Valentin en Allemagne : destinations romantiques en Bavière (et en Autriche)
Peut-être imaginez-vous que les pays germaniques, c’est salade de patates et sorbet de chou, pas glamour du tout ? Détrompez-vous. La région frontalière Bavière/Tyrol est une idylle permanente. Surtout qu’en général, vous avez la neige – et selon moi, c’est le bon plan ça, les destinations d’hiver où le risque de pluie se transforme en espoir de blanc étincelant. Je crois qu’il faut miser sur l’altitude dans les destinations hivernales : la neige magnifie tout.
Sortez vos petites ailes et votre poussière d’étoiles, voici le conte de fées. Pour ne pas foirer votre Saint Valentin, faites-moi confiance, allez en Allemagne ou en Autriche. Vous ne regretterez pas.
Les châteaux de Bavière. Surtout, allez voir mon article la Bavière en hiver, je vais vous en convaincre : la Bavière en hiver, c’est follement romantique. Quatre infos pour achever de vous convaincre de passer la Saint Valentin à Schwangau:- c’est le village du château de Neuschwanstein (vous savez, celui qui ressemble au château de Disney)
– l’hiver, les cerfs sauvages sont nourris tous les jours à 15h au niveau du lieu-dit Brunnen, vous verrez donc des cerfs et des biches sortir de la forêt enneigée pour venir vous voir. C’est le moment de mettre un genou dans la neige mouillée et de faire votre demande en mariage.
– s’il y a assez de neige, vous pouvez faire des balades en traineau tiré par un cheval au clair de lune, illuminées aux flambeaux. Plus romantique, tu meurs
– vous pouvez la soirée aux « thermes du roi » : à poil dans l’eau tiède avec vue sur les deux châteaux. Délicieusement décadent.
Deux hôtels hyper romantiques : version grand luxe, l’hôtel König Ludwig, version plus abordable, mais ravissant, le Landgasthof zur Post, avec vue sur Neuschwanstein.
Neuschwanstein en calèche, ça vaut un mariage
Les Alpes autrichiennes : Salzburg, Innsbruck, le château d’Hohenwerfen, un fabuleux hôtel avec piscine en verre au milieu des montagnes. Je vous en parle dans mon article itinéraire romantique dans les Alpes autrichiennes. Un de mes voyages les plus romantiques à ce jour, avec du ski en bonus si vous le souhaitez. Je vous y conseille aussi un hôtel à Kaprun.
Je vous fais du clickbait : allez voir mon article Autriche pour connaître le nom de ce château fabuleux ! (Désolée.)
Les fabuleux lacs de Bavière, à mes yeux les plus beaux d’Europe.
Le cygne, symbole de fidélité éternelle. Je vais vous décevoir : c’est un mythe. Lui aussi, il se tape sa collègue, cet hypocrite.
Plusieurs options romantisme maximum :
– dormir dans le ravissant village de Berchtesgaden et admirer le Königsee, le plus majestueux des lacs bavarois, qui ressemble à un fjord norvégien
– dormir dans le super typique village de Garmisch-Partenkirchen et admirer l’Eibsee, au pied de la plus haute montagne d’Allemagne
– tout au sud de la Bavière, aller à Lindau, sur le lac de Constance (Bodensee en VO). La partie de la ville qui se situe au milieu du lac, qu’on appelle « l’île de Lindau » (Lindauer Insel) semble absolument superbe. C’est notre choix pour cette Saint Valentin 2017. (Vous saurez à quel point on a foiré ou pas notre destination de Saint Valentin 2017 très prochainement.) Idée bonus : si l’hiver est froid, vous pouvez patiner sur les lacs de Bavière. Cette photo a été prise sur le lac de Starnberg fin janvier 2017. Le must ? Patiner sur l’Alpsee, le lac de Neuschwanstein.
Patineurs sur le lac de Starnberg
Destinations de Saint Valentin en Provence et sur la Côte d’Azur
Ma région natale est merveilleuse, et peut être délicieuse en hiver (quand elle est de bonne humeur : pour être tout à fait honnête, je vous conseille de réserver en dernière minute, afin de vérifier la météo). Je vous recommande de vous rapprocher le plus possible de la Méditerranée, afin d’optimiser les chances de douceur. J’ai sélectionné des options en bord de mer uniquement, afin de vous concilier les bonnes grâces de notre astre capricieux.
– La Camargue en hiver peut être absolument merveilleuse. Les marais sont rouges, les flamants roses, extra roses (parce qu’ils viennent de faire leur mue), et la pluie épargne souvent la Camargue, même quand le reste de la France et sous les eaux (je vous jure que c’est vrai, je l’ai éprouvé à maintes reprises. Ça doit être à cause de tous ces tridents de gardian, ça fait peur aux nuages). Mon hôtel fétiche en Camargue, vous le savez, c’est le beau Mas Cacharel.
La Camargue : rouge amour fou
– Porquerolles en hiver : une merveilleuse façon de la découvrir loin des foules. J’y suis allée fin février 2016 et j’ai eu une météo grandiose, j’étais à deux doigts de me la jouer bikini et crème solaire. TGV jusqu’à Hyères, puis bateau pour Porquerolles, c’est emballé. L’option grand luxe, pour une Saint Valentin princière : le Mas du Langoustier, un des hôtels que j’ai le plus aimés sur la Côte d’Azur.
Oui, c’est Porquerolles en février
– Saint Raphaël, l’Estérel et ses roches rouges. Le massif de l’Estérel est d’une beauté rare, avec ses pitons rouges sur la mer azur. Un hôtel follement romantique me fait rêver depuis longtemps, perché sur un éperon rocheux au-dessus de la mer : La Villa Mauresque. Je le découvre en avril, je vous en reparlerai sans doute.
L’Estérel.
– Cassis. Pour moi un lieu mythique, d’une beauté rare. Je garde un souvenir ébloui d’une nuit à l’Hôtel des Roches blanches, avec vue sur ces calanques majestueuses. La calanque d’En-Vau, c’est dans le top 10 des plus beaux trucs du monde, sans exagération marseillaise.
Calanques.
– Le village d’Eze, entre Nice et Monaco. Imaginez un village fortifié au milieu des eaux bleues, relié par une fine bande de terre à une côte sublime et découpée. Eze, c’est un décor de Disney, juste somptueux. J’ai un fantasme : l’hôtel Château de la Chèvre d’or, sur les hauteurs du village. Mais une nuit vaut à peu près le prix d’un billet d’avion pour les Seychelles, ce qui fait réfléchir, vous en conviendrez.
Eze, depuis la route de la grande corniche
Idées de Saint Valentin en Italie
Bon, désolée, mais c’est inévitable. Vous n’y couperez pas. Sortez vos violons, je vous la joue la Belle et le Clochard.
– Florence, à mon avis un super plan en hiver, loin du tourisme estival étouffant. N’hésitez pas à louer une voiture et poursuivre dans la vallée du Chianti, aller à San Gimignano et pousser jusqu’à Sienne. Le road trip toscan pour la Saint Valentin, j’y crois. Mon plus beau souvenir d’hôtel ? La Pensione Bencista à Fiesole, avec jaccuzzi, jardin délicieux et une vue impériale sur Florence.
Florence vue depuis la Pensione Bencista, à Fiesole
– Palerme, un soleil d’hiver proche et superbe. J’y suis allée en janvier 2016 et je vous recommande vivement cette ville foisonnante, à la végétation presque africaine. Mention spéciale pour la magnifique plage de Mondello. Deux hôtels : dans le coeur de Palerme, le merveilleux Grand Hôtel Des Palmes, à Mondello, le Mondello Palace Hotel (ci-dessous).
Plage de Mondello à Palerme.
– Capri ou Positano. Incontournables. Prenez l’avion pour Naples, puis le ferry pour Capri ou la voiture pour Positano. Mes deux énormes coups de cœur de l’été 2016, que je rêve de revoir hors saison, pour les avoir à moi toute seule. La météo au sud de l’Italie est clémente, et le romantisme assuré.
Ok, en février, vous n’aurez pas les bougainvilliers. (Positano)
Capri.
– Venise. Lâchez cette gondole, j’ai dit. Je ne pouvais décemment pas omettre Venise.
Je sais que vous l’attendiez avec impatience.
Idées de city trips de Saint Valentin, en Europe
– Lisbonne : Un vrai coup de cœur pour moi. Le soleil, une ville de toute beauté avec une ambiance marine entêtante, et si vous louez une voiture, des excursions fabuleuses à deux pas : Sintra et son envoûtant château aux mille secrets, et les plages de Cascais. Je vous recommande très chaleureusement l’hôtel Fortaleza do Guincho à Cascais : forteresse sur l’Atlantique, lits à baldaquin, ambiance de roman d’aventure.
Allez écouter du fado à l’Alfama. Sauf si vous êtes seul le soir de la St Valentin, auquel cas vous vous jetteriez dans le Tage avec un tramway au cou
– Palma de Mallorca. (Techniquement, c’est en face du Maroc, mais c’est l’Europe quand même.) Une cathédrale toute droit sortie de Game of Thrones, la mer, les palmiers.
– Trois villes belles comme des cartes postales, des ambiances de rue fabuleuses, le romantisme à l’état pur : Brême, en Allemagne, une des plus jolies villes du pays, Bruges, en Belgique, Prague, en République Tchèque. Il faut juste compter sur le bon vouloir du Dieu météo dans ces trois régions… Déplacez la Saint Valentin en mai, c’est plus sûr.
Prague.
– J’ai envie de vous recommander Edimbourg, parce que j’ADORE cette ville. J’espère juste que vous aimez les robes parapluies. Et le brouillard. Et la grêle. Et la fin du monde sous les eaux.
Edimbourg l’été
– Ljubljana, en Slovénie, avec crochet par le lac de Bled (vous savez, le lac avec l’église au milieu). Là aussi, le danger brouillard est élevé, attention.
Mon frère y est allé l’hiver dernier, a beaucoup aimé, et je l’ai forcé à prendre des photos avec MON appareil photo. Donc techniquement, ses jolies photos de Slovénie sont à moi. Ahahaha.
Sympa ce bled, non ? Ok, elle était nulle.
– La Corse ou la Sardaigne. Y a du soleil et des villages, darladirladada. Chéri, tu lis mon blog ? On a une Saint Valentin 2018 à programmer.
Sinon, on retourne aux Seychelles, je tolèrerais la répétition
Vous me racontez vos meilleures et vos pires Saint Valentin en voyage ?
Je ferai peut-être un article avec vos histoires, je vous préviens.
Si vous voulez savoir si je me suis à nouveau étalée dans la boue pour la Saint Valentin 2017 à Lindau, inscrivez-vous à la newsletter, je vous dirai tout. Bonne Saint Valentin à tous !
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