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Auteur/autrice : Itinera Magica

  • Montclar, station de ski authentique et solidaire

    Saint Jean Montclar ? Ce n’est pas qu’une belle station de ski familiale des Alpes du sud, nichée sur les hauteurs du lac de Serre-Ponçon. Au-delà des panoramas imprenables et de l’ensoleillement provençal, on vient skier ici pour soutenir un projet hors normes. Montclar est la seule station auto-gérée d’Europe. Alors que sa fermeture était annoncée, les habitants l’ont sauvée en investissant collectivement dans les remontées mécaniques et les canons à neige, et en devenant gestionnaires de leur station. Une aventure humaine unique, un village plein de charme et une offre touristique de qualité : Montclar incarne tout ce que j’aime. J’ai eu beaucoup de plaisir à la découvrir le week-end dernier avec mon amie Amandine alias Lykorne Illettrée. C’est un reportage qui me tenait à cœur, un endroit dont j’avais hâte de vous parler.

    Une station de ski familiale et solidaire dans les Alpes du sud : Saint Jean Montclar, autogérée par ses habitants
    Bienvenue à Montclar.

    Montclar, une station de ski familiale dans les Alpes du soleil
    station de ski familiale alpes du sud

    Montclar, c’est un petit village des Alpes de Haute Provence, sur les hauteurs de la Vallée de la Blanche. J’étais passée tout près, l’été dernier, lors de mon séjour à Sisteron, et j’étais tombée amoureuse du lac de Serre-Ponçon et des panoramas déployés par les sommets qui le surplombent.

    Le plus bel atout de la station Montclar, c’est cette situation géographique privilégiée, cette vue superbe sur le lac et les montagnes environnantes. On dit souvent que les stations des Alpes du Nord sont plus encaissées, et que les Alpes du Sud ont les panoramas pour elles. A Montclar, on trouve tout ce qu’on vient chercher quand on skie en Provence : les vues dégagées, et la lumière généreuse.

    Une station de ski familiale et solidaire dans les Alpes du sud : Saint Jean Montclar, autogérée par ses habitants
    Montclar, ski soleil et solidarité.

    Mais ce soleil qui réchauffe Montclar représente aussi une menace pour son domaine skiable. Le climat change, la limite pluie-neige monte toujours plus haut… et Montclar avait toujours moins de neige en bas des pistes. Météo défavorable, problèmes techniques graves, mauvaise gestion et communication… Montclar a enchaîné les mauvaises années, et après une saison 2016-2017 catastrophique, le couperet est tombé : la station devait fermer.

    Montclar, l’aventure humaine
    station de ski familiale alpes du sud

    Fermer une station de ski, qu’est-ce que ça signifie ?

    Cela veut dire que des centaines de personnes perdent leur emploi, directs et indirects.
    Que ceux qui ont mis toutes leurs économies dans leur commerce, leur hôtel, leur restaurant, n’ont plus rien : leur bien a perdu toute valeur et se retrouve invendable.
    «Montclar, c’est toute notre vie, et sans le ski, plus personne ne pourrait gagner sa vie ici. La saison d’été ne suffit pas. Nous aurions tous fait faillite et des centaines d’emplois auraient disparu. » Pour les habitants de Montclar, le constat est net : fermer la station, c’est tuer le village. Quand les gens ne peuvent plus vivre à la montagne, ne peuvent plus y gagner leur vie l’hiver et assurer un avenir à leurs enfants, les sommets se désertent et les campagnes se meurent.

    Une station de ski familiale et solidaire dans les Alpes du sud : Saint Jean Montclar, autogérée par ses habitants
    Rester vivre ici, entre montagne et Provence, au dessus de Serre-Ponçon.

    Déjà dans les années 70, c’est pour ça qu’on a créé les stations de ski : pour contrer l’exode rural et permettre aux habitants des montagnes de rester chez eux, d’avoir une activité qui leur permette de valoriser les longs, longs hivers enneigés où l’agriculture est impossible. Montclar était née en 1971 de la volonté d’un maire qui avait voulu préserver le mode de vie de ses habitants. Pas de barres d’immeubles, pas d’usines à ski, mais une station-village familiale et authentique où les gens se sentent bien.
    Montclar, c’est une station sans promoteur immobilier, sans monstre de béton et machine à fric : ici, c’est une histoire de famille. Jugez plutôt : les trois hôtels de la station appartiennent à deux sœurs et un frère. Leurs enfants sont déjà très impliqués dans le travail et espèrent reprendre un jour ces établissements. L’un des magasins de sport appartient à un père et son fils ; les deux autres, à deux frères. Et les pisteurs, les dameurs, les moniteurs de ski, le boulanger, les autres restaurateurs… ? Tous des amis, une grande famille solidaire. Ici tout le monde se dit bonjour dans la rue, se connaît depuis des décennies et se soutient. Je vous parlerai plus longuement de ces gens chaleureux et conviviaux, de ces belles rencontres.

    Une station de ski familiale et solidaire dans les Alpes du sud : Saint Jean Montclar, autogérée par ses habitants
    Lionel, Odile et Alain, trois des piliers de la sauvegarde de Montclar. Des gens adorables et passionnés.

    Pour les habitants de Montclar, c’était une évidence : on ne pouvait pas laisser le village mourir. Il fallait reprendre la station. Un après-midi, tout le monde s’est réuni, et s’est demandé : « et toi, tu peux mettre combien ? » Après trois mauvaises années, les poches étaient presque vides, mais chacun savait qu’il en allait de la survie de Montclar. Une immense partie des commerçants et des habitants ont participé – ainsi que des gens de la vallée, qui savaient que Montclar, avec son beau domaine skiable, son offre hôtelière, son attractivité, était une locomotive de la région, et que si Montclar coulait, toute la vallée de la Blanche risquait de couler avec lui. Ils ont réuni deux-cent onze mille euros, assez pour proposer un projet de reprise. Désormais, la station de Montclar serait gérée par un collectif, Montclar Domaine Skiable, composé des habitants, des commerçants, des hôteliers. La seule station auto-gérée d’Europe. Une fois la machine lancée, la région est venue soutenir le projet avec une belle subvention. Réparer les remontées mécaniques, resécuriser les pistes, et surtout, investir dans des canons à neige performants, voilà la tâche dans laquelle tout le village s’est lancé.

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    Ils racontent le temps et l’énergie qu’ils ont dépensé sans compter, la solidarité sans faille. Impossible d’être égoïste, tout le monde était embarqué sur le même navire, et il fallait se donner à fond. Installer les canons, construire les retenues d’eau, s’assurer que l’eau coule, rénover et décorer la station, préparer des activités, refaire le site web, lancer des campagnes de communication, reprendre l’office du tourisme, accueillir les visiteurs, répondre aux appels et aux mails… un million de tâches à prendre à bras le corps, jour après jour. Mi-décembre, la neige est tombée, et la station a ouverte. Leur travail force le respect et le succès est au rendez-vous : la saison a très bien démarré. C’est sans doute parce que les visiteurs se sentent accueillis et choyés dans cette station familiale, où personne n’est anonyme et tout le monde se dit bonjour. L’ambiance est chaleureuse, et l’offre touristique étonnamment riche pour une station de petite taille. Montclar compte de nombreux clients fidèles. Ils viennent en couple, puis avec leurs enfants, et parfois même leurs petits-enfants… c’est une station où les gens se sentent à la maison. Pourvu que ça dure. Montclar le mérite tellement.

    Pourquoi aller à Saint Jean Montclar, et qu’y faire ?
    Que faire à Montclar – ski saint jean montclar – station de ski familiale alpes du sud

    Sports d’hiver : le ski, le snowboard… mais pas seulement

    Nous sommes bien dans les « Alpes du soleil », et le domaine skiable Montclar déploie une beauté visuelle rare au-dessus des vallées ensoleillées. Quand le soleil se couche sur les mélèzes roussis, c’est sublime. Quand on quitte les pistes pour aller faire des raquettes sur la crête et surplomber toute la vallée blanche, c’est à tomber par terre.

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    Une station de ski familiale et solidaire dans les Alpes du sud : Saint Jean Montclar, autogérée par ses habitants
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    Une station de ski familiale et solidaire dans les Alpes du sud : Saint Jean Montclar, autogérée par ses habitants
    Un grand sentiment de liberté. L’été, ce sont des chemins de randos autour de lacs et de terriers de marmottes.

    Le beau domaine s’étend entre 1400 et 2500 mètres et compte 50km de pistes (33 pistes de tous niveaux, vertes, bleues, rouges et noires, avec principalement des bleues et rouges). L’enneigement est désormais stable sur la partie basse de la station, grâce à de nouveaux canons à neige performants. En haut, entre 2000 et 2500 mètres, c’est la haute montagne, et le problème ne se pose pas. La partie haute du domaine est incroyable : on franchit une crête appelée la Brèche, et à 360° à la ronde, c’est un panorama inouï. Tout en haut, au fort de Dormillouse, le regard porte jusqu’au barrage de Serre-Ponçon.

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    Ski au dessus de Serre-Ponçon avec Lionel, notre super moniteur de ski

    Si vous êtes un vrai fana du ski rêvant d’avaler des kilomètres, il vous faudra sans doute un domaine plus vaste que Montclar – allez dans ce cas dans une station type Serre-Chevalier ou l’Alpe d’Huez. Mais si vous pratiquez un ski familial tranquille, et que vous préférez les petites stations, ce domaine vous suffira largement, et vous apprécierez les tarifs doux et l’ambiance village.
    Si vous êtes dans la catégorie « rider » (ce qui n’est pas mon cas, mon Dieu mon Dieu), sachez que les hors-pistes de Montclar sont très prisés au sein de la communauté. Des pentes bien raides et assez fabuleuses partent de la crête, et Montclar est réputée pour cela. Pour ce qui est du test, j’ai passé mon tour.

    Tarifs : à partir de 24 euros la journée en passant par le site internet de Montclar. Forfait famille intéressant : 6 jours, 4 personnes dont au moins un enfant, 464 euros. L’ESF assure des cours individuels, collectifs et handiski, jetez un coup d’œil sur le site pour en savoir plus.

    Nous avons eu le privilège de faire une matinée de ski avec le boss de l’ESF, Lionel, et de l’avoir rien que pour nous – c’était génial. Qu’est-ce qu’on se sent en confiance et qu’est-ce qu’on progresse avec un moniteur ! Je sens que je ne vais plus pouvoir m’en passer. En plus, Lionel est adorable, lui aussi investi à fond dans la reprise de la station (il est le directeur du collectif), et ses deux enfants se sont engagés dans les métiers du sport et de l’hôtellerie. La passion de la montagne est contagieuse ici !

    Raquettes, animaux et étoiles
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    Mais à Montclar, on ne vient pas que pour le ski. Mon énorme coup de cœur, cela a été les raquettes. Les sentiers de raquette conduisent au-delà du domaine, dans un paysage naturel préservé féerique, où vous verrez des traces de renard, de lièvre… Une partie des chemins de raquette sont damés et très bien balisés, ce qui vous permet d’y aller seul, en autonomie. Mais pour aller plus loin et voir plus de choses, nous avons été accompagnées par un passionnant guide de montagne, Stéphane (je te file même son 06, dans ma grande mansuétude : 06 03 12 18 24). Il nous a montré les traces d’animaux, et un oiseau étrange, le cassenoix moucheté, qui permet aux pins de se reproduire en cachant leurs cônes partout. Il nous a parlé du tétras lyre, un oiseau farouche dont il ne faut surtout pas s’approcher trop, sous peine de le tuer d’une crise cardiaque. C’est un passionné, amoureux de ses montagnes. Stéphane organise aussi des soirées astronomie sur les sommets, où il vous raconte les constellations – j’aurais adoré y participer.

    Raquettes à Montclar
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    Tarifs : la remontée piétons est à 7,90 euros, ou 36 pour 5 passages. Vous avez aussi une option « remontée, balade piétonne accompagnée, dégustation gastronomique de produits de pays » pour 13 euros. Pour une randonnée raquettes accompagnée par Stéphane, prix en fonction de la prestation – à partir de 15 euros environ.

    Faire du yooner, de la luge, de la trottinette des neiges dans les Apes du sud
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    A Montclar, nous avons fait la connaissance d’un loueur plein d’idées originales : Laurent, de la boutique Sport Confort. Laurent est le seul loueur à rester ouvert toute l’année, et à proposer des activités hiver comme été : non seulement les classiques (ski, snowboard, raquettes, VTT), mais aussi des choses complètement inédites pour moi, comme le yooner (une espèce de luge très maniable, avec guidon et freins, voir photo ci-dessous, ça avait l’air extrêmement fun), la trottinette des neiges, le vélo des neiges ou la trottinette tout terrain. Laurent sait que les non-skieurs sont de plus en plus nombreux, et il cherche à diversifier son offre au maximum, à proposer des activités novatrices et fun.

    Laurent est un passionné : il a repris le magasin ouvert par son père dans les années 1980 (son frère kinésithérapeute est également propriétaire d’un autre magasin de sport sur Montclar, Pic Pic Sport), il fait partie du comité directeur de la station, du noyau du collectif gestionnaire, et par ailleurs, il est tout récemment devenu papa d’un petit garçon. On le sent extrêmement impliqué dans ce qu’il fait, et confiant dans l’avenir, son énergie est contagieuse.

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    Laurent, un loueur innovant.
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    Tester le yooner à Montclar.

    Paysan et loueur de skis, le double visage des Alpes saint jean montclar location de ski

    Nous avons passé plus de temps avec Laurent, car c’est lui qui nous a gentiment prêté son matériel (skis et raquettes), mais nous avons aussi eu le plaisir de faire la connaissance du plus ancien loueur de la station, Denis de Saint-Jean Sports.

    Denis incarne parfaitement cette pluriactivité qui caractérise les montagnes. Autrefois, les paysans des Alpes partaient loin de leur village l’hiver, et devenaient colporteurs, commerçants, charpentiers, pour pouvoir envoyer l’argent à leur famille. Quand la station de ski de Montclar a ouvert, Denis, descendant d’une longue chaîne d’agriculteurs passionnés, a compris qu’il pourrait combiner les deux activités. L’été, il est agriculteur : il élève des vaches, et cultive le foin et les céréales qui les nourriront l’hiver. L’hiver, il tient le magasin Saint Jean Sports. Son amour profond du pays m’a touchée, ainsi que l’association avec son fils dans les deux activités : Guillaume, qui a mon âge, reprend peu à peu à la fois l’exploitation agricole et le magasin de sport. Je vous l’ai dit, Montclar est une histoire de famille.

    Une station de ski familiale et solidaire dans les Alpes du sud : Saint Jean Montclar, autogérée par ses habitants
    Denis, éleveur et loueur.

    Montclar, tu n’y mourras pas de faim
    Où manger à Saint Jean Montclar

    Trois maîtres-restaurateurs  meilleurs restaurants saint jean montclar

    Montclar s’illustre par une particularité prestigieuse : c’est la seule station-village à compter trois maîtres restaurateurs, trois chefs officiant aux restaurants l’Adoux, les Alisiers et le Clos Madarin. Maître restaurateur, qu’est-ce que cela signifie ? Cela veut dire qu’ils s’engagent à utiliser au moins 60% de produits frais, préparés sur place. Les trois dépassent allègrement ce pourcentage minimum, et sont tous engagés de surcroît dans une démarche très nette : utiliser des produits locaux, faire vivre les gens du pays. Acheter les produits de la vallée de la Blanche et des villages environnants, c’est bénéfique à toute la région, et à Montclar, on sait que tout le monde doit pouvoir travailler et gagner sa vie pour assurer le dynamisme du pays. J’ai adoré trouver dans la carte des Alisiers la liste de leurs producteurs associés.

    Une station de ski familiale et solidaire dans les Alpes du sud : Saint Jean Montclar, autogérée par ses habitants
    Une salle de restaurant lumineuse à l’Adoux.

     

    Maguy et Hugo, au Clos Madarin.

    Ici, on vous propose bien sûr des spécialités de montagne, mais pas exactement les mêmes qu’en Savoie : on fait la fondue aux fromages de Haute-Provence, par exemple. Aux Alisiers, on vous propose une spécialité 100% maison, les picatons, un gratin de pâtes avec des fromages locaux, vieille recette de famille typique de ce coin-là des Alpes. Au Clos Madarin, on vous propose une tartine chaude d’un fromage ultra local dont le nom m’a échappé (pardon !). A l’Adoux, vous retrouverez un buffet de fromages artisanaux : l’hôtel-restaurant organise chaque vendredi son propre marché des producteurs.

    Une station de ski familiale et solidaire dans les Alpes du sud : Saint Jean Montclar, autogérée par ses habitants
    Ceci n’est pas le marché des producteurs de l’Adoux, mais Laurent « l’Importateur de saveurs » qui vend des fromages italiens qu’il sélectionne lui même, tous les dimanches sur la place de Montclar.

    Mais surtout, on vous propose autre chose que du fromage, et j’avoue que cela m’a soulagée : c’est bien aussi d’avoir de la cuisine fine en montagne, et pas QUE du fromage qui coule. Mon coup de cœur a été pour leurs poissons. A l’Adoux, j’ai adoré le filet de truite, provenant d’un petit élevage à deux pas de Montclar, servi avec des épinards préparés de façon vraiment fine et originale. Aux Alisiers, je me suis régalée avec l’omble fumé du lac de Serre-Ponçon, un vrai délice. Le Clos Madarin est le seul à proposer aussi des produits de la mer, en raison d’un accord avec un poissonnier ami, et mon coup de cœur a été pour le tartare de Saint Jacques aux billes citronnées, étonnant et délicieux.

    Une station de ski familiale et solidaire dans les Alpes du sud : Saint Jean Montclar, autogérée par ses habitants
    Poissons des maîtres restaurateurs.

    Lequel choisir ? Sincèrement, les trois m’ont beaucoup plu et se ressemblent dans leur démarche, dans leur ambiance chaleureuse, dans leur cuisine à la fois simple et délicate. Le Clos Madarin est en bas des pistes, au cœur du village, et propose une atmosphère de bistrot gastronomique. L’Adoux et les Alisiers sont plus à l’écart, au milieu des sapins, et cultivent une atmosphère boisée très typique des montagnes, que j’adore. La déco des Alisiers est sans doute la plus photogénique, un petit côté kitsch rétro qui me plaît beaucoup.

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    Aux Alisiers.

    Si je devais (en vertu d’un repas seulement, ce qui est limité) leur attribuer une spécialité, je choisirais les légumes et les desserts de l’Adoux, les poissons et les spécialités fromagères des Alisiers, les plats en sauce et les tartares du Clos Madarin. Regardez les cartes, choisissez en fonction de votre coup de cœur, il n’y a pas de mauvais choix !

    Par ailleurs, sachez qu’il y a de nombreux autres restos, pizzérias et snacks à Montclar, et qu’un marché vient le dimanche sur la place du village.

    Trois restaurants d’altitude – resto altitude saint jean montclar

    C’est rare pour une petite station comme Montclar de compter trois restaurants d’altitude, accessibles même au non-skieurs avec un forfait piéton (7,90 euros). Nous avons déjeuné à La Table d’en haut, le plus ensoleillé des trois, et j’ai adoré sa situation parfaite, et sa cuisine revigorante – tout ce qu’on attend d’un bon resto de montagne : la lumière, le cadre, les spécialités fraîches et bien préparées.

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    Lionel et Odile à La table d’en haut.

    Puis le soir, nous avons pris un dernier café au plus ancien et typique des trois, Les Claperies, ancienne bergerie transformée en resto, bar et pizzéria, dont la déco n’a pas changé depuis 40 ans et dont j’adooore le côté ultra typique.

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    Aux Claperies en fin de journée.

    Nous n’avons pas visité le dernier, situé côté Dormillouse, La cabane du lac, mais sa situation était elle aussi charmante (au bord d’un lac, comme les plus perspicaces l’auront compris).

    Un merveilleux boulanger : Le Fournil de Montclar

    A Montclar, j’ai eu un vrai coup de cœur pour la boulangerie de Caroline et Franck, un artisan-pâtissier talentueux et passionné. J’avoue n’être pas plus branchée que cela sur le pain, les gâteaux et les pâtisseries en temps normal, mais le talent de Francky m’a vraiment séduite. C’est simple : l’Adoux servait son pain au repas et au petit déj, et j’ai rarement mangé autant de pain de ma vie : il est exquis. Rien de congelé, que du fait maison, Franck y tient. Il fabrique lui-même son chocolat, et nous sommes reparties avec une boîte de créations délicieuses. Mais il fait aussi gâteaux, macarons (aux framboises et aux myrtilles de pays, cueillies dans les montagnes, aux amandes et au génépi), et beaucoup de pâtisseries au miel : petit apiculteur, Franck a hérité de dix ruches, et produit son propre miel. Sa boutique est pleine de gâteaux originaux que vous n’aurez pas goûtés ailleurs, de tartes noisette style « Snickers » (mais faites maison), de nougats fabriqués par Franck, ou encore de panettones, brioches italiennes dont il a modifié la recette pour l’adapter aux produits locaux. Vous ne ressortirez pas sans rien acheter (il fait aussi du salé).

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    Franck et Caroline.

    Où dormir à Montclar ? Trois hôtels de qualité

    En matière d’hébergements, l’offre de Montclar est très variée : villages de vacances, locations de meublés à la semaine, chambres d’hôtes… et trois hôtels.

    Deux jolis hôtels 2 étoiles, à l’ambiance boisée, sont situés en bas des pistes : le Saint Jean et l’Hôtel Espace.

    Françoise nous a fait visiter l’Hôtel Espace, et j’ai beaucoup aimé son ambiance conviviale, la grande salle de restaurant, la partie sauna et hammam, et le joli bar très typique.

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    Françoise (la soeur d’Odile) à l’Hôtel Espace.

     

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    De l’hôtel Saint Jean, je n’ai vu que le restaurant, le délicieux Clos Madarin – c’est un deux étoiles situé directement sur les pistes, à deux pas du télésiège.

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    Saint Jean.

    Le Domaine de l’Adoux, coup de cœur romantique et familial
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    Vous savez que j’adore les spas, la nature, et les beaux hôtels indépendants qui trouvent le juste milieu entre luxe et authenticité. J’ai adoré le Domaine de l’Adoux, un très bel hôtel-spa 3* chaleureux. C’est un peu l’idéal montagnard à mes yeux : confortable et beau, mais pas bling bling, avec une déco authentique qui vous plonge dans l’ambiance alpine tout de suite ; un hôtel avec un très bon restaurant, qui prend soin de ses clients, et qui vise à la fois les couples et les familles. Alain, maître restaurateur du restaurant l’Adoux, et Odile, qui gère l’hôtel, sont vraiment aux petits soins pour leurs clients.

    Le Domaine n’est pas situé au pied des pistes, mais dans un beau cadre naturel boisé à environ 1km, au calme, dans la nature : vous pouvez soit faire le trajet en voiture (il y a de grands parkings à l’extérieur de Montclar), soit avec la navette mise à votre disposition par l’hôtel 12 fois dans la journée. Vous n’avez pas à porter vos skis : l’hôtel met un local de consigne à votre disposition près des pistes. Et si vous loupez la dernière navette, ils viennent vous chercher quand même. (On a testé. #boulet)

    L’hôtel est parfait pour les couples : il y a des cœurs partout, une déco douillette un peu kitsch comme j’aime, un sauna, un espace de relaxation, massages et soins, une grande piscine et un jacuzzi. Pour moi qui suis frileuse, la piscine était un peu trop froide (d’autres sont plus héroïques que moi), mais nous avons profité avec délices du sauna et jacuzzi. Il y a aussi un petit espace fitness, avec tapis de course, poids libres, etc.
    L’hôtel est aussi parfait pour les familles. Les chambres sont toutes très spacieuses, plusieurs disposent d’une chambre séparée pour les enfants. Pendant les vacances scolaires et certains week-ends, l’hôtel propose un club enfants, avec des animations dédiées. Plein de choses sont mises en place pour les bébés (lits bébés, chaises hautes…) et les enfants de tous âges, notamment une salle de jeux.
    Ce que j’ai adoré, c’est la salle de détente au coin du feu, confortable et accueillante. Calme la journée, on a envie de venir y lire – le soir, il y a plus d’ambiance, car le bar ouvre. Bref, un super hôtel qui pense à tout pour que ses clients se sentent bien, et qui est vraiment à l’image de Montclar, attentif et humain.

     

    Une station de ski familiale et solidaire dans les Alpes du sud : Saint Jean Montclar, autogérée par ses habitants
    Au Domaine de l’Adoux. Pardon de ne pas vous mettre la grande piscine et l’espace spa, mais la buée était trop importante pour mon pauvre appareil, que j’ai choisi d’épargner.

    Les tarifs commencent à 98 euros en simple, 119 en double, 125 en triple, 155 en familiale. Plus d’infos.

    Les anecdotes des terreurs de Montclar

    Je ne peux pas m’empêcher de vous raconter quelques bêtises (pas franchement à mon honneur) en cette fin d’article.

    Mémé ascendant princesse

    J’ai une relation paradoxale avec le ski. Un jour, ado, j’ai su bien en faire, j’ai dévalé des noires et tout. Depuis, j’ai eu quelques soucis de centre de gravité et les choses se sont complexifiées. Des blocages psychologiques sont apparus, du type, la phobie de la pente forte. J’aime pas trop quand c’est raide, en fait, ce qui est un peu complexe pour un sport consistant fondamentalement à dévaler des montagnes en criant « tout schuss ». D’ailleurs, j’aime pas trop quand c’est dur et glacé, non plus. Ni quand y a du brouillard, ni quand y a trop de monde, etc. Mon signe zodiacal du ski, c’est mémé ascendant princesse. Je veux qu’on privatise la piste, qu’on me commande un beau soleil et de la neige bien poudreuse, et que la piste fasse 12 bornes de large pour que je puisse faire des grands virages pépère.

    Quant à Amandine, ma copine lykorne pas illettrée mais géniale quand même, c’est autre chose : elle a pas fait du ski très souvent dans sa vie, mais elle a un karma de cavalier mongol lancé à la poursuite d’un sultan perse au triple galop à travers la steppe un soir de nouvelle lune. Elle a peur de rien, ça va passer. A la hache. Et elle se débrouille bien, en plus. On a une poule mouillée et un tricératops.

    Une station de ski familiale et solidaire dans les Alpes du sud : Saint Jean Montclar, autogérée par ses habitants
    Amandine, l’héroïne.

    Le premier jour, nous avons skié avec l’adorable chef de la station, qui nous a permis d’avoir un premier aperçu du domaine. Sauf que nous avons eu un petit peu de mal à nous remettre dans le bain après des années d’abstinence poudreuse. (On m’a fait venir parce que je prends des jolies photos, pas parce que je suis Luc Alphan, ok ?) On a mis la languette de la chaussure à l’extérieur, on a pas réussi à chausser les skis, on a failli s’emmêler les mandibules au premier télésiège, bref, les quinze premières minutes, on inspirait autant d’assurance et de maîtrise que Bambi sur le lac gelé. Notre guide a pris peur, je le comprends. Il s’est dit, on va devoir financer une nouvelle dentition et une clavicule à deux blogueuses, ça va pas être bon pour Montclar. On était en toute fin de journée, fin des vacances, la station était presque vide, et du coup… il a fait arrêter les télésièges pour nous. Pour qu’on puisse descendre tranquille. Le responsable du télésiège, Pete, était un adorable sosie de Iggy Pop, dégaine de rockeur et cheveux longs, et chaque fois qu’il nous voyait, il appuyait sur le bouton stop comme on balance un riff de guitare. C’était un peu la honte quand même.

    Un grand sentiment de liberté. L'été, ce sont des chemins de randos autour de lacs et de terriers de marmottes.
    Le télésiège La Brèche, sens descente : vue sublime, mais attention au vertige !

    Et à la fin, il nous a dit « venez, on va faire un tour en dameuse ». Là je n’ai pas compris tout de suite. Je me suis dit qu’il avait senti qu’on était des reines des neiges, qu’il fallait un carrosse qui nous corresponde. On est monté dans la dameuse, ce qui niveau drague serait le niveau ultime après le scooter, la moto et la décapotable, on a grave kiffé, mais on a compris seulement le lendemain ce qui nous avait fallu ce privilège : à l’endroit où nous étions, il n’y avait qu’une piste rouge pour redescendre. Et il n’avait pas foi en notre bravoure.

    saint jean montclar
    Je n’ai besoin de personne en dameuse qui ronronne.

    Je tiens à préciser qu’on ne s’est pas pété la gueule une seule fois, et que le lendemain, on a skié toute la matinée + 1h le soir avec le chef des moniteurs de l’ESF, et qu’il nous a pas trouvées si nulles. Il a même dit qu’on se débrouillait bien, ce qui était à peu près le summum de la gloire. On s’était décoincées. En vrai, je sais skier, je vous jure. On a même fait la fameuse piste rouge bien raide qu’on avait évitée la veille (pas de preux chevalier en dameuse cette fois-ci, Lionel a dit « oh ça va bien oui », et il a eu raison). Deux fois. J’ai un peu fait le bébé et j’ai enchaîné douze virages horizontaux, mais j’ai fini en bas avec un kit squelette & ligaments complet. Fierté. Merci Lionel.

    Le cépage oublié

    J’avais promis à Alain de ne pas raconter celle-ci. Je ne résiste pas. Alain, le maître restaurateur de l’Adoux et président du collectif Montclar Domaine Skiable, aime proposer des apéritifs originaux. Nous avons goûté un rosé pétillant exquis, un kir myrtille qui sort de l’ordinaire, tout était extra… et puis soudain, Alain a voulu nous montrer quelque chose de vraiment spécial. Un cépage oublié depuis la fin du XIXe, qui ne poussait que sur les montagnes les plus ardues, ramené à la vie en petite quantité pour un vin très particulier. L’expérience authentique, la vraie.
    On goûte.
    « Ah, c’est original… »
    « Ah oui c’est spécial »
    « On sent bien le goût de… de… »
    Jusqu’à ce que quelqu’un intervienne timidement : « Alain tu sais, s’ils l’ont oublié le cépage, il y avait peut-être une bonne raison. »
    En vrai, moi je l’ai trouvé bon, ce sont les autres qui sont de féroces critiques.
    Mais si vous allez à l’Adoux, ou à la Table d’en haut (le restaurant d’altitude appartenant également à Alain et Odile), vous pouvez essayer de demander le cépage oublié…

    Notre troisième coloc

    Amandine et moi partagions un appartement/suite magnifique au Domaine de l’Adoux, avec deux chambres séparées, seule la salle de bain était commune. Comme si on était en coloc. Du coup, la salle de bain, c’était un peu notre QG à papotes, on était devant le miroir à appliquer notre mascara en faisant du 3615 ma life à fond les décibels pour couvrir le bruit du sèche-cheveux. On croyait avoir le troisième étage pour nous toutes seules, en fait.
    Et puis on rencontre Stéphane, le guide de montagne. On commence à discuter avec lui, et soudain, il demande : « alors c’est laquelle de vous deux qui parlait de l’Ouzbékistan ce matin à 7h ? »
    Coup de tonnerre. Stéphane était notre voisin.
    « Mais… tu entends tout ce qu’on fait et dit ? » Cela nous surprenait beaucoup, car l’hôtel semblait très bien insonorisé, et nous n’avions rien entendu du tout.
    « Non, seulement quand vous parlez fort dans la salle de bain… »
    Du coup, on a repassé en revue tout ce qu’on avait braillé dans la salle de bains. Stéphane, si tu as entendu des choses inavouables, je suis navrée. Tu es notre pote pour toujours, désormais.

    station de ski familiale alpes du sud
    Stéphane, notre ami à la vie à la salle de bain. Et un SUPER guide de montagne, aussi.

    En bref : Montclar, c’est beau, c’est chaleureux, et ça ne ressemble pas aux autres stations. Dans cette station-village qui a pourtant tout d’une grande, qualité rime avec solidarité. Et ça vaut le détour.

    Une station de ski familiale et solidaire dans les Alpes du sud : Saint Jean Montclar, autogérée par ses habitants
    Souvenez vous de Montclar, épinglez moi ça sur Pinterest !

    Merci infiniment à tous les gens de Montclar, en particulier à Odile et Alain, mais aussi bien sûr Laurent, Lionel, Bruno et Maguy, Christophe et Emilie, Franck et Caroline, Stéphane, Françoise… pour leur accueil chaleureux et sincère. Longue vie à Montclar ! Et bien sûr, merci Amandine pour ta bonne humeur et ton enthousiasme.

     

  • Aventurière ou bourgeoise ? Comment je choisis mes voyages

    Tout projet de voyage est toujours un arbitrage entre l’évidence et l’audace. Partir à l’aventure dans des contrées périlleuses et inexplorées, ou revoir encore une fois Venise, Prague et Dubrovnik ? Etre le premier à dénicher l’endroit dont personne n’a jamais encore entendu parler, ou conforter la longue histoire d’amour que le public entretient avec des destinations aussi belles que rebattues ? Tout voyageur, et a fortiori, tout voyageur « professionnel » (blogueur ou journaliste) se pose forcément ces questions au moment de ficher une nouvelle épingle sur le planisphère. En quête de destinations inédites et de grands frissons, j’avoue pourtant être une exploratrice des beaux jours et des liaisons faciles, et je sais que mes envies d’aventure sont tempérées par mon besoin de confort. Voici comment je choisis mes voyages.

    Aventuriers, backpackers, tout-inclus… et moi, et moi ?

    Personne n’aime être mis dans une case. Notre grande prétention à l’individualité est paradoxalement le dénominateur commun auquel un grand nombre d’entre nous peuvent être réduits. Nous revendiquons le droit de tester différents styles de voyage, de passer du trek en solo au club balnéaire aux Caraïbes. Marie-Julie alias Technomade a écrit à ce sujet un billet, « Touriste et fière de l’être« , auquel je souscris totalement : elle assume d’apprécier autant des vacances à Disneyworld qu’un voyage d’exploration au Sénégal.

    Tendances tourisme : le tourisme d'aventure haut de gamme.
    D’ailleurs, j’adore moi aussi Disneyland Paris.

    Mais malgré cet éclectisme revendiqué, on peut observer au sein de la population des voyageurs en général plusieurs familles et tendances. La liste est très loin d’être exhaustive, mais voici quelques groupes bien distincts (et dont je respecte totalement les diverses aspirations).

    Il y a les backpackers, qui vont chercher à vivre un maximum d’aventures, multiplier les rencontres, et explorer un grand nombre de pays, à un coût le plus bas possible. Ils n’ont pas peur de subir douze heures de bus de nuit, partager un dortoir improbable, et manger de la street food un peu douteuse, s’ils peuvent économiser les quelques euros qui leur permettront de prolonger leur voyage. L’Asie du Sud Est est leur terrain de jeu préféré.

    Il y a les familles en tout-inclus, qui cherchent des vacances simples, confortables, à budget maîtrisé, où tout sera pris en charge et où ils pourront bénéficier d’une logistique bien calée pour se reposer. Ils vont apprécier les destinations balnéaires pas trop onéreuses avec de belles infrastructures touristiques, comme les Canaries, ou certains pays des Caraïbes tels que la République dominicaine.

    Tendances tourisme : le tourisme d'aventure haut de gamme.
    Rêver de douceur. (Ici en Guadeloupe.)

    Il y a les trekkeurs et les passionnés de l’outdoor, qui vont rechercher l’immersion dans la nature et le dépassement physique. Ils ne partent pas forcément très loin, mais ils cherchent l’extraordinaire de proximité : ils vont partir pour une randonnée glaciaire dans les Alpes, camper dans les Pyrénées, faire de la survie en forêt, s’attaquer au GR20 en Corse. Julien, alias Sentiers du Phoenix, incarne bien cette tendance et la théorise aussi.

    Il y a les aventuriers des destinations oubliées, ceux qui prennent des trains de trois jours pour des villes imprononçables, parlent un peu le russe, le chinois et l’arabe. Ils sont peu nombreux, mais éminemment respectés – bien qu’ils s’en foutent totalement, car ils revendiquent de ne pas être blogueurs professionnels, de voyager selon leur instinct et de refuser toute marchandisation. Je pense notamment à One Chaï et Histoires de tongs, mais aussi à mon amie La Lykorne Illettrée, dont le périple Pékin-Oulan Bator-Orkhon-Baikal au plein cœur de l’hiver dans des bus défoncés traversant la Sibérie à toute blinde m’a fascinée. Leurs aventures inspirent le rêve et forcent l’admiration – mais je doute que beaucoup de gens les suivent dans leurs chemins de traverse. On les lit avec bonheur, mais on hésite à emprunter leur sillage.

    Et il y a les gens comme moi, qui sont de plus en plus nombreux, et constituent un marché porteur. Il faut bien que je l’assume : je suis ce qu’on pourrait qualifier d’exploratrice bourgeoise. Une aventurière des beaux jours. Une voyageuse qui cherche en permanence à concilier ses rêves d’inouï, et son besoin de confort et de sécurité.

    Inédit, mais pas trop : l’aventure domestiquée

    Même s’ils s’en défendent parfois, les gens comme moi sont aussi une « famille » de voyageurs, et une niche marketing bien précise.

    Les gens comme moi lisent les récits d’aventure de Jack London ou de Sylvain Tesson, rêvent devant les vieux voiliers et les cartes du monde incomplètes de la Renaissance, ont des envies de neiges éternelles, de glaces immenses, de prairies peuplées d’animaux sauvages, de plages isolées et de déserts à perte de vue. Encore récemment, mon cher époux s’est moqué de ma passion pour les grands récits d’explorations des siècles passés. Les destins des Soresby cartographiant le Groenland, Humboldt explorant l’Amérique du Sud, Cook découvrant le Pacifique, ou Stevenson trépassant aux Samoas me fascinent. Les gens comme moi ont soif de magie et d’inouï. Ils veulent voyager de façon individuelle, surtout pas en bus de tour organisé.
    Mais ils n’ont pas envie de débarquer à un aéroport inconnu sans savoir où ils dormiront. Ils n’ont pas envie de bus déglingués, de coucous douteux, de dortoirs collectifs, de se sentir en danger ou d’être arnaqués, menés en bateau. Ils n’ont pas envie d’être à la merci de qui que ce soit. Ils veulent que les choses soient bien organisées, claires, sûres, avoir une chambre individuelle et un repas chaud.
    Ils veulent l’inédit, oui, mais quadrillé et confortable, bien balisé.

    L'Islande est le pays des cascades. Découvrez les plus belles cascades d'Islande sur le blog de voyage Itinera Magica.
    L’aventure facile : l’Islande.

    Les gens comme moi constituent typiquement le cœur de cible d’agences telles que Voyageurs du monde (version plus haut de gamme), Terre d’aventure ou 66° Nord (version aventure). Ces agences s’adressent justement aux gens qui préfèrent d’ordinaire organiser leurs voyages eux-mêmes, mais recherchent un soutien logistique sécuritaire et rassurant quand ils s’aventurent en territoire inconnu, qu’ils rêvent du Svalbard ou de la Tanzanie.

    Au sein des voyagistes, ce segment est en croissance constante. Voyageurs du monde notamment a réalisé en 2016 la plus grosse progression de tous les voyagistes français, avec des résultats record. Il s’agit d’une clientèle exigeante, mais pas bling-bling, qui aspire à la fois au confort et à l’authenticité, veut voyager en autonomie, mais que tout soit planifié. Voyageurs du monde lui propose des circuits entièrement personnalisables, dans des hébergements de caractère, à réaliser en solo, mais avec un service de « conciergerie » et assistance disponible 24h sur 24. Quant à 66° Nord et Terre d’aventure, ils conçoivent des randonnées et autres voyages sportifs dans des lieux d’exception, avec un encadrement rassurant, et mettant l’inédit à la portée des gens normaux. Cheval d’aventure fait pareil pour les cavaliers. L’aventure balisée et exclusive est une tendance forte du moment.

    Et quand cette clientèle se sent suffisamment en confiance pour se passer d’une agence, et préfère tout gérer elle-même, elle lit des blogs comme le mien. Des blogs de gens comme moi, qui ne sont ni des backpackers, ni des jet-setteurs, mais de doux rêveurs un peu bourgeois, qui aspirent à un dépaysement tempéré.

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    Automne dans les Dolomites, désormais un classique.

    Comment je choisis mes voyages

    Autant tordre le coup d’emblée à un mythe tenace : la majorité des blogueurs de voyage ne font pas que des voyages sponsorisés, et ne calculent pas leurs prochaines destinations au prorata de likes potentiels sur Instagram. (Et en tout cas, ça n’est certainement pas mon cas.) Je sais que je suis loin d’être la seule blogueuse à voyager avant tout par envie et par passion, à suivre des coups de cœur et des rêves de gamine. Je ne suis pas là à attendre, bouche grande ouverte, que des voyages gratos me tombent tout cuits dans le bec, je suis inlassablement à la poursuite de mes mythes personnels. Je sais bien que voyager est un luxe, qui présuppose qu’on ait assez de santé, d’argent et de liberté pour s’y livrer, et je mesure ma chance. Hors de question de l’abîmer par cynisme, par lassitude ou par calcul. Je tiens à préserver la magie.

    En tant que blogueuse et journaliste voyage, je mentirais si je prétendais ne pas penser à mon travail quand je planifie un itinéraire. Je suis passionnée de photographie et de récits, et j’aime les belles images, les belles lumières, les belles histoires. Mais contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas du tout quelque chose qui me limite, me fait rejeter des destinations ou en favoriser d’autres. Je ne m’interdis rien, parce que je connais mes lecteurs et que je sais que leurs intérêts ressemblent naturellement aux miens.
    Les gens comme moi aiment les beaux paysages inspirants, et les cultures riches d’histoire. Ils veulent concilier la ville et la nature, les activités outdoor et la détente, rencontrer des gens, goûter les spécialités locales, admirer un coucher de soleil depuis un sommet ou une belle plage, être dépaysés, être enchantés, vivre des expériences qui sortent de l’ordinaire, mais aussi se reposer au bord d’une jolie piscine, créer des souvenirs de joie et de beauté. Je n’ai rien dit de très original, et je le sais.

    Tendances tourisme : le tourisme d'aventure haut de gamme.
    Kandersteg, Suisse.

    Tout près et très loin, les mêmes envies

    Comme beaucoup de voyageurs d’aujourd’hui, je fais deux types de voyages, proches et lointains.

    Proches, dans ma Provence chérie, dans ma Bavière adorée, ailleurs en France, en Italie, en Allemagne, au Portugal, dans les Alpes, à la recherche de belles destinations accessibles, qui prouvent qu’on n’a pas besoin de partir au bout du monde pour être heureux.  J’ai beaucoup de plaisir à mettre en valeur ce type de destinations françaises et européennes, et promouvoir le voyage à côté de chez soi. J’ai encore beaucoup d’envies de ce type, en France et en Europe proche.

    Tendances tourisme : le tourisme d'aventure haut de gamme.
    Aix-en-Provence.

    Et quand je fais un voyage lointain, j’ai des listes de critères inconscients qui se cochent sans même que je m’en rende compte dans ma tête. Je veux que ce soit beau, fort, magique, que cela me dépayse, que ça vaille le coup de faire huit heures d’avion ou davantage encore. Je veux être projetée dans un autre monde, une autre culture, loin de mon quotidien. Mais je veux être en sécurité, et avoir suffisamment de confort pour ne pas me demander « qu’est-ce que je fous là, au lieu d’être restée tranquillement chez moi en Provence ». Je veux pouvoir me promener seule, avec mon corps de femme et mon matos photo cher, sans craindre d’être violée ou dévalisée. Je veux savoir où je vais, quel avion, quel ferry, quel hôtel, et ne pas découvrir sur place que je ne peux pas louer une voiture ou aller à tel endroit. J’ai peur des bus pourris. Je veux limiter le stress et l’imprévu. Je veux pouvoir me déplacer librement, sans être cantonnée à une zone touristique dont je n’ai pas le droit de sortir. Je veux que le régime politique ne soit pas hostile aux touristes, et me sentir la bienvenue au sein de la population.

    Là où je vais, il faut que vous puissiez me suivre

    Dans l’absolu, je suis curieuse de la Terre entière, et j’aimerais aller partout. Je rêve de Salto Angel au Venezuela ou des montagnes de l’Hindou Kouch en Afghanistan.
    Mais je suis journaliste et blogueuse voyage, pas reporter de guerre ou d’investigation. Je suis une touriste assumée. Je respecte les consignes de sécurité du ministère des affaires étrangères. Il ne s’agit pas seulement de mon propre confort et de ma sécurité. Il s’agit de respecter un critère fondamental.
    Là où je vais, il faut que vous puissiez me suivre.

    Quand j’ai commencé à travailler dans le journalisme voyage, j’avais un complexe d’illégitimité : je croyais naïvement que je n’étais pas assez aventurière, parce que je n’avais ni escaladé l’Everest, ni traversé l’Amazone en pirogue, ni rencontré les derniers cannibales, et que mon profil éclectique mais « bourgeois » n’intéresserait personne. J’ai très vite découvert que j’avais tort, et que seuls certaines publications très spécialisées recherchaient l’extrême, l’inouï, l’inaccessible – mais ce n’étaient pas les magazines pour qui je travaillerais. J’ai découvert que mes rédacteurs et rédactrices en chef me demanderaient toujours : « est-il possible pour nos lecteurs de refaire ce voyage ? ». Ils ne me laisseraient pas partir en voyage de presse dans un endroit inhospitalier, dangereux ou très difficile d’accès. Quand je veux convaincre ma rédaction de publier un papier sur un itinéraire, je dois lui prouver qu’il est reproductible sans trop grande complexité. Le journalisme voyage « classique » se veut pourvoyeur d’inspirations, pas de fantasmes inaccessibles. C’est justement ce que certains lui reprochent – une certaine frilosité. Mais en ce qui me concerne, c’est un parti pris dont je m’accommode bien. Je n’ai jamais prétendu être une héroïne.

    Tendances tourisme : le tourisme d'aventure haut de gamme.
    En famille à Oman, sans doute la plus belle et la plus sûre des destinations moyen-orientales.

    Dans un récent billet bilan, Stéphane Pageau se moque des gens qui vont en Ouzbékistan en prétendant partir à l’aventure, sortir des des sentiers battus, se la péter explorateur, alors que c’est un pays touristique et accessible. Mon approche est tout autre : je vais aller en Ouzbékistan justement parce que c’est touristique, accessible et sûr, que d’autres y sont allés et que d’autres pourront y aller, et que je le sais. Je ne recherche pas l’aventure, je recherche le dépaysement apprivoisé, les destinations belles et exotiques, mais accessibles aux voyageurs qui ne sont pas des Indiana Jones. Et quand je vais quelque part, je ne cherche pas à vous en mettre plein la vue, à vous faire croire que je vais là où personne ne va. Je ne suis pas du genre à m’inventer des périls faramineux et des secrets inviolables. Je vous dis « j’ai vécu cette chose merveilleuse, et voici comment la vivre à votre tour ».

    Tendances tourisme : le tourisme d'aventure haut de gamme.
    Ceci n’est pas l’Ouzbékistan, mais Disneyland Paris. Promis, en juin j’aurai un stock d’images plus convaincant.

    J’ai eu la chance inouïe de vivre des expériences inoubliables. Mais rien d’impossible à reproduire (à condition, évidemment, d’avoir mis assez d’argent de côté : je sais bien que voyager est un privilège et un luxe, j’en suis totalement consciente, et je ne prétendrai jamais qu’il « suffit de le vouloir »).
    Je suis allée voir les vikings à Shetland et les vagues géantes au Portugal, et c’était finalement bien plus facile que ce que j’imaginais. Je suis allée à Oman parce que c’est à mes yeux le plus beau, le plus sûr, le plus accueillant des pays de la péninsule arabique, et que vous pouvez vous y rendre sans aucune crainte. Je vais aller en Ouzbékistan car c’est sans doute le plus magique, le plus sûr, le plus « facile » des pays d’Asie centrale, et que vous n’y risquez rien. Je rêve d’aller au Svalbard et au Groenland car ce sont les nouvelles destinations nordiques qui montent, et que ces régions deviennent de plus en plus accessibles aux touristes. Je n’essaie pas de vous vendre ça comme des aventures héroïques. Il ne faut pas de « courage » pour y aller, juste l’envie (et l’argent, évidemment).  Non, ce ne sont pas des destinations pour se dépasser, se la jouer, faire croire à vos proches que vous êtes un trompe-la-mort : ce sont de magnifiques destinations pour faire un beau voyage. C’est tout et c’est déjà beaucoup.

    Et quand vraiment je veux me la péter sur Instagram à peu de frais, je vais dans un igloo en Suisse. Manger de la fondue avec des gants de ski, ça c’est héroïque.

    Les zones interdites

    Je le sais bien, ce type de tourisme mainstream exclut certaines parties du monde. Mais pas éternellement.

    Je rêve du jour où le tourisme sera (de nouveau) possible dans des pays aujourd’hui sinistrés par des catastrophes naturelles ou des drames géopolitiques, comme par exemple le Venezuela, en grave crise économique et politique, le Mali, rongé par le terrorisme islamiste, ou les Iles vierges britanniques, paradis dévasté par l’ouragan Irma. Non seulement pour mon plaisir égoïste de voir le monde, mais aussi et surtout parce que je crois profondément qu’un pays qui accueille des touristes est un pays qui va bien, où les populations sont suffisamment prospères et sereines pour recevoir des invités. Je crois en un tourisme respectueux qui participe au développement des pays, soutient l’économie, porte la paix et l’ouverture au monde. Je boycotte certains pays, de la Birmanie à la Corée du Nord, quand je pense qu’il est impossible d’aller à la rencontre de la population sans soutenir un régime criminel. Je suis prête à dépenser de l’argent en voyage. Je n’aime pas le tourisme prédateur, ou ces voyageurs-vautours qui espèrent ouvertement que certains pays restent pauvres et enclavés pour pouvoir continuer à y aller pour pas un rond. Je n’aime pas le tourisme destructeur, ou ces destinations ravagées par un tourisme qu’elles ne sont pas capables de gérer dans le respect des ressources et des populations. Je ne considère pas le monde comme le terrain de jeu des riches occidentaux, et je veux aller là où on a l’envie et la capacité de me recevoir. Je suis une voyageuse bourgeoise, oui, mais lucide et curieuse.
    Je suis touriste et fière de l’être, et je veux l’être avec curiosité, respect et ouverture à l’autre. La carte du monde change vite. Découvrir les prochaines destinations où nous pourrons voyager en sécurité et avec bonheur, c’est ce qui me passionne.

    Capri est la perle du golfe de Naples. Tout voyage en Italie du Sud doit passer par cette île de rêve, entre Méditerranée et jardins. Capri, la dolce vita !
    Qui seront les Capri de demain ?

    Et vous ? Comment choisissez-vous vos destinations ?

  • Les plus beaux glaciers et icebergs du monde

    Si vous aussi, vous rêvez d’admirer la dérive des icebergs, l’immensité de la banquise ou la pâleur mortelle des grands glaciers, cet article va vous rendre fou. Mettons cap sur les latitudes les plus extrêmes et les territoires les plus inhospitaliers, entrons dans le royaume de la glace éternelle, loin des terres des hommes. Au cœur du froid le plus mordant s’élève une beauté inhumaine. Le cœur humain bat plus fort face à l’immensité – nous partons explorer ce qui défie notre entendement. Douze blogueurs de voyage ont accepté d’évoquer leurs éblouissements glaciaires. La fascination de l’inouï les conduira du Svalbard à l’Islande, de l’Alaska à l’Antarctique en passant par la Patagonie, du Groenland aux Alpes européennes, en quête des plus beaux glaciers et icebergs du monde. Chaussez vos moon-boots, enfilez vos moufles, il va faire très froid. Où voir des icebergs ?

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Entrons dans le royaume des glaces.

    Les plus beaux glaciers de Scandinavie : Islande, Groenland, Svalbard
    plus beaux glaciers du monde – où voir des icebergs ? – voir des icebergs – aller au groenland

    Je ne peux pas m’empêcher d’attaquer cette série par l’objet de ma plus haute fascination, le grand nord scandinave. Il ne faut pas laisser les gamins lire compulsivement Thorgal, on se retrouve avec des filles qui rêvent d’épouser des vikings et de brandir le marteau magique dans la lueur des aurores boréales. Commençons en beauté avec la destination qui m’obsède en ce moment, le Groenland, ultime frontière des amoureux du nord, avant de partir en kayak au Svalbard, et de marcher sur un glacier islandais…

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Jökulsarlon.

    La capitale des icebergs, Ilulissat
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    Betty raconte : « Il y a peu, j’ai eu l’occasion de me rendre sur la côte ouest du Groenland et j’ai été profondément marquée par l’un des endroits les plus beaux qu’il m’ait été donné de voir. Ilulissat, un village situé dans la baie de Disko qui signifie littéralement « capitale des icebergs » en langue locale, est connu pour son fameux fjord glacé, classé au patrimoine mondial de l’Unesco tant il est exceptionnel. Des icebergs monumentaux se détachent du glacier Sermeq Kujalleq, et mettent parfois plus d’un an pour sortir du fjord, qui est long de 60 kilomètres, avant d’errer dans la baie de Disko, jusqu’à disparaître. C’est lors de randonnées sur des chemins rêvés, et durant quelques trajets en bateau que j’ai eu l’occasion d’admirer au plus près ces géants de glace. Véritable paradis polaire glacé aux couleurs pastels, Ilulissat mérite merveilleusement bien sa renommée !

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Les icebergs d’Ilulissat, photos par Betty de Trip in Wild.

    Comment aller à Ilulissat : Bien que la côte ouest du Groenland soit la partie la plus accessible du pays, les villes et villages sont généralement isolés et il faut savoir qu’il n’existe aucune route qui les relie entre eux. Pour venir à Ilulissat, il faudra donc prendre l’avion depuis Nuuk la capitale, ou Kangerlussuaq. Bien qu’on voit déjà de très jolis icebergs depuis le village, je conseille grandement d’aller voir l’Icefjord, qui se situe à quelques minutes d’Ilulissat. Afin de pouvoir observer le fjord glacé, trois sentiers de randonnée ont été balisés et sont libres d’accès. « 

    Partez pour un trekking à Ilulissat sur le blog Trip in Wild.

    Et en hiver alors, c’est comment ?

    Escapade hivernale dans la baie de Disko, fjord d’Ilulissat
    Groenland en hiver – aller au groenland en hiver – sud ouest groenland – groenland via islande

    Amandine raconte : « Si le Groenland était un film, je l’appellerais « Cold Finger ».
    Si c’était  un dessert,  je l’appellerais « boule de glace meringuée et son île gelée flottante ».
    Si c’était une chanson, j’entonnerais sur le champs à tue-tête « Je m’en iraiiiii dormiiiiiir daaaans le paaaaraadiiiis blaaaaaannnnnccc » (oui je chante faux, et alors ?)
    Bref…. Ilulissat se situe dans la baie de Disko (non ce n’est pas l’endroit où John Travolta danse la fièvre du samedi soir…), au sud-ouest du Groenland : très photogénique pour ses innombrables icebergs, le fjord d’Ilulissat est classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2004.
    Les fragments de glace proviennent du vêlage du glacier Sermeq Kujalleq (faisant partie de l’Inlandsis) : il produit à lui seul modestement 10% des icebergs groenlandais… En effet, 20 millions de tonnes d’icebergs tombent quotidiennement dans la baie, soit l’équivalent des besoins en eau de la ville de New-York sur une année entière ! Ce glacier dérive aujourd’hui de 20 mètres par jour, conséquence directe du réchauffement climatique.

    La vue sur le fjord et ses magnifiques icebergs est tout simplement spectaculaire. Par -25 degrés pourtant, je n’ai pas pu m’empêcher de passer la majeure partie de mon temps dehors pour pouvoir admirer ces sculptures de glace (mes moufles s’en souviennent encoooore !!! Ah mince je rechante) et d’en saisir la beauté à chaque instant, avec chaque lumière… Les parties émergentes de l’iceberg ressemblent tantôt à des têtes de dragons, des tortues géantes, des chamallows flottants (comme pour les nuages, c’est l’imagination qui parle…), et la partie immergée apparaît dans un halo d’un bleu vif détonnant… Ce qui rend les paysages uniques, c’est qu’ils sont fragiles et éphémères, ceux que j’ai vus il y a presque deux ans maintenant n’existent plus qu’en photos, et ceux que vous découvrirez si vous y allez seront tout aussi beaux mais différents encore quelques mois ou années plus tard ! Le plaisir égoïste et l’illusion d’avoir des icebergs façonnés par le glacier rien que pour nous, c’est ce qui donne peut-être encore plus de saveur à ces moments…

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Ilulissat en hiver, photos par Amandine de La Lykorne Illettrée.

    Aller au Groenland via l’Islande : Ilulissat est accessible seulement en bateau ou en avion (ou en Lykorne magique) : si vous voulez découvrir de vos propres yeux les icebergs dans la baie de Disko, vous pouvez vous envoler de l’aéroport domestique de Reykjavik via Air Iceland. Une fois sur place, je vous conseille les randonnées qui longent le fjord d’Ilulissat (parcours jaune, rouge et bleu, le jaune étant le plus facile), elles vous permettront de profiter de la vue sur les immenses masses de glace (qui ressemblent au mur de Game of Thrones vu d’en haut)… Des excursions en bateaux sont organisées chaque jour et vous permettront de jouir des paysages au milieu des icebergs… Magique également…. »

    Retrouvez un fabuleux voyage à Ilulissat en hiver sur le blog La Lykorne Illettrée.

    Les fjords de Nuuk, au Groenland : Space Oddity 

    Alizée raconte : « Glacé. Stupéfiant. Irréel. De notre première rencontre avec eux, voilà les mots qui en ressortent. Mais comment décrire les émotions ressenties ce jour-là ? Ces émotions liées aux colosses des mers glacées.
    Ils sont là, paisibles, imposants, puissants. Le silence se mélange à ce bleu infini. Le nuancier s’étire du blanc étincelant du ciel au profondeurs noires de l’Océan. Tout semble s’accorder. L’harmonie parfaite. Rien ne vient entacher ce paysage. Que dire face à ces merveilles ?

    Tout semble inanimé autour de nous. Immobile. La mer est lisse. Elle laisse apparaître leurs reflets. Aucune ondulation ne vient perturber cette aquarelle. Un paysage lunaire se dessine autour de nous à mesure de notre avancée. Nuuk est maintenant loin. Nous nous enfonçons dans les fjords. Le calme nous berce, le vent glacial qui brûle nos visages nous emporte avec lui, près d’eux. On laisse nos regards divaguer, nos pensées s’envolent.
    Ne reste que l’instant présent. Un instant entre eux, et nous.

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Nuuk au Groenland, photo par Alizée du blog Nineteen Pa.

    Explorer les fjords de Nuuk : Pour plus d’infos sur les expéditions dans les fjords de Nuuk, consultez Tupilak Travel. Vous y retrouvez des infos sur les expéditions dans les fjords mais aussi toutes les autres activités possibles autour de Nuuk. Le tour qui a été réalisé a duré quatre heures, pour une centaine d’euros. Sur le bateau, comptez maximum 12 personnes (il y a en tout quatre bateaux). Réservation directement disponible à l’office du tourisme de Nuuk, qui se situe au centre-ville. »

    Partez explorer Nuuk au Groenland sur le blog Nineteen Pa.

    La lagune de Jökulsárlón en Islande : la bouche du rêve

    C’est là que pour moi tout a commencé. Quand j’avais dix ans, mes parents m’ont emmenée en Islande pour la première fois (je vous avais montré mon carnet de voyage islandais d’enfant). Ce jour-là, j’ai su que le virus scandinave me poursuivrait toute ma vie. Même si je suis une vraie sudiste. Même si je hurle à l’âge de glace quand le thermomètre descend sous 7 degrés, même si j’hésite à sacrifier mon mariage pour pouvoir dormir en chaussettes de ski. Mon imagination ne s’embarrasse pas de tels détails textiles et bondit gaiement dans les étendues glacées, fait du trampoline sur les icebergs et gambade avec les Walkyries.
    Puisque je n’ai pas encore vu le Groenland et le Svalbard, qui pourraient peut-être la détrôner, la lagune de Jökulsárlón est à ce jour le plus bel endroit du grand nord à mes yeux, l’incarnation du mythe. Je l’ai revue en 2016 et l’émotion était intacte. Imaginez un immense glacier recouvrant la moitié de l’Islande, le Vatnajökull, qui vient buter en muraille de glace sur l’océan glacial arctique, et recrache ses icebergs à la dérive dans les vagues noires. C’est d’une beauté à pleurer – ou à monter sur un drakkar.

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    La plus célèbre lagune glaciaire du monde, Jökulsarlon.

    Aller à Jökulsárlón : C’est l’endroit où les icebergs sont les plus accessibles pour nous Européens. Aujourd’hui, le voyage en Islande s’est démocratisé et l’île est devenu très (trop ?) touristique. Avec IcelandAir, vous trouverez des vols directs depuis Paris, avec WowAir depuis Lyon. Il vous faudra ensuite louer une voiture et rouler en direction du sud pour atteindre la lagune. C’est une route sublime et facile (un 4×4 n’est pas nécessaire), jonchée de cascades spectaculaires et passant par la belle plage de sable noir de Vik – en ligne directe depuis Reykjavik, cela durerait quatre heures, mais la beauté est telle que je vous conseille de faire ce trajet en plusieurs jours, et d’en profiter le plus possible. Le Sud de l’Islande est fabuleux.
    Une fois à Jökulsárlón, vous pouvez découvrir le glacier soit tout simplement à pied, soit par bateau-camion amphibie, soit casser votre tirelire pour emprunter un bateau rapide qui mène jusqu’au fond de la lagune. C’est ce que nous avons fait, et nous ne l’avons pas regretté. J’ai eu la sensation d’être plongée dans l’univers de Game of Thrones.

    Mais l’Islande réserve encore bien d’autres glaciers…

    De glace et de feu : le glacier Sólheimajökull, en Islande

    Eloïse raconte : « Des glaciers en Islande, il y en a des tonnes ! Ils sont tous plus impressionnants les uns que les autres. Mais je dois avouer que j’ai eu un petit faible pour Sólheimajökull.

    La cendre volcanique qui le recouvre le rend très graphique. Le noir de la cendre et la transparence de la glace forment un contraste des plus photogéniques. Ce n’est pas le premier que nous ayons vu, cela faisait un petit moment que nous étions dans le sud et même si l’on y voit beaucoup de glaciers, chaque rencontre est unique et mémorable. Ils sont tous différents alors il ne faut pas hésiter à aller les observer (en aucun cas il ne faut s’aventurer seul sur un glacier sans équipement, c’est très dangereux). En tout cas je ne regrette pas cette découverte, le Sólheimajökull est juste magnifique, et unique ! Le glacier le plus noir que nous ayons vu !

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Solheimajokull, par Eloïse du blog L’oeil d’Eos.

    Aller au Sólheimajökull : Il fait en plus partie des glaciers les plus accessibles du sud de l’Islande. Il suffit de prendre l’embranchement de la route 221 depuis la route circulaire lorsque l’on se rend vers Vik. Une fois sur le parking du Arcanium Café Glacier vous n’aurez que 800 mètres à faire pour arriver au glacier et admirer ses formes singulières. »

    Partez à la rencontre des glaciers islandais sur le blog L’œil d’Eos.

    Encore plus d’aventure scandinave, encore plus extrême ? J’ai ce qu’il vous faut, du kayak en autonomie au pays des ours polaires, au milieu des glaciers…

    Kayak au royaume des ours : l’aventure Svalbard

    Marion raconte : « En 2014, j’ai effectué mon premier voyage vers les Terres Froides : j’ai découvert l’Islande, et j’ai été émerveillée par ces paysages de feu et de glace. Un an plus tard, je réitérais l’expérience, plus haut, plus au nord encore. Le Svalbard, surnommé à juste titre Royaume des Ours par Philip Pullman, est un archipel perdu au milieu de l’Océan Arctique, au-dessus de la Norvège, au-delà du cercle polaire. Une terre faite de pierres et de glaces, un Arctique désertique, où aucun arbre ne pousse. À perte de vue, des collines de roches grises, brunes et ocres, surplombant l’infinité de l’océan. Et parmi ces falaises sans vie, le bleu hypnotisant des glaciers meurtriers.

    Le premier que nous rencontrons est le Nordenskiöldbreen, long de vingt-cinq kilomètres pour onze kilomètres de large. Les phoques et les fulmars nous tiennent compagnie et rendent encore plus exceptionnel le spectacle qui se déroule sous nos yeux. Nous avons peine à croire que des gens se sont un jour installés ici, sous la menace d’un géant instable et colérique.

    Un peu plus au sud de l’Isfjorden, tout au bout du Tempelfjorden, règne le glacier Tunabreen. À peine moins long que son voisin, sa beauté ensorcelle. Il fut notre voisin pendant deux jours : une immensité de bleu, et des murmures dans le vent… Comme si, de ces grondements déchirants, le glacier nous appelait à lui. Nous avons essayé de le rejoindre, guidés par une colonie de bélougas : en kayak d’abord, puis par la voie terrestre, en vain. C’est ainsi que dans une ultime tentative, nous nous sommes jetés à l’eau. Nous avons nagé dans l’océan arctique, parmi les méduses et les icebergs, au pied d’un glacier spectaculaire de vingt-trois kilomètres de long. Je crois que c’est aujourd’hui ma plus belle expérience avec le Froid.

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Kayak au Svalbard, photos par Marion du blog La faute au graph.

    Aller faire du kayak au Svalbard : Pour des soucis de praticité, nous avons choisi de passer par une agence pour nous rendre au Svalbard : un séjour de douze jours, dont dix jours d’itinérance en kayak autour de l’Isfjord, proposé par 66° Nord. Nous avons apprécié l’autonomie et le système de voyage participatif : tout le monde aide, tout le monde travaille. Contrairement à ce que l’expression « voyage organisé » laisse penser, cela n’a pas été un voyage de tout repos. Mais les souvenirs d’une expérience hors du commun valent bien toutes les courbatures du monde ! »

    Retrouvez les glaciers du Svalbard sur le blog La Faute au Graph.

    Après nous êtres approchés au plus près du Pôle Nord, pourquoi ne pas mettre cap à l’extrême sud, là où ondulent les aurores australes ?

    Glaciers et icebergs du grand sud : Patagonie, Terre de feu et Antarctique
    plus beaux glaciers de l’hémisphère sud – aurores australes – blog icebergs

    C’est le parfait symétrique de mes rêveries scandinaves : le pays des pingouins et du bout du monde, d’Ushuaia à l’Antarctique…

    Le Perito moreno, plein les yeux en Patagonie
    aller au perito moreno – glaciers patagonie – plus beaux glaciers du monde

    Laura et Sébastien racontent :  « Quel voyageur sur les routes d’Amérique latine n’a jamais eu envie de découvrir ce colosse de glace, cette légende givrée ? Le Perito moreno est sans nul doute un des incontournables lors d’un voyage dans cette région du monde. Nous n’avons pas dérogé à la règle d’aller lui faire un petit coucou pour voir si sa réputation était méritée. En arrivant en bus déjà, le paysage est grandiose et met en appétit. Avant de le rencontrer, nous devons emprunter une passerelle en bois. Fébriles, nous prenons notre temps pour savourer encore plus l’instant. Soudain, il se dévoile et la magie opère illico. Nous sommes transis de froid autant que d’amour, le coup de foudre est immédiat. Nous scrutons les moindres nuances de bleu, les interstices, les reliefs de cette merveille. Cette beauté froide est aussi vivante, le perito moreno se déplace lentement. Les craquements et les fracas de la glace nous le confirment. Malgré le froid, nous avons continué à l’observer, à guetter les signes de rupture de la glace, à regarder son horizon se fondre avec le ciel, à nous en brûler la rétine.

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Le Perito Moreno, photos par Laura et Seb du blog Les Globe Blogueurs.

    Aller admirer le Perito moreno : « Si vous aussi, vous voulez vivre cette expérience, rien de plus simple. Rendez-vous à El Calafate en Argentine. De là, il y a des navettes qui partent tous les jours. Les horaires sont disponibles à la gare routière. Différentes excursions sont aussi proposées en ville et incluent d’autres activités pour appréhender le glacier telles que des balades en bateaux ou des randonnées sur le glacier. De quoi le voir sous toutes les coutures.

    Partez pour le Perito Moreno en Patagonie avec les Globe Blogueurs.

    Rendez vous en Terre de feu
    Croisière terre de feu – glaciers terre de feu – tierra del fuego blog – allée des glaciers

    Marion raconte : « La terre de feu ou « Tierra del Fuego « , un nom donné par les premiers navigateurs venus explorer cette zone en raison des petits feux de bois aperçus au loin et dispersés ici et là. Aujourd’hui la terre de feu est un archipel quasiment vierge, encore loin d’avoir été totalement exploité, divisé entre l’Argentine et le Chili, et seulement habité par de gigantesques glaciers, une flore endémique préservée et une faune protégée (albatros, lions de mer, pingouins, condors). Je vous laisse imaginer l’excitation et les émotions qui vous envahissent lorsque vous savez que l’heure est proche, que vous allez vous sentir seule au monde, face à cette nature vierge et immense. On a le sentiment de perdre nos repères, on s’interroge, on se questionne, on sourit et on hurle de joie. Ce n’est qu’une fois dans notre cabine avec cette immense vue sur l’océan que nous réalisons la chance que nous avons d’être ici et de vivre un rêve !

    Faire une croisière en Terre de feu : C’est donc à bord de l’Australis, un bateau de croisière à taille humaine que nous avons découvert pendant quatre jours la Patagonie Chilienne. Le lieu étant reculé et difficile d’accès, vous n’avez pas d’autres choix. L’itinéraire est précis, sous forme d’une boucle et commence soit par Punta Arenas soit par Ushuaia, la ville du bout du monde… L’organisation à bord est parfaite : les excursions se font en petit groupe dans de gros zodiaques, les repas sont copieux et raffinés, l’exigence est au rendez-vous. Ici, on prend le temps de se ressourcer et d’admirer depuis les coursives et du pont arrière, la variété des paysages qui s’offrent à nous : des glaciers bleutés, des mers aux couleurs émeraudes, des plaines aux reflets orangées, Il n’y a aucun stress, juste du temps pour soi et son chéri.

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Croisière en Terre de feu, par Marion du blog Mademoiselle voyage.

    Lors d’une croisière, il peut s’en passer des choses car vous êtes totalement dépendant de Mère Nature. Vous ne pouvez rien prévoir et vous croisez souvent les doigts. Nous avons eu quelques rayons de soleil qui ont transpercé ces glaciers et qui ont laissé apparaitre ce bleu dans les crevasses mais nous avons également eu, un ciel gris qui nous a donné l’impression de faire des photos en noir et blanc, une tempête de neige lorsque nous marchions près d’un glacier, des vagues agitées et déchainées qui ne nous auront pas permis de débarquer sur l’île du Cap Horn, ce nom mythique et mystérieux à la fois. La Terre de Feu est unique et se mérite alors chers aventuriers, soyez prêts pour cette aventure hors du commun. »

    Retrouvez une fabuleuse croisière en Terre de feu sur le blog Mademoiselle Voyage.

    Au plus loin du monde : croisière en Antarctique

    Lucie raconte : « 25 décembre 2013. Sans doute le jour de Noël le plus fou et le plus marquant de ma vie. Je viens déjà de passer plusieurs jours en Antarctique, à la découverte de ses icebergs, de ses paysages surréels et de sa faune abondante. Le soleil brille plus haut que jamais, perçant sans difficulté à travers le trou de la couche d’ozone. Un vent froid balaye la poudreuse lorsque nous mettons pied à terre à Neko Harbour. Au-dessus de moi, j’aperçois les petits points jaunes, formés par les manteaux des passagers de notre expédition, sur une corniche, très haut, très loin au-dessus de moi. Je me décourage presque à la vue de la difficulté de cette randonnée, mais vaille que vaille, je prends mon courage à deux mains et me lance sur la piste formée par les passagers précédents. La montée est rude, je tombe maintes fois dans la poudreuse, mais cette marche est plus facile que ce que j’imaginais au premier abord. J’arrive enfin en haut, sur la corniche et contemple l’un des plus beaux paysages que j’ai pu voir de ma vie. L’Antarctique est faite de glace, de neige, d’icebergs et de terres noires, presque à s’ennuyer de la monotonie de paysages blancs et noirs. Mais à Neko Harbour, cette falaise de glace est remarquable et unique. Sous le soleil chaud de décembre, les reflets bleus de la glace tombent à pic dans une eau bleu turquoise. Plus haut, la fonte des glaces a formé un coeur, comme un hommage à la beauté de la Terre et du continent blanc. Depuis les hauteurs du glacier, on aperçoit l’horizon et l’immensité du continent, le tout petit navire sur lequel nous sommes arrivés et le parhélie autour du soleil, un phénomène si rare. Je m’assois au bord du précipice, pour contempler le paysage à mes pieds. J’en pleurerais presque devant la beauté immaculée, fragile et spectaculaire de ce paysage. Un bloc de glace tombe dans la mer sous nos yeux éberlués ! Nous bronzons un peu sous le soleil de l’Antarctique, avant de redescendre vers notre navire et vers la réalité. Joyeux Noël !

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Croisière en Antarctique, photos par Lucie du blog Voyages et vagabondages.

    Une croisière en Antarctique : J’ai eu la chance de voir Neko Harbour et ses glaciers à perte de vue lors d’une croisière en Antarctique de dix jours, partant et revenant depuis Ushuaia en Patagonie Argentine. Le continent blanc est changeant et il n’y a aucune garantie de voir exactement le même paysage que j’ai vu, mais tous ces glaciers et icebergs sont fascinants et il y a toujours de magnifiques paysages à découvrir, année après année. »

    Pour en savoir plus sur l’Antarctique, ses glaciers et comment préparer votre voyage en Antarctique, c’est sur le blog Voyages et Vagabondages.

    Remontons maintenant tout le long de la côte pacifique, dans le grand nord américain…

    Into the Wild : les glaciers d’Alaska

    Zoë raconte : « Notre road trip en Alaska fut rempli de découvertes toutes plus extraordinaires les unes que les autres, et pour la première fois dans un de nos voyages nous avions enfin la chance de nous approcher des glaciers, que ce soit en bateau, en hélicoptère ou par la route tout simplement.

    C’est le cas du glacier Matanuska, qui est soudainement apparu devant nos yeux ébahis alors que nous roulions à la recherche d’un endroit où dormir avec notre camping car. Ce monstre de glace est le plus grand glacier des Etats-Unis à être accessible depuis la route, avec ses 39 kilomètres de longueur et 6,4 kilomètres de largeur le glacier est encore actif est avance de trente centimètres chaque jour.

    Arriver à la première heure de la journée (et un jour férié !) n’a pas forcément été du goût du propriétaire de l’accès privé qui mène au glacier. C’était sans compter mon charme ravageur et mes plus beaux yeux doux, et après négociation nous avons finalement eu la chance de pouvoir accéder au glacier pour notre plus grand bonheur. Le silence le plus total, la brume qui se faufile sur les forêts entourant le glacier, le bruit de la neige sous nos pas, nous étions seuls avec le Matanuska.

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Glaciers d’Alaska, photos par Zoë du blog Few miles away.

    Aller admirer le Matanuska en Alaska : Le glacier Matanuska a la particularité d’être un des glaciers les plus faciles à explorer en Amérique du Nord. Pour cela il suffit de prendre la route et de suivre Glenn Highway direction nord-est au départ d’Anchorage. Après deux heures de voiture, vous le verrez sur des kilomètres avant d’atteindre le parc d’État de Matanuska Glacier (au kilomètre 102). C’est un parc privé qui offre le seul point d’accès au glacier (entre mars et octobre) pour la modique somme de $30,  il faudra payer un peu plus si vous voulez une visite guidée ou escalader le glacier. Une fois que vous avez payé votre droit d’entrée, vous pouvez conduire sur un petit chemin jusqu’au glacier.

    Retrouvez un merveilleux road trip en Alaska sur le blog Few Miles Away.

    L’Antarctique, l’Alaska, tout cela est si loin… et chez nous, alors ? Heureusement pour les amoureux des glaciers, nous avons les Alpes…

    Les glaciers des Alpes, en France, en Suisse et en Autriche

    Vous connaissez mon amour pour les Alpes, et l’état mystique dans lequel elles savent me plonger. C’est notre infini polaire à portée de mains, là où la glace tutoie les cimes…

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    L’Aiguille du midi et son glacier, à Chamonix.

    Chamonix, le paradis des glaciers

    Mon paradis glaciaire en France, c’est Chamonix-Mont Blanc, véritable nid aux monstres glacés. Pas moins de six langues glaciaires sont visibles depuis la vallée de Chamonix, sans même parler des glaciers suspendus aux cimes de l’Aiguille du midi. La superstar, c’est bien évidemment notre Mer de glace, le plus grand glacier français, qui a su fasciner toute l’intelligentsia européenne depuis les années 1800, et ouvrir la voie à la fascination du froid en Europe. Chamonix, c’est plus qu’une station, c’est un mythe, une plongée enivrante dans l’imaginaire des poètes et des artistes. Les fidèles lecteurs de ce blog savent que j’en ai déjà souvent parlé, aussi me contenterais-je de vous renvoyer à mes articles sur Chamonix en hiver  et sur les randos estivales autour des glaciers de Chamonix .

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Chamonix Mont Blanc, la plus grande concentration glaciaire en France.

    Mais il est temps de découvrir un autre glacier français…

    Le glacier blanc, dans le parc national des Ecrins

    Lauriane raconte : « Lors de ma première escapade au Glacier Blanc dans le Massif des écrins, j’ai tout de suite aimé le coin paisible. Dès l’arrivée, le Pré de Madame Carle et la forêt de mélèzes m’apaisent. Si vous avez de la chance, vous pourrez même entendre le sifflement des marmottes en arrivant tôt. A ma première venue, je n’ai pas pu effectuer la randonnée jusqu’au bout, mais la seconde fois fut la bonne ! La randonnée qui mène au Glacier Blanc commence au Pré de Madame Carle, puis très vite, ça ne fait que monter, encore et encore jusqu’à une descente qui mène au pied du Glacier Blanc, majestueux. Sur le chemin, nous croisons quelques marmottes et je suis aux anges, mais surtout des magnifiques paysages, une vue sur le Glacier Noir (glacier recouvert de sable) et sur les montagnes environnantes à couper le souffle.

    Et parlons-en de souffle coupé ! A la deuxième partie de la randonnée jusqu’au refuge du Glacier Blanc, on commence à prendre de l’altitude, l’ascension se corse un peu, mais le passage au Lac Tuckett est magnifique. Les marmottes sont encore nombreuses, et on aperçoit de plus en plus les chocards, sorte de merles, et enfin nous arrivons au refuge du glacier blanc, où tous les randonneurs qui prévoient de marcher sur le glacier passent en général la nuit, pour partir aux aurores. En discutant avec les gens sur place, je me sens transportée par l’ambiance qui règne. Quand j’habitais en Auvergne, j’ai souvent rencontré des randonneurs (j’ai même été amoureuse de l’un d’entre eux…), et j’ai toujours admirer la façon dont chacun se dépassait, cet amour de la montagne, ces expériences vécues… Là-haut, je me suis promis de revenir au Glacier Blanc y dormir et faire moi aussi partie de ces gens qui marchent sur le Glacier Blanc… La suite en 2018 !

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Le glacier blanc, photos par Lauriane du blog Un pied dans les nuages.

    Comment accéder au Glacier Blanc ? Mieux vaut venir en voiture au Glacier Blanc, en vous garant au pré de Madame Carle en rejoignant Vallouise, Pelvoux puis Ailefroide. En été, il est possible de prendre un bus depuis l’Argentière la Bessée jusqu’au Pré de Madame Carle. »

    Pour préparer votre randonnée au Glacier Blanc, c’est sur le blog Un pied dans les nuages.

    Saviez-vous que la Mer de glace avait une grande sœur suisse, le glacier d’Aletsch ?

    Aletsch, le plus grand glacier d’Europe

    Audrey raconte : « Le glacier d’Aletsch nous donne le privilège immense de côtoyer une force de la nature telle qu’on en voit peu en Europe. C’est un géant, le plus grand glacier des Alpes, du haut de ses 128 km². C’est pourtant un colosse apprivoisé, facile d’accès aux randonneurs du dimanche qui rêvent de toucher du doigt l’héroïsme de Balmat et Paccard, l’ivresse des cimes. Niché entrée la vallée du Rhône et le massif de la Jungfrau en plein cœur du Valais suisse, il s’offre aux randonneurs de tout niveau par deux petites montées en télécabines depuis Mörel. Rien ne laisse deviner sa présence jusqu’au débarquement de la télécabine de Moosfluh, à 2300 mètres d’altitude, au sommet du monde.

    Et puis c’est l’émotion sublime et terrible, le chavirement face à ce glacier émouvant à fond de vallée, diminué par le changement climatique, qu’on aurait envie de caresser comme un bon gros géant qui sommeille paisiblement. Mais à s’y frotter de plus près après une petite heure de descente sur un sentier facile, il nous pétrifie de son souffle glacé et rappelle par quelques grincements bien sentis que les crevasses sont vivantes et que ce n’est pas là un endroit pour les profanes. On ne peut garder un silence religieux en le contemplant, minuscules devant cette langue gelée. Mieux vaut ne pas le sous-estimer, ce glacier assoupi qui a creusé les montagnes, et se contenter finalement de l’observer de loin, pour prendre la pleine mesure de la beauté des Alpes. »

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Aletsch, Suisse, photos par Audrey du blog Arpenter le chemin.

    Pour une randonnée sur le glacier d’Aletsch, c’est sur le blog Arpenter le chemin.

    Partons maintenant pour une république alpine que j’adore explorer, l’Autriche.

    La grotte glaciaire d’Hintertux, et sa rivière souterraine

    Hintertux est un domaine skiable prisé des Autrichiens : à 3250 mètres, au sommet du glacier, l’enneigement est constant, et les paysages grandioses. Je l’ai d’abord découvert pour la qualité de sa neige et ses fêtes « après-ski » bien arrosées dont les Autrichiens ont le secret, avec musique kitsch boum boum, odeur horrible de chaussettes et convivialité authentique. Mais Hintertux avait un secret presque surnaturel : une grotte glaciaire traversée par une rivière souterraine, épargnée par la glaciation en raison de la force de son flux, et qui coule au milieu de murailles de glace à dix mètres sous terre… Je me serais crue dans la gueule d’un monstre. C’est une de mes plus belles expériences alpines à ce jour.

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Glacier d’Hintertux et sa rivière souterraine.

    Visiter la grotte glaciaire d’Hintertux : Il vous faudra monter en télécabine tout au sommet du glacier, à 3250m, puis acheter votre ticket pour la grotte de glace. Les visites guidées ont lieu tout l’après-midi en saison. Attention, il ne faut pas être claustrophobe : il s’agit d’entrer sous terre, au cœur d’un univers de glace, dans des boyaux sombres et étroits où la lumière du jour ne pénètre pas… Plus d’infos sur le glacier d’Hintertux.

    Les glaciers de Sölden en Autriche

    Amélie raconte : « Au cœur du Tyrol autrichien nous avons découvert un peu par hasard les glaciers de Sölden. On a emprunté la Panoramic glacier road pour accéder aux glaciers de Rettenbach et de Tiefenbach, puis deux télécabines. Le silence en haut de ces géants de glace est maître. Au même niveau que le vertige et le vent glacial qui se faufile dans les moindres failles de tissu. Mais il y a de ces moments magiques où finalement les douleurs du corps ne nous touchent plus. Seul l’esprit persiste pour essayer tant bien que mal de communier avec cette nature époustouflante. On observe timidement les failles qui nous impressionnent autant qu’elles nous terrorisent. Nous sommes à l’affût du moindre petit bruit qui viendrait perturber ce silence roi. Comme ces craquements et ces quelques pierres qui tombent. Les éclaircies qui changent toutes les secondes et mettent un lumière un nouveau décor, à chaque fois. Une peinture impressionniste. Je ne m’en lasse pas. Je ne m’en lasserai jamais. La nature n’a pas besoin d’artifice, de se cacher, de s’adapter aux modes. On la prend, on l’accepte comme elle se présente. L’Autriche est une belle destination nature à deux pas de chez nous, et les glaciers du Tyrol, mon plus beau souvenir ».

    Où voir les plus beaux glaciers du monde ? Où voir des icebergs ?
    Glaciers de Sölden, Autriche, par Amélie du blog Hello la roux.

    Retrouvez une randonnée glaciaire à Sölden sur le blog Hello la Roux.

    L’avenir des glaciers au temps de la fonte des glaces

    Les glaciers sont-ils condamnés à disparaître sous l’influence du réchauffement climatique ? Ceux des Alpes, probablement, hélas : il se peut qu’ils aient tous fondu d’ici 2050. L’Arctique fond aussi, ouvrant de nouvelles voies maritimes dans le grand nord, et des conflits géopolitiques pour le contrôle des routes et des ressources entre Norvège, Russie, Danemark et USA… Le monde change, le réchauffement est une réalité que nous ne pourrons sans doute pas endiguer, quand bien même nous cesserions toute émission de CO2 aujourd’hui. Mon cœur d’amoureuse des immensités glaciaires saigne à l’idée de la disparition des continents blancs, mais peut-être faut-il aller au-delà de la lamentation.
    J’ai été marquée par ce que j’ai lu au Glaciorium de Chamonix, et au musée des glaciers du Grossglockner en Autriche. Ils racontent tous deux que – bien que l’influence humaine sur le climat soit indéniable, et la lutte contre la pollution, une absolue nécessité – la Terre a connu des ères glaciaires et des ères chaudes depuis des dizaines de milliers d’années. Il y a trente mille ans, les glaciers alpins allaient jusqu’aux portes de Lyon, et la France était un territoire nordique gelé. Une période chaude a suivi, permettant le développement de la culture humaine : Lascaux a été peinte il y a dix-huit mille ans durant une ère plus douce. Puis il y a treize mille ans, une nouvelle glaciation a décimé la mégafaune européenne, des mammouths aux tigres à dents de sabre. Le Moyen-Âge fut une période exceptionnellement chaude : si les Vikings ont pu s’installer en Islande et au Groenland, dont le nom signifie « terre verte », c’est parce que les glaces avaient considérablement reculé. C’est cette ère chaude qui a permis la navigation arctique. Le XVIIIe siècle a connu un nouveau petit âge glaciaire, durant lequel les glaciers alpins ont considérablement grandi – à cette époque, Chamonix était véritablement tenue dans les mâchoires de la Mer de glace. Nous sommes aujourd’hui en phase de réchauffement accéléré, c’est indéniable. Mais de nombreux scientifiques estiment que de nouveaux âges glaciaires viendront… dans trente mille ans peut-être, la France sera de nouveau glaciaire. Nous ne serons pas là pour le voir, mais les dégâts que nous causons à la Terre ne peuvent malgré tout pas suspendre ses cycles naturels.
    Le réchauffement climatique, qui sera un drame pour les habitants des îles pacifiques sans relief, sera peut-être une chance pour d’autres territoires aujourd’hui pris dans les glaces, comme la Sibérie. Notre planète va changer de visage, et peut-être pas seulement pour le pire. J’espère juste qu’il restera encore quelques glaciers pour les ours, les phoques et les rêveurs…

    Fonte des glaces.
    Chamonix.

    Les plus beaux glaciers du monde : la liste continue…

    J’ai bien conscience du caractère non exhaustif de ma liste. Il manque notamment le glacier Franz Josef et le glacier Tasman en Nouvelle Zélande, ceux du Mont Elbrouz en Russie, les glaciers de l’Himalaya, la route des Glaciers et le glacier Columbia au Canada… qui sait, peut-être y aura-t-il une partie deux ?
    Merci de tout cœur à tous les blogueurs qui ont participé à cet article qui me tenait à cœur – merci pour vos récits et vos images superbes.

    Glaciers de Chamonix.
    Textures des glaciers. Ce qu’on voit sur la première photo, ce sont les bandes de Forbes, causées par les déformations de la glace sous le poids du glacier qui avance, et qui s’ajoutent d’année en année, indiquant l’âge du glacier, à la manière des cernes des arbres.

    Je vous réserve dans un prochain article à paraître bientôt un autre glacier autrichien mythique, que j’ai choisi de ne pas dévoiler déjà ici…
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    Les plus beaux glaciers et icebergs du monde : Islande, Groenland, Patagonie, Svalbard, Antarctique, Alpes... #icebergs #glaciers #islande #antarctique #groenland #patagonie #alpes #voyage
    Epinglez-moi !
  • Forcalquier et la Haute-Provence romantique

    Forcalquier, Mane, la montagne de Lure, Lurs : autant de gemmes de la Haute-Provence authentique, qui restent trop souvent en dehors des itinéraires touristiques. Laissez-moi vous emmener au cœur des oliveraies et des pierres blanches, dans cette région entre montagnes et Durance qui correspondra à tout ce que vous attendez de la Provence. Et pour que le week-end romantique soit parfait, nous découvrirons ensemble un sublime hôtel-spa à la fois luxueux et original, la Bastide Saint Georges.

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    Partons ensemble dans le pays de Forcalquier – ici, Mane.
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    La Bastide Saint Georges, un magnifique hôtel spa romantique à Forcalquier
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    Oliveraies de Lurs

     

    Une Provence romantique et méconnue
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    Si je vous dis « Haute-Provence », vous pensez sans doute à Valensole, à Manosque, au Verdon, peut-être même aux Baronnies et à Sisteron si vous avez lu mon article estival… mais pas toujours à Forcalquier. Cette région magnifique reste un secret trop bien gardé, et pourtant, les Provençaux savent bien qu’elle est l’une des clefs de l’âme d’ici. Dans la géographie mentale des Provençaux, Forcalquier, capitale d’été de la Provence médiévale, est un lieu clef, un lieu très spécial. La Haute-Provence reste un pays mystique, rempli de couvents millénaires, d’herbes médicinales, de rivières capricieuses et de légendes très anciennes. Mais c’est aussi, aujourd’hui, un territoire en pleine réinvention, où des dizaines d’artistes, de créateurs, de néo-ruraux plein de projets sont venus s’installer.

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    La belle cité de Forcalquier.
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    Vue sur la vallée de la Durance à Lurs.
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    Prieuré de Salagon à Mane

    C’est une région semi-montagneuse, traversée par la mythique Durance et par une lumière minérale que seule la Provence intérieure connaît, et je l’ai toujours adorée. J’avais très envie de retourner à Forcalquier, d’autant qu’un hôtel merveilleux me faisait de l’œil depuis longtemps : la Bastide Saint Georges, hôtel idéal pour une escapade romantique en Haute-Provence, et dont les installations parlaient à l’amoureuse des spas et piscines que je suis. C’est grâce à eux, parce qu’ils ont eu la gentillesse de m’accueillir une nuit dans leur bel établissement, que j’ai pu revenir à Forcalquier et y passer un très beau week-end en amoureux avec Mr Viking.

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    En amoureux à Forcalquier dans un magnifique hôtel 4* avec piscine.

    Je vous propose la chose suivante : puisque vous ne connaissez sans doute pas la région de Forcalquier, je commencerai par vous montrer pourquoi elle mérite qu’on la découvre. Puis je vous parlerai de cet hôtel, et d’un restaurant, Les Terrasses de la Bastide, qui sublimeront cette évasion provençale et la placeront sous le signe d’un luxe authentique et attentionné.

    Et si je ne cesserai de citer Pierre Magnan tout au long de cet article, c’est qu’il a vécu et qu’il est mort à Forcalquier, et que cet immense écrivain provençal a dit mieux que personne combien ce territoire était précieux.

    Forcalquier, citadelle de la Provence éternelle
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    « Quand on habite le plus beau pays du monde, on en est pas peu fier et l’on se tait, de crainte de le désigner à l’attention générale qu’il n’est jamais bon d’éveiller. Forcalquier était le plus beau pays du monde et Dieu merci personne d’autre que nous ne s’en avisait. » Pierre Magnan

    Ce fut la capitale d’été du royaume de Provence, à l’époque où le roi René déplaçait sa cour d’Aix-en-Provence à Forcalquier pour la belle saison. Ce fut aussi un haut lieu de la lutte des Provençaux contre l’état français qui voulait les engloutir : la colline appelée « la Bombardière » commémore l’attaque féroce des troupes de Louis XI contre la cité provençale qui voulait le rester, après la mort du Roi René.

    Le château des comtes de Forcalquier n’existe plus, mais à sa place, au sommet de la citadelle, vous trouverez la merveilleuse chapelle Notre-Dame-de-Provence, d’où vous aurez une vue sublime sur la plaine de la Durance, la montagne de Lure, et les Alpes du Sud. Et bien sûr, sur la Bombardière.

    Forcalquier est pleine de légendes et de fantômes. Le couvent des Visitandines, hanté par des hordes d’oiseaux noirs, a été bâti après la grande peste de 1630. Le couvent des Cordeliers, qui date du XIIIe siècle, cache un ossuaire. Et l’endroit le plus mystique de la Haute-Provence, c’est pour moi le plateau des Mourres, pèlerinage de créatures de pierre avec vue sur la grande muraille du Verdon.

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    Citadelle de Forcalquier
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    Plateau des Mourres, une des plus belles curiosités de Forcalquier.
    Formes fantastiques.

    Forcalquier, saveurs et senteurs
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    Mais Forcalquier est aussi joyeuse et vivante. Son histoire la sublime sans l’entraver. Promenez vous dans les rues du vieux cœur de ville, et vous trouverez des dizaines de boutiques, de restaurants, de galeries. C’est une ville d’artistes et d’optimistes, un territoire qui n’attend que d’être découvert du plus grand nombre.

    C’est aussi un lieu incontournable pour tous les amoureux des parfums et du goût : le couvent des Cordeliers abrite l’Université européenne des senteurs et saveurs. Outre ses formations académiques, elle propose des dégustations et ateliers grand public. Je me promets d’y retourner pour les tester – vous pouvez par exemple y apprendre à distiller des herbes de Provence mythiques, telles que le romarin, la sauge ou le thym, afin de créer des parfums et des baumes.

    Si je devais résumer en une phrase, je dirais que Forcalquier est raffinée : c’est une Provence moins touristique, mais tout aussi belle, une Provence pour voyageurs avertis. Ici on découvre des sculpteurs et des peintres, on s’initie au parfum ou à la dégustation, on randonne entre deux montagnes, avec le plaisir d’être presque seul dans un pays littéraire d’exception.

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    Dans les ruelles de Forcalquier.
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    A voir dans les environs de Forcalquier : beautés de la Haute-Provence

    Le village de Lurs, ou la plus belle vue sur la vallée de la Durance

    Lurs, c’est à mes yeux un des villages les plus beaux, les plus saisissants de Provence. Perché au sommet d’une colline, Lurs (prononcez le « s » final) s’offre en balcon sur la vallée de la Durance. La vue est hypnotique, sans aucun doute la plus spectaculaire de toutes : au pied du village s’étend la plus grande oliveraie de Provence, s’étendant jusqu’aux bords de la rivière majestueuse.
    Jean Giono était fou de Lurs. Lui qui ne connaissait pas encore la Grèce racontait qu’il s’était inventé sa Grèce à lui grâce à Lurs, dans cette oliveraie immense qu’on imagine agitée par le souffle des dieux antiques. Apollon et sa lyre, Pan et sa flûte, Athéna et son casque ailé, ils auraient très bien pu être chez eux ici, dans ce paysage de Méditerranée éternelle. Jean Giono disait que la Durance était comme une oasis au milieu d’un désert, et je ne connais pas de plus bel endroit pour l’admirer que depuis les terrasses de Lurs. Vous voyez le serpent étincelant de la Durance irriguer la Haute-Provence, descendre des Alpes vers le Rhône, et son tracé capricieux.

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    Lever de soleil sur Lurs
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    Oliveraies de Lurs.
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    Giono aimait la Durance, mais Pierre Magnan la détestait, comme beaucoup de vieux Provençaux. Pendant des siècles (jusqu’à ce que le barrage de Serre-Ponçon la domestique), on a dit qu’elle était l’un des trois fléaux de ce pays, avec le mistral et le parlement.

    « La Durance n’était pas une amie. Elle avait un mufle soufflant qui vous jetait à la tête le vent du nord chargé des neiges des montagnes qui faisaient glacière au lointain. » « Va-t’en, belle Durance/ Ravager la Provence… » Pierre Magnan.

    Je respecte le désespoir des vieux paysans dont les vignes et champs étaient arrachées par les crues du fleuve maudit… mais quand vous serez à Lurs, vous vous rangerez à l’avis de Giono. Impossible de ne pas tomber amoureux de cette vue que la Durance sublime.

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    Lurs le matin
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    Pour prolonger le plaisir, allez manger au restaurant Les Terrasses de Lurs, célèbre pour sa vue. Et pour rendre l’expérience plus mystique encore, allez visiter l’abbaye Notre Dame de Ganagobie, au nord de Lurs, très beau monastère bénédictin isolé.

    La montagne de Lure, petite sœur secrète du Ventoux

    « Qui ne s’est écrié devant Lure et la Roche-Amère flanquant ce tableau comme un cadre : C’est ici qu’il faut vivre et mourir ! » Pierre Magnan

    La Provence est un pays de montagnes. Les plus célèbres, ce sont le Ventoux, la Sainte Victoire et les Alpilles. La plus mystérieuse et méconnue, c’est la Montagne de Lure.
    La montagne de Lure n’est visible d’aucun grand axe, il faut rentrer au cœur de la Provence intérieure pour la découvrir. Depuis Forcalquier, on a une vue sublime sur ses hauteurs blanches, depuis Sisteron aussi. C’est l’horizon pâle des plus belles cités de la Haute-Provence, le mirage bien aimé.
    Comme le Ventoux, à qui elle ressemble beaucoup, la montagne de Lure est chauve et minérale. Je préfère les villes et villages à ses pieds – Mr Viking, lui, a eu le courage de l’affronter à vélo. Je ne le recommande qu’aux cyclistes chevronnés…

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    La montagne de Lure, gravie par mon héroïque cycliste de mari. (Il tient à préciser que son vélo est celui-ci, et non le vélo électrique de la première photo.)

     

    Montagne de Lure vue depuis Forcalquier.
    Depuis la citadelle de Forcalquier.

    Le prieuré de Salagon à Mane
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    « Mane est un écrin pour tant de joyaux », disait Pierre Magnan. Et le prieuré de Salagon est peut-être mon préféré. Ce cloître bénédictin mérite d’être visité pour trois raisons : l’église, les jardins et le musée.

    Le lieu lui-même, l’église et ses bâtiments adjacents, respire la sérénité des vieilles abbayes provençales, comme à Sénanque, à Silvacane ou à Ganagobie. Si vous aimez la Provence des vieilles pierres blanchies par le soleil, vous serez séduit par la quiétude qui règne ici.

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    Prieuré de Salagon.
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    Les jardins sont enchanteurs. Dans cette région où on se passionne pour les senteurs et les saveurs, Salagon a voulu créer un jardin intelligent et érudit. Le jardin médiéval m’a fascinée, avec son « potager d’avant le nouveau monde » (que mangeaient les Européens avant que les grandes explorations ramènent les tomates et les tubercules ? réponse : pas grand-chose d’appétissant…), ses plantes vénéneuses pour concocter les poisons, et ses plantes magiques. Le jardin des senteurs ravira les amoureux du parfum, le jardin des simples célèbre les plantes de Haute-Provence, le jardin de la noria est un décor idyllique…

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    Conseil important : n’allez pas, comme moi, dans ce jardin à l’automne (ou hiver). Trop de plantes à fleurs et à fruits auront déjà fané. Allez-y au printemps ou en été, j’imagine la merveille que ce sera.

    Le musée, quant à lui, présente des expositions d’une immense richesse sur l’histoire de la Haute-Provence. Au moment où j’y suis allée, c’était une expo sur les migrations, des Italiens venant travailler dans les villages à l’arrivée des néo-ruraux un peu hippie, en passant par le drame de l’exode rural et des villages abandonnés, tombés en ruine. Cela m’a passionnée.

    Le château de Sauvan à Mane, « petit Trianon » de Provence

    Je me faisais une joie de découvrir ce château célébré pour la beauté de ses jardins, un pendant provençal de Versailles, construit au XVIIIe siècle pour la richissime famille Forbin. Pierre Magnan l’évoque dans sa belle fresque fantastique Chronique d’un château hanté.

     Village de Mane.
    Sauvan.

    Il paraît que ce château est une merveille – malheureusement, il n’est ouvert que pour la visite à 15h, et j’ai été une vilaine blogueuse mal renseignée. Soyez plus malin que moi, vérifiez les horaires – a priori, 15h le week-end toute l’année, et parfois en semaine aussi (vacances scolaires, etc).

    La maison des produits de pays à Mane
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    Encore un lieu qui prouve l’authenticité réelle de cette région fière de ses artisans, ses parfumeurs, ses agriculteurs, ses restaurateurs : la maison des produits de pays comporte de magnifiques objets d’art, des produits locaux, une bibliothèque des auteurs du pays, et vous montrera la richesse et le savoir-faire de ce coin qui ne s’est définitivement pas résolu au Made in China.

    J’y ai découvert notamment le travail de François Faure, qui fabrique des fruits et autres objets en bois de cade – le bois de cade, c’est celui du genévrier, arbre mythique de la Haute-Provence s’il en est. Ses pommes en genévrier sont un chef d’œuvre esthétique, un objet utile (éloignant les mites), et surtout un concentré de Haute-Provence. J’en ai acheté plusieurs pour ma mère, que vous savez peut-être accro aux pommes (je vous racontais ça dans mon papier sur le Calvados).

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    Village de Mane.

    D’autres idées de choses à voir et à faire dans les environs de Forcalquier, et un peu plus loin en Haute Provence :

    – Aller visiter la belle abbaye bénédictine de Ganagobie et son monastère, avec une vue magnifique sur la Durance.
    – Bouquiner dans la plus charmante librairie de Haute-Provence à Banon et goûter ses fromages
    – Début juillet, aller admirer le village de Simiane-la-Rotonde perdu au milieu des lavandes
    – Aller admirer les pénitents des Mées, formation géologique extraordinaire
    – Continuer le voyage sur les traces de Giono à Manosque

    Maintenant que vous savez que voir et que faire autour de Forcalquier, comment tirer le meilleur de ce séjour et le transformer en escapade romantique et luxueuse ?

    La Bastide Saint Georges, un merveilleux hôtel-spa romantique à Forcalquier
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    Cet hôtel, il m’attirait depuis longtemps. Pourquoi ?

    Parce que j’aime les hôtels indépendants et exigeants, qui proposent quelque chose qu’on ne trouve pas ailleurs. Virginia et Georges font partie de ces gens plein d’idées et d’initiatives venus s’installer en Haute-Provence pour proposer quelque chose de nouveau, entre authenticité du terroir et créativité personnelle.

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    Vision idyllique de l’hôtel Bastide Saint Georges

    Pour la décoration originale et cosy. Virginia a aménagé chaque chambre elle-même, avec énormément de goût et d’idées. Lampe cocons, lit à baldaquins, vieux bois, matériaux nobles, grands volumes clairs… chaque chambre est différente, toutes sont magnifiques, romantiques, confortables. Tous les univers m’ont séduite. Quant à Georges, il a lancé sa marque de vêtements, bien coupés et de haute qualité, made in France bien sûr, et ses chemises superbes sont en vente à l’hôtel.

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    Une des nombreuses chambres, toutes différentes
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    La chambre aux cocons
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    Les chemises, création originale.

    Nous avons eu le bonheur de dormir dans une chambre sublime (merci Virginia !), la Pierre Magnan (quel hasard – j’étais folle de bonheur d’avoir une chambre au nom de l’écrivain qui m’a fait aimer Forcalquier). C’est une chambre double luxe, et c’était un pur paradis. Immense lit moelleux comme un nuage, flanqué de deux lampes en vieux bois de cep de vigne ouvragés, terrasse avec vue impériale sur le lever du soleil et la piscine, salle de bain immense et remplie de produits de qualité, chaque détail était pensé avec soin et délicatesse, et j’étais merveilleusement bien.

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    Lever de soleil depuis notre chambre.
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    La très belle chambre Pierre Magnan.
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    Parce que le jardin est magnifique. Lurs n’est qu’à quelques kilomètres ; Virginia et Georges lui ont emprunté ses oliviers, et les ont mariés à une foule de roses blanches. C’est beau, cela a un charme fou, cela invite à se dire des mots d’amour. J’ai adoré les grandes terrasses du bar, donnant sur les roses, les grandes pelouses plantées de saules pleureurs, l’impression d’entrer dans un univers à part, où tout est beau et soigné. On se sent dans une bulle de bien-être, hors du monde. C’est un esprit Boutique Hotel qui me plaît énormément.

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    Parce que j’adore les piscines et les spas. La bastide Saint Georges compte une grande piscine extérieure, chauffée de mai à septembre, et une petite piscine intérieure, ainsi qu’un jacuzzi, un sauna, un hammam, et un espace massage et détente avec des soins à la carte. Profiter des derniers rayons d’automne au bord de l’eau, aller se réchauffer dans les bulles baignées d’une très douce lumière, c’était un régal. Les hôtels provençaux avec une belle piscine et un vrai spa sont rares, et c’est à vrai dire la toute première chose qui m’a donné envie de venir ici. Mr Viking et moi avons passé plusieurs heures à barboter avec bonheur.

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    Parce qu’il y a de la place pour vivre. L’hôtel propose différents types de chambre, certaines dans le bâtiment principal avec vue sublime sur la piscine, d’autres sur la pelouse, aménagées comme des petites maisons individuelles – chaque chambre a soit son balcon, soit son jardin, et assez d’intimité pour profiter d’un week-end à deux en se croyant seul au monde. La Bastide propose également des maisons en location plus loin de l’hôtel, pour ceux qui voudraient venir une semaine en famille, mais je n’ai pas testé.

    Parce que l’hôtel est idéalement situé, à un jet de pierre de Forcalquier et Mane, à 15 minutes de Lurs et Simiane la Rotonde (village sublime au moment des lavandes), à une heure du parc naturel du Verdon, au cœur de la Haute-Provence, et que c’est un excellent camp de base pour explorer cette région dont j’espère vous avoir montré les atouts.

    Parce que l’hôtel a de l’avenir, et ne cesse de se renouveler. La bastide Saint Georges, c’est un très bel hôtel 4 étoiles qui est déjà merveilleux, et mais c’est aussi un hôtel qui va continuer de grandir, avec une nouvelle piscine, une nouvelle salle de séminaire et conférences, une nouvelle aile… Virginia et Georges ne cessent d’aménager de nouvelles chambres, d’agrandir, de perfectionner encore – ce sont des gens adorables et dynamiques qui mettent beaucoup de cœur et d’exigence dans leur « bébé », cette Bastide de toute beauté, et je suis très sensible à cette énergie contagieuse. L’hôtel organise différents types de séjours, des retraites bien-être avec coaching assuré par une professionnelle, des séminaires pour les entreprises, des mariages…
    J’ai trouvé le cadre superbe pour un beau mariage en Provence, avec ces différentes maisons, cette grande pelouse, ce jardin de roses blanches, et je l’ai recommandé à une amie qui cherche le lieu idéal pour ses noces.

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    L’avenir de l’hôtel en pleine préparation : nouveau jardin, nouvelle piscine, nouvelle salle de séminaire…

    Les prix des chambres vont de 130 à 250 euros la nuit – pour avoir visité les chambres standard, je peux vous dire qu’elles sont très belles aussi. Cet hôtel n’a pas de chambre décevante, tout est au niveau d’un 4 étoiles, et le service est très soigné. Et en plus, le petit-déjeuner est fabuleux : un vrai buffet riche et varié avec tout ce dont on rêve, des omelettes aux gâteaux maisons en passant par les confitures de pays.

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    Petit bout de buffet de petit déj.

    Bref, cet hôtel m’attirait depuis longtemps, et il a comblé toutes mes espérances. Vous planifiez un week-end romantique en Haute-Provence, et voulez allier la découverte d’un territoire authentique à une expérience luxueuse, tout en bien-être et solitude ouatée à deux, vous serez ravis.

    Y-a-t-il un restaurant pour parfaire ce séjour fabuleux ? Pas dans l’hôtel même, mais juste en dessous, à même pas deux minutes à pied. Le restaurant est indépendant, mais partenaire – et exquis.

    Le restaurant Les Terrasses de la Bastide, cuisine de Haute-Provence authentique
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    Les Terrasses de la Bastide, c’est un très beau restaurant situé juste en bas de l’hôtel, sur la route qui y mène, au cœur d’un jardin d’oliviers et de lauriers qu’il surplombe en balcons et terrasses vitrées. L’atmosphère est chaleureuse, dans une douce pénombre qui incite à la confidence. Mais les Terrasses de la Bastide, c’est d’abord et surtout le travail soigneux et délicat de Joël Juglaret, un chef de talent qui a à cœur de mettre en valeur les produits du terroir provençal. Installé depuis onze ans en Provence, il a choisi de sélectionner d’excellents producteurs du pays de Forcalquier, en agriculture raisonnée ou biologique, et de travailler avec eux. Bien évidemment, tous les plats sont faits maison, et la cuisine est ouverte, ce qui vous permet de voir travailler le chef et son équipe, notamment une jeune pâtissière très douée.

    Un restaurant provençal de qualité et pas cher à Forcalquier
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    C’était l’occasion pour Mr Viking de découvrir un « must », le seul fromage AOC de la région : le Banon, petit fromage de chèvre au lait cru, emblème de ce terroir rocailleux et authentique. (Pour tout savoir sur le fromage Banon, je vous invite à lire le très beau blog de mon amie Olivia.) Quant à moi, qui ai grandi en Provence, j’en mangeais pour la troisième fois seulement – le Banon, c’est un mets de grandes occasions –, et ce fut mon occasion préférée. Joël Juglaret a créé une entrée fabuleuse, que vous devez absolument goûter si vous allez dans ce restaurant : une tulipe de Banon, en feuille de brick, remplie de cœurs d’artichauts fondants, de Banon et d’herbes finement choisie. C’était un régal, j’en aurais volontiers mangé trois ou quatre.

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    Tulipe de Banon

    Je me suis ensuite régalée avec des Saint Jacques (mon coquillage fétiche) rôties à la perfection avec des légumes très fins, avant d’enchaîner sur un merveilleux dessert, un crumble magistral et très léger. C’est un restaurant de grande qualité, ancré dans sa région, et abordable : les deux menus sont à 28 et 35 euros, et il est aussi possible de prendre des plats à la carte (autour de 18 euros pour un plat principal). Par ailleurs, le service est attentionné, aidant à créer une ambiance romantique très agréable, et très respectueux des allergies et intolérances alimentaires, ce que je trouve toujours important. Je vous recommande avec plaisir ce restaurant.

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    Je voudrais remercier chaleureusement Virginia Sanchez, propriétaire de la Bastide Saint Georges, de nous avoir accueillis pour un week-end merveilleux à Forcalquier – ce séjour était parfait et répondait à tous mes vœux ! Un très grand merci également à Joël Juglaret, qui a spontanément proposé de nous accueillir pour le dîner, et chez qui nous nous sommes régalés. Mettre en valeur de beaux hôtels indépendants et luxueux, et des restaurants authentiques en Provence, c’est vraiment ce que je préfère, et ce partenariat m’a réjouie !  

    A suivre sur Itinera Magica : des livres pour s’évader, des marchés de Noël, et surtout Oman, mon énorme coup de cœur de cette fin d’année. Inscrivez-vous à la newsletter pour en voir davantage !

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  • Bellagio, escapade romantique au lac de Côme

    C’est l’un des plus beaux lacs d’Europe, et sans doute le plus romanesque : le lac de Côme, dans son écrin alpin au nord de l’Italie. Cernobbio, Côme, Lezzeno, autant de lieux auréolés de mythe et de magie, mais de tous les villages qui habillent ses rives, je voulais par-dessus tout visiter Bellagio, et les jardins de la villa Melzi. Voir Bellagio nimbé de brume dorée à l’automne, le temps d’une escapade en amoureux sur le lac de Côme, comment rêver à mieux ?

    Que voir à Bellagio sur le lac de Côme ? Bellagio et les jardins de la villa Melzi à l’automne, la plus belle villa sur le lac de Côme. Bellagio blog
    Mythique Bellagio, nouvelle Cythère des amoureux.
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    Automne romantique, un voyage spontané au nord de l’Italie

     

    J’ai toujours associé mon histoire d’amour avec Mr Viking aux Alpes, et aux lacs. Avant de le rencontrer, je n’avais qu’une vision utilitaire de la montagne : j’y allais l’hiver pour dévaler les pentes en ski, la traitant plus comme un terrain de jeu que comme un paysage à part entière. C’est mon bavarois de mari qui m’a appris qu’on pouvait voyager à travers les Alpes au printemps, en été et en automne, non pas pour skier, mais pour contempler. Notre premier voyage en amoureux fut consacré aux Alpes suisses et bavaroises, et nous n’avons cessé d’y revenir. Cet automne, nous avions besoin de calme et d’évasion, et nous sommes partis pour un road trip alpin spontané, à travers les ors et les roux. La première étape ? Quitter Aix, longer la Côte d’Azur jusqu’à son terme, remonter le nord de l’Italie, et aller passer deux jours au bord du lac de Côme, à Bellagio. Bellagio, c’était mon mythe à moi.

     

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    Au coeur des Alpes, le lac de Bellagio.

    Le plus beau lac d’Europe ?
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    Il est si difficile de quantifier la beauté, et l’Europe compte tant de grands lacs sublimes, de celui d’Annecy au lac Majeur en passant par le lac de Constance et le Königsee. Mais peut-être pourrait-on prouver que le lac de Côme est le plus beau, le plus enivrant de tous.

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    Rêves d’Italie.

    Il peut d’emblée compter sur la complicité du relief : ses parois sont raides, presque verticales par endroits. Comme les grands fjords de Norvège, le lac de Côme a été sculpté par l’avancée brutale des glaciers qui fendent la roche, et sa géographie accidentée est son plus bel atout. Les lacs invitent d’ordinaire au déploiement d’une douce horizontalité – le regard se perd dans le lointain, et on devine l’autre rive plus qu’on ne l’admire. Pas sur le lac de Côme. L’autre rive se redresse et se rengorge, tel un paon faisant la roue, pour que vous puissiez l’admirer dans toute sa splendeur. Le lac de Côme aime se voir si beau dans le miroir de vos yeux.

     

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    Pentes raides et routes tortueuses du lac de Côme.

    Son deuxième privilège, c’est sa forme en Y. Quand vous roulez sur les routes minuscules et tortueuses qui épousent les rives du lac de Côme, vous avez toujours l’autre rive sous les yeux. Ce Y tissé de sommets multiplie les points de vue. Bellagio, à la croisée du Y, me paraît être son apothéose.
    Son troisième privilège, c’est l’injustice fondamentale du monde et de l’amour : la beauté attire la beauté comme l’aimant attire la foudre. Parce que les hommes ont de tout temps reconnu la beauté de ce lieu, il a pu l’accumuler en avare, assis sur son trésor. La grâce de la nature a attiré les faveurs des hommes, qui ont voulu la souligner avec leurs belles villas, les belles villas ont attiré les princes, les ducs et les rois, qui ont à leur tour édifié des monuments plus splendides encore. On ne prête qu’aux riches. C’est une collection de merveilles, et il est difficile de dire laquelle des villas du lac de Côme est la plus belle.

     

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    Villa Melzi à Bellagio.

    Son dernier avantage enfin, c’est aussi sa malédiction : le brouillard. La région des grands lacs italiens est la plus frappée par les nappes de purée de pois, comme je l’ai découvert lors de ma Saint Valentin ratée. Si vous me demandiez en quelle saison visiter le lac de Côme, je vous dirais : surtout pas l’hiver. De novembre à mars, le brouillard règne en maître, et cache souvent la visibilité au-delà de quelques mètres. Mais lors des intersaisons, un soupçon de brume dorée flotte sur le lac et l’auréole de magie – et c’est ce que nous avons vécu en cette fin octobre, une nébuleuse d’or qui confère aux perspectives la profondeur du rêve. Tout médecin sait que c’est la dose qui détermine le remède ou le poison.

     

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    En quelle saison visiter le lac de Côme

    Evitez absolument l’hiver, à cause du risque météorologique trop élevé. L’hôtelière chez qui nous avons dormi me l’a confirmé fin octobre : « on entre dans la saison des grands brouillards ». Evitez aussi l’été, où la fréquentation touristique surpasse largement les capacités de desserte de ces routes minuscules et sinueuses. Conduire le long du lac de Côme, c’est long et lent, ce qui n’est pas gênant quand vous êtes peu nombreux sur les routes, mais peut virer au cauchemar en plein mois d’août. La plupart des gens préfèrent venir au printemps, en évitant les pics de fréquentation (Pâques) : en avril-mai, les glycines sont en fleurs, et le charme du lac est incroyable. Mais comme vous le voyez, l’automne est aussi une jolie option, en couleurs dorées et prix doux…

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    Visiter Bellagio, la ville la plus romantique du lac de Côme

    J’ai visité Côme, j’ai visité Cernobbio et Menaggio, j’ai traversé Nesso et Lezzeno, je les ai toutes aimées. Mais je me doutais que Bellagio aurait mes faveurs. Au cœur du lac, à la croisée des deux rives, Bellagio est un décor de cinéma. C’est délicieusement kitsch, avec ses pilotis de bois peint plantés dans les eaux calmes, ses drapeaux, ses ferrys qui font sans cesse la navette d’une rive à l’autre (parce que le lac est vaste et la conduite laborieuse, Bellagio est aussi un excellent camp de base pour naviguer d’une villa à l’autre sans perdre des heures sur la route). A l’automne, la vigne vierge rougit sur les façades, et habille les rues du village et des petits ports des couleurs de l’incendie.
    Mais ce qui m’a le plus fascinée, ce sont ces hommes qui montent dans leurs barques et naviguent sur le lac à la rame, sans que je puisse comprendre qui ils sont, ce qu’ils vont et où ils vont, comme si leur mission dans l’existence était de tracer des orbes à la surface, et d’hypnotiser ceux qui suivent leur sillage peu à peu estompé. Ce sont des artistes à la rame, pour la beauté d’un geste éphémère qui ne semble avoir d’autre but que son esthétisme. Leur ballet silencieux accroît encore la poésie de Bellagio.

     

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    Ferrys sur le lac

     

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    Bellagio à l’automne

    La villa Melzi, la plus belle villa du lac de Côme à l’automne
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    On se demande souvent quelle est la plus belle villa sur le lac de Côme. Le consensus porte souvent sur la villa Carlotta, pour ses forêts de glycines et d’hortensias. On évoque aussi parfois la villa del Balbianello, la villa Olmo à Côme, ou encore la villa Cipressi pour ses cyprès à la Böcklin. Lors d’un congrès à Cernobbio, j’avais eu aussi l’occasion de découvrir la villa Elba à Cernobbio, qui appartenait à mon réalisateur fétiche, Lucchino Visconti, et qui m’avait subjuguée. Elle n’est normalement pas ouverte au public, comme des dizaines d’autres villas secrètes sur le lac : nous les touristes, nous ne sommes que partiellement tolérés à cette assemblée de princes.
    Mais beaucoup d’entre elles sont des villas de printemps, notamment la Carlotta, qui révèle toute sa beauté luxuriante en avril-mai. La plus belle villa du lac de Côme à l’automne, c’est la villa Melzi à Bellagio. Ses célèbres jardins contiennent des espèces végétales que la saison sublime, notamment des érables du Japon qui m’ont rappelé ces images d’automne sur le mont Fuji, et des plantes dont je ne connais hélas pas le nom qui revêtent une teinte presque fuchsia à cette période. J’aurais pu passer des heures à me perdre dans les jardins.

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    Un monopteros avec vue sur le lac commémore de vieilles familles nobles italiennes, et une galerie célèbre le passage de Napoléon à la villa au début du XIXe siècle. Mais j’avoue qu’au-delà de l’histoire, de l’empreinte des siècles, c’est avant tout la beauté des jardins qui m’a conquise, et je comprends qu’ils soient fréquemment cités comme « les plus beaux du nord de l’Italie », en concurrence avec ceux de la villa Carlotta.

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    Un hôtel bon marché avec vue sur le lac de Côme
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    Nous n’avions rien réservé pour ce road trip improvisé – nous voulions être libres de suivre nos envies, et la belle météo. Bellagio étant très chic, ses hôtels sont souvent exagérément chers. Nous avons trouvé en dernière minute, un peu par hasard, un hôtel bon marché et très confortable à Nesso : l’auberge Tre Rose. Pour 55 euros la nuit, un prix bas pour la région, nous avions une vue sublime sur le lac, une chambre petite, mais agréable, et une propriétaire chaleureuse. L’hôtel fait aussi restaurant, et j’ai adoré leurs spécialités de poissons du lac, notamment la spécialité de la maison, des pâtes à la sauce tomate et au poisson pêché dans le lac de Côme, un régal.
    Un petit moment de dolce vita à l’italienne, à deux au bord de l’eau. J’ai adoré ce séjour.

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    Vue depuis notre chambre à l’hôtel Tre Rose.

    Nous avons ensuite continué notre road trip alpin à travers l’Italie, la Suisse, la Bavière et l’Autriche… mais ce sera une autre histoire. Inscrivez-vous à la newsletter pour la connaître ? Prochain article : Forcalquier ! Je vous parlerai aussi bientôt des Alpes, et d’Oman, où je suis en ce moment…

  • Au coeur de l’Aubrac, évasion à la française

    Au milieu du Massif central s’élève un haut plateau : l’Aubrac. Ici trois départements – Aveyron, Lozère et Cantal –  se touchent et se mélangent sur vingt-cinq mille hectares de solitude bucolique. C’est un pays de grands espaces, où on goûte le délicieux silence des chemins sinuant à travers les collines, et la clameur des chants sauvages dans les forêts de sapins. Le voyageur en quête de calme et de sérénité se sentira chez lui dans cette immensité paisible. Ici les cerfs brâment dans les bois, les vaches paissent autour des burons, et le paysage tout entier inspire la douce solennité des lieux riches d’une très longue histoire. Nous sommes entrés dans le vieux cœur d’une France éternelle. Bienvenue sur l’Aubrac, côté Aveyron.
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    L’Aubrac et ses vaches emblématiques

     

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    Calme du soir à Laguiole, célèbre pour ses fromages et ses couteaux

     

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    Dans les forêts profondes de l’Aubrac.

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    Voyage en Aubrac, un petit goût de très loin

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    En roulant sur les routes désertes des monts de l’Aubrac, j’ai pensé à l’Ecosse, à l’Irlande, à la Norvège, autant de rivages lointains et nordiques. Un étrange sentiment d’insularité vous gagne ici, alors que vous ne pourriez être plus loin de la mer, dans ce paysage de moyenne montagne étrangement brute. On m’a dit qu’ici poussaient des fleurs qu’on ne voit qu’en Sibérie, et que des créatures rares et fascinantes subsistaient dans les tourbières, comme la belle loutre d’Europe. Ici se côtoient un monde façonné par les hommes – les pâturages des vaches Aubrac, les grandes étendues déboisées qui ont valu à ce massif le surnom de « tête chauve » –, et un monde sauvage et secret.

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    Je suis amoureuse des routes immenses de l’Aubrac, de cette sensation de solitude et d’infini.

     

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    Des airs d’Ecosse sur ce lac proche du village d’Aubrac.

     

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    Vache Aubrac au milieu des fleurs d’automne.

     

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    Colchique d’octobre. Au printemps, des fleurs plus rares couvrent la prairie.

    Oui, nous sommes déjà en montagne, je le sens dans l’air du soir, dans les craquelures des pierres malmenées par le gel. Les monts émoussés par les millénaires d’érosion ne montent pas très haut, de 1100 à 1400 mètres d’altitude, mais le climat est rude en hiver. Nous sommes à la fin de l’automne, les vaches ne sont pas encore redescendues des estives. Mais je sais que bientôt, la neige recouvrira tout. Je vois les gens commencer à s’activer dans les stations de ski de l’Aubrac, à Laguiole et à Brameloup, tester les remontées au milieu des tranchées de sapins.

    Brameloup, quel mot évocateur. Je suis dans un roman médiéval, plein d’animaux sauvages et d’ombres napées de brume. J’ai changé de monde. Dans les vallées du Lot et du Dourdou, j’étais dans un paysage de contes de fées, doux et policé, à la recherche des plus beaux villages du nord Aveyron, qui ressemblaient souvent à des villages de poupées. Mais désormais, sur ces routes entre Laguiole, Aubrac et Brameloup, je suis perdue au cœur d’immenses solitudes bosselées, je ne croise plus personne et un vent de liberté me grise. Je suis dans les grands espaces, au cœur du cœur de la France et pourtant déjà très loin. L’aventure frémit sous mes pas.

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    La station de ski de Laguiole.
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    Pierres du village d’Aubrac

     

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    Le village d’Aubrac dans le soir.

     

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    Entre champs et forêts.

     

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    Le soir tombe sur les montagnes.

    Le brame du cerf dans les forêts de l’Aubrac

    Fin septembre, les cerfs Elaphes entrent en rut dans les bois de l’Aubrac. Ils brâment dans la forêt obscure pour séduire les biches, frappent leurs bois contre ceux de leurs rivaux dans d’impressionnants combats. En fin d’après-midi, je me suis enfoncée dans les bois avec un guide de la Maison de l’Aubrac et un petit groupe de passionnés, espérant entendre ces bruits de passion et de lutte qu’on décrit comme spectaculaires : brames puissants, chocs brutaux, tumulte dans la pénombre… Malheureusement, je suis arrivée trop tard dans la saison – mi-octobre, beaucoup de cerfs se sont tus. Mais j’ai aimé cette aventure presque clandestine, ce petit groupe qui se perd dans le labyrinthe sylvestre sous les dernières lueurs du jour en quête de la cérémonie secrète… j’avais l’impression de vivre une initiation.

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    Dans les bois…

    Entendre le brame du cerf en Aveyron : la Maison de l’Aubrac, à Aubrac (le village), propose des sorties accompagnées, en général les deux dernières semaines de septembre et la première semaine d’octobre. Le guide est passionnant et érudit. Habillez vous chaudement, vous attendrez immobiles dans la pénombre fraîche, à la nuit tombante – pensez à vous munir de gants.
    Petite mise en garde importante : pensez bien à inspecter votre corps après la sortie. J’ai eu la mauvaise surprise de découvrir une tique fichée sur ma jambe. Les forêts françaises sont hélas touchées par des maladies liées aux tiques, il est donc important de vérifier qu’aucun insecte n’est resté accroché à votre peau quand vous vous êtes promenés dans les sous-bois (pas seulement en Aveyron, mais partout).

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    La belle Maison de l’Aubrac.

    Autour du village d’Aubrac, le pays des burons

    Les pierres noires évoquent le volcan qui a longtemps rugi dans cette région aujourd’hui si paisible. Ce fut une terre de feu. Traînées de basalte qui forment les murs séparant les prés, lauzes noires et pierres cendrées dans les maisons, les teintes du village d’Aubrac sont sombres comme un incendie éteint. Depuis le XIIe siècle, ces vieux murs accueillent les pèlerins sur les chemins de Compostelle. Je m’imagine cheminer en silence parmi ces terres si solitaires et solennelles – difficile d’être plus près de Dieu que sur l’Aubrac, la terre se met sur la pointe des pieds pour l’approcher.
    Aubrac est tout petit, et d’une grande beauté. La Maison de l’Aubrac accueille des expositions et conférences sur ce pays singulier. Mais surtout, ce qui frappe le regard, ce sont les vaches. Les magnifiques vaches de race Aubrac, paissant au bord des étangs, se parant de roux au couchant. De mai à octobre, elles sont sur les estives, et leurs transhumances sont de grandes fêtes populaires. Le 25 mai, on les pare de fleurs pour les monter aux pâturages, et la manifestation semble superbe.
    Ici, c’est le pays des burons, ces maisons de pierres noires où on fabriquait le fromage. Au XIXe siècle, tous les burons étaient actifs, habités par des pâtres gardant les troupeaux ; aujourd’hui un seul subsiste. J’ai un seul regret en Aubrac : ne pas avoir eu le temps de visiter le dernier buron en activité, le Buron de Camejane, où  on vous sert l’aligot préparé au feu de bois dans une délicieuse ambiance d’auberge d’antan.

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    Vaches près du village d’Aubrac

     

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    Le dernier buron.

     

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    Colchiques et vaches paisibles
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    Une transhumance dans la vallée du Lot

    Mais même si les burons ont disparu, la tradition fromagère se perpétue malgré tout en Aubrac.

    Laguiole, ses fromages et ses couteaux

    Laguiole (prononcez Layole), c’est la porte de l’Aubrac, le village seuil qui vous fait entrer dans le domaine montagnard. C’est aussi le cœur d’activité de cette région aux grands talents agricoles et artisanaux, réputée pour ses deux spécialités : ses fromages de lait de vache AOP, et ses couteaux. Je suis très curieuse des territoires qui parviennent à allier savoir faire traditionnel et techniques innovantes, et j’étais très heureuse d’aller à la rencontre des fromagers de Jeune montagne.

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    Laguiole le soir.

     

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    Laguiole de jour.

     

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    Sur la place du village, le taureau emblématique.

    Les fromages de l’Aubrac à la coopérative Jeune montagne que faire à laguiole que voir à laguiole blog aubrac

    Jeune montagne, c’est un exemple impressionnant d’un modèle agricole à la fois traditionnel et performant, qui parvient à défendre l’héritage ancestral, protéger ses agriculteurs, et produire suffisamment pour pouvoir faire bénéficier toute la France de ses produits. La coopérative naît en 1960 dans les burons de l’Aubrac, là où on a produit depuis le XVIIIe siècle la fourme et la tome, où on file l’aligot à la main dans de grands chaudrons. Son fondateur, c’est le paysan visionnaire André Valadier, « l’homme qui a sauvé l’Aubrac ». A l’heure de la modernisation agricole accélérée, il comprend qu’il faudra innover pour sauver le modèle aveyronnais, sans renoncer pourtant à la tradition. Il convainc une trentaine de paysans de vendre leur lait à la coopérative, et permet par cette union de sauvegarder le mode de production traditionnel. Le fromage Laguiole reçoit l’AOC en 1961, avec un cahier des charges très strict que la coopérative Jeune montagne respecte scrupuleusement. Il s’agit du lait de vaches Aubrac et Simmental, tout le lait provient du plateau de l’Aubrac exclusivement, les vaches sont aux pâturages tout l’été, au minimum quatre mois par an, nourries par les fleurs et les foins du plateau de l’Aubrac, sans aucun ensilage durant l’hiver afin de préserver le goût fruité du lait. Les veaux sont élevés avec la mère avec une alternance de traites par le veau et de traites manuelles pour le lait, et la production laitière de chaque vache ne doit pas dépasser 6000 litres par an.
    La coopérative participe à la revalorisation laitière de la vache Aubrac – qu’on avait eu tendance à élever pour la viande exclusivement, lui faisant perdre ses qualités laitières – en encourageant financièrement les producteurs qui augmentent la part de vaches Aubrac dans leur cheptel. Jeune montagne, premier producteur de fromage Laguiole AOC, veut soutenir de façon active et engagée ses agriculteurs aveyronnais et leur permettre de perpétuer cette tradition pastorale, ce mode de production où la qualité passe avant tout. Encore une fois, les Aveyronnais montrent le chemin.
    Mais cette exigence de qualité ne signifie pas rareté, et elle ne les empêche pas d’avoir démocratisé les produits aveyronnais, désormais accessibles dans tout le pays. Ce sont eux qui ont inventé, avec le soutien du chef étoilé Michel Bras, une technique afin de proposer l’aligot au rayon frais. Si vous trouvez des barquettes d’aligot dans votre supermarché, elles viennent de Jeune montagne. Ils m’en ont offert une dans un sac isotherme, que j’ai mangée avec Mr Viking à mon retour à Aix, et j’ai été impressionnée par la qualité du produit et son goût délicieux, presque aussi bon que celui qu’on déguste en direct dans les restaurants aveyronnais.
    Vous pouvez visiter la coopérative, voir un film très touchant sur son histoire et les agriculteurs qui la font vivre, et assister au processus impressionnant de fabrication du fromage. Le lait cru venu des exploitations de l’Aubrac va d’abord être caillé dans de grandes cuves, égoutté et modelé plusieurs fois pour enlever le petit lait. Le produit qu’on obtient à ce stade est la tome fraîche, qui peut être consommée telle quelle. A travers de grandes parois en verre, vous pouvez voir les fromagers travailler, et soulever les énormes fourmes de cinquante kilos. Pour obtenir le Laguiole, la pâte sera salée, moulée et placée en salle d’affinage pour 4 mois minimum (et jusqu’à 24).
    Et bien sûr, la visite finit à la boutique… Vous y trouverez l’aligot, la brouillade, plusieurs sortes de laguiole aux durées d’affinage différentes, le petit buronnier, et surtout mon nouveau fromage préféré : le petit Ecir. Si j’avoue que le Laguiole est un peu trop fort pour moi qui ai des goûts de bébé, le petit Ecir crémeux m’a totalement séduite. Je laisserai Jeune Montagne le décrire pour moi : « L’Ecir, vent glacial qui soulève la neige légère sur les montagnes d’Aubrac, a donné son nom à cette spécialité fromagère à pâte molle et à croûte fleurie. » Ca fait envie, non ? Je pense qu’on peut le comparer au Saint Marcellin ou au Saint Félicien (pardon aux puristes si jamais cette comparaison est impie). Je vous conseille vraiment de le goûter si vous passez par l’Aveyron.
    Jeune montagne est devenu non seulement un moteur pour l’agriculture aveyronnaise, mais aussi un pôle touristique, et j’étais impressionnée par le nombre de touristes venus visiter la fromagerie. Moi qui avais été seule pendant tout le séjour en Aveyron, j’avais l’impression que tous les voyageurs s’étaient donné rendez-vous ici ! C’est devenu un incontournable des itinéraires sur l’Aubrac, un peu comme les caves de Roquefort au sud de l’Aveyron.

    Que voir et que faire sur l'Aubrac ? Activités et choses à voir à Laguiole et Brameloup, brame du cerf, burons, fromages. Blog Aubrac, nord Aveyron
    L’emblème de la coopérative.

     

    Que voir et que faire sur l'Aubrac ? Activités et choses à voir à Laguiole et Brameloup, brame du cerf, burons, fromages. Blog Aubrac, nord Aveyron
    Mon chouchou, l’Ecir.

     

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    Assortiment de spécialités produites par Jeune Montagne
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    Dégustation.
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    Fromage Laguiole.

    Aveyron, pays du fromage – cela tombe bien, car novembre est le mois du fromage pour les blogueurs d’#EnFranceAussi, et vous retrouverez (presque) tous les fromages de France dans leurs articles collectés par Chacha Aventurière.

    Les couteaux de Laguiole, un savoir faire qui mériterait d’être protégé vrai couteau de laguiole laguiole authentique

    Le village de Laguiole a donné son nom à ce type de couteau pliant produit ici depuis le XIXe siècle, au point de spécialiser le village dans la coutellerie. Les plus belles pièces sont de vraies œuvres d’art, et en même temps des produits pratiques fiables et utiles, témoignant d’un travail méticuleux et rigoureux. Si vous vous promenez dans les rues de Laguiole, vous serez marqué par le nombre de boutiques de couteliers, l’autre grande attraction touristique de l’Aubrac. Là où le bât blesse, c’est que contrairement aux fromages qui sont protégés par une appellation contrôlée, les couteaux ne le sont pas… et c’est donc une foire un peu décevante pour le touriste en quête d’authenticité : les vrais couteaux de Laguiole, façonnés avec passion et savoir-faire par des artisans talentueux, côtoient les imitations bas de gamme made in China… Les artisans authentiques cherchent aujourd’hui à être protégés par une IGP qui réserverait l’appellation « laguiole » aux couteaux de la région, mais le chemin est encore long. Ne vous faites pas piéger, et n’hésitez pas à poser des questions précises aux marchands.
    Dans cette jungle, une institution garantit la qualité du produit et l’ancrage local : La Forge de Laguiole. Chacun de leurs couteaux est une pièce faite main ici à Laguiole, au prix de longues heures d’un travail précis et exigeant. Ils sont à la pointe du combat pour la défense du couteau non seulement made in France, mais surtout made in Laguiole, et leurs pièces sont de toute beauté. Vous pouvez visiter leurs ateliers et apprécier le travail de l’acier, du manche en bois ou en corne finement ciselé, l’assemblage fiable et sûr.
    Dans tous les autres domaines, les Aveyronnais ont su protéger leurs produits, leur identité, leur terroir – j’espère vraiment que les couteaux seront la dernière pièce du puzzle !

    Que voir et que faire sur l'Aubrac ? Activités et choses à voir à Laguiole et Brameloup, brame du cerf, burons, fromages. Blog Aubrac, nord Aveyron
    Un superbe couteau de la Forge de Laguiole avec un manche volcanique.

     

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    Les ateliers de la Forge.

     

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    Paysage de Laguiole

    Un bel hôtel à Laguiole : le Best Western Relais de Laguiole où dormir à laguiole hôtel aubrac

    Vous le savez, j’ai d’ordinaire tendance à privilégier les hôtels indépendants aux chaînes, car je regrette la standardisation de l’hôtellerie. Mais pour avoir dormi dans plusieurs Best Western ces derniers mois, notamment en Allemagne et à Chamonix, j’ai eu l’occasion de constater que la marque signifie la garantie d’un certain standing, mais non l’uniformisation des hôtels. Chaque hôtelier reste maître de son concept, de sa décoration, de ses installations, et vous n’avez absolument pas l’impression de vous retrouver dans le même hôtel décliné à l’infini (contrairement à d’autres chaînes connues). Je peux dire en toute honnêteté qu’après avoir eu des petites déceptions dans d’autres Best Western, le Relais de Laguiole m’a réconciliée avec l’enseigne, ou du moins convaincue de retourner dans cet hôtel-là à Laguiole : c’est mon Best Western préféré à ce jour. C’est un 3 étoiles qui en mérite davantage, le standing me paraît plutôt au niveau d’un 4 étoiles. Ma chambre était parfaite : spacieuse, lumineuse, avec une grande salle de bain et une literie extrêmement confortable. Le restaurant de l’hôtel proposait des spécialités aveyronnaises authentiques et un buffet des desserts qui n’a clairement pas arrangé le bilan calorique du séjour. Mais surtout, surtout, argument qui a conquis mon petit cœur d’aspirante sirène, le Relais de Laguiole comporte une fabuleuse piscine intérieure. Sincèrement, c’est une des plus belles que j’ai vues dans un hôtel : beaucoup trop d’hôtels appellent « piscine couverte » une espèce de pataugeoire minuscule sans intérêt, pas celui-là. La piscine est immense, presque 25 mètres de long, ce qui permet de faire de vraies longueurs, et ses horaires d’ouverture sont suffisamment étendus pour qu’on en profite vraiment (7h30-22h). L’espace compte également un spa proposant des massages et soins, un sauna et un grand jacuzzi chaud et bouillonnant. J’ai adoré ma nuit dans cet hôtel, qui a tout pour qu’on s’y détende et s’y sente bien – encore une belle expérience hôtelière en Aveyron, après mon merveilleux séjour au Castel d’Alzac en juin.

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    Que voir et que faire sur l'Aubrac ? Activités et choses à voir à Laguiole et Brameloup, brame du cerf, burons, fromages. Blog Aubrac, nord Aveyron
    Parfois, on me demande si ça n’est pas trop dur d’être seule en voyage, de passer mes soirées en tête à tête avec moi-même. Je prends un air digne et résigné et je dis que je supporte.

     

    Je reviendrai en Aveyron en avril, pour le salon des blogueurs de voyage WAT18 à Millau, et je m’en fais déjà une joie. Retrouvez mes autres articles sur ce pays magique : les merveilles du sud de l’Aveyron, les plus beaux villages du nord Aveyron, le gîte 5 étoiles unique en son genre qu’est le Castel d’Alzac.

    Prochain article : la Haute Provence, autour de Forcalquier ! Inscrivez-vous à ma newsletter ?

    Merci au CDT de l’Aveyron, et notamment à Jackie Bru et Jean-Luc Calmelly, de m’avoir permis de découvrir votre pays magnifique et si attachant. Vivement que j’y revienne !

    Découvrez l'Aubrac, les grands espaces à la française. #Aubrac #Aveyron #Occitanie #Laguiole #Auvergne #massifcentral
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  • Influenceurs : une bulle qui va éclater ?

    Ils sont devenus incontournables. Les blogueurs et les influenceurs au sens large (instagrameurs, youtubeurs, etc) se sont professionnalisés et font désormais partie de tout plan de communication, qu’il s’agisse de vendre du thé, des jeans ou des voyages. Des études récentes assoient leur nouvelle suprématie : 75% des sondés ont déjà acheté un produit sur les conseils d’un influenceur, 87% s’informent essentiellement sur internet quand ils préparent un voyage. Mais de récents scandales ont ébranlé le milieu et beaucoup se demandent aujourd’hui : ce phénomène de mode n’est-il qu’une nouvelle « bulle » sur le point d’éclater ?

    L’influenceur, un phénomène victime de son succès ?

    Gloire et décadence d’Instagram

    Instagram est le réseau social qui a fait la gloire des influenceurs il y a cinq ans, et reste le premier chiffre que beaucoup d’agences de communication regardent quand ils sélectionnent quelqu’un : combien de followers sur Instagram ? Dans le milieu de la mode et du lifestyle, 250 000 followers n’est aujourd’hui plus un chiffre si impressionnant, et les influenceuses les plus puissantes tutoient le million. Elles travaillent avec les plus grandes marques et ont été au cœur de campagnes de communication dont le budget et la portée équivaut à ceux des grands magazines. Mais aujourd’hui, le doute s’immisce.

    La question de la portée réelle des posts Instagram

    Instagram est un réseau étrange : au-delà d’un certain stade, votre nombre d’abonnés augmente de façon exponentielle, mais votre engagement décroît. A cette constatation mathématique s’ajoute le fait que les influenceurs ont moins le temps d’interagir avec une communauté grandissante, d’où un relatif désintérêt des followers moins engagés. On se retrouve ainsi avec des comptes à 500 000 abonnés… avec 50 commentaires par photo. Carsten Pfefferkorn, rédacteur en chef du magazine allemand Funke et pionnier du travail avec les influenceurs, estime que sur un très gros compte à un million de followers, le taux d’engagement est de 0,4% et le taux de conversion (clics effectifs sur le produit mis en valeur) de… 0,04%. Le taux de conversion étant le nerf de la guerre, on peut estimer que le ROI (= Return on investment) est catastrophique. Les agences de communication heureuses de travailler avec de très gros instagrameurs voient le nombre réel de personnes qui interagissent avec la publication, et perdent confiance.

    Pub incessante et partenariats mal choisis : la défiance du public vis-à-vis des influenceurs

    Certains comptes Instagram ne sont plus composés que de pub plus ou moins discrète. Partenariats à gogo, promotion de montres, d’ustensiles de cuisine, de chaussures, de sacs… chaque post contient un placement produit. Les instagrameurs, qui avaient fait leur fortune sur la proximité et l’authenticité, deviennent des panneaux publicitaires ambulants. Certains créent de plus la polémique à cause de partenariats malvenus : récemment, une importante influenceuse française a causé le scandale en collaborant avec Cetelem, et a été accusée de promouvoir le surendettement de façon irresponsable.
    Même sans créer la polémique, certains partenariats semblent être en décalage avec l’audience de l’influenceur. On voit de plus en plus d’agences envoyer en voyage des blogueuses mode & beauté, ce qui me laisse songeuse : cette pose en petite robe et talons hauts à côté du Taj Mahal va-t-elle vraiment inciter la communauté de l’influenceuse à visiter l’Inde ? Ne prive-t-on pas les influenceurs de leur impact en les éloignant de leur cœur de cible ?

    Devenir pro et rester authentique, le défi acrobatique

    De façon plus générale, la question de l’authenticité des influenceurs se fait lancinante quand sa célébrité augmente et qu’on lui propose davantage de partenariats. Le blogueur voyage reconnu a de plus en plus de belles opportunités, mais ses followers commencent à lui reprocher de « ne plus faire que des voyages sponsorisés » et de se déconnecter de leurs attentes. Telle est la difficulté d’un métier qui aspire à se professionnaliser, mais qui a fondé son capital de sympathie sur le fait de ne pas être un pro – et de pouvoir donc proposer une approche plus authentique et spontanée, qui n’est pas celle des agences de communication et des offices du tourisme. Quand un blog se met à ressembler à un catalogue publicitaire, à multiplier les articles sans âme, faire du copier-coller des éléments de langage qu’on lui a suggérés, et présenter uniquement les produits qu’on lui a proposés sans aucune recherche sur les alternatives, le désintérêt de son public est rapide.

    L’influenceur enfermé dans son rôle

    C’est un phénomène plus pernicieux qui guette l’influenceur à succès : la standardisation de son travail, de plus en plus uniforme et sans surprises. Les partenaires (agences, marques et destinations) ont une vraie responsabilité là-dedans.
    Ce sont ces marques qui demandent des posts Instagram calibrés au millimètre et toujours construits de la même manière, « anecdote sur la vie quotidienne – présentation du produit – coupon de réduction ». Le public s’est immunisé contre ce type de déroulés marketing et n’y réagit plus.
    Ce sont ces destinations qui n’acceptent plus de travailler qu’avec des blogueurs vidéastes, et nous resservent inlassablement le même type de vidéos calibrées pour les réseaux sociaux, avec des transitions acrobatiques et spectaculaires qui font dire « wah ! » au début et lassent complètement au bout de la troisième, avec des monuments qui se retournent, des accélérations et ralentis, des plans aériens rapides. Toutes les destinations se mettent à ressembler à un clip MTV, une succession de belles images sur fond de musique pop sans aucune profondeur, et on en retient strictement rien.
    Ce sont ces agences qui demandent à leurs blogueurs de mettre en valeur une destination avec les mots clefs et arguments fournis, et imposent un matraquage uniforme sur les mêmes thèmes.
    Ce sont ces blogueurs qui ont fait de l’humour la clef de leur succès, et se retrouvent condamnés à être drôles, à répéter toujours les mêmes sketchs, réduits par l’attente collective au rôle de sympathiques histrions.

    J’en suis persuadée : si les blogueurs et influenceurs acceptent de se conformer à ce moule, ils décrocheront peut-être les grosses campagnes de communication de 2018, mais ils seront has been en 2019. La standardisation forcée de notre travail nous rapproche de notre date de péremption, et nous réduit au rang de gadgets dont il faudra tôt ou tard se débarrasser.

    L’avenir de l’influenceur : la création de contenu

    Je ne parle pas ici des blogueurs qui ont choisi de ne pas en faire leur métier (voir mon article Peut-on vivre de son blog de voyage ?, où j’abordais déjà ces questions) : le problème ne se pose pas pour eux, puisqu’ils ne vivent pas de leur activité sur le blog et les réseaux sociaux. Je parle de l’avenir du blogueur/influenceur professionnel. A mon sens, la pérennité de son métier passera par la création de contenu de grande qualité pour des tiers. Sans cela, la question du modèle économique me paraît irrésoluble.

    Garder son authenticité sans perdre ses revenus

    En septembre dernier, la blogueuse lifestyle française Elles en parlent avait publié un article très personnel, « Quand l’inspiration s’envole », dans lequel elle parlait de la terrible pression ressentie par la blogueuse professionnelle d’aujourd’hui. En réponse, certaines de ses followeuses lui répondaient qu’elle s’était éloignée d’elles, qu’elle était moins authentique, qu’elles se sentaient abandonnées. Ce qui ressortait de ce moment de sincérité, c’était l’équation impossible que l’influenceuse pro doit résoudre chaque jour : satisfaire ses partenaires (et gagner de l’argent) et satisfaire son public (sans qui tout s’écroule). Les influenceurs sont dans une situation très particulière et délicate, que connaissent peu de gens qui ont un métier classique : leurs revenus ne dépendent pas seulement de ceux qui leur versent (les commanditaires), mais de la satisfaction de la cible (le public).
    Et pour garder son public, j’en suis convaincue, il faut savoir dire non. Refuser des partenariats, refuser des opportunités, refuser les choses qui s’éloignent trop de votre identité ou qui trahissent les meilleurs intérêts de votre public. On a parlé de Cetelem, mais je pourrais aussi dire combien je suis choquée par tous ces blogueurs voyage qui font la pub des sites tiers qui proposent l’ESTA (visa simplifié pour entrer aux USA) à 80 dollars, au lieu de 14 sur le site officiel du gouvernement américain. Je sais combien ils touchent en moyenne pour ça, puisqu’on me l’a proposé à moi aussi : 500 euros. Et je sais que ce n’est pas facile de dire « non, je renonce à ces 500 euros », pour ne pas trahir un lectorat qui lui, ne me les versera pas. Etre un blogueur éthique, c’est faire passer chaque jour les intérêts de ceux qui ne vous paient pas devant les intérêts de ceux qui vous paient, et c’est pour cela que c’est parfois si difficile.
    Bien sûr, on ne propose pas aux blogueurs que des choses crapuleuses – encore heureux. Il y a aussi les opérations de qualité, où vous êtes libres de vos choix éditoriaux, de votre programme, de ce que vous décidez de mettre en valeur ou non, et où vous êtes véritablement payé pour faire ce qui vous passionne. Ce genre de partenariats qui conjuguent passion et authenticité rendent les blogueurs infiniment heureux. Pour ne citer que le tout dernier exemple, j’adore ma collaboration avec le CDT de l’Aveyron, qui m’a permis de découvrir cette région sublime en toute liberté, et de revenir trois mois après pour continuer mon exploration. J’ai eu beaucoup d’autres belles opportunités dans ce style, avec des interlocuteurs respectueux attachés à la promotion de lieux et de marques qui méritent qu’on s’y intéresse, et je n’ai aucun mal à en parler avec passion à ma communauté, sans cacher qu’il s’agit d’un partenariat, parce que mon enthousiasme est authentique et cela se sent. Mais vous ne pouvez souvent pas assurer l’ensemble de vos revenus avec ce type d’opérations, car vous ne pouvez pas faire reposer sur les partenaires éthiques la responsabilité de votre subsistance et le luxe de refuser les opérations douteuses.

    Faire payer ses lecteurs ?

    Certains pensent que la solution serait, justement, de demander une contribution à nos lecteurs. Certains blogueurs ont un tipee sur leur site (où vous pouvez leur verser quelques euros de « pourboire »), d’autres font du crowdfunding pour s’acheter un nouvel appareil photo, d’autres réfléchissent à un abonnement annuel, sur le principe du magazine, ce qui permettrait de garantir la pleine indépendance du blogueur : les commanditaires seraient les lecteurs, et non plus les partenaires commerciaux. Personnellement, je trouve l’idée de l’abonnement intéressante, mais je doute grandement de sa faisabilité (le principe d’un blog est justement d’être accessible à tous via une recherche Google), et je l’avoue, je suis très gênée quand je vois un blogueur demander de l’aide pour payer un voyage ou du matériel. Nous avons choisi cette carrière excitante mais hasardeuse de notre plein gré, et nous n’avons pas à demander à autrui de financer notre épanouissement. Même si nous travaillons dur, voyager reste un immense privilège. Je sais que j’ai parmi mes lecteurs des gens qui voyagent beaucoup moins que moi, qui ont du mal à boucler les fins de mois, et l’idée de leur demander l’aumône me mettrait infiniment mal à l’aise.
    Mais alors, comment gagner de l’argent sans perdre son âme ?

    Etre un vrai créateur de contenu

    Le blogueur professionnel a dû développer des talents multiples : écriture, photo, vidéo, graphisme, design web… C’est un couteau suisse, qui sait tout faire, a son propre matériel, est indépendant, autonome et efficace. Ce sont des qualités précieuses. Aujourd’hui, nombre de blogueurs très talentueux mettent leurs compétences au service de tiers.
    Les vidéastes réalisent des vidéos qui seront utilisées directement par la destination qui les achète – on a vu par exemple Alex Vizeo réaliser ce type de travaux.
    Les photographes cèdent leurs photos aux offices du tourisme, à la presse, aux agences : de nombreux blogueurs sont aussi des photographes de talent.
    Les auteurs écrivent pour les supports de communication de leurs partenaires, et pour la presse.
    Les blogueurs se rapprochent des médias traditionnels. Ils assurent ainsi leurs revenus sans passer nécessairement par leur blog, en utilisant ce dernier comme un tremplin pour montrer leurs compétences. Ces autres engagements leur permettront peut-être de retrouver plus de liberté, plus de fraîcheur sur leur blog, dont ils dépendent moins pour vivre.
    Il faut considérer les blogs comme un viviers de talents qui ne demandent qu’à être découverts. Je suis frappée par la qualité de la blogosphère voyage francophone, par le nombre de blogs dont l’exigence en matière de texte et d’image est impeccable, et qui font porter une voix originale dans cette grande chambre d’échos qu’est le web. Les médias traditionnels ont tout intérêt à les reprendre à leur compte.

    Un blog vitrine et tremplin pour exposer son travail : mon cas personnel

    A titre personnel, je viens des médias traditionnels, et je ne les ai jamais quittés longtemps. Journaliste et blogueuse, je tiens à cette double casquette. Ma carrière a commencé en 2004 avec la publication de mon livre d’ado énervée Dieu est une femme. Je me suis alors mise à écrire pour la presse, notamment en tant que chroniqueuse pour Métro. J’ai lancé mon premier blog « public » (les Skyblogs d’ado ne comptent pas…) en 2007 pour disposer d’une plate-forme d’expression libre qui me soit propre. Mes blogs ont évolué avec le milieu, passant du simple passe-temps au blog professionnel. Après quelques années d’éclipse pour me consacrer à mes études, j’ai lancé Itinera Magica à la fin de ma thèse en littérature allemande. Je rêvais de devenir journaliste voyage, mais puisque je n’avais aucune expérience dans ce domaine, on ne me donnait pas la chance de faire mes preuves. Pour moi comme pour beaucoup d’autres, le blog a été ce fabuleux tremplin permettant d’exposer mon travail sans intermédiaire, sans devoir convaincre qui que ce soit de me laisser essayer. La Revue a été le premier magazine à me donner ma chance en tant que journaliste voyage, en me confiant notamment des reportages texte et photos sur le Maroc et les Seychelles, et je collabore désormais régulièrement à la rubrique voyages de Version Femina – le premier féminin français, avec 3 millions d’exemplaires tous les dimanches. (Et j’ai vraiment hâte de vous montrer mes prochains reportages pour Version Femina, qui m’a donné la chance de faire ce que j’adore.) D’autres collaborations occasionnelles me font également très plaisir, par exemple la publication d’une nouvelle sur le Luberon dans le numéro spécial Vacances du Un à l’été 2017, ou de trois de mes photos de Camargue dans le Figaro. Cela n’aurait jamais été possible sans Itinera Magica. Je sais que je ne suis pas la seule blogueuse à aimer passionnément la presse, et à rechercher ce type de collaborations. L’époque y est propice.

    Influenceurs : quel avenir ?
    Cette photo a été en pleine page dans le Figaro du 23.11, ce qui m’a réjouie.

    Collaborer avec les médias traditionnels, une tendance qui monte…

    La presse a pris conscience de la valeur des blogueurs, et de l’intérêt qu’ils présentent pour elle. Depuis 2015, le magazine As you like (renommé en 2017 Ohmymag) fait la part belle aux contenus des blogs, et propose des conseils cuisine, mode, beauté, lifestyle émanant de la blogosphère. Le magazine Geo créé sa propre plateforme, Geo Blogs, qui est un agrégateur de contenus bloguesques, et met régulièrement un blogueur en valeur dans le magazine. Le groupe allemand Burda, éditeur de nombre de magazines de cuisine, utilise très régulièrement les recettes et les photos des blogueuses food ; la rédactrice en chef de Burda Home, Gabriele Mühlen, explique que la collaboration avec les influenceurs est devenue un pilier de la création de contenu du groupe.

    Les défis à relever pour qu’influenceurs et médias collaborent efficacement

    Toutefois, on observe que les médias traditionnels ont parfois du mal à exploiter tout le potentiel des blogs, et qu’il faut encore apprendre à éviter certains dangers.

    • Beaucoup de médias ont du mal à utiliser les blogueurs autrement qu’en « one shot », c’est-à-dire, sur une occasion unique et non réitérée. Collaborer efficacement avec un blogueur de talent, ce n’est pas faire une fois un encadré sur lui, lui accorder une interview ou une opération unique du type « Visiter Lyon avec la blogueuse lyonnaise XXX », c’est lui proposer de créer régulièrement du contenu, lui acheter ses photos ou lui faire régulièrement tenir la plume. Il faut intégrer les blogueurs au monde des médias, et normaliser la relation avec eux: ne pas les considérer comme des curiosités qu’on expose une fois avant de les ranger dans leur boîte, mais utiliser leurs compétences réelles en les faisant travailler sur le long terme.

     

    • Certains médias ont du mal à rémunérer les blogueurs. Ils prétendent ne pas avoir de budget. Ils savent que les blogueurs sont avides de collaborations avec la presse, car elle leur confère l’aura de la légitimité, et ils comptent sur le fait que le blogueur sera tellement heureux et honoré de cette mise en valeur qu’il renoncera à une rémunération, acceptant d’être payé en « visibilité » et en baume pour l’ego. C’est profondément injuste, car le blogueur est un indépendant qui a investi seul et sans le soutien d’une entreprise dans un matériel photo et vidéo de grande qualité, qui a payé son voyage, et consacré beaucoup de temps et d’énergie dans la création de ce contenu qui a su séduire le média intéressé. De plus, cela met en danger les photographes et vidéastes traditionnels, et instaure un climat de prédation sur les contenus et de dévalorisation du travail. Si les médias veulent continuer à disposer de contenus de qualité, ils ne doivent pas participer à la destruction de ceux qui les créent. La règle d’or devrait être : s’il y a cession de contenu, il y a rémunération.
    • Certains médias ont du mal à exploiter tout le potentiel créatif des blogueurs, bien qu’ils affirment faire appel à eux justement pour insuffler du sang neuf et proposer un renouveau. Si vous faites appel à un blogueur, mais que vous lui demandez de respecter scrupuleusement le ton, le format, l’organisation traditionnelle de la rubrique, et qu’il fait in fine exactement le même travail que les journalistes maison, vous ne l’avez peut-être pas utilisé au maximum de son potentiel. Pour faire entrer la « bouffée d’air », il faut accepter d’ouvrir un petit peu la fenêtre.

    Au-delà du phénomène de mode, l’évolution profonde du milieu

    Si on l’enferme dans son bocal et le maintient en milieu fermé, le phénomène des blogueurs et influenceurs va s’essouffler : les mutations profondes des réseaux sociaux (mutations de l’algorithme de Facebook et Instagram, changements de monétisation sur YouTube), la plus grande vigilance du public lassé des subterfuges publicitaires, la surmultiplication des prétendants, va rendre le métier d’influenceur professionnel toujours plus difficile. Cette bulle va éclater, et a déjà commencé. Peut-être pourrons-nous enfin arrêter avec cette course aux chiffres, aux faux followers, aux statistiques gonflées. Peut-être que les blogueurs qui résisteront seront ceux qui s’illustrent par la qualité de leur travail, l’authenticité et la pérennité de leur communauté, et qu’on comprendra enfin qu’il vaut mieux travailler avec un blogueur doté d’une petite communauté ultra engagée et bien ciblée qu’avec une grosse machine à brasser du vide, dont l’investissement est minimal et l’influence massacrée par une mécanique publicitaire répétitive et sans âme. Les influenceurs continueront à faire partie du paysage, mais je prédis que l’époque des ponts d’or offerts aux illusionnistes touche à sa fin.  Peut-être doit-on considérer ce phénomène comme une mutation profonde du milieu du marketing, de la promotion touristique, et de la presse. En ce sens, je prédis un bel avenir aux créateurs de contenu prêts à saisir ces opportunités et à utiliser leurs compétences pour accompagner et précipiter ces bouleversements. N’enterrez pas tout de suite les influenceurs : ils sont déjà parmi vous.

    Et vous ? Qu’en pensez-vous ?

    Ce texte est issu de mon intervention à la VZB (Verband der Zeitschriftenverlage in Bayern) à Munich le 23.11.2017, qui m’a invitée à parler des relations entre presse et influenceurs. Il a été enrichi par les discussions avec les autres intervenants.

  • Les villages féeriques du Nord Aveyron

    Si quelqu’un ignore encore combien la France est belle, je lui prescris immédiatement un voyage à la découverte du nord Aveyron. C’est ici le pays de Cendrillon et de Peau d’Âne. Un chapelet de villages beaux comme les enluminures des vieux grimoires, de Conques à Espalion, de Saint Côme d’Olt à Salles-la-Source, de Bozouls à Estaing, dessine ici un pays magique à la beauté jalousement préservée à travers les siècles. Difficile de vous dire combien j’ai été éblouie par ces merveilles architecturales, par ce patrimoine médiéval au bord de l’eau qui vous fait aimer follement la France et ses légendes. L’Aveyron a définitivement conquis mon cœur, et je vais vous le faire aimer à votre tour.

    Que voir dans le Nord Aveyron ? Les plus beaux villages d'Aveyron, Conques, le canyon de Bozouls, Salles la Source, Espalion... Voyage en Aveyron.
    Salles la Source.
    Que voir dans le Nord Aveyron ? Les plus beaux villages d'Aveyron, Conques, le canyon de Bozouls, Salles la Source, Espalion... Voyage en Aveyron.
    Conques

    L’addiction au voyage en Aveyron

    Revenir en Aveyron, j’en rêvais depuis juin dernier. J’étais alors partie à la découverte des merveilles du Sud de l’Aveyron, et j’étais revenue en état de transe. Je commençais toutes les conversations par « tu connais l’Aveyron ? », il ne me fallait surtout pas me demander comment j’allais, sinon je dégainais direct la Dourbie et le Larzac, et j’expliquais à d’innocents inconnus que le grand chef d’œuvre du XXIe siècle, c’était le viaduc de Millau, et qu’un jour on y ferait un pèlerinage comme à Notre Dame ou à la Tour Eiffel.  On aurait dit que j’avais épousé le chaos rocheux de Montpellier le Vieux ou le kayak sur le Tarn. Bref, j’étais incurablement dingue de l’Aveyron, et je n’avais qu’une obsession : y retourner pour voir cette fois le nord du département, les pays du Rouergue et de l’Aubrac. Mais pourquoi l’Aveyron avait su me fasciner à ce point ?

    Que voir dans le Nord Aveyron ? Les plus beaux villages d'Aveyron, Conques, le canyon de Bozouls, Salles la Source, Espalion... Voyage en Aveyron.
    Dans les forêts aveyronnaises.

    Liberté, égalité, Aveyron : un nectar de France

    Imaginez que vous vouliez révéler l’âme de la France à un étranger en quelques jours, où l’emmèneriez-vous ? J’ai ma réponse : j’irais en Aveyron. Chaque image, chaque sensation, chaque conversation revêtait une étrange nature éminemment française, et je n’avais jamais eu la sensation d’un lieu qui incarnait tellement bien tout ce qui fait que le monde aime notre pays. Non pas parce que tout le monde se baladait avec des baguettes, des bérets et des coqs (les Aveyronnais sont des gens normaux, promis), mais parce que c’était un équilibre subtil entre l’authenticité et la modernité, la fierté d’être soi et l’ouverture vers l’autre. Au premier regard, on découvrait la beauté séculaire des villages anciens, intacts depuis le Moyen-Âge, on voyait les moutons et les vaches dans les champs, emblèmes d’une ruralité fière de ses traditions. Et pourtant, on ressentait aussi l’audace de la modernité, une très grande technicité dans l’agriculture et l’artisanat, une création architecturale à l’avant-garde du nouveau millénaire à Millau, et une culture en éveil, attentive au monde.  Tous les restaurants servaient des produits locaux, produits dans un rayon de cent kilomètres. Chaque Aveyronnais était l’ambassadeur de son pays et en parlait avec une immense fierté. Chacun inventait des projets audacieux pour concilier l’héritage des siècles passés et l’exigence de renouveau. Fidèles à la vieille devise viscontienne (« il faut que tout change pour que rien ne change »), ils se battaient pour introduire les innovations nécessaires à la préservation de leur culture et leur mode de vie. L’Aveyron était beau et inspirant. Il fallait que je revienne. Et c’est par un bel automne coloré que j’ai repris les chemins des Cévennes, et rejoint la région qui va de Rodez à Laguiole, le nord aveyronnais.

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    Bozouls, une des perles du nord aveyronnais

     

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    Le château d’Estaing

    Nord Aveyron, qui es-tu ?

    Aux portes du Massif central

    L’Aveyron est un carrefour culturel entre le midi, l’ouest et le Massif central. Si j’avais perçu très fort l’influence de Montpellier et du midi dans le sud Aveyron, j’ai cette fois ressenti que le centre de gravité tirait la région vers le nord, vers l’Auvergne. Les premières stations de ski me prouvaient que j’entrais dans le Massif central, le vieux cœur paisible de France. Les chênes cédaient le terrain aux sapins et aux mélèzes, la température descendait avec l’altitude. Les pierres avaient changé, les formes des maisons aussi. Ici l’ardoise recouvrait les toits et donnait aux villages sa brillance capricieuse, les clochers et les tourelles avaient ce noir de merle qu’aucun brouillard n’éteint jamais vraiment. Au sud de l’Aveyron les ovins, au nord les bovins : plus de moutons du Larzac ici, mais de magnifiques vaches de moyenne montagne au milieu de paysages âpres et solennels qui me rappelaient l’Ecosse. Tout au nord de l’Aveyron, j’étais déjà aux portes du Cantal, et je sentais combien je m’étais éloignée de mon midi natal.

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    Au coeur de l’Aubrac
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    Toit d’ardoise

    Le pays des prêtres et des pèlerins

    Mais le Nord Aveyron, c’est d’abord et surtout le pays de Compostelle. Un des quatre grands chemins français, la Via Podiensis (celle qui part du Puy-en-Velay), passe par Saint-Côme-d’Olt, Espalion, Estaing et la sublime Conques. Je ne le savais pas en arrivant, mais je l’ai découvert dès la première heure. Je suis arrivée à Conques, et un prêtre souriant m’a approchée en me demandant « Qu’est-ce qui vous amène ici, mon enfant ? ». Choc intense, catapultage des siècles, j’étais complètement désarçonnée : je croyais qu’on ne parlait comme ça que dans les films. J’ai commencé par lui dire « Bonjour Monsieur », je me suis miraculeusement souvenue qu’on ne disait pas Monsieur à un prêtre, j’ai repris « Bonjour mon père » et il m’a donné du « ma fille », j’étais dans un autre monde. Je n’avais jamais vécu une ambiance pareille. Partout, des pèlerins cheminaient, coquillage sur leur bâton ou leur sac à dos, venaient solliciter la bénédiction des prêtres ou se recueillir dans la sublime abbaye. J’étais revenue au cœur du Moyen-Âge doré, gorgé de foi et de miracles, et j’avais un sentiment d’irréalité totale. Personne ne m’avait dit que j’allais entrer dans un roman de Victor Hugo, et j’adorais cette sensation de bascule dans le mythe. Il faut aussi dire que c’était un grand changement par rapport au Larzac, « dernière réserve naturelle de gauchistes en France », ou vous avez plus de chances de croiser un zadiste qu’un curé – oui, on avait définitivement changé d’ambiance. Dans tous les villages, même ceux qui ne figuraient pas « officiellement » sur le tracé, je croisais des pèlerins, chaussures usées, regard profond, démarche assurée, cheminant vers le Sud-Ouest. Les saints étaient à l’écoute. Moi qui ne suis pas vraiment chrétienne, je me suis signée en entrant dans chaque église, tellement cette atmosphère de recueillement tranquille me touchait et m’émeuvait. (Et parce que le prêtre me regardait, aussi.) Mais je vous arrête tout de suite : le chemin de Saint Jacques, moi je veux bien le faire… en bagnole. Y a des limites à ma piété toute neuve, et aux ampoules sur mes orteils.

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    Sur le chemin de Compostelle
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    Prêtre devant le tympan de l’abbatiale de Conques

    Le pays des perles sur rivière

    Entre deux chaînes de montagne, l’Aubrac au nord et les Causses au sud, coulaient les vallées du Lot et du Dourdou, comme un répit verdoyant entre les mondes minéraux. Affluent de la Garonne, le Lot, à qui certains villages donnent encore le vieux nom occitan d’« Olt »(Saint Côme d’Olt…), semblait charrier les merveilles. Sur ces fleuves, je jouais à la marelle de village sublime en village sublime, le long de ces cours d’eau où les hommes amassent les richesses et édifient les cathédrales depuis la nuit des temps. Ce sont des circuits touristiques d’une beauté rare, une carte postale grandeur nature de la France éternelle. Mais d’autres rivières plus secrètes, comme le Créneau qui traverse Salles-la-Source, ou le Dourdou qui sculpte le canyon de Bozouls, m’enchantaient au plus haut point par leur caractère capricieux et mystérieux. Le Nord Aveyron, c’est le pays de l’eau qui se faufile, des sources miraculeuses, des méandres et des reflets, et il est facile de peupler ses puits d’ondines.

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    Espalion
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    Estaing
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    Saint Geniez d’Olt

    Les plus beaux villages du Nord Aveyron

    C’est par mes quatre grands coups de cœur que je commencerai cet article, mes éblouissements : Salles-la-Source, Conques, Bozouls et Estaing. Mais en vérité, les autres mériteraient tout autant mon élection. J’y ai simplement passé moins de temps, trop éparpillée par les multiples beautés du nord Aveyron, mais j’espère que mes photos vous convaincront de leur consacrer plus de temps. Nous passerons donc ensuite plus rapidement à Espalion, Saint Côme d’Olt, Sainte Eulalie d’Olt et Saint Geniez d’Olt.

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    Saint Côme d’Olt

    Salles-la-Source, le pays des ondines

    Il n’était pas prévu que je m’arrête à Salles-la-Source : mon programme devait me conduire directement à Conques, ce matin-là. J’avais traversé des vallées remplies de brume épaisse, dans une ambiance ourlée comme un capuchon de vieux moine. Soudain le soleil a traversé les nappes grises, et au détour d’un virage, j’ai vu un village apparaître, avec une cascade en son cœur. J’ai su immédiatement que je devais m’arrêter à Salles-la-Source : je n’avais jamais vu ça de ma vie. Le village était divisé en deux parties, en bas un bourg environné de forêts dont les tours carrées me faisaient terriblement penser à une illustration XVIIe d’un livre de Perrault, et en haut la source, bondissante, magnifique, comme un javelot au cœur du village. Au-dessus de la source, des habitations troglodytes et d’étranges terrasses venaient habiter la roche imbibée d’eau calcaire, ouvragée par l’érosion. C’était une vision d’une poésie parfaite.
    J’ai lu que les habitants s’étaient battus pour sauver la cascade, menacée par l’exploitation hydroélectrique, arguant la beauté patrimoniale du site. En arrivant à Salles, je n’ai pu que leur donner raison : cette cascade au cœur du village est un spectacle magique, une vision rare.

    Salles la Source
    Salles la Source
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    Salles la Source
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    Salles la Source
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    Salles la Source
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    Salles la Source
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    En me promenant le bourg, je suis tombée sur un mélomane au sourire contagieux, qui écoutait Bach fenêtres ouvertes au milieu des vignes grimpantes. Kamel, c’est son nom, est un inventeur et un artiste, installé à Salles-la-Source depuis vingt-cinq ans. Il m’a dit à quel point il aimait ce territoire aveyronnais, le bouillonnement d’énergie créative, tous les projets innovants qui couvaient sous l’allure paisible du petit village. Il m’a permis de lui tirer le portrait, et j’adore cette photo souvenir.

    Salles la Source
    Kamel Smaïn, à Salles la Source

    Conques, l’éblouissement mystique

    « Conques ». Le nom me faisait penser à celui d’un coquillage, concha en latin, et j’imaginais les pèlerins de Compostelle, avec leur Saint Jacques au cou, donnant leur nom au village qu’ils traversaient. En réalité, la confluence de deux rivières, le Dourdou et l’Ouche, formait ici une forme de coquille, d’où le nom donné au site par Louis le Pieux : Conques, coquillage en ancien français. Mais au fond, peu importe : il reste ce beau nom, Conques, un nom clair et désaltérant comme la torsade marine, un nom de trésor exhumé du fond des âges. Conques, Concas en occitan, promesse de perle au cœur de l’huître. Je sais que beaucoup de villages se targuent d’être « les plus beaux de France » et que notre pays regorge de joyaux, mais sincèrement, je connais peu de villages qui atteignent le niveau d’éblouissement que suscite Conques. (J’accepte comme concurrents Gordes, Cordes sur Ciel et le Mont Saint Michel, autant dire qu’on est dans du high level.) Conques, c’est sans aucun doute une des plus belles stations du Chemin de Compostelle, et elle a toute la collection de badges Pokémon pour le prouver : Patrimoine mondial de l’UNESCO, Grand Site de France, Plus beaux villages de France, tout ce qu’il faut pour vous convaincre que c’est un incontournable absolu.
    La beauté du site est exceptionnelle. Lové entre la rivière et les collines, véritablement recroquevillé dans sa coquille de pierre, le village est projeté dans une verticalité gracieuse par les tours de la mythique abbaye Sainte Foy. Son tympan saisissant, figure du jugement dernier, de la damnation des mauvais et de l’élection des justes, est un chef-d’œuvre de l’architecture romane. C’est ici que sont conservées les reliques de la jeune martyre d’Agen, Sainte Foy, faisant de la belle abbaye un des plus grands centres de pèlerinage du Moyen-Âge. Au XIe siècle, la puissance de l’abbaye et de ses reliques s’étendait jsuqu’au fin fond des déserts espagnols et des tourbières germaniques.

    Conques
    Conques
    Conques
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    Conques
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    Conques
    Détail du tympan
    Sublimes vitraux par Pierre Soulages
    Conques
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    Le trésor de l’abbatiale est considéré comme la plus belle collection d’orfèvrerie médiévale de France, avec des pièces d’une valeur inestimable, forgées du IXe au XIVe siècle, époque d’apogée de Conques – la pièce majeure est bien évidemment le reliquaire en majesté de Sainte Foy, en bois d’if recouvert d’or, avec son étrange regard bleu perçant. Conques, c’est le Moyen-Âge dans ce qu’il a de plus éblouissant, l’architecture, la sculpture et l’orfèvrerie en majesté, jalousement préservées depuis des siècles dans ce lieu hors du monde. Prosper Mérimée aurait pleuré d’émotion en découvrant le trésor en 1837, disant qu’il n’était « nullement préparé à trouver tant de richesse dans un pareil désert » (désert, faut pas exagérer, sois poli Prosper steuplé). Moi, je me suis demandé si sa Vénus d’Ille n’avait pas emprunté à Sainte Foy son regard marmoréen et meurtrier – les yeux de la statue m’ont hantée. J’ai lu ensuite que le visage de la statue avait probablement été volé à la dépouille mortuaire d’un empereur romain : il s’agirait d’un masque funéraire…

    Conques
    La pièce dite « le A de Charlemagne »
    Conques
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    Conques
    Le visage de la sainte

    En arrivant à Conques, j’ai vu l’Auberge Saint Jacques en face de l’abbaye, son pèlerin en bois sculpté à l’entrée et sa terrasse avec vue imprenable sur l’église, et je me suis dit « j’aimerais bien manger là ». Bonne surprise de blogueuse, ça tombait très bien car mon programme m’y envoyait, et je n’ai pas été déçue. La terrasse ensoleillée était idyllique, et le repas aussi typique, local et bon que je l’espérais. Sachez que c’est aussi un joli hôtel aux tarifs abordables.

    L’auberge sur la gauche.

    Mais t’as pas vu Bozouls ?! Le canyon de Bozouls, bientôt incontournable
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    Bozouls, jamais entendu parler j’imagine, sauf si vous êtes Aveyronnais (veinard) ? Vous avez tort. Bozouls, c’est the next thing to be, une merveille touristique en pleine ascension. Un jour dans les cours de récré, les gamins crâneront en disant qu’ils ont vu le canyon de Bozouls pendant l’été, et ils se moqueront de leurs petits camarades, en leur disant « toi tes parents t’ont même pas emmené à Bozouls, t’es vraiment un gros boloss » (ou l’insulte équivalente dans le langage du futur. A mon époque on disait loser). Mais alors, qu’est-ce qu’il y a à Bozouls ? Dit comme ça, je ne vais pas vous faire rêver : un trou. Oui, en Aveyron, on parle du « trou de Bozouls ». Mais moi je vous dis, amis Aveyronnais, faut vraiment revoir votre nomenclature touristique, parce que ce n’est pas un trou, et on devrait bien plutôt parler de canyon de Bozouls. Vous voyez Horseshoe Bend en Arizona ? Bozouls, c’est pareil : un fabuleux méandre en fer à cheval creusé par le Dourdou dans la roche du Causse Comtal, dessinant une magnifique gorge en forme d’omega. J’ai vraiment regretté de ne pas avoir sous la main mon drone pour prendre une photo aérienne du canyon – si vous êtes droniste, ne loupez pas ça, c’est une vision hallucinante, et je rêve de le faire en montgolfière.

    Bozouls
    J’ai été obligée de piquer cette vue aérienne à la mairie de Bozouls pour vous montrer.
    Bozouls
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    Bozouls
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    Bozouls
    Un petit panorama à peine biscornu.

    Bon, une gorge en fer à cheval, c’est tout ? NON. Le caractère exceptionnel et hallucinant de Bozouls va au-delà de la géologie brute : imaginez maintenant qu’on ait construit un village sur les bords de Horseshoe Bend, et une église au milieu. Bozouls, c’est l’alliance sidérante de la merveille naturelle et de la prouesse architecturale. Le village est au bord du canyon, surplombant le vide, comme un conte de fées suspendu aux caprices de la gravité, mais aussi au cœur du canyon, sur un îlot de part et d’autre de la rivière. C’est une des choses les plus étonnantes que j’ai vues, un site exceptionnel qui ne ressemble à aucun autre et qui m’a complètement fascinée.

    Bozouls
    Maisons au dessus de la gorge

    Alors, que faire à Bozouls ?

    Beaucoup de choses, et vous pouvez sans problème passer une journée et une nuit à Bozouls sans vous ennuyer.

    • Vous garer dans le cœur de ville, et avancer sur l’esplanade qui a été construite avec vue sur le canyon à côté de la mairie et des commerces. La municipalité de Bozouls a fait de fabuleux efforts de mise en valeur touristique, et la ville est prête à accueillir ses visiteurs dans les règles de l’art. L’esplanade offre une vue fabuleuse sur le canyon, et se prolonge sur une très jolie rue circulaire aux maisons coquettes, qui invite à vous balader en surplomb du trou.

     

    • Randonner dans le canyon. C’est un poumon vert, un environnement préservé qui invite à la découverte en famille. La rivière est redevenue si propre que les truites et les loutres sont revenues (je n’ai pas vu de loutres, hélas !), et le calme bucolique du lieu est assuré par l’entretien écologique du site : chèvres, ânes et lamas assurent le débroussaillage des parois. Du coup, vos gamins auront un tour à la ferme en prime.

     

    Bozouls
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    Bozouls
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    Bozouls
    Au dessus du Dourdou
    Bozouls
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    • Visiter l’église Sainte Fauste, au cœur du canyon. Cette église est un chemin alternatif de Compostelle, pleine d’histoire, de secrets et… de chauve-souris : dans ce village décidemment ami des animaux, on a décidé d’offrir le clocher en refuge aux créatures ailées, ce qui me réjouit au plus haut point. L’église est fascinante avec ses chapelles latérales au-dessus du vide, ses arcs qui semblent s’appuyer sur l’air lui-même. Et à ses pieds, vous trouverez un ravissant jardin où pique-niquer sur l’herbe.

     

    Bozouls
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    • Visiter le musée géologique Terra Memoria. Dans un endroit aussi spectaculaire et unique que Bozouls, il était normal que la tectonique des plaques, l’histoire du magma et des couches terrestres, soit à l’honneur. Et en bonus de cette passionnant virée géologique, vous aurez une plate-forme avec vue imprenable sur le canyon.

     

    • Un vol en montgolfière au-dessus du canyon. Bon, contrairement à toutes les activités précédentes, ça n’est pas donné : 220 euros par adulte, 150 par enfant avec la société Les Montgolfières à Bozouls. Mais ça m’a l’air de valoir tellement le coup de s’envoler en montgolfière au-dessus du méandre dans le soleil levant… (C’est pareil qu’à Bagan en Birmanie, sauf qu’à Bozouls on ne massacre pas de minorité persécutée et on ne soutient pas un régime sanguinaire. Aveyron, tu gagnes ce match haut la main.) J’imagine la vue sublime sur toute la gorge du Dourdou et le village féerique, et je rêve de faire ça.

     

    Un resto fabuleux sur le canyon de Bozouls : le Belvédère

    C’est mon plus beau souvenir gastronomique en Aveyron à ce jour. L’Aveyron est vraiment une terre de saveurs et de cuisine authentique : je vous l’ai dit, je n’ai pas mangé dans un seul restaurant qui ne soit pas engagé dans une démarche locale militante, et qui ne tienne pas à proposer des produits du terroir. C’est quelque chose qui m’a vraiment marquée là-bas : ce pays affirme fièrement sa différence, son identité culinaire. En Aveyron, on ne mange pas comme partout ailleurs, on célèbre un terroir, des traditions, une culture paysanne exigeante. De grands chefs comme Michel Bras à Laguiole ont éduqué toute une génération de chefs à cette cuisine qui allie à la simplicité de l’approvisionnement local un très grand raffinement : on cuisine avec délicatesse et attention, pour révéler chacune des saveurs de produits exceptionnels. Le chef du Belvédère, Guillaume Viala, est un ancien élève de Michel Bras, et il marche dans les pas du maître en ayant déjà obtenu sa première étoile au Michelin. J’ai été complètement conquise par ce repas, qui a su conjuguer raffinement et originalité avec le respect du produit, dans le refus de toute prétention inutile, de toute course vaine au spectaculaire. (Je déteste la cuisine où on ne comprend ni ne reconnaît ce qu’on a dans l’assiette – quand on a des produits d’immense qualité, il faut les mettre en valeur sans les défigurer.)
    Dès l’arrivée dans cette grande salle claire et chaleureuse avec vue majestueuse sur le canyon, on se sent bien. Christine Viala a aménagé le restaurant avec beaucoup de goût et de convivialité, et parle avec passion de sa carte des vins originale et passionnée. Le repas est exquis et régale sans alourdir, et on se sent entre de bonnes mains de bout en bout. C’est vraiment une belle expérience gastronomique, à la rencontre d’un terroir qui vaut le détour.
    Le Belvédère est aussi un hôtel ; je ne l’ai pas testé, mais je serais prête à parier que c’est merveilleusement romantique et beau aussi, étant donné la beauté de la décoration du restaurant et la qualité des prestations. Les chambres ont vue sur le canyon. J’adorerais y revenir un jour.

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    Une autre belle table à Bozouls : La Route d’Argent

    C’est simple : Bozouls est une superbe destination gastronomique. Mon deuxième repas à Bozouls a été à La Route d’Argent, l’autre restaurant par lequel les voyageurs adorent faire un crochet en Aveyron. C’est un restaurant de qualité qui a su se faire une solide réputation au fil des ans – tout le monde m’en a dit du bien – et garder le cap qu’il s’était fixé : les produits régionaux, le respect des saisons, les spécialités aveyronnaises cuisinées avec subtilité. J’y ai mangé le meilleur aligot de mon séjour. Les tarifs sont très abordables, à partir de 20 euros pour le menu : c’est une excellente adresse pour se faire plaisir et découvrir la cuisine aveyronnaise sans grever son budget. Le rapport qualité-prix est impressionnant, car c’est de la vraie cuisine maison préparée avec de bons produits et beaucoup de soin.
    C’est aussi un hôtel propre et confortable, à partir de 52 euros la nuit. Un bon plan à retenir pour intégrer Bozouls aux vacances en famille.

    Maintenant, vous savez tout sur Bozouls, en solo, en couple ou en famille, pour tous les budgets, alors plus d’excuse : il faut voir Bozouls avant que le monde entier se l’arrache ! que faireà bozouls où manger à bozouls blog bozouls

    Estaing, son château et son pont magiques

    J’entre ici dans la collection des merveilleux villages aveyronnais sur le Lot. Si je les ai tous adorés, Estaing a été mon coup de cœur. J’aime les ambiances à la Belle et la Bête, les endroits où tu ne serais pas étonné de voir les citrouilles se faire carrosse et les petites cuillers danser le french cancan, et Estaing mériterait de figurer dans un Disney. Dès l’arrivée, je suis éblouie par ce beau pont gothique du XVe siècle, avec ses arches qui enjambent le fleuve, et son Saint qui veille sur les pèlerins. Nous sommes de retour sur les chemins de Compostelle, et la croix se reflète dans les eaux. L’église d’Estaing, Saint Fleuret, m’a enchantée avec son climat de ferveur chaleureuse. Le château, emblème de la ville, la plonge dans une atmosphère de conte de fées avec ses hautes tours coiffées d’ardoise. Il héberge aujourd’hui un musée sur l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing – j’avoue ne pas avoir pris le temps de le visiter, trop impatiente de continuer mon périple avant que le soleil se couche.

    Estaing
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    Estaing
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    Estaing
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    Estaing
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    Estaing
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    Espalion, façades superbes sur le Lot

    Contrairement à Conques et Estaing, qui sont de petits villages bijoux dont la perfection touristique n’est entachée par rien, Espalion est une vraie ville, plus active et plus étendue. Bien sûr, la carte postale est du coup moins impeccable (je n’ai pas retrouvé à Espalion la sensation d’entrer dans un conte de fées, que j’avais ressentie à Conques et Estaing), mais en même temps, il faut aussi que les gens vivent, travaillent, fassent bouger le territoire, et Espalion a la caractéristique intéressante d’allier un vrai dynamisme à un cœur de ville sublime et riche en monuments. Le lieu incontournable où faire une promenade au soleil couchant, ce sont les deux ponts sur le Lot, dont le merveilleux Pont-Vieux médiéval en pierre rose, inscrit au patrimoine de l’UNESCO. Les façades d’anciennes tanneries se reflètent dans la rivière, avec leurs colombages et encorbellements, et c’est un régal visuel – j’ai adoré ce vieux cœur de ville autour du Lot.
    J’ai un grand regret à Espalion : être arrivée trop tard pour visiter le Musée du Scaphandre, qui est situé dans une sublime église avec beffroi, Saint Jean Baptiste, et nourrit tout mon imaginaire steampunk avec son évocation rétro et futuriste des aventuriers des profondeurs. Les scaphandriers m’ont toujours fascinée et terrifiée à la fois, et je découvre qu’ils ont été inventés à Espalin en 1860. Dans le même bâtiment se trouve le musée Joseph Vaylet, grand défenseur de la culture occitane, Majoral du mythique Félibrige. Si vous y êtes allé, racontez-moi ?

     

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    Espalion
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    Espalion
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    Espalion
    Le pont médiéval
    Que voir dans le Nord Aveyron ? Les plus beaux villages d'Aveyron, Conques, le canyon de Bozouls, Salles la Source, Espalion, Estaing... Voyage en Aveyron.
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     Saint Côme d’Olt et son clocher tors

    Je voulais passer à Saint Côme d’Olt (=Lot, vous avez compris, l’occitan pratique l’anagramme) pour une curiosité architecturale qui m’intriguait : le clocher tors. Il s’agit d’une performance technique audacieuse, où le clocher est bâti selon un plan hélicoïdal qui donne l’impression qu’il tournoie, qu’il est tordu. J’adore l’autre terme officiel pour le décrire : « clocher flammé ». L’effet est fabuleux – on imagine bien la flamme s’emparant de l’église, dans un miroitement d’ardoise. Mais j’ai découvert que Saint Côme d’Olt avait bien plus à offrir : c’est là encore un « village bijou », merveilleusement conservé dans son apparence médiévale, avec cœur de ville étroits, remparts et tours majestueuses, inscrit aux Plus beaux villages de France. Certains pans du tissu urbain sont vieux de six siècles. La vue sur le village depuis sur le pont au-dessus du Lot est superbe, et j’ai été éblouie non seulement par le clocher, mais par les portes Renaissance de l’église, une œuvre d’art superbe. Vous l’aurez deviné, nous sommes là encore sur la mythique Via Podiensis. Aveyron, tu as tellement de beaux villages qu’on ne parvient plus à leur rendre justice : Saint Côme d’Olt aurait mérité que je m’y attarde.

    SAINT CÖME D'olt
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    Sainte Eulalie d’Olt, village de poupée

    Sainte Eulalie d’Olt est ma jolie surprise, l’endroit où je n’avais pas prévu de m’arrêter, mais à qui je n’ai pas su résister. Depuis la route, Sainte Eulalie ressemblait à un village de poupées, avec ses tourelles au milieu d’une prairie verdoyante. Et hop, encore un village inscrit aux Plus beaux villages de France, encore une merveille… et à ce stade mon chauvinisme provençal a commencé à trembler. J’avais toujours cru que les Plus beaux villages de France étaient concentrés en PACA, que ma Provence était sur la plus haute marche du podium. Mais je n’avais jamais vérifié…
    Et je n’aurais pas dû, mes amis, car maintenant la vérité s’est révélée à moi et je ne peux plus ignorer la douloureuse réalité. 44 en Occitanie. Quarante-quatre Plus beaux villages de France en Occitanie. C’est même plus la médaille d’or, là, c’est la pulvérisation méthodique des adversaires. Aucune autre région française ne peut rivaliser, l’Occitanie a pété les dents de tout le monde. Aveyron, Tarn, Lozère, Tarn et Garonne, Hérault, Gers… ils écrasent tout. La Provençale que je suis est humiliée.
    Il faut que vous sachiez que depuis le Roi René, les Provençaux ont un petit complexe de supériorité sur leurs voisins de l’Ouest, et considèrent qu’ils sont la place forte du midi authentique. Mais je dois bien reconnaître que je suis ébranlée dans mon chauvinisme. Tant de beauté, de richesse, d’histoire… j’ai rarement (= jamais) eu le sentiment d’une telle perfection villageoise que durant ce séjour dans le nord Aveyron. Je crois que tu vas me revoir, Occitanie. Il faut que je vérifie si ta suprématie est méritée, je n’ai pas le choix. Vous avez vu comme l’Aveyron ébranle mes certitudes existentielles les plus profondes.
    Bon, et Sainte Eulalie d’Olt, alors ? Ben c’est magnifique, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise. C’est fabuleusement pittoresque et fleuri, la rivière coule sous les vieux murs et tout est beau comme dans un décor de film. Je ronchonne, mais j’admets.

    Sainte Eulalie d'OLT
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    Saint-Geniez-d’Olt, une dernière étape sur le Lot

    Il n’a pas son inscription au « Plus beaux villages de France » (ouf, je suis soulagée, faut arrêter à un moment l’Aveyron !), mais j’avoue que c’est ravissant quand même, notamment les places très 3e République sous les platanes, et les maisons sur le Lot. J’ai su après que j’aurais dû aller visiter le beau couvent des Augustins et son cloître gothique. C’est au bord du fleuve que je me suis arrêtée pour un dernier pique-nique aveyronnais avant de rentrer sur Aix. Je suis allée me poser sur un banc au soleil, près des arches du pont, et j’admirais la beauté des maisons posées sur le fleuve. C’était beau, apaisant. C’était l’Aveyron : un petit morceau de France parfaite. Et je n’avais plus envie de partir.

    saint géniez d'olt
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    Dans le prochain épisode, je vous emmènerai dans les monts de l’Aubrac, au milieu des vaches et des sapins, à la recherche du cerf dans les bois, à la rencontre des couteaux et des fromages de Laguiole, et à la découverte du sublime village d’Aubrac. Inscrivez-vous à la newsletter pour ne pas manquer la fin du périple nord-aveyronnais ?

    Merci infiniment au CDT de l’Aveyron, et notamment à Jackie Bru, de m’avoir permis de revenir dans votre pays magique avec un programme de toute beauté qui correspondait à toutes mes envies et me laissait beaucoup de liberté. Un immense merci à Jean-Luc Calmelly, maire de Bozouls, d’avoir pris le temps de me faire découvrir sa commune magnifique – son engagement sincère et passionné m’a beaucoup touchée. J’ai tellement hâte de revenir en Aveyron en avril pour le Salon des blogueurs de voyage WAT18 à Millau. J’ai été émerveillée, et l’Aveyron est profondément entré dans mon cœur.

     

    Les plus beaux villages de France sont au nord de l'Aveyron ! Découvrez #Conques, #Estaing, #Espalion.... #aveyron #occitanie #france #voyage
    Epinglez moi ?

     

  • Le plus beau coucher de soleil de France

    La Camargue. Là où le ciel infini s’offre aux regards sans aucun obstacle, où les miroitements des étangs décuplent les rouges et les ors. Chaque fois que je viens ici, la journée s’achève en apothéose, et je me dis que les couchers de soleil sont vraiment plus intenses et spectaculaires qu’ailleurs. Je voudrais évoquer trois lieux magiques où admirer le coucher du soleil en Camargue, pour goûter au vertige de l’immensité en couleurs – et photographier les flamants roses.
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    parc ornithologique camargue.
    Bienvenue au pays d’or et de rose.
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    Les dernières terres sauvages de France…

     

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    Cygnes et flamants roses

    De l’évaluation mathématique d’un coucher de soleil

    « Le plus beau coucher de soleil de France », c’est bien sûr éminemment subjectif. C’est l’embrasement de l’âme accordé à celui du ciel, et chacun voit crépuscule à sa porte. Si vous me rétorquiez que le plus beau de tous est à Biarritz, Paris ou Etretat, j’aurais du mal à vous contredire – les goûts et les couleurs du ciel, ça ne se discute pas. Mais la « sunset junkie » incorrigible que je suis a eu le bonheur d’en voir beaucoup, et la Camargue reste incomparable à mes yeux. C’est simple, j’y vais au moins quatre ou cinq fois dans l’année, et je n’ai encore JAMAIS eu un coucher de soleil décevant là-bas. Les teintes les plus vives et baroques, les incarnats, les cramoisis, les carmins, les pourpres, les ors, les ocres et les feux, c’est toujours en Camargue que je les ai vus se déverser dans le ciel. Afin de vous prouver le bien-fondé de ma passion dévorante pour notre petit bout du monde provençal, je vais donc tenter une démonstration mathématique de sa supériorité en matière de crépuscules.

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    Petit 1 : l’immensité et l’absence de relief. Partout à la ronde, aucun obstacle ne vient s’interposer entre le ciel et votre œil. La Camargue est le pays du ciel sans limite. Entre les deux bras du Rhône, c’est une terre d’étangs et de marais, de canaux et de roubines, une terre sablonneuse et plane. On ne trouve que deux bâtiments élevés dans tout le delta : le clocher de l’église des Saintes Maries, et le pigeonnier du Mas Cacharel. Partout ailleurs, c’est un infini entrelacs d’eau et de salicornes rouges, où les tamaris ont la décence de pousser bas pour ne pas obstruer l’azur, où aucun relief ne dissimule l’horizon à vos yeux. Le ciel à 360 degrés, à nu. Je crois qu’il est très rare de bénéficier d’un tel spectacle : même ailleurs en bord de mer, la vue n’est souvent dégagée que du côté du rivage, à 180° seulement. En Camargue, vous savourerez toutes les nuances du coucher, le rouge sanglant qui monte à l’Ouest, les teintes dorées au Sud et les mauves veloutés qui drapent l’Est d’une nuit précoce.

    Les plus beaux couchers de soleil de #France, ils sont en #Camargue. Où voir les flamants roses ? Les plus belles plages sauvages ? Je vous dis tout dans ce blog Camargue.
    Les joies de l’immensité – vers l’ouest, le feu.

     

    Où voir les flamants roses en Camargue ? Les plus beaux couchers de soleil ? Que voir en Camargue ? Blog photo #Camargue
    Vers l’Est, le mauve et le rose.

    Petit 2 : l’avantage aquatique. L’eau multiplie les reflets et renvoie au ciel mille fois son visage empourpré. La Camargue, c’est le jeu des hommes et de l’eau, le dessin des marais et des roubines, les étangs d’eau douce à quelques pas de la mer salée, les deux bras du Rhône qui l’enlacent, les entrées de mer sur les plages immenses. Le marquis de Baroncelli disait que la Camargue était l’Atlantide retrouvée, une île déjà à demi maritime à l’Ouest de la Provence. Dans ce territoire suspendu au milieu des flots, les miroitements décuplent la beauté du couchant.

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    Le pays des eaux immenses.

     

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    Beauté des reflets.

     

    ariane fornia photographe
    Making of : se sentir au milieu des eaux.

    Petit 3 : jouer la carte aviaire. Les oiseaux. Les eaux douces de la Camargue, la culture du riz, l’immense réserve naturelle du Vaccarès, ont su créer un terrain de jeu favorable aux flamants roses, aux hérons, aux aigrettes… Les couchers de soleil sont traversés d’ailes et de plumes, comme dans un documentaire animalier sur la savane africaine. En Camargue, on est tout près et déjà si loin…

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    Je vous autorise à chanter l’air du Roi Lion.

    Trois lieux où admirer le coucher de soleil en Camargue


    Au parc ornithologique du Pont de Gau

    Où photographier des flamants roses – meilleurs spots pour voir les flamants roses camargue

    C’est le plus bel endroit de France pour photographier des flamants roses. Situé sur la commune des Saintes Maries de la Mer, ce parc merveilleux est un immense havre de paix pour des dizaines d’espèces d’oiseaux. C’est un concentré de Camargue, un dédale d’étangs, de sansouïres, de roselières immenses où dansent les joncs, de petits sentiers que traversent des ragondins curieux.  J’y viens presque à chacune de mes visites en Camargue, et je suis émerveillée par cette immersion au cœur du monde aviaire. Les flamants roses sont à deux pas, et jouent, se chamaillent et s’ébattent sans crainte – c’est un régal.

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    flamant rose camargue
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    Infos pratiques : Le parc est ouvert tous les jours de 10h à 18h (mars à octobre) ou de 9h à 19h (avril à septembre). Vous pouvez rester après la fermeture dans le parc et sortir par les tourniquets, il vous faut juste être entré à temps. Le début de l’hiver (novembre-janvier) est vraiment la meilleure période pour les photographes. Les flamants roses font leur mue à l’automne, c’est pourquoi leurs couleurs sont beaucoup plus flamboyantes qu’en été : les plumes sont neuves, non délavées par le soleil. Et surtout, le coucher de soleil est beaucoup plus tôt, ce qui coïncide avec le nourrissage des oiseaux. Le parc nourrit les oiseaux tous les jours en fin d’après-midi (vers 16h en hiver, vers 17h30 en été).  Un petit exemple : le 21 juin, le coucher du soleil est à 21h30, ce qui signifie que les oiseaux auront mangé depuis longtemps (une partie sera repartie), et vous devrez attendre 2h30 dans le parc après la fermeture. Mais le 21 décembre, le coucher du soleil est à 17h10, ce qui signifie que vous assisterez au nourrissage des oiseaux en golden hour et que vous aurez le crépuscule dans la foulée. Le rêve pour les photographes – mes plus belles photos de flamants roses, je les fais toujours en novembre/décembre au pont de Gau.

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    Où voir les flamants roses en Camargue ? Les plus beaux couchers de soleil ? Que voir en Camargue ? Blog photo #Camargue
    Bienvenue au pays d’or et de rose.
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    Les plumes les plus vives sont sous les ailes.
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    Héron et ragondin au Pont de Gau
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    Au Mas Cacharel, l’hôtel mythique de Crin Blanc plus bel hôtel de Camargue, hôtel authentique en Camargue

    Le Mas Cacharel, je vous en ai longuement parlé dans mon guide complet de Camargue  : c’est un hôtel de légende, seul comme un îlot au cœur des étangs et des roseaux, où fut tourné le film Crin Blanc. C’est un véritable musée de la Camargue, et le lieu de rencontre des écrivains, des artistes et des cinéastes en quête d’un havre de paix depuis les années 1950. Sa situation est fabuleuse : vous êtes environné de chevaux et de flamants, au milieu des roselières. Les levers et les couchers de soleil sont d’une beauté presque mystique ici, avec la lumière qui s’accroche à l’étoile emblème de Cacharel, le tintement des sabots des chevaux sur le sol des marais, l’or qui se répand sur les joncs. Se réveiller à Cacharel, bercé par le chant des oiseaux et les clapotements des marais, c’est toujours la promesse d’une belle journée, et c’est ici que j’ai le bonheur de m’installer à chacun de mes séjours camarguais.

    Infos pratiques : Le Mas Cacharel est situé sur la commune des Saintes Maries de la Mer, à 5km du village, sur la route de Cacharel (à qui il a donné son nom). C’est un hôtel 3 étoiles avec piscine et manade de chevaux – les promenades sont réservées aux clients de l’hôtel, et les chevaux sont excellents. Les tarifs pour une nuit commencent à 138 euros. Attention, réservez impérativement sur le site de l’hôtel Cacharel lui-même et non via une plate-forme type Booking, le prix y est plus élevé.

    mas cacharel drone
    Le Mas Cacharel dans son écrin d’étangs.
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    Mas Cacharel Camargue
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    Cloche du mas Cacharel.
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    L’étoile emblème de Cacharel sur le mémorial dédié à Denys Colomb de Daunant (le créateur de Crin Blanc) par son fils Florian. Au loin dans le ciel : le point lumineux, c’est Vénus.

     

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    Taureaux au milieu des salicornes rougies par l’automne, à deux pas de Cacharel.

     

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    Sur la plage du grand radeau

    Le grand radeau, c’est une des deux plages magiques de Camargue, un lieu sauvage et secret, en bordure d’une immense pinède. Son accès est difficile (voir ci-dessous) et jalousement gardé. Mais le paysage est grandiose : la mer vient mourir dans un immense labyrinthe sablonneux au bord des grands pins, se mêler à des étangs couverts de flamants roses et d’une colonie de cygnes grâcieux. L’orientation est plein Ouest, ce qui rend le couchant d’autant plus spectaculaire – les jeux de miroitement entre l’étang, les vagues et les bras de mer sont un bonheur visuel inouï.

    Infos pratiques : Attention, vous ne pourrez y aller qu’en hors saison. L’été, le grand radeau est réservé aux habitants des Saintes Maries munis d’un laissez-passer, et un garde empêche les touristes d’y accéder. Mais le reste de l’année, la plage est accessible à tous, pour peu qu’on sache la trouver. Pour y aller, quittez les Saintes Maries en direction d’Aigues Mortes, bifurquez au niveau du Mas de Sylvéréal en direction du Bac du Sauvage. Une fois arrivé au Bac du Sauvage, faites demi-tour et suivez le petit chemin sur la gauche qui longe les étangs, jusqu’à la plage. Au retour, allez manger à la Cabanette du Sauvage, guingette ultra typique sur le petit Rhône qui vous donnera l’impression d’avoir gagné le Mississipi. Vous pouvez aller au grand radeau pour la journée avec les chevaux du Mas Cacharel, renseignez-vous auprès de l’hôtel si vous rêvez d’organiser une telle sortie.

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    Ailleurs aux Saintes Maries de la Mer

    L’église fortifiée des Saintes Maries de la Mer offre une magnifique terrasse d’où vous surplombez le village, la Méditerranée, et embrasez du regard la Camargue.

    Infos pratiques : L’accès coûte 2 euros. Elle est accessible de 10 à 12h et de 14h à 16h de mi-novembre à Pâques, jusqu’à 17h après Pâques, et jusqu’à 20h en été. En fonction de l’heure du coucher de soleil, vous pourrez peut-être capturer « l’heure dorée » depuis ses toits.

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    Clocher de l’église Notre Dame de la Mer, aux Saintes Maries

     

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    Clocher de Notre Dame de la Mer

     

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    Depuis la terrasse de l’église.

    La plage Est des Saintes Maries est la dernière plage sauvage de Méditerranée. Des Saintes Maries à Beauduc, ce sont 20 km de plage immense et déserte, un paysage du bout du monde, couvert de dunes et de chardons. C’est la dernière plage de France où vous pouvez galoper tout votre saoul pendant des kilomètres. Je n’y ai encore jamais vu de coucher de soleil, mais j’imagine aisément que le spectacle doit être sublime, avec cet infini de dunes désertes.

    Bon à savoir : Vous pouvez accéder au début de la plage en voiture, en franchissant la guérite « Plage Est » aux Saintes Maries et continuant le chemin (gratuit l’hiver, 5 euros l’été). Mais ensuite, il vous faudra continuer à pied, à cheval ou en kite-surf…
    J’ai eu plusieurs fois le plaisir d’y venir avec les chevaux du Mas Cacharel. Il faudra prendre une promenade de 3h minimum. Vous traverserez les étangs pour accéder à la plage, c’est magique.
    Si vous louez un vélo, par exemple au Vélo Saintois, vous pouvez rejoindre Beauduc par un chemin cyclable qui passe par le phare de la Gacholle. C’est une jolie rando, mais qui ne longe pas la plage.

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    20 kilomètres de dune, de mer et de solitude : la plage Est des Saintes Maries, le dernier morceau de « wilderness » littorale en Méditerranée.
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    Sur la plage Est à cheval.
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    Monter à cheval sur la plage Est : le pur bonheur
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    Salicornes rouges à l’automne, entre la plage et l’étang

     

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    Salicornes rouges.

     

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    Traverser les étangs remplis de flamants roses pour rejoindre la plage Est, avec la manade de Cacharel

    Une dernière astuce pour les photographes : pour connaître les heures de lever, coucher de soleil et les « heures dorées » où la lumière est parfaite pour la photo, téléchargez l’application gratuite Golden Hour sur smartphone.

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    J’espère vous avoir fait rêver de Camargue, mon paradis sauvage en Provence. J’ai le bonheur d’y retourner encore et encore grâce à Florian Colomb de Daunant, le propriétaire du Mas Cacharel, qui m’y accueille toujours avec une infinie gentillesse.
    Retrouvez mon guide complet de Camargue ou mon Noël en Camargue pour en savoir plus. Et n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter pour suivre chaque vendredi mes aventures, de la Provence au bout du monde !

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  • Idées variées pour découvrir le Golfe Saint Tropez

    Vous connaissez Saint Tropez, mais connaissez-vous aussi son golfe ? Cette large baie, où la Provence s’entrouvre pour laisser scintiller la Méditerranée, regorge de petits villages perchés, de points de vue rayonnants, de recoins secrets et d’activités originales. J’ai eu le plaisir de découvrir, avec le soutien de Golfe Saint Tropez Tourisme, cette région belle et fleurie comme une robe d’été. Entre Cavalaire et Sainte-Maxime, en passant par Ramatuelle, Cogolin, Gassin et Grimaud, voici des idées loisir sur la terre comme dans la mer, un patrimoine authentique, des restaurants délicieux et des hôtels de charme.

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    La table du Mareyeur, mon gros coup de coeur à Port-Grimaud
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    Grimaud et son château, vus depuis la mer

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    Le Golfe Saint Tropez, même sans être siliconé

    Tu as cinquante ans et tu n’as même pas de Rolex, tu es un étudiant adepte des nouilles instantanées, tu ne remplis pas le soutif de Pamela ? Ce n’est pas grave, tu peux venir à Saint Tropez quand même. On imagine trop souvent qu’il faut se munir d’un yacht, d’un trader et d’un chirurgien pour passer ses vacances dans la région, mais rien n’est plus faux. Le golfe Saint Tropez, c’est AUSSI des villages authentiquement provençaux, des activités fun et familiales, et même des hébergements abordables. Et ce que j’apprécie énormément ici, c’est la qualité et la variété de l’offre touristique. Que vos goûts portent sur la nature, l’adrénaline ou la cuisine, que vous soyez plutôt plage ou rando, il y a toujours des choses à faire ici, et je n’ai vu qu’une petite partie des mille possibilités. C’est parti pour une collection d’activités.

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    Les Voiles, grand évènement de la fin septembre
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    Même par mauvais temps, la tentation de la mer est omniprésente… merveilleux Golfe St Tropez, entre palmiers, cyprès et azur

    Flâner dans les petits villages provençaux du Golfe
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    C’est quelque chose que les paillettes et les décibels du port de Saint Tropez occultent trop souvent : la beauté authentique de ces villages perchés, au patrimoine médiéval et à l’ambiance colorée. Que vous vouliez comprendre l’histoire de la région, entre saints décapités, chevaliers templiers et rois en croisade, ou que vous vouliez juste faire un peu de shopping au calme, faites-y un tour.

    Découvrir Ramatuelle, le village-escargot visiter ramatuelle plus joli village golfe saint tropez

    J’adorerais prendre le drone pour immortaliser Ramatuelle : vraiment original, le village est enroulé sur lui-même comme un réglisse ou un escargot dans sa coquille, héritage d’une structure médiévale préservée. Calades et placettes, balcons fleuris et ruelles, c’est un bonheur d’y déambuler.

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    La place centrale de Ramatuelle.
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    Gassin, panorama sur tout le Golfe Saint tropez plus belle vue saint tropez

    Pour embrasser du regard tout le bleu du Golfe Saint Tropez, entre voiliers et palmiers, rendez-vous à la table d’observation à la sortie de Gassin. La vue est magnifique, et le village a lui aussi beaucoup de charme.

    vue gassin
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    vue gassin
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    Grimaud et son château, l’histoire majestueuse visite gratuite chateau grimaud 

    C’est à mes yeux le plus beau des villages du Golfe, le plus majestueux : Grimaud, avec son château médiéval en ruine et ses vues royales sur toute la baie. Depuis la Révolution, le siège abandonné des Seigneurs de Grimaud offre ses pierres à nu aux embruns, et régale les esprits gothiques comme le mien avec ses tableaux de désolation élégante sur fond de bleu – mais pendant des siècles, il fut l’incontournable. Saviez-vous qu’avant que Brigitte Bardot se mette toute nue sur la plage de Pampelonne et fasse chavirer les têtes, on ne parlait pas de « Golfe de Saint Tropez », mais de « Golfe de Grimaud » ? Gloire à la belle blonde qui a su abattre une hégémonie séculaire. Mais la visite de Grimaud reste pour moi un incontournable.

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    Et n’oubliez pas son quartier marin… Port-Grimaud.

    Balades au fil de l’eau dans le golfe Saint Tropez

    Port-Grimaud en coche d’eau : explorer la Venise provençale

    Ok, je vais vous présenter mes excuses direct. « Venise provençale », je sais, je sais, c’est un cliché qui a tellement traîné par terre qu’on voit même plus sa couleur d’origine. Amsterdam c’est la Venise du Nord, et Stockholm aussi tiens, et Annecy c’est la Venise des Alpes, etc etc. Il y a des « Venise du… » partout. MAIS je voudrais défendre le droit d’employer cette expression au sujet de Port-Grimaud, et vous prouver qu’elle est ici totalement appropriée.
    Port-Grimaud, jusque dans les années 60, n’existait pas. Grimaud n’avait pas d’accès à la mer. Ce projet unique en son monde est né à partir de 1966 sous la plume d’un architecte à la fois très talentueux et complètement mégalo, François Spoerry, qui a décidé de bâtir une cité lacustre sur le modèle de Venise. Les couleurs vives des maisons de Burano, la forme en accent circonflexe du Rialto sous lequel passent les gondoliers, les arcs outrepassés de la maison de Marco Polo, il a voulu tout reproduire, tout retrouver. Il a fallu creuser la terre pour faire entrer les eaux, dessiner des canaux, tout un réseau de ponts et de passages, pour faire émerger cette ville suspendue entre la vague et le rêve.
    Vous l’aurez compris, j’ai été éblouie par Port-Grimaud. Certains m’ont dit : « tu ne trouves pas que c’est kitsch ? que ça fait complètement Disneyland ? » En toute sincérité : si. Mais ça tombe bien, j’adore Disneyland. Port-Grimaud, non, ce n’est pas authentique, mais c’est une œuvre d’art. Et ça mérite mille fois qu’on l’explore.
    La ville (qui n’en est pas une, c’est en réalité un quartier privé de Grimaud, géré en copropriété par les habitants des maisons) est entièrement piétonne, vous vous garerez à l’extérieur et entrerez à pied. Mais pour en voir le plus possible, il faut absolument prendre un bateau. Et la spécialité de Port-Grimaud, ce sont les coches d’eau, des bateaux électriques silencieux. La visite vous entraîne au cœur du dédale, et c’est enchanteur.

    Vingt minutes, 5,50 euros pour les adultes, 3 pour les enfants, de mi-février à mi-novembre. Infos

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    Dîner  maritime : un fabuleux restaurant à Port-Grimaud

    C’est mon ENORME coup de cœur, le restaurant qui me fera revenir à Port-Grimaud : la Table du Mareyeur. Pour résumer, il s’agit d’un des meilleurs restos de fruits de mer du Sud, et d’un des plus romantiques que je connaisse. Cela restera mon plus beau souvenir, et Mr Viking et moi sommes certains d’y retourner. Pour une soirée, nous étions à Venise, flottant sur l’eau au milieu des roses et des chandelles.

    Imaginez une ambiance intimiste à fleur de canaux, au bord de l’eau qui brille et qui tangue doucement, et une lumière douce sur les tables disposées comme sur le pont d’un bateau, avec de petites lampes comme pour défier une tempête. Des fleurs et des bougies, le décor est posé. Ce cadre est enchanteur, et le service de très grande qualité, délicat, attentionné.

    Et les plats ! Le plateau de fruits de mer était exquis, des huîtres d’une qualité exceptionnelle (j’en ai rarement mangé d’aussi bonnes), des coquillages frais et goûteux. De l’amuse-bouche au dessert, tout était subtil, maritime et parfaitement dosé. J’ai vraiment adoré ce restaurant. Il paraît que c’est l’un des plus appréciés du Golfe St Tropez, et je comprends pourquoi.

    Si vous avez une demande en mariage à faire, surtout n’hésitez pas. C’est comme à Venise, mais c’est à Port-Grimaud. Réservation ultra conseillée dans ce merveilleux restaurant, bien sûr.

    Je vous détaille en fin d’article un bon plan pour combiner à un tarif intéressant un repas dans ce restaurant et l’hébergement, dans le cadre d’un package week-end à Grimaud.

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    Le Golfe Saint Tropez par la mer avec la Pouncho, bateau et boissons

    La Pouncho, c’est le nom provençal de la Ponche, le plus vieux quartier de Saint Tropez, et cela résume l’esprit de ce bateau et de son équipage : authentique. Depuis 1996, ce joli quinze mètres permet aux visiteurs de découvrir le golfe par la mer dans des conditions privilégiées, d’explorer des endroits inaccessibles par la terre, et de contempler le coucher du soleil sur le vieux village en buvant un verre.
    Sorties d’une heure ou deux, promenades romantiques au coucher du soleil, privatisations pour des fêtes ou des anniversaires… les options sont nombreuses. La Pouncho est extrêmement dynamique et créative dans ses propositions, et le patron, David, est d’une grande gentillesse – n’hésitez pas à le contacter si vous rêvez, vous aussi, d’avoir votre moment maritime à Saint Tropez. Et pour les prestations « classiques », les tarifs sont très abordables : à partir de 11 euros par personne pour la balade d’une heure. C’est aussi un des rares bateaux de la région qui possède les autorisations nécessaires pour servir des boissons alcoolisées : à bord, on pourra vous servir des vins de la région, de la tapenade artisanale, et autres spécialités.
    J’ai eu l’occasion de découvrir La Pouncho à une période très, très spéciale : les Voiles ! C’est l’un des plus grands et plus beaux rassemblements de voiliers de France. Tous les ans pour la première semaine d’octobre, le Golfe et le port de Saint Tropez sont envahis d’une armada blanche de vieux gréements romantiques. Beaucoup datent du début du XXe siècle, et laissent dans leur sillage un parfum d’aventure maritime au long cours. C’est rétro, c’est beau, c’est d’une élégance folle – le port est vidé de ses yachts et rendu à une atmosphère exotique et ancienne. J’ai adoré cette vision, et j’ai eu la chance de suivre les Voiles avec la Pouncho et d’être ainsi au cœur de l’action. Nous avons pu approcher tout près les mythes ailés des mers, flanqués de deux semi-rigides de la compagnie A l’Ouest, et d’un hélicoptère dans lequel Guillaume Voiturier filmait la scène. Bref, on se serait cru dans un James Bond (et j’ai été trempée de la tête aux pieds, car la mer était grosse). Si c’est quelque chose qui vous tente, vivre les voiles en direct sur la mer, prévoyez ça pour l’automne prochain !
    Infos La Pouncho

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    La Pouncho.
    Sortie en bateau à Saint Tropez
    Les Voiles !
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    Le Golfe de Saint Tropez en maxi catamaran avec Caseneuve, à Cogolin

    Si toutes ces voiles vous ont donné envie de vous joindre au cortège, sachez qu’une compagnie intéressante propose des sorties en maxi-catamaran au départ des marines de Cogolin : Caseneuve. Moi qui ai toujours adoré la légèreté des voiliers, le fouillis pittoresque des cordages et le blanc soleil qui claque au vent, j’étais surexcitée. Le temps était magnifique ce jour-là, la transparence des fonds révélait tout un nuancier de turquoises. Nous frôlions en silence les criques et les maisons des chanceux, en jouant à nous faire peur en rebondissant sur le filet de corde au-dessus des vagues. On nous a apporté une tarte tropézienne aussi crémeuse que l’écume, bref, c’était le bonheur à Saint Trop’, l’excursion maritime au parfum d’aventure.
    Caseneuve propose une grande variété d’expéditions, des plus modestes aux plus démesurées. Journée au merveilleux Cap Taillat (dont je vous parlais dans cet article : le Golfe Saint Tropez au fil de l’eau), sortie coucher du soleil, croisière sur les îles du sud de France ou… transatlantique, de la Guadeloupe à Saint-Tropez (si si !), tout est possible. Les tarifs commencent à 40 euros par adulte (pour la sortie coucher du soleil, hein, pas pour la transatlantique) et pour info, vous avez une réduction intéressante en passant par le site Amusez vous. Je garde un merveilleux souvenir de ce moment sur l’eau.
    Infos sorties en catamaran

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    Saint Tropez rétro, comme dans les films

    Escapade en 2CV ou en cyclo rétro

    Pour vous la jouer sixties et entortiller votre style pin-up dans les collines boisées, il faut se tourner vers la société Les Deuch’moiselles à Cogolin. Leur belle flotte de vieilles voitures rénovées à la perfection vous entraînera dans un road-movie avec bandeau dans les cheveux. Plusieurs 2CV, une Ménari, des coloris rigolos, tout est là pour un joli shooting. Les tarifs commencent à 80 euros. Infos voitures rétro
    Nous avons pris ces photos au Moulin de Paillas à Ramatuelle, moulin historique très photogénique !

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    Le même jour, d’autres blogueurs ont également fait une promenade en gyropode relooké Vespa et/ou en cyclo rétro original avec La guêpe mobile à Saint Tropez – ça avait l’air sympa, mais je ne pourrais pas vous en parler car j’ai une étrange mais persistante phobie des deux-roues, et vous avez plus de chance de me voir chevaucher une licorne qu’un scooter.

    Le musée de la gendarmerie et du cinéma musée gendarmerie saint tropez tarif prix musée gendarmerie

    Je vous l’avoue, chers lecteurs. Quand on m’a dit « visite de la gendarmerie et du cinéma », j’ai pensé : 1) c’est quoi ce truc ? 2) oh non, ça ne va pas m’intéresser. Et en fait, c’était génial. Le musée mêle habilement collections d’objets historiques et mises en scène immersives multimédia, et nous plonge dans l’âge d’or de Saint Tropez, celui de Brigitte Bardot et de Louis de Funès. La gendarmerie, c’est bien évidemment un clin d’œil à la série des « Gendarme à St Tropez », le cinéma, c’est tout ce qui a rendu St Trop’ mythique, le bouillonnement de créativité et de joie de vivre. L’évocation de cette période en filigrane, des joyeuses années 60 en France, est très réussie. C’est une visite parfaite : ni trop longue, ni trop courte, variée, à la fois instructive et divertissante. Une très jolie surprise – le grand succès de ce musée ouvert l’an dernier ne m’étonne pas du tout.

    Tarifs : de 2 à 4 euros. Infos musée

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    Clin d’oeil à ma ville de naissance, Montélimar, dans cette reconstitution de la RN7.
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    Un sublime jardin des Méditerranées : le domaine du Rayol

    C’est un lieu unique, une célébration de la richesse et de la variété de ce qu’on appelle le climat méditerranéen. Le climat méditerranéen, c’est comme l’alignement des planètes, la quinte flush au poker, la tartine qui tombe du bon côté : une divine conjonction où tout conspire à la beauté. C’est l’aridité de l’été adoucie par la pluie de l’hiver, l’ensoleillement et la rocaille, la rencontre des feuillus et des succulentes, une forme de tempérance lumineuse. Le domaine du Rayol est le jardin des Méditerranées, tout autour du globe , partout où cette divine harmonie se met en balance. Dans ce jardin sans barrières, où les végétaux croissent librement, vous passez du Chili à la Californie, de l’Australie à l’Afrique du sud. C’est un tour du monde des climats où il fait bon vivre, avec des centaines de plantes merveilleuses et rares, cactus, succulentes, eucalyptus, mimosas, dragonniers, bambous… Je l’ai vu deux fois sous une pluie battante, et je rêve de le voir un jour au soleil (il paraît que ça arrive dans le Sud, si si). C’est un lieu précieux, enchanteur.

    Infos jardin du Rayol

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    Hébergements abordables et de qualité dans le Golfe Saint Tropez

    Tout inclus en famille au Village Club du Soleil Le Reverdi hotel pas cher saint tropez hotel famille saint tropez all inclusive

    Le golfe de Saint Tropez en famille, sans se ruiner mais sans sacrifier sur le confort et les divertissements des gamins : c’est possible. Le Reverdi est un très beau club de vacances all inclusive dans un joli cadre au milieu des collines et des oliveraies, qui s’intègre très bien dans le paysage avec ses maisons de style provençal, à l’ambiance village. Ce n’est pas un club moche et sans âme, c’est charmant, avec une immense piscine, plusieurs terrains de sport, et des activités absolument toute la journée, pour les enfants et les adultes. Le buffet est très bon, les chambres sont claires et spacieuses.
    N’ayant moi-même pas de gamin, je ne pourrai pas vous expliquer la joie de larguer sa progéniture au mini club toute la journée en sachant qu’elle pratique des sports sains et joyeux avec un bon encadrement, tout en allant soi-même jouer au golf et boire des cocktails au bord de la piscine, mais j’imagine bien le concept. Je ne suis pas forcément le public cible du Reverdi, moi qui suis une vilaine nullipare qui aime pas les gosses qui braillent, mais je reconnais aisément la qualité du concept et l’excellent rapport-qualité prix. A partir de 386 euros par personne pour la semaine, vous avez un hébergement de qualité, une sublime piscine et un espace sauna-hammam, 3 buffets par jour, des tas d’activités sportives, des excursions, des animations le soir… Bref, amis parents, je vous recommande d’y jeter un coup d’œil, le concept pourrait bien vous plaire. club tout inclus moins cher que le club med club tout inclus côte d’azur

    Infos séjour tout inclus au Plan de la Tour 

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    Sublime piscine du Reverdi.

    Package week-end romantique à La Maison de Justine, Grimaud chamchambrere d’hôte pas cher saint tropez

    J’ai eu le plaisir de tester avec Mr Viking ce concept attractif : un package week-end à Grimaud. Il comprend la nuit en chambre d’hôte avec demi-bouteille de champagne et petit déjeuner, une promenade en coche d’eau à Port-Grimaud, et un dîner, en sachant que la fabuleuse Table du Mareyeur fait partie des trois restaurants proposés (et que les deux autres ont l’air très sympa aussi). La chambre d’hôte, c’est la Maison de Justine, à mi-chemin entre Grimaud et Port-Grimaud au milieu des vignes, avec une jolie décoration d’alcôve soignée et une piscine chauffée dans un jardin fleuri. Au petit-déjeuner, vous trouverez gâteaux et confitures maisons, fruits, yaourts faits maison et viennoiseries du jour, et j’ai beaucoup apprécié la qualité des produits et la diversité proposée. Ce petit déjeuner  peut être pris sous les tonnelles du jardin par beau temps.
    Le package coûte de 90 à 108 euros par personne en fonction de la saison. Bien entendu, vous pouvez aussi réserver seulement la nuit à la Maison de Justine.

    Attention, il vous faut absolument venir en voiture pour pouvoir profiter de ce week-end, cela n’est pas gérable en transports en commun. Infos week end romantique à Grimaud

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    Pour d’autres idées dans le Golfe Saint Tropez

    Regardez mon précédent article sur un séjour romantique à Saint Tropez et Ramatuelle, avec du kayak, un sublime hôtel de luxe sur la plage de Pampelonne, des coins nature… c’est là que Mr Viking et moi avions célébré notre PACS. Et surtout, n’hésitez pas à consulter le site du Golfe Saint Tropez qui détaille la richesse et l’ampleur de l’offre touristique dans cette région, pour tous les goûts et tous les budgets, et le site Amusez vous qui vous permet d’obtenir des réductions sur les activités.

    Merci à Golfe Saint Tropez, et tout particulièrement à Sarah, Sandra et Marion, pour leur accueil chaleureux et toutes les activités que nous avons pu découvrir dans votre belle région. Merci aux prestataires qui nous ont accueillis avec beaucoup de gentillesse, notamment à La Pouncho qui nous a pris une journée à bord, et La table du mareyeur qui reste mon plus beau souvenir gastronomique dans le Golfe !