• Yoga
  • Divers
  • À propos

Auteur/autrice : Itinera Magica

  • Road trip en Autriche : Alpes de rêve

    Cette année, si vous aimez la montagne, la nature et les traditions, vous devez partir en road trip en Autriche.

    road trip en Autriche
    Marion et moi au pays des Alpes intemporelles.

    L’Autriche ? Beauté d’un pays recouvert à 60% par les Alpes, puissance et authenticité des traditions d’une nation fière de son héritage, amour de la nature préservée, qualité exceptionnelle de l’accueil et, cerise sur le gâteau, rapport qualité-prix imbattable : c’est à mes yeux une destination parfaite. Cela fait des années que je suis folle amoureuse de l’Autriche, de sa culture, de ses paysages, de sa convivialité. Et lorsque je repense à l’année qui vient de s’écouler, un voyage sort du lot par son caractère exceptionnel et le nombre de moments magiques accumulés : le fabuleux road trip dans les Alpes autrichiennes, que j’ai vécu avec mon amie photographe Marion. A l’heure des bonnes résolutions de janvier, prenez-en une qui vous rendra heureux et prévoyez un voyage en Autriche cette année. Vous me remercierez plus tard.

    Lever de soleil au Kanisfluh. Photo par Marion Carcel.

    Toutes les photos de cet article dans lesquelles je figure sont l’œuvre de ma chère amie Marion Carcel, alias Foehn Photographie , avec qui j’ai souvent le plaisir de travailler. Photographe talentueuse et minutieuse au grand sens de la mise en scène, elle est à votre disposition pour des shootings en Rhône-Alpes et au-delà. C’est simple : je suis la blonde, elle est la rousse, et chaque fois que l’une d’entre nous apparaît, l’autre est la photographe.

    road trip en Autriche
    Marion et moi sur la route de la Silvretta

    Pourquoi un road trip en Autriche ?

    Pour la beauté des paysages

    Nous sommes au cœur de la chaîne des Alpes, dans un pays de vallées boisées et de sommets escarpés, de cascades bondissantes et de lacs lovés au creux des massifs. L’Autriche est couverte à 60% de sa surface par la chaîne alpine, un pourcentage partagé seulement par la Suisse. Innsbruck est d’ailleurs souvent appelée « la capitale des Alpes », entièrement cernée de massifs immenses, avec un téléphérique menant à des sommets vertigineux, et une piste de saut à ski en plein cœur de la ville.
    Qui dit Alpes dit aussi routes tortueuses et cols mythiques. Conduire dans les Alpes autrichiennes est un bonheur (visuel !), notamment sur des grandes routes légendaires comme la Grossglockner Hochalpenstrasse dans le parc national des Hohe Tauern, ou encore la route de la Silvretta qui relie le Tyrol et le Montafon.

    road trip en Autriche
    Silvretta


    L’Autriche est un pays verdoyant et sportif où les gens ont la passion de la randonnée, du ski et de toutes les activités outdoor. L’hiver, la qualité des pistes et la beauté des panoramas skis aux pieds est extraordinaire, l’été, c’est un enchantement bucolique. Les alpages se couvrent de fleurs, les troupeaux rejoignent les plus hauts pâturages, et les possibilités de randonnées sont quasiment infinies.

    Innsbruck, la capitale autrichienne des Alpes, témoigne de cet attachement fort au sport avec son tremplin de ski olympique en plein coeur de ville – un site vraiment impressionnant.

    De plus, les villages alpins ont conservé un sens esthétique très aigu, avec leurs maisons de bois sculpté, leurs balcons couverts de géraniums, leurs clochers pointus ou « en bulbe d’oignon » qui semblent répondre à la forme des montagnes. Pour qui aime les Alpes (et Marion et moi en sommes folles), l’Autriche incarne une forme de perfection idyllique, de beauté douce et traditionnelle qui réjouit le cœur et nous fait nous arrêter à tous les virages pour dire « qu’est-ce que c’est beau ici ».

    Pour sa nature préservée

    Les Autrichiens sont écolos et amoureux de leur pays. Culture du recyclage, propreté générale, sens aigu de la préservation des terres, des eaux et des forêts nous ont marquées. Le plus saisissant était sans doute le village d’Au dans le Bregenzer Wald, considéré comme « le village le plus écolo d’Europe », avec son chauffage 100% biomasse et panneaux solaires, ses maisons d’architecte ultra novatrices, si bien conçues qu’elles n’ont même plus besoin de chauffage en hiver (en Autriche !), ses immeubles en bois, son élevage extensif réparti sur tout le massif et ses rivières totalement potables. Mais partout, la bonne gestion des forêts, l’utilisation du bois, les poubelles de tri sélectif, l’absence totale de déchets dans l’environnement, forcent le respect.

    Pour la force des traditions

    Les Autrichiens aiment leur patrimoine folklorique, tout particulièrement dans les régions alpines. On verra quasiment toutes les serveuses et réceptionnistes des hôtels et restaurants porter la robe traditionnelle, qu’on appelle Tracht ou Dirndl, et les hommes arborer la culotte en peau et les autres emblèmes des régions alpines, notamment le chapeau mou vert sombre, la ceinture de cuir ouvragé ou la broche edelweiss. Dans le Bregenzer Wald, Marion et moi avons découvert l’atelier exceptionnel d’un artisan, Wilfried Weiss, spécialisé dans les ceintures cloutées en plume de paon dans la tradition du 17e siècle, un travail d’une minutie et d’une technicité exceptionnelle.


    De nombreuses festivités rythment l’année. Nous avons assisté à une transhumance : conduits par les bergers, les vaches sont conduites à pied aux alpages pour la saison estivale, occasion de grande fête dans les villages. A l’époque où je vivais tout près (j’ai habité deux ans à Munich), j’avais aussi découvert les défilés de Krampus pendant la période de l’Avent, des monstres mi-chèvre, mi-homme qui viennent des montagnes et terrifient les enfants pas sages.


    Et de façon générale, l’identité locale est très puissante, particulièrement dans le Tyrol, reconnaissable à son architecture si caractéristique (maisons de bois ornée d’une « Glockenturm », tour à pignons portant la cloche, toiture des églises en forme de bulbe d’oignon doré) et à ses chants alpins – le célèbre jodl ou yodl. La culture tyrolienne s’étend sur une zone qui va du sud de la Bavière (l’Allgäu, la région de Füssen) au nord de l’Italie (la région germanophone du Südtirol, où se trouvent les Dolomites). C’est un moule culturel puissant et très identifiable qui a forgé mon attachement si fort à ces régions.

    Quand j’arrive dans ce coin d’Europe magnifique, que je vois les sommets enneigés et les edelweiss sur les vêtements des gens, que j’entends les cloches baroques carillonner dans les villages de bois et les bergers yodler sur les sommets, et qu’on me sert des Käsespätzle recouvertes d’oignons grillés, je me sens immédiatement chez moi. Les germanophones ont un très beau mot pour dire ce sentiment de chaleur et de bien-être, quand on se sent accueilli, protégé, dans un cadre familier et accueillant : la Geborgenheit. L’Autriche est un excellent antidote au tourisme anonyme et uniforme : ici, vous êtes ancré dans un terroir, une tradition.

    Pour sa légendaire convivialité

    Je continue avec le cours de vocabulaire allemand : quand vous êtes assis à une grande tablée, qu’on vous sert des rasades de bière, que tout le monde chante, que la nourriture déborde, qu’on se régale, que tout le monde est souriant et tout le monde est votre ami, comment cela s’appelle ? La Gemütlichkeit. L’Autriche est fabuleusement gemütlich.

    C’est avec la famille Obwegeser à Steeg que nous avons vécu un summum de convivialité autrichienne.

    Je vous avais déjà raconté dans mon article sur Hintertux la culture autrichienne de « l’après-ski » : vers 17h, à la fermeture des pistes, on se retrouve dans les bars de station dans une conviviale odeur de chaussettes mouillées, on écoute de l’eurodance ultra kitsch, on danse en combi de ski nouée autour de la taille, on boit des bières et on rit comme des bossus. C’est une institution qui n’existe nulle part ailleurs qu’en Autriche, à une exception notable : j’ai retrouvé cela à Morzine en Savoie… qui est vendue sur le marché touristique international comme « une station autrichienne en France » ! Les Autrichiens font la fête comme personne, c’est dans leur ADN, cela se ressent puissamment.


    Marion et moi avons retrouvé ce sens exceptionnel de l’accueil et du partage autour de l’alcool et du fromage lors de notre voyage estival. Dans le Montafon, nous avons dégusté des fromages traditionnels dans des chalets d’alpage.

    A Steeg dans la Lechtal, nous avons vécu une véritable scène d’anthologie dans un refuge ultra tradi. Pour qualifier cette ambiance, les germanophones disent « urig », un mot que j’adore et qui signifie brut de décoffrage, typique, authentique, un peu roots…. Il pleuvait des cordes, et on enchaînait les bières et les verres de schnaps à l’abricot (beaucoup, beaucoup de verres de schnaps à l’abricot) entassés à 40 dans une minuscule bicoque en bois sous les trophées de chasse et les reliques des avalanches précédentes, sous les chants et les acclamations. Inoubliable.

    Je n’ai pas de photo de ce moment-là, mais j’ai une photo des deux principaux coupables deux heures avant, dans leur chalet d’alpage 😉

    Pour la beauté baroque

    Les Alpes autrichiennes réjouiront les fous d’architecture par leur exceptionnel patrimoine baroque, leg puissant de la contre-réforme catholique dans ces régions, qui donne à l’Autriche un petit air d’Italie enneigée. Les exemples sont innombrables, mais pour en citer quelques uns, je parlerai de la magnifique église de Bartholomäberg dans le Montafon, image accomplie de l’église autrichienne idyllique (voir images plus haut), ou de celle d’Au, décorée par un des plus prestigieux sculpteurs de son époque et où j’ai été fascinée par la beauté des marqueteries.


    Innsbruck et Salzbourg sont deux villes baroques de toute beauté. A Salzbourg, j’avais été fascinée par les nombreux dômes qui font danser la skyline de la cité natale de Mozart, et notamment par la cathédrale. A Innsbruck, nous avons admiré les superbes maisons du cœur de ville, notamment la maison au toit doré, emblème de la ville.


    Mais s’il ne faut retenir qu’un seul édifice baroque en Autriche, c’est peut-être l’abbaye de Stams, à une vingtaine de kilomètres d’Innsbruck. Marion et moi avons été subjuguées par l’exubérance, la magnificence, la richesse de cette abbaye débordant de roses d’or et de boiseries dansant comme un incendie de bois chaud. Elle est véritablement inouïe.

    Pour le rapport qualité prix

    A l’époque où je vivais à Munich, j’allais très souvent en week-end en Autriche, car outre toutes les qualités visuelles et culturelles déjà citées, le pays nous séduisait par son excellent rapport qualité-prix. En matière de destinations alpines, l’Autriche est moins chère que l’Allemagne, qui est elle-même moins chère que la France et le nord de l’Italie, qui sont elles-mêmes moins chères que la Suisse. L’Autriche est donc le pays le moins coûteux de l’arc alpin à l’exception de la Slovénie, qui est frontalière – vous pouvez d’ailleurs tout à fait combiner la visite de ces deux pays qui se ressemblent, ont une histoire commune et que j’ai absolument adorés tous les deux, c’est une belle idée de grand road trip montagnard en Europe, le tout sans vous ruiner. Vous remarquerez aussitôt les prix abordables de l’Autriche aux stations-service (l’essence est beaucoup moins chère que chez nous) et aux restaurants (pour une nourriture généreuse, délicieuse, à des prix bas, RDV en Autriche). Mais là où le rapport qualité-prix autrichien s’illustre de façon la plus remarquable, c’est en ce qui concerne les hôtels.

    Pour les hôtel-spas tout compris à l’offre exceptionnelle

    Quand je vivais à Munich et que j’avais envie d’un week-end de détente et de bien-être, je fonçais en Autriche. Pour un Autrichien, le fait de bénéficier au minimum d’un sauna, de préférence d’une piscine, d’un jacuzzi, d’un espace bien-être, est quasiment obligatoire. De nombreux hôtels des Alpes autrichiennes ont développé une offre spa absolument exceptionnelle, vous donnant accès à d’immenses piscines, à plusieurs saunas et hammams, à de véritables espaces aqualudiques et de détente, à des prix défiants toute concurrence. Beaucoup de ces hôtels proposent des offres all inclusive, avec la demi-pension comprenant un excellent dîner et un petit-déjeuner buffet pantagruélique. Vous ne savez pas ce que signifie « buffet de petit déjeuner » tant que vous n’êtes pas allé en Autriche. Sincèrement. C’est une autre dimension de la gastronomie matinale. On pourrait passer sa vie entière à ne se nourrir que de buffets de petits-déjeuners autrichiens. Ci-dessous, un petit déjeuner de folie au Fernblick Montafon.

    Heureusement que Marion et moi enchaînions les randos, l’équitation, le vélo, le segway, l’escalade, etc, sinon on aurait pris douze kilos en douze jours. Parce que c’est un autre aspect des hôtels autrichiens : ils comprennent non seulement l’accès au spa, aux piscines, aux saunas, etc, mais AUSSI des activités outdoor. Tous les hôtels que nous avons visité lors de notre fabuleux séjour proposaient à leurs clients de nombreuses activités outdoor, notamment des vélos ou des vélos électriques en accès libre, des randonnées organisées, des ateliers de découverte (visite d’une fromagerie, promenade vers une église baroque, rando botanique à la découverte des fleurs), le tout inclus dans le prix du séjour. Quand vous faites le total de tout ce qui est compris dans le prix, de tout ce à quoi vous aurez accès pendant votre séjour, c’est assez bluffant.

    Avec Klara, notre super accompagnatrice à Hintertux, travaillant pour l’hôtel Alpenhof (qui est en bas dans le coeur ;-)).

    A Steeg, nous avons fait du cheval, du vélo, du Segway, à Au, du vélo et une visite guidée de la ville, au Montafon, des randos guidées, dans l’Alpbachtal, du vélo aquatique, à Hintertux, de la via ferrata et une rando guidée… et ainsi de suite.


    Les hôtels que nous avons découverts étaient tous des hôtels indépendants et familiaux. C’est une dimension que nous avons adorée : à chaque fois, nous étions accueillies par des familles, souvent propriétaires de l’hôtel depuis plusieurs générations. Cela change vraiment l’expérience.

    Nos hôtels : familiaux, francophiles, fabuleux

    Tous les hôtels de notre séjour étaient membres du réseau Autriche Pro France, qui était partenaire de cet accueil. Les membres de ce réseau sont uniquement de beaux hôtels confortables avec une dimension bien-être poussée et surtout, ils mettent en valeur les offres à destination du public français. Tous les hôtels avaient au moins un membre de leur personnel parlant français, et tous proposaient des documents en français (menus, descriptions des activités).
    Je vous parlerai plus longuement de chaque hôtel dans les articles à suivre, qui reviendront sur les différentes étapes de notre road trip autrichien. Mais en voici déjà la liste. Je les ai tous aimés, en toute sincérité. Tous sont beaux, chaleureux, typiques, accueillants, confortables, tous méritent qu’on parle d’eux. Mais je me suis permis de mettre un petit cœur à côté de mes coups de cœur absolus, les trois où je rêve de retourner en vacances le plus tôt possible et que je vous conseille avec un enthousiasme de berger tyrolien en plein concours de yodl après douze verres de schnaps.

    Région du Montafon

    <3 Le Fernblick Montafon jouit d’une vue exceptionnelle sur le massif du Montafon et de ce qui est probablement la plus belle piscine de ma vie. Cette piscine aérienne suspendue au-dessus des montagnes restera un souvenir de pure magie. La beauté et le confort molletonné des chambres superbes, jouissant TOUTES d’une vue inouïe, la qualité des activités proposées (randonnées, visites des fromageries, sport, virée sur la sublime route de montagne de la Silvretta), font que nous gardons un attachement très fort à cet hôtel qui a tout pour lui et où le personnel est adorable. Un cocon auquel nous repensons souvent…

    Le joli hôtel familial Bradabella est situé à Gargellen, un village perdu tout au fond d’une vallée du Montafon, à la fin de la route. Le village a des airs d’idylle à la Heidi et le restaurant de l’hôtel nous a séduites par sa cuisine généreuse et chaleureuse. Nous n’y avons pas dormi, seulement dîné, mais nous avons passé un moment très convivial avec la patronne, qui est aux petits soins pour ses clients.

    Région du Bregenzer Wald

    Avec sa piscine naturelle végétale, l’hôtel Krone in Au est situé dans le village le plus écolo d’Autriche et tenu par une famille très engagée dans la vie de la commune, tant sur le plan des initiatives environnementales que de la vie culturelle. La mise à disposition des vélos électriques nous a permis de sublimes promenades, et les visites passionnantes (et francophones !) nous ont beaucoup intéressées. La rencontre avec cette famille était très stimulante.

    Région du Tyrol

    <3 L’hôtel Post Steeg est situé dans la très belle vallée de la Lechtal et avait tout pour conquérir notre cœur : des chevaux ! avec qui nous sommes parties en promenade le long des rivières, un immense spa extraordinaire de beauté et de douceur, des vélos, des segways, un chalet d’alpage magnifique où on mange des spécialités, un restaurant gastronomique plusieurs fois primé et d’un raffinement exceptionnel, des chambres de toute beauté… vraiment, il ne manquait rien, ce séjour était merveilleux et nous avons failli verser une petite larme en partant. Surtout que nous avons adoré la merveilleuse famille Obwegeser qui tient l’hôtel avec une rare convivialité.

    <3 L’hôtel Böglerhof dans l’Alpbachtal nous a marquées par sa beauté architecturale : cette vaste maison de bois est entièrement sculptée et ouvragée dans la pure tradition autrichienne. Le bar, le restaurant, les chambres, sont remplies de boiseries magnifiques. Nous avons beaucoup aimé la piscine intérieur/extérieur avec vue sur les montagnes et les délicieux buffets du soir, très généreux et variés.

    <3 L’hôtel Alpenhof à Hintertux possède un spa d’une beauté rare, avec plusieurs piscines et vue directe sur les montagnes. Un moment de détente absolue… le crépuscule sur les sommets du Tyrol vu depuis la piscine chaude restera un moment d’anthologie pour nous ! Cet hôtel est aussi propriétaire de plusieurs sites de haute montagne, notamment l’exceptionnelle grotte glaciaire d’Hintertux. Entre la qualité des activités outdoor proposées (rando, via ferrata, visite de la grotte…), la magie du spa et les délices du petit-déjeuner particulièrement spectaculaire (ce qui, sur l’échelle de l’Autriche, n’est pas peu dire), ce fut encore une fois un séjour de rêve.

    Le Sport Vital Hotel Central à Tux promet un séjour sportif et diététique, avec des menus équilibrés où on vous indique les options les plus saines, et de nombreuses activités sportives. La mauvaise météo nous a malheureusement empêchées d’en profiter à fond, mais le programme semblait très sympa.

    Je vais détailler davantage nos aventures dans d’autres articles à venir, mais voici déjà l’itinéraire de notre séjour :

    Nous sommes parties du Montafon, avons ensuite découvert le Bregenzer Wald, puis la vallée de la Lech, Innsbruck, l’Alpbachtal et Hintertux. Lors d’un précédent article sur l’Autriche, je vous avais raconté un autre itinéraire plus à l’Est : Kaprun, les Hohe Tauern, la cascade de Krimml, le château d’Hohenwerfen, Salzburg. Voilà à quoi aurait ressemblé l’itinéraire en les intégrant à ce voyage-là :

    Vous pouvez retrouver le précédent voyage en Autriche dans cet article sur l’Autriche romantique en hiver.

    Ce merveilleux voyage a été organisé en collaboration avec Vacances en Autriche, et ils ont la gentillesse de mettre en jeu un lot. Un des lecteurs gagnera un colis autrichien avec une super jolie gourde en inox, qui tient les liquides au chaud ou au froid, arborant les couleurs de l’Autriche et mettant en avant son souci de la nature et de la protection des eaux, et aussi différentes petites choses et des documents pour préparer vos vacances en Autriche. Pour jouer, il suffit de laisser un commentaire sous cet article – tirage au sort dans 10 jours ! Edit : concours terminé, la gagnante est Mathilde – merci beaucoup pour vos participations !

  • Oui à l’hélico et aux canons pour sauver la montagne

    Ce matin dans mon fil d’actualité Facebook et Twitter, un sujet est en tête de gondole : la station de ski de St Jean Montclar, située au-dessus du lac de Serre-Ponçon dans les Alpes du sud, a fait venir par hélicoptère la neige manquant en bas des pistes. La station s’étendant de 1350 à 2500m d’altitude, il lui a suffit de louer un hélicoptère pour une journée de rotations, et de prendre la neige au sommet du domaine pour combler le déficit d’enneigement au village. Plus haut, l’enneigement naturel prend le relai, et cette jolie station familiale très appréciée des Aixois et des Marseillais a pu ouvrir normalement et accueillir les visiteurs. Mais sur les réseaux sociaux, il est de bon ton de s’en offusquer : scandale écologique ! absurdité ! Face à l’indignation facile et au prêt-à-penser, peut-être qu’un autre point de vue s’impose.

    Raquettes à Montclar
    St Jean Montclar

    St Jean Montclar, la seule station autogérée d’Europe

    Montclar est un cas hors normes, un petit miracle d’esprit collectif unique sur notre continent. Parce que la société d’exploitation qui la gérait ne la jugeait plus assez rentable, la station aurait dû fermer en 2017. Mais pour les habitants de Montclar, cette décision signifiait tout simplement la mort du village. Installés ici depuis des générations, pratiquant comme tous les montagnards des Alpes provençales une pluriactivité souvent agricole (berger l’été, moniteur de ski l’hiver, par exemple), les habitants de Montclar savaient qu’ils ne pouvaient survivre économiquement sans le ski. Si la station fermait, tous les habitants non retraités auraient dû quitter la montagne et redescendre en plaine pour gagner leur vie, en sachant que leurs maisons auraient perdu toute valeur et qu’ils n’auraient jamais pu vendre leurs biens à un prix leur permettant de racheter autre chose ailleurs. Les gens de Montclar se sont donc lancés dans une aventure humaine extraordinaire : ils ont rassemblé toutes leurs économies, hypothéqué leurs maisons, et ont racheté la station. Depuis 2017, la station est autogérée. C’est un collectif d’habitants qui fait vivre Montclar, prépare le domaine, fait fonctionner la station, offre des activités ludiques pour toute la famille, gère les hôtels de charme, les trois restaurants labellisés Maître restaurateur, la patinoire, etc.

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des canons enneigeurs, des hélicoptères, de toutes les initiatives sauvant les stations de moyenne montagne françaises.
    Plusieurs personnes au coeur du projet de sauvetage de Montclar, passionnées et amoureuses de leur pays.

    Plusieurs familles sont au cœur de l’aventure, et surfant sur le dynamisme de cette station solidaire qui prend son destin en main, plusieurs artisans sont venus s’installer à Montclar et entrer à leur tour dans l’aventure. J’y ai skié en 2018 – retrouvez ici mon article sur Montclar – et j’ai été profondément touchée par l’esprit de solidarité, d’amitié, de chaleur humaine qui anime la station. Skier à Montclar, c’est allier convivialité et solidarité à un très beau domaine surplombant le lac de Serre-Ponçon et offrant de vraies belles pistes de tout niveau.
    Pour les gens de la vallée de la Blanche, l’équation est très simple : s’il n’y a pas de neige, si la station n’ouvre pas, tout le monde perd tout, emplois, maisons, hypothèques, emprunts. Une journée de rotations par hélicoptère, c’est un investissement de 8000 euros qui sauve une saison toute entière, et l’existence de tout un village peuplé de familles et d’amis ultra soudés. Essayons de nous mettre une seconde à leur place – n’importe qui aurait fait la même chose qu’eux.

    Une station de ski familiale et solidaire dans les Alpes du sud : Saint Jean Montclar, autogérée par ses habitants
    Skier au dessus du lac de Serre-Ponçon à Montclar

    Ecologie et empathie

    Que disent les contempteurs sur les réseaux sociaux ?  Que les stations de moyenne montagne n’ont qu’à fermer. Ils donnent des leçons de lâcher prise : « apprenons à vivre avec la nature, les saisons, les aléas », « rendons la montagne à la montagne », « acceptons de fermer les stations ». Je suis toujours frappée par le détachement dont les gens sont capables de faire preuve quand ils ne sont aucunement concernés – je serais curieuse de voir leur grande sagesse philosophique à l’épreuve du feu si leurs emplois et leurs lieux de vie étaient touchés à leur tour, si leur entreprise licenciait ou si leur maison était déclarée inhabitable. Ecologie peut et doit rimer avec empathie. Une vraie écologie sociale, un développement durable réel prennent en compte les besoins des populations, la dynamique des territoires, pour construire une relation harmonieuse avec le milieu et non pour être dans une logique d’opposition stérile où on préfère la nature aux hommes, en ignorant leur interconnexion. On ne peut prétendre vouloir sauver « la planète », entité abstraite, et se moquer des aspirations légitimes d’humains bien réels, qui plus est quand ils aspirent justement à rester vivre dans un milieu naturel qu’ils connaissent par cœur depuis des générations, et qu’ils revendiquent justement l’attachement à cette montagne, cette culture, ce mode de vie en phase avec leur terre. L’été bergers, éleveurs, charpentiers, cultivateurs, artisans, l’hiver guides de montagne, pisteurs, perchistes – s’agit-il vraiment de gens qu’on peut accuser de méconnaître ou de mépriser leur environnement ? Eux qui vivent au rythme des saisons, qui manifestent cet attachement profond à leur terre et le désir de rester y vivre malgré les difficultés ?

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des canons enneigeurs, des hélicoptères, de toutes les initiatives sauvant les stations de moyenne montagne françaises.
    Fin de journée dans un resto d’altitude à Montclar, appartenant à la même famille depuis plusieurs générations.

    Petites stations et écologie

    Il faut aussi bien se dire que même dans une logique purement écologiste, même si on se moquait complètement de la vie des gens de Montclar, même si on n’en avait strictement rien à faire des intérêts économiques du village, sauver les petites stations est une bonne chose pour l’environnement.

    La France a longtemps compté de nombreuses petites stations. Mais depuis une vingtaine d’années, les stations de basse altitude, situées entre 1000 et 2000 mètres, ont été les premières victimes du changement climatique et de la course à la rentabilité. Selon un article de Léa Dauplé et Pierre Bafoil paru le 29.12.2019 dans le Journal du Dimanche, « Sur la piste des stations fantômes », il y aurait 168 stations fermées sur les 584 construites en France depuis les années 30, soit 28% du total. Chaque fermeture de station s’accompagne d’un drame humain : le tourisme d’été et de neige hors ski n’est pas suffisant pour assurer la viabilité des installations économiques, et cela signifie la fermeture d’hôtels, de restaurants, la perte de nombreux emplois. De nombreuses stations fantômes deviennent aussi des villages fantômes, les habitants quittant ces lieux isolés et escarpés où ils ne peuvent plus gagner leur vie.

    Enneigeur à Orcières-Merlettes. Ces canons à neige, aujourd'hui beaucoup plus performants, sont essentiels aux stations de moyenne montagne. Afin de préserver la ressource en eau potable, les communes se sont mises à construire des retenues pour stocker l'eau pendant les grandes pluies d'automne et de printemps.
    Enneigeur à Orcières-Merlettes. Ces canons à neige, aujourd’hui beaucoup plus performants, sont essentiels aux stations de moyenne montagne. Afin de préserver la ressource en eau potable, les communes se sont mises à construire des retenues pour stocker l’eau pendant les grandes pluies d’automne et de printemps.

    La fermeture des petites stations signifie plusieurs choses. Tout d’abord, la concentration du tourisme sur les grandes stations. Avez-vous déjà vu les embouteillages énormes menant aux grandes stations de ski les week-ends d’hiver, en direction de Val d’Isère, Val-Thorens ou l’Alpe d’Huez, ou encore dans la vallée de Chamonix ? Ne pensez-vous pas que pour le milieu montagnard, ces énormes embouteillages emprisonnant les vallées sont bien plus dommageables qu’une unique journée de rotations d’hélicoptère ?

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
    Se sentir seul au monde dans les petites stations. Vercors


    Dans une logique de tourisme durable, on encourage justement les gens à diversifier leurs lieux de villégiature, à sortir un peu des sentiers battus, à visiter des lieux moins connus, afin d’alléger la pression touristique sur les sites les plus célèbres, et pour garantir la qualité de l’expérience touristique. Les petites stations, c’est un endroit où l’affluence moins importante et des prix du m2 plus bas permettent aux petits commerçants d’exister, c’est un endroit où on pourra trouver des restaurants valorisant le fait-maison et la production sur place, de petits hôtels et chambre d’hôtes familiaux, des accueils à la ferme, bref, un tourisme justement plus écolo et ancré dans le terroir. C’est pour cela que j’y suis tellement attachée, et que j’ai publié récemment un article sur les petites stations familiales qui permettent cette expérience personnelle et authentique. Les amoureux d’un tourisme plus vert devraient encourager les petites stations de ski et veiller à leur pérennité.

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
    En Chartreuse.

    Dans une logique de tourisme durable toujours, on veille à ce que le ski reste accessible financièrement. Que se passe-t-il sinon ? Il y a une douzaine d’années, on a vu la fréquentation des stations de ski s’effondrer face à la concurrence des vols low-cost vers les destinations ensoleillées de Méditerranée. Les familles au budget un peu juste n’avaient plus les moyens de s’offrir une semaine de ski et préféraient filer au soleil. Depuis, les stations de ski ont cherché à rectifier le tir, et y sont bien parvenues. Elles ont beaucoup baissé leurs prix. Elles ont énormément diversifié leurs activités pour que les non-skieurs puissent accompagner leur famille ou leur conjoint skieur sans s’ennuyer : dans les petites stations familiales françaises, j’ai ainsi pu tester l’hiver dernier le yooner, le fatbike, la luge sur rails, le chien de traîneau, le parapente, les bains du trappeur, les différents spas, les raquettes, le tai-chi, la marche nordique, la calèche, et plein d’autres choses encore.

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.


    Mais, toutes les études le montrent, ces activités ne suffisent pas à faire venir les touristes, même si elles renforcent l’attractivité d’une station et sont déterminantes dans le choix d’une destination quand il y a des non-skieurs dans la famille. Le ski reste le moteur du tourisme en montagne. Et quand les gens qui ont prévu de partir en vacances ne partent pas au ski, ils remplacent par un soleil lointain. Si vous êtes dans une logique de réduction de l’aérien, le ski est votre allié, et tout particulièrement les petites stations, qui sont souvent très intéressantes financièrement. J’ai été bluffée par les petits prix dans le massif de la Chartreuse, par exemple. Permettre aux gens qui veulent s’offrir des vacances, mais qui ne sont pas richissimes, de partir en France, n’est-ce pas une bonne chose à la fois pour l’environnement et pour l’économie ?

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.

    Dire « fermons les petites stations », c’est réduire l’offre pour les plus modestes, forcer les gens à partir plus loin au prix de trajets plus longs, à ce que cela leur coûte plus cher, accentuer la massification du tourisme sur les grosses stations – ce n’est pas un bon calcul environnemental.

    A ceux qui veulent voir disparaître le ski

    Certains sont plus radicaux encore. Certains disent : arrêtons totalement de skier. Abandonnons les stations et « laissons la montagne à la montagne ». Outre le fait que la fin de l’offre de ski en France réorienterait les touristes vers des destinations plus lointaines, comme je le disais à l’instant, une telle vision me paraît complètement antithétique avec un souhait de développement durable du territoire français.

    L'hiver dans le massif de la Chartreuse : où dormir ? que faire ? que voir ? Idées d'activités en hiver en Chartreuse, à côté de Grenoble. Marche nordique en Chartreuse

    Pourquoi a-t-on créé les stations de ski ? Pas seulement pour permettre aux urbains d’aller s’éclater en dévalant des pentes, mais pour permettre aux gens des montagnes de rester vivre dans les montagnes. Après la Seconde guerre mondiale, nous avons connu une logique de rationalisation de l’économie française qui a permis un vrai progrès pour tous : nourriture plus abondante et plus sûre, création de richesse, miracle économique qui a permis à nombre de Français modestes de vivre mieux et plus longtemps, allongement de l’espérance de vie. Mais cette rationalisation a nécessairement favorisé les plaines, les grands axes, les grands nœuds de commerce, au détriment des territoires isolés. Qu’est-ce que la montagne ? Un territoire peu productif. Le gel, la neige, la pente, l’inaccessibilité, l’isolement, sont autant de facteurs qui font que les sommets ne seront jamais aussi rentables aux activités humaines que la vallée du Rhône ou la côte méditerranéenne.

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
    Territoire sublime, mais complexe à mettre en valeur.


    Mais qu’est-ce que la montagne, aussi ? Un territoire merveilleux qui a su cultiver une identité, une singularité, une beauté qui sont un joyau de la culture française et qu’il faut préserver à tout prix. Avez-vous vu les maisons traditionnelles savoyardes, tout de bois sculpté, ou les chalets du Jura entièrement recouverts de tavaillons ? goûté le comté, le beaufort ou le reblochon ? rencontré les bergers des Alpes du sud et des Pyrénées qui mènent leurs troupeaux de brebis sur les estives, selon la tradition pastorale séculaire du sud ? vu les bûcherons récupérer les sangles d’épicéa et sculpter les porches des chalets ? visité les chapelles solitaires des montagnes, peuplées de saints protecteurs contre les avalanches et les gelées, senti la ferveur du peuple des longs hivers, entendu les cantiques occitans des Pyrénées ? entendu les troupeaux dans les pentes abruptes et les chants de leurs bergers ? Voilà ce que sont les montagnes françaises, voilà ce trésor à protéger. On a inventé les stations de ski pour que les gens puissent perpétuer leurs traditions, rester ici, vendre leurs produits, vivre de la terre et de leurs mains, avoir une source de revenus importante en hiver qui puisse faire tenir le reste de l’année.

    La montagne sans les hommes

    Que va-t-il se passer si les stations ferment ? Les montagnes se changeront en déserts. Ne croyez pas qu’on pourra encore en profiter l’été comme avant, que le ski n’est qu’anecdotique. Le ski permet aux gens qui entretiennent la montagne toute l’année de rester y vivre. Si les gens partent, les chemins ne seront plus entretenus, les troupeaux ne dégageront plus les plateaux, la broussaille poussera dans les friches et fermera le paysage, il n’y aura plus de refuges, d’hôtels, de restos, de produits régionaux, de culture montagnarde. La montagne redeviendra ce qu’elle a longtemps été, un territoire inaccessible, inhospitalier, perdu pour nous. Si nous aimons les montagnes, nous devons être les alliés de ceux qui les font vivre. Selon l’article du JDD que je citais, 80 petites stations sont en danger en France. Je ne me résous pas à les voir disparaître.

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.
    Les sublimes hauts plateaux du Vercors, entretenus par le pastoralisme

    Alors comment s’offusquer de quelques rotations d’hélico à Montclar quand on sait tout ce qu’il y a en jeu, sincèrement ? Si vous aimez les montagnes, allez à Montclar, allez dans les Alpes du Sud, allez dans le Vercors, en Chartreuse, dans le Jura, dans la Vanoise et ailleurs. Allez dans les petites stations. Allez skier là-bas. Et si vous voulez diminuer la dépendance du modèle économique montagnard au ski, n’hésitez pas à tester les autres activités, à faire appel aux moniteurs de raquettes ou de yooner, à tester d’autres sports, d’autres découvertes, à sortir au resto, au spa, au bar, à diversifier, vous aussi, votre expérience de la montagne.

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.

    Je vous suggère ici onze jolies stations pour commencer, et j’espère bien continuer à vous en présenter. Et vous ? Irez-vous skier cet hiver ? Où cela ?

    Sauvons les petites stations de ski : plaidoyer en faveur des enneigeurs et des hélicos.

    N’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter pour suivre mes aventures en France & ailleurs.

  • Onze stations de ski familiales à découvrir cet hiver

    Où skier cet hiver dans les Alpes et ailleurs ? Je vous propose onze stations de ski familiales que j’ai eu le plaisir de découvrir. Ce sont des stations à taille humaine, où la beauté du décor montagnard est préservée. On ne vient pas ici seulement pour le ski, mais pour un riche bouquet d’activités ludiques, relaxantes ou dépaysantes. Des Alpes au Pyrénées, du Jura au Massif central, des spas aux insolites, des chiens de traîneau aux raquettes nocturnes, de la motoneige au parapente, cap sur les sommets français et leur richesse hivernale. Je vous propose une sélection de petites et belles stations de ski familiales que j’ai eu le plaisir d’expérimenter l’hiver dernier, et qui méritent le détour…

    stations de ski familiales en france
    Pralognan la Vanoise

    Des stations de ski familiales dans les Alpes

    Au soleil du Sud à Orcières-Merlette

    Orientée plein Sud sous le ciel provençal, Orcières-Merlette incarne pleinement les « Alpes du soleil ». C’est sans doute la station la plus ensoleillée que j’aie pu découvrir, mais l’altitude et les enneigeurs assurent une qualité de neige constante malgré cette chaleur provençale. Labellisée Famille +, la station s’illustre par sa crèche-garderie et son offre à destination des enfants, avec de nombreuses pistes ludiques (100km de pistes, 19,50€/j par adulte) qui en font un exemple parmi les stations de ski familiales. Pour les sensations fortes, on testera le parapente des neiges (le départ dans la pente ski aux pieds est un vrai shoot d’adrénaline !) et la tyrolienne géante, une des plus grandes des Alpes (140km/h !). Au cours de cuisine, on prépare les tourtons et ravioles du Champsaur, ou encore la confiture de fleur de mélèze, l’arbre emblématique des Alpes du Sud. Un insolite ravira les courageux : les Bains du trappeur, où on se plonge dans des baignoires de bois chauffées à la flamme au fond d’une combe gelée – un vrai décor de livre d’aventures. Et pour un spa plus paisible, on ira se faire chouchouter chez Peau d’Ours, pour un coucher de soleil sur les sommets roses dans l’eau tiède…

    Mes coups de cœur à Orcières : La visite du hameau de Prapic, vrai village pastoral des Alpes du Sud, d’une beauté de carte postale. Les bains du trappeur, une expérience vraiment inédite et puissante dans une combe sibérienne. Le soleil du sud.

    Où dormir ? A l’hôtel Les Catrems, avec ses balcons ensoleillés et son joli décor cosy, à partir de 75€/nuit en chambre double

    Retrouvez mon article complet sur Orcières-Merlette

    Soleil et solidarité à St Jean Montclar

    La seule station autogérée d’Europe continue son bonhomme de chemin et transforme l’essai : outre l’expérience humaine inédite qui confère une atmosphère incroyablement chaleureuse et solidaire à cette station dont les commerçants sont les propriétaires, on vient pour la beauté du cadre au-dessus du lac de Serre-Ponçon, le soleil des Alpes du sud, la patinoire familiale, les raquettes avec vues sublimes, les trois restaurants labellisés Maître restaurateur, ou encore le spa du domaine de l’Adoux. Montclar m’a profondément touchée et a cœur de proposer un accueil de grande qualité, une vraie variété d’expériences et un sens du service rare. Quand solidarité rime avec pur plaisir… Montclar, on en redemande.

    Mes coups de cœur à Montclar : La vue sur le lac de Serre-Ponçon et le soleil des Alpes du Sud. La qualité de l’offre gastronomique. Et surtout, l’ambiance incroyablement chaleureuse de cette station qui a réussi un vrai miracle.

    On dort où ? Au domaine de l’Adoux, très joli hôtel en pleine nature avec un beau spa et un resto labellisé maître restaurateur qui vous régale de produits régionaux. A partir de 120 €/nuit en chambre double.

    Retrouvez mon article complet sur St Jean Montclar.

    Echappées sauvages dans le Vercors

    Véritable forteresse minérale, le Vercors reste un massif sauvage et préservé, qui sied aux amoureux des grands espaces. J’ai un attachement immense à ces montagnes qui font partie des plus belles de France à mes yeux. Le Vercors, c’est l’aventure, l’inédit. Au sud du massif, on explorera chez Esprit du Nord le plus grand parcours de chiens de traîneaux des Alpes avec l’impression d’être parti dans les immensités de Laponie, avant de dormir dans une kota (cabane finlandaise) sous les sapins. A Autrans, on testera le ski de randonnée nordique sur les hauts plateaux du Vercors, seul dans un paysage de hors-piste sauvage et préservé, et on jouira des vues éblouissantes sur Grenoble et sur toute la chaîne des Alpes, avant de manger une soupe pomme/tomate au refuge des Feneys. Villard-Corrençon propose le plus grand domaine skiable du Vercors dans un décor boisé (125 km de pistes, 38€/j par adulte). Pays des champions, terrain d’entraînement privilégié des plus grands athlètes, Corrençon propose des équipements exceptionnels, comme ZeCamp, hôtel original ouvert par des champions olympiques, où on retrouvera toutes les infrastructures pour une mise en condition de pointe. A partir de 88€/nuit en chambre double. A Gresse-en-Vercors, village magnifique niché sur le flanc Est du massif, on teste le yooner (sorte de luge-trottinette) et le fatbike (un vélo des neiges) au pied des plus beaux sommets du massif dans cette petite station de ski familiale. Ici on skie avec les yeux dans le Mont Aiguille, la montagne mythique du Vercors – je rêve d’y retourner pour un envol en parapente dans ce décor légendaire. Et on se régale et dort douillettement au Chalet Preyer, resto gastronomique délicieux labellisé Maître Restaurateur et hôtel de charme.

    Mes coups de cœur dans le Vercors Les expériences outdoor incroyables : chiens de traîneau dans un espace naturel immense, ski de randonnée nordique sur les hauts plateaux. Le concept de l’hôtel ZeCamp. Gresse en Vercors, un des plus beaux villages du massif, au pied du Mont Aiguille, et le resto exquis du Chalet Preyer.

    Retrouvez mon article complet sur le Vercors en hiver

    Prendre soin de soi en Chartreuse

    Depuis mille ans, les moines sont installés au cœur des montagnes de la Chartreuse, cultivant la solitude dans ce cadre magique empreint de spiritualité. On s’approche en raquettes du sublime monastère, on vient savourer l’énergie particulière de ce massif apaisant et la beauté des villages de St Pierre et St Hugues, où le musée d’art sacral présente des œuvres religieuses contemporaines saisissantes et prouve que la mythique Chartreuse continue d’inspirer les mystiques. Parce que ce massif à la dimension spirituelle puissante apaise l’esprit et soigne le corps, on associe sophrologie, diététique et marche nordique pour une matinée rien que pour soi chez trois prestataires soucieuses de votre bien-être. On finit par un déjeuner sain et un bain avec vue sur le Grand Som chez Oréade, balnéothérapie zen : bonheur de buller dans des baignoires de bois, le regard dans les sommets… Si le repas diététique vous laisse sur votre faim, offrez-vous une halte gourmande à la chocolaterie réputée de Sandrine Chappaz : même le Ritz raffole de ses créations ! St Pierre de Chartreuse est la station de ski familiale par excellence, avec ses pistes accessibles (35km, 22,50€/j par adulte), et qui rêve de nature se lancera en ski de randonnée ou profitera du domaine nordique, avec ski de fond et biathlon.

    Mes coups de cœur en Chartreuse : La beauté incroyable du monastère de la Grande Chartreuse, puits de spiritualité. L’originalité de l’église de St Hugues, musée d’art sacral puissant. Prendre soin de soi avec sophrologie, diététique et marche nordique. Les incroyables cabanes insolites. Les chocolats de Sandrine Chappaz. L’ambiance très spirituelle de ce massif hors normes.

    Où dormir ? On s’offre une nuit romantique insolite dans une cabane tout confort sur les cimes aux Cabanes Chartreuse Insolite. Seul au monde, bien au chaud, on admirera les étoiles dans le silence des bois. Je rêve d’y retourner entre amoureux. Cette nuit a été mon insolite préféré à ce jour, alliant originalité et confort idyllique. 140€/nuit

    stations de ski familiales en france

    Retrouvez mon article complet sur le massif de la Chartreuse

    L’idylle savoyarde à Pralognan-la-Vanoise

    C’est une des plus belles cartes postales de Savoie : tout de chalets de bois et d’authenticité préservée, le village de Pralognan est situé au cœur d’un cirque rocheux spectaculaire. C’est une de mes visions préférées de l’hiver : l’Aiguille de la Vanoise fendant le ciel savoyard au-dessus des chalets, les forêts d’épicéas qui donnent à Pralo une allure de petit Canada, les chamois sur les barres rocheuses visibles depuis les pistes… ou encore le hameau de La Croix, qui incarne pour moi l’idylle hivernale absolue. (26km de pistes, 31€/j par adulte, entrée à la piscine et patinoire comprise). En raquettes, on observe la faune incroyablement riche de la Vanoise et les hameaux perdus, ou les skieurs confirmés s’essaient au telemark, une technique de ski norvégienne qui fait (beaucoup !) travailler les fessiers. Au coucher du soleil, on teste l’atelier igloo – garantie de se congeler doigts et orteils, mais l’expérience est très ludique. On finit la journée chez Pépé Gust’, bar-resto chaleureux et inventif où on cultive l’histoire de la station. Envie d’un dîner romantique ? Rdv au Grand Bec, resto gastronomique labellisé Maître restaurateur où la cuisine de montagne prend ses lettres de noblesse.Il s’agit également d’un bel hôtel de charme avec un très bel espace piscine et spa.

    Mes coups de cœur à Pralognan la Vanoise : La beauté magique de ce village savoyard authentique et de son cadre naturel d’exception. Les restos, Pépé Gust et le Grand Bec. Les chamois, partout. Le hameau de La Croix, de toute beauté, la vision hivernale parfaite de conte de fées.

    Où dormir ? Avec ses chalets sous les sapins, l’Epicéa Lodge a des airs de petit Canada. Chambre double à partir de 81€. Plus de luxe ? Rdv au Grand Bec, romantique avec son superbe spa et fin gourmet, à partir de 140€.

    stations de ski familiales dans les montagnes françaises

    Retrouvez mon article complet sur Pralognan la Vanoise

    Sensations fortes aux Saisies

    C’est peut-être un des plus beaux cadres naturels que j’aie eu le plaisir de découvrir à skis. Aux Saisies, on skie sous l’œil du majestueux Mont Blanc, sur un domaine immense et boisé, tout cousu de forêts de sapins et de spectaculaires panoramas sur trois massifs : Beaufortain, Aravis et Mont Blanc. Si le domaine skiable est vaste (77 km de pistes, 36,70€/j pour un adulte, 192km dans l’Espace diamant pour 42€), les Saisies s’illustrent aussi par la variété des activités. Les familles profiteront du grand-8 des neiges, étonnamment rapide mais totalement sécurisé, et d’un bel espace aqualudique avec piscine, salle de sport, salle d’escalade et spa. Pour ceux qui cherchent les sensations fortes : pourquoi ne pas s’essayer au biathlon sur l’espace nordique homologué pour les compétitions internationales, se prendre pour James Bond en motoneige, ou même conduire une dameuse ? Les romantiques préféreront une balade en traîneau, tiré par deux superbes chevaux… une des plus belles visions de mon hiver. Ce que j’aimerais encore tester aux Saisies ? Un vol en montgolfière…

    Mes coups de cœur aux Saisies : La beauté du domaine skiable, immense, magnifique, avec des panoramas incroyables sur le Mont Blanc et les Aravis. La motoneige, pour des sensations hollywoodiennes. La balade en calèche, follement romantique. La qualité de l’espace aqualudique.

     Où dormir ? Au MMV Les Chalets des Cimes, résidence locative de qualité avec piscine et spa. A partir de 700€/semaine pour 4 personnes, 1300€ pour 8.

    stations de ski familiales dans les montagnes françaises

    Retrouvez mon article complet sur Les Saisies.

    Belle ambiance et bonnes adresses à Morzine

    Le bourg historique de Morzine cultive une atmosphère inimitable : c’est une des stations les plus animées des Alpes. Je n’ai jamais autant eu envie de faire la fête qu’à Morzine, qui vit de la tradition de l’après-ski, avec danse en bottes de ski et eurodance kitsch des années 90. Les bonnes adresses sont légion dans le vieux cœur baroque. On se régalera de spécialités maison dans une cave d’affinage à La Fruitière, un cadre absolument spectaculaire et des spécialités savoyarde d’une qualité inimitable car entièrement produites par la maison (sans mentir : la meilleure raclette de ma vie !), ou on misera sur la gastronomie de charme à La Chamade. Morzine est sans doute la station la plus riche en bonnes adresses que je connaisse, et une valeur sûre pour les amoureux voulant combiner ski et romantisme. Pour les plus teufeurs, on fêtera « l’après-ski » en musique au Tremplin et on finira dans une des nombreuses boîtes de nuit. Ne manquez pas la visite du village, avec sa sublime église baroque, ses toits d’ardoise, ou encore le merveilleux Mas de la Couttetaz, la plus vieille maison du village, transformée en chambre d’hôtes romantique. Faites aussi un tour à Avoriaz, la station futuriste sur les falaises, où on peut même dîner et dormir dans un igloo. Enfin, dévalez toute la station en luge à la tombée de la nuit, pour une vision rare du village dans le crépuscule. Si le domaine skiable est immense (107km de pistes, 38€/j par adulte, accès aux 620km des Portes du Soleil pour 51€/j), les sentiers préservés sont nombreux : on s’essaiera au ski-joering et on partira en raquettes avec une vue superbe sur les Dents du Midi. J’ai aussi adoré mon baptême de ski joering au milieu des sapins avec une jument pie de toute beauté : une expérience magique en pleine nature. Quant aux raquettes, j’ai vécu la plus belle randonnée de ma vie avec la guide Véronique, sage des montagnes et détentrice des plus beaux points de vue sur le Mont Blanc et les Aravis.

    Où dormir ? A l’Equipe, hôtel romantique au pied des pistes avec décoration originale, spa, piscine et demi-pension de qualité, à partir de 100€/nuit en chambre double.

    Mes coups de cœur à Morzine : L’Equipe, mon hôtel montagnard préféré à ce jour. Le ski joering dans un cadre fabuleusement préservé. Les restos d’une immense qualité : raclette de folie à La Fruitière, gastronomie à La Chamade. Le contraste entre la beauté baroque de Morzine et le délire architectural saisissant d’Avoriaz. L’ambiance ultra festive et chaleureuse. Les raquettes avec Véronique dans un cadre stupéfiant de beauté.

    Retrouvez mon article complet sur Morzine en hiver

    Des stations de ski familiales ailleurs en France

    stations de ski familiales dans les montagnes françaises
    Jura

    Au cœur de l’Aubrac à Laguiole, Massif Central

    Nous sommes sur le mythique plateau de l’Aubrac, où vivent les vaches aux yeux doux. Si la station de Laguiole est petite (10km de pistes, forfait adulte 20€/j), elle propose des pistes de tout niveau, et un vaste domaine nordique (50km). On ira s’essayer au chien de traîneau en famille, et on ira découvrir les traditions aveyronnaises, filer l’aligot et goûter les farçous dans un buron de pierre autour du village d’Aubrac. Laguiole est la ville de la coutellerie, et de nombreux ateliers d’artisans se visitent. On fera un tour à Estaing, avec son château sur le Lot, la mythique Conques, un des plus beaux sanctuaires de France et un lieu de pèlerinage d’une puissance rare, ou encore et St Côme d’Olt avec son clocher tors, tous trois classés plus beaux villages de France. On découvrira l’étonnant canyon de Bozouls, curiosité géologique et architecturale qui mériterait d’être plus celèbre.

    Où dormir ? Aux villas de Labro dans une superbe villa tout confort accueillant 8 personnes, avec jacuzzi et vue sur château, idéalement située pour découvrir le Nord Aveyron. A partir de 1400€/semaine pour un grand luxe très fonctionnel.

    Retrouvez mon article complet sur l’Aubrac et sur les Villas de Labro

    Skier dans le Jura : étoiles et lacs gelés

    Aux portes de la Suisse, le Jura cultive son identité, avec ses horloges et ses caves à comté, qu’on ira découvrir au Fort des Rousses. La station des Rousses se veut familiale, avec un grand espace dédié aux plus jeunes (48km de pistes, 24€/j par adulte). Pour une expérience nature, on partira en chien de traîneau ou en calèche tirée par les chevaux comtois explorer les combes, puis en randonnées raquettes en pleine nuit sous les étoiles, pour déguster une fondue jurassienne dans une cabane de bûcheron après avoir franchi la frontière suisse, comme les contrebandiers d’autrefois. Envie de culture ? Le musée de la lunette de Morez est étonnamment prenant et permet de découvrir la riche histoire industrielle et artisanale du Jura. Une escapade romantique ? Cap sur Grande Rivière, où on s’essaiera au tai-chi avec Josiane sur le beau lac gelé, avant de déjeuner avec vue sur cette petite Sibérie franc-comtoise à l’hôtel-spa de l’Abbaye.

    Mes coups de cœur dans le Jura : La sortie en raquettes nocturnes à la nuit dans la forêt des Rousses (de préférence un jour de lune). Le sublime hôtel-spa et restaurant de l’Abbaye à Grand rivière, d’une beauté rare. Le sud du massif, dans la région de Lamoura, où j’aurais adoré faire une balade en chiens de traîneau dans les combes.

    Où dormir ? Version économique : en chalet tout confort aux Loges du Jura, avec accès à la piscine et à l’espace bien-être. A partir de 600€/semaine pour 5 personnes. Version luxe : le magnifique hôtel-spa de l’Abbaye, avec sa vue extraordinaire sur le lac gelé et sa baignoire à remous, à partir de 120€/nuit. Un de mes grands coups de cœur de l’hiver.

    stations de ski familiales dans les montagnes françaises

    Retrouvez mon article complet sur le Jura

    Et vous, quelles stations de ski familiales ont su faire battre votre coeur ?

  • Une pluie d’or et de paillettes : maquillages irisés

    Décembre est la saison de toutes les illuminations. Nos centres-villes arborent des constellations clignotantes, nous suspendons des étoiles à nos arbres et à nos cous, et nos salons le soir se mettent à ressembler à des essaims de lucioles ou à des galaxies lointaines. En cette saison de toutes les paillettes, j’avais envie de vous parler maquillage, et de mettre l’or et l’iridescence à l’honneur.


    Je vais tout d’abord me livrer à une petite introspection et vous parler du rapport que j’entretiens avec le maquillage. Puis je vous présenterai les produits que j’ai utilisés cette année, de façon totalement sincère : cet article est 0% sponsorisé et je serai parfaitement honnête quant aux produits dont je raffole… et ceux qui m’ont vraiment déçue. De quoi vous donner des idées maquillage pour Noël 2019. Et enfin, je vous proposerai un concours – non sponsorisé – afin de remporter mon coup de coeur de l’hiver.

    ariane fornia
    La palette Naked Honey d’Urban Decay, mon coup de coeur de l’hiver, à remporter

    Féministe et accro aux cosmétiques : le maquillage et moi

    Le maquillage fut longtemps un amour secret. J’ai commencé à me maquiller très tôt, bien avant d’avoir reçu la permission parentale – je mettais à profit les trajets en bus vers mon collège drômois pour décorer mes paupières et mes lèvres. Je me suis maquillée depuis l’âge de onze ou douze ans, tous les jours ou presque, avec une passion non démentie.

    ariane fornia maquillage
    Saisie en plein maquillage (avec un rouge à lèvres Givenchy dont je vous parle plus bas). Photo par mon amie Marion Carcel, Foehn Photographie, en Autriche


    Profondément féministe, je me suis longtemps sentie mal à l’aise avec cette passion cosmétique. Je l’assouvissais mais je n’en parlais pas, comme si elle était quelque chose d’un peu honteux. J’avais peur d’être réduite à ça, peur que mes rouges à lèvres éclipsent mes diplômes et mes livres. Je m’insurgeais contre les injonctions normatives imposées aux femmes – sois belle, sois mince, sois parfaite, en toutes circonstances – tout en ayant la carte Gold chez Sephora. Je ne parvenais pas à résoudre ce que je ressentais comme une contradiction : être sincèrement féministe, c’est-à-dire, me battre pour le progrès des droits et de la dignité des femmes partout dans le monde, et adhérer pourtant à un standard de beauté que de nombreuses femmes ressentent comme oppressif. Je sais que dans certaines professions – hôtesse de l’air, agent d’accueil, par exemple –, le maquillage est un code imposé, une obligation contractuelle, et les femmes sont perçues comme négligées si elles ne sont pas maquillées. Dans ces mondes, le visage à nu (comme celui des hommes), est une marque de désinvolture, un tabou. Quand parfois elles s’expriment pour revendiquer le droit à être elles-mêmes, je suis la première à comprendre et approuver leurs revendications.

    ariane fornia
    Miroir miroir, me permettras-tu de me voir sans artifices ? Photo prise par mon amie Magali dans le Lot


    Je crois que j’ai toujours aimé le maquillage car il ne m’a jamais été imposé. Dans le monde universitaire d’où je viens (avant de devenir blogueuse, j’ai été l’autrice d’une thèse en littérature allemande), beaucoup de femmes font le choix du naturel, ne teignent pas leurs cheveux blancs, ne se maquillent pas, et n’en sont pas moins respectées et considérées, car l’intellect prime sur l’apparence.

    Voyage et mise en scène

    Dans le monde du voyage, nombreuses sont les backpackeuses, les bivouaqueuses, les baroudeuses, qui ne voudraient jamais s’alourdir et s’embarrasser de maquillage dans leurs épopées autour du globe. Je me souviens du sourire gentiment moqueur de ma chère amie Marion lorsque nous sommes parties ensemble bivouaquer sur le Grand Veymont, après une incroyable randonnée dans le Vercors, et que j’ai trimballé ma petite trousse à maquillage sur 1000 mètres de dénivelé dans les pierriers, en plus de tout le fatras requis pour ce genre d’opération. (Mais Marion avouera que le lendemain matin, elle m’a quand même piqué mon crayon khôl 😉).

    ariane fornia vercors
    Dans le sac de rando, il y a (aussi !) du maquillage 😉 Photo Marion Carcel, au sommet du Grand Veymont

    Nombreuses sont celles qui revendiquent de s’affranchir des codes sociaux quand elles voyagent, de vivre pleinement l’instant sans se soucier de leur brushing ou de leur mascara. Je les comprends et respecte profondément leur choix.
    Mais aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été fascinée par une certaine vision stéréotypée, idéalisée, de la féminité : la femme aux cheveux longs, aux formes de sablier, aux yeux ourlés de noir, aux lèvres rouges comme l’automne, aux ongles peints, la femme mise en scène, la femme de Mucha, de Rossetti, de Moreau, a toujours habité mon imaginaire. Je suis amoureuse des archétypes de la beauté féminine intemporelle, de Vénus ou de Marie-Madeleine.

    Je l’avoue : je m’aime en robe, je m’aime avec les cheveux longs, je m’aime maquillée. Depuis toujours. Sur mon compte Instagram, je préfèrerai toujours une photo mise en scène à une photo « naturelle », non pas parce que je me déteste au naturel (je n’ai pas de problème à être le dimanche en jean, tee-shirt et queue de cheval), mais parce que je conçois cet univers comme une expression de mon sens esthétique et de ma créativité, et que j’aime le théâtre, j’aime la mise en scène. Factice ? Evidemment. Instagram n’est pas la vraie vie et tout le monde le sait. C’est un monde beau, esthétique, harmonieux. J’ai un côté très 19e : en photo, je préfère l’art à la vie.

    Château Sainte Sabine, hôtel de luxe en Bourgogne
    Château de princesse en Bourgogne, robe rouge, talons, maquillée : le genre de mises en scène que j’aime sur Instagram. Photo Marion Carcel
    ariane fornia alexandra besson
    Halloween à Tivoli, Copenhague. Le maquillage, une forme de sorcellerie joyeuse à laquelle j’adhère

    Assumer d’être ce que je suis et mon amour du maquillage

    Grandir et vieillir a été pour moi une façon d’assumer qui je suis, de me libérer de certains diktats de branchitude –  le plaidoyer affecté pour le naturel est lui aussi un diktat, et la critique des femmes maquillées comme idiotes et superficielles est aussi insupportable que la critique des femmes non maquillées.
    J’ai trente ans désormais et je sais bien mieux qui je suis et quels sont mes goûts. Quand je faisais mes études, il était de bon ton de préférer Berlin, la punk, la bordélique, l’approximative, à Munich, l’alpine, la bourgeoise, la tradi. J’ai vécu trois mois à Berlin en écumant les happenings dans des stations de métro désaffectées pour prouver à la Terre entière que j’étais super cool et alternative, alors que je ne rêvais que d’un spa bouillonnant dans les montagnes. J’ai mis longtemps à oser avouer que je préférais mille fois Munich, ses lacs, ses géraniums, ses Biergärten, son bon ordre bavarois. J’ai mis longtemps à oser dire que non, je ne suis pas une backpackeuse, mais une aventurière bourgeoise, que j’aime le confort et l’organisation, que « l’ambiance conviviale » des hostels où des gens bourrés te réveillent à 3h du mat me sort par les narines et que je préfère mettre 100 balles dans un bel hôtel que 10 dans un lit en dortoir (et que si je n’ai pas assez de budget pour voyager confortablement, je préfère rester tranquillement chez moi que de subir l’approximatif).

    ariane fornia
    Voyager, oui, mais pas n’importe comment 😉 Photo prise en Champagne par mon amie Cécilia

    J’assume mon côté rétro et, disons-le, un peu conservatrice sur les bords. J’assume de préférer la Renaissance italienne au street art, j’assume de ne pas être très touchée par le design minimaliste et de kiffer les façades baroques d’Innsbruck, j’assume d’être catho et d’être dingue de vieilles églises, et j’assume mon côté girly, d’aimer le rose, les paillettes, les robes, les rouges à lèvres et le vernis à paillettes. J’ai passé l’agrégation et mon doctorat, j’ai écrit des livres, j’ai rempli mon quota de prestations intello pour prouver au monde l’état de mon cerveau. J’estime maintenant que si quelqu’un me prend pour une idiote parce que je mets des jupes et que j’aime les petites fleurs, le problème vient de lui, de ses stéréotypes et de ses représentations périmées, pas de moi.

    Après cette longue introduction, on va enfin parler maquillage & cheveux. Cet article est garanti 0% sponsorisé, je vous livre en toute candeur ce que j’ai adoré… et ce qui m’a déçue.

    Maquillage, session Noël 2019 : de l’or sur les joues et les paupières

    Palettes d’été : sirène pailletée

    J’ai un immense amour pour les dorés, les cuivrés, les fards chauds, couleur joaillerie et géologie. Or pâle, or vif, brun chaud, ocre, brun mordoré, j’en raffole. En été, je mélange à cet or des tons de bleu et de vert, en hiver, je reste le plus souvent sur l’or pur.
    L’été dernier, j’ai beaucoup utilisé la palette High Tides & Good vibes de Tarte Cosmetics. Plusieurs tons de bleu, des tons plus chauds pour contraster, et surtout, plusieurs fards ultra pailletés pour se la jouer sirène sur son rocher, c’était la palette d’été parfaite. Petite série ci-dessous en août au Lavandou pour le prouver.

    high tides good vibes

    Puis, à mon anniversaire début septembre, on m’a offert la palette Mar de Colourpop, et cet énorme coup de cœur a été ma palette unique jusqu’à la fin de l’été (= environ mi-octobre en Provence). Cette marque californienne a une gamme de teintes et une pigmentation incroyables, et elle est en plus très abordable.

    Palettes d’hiver : écorces et joyaux

    Puis aussitôt la pluie revenue, je suis revenue à mes teintes d’hiver : des tons très chauds, entre brun et or, avec une pointe de cuivré. L’hiver dernier, j’avais beaucoup utilisé la célèbre palette d’Huda Beauty The New Nude Palette (mon cadeau de Noël 2018 !), dont le fard « Grave » est officiellement mon fard doré préféré de tous les temps. C’est une palette d’une qualité fantastique, mais elle compte un peu trop de teintes rouges/rosées à mon goût, qui ne me vont pas.

    huda beauty
    Palette The New Nude de Huda Beauty, image prise sur le site de la marque.

    Du coup, quand Urban Decay a sorti sa nouvelle palette Naked Honey, je me suis précipitée dessus illico. 12 teintes très chaudes, dans des tons de crème, brun, or et cuivre, des pailletés ultra pigmentés et des mats un peu crémeux, tout ce que j’aime pour un maquillage d’hiver. La pigmentation est excellente et tient très bien tout au long de la journée (j’utilise depuis toujours la célèbre base Primer Potion d’Urban Decay, qui intensifie et prolonge la tenue des fards à paupières, et qui contient en plus un actif anti-âge). C’est mon énorme coup de cœur de l’hiver et c’est elle que je vous propose de gagner aujourd’hui en participant au jeu concours sur mon compte Instagram.

    ariane fornia
    Palette Naked Honey d’Urban Decay. Une série de photos prises à Paris par mon amie Camille

    Illumine donc ta face : Paint with Light de Laura Mercier

    Pourquoi limiter le déluge d’or aux yeux ? Mon autre grand coup de cœur de l’hiver, c’est la palette Paint with Light en tons Golden de Laura Mercier, qui vient de sortir. Il s’agit de trois illuminateurs/blush dans des tons très chauds et intenses, qui brillent de mille feux. J’en suis folle. Les trois teintes sont sublimes, parfaitement complémentaires, et très pigmentées. Le maquillage de fêtes idéal (ce qui ne m’empêche pas de le porter au quotidien, en junkie de l’or que je suis). J’ai l’impression d’être une déesse métallique des temps anciens, quelque part entre sarcophage égyptien et marteau de Thor.

    Maquillée avec la Paint with Light de Laura Mercier & la Naked Honey sur les yeux
    Maquillée avec la Paint with Light de Laura Mercier & la Naked Honey sur les yeux. Et un rouge à lèvres YSL, Volupté Shine en teinte 16, que j’adore – voir les détails plus bas !

     Il remplace avantageusement l’autre palette d’illuminateurs/blush que j’utilisais jusque-là, Sweet Peach Glow de Too Faced, que je continuais d’utiliser jusque là faute de mieux mais qui m’a beaucoup déçue par son manque de pigmentation et d’intensité – les teintes ne se voyaient pas, l’effet était bien trop léger, quasi invisible. Aucun danger avec le Paint with Light de Laura Mercier, qui est très intense (ayez la main légère !).

    laura mercier paint with light
    Paint with light, golden tones, Laura Mercier
    ariane fornia

    Et les lèvres ? Rouge pomme empoisonnée

    Je suis allée essayer des rouges à lèvre couleur or avec une amie, pour un total look doré, mais j’ai été déçue par le résultat sur moi. Je reste donc au rouge, plus classique mais qui me va beaucoup mieux (avis unanime de mon amie, ma mère et moi-même, ce 3-0 me paraît incontestable). Je partage donc avec vous ma déception de l’année : la collection de rouge à lèvres Studded Kiss de Kat von D. J’avais une opinion favorable de la marque, étant donné que je suis une grande utilisatrice de son feutre eye-liner Tattoo Liner, qui est lui absolument génial (cela fait 4x que je le commande). A la recherche d’un rouge sanglant et intense, j’ai jeté mon dévolu sur la ligne Studded Kiss, très chic avec son packaging dark un peu post-punk, et j’ai choisi la teinte Adora. Quelle déception ! Le rouge à lèvres s’applique mal, est sec, dessèche mes lèvres, et surtout, part de façon non uniforme, en me laissant avec des espèces de tâches de rouge éparses qui donnent l’impression que j’ai une maladie de peau au bout de quelques heures. L’antithèse du glamour et un achat que je regrette vraiment.

    Préférant mettre l’accent sur le positif, je choisis cette photo (prise par ma mère à Copenhague) où je porte l’eye liner Tattoo Liner de Kat von D, qui est lui super et mon eye liner favori au quotidien. Rouge à lèvres YSL Rouge volupté shine #16.

    Je reste donc sur mes deux indispensables, mes fidèles depuis longtemps, deux rouges à lèvres crémeux, faciles à appliquer, de très bonne tenue, qui hydratent mes lèvres et s’estompent de façon uniforme :
    * côté rouge sombre, le Rouge Givenchy, en teinte Grenat volontaire #334

    ariane fornia alexandra besson
    Maquillée avec ce rouge à lèvres Givenchy. Photo Marion Carcel, prise en Bourgogne

    * côté rouge clair, tirant sur le corail, le Rouge volupté Shine d’Yves Saint Laurent, en teinte #16 Orange impertinent

    maquillage noël 2019
    Avec le rouge à lèvres YSL (et un vernis OPI, teinte Big Apple Red)

    Ce sont deux excellents rouges à lèvres et je ne leur ferai plus d’infidélités.

    Et les ongles ? OPI toujours

    Je suis une inconditionnelle d’OPI et j’ai un nombre de teintes assez conséquent, je l’avoue (d’autant que pour un œil extérieur, il s’agit d’une infinie variation de rouge, roses et bordeaux assez similaires, et moi seule vois les nuances de framboise, de porto, de cerise, etc. J’ai des yeux bioniques.) Mais j’ai été particulièrement impressionnée par la gamme Infinite Shine qui crée un effet gel assez bluffant (je refuse d’utiliser du vernis gel, qui a trop abîmé mes ongles, je reste au vernis classique !). La brillance est très impressionnante.

    maquillage noël 2019
    Vernis OPI Infinite Shine Malaga Wine. Je possède aussi le Malaga Wine en version classique, et je préfère largement le Infinite Shine. Photo prise par Cécilia en Champagne

    De l’or dans les cheveux

    J’ai toujours aimé accentuer la blondeur dans mes cheveux par des balayages dorés. J’ai dû arrêter à une époque, parce que mes cheveux étaient trop abîmés, mais tout a changé avec la découverte d’Olaplex.

    maquillage noël 2019
    Balayage blond doré. Photo Marion Carcel, en Bourgogne

    Olaplex, le miracle

    Laissez-moi vous le jurer, foi d’obsédée de la beauté qui a tout testé : ce n’est pas un gadget, ce n’est pas un coup marketing, ce n’est pas une arnaque. Ce produit est HALLUCINANT. C’est simple, je ne vois presque plus de dégâts à la décoloration sur mes cheveux, alors que j’ai les cheveux longs, bouclés, secs, bref, le super combo de la fragilité, et que jusqu’ici toute décoloration m’avait systématiquement flingué les cheveux (même avec des formules soi-disant douces et novatrices et blablabla – selon mon expérience, tout est du vent, sauf Olaplex). Olaplex est utilisé en salon exclusivement. La coiffeuse mélange Olaplex numéro 1 au produit décolorant (ce qui rallonge un peu la pose) et je laisserai les plus chimistes d’entre vous chercher l’explication scientifique précise, mais en résumé, il empêche la destruction des liaisons hydrogène dans le cheveu lors de la décoloration. Après rinçage, on applique Olaplex numéro 2 et on laisse poser 20 minutes. Olaplex numéro 3 s’utilisera ensuite à la maison (environ une fois par semaine en ce qui me concerne, à laisser poser une heure avant le shampooing). Ce n’est pas un soin – il ne rend pas le cheveu plus lisse, plus souple, ou que sais-je, ce n’est pas un démêlant ou un nourrissant. Utiliser Olaplex ne rend pas le cheveu plus facile à coiffer ou plus brillant, il ne remplace absolument pas un après-shampoing ou un masque, son utilité n’est pas là. C’est « juste » une petite merveille chimique qui empêche l’oxydation d’anéantir vos cheveux, et qui fait son boulot avec une efficacité redoutable – des 3 étapes, la numéro 1 étant la plus importante de toutes, car elle intervient en protection PENDANT la décoloration. Bref, depuis 4 ans que je connais ce produit, je refuse désormais toute décoloration sans lui.

    Nourrir en profondeur : après-shampoings et masques

    Parce que j’ai des cheveux compliqués – comme je le disais, fragiles, décolorés, longs, bouclés –, j’ai besoin de les nourrir ENORMEMENT. Mais sans les alourdir. Parce que sinon, ils ne bouclent plus. (Je sais, c’est compliqué ma vie.) J’ai testé un million de produits à ces fins. J’utilise bien sûr à la fois un après-shampoing, et un soin sans rinçage (comme toutes les bouclées). Il y a des choses très bien pour le quotidien dans les produits peu chers, par exemple, l’Après-shampoing Nutri réparateur d’Yves Rocher et le soin sans rinçage Huile extraordinaire – Huile en crème d’Elsève – deux produits à moins de dix euros qui font très bien le job et dont le prix bas me permet de les utiliser généreusement.

    maquillage noël 2019
    Moi & mes cheveux dans les gorges du Verdon, photo Marion Carcel

    Mais parfois, on a envie de mettre le paquet et de nourrir vraiment à fond les ballons. Je suis prête à mettre le prix pour ça. En revanche, rien ne m’énerve plus que de payer beaucoup pour un masque qui ne tient pas ses promesses. Mon grand regret capillaire de l’année, c’est d’avoir été victime du marketing : à force de voir passer sur Facebook le masque Coco & Eve (vous savez, typographie vert sombre sur pot rose) qui me promettait monts et merveilles, j’ai fini par griller 45 euros pour l’acheter, et j’ai regretté. Ce n’est pas qu’il est nul, non. Mais c’est juste un masque de base au silicone, qui démêle et fait briller sans nourrir en profondeur, et le masque de supermarché Total Repair de Jean-Louis David fait exactement la même chose pour 6 euros chez Carrefour, donc bon, je reste sur JL.

    Moi et mes cheveux à la roche de Solutré au sud de la Bourgogne, photo Marion Carcel

    A ce jour, j’ai testé beaucoup de choses et je n’ai trouvé qu’une seule marque qui mérite que je paie très cher un masque, parce que le résultat est véritablement spectaculaire : Shu Uemura. Leurs produits sont d’une qualité phénoménale, et absolument sans silicone – le résultat est réel, et non dû au plastique. Le masque Silk Bloom est une véritable cure miraculeuse pour les cheveux abîmés. La crème Essence absolue est la meilleure crème sans rinçage que je connaisse sur le marché. Alors oui, cela coûte près de 50 euros par produit. Mais si vous voulez un soin sauvetage qui récupère vos cheveux bousillés sans avoir à les couper, votre salut passera par là.

    maquillage noël 2019
    Silk Bloom et Essence absolue de Shu Uemura, deux produits fabuleux

    Je m’arrête ici, en sachant que j’ai encore beaucoup en réserve, car nous n’avons parlé ni fond de teint, ni crème hydratante, ni crème de nuit, ni shampoing, ni mascara, ni… bref, à suivre !

    N’hésitez pas à me raconter, je suis curieuse : et vous, quel est votre rapport au maquillage ? Ami occasionnel, ami fidèle, ennemi, contrainte ? Avez-vous eu cette année des produits coup de cœur et de grosses déceptions ?

    Aucun partenaire à remercier, cet article n’est pas sponsorisé 😉

  • Un merveilleux séjour au château Sainte-Sabine, en Bourgogne

    Le château Sainte Sabine ? C’est un bijou hors du temps au cœur de la Bourgogne, un château du XVIIIe siècle qui abrite un hôtel luxueux, au cœur d’un grand parc où les daims déploient leurs bois dans le soleil levant. J’y ai passé une nuit à l’automne 2019, et ce fut une collection de visions sublimes : la façade majestueuse du château sertie de fontaines, le grand escalier monumental dans lequel vient jouer la lumière des vitraux, et cette apparition magique des daims dans la lumière de l’aube… sans même parler du raffinement de la cuisine, et de la gentillesse de l’accueil. Le château Sainte Sabine est un 4* figurant dans le magnifique réseau Les Collectionneurs, et ce fut véritablement une parenthèse hors du temps, loin du monde, dans la splendeur de l’automne en Côte d’Or.

    En partenariat avec le château Sainte Sabine, qui met ce lot superbe en jeu, je vous propose de gagner une nuit pour deux personnes en chambre double, avec un dîner gastronomique bourguignon avec le Menu Gourmet au magnifique restaurant de l’hôtel (hors boissons) et le petit-déjeuner buffet avec vue sur le grand parc. J’envie déjà les gagnants qui remporteront cette parenthèse de douceur et d’élégance bourguignonne au château Sainte Sabine ! Rendez-vous en fin d’article pour découvrir comment jouer, mais laissez-moi déjà vous présenter ce magnifique hôtel…

    Château Sainte Sabine, hôtel de luxe en Bourgogne
    Château Sainte Sabine, hôtel de luxe en Bourgogne
    Château Sainte Sabine, hôtel de luxe en Bourgogne

    Toutes les photos de cet article dans lesquelles je figure sont l’œuvre de mon amie Marion Carcel, la talentueuse créatrice de Foehn Photographie  . Photographe passionnée et rigoureuse, portraitiste virtuose, elle est à votre disposition pour des shootings en Rhône-Alpes et ailleurs. C’est elle qu’on voit sur les photos que je prends. Pour résumer : je suis la blonde, elle est la rousse, et quand l’une apparaît sur la photo, c’est l’autre qui photographie 😉

    Château Sainte Sabine, hôtel de luxe en Bourgogne
    La belle Marion Carcel

    Le château Sainte-Sabine, l’arrivée spectaculaire

    Quand je voyage, et tout particulièrement quand je voyage en France, pays de châteaux et d’histoire millénaire, j’attache une grande importance aux hébergements. J’ai envie d’être transportée hors du quotidien, d’avoir l’impression d’entrer dans une bulle de légende et de magie, de vivre quelque chose d’exceptionnel dans un lieu qui s’illustre et marque la mémoire. Au château Sainte-Sabine, j’ai su dès notre arrivée dans la cour que je serais conquise. Avec ses hautes façades ouvragées, ses flèches, ses fontaines et sa pierre claire, la cour du château évoque tout ce que la France a de mythique en matière de demeures seigneuriales solennelles, de Chambord à Chantilly. Pendant un instant, on peut s’imaginer princesse à sa fenêtre, dévidant les histoires d’antan sur le grand écheveau du temps…

    Un intérieur XVIIIe de toute beauté

    Le château Sainte-Sabine a su conserver les fastes de ses intérieurs XVIIIe, avec notamment un grand escalier monumental où des poissons viennent s’enrouler autour de la rambarde de marbre – magnifique ! Les salons ont des airs de Liaisons dangereuses, la lumière du matin illumine les bouquets placés avec goût là où tombent les rayons, et une idylle follement romantique s’écrit à l’encre de la plume…
    Bien sûr, des concessions au goût du jour ont été faites, notamment avec la superbe salle de billard, ou encore le bar à qui la nuit donne des allures de cathédrale de l’ivresse. On se sent accueilli chez des hôtes au goût très sûr, et dont le sens du luxe est enveloppant et chaleureux.

    Château Sainte Sabine, hôtel de luxe en Bourgogne
    Château Sainte Sabine, hôtel de luxe en Bourgogne
    Château Sainte Sabine, hôtel de luxe en Bourgogne
    Château Sainte Sabine, hôtel de luxe en Bourgogne
    Château Sainte Sabine, hôtel de luxe en Bourgogne
    Château Sainte Sabine, hôtel de luxe en Bourgogne

    Se réveiller à Sainte-Sabine…

    Le soir, nous ne voyons que le confort douillet de notre chambre capitonnée, où ma gamme préférée de chez Nuxe, Rêve de miel, accompagne notre toilette du soir, et où Crémant de Bourgogne et sirop de cassis, les grandes spécialités de la Côte d’Or, nous disent bienvenue.

    Château Sainte Sabine, hôtel de luxe en Bourgogne

    Le lit est merveilleusement confortable, mais le meilleur reste à venir…
    Au matin, je me lève dans la lumière de l’aube, vais vers la fenêtre et découvre des daims sur la colline, avec la silhouette altière du village de Châteauneuf-en-Auxois derrière eux. La vision est parfaite, d’une poésie infinie. Je me sens transportée sous un Ancien Régime de film hollywoodien, avec gentlemen aristocrates et belles dames en crinoline. Sainte-Sabine est situé dans un parc de 8 hectares, une petite réserve animalière où s’épanouissent les jolis animaux aux bois de velours.

    Château Sainte Sabine, hôtel de luxe en Bourgogne
    Château Sainte Sabine, hôtel de luxe en Bourgogne

    Nous irons nous promener autour du château pour admirer les reflets de l’automne dans les fossés et la vigne vierge enflammée par octobre…

    Pour une nuit à deux au château Sainte-Sabine, comptez entre 115 et 190 euros, en fonction de la catégorie de chambre choisie. Sachez que le château propose régulièrement, hors saison, des promotions du type 3e nuit offerte, ou encore des combinés séjour et restauration. N’hésitez pas à consulter le site de l’hôtel Sainte-Sabine pour découvrir les offres.

    A table au château Sainte-Sabine

    La magnifique salle de restaurant donne sur le parc, et nous petit-déjeunons dans la lumière des larges baies vitrées, en guettant les daims dans la pelouse… Le petit-déjeuner est un buffet varié et raffiné, riche en fruits, confitures maison, viennoiseries tendres, yaourts régionaux… tout ce que j’aime, un régal matinal dont nous avons profité avec délices.

    Mais il me faut revenir en arrière et évoquer le dîner gastronomique. Le chef, Benjamin Linard, est un Bourguignon, né à deux pas d’ici dans le beau et boisé Morvan, et qui a suivi sa formation dans de prestigieuses maisons régionales, notamment chez Bernard Loiseau. Sa cuisine est le reflet de cet attachement sincère à son terroir, avec ce qu’il faut de jeunesse et de créativité pour que le repas sache surprendre et séduire par des associations originales et des mariages de saveurs très fins. Le château Sainte-Sabine est le lieu idéal pour découvrir la prestigieuse gastronomie bourguignonne de façon à la fois exigeante et abordable (les menus s’échelonnent de 45 à 80 euros par personne).

    Nous avons goûté les spécialités du chef, de la truite des rivières françaises fumée maison, de la volaille bourguignonne cuite avec une très grande finesse, ou encore le désert emblématique de la maison, le soufflé aux biscuits roses de Reims, ratafia et sorbet au crémant de Bourgogne. Un régal, dans un cadre d’exception…

    Nous n’avons quitté le château Sainte-Sabine qu’à regret, heureusement pour continuer à découvrir une région sublime…


    Que voir à proximité du Château Sainte-Sabine ?

    Profitez de votre séjour pour explorer la belle, l’opulente Bourgogne. Cette région qui fut autrefois un duché aussi vaste, puissant et riche que le royaume de France a gardé un exceptionnel raffinement en héritage. Châteaux seigneuriaux, abbayes romanes solennelles, vignobles prestigieux, restaurants étoilés, la Bourgogne incarne une forme d’excellence à la française. Pour les amoureux du patrimoine et les amoureux tout court, en quête d’Histoire ou soucieux d’écrire leur propre romance, c’est une destination magique…
    Voici quelques idées de sites à visiter et d’expériences à vivre à moins d’une heure du château Sainte-Sabine.

    A 5 min du château : Châteauneuf-en-Auxois. C’est lui que nous avons aperçu, au loin, dans la lumière du matin… Sa silhouette majestueuse perchée sur la colline attire le regard à des kilomètres à la ronde. Classé parmi les « plus beaux villages de France », Châteauneuf-en-Auxois séduit par le dédale de ses ruelles surannées et par sa forteresse surplombant toute la plaine… son histoire vous séduira.

    Château Sainte Sabine, hôtel de luxe en Bourgogne

    A 15 min : le parc naturel régional du Morvan. C’est un pays de lacs et de forêts, célèbres pour ses sentiers de randonnée et ses nombreux écomusées. Les voyageurs en quête de nature s’y ressourceront entre écorce et sources.

    A 35 min : Beaune, ses ruelles majestueuses, ses caves à vin prestigieuses, et surtout, surtout, ses grandioses hospices. Rien de plus beau que cette cour toute sertie de toits vernissés, ces immenses voûtes gothiques racontant l’histoire hors normes d’une œuvre caritative et architecturale exceptionnelle. Il faut visiter Beaune au moins une fois, le site est spectaculaire.

    hospices de beaune
    .

    A 40 min : envie de très haute gastronomie ou d’un spa d’exception ? Faites un saut à Saulieu, la ville de l’immense chef bourguignon Bernard Loiseau. Allez vous offrir un repas hors normes et étoilé au Relais Bernard Loiseau, ou allez découvrir le superbe spa Loiseau des sens, qui a reçu plusieurs prix le distinguant parmi les meilleurs d’Europe et offre une expérience de bien-être incomparable.

    Château Sainte Sabine, hôtel de luxe en Bourgogne

    A 45 min : l’un des domaines viticoles les plus mythiques de France, c’est sans aucun doute le Clos Vougeot. Ici, les moines cultivent depuis mille ans les vins de Bourgogne sur ces « climats » (parcelles) classés au patrimoine mondial de l’UNESCO et qui produisent les vins les plus chers du monde. Pour comprendre l’histoire légendaire du vin en Bourgogne et déguster un grand cru, faites-y un tour. Dans mon article sur le vignoble qui s’étend de Dijon à Beaune, je vous recommandais tout particulièrement de faire un saut à la Maison Vougeot, plus belle boutique de vin de Bourgogne !

    Château Sainte Sabine, hôtel de luxe en Bourgogne

    A 45 min : l’ancienne capitale de Bourgogne, la ville des Ducs, la belle et incontournable Dijon ! Vous serez marqué par la beauté du cœur de ville, entre églises spectaculaires, maisons à colombages parfaitement préservées, places d’apparat de toute beauté, marché de producteurs d’une qualité rare dans des halles 1900, excellents restaurants et surtout, le superbe Palais des Ducs, qui abrite le merveilleux musée des Beaux Arts. Je n’imaginais pas à quel point Dijon est belle et riche.

    Visiter Dijon, la capitale de la Bourgogne. Mes incontournables à Dijon pour un week-end parfait à Dijon.
    Place de la Libération

    A 50 min : c’est sans doute le château le plus original de ma vie, celui de Bussy Rabutin. Je ne manquerai pas de vous en parler plus longuement dans un autre article à suivre, mais je me permets déjà de le recommander ici…

    Château Sainte Sabine, hôtel de luxe en Bourgogne

    A 55 min : pour comprendre l’histoire des grandes abbayes françaises et marcher sur les traces de l’immense St Bernard de Clairvaux, faites un tour à la belle Abbaye de Fontenay, dont la quiétude et la sérénité m’ont profondément touchée. Elle n’abrite aujourd’hui plus de communauté religieuse, mais si la ferveur monastique vous manque, rendez-vous à…

    Château Sainte Sabine, hôtel de luxe en Bourgogne

    A 1h : Vézelay ! La « colline inspirée » a joué un rôle considérable dans l’histoire religieuse française, et reste un des sanctuaires français où la ferveur est la plus forte. Allez écouter l’histoire des croisades dans l’immense nef romane que le solstice illumine, découvrez le spectaculaire tympan du XIIIe siècle, marchez sur les traces des moines et des sœurs dans les ruelles de ce village classé lui aussi parmi les plus beaux de France.

    Château Sainte Sabine, hôtel de luxe en Bourgogne

    Concours : comment gagner votre séjour au château Sainte-Sabine ?

    En partenariat avec le château Sainte Sabine, que je remercie chaleureusement de mettre en jeu ce lot magnifique, je vous propose de gagner votre nuit avec dîner en Menu Gourmet (hors boissons) et petit-déjeuner à deux dans ce superbe 4* au cœur de la Côte d’Or. Votre lot sera valable durant un an à compter de sa date de création, utilisable toute l’année hors juillet-août, samedis et évènements spéciaux – je vous mettrai directement en contact avec le château Sainte-Sabine, afin que vous puissiez convenir d’une date parfaite ensemble.
    Le concours a lieu soit sur ma page Facebook, soit sur mon compte Instagram. Vous pouvez participer sur les deux réseaux pour augmenter vos chances si vous le souhaitez. Le tirage au sort pour déterminer le gagnant ou la gagnante aura lieu le 20 décembre 2019. Bonne chance à vous !

    Edit : concours terminé, gagnante contactée – merci à tous pour vos participations et à bientôt pour un nouveau beau concours !

    Château Sainte Sabine, hôtel de luxe en Bourgogne

    Un immense merci à toute l’équipe du Château Sainte-Sabine pour leur accueil merveilleux et pour ce beau concours que je suis très heureuse de pouvoir offrir à deux lecteurs ! Et un immense merci aussi à Bourgogne-Franche-Comté Tourisme qui nous a permis de venir découvrir la Bourgogne dans les couleurs de l’automne… Un deuxième article à suivre pour raconter notre voyage, n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter pour ne pas le manquer !

  • Un splendide road trip dans le Lot, de Figeac à Rocamadour

    Connaissez-vous le Lot ? Au cœur du pays occitan, le Lot est un pays où l’eau se fraie un chemin au cœur d’immenses plateaux de calcaire qu’on nomme les causses. Les vallées du Lot, du Célé et de la Dordogne fascinent par leurs falaises aux tons dorés, leurs villages perchés sur des éperons rocheux et leurs maisons troglodytes. Après mes nombreux voyages en Aveyron, cela faisait longtemps que je rêvais de découvrir son voisin, qu’on me disait aussi authentique, impressionnant et préservé. Et je n’ai pas été déçue un seul instant. J’ai été éblouie par la beauté des paysages naturels, la richesse du patrimoine culturel, et l’authenticité des expériences vécues dans ce haut bastion de la culture occitane.

    saint cirq lapopie
    Saint Cirq Lapopie
    Figeac
    Figeac
    Que voir dans le Lot ? Visiter le Lot : Figeac, Rocamadour, St Cirq Lapopie, Marcilhac, la vallée du Célé, le gouffre de Padirac, Martel...
    Délices du Lot
    Que voir dans le Lot ? Visiter le Lot : Figeac, Rocamadour, St Cirq Lapopie, Marcilhac, la vallée du Célé, le gouffre de Padirac, Martel...
    Rocamadour
    Martel
    Martel

    Le Lot fait partie de ces régions bénies qui me rappellent encore et toujours combien j’aime mon pays, combien sa richesse, sa diversité et son opiniâtreté à préserver son histoire le rendent exceptionnel. Si vous aimez la France, ses paysages, son histoire, sa gastronomie, son sens de l’art de vivre, vous ne pourrez qu’adorer le Lot et célébrer la puissance de son authenticité. J’ai retrouvé ici un sentiment très précieux que j’avais déjà éprouvé en Lozère, en Aveyron : celui d’être véritablement au cœur de la France, dans des paysages exceptionnels, face à un patrimoine millénaire qui inspire un profond respect, et de toucher à une forme d’éternité. Rocamadour, St Cirq Lapopie, Padirac, les villages de la vallée du Célé, Figeac… la beauté de ces sites est intemporelle, elle vous soustrait au tourbillon du temps et vous procure la sérénité de l’immuable. Il y a quelque chose d’apaisant à se dire que d’autres yeux, il y a cent ans, ont vu les mêmes choses que moi, et que d’autres les retrouveront encore dans cent ans… Cette sensation d’éternité, je l’ai ressentie avec une acuité toute particulière à Pech-Merle, un site dont je ne manquerai pas de vous parler.

    Visiter le Lot : Martel
    Martel
    Visiter le Lot : Rocamadour
    Rocamadour
    Visiter le Lot : vallée du Célé
    Vallée du Célé

    J’ai découvert le Lot au fil de l’eau, en suivant ses rivières. J’ai longé le Célé dans le Quercy, le Lot à St Cirq Lapopie, la Dordogne à Martel. J’ai découvert les œuvres souterraines de l’eau qui s’infiltre avec patience au fil des siècles, à Padirac et à Pech-Merle. J’ai rêvé en suivant les méandres, les fontaines et les falaises sculptées par les eaux du Lot. Je vous propose de suivre ce voyage, du sud du Lot – la vallée du Célé – jusqu’au nord – Rocamadour, Padirac et Martel -, en sachant bien sûr que je suis loin d’avoir tout vu…

    Visiter le Lot : vallée du Célé
    Au-dessus du Célé sur le sentier des Anglais à Brengues
    Visiter le Lot : chemin de halage st cirq lapopie
    Chemin de halage de St Cirq Lapopie sur le Lot
    Visiter le Lot gouffre de padirac
    Gouffre de Padirac et sa rivière souterraine

    J’ai fait ce voyage avec mon amie Magali alias MaGlobetrotteuse, et c’était un vrai bonheur de l’avoir à mes côtés. C’est elle la photographe chaque fois que j’apparais, bien sûr !

    La belle Magali, super compagne de ce road trip dans le Lot, ici heureuse à Rocamadour

    Visiter la vallée du Célé, un bel incontournable du Lot

    Notre périple commence dans la vallée du Célé, dans cette belle région qu’on nomme le Quercy. Nous sommes au sud du Lot, à la frontière avec l’Aveyron, dans les grands causses. C’est un pays de pierre blonde, de calcaire mordoré comme roussi par le soleil méridional – nous sommes au carrefour du midi et du Massif central, entre lumière et montagne –, où l’eau a sculpté de hautes falaises auxquelles les villages se sont accrochés. Nous sommes émerveillées par ces visions où la main de l’homme épouse la singularité du paysage, où le patrimoine se fond à la géologie.

    visiter le Lot : la vallée du Célé
    Paysage typique de la vallée du Célé
    visiter le Lot : la vallée du Célé
    Cardaillac, un des beaux villages de la vallée du Célé
    visiter le Lot : la vallée du Célé
    Le chemin du vieux Sauliac, emblématique de l’architecture traditionnelle de la vallée du Célé, à l’assaut de la falaise

    Pour vous parler de la vallée du Célé, je commencerai par deux randonnées panoramiques de toute beauté. Ces deux balades pittoresques résument bien la beauté naturelle de la vallée, où l’eau qui serpente épouse la roche dorée…

    Visiter le Lot : deux belles randonnées dans la vallée du Célé

    A Brengues, prenez le Sentier des Anglais. Il porte ce nom car les Britanniques se sont longtemps battus pour cette belle région convoitée de tous, et ont construit des forteresses dans les falaises, châteaux en ruines aujourd’hui d’une poésie saisissante. Le sentier surplombe un méandre de la rivière, court en balcon à flanc de falaise creusée, et offre une vue de toute beauté sur le village en contrebas.

     A Sauliac, le chemin du vieux Sauliac conduit sur les hauteurs à des habitations troglodytes anciennes. Au début du XXe siècle, les gens occupaient encore ce village perché aux allures de Seigneur des Anneaux. Les maisons ont longtemps été abandonnées, mais aujourd’hui, des passionnés les restaurent peu à peu pour les transformer en gîtes, en ateliers d’artiste… Nous y sommes allées en début de matinée, dans la lumière du matin, et c’était superbe.

    Que voir dans le Lot ? Visiter le Lot : Figeac, Rocamadour, St Cirq Lapopie, Marcilhac, la vallée du Célé, le gouffre de Padirac, Martel...
    Chemin du vieux Sauliac dans la vallée du Célé

    Visiter les beaux villages de la vallée du Célé 

    Un road trip dans la vallée du Célé, c’est une carte postale sépia, un magnifique voyage rétro. Partout, les villages de pierre blonde du Quercy jouxtent les saisissantes façades dorées, et c’est une collection de villages au charme authentiquement français qui me donnent envie d’acheter une 2CV, un béret et une écharpe tricolore. Plus je vieillis et plus j’aime voyager en France, je suis à deux doigts du camping car et du parasol avec un best of Claude François.

    visiter le Lot : la vallée du Célé
    Voyager en France, une allégorie. (Au super joli Restaurant des Grottes à Cabrerets).

    Mon plus grand coup de cœur restera Marcilhac sur Célé, avec sa spectaculaire abbaye en ruines et son charme fleuri. Marcilhac est superbe, avec ses maisons à fleur de Célé, ses jardins, ses maisons où le bois des colombages se mêle à la pierre chaleureuse du Quercy. Le cœur du village, c’est bien évidemment la romantique abbaye St Pierre. Cette belle étape sur le chemin de St Jacques, autrefois opulente et puissante, est partiellement en ruines depuis les carnages des guerres de religion, mais l’église demeure intacte et une grande beauté en émane.  

    visiter le Lot : marcilhac sur célé
    Superbe Marcilhac sur Célé
    Magali radieuse à Marcilhac sur Célé : on a adoré ce village !
    visiter le Lot : marcilhac sur célé

    Et puis, on m’a eue par les sentiments, car nous avons très bien mangé à Marcilhac. Nous y avons dégusté un panier de spécialités 100% Lot : le fromage rocamadour, la tarte aux noix, le jus de pomme de Montcuq (oui, vous avez le droit de rigoler bêtement), les noix au chocolat, les terrines au safran du Quercy, le vin de Cahors, le melon du Quercy… un régal. C’est quand même savoureux de voyager en France, et j’ai adoré cette table de produits locaux. Je vous encourage vraiment à goûter ces spécialités : tout était délicieux, et c’est un tel plaisir d’associer la découverte d’une région à celle de son terroir…

    visiter le Lot : marcilhac sur célé
    Quelques arguments décisifs en faveur du Lot. 100% local

    Mais il me faut aussi citer d’autres villages charmants. Cardaillac, avec ses grandes tours médiévales, son petit musée du Quercy, ses boutiques de charme, m’a énormément plu.

    Corn était ravissant avec ses vignes à l’assaut des colombages.

    visiter le Lot : Corn
    Village de Corn

    Quant à Espagnac Sainte Eulalie, c’est une superbe étape sur le chemin de St Jacques, avec une beauté venue d’antan et un gîte accueillant les pèlerins – ce village respire la piété, comme je l’ai déjà ressenti en Aveyron dans les villages situés sur la Via Podiensis.

    J’ai vraiment été charmée par cette vallée au charme intemporel… et je n’avais pas encore tout vu.

    Au cœur de la vallée du Célé, une chambre d’hôtes de charme

    C’est une petite maison de pierre et de bois, perdue sur les hauteurs de Marcilhac, au cœur de la vallée du Célé. Un hébergement abordable, profondément authentique et chaleureux pour lequel nous avons eu un vrai coup de cœur, Magali et moi. Cela s’appelle La Métairie Haute, et cette chambre d’hôte rurale de charme incarne toute la chaleur typique de l’Occitanie. Par un chemin perdu dans la montagne, nous arrivons à un plateau où nous attendent une ferme et une cazelle (maison de pierre sèche typique des bergeries occitanes), quelque part sur les hauteurs de la vallée du Célé. Dans ce lieu idyllique et préservé en pleine nature vit une famille adorable, qui produit de façon artisanale plusieurs produits agricoles, notamment des sirops de plantes du coin. Je recommande le sirop de sureau, un délice !

    visiter le Lot : chambre d'hôtes de charme vallée du célé marcilhac
    Notre petite maison
    visiter le Lot : chambre d'hôtes de charme vallée du célé marcilhac
    Une cazelle sur le site de la ferme


    Notre chambre est dans une petite maison qui épouse l’atmosphère du lieu, avec des bois naturels montant à l’assaut du plafond. C’est comme dormir dans la forêt, mais en mieux (le lit est très confortable et il y a une jolie salle de bain bien aménagée). Nous avons partagé le dîner avec nos hôtes et ce fut un moment très convivial. Je recommande cette adresse, surtout si votre plaisir est de rencontrer les gens amoureux de leur pays !

    Figeac : une perle médiévale méconnue à découvrir dans le Lot

    Figeac ? J’avoue ne jamais en avoir entendu parler avant de découvrir le sud du Lot, et je me dis que c’est un scandale : cette ville magnifique mériterait d’être infiniment plus connue. Figeac, c’est avant tout une des villes médiévales les mieux préservées de France. Prosper Mérimée, lors de son voyage dans le Massif Central, remarque que « toute la ville est remplie de maisons anciennes, avec portes et fenêtres en ogive ». Il détaille la beauté des églises de Figeac, mais à l’époque, en 1838, cela ne lui apparaît pas comme particulièrement remarquable : nombreuses sont alors les villes françaises qui ont conservé leurs constructions médiévales et Renaissance. Mais un siècle plus tard… après deux guerres mondiales, et la frénésie de reconstruction post 1945, cela devient véritablement exceptionnel. Tant de villes françaises ont été soit détruites par les combats, soit démolies volontairement pour faire du neuf, faire moderne, au mépris du patrimoine multiséculaire qu’on renvoyait aux gravats !

    visiter le lot : figeac
    Vue sur la plage principale de Figeac depuis le musée Champollion
    visiter le lot : figeac

    Miraculeusement préservée par sa situation un peu « perdue », loin du front et loin des grands axes, Figeac a su conserver son dédale de ruelles, ses maisons datant du XIIIe siècle, ses églises, ses cours, et ses détails charmants venus du fond des âges, comme ce petit chien médiéval sculpté dans la façade d’une maison.

    visiter le lot : figeac

    Située sur les contreforts sud du Massif Central, à deux pas du Cantal et de l’Aveyron, Figeac a ce côté montagnard conféré par le grès et les hivers rudes, mais aussi une atmosphère résolument méridionale, avec la pierre blonde du Quercy, les cyprès en pleine ville, et surtout les « soulheios » emblématiques, des greniers ouverts orientés plein sud qu’on utilisait pour sécher et conserver la nourriture.

    De très nombreux soulheios sont préservés dans le cœur de ville, et c’est vraiment une vision typique de Figeac, qui m’a énormément plu et qui fait rayonner l’identité de l’Occitanie. Magali et moi avons bénéficié d’une belle visite guidée qui nous a révélé les trésors de Figeac, ville de marchands, de juges et de prêtres. Cette ville a été une vraie belle surprise.


    Mais Figeac, c’est aussi le merveilleux musée Champollion, qui m’a conquise. S’il a passé une bonne partie de sa vie à Grenoble, l’immense et génial linguiste décrypteur de la pierre de Rosette est né à Figeac, et sa maison natale est devenue le musée des écritures du monde. C’est une véritable odyssée de l’intelligence humaine, une fascinante plongée dans les écritures (décryptées ou encore énigmatiques) à travers le monde et le temps – Egypte antique, mayas, Japon, île de Pâques, Chine, étrusques… De Champollion au premier niveau, on monte vers les différentes écritures du monde, et on suit le cheminement de ceux qui ont tenté de les décrypter, l’évolution de l’ingéniosité humaine à travers les âges. La visite m’a fascinée, je la recommande chaudement ! Mention spéciale pour la sublime façade, où le métal chaud dans lequel ont été tracées les écritures du monde attrape les rayons du soleil couchant…

     A deux pas du musée, une immense œuvre d’art m’a captivée. Sur la Place des Ecritures, l’artiste Joseph Kossuth a reproduit la pierre de Rosette en taille XXL, dans la cour d’une abbaye médiévale datant du XIIIe siècle et parfaitement préservée. L’ensemble est puissamment évocateur. Cette vision du granit noir portant les inscriptions décryptées, au cœur des ogives gothiques, m’a rappelé le début de l’évangile selon St Jean : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu… » (Oui, vous avez le droit de marcher sur l’œuvre, je n’ai pas commis de sacrilège !)

    visiter le lot : figeac
    La place des écritures de Figeac

    Un hôtel merveilleux à Figeac : le Mercure Viguier du Roy

    Je vous ai convaincus de découvrir la vallée du Célé et Figeac, et vous rêvez d’un cocon, d’un îlot de grâce et de beauté ? d’un hôtel follement romantique ? Ne cherchez plus : je veux vous parler d’un hôtel qui nous a littéralement émerveillées, Magali et moi.

    visiter le lot : figeac
    Un hôtel merveilleux au coeur de Figeac

    A première vue, rien ne distingue le Mercure Figeac Viguier du Roy d’un autre bel hôtel de centre-ville : une façade historique, une allure chic et élégante. Mais poussez la porte, et c’est une autre dimension… vous voici aspiré dans un monde intemporel de pure beauté.
    Qui pourrait imaginer qu’au cœur même de Figeac se cache un ancien cloître, une immense cour intérieure, des jardins, des fontaines, une piscine, le tout enchâssé entre le musée Champollion et l’église comme une perle dans son huître ? C’est un véritable monde secret qui se révèle une fois la porte franchie… Cette demeure médiévale a tout gardé, les hautes ogives des voûtes, le charme monastique des jardins, le raffinement des temps aristocratiques. J’entendais les fontaines bruisser et les oiseaux chanter dans le soir, je nageais dans le calme de l’eau tiède entre les murs vénérables, et je me sentais incroyablement privilégiée. Ce lieu est une pure magie.

    Nous avons eu la chance inouïe de dormir dans une suite, et j’en garderai le souvenir d’une des plus belles chambres de ma vie : un univers capitonné de velours et de soie, rouge comme une alcôve de passion. Cette chambre immense était d’une beauté rare, avec son salon, sa vaste salle de bain, et son grand lit de princesses sous les hauts plafonds. Nous étions à deux pas de la magnifique piscine chauffée, dans un havre de paix et de douceur qui alliait le charme de l’ancien temps et le confort du nouveau. Tout était parfait, tout était beau et enveloppant. Je me sentais si bien dans ce cocon loin du monde…

    visiter le lot : figeac

    Le restaurant de l’hôtel, la Dînée du Viguier, est une adresse gastronomique reconnue et nous avons merveilleusement bien mangé. Son menu s’ancre dans le terroir local : les carnivores trouveront toutes les spécialités à base de canard qui font la fierté de la région, les autres se régaleront des légumes et fruits du Lot. Mention spéciale au dessert, à base de figues rôties absolument exceptionnelles… les saveurs du sud-ouest nous ont régalées.

    Bien sûr, un tel hôtel a un prix, mais parce que Figeac reste encore à l’écart du tourisme de masse, les tarifs sont bien en dessous de ce qu’on trouverait dans une ville plus touristique pour un hôtel de ce standing. Si vous rêvez d’une escapade romantique d’exception, qui plus est dans une ville qui a tant de merveilles à offrir, retenez bien cette adresse : cela restera un de mes plus beaux souvenirs de l’année.

    L’endroit inouï que je n’ai pas photographié : la grotte ornée de Pech-Merle

    C’est un lieu merveilleux au cœur de la vallée du Célé, un lieu dont je veux absolument vous parler, même si je me heurte à une difficulté : je ne l’ai pas photographié. Je ne l’ai pas photographié, car cela était interdit, des mesures de protection stricte entourent ce site exceptionnel. Je pourrais, bien sûr, trouver une photo de banque d’images, mais outre le fait que je préfère n’utiliser que mes photos, je crois en fait préférer ne pas vous montrer d’image. Je voudrais que vous arriviez dans le même état que moi, sans avoir jamais vu de photo, complètement vierge de toute attente, que vous descendiez dans le noir sans savoir ce que vous allez voir, et que vous soyez éblouis.
    Pech-Merle est une grotte ornée : une grotte dans laquelle les hommes préhistoriques ont peint de grandes fresques rupestres. Nous avons la chance inouïe, en France, de posséder plusieurs sites majeurs, à chaque fois taillés dans des plateaux calcaires, dont les anfractuosités se prêtaient merveilleusement aux rituels rupestres et qui ont surtout permis la conservation de ces œuvres à travers les âges. Rendez-vous compte : les fresques que vous découvrirez ici ont environ 29 000 ans… Les trois sites les plus spectaculaires de France sont Lascaux (Dordogne), Chauvet (Ardèche) et donc Pech Merle (Lot), mais ce dernier a une particularité : il s’agit de la vraie grotte. A Chauvet et à Lascaux, vous pénétrez dans une (très belle, très fidèle) reproduction, mais à Pech Merle, l’émotion est plus intense encore, plus brute : c’est la vraie grotte. C’est ici. Cette obscurité, ce sol accidenté, cette humidité, ces murs, ce sont ceux qu’ont connus nos ancêtres, il y a presque trente mille ans.
    Je ne vous montre pas de photos, pour préserver votre émotion.
    Ici, vous allez découvrir les traces de pas d’un homme, préservées dans la glaise depuis plusieurs dizaines de millénaires.
    Vous allez découvrir plus de 70 animaux tracés sur les parois, aurochs, ours, mammouths, tracés ou gravés au silex, à l’ocre, au charbon.
    Et surtout… vous allez découvrir une œuvre d’art inouïe, extraordinaire, dont vous vous souviendrez toute votre vie : la fresque des chevaux ponctués. Quant après un cheminement dans la pénombre, la torche de la guide a éclairé cette fresque, j’ai eu les larmes aux yeux. Il y a trente mille ans, ces hommes ont rêvé, créé, prié, aimé, craint, et laissé l’empreinte de leurs songes sur ce mur. Se tenir si près d’eux, dans l’intimité de la grotte, m’a bouleversée.
    J’ai lu beaucoup de choses sur l’art pariétal depuis ma visite, j’ai acheté des livres à la boutique, notamment Pourquoi l’art préhistorique ? de Jean Clottes, que je vous recommande si le sujet vous intéresse. J’ai découvert que, contrairement à ce que nous pensions, les hommes préhistoriques ne vivaient pas dans les grottes. La grotte de Pech Merle est profonde, périlleuse, noire comme la plus noire des nuits. Un homme est descendu au péril de sa vie à la maigre lueur d’un flambeau, pendant plusieurs heures, avant d’atteindre cette paroi. Il a réalisé son œuvre d’un seul tenant. Puis il est remonté, et sa fresque a sommeillé sous la terre pendant près de trente mille ans. Les grottes n’étaient pas des habitations, elles étaient des chapelles, des temples. Ces hommes descendaient sous la terre pour des raisons rituelles, religieuses, pour exprimer quelque chose d’éternel et indicible à travers le dessin. Ils sont les témoignages d’un sens artistique, d’une inquiétude spirituelle, qui continue à nous toucher à travers l’eau trouble des temps. Ce besoin de spiritualité est vieux comme l’Homme, et c’est ce qui m’a profondément touchée à Pech Merle.

    Bonnes adresses dans le Lot : un joli resto près de Pech Merle

    Et puis, nous sommes remontées à la surface et nous avions faim. Nous avons mangé dans un restaurant délicieux, à l’Hôtel Restaurant des Grottes du Pech Merle, à Cabrerets. Cela restera comme un souvenir parfait : manger au bord de l’eau, dans un cadre idyllique, une cuisine fraîche, goûteuse, 100% locale, au rythme de la rivière sous la tonnelle… L’accueil était chaleureux et le repas excellent, avec un rapport qualité-prix à toute épreuve. Au moment de partir, on nous a offert des spécialités faites maisons à emporter : une tarte au noix du Quercy, de la confiture d’abricot et de romarin… une jolie façon de prolonger le moment idyllique (et de mettre plein de miettes dans la voiture).

    Visiter le Lot et découvrir la merveille, Saint Cirq Lapopie

    J’ai toujours eu le culte des « plus beaux villages de France », un label qui ne m’a jamais déçue. J’ai le guide complet, et j’ai ce rêve de tous les découvrir, que je réalise morceau par morceau… Tous les « plus beaux villages de France » valent le détour. Mais certains sont plus éblouissants encore que d’autres.
    St Cirq Lapopie dans le Lot, ce n’est pas seulement un des plus beaux villages de France, c’est un des plus beaux villages de ma vie : une merveille de pierre blonde et de bois clair, suspendue sur un éperon rocheux au-dessus du Lot dans un méandre offrant des panoramas spectaculaires. Une vraie merveille qui incarne à merveille ce que j’ai tant aimé dans le Quercy : la conjugaison de la beauté naturelle (falaises, rivières, paysages splendides) et de la prouesse architecturale (villages perchés, troglodytes, églises à fleur de roche…).

    Que voir dans le Lot ? Visiter le Lot : Figeac, Rocamadour, St Cirq Lapopie, Marcilhac, la vallée du Célé, le gouffre de Padirac, Martel...

    St Cirq Lapopie, élu « village préféré des Français » en 2012, a été rendu célèbre par André Breton, qui a déclaré ne plus vouloir vivre ailleurs qu’ici et s’est établi dans cette citadelle de dentelle dans la roche. Je pense que j’aurais dû y passer davantage de temps encore, explorer davantage les ruelles, les galeries, les petites boutiques, les nombreux monuments historiques qui font de ce village un des plus séduisants que je connaisse.

    visiter le lot : saint cirq lapopie
    visiter le lot : saint cirq lapopie

    St Cirq est la culmination de tout ce que j’ai ressenti : vraiment, le Lot est un bijou, éternel et pur comme un diamant bien taillé. J’espère vraiment vous donner envie de faire un tour dans ce coin de France, car il y a là-bas une poésie brute, une beauté intemporelle qui me touche profondément.

    Autour de St Cirq Lapopie : des aventures outdoor

    Outre le patrimoine grandiose, plusieurs activités outdoor assez géniales devraient vous donner envie de faire un tour dans la région de St Cirq Lapopie, à la croisée des rivières entre la vallée du Lot et du Célé.

    Le chemin de halage de St Cirq est un incontournable. A l’époque où St Cirq était un village de bateliers (je vous invite à consulter mon article sur Noyon pour en savoir davantage sur la vie des bateliers), on utilisait ce chemin creusé dans la roche pour tirer les barges passant sur la rivière, avec une traction humaine, animale, puis à vapeur. Le site est spectaculaire et se découvre à pied ou en bateau, avec les croisières de St Cirq. Nous avons conduit notre bateau nous-mêmes et en toute sincérité, ce n’est pas facile : je vous recommande plutôt le circuit accompagné, pour pouvoir vous relaxer et profiter du paysage ! Belle capitaine, Magali a su nous sauver des hauts-fonds et des falaises traîtresses, mais ce fut épique !

    Toujours côté aquatique, voici le seul regret du voyage (mais ce n’était la faute de personne) :  nous aurions dû descendre le Célé en canoë, et je m’en faisais une joie. Or le niveau d’eau était trop bas en cette fin d’été. Je rêvais de cette escapade, la vallée du Célé étant si belle, si spéciale, et moi tarée de kayak – je serai donc OBLIGÉE de revenir dans le Lot, mais il y a pire dans la vie comme obligation, on en conviendra.

    A la place du canoë, nous avons fait une belle découverte : le parcours de tyrolienne géante et via ferrata de Kalapca, à Bouziès (jonction des vallées du Lot et du Célé). L’équipe d’encadrement est chaleureuse et passionnée, et le parcours de grande qualité. Le parcours mêle des via ferratas de différents niveaux (certaines avaient l’air assez costauds, d’autres plus accessibles – nous avons fait un petit bout facile) et trois tyroliennes vraiment spectaculaires. La dernière faisait 300 mètres ! Malgré la petite décharge d’adrénaline, c’est un bonheur de pouvoir transformer en terrain de jeu un cadre aussi sublime que les falaises dorées du Quercy. Kalapca propose également du kayak, et d’autres activités outdoor sympathiques.

    visiter le lot : saint cirq lapopie
    visiter le lot : saint cirq lapopie
    visiter le lot : saint cirq lapopie

    J’ai eu un immense coup de foudre pour cette belle, belle région de St Cirq Lapopie, et je me suis promis d’y revenir un jour… Mais il est désormais temps de mettre cap au Nord.

    Visiter le Lot : le Nord, autour de Rocamadour et Padirac

    Nous avons quitté le Célé et le Lot pour rejoindre au nord du Lot la vallée de la Dordogne, en limite du département du même nom. Cette région compte deux sites touristiques majeurs : Rocamadour et le gouffre de Padirac, des mythes du voyage à la française.

    Le gouffre de Padirac, le plus célèbre des gouffres français

    Regardez cette photo de Magali et moi sur la rivière souterraine du gouffre de Padirac. Un air de déjà vu ? Sans doute, car elle est une véritable institution du souvenir de vacances : des centaines de milliers de Français l’ont faite avant nous.

    visiter le lot : gouffre de padirac
    La photo mythique

    Le gouffre de Padirac est le plus important et le plus ancien des mondes souterrains de France. C’est l’immense aventurier et spéléologue E.A. Martel qui l’explore le premier – je dis « explorer » et non « découvrir », car étant donné la taille du trou d’ouverture, on savait bien que Padirac était là. Mais les habitants se méfiaient des profondeurs. « Trou du Diable », le gouffre faisait figure de porte des Enfers. Les villageois y jetaient les animaux morts (il y a eu un petit travail d’aménagement touristique, on s’en doute…) et évitaient totalement de descendre dans la bouche infernale. Mais E.A. Martel adore ce genre de défis. Vous le savez peut-être : le père de la spéléologie est le héros intrépide qui a exploré tous les plateaux calcaires de France, découvert toutes les grottes mythiques de l’Ardèche, la Lozère, l’Hérault, l’Aveyron… Je suis fascinée par cette figue d’aventurier des temps modernes et je vous recommande le bouquin que j’ai acheté à la jolie boutique du gouffre de Padirac, Edouard Alfred Martel, Explorateur du monde souterrain , de Norbert Casteret. Ca se lit comme un roman épique !

    Revenons à Padirac. Martel descend dans le « trou du diable » avec le curé du village (on ne sait jamais !) en 1889. Il entre dans le gouffre, une cavité béante profonde de 35 mètres, puis descend plus bas encore sous la terre. A plus de cent mètres de profondeur, il trouve une rivière souterraine, qui traverse une grotte aux dimensions monumentales.

    On estime que le réseau de Padirac est long de plus de 55 kilomètres – seule une infime partie est ouverte au public, 2,5 kilomètres, mais je vous garantis que c’est impressionnant. Padirac reste énigmatique, un défi pour les aventuriers de l’extrême. Notre guide nous a raconté que des expéditions continuaient d’avoir lieu dans la partie inconnue, réservées aux meilleurs spéléologues, avec plongées dans des cavités remplies d’eau et plusieurs nuits sous terre… j’en avais des frissons d’horreur !
    Le gouffre de Padirac est un mythe dans l’histoire du tourisme en France, car il a été ouvert au public dès 1899 (avec un gigantesque ascenseur de fer à la mode Tour Eiffel, et un restaurant panoramique qui n’existe malheureusement plus) et continue de fasciner par ses dimensions, sa démesure. Ce n’est peut-être pas la plus belle grotte de France (j’en ai vu des plus fines, des plus délicates, ici les dimensions et l’ampleur de l’écoulement d’eau empêchent un travail de minutie), mais c’est sans aucun doute la plus spectaculaire et mythique. Ce qui m’a fascinée, c’est cette présence de l’eau qui rend l’expérience complètement mystique. Il y a d’abord la traversée en barque au milieu d’un canyon de calcaire, dans l’obscurité quasi-totale, tandis que le guide est à la rame comme un antique passeur – on se demande si on a déjà rejoint les eaux du Styx et s’achemine vers le pays des morts. Puis on parvient aux plus belles salles, et l’eau sculpte des merveilles, comme ces travertins (des espèces de marches monumentales) dans la rivière, ces méduses géantes descendant des plafonds, ou encore ces stalagmites qui ressemblent à des disques empilés (comme à l’Aven Armand, en Lozère). On pourrait passer des heures à explorer les curiosités de Padirac, et on remonte à la surface comme on émerge d’un long rêve étrange. J’ai adoré ce site en prise directe avec l’imaginaire, et je vous le recommande vraiment. Il faut voir Padirac une fois dans sa vie.

    J’ai simplement un conseil à vous donner : d’une part, réservez vos places, car le site a un succès fou. D’autre part, des voyageurs m’ont dit qu’en haute saison, l’attente était très longue et que sous la terre, cela peut être un petit peu angoissant d’être longuement bloqué. Evitez donc juillet-août pour visiter Padirac, venez au printemps ou à l’automne !

    Visiter le Lot : Rocamadour, sublime rocher de la foi

    C’est un des villages les plus connus, les plus emblématiques de France : Rocamadour !

    visiter le lot : rocamadour

    Cela faisait des années que je rêvais de ce sanctuaire mythique, accroché à sa falaise de pierre blonde, où on vient puiser « l’espérance ferme comme le roc ». Tant d’histoires fabuleuses auréolent la belle cité de Rocamadour et son sanctuaire.

    visiter le lot : rocamadour


    On attribue à la Vierge noire de Rocamadour, réfugiée dans son sanctuaire creusé dans le roc, un nombre incroyable de miracles. On dit que la cloche suspendue dans la chapelle a sonné toute seule à maintes reprises, signalant l’intercession de la Vierge, notamment lors de sauvetages de marins qui l’imploraient à des centaines de kilomètres de là.
    L’épée plantée dans la pierre ? La légende dit qu’il s’agit de Durandal, l’épée du chevalier Roland. Mourant au combat contre les Maures dans les Pyrénées, il jeta Durandal loin de lui pour que l’ennemi ne s’en empare pas. L’archange Michel l’entraîna jusqu’à Rocamadour et la ficha dans la falaise.
    La grotte face à la chapelle ? C’est celle où on découvrit le corps imputrescible de St Amadour, qui donne son nom au village – Rocamadour, le roc d’Amadour.


    Rocamadour fut l’un des plus grands sites de la chrétienté au Moyen-Âge, un sanctuaire qui attira les plus prestigieux pèlerins, comme le roi St Louis ou le grand St Bernard. Des seigneurs et des stars viennent à travers les siècles s’agenouiller sur le grand escalier menant au sanctuaire. Un chemin de croix magnifique mène ensuite sur la partie haute du village, d’où vous jouirez d’une vue extraordinaire au sommet du château.

    visiter le lot : rocamadour
    visiter le lot : rocamadour

    Le village, évidemment classé parmi les plus beaux de France, est d’une beauté fabuleuse, et l’ascension vers le sanctuaire vertigineux est un incontournable absolu du tourisme dans le sud-ouest de la France. Cela restera un des moments forts de notre visite du Lot, et un moment important pour moi, qui suis catholique et très attachée aux grands sanctuaires français. Je rêvais de celui-ci depuis très longtemps et j’adorerais y revenir plus longuement, pour participer réellement à la vie de cette église très dynamique où la ferveur est palpable.  

    visiter le lot : rocamadour

    Martel, petit bijou médiéval au nord du Lot

    C’est un petit trésor au nord de Rocamadour, moins célèbre que son illustre voisin, mais bourré de charme : Martel est un village médiéval à l’authenticité frappante. De sa silhouette se détachent 7 tours, 7 tours qui dessinent un décor de pochoir ou de film en costumes : donjons, clochers et pigeonniers viennent piquer le ciel du Lot.

    Visiter le Lot : Martel
    Martel

    Le cœur de Martel est entièrement piéton et donne l’impression d’être entré dans une machine à remonter le temps. Les tours jalonnent ce petit dédale de rues pavées pleines de charme, et la place principale est organisée autour d’une magnifique halle de bois, d’époque, qui rappelle que Martel a été un important carrefour commercial à l’époque des grandes foires médiévales. Tôt le matin ou au crépuscule, l’atmosphère est d’une grande douceur.

    visiter le Lot : Martel
    visiter le Lot : Martel
    visiter le Lot : Martel

    Une très bonne adresse typique à Martel : le Petit Moulin

    Magali et moi avons dormi dans une très jolie chambre d’hôte : le Petit Moulin. Il s’agit d’un bar à vin et resto de terroir en plein coeur de Martel, dans une rue magnifique, et tenu par une équipe de jeunes super dynamiques et investis dans l’amour de leur pays. Fils de vignerons, ils proposent à la fois les produits de la cave familiale et une cuisine 100% régionale DELICIEUSE. Vraiment, je n’exagère pas : nous avons été bluffée par ce repas alliant authenticité, créativité et produits excellents. Notre plat était à tomber, j’ai rarement mangé un poisson d’eau douce aussi bon et bien préparé. Quant à la chambre d’hôte, tout de bois clair et de lumière cosy, elle est jolie, confortable et bien agencée. Une belle adresse abordable à retenir ! Et l’ambiance est aussi sympa que l’équipe qui accueille.

    Et puis, nous avons quitté à regret le Lot, en nous promettant de revenir, et en ayant tout de même le plaisir de retraverser l’Aveyron (et d’acheter un capucin à l’aligot sur l’aire du viaduc de Millau pour ne pas se laisser abattre !). Mes découvertes de cette année ont scellé mon amour avec le versant le plus abrupt, secret et préservé de l’Occitanie. Aveyron, Lozère, Lot : ce coin de France est une pure merveille. J’ai eu un coup de cœur immense pour la beauté du patrimoine et des paysages de cette région profondément imprégnée des traditions d’Occitanie, riche d’une histoire millénaire, et sublimée par sa géologie tumultueuse. La France est belle, mais elle l’est tout particulièrement par ici. Il y a ici la matière à des road trips épiques et inoubliables, sans même franchir les frontières de l’hexagone. Les grands espaces à la française, c’est ici…
    J’espère vous avoir donné envie de faire un petit tour dans le Lot et de prolonger le rêve.

    Pour d’autres escapades en France et ailleurs, n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter.

    Un grand merci à Lot Tourisme et notamment à Anna pour l’organisation de ce voyage de rêve. Merci à tous les prestataires qui nous ont reçues avec beaucoup de chaleur et d’hospitalité, et tout spécialement le Mercure Figeac Viguier du Roy qui nous a traitées comme des princesses. Le Lot est un paradis méconnu, j’en ai été totalement convaincue… Et bien sûr, merci à mon amie Magali d’avoir été ma pétillante complice sur ce périple !

  • Les 10 villages les plus instagrammables de France ?

    Quels sont les dix villages les plus « instagrammables » de France, soit les dix qui sont le plus souvent mis en valeur sur le plus célèbre réseau social de partage d’images au monde, Instagram ? Et qu’est-ce que cette liste révèle sur nos goûts, nous autres voyageurs français ?

    Villages les plus instagrammables de France
    Ce village est dans le classement…


    J’ai reçu récemment un communiqué de presse de Holidu, un moteur de recherche proposant des locations de vacances, établissant le classement des dix villages et petites villes de France les plus souvent mentionnés sur Instagram. Leur méthodologie est simple : ont été prises en compte 1300 villes françaises comptant entre 500 et 12 000 habitants, et dont le nom est univoque. On a donc exclu tous ceux dont le nom signifie autre chose (comme Etalon dans la Somme, Faucon dans le Vaucluse ou Hérisson dans l’Allier, ou encore Chirac en Charente), et ceux dont le nom représente aussi un produit ou une marque (comme par exemple Roquefort, Maroilles ou Camembert. Ce qui, dans notre beau pays accro aux produits laitiers, signifie qu’on renonce à toutes les villes à fromage. Snif).

    Un week-end en Normandie : découvrez l'Orne. Que voir dans l'Orne ? Blog sur l'Orne.
    Vaches de Camembert (Orne, Normandie) très choquées par cette nouvelle.


    Les résultats m’ont intéressée et m’ont inspiré ce petit billet de réflexion sur nos goûts de voyageurs, et sur ce qu’Instagram signifie aujourd’hui dans le monde du tourisme. Je préviens d’office : bien que critiquer Instagram soit très à la mode, ce n’est pas au programme du jour. J’aime beaucoup Instagram. Si vous attendiez un règlement de comptes sauvage, de l’hémoglobine et des dents qui sautent, vous serez déçus.

    Villages les plus instagrammables de France
    Saurez-vous deviner qui est le village le plus instagrammable de France ?

    Les dix villages les plus instagrammés de France

    Voici donc la liste des dix villages et villes de France les plus mentionnés sur Instagram :

    1. Cassis
    2. Val-d’Isère
    3. Morzine
    4. Megève
    5. Eze
    6. Honfleur
    7. Dinan
    8. Collioure
    9. Chamonix
    10. Dinard

    Première observation : toutes ces villes, sans exception, sont situées à la mer (Cassis, Eze, Honfleur, Dinan, Collioure, Dinard) ou à la montagne (Val d’Isère, Morzine, Megève, Chamonix). Dans notre pays qui a la chance inouïe de compter trois façades maritimes et plusieurs massifs montagneux spectaculaires, la sacro-sainte dichotomie mer/montagne reste donc très forte. Lorsque nous allons en vacances, nous allons nous dorer sur les littoraux, ou grimper à l’assaut des sommets. Si la Méditerranée au Sud et la Manche au Nord sont aussi représentées côté mer, les Alpes l’emportent pour ce qui est de la montagne – et malgré mon amour pour toutes les montagnes françaises, je peux le comprendre, les Alpes restant à mes yeux insurpassables, tant pour le ski que pour la rando. Pardonnez mon chauvinisme de fille née en Rhône-Alpes.

    Calanques de Cassis
    Morzine, savoyarde authentique

    J’aurais bien aimé avoir la liste des 20 ou 30 premiers villages, pour voir comment les campagnes se défendent. Les chiffres de l’évolution du tourisme en France montrent une revalorisation très forte du tourisme rural, des belles campagnes françaises, une tendance que j’applaudis des deux mains : moi qui ai adoré l’Aveyron, la Lozère, l’Orne, la Loire, la Saône-et-Loire, la Côte d’Or, l’Alsace, la plaine de Versailles, le Lot, le nord de la Bourgogne (articles à suivre), je ne peux qu’encourager les voyageurs à se mettre au vert et à découvrir la richesse du patrimoine architectural et naturel de ces territoires.
    La célèbre émission de Stéphane Bern, Le village préféré des français, a d’ailleurs montré cet attachement aux beaux villages ruraux : Saint Cirq Lapopie a gagné en 2012, Eguisheim en 2013, Cordes-sur-Ciel en 2014, Kaysersberg en 2017, Cassel en 2018 – autant de petites villes qui ne comptent ni mer ni montagne et qui ont su marquer les esprits.

    Que voir en Alsace à l'automne ?
    Vue sur le vignoble alsacien depuis le château du Haut-Koenisgbourg.

    Deuxième observation : à l’exception peut-être de Val-d’Isère, qui est avant tout une station de ski et qui doit sa renommée à l’amour de la poudreuse, tous les autres villages cités ont une identité forte, des monuments emblématiques, une longue histoire et une allure immédiatement reconnaissable. Même lorsque nous venons nous détendre au soleil ou croquer les cimes, nous valorisons la beauté des sites, l’histoire des villages et leur caractère typique.

    Les plus beaux sites de la Côte fleurie
    Le port de Honfleur, mythique et mille fois immortalisé

    Ce qui me conduit au point suivant : je trouve qu’Instagram a plutôt bon goût.

    Le grand méchant Instagram ?

    Il est de bon ton de critiquer Instagram, de lui imputer le tourisme de masse (comme si les gens avaient attendu Instagram pour visiter les calanques de Cassis) et la destruction des sites naturels (quelques épiphénomènes regrettables, comme la triste histoire de l’arbre-brocolis). En réalité, ce que montre cette liste, c’est qu’Instagram surfe sur les tendances déjà existantes : les dix premiers villages étaient des destinations touristiques bien avant leur célébrité sur le réseau social, qui n’a fait que renforcer un phénomène préexistant. Ce qu’on voit le plus souvent apparaître sur Instagram, ce sont des lieux qui jouissaient déjà d’une vraie célébrité avant même le lancement du réseau.

     
     
     
     
     
    Voir cette publication sur Instagram
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    Une publication partagée par Voyage🌎Travel✈️Reise🌞Ariane (@itineramagica) le

    La gestion du surtourisme est une problématique à laquelle les destinations sont confrontées depuis longtemps et qui est, je le crois, plutôt efficace en France, où nous avons une forte tradition de protection du patrimoine. Cassis, par exemple, est aujourd’hui MIEUX protégée qu’avant, avec le statut de parc national attribué aux calanques, la fermeture des massifs en cas de risque d’incendie, l’activisme luttant contre la pollution par les boues rouges et eaux usées… Quant à la vallée de Chamonix, les maires des communes concernées ont pris des mesures fortes pour mieux les protéger ces dernières années, notamment la limitation de l’accès au Mont-Blanc. Il m’est arrivé de visiter des pays qui n’ont pas cette culture de protection, et d’être très heureuse de vivre en France, qui reste, je le rappelle, la première destination touristique mondiale depuis les années 1980 sans que nous ayons assisté à la destruction de notre patrimoine.

    On compte 112 millions de publications hashtaguées #Paris sur Instagram. Paris est encore là.

    Je ne crois pas au surtourisme dans l’absolu, sauf pour des sites naturels particulièrement fragiles. Je crois en revanche que certaines destinations n’ont pas cette culture de protection et que même un petit nombre de touristes y est problématique, car ils n’ont pas les infrastructures et les réglementations nécessaires pour accueillir, canaliser, réguler le flux. Pour un village sur une île perdue dans un pays pauvre, qui n’a pas de système d’assainissement des eaux usées, de traitement des déchets, ou de lois protégeant un patrimoine fragile (interdisant, par exemple, de ramasser les étoiles de mer ou d’escalader les ruines d’un temple), tout visiteur est une menace. Pour une destination équipée, formée, prête à recevoir les touristes, ils sont une chance.

    Instagram, une chance pour les destinations

    J’en reviens à la liste des villages les plus instagrammables de France. Ce que cette liste ne montre pas, en revanche, c’est le nombre de villages qui ont su tirer leur épingle du jeu grâce à ce réseau, qui ont pu être découverts par davantage de touristes grâce aux belles photos partagées sur Instagram. Moi-même, j’ai souvent ajouté des destinations à mon itinéraire grâce à l’inspiration fournie par un post qui m’a touchée. Lorsque je construis un itinéraire de voyage, c’est souvent vers Instagram que je me tourne avant tout pour décider si je m’arrête dans tel ou tel village. Tous les villages et sites de France ne bénéficient pas de la promotion d’un office du tourisme, mais tous ont déjà été immortalisés sur Instagram, et c’est pour moi une source perpétuelle d’information et d’inspiration visuelle. Les professionnels du tourisme l’ont bien compris et encouragent de plus en plus les visiteurs à utiliser tel ou tel hashtag pour mettre en valeur leur région, car ils savent l’ampleur de la visibilité offerte par ce réseau. Je le constate à mon échelle : je reçois tout le temps des messages sur Instagram de personnes me disant « j’ai eu envie d’aller à XYZ grâce à tes stories, et j’ai une question / je te remercie ».

     
     
     
     
     
    Voir cette publication sur Instagram
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    Une publication partagée par Voyage🌎Travel✈️Reise🌞Ariane (@itineramagica) le

    On reproche souvent à Instagram la standardisation du goût esthétique – un compte très bien fait, Instarepeat, montre de façon amusante notre tendance à répéter les mêmes mises en scène. Cela est indéniable, et a été bien analysé notamment dans le domaine de l’outdoor dans cet article publié par les Others. Les créateurs de contenu sont de plus en plus conscients de ce fait et cherchent en permanence le bon équilibre entre ce qui est « instagrammable », et l’expression personnelle de leur créativité.

    Découvrez les Dolomites à l'automne.
    Un lieu vu mille fois sur Instagram : le lac de Sorapis dans les Dolomites

    Mais je pense que cette tendance a aussi des effets vertueux, et pour les destinations, et pour les instagrameurs.

    Pour les destinations tout d’abord : Instagram les encourage à se faire plus belles et plus riches en expériences. Les critères qui rendent un village instagrammable sont souvent les mêmes que les critères permettant d’accéder au label « Plus beau village de France », ou encore « Village fleuri » : propreté, patrimoine restauré et préservé, accessibilité aux monuments, présence de fleurs… Pour avoir plus de succès sur Instagram, vous devez tout simplement rendre votre village plus beau, plus accueillant, plus attrayant. Cela passe bien sûr aussi par les expériences proposées. Le canoë est à la mode sur Instagram ? C’est une aubaine pour les prestataires d’activités qui proposent d’explorer les rivières françaises à la pagaie. Instagram aime les petits cafés mignons remplis d’insolites et de jolies choses ? C’est une aubaine pour les restaurateurs qui se lancent et cherchent à dynamiser des petites villes françaises. Un monde instagrammable, c’est un monde rempli de beaux points de vue, de monuments préservés, de bistrots où on sert des produits locaux avec des fleurs et des bougies sur la table. Franchement, il y a pire.

    village instagramable
    Martel, dans le Lot
     
     
     
     
     
    Voir cette publication sur Instagram
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    Une publication partagée par Voyage🌎Travel✈️Reise🌞Ariane (@itineramagica) le

    Comment avoir du succès sur Instagram ?

    Et pour nous, les instagrameurs, cette exigence est aussi une chance. Instagram nous pousse tous à devenir de meilleurs photographes. Oublions une seconde les « gimmicks » à la mode sur le réseau : quelles sont les publications qui ont du succès ? Les belles photos bien composées. Les règles à respecter pour qu’une photo soit « instagramable » sont, très souvent, les règles générales à respecter pour faire une bonne photo : avoir une composition claire où le sujet est placé sur les lignes de force de l’image. Veiller à avoir une belle lumière. Faire en sorte que le sujet de la photo soit évident, que quelque chose dans l’image attire le regard. Avoir un premier plan. Les blogueurs de voyage qui ont le plus de succès sont aussi d’excellents photographes – je pense par exemple à un duo dont j’adore le compte Instagram et qui est un exemple pour moi, les Bestjobers.
    Instagram nous pousse tous à nous améliorer, nous dépasser. Admirer les belles photos des autres ne me pousse jamais au plagiat ou au découragement, mais est pour moi toujours une source d’inspiration et de saine émulation. Comment avoir du succès sur Instagram ? En devenant toujours meilleurs.

    Que voir à Bellagio sur le lac de Côme ? Bellagio et les jardins de la villa Melzi à l’automne, la plus belle villa sur le lac de Côme. Bellagio blog
    Une photo qui a eu beaucoup de succès sur mon Instagram : un matin au lac de Côme

    Les villages les plus instagrammables de France ?

    Impossible de conclure cet article sans quelques images tirées de la liste… et quelques autres.

    Je partage la passion collective pour Cassis. Les calanques, cette citadelle de dentelle blanche où des pins funambules viennent se pencher au-dessus des eaux que la transparence des fonds peint en turquoise, font partie des plus beaux paysages de France à mes yeux.

    Morzine a la beauté du bourg savoyard traditionnel, et a su préserver à merveille son patrimoine baroque vieux de plusieurs siècles. Le site naturel est superbe, avec vue sur le Mont Blanc et les Dents du Midi, et le village a un charme fou.

    J’ai visité Eze et son jardin exotique au sommet d’un éperon rocheux par une belle St Valentin. Je garde un souvenir inoubliable de ce site, une des plus belles vues de la Côte d’Azur.

    Honfleur allie la beauté riante de la côte fleurie normande et la solennité d’un vieux port qui me rappelle les plus belles villes du nord de l’Europe, je comprends pourquoi Victor Hugo l’aimait tant.

    Les plus beaux sites de la Côte fleurie
    Honfleur, morceaux d’antan

    Plus qu’une ville, Chamonix est un mythe, le symbole de la haute montagne et de ses défis, de l’alpinisme et du vertige.

     
     
     
     
     
    Voir cette publication sur Instagram
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    Une publication partagée par Voyage🌎Travel✈️Reise🌞Ariane (@itineramagica) le

    Et ce sont sans doute les plus belles randonnées des Alpes françaises : je me souviendrai toujours de ma découverte du Lac Blanc, du Lac des Chéserys et de la Mer de glace…

    Et d’autres villages instagrammables encore…

    J’ai envie de compléter cette liste avec dix autres, totalement personnels : dix villages que j’adore et que j’ai envie de poster sur Instagram encore et encore.

    Le Mont Saint Michel reste à mes yeux un mythe absolu, un lieu de légende et de foi à la puissance évocatrice inégalée. Et esthétiquement sublime, surtout quand la lumière du matin drape le rocher perdu au milieu des marées…

    C’est à mes yeux le plus beau village de Provence : niché entre deux pitons rocheux, à deux pas du lac de Ste Croix et des incroyables gorges du Verdon, Moustiers Sainte Marie allie splendeur naturelle et richesse culturelle exceptionnelle. Je vous en parlerai plus longuement dans un article très bientôt.

    Je continue avec les sites où la beauté naturelle est réhaussée par la puissance de la foi : Conques, lieu de pèlerinage incontournable sur le chemin de St Jacques en Aveyron, m’a fascinée visuellement et spirituellement. Ce village est rare et précieux.

    Que voir dans le Nord Aveyron ? Les plus beaux villages d'Aveyron, Conques, le canyon de Bozouls, Salles la Source, Espalion... Voyage en Aveyron.
    Conques

    Je ne peux m’empêcher d’ajouter un deuxième village aveyronnais avec Belcastel, splendeur médiévale entre château fort et pont pittoresque. Un charme fou.

    Le voisin de l’Aveyron se défend aussi merveilleusement en matière de beaux villages : dans le Lot, j’ai été éblouie par St Cirq Lapopie, une véritable perfection visuelle. Je comprends qu’il ait été élu village préféré des français.

    Et toujours côté Occitanie, j’ai eu un immense coup de cœur pour Saint Chély du Tarn, petite perle logée au cœur des gorges du Tarn en Lozère. Un des paysages que j’aime le plus en France.

    L’Alsace est un véritable gisement de villages de poupées aux couleurs incroyables. J’ai un coup de cœur pour Riquewihr, ses teintes si vives et son perpétuel esprit de Noël.

    Il me faut évidemment citer un village drômois, et je jette mon dévolu sur Grignan, avec son château Renaissance extraordinaire et ses champs de lavande. Il est tout récemment entré au classement des plus beaux villages de France.

    La Savoie est pour moi un pays féerique, et j’ai trouvé mon idéal à Pralognan la Vanoise, petit village tellement authentique et préservé, dans un cadre d’exception. Un hiver de conte de fées.

    Parmi les villages du Luberon, j’en citerai un moins célèbre que Gordes, mais dont j’adore l’atmosphère : Saignon, un petit bijou provençal.

    Je finis avec le joyau du Vercors : Pont-en-Royans, avec ses maisons multicolores suspendues au dessus de la rivière et sa gorge pittoresque.

    Et vous ? Quels villages de France vous donnent furieusement envie de poster sur Instagram ?

    Pour plein d’aventures en France (Moustiers Sainte Marie, le Lot, l’Aveyron, la Bourgogne…) et ailleurs (Minorque, les Pouilles, les îles Féroé…), n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter. Ou à me suivre sur Instagram 😉

  • Venez passer un week-end avec moi en Camargue ! Photo et expériences

    Un week-end avec moi aux Saintes Maries de la Mer, à explorer toute la beauté et la richesse des traditions de Camargue, prendre des photos des flamants roses, des chevaux et des roselières immenses en profitant des lumières magiques de novembre, à profiter du charme préservé du Mas Cacharel et à progresser en photo dans des conditions exceptionnelles, cela vous tente ?
    C’est ce que je vous propose aujourd’hui : de nous retrouver au Mas Cacharel du vendredi 22 au dimanche 24 novembre pour un week-end d’immersion camarguaise, de technique photographique et de convivialité entre amoureux du voyage et des belles images. Je serai avec vous tout le week-end et je vous ferai découvrir ma Camargue secrète et authentique, dans ce pays que je connais par cœur et que j’aime profondément. Des couchers de soleil spectaculaires traversés d’oiseaux roses, des lieux secrets et exclusifs, des occasions de photos rares, une ambiance réellement camarguaise, ma bonne humeur, ma passion pour ce pays et mon amour de la photo, voilà ce que je vous propose de venir partager.

    week end  camargue
    week end en camargue
    week end en camargue

    Pourquoi le Mas Cacharel ? Cet hôtel est au cœur même de l’histoire camarguaise : son fondateur, Denys Colomb de Daunant, est l’inventeur de Crin-Blanc, et c’est ici que le film mythique fut tourné. Le Mas Cacharel est un hôtel 3* de charme, situé au cœur des étangs et des roselières, à 5km du village des Saintes. Nous sommes véritablement seuls au monde, sur une île au milieu des roseaux, entourés de chevaux, d’oiseaux et de taureaux. Le propriétaire des lieux, Florian Colomb de Daunant, est un puits de savoir sur cette Camargue où il vit depuis l’enfance, et la grande salle de Cacharel a des airs de petit musée de la Camargue. De nombreux photographes et artistes, comme Jean Cocteau ou Brassaï, sont venus ici puiser l’inspiration et rencontrer l’âme de la Camargue éternelle. Pour sa beauté visuelle, Cacharel continue d’accueillir de nombreux shootings de mode, comme récemment Vogue, Bompard, Elle, Red Bull… Vous vous sentirez bien dans cet hôtel de charme confortable, où de nombreuses chambres ont vue sur les étangs, et où on sert un très bon petit-déjeuner complet.

    Où voir les flamants roses en Camargue ? Les plus beaux couchers de soleil ? Que voir en Camargue ? Blog photo #Camargue
    Mas Cacharel vu du ciel au drone : au beau milieu des étangs !

    Pourquoi fin novembre ? Je vous en parlais dans mon article Le plus beau coucher de soleil de France : novembre-décembre est la période idéale pour venir en Camargue pour les photographes. Les foules touristiques sont reparties, la Camargue est solitaire, sublimée par l’automne qui colore de rouge les saladelles et par les lumières extraordinaires de début d’hiver. C’est l’époque où les flamants roses font leur mue et ont les plumes d’un rose le plus vif. C’est toujours à cette période que j’ai fait mes plus belles images de Camargue.

    Pourquoi moi ? Parce que je suis une fervente amoureuse de la Camargue, que je la connais par cœur et que j’aime la partager. Vous trouverez sur ce blog de nombreux articles témoignant de ma passion pour la Camargue : mon guide de Camargue, mes plus beaux couchers de soleil, mon Noël en Camargue, mon récit des pèlerinages aux Saintes MariesAuteur du livre Provence, Les sillons du soleil, je suis passionnée par l’histoire et les traditions de mon pays et j’aurai plaisir à vous les transmettre. Photographe de tourisme pour Version Femina, pour Cheval Magazine et pour de nombreux offices de tourisme et marques avec qui j’ai eu le plaisir de travailler, j’aurai plaisir à vous donner des conseils pour améliorer vos photos, à la fois au moment de la prise de vue et au moment de la retouche. J’ai beaucoup photographié la Camargue, qui est un terrain de jeu extraordinaire, et j’aurai plaisir à vous révéler mes secrets. Ancienne prof, j’ai un fort sens pédagogique et le goût du partage. Que vous soyez plus intéressé par la photo ou par les traditions et le patrimoine, je saurai combler vos souhaits !

    ariane fornia photographe
    En pleine action en Camargue

    Ce week-end au Mas Cacharel, c’est pour moi l’occasion de partager enfin avec vous cette Camargue dont je vous ai si souvent parlé sur le blog et les réseaux, et de vivre ensemble un moment un peu hors du temps, dans une île au milieu des étangs, bercés par les vagues et la lumière du couchant… La Camargue est mon petit bout du monde, mon Atlantide en Provence, et je suis heureuse de pouvoir vous ouvrir aujourd’hui les portes de ce royaume secret.

    week end en camargue

    Demandez le programme du week-end en Camargue…

    Le séjour aura lieu du vendredi 22 au dimanche 24 novembre. Je vous donne les détails des prix et de tout ce qui est compris en fin d’article. Voilà ce qui est prévu pour ce beau week-end camarguais, entre découverte culturelle et technique photographique.

    week end en camargue
    Mas Cacharel

    Photographier les chevaux de Camargue dans les marais

    Vous arriverez vendredi à l’heure de votre choix. Vous prendrez possession en début d’après-midi de votre chambre au Mas Cacharel, découvrirez la beauté sereine du site et nous ferons connaissance. En milieu d’après-midi, nous attaquerons avec une séance de technique photo pour bien amorcer le week-end et comprendre les besoins et aspirations de chacun. Je m’adapterai à vous.
    En fin d’après-midi, nous irons photographier les chevaux de Camargue au soleil couchant dans le marais de Cacharel. Cacharel a son troupeau de chevaux Camargue, et nous prendrons chacun un cheval en main (si jamais vous avez peur des chevaux, vous n’êtes pas obligé et pourrez photographier ceux des autres, bien sûr !), pour une séance photo au milieu de l’eau dans la beauté du soir. La beauté des chevaux Camargue sera décuplée par la lumière du couchant jouant dans leurs crins. Nous verrons le soir tomber entourés d’oiseaux, au cœur de l’atmosphère camarguaise, dans un marais privé qui appartient au Mas Cacharel. Pensez à vos bottes de pluie, nous mettrons les pieds dans l’eau !

    week end en camargue
    week end en camargue

    Nous dînerons ensuite ensemble au Mas Cacharel. Le Mas Cacharel n’est pas un hôtel aseptisé et uniforme, c’est un lieu de vie et d’histoire – tout respire ici l’âme camarguaise. Florian Colomb de Daunant, propriétaire du Mas Cacharel, co-auteur avec Sylvie Brunel du livre Crin-Blanc ou l’invention de la Camargue, est une véritable encyclopédie vivante de la Camargue et aura plaisir à partager avec vous son savoir et son amour du pays.

    Après le repas, nous regarderons ensemble les photos que vous aurez prises et je vous donnerai des techniques pour développer les photos de coucher de soleil et mettre en valeur toutes les lumières et les couleurs de la Camargue. Nous aurons donc une session de traitement de photo sur le logiciel Lightroom.

    camargue blog camargue

    Un moment équestre, à pied ou en selle

    Le samedi matin, deux options s’offrent à vous.

    Pour ceux qui le souhaitent, une balade à cheval est en option : 1h ou 2h pour un joli tour des marais, 3h pour aller jusqu’à la plage et profiter des paysages inouïs de la plage Est des Saintes, dernière plage de Provence où on peut galoper librement tout son saoul, avec des dunes à perte de vue.

     

     
     
     
     
     
    Voir cette publication sur Instagram
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

     

     

    Une publication partagée par Voyage🌎Travel✈️Reise🌞Ariane (@itineramagica) le

    Je propose aux autres de rester au Mas Cacharel pour un shooting dans les roseaux et les salins. Vous rêvez de photos comme dans les magazines, cheveux au vent, liberté dans les yeux ? Je vous propose une séance axée sur vous, avec les chevaux en main, pour créer des images de film. Vous pourrez choisir de poser avec un cheval Camargue ou un cheval palomino, pour un look plus western. Nous ferons des photos les uns des autres dans les salins et les roselières, nous travaillerons la photo de détail, le portrait, la mise en scène. Cela vous permettra aussi de repartir avec de beaux portraits de vous… J’aurai des vêtements et accessoires à vous prêter, mais surtout n’hésitez pas, si vous avez-vous-mêmes le look adéquat, des vêtements que vous avez envie de porter, apportez-les !

    week end en camargue

    Le déjeuner du midi est libre : vous pourrez soit manger au Mas Cacharel, soit partir déjà pour les Saintes et déjeuner en ville. Nous nous retrouverons tous l’après-midi aux Saintes Maries.

    Découverte des Saintes Maries de la Mer

    La capitale de la Camargue est un petit village ravissant que j’aurai plaisir à vous faire découvrir le samedi après-midi. Le cœur du village et du pays, c’est la sublime église-sanctuaire Notre Dame de la Mer. Cette église-forteresse fait partie des villes sanctuaires de France, c’est un lieu essentiel dans l’histoire religieuse de la Provence et où la foi est vibrante et forte – je vous en parlais dans mon article sur les pèlerinages en Camargue. Nous visiterons l’église et nous monterons sur le toit, d’où on jouit d’une vue magnifique : c’est le point culminant de la Camargue !

    Dans les rues des Saintes, je vous montrerai mes boutiques préférées, les spécialités provençales, où acheter des vêtements typiques, les selleries de gardians… Et nous irons voir au centre culturel la fabuleuse crèche provençale de Madame Bertello, dont je vous parlais dans l’article Noël en Camargue : elle sera installée à partir du 23 novembre. C’est une véritable féerie de santons.

    Crèche provençale Saintes Maries de la Mer. Noël en Camargue, que faire en Camargue en hiver, Saintes Maries de la Mer, chevaux de Camargue en hiver, santons de Provence
    La fabuleuse crèche provençale de Madame Bertello
    Crèche provençale Saintes Maries de la Mer. Noël en Camargue, que faire en Camargue en hiver, Saintes Maries de la Mer, chevaux de Camargue en hiver, santons de Provence

    Sublime coucher de soleil au Pont de Gau, avec les flamants roses

    C’est le moment que vous attendiez tous : un coucher de soleil au parc ornithologique de pont de Gau ! Parce que les flamants roses sont nourris le soir, ils accourent tous au pont de Gau dans la lumière flamboyante du couchant, et le spectacle est d’une beauté inouïe. Nous travaillerons notamment sur la photo de sujets en mouvement, afin de capturer toute la majesté des envols d’oiseaux dans le ciel de feu… Un pur moment de grâce.

    week end camargue

    Nous rentrerons ensuite dîner tous ensemble à Cacharel.

    Lumière du matin sur la plage

    Le dimanche matin en début de matinée, nous ferons un tour à la plage – pas la petite plage du cœur de village des Saintes, non, la grande plage, sauvage, grande ouverte, pays des dunes, des chardons et de l’immensité salée. Nous ferons des photos dans la lumière du matin, la plage étant parfaitement orientée, et travaillerons à la fois la photo de détail et la photo de paysage : comment bien composer une photo d’une grande plage ?

    Camargue
    Les dunes sauvages de la Plage Est

    En milieu de matinée, trois options s’offriront à vous : retourner à Cacharel pour une balade à cheval (pour ceux qui ne l’auraient pas fait la veille ou rêveraient de recommencer), vous promener librement dans les Saintes Maries pour faire du shopping, ou aller assister à la messe dans la belle église Notre-Dame de la Mer, sanctuaire marial important. Si vous n’avez pas eu le temps de voir ou faire certaines choses aux Saintes la veille, par exemple prendre le temps d’admirer la crèche provençale ou aller marcher sur le port et voir les bateaux de pêcheur, ce sera le bon moment.

    pèlerinage saintes maries
    Pèlerinage aux Saintes Maries

    Déjeuner aux Saintes et fin du séjour

    Pour ceux qui le désirent, nous mangerons ensemble aux Saintes Maries le midi, et je vous ferai découvrir un restaurant typique que j’aime beaucoup. Le dimanche après-midi, nous aurons une dernière session de traitement des photos pour regarder votre travail et vous donner d’ultimes conseils avant le départ.

    Vous repartirez à l’heure de votre choix, dans l’après-midi !

    Grands pèlerinages des gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer, Camargue

    Je n’ai pas prévu de visite d’Aigues Mortes, car les salins ne sont ouverts que l’été (ce sera l’occasion d’un autre week-end en Camargue !), mais si vous désirez visiter cette belle cité médiévale, vous pourrez le faire soit le vendredi, avant d’arriver à Cacharel, soit le dimanche, en repartant : ce n’est qu’un petit détour sur votre route pour quitter la Camargue. Un autre arrêt possible, dans un sens ou dans l’autre (en fonction de votre route) est Arles, avec son sublime théâtre antique. Notre séjour à nous est concentré sur les Saintes Maries, mais vous avez la liberté d’utiliser le vendredi ou le dimanche pour faire un saut ailleurs.

    Prix, options, logistique

    Le prix complet de ce séjour est de 295 euros par personne en chambre double et de 375 euros par personne en chambre simple.
    Il faut ajouter à cela 2 euros pour monter sur le toit de l’église des Saintes, et 7 euros 50 pour l’entrée au parc ornithologique de pont de Gau, à payer directement sur place.

    Ce prix comprend :

    • Les deux nuits au Mas Cacharel, hôtel 3* de charme aux Saintes Maries de la mer, avec un bon petit-déjeuner chaque matin.
    • Les deux dîners du vendredi soir et du samedi soir au Mas Cacharel
    • Toutes les activités décrites : shootings photos, visite du village, session de travail des photos…

    Ce prix ne comprend pas :

    • Les déjeuners, qui sont libres, et peuvent être pris soit à Cacharel (grandes assiettes composées froides, de produits du terroir de qualité), soit aux Saintes Maries dans un des nombreux restaurants du village.
    • L’option promenade à cheval avec les chevaux du Mas Cacharel, accompagnés par un(e) guide de tourisme équestre : le tarif dépend de la durée, entre 30 euros pour une heure et 50 pour trois heures. Si vous pensez vouloir monter à cheval, merci de bien vouloir l’indiquer au moment de la réservation, cela facilite la planification du week-end, et permet de prévenir la guide !
    • Les autres dépenses personnelles, du type shopping.
    Camargue

    Logistique : parce que la Camargue n’est pas un pays de transport en communs, j’ai tendance à vous conseiller d’avoir votre propre voiture. Vous pouvez soit arriver directement en voiture depuis Marseille (1h35 de route) ou Lyon (3h15 de route), soit arriver en TGV à Arles ou Nîmes et louer une voiture en gare d’Arles ou Nîmes (35 min depuis Arles, 1h depuis Nîmes).
    Si vous ne souhaitez pas conduire, il vous faut arriver en TGV à Arles : un bus dessert en 1h les Saintes Maries de la Mer depuis Arles. Je pourrai vous récupérer au village. Si vous ne venez pas en voiture, envoyez-moi un petit message pour que je puisse vous aider à gérer la question des transports.
    Attention, nous allons nous déplacer en voiture une fois sur place, et je n’ai qu’un nombre de places limitées dans la mienne : je vous encourage donc à avoir la vôtre, surtout si vous souhaitez avoir plus de liberté et accommoder le programme à votre guise, d’autant que je propose plusieurs fois plusieurs options 😊

    Comment réserver le week-end en Camargue ?

    Directement auprès du Mas Cacharel, par téléphone au 04 90 97 95 44, ou par mail à mail@hotel-cacharel.com, en précisant que vous réservez pour le « week-end Itinera Magica ».

    Si vous avez des questions, c’est auprès de moi, pour la réservation, c’est auprès du Mas Cacharel !

    Où voir les flamants roses en Camargue ? Les plus beaux couchers de soleil ? Que voir en Camargue ? Blog photo #Camargue
    Cloche du mas Cacharel.

    Je me réjouis de passer ce week-end avec vous.

  • Les pèlerinages aux Saintes Maries de la Mer : Gitans et Provençaux

    C’est un des plus beaux pèlerinages de France : celui qui a lieu au mois de mai aux Saintes Maries de la Mer, en Camargue. Des milliers de gens du voyage venus des quatre coins de l’Europe, des roulottes, des Arlésiennes, des chevaux, des taureaux, une barque portée à la mer au milieu des chevaux blancs et des tridents brandis… ce pèlerinage empli de ferveur populaire ne ressemble à aucun autre.
    A la fin du mois de mai, la communauté des gens de voyage vient honorer Sainte Sara lors du « pèlerinage des Gitans », et le lendemain, ce sont les Provençaux qui rendent hommage aux saintes Marie Salomé et Marie Jacobé. Mi-octobre, le même pèlerinage se reproduit, mais cette fois avec les Provençaux seulement. Grande amoureuse de la Camargue et cœur catholique, je participe chaque année à l’un des deux pèlerinages au moins, celui de mai (le plus populaire et le plus démesuré, avec la présence des Gitans venus de partout) ou celui d’octobre (plus provençal, plus intimiste). Et j’ai eu envie de partager avec vous quelques images de ce moment hors-normes.

    pèlerinage saintes maries
    Chevaux en procession devant l’église
    Grands pèlerinages des gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer, Camargue
    Pèlerinage des Gitans
    Grands pèlerinages des gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer, Camargue
    Provençale en costume traditionnel d’Arlésienne dans l’église des Saintes Maries
    Grands pèlerinages des gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer, Camargue
    Dans l’église des Saintes Maries lors de la descente des châsses
    Grands pèlerinages des gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer, Camargue
    Petite fille de la communauté des gens du voyage
    Grands pèlerinages des gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer, Camargue
    La barque est portée en procession jusqu’à la mer

    Une brève histoire religieuse des Saintes Maries de la Mer

    Les Saintes Maries de la Mer, capitale de la Camargue, sont un lieu hors du temps et loin du monde, une petite Atlantide provençale. Nous sommes tout au bout du delta de Camargue, cernés par les eaux entre les deux bras du Rhône, au pied de la sublime église-forteresse médiévale Notre Dame de Camargue dont les tours crénelées s’élèvent au-dessus de l’immensité marécageuse et attrapent tous les rayons du couchant. Dans ce pays immense et plat, ce bout du monde cousu de marais, de salins et de sansouïres, la tour du clocher est le seul relief, le point de convergence naturel qui aimante les cœurs.

    Grands pèlerinages des gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer, Camargue
    Eglise Notre Dame de la Mer
    Grands pèlerinages des gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer, Camargue
    La magie de la Camargue. Photos prises autour de mon hôtel culte, le Mas Cacharel, au milieu des étangs
    Grands pèlerinages des gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer, Camargue

    Les Saints de Provence : des rives de Camargue à la Sainte Baume

    L’église Notre Dame de la Mer joue un rôle fondamental dans la chrétienté provençale, car elle est au cœur de ce qu’on nomme « le cycle des saints de Provence ». Selon la tradition du pays, plusieurs proches du Christ ont fuit la Terre Sainte après la crucifixion de Jésus sous la menace de Ponce Pilate, et rejoint la Provence. Les parentes du Christ, Marie Salomé et Marie Jacobé, ont fuit la Galilée sur une barque sans rames et sans voiles, menées à bon port à travers la Méditerranée par la puissance de la foi. Sur cette rive qu’on nomme aujourd’hui Saintes Maries de la Mer, elles trouvèrent une source d’eau douce, et fondèrent la première église des Gaules autour de ce puits. Les Saintes furent donc la « porte de la foi », le premier foyer d’évangélisation. Selon la tradition, les autres saints à avoir trouvé refuge en terre provençale furent Marthe, qui chassa la tarasque (un dragon sorti des profondeurs fangeuses du Rhône) de Tarascon, Lazare, qu’on honore à Marseille, et la magnifique Marie-Madeleine, première témoin de la résurrection de Jésus, qui finit sa vie dans une grotte sur la montagne de la Sainte-Baume et qu’on honore le 15 août en pèlerinage.

    pèlerinage saintes maries
    La barque des Saintes portée en procession dans l’église

    La tradition des pèlerinages aux Saintes Maries

    La tradition des Saints de Provence fut réellement renforcée par le « bon Roi René », le plus célèbre des Rois provençaux, au XIVe siècle. Il ordonna des fouilles sous l’église des Saintes et découvrit les corps de deux femmes, reposant sur un étrange bloc de marbre qui est aujourd’hui incrusté dans un pilier de la nef et qu’on nomme « l’oreiller des Saintes ». Les reliques furent placées dans des châsses conservées dans la chapelle haute, et le pèlerinage fut institué.

    pèlerinage saintes maries
    L’oreiller des Saintes

    Le grand historien de la Provence antique Jean Guyon, que j’ai interrogé pour mon essai Provence, Les sillons du soleil, m’a dit la chose suivante : « Je suis navré de dire que les légendes des saints de Provence n’ont pas de fondement historique, bien que je comprenne, en tant que Provençal, qu’on puisse être attaché à cette tradition. Car comme le disait un dominicain chargé de l’accueil à la Sainte-Baume : « je ne sais pas si Marie-Madeleine est venue ici, mais je sais qu’elle y est », tant sont nombreux ceux qui y ont trouvé et trouvent encore réconfort en y faisant mémoire de celle qui fut « l’apôtre des apôtres » ».
    Je me joins à ce moine très sage : je ne sais pas si les Saintes Maries sont venues, mais dans la ferveur sublime de ces pèlerinages où la foi palpite, je ressens leur présence.

    Grands pèlerinages des gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer, Camargue
    Arlésienne recueillie auprès des châsses

    Sara, la Vierge noire, patronne des Gitans

    Au début du XXe siècle, une autre figure est venue se joindre à celle des Saintes Maries : celle de Sara, la Vierge noire, dite aussi Sara-la-Kali. La tradition la décrivait comme la servante des deux Maries. Lorsque le roi René fit exhumer les ossements des Saintes, on trouva ce 3e squelette de femme, qui fut considéré comme de dignité inférieure et placé dans une simple caisse en bois. Mais pour les Gitans, il ne s’agissait pas d’une simple servante, mais d’une princesse éthiopienne fuyant les persécutions en se joignant aux deux Maries sur leur barque sans rames. La communauté des Gitans la reconnut comme leur sainte patronne et se mit à venir aux Saintes la vénérer. Le marquis de Baroncelli, père des traditions de Camargue, oeuvra beaucoup pour l’institution de ce pèlerinage, et on célèbre désormais Sara le 25 mai.

    Pèlerinages des Gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer
    Sainte Sara
    Pèlerinages des Gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer
    Sainte Sara portée par la foule qui cherche à la toucher

    Le pèlerinage des Gitans à Sainte Sara

    Mi-mai, les gens du voyage de toute l’Europe accourent aux Saintes Maries pour une rencontre annuelle exceptionnelle, le seul moment où l’ensemble de la communauté est réunie. On y célèbre les mariages, les baptêmes des enfants, on pleure les morts et fête en musique le bonheur de se retrouver. Pendant deux semaines, un flot de caravanes et de quelques roulottes anciennes investit le petit village des Saintes, et l’ambiance est indescriptible, une magnifique cour des miracles provençale. Bien sûr, je ne veux pas édulcorer la réalité : il y a des tensions avec les habitants des Saintes, car un tel afflux de personnes dans un petit village camarguais peut poser problème (branchements illégaux à l’eau ou à l’électricité, occupations sauvages, etc). Mais cela fait aussi partie des attraits culturels et touristiques de ce village hors normes : celui d’être le point de rassemblement de cette communauté riche et diverse qui étend ses ailes sur tout le continent. La ferveur exprimée lors du pèlerinage est profondément touchante. Sainte Sara est recouverte de vêtements luxueux, mille offrandes et ex-votos sont déposés à ses pieds, la crypte dans laquelle elle repose s’emplit de milliers de lumignons, créant une vague de chaleur presque inquiétante sous la pierre sombre. Sara est portée en procession solennelle jusqu’à la mer, chacun se précipite pour la toucher, et les enfants sont souvent portés à ses pieds. On formule des vœux de guérison, et des demandes de protection au beau visage d’ébène.

    Pèlerinages des Gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer
    Enfant aux pieds de Sainte Sara
    Pèlerinages des Gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer
    En rouge, à gauche : Esmeralda, la reine des Gitans, connue et respectée de tous
    Pèlerinages des Gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer
    Au milieu de la procession, emblèmes des gens du voyage
    Pèlerinages des Gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer
    Pèlerinages des Gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer
    Pèlerinages des Gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer
    Scène de vie
    Pèlerinages des Gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer
    Gens venus de loin…
    Pèlerinages des Gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer
    Bénédiction des gens du voyage sur la plage
    Pèlerinages des Gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer
    Bougies dans la crypte de Sainte Sara
    Pèlerinages des Gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer

    Le pèlerinage des Provençaux honorant les Saintes Maries

    Au début du pèlerinage, les châsses contenant les reliques des Saintes Maries dissimulées dans la chapelle haute, au sommet de la haute, sont lentement descendues sur toute la hauteur de la nef. Au fur et à mesure, des bouquets de fleurs apportés par les fidèles sont noués aux cordages. Le mécanisme est vieux de plusieurs siècles. C’est toujours un moment d’émotion poignante de voir les fidèles, un cierge à la main, tendre leurs bras vers la châsse qui descend en entonnant le cantique :

    « Ô Saintes de Provence
    Nous Vous tendons les bras,
    Venez, Votre présence 
    Nous console ici-bas,  
    Nous console ici-bas. »

    J’ai trouvé sur le net une vidéo filmant cette descente des châsses, si vous voulez entendre le chant.

    Grands pèlerinages des gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer, Camargue
    Pèlerinages des Gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer

    Les châsses seront exposées pendant deux jours, et nombreux sont ceux qui viennent se recueillir, toucher le bois pour ressentir la proximité des Saintes, prier les saintes patronnes de Provence.

    Pèlerinages des Gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer
    Pèlerinages des Gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer


    La barque de bois représentant les Saintes Maries sera portée à la mer en procession solennelle, afin de commémorer leur arrivée miraculeuse. C’est toujours un moment d’une grande beauté visuelle, avec toutes les confréries de Provence et de Camargue, la Nacioun Gardiano (nation gardiane) en selle sur leurs chevaux blancs brandissant le trident et l’emblématique croix de Camargue.

    Pèlerinages des Gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer
    Procession jusqu’à la mer
    Pèlerinages des Gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer
    Enfant sur la barque des Saintes
    Pèlerinages des Gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer
    Chevaux en procession
    pèlerinage saintes maries
    pèlerinage saintes maries

    Cette croix, dessinée au début du XXe siècle par l’artiste Hermann Paul à la demande du marquis de Baroncelli, est devenue le symbole du pays. Elle a une double signification religieuse et culturelle : elle réunit les trois vertus théologales, la foi (représentée par la croix), l’espérance (représentée par l’ancre) et l’amour (représenté par le cœur). Les bords de la croix ont la forme du trident des gardians, et l’ancre rappelle les barques du pêcheur : elle incarne la Camargue toute entière.

    Pèlerinages des Gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer
    Foi, espérance, amour : la croix de Camargue
    pèlerinage saintes maries

    La remontée des châsses est elle aussi un moment de grande émotion signifiant la fin du pèlerinage. De nouveau, la foule brandissant des cierges allumés loue les Saintes de Provence, chantant cette fois « merci, votre présence nous console ici bas ». J’ai souvent vu des larmes couler sur les joues des fidèles lors de ce moment d’adieu aux dames de la mer à qui on confie toutes ses peines et ses espérances.

    pèlerinage saintes maries
    Lors de la remontée des châsses.
    pèlerinage saintes maries
    pèlerinage saintes maries

    Les Saintes Maries de la mer : mon église

    J’ai un attachement très profond aux Saintes Maries et à l’église Notre Dame de la Mer. C’est dans cette église, lors d’un pèlerinage, que j’ai pris la décision d’embrasser la foi catholique, et de demander à recevoir le baptême. J’ai été baptisée à la veillée pascale 2019 dans l’église des Saintes, et j’y ai fait ma première communion à la Pentecôte, embrassant à la fois l’espérance spirituelle chrétienne, et les traditions provençales que j’aime tant. Mon attachement à cette église est à la fois mystique et culturel : elle à la fois un patrimoine provençal inestimable, et fut pour moi véritablement la « porte de la foi ». Je garderai toute ma vie le souvenir de cette nuit pascale, où nous sommes entrés dans l’église plongée dans les ténèbres, avons allumé nos cierges au feu nouveau, et où j’ai reçu la grâce d’ »un coeur nouveau » avec l’eau baptismale sur mon front, et suis entrée avec joie dans la famille millénaire de L’Église.

    Le jour de mon baptême dans l’église des Saintes Maries
    Pèlerinages des Gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer
    Transmettre le feu pascal
    Pèlerinages des Gitans et des provençaux aux Saintes Maries de la Mer
    Le jour de ma communion, au Mas Cacharel

    Je ne parle pas souvent de religion sur Itinera Magica, mais j’avais envie de partager avec vous mon lien très fort avec ce lieu qui a eu et continue d’avoir un rôle crucial dans ma vie.

    De plus, moi qui suis profondément Provençale, j’ai le sentiment de mettre mes pas dans des siècles de tradition lumineuse, de m’inscrire dans une chaîne qui a pris sa source sous les feuillages de l’abbaye de St Honorat, sur les îles de Lérins, ou au coeur du cloître St Trophime d’Arles. Cela m’émeut.

    Pour ceux qui seraient curieux et intéressés, et souhaiteraient suivre mon itinéraire spirituel, sachez que je tiens un 2e compte Instagram en dehors de mon compte principal et professionnel (@itineramagica) : ce petit compte s’appelle @itineraluminosa et j’y partage des pensées plus personnelles, dans le sens d’un cheminement chrétien. Chrétiens, musulmans, juifs, agnostiques, athées ou adeptes d’une autre spiritualité, vous êtes les bienvenus à m’y retrouver si le cœur vous en dit.


    Et pour ceux qui préfèrent s’en tenir au voyage, vous avez bien sûr les réseaux sociaux d’Itinera Magica (@itineramagica sur Instagram, Facebook, Twitter), et vous pouvez vous inscrire à la newsletter pour recevoir chaque semaine le dernier article et me suivre dans mes voyages !

  • Se mettre au vert sur la plaine de Versailles

    La plaine de Versailles ? C’est un poumon vert aux portes de la capitale, une campagne à deux pas de Paris. Le paysage surprend : tout est si bucolique, si rural, qu’on peine à croire qu’on est si proche de la ville. Champs de blé à perte de vue, forêts, petits villages aux faux airs de Normandie, fermes et ruches, tout donne la sensation d’être parti beaucoup plus loin de Paris. Je descends du transilien à St Nom la Bretèche, et j’ai l’impression d’être arrivée dans une gare de province lointaine, entre forêt et champs – une belle sensation de dépaysement en plein cœur des Yvelines.
    Sous l’Ancien régime, la plaine était la chasse gardée des princes : dans le prolongement du château de Versailles, ses prairies et forêts servaient à nourrir l’opulente cour royale. Pour préserver l’environnement exceptionnel et les paysages autour du château, la plaine a été sanctuarisée : elle ne sera jamais une banlieue urbanisée, et restera toujours ce terrain dédié à la nature et à l’agriculture. Pour qui veut s’échapper un peu de Paris, marcher le long des ruisseaux, manger 100% local en faisant du tourisme à la ferme et découvrir le patrimoine architectural et culinaire, cette « autre île de France » pittoresque, une journée sur la plaine de Versailles s’impose.

    Découvrez la plaine de Versailles
    Découvrez la plaine de Versailles

    Que faire sur la plaine de Versailles ?

    Découvrir les villages bucoliques

    Quand je suis arrivée sur la plaine de Versailles, je me suis souvenue – pour la millième fois – de pourquoi j’aimais tellement la France. Vous arrivez dans un coin un peu perdu et méconnu des Yvelines, dont vous n’avez jamais entendu parler, et qu’est-ce que vous découvrez ? Des villages ravissants, bucoliques, remplis de fleurs, de vieilles pierres, d’églises paisibles et de lavoirs où l’eau clapote. Aux Etats-Unis, on ferait venir des cars entiers de touristes pour voir ça, on mettrait des panneaux « cutest village around » et toutes les blogueuses viendraient poser dans les ruelles. En France ? Oh, encore un ravissant village français, on a l’habitude. Je n’ai passé qu’une journée sur la plaine, ma découverte a donc été rapide, mais voici quelques aperçus.

    Découvrez la plaine de Versailles
    Les lavoirs de la plaine de Versailles
    Découvrez la plaine de Versailles
    Découvrez la plaine de Versailles
    Découvrez la plaine de Versailles

    A Crespières, on découvre une église de pierre blanche respirant la tranquillité, des jardins fleuris et, note pour les fanas de vieilles séries françaises parmi nous, la maison culte de Les Cordier : juges et flics.

    Découvrez la plaine de Versailles
    Découvrez la plaine de Versailles

     A Thierval-Grignon, on se régalera du spectacle pittoresque des vieilles maisons fleuries, des tracteurs garés devant les cours, et surtout, du très joli lavoir récemment restauré. Il faut savoir que la plaine de Versailles est un pays de rus – ruisseaux dans la langue du Nord-Ouest de la France, j’ai déjà entendu ce mot en Normandie – et que de nombreux villages sont traversés par des sources. Les lavoirs, souvent beaux et apaisants, sont de jolis témoignages de l’ancien temps qui mettent en valeur cette particularité géographique.

    A Rennemoulin, peut-être le plus joli village de la plaine, on se baladera sur de nombreux sentiers de promenade longeant le ru, on profitera du spectacle de l’eau qui s’engouffre sous le pont ancien et on marchera au milieu des fleurs… A Villepreux, on s’arrêtera devant la maison natale de St Vincent de Paul, considéré comme le saint patron des œuvres caritatives, celui qui disait « plus vous donnez et plus vous recevrez ».  

    La plaine de Versailles, ce sont aussi des champs à perte de vue. Je suis venue en juin, à l’heure des blés dorés, et je me suis régalée de ces marées d’or ondulant… Le plus beau point de vue, je l’ai trouvé au-dessus de Chavenay, au sommet de la colline. En bas mangeaient des chevaux… On m’a dit que la plaine de Versailles était un paradis pour les cavaliers, avec de nombreux sentiers équestres, j’espère avoir un jour l’occasion de tester ! Il me faudra revenir pour des randonnées, à pied, à cheval ou en vélo… Vous trouverez ici des idées de randonnée et des circuits détaillés.

    Du tourisme à la ferme : rencontrer les producteurs de la Plaine de Versailles

    La plaine de Versailles ravira les amoureux du #madeinFrance et des circuits courts. A deux pas de Paris, vous trouverez un vrai poumon agricole, avec de nombreux producteurs qui développent de plus en plus une démarche de circuits courts et de vente à la ferme. C’est le meilleur moyen de se reconnecter à son alimentation et de marier tourisme et gastronomie.

    Découvrez la plaine de Versailles
    Découvrez la plaine de Versailles

    J’ai adoré la démarche de la biscuiterie Les deux gourmands à Crespières : des cookies 100% made in l’île de France ! Et en plus, on peut goûter en direct à la boutique, dans un bar à biscuits (que j’aurais volontiers dévasté en deux secondes quand on ne me regardait pas) alléchant. Vous croquerez dans le blé de Crespières, le sucre de betterave d’île de France, le chocolat d’Hardricourt, le safran du Gâtinais, les coquelicots de la plaine… et bien sûr, le miel de Crespières. Les biscuitiers se sont associés à un apiculteur, qui a installé ses ruches sur le territoire de la ferme, et propose son miel (dans les biscuits, en pot ou sous forme d’autres produits). Les ateliers peuvent être visités et c’est assez génial de voir les cookies découpés sur la planche, tournoyer dans l’entonnoir, conditionnés… cette visite donne faim et donne des fringales de localisme. Je la recommande sans hésiter à tous, aux familles et aux gourmands de tous âges, d’autant que le site a du charme : une grande ferme comportant un vaste espace où des démonstrations et manifestations festives sont régulièrement organisées. Les deux gourmands dynamisent la plaine, et leur démarche m’a conquise.

    Une autre belle rencontre, ce fut celle avec l’apiculteur Jacky Boisseau à Plaisir. Jacky Boisseau est un passionné, un amoureux des abeilles. Il constate et déplore leur déclin et en sait toutes les causes, et s’engage pour une apiculture profondément respectueuse des abeilles, en choisissant des espèces adaptées à nos climats, en leur fournissant une nourriture abondante et sans pesticides, en menant sa récolte de façon responsable pour ne pas mettre en danger la ruche (trop de pratiques apicoles sont prédatrices et tuent les abeilles). L’écouter parler des abeilles, de ce qui les menace et de ce qui les protège, m’a passionnée. Jacky Boisseau les connaît par cœur et est très investi dans le développement du savoir à ce sujet – ici et ailleurs : il est impliqué dans des projets apicoles au Liban et au Cameroun. Mais moi, c’est dans son jardin que je le rencontre, sous un grand cerisier alors couvert de griottes délicieuses, au milieu des coqs et poules. C’est un petit cocon idyllique, et j’aurais pu rester des heures… Munie d’un casque avec filet de protection, et protégée par les manœuvres de Jacky, je découvre l’intérieur de la ruche, la beauté géométrique et dorée des rayons couverts de miel et le délice du miel prélevé à la source. Le miel de Jacky Boisseau est le meilleur que j’aie eu l’occasion de goûter, et je n’exagère pas – un délice qui vous rend incapable à jamais de consommer du miel de supermarché… N’hésitez pas à faire un tour chez lui pour en acheter.

    Découvrez la plaine de Versailles

    Les circuits courts, la petite production familiale, j’adore, mais je sais aussi qu’il faut être réaliste : pour nourrir les 10 millions d’habitants de la région parisienne, il faut forcément aussi de grosses exploitations et des circuits de distribution efficaces. La ferme de Grignon m’a beaucoup intéressée, car elle donne l’occasion de visiter en conditions réelles une grande ferme produisant du lait notamment pour les filières Leclerc. Nous sommes ici dans une démarche qui n’est pas celle du petit producteur bio vendant en circuits courts, mais de la grande exploitation produisant des volumes importants. Et c’est justement cela qui m’a intéressée : voir les coulisses de l’agriculture conventionnelle souvent très décriée, pouvoir visiter une ferme de ce type sans barrières, sans zones interdites, en toute transparence. J’ai été heureuse d’y voir des vaches en bonne santé, en stabulation libre dans des enclos où elles étaient ensemble, de nombreux aménagements pour leur bien-être (par exemple des sortes de brosses rotatives contre lesquelles les vaches allaient se frotter), et très amicales avec les visiteurs. La ferme de Grignon vous montre toutes les étapes du processus de la production et du conditionnement du lait, avec de nombreuses explications pédagogiques la rendant particulièrement intéressante pour les familles. Le jour de ma visite, j’ai vu de nombreux enfants visiter le site, résoudre les énigmes, aller d’une station à l’autre, etc. La ferme explique également sa démarche de respect, à la fois sur le plan du bien-être animal et de l’environnement, notamment avec une importante usine de méthanisation permettant la production d’électricité à partir de la bouse de vache. Je pense qu’une telle visite est intéressante, et aide à restaurer le lien souvent dégradé entre agriculteurs et urbains.

    Il y a enfin un endroit que je n’ai pas pu visiter, mais que j’aurais adoré découvrir : les Fermes de Gally. On y vient pour la cueillette, et peut se promener dans les champs et choisir, selon la saison, les délices qu’on rapportera chez soi. On y trouve également un joli café, une boutique, une ferme ouverte… c’est une visite que je réserve pour une prochaine fois. Je reviendrai pour cela, et pour les chevaux !

    Découvrez la plaine de Versailles

    Je n’ai passé qu’une journée sur la plaine de Versailles, mais je retiens cette jolie parenthèse au vert et me promets de recommencer un de ces jours, pour me ressourcer à deux pas de Paris.

    Merci à l’association de la plaine de Versailles et notamment à Marie pour l’accueil chaleureux dans ce joli coin de verdure, ce fut une belle rencontre !