Un road trip en voiture ancienne dans les Alpilles, cela vous dit ? Prendre une 2CV, une coccinelle ou une méhari dans les sublimes paysages des Alpilles et dérouler les villages sous le soleil du Sud… Moi qui aime les images idylliques d’une Provence éternelle, et les expériences insolites, je suis partie explorer la région de St Rémy en Provence avec Yes Provence, société de location de voitures anciennes qui propose toute une flotte de vieilles et belles voitures stylées pour filer au milieu des oliveraies. Je me suis régalée avec cette petite voiture si photogénique, délicieusement rétro, qui respire les vacances, le cinéma d’autrefois, la France des albums photo ! Les Alpilles se prêtent merveilleusement à ce genre de virée vintage, car cette région sublime incarne tout le charme éternel du Sud. On se régale de la silhouette hiératique des Baux-de-Provence sur leur colline, des pins parasols et des oliviers, des reliefs découpés des Alpilles, des chapelles perdues et des routes sinueuses qu’on prend plaisir à arpenter en décapotable, avec l’air chaud et doux qui fait voler le chapeau !
Je vous raconterai notre journée en 2 CV, notre itinéraire pittoresque au cœur des Alpilles, et vous proposerai enfin de vivre l’expérience à votre tour. Un jeu concours vous permet de gagner votre journée de location de voiture ancienne en Provence, et si vous n’êtes pas l’heureux gagnant, je vous propose un code promo pour obtenir 15% de réduction. Retrouvez-les en fin d’article !
Rouler en voiture ancienne dans les Alpilles
C’est une vision tellement photogénique : une 2CV au milieu des oliveraies, des lavandes ou des champs de blé, sous le chant des cigales et le soleil de l’été… Je rêvais de ces images de vieux film, qu’on imagine délicatement sépia. Si Yes Provence propose différents types de voiture, nous avons jeté notre dévolu sur une jolie 2CV blanche de 1983 appelée Danielle – toutes leurs voitures ont un petit nom ! Et il faut bien avouer que si la région est sublime en elle-même, l’arpenter avec une voiture de collection ajoute beaucoup de chic et de chien à l’expérience. Je me sentais comme une héroïne de film, cheveux et robe au vent. D’autres voitures m’ont fait de l’œil, comme une Cox Cab Martin blanche magnifique, ou une Cox tricolore ravissante – une prochaine fois !
Le midi, nous avons dégusté sous les pins un pique-nique fourni par Yes Provence (une option que vous pouvez réserver avec votre voiture, pour 19 euros de plus par personne) : une jolie boîte rétro avec couverts, verres et nappe en Vichy, et un délicieux pique-nique préparé par les partenaires de Yes Provence, la poissonnerie Eulalie à l’Isle-sur-la-Sorgue – nous avons eu droit à des spécialités de poisson, saumon, sardines, des fruits de Provence, des madeleines et du pain frais, tout était délicieux et j’avais l’impression d’entrer dans le décor d’un tableau ancien… un déjeuner sur l’herbe plus méridional (et plus habillé ;-)).
Notre itinéraire pour un road trip dans les Alpilles
Parcourir les Alpilles, sous le soleil éclatant du Sud… Suite à mes photos de road trip rétro en 2CV sur Instagram, plusieurs personnes m’ont demandé : mais où est-ce, les Alpilles, exactement ? Réponse : nous sommes au cœur du cœur de la Provence. Nous sommes dans un massif montagneux escarpé et découpé, aux reliefs dentelés comme une mer déchaînée, mais de basse altitude et très ensoleillé, situé entre Avignon et Arles.
Les Baux-de-Provence
Impossible d’évoquer l’histoire de la région sans parler des Alpilles. C’est ici, dans le village de Maillane, qu’est né Frédéric Mistral, LE père de la nation provençale, l’auteur de son hymne et de son dictionnaire. C’est ici qu’Alphonse Daudet s’est installé dans son mythique moulin pour écrire ses Lettres de mon moulin (vous savez, la chèvre de Monsieur Seguin, la mule du pape…). C’est ici que Van Gogh a peint ses tournesols et ses cieux étoilés, hallucinant la splendeur des nuits de Provence. J’adore cette région qui est un nectar de Provence, avec ses oliveraies immenses, ses pins parasols, ses moutons blancs – le pastoralisme est au cœur de l’identité du pays – ses cigales.
Moutons des Alpilles
Yes Provence nous avait fourni un GPS comportant de nombreuses adresses pré-enregistrées : beaux villages, chapelles iconiques, vignobles mythiques, points de vue spectaculaires, mais aussi petits coins de nature un peu secrets, cascades, pont romain, pinèdes… c’était un bonheur de piocher dans ces suggestions, et de les mêler à mes propres coups de cœur.
Les Baux-de-Provence, le plus beau village des Alpilles
Le village le plus mythique des Alpilles, ce sont évidemment les Baux-de-Provence, avec son « Val d’Enfer » aux reliefs torturés et son château médiéval symbole des grandes guerres provençales pour le contrôle du comté béni des dieux. Le récit des guerres qui ont déchiré les Baux pendant plus de deux siècles se lit comme un roman – le château en ruines en est un sublime témoignage.
Au-dessus des Baux, le Val d’Enfer, ses rochers percés, sa table d’orientation, offrent des vues sublimes sur le village, son massif et ses oliveraies immenses.
Le village lui-même, classé parmi les plus beaux de France, est un dédale de ruelles infiniment photogéniques.
Quant au château mythique, je l’avais photographié en novembre dernier – bien évidemment, les paysages d’hiver sont moins beaux que ceux de mai, mais j’avais envie de partager avec vous ces vues solennelles…
Eygalières, mon village préféré des Alpilles
Mon coup de cœur à moi, c’est Eygalières, petite idylle provençale parfaite avec son rocher surplombé par la Vierge Marie en manteau d’albâtre et d’azur, d’où la vue sur les crêtes est époustouflante.
Mais le lieu le plus photogénique de tous, c’est sa sublime chapelle Saint Sixte, à l’écart du village, toute couronnée de cyprès solitaires. On jurerait voir un morceau de Toscane, une peinture suspendue dans le temps.
Le moulin de Daudet, au coeur des Alpilles
Ce n’est qu’un petit moulin perdu au milieu de la caillasse blanche, vision d’une Provence d’autrefois, mais c’est un lieu mythique de la littérature régionale : c’est ici qu’Alphonse Daudet a imaginé la petite chèvre trop hardie qui finit dévorée par le loup, et écrit ses hymnes à la Provence éternelle…
L’abbaye de Montmajour
Je l’avais découverte en novembre dernier lors d’un autre séjour dans les Alpilles : perdue au milieu de ce qui était autrefois un marécage hostile et inondé, véritable île de pierre au cœur du marais, l’abbaye de Montmajour est une des plus mystérieuses et magiques de Provence. Fondée en 948 par les Bénédictins, elle présente une singularité inquiétante : des tombes rupestres, creusées à même la falaise. La beauté de son cloître est d’une perfection intemporelle, et la vue du sommet de la tour porte jusqu’au delta de Camargue…
La chapelle Notre Dame de Beauregard
C’est un lieu qui suscitait ma curiosité depuis longtemps, et vous l’avez sans doute déjà vue en empruntant l’A7 : c’est cette église juchée au sommet d’une falaise, surplombant toute la vallée de la Durance. C’est un lieu très important dans l’histoire de la culture provençale, car Mistral et ses Félibres s’y réunissaient souvent pour évoquer l’avenir de la nation. Les nombreuses inscriptions dans la chapelle sont en provençal. La vue surplombant l’autoroute et les méandres de la Durance est très impressionnante…
Votre road trip en voiture ancienne en Provence : jeu concours et code promo
Vous avez envie de vivre la même chose à votre tour ? Petit retour sur la conduite de la voiture : elle est accessible à tout conducteur normalement expérimenté (je le déconseille si vous venez tout juste d’obtenir votre permis, bien sûr). Il faut un petit temps d’ajustement pour s’habituer aux vitesses un peu capricieuses, à tourner sans direction assistée, c’est déroutant et amusant, mais on s’y fait vite et on adore se sentir comme un personnage de film… Et si vous n’avez pas votre permis, sachez que Yes Provence propose également des journées de location avec chauffeur. Les tarifs commencent à 120 euros la demi-journée, 180 la journée sans chauffeur, et 230 la demi-journée, 345 la journée, avec chauffeur. L’essence est comprise dans les tarifs.
Et j’ai un code promo à vous proposer, valable jusqu’au 31 décembre 2020 : obtenez 15% de réduction sur votre location en utilisant le code MAGICA15 sur le site de Yes Provence.
Vous voulez être encore plus chanceux ? En partenariat avec Yes Provence, je vous propose de gagner une journée de location de voiture ancienne, sans chauffeur. Le gagnant définira la date de sa sortie avec Yes Provence, en fonction de ses disponibilités et des leurs. Pour jouer, c’est très simple, rendez-vous sur ma page Facebook ou Instagram. Le tirage au sort aura lieu jeudi 11 juin. Edit : le tirage au sort a eu lieu, la gagnante a été informée !
Un mariage rétro avec voiture ancienne en Provence
J’en profite pour partager avec vous des images d’un très beau mariage à Grignan, en Drôme provençale, que j’ai photographié en octobre dernier. La mariée est arrivée dans une superbe voiture ancienne jaune citron, vision magnifique et tellement photogénique pour une journée hors du commun. Il ne s’agissait pas d’une voiture de location – elle appartenait à la famille de la belle mariée –, mais Yes Provence propose aussi ce type de prestations : vous pouvez louer une voiture ancienne pour le couple nuptial ou pour tout le cortège. Je me suis dit que c’était une jolie idée pour rendre la journée unique…
Et vous, avez déjà conduit une vieille voiture dans ce style ? Est-ce quelque chose qui vous tenterait ?
Merci à Yes Provence pour cette expérience qui m’a beaucoup séduite !
Voiture ancienne dans les Alpilles – Alpilles en 2CV – Itinéraire de road trip dans les Alpilles – Que voir dans les Alpilles ?
Où dormir quand on visite les gorges du Verdon et le lac de Sainte Croix ? Le plus beau village du Verdon, son incontournable, c’est Moustiers-Sainte-Marie. Qui a déjà arpenté ses routes sinueuses et odorantes sait que ma Provence compte nombre de villages sublimes, joyaux perchées et chapelles funambules. Mais parmi les plus beaux, les plus touchants de tous, c’est peut-être Moustiers-Sainte-Marie qui l’emporte dans mon cœur. J’ai toujours le cœur qui bat quand je m’approche de la forteresse du Verdon et que je vois la silhouette de Moustiers se détacher de la montagne, comme une promesse de félicité : vous entrez aussi au pays des merveilles.
Entre pitons rocheux et oliveraies, faïences et cascades, sanctuaire et calades, Moustiers incarne une forme de perfection idyllique que nourrissent mille légendes et visions saisissantes.
Je n’exagère pas quand je dis que la sainte trinité constituée par le village de Moustiers, le grand canyon du Verdon et le lac de Sainte Croix est LE diamant pur de la Provence, et peut-être même l’endroit que j’aime le plus en France. Incroyablement photogénique, radicalement spectaculaire, profondément authentique, ce joyau de la Haute-Provence concentre tout ce que j’aime – le sublime de la nature à l’état brut, l’audace de l’architecture et la force de la tradition.
Le lac de Sainte Croix
En juin dernier, j’ai passé un week-end merveilleux avec mes amis Vincent et Marion à Moustiers, à explorer le village, le lac, les gorges, tester des bonnes adresses et faire un million de photos de ce lieu unique entre tous.
Marion et moi sur le lac enchanté
Porte d’entrée vers les sublimes gorges du Verdon, le village de Moustiers-Sainte-Marie mérite largement qu’on y fasse une halte avant d’explorer le lac de Sainte Croix. Et pour ceux qui ont plusieurs jours, Moustiers est le camp de base parfait pour un long séjour dans le Verdon. Suite à mon article sur les gorges du Verdon, qui est aujourd’hui un des plus lus et appréciés de mon blog, je reçois souvent des messages me demandant où dormir quand on visite le Verdon. La réponse coule de source : Moustiers, Moustiers, évidemment, pour sa situation parfaite et sa beauté hors du commun.
Où dormir pour découvrir les gorges du Verdon ? Je vous parlerai d’un bel hôtel de charme à Moustiers-Sainte-Marie, La Ferme rose.
Voici donc une déclaration d’amour au plus beau village de Provence à mes yeux, et quelques idées pratiques pour visiter Moustiers-Sainte-Marie et les gorges du Verdon, avec de bonnes adresses, des points de vue magnifiques et des activités incontournables.
Survoler les gorges du Verdon et le lac de Sainte Croix en parapente : un de mes plus beaux souvenirs.
Toutes les photos dans lesquelles j’apparais ont été prises par mes amis Vincent et Marion alias Foehn Photographie– portraitiste si talentueuse ! Merci à eux d’être venus vivre ce beau week-end avec moi.
Marion et moi
Vincent, héros des parois rocheuses
Moustiers-Sainte-Marie, la merveille du Sud
Commençons par une image, une sensation. Parce que vous avez soif de soleil, de vertige et de beauté, vous avez décidé de passer le week-end dans le Verdon. Vous arrivez du Nord ou du Sud, peu importe, vous avez mis le cap sur cette forteresse minérale qui garde jalousement sa rivière turquoise comme l’écrin enveloppe l’émeraude. Vous avez traversé le plateau de Valensole, couvert de sauge mauve pâle si nous sommes début juin, de lavande d’un violet profond si nous sommes fin juin, vous avez vu au loin la silhouette du Verdon se rapprocher comme une oasis de pierre blanche par-delà les ondulations des prés. Et soudain vous êtes-là.
L’arrivée sur Moustiers
Si le Verdon est un château fort, Moustiers est son pont-levis, sa serrure, sa clef – ici s’ouvre la porte des merveilles. Un virage de la route vous crache face à face avec Moustiers, et cette vision, cette vision ! Au milieu de deux pitons rocheux monumentaux, entre lesquels une étoile d’or scintille, Moustiers-Sainte-Marie se dresse sur son éperon, presque aussi étincelant que son étoile avec les reflets du soleil sur les murs d’or, les tuiles vernissées et les rivières qui le traversent. Ce n’est pas réel, c’est une vision parfaite, un rêve que le soleil du sud a figé en pierre et en faïence. On dit souvent du Mont Saint Michel qu’il est la merveille : prouesse architecturale dressée sur son rocher fabuleux. Moustiers-Sainte-Marie est à mes yeux la merveille du Sud, village funambule que couronne son sanctuaire, citadelle toute drapée de vertige avec ses maisons troglodytes dérobées à la falaise, ses pitons audacieux, ses escaliers raides et ses cascades jaillissantes, comme si ici tout aspirait à la verticalité, tout tendait vers le ciel. C’est beau, c’est beau, c’est tellement beau. Mais allons au-delà de l’émerveillement qui vole les mots – allons visiter Moustiers.
Moustiers et le lac de Sainte Croix au fond
Vue sur les toits de Moustiers
Moustiers-Sainte-Marie, son étoile, sa chapelle
Commençons par les hauteurs. Moustiers est un village perché, comme tant d’autres en Provence, souvenir d’une époque tumultueuse où des princes ennemis et des pirates venus de mers lointaines se disputaient cette terre. Au Ve siècle, des moines venus de la mythique abbaye de Lérins (sur une île au large de Cannes) sont venus évangéliser la Provence. Ils se sont mis à l’abri sur les hauteurs, ils ont creusé leurs cellules à même la roche, dans cette pierre tendre et friable. Plus tard, au XIe siècle, d’autres chrétiens fascinés par cet héritage venu des origines ont bâti tout au sommet ce sanctuaire dont le nom d’aujourd’hui dit la vue sublime qu’on conquiert à sa cime : Notre Dame de Beauvoir. La vision des toits du village entourés d’oliviers, et par-delà, des eaux éblouissantes du Lac de Sainte Croix, est magique. Cette chapelle s’appelait autrefois Notre Dame d’Entreroches – les deux noms sont magnifiquement évocateurs.
L’étoile d’or de Moustiers
Levez les yeux au ciel : entre les deux pitons, suspendue à une très lourde chaîne, brille une étoile d’or. La légende dit qu’elle y trône depuis le XIIe siècle : fait prisonnier en Terre sainte lors d’une croisade, le chevalier de Blacas aurait fait le vœu de suspendre cette étoile au-dessus de son village chéri s’il revoyait un jour sa patrie. Frédéric Mistral lui fait dire ces mots : « A tes pieds Vierge Marie – je suspendrais ma chaîne, – si je retourne – à Moustiers, dans ma patrie ! ». L’étoile est tombée plusieurs fois au cours de son histoire, foudroyée, érodée ou victime d’accidents insolites, mais elle a toujours été remplacée. L’étoile actuelle date de 1957 et a été dorée à l’or fin. On dit que gravir le piton pour aller toucher les maillons de la chaîne arrimés à la roche porte bonheur… Mais pour s’en approcher, il faut monter au sanctuaire.
L’étoile d’or de Moustiers
L’histoire effrayante de la chapelle de Moustiers-Sainte Marie
On accède au sanctuaire par des escaliers raides et inquiétants, si souvent polis par les pas qu’ils en deviennent glissants et dangereux. Il faut s’accrocher à la rambarde, regarder où on pose les pieds. Tout au long du chemin de croix, des faïences marquent les stations du calvaire. L’ascension est rude, mais le site est magique, exceptionnel.
Tout au sommet de Moustiers, dans des hauteurs colonisées par des chèvres sauvages, se tient cette chapelle encadrée de cyprès, secrète et solennelle, où les murs sont noircis par la fumée étouffante de dizaines de bougies. Une légende entoure ce sanctuaire : celle des suscitations. Il fut une époque où on craignait pour les âmes des nouveau-nés morts sans baptême : on redoutait qu’elles ne puissent accéder au paradis et restent éternellement piégées dans la noirceur des limbes. Mais on disait qu’à Moustiers, les bébés morts revenaient quelques instants à la vie dans le mystère de cette chapelle noire, juste le temps de recevoir l’eau baptismale, et d’être admis au royaume des cieux. Des parents éplorés venaient de tout le comté de Provence en portant leur enfant mort pour gravir les escaliers glissants de Moustiers…
Sachez que Moustiers compte également une autre très belle église en cœur de village, Notre Dame de l’Assomption.
J’ai retenu trois choses de ma visite de cette belle église romane du XIIe siècle, à commencer par son très beau clocher qui est un emblème du village et trône magnifiquement au milieu des toits.
Une curiosité ensuite : dans cette église, le chœur et la nef, qui n’ont pas été construits sont simultanément, sont décalés – l’effet est très original et unique, je ne crois pas avoir vu cela ailleurs. Je finis par la pièce la plus remarquable : l’autel ! Cet autel est en vérité un exceptionnel sarcophage du IVe siècle, témoin des premiers temps de la chrétienté provençale.
L’autel
Les premiers temps du christianisme en Provence sont une époque absolument fascinante, j’en ai beaucoup parlé dans mon livre Provence, les sillons du soleil, notamment à travers un entretien passionnant avec Jean Guyon, le grand historien de la chrétienté primitive. Cela m’a beaucoup touchée de pouvoir entrer de plein pied dans cette époque si marquante à travers cette pièce extraordinaire.
Les oliviers et les roses de Moustiers-Sainte-Marie
Parce que le village est situé dans un cadre naturel spectaculaire, plusieurs très belles randonnées partent de Moustiers et permettent de gagner des vues panoramiques éblouissantes – l’office du tourisme vous fournira un plan indiquant ces sentiers. Marion et moi avons choisi de faire la randonnée qui traverse les oliveraies. Parce que la Provence est fille de la Grèce et de Rome, petit morceau d’Antiquité solaire en terre gauloise, l’olivier est un symbole fort de notre pays, et plusieurs AOC protègent le patrimoine oléicole provençal. Moi qui suis drômoise, j’ai grandi avec les oliviers de Nyons ; dans la région de Forcalquier, j’ai découvert les sublimes oliveraies de Lurs en bord de Durance, aux Baux-de-Provence, les oliveraies des Alpilles… A Moustiers, les oliveraies s’inscrivent dans l’AOC huile d’olive de Haute-Provence, et ce ne sont pas moins de 20 000 oliviers qui encadrent le village. La promenade est magnifique, avec des vues éblouissantes sur le lac de Sainte-Croix. J’aime l’ombre fraîche des oliviers, le jeu délicat de la lumière dans leurs feuilles ciselées…
Mon amie Marion – Foehn Photographie – me tire le portrait dans ces oliveraies estivales
Mais Moustiers-Sainte-Marie, ce sont aussi les roses. Elles subliment les calades dorées, elles s’entrelacent aux vieilles pierres, elles se faufilent partout où la source abreuve le calcaire. Je me suis régalée de découvrir toutes ces variétés ravissantes, dont la plus chère à Nerval, la rose trémière…
Cascades et faïences de Moustiers-Sainte-Marie, un village d’art
C’est un petit miracle provençal qui fait que j’aime tant ma région : dans ce pays de pierre et de soleil, l’eau jaillit de façon inattendue, providentielle, et partout où elle sourd vient la vie. Si le village de Moustiers est venu s’installer sur ces hauteurs a priori inhospitalières, c’était grâce à l’eau, grâce à ces cascades et fontaines qui traversent le village et confèrent à Moustiers un charme inimitable. J’ai adoré ces résurgences moussues, ces escaliers d’eau bondissante au cœur du village – un régal de fraîcheur et de poésie.
Moustiers doit aussi à l’eau la spécialité qui a fait sa renommée européenne : la faïence. Au XVIIIe, âge d’or de la faïence, deux manufactures provençales exportaient leur vaisselle fine dans l’Europe entière : Marseille et Moustiers. Les services de Moustiers se trouvaient à la table des rois, des princes et des puissants de tout le continent – Louis XIV raffolait des faïences du Verdon.
Un des ateliers de faïence de Moustiers.
Si vous voulez comprendre et admirer l’histoire de cet art délicat, je vous invite à faire un tour au Musée de la Faïence de Moustiers : cette maison historique de toute beauté a reconstitué les plus grandes collections de chaque époque, et c’est une merveille de raffinement et de délicatesse. On y retrouve notamment les faïences ornées d’oiseaux, qui sont devenues le signe distinctif des ateliers de Moustiers.
Mais le plus beau, c’est que cet art de la faïence se perpétue largement aujourd’hui à Moustiers. Classé village d’Art, Moustiers compte encore de nombreux ateliers artisanaux d’une qualité exceptionnelle, où la faïence est modelée et peinte à la main selon les techniques ancestrales. Ici, les pièces sont numérotées, signées, et cette authenticité, ce souci du travail bien fait, me rendent fière de ma région qui valorise ses artistes et artisans. La finesse de ces objets, leur beauté et leur caractère unique, est irrésistible – je n’ai pas pu m’empêcher de rapporter plusieurs beaux souvenirs de Moustiers à ma mère. J’ai visité trois ateliers, qui m’ont tous les trois marquée et fascinée.
L’atelier Mufraggi a été un immense coup de cœur, car son site est d’une beauté rare : il est installé dans une maison troglodyte absolument incroyable, véritable caverne aux merveilles creusée à même la falaise. J’ai eu le bonheur de voir Patricia Mufraggi au travail : son poste est installé au cœur même de la boutique, et c’est une expérience assez extraordinaire de la voir travailler ses faïences, fidèles à l’esprit historique de Moustiers, dans une profonde concentration…
L’atelier Lallier est lui aussi troglodyte, ce que j’adore : quel bonheur de se glisser sous les voûtes de pierre brute qui contrastent avec la finesse extrême des faïences ! Le style Lallier m’a beaucoup plu, j’ai notamment été très séduite par leurs nombreux oiseaux : Lallier a choisi non seulement de perpétuer la tradition historique des oiseaux de Moustiers, mais de les enrichir avec nombre d’oiseaux tropicaux colorés, toujours superbes. Je serais bien repartie avec une volière entière de faïences !
Enfin, j’ai eu le plaisir de découvrir l’atelier Soleil, qui s’est spécialisé dans la faïence d’art souvent novatrice et originale, avec de nombreuses collaborations avec d’autres maisons et artistes de tous horizons – tout en préservant le caractère traditionnel et manuel de la faïence, ils ont une approche très arty qui séduit des clients prestigieux. Ce que j’ai adoré chez eux, ce sont leurs collections emblématiques de bols fleuris, qui semblent composés de pétales ou de rayons de soleil. J’adorerais m’acheter un set un de ces jours.
Bref, si vous cherchez un souvenir raffiné et de bon goût à rapporter du Verdon, n’hésitez pas, achetez une faïence artisanale de Moustiers…
Où manger à Moustiers-Sainte-Marie ? Quelques bonnes adresses
J’ai eu le plaisir de découvrir plusieurs adresses excellentes à Moustiers. Toutes m’ont séduite pour des raisons différentes, et je vous les recommande toutes en fonction de vos attentes.
* Pour manger au bord de l’eau : La Cascade. Le cadre est exceptionnel : vous êtes au ras de l’eau, suspendu au milieu de la cascade centrale qui traverse le village. J’ai passé tout mon repas dans un état d’émerveillement total, avec l’impression de vivre un moment privilégié. La cuisine type brasserie est classique et bonne, et fait la part belle aux produits locaux.
* Pour un moment gastronomique un peu magique : La Treille Muscate. Un petit bijou que ce resto élégant, labellisé Maître Restaurateur (un label qui ne m’a jamais déçue), situé lui au-dessus de la cascade. Vincent, Marion et moi avons tout aimé, la beauté du cadre, le raffinement du repas – tout était exquis et ancré dans le terroir.
* Pour un insolite chaleureux et de qualité : Les tables du cloître. Ce resto est vraiment attachant : un cadre troglodyte spectaculaire, qui vous fait manger dans un ancien cloître médiéval, une carte courte mais 100% faite maison, un service très sympa et une farandole des desserts mémorable.
* Pour grignoter une spécialité : arrêtez vous chez les Biscuits de Moustiers pour goûter les croquants de Provence made in Verdon, avec notamment l’étoile de Moustiers et le cœur de lavande, et puis passez chez le glacier artisanal l’Etoile givrée pour des glaces maison exceptionnelles – celle à la lavande est un must.
* Je n’ai pas eu le plaisir d’y aller, mais je retiens l’adresse : si vous cherchez la haute gastronomie, sachez que La Bastide de Moustiers est la propriété d’Alain Ducasse et que son restaurant est auréolé d’une étoile au Michelin.
* Enfin, si vous êtes au bord du lac et ne voulez pas remonter à Moustiers, vous pouvez très bien manger pour pas cher et dans un joli cadre à la paillotte La Guinguette du Lac – salades, crêpes, pizza, burgers, tout est très bon et abordable, et vous aurez une jolie vue sur le lac.
Où dormir dans le Verdon ? Un hôtel de charme à Moustiers : La Ferme rose
On me demande souvent quel est le meilleur endroit où dormir pour visiter les gorges du Verdon. Moustiers-Sainte-Marie est pour moi une évidence, par sa beauté et sa situation parfaite à deux pas du Lac de Sainte Croix et des routes mythiques. Et où dormir à Moustiers ? Le village propose toutes sortes d’hébergements, campings, chambre d’hôtes, gîtes, mais pour moi qui suis folle des hôtels de charme, aucun lieu ne pouvait mieux me correspondre que La Ferme Rose – Marion et moi avons eu un vrai coup de cœur pour ce lieu hors normes, véritable bulle de poésie et de fantaisie situé au pied du village, sur la route menant au lac.
Rien de plus triste qu’un hôtel normé, uniforme et impersonnel. Mais aucun risque ici… Depuis quarante ans, la Ferme rose cultive sa singularité avec une collection d’insolites qui vous plongent dans l’atmosphère délicieusement rétro d’un film des années 60. Juke box, vieilles bobines, meubles biscornus, objets inattendus, plantes grimpantes et harmonies audacieuses, tout est charmant, décalé, surprenant, et Marion et moi allions de découverte en découverte, amusées et séduites par ce lieu hors normes.
Notre salle de bain était merveilleuse, avec sa douche de mosaïques aussi turquoise que le lac – chaque chambre est différente, toutes sont uniques et jolies.
Les extérieurs ont eux aussi un charme rare : une allée de cyprès de style toscan vous conduit à ce petit paradis caché, où on prend le petit déjeuner dans un jardin délicat à l’ombre des buissons fleuris, et où la magnifique piscine entourée de statues et de cyprès a des airs de Californie hollywoodienne.
La Ferme rose, c’est une étape à la fois romantique et ludique, une merveille de bonne adresse pleine de personnalité. L’accueil est soigné et chaleureux.
Que faire autour de Moustiers ? Un week-end magique dans le Verdon
J’ai déjà consacré un long article aux randos, points de vue et sites exceptionnels des gorges du Verdon, et je vous invite à le découvrir pour un guide plus complet. Mais ce beau week-end m’a à la fois permis de revivre certaines expériences incontournables… et d’en découvrir d’autres fabuleuses, notamment le parapente.
Un tour en pédalo dans les gorges du Verdon
C’est pour moi un incontournable absolu, que je refais encore et encore sans me lasser : louer un pédalo au bord du lac de Sainte Croix, et remonter dans la gorge. Le paysage est beau comme un rêve, une gorge fantasmagorique où les ondulations dorées du calcaire répond au turquoise de l’eau, où la mousse laisse entrevoir des cascades de tuf et où les oiseaux fusent dans le ciel immense de Provence. Vincent s’est essayé à l’escalade sur les parois de la gorge – pari réussi !
La route des crêtes du Verdon
C’est une des plus belles routes de France à mes yeux : la route des crêtes, à La Palud sur Verdon. 24 km, 14 belvédères, et des points de vue inouïs sur les gorges, notamment son point le plus vertigineux : 700m de profondeur, le plus grand canyon d’Europe ! Ajoutez à cela les dizaines de vautours majestueux qui rasent la verticalité radicale des falaises, et vous aurez un site hollywoodien, irréel… une explosion de beauté visuelle.
La route qui surplombe directement le lac de Sainte-Croix est elle aussi d’une beauté inouïe – les points de vue sont éblouissants.
Survoler le Verdon en parapente avec Roc’n’Vol
Cela restera un souvenir inouï pour Marion et moi : survoler le lac de Sainte Croix et les gorges du Verdon lors d’un merveilleux vol en parapente avec Roc’n’Vol. Si vous êtes un amoureux de points de vue sublimes, si vous cherchez à vivre un moment hors normes, si vous rêvez de voler dans un des plus beaux sites de France, n’hésitez pas, cette expérience est d’une puissance rare.
Depuis mon expérience magique de parapente dans le Vercors, je suis amoureuse de cette activité que je considère être la plus proche possible du vol de l’oiseau : une sensation d’apesanteur merveilleuse, comme si on flottait sur un coussin d’air, sans à-coups, sans vertige, sans chute. Le parapente n’est ni physique (pour le passager en tout cas), ni effrayant, c’est un moment aérien d’une poésie et d’une douceur rare. Rien à voir avec le saut en parachute ou à l’élastique : vous ne tombez pas, vous n’aurez pas le vertige, mais sous survolerez le monde avec une douceur rare.
Le vol avec Roc’n’Vol, au départ d’Aiguines, restera un de mes plus beaux souvenirs en parapente : monter au-dessus de la gorge, voir le serpent turquoise se faufiler au fond du canyon, survoler les crêtes déchiquetées et les reliefs magiques du Verdon, puis plonger vers la couleur surnaturelle du lac qui revêt des airs de plage bahaméenne, quoi de plus magique ? Je vous la recommande de tout cœur, d’autant que les moniteurs sont pro et sympas et vous feront voler en toute sécurité.
Le Verdon m’enchante, et je rêve déjà d’y retourner…
Merci de tout cœur à l’office de tourisme de Moustiers Sainte Marie pour ce week-end exceptionnel. Merci à la Ferme Rose pour leur accueil chaleureux et à Roc’n’Vol pour cette expérience si puissante et mémorable. Et enfin, merci à Marion et Vincent d’avoir été là pour vivre ces moments magiques avec moi – et pour toutes les photos !
Où dormir dans le Verdon ? Où dormir pour visiter les gorges du Verdon ? Visiter Moustiers-Sainte-Marie.
Falaises vertigineuses, calanques d’un blanc lumineux ou d’un rouge intense, lacs et rivières turquoise, ocres multicolores, montagnes mythiques, plages secrètes et îles cousues de Méditerranée éternelle… la Provence a tout. Dans le monde entier, le flamboiement mauve des lavandes dans le soleil de juillet, la douce solennité des vieilles pierres et des cyprès et l’azur des criques est devenu un symbole absolu de la douceur de vivre. Les plus beaux sites naturels de Provence font tout simplement partie des plus beaux de France, si ce n’est du monde.
On s’arrache la Provence, on la distille en nectar, en savon, en huile essentielle, on en fait des cartes postales et des calendriers comme autant de talismans pour rapporter un peu de sa beauté et de sa magie au cœur de sa vie quotidienne.
Gorges du Verdon, photo Foehn Photographie
Je considère qu’être née en Provence est une rare élection, un privilège inouï dans la grande loterie de l’existence. Y vivre aujourd’hui encore, au cœur de ces plateaux calcaires semés d’arbres épineux, de thym et de lumière drue, fait mon bonheur chaque jour. Qui a grandi baigné de la lumière du Sud a du mal à envisager sa vie ailleurs sur Terre.
En-Vau, Cassis.
Si j’aime aussi, évidemment, ses villes lumineuses, ses abbayes solitaires et ses emblématiques villages perchés, j’avais aujourd’hui envie de vous parler de ses merveilles brutes. Voici ma sélection – évidemment personnelle – des plus beaux sites naturels de Provence, des calanques de Marseille aux gorges du Verdon, des îles méditerranéennes aux marais camarguais, des montagnes majestueuses aux plages édéniques. Provence, mon amour…
Colorado provençal de Rustrel
Les calanques de Marseille et de Cassis
Nul besoin d’être chauvin pour penser que le parc national des calanques fait partie des plus beaux paysages du monde. Au cœur de cette forteresse minérale, les pins funambules viennent se mirer dans les eaux turquoise et la transparence des fonds reflète la pâleur des falaises. On parle souvent des « calanques de Cassis », mais en vérité, treize calanques sur quinze sont situées dans les 8e et 9e arrondissement de Marseille. A Morgiou, quelques familles se transmettent de génération en génération des cabanons sans eau potable qui ne peuvent être achetés. Mais de Sugiton jusqu’à Port-Miou, les cigales et les poissons sont les seuls administrés. La Grande Candelle dresse sa citadelle de dentelle blanche dans la mer, et le Doigt de Dieu pointe vers le ciel au cœur de la plus belle calanque d’entre toutes : En Vau, qui m’a toujours fascinée par sa profondeur de continent secret, et son belvédère inouï.
Belvédère d’En-Vau
Visiter les calanques de Marseille et Cassis : les calanques s’explorent de multiples façons. Les sentiers de randonnée sont incroyables – le belvédère d’En Vau est à mon sens la plus belle vue de toutes (environ 2h de marche depuis Cassis), mais le belvédère de Sugiton (40 min de marche depuis le parking de Luminy à Marseille) est lui aussi exceptionnel. Par la mer, j’ai adoré louer un kayak depuis Port-Pin (Cassis) et pagayer jusqu’à En Vau, faire une pause sur la plage avant de repartir par les flots. Touristique mais sublime, la promenade en bateau depuis Cassis est un incontournable, et permet d’accéder à des points de vue impossibles depuis la Terre. Mais si vous avez l’envie et les moyens de privatiser l’expérience, elle n’en sera que plus exceptionnelle. Pour fêter mes 30 ans, plutôt qu’une grosse fête, j’avais loué une demi-journée en mer auprès de l’Eden Boat à Cassis – souvenir incroyable.
Belvédère de Sugiton
Les gorges du Verdon et le lac de Sainte Croix
Qui sait que le grand canyon du Verdon, avec ses sept-cent mètres de vide vertigineux, est le plus profond d’Europe ? Des centaines de vautours tournoient dans son ciel de cinéma, comme pour avertir les grimpeurs qui défient les falaises. Au fond de la gorge, le Verdon revêt une couleur d’un bleu presque surnaturel, et dès le retour des beaux jours, les pédalos affluent sur le lac de Sainte-Croix pour remonter le courant et entrer au cœur d’un monde féerique, où la mousse recouvre les cascades de tuf. A l’entrée des Gorges trône l’un des plus beaux villages de Provence, Moustiers-Sainte-Marie, couronné d’une étoile d’or suspendue entre deux pitons. Elle aurait été accrochée là il y a plus de cinq cent ans par un chevalier revenu de croisade. Les gorges du Verdon, c’est le Saint Graal provençal : légende, démesure et mystique. Elles font partie des visions que j’aime le plus sur Terre, et je ne me lasse pas d’y revenir.
Parmi les photos qui suivent, toutes celles dans lesquelles j’apparais ont été prises par mes amis Vincent et Marion Foehn Photographie.
Visiter les gorges du Verdon : Moustiers Sainte Marie, sublime village (peut-être mon préféré de toute la Provence, c’est dire !), est un excellent camp de base pour explorer les gorges du Verdon. Retrouvez ici mon article sur le fabuleux village de Moustiers et le lac de Sainte Croix, et ici mon guide complet des gorges du Verdon. La balade en pédalo dans la gorge sur le lac de Sainte Croix est un incontournable, tout comme le road trip sur la route des crêtes. Pour les randonneurs aguerris (c’est une longue rando, avec quelques passages assez vertigineux), le sentier Imbert est un mythe. Enfin, une des plus belles expériences de ma vie fut le vol en parapente au-dessus du lac de Sainte Croix et de la gorge avec la compagnie Roc’n Vol : tout simplement inouï. Le Verdon serpente comme un ruban turquoise au fond du canyon, et le lac a des airs de plage bahaméenne – un vol d’une splendeur marquante.
Les calanques de la Côte bleue
Si tout le monde connaît les monumentales calanques de Cassis, les petites calanques de la Côte Bleue, à l’Ouest de Marseille, sont un secret empli de douceur et de pittoresque. Aucune route ne longe le littoral de Marseille à Martigues, mais un chemin de fer sinueux épouse la roche blanche, et ses virages acrobatiques au ras du vide offrent des panoramas rares – on dit souvent qu’il s’agit de la plus belle voie ferrée de France. J’aime flâner dans les petits ports, celui de Carry-le-Rouet où on mange du poisson, celui de Niolon avec ses falaises blanches, ou encore celui d’Ensuès-la-Redonne avec son iconique viaduc, et explorer les criques rocheuses qui déploient une vue sur toute la cité phocéenne.
Visiter la Côte bleue : le plus simple est d’abandonner la voiture, et de prendre le train. Un billet spécial Côte bleue vous donne droit à plusieurs arrêts tout au long de la journée, vous permettant d’enchaîner les découvertes des villages côtiers. Si vous êtes en quête d’une belle plage de sable, rares dans la région marseillaise, rendez-vous à La Couronne sur la commune de Martigues, tout au bout de la côte bleue. A l’époque où je vivais à Aix, cette belle plage familiale remplie de restos, bars et boutiques était mon QG le week-end.
Le delta de Camargue
C’est un petit bout du monde, une Atlantide provençale lovée entre les deux bras du Rhône. Terre âpre et sauvage, où le sel des entrées de mer lutte perpétuellement avec l’entrelacs des roubines et des marais d’eau douce, pays des flamants roses, des chevaux blancs et des taureaux noirs, la Camargue est un véritable Far West à la française. Rien de plus beau que l’envol des flamants roses dans l’or du soir, le galop des chevaux couleur écume au milieu des grandes dunes et le miroitement des marais qui décuplent le crépuscule. La Camargue, c’est l’ivresse des grands espaces, la rudesse brute des traditions, le sentiment d’immensité et de pure liberté. On me dit souvent que mes photos de Camargue ont des airs de safari kenyan, et je comprends l’analogie : ce pays est véritablement hors du monde, originel.
Visiter la Camargue : Je vous renvoie à mes innombrables articles sur le sujet, notamment mon guide de Camargue, mon article sur les plus beaux spots pour photographier le coucher de soleil en Camargue, et la sublime vidéo camarguaise réalisée cet hiver par Pauline Filippelli, dans laquelle je vous guide parmi plusieurs lieux emblématiques du pays.
Et même si Aigues-Mortes n’est plus en Provence, mais en Occitanie, il m’est impossible de parler des plus beaux sites naturels de Camargue sans évoquer son spectaculaire marais salant. Depuis deux mille ans, la culture du sel dans le delta a façonné ce paysage quasi extraterrestre de montagnes blanches étincelantes et de tables salantes roses offrant un camaïeu d’une couleur de plus en plus intense avec la concentration croissante en sel. Les salins se visitent en petit train, en VTT ou en 4×4, et cela vaut vraiment le coup – surtout en juillet/août, où la sécheresse permet d’atteindre la concentration la plus importante et les couleurs les plus vives. Les salins revêtent alors un rose quasi fluorescent.
Le Colorado provençal de Rustrel
Voici la Provence en Technicolor, celle qui colore les rétines… et les baskets blanches ! A Rustrel, au cœur du Luberon dans le Vaucluse, c’est un véritable décor hollywoodien grandeur nature qui se déploie sous nos yeux avides d’Ouest américain : les anciennes carrières d’ocre ont sculpté un fabuleux terrain de jeu pour les cow boys et autres héros solitaires et photogéniques. Vermillon, cramoisi, mordoré, blanc, coucher de soleil, toute la palette des rouges et oranges se déploie sous nos pieds. L’érosion est venue jouer aux artistes inspirés, et sculpter des cheminées de fées multicolores. Du grand spectacle.
Visiter le Colorado provençal : ne confondez pas le Colorado provençal de Rustrel, le plus spectaculaire, et le sentier des ocres de Roussillon, charmant mais plus modeste. Prenez des chaussures et vêtements que vous ne craignez pas de colorer en rouge… Mes chiens (admis à condition de les tenir en laisse) sont restés colorés en rose dix jours après leur visite !
Les plus belles plages de Provence, de Porquerolles à St Tropez
On dit souvent que la Provence n’a pas de plage de sable, qu’elle ne connaît que les criques et les calanques rocailleuses – mais c’est faux. Si le rocher prédomine en effet aux alentours de Marseille et Nice, une portion merveilleuse de littoral cache les plus belles plages de Provence, de grandes plages idylliques de sable fin et d’eau turquoise : elle s’étend entre Hyères et Sainte Maxime, et englobe les îles d’or, la côte des Maures et le golfe de St Tropez. Ici, le sable règne en maître, et les plages sont paradisiaques.
Bormes-les-Mimosas.
Au large de Hyères, dans ces sublimes îles d’or en qui la légende reconnaît des princesses pétrifiées, Porquerolles abrite deux plages qui furent plusieurs fois élues plus belles d’Europe : la plage d’Argent, petite perle cristalline où il fait bon manger avec vue sur l’azur translucide, et la grande Plage Notre Dame.
Plage d’argent
Quant à Port-Cros, sa plage du Sud est un véritable aquarium à ciel ouvert.
Avec la mythique Plage de l’Estagnol et celle du Fort de Brégançon, le beau village de Bormes-les-Mimosas compte deux joyaux facilement accessibles, et le sentier littoral reliant les deux permet d’accéder à des plages plus confidentielles.
Au Lavandou, mon cœur va à l’extraordinaire plage de Cavalière dite Plage des Paillettes, en raison du mica scintillant qui irise le sable. Je l’aime tant que j’y ai passé une semaine de vacances dans un petit studio directement sur la mer, et c’était un repos parfait.
Dans le golfe de St Tropez, les deux merveilles absolues à mes yeux sont la mythique Plage de Pampelonne, rendue célèbre autrefois par Brigitte Bardot dénudée sur le sable, et la sauvage Plage de la Bastide Blanche en lisière de la réserve naturelle du Cap Taillat : deux éblouissements.
Découvrir les plus belles plages de la Côte d’Azur : Bien sûr, toutes ces plages sont accessibles à pied, mais mon grand bonheur, c’est de les découvrir par la mer. J’ai eu le plaisir de participer à plusieurs sorties en mer mémorables et que je vous recommande chaudement : cette façon de voir le littoral rend l’expérience plus magique encore. Au départ du port de Hyères, je suis partie pour une excursion en bateau d’une journée avec la compagnie Les 4 îles, découvrant le fort de Brégançon et les îles d’or avec plusieurs arrêts baignade.
Au départ de la plage de Cavalière au Lavandou, c’est en jet ski que j’ai exploré la côte jusqu’au fort de Brégançon, avec Jet 007.
Dans le Golfe de St Tropez, je suis partie pour une expédition en catamaran avec Caseneuve depuis le port de Cogolin, et depuis la plage de l’Escalet, proche du Cap Taillat à Ramatuelle, c’est en kayak que j’ai fait le tour du cap pour rejoindre la Bastide Blanche, avec un kayak loué auprès de Pep’s Spirit.
Les îles de Provence
Les îles sont le trésor d’une Provence secrète qui prend des airs de Grèce antique au bord des criques. A Saint Honorat, les moines prient à l’ombre des palmiers dans un des plus anciens monastères de la chrétienté. A Porquerolles, les vignes viennent mordre la blondeur des plus belles plages du Sud et à Port-Cros, au cœur du plus vieux parc national de France, nichent les oiseaux rares dans un silence que rien ne doit troubler. Sur l’île du Levant se poursuit l’utopie naturiste : qui veut parcourir le sentier littoral devra découvrir ses blanches fesses au soleil d’Héliopolis. On rêve au comte de Montecristo sur les îlots de calcaire blanc du Frioul, face à Marseille, et aux îles d’Embiez s’écrit le mythe du Ricard. C’est sur les îles de Provence que s’est réfugiée la Méditerranée éternelle…
Îles du Frioul
Port-Cros
Découvrir les îles de Provence Toutes sont accessibles facilement en bateau depuis la côte, avec des rotations de ferry toute la journée : les îles de Lérins (St Honorat la religieuse avec son monastère et Ste Marguerite la balnéaire) depuis Cannes, les Embiez depuis Six-fours-les-Plages, les îles d’Or depuis Hyères ou Le Lavandou, les îles du Frioul depuis Marseille. Toutes se prêtent merveilleusement à la randonnée et à la baignade. Celles que je connais le mieux sont les îles d’Or, Porquerolles que je recommande d’arpenter à vélo, Port-Cros la sauvage où la rando de la Route des Crêtes est une des plus belles du sud et Le Levant l’île naturiste. Pour ceux qui rêvent de passer la nuit, la plupart des îles comptent quelques petits hébergements type chambre d’hôte à réserver très en avance, et certaines comportent un bel hôtel romantique, que je recommande chaleureusement aux amoureux en quête d’un moment unique et qui ont un peu d’argent à dépenser dans une expérience hors-normes. Pour cela, allez voirle Langoustier à Porquerolles (le plus luxueux de tous), le Manoir à Port-Cros, ou l’Hélios sur les Embiez.
Le massif rouge de l’Estérel et les calanques d’Antheor
Vous qui aimez la vie haute en couleurs, les teintes intenses comme la passion amoureuse, vous adorerez ce massif rouge vif qui vient se briser dans l’eau turquoise. Les porphyres écarlates de l’Estérel, à Saint Raphaël, se marient merveilleusement au bleu tropical des calanques d’Anthéor. Là encore, nous sommes dans une Provence en Technicolor, spectaculairement cinégénique, qui donne des envies de road trip effréné entre mer idyllique et montagne magique. L’Estérel est incroyablement beau, et les randonnées dans le dédale odorant de son cœur où la pierre rouge se marie à la fleur, inoubliables.
Visiter l’Estérel et ses calanques rouges Je vous renvoie à mon article sur les plus beaux points de vue de l’Estérel : en rando, en VTT électrique ou par la mer, cette région majestueuse mérite tout votre amour.
Le Mont Ventoux
Figure tutélaire de Provence, visible à plus de cent kilomètres au loin comme un hologramme, le géant chauve est un mythe du pays. Sa première ascension, ce fut le poète Pétrarque qui l’accomplit, et les bourrasques qui soufflent à son sommet ont dépassé les 300km/h, détenant le record français de tempête. Le Ventoux, arasé par le mistral, si blanc et nu que son sommet caillouteux semble perpétuellement enneigé, mérite bien son nom de tornade. Pour les cyclistes, l’ascension par Bédouin, avec ses 1610 mètres de dénivelé et sa pente à 12%, est un incontournable Golgotha.
Visiter le Mont Ventoux :
Si vous êtes dans la région, n’oubliez pas les montagnes avoisinantes, les perles du Haut-Vaucluse dont je me régale : les Monts du Vaucluse et la région de Sault, célèbre pour ses lavandes, et les Dentelles de Montmirail, fabuleuse curiosité géologique et une des plus belles randonnées de Provence à mes yeux. Passez ensuite côté drômois et explorez la région des Baronnies provençales, aux alentours de Nyons et Buis-les-Baronnies : un des coins les plus secrets et authentiques de la Haute Provence à mes yeux.
Le Ventoux vu depuis les Monts du VaucluseAu coeur des Dentelles de Montmirail
La montagne Sainte Victoire
Continuons avec les sommets emblématiques de Provence : la Sainte Victoire, la montagne magique d’Aix-en-Provence. Cézanne a immortalisé toutes ses lumières et ses nuances, au fil des heures du jour. Quand je vivais à Aix, j’étais fascinée par les couchers de soleil pourpres suspendus à ses flancs monstrueux, et par cette croix de Provence brandie à son sommet qu’aucun brouillard et qu’aucun orage ne semblait pouvoir éteindre – toujours elle attrapait le soleil et émergeait de la nuée.
Monter sur la Sainte Victoire : C’est une rando fatigante, car bien raide, mais sans difficulté technique. Je vous renvoie à mon article pour visiter Aix-en-Provence et la Sainte Victoire.
Les gorges et les rivières de Provence
J’aime la Haute-Provence secrète, celle où les millénaires patients ont sculpté gorges et torrents au creux des plateaux calcaires, fait jaillir des sources fraîches au cœur de l’aridité méridionale. La source, en Provence, est toujours un bien âprement convoité, il suffit de lire Pagnol pour s’en convaincre. La Provence regorge d’itinéraires secrets sculptés par l’eau émoussant la roche, de rivières obstinées se faufilant jusqu’au cœur du pays que j’aime. Elles sont innombrables en Provence, mais je citerai « les miennes ». Moi qui suis Drômoise, j’aime follement l’Eygues, qui charrie ses eaux turquoise à travers les magnifiques et méconnues gorges de St May, et sous l’antique pont romain de Nyons, une des plus jolies villes de la Haute Provence et la porte des Baronnies. Je suis fascinée par l’Ouvèze et son affluent le Toulourenc, qui ont sculpté les mystérieuses gorges du Toulourenc – belles mais dangereuses, à ne jamais visiter par temps de pluie.
Les gorges du Toulourenc
L’Eygues à Nyons
J’aime ce Buëch qui vient se jeter dans la Durance au pied de la forteresse de Sisteron, et ces gorges de la Méouge où elle cascade sous un somptueux pont médiéval. J’ai adoré descendre la Drôme en kayak au départ de Saillans, entre Vercors et Provence – un itinéraire peu connu mais somptueux, et facilement accessible aux familles.
Les eaux du Buëch et de la Durance se mélangent à Sisteron.
La Drôme en kayak
Mais il me faudrait aussi citer la source mystérieuse de Fontaine-de-Vaucluse, la plus profonde d’Europe, véritable puits sans fond, les secrètes gorges de la Nesque au cœur des monts du Vaucluse, les gorges de Quinson, qu’on nomme aussi « basses gorges du Verdon » – les petites sœurs des célèbres donnant sur le lac de Sainte Croix – ou encore, tout près de ces dernières, la somptueuse et poétique cascade de Sillans.
Basses gorges du Verdon, Quinson
Sillans-la-Cascade
Les Alpilles
Entre Avignon et Arles, ce petit massif découpé est un sommet de la grande histoire provençale : les seigneurs des Baux se sont déchirés pour le contrôle de la Provence autour de son château perché sur les crêtes, le héros national Frédéric Mistral est né au cœur de ses oliveraies, et Van Gogh a immortalisé ses panoramas sublimes. J’ai joué de malchance dans ma découverte des Alpilles, étant chaque fois frappée par le mauvais temps, mais je me jure d’y retourner pour les sublimes randonnées que recèlent ces montagnes découpées et si authentiquement méridionales, notamment le mythique chemin des deux Rochers percés près de St Rémy, les crêtes des Alpilles, ou le plateau d’Orgon, conduisant sur la belle chapelle de Beauregard (celle que vous voyez surplomber l’autoroute A7, et qui offre une vue sublime sur tout le plateau de la Durance).
Les fleurs de Provence
Parce que la nature en Provence doit tant à la main de l’homme et en particulier aux soins du paysan, j’inclus à cette liste des plus beaux sites naturels de Provence les grands champs fleuris. Si le plateau de Valensole est célèbre pour ses infinis cordons de lavandes, j’y aime au moins autant la sauge qui le recouvre début juin, et dont le rose délicat semble préparer le violet intense des lavandes.
Pour voir les lavandes de Provence, Valensole est bien sûr un incontournable – mais très couru.
Valensole fin juin.
J’aime souvent rester dans ma Drôme pour voir les lavandes, qui est un haut lieu de sa culture et recèle des itinéraires plus secrets, moins courus. En Drôme provençale, je vous recommande notamment de rendre visite à l’Essentiel de Lavande, qui réunit champs sublimes, distillerie, fabrique de cosmétique et massages en bordure de champ.
Lavandes dans la Drôme montagneuse.
Chez l’Essentiel de lavandeGrignan en Drôme provençale
Mais c’est aussi dans ma Drôme que je guette les champs de tournesols, myriade de soleils semés par l’été glorieux…
Tournesol
La collection florale ne serait pas complète sans évoquer les merveilleux coquelicots de Provence – ici une photo dans le Vaucluse, avec le Ventoux en fond, et la seconde dans les Bouches du Rhône, à Gardanne au sud d’Aix…
Ce printemps, ma belle Drôme s’est couverte de coquelicots miraculeux…
… puis de marguerites…
… de genêts scorpion, emblématiques de la Provence au mois de mai…
avant qu’en juin arrivent enfin les lauriers, emblèmes de l’arc méditerranéen depuis Virgile…
Continuer le chemin parmi les plus beaux sites naturels de Provence…
Parce que cet article est déjà si long, j’ai choisi de ne pas inclure à cette liste des plus beaux sites naturels de Provence les Alpes, et d’oublier donc la Vallée des Merveilles, les Ecrins, le Queyras, le lac d’Allos et le lac de Serre-Ponçon, les pré-Alpes de Digne… mais les amoureux des cimes sauront réorienter leurs itinéraires vers les hauteurs !
Juste un souvenir personnel de l’incendie de Notre-Dame, que j’avais envie de partager avec vous ce matin…
Il y a presque un an, le 14 avril 2019, je suis allée à la Messe des Rameaux à Notre Dame de Paris.
C’était le tout dernier dimanche avant Pâques, et un moment très particulier pour moi, car j’étais catéchumène et j’allais être baptisée lors de la veillée pascale (dans l’église des Saintes Maries de la mer). J’ai vécu avec beaucoup d’émotion cette entrée dans la semaine sainte, en sachant que c’était ma dernière messe en solitaire avant de devenir pleinement chrétienne. J’étais seule ce jour là. J’ai pris un long moment après la messe, en silence et en prière, avant de quitter la nef.
En sortant de Notre Dame, j’ai pris ces quelques photos de la cathédrale sublimée par les cerisiers en fleurs. C’était un jour de printemps radieux. Paris était magnifique.
Le lundi 15 avril, je suis partie en reportage à Noyon, dans l’Oise. Le soir, je dormais sur une très jolie péniche, L’Elixir, au milieu des arbres fleuris. Le cadre était idyllique, la soirée très douce. J’étais seule sur mon beau bateau à regarder le coucher de soleil lorsque j’ai vu que Notre Dame brûlait.
Chaque fois que je revois ces photos de ma jolie péniche dans l’Oise, je repense à ce moment où j’ai vu la notification sur mon téléphone : Notre-Dame brûle
J’ai suivi comme tout le monde, impuissante et bouleversée, la tempête de feu qui dévorait la toiture, l’effondrement de la flèche, la terreur de voir les deux beffrois s’écrouler, puis enfin une immense reconnaissance envers l’héroïsme des pompiers.
J’ai partagé ces photos sur les réseaux. Elles ont eu un succès qui m’a stupéfaite, notamment sur Twitter où elles ont été vues par des centaines de milliers de personnes.
Mais il y a eu aussi un retour de bâton. On me les a volées des dizaines de fois, d’autres se les sont appropriées et ont gagné de l’argent sans que je puisse faire quoi que ce soit – moi, je n’ai jamais vendu ces photos, je n’ai pas touché un centime dessus, il s’agissait de ma contribution très personnelle à cet événement historique. Des gens m’ont accusée de vouloir faire du buzz sur le drame. J’ai même eu droit à des complotistes bizarres me disant « quel hasard improbable d’avoir fait des photos juste la veille, vous saviez quelque chose ? »
Hier matin, j’ai regardé le sublime direct organisé par l’archevêque de Paris à Notre Dame. Pour la première fois, la cathédrale était rendue à un office. Nous avons entendu des textes de Claudel et de Péguy, des morceaux de Bach et de Gluck, et enfin le sublime Ave Maria de Schubert chanté par Judith Chemla. C’était une telle émotion de retrouver Notre Dame, Notre Dame où j’étais si souvent venue me réfugier durant mes études à Paris rue Saint Jacques, à deux pas d’ici, Notre Dame que je connaissais par coeur, de revoir sa nef noircie mais vaillante, son chœur debout dans lequel trônait la grande croix miraculée des flammes, ses rosaces, et le joyau du trésor, la couronne d’épines du Christ. Si vous n’avez pas vu ce très bel office musical, vous pouvez le retrouver ici : cérémonie du 10 avril 2020 à Notre-Dame.
Hier soir, j’ai regardé l’extraordinaire reportage La bataille de Notre Dame sur la gestion de l’incendie, haletant comme un film d’action. Des images démentielles et l’héroïsme pur des soldats du feu. On voit notamment comment le président et le chef des pompiers se sont mis d’accord, comme des chefs de guerre, pour envoyer 20 hommes et femmes dans la tour nord, en assumant le péril mortel, pour éviter l’effondrement de la cathédrale toute entière et sauver Notre Dame. Le replay est disponible quelques jours ici.
C’était un moment historique, et un moment très poignant dans ma vie de toute jeune croyante. Quelles étranges semaines saintes j’ai vécues à ce jour : la première débutant par l’incendie de Notre Dame, la seconde en confinement, suivant les offices à distance sur Facebook… Pourtant, étrangement, ces épreuves ont davantage renforcé ma foi qu’elles ne l’ont émoussée, même si j’espère profondément, pour nous tous, que la Pâques 2021 sera plus sereine…
J’avais envie de partager cela avec vous aujourd’hui. De très joyeuses fêtes de Pâques à tous les chrétiens, et un très beau week-end à vous tous.
Les Orcades, les Shetland, les Féroé : voici la chaîne magique des archipels isolés, perdus dans cet autre « triangle des Bermudes » qu’est l’Atlantique nord. Quelque part entre Ecosse, Norvège et Islande, ces confettis de basalte oubliés du monde se recroquevillent dans la mer froide, peuplés de plus de moutons que d’être humains, jaloux des secrets de leurs illustres fantômes. Battues par les vents, envahies par les brumes, elles sont nimbées d’une aura gothique et désolée qui les rend irrésistibles aux âmes férues de solitudes torturées. Ce sont des terres vikings, où les rafales répètent l’écho des armes et où la grève se souvient des bateaux aux proues aiguisées. Ce sont des terres de pêcheurs intrépides, où la mer est riche de morts et la terre de tombes vides. Pour qui rêve des brumes du Nord et des sagas scandinaves, elles ont des airs d’Atlantide retrouvée.
Au bout du monde… île de Kalsoy, FéroéMettre cap au NordShetland
J’ai longtemps rêvé de ces contrées âpres et monochromes – pierre noire, mer grise, lichens et mousses vert profond, couleurs tirées d’un songe ancien. Moi qui aimais l’Islande à la folie, je ne cessais de penser aux autres îles du Nord, aux autres terres des vikings. En 2017 et 2018, j’ai réalisé ce rêve : tout d’abord, Shetland et Orcades en hiver avec mon amie Marie-Pierre, éleveuse de chats norvégiens et grande amoureuse des légendes scandinaves, puis les Féroé en été avec mon amie La Lykorne Illettrée, infatigable aventurière droguée à la glace et aux confins polaires. Ce furent des voyages inoubliables, avec une sensation de solitude parfaite, d’inouï et d’exclusif. Encore épargnées par le tourisme de masse, les Orcades, les Shetland et les Féroé nous ont offert mille moments de magie solitaire et l’illusion de découvrir un nouveau monde. Voici quelques images éparses des îles du Nord, galets roulés sur la grève par les tempêtes d’hiver, bouts de bois flotté évoquant la silhouette de quelque vaisseau fantôme, fragments de ciel, de roche et d’herbe drue – comme les morceaux d’un rêve qu’on rassemble à la hâte au réveil…
Iles Féroé
Volcans éteints, côtes tranchantes
Sur la planète Terre, le feu magmatique est un inlassable voyageur. Les « points chauds » où le manteau terrestre se craquèle et la lave jaillit ne sont pas fixes, ils dérivent sans cesse, au gré de la tectonique des plaques. Le feu bondit d’une île à l’autre, abandonne les îles refroidies et conquiert de nouveaux espaces sur l’océan en crachant la lave des profondeurs. Aujourd’hui dans l’Atlantique, le point chaud est la faille transatlantique d’où jaillissent les volcans de l’Islande et des Açores, les sœurs de feu, l’une subarctique, l’autre subtropicale. Mais il y a des millions et des millions d’années, il y a si longtemps que la mémoire humaine s’égare et se brise sur la nuit des temps, le feu a sculpté d’abord les Shetland et les Orcades, puis les Féroé, avant de continuer son chemin vers l’Ouest. Les îles du Nord sont les sœurs ancestrales de l’Islande, leur ardeur tempérée par des millénaires et des millénaires d’extinction. Plus aucun volcan ne réveille leur sol, mais tout est encore là, tout rappelle la mémoire du feu d’antan : les colonnes de basalte, les plages de sable noir, les rochers découpés solitaires dans l’océan, en qui les légendes populaires voient des trolls ou des sorcières saisis par le lever du jour.
Falaises de Vestmanna aux FéroéSinuosités et angles aigus des FéroéFalaises d’Eshaness aux Shetland
La présence en hiver des aurores boréales renforce cette atmosphère de mythe et de magie – bien que les îles soient situées au sud du cercle polaire arctique, et que leur fréquence ne soit donc pas comparable à celles des destinations autrement septentrionales, comme par exemple Tromso en Norvège. Comme toujours avec les « lumières du Nord », la latitude compte grandement : les aurores seront plus fréquentes aux Shetland qu’aux Orcades, et plus fréquentes aux Féroé qu’aux Shetland. Mais les habitants des îles guettent avec émotion ces mirages magnétiques qui viennent draper d’une robe de bal leurs fantaisies minérales – à Shetland et aux Orcades, on les nomme « mirrie dancer », le danseur joyeux.
Aurore boréale en Islande – je n’en ai pas vu dans les autres îles à ce jour.
Aux Féroé, le peuple de l’ombre a laissé des centaines et des centaines de formes fantasmagoriques, comme Risin et Kellingin, deux géants qu’on aperçoit depuis la plage de Tjørnuvík, la femme troll Trøllkonufingur sur l’île de Vagar, ou encore Tindhólmur, l’îlot acéré en forme de dent de monstre, comme la pointe d’une mâchoire jaillissant des flots. L’impressionnant Tindhólmur est le plus massif des centaines de rochers qui entourent les Shetland, et tout au long du voyage, sa silhouette m’a fascinée – énorme, biscornue et effroyable, on jurerait voir quelque antique léviathan ressurgir des flots pour proclamer son éternelle fureur.
Rocher Tindholmur aux Féroé
Tjornuvik
Trollkonunfingur
Aux Orcades, c’est la figure solitaire de l’Old Man of Storr qui se tient seul dans les flots, et aux Shetland, le rocher solitaire Dore Holm, bossu comme un éléphant penché sur sa trompe formant une arche, à quelques encablures des falaises d’Eshaness, toutes de lave noire et de fureur océanique.
Dore Holm au loin dans la mer, derrière les poneys shetlandVision des Shetland
La radicalité des falaises
Parlons-en, des falaises. Sur les îles du Nord, le paysage semble cultiver la désolation comme une forme suprême d’art, abrasant la roche avec la force des vents et la puissance des vagues, ne laissant subsister que l’herbe longue et les mousses opiniâtres sur les falaises malmenées par les siècles. De toute ma vie, je n’ai jamais vécu un vent aussi violent, aussi extrême qu’aux falaises d’Eshaness, à Shetland, un jour de janvier. Pour retourner à la voiture, j’ai dû m’accroupir et ramper par moments, le vent étant si fort que mon corps debout lui offrait trop de prise. J’ai vu la marée remplir en moins de vingt minutes une plage de plusieurs mètres de vagues déchaînées – méfiez-vous de cette mer du Nord, si perfide et si brutale, aux marées galopantes et aux courants irrésistibles.
La géologie des îles du Nord – et tout particulièrement des Féroé, plus récentes, plus cisaillées – est un perpétuel défi à l’entendement humain. Les reliefs sont si abrupts, les formes si radicales, que les perspectives semblent faussées, les lois élémentaires de la géométrie, méprisées. Tout penche, tout est tordu, les déclivités sont extrêmes, les routes semblent se jeter tout droit dans l’océan et les villages se tenir sur la pointe des pieds au-dessus du vide. Souvent, j’ai cligné des yeux au Féroé, incrédule, ne comprenant pas ce que je voyais.
Etrangeté des perspectives aux Féroé
Falaises de Vestmanna, Féroé
Falaises de Kallur
L’exemple le plus spectaculaire est le lac de Sørvágsvatn, qui semble perché sur une falaise au-dessus de l’océan et donne l’impression que la Terre s’est fracturée, démultipliée. L’effet d’optique est puissant.
Sørvágsvatn
Qui dit falaise dit cascade. Elles sont omniprésentes aux Féroé, bondissant des roches noires, se jetant des hauteurs intrépides. A Gásadalur, sur l’île de Vagar aux Féroé, la cascade de Múlafossur se jette dans l’océan au cœur même du village. Le coucher de soleil décuple la magie de ces visions elfiques.
Gásadalur
Au bout du fameux lac de Sørvágsvatn se jette la cascade Bosdalafossur dans l’océan, comme une chevelure de troll dénouée.
Aux Féroé toujours, il me faut parler des falaises de Vestmanna, accessibles par bateau seulement. C’est la plus belle excursion des Féroé, l’incontournable absolu. On s’enfonce au cœur d’un canyon profond de 700 mètres, où les rochers dardent hors de l’eau comme des poings levés en révolte contre la férocité des flots. Des colonies de macareux peuplent ces vertigineuses verticalités jurassiques.
Le bonnet de la Lykorne
Histoires de vikings et de temps plus anciens encore
Vous connaissez peut-être déjà l’histoire de la colonisation de l’Islande par les vikings. Au IXe siècle de notre ère, de fortes tensions politiques agitent les côtes de la Norvège. Plusieurs jarls, des chefs vikings, se sont fait un ennemi fatal en la personne du roi de Norvège. Ils savent bien qu’ils n’ont plus que deux issues : la mort, ou l’exil. Les Vikings sont un des plus grands peuples navigateurs de l’histoire de l’humanité, ils s’élancent donc sur la mer grise. Ces jarls solitaires colonisent donc l’Islande, mais aussi les Féroé, les Shetland et les Orcades. Les îles esseulées et hostiles de l’Atlantique Nord deviennent la patrie des fils d’Odin. Elles le resteront pendant plusieurs centaines d’années.
Shetland, rallumer le flambeau viking
Les Shetland et les Orcades ne furent cédées à l’Ecosse qu’en 1471, et l’héritage scandinave reste vivace dans la culture et le cœur des hommes. Le plus beau témoignage est le festival du feu, Up Helly Aa, à Shetland en janvier. Tous les hommes de Lerwick défilent aux flambeaux, en tenue viking, et brûlent un drakkar qu’ils avaient conçu, peint et assemblé en secret toute l’année. L’un d’eux, le Jarl, mène la marche. Il a attendu 27 ans de se voir confié ce rôle, et il sait que son tour ne vient qu’une fois dans une vie. Ils entonnent des chants puissants, racontant la fierté ancestrale, les vagues qui dévorent les hommes et la gloire de cet héritage dont ils portent le flambeau. Je l’avais longuement raconté ici, dans mon récit du festival Up Helly Aa à Shetland. Une des visions les plus émouvantes de ma vie est celle du Jarl en larmes devant le navire qui flambe. Son tour ne vient qu’une fois dans une vie, et son rôle est fini. Il s’est inscrit dans la mémoire de Shetland, sa mission est accomplie. Ce n’est pas que du folklore – les torches d’Up Helly Aa embrasent le cœur des hommes d’ici.
Orcades, la cathédrale des vikings
Elle est l’émouvant témoignage de l’époque où les Shetland et les Orcades étaient administrées par la Norvège, et où c’était l’église norvégienne qui choisissait l’évêque de l’archipel. Le siège épiscopal, c’était Kirkwall, la capitale des Orcades, et la cathédrale Saint Magnus témoigne de ces longs siècles où la messe descendait du Nord. L’histoire de Magnus est rocambolesque, aussi sanglante et pleine de péripéties que les meilleures sagas islandaises : il s’agissait d’un jarl un peu trop doux, pieux et gentil qui s’est fait décapiter par ses cousins jaloux au terme d’une longue série de querelles et d’intrigues de pouvoir, parce qu’il demeura fidèle à la parole donnée. Après son enterrement dans la cathédrale, un lointain parent vint prier sur sa tombe – aveugle, il recouvrit la vue. Magnus est canonisé et devient le saint patron de Kirkwall. La cathédrale a été reconstruite à l’époque gothique en brique sombre, qui lui confère une majesté solennelle. Les innombrables pierres tombales le long de la nef disent l’histoire des rois vikings du Nord, et de leurs aventures en terres écossaises.
Aux îles Féroé, les derniers vikings d’Europe
Quant aux Féroé, elles sont toujours une terre radicalement viking. Dans le jeu des empires scandinaves, les Féroé ont été formellement associées au Danemark, mais en vérité, rien n’a changé à la vie de ces bergers et pêcheurs du bout du monde. Les Féringiens se décrivent souvent comme les « derniers indigènes d’Europe », des descendants directs des Vikings restés isolés sur une terre trop abrupte et ingrate pour attirer les candidats à la migration. La force de leurs traditions, le caractère intact de leur héritage stupéfie. La quasi-totalité des maisons féringiennes sont couvertes d’herbe, un toit de pelouse qui procure une excellente isolation thermique, et semble particulièrement adapté à cet archipel où la pluie tombe 320 jours par an.
Sur Kalsoy
Parmi ces maisons typiques des Féroé, chaumières de carte postale qu’on jurerait peuplées de trolls ou de fées, les plus emblématiques sont celles de Saksun, des fermes qui se tiennent là esseulées face à la lagune de sable noir depuis le 17e siècle. C’est une vision d’une rare poésie.
Au hameau de Mula, nous voyons les Féringiens ramasser les foins selon la méthode ancestrale, en les rassemblant à la fourche et les suspendant dans des filets de pêche. Le temps semble suspendu.
Torshavn, une idylle scandinave éternelle
Torshavn, la capitale des Féroé, est la ville viking dont j’avais toujours rêvé. La péninsulte de Tinganes, le quartier historique de Torshavn, rassemble des maisons datant du XIIIe au XVIIe siècle, entièrement traditionnelles avec leurs murs de bois peint et leurs toits couverts d’herbe. Le plus étonnant, c’est qu’elles abritent aujourd’hui les ministères des îles Féroé. L’effet est enchanteur : vous tombez nez à nez avec une ravissante chaumière de hobbit, et vous découvrez qu’il ne s’agit pas du tout du bungalow d’un troll, mais bien du ministère des Finances. J’avais l’impression d’avoir obtenu ma lettre pour Poudlard.
Au bord de Tinganes, le très beau port coloré me rappelle le quartier de Nyhavn à Copenhague, et de nombreux cafés et restaurants invitent à s’installer au bord de l’eau.
Torshavn a un charme incroyable. Juste au-dessus du centre-ville s’élève une colline, sur laquelle des moutons et des poules se promènent en liberté, en pleine capitale.
Les nombreux cafés, boutiques, galeries d’art me rappellent l’effet que m’avait fait Reykjavik il y a bientôt 20 ans, lors de mon premier voyage en Islande à l’âge de onze ans. Torshavn, c’est la prochaine destination scandinave à la mode, reproduisant le savant mélange d’authenticité et de design qu’on aime tant dans ces pays du Nord.
Pour s’en convaincre, il suffit de faire un tour à The Nordic House, sur les hauteurs au-dessus de la ville : ce magnifique centre d’exposition consacré à la culture de tous les pays scandinaves a été conçu dans les années 1980 par un architecte visionnaire qui voulait la fondre entièrement à la colline, comme « la tanière d’un elfe ». On vient pour des concerts, des expositions, et un café avec un très bon brunch le week-end.
Souvenirs de la nuit des temps : des sites d’exception
Parce que le tourbillon des aventures humaines les a un peu délaissées, que la mousse et le sable ont tout recouvert et préservé, les îles du Nord comptent des vestiges archéologiques uniques au monde. J’avais raconté dans mon article sur Shetland mon émotion immense à la découverte du site du Jarlshof, au sud de l’île principale des Shetlands. A un ancien site néolithique se superpose le village viking le mieux préservé au monde, datant du Xe siècle. On entre au cœur de maisons rondes, à demi enterrées sous la mousse, ainsi préservées des ravages du temps, et nous sommes chez eux, il y a mille ans. Tout est là, la trace du foyer, les outils, les couchages autour du feu – l’émotion est vertigineuse, j’en ai eu les larmes aux yeux.
Les sites des Orcades sont encore plus anciens, et sont souvent cités parmi les plus exceptionnels au monde. A Skara Brae, vous remontez 5000 ans dans le temps, plus loin encore que les pyramides d’Egypte. Considéré comme le village néolithique le mieux préservé au monde, Skara Brae est inscrit à l’UNESCO à ce titre, et souvent surnommé « le Pompéi écossais ». Le site est réellement magique, et visuellement très proche de celui du Jarlshof : en bord de mer, des habitations semi souterraines appelées middens déploient leurs formes rondes et leurs portes de pierres plates superposées, nous faisant entrer dans un étrange labyrinthe circulaire qui relie tout droit à la nuit des temps. Le site est de toute beauté.
Mais je crois que j’ai encore plus aimé la splendeur sauvage et solitaire du Broch of Gurness, sur les Orcades toujours. Cette spectaculaire fortification datant du IIe siècle avant notre ère se dresse comme un château abandonné, colossale et massive, au milieu de ces solitudes insulaires. Ces trois sites, Jarlshof, Skara Brae, Broch of Gurness m’ont fascinée par leur cadre : rien n’a changé, rien n’a été déplacé, et on découvre les monuments dans leur antique beauté, en bord de mer, au milieu des herbes longues et des dunes de sable. On vient sur les lieux véritables, et cela donne toute sa force à l’expérience.
Aux Féroé, on a retrouvé deux villages vikings datant du Xe siècle, avec les maisons typiques dites « longhouses », à Kvikik et à Tjørnuvík, mais les sites sont moins spectaculaires, car la majeure partie des trouvailles ont été déplacées au musée historique de Torshavn. Pour les amoureux du Nord et de l’histoire ancienne, ce sont les Orcades et les Shetland que je recommande chaleureusement.
Des confettis de terre au cœur de la fureur des flots
L’Atlantique Nord est souvent cité parmi les mers les plus dangereuses, les plus brutales du globe. Longtemps, des bateaux ont disparu corps et bien dans ce triangle maudit entre Norvège, Ecosse et Islande, sans aucune trace de leur naufrage. Les rares marins survivants ont raconté des vagues géantes, grosses comme plusieurs fois le mât, des mâchoires d’eau rugissante dévorant les navires comme la baleine biblique revenue avaler Jonas. Personne ne les croyait. On disait que ces vagues scélérates n’étaient que des contes d’ivrognes. Jusqu’à une nuit d’hiver, à la fin des années 1990, où une expédition scientifique munie de tous les instruments de mesure les plus précis au monde s’est retrouvée piégée dans une violente tempête au large de l’Ecosse. Leurs mesures étaient implacables : des vagues de plus de 28 mètres s’étaient abattues sur eux. Cette mer fourbe, traîtresse, assassine, c’était la « mer patrie » des Vikings. Quand ils s’élançaient entre la côte norvégienne pour aller conquérir le nouveau monde, jusqu’au Groenland et plus loin encore, ils naviguaient parmi les monstres, les vagues les plus cruelles du monde. J’admire infiniment ces explorateurs intrépides.
Les Orcades, et a fortiori les Shetland et les Féroé, sont en plein cœur de cette zone de tous les périls. J’ai moi-même essuyé une tempête lors de ma traversée en ferry de Shetland à Orcade, et je n’ai jamais été secouée comme ça de ma vie. Des siècles durant, les flots ont englouti les marins et laissé sur le rivage veuves éplorées et enfants orphelins. Les îles du Nord sont remplies de tombes vides, de mausolées qu’aucun corps n’habite, prisonnier des profondeurs insondables. A Shetland, la pêche en haute mer reste une source de revenus essentielles pour l’économie de l’archipel. Les eaux poissonneuses sont remplies de morues et d’autres grands poissons atlantiques prisés du fish and chips. Partout à Shetland, dans les restaurants, les églises, les lieux publics, j’ai vu des urnes et des troncs appelant aux dons pour les familles des marins disparus en mer.
Mémorial et tronc pour aider les familles des disparus
Les tempêtes continuent de prendre des vies sur le pont des chalutiers, la mort continue de prélever son lourd tribut aux terriens. Aux Féroé, j’ai souvent vu des bateaux suspendus dans la nef des églises, un pont tendu entre le navire céleste et les frêles esquifs abandonnés aux vagues.
Pays de poissons
Cette culture maritime reste très puissante dans les îles du Nord. Aux Shetland et aux Orcades, on vous servira partout le « clam chowder », délicieuse et roborative soupe de poissons, coquillages et crème fraîche, et bien entendu le « fish’n’chips » sacro-saint au Royaume-Uni.
Fish and chips à Shetland
Partout dans les villages aux Féroé, on découvre de petites maisons de bois appelées kallur, où on met à sécher la morue. Ce mets fermenté au goût puissant appelé « raest » est le plat traditionnel des îles Féroé. Mais l’archipel se targue aussi de servir « le poisson le plus frais du monde », et les restaurants du quartier de Tinganes à Torshavn sont nombreux à se spécialiser dans la gastronomie maritime. Nous avons mangé dans un restaurant délicieux appelé Katrina Christiansen, situé dans une maison du XIXe siècle où est né l’écrivain le plus célèbre des îles Féroé, et où on vous sert les poissons à peine rapportés du port tout proche – un régal.
Même si on vous en parlera moins, car cet aspect est moins folklorique, plus industriel, les Féroé sont aussi leaders de la pisciculture en pleine mer, notamment de l’élevage de saumon. Le saumon des Féroé est massivement exporté vers les Etats-Unis, qui apprécient sa taille importante. Partout le long des côtes, de vastes cercles au milieu de la mer trahissent la présence des élevages.
Pisciculture en pleine mer.
Les phares dans la tempête
Sur ces îles où les côtes sont acérées comme les dents d’un loup, où les rochers affleurent partout au ras de l’eau, et où la brume et les embruns enveloppent souvent la mer d’une chape opaque, les phares sont une question de vie ou de mort.
En allant à Shetland, j’ai découvert que la majeure partie des phares de ces îles écossaises avaient été édifiés par la famille Stevenson, dont le plus illustre représentant est Robert Louis Stevenson, l’auteur de l’Île au trésor. Depuis toute gamine, Stevenson est un de mes auteurs préférés au monde, car j’aime à la folie son monde de vaisseaux égarés, de rencontres extraordinaires et de lointains exotiques. Rêveur de pirates, explorateur du Pacifique, mort et enterré aux îles Samoa – j’ai eu l’impression de mieux comprendre Robert Louis en découvrant que sa famille avait consacré sa vie aux côtes des îles du Nord, et que son enfance avait été baignée de récits de naufrages et de sauvetages prodigieux. L’un des plus beaux phares de Shetland, c’est celui de Sumburgh Head : une immense colonie d’oiseaux vit sur ces falaises, notamment des guillemots et des sternes, une des plus importantes du Royaume-Uni. On vous raconte aussi le rôle extraordinaire que le phare a joué pendant la Seconde Guerre mondiale, sauvant le Royaume-Uni d’une attaque dévastatrice – le site est poétique et évocateur.
Vue depuis Sumburgh Head
Aux Féroé, le plus beau phare de tous, l’incontournable, c’est celui de Kallur. Il est situé sur l’île de Kalsoy, qui – contrairement aux 3 îles principales de l’archipel, Vagar, Streymoy et Esturoy – n’est pas accessible par la route et doit se rejoindre en ferry. La randonnée vers le phare de Kallur, au milieu de pentes vertigineuses ourlées d’herbe et de mousse, pour atteindre cette crête solitaire aux allures de tableau romantique, fut l’une des plus belles de ma vie.
Phoques, kopakunan et selkie
Contrées maritimes, les îles du Nord partagent le même mythe : celui de la selkie (Shetland et Orcades) ou kopakunan (Féroé). Les noms diffèrent, mais la légende est identique, et propre à ces îles où les phoques viennent souvent fondre leurs couleurs à celles des roches, dans un parfait camaïeu camouflage d’ocre et de gris.
Phoques aux orcades
Selon la tradition, la selkie ou kopakunan est un phoque qui, les nuits de pleine lune, retire sa fourrure et devient une femme qui danse sur la grève. Mais une nuit, un pêcheur l’aperçoit et tombe amoureux de sa beauté dénudée. Il cache sa peau de phoque dans un coffre et attend le jour. Tandis que les autres femmes-phoques plongent dans les eaux, la selkie reste, paniquée, sur le rivage. Mais contre toute attente, il parvient à l’apprivoiser et s’en faire aimer. La selkie épouse le pêcheur, et lui fait trois enfants. Mais elle reste mélancolique, regardant souvent par la fenêtre jouer ses sœurs les phoques dans les vagues. Un jour où le pêcheur est parti au large, elle retrouve cachée sous une planche de leur chaumière sa peau de phoque. La tentation est irrésistible – elle retourne dans les eaux et rejoint sa famille. Pourtant la mélancolie ne la quitte pas, et la selkie est cette créature élégiaque, perpétuellement tiraillée entre deux mondes, qui rôde près du rivage pour revoir ses enfants terrestres, et dont le chant répète « malheur à moi qui ai trois enfants sur la Terre, et trois enfants dans la mer »… Elle est devenue le symbole de ces îles suspendues au milieu des flots.
La Kopakunan
C’est sur l’île de Kalsoy que j’ai vu cette magnifique statue de la « kopakunan » férigienne, hiératique reine du fjord.
Les îles du Nord ou les villages du bout du monde
Rouler dans les îles du Nord, c’est partir à la chasse au trésor : les villages isolés.
ShetlandBanc solitaire aux OrcadesFéroé
Lorsqu’on découvrit du pétrole en mer du Nord dans les années 1970 et que les Shetland, jusqu’alors peuplées de bergers et de pêcheurs sans le sou, devinrent soudain prospère, les habitants décidèrent de réaliser un rêve : construire des maisons comme en Scandinavie, des maisons à pans de bois multicolores, rouge Falun, bleu éclatant. Les maisons arrivent en kit, directement de Norvège, et les habitants les assemblent eux-mêmes, fiers de perpétuer la tradition viking en faisant ressembler les côtes de Shetland aux fjords scandinaves. Les plus jolis villages de Shetland, ce sont sans doute Voe et Brae – on jurerait être arrivé quelque part au cœur des îles Lofoten.
Airs de Norvège à Shetland
Les villages des Féroé m’ont fascinée – ils comptent sans hésitation parmi les plus beaux, les plus magiques de ma vie. Ils incarnent à mes yeux une perfection viking idyllique, hors du temps et loin du monde. J’ai déjà cité celui de Saksun, où des maisons du XVIIe siècle au toit d’herbe s’endorment doucement face à la lagune, ou de Tjørnuvík, le village le plus au Nord des Féroé, où les surfeurs viennent enrouler leurs combinaisons polaires dans les rouleaux de ce spot subarctique et pourtant très prisé.
Tjørnuvík
Mais il me faut aussi parler de Gjógv, sublime illusion d’optique où le village perché sur la crête des falaises semble s’effondrer au cœur d’un fjord.
Ou encore de Vidareidi, avec son cimetière ancien solitaire si beau et poétique qu’il donnerait (presque) envie d’être mort. Aux Féroé, chaque hameau, chaque maison isolée revêt une poésie intemporelle et émouvante.
Des Shetland aux Féroé, des chevaux et des moutons
Les Shetland et les Féroé ont un point commun : elles comptent (beaucoup, beaucoup) plus de moutons que d’habitants. Jugez donc : 150 000 moutons pour 23 000 habitants aux Shetland, 70 000 moutons pour 49 000 habitants aux Féroé. Quand Google Maps a voulu cartographier ces îles, ils ont dû accrocher des caméras au cou des ovins, renommant avantageusement le « Street View » en « Sheep View ». Seuls les moutons peuvent tirer partie de ces terres rases, escarpées, pauvres en nutriments – on les voit aller pâturer dans des endroits incroyables, manger les lichens à même la falaise, à se demander s’il s’agit bien de moutons ou plutôt de chamois. Aux Shetlands comme aux Féroé, le must est de rapporter en souvenir un pull en laine tissé main, même si cela vous coûtera la peau des fesses – ils sont de toute beauté.
Les chevaux se sont astreints à la même exigence de rusticité. Tout le monde connaît le poney shetland, célèbre dans le monde entier par sa petite taille, son fort caractère et sa résistance à toute épreuve. En janvier à Shetland, je les ai vus en plein vent manger dans les rochers les pieds dans l’eau – ces poneys des îles du Nord sont eux aussi de vrais vikings. Ce que j’ignorais, c’est que les Féroé ont aussi leur propre race, le poney des îles Féroé, petit cheval noir ou bai brun dont la morphologie ressemble à celle du cheval islandais. J’étais heureuse d’en croiser sur les hauteurs de Torshavn, poilus et chevelus comme il se doit dans ces ébouriffantes contrées.
Poneys shetlands
Poney des Féroé
Féroé
Et bien sûr, des Orcades aux Féroé, partout sur ces pays de falaises et de lichens, les oiseaux sont innombrables…
Souvenirs et livres des îles du Nord
Quelques idées en vrac de choses à rapporter des îles du Nord, ou de livres à lire pour un voyage imaginaire :
* un pull en laine de mouton
* un bonnet en laine de mouton tendance faux casque viking
* un petit collier runique – le mien arbore le R de Rida, la rune du voyageur
* une peluche, un porte-clefs ou un coussin arborant un macareux – emblème des Féroé, cet oiseau mythique est aussi très présent à Shetland
* le récitIsles of the Northde Ian Mitchell, magnifique voyage en bateau à travers les Orcades, Shetland et Féroé, à la rencontre des pêcheurs et des traditions
* aller écouter sur YouTube les chansons d’Up Helly Aa, The Up Helly Aa song et The Galley Song, pour se mettre dans l’ambiance du festival du feu
* le petit guide insolite Secrets of the Faroe Islands, de Guðrið Syderbø, qui plonge avec beaucoup d’humour dans la vie quotidienne des îles Féroé – j’y ai par exemple appris que les Férigiens comptaient le plus grand nombre de trampolines par habitant d’Europe
* lire les livres d’Ann Cleeves, dont tous les romans policiers se déroulent aux Shetland. Elle a aussi rédigé un récit poétique, Shetland, où elle révèle les coulisses de son île adorée
* lire les livres de George Mackay Brown, considéré comme l’un des plus grands écrivains écossais, conteur et styliste extraordinaire. Originaire des Orcades, il a été profondément inspiré par ses îles adorées. Mon livre préféré à ce jour est Beside the Ocean of Time, magnifique ode au passé viking et highlander des Orcades, où un jeune garçon rêveur remonte le temps et revisite les aventures qui ont sculpté son archipel natal. Les livres de George Mackay Brown me mettent toujours en joie par leur poésie parfaite et leur extraordinaire sens épique.
Voyager en ferry : aller aux îles Féroé, aux Orcades et aux Shetland
J’ai une bonne nouvelle pour les amoureux des voyages au long cours et ceux qui cherchent à réduire leur utilisation de l’avion : les Orcades, les Shetland et les Féroé sont facilement accessibles en ferry, et il est possible de poursuivre jusqu’en Norvège à l’est, en Islande à l’ouest.
Lors de mon voyage en janvier 2017, j’avais pris le ferry à Aberdeen jusqu’à Lerwick (Shetland) : départ à 19h, nuit en cabine couchette, stop aux Orcades à 23h, arrivée aux Shetland à 7h du matin. Au retour, j’ai de nouveau pris un ferry Shetland-Orcades. Depuis les Orcades, je souhaitais cette fois rejoindre la ville de John’o’Groats, située au nord de l’Ecosse et visible depuis les Orcades : il s’agissait d’un ferry très court, et qui circule souvent. Je suis allée aux Féroé en avion, mais j’aurais pu y aller en ferry depuis Shetland, le Danemark, la Norvège ou l’Islande. Lors de mon voyage en juillet 2018, il fallait faire Paris-Copenhague, puis Copenhague-Vagar, avec Atlantic Airways, la compagnie des Féroé. En 2019, il existait, toujours avec Atlantic Airways, une ligne directe Paris-Vagar.
Souvenir du trajet en ferry Aberdeen-Lerwick dans notre cabine duo
Je vous recommande vivement de louer une voiture sur place. Les transports en commun sont sporadiques sur ces îles isolées et peu peuplées, particulièrement en dehors de l’été, et la météo (320 jours avec pluie par an aux Féroé, et je pense que le chiffre est analogue aux Shetlands) me dissuaderait de me déplacer en vélo. Aux Shetland, beaucoup de routes n’ont seulement qu’une seule voie, avec de nombreux « passing places » tous les 100 mètres environ permettant de se croiser. Aux Féroé, les routes sont plus normales, à deux voies. En faisant ces voyages, j’ai été prise d’un rêve de grand voyage en van : traverser l’Angleterre et l’Ecosse, rejoindre les Shetland, puis les Féroé, puis l’Islande ou la Norvège, me prendre pour un viking roulant des temps modernes, et retrouver la mesure du voyage, avec lenteur et en savourant chaque détour…
Et vous, rêvez-vous des îles du Nord ?
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La Camargue en vidéo : voici le nouveau projet que je suis très heureuse de pouvoir vous présenter, grâce à un beau travail mené par la vidéaste et droneuse Pauline Filippelli.
J’ai toujours pensé que la Camargue était un décor de film.
Des troupeaux de chevaux blancs qui galopent à travers
les marais ou sur l’immensité déserte de la plage comme autant de jets d’écume
vivants.
Des centaines de flamants roses qui s’envolent dans l’or
du soir et évoquent des visions miraculeuses qui ne jureraient pas dans un
documentaire sur les safaris en Tanzanie.
Un relief plat et des milliers d’étangs, de marais et de
roubines qui décuplent les lumières du matin et du couchant, comme si la Camargue
toute entière était un immense miroir en Technicolor.
De grands pèlerinages multicolores, Arlésiennes, Provençaux, Gitans, gens du voyage, convergeant de toute l’Europe aimantés par la crypte lumineuse de Notre Dame de la Mer.
La Camargue est miraculeuse. C’est un bout du monde, une Atlantide provençale, où l’espace est sans limites et où la beauté du monde se déverse comme un perpétuel raz de marée. C’est la liberté à l’état pur. On la ressent dans ces myriades d’oiseaux sauvages, dans ces manades de chevaux blancs et de taureaux noirs, et même, et même, dans ces agaçants assauts de moustiques qui vous rappellent que vous êtes dans un territoire qui n’est pas standardisé, pas uniformisé, où la vie reste brute. Les voyageurs viennent se réfugier en Camargue pour retrouver une forme d’authenticité, de nature vive. L’intensité des traditions, la beauté mouvante de ces paysages d’eau, de sable et de lumière, la richesse de la vie sauvage, tout ici est intact et puissant.
La Camargue en vidéo : rêveurs, cinéastes et crins blancs
J’ai toujours rêvé de filmer la Camargue, mais je n’ai jamais été en mesure de le faire moi-même. La vidéo est un métier à part entière, exigeant, très technique et chronophage. Être bonne photographe ne fait pas de vous une bonne vidéaste, loin de là. Un tournage, un montage, ce sont des heures et des heures de travail pointu et minutieux. Celle qui m’a permis de réaliser ce rêve, c’est la talentueuse vidéaste Pauline Filippelli. Pauline et moi nous sommes rencontrées à Lille lors du salon des blogueurs – Pauline venait pour son blog World Me Now – et j’ai été subjuguée par la qualité de son travail. Caméra au poing ou dans les airs avec son drone, elle sublimait les lieux qu’elle filmait avec beaucoup de sensibilité. Nous avons tout de suite eu envie de travailler ensemble et j’en suis très, très heureuse. Que notre première mission commune soit en Camargue est une grande joie pour moi, et a des airs d’évidence.
Pauline Filippelli lors de notre rencontre à Lille.
Le drone de Pauline, prêt à décoller au dessus de Cacharel…
Je ne suis pas la première à penser que la Camargue est éminemment cinématographique, loin de là. Dans les années 1910, le marquis Folco de Baroncelli, le réalisateur Jean Durand et le comédien Joë Hammam venaient ici réaliser des westerns camarguais, retrouvant avec les gardians, les gitans et les grands troupeaux toute la mythologie du Far West, transposant ainsi dans le delta du Rhône cow boys, Indiens et bisons. Dans les années 1950, le réalisateur et écrivain Denys Colomb de Daunant vient s’installer au milieu des étangs, à quelques kilomètres des Saintes Maries de la Mer, et y fonde le Mas Cacharel. C’est ici que fut tourné le mythique Crin Blanc, Palme d’Or à Cannes en 1953, et sa suite, le très beau Glamador ou l’île des chevaux perdus.
Le soir à Cacharel, une descendante de Crin Blanc face au soleil couchant
Florian Colomb de Daunant, le propriétaire du Mas Cacharel, est le fils de Denys et l’arrière-petit-fils du marquis de Baroncelli – le descendant de ces deux lignées de rêveurs et de sculpteurs d’images éternelles. Le Mas Cacharel, hôtel de charme situé au cœur des étangs et des roselières, est lui aussi un décor de film, avec ses murs blancs, ses étoiles et ses croix dressées dans le ciel de Camargue, ses chambres avec vue sur les étangs. C’est ici que nous nous sommes installées pour trois jours, Pauline et moi, pour tourner cette vidéo. Quel plus bel endroit pour filmer la Camargue que Cacharel, comme accompagnées par le lumineux fantôme de Crin Blanc qui flotte toujours sur cet hôtel mythique ?
J’espère que cette vidéo de Camargue saura vous plaire et vous donner l’envie, à votre tour, d’aller conquérir le pays magique des chevaux et des oiseaux. La voici :
Réalisation : Pauline Filippelli
Présentation : Alexandra Besson
En collaboration avec le Mas Cacharel
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commenter, la partager : Pauline et moi aimerions en refaire d’autres,
et vos marques de soutien sont le meilleur moyen de nous permettre de le faire.
Votre enthousiasme sera pour nous le plus bel encouragement !
Comment garder calme et sérénité lorsque les évènements nous submergent ? Comment ne pas projeter nos angoisses et nos agacements sur les personnes qui nous sont proches, ne pas abîmer nos relations sociales faute de maîtrise de soi-même ? Comment lutter contre les moments de panique, les longues insomnies anxieuses, les instants de grande solitude où on se sent abandonné et livré à son triste sort ? En cette période de pandémie et de confinement, où nous craignons pour la santé de ceux que nous aimons et où les indispensables restrictions sanitaires nous conduisent soit à une solitude forcée, soit à un continuel huis-clos avec nos proches, notre équilibre psychique est mis à rude épreuve. Il nous faut développer de nouvelles ressources pour assurer notre bien-être physique et mental et ne pas craquer.
Paradoxalement, j’ai en ce moment une certaine chance. Ceux qui me connaissent savent que depuis deux ans, j’ai subi de plein fouet une série d’épreuves très violentes qui ont bouleversé ma vie et qui m’ont obligée à apprendre à fonctionner malgré un haut niveau d’angoisse et de stress. J’ai été forcée d’apprendre à me rassurer, me calmer, m’apaiser, à revoir ma façon de communiquer avec autrui pour ne pas décharger sur eux la foudre de mes tensions accumulées. C’est pourquoi j’avais envie de partager aujourd’hui avec vous ce que je fais pour aller bien, ou le mieux possible, jour après jour. Voici les ressources auxquelles j’ai recours pour faire face – j’espère qu’elles pourront vous être utiles à vous aussi.
Bouger : prendre soin de son corps
Revenons aux fondamentaux. Pourquoi fait-on du sport ? Les avant/après sur Instagram, les photos de corps parfaitement sculptés peuvent parfois nous faire oublier l’essentiel. On ne fait pas du sport pour avoir un beau cul, pour être bonne en bikini, pour se la jouer sur la plage de Palavas. Cela peut être la cerise sur le gâteau, mais ce n’est pas le plus important. Il faut faire du sport parce que notre corps en a radicalement besoin. Nous sommes faits pour bouger. Notre cœur a besoin de battre fort, nos muscles ont besoin de travailler, nous avons besoin de marcher, de courir, de désencrasser cette magnifique machine qu’est le corps humain, et quand on ne le fait pas, quand on reste trop sédentaire, les problèmes de santé arrivent en cascade. De nombreuses études ont montré que la sédentarité est bien plus toxique que le surpoids, et que plutôt que de nous fixer des objectifs esthétiques (« je veux rentrer dans un 38 »), nous devrions nous fixer des objectifs d’activité. Bouger tous les jours est un but en soi.
De plus, les effets sur le mental sont spectaculaires. N’avez-vous jamais ressenti cela ? Vous êtes stressé, tendu, à cran, puis vous allez marcher, nager ou danser une heure, et vous en ressortez comme lavé à neuf. Vous relativisez, vous vous calmez, vos problèmes semblent tout à coup moins insurmontables. Faire du sport pousse votre corps à secréter des endorphines, l’hormone du bien-être. Et parce qu’après avoir fait du sport, on se sent plus fort et plus fier, cela renforce la confiance en soi, la maîtrise de soi, et notre croyance en notre capacité à résoudre les problèmes.
Marcher, courir, prendre l’air
Malgré le confinement, vous avez le droit de sortir prendre l’air, à condition de le faire seul, pas trop loin de chez soi, d’éviter tout rassemblement et de bien remplir votre autorisation de sortie dérogatoire. Allez courir ou marcher, vous oxygéner, promener votre chien si vous en avez un, cela fait un bien fou. Si vous voulez dynamiser un peu votre marche, regardez ces échauffements de marche nordique, ce sont de bonnes idées de mouvements à effectuer partout, sans matériel, pour dynamiser l’ensemble du corps.
Se (re)mettre au fitness
En temps normal, lorsque je suis chez moi dans la Drôme, je fréquente depuis plusieurs années un club de sport auquel je suis très attachée, Body’s Studio. Le club est bien sûr fermé en ce moment, mais pour ne pas abandonner leurs adhérents, les coachs proposent chaque jour sur la page Facebook de Body’s Studio un entraînement différent. Et surtout, ils ont mis en accès libre et gratuit, pour toute la durée du confinement, un accès à la plate-forme LesMills qui propose des cours de fitness de tous types et de tous niveaux de grande qualité. Peut-être connaissez-vous déjà le système LesMills, car de nombreux clubs dans le monde suivent leurs programmes, et vous pourrez facilement retrouver ces cours dans un club près de chez vous après le confinement. Pour ceux qui sont fans de tai-chi et de yoga, je conseille le Body Balance, qui vous fera travailler la musculature profonde, les postures et la respiration. Pour ceux qui ont besoin de se dépenser très fort, je recommande le Body Attack, le Grit ou le Body Combat, des cours de cardio d’une grande intensité qui incitent à se dépasser. Le Body Pump est un super cours de musculation, mais il nécessite d’avoir un petit peu de matériel (barre + poids et/ou poids libres). Pour ceux qui ont envie de danser, le Sh’bam est une sorte de zumba, un cours rythmé et chorégraphié.
Pour de petites vidéos fitness courtes, efficaces et qui donnent la pêche, je vous recommande aussi de jeter un coup d’œil à la chaîne YouTube de Blogilates, que je suis depuis des années. Cassey est une coach survitaminée, ultra dynamique et punchy, et elle propose gratuitement des tonnes de vidéos de longueur et de difficulté diverses, pour renforcer le ventre, les bras, les cuisses, etc. Ses cours sont accessibles aux débutants. Et pour plus d’intensité, je recommande de jeter un coup d’œil à la chaîne YouTube de Fitness Blender, qui proposent notamment de nombreux entraînements HIIT (intervalles de haute intensité) qui vous laisseront lessivé et fier de votre performance.
Faire du yoga
Le yoga est non seulement un sport, mais aussi un art de vivre, une manière d’être. Toute une dimension méditative et spirituelle est associée au yoga : il s’agit de se reconnecter avec sa respiration, de renouer avec son corps, de créer un rapport plus harmonieux à soi et au monde. Un bon cours de yoga, ce n’est pas que du sport : cela intègre une dimension de méditation, de réflexion, et votre coach vous conduira à approfondir votre rapport à vous-même et à votre corps. C’est pour cela que je ne recommande pas les nombreuses vidéos de yoga sur YouTube qui sont uniquement axées sur le fitness : elles sont très bien sur l’aspect sportif, mais je trouve qu’elles manquent une dimension essentielle du yoga. Cela dit, si vous cherchez à faire du yoga pour faire du sport, et que cet aspect fitness et dynamique vous attire, je vous conseille la chaîne YouTube de Lucile Woodward, qui devrait bien correspondre à vos envies et qui est de qualité.
Je pratiquais occasionnellement le yoga depuis longtemps, mais celle qui m’a amenée à renforcer ma pratique et à considérer que le yoga était réellement un rituel à intégrer à mon quotidien pour être bien dans mon corps et dans ma tête, c’est la super prof canadienne Miss Yogi. Ses cours étaient réellement une bulle d’oxygène pour moi et me faisaient un bien fou au corps et au cœur. Depuis que je l’ai rencontrée à Punta Cana en décembre dernier, je fais du yoga tous les jours, et j’en ressens les immenses bienfaits. Jetez un coup d’œil à la page Facebook Miss Yogi : elle propose de nombreuses vidéos gratuites en français et en anglais. J’espère participer prochainement à l’une de ses retraites.
Toujours dans les ressources gratuites, si vous parlez anglais, je vous recommande très, très chaleureusement la chaîne YouTube Yoga with Adriene. Douce, bienveillante, intuitive, Adriene associe à sa pratique une véritable dimension spirituelle qui n’est pas superficielle, et qu’on sent ancrée dans une authenticité et un travail sur soi réels. En janvier dernier, Adriene a proposé un parcours de 30 jours de yoga intitulé Home, que j’ai suivi et que je recommence en cette période de confinement. Si vous parlez anglais, foncez, cela vous fera un bien fou.
Je finis enfin par un compte Instagram de yogi que je suis depuis longtemps et que j’adore, celui de Pauline alias Mermaid yogini. Ses textes magnifiques, sa dimension introspective, son amour pour la mer et les créatures mythologiques, me le rendent très attachant. Pauline propose des cours (payants) sur Skype et un cours en live samedi prochain – j’ai hâte d’y participer. Et Pauline vient d’ajouter un superbe flow de quarantaine sur sa chaîne YouTube – à tester pour s’entraîner gratuitement chez soi !
Se recentrer : prendre soin de son esprit
Le yoga est à mon sens une excellente transition entre ces deux pôles indissociables, corps et esprit. Pour lutter contre le stress, l’angoisse, la tension qui se mue en colère injuste contre ses proches, il faut aussi prendre soin de sa santé psychique. Je parlais de méditation dans le cadre du yoga, je sais que beaucoup de mes amis utilisent aussi l’application de méditation guidée Petit Bambou, que je trouve très bien. Mais à titre personnel, j’ai besoin d’une dimension spirituelle plus importante pour me sentir vraiment en harmonie avec mes valeurs et mon idéal de vie. Je suis croyante, et à vrai dire, je préfère souvent prier plutôt que de méditer. Dans mes lectures de développement personnel, je recherche aussi cette dimension spirituelle forte, et je vous conseillerai quelques titres qui m’ont touchée. Et enfin, pour continuer dans cette optique de développement personnel, je vous parlerai d’une démarche de coaching que j’ai choisi de suivre pour guérir pleinement mes blessures émotionnelles.
Prier et approfondir sa foi
Parce que je suis catholique, je puise dans ma foi une lumière et une force immenses, et me sentir enveloppée de l’amour de Dieu a changé ma vie de façon radicale et irréversible.
Pèlerinage aux Saintes Maries de la Mer
Si vous aussi, vous êtes croyant, vous pouvez comme moi ressentir douloureusement le fait de ne pas pouvoir aller à la messe en cette période de Carême, d’être coupé de la communauté des croyants. De nombreux diocèses ont répondu aux besoins des fidèles en mettant en place des évènements en direct sur Facebook : messes, prières du chapelet, veillées de prière, adorations du Saint Sacrement… n’hésitez pas à chercher sur la page Facebook de votre diocèse, vous trouverez sans doute des choses qui vous permettront de ne pas être totalement coupé de vos rites ordinaires. Vous pouvez rejoindre le groupe Facebook Messes en directqui répertorie les paroisses ayant mis en place ce type d’actions. Je partagerai donc ici deux ressources seulement pour ce qui est des messes en direct : vous trouverez ici des messes en forme extraordinaire (messe tridentine en latin) et ici en forme ordinaire (messe moderne en français).
Saint Antoine l’Abbaye
Si vous voulez mettre à profit le confinement pour approfondir votre foi, je vous conseille deux ressources vidéo et audio de grande qualité. D’abord le fabuleux cours de catéchisme pour adultes de l’Abbé Laguérie, qui est drôle, pédagogue et incisif. Puis, pour ceux qui veulent aller encore plus loin, les fabuleux topos théologiques de l’abbé de Massia, qui anime le groupe KT Sens avec qui je suis partie en pèlerinage en Terre Sainte. En temps normal, les topos ont lieu le lundi soir à Paris à Notre Dame du Lys, mais en ce moment, vous les retrouverez sur la page facebook de KTsens et sur le site de KT Sens dans l’onglet Formation.
Besoin de lectures spirituelles ? Je suis abonnée depuis quelques mois à la newsletter du site Aleteia, et je reçois chaque jour un mail de très grande qualité proposant des articles sur des sujets d’actualité et de société dans un prisme catholique, des prières, des méditations… c’est une incitation quotidienne à prendre un peu de temps pour se mettre en présence de Dieu.
St Etienne du Mont
Enfin, vous avez envie de spiritualité catholique, mais ne vous sentez pas l’énergie et la concentration pour un vrai cours de catéchisme comme je le proposais ci-dessus ? Alors je vous conseille un petit bouquin facile et très agréable à lire, que j’ai dévoré hier soir : 15 paraboles tournées vers l’essentiel, du père René Luc. Peut-être connaissez-vous déjà René Luc : ce prêtre est devenu célèbre il y a quelques années avec son magnifique livre Dieu en plein cœur , dans lequel il raconte son enfance de gamin né de père inconnu, élevé par un truand, mouillé dans des braquages, qui choisit de consacrer sa vie à Dieu. J’ai entendu René Luc prêcher un jour dans l’église des Saintes Maries de la Mer, et j’ai été frappée par son aura, par la puissance de foi et d’humanité qui se dégageait de lui. J’ai dévoré ses deux livres. 15 paraboles tournées vers l’essentiel est à la fois simple et accessible, et réellement profond, enrichi par des expériences de vie puissantes, et mu par une grande authenticité. Je vous le recommande chaleureusement.
Petit détail pour ceux et celles que cela intéresse : je lis sur une liseuse Kindle Paperwhite. Je l’ai depuis plusieurs années et je ne jure que par elle. Elle a décuplé le nombre de livres que je peux lire, notamment en déplacement (facilité, poids, autonomie de batterie, accessibilité permanente de ma bibliothèque, prix des livres à l’achat…).
Lire : du développement personnel en profondeur
Je vous le disais plus haut : en matière de développement personnel, les manuels et modes d’emploi ne me suffisent pas, et j’aime les livres qui souhaitent insuffler dans nos vies un changement mu par une spiritualité réelle. Je recherche la profondeur et l’ancrage dans une dimension plus élevée – pour changer notre quotidien par le haut. A ce que j’ai pu constater, les livres de développement personnel authentiquement spirituels sont baignés des enseignements des deux grandes figures incontournables pour qui cherche à cheminer dans la lumière, Jésus et Bouddha.
Jésus, Seigneur et sauveur, et Bouddha, compagnon de chemin
Image d’amour et d’harmonie entre les personnes : la Sainte Famille
Faisant la synthèse de leurs leçons d’être, ils recherchent in fine à répondre à deux grandes problématiques majeures :
1) Combattre la peur et la souffrance. Nous avons
peur, tous, peur de la mort, de la maladie, de l’abandon, de ne pas être aimés,
de ne pas nous accomplir, de ne pas être reconnus pour ce que nous sommes
vraiment, de passer à côté de notre vie ou de la perdre. Qui va vers le
développement personnel est souvent mu par cette angoisse fondamentale qui se
traduit par une anxiété au quotidien, et par une grande souffrance.
2) Guérir nos relations aux autres. Nous cherchons l’amour ou nous déplorons sa perte, nous n’arrivons pas à exprimer nos sentiments à nos proches, nous nous sentons enfermés dans la solitude, la colère, le ressentiment, la jalousie, le sentiment d’être incompris, nous avons l’impression que toutes nos relations échouent, que nous reproduisons des schémas néfastes et que nous sabotons tout ce qui nous tient à cœur… Qui va vers le développement personnel est souvent en quête de paix, d’harmonie et de relations authentiques et apaisées.
Les grands livres de développement personnel sont, à mon sens, des variations sur ces deux thèmes fondamentaux. Je commence par un classique absolu, qui tente de répondre au premier problème : combattre la peur et la souffrance. Le pouvoir de l’instant présent – Guide d’éveil spirituel, d’Eckhart Tolle, est un livre phare du développement personnel et spirituel, et de nombreux autres auteurs se réfèrent à lui. L’auteur propose de transformer radicalement notre vision du monde pour se débarrasser à jamais de l’angoisse et de tout ce que la projection dans le passé – regret, remords, ruminations – et l’avenir – attentes, anxiété, frustration – peut causer comme souffrance. Je ne suis pas toujours d’accord avec tout et le vocabulaire utilisé m’agace parfois un petit peu (« le corps subtil »), mais c’est un livre fondamental et puissant, incontournable, et une excellente manière de commencer son chemin dans le développement personnel.
Dans une même optique, je suis encore plus attachée à l’œuvre de David Hawkins, qui présente l’originalité d’être à la fois psychiatre et mystique, médecin et imprégné de spiritualités orientales et chrétiennes. Son œuvre touche à la fois aux deux grandes problématiques évoquées : il propose une « voie de l’illumination » visant à se détacher de la peur et de la souffrance, et à transformer nos relations aux autres. Le livre que j’ai le plus aimé de lui n’est malheureusement pas traduit en français, il s’agit de Letting go, the pathway to surrender. Mais vous trouverez de nombreux autres livres en français, notamment L’illumination.
Mon livre de développement personnel préféré, celui qui m’a le plus marquée et que j’ai le plus relu, est un ouvrage de Marianne Williamson intitulé Un retour à l’amour. Manuel de psychothérapie spirituelle : lâcher prise, pardonner, aimer. Marianne Williamson part, comme Eckhart Tolle, d’un manuel de développement personnel très à la mode dans les années 1960, Un cours en miracles, qui propose une relecture des enseignements spirituels de Jésus à l’aune de la psychologie moderne (je ne vous le conseille pas : il est abscons et difficile à lire. Les livres de Marianne Williamson en sont une vulgarisation beaucoup plus accessible et agréable). Mais à partir de là, Marianne Williamson parvient à un essai d’une beauté, d’une sincérité et d’une profondeur rares sur les relations interpersonnelles, sur notre façon d’interagir avec les autres, de saboter nos plus belles histoires d’amitié, d’amour ou de fraternité en projetant sur autrui angoisses, colères, jalousies et mauvaises interprétations. Elle propose une méthode d’amour radical et désintéressé pour guérir vraiment, soigner nos cœurs et nos relations. C’est exigeant, c’est difficile, mais tout sonne juste et vrai. Ce livre part de la première problématique évoquée plus haut pour développer pleinement la deuxième, et il a transformé ma façon d’interagir avec ceux que j’aime. Si vous aimez Marianne Williamson, je vous conseille de continuer avec Des larmes au succès : voyage spirituel de la souffrance à la lumière, qui est lui aussi très beau et inspirant.
Je finis par un livre qui est moins spirituel, et beaucoup plus pratique, mais que je conseille pour achever de soigner nos relations aux autres, et ne pas s’entretuer en période de confinement : Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs), Initiation à la communication non violente, de Marshall Rosenberg. Vous en tirerez des conseils précis, réellement utiles et efficaces, pour avoir des interactions constructives et harmonieuses avec ceux que vous aimez sans leur balancer le mobilier domestique à la figure.
Guérir : par le dialogue et le travail sur soi, avec un
coach
Je parlais de peur, je parlais d’impasses, de schémas toxiques qui se répètent. Parfois, quand on se retrouve confronté à des blocages, à des situations complexes, et qu’on sent qu’il y a des choses en nous qui nous empêchent d’avancer, on peut avoir besoin de se tourner vers quelqu’un qui soit bienveillant et compétent et qui nous aide à dénouer l’écheveau. Je me suis toujours intéressée à la psychologie, au développement personnel, mais à un moment dans ma vie, j’ai senti que mes livres ne suffisaient pas et j’avais envie d’avoir en face de moi une personne qui puisse porter un regard neuf sur ma situation. Il n’y a aucune honte à faire appel à un coach ou un psy quand on ressent le besoin, pour résoudre un blocage, faire un choix, avancer dans sa vie, affronter une peur ou progresser dans un projet. Après avoir tâtonné et pris le temps de trouver quelqu’un qui me corresponde, j’ai décidé d’avancer avec le coach de vie Benoît Richer. Pourquoi lui ?
Quinta de la Regaleira, Sintra. Plonger profond en soi-même
Parce que j’aime son approche, bienveillante et apaisante, avec beaucoup d’écoute, qui vous aiguille pour aller au bout de vos raisonnements et vos émotions. Parce que je le sens à la fois compétent et pas du tout « gourou » dans sa façon d’être – pas de concepts fumeux, de notions ésotériques, de promesses spectaculaires. Parce que je me sens écoutée et comprise, et qu’il me donne des outils pour remettre en question certaines choses, avancer sur d’autres, sans me brusquer ou chercher à prendre un ascendant sur moi. Il est comme l’ami intelligent, posé et bienveillant qui vous aide à cheminer et prend le temps de dissiper le brouillard pour y voir plus clair. Au bout de quelques séances, je ressens les effets positifs de ce dialogue, ses effets concrets sur ma façon de réagir à certaines situations, et je suis ravie de pouvoir continuer ce chemin.
Et enfin, un point non négligeable en sa faveur : il accepte de travailler avec moi via Skype, lors de sessions d’1h30. Cela était déjà essentiel avec ma vie chaotique d’avant l’épidémie, et cela le devient encore plus en ces temps de confinement. Sachez que si vous avez besoin d’un « SOS coach », d’une soupape de sécurité, de parler à quelqu’un de neutre, constructif et bienveillant, il consulte par Skype et peut vous recevoir virtuellement, en direct de votre quarantaine. Et en plus, il a une offre spéciale de découverte du coaching à vous proposer pendant le temps du confinement – les détails sont ici sur son compte Instagram.
Le soin par le son : étonnante sonothérapie avec Voyage sonore
Connaissez-vous la sonothérapie ? A Lapalud dans le Vaucluse, en Provence, j’ai fait la rencontre de belles personnes et d’énergies puissantes et particulières chez Voyage Sonore. Avec mon amie Marion (Foehn Photographie), nous avons vécu une immersion relaxante et spirituelle dans un univers bienveillant et profond, où les tambours des chamanes, les gongs et les bols chantants vous traversent de leurs ondes profondes et vous caressent tout le corps et l’âme sans vous toucher. Cette expérience singulière et inédite qui m’a marquée.
Sandrine Pujalte, la fondatrice de Voyage Sonore – Le chant de l’âme à Lapalud, s’est spécialisée dans la sonothérapie après une longue quête spirituelle et énergétique. Sandrine a une aura de bienveillance et de puissance douce ; depuis toujours, elle s’est intéressée au reiki, a eu des dons de magnétiseuse et de guérisseuse. Mais c’est un voyage au Canada qui a changé sa vie: elle y rencontre des chamanes et se passionne pour les grands tambours amérindiens, dont les vibrations profondes et intenses vous traversent et vous soignent sans vous toucher. Ses massages sonores allient tambours, gongs, bols chantants et différents univers sonores pour une expérience étonnamment profonde et intense, qui agit contre l’anxiété, l’insomnie, touche l’âme pour l’apaiser… Sandrine propose également des cours de sophrologie, des accompagnements, des cercles de femmes sur le modèle des tentes rouges.
La maison de Sandrine et Patrick à Lapalud dans le Vaucluse est un véritable havre de bien être et d’énergie, où chaque détail parle à l’âme. J’ai été très touchée par sa sensibilité, sa générosité et l’intensité avec laquelle elle s’immerge dans le soin pour toucher et aider véritablement la personne. Le massage sonore m’a fait un effet très fort – je ne pensais pas être aussi touchée par ces ondes profondes qui traversent le crois tout entier et apaisent l’âme. Ce fut pour Marion et moi une belle rencontre humaine, pleine de lumière et de réflexions.
Souvenir d’une belle rencontre avec Sandrine et Patrick en Provence – la plupart des photos sont l’oeuvre de Marion Carcel alias Foehn Photographie
Prendre soin de soi, aujourd’hui et demain
Ceux qui me suivent depuis longtemps le savent : les questions de bien-être, de santé physique et mentale, sont toujours plus importants pour moi. Cette recherche d’équilibre, de lumière, cette réévaluation des priorités, je la vivais déjà avant le coronavirus, je vous en parlais déjà début janvier : deux années de cauchemar vous poussent à vous demander ce qui est réellement essentiel. La crise inédite que nous vivons actuellement continue de me pousser dans cette direction. J’ai la sensation que rien ne sera plus comme avant, et que nous ne pourrons pas, nous ne devrons pas, recommencer à vivre comme si de rien n’était une fois l’épidémie passée. Je crois que nous vivons une forme de recentrage, de retour à l’essentiel. Prendre soin de moi, prendre soin des autres – c’est la direction que j’esquisse. Comment, sous quelle forme ? Cela reste encore à inventer… mais j’ai déjà changé de vie par le passé, et peut-être que l’heure est venue pour moi d’une nouvelle métamorphose. Le temps le dira…
Je veux finir cet article par un message de soutien profond et sincère envers les personnels soignants qui se battent nuit et jour pour sauver des vies dans cette terrible crise que nous traversons tous. Ma reconnaissance envers vous est infinie, vous êtes mes héros, et je prie pour votre santé, votre force et votre courage tous les jours.
Et vous ? Qu’est-ce que vous faites pour aller bien, en ce moment et toujours ? Pensez-vous que la crise actuelle modifiera durablement vos habitudes de vie, vos valeurs et vos objectifs ?
La Suisse en hiver ? C’est un paysage de carte postale, une idylle où la neige sublime encore le bois et le sens de la tradition. Moi qui aime profondément les Alpes et les lieux où le temps semble suspendu, j’ai toujours aimé voir la Suisse dans son blanc manteau d’intemporalité. Je vous propose aujourd’hui des cartes postales de Suisse en hiver, en commençant par le canton qu’on cite souvent comme le plus authentique et préservé, le Valais, avant de finir par un petit tour dans l’Oberland bernois, et dans le canton de Vaud. Montagnes mythiques, vallées hors du monde, igloos et lacs, voici le programme de cette immersion au pays d’Heidi… Nous resterons résolument côté Alpes, car je décline sans fin l’amour de ces montagnes mythiques. Vous avez aimé explorer avec moi les Alpes côté Autriche, Slovénie, Dolomites, Bavière, sans oublier bien sûr nos petites stations de ski dans les Alpes françaises ? Ce sont cette fois les Alpes suisses qui m’inspireront de grandes déclarations d’amour givrées !
Val d’HérensGrimentz dans le Val d’AnniviersZermatt.Le lac Blausee dans l’Oberland bernoisUne fondue dans un igloo à Adelboden
Le Valais en hiver : Val d’Anniviers et Val d’Hérens
Je suis allée deux fois en Valais, en 2018 et en 2020. Et à
chaque fois, j’ai entendu le même enthousiasme chez les gens à qui je racontais
mon voyage : « c’est le plus beau canton de Suisse » « le
plus préservé », « le plus traditionnel ». Je l’ai compris en
découvrant deux des vallées les plus emblématiques d’une Suisse éternelle, le Val
d’Anniviers en 2018 et le Val d’Hérens en 2020.
Grimentz, dans le Val d’Anniviers : le goût de l’éternité
Je parle souvent de Grimentz pour raconter pourquoi le Valais m’a tant marquée. C’était ma première fois en Valais. J’arrive en pleine tempête de neige dans ce village classé parmi les plus beaux de Suisse, et je découvre, sous l’épaisse couche blanche qui sublime leur beauté, des habitations de bois datant du XIIIe siècle. Je suis aussitôt saisie. On s’habitue au miracle de la pérennité de la pierre, mais du bois ? Imaginez tout ce à quoi ils ont dû échapper ! Le climat humide de la montagne et des logiques architecturales ingénieuses, qui ne collent pas les maisons entre eux, ont permis de sauver ces trésors des incendies. Parmi ces habitations, de nombreux greniers et raccards, des granges typiques des montagnes valaisannes, constructions assez simples en bois épais soutenues par de lourdes pierres qui donnent l’impression que le chalet est construit sur pilotis, et préservent les grains des rats. Mais ce qui me marque le plus, ce sont les maisons à plusieurs étages, de véritables immeubles de bois biscornu, où on empile les étages au fil des siècles, les rajoutant en fonction des besoins du moment : le rez-de-chaussée date du 13e, le premier étage du 15e, le deuxième du 18e… et en suivant l’ascension verticale, on voit les modes de construction et les goûts des époques s’infléchir, tout en restant fidèles aux éternelles logiques montagnardes. Cette vision m’a fascinée et aussitôt conquise.
Et puis, nous descendons dans une cave, à la rencontre d’un monsieur âgé et affable, et l’enchantement continue. L’homme nous propose de goûter au fromage des morts. Il nous explique qu’à Grimentz et dans les environs, une tradition séculaire se maintient : lors de la naissance d’un enfant, on grave une meule de fromage de raclette en son hommage, avec son nom, sa date de naissance, etc, et on la garde au frais dans la cave. Le fromage ne sera dégusté qu’au moment de ses obsèques. A l’époque de la pénurie, quand la vie des montagnards était rude et hasardeuse, il s’agissait de s’assurer que les invités auraient quelque chose à manger lors des funérailles… Il nous montre les fromages de toute sa famille, et le sien. Puis il nous propose de goûter un fromage datant du début des années 60 – c’est comestible, mais loin de moi l’idée d’affirmer que c’est bon. Puis il se tourne vers un tonneau à l’air vénérable et nous dit : voici maintenant le Vin des Glaciers. Le vin des glaciers ? Il s’agit d’un vin dont le tonneau ne sera jamais vidé entièrement. Une partie du vin des années précédentes est toujours gardée et s’ajoute aux cuvées ultérieures, durant des siècles. Le tonneau qu’il nous présente a été forgé au XIXe siècle et n’a jamais été entièrement mis à sec – nous goûtons réellement au vin de l’éternité.
La beauté de Grimentz, l’atmosphère incroyable de cette cave où on goûte le fromage des morts et le vin des glaciers, tout cela a laissé une très forte impression sur moi. J’étais conquise illico.
Délicieuse raclette au feu de bois à Grimentz
Skier à Chandolin
Des paysages superbes, des pistes désertes, un sentiment de bout du monde : j’ai adoré skier à Chandolin (Val d’Anniviers) dans un domaine de toute beauté, et dormir face aux montagnes au Chandolin Boutique Hôtel, entre bois et spa. Me réveiller à la montagne et sortir dans le froid sur le balcon pour voir le soleil levant accroché aux cimes, finir la journée de ski dans un sauna brûlant, cela fait partie des choses que j’aime le plus au monde, et de ma vision du séjour parfait…
Zermatt, mythe et Toblerone
Le Valais, c’est aussi une des montagnes les plus iconiques, les plus célèbres du monde : le Cervin, version germanique Matterhorn. C’est sa silhouette en virgule inversée qui orne les paquets de Toblerone, et qui est devenue symbole de l’idylle suisse aux yeux du monde entier. Parce que c’est un haut lieu du tourisme en Suisse, un mythe vivant, Zermatt est un endroit cher, évidemment. Mais c’est à mes yeux un lieu qu’il faut avoir vu une fois dans sa vie, une merveille visuelle rare : où que porte le regard, sur les pistes de ski, au restaurant, dans la ville, le Cervin trône comme un hologramme, figure tutélaire et Dieu omnipotent des Alpes suisses. C’est une des plus belles visions montagnardes de ma vie, à égalité avec l’autre grand mythe, Chamonix. Skier tôt le matin avant l’ouverture des pistes – First track skiing – seule face au Cervin restera un de mes plus beaux souvenirs d’hiver, une forme de perfection alpine rare. J’en garde un souvenir enchanté et je rêve de revenir randonner à Zermatt en été.
A faire à Zermatt : Un tour en calèche,
dans ce village pittoresque qui a intégralement banni les voitures. Déjeuner sur
les pistes Chez Vrony avec une vue incroyable sur le Cervin. Monter en
train à l’observatoire astronomique et tutoyer les 4000 du Valais. Faire
un tour au musée du Cervin pour entrer dans le mythe.
Chez Vrony
.
Explorer le Val d’Hérens avec Patricia au chalet le
Rucher
Après Zermatt et le Val d’Anniviers en 2018, je reviens en Valais en 2020 à la découverte d’une autre vallée, peut-être la plus secrète de toutes : le beau et paisible Val d’Hérens. Cette immersion au cœur des traditions valaisannes, je la dois à l’invitation chaleureuse de Patricia, la propriétaire du Chalet Le Rucher à Vex, juste au-dessus de Sion, à l’entrée du merveilleux Val d’Hérens.
Vue extraordinaire depuis ma chambre « Heidi » au Chalet le Rucher, à Vex dans le Val d’Hérens
Il y a une dizaine
d’années, Patricia et Christine ont eu un coup de foudre pour ce chalet
traditionnel situé dans une des vallées les plus authentiques et préservées du
Valais. Ici, les gens construisent l’âme et l’identité de la vallée de
génération en génération, entre agriculture, artisanat et perpétuation d’un savoir-faire conçu avec beaucoup de
fierté. Une fois n’est pas coutume, je ne suis pas venue ici pour skier (même
si cela serait possible), mais pour me promener, rencontrer les gens, explorer
les villages et les curiosités de cette vallée un peu magique.
Au Rucher, je dors avec une vue merveilleuse sur les sommets mythiques du Valais, comme la Maya qui se détache à 3000 mètres dans le ciel. Un peu plus loin, c’est la Dent blanche et ses 4300 mètres, et je devine le Cervin…
Ma chambre s’appelle la Heidi et le nom ne saurait être mieux choisi. C’est un cocon de charme, tout de bois et de petits détails cosy – couvertures, coussins, déco, tout invite à la détente montagnarde. Sous mon balcon, des ruches et un verger attendent l’été pour reprendre vie. Sur le versant d’en face, les mayens, maisons d’été utilisées par les bergers sur les alpages, racontent la vie profondément pastorale de ces montagnes qui vivent au rythme des saisons, et où la randonnée de printemps et d’automne semble être véritablement édénique.
Patricia propose petits-déjeuners et goûters 100% locaux,
au-dessus de son verger au fond duquel les ruches dorment sous la neige. Et
surtout… elle propose des balades, en guide passionnée par sa région de cœur. C’est
avec elle que je découvre le Val d’Hérens, et que je tombe profondément sous le
charme.
Les pyramides d’Euseigne
C’est une des plus jolies
curiosités du Val d’Hérens : les pyramides d’Euseigne, ces cheminées
de fée sculptées par l’érosion dans les moraines. La vision de la vallée
est magique, avec les pyramides qui se détachent comme des lutins facétieux au
premier plan et la spectaculaire Dent blanche qui culmine à 4357m tout au fond.
Hérémence et le barrage
de la Grande Dixence
Les villages du Val d’Hérens sont bourrés de charme. Jusque dans les années 60, la vie ici était ultra traditionnelle, comme figée dans le temps. On trouve sur les planches des habitations et des grandes des inscriptions datant de plus de 400 ans…
Je retrouve l’émerveillement ressenti à Grimentz deux ans plus tôt, la sensation d’intemporalité radicale. Et puis on a construit tout au fond de la vallée l’immense barrage de la Grande Dixence, dans les années 60. Le plus haut barrage-poids du monde, pour produire de l’électricité en exploitant la force des eaux glaciaires. Si ce barrage cédait, toute la plaine jusqu’à Genève serait noyée. Avec Patricia, nous sommes allées tout au fond de la vallée, à son pied, nous avons bu un chocolat chaud au bout du bout du monde au milieu des traces d’animaux et des légendes montagnardes, et ce mur de béton spectaculaire m’a fascinée.
Avec le barrage, du jour au lendemain, la modernité est arrivée
dans cette vallée reculée qui semblait jusqu’alors figée dans le temps. Les
vieux habitants disent avoir vécu trois siècles en l’espace d’une vie, tant le
changement a été colossal. Le « musée éclaté » d’Hérémence reconstitue
les habitations d’avant le barrage. On a l’impression touchante d’être remonté
au Moyen-Âge, c’est saisissant et très beau. Objets liturgiques, objets
artisanaux, forge, atelier du menuisier, lits à tiroirs d’antan, le temps semble
suspendu, et il est difficile à croire que ce que nous avons sous les yeux date
de 1960 seulement – j’aurais juré que tout sortait tout droit des temps de la Contre-Réforme.
L’église d’Hérémence, chef d’œuvre paradoxal
Et pourtant, comme pour célébrer la nouveauté, l’église
d’Hérémence est radicalement moderne. C’est une église de béton, le même
béton que celui qu’on a utilisé pour le barrage, un chef d’œuvre de
l’architecture contemporaine.
Moi dont les goûts sont pourtant classiques, j’ai été marquée
par la beauté nue de cette immense église dont les degrés de béton semblent
refléter le dédale du cœur humain. J’y ai trouvé beaucoup de beauté et de poésie.
L’âme humaine est un labyrinthe, les mystiques l’ont su bien avant Freud. C’est
Sainte Thérèse d’Avila qui décrit l’âme comme un « château intérieur » :
la demeure de Dieu est sous sa plume une construction baroque, tortueuse,
gothique, complexe, un véritable enchevêtrement de degrés. L’église
d’Hérémence, dans sa radicalité ultra moderne, a quelque chose de mystique et
d’ancien, une affinité avec les secrets les plus intimes. Je ne pensais pas que
cette église si radicale, si différente du confort de mes goûts usuels infiniment
plus classiques, me toucherait autant.
Evolène, la beauté et l’histoire des femmes
C’est non
seulement le plus beau village du Val d’Hérens, mais c’est aussi
officiellement un des plus beaux de Suisse. Bienvenue à Evolène, dont les hameaux disséminés tout au
long de la pente semblent multiplier la beauté pittoresque et intemporelle.
Au pied de la majestueuse Dent Blanche, que Maupassant appelait « la monstrueuse coquette » avec ses 4357m, se déploie un vrai village de carte postale où les marques des siècles décorent harmonieusement les chalets de neige et de vieux bois. Les Haudères, la Sage, Arolla, la Forclaz… autant d’îlots de bois et de beauté au milieu de la nature préservée, autant de bouquets de merveilles décuplant la magie d’Evolène. C’est aussi un domaine skiable, et même si je n’ai pas skié cette fois, j’ai retenu la beauté de ce cadre où j’aurais adoré chausser aussi mes skis.
Ce sont des femmes illustres qui ont rendu célèbre Evolène.
Il y a eu Marie Métrailler, qui a su commercialiser le fabuleux tissage manuel du Val d’Hérens et ses vêtements traditionnels de chanvre. Passant du mode de vie traditionnel à son exploitation économique, elle a permis la subsistance de ce savoir-faire, et plusieurs tisseuses travaillent aujourd’hui encore à Evolène.
Il y a eu Marguerite Yourcenar, l’immense écrivain, qui adorait venir se reposer à l’hôtel de la Dent Blanche et y a corrigé les épreuves de ses Mémoires d’Hadrien, un de mes livres préférés. Amie des deux Maries, elle a profondément ressenti le caractère exceptionnel de ce village reculé où on comptait pas moins de dix-sept pianos, où l’art se vivait avec une étonnante pureté dans ce milieu rustique.
Et puis il y a Marie des Collines, une fille de paysans qui n’a pu avoir accès aux études, mais qui aimait passionnément les livres, et qui a ouvert un café littéraire et une bibliothèque en accès public à près de 2000m d’altitude… la bibliothèque existe toujours, et le restaurant des Collines a peut-être la plus belle terrasse du monde. Le lieu m’a profondément touchée.
Evolène, un
pays de femmes, un pays de reines ? Peut-être, mais ici, quand on parle de
reines, on ne parle pas des femmes… mais des vaches !
Les reines du Valais : au pays des vaches
C’est une
tradition dont j’ai ressenti la force dans les deux vallées authentiques du Valais,
Val d’Anniviers et Val d’Hérens. Les vaches noires à cornes du val d’Hérens
font la fierté du pays et ce sont elles qu’on nomme les reines. On
utilise leur lait pour la raclette AOP, la vraie raclette du Valais,
leur viande pour les salaisons labellisées Fleur d’Hérens, mais aussi et
surtout… leur sens du spectacle ! Les combats de reines sont une fête ultra
populaire en Valais et les vaches victorieuses sont célébrées toute leur
vie. Pas de sang, pas de violence : ces vaches naturellement combattives
se poussent de leurs cornes jusqu’à ce que l’une d’entre elles sorte du cercle.
Avec le poids et la puissance de ces bêtes majestueuses, j’imagine la beauté du
spectacle. Beaucoup ont une vache comme animal de compagnie : les reines
sont si attachantes qu’on les garde jusqu’à leur belle mort… J’adorerais
revenir ici pour assister à une lutte.
Les
restaurants attachés aux produits locaux, comme le Café des Collines à Evolène,
servent bien évidemment les produits des vaches du Valais. Mais pour entrer au cœur
de la culture bovine valaisanne, je vous recommande un tour au Relais des
reines à Vex, à cinq minutes du Rucher, le chalet de Patricia et Christine.
Le repas chaleureux et convivial au Relais restera un de mes plus beaux
souvenirs en Valais. Le chef nous propose une dégustation de raclette
valaisanne : cinq meules différentes, mélangeant des fromages d’alpage
(au goût plus fort et plus fruité) et des fromages de laiterie (au goût plus
doux). Le chef fait fondre au feu de bois une meule, puis l’autre, et nous sert
généreusement de chaque fromage successivement, nous permettant d’apprécier les
différences de goût et de devenir de vrais gastronomes de la raclette.
La qualité des produits est exceptionnelle, et le décor à la gloire des reines,
extrêmement chaleureux et typique.
J’ai adoré mon
incursion authentique dans le Val d’Hérens, et dans le Valais en général. Ce
canton magnifique qui incarne mon idylle alpine continue de m’attirer, et je
voudrais revenir pour la grotte de glace de Zinal en hiver, et le fabuleux
glacier d’Aletsch en été…
La Suisse en hiver : autres merveilles enneigées
Voici maintenant quelques dernières perles de Suisse en hiver, hors du
Valais, dans l’Oberland bernois et dans le canton de Vaud.
Kandersteg
et le Blausee, un paysage de conte de fées
Cela faisait longtemps que j’avais entendu parler de l’étrange couleur d’un azur vif du Blausee (littéralement : lac bleu), dans la région de Bern. Selon la légende, cette teinte perçante que l’hiver n’éteint pas est due au chagrin d’amour terrible d’une belle aux yeux bleus, noyée de tristesse dans les eaux cristallines… La réalité est moins morbide, et des truites d’élevage nagent dans les yeux d’une couleur véritablement surprenante – le bleu de mes photos n’est pas accentué.
A deux pas de là, le village de Kandersteg a des airs de conte de fées rétro. J’aimerais revenir pour voir le lac d’Oeschinen, qui lui gèle en hiver (contrairement au Blausee), mais qui semble paradisiaque en été, et qui est accessible facilement en randonnée depuis Kandersteg.
Dans un igloo
à fondue à Adelboden
Parce qu’ils
sont à la mode depuis quelques années, les igloos se sont multipliés dans les
Alpes un peu partout en Europe, mais l’un des plus grands (si ce n’est le
plus grand) de tous, c’est celui d’Adelboden, dans l’Oberland bernois. Il
est construit chaque automne à l’aide d’un canon à neige et d’immenses ballons
gonflés (autour desquels on agglomère la neige), et décoré avec beaucoup de
soin. La déco change chaque année – lors de ma venue en 2018, il s’agissait
des fleurs des Alpes. Vous pouvez réserver soit pour une fondue au fromage
(prestation de 2h environ, tarif très abordable, vous montez à l’igloo, vous
mangez votre délicieuse fondue dans un décor super exotique, et au moment où
vous commencez à vous peler les miches, il est temps de redescendre et d’aller
dormir tranquillou au chaud, cela vous a coûté environ 35 euros par personne et
c’était très sympa), soit pour une nuit complète en igloo (c’est super, super
cher, vous vous pelez gravement les fesses et finissez au bord de la pneumonie
et vous avez vidé votre compte en banque pour cette session de pur masochisme
glaciaire). Je vous laisse deviner laquelle des deux options je recommande chaudement
(mais je respecte pleinement la liberté de disposer à votre guide de votre système
immunitaire et de votre compte en banque).
Les vignobles de Lavaux, sur le lac Léman
Voici une dernière merveille de Suisse, où je me suis arrêtée sur la route du retour en revenant vers la France depuis le Val d’Hérens. Classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, les vignobles en terrasse de Lavaux font partie des plus spectaculaires et des plus beaux du monde : des pentes incroyablement raides, multipliant les points de vue sublimes, plongeant dans le Lac Léman. A deux pas de Lausanne, on produit ici des vins gorgés de soleil et à la belle minéralité, réputés d’une qualité rare. Je sais qu’il aurait mieux valu les voir verts au printemps ou rouges à l’automne, et que la nudité de l’hiver n’était sans doute pas la saison optimale pour m’arrêter à Lavaux, mais cela faisait si longtemps que ce site me faisait rêver que j’ai choisi de ne pas résister. Et finalement, la pureté de la lumière d’hiver, le dépouillement de la végétation qui souligne les reliefs, conféraient au site une beauté de diamant brut, et je n’ai rien regretté. Le spectacle était grandiose. Je me suis arrêtée pour manger un plateau de fromages au magnifique resto et bar panoramique Le Baron Tavernier à Chexbres (une des plus belles vues sur les vignobles de Lavaux), j’ai randonné tranquillement vers le joli village de Rivaz au bord du lac, puis suis allée acheter une bouteille de blanc pour un dîner entre amies à Lavaux Vinorama, sorte de grande bibliothèque des vins de la région. C’était parfait, et cela avait un goût de revenez-y. J’aime tellement la Suisse, je suis tellement séduite par la beauté paisible de ses paysages et par sa qualité de vie que j’ai parfois la tentation d’un déménagement quelque part sur les rives du lac Léman.
Magnifique, paisible Suisse, tu me reverras très bientôt, j’espère.
En 2018, j’avais
été accueillie en voyage de presse par Suisse Tourisme dans le Valais, à
Zermatt, Grimentz et Chandolin pour un reportage pour Version Femina. En 2020,
je dois mon séjour dans le Val d’Hérens à l’invitation chaleureuse de Patricia
et Christine au Chalet Le Rucher – un très grand merci d’avoir si bien pris
soin de moi !
Vous aimez Paris ? Après l’avoir boudée pendant plusieurs années, je redécouvre aujourd’hui les charmes de la ville lumière, et je comprends pourquoi elle continue d’aimanter les touristes du monde entier. Quand je traverse Paris de nuit, que je vois la Tour Eiffel scintiller à chaque heure et se refléter dans les remous de la Seine, je me souviens de sa force d’attraction, de la magie d’une des plus belles villes du monde. Retrouver Paris avec des étoiles dans les yeux, jouer à la touriste le temps d’un week-end et visiter les incontournables : c’est ce que m’a proposé de faire Musement. Ce site spécialisé dans les visites de musées et monuments propose tout un catalogue d’activités dans les villes du monde entier. J’ai choisi d’en profiter pour redécouvrir certains grands classiques de Paris : la tour Eiffel, le musée d’Orsay, et un tour en péniche sur la Seine. Parce que Paris s’y prête délicieusement, j’ai retrouvé le plaisir d’être touriste, le temps d’un jour…
Monter à la Tour Eiffel
La dernière fois que j’étais montée tout en haut de la « dame de fer », j’avais sept ou huit ans et j’étais en visite à Paris avec mon père, qui avait voulu me faire découvrir la plus belle vue sur la capitale. Je me souviens de mon vertige émerveillé dans le grand ascenseur de verre, et de la délicieuse angoisse : « et qu’est-ce qui se passerait si… » ? Quand Musement m’a proposé de tester une activité parisienne, j’ai tout de suite su que je voulais retenter l’expérience et retourner au sommet de la Tour Eiffel. D’autant qu’aujourd’hui, il est beaucoup moins évident de visiter la Tour que quand j’étais petite, en raison du renforcement des contrôles d’affluence et de sécurité, et qu’il est quasiment obligatoire d’avoir réservé son billet en avance pour ne pas attendre des heures. La compagnie proposait un billet coupe-file, afin d’écourter l’attente causée par les « embouteillages » au pied du monument. J’ai tout de même attendu une quarantaine de minutes, car la Tour est décidément bien engorgée, mais au moment de rejoindre enfin les ascenseurs, quelle joie ! Comme si le temps était suspendu, j’ai retrouvé la même excitation, le même vertige que quand j’étais gamine, lorsque la cabine de verre fuse au milieu des arceaux de métal…
Une fois au sommet, la vue fait oublier l’attente. Cette vision de Paris déployée à nos pieds, du Champ de Mars à Montparnasse, de la butte de Montmartre aux coupoles des Invalides et de la montagne Ste Geneviève, reste puissamment magique. La brume dorée d’un bel hiver nimbe le panorama de mystère et de magie… L’exposition au dernier étage rappelle l’histoire extraordinaire de la Tour, construite pour l’exposition universelle de 1889, initialement vouée à un démontage certain, et sauvegardée à la fois par le succès inouï remporté par cette acrobatie de métal, et par sa nouvelle fonction météorologique. On découvre également le bureau aménagé par Gustave Eiffel à plus de 300 mètres du sol pour accueillir les invités les plus prestigieux, et toutes sortes d’anecdotes et de curiosités qui renforcent encore l’attachement au symbole incontesté de Paris. Mon attachement à la Tour n’en a que grandi.
Je suis redescendue par les escaliers, savourant de dernières visions emplies de poésie sur la grande funambule d’acier…
Visiter le musée d’Orsay
Etudiante, je passais souvent mes après-midis au musée d’Orsay, où je collectionnais littéralement les expositions temporaires. Orsay a toujours été mon musée parisien préféré, avec les deux petites perles de la même époque, le musée Gustave Moreau et le musée de la Vie romantique – le XIXe siècle, c’est ma patrie intellectuelle. Orsay est pour moi une caverne d’Ali Baba, un paradis entre idéal et décadence, concentrant tous les songes et toutes les névroses de ma période artistique de prédilection. C’est un grand bazar des rêves. J’ai mes incontournables, en qui je viens chaque fois en pèlerinage – Gustave Moreau, Puvis de Chavannes –, et je me laisse chaque fois surprendre avec délices par les expositions du moment (Huysmans au moment de ma visite). Orsay est installé dans une ancienne gare, d’où sa voûte de métal et de verre, sa conception spectaculaire et un peu pompière, cette grande arche de lumière qui semble faite pour accueillir toute la démesure du siècle où on a cru que l’homme serait l’égal de Dieu. Là encore, j’étais bien contente d’avoir réservé mon billet en ligne sur Musement, car j’ai eu droit à un coupe-file, et évité la queue interminable qui serpentait à l’extérieur… ce qui m’a laissé le temps de savourer une salade et un brownie au café du musée, entre deux éblouissements de beauté raffinée !
Faire un tour sur la Seine en péniche
C’est une expérience que j’ai vécue en direct avec Vedettes de Paris (merci à eux !), mais que j’aurais aussi pu réserver sur Musement si je l’avais voulu : un tour en bateau d’une heure sur la Seine au coucher du soleil, avec une coupe de champagne pour faire pétiller la vue extraordinaire sur les monuments… Le départ et le retour se font à proximité de la Tour Eiffel, et le circuit vous emmène jusqu’à l’institut du Monde Arabe, peu après le Pont Marie. Le clou de la visite, c’est évidemment l’île de la Cité : vous jouissez de vues inoubliables sur Notre-Dame, et pour moi, cela justifie en soi la visite. La lumière dorée de la fin du jour sur la majestueuse cathédrale, même convalescente, est d’une beauté mystique… Mais vous verrez aussi Orsay, la Conciergerie, l’Académie française, le Louvre, et toutes les merveilles que Paris a jugé bon de placer en bord de Seine. J’ai pu réserver en ligne deux coupes de champagne, ce qui confère un petit côté chic à l’expérience, et donne l’impression d’un plus grand parisianisme 😉 J’ai souvent fait ce tour, mais je ne m’en lasse pas : Paris depuis la Seine, cela reste une vision intemporelle et exquise.
Visiter le palais Garnier
C’est une visite que j’avais faite à l’été 2018 dans le cadre d’un escape game consacré au Fantôme de l’opéra, mais Musement la propose aussi : découvrir les coulisses d’un des plus beaux monuments de Paris, l’opéra Garnier. Plusieurs éléments sont absolument iconiques, comme le Grand foyer avec ses airs de galerie de glace, ses immenses chandeliers et son plafond ouvragé à voussures, ou encore le sublime plafond de la grande salle, peint par l’immense Marc Chagall, dont j’avais découvert le merveilleux musée à Nice. J’ai eu un petit coup de cœur ésotérique pour les salons du soleil et de la lune, avec leur décoration alchimique remplie de symboles et d’énigmes, truffée de chauve-souris et autres salamandres. Encore une fois, il s’agit d’une création de ce merveilleux 19e siècle, passionné par les secrets du monde et des cœurs humains, et dont l’art ne connaît que la démesure… Garnier me fascine, avec ses mille recoins et ses détails qui ne se révèlent qu’à l’observation attentive.
Garnier vu depuis la terrasse des galeries Lafayette
J’aurais encore aimé découvrir ou redécouvrir d’autres incontournables parisiens : je rêve de retourner au Louvre, d’aller à la Sainte Chapelle, ou encore de monter au sommet de l’Arc de Triomphe – autant de choses qui sont également possibles sur Musement. Il faut utiliser ce site comme un catalogue d’activités excitantes à découvrir à Paris et ailleurs. Et vous, quels sont vos incontournables parisiens préférés ?
Merci à Musement et à Vedettes de Paris pour ces jolies expériences !
Pourquoi venir visiter la Drôme en hiver ? Pour l’or noir du pays, la truffe, dont la Drôme est le premier producteur français. A l’occasion des journées de la truffe à Valence, voici quelques idées pour savourer le plus raffiné et délicieux des champignons dans son pays natal, pour un beau voyage gastronomique d’hiver dans ma Drôme natale. La saison des truffes court de novembre à mars, avec un pic fin janvier – c’est la période idéale pour venir les goûter toutes fraîches, tout juste sorties de terre et dans la pleine puissance de leurs arômes ! Marchés aux truffes, menus truffés dans les restaurants drômois, journées de la truffe à Valence, voici quelques idées pour un beau week-end d’hiver dans la Drôme placé sous le signe de la truffe noire !
La Drôme, premier producteur de truffe français
La truffe noire ? On l’appelle parfois « truffe du Périgord », mais en vérité, nous autres Drômois en sommes les premiers producteurs, et de loin : environ 80% des truffes noires françaises grandissent dans le sol drômois. La mystérieuse truffe est réellement la fille du terroir – contrairement à tous les autres champignons, elle ne se cultive pas, elle se provoque juste. La chance et le destin restent maîtres de son apparition, et bien qu’on puisse créer les conditions propices à son éclosion, récolter la truffe est toujours un pari, jamais une certitude. Les trufficulteurs de la Drôme planteront des chênes (et parfois, exceptionnellement, d’autres espèces comme des pins) dans le sol sec et calcaire de la région, où les étés sont arides et les automnes plus humides, et prieront les dieux des profondeurs pour que la symbiose entre les racines et le champignon se fasse. Après avoir planté un chêne truffier, il faut au moins sept années pour espérer voir pousser les truffes, ou plutôt, espérer leur présence, car la truffe ne se voit pas : elle est le seul champignon qui pousse sous terre. Pour aller la cueillir, il faudra compter sur un chien truffier(les autres techniques, le cochon ou la mouche, sont aujourd’hui beaucoup plus marginales, la grande majorité des trufficulteurs utilisent des chiens truffiers) qui détectera le champignon, et creusera pour aller le chercher.
Voilà pourquoi la truffe demeure rare : la France ne produit qu’une trentaine de tonnes chaque année. Les prix sont élevés, autour de 800 à 1000 euros le kilo, mais un particulier n’achète heureusement jamais un kilo entier de truffes : environ 7 grammes par personne suffiront pour agrémenter une omelette, un plat de pâtes ou un risotto.
Les journées de la truffe noire à Valence
Fin janvier, la ville de Valence organise sur son beau Champ
de Mars deux journées entièrement dédiées à la truffe noire. Contrôle de
qualité des truffes, marché aux truffes, marché des producteurs avec des
produits exclusivement locaux (notamment le fabuleux chocolat drômois Valrhona
– l’autre or noir du pays 😉), démonstrations gastronomiques menées par
de grands chefs, exposition pédagogique sur la truffe et sa culture,
démonstrations de chiens truffiers, menu truffe délicieux et à des prix très
abordables… il y en a pour tous les goûts. J’ai adoré voir le chef japonais
Masashi Ijichi, qui tient le restaurant valentinois La Cachette, préparer un
délicieux dessert aux truffes (et y goûter !) J’ai adoré discuter avec
les producteurs de truffe du département, qui me racontent les subtilités
du terroir : le sud de la Drôme est le terroir le plus abondant en
champignons, mais celles du nord, plus rares, peuvent être plus belles encore,
plus rondes et plus lisses. Lors du contrôle de qualité, on apprend à reconnaître
les meilleures d’entre toutes : les grosses truffes, lourdes, régulières,
lisses, qui ressemblent à de grandes perles noires. Lors des démonstrations
de chiens truffiers, j’apprends que toutes les races peuvent chercher la
truffe, et pas seulement le célèbre lagoto italien, mais combien le dressage
demande de patience et de minutie. Sur le marché des producteurs, je
redécouvre toutes les spécialités de mon département chéri, nougats,
chocolats, lavandes, miels, fromages, fruits à noyaux et autres petites
céréales de montagne. Grâce à la Cave de Tain, prestigieux vignoble
situé dans le nord de la Drôme à Tain-l’Hermitage, je découvre les accords mets-vins
entre truffes noires et précieux vins drômois – un délice. Et je me régale
du menu proposé, avec notamment une omelette à la truffe, des ravioles
(spécialité drômoise, du Royans) à la truffe, du fromage à la truffe, un sorbet
à la truffe… on ne se lasse pas 😉
Une petite visite de Valence
Profitez-en pour visiter le joli cœur de ville de Valence. Le Champ de Mars est le site le plus célèbre, avec le très beau kiosque dit des Amoureux qui donne une touche délicieusement rétro à la ville. Mais il faut aussi faire un tour à la cathédrale, qui contient le cœur du pape Pie VI mort ici en captivité en 1799 dans des circonstances douloureuses, et est empreinte de solennité lumineuse. C’est à cause des gardes suisses du pape martyre que la pâtisserie emblématique de Valence est le suisse. Perdez-vous dans les ruelles, découvrez le beau monument dit du Pendentif, les traboules et arrière-cours à la lyonnaise, ou encore la sublime Maison des têtes avec sa façade entièrement sculptée. Il me faudra revenir pour visiter le musée de Valence et son belvédère avec vue sur le Vercors. Mais ce que j’ai préféré à Valence, ce sont les places baignées de lumière, l’ambiance déjà méridionale : quelques kilomètres plus bas, au sud de la Drôme, commence ma belle Provence.
Un cours de cuisine chez Anne-Sophie Pic, option truffe
Anne-Sophie Pic ? Vous avez sans doute déjà entendu parler de la célèbre chef triplement étoilée, issue d’une famille de dieux des fourneaux puisqu’elle-même fille et petite-fille de chefs étoilés. La maison Pic est une institution valentinoise aux multiples déclinaisons. Outre le restaurant gastronomique 3* où je rêve de dîner un jour (tous ceux qui ont eu cette chance me racontent un repas certes cher, mais inouï, inoubliable), on trouve à Valence le bistrot Pic, le Daily Pic (du snacking raffiné en bocaux), l’épicerie fine Pic, et donc l’école de cuisine Scook, où j’ai eu la joie de participer à un cours. Je vous le recommande chaleureusement, non seulement pour les techniques que vous découvrirez, mais aussi et surtout pour la personnalité du chef formateur qui guide les ateliers, Bastien Leroux. Passionnant, pédagogue, intarissable, il est un puits de connaissance et la conversation avec lui m’a captivée. J’ai compris en l’écoutant ce qui se cache derrière un restaurant 3*, l’ampleur du travail et le degré de technicité exigé, pourquoi il y a plus de 20 cuisiniers qui s’affairent aux fourneaux pour 45 couverts, pourquoi les postes sont répartis avec un tel degré de spécialisation (on trouve par exemple un maître saucier, qui s’occupe exclusivement des sauces)… J’ai mesuré l’ampleur de mon ignorance en matière de haute cuisine, et combien un plat en apparence simple, un chapon aux truffes accompagné d’un risotto aux truffes, recèle de secrets et de technique. (S’il s’agissait d’un examen, j’aurais été recalée dès la première étape, le découpage expert des oignons !) En toute sincérité, mes connaissances en cuisine sont trop faibles pour que je sois capable de reproduire la recette, bien que je sois partie avec son déroulé, mais j’ai trouvé l’expérience hautement instructive et agréable, et je ne doute pas qu’un cuisinier plus aguerri que moi puisse en tirer parti – avec moi, on part de très loin.
Le cours auquel j’ai participé coûtait 90 euros, ce qui comprend 1h30 de cuisine et 30 minutes de dégustation du plat préparé (un régal !), et cela les vaut très largement. Vous avez également des formules d’1h30 à 65 euros. Les cours varient en fonction des produits de saison et des occasions ; pour la truffe, il faudra bien sûr viser l’hiver. N’hésitez pas à offrir un tel cours en bon cadeau à vos proches, mais attention, réservez très longtemps à l’avance, ils sont pris d’assaut !
Le marché aux truffes de St Paul Trois Châteaux, en Drôme provençale
Si vous passez par le sud de la Drôme, ne ratez pas le marché
aux truffes qui se tient tous les dimanches pendant deux mois d’hiver à St
Paul Trois Châteaux. Nous sommes ici au cœur de la région la plus truffière de
France, et c’est l’endroit idéal pour acheter la truffe au meilleur prix possible,
bien loin des prix parisiens (et bien sûr, avec une préservation totale des
arômes – la truffe fraîche sera toujours infiniment supérieure à la truffe
congelée, ou à l’huile de truffe qui ne contient que des arômes et non le
champignon lui-même). Passez aussi faire un tour à la Maison de la truffe de
St Paul Trois Châteaux, ouverte toute l’année et musée passionnant du
champignon précieux !
Vous préparerez ensuite vous-mêmes vos truffes chez vous.
Suivez les conseils que Bastien Leroux nous a donnés : la truffe se marie
à merveille avec des plats simples, qui n’écrasent pas son goût, et avec
des corps gras, à qui elle va transmettre tous ses arômes. Mélanger des
morceaux de truffe à des œufs, du beurre ou de la crème 12h avant de commencer
la préparation du plat, c’est le secret du bonheur. La truffe est donc parfaite
avec une omelette, un risotto, des pâtes… Utilisez la moitié de votre portion
de truffe en petits morceaux dans le corps gras, et gardez l’autre moitié pour
la placer directement dans votre assiette. Attention, la truffe ne se cuit
pas très chaud : une température supérieure à 60 degrés détruira ses
arômes.
Une journée truffe en Drôme provençale
A Réauville en Drôme provençale, la trufficultrice Virginie Simian vous propose une « journée truffe» avec une découverte des marchés, une visite complète de son exploitation dont un cavage (où vous irez chercher les truffes, les sortir de terre, les déguster on ne peut plus fraîches en direct sur l’exploitation), et un déjeuner truffe, pour 56 euros par personne. Je n’ai pas encore eu l’occasion de tester, mais je connais depuis longtemps Virginie et son enthousiasme communicatif, sa passion pour son métier et pour notre région.
Où manger des truffes dans la Drôme ? Les restaurants
Ma liste est bien évidemment très, très loin d’être
exhaustive : beaucoup de restaurants drômois mettent la truffe au menu en
hiver. Mais voici quelques idées pour des échappées culinaires délicieusement
truffées. Les restaurants suivants proposent des « menus truffe »
durant la saison hivernale, de décembre à début mars.
Haute gastronomie : les étoilés
Restaurant Anne-Sophie Pic, Valence, couronné de
3* au guide Michelin. L’incontournable, le mythique, le merveilleux !
La Cachette, Valence, 1* Michelin, où le terroir
drômois rencontre la cuisine japonaise avec délicatesse
Michel Chabran, Pont de l’Isère, 1*
Michelin : probablement le restaurant drômois qui met le plus la truffe à
l’honneur, et la place au cœur de ses menus tout l’hiver
Le Clair de la plume, Grignan, 1* Michelin. Une
institution provençale dans un site classé parmi les Plus beaux villages de
France, un resto follement romantique.
Haute gastronomie : d’autres petites perles
Le domaine du Colombier, Malataverne. Il a perdu son étoile Michelin cette année, mais je reste très attachée à ce restaurant gastronomique délicieux et dont le cadre est de toute beauté.
Le Poème de Grignan, Grignan. J’aime beaucoup ce restaurant gastronomique en cœur de village, et tout particulièrement leur menu truffé.
Le Moulin de Valaurie, Valaurie. J’aime beaucoup ce restaurant situé dans un jardin magnifique au cœur des lavandes.
Au quotidien : gastronomie plus abordable
Ils vous permettront de déguster
la truffe à des prix plus doux, et sont tous signataires de la charte de
qualité du marché aux truffes de Saint Paul Trois Châteaux. Si j’ai
sélectionné uniquement des restaurants situés au sud du département, en Drôme
provençale, c’est parce que je vis ici et que je les connais bien : ce
sont les restos où je vais souvent, entre amis, en famille, en amoureux, depuis
des années.
Le Bistrot du Colombier, à Malataverne, la version plus abordable et très séduisante du restaurant gastronomique, dans le même cadre idyllique.
La Ferme Chapouton, à Grignan, ou le Clair de la plume version bistronomique. J’ai adoré leur spécialité truffée de l’an dernier.
Les Buisses, à St Restitut. Mon resto fétiche pour les dîners entre copines, un cadre merveilleux et un peu sauvage au cœur de la Drôme provençale.
L’Absinthe, à La Garde Adhémar. Le restaurant où j’emmène toujours les invités de passage dans la région, car il est idéalement situé sur la merveilleuse place principale de La Garde Adhémar, village classé parmi les plus beaux de France, et que son rapport qualité prix est imbattable.
L’Entre Deux, à St Paul Trois Châteaux. Mon resto fétiche à St Paul, un vrai coup de cœur pour la beauté du cadre sous le saule pleureur, la créativité des menus et le rapport qualité-prix.
D’autres idées de visite dans la Drôme en hiver
Parce que mon beau département se savoure en toute saison, voici deux autres idées pour réussir votre séjour hivernal dans la Drôme : – partir dans le Vercors sud, explorer en raquettes les alpages de Font d’Urle, devenir musher sur le plus grand parcours de chien de traîneau d’Europe et dormir dans une kota finlandaise dans la solitude des forêts : le Vercors drômois, c’est la grande aventure – retrouver la chaleur dans une serre tropicale fabuleuse peuplée de plantes exotiques, d’oiseaux colorés et… de reptiles par centaines : bienvenue à la Ferme aux crocodiles de Pierrelatte, où vous trouverez, outre les crocodiliens, serpents et tortues. L’hiver est ma saison préférée pour la visiter, car la température de la serre est très agréable et les visiteurs plus rares – vous aurez tout le loisir d’observer tranquillement les animaux.
Alors, la Drôme en hiver, ça vous tente ?
Chiens de traîneau à Vassieux en Vercors
Merci à l’office de tourisme de la Drôme et à la ville de Valence pour l’invitation aux journées de la truffe ! Toujours aussi heureuse de parler de mon département chéri.