Provence, ma maison, ma terre promise, je n’aurai pas assez d’une vie pour t’aimer, t’explorer et raconter tes mille visages ! A l’occasion de la sortie de mon essai Provence, Les sillons du soleil dans la collection L’Âme des peuples, je suis heureuse d’évoquer toute la passion que m’inspire mon pays natal. Frédéric Mistral disait que « quand le bon Dieu vient à douter du monde, il se rappelle qu’il a créé la Provence », et vous me permettrez de le rejoindre dans son chauvinisme régionaliste : c’est à mes yeux le plus beau pays du monde. Et je suis aujourd’hui ravie de vous présenter mes plus beaux coins de Provence.

J’ai eu moi aussi le grand bonheur de naître en Provence, et de grandir sur un plateau calcaire où poussent les chênes et le thym, où mon enfance fut gorgée de soleil et d’été. Après quelques années d’éloignement, je suis revenue m’y établir. Si mon métier m’emmène jusqu’au bout du monde, et que j’ai follement aimé les volcans d’Hawaï, les glaces du Groenland ou les cités bleues d’Ouzbékistan, mon cœur reste profondément enraciné dans les cailloux blancs et les cépages noueux de ma Provence. J’y suis née, j’y bâtis ma vie, et puisqu’un jour il faudra mourir, j’espère mourir ici, de préférence centenaire et riche d’une longue vie au soleil du midi. « Pour tous ceux qui l’habitent, la Provence relève de l’évidence », c’est sur ces mots que s’ouvre mon essai.
Je vous raconte ce livre qui me tient à cœur, et j’aurai aussi plaisir à évoquer mes plus beaux coins de Provence.


Mont Ventoux et oliviers 
Sauge sur le plateau de Valensole
Mon livre sur la Provence : Provence, Les sillons du soleil
Peut-être connaissez-vous déjà la collection L’Âme des peuples, aux éditions Nevicata ? Ce sont de petits livres d’une centaine de pages, au prix fixe de 9 euros, qui proposent de donner au voyageur les clefs d’un pays ou d’une région, et d’entrer au cœur de son identité. Il ne s’agit pas d’un guide de voyage (vous ne trouverez pas de photos, pas de bonnes adresses ou de suggestions d’itinéraires), plutôt d’une invitation à plonger dans l’âme d’un territoire. Dirigée par Richard Werly, cette collection née en 2013 est régulièrement saluée pour la qualité de ses titres – comme ici par Telerama – et ce fut pour moi un grand honneur et une vraie joie de la rejoindre.
Voici donc le bébé, sorti en mai 2019, Provence, Les sillons du soleil :

« La Provence se joue des frontières. Elle bute sur le Rhône, rebondit sur les Alpes, se déverse dans la mer. Cette radieuse méridionale, où le soleil abrège l’hiver, a toujours semblé être le versant heureux d’une France inquiète.
La Provence est pourtant bien autre chose. Elle est culture, traditions, pierres rugueuses et hivers brumeux. L’âme de la Provence est un voyage en soi. Il impose de fixer la montagne Sainte-Victoire et de contempler, haut perchés, les villages forteresses qui disent combien cette terre fut convoitée et parvint à résister.
Ce petit livre n’est pas un guide. C’est un décodeur. Il dit ce qu’est la Provence ordinaire comme celle des poètes. Il dit la fécondité de ses sentiers. Parce qu’en Provence, le grain que vous semez, voyageur ou pèlerin, fleurit toujours ensuite dans votre cœur.
Un grand récit suivi d’entretiens avec Jean Guyon (La Provence a été façonnée par l’Antiquité tardive), André Gabriel (Ce que Frédéric Mistral a fait pour la Provence est inouï et unique) et Sandrine Krikorian (L’identité provençale est en pleine métamorphose).»
Comme toujours dans l’Âme des peuples, le grand récit d’ouverture est suivi de trois entretiens avec des spécialistes capables d’apporter un autre éclairage sur la Provence. Historien et archéologue, Jean Guyon nous raconte les origines de la Provence, entre Grecs, Romains et premiers chrétiens. Musicien et félibre (*défenseur de la langue d’oc), André Gabriel évoque l’âge d’or médiéval de la Provence, et la renaissance de la langue provençale grâce à Frédéric Mistral. Historienne et spécialiste de la gastronomie provençale, Sandrine Krikorian nous parle de l’agriculture, des plats emblématiques de la Provence et des métamorphoses de son identité.
Amoureux ou curieux de la Provence, j’espère de tout cœur que ce petit livre couleur lavande saura vous séduire.
Si vous souhaitez acheter Provence, Les sillons du soleil…
Le livre coûte 9 euros, sur toutes les plate-formes : L’Âme des peuples a vocation à rester une collection accessible et abordable. Si vous souhaitez acheter ce petit livre, ce qui me fera évidemment très plaisir, plusieurs solutions s’offrent à vous :
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Et permettez-moi de continuer maintenant cette déclaration d’amour en évoquant les plus beaux coins de Provence à mes yeux.

Provence, je t’aime : mes plus beaux coins de Provence
Les îles de Provence : Frioul, Îles d’Or, Embiez, Lérins…
« Abordons la Provence par la mer, comme le firent autrefois les marins grecs venus fonder des colonies sur ses rivages amènes. Baignée par les eaux généreuses de la Méditerranée, la Provence fut la terre promise de nombreux navigateurs, un pays conquis à la rame et à la voile. En nous rapprochant des côtes, ce sont les îles que nous voyons en premier. Plusieurs archipels sentinelles gardent le littoral provençal ; ce sont autant de petits mondes qui semblent concentrer tous les rêves et les mythes associés à la région. » Provence, Les sillons du soleil

Je suis folle amoureuse des îles de Provence, des petits morceaux de Méditerranée éternelle, préservés de l’urbanisation et de la modernité. L’eau y est plus vive qu’ailleurs, la roche plus éclatante, les cigales chantent plus fort dans les oliveraies et les vignes que les Grecs ont autrefois plantés, comme pour ajouter la Provence à leurs archipels homériques.

Face à Marseille, ce sont les îles du Frioul et de Riou, confettis de calcaire blanc étincelant, comme arrachés aux calanques qui les dévisagent.

Face à Hyères, ce sont les îles d’or, que la légende décrit princesses changées en îles par un sortilège : Porquerolles la blonde, où on trouve les plus belles plages de France, Port-Cros l’épineuse et sauvage, intégralement préservée et furieusement littéraire, et Le Levant la naturiste, où on peut jouer à se prendre pour Adam et Eve.



Il me reste désormais à retourner, pour les photographier sous leur plus belle lumière, aux îles des Embiez, face à Six-Fours-les-Plages, où le soleil fait fleurir la vigne et le sel, et aux îles de Lérins, face à Cannes, où l’ermite mystique Saint Honorat a créé au Ve siècle le berceau mythique de la chrétienté provençale dans le plus beau cadre qui soit. Je rêve d’un bateau rien qu’à moi et d’une semaine à explorer les îles de Provence, sans plus jamais toucher la côte…
Les calanques de Cassis, de la Côte bleue, de l’Estérel
Alors que la Méditerranée incarne la douceur et la beauté riante, la côte provençale semble être l’enfant terrible de quelque conflit millénaire avec une mer déchaînée. Falaises abruptes, criques découpées, roches suspendues, il a fallu inventer un mot pour les nommer : la calanque. Le mot vient du provençal calanca et désigne ces baies si particulières du sud de la France, creusées dans la roche, arrachées au calcaire, où la mer s’est frayé de haute lutte un chemin dans la muraille minérale. Les plus célèbres calanques, ce sont bien sûr celles de Marseille et de Cassis. Je les aime à la folie. En Vau, Sormiou, Sugiton, Morgiou… autant de citadelles de la magie, forteresses de dentelle blanche où les pins funambules viennent se pencher au-dessus de la mer turquoise. Impossible de vivre une vie humaine toute entière sans les avoir vues au moins une fois – c’est la quintessence de la beauté sur Terre.


Mais n’oublions pas les calanques de la Côte bleue, à l’ouest de Marseille, en direction de Martigues, où la ligne de chemin de fer vient survoler les criques et les ports de pêcheurs.

La Côte bleue
Et n’oublions pas, surtout, les calanques rougeoyantes de l’Estérel, autour d’Anthéor, où le contraste entre les azurs et émeraude de la mer et du vermillon des porphyres dessine un décor en Technicolor. C’est notre Far West à la française.

Les villages perchés de Provence
Le Moyen-Âge en Provence est celui de la féodalité bouillonnante. Après des siècles de paix et de négoce antique, où les villes romaines s’étaient établies le long du Rhône et des rivages de la Méditerranée, le Moyen-Âge découvre la guerre perpétuelle : incursions ennemies, luttes entre seigneurs rivaux. Alors les villages remontent sur les collines.
« Cette dureté est le résultat d’une histoire âpre et tourmentée. La beauté de cette Provence de villages perchés et fortifiés, on la doit à la terreur inspirée par les invasions barbares, les pirates maures et les seigneurs fâchés avec leurs cousins rivaux. […] D’innombrables lieux disent l’histoire de ces siècles périlleux : les éperons rocheux du Var auxquels s’accrochaient des châteaux – Callian, Castellane, Mons, Seillans, Grimaud – ainsi que des dizaines d’autres villages du Verdon, du pays de Fayence et de l’Argens ; les hameaux du Barroux et de la Roque-Alric au pied des dentelles de Montmirail, ou encore bien sûr les célèbres villages perchés du Luberon, Gordes, Oppède-le-Vieux, Bonnieux, Saignon ou Lacoste… » Provence, Les sillons du soleil




Moustiers-Sainte-Marie 



Les montagnes mythiques de Provence
Ne l’oubliez pas : la Provence est montagneuse, rocailleuse, hérissée d’Alpes et d’autres montagnes emblématiques.
« En dehors de la vallée rhodanienne, des rivages de la Méditerranée et des plaines marécageuses de la Camargue et de la Crau, presque toute la Provence est une terre montagneuse. Elle a ses sommets emblématiques, notamment le Mont Ventoux, géant chauve et pâle où les vents pulvérisent tous les records de vitesse et dont Pétrarque fut le premier à tenter l’ascension. Ou encore la Sainte-Victoire, montagne magique immortalisée mille fois par Cézanne, où la croix de Provence qui la surplombe semble toujours accrocher un rayon de soleil, même au cœur de l’orage. Cette Provence intérieure, celle des Alpes, des Baronnies, du Verdon, des Monts du Vaucluse, du Luberon, des Alpilles et de la montagne de Lure, est glaciale en hiver, battue par les vents, en lutte perpétuelle avec la pente, le gel et les inondations soudaines des rivières capricieuses coulant au milieu des pierriers. » Provence, Les sillons du soleil




La haute Provence, ses sources et ses arrêtes
Connaissez-vous la citadelle de Sisteron, éperon imprenable qui se darde au-dessus des eaux mélangées de la Durance et du Buech ?
Connaissez-vous Nyons, son pont romain, ses oliveraies et son clocher de dentelle romantique ?
Connaissez-vous Entrevaux, autrefois frontière du royaume de France, forteresse des Alpes ?
Connaissez-vous Forcalquier, où les Provençaux refusant l’allégeance au roi de France ont livré une terrible ultime bataille ?
Je voudrais vous parler de toutes les gorges secrètes de la haute-Provence, celles de l’Eygues, de la Nesque, du Toulourenc, de l’Estéron ou de la Méouge. Je voudrais vous parler des oliveraies immenses de Lurs, des pénitents des Mées, des créatures étranges que l’érosion dessine dans les Alpilles. Je voudrais vous parler de la géologie incroyable de la haute-Provence, de la dalle aux ammonites de Digne et des roches de Sisteron.
Je voudrais vous parler des lacs de la Haute-Provence, Esparron, St Julien, Serre-Ponçon, façonnés par la main de l’homme pour apprivoiser l’eau impétueuse dans ces terres oscillant toujours entre aridité et inondation.
Il y a toute une haute Provence secrète et méconnue, où les routes sont longues et sinueuses, où les moutons héritiers d’un pastoralisme millénaire sont les seuls à affronter les sommets, à la merci des loups qui reviennent, où l’accent des paysans résonne encore dans les gorges de calcaire.












« La Provence que j’aime tant est celle combes et des cailloux, cousue des mille recoins de sa géographie accidentée où les millénaires ont creusé leur sillon patient. » Provence, Les sillons du soleil
Les gorges du Verdon
Impossible de parler des gorges de la Haute-Provence sans évoquer sa merveille, son joyau, son grand canyon : les gorges du Verdon. Il m’est difficile de citer les incontournables absolus de la Provence, autant demander à une mère de choisir parmi ses enfants, mais si on m’y force, je vous dirais : les calanques de Marseille et Cassis, et les gorges du Verdon.
Véritable forteresse minérale, le Verdon est le cœur secret de la Haute-Provence. C’est un monde de splendeur et de vertige, où les villages et les vautours se nichent au creux des falaises et où les rivières revêtent un bleu surnaturel qu’on croyait ne voir qu’en rêve. Je ne connais rien de plus beau que le Verdon, dont la couleur est si vive qu’on y croit jamais jusqu’à l’avoir vue de ses propres yeux, serpentant au fond du plus profond canyon d’Europe – 700 mètres de vide abrupt à son point culminant – avant de se jeter dans le lac de Sainte Croix, qui ressemble très exactement à l’idée que je me fais de la liquéfaction des pierres précieuses : une piscine d’émeraude et de turquoise.




Les champs de lavande, emblème de la Provence
Pour Jean Giono, elle était l’âme du pays, et il disait qu’ « il suffit d’un bouquet de lavande pour qu’il vous soit parlé – et en un langage d’une étrange densité – de ces libertés essentielles qui sont le charme de ces terres de Haute-Provence ». Image de la Provence éternelle, la lavande n’a en réalité été cultivée sous cette forme que depuis les années 1900 – auparavant, elle poussait à l’état sauvage, et les paysannes de Grasse la cueillaient en surveillant les troupeaux. La vision des lavandes épousant les courbes des collines dans un océan de violet frémissant, sur le plateau de Valensole, dans les Baronnies, à Sault, à Sénanque, est en vérité une image récente, mais qui incarne désormais à nos yeux le miracle de la Provence, cette alchimie accomplie entre douceur et âpreté, Alpes et Méditerranée, ombre et fournaise…

Drôme provençale 
Valensole. 
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Je n’oublie pas les autres fleurs magiques de Provence : les tournesols si chers à Van Gogh, comme autant de soleils jetés sur la terre du midi, la rose qui fit la fierté et la richesse de Grasse, et la sauge, qu’on voit désormais de plus en plus souvent colorer d’un rose délicat le plateau de Valensole.






N’oublions pas non plus l’olivier, arbre éternel de la Méditerranée, le tilleul des Baronnies, et les genêts qui couvrent d’or les collines…

Oliviers de Moustiers Sainte Marie. Photo Marion Carcel, La faute au graph 
Genêts de Moustiers. Photo Marion Carcel, La faute au graph 
Roses anciennes à Moustiers 

A Venterol, lavandes, vignes, oliviers et tilleuls

La Camargue, notre Atlantide provençale
Le marquis de Baroncelli disait de la Camargue qu’elle était une Atlantide retrouvée : une terre perdue au milieu des eaux, perpétuellement embrassée par le delta du Rhône et les contours mouvants des marécages, où perdurent des traditions ancestrales. C’est le pays des chevaux blancs, des taureaux conduits par les gardians et des flamants roses s’envolant dans le couchant que décuple le miroir des marais. La Camargue est rude, sauvage et incroyablement vraie : on vit ici chaque jour avec les chevaux, les taureaux et les saintes de Provence, c’est un engagement quotidien qui va bien au-delà du folklore. La Camargue fait bien partie de la Provence, mais si j’en parle peu dans mon livre, c’est que ma mère, la géographe et romancière Sylvie Brunel, lui a consacré un autre titre de la collection : Camargue, Crin-Blanc et ses légendes. Si vous voulez faire un joli doublet avec la Provence, sachez qu’il coûte lui aussi 9 euros (comme tous les titres de la collection) et qu’il est passionnant ! Vous y découvrirez l’histoire, la culture et l’identité si singulière de cette Camargue sculptée par les eaux et la passion des hommes qui l’aiment.




J’espère avoir su vous donner envie de prendre la route sur les chemins fleuris et ensoleillés de ma belle Provence, et peut-être de prendre avec vous dans vos valises mon Provence, Les sillons du soleil, à lire sous un olivier dans la chaleur d’août…

Je n’ai pas fini de vous parler de ma Provence adorée, de mes plus beaux coins de Provence et de mes passions méridionales, n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter.




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