Le Salon des blogueurs de voyage ? Tous les ans, c’est un rendez-vous majeur pour la communauté des blogueurs. Fin avril, vous avez sans doute vu passer le hashtag #WAT18 sur vos réseaux sociaux, accompagné de photos de blogueurs sautant à l’élastique ou faisant la chenille dans le sud de l’Aveyron. C’est parce que cette année, le Salon des blogueurs de voyage avait lieu à Millau et c’était une très, très belle expérience. J’avais envie de vous raconter pourquoi je vais au Salon des blogueurs de voyage, pourquoi j’y suis attachée, et ce qu’il révèle sur l’évolution du métier de blogueur.
Commençons par une petite définition des termes : le Salon des blogueurs de voyage, qu’est-ce que c’est ? C’est un évènement qui rassemble chaque printemps la communauté des blogueurs et facilite la rencontre avec les professionnels du tourisme souhaitant travailler avec eux. Chaque année, le salon a lieu dans une ville différente, et les blogueurs sont invités à vivre différentes expériences touristiques mettent en valeur la région qui les accueille. L’évènement dure quatre jours en tout : deux jours de « blog trip » (voyages entre blogueurs) dans la région qui accueille l’évènement, deux jours de salon avec rendez-vous professionnels. Des offices de tourisme, des hébergeurs et d’autres marques viennent présenter leur destination et leurs produits, les blogueurs prennent rendez-vous avec eux pour leur soumettre des projets. De nombreuses conférences, fêtes et remises de prix sont organisées, l’évènement est extrêmement dense, riche et festif. Pourquoi ce hashtag, WAT18 ? Parce que l’organisateur est la société We Are Travel, fondée par Xavier Berthier. Ce salon des blogueurs de voyage est l’unique évènement de ce genre dans le monde francophone (il existe des équivalents notamment dans les pays anglophones et germanophones) et en cinq ans d’existence, il a vite su s’imposer comme un rendez-vous majeur.

Pourquoi y aller, pourquoi y suis-je attachée ?
Le Salon des blogueurs de voyage :
pour une professionnalisation intelligente du métier de blogueur
Disons-le tout de suite : le WAT est un salon professionnel, c’est d’ailleurs pour cela qu’il a lieu en semaine. Cela ne fait qu’acter la mutation profonde du blogging. Il y a une dizaine d’années, les blogs étaient plus artisanaux, plus privés. On les ouvrait avant tout pour raconter ses vacances ou son tour du monde à ses proches, sans autre ambition que le partage personnel. Ce type de blog existe bien sûr toujours, et a toute sa place, mais la tendance à la professionnalisation est indéniable. Pour beaucoup d’entre nous aujourd’hui, être blogueur de voyage signifie un investissement en temps, en matériel, en énergie et en compétences considérable, qui suppose qu’on s’y consacre à plein temps. Les destinations et les marques l’ont bien compris et font de plus en plus appel aux blogueurs pour leur communication et leur création de contenu. C’est quelque chose dont j’ai déjà souvent parlé sur ce blog, notamment ici (« Peut-on vivre de son blog de voyage ? ») et ici (« Les influenceurs, une bulle qui va éclater ? »). Bien sûr, cette transformation ne se fait pas sans interrogations. Les blogueurs ont eu du succès justement parce qu’ils n’étaient pas institutionnels, pas formatés, qu’on trouvait chez eux une fraîcheur et une spontanéité qui permettaient de mieux s’identifier à eux – comment assumer la professionnalisation sans perdre la confiance de son public ?
Dans mes précédents articles à ce sujet, j’évoquais quatre dangers principaux.
* Le danger du mensonge. Quand on cache à ses abonnés qu’un article ou un post est sponsorisé, on perd leur confiance plus sûrement qu’en assumant un partenariat intelligent.
* Le danger du mirage. Dans certains cercles, notamment ceux de la mode, de la beauté ou du lifestyle, la fascination pour les influenceurs est allée trop loin et a engendré une surenchère dangereuse, nourrie par des faux abonnés et des contrats mirifiques. Des marques ont payé des dizaines de milliers d’euros des influenceurs comptant un million d’abonnés sur Instagram, tout ça pour un retour sur investissement quasi nul. On a découvert après coup que beaucoup de ces influenceurs avaient acheté des abonnés, triché, et exigé des ponts d’or pour des résultats bien incertains. Après l’hystérie a suivi la méfiance.
* Le danger de l’exploitation. A l’inverse des influenceurs superstars qui ont obtenu des sommes mirobolantes, trop de micro-influenceurs ont été exploités par des partenaires qui refusaient de les rémunérer, et demandaient un travail énorme (création de contenu, promotion, rédaction…) sans contrepartie, arguant que le blogging se devait de rester une passion. Passion ne signifie pas travail gratuit, surtout quand on connaît le prix du matériel utilisé par les photographes et vidéastes, et le temps que demande la création de contenu.
* Le danger de l’éparpillement. Quand un blogueur commence à avoir du succès, les propositions affluent. Il faut être capable de connaître son identité et son public, de savoir pourquoi vos lecteurs vous suivent et quel type d’opérations vous correspondent ou pas. Souvent, les partenariats ratés sont dus à une déconnexion entre l’identité du blogueur impliqué et le style de produit ou de prestation mise en valeur. Cela sonne faux. Il faut savoir qui on est, et être capable de dire non à des opérations qui peuvent être tout à fait bien en elles-mêmes, mais qui ne sont pas faites pour vous.
A mon avis (et je sais que beaucoup de collègues blogueurs voient les choses comme moi), la solution pour conjuguer passion et professionnalisation sans perdre notre public passe par plusieurs choses :
* Sincérité. Sincérité vis-à-vis du lecteur : on mentionne TOUJOURS qu’un post est sponsorisé, qu’on a un partenariat avec une marque, une destination, qu’on a été invité à passer la nuit dans tel hôtel, etc. Sincérité vis-à-vis du partenaire : pas d’achats de followers, pas de chiffres truqués ou gonflés, on donne ses chiffres véritables et on l’encourage à vérifier. On se souviendra du fait qu’une opération avec une influenceuse star à un million de followers avait donné lieu à… zéro vente, et que ce qui compte, c’est moins le nombre de followers que l’authenticité de la communauté et la qualité de l’engagement.
* Utilisation intelligente des compétences du blogueur. Pour assurer leur promotion, les destinations ont en permanence besoin de contenu. Il leur faut des récits, des photos, des vidéos… Beaucoup ont compris qu’impliquer les blogueurs dans leur création de contenu était une stratégie gagnante, qui permet de faire d’une pierre deux coups : le blogueur fait la promotion de la destination auprès de sa communauté, et cède à son partenaire du contenu qui pourra être réutilisé, impliqué dans d’autres projets. On voit de plus en plus souvent des blogueurs écrire pour le site d’une destination, céder des photos, créer une vidéo, etc. Je trouve cette évolution extrêmement positive. Elle valorise le talent du blogueur, et permet de se détacher un peu de la pression du chiffre. Imaginez un blogueur qui n’aurait pas une grosse audience, mais un talent de vidéaste immense ; peu importe ses chiffres, si la destination peut acheter sa vidéo et la diffuser elle-même. Cela suppose aussi une rémunération juste : ni pont d’or, ni exploitation, mais la juste valeur du travail fourni.
* Discernement. On ne peut pas dire oui à tout, aller partout, tout accepter. Il faut choisir les projets qui nous ressemblent.

J’en reviens donc au Salon des blogueurs de voyage. Ce qui m’a infiniment satisfaite au salon, à travers les conférences données et les rencontres avec les destinations et marques présentes, c’est qu’il encourage à une professionnalisation intelligente du métier et pousse à une évolution dans le bon sens. Je voudrais rassurer ceux qui craignent que le salon les encourage à se vendre au plus offrant, à se conformer au marketing, à raboter leur identité pour obtenir plus. Se professionnaliser ne signifie pas perdre son âme. Ce n’est pas un salon du blogging business. Ce n’est pas une foire d’empoigne à qui aura les plus gros chiffres, à quel blogueur a le plus de likes sur Instagram, à quelle destination paie le plus. Ce n’est pas une cour des miracles et des mirages, où on se promet monts et merveilles. Ce salon éduque à la fois les blogueurs et les exposants aux bonnes pratiques. L’immense majorité des rencontres que j’ai faites étaient respectueuses et constructives et des collaborations ont pu être envisagées sur une base saine. J’en suis ressortie très optimiste sur l’avenir des blogs de voyage.
Pour la qualité des rencontres avec les exposants au WAT
Bien sûr, on peut monter des projets sans aller au WAT – encore heureux. Vous n’avez pas raté votre vie de blogueur si vous n’étiez pas au salon. Mais je dois dire que la qualité des rencontres m’a marquée cette année encore (et peut-être encore davantage que les années précédentes). Le climat du WAT incite à la créativité, à l’initiative, à monter des projets. Les gens sont plus accessibles, plus détendus, plus ouverts. Et surtout, le WAT est un gain de temps considérable. Vous avez devant vous des destinations qui veulent travailler avec les blogueurs, qui ont envoyé sur place la bonne personne, qui vous expliquent leurs besoins. Vous n’avez pas à chercher le bon contact, vous savez que les gens qui sont face à vous sont potentiellement intéressés et réceptifs. C’est un accélérateur de projets. Je suis en train de monter quelque chose de très spécial pour le printemps 2019 (suspense ;)) et ce salon tombait à merveille pour moi, car j’avais face à moi plusieurs personnes susceptibles d’être impliquées, en chair et en os, réunies dans un même lieu. C’est une situation rare et privilégiée.

Pour les retrouvailles et les fêtes
Plusieurs amies blogueuses m’ont dit « j’ai peur de ne connaître personne au salon ». Je voudrais les rassurer tout de suite : il est impossible de rester dans son coin au WAT, à moins de vraiment le vouloir. C’est un fabuleux rassemblement de gens qui partagent la même passion, dans une ambiance de fête, de détente, de colonie de vacances géante. Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas autant amusée. Le WAT, c’est le Club Med, c’est une macarena king size, c’est la grande récréation, c’est le bonheur. On éprouve un plaisir immense à retrouver des amis normalement éparpillés aux quatre coins du monde. Nous qui sommes des nomades, des vagabonds toujours entre deux avions, nous avons souvent du mal à nous retrouver dans la vraie vie. Chaque fois qu’on essaie de monter un apéro entre potes voyageurs, il y en a un qui est au Chili et l’autre à Budapest. Mais tout le monde (ou presque) vient au WAT. Ça resserre les liens, renforce les amitiés, crée des souvenirs inoubliables. La communauté des blogueurs est une vraie famille et je l’ai ressenti dans la joie et dans la tristesse. Dans la joie, à travers les danses endiablées, les blagues potaches, les chants débiles dans le bus, les embrassades, les selfies à 18, les défis et les délires. Dans la tristesse, lorsque l’Adonet a annoncé décerner un Clic d’or d’honneur à la talentueuse Julie Sarperi, qui avait fondé le blog Carnets de traverse et nous a quittés brutalement en décembre 2017. L’émotion était palpable…
Au Salon des blogueurs de voyage, les solitaires que nous sommes se souviennent qu’ils ne sont pas seuls.



Pour l’Aveyron : un #WAT18 monumental
Le Salon des blogueurs de voyage, c’est toujours une très belle expérience. Mais cette année 2018 en Aveyron, c’était absolument monumental. Je ressentais une joie immense à l’idée de revenir pour la 3e fois cette année au pays de l’aligot, après avoir découvert les merveilles du sud Aveyron, les sublimes villages du nord et l’Aubrac. L’Aveyron est à mes yeux un des plus beaux départements de notre pays, un concentré de France éternelle et authentique, mais qui sait aller au-delà de la carte postale pour proposer une richesse d’activités et d’expériences absolument extraordinaire. Si vous cherchez une destination à la fois sublime et exaltante, pour vous ressourcer ou pour tester mille sports et activités, foncez en Aveyron, vous ne le regretterez pas une seconde. J’ai eu un coup de cœur immense pour ce vert pays de toute beauté, suspendu entre le midi et la montagne.
Je vous en parlerai davantage dans un prochain article : chaque blogueur a bénéficié de deux jours (dimanche et lundi) pour découvrir un coin d’Aveyron, et je suis partie avec un petit groupe sympa dans l’Ouest du département, autour du château de Najac et des bastides du Rouergue. Le Salon des blogueurs de voyage permet de mettre un gros coup de projecteur sur la région qui l’accueille, et j’espère que la publicité bien méritée que nous faisons tous au merveilleux Aveyron saura vous convaincre d’y faire un tour.
Pendant le salon lui-même, la qualité de l’accueil a été extraordinaire aussi, et je veux remercier chaleureusement l’équipe de We Are Travel et tous les représentants du tourisme en Aveyron pour cette expérience folle. L’Aveyron a l’hospitalité dans le sang, et c’était quelque chose de rare et beau de voir TOUS les spécialistes du tourisme en Aveyron, les représentants de toutes les régions avec leur écharpe verte, faire la fête avec nous jusqu’au bout de la nuit, y compris le président du conseil départemental, le maire de Bozouls… On ressentait une chaleur humaine et une convivialité exceptionnelles. Je suis repartie plus amoureuse de l’Aveyron que jamais et je vais y retourner encore (c’est déjà dans les tuyaux !).


Pour les surprises et les délires : des blogueurs de voyage en folie
Voici un petit résumé de ce que nous avons vécu, afin de vous donner un aperçu de ce qu’est un WAT grandiose. A Millau, nous étions tous logés (les 250 blogueurs) au domaine de Saint Estève, un très bel ensemble de chalets locatifs avec piscine et vue sur le viaduc. Le dimanche soir, des navettes nous ont conduit vers un lieu secret pour la soirée inaugurale. Nous nous sommes retrouvés sur le fabuleux vélorail du Larzac, chemin de fer désaffecté serpentant au-dessus des viaducs du plateau transformé en site touristique d’exception, et avons pédalé comme des fous à travers les tunnels. Puis le bus nous a conduits au village médiéval de Sainte Eulalie de Cernon, où des chevaliers en armure nous ont escortés jusqu’à la place du village, qui avait été changée en fête du XIIIe siècle, avec ateliers d’arc, d’arbalète, de lutte, fontaine d’hypocras et artisanat du Moyen-Âge. La fête s’est poursuivie à l’intérieur d’une magnifique cour médiévale, avec cracheurs de feu, jongleurs et musique.





Le salon lui-même était installé au cœur de Millau, avec une partie en plein air et un joli décor champêtre, avec ballots de paille et parasols colorés. Conférences le matin, rencontre avec les exposants l’après-midi, le programme était intense, mais les soirées l’étaient encore plus. Le deuxième soir, nous sommes tous allés admirer le coucher du soleil sur le sublime viaduc de Millau, avant d’entrer dans la célèbre aire du viaduc qui est grande et belle comme une cathédrale. Après un parcours gustatif délicieux (vive l’aligot !), un groupe de rock aveyronnais, La Deryves, a mis une ambiance incroyable, c’était Johnny meets la chenille qui redémarre, Mick Jagger faisant un paquito, et on a dû nous mettre dehors de force à 1h du matin tellement on en redemandait. On avait tous des petits yeux pour le dernier jour du salon, mais l’after nous forçait à rester : la compagnie Roc et Canyon (super spécialistes des sports outdoor, je les adore depuis que j’ai fait la descente de la Dourbie avec eux) avait installé un coussin de cascadeur géant, sur lequel on pouvait se jeter depuis une plate-forme mouvante située à 6 ou 12 mètres. Ou comment finir de façon monumentale. Autant dire qu’il faudrait vraiment être le dernier des grincheux pour ne pas s’amuser au WAT et que tout le monde était conquis – je crois que les Aveyronnais se sont autant éclatés que nous. We Are Travel a un vrai sens de la surprise et du spectacle, et j’ai tellement hâte de savoir ce qu’ils nous réservent l’année prochaine…


La sélection et les prix au WAT :
une petite histoire personnelle d’échec et de victoire
A ce stade, vous vous demanderez sans doute : pourquoi n’irait-on PAS au Salon des blogueurs de voyage ? Parce qu’il faut être sélectionné. We Are Travel assume de sélectionner les blogueurs qui participent à ce salon professionnel et de vouloir présenter aux exposants (qui paient leur stand) uniquement des blogueurs ayant une certaine ancienneté, une certaine audience, un contenu de qualité, etc. La sélection s’est un peu durcie cette année : jusqu’ici le WAT accueillait deux groupes de blogueurs, les blogueurs invités (qui participaient aux blog trips et avaient l’hébergement) et les autres, et cette année We Are Travel a décidé de changer la formule et de n’avoir que des blogueurs invités, participant aux blog trips et hébergés au domaine Saint Estève. Cela correspond aussi à l’évolution du WAT, qui a lancé sa propre plateforme de mise en relation entre blogueurs et professionnels du tourisme, intitulée My Bloggers, qui ne présente que des influenceurs sélectionnés. Je suis d’accord sur le principe de la sélection et j’ai beaucoup aimé cette formule, car c’était fabuleux d’être tous ensemble, mais elle s’accompagne forcément de quelques déceptions et crève-cœurs. J’ai eu des copines refusées que j’appréciais beaucoup, qui avaient un grand talent, mais peut-être un blog encore un peu jeune, ou une audience encore un peu trop réduite… Assumer la sélection peut être douloureux et j’imagine que cela n’a pas été évident pour l’équipe du WAT non plus. Je sais que certains blogueurs refusés l’ont eu en travers de la gorge, et c’est quelque chose que je peux comprendre, car voici une petite confession : sur une précédente édition du WAT il y a quelques temps, j’avais été très blessée de ne pas faire partie des blogueurs invités. Je l’avais ressenti comme une injustice et cela m’avait touchée.
J’aurais pu me draper dans ma fierté et me dire « tant pis pour le WAT, ils ne veulent pas de moi, ils ne m’auront pas ». Mais en toute sincérité, je me serais punie moi-même, car le salon est une belle fête et une belle opportunité. Après cet échec, j’ai continué à travailler mon blog, qui était alors encore jeune, j’ai amélioré mon référencement, investi plus de temps sur mes réseaux sociaux, persévéré… j’ai fait grandir Itinera Magica et je suis revenue au WAT. Le temps a passé et cette année, j’ai reçu au WAT18 une récompense qui m’a profondément touchée. Mon blog a fait partie des 5 finalistes pour le trophée Blog Expert, avec quatre autres blogueurs talentueux, Novomonde, One day One travel, Sentiers du Phoenix et Smartrippers. Nous avons eu l’honneur d’ouvrir le salon avec des présentations de trois minutes de nos blogs sur la grande scène, avec tous les yeux braqués sur nous… un petit moment de stress, mais un beau coup de projecteur, dont j’ai été très heureuse et touchée. Le chemin continue, et ceci est un joli coup de pouce – merci ! Ne restez jamais sur un échec, les choses changent et le travail paie, j’en suis persuadée.

Je félicite chaleureusement Fabienne et Benoît de Novomonde, qui ont remporté la victoire avec leur beau blog consacré aux tours du monde et aux aventures en sac à dos, et qui viennent de sortir un livre pour aider les futurs tour-du-mondistes. Arriver à la deuxième place m’a beaucoup touchée, et j’étais ravie de partager ce podium final avec Julien de Sentiers du Phoenix, dont je suis et j’admire depuis longtemps le travail magnifique, entre aventure sauvage et ambiances mystiques. Cette récompense m’a émue.


Une profession de foi : blogueuse voyage, pour l’amour des lieux et des gens
Je voulais repartager ici le texte de ma présentation lors de l’ouverture du salon, où j’ai pu évoquer ma façon de vivre mes voyages et ce blog, Itinera Magica.
« Je suis née en Drôme provençale et j’ai grandi sur un plateau calcaire au-dessus du Rhône, traversé par des sources silencieuses et les racines des romarins. Les Romains, les Burgondes et la Marquise de Sévigné y ont vécu et y ont laissé leur trace. J’aime profondément ce pays.
Vous tous ici, vous venez de différentes régions de France et du monde. Peut-être que vous venez d’Aveyron et que vous avez grandi avec les cardabelles sur le Larzac, peut être que vous venez de Bretagne et que les grandes marées ont rythmé votre enfance, peut être que vous venez d’ailleurs, de très loin, et que vous portez ces lointains au cœur.
Mais quand vous pensez au pays qui vous a vu naître, des images et des sensations très fortes vous envahissent. Vous pensez à des paysages, à des villes, à des fêtes, à des aliments, à des personnes et à des traditions qui vous font dire : c’est ça, l’âme de mon pays. C’est ce qui le rend unique. C’est pour ça que je l’aime.
Mon blog s’appelle Itinera Magica. Cela signifie « les chemins magiques » en latin. Mon premier souci quand je parle d’un lieu, d’un pays, d’une région, d’une ville, c’est justement de comprendre et de retranscrire cette émotion qui lui est propre. Je veux comprendre pourquoi les gens qui vivent dans ce lieu y sont si attachés, ce qui le rend unique et ce qui fait qu’on l’aime. De la Provence au bout du monde, je veux célébrer la beauté, la magie et la personnalité des territoires.

Cela signifie plusieurs choses.
Je suis très attachée aux paysages, aux points de vue, parce que l’amour commence toujours par un coup de foudre, un éblouissement. Je veux des images qui restent dans le cœur.
Mais je veux aussi aller au-delà de la carte postale et parler de la culture des régions que je visite, des histoires, des livres et des traditions qui l’ont façonnée. Je veux essayer de raconter cette culture de façon vivante et accessible, afin de rendre tangible l’âme des lieux.
J’aime rencontrer des gens qui incarnent leur territoire et le font vivre. Je suis intimement convaincue du fait que le tourisme est une bonne chose, qu’il dynamise des territoires et leur permet d’affirmer leur identité. Il permet à des gens de rester vivre chez eux, dans leur pays, en l’ouvrant au monde. C’est pourquoi j’aime soutenir les initiatives qui ont du sens. Quand des gens se démènent pour ouvrir un hôtel indépendant, se battent pour conserver un musée, lancer une activité originale ou revivifier une vieille tradition, j’estime qu’ils méritent qu’on parle d’eux.
Et enfin, j’aime ce privilège qu’on a en tant que blogueur de pouvoir partager ces images, ces sensations et ces histoires avec d’autres personnes curieuses du monde. J’ai deux casquettes, je suis journaliste et blogueuse, et j’aime mes deux métiers. Mais quand j’écris un article de presse, je ne sais pas forcément comment il a été reçu. Quand j’écris un article de blog ou que je poste une photo sur Instagram, j’ai le bonheur de recevoir des réactions, des émotions, d’échanger avec d’autres passionnés qui partagent leurs souvenirs et leurs rêves. Ce réseau de personnes qui nous suivent et qui font vivre nos blogs, c’est une chance immense et cela me fait dire que dans le blogging, au fond, tout est affaire d’émotion et d’amour.
J’aime de nombreuses destinations, des plus évidentes, comme Hawaï, les Seychelles ou l’Islande, aux plus inattendues, comme par exemple la fête des géants à Douai dans les Hauts de France. A ce jour, l’article qui a eu le plus de succès sur mon blog était un article consacré à la ville de Caen. Un vrai voyageur sait aussi rechercher la beauté sur le pas de sa porte. Début avril, j’étais au Groenland, fin avril, je suis avec vous en Aveyron, et en toute sincérité, les deux m’ont autant réjoui le cœur et l’esprit. L’important, c’est l’intensité et la sincérité avec laquelle on vit les choses, et le plaisir qu’on éprouve à les partager. Je vous remercie chaleureusement de m’avoir permis d’être sur cette scène devant vous et d’être vous aussi embarqués dans cette belle aventure qu’est le tourisme. Je vous souhaite un excellent salon WAT 18. Merci beaucoup. »

Ce long article doit s’achever sur plusieurs « merci » : à l’Aveyron et à l’équipe de We Are Travel pour un salon monumental et vraiment chaleureux, aux amis blogueurs pour leur présence et leur gentillesse, et bien sûr, à toutes les personnes qui me suivent et me permettent de vivre cette belle aventure.
Rendez-vous donc à #WAT19, j’ai déjà hâte !
Bientôt sur Itinera Magica : le Groenland, la Suisse, et bien sûr l’Aveyron. N’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter !

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