Dormir dans un camp au milieu du désert Wahiba Sands et voir le soleil se lever sur les dunes, dans le silence doré.
Assister à la ponte des tortues marines sur une des plus belles plages d’Oman.
Se baigner dans une piscine à débordement au bord du vide, au-dessus du grand canyon du Moyen Orient.
Ce sont quelques-unes des expériences, luxueuses ou insolites, que j’ai eu le bonheur de vivre au sultanat d’Oman, et qui ont fait de ce voyage l’un des plus beaux de ma vie. nuit dans le désert à Oman

Après vous avoir parlé des plus beaux paysages d’Oman et des raisons pour lesquelles ce pays hors-normes mérite qu’on le découvre, je vous propose quelques coups de projecteur sur des moments et des lieux magiques.

Contrairement au précédent article, consacré à la magie d’Oman et à une vision d’ensemble du pays, cet article sera plus orienté « pratique », afin de répondre à des questions que je me posais moi-même lors de la préparation du voyage. Je vous souhaite de tout cœur de découvrir Oman !
Une nuit dans le désert à Oman
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C’était un des rêves qui avaient donné vie à ce voyage : passer une nuit dans le désert Wahiba Sands, comme au temps des caravanes et des nomades arpentant l’immensité. Mais où aller, quel camp choisir ? Comment trouver son chemin au cœur du désert ? Nous appréhendions cette étape avec un mélange d’excitation et d’angoisse… Une nuit dans le désert à Oman ? Récit et conseils pour choisir votre camp dans le désert du Wahiba Sands à Oman.

Choisir son camp dans le désert du Wahiba Sands nuit dans le désert oman
La porte d’entrée dans le Wahiba Sands est la ville d’Al Wasil, à deux heures de route au sud de Mascate.
Parce que la nuit dans le désert est un des incontournables absolus du voyage à Oman, les camps sont nombreux, et j’ai passé de longues heures à écumer les sites et les avis en ligne pour trouver celui qui nous conviendrait le mieux.
Je pensais au début aller au plus célèbre d’entre eux, le luxueux Desert Nights Camp, camp 5 étoiles de toute beauté qu’on voit souvent passer sur Instagram. Les installations semblent superbes… mais ce qui m’a dissuadée, c’est la proximité de la ville d’Al Wasil. Le même argument m’en a fait rejeter beaucoup d’autres : la plupart des camps dans le désert du Wahiba Sands sont très proches de la ville, tels que l’Arabian Oryx Camp ou le Desert Wonders Camp.
Apparemment, la proximité de la ville est particulièrement dérangeante pendant le week-end, quand les Omanais font faire la fête et du « dune bashing » (voler sur les dunes en 4×4) dans le désert. Si vous rêvez de calme, de silence, de lever de soleil mystique dans le désert, évitez absolument d’y aller pendant le week-end des omanais, soit le jeudi soir et le vendredi soir. Nous avons choisi notre nuit de séjour en fonction de cet impératif.
Et nous avons décidé d’aller au cœur du cœur du désert : au 1000 Nights Camp, à ma connaissance le camp le plus loin d’Al Wasil, à une heure de piste au milieu du désert. Mais une angoisse demeurait : comment trouver le camp ?

Accéder au 1000 Nights Camp avis camp dans le désert oman
Nous arrivons à Al Wasil à la tombée du jour et voyons avec angoisse le soleil descendre à toute vitesse vers l’horizon. On nous avait dit de rejoindre la station essence Shell d’Al Wasil, et que nous serions guidés à partir de là. Effectivement, un homme nous aborde et nous propose de nous conduire jusqu’au camp. Le tarif demandé est un peu cher : 40 rials omanais. Mais nous ne sommes pas en position de négocier. La nuit va tomber, et nous n’avons aucune idée du chemin. Nous acceptons et suivons notre guide. A l’entrée du désert, il nous fait dégonfler nos pneus. Et puis c’est parti pour une heure de piste au cœur de dunes grandes comme des raz de marées, toujours plus sombres et vertigineuses avec l’adieu à la lumière. La nuit nous enveloppe. Nous dépassons les premiers camps et continuons toujours plus loin dans le désert, sur des pistes que nous n’aurions jamais trouvées par nous-mêmes. Nous avons déjà la sensation de vivre quelque chose d’inouï, une incursion dans le secret.

Il fait nuit noire quand nous arrivons au camp, et un groupe d’hommes en tenue traditionnelle bédouine discute à la lumière des lampes. Le ciel est constellé d’étoiles et nous devinons les dunes immenses à la noirceur qu’elles projettent sur ce tissu lumineux. L’atmosphère est inouïe.

Le 1000 Nights Camp, le lieu dont tu n’aurais osé rêver camp désert oman nuit désert oman
Ma sœur et moi nous réveillerons à l’aube pour escalader la dune et voir la lumière inonder le désert. C’était un moment de pure magie. Seules, dans le silence du Wahiba Sands. C’était exactement ce dont je rêvais. Le calme et l’immensité.






Ce n’est qu’à la lumière du jour que je comprendrais vraiment à quel point ce camp est étrange et inouï.
Des oryx, des impalas et des chameaux entourent les bâtiments aux allures de fort médiéval. Deux dunes immenses encadrent le camp, situé dans une espèce de vallée entre les murailles de sable. L’eau de la piscine est d’un vert surnaturel, et je pense aux films des années 50, où des stars hollywoodiennes déchues viennent faire des overdoses au milieu de nulle part. Mais il n’y a pas de tapage et de vedettes intoxiquées. Juste d’autres touristes émerveillés par l’étrangeté, l’exotisme de cet endroit loin de tout. Le restaurant a des airs de caverne d’Ali Baba. J’ai l’impression d’avoir réveillé le génie de la lampe.





Les niveaux de confort au 1000 Nights Camp sont très variables, de la rustique « Tente Arabe » (vraiment rudimentaire) aux maisons « Ameer » et « Maisons de sable », en dur et très luxueuses. Nous avons dormi dans l’option intermédiaire : la tente « Sheikh », en toile, mais avec une salle de bain en dur… sans toit et sans eau chaude. Etrangeté de cette douche à ciel ouvert au milieu du désert. Ma tête se remplit d’images qui ressemblent à des extraits de film. Oui, ce lieu est hollywoodien. Et je vous le recommande.

1000 Nights Camp, nuit à partir de 80 euros (tente arabe), 150 pour la tente Sheikh. Au retour, nous retrouverons notre chemin sans problème, et ferons regonfler les pneus à la sortie du désert pour quelques rials.
Le plus beau cinq étoiles d’Oman ? Alila Jabal Akhdar, enchantement sur grand canyon
C’était la folie de ce séjour, la nuit hors de prix, mais impossible à regretter. Partout, j’entendais parler de l’Alila Jabal Akhdar comme d’un hôtel inouï, rare, à découvrir absolument. Un 5 étoiles d’un luxe infini, mais sans ostentation, sans aucun bling-bling, inscrit dans la plus pure tradition omanaise. La pierre, le bois, l’eau qui coule, les lampes ouvragées et les tissus précieux dessinaient une oasis au milieu de la montagne, s’intégrant harmonieusement dans le décor millénaire du grand canyon du Moyen Orient. Au bord du vide, émergeant d’un réseau de falaj et de fontaines, la piscine à débordement vous faisait flotter à fleur de falaise.
Et en effet – ce fut un des plus beaux hôtels de ma vie.






La route de montagne menant à l’Alila, autorisée aux 4×4 seulement en raison de la raideur de la pente, était un premier enchantement. Nous avions l’impression de nous préparer à un alunissage. Puis l’Alila surgit dans son décor minéral et intriqué, comme sculpté dans la matière même de l’ombre et de la lumière, et le miracle opère. Je pensais à Space oddity, cette chanson de David Bowie que j’aime tellement : « Far above the world… » L’Alila propose des cours de yoga, de méditation, des massages relaxants, et cela ne m’étonne pas du tout – moi qui avoue n’avoir aucune sensibilité aux spiritualités orientales, je me suis dit que si un lieu devait ouvrir mes chakras, ça serait bien celui-ci.



Parce que vous êtes au cœur de la montagne, au milieu de nulle part, l’hôtel vous propose automatiquement la demi-pension le soir. Etant folle des spécialités de cette région du monde, j’attendais avec impatience le repas… J’ose à peine l’écrire (par peur de vexer ma grand-mère d’origine libanaise qui cuisine divinement !), mais ce dîner était juste le meilleur de ma vie. La perfection culinaire absolue, tout en fraîcheur, créativité et respect absolu de la tradition moyen-orientale.
Bref, cet hôtel est une merveille absolue, et j’aurais voulu y passer deux semaines.
Alila Jabal Akhdar, autour de 350 euros la nuit avec dîner et petit-déjeuner.
Ras al Jinz, la réserve des tortues
C’est la pointe orientale de la péninsule, le premier endroit où le jour vient éclairer le monde arabe. Et c’est aussi le pays des tortues. Toute la région de Sour joue sur la présence des tortues vertes marines, qui viennent pondre sur les plages. Cela peut être assez déconcertant au début, car d’autres lieux, comme Ras al Hadd, jouent de façon assez mensongère sur la présence potentielle des tortues sur leurs littoraux. Ne vous faites pas avoir. En réalité, il n’y a qu’un seul endroit où vos chances d’observer des tortues sont très hautes : la réserve de Ras al Jinz, à environ 40 minutes de route au sud de Sour.
L’hôtel, qui s’appelle tout simplement Ras Al Jinz Turtle Reserve, ressemble à une carapace de tortue posée au milieu de nulle part. Aucun autre bâtiment ne l’entoure, les villages côtiers sont loin, de nouveau le sentiment de solitude est impressionnant. La plage, sublime avec ses formations rocheuses qui me rappellent l’Algarve, est à une dizaine de minutes de marche dans une vaste étendue sablonneuse aux airs de no man’s land. A Oman, on s’habitue vite à être seul dans des terrains immenses et majestueux.






Ras al Jinz, outre son centre de recherche, propose un passionnant musée des tortues et surtout, des visites sur la plage des tortues, le soir autour de 22h et le matin autour de 5h du matin. Elles sont comprises dans le prix de la chambre pour les clients de l’hôtel, payantes pour les visiteurs extérieurs – mais étant donné l’isolement de l’hôtel, loin de tout, je vous conseille vraiment de dormir sur place si vous voulez voir les tortues. Je n’aurais pas eu envie de subir 30 minutes de route à 4h30 du matin.
Les tortues pondent toute l’année, mais je sais que début décembre, nous sommes un peu dans la saison creuse. Nos chances sont relativement plus faibles. Mais le site est tellement exceptionnel que nous ne serons pas déçus : à la visite du soir, nous verrons trois tortues déposer leurs œufs dans le sable. L’effort colossal fourni par ces créatures miraculeuses et fragiles me touche profondément.


Le lendemain matin, la visite de 5h du matin est annulée : les tortues ne sont pas au rendez-vous. Je me bénis d’être allée à celle du soir. Mais je décide d’aller malgré tout sur la plage, pour assister au lever du soleil. Et c’est là que je vois un spectacle qui me brise le cœur. Les mouettes déterrent les œufs pondus par la tortue au prix de peines inouïes et dévorent les embryons. La plage est un cimetière de bébés tortues. Ce ne sont pas les humains qui sont en cause. Ce sont les mouettes, et les crabes. Il paraît que seul un bébé sur cent survivra. Malgré la splendeur du paysage, de ces monolithes dorés baignés par l’écume de l’océan Indien, j’en ai les larmes aux yeux.
Je ne suis pas experte en matière de conservation animale. Mais je ne peux pas m’empêcher de me demander pourquoi les scientifiques ne viennent pas ramasser les œufs, afin de faire éclore les bébés à l’abri. Apparemment, ils le font parfois – je verrai des bébés tortues au centre de recherche, qui venaient de naître et devaient être relâchés à la nuit, pour minimiser les risques d’attaque par les prédateurs. Mais je me dis que tant de choses s’opposent à la survie des tortues… et j’espère vraiment que les générations suivantes continueront de pouvoir les admirer.



A propos de l’hôtel de la réserve Ras al Jinz, quelque chose d’important à savoir : L’hôtel est simple, mais propre, confortable, bien chauffé, d’un standing tout à fait correct, les chambres sont agréables et on y dort bien. MAIS il faut éviter un piège. A consulter le site, on a l’impression que les « tentes éco de luxe » (pour 218 euros la nuit) sont plus haut de gamme que les « chambres standard carapace » (155 euros). Surtout, ne croyez pas avoir mieux en prenant la tente éco de luxe, restez sur la chambre carapace. La tente est située à plus de 600 mètres de l’hôtel (ce qui signifie que vous avez 1,2 km à parcourir pour aller à la visite des tortues, au dîner ou au petit déjeuner…), au milieu de nulle part, sans vue mer, et a des murs de toile qui la rendent beaucoup plus froide et moins confortable. Aucun intérêt de payer beaucoup plus cher pour avoir beaucoup moins bien. Nous avions réservé une tente, et demandé à changer pour une chambre carapace située dans le bâtiment principal – heureusement, il en restait une.
Le Shangri La Barr Al Jissah de Mascate, magnifique escapade balnéaire
Il est considéré comme l’un des plus beaux hôtels de Mascate, et j’en garde un souvenir impérissable. A quelques encablures de la célèbre corniche et des majestueux « fjords d’Arabie » qui caractérisent la côte nord de Mascate, le Shangri La jouit d’un décor unique, sur une des plus belles baies d’Oman. Encadré par des falaises de roche dorée, dans un amphithéâtre minéral impressionnant, l’hôtel déploie sa plage magnifique, ses piscines et rivières artificielles dans un jardin édénique, au milieu des palmiers et des bougainvilliers. L’architecture est saisissante et convoque tout l’imaginaire exotique de l’Arabie rêvée, et le lieu, préservé, unique, invite aussitôt au bien-être en bord de mer. C’est un hôtel à la fois romantique et familial, avec tout le luxe qu’on attend d’un Shangri La. Nous y avons fini notre séjour en beauté…






Shangri-La Barr Al Jissah Resort & Spa, à partir de 200 euros/nuit en chambre double. Piscines, toboggans, rivière à courant, salle de fitness et cours de sport, spa, plusieurs restaurants délicieux et un bar rooftop.
J’ai choisi d’organiser moi-même mon voyage à Oman, en louant un 4×4 (obligatoire pour accéder au désert et à la route de montagne) et en réservant mes hôtels individuellement, car j’avais une idée très précise de l’itinéraire désiré. Mais si vous êtes à la recherche d’une solution plus reposante et moins chère, avec un séjour ou un circuit tout inclus à un tarif intéressant, regardez les propositions de voyage à Oman avec Fram.
Ici s’achève le récit de mon merveilleux voyage à Oman. Rendez-vous très bientôt pour des aventures alpines et polaires. Inscrivez-vous à la newsletter pour ne rien manquer ?



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