La Camargue. Là où le ciel infini s’offre aux regards sans aucun obstacle, où les miroitements des étangs décuplent les rouges et les ors. Chaque fois que je viens ici, la journée s’achève en apothéose, et je me dis que les couchers de soleil sont vraiment plus intenses et spectaculaires qu’ailleurs. Je voudrais évoquer trois lieux magiques où admirer le coucher du soleil en Camargue, pour goûter au vertige de l’immensité en couleurs – et photographier les flamants roses.
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De l’évaluation mathématique d’un coucher de soleil
« Le plus beau coucher de soleil de France », c’est bien sûr éminemment subjectif. C’est l’embrasement de l’âme accordé à celui du ciel, et chacun voit crépuscule à sa porte. Si vous me rétorquiez que le plus beau de tous est à Biarritz, Paris ou Etretat, j’aurais du mal à vous contredire – les goûts et les couleurs du ciel, ça ne se discute pas. Mais la « sunset junkie » incorrigible que je suis a eu le bonheur d’en voir beaucoup, et la Camargue reste incomparable à mes yeux. C’est simple, j’y vais au moins quatre ou cinq fois dans l’année, et je n’ai encore JAMAIS eu un coucher de soleil décevant là-bas. Les teintes les plus vives et baroques, les incarnats, les cramoisis, les carmins, les pourpres, les ors, les ocres et les feux, c’est toujours en Camargue que je les ai vus se déverser dans le ciel. Afin de vous prouver le bien-fondé de ma passion dévorante pour notre petit bout du monde provençal, je vais donc tenter une démonstration mathématique de sa supériorité en matière de crépuscules.

Petit 1 : l’immensité et l’absence de relief. Partout à la ronde, aucun obstacle ne vient s’interposer entre le ciel et votre œil. La Camargue est le pays du ciel sans limite. Entre les deux bras du Rhône, c’est une terre d’étangs et de marais, de canaux et de roubines, une terre sablonneuse et plane. On ne trouve que deux bâtiments élevés dans tout le delta : le clocher de l’église des Saintes Maries, et le pigeonnier du Mas Cacharel. Partout ailleurs, c’est un infini entrelacs d’eau et de salicornes rouges, où les tamaris ont la décence de pousser bas pour ne pas obstruer l’azur, où aucun relief ne dissimule l’horizon à vos yeux. Le ciel à 360 degrés, à nu. Je crois qu’il est très rare de bénéficier d’un tel spectacle : même ailleurs en bord de mer, la vue n’est souvent dégagée que du côté du rivage, à 180° seulement. En Camargue, vous savourerez toutes les nuances du coucher, le rouge sanglant qui monte à l’Ouest, les teintes dorées au Sud et les mauves veloutés qui drapent l’Est d’une nuit précoce.


Petit 2 : l’avantage aquatique. L’eau multiplie les reflets et renvoie au ciel mille fois son visage empourpré. La Camargue, c’est le jeu des hommes et de l’eau, le dessin des marais et des roubines, les étangs d’eau douce à quelques pas de la mer salée, les deux bras du Rhône qui l’enlacent, les entrées de mer sur les plages immenses. Le marquis de Baroncelli disait que la Camargue était l’Atlantide retrouvée, une île déjà à demi maritime à l’Ouest de la Provence. Dans ce territoire suspendu au milieu des flots, les miroitements décuplent la beauté du couchant.



Petit 3 : jouer la carte aviaire. Les oiseaux. Les eaux douces de la Camargue, la culture du riz, l’immense réserve naturelle du Vaccarès, ont su créer un terrain de jeu favorable aux flamants roses, aux hérons, aux aigrettes… Les couchers de soleil sont traversés d’ailes et de plumes, comme dans un documentaire animalier sur la savane africaine. En Camargue, on est tout près et déjà si loin…

Trois lieux où admirer le coucher de soleil en Camargue
Au parc ornithologique du Pont de Gau
Où photographier des flamants roses – meilleurs spots pour voir les flamants roses camargue
C’est le plus bel endroit de France pour photographier des flamants roses. Situé sur la commune des Saintes Maries de la Mer, ce parc merveilleux est un immense havre de paix pour des dizaines d’espèces d’oiseaux. C’est un concentré de Camargue, un dédale d’étangs, de sansouïres, de roselières immenses où dansent les joncs, de petits sentiers que traversent des ragondins curieux. J’y viens presque à chacune de mes visites en Camargue, et je suis émerveillée par cette immersion au cœur du monde aviaire. Les flamants roses sont à deux pas, et jouent, se chamaillent et s’ébattent sans crainte – c’est un régal.



Infos pratiques : Le parc est ouvert tous les jours de 10h à 18h (mars à octobre) ou de 9h à 19h (avril à septembre). Vous pouvez rester après la fermeture dans le parc et sortir par les tourniquets, il vous faut juste être entré à temps. Le début de l’hiver (novembre-janvier) est vraiment la meilleure période pour les photographes. Les flamants roses font leur mue à l’automne, c’est pourquoi leurs couleurs sont beaucoup plus flamboyantes qu’en été : les plumes sont neuves, non délavées par le soleil. Et surtout, le coucher de soleil est beaucoup plus tôt, ce qui coïncide avec le nourrissage des oiseaux. Le parc nourrit les oiseaux tous les jours en fin d’après-midi (vers 16h en hiver, vers 17h30 en été). Un petit exemple : le 21 juin, le coucher du soleil est à 21h30, ce qui signifie que les oiseaux auront mangé depuis longtemps (une partie sera repartie), et vous devrez attendre 2h30 dans le parc après la fermeture. Mais le 21 décembre, le coucher du soleil est à 17h10, ce qui signifie que vous assisterez au nourrissage des oiseaux en golden hour et que vous aurez le crépuscule dans la foulée. Le rêve pour les photographes – mes plus belles photos de flamants roses, je les fais toujours en novembre/décembre au pont de Gau.





Au Mas Cacharel, l’hôtel mythique de Crin Blanc plus bel hôtel de Camargue, hôtel authentique en Camargue
Le Mas Cacharel, je vous en ai longuement parlé dans mon guide complet de Camargue : c’est un hôtel de légende, seul comme un îlot au cœur des étangs et des roseaux, où fut tourné le film Crin Blanc. C’est un véritable musée de la Camargue, et le lieu de rencontre des écrivains, des artistes et des cinéastes en quête d’un havre de paix depuis les années 1950. Sa situation est fabuleuse : vous êtes environné de chevaux et de flamants, au milieu des roselières. Les levers et les couchers de soleil sont d’une beauté presque mystique ici, avec la lumière qui s’accroche à l’étoile emblème de Cacharel, le tintement des sabots des chevaux sur le sol des marais, l’or qui se répand sur les joncs. Se réveiller à Cacharel, bercé par le chant des oiseaux et les clapotements des marais, c’est toujours la promesse d’une belle journée, et c’est ici que j’ai le bonheur de m’installer à chacun de mes séjours camarguais.
Infos pratiques : Le Mas Cacharel est situé sur la commune des Saintes Maries de la Mer, à 5km du village, sur la route de Cacharel (à qui il a donné son nom). C’est un hôtel 3 étoiles avec piscine et manade de chevaux – les promenades sont réservées aux clients de l’hôtel, et les chevaux sont excellents. Les tarifs pour une nuit commencent à 138 euros. Attention, réservez impérativement sur le site de l’hôtel Cacharel lui-même et non via une plate-forme type Booking, le prix y est plus élevé.








Sur la plage du grand radeau
Le grand radeau, c’est une des deux plages magiques de Camargue, un lieu sauvage et secret, en bordure d’une immense pinède. Son accès est difficile (voir ci-dessous) et jalousement gardé. Mais le paysage est grandiose : la mer vient mourir dans un immense labyrinthe sablonneux au bord des grands pins, se mêler à des étangs couverts de flamants roses et d’une colonie de cygnes grâcieux. L’orientation est plein Ouest, ce qui rend le couchant d’autant plus spectaculaire – les jeux de miroitement entre l’étang, les vagues et les bras de mer sont un bonheur visuel inouï.
Infos pratiques : Attention, vous ne pourrez y aller qu’en hors saison. L’été, le grand radeau est réservé aux habitants des Saintes Maries munis d’un laissez-passer, et un garde empêche les touristes d’y accéder. Mais le reste de l’année, la plage est accessible à tous, pour peu qu’on sache la trouver. Pour y aller, quittez les Saintes Maries en direction d’Aigues Mortes, bifurquez au niveau du Mas de Sylvéréal en direction du Bac du Sauvage. Une fois arrivé au Bac du Sauvage, faites demi-tour et suivez le petit chemin sur la gauche qui longe les étangs, jusqu’à la plage. Au retour, allez manger à la Cabanette du Sauvage, guingette ultra typique sur le petit Rhône qui vous donnera l’impression d’avoir gagné le Mississipi. Vous pouvez aller au grand radeau pour la journée avec les chevaux du Mas Cacharel, renseignez-vous auprès de l’hôtel si vous rêvez d’organiser une telle sortie.









Ailleurs aux Saintes Maries de la Mer
L’église fortifiée des Saintes Maries de la Mer offre une magnifique terrasse d’où vous surplombez le village, la Méditerranée, et embrasez du regard la Camargue.
Infos pratiques : L’accès coûte 2 euros. Elle est accessible de 10 à 12h et de 14h à 16h de mi-novembre à Pâques, jusqu’à 17h après Pâques, et jusqu’à 20h en été. En fonction de l’heure du coucher de soleil, vous pourrez peut-être capturer « l’heure dorée » depuis ses toits.



La plage Est des Saintes Maries est la dernière plage sauvage de Méditerranée. Des Saintes Maries à Beauduc, ce sont 20 km de plage immense et déserte, un paysage du bout du monde, couvert de dunes et de chardons. C’est la dernière plage de France où vous pouvez galoper tout votre saoul pendant des kilomètres. Je n’y ai encore jamais vu de coucher de soleil, mais j’imagine aisément que le spectacle doit être sublime, avec cet infini de dunes désertes.
Bon à savoir : Vous pouvez accéder au début de la plage en voiture, en franchissant la guérite « Plage Est » aux Saintes Maries et continuant le chemin (gratuit l’hiver, 5 euros l’été). Mais ensuite, il vous faudra continuer à pied, à cheval ou en kite-surf…
J’ai eu plusieurs fois le plaisir d’y venir avec les chevaux du Mas Cacharel. Il faudra prendre une promenade de 3h minimum. Vous traverserez les étangs pour accéder à la plage, c’est magique.
Si vous louez un vélo, par exemple au Vélo Saintois, vous pouvez rejoindre Beauduc par un chemin cyclable qui passe par le phare de la Gacholle. C’est une jolie rando, mais qui ne longe pas la plage.







Une dernière astuce pour les photographes : pour connaître les heures de lever, coucher de soleil et les « heures dorées » où la lumière est parfaite pour la photo, téléchargez l’application gratuite Golden Hour sur smartphone.

J’espère vous avoir fait rêver de Camargue, mon paradis sauvage en Provence. J’ai le bonheur d’y retourner encore et encore grâce à Florian Colomb de Daunant, le propriétaire du Mas Cacharel, qui m’y accueille toujours avec une infinie gentillesse.
Retrouvez mon guide complet de Camargue ou mon Noël en Camargue pour en savoir plus. Et n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter pour suivre chaque vendredi mes aventures, de la Provence au bout du monde !


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