Vous ne connaissez pas les Açores, ces îles portugaises au beau milieu de l’océan Atlantique ? Vous avez de la chance : une grande histoire d’amour vous attend. Encore ignorées par le tourisme de masse, méconnues en France, ces îles d’une beauté inouïe ont tout : paysages volcaniques stupéfiants, forêts luxuriantes, fleurs de toute beauté, villes baroques riches d’histoire, plages superbes. J’ai eu un coup de cœur immense pour cet archipel de légende, terre promise des marins depuis le siècle des grandes découvertes. Que faire aux Açores?



que faire aux Açores
Les îles mythiques des marins
A mi-chemin entre deux continents, perdue au cœur de l’Atlantique, les neuf îles des Açores sont une contrée d’à demi monde, un sortilège envoûtant. Les marins les ont découvertes en partant vers les Amériques, des îles sauvages et noires, à la confluence de trois plaques tectoniques : Afrique, Europe et Amériques. Personne n’y vivait, et le feu dormant éructait à la moindre brise, dessinant cratères et caldeiras. Les Açores sont l’Hawaï de l’Atlantique : une terre âpre et violente, tirée par les caprices de la Terre de l’océan insondable, à qui les marins perdus donnent le visage de leurs fantasmes.


Les brumes et les légendes des trois mondes les ont envahies. Les Européens ont cru qu’elles étaient le rebord du monde, l’ultime rebord avant la chute vers l’inconnu ; certains ont dit qu’elles étaient des morceaux d’Atlantide, vestiges d’un monde englouti par l’océan jaloux de leur beauté. D’autres ont vu en elles les neuf fées d’Avalon changées en lave, le pays des morts chanté par la mythologie celte : à l’Ouest du monde, là où le soleil disparaît sous l’horizon.

Dragons et pirates
D’Afrique et du Brésil, les marins ont rapporté la végétation luxuriante, les ananas et les dragonniers, ces arbres à l’exubérance crochue presque terrifiante, et la superstition qui affleure partout sous les églises innombrables. Les Portugais ont su en faire un pont entre l’Ancien et le Nouveau monde, un jardin de feu sur les eaux profondes. Le « peuple de la mer », acharné à conquérir le monde entier, avait trouvé son refuge, le port qui leur ouvrait la voie des ailleurs. Du monde entier, les bateaux des rêveurs continuent de faire escale aux Açores ; le port d’Horta est rempli des fresques qu’ils tracent pour commémorer leurs épopées intimes, leurs tours du monde à la voile et leurs chimères écumantes. Ici on redevient conquistador.

Pendant longtemps, les Portugais ont tenu secrète l’existence des Açores, afin de les protéger de la piraterie. Elles étaient le scintillement mystérieux dans le blanc des cartes, le trésor caché dont on ne révèle l’emplacement que par énigmes. Puis le secret s’est ébruité, et les pirates sont venus nourrir les légendes et l’effroi. Les Açores ont été une autre Tortuga loin des Caraïbes, un repaire de flibustiers aux dents longues. D’autres peuples plus pacifiques sont venus les peupler – des Portugais, bien sûr, mais aussi des Hollandais, qui y ont apporté les moulins, les vaches et le gouda. On s’est mis à planter le vin à même la lave, pour distiller le nectar des dieux.



Le feu, les fleurs et les grands yeux des lacs
Le feu continue de couver sous la mousse. A Faial, un cratère est sorti de l’eau en 1957, dessinant au terme d’une monstrueuse éruption un paysage martien. A Pico, au sommet du volcan, la vapeur chaude et les pierres humides témoignent de la respiration du géant. A Furnas, sur Sao Miguel, les sources d’eau chaude bouillonnent au cœur de la jungle.



Dans les cratères endormis, au fond des gigantesques caldeiras, les plus beaux lacs qui soient se sont formés, comme des yeux profonds ouverts par la mer au cœur des montagnes. Les iris du peuple lacustre revêtent mille teintes : bleu profond, turquoise, vert émeraude, noir de jais, brun ocré. Des chemins ourlés de bruyères transportent les voyageurs au-dessus de ces portails magiques. Du monde entier, on vient randonner aux Açores, on part pour des trails fabuleux le long des chaînes de cratères, dans un océan de fleurs. que faire aux Açores blog Açores


Car les hommes ont planté un jardin fabuleux sur la lave. Jamais de ma vie je n’ai vu autant de fleurs qu’aux Açores. Lys roses, hortensias bleus, cryptomerias jaunes, agapanthes mauves, ces créatures raffinées que je ne pensais voir que dans les jardins bien soignés, poussent à l’état sauvage, envahissent les pentes des collines, les fossés, les bas-côtés. On traverse des forêts de couleurs et de pollens, en croyant marcher dans le rêve.



Un secret qui s’ébruite
Dans dix ans, la planète entière se précipitera aux Açores. Les compagnies low-costs commencent à faire venir des vols directs depuis l’Angleterre, l’Allemagne ou la Belgique. Mais à l’heure où je vous écris, à la fin de l’été 2016, les Açores restent un diamant brut. Venez maintenant. Avant les grands hôtels, les clubs tout compris, les bus touristiques au sommet des volcans. Offrez-vous le luxe d’être pionnier.
Oserais-je vous le dire ? Les Açores sont à mes yeux plus belles encore que les Canaries, plus belles encore que le Cap Vert, plus belles encore que Madère. Au sein du groupe d’îles qu’on nomme la « Macronésie » (les îles volcaniques atlantiques, au large des côtes africaines), elles sont le joyau secret, le plus lointain et mystérieux, encore loin du monde. Pour combien de temps ? Les Açores disent qu’elles ne veulent pas devenir les Canaries, mitées par l’urbanisation sauvage, les constructions à même le littoral, le tourisme de masse. Pourvu qu’elles tiennent parole.

Carnet pratique – Que faire aux Açores
Les Açores, paradis de la randonnée
Contrairement à leurs voisines lointaines, Madère et les Canaries, les Açores restent (encore) très préservées du tourisme de masse, de la bétonisation des côtes et de l’uniformisation qui en découle. Si vous êtes amoureux de la nature et des paysages préservés, les Açores sont pour vous. Avec leurs volcans, leurs lacs somptueux et leur végétation luxuriante, c’est un paradis de la randonnée, qui se prête bien à l’organisation d’un trek. Les chemins de randonnée autour de Sete Cidades, du Lagoa do Fogo (Sao Miguel), de la chaîne des dix volcans (Faial) ou de la caldeira géante (Corvo) sont mondialement connus pour leur beauté sauvage.


Et les plages ? Les plages des Açores
Même si certaines sont magnifiques (mon coup de cœur ? Santa Barbara à Ribeira Grande, sur Sao Miguel), on ne vient pas aux Açores pour les plages. Le tourisme balnéaire n’est pas mis au premier plan, car elles sont peu nombreuses sur cette côte volcanique, si ce n’est à Sao Miguel et Santa Maria, qui comptent quelques belles plages de sable. Mais on trouve de nombreuses piscines naturelles le long du littoral, dans lesquelles les Portugais adorent se baigner.

Les Açores, pour les amoureux des cétacés
Je suis folle des mammifères marins et je ne croyais pas qu’il était possible d’en voir autant dans l’Atlantique que dans le Pacifique, devenu le véritable sanctuaire des cétacés. Les Norvégiens, les Islandais, les Danois continuent (hélas !!!) à les chasser, ce qui rend le whale watching moins spectaculaire dans les eaux du nord de l’Europe. Au Canada et à Hawaï, j’ai vécu mes plus belles rencontres avec les baleines, et je ne pensais pas que la magie se renouvellerait aussi tôt. Mais je ne connaissais pas les Açores.

Au beau milieu de l’Atlantique, les Açores, qui ont totalement cessé la chasse à la baleine depuis 1987, sont devenues le refuge des géants des profondeurs. J’ai vu trois mères cachalots avec leurs petits, un spectacle inoubliable, j’ai vu des dizaines de dauphins fuser dans les vagues – d’autres ont vu baleines bleues, baleines grises, et autres créatures rares et majestueuses. De mai à octobre environ, la qualité d’observation est exceptionnelle. Pourquoi ? Parce que les anciens chasseurs sont devenus des guetteurs, postés dans des cabanes tout le long des côtes, et dont le rôle est de prévenir en temps réel les compagnies de whale watching de la présence des cétacés. L’été aux Açores, vos chances de les rencontrer sont plus élevées que partout ailleurs dans l’Atlantique.

Par ailleurs, les anciennes industries baleinières se sont reconverties en musées, et en août a lieu un festival de la baleine qui célèbre l’histoire de l’île et l’animal désormais protégé, devenu totem et porte-bonheur.

Les Açores, le Portugal subtropical
Peut-être le savez-vous déjà : le Portugal est un des pays les plus beaux, les plus pittoresques et mélancoliques qui soient, avec ses églises baroques et ses saintes épleurées, ses chapelles ornées d’azuleijos bleus au bord des eaux plus bleues encore, sa nostalgie des grandes découvertes, ses petites rues pavées et sinueuses. Les Açores sont authentiquement, pleinement portugaises – mais sous des latitudes luxuriantes. Comment faire mieux ?


En quelle saison aller aux Açores ?
Puisque les Açores restent peu touristiques, elles sont une destination où on peut aller au plus haut de la saison, en juillet-août, où le temps sera beau et les villes animées (de nombreux festivals ont lieu à cette époque). L’été est la saison idéale pour l’observation des baleines… et des fleurs ! En juillet, la floraison des hortensias bleus et des cryptomerias jaunes est à son zénith, et l’île est un gigantesque jardin. Le climat subtropical est tempéré par les caprices de l’Atlantique : il fait doux, chaud sur les côtes, mais jamais étouffant, et frais sur les pentes des volcans. La période estivale, de mai à octobre, semble donc être le moment idéal. Si je retournais aux Açores, juillet serait mon choix.
Si vous voulez tenter les Açores hors saison : sachez qu’il ne fera pas très froid l’hiver (la température descend rarement en dessous de 10 degrés, avec des moyennes à 15 et des maximales à 25), mais qu’il risque de pleuvoir beaucoup. Le brouillard enveloppera et cachera les lacs et les volcans bien plus souvent qu’en été, et les caprices de l’Atlantique peuvent parfois paralyser les liaisons aériennes et maritimes pendant plusieurs jours. Prenez votre temps.

Se rendre aux Açores
Les Açores se trouvent à mi-chemin entre l’Europe et l’Amérique, au beau milieu de l’océan Atlantique. Aucun vol direct ne les dessert depuis la France : tous les vols, assurés par les compagnies régulières portugaises, TAP (la compagnie nationale) et SATA (la compagnie des Açores), passent par Lisbonne ou Porto. Sachez que vous avez la possibilité de choisir un « stopover » dans l’une de ces deux villes et d’y rester jusqu’à trois nuits sans surcoût. La TAP propose cette option stopover pour tous ses vols à destination de l’Afrique, du Brésil et de l’Amérique du nord. Cela peut être une belle occasion de découvrir Lisbonne, dont je suis amoureuse.
Si vous habitez Londres, Bruxelles, Munich ou Francfort, vous trouverez des vols directs vers les Açores, y compris avec des compagnies low-cost proposant des billets à des prix défiant toute concurrence.


Se déplacer aux Açores – vols et ferrys inter-îles
Les Açores comptent 9 îles, organisées en trois groupes :
– Tout à l’est, les îles orientales : Sao Miguel, la plus grande île et la capitale économique, et Santa Maria
– Tout à l’ouest, les îles orientales : Corvo et Flores
– Au milieu, les îles centrales : Graciosa, Terceira, Sao Jorge, Faial et Pico.
Au sein de chaque groupe, les déplacements inter-îles se font par ferry, via la compagnie Atlanticoline. Aller de Corvo à Flores, de Pico à Faial ou Sao Gorge, de Sao Miguel à Santa Maria, dure environ trente minutes.
D’un groupe d’îles à l’autre, il faudra en revanche prendre l’avion. C’est SATA, la compagnie des Açores, qui assure les déplacement inter-îles. Les prix varient selon le trajet et la saison.
Gardez en mémoire que les passages d’une île à l’autre sont chronophages, surtout lorsqu’on change de groupe – ne prévoyez pas trop d’îles, ou restez longtemps.

Quelle île choisir aux Açores ?
Les îles orientales :
Sao Miguel est incontournable : c’est à raison la plus touristique (ce qui reste tout à fait acceptable aux Açores), célèbre pour ses paysages volcaniques de toute beauté, ses sources d’eau chaude, ses caldeiras et ses lacs aux couleurs incroyables, enchâssés au milieu des cratères moussus. Elle compte aussi quelques très belles plages, même si la véritable île balnéaire est sa petite sœur Santa Maria, qui peut se vanter d’abriter la plus belle plage des Açores.
De nombreux voyageurs choisissent de ne voir que Sao Miguel, et d’y rester une semaine, ce qui est tout à fait possible : l’île est magnifique, beaucoup disent qu’elle est la plus belle. Le Lagoa do Fogo, les lacs de Sete Cidades, les jardins et les sources d’eau chaude de Furnas, les plantations de thé de la côte nord, autant de visions d’une beauté inouïe, comptent parmi mes plus beaux souvenirs.

Mais pour les amateurs de vraie solitude, de paysages sauvages et intacts, Sao Miguel sera déjà trop urbanisée : c’est la seule qui soit traversée par des autoroutes, la seule où on trouve un centre commercial géant et un McDonalds (à Ponta Delgada, la capitale économique des Açores). Mon conseil serait le suivant : voyez Sao Miguel, absolument, mais ne voyez pas que Sao Miguel. Faites un tour sur l’une des îles centrales ou occidentales, plus authentiques. Même si Sao Miguel était appelée à devenir une destination de masse, les petites cousines lointaines resteront préservées plus longtemps.
Mon hôtel coup de coeur à Sao Miguel : Furnas Boutique Hotel, un spa extraordinaire au coeur des fumerolles et des sources chaudes de Furnas, où on se baigne dans les eaux thermales dans une piscine noire, à deux pas des jardins merveilleux de Furnas où les plantes croissent à la folie. Le restaurant est fabuleux.
Les îles centrales :
Des cinq îles qui forment le cœur des Açores, j’ai vu Faial et Pico.
Pico, le point culminant de l’archipel, est l’île noire, traversée par les grandes coulées du volcan qui lui a donné son nom. Le Mont Pico s’élève à 2351 mètres, et son ascension (relativement difficile) offre une vue surplombante sur toutes les îles centrales. A l’ouest, la Gruta das Torres est un fabuleux tunnel de lave qui ouvre les entrailles de la terre aux visiteurs. Pico est aussi célèbre pour sa culture de la vigne unique au monde, dans des casiers de basalte qui quadrillent les collines, dessinant un paysage rare, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Pico est la plus sauvage, la plus brute et authentique des îles que j’ai visitées.


Faial a été mon vrai coup de cœur, mon île préférée. Sa capitale est la petite ville d’Horta, port de légende des navigateurs du monde entier depuis des siècles, où on respire l’atmosphère des ailleurs et des aventures maritimes comme nulle part ailleurs. Sa caldeira est enchanteresse, sa côte découpée, fascinante, et c’est elle qui abrite le plus incroyable des volcans des Açores : le Capelinhos, sorti des eaux en 1957, au terme d’une éruption monumentale. Faire le tour de Faial en bateau, rencontrer une famille de cachalots et un banc de dauphins, admirer le Capelinhos rouge sang depuis la mer, restera un de mes plus beaux souvenirs des Açores. Qu’est-ce qui manque à Faial pour être parfaite ? Ses lacs ne sont pas aussi spectaculaires, aussi somptueux que ceux de Sao Miguel…
Mon hôtel coup de coeur à Horta : la Pousada Forte da Horta, sublime forteresse historique transformée en hôtel raffiné, avec un décor qui rappelle l’époque des conquistadors, et une vue époustouflante sur le volcan Pico, sur l’île d’en face. Cet hôtel de luxe incarne à merveille la grande tradition de l’hospitalité portugaise.



J’ai beaucoup regretté de ne pas voir Terceira, la plus historique et culturelle de toutes, dont le port, Angra do Heroismo, a joué un rôle clef dans l’histoire du Portugal et des grandes découvertes, et à qui sa préservation exceptionnelle a valu l’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO.
La belle Graciosa semble mériter son patronyme. Elle est célèbre pour sa Furna do Enxofre, énorme dôme de lave rouge.
Sao Jorge promet panoramas spectaculaires, entre côtes découpées, falaises abruptes et pâtures immenses. Depuis Pico, où je l’admirais au loin, elle me semblait infiniment verdoyante. « La plus belle île est toujours celle d’en face ».
Mes regrets me feront revenir aux Açores – et notamment dans les îles occidentales.

Les îles occidentales
Sentinelles des Caraïbes, dernier bastion européen déjà séduit par le nouveau monde, les îles occidentales tendent les bras au Brésil et aux Antilles. que faire aux Açores blog choses à faire aux Açores
On dit de Flores qu’elle est la plus tropicale, la plus luxuriante, traversée de cascades et d’arcs en ciel, envahie par les fleurs, surplombée par des orgues de basalte envahies par la végétation. Beaucoup d’Açoriens font d’elle le joyau de la couronne, la nomment la plus belle de toutes. Il paraît que ses lacs rivalisent avec ceux de Sao Miguel, que leurs couleurs sont plus folles encore. Elle est celle qui me fera revenir, je le jure. Et je ne manquerai pas de faire la traversée vers sa petite sœur Corvo, qui compte une des caldeiras les plus spectaculaires de l’archipel. Les neuf îles qui émergent du lac, au fond du cratère, sont comme un miroir des Açores toutes entières, et reflètent dans l’œil du ciel ébloui leur infinie beauté.

Vous ai-je convaincu(e) ? Si oui, alors n’hésitez pas, inscrivez-vous à la newsletter pour ne pas manquer la suite de mes aventures.
Restez encore avec moi au Portugal : je vous emmène voir les vagues géantes de Nazaré, le spectacle le plus fou de ma vie !



Laisser un commentaire