Connaissez-vous l’ Apache Trail ? Pour les Américains, cette piste qui serpente à travers les montagnes et les cactus de l’Arizona est aussi mythique que la route 66. Un road trip dans l’Ouest se doit d’inclure cette boucle sablonneuse et défoncée, qui nous ramène au temps des diligences, des bandits et des chercheurs d’or. Voyage jubilatoire entre légendes et superstitions, au pays des cow-boys. Accrochez-vous à vos santiags.

Si vous évoquez l’Apache Trail en compagnie d’un Américain, vous l’entendrez devenir lyrique. L’Apache Trail ? La plus belle route de l’Ouest ! Peut-être citera-t-il Roosevelt, qui était très enthousiaste : « l’Apache Trail combine la grandeur des Alpes, l’éclat glorieux des Rockies, et la magnificence du Grand Canyon ». Mais de ce côté-ci de l’Atlantique, nous sommes peu nombreux à la connaître. A vrai dire, je n’en avais jamais entendu parler avant de planifier ce road trip en Arizona, et j’ai hésité à l’emprunter. 120 km de piste non bitumée au milieu de nulle part, des heures et des heures de cahots ? Celui qui m’a convaincue, c’est un vieux cow-boy de Scottsdale.

Scottsdale, « la ville la plus western de l’Ouest »
Scottsdale est un faubourg de Phoenix où l’on cire ses santiags, ajuste son Stetson et défend farouchement l’identité cow-boy de la ville. « The most western town in the West », tel est le slogan de Scottsdale, et elle s’ingénie à en être digne. Calèches, saloons, magasins d’articles western, clubs de country et looks à la Chevauchée fantastique cultivent l’esprit pionnier, tandis que d’innombrables galeries d’art font de la ville le repère des artistes huppés et des collectionneurs. C’est le genre d’endroit où des millionnaires enfilent un jean, ouvrent une Budweiser et jouent au fermier qui cultive les plaisirs simples. Où les touristes en chapeau de cow-boy bon marché côtoient les Californiennes méchées venues dénicher le dernier sculpteur à la mode. Et pourtant, une curieuse authenticité naît de ce mélange des genres – une espèce de liberté tellement américaine. Ici tout est possible.

Je prends en photo une Harley Davidson bleu turquoise, richement décorée. Aussitôt, une bikeuse surgit, toute de cuir vêtue, avec bracelets de force, dents de loups et bottes épaisses. Bien que je n’aie pas effleuré la moto, je crains instinctivement de me faire casser la gueule, mais la dame est chaleureuse. Elle me dit s’appeler Hippie, et me raconte spontanément son histoire. Elle appartient au gang Bikers Against Child Abuse. Leur mission ? En résumé : défoncer et terroriser les pédophiles, harceleurs et autres bourreaux d’enfants, et former une armée privée de protection des mineurs en danger. « Nous faisons ce que la justice ne peut pas faire. Les procédures judiciaires sont trop lentes. Tu te fais taper ou tripoter par ton beau-père ? Il te faut contacter un avocat, rassembler des preuves, attendre le procès. Comment tu peux faire tout ça, quand tu es un gosse de treize ans ? Si personne ne te protège, tu risques juste de finir enterré dans un chantier. Nous, on protège le gamin. On intimide l’agresseur. On monte la garde la nuit devant la maison du gamin. On l’accompagne au tribunal, on fait une muraille humaine qui l’entoure et le protège du regard de son agresseur. On l’accueille dans le gang. Et à dix-huit ans, s’il le veut, il devient un biker à son tour. » Elle me raconte des histoires de pédophiles tabassés, de voitures brûlées, d’héroïques combats de rue. Je suis à la fois fascinée et horrifiée. C’est le Far Ouest. Tu n’attends rien de l’Etat, tu te fais justice toi-même, avec tes guns et ta grosse moto. Tu deviens une femme tellement musclée et forte en gueule que même le dernier des caïds réfléchirait à deux fois avant d’égratigner ta carrosserie. Tu deviens une espèce de justicier hors-la-loi, un ange à munitions et grosse cylindrée. Scottsdale, pour moi, c’est Hippie. Les USA pur jus, pour le meilleur et pour le pire.

Je m’assois sur un banc à côté d’une statue de cow-boy et me mets à étudier le plan de la ville. Soudain, la statue me tape sur l’épaule. Je fais un bond digne du mustang non débourré à l’ouverture du rodéo. Je me suis fait avoir comme une débutante. Mr Statue est un homme d’un certain âge, entièrement barbouillé de noir. « Tu visites l’Arizona ? Tu ne peux pas partir d’ici sans avoir fait l’Apache Trail. Ce serait un crime. » Il a un flingue, je décide donc d’obtempérer.


Apache Junction & Superstition Mountains, le début de la piste
Tôt le lendemain matin, je quitte Phoenix et roule une heure vers l’Est, jusqu’à Apache Junction, petite ville de motels et stations essences où la fresque d’un cow boy sur son cheval fougueux signifie le début de l’Apache Trail.


Les panneaux m’orientent vers l’Est, au milieu de plaines désertiques envahies de Saguaro, ce cactus géant dont l’Arizona a fait sa mascotte. Ça et là se détachent des massifs montagneux aux crêtes abruptes et à la couleur étrangement sombre – un brun presque noir qui leur confère une menaçante majesté. Ce sont les Superstition Mountains, nommées ainsi en raison de la crainte que les Amérindiens en concevaient. Fantômes et monstres auraient peuplé les cavernes obscures, et quand le couchant allongeait son ombre, la montagne ouvrait ses crocs.

La première étape sur la route est le Superstition Mountain Museum, où une ville pionnière a été reconstituée autour de la chapelle de bois blanc, et où des chollas – petits cactus buissonnants – sournois transpercent les chaussures des voyageurs imprudents. Leurs fruits rouges voguent sur une mer d’épines tranchantes. Le musée retrace l’histoire épique de l’Apache Trail, autrefois empruntée par les Amérindiens lors des grandes migrations, et devenue un itinéraire incontournable pour les diligences postales, puisqu’elle était la seule piste permettant de couper à travers les montagnes. On changeait de chevaux à Tortilla Flat, et s’accrochait à son revolver et son crucifix dans la terreur des attaques des Indiens postés sur les hauteurs, parmi les cactus et les rochers fantastiques. Puis on décida qu’il fallait mieux maîtriser le flux de la Salt River, la rivière capricieuse qui coule au fond de la vallée, et qui hésitait sans cesse entre inondations destructrices et sécheresses calamiteuses. La maîtrise de l’eau dans le désert, voilà toute l’histoire de l’Arizona, depuis les Hohokam jusqu’à Roosevelt. Le président fit construire le barrage qui porte aujourd’hui son nom, et agrandir la route afin de permettre le passage des véhicules du chantier. C’est ainsi que l’Apache Trail devint un itinéraire touristique plébiscité par tous, sans pourtant être jamais goudronnée dans son intégralité. C’est un snobisme de cow boy : l’Ouest authentique, ça se mérite…

Goldfield Ghosttown
Goldfield appartient à la longue lignée américaine des villes fantômes. Ce sont des villes qui jaillissent tout à coup au milieu de nulle part, comme le désert qui fleurit soudain après l’averse, parce qu’un aventurier a trouvé un filon d’or, de cuivre ou de borax. Tous les ambitieux et les optimistes accourent soudain, creusent des mines, bâtissent des maisons, des marchés, des salles de bal et des lampadaires, fondent une ville, qu’ils déserteront tout aussi vite une fois le minerai épuisé. La ville est alors laissée en plan, comme une épave échouée. De Goldfield, il ne restait pas grand-chose. Mais elle était le rêve d’un petit garçon devenu grand, qui avait passé sa vie à jouer aux cow-boys, et a ressuscité la ville oubliée. Goldfield est un Disneyland de l’Ouest. Les tunnels miniers ont été rouverts, bars, saloons, boutiques et maisons du sherif, reconstitués. Une ligne de chemin de fer entoure même le village 1900. Un attrape-touriste, Goldfield ? Ou plutôt un rêve qui a repris vie ? L’entrée est libre et gratuite, à chacun le loisir de se faire une idée. J’ai été conquise.

Tout comme Jeff, dont le caniche vient me lécher les chevilles, me poussant à engager la conversation avec son propriétaire. Jeff a une quarantaine d’années – il en fait plus, entre soleil et cigarettes – et vient de New York. Un jour, il a quitté son job, acheté un camping-car et s’est mis à arpenter le pays. Après plusieurs années d’errance et de petits boulots, il s’est posé ici à Goldfield, où il s’occupe d’entretenir le village. On lui a aménagé un emplacement pour sa caravane, et on ne l’empêche même pas de boire une bière pendant le boulot. Jeff se sent libre ici. « C’est un des endroits les plus américains que je connaisse. Tu vas aimer. »

Lost Dutchman State Park : sur la piste de l’or perdu
Au cœur des montagnes de la Superstition, certains chemins de randonnée sont plus populaires que d’autres : ceux du « parc du Hollandais perdu ». Le Hollandais était en vérité un Allemand, Jakob Waltz, né en 1810 dans un petit village du Baden-Würtenberg. Il appartient à cette génération d’Européens qui n’ont rien à perdre, traversent l’Atlantique en haillons, et deviennent chercheurs d’or, pionniers, bandits, aventuriers rafistolés dans tous les sens, avec une affinité prononcée pour le goulot et la gâchette. Après des années de combines et de crimes divers, Jakob devient soudain une célébrité locale. Plusieurs fois par an, il s’enfonce dans les montagnes de la Superstition, et revient chargé d’or brut. La rumeur se répand à toute vitesse : le vieux scélérat a trouvé une mine dans les montagnes. Mais tous ceux qui tentent de le suivre lors de ses excursions rocailleuses se font descendre vite fait. Jakob est riche, et personne n’a pu percer son secret. Mais même les bêtes les plus féroces de l’Ouest finissent par passer l’arme à gauche. Sur son lit de mort, l’Allemand confie l’emplacement de sa mine à la jeune femme qui le soigne, et celle-ci griffonne une carte d’après ses indications. Accompagnée d’un ami, elle part à la recherche du trésor… en vain.


Le mystère dure depuis plus d’un siècle. Des centaines, des milliers d’aventuriers, de géologues amateurs et de fous de codes secrets ont échafaudé des théories les plus folles les unes que les autres. Les scientifiques disent qu’il n’y a pas d’or dans les montagnes de la Superstition, et qu’il n’y en a jamais eu. Pourtant Jakob revenait toujours à Tortilla Flat chargé d’or brut, qu’il s’empresser de dépenser de toutes les façons les plus dispendieuses et immorales possibles – d’où venait alors cet or ? Aujourd’hui encore, on croise des chercheurs d’or armés d’un détecteur de métaux et de documents ésotériques dans les montagnes. A la boutique du parc, on peut acheter la carte au trésor établie selon les indications de Jakob à l’agonie, et toutes sortes de babioles commémorant une des énigmes les plus célèbres de l’Ouest.

Bien qu’elles n’enrichissent pas le voyageur, les Montagnes de la Superstition ne le décevront pas. Le sommet le plus célèbre, le mont dans lequel disparaissait Jakob, se nomme « l’aiguille du tisserand » – Weaver’s Needle. Ce groupe de pitons brun doré a des airs d’île au mort, avec ses arrêtes tranchantes et ses pentes recouvertes de cactus – les grands saguaros majestueux, les chollas au traître duvet, les « cactus tonneaux » qu’avril couvre de fleurs. Une petite boucle de randonnée propose de partir à l’ascension du plateau, et la vue sur les étendues d’Arizona récompense de la côte gravie en plein soleil.


Tortilla Flat
Tortilla Flat : j’ai entendu les explications les plus incongrues au sujet de ce nom loufoque. Le paysage serait « plat comme une omelette ». Il n’y aurait ici que des tortillas à manger. Un cow boy aurait mis des œufs dans sa sacoche et, les trouvant écrasés (quelle surprise, ce cow boy me semble bien peu au fait des lois de la physique en vigueur sur la planète Terre), se serait exclamé « it’s a flat tortilla ». Bref. Le Plat de l’Omelette était une halte sur la route des coursiers de poste, où on changeait de chevaux avant de poursuivre son chemin poussiéreux.

Tortilla Flat est un minuscule village western très orienté sur l’absorption d’alcool. On y trouve toutes les curiosités habituelles des attractions touristiques western : un pendu, un bar couvert de billets d’un dollar, et un groupe de country, Tortilla Flat Band, qui joue là depuis vingt ans en enfilant des blagues d’ivrogne (ils m’ont bien plu). Je mange des tacos au fromage fondu en écoutant du Johnny Cash à côté d’une famille mormone très sympa. Tout ceci est outrageusement cool.


Quand je reprends la route, le bitume cède la place à la piste sablonneuse. La véritable aventure commence.

Fish Creek et la route jusqu’au Roosevelt Dam
Voici donc les paysages sauvages qu’on m’avait promis – les routes coupe-gorge qui serpentent au milieu des canyons, les forêts de cactus ondulant jusqu’à l’horizon, les falaises abruptes, les points de vue vertigineux. Seule sur l’Apache Trail, cahotant dans des nuages de poussière au milieu de paysages en Technicolor, hurlant à tue-tête les standards country repris par le Tortilla Flat Band dont j’ai acheté le CD, j’ai complété ma check list de l’Ouest. J’envisage de faire comme Jeff, d’acheter un camping-car et un caniche, et de ne jamais repartir. Je me dis le vrai road trip qui tâche, c’est l’Apache Trail, et je bénis Mr Statue qui m’a fait renverser mon smoothie sur mon sac.


Fish Creek Canyon fut la portion de route la plus ardue : il fallut créer une route à flanc de falaise, en creusant la roche – des mois d’effort et des tonnes de dynamite. Cela reste la partie la plus dangereuse de la piste : extrêmement étroite, serpentant au-dessus du vide.

Petite pause à Fish Creek, le camping le plus paumé de l’Ouest. Au fond de la gorge, au bord du lac, des gens pêchent et somnolent dans des chaises pliables. Tout est un peu déglingué et antique.

La route est interminable, mais de plus en plus belle. Peu avant l’arrivée au barrage, c’est un canyon rouge vif, aux parois couvertes de cactus géant, entourant la Salt River. Je voudrais m’arrêter tous les mètres.



L’Apache Trail s’achève au barrage. Il est possible de continuer en direction de Globe, ou de revenir sur ses pas – ce qui est mon choix. Je suis prête à affronter à nouveau la piste pour la joie de voir les montagnes de la Superstition au soleil couchant.


Coucher de soleil sur l’ Apache Trail
Je reprends donc ma route poussiéreuse.

Retour au Lost Dutchman State Park, en compagnie du fantôme de Jakob. Couverte de poussière, la voix rauque d’avoir trop chanté, je me retrouve toute seule parmi les ombres. Le parc est déserté et j’ai la certitude de vivre un des plus beaux moments de solitude sauvage de ce voyage. Je m’assois sur un banc au pied d’un saguaro immense, et j’attends en silence. Je sais que quand le soleil descend, le désert prend vie, et j’espère en être témoin.

Au bout de deux minutes, je suis exaucée au-delà de mes espérances. Un serpent à sonnette jaillit des buissons et traverse le chemin, dessinant une série de S appuyés dans le sable. Je ne bouge pas. Je ne prends pas de photo. J’attends la suite du spectacle.
Au loin, un troupeau de biches fourrage parmi les buissons épineux, à la recherche de quelques pousses comestibles. Leurs postérieurs sont blancs et dessinent des petits points lumineux dans le couchant.
Soudain, à quelques mètres de moi, la plus jolie surprise. Je n’espérais pas en voir : des javelinas, ou pécaris, petits pachydermes du Nouveau Monde, qui ressemblent vaguement à des sangliers, mais n’en sont pas. C’est toute une petite famille qui sort de sa cachette et s’active tout près, tandis que je cherche à me statufier.
Je resterai longtemps ainsi, sans bouger, jusqu’à ce que l’obscurité monte et que je sente venu le moment de continuer ma route. Un mouvement, et la faune s’égaille.

Ce coucher du soleil vivant sur les montagnes noires restera mon plus beau souvenir de l’Apache Trail – peut-être même du voyage tout entier.
Vous voulez voir les serpents, les javelinas, les coyotes et toute la foule du désert ? Prochain article sur Itinera Magica : la faune et la flore du désert d’Arizona !

En pratique : road trip sur l’Apache Trail, les détails
L’Apache Trail est une piste dans le désert, à environ une heure de route à l’Est de Phoenix. L’Apache Trail, la vraie, l’historique, va d’Apache Junction à Roosevelt Dam. Une fois arrivé au barrage, vous avez deux possibilités : finir la boucle en direction de Globe, ou revenir sur vos pas. La portion qui part vers Globe est beaucoup plus banale, mais a l’avantage de vous éviter de reprendre la piste.


Quel que soit votre choix, il vous faudra la journée pour parcourir l’Apache Trail, surtout si vous voulez prendre le temps de visiter Goldfield Ghosttown, faire une petite randonnée à Lost Dutchman State Park, manger des tacos à Tortilla Flat…
Faut-il un 4 x 4 pour prendre l’Apache Trail ?
Non. De Tortilla Flat au barrage, il s’agit de piste non bitumée, mais de bonne qualité : relativement lisse et stable. Je l’ai empruntée avec la plus petite voiture de l’agence de location sans souci. En revanche, soyez extrêmement vigilant sur la météo : comme toutes les routes dans le désert, mais de façon plus aigüe et dramatique encore, l’Apache Trail est sujette à ce qu’on appelle les « flash floods » (inondations éclair). Ces torrents soudains de boue tuent des automobilistes imprudents chaque année en Arizona. N’empruntez jamais ce type de route s’il existe un risque de pluie. De plus, j’imagine que la piste doit être beaucoup plus difficile par temps humide : choisissez un jour ensoleillé où elle sera sèche et bien dure.
Peut-on manger sur l’ Apache Trail ?
Oui, au tout début à Goldfield Ghosttown, et au milieu, à Tortilla Flat. Au camping de Fish Creek, on peut également acheter quelques boissons, biscuits, etc.
Combien de temps pour faire l’Apache Trail ?
Il faut compter une journée entière, ne prenez pas moins, vous n’en profiteriez pas.
Combien ça coûte ?
L’Apache Trail est une route publique et gratuite. L’entrée au Lost Dutchman State Park coûte 7 dollars par personne. Il existe également un site de camping dans le parc : 15 dollars sans électricité, 25 avec.
L’Apache Trail, est-ce que ça vaut le coup ?
Absolument ! Cela restera un de mes plus beaux souvenirs d’Arizona.
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