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Que voir en Arizona ? Itinéraire du road trip parfait
Pour tout amoureux de l’Ouest américain, l’ Arizona est un rêve éveillé. Vertige et immensité des grands espaces rouge crépuscule, folies géologiques, canyons titanesques, cactus à perte de vue, cow-boys et routes sans fin, tout est à la hauteur de l’imaginaire. Parcourir l’Arizona, c’est traverser l’écran, entrer dans ce décor de cinéma où l’horizon est infini et la vie, sans limites.

Je rentre de ce road trip comme on sort d’un songe, éblouie et hébétée. Tout au long du mois d’avril, je vais revivre ce voyage sur Itinera Magica, et vous y emmener avec moi si le cœur vous en dit. Je rapporte dans ma valise trop lourde la poussière des plaines ocres et des dizaines d’images et de souvenirs, et je veux les partager.
C’est pourquoi je lance un jeu concours Avril en Arizona. J’enverrai à cinq personnes des morceaux du pays des rêves, cinq enveloppes pleines de jolies choses qui célèbrent la magie de l’Ouest. Pour en savoir plus et participer, suivez le lien.

Un voyage en Arizona : remonter le temps
Arizona. Personne ne sait vraiment d’où vient le beau nom qui sonne comme une formule magique. Certains évoquent un toponyme emprunté aux Indiens Pima, signifiant « lieu où jaillit la source », et d’autres, plus prosaïques, disent que le mot désigne tout simplement la « zone aride » où le soleil et le vent mettent le sol à vif. Les deux sens siéent à l’Arizona, terre cousue de déserts aux couleurs hallucinées, et creusée pourtant par de profondes rivières que les hommes ont appris à maîtriser depuis la nuit des temps, permettant la vie au cœur de la fournaise. Il y a treize mille ans déjà, les Amérindiens peuplaient cette contrée âpre et sublime, où la terre semble plus vaste encore que le ciel.

Qu’est-ce qui aimante ici les hommes dans le désert ? J’ignore pourquoi les peuples d’autrefois ont choisi de faire de leur vie un défi de tous les jours, mais je sais ce qui fait aujourd’hui venir les touristes par milliers. Comme moi, vous avez tous été bercés par des visions d’Arizona, et par les films, les cartes postales, les fonds d’écran Windows et les magazines d’aventure, ses merveilles vous sont devenues familières. C’est ici le pays du Grand Canyon : l’Arizona est traversée de part en part par ce délire géologique, cette faille profonde de deux kilomètres et large de quinze qui écartèle le manteau de la Terre. Les mesas érodées de Monument Valley au cœur de la plaine nue, les méandres orange et pourpre d’Antelope Canyon, où semblent s’élever des fantômes de poussière, Horseshoe Bend, où le fleuve Colorado fait une boucle à 180 degrés au milieu des falaises ocre, les paysages de cactus à l’infini, les villes hantées du Far West à l’abandon, tout ça, c’est l’Arizona.

Road trip en Arizona : l’itinéraire
Ce sera un roadtrip entre déserts et montagnes, canyons et méandres. Voici ce qui vous attend si vous voulez bien me suivre, tout au long du mois d’avril :
– Sedona, la ville bâtie entre d’immenses monolithes rouges aux airs de cathédrale du désert, et où convergent les illuminés et hippies du monde entier, car ils y ressentent des vortex d’énergie cosmique qui les bouleversent. Au programme, rochers spectaculaires, ovnis, yoga et ondes magiques.
– Le Grand Canyon, sans doute la plus saisissante, la plus démentielle des merveilles du monde, la gorge de tous les superlatifs.
– Le méandre d’Horseshoe Bend sur la rivière Colorado, curiosité émeraude et or.
– L’héritage amérindien qui vit en Arizona, à Tuzigoot, Montezuma Castle, au musée Heard et au cœur des Nations indiennes
– Le lac Powell, où les mesas jaillissent des eaux, et les fabuleuses concrétions rocheuses sur ses bords
– Antelope Canyon, le canyon le plus photogénique du monde, comme le jupon entortillé d’une danseuse de pierre chatoyante
– L’héritage hispanique en Arizona, avec Tucson et Mission San Xavier
– L’histoire de l’Ouest, des cowboys et de la frontière, avec Scottsdale, Tortilla Flat et Goldfield Ghosttown
– Les fabuleux déserts d’Arizona, avec leur incroyable richesse botanique et animale, à Saguaro National Park, Organ Pipe National Monument, et dans les jardins du désert de Tucson et Phoenix
– La route, la route, la route ! L’espace infini et le vertige de l’horizon ouverte, les routes mythiques d’Arizona, telle que la route 66, mais aussi …
– L’Apache Trail, l’autre route de légende, une piste sublime au cœur du désert, et où les montagnes de la Superstition sont hantées par la légende d’un trésor enfoui.



L’histoire de l’Arizona
Au-delà de la beauté renversante des paysages, j’ignorais la fabuleuse diversité culturelle de cet état, et c’est ce qui a achevé de me conquérir. Je suis entrée dans une carte postale, et j’ai trouvé une âme.
Il y a bien sûr l’héritage des cow-boys, le culte de la piste poussiéreuse à travers la plaine, du saloon, du cheval et des bottes, défendu ici avec fierté – l’Arizona se targue d’être « l’Etat le plus western de l’Ouest ». Mais d’autres influences enrichissent considérablement la vie culturelle de ce territoire profondément attachant.
Avant qu’elle ne devienne un Etat américain en 1912, l’Arizona a été espagnole, puis mexicaine. Au Sud, la continuité du désert de Sonora efface la frontière : ce sont les mêmes montagnes couvertes de cactus, et ce sont les mêmes gens, perpétuant la vie de communautés hispanophones établies bien avant que la bannière étoilée ne flotte sur ces terres. A Tucson, on vous parle espagnol avant de vous parler anglais, et tous les panneaux sont bilingues. Partout en Arizona, la culture et l’art mexicains sont florissants. Les couleurs des maisons, les Santa Muerte et autres squelettes joviaux qui fêtent le Jour des Morts, les portraits de Frida Kahlo, tout converge vers le Sud. En Arizona, tortillas, guacamole, tacos et fajitas semblent être le plat national.
Il y a des siècles déjà, les premiers habitants d’Arizona étaient venus d’Amérique centrale, poussés par l’immense rayonnement des cultures précolombiennes. Leurs lointains descendants portent aujourd’hui encore la culture amérindienne en étendard. Dans aucun autre Etat des Etats-Unis, la présence des Natives – les habitants originels des Amériques – n’est aussi forte et vivace qu’en Arizona. Il y a plus d’Amérindiens ici que partout ailleurs aux USA. Un quart du territoire de l’Etat est occupé par des réserves indiennes, et il compte cinq des dix plus grandes réserves du pays, dont la plus étendue de toutes, celle du peuple Navajo, dont je raconte l’histoire ici. Ce sont des Nations indépendantes, régies par leurs propres lois, qui ont survécu au génocide et à l’oppression, et qui se battent aujourd’hui pour que vive leur culture millénaire. Nombre des merveilles géologiques qui rendent l’Arizona célèbre dans le monde entier font partie d’une réserve ; l’afflux de touristes amoureux de ces territoires mythiques assure aux Nations une source de revenus bienvenue. Mais ici, les Amérindiens ne sont pas cantonnés aux réserves, ils sont intégrés à la société américaine, d’une façon que je n’ai vue nulle part ailleurs. Dans les grandes villes, à Phoenix, à Tucson, à Falstaff, ils font pleinement partie du tissu économique et social. Ils sont là, et leur seule présence est un acte de résistance. Phoenix accueille le plus beau musée de la culture amérindienne au monde, le musée Heard. Cette renaissance m’a incroyablement émue.
Nombre de lieux en Arizona sont un témoignage vivant du mariage des cultures, et d’une histoire partagée. Je vous raconterai l’histoire étonnante de la mission San Xavier del Bac à Tucson, et celle de la ville de Phoenix, peut-être plus incroyable encore. J’ai des centaines d’histoires, des milliers de photos, et des ampoules à tous les orteils. Au-delà de l’Atlantique, à des milliers de kilomètres de l’Arizona, elle continue à m’envoûter. La magie d’une rencontre longtemps attendue continue d’opérer.


J’avais déjà plusieurs fois frôlé l’Arizona, sans jamais l’explorer vraiment. Cela a toujours été une histoire de famille. Il y a quelques années, ma mère, ma sœur, ma cousine et moi avons traversé l’Utah en compagnie d’une famille mormone, pour une chevauchée fantastique. Nous avions campé à Monument Valley, au cœur d’une tempête de sable qui jetait une aube furieuse sur les grands rochers solitaires. L’air abrasif, le soleil levant, la majesté éblouissante du lieu – tout conspirait à mouiller nos yeux. Ma mère, Sylvie Brunel, a tiré de ce voyage un beau roman américain, Un escalier vers le paradis.

Retour dans le rêve
L’été dernier, je suis venue assister au mariage de mon père à Las Vegas, et la cérémonie a eu lieu au fond de la gorge du Grand Canyon, au bord du fleuve brun. Quand notre hélicoptère a survolé au coucher du soleil la faille gigantesque, j’ai compris « qu’avoir le souffle coupé » n’était pas qu’une expression : ce paysage défiait tout ce que j’avais connu jusqu’alors. Tandis que les pétales de rose tombaient sur la pierre nue et dans les eaux du Colorado, moi je tombais amoureuse de ce lieu, et je me jurais de revenir. L’étoile rouge et or qui illumine le drapeau de l’Arizona avait rejoint mon zodiaque ; dans le ciel de mes voyages rêvés, je lisais le présage du retour. Au printemps 2016, la promesse s’est accomplie.

Première nuit à Phoenix. Je suis arrivée à minuit, usée par plusieurs vols successifs et de longues escales, et pourtant je ne peux pas fermer l’œil. Mon cœur se jette sur les freeways, j’ai l’impression d’être un saumon dans l’asphalte, mu par un appel invisible. La nuit vibrionne, dense et électrique, et je sens dans tout mon corps son emprise qui croît, la lumière et le poison. Chaque fois que je reviens dans le Sud-Ouest des USA, c’est une intoxication. Toute lumière est hallucination dans les villes frémissantes, et plus encore à leurs franges, là où s’éteignent les constellations de néons, et s’esquisse un ciel infini. Tout est redevenu possible. L’ardoise magique a été secouée sur mon cœur à vif, tout est vierge et tout est immense. C’est comme si un courant puissant parcourait tous mes membres, que mes rêves se décuplaient. Il suffit de prendre une route à travers la plaine, n’importe quelle direction, et je peux tout réinventer. La vie en XXL. La vie sans limites.

Je dors dans un motel tiré tout droit du catalogue des icônes, un vrai motel défraîchi en bordure d’autoroute, où on gare la voiture devant sa chambre et dort dans le bruit mat des climatiseurs et des distributeurs de Coca. Dans mon mauvais sommeil, le klaxon assourdissant des camions qui passent sur le freeway m’évoque une corne de brume déchirant une mer déchaînée. Au petit-déjeuner, il y aura des donuts décongelés recouverts d’un rose gluant, et des céréales aux couleurs d’essai nucléaire. Personne ne risque un orteil dans la minuscule piscine bleu dentifrice, au bord de la station essence, mais un homme aux airs de crapaud buriné a conquis l’unique chaise longue, et se cache les yeux avec deux gobelets en polystyrène. J’ai l’impression d’être revenue dans les années 90. C’est le pays des clips que me vendait MTV l’été de mes neuf ans, quand j’étais une future superstar en Cadillac et cheveux de Barbie. Je connais toutes les enseignes et toutes les images – c’est la terre promise des fantasmes. Les villes américaines me rendent ivre, et pourtant cette fois, je n’aspire qu’à les quitter. Je rêve de voir les étoiles s’allumer dans le grand ciel vide et froid, entre les branches des cactus. La terre à vif et les âmes à nu.

La route commence ici, mon blog Arizona se lance sur la route poussiéreuse. Venez avec moi ?





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