Décembre est la saison de toutes les illuminations. Nos centres-villes arborent des constellations clignotantes, nous suspendons des étoiles à nos arbres et à nos cous, et nos salons le soir se mettent à ressembler à des essaims de lucioles ou à des galaxies lointaines. En cette saison de toutes les paillettes, j’avais envie de vous parler maquillage, et de mettre l’or et l’iridescence à l’honneur.

Maquillée de doré 
Noël aux Galeries Lafayette, Paris

Je vais tout d’abord me livrer à une petite introspection et vous parler du rapport que j’entretiens avec le maquillage. Puis je vous présenterai les produits que j’ai utilisés cette année, de façon totalement sincère : cet article est 0% sponsorisé et je serai parfaitement honnête quant aux produits dont je raffole… et ceux qui m’ont vraiment déçue. De quoi vous donner des idées maquillage pour Noël 2019. Et enfin, je vous proposerai un concours – non sponsorisé – afin de remporter mon coup de coeur de l’hiver.

Féministe et accro aux cosmétiques : le maquillage et moi
Le maquillage fut longtemps un amour secret. J’ai commencé à me maquiller très tôt, bien avant d’avoir reçu la permission parentale – je mettais à profit les trajets en bus vers mon collège drômois pour décorer mes paupières et mes lèvres. Je me suis maquillée depuis l’âge de onze ou douze ans, tous les jours ou presque, avec une passion non démentie.

Profondément féministe, je me suis longtemps sentie mal à l’aise avec cette passion cosmétique. Je l’assouvissais mais je n’en parlais pas, comme si elle était quelque chose d’un peu honteux. J’avais peur d’être réduite à ça, peur que mes rouges à lèvres éclipsent mes diplômes et mes livres. Je m’insurgeais contre les injonctions normatives imposées aux femmes – sois belle, sois mince, sois parfaite, en toutes circonstances – tout en ayant la carte Gold chez Sephora. Je ne parvenais pas à résoudre ce que je ressentais comme une contradiction : être sincèrement féministe, c’est-à-dire, me battre pour le progrès des droits et de la dignité des femmes partout dans le monde, et adhérer pourtant à un standard de beauté que de nombreuses femmes ressentent comme oppressif. Je sais que dans certaines professions – hôtesse de l’air, agent d’accueil, par exemple –, le maquillage est un code imposé, une obligation contractuelle, et les femmes sont perçues comme négligées si elles ne sont pas maquillées. Dans ces mondes, le visage à nu (comme celui des hommes), est une marque de désinvolture, un tabou. Quand parfois elles s’expriment pour revendiquer le droit à être elles-mêmes, je suis la première à comprendre et approuver leurs revendications.

Je crois que j’ai toujours aimé le maquillage car il ne m’a jamais été imposé. Dans le monde universitaire d’où je viens (avant de devenir blogueuse, j’ai été l’autrice d’une thèse en littérature allemande), beaucoup de femmes font le choix du naturel, ne teignent pas leurs cheveux blancs, ne se maquillent pas, et n’en sont pas moins respectées et considérées, car l’intellect prime sur l’apparence.
Voyage et mise en scène
Dans le monde du voyage, nombreuses sont les backpackeuses, les bivouaqueuses, les baroudeuses, qui ne voudraient jamais s’alourdir et s’embarrasser de maquillage dans leurs épopées autour du globe. Je me souviens du sourire gentiment moqueur de ma chère amie Marion lorsque nous sommes parties ensemble bivouaquer sur le Grand Veymont, après une incroyable randonnée dans le Vercors, et que j’ai trimballé ma petite trousse à maquillage sur 1000 mètres de dénivelé dans les pierriers, en plus de tout le fatras requis pour ce genre d’opération. (Mais Marion avouera que le lendemain matin, elle m’a quand même piqué mon crayon khôl 😉).

Nombreuses sont celles qui revendiquent de s’affranchir des codes sociaux quand elles voyagent, de vivre pleinement l’instant sans se soucier de leur brushing ou de leur mascara. Je les comprends et respecte profondément leur choix.
Mais aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été fascinée par une certaine vision stéréotypée, idéalisée, de la féminité : la femme aux cheveux longs, aux formes de sablier, aux yeux ourlés de noir, aux lèvres rouges comme l’automne, aux ongles peints, la femme mise en scène, la femme de Mucha, de Rossetti, de Moreau, a toujours habité mon imaginaire. Je suis amoureuse des archétypes de la beauté féminine intemporelle, de Vénus ou de Marie-Madeleine.

Alfons Mucha, La danse, 1898 
Gustave Moreau, Galatée, 1880
Je l’avoue : je m’aime en robe, je m’aime avec les cheveux longs, je m’aime maquillée. Depuis toujours. Sur mon compte Instagram, je préfèrerai toujours une photo mise en scène à une photo « naturelle », non pas parce que je me déteste au naturel (je n’ai pas de problème à être le dimanche en jean, tee-shirt et queue de cheval), mais parce que je conçois cet univers comme une expression de mon sens esthétique et de ma créativité, et que j’aime le théâtre, j’aime la mise en scène. Factice ? Evidemment. Instagram n’est pas la vraie vie et tout le monde le sait. C’est un monde beau, esthétique, harmonieux. J’ai un côté très 19e : en photo, je préfère l’art à la vie.


Assumer d’être ce que je suis et mon amour du maquillage
Grandir et vieillir a été pour moi une façon d’assumer qui je suis, de me libérer de certains diktats de branchitude – le plaidoyer affecté pour le naturel est lui aussi un diktat, et la critique des femmes maquillées comme idiotes et superficielles est aussi insupportable que la critique des femmes non maquillées.
J’ai trente ans désormais et je sais bien mieux qui je suis et quels sont mes goûts. Quand je faisais mes études, il était de bon ton de préférer Berlin, la punk, la bordélique, l’approximative, à Munich, l’alpine, la bourgeoise, la tradi. J’ai vécu trois mois à Berlin en écumant les happenings dans des stations de métro désaffectées pour prouver à la Terre entière que j’étais super cool et alternative, alors que je ne rêvais que d’un spa bouillonnant dans les montagnes. J’ai mis longtemps à oser avouer que je préférais mille fois Munich, ses lacs, ses géraniums, ses Biergärten, son bon ordre bavarois. J’ai mis longtemps à oser dire que non, je ne suis pas une backpackeuse, mais une aventurière bourgeoise, que j’aime le confort et l’organisation, que « l’ambiance conviviale » des hostels où des gens bourrés te réveillent à 3h du mat me sort par les narines et que je préfère mettre 100 balles dans un bel hôtel que 10 dans un lit en dortoir (et que si je n’ai pas assez de budget pour voyager confortablement, je préfère rester tranquillement chez moi que de subir l’approximatif).

J’assume mon côté rétro et, disons-le, un peu conservatrice sur les bords. J’assume de préférer la Renaissance italienne au street art, j’assume de ne pas être très touchée par le design minimaliste et de kiffer les façades baroques d’Innsbruck, j’assume d’être catho et d’être dingue de vieilles églises, et j’assume mon côté girly, d’aimer le rose, les paillettes, les robes, les rouges à lèvres et le vernis à paillettes. J’ai passé l’agrégation et mon doctorat, j’ai écrit des livres, j’ai rempli mon quota de prestations intello pour prouver au monde l’état de mon cerveau. J’estime maintenant que si quelqu’un me prend pour une idiote parce que je mets des jupes et que j’aime les petites fleurs, le problème vient de lui, de ses stéréotypes et de ses représentations périmées, pas de moi.
Après cette longue introduction, on va enfin parler maquillage & cheveux. Cet article est garanti 0% sponsorisé, je vous livre en toute candeur ce que j’ai adoré… et ce qui m’a déçue.
Maquillage, session Noël 2019 : de l’or sur les joues et les paupières
Palettes d’été : sirène pailletée
J’ai un immense amour pour les dorés, les cuivrés, les fards chauds, couleur joaillerie et géologie. Or pâle, or vif, brun chaud, ocre, brun mordoré, j’en raffole. En été, je mélange à cet or des tons de bleu et de vert, en hiver, je reste le plus souvent sur l’or pur.
L’été dernier, j’ai beaucoup utilisé la palette High Tides & Good vibes de Tarte Cosmetics. Plusieurs tons de bleu, des tons plus chauds pour contraster, et surtout, plusieurs fards ultra pailletés pour se la jouer sirène sur son rocher, c’était la palette d’été parfaite. Petite série ci-dessous en août au Lavandou pour le prouver.



Puis, à mon anniversaire début septembre, on m’a offert la palette Mar de Colourpop, et cet énorme coup de cœur a été ma palette unique jusqu’à la fin de l’été (= environ mi-octobre en Provence). Cette marque californienne a une gamme de teintes et une pigmentation incroyables, et elle est en plus très abordable.

Maquillée avec la palette Mar 
La palette Mar de Colourpop. Image prise sur le site de la marque
Palettes d’hiver : écorces et joyaux
Puis aussitôt la pluie revenue, je suis revenue à mes teintes d’hiver : des tons très chauds, entre brun et or, avec une pointe de cuivré. L’hiver dernier, j’avais beaucoup utilisé la célèbre palette d’Huda Beauty The New Nude Palette (mon cadeau de Noël 2018 !), dont le fard « Grave » est officiellement mon fard doré préféré de tous les temps. C’est une palette d’une qualité fantastique, mais elle compte un peu trop de teintes rouges/rosées à mon goût, qui ne me vont pas.

Du coup, quand Urban Decay a sorti sa nouvelle palette Naked Honey, je me suis précipitée dessus illico. 12 teintes très chaudes, dans des tons de crème, brun, or et cuivre, des pailletés ultra pigmentés et des mats un peu crémeux, tout ce que j’aime pour un maquillage d’hiver. La pigmentation est excellente et tient très bien tout au long de la journée (j’utilise depuis toujours la célèbre base Primer Potion d’Urban Decay, qui intensifie et prolonge la tenue des fards à paupières, et qui contient en plus un actif anti-âge). C’est mon énorme coup de cœur de l’hiver et c’est elle que je vous propose de gagner aujourd’hui en participant au jeu concours sur mon compte Instagram.



Illumine donc ta face : Paint with Light de Laura Mercier
Pourquoi limiter le déluge d’or aux yeux ? Mon autre grand coup de cœur de l’hiver, c’est la palette Paint with Light en tons Golden de Laura Mercier, qui vient de sortir. Il s’agit de trois illuminateurs/blush dans des tons très chauds et intenses, qui brillent de mille feux. J’en suis folle. Les trois teintes sont sublimes, parfaitement complémentaires, et très pigmentées. Le maquillage de fêtes idéal (ce qui ne m’empêche pas de le porter au quotidien, en junkie de l’or que je suis). J’ai l’impression d’être une déesse métallique des temps anciens, quelque part entre sarcophage égyptien et marteau de Thor.

Il remplace avantageusement l’autre palette d’illuminateurs/blush que j’utilisais jusque-là, Sweet Peach Glow de Too Faced, que je continuais d’utiliser jusque là faute de mieux mais qui m’a beaucoup déçue par son manque de pigmentation et d’intensité – les teintes ne se voyaient pas, l’effet était bien trop léger, quasi invisible. Aucun danger avec le Paint with Light de Laura Mercier, qui est très intense (ayez la main légère !).


Et les lèvres ? Rouge pomme empoisonnée
Je suis allée essayer des rouges à lèvre couleur or avec une amie, pour un total look doré, mais j’ai été déçue par le résultat sur moi. Je reste donc au rouge, plus classique mais qui me va beaucoup mieux (avis unanime de mon amie, ma mère et moi-même, ce 3-0 me paraît incontestable). Je partage donc avec vous ma déception de l’année : la collection de rouge à lèvres Studded Kiss de Kat von D. J’avais une opinion favorable de la marque, étant donné que je suis une grande utilisatrice de son feutre eye-liner Tattoo Liner, qui est lui absolument génial (cela fait 4x que je le commande). A la recherche d’un rouge sanglant et intense, j’ai jeté mon dévolu sur la ligne Studded Kiss, très chic avec son packaging dark un peu post-punk, et j’ai choisi la teinte Adora. Quelle déception ! Le rouge à lèvres s’applique mal, est sec, dessèche mes lèvres, et surtout, part de façon non uniforme, en me laissant avec des espèces de tâches de rouge éparses qui donnent l’impression que j’ai une maladie de peau au bout de quelques heures. L’antithèse du glamour et un achat que je regrette vraiment.

Je reste donc sur mes deux indispensables, mes fidèles depuis longtemps, deux rouges à lèvres crémeux, faciles à appliquer, de très bonne tenue, qui hydratent mes lèvres et s’estompent de façon uniforme :
* côté rouge sombre, le Rouge Givenchy, en teinte Grenat volontaire #334

* côté rouge clair, tirant sur le corail, le Rouge volupté Shine d’Yves Saint Laurent, en teinte #16 Orange impertinent

Ce sont deux excellents rouges à lèvres et je ne leur ferai plus d’infidélités.
Et les ongles ? OPI toujours
Je suis une inconditionnelle d’OPI et j’ai un nombre de teintes assez conséquent, je l’avoue (d’autant que pour un œil extérieur, il s’agit d’une infinie variation de rouge, roses et bordeaux assez similaires, et moi seule vois les nuances de framboise, de porto, de cerise, etc. J’ai des yeux bioniques.) Mais j’ai été particulièrement impressionnée par la gamme Infinite Shine qui crée un effet gel assez bluffant (je refuse d’utiliser du vernis gel, qui a trop abîmé mes ongles, je reste au vernis classique !). La brillance est très impressionnante.

De l’or dans les cheveux
J’ai toujours aimé accentuer la blondeur dans mes cheveux par des balayages dorés. J’ai dû arrêter à une époque, parce que mes cheveux étaient trop abîmés, mais tout a changé avec la découverte d’Olaplex.

Olaplex, le miracle
Laissez-moi vous le jurer, foi d’obsédée de la beauté qui a tout testé : ce n’est pas un gadget, ce n’est pas un coup marketing, ce n’est pas une arnaque. Ce produit est HALLUCINANT. C’est simple, je ne vois presque plus de dégâts à la décoloration sur mes cheveux, alors que j’ai les cheveux longs, bouclés, secs, bref, le super combo de la fragilité, et que jusqu’ici toute décoloration m’avait systématiquement flingué les cheveux (même avec des formules soi-disant douces et novatrices et blablabla – selon mon expérience, tout est du vent, sauf Olaplex). Olaplex est utilisé en salon exclusivement. La coiffeuse mélange Olaplex numéro 1 au produit décolorant (ce qui rallonge un peu la pose) et je laisserai les plus chimistes d’entre vous chercher l’explication scientifique précise, mais en résumé, il empêche la destruction des liaisons hydrogène dans le cheveu lors de la décoloration. Après rinçage, on applique Olaplex numéro 2 et on laisse poser 20 minutes. Olaplex numéro 3 s’utilisera ensuite à la maison (environ une fois par semaine en ce qui me concerne, à laisser poser une heure avant le shampooing). Ce n’est pas un soin – il ne rend pas le cheveu plus lisse, plus souple, ou que sais-je, ce n’est pas un démêlant ou un nourrissant. Utiliser Olaplex ne rend pas le cheveu plus facile à coiffer ou plus brillant, il ne remplace absolument pas un après-shampoing ou un masque, son utilité n’est pas là. C’est « juste » une petite merveille chimique qui empêche l’oxydation d’anéantir vos cheveux, et qui fait son boulot avec une efficacité redoutable – des 3 étapes, la numéro 1 étant la plus importante de toutes, car elle intervient en protection PENDANT la décoloration. Bref, depuis 4 ans que je connais ce produit, je refuse désormais toute décoloration sans lui.


En sortie de salon post balayage, les seules fois où on me voit avec les cheveux lisses. Traumatisme garanti pour mes proches ! 😉
Nourrir en profondeur : après-shampoings et masques
Parce que j’ai des cheveux compliqués – comme je le disais, fragiles, décolorés, longs, bouclés –, j’ai besoin de les nourrir ENORMEMENT. Mais sans les alourdir. Parce que sinon, ils ne bouclent plus. (Je sais, c’est compliqué ma vie.) J’ai testé un million de produits à ces fins. J’utilise bien sûr à la fois un après-shampoing, et un soin sans rinçage (comme toutes les bouclées). Il y a des choses très bien pour le quotidien dans les produits peu chers, par exemple, l’Après-shampoing Nutri réparateur d’Yves Rocher et le soin sans rinçage Huile extraordinaire – Huile en crème d’Elsève – deux produits à moins de dix euros qui font très bien le job et dont le prix bas me permet de les utiliser généreusement.

Mais parfois, on a envie de mettre le paquet et de nourrir vraiment à fond les ballons. Je suis prête à mettre le prix pour ça. En revanche, rien ne m’énerve plus que de payer beaucoup pour un masque qui ne tient pas ses promesses. Mon grand regret capillaire de l’année, c’est d’avoir été victime du marketing : à force de voir passer sur Facebook le masque Coco & Eve (vous savez, typographie vert sombre sur pot rose) qui me promettait monts et merveilles, j’ai fini par griller 45 euros pour l’acheter, et j’ai regretté. Ce n’est pas qu’il est nul, non. Mais c’est juste un masque de base au silicone, qui démêle et fait briller sans nourrir en profondeur, et le masque de supermarché Total Repair de Jean-Louis David fait exactement la même chose pour 6 euros chez Carrefour, donc bon, je reste sur JL.

A ce jour, j’ai testé beaucoup de choses et je n’ai trouvé qu’une seule marque qui mérite que je paie très cher un masque, parce que le résultat est véritablement spectaculaire : Shu Uemura. Leurs produits sont d’une qualité phénoménale, et absolument sans silicone – le résultat est réel, et non dû au plastique. Le masque Silk Bloom est une véritable cure miraculeuse pour les cheveux abîmés. La crème Essence absolue est la meilleure crème sans rinçage que je connaisse sur le marché. Alors oui, cela coûte près de 50 euros par produit. Mais si vous voulez un soin sauvetage qui récupère vos cheveux bousillés sans avoir à les couper, votre salut passera par là.

Je m’arrête ici, en sachant que j’ai encore beaucoup en réserve, car nous n’avons parlé ni fond de teint, ni crème hydratante, ni crème de nuit, ni shampoing, ni mascara, ni… bref, à suivre !
N’hésitez pas à me raconter, je suis curieuse : et vous, quel est votre rapport au maquillage ? Ami occasionnel, ami fidèle, ennemi, contrainte ? Avez-vous eu cette année des produits coup de cœur et de grosses déceptions ?
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