La Laponie. Cette région culturelle mythique s’étend au-delà du cercle polaire arctique, en Norvège, Suède, Finlande et sur un petit morceau de Russie occidentale. C’est le pays des aurores boréales, des rennes et des sapins enneigés. Ici l’été dure deux mois, la neige est reine d’octobre à mai, le thermomètre tutoie parfois les -40, les densités de population sont incroyablement faibles et les gens branchent leurs voitures (non électriques) à des résistances pour éviter que l’huile de moteur gèle. Bienvenue dans un autre monde.

Rovaniemi, capitale de la Laponie finlandaise
La plupart des gens qui découvrent le grand nord européen commencent comme moi par Rovaniemi, la capitale de la Laponie finlandaise, première destination mondiale pour ce type de tourisme à moonboots et quatre épaisseurs. J’ai le bonheur de participer à ce voyage de presse organisé par Scanditours en Laponie finlandaise, et je suis extatique.
Ce n’est pas Rovaniemi qui me bouleverse, c’est tout ce qu’il y a autour. L’immensité des forêts de Laponie.

Il faut dire la vérité : Rovaniemi elle-même n’est pas belle, du moins, le centre urbain ne l’est pas. Détruite en 1944, Rovaniemi n’a pas été reconstruite en beauté. Les journalistes du groupe rivalisent de comparaisons élogieuses : « ça me rappelle la banlieue de Varsovie », « y a une scène comme ça dans Goodbye Lenin », et « on dirait une station de ski mais sans les Alpes ». Personne ne se promène à Rovaniemi. Les touristes ne viennent ici que pour dormir et manger, et passent leurs journées le plus loin possible du cœur de ville.

Car heureusement, Rovaniemi n’est pas que ce cœur de ville disgracié. C’est la plus grande municipalité d’Europe, plus grande encore que Paris, Londres ou Berlin. Un carré de 80km sur 80, avec certes une verrue urbaine au centre, mais tout le reste n’est que forêt et immensités sauvages. Densité de population hors du cœur de ville : 3 habitants au kilomètre carré. Nous sommes pile sur le cercle polaire arctique, Napapiiri en finlandais.

La taïga, ou forêt boréale, recouvre tout. Vu d’avion, le spectacle est saisissant : un immense gazon de sapins gelés, encapuchonnés de neige blanche. Atterrir à l’aéroport de Rovaniemi, c’est négocier un créneau au milieu d’une armée de troncs enneigés. Il n’y a que deux tapis à bagages, et on vous annonce que vous êtes à « l’aéroport officiel du Père Noël ». Un traîneau couvert de cadeaux et des posters du bonhomme rouge et blanc vous mettent dans l’ambiance. Le thermomètre affiche -17. Il paraît que la semaine dernière, c’était dix degrés de moins. Bienvenue à Rovaniemi, destination numéro 1 du tourisme hivernal en Laponie. Village du Père Noël, motoneige, chiens de traîneau, igloos de verre, hôtels de glace, pêche blanche, il y a tout ici.

Il paraît que les gens vont en Norvège et en Islande pour voir l’hiver, et en Finlande pour vivre l’hiver. La Laponie finlandaise n’a pas de fjords majestueux comme la Norvège, pas de volcans, geysers et cascades comme l’Islande, mais elle a cette immense forêt de sapins et une créativité insatiable en matière d’activités hivernales. Depuis quelques années, le grand nord a le vent en poupe. Tout le monde s’est mis à rêver d’aurores boréales. Les gens ont découvert qu’on pouvait enfiler des combinaisons thermiques pour résister au blizzard au lieu de s’infliger l’épreuve du bikini juste après le réveillon. Le grand nord européen dans son intégralité profite de la vague, mais personne ne l’exploite mieux que Rovaniemi. Toutes les idées baroques que vous verrez sur Instagram, les igloos transparents, les rennes, les motoneiges, les toboggans de glace, les traîneaux, sont nés ici.

Le village du père Noël
Le village du Père Noël est à deux pas de l’aéroport, pour se mettre aussitôt dans le bain. Les bâtiments sont tout ce que Rovaniemi n’est pas : pittoresques et charmants, avec des tourelles de bois, des lampadaires qui marquent le passage précis du cercle polaire arctique à 66° Nord, des rennes et des couleurs de Noël. C’est un minuscule Disneyland de l’avent perpétuel, où Douce nuit est carillonné en boucle toute l’année, où les employés ont des costumes et des bonnets pointus de lutins, et où on fait la queue pour voir le père Noël, dans un décor de parc à thème. On peut visiter la poste du Père Noël, où il reçoit les lettres, et en envoyer soi-même avec un tampon estampillé Père Noël. L’entrée est gratuite, mais la photo avec le Père Noël coûte 40 euros. C’est leur modèle économique. Le village du père Noël est charmant – mais tout n’est qu’un gigantesque centre commercial, et le matraquage aux rennes et aux sapins finit par me fatiguer. On vient en Laponie pour la nature, alors enfuyons-nous, partons dans les bois.






En motoneige parmi les sapins
Mieux vaut partir en pleine nature. En motoneige, donc. Depuis que les traîneaux tirés par les rennes sont tombés en désuétude, elle est l’un des modes de transport préférés de la région. Ici, on ne déneige pas les routes, on se contente de les damer. Les voitures roulent avec des pneus cloutés sur les grands axes, et on se déplace en motoneige sur les chemins. A l’extérieur de Rovaniemi, le long de l’immense rivière Ounasjoki, on voit les habitants des jolies maisons isolées rejoindre le cœur de ville en motoneige, en fonçant sur cette rivière transformée en gigantesque patinoire par 80 cm de glace. Il faut entre cinq et dix centimètres de glace pour qu’un homme puisse marcher en sécurité, entre quinze et vingt-cinq pour y mettre une motoneige, et un mètre pour faire atterrir un avion. Les excursionnistes s’en donnent à cœur joie sur la rivière gelée, c’est le lieu des pointes de vitesse. Puis on se perd dans l’immense réseau de chemins tracés au milieu de la taïga et roule entre les sapins. Les sensations sont fabuleuses.
Pratique : La motoneige est facile à conduire, avec des sensations assez proches du jet ski. Il faut avoir dix-huit ans et un permis de conduire valide pour être au guidon. Nous étions pris en charge par le partenaire finlandais de Scanditours (qui organisait ce voyage), Lapland Safaris, pendant les deux journées d’excursion motoneige, et j’ai adoré la qualité des expériences proposées.




Déjeuner en pleine nature dans la kota
Les excursions en motoneige comprennent souvent le déjeuner dans une kota, sorte de tipi typique du grand nord, authentiquement finlandaise. Chaque prestataire a une ou plusieurs kota dans des lieux isolés et idylliques, au cœur de la forêt ou au bord d’un lac gelé. L’effet est saisissant. On se fraie un chemin au milieu de plus d’un mètre de neige, et entre dans ce tipi de bois, entièrement clos et sans fenêtre, où la seule lumière provient du feu ouvert placé au centre. (Une cheminée évacue la fumée, évidemment.) Le cuisinier prépare les légumes et le saumon ou le renne directement sur la flamme, ainsi que le thé et le café dans de grands récipients de métal. On mange et boit dans un silence recueilli, pétri de l’atmosphère authentiquement laponne.


Pêche blanche sur un lac gelé
On peut aussi pratiquer la pêche blanche, ou pêche sur glace. Le guide dégaine alors sa perceuse à glace, une grande spirale dont les hélices sont munies de lames, et qui porte ici le nom de « kaïra » (prononcez caillera, comme dans le 9-3). Pour creuser la glace, épaisse de près d’un mètre sur le lac où nous sommes, il faudra longuement mouliner, dans un déluge de copeaux de glace, jusqu’à atteindre la dernière couche et enfin, l’eau étrangement jaunâtre du lac. Puis mettre sa canne à pêche dans le trou, et attendre. Longtemps. Le guide va se mettre au chaud dans la kota. Le touriste s’allonge sur la glace, méditatif. On lui a dit que le Finlandais pouvait y passer des heures. Au bout de dix minutes, le touriste en a marre. Il n’a jamais pêché de sa vie chez lui car il trouve ça trop soporifique, et passé l’excitation de creuser la glace, il réalise que c’est exactement la même chose en Laponie. Pas de poisson. Il rentre dans la kota. Le guide a mis des saucisses sur le feu depuis longtemps – il savait.



Les rennes, animaux des Sami
L’autre attraction incontournable, c’est de visiter une ferme de rennes, et de faire un tour en traîneau. Aucun animal n’est plus consubstantiel à l’identité laponne que le renne. Et pour parler des rennes, il faut parler des Sami.
Les Sami, parfois orthographié Same, constituent le peuple indigène du grand nord norvégien, suédois, finlandais et russe occidental – le seul peuple indigène d’Europe reconnu par ses instances officielles. Ce sont eux qui ont donné leur nom à la région culturelle autrefois sans frontières qu’on nomme Laponie : Lapon, du suédois « lapp », signifie haillon. Les Lapons, c’était le peuple perçu comme sauvage et primitif, vêtu de peaux de rennes et passant d’un pays à l’autre dans le grand nord. Si le terme « Laponie » est universellement accepté, on se gardera bien d’appeler un Sami « Lapon » : au niveau de la charge émotionnelle et historique, c’est comme traiter un Noir de nègre. Et les Sami eux-mêmes ne disent pas Laponie, mais Samiland. On estime qu’ils sont cent mille aujourd’hui, dont dix mille en Finlande. On suppose les Sami originaires d’Asie, arrivés en Europe via le nord de la Russie. Après des décennies d’oppression culturelle et d’assimilation forcée, après un véritable génocide culturel – en Finlande et en Scandinavie, on a interdit leur langue, leur religion, brûlé leurs objets de culte, saisi leurs terres – les Sami ont aujourd’hui perdu ce physique asiatique, et un Sami peut être blond ou brun, grand ou trapu. Mais le sens vivace d’une identité culturelle commune n’a pas disparu. Pour être reconnu comme Sami, il faut se soumettre à un test ADN, et prouver qu’on a quelques gouttes au moins de sang Sami. En Norvège (où vivent aujourd’hui la majorité des Samis) et en Suède, cela donne droit à un privilège particulier : le droit de posséder des troupeaux de rennes, ce qui est interdit aux citoyens ordinaires. En Finlande, cette loi n’a pas droit de cité, mais les rennes restent indissociables de la vie de ce peuple. Plus loin au nord, à Saariselkä, où la taïga s’amenuise et devient toundra, vivent les derniers Sami nomades de Finlande, suivant le mouvement des rennes. Il y a des milliers d’années, les Sami sont venus dans le grand nord justement à cause des rennes : ce sont eux qui les ont domestiqués. Ils leur ont appris à traîner des charges, ils ont utilisé leur viande, leur lait, leurs bois, leur fourrure, leurs os, leur corne. Encore aujourd’hui, on ressent quelque chose d’étrange en Laponie : l’omniprésence du renne, ami, outil et nourriture, à la fois adoré, célébré, utilisé et dévoré.


Les rennes se font caresser dans les attractions touristiques et tirent les traîneaux – nous allons visiter une ferme de rennes, faire un tour en traîneau, caresser ces bêtes dociles et gentilles, et les nourrir de lichens ramassés à la fin de l’été. Je suis toute surprise de les nourrir de mousses et non de foin. Les rennes sont l’emblème de la ville. Les hôtels ont des lustres en bois de renne (qui tombent tous les ans), des tentures en peau de renne, les restaurants servent du sauté de renne ou de la langue de renne fumée, et tous les objets artisanaux, couteaux, tambours, colliers, etc, sont fabriqués en cuir, corne ou bois de renne.





Irene et Ari Kangasniemi, merveilleux artistes Sami
Nous allons rendre visite à un couple d’artistes Sami très reconnus, Irene et Ari. Quiconque recherche de l’artisanat Sami de grande qualité se tournera vers eux. Ari fabrique les couteaux et les lustres en bois de renne pour les hôtels de luxe. Il nous montre la qualité du bois, variable en fonction du statut reproducteur du renne mâle : les bois du mâle castré sont beaucoup plus friables et creux que ceux du mâle entier. Mais seuls les mâles castrés pourront être utilisés pour le transport et l’agrément. A l’automne, saison du rut, on trie les rennes. Les troupeaux continuent de vivre en semi-liberté, identifiés seulement par des marques au niveau des oreilles. Ce sont les mâles eux-mêmes qui reforment les troupeaux à l’automne, en rassemblant une vingtaine de femelles. Le velours irrigué qui couvre leurs bois tombe, laissant place à la dureté de la corne pour les combats. C’est à ce moment-là que les éleveurs récupèrent et trient leurs bêtes. On sélectionne les rennes les plus doux et dociles pour l’usage véhiculaire et récréatif, et il faudra trois ans pour les entraîner à la perfection. Ceux-là sont des amis. Ils ne seront pas mangés. Quand elle voit le minibus qui nous a amenés chez elle, Irene embrasse la photo du renne qui le décore : « Je le connais. C’est un renne très spécial et si gentil. » Les plus beaux rennes entiers seront les reproducteurs, notamment si leurs bois sont imposants. Chaque renne a des bois qui lui sont propres, qui tombent au printemps et repoussent chaque année à l’identique – c’est la signature de chaque individu. Ari raconte avoir mis cinq ans à constituer un lustre pour un client de très grande valeur : celui-ci voulait acquérir un lustre parfaitement symétrique. Cinq ans, cinq bois du même renne, pour honorer la commande. Les rennes qui ne sont ni beaux ni gentils seront mangés. Dans l’atelier d’Irene et Ari, chaque morceau du renne est valorisé, même le cerveau, bouilli pour fabriquer des onguents de maroquinerie.
Irene et Ari portent de grandes bottes en peau de renne qui leur donnent un air de lutin, et à la ceinture (Ari) ou en boucle d’oreille (Irene) les deux emblèmes de la Laponie : le couteau en bois de renne, et la kuksa, une sorte de bol à anse taillé dans le bois très fin d’une excroissance de bouleau causée par un champignon parasite. Ils brandissent haut et fier le flambeau de cette culture ancestrale qu’on a tenté d’anéantir. Irene nous montre le portrait d’un homme aux cheveux longs, aux airs de vieux sage amérindien. « C’est mon arrière-grand-père. Il était le plus puissant des chamanes. Ils l’ont tué ». Tous les tambours sacrés des chamanes ont été brûlés à la fin du XIXe siècle, à l’exception de seize d’entre eux, précieusement conservés dans des musées en Finlande et en Scandinavie. Irene et Ari fabriquent ces tambours placés au cœur de la spiritualité millénaire de leur peuple. Animistes, les Sami peuplent la nature d’esprits, et croient en la coexistence de trois mondes, le nôtre, le ciel et le monde souterrain, où vivent les morts. En frappant le tambour, le chamane en transe se projette dans les hautes sphères, communique avec les morts et recueille leur sagesse. Chaque tambour est décoré de signes signifiant dieux, animaux et vertus ; le principe de la divination chamanique consiste à faire rebondir un petit objet sur le tambour au gré des pulsations, et à interpréter la série de ses chutes successives. Le tambour est en cuir de renne tendu, évidemment.





Saumon, renne et baies : gastronomie de Laponie finlandaise
La nourriture laponne est simple, mais elle me plaît beaucoup. Je me reconnais dans son caractère brut et frais. Du pain plat, cuit au feu de bois. Du saumon, du poisson blanc d’eau douce type omble chevalier, du renne (que je n’ai pas goûté). Des carottes et des patates, qui viennent en cette saison du sud de la Finlande, où elles poussent sous serre. Et surtout, des baies. Des baies à ne plus savoir qu’en faire. Partout on vous sert un jus de baie chaud, sorte d’infusion aux airelles, myrtilles, framboises et « mûres arctiques », cloudberry en anglais : une sorte de framboise jaune qu’on ramasse à la fin de l’été, au milieu des marécages infestés de moustiques, et qui est considérée comme la plus précieuse de toutes. Fin août, début septembre, les différentes baies sont partout, au bord des routes, dans les jardins, dans les forêts. Tout le monde peut les ramasser, selon cette loi nordique (qui s’applique aussi en Suède et en Norvège) qu’on appelle « droit de tout un chacun » : même si la terre ne vous appartient pas, vous pouvez camper, ramasser du bois, pêcher, cueillir des baies ou des champignons. Partout dans la forêt finlandaise, on trouve des kotas (tipis) avec une hache pour couper du bois et faire le feu. Personne n’irait voler la hache. Le but est bien que chacun puisse la trouver quand il en a besoin. Il n’y a pas de vols en Laponie. Le sentiment de communauté est fort et la nature généreuse, durant le bref laps de temps de soleil. A la fin de l’été, donc, les habitants de Laponie se précipitent dans les champs et les forêts, et ramassent des dizaines de kilos de baies qu’ils congèleront pour toute la durée de l’hiver. Chez Irene et Ari, le couple Sami, on nous fait entrer dans une cuisine de poupée, toute de bois assemblé comme un lego sans vis, et on nous sert sur une nappe rouge et blanche du fromage de renne avec de la confiture de mûre arctique. C’est un vrai régal au goût d’inédit.
Les attractions touristiques les plus connues, ce n’est qu’un petit bout de Rovaniemi, un mal nécessaire pour que l’argent vienne, mais la vraie vie, elle est juste un petit peu plus loin, dans les chemins de traverse, les forêts immenses, les lacs grands comme des mers intérieures. Le temps s’écoule lentement. Chaque saison est savourée comme un fruit mur. Les fantômes animistes des Sami hantent tous les habitants de Laponie finlandaise, qu’ils soient autochtones, finlandais ou français. La nature s’écoute et se célèbre, la vie est lente et intense. La joeku, chant traditionnel des Sami, guttural et solennel, est devenue l’hymne de Laponie, et inspire à une sorte de méditation ancrée dans le sol, dans chaque plante et chaque caillou. Tout le monde est un peu chamane ici.

Tous les gens d’ici nous parlent avec passion des fruits et des légumes de l’été. Ils nous disent : vous n’avez aucune idée de ce goût, tous les autres fruits et légumes du monde vous paraissent fades à côté de ceux qu’on cueille à la fin de l’été, en Laponie. Ils n’ont que deux mois pour pousser, mais deux mois de soleil continu, deux mois de fièvre, de croissance frénétique, gorgée de lumière et de sucre. On nous dit que les mûres, les myrtilles, les framboises, les carottes de fin août en Laponie sont à se damner. Les sorbets, les confitures, les jus de baie nous en donnent une idée – un peu de fin d’été lapon conservé à travers les longs mois d’hiver.


Bonnes adresses à Rovaniemi : découvrir la gastronomie de la Laponie finlandaise
Trois adresses où je me suis régalée à Rovaniemi :
– Arctic Sky Restaurant, situé sur une colline au-dessus des cimes des arbres. La vue est sublime, et il est considéré comme l’un des 10 meilleurs restaurants de Finlande.
– Arctic Light Design Hotel, à Rovaniemi. Le restaurant est fabuleux et la déco a un charme fou, avec notamment des lustres en bois de renne fabriqués par Irene et Ari.
– Goûter de baies et de fromage de renne chez Irene et Ari Kangasniemi, après la visite de leur atelier : sur rendez-vous seulement, réservez votre visite auprès de l’office du tourisme de Rovaniemi.




L’Arcticum, musée de l’Arctique à Rovaniemi
Il est difficile a priori de comprendre pourquoi les peuples se sont installés en Arctique, et pourtant certains instants ici ont un goût de certitude tellement marquant qu’on en vient à les comprendre. Nous visitons l’Arcticum : un fabuleux musée de l’Arctique, inauguré il y a vingt-cinq ans pour célébrer l’anniversaire de l’indépendance finlandaise. C’est un immense tunnel de verre orienté plein nord, qui rassemble à la fois des expositions historiques, culturelles, scientifiques et artistiques. La grande exposition sur les peuples de l’Arctique est celle qui me passionne le plus. A l’entrée de la salle, un globe immense, couché sur le côté. Vue du dessus, sur le cercle polaire, de la Russie à l’Alaska en passant par la Finlande, la Scandinavie, l’Islande, le Groenland et le Canada. L’Arctique, c’est la région au-dessus des 66°32N, définie par ce principe tout simple : il faut qu’il y ait au moins une journée d’été où le soleil ne se couche pas, et une journée d’hiver où il ne se lève pas. Le pôle nord géomagnétique se déplace lui sans cesse, et se situe actuellement dans le Nunavut, où les aurores boréales seraient plus intenses que partout ailleurs.
J’imagine continuer la découverte. Quand on monte vers le nord, en partant de Rovaniemi, on tombe sur des mines d’améthyste, sur les grandes communautés Sami de Saariselkä, et sur les lacs immenses de la région d’Inari ou de Kipisjarvi. Il paraît que ce sont des road trips merveilleux. Je me surprends à rêver de revenir début septembre, pour les baies et les premières aurores boréales, qu’on dit plus intenses : éperonnées par la proximité de l’équinoxe, qui rapproche le soleil de la Terre, et favorisée par les cieux plus clairs et cléments de la fin de l’été.

L’hôtel que j’ai préféré à Rovaniemi : Santa’s Arctic Igloos
J’ai eu la chance de découvrir plusieurs hôtels originaux à Rovaniemi, qui surfent sur la vague du tourisme dans le grand nord : igloos de verre ou de glace (où on dort en combinaison de ski dans la neige), cabanes dans les bois, hôtels design. Beaucoup ont du charme, mais je préfère ne vous parler que de mon plus grand coup de cœur. L’hôtel Santa’s Arctic Igloos est situé tout près du village du Père Noël, mais loin de la route, en lisière de forêt, comme si nous étions seuls au monde. La proximité de l’attraction touristique ne se devine pas, le calme est total. Les igloos de verre sont de toute beauté, grands et confortables. Dans mon grand igloo entièrement ouvert sur le ciel, j’ai un sauna et vue sur la forêt. Ma chambre, 768, est la dernière avant le lac et les arbres. Il n’y a rien d’autre devant moi que la nature, les sapins enneigés. Les aurores boréales sont là, les prédictions l’affirment, mais célèbrent leur danse derrière un rideau impénétrable de nuage. Activité solaire KP3, couverture nuageuse 100%. Malchance. Je scrute malgré tout le ciel depuis mon lit, apaisée par cette coupole de verre ouverte sur l’immense.



Pour moi qui n’aime pas les villes, mais la nature, les animaux et la solitude confortable, la Laponie a quelque chose d’évident, de rassurant. Je comprends cette sanctification de la nature, cet attachement au cycle des saisons, aux gestes répétés, aux routines tranquilles de ceux qui vivent souvent dehors et regardent beaucoup le ciel. Je sais que je reviendrai en Laponie. Ce qui m’a séduite, ce ne sont pas les gadgets, les villages du Père Noël, igloos de neige et autres parcs d’attraction. Ce sont les instants les plus authentiques, les plus préservés, la solitude et l’immensité. Je reviendrai en Laponie, sans doute en Norvège. De Lofoten à Tromso en passant par Senja, elle incarne mon prochain rêve nordique. Mais sans doute aussi en Suède, et plus au nord en Finlande, plus au nord de Rovaniemi. Loin du Père Noël. Dans le silence des sapins, et l’attente toujours recommencée des aurores boréales.
Contexte de ce voyage : J’ai eu le bonheur de participer, en tant que journaliste, à un voyage de presse organisé en Laponie finlandaise par Scanditours, spécialiste des voyages dans le grand nord. C’était une expérience fabuleuse. Je n’étais pas là en tant que blogueuse, et cet article n’est pas sponsorisé : rien ne m’obligeait à parler de ce voyage sur Itinera Magica. Mais cette expérience était trop forte pour ne pas vous la raconter, et j’avais juste envie de partager mes impressions et mes coups de cœur dans le grand nord finlandais.
D’ici la fin du mois de mars, je vais avoir le bonheur de repartir dans le grand nord… n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter si les neiges éternelles vous fascinent autant que moi !


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