Les plus belles lavandes de la Drôme, les miroirs blancs du Ventoux au cœur des Baronnies, la citadelle mythique de Sisteron, entre Durance et Buëch aux deux couleurs, l’Ubaye écumeuse et les curiosités du lac de Serre-Ponçon : je vous convie à un voyage or et mauve au pays de l’été. Ma belle haute Provence, celle où je suis née au milieu des garrigues et des vieilles pierres, est sans aucun doute une des plus belles destinations du monde pour savourer les heures de grâce estivales. Voici un petit itinéraire tortueux entre quatre départements que j’adore, Drôme, Vaucluse, Hautes-Alpes et Alpes de Haute Provence, au cœur des Baronnies et un peu alentours.


C’est un article un peu foutraque, où on fera des tas d’allers-retours, où on mélangera des lavandes et des raftings, des abbayes et des citadelles, avec une seule unité : la Provence, mon grand amour.
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Au pays des lavandes
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C’est le privilège du Sud, l’or mauve de nos collines. Elle pousse loin des plages, sur les flancs escarpés et les hauts plateaux de la Provence intérieure, et a fait la réputation de notre territoire aux quatre coins du monde. Parfois, quand je rencontre des Asiatiques, je leur dis que je viens « du pays de la lavande », et je prends 12 000 points d’ego boost dans leur estime. Je n’ai pu commencer mon été, début juillet, sans aller accomplir mon petit pèlerinage dans l’infini fleuri, avec toute la panoplie de la blogueuse à robe, chapeau et trépied. Voici une collection de lieux où voir la lavande en Provence.

Les lavandes du plateau de Valensole
Qui dit « lavande » dit Valensole. Le plateau qui ondule violet au pied des montagnes est l’incontournable, la carte postale incarnée. Ce sont sans doute les plus beaux champs de lavande de Provence… mais je dois bien avouer à demi-mots que l’endroit est un peu victime de son succès, et qu’il y a autant de perches à selfie dans les champs que de brins de lavande, et qu’il faut faire très attention à ne pas écrabouiller un groupe de touristes en bus qui traversent la route comme s’ils étaient poursuivis par un tricératops. Je vais donc aller descrendo niveau tourisme, allant des lieux les plus connus aux plus confidentiels.


Les lavandes de l’abbaye de Sénanque
Sérénité abbatiale et papillons sur lavande : Sénanque, dans le Vaucluse, inspire une forme de perfection idyllique provençale. Si tu pouvais la faire infuser dans l’eau chaude, t’ouvrirais tous tes chakras d’un coup et tu foncerais au nirvana en moins de temps qu’il n’en faut pour dire « monastique ».

Je me permets toutefois de signaler que nous avons deux autres abbayes dans le même style cistercien lumineux, Le Thoronet et Silvacane. Mais comme elles présentent le grave défaut de ne pas s’être dotées de lavandes so instagramables, elles ne figureront pas dans cet article (mais je les aime quand même).
Kaléidoscope de lavandes à Sault et Aurel
C’est le petit secret des hautes altitudes : ici dans les Monts du Vaucluse, les lavandes durent plus longtemps. Jusque début août, on peut espérer continuer de voir la vie en mauve à Sault, Aurel et Ferrassières. Traversez le Lubéron et remontez jusqu’à Sault, face au versant Est du Mont Ventoux, pour ses kaléidoscopes de lavandes de montagne.

A Aurel, vous admirerez le combo « arbre sur champ de lavande » le plus pittoresque de la haute Provence, avec le village perché en arrière-plan.


Mais les plus belles vues, elles sont dans ce champ sans nom, quelque part entre Drôme et Vaucluse, avec vue solennelle sur le géant chauve de Provence, le Ventoux, où un crépuscule jubilatoire m’a fait déclencher à la vitesse supersonique de 100 clichés par nano seconde.

Les lavandes de la Drôme provençale, entre Grignan, Die et Nyons
Où voir des lavandes de la Drôme ? Meilleurs spots pour photographier les lavandes dans la Drôme
Sachez-le, amis de l’or mauve : tout le monde en Provence pense à Valensole et à Sault pour voir les lavandes, mais la Drôme provençale, merveilleuse et solitaire, vous tend les bras. J’en parle avec un chauvinisme tout particulier, car c’est mon pays : la Drôme provençale, c’est sublime et secret. C’est l’autre Provence, celle qu’on a gardée pour nous.
Où voir les lavandes dans la Drôme ? PARTOUT au sud du département. J’ai grandi à Donzère, en Drôme provençale, et je n’ai qu’à sortir de chez moi en juin/juillet pour la voir fleurir à tour de bras. Vraiment, sortez de l’autoroute à Montélimar Sud et partez dans n’importe quelle direction, vous verrez des lavandes.

Mais voici quelques spots que j’affectionne particulièrement :
– Les champs de lavande au pied de la Garde Adhémar et de Grignan, pour la beauté du village perché noyé de pétales.

– Le triangle montagnard entre la Roche Saint Secret, Bouvières et Saint Ferréol, pour sa verticalité : si vous voulez voir les lavandes pousser façon gratte-ciel en s’accrochant à la pente de toute la force de leurs petites racines, c’est the place to be. Manhattan des lavandes, c’est par là.


– Nyons et ses alentours. Je n’ai pas eu le temps de faire des photos cette année, je suis passée après la coupe (l’été a été précoce, les lavandes ont été ramassées dès fin juin), mais Nyons est une ville sublime et les lavandes sont nombreuses. J’ai repéré cette année un endroit où je compte aller prendre de jolies photos en juin prochain : Venterol, autre ravissant village perché baigné de lavandes.

– Montbrun-les-Bains, à quelques kilomètres de Sault. C’est la même zone de culture de lavande d’altitude qu’à Sault et Aurel, et la vue sur le Ventoux est superbe. Je n’ai pas eu le temps de consacrer à Montbrun le temps qu’il mérite, mais je me suis promis d’y revenir : c’est une zone thermale réputée et le village m’a paru absolument magnifique.


Voir de la lavande : en Ardèche aussi ! où voir de la lavande en Ardèche – lavande drôme ardèche blog
Bon alors vous le savez, les Ardéchois, ce ne sont pas des Provençaux. Souvenez-vous du célèbre comté de Provence, notre Provence historique (et dont les gens comme moi sont bêtement fiers, comme s’ils avaient quelque chose à voir là-dedans et qu’ils descendaient du bon roi René en personne – c’est couillon, un patriotisme régional, mais c’est comme ça) : le Rhône était sa frontière occidentale. L’Ardèche, c’était des barbares, voilà.
Il y a toujours un petit dualisme régional ridicule, un peu comme Lyon vs Saint Etienne : les Drômois et les Ardéchois adorent se mettre mutuellement la pâtée au football et à la pétanque, et prétendre que de l’autre côté du Rhône, tout est déglingué et tout pourri. Mais maintenant, soyons honnêtes : l’Ardèche est sublime, et surtout, l’Ardèche méridionale a exactement le même climat et la même culture que la Drôme provençale. Trop de gens ignorent qu’en Ardèche aussi, on trouve de sublimes lavandes. J’ai toujours adoré la route qui mène de Viviers aux gorges de l’Ardèche, en passant par Bourg Saint Andéol et Saint Just : c’est une succession de vignes et de lavandes, avec la vue sur le Ventoux en toile de fond. A Saint Remèze, au milieu des gorges, vous trouverez même un musée de la lavande. C’est en Ardèche que je suis allée faire mes photos de mariage en juin dernier, dans un champ de lavande situé juste au sud de Viviers. Pourquoi suis-je allée chez l’ennemi héréditaire, vous allez me demander, alors qu’on a des champs de lavande partout dans la Drôme ? Très simple : parce que depuis l’Ardèche, on voit super bien la Drôme. Et que j’ai grandi pile sur les falaises qu’on voit en arrière-plan de cette photo, au-dessus du défilé du Rhône.



Au cœur des Baronnies provençales : le parc naturel régional des Baronnies
Revenons maintenant à nos Baronnies provençales. Vous l’ignorez peut-être encore, mais c’est depuis 2016 un tout nouveau parc naturel régional à cheval sur 4 départements (Drôme, Vaucluse, Hautes Alpes, Alpes de Haute Provence) qui forment le cœur de la Haute Provence. Je suis folle de ce parc nouvellement créé, qui incarne vraiment le plus beau de « ma » Provence à moi, la Provence du nord, rocailleuse, ventée et bucolique, riche en plantes et en fleurs, façonnée par le talent agricole et artisanal des générations successives. (Nombre des photos ci-dessus, en Drôme et Vaucluse, ont été prises sur le territoire du parc : la lavande est son emblème.) Les six « villes-portes » qui en marquent les limites sont Dieulefit, Grignan, Sisteron, Valréas, Vaison-la-Romaine et Veynes. Je les connaissais toutes… sauf Sisteron.
Et cela tombe bien, car cet été, mon père y a loué une maison avec toute sa famille (mes oncles, tantes, grands-parents et cousins paternels), perpétuant la belle tradition méditerranéenne des grandes smalas où on est trente à table et où tout le monde finit dans la piscine en dansant la Macarena à minuit et demi. Entre deux repas pantagruéliques et chorégraphies entre cousins, j’ai eu le temps de visiter un peu, et ça valait le coup.

Sisteron, deux rivières et une sublime citadelle
Ce qui vous frappe aussitôt en arrivant à Sisteron, c’est ce rocher monumental qui vous ramène aussitôt au cœur du jurassique. Vous voyez les plaques tectoniques qui s’écrasent, les Alpes qui jaillissent, la pression qui écrase la roche de toute part, qui la plie et la déforme comme un éventail de carton. Le Rocher de la Baume, c’est le premier fait de gloire sur le blason de Sisteron, la preuve indiscutable du caractère exceptionnel de cette cité entre Alpes et Provence. Mais la magie n’est pas encore épuisée.

Regardez la rivière qui coule au pied du rocher, et vous serez surpris par deux couleurs qui se frôlent mais ne se mélangent pas encore, deux tons de bleu-vert nettement distincts. C’est qu’à l’entrée de la clue de Sisteron, le Buëch vient se jeter dans la Durance, et que leurs eaux rechignent à se marcher. La Durance ainsi renforcée par cette rivière de montagne va irriguer toute la vallée… et parfois, l’inonder gravement. Pendant des siècles, ce cours d’eau fut si capricieux et destructeur qu’on disait que la Provence était frappée par trois fléaux : le mistral, la Durance et le parlement. Mais aujourd’hui, bien canalisée et apprivoisée, c’est une jolie rivière qui donne son nom à des savons et des sels de bain 😉

Mais ce n’est toujours pas fini. Regardez maintenant en face du rocher, ce qui se hisse à la même hauteur que lui sur la colline d’en face : la plus belle forteresse de Provence, la citadelle de Sisteron ! A l’époque d’Henri IV, quand la Nice et la Savoie n’étaient pas encore françaises, elle défendait les frontières du royaume avec panache – le roi disait qu’elle était l’une des plus puissantes de France. Elle a aussi joué un rôle considérable dans la reconquête du pouvoir par l’armée napoléonienne en 1815, on vous racontera tout ça lors de la visite. Pour moi qui suis moyennement branchée histoire militaire, c’est surtout la vue spectaculaire qui mérite absolument qu’on fasse le détour.
Sisteron est vraiment jolie, typiquement provençale avec ses ruelles ensoleillées, particulière avec cette ombre dorée du rocher qui la surplombe.





Nous avions loué pour trente personnes au Mas des cinq fontaines, un gîte luxueux avec une vue imprenable sur la ville. Il est également possible de n’y louer qu’une chambre, ou une partie du lieu. Certaines chambres sont assez hallucinantes, comme la suite du pigeonnier qui ressemble à un décor d’heroic fantasy, ou super confortables, comme la suite wellness avec spa. Je vous le recommande avec plaisir.





Une randonnée au pays de Sisteron : la crête et le sommet de Géruen
J’ai beaucoup aimé cette randonnée jusqu’au sommet de Géruen (1880m), qui offre un panorama majestueux sur les pré-Alpes de Digne et toutes les Alpes du Sud, jusqu’au Mercantour. Pour la suivre, garez-vous au col de Font-Belle et suivez toujours les panneaux « Crêtes de Géruen », jusqu’à parvenir sur l’arrête. Le sentier est facile, malgré les 500 mètres de dénivelé, car il monte en lacets doux jusqu’à la crête – seule la dernière portion sur l’arrête est plus raide, mais la vue d’en haut à 1880m est la plus belle.





Que voir et que faire autour du lac de Serre-Ponçon ?
A la limite entre Hautes-Alpes et Alpes de Haute Provence, le lac de Serre-Ponçon est le plus grand et sans doute le plus célèbre des lacs alpins français. C’est un lac artificiel, créé pour contenir les crues meurtrières de la Durance, qui est aujourd’hui un plan d’eau magnifique pour la baignade, la voile, le paddle, le pédalo et toutes sortes d’activités nautiques. Serre-Ponçon, c’est un peu la mer des Alpes du sud, aussi bleue et brillante qu’elle. Il vous faudra deux bonnes heures pour en faire le tour complet, et les points de vue sont merveilleux.




Déjeuner au bord du Lac de Serre-Ponçon – restaurant avec vue sur lac serre ponçon
Malheureusement, les restaurants en bord de lac sont assez peu nombreux, ce qui est dommage car j’adore déjeuner au bord de l’eau. Mais j’ai fini par trouver mon bonheur dans un petit coin reculé sur la commune du Sauze-du-Lac : la Paillotte du Lac offre un cadre superbe avec vue sur la chapelle et location de paddles. Malheureusement, j’y suis allée par mauvais temps, mais j’y reviendrai !

La chapelle Saint Michel, au milieu du lac – blog serre ponçon
Chaque barrage a ses martyres – à Serre-Ponçon, c’est l’ancien village de Savignes, noyé sous les eaux, dont n’émerge plus que l’église. La chapelle Saint Michel est située sur une île au milieu du lac. Vous pourrez l’approcher en bateau, pédalo ou paddle, mais vous n’aurez pas le droit d’y accoster.

Les cheminées de fée du Sauze-du-Lac
Je suis tombée sur cette curiosité géologique réjouissante par hasard : les « Demoiselles coiffées », des cheminées de fée crées lorsque l’érosion a abandonné d’énormes blocs de pierre au sommet de pitons rongés. Cette forêt de champignons minéraux au-dessus des eaux bleues du lac est vraiment photogénique.


Rafting sur l’Ubaye
Moi qui adore le kayak, j’imaginais que j’allais adorer le rafting. Spoiler : en fait, sur l’Ubaye, c’est vraiment dur, surtout quand le niveau de l’eau est bas et que les rochers affleurent partout, que tu restes coincé tout le temps, que tu crains en permanence d’être aspiré sous un rocher. Bref, j’aurais voulu adorer, et j’étais un peu frustrée, même si le parcours est magnifique. J’aimerais bien réessayer sur une rivière plus en eau et peut-être, plus facile… car comme je l’ai appris à mes dépens, l’Ubaye est mythique pour sa difficulté sauvageonne !
Bon, l’Ubaye, elle se jette dans la Durance et après elle reste coincée dans le lac de Serre-Ponçon, alors elle fait moins la maligne, hein. Bien fait.



Dans la série merveilles aquatiques, j’ai raté un endroit qui a l’air merveilleux, les gorges de la Méouge, tout prêt de Sisteron. Cela me donnera une bonne raison de refaire un tour dans ce beau morceau de Provence…
Si vous voulez continuer votre exploration minérale et aquatique de cette région, je vous recommande vraiment mon article sur le Verdon, c’est un de mes plus beaux et cela va achever de vous convaincre que la Provence, y a pas mieux !
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