Vous n’avez jamais vu un gîte pareil
Le Castel d’Alzac ? Ce n’est pas seulement un gîte fabuleusement luxueux dans le sud de l’Aveyron, près de Millau. C’est aussi une aventure collective hors normes, un projet incroyable porté par une commune toute entière. Laissez-moi vous raconter l’histoire de ce château, la beauté des lieux et l’originalité de cette initiative. Vous allez voir, c’est le genre de récit qui fait chaud au cœur. Au-delà du luxe, la dimension humaine authentique : bienvenue au Castel d’Alzac !



« Vous aimez le luxe ? »
Le Castel d’Alzac, ensemble de gîtes 5 étoiles, c’est un lieu tellement original et à part que je n’arrivais pas à imaginer à quoi ressemblerait cet endroit jusqu’à ce que j’y débarque, début juin, et que je sois émerveillée.
Quand on vous dit « gîte en Aveyron », vous pensez « grand luxe » au premier abord ? Non ? Moi non plus. Et cela a donné lieu à un petit quiproquo. Il faut que je vous raconte comment j’ai rencontré celui qui a porté le projet, Jérome Rouve, le maire de St Jean d’Alcapiès.

J’étais à Saint Malo au Salon des blogueurs de voyage, où les blogueurs ont l’opportunité de rencontrer des destinations qui leur font rêver et d’essayer de les convaincre de travailler ensemble. J’avais pris rendez-vous avec le comité départemental de l’Aveyron pour leur dire combien j’avais envie d’aller chez eux. Les hauts plateaux, les petits moutons bucoliques, les rivières translucides au milieu des causses, le viaduc de Millau : j’en rêvais depuis des années. Le contact passe bien, et je comprends avec joie que je vais sans doute aller en Aveyron pour de vrai, faire du kayak dans les rivières et respirer le vent du Larzac. Mais il reste encore une étape avant que le rêve se réalise : il faut que je rencontre le directeur du Castel d’Alzac, celui qui m’accueillerait si le projet se concrétise, et qui est venu à St Malo rencontrer les blogueurs.
Jérome Rouve m’explique qu’il a entièrement rénové un château en ruines pour le transformer en gîte, et me demande quel genre de blogueuse je suis : « Vous aimez le luxe ? »
Là, mon cœur se met à battre à cent à l’heure et mon cerveau à mouliner à toute vitesse. Vous savez, comme dans un entretien d’embauche, que vous êtes coincé et que vous vous demandez comment vous allez vous sortir de là ? « Aie aie aie, qu’est-ce que je réponds… »
Parce que oui, je suis clairement une blogueuse orientée luxe. S’ils vont cinq minutes sur mon blog, ils vont s’en rendre compte tout de suite. Sur mon blog, on trouve les hôtels cinq étoiles de Marrakech, la Villa Mauresque à Saint Raphaël ou encore le Grand hôtel de Cabourg, et pas beaucoup de « bons plans pour pas payer un rond à Bangkok ». Ma street credibility est à zéro, je suis team princesse, et je vais avoir beaucoup de mal à me faire passer pour une aventurière qui monte dans des trains de marchandise et fait de l’autostop à travers la pampa.
Mais quand on me dit « gîte en Aveyron », spontanément, je ne pense pas au luxe. J’ai plein de clichés dans la tête : l’Aveyron pour moi, c’était la petite maison dans la prairie, le rêve de « vivre vrai », comme le dit leur slogan, et je me prends déjà pour Heidi, je me vois traire les brebis au petit matin et dormir dans le foin avec les agneaux, une brindille fleurie entre les dents. Et j’ai vraiment super envie d’aller en Aveyron. Je suis prête à tout.

Je tente une réponse honnête mais acrobatique : « oui, c’est vrai, je suis plutôt une blogueuse luxe… mais vous savez, je suis adaptable… une fois dans ma vie j’ai dormi sous une tente Quechua, j’avais même pas de sèche-cheveux parce qu’il y avait pas de prise, et ben c’était super dur mais j’ai survécu… et même une fois j’ai dormi dans le foin parce que j’attendais la naissance d’un poulain et c’était cool… » (c’est vrai).
Jérome Rouve me coupe avant d’entendre mes super histoires de sèche-cheveux et de bébé cheval : « Parfait, je cherche une blogueuse luxe. Nous avons fait de ce château un ensemble de gîtes haut de gamme, des gîtes 5 étoiles. Je cherche quelqu’un qui puisse mettre ça en valeur. »
J’ai entendu cinq étoiles ? Tout de suite, je me sens vachement bien et je ravale mon histoire d’apprendre à replier un sac de couchage comme une grande. Je sais que je suis la bonne personne pour cette mission. Aveyron, me voici.

Piscine et jacuzzi au milieu des brebis
Après trois heures d’une route sublime à travers l’Hérault, j’arrive en Aveyron et je débarque à St Jean d’Alcapiès, le village où se trouve le Castel d’Alzac (pour vous situer : à 10 minutes de Saint Affrique et de Roquefort, et à 30 minutes de Millau). Et je commence par me planter d’endroit. Je débarque dans une vieille ferme à demi en ruines, je me dis « c’est pas grave t’as dit que t’étais une vraie fille des champs, tu te rappelles ? », je chouine un peu intérieurement… puis je réalise mon erreur, fais demi-tour, arrive enfin au Castel d’Alzac. Et je tombe sur un lieu majestueux. C’est le conte de fée, quand la citrouille se change en carrosse, quand le luxe ultime surgit au milieu de la campagne bucolique.

Sous une cloche de verre, une magnifique piscine chauffée attrape la lumière comme une cathédrale espagnole. En face, sur des pelouses onctueuses et parfaitement taillées, un sauna en bois clair vous invite à suer avec classe et savoir-vivre. Sur les terrasses, je vois se déployer des jacuzzis individuels, déjà chauffés, qui n’attendent que moi. Moi qui envisage de créer la catégorie « blogueuse spécialisée spas et piscines », afin d’assouvir mon infinie passion aquatique, j’ai des papillons dans mon petit cœur sensible.



Et les moutons si typiques de l’Aveyron sont bien là. Ils jouent dans les champs tout autour du Castel, ils broutent les prés verdoyants qui entourent le village. C’est bien la petite maison dans la prairie, sauf que la petite maison a une piscine de malade, un jacuzzi de fou, et 5 étoiles mille fois méritées sur son logo. Comment dire ? C’est le paradis. C’est parfait.

Des appartements d’un luxe incroyable, et un service tip-top
Jérome Rouve m’attend, et me laisse découvrir les 5 gîtes du château. Je suis bouchée bée : j’ai l’impression d’avoir été transportée dans un palace dernier cri. Tout est parfait. Les chambres sont des alcôves délicieuses, décorées comme dans un film romantique, avec matelas épais et pluie de coussins vaporeux.

De somptueux poêles à bois Stark chauffent à la perfection les appartements aux grands volumes élégants. Les salles de bain sont si spacieuses et lumineuses qu’on pourrait y faire du camping (non pas qu’on ait besoin de faire du camping dans un lieu pareil). Et les cuisines ! Des cuisines de chef étoilé, ultra high tech, avec frigo américain, four dernier cri, des tas d’ustensiles que je n’utilise même pas dans la vraie vie, donnant sur une grande salle à manger. J’ai presque envie d’apprendre à cuisiner pour fêter ça. (Presque. En fait Jérome m’a apporté un plateau de fromages de l’Aveyron, Emilie de la brioche et des fruits, et j’ai pas touché aux plaques et au four pendant 3 jours, c’était génial. Mon étoile au Michelin, ça sera pour plus tard.)





La décoration est impeccable : tout est beau, chic, fonctionnel. Et si grand ! Les gîtes sont sur deux étages, et donnent tous sur une terrasse magnifique avec spa privatif. J’ai envie de changer de vie direct et d’aller m’installer ici pour toujours. Je n’ai jamais vu un gîte comme ça. Ça n’est pas louer un gîte, c’est s’offrir une vie de château pour quelques jours.
Les draps, le linge de salle de bain et de maison, tout est fourni, comme dans un hôtel. Jérome m’explique que le ménage est compris : bien sûr, il faut éviter de faire une ravioli party et de rendre les lieux dans un état de crasse déplorable, mais il n’y a pas de corvée de serpillère pour le dernier jour du séjour. Si vous n’avez pas envie de faire les courses le jour de votre arrivée, il est possible de demander au Castel d’Alzac de remplir le frigo à votre place. Vous pouvez également demander des petits-déjeuners, qui seront alors composés de produits locaux aveyronnais, venus directement des exploitations voisines : pain, brioche, fruits, confitures, fromages… (vraiment bons, j’ai testé pour vous amis lecteurs, je suis une fille sérieuse, vous savez). Enfin, il est possible de s’offrir un instant spa, et de réserver massages et soins auprès d’une esthéticienne qui vient au Castel s’occuper de vous.


Bref, le Castel allie le meilleur du gîte et de l’hôtel : vous êtes « chez vous loin de chez vous », vous avez un vrai espace de vie, un salon, une cuisine, vous pouvez cuisiner, organiser des repas communs, recréer une vie familiale dans des conditions optimales, où tout est bien pensé et à votre disposition pour vous faciliter la vie. Il est même possible de venir avec votre animal de compagnie. Mais vous bénéficiez des services d’un hôtel, du cadre luxueux, et de toutes sortes d’options sur demande : ménage quotidien, petit-déjeuner, massages, réservation d’activités, etc.

Je suis dans le gîte 2 personnes, l’Amoureuse (qui est tellement grand que j’ai l’impression qu’on pourrait être 36). Entre la chambre de princesse, la cuisine sublime, la terrasse avec vue sur le soleil couchant, je suis complètement conquise.

L’histoire rocambolesque du Castel d’Alzac
Mais qui me surprend le plus, c’est l’histoire des lieux… et de leur rénovation. C’est elle qui rend le château unique entre tous. Ce n’est pas seulement un hôtel de luxe, c’est une initiative collective rare.
Le château est construit au XVe siècle par le Seigneur St Jean, dont le nom est « d’Alzac ». Il connaît deux siècles de puissance et de gloire. Puis la passion ravage tout.
La fille du Seigneur, Marie, une belle blonde, tombe amoureuse d’un chevalier. Son père désapprouve cette union et tente de refroidir cet amour prohibé. Le 16 août 1656, l’amant tente d’enlever Marie, et de l’emmener avec lui sur son destrier vers d’autres horizons. Son père la barricade, et la fait amener au couvent de Nonenque en secret. Fou de rage et anxieux de revoir sa dulcinée, le chevalier met le feu au Castel d’Alzac. Ravagé, le château perd son nom et sera désormais nommé « Castel Cremat », le château brûlé. Dans sa course vengeresse, le chevalier incendie ensuite le couvent de Nonenque, et s’enfuit – l’histoire ne dit pas s’il a pu enlever Marie. (Mais moi, je dors dans sa chambre ! L’Amoureuse, c’est l’ancienne aile de Marie).

Le château connaîtra plusieurs rénovations partielles, sera de nouveau très abîmé à la Révolution, aura plusieurs propriétaires. En 2015, les familles qui l’habitent n’ont plus les moyens de l’entretenir. Cet immense château est en train de tomber en ruines pour de bon. C’est alors qu’arrive Jérome Rouve, le maire de Saint Jean d’Alcapiès, un visionnaire qui aime profondément son pays et qui n’a pas peur de se lancer dans un projet un peu fou. Il décide de faire racheter le château par la commune, financer collectivement sa restauration et sa transformation, et attribuer les bénéfices dégagés par le château à la commune. Un financement participatif est proposé pour compléter les emprunts. Tout le village met la main au porte-monnaie… et à la pâte. Les artisans locaux acceptent de travailler à des prix plus que concurrentiels, sans pour autant sacrifier la qualité, parce qu’ils croient en ce projet et qu’ils savent que les bénéfices iront à tous les administrés. Sauver le patrimoine, créer de la richesse, faire bouger le village : le projet fédère.

Plus d’un million d’euros est investi. C’est un pari risqué, mais Jérome a confiance : en inventant un lieu d’exception, on suscitera la curiosité et l’envie. Et on ne peut que lui donner raison. Aujourd’hui, le Castel a un vrai succès. Le carnet de réservations se remplit à vitesse grand V, et tout le monde contribue à la vie du gîte : les agriculteurs apportent leurs produits pour le petit-déjeuner, les voisins qui ont du matériel viennent régulièrement aider au jardinage, chacun met ses compétences au service de cette œuvre collective. C’est un hôtel de luxe… dont la commune est propriétaire et qui bénéficie à chacun. Ce château appartient à tous.


Le 16 août 2016, 400 ans tout pile après le grand incendie, le « Castel Cremat » (le château cramé, vous vous rappelez) reprend son nom d’antan, Castel d’Alzac. C’est sûr que sur le plan touristique, ça passe mieux. (Vous imaginez les anglais ? Cremat Castle, ils ont l’impression d’aller direct au crématorium, les pauvres.) Le fantôme du Seigneur serait heureux : le patrimoine est restauré, l’esprit des lieux renouvelé. Et les amoureux peuvent se retrouver dans la chambre autrefois brûlée de Marie…

J’ai eu le plaisir de rencontrer le propriétaire des brebis qui environnent le Castel. Il a grandi ici, dans ces murs. Aujourd’hui, il est fier de la résurrection du château, du dynamisme qu’il apporte à la commune. Et moi, je suis très touchée par cette aventure humaine rare.
Budget pour des vacances en Aveyron, en couple ou en famille
Pour louer un gîte pour une semaine, les prix commencent à 585 euros (gîte 2 personnes), 640 (gîtes 4 personnes), ou 975 (gîtes 6 personnes). Toutes les chambres ont leur jacuzzi privatif, et bien sûr l’accès à la piscine, sauna, spa… Inutile de dire que c’est pratiquement le prix qu’on paierait par nuit dans un hôtel 5 étoiles… c’est du grand luxe abordable, et idéalement placé. Vous êtes au cœur du Sud-Aveyron, dans un cadre de toute beauté, à deux pas de Millau, des gorges du Tarn, du plateau du Larzac, du pays de Roquefort, des villages des templiers, et vous avez un « camp de base » fabuleux pour sillonner cette région magnifique (dont je vous parle très vite dans mon prochain article). N’hésitez pas à contacter le Castel pour des durées plus courtes (2 ou 3 nuits) : à certaines périodes de l’année, c’est possible. Et sachez que vous pouvez louer le château en entier (20 personnes) pour 3275 euros pour une semaine.

Plus d’infos sur les disponibilités et prestations : le site du Castel d’Alzac
L’Aveyron : authentique et moderne à la fois
Pour moi, le Castel d’Alzac incarne un tourisme intelligent, qui bénéficie vraiment aux territoires, et qui cherche à offrir le meilleur à ses clients. On y va avec bonne conscience, sans sacrifier son confort à son éthique et vice-versa. Et il est symbolique de ce que j’ai vu en Aveyron : l’alliance de l’ancrage authentique dans le terroir et de la grande modernité des idées, l’amour du pays et l’ouverture sur le monde. L’Aveyron, c’est le roquefort et le viaduc, les brebis et les éoliennes, la fierté d’être soi et la curiosité de l’autre. Ajoutez à cela une vraie dimension collective toujours très présente (souvenez-vous de la lutte pour le Larzac ! les Aveyronnais savent que l’union fait la force !), et vous avez le cocktail aveyronnais, qui rend ce territoire tellement unique et attachant. C’est un endroit à part, un pays qui a une identité, une âme bien à lui. Et dont je suis tombée complètement sous le charme. Quand je suis rentrée chez moi, j’ai parlé de l’Aveyron à tout le monde pendant dix jours, et je suis bien contente de pouvoir continuer ici 😉

Restez dans le coin : d’ici la fin de la semaine, je vous sors un grand article sur les merveilles du Sud de l’Aveyron, et je vous promets que ça vaut le détour. Inscrivez-vous à la newsletter ?

Un immense merci à Jérome et Emilie pour leur accueil au Castel d’Alzac – j’ai un vrai, vrai coup de coeur pour ce lieu exceptionnel et cette aventure humaine qui mérite qu’on la soutienne. Allez au Castel, vous ne le regretterez pas ! L’Aveyron, pour moi, a été bien plus qu’un voyage : une série de rencontres exceptionnelles avec des personnes passionnantes. La suite au prochain article !


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