Savez-vous seulement à quel point Aix-en-Provence est belle ? Bruissant de fontaines, lovée au pied de la Sainte Victoire, la capitale historique de la Provence ne renonce en rien à sa couronne. Elle reste la ville mythique du sud, où les fantômes des rois et des peintres se mirent dans l’eau vive. Je vous emmène en promenade dans ma ville d’adoption, où les nuits sont lumineuses et la vie est douce. Que faire à Aix-en-Provence ? Carnets d’adresses à Aix-en-Provece


Vous parler de ma ville ?
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En découvrant le thème du mois de janvier 2017, j’étais un peu embêtée : « Présentez-nous votre ville ». La ville d’où je viens, c’est Donzère en Drôme provençale, et je lui ai déjà consacré un article passionné, qui est à mes yeux un des plus personnels et les plus beaux de mon blog : je vous parle de la maison dans laquelle j’ai grandi, de mes fantômes, et des paysages que je vois au creux de mes paupières quand mes yeux se ferment. Que raconter d’autre après cela ?
Je voulais rester à la hauteur du mythe. Passant des hautes falaises du défilé du Rhône à l’ombre monumentale de la Sainte Victoire, j’ai choisi de vous parler de ma ville d’adoption, la belle Aix-en-Provence.

Aix-en-Provence, ma « ville du destin »
Quand j’étais petite et que nous descendions en famille vers la Côte d’Azur, nous longions toujours Aix en passant sur l’A8 et à chaque fois mon père me disait : « Regarde la Sainte Victoire ! » C’était le rituel toujours respecté : comme on se signerait en entrant dans une église, on levait les yeux vers la Sainte Victoire. Aix a pris pour moi l’épaisseur du mythe. Vivre à l’ombre d’une telle montagne ne pouvait qu’inciter à un destin exceptionnel.
Mais je ne pensais pas y vivre un jour.

Pendant de longues années, j’ai été dans une relation à distance avec un Allemand (mes lecteurs fidèles l’ont déjà aperçu au détour d’un article). Lui étudiait à Munich, moi à Paris. Par la grâce d’Erasmus, nous étions parfois réunis pour un semestre, mais il fallait toujours se dire au revoir à nouveau. Et puis le miracle. Un appel que je n’oublierai jamais. « J’ai obtenu un contrat doctoral en France », m’a-t-il dit, « et ça va te plaire. Devine où. » Strasbourg ? Paris ? Si les Dieux sont généreux, Lyon ? « Mieux que ça. Aix-en-Provence ». Au bout de neuf ans, la séparation prenait fin, tout devenait possible : vivre ensemble, nous marier, cesser de pleurer dans des aéroports. Nous installer ensemble, sans quitter ma Provence adorée, à seulement 120km de l’endroit où je suis née et à qui je tiens tant. La montagne magique m’avait exaucée. Aix-en-Provence est devenue notre camp de base, notre « ville du destin ». Nous savions que nous y resterions.
Parfois, on me demande « toi qui aimes tant voyager, pourquoi tu ne quittes pas tout et ne pars pas pour un tour du monde de plusieurs années ? » Je les regarde avec incompréhension. Bien sûr que j’aime follement voyager – mais j’aime autant revenir. Tout quitter, quand on vit en Provence, cette terre bénie des Dieux ? Certainement pas.

Le vieux cœur de la Provence
Pour la Provençale de naissance et de cœur que je suis, Aix est une ville légendaire. Aux heures les plus flamboyantes du Moyen-Âge, lorsque la Provence était un royaume indépendant, gouverné par le bon roi René, Aix était sa capitale, et portait sur ses façades la hauteur de ses ambitions. Alors que la Provence n’était que châteaux forts juchés sur des rochers déchiquetés, processions chantantes et troubadours énamourés, Aix était sa reine. Elle a toujours été une belle aristocrate, ville des puissants, des marchands, et des danseurs de bal. Ses hôtels particuliers, ses fontaines, l’élégance raffinée de ses places, tout porte l’empreinte du pouvoir et du bon goût. Aix, c’est l’histoire au cœur battant.


Ceux qui n’aiment pas la ville disent qu’elle est la ville des riches, des « bourges ». Historiquement, ils ont raison. Aix, c’est la ville propre et fière, riche de ses eaux vives et de ses façades claires, truffée de ducs et de marquis. On s’y tient bien, à quelques exceptions près. Les guides adorent vous montrer l’hôtel où le marquis d’Entrecasteaux a tranché la gorge de son épouse Angélique avec un rasoir, après avoir en vain tenté l’empoisonnement. Trop pressé d’épouser sa maîtresse, il a fini pendu haut et court, en 1784. C’était la minute folklorique.

C’est vrai, Aix est plus chère que Marseille ou Avignon. Pour moi qui ai vécu à Paris, ville la plus chère de France, et à Munich, je ne suis pas traumatisée – je commence à avoir l’habitude des loyers et des parkings exorbitants. Mais je reconnais à Aix un mérite que j’ai du mal à accorder à Paris : elle offre une qualité de vie exceptionnelle.

La ville aux mille fontaines
Combien y a-t-il de fontaines à Aix ? Plus encore que vous ne l’imaginez. Ville thermale, célèbre depuis l’Antiquité pour la qualité de ses eaux jaillissant au cœur des garrigues de Provence, Aix a célébré l’eau sous toutes ses formes. C’est le midi à l’état pur : la fraîcheur des petites places où chante une fontaine, l’ombre humide sous la fournaise. On peut passer des jours à dénicher les innombrables fontaines d’Aix-en-Provence, et je ne les ai pas encore toutes vues. Les plus célèbres sont bien sûr celles du cours Mirabeau, dont la Rotonde, et celle de la place d’Albertas.

Le meilleur site que je connaisse au sujet des fontaines d’Aix est celui-ci – si vous cherchez l’exhaustivité et la précision historique, vous serez conquis !

Et les Aixois sont comme l’eau, ils ne dorment jamais. Je suis toujours enchantée par la qualité de la vie culturelle et nocturne à Aix, par l’atmosphère riante qui règne sur les petites places, et le fait qu’il y a toujours quelque chose à faire.
Que faire à Aix-en-Provence : carnet d’adresses
Meilleurs restos d’Aix, choses à faire et bars sympas
Voici quelques lieux qui m’enchantent et où j’aime revenir :
– Pour la culture : Hôtel de Caumont, Centre d’Art. Un magnifique hôtel particulier du XVIIIe siècle, transformé en lieu d’expositions. Elles sont toujours de très grande qualité, et accueillies dans un cadre exceptionnel, avec dorures, draperies et jardin à fontaines (encore).

– Pour les livres et les gâteaux : le salon de thé anglais Book In Bar est fabuleux. Une librairie anglaise très riche, et un café proposant des spécialités délicieuses. Si vous êtes du genre à aimer travailler dans des cafés, vous adorerez cet endroit.
– Pour un dîner qui promet : La Chimère est le bar à cocktails / restaurant le plus sexy que je connaisse. Ambiance feutrée sur plusieurs étages, alcôves, tons rouges, carte délicieuse et piquante, c’est le resto de Saint Valentin idéal.
– Pour la tarte tatin de tomates vertes : dans les petites rues, La Tomate Verte est un resto à la fois provençal et original, célèbre pour ses spécialités à base de tomates.

– Pour l’ambiance : allez boire un verre sur la Place des Cardeurs ou dans la Rue Espariat. Oui, c’est touristique. Mais ce sont des endroits beaux et conviviaux.

– Pour une pizza : sur une petite placette typique, allez manger une pizza faite maison au Four sous le platane, spécialiste du sujet. Une pizzeria authentique et non industrielle

– Pour les meilleurs frozen yoghurts du monde : la chaîne California Bliss a ouvert une antienne à Aix et je suis au 7e ciel. Je ne veux manger que ça. Ok, c’est pas très couleur locale, mais c’est le meilleur dessert du monde.

– Pour un loup-garou épique : un concept unique et convivial, c’est ce que propose le Coco bohème. Ce bar organise tous les dimanches à 21h des soirées jeu de société et c’est génial. Je me souviens d’un loup-garou qui déchire.
– Pour un road trip américain en Provence : à environ 30 minutes d’Aix, par des chemins sauvages surplombés par la Sainte Victoire, rejoignez le restaurant Caroll’s à Pourrieres. Je vous jure que vous vous croirez égaré dans l’Ouest américain. Au bord d’une route aux tons d’ocre, le resto trône comme un motel de la route 66, avec vieilles voitures, motos, juke boxs et soirées rockabilly. Dépaysant.



– Pour la plus belle vue sur la Sainte Victoire : allez vous balader dans les rues du ravissant village de Fuveau.

L’air des cimes : la Sainte Victoire, montagne magique
Ne quittez pas Aix sans aller présenter vos hommages à la reine des montagnes de Provence. Sous n’importe quelle lumière, la muse de Cézanne est saisissante. Elle se montre terrifiante sous l’orage, rayonnante en plein midi, et d’une beauté rare quand les nuages et le couchant peignent des contrastes de tableau romantique allemand. Souvent j’ai vu un unique rayon de lumière trouer un couvercle de nuages pour aller toucher le sommet de la montagne, et la Croix de Provence qui y trône – la Sainte Victoire vous ferait presque croire en Dieu. J’ai fait une fois l’ascension jusqu’au sommet, en guise de pèlerinage. C’est une randonnée de difficulté moyenne, avec quelques côtes éprouvantes. Mais j’avoue que je préfère encore davantage être à ses pieds, et la voir se détacher dans le crépuscule, faramineuse, pharaonique… la montagne magique. Vous comprenez pourquoi Cézanne l’a peinte mille fois, inlassablement, hanté par la puissance de cette silhouette. L’avantage de vivre à Aix, c’est de consacrer sa vie à contempler la Sainte Victoire.



Où voir la Sainte Victoire : Où que vous soyez à Aix, elle s’imposera à vous. Du centre ville, prenez la route en direction de la Maison de la Sainte Victoire, lieu d’exposition et d’information sur la montagne et ses sentiers de randonnée. Les vues sublimes vous attendent à tous les virages. Pour prendre un peu de distance et la contempler en entier, roulez vers le ravissant village provençal de Fuveau.

#EnFranceAussi ?
Cet article s’inscrit dans la série #EnFranceAussi, un rendez-vous mensuel de blogueurs francophones qui vous parlent de notre pays. Chaque mois, un guide Gallimard est à gagner – ce mois-ci, il s’agit d’un cartoville de Nantes. Pour participez, rien de plus simple : commentez sur l’un des blogs qui participent à #EnFranceAussi (par exemple, laissez un commentaire sur cet article), et signalez votre participation sur le groupe Facebook dédié ici. Retrouvez sur ce groupe les autres participations ! Le thème de ce mois-ci, « Présente-nous ta ville », a été choisi par Tania du blog Birds and Bicycles, qui parle elle de Nancy.
Si vous voulez retrouver toutes les participations, Pauline du blog Petites évasions et grandes aventures a eu la bonne idée de créer une carte rassemblant tous nos articles ! Retrouvez la carte ici




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