Le lac de Sylans et ses glacières en ruines dessinent un décor follement pittoresque au cœur des montagnes de l’Ain. J’en ai profité pour me livrer à ma nouvelle passion : photographier avec un drone, mon DJI Phantom 3 Standard. Grâce au drone, j’ai pu gagner de la hauteur et capturer ces panoramas alpins sublimés par les couleurs de l’automne.
Attention : cet article est paru en novembre 2016. Depuis, la législation sur les drones a changé en France, et s’est beaucoup durcie. Les informations quant à la réglementation présentées dans cet article ne sont plus d’actualité.

Un des plus beaux sites de l’Ain : le lac de Sylans
En route vers la Bavière, je suis passée par l’une des plus belles autoroutes que je connaisse. Dans la région de Nantua (Ain), un réseau de viaducs se faufile entre les montagnes, suspendu au-dessus de lacs dans lesquels l’automne jetait mille reflets flamboyants. Du brouillard montait des sapins, les feuillus étaient embrasés par la lumière matinale, et un lac vert de gris décuplait la profondeur du ciel. Il fallait que je sorte de l’autoroute et que j’aille voir cela de plus près.

Une fois en bas, j’ai découvert que le lieu qui m’avait aimantée était le lac de Sylans, sur la commune des Neyrolles, et que les bâtiments en ruine, à l’allure de château hanté, n’étaient pas la résidence secondaire de Dracula, mais les anciennes glacières de Sylans. Essayez d’imaginer : en 1864, Joachim Moinat, « limonadier à Nantua », découvre que ses clients adorent qu’on ajoute de la glace à leur boisson. Il décide donc d’exploiter le lac de Sylans, que les hivers rudes du 19e siècle couvrent d’une épaisse couche de glace. De décembre à mars, quand quinze centimètres de glace se forment sur le lac, les travailleurs viennent de toute la région, et attaquent la glace à la charrue, à la hache, à la scie. Ils la stockent ensuite à l’intérieur des glacières, construites à l’ombre, dotées d’épais murs de pierre et isolées des chaleurs de l’été par du béton, de la paille, de la sciure… la glace pouvait ainsi survivre à la saison estivale. Cette histoire m’a fascinée. Avant les frigidaires, avant le confort moderne, imaginez ces hommes qui envoient leurs bœufs et leurs charrues sur le lac de glace, creusent des sillons, débitent la glace à la scie, et la stockent dans ces glacières au look transylvanien… La première guerre mondiale a hélas eu raison de l’exploitation fantasmagorique, mais la brume et l’automne rendaient au lieu tout son nimbe de mystère et de magie.


J’ai pris quelques photos avec mon fidèle Canon EOS 750D / Rebel T6I , mais je rêvais de retrouver la vision surplombante que j’avais depuis l’autoroute. Etant donné que l’arrêt sur la bande d’arrêt d’urgence pour faire des photos n’était pas une option compatible avec mon projet de survie à moyen terme, j’ai sorti mon nouveau jouet. Après des mois d’hésitation et de tentation, j’ai craqué : je suis désormais l’heureuse propriétaire d’un DJI Phantom 3 Standard Drone Professionnel.

Un drone, est ce que ça vaut le coup ? Mon budget drone
J’ai longuement hésité : j’avais peur de ne pas m’en sortir, de crasher le drone contre une falaise ou de l’envoyer dans un lac à la première utilisation, et de voir plusieurs centaines d’euros partir en fumée illico. Mais la tentation était trop forte. Vous connaissez forcément ça : vous savez qu’une vue sublime se déploie au-dessus de vous, mais vous n’avez aucun point de vue surplombant, des arbres au milieu, des maisons qui gênent, etc, et vous êtes frustré. J’avais envie de plus de liberté, de plus de créativité en matière de photo de paysage.

Après avoir longuement farfouillé sur le net, lu des tests, des comparateurs, les avis de différents blogueurs, je me suis décidée pour le drone qui me paraissait proposer le meilleur rapport qualité/prix et qui n’explosait pas (trop) mon budget : le DJI Phantom 3 Standard.
Voici les produits que j’ai achetés et le budget correspondant :
– Drone DJI Phantom 3 Standard Drone Professionnel : 529 euros. Bien sûr, vous trouverez des drones plus performants, avec une meilleure qualité d’image, plus d’autonomie de batterie, etc… mais pour des prix beaucoup plus élevés, et c’était totalement hors budget pour moi. Le DJI Phantom 3 Standard a reçu d’excellents avis partout, est considéré comme fiable, facile d’utilisation, pratique – au bout d’un mois avec mon nouveau compagnon photo, je ne peux qu’ajouter ma voix au concert des utilisateurs conquis. Mais si vous avez plus de budget, n’hésitez pas à monter en gamme, et à prendre un Phantom 4, par excellence.
– Batterie de rechange : le drone a théoriquement une autonomie de 25 minutes, mais en réalité, il commence à vous dire que la batterie est faible au bout de 15/20 minutes, et comme vous ne voulez surtout pas prendre le risque de le voir tomber de toute sa hauteur n’importe où, vous obéissez sagement et vous le ramenez à la maison. Du coup, une batterie de rechange me paraît indispensable, pour pouvoir s’amuser plus longtemps et opérer plusieurs vols au cours d’une même journée. DJI DJIP3BAT Batterie rechargeable : 105,9 euros
Encombrement : quelle place prend un drone ? Peut-on randonner avec un drone ?
J’avais du mal à me représenter la place que prend un drone avant d’en avoir un, du coup, je vous ai fait une photo avec différents objets usuels du quotidien, afin de vous aider à visualiser : voici donc un drone Phantom 3 en compagnie d’une peluche lynx offerte par ma maman (trop mignon, non ?), d’un ananas, d’un régime de bananes, une pièce d’un euro et un passeport de notre bien aimée République Française (le mien).

Les hélices se démontent après chaque utilisation et doivent être rangées séparément. Des hélices de rechange sont fournies (au cas où vous les abîmeriez lors d’un atterrissage mal maîtrisé). Vous voyez sur la photo le drone, ses hélices, sa télécommande, sa batterie de rechange.
Au début, je le déplaçais dans son carton d’achat et ne l’utilisais qu’à proximité de la voiture. Mais très vite, j’ai eu envie de partir en randonnée avec le drone. Je viens donc d’acheter le sac à dos pour drone suivant, pour 47,99 euros : Sac à dos Sacoche Housse drone imperméable à l’eau pour DJI Phantom
Il existe des sacs beaucoup plus chers, produits par des marques prestigieuses comme Manfrotto. J’imagine qu’ils sont encore mieux, mais ce sac à dos bon marché me convient très bien : le drone rentre dedans, et y est bien protégé.
Le seul souci que j’ai, c’est que je commence à avoir trop de matériel photo : je randonne toujours avec
– mon chéri, Canon EOS 750D / Rebel T6I
– deux objectifs au moins, notamment mon merveilleux grand angle adoré Canon – EF-S 10-22 mm f/3,5-4,5 USM
– mon trépied Manfrotto Compact Action Kit de Trépied
– mes filtres, notamment le filtre avec lequel je fais les expositions longues comme celles-ci-dessus, Filtre à densité neutre MC Pro II ND1000 (3,0) de 77mm
– si je prévois de faire des photos sous-marines ou dans un environnement trempé (cascade), mon appareil étanche Olympus Tough TG-4. Pourquoi lui et pas un autre ? Deux raisons qui me font l’adorer : 1) il est super résistant 2) il permet de shooter en RAW.
Bref, je ne peux pas emporter tout ça + le drone. Ce barda ne rentrera pas en entier dans le sac à dos cité ci-dessus, et je ne peux pas porter trop de poids pour une longue randonnée éprouvante. Il me faudra faire des choix, ou esclavagiser mon cher et tendre – ce qui est l’option retenue actuellement, mais me posera problème bientôt, car je pars seule, sans lui, pour la plupart de mes voyages lointains. Je pense réfléchir avant chaque randonnée au type d’images que je veux privilégier, et sélectionner mon matériel en fonction.
Utiliser un drone : comment ça marche et réglementation
Vous êtes limités par deux choses dans l’utilisation du drone : la loi et la météo.
La loi française interdit de voler plus haut que 120m (120m à partir de votre point de départ, pas du niveau de la mer – vous avez le droit d’utiliser votre drone en montagne), d’utiliser le drone en ville ou au-dessus de propriétés privées sans autorisation, et bien sûr, de s’approcher de sites sensibles du type lignes à haute tension, aéroport, installation militaire, etc. Sachez par ailleurs que le drone n’est pas discret du tout : il fait du bruit, il clignote, etc. Ne pensez pas pouvoir l’utiliser en douce sans que personne ne s’en rende compte ! Du coup, je vous conseille de respecter scrupuleusement la législation, et de l’utiliser dans des zones de nature, loin des habitations et de tout site dangereux.

Météo : votre drone est très sensible à l’humidité et à la corrosion, car son moteur est en partie exposé. Petite pluie, brouillard, forte humidité ? Ne sortez pas votre drone. Cela ne vaut pas la peine de l’abîmer. Récemment, j’ai participé à un super Instameet dans le golfe de Saint Tropez (photos sur Instagram), et j’ai dû renoncer à m’en servir : la pluie et les nuages étaient trop présents. Ne le faites pas voler non plus au ras de la mer, où il risquerait d’être éclaboussé par l’écume. Prenez-en soin, c’est un jouet fabuleux, mais cher et délicat…

Le Phantom 3 résiste bien au vent, paraît-il : j’ai lu plusieurs tests faisant état de drone très stable face à des rafales à 50 km/h. Je suis une poule mouillée et je n’ai pas testé : je ne sors mon drone que dans des conditions optimales, avec un vent faible.
Avant chaque utilisation, je recharge les deux batteries (la principale + la batterie de rechange), plus la batterie de la télécommande (dont l’autonomie est beaucoup plus longue). Pour gérer votre drone, il vous faut la télécommande + un smartphone, sur lequel vous installerez gratuitement le logiciel DJI GO.
Comment ça marche ? Le Phantom 3 crée son propre réseau WIFI, sur lequel vous connectez votre smartphone pour diriger le drone. J’ai pu connecter sans souci mon Iphone 6 et le Samsung Galaxy de mon cher et tendre. Avec la télécommande, vous commanderez les mouvements du drone : sa hauteur, ses déplacements latéraux, l’orientation de la caméra, etc. Avec le smartphone, vous donnerez l’ordre de décoller, puis vous commanderez la photo et la vidéo. Tout est relativement simple : le drone est maniable, et les fonctions faciles à comprendre. Je ne suis pas du tout une pro des jeux vidéo, et pourtant je n’ai pas eu de mal à le prendre en main et à comprendre comment le piloter.
Procédure de décollage et d’atterrissage
Pour décoller, je choisis un endroit dégagé, plat, sans arbre à proximité. Je connecte mon portable au drone. Le logiciel me demande alors de procéder à l’étalonnage du drone, afin d’enregistrer les coordonnées GPS de la position de départ. En suivant les instructions qui s’affichent sur mon écran, je tourne mon drone plusieurs fois à l’horizontale, puis à la verticale. Le logiciel enregistre le point « Home », qui lui permettra de revenir au point de départ en cas de souci.
Je décolle grâce à une commande située sur mon portable. Puis je dirige le drone avec les deux manettes de la télécommande.
Il n’y a normalement pas de risque de perdre le drone, si vous ne faites pas n’importe quoi. Si vous envoyez le drone trop loin et qu’il perd le signal du smartphone, il reviendra automatiquement vers vous. Si la batterie faiblit, le drone vous avertit, et engage de lui-même la procédure de retour en cas de charge critique.
La procédure « Return to home » est très bien faite. Il vous suffit d’appuyer sur ce bouton pour faire revenir le drone à son point de décollage. Néanmoins, j’ai toujours peur des obstacles qui se trouveraient entre sa localisation actuelle et le point de départ, surtout à des altitudes basses : du coup, je préfère le ramener près de moi, et enclencher la procédure « Return to home » seulement à ce moment-là, quand le drone est au-dessus de moi. Le drone est très précis et retourne presque exactement à son point de décollage, mais ne tentez pas le diable, ne le faites pas décoller juste à côté d’un lac ou d’un fossé, prévoyez une marge de sécurité…
Photographier avec un drone
La plupart des blogueurs qui ont un drone l’utilisent principalement pour la vidéo. Les résultats sont spectaculaires. Anne-Lise, une blogueuse que j’aime beaucoup, a fait une vidéo époustouflante d’Islande avec son drone (le même que le mien : Phantom 3 Standard), jetez-y un coup d’œil si vous voulez voir ce que ce drone est capable de faire.
Mais la vidéo n’est pas mon mode d’expression privilégié : ce sont les carnets de voyage qui m’ont conduite à créer ce blog, car j’aime l’association du texte et de l’image. J’ai peut-être tort : je pense que le Phantom 3 est de meilleure qualité en vidéo qu’en photo.

Le drone Phantom 3 est équipé d’une caméra embarquée à 12 millions de pixels. Il peut photographier en JPEG et/ou RAW. Dans le menu Photo, situé dans le logiciel DJI GO, je peux choisir le format, la vitesse d’obturation, et la sensibilité ISO. La qualité d’image est tout à fait correcte, mais pour quelqu’un qui s’est habitué à un appareil reflex comme mon Canon, il y a une petite déception. La qualité est celle d’un appareil photo compact ou d’un bon smartphone, pas celle d’un reflex. Dans les photos de cet article, je pense que vous voyez nettement la différence entre les photos prises avec mon Canon, et celles du DJI, notamment en matière de piqué et de gestion de la lumière.
Voici les deux reproches que j’ai à lui faire :
– L’ouverture est bloquée à 2,8 et je ne peux pas la modifier. Cela rend l’appareil très rapide et évite les flous (à condition d’avoir correctement fait ses réglages, bien sûr), mais cela manque de profondeur de champ. Je pense que c’est ce qui lui empêche d’avoir le piqué dont je rêve, et rapproche la qualité de ses photos de celle d’un bon smartphone – qui manquera, lui aussi, de profondeur de champ.
– La qualité décroît très vite en basse luminosité, et si vous montez trop les ISO. Il est presque impossible de l’utiliser avant le lever du soleil ou après son coucher (et interdit la nuit, bien sûr !). Le drone exige une bonne luminosité.

Une astuce pour améliorer la qualité des photos de drone : Photomerge, sur Photoshop
Pour avoir plus de pixels, j’ai pris l’habitude de fusionner plusieurs photos successives, afin de créer de vastes panoramas. Je trouve que le rendu visuel est meilleur et que le manque de profondeur de champ est moins flagrant.
Pour cela, je fais un panorama : je prends deux, trois ou quatre photos de drone à la suite, au même endroit, en tournant la caméra de gauche à droite (comme pour faire un panorama avec un smartphone). Je fais attention à toujours laisser environ 30% de zones communes entre deux photos, afin que le logiciel puisse avoir des repères visuels et comprendre qu’il s’agit de la même zone.
J’ouvre Photoshop, je prends le menu Fichier => Automatisation => Photomerge, et je sélectionne les photos que je veux fusionner. Je choisis le mode de fusion automatique et je coche toutes les cases : correction du vignettage, de la déformation, zones transparentes avec fond basé sur le contenu. Bien évidemment, cela fonctionne sur toutes les photos, pas seulement les photos de drone !

Voici un exemple de Photomerge avec 3 photos de la Sainte-Victoire, la célèbre montagne d’Aix-en-Provence :



Verdict : un drone pour la photo, investir ou pas ?
Je pense que pour être vraiment satisfaite, j’aurais dû mettre beaucoup, beaucoup plus d’argent. Je suis habituée à la qualité d’image du reflex et j’ai du mal à y renoncer. Les caméras embarquées des drones – même de gamme supérieure au Phantom 3, d’après les tests que j’ai vus – me paraissent meilleures pour la vidéo que pour la photo. Je souffre du manque de piqué, du grain, de la mauvaise gestion des basses lumières. Mes photos Canon me paraissent toujours bien plus propres et belles. Mais…. ce sont des points de vue que je n’aurais jamais pu atteindre sans drone. Cela permet une liberté, une créativité nouvelle. Et le point de vue surplombant sur les paysages crée des images exceptionnelles, bien que leur qualité laisse à désirer. Si c’était à refaire… je pense malgré tout que je l’aurais fait. Et vous ? Vous allez investir ?
Des questions ? N’hésitez pas à me les poser en commentaire ! Et pour de nouvelles aventures et photos, avec ou sans drone, n’hésitez pas à vous inscrire à la newsletter !

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